House Proceedings — 6 June 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-06-06
Quebec — Debates (Hansard)
Gendron : Vers
l'ouest, vers l'ouest.
Alors, Mme la Présidente, aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir dans nos
tribunes un groupe de finissants de
la promotion 1962 du séminaire de Sherbrooke, dont notre ex-collègue Claude Boucher, qui normalement devrait vous accompagner, mais là on le cherche.
Alors, au
sein de ce groupe de personnes aux professeurs divers et de talent remarquable
figurent toutes sortes de gens, mais, dans le bon sens, là, des
enseignants, des médecins, des architectes, des financiers, des écrivains, des religieux, des prêtres, des mathématiciens,
travailleurs sociaux, ingénieurs, notaires, avocats, fonctionnaires et universitaires. Donc, vous voyez, la
brochette est extraordinaire. Ces gens-là ont oeuvré au Québec à
plusieurs endroits. Plusieurs endroits au
Québec ont bénéficié de l'expertise et du dévouement de ces personnalités, les
citoyens qui ont eu la chance de les avoir,
et ils ont rendu de précieux services à la société québécoise
parce qu'ils ont oeuvré également à l'étranger et au Québec : au Mexique, au Brésil, aux États-Unis.
Alors, je
leur souhaite la plus cordiale des bienvenues dans leur maison. Je leur rends
hommage et je les remercie pour tout ce que vous avez accompli. Bravo!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député. Et nous vous souhaitons la
bienvenue à l'Assemblée nationale.
Pour la prochaine déclaration, je vais maintenant
céder la parole à M. le député de Chapleau.
Carrière : Merci, Mme la Présidente. Je désire aujourd'hui rendre hommage à une
grande dame de l'enseignement en Outaouais.
Femme de
coeur, femme engagée, enseignante de français, cette dame a débuté sa carrière
en 1974, il y a plus de
quatre décennies. Il s'agit de Mme Suzanne Clément, qui a oeuvré dans
différents établissements scolaires au cours des
44 dernières années, dont les 30 dernières à la polyvalente
Nicolas-Gatineau, que j'ai d'ailleurs eu le plaisir de fréquenter pendant cinq
ans.
Vous
êtes à la fois une référence, une mentor pour tous vos collègues
mais aussi un pilier, une ressource inestimable pour tous les étudiants. Active et dévouée même en dehors des heures de
travail normales, vous avez mis sur pied, il y a plusieurs
années, le gala de l'unité 1, visant à mettre en lumière le travail et la
réussite de nombreux élèves.
septembre prochain, vous entamerez votre 45e et dernière année à
titre
d'enseignante. Je tiens à souligner votre magnifique carrière. Et, au nom de tous les élèves qui ont croisé votre
chemin, merci beaucoup et félicitations, Mme Clément!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chapleau.
Et maintenant je cède la parole à M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite profiter de la tribune qui m'est
offerte afin de souligner les 15 ans, cette année, de l'école d'éducation
internationale, qui s'établissait à McMasterville, une municipalité de la circonscription
de Borduas.
Mme la Présidente, cette
institution a d'abord vu le jour il y a 30 ans avec comme objectif de
dispenser un enseignement de niveau secondaire de qualité, reconnu à
travers le monde, un enseignement, entre
autres, basé sur des valeurs d'engagement et d'humanisme. Ce n'est toutefois qu'en 2003 que
cette école s'est installée dans ses locaux actuels à McMasterville. Depuis, cette institution de renom accueille chaque année environ 1 200 élèves et contribue à nourrir l'esprit de
plusieurs jeunes de La Vallée-du-Richelieu mais aussi des régions
environnantes.
C'est
donc un immense plaisir pour moi de rappeler à tous ceux et celles qui
gravitent autour de l'école d'éducation internationale, qu'il s'agisse, dans un premier temps, des élèves, des
enseignants et des parents, qu'ils contribuent tous à leur façon depuis
maintenant 15 ans à stimuler, à contribuer à la communauté et à faire de
cette institution de McMasterville une fierté pour toute la région. J'ai pu
assister à de nombreux projets des élèves. Alors, félicitations et bon
15e anniversaire à McMasterville!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Borduas. Et maintenant c'est au tour de M. le député de
Laval-des-Rapides de faire sa déclaration.
M. Polo :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je tiens aujourd'hui à rendre hommage aux
clubs de pétanque Loisirs du Marigot, Les
Voisins de Laval et au club de pétanque Val-des-Arbres, trois organismes bien
implantés dans notre belle
circonscription qui permettent à de nombreux retraités de Laval-des-Rapides et
Pont-Viau de demeurer actifs dans
leur milieu de vie. C'est grâce à de tels regroupements citoyens que nos aînés
peuvent continuer d'être énergiquement impliqués
dans nos communautés et peuvent continuer d'être des acteurs cruciaux dans
l'épanouissement de notre société dans son ensemble.
désire donc féliciter les comités organisateurs de ces trois clubs, qui
travaillent sans relâche pour s'assurer du bien-être de leurs membres à travers
l'organisation de plusieurs rencontres et tournois durant la saison estivale.
Leur remarquable dévouement constitue la raison principale du succès
retentissant de toutes ces activités sportives.
ne me reste plus qu'à leur souhaiter, à tous les bouliers et boulières de
Laval, une très belle saison 2018, qui sera, je l'espère, marquée de
merveilleuses rencontres et de pur bonheur. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Laval-des-Rapides. Et maintenant je cède la parole à M. le député de
Gaspé.
Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Je désire rendre hommage aux
citoyens et citoyennes de la circonscription de Gaspé, que j'ai l'immense honneur de représenter depuis 2012 à
l'Assemblée nationale du Québec. Je veux les remercier pour leur
confiance, leur appui et leur dire que ce fut un réel privilège qu'ils m'ont
accordé.
veux également saluer mes collègues et amis du Parti québécois et de l'ensemble
des formations politiques. Mon passage ici m'aura permis de rencontrer au sein
de toutes les formations politiques des femmes et des hommes de qualité,
engagés pour le bien de leur circonscription et du Québec. Plusieurs seront des
amis pour longtemps.
Je souhaite
également souligner la contribution essentielle à cette belle aventure de mon
personnel politique, mon exécutif et
de nombreux bénévoles et amis. Un grand merci à ma conjointe Christine et mes
deux fils, Hubert et Germain, qui
m'ont assisté dans ces fonctions de député afin de défendre les intérêts de mon
précieux coin de pays, la Gaspésie. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est nous qui vous remercions, M.
le député de Gaspé. Maintenant, pour la prochaine déclaration, je cède
la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Mme la Présidente, investir 1 000 heures
de bénévolat dans un organisme de votre milieu, c'est possible, oui,
Carmin Balthazar l'a fait.
Depuis des années, ce Nord-Montréalais d'adoption dédie trois heures par
semaine au Centre d'action bénévole de
Montréal-Nord, cet arrondissement qui l'a accueilli lorsqu'il avait 11 ans
et qui l'a vu grandir. En toute simplicité et avec authenticité, ce
jeune trentenaire explique que son engagement bénévole lui permet de rencontrer
des gens. «Le bénévolat, c'est une rencontre
avec ailleurs», comme il le dit si bien. Et c'est particulièrement vrai dans un
arrondissement comme Montréal-Nord qui regorge d'immigrants et dont les
besoins sont criants.
Grâce à lui
et à plusieurs autres, le Centre d'action bénévole de Montréal-Nord peut offrir
une large gamme de services à la
population. Bravo! Merci, M. Balthazar. Vous êtes un bénévole par
excellence, vous vous impliquez activement dans votre milieu. Vous êtes
un exemple à suivre. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé. Maintenant, je me tourne vers M. le député de Sherbrooke
pour sa déclaration.
M. Fortin (Sherbrooke) : Oui,
bonjour, Mme la Présidente. J'aimerais aujourd'hui rendre hommage au lieutenant Stéphane Rioux, du service de
police de Sherbrooke, initiateur de l'événement Déjeunons en coeur avec la
police.
Dimanche
dernier, à l'occasion de la 10e édition, M. Rioux a annoncé, lors
d'un discours fort émouvant, son départ du comité social du service de police. Lui-même père d'un enfant atteint
d'une malformation cardiaque ayant bénéficié de l'aide de la fondation, il est impliqué depuis 2009 dans
l'organisation de cette activité de financement rassembleuse. Organisée au profit de la fondation En Coeur qui
vient en aide aux enfants malades, Déjeunons en coeur avec la police permet aux familles de la région de découvrir la
profession d'intervenant des services d'urgence et des services publics
tout en s'amusant et en partageant un déjeuner.
À
titre de député de Sherbrooke et surtout à
titre de père de quatre jeunes enfants, je tiens à remercier le lieutenant Rioux pour son immense générosité
et son engagement envers ce que nous avons de plus précieux dans notre
société, nos enfants. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Sherbrooke,
je vous remercie. Maintenant, pour clore
cette rubrique des déclarations de députés, je cède la parole à Mme la députée
de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Merci. J'aimerais souligner le 20e anniversaire de l'organisme
L'Alternative et saluer la vision de deux
fondatrices, Mmes Paule Comeau et Solange Lemieux, qui ont mis
sur pied une ressource inestimable pour la Pointe-de-l'Île de
Montréal.
L'organisme a
vu le jour en 1998 afin de faciliter le rétablissement des personnes éprouvant
des problèmes de santé mentale, favoriser leur créativité, développer
leur autonomie, élargir leurs connaissances et les aider dans leurs
cheminements respectifs. L'approche humaine, généreuse et dynamique que déploie
l'équipe permet aux personnes bénéficiaires
de retrouver une vie de famille, une ambiance chaleureuse et sans jugement avec
une écoute et une entraide.
Merci à Diane
Guimond, qui a dirigé l'organisme pendant 13 ans avec les intervenantes
Marie-Christine Dufour et Caroline Sangaré, puis maintenant dirigé par
Sylvie Rodrigue, que je salue, avec son équipe, des femmes dévouées qui font un travail
indispensable pour une société solidaire. Comme dit si bien l'un des
usagers : L'Alternative, une deuxième chance, une deuxième vie,
mais surtout une deuxième famille.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Alors, ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 51)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, de M. Claude
Vaillancourt, ancien président de l'Assemblée
nationale — ça
commence bien — alors,
M. Rosaire Bertrand, ancien député de Charlevoix...
Le Président :
L'autre bord, bon. Ah! il est là. Là, ça va. Les autres, ça fonctionne. Alain
Paquet, l'ancien député de Laval-des-Rapides, et Claude Boucher, ancien député
de Johnson, qui nous sert de référence, et finalement M. Pierre Karl Péladeau,
ancien député de Saint-Jérôme.
La vraie question : Est-ce que j'en ai oublié un? Je ne pense pas.
Je ne pense pas. Alors, vous pouvez vous rasseoir. Alors, on se calme un
peu.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je vous demanderais d'appeler l'article a, M. le Président.
Président : Alors, à
l'article a du feuilleton, Mme la
ministre responsable de l'Accès à l'information et de
la Réforme des institutions
démocratiques présente le projet de loi n° 188, Loi
modifiant la Loi électorale et d'autres lois concernant la protection des renseignements personnels des électeurs. Mme la ministre responsable de la loi à... l'Accès à l'information.
Weil : Merci, M. le Président. Ce projet de loi modifie la Loi électorale afin de prévoir que le Directeur général
des élections doit examiner et évaluer les pratiques des partis politiques
quant à la collecte, à l'utilisation, à la communication, à la conservation et à la sécurité des renseignements
personnels des électeurs. Il prévoit que le Directeur général des
élections devra en faire rapport à l'Assemblée nationale au plus tard le
1er octobre 2019.
ailleurs, le projet de loi modifie la
Loi sur les élections et les référendums
dans les municipalités et la
Loi sur les élections scolaires afin
d'accorder au gouvernement le pouvoir de demander au Directeur général des
élections de procéder à de tels exercices à
l'égard des partis politiques municipaux et des équipes reconnues aux fins des
élections municipales et scolaires, et ce, suivant les délais que le
gouvernement détermine.
Enfin,
le projet de loi confie au Directeur général des élections les pouvoirs
nécessaires à ces fins et prévoit que les rapports du Directeur général
des élections doivent être étudiés par la commission compétente de l'Assemblée
nationale. Merci, M. le Président.
Président : Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie
de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition.
Bérubé :
M. le Président, nous souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce
projet de loi.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : M. le
Président, je tiens à rappeler que ce projet de loi fait suite à une demande
formelle du DGEQ, M. le Président.
Alors, on aura sûrement des échanges, mais je veux mettre ça dans l'optique de
la discussion que nous aurons.
Le Président :
Alors, le voici dans vos collimateurs. M. le leader de l'opposition.
Bérubé :
M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article b de notre
feuilleton, s'il vous plaît.
Président : Ah! Je le ferais certainement, mais, avant de le
faire, je vais demander si la motion est adoptée.
Bérubé :
Oui, oui, oui.
Président : Oui. Adopté. Alors, c'est adopté, et vous me
demandez de procéder à l'article b, alors nous allons procéder à
l'article b.
Bérubé :
Oui, si vous le souhaitez.
Président : Ah! je le souhaite. Alors, à l'article b du
feuilleton, Mme la députée de Chicoutimi présente le projet de loi n° 1195, Loi concernant la
lutte contre les retards de paiement dans les transactions commerciales. Mme la
députée.
Jean : Merci, M. le Président. J'ai le plaisir aujourd'hui de présenter le projet de loi n° 1195, Loi concernant la lutte contre les retards
de paiement dans les transactions commerciales
Ce projet de loi vise
à lutter contre les retards de paiement dans les transactions commerciales.
cette fin, le projet de loi prescrit notamment que le paiement prévu à un contrat de vente ou de
service doit être reçu au plus tard
le 30e jour suivant la date déterminée, qui peut être la date de réception
des biens vendus ou de prestation de service.
plus, le projet de loi précise aussi les conditions auxquelles un
paiement peut être assujetti par le contrat de vente ou de service, notamment le taux d'intérêt applicable aux créances
impayées. Ces conditions sont impératives lorsque le vendeur ou le
prestataire de services compte moins de 500 employés à la date de
conclusion du contrat.
projet de loi prévoit aussi des mesures facilitant le
recouvrement de certaines créances. D'une part, il prévoit les conditions dans lesquelles un débiteur est mis
en demeure en plein de droit et les pénalités exigibles lorsque le paiement
n'est pas effectué dans les délais
prescrits. D'autre part, le projet de
loi prévoit une procédure accélérée
de recouvrement des créances soumises à la compétence matérielle de la Cour
du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté.
Il n'y a pas de dépôt
de documents.
la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries
et de l'énergie, M. le député de Labelle.
Pagé : Oui, merci, M. le Président. Donc, je dépose le rapport
de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, le 5 juin 2018...
Le Président :
...je ne l'entends pas.
Pagé : Alors, je recommence pour être sûr d'être bien entendu.
Je dépose, M. le Président, le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, le 5 juin 2018, a tenu des auditions
publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 184, Loi favorisant l'établissement
d'un service public de recharge rapide pour véhicules électriques.
Le Président
...sûr que ce n'était pas votre voix qui s'éteignait, c'était justement le micro
qui ne fonctionnait pas. Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 2 953 pétitionnaires.
Une autre de plus de 6 000 signataires suivra, initiée par l'AREQ.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la rémunération des médecins représente 21 % du budget de la santé et
des services sociaux, lequel constitue 38 % des dépenses de l'État
québécois;
«Considérant
que le revenu des médecins québécois est supérieur de 11,5 % à celui de
leurs homologues ontariens, lorsque comparé en fonction des coûts de la
vie;
«Considérant que les médecins québécois gagnent
7,6 fois le salaire moyen des Québécois, alors que ce rapport est
de trois fois pour les médecins français et quatre fois pour les médecins
britanniques;
«Considérant
que le Québec se situe au 10e rang des provinces canadiennes pour le temps
d'attente pour rencontrer un médecin;
«Considérant
que la rémunération à l'acte amène les médecins à encourager leurs patients à
consommer plus de soins, entraîne des
coûts de gestion importants, n'incite pas les médecins à déléguer des actes à
d'autres professionnels de la santé;
«Considérant
que le droit d'incorporation accordé aux médecins en 2007 leur permet de
réduire substantiellement leur niveau d'imposition et diminue d'autant
les revenus du gouvernement;
«Considérant
que d'autres modes de rémunération sont possibles et permettent d'assurer un
meilleur accès aux services de santé pour l'ensemble de la population;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de revoir le mode de
rémunération des médecins afin de
réduire la part du budget du gouvernement consacrée à la rémunération des
médecins et assurer une meilleure accessibilité aux services de santé et
aux services sociaux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 732 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la ville de Sorel-Tracy est le siège d'un important hôpital et d'un réseau
local de santé [autrefois] administrés par le CSSS
Pierre-De Saurel, dont les bureaux étaient situés à l'Hôtel-Dieu de Sorel;
«Considérant que les
établissements de ce réseau local donnent de l'emploi à environ
1 500 personnes;
«Considérant
que la population du territoire Pierre-De Saurel est attachée à ses
services sociaux et de soins de proximité et qu'elle souhaite non
seulement les conserver, mais les améliorer;
«Considérant
que les postes de direction du CSSS Pierre-De Saurel ont été imprudemment
abolis à la faveur d'une suprastructure régionale, le CISSS de la
Montérégie-Est, dont les cadres administrent, à partir de leurs bureaux de
Longueuil principalement, trois hôpitaux, 12 CLSC et plusieurs autres
services;
«Considérant que cette centralisation a éloigné
les centres de décision des lieux où travaille le personnel et où sont
donnés les services;
«Considérant
qu'à la suite de cette centralisation une très importante détérioration de la
gestion des ressources humaines a été
observée dans les établissements de Sorel-Tracy avec pour conséquences de
l'épuisement professionnel, des
décisions administratives non conformes aux besoins et aux priorités de la
population et une diminution de la qualité des services sociaux et des
soins de proximité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec qu'il rétablisse à
l'Hôtel-Dieu de Sorel une direction permanente
équivalente à celle qui existait au CSSS Pierre-De Saurel de sorte que le territoire
récupère les pouvoirs locaux qui lui permettaient d'agir sur la qualité
des soins et des services à la population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de M. le
député de Mégantic la demande de dépôt
d'une pétition qui est non conforme. Est-ce
que j'ai un consentement? J'ai un consentement. M. le
député de Mégantic.
Bolduc : Merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 724 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la détérioration avancée de la
route 257 nuit au développement
économique du Haut-Saint-François
et à la mobilité de sa population dans un secteur particulièrement dévitalisé;
«Considérant que ce
très mauvais état de la route 257 nuit aux services d'urgence et peut
ainsi constituer un danger pour la population;
«Considérant
que le mauvais état de
la route 257 décourage visiteurs et touristes et nuit ainsi aux attraits
que sont le parc national du Mont-Mégantic et les parcs régionaux du
Marécage-des-Scots et du Mont-Ham;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de financer la mise à
niveau de la route 257 dans Le Haut-Saint-François.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. M. le
député de Mégantic,
vous avez une autre pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement
pour le dépôt? Consentement. M. le député de Mégantic.
Bolduc : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 234 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Il n'y a pas de
faits invoqués.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de financer la mise à
niveau de la route 257 dans Le Haut-Saint-François.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de M. le député de Richelieu une demande
de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement? Consentement. M. le
député de Richelieu.
M. Rochon :
Alors, merci, M. le Président. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 448 pétitionnaires, ce qui porte le total à 2 180.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants — vous
les avez entendus, je les reprends :
«Considérant
que la ville de Sorel-Tracy est le siège d'un important hôpital et d'un réseau
local de santé auparavant administrés
par le Centre de santé et de services sociaux Pierre-De Saurel, dont les
bureaux étaient situés à l'Hôtel-Dieu
de Sorel;
«Considérant que les établissements
de ce réseau local donnent de l'emploi à environ 1 500 personnes;
«Considérant que la population du territoire
Pierre-De Saurel est attachée à ses services sociaux et de soins de
proximité et qu'elle souhaite non seulement les conserver, mais les améliorer;
«Considérant
que les postes de direction du CSSS Pierre-De Saurel ont été imprudemment
abolis à la faveur d'une suprastructure
régionale, le CISSS de la Montérégie-Est, dont les cadres administrent, à
partir de leurs bureaux de Longueuil principalement, trois hôpitaux,
12 CLSC et plusieurs autres services;
«Considérant
que cette centralisation a éloigné les centres de décision des lieux où
travaille le personnel et où sont donnés les services;
«Considérant
qu'à la suite de cette centralisation une très importante détérioration de la
gestion des ressources humaines a été
observée dans les établissements de Sorel-Tracy avec pour conséquences de
l'épuisement professionnel, des
décisions administratives non
conformes aux besoins et priorités de la population et une diminution de la
qualité des services sociaux et des soins de proximité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement [...] qu'il rétablisse à l'Hôtel-Dieu de
Sorel une direction permanente
équivalente à celle qui existait au CSSS Pierre-De Saurel de sorte que le
territoire récupère les pouvoirs locaux qui lui permettaient d'agir sur
la qualité des soins et des services à la population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une question de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période de questions et de réponses orales sera tenu le
vote reporté sur l'adoption du projet de loi n° 186.
Nous
en sommes donc maintenant rendus à la période de questions et de réponses
orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, ces jours derniers, il y a plus de clarté. Au-delà des
discours de tous les partis en faveur des
enfants et de l'enfance, il y a plus de clarté sur ceux qui sont crédibles puis
ceux qui n'agissent pas vraiment dans
ce sens-là. Par exemple, on lit, dans L'Actualité d'hier, au sujet du
premier ministre et de son gouvernement : «Aucun autre gouvernement n'a
été aussi nocif pour les services de garde durant un seul mandat que ce
gouvernement [libéral]. Compressions financières qui ont forcé les CPE à
couper dans les services aux jeunes; ralentissement de la création de places en CPE; favoritisme envers les
garderies privées, même si les études démontrent que la qualité y est moindre...» Même, ce gouvernement a voté contre
une motion qui disait qu'il fallait s'appuyer sur les études pour faire
des politiques pour l'enfance.
Mais, cette semaine, on voit que c'est encore pire,
parce qu'on apprend dans Le Devoir que, parmi les
40 000 enfants qui sont dans des services de garde non régis,
il y en a, une minorité, mais il y en a, qui sont laissés à eux-mêmes dans des salons où il y a des
excréments, de l'urine, du détergent, qui ne sortent pas dehors pendant six
mois. Or, le gouvernement actuel a eu un débat récemment sur un projet de loi qui aurait pu
protéger ces 40 000 enfants, et à répétition, alors que la vice-cheffe et notre équipe ont proposé des mesures pour les
régir, le gouvernement libéral et la CAQ ont à répétition refusé
de mieux protéger les 40 000 enfants qui sont dans ces services de
garde.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, pour la première fois, en fait, on a légiféré
pour assurer la qualité. Parce
nous, on a affirmé à de nombreuses reprises, et on va le réaffirmer aujourd'hui, l'importance du principe de la liberté de choix pour les parents, d'avoir un choix
véritable pour le milieu de garde qui leur convient le mieux pour leur enfant.
Ce principe est important,
mais il s'applique en autant qu'on maintient une qualité. Et il y a des études effectivement qui montrent qu'il y a des
qualités distinctes, mais la solution n'est pas de tout ramener au même niveau,
mais d'élever tout le monde au
même niveau. C'est la raison pour laquelle la loi n° 143
assure la qualité, la vérification régulière de la qualité dans tous les
services de garde.
Maintenant,
lorsqu'il parle du dévouement que l'une ou l'autre des formations politiques a envers le service de
garde subventionné, je vais quand même lui rappeler... et je suis surpris qu'il
m'amène sur cette question, parce que c'est difficile pour le Parti québécois
d'expliquer ça : ils ont créé, entre le 1er septembre 2012 et le
31 mars 2014, écoutez-moi bien ça,
15 223 places de garderie privée non subventionnée. Alors, tout
leur discours, là, sur le réseau des CPE,
où est-il dans la réalité? Lorsqu'ils ont eu l'occasion, eux, de faire les
choix, ce ne sont pas les choix qu'ils ont faits. En fait, par
rapport au temps, nous, en quatre
ans, c'est 11 000... 19 000 648 places
non subventionnées, mais en quatre ans. 15 223 en même pas deux ans. Alors, il y a
une contradiction, comme d'habitude, dans ce parti, entre les discours dans
l'opposition et la pratique au gouvernement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition, et j'aimerais bien
l'entendre.
M. Lisée :
Alors, de toute évidence, le premier ministre est très mêlé dans ses chiffres
et il ne parle pas... il ne répond pas
à ma question. Je parle des 40 000 enfants qui sont dans les
garderies non régies. Et il vient dire : Il y a une vérification
régulière de la qualité. Vous avez refusé, vous avez refusé qu'il y ait des
vérifications régulières de la qualité pour
les 40 000 enfants qui sont dans les non-régies. Nous l'avons proposé
à plusieurs reprises, nous avons déposé des amendements. La Coalition avenir
Québec et le Parti libéral du Québec se sont opposés à ce qu'il y ait des
vérifications régulières pour ces 40 000 enfants.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, M. le Président, évidemment, je ne peux pas
être d'accord avec les prémisses du discours de mon collègue. S'il y a un parti qui, en même temps, a développé des
places... — d'ailleurs,
je pense qu'on vient d'annoncer de nouvelles places, également — qui en même temps développe des places
subventionnées, mais également s'adresse au problème fondamental de la
qualité, c'est le nôtre. Parce qu'au-delà des discours comment peut-on, dans l'opposition, parler du fait qu'il faut absolument
favoriser les garderies CPE? C'est excellent, les CPE, mais il y a d'autres
modèles.
Président : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez
une belle voix, mais je l'entends même d'ici, alors que c'est au premier
ministre à avoir le droit de parole.
Le Président : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, je vous écoute aussi.
Je vous entends trop. M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, j'entends bien la députée de Taschereau, d'ailleurs
tout le monde l'entend, mais je sais
que c'est une personne, et je lui en rends hommage, qui est progressiste dans l'âme,
la députée de Taschereau, alors comment elle trouve ça, elle, que,
lorsque son gouvernement était... son parti était au gouvernement, ils aient
créé...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...au prorata du temps, bien plus de places privées que
nous?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Alors, le Parti québécois a proposé que, les
40 000 enfants qui sont non régis, leurs services de garde doivent démontrer la capacité d'avoir un milieu de
garde assurant la santé, la sécurité et le bien-être des enfants. Ils ont
voté contre. On a demandé qu'ils disposent,
dans la résidence privée où elle entend fournir les services, de l'espace
suffisant, eu égard au nombre et à
l'âge des enfants. Ils ont voté contre. Avoir la capacité d'animer et
d'encadrer les activités, ils ont voté contre.
Pourquoi ils ont voté
contre la qualité pour 40 000 enfants du Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, c'est dommage, parce que peut-être que mon collègue n'a pas eu
toute l'information sur la version telle qu'adoptée du projet de loi,
mais, en fait, on a fait plusieurs choses pour obliger les prestataires de
garde non régis à suivre certaines règles et
obligations. Par exemple, on a resserré le ratio entre les enfants, incluant
ceux de la prestataire; attestation
en cours du secourisme; une assurance responsabilité civile; une attestation
d'absence d'empêchement; également,
contrer les pratiques humiliantes, dégradantes ou abusives. En fait, il n'y a
pas de gouvernement qui a posé de gestes plus importants dans ce domaine-là que
le nôtre. Et je regrette que le collègue n'ait pas appuyé ce projet de
loi là, il aurait dû le faire.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : On ne l'a pas appuyé parce que ce n'était pas crédible.
Ce que le premier ministre vient de dire, là, il vient de se le faire donner par son ministre, c'est simplement une
preuve que les non-régis doivent avoir pour le montrer aux parents, mais ils ne doivent pas le montrer au
ministère, puis, s'il n'y a pas de plainte, personne ne va venir vérifier.
Vous avez refusé que des inspecteurs
viennent vérifier si, oui ou non, les enfants sont dans les excréments puis
avec des détergents, vous avez refusé.
Allez-vous changer
d'avis et faire des inspections régulières?
Le Président :
M. le...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
Couillard : Je pense qu'il
faut faire attention de ne pas porter de jugement généralisé. Mais, ceci dit,
la loi, maintenant, impose la qualité, donne des responsabilités au
ministère de la Famille aussi.
Mais je vais revenir sur
la question des garderies et du progressisme. Lorsqu'on propose que tout le
monde augmente à 9 $ par jour, ce qui
était le cas de leur proposition lors de la dernière campagne électorale, on
inclut également les familles à bas
revenus, pour lesquelles c'est un fardeau
financier considérable. Or, dans la proposition qu'on a faite maintenant et le nouveau mode — et
on n'a pas encore parlé de la gratuité pour les garderies de quatre ans, ce qui
sera une nouvelle réalité au prochain mandat, M. le Président — 36 %
des familles ont payé moins de 8,05 $, et 58 % des familles ont payé
moins que ce qu'ils annonçaient sous leur responsabilité. Alors, encore une
fois...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...on parle de
progressisme dans l'opposition, on ne le pratique pas au Parti québécois.
Le Président : Principale,
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, M. le Président. À plusieurs reprises, nous
avons questionné le ministre de l'Éducation sur le phénomène des notes gonflées. Nous avions découvert que plusieurs
enseignants voyaient leurs résultats d'évaluation modifiés pour gonfler artificiellement les notes
des élèves. Le ministre de l'Éducation avait refusé de reconnaître l'existence du
phénomène, mais, après des centaines de témoignages, il a émis une directive
ministérielle. Qui demandait quoi, M. le Président? Qui demandait de simplement
respecter la loi.
Nous
apprenons ce matin qu'un an plus tard encore 10 % des enseignants
affirment toujours subir de la pression pour modifier les résultats de
certains élèves.
Qu'allez-vous faire, M. le ministre, pour mettre
fin une fois pour toutes au phénomène des notes gonflées?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : Oui, M. le
Président. J'ai eu l'occasion de le dire encore ce matin puis je vais le
répéter, on a fait ce qu'il fallait
faire, M. le Président. Je me suis présenté ici, à l'Assemblée nationale, j'ai
déposé une directive après avoir obtenu,
grâce au projet de loi n° 105, M. le Président, le pouvoir d'émettre de
ces directives. Et on a convenu ensemble ici qu'il ne fallait, un, pas
manipuler les notes et que, deuxièmement, l'évaluation, c'était une affaire
d'école.
Oui, les
enseignants ont de l'autonomie, mais il n'est pas anormal, M. le Président, de
voir une directrice ou un directeur d'établissement de convenir ou de discuter
avec un enseignant de la progression d'un enfant. Comme parents, c'est ce qu'on veut entendre. La politique
d'évaluation, M. le Président, elle est définie dans l'école, par l'école, et
par les enseignants, et par ceux et celles qui oeuvrent à l'école.
Maintenant,
les enseignants ont tous les outils dans les mains pour être capables de faire
reconnaître leurs droits. La preuve
en est, c'est que l'article de ce matin le dit, M. le Président, la directive a
eu son effet, a eu beaucoup d'effet.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, le plus inquiétant, M. le Président, dans ce
phénomène-là, c'est qu'on apprend qu'il y a des pressions qui sont faites, particulièrement sur les matières qui sont
obligatoires pour l'obtention du diplôme. Alors, 26 % des
répondants ont souligné qu'une modification de résultat était nécessaire pour
rencontrer les cibles de réussite.
Alors, M. le ministre, allez-vous enfin mettre
fin au gonflage des notes auprès de nos enfants?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. Je
serais très curieux d'entendre la solution de la collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Comment est-ce qu'elle ferait, elle,
pour s'assurer que, dans les écoles, la discussion ait lieu? Comment
est-ce qu'elle ferait pour que, dans les
écoles, une direction puisse discuter avec les enseignants de la progression
des enfants? Comment est-ce qu'elle
ferait pour s'assurer que les parents, M. le Président, sachent que leurs
enfants sont pris en main par toute une équipe-école, dont les
enseignants?
Ce qu'on fait
au quotidien, M. le Président, c'est de les soutenir, c'est de donner des outils
aux enseignants pour faire respecter
leur autonomie. Pour travailler avec l'école, on met des ressources
supplémentaires. Et vous savez quoi? Ce n'est pas grave, M. le
Président, de se retrouver dans une situation où les écoles discutent ensemble,
c'est une excellente nouvelle. Ce qu'il
faut, c'est respecter l'autonomie des enseignants et ne pas faire de
manipulation. Ça, je l'ai déjà dit, ça ne sert personne.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Ce qu'on nous dit ce matin, là, c'est que les élèves ne maîtrisent pas le
contenu de base. On nous dit qu'entre
autres c'est à cause de la pression pour la réussite et c'est... de la pression
pour atteindre les cibles de réussite. Alors,
le ministre, ce qu'il vient de nous dire, M. le Président, ce qui est important
pour lui, c'est de gonfler les notes pour atteindre ses cibles à lui. Moi, je préférerais... Je vais lui dire ce
que je vais faire, moi, je vais m'assurer que les enfants atteignent les
objectifs, mais atteignent surtout les apprentissages, et ce n'est pas ça que
le gouvernement libéral fait.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : M. le Président, je suis convaincu que la
collègue n'a rassuré personne. Je pense qu'elle s'est trouvée dans une situation où elle fait pire. M. le
Président, les objectifs qui sont mis de l'avant comme société, ce n'est pas
les miens, c'est les objectifs de la
société pour voir notre diplomation augmenter, pour qu'on puisse faire le
rattrapage qui est nécessaire. En 50 ans, vous savez quoi, M. le Président?
On a fait des bonds de géant. On va continuer à le faire. Nos jeunes, ils apprennent, ils apprennent bien.
Certains ont des difficultés. Vous savez quoi? On les soutient. Il y a des
gens, au quotidien, qui sont chanceux,
privilégiés, ils le disent, c'est leur mission de les faire réussir. Vous savez
quoi? Ils ne sont pas tous en train
de se plaindre ce matin et ils n'ont pas tous participé à un sondage en fin de
période d'année scolaire, notamment.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Selon un extrait de document publié aujourd'hui dans le journal au sujet de
l'enquête Justesse, il apparaît que
le dépôt d'accusations devait se faire en avril 2016. Au même moment, le DPCP
subissait une réorganisation majeure
avec l'abolition des bureaux spécialisés, dont le Bureau de lutte à la
corruption et à la malversation, ce qui créait énormément de mécontentement et même la démission de l'ex-patronne du
bureau et de sa procureure-vedette. De plus, Me Chouinard, qui est identifiée dans ce document comme étant en
charge du dossier Justesse au DPCP, a aussi quitté quelque temps plus
tard, en plein travail sur le dossier Justesse. Au même moment, le DPCP allait,
de plus, subir des compressions de 5,2 millions. On voudrait nuire à
l'aboutissement de dossiers qu'on n'agirait pas autrement.
Est-ce que la ministre peut admettre que les
coupes, les réorganisations, les fusions, les abolitions de bureaux et les
démissions ont nui grandement...
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, le dossier dont il est question et les allégués qui étaient
contenus dans le journal en question
ont été largement démentis hier tant
par le DPCP que par l'UPAC. L'enquête est toujours en cours, et je nous invite, et j'invite ma collègue, vice-cheffe du
Parti québécois, à respecter les institutions, à respecter la parole donnée par
les institutions. Est-ce que ma collègue fait confiance à l'UPAC et au DPCP ou
fait-elle plutôt confiance aux allégués du quotidien de son ancien chef,
qui, par ailleurs, est ici aujourd'hui?
Le Président : Première...
Le Président : S'il vous
plaît!
Le Président : Bon, ne tombez
pas en bas de la balustrade, là. Première complémentaire, Mme la députée de
Joliette.
Le Président :
S'il vous plaît! O.K. Ça va, là. Trop bruyant.
Le Président : O.K. Mme la
députée de Joliette.
Mme Hivon : Respecter nos institutions, Mme la ministre, c'est être transparent et ce n'est pas faire des coupes alors qu'on est en plein milieu d'enquêtes importantes.
Ce n'est pas non plus mettre en place une réorganisation majeure qui désorganise tout le monde, qui
entraîne des abolitions de bureaux spécialisés dans la lutte à la corruption et
des démissions de procureurs chevronnés, y compris de la personne qui est en
charge du dossier Justesse.
Donc,
j'aimerais que la ministre me dise si, oui, les coupes, les réorganisations et les démissions ont bel et bien eu un impact sur le délai de
dépôt...
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée : M. le
Président, au cours des dernières
années, il y a eu des investissements sans précédent au DPCP. Il y a eu
une réorganisation, oui, une réorganisation mise en place
par l'actuelle Directrice des poursuites criminelles et pénales, qui a mis en place un bureau de la grande
criminalité qui est beaucoup plus efficace, qui est beaucoup
plus présent dans l'ensemble des régions, et les résultats sont
probants, M. le Président.
Et je vous
dirais, M. le Président, ma collègue, c'est un petit peu préoccupant
d'entendre sa question, puisqu'il y a, au
cours des dernières années, des augmentations substantielles. Le budget
des crédits accordés au DPCP monte à plus de 168 millions cette
année, une augmentation de près de 14 % du budget.
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : Et après on
va dire qu'on coupe dans les enquêtes? Franchement, c'est de la
politique-fiction.
Le Président :
Complémentaire? Complémentaire, M. le député de Verchères.
M. Bergeron : Parlant d'institutions, hier, on apprenait que
l'UPAC a reporté des arrestations à trois reprises dans ce dossier. Le commissaire nommé par le Parti libéral pour faire enquête sur le Parti
libéral s'est empressé de dire qu'il
n'avait jamais eu d'intention de procéder à des arrestations. Ce matin, nous
avons la preuve écrite que le commissaire a menti. Ce document confirme
que l'UPAC devait bel et bien procéder à des arrestations en avril 2016.
Le ministre
ne trouve-t-il pas préoccupant que le
commissaire, qui devrait incarner les plus hautes normes de probité dans
notre société, ait menti effrontément aux Québécoises et aux Québécois?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux : Je ne pense pas qu'on
soit un tribunal ici, on est l'Assemblée nationale du Québec, et l'UPAC a
démenti formellement la version des faits qui est présentée ici par le député
de Verchères, elle l'a démentie.
Alors, je
réitère que la bonne façon d'avoir des réponses à nos questions légitimes comme
parlementaires — et
on représente la population
du Québec — la
bonne façon d'avoir des réponses à nos questions légitimes sans nous-mêmes
nous immiscer dans les activités d'un corps
policier spécialisé comme l'UPAC, sans nous-mêmes nous immiscer dans les enquêtes, la bonne façon de le faire, c'est
avec le comité de surveillance. Et on est capables de le mettre sur pied, ce
comité de surveillance...
Le Président : En terminant.
M. Coiteux : ...dans les jours
prochains, des propositions ont été faites à cet effet.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt du document? Consentement. Principale, M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, à quatre mois des élections, le gouvernement libéral s'apprête
à obliger Hydro-Québec à signer un contrat d'éolien à Port-Cartier qui va
faire perdre 1,5 milliard à Hydro-Québec, donc à l'ensemble des Québécois.
Le gouvernement libéral veut obliger Hydro-Québec à acheter 200 mégawatts
à 0,115 $ du kilowattheure, alors que, d'abord,
les derniers contrats d'éolien ont été faits à 0,06 $ du kilowattheure et
alors qu'Hydro-Québec, dans son dernier rapport, nous dit qu'ils vont être en surplus d'électricité jusqu'en
2026. Donc, on peut déjà prévoir la réponse du premier ministre, il va
nous dire qu'on n'aime pas les régions, mais ce n'est pas une question
d'aimer...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Ayez la décence
d'écouter la question jusqu'à la fin. M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
Legault : M. le Président, tout le monde ici est pour le
développement des régions, tout le monde ici est pour le développement de
l'éolien...
Président : Je répète, je vous répète... Franchement! Ce n'est
pas de ce côté-là que j'entends, là, c'est ce côté-ci. M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, avant d'acheter plus d'électricité
quand on est déjà en surplus, il faut s'assurer d'avoir des contrats signés pour plus d'exportation, donc... Je sais que le premier ministre, là, a un grand sourire, il est en train de faire perdre 1,5 milliard
aux Québécois. Pourquoi? Pour acheter des votes.
Est-ce qu'il n'est
pas un peu gêné?
Président : Bon, on
fait attention, on se calme, là. On se calme, tout le monde. S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition? M. le leader de l'opposition, je
vous demande... tranquille.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je suis entièrement d'accord avec ce que dit mon collègue.
Comme on est en surplus d'électricité, il faut toujours bien savoir à
qui on vendrait l'électricité qu'on produirait. Alors, pourquoi il propose de
faire des nouveaux barrages dans la Baie James? Ça n'a aucun sens, il contredit
ici, devant l'Assemblée nationale, formellement une de ses propositions
principales.
Maintenant,
nous, les régions, on s'en préoccupe. Moi, j'habite dans une région, je sais
c'est quoi, vivre dans une région, et il ne sait pas c'est quoi. Maintenant,
je vais lui dire ce que les gens des régions ressentent par rapport à la CAQ. Ils ressentent non seulement un abandon, mais un total manque d'intérêt,
et les signes de ça s'accumulent : la cimenterie en Gaspésie, l'éolien, M. le Président, la réforme du scrutin, qui est une attaque directe contre les régions,
l'abolition des commissions scolaires, qui est une attaque directe contre les régions.
Et l'éolien, en passant, ça crée des bons emplois. Effectivement, il y a des Québécois et des Québécoises qui nous écoutent, qui en dépendent, notamment
en Mauricie. Je donnerai quelques exemples dans quelques instants.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Le Président :
M. le député de Jean-Lesage!
Président : Je
m'excuse, oui, ce n'est pas... M. le
député de Jean-Lesage, vous m'excuserez. M. le
député de Vanier-Les Rivières,
bon, voilà. Voilà. Excusez-moi, M. le député de Jean-Lesage.
M. le chef du
deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, le premier ministre s'apprête, dans les prochains jours, à obliger Hydro-Québec à acheter de l'électricité qu'ils n'ont pas besoin. Ça va faire perdre 1,5 milliard aux Québécois. Tout ça pour quoi? Pour essayer d'acheter
quelques votes. Ça n'a pas de bon sens, c'est de la mauvaise gestion.
Le Président :
Calmez-vous! Bon. M. le premier ministre.
M. Couillard : On aura l'occasion de discuter des comportements de tous et chacun dans
la compétition électorale, qui
consiste, effectivement, à convaincre des citoyens d'accorder leur
confiance par le bulletin de vote. On aura l'occasion d'évaluer les
différents arguments, les différents niveaux de débat où chacun d'entre nous va
entraîner la population.
Maintenant,
sur l'éolien, M. le Président, je vais quand
même rappeler un détail qui n'est pas
anodin. Il y a un comté qui
s'appelle, bien sûr, le comté de Champlain, et, dans ce comté-là, il y a une
grande ville qui s'appelle Cap-de-la-Madeleine.
Et, dans Cap-de-la-Madeleine, il y a une entreprise qui s'appelle Marmen, il y
a 1 000 emplois, il y a 1 000 emplois. Est-ce qu'il va oser se
présenter au Cap-de-la-Madeleine en parlant de l'éolien comme il le fait?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe de l'opposition.
Legault : Comment le premier ministre peut-il justifier d'acheter plus d'électricité, alors qu'Hydro-Québec dit déjà qu'on est en
surplus jusqu'en 2026? À part de faire de la vieille politique, là, est-ce qu'il...
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : ...est-ce que le premier ministre peut comprendre,
Hydro-Québec doit être au service de tous les Québécois, pas au service
du Parti libéral?
Le Président :
Est-ce que, de ce côté-ci, ça... Bien, peut-être que c'est en arrière, mais
c'est ce côté-là pareil. J'aimerais entendre le premier ministre, je ne sais
pas si ça vous intéresse autant que moi.
Le Président :
Bien, moi, je pense que ce serait intéressant de vous entendre. M. le premier
ministre.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je comprends qu'après 20 ans en politique
notre collègue, bien sûr, a connu toutes
les époques d'Hydro-Québec, il le sait bien, puis c'est une grande fierté
pour les Québécois. D'ailleurs, je viens de parler de 1 000
emplois à Cap-de-la-Madeleine, parlons maintenant un peu de la Gaspésie, parce
qu'il n'aime pas non plus en Gaspésie... non seulement il n'aime pas la
cimenterie, mais il n'aime pas l'éolien.
Alors, savez-vous
combien c'est d'emplois à Gaspé, l'éolien? Savez-vous combien c'est d'emplois?
C'est 500 emplois. Savez-vous combien ça
veut dire d'emplois à Montréal pour la population? 500 emplois en Gaspésie,
c'est 9 000 emplois à Montréal. Il serait temps que le collègue
s'intéresse sincèrement aux régions du Québec.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, en 2015, le gouvernement libéral a
fait adopter tardivement une loi pour permettre
aux entreprises de rembourser volontairement l'argent lié à la corruption et à
la collusion au Québec des années du régime libéral. Les entreprises
avaient jusqu'au 2 novembre dernier pour rembourser l'argent volé. Or, à la
veille de la date butoir, le gouvernement libéral a décidé de prolonger, par pur hasard, le programme
jusqu'au 15 décembre 2017. Ce
faisant, la ministre de la Justice a jusqu'au 15 juin exactement
pour déposer son rapport, sinon il devra être déposé après la prochaine
élection. Une pure coïncidence, M. le Président.
question est simple, M. le Président : Est-ce
que la ministre s'engage à déposer le rapport sur le Programme de
remboursement volontaire avant le 15 juin prochain? Et
est-ce qu'elle va permettre que la Commission
des institutions puisse se saisir du
rapport et l'étudier afin que les Québécois sachent l'argent qui leur a été volé durant le
régime libéral?
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, effectivement, nous avons adopté une loi qui prévoyait
un moyen assez exceptionnel et surtout très novateur d'éviter le recours au
processus judiciaire. Ce programme de remboursement volontaire auquel mon collègue fait référence a
permis aux parties intéressées d'entrer en négociation pour rembourser
des sommes qui auraient été injustement facturées. Ce rapport-là doit être déposé d'ici le 15 juin, je n'aurai
aucun problème à respecter l'échéance que la loi prévoit.
programme a permis — et
nous le verrons — de
belles avancées, et, honnêtement, je suis très fière de ce que nous avons mis en place et surtout des résultats
qui ont été obtenus suite à la mise en place du programme au bénéfice des citoyens et des citoyennes du Québec.
Le Président :
Première complémentaire. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je veux savoir de la ministre : Est-ce qu'elle va permettre qu'on puisse l'étudier en commission
parlementaire, ce rapport-là? Parce que d'autant plus, au mois d'avril dernier,
le gouvernement libéral a refusé à la
ville de Montréal de dévoiler la teneur des sommes qu'ils avaient récupérées.
Vous les avez bloqués, et le comité exécutif n'a pas répondu à cette
question-là.
le Président, on veut connaître les montants explicites, on veut savoir si on
va pouvoir étudier le rapport en commission
parlementaire pour que les Québécois sachent à quelle hauteur ils se sont fait
voler et quelles entreprises ont contribué au régime libéral de ces
années-là.
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, notre collègue est tellement
insidieux dans ses questions, on n'a rien empêché, M. le Président. La loi que nous avons adoptée ici
prévoit que le processus de négociation est confidentiel, c'est nous tous
qui avons convenu de ça.
Alors,
si je respecte les lois que nous adoptons, je ne vois pas comment lui pourrait
me blâmer. Franchement, c'est ridicule.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas, en faisant attention à vos
conclusions.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, c'est tellement ridicule de
faire la lumière sur l'argent qui a été volé aux Québécois, ça fait qu'on va
continuer à travailler pour les Québécois pour faire en sorte qu'ils sachent
combien d'argent leur a été volé, leur a été subtilisé. Nous, on veut faire la lumière, on veut s'assurer que le
rapport soit étudié en commission parlementaire.
Allez-vous
accepter notre demande que le rapport soit étudié en commission parlementaire
pour faire en sorte que les Québécois sachent à quelle hauteur ils ont
été volés par ces entreprises-là à l'époque?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, il faut se rappeler le contexte dans
lequel la loi a été adoptée et surtout les objectifs visés par le programme de remboursement
volontaire, qui n'est pas le seul outil dont nous disposons pour aller
récupérer les sommes qui ont été injustement payées par les
contribuables québécois.
Alors,
le programme de remboursement volontaire est une première étape, une première
étape, et le rapport sera déposé en cette Chambre d'ici le 15 juin, M.
le Président, je m'y engage.
Pour
ce qui est de la suite, la loi prévoyait aussi des mesures exceptionnelles qui
permettent aux organismes publics de récupérer les sommes. On a prévu
des mesures exceptionnelles quant à la prescription...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...des mesures exceptionnelles quant à la présomption de dommages.
Le Président :
Principale. M. le député de Gaspé.
Lelièvre : Merci, M. le Président. On sait que le transport aérien est une condition de base au
développement des régions, tant au
niveau du développement économique
que de la santé, de la sécurité et
des patients, notamment au
niveau de l'évacuation aéroportuaire gouvernementale. En 2014, un des deux appareils qui dessert les régions a été
modifié, et le résultat, c'est que
quatre des cinq aéroports de la Gaspésie et des Îles ne peuvent recevoir cet
appareil, sauf si les conditions sont idéales.
question s'adresse au ministre de la Santé et au ministre des Transports : Compte
tenu de l'état
des pistes en Gaspésie — on
sait que trois gestionnaires de pistes d'atterrissage ont déposé des demandes d'amélioration au gouvernement et sont toujours sans réponse — compte
tenu que quatre des cinq pistes ne
peuvent recevoir le service d'avion-ambulance, quelle est la décision,
quelle est la position du gouvernement en regard de la problématique importante
du service de transport aérien en Gaspésie et dans les régions?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je pense que... D'abord, je
comprends très bien
la question de notre collègue de Gaspé et je
pense que notre collègue
fait référence à un sujet qui doit se diviser en deux parties, puisque
les avions-ambulances du Québec
sont de deux types. Alors, je le répète — puis
je l'ai dit à plusieurs
reprises — nous avons dans notre flotte deux types d'appareils. Alors, le premier type,
qui est un avion biréacté, qui est un Challenger fait au Québec,
et l'autre type, fait aussi par
Bombardier, qui est le Dash 8. Le Dash 8 nécessite une piste
d'atterrissage que je qualifierai de standard. Et le Dash 8 atterrit partout au Québec, premièrement. Et, deuxièmement, c'est l'avion que nous utilisons essentiellement en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine parce
que le choix de l'avion utilisé
dépend de la distance, la distance devant être faite dans le plus court délai. Alors, évidemment,
quand on va dans le Grand Nord, on prend le Challenger, on en a deux. Et, quand on va ailleurs, on prend soit le
Challenger soit le Dash 8. Et je tiens à réitérer le fait, M. le Président, que l'appareil que nous utilisons, dans la quasi-totalité du
temps, sont des Dash 8 dans sa région, et les pistes peuvent les recevoir.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, le problème, c'est qu'à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts, notamment,
on a un bloc opératoire à l'hôpital
qui a été fermé pendant 20 % du
temps — le
ministre est au courant — entre la période de décembre
et avril derniers, et, en plus, l'avion-ambulance ne peut atterrir... un des
deux ne peut atterrir. Et le fameux Dash 8, vous savez, le 12 octobre dernier, a eu un incident avec huit
passagers à son bord, il y a des recommandations qui ont été émises.
Quelle est la
position du ministre de la Santé et de la ministre des Transports relativement
aux améliorations à apporter à l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Je ferai
remarquer à l'Assemblée que l'avion est donc atterri, donc, sur une
piste, donc c'est faisable. Mais, oui, il y a eu un incident technique
qui n'a pas de rapport avec la piste.
Maintenant,
pour ce qui est des découvertures qu'il
y a eu à Sainte-Anne-des-Monts, ce
sont des découvertures qui ont été
ponctuelles et liées à des relations de travail entre le médecin et son organisation, qui est le CISSS de la
Gaspésie, et que cette
problématique-là est maintenant résolue, puisque nous avons réussi à faire en
sorte qu'il y ait un engagement contractuel formel dans tout le Québec
pour que ce type de découverture n'arrive plus.
Alors, d'un côté,
nous avons agi correctement...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...et, avec l'autre, nous avons résolu un problème de façon permanente.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre :
M. le Président, la problématique est loin d'être réglée. L'aéroport de
Sainte-Anne-des-Monts a la plus
courte piste, au Québec, qui est desservie par le service d'avion-ambulance.
Et, dans le rapport qui a été émis suite à l'incident qui, déjà, remonte à huit mois, les recommandations du
comité aviseur sont... on dit : «Le risque principal de transfert négatif de procédure entre les deux
types d'aéronefs [est grand et] peut seulement être éliminé par la cessation
de la double compétence chez les pilotes du Service aérien gouvernemental.»
Est-ce
que le gouvernement va régler la problématique, notamment pour l'aéroport de
Sainte-Anne-des-Monts, suite au rapport émis par...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, on a commencé cet échange sur la question de la piste.
Alors, nous la terminons sur une
question autre. Alors, sur le sujet que nous débattons aujourd'hui, le sujet
que nous débattons est l'accès aux services aéroportés d'urgence par le
gouvernement du Québec, alors, j'ai fait la démonstration très claire et très précise que nous disposions des capacités pour le
faire dans un délai requis avec une flotte qui, elle, elle est variée et
adaptée aux différentes situations.
Alors, je pense qu'il y a des problématiques qui peuvent être ponctuelles, pour
lesquelles les solutions existent et
ont déjà été mises en application. Il y aura toujours des situations
exceptionnelles, évidemment, mais nous sommes prêts à y faire face en
tout temps.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Merci, M. le Président. Au cours de notre tournée Priorité PME, les
entrepreneurs nous ont fait part d'un problème qui prend de plus en plus
d'ampleur. Certaines entreprises, souvent des grandes, tardent leurs paiements
à leurs fournisseurs, souvent des PME. Le
phénomène a pris une telle ampleur qu'il est devenu, pour plusieurs acheteurs,
un mode de financement sur le dos de leurs
fournisseurs. Cette pratique crée une pression importante sur les liquidités
des entreprises québécoises. Cela nuit au développement et à la
prospérité économique des entreprises québécoises, et particulièrement des PME
qui sont touchées. M. le Président, j'imagine que le ministre des PME est au
courant de ce phénomène. Nous avons déposé un projet de loi aujourd'hui pour
s'y attaquer. Nous sommes ouverts à la discussion.
Va-t-il appeler notre
projet de loi pour encadrer les délais de paiement?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Petite et Moyenne Entreprise.
M. Billette :
Merci beaucoup, M. le Président. Très content d'avoir une question sur les
petites et moyennes entreprises. Je vais
dire, c'est le tissu économique du Québec. Les petites et moyennes entreprises,
c'est 200 000 entreprises au
Québec, c'est 99,4 % de nos entreprises, c'est 70 % de nos emplois,
mais avant tout c'est l'occupation de notre territoire à travers toutes les régions du Québec. On connaît
tous des responsables ou des propriétaires de petites et moyennes entreprises.
qui est important au niveau gouvernemental, c'est de créer un environnement
propice à ces gens d'affaires là pour
faire affaire, pour créer de l'emploi, pour faire des ventes, donner des
services. À ce moment-là, des outils doivent être mis en place pour faciliter leur vie. Et comment ça se mesure,
M. le Président? Il y a plusieurs mesures qu'on peut faire. C'est
le niveau de confiance, le niveau de confiance de nos petites et moyennes
entreprises qui va les pousser à aller plus
loin, à croire dans notre environnement économique également. Et, si on regarde
en 2014, où était le niveau de
confiance de nos petites et moyennes entreprises? Il était à 56,6 %, celui
du Canada était de 64 %, 7 % en bas. En 2018, où on est? On est rendu à 68 % au Québec, la
moyenne canadienne est de 62 %. On est passé de moins 7 % au niveau canadien
à plus 6 %. Le rôle de l'État, c'est de donner des outils et de laisser la
libre entreprise
Le Président :
En terminant.
M. Billette :
...et de ne pas s'ingérer dans les relations entreprises-entreprises, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Merci, M. le Président. Le ministre ne semble pas sensible à la situation
extrême des PME qui attendent leurs
paiements. Des retards de paiement nuisent concrètement au développement
économique du Québec et à ses PME. Ce
phénomène n'est pas juste au Québec. En Europe, par exemple, l'Union européenne
a adopté une directive, et 28 pays ont modifié leurs lois pour
encadrer les paiements.
le Président, pourquoi le ministre des PME n'appellerait pas notre projet pour
régler enfin le phénomène des retards de paiement qui nuisent à nos PME?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises.
Billette : Merci beaucoup,
M. le Président. Le ministre est très sensible aux petites et moyennes
entreprises. On a mis des outils en place, M. le Président, pour aider à
nos entreprises, aussi bien à démarrer, à croître, à faire de l'exportation, à innover
également dans tous les secteurs d'activité, et un des outils forts du
gouvernement, c'est sans aucun doute
le Plan d'action gouvernemental en entrepreneuriat. C'est 34 mesures,
c'est 345 millions. C'est fait par les gens du milieu. C'est ça que les gens nous ont demandé. C'est 17 tables
régionales à travers le Québec. Les gens d'affaires qui se sont assis, qui
ont...
Billette : ... — M. le Président, merci — et qui ont mis de l'avant des mesures
vraiment concrètes, aussi bien pour les femmes... En passant, M. le
Président, sous un gouvernement libéral, c'est la première fois, cette année,
où il y a plus d'entreprises propriétaires démarrées par des femmes...
Le Président : En terminant.
M. Billette : ...à 51,4 %.
Le Président : Bien là, de
toute façon, il n'y a personne d'autre qui a la parole que...
Le Président :
Complémentaire? Complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Bon, écoutez, c'est simple, là, le ministre, semble-t-il, responsable des PME,
ne veut pas répondre à la question.
Les PME québécoises sont victimes du fait que les entreprises qui leur doivent
de l'argent ne remboursent pas dans
un délai de 30 jours. 28 autres pays ont pris des mesures pour faire en sorte
que le remboursement se fasse rapidement.
Nous déposons
un projet de loi qui est demandé par toutes les PME du Québec, est-ce que le
premier ministre va accepter notre
projet de loi pour faire en sorte qu'en dedans de 30 jours elles soient
remboursées? C'est la moindre des choses.
Le Président : S'il vous plaît!
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, oui, c'est un enjeu, puis on croit, nous,
que l'État doit donner l'exemple. L'État, comme payeur de factures, doit
donner l'exemple, et on va bientôt le démontrer, M. le Président.
Maintenant,
évidemment, je comprends qu'on s'intéresse aux PME, c'est le tissu économique
du Québec, mais ça va bien, l'économie du Québec, ça va bien, les PME du
Québec. L'économie ne s'est jamais aussi bien portée que maintenant — mon message s'adresse aux deux partis
d'opposition — la
création d'emplois est à un niveau record, les investissements, à un niveau record, la rémunération augmente à un
niveau record, la confiance envers l'économie du Québec n'a jamais été à un niveau aussi élevé. Alors, moi, je dirais, M.
le Président, devant un succès aussi important, cet élan important,
surtout, il faut poursuivre l'élan et ne pas l'interrompre.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M.
le Président.
Le Président : Ah! S'il vous
plaît, M. le député de La Pinière. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : ...trop petit,
l'urgence déborde tout le temps, les salles du bloc opératoire sont vétustes,
et les médecins, d'ailleurs, de l'hôpital viennent de lancer un cri
d'alarme. Les patients sur civière attendent en moyenne 21 h 30 min à l'urgence, deuxième pire résultat au
Québec. Dans un rapport, Agrément Canada a noté des enjeux au niveau du croisement du matériel
propre et souillé. Le bain et la douche de l'unité des naissances sont brisés
et transformés en rangements. Les pompiers ont servi un avertissement à
l'hôpital, parce que les sorties sont bloquées par du matériel.
Est-ce
que le ministre de la Santé reconnaît que l'hôpital de Saint-Jérôme est trop
petit, qu'il doit être agrandi et modernisé?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Alors, je suis content que notre collègue m'adresse cette question-ci parce que
l'enjeu des infrastructures est, pour moi, un de mes sujets préférés,
parce que, dans toutes les allocutions que j'ai faites dans mon mandat, j'ai toujours commencé mon allocution en
disant ceci : L'enjeu premier dans notre système de santé n'est pas
simplement la première ligne et
l'organisation des services, mais bien l'enjeu des infrastructures, puisque la
plupart de nos infrastructures
actuellement en opération au Québec ont été construites dans les
années 50, début des années 60, et même on peut remonter aux années 30 et 40. Il y a des hôpitaux au
Québec qui sont encore en opération qui ont été construits dans ces
moments-là.
Alors,
M. le Président, ce n'est que par un gouvernement responsable qui gère bien
l'État, qui dégage des marges de manoeuvre
que l'on peut résoudre cette situation-là en prenant des décisions basées sur
des paramètres clairs : le premier, la vétusté, ce que nous avons fait tout le long de notre mandat; le
deuxième étant le besoin de la population — exemple, Vaudreuil; et le troisième, la combinaison des deux. C'est ce que nous
avons fait, M. le Président. Et, pour pouvoir continuer à faire ça, il faut bien gérer l'État et prendre
des bonnes décisions. J'ai extrêmement hâte de voir le cadre financier de la
CAQ, comment ils vont pouvoir, eux...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...poser des gestes aussi bons que les nôtres.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président. La
Vérificatrice générale explique dans son dernier rapport qu'un projet de rénovation du bloc opératoire est dans les
cartons depuis 2011 mais qu'il n'a jamais été concrétisé. Il ne s'est donc rien passé pendant toutes ces années. Un nouveau
projet d'agrandissement de l'hôpital a été déposé en décembre dernier.
Donc, 11 ans plus tard, la CAQ croit que le statu quo n'est plus possible à
l'hôpital de Saint-Jérôme.
Est-ce que le ministre
de la Santé est aussi d'accord pour dire que le laisser-faire a assez duré?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Je suis encore
une fois éminemment d'accord, M. le
Président, que l'enjeu des infrastructures est important et je rappellerai à mon collègue, qui ne l'a peut-être
pas suivi, que la plupart des projets qui sont annoncés aujourd'hui ont été déposés il
y a un certain nombre d'années. C'était le cas pour le bloc opératoire de
Charles-LeMoyne, c'était le cas du
bloc opératoire de Chicoutimi, c'était le cas, dans la même optique, de celui
de Maisonneuve-Rosemont, et ainsi de suite.
M. le Président, l'enjeu, c'est un enjeu de saine gestion des deniers publics et d'un
arbre décisionnel qui est approprié. C'est
la raison pour laquelle nous faisons, nous, une classification des bâtiments au
Québec pour qu'on puisse prendre des décisions de façon intelligente et
justifiée.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
Maintenant, on ne peut pas tout résoudre dans une seule année.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, M. le Président. Le projet est dans les cartons depuis 2001. Toutes les Laurentides se
sont mobilisées pour l'agrandissement
de l'hôpital, qui est rendu trop petit, qui est aussi vétuste. Mon collègue le
mentionnait, il y a d'importants
risques de contamination, notamment au bloc opératoire. C'est sans compter les
patients sur civière, qui doivent attendre 21 h 30 min à
l'urgence.
Qu'est-ce que ça va
prendre pour que l'hôpital soit enfin agrandi?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Ce que la population
souhaite, M. le Président, c'est d'avoir un gouvernement responsable. Et
je peux relancer mon collègue en lui
posant une question très simple : Entre les insectes au bloc opératoire de
Charles-LeMoyne et le dossier actuellement en cause, lequel il aurait
choisi?
Alors, moi, j'invite la CAQ à nous déposer la
liste des bâtiments qu'il rénovera en priorité, avec le budget qui y est associé dans un cadre financier clairement
exprimé, et là ça sera probablement la même réaction que le 90 minutes à l'urgence, ça sera probablement risible. Alors,
c'est beau, lancer des choses comme ça, mais j'ai bien hâte de voir un peu
de raison émaner de l'esprit de la CAQ.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Alors, M. le Président, je n'ai pas attendu après la CAQ pour questionner le ministre de la Santé et lui demander combien de temps encore les
citoyens et citoyennes de Saint-Jérôme devront attendre avant d'obtenir enfin le
projet de réaménagement de notre hôpital. Les preuves de l'urgence de ce projet
s'accumulent, M. le Président. Le Vérificateur
général a constaté de nombreux
problèmes représentant, je le cite, des risques d'infection pour les
patients et le personnel. On manque
de lits. Les chirurgiens et anesthésiologistes dénoncent le manque d'espace
dans les salles d'opération. Même le
Service des incendies de Saint-Jérôme a servi un avis de non-conformité à l'hôpital.
On signale même un manque de
toilettes fermées et de lavabos. Même le P.D.G. du CISSS reconnaît que l'hôpital
a besoin d'amour et de travaux. Le gouvernement doit rendre des comptes
à la population de Saint-Jérôme.
Dans combien
de temps auront-ils un hôpital digne d'un pays occidental? C'est notre hôpital
qui est à l'urgence, M. le Président.
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Je vais réitérer,
M. le Président, que ma responsabilité, et la responsabilité de ce gouvernement,
est de faire en sorte que la population
soit traitée, sur tout son territoire et pour chaque individu au Québec,
de façon équitable. Et ça amène
l'enjeu de faire des choix qui sont, évidemment, séquencés et qui doivent être faits sur une base
qui est celle de la raison, et, je
l'ai toujours dit, on commence par la vétusté. Je ne conteste
pas la vétusté de Saint-Jérôme, mais je rappelle à notre collègue que nous avons déjà annoncé et commencé la rénovation
de l'aile de santé mentale. Je rappelle à mon collègue qu'actuellement sur mon bureau est le projet de rénovation de l'urgence. Par contre,
ce qui est sur la table dans les médias aujourd'hui est essentiellement
la construction d'un nouvel hôpital.
Alors, je
reviens à l'enjeu de la décision basée sur la raison dans un contexte budgétaire
qui est celui que l'on connaît et qui
ne va pas changer demain matin si on est en place, qui va évidemment
changer s'il y en a d'autres. Alors, je pense que nous sommes les mieux placés, M. le Président, pour faire en sorte que l'on puisse offrir à la population
les meilleurs services possible sur la base de décisions qui, elles,
sont basées sur la raison et non sur un journal.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Alors, M. le Président, il faut que le ministre me comprenne, à l'hôpital de Saint-Jérôme, on est en dessous des normes
de tout l'Occident. C'est complètement inacceptable. À certains endroits, les patients
côtoient les vidanges, M. le Président. Alors, le projet d'agrandissement et de modernisation à l'hôpital
de Saint-Jérôme devrait être une priorité nationale. Des
études et des rapports le prouvent.
Dans combien de temps la population de Saint-Jérôme
aura-t-elle un hôpital digne d'un pays occidental?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je peux vous dire une chose, je pourrais lui faire la liste des hôpitaux
qui ont besoin d'amour, comme il dit, mais encore faut-il, évidemment,
et je le répète, prendre des décisions qui sont ordonnancées d'une façon
rationnelle. C'est ce que nous faisons.
Alors, je le
répète, pour ce qui est de Saint-Jérôme et d'ailleurs, et d'ailleurs parce qu'il y en a d'autres aussi, nous savons,
ces projets-là, qu'ils sont sur notre planche à dessin et ils seront annoncés
en temps et lieu.
Le Président :
Alors, pour moi, on en a profité pendant que l'ancien député de Saint-Jérôme
était avec nous.
Mais ceci met fin à la période de questions et
de réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le ministre des Transports, de la Mobilité durable et
de l'Électrification des transports
proposant que le projet de loi n° 186, Loi concernant l'acquisition de
voitures additionnelles pour le métro de Montréal, soit adopté.
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux
(Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Heurtel (Viau), Mme Vien (Bellechasse),
Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay
(Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey),
Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau),
M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc
(Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Rousselle
(Vimont), Mme Vallières (Richmond), M. Auger (Champlain),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois
(Abitibi-Est), M. Giguère (Saint-Maurice),
M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini
(La Prairie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides),
Mme Sauvé (Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau),
Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron
(Verchères), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard (Duplessis),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet),
M. Rochon (Richelieu), M. Pagé (Labelle),
M. Cousineau (Bertrand), M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean
(Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier (Marie-Victorin),
M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), M. Khadir (Mercier), M. St-Denis (Argenteuil),
M. Busque (Beauce-Sud), M. Lelièvre (Gaspé).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y
a-t-il des députés contre ou des abstentions? M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 115
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée,
et en conséquence le projet de loi n° 186 est adopté.
Nous en sommes
maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation, je vais céder la parole à Mme la
députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de Gaspé et la députée de Vachon, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale constate que
les retards de paiement créent une importante pression sur les liquidités des entreprises québécoises et que cette pression nuit au développement et à la prospérité de ces entreprises, notamment pour les PME;
«Qu'elle constate que le phénomène des retards de
paiement a pris de l'ampleur et est devenu pour plusieurs, un mode de financement des acheteurs sur
le dos des fournisseurs;
«Qu'elle demande au gouvernement de limiter les
délais de paiement à trente jours.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Maintenant, je
vais céder la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation
de sa motion sans préavis.
Mme Soucy :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse qu'Hydro-Québec a des surplus énergétiques;
«Qu'elle constate le
coût élevé de production du futur parc éolien Apuiat, soit de 11,5 cents le kilowattheure;
«Qu'elle
reconnaisse qu'il est possible de faire du développement économique avec la
nation innue sans pénaliser Hydro-Québec et ses clients;
«Qu'elle
demande au gouvernement de ne pas imposer ce nouvel approvisionnement éolien à
Hydro-Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Maintenant, y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Maintenant, je vais
céder la parole à M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Blais : Alors, bonjour, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre
déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique
et aux Saines habitudes de vie, le
député de Saint-Jean, le député de Mercier, le député de Drummond—Bois-Francs, le député de Gaspé et le
député d'Argenteuil :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 22e Semaine québécoise des personnes
handicapées, qui a lieu cette année du 1er au 7 juin, sous le thème Ensemble,
bâtissons une société plus inclusive! »
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre.
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Gouin pour la présentation de sa motion sans
préavis.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Très heureux de déposer
cette motion qui salue la mobilisation de jeunes Québécoises et je
demande donc le consentement de l'Assemblée pour la présenter conjointement
avec la ministre de l'Enseignement supérieur
et la ministre responsable de la Condition féminine, la députée de
Marie-Victorin et le député de Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale salue les élèves du pensionnat Saint-Nom-de-Marie et
d'autres écoles qui se sont mobilisées
pour se réapproprier le contrôle sur leur corps et leur apparence, dans la
foulée du mouvement des "carrés jaunes";
«Que
l'Assemblée nationale encourage les directions d'écoles du Québec à engager un
dialogue avec [leurs] élèves au sujet des codes vestimentaires, dans une
perspective d'égalité entre les hommes et les femmes.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, toujours à la
rubrique des motions sans préavis, je vais céder la parole à Mme la
leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Bonjour, Mme la Présidente. Alors, conformément à l'article 186 du
règlement, «que soit révoqué l'ordre
de renvoi du projet de loi d'intérêt privé n° 240, Loi concernant La
Fabrique de la paroisse Saint-Jacques-le-Majeur, à la Commission des
finances publiques et prévoyant que le ministre des Finances en soit membre».
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
C'est très bien. Est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Et je vous recède la
parole, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, je fais motion afin «que le projet de loi d'intérêt privé n° 240, Loi concernant La Fabrique de
la paroisse Saint-Jacques-le-Majeur, soit renvoyé pour consultation et étude
détaillée à la Commission des institutions
et que le ministre de la Justice soit membre de ladite commission pour la durée
de ce mandat».
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Adopté.
S'il n'y a
pas d'autre motion sans préavis, nous en sommes maintenant à la rubrique des
avis touchant les travaux des commissions, et je vais céder la parole à
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
J'avise cette
Assemblée que la Commission de la
culture et de l'éducation procédera
aux consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 400, Loi
modifiant la Loi concernant la succession de l'honorable Trefflé Berthiaume et
la Compagnie de Publication de La
Presse, Limitée, dès maintenant, pour une durée de 1 h 45 min, ainsi que de 15 heures à
18 heures et de 19 heures à 20 h 30, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 141, Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement du secteur financier, la
protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des institutions financières, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle des Premiers-Ministres de
l'édifice Pamphile-Le May;
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 176, Loi modifiant la
Loi sur les normes du travail et
d'autres dispositions législatives afin principalement de faciliter la
conciliation famille‑travail, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des institutions entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 128, Loi visant à favoriser
la protection des personnes par la mise en
place d'un encadrement concernant les chiens, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, et
poursuivra de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera
à l'étude détaillée du projet de
loi d'intérêt privé n° 236,
Loi concernant la Ville de Sherbrooke, le mercredi 13 juin 2018, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 237, Loi
modifiant la Loi de la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau—Hauterive,
le mercredi 13 juin 2018, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des finances publiques entendra
les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 235, Loi modifiant la Loi concernant L'Industrielle-Alliance
Compagnie d'Assurance sur la Vie, le mercredi
13 juin 2018, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle des Premiers-Ministres de l'édifice
Pamphile-Le May;
Et la Commission, Mme la Présidente, des institutions
entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée des projets de
loi d'intérêt privé suivants, et ce, dans l'ordre ci-après indiqué : le
projet de loi d'intérêt privé n° 238, Loi concernant les immunités accordées à l'Agence mondiale antidopage, le
projet de loi d'intérêt privé n° 240, Loi concernant La Fabrique de la paroisse
Saint-Jacques-le-Majeur, ainsi que le projet de loi d'intérêt privé
n° 241, Loi visant à déclarer la
compétence d'un célébrant, le mercredi 13 juin 2018, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, à la salle du Conseil législatif, et,
si nécessaire, de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'aménagement du territoire se réunira demain, le jeudi 7 juin 2018, de 7 h 30 à 8 h 30, à la
salle RC.171, afin d'approuver le rapport de la commission
relativement au mandat
d'initiative portant sur l'accès aux services financiers de proximité en
région.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des renseignements
sur les travaux de l'Assemblée.
Et, puisqu'il
n'y a pas de demande de renseignements, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Et je cède
la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Mme la
Présidente, je vous prierais d'appeler l'article 32, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 32 du
feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la
Commission de la santé et des services sociaux sur le projet de loi
n° 157, Loi constituant la Société québécoise
du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière, ainsi que les amendements
transmis en vertu de l'article 252 du règlement par Mme la ministre
déléguée à la Réadaptation, à la Protection
de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, par M. le
député de Labelle, par M. le député de Borduas et par M. le député de
Mercier. Et ces amendements sont déclarés recevables.
Maintenant,
avant d'entamer le débat comme tel, je vais suspendre nos travaux quelques
instants, le moment de la tenue d'une rencontre entre les leaders.
Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 11 h 23)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et y a-t-il des interventions?
J'imagine que oui.
Alors, je
vais céder la parole à Mme la
ministre — je vais le nommer tout au complet — déléguée
à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé
publique et aux Saines habitudes de vie. Mme la ministre, la parole est à vous.
Charlebois :
Alors, merci, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je suis heureuse et même
honorée de présenter, en vue des
dernières étapes menant à son adoption, la version finale du projet de loi
n° 157, le projet de loi qui constitue
la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et
modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière.
projet de loi positionne et prépare le Québec à l'entrée en vigueur prochaine
de la légalisation du cannabis, imposée,
il faut se le dire, là, Mme la Présidente, unilatéralement par le gouvernement
fédéral. Je veux que les citoyens comprennent bien, là, que ce n'est pas le
gouvernement du Québec puis ce n'est pas les députés de l'opposition puis ce
n'est pas personne ici, à Québec, qui
ont demandé ça. Ça s'est ramassé dans notre agenda suite à une décision du
gouvernement fédéral. Alors, on s'est activés avec des échéanciers extrêmement
courts et un degré d'incertitude élevé quant aux intentions fédérales. Dire que c'était un réel défi, c'est peu dire, Mme
la Présidente. Le but ultime, le même pour nous depuis le départ, était d'offrir le meilleur encadrement possible à
cette substance sur notre territoire, compte tenu des enjeux qu'elle comporte. Et, je tiens à le répéter, Mme
la Présidente, le cannabis n'est pas une substance banale et inoffensive. Je
dis aux jeunes : Ce n'est pas génial de fumer du cannabis.
Notre
action se doit d'être réfléchie et ferme. Nous avons la volonté d'offrir le
meilleur à la population québécoise, et
c'est le fruit d'un travail sérieux et rigoureux qui me permet d'être devant
vous aujourd'hui et devant le Québec avec cette version finale du projet de loi n° 157. Les mesures proposées
ont pour objectif de prévenir et réduire les méfaits du cannabis afin de protéger — c'est toujours ça qu'on a eu comme objectif
en tête, tout le monde autour de la commission — protéger la santé et la sécurité de la
population, particulièrement les jeunes. Elles visent aussi à préserver l'intégrité du marché légal du cannabis. Elles
servent à lutter contre la banalisation de la substance, notamment chez les
adolescents et les jeunes adultes de même que chez les personnes les plus
vulnérables de notre société.
Cette
substance, je le répète à nouveau, comporte d'importants risques pour la santé
et la sécurité du public, et nous nous devons de mettre en place un
encadrement rigoureux à cet égard, nous l'affirmons depuis le début, et c'est notre priorité, c'est la priorité de l'ensemble
des parlementaires, Mme la Présidente. Il y a eu peu de place à l'erreur, parce
qu'il en va de la santé des Québécois,
particulièrement celle de nos jeunes et des générations futures. En ce sens,
énormément de gens, dont les experts,
nous ont recommandé un encadrement strict dès le départ, qui pourrait évoluer
dans le futur en fonction de la situation.
L'une des pierres
angulaires de notre intervention, aussi recommandée par les experts et
souhaitée par la population, est la
constitution de la Société québécoise du cannabis, une filiale de la Société
des alcools du Québec. Sa mission, à
la Société québécoise du cannabis, Mme la Présidente, sera d'assurer la
vente du cannabis dans une perspective de
protection de la santé afin d'intégrer les consommateurs au marché licite, donc
légal, sans favoriser la consommation de
cannabis. En effet, il s'agit d'assurer la mise en oeuvre d'un modèle de vente
bien encadrée qui bénéficie de l'expertise de la Société des alcools, tout en ayant une mission bien distincte, axée
sur la prévention. Cette mission est particulièrement lourde de sens et fera clairement en sorte de
contribuer à l'atteinte des objectifs de santé publique qui nous sont chers.
Vous
comprenez donc, Mme la Présidente — puis je fais un aparté de mon texte — qu'il n'y a pas de promotion, qu'il n'y aura pas rien qui va ressembler à ce que
la SAQ fait en ce moment. Il n'y aura pas de carte Inspire, ça, c'est clair.
Comme on se l'est tous dit en commission
parlementaire, oui, il n'y aura pas d'inspire, expire et soupir. Ça n'arrivera
pas, Mme la Présidente. Ce qu'on cherche, c'est la santé publique pour
tous nos êtres chers.
projet de loi établit également que la majorité des revenus disponibles tirés
de la vente seront investis dans la prévention
et dans la recherche en matière de substances psychoactives. Rappelons le
montant minimal annuel et garanti de
25 millions par année pour cinq ans. À chaque année pendant cinq ans, le
minimum qui peut être versé au Fonds de prévention dès cette année, 2018‑2019, c'est 25 millions. C'est un
engagement qui est inscrit noir sur blanc dans le texte même du projet
de loi, Mme la Présidente.
projet de loi, tel que déposé, comportait déjà des mesures importantes telles
que l'interdiction complète pour tous de posséder du cannabis dans
certains lieux fréquentés par les jeunes, comme les établissements primaires et
secondaires, ainsi que les centres de la
petite enfance. Toujours tel que déposé, d'autres mesures importantes :
l'interdiction totale de cultiver du
cannabis non thérapeutique à des fins personnelles, des restrictions d'usage du
cannabis dans certains lieux,
certaines allant au-delà de ce qui est prévu pour le tabac, l'encadrement
strict de la vente au détail du cannabis, dont l'interdiction de vente à
un mineur ou à un adulte d'acheter du cannabis pour un mineur.
Encore
des mesures importantes : des restrictions quant aux produits qui pourront
être vendus et des dispositions qui
feront en sorte que le gouvernement du Québec devra autoriser, en adoptant un
règlement, la vente au Québec d'éventuels
nouveaux produits, dont les produits comestibles qui préoccupent tant
d'intervenants. Il y a aussi l'imposition des limites en matière de promotion et de publicité, ce que je vous
disais un peu plus tôt, relatives au cannabis, toujours dans la perspective
d'éviter de banaliser cette substance et son usage. Il y a aussi la tolérance
zéro à la consommation de cannabis et
de drogues pour tous les conducteurs afin d'assurer la sécurité routière, de
lancer un puissant message à la population. Ça sera tolérance zéro à la
consommation de drogues pour tous les conducteurs, Mme la Présidente.
Bien
entendu, suite au travail et aux discussions lors des travaux parlementaires,
plusieurs ajouts ont été faits à ce projet
initial en vue de le bonifier. On parle ici de 138 amendements, Mme la
Présidente. À cet égard, plusieurs préoccupations exprimées incitaient à faire davantage pour éviter
que des intérêts lucratifs dans l'industrie et l'influence de l'industrie
viennent interférer et nuire aux objectifs de santé.
Ce fut également le cas en ce qui concerne
l'intégrité des producteurs qui feront affaire avec la Société québécoise
du cannabis. Et, en ce sens, certains amendements ont été apportés, quelques
ajouts pour bonifier. Je vous en signifie quelques-uns : le retrait de la possibilité d'autoriser des projets pilotes
en matière de vente au détail. Nous l'avons effectué la dernière journée de commission, Mme la
Présidente. Nous avons également inséré un ajout pour assurer que tant les
membres du conseil d'administration de la
Société québécoise du cannabis que les membres du comité de vigilance seront
exempts de conflits d'intérêts et de
relations avec l'industrie du cannabis. Il y a également un ajout pour exiger que les producteurs
souhaitant faire affaire avec la Société québécoise du cannabis obtiennent
l'autorisation de contracter de l'Autorité des marchés financiers, qui devra notamment considérer les
sources de financement pour s'assurer que lesdits producteurs
rencontrent les exigences élevées d'intégrité attendue. Et vous avez bien
compris qu'ils devront avoir un permis du gouvernement fédéral, de Santé Canada, d'abord,
ensuite avoir une autorisation, comme je vous le disais, de l'Autorité
des marchés publics.
Deux derniers amendements seront
apportés, à savoir, de notre côté, réduire la distance minimale devant séparer
les succursales de la Société québécoise du cannabis des écoles primaires et
secondaires à 150 mètres sur le territoire de la ville de Montréal
afin de tenir compte de la densité urbaine inhérente à la métropole. Et
là-dessus je dois vous dire, Mme la
Présidente, que c'est une situation particulière parce qu'à Montréal pour
contrer tout le marché illégal, le marché illicite... puis il y a une
densité qui fait qu'on doit avoir une différenciation dans l'appréciation d'où
pourront être installées les succursales de
la Société québécoise du cannabis parce qu'il y a une densité là qui est
importante. Puis, si on veut contrer
le marché illégal, il faut faire en sorte qu'on s'installe aux bons points de
vente parce que, sinon, le crime organisé
va continuer, j'ai presque le goût de dire «business as usual», mais on va
dire, en bon français, qu'ils vont continuer de faire ce qu'ils font déjà. Ils se soucient peu de l'état de santé de
leurs clients, mais non seulement ça, ils vont continuer de vendre là où nous, on n'aura pas de prise.
Alors, on vient répondre à une demande des élus de la ville de Montréal à ce
moment-ci. Et il y avait un accord entre
toutes les formations politiques qu'une fois la demande déposée nous pourrions
déposer un amendement en ce sens.
Nous
avons également travaillé à permettre à un inspecteur de pénétrer à toute heure
raisonnable dans un lieu où est exploité
un commerce où des accessoires sont vendus au détail afin de vérifier notamment
qu'un accessoire de cannabis ne comporte pas une saveur ou un arôme. Il
est évident que nous devions adopter une approche stricte en matière de promotion et de publicité de cannabis en raison
des risques pour la santé. La littérature et les experts sont formels sur les effets nuisibles que les pratiques de publicité et
de marketing des substances psychoactives peuvent avoir sur la prévalence
de la consommation, particulièrement chez les jeunes.
ailleurs, plusieurs éléments de sécurité et de santé commandaient aussi un
ajustement. Notons, par exemple, une
précision quant à la limitation de la quantité de cannabis qui peut être
possédée par un individu dans un lieu autre que public. Bref, chez vous, Mme la Présidente, ou ailleurs, je ne vous
adresse pas ça à vous, mais partout où les gens demeurent, notamment dans une résidence, comme je le disais, soit nous
allons autoriser 150 grammes de cannabis séché ou son équivalent, et ce, peu importe le nombre
d'adultes qui y résident. Donc, je résume, 150 grammes. Même si vous
êtres quatre dans la maison, c'est 150 grammes total pour cette adresse
civique.
Nous
avons aussi apporté comme ajustement l'ajout des milieux de garde où les
services fournis par des personnes non
reconnues à
titre de responsables de tels services en vertu de la
Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance... comme étant soumis aux mêmes restrictions d'usage du cannabis à
l'intérieur que les lieux dont le responsable est reconnu.
Nous
avons aussi étendu l'interdiction de possession de cannabis dans tous les
établissements d'enseignement collégial, sauf pour les résidences
d'habitation.
Nous
avons aussi fait l'ajout d'une interdiction de faire usage de cannabis pour les
personnes qui assurent la garde ou
qui prennent soin d'un mineur, d'un aîné ou d'une personne en situation de
vulnérabilité dans le cadre d'un travail ou d'une prestation de services
aux heures où elles effectuent leur prestation, ce qui est tout à fait normal,
je pense.
Nous
avons aussi ajouté l'interdiction d'exploiter un point de vente à proximité
d'un établissement d'enseignement préscolaire,
primaire et secondaire et la possibilité de donner au locateur, dans les
90 jours de l'entrée en vigueur... de modifier les conditions d'un bail de logement pour y ajouter une
interdiction de fumer du cannabis. Donc les propriétaires auront
90 jours, après la légalisation, pour faire en sorte de modifier leurs
baux.
En outre, nous sommes
venus clarifier la situation suite aux nombreuses inquiétudes exprimées
relativement au cannabis dans le cadre du travail. Nous avons donc ajouté, en ce
sens, une disposition mentionnant qu'en vertu du droit de gérance d'un employeur ce dernier peut encadrer
toute forme d'usage de cannabis par les membres de son personnel sur les lieux de travail. Nous avons aussi
effectué une modification de la
Loi sur la santé et sécurité du travail
pour y préciser clairement les obligations et les responsabilités des employeurs et des travailleurs quant aux
risques encourus à l'égard de l'exécution du travail avec les facultés
affaiblies par l'alcool et la drogue, dont le cannabis.
Finalement,
comme il est essentiel de prévoir tout ce qu'il faut en termes de surveillance
et d'application de ce nouvel encadrement, différents
pouvoirs et dispositions ont été ajoutés à la première version pour fournir davantage
d'outils pour ce faire à ceux qui en sont chargés, bref, pour les policiers, Mme
la Présidente.
Ceci
étant dit, rappelons que cet encadrement se veut évolutif et prudent. C'est pour cette
raison que le projet de loi comporte plusieurs habilitations réglementaires.
C'est du nouveau droit, Mme la
Présidente. Il fallait être prudent.
Il fallait quand même
avoir un bon encadrement, mais il
y a plusieurs habilitations réglementaires
qui nous permettront de réagir rapidement, s'il y avait un besoin de
réagir rapidement.
Comme
je le disais, ces dernières pourraient notamment s'avérer nécessaires, considérant le fait que le projet de loi fédéral n'est pas encore adopté dans sa version définitive et que le
contenu des règlements qui en découleront n'est pas connu. Nous tenons à réitérer l'importance de la
mesure interdisant la culture pour des fins personnelles. Elle est nécessaire,
responsable et cohérente avec les
orientations et les objectifs recherchés. Ce qui va primer au Québec, Mme la
Présidente, c'est zéro plant à domicile. Je le répète pour mettre ça
clair pour les citoyens du Québec, c'est la loi du Québec qui prévaudra sur la
loi fédérale, ça sera zéro plant à chaque adresse civique.
nombreux groupes y sont favorables, comme je vous le disais, à cette mention du
zéro plant. Mentionnons, entre
autres, les propriétaires d'immeubles, bien sûr, qui ont notamment fait valoir
leurs inquiétudes quant aux impacts négatifs sur eux et sur les
locataires, les autres locataires de leurs immeubles, ainsi qu'il y avait des
groupes aussi qui représentaient les forces de l'ordre qui ont également appuyé
cette mesure.
Nous
ne sommes pas les seuls à adopter cette approche, par ailleurs fondée, et je le
répète, sur une approche de santé
publique. Nous réitérons et nous en sommes convaincus, il s'agit d'un exercice
valide des pouvoirs et des compétences du Québec.
Ceci étant
dit, bien sûr, certains groupes auraient aimé voir certaines autres
modifications, notamment pour établir l'âge
légal à 21 ans plutôt qu'à 18 ans, une solution qui peut sembler
bonne à prime abord, peut sembler souhaitable compte tenu que nous savons que le développement du
cerveau des jeunes se fait jusqu'à l'âge de 25 ans, mais qui ferait en
sorte de moins bien protéger cette population plus vulnérable et qui consomme
déjà du cannabis dans une grande proportion.
21 ans,
ça nous laisse entre 21 et 25. Pourquoi on abandonne ces jeunes-là? On ne les
abandonne pas, Mme la Présidente. À
partir de 18 ans, on fixe... c'est l'âge légal pour consommer des produits qui
seront mieux contrôlés, voire éliminés du marché noir un jour. Ce qu'on
cherche, c'est avoir des enjeux de qualité, et le modèle de vente étatique
constituera un véhicule important d'intervention, d'information pour réduire
les risques, mais aussi pour référer les consommateurs qui en ont besoin vers
un soutien.
Je veux vous
dire, Mme la Présidente, je vais y aller dans mes mots, là, à 18 ans, on est
apte à voter au Québec, on est
considéré majeur. À 18 ans, on peut s'acheter du tabac. À 18 ans, on peut
s'acheter de la boisson. Bien, à 18 ans, on va pouvoir s'acheter du cannabis, mais on va avoir la chance d'avoir de
l'information de qualité, des produits de qualité. Et il faut faire en sorte que nos jeunes... Il ne
faut pas se raconter d'histoire, là, Mme la Présidente. Si on exclut ces
jeunes-là, là, de 18 à 21, qui
constituent, jusqu'à 22 ans, 44 % de l'ensemble du 100 % qui consomme
du cannabis, là, bien, on leur dit : Va sur le marché noir. Va sur le
marché illégal. Consomme ce qu'on ne sait pas trop ce qu'il y a là-dedans. Puis
ces gens-là sont très peu soucieux de la santé de leur clientèle. Le
taux de THC, ils ne le sauront pas, il n'y a rien qui est connu. Alors, ce qu'on veut, nous autres, ici, au Québec, Mme la Présidente, ce n'est pas se
raconter d'histoires en excluant cette
partie des jeunes là au marché illégal. On ne fera pas en sorte de réduire leur
consommation de cannabis. Ils vont continuer
de s'approvisionner sur le marché illicite, et donc de consommer des produits
dont la composition réelle est inconnue.
C'est exactement ce que je viens de dire
dans mes mots. Les criminels continueront d'avoir très peu de scrupules
à leur endroit, et ce, même après la légalisation.
Je vous
rappelle, 18 ans, on vote, on achète du tabac, on achète de la boisson, on
va pouvoir acheter notre cannabis, et
avoir l'information pertinente, et l'acheter en toute légalité.
Certains auraient aussi souhaité... D'ailleurs la science nous dit — je veux juste finir là-dessus pour l'âge
parce que ça m'importe — que le cerveau finit de
se former à 25 ans. Alors, ce
n'est pas 21 ans qui est la bonne donne, d'une part. D'autre part, quant à moi, là, se rentrer n'importe
quoi dans les poumons, ce n'est pas ce qui est souhaitable.
Alors, ce n'est même pas... S'il
y avait moyen de ne jamais
fumer de cannabis, ça serait l'idéal, Mme la Présidente, mais comme on
le sait, qu'il y a des gens qui consomment, soyons responsables.
Certains
auraient aussi souhaité étendre davantage les restrictions d'usage. En cette matière, la
solution parfaite est difficile à trouver. Comme le produit deviendrait
légal, il est normal que sa consommation soit permise dans une certaine mesure.
Il faut aussi tenir compte des effets négatifs que pourrait avoir une
interdiction totale dans les lieux publics en exposant inévitablement plusieurs
personnes, dont des enfants, à la fumée secondaire à l'intérieur du domicile. S'il
n'y a plus de possibilité d'aller nulle part, bien, c'est bien de valeur, ils vont fumer à l'intérieur, avec leur enfant, avec les
autres occupants de la résidence où, en
tout cas, il y aura aussi des possibilités de contraventions
énormes. Ce qu'on est venu faire, nous autres, c'est qu'on a dit :
Les villes et les municipalités, ainsi que les propriétaires d'immeubles, auront un rôle à jouer en fonction
des responsabilités et des droits qu'ils ont. Nous avons notamment fait le
choix de respecter la demande des municipalités et des associations municipales
qui s'inquiétaient du respect de leur autonomie dans les sphères de
compétence qui sont les leurs, un principe qui nous est cher.
Je compte
aussi sur l'intelligence et le civisme des Québécois en cette matière. Moi, je
suis convaincue, Mme la Présidente,
qu'il n'y a pas 8 millions de Québécois qui vont sortir sur la rue demain
matin, quand ça va être légal, pour consommer
un joint de cannabis. Il faudra bien surveiller et évaluer la situation avec le
temps. Cela fait d'ailleurs
partie des engagements compris dans ce
projet.
Je veux aussi
vous dire, Mme la Présidente, en ce qui concerne la consommation, non seulement
les villes pourront l'encadrer, mais il y a déjà un cadre réglementaire. Ça va
être exactement comme pour le tabac, sauf qu'on a ajouté des lieux pour
le cannabis, comme les terrains collégiaux, universitaires, etc.
Les activités
de la Société québécoise du cannabis, ainsi que l'encadrement du cannabis,
feront l'objet d'un suivi rigoureux,
notamment par le biais d'un comité de vigilance qui sera chargé de conseiller
le ministre de la Santé et des Services sociaux sur tout sujet relatif
au cannabis. Ce comité aura toute la légitimité et tous les pouvoirs requis
pour assurer pleinement son mandat. Nous
comptons sur la Société des alcools pour mettre en oeuvre les activités de la
Société québécoise du cannabis et
comptons que celle-ci agira en tout temps dans le respect intégral de sa
mission bien particulière. Jusqu'à
maintenant, la collaboration et la compréhension de la mission sont au
rendez-vous, et nous les invitons à poursuivre sur cette voie et nous
serons vigilants pour qu'il en soit ainsi.
Alors, ceci
étant dit, Mme la Présidente, je veux à ce moment-ci souligner le travail de
tous les parlementaires, mais la collaboration de mes collègues du
gouvernement, mais aussi mes collègues des groupes d'opposition tout au long du processus parlementaire. Le travail
accompli fut important, constructif. Bien sûr, il y a des aspects qui ont été
soulevés qui ont soulevé des vifs débats. On
ne se cachera pas de ça, c'est un sujet qui était émotif à certains moments.
Mais on a su travailler avec ouverture pour
faire cheminer cet important projet de loi. Le résultat d'un grand travail se
concrétise aujourd'hui, Mme la Présidente,
avec cette pièce législative, mais, soyons clairs, ce n'est pas la fin, c'est
le début d'un travail tout aussi capital, la mise en oeuvre de ce cadre
et son application en vue d'atteindre les objectifs importants qu'il sous-tend.
Alors, en
conclusion, Mme la Présidente, avec ce cadre réfléchi, novateur et prudent, le
Québec est prudent et est outillé pour faire face à ce changement important
de société.
Avant de
donner mon dernier paragraphe, Mme la
Présidente, vous allez me permettre
de souligner l'important travail de notre président de commission, le député de La Prairie, qui a su, tout au long de ces débats, gérer les travaux de
notre commission avec une rigueur
exemplaire. Il a su nous aborder, tous et chacun, au moment où parfois on était
un petit peu plus vifs ou plus...
moi, j'étais plus vive, là, je suis une petite fille. Alors, il avait toujours
des petits mots pour nous rattacher au calme, à la sérénité, mais aussi à la rigueur dans nos
débats. Moi, dans le cas qui m'occupe, à chaque fois qu'il me mentionnait le nom de ma petite-fille, ça me faisait...
ça, ça voulait dire : Tu donnes l'exemple à quelqu'un
important dans ta vie, alors ça me calmait parce que je ne vous cache pas que
tous les parlementaires qui étaient impliqués dans cette commission, à certains
moments, ont été passionnés. On est des gens convaincus. Normalement, quand on se ramasse un des
125 ici, on est des gens qui avons des convictions. Et on avait aussi beaucoup
d'émotions reliées à tout cela, puis il y avait la fatigue qui s'installait,
et tout ça.
Alors,
je passe par vous, Mme la Présidente, pour vraiment que vous preniez deux minutes pour souhaiter à
notre président qu'il puisse
continuer d'autres travaux dans cette sérénité, mais le féliciter de nous avoir
tenus toujours dans cette
rigueur. Et c'est ce qui a fait que les travaux se sont bien déroulés. Sincèrement, je tenais à le remercier parce que ça a été un des importants
acteurs dans tous les travaux de cette commission-là.
Mme Charlebois : Pendant, oui, 136 h 45 min, 32
séances, on a fait le tour de toutes les salles de commission, on a travaillé un petit peu. Et
c'est important parce que ce n'est pas anodin, là, ce qu'on est en train de
faire.
Alors,
c'est avec une grande fierté, Mme la Présidente, que je suis devant vous, devant mes collègues
ici rassemblés, tant du gouvernement que des oppositions, pour vous demander que notre Assemblée adopte
le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux, qui a procédé
à l'étude du projet de loi n° 157, le projet
de loi constituant la Société québécoise
du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière.
vous dire, Mme la Présidente, que je ne pensais jamais travailler ce dossier-là
dans ma vie. Quand il m'a été donné,
je l'ai pris une journée à la fois. Avec les collègues, nous y sommes tous
arrivés ensemble, et j'ai hâte d'entendre mes collègues des oppositions.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous vous remercions de votre intervention, Mme la ministre. Maintenant, je vais céder la parole à M. le député de Labelle.
M. Pagé : Merci, Mme
la Présidente. Alors, en prenant une
petite gorgée d'eau, j'avais une grosse glace dans la bouche. Alors, bien, à mon tour, Mme la Présidente, de prendre la parole à ce
moment-ci, qui est la troisième étape
pour l'adoption d'un projet de loi. Demain, ce sera l'adoption finale. Aujourd'hui,
c'est la prise en considération.
Et je pense que c'est
un moment aussi pour faire un petit rappel de toute la démarche que nous avons
vécue ensemble depuis plus d'un an maintenant parce que la première fois où je
suis sorti en point de presse pour réagir au projet
de loi qui venait d'être déposé à Ottawa,
si ma mémoire est bonne, c'est le 16 ou le 17 avril 2017. Donc, ça fait plus d'une année. Et, à ce moment-là, on réalisait tous que cet engagement du premier
ministre du Canada, Justin Trudeau... Il avait reculé sur d'autres engagements pour
lesquels on aurait voulu qu'il aille de l'avant, comme la réforme du mode
de scrutin, mais, sur cet engagement, il
était décidé d'aller de l'avant. Et, en disant cela, il nous imposait, il nous
imposait... donc, le fédéral nous imposait d'encadrer cela.
Alors,
aujourd'hui, est-ce qu'on est en train de débattre si nous sommes pour ou
contre la légalisation du cannabis? Mais non, parce que cette
imposition-là du gouvernement fédéral fait en sorte que le Québec et les autres
provinces canadiennes devaient réagir.
Sinon, comme la ministre a dit souvent, sinon, c'était la loi fédérale qui
s'imposait au Québec, et sans
encadrement. Et, sans encadrement, ça aurait donné quoi? Bien, ça aurait été
évidemment un peu bordélique, et ce n'est pas ce que nous souhaitions.
Donc,
on a voulu jouer notre rôle avec beaucoup de responsabilités, de rigueur, et,
sur un enjeu aussi fondamental, qui
touche essentiellement la santé et la sécurité publique, il devenait essentiel,
pour nous, et pour moi, et pour mes collègues aussi, que... on ne voulait pas en faire un enjeu partisan, surtout pas,
surtout pas quand des enjeux de santé et de sécurité publique sont au rendez-vous, comme le rendez-vous qui nous a été imposé par ce que mon collègue de Saint-Jérôme a appelé très amicalement le
malaise fédéral, qu'on a vu passer à plusieurs occasions. Il nous a parfois
détendus en rappelant ce malaise
fédéral, mais, en même temps, il est réel. Il est réel parce que, si on ne
s'était pas fait imposer cet agenda de Justin Trudeau, le premier
ministre Justin Trudeau, aujourd'hui, comme a dit la ministre, on ne serait pas
en train de débattre de ce projet de loi parce qu'aucune formation politique ici n'avait ça dans son agenda politique
au Québec, et personne ne s'est fait élire aussi sur
ce projet-là.
Nous
avons dit dès le départ, lorsqu'on a déposé le projet de loi au fédéral,
qu'il était important de consulter notre population. Et
consulter notre population sur un enjeu aussi fondamental, ce n'était pas seulement
de faire un débat entre nous,