Institutions — 25 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2020-08-25
Quebec — Committees
Nous
allons donc débuter avec les remarques
préliminaires. Mme la ministre, vous avez la parole pour 20 minutes. Bienvenue.
Mme McCann :
Merci, M. le Président. Alors, je vais saluer avec plaisir les participants d'aujourd'hui.
Ma collègue députée de Notre-Dame-de-Grâce, de l'opposition officielle,
alors, je la salue et je salue également
les députés du gouvernement qui sont présents avec nous aujourd'hui, alors, grand
plaisir de les voir, et les membres de mon cabinet, M. le Président, ainsi que les représentants de l'Office
des professions du Québec, qui
seront, j'en suis sûre, des personnes très utiles pour répondre aux questions
plus techniques de ce projet de loi.
Alors
donc, je suis très heureuse
aujourd'hui d'être ici avec mes collègues de la Commission des institutions. On
va poursuivre, dans la collaboration, le travail qui a été entamé par ma
collègue Sonia LeBel sur le projet de loi n° 29, la ministre de la Justice de l'époque, ce projet de
loi qui modifie le Code des professions et d'autres dispositions notamment
dans le domaine de buccodentaire et celui des sciences appliquées.
Alors, ce projet de
loi que j'avais présenté en compagnie de l'ex-ministre de la Justice, en
juin 2019, me tient beaucoup à coeur. Il est porteur de changements qui, je le
crois, vont être bénéfiques pour la
société québécoise. C'est un grand
pas en avant pour le système professionnel et les plus de
100 000 travailleurs professionnels regroupés dans 14 ordres.
premier volet touche les soins buccodentaires dispensés au Québec. Le deuxième
volet touche les sciences appliquées
et le travail des ingénieurs, architectes, technologues professionnels, qui est
très important pour notre économie. Le dernier volet va nous permettre
d'actualiser des dispositions, diverses dispositions du Code des professions.
Alors,
au niveau du buccodentaire, j'ai pu mesurer pleinement le caractère essentiel
des soins dentaires préventifs lors de ma préparation pour nos travaux.
Le principe directeur derrière le volet buccodentaire du projet de loi, c'est
le concept de l'accessibilité compétente.
L'objectif initial demeure le même : favoriser l'accessibilité à des soins
préventifs individualisés de qualité et de proximité pour les plus
jeunes mais aussi pour nos aînés. Alors, si ce projet de loi est adopté, la
santé buccodentaire des Québécoises et des Québécois aura toutes les chances de
s'améliorer en vertu des changements qui sont proposés.
Parlons
maintenant de la dimension des sciences appliquées du projet de loi, pour
laquelle plusieurs groupes ont été entendus. Le volet des sciences appliquées
va actualiser deux lois : la
Loi sur les architectes et la
Loi sur les
ingénieurs. Cette actualisation va
favoriser l'adoption d'un règlement autorisant les technologues professionnels
à exercer des activités qui sont
réservées aux architectes et aux ingénieurs. Ainsi, les technologues professionnels
vont jouer un rôle accru, ce qui aura
un effet positif, notamment sur la progression et la qualité de nos projets de
construction, et ça va favoriser également la responsabilisation des
intervenants et la traçabilité de leurs opérations.
Dans le contexte où
le gouvernement désire accélérer certains projets de construction, ces
changements vont tomber à point. Les modifications proposées à la
Loi sur les
architectes ont un même objectif. En venant réserver à l'architecte la surveillance des travaux, le public va pouvoir compter
sur une garantie de compétence accrue. L'actualisation de la
Loi sur les ingénieurs est, quant à elle,
attendue depuis une cinquantaine d'années, et ça, ça constitue une motivation
accrue à mener ce projet de loi à terme, d'autant plus que les sciences et les
technologies évoluent très rapidement.
Les lois actualisées vont refléter
avec plus de justesse les pratiques modernes de ces professions, tout en
assurant leur pérennité. Ultimement, elles vont mener, du même coup, à
une meilleure reconnaissance des compétences des architectes, des ingénieurs et des technologues professionnels. Ils vont
favoriser aussi une protection du public accrue par l'ajout d'activités
réservées considérées à risque de préjudice.
Le système
professionnel québécois comprend à lui seul 25 lois et
775 règlements. Le Code des professions encadre l'action de 46 ordres
professionnels et de 55 professions dans un système professionnel qui regroupe
plus de 402 000 travailleurs. Le projet de loi n° 29
et ses 73 articles constitue une très bonne nouvelle pour les Québécoises et les Québécois, et l'étude détaillée va nous
donner l'occasion de concrétiser plusieurs bonifications du projet de loi initial
à la suite des suggestions et commentaires
des 17 groupes qui ont nourri notre réflexion lors des consultations
particulières, qui se sont déroulées à la même période l'an dernier.
Alors,
je vais terminer en remerciant les autres formations politiques d'avoir
consenti à ce que l'on procède à l'étude de ce projet de loi par blocs
thématiques et de débuter par le bloc des sciences appliquées. Alors, cette
approche va favoriser une bonne compréhension et une étude efficace et
dynamique du texte de loi, au bénéfice de tous. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je cède
maintenant la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce, porte-parole
officielle de l'opposition... porte-parole de l'opposition officielle, pardon.
Weil : C'est bien ça. Merci, M. le Président. Alors, je salue à
mon tour M. le Président et tous les collègues de l'Assemblée nationale, le personnel qui appuie la ministre dans ce
gros projet de loi. Je suis contente qu'on commence aujourd'hui. Il y a des
grandes attentes de notre part. Je pense que la ministre a certainement reçu
aussi beaucoup de communications, et
on voit à quel point les gens
anticipent avec enthousiasme, une certaine nervosité aussi, les ordres
professionnels, dans les domaines tant du buccodentaire que des sciences
appliquées.
Alors,
c'est... Il y a un an, en fait, c'était au mois d'août qu'on a fait les
consultations, et nous voilà. Et je vous dirais, M. le Président, c'est qu'il y
a eu une suite dans ça. Donc, plusieurs gouvernements ont mis leur touche, et là on arrive au produit final. Et le temps fait bien des
choses aussi, parce qu'il y a eu des discussions. Je comprends que l'office a
pu... et le ministère, et la ministre, et sa prédécesseure, évidemment,
qui était ministre de la Justice, ont pu essayer de trouver des aménagements, sûrement. On aura l'occasion d'en discuter. On
verra le produit d'un an de travail, finalement.
En fait, madame... bien, la prédécesseure ministre de la Justice, Mme Vallée, qui avait le mandat des ordres
professionnels, elle avait fait un...
confié un mandat de facilitation à l'office, qui a pu mener, donc, à ce projet de loi, d'où l'importance de souligner le côté vraiment non partisan de
ce dossier.
C'est
un dossier où l'activité humaine doit être facilitée tout en protégeant le
public. C'est toujours cet équilibre qu'on cherche dans ce domaine-là. Et qui dit activité humaine dit
économie, à quelque part, parce que c'est le bien-être des gens, et le bien-être des institutions, et de toute
la société, et c'est avec un profond respect pour le rôle des ordres professionnels aussi. Je l'ai beaucoup
senti pendant... et, évidemment, tous les acteurs, mais les ordres professionnels
ont un mandat très spécifique, et le Québec
fait figure un peu à part, dans la façon qu'on encadre bien, et avec la collaboration, évidemment, le souci du détail des
ordres professionnels et de leur mandat. Donc, chacun apporte, avec beaucoup
de sincérité, beaucoup de volonté, leurs changements, mais, évidemment, il faut
toujours... et c'est au... je pense, c'est à l'Assemblée nationale de nous
assurer qu'on ait un équilibre dans tout ça.
C'est
sûr que j'aurai des questions. C'est un projet de loi technique. On a beau lire
et relire les explications, j'ai hâte de pouvoir poser des questions à des
spécialistes qui accompagnent la ministre, et la ministre, si elle peut, pour
bien comprendre et vraiment s'assurer, à
chaque fois, qu'en amenant un changement, on n'est pas en train d'affaiblir
peut-être une autre
partie du
système. C'est toujours cet équilibre qu'on recherche. Donc, l'éclairage de la part de la ministre et de son équipe
va être très, très apprécié.
Donc,
M. le Président, je veux vous dire qu'on va tous, je pense... bien, nous, la
ministre et moi, là, on va travailler ensemble,
je crois bien, pour arriver à bon port. On prendra le temps qu'il faudra, mais
j'ai beaucoup, comment dire, d'optimisme par rapport à notre capacité de
s'y rendre, parce qu'il y a beaucoup de gens qui nous attendent, hein, qui
attendent ce résultat. On fera des gens bien heureux.
Alors,
avant que je termine, donc, juste un mot, M. le Président, c'est... Je
demanderais que, selon le règlement de l'Assemblée
nationale, l'article 245, bien,
qu'on procède par bloc, mais qu'on étudie le projet de loi alinéa par
alinéa, en vertu de l'article 245.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce
qu'il y a des motions préliminaires? S'il n'y a pas de motion préliminaire,
nous allons débuter l'étude
article par article.
Comme
indiquait la ministre, il y a une entente afin de procéder à l'étude détaillée
par sujet, et, si vous allez sur Greffier, on a la marche à suivre.
Donc, on va débuter avec le domaine des sciences appliquées et les articles de
la
Loi sur les architectes, dont le premier
sujet s'intitule Champ d'exercice . Étant donné la façon dont est
structuré l'ordre d'étude des
articles, je vous pose une question : Est-ce que vous souhaitez qu'on lise
l'article 26 au complet ou qu'on lise seulement que
l'article 15 à l'intérieur de l'article 26, puisque le champ de
discussion, c'est sur l'article 15? Ça va?
Weil : Tout. Tout l'article.
Président (M. Bachand) : 26? Tout l'article 26. Mme la
ministre, s'il vous plaît, vous avez la parole.
McCann : Oui, merci, M. le
Président. Alors,
article 26 : «15. L'exercice de l'architecture
consiste à exercer une activité
d'analyse, de conception ou de conseil appliquée à la construction, à
l'agrandissement ou à la modification d'un
bâtiment en ce qui a trait à son implantation, à son enveloppe, à son
aménagement intérieur ainsi qu'aux matériaux et aux méthodes, afin que
le bâtiment soit durable, fonctionnel et harmonieux.
«Il consiste
également à exercer une activité de coordination du travail des personnes qui,
dans le cadre des travaux d'architecture, participent à la construction, à
l'agrandissement ou à la modification d'un bâtiment.
«Le respect de
l'environnement et de la vie, la protection des biens, la pérennité du
patrimoine et l'efficacité économique font
partie de l'exercice de
l'architecture dans la mesure où ils sont liés aux activités professionnelles
de l'architecture.»
Alors,
M. le Président, j'ai un commentaire sur cet article-là. Alors,
l'article 15 proposé introduit le champ d'exercice de la profession d'architecte en définissant ce
que constitue l'exercice de l'architecture. Le champ d'exercice n'est pas
constitué d'activités réservées.
Le troisième alinéa
de cet
article détermine les valeurs qui guident l'exercice de l'architecture,
soit le respect de l'environnement et de la vie, la protection des biens, la
pérennité du patrimoine et l'efficacité économique. Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Ça va? Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Écoutez, je n'ai pas de question sur l'article.
Le Président (M. Bachand) : Est-ce
qu'il y a d'autres questions
sur l'article 15 proposé à l'article 26? Sinon,
nous pourrions aller à l'article 16 proposé à l'article 26. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann : Certainement, l'article
L'article 16 : «Dans le cadre de l'exercice de
l'architecture, les activités professionnelles réservées à l'architecte
sont les suivantes :
préparer, modifier, signer et sceller un plan, un devis, un cahier des charges,
un certificat de fin des travaux, un rapport d'expertise ou un rapport de
surveillance relatifs à la construction, à l'agrandissement ou à la
modification d'un bâtiment;
«2° surveiller des
travaux relatifs à la construction, à l'agrandissement ou à la modification
d'un bâtiment, notamment aux fins de produire une attestation de conformité
exigée en vertu d'une loi;
dans l'exercice d'une activité professionnelle visée au paragraphe 1° ou
2°, donner un avis ainsi que signer et sceller un avis écrit;
«Pour
l'application de la présente loi, est assimilé à la construction, à
l'agrandissement ou à la modification d'un bâtiment, selon le cas, l'aménagement intérieur d'un bâtiment ou d'une
partie de bâtiment s'il a pour effet d'en changer l'usage ou d'en affecter l'intégrité structurale,
les murs ou les séparations coupe-feu, les issues et leurs accès ou
l'enveloppe.»
Alors,
M. le Président, je vais tout
de suite aux commentaires à l'article 16, si vous me permettez. Alors, l'article 16
proposé prévoit les activités
dont l'exercice dans le cadre du champ d'exercice proposé est réservé à
l'architecte.
L'article
introduit notamment l'activité de surveillance dans les activités réservées à
l'architecte.
deuxième alinéa de cet
article prévoit que l'aménagement intérieur d'un bâtiment
ou d'une
partie de bâtiment, s'il a pour effet d'en changer l'usage ou d'en
affecter l'intégrité structurale, les murs ou les séparations coupe-feu, les
issues et ses accès, ou l'enveloppe, est
assujetti à la réserve d'activité. Cet alinéa reformule l'exclusion actuellement prévue au paragraphe 2° de l'article 16.1 de la Loi
sur les architectes. Merci, M. le Président.
M. Bachand :
Merci beaucoup. Interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous
plaît.
Mme Weil :
Oui, alors, M. le Président, je voulais aborder toute la question de la
surveillance. C'est une question importante,
qui a été proposée, donc, par l'Ordre des architectes. Et une précision a été
apportée par l'Association des architectes,
qui demande aussi cette surveillance. Et dans le mémoire de l'Ordre des
architectes, ils expliquent bien... Bien, pour eux, évidemment, l'énoncé proposé est vague quant à l'obligation,
pour le maître d'ouvrage, de recourir à la surveillance des travaux.
Je suis en train de
lire, page 7 de leur mémoire, et je cite : «Il nous paraît essentiel
que le législateur modifie l'encadrement
actuel pour rendre cette surveillance obligatoire, comme c'est le cas en Ontario,
en Alberta et en Colombie-Britannique.
Rien ne sert en effet d'exiger des plans et devis signés et scellés par un
professionnel — qui
doivent respecter les normes en
vigueur — si rien
ne garantit que la construction y est conforme. En effet, une non-conformité
de la construction par rapport aux plans et
devis peut compromettre la performance globale du bâtiment au détriment des
usagers.»
Et là ils
rajoutent : «Ces dernières années, la fréquence élevée des défaillances
observées dans les immeubles d'habitation en copropriété du Québec a montré la
nécessité de mieux protéger les propriétaires, et la surveillance systématique
des travaux par un professionnel constitue un puissant moyen d'y parvenir.»
Donc, on a
eu... on les a entendus, on a posé beaucoup de questions, donc, il y a un an,
sur cette question, et je dirais qu'on sentait, dans les questions
aussi, une inquiétude — évidemment,
il y avait les autres partis d'opposition aussi — par rapport à cette
question de surveillance.
Alors, je voudrais
entendre la ministre pour voir s'il y a... comment on pourrait rassurer, donc,
l'Ordre des architectes, et s'il y a une proposition de la part de la ministre
à cet égard.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre, s'il vous plaît.
McCann : Merci, M. le Président. Alors, quelques précisions, hein, sur
la position actuelle. Alors, on sait que,
selon l'actuelle loi, là, sur les ingénieurs, la surveillance des travaux,
c'est une activité qui est réservée à l'ingénieur lorsqu'elle se rapporte aux
ouvrages qui sont visés par la loi. Par conséquent, seul un ingénieur, hein,
peut effectuer la surveillance des
travaux, par exemple, lorsqu'il y a un donneur d'ouvrage qui demande qu'elle
ait lieu pour l'ouvrage visé.
La députée de
Notre-Dame-de-Grâce parle... évidemment, mentionne, hein, ce qui se passe
ailleurs au Canada. Alors, suite à
nos recherches, on a vu qu'il n'y a pas d'exemple ailleurs au Canada où il y a
une obligation de surveillance qui
est inscrite dans une loi professionnelle. Alors, l'approche, c'est plutôt de
faire en sorte que les instances compétentes exigent des attestations de conformité, ou bien l'équivalent, dans des
domaines jugés à risque, notamment le bâtiment.
Alors,
prévoir, dans des lois professionnelles, une surveillance obligatoire des travaux,
bien, ça pose des difficultés d'application. C'est à l'ordre
professionnel qu'incomberait, à ce moment-là, l'obligation de surveiller l'ensemble
des chantiers où des travaux d'architecture
ou d'ingénierie sont effectués pour s'assurer de l'obligation de surveillance
qu'elle soit respectée. Alors, on
pense que cette tâche éloignerait l'ordre de sa mission première qui est de
surveiller l'exercice de ses membres. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : ...députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui, M. le
Président, j'essaie de comprendre. Bon, là, ils nous disent que l'Ontario,
l'Alberta, la Colombie-Britannique, en ce
qui a trait aux travaux de
l'architecte, c'est à l'architecte... c'est l'architecte qui surveille les travaux. Et ils disent : Bon, ça rentre
dans l'ordre des choses que celui ou celle qui a préparé des plans
d'architecture puisse s'assurer que,
tout au long de ce processus, l'architecte puisse surveiller ces travaux. Et
donc on parle de trois... quand même, nos voisins, l'Ontario, la Colombie-Britannique, là, donc, deuxième et troisième plus grandes provinces,
l'Alberta aussi, donc c'est une pratique ailleurs au Canada.
Et, moi, je
comprends mal le problème... bien, le problème, je dirais, je le
mettrais à l'inverse, je pense, c'est une mesure qui vient sécuriser
l'acheteur que tout a été fait. L'ingénieur, oui, qui surveille, évidemment,
mais eux aussi demandent une disposition qui va intégrer l'obligation de
surveillance pour les ingénieurs. Donc, chaque métier, chaque profession a ses responsabilités et, comme je vous dis, l'Association des
architectes le demande aussi. Eux, ils rajoutent la dimension, là, où le
bâtiment est soumis à la
Loi sur les architectes, que ça soit obligatoire. Et
je n'ai pas entendu de voix contraire, dans le sens, ce n'est pas une disposition
qui serait... il y a l'Association des constructeurs, peut-être, mais, étant donné
les incidents qu'on a eus ces 10 dernières années, on a senti le public
inquiet, que le public souhaiterait que chaque ordre professionnel
puisse bien suivre les travaux.
Donc, c'est
ce qui est vraiment soulevé par l'Ordre des architectes dans leur
mémoire, et c'est la prévention, c'est la prévention contre des coûts,
finalement, s'il y a un accident quelconque, une défaillance, les coûts seront beaucoup
plus élevés, donc, pour le consommateur
aussi. Donc, j'aimerais entendre la ministre sur quel serait l'effet pervers d'inclure,
quand on parle de sécurité des bâtiments et
du bien de l'acheteur, un genre de consommateur dans ce contexte, mais où,
comment dire, les conséquences pourraient être, en fait, très néfastes quand on
parle de construction, cette mesure additionnelle
de sécurité. Ça serait quoi le problème à rajouter cette obligation de
surveillance, comme le demandent les ingénieurs, pour les ingénieurs?
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme McCann : Oui, M. le Président, évidemment,
ce qu'on a comme information pour les autres provinces mentionnées par la députée de Notre-Dame-de-Grâce, c'est que la surveillance — puis c'est l'information qu'on a — la
surveillance est réservée, mais pas obligatoire. Alors, il y a peut-être une
nuance.
Mme Weil : Je n'ai pas...
Mme McCann : Pas obligatoire.
Mme Weil : Elle n'est pas
obligatoire.
Mme McCann : C'est un acte réservé,
mais pas obligatoire. Alors, c'est une obligation contractuelle... une question contractuelle. Alors, ce n'est pas
obligatoire, mais il y a des précisions additionnelles qui peuvent être
apportées, M. le Président, par les représentants de l'Office des
professions si la députée de Notre-Dame-de-Grâce le souhaite.
Mme Weil : Est-ce
que la ministre pourrait nous référer
à un
article de leur loi ou d'un règlement
pour qu'on puisse regarder la formulation pour voir s'il y a quelque chose, dans la formulation, qui pourrait nous inspirer? Parce qu'on
dirait, d'après ce que je comprends, que
c'est la pratique, donc, c'est ancré dans la pratique et que ça ne serait pas
ancré dans notre pratique. Donc, il y
a peut-être quelque
chose dans la formulation qui
pourrait nous inspirer. C'est toujours dans... Parce
que le Code du bâtiment est national,
donc, on s'inspire les uns des autres et on essaie de sélectionner les
meilleures pratiques des provinces, alors je pense que ça
vaudrait la peine s'il y a quelqu'un qui aurait à sa disposition... qu'on
puisse regarder la formulation dans les autres provinces.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre, s'il vous
plaît.
McCann : Bien, M. le Président, on peut, avec votre consentement,
donner la parole au représentant... la représentante de l'Office des
professions. Je mentionne qu'on a avec nous, aujourd'hui, Me Ariane Imreh,
qui est à la direction des affaires
juridiques de l'OPQ, qui se spécialise en sciences appliquées, et
Mme Roxanne Guévin, qui est secrétaire de l'office par intérim, et
qui a aussi une spécialité en sciences appliquées. Alors, M. le Président, avec
le consentement, on peut donner la parole à une de ces représentantes.
Le Président (M. Bachand) : Consentement? Consentement donné, oui. Alors
donc, la première personne, de bien vouloir vous identifier de nouveau,
s'il vous plaît, merci.
Mme Guévin
(Roxanne) : Donc, Roxanne
Guévin, à l'Office des professions du Québec. Pour répondre à votre question,
on a effectivement fait l'étude dans les autres provinces canadiennes.
Et puis ce qu'on constate, c'est que l'obligation de surveillance des travaux se trouve, en général, dans le Code de construction de chacune des provinces. Donc, l'activité
de surveillance est effectivement réservée dans la loi professionnelle,
comme on suggère de le faire, là, dans la
Loi sur les architectes aujourd'hui,
mais l'obligation elle-même d'effectuer la surveillance des travaux, c'est plutôt le Code de construction qui le prévoit.
L'équivalent, ici, on a aussi le Code de construction au Québec, qui relève
de la RBQ. Donc, dans ces cas-là, l'avantage, c'est que la responsabilité de
faire appliquer l'obligation relève donc de l'organisme qui se charge de l'application
du code. Au Québec, ce serait la RBQ.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil : Et quel serait, donc, dans ce... C'est le Code de
construction, c'est ça, ou la
loi sur la construction? Qui est
ciblé dans la loi comme étant l'ordre professionnel qui fait la surveillance? Est-ce
que c'est variable?
Mme Guévin
(Roxanne) : Effectivement, selon le cas, compte tenu que les ingénieurs et les architectes ont des
compétences partagées dans le domaine du bâtiment, le Code de construction, par
exemple, en Ontario, va venir prévoir, dans
certaines situations, qu'une attestation de conformité doit être signée ou par
l'ingénieur ou par l'architecte selon leur domaine de spécialité propre.
Donc, ça permet également, là, de tenir compte de leur spécialité respective.
Mme Weil : Donc, est-ce
qu'on pourrait associer cette modification... une modification qui viendrait le dire au Code de
construction, donc, en conformité avec le Code de construction? Parce que, si
c'est là qu'on cite ou qu'on établit si c'est l'architecte ou si c'est
l'ingénieur, ça viendrait rassurer que... même si ça se fait, mais ce serait
donc dans cette loi-là, on fait, comment
dire, une passe à l'autre loi, puis on reconnaît que cette compétence est
reconnue et que c'est... Parce que
c'est compliqué, pas pour ceux qui sont dans le domaine, mais de savoir les
lois qui s'appliquent, et il y a
comme un... Et puis quand on change une loi, est-ce que la... il faut toujours
s'assurer que les lois soient harmonisées.
Donc,
je pose la question peut-être à Mme
la ministre, mais, si elle souhaitait
que madame réponde à la question... Donc,
ce que je propose, puisqu'on dit que... C'est dans le Code de construction ou
c'est la loi? C'est le code, hein, de construction... établit qu'il y a
de la surveillance, qui est soit l'architecte ou soit l'ingénieur, soit les
deux, j'imagine, dépendant, peut-être,
là, aussi nous référer peut-être à l'article qui est pertinent. Alors donc, on pourrait
rajouter ici, donc, l'obligation de surveillance en conformité avec le
Code de construction.
D'ailleurs,
oui, dans une version antérieure, mon ex-collègue, Jean-Marc Fournier,
avait élaboré — puis
on pourrait regarder la formulation — il
avait élaboré, justement, des dispositions pour s'assurer que
l'architecte... et que ça soit
reconnu officiellement dans la
Loi sur les architectes que cette obligation de
surveillance est là. Et je comprends
peut-être la recommandation de l'Association des architectes qui disent : En
conformité avec la
Loi sur les architectes, c'est-à-dire les bâtiments
qui sont sous l'égide de la loi, bien, il y aurait l'obligation de
surveillance. Mais ce que je comprends, ce ne serait pas de se référer à la Loi
sur les architectes, mais bien au Code de construction.
Président (M. Bachand) : Oui. Allez-y, oui. Juste vous
identifier, s'il vous plaît. Merci.
Mme Imreh
(Ariane) : Ariane Imreh, avocate à l'Office des professions. En fait,
la façon dont est libellé l'article 16 proposé par le projet de loi, on dit : «2° surveiller les travaux [...] notamment
aux fins de produire une attestation de
conformité exigée en vertu d'une loi.» Alors, on sait déjà, à
titre d'exemple,
qu'il y a certains règlements qui sont adoptés en vertu de la
Loi sur le bâtiment, où on exige
déjà d'avoir périodiquement des attestations de conformité, par exemple, le règlement sur le plan de garantie des bâtiments
résidentiels neufs, ou sur plus... également, notamment, là, c'est au niveau des ingénieurs, tout ce qui touche aux équipements
pétroliers, on exige également une attestation de conformité.
effectivement, M. le
Président, dans des projets de loi antérieurs, on parlait, tout comme ici, de certificat de surveillance
plutôt que d'attestation... de certificat de conformité. Puis on avait rattaché
cette obligation-là au niveau
du Code civil, notamment dans le p.l. n° 49,
et, dans le Code civil, on exigeait à ce moment-là qu'il y ait...
le propriétaire d'un bâtiment soit obligé d'avoir des attestations ou
des certificats de conformité.
Maintenant,
la manière dont on l'a libellé, je vous soumets qu'on le rattache à toute
attestation ou exigence qui pourrait
être issue d'une loi, notamment la
Loi sur le bâtiment, ou encore d'une manière
contractuelle parce qu'il arrive, notamment, que
le ministère des Transports, quand il donne des contrats pour les ingénieurs,
exige également une surveillance. Donc, nous
pensons que ce libellé est suffisamment large pour pouvoir viser toute
attestation... et c'est un «notamment»,
là, donc ce n'est pas limitatif comme
liste — qui
pourrait, le cas échéant, résulter de pouvoirs réglementaires. D'ailleurs, dans un projet de loi antérieur, je me
réfère au n° 401 qui est mort au feuilleton, on avait également
prévu, à cette époque, des pouvoirs
un petit peu élargis de réglementation pour la Régie du bâtiment afin d'avoir
des règlements qui puissent exiger plusieurs types d'attestation de conformité.
Alors, je ne sais pas si ça éclaire tout le monde, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Pourtant, l'Ordre des architectes souhaite cette assurance, et on a parlé des
bâtiments de copropriété où il y a eu
beaucoup de problèmes. On a tous rencontré des gens qui ont eu des problèmes,
et eux, ils disent : De rendre ça
obligatoire et plus clair et net serait... comment dire, une protection
importante pour le consommateur ou l'acheteur du bâtiment.
Donc, évidemment, c'est à la ministre de
regarder ça, en quoi... Puis là aussi, ça serait de voir le langage, peut-être, de l'Ontario puis des autres provinces,
est-ce qu'il y a un mot, est-ce qu'il y a quelque chose qu'ils ont inclus qui
fait en sorte qu'on comprend bien que c'est obligatoire? On dit que surveiller,
oui, bon, c'est dans son mandat, c'est de
surveiller, mais de rendre ça obligatoire, et les ingénieurs le font aussi, on
sent que pour eux, dans ce qu'ils ont vu et observé dans leur pratique, il y a une coche qui manque, une garantie
additionnelle. Et de toute façon, s'ils le font, parce qu'ils sont
interpellés à le faire, autant l'exprimer de façon claire.
Moi, je vous
dirais que j'ai toujours un penchant pour les ordres. Je me fie beaucoup à leur
expérience, à leur vécu. Les risques
qu'ils voient, je pense que dans le domaine de tout ce qui touche l'ingénierie
et l'architecture, on est vraiment... et
la construction de bâtiments, de toute façon, ça ne peut pas faire de mal, il
me semble, et ça viendrait rassurer. Donc, je ne sais pas si on pourrait renforcer le langage. La question est pour
la ministre, évidemment. Je ne sais pas si la ministre souhaiterait
échanger, parce que c'est sûr que c'est technique, tout ça, mais c'est une
demande qui revient souvent. Et donc, quand
j'ai vu que mon prédécesseur... Et la dame a bien résumé les différentes
façons, hein, je pense, au fil des années, qu'on a voulu renforcer.
Donc, c'est une demande qui est là depuis longtemps. Je pourrais... Je pense
que... En tout cas, c'est ça. Alors...
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann : Oui. Ce que je comprends,
c'est que c'est à la Régie du bâtiment, hein, de réguler, hein, ces travaux. Alors, la question que j'ai : Est-ce
qu'on doit ajouter quelque chose à l'article? Avec les explications de
Me Imreh et de Me Guévin...
M. le Président, avec le consentement, je reposerais la question à Me Imreh, en
termes plus d'article de loi, là,
étant donné que c'est la Régie du bâtiment, qui régule, hein, toute cette
question-là. Avec le libellé que nous avons, est-ce que c'est
suffisamment clair? Moi, je crois que oui, mais je reposerais la question, d'un
point de vue juridique, à Me Imreh, avec le consentement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Merci. Oui, maître. Allez-y.
Mme Imreh
(Ariane) : M. le Président, le libellé qui est proposé, effectivement, me semble inclure toute attestation de
conformité, toute exigence qui pourrait originer d'un règlement adopté par la
régie du... en vertu de la
Loi sur le bâtiment,
et est non limitatif, hein? Parce qu'il ne faut pas oublier qu'il y a peut-être
d'autres attestations et exigences, notamment requises par le ministère
des Transports, qui pourraient être couvertes par ce libellé. On le donne à
titre d'exemple, mais, dès qu'une
attestation est obligatoire, qu'elle est articulée dans un règlement
ou une loi, le deuxième paragraphe du premier alinéa de 16 est quand même
suffisamment large pour garantir que seul l'architecte,
lorsque c'est son expertise qui est requise... qui effectuera les
travaux de surveillance.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui. Je vais lire peut-être ce paragraphe
pour avoir une réaction. Donc, là encore, c'est page 9 du mémoire de l'Ordre des architectes. Parce qu'il
faut bien comprendre ce que l'ordre vient chercher, donc cette surveillance d'entrée de jeu, pas juste lorsque les travaux ont commencé, mais d'entrée de jeu. Alors : «En résumé, l'Ordre des architectes du Québec
préconise que la surveillance des travaux permette de vérifier la conformité
aux plans et devis émis pour construction
afin d'assurer que soient pleinement respectés le Code de construction ainsi
que les demandes du client traduites dans les spécifications de
l'architecte. Par ailleurs, il doit être explicité que la surveillance des
travaux survienne à des étapes charnières de
la construction déterminées par le professionnel, par exemple, pour lui
permettre d'évaluer, avant la
fermeture des murs, l'installation de composants devant assurer l'étanchéité et
l'isolation. Enfin, le mandat de surveillance doit être octroyé avant le
début des travaux afin que le professionnel mandaté puisse intervenir aux
étapes-charnières mentionnées ci-dessus.»
Donc, il y a
une nuance, ici, c'est que, d'entrée
de jeu, avant qu'on aille trop loin
et on s'assure que cette obligation de surveillance va être là en amont et ensuite à
chaque étape, et, comme ils disent, surtout avant qu'on ferme les murs. Donc, on comprend cette inquiétude,
mais, souci de précaution, un souci de précaution parce que
c'est leur travail, et je ne vois pas
en quoi ça vient miner du tout le projet
de loi. Ça vient juste rassurer.
Donc, je ne vois pas de conflit. D'ailleurs, des fois, on peut avoir des modifications qui viennent créer un conflit avec le marché, ou autre chose, ou peut-être
un autre ordre.
Ici,
moi, ce que je vois, c'est une bonification, une clarification qui viendrait
rassurer, et que les processus de vérification, de surveillance, c'est d'entrée de jeu, bien, avant qu'on commence, et donc... et, à chaque étape, c'est plus
clair que juste surveiller. Bien,
c'est beaucoup plus clair, en fait, que juste... Bon, on va
surveiller les travaux au fur et à
mesure. C'est plus concret, c'est plus... Il y a plus de précautions.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme McCann : Bien, M.
le Président, j'entends ma collègue.
En même temps j'ai aussi entendu les explications de
Me Imreh. Il m'apparaît que... Il ne faut pas que ça soit limitatif, là,
dans l'article du projet
de loi. Donc, l'article actuel
est plus... inclut l'ensemble des lois ou
des éléments qui peuvent venir impacter sur l'obligation de surveiller. Et
ce que j'entends aussi du mémoire
des architectes, qui est très, très spécifique, très pointu, ce sont des éléments qui
ne peuvent pas être inclus dans une
loi, évidemment, parce
que c'est très pointu, mais qui
pourraient l'être potentiellement dans un règlement... ou par des règlements.
Alors, l'inquiétude
que j'ai, en libellant davantage l'article de loi du projet de loi, c'est de
limiter, parce que la liste est quand même
assez longue de lois ou d'éléments qui font en sorte qu'il y a
une obligation de surveiller, il ne faudrait pas limiter. Alors, je suis encore
confortable, M. le Président, avec l'article de loi, mais je suis prête à poursuivre la
discussion.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. Mme la députée.
Mme Weil : Oui. Je rajouterais donc ce commentaire. C'est l'Association des architectes : «Aujourd'hui, aucune loi au Québec
n'impose de surveillance des travaux, donc la disposition du projet de loi n° 29 devient, à toutes fins pratiques, inefficace
pour protéger le public. Le projet de
loi n° 16
sur l'encadrement des inspections en bâtiment et de la copropriété
divise, récemment déposé par le gouvernement, ne prévoit, par exemple, pas de surveillance.» Il y a
aussi la possibilité pour la ministre
de modifier... donc c'est la
Loi sur le bâtiment, pour rendre, donc, cette
obligation de surveillance.
pense que l'enjeu de l'obligation de surveillance, après des années de
discussion de cet enjeu-là, commentaires sur l'absence d'une obligation légale dans la loi... Oui, il y a des
règlements, mais ça manque de précision, de clarté, de force. C'est vraiment la
loi qui rend ça plus fort. Et, jusqu'à présent, je ne vois... je n'ai pas
entendu de contre-argument qui dirait que ça serait néfaste ou que ce
serait... Donc, ce serait l'option, soit dans cette loi qui modifie la
Loi sur
les architectes ou soit dans la
Loi sur le bâtiment... la loi...
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre, s'il vous
plaît.
McCann : Alors, M. le Président, je reviens à mon premier commentaire,
qui est le rôle des ordres professionnels,
hein? Dans le fond, il m'apparaît que le point apporté par ma collègue... Ma
collègue mentionne la
loi sur les bâtiments, peut-être qu'il faudrait
l'examiner de ce point de vue là. Je ne suis pas, évidemment, la personne, la
ministre responsable, mais, au niveau de l'ordre professionnel, je reviens, M.
le Président, à mon premier commentaire, que ce n'est pas dans le rôle d'un ordre professionnel, comme je le
disais précédemment. Donc, peut-être qu'il faudrait explorer, à ce moment-là,
une démarche au niveau de la loi des bâtiments, mais je ne peux pas m'avancer
plus que ça parce je n'en suis pas responsable.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Bien, ce que je demanderais... Si la ministre pourrait en discuter avec sa
collègue pour... Puis on pourrait suspendre
l'article. C'est tellement rare qu'on ouvre cette loi. C'est une demande qui
est là depuis longtemps, comment dire, une demande de l'ordre et de
l'Association aussi des architectes, qui est claire, de bien inscrire cette obligation de surveillance qui n'est nulle part.
On comprend que, oui, les ordres sont soumis à leurs obligations, etc., mais
que tous comprennent... et pour rassurer le
public aussi. Et comme l'ordre a bien
dit, c'est d'entrée de jeu à toutes les étapes.
Alors,
ce serait de voir, d'en discuter, M.
le Président, avec la collègue, avec
sa collègue responsable de cette loi de voir si... Et, nous, si la ministre,
une fois qu'elle aura regardé tout ça avec son équipe, de voir si ça
pourrait... Évidemment, dans le cadre de notre projet de loi qu'on viendrait amener cette modification, c'est de voir la réaction, essentiellement, plus large du gouvernement.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre.
McCann : M. le Président, je ne suis pas vraiment confortable avec la proposition de ma collègue.
Je pense que je souhaite qu'on aille de l'avant avec cet article, mais, évidemment,
s'il y a une démarche à faire au niveau de la Loi
sur le bâtiment, c'est vraiment d'un autre ordre. Alors, ça ne touche pas les
ordres professionnels. Et je souhaiterais vraiment, pour que le projet de loi avance, qu'on puisse avancer avec cet
article de loi du projet de loi, bien entendu, et ne pas le suspendre.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée.
Mme Weil : Dans les années
que j'ai fait de la législature en tant que ministre, souvent, souvent j'ai été
porté à suspendre un article, même, d'ailleurs, un projet de loi n° 21
sur... qui touchait des ordres professionnels. Et c'est... J'ai dû consulter le ministre de la Santé pour
voir si la demande des gens pouvait être gérée puis acceptée. Puis on l'a fait,
puis les gens étaient tellement contents qu'on ait pu faire ça.
Moi, je ne suspends pas pour suspendre, c'est
juste rassurer les gens, tous ceux qui sont... qui demandent... qui font cette demande et notamment l'ordre, qu'on
a quand même essayé. Je ne vais pas... Si la ministre, elle dit : Bon,
bien, il faudrait que je regarde ça,
donne-moi un peu temps, si elle dit que c'est impossible, j'accepte la réponse,
j'accepterai la réponse. On a toute
la journée aujourd'hui. Moi, je vais avancer les travaux aussi. Et c'est une
façon de faire, et je n'en vois pas d'autre. Je n'en ai pas vu d'autre,
instance, où je demanderais ça. Mais quand j'entends les réponses, je vois
qu'il n'y a pas de problème. Je n'ai pas
entendu un problème à le rendre clair et net dans la loi. Ce n'est pas comme
lorsqu'on évoque : Ah! mais non,
on ne peut faire ça parce que ça vient en conflit avec ce projet de loi ou avec
un autre principe.
J'ai entendu
que... Bien, c'est sous-entendu, cette obligation, mais ce n'est pas si clair.
Je ne pense pas que c'est un caprice si l'Ordre des architectes le demande et
l'association non plus, je pense qu'ils l'apprécieraient. Je ne sais pas
si, dans les discussions, même avec
l'office, il a été... sûrement, il a été question de ça. Je ne sais pas s'il y
a d'autres réponses à donner, mais je
n'ai pas senti de... comment dire, que ça serait un problème, que ça viendrait
créer un conflit quelconque. Donc, c'est
ce bout-là. Puis, moi, comme je vous dis, j'ai vraiment... je suis remplie de
bonne volonté, je veux avancer, mais
j'ai fait beaucoup de législation et je sais que les mots comptent et les mots
se traduisent en actions qui sont importantes pour la population. J'ai fait beaucoup de législation et j'ai appris, au
fil des années aussi, ça fait 12 ans, j'ai appris d'autres avant
moi, puis des gens plus expérimentés, certaines choses qu'on peut faire
lorsqu'on étudie un projet de loi.
On peut limiter le temps. Si vous dites que,
d'ici l'après-midi ou la fin de la journée, il n'y a pas d'ouverture ou il y a... de la part de votre collègue, et que,
pour une raison... Puis il faudrait que ça soit assez concret, quel serait le
problème qui serait déclenché si on mettait cette obligation, j'écouterais, je
suis rationnelle, puis je comprendrais. J'ai
été au gouvernement dans différents ministères et je comprends comment ça
marche. Mais il y a aussi cette volonté de vraiment bien faire et de vraiment creuser, puis d'être capable
d'expliquer aux gens pourquoi ça serait un problème de l'inclure.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme McCann :
Alors, M. le Président, j'entends ma collègue qui comprendrait si nous allions
de l'avant quand même avec cet
article de loi. Je l'apprécie beaucoup.
Ça n'empêche que...
Mme Weil : Je n'entends
pas bien. Est-ce que peut-être que la ministre pourrait se rapprocher du micro?
Mme Weil : Oui. Merci.
Mme McCann : Alors, J'apprécie
le commentaire de...
Président (M. Bachand) : Mme
la députée, votre temps est écoulé. Merci. Le 20 minutes est écoulé de
votre temps. Il reste une minute. Pardon. Désolé. Continuez, Mme la
ministre.
McCann : Alors, j'apprécie le commentaire de ma collègue qui
accepterait... comprendrait plutôt, si nous allions de l'avant avec l'adoption
de l'article, nonobstant le fait qu'évidemment ça me... aucun problème pour que
je discute avec ma collègue sur la Loi du
bâtiment. Mais je pense que, M. le Président, ça n'aurait pas nécessairement un
impact sur cet
article de loi, parce que, comme je l'ai dit précédemment, ce
n'est pas, je pense, le rôle d'un ordre professionnel. Donc, voilà.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Une clarification, M. le Président. J'ai dit : Je l'adopterai une fois la
réponse venue, mais que je voulais quand
même une consultation avec sa collègue pour voir si on pourrait modifier donc le Code du bâtiment pour rendre cette
surveillance obligatoire.
Le Président (M.
Bachand) : D'accord. Là, ça fait le tour. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions du côté ministériel?
Ça va? Alors donc, ce serait tout, ça finirait les interventions pour le sujet n° 2, si je comprends bien. Et nous irions maintenant au sujet
n° 3, Bâtiments exclus de la réserve d'acte. Mme la ministre, s'il vous
plaît. Oui, cet amendement-là, Mme la ministre.
Mme McCann : Oui,
juste un instant, M. le Président. Donc, nous sommes...
Mme Weil :
Excusez-moi, j'ai un amendement à déposer.
Le Président (M.
Bachand) : Sur le sujet 2 ou sur le sujet 3?
Mme Weil : Sur l'article 26
qui touche l'article...
Le Président (M. Bachand) : Oui, parce qu'il y a une entente d'y
aller sujet par sujet. Alors, c'est sur l'article 26?
Mme Weil : Ce serait donc
concernant la question de surveillance.
Président (M. Bachand) : O.K. Donc, sur le sujet n° 2 . Juste, parce que, tu sais, on
fonctionne... on se promène comme ça dans le projet de loi, puis l'idée, c'est qu'il y a une
entente, entre les leaders, de fonctionner par sujet. Donc, c'était sur
le sujet n° 2, l'article 16, c'est ça?
Mme Weil : O.K. Est-ce que je
peux suspendre quelques...
Président (M. Bachand) : On
va suspendre quelques instants. Je vous rappelle de l'envoyer, aussitôt qu'il
va être prêt, de l'envoyer à Greffier. Merci beaucoup. On suspend quelques
instants.
(Suspension de la séance à 10 h 19)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Alors, nous sommes maintenant
sur un projet d'amendement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Mme la
députée, s'il vous plaît.
Mme Weil : Oui, M.
le Président. Donc, je souhaiterais
déposer un amendement, qui se lirait ainsi :
L'article 26 du
projet de loi est modifié par l'insertion de l'article 16.0.1 à la
Loi sur les
architectes :
«Nul ne peut
réaliser des travaux assujettis à la présente loi s'il n'en a pas confié la
surveillance à un architecte.»
Dans la formulation, je me suis inspirée de la
formulation de l'Ordre des ingénieurs, qui va venir avec une demande très semblable, parallèle, l'obligation de surveillance. Mais je voulais souligner quand même,
pour enrichir ce débat, vous lire ce
qui avait été proposé par Jean-Marc Fournier quand il avait le dossier, avant
que la loi soit adoptée, et qui...
donc en 2012, et ensuite, Bernard St-Arnaud. Donc, tous les deux ont été
ministres de la Justice et ont amené... Donc, il a amené le même
amendement.
Beaucoup pour
que la ministre comprenne l'objectif, ici, qui a été accepté par d'autres gouvernements : «Un examen de conformité générale des travaux est une activité
de surveillance qui consiste à vérifier, aux étapes charnières déterminées par le membre de l'ordre à qui a été
confiée la responsabilité de l'effectuer, si les travaux de construction,
d'agrandissement ou de modification d'un bâtiment respectent les principales
exigences indiquées dans les plans, les devis, les ordres de changement
et les rapports d'expertise qui ont servi à les exécuter.»
Donc, c'était
l'esprit de la modification qu'on demandait, dans un langage évidemment
plus simple, mais c'était essentiellement cet exercice-là que plusieurs
gouvernements ont voulu inscrire dans le projet de loi quant aux responsabilités de l'Ordre des architectes.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Intervention? Mme la ministre, s'il vous
plaît.
McCann : Oui, M. le Président. Alors, on va demander copie de l'amendement proposé par la collègue députée de Notre-Dame-de-Grâce et
demander une suspension, M. le Président, pour qu'on puisse l'étudier.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Alors, on va suspendre quelques instants. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à 10 h 31)
Le Président (M.
Bachand) : Merci. À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux.
Alors, nous
sommes sur l'amendement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Interventions? Mme la
ministre, s'il vous plaît.
McCann : Oui. M. le Président, merci. Désolée pour un petit délai. On a bien pris
connaissance de l'amendement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce puis, évidemment, on revient avec les mêmes... la même position,
que ça relève de la Régie du bâtiment
et que ce n'est pas le rôle, là, d'un ordre professionnel. Donc, on ne peut pas
accéder, là, au texte, là, de l'amendement de la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée, s'il vous
plaît.
Mme Weil :
...j'ai une question. Alors, il y a quand même le mandat, l'obligation de
surveillance. Et, quand on regarde
les deux... donc, les deux obligations de surveillance, mais on n'a pas de
définition, on ne sait pas ce que ça veut dire exactement.
Donc,
dans les projets de loi antécédents qui touchaient exactement le même enjeu,
c'est le paragraphe qui explique... puis c'est aussi dans le mémoire de l'Ordre
des architectes, je le relis : «Un examen de conformité générale des
travaux est une activité de surveillance qui consiste à vérifier, aux étapes
charnières déterminées par le membre de l'ordre à qui a été confiée la
responsabilité de l'effectuer, si les travaux de construction, d'agrandissement
ou de modification d'un bâtiment
respectent les principales exigences indiquées dans les plans, les devis, les
avenants et les rapports d'expertise qui ont servi à les exécuter.»
Donc, c'est
sûr que c'est tout à fait conforme parce qu'il y a deux gouvernements
précédents qui l'ont proposé dans le même contexte, et parce que nulle
part — et
l'ordre nous l'a dit en consultation il y a un an — nulle part est-ce qu'on explique
qu'est-ce que ça comprend, cette activité, obligation de surveillance.
Donc, c'est
de voir si la ministre... bon, premièrement, peut-être
expliquer en quoi consiste, donc, la surveillance, si la ministre serait ouverte à reprendre un
article qui a déjà
existé, et c'est juste que les lois n'ont pas été adoptées parce que,
bon, il y a eu des changements de gouvernement, etc., donc ça fait longtemps
qu'on travaille ces dispositions, et plusieurs y ont travaillé, si la ministre
est ouverte à inclure, donc, cette description.
Et, certainement, ça ne vient pas en conflit
avec quoi que ce soit, parce qu'on explique juste tout simplement l'activité de
surveillance. Au lieu de parler d'obligation, on explique. C'est une autre
façon d'amener clarté, mais peut-être sans le souci de la ministre que peut-être
avec... le mot «obligation» viendrait créer un conflit quelconque. On explique
c'est quoi, l'activité de surveillance, parce que, de toute façon, ils doivent
surveiller, alors en quoi ça consiste. Donc, c'est ce que je demande à la ministre,
puis elle pourrait discuter avec son équipe pour voir où est-ce que ça pourrait
s'insérer. Il y en a plusieurs qui ont peut-être travaillé, d'ailleurs, cette
formulation dans le passé, qui était déjà... qui était là, j'ai compris ça un
peu, parce qu'il y en a qui sont là depuis longtemps.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre, s'il vous
plaît.
Mme McCann : Bien, M.
le Président, je pense que l'avancée
du projet de loi n° 29, c'est de faire en sorte que la surveillance, c'est une activité réservée aux
architectes, bien sûr. Mais, oui, certainement, Me Imreh ou
Mme Guévin pourraient
certainement donner des explications additionnelles sur les projets de loi passés, M. le Président, et donner un ensemble d'explications,
s'il y a consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Consentement? Oui, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Je veux tout simplement dire à la ministre,
puis ils l'ont dit clairement en consultation, il est crucial... Ils disent : «Il est crucial de définir en
quoi consiste une surveillance de travaux». Il n'y a pas de... Tout le monde
était d'accord avec ça dans le passé. Pourquoi est-ce qu'on ne viendrait pas
définir «surveillance de travaux»? Le libellé a déjà été approuvé et
passé par toutes les étapes au gouvernement dans le passé, c'est tout
simplement des changements de gouvernement qui ont fait qu'il a été perdu.
Donc, c'est
sûr que, dans un premier temps, ils auraient aimé l'obligation, mais ils
disent : Au moins expliquer, parce
que nulle part est-ce que c'est expliqué, cette obligation surveillance, et
c'est sûr que ça ne vient pas en conflit avec d'autres lois.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la ministre.
Mme McCann : M. le Président, merci.
Bien là, je comprends que c'est un autre élément que la députée de Notre-Dame-de-Grâce
apporte... Donc, j'en comprends, M. le Président, je veux juste terminer, qu'au
niveau de son amendement, là, on est dans autre chose, là, que l'amendement qu'elle a déposé, parce qu'on parle d'expliquer qu'est-ce que c'est qu'une activité de
surveillance. Juste pour que ce soit clair, M. le Président. Alors...
Mme Weil : ...de le
dire...
Le Président (M.
Bachand) : O.K. Oui. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Oui, allez-y.
Mme Weil : Excusez-moi. Excusez-moi. C'est vrai. J'ai oublié
de le dire clairement. Je
comprends la position de la
ministre, je comprends qu'elle ne voudra pas rajouter cette obligation, en
effet. En effet.
Donc, on est comme dans un... quelque chose de
mitoyen, mais qui vient amener clarté et qui répond à une demande de l'ordre
qui a toujours été là. L'obligation, honnêtement, je... c'est peut-être votre
équipe qui le saurait, est-ce qu'ils l'ont demandée dans le passé. Ça, je ne le sais
pas, mais c'est sûr que cette définition, explication de ce qu'est
la surveillance, ça, c'est là depuis quand même
un grand nombre d'années. Et on... Donc, je pense que c'est comme ça
qu'on pourrait régler cet enjeu. Mais j'accepte que la ministre n'accepte pas l'amendement.
Président (M. Bachand) :
...on est encore sur l'amendement. On n'a pas mis... L'amendement n'a pas été
mis au vote, mis aux voix, mais...
Mme Weil : Donc, oui,
procéder au vote, oui.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. Mme la ministre.
Mme McCann : M. le
Président, pour plus de clarté, je pense
qu'on devrait s'en tenir à l'amendement pour le moment, puis après ça passer à
autre chose, si la députée le souhaite.
Président (M. Bachand) :
...de ce que c'est que les travaux. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement introduisant le nouvel
article 16.0.1
est adopté? Les voix pour? Adopté ou rejeté, rejeté?
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, l'amendement est rejeté. Donc, Mme la ministre, vous avez
la parole, s'il vous plaît.
Mme McCann : Oui. M. le
Président, je comprends que...
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
Mme Weil : ...un autre amendement
qu'on va vous envoyer.
Président (M. Bachand) :
Donc, on va... Vous avez un nouvel amendement sur créer un nouvel
article 16?
Le Président (M.
Bachand) : Parfait, donc, on va suspendre quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 53)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Oui. Alors, donc, je propose l'amendement :
L'article 26 du projet de loi est modifié par l'insertion de
l'article 16.0.1 suivant :
«Aux fins de
l'article 16, la surveillance des travaux relatifs à la construction est
une activité de surveillance qui consiste à vérifier, aux étapes charnières
déterminées par le membre de l'ordre à qui a été confiée la responsabilité de
l'effectuer, si les travaux de construction,
d'agrandissement ou de modification d'un bâtiment respectent les principales
exigences indiquées dans les plans [et] devis, les ordres de changement et les
rapports d'expertise qui ont servi à les exécuter.»
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann : Oui, M. le Président.
Alors, évidemment, on a pris connaissance, hein, de la proposition de la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, mais on pense vraiment que cet amendement
viendrait limiter la définition de l'étendue de la surveillance, et je pense
qu'il pourrait y avoir confusion.
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Weil : ...le verbe, je
n'ai pas compris.
Mme McCann : Ah! vient limiter la
définition de l'étendue de la surveillance. Alors, on pense que c'est un
concept usuel qui est déjà très bien connu des professionnels, et qu'il n'y a
pas lieu, là, d'avoir une définition de la surveillance,
on pense que c'est plus limitatif qu'autre chose. Alors, évidemment,
on n'est pas à l'aise avec l'amendement
proposé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Weil : Bien, je ne comprends pas. Donc, l'ordre qui le
demande, il y a sûrement eu des discussions avec l'office
sur cette question. Donc, ils n'étaient vraiment
pas sur la même page du tout, alors que l'ordre dit... bon, fait le constat que j'ai répété à plusieurs
reprises. Alors là, donc, quand on arrive sur le contenu de l'attestation de
conformité, hein, qui doit en découler, ils nous ont...
Dans le mémoire même, il y a comme deux pages qui expliquent tout ce qu'il
devrait y avoir dans cette attestation.
Donc là, pour
l'amendement, vous... si je comprends bien, la ministre
dit qu'elle ne voit pas... qu'elle n'est pas en accord.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, Mme la ministre.
McCann : J'ajoute, M. le Président, qu'il n'y a pas eu de demande à cet effet de notre côté. Alors, il n'y
a pas eu de demande de la part des architectes à l'ordre... à l'Office
des professions. Alors, non, effectivement, nous ne sommes pas à l'aise avec l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Weil : Là, je vais peut-être ouvrir la discussion
sur l'attestation et le contenu de l'attestation de conformité qui doit
découler des travaux. Alors, l'office... l'Ordre des architectes disent qu'il
faut, bon, définir, d'une part, en quoi consiste la surveillance, et ils nous demandent... ils demandent au gouvernement de préciser au législateur, de préciser le contenu de l'attestation. Ça, c'est page 9 de leur mémoire, de
«préciser le contenu de l'attestation de conformité qui doit en
découler». Donc, j'essaie d'arriver, quelque part, à cette préoccupation qu'a
l'ordre.
Donc, les amendements
à la loi, jusqu'à date, ils n'ont pas été acceptés, mais il y a quand même
une attestation de conformité, il y a
un contenu qui doit être établi. Et là je demande à la ministre
s'il y aurait une ouverture par règlement.
Je comprends que la ministre
ne souhaite pas modifier la loi, mais il faut trouver une façon de répondre. Et
ils ont, en annexe, en fait, très détaillé tous les éléments, si vous
regardez à la fin de leur mémoire, dans l'annexe, les éléments de définition de
la surveillance et du contenu de l'attestation de conformité devant en
découler. Est-ce que par... Là, actuellement, je poserais la question, parce que je n'ai pas
la réponse, c'est des experts qui pourront nous le dire, est-ce qu'il y a des règlements actuellement qui touchent l'attestation de conformité des travaux? Est-ce qu'il y a
un règlement qui touche, en
fait, les architectes?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre.
McCann : M. le Président, avec le consentement, je donnerais la parole à Me Imreh ou
Mme Guévin sur la question de la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement, bien sûr. Maître,
oui.
Mme Imreh
(Ariane) : Merci, M. le Président. Effectivement, comme j'ai mentionné précédemment, notamment parmi certains règlements qui
sont adoptés en vertu de la
Loi sur le bâtiment, on exige déjà certaines
attestations de conformité. Par exemple, dans le règlement sur le plan de garantie des bâtiments
résidentiels neufs, on exige, sur demande de l'administrateur, des
rapports périodiques et des attestations de conformité préparés par un
architecte ou un ingénieur lors de la
construction de tout bâtiment qui est soumis à l'exigence de la surveillance
des travaux de construction selon les codes et les normes en vigueur. Donc, on
voit que l'attestation de conformité... puis, bon, on a la même chose
dans tout ce qui touche aux équipements pétroliers, dans le Code de
construction, où on requiert une attestation de conformité de l'ingénieur. Pensons également à l'inspection que
les architectes doivent faire du parement extérieur des murs, des immeubles qui
ont une certaine hauteur. On n'appelle pas ça nécessairement une attestation de
conformité. Ça, c'est un exemple qui
est donné dans l'article proposé par le projet de loi, on dit «notamment des
attestations de conformité», ça peut
s'appeler différemment. Ce qu'on peut constater, c'est que c'est articulé dans
différents règlements qui régissent le bâtiment selon les besoins qui
sont exprimés dans ces règlements-là.
Alors,
comment se décline une attestation de conformité? Bien, je pense que ça va
dépendre de chaque règlement, du
besoin qui est exprimé pour chaque immeuble, pour chaque ouvrage. Venir définir
la surveillance, je comprends que, dans
le projet de loi n° 49, on avait défini vraiment le certificat de
conformité, puis on référait à... bien, ça atteste de la surveillance à
différentes étapes.
Maintenant, si on adopte une définition plus
large de ce que c'est que la surveillance des travaux ou une attestation, est-ce qu'on ne vient pas fermer la
porte à bien d'autres options ou bien d'autres domaines où, éventuellement,
il y aura de la réglementation qui pourra
assurer le suivi de certains travaux? Également, avec une définition de ce que
c'est que la surveillance et qu'on la limite aux étapes charnières, que fait-on
avec, notamment, l'architecte en résidence? Que fait-on, par ailleurs, parce qu'en même temps c'est englobant, que
fait-on pour certains travaux, certains projets où l'architecte et le client estiment que la
surveillance doit avoir un degré moindre pour atteindre des résultats qui vont
quand même satisfaire à l'obligation, là, de sécurité du public? Et donc
c'est toutes ces questions-là qui se posent.
Je ne sais
pas... avec votre permission, peut-être que ma collègue, Mme Guévin, a
quelque chose d'autre à ajouter.
Le Président (M. Bachand) :
Mme Guévin, s'il vous plaît.
Mme Guévin (Roxanne) : Oui. Je
voulais préciser que, dans le mémoire déposé par l'Ordre des architectes, l'annexe qui était citée tout à l'heure est un
extrait de la réponse de l'ordre à la consultation de la Régie du bâtiment en
vue d'améliorer la qualité de la
construction et de la sécurité du public dans les documents. Donc, c'est une
suggestion que
l'ordre a acheminée à la Régie du bâtiment. Lorsque nous, on a travaillé
conjointement, à la régie, à mettre en place le projet de loi n° 401, le
projet de loi, donc, qui prévoyait que les lois professionnelles réservent la
surveillance aux architectes et que
la loi et la réglementation qui relèvent de la RBQ prévoient une définition
plus précise d'à quel moment la surveillance va être exigée, quelles sont les
étapes charnières lors desquelles le professionnel doit être présent et
quels sont les bâtiments visés. Donc, ce
n'est pas une proposition qui avait été acheminée à l'office, mais qui avait
plutôt été acheminée à la RBQ.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée, s'il
vous plaît.
Mme Weil :
Oui. Alors donc, est-ce qu'on peut conclure que, dans la recommandation 2
de l'ordre qui dit, bon : «Définir en quoi doit consister la
surveillance des travaux et préciser le contenu de l'attestation de conformité
qui doit en découler», c'est plus l'inverse,
c'est qu'eux, ils vont demander quelles sont les actions que vous avez prises
pour qu'on puisse émettre l'attestation ou que vous puissiez émettre
l'attestation de conformité? J'essaie de voir si... Ça, c'est respecté, leur recommandation, d'après ce que vous me dites, mais
pas par l'ordre, mais c'est la Régie du bâtiment qui le demande. Est-ce qu'on a la certitude qu'il y a, dans le contenu
de l'attestation de conformité, les éléments des étapes charnières et
tout ce qui a été fait? C'est ce que vous êtes en train de dire?
Président (M. Bachand) : Mme Guévin.
Mme Guévin
(Roxanne) : Alors, la définition proposée donne la latitude nécessaire
pour permettre à la RBQ, si elle le
souhaite éventuellement, de définir le contenu de la surveillance qui sera
exigée, notamment, là, les étapes charnières, justement, comme le disait Mme la ministre, parce que ce n'est pas
limitatif, là, ils ont la latitude pour venir le définir.
Mme Weil :
...sans aller plus loin sur cette question, mais j'inviterais la ministre de se
pencher sur cette question avec
l'Ordre des architectes, peut-être par règlement, est-ce qu'il y a des
précisions avec l'office. Parce que
moi, ce que je sens chez eux, c'est qu'eux-mêmes savent ce qui doit être...
dépendant des travaux qu'ils ont à faire, il y a des étapes charnières, différentes étapes charnières, et qu'à
tout le moins l'attestation de conformité devrait le préciser et le confirmer.
C'est très technique,
j'ai voulu vraiment représenter leur point de vue, mais je pense qu'à ce
stade-ci, c'est peut-être de vous inviter à
regarder toute cette question, parce que, donc, on n'ouvrira pas la loi, mais, par
règlement, je pense qu'il y a une possibilité d'agir dans ce sens-là.
Le Président (M. Bachand) : Merci. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder maintenant à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
introduisant le nouvel
article 16.0.1 est adopté ou rejeté?
Président (M. Bachand) : Rejeté. Merci beaucoup. Interventions?
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Est-ce que nous passons à...
Président (M. Bachand) : Oui, nous serions maintenant à
Bâtiments exclus de la réserve d'acte.
Mme McCann :
Alors, à l'article 16.1... Ah! l'amendement. Excusez-moi.
Mme McCann :
Oh! d'accord. Excusez-moi, M. le Président. J'y arrive. J'y arrive.
Président (M. Bachand) : Aucun souci. Pas de problème.
McCann : Oui. C'est vrai. C'est exact. Alors, M. le Président,
donc : À l'article 26 du projet de loi, remplacer
l'article 16.1 de la
Loi sur les architectes proposé par le suivant :
«16.1.
L'article 16 ne s'applique pas à la construction, à l'agrandissement ou à
la modification des bâtiments suivants :
une habitation unifamiliale isolée ayant, après réalisation des travaux, au
plus un étage de sous-sol, une hauteur de bâtiment ne dépassant pas deux
étages ainsi qu'une superficie brute totale des planchers inférieure à
600 m 2 ;
une habitation unifamiliale jumelée ou en rangée, une habitation multifamiliale
d'au plus quatre unités, un établissement commercial, un établissement
d'affaires, un établissement industriel ou une combinaison de ces habitations
ou établissements ayant, après réalisation
des travaux, au plus un étage de sous-sol, une hauteur de bâtiment ne dépassant
pas deux étages ainsi qu'une superficie brute totale des planchers
inférieure à 300 m 2 ;
un silo, un ouvrage de stockage de déjections animales ou une plateforme
servant à l'entreposage d'aliments pour animaux;
un établissement agricole ayant, après réalisation des travaux, deux étages et
une superficie brute totale des
planchers inférieure à 300 m².»
Cet
article ne s'applique également pas à la
construction d'un établissement agricole ayant, après réalisation des travaux, au plus un étage et une superficie
brute totale des planchers inférieure à 750 m² ni à l'agrandissement ou à
la modification
d'un tel établissement ayant, après réalisation des travaux, au plus un étage
ou une superficie brute totale des planchers inférieure à
1 050 m².
Cet amendement
vise premièrement à modifier l'unité de mesure pour conserver les
calculs en superficie brute totale des planchers qui est utilisée dans
l'actuelle loi des architectes. Deuxièmement, harmoniser les termes utilisés pour désigner les
ouvrages de stockage de déjections animales avec ceux du Règlement
sur les exploitations agricoles. Troisièmement, retirer l'interdiction
relative à l'élevage dans un établissement agricole ayant, après réalisation
des travaux, deux étages et une superficie brute totale des planchers
inférieure à 300 m². Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil : Donc là, la ministre vient confirmer,
donc, la demande de l'Ordre des
architectes, c'est très bien.
J'ai une
question pour la ministre. Il y a beaucoup d'amendements que la ministre a
apportés. Est-ce que la ministre pourrait ou a-t-elle pensé à déposer
ces amendements pour le public, c'est-à-dire le public intéressé, pour qu'il
puisse suivre les travaux?
Le Président (M.
Bachand) : La règle prévoit que les amendements deviennent
publics...
Mme Weil : Au fur et à
mesure.
Le Président (M.
Bachand) : ...lorsqu'ils seront déposés.
Mme Weil : Donc, au fur et à
mesure.
Le Président (M.
Bachand) : Exact. Oui, Mme la ministre... Mme la députée.
Mme Weil : Donc,
essentiellement, ça répond à la demande. Donc, c'est très bien, c'est très
bien.
Président (M. Bachand) :
Merci. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 16.1 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la ministre, s'il vous
plaît.
McCann : Oui, M. le Président. Alors, nous allons à l'article 28,
où il y a un amendement, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Donc, il faudrait avoir un consentement pour suspendre l'article 26 avant
d'aller à l'article 28. Est-ce qu'il y aurait un... Est-ce qu'il y a un
consentement pour suspendre l'article 26, parce qu'on s'en va à
l'article 28 présentement? Consentement. Mme la ministre, s'il vous plaît.
McCann : Merci, M. le Président. Alors,
article 28 : À
l'article 28 du projet de loi, remplacer le premier alinéa de
l'article 16.3 de la
Loi sur les architectes proposé, par le
suivant :
«16.3. Le gouvernement peut, par règlement :
«1° exclure un bâtiment de l'application de
l'article 16, dans les cas et [les] conditions qu'il détermine;
«2° assimiler une construction à un bâtiment aux
fins de l'application de l'article 16, dans les cas et aux conditions
qu'il détermine.»
Cet amendement
vise à bonifier l'habilitation réglementaire qui permet d'exclure un bâtiment
de l'application de la
Loi sur les architectes afin de permettre également
que d'autres constructions soient éventuellement visées par cette loi. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il
vous plaît.
Mme Weil : Oui, je voulais
juste mieux comprendre l'objectif du gouvernement dans cette modification.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. Est-ce que vous avez une question plus
spécifique ou...
Mme Weil : C'est ça, si on
peut m'expliquer l'objectif de cet amendement. C'est très technique aussi.
Le Président (M.
Bachand) : O.K., merci. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
McCann : Bien, M. le Président, c'est la possibilité, oui, d'exclure un bâtiment, ça se fait sur consultation de l'Office des professions du
Québec et de l'Ordre des architectes.
Ça permet, je pense, plus de souplesse — j'espère que
je suis sur le bon
article — pour
l'évolution technologique,
effectivement. Alors, c'est essentiellement le but, l'objectif très
simple de cet article-là.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
...dans une minute, parce qu'il y avait une forte opposition à cet élément-là,
si je me souviens bien. Donc ça,
c'est celui par le gouvernement qui... Oui, donc, alors, il y avait l'Ordre des
architectes, donc, une opposition très ferme à cette notion que le
gouvernement pourrait soustraire un bâtiment, une grande inquiétude, d'autres
aussi l'ont exprimée. Donc, l'ordre avait
dit, dans son mémoire, qu'il «trouve dangereux et surprenant cet ajout qui
ouvre la porte à des décisions dont
les conséquences sont difficiles à évaluer. Le public a le droit de savoir à
quoi s'en tenir quant aux bâtiments assujettis».
Et l'ordre fait sien le commentaire que le
Conseil interprofessionnel du Québec a émis, dans son mémoire, sur le projet de
loi n° 29, et je cite : «Des dispositions du projet de loi prévoient
la possibilité pour le gouvernement d'exclure,
de façon unilatérale, par règlement, des bâtiments et des ouvrages des
activités réservées à des membres d'ordres professionnels, et ce, aux
cas et aux conditions qu'il détermine.
«Le législateur a confié aux ordres pour
principale fonction d'assurer la protection du public. Cette exclusion pourrait avoir pour effet de soustraire par un
simple règlement n'importe quels bâtiments et ouvrages de cette protection et, plus particulièrement, de
l'encadrement offert par les ordres.
«La voie
réglementaire exige dans certains cas la publication du projet dans la Gazette
officielle , un processus géré par
des fonctionnaires. Le conseil — évidemment — est
d'avis que tout retrait envisagé par le gouvernement à des activités
réservées à des membres d'ordres professionnels devrait bénéficier d'un
processus de consultation publique impliquant les parlementaires de même que
les professionnels et professionnelles concernés par cette modification.»
Donc, il y a plusieurs qui ont fait la demande
d'enlever cette disposition. Il y a une grande inquiétude, pas de compréhension, un risque important de soustraire
des obligations, même des ordres professionnels, un élément important de leur mandat, de leurs obligations, de leur
champ d'activité. Et donc c'est la première fois qu'on voit ce genre de
disposition.
Donc, c'est de
voir... Je pense qu'il faut comprendre pourquoi. Les gens demandent... en fait,
les ordres professionnels demandent le retrait de cet article-là, ils ne
comprennent pas pourquoi... et de le faire par règlement, évidemment, ça échappe à, comment dire, l'examen
des parlementaires, quand un bâtiment... et de ne pas savoir pourquoi.
Donc, il y a
un règlement, il y a une publication, mais, au-delà de ça, il y a un manque
d'implication, si on veut, de tous concernés pour vraiment sonner les
cloches ou amener des précisions puis s'opposer ou peut-être être d'accord,
mais sans le jugement de l'ordre professionnel et des ordres professionnels qui
sont impliqués.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre.
McCann : Oui. M. le
Président, je pense qu'il faut rappeler qu'il y aura une consultation, là, dans
ce genre de situation, de l'Office
des professions et de l'Ordre des
architectes. Alors ils seront impliqués, c'est prévu dans le projet de loi.
Mais, si la députée de Notre-Dame-de-Grâce a besoin de davantage d'information, les
représentants de l'Office des professions, certainement, pourraient
donner plus de détails.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Weil : J'aimerais citer
le Barreau. Ce n'est pas dans ce cas-ci, mais, lorsqu'on procède par règlement,
évidemment, ce n'est pas un débat comme...
il n'y a pas l'examen minutieux qu'on fait ici, à l'Assemblée nationale, avec les parlementaires, et je vais citer le
Barreau sur le danger de procéder par règlement sur des questions sensibles et
importantes, donc : «Ces mesures [de retrait] devraient faire l'objet d'un
contrôle accru par l'Assemblée nationale. Si un
règlement permet normalement de préciser les modalités d'application d'une loi,
il ne devrait pas avoir pour objet de définir les concepts fondamentaux en
vertu desquels elle sera appliquée ou bien en exclure tout simplement
l'application.
«De plus, le Barreau du Québec a par le passé
participé activement aux travaux de la commission sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans
l'industrie de la construction et les recommandations de cette dernière ont
donné naissance à plusieurs lois,
dont la
Loi sur les contrats des organismes publics. Nous sommes préoccupés par
le fait que la pandémie de la COVID puisse être invoquée pour permettre...»
Bon, ça, c'est un autre enjeu, on s'en rappelle,
mais c'est récent, quand même, mais ça donne un exemple du genre de souci qu'on
peut avoir de procéder par règlement. Ce n'est pas le grand débat public, ce
n'est pas l'examen minutieux, et on n'a vraiment pas d'idée sur pourquoi le gouvernement
voudrait exclure un bâtiment par règlement. Donc,
c'est ça, si la ministre a des exemples, même son équipe, des exemples concrets
de ce qui était visé par cet article, à tout le moins, à tout le moins des
précisions... Parce que, là, c'est vraiment comme un chèque en blanc, et
donc tous les ordres qui sont dans ce domaine des sciences appliquées,
ça les préoccupe parce qu'on ne voit pas du tout le pourtour de ce pouvoir, la
raison pour laquelle on a amené... on amènerait un pouvoir.
Donc, quel que soit le membre de l'équipe, de
bien comprendre ou de comprendre et voir si on est capables de rassurer le...
par peut-être une modification, rassurer... mais on va commencer sur le
pourquoi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme McCann : M. le Président, avec
le consentement, je donnerais la parole à Me Imreh ou Mme Guévin, de
l'Office des professions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Maître.
Mme Imreh (Ariane) : Merci, M.
le Président. Peut-être
un petit rappel historique. Déjà, cette possibilité pour que le gouvernement puisse exclure ou inclure, on l'avait prévue pour
les ingénieurs dans le projet de loi
n° 401, qui est mort au
feuilleton, et on l'a repris dans le n° 29. Pour la
Loi sur
les ingénieurs, on disait : Il faut assurer la pérennité de la loi. On comprend que, des fois, c'est très,
très long avant qu'on puisse ouvrir une loi professionnelle. Tout ce qui
s'appelle le domaine des sciences,
des technologies, évolue rapidement. Ce qui est vrai aujourd'hui sera peut-être différent demain, donc laissons-nous cette souplesse-là, qu'une modification législative
n'a pas nécessairement, avec tous les remparts que peuvent nous garantir un
règlement qui est édicté par le gouvernement, avec une consultation de l'ordre, de l'office
et, évidemment, sans doute, des ordres qui ont des interfaces ou qui peuvent
être concernés par cette question.
Maintenant,
pourquoi on le retrouve aujourd'hui dans la
Loi sur les architectes? Il y a eu
beaucoup d'inquiétudes exprimées, notamment par le domaine agricole. On le sait
qu'actuellement la
Loi sur les architectes couvre tous les bâtiments agricoles. On a vu qu'on a fait des
exclusions, on les a modulées, on les a travaillées, d'ailleurs, avec un comité agricole qui a été mis sur
pied sous les auspices de l'office et qui incluait les gens du MAPAQ, de l'UPA,
de l'Ordre des architectes et de l'Ordre des ingénieurs.
lorsque nous avons débuté ces travaux, et même avant, on nous a exprimé
le voeu, notamment le MAPAQ, qu'on puisse également avoir le miroir de ce qu'on a prévu dans le projet de loi n° 401 et n° 29, dont on discute aujourd'hui, pour les
ingénieurs, afin de permettre une certaine souplesse et éventuellement, au fil du temps, être en
mesure d'exclure certains bâtiments
qui, en ce moment, sont assujettis à la loi, mais qui peut-être, dans le futur,
en raison de l'évolution des technologies, etc., n'auront peut-être plus
besoin de cet assujettissement, eu égard à la sécurité du public.
Partant, l'amendement
qui est proposé, c'est non seulement d'exclure... parce que, bon, en commission
parlementaire, on s'est posé la question : Mais pourquoi ne pas inclure,
alors, comme pour la
Loi sur les ingénieurs? Et
effectivement il pourrait être utile, avec le temps, de pouvoir assimiler une
construction, un bâtiment. Suivant l'évolution, là, des différentes
technologies, il y a peut-être des nouvelles structures qui vont exister. Et
tout ça dans le but d'avoir une certaine souplesse.
Je ne sais pas, M. le
Président, si ma consoeur a quelque chose à ajouter.
Président (M. Bachand) : Ça va pour l'instant? Merci. Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Donc, le public... Oui, c'est de comprendre, c'est de mieux comprendre pourquoi
on serait obligé de soustraire un bâtiment. Quelles sont les
circonstances qui l'exigeraient? Juste pour l'information, pour le public, de
bien comprendre pourquoi.
Je comprends qu'il y
a des consultations, vous avez mises obligatoires, ce qui est bien, avec
l'ordre concerné et avec l'office. C'est
bien ça? Vous dites «l'ordre», donc c'est l'ordre qui est concerné. On pourrait
peut-être rajouter... des fois, c'est
«le ou les ordres concernés». Ça peut être les architectes, les ingénieurs,
élargi, mais on verra. Comment faire
comprendre? Parce qu'on a eu beaucoup de réactions par rapport à cet
article-là, d'incompréhension, si on veut, sur l'objectif du
gouvernement, d'être obligé d'agir de cette façon, de vouloir retirer.
Mme Imreh
(Ariane) : En fait, pour avoir une plus grande souplesse pour
permettre une évolution de ce qu'il est
nécessaire d'assujettir ou non à la loi. Et, dans le cas particulier des
architectes, de la
Loi sur les
architectes, c'est vraiment beaucoup le bâtiment agricole qui posait problème.
Depuis le début des années 2000, l'UPA demandait une exclusion pour
certains bâtiments agricoles. Il y a eu beaucoup, beaucoup de discussions. Finalement, on en est arrivé à
un équilibre, qu'on retrouve dans le projet de loi actuel. Puis également c'est au nom de cet équilibre-là
qu'on a requis la possibilité, tout comme ce qu'on a prévu pour la
Loi sur les
architectes, de pouvoir avoir une certaine souplesse, le cas échéant,
pour exclure un bâtiment de la loi.
Mme Weil : Je vous dirais que, s'il y a
bien un sujet où il faut que le public comprenne et ait clarté, c'est
quand on parle de bâtiments, quand on
parle de les exclure de protections, par
ailleurs, qui sont bien ancrées dans
nos façons de faire et dans nos lois, dans nos règlements, dans nos codes de
comportement, d'éthique, et tout. Alors, ça fait vraiment comme un peu un choc
de voir... Parce que, bon, vous, vous avez l'expertise, vous savez que
c'est peut-être dans des situations très circonscrites,
mais c'est inscrit dans la loi, ce qui veut dire que c'est comme une porte
ouverte, grande ouverte. Et c'est de voir vraiment
si c'est nécessaire. Je
comprends la lourdeur, c'est peut-être...
C'est lourd, peut-être, mais c'est sécuritaire, quand même, la
loi.
donc il n'y a pas... Vous ne sentez pas un risque d'avoir une
porte aussi ouverte, sans précision? On ne dit pas «ayant comme objectif
notamment», quelque
chose qui met sur une piste, qui vient
dire : Non, on n'est pas en train de dire que... parce que...
Évidemment, la réaction des gens, c'est le développement, hein, le
développement immobilier. C'est un
peu ça que les gens ont en tête, est-ce que ça va devenir un peu cow-boy, là.
C'est la réaction des gens. Mais qu'est-ce qui se passe avec les
protections qu'on a d'habitude?
Alors, moi, je pense
que ça prendrait, à tout le moins, des précisions. Mais la demande est forte
d'avoir ce genre de mesure? Parce qu'il
fait... il va vraiment à contresens d'une loi qui est là pour protéger le
public, avec toute la transparence, parce qu'il y a... il y avait
beaucoup d'incompréhension par rapport à l'objectif. Là, vous l'expliquez pour la première fois publiquement. Alors, je
demande peut-être la réaction de la ministre. Tu sais, parce que c'est aussi
«aux conditions qu'il détermine», alors c'est vaste, hein? C'est un langage qui
ne vient pas rassurer.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre.
Mme McCann :
M. le Président, je vous demanderais quelques minutes de suspension, j'aurais
besoin de...
Président (M. Bachand) : D'accord, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
11 h 42)
Président (M. Bachand) : La commission reprend ses travaux. Mme
la ministre, s'il vous plaît.
McCann : Oui, M. le Président. Alors, après discussion, ce qu'on proposerait, c'est de suspendre cet article, parce qu'on aurait besoin de
consulter davantage de partenaires, dont le MAPAQ, qui nous avait fait des
demandes là-dessus, puis revenir à un autre moment pour reprendre cet article.
Le Président (M. Bachand) : Parfait. Donc, on va suspendre l'article...
l'amendement à l'article 28. Donc, j'aurais besoin d'un consentement.
Le Président (M. Bachand) : Nous sommes rendus maintenant au sujet 4,
Obligation de signer et sceller. Donc, j'aurais
besoin d'un consentement pour revenir à l'article 26, qui était suspendu. Est-ce qu'il
y a consentement? Consentement, merci. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Alors : «16.1.1. L'architecte doit signer tout plan
et tout devis visés au paragraphe 1° du premier alinéa de
l'article 16 qu'il a préparés. Dans le cas d'un plan ou d'un devis
définitif, il doit également le sceller.»
L'article 26 du projet
de loi propose de remplacer les articles 15 à 16.1 de la
Loi sur les
architectes par les articles 14 à 16.1.1, évidemment. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Excusez-moi, je suis un peu... On est sur le 16...
Président (M. Bachand) : Obligation de
signer, donc l'article 16.1.1. Oui?
Mme McCann :
Oui. J'ai un autre petit commentaire de précision.
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, Mme la ministre...
McCann : Alors, cet
article-là propose, à des fins de protection du public, que les documents
préparés dans l'exercice d'une activité réservée à l'architecte soit signés et,
selon le cas, scellés par celui-ci. Donc, ça vient asseoir le principe.
Merci.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M. Bachand) : Ça va? S'il n'y a pas de commentaire, nous allons maintenant passer à l'autorisation d'exercer des activités professionnelles. Donc, Mme
la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann :
Oui, M. le Président...
Le Président (M. Bachand) : Parce
que l'article 26... Oui, c'est
parce qu'on a d'autres... non, on a d'autres articles à négocier... à
discuter, pardon. Mme la ministre, s'il vous plaît.
McCann : Oui. Alors,
l'article 24. Donc, l'article 24 remplace l'article 5.1 de la
loi. Donc, il est remplacé par cet
article :
«5.1. Le conseil d'administration doit prendre un règlement en application du paragraphe h
du premier alinéa de l'article
94 du Code des professions (chapitre C-26) afin de déterminer, parmi
les activités professionnelles réservées à l'architecte, celles
que peuvent exercer des technologues professionnels dont la compétence relève de la technologie de l'architecture.»
Alors,
M. le Président, l'article 24 du projet de loi reformule l'article 5.1 de la
Loi sur les architectes qui prévoit
que l'Ordre des architectes du Québec
doit adopter un règlement afin de déterminer, parmi les activités professionnelles
réservées à l'architecte, celles que peuvent
exercer les membres de l'Ordre des technologues professionnels du Québec dont la compétence relève de la technologie
de l'architecture. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions sur l'amendement de la ministre? Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Oui. On le
cherche, là, mais les technologues avaient demandé, et c'est vraiment
leur seule demande, une
synchronisation, mais on cherche exactement leur commentaire, s'il y
avait moyen de trouver une façon de
synchroniser.
Donc,
c'est l'Ordre des technologues professionnels, page 6 de leur mémoire. Donc :
«Concrètement, nous appuyons toute mesure visant à ce que les dispositions
du projet de loi concernant les modifications à leurs lois constitutives n'entrent en vigueur
qu'au moment où les règlements de partage d'activités auront été adoptés par le gouvernement. Les dispositions prévoyant l'obligation d'adopter ces règlements
devraient, quant à elles, entrer en
vigueur au moment de la sanction de la loi.» C'est leur demande.
«Plus
concrètement, concernant la
section du projet
de loi portant sur la
Loi sur les
architectes, nous préconisons que
seul l'article 24 du projet de loi devrait entrer en vigueur au moment de la sanction de la
future loi. Une autre disposition devrait
quant à elle prévoir l'entrée en vigueur des articles 23 et 25 à 30 du
projet de loi une fois le règlement en vertu de l'article 94h du Code
des professions dûment adopté.»
ils disent que ce même principe... ils vont revenir sur ce même principe quand
on arrivera sur la
section sur la Loi
sur les ingénieurs. C'est de voir la réaction de la ministre et de son équipe
par rapport à cette demande de synchronisation.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre.
McCann : Oui. M. le Président, je propose qu'on fasse cet échange,
cette discussion à l'article 72.1, qui est le suivant dont on va traiter
et qui traite vraiment des questions soulevées par la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement? Est-ce
que ça va? Oui. Donc, on va y aller sur l'amendement. Est-ce que l'amendement
est adopté? Adopté? Oh! excusez, c'est un...
Le Président (M. Bachand) : Oui, c'est... O.K. Donc, on est... Parce qu'il y
a un... vous avez un amendement sur cet article?
Une voix :
Non, pas sur celui-là, ça va être le prochain.
Président (M. Bachand) : Excusez-moi, je... On est rouillés un
petit peu, là.
Je vais suspendre
quelques instants, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 53)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. Là, maintenant, est-ce qu'on va être... Je soumets l'article 24
aux voix. Est-ce que l'article 24 est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. Mme
la ministre, s'il vous plaît. Maintenant, nous sommes... Je pense que vous avez un amendement
justement. Mme la ministre.
Mme McCann : Oui. Alors, nous sommes, M. le Président, merci, à l'article 72.1.
Donc, insérer, après l'article 72 du projet de loi, le
suivant :
«72.1.
Le conseil d'administration de l'Ordre des architectes du Québec doit prendre
le règlement prévu à l'article 5.1 de la
Loi sur les architectes
(chapitre A-21), édicté par l'article 24 de la présente loi, au plus
tard [un an d'ici la date d'entrée] en vigueur de la présente loi.»
Cet amendement vise à
prévoir qu'un règlement que les conseils d'administration de l'Ordre des
architectes du Québec et de l'Ordre des
ingénieurs du Québec doivent prendre en application du paragraphe h du
premier alinéa de l'article 94 du Code des professions
(chapitre C-26) afin de déterminer, parmi les activités réservées à
l'architecte ou à l'ingénieur, celles que
peuvent exercer des technologues professionnels dont la compétence relève d'une
technologie de l'architecture ou du génie doit être pris au plus tard un
an après l'entrée en vigueur de la loi.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Ça, c'est l'amendement qui est proposé par la ministre.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, par la ministre.
Président (M. Bachand) : Oui, bien sûr, alors, nous allons
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 59)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. On s'excuse du retard. L'important, c'est que, maintenant,
la commission fonctionne sans papier. Alors donc, essentiellement, c'est par le site Greffier que les documents sont envoyés, donc
les amendements, les feuilles de route, etc. Puis il y a eu un petit problème, là, dans l'acheminement du dernier
document. Alors donc, maintenant, tout est réglé, et c'est de faire en sorte aussi
que, lorsqu'il y aura des nouveaux documents sur Greffier qui remplacent des
anciens documents, que l'ancien document soit détruit pour éviter... qu'on ait
toute la même information.
ce, interventions sur l'amendement de la ministre? Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Weil : Oui. Alors, nous sommes d'accord avec cet amendement.
C'est, pour l'instant, le mieux qu'on peut faire. On comprend, quand ils parlent de synchroniser, c'est peut-être
dans le temps, en temps réel, mais étant donné la complexité de tout et
des procédures, c'est un amendement qui... Je pense que les technologues seront
heureux de cet amendement.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Nous sommes
maintenant aux dispositions pénales. Mme la ministre, s'il vous plaît.
McCann : Oui, M. le Président. Donc, il s'agit d'un amendement.
L'article 26. Donc, à l'article 26 du
projet de loi, ajouter, à la fin du
deuxième alinéa de l'article 14 de la
Loi sur les architectes proposé, les
paragraphes suivants :
«3° un propriétaire,
un entrepreneur, un chef de chantier ou un contremaître de coordonner des
travaux;
une personne de contribuer, à
titre de salarié, sous la supervision d'un
architecte, à la préparation d'un plan, d'un devis ou d'un cahier des
charges;
«5° une personne
chargée de l'application d'une loi d'exercer une fonction qui y est
déterminée.»
Cet amendement vise à
permettre à certaines personnes de continuer à coordonner les travaux alors que
la réserve d'activité visant la surveillance
est introduite à l'article 16 de la
Loi sur les architectes proposé par le
projet de loi. L'amendement vise également à permettre à un salarié,
sous la supervision d'un architecte, de contribuer à certains travaux et à permettre à une personne chargée de
l'application d'une loi d'exercer une fonction qui y est déterminée. Merci,
M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci. J'avais oublié de demander le
consentement parce que l'article 26 était suspendu. Alors, donc, on devrait revenir à l'article 26, avec
consentement. Ça va? Merci. Interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme Weil :
Non, je pense que je n'ai pas de question.
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, Mme la députée.
Mme Weil :
Non. Ça va.
Président (M. Bachand) : Pas d'autre question. Alors, est-ce
que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Nous sommes maintenant à
l'article 26 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 26, tel
qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci beaucoup.
L'article 28 était
suspendu, est-ce qu'il y a consentement pour revenir à
l'article 28? Consentement.
Mme Weil : Revenir à 28?
Président (M. Bachand) : À 28.
Le Président (M.
Bachand) : O.K., mais je vous rappelle qu'on avait suspendu
l'article 16.3 à l'article 28 également. C'est ça, 16.3 était
suspendu. Ça va? Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann : Merci, M. le Président.
Donc, l'article 28. 17. Donc, remplacement de l'article 17 de la
loi :
«17. Nul ne
peut utiliser ou permettre que soit utilisé, pour la construction,
l'agrandissement ou la modification d'un
bâtiment auquel s'applique l'article 16, un plan ou un devis non signé par
un architecte ou un plan ou un devis définitif non signé et scellé par
celui-ci.
«Rien au premier alinéa n'empêche...» Oui?
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Weil : ...de parler dans
le micro. On a un peu de misère à comprendre.
Mme McCann : Ah, mon Dieu!
Excusez-moi. Je reprends, oui.
Mme Weil : Peut-être
reprendre du début.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Votre douce voix. Merci beaucoup de votre
compréhension.
Mme McCann : Ah! Merci, merci. Tout
à fait. Merci beaucoup. Alors, je reprends : «Nul ne peut utiliser ou
permettre que soit utilisé, pour la construction, l'agrandissement ou la
modification d'un bâtiment auquel s'applique l'article 16,
un plan ou un devis non signé par un architecte ou un plan ou un devis
définitif non signé et scellé par celui-ci.
«Rien au
premier alinéa n'empêche l'utilisation d'un plan ou d'un devis signé et, selon
le cas, scellé conformément aux
dispositions d'un règlement pris en application du paragraphe h du
premier alinéa de l'article 94 du Code des professions
(chapitre C-26).» Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Interventions? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, pas
d'intervention? Et là nous sommes... Excusez-moi juste quelques instants.
Le Président (M.
Bachand) : On va suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! On va l'avoir, on va l'avoir. Donc,
article 17.1, Mme la ministre.
McCann : Merci, M. le
Président. Donc, l'article 17.1, donc : «17.1. Commet une infraction
et est passible des peines prévues à
l'article 188 du Code des professions (chapitre C-26) quiconque
contrevient à l'une des dispositions des articles 14 ou 17.
«Une
poursuite pénale pour une telle infraction se prescrit par trois ans depuis la
date de la connaissance par le poursuivant de sa perpétration.
«Toutefois,
aucune poursuite ne peut être intentée s'il s'est écoulé sept ans depuis la
date de la perpétration de l'infraction.
certificat du secrétaire de l'ordre attestant la date de la connaissance par
l'ordre de la perpétration de l'infraction constitue, en l'absence de
preuve contraire, une preuve suffisante de ce fait.»
L'article 17.1
proposé par le projet de loi prévoit une infraction pénale et remplace
l'article 17 de la
Loi sur les architectes qui prévoit actuellement
une amende maximale de 10 000 $ en cas d'utilisation d'un plan ou
d'un devis non signé par un architecte.
L'article 17.1
proposé assure une cohérence avec le seuil des amendes prévues au Code des
professions et harmonise le délai de prescription pour une poursuite
pénale à ce qui est prévu à ce code. Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Interventions? Ça va? Mme la ministre, s'il vous plaît. Nous changeons
maintenant pour Vérification.
McCann : Oui. Alors, il s'agit donc, M. le Président, de l'article 18 :
«Tout vérificateur désigné par le conseil d'administration peut :
pénétrer, à toute heure raisonnable, dans un endroit où la construction,
l'agrandissement ou la modification d'un
bâtiment auquel s'applique l'article 16 est prévu, en cours ou déterminé,
afin de vérifier l'application de la présente loi;
«2° prendre des photographies de l'endroit et
des biens qui s'y trouvent;
«3° exiger tout renseignement ou tout document
lui permettant de vérifier l'application de la présente loi;
«4° obliger une personne se trouvant sur les
lieux à lui prêter une aide raisonnable.
vérificateur doit, sur demande, donner son identité et exhiber un certificat
signé par le secrétaire de l'ordre attestant sa qualité.»
Alors, M. le
Président, si vous me donnez une petite minute...
L'article 18 proposé par
le projet de loi reformule le texte actuel et le modifie afin de prévoir la
nomination de vérificateurs par le conseil d'administration de l'ordre
plutôt que d'enquêteurs, comme c'est le cas actuellement, et afin de mieux
traduire leurs rôles.
L'article
proposé prévoit qu'un vérificateur a pour fonction de vérifier l'application de
la loi avant, pendant et après la réalisation d'un projet et précise les
pouvoirs dont il dispose lorsqu'il pénètre sur un dossier. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? Merci. Mme la ministre,
article 15, 19.1 proposé à l'article 28.
McCann : Oui. Alors, merci, M. le Président.
L'article 19 :
«Tout vérificateur peut, par une demande qu'il transmet par poste recommandée
ou par signification à [une] personne, exiger de toute personne, dans le délai
raisonnable qu'il fixe, qu'elle lui
communique par poste recommandée ou par signification à personne, tout
renseignement ou document relatif à l'application de la présente loi.»
L'article 19
proposé par le projet de loi complète les pouvoirs d'un vérificateur en
prévoyant qu'il peut, par une demande qu'il transmet, exiger de toute
personne qu'elle lui communique tout renseignement ou document relatif à
l'application de la loi. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Ça va? Mme la ministre, s'il
vous plaît.
McCann : Alors, 19.1, M. le Président : «Un
vérificateur désigné par le conseil d'administration ne peut être
poursuivi en justice en raison d'un acte accompli de bonne foi dans l'exercice
de ses fonctions.» Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? S'il n'y a pas d'intervention... Mme
la ministre.
Mme McCann : Oui. «19.2. Commet une
infraction et est passible des peines prévues à l'article 188 du Code des professions quiconque entrave ou tente d'entraver de quelque façon que
ce soit l'exercice des fonctions d'un vérificateur,
notamment en le trompant par réticence ou par fausse déclaration, en refusant
de lui fournir un renseignement ou un
document ou en cachant ou en détruisant un document qu'il a le pouvoir d'exiger
ou encore en refusant de lui prêter une aide raisonnable.» Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? Ça va? Merci beaucoup. Je vous
rappelle qu'on avait suspendu préalablement l'article 16.3.
Donc, à moins qu'il y ait un changement, il faudrait suspendre l'article 28
pour continuer. Est-ce qu'il y a
consentement pour suspendre 28? Merci. Alors, maintenant,
on y va avec Définitions. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann : Oui, il s'agit, M. le
Président, de l'article 23. Donc, l'article 23 :
L'article 1 de la
Loi sur les architectes (chapitre A-21) est modifié
par le remplacement du paragraphe c par le suivant :
"architecte" ou "membre de l'ordre" : toute personne
qui est titulaire d'un permis délivré par l'ordre et qui est inscrite au
tableau.»
L'article 23
vise à assurer la concordance, dans l'article 1 de la
Loi sur les architectes, de la
définition d'architecte ou de membre d'un ordre avec celle prévue au
paragraphe c de l'article 1 du Code des professions.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Interventions? S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 23 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la ministre, s'il vous
plaît.
McCann : Oui. Alors, M. le Président, nous sommes à un amendement à
l'article
L'article 16.2
de cette loi est modifié :
1° par
l'insertion, selon l'ordre alphabétique, de la définition suivante :
«"établissement agricole" : bâtiment, ou
partie de bâtiment,
utilisé ou destiné à être utilisé pour la pratique d'une activité agricole au
sens de la
Loi sur la protection du territoire et des activités
agricoles»;
2° par le remplacement, dans le texte anglais de
la définition de l'expression «dwelling unit», de «who are involuntarily
detained» par «for the involuntary detention of persons».
Alors, M. le Président, cet amendement vise à conserver l'unité de mesure... (Interruption) ... — excusez-moi — l'unité de mesure en superficie brute
totale des planchers qui est utilisée dans l'actuelle loi des architectes.
Merci.
Le Président (M. Bachand) :
Interventions? Mme la députée.
Mme Weil :
...suspendre quelques minutes?
Président (M. Bachand) : Oui, on va suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 18)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il
vous plaît.
Mme Weil :
Donc, pas de commentaire, c'est vraiment la concordance.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce
que l'amendement est adopté?
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce que l'article 27,
tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Mme la ministre, s'il vous plaît. Nous
sommes maintenant à Dispositions de concordance.
McCann : Oui, merci, M. le Président. Alors, l'article 25 :
L'intitulé de la
section V de cette loi est remplacé par le
suivant : «Exercice de l'architecture».
Alors,
l'article 25 vise à assurer la concordance de l'intitulé de la
section V de la
Loi sur les architectes avec les autres
modifications proposées par la loi.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions sur
article 25? S'il n'y
a pas d'intervention, est-ce que l'article 25 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann :
Oui. Alors, M. le Président, il s'agit de l'article
L'article 29 :
L'article 20 de cette loi est modifié par le remplacement de «15» par
«14».
Il s'agit encore une
fois, M. le Président, d'une modification de concordance.
Président (M. Bachand) : Interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 29 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme McCann :
Alors, l'article 30 : La
section V.1 de cet article, comprenant
l'article 22.1, est abrogée.
Toujours
de la concordance.
L'article 30 du projet de loi propose l'abrogation de dispositions
parce qu'elles n'ont plus d'effet. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? S'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 30 est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. Nous sommes maintenant dans la
section
Loi sur les ingénieurs, Champ d'exercice. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Il s'agit...
Président (M. Bachand) : ...
Mme Weil : ...pour mettre de
l'ordre dans...
Le Président (M. Bachand) : Oui. Écoutez...
Quelques minutes?
Président (M. Bachand) : Alors, on suspend quelques instants
puis on revient. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 21)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Écoutez,
compte tenu de l'heure, je vais suspendre les travaux de la commission
jusqu'à... 14 heures cet après-midi, pardon. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
12 h 27)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bon début
d'après-midi. La Commission des institutions reprend ses travaux. Je demande bien sûr à toutes les personnes
présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 29, Loi modifiant le Code des
professions et d'autres dispositions notamment dans le domaine buccodentaire et
celui des sciences appliquées.
Lors
de la suspension, ce matin, nous étions... on se préparait à étudier le sujet
Loi sur les ingénieurs. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme McCann :
Oui, merci, M. le Président. Alors, l'article 1.1 de l'article 48 :
«L'exercice de...» En fait, on dit que les articles 2 à 5 de la loi
sont remplacés par les suivants, donc :
«1.1.
L'exercice de l'ingénierie consiste, quelle que soit la phase du cycle de vie
d'un ouvrage, à exercer une activité à
caractère scientifique d'analyse, de conception, de réalisation, de modification, d'exploitation ou de
conseil appliquée aux structures et
aux matériaux ainsi qu'aux procédés et aux systèmes qui extraient, utilisent,
échangent, transforment, transportent ou
emmagasinent de l'énergie, de l'information ou de la matière dans le but
d'offrir un milieu fiable, sécuritaire et durable.
«Il consiste
également à exercer une activité de coordination du travail des personnes qui
participent à la réalisation d'un ouvrage d'ingénierie.
«Le respect de
l'environnement et de la vie, la protection des biens, la pérennité du
patrimoine et l'efficacité économique font
partie de l'exercice de l'ingénierie dans la mesure où ils sont liés aux
activités professionnelles de l'ingénieur.»
Alors, M. le
Président, l'article 48. Donc, l'article 1.1 proposé introduit le
champ d'exercice de la profession d'ingénieur, et le champ d'exercice n'est pas
constitué d'activités réservées.
troisième alinéa de cet
article détermine les valeurs qui guident l'exercice de
l'ingénierie, soit le respect de l'environnement, de la vie, la
protection des biens, la pérennité du patrimoine et l'efficacité économique.
Merci.
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. Alors, M. le Président et Mme la ministre, il y a eu un gros débat qui a
été déclenché lorsqu'on était à la fin, fin des consultations, un sujet
qui a été amené, important. Il y a eu toute une mobilisation au sein du gouvernement, ça, je le sais, et aussi des
échanges avec la ministre concernant les sciences informatiques, l'intelligence
artificielle, les technologies de l'information.
Et donc un des
premiers amendements qu'ils demandent, c'est d'enlever le mot «information», le
traitement de l'information qui n'est pas le
propre d'un ingénieur. Et je voulais avoir votre... Premièrement, il y a
sûrement eu des discussions. Je sais
qu'il y a eu des discussions avec d'autres ministres aussi pour corriger le
tir. Mais le mot «information», et je
sais que la ministre va amener des amendements, mais le mot «information»
préoccupait, à l'époque, tous ces acteurs des sciences informatiques,
des technologies de l'information.
Quel
est le sens... Est-ce que vous pourriez m'expliquer pourquoi le mot
«information», c'était un des mots qu'ils voulaient qui soit retiré, a été...
Au-delà de «systèmes informatiques», pourquoi le mot «information» demeure et
quel est le sens du mot dans l'article 48, 1.1?
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre.
Mme McCann :
Oui. Alors, M. le Président, bon, il est sûr, là, qu'on va passer à d'autres
articles, dont un qui traite des activités, où est-ce qu'on va évidemment
discuter de ce dossier-là. Mais, quant au champ, il faut garder le mot «information» parce que ça couvre l'informatique
puis des structures de communication. C'est important de le garder parce qu'il
faut que l'ordre puisse intervenir aussi auprès des ingénieurs, des ingénieurs
en informatique. Donc, c'est important de le garder dans le champ, mais ça ne
constitue pas une activité réservée. C'était l'objet de l'importante discussion
qu'il y a eu à l'époque. Donc, c'est la distinction qu'il faut faire.
Le Président (M. Bachand) : Mme la députée.
Mme Weil : Et d'ailleurs je me rappelle que, même le concept d'ingénieur
informatique, ils contestaient cette formation-là.
Vous avez peut-être lu les documents qui ont été déposés par la suite. Malheureusement, les consultations étaient terminées, et donc on n'a pas pu
avoir des échanges publics, mais je sais que nous, on a reçu beaucoup d'informations, les autres partis, le gouvernement aussi. Comme je vous dis, moi, je pensais que, peut-être,
dans «information», ici, c'est peut-être plus vaste, le
concept d'information. C'est... Parce que vous avez quand même...
On ne peut pas en parler parce que
les amendements ne sont pas déposés encore. Et c'est pour ça
que, peut-être, ça serait utile. Réfléchissez parce qu'on va revenir. Et c'est un peu
compliqué de traiter de cette question des systèmes informatiques quand on
saute d'un
article à l'autre.
Mais,
ceci étant dit, peut-être voir si «information» a un sens plus large, parce
que, si c'est dans le sens de traitement informatique, ils vont demeurer
mal à l'aise, je pense, avec l'expression.
Président (M. Bachand) : Oui, Mme la ministre.
Mme McCann :
M. le Président, merci. Oui, effectivement, l'information couvre quelque chose
de plus large, hein, parce que ça touche également aux structures de
communication. Et, quand je disais qu'il y a des ingénieurs qui oeuvrent notamment en informatique, hein, bien, il
y a aussi des ingénieurs en général qui touchent à des structures de
communication. Alors, il faut absolument garder le mot «information» dans le
champ pour être conforme à la réalité.
Puis
on a fait un comité à cet effet-là à la suite, là, des consultations
particulières. Je pense que le travail qui a été fait a voulu vraiment aller jusqu'au bout et complètement analyser cette
question. Et c'est pour ça, M. le Président, qu'on est confortable aujourd'hui. Évidemment, on va
parler des activités réservées, là, par la suite, mais, dans le champ
d'exercice, il est important de
garder le mot «information», mais avec toutes les nuances que je viens
d'apporter, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Oui, mais quand on regarde la structure de la phrase, on
se demande si «information» pourrait être mis ailleurs, parce qu'on parle, et
c'est justement, c'était leur préoccupation, systèmes, on est dans les systèmes
de l'information. Donc, la phrase, c'est : Un système qui extrait,
utilise, échange, transforme, transporte, emmagasine de l'énergie, de l'information. Donc, pour eux, tout ce qui
traite... tout ce qui est un système qui traite de l'information devrait être
retiré de cet article-là comme étant l'exercice de l'ingénierie, justement à
cause de la structure de la phrase. S'il y avait une façon de corriger
ça, garder «information», mais en le mettant dans un sens plus large comme vous
l'avez décrit.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
McCann : Bien, M. le Président, je réitère quand même, là, pour être
claire, que ce n'est pas... Le champ d'exercice,
là, ce n'est pas contraignant, là, ce n'est pas comme une activité réservée. Ça
parle du champ d'exercice, mais, encore
une fois, il faut faire une grande distinction avec des activités réservées. Alors,
je pense que la structure de la phrase fait foi de l'intention, là, que
nous avons avec cet article.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée.
Weil : D'ailleurs, ce qu'on nous a dit, c'est qu'on ne retrouve
pas une disposition de ce genre dans les autres provinces. Tout ce qu'ils trouvent traite de traitement d'information et
système informatique, ne relève pas des ingénieurs. Donc, dans les documents qu'ils nous ont envoyés,
que vous... qu'ils ont déposés, en fait, à l'Assemblée nationale, alors...
Mais on est au courant qu'il y a eu beaucoup
de discussions avec la ministre LeBel, avec le gouvernement, et donc leur
point fort, c'était : On allait dans une autre direction. Notons également
que l'ajout du traitement de l'information à l'article 1
serait un précédent par rapport aux autres provinces canadiennes et qu'il n'a
pas été démontré qu'un tel champ de
compétence existe ailleurs, selon notre compréhension. Et la mention des
télécommunications dans la loi de Terre-Neuve-et-Labrador ne concerne
pas le traitement de l'information, qui a une portée beaucoup plus large.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme McCann :
M. le Président, je vous demanderais quelques minutes de suspension. Merci.
Président (M. Bachand) : Alors, on suspend quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à
14 h 08)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Merci. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Le Président (M. Bachand) : Mme la
ministre, oui.
McCann : Oui, merci, M. le Président. Merci. Alors, je vais apporter quelques
précisions pour le rationnel, là, qui fait en sorte que nous pensons que
ça devrait être vraiment dans le libellé de la loi.
Il faut se rappeler
que la loi n'a pas été modernisée depuis 1964, et qu'actuellement il y a
13 diplômes qui donnent lieu à, justement,
des diplômés en génie informatique ou génie du logiciel. Alors, ces gens-là doivent aussi être inspectés et couverts par l'ordre
professionnel. Et le libellé, dont on parle, était déjà dans les projets de loi
antérieurs, M. le Président, du gouvernement libéral. Alors, ça a été déjà dans
les libellés qui étaient proposés.
Alors,
M. le Président, moi, je pense que c'est nécessaire
qu'il y ait, dans le libellé de la loi, dans le libellé du
champ d'activité, je réitère, ce n'est pas une activité réservée, que le
libellé fasse foi, là, de ce qu'on dit, qui extrait, etc., des systèmes, hein, qui extraient et utilisent,
échangent et transforment, transportent, emmagasinent de l'énergie, mais aussi
de l'information et de la matière. Je pense que ça traduit vraiment le champ
d'exercice de nos ingénieurs.
Président (M. Bachand) : Mme la députée, s'il
vous plaît.
Weil : Parce qu'on n'a pas tous les amendements, puis les amendements n'ont pas été
déposés, puis il y a des gens qui nous suivent, et parce que
la coalition pour l'avenir de l'information n'a pas pu s'exprimer, et que des questions n'ont pas pu être posées. Donc, c'est la Coalition
pour l'avenir de l'informatique. Je
vais le lire, et puis aussi peut-être mettre
la ministre dans le contexte d'alors. Et vraiment, je vous dis, moi, j'ai été
saisie par ça, et d'autres collègues, la ministre aussi. Et tout le monde s'est mis à l'oeuvre, et je comprends
que l'office aussi s'est mis à l'oeuvre. Il y a des enjeux économiques
là-dedans.
C'est pour ça que je veux
être ouverte, que les gens puissent entendre les échanges, parce que c'est en
lisant les échanges qu'ils seront rassurés ou non rassurés, en lieu et place de
dépôt d'amendements, qu'ils peuvent analyser eux-mêmes.
Et je sais que la ministre a apporté des amendements qui vont peut-être les
satisfaire à moitié, entièrement, pas
du tout, on ne le sait pas, mais c'est pour ça que je souhaite vraiment prendre
le temps de bien traiter de cette question.
Donc,
juste pour quelques extraits pour expliquer le contexte. Donc, ce qu'ils
disent, c'est qu'il leur apparaît clair que le projet de loi, les articles...
Donc, on parle... Parce que, pour l'instant, les gens ne savent pas... personne
ne connaît les amendements. Donc, le contexte dans lequel
ceux qui pourraient nous écouter... c'est la loi telle qu'elle a été
déposée, le projet de loi tel qu'il a été déposé.
«Il nous apparaît
clair que ce projet de loi et les articles relatifs à la
Loi sur les ingénieurs
peuvent avoir des impacts sur le génie
logiciel et l'ensemble des ressources humaines qualifiées en TI. Il porterait
de surcroît une atteinte sérieuse à
la pratique des informaticiens dans plusieurs domaines de l'informatique, et il
ne servirait pas les intérêts du public,
en restreignant l'industrie dans son recours aux compétences établies des
informaticiens et, de là, un important impact économique négatif.
«Certains ordres ont
fait une présentation devant la commission ou ont soumis leur propre mémoire.
Nous avons jugé nécessaire de préparer le
présent document sous forme de "Coalition pour l'avenir de
l'informatique" pour exprimer
une réflexion et des préoccupations communes lorsque c'est le secteur du génie
logiciel et de l'informatique comme
tel, et non une profession en particulier, qui est interpellé. Aussi, bien que
la mise à jour du Code des professions vise certes des objectifs
louables, la portée des articles soulèvent d'importantes préoccupations pour
l‘industrie en technologie de l'information,
les travailleurs du secteur et les institutions d'enseignements chargés de
former les talents.
«Le projet de loi ajouterait l'informatique
et les technologies de l'information aux domaines de pratique du génie. Il définirait [les] activités en
développement de logiciel qui deviendraient réservées aux ingénieurs. Ces
changements pourraient avoir des
impacts économiques négatifs majeurs sur l'industrie des technologies de l'information au Québec, sans pour autant offrir une
meilleure protection du public.»
donc ils continuent pour dire, donc, évidemment, que ça prend des changements, mais ça va être
important que le gouvernement puisse, et par la voix de ceux qui ont peut-être
travaillé ce dossier, ou vous-même, qu'à chaque, à chaque... Moi, je
vais être un peu le porte-parole de cette inquiétude, de bien expliquer en quoi
ça ne vient pas, justement, menacer cette
industrie-là et les travailleurs dans cette industrie, et pour rassurer, parce que c'est la meilleure
façon de faire ce débat public, alors qu'on n'a pas pu le faire en commission
parlementaire.
Donc, pour revenir à
cette question d'information, parce qu'on arrivera quand on va faire l'article
par article, il y a d'autres éléments,
évidemment, dans cette section, et