Public Administration — 8 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2015-09-08
Quebec — Committees
principe directeur à la base de toute décision en matière de liberté sous
condition est la protection de la société. Lorsque la commission accorde une mise en liberté sous condition, elle
ne change pas la peine prononcée par le tribunal, elle ne fait qu'en déterminer les modalités
conformément à la loi, impose des conditions d'encadrement et de
surveillance strictes qui s'appliquent
jusqu'aux trois tiers de la peine d'incarcération de la personne contrevenante.
Conformément à la loi, la compétence de la commission s'exerce à la l'égard de
trois mesures : la permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle, la libération
conditionnelle et la permission de sortir pour visite familiale. Je tiens aussi
à vous rappeler que la société
québécoise s'est toujours distinguée par la valeur qu'elle véhicule en matière
de réinsertion sociale. La privation
de la liberté peut certes constituer une mesure appropriée afin d'assurer la
protection de la société. Cela dit, des mesures de mise en liberté sous
condition graduelle et sécuritaire, au moment opportun, agissent également sur
la protection de la société, elles
permettent alors que les contrevenants demeurent soumis au contrôle du système
de justice, de les outiller lorsque ceux-ci présentent de bonnes
aptitudes à se réintégrer. Elles produisent généralement un effet de prévention
de la récidive et permettent une réintégration en société par l'acquisition de
valeurs visant à favoriser une contribution positive du bien collectif.
La commission
rencontre annuellement en séance près de 2 000 personnes contrevenantes et
rend quelque 5 000 décisions. Comme vous avez pu le constater, les
chiffres de résultats sont très probants. À
titre d'exemple, en 2013‑2014, les taux de récidive en permission de
sortir préparatoire à la libération conditionnelle sont de 0,3 %, soit
un cas sur 350 ayant récidivé, alors que,
pour la libération conditionnelle, quant à eux, on a un pourcentage de
2,2 %, soit 21 cas sur 977 ayant
reçu une libération. La commission a également des responsabilités importantes
à l'égard de victimes d'actes criminels, elle doit prendre des mesures
possibles pour communiquer divers renseignements à certaines catégories de
victimes en temps et lieu. De plus, la loi prévoit qu'une victime peut
transmettre des représentations écrites qui sont prises en compte par la commission
lors de l'étude du dossier d'une personne contrevenante.
En 2014‑2015, la commission a réalisé
2 059 communications écrites et 1 323 communications
téléphoniques avec les victimes soit pour
les informer de leurs droits ou encore pour leur transmettre des informations
conformément aux dispositions de la loi. La
commission a récemment mis en place de nouveaux modes de communication
favorisant une meilleure rétroaction
avec les victimes, notamment une ligne sans frais, un formulaire Web et une
enveloppe affranchie insérée dans les
envois initiaux. Les victimes peuvent désormais confirmer plus facilement leurs
coordonnées, informer la commission de leur souhait de recevoir des
renseignements et de transmettre leurs représentations écrites.
La commission des
libérations conditionnelles a pris bien connaissance des préoccupations de la
commission administrative. Par ailleurs,
principalement quand vous vous questionnez sur les 16 objectifs de notre plan
stratégique, je vous dirais que, déposé à
l'Assemblée nationale le 9 octobre 2013, le plan stratégique de la
commission en est à sa dernière année de mise en application. En date du
31 mars 2015, sur les 16 objectifs que la commission s'est fixés en 2012, 13,5 sont atteints, soit 84 % des objectifs;
un est en suspens, le projet informatique en matière d'information
correctionnelle, le projet Sentinelle; et
deux autres demeurent à compléter, soit le tableau de bord et le plan de
formation pour le personnel. La commission est confiante de pouvoir
réaliser l'ensemble de ses objectifs d'ici la fin de l'année.
Quant à la deuxième
question de la Commission de l'administration publique, quant à notre rapport
annuel, concernant les engagements pris
envers les citoyens, je vous dirais que la commission compile et rend compte,
dans son rapport annuel de gestion, des demandes de renseignements
générales reçues par courriel et par courrier. Celles-ci se limitent à environ une soixantaine par année. Ces
demandes font l'objet d'un accusé de réception dans les 48 heures de
leur réception et d'une réponse dans les 15
jours de leur réception. Tel que le prévoit la déclaration de services aux
citoyens, les bureaux de la commission sont
accessibles du lundi au vendredi de 8 h 30 à midi et d'une heure à
16 h 30. Les citoyens peuvent également compter sur un accueil
téléphonique pendant les heures de bureau et sur un service de messages
automatisés 24 heures par jour, de même qu'une boîte courriel.
Quant
à la clientèle contrevenante, la commission assure un traitement qui répond aux
exigences de la loi et qui est conforme
au texte et à l'esprit de la déclaration du service aux citoyens. En outre, la
commission s'assure que ces derniers sont convoqués dans les temps
requis, que les séances sont tenues dans les délais prescrits. Elle offre aussi
un service d'interprète, en cas de besoin, et remet, séance tenante, des
décisions écrites et motivées.
De plus, les
communications avec les victimes sont compilées centralement et font l'objet
d'une reddition de comptes dans le rapport annuel, à la
section dédiée aux
données relatives aux victimes. Il faut comprendre que, compte tenu de la nature des activités de la commission,
les échanges avec les citoyens se limitent généralement à des demandes
d'accès à des décisions ou à des renseignements personnels. En 2013‑2014, la commission
a répondu à 213 demandes, dont 155
concernaient l'accès à des renseignements personnels, documents ou dossiers complets, 23
provenaient de victimes ayant demandé copie d'une décision et 35
provenaient soit du public ou encore des médias demandant accès à une décision. La diffusion des décisions de la commission
contribue à la transparence et favorise une meilleure compréhension du
fonctionnement de la commission et de l'application des mesures de libération
sous condition. Nous prenons note toutefois
des commentaires des membres de cette commission
quant à l'absence, dans le rapport annuel de gestion, d'une
section
dédiée aux résultats liés aux engagements de sa déclaration de services.
Le troisième questionnement
de la CAP était quant aux ressources financières. Je vous dirais que, bien que
la commission ait déjà connu des surplus par le passé, j'estime important
de préciser que, depuis 2009‑2010,
soit au cours des cinq dernières
années, les budgets de la commission ont subi des coupures de près de
1 million de dollars, soit 20 % de son budget total. Pour
réussir à rencontrer les cibles budgétaires imposées tout en maintenant le même
niveau de service, la commission a dû
réduire de façon considérable ses coûts d'opération — réduction de 50 % — faisant passer ses coûts de 1,7 million de dollars en 2012‑2013 à
837 000 $ en 2014‑2015. Toutefois, malgré les efforts de compression,
la commission enregistrait, pour une
première fois, en 2013‑2014, un léger déficit de 34 000 $. Par
ailleurs, il faut comprendre qu'une
augmentation annuelle d'environ 8 % du nombre des décisions rendues par la
commission est constatée, et ce, depuis
2012‑2013. La hausse du volume de décisions a un impact direct sur
l'augmentation des budgets de rémunération compte tenu que la commission
fait affaire beaucoup avec des membres qui sont à temps partiel.
Enfin,
pour faire face au défi qui nous sera lancé dans les prochaines années, la
commission s'est dotée, en 2014, d'un plan de gestion qui s'articule
autour de cinq principaux axes : l'utilisation accrue des technologies,
l'analyse préliminaire des dossiers avant
séance, l'optimisation de la gestion des rôles d'audience, la mise en oeuvre
d'initiatives en matière d'information et la création d'outils et de structures
visant à appuyer le processus décisionnel. En plus de contribuer à un meilleur fonctionnement des activités de la commission,
celui-ci permet de moderniser notre organisation.
Un quatrième élément
était soulevé par la commission parlementaire, à savoir l'absence de toute
information concernant la gestion des ressources informationnelles dans le
rapport annuel de gestion. Considérant la taille et la ressource limitée de la
commission, celle-ci a confié au ministère de la Sécurité publique la gestion
de ses ressources informationnelles. Les
données concernant ses projets informatiques se retrouvent donc dans le plan
triennal des projets et des
activités, dans la programmation annuelle ainsi que dans le bilan annuel
présentés au Conseil du trésor par le ministère dans le rapport annuel
de gestion de la commission 2014‑2015, et cette information se retrouve,
d'ailleurs, dans notre rapport annuel.
Enfin,
somme toute, les défis qui se présentent à la commission au cours des
prochaines années sont nombreux. À court terme, la commission prévoit
consolider les nouveaux processus mis en place, lesquels résultent de son plan
de gestion. Ainsi, l'utilisation de la
visioconférence et la mise en place de la structure relative à l'implantation
du dossier électronique constituent
deux pans essentiels d'une approche efficace portée vers l'avenir et
susceptible de rejoindre les cibles budgétaires fixées par le
gouvernement.
Dans
un autre ordre d'idées, la commission a amorcé récemment une révision de ses
processus de travail secteur par secteur visant à lui permettre, une fois
l'exercice complété, à assurer une efficacité optimale de ses façons de faire
tout en identifiant et en agissant sur les secteurs susceptibles de présenter
des risques organisationnels.
Le Président (M. Gaudreault) :
...quelques secondes seulement.
Gauthier (Françoise) : À date, simplement vous dire que la commission
a revu ses processus de travail au niveau des secteurs victimes et accès
à l'information.
Président (M. Gaudreault) : C'est bien. Merci beaucoup, Mme
Gauthier, pour votre présentation. Alors, nous allons tout de suite
procéder au bloc du gouvernement, un premier bloc de 10 minutes, avec le
député de Chomedey.
Ouellette :
Merci, M. le Président. Mme Gauthier, bienvenue. C'est plaisant de vous voir à
la commission québécoise. M. Sultan, vous êtes un habitué de... on vous
voit aux crédits, puis merci d'être là aussi, Mme Maheux.
D'entrée de jeu... vous savez, 10 minutes, ça passe vite, hein, vous venez de le voir, là,
vous avez été 10 minutes...
Ouellette : Oui. Non, non. Mais on est habitués à avoir des
débits saguenayens, puis je pense qu'on a pris le beat aussi. Mais, dans mon
bloc de 10 minutes, je pense qu'il est important qu'on explique aux gens, parce
que pour beaucoup de gens la Commission québécoise
des libérations conditionnelles, c'est du chinois. Les gens ne réalisent
pas que, la durée de séjour moyenne en
prison, on est à 58 ou 59 jours, pas
mois; c'est des sentences de deux ans moins un jour.
Et, dans
votre rapport annuel — je vais vous amener à la page 27 — une chose qui me préoccupe et qui
préoccupait aussi la Protectrice du citoyen, c'est qu'au cours de 2013‑2014 on
dit qu'il y a 3 659 personnes qui sont devenues admissibles — ça,
c'est pour tout l'ensemble du Québec; la moitié de ça, là, ils n'ont pas voulu
aller en révision. Bon, moi, j'ai une très bonne réponse, mais c'est la
vôtre que je vais vouloir entendre, parce que la Protectrice du citoyen avait demandé au ministère, dans son rapport de 2013‑2014,
d'insister auprès de la commission pour mettre en place des mesures
visant à ce qu'il y en ait plus, de gens qui... parce que les chiffres sont
anormalement élevés; la moitié qui ne veulent pas
y aller. C'est sûr qu'en n'ayant pas de contrainte c'e