CRC — 18 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CRC 2020-08-18

Quebec — Committees

CRC — 18 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CRC 2020-08-18

Quebec — Committees

Je vais commencer en disant simplement que je

suis très heureuse de devenir la porte-parole en matière de condition féminine

de ma formation politique. J'ai de grandes chaussures, quand même, à combler,

parce que la députée de Marguerite-Bourgeoys, qui était là, m'a prêté le

flambeau, et je vais tenter de continuer le travail qu'elle a entrepris. Et je vais

entamer ce travail en souhaitant offrir une voix à celles qui n'en ont pas,

parce que c'est un peu le travail que nous faisons aussi comme élus, donc, de

représenter ces citoyens et ces citoyennes qui n'ont pas de voix et qui veulent

se faire entendre.

Aujourd'hui, je vais parler, bien sûr, de

dénonciations. On est dans une deuxième vague de dénonciations. Donc, on va en

discuter un peu tout à l'heure. On va parler de la COVID, bien entendu, hein?

On est encore dedans. On se promène ici, à l'Assemblée nationale, encore avec

nos masques, la même chose sur la rue. On va aussi parler du comité transpartisan. Là, je vois que la députée

de Sherbrooke est avec nous, bien sûr, la ministre. Il y a la députée de

Joliette qui fait

partie de notre quatuor, disons ça ainsi.

Et je veux

rassurer les gens et je ne veux pas qu'ils pensent que c'est un mot qu'on

utilise, «transpartisanerie», là, comme ça. On l'a vu, j'ai assisté...

On a fait quelques rencontres déjà, depuis le mois de juin, et je sens cette

volonté affirmée de vouloir faire changer les choses, mais en même temps je

sens aussi tout le poids qu'on a sur nos épaules d'arriver à redonner confiance

à celles qui dénoncent, à celles qui ont moins confiance dans le système,

disons ça ainsi. Et je sais que le travail que nous allons faire tous ensemble

va sûrement changer la face du Québec en matière de condition féminine, en

matière de violence sexuelle et en matière de violence conjugale.

Justement, côté

violence conjugale, c'est le premier thème sur lequel j'aimerais discuter avec

vous, Mme la ministre. La fin de l'année 2019, le début de

l'année 2020 a malheureusement été marqué par des drames conjugaux. On a

vu bien des femmes assassinées par leurs ex-conjoints ou conjoints.

Malheureusement, à chaque fois, je suis sans mots parce qu'on sent aussi toute

la violence qu'il y a intrafamiliale, je vais dire ça ainsi, parce qu'il y a

des enfants, souvent, qui sont en jeu dans ces drames. Et on a eu le

confinement qui est arrivé après cette vague, donc, de décès qu'on a notée. Et,

durant la COVID, on le sait, là, les femmes étaient avec leurs bourreaux

24 heures sur 24. Les filles n'entraient pas au bureau le lendemain. Donc,

elles n'étaient pas obligées de camoufler. Et l'homme n'était pas obligé de ne pas laisser de bleus sur le corps, parce

que, le lendemain, elle était encore à ses côtés. Elle avait très peu de liens

avec l'extérieur. On a vu aussi que les enfants... Semble-t-il qu'il y a eu des

chocs post-COVID, là, en lien justement avec

cette violence-là. Puis, comme femme, comme mère, comme épouse, à chaque fois,

ça me trouble.

J'ai parlé avec les

centres d'hébergement des femmes, et elles me disaient que leur travail avait

extrêmement changé, hein? Les femmes appellent la nuit justement parce qu'elles

sont avec leurs maris à la maison, elles chuchotent. Ça veut dire qu'il y a des

changements avec les ressources humaines dans nos centres d'hébergement pour

les femmes violentées, bien entendu. Puis les enfants sont plus témoins. J'ai

parlé avec des policiers aussi, qui m'ont dit que c'est beaucoup plus

difficile, leur travail.

Moi, je suis

curieuse, à savoir est-ce qu'à la Condition féminine... Est-ce qu'on a des

chiffres sur le nombre de femmes, sur la progression, peut-être, de la violence

qui a eu cours durant le confinement?

La Présidente (Mme

Chassé) : Juste un instant. Je vous invite à vous adresser à la

présidence, de ne pas vous interpeler directement à travers la salle. Mme la

ministre, la parole est à vous.

Mme Charest :

Oui, merci, Mme la Présidente. Bien, dans un premier temps, je vous souhaite la

bienvenue aussi dans ces nouvelles fonctions. Félicitations! Je veux...

J'apprécie beaucoup votre discours d'introduction. Ce n'était pas un

discours... Pardon?

La Présidente (Mme

Chassé) : Je sais que c'est un défi, là, mais...

Mme Charest :

Oui, à la présidence... Alors, j'apprécie beaucoup son discours.

Mme Charest :

Je vais regarder d'un oeil... Et puis je veux vous dire... Effectivement, elle

a de grands souliers à chausser, parce que j'ai beaucoup apprécié travailler

avec la collègue et j'ai toujours apprécié aussi les échanges que nous avions,

qui étaient constructifs. Et je pense que, bien, c'est de bon augure qu'on

puisse avoir un départ comme celui-là, parce qu'effectivement c'est un dossier qui est à

la fois transversal, mais à la fois transpartisan. Et je pense qu'il y a

une chose qui nous rallie, c'est notre désir de faire progresser la situation

des femmes. Alors, j'apprécie énormément le préambule et les premiers mots.

En ce qui a trait à

tout ce qui est la situation des violences reliées à la pandémie, effectivement

on était très au fait de la grande problématique et du phénomène exacerbé où le

confinement faisait en sorte que les femmes étaient dans une position de

vulnérabilité encore plus grande. On a eu aussi les témoignages que, bon, les

femmes devaient se cacher dans la salle de bain pour pouvoir appeler SOS

Violence, pouvaient... le faisaient la nuit, et tout ça. Donc, évidemment, ça

faisait en sorte que la situation était encore plus difficile pour plusieurs

femmes.

Évidemment, pour

nous, ce qui était notre grande préoccupation, dans un premier temps, c'est de

pouvoir sortir les femmes d'un milieu violent. Donc, tout de suite, dans un

premier temps, on a vraiment dégagé des sommes, 250 000 $, aux trois

regroupements, à SOS Violence... En tout cas, là, on a dégagé des sommes

rapidement pour vraiment s'assurer qu'on ne mette pas les femmes dans des

situations de vulnérabilité, mais il fallait aller au-delà de ça, parce

qu'évidemment la situation amenait différentes contraintes de places, et tout

Donc, évidemment, il

y a eu le premier 2,5 millions que nous avons dégagé pour pouvoir aider

les maisons d'hébergement à remplir leurs fonctions et de faire en sorte qu'une

femme ne restait pas dans un... Il y a eu une campagne, aussi, de

sensibilisation qui a été faite avec Ingrid pour vraiment s'assurer que les

femmes ne restent pas dans un milieu... donc, leur dire : Ce n'est pas...

La Présidente (Mme

Chassé) : Ingrid est?

Mme Charest :

Ingrid Falaise. Là, j'étais... oui, donc, une campagne qui a été faite sur le

Web, à la télé aussi. Donc, pour nous, c'était vraiment important d'envoyer le

message qu'on... Dans les points de presse aussi, du premier ministre, c'était

important de dire aux femmes : Ne restez pas dans une situation de

violence.

Quant aux

statistiques de... parce que c'était la question, les statistiques, Mme

Ferembach, on n'a pas de statistiques encore sur le nombre de signalements qui

aurait augmenté ou diminué. C'est peut-être des choses qu'on aura ultérieurement,

là, mais, pour le moment, on n'a pas de statistiques claires. Par contre, évidemment,

on a, dans les discussions... Parce qu'on avait un contact hebdomadaire avec

les différents regroupements de maisons d'hébergement puis de tout le réseau,

là. Puis évidemment la situation faisait en sorte que les femmes étaient

placées dans une situation de vulnérabilité exacerbée avec la pandémie.

La Présidente (Mme

Chassé) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée, vous désirez

poursuivre?

Melançon : Bien sûr, Mme la Présidente. Alors, je comprends qu'on

n'ait pas encore tous les chiffres, là. On comprend bien ça. Cependant, pour

faire face à une deuxième vague, puis on a appris des choses, là, quand même,

même si on n'a pas de chiffres, qu'est-ce qu'on entend faire?

Mme Charest :

Oui, il y a eu... Bien, en fait, au fil des discussions que nous avions avec

les différents groupes, encore une fois, il y a une chose qui vraiment les interpelait,

c'était tout ce qui était les lieux alternatifs pour, bon, une femme qui arrive, qui est en isolement ou

peu importe. Alors, ça, ça a été une situation qui était préoccupante, aussi les tests de

dépistage, et tout ça.

Donc là, il y a eu un

contact, un comité qui a été fait avec le MSSS justement pour préparer la

deuxième vague, pour s'assurer d'une trajectoire, bon, que ce soit pour les

tests de dépistage, que ce soit pour les lieux alternatifs. Et ça aussi, dans

le financement des lieux alternatifs, là, dans un premier temps, il y a eu des

discussions par rapport à ça.

Maintenant, on a un

deuxième bloc de financement, de l'argent du fédéral et des sommes qui nous

restaient aussi des sommes que nous avons dégagées, qui va faire en sorte

justement d'aller combler les besoins spécifiques des différentes maisons qui

nous ont donné, bien, de l'information, du feed-back sur qu'est-ce qu'a été la

première vague et comment on va pouvoir mieux s'y préparer, mais il y a un

comité qui a été fait avec le MSSS.

La Présidente (Mme

Chassé) : ...à conclure, Mme la ministre... Parfait, elle a conclu.

Tiens, je vais juste... Non, vous avez... Moi, ça va me faire plaisir d'avoir

des échanges souples, puis c'est ce que je vois ici. Ce n'est pas toujours

comme ça que ça se passe. Ça me fait plaisir d'encourager ça tant et aussi

longtemps que le ton demeure cordial et constructif. Si vous voulez poursuivre

de cette façon-là, très souple, ça me fait plaisir. Conservez ce ton

constructif tel que je l'entends en ce moment, et ce n'est pas toujours le cas,

je vous assure, et ça va me faire plaisir. Ça veut dire que je laisse aussi

aller la nécessité de voir à l'équivalence de temps question-réponse. Je donne

de la souplesse à vos échanges. Parfait, on s'entend là-dessus? Si jamais on

change de ton, je vais vous demander d'interpeler directement avec moi puis je

vais commencer à compter les temps. Ça vous va? Poursuivez. Merci.

Melançon : Je me sens un peu comme à la maison quand je parle à mes

enfants.

La Présidente (Mme

Chassé) : Moi aussi.

Melançon : Je veux vous entendre... Je sais que vous avez fait des

annonces concernant les maisons d'hébergement pour femmes. L'argent qu'il y a

eu, à l'intérieur du budget, permettait combien de nouvelles places? Parce

qu'on sait qu'on est en déficit, actuellement, de places, là, au Québec.

Combien de nouvelles places sont créées grâce aux sommes qui ont été octroyées?

Mme Charest :

Bien, en fait, on est en discussion vraiment sur comment on va déployer ces

sommes-là. Mais, d'une part, il y avait la rénovation puis l'adaptation de

420 places. Maintenant, les sommes, pour nous, ce qui est important...

Puis, de la façon qu'on a été interpelés aussi par le milieu, c'est qu'elles

voulaient être

partie prenante de la façon d'utiliser ces sommes-là. Alors,

c'est vraiment la perspective qu'on a prise, de travailler avec elles, parce

que ça peut être en... parce qu'il y avait des besoins, effectivement, en

places, mais il y avait des besoins aussi en main-d'oeuvre.

Donc,

on travaille au déploiement de ces sommes-là pour pouvoir les allouer. Puis il y a

des besoins régionaux aussi, qui ne sont pas tous les mêmes pour les

différents lieux d'hébergement. Alors, on est à travailler avec elles pour

l'octroi de ces sommes-là puis comment on va dépenser les sommes.

Melançon : Donc, si je comprends bien, c'est 420 places qui sont

visées avec l'argent supplémentaire qui a été octroyé dans le dernier budget?

Mme Charest :

Non, c'est plus que ça. C'est qu'il y a un 420 places, là, avec...

Attendez que je retrouve mes notes, là. Il y avait la rénovation de

420 places. Il y avait des sommes qui avaient été prévues à cet effet-là.

Et, pour le reste, ce n'est pas encore déterminé, le nombre de places qui

seront déployées. Donc, il y aura... Il y a des travaux qui sont aussi avec la

SHQ, pour pouvoir faire des nouvelles places, et tout, mais on travaille avec

elles pour...

Melançon : J'ai combien de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme

Chassé) : Il vous reste 7 min 30 s.

Melançon : Parfait, parce que, si je comprends bien, donc, c'est

420 nouvelles places qui sont visées avec l'argent qui a été octroyé dans

le dernier budget. C'est ce que je comprends?

Mme Charest :

Il y avait une somme de 6 millions qui était prévue sur quatre ans pour...

qui a été prévue pour la rénovation de logements, donc, de 420 places.

Donc, il y avait des lieux, entre autres, qui n'étaient pas appropriés, et

tout. Donc, il y a ça. Maintenant, le 120 millions supplémentaire pour les

maisons d'hébergement, là, sera déployé de diverses façons, là, mais on va

travailler avec les maisons d'hébergement pour l'octroi.

Melançon : O.K., parce que, moi, ce que je comprenais, c'est que

l'argent qui avait été octroyé était justement pour faire certaines rénovations.

Moi, pour avoir discuté avec différentes personnes, on m'indiquait qu'il n'y avait

aucune nouvelle place dans l'argent qui avait été octroyé, il n'y avait pas une

place de plus dans le réseau, qu'on venait, bien sûr, améliorer les places qui

étaient là mais qu'il n'y avait pas de nouvelles places.

Mme Charest :

Vous permettez que ma sous-ministre associée vienne préciser? Elle va pouvoir

préciser.

Mme Melançon : Allez-y, madame.

La Présidente (Mme Chassé) : ...

Mme Charest : C'est à vous...

La Présidente (Mme Chassé) : ...vraiment,

non, parce qu'il y a un petit protocole, quand même, à respecter, et ça me fait

plaisir de le faire avec beaucoup de souplesse. Est-ce qu'on autorise la

sous-ministre adjointe — que

je comprends, c'est ça — à

intervenir aujourd'hui? Très bien. Merci. Alors, je vous invite à vous

présenter et à nommer de nouveau vos fonctions.

Mme Ferembach (Catherine) : Catherine Ferembach. Je

suis sous-ministre associée au Secrétariat à la condition féminine.

Je vais essayer de donner une réponse simple à

quelque chose qui n'est peut-être pas si simple que ça. Quand on développe des

nouvelles maisons d'hébergement, il y a deux organisations qui vont venir

intervenir. Il y a la SHQ qui vient au niveau de la construction ou la

rénovation des logements. Alors, c'est le 420 logements dont on faisait

référence tantôt, avec le 6 millions de dollars. Aussi — ça,

c'est pour la SHQ — l'autre

partie vient au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux pour

les... parce que, naturellement, les maisons d'hébergement ont besoin de

services à l'intérieur des maisons d'hébergement. C'est bien beau d'avoir des

nouvelles maisons, mais, s'il n'y a pas de services à l'intérieur, il n'y a pas

grand-chose qui peut, à ce moment-là, se produire.

Donc, ce qu'a annoncé aussi le gouvernement,

c'est 120 millions de dollars, dont on faisait référence tantôt, dans le

dernier budget, à raison de 24 millions de dollars par année. Ce

24 millions de dollars là demeure à convenir avec les regroupements. La

première rencontre, en fait, va avoir lieu entre le ministère de la Santé et des

Services sociaux et les regroupements, donc la Fédération des maisons

d'hébergement, alliance maisons de 2e étape et le regroupement des maisons

d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Donc, il doit

y avoir des discussions entre le ministère de la Santé et des Services sociaux

et ces regroupements-là. Cette rencontre-là est prévue prochainement. Et

d'ailleurs c'était à la demande des regroupements de mettre ça plus à l'automne. On s'entend que probablement que la

rencontre aurait pu avoir lieu plus vite s'il n'y avait pas eu la COVID. C'est vraiment un impact

sur le délai, là, pour avoir ces discussions-là. Donc, il va y avoir des

discussions avec les regroupements sur la répartition du 24 millions.

Alors, à l'issue de ça, on pourra voir si, effectivement,

c'est juste en consolidation des maisons, en nouvelles maisons, mais la

discussion n'a pas encore eu lieu.

Mme Melançon : J'aimerais savoir,

Mme la Présidente, combien de places est-ce qu'il manque... Parce que, là, je

vous parle pour parler à la ministre...

La Présidente (Mme Chassé) : Non,

mais... O.K., non, je veux juste...

Mme Melançon : Non, non, non, pas du

tout, je blague, je blague, je blague. Mme la ministre, j'aimerais savoir

combien il manque de places actuellement dans le réseau selon les chiffres que

vous avez de votre côté.

Mme Charest : On a des chiffres qui

nous disent, bon, avec SOS Violence, entre autres, que, l'année passée, il y a

15 000 demandes qui n'ont pas pu être comblées. Donc, évidemment,

c'est dur de cibler, parce que ce n'est pas... Ça se promène dans le temps,

hein, parce que la demande n'est pas toujours régulière. Puis on fait... On

pose la question aux maisons d'hébergement. Elles ne peuvent pas nous dire

exactement... le nombre exact. Par contre, ce qu'on sait, c'est qu'il y a des

services qui doivent être donnés, donc, des services externes qui pourraient faire

en sorte aussi que, s'ils étaient donnés, bien, ça libérerait des places. Donc,

ça, ça fait

partie de l'équation aussi.

Donc, le nombre exact de places qu'il manque, je

n'ai pas cette information-là, mais je sais que... Puis c'est pour ça qu'on

doit aussi faire les travaux avec les différents regroupements, pour pouvoir vraiment

adapter, en fait, les sommes, les déployer de façon optimale, parce qu'encore

une fois ça peut être en services externes, ça peut être en ajout de places, ça

peut être... Donc, il y a vraiment un travail puis... Et, encore une fois, puis

je le répète, je pense que ça a été nommé à plusieurs reprises, leur volonté

est très claire de vouloir faire

partie des travaux, puis de vouloir être

partie prenante, puis de vouloir justement déployer les sommes à leur façon,

là, pour pouvoir répondre le mieux possible à leur clientèle.

La Présidente (Mme Chassé) : Il

reste 2 min 20 s au débat.

Mme Melançon : Alors, Mme la

ministre, lorsque je regarde... parce que, pour avoir parlé avec les gens du réseau, ils me parlent d'au moins

1 000 places qui seraient manquantes actuellement dans le réseau, là.

C'est le chiffre qui circule actuellement. On sait que, pour une maison,

12 places, c'est environ 1 million de dollars. Ça va assez

rapidement. Mais, pour 1 000 places, si on veut aller rondement,

c'est des sous, ça va prendre de l'argent. Et, vous le disiez, et votre

sous-ministre associée le disait, il y a eu un impact, c'est la COVID, sur,

malheureusement, les clientèles vulnérables

et, on le voit, là, sur les femmes victimes de violence. Elles deviennent des

victimes collatérales.

Je sais que vous avez fait

un choix, comme gouvernement, puis ce n'est pas vous directement, mais vous

avez choisi de sauver le poste du premier ministre en disant : Bien, nous,

on veut faire des maternelles quatre ans. Le coût était préalablement de

125 000 $, que vous nous aviez dit en campagne électorale. Ce

montant-là est monté à 800 000 $, jusqu'à 2 millions de dollars.

On l'a vu, les différentes collègues en avaient parlé, vous avez clairement

fait un choix, celui de sauver le poste du premier ministre, mais je vous

demande... Il faut faire le choix des femmes. Il faut faire le choix des

femmes, et des femmes victimes de violence, ça vient aussi avec un bagage,

puis, dans le bagage, souvent, bien, il y a des enfants.

Alors, il faut combler ces

1 000 places là. Il manque de l'argent actuellement. Il y a une

deuxième vague qui s'en vient. Il faut agir rapidement. Puis il y a beaucoup de

zones grises, là, c'est ce que je m'aperçois. Puis j'ai lu énormément, là, tous les documents qu'il y avait

sur la condition féminine puis au secrétariat, et ce que je m'aperçois,

c'est qu'il n'y a rien de très précis. Moi, je vous le dis, là, j'ai besoin

qu'on soit plus précis pour pouvoir assurer aux femmes qu'on les prend au

sérieux, qu'on démontre qu'on est là pour les femmes qui sont vulnérables.

La Présidente (Mme Chassé) : Mme la

ministre, vous avez cinq secondes. Ça conclut le bloc. Les quelques secondes

vont être transférées au prochain bloc. Je suis maintenant prête à reconnaître

une première intervention de la seconde opposition pour le premier bloc

d'échange. Mme la députée de Sherbrooke, la parole est à vous.

Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Chassé) :

...comme ça, ça vous va?

Mme Labrie : Oui, ça me va tout à

fait.

La Présidente (Mme Chassé) : Que je

ne compte pas les temps, ça vous va?

La Présidente (Mme Chassé) : Je vous

laisse aller. Allez-y.

Mme Labrie : Bon, on va changer de

sujet un peu, mais c'est quand même connexe, là. Je suis convaincue que la

ministre a suivi de près toute la question des dénonciations, la question...

cet été. Je le sais parce qu'on a eu des échanges à ce sujet-là à quelques

occasions. Ce n'est pas la première fois qu'il y a une vague de dénonciations

comme celle-là. D'ailleurs, il y a quelques années, quand il y en avait eu une,

le gouvernement, à l'époque, avait débloqué

des fonds d'urgence, on pourrait nommer ça comme ça, pour permettre aux

organismes comme les CALACS, aussi

les organismes qui viennent en aide aux hommes victimes de répondre à une

demande qui était vraiment accrue.

Là, en ce

moment, on a encore une demande qui est accrue dans ces organismes-là, mais,

cette année, les montants qui avaient été débloqués d'urgence à l'époque

viennent à terme. Donc, ce fonds-là, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas

renouvelé, puis les organismes se demandent s'ils peuvent compter sur un

prolongement de ce financement-là dans la mesure où le surplus de demandes qui

avait provoqué le financement additionnel à l'époque ne s'est pas du tout

atténué depuis, puis c'est même le contraire.

Mme Charest : Oui, merci, Mme la Présidente.

On garde la formule, mais...

La Présidente (Mme Chassé) : ...

Mme Charest : Oui, bien, en fait, il

y a un financement de 50 millions sur cinq ans qui a été prévu dans le

dernier budget qui est à la santé, donc, qui vient en aide justement aux

CALACS, et tout ça, pour leur mission. J'aimerais aussi rappeler, bien, les

travaux du comité d'experts où... Bon, je pense que la vague de dénonciations s'accompagne aussi... bien, va en lien avec

l'accompagnement des victimes, et, là aussi, il y a un budget de 50 millions

qui est alloué.

Donc, ce sera des sommes... Puis on verra avec

les recommandations du comité d'experts, là, mais il y aura des choses... On

verra comment on va les attribuer, mais il y a des choses qui iront

certainement en lien avec les différents organismes qui agissent auprès des

victimes. Et puis, en même temps... On perd le fil, je m'excuse. Non, ça va,

tout à fait. Mais, par rapport justement aux dénonciations, je pense que ça

vient démontrer toute l'importance de travailler en amont puis de travailler

dans les changements et... qui va au-delà des victimes. Ça va aussi dans

l'éducation puis ça va dans toutes les différentes sphères.

Et puis là... Puis, tantôt, je répondrai à la

question de la députée de Verdun, mais je pense que les budgets qu'on a

dégagés, le 181 millions qu'on a dégagé de plus pour lutter contre les

violences conjugales, ne sont pas uniquement dirigés vers les maisons

d'hébergement, parce qu'effectivement il y a de grands besoins dans les maisons

d'hébergement, mais il y a aussi tout ce qui est transversal puis tout ce qui

est dans... que ce soient les cellules d'intervention, que ce soient, bon, les

organismes qui oeuvrent dans ce milieu-là.

Donc,

181 millions, donc une augmentation de 31 %... C'est-tu ça? C'est-tu

31 %? Là, je me mélange encore une fois. 42 % pour les maisons

d'hébergement, 31 %... 42 % pour les maisons d'hébergement, donc,

quand même une augmentation très, très grande qui, je pense, vient marquer un

pas dans la direction de dire : On prend au sérieux le

phénomène puis la situation des femmes victimes. Et, évidemment, bon, tout ce

qui est... Les travaux du comité vont pouvoir nous orienter dans les prochaines

actions.

Mme Labrie :

Bien, c'est sûr que les travaux du comité vont probablement avoir un impact sur

les services qui sont offerts aux victimes, mais est-ce que je comprends de la

réponse de la ministre que... Est-ce que c'est du financement récurrent, en

fait? Est-ce que les montants qui étaient prévus au budget sont ajoutés dans le

financement à la mission de ces organismes-là? Donc, finalement, ce qui avait

été donné à l'époque sous forme de financement temporaire va plutôt arriver

sous la forme de financement à la mission dorénavant. Est-ce que c'est ce que

je devrais comprendre?

Charest : J'aurais des vérifications à faire avec la Santé. Par

contre, là, il y a un 50 millions sur cinq ans qui est prévu.

Donc, il y a quand même une récurrence de cinq ans, là. Donc, il faudrait

comparer, puis on fera les vérifications, là, mais...

Mme Labrie :

Bien, donc, si vous me confirmez que c'est sur cinq ans, en fait, ça veut dire

que...

Mme Charest :

Oui, 50 millions sur cinq ans.

Mme Labrie :

Oui. Donc, ça veut dire que, non, ce n'est pas un financement à la mission qui

est augmenté, parce que, si ce l'était, bien, ce ne serait pas sur cinq ans.

Donc, bien, je pense qu'on peut convenir ensemble, là, que ça ne risque pas

d'aller en diminuant, là, ce... Disons, la propension des victimes à dénoncer,

à dévoiler puis à aller chercher des services, on souhaite que ça aille en

augmentant.

Donc,

même si on réussissait à diminuer le nombre de victimes d'agression sexuelle,

il reste qu'on peut s'attendre quand même à une hausse de demandes de

services dans ces organismes-là sur du très, très, très long terme, là. Je pense que... J'espère que la ministre partage avec

moi que c'est raisonnable de penser que, même dans cinq ans, on va

encore faire face à une demande très importante. En tout cas, je l'espère, parce

que, moi, ce que je veux, c'est que les victimes aillent chercher les services.

Donc, est-ce que c'est possible d'envisager que ce financement-là soit ajouté à

la mission des organismes, carrément?

Mme Charest :

C'est des discussions que je peux avoir, définitivement, avec les ministres

concernés, puis c'est le genre de discussions que nous avons. Puis, encore une

fois, lorsque le premier ministre, en décembre, bon, dans toute la lignée des

violences qu'il y a puis les événements qu'il y a eu, où il m'a confié le

mandat de consolider le plan d'action en violence conjugale, entre autres, il y

a... Ce qu'on a fait comme travail entre les différents ministres concernés,

c'est de vraiment cibler les actions sur lesquelles on peut agir pour,

justement, d'une part, mieux accompagner les victimes, mais aussi, encore une

fois, travailler en amont.

Puis

peut-être que je vois d'une façon utopique qu'éventuellement... puis pas sur

une courte échelle de cinq ans, évidemment, là, mais éventuellement

j'espère que le phénomène va se résorber et que, bon, on pourra passer à autre

chose. Mais il y a beaucoup de sphères sur lesquelles on travaille. Puis les

représentations que moi, je dois faire auprès de mes collègues, c'est vraiment

de s'assurer que la situation des femmes en violence est considérée puis qu'on

y attache un financement aussi.

La Présidente (Mme

Chassé) : ...deux minutes au bloc.

Mme Labrie :

Deux minutes? Je vais y aller sur la question du Plan d'action en santé et

bien-être des femmes. Dans une réponse à une question écrite, la ministre

m'avait répondu, en mai 2019, que le plan d'action devait être prêt à

l'automne 2019. Ça fait plusieurs années qu'il est échu, mais il n'a

toujours pas été présenté, et, comme il devait être prêt à l'automne 2019,

j'imagine que la COVID n'a rien à voir avec le délai. Donc, j'aimerais savoir

où c'en est.

Mme Charest :

Oui, ça, à ce niveau-là aussi, je continue les travaux. Ça fait encore

partie

de l'échéancier. On est... Le plan d'action devait être déposé en 2021... avant

2021, c'est-à-dire. Donc, on a encore, bon, plusieurs discussions avec le MSSS

et on travaille pour justement le mettre de l'avant, mais on y travaille

encore.

La Présidente (Mme

Chassé) : 1 min 30 s.

Mme Labrie :

En fait, il est échu depuis plusieurs années. Il avait été prolongé

temporairement, mais il est échu depuis longtemps, là. Je suis surprise

d'entendre 2021 tout d'un coup. Il devait sortir en 2019.

Charest : Il devait être sorti... Je pense qu'on avait jusqu'en 2021

pour le... Dans le cadre de la stratégie égalité, il devait être sorti

d'ici 2021. Alors, bon, il y a encore des petites choses à finaliser, mais on

le travaille. On fait nos représentations auprès du MSSS, et ça devrait arriver

sous peu.

La Présidente (Mme

Chassé) : 45 secondes. Voulez-vous qu'on reporte votre temps au

prochain bloc?

Labrie : Bien, en fait, je

veux juste... Moi, c'est la première

fois que j'entends 2021, pour être

honnête, là. Tu sais, la question qu'on avait posée en mai 2019, elle

était très claire. La ministre nous avait répondu que le plan devait être prêt

à l'automne 2019, puis c'était déjà tard, sincèrement, puis ça, ce n'est

pas de la faute de la CAQ. Tu sais, je veux dire, il avait été décalé bien

avant, là, le nouveau plan. Mais moi, je m'explique mal que, tout d'un coup, on

se mette à parler de 2021. Dans le fond, même en 2019, c'était déjà en retard.

Donc, moi, à mon sens, c'est nouveau, là, qu'on parle de 2021.

Mme Charest : Bien, en fait, la

stratégie vient à échéance en 2021. Donc, il y avait une certaine fenêtre.

La Présidente (Mme Chassé) : En

concluant.

Mme Charest : Mais, moi, ce qu'on me

dit, ça fait toujours

partie de la programmation du MSSS puis ça va être

déployé le plus rapidement possible.

Présidente (Mme Chassé) : Merci, Mme la ministre. Ça conclut le bloc d'échange. Je suis maintenant prête à reconnaître une première

intervention de la troisième opposition. Mme la députée de Gaspé, la parole est

à vous.

Mme Perry

Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Donc, c'est certain qu'il y a

certains sujets qui vont revenir, parce

que vous avez... Bon, la ministre... Je vais continuer sur la même lancée, là, des questions directement adressées à la ministre.

Par rapport aux maisons d'hébergement, avec

lesquelles on s'est beaucoup entretenus, là, il y a eu même des points de

presse de faits, déjà, il y a quelques mois de ça, dans d'autres sessions

parlementaires, on avait déjà un problème de financement récurrent, là, parce

que vous me parlez qu'on a bien la confirmation des 24 millions par année,

mais la demande qui est faite, c'est que ce soit vraiment inscrit dans le

Programme de soutien aux organismes communautaires de façon récurrente. Et je

voulais savoir si ça, ça sera confirmé, et si la ministre entend répondre

favorablement à la demande.

Charest : Merci, Mme la Présidente. Je reviens encore sur le mandat

que le premier ministre m'a donné au mois de décembre puis je pense que

les avancées qu'on a faites dans le financement des maisons d'hébergement sont

vraiment une avancée phénoménale, qui avait été saluée, d'ailleurs, par les

différents regroupements, quand on a fait l'annonce du budget, où on a augmenté

de 120 millions leur financement sur cinq ans, où on vient vraiment

répondre à un besoin qui avait été nommé puis qui avait été... bien, nommé à plusieurs

reprises, où on se retrouvait dans un contexte où les femmes n'avaient pas de

places où aller puis elles restaient dans des situations de violence. Donc, il

y a, d'une part, ce 120 millions qu'on a dégagé, supplémentaire, pour les

maisons d'hébergement.

Mais on a aussi... Puis, encore une fois, je le

rappelle, pour le contexte de violence chez les femmes, il y a, oui, les

maisons d'hébergement, mais il y a aussi d'autres lieux sur lesquels on doit

travailler. Puis il y a des actions qui sont faites par la Santé publique, par

la Sécurité publique, par le MSSS. Il y a des actions qui sont faites par le ministère

de l'Éducation. Il y a des actions qui sont faites par le ministère de la

Famille.

Donc, on a

travaillé à trouver des façons d'améliorer la situation pour les femmes,

d'améliorer l'accompagnement pour les

femmes, ce qui fait en sorte qu'au dernier budget on a octroyé

181 millions, et c'est effectivement 42 % d'augmentation. Excusez-moi

d'avoir douté tantôt. Puis je mélange mes chiffres, là. À un moment donné, il y

en a tellement qu'on les mélange. Mais 42 % du budget, pour la violence

conjugale, d'augmentation, je pense que c'est une marque... sur cinq ans, c'est

une marque très importante de l'importance qu'on accorde à cette situation-là.

Donc, moi, je suis très fière qu'on ait réussi à

obtenir ces sommes-là pour, encore une fois, faire en sorte que nos femmes se retrouvent dans des situations...

se sortent de situations de violence puis que le travail se fasse avec

les différents collègues justement pour pouvoir faciliter la mise en place que

ce soient des cellules d'intervention, que ce soient des projets, bon, de voir

qu'en est-il avec le bracelet électronique, et tout ça. Donc, il y a

différentes mesures...

Mme Perry Mélançon : Je suis vraiment

encore sur les maisons d'hébergement. Je comprends qu'on est dans un plan

d'action concerté pour la lutte contre la violence faite aux femmes, tout ça,

et que, oui, c'est important de financer d'autres initiatives, mais là je suis vraiment

dans le sujet encore des maisons pour hébergement pour femmes victimes de

violence conjugale. Parce que, si je prends seulement l'exemple de la

Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, première et deuxième étapes,

le total des besoins s'élève à 70 millions de dollars. Alors là, le financement

actuel, qui est de 26,3 millions, c'est un manque à gagner de 43,7 millions

de dollars annuellement de façon récurrente.

Alors, c'est

un modèle qui fonctionne, les centres d'hébergement. Les demandes sont en

hausse même après la COVID. On a tous fait le portrait de la situation

alarmante, qui l'est déjà depuis longtemps. Avant la COVID, c'est

35 000 demandes qui étaient refusées par année dans les centres

d'hébergement. Je suis sortie avec ces regroupements-là, là, il n'y a pas très

longtemps, et avant, justement, le dépôt de votre dernier budget, et les

manques sont flagrants. On parle... Autant

pour l'ajout de lits que pour la mission, que pour les conditions des gens qui

y travaillent, il y a beaucoup de besoins qui ne sont pas

présentement comblés. Et donc je rappelle que c'est vraiment important qu'on

prenne en considération juste le sujet des maisons d'hébergement sur lequel je

suis présentement.

Et ça m'amène à ma

prochaine question, parce que les groupes disent que les sommes qui sont

octroyées... On travaille encore avec des méthodes populationnelles qui n'ont absolument

pas à voir... Ça n'a rien à voir avec la façon dont on

fonctionne. On a le même nombre de lits en Gaspésie que, par exemple, dans Lanaudière,

mais on a, en Gaspésie, des maisons qui sont financées à 6 250 $,

alors que d'autres reçoivent 50 000 $ pour les mêmes besoins, la même

capacité d'accueil. Est-ce que, ça, on va pouvoir réviser la façon dont on calcule

et comment on octroie les sommes? Parce que c'est vraiment désuet.

Mme Charest :

Bien, je pense que ça démontre... Ce que vous venez de dire, là, ça demande...

ça démontre exactement la pertinence du travail qui se fait avec le comité de

travail du MSSS puis avec les différentes maisons pour justement voir à avoir

un financement approprié puis adapté à la réalité, aussi, des différentes

régions, des différents contextes. Alors, je pense qu'encore une fois... Puis,

je le rappelle, là, l'augmentation du financement pour les maisons

d'hébergement, là, est-ce que ça comble complètement les besoins? Non, mais on

a fait un grand, grand pas, qui n'avait jamais été égalé, par une augmentation

qui n'avait jamais été faite par les gouvernements précédents, et je pense que,

ça, on s'en va dans la bonne voie, là.

Mme Perry

Mélançon : Pour compléter, encore sur ce bloc-là, là, il y a aussi un

41 millions de plus, là, qui a été annoncé pour des actions, là,

complémentaires. Je n'ai pas exactement les termes, là. Il y a eu des

propositions de faites par les groupes, justement : renforcer, améliorer

la formation qui est faite à l'ensemble des professionnels, qui sont, de près

ou de loin, là, en soutien à ces femmes, des campagnes de sensibilisation.

Bref, est-ce qu'on a une idée de comment sera ventilé ce 41 millions là

même si les discussions n'ont pas été toutes déjà...

Mme Charest :

Oui, bien, encore une fois, là, les travaux se poursuivent. Il faut comprendre

que, bon, il faut approuver les crédits, et tout ça, puis continuer les

démarches, mais il y a... Puis là on n'est pas dans les maisons d'hébergement,

mais il y a différents ministères qui sont propriétaires de ces programmes-là.

Donc, bon, il y a, entre autres, des

ressources de coordination, dans les régions, des CISSS et des CIUSSS qui sont

une... ça, c'est un 1,8 million, qui vont s'assurer de la

coordination des différents intervenants. Donc, il y a différentes stratégies,

là, qui vont être mises en place, là.

Mme Perry

Mélançon : ...1,8 million, ça, on pourrait avoir accès à un

tableau qui donne déjà une idée de la ventilation de ce 41 millions de

dollars, pour ce qui est déjà connu ou ce qui est déjà fixé?

Mme Charest :

...dans le budget, si je ne m'abuse? Il est là, oui, je le vois, mais ça,

c'était... oui, c'était dans le budget.

Mme Perry

Mélançon : Donc, le 1,8 est confirmé? O.K., c'est dans le budget,

parfait.

La Présidente (Mme

Chassé) : ...

Mme Perry

Mélançon : Oui. Donc, c'est 10 minutes au total, Mme la

Présidente? J'ai un deux minutes...

La Présidente (Mme

Chassé) : Vous avez, pour ce bloc d'échange,

9 min 11 s.

Mme Perry

Mélançon : Ah! O.K., bon, ça va plus rapidement que je pensais. Donc,

vous parliez justement, Mme la ministre, du comité dont vous êtes en charge

depuis, là, que le premier ministre vous a mandatée, après le triple meurtre, justement,

et le suicide qu'on a... dont on a tristement assisté au Québec, là, à Pointe-aux-Trembles.

J'aimerais savoir où c'en est, ce comité-là. Y a-tu eu des rencontres? Quels

groupes ont été rencontrés? Dans quel délai le plan sera disponible? Où on en

est?

Mme Charest :

Je m'excuse, j'ai juste manqué... le comité interministériel...

Perry Mélançon : Bien, le

comité... Bien, le plan d'action, en fait, là, oui, contre la violence conjugale...

Mme Charest :

Bien, en fait, le plan d'action existe, hein? On n'a pas remis en question le plan

d'action. On a vraiment voulu faire en sorte de le déployer de façon plus

efficace et d'aller chercher des sommes qui manquaient. Donc, de là le 181 millions.

Il y a eu des

rencontres avec mes confrères, puis ça, c'était en janvier, justement pour

pouvoir dégager le budget. Maintenant, évidemment, là, le travail, une fois que

chacun part de son côté... On a dégagé des sommes. On a dégagé un 181 millions

qui est affecté à différents ministères. Maintenant, nous, le travail se

poursuit.

La Présidente (Mme

Chassé) : Ça termine le bloc d'échange.

Mme Perry

Mélançon : Merci.

La Présidente (Mme

Chassé) : La députée de Gaspé va revenir, mais maintenant je suis

prête à reconnaître une intervention de la députée indépendante de

Marie-Victorin pour son bloc d'échange avec la ministre.

Fournier : Merci, Mme la Présidente. Merci beaucoup. Je pense

que ça a été un... C'est un euphémisme, en fait, de dire qu'on a tous

été choqués par la vague de dénonciations qui nous a frappés cet été,

principalement sur Instagram. Bon, c'est dommage, parce qu'on a davantage

questionné le choix du mode d'expression des victimes que d'entamer, disons,

une réflexion profonde sur la racine du pourquoi on choisit de s'exprimer à

travers les réseaux sociaux.

Bon, malgré tout,

moi, je salue vraiment l'initiative du comité non partisan qui a été formé sur

la question. Je sais que celles qui y siègent, là, autour de la table,

vous travaillez extrêmement fort là-dessus. On sait qu'il y a le rapport

d'expert qui va sortir cet automne. Et c'est tant mieux qu'on agisse

rapidement, parce qu'on sent, là, que l'impatience

commence à monter puis que les femmes ont besoin d'avoir des réponses à leurs

questions. Puis je pense que ce serait un bon contexte aujourd'hui pour

rassurer celles qui souhaitent entamer des démarches dans le futur.

On sait qu'il y a un manque, en fait, de recours,

parce que, oui, il y a le processus judiciaire, mais, on l'a bien vu avec les

cas qui ont été dénoncés cet été, le processus judiciaire ne correspond pas

nécessairement à toutes les formes

d'agression ou d'inconduite qui peuvent avoir été vécues par les femmes. On

parle beaucoup de développement d'alternatives, donc, de justice

réparatrice, par exemple, qui serait plus axée sur le processus de guérison

plutôt que de punition. Donc, Mme la ministre, est-ce que vous pouvez vous

engager dès maintenant à octroyer des ressources pour ce genre d'alternative

dans le futur?

La Présidente (Mme Chassé) : ...très

court, vous avez 20 secondes.

Mme Charest : Oui, 20 secondes.

Bien, en fait, je pense qu'on attend avec impatience le rapport du comité. Puis

moi, j'attends, avant de m'engager dans quoi que ce soit, à pouvoir voir

quelles sont les recommandations. Puis je tiens juste aussi à dire : Par

rapport aux dénonciations ou au phénomène d'hostilité en ligne, et tout ça, on

a donné un mandat au Conseil du statut de la femme justement pour documenter la

problématique, et, bon, les travaux vont se poursuivre, là, mais...

La Présidente (Mme Chassé) : En

conclusion.

La Présidente (Mme Chassé) : Merci.

Je suis maintenant prête à reconnaître une seconde intervention de l'opposition

officielle pour son bloc d'échange. Mme la députée de Verdun, la parole est à

vous. Un bloc d'échange de 18 min 42 s.

Mme Melançon : Merci, Mme la

Présidente. Je vais... Je ne savais pas si je voulais ouvrir avec ce bloc-là,

puis je vais quand même y aller. C'est hyperdélicat, et là vous allez

comprendre que je mets des gants immenses. On parle de la dénonciation. Je ne

peux pas faire fi moi non plus de revenir sur les dénonciations. On a reçu...

Moi, j'ai reçu une lettre, et je sais que les autres collègues ont aussi reçu

une lettre, et vous étiez en copie conforme, Mme la ministre, où des femmes ont

dénoncé des gestes qui se seraient passés dans la fonction publique. Et là

c'est des dénonciations de quelques femmes

qui dénoncent... Ça a été fait... Il y a eu une enquête qui a été faite par le Protecteur

du citoyen. On nous apprend à l'intérieur de cette lettre-là que le haut

fonctionnaire en question a été bougé. Je ne sais pas si vous avez pris

connaissance de la correspondance sur laquelle vous étiez aussi en copie

conforme.

Moi, j'ai été choquée, parce que ce qu'on

apprend, c'est qu'il n'a pas été congédié. Et ça m'a fait penser à une époque

pas si lointaine où, quand il se passait un problème dans une paroisse avec un

curé, on ne faisait que changer le curé de paroisse. J'aimerais vous entendre,

Mme la ministre, pas sur le cas. Moi, je veux juste savoir c'est quoi, le processus au gouvernement lorsqu'il y a

une dénonciation qui est faite. Ces femmes-là ont fait une dénonciation.

Elles sont allées devant le Protecteur du citoyen, notamment. Il y a eu une

enquête. Et là j'apprends que la personne est

toujours dans les hautes sphères du gouvernement. Est-ce que vous avez pris

connaissance de cette lettre-là et est-ce que vous êtes au fait de ce

cas-là?

Mme Charest : Bien, malheureusement,

je n'ai pas pris connaissance de cette lettre-là. Je ne suis pas au fait de la

situation. Alors, peut-être qu'on pourra en rediscuter.

Mme Melançon : On pourra en rediscuter.

Charest : Mais je ne sais

pas si ça a tombé entre les vacances, et tout ça, mais je n'ai pas eu cette

lettre-là.

Mme Melançon : D'accord. On pourra

en rediscuter. Moi, j'aimerais juste... Parce que, là, il y a... On a des yeux

qui sont tournés vers nous, là. Pouvez-vous nous parler du processus? Lorsqu'il

y a une dénonciation, là, quel est le processus qui est entamé puis comment est-ce

qu'on fait justement pour s'assurer... Parce que ce qui est un peu choquant puis... Lorsque j'ai lu la lettre, il y a

des noms, c'est pour ça que je ne déposerai pas la lettre à la

commission. Très honnêtement, je n'ai pas envie de faire ça. On n'est pas un

tribunal. Ce n'était pas le but. Cependant, moi, ce qui me trouble, ce qui me

peine, c'est lorsque ces femmes-là disent : Bien, la personne, elle est

encore en poste, puis moi, là, bien, à chaque jour, bien, j'ai encore mal dans

mon estomac. Alors, j'aimerais ça que vous nous parliez tout simplement du

processus pour peut-être éclaircir comment est-ce qu'on fait au gouvernement...

Mme Charest : Bien, en fait, le processus relève du Code du travail, je présume. Bien, pour être très

honnête, je ne connais pas le processus de qu'est-ce qui... quelles sont les

démarches, et tout ça. Puis, bon, c'est un fait, aussi, que vous m'amenez, là,

que, malheureusement, je n'ai pas pris connaissance. Donc, je ne me suis pas

documentée à cet effet-là. Par contre, il y a des politiques de harcèlement à

l'Assemblée nationale. Il y a des politiques dans la fonction publique. Il y a

des politiques partout. Voilà, là, je...

Melançon : Bien, moi, je... Puis, vraiment, je vous tends la main, là,

Mme la ministre. On en reparlera toutes les deux. Moi, je vous déposerai la

lettre, là, sur laquelle vous êtes, de toute façon, en copie conforme, puis

j'aimerais ça qu'une fois que je vous aurai déposé cette lettre-là vous fassiez

enquête. Parce que, que vous ne soyez pas au courant, c'est normal, là, il y a

plein de cas dans la fonction publique, là, puis je ne remets nullement ça en question. Cependant, avec ce qui est écrit à

l'intérieur de la lettre, moi, ça m'a bousculée. Je sais que, donc, la députée

de Sherbrooke, la députée de Joliette sont aussi en copie de cette lettre-là.

Et, comme membre du comité, j'aimerais beaucoup

ça que vous puissiez faire enquête, s'il vous plaît. Je vous demande juste de

me donner votre parole là-dessus. Parce que ça m'a empêchée de dormir,

puis tellement que je ne savais pas si j'étais pour l'amener ici aujourd'hui,

mais je devais quand même démontrer qu'il y a des gens qui veillent au grain.

C'est ce qu'on fait toutes ensemble, là. Alors, voilà, c'est ma demande pour la

ministre, tout simplement.

Je vais revenir... On

va alléger ça un peu, là, parce que... Puis, vous allez voir, à la lecture,

vous allez comprendre pourquoi j'ai la gorge quand même nouée dans tout ça.

Les impacts de la

COVID, on va retourner là-dedans. Il y a eu une étude de la RBC, là, qui est

sortie, qui était vraiment très intéressante, triste, par contre, parce qu'on

voit que la population active, basé sur la participation des femmes, là, est au

plus bas dans les 30 dernières années. Là, on retourne aux années 80.

On voit que le taux de participation des femmes est tombé en deçà de 55 %

en avril. Et je voulais savoir : Est-ce qu'il y a un comité de travail qui

a été mis sur pied peut-être pour, justement, à la lecture, là, d'une étude

comme celle-là, pouvoir mettre la table sur, O.K., qu'est-ce qu'on fait, pour

la suite, pour les femmes, avec peut-être le comité de... dis-je, le ministère

de l'Économie, l'Emploi, la Famille? Est-ce qu'il y a un comité qui se regroupe

actuellement pour voir les conditions des femmes?

Mme Charest :

Oui, bien, en fait, merci de la question. Le Secrétariat à la condition

féminine a fait un plan COVID, femmes COVID, où on interpelle les ministères,

que ce soit l'Économie, que ce soit la... Attendez, je vais vous faire la

liste, donc : l'Économie, le Travail, la Santé. Le Conseil du statut de la

femme est aussi interpelé, la Famille, la SHQ, l'Éducation, où, vraiment, on

voit, aux différentes mesures qu'on met en place, comment on peut y apporter

un regard sur quels sont les impacts pour les femmes dans la perspective de la

relance. On sait aussi que, sur le comité de relance, trois femmes y font

partie maintenant. Bon, le Conseil du statut de la femme aussi a fait un grand

dossier sur la situation, bon, la pandémie et les impacts que ça a sur les

femmes. Donc, c'est des travaux qui appuient ces éléments-là.

Donc, le plan

d'action femmes COVID que le Secrétariat à la condition féminine fait, c'est

vraiment pour pouvoir dégager, là, d'ici la fin septembre, vraiment, les

mesures puis y apporter le regard encore une fois... le regard sur l'impact que

ça aura sur les femmes et comment on peut améliorer les différentes mesures que

ces ministères-là mettre en place... mettent en place, pardon, justement pour

pouvoir faire en sorte de ne pas exacerber la précarité de la situation des

femmes. Alors, on travaille sur ce dossier-là avec les différents ministères,

et, bien, d'ici septembre, là... Il y a des rencontres qui ont déjà eu lieu

avec ces différents ministères là, où, justement, on voit comment on va agir de

façon plus spécifique en ayant le regard de la situation de la femme.

Melançon : Génial. Bon, c'est très bien. Justement, pour continuer

avec cette étude-là de la RBC, on nous apprenait que, pour la rentrée scolaire,

là, les femmes qui ont perdu leur emploi au printemps, plusieurs n'ont pas été

à la recherche d'un emploi parce que disant : Bien là, je ne sais pas,

moi, les enfants, est-ce qu'ils vont retourner à l'école, ils n'y retourneront

pas? Les filles n'ont pas recherché nécessairement un nouvel emploi, et c'est

encore vrai pour le mois de septembre. Puis il y en a, des ti-pits qui ne

peuvent pas retourner à l'école parce que leur condition de santé ne leur

permet pas. Est-ce que vous pensez que vous allez pouvoir aider les femmes qui

doivent faire non pas le choix... mais qui ont un devoir de demeurer à la

maison, justement, pour pouvoir accompagner leurs enfants? Est-ce que le gouvernement

est en train de faire une réflexion là-dessus?

Charest : Il y a plusieurs réflexions. Il y a plusieurs consultations qui se font avec les différents groupes

de femmes justement pour pouvoir faire en sorte de déployer les différentes

mesures de façon plus appropriée aux différentes situations. Il y a des mesures

qui ont été mises en place. Bon, ce matin ou hier, il y a... ou avant, je ne me

souviens plus des jours, là, mais le 70 millions pour les organismes

communautaires qui a été... Donc, il y a des sommes qui pourront certainement

aider... Il y a certains regroupements qui pourront aider des femmes dans des situations

comme celles-là.

Donc, il y a un 70 millions

qui a été annoncé. Il y a un autre 20 millions... En tout cas, je ne veux

pas dire les chiffres pour mes collègues, là, mais chaque ministère, évidemment,

essaie de trouver une façon pour venir en aide aux différents groupes qui sont

les plus vulnérables. Bon, évidemment, la situation des femmes, encore une fois,

avec les différents travaux que nous avons avec le plan COVID, en fait partie.

Alors, c'est le genre de travail qu'on fait pour pouvoir justement faire en

sorte que la situation des femmes ne recule pas.

Mme Melançon :

Donc, j'entends la ministre. Je vous entends dire que, lorsqu'il y a de l'argent

qui... Parce que c'est ce qui est... pas triste, je ne dirai pas triste, mais

c'est ce qui est difficile à la Condition féminine, avec un secrétariat, c'est

que c'est transversal. Il y a de l'argent un petit peu partout puis il faut

s'assurer que l'argent descende. Donc, ça, c'est votre travail, là, de suivre

la piste de l'argent pour s'assurer qu'il va descendre.

Puis c'est difficile, pour nous, actuellement,

dans les oppositions, de retrouver la trace de ces argents-là, là. Je tiens à

le mentionner. Je ne sais pas comment est-ce qu'on va pouvoir réfléchir la

suite... Puis d'ailleurs, avec le comité, puis, lorsqu'on voudra poser des

gestes à la suite du rapport qui sera déposé, je pense qu'on va devoir se poser

cette question-là aussi, là, je réfléchis à haute voix avec vous... mais pour

pouvoir s'assurer qu'on soit en mesure de suivre la trace de l'argent, parce

qu'actuellement il y a en a tellement, puis l'argent s'en va un peu partout,

puis c'est difficile de dire : Ah oui! On est assurés... puis l'argent a

été, je vais le dire en franglais, là, tagué, puis il est redescendu exactement

là où il fallait. Alors, ça, moi, ça me trouble un peu, mais on pourra

peut-être trouver des nouvelles façons de faire.

J'ai appris, dans cette étude-là toujours, qu'il

y a plus de femmes que d'hommes qui ont été atteints de la COVID. C'est très surprenant. J'imagine que vous

avez fait des analyses différenciées de sexe là-dessus. Est-ce qu'on a

un peu de données? Parce que c'est très, très surprenant.

Mme Charest : Oui, bien, on a des

données là-dessus, puis le Conseil du statut de la femme nous a aidés à en

obtenir beaucoup. En fait, une des hypothèses qu'on met, bon, évidemment, c'est

qu'au Québec les éclosions ont eu lieu principalement dans des maisons d'hébergement,

où il y a plus de femmes habituellement. Puis la proportion de femmes... Puis

Mme Cordeau pourra peut-être compléter avec les différentes statistiques,

là, mais, dans les maisons d'hébergement, il y a habituellement une clientèle

féminine un petit peu plus grande. Il y a évidemment tout le personnel de

première ligne qui... on sait très bien que ce sont davantage des femmes. Donc,

ça a été un noyau d'éclosion, donc, et puis ça, c'est quand même...

Puis là il y avait des données aussi par rapport

aux autres pays, puis c'est très... Ça diverge énormément, hein, certains pays

qu'il y a des différences marquées entre les hommes, les femmes. Puis donc

c'est quand même assez difficile de tracer un bilan d'est-ce que la femme est

plus susceptible d'attraper la COVID ou pas. Mais, dans notre situation... puis

je pense que c'est peut-être circonstanciel, là, que les femmes ont été plus

atteintes, mais il reste que c'est un fait qu'effectivement on a les données

que les femmes ont été davantage atteintes.

Mme Melançon : Bien, toujours dans

cet esprit-là... Combien de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Chassé) : Cinq

minutes.

Melançon : Parfait. Toujours dans cet esprit-là, on a vu... Dans le

réseau de la santé, il y a eu des primes COVID qui ont été offertes, et

j'étais surprise à savoir pourquoi est-ce que les éducatrices, qui, elles, ont

assuré quand même un service de garde en temps de crise, donc, d'urgence, n'ont

pas eu droit à à une prime COVID. Est-ce que vous savez la raison?

Mme Charest : Bien, encore une fois,

tu sais, je pense qu'il y a eu des mesures d'urgence qui ont été mises en

place. Les femmes qui étaient... Bien, les personnes en première ligne étaient

en position plus précaire du fait qu'elles étaient vraiment au premier plan, au

front.

Bon, évidemment, là, il y a des négociations qui

sont en cours avec les éducatrices. Alors, je vais laisser mon collègue de la

Famille parler de ce dossier-là. Mais évidemment... Puis il y a les éducatrices

puis en même temps il y a tout ce qui est... Tu sais, il y a différents

domaines, dans l'agriculture, dans le commerce au détail, et tout ça. Donc, évidemment,

il a fallu tracer une ligne quelque part et le choix a été de cibler les

travailleurs de première ligne. Il y a eu quand même aussi les préposés aux

bénéficiaires qui ont eu des primes, et tout ça, mais, voilà, là, il a fallu

faire des choix.

Mme Melançon : Je veux juste vous

rappeler, puis c'est vraiment avec un clin d'oeil que je vous le dis : On

n'est pas obligés de parler nécessairement des négos quand c'est pour offrir

une prime, là, on s'entend. Ça ne fait pas

partie nécessairement des négociations.

On peut offrir une prime sans être obligés de rentrer dans les négociations.

Cela étant dit, tout à l'heure, au bloc

précédent, vous avez parlé d'une campagne de publicité qui a été faite avec

Ingrid Falaise. Je voulais savoir combien d'argent a été investi dans cette

campagne de publicité.

Mme Charest : Est-ce que vous me

laissez...

Mme Melançon : Bien sûr.

Mme Charest : Oui. Malheureusement,

je ne maîtrise pas ce chiffre-là.

Mme Melançon : Bien sûr, prenez le

temps.

La Présidente (Mme Chassé) : ...que

la sous-ministre associée va prendre la parole? Allez-y, vous êtes autorisée.

Alors, maintenant, dès que la ministre vous donne le droit de parole...

La Présidente (Mme

Chassé) : Si, à un moment donné, on veut que la présidente du Conseil

du statut de la femme soit autorisée aussi à prendre la parole, il faudra qu'il

y ait un consentement unanime.

Mme Charest :

Ça s'en vient.

La Présidente (Mme

Chassé) : Elle est autorisée en ce moment.

Mme Ferembach

(Catherine) : En fait, je n'ai malheureusement pas le montant pour la

campagne qui a été faite, excusez-moi, pour la campagne qui été faite avec

Ingrid Falaise, parce que ça a été... Il y avait plusieurs campagnes sur la

COVID. Il faudrait rechercher le chiffre.

Par contre, il y a eu

une autre campagne. Ça, je pense que mon équipe pourrait me trouver le chiffre.

Juste avant la COVID, il y avait... Parce que, dans le plan en matière de

violence conjugale, comme en violence sexuelle, il y a des campagnes qui sont

prévues. Alors, juste, juste avant que la COVID arrive, il y avait eu une

campagne en matière de violence conjugale. Je ne sais pas si vous vous

souvenez, on visait les alliés, en fait. Donc, c'était un père de famille qu'on voyait, là, avec un petit garçon

qui vieillissait, puis le père intervenait dans toutes sortes de

situations, je dirais, anecdotiques. Puis, à un moment donné, il y avait une

situation, je dirais, violente entre le petit garçon, qui était devenu un jeune

homme, et sa blonde, puis là le père n'intervenait pas, puis là on posait la

question de «vous pourriez aussi intervenir».

Donc,

cette campagne-là, on va vous chercher le chiffre puis on va vous le donner.

Mais, je suis désolée, pour Ingrid Falaise, malheureusement, c'est dans

un tout. Je ne l'ai pas...

Melançon : Bon, merci. Ce serait bien qu'on puisse trouver ces

montants-là. Puis, habituellement...

La Présidente (Mme

Chassé) : Est-ce qu'il y a engagement que, dès que vous trouvez le

chiffre, vous nous le fournissez?

Mme Ferembach

(Catherine) : Pour la campagne du plan violence, ça, on peut la

trouver. Celle d'Ingrid Falaise, je ne le sais pas. Donc, j'aurais du mal à

m'engager aujourd'hui, là.

Melançon : Puis c'est loin... Loin de moi, là, la volonté d'être trop

exigeante, mais, quand même, on est à l'étude des crédits. On parle d'une

campagne de publicité, puis, habituellement, les campagnes de publicité sont

préautorisées avec un montant. Je suis un peu surprise qu'on n'ait pas ces

montants-là aujourd'hui pour l'étude des crédits. Cela étant dit, je ferais une

demande, Mme la Présidente, si c'est possible, si ce n'est pas en ce moment,

là, si on peut déposer cette information-là

auprès de la commission, parce que je pense que c'est important

pour les membres de la commission de savoir là où on en est avec une

campagne comme celle-ci.

La Présidente (Mme

Chassé) : J'ai besoin d'avoir le consentement.

Melançon : Bien sûr.

La Présidente (Mme

Chassé) : Vous vous engagez à transmettre l'information à la greffière

au secrétariat de la commission dès que vous l'avez, pour qu'elle soit

redistribuée aux membres?

Mme Ferembach

(Catherine) : Je veux juste être sûre de comprendre la bonne chose. On

parle bien de la campagne financée à partir du plan en matière de violence

conjugale? Vous parlez de la campagne d'Ingrid Falaise ou vous parlez des deux?

Je m'excuse.

Mme Melançon : Je

vais parler des deux, parce que la ministre... Tout à l'heure, on a parlé de la

campagne d'Ingrid Falaise, qui est une

chose, puis on a l'autre campagne. Si c'était possible d'avoir les montants des

deux campagnes...

Mme Ferembach

(Catherine) : Il y en a une des deux que je peux m'engager parce que

ce sont les crédits du Secrétariat à la condition féminine.

Donc, celle qui a été financée à même le plan en matière de violence conjugale,

celle que je parlais, avec le petit garçon,

ça, je suis capable de vous répondre parce que ce sont les crédits du

Secrétariat à la condition féminine. Celle qui concerne Ingrid Falaise, ça a

été fait par le secrétariat aux communications gouvernementales, à travers des

crédits qui ne sont pas ceux du Secrétariat à la condition féminine. C'est pour

ça que j'ai plus de difficultés à vous répondre, parce que ce n'est pas des

crédits que l'on gère à proprement parler, là, ça fait que je...

Melançon : On demandera au premier ministre demain, qui a ses crédits

au MCE. Alors, merci. Vous venez de nous souffler une petite question, là. D'accord.

La Présidente (Mme Chassé) : ...terminer ce bloc d'échange, et j'entends clairement

que vous vous engagez à transmettre l'information dès que vous

l'obtenez.

Mme Ferembach

(Catherine) : Pour le plan VC, oui, pour le plan violence conjugale,

excusez-moi.

La Présidente (Mme

Chassé) : Excellent. Il reste cinq secondes au bloc. On transfère?

Merci. Alors, je suis maintenant prête à entendre une deuxième intervention de la

part de la seconde opposition. Mme la

députée de Sherbrooke, la

parole est à vous.

Labrie : Merci. Très, très

rapidement, juste puisqu'on vient d'en parler, c'était une

excellente campagne, celle pour les alliés. Je l'ai trouvée très

frappante. Elle appelait vraiment à intervenir, là, pour les témoins. Je

voulais juste le souligner rapidement.

Tout à l'heure, il a

été question de la participation du Conseil du statut de la femme au plan de

relance économique. J'ai été surprise d'entendre qu'il y avait

une collaboration, parce que, dans les documents

d'information, il y avait la liste, là, disons, des chantiers du gouvernement

auxquels le Conseil du statut de la femme participait, il y avait plusieurs

plans d'action, il y avait des réformes comme le mode de scrutin, la réforme

sur la famille, mais ce dossier-là n'en faisait pas partie. Donc, j'aimerais

savoir c'est quoi, la nature de la participation du Conseil du statut de la

femme au plan de relance économique.

Mme Charest :

Oui, bien, en fait, vous me permettez de préciser. Je parle du plan femmes

COVID, pas du plan de relance économique. Tantôt, quand je nommais les ministères,

et tout ça, puis de quelle façon on intervient, c'est dans ce comité-là ou dans

ces travaux-là, là, que le Conseil du statut de la femme intervient.

Par contre, dans tout

ce qui est le plan de relance économique, évidemment, les travaux que le Conseil

du statut de la femme mène puis qui documentent toute la situation

de la pandémie, bien, ça sert évidemment aux travaux. D'ailleurs, Mme Cordeau

a rencontré le ministre de l'Économie il y a à peu près un mois. Il y a eu des

rencontres aussi avec le ministre de la Famille. Il y a eu différentes

rencontres, là, qui ont été faites de la part du Conseil du statut de la femme,

évidemment, pour encore une fois...

Puis je pense que ça

revient à dire... Puis je pense que c'est la députée de Verdun qui disait tantôt

à quel point il faut avoir une vigie puis de

travailler toujours pour garder le réflexe de porter un regard sur

l'impact des femmes... Bien, ça fait

partie des travaux et à la fois du Conseil

du statut de la femme et de mon secrétariat aussi.

Mme Labrie :

Mais pourquoi il n'y a pas... Dans la mesure où je pense qu'on convient tous

que les femmes ont été plus durement touchées à la fois... Si on parle de

contracter le virus, si on parle des impacts économiques, bon, sur à peu près

tous les aspects, les femmes ont été davantage touchées, puis c'est assez clairement

reconnu par tout le monde. Comment se fait-il que cette collaboration-là avec le Conseil du statut

de la femme n'est pas

officialisée par un accompagnement officiel du Conseil du statut de la femme

dans le plan de relance économique?

Mme Charest :

Est-ce que vous permettez... Vouliez-vous intervenir, Mme Cordeau?

La Présidente (Mme

Chassé) : Et là on revient à moi juste un instant pour m'assurer que

les membres...

Mme Charest :

On revient à vous.

La Présidente (Mme

Chassé) : Et j'entends que vous aussi, vous consentez?

Mme Charest :

Je consens, absolument.

Présidente (Mme Chassé) : Parce que ça me prend un consentement

unanime, mais c'est un endroit où est-ce que vous aussi, vous devez

consentir à donner la parole à la présidente du Conseil du statut de la femme,

Mme Cordeau. Je viens de vous présenter, allez-y tout de go, répondez.

Cordeau (Louise) : Merci, Mme la Présidente. Alors, peut-être

un petit détail, c'est qu'au moment de la présentation des crédits, l'ensemble

du document que vous avez reçu, le comité femmes et COVID n'avait pas encore

été créé parce que ce n'est pas dans la même année budgétaire. Alors, c'est une

question de date.

Mme Cordeau (Louise) : Je ne sais pas depuis quand la COVID existait,

mais donc c'est une question de

date, parce que, si on avait eu à mettre à jour les crédits au moment où on se

parle, c'est évident que notre contribution en aurait fait partie. Donc, je ne

sais pas si c'est ce que vous voulez dire. Quand on dit «officialiser», c'est

une question de date, là, de crédits.

Mme Labrie :

Parfait. Donc, je comprends que c'est une collaboration officielle avec le Conseil

du statut de la femme. Simplement, le document était trop vieux pour en rendre

compte, c'est ça?

Mme Cordeau (Louise) : Oui. Et le Conseil

du statut de la femme est l'organisme gouvernemental qui conseille le gouvernement

dans les enjeux d'égalité. Donc, peu importe que nous fassions officiellement

partie d'un comité ou non, notre action

touche plusieurs ministères, touche, vous le savez, plusieurs regroupements.

Donc, l'action est constante à travers l'action gouvernementale du Conseil

du statut de la femme.

Mme Labrie :

Je n'en doute pas, mais on s'attend quand même à un poids plus important de

votre position quand vous faites

partie officiellement d'une instance.

On s'est informés

aussi quel projet de loi avait fait l'objet d'une analyse différenciée selon

les sexes, et, à l'époque, la réponse était «aucun». Peut-être que ça a changé

depuis, vous me corrigerez, là, si la réponse n'est pas «aucun», mais, à ma

connaissance, il n'y a aucun projet de loi qui a fait l'objet d'une analyse

différenciée selon les sexes. Est-ce que le nouveau projet de loi n° 61 ne

devrait pas faire l'objet d'une telle analyse?

Mme Charest :

Bien, encore une fois, il y a des travaux qui sont menés par rapport à

l'analyse différenciée selon les sexes, puis, au dernier forum qu'on a eu sur l'égalité,

on a mis en place un comité. Parce que l'approche qu'il y a eu par le précédent

gouvernement, c'était vraiment une approche pragmatique, plus ciblée, avec l'analyse

différenciée selon les sexes. Maintenant, dans l'établissement de la nouvelle

stratégie, on mène des travaux justement pour voir comment on va avoir

l'application.

Maintenant, encore

une fois, ce qu'on amène, bon, de la part du secrétariat, mais du Conseil du

statut de la femme aussi, c'est le réflexe de... puis d'amener le réflexe des

différents ministères dans l'adoption de leur... dans l'établissement d'un

projet de loi, de voir quel est l'impact sur les femmes. Bon, d'ailleurs, le

plan d'action femmes COVID aussi fait cette démarche-là, donc. Mais, encore une

fois, il y a aussi les travaux qui sont faits avec les différents groupes de

femmes qui ont... le forum qui a débuté au mois de février, dans la perspective

de refaire la stratégie égalité. Donc, il y a vraiment un comité qui se penche

directement sur l'analyse différenciée selon les sexes et l'intersectionnalité.

Mme Labrie :

J'ai de la misère à visualiser quel impact peut avoir ce comité-là sur le fait

qu'il y ait des analyses différenciées selon les sexes dans les différents

ministères pour la préparation de projets de loi ou de différentes politiques,

dans la mesure où les informations qu'on a, c'est qu'il n'y a eu aucune formation

donnée aux autres ministères concernant l'analyse différenciée selon les sexes.

Il y a eu quelques députés qui ont suivi cette formation-là. Je m'avance, là,

mais je pense que la grosse majorité de mon caucus a participé à cette formation-là

puis qu'il y a eu 18 participants chez les députés. Donc, ça veut dire pas

beaucoup de membres du gouvernement, vraisemblablement. Pourtant, c'est un outil de saine gestion,

là, puis c'est la grosse base, là. Quand on veut administrer les fonds

publics adéquatement et que chaque dollar dépensé serve à atteindre la cible

qu'on a identifiée, l'analyse différenciée

selon les sexes, c'est à ça que ça sert, de s'assurer qu'on atteint les cibles.

Donc, un simple bon gestionnaire devrait vouloir faire ces analyses-là

dans ses projets, quel que soit le ministère.

Donc, je m'explique

mal pourquoi ce n'est pas utilisé sur une base régulière. J'aimerais ça que la ministre,

peut-être, s'engage à ce que tout le cabinet suive cette formation-là, ou tous

les sous-ministres, je ne le sais pas, pour qu'on s'assure qu'à travers les projets

de loi, qu'à travers les différentes décisions qui sont prises dans les

ministères tout le monde ait une conscience de c'est quoi, l'analyse différenciée

selon les sexes, à quoi ça sert, comment ça peut nous être utile pour prendre

des meilleures décisions.

Mme Charest : Bien, en fait, encore une fois, les actions

qu'on fait avec le plan d'action

femmes COVID servent justement

à avoir une forme de formation sur quels sont les impacts puis comment l'application des différentes mesures peut

avoir un impact sur les femmes, et de voir comment on peut amoindrir les

impacts négatifs.

Maintenant, aussi, on

travaille... Puis il y a un rapport aussi de l'Institut Femmes, Sociétés,

Égalité et Équité, de l'Université Laval, qui est attendu très bientôt, qui va

aussi nous donner des outils. Puis, en même temps, on travaille aussi sur

l'indice d'égalité, parce que c'est une difficulté de l'application de l'ADS,

ça, c'est les outils pour aller mesurer quels sont les impacts, parce que les

outils ne sont pas nécessairement disponibles, ne sont pas nécessairement

différenciés selon les sexes, donc, les statistiques, et tout ça, que nous

avons. Donc, on travaille sur l'établissement de l'indice d'égalité qui va...

qui tient en compte, évidemment, les genres et... bon, il y a plusieurs

critères, mais qui va faire en sorte qu'ils vont pouvoir être utilisés aussi

dans la mise en place de différentes mesures puis qui va nous permettre d'avoir

un regard encore plus marqué et encore plus significatif, parce qu'il y aura

des outils qui vont les appuyer.

Donc, c'est

différents travaux qu'on met en place. Mais, encore une fois, bon, notre rôle,

évidemment, c'est de toujours faire valoir l'importance d'avoir le regard puis

l'approche de l'ADS, et c'est ce qu'on fait dans les... puis on est interpelés

aussi à commenter les différents projets de loi. Donc, on est là puis on mène

les travaux aussi avec les différents ministères.

Mme Labrie :

Bien, je vous crois que vous faites ça, mais ce qui serait idéal, en fait,

c'est que les ministres eux-mêmes développent les réflexes de ça et n'aient pas

à attendre nécessairement vos commentaires. Donc, je vais réitérer ma demande. Est-ce que c'est possible de

vous engager à ce que le cabinet ministériel suive cette formation-là,

l'ensemble des membres du cabinet?

Charest : Bien, je veux juste

vous rappeler aussi que, dans les ministères, il y a des personnes-ressources en ADS. Donc, il n'y a pas... Ce n'est

pas complètement champ blanc, là, ou champ vide, là, il y a des

personnes-ressources.

La Présidente (Mme Chassé) : Merci,

Mme la ministre.

Présidente (Mme Chassé) : Je

suis maintenant prête à reconnaître le troisième bloc d'échange de l'opposition

officielle. Mme la députée de Verdun, la parole est à vous.

Mme Melançon : Merci, Mme la Présidente. Je vais poursuivre.

Est-ce que la ministre s'engage justement — parce qu'on n'a pas eu

de réponse, là, j'aimerais ça qu'on puisse avoir une réponse micro — à ce

que l'ensemble du cabinet puisse suivre cette formation?

Mme Charest : Bon, évidemment, c'est

difficile de m'engager au nom de tous les autres ministres. Je peux, par

contre, m'engager à faire valoir l'importance d'avoir une formation, mais,

encore une fois... Puis je ramène aux différents travaux que nous menons puis

de l'influence que nous avons sur comment on va amener le regard ou

l'application de l'ADS dans nos différentes mesures. Alors, c'est ça, le

travail que je fais. Puis, encore une fois, c'est aussi le travail du

Secrétariat à la condition féminine et puis le Conseil du statut de la femme,

qui est en soutien aux différents ministères pour pouvoir justement avoir les

données, les ressources, avoir les différentes façons de mettre en place des

mesures qui vont tenir compte de l'impact sur les femmes.

Mme Melançon : Moi, je suis

persuadée que vous avez de l'influence auprès de vos collègues puis je suis

persuadée que vous allez être capable de nous revenir avec de bonnes nouvelles.

Mais, quand même, vous soulevez une deuxième belle question pour le premier

ministre demain, alors, parce que, comme le disait la députée de Sherbrooke, je

trouve ça quand même intéressant, ce sont des gestionnaires. Les ministres

deviennent quand même... puis, quand on veut envoyer une directive, je pense

que c'est important qu'on puisse l'avoir en tête.

Donc, je pense qu'il serait intéressant, si des

députés suivent la formation, de voir, bien sûr, un conseil des ministres

suivre cette même formation. Alors, j'en fais la demande tout... En tout cas,

je joins ma voix à celle de la députée de Sherbrooke et je suis persuadée qu'il

y a d'autres gens autour de la table qui joignent leur voix à la nôtre.

Tout à l'heure, Me Corneau, vous avez dit, un peu à la blague : On ne sait pas exactement

quand la COVID est...

Mme Melançon : J'ai dit «Corneau»?

Ah! pardon, pardon, pardon, je viens de vous débaptiser. Mais vous disiez tout

à l'heure : On ne sait pas exactement... Force est de constater que le gouvernement

savait que ça s'en venait, la COVID, et, malgré ça, bien, le 10 mars, le gouvernement

a décidé quand même de déposer un budget. Trois jours plus tard, le Québec

était mis sur pause. Tout le monde était en arrêt. Est-ce que vous aviez fait

des demandes auprès du ministre des Finances pour pouvoir pallier à la crise

qui s'en venait? Est-ce que cette demande avait été faite de votre part?

Charest : Les demandes qui

ont été faites au ministre des

Finances, c'était d'augmenter de

181 millions, là, les mesures qu'on avait pour contrer les violences puis

pour aider les femmes victimes de violence conjugale, donc, 181 millions,

je le rappelle, là, qui est une augmentation de 42 % du budget du plan

d'action de violence conjugale. Alors, évidemment, pour nous, ça a été les

demandes que nous avons faites.

Maintenant, en ce qui concerne la COVID, tu

sais, vous savez que les travaux de demandes budgétaires se font trois jours

avant le début du budget. Donc, au moment où on faisait nos demandes, si vous

saviez qu'il y avait la COVID puis la pandémie qui allait arriver comme

celle-là, il aurait fallu nous le dire, parce que moi, je ne le savais pas.

Alors, évidemment, on a... Mais, tu sais, au moment où on faisait nos demandes

budgétaires, pour moi, ce qui était important, puis c'était aussi dans le

mandat que le premier ministre m'avait confié, c'était vraiment de faire en

sorte de pouvoir trouver une façon d'aider les femmes victimes de violence

conjugale, et je pense que le travail a été quand même assez bien fait, parce

qu'on a pu dégager 181 millions.

Maintenant, une

fois que la pandémie est arrivée, on a pu dégager rapidement des sommes pour

pouvoir aider les femmes, donc le

2,5 millions qui est arrivé, quand même, quelques jours ou quelques... je

pense, c'est deux semaines après

le confinement. Il y a le 250 000 $ qu'on a donné aussi très

rapidement, tout de suite après le confinement. Donc, vraiment, à partir

du moment où on a été au fait de la situation, et de l'importance et de

l'ampleur de la situation, bien sûr, on a travaillé, là, d'arrache-pied auprès,

bon, de toutes les instances pour pouvoir dégager des sommes.

Melançon : Parfait. Je ne dis pas ça... parce que moi, je n'avais pas

non plus de boule de cristal, mais moi, je ne suis pas autour de la

table du Conseil des ministres et j'ai quand même lu, comme plusieurs, là, Alec Castonguay

qui rappelait, déjà depuis janvier, je pense, que le Conseil des ministres

était quand même au courant que ça s'en venait, d'où ma question. Cela étant

dit, je ne vous en tiens pas rigueur, là, loin de là. Cependant, je m'aperçois

qu'il n'y a pas juste la ministre des Aînés qui ne savait pas que ça s'en

venait.

J'ai une petite... Là,

j'ai plein de petites questions en rafale, si vous permettez, vous allez voir,

c'est... parce que le temps file, n'est-ce pas, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Chassé) : ...quand

même.

Mme Melançon : Oui, voilà. Sur le Conseil

du statut de la femme, justement, dans le cahier des crédits, on demandait de notre côté : Analyse des propositions

de réforme du droit de la famille soumises à la consultation publique au printemps 2019. Est-ce que c'est

possible de déposer ce rapport-là?

Mme Cordeau (Louise) : ...voir de quoi vous parlez, parce que, les propositions en

matière de droit de la famille, on a fait un

travail là-dessus, mais, comme il n'y a pas encore eu de projet de loi déposé dans ces domaines-là, ça demeure des documents de

travail, puisqu'on n'a pas de document législatif devant nous pour commenter.

Donc, ce sont des travaux préliminaires. Nous avons un conseil. On doit

proposer à notre conseil, je dirais, différentes pistes de recommandation

lorsque les projets de loi seront déposés. Alors, c'est un travail en amont qui

a été fait dans ce dossier-là.

Melançon : D'accord.

Donc, je comprends que c'est encore des documents de travail. On a

demandé le nombre de plaintes pour harcèlement psychologique et on nous a répondu que cette question

ne semblait pas pertinente à l'étude des crédits. Moi, je pensais que

c'était plus que pertinent, surtout dans le contexte de dénonciations. Moi,

j'aurais voulu savoir il y a eu combien de plaintes pour harcèlement

psychologique. Je ne l'ai pas. Est-ce que j'ai juste... Pardonnez-moi, ça,

c'est l'autre... Vive la COVID, hein... (panne de son)... 15,5, là, même,

c'était dans le cahier directement. Peut-être, vous allez pouvoir m'aider, sans

quoi on pourra y revenir.

À l'intérieur du cahier des demandes que nous

avons faites, il y avait une question concernant les comités formés, puis on

m'a répondu... réponse : Aucun comité n'a été formé. Et ça, c'est quand

même dans le livre des demandes que nous avons faites, qui sont en lien, donc,

avec le cahier des crédits. Et tout à l'heure vous m'avez quand même annoncé qu'il

y avait un comité qui était créé avec le statut... du conseil, ainsi de suite.

Moi, je suis un peu surprise, parce qu'à l'intérieur du cahier on nous

répondait qu'il n'y avait pas... puis c'est pour ça que, tantôt, là, je vous ai

questionnée. Je veux juste savoir pourquoi est-ce qu'on nous a répondu qu'il

n'y en avait pas, de comité qui avait été formé. C'est les réponses...

Mme Melançon : Moi, je vous dirais

que c'est dans celui du Conseil du statut de la femme.

Mme Cordeau (Louise) : ...un

peu la même réponse que tantôt, parce que le comité dont on a parlé...

Mme Melançon : Tout à l'heure, oui.

Mme Cordeau (Louise) :

... Femmes et COVID, tout à l'heure, n'avait pas été formé. Effectivement,

c'est un comité qui a été formé par le Secrétariat à la condition féminine. Je

pense qu'il y a eu deux rencontres à date. Et c'est tout à fait contemporain,

là, c'est postérieur au dépôt de l'étude des crédits. Alors, selon moi,

c'est...

Mme Melançon : Donc, c'est tout

frais, là. O.K., parfait.

Cordeau (Louise) : C'est plus

que tout frais. On peut vous trouver la date, là, mais c'est... Il y a peut-être un mois maximum, là, à peu près un

mois, là, que ça a été formé.

Mme Melançon : Excellent. Très bien.

Mme la ministre, je vous amènerais, si vous le permettez, au Plan d'action

gouvernemental en matière de violence conjugale. J'aimerais ça qu'on puisse

faire un petit suivi, justement, des travaux,

parce qu'il y a plein d'actions. Et là je vous le dis d'entrée de jeu, là, comme je n'étais pas là préalablement, peut-être allez-vous

sourire parfois, mais, quand même, j'aimerais bien avoir quelques réponses. À

la page 37, donc, il y a l'action 27 où on dit : «Promouvoir la

formation en ligne sur l'intimidation auprès des organismes qui viennent en aide aux femmes et aux hommes qui vivent des situations

de violence conjugale.» J'aurais souhaité savoir combien il y a

eu de formations qui ont été données.

Melançon : Bien sûr,

action 27. Donc, je suis à la page 37. Je suis dans l'axe 2, Dépistage

et intervention psychosociale .

Mme Ferembach (Catherine) : C'est la

Famille qui est responsable. Donc, il y a peut-être des vérifications à faire.

Je vais regarder dans mes papiers, par contre, si j'aurais d'autres détails

là-dessus, mais c'est sûr que...

Mme Ferembach

(Catherine) : ...parce que vous l'avez souligné un petit peu tantôt,

quand ça... Nous avons le bonheur d'être horizontaux et d'intervenir dans bien

des domaines, ce qui rend le sujet fort intéressant, mais parfois avec...

La Présidente (Mme Chassé) : ...à

côté de vous. Et voilà.

Mme Ferembach (Catherine) : Merci.

Dans les détails qu'on vient de me donner, on me dit que, bon, ça a été relayé

le 17 décembre, mais on a... Ça ne répond pas tout à fait à votre

question, parce qu'on dit qu'on a fait de la sensibilisation auprès de

389 organismes partenaires en matière de violence conjugale. Mais, pour

combien ont suivi la formation, il va falloir qu'on vous revienne avec la

Famille.

Présidente (Mme Chassé) :

...avec l'information que vous transmettrez. Si vous l'avez pendant la session,

vous nous faites signe, sinon vous la transmettez à la greffière rapidement.

Ferembach (Catherine) : Avec

la réserve, naturellement, que, si elle existe, cette information-là,

parce que c'est le ministère de la Famille...

La Présidente (Mme Chassé) : Bien

sûr, absolument, on s'entend là-dessus.

Mme Melançon : Je continue à

l'action 29, page 38, où la ministre est responsable cette

fois-ci : «Publier, à l'intention du personnel du réseau scolaire et [des]

partenaires, un feuillet sur le sextage pour guider les interventions auprès

des adolescentes et des adolescents...» Et là j'en parle en connaissance de

cause, parce que j'en ai un à la maison, et je continue à croire que

l'éducation peut être vraiment une plaque tournante pour améliorer probablement

cette violence-là, conjugale, ou les violences sexuelles. Alors, moi, ce que je

voulais savoir, c'est où est-ce qu'on en est exactement dans ces activités

préventives.

Mme Charest : Oui, bien, les

activités sont en cours. Puis là, je m'excuse, je ne les connais pas toutes par

coeur, hein? Puis je peux vous lire ce que j'ai ici, mais le développement du

contenu est en cours. Les différents collaborateurs seront appelés à valider et

commenter le contenu à l'automne 2020 en vue d'une diffusion. L'offre de

formation dédiée au personnel scolaire sera proposée au réseau lors du

déploiement de l'outil.

Melançon : Parfait. Je pense

qu'on a là quelque chose, une piste très intéressante. Moi, j'ai adoré ce

plan d'action là. Et là je viens de voir que

c'était le nôtre, ça fait que c'est un peu gênant de dire ça. Je m'excuse, je

n'avais pas regardé la date. C'est parce que, là, je viens de voir la deuxième

page, mais j'ai aimé comment c'était monté.

Donc, O.K., je vais continuer — petit

malaise ici. Il y a, à l'action 35, donc, en page 42 : «Implanter,

dans certaines régions du Québec, un service d'évaluation des conjoints ayant

des comportements violents au stade de la mise en liberté provisoire.» Je me

demandais... parce que je sais que c'est un travail, là, qui est fait aussi,

j'imagine, avec... je vois que c'est Sécurité publique, alors, je vois Justice

aussi qui est là, c'est un projet pilote, on en est où?

La Présidente (Mme Chassé) : Mme la

ministre.

Mme Charest : Je lis en même temps.

La Présidente (Mme Chassé) : Vous

êtes en train de consulter vos documents, très bien.

Mme Charest : Je suis en train de

consulter...

Présidente (Mme Chassé) :

Non, mais je me demandais si c'était... vous attendiez une intervention de vos

partenaires.

Mme Charest : Non, non, je n'attends pas d'intervention.

Voulez-vous que je vous les fasse... lise à voix haute ce que j'ai ici?

Melançon : Bien, oui,

allez-y, allez-y. Puis savez-vous quoi? On reprendra, puis je vous laisserai peut-être ma liste, puis on regardera...

Mme Charest : De questions, peut-être,

effectivement...

Mme Melançon : Oui, c'est ça, peut-être

que ça va être plus agréable aussi.

Mme Charest : ...parce que je vous

avoue que je n'irai pas dans... je ne suis pas allée dans le spécifique des

différentes interventions.

Mme Melançon : Je comprends bien.

Mme Charest :

Donc, est-ce que vous voulez que je vous lise ça ou...

La Présidente (Mme Chassé) : La

ministre répond...

Mme Melançon : Bien, non, vous

répondrez probablement, hein, qu'est-ce que vous en pensez?

Mme Charest : Parfait. Moi, je suis

bien d'accord avec vous.

Mme Melançon : Bon, parfait,

maintenant que j'ai dit que c'était un excellent plan d'action. Je m'excuse, ce

n'était vraiment pas volontaire de ma part. Il va y avoir du travail... — puis

là on va simplement discuter, ça va être beaucoup plus simple — il va

y avoir du travail à faire, on l'a dit, les membres du comité, jusqu'au moment

où on déposera, de façon officielle et publique, le rapport qui est en train

d'être rédigé.

Ce que je souhaite aujourd'hui... puis c'est le

message, dans le fond, que je voulais pouvoir donner à celles qui prennent le

temps d'écouter l'étude des crédits, c'est qu'il va y voir une suite après le

rapport. Et je sais que ça va être plus lourd pour vous à porter encore que

pour nous. Nous, on va vous pousser après, ça va être un peu notre mandat,

hein, comme membres de ce comité-là. On va devoir rapidement changer

l'atmosphère dans laquelle on se retrouve

actuellement au Québec. On parlait de suspicion, j'entendais tout à l'heure la

collègue dire qu'il y a des gens qui doutent dans le système aussi.

Et je pense que ce qu'on a vu avec la vague de

dénonciations, c'est une écoeurantite, je m'exprime puis je m'explique, dans le

sens où les femmes disent : C'est assez, là, là, ça ne passe plus, on n'a

plus confiance au système actuellement, et il faut que ça change. Moi, je veux

juste envoyer un message, et je sais que vous l'avez dit aussi : Il faut

que les femmes continuent à dénoncer. Elles doivent continuer à aller voir les

corps policiers. Encore faut-il que les

corps policiers puissent bien les recevoir. Mais j'ai vraiment espoir, puis

c'est un message d'espoir que je veux vous donner aussi, Mme la

ministre : On sera là pour collaborer avec vous. Merci.

Présidente (Mme Chassé) :

Merci pour vos interventions, bravo. Je reconnais une intervention, maintenant,

de la troisième opposition pour son deuxième bloc d'échange. Mme la députée de Gaspé,

la parole est à vous.

Mme Perry

Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Alors, tantôt, je parlais, d'entrée

de jeu, de toute l'importance

du rôle des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale,

parce qu'un réseau qui est à bout de souffle,

des gens qui manquent de ressources financières pour bien réaliser leur

mission, c'est choquant, mais ça a aussi... ça conduit à des drames. On

en a eu plusieurs, au Québec, et il y en a un qu'on se souviendra, je suis

certaine, tous, la jeune Daphné Huard-Boudreault, de 18 ans, qui a été

tuée par son conjoint après avoir tenté d'aller chercher la protection de la

police.

Ça, ça se fait... ça a mené à un rapport de

coroner, il y a eu une enquête. La coroner Gamache a sorti son rapport en mai,

je crois, pour vous donner une référence, avec une série de recommandations,

donc, pour améliorer la pratique policière en matière de violence conjugale. Je

l'adresse ici parce qu'effectivement c'est une question de sécurité publique,

mais je sais que le Conseil du statut de la femme a eu un rôle ou, du moins,

était censé... de ce que j'ai eu comme réponse dans les crédits, a siégé sur le

Comité d'examen des décès liés à la violence conjugale. Alors, ce sera dans les

questions également.

Mais, pour

commencer, j'aimerais savoir s'il y a des mesures qui ont déjà été mises en

place, des recommandations du rapport de mai? Et est-ce que la ministre

va être ouverte à mettre sur pied, là, un comité pour assurer le suivi des

recommandations avec tous les acteurs concernés des différents ministères?

Mme Charest : Bien, en fait, il y a

une portion, beaucoup, qui était liée à l'éducation, hein, par rapport au

rapport du coroner, et, bon, évidemment, on a le cours de l'éducation à la

sexualité qui a été mis en place en 2018. Et ça, là-dessus, on travaille aussi

en collaboration, parce qu'on est à revoir le contenu du cours d'éducation à la

sexualité, mais surtout le contenu aussi du cours de CR, où il y a un volet

éducation à la sexualité qui devrait y être rattaché. Donc, ça, ça fait

partie

des différents travaux, là, de notre côté, qu'on met en place.

Bon, par rapport aux autres recommandations

puis... des autres ministères, je ne pourrais pas...

Mme Perry Mélançon : ...un exemple,

peut-être, pour être plus précise.

Mme Charest : Oui, allez-y.

Mme Perry Mélançon : Bien, en fait,

est-ce qu'on peut penser que vous avez eu des discussions avec votre collègue

de la Sécurité publique pour ce qui est de la formation continue en violence

conjugale, pour les patrouilleurs et les enquêteurs, pour bien effectuer leur

travail puis pour qu'il n'y ait pas de faille comme ça?

Mme Charest :

Oui. Bien, ça, en fait, ça a fait

partie de nos discussions qu'on avait,

justement, là, à partir du mandat du premier ministre, qui nous disait,

bon : Il faut agir puis mettre le plan d'action en action plus rapidement

puis le déployer de façon plus efficiente. Ça fait

partie aussi des discussions

que nous avons eues lors du forum, là, violence conjugale, qu'on a eu au mois

de février, où ça a été nommé à plusieurs fois puis de façon... dans les

discussions qu'on a avec les groupes de femmes, l'importance d'avoir une

formation plus appropriée. Ça fait

partie aussi des

discussions qu'on a dans le comité d'experts, tout ce qui est l'encadrement des

victimes puis comment la formation doit être poussée. Mais, bon, encore une

fois, là, ce sont des travaux qui sont en cours.

Perry Mélançon : Donc, merci. Merci, Mme la ministre. Puis, pour ce

qui est du Comité d'examen des décès liés à la violence conjugale, est-ce

que ce serait possible d'avoir des éclaircissements, un échéancier, s'il y a

des mesures qui vont être en application?

Cordeau (Louise) : Ce comité-là est dirigé par la Coroner en

chef du Québec. Alors, nous, on a une professionnelle qui travaille au Conseil

du statut de la femme, qui y siège depuis déjà... je pense que ça fait plus de

deux ans. Alors, je sais que le rapport est imminent. Je ne peux pas dévoiler,

là, l'ensemble des conclusions. Je pense, de toute façon, que la Coroner en

chef devrait procéder rapidement à rendre ce dossier-là public.

Mme Perry

Mélançon : Parfait, oui, parce que, vraiment, ici on le sait, là, le

sentiment d'urgence. On parle vraiment de drames puis d'homicides, donc c'est

clair que ça doit être attendu par beaucoup de gens qui y oeuvrent de près ou

de loin.

Dans le même ordre

d'idées, je pense qu'on a déjà entendu la ministre dire en entrevue qu'il

allait y avoir un rehaussement du financement pour les organismes qui aident

les hommes violents. Je pense que ça, ça a déjà été entrepris comme discussion

ou fait l'objet d'entrevues. Donc, est-ce qu'on a une idée du financement,

quand est-ce qu'il sera accordé? Est-ce que c'est dans le budget présent?

Mme Charest :

Dans le dernier budget, il y a eu un 2 millions qui a été accordé pour...

Et, bien, c'est ça...

Mme Perry

Mélançon : Comment c'est réparti dans les régions du Québec,

2 millions comme ça?

Mme Charest :

En fait... C'est 5 millions, en fait, oui, qui ont été accordés sur cinq

ans. C'est le MSSS, là, qui le supervise, là, qui le coordonne.

Mme Perry

Mélançon : Pas encore avec la méthode populationnelle, j'espère? Ce

sera à vérifier.

Perry Mélançon : Ensuite, je

vois le temps qui passe déjà, mais je trouvais ça intéressant qu'on aborde

la question de l'analyse différenciée selon les sexes, parce que ça n'a pas

l'air d'être systématique, alors que... et, finalement, on se demande à quoi ça

sert, là, à quoi l'ADS sert, parce qu'elle n'est jamais, finalement, utilisée.

Puis j'ai un cas en

particulier que j'ai envie d'exposer aujourd'hui, parce que je suis un peu à

bout de souffle dans cette bataille-là, que

je sais que beaucoup mènent au Québec dans chacun de leur comté, mais moi, je

suis vraiment aux prises avec une situation exceptionnelle, chez nous, à

Gaspé, c'est-à-dire le manque de places en garderie.

C'est vraiment criant, à un point tel que ces 185 enfants, juste dans la

ville de Gaspé, sont sur la liste d'attente pour les CPE, puis il n'y a

pas d'autre alternative, là, il n'y a pas de milieux familiaux, tout ça, de

disponibles. Alors, c'est des femmes, c'est

des enseignantes, c'est des médecins, c'est des éducatrices spécialisées, même,

c'est un paquet de femmes, en majorité, qui sont à la maison beaucoup

trop longtemps, qui ne peuvent pas retourner sur le marché du travail, alors il

y a un impact économique majeur et un impact sur la condition féminine.

Donc, pour moi, c'est

une problématique qui doit aussi être prise avec beaucoup de sérieux par la

ministre de la Condition féminine. Alors,

est-ce que vous travaillez sur cet enjeu-là? Est-ce que vous êtes consciente de

l'ampleur du problème? Parce que c'est à l'échelle nationale. Puis

est-ce qu'on peut vous demander une analyse différenciée selon les sexes pour

ce problème?

Mme Charest :

Bien, un petit peu suite aux discussions que nous avions avec la collègue de

Verdun, bon, qui me demandait un engagement

que tous les ministres suivent une formation, ce que je peux m'engager, c'est

de faire une présentation aux ministres puis de faire une présentation

au caucus. Donc, déjà, c'est, je pense, un engagement qui montre l'importance

que j'accorde à l'analyse différenciée selon les sexes.

Bon, évidemment, tout

le sujet des places en garderie, bon, c'est effectivement un dossier qui est

quand même important puis qui a effectivement un impact majeur sur les femmes,

mais il y a aussi d'autres choses dans la conciliation

travail-famille-études, et tout ça, puis différentes mesures, mais évidemment

j'entends vos préoccupations.

Mme Perry

Mélançon : Donc, on peut s'attendre à ce qu'il y ait une

représentation pour que le ministère de la Famille... Parce qu'on m'a dit qu'il

y avait des ressources dans chaque ministère pour ça, pour l'ADS. Est-ce qu'on

peut avoir une confirmation que ce sera demandé auprès du ministre de la

Famille?

Mme Charest :

Je vous rappelle qu'encore une fois le Conseil du statut de la femme a eu une

rencontre avec le ministère de la Famille puis avec le ministre de la Famille

justement pour travailler sur ces différents impacts là. Alors, il y a déjà des

représentations qui sont faites, il y a déjà des interpellations, mais on va

continuer, évidemment, dans ce sens-là.

Perry Mélançon : Combien de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme

Chassé) : 1 min 30 s.

Perry Mélançon : 1 min 30 s? J'aimerais revenir sur,

moi aussi, un sujet qui me préoccupe énormément, le plan de santé et de

bien-être des femmes, qui se fait attendre depuis 2015, et surtout qu'on voit

que les femmes sont surreprésentées, là, au niveau des cas confirmés, et tout

ça, et qu'il y a une panoplie d'enjeux de santé, là, qui font surface en temps

de COVID, donc les femmes avec des conjoints violents, des femmes sans domicile

fixe. Il y a vraiment beaucoup de problématiques entourant ça. Alors, est-ce

que les ressources financières seront adéquates en fonction de cette nouvelle

réalité là et des besoins qui seront plus criants, pour s'assurer du bien-être

des femmes?

Mme Charest :

Comme je le mentionnais tantôt, aussi, je réitère le fait que le plan fait

encore

partie de la planification du MSSS. Évidemment, il y a des sommes qui y

sont rattachées, alors...

Mme Perry

Mélançon : Qui seront réévaluées en fonction aussi des problématiques

qu'on connaît en ce moment, là?

Mme Charest :

Je ne peux pas vous dire sur la réévaluation, là. Puis évidemment on est dans

un contexte où les impacts sont encore à être documentés, puis par différentes

mesures. Est-ce que ça sera rattaché au plan de santé des femmes directement ou est-ce que ce sera rattaché à d'autres

situations? Je ne peux pas vous le dire à cette étape-ci, là, mais je peux quand même vous réaffirmer que

le déploiement ou le plan d'action, là, fait

partie encore de la

programmation du MSSS.

La Présidente (Mme

Chassé) : Ceci conclut le bloc d'échange. Bravo, merci. Je suis maintenant

prête à reconnaître une intervention de l'opposition officielle pour son

quatrième bloc d'échange. Et simplement vous informer, puisqu'on introduit le député

de Jacques-Cartier avec nous dans les discussions, vous voyez le ton très

cordial, respectueux, il y a eu une entente que les échanges pouvaient se

passer directement, ce qu'on ne fait pas habituellement, entre les députés et la ministre

et qu'il n'y a pas une prise en compte du temps question-réponse. Il y a

cette entente-là qui a été établie ici. Alors, si vous le désirez... mais si

vous désirez que je reprenne le mode beaucoup plus protocolaire, ça va me faire

plaisir aussi.

M. Kelley :

Non, c'est correct. On va continuer...

La Présidente (Mme

Chassé) : Ça vous va?

M. Kelley :

Ah! oui, ça va.

La Présidente (Mme

Chassé) : Bienvenue, M. le député de Jacques-Cartier. La parole est à

vous.

M. Kelley :

Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis très content d'être ici. Je dis ça

souvent, que je suis un homme féministe.

C'est vrai, j'ai grandi dans une famille avec quatre soeurs puis une mère qui a

toujours travaillé, alors on a

parlé des conditions des femmes souvent autour de la table du souper. Alors,

moi, où je suis, là, j'ai une petite nièce maintenant et je veux qu'elle est

capable d'accomplir tous ses rêves. C'est très important pour moi, je suis là

pour être

partie de ces discussions dans une façon positive.

Alors, j'ai une question

pour la ministre, parce que j'ai regardé un petit peu le cartable, et c'est en

lien avec la commission Viens. Dans les renseignements généraux, nous avons

posé les questions, dans plusieurs autres secteurs puis des autres

secrétariats, des autres ministères, sur toute action réalisée par la ministre

ou l'organisme, dans cette année passée, au sujet des recommandations du

rapport de la Commission d'enquête sur les relations entre les autochtones et

certains services publics au Québec, alors le rapport Viens. Puis la réponse à

cette question semble non pertinente à l'exercice de l'étude des crédits.

Alors, je veux juste

savoir, Mme la ministre, pendant la dernière année, puis après le dépôt du

rapport de la commission Viens, quelles actions est-ce que vous avez prises

pour participer dans les discussions ou, quand même... de contribuer au plan

d'action qui va être déposé par le gouvernement dans ce dossier-là?

Mme Charest :

Oui, bien, en fait, suite au dépôt des deux rapports, il y a eu deux rencontres

qui ont été faites avec les communautés autochtones, auxquelles j'ai participé.

Donc, j'y ai pris part. Puis l'objectif de ces rencontres-là, c'était vraiment

de voir à la suite des choses et comment on va déployer les actions, justement,

ou les priorités qui ont été... les recommandations qui ont été nommées par ces

deux rapports-là, donc. Puis ça a été nommé aussi, l'importance de travailler

avec les communautés pour, justement, répondre à leurs besoins puis être

partie

prenante. Donc, ça aussi, bon, par rapport à ça...

Puis c'est le Secrétariat

aux affaires autochtones qui ont des sommes rattachées à ça, mais, de notre

part, on a aussi des appels de projets puis

des rencontres qui sont faites avec les groupes autochtones. On a eu, dans le

cas de la pandémie, des discussions, on a eu... bon, ils faisaient

partie des rencontres hebdomadaires qu'on avait avec le Secrétariat à la

condition féminine. J'ai fait

partie de plusieurs de ces rencontres-là. Donc,

on a été vraiment à l'avant-plan pour pouvoir voir quels étaient les besoins

puis comment on pouvait mieux les seconder.

Donc,

on a eu aussi une augmentation des budgets alloués aux différents projets, là,

autochtones, là, en 2019-2020, une augmentation de 26 % du... En fait, on

a eu 3,1 millions, pardon, puis ça représente 26 % du budget qui est

alloué aux projets. Donc, il y a vraiment... tu sais, le quart de nos projets

sont alloués... le quart du financement des projets est alloué pour des projets

avec les communautés autochtones. Alors, pour nous, c'est quand même, bon,

évidemment, un dossier important, puis pour moi aussi, puis je fais

partie des

discussions. Les communautés autochtones font

partie aussi de nos différents

forums que nous avons. Ils étaient présents au forum égalité, alors... violence

conjugale aussi, si je ne m'abuse — non? En tout cas, égalité,

ça, j'en suis certaine. Mais on continue les travaux puis on est très

conscients de l'importance de travailler ensemble pour pouvoir trouver des

solutions.

Kelley : Et est-ce que... Votre secrétariat a fait une analyse

sur les 142 appels à l'action. Combien touchent votre secrétariat

directement et prend des actions concrètes de votre part? Si ce n'est pas fait

encore, je veux juste savoir... mais, quand même, si, peut-être, c'est en train

d'être fait...

Charest : On a fait... Oui, absolument. Oui, oui, absolument, cette

analyse-là a été faite. Si je ne m'abuse, il y avait neuf

recommandations qui...

Mme Ferembach

(Catherine) : ...oui, la... Est-ce que j'ai le droit de parler?

Mme Charest :

Oui, on l'a encore.

La Présidente (Mme Chassé) :

...vous êtes autorisée.

Mme Ferembach

(Catherine) : Oui, on a fait un examen, comme, je pense, la plupart

des ministères l'ont fait, là. C'est sûr que, là, actuellement, ce qui va être

fait en lien avec l'ENFFADA puis la commission Viens reste à déterminer.

Comme

Mme Charest le soulignait, ce qui reste important pour nous, puis, je pense,

ce qui est aussi important à l'égard des Premières Nations, c'est de le

faire avec les Premières Nations. C'est à cet effet-là, dans le plan de développement

social autochtone, il y avait un comité femmes autochtones qui était prévu, et

ça, on est très fiers de dire qu'on l'a mis sur pied. Puis c'est un comité,

donc, où il y a des représentants du gouvernement du Québec, le Secrétariat à

la condition féminine et le Secrétariat aux affaires autochtones, mais il y a

aussi des représentantes autochtones qui

sont là, et on discute avec elles de, justement, comment... c'est quoi, les

meilleures façons d'intervenir dans les milieux.

Mme Charest le

soulignait, là, c'est quand même un élément important chez nous, dans tout ce

qu'on finance à l'égard des projets, des subventions. Ça représente quand même

un quart de notre enveloppe de financement qui s'en va vers des projets

autochtones, toujours dans la perspective, là, naturellement, de le faire avec

les communautés autochtones.

M. Kelley :

Parfait, et merci pour la réponse. Je veux maintenant juste parler d'une

situation plus précise à Montréal, Cabot Square. Cet été, malheureusement, on a

perdu deux femmes autochtones inuites, Dinah et Kitty, que ma collègue la

députée de Westmount—Saint-Louis

a connues. C'est une situation triste.

C'est malheureusement

une réalité de la population autochtone, femmes sans-abri. Les gens sans-abri

puis les autochtones sont déjà marginalisés dans notre société, mais des femmes

sans-abri autochtones à Montréal, c'est un groupe qui est quand même plus

surmarginalisé dans tout ça.

Et, quand même, cet

été, on a eu une intervention, il y a eu une femme qui a eu une crise de santé

mentale puis 17 policiers à arriver

pour faire une intervention agressive envers elle. C'est vraiment... pour une

femme, je trouve ça... quand même si c'est un homme, c'est vraiment

quelque chose, je pense, qui est inacceptable.

Alors, je veux

savoir, pour les maisons, les «wet shelters», comme on s'appelle à Montréal, je

sais, il y a des projets : Est-ce que vous allez faire les interventions

autour du Conseil des ministres ou, quand même, est-ce que vous avez des plans

pour aider les femmes autochtones sans-abri à Montréal? Je veux vous entendre

sur ce sujet-là.

Mme Charest :

Oui, bien, encore une fois, toute la réalité autochtone fait

partie de nos

préoccupations, et ce sont des travaux que je fais avec ma collègue au

Secrétariat aux affaires autochtones, tout ce qui est la question d'itinérance, mais spécifiquement aussi à

l'itinérance pour les femmes autochtones. Donc, oui, il y a quand même

des discussions qui sont fréquentes, et ça fait

partie de nos différents plans...

pas plans d'action, mais de nos différentes interventions.

La Présidente (Mme

Chassé) : Il y a une intervention de la part de la sous-ministre

associée. Allez-y.

Mme Ferembach

(Catherine) : ...complément d'information aussi. Quand il y a eu un

support qui a été apporté aux maisons d'hébergement dans le cadre de la COVID, on s'est assurés, avec le fédéral, là, que l'on

couvrait toutes les maisons d'hébergement qui desservent les femmes autochtones. Donc, il

y avait certaines femmes autochtones qui...

certaines maisons d'hébergement qui n'avaient pas été couvertes, et nous, on

les a couvertes à travers notre financement.

De mémoire, il y a quatre ou cinq maisons d'hébergement pour femmes autochtones qui ont été couvertes.

Aussi, dans le plan en matière de violence... en

fait, je m'excuse, ce n'est pas dans le plan en matière de violence conjugale

mais parallèlement au plan en matière de violence conjugale, il y a un

financement qui a été retenu pour les femmes autochtones en violence conjugale.

Et, de mémoire, cette année, il y a 1 million de dollars qui a été accordé

via la ville de Montréal pour de l'hébergement pour femmes autochtones en

matière de violence conjugale.

La Présidente (Mme Chassé) : Très

bien. Et ce que je comprends, c'était l'entente qu'on a faite au début, c'est

ici qu'on prend notre deux minutes de pause pour permettre à la députée de Westmount—Saint-Louis

de prendre la place et que l'on nettoie la place entre les deux présences.

Pause. On se retrouve.

(Suspension de la séance à 17 h 22)

Présidente (Mme Chassé) : On

est prêts à reprendre. C'est bon, excellent. On est de retour, et

j'introduis, pour terminer le dernier bloc d'échange avec l'opposition

officielle, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Simplement vous dire qu'il

y a une entente d'un débat très cordial en direct, les interventions, les interpellations

se font entre la députée et la ministre, et je ne calcule pas les temps. Alors,

je vous laisse, et, tant et aussi longtemps que ce ton-là constructif continue,

vous avez le débat à vous. Allez-y.

Mme Maccarone : Un plaisir d'être

parmi vous, mesdames. Changement de propos un peu, j'aimerais parler des

personnes transgenres. Les personnes transgenres, en particulier les femmes

transgenres de couleur, évidemment, sont confrontées à des taux extrêmement

élevés des... et des sans-abri, de l'itinérance. Puis, avec la consultation

avec la communauté LGBTQ2, un des plus gros projets, actuellement, pour la communauté,

pour la condition féminine, est de favoriser l'inclusion des personnes trans

féminines dans les organismes luttant contre les violences sexuelles, en

particulier, aussi, l'accès aux refuges pour femmes, les centres de femmes.

L'intégration, c'est un problème très important pour les personnes trans

féminines, surtout si elles ont été victimes de violence conjugale. Les refuges

pour les sans-abri, c'est le même problème, et, les soins de santé en général,

pour les personnes trans féminines, ils sont fortement exclus comme communauté.

Alors, ce que je voulais savoir, c'est comment

la ministre voit le soutien aux victimes de violence sexuelle en lien aux

groupes qui sont actuellement invisibles, telles que les personnes trans

féminines.

Mme Charest : Bien, dans le cadre,

encore une fois, de la stratégie pour contrer les violences sexuelles, dans le

cadre aussi de la stratégie d'égalité entre les femmes et les hommes, il y a évidemment

tout ce qui est la clientèle vulnérable. La communauté LGBTQ en fait partie.

Donc, il y a différents projets qui ont été financés à la hauteur de

1 million de dollars, là, pour un petit peu plus de 1 million de

dollars, là, dans notre secrétariat, pour différentes initiatives, différents

projets. Je ne sais pas si on veut en nommer, mais effectivement... puis on a

eu des discussions sur les différentes rencontres que nous avons eues avec les

groupes de femmes. La communauté LGBTQ fait aussi

partie des discussions. Donc,

évidemment, on est au fait de leurs enjeux, donc les enjeux sont considérés

et... voilà.

On est là

pour travailler avec la communauté, puis... Mais elles font

partie de nos

échanges, le secrétariat... bon, mes

échanges à moi, mais évidemment, principalement, les échanges avec le

Secrétariat à la condition féminine, alors...

Mme Maccarone : Qu'est-ce qu'ils ont

identifié comme leur préoccupation principale lors des rencontres que vous avez

faites? Est-ce que c'est les refuges? Est-ce que c'est les inégalités? Vous

avez mentionné hommes-femmes, mais souvent ils sont vraiment... comme mon

collègue a mentionné pour les femmes autochtones, ils sont surmarginalisés.

Puis l'accès, surtout, aux soins de santé, c'est très difficile pour eux. Ils

ne sont pas reconnus, ils sont vraiment invisibles. Est-ce qu'il y a quand même

des actions à part de... Je comprends, le financement, c'est très important,

mais est-ce qu'il y a des actions concrètes qui vont être prises pour supporter

cette communauté-là? Parce que le problème reste sur le terrain actuellement.

Puis c'est encore pire, par exemple, dans Montréal-Nord, où on a beaucoup de

femmes trans noires qui n'ont aucun centre où elles peuvent y aller pour

recevoir des services.

Mme Charest : Bien, en fait, tout ce

que vous nommez sont des choses qui ont été nommées dans nos discussions. La violence aussi, parce qu'on... En fait, la prise en considération

ou le... comment je pourrais l'exprimer... La reconnaissance de la

violence qu'elles peuvent subir, souvent, n'est pas tout à fait reconnue. Donc,

évidemment, dans tout ce qui est... Puis tantôt on parlait de la formation de

tout ce qui est les cellules d'intervention. Ça fait

partie aussi, je pense,

des choses qu'on doit mettre en place, bon, dans les différents comités que

nous avons, que ce soit la violence faite aux femmes... la communauté LGBTQ

fait

partie aussi de ces discussions-là.

Mme Ferembach (Catherine) : Si vous

me permettez, il y a eu un... Dans la stratégie en violence sexuelle, c'était

prévu qu'on tiendrait des événements où on rassemblait des partenaires. Justement,

il y a eu un événement spécifique qui s'est

tenu sur la communauté LGBT, et c'est le forum qu'on a appelé LEXIC. Il me

semble qu'il y a un rapport quelque

part, puis je prends la réserve, si je ne me trompe pas, on pourra... mais qui

fait un état de situation sur les différentes problématiques, parce que le

forum visait justement à identifier quels sont les enjeux que vivent les

personnes LGBT. Parce que c'est sûr que, quand on parle de violence sexuelle,

la très grande majorité des victimes sont des femmes et la très grande majorité

des agresseurs sont des hommes, mais, une fois que l'on a dit ça, il existe des

situations, comme on vient de faire référence, qui sont multiples, et la

stratégie ne voulait pas passer ça sous le tapis, d'où l'importance d'avoir eu

un forum comme celui que je viens de vous parler, LEXIC, puis on va essayer de

vous retrouver de l'information plus documentée.

Mme Maccarone : Oui, c'est gentil.

C'est rassurant de savoir que ça figure parmi le plan d'action, parce que

c'est... J'ai une histoire d'une femme transgenre qui est venue à mon bureau.

La détresse est tellement profonde, elle a demandé d'avoir l'aide médicale à

mourir, puis elle a 32 ans. C'est extrême. Alors, parmi les mesures puis dans

le plan d'action, est-ce que vous envisagez aussi des mesures pour la santé

mentale pour ces femmes aussi?

Charest : Bien, les mesures en santé mentale, évidemment, vont

appartenir à mon collègue. Par contre, comme je le disais, là, la

stratégie égalité vient à échéance bientôt, on est à travailler sur une

nouvelle stratégie. Donc, évidemment, des discussions sont en cours. Ça a été

un petit peu mis sur la glace, là, les derniers mois, là. Par contre, évidemment,

je pense que du fait, déjà, d'avoir engagé un dialogue avec la communauté puis

des... qui soit

partie prenante des différentes discussions qu'on a, bien, leur

réalité nous est exposée puis ça va pouvoir orienter aussi les différentes

mesures ou les différentes actions du plan.

Mme Charest : Jusqu'à la fin.

Mme Ferembach (Catherine) : Dans le

dernier appel de projets qu'on a lancé au secrétariat, on a financé un

projet... il y a eu plusieurs projets qui concernaient la communauté LGBTQ.

Puis il y a un projet qui est avec l'organisme AlterHéros, oui, et ça

soutient... ce projet, c'est un projet de création d'une trousse de

sensibilisation auprès des jeunes LGBTQ+

neuroatypiques, sur le développement des habiletés relationnelles dans les relations amoureuses

et intimes. Donc, c'est des projets, un peu, de ce type-là qu'on a pu financer

au cours des derniers mois. Alors, oui, on

a... Parce qu'il faut travailler sur le phénomène des violences, mais c'est toujours

important de le travailler aussi en amont. Donc, ce genre de projet là

peut contribuer à ça.

Mme Maccarone : Deux questions...

La Présidente (Mme Chassé) : Il

reste une minute.

Mme Maccarone : Puis je sais qu'il

ne reste pas beaucoup de temps, ça fait que rapidement.

La Présidente (Mme Chassé) : Une

minute.

Mme Maccarone : La perspective de la

ministre sur la complexité d'inégalités de genre, est-ce que ce serait peut-être

une considération de changer le nom du ministère de la Condition féminine à

Condition féminine et Égalité des genres, comme ils ont fait au fédéral? Et,

deuxième question, c'était qui les groupes que vous avez consultés par rapport

au plan puis les changements qui s'en viennent?

Mme Charest : Oui. Le nom du groupe,

c'est le...

Mme Ferembach (Catherine) : ...

Mme Maccarone : ...mais vous avez

parlé de la consultation... Peut-être pas maintenant parce que j'aimerais

entendre la ministre, mais ce serait quelque chose qui pourrait être envoyé

ou...

Ferembach (Catherine) : Bien,

dans les consultations, règle générale, on est toujours en lien avec le

bureau de lutte à l'homophobie puis le conseil, aussi, qui travaille en matière

de contrer l'homophobie. Mais je pourrais, oui.

La Présidente (Mme Chassé) : Il vous

reste 30 secondes, Mme la ministre.

Charest : Bien, concernant

votre question, présentement ce sont deux responsabilités qui sont partagées, hein, j'ai la condition

féminine, et l'égalité des genres est sous la responsabilité du ministre de la

Justice. Il y a eu des changements, des fois, je ne suis plus... Donc, bon,

est-ce qu'on changera les répartitions? C'est à voir puis... Donc, ça reste en

suspens.

Présidente (Mme Chassé) : Ça termine le bloc. Éclairant, merci. En

terminant, je dépose les réponses aux demandes de renseignements de

l'opposition.

Et, compte tenu de l'heure — bravo,

tout le monde — la

commission ajourne ses travaux jusqu'à mercredi, demain, 19 août 2020, où nous entreprendrons l'étude des crédits

budgétaires pour le volet Protection des consommateurs du portefeuille

Justice. Bonne soirée à tout le monde.

(Fin de la séance à 17 h 33)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2020-08-18
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-42-1 journal-debats CRC-200818
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier4d4c6e05fe76dceac5a8e38bf1be0e1a0e26c04e

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