House Proceedings — 27 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-11-27
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le député, pour votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Sherbrooke
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
Fortin (Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. Implanté pour la première fois en 1998 à l'école
Desranleau de Sherbrooke,
une vingtaine d'écoles primaires et secondaires du Québec
ont maintenant adhéré au programme Santé globale. Celui-ci a pour objectif le développement
de saines habitudes de vie chez nos jeunes. L'activité physique, l'alimentation, la gestion du stress, la
connaissance du corps humain, des premiers soins et les mesures d'urgence sont
autant d'axes abordés par le programme.
Intégré au curriculum scolaire, il constitue une formation clés en main,
permettant ainsi aux enseignants et aux éducateurs physiques de le
dispenser aisément.
Marc Perron, membre fondateur du programme et nouveau président de la Fondation
Santé globale, ainsi que M. Jean
Péloquin, responsable des activités de financement, viennent tous deux de recevoir le prix Mérite
estrien pour leur implication dans le mouvement.
C'est
pourquoi je tiens, aujourd'hui, à féliciter ainsi qu'à remercier MM. Perron et
Péloquin pour leur dévouement à la santé des jeunes Sherbrookois et Québécois.
Bravo à vous deux! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M.
le député de Sherbrooke.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Granby pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le
député, à vous.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. Finissante à l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc
de Granby, Malena Cantin avait pour mission,
cette année, de créer un projet personnel dans le cadre du programme
d'éducation internationale. Sachant son grand-père atteint de la maladie
d'Alzheimer, elle n'a pas hésité à orienter son projet vers cette maladie
sournoise.
Sensible à la cause
et déterminée plus que jamais, elle s'est tout de suite dirigée vers
l'organisme la Société Alzheimer de Granby pour lui offrir ses services pour
l'organisation d'un spectacle-bénéfice. Elle a ensuite sollicité l'humoriste
granbyen Michaël Rancourt pour qu'il donne gracieusement son spectacle.
L'événement,
qui se tiendra le 3 décembre prochain, démontre que tous les projets sont
réalisables si on y met les efforts
nécessaires. Je tiens donc à féliciter Malena pour sa brillante initiative, et
j'encourage les gens de Granby et région à communiquer avec la société d'Alzheimer pour acheter... et assister en
grand nombre au spectacle de Michaël Rancourt au profit de la société
d'Alzheimer.
en terminant, je profite de ce moment pour saluer la directrice générale, Mme
Julie Desgranges, ainsi que toute son équipe, et les remercier pour leur
travail. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M.
le député de Granby. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Sainte-Rose pour sa déclaration d'aujourd'hui.
M. Habel : Merci, M. le Président. C'est avec une grande fierté que je souligne la
victoire des Loups de la polyvalente Curé-Antoine-Labelle, une école de ma
circonscription. Cette équipe de football de catégorie juvénile, division 1, a
mis la main, pour une troisième fois, sur le Bol d'or. Cette victoire a eu lieu
le 16 novembre dernier contre leurs grands rivaux, les Cactus de Notre-Dame.
Notre
équipe a terminé au premier rang du classement général de la ligue la plus
compétitive au Québec, avec une
fiche de huit victoires et une défaite. Les Loups se sont qualifiés pour la
finale du Bol d'or pour la septième fois depuis la fondation de la ligue juvénile, division 1, en
2001. Ils ont remporté le championnat en 2006, en 2009 et encore une fois
cette année. De plus, ils ont remporté le championnat de la saison régulière en
2006, 2008, 2009 et 2014.
Loups de Curé-Antoine-Labelle est l'équipe publique la plus décorée au Québec.
Ma fierté est grande. Nous sommes
tous, à Sainte-Rose—Fabreville, fiers de vous. Nous avons un rendez-vous en 2015, M. le Président, pour un quatrième Bol d'or. Go, Loups,
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci,
M. le député, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Mercier pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de
Mercier, à vous.
M. Khadir : Merci,
M. le Président. En ces temps de
coupures, de fusions forcées et de compressions, je veux rendre hommage
ici, dans l'enceinte de l'Assemblée
nationale, à notre peuple qui
résiste. Notre peuple, véritable propriétaire de cette Assemblée, ce
sont ces mouvements sociaux et organismes populaires mobilisés et solidaires qui disent non à l'austérité. Notre peuple, ce sont des travailleurs et des travailleuses représentés par la CSN, la FTQ, la
SISP, la CSQ, ceux qui font la richesse de notre société. Ils sont
solidaires et debout, unis dans un front commun, alliés avec les mouvements populaires
pour marcher samedi le 29 novembre à Montréal et à Québec contre
l'austérité pour offrir des solutions, en fait 10 milliards de solutions pour balancer le budget. Ils auront à
l'esprit la révolte et l'espoir du poète Roland Giguère :
«Grande main qui pèse
sur nous
grande main qui nous
aplatit contre terre
grande main qui nous
brise les ailes
«[...]la grande main
qui nous cloue au sol
Oui, M. le Président,
pourrira la main pesante de l'austérité.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député de Mercier. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Je désire souligner aujourd'hui les 30 années
d'existence d'un organisme de mon
comté, Place Rive-Sud, un des plus importants organismes d'employabilité au
Québec. Plus de 4 000 personnes sont desservies chaque année par
Place Rive-Sud, notamment via notre populaire carrefour jeunesse-emploi pour
les 16-35 ans. L'équipe de Place
Rive-Sud accueille tout le monde, peu importe leur situation. C'est ce modèle
qu'on veut comme communauté, une
communauté qui s'occupe de son monde, de tout son monde. Place Rive-Sud aide
chacun à réaliser son potentiel grâce à son équipe de professionnels
issus des milieux du travail social, de l'orientation et de l'enseignement. Vous croyez aux forces, aux
talents de chacun pour les aider à retrouver leur confiance et leur motivation.
Merci d'être là. Merci d'avoir tant à coeur l'avenir des citoyens et des jeunes
de Longueuil. Longue vie au carrefour jeunesse-emploi! Longue vie à Place
Rive-Sud! Lâchez pas!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de Marie-Victorin. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Groulx pour sa déclaration
d'aujourd'hui. M. le député, à vous la parole.
Surprenant : M. le Président, il y a de cela 30 ans, en janvier
1985 plus précisément, les membres de la communauté
d'affaires du comté de Groulx décidaient d'unir leurs forces et de fusionner
l'Association des gens d'affaires de
Groulx et la Chambre de commerce de Boisbriand afin de créer ce qui allait
ensuite s'appeler la Chambre de commerce et d'industrie Thérèse-De Blainville. Depuis ce temps, cette
organisation dynamique contribue de façon exceptionnelle au
développement économique et social des Basses-Laurentides.
Chambre de commerce et d'industrie Thérèse-De Blainville réunit plus de
650 membres, qui y trouvent un lieu d'échange
et de réseautage de qualité, un lieu propice à la croissance des affaires et,
par le fait même, au maintien et au développement des conditions
nécessaires à la prospérité de notre communauté. Je tiens donc à saluer
aujourd'hui le 30e anniversaire de la
chambre de commerce Thérèse-De Blainville et à remercier plus particulièrement
son président, M. Samuel
Bergeron, et sa directrice générale, Mme Cynthia Kabis, ainsi que tous les
administrateurs de l'organisation pour
leur dévouement et leur implication. Je souhaite vivement que la communauté
d'affaires de Groulx ait le bonheur de s'appuyer sur la CCITB pour
encore de nombreuses années.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député, de votre
déclaration d'aujourd'hui. Je cède maintenant la parole à M. le député
de Louis-Hébert pour sa déclaration du jour. M. le député, à vous.
Hamad : Merci, M. le Président. La perte d'une personne
estimée et respectée est toujours quelque chose de douloureux,
surtout lorsque cela survient au travail de manière subite et inattendue. C'est
avec grande tristesse que nous
apprenions, le 20 novembre dernier, le décès de M. Denis Giasson,
conciliateur-médiateur. M. Giasson oeuvrait dans le domaine des relations
de travail depuis 34 ans. Très
apprécié de tous, Denis Giasson maîtrisait parfaitement l'art de la
médiation. Il possédait les habiletés
nécessaires pour intervenir dans tous les secteurs de l'économie.
Ses compétences étaient reconnues autant du côté patronal que du côté
syndical. Sa joie de vivre, sa bonne humeur et son sens de l'humour étaient
contagieux. D'une grande générosité, il était toujours
disponible pour aider ses collègues,
tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.
le Président, avec le décès de M. Denis Giasson, l'État québécois a perdu un
serviteur de talent. Je me joins à tout
le personnel du ministère du Travail
pour offrir à sa famille, à ses amis, à ses collègues, les plus sincères
condoléances.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Louis-Riel pour sa déclaration
d'aujourd'hui.
Thériault : Merci, M. le Président. M. le Président, il y a 100
ans, le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale voyait le jour. Berceau des sciences judiciaires
et de la médecine légale en Amérique du Nord, le laboratoire est devenu, au fil du temps, l'exemple
à suivre, non seulement ici, mais également à l'étranger. Déjà 100 ans
que cohabitent sous un même toit les sciences judiciaires et la médecine
légale.
laboratoire fait
partie des grands de ce monde à un point tel que son expertise
est de plus en plus sollicitée. L'apparition de nouveaux types de
criminalité ou encore l'ampleur des événements tragiques survenus au cours des dernières années nécessitent, vous le comprendrez,
des compétences scientifiques de haut niveau et une maîtrise parfaite de nouvelles technologies. Soyons fiers de ce
fleuron québécois qui se démarque par son parcours remarquable, un parcours
où l'expertise, l'excellence, le leadership et le savoir-faire des gens qui y
oeuvrent continuent de faire sa renommée.
Au nom de tous les Québécois, je vous dis 100
fois merci, et, M. le Président, permettez-moi de souligner la présence dans
les tribunes de son directeur général, M. Bob Dufour, ainsi que son équipe qui
l'accompagne. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la députée. On salue M. Dufour et son équipe. Bienvenue
à l'Assemblée nationale, on vous salue cordialement.
Cette dernière déclaration met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Les travaux sont suspendus pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 58)
Le Président : Bon jeudi
matin, chers collègues. Nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Je remarque
dans nos tribunes la présence de Mme Blackburn, hein? Tous se
souviendront, le chef de l'opposition
en tête, qu'elle fut la représentante de Chicoutimi pendant plusieurs années.
Le Président : 12 ans?
12 ans?
Président : 13. 13 ans. Et c'est sûr que vous n'êtes pas
obligés de vous lever, mais j'aimerais souligner qu'aujourd'hui c'est le 25e anniversaire de présence en Chambre du
secrétaire général, M. Bonsaint. Ce n'est pas son âge, évidemment. Je vous avais dit que vous n'étiez pas
obligés de vous lever, mais je vois que le secrétaire général est populaire.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, il me fait plaisir de déposer la
réponse du gouvernement à la pétition déposée par le député de La Peltrie le 23 octobre 2014
ainsi que la réponse aux pétitions déposées par le député de Borduas le
22 octobre 2014.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma
part, je dépose le rapport du Vérificateur général du Québec à l'Assemblée
nationale du Québec, évidemment, pour
l'année 2014‑2015, intitulé Vérification de l'optimisation des
ressources — Automne
2014 . Ce rapport est accompagné
d'un document de présentation.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des
relations avec les citoyens et député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des relations
avec les citoyens qui a siégé les 23,
24 et 30 septembre 2014 afin de procéder à l'examen des rapports sur les
activités du Fonds de soutien aux proches
aidants et sur celles de la société de gestion L'Appui pour les exercices
financiers terminés les 31 mars 2011, 2012 et 2013. La
commission s'est également réunie en séance de travail les 9 juin, 23,
24 septembre, 9 octobre et 13 novembre 2014. Merci, M. le
Président.
Président : Ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission des transports et de l'environnement et député d'Orford.
Reid : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des transports et de l'environnement qui, le 26 novembre 2014, a procédé à l'étude détaillée du projet
de loi n° 16, Loi modifiant la
Loi sur les véhicules hors route et
d'autres dispositions. La commission a adopté le texte du projet de loi avec
des amendements.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
256 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que nous fêtons cette année le 20e anniversaire de l'Année internationale
de la famille qui fut en 1994 l'occasion de [...] rappeler que la
famille constitue la cellule de base de la société et mérite donc une attention
particulière;
«Considérant
la résolution adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies intitulée Un
monde digne [de ses] enfants qui reconnaît la responsabilité partagée des
parents pour ce qui est d'éduquer et d'élever les enfants, et l'importance
de mettre tout en oeuvre pour veiller à ce
que chacun des parents ait la possibilité de participer à la vie de ses
enfants;
«Considérant
la transformation des modèles familiaux depuis quelques décennies caractérisée
entre autres par une augmentation du nombre de familles qui se séparent
et dès lors le risque de désengagement d'un des parents;
«Considérant
qu'il est avantageux pour l'enfant de conserver le maximum de contacts envers
ses deux parents;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale du Québec de déclarer que le
12 novembre de chaque année soit désormais la "Journée
nationale de la coparentalité-collaboration parentale" pour :
«Souligner et
reconnaître l'importance des rôles des deux parents qu'ils soient ensemble,
séparés ou divorcés;
«Célébrer l'engagement de chaque parent auprès
de ses enfants; et finalement
«Valoriser
toutes initiatives qui visent à améliorer la collaboration et la coopération
parentale ainsi que l'échange de bonnes pratiques.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales. Je cède la
parole à M. le chef de l'opposition.
Bédard :
M. le Président, le Parti libéral et le gouvernement libéral s'est engagé à
compléter le réseau des CPE et à
indexer à un tarif de garde universel. Il l'a fait en campagne, M. le
Président. Ils l'ont fait, par la suite, lors de l'assermentation
et lors du discours inaugural. Aujourd'hui, la réalité est tout autre. On se
retrouve littéralement avec un vrai
choc tarifaire pour les parents, une taxe famille libérale encore, une
modulation totalement improvisée qui hausse le coût jusqu'à 20 $ par jour pour les parents, un détail, selon la
ministre, complètement déconnectée de la réalité des parents, et en
plus l'arrêt du développement des places. En ce moment même, le téléphone sonne
chez les responsables des CPE pour arrêter le développement des places.
Depuis vendredi, plusieurs appels ont été faits du ministère de la Famille pour
modifier unilatéralement les ententes signées.
Le gouvernement libéral ne se contente pas de
surtaxer les parents, il veut économiser aussi en réduisant les services et en revenant au modèle qui a rendu
célèbre, souvenez-vous, Tony Tomassi : la caisse du Parti libéral avant
les enfants. L'objectif maintenant
est clair, du Parti libéral : briser le réseau des CPE. On poursuit
littéralement le démantèlement de la
politique familiale au Québec, comme si le Québec n'avait pas encore les moyens
d'être fou de ses enfants, M. le Président.
Au-delà de la
honte que nous éprouvons tous aujourd'hui, est-ce que le ministre de la Famille
confirme aujourd'hui que son ministère est en train de retirer des
places des CPE pour revenir au modèle de garderies commerciales qui...
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. La question du chef de la première opposition me donne
l'opportunité de leur rappeler que...
Le Président : Oui. Ah! ça,
on avait compris. Madame.
Charbonneau :
Ça me permet aussi de lui rappeler que c'est «la ministre» et non «le
ministre». Mais, ceci dit, M. le
Président, le développement des places au Québec, c'est important. L'engagement
qu'on a pris, d'ailleurs, c'est de
faire en sorte que les places annoncées se fassent. Il y a, en ce moment, une
campagne de peur, qui ne vient pas de ce côté-ci de la Chambre, qui fait en sorte qu'on oublie certains facteurs
très, très réalistes. Pourquoi je peux l'affirmer comme ça? Eh bien,
tout simplement parce que, quand le PQ a été au pouvoir, le développement des
places 2012‑2013, M. le Président, le développement des places 2013‑2014... Ce
n'est pas notre mandat, ça, c'est le mandat du PQ.
M. le Président, au 31 mars 2015, j'aurai le privilège et l'honneur de vous dire que
6 300 places — un
chiffre qui n'a jamais été entendu de l'autre côté de la Chambre — en
CPE et en places en garderie seront créées à cette date.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Le Parti libéral ne se contente pas seulement d'abolir les places qu'on avait
créées, il abolit ses propres places qu'il avait annoncées en 2011, M.
le Président. Imaginez-vous, là! La stratégie libérale, elle est claire,
là : on augmente le prix pour les
parents, on réduit, par le fait même, la demande des places en CPE, on
convertit le reste des places en garderies commerciales à but lucratif. Les Québécois vont payer plus pour moins de
services. C'est ça, la réalité concrète.
Est-ce que le
gouvernement pourrait faire une seule chose que la classe politique aurait bien
besoin : respecter sa promesse électorale, M. le Président?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Ce que je peux dire aux familles du Québec, c'est qu'il
y aura des places qui vont se faire,
au Québec, pour les enfants qui en ont de besoin, et ceux qui en ont déjà n'ont
pas à s'inquiéter. Ce qu'on veut, au
niveau du gouvernement, c'est de faire en sorte que toutes les familles du
Québec aient accès à des places en
garderie, pas juste les gens qui fréquentent un seul réseau. Parce que,
savez-vous, M. le Président, il y a plus qu'un réseau, au Québec, pour aider
les parents. Il n'y a pas juste un réseau, mais faudrait-il que mes collègues
de l'autre côté l'apprennent bien comme il le faut.
Le Président : Complémentaire,
M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, le ministre des Finances a confirmé, cette semaine, sa propre
négligence : il n'a aucune
confirmation que Revenu Canada acceptera de verser le crédit d'impôt fédéral
pour taxe famille du Québec. Pire que ça, le ministre n'était même pas
attaché avec Revenu Québec, qui est pourtant sous sa responsabilité.
Qu'a fait, M. le Président, le
ministre des Finances depuis mardi? Est-ce qu'il est allé chercher la confirmation...
est-ce qu'il est allé chercher la
confirmation de Revenu Canada que les familles du Québec vont bel et bien avoir
droit au crédit d'impôt pour taxe famille du Québec?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, merci de la question. Ce n'est pas la
première ni la deuxième ni la troisième fois que cette question nous est posée. Et, comme je l'ai déjà dit avant et aux
journalistes dehors, et tout ça, on répète la même chose : Je n'ai pas demandé l'autorisation au
gouvernement fédéral parce que je n'ai pas besoin de le faire. Ce que nous
avons fait, c'est un tarif, ce n'est pas une
taxe. Donc, un tarif est éligible à la déduction d'impôt fédérale. Donc, on
s'entend là-dessus.
Maintenant,
les deux machines administratives, Revenu Québec et l'Agence du revenu du
Canada, sont déjà en train, administrativement, de concrétiser cette
chose-là...
Le Président :
En terminant.
Leitão : On n'a pas besoin de le faire avant, on le fait maintenant
que... enfin, une fois que le projet de loi va être adopté.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, c'est le ministre des Finances et le premier ministre qui ont
fait miroiter des remboursements aux
Québécois pour la taxe famille du Québec. Ce n'est pas nous qui avons inventé
ça, et c'est vous qui n'avez pas fait les vérifications nécessaires au
départ.
le Président, hier, la ministre fédérale a confirmé que rien n'était attaché,
elle a refusé de répondre à la question.
Alors,
est-ce que le ministre des Finances, plutôt que de réfléchir à de nouvelles
façons de vider les poches des Québécois
puis des familles du Québec, est-ce qu'il pourrait se mettre au travail et
aller chercher la confirmation pour nos familles, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, je n'ai pas besoin d'aller chercher cette confirmation-là.
C'est un processus administratif...
Leitão : Bien, voyons! Je n'ai pas besoin d'aller chercher cette
confirmation-là, c'est un processus administratif. Deuxième fois que je
le dis. S'il faut une troisième fois, je le dirai une troisième fois, M. le
Président. Merci.
Le Président :
Principale, Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Le gouvernement libéral a pris la mauvaise
décision de mettre fin à l'universalité des tarifs de services de garde, c'est une chose, mais il ajoute
l'insulte à l'injure en recourant aux méthodes controversées du gouvernement
conservateur de Stephen Harper. La pratique
des projets de loi mammouths de mise en oeuvre du budget est désormais la norme à Ottawa. Cette pratique législative
consiste à introduire des mesures budgétaires n'ayant aucun lien avec celles
annoncées dans le discours du budget.
Nous aimerions
comprendre de la part de la ministre de la Justice, qui est aussi la présidente
du Comité de législation, pourquoi elle a
décidé d'introduire dans le projet de loi de mise en oeuvre du budget la fin de
l'universalité des tarifs de services
de garde alors que cela n'avait aucunement été mentionné dans le discours du
budget de juin dernier.
Pourquoi
est-ce que la présidente du Comité de législation a décidé de copier les
manoeuvres, les manières de faire du gouvernement Harper pour imposer la
taxe famille libérale?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, le projet de loi, et je suis
sûr que ma collègue l'a remarqué hier, c'est un projet de loi qui vise le retour à l'équilibre
budgétaire. Incidemment, je devrais rappeler ici à nos collègues qu'il y a une
motion pas plus tard qu'il y a deux
ou trois semaines, je crois, qui a été adoptée avec l'appui de l'opposition
officielle et de la deuxième
opposition pour que nous atteignions effectivement l'équilibre budgétaire.
Comment est-ce que cela se fait, M.
le Président? Par un ensemble de gestes, par un ensemble de gestes dont
quelques-uns se retrouvent dans le projet de loi qui est là. Et ceux qui ont voté pour une motion pour que nous
puissions retourner à l'équilibre budgétaire, me semble-t-il, la première chose qu'ils devraient faire, c'est
d'annoncer dès le départ qu'ils vont collaborer à discuter, à échanger sur le
projet de loi pour que nous puissions
arriver à l'équilibre budgétaire. Ça ne se fait pas d'un seul moyen, ça se fait
d'un ensemble de moyens, surtout que
vous nous avez laissé tout un fiasco. Il y a plusieurs moyens à prendre, ils
sont dans le projet de loi. On s'attend à votre collaboration.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Écoutez,
là, la taxe famille, elle a été annoncée il y a à peine 10 jours.
C'est une manoeuvre digne du gouvernement Harper, qui a également été
employée pour d'autres décisions : l'abolition des centres locaux de
développement, l'abolition des conférences régionales des élus.
Article 247
d'une
loi sur le budget : les conférences régionales des élus sont dissoutes sans autre formalité. La politique
d'achat des médicaments n'était pas dans le budget, rien de tout cela ne
se retrouvait dans le budget.
Pourquoi la ministre
de la Justice emploie-t-elle les bonnes vieilles méthodes du gouvernement
Harper...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Au-delà de l'envolée, M. le Président, la question de fond est la suivante.
Elle en nomme un certain nombre, de dispositions qui devaient être prises. Je crois comprendre qu'elle aimerait avoir
une trentaine de lois pour pouvoir
faire toutes ces études-là. Moi, je lui soumets que l'équilibre budgétaire, il arrive bientôt, et que, pour y arriver,
nous devons nous y mettre, à l'ouvrage, avec une loi qui envisage l'ensemble
des gestes qu'on doit poser.
Alors,
je pose la question : Si on est sérieux qu'on veut revenir à l'équilibre dans l'année qui vient, est-ce
qu'on se met à l'ouvrage aujourd'hui ou on refuse de travailler? C'est
le choix qu'elle a.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Un
discours... Une
loi sur la mise en
oeuvre du budget est déposée en général
deux mois après le discours du budget. On comprend pourquoi ça a été retardé, parce que vous avez voulu
introduire en douce, en bloc des
mesures comme la taxe famille libérale, des mesures comme l'abolition des centres locaux de
développement, parce que vous avez choisi la bonne vieille
méthode Harper. Vous êtes rendus comme le gouvernement conservateur, le
gouvernement Harper. Vous essayez de passer en douce des hausses de taxes.
Le Président :
On va essayer d'éviter les imputations de motifs. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je ne me
sens pas offensé, M. le Président. Je voudrais informer ma collègue
que, dans le projet de loi,
elle l'a sans doute noté, il y a aussi des dispositions qui étaient dans le budget
du prédécesseur. Alors, c'est pour dire que le projet de
loi sur son budget, 18 mois au début de son mandat, ne se
retrouvait même pas, M. le Président, dans des projets de loi pour la suite.
Alors,
bien sûr, il y a des projets
de loi pour revenir à l'équilibre budgétaire. Mais, si on veut faire des comparaisons, M. le Président, je fais juste rappeler ici, pour les méthodes, que, du côté du Parti québécois, ils ont reçu du Vérificateur
général, au mois de juin, toute une rebuffade quand il a dit aux Québécois,
ce qu'on a appris en juin, que le ministre
des Finances avait refusé...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...de donner accès à l'information pertinente aux Québécois. Voilà ce que vous
avez fait...
Le Président :
Principale, M. le député de Rimouski.
LeBel : Ce matin, on apprend
dans Le Journal de Montréal qu'une dame de 85 ans qui réside dans un CHSLD
n'a pas eu droit à un bain depuis son arrivée il y a neuf mois. Ça pourrait
être notre maman, notre grand-maman.
Neuf
mois, neuf mois qu'elle est seulement lavée à la débarbouillette. La direction du CSSS
explique la situation en disant que
sa condition physique ne permet pas de prendre un bain. Les réactions n'ont pas
tardé à fuser, et les groupes de défense des aînés sont sans
équivoque : refuser un bain à une résidente est complètement intolérable.
Le président du Conseil de la protection des
malades va plus loin et s'indigne : On lave les animaux plus souvent que
ça au zoo de Granby.
Un élément est
manquant dans cette histoire, soit le minimum d'humanité et de dignité qu'on
devrait être en mesure d'offrir à nos aînés.
Est-ce que la... la ministre des Aînés aurait le privilège de se lever et nous
dire qu'est-ce qu'elle a fait
dans ce dossier-là?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je suis tout à fait en accord avec certains commentaires qui viennent d'être faits. C'est
une situation qui est tout à fait inacceptable. Et je tiens à offrir ici
certainement et à la dame et à la famille certainement mes meilleurs commentaires, en ce sens
qu'évidemment ce n'est pas acceptable, évidemment, ce genre de situation là, là. Il n'y a
personne qui peut tolérer ça.
Alors, au ministère, M. le Président, nous sommes
actuellement, avec les autorités, à faire le point sur cette situation-là parce que les raisons invoquées pour
mener à cette situation-là sont, du moins dans ce qui a été rapporté dans
les journaux, assez difficiles à comprendre
parce qu'on invoque un certain nombre de problèmes techniques, là, que j'ai
de la misère à justifier moi-même. Alors, il va falloir qu'on m'explique la chose,
d'une part.
d'autre part, ça fait maintenant un certain nombre de fois qu'on rapporte ce
genre d'événement là, à un point tel
qu'au ministère on a décidé de faire une revue complète des orientations pour
ce qui est des soins à donner aux gens et surtout des règles à appliquer en termes de gestion pour faire en sorte
que les pendules soient mises à l'heure dans notre réseau de CHSLD, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Ce genre de dossier là arrive depuis plusieurs années. Je ne
peux pas croire qu'en 2014, aujourd'hui, une situation comme ça peut encore arriver. Neuf mois, il faut y penser,
là, c'est neuf mois. On lit ça dans le journal, mais ça peut être nos parents, ça peut être les gens
proches de nous autres. Je ne peux pas croire que ce genre de situation là peut
encore arriver aujourd'hui.
ministre, dans sa loi, veut se donner des pouvoirs de contrôler tout le système
de la santé, d'avoir les pouvoirs omnipotents sur tout.
Bien,
une question comme ça : Est-ce qu'il peut nous
dire... Parce que c'est un cas
particulier qui vient de nous arriver, et on sait que ça va nous... que
ça peut arriver...
Le Président : M. le ministre de la Santé.
Barrette :
M. le pouvoir... — M. le pouvoir!
tout un lapsus! — M. le Président, je rappellerai, M. le
Président, à l'opposition officielle qu'il y avait des journaux
lorsqu'ils étaient au pouvoir, et les mêmes histoires survenaient, malheureusement. Et je n'ai pas entendu de la part
de mon prédécesseur ou de quiconque de l'autre côté de la salle, lorsqu'ils étaient au pouvoir, l'intention de
rectifier quoi que ce soit. Au contraire, le Parti québécois, lorsqu'il était
au pouvoir, M. le Président,
annonçait des fermetures de lits en CHSLD, alors que les besoins sont tels
qu'on ne peut pas faire ça, M. le Président.
Le Président : En terminant.
Barrette : Alors, évidemment que la
tactique était d'un autre ordre. Nous agirons, nous, contrairement à ce
qui a été fait avant.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député
de Rimouski.
LeBel : Je savais que ça allait
arriver un jour. Je ne veux pas faire de partisanerie avec ça puis je demande
au ministre de ne pas faire de partisanerie
avec ça. C'est une question très particulière, puis vous... Question d'humanité. C'est une
personne qui n'a pas son bain pendant neuf mois.
Puis je le sais puis vous le savez, que ça peut arriver dans d'autres cas. Ça peut arriver dans nos
familles, tout le monde ici, je vous dis.
Est-ce
que vous allez réagir pour ce cas-là et est-ce que vous allez vous assurer que
ce genre de situation là n'arrive plus jamais? On est en 2014, puis la
ministre des Aînés devrait avoir une attention particulière à cette
situation-là.
Le Président : M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, une des façons exemplaires de ne pas faire de
partisanerie est de ne pas se lever sur ce sujet-là en Chambre de cette
manière. M. le Président...
Le Président : S'il vous plaît!
M. Barrette : M. le Président...
Président : Tout à
l'heure, je disais qu'il faut éviter
d'imputer des motifs à l'un et l'autre. Bien, ça en
est aussi un exemple. Est-ce qu'on peut l'éviter, ministre de la Santé?
M. Barrette : M. le Président, j'ai clairement
exprimé, clairement exprimé les mêmes sentiments que
mon collègue vient de le faire. Cette situation-là n'est
pas acceptable. La population qui nous écoute a tout à fait raison de s'attendre à ce que cette situation-là non
seulement soit corrigée, mais ne se reproduise plus. Et on va faire tous les
efforts possibles pour que ça n'arrive plus, M. le Président, entre
autres en révisant nos procédures dans tout le réseau.
Le Président : Principale, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, dans son discours d'ouverture le 21 mai dernier, le
premier ministre a dit, et je le cite :
«Nous poursuivrons le développement des
services de garde en mettant les familles de la classe moyenne [...] à l'abri d'un
choc tarifaire.»
J'ai
demandé hier au premier ministre qu'il reconnaisse qu'il n'avait pas respecté
son engagement puis qu'il était au
courant, quand il a prononcé son discours d'ouverture, des finances publiques,
de l'état des finances publiques du Québec. Il a préféré ne pas répondre
à ma question.
M. le Président, la vérité, c'est que le
premier ministre a promis qu'il n'y aurait pas de choc tarifaire pour les
familles de la classe moyenne, et ensuite il
a montré son vrai visage puis il a sacrifié les familles de la classe moyenne.
le Président, la vérité, là, quand on regarde la proposition du gouvernement, c'est, quand on a une famille qui a deux revenus de 50 000 $ chacun, deux
enfants, la hausse nette du crédit d'impôt, ça va être 1 670 $, une
hausse de 55 %.
Moi, j'ai une
question, là, très simple pour le ministre des Finances : Est-ce que,
selon lui, une famille qui a deux parents qui gagnent chacun 50 000 $
puis qui a deux enfants, est-ce que cette famille-là fait
partie de la classe
moyenne?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui. Et je suis sûr qu'il y aura des additionnelles, mon collègue pourra
répondre. Il y a un des éléments qui a été
soulevé par le chef de la deuxième opposition à savoir à quel moment la vérité
ou la lumière fut faite sur les
chiffres du gouvernement précédent. Et je dois rappeler ici le dépôt, en début
juin 2014 — juin de
cette année — du
rapport du vérificateur, qui nous rappelait...
Et je vais citer un passage parce que je pense que... J'ai cité un tout petit
bout tantôt, mais je pense qu'il faut y revenir.
On y dit, dans ce document, début juin,
donc : «...les efforts à fournir pour atteindre la cible relative au solde
budgétaire atteignent près de
4 milliards de dollars. Le Point et le Budget — le Point, c'était la mise à jour que le
gouvernement du Parti québécois avait faite
avant de faire le budget —présentaient une vision limitée de l'état des finances publiques en ne
divulguant pas l'ampleur de ces efforts.» Et il continue : «Mon rapport
déposé en février 2014 — à l'orée, là, à l'aube
d'une campagne électorale — montrait également un portrait incomplet étant donné le refus du
ministère des Finances — et du ministre — de me
donner accès à l'information pertinente.»
Deux choses à dire là-dessus, parce qu'il l'a
soulevé dans sa question : Mon collègue a déjà...
Le Président : En terminant.
Fournier : ...déposé un projet de loi pour faire que cela
n'arrive plus jamais et que l'on ait la vérité et les chiffres...
Président : Première complémentaire, M. le leader du deuxième
groupe d'opposition... chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, ce n'est pas sérieux. Le leader est en train de nous dire que
le premier ministre a fait un
discours d'ouverture, de façon solennelle, sans connaître les finances
publiques, qu'il les a apprises juste au mois de juin. Voyons donc!
Je répète ma
question au ministre des Finances : Est-ce que, selon lui, une famille qui
a deux parents qui gagnent chacun 50 000 $, qui ont deux
enfants, est-ce que cette famille fait
partie de la classe moyenne?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, bon, c'est intéressant de remarquer que le
chef de la deuxième opposition, hier, quand il mentionnait le même exemple d'une famille, 50 000 $ chacun,
etc., allait payer 2 000 $ de plus. Là, aujourd'hui, c'est
1 550 $. La semaine prochaine, ce sera peut-être encore un petit peu
moins? On verra.
En effet, c'est une augmentation pour ce type de
famille là, mais, comme le leader vient de le mentionner, la situation
budgétaire était sérieuse, et donc nous avons dû répondre aussi d'une façon
sérieuse à cette réalité-là. La façon dont
nous avons modulé les tarifs de garde, c'est, d'abord, pour préserver le
système, parce que c'est très important qu'on préserve...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...le système, puis on
va le préserver pour assurer sa continuité et pour épargner...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
si le ministre des Finances m'avait bien écouté, là, il aurait compris que l'augmentation, c'est 2 000 $ brut, mais,
net du crédit d'impôt, si on l'obtient, c'est 1 670 $. C'est beaucoup
d'argent. Le ministre des Finances, avant d'être en politique, là, il
répondait logiquement; là, on dirait que, depuis qu'il est en politique, il
n'est plus capable de faire ça, là.
Est-ce qu'il
peut répondre à ma question? Est-ce qu'une famille avec deux revenus de
50 000 $... Est-ce que ça fait
partie de la classe moyenne?
Est-ce qu'il peut enfin...
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Le Président : M. le...
Fournier : Question
de règlement. Je ne veux pas empêcher mon collègue
de répondre. La question a été posée, il y aura une réponse. Simplement pour indiquer à notre collègue
que, s'il choisissait des formules, des propos qui étaient plus... je dirais, moins blessants, peut-être
que ça irait... Peut-être qu'il
n'aime pas la réponse. En démocratie... Je peux peut-être lui dire : En démocratie, on n'a pas toujours la même
opinion, mais ça ne veut pas dire, M. le Président, qu'il faut critiquer
et utiliser des termes qui blessent les gens.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Article 79, M. le Président. Ça fait maintes et maintes fois que je me lève
pour vous dire que les ministres ne
répondent pas à la question. Le ministre des Finances, d'habitude, répond
franchement aux questions. Alors, il a 45 secondes pour répondre
franchement à la question.
Président : Alors, exactement. On va lui demander de le faire.
M. le ministre des Finances.
Leitão : O.K., bon, très bien. Oui, c'est vrai, M. le Président, que
j'ai l'habitude, j'ai toujours l'habitude de donner des réponses franches et directes à la question. Nous avons déjà mentionné
qu'au Québec le revenu médian familial est
aux alentours de 70 000 $. Ça, c'est clair, tout le monde connaît ça,
je n'ai pas besoin de le répéter. Mais je reviens à ce qu'il disait au début, M. le Président. Hier,
c'était 2 000 $ de plus; aujourd'hui, on est à 1 570 $ net
de tous les crédits d'impôt, etc. Et il y a d'autres façons qu'on peut
encore faire baisser ce montant-là.
Donc,
ce que je veux dire, c'est que cette augmentation des tarifs est modulée selon
le revenu. Il y a plusieurs façons...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...d'amortir cette hausse-là, et surtout ça épargne...
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, je reviens sur l'histoire révélée par Le Journal de
Montréal ce matin, car il est
important que l'on répète cette histoire. Et là ce n'est pas une question de
partisanerie, c'est seulement une question de dignité. Mme Rita
Couturier a 85 ans, s'il vous plaît. Elle vit dans un CHSLD de Montréal depuis
neuf mois. Elle n'a toujours pas eu de bain.
Elle est seulement lavée à la débarbouillette. J'ai personnellement parlé, il y
a quelques minutes, à une des filles
de Mme Couturier pour en savoir davantage. Ce n'est pas un cas isolé.
Souvenons-nous, par exemple, de Mme
Mainguy, à Rouyn-Noranda, rappelez-vous — 2013 — qui avait droit à seulement deux douches en
cinq semaines. M. le Président, personne ici n'accepterait que sa mère
ou son père soit traité de telle façon.
question au ministre de la Santé : Que fera-t-il — et qu'il le répète — concrètement pour que pareille situation
ne se répète pas, lui qui est imputable et responsable des CHSLD au Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, comme je l'ai dit précédemment, et, à la
demande du député de Lévis, je vais le répéter,
alors... et je vais le répéter à la face du monde, incluant beaucoup de
personnes âgées qui nous écoutent et qui suivent les débats ici, c'est une situation qui est tout à fait inacceptable. Je
ne l'accepterais pas pour moi-même, je ne l'accepterais pas pour mes parents
qui sont dans ce groupe d'âge là.
Maintenant,
évidemment, les administrations hospitalières ont des responsabilités qui sont
les leurs, et il semble que, dans
certains cas, il y ait des problèmes d'exécution de demandes qui sont faites.
Je l'ai dit et je le redis, je sympathise grandement avec et la famille et la personne concernée dans cette
histoire. Et malheureusement on sait que, gouvernement après
gouvernement, on voit... ou certainement dans les deux dernières années, ce
type d'épisode là survenir.
Alors,
je l'ai dit précédemment, M. le Président, nous sommes, au ministère,
actuellement à revoir essentiellement les
consignes et orientations qui doivent être mises en application dans les CHLSD,
parce qu'ils sont sous notre autorité, comme l'a dit le député de Lévis,
et ces orientations-là seront précisées, et l'exécution de ces orientations-là
le sera également, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, c'est un peu dramatique, hein,
puis ça fait 30 ans qu'on me raconte des histoires comme celle de Mme Couturier. Probablement que le
ministre de la Santé en a aussi entendu. Ce n'est pas nouveau pour le
gouvernement. L'AQDR rappelait ce matin qu'aucune loi n'oblige les CHSLD à
donner des bains aux résidents.
Est-ce
que le ministre de la Santé s'engage à revoir la norme et la rendre officielle
rapidement pour qu'enfin nos aînés puissent être traités dans la
dignité?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : M. le Président,
évidemment, là, je ne peux pas refaire l'histoire. Alors, quand bien même on invoquerait tous les épisodes passés, qui sont
tous des épisodes malheureux, aujourd'hui, je suis ici pour m'occuper du
futur. Et je viens de
dire il y a quelques instants, M. le Président, que nous allions revoir les
consignes, les orientations ainsi que nous allions nous assurer que ces
consignes, orientations, directives soient exécutées.
La problématique
ici, M. le Président, est d'abord et avant tout le fait que, manifestement, il
y a des gens qui ne respectent pas
certaines consignes qui ne sont peut-être pas assez claires pour eux, mais qui
le deviendront dans un avenir rapproché.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, le ministre confirme et le dit : Ce n'est pas nouveau, ce qu'on
se raconte ce matin. C'est extrêmement dramatique mais pas nouveau. Il
sera probablement d'accord que ça doit cesser. Et je ne répéterai pas les termes de l'opposition alors que Paul Brunet disait
qu'on lave les animaux du zoo plus souvent, parce que c'est une image forte mais désagréable,
désagréable. Mais, quand même, ça fait réfléchir, hein? Pour l'image forte,
ça fait réfléchir. D'ailleurs, le parti au
pouvoir réagit actuellement. Mme Couturier n'a pas eu de bain depuis
neuf mois, ça fait 270 jours.
Ma question au ministre de la Santé, encore une
fois...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Vous savez, ce
qui me rassure, M. le Président, c'est que les gens qui nous écoutent, compte
tenu de leur expérience de vie,
savent faire la différence entre une intervention, disons, spectaculaire en
Chambre, un journal et les actions que le ministre posera. Et je...
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Article 79.
Là, c'est une situation indigne, ce qui se passe présentement. Le ministre...
Le Président : M. le
ministre, veuillez continuer.
Le Président : S'il vous
plaît! Il y a le ministre qui a le droit de répondre, là, on va l'écouter.
Barrette : Je m'excuse
d'avoir fait référence à une déformation professionnelle du député de Lévis, M. le Président, mais ce que je dis ici...
Président : S'il vous plaît, là, s'il vous plaît! On va se calmer partout tout le monde. Faites attention, M. le ministre de la Santé, s'il vous plaît.
Barrette : M. le Président, je pense que les gens qui nous écoutent vont juger la situation, notre
situation, en fonction des décisions
et des contrôles que l'on mettra en place. Nous avons, et je l'ai annoncé,
l'intention de revoir la chose et de s'assurer que les services soient
donnés...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et c'est à cet
autel-là que nous serons jugés par le public qui nous écoute.
Le Président : Principale, M.
le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, l'année passée, la commission
parlementaire sur l'inversion de
l'oléoduc 9B d'Enbridge a fixé
18 conditions qui ont été adoptées ici, à l'Assemblée nationale.
Plusieurs de celles-ci touchent la protection des cours d'eau et la capacité de la compagnie à payer dans le cas
d'éventuels dégâts, qu'on ne souhaite pas, évidemment.
Hier, la Communauté métropolitaine de
Montréal, qui regroupe 82 municipalités, a dit que les réponses d'Enbridge
étaient incomplètes entre autres sur au moins deux conditions de l'Assemblée nationale :
le franchissement des cours d'eau et la sécurité en approvisionnement de
l'eau potable.
contre, Enbridge a dit qu'elle, elle ne tiendrait jamais
compte des conditions de l'Assemblée
nationale. Il faut le faire, M.
le Président!
Donc,
à quelques semaines avant l'inversion de l'oléoduc 9B d'Enbridge, est-ce que
le ministre de l'Environnement
peut nous dire si toutes les conditions fixées par l'Assemblée nationale seront
respectées?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, avant de répondre à la question du député de Jonquière,
j'aimerais quand même souligner que,
dans tout le processus menant justement à l'établissement des conditions, le gouvernement du Parti québécois, qui
aurait pu justement aller plus loin puis s'assurer, justement,
que ce projet-là soit traité
sérieusement et rigoureusement, a
choisi la politique de la chaise vide et n'est pas allé devant l'Office
national de l'énergie, alors que nous, dans le dossier TransCanada, nous
allons jusqu'au bout et nous défendons les intérêts du Québec.
Ceci
dit, concernant le projet Enbridge, il est clair... Nous avons mis en place
l'unité de vigilance. Nous travaillons avec
la Communauté métropolitaine de Montréal. Nous nous assurons que l'ensemble des
conditions seront suivies à la lettre
comme il a été recommandé par la commission parlementaire et comme il est de
notre devoir de suivre les recommandations de cette Assemblée. Merci, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, je veux juste rappeler que
la commission parlementaire, là, c'est un exercice de l'Assemblée nationale. Tous les partis y ont
participé parce que nous, on travaillait pour que ce soit l'Assemblée nationale
qui parle d'une voix forte au nom du Québec.
Parmi ces conditions,
il y en avait deux, la 15 et la 16, sur la connaissance de la qualité de l'eau
potable et la protection aux points de
traverse. S'il y a une rupture de l'oléoduc, là, ça peut menacer
l'approvisionnement en eau potable pour 4 millions d'habitants,
4 millions de Québécois.
Est-ce que le
ministre de l'Environnement va s'assurer de protéger l'eau?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président,
le député de Jonquière semble oublier une
autre des conditions qui avaient été
émises par la commission parlementaire et reprise par cette Assemblée, qui était l'établissement d'une unité de vigilance. L'unité
de vigilance est en place, laissons-la faire
son travail. Vous pouvez être certains que le gouvernement va s'assurer que
toutes les conditions seront respectées à la
lettre. Merci, M. le Président.
Le Président : M. le... Mme la députée de...
Le Président : Ah!
complémentaire. Complémentaire, M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville : La condition cinq,
M. le Président, prévoit qu'Enbridge dépose une garantie financière suffisante
pour couvrir tous les dégâts en cas de
déversement de pétrole. 1 milliard, c'est la garantie financière qui est
demandée à Enbridge, selon ce qu'ont confirmé des hauts fonctionnaires
aux Ressources naturelles.
Est-ce
que le gouvernement libéral confirme que 1 milliard, c'est suffisant pour
couvrir les coûts d'un déversement sur le territoire québécois et est-ce que le
gouvernement libéral confirme qu'Enbridge a déposé l'argent?
Le Président : M. le ministre des Ressources
naturelles.
Arcand : M. le Président, sur cette question,
je dois vous dire qu'il y a eu différentes analyses qui ont été faites par le passé suite à certains événements qui se
sont produits un peu partout au Canada, et le gouvernement libéral regarde la situation
actuellement. Nous avons, je dirais, travaillé pour s'assurer, évidemment, que
les montants impliqués soient les bons montants. Le gouvernement
fédéral, dans cette circonstance, actuellement, a déjà des plans en ce sens-là.
le Président, il est clair que ce que nous voulons, c'est que la population
soit protégée et qu'il y ait le maximum d'efforts qui soient faits afin
que cette sécurité-là existe pour tous les citoyens,
M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : En 1997, le Québec a fait
le choix des CPE, un réseau sans but lucratif,
pour offrir des services de garde de
qualité répondant aux besoins éducatifs des enfants et impliquant leurs
parents. En 2003, les CPE couvraient 84 % des places en service de garde au
Québec. Sous le règne libéral, la tendance s'inverse. En neuf ans, on assiste au développement anarchique des places non
subventionnées dans des garderies à but lucratif, et c'est une croissance
de 1 600 %. Aujourd'hui, le nombre
de places dans le privé, subventionnées ou
non, surpasse le nombre de places en CPE, et c'est dans le privé qu'on
retrouve le plus de plaintes sur la qualité des
services.
Dans ce contexte, est-ce que la ministre de la
Famille peut nous confirmer que les 6 300 nouvelles places en garderie, en service
de garde seront en priorité dans les CPE?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le Président, cela me permet de
rassurer ma collègue de Gouin, puisque je vais lui rappeler quelques chiffres. Au Québec,
en 2014, voici les chiffres : en CPE,
87 779 places; en milieu familial — parce que, oui, il y a plus que les CPE, M. le Président — 91 664
places; en garderie subventionnée, 45 010 places; et en garderie
non subventionnée, 50 092 places.
La volonté du
ministère et les chiffres que nous avons sortis nous ont assurés qu'en ce
moment le développement des places se
fait comme suit : 85 % des places sont en
CPE et 15 % des places sont dans le reste du réseau. C'est
exactement le modèle que ma collègue
d'en face a appliqué quand elle y était, et c'est le modèle qui est dans le
réseau présentement.
Donc,
j'espère que ça va non seulement éclairer ma collègue de Gouin, mais aussi
rassurer les parents du Québec...
Le Président :
En terminant.
Charbonneau : ...parce qu'en région on ne peut pas
toujours avoir un CPE. Des fois, c'est une place en...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, la
ministre me confirme donc qu'actuellement le nombre de places dans les
réseaux privés, subventionnées ou non, surpasse le
nombre de places en centre à la petite enfance. Et je suis très étonnée qu'on dise que les nouvelles places seront
à 85 % développées en CPE, parce que, par ailleurs, les fonctionnaires
de la ministre, dans certains cas,
commencent déjà à dire aux CPE qu'ils devront verser 50 % des
agrandissements et des nouvelles immobilisations.
J'aimerais savoir comment la ministre peut concilier tout ça.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : Je pense qu'on mélange des choses
ici, là. Il faut vraiment voir le développement des places...
Le Président : Chut! Chut!
Chut!
Charbonneau : ...dans
le développement des places et dans la capacité de les...
Le Président : J'ai bien
entendu la question...
Le Président : S'il
vous plaît! Les commentaires, vous
les gardez pour après la période de
questions, s'il vous plaît! La parole est à Mme la ministre.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Le morceau de
casse-tête ne donne pas priorité au reste du réseau.
Dans
la volonté du développement qu'on a en ce moment, M. le Président, il y a
nécessairement un regard à porter sur
ce qu'on est capable de faire. Dans certaines régions du Québec, M. le
Président, on ne peut pas faire un bâtiment, alors on ouvre les portes des résidences, et il y a des dames et des hommes extraordinaires qui rouvrent
des services qu'on appelle le milieu
familial. Donc, quand ma collègue me demande : Est-ce que
je peux assurer qu'en ce moment...
Bien, en ce moment, les quatre réseaux existent...
Le Président :
En terminant.
Charbonneau : ...et c'est à ça que le ministère travaille,
parce que ce qui est important, c'est les places aux enfants.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : M. le Président, la présidente de la Coalition des
garderies privées non subventionnées écrivait
récemment, suite à une rencontre avec la ministre que, et je cite, «le
gouvernement ne reviendra pas sur sa décision, car il veut diminuer la
construction de nouveaux centres à la petite enfance».
Je demande à la
ministre de nous parler franchement et d'assumer clairement son penchant pour
les garderies commerciales.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
M. le Président, la députée me fait dire une chose extraordinaire, j'en ai un,
penchant, M. le Président, j'en ai un comme
toutes mes collègues ici, dans cette salle, c'est-à-dire que toutes les
familles du Québec reçoivent un
service parce qu'il faut s'assurer que chacune d'elles, quand un enfant arrive,
sache qu'il y a une place qui l'attend à quelque part, pas qu'elle va se
creuser la tête puis qu'elle devra
chercher, mais qu'il y a une place qui l'attend, que ce soit...
Le Président :
S'il vous plaît!
Charbonneau : ...dans un CPE, dans un milieu familial ou dans
une garderie avec des places subventionnées, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Repentigny.
Le Président :
Chut! Chut! Mme la députée de Repentigny, s'il vous plaît.
Lavallée : M. le Président, la Coalition avenir Québec demande depuis
des semaines à la ministre de la Famille de s'attaquer au phénomène des places
fantômes dans les garderies. Elle reconnaît maintenant l'ampleur du problème, mais elle nage dans l'improvisation avec
une réforme inéquitable. La ministre de la Famille veut s'attaquer aux parents plutôt qu'aux garderies fautives. En
effet, les parents pourraient payer jusqu'à
3 600 $ en frais de garderie, alors que, de leur côté, les garderies pourraient recevoir une amende
allant de 250 $ à 1 000 $. C'est tout à fait inéquitable et disproportionné. On est pour la lutte
contre les places fantômes, mais pas sur le dos des parents, pas de cette
manière-là.
M. le Président, est-ce que la ministre reconnaît qu'elle se trompe de cible en voulant
s'attaquer aux parents plutôt
qu'aux garderies fautives et va-t-elle corriger le tir immédiatement?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
M. le Président, hier, j'ai eu le privilège de déposer ma deuxième loi, la
première... À vos souhaits, M. le
député de Rosemont. J'ai eu le privilège de déposer la loi n° 27, qui
était la deuxième loi que le ministère de
la Famille déposait. Ce pourquoi on la déposait, c'est qu'effectivement on a
entendu l'ensemble du réseau nous parler des places fantômes, des places que les parents doivent utiliser ou
n'utilisent pas sous prétexte qu'il faut absolument signer un document de cinq jours, même si on en utilise
trois. La volonté qu'on a en ce moment, c'est de partager la responsabilité
entre l'utilisateur et le donneur de
service. Par contre, M. le Président, vous le savez, dans nos façons de faire,
quand on dépose un projet de loi, ça
fait en sorte qu'on a des consultations avec les gens, et ils viendront nous
dire si on se doit de corriger des
choses par rapport à notre volonté. Mais une chose est sûre : une place
pour les enfants, c'est le privilège et c'est où on veut aller avec les
lois qu'on dépose.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, la coalition est contre les moyens que la
ministre de la Famille veut utiliser pour s'attaquer aux places fantômes. Même une ancienne ministre libérale de
la Famille, Yolande James, a dit, ce matin à RDI, que ce n'est pas aux
parents de porter l'odieux de cette politique.
Quelle autorité morale a la ministre de la
Famille pour responsabiliser les parents quand elle vient de briser la promesse
de ne pas hausser les tarifs de garde?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
M. le Président, la loi n° 27 propose de responsabiliser ceux qui donnent
les services et ceux qui reçoivent le
service. Nous croyons sincèrement qu'un cri du coeur qui vient des parents, qui
dit : On se sent pris en otages... On a le pressentiment et on se
sent obligés de poser des gestes. En faisant en sorte que les contrats soient respectés, en faisant en sorte que chacun se parle
et respecte la place qu'il occupe, plus de parents au Québec vont avoir
de places au même prix qu'ils sont financés présentement au niveau du
gouvernement. Merci, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, ce sont les garderies qui devraient être
pénalisées pour les places fantômes, pas les parents. Si la ministre de la Famille assumait son rôle, il n'y
aurait pas de places fantômes, et les parents n'en feraient pas les
frais.
La ministre va-t-elle amender son projet de loi
pour s'attaquer aux garderies fautives plutôt qu'aux parents?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Ma collègue le sait sûrement, elle va participer avec
plaisir à l'étude de ce projet de
loi, et on pourra échanger longuement sur les avenues apportées par la CAQ.
Parce que j'imagine que, si leur
solution, elle est en tête, ils vont la partager avec nous. Parce que c'est
beau de dire : Ne faites pas ci, ne faites pas ça, mais il faudrait peut-être qu'on entende de leur
part qu'est-ce qu'il faudrait faire, puisque c'est ça, le partage des opinions.
On n'a pas le monopole, de ce côté-ci, des bonnes idées, mais, en même temps,
il faudrait l'entendre, la leur. Merci, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Terrebonne.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président, la
ministre de la Famille nous dit : J'entends le cri du coeur des parents du Québec. Est-ce qu'elle entend le cri du
coeur de ces parents qui se sont déplacés partout à travers les régions du Québec au cours des
dernières semaines pour venir lui dire que la tarification modulée selon les
revenus, ça ne faisait pas leur affaire?
Est-ce que la ministre a entendu le cri du coeur
des parents qui sont venus dire également que les coupures d'allocation en milieu défavorisé, ça ne faisait
pas leur affaire non plus? Est-ce qu'elle entend les parents du Québec qui
lui ont dit maintes et
maintes fois qu'il fallait développer des places dans le réseau parce qu'ils
attendent depuis des années, parce
qu'ils sont en route pour avoir d'autres enfants, qu'ils veulent avoir des
services de garde subventionnés disponibles pour leurs besoins?
Est-ce que la
ministre entend le cri des parents qui lui demandent de respecter sa promesse
électorale, sur laquelle elle s'est
engagée dans la dernière campagne? Est-ce qu'elle entend ces dizaines de
milliers de parents qui ont signé la pétition pour la sauvegarde de la
politique familiale?
M. le
Président, les parents du Québec veulent respecter l'universalité du réseau. La
ministre va-t-elle les entendre une fois pour toutes?
Le Président : Mme la
ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. M. le Président, je vais rassurer mon collègue, au
Parti libéral du Québec, on entend
tous les parents du Québec, tous les parents, M. le Président, tous ceux qui
veulent une place, tous ceux qui n'ont pas de place mais qui en désirent
une, tous ceux qui nous disent que, la justice sociale, on passe à côté.
Par contre,
M. le Président, j'aimerais que mon collègue se penche un peu et demande à son
collègue de Rosemont de lui expliquer
pourquoi lui trouve intéressante la modulation et pourquoi lui, il trouve
intéressant peut-être même d'aller juste sur l'aspect électrique. Parce
que, dans le fond, M. le Président, les gens savent qu'on met en place une
mesure intéressante pour l'ensemble des familles du Québec : une place, un
enfant.
Et, même si
la députée de Pointe-aux-Trembles crie plus fort que je parle, je vais
continuer à vous parler, M. le Président,
parce que ce qui est important, c'est de vous dire qu'on ne parle pas juste
pour les familles CPE, on parle pour l'ensemble des familles du Québec.
Merci, M. le Président.
Le Président : Et cela met
fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, vous devriez faire silence, la période de questions est terminée.
Vice-Président (M. Gendron) : Madame, pour de vrai, vous devriez faire
silence, la période de questions est terminée.
Et on
poursuit à la rubrique des motions sans préavis, et, en
fonction de nos règles, je reconnais
un membre du deuxième groupe de l'opposition. À vous, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci,
M. le Président. M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement
avec le député de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de la décision d'Hydro-Québec de procéder à la vente de ses équipements spécialisés provenant
de Gentilly-2;
«Qu'elle
exige qu'Hydro-Québec fasse preuve de la plus grande transparence dans tout ce processus de vente et fasse état du bilan de
l'opération devant l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Est-ce
qu'il y a le consentement de débattre de cette motion?
Sklavounos : M. le
Président, nous proposons l'adoption sans débat.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Adopté.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Oui, un instant. Oui, M. le leader.
Bonnardel : Je demande que cette motion soit envoyée directement à Thierry Vandal et à tous les membres du conseil
d'administration d'Hydro-Québec, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) :
C'est une demande qui ne fait pas problème, puisque... La présidence prendra
les dispositions d'envoyer cette résolution.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Ça n'ouvre pas de débat, ça. Alors, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement.
Un membre du groupe formant le gouvernement parce
que... Il n'y en a plus?
Vice-Président (M. Gendron) :
C'est beau. Un membre du groupe formant l'opposition officielle. Je
reconnais Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve pour la présentation de
sa motion sans préavis. Mme la députée.
Poirier : Alors, M. le Président, je sollicite le consentement
des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la
députée de Montarville et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale exhorte le
gouvernement à faire et à rendre publique une analyse différenciée selon les
sexes des impacts de la décision de moduler les tarifs des services de garde.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Il n'y a pas consentement. Mme la députée de Gouin, pour la présentation
de votre motion sans préavis.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la
députée de Joliette :
«Que l'Assemblée nationale réitère l'importance
d'accorder un financement adéquat, récurrent et stable aux universités québécoises afin de garantir leur
liberté académique et leur permettre de remplir leur mission d'enseignement
et de recherche;
«Qu'à cet
effet, l'Assemblée nationale félicite l'Institut des sciences de la mer de
l'Université du Québec à Rimouski d'avoir
refusé l'offre de financement d'une chaire de recherche sur le Saint-Laurent de
la compagnie TransCanada, afin d'assurer la liberté académique ainsi que
l'intégrité scientifique.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Pas
de consentement. Les avis de motions sont terminés.
Je cède la parole maintenant à M. le leader
adjoint pour ses avis à cette Chambre. M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles poursuivra l'étude détaillée du projet
de loi n° 11,
Loi sur la Société du
Plan Nord, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15
heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la
salle Louis-Hippolyte—La
Fontaine;
La Commission
de l'aménagement du territoire, elle, poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 3, Loi favorisant la
santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15
heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des finances publiques poursuivra, elle, l'étude détaillée du projet de loi
n° 15,
Loi sur la gestion et le
contrôle des effectifs des ministères, des organismes et des réseaux du secteur
public ainsi que des sociétés d'État, aujourd'hui, de 15 heures à 18
heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil
législatif.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le leader adjoint. Pour ma part...
Vice-Président (M. Gendron) :
...avec un peu plus de silence parce que, je répète, c'est possible de se
retirer de cette Chambre sans tenir
des forums, des débats. Alors, pour ma part, je vous avise que la Commission de
la culture et de l'éducation se réunira en séance de travail
aujourd'hui, de 13 heures à 13 h 30, à la salle RC.171 de l'hôtel du Parlement. L'objet de la séance est de statuer sur
la possibilité que la commission se saisisse de la pétition concernant
la sauvegarde de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
Renseignements sur les travaux. Je n'en vois pas, de demande.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. Et, aux affaires du
jour, puisque c'est aux affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, M.
le député de Terrebonne présente, en vertu de l'article 304 du règlement,
une motion de censure qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral, pour avoir renié sa promesse électorale faite aux Québécois de ne pas augmenter les tarifs des services de
garde au-delà de l'inflation, et pour sa décision de moduler ces mêmes
tarifs en fonction des revenus des parents.»
Comme il
s'agit d'affaires prioritaires qu'on doit traiter immédiatement, je vais suspendre les travaux quelques instants afin de réunir les leaders pour établir les temps impartis de
parole qui sont consacrés... qui seront,
pardon, consacrés à ce débat.
Alors, les travaux sont suspendus quelques
instants pour s'entendre sur la répartition des temps. Merci.
(Suspension de la séance à 11
h 11)
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, chers collègues, nous allons reprendre nos
travaux. On vous demande de prendre siège ou place, à votre goût.
À la suite de la réunion tenue avec les leaders,
je vous avise de la répartition du temps de parole
pour la durée de ce débat :
15 minutes sont réservées à l'auteur de la
motion pour sa réplique — ça, c'est
sacré; 35 minutes seront allouées au
groupe parlementaire formant le gouvernement; 20 minutes seront allouées
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle; 15 minutes seront allouées au deuxième groupe d'opposition; et 4 min 30 s
seront allouées aux députés indépendants. Puis là vous savez tout sur le
reste, que je n'ai pas à dire.
Je cède
maintenant la parole à M. le député de Terrebonne pour qu'il puisse commencer
son intervention. M. le député de Terrebonne, à vous la parole.
Traversy : Merci beaucoup, M.
le Président. Comme vous le savez, parce que vous avez, M. le Président,
beaucoup d'ancienneté en cette Chambre, les motions
de censure sont des recours que l'opposition officielle utilise dans des cas bien exceptionnels et dans des mesures que
l'on peut qualifier d'assez graves, lorsque des fautes pour le moins... assez importantes ont été commises par le
gouvernement en place et où le bris de confiance envers la population et les
acteurs du milieu sont mis à rude épreuve.
J'aimerais,
avant de commencer cette allocution, saluer la présence dans nos tribunes de
l'AQCPE, qui est présente avec nous en grand nombre pour venir,
évidemment, écouter les réponses de la
ministre suite à nos interventions. Je
les remercie d'être présents, d'ailleurs, et de défendre les principes qui ont
mené à la création des réseaux des centres
de la petite enfance et de la politique familiale du Québec.
Alors, par où
commencer, M. le Président? Parce que, lorsqu'on regarde le gouvernement qui
est en face de nous, lorsqu'on regarde le Parti libéral, il y a tellement de
promesses qui ont été trahies, il y a tellement d'engagements qui ont été reniés qu'on se demande par où commencer. Ce
gouvernement est en train de détruire le Québec par ses décisions idéologiques de courte vue. Il n'y a pas assez
d'heures, probablement, M. le Président, dans cette journée pour pouvoir
vous en faire toute l'énumération, mais je vais commencer par le commencement.
Débutons par
l'annonce de jeudi dernier, qui est le pire de tous les ballons qu'on a pu
entendre depuis le début. Parce que,
on se le rappellera, il y a eu la question des allocations en milieu
défavorisé, il y a eu les ballons sur le Régime québécois d'assurance parentale, qui, Dieu merci, n'était pas un vrai
ballon, qui s'est dégonflé. Ça, là-dessus, au moins, il faut le reconnaître à la ministre, elle a gonflé
des ballons, mais elle a réussi aussi à en dégonfler. Il y a également toute la
question du retard du développement des
places, qu'on aura l'occasion de discuter tout à l'heure. Mais jeudi dernier le
gouvernement décide de faire volte-face et de briser sa
promesse électorale concernant le tarif des places en garderie, promesse, M. le Président, qui, lorsque l'on
regarde le cadre financier du Parti libéral de la dernière campagne, disait
tout simplement : «Les familles bénéficieront également de l'indexation
des tarifs des services de garde à 7 $ à partir du 1er janvier 2015.
Elles éviteront ainsi le choc tarifaire découlant [des décisions] du Parti
québécois de porter [de] 8 $, [...]à
9 $ les tarifs [en services] de garde», évitant ainsi, M. le Président, un
choc tarifaire pour les familles du Québec.
Tous les Québécois
gardent en mémoire ce que le premier ministre a dit lors de son discours
d'ouverture. Lorsqu'on regarde aujourd'hui
la proposition du gouvernement en place, qui est d'essayer de moduler selon les
revenus les tarifs en services de
garde à contribution réduite, il y a de quoi devenir cynique, extrêmement
cynique. C'est très grave, ce qui est
fait, c'est-à-dire de promettre quelque chose en campagne et, pas plusieurs
années plus tard, M. le Président, quelques
mois plus tard, faire un virage à 180 degrés et arriver devant ces mêmes
électeurs, ces mêmes jeunes familles, leur
dire : Ce que je vous ai dit au printemps dernier ne tient plus
maintenant, à l'automne. Les saisons et le temps passent, et nos
positions aussi. Vous devez l'accepter, nous sommes dans une conjoncture
incontrôlable.
La ministre, qui est
supposée défendre les familles, qui est supposée défendre les gens du réseau,
semble, au contraire, se mettre au service
du président du Conseil du trésor pour essayer d'aller récupérer de l'argent
dans les poches des familles de la
classe moyenne et essaie, évidemment, de renflouer l'équilibre budgétaire sur
le dos des jeunes familles. Tous les
Québécois, donc, regardent la ministre aujourd'hui dans cette motion de censure
pour savoir si elle va réussir à revenir
à la raison, défendre la promesse et l'engagement qu'elle a tenus en pleine
campagne ce printemps et, évidemment, défendre les intérêts des gens du
milieu de la famille, comme le veut la responsabilité de son poste.
Je vous rappellerais,
M. le Président, que la ministre de la Famille est celle avec laquelle nous
intervenons aujourd'hui, mais il y a le
premier ministre aussi qui, à de nombreuses occasions, est intervenu dans le
cadre de ce débat. Rappelez-vous son
discours d'assermentation au Conseil des ministres le 23 avril dernier,
lorsqu'il a indiqué à la même ministre
de la Famille, je vous cite : «Vous verrez à poursuivre, Mme la ministre,
le développement des places en garderie et à éviter le choc tarifaire aux familles de la classe moyenne en optant
pour une indexation de tarifs.» Lors de l'assermentation du Conseil des
ministres, M. le Président, le premier ministre a décidé de réaffirmer sa
position une deuxième fois devant les
Québécois et de dire à la ministre : Je vous donne le mandat, Mme la
ministre, de défendre les familles,
d'éviter un choc tarifaire, de l'indexer et de développer des places en
garderie. Telle était la sainte mission que le premier ministre du
Québec avait octroyée à sa collègue de Mille-Îles.
moins de quelques mois, M. le Président, on se rend compte que le Parti libéral
a renié non pas une seule fois, mais
deux fois sa parole. C'est une trahison profonde pour les familles, mais
surtout pour la classe moyenne, cette classe dont on cible les augmentations les plus salées de la tarification selon
le revenu que la ministre nous a proposée. On parle d'une augmentation, M. le
Président, pour les gens qui nous écoutent à la télévision, d'environ 4 $
à 8 $ de plus par jour par
enfant, une augmentation qui peut varier entre 800 $ à 2 000 $
par année par enfant toujours, ce qui considère que, dans un budget qui est déjà très serré, ces jeunes
familles qui débutent leur carrière professionnelle devront se trouver peut-être plusieurs milliers de dollars de revenus
nets pour réussir à compenser cette augmentation. Pensez-vous, M. le Président, que ces jeunes familles ont des marges
de manoeuvre à tout casser pour réussir à absorber ce genre de tarifs qui
arrivent du champ gauche et qui n'étaient
pas promis, je vous le rappelle toujours, lors des dernières élections générales?
Pour vous donner un
exemple, une famille de deux enfants, formée d'une enseignante au primaire et
d'un technicien en informatique, devra payer plusieurs milliers de
dollars. S'ils ont deux enfants, ça peut atteindre les 4 000 $ par
année. 4 000 $, M. le Président, ce n'est pas rien. On peut en faire,
des choses, avec 4 000 $ de revenus nets à la fin d'une année,
notamment lorsque Noël arrive à grands pas.
Jamais
le Parti libéral, j'en suis convaincu, n'aurait été élu si cette promesse avait
été affichée de manière claire et de
manière transparente dans le cours du débat politique que nous avons eu. C'est
une trahison qui a été donc entamée par
le parti au pouvoir depuis quelques mois face à ces électeurs qui leur ont fait confiance. C'est des gens qui ont des
enfants en garderie, ce sont ces jeunes
familles qui devront payer. Ce sont des parents qui n'ont pas nécessairement
des moyens à tout casser, qui ont de la misère à arriver, des fois, à la fin de
l'année qui vont devoir se mettre encore la main dans les poches.
parents sont, comme je vous le disais tout
à l'heure, en début de carrière. Ce
n'est pas eux qui ont les plus gros
salaires, ce n'est pas eux qui sont à la fin de leur échelle salariale, et on
ne peut pas dire, M. le Président, que deux salaires à 40 000 $,
avec deux enfants, ça fait
partie des mieux nantis de notre société. C'est la
classe moyenne qui est touchée de plein fouet. Ces jeunes familles
devront donc composer avec ces frais supplémentaires faramineux qui, comme on
se l'est dit depuis quelques minutes, n'étaient pas prévus à leur budget.
ministre se drape depuis quelques jours des termes
«équité», «progressisme». Taxer plus la classe moyenne, M. le Président,
moi, je n'appelle pas ça progressiste, j'appelle ça régresser, j'appelle ça
reculer en arrière dans les 30 dernières
années que nous avons vécues, que vous avez eu la chance de voir, par ailleurs, de votre siège d'Abitibi-Ouest,
dans le temps où les familles devaient faire
le choix entre soit dépenser beaucoup d'argent, voire se ruiner avec une garderie, ou
faire le sacrifice de n'avoir qu'un salaire pendant que les femmes restaient à
la maison.
sait que le choix collectif que notre société
québécoise a pris au cours des
dernières années, c'est d'instaurer un
système qui donnait le choix aux femmes, qui leur permettait de retourner sur
le marché du travail ou bien de rester à la maison si elles le souhaitaient. C'est ça, la beauté de
l'affaire, c'est qu'elles ont eu le choix, M. le Président. Du moins,
elles avaient un choix qui va être de plus en plus difficile lorsqu'on regarde les mesures qui nous sont proposées aujourd'hui, des mesures qui vont
diminuer considérablement, il faut se le dire, cette capacité de choisir en
augmentant drastiquement les tarifs.
Et le pire
dans tout ça, c'est que le gouvernement a pris sa décision en faisant fi, complètement en faisant fi du Conseil du
statut de la femme. La députée de
Taschereau, la
semaine dernière, lors de son
intervention vendredi, a demandé à la ministre si elle avait pris le temps de consulter le Conseil du statut de la femme pour voir s'il y aurait des impacts
par rapport au retour sur le marché du
travail des jeunes mères, et la ministre
a dit qu'elle n'avait reçu aucun son de cloche de la part du Conseil du
statut de la femme. Elle a affirmé en
cette Chambre, M. le Président, qu'elle n'avait ni consulté... et qu'elle n'avait eu aucun son de cloche. Or,
c'est complètement l'inverse. On apprenait dans les journaux cette
semaine que le conseil avait
interpellé la ministre de la Famille dès le mois d'octobre cette année, agitant le
drapeau puis en lançant des signaux
de détresse en disant : Attention! Ce que vous vous apprêtez de faire, là,
ici, Mme la ministre, ce que vous vous apprêtez à faire aura certainement un impact sur les femmes, puis il faudrait
prendre le temps de l'évaluer. Le signal avait été lancé, la ministre l'a volontairement ignoré. Le Parti libéral va nous faire
retourner en arrière, il va détruire nos acquis. Tout ce qui faisait du Québec un paradis des familles est aujourd'hui remis sur la glace. On a peur, M.
le Président, que tout passe à la hache.
Et je vais vous parler de cette deuxième
promesse rompue du Parti libéral. Parce qu'il y a la tarification, mais il y a également
toute la question du développement des places qui faisait
partie aussi de la mission
que le premier ministre du Québec
lançait à la ministre de la Famille lors de son assermentation. Le 20 novembre
dernier, on apprenait dans un communiqué
du premier ministre du Québec, par une petite ligne, là, à caractères bien
petits, dans la deuxième page du communiqué,
là, que le gouvernement s'annonçait à arrêter le développement des places en service de garde à contribution réduite... à développer, pardon, ces places, sauf
celles qui sont déjà en construction ou rendues officielles par un contrat
signé avec un entrepreneur.
Ça, ça veut dire quoi, M. le Président? Ça veut dire
que toutes les places qui ont été octroyées jusqu'à présent, si la construction n'est pas en cours ou si la
signature n'a pas été faite de façon officielle avec un entrepreneur privé,
bien, il n'y a rien de garanti. Alors
là, à ce moment-là, les modalités peuvent changer, puis tout revient sur la
glace, et il y a une incertitude qui
est créée dans le réseau, une incertitude qui est alimentée deux fois plus par
des membres du cabinet de la ministre
qui semblent lancer des signaux aux différentes intervenantes qui sont
inquiètes, dans le milieu, de voir leurs projets peut-être tomber à
l'eau.
Je vous rappellerais, M. le Président, également
que le Parti libéral a choisi de repousser la création des 28 000 nouvelles
places en garderie depuis 2011 à 2021-2022. Donc, M. le Président, il faut
quand même mentionner que, sur deux
aspects, la tarification et le développement des places, bien, il y a eu un
bris de confiance important. Et on voit que le gouvernement, une fois rendu au pouvoir, n'entreprend plus la
même direction que lorsqu'il était en campagne électorale.
Alors, le
Parti libéral, aujourd'hui, doit faire face à ses décisions. Ce qu'on veut, M.
le Président, c'est que les députés
libéraux de cette Chambre soient obligés de se lever, de regarder leur
population puis leurs jeunes familles dans les yeux et de leur dire à
eux aujourd'hui : Je vous ai trahi ou je ne vous trahirai pas...
Vice-Président (M. Gendron) : Un instant, monsieur... Parce que, là,
ça allait bien. Il faut faire attention, il y a des mots qu'on ne peut pas utiliser. Alors, moi, il y a des tolérances
aussi qui ne peuvent pas durer tout un débat. «Trahison», c'est un terme qu'il ne faut pas utiliser ici pour
toutes sortes de raisons. Alors, j'aimerais mieux que vous déployiez, avec
l'intelligence qui vous habite, une autre terminologie.
Traversy : Alors, M. le Président, les députés du Parti libéral
devront dire aujourd'hui, à ce moment-ci, s'ils choisiront entre la défense des jeunes familles, la défense de la
politique familiale du Québec ou l'idéologie comptable du président du Conseil
du trésor. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député de Terrebonne, de votre intervention sur cette motion privilégiée. Alors, je cède maintenant la
parole à Mme la ministre de la Famille pour son intervention. Mme la
ministre de la Famille, à vous la parole.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je suis quand même étonnée que mon collègue se lève
aujourd'hui sur une motion de censure
pour nous parler de services de garde. Pas étonnée parce que ce n'est pas
important, parce que c'est,
effectivement, excessivement important, mais étonnée que le temps soit pris
pour ne parler que d'un seul réseau, puisque
mon collègue s'efforce, s'époumone pour parler du réseau des CPE. Je vous
rappelle que, quand il se lève, il a quand
même un petit morceau de casse-tête, là, sur son veston. C'est un réseau, M. le
Président. Ce n'est pas l'ensemble du réseau, c'est un réseau.
Mais je vais
revenir sur les principes qui nous ont guidés par rapport à la décision qui a
été prise. Parce que, vous savez, M.
le Président, il faut le dire avec fierté, on a un réseau exceptionnel au
Québec, on a un service aux familles qui n'a que de l'envie à travers non
seulement le Canada, mais à travers le monde. J'étais, l'année passée, assise à
une table où j'étais avec des
députées américaines qui étaient très étonnées du mode qu'on avait ici, au
Québec, pour assurer une place aux enfants à 7 $. Parce qu'au
moment où je les ai rencontrées c'était à 7 $.
Maintenant,
un coup qu'on a parlé de cette volonté de ce réseau, il faut voir en arrière de
ça notre volonté à nous de le
maintenir, ce réseau, de faire en sorte que non seulement il prend sa place, il
garde sa place, mais qu'il devienne plus
grand et meilleur. Et je prends à preuve... Et je sais que c'est tannant un
peu, mais il y a quand même un tableau qui l'explique bien. C'est-à-dire que vous voyez les grandes colonnes en
rouge, c'est les places qu'on a créées quand on était au pouvoir, et les
colonnes en bleu, c'est les deux années que le PQ a fait des places. Bien, moi,
quand je le regarde, M. le Président, là, je
ne vois pas une colonne qui en dépasse une autre, je vois juste du rouge qui
dépasse. Et je vous le dis, et je
l'ai dit en période de questions, puis je vais le répéter à chaque fois : Nous
aurons, en mars 2015, dans pas long, là, mars 2015... Parce que, vous savez, M. le
Président, les dates qui régissent le ministère par rapport à la livraison des
places, elles sont vraiment dans les années fiscales qui nous
appartiennent, et, de ce fait, il y aura livraison de 6 300 places.
Peu de
ministres de la Famille peuvent se lever pour dire cette phrase-là. Et je le
fais avec énormément de bonheur parce
que je n'aurai pas le privilège d'en annoncer beaucoup, moi, M. le Président.
Le parti qui était au pouvoir avant a posé un geste, je vous dirais, qui
a mélangé la population. Pourquoi? Parce qu'ils ont annoncé des places... ils
se sont promenés dans toutes les régions du Québec, ils ont saupoudré les
places et ils ont dit aux gens : Dépêchez-vous, là, dépêchez-vous. Probablement qu'ils savaient ce que
le «dépêchez-vous» voulait dire parce que, somme toute, l'argent n'était
pas au rendez-vous.
Alors, quand
on est arrivés, je me suis assise rapidement avec le ministère, qui
m'expliquait un peu la situation puis
qui me disait : Vous savez, Mme Charbonneau, il ne faut surtout pas
oublier... C'est vrai, il ne faut pas que je me nomme, hein? Vous savez, Mme la ministre, il y a les places de 2008, les places de 2011, et maintenant
nous avons à notre actif les places
de 2013. Et l'obligation qu'on avait, c'est d'aller jusqu'au bout pour créer
l'ensemble de ces places. Et, en
2015, on va arriver à un effectif où on va avoir fini de créer les places 2008.
Donc, vous avez compris que les places 2008...
on est en 2014, ça prend quand même du temps à mettre en place un système qu'on
appelle le principe des CPE.
Créer une
place en réseau familial, c'est beaucoup plus rapide, créer une place qui est déjà
établie, ce l'est aussi, mais
l'engagement qui a été pris par le gouvernement auparavant est respecté par notre gouvernement. Pourquoi? Bien, parce qu'on
pense qu'un engagement qui vient du ministère est important, et, de ce fait, on
a regardé les chiffres correctement. Et
ce qu'on a fait rapidement — et
on peut nous le reprocher tant que vous voulez, là — ce
qu'on a fait rapidement, c'est qu'on
a communiqué avec les gens pour dire :
Attention! Nous allons répartir les places de façon à ce qu'elles soient créées
quand l'argent sera au rendez-vous, parce que nous,
on veut que les choses se fassent correctement. Donc, 6 300 places
pour l'année 2014-2015, et les années
subséquentes seront de 4 000, 4 000, 4 000. Est-ce qu'il y a
quelque chose qui a changé là-dedans? Jusqu'ici, M. le
Président, non, il n'y a pas de choses qui ont changé là-dedans.
Par contre,
en regardant les chiffres correctement puis en se disant : Comment on peut faire mieux avec le réseau qu'on a?, bien, on s'est mis à parler avec les
partenaires, et là plusieurs choses sont sorties de ces discussions-là. Parce que
vous savez quoi, M. le Président? À chaque fois que j'ai eu l'opportunité de les
rencontrer et de leur parler, je l'ai fait. Je l'ai non seulement fait, j'ai été capable de répondre rapidement à
une demande de l'AQCPE, qui faisait en sorte que, 12 heures plus tard, je les rencontrais. Je les rencontrais et j'avais déplacé 45 minutes de mon
horaire pour pouvoir les rencontrer, et c'est exactement ce que j'ai
fait. Je me suis assise avec eux, et, après 12 minutes,
M. le Président, bien, il n'y avait plus de question, on avait réglé le
questionnement, et on s'est levés, chacun de notre côté. Donc, M. le Président, quand on dit que la ministre ne rencontre pas les partenaires,
eh bien, je vous annonce que c'est faux.
Mais revenons
au sujet principal qui veut faire en sorte qu'on parle des tarifs et des
places. Je vous ai parlé des places,
je vous ai dit qu'on est en développement, et on va continuer à les faire. Oui,
il y a une proposition qu'on fait à l'ensemble
du réseau, on leur dit : Il y a
trois options qui s'offrent à nous, qui sont peut-être très intéressantes,
puisqu'on veut investir dans la place, M. le Président. La place, pour
nous, elle est très importante. Donc, on leur a dit :
Il y a moyen — et
nous en sommes convaincus, puisque ça se fait déjà — de
faire des partenariats avec la communauté. Pourquoi on a cette prétention-là? Bien, parce que, M. le Président, vous savez qu'il y a des services de garde qui se font avec le réseau de la santé, le réseau de l'éducation, et vous le savez parce que, dans
votre milieu à vous, la communauté se mobilise aussi pour faire en sorte
que les places soient non seulement maintenues, mais qu'on puisse en faire
plus. Donc, dans l'ensemble du Québec, tout le monde se mobilise pour créer des
places. On a cru bon de se dire : Oui, ça
se peut.
La deuxième chose, on a réalisé aussi que, dans
le principe de location, en parlant de nos partenaires, ils disaient :
Vous savez quoi, Mme la ministre, des fois, les places se créent plus vite si on va
en location que si on bâtit. Vous
allez voir, à la fin de la troisième option, M. le Président, vous allez
voir vers où je tends. Donc, on a dit :
La location, si vous allez en location, effectivement il y a là quelque
chose de fort intéressant.
La troisième
option, la disponibilité des places qui sont déjà là,
en installation privée, il y a une possibilité de faire des partenariats entre les CPE et le privé.
Pourquoi? Bien, parce que, depuis six mois, M. le Président, il y a
différents milieux qui ont mis en
place ces partenariats-là, et j'ai été témoin de ces
activités. Donc,
j'ai dit : Si ça peut se faire ici, ça
peut se faire là, et c'est une option qu'on met sur la table pour aider les
gens à créer des places rapidement.
Je vous
dirais qu'il y a une phrase bête et méchante que je dis, mais en
même temps je la dis avec beaucoup de liberté : J'aime mieux investir sur la place que sur
la brique. Parce
que, finalement, somme
toute, un parent qui veut une place, ce qu'il veut, c'est une place, c'est un endroit où il va pouvoir laisser
son enfant, qui est sain et sécuritaire, où il y a un système pédagogique
qui est en place, qui est sous, je vous dirais, le
joug du ministère, et on va s'assurer que ça se passe correctement, mais qui fait en sorte que chacun y trouve sa place.
Et, si, dans une région, la possibilité de créer des places, c'est en milieu
familial, bien, ça sera par là que ça passera pour faire des places. Si,
dans un autre milieu... Prenons Montréal, puisque vous avez compris que, l'aspect
métropolitain, il y a une activité. Bien, à Montréal,
M. le Président, il n'y a
pas tant de places pour bâtir. Donc, peut-être qu'à Montréal leur piste de solution sera la location, qui
sait? Ou ça sera peut-être dans une université ou dans un système
hospitalier, parce qu'il faut répondre aussi aux employés qui travaillent. Donc, le mandat du ministère, c'est,
oui, les places en garderie, mais c'est aussi la conciliation travail-famille.
C'est aussi ça, notre mandat. Et, quand on le regarde, on le regarde sur
l'ensemble de ce qu'on fait.
Maintenant,
les tarifs. Je prends quelques minutes parce que je veux laisser le temps à mon
collègue d'intervenir. Mais, le
tarif, on a non seulement pris en compte un engagement de sauvegarder les
milieux défavorisés, on a pris en compte ce que nous, on dit la justice sociale. Pourquoi? Parce que nous croyons
qu'à partir du moment où 30 % des familles du Québec ne paient pas plus que ce qu'ils paient
présentement, 60 % des familles, M. le Président, ne paieront pas plus que
9 $ — ce
n'est quand même pas rien, là — et puis on se rappelle aussi qu'une place
en garderie, c'est 60 $ par jour.
Donc,
reprenons l'exemple de mon collègue, qui faisait en sorte qu'on faisait un
calcul apeurant. Refaisant... Je vais en refaire un. Dans la proposition
que mon collègue avait, lui, dans son parti, c'était 9 $ par jour. Bien,
pour une famille de 50 000 $ et
moins, bien, c'est 520 $ par enfant par année. Moi, je veux... C'est vrai
que ça ne sonne pas catastrophique,
là, ça ne sonne pas, pour M. et Mme Tout-le-monde qui nous écoutent peut-être
en ce moment, comme une somme
catastrophique, mais 520 $,
quand tu gagnes moins de 50 000 $, là, c'est tout un montant. C'est
la différence dans l'épicerie, c'est
la différence entre le loyer, c'est la différence entre les comptes qui
rentrent et que tu dois faire face.
Donc, quand on nous dit qu'on n'a pas pris en
compte les familles en milieu défavorisé, bien, rappelons-nous que 30 % de nos familles ne paieront que
7,30 $, sans plus, M. le Président. On omet aussi de nous rappeler, hein,
qu'on ne touche pas aux deux autres
systèmes : le congé parental reste intact, l'allocation familiale reste
intacte. Peut-être que le PQ aurait
aimé qu'on coupe l'allocation familiale, parce qu'eux c'est par là que ça
passe, mais nous, on l'a gardée intacte parce qu'on croyait que l'ensemble des familles du Québec, quel que soit
son choix — parce
que je ne ferai pas de préjugé sur le
choix qu'ils font — quel que
soit leur choix, ont droit de recevoir ce montant, de zéro à 18 ans pour
leurs enfants et jusqu'à 21 ans si l'enfant est handicapé.
Donc, dans la
volonté qu'on a eue, on a regardé l'ensemble du réseau, pas juste les femmes,
pas juste les hommes, pas juste un système,
mais l'ensemble du réseau, comment le rendre meilleur, comment en faire plus.
Bien, c'est en se donnant ce système
qu'on appelle la justice sociale. Donc, on protège les gens en milieu
défavorisé puis on demande aux gens
qui sont quelque peu plus fortunés... Parce que, là, je ne sais plus comment le
dire, parce que vous avez un peu le même
problème, des fois, que moi, M. le Président, vous avez un langage un peu
coloré, et je vous le reconnais, mais, quand
on dit «un brin», ça peut être très, très qualifié. D'ailleurs, ce brin-là, je
ne l'ai pas qualifié, j'ai juste dit «un brin». Je n'ai pas dit un gros ou un petit, j'ai dit «un brin». Et, je l'avoue,
M. le Président, ça fait
partie du vocabulaire que j'ai.
Mais, dans
cette volonté qu'on a eue, on a voulu faire en sorte que la facture se partage,
comme nous le demande l'ensemble de
la société, sur le contrat social qu'on a avec la société. Développer des
places, faire en sorte que nos familles ont des services de qualité, en sécurité, pour l'ensemble des familles
du Québec, c'est ce à quoi on travaille au quotidien, M. le Président,
pas une fois de temps en temps, là, au quotidien. Au ministère, on a des gens
sur le terrain, on a des directions
régionales, on a des gens qui s'assurent... On a même ce qu'on appelle des BC
dans notre langage, mais c'est des bureaux coordonnateurs. On en a 163,
et c'est nos partenaires.
Donc, quand
les gens ont décidé de faire une campagne de peur et d'appeler partout pour
dire qu'on était pour fermer des CPE,
qu'on était pour fermer les BC, qu'on était pour faire des fusions forcées,
bien, ils étaient juste un petit peu à côté.
Parce que ce qu'on veut faire, c'est développer, rendre meilleur et donner plus
de services, ce n'est surtout pas en couper
et faire peur aux parents, qui fait en sorte que, s'ils sont ébranlés, c'est
peut-être qu'en ce moment les ballons, puis les épouvantails, puis les grands principes qui ne viennent qu'avec un
seul réseau fassent en sorte qu'on fait peur à tout le monde.
M. le Président,
le réseau, au Québec, pour les familles, qui sont des partenaires, il y en a
plus qu'un, et, de ce fait, on
travaille avec l'ensemble du réseau. Parce que, pour nous, ce qui est
important, c'est de prendre en compte tout ce qui existe, tout : le milieu familial, le milieu subventionné et le
milieu privé. L'obligation de donner un service meilleur appartient à l'ensemble du réseau. Une famille ne
devrait jamais avoir à se questionner sur la qualité du réseau et sur les
services qu'ils reçoivent. La seule question
qu'ils auront, c'est : Est-ce que je vais dans un milieu familial ou
est-ce que je vais dans un réseau un
petit peu plus grand, qui s'appelle soit un CPE, soit une garderie
subventionnée, puisque ce n'est pas
le même nombre dans les groupes, et, quelques fois, c'est des groupes un petit
peu moins homogènes que dans une place ou dans l'autre?
Donc, M. le
Président, je vais m'arrêter ici, mais sachez que j'en ai une, idéologie. J'en
ai une : les familles du Québec.
C'est à eux que je pense à chaque fois que je prends une décision. C'est à eux
que je pense à chaque fois qu'on avance
d'un pas pour donner un service meilleur. Parce que, dans le fond, M. le
Président, toutes les familles devraient avoir le même service, toutes les familles devraient avoir droit, par le
biais d'un service qu'on donne à leur enfant, je vais dire, de six mois à cinq ans... parce qu'essayer
de trouver le meilleur âge pour entrer, des fois ce n'est pas toujours simple,
mais, pendant cette période-là où on
investit pédagogiquement et qu'on fait en sorte que chaque enfant rentre à
chance égale au préscolaire dans un
milieu scolaire, bien, il faut faire en sorte que nous, au ministère de la
Famille, on s'y investit à tous les
jours. Et, si les décisions qu'on prend sont difficiles, si les décisions qu'on
prend choquent mon collègue de Terrebonne,
bien, je veux qu'il le sache : À chaque fois que je vais en prendre une,
ça sera toujours dans l'intérêt des familles du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Voilà. Merci
de votre intervention, Mme la ministre de la Famille. Et je cède la parole, toujours sur cette même motion
d'urgence, au député de Granby, pour son intervention. M. le député de Granby,
à vous la parole.
Bonnardel :
M. le Président, j'interviens, au nom de ma formation politique, aujourd'hui,
sur cette motion de censure qui a été déposée par le député de
Terrebonne, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral,
pour avoir renié sa promesse électorale
faite aux Québécois de ne pas augmenter les tarifs des services de garde
au-delà de l'inflation — l'inflation — et pour sa décision de moduler ces mêmes tarifs en fonction
des revenus des parents.»
M. le
Président, j'ai écouté les propos du député de Terrebonne, j'ai écouté les
propos de la ministre, les familles et
les gens qui nous écoutent ici aujourd'hui ne doivent pas être très, très
rassurés. C'est drôle, je n'ai pas entendu beaucoup, moi, la défense des parents, la défense de la
classe moyenne, ceux qui, aujourd'hui, là, subissent une hausse majeure, une
hausse majeure.
J'entends le
député de Terrebonne qui dit : Ça n'a pas de bon sens, on a un réseau à
protéger. Tout à fait, on a un beau
réseau. J'ai déjà été critique à la famille, on a un beau réseau qui s'appelle
les CPE, on a un beau réseau qui s'appelle les garderies privées
subventionnées, le réseau de garde en milieu familial. Mais aujourd'hui il y a
un gouvernement, M. le Président, qui a renié sa promesse.
Vous savez,
je crois encore aujourd'hui, peut-être naïvement, M. le Président, huit ans
après mon arrivée ou presque à
l'Assemblée nationale, que la parole d'un politicien, c'est important, que la
parole d'un élu, la parole d'un prétendant chef de parti ou chef
lui-même qui veut devenir premier ministre, c'est important.
Vous savez,
M. le Président, chaque parti politique fait un programme électoral, prépare un
cadre financier. Il n'y a peut-être
pas beaucoup de gens de la population qui lisent ces cadres financiers, mais ça
en dit beaucoup, ça en dit beaucoup sur la validité, la capacité de ces
partis, de son chef à dire : Nous comprenons la situation financière du
Québec, nous comprenons la situation
financière des parents, et nous serons capables d'équilibrer un budget, et, ce
que nous écrivons ici, nous pourrons le mettre en place et mettre en
place ces promesses qui sont écrites dans ces cadres financiers.
Bien, M. le
Président, mon chef l'a mentionné maintes et maintes fois depuis une dizaine de
journées, a repris ce cadre financier
pour poser la question au premier ministre du Québec, à savoir : C'est
bien les couleurs du Parti libéral du
Québec, ça? C'est bien le cadre financier du Parti libéral du Québec, du
18 mars 2014, où on peut lire : «Les familles — ces chères familles — bénéficieront également de l'indexation des
tarifs des services de garde à 7 % — vous parlez d'une indexation, là — à partir du 1er janvier 2015.
Elles éviteront ainsi le choc tarifaire découlant de la décision du
Parti québécois de porter à 8 $, puis à 9 $ les tarifs de garde.»
Ça, c'est la
parole d'un chef de parti. Et, soit dit en passant — aparté, M. le Président : ça, c'est le
budget du Parti québécois 2014-2015,
déposé par le ministre des Finances de l'époque, qui disait, lui aussi : «...j'annonce
qu'à compter du
1er septembre 2014 le tarif pour les services de garde passera à
8 $ par jour, puis à 9 $ l'année suivante...» Ça, qu'on le veuille ou non, M. le Président, c'est un choc
tarifaire. Quand on regarde l'indexation qui va être appliquée pour l'année 2015 à 1,06 %, c'est un choc
tarifaire, parce qu'on ne cesse d'aller chercher de l'argent dans les poches
des familles, des contribuables du Québec.
Alors, M. le
Président, ça, c'est la parole du chef du Parti libéral du Québec, ce chef qui
a dit aux familles : Ne vous
inquiétez pas, moi, j'ai compris, j'ai compris qu'on ne peut pas aller vous
facturer plus qu'une indexation des tarifs de garde qui existent, à 7 $. Alors, les familles se disent :
Mon Dieu, hein? Quel bon chef! Quel bon, peut-être, futur premier ministre! C'était la même mesure que nous. Qu'on
se souvienne, ceux qui ont écouté les débats, nous avons dit aux familles
du Québec : Pas plus que l'indexation aux familles, donc un tarif qui
passait de 7 $ à 7,30 $.
Ce premier
ministre du Québec, M. le Président, se fait élire, se fait élire à sa grande
joie, peut-être pas à la grande joie
des familles, mais se fait élire. Et, M. le Président, ça, c'est un autre document
très important. Vous êtes ici depuis plus que 30 ans, M. le
Président, vous en avez vu, des discours, écouté, des discours sur le budget.
Je pense que, pour vous, la parole,
c'est important. Si vous avez été capable d'être ici aussi longtemps, votre
parole est importante. Puis je pense que, pour les gens qui nous écoutent et
peut-être pour tous les membres du Parti libéral du Québec qui sont peut-être dans leurs bureaux présentement dans
l'Assemblée, je vais le relire une autre fois, une petite
partie du discours
de leur chef, de leur chef, M. le Président, discours sur le budget,
juin 2014, la tarification des services de garde :
«Le programme
[des] places en service de garde constitue une pièce centrale de la politique
familiale du Québec et l'un des
facteurs ayant contribué à la reprise des naissances. Depuis sa mise en place,
il a permis à des dizaines de milliers de femmes de réintégrer le marché
du travail — c'est
vrai. Nous voulons que cela se poursuive.
«Le précédent
gouvernement avait annoncé son intention d'augmenter de 2 $ par jour le
tarif des services de garde. Cette
augmentation aurait nui aux familles les plus démunies. Elle aurait représenté
une augmentation annuelle [d'un peu] plus de 1 000 $ de frais de
garde — 1 000 $,
on va y revenir un petit peu plus tard sur la situation exacte, présentement,
là — pour
une famille de deux enfants.
«J'annonce
que notre gouvernement annule — M. le Président — la hausse de 2 $ par jour du tarif des
services de garde — j'espère
que les députés libéraux qui nous écoutent comprennent bien le français,
"annule".
«Le gouvernement entend poursuivre le
développement de nouvelles places en service de garde au cours des prochaines
années.
«Afin
d'optimiser le financement de ces nouvelles places, j'annonce [donc]
l'indexation du tarif journalier des services
de garde en fonction du taux de croissance du coût du programme. La
contribution parentale augmentera [...] à 7,30 $ à compter du 1er octobre 2014. En
comparaison, elle aurait augmenté à 8 $ le 1er septembre prochain
sous l'ancien gouvernement.»
Ça, c'est le
discours du budget, M. le Président. Ça, ce n'est pas le chef du Parti libéral
du Québec qui voulait être premier
ministre, c'est le chef de l'État, c'est le chef de l'État, le premier ministre
du Québec, qui a raconté des bobards aux
Québécois, M. le Président, des bobards. Et ceux qui ne savent pas ce que veut
dire «bobards», je vous invite à aller lire
le synonyme, M. le Président, de «bobards». Parce que, personnellement, vous
considérez certainement que, dans le lexique, ce n'est pas encore là,
j'ose croire, j'ose croire.
Mais, M. le
Président, pour moi, pour mes collègues, pour les familles du Québec, ceux qui
nous écoutent, c'est encore
important, la parole. C'est encore important parce que, vous savez quoi, M. le
Président, tant qu'à augmenter le cynisme à son maximum, j'ai déposé une
motion mardi, M. le Président, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle l'importance, pour tous les partis politiques,
de respecter leurs promesses et engagements pris en campagne
électorale.»
Je ne sais pas s'il y en a qui se souviennent, mardi dernier. Qui s'est
levé? Tous les membres du Parti
libéral du Québec et le premier ministre du Québec qui s'est levé :
Oui, moi, je m'engage à respecter mes promesses et mes engagements pris en campagne électorale. Que vaut
la parole aujourd'hui, M. le Président, que vaut la parole d'un chef d'État, d'un chef d'État qui doit appliquer ses
promesses et dire aux familles, aux Québécois : Ne vous inquiétez pas,
moi, j'ai une parole, moi, j'ai le
courage politique de mettre en place ce qui est écrit là-dedans, dans mon cadre
financier, ce qui est écrit là-dedans, dans mon discours sur le budget?
Et vous savez ce que
le premier ministre a dit tout bonnement? Je ne le savais pas, je ne le savais
pas, ce qu'il y avait. On ne pouvait pas
imaginer qu'il allait y avoir un déficit aussi grand. On ne pouvait pas
imaginer... M. le Président, je ne
nommerai pas son nom, mais le visage qui est ici, c'est le premier ministre. Je
suis ici depuis 2007, ils ont été au
pouvoir depuis 2003, si le Québec est où il est aujourd'hui... On peut bien
dire que c'est la faute du Parti québécois,
ils ont été là 18 mois, mais, si on est où on est aujourd'hui, c'est parce
que le Parti libéral du Québec a renié, maintes et maintes fois, leurs promesses. Ils ont floué les familles du
Québec, M. le Président. C'est ça, la vérité, aujourd'hui. Ils sont là depuis 2003. Un petit intermède en
bleu, ici, le Parti québécois, qui, soit dit en passant, voulait, lui,
augmenter au-delà de l'inflation les tarifs de garde.
Mais
aujourd'hui on est face à deux vieux partis, on est face à une motion de
censure, que nous allons accepter, que
nous allons voter, mais, vous savez, M. le Président, on mériterait de
retourner en élection aujourd'hui. Et les familles du Québec et tous les
Québécois devraient dire au Parti libéral — si on avait la possibilité
d'avoir un gouvernement minoritaire :
Là, c'est assez! Là, c'est assez! Hein, c'est comme ça que ça se dit quand on
est un peu en beau joualvert, M. le
Président. C'est ça, la situation que le Québec vit, c'est ça, la situation que
les familles et les gens qui nous écoutent vivent.
M. le Président, c'est la parole, la parole que le premier ministre du Québec a
reniée. Parce que, si ces députés qui
sont assis du côté du gouvernement avaient un minimum d'honnêteté
intellectuelle, et je m'adresse à tous ceux qui sont là aujourd'hui...
Vice-Président (M. Gendron) : ...attention. Parce que je veux bien,
là, mais... Là, à date, ça allait bien. Il faut faire attention...
Vice-Président (M. Gendron) : Bien non, mais... S'il vous plaît! Parce
qu'effectivement on ne peut pas faire indirectement
ce qu'on n'a pas le droit de faire directement. Donc, attention, M. le député.
Ça allait bien, là, mais je pense qu'il
y avait là quelques intentions, quand on va jusqu'au dernier terme que vous
avez employé, là... Je ne demanderai pas
de le retirer, mais faites attention au vocabulaire utilisé. Vous avez de
l'expérience — ça
regarde tous les parlementaires, il me semble que le débat se déroulait
bien — faites
attention aux propos.
Bonnardel : Si tous les députés du Parti libéral du Québec
qui sont dans leurs bureaux présentement ou qui sont là se penchent la
tête et pensent deux secondes, ils se disent : Comment, comment,
aujourd'hui, je peux faire de la politique
puis d'accepter que mon premier ministre fasse le contraire de ce qu'il m'a
dit? Fasse le contraire. Parce que tous
ceux ici, là, qui ont été en élection, en débat, au mois d'avril dernier, ont
dit aux candidats du Parti québécois, aux candidats du Parti libéral, de la coalition ou de Québec
solidaire : Nous, ça va être l'indexation. Or, eux tous, M. le Président,
ont renié, ont renié leur parole. Eux tous devraient se regarder dans le miroir
et se dire : Ça ne marche pas, là. C'est impossible
que, sur les 76, 77 députés du Parti libéral, il n'y en ait pas
quelques-uns qui se disent : Ça n'a pas d'allure, ça n'a pas d'allure. Et ça, M. le Président, je
suis persuadé que, dans leurs caucus... — et c'est pour ça qu'ils en ont eu
quelques spéciaux dans les derniers jours — je pense qu'il y en a
certains qui devaient se dire : Ça n'a pas d'allure, Mme la ministre, ça n'a pas d'allure, M. le
Président, ça n'a pas d'allure, ce que vous allez faire, là; on a dit aux
Québécois que nous allions seulement indexer les tarifs de garde. C'est
ça qui était la vérité. C'est ça qu'on leur avait dit.
là, M. le Président, on arrive à quoi? On arrive, en plus, à une augmentation,
pas juste de 8 $ ou de 9 $... Ma foi, M. le Président, on va vider ce qui reste du portefeuille des familles
du Québec, de la classe moyenne, celle qui ne peut pas être dans la rue, là, qui ne peut pas être
dans la rue puis qui ne peut pas lever de pancartes pour dire : Ça ne
fonctionne pas, ce que vous faites
depuis 10 ans, ça ne fonctionne pas depuis 10 ans. Vous allez aller
chercher 16 milliards dans nos poches,
vous ne balancez pas le budget encore. Et là vous me dites... moi qui gagne
50 000 $, mon épouse, mon époux, 50 000 $, on en gagne 100 000 $, vous allez me dire
que moi, je suis capable de trouver, demain matin, 2 000 $,
2 500 $, 2 400 $ de plus que vous allez prendre dans
mes poches?
le Président, c'est incompréhensible, incompréhensible qu'on en soit là
aujourd'hui, à dire encore une fois aux
familles du Québec... Et vous savez quoi, M. le Président? Dans ce budget, que
je pourrais vous relire, même le premier ministre avait dit : Nous
ferons 90 % de l'effort pour redresser les finances publiques... effectué
du côté des dépenses publiques. 90 %,
là, ce n'est pas eux, c'est les familles du Québec qui vont payer pour ce
redressement. Je l'ai vu, M. le Président. Souvenez-vous du 62 %.
Je ne l'ai pas amené encore une fois. Je l'ai vu en 2010, je les ai vus nous
dire la même chose : Nous ferons
62 % et les familles feront 38 %. Au final, ce sont les familles qui
ont payé, ce sont les familles qui
vont encore payer, la classe moyenne qui va encore payer. C'est ce
2 000 $, 2 500 $, 1 500 $ qu'ils n'ont pas dans
leurs poches, et c'est encore cette bonne vieille recette facile de dire aux
familles : Vous êtes capables, nous autres, on fait notre effort, on essaie de démontrer qu'on
fait notre effort. Bien, voyez où le Québec est aujourd'hui. Voyez qui est au pouvoir, M. le Président,
depuis 2003.
Et que le premier ministre, de façon solennelle, me dise : On ne le savait pas, on ne le
savait pas, on ne l'a pas vu venir,
on ne l'a pas vu venir, bien non! On a quitté le pouvoir en 2012, ils ont été
au pouvoir 18 mois. On revient, puis soudainement c'est la matraque, c'est
la matraque. Je reviendrai peut-être un jour sur le 18 mois du Parti québécois. Mais je vais vous dire une
chose, M. le Président : Qu'en plus, aujourd'hui, la ministre
dépose une loi... hier dépose une loi et qu'elle dise aux parents : C'est à vous en plus, dans les places
fantômes, que je vais aller chercher plus d'argent, c'est à vous que je vais... c'est vous que je vais
pénaliser pour des places fantômes, je suis abasourdi, M. le Président, sans mot, sans voix, je n'en
reviens pas qu'on soit rendus là; et on mériterait d'amener ce gouvernement en élection aujourd'hui.
Il me reste
30 secondes. Je termine en vous disant : Il y a
un parti politique... Puis j'ose croire qu'on va briser cette dualité politique un jour. J'ose croire qu'on va arriver à la
prochaine élection, en 2018... avoir convaincu les Québécois qu'une parole, c'est encore important
pour les familles, les parents et ceux qui nous écoutent.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député de Granby. Merci, M. le député de Granby, de votre intervention. Et je cède la parole, toujours
sur cette même motion, à Mme la députée de Gouin
pour une intervention de 4 min 30 s.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. D'emblée, j'annonce que ma formation politique va voter en faveur de la
motion. Je veux cependant indiquer que c'est assez particulier qu'un parti
qui avait prévu augmenter les frais de garde à 9 $ par jour déchire sa chemise maintenant que les frais de
garde vont augmenter, pour un certain
nombre de familles, à 9 $
par jour. Mais nous allons quand même appuyer cette motion pour d'autres
raisons.
La première,
c'est qu'il faut ici dégonfler un mythe, le mythe du fameux 5,8 milliards de déficit, la catastrophe, le
trou dans lequel le Québec est placé. Je pense que beaucoup
de gens au Québec savent que ces chiffres-là ne sont pas exacts, que cette situation supposément
catastrophique n'est pas réelle. Y a-t-il un déficit? Oui. De cette ampleur?
Non. Et malheureusement ces chiffres-là qu'on matraque tout
le temps aux oreilles des Québécois
viennent justifier à peu près
toutes les coupes qu'on peut imaginer dans tous les secteurs.
Troisièmement,
ce qui est en cause ici, et c'est
pour ça, essentiellement, qu'on va appuyer la motion de censure, c'est qu'un gouvernement, sans aucun débat social,
pas le temps de réfléchir, pas le temps de faire des études, rien, quelques
mois après avoir été élu, ce gouvernement
décide clairement de changer en profondeur le modèle de services de garde
que le Québec s'est donné en 1997.
Il faut dire
qu'il y a un précédent à ça. De 2003 à 2012, le nombre de places en garderie
privée, subventionnée ou non, a augmenté de 1 600 %. Dans un
certain nombre de cas, il faut quand même s'en rappeler, des permis ont été accordés à des garderies privées non
subventionnées, disons, dans des contextes assez curieux, c'est le moins qu'on
puisse dire. Mais ça s'est développé
de façon complètement anarchique. Et là, maintenant, ce qu'on sait, on le sait
que la ministre de la Famille et son
gouvernement veulent le faire, c'est d'envoyer les familles, les enfants dans
les garderies privées non subventionnées, parfois subventionnées, bien
davantage que dans les centres à la petite enfance. Oui, j'ose l'affirmer, on assiste à la privatisation du réseau des
services de garde, et cela n'a fait
partie d'aucun débat social. Quand on dit
aux centres à la petite
enfance : Vous devrez assumer 50 % des nouvelles immobilisations, on
est en train de leur mettre de tels bâtons
dans les roues que de toute évidence ça va être extrêmement difficile. Et,
pendant ce temps-là, des promoteurs privés qui ont des sous, eux,
pourront rapidement développer des garderies commerciales.
Parce que,
n'ayons pas peur des mots, une garderie privée, c'est une garderie commerciale,
on la met sur pied parce qu'on pense faire des profits. On fait des
profits comment? En payant les éducatrices moins cher. Elles sont généralement
non syndiquées, dans les garderies privées, elles gagnent moins que les
éducatrices en centre à la petite enfance,
et moi, je trouve, d'un point de vue féministe, que c'est une honte. On devrait payer
convenablement les personnes extrêmement dévouées, 95 % des femmes, si ce n'est pas
plus, qui s'occupent de nos enfants, nos enfants qui sont la prunelle de
nos yeux.
Donc, non seulement
parce que le gouvernement effectivement a brisé sa promesse d'aller vers une simple indexation des tarifs, non seulement
pour cette raison et parce qu'il introduit tout ce