Transportation and the Environment — 26 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2014-06-26
Quebec — Committees
Une autre mesure dont nous sommes fiers est le système
de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre au moyen du Western Climate Initiative. Cette
initiative repose notamment sur l'idée que les États disposent d'outils
économiques permettant de lutter contre les changements climatiques. Cette idée
est également prônée par le GIEC et par l'administration Obama qui considèrent que la mise en marché... la mise en place,
pardon, de marchés du carbone
constitue un des moyens de lutter contre les émissions de GES. Le Nobel d'économie 2008, Paul Krugman, dit : «Economists have long praised
cap-and-trade programs, compared with detailed mandates from regulators,
because they create a market in which businesses are responsible for finding
the cheapest way to comply with the regulation.
Businesses that devise less expensive ways to reduce pollution can sell their
permits to those that cannot change their habits so easily.» Toutefois, il ne faut pas oublier que la lutte aux changements
climatiques nécessite une action collective. Le Canada et toute la communauté internationale
doivent s'y employer. Les efforts du Québec devraient représenter la norme. Selon le GIEC, les changements climatiques ont et
auront un très grand impact dans des domaines très variés, affectant possiblement les relations internationales. Ainsi, ils auront pour effet d'exacerber les problèmes d'insécurité alimentaire à travers le monde en ce qu'ils
affecteront l'agriculture et la pêche avec la disparition de nombreuses
espèces marines. Les risques de rivalité
entre les populations ou les États au sujet de ressources de plus en plus
rares, comme l'eau ou les stocks de
poissons, ou au sujet des ressources rendues accessibles par la fonte des
glaces seront accrus. À ce titre, l'exemple de l'Arctique en particulier
est très préoccupant pour le Québec et le Canada.
Les changements climatiques causés par la
pollution du carbone dans l'atmosphère multiplient de façon exponentielle les risques à notre santé, à notre
économie ainsi qu'à notre existence telle que nous la connaissons. Nous voyons tous ces changements : inondations;
crues centenaires sur une base presque annuelle; feux de forêt; hivers
plus longs et plus rigoureux; chaleurs extrêmes; usure prématurée de nos
infrastructures. Les enfants, les personnes âgées et les plus démunis seront
les plus vulnérables à cause notamment des températures extrêmes, de la
pollution de l'air, des catastrophes naturelles.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, pas
plus d'un tiers des réserves combustibles fossiles peuvent être consommées avant 2050. Le chroniqueur du New
York Times et auteur du livre The Wolrd Is Flat , Thomas
Friedman, écrit : «Science is science[...]. And there is
no doubt that if we burned all the fossil fuel that's in the ground right now
that the planet's going to get too hot and the consequences could be dire.»
La secrétaire d'État Hillary Clinton résume
ainsi : «Nous sommes dans une course contre la montre. Nous devons
comprendre une fois pour toutes que la protection de l'environnement, peu
importe sa forme, engendrera des coûts. L'obstacle
à la lutte contre les changements climatiques est une certaine idéologie économique
basée sur une hostilité ouverte à la
science. Nous n'avons pas à forcer les gens raisonnables à accepter des impacts
économiques, cependant nous devons surmonter l'ignorance volontaire.»
Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría,
s'est exprimé sur le sujet lors de la Conférence de Montréal : «Nous ne pourrons pas soutenir la croissance à
long terme de nos économies si nous ne protégeons pas l'environnement.
[...]D'une manière générale, la fiscalité énergétique est relativement faible
au Canada et de fait, le carbone y est taxé à
l'un des [plus bas taux] de la zone OCDE. [Il faut] continuer de développer
l'utilisation d'instruments économiques pour tarifer les émissions de
carbone. [...]Il y a un besoin urgent de réglementer les émissions dans [le
secteur] du pétrole et du gaz.»
Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire
international, à la même Conférence de Montréal, dit : «Un grand nombre de facteurs peuvent être déterminés
en économie grâce à une règle très simple : celle du prix véritable.
Le libre marché, oui. Mais au vrai prix.
[...]Que ce soit la quantité d'eau utilisée, les gaz à effet de serre émis, la
pollution de l'air produite, ou d'autres
effets indirects, comme l'augmentation de la congestion routière, toutes ces
externalités doivent être prises en compte pour déterminer le prix.»
Le coût des
changements climatiques vu des assureurs, cette fois-ci. Les compagnies
d'assurance ont dû essuyer des
réclamations records de 3,2 milliards de dollars liées aux changements climatiques
en 2013. Dans les 30 dernières années,
les catastrophes naturelles entraînaient des indemnisations de 300 à
500 millions de dollars, alors qu'elles ont, depuis 2009, dépassé annuellement
1 milliard de dollars. La Banque TD a même cessé d'assurer, au Québec,
certains dégâts d'eau, et je cite : «Nous apportons des modifications à
l'échelle de la province par suite du nombre élevé de réclamations liées à des
dommages causés par l'eau. Cela provient principalement des changements
climatiques.»
Aux États-Unis
maintenant, le Clean Power Plan annoncé le 2 juin 2014 par le
gouvernement américain illustre le sérieux de la situation et l'urgence
d'agir, fixant à 30 %, d'ici 2030, la cible de réduction des GES par
rapport au niveau de 2005. Il est estimé que
les catastrophes liées aux changements climatiques ont coûté plus de
100 milliards de dollars à l'économie américaine en 2012. Le plan
prévoit notamment éviter en matière de santé jusqu'à 6 600 décès
prématurés, jusqu'à 150 000 crises d'asthme chez les enfants, jusqu'à
3 300 crises cardiaques, jusqu'à 2 800 séjours à l'hôpital et la perte de jusqu'à 490 000
journées d'école et de travail. Le plan générera des retombées climatiques et
sur la santé allant de 55 milliards à 93 milliards de dollars par
année, à partir de 2030, versus le coût du plan, allant de 7,3 milliards à
8,8 milliards. Il est estimé que chaque dollar investi dans le plan
générera 7 $ de retombées en santé.
côté de la France, la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie,
Ségolène Royal, a dévoilé, le 18
juin, son projet de
loi sur la transition énergétique afin de rendre la France
plus économe et moins dépendante. Il s'agit, selon les objectifs fixés
par le gouvernement, de diminuer de 40 % les émissions de gaz à effet de
serre, et de multiplier par trois la part
des énergies renouvelables en 15 ans, et de diviser la consommation d'énergie
par deux d'ici 2050. Elle dit :
«Nous devons réduire les dégâts causés à la planète par notre système de
développement. Il y a une exigence de responsabilité collective, nous
qui sommes aussi citoyens du monde.»
Au Québec, dans son discours d'assermentation du
23 avril, le premier ministre s'est exprimé sur la lutte contre les changements
climatiques : «Le Québec souscrit aux objectifs fixés dans la foulée du
protocole de Kyoto. [...][Nous maintiendrons] le cap en veillant notamment à la
pleine mise en place du marché du carbone. Je suis de ceux qui croient que la protection de l'environnement, parce qu'elle est
source d'innovation et d'excellence, est tout à fait compatible avec la
croissance économique.»
Dans son
discours inaugural du 21 mai, il ajoute : «[Nous exploiterons] nos
ressources naturelles de façon durable. Le gouvernement entend aborder la filière des hydrocarbures de façon
intégrée et cohérente, en lien avec les trois piliers du développement
durable : le développement économique, l'équité sociale [et] les impacts
sur [notre] environnement. [...]nous devons savoir où nous voulons aller, avec
qui et à quelles conditions. [...]Nous mettrons en oeuvre le plan d'action sur les changements climatiques avec
comme objectif de réduire de 20 % les émissions québécoises de gaz
à effet de serre par rapport à leur niveau
de 1990 d'ici 2020. Le développement durable encourage l'excellence et les
sources d'innovation. Il ne faut pas le voir comme un frein au développement,
mais comme le catalyseur d'une meilleure croissance.
Pour ce faire, nous [maintiendrons] le projet d'électrification des transports
[...] lancé en 2011 par le précédent gouvernement libéral[...], [nous
intensifierons] les efforts d'efficacité énergétique, [nous favoriserons]
l'utilisation du gaz naturel en lieu et place du diesel et du mazout, [nous
poursuivrons] la mise en place du marché du carbone.»
Le discours du budget du 4 juin s'inscrit
résolument dans une démarche de développement durable. Quelques exemples : pour nos PME, mise en place du
programme Créativité Québec, doté d'une enveloppe de 150 millions de
dollars sur trois ans, afin de soutenir l'innovation et la performance au sein
des PME. Les technologies propres s'inscrivent clairement dans ce courant de créativité et d'innovation. La stratégie
maritime : des incitatifs fiscaux pour promouvoir la modernisation
et le renouvellement des navires dans un chantier maritime au Québec, qui
permettront en particulier d'améliorer le
bilan énergétique des navires dont la consommation de mazout lourd constitue
une source importante de gaz à effet
de serre. La modernisation des navires permettra d'utiliser des technologies
plus respectueuses de l'environnement, telle la propulsion au gaz
naturel liquéfié. Inscrire le Québec dans l'économie bleue. La stratégie
maritime comprend par ailleurs un volet consacré au développement de la pêche
durable et des biotechnologies marines.
Le Plan Nord.
Le gouvernement fait renaître le Plan Nord dans une version bonifiée et reprend
le développement du Nord dans ses
dimensions économiques, sociales et environnementales. L'approvisionnement de
la Côte-Nord en gaz naturel
constituerait un atout de taille pour la région concernée. La conversion au gaz
naturel permettrait de plus d'améliorer le bilan environnemental de la
consommation d'énergie. La Société du Plan Nord favorisera, en collaboration
avec le ministère, la conservation de la diversité biologique notamment en ce
qui concerne la cible de protection de 50 % du territoire situé au nord du
49e parallèle. Le Plan Nord sera déployé dans le respect du développement
durable.
ressources naturelles. Nous devons utiliser les richesses naturelles de façon
responsable et durable pour créer des
emplois et favoriser la croissance économique notamment par la mise en place
d'un fonds de 20 millions de dollars pour le développement de la filière biomasse forestière résiduelle au Québec.
Le plan d'action concernant les hydrocarbures annoncé le 30 mai
constitue une approche globale, cohérente, rigoureuse et intégrée qui assurera
le développement de façon responsable,
réalisé selon les plus hauts standards, notamment ceux liés à l'environnement
et à l'acceptabilité sociale. Et, dans un monde amorçant la transition
vers une économie à faible consommation de carbone, les surplus d'électricité
constituent un atout stratégique pour attirer des investissements.
Pour 2014‑2015, le gouvernement assure en
infrastructures le financement d'investissements de 1 milliard de dollars en transport collectif. Ces mesures
s'ajoutent au Fonds vert créé en 2006 qui est alimenté par la redevance sur
les carburants et combustibles fossiles ainsi que par les ventes de crédits de
carbone aux grands émetteurs de GES. Le Fonds
vert permet d'investir dans les mesures proposées par le plan d'action sur les
changements climatiques 2013‑2020 qui
a pris la relève du PACC 2006‑2012, notamment les transports collectifs,
l'électrification des transports, les mesures d'efficacité énergétique,
le développement des technologies propres, le développement du bâtiment vert,
la recherche et le développement.
Engagement électoral pris lors de la dernière
campagne. Le Comité-conseil sur les changements climatiques composé de principaux acteurs de la société
impliqués dans la lutte contre les changements climatiques sera remis
sur pied. Le comité verra à nous conseiller
sur le choix des mesures qui pourraient bonifier le PACC 2013‑2030, leur
évaluation et leur suivi dans un contexte d'amélioration continue,
d'efficacité, de rigueur et de transparence. Plus particulièrement, le comité
sera un élément clé pour la réflexion que nous entamons par rapport à quatre
chantiers d'importance, soit l'identification
de la cible de réduction de GES pour 2030, notamment dans le contexte des
négociations internationales en prévision
de la conférence de Paris en 2015; le positionnement stratégique et le
développement accru des technologies propres
et des énergies renouvelables comme secteur industriel; une approche et une
stratégie structurées pour entamer le dialogue
avec la population, sensibiliser les intervenants et expliquer les choix
gouvernementaux; et l'élaboration d'un plan de travail de transition
vers une économie plus sobre en carbone.
Le ministère
et le comité se pencheront particulièrement sur les normes et procédures
déployées afin d'effectuer le suivi et la reddition de comptes du Fonds
vert à la lumière du dernier rapport du Vérificateur général et des travaux, à l'automne, de la Commission de révision
permanente des programmes. De plus, grâce à notre rôle de leadership
dans la lutte contre les changements
climatiques, nous stimulerons nos entreprises à créer, à innover et inventer
plus de systèmes de qualité de l'air, plus de technologies propres, plus de façon
d'exploiter des sources d'énergie renouvelable et de meilleurs procédés d'efficacité énergétique. Les entreprises
québécoises seront parmi les leaders mondiaux dans le prochain secteur
économique mondial de pointe, et les consommateurs québécois seront les
premiers à en bénéficier.
En conclusion, M. le Président, le principe
fondamental du développement durable est de concilier protection de
l'environnement, l'équité sociale et le développement économique. Le mot «développement»
fait
partie de «développement durable». Il
ne faut pas l'oublier, le développement est essentiel pour créer la richesse.
Nous ne pouvons pas nous contenter
d'immobilisme. Le statu quo équivaut à reculer. Nous avons l'obligation
d'avancer, comme société, d'avancer
dans le respect et dans la conciliation. La protection de l'environnement est
indissociable du développement économique;
ils se conjuguent ensemble. Nous n'avons pas à choisir entre une économie en
santé et un environnement en santé.
La lutte contre les changements climatiques développera l'investissement et
l'innovation. Il y aura certes un coût, mais ce coût sera à court terme et il est relativement peu élevé comparé
au coût énorme, et à moyen terme, de ne rien faire. L'inaction n'est pas
une option. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle et député de Jonquière à faire ses remarques préliminaires pour un
maximum de 10 minutes.
M. Gaudreault : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour, je voudrais saluer les collègues qui sont ici, autour de la table, les députés du
gouvernement, députés du deuxième parti d'opposition et évidemment le ministre de l'Environnement, et de la Lutte aux
changements climatiques, et du Développement durable. Je l'ai dit dans
le désordre, mais vous savez de qui je parle. Alors, je veux également...
M. Gaudreault : C'est ça. Je
veux également, évidemment, saluer tous les gens qui l'accompagnent, les
employés du ministère, les sous-ministres, directeurs, directrices qui sont
ici.
Je sais ce que ça représente, M. le Président,
pour les équipes de la fonction publique, l'étude des crédits, surtout en plein été, comme ça, là, et à une
vitesse grand V, considérant la présentation tardive du budget. Je veux
dire toute ma reconnaissance et mon respect
pour le travail des employés de la fonction publique qui sont ici. Vous me
permettrez également de saluer Étienne
Pomerleau-Landry qui m'accompagne comme recherchiste. Vous savez, il y a toute
une équipe au ministère. Alors, moi,
mon ministère, il est ici, à côté de moi, là. Donc, on travaille très, très
fort pour être capables de faire
avancer les dossiers qui nous intéressent. Je veux également, évidemment,
saluer le président, les gens du BAPE et de RECYC-QUÉBEC qui sont ici.
On a eu le temps de se serrer la main tout à l'heure. Je sais que c'est des
sociétés d'État ou des institutions publiques qui sont extrêmement importantes.
Et je vous remercie d'être ici également.
Maintenant,
je ne veux pas être trop long sur les remarques préliminaires, M. le Président,
parce que je pense que c'est
important d'aller rapidement au fond des choses dans les échanges que nous
aurons, mais quand même je veux placer un certain nombre d'enjeux qui
nous intéressent, aujourd'hui et demain matin également. En passant, je suis
très heureux de voir qu'on a de nombreuses
heures ensemble, 12 heures, ce qui, pour moi, représente, je dirais,
l'importance qu'on doit accorder, comme
Parlement, mais aussi comme société, aux questions environnementales et aux
questions des changements climatiques. Donc, que l'Assemblée nationale
puisse consacrer autant d'heures à l'étude de ces crédits, pour moi, est un signe d'une prise de conscience,
je dirais, de la part des députés, des membres de l'Assemblée nationale
sur cette question. Parce qu'un peu comme le disait le ministre, évidemment,
l'enjeu des changements climatiques est extrêmement important, revêt une
importance historique. Et je constate qu'il y a même un changement de langage,
hein? Oui, c'est le ministre de l'Environnement, le ministre du Développement
durable, mais l'essentiel du discours et du
mien également porte sur l'importance de lutter contre les changements
climatiques. Alors, je pense que ça dénote toute l'importance de cette
question mais aussi du rôle du Québec dans cet enjeu-là.
Nous souhaitons évidemment que le Québec puisse
jouer un rôle de leader dans la lutte aux changements climatiques. Il y a déjà un certain nombre d'éléments, par le passé, et
maintenant, qui ont été mis en place, mais il va falloir qu'on aille plus loin comme société. Il va falloir
également qu'on pose des actions et des gestes plus concrets. Et c'est
de ça que j'ai l'intention de parler, dans
les heures qui vont venir, avec le ministre et avec les membres du
gouvernement.
Le ministre y a fait référence tout à l'heure
concernant le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution
du climat, le GIEC. Je ne veux pas reprendre l'entièreté des propos du
ministre, je pense qu'il l'a bien exprimée, mais je veux quand même retenir
l'attention des collègues ici sur quelques points.
Et je veux juste me
référer au communiqué de presse du GIEC, émis le 27 septembre dernier, qui a
rappelé finalement à l'ensemble de la planète que l'influence de l'homme sur le
système climatique est très claire. Nous le savions, mais le GIEC nous le
rappelle de façon importante. Et je veux également citer un des coprésidents du
GIEC, M. Thomas Stocker, qui a dit que «les
émissions continues de gaz à effet de serre vont entraîner la poursuite du
réchauffement et l'altération de toutes les
composantes du système climatique. Pour limiter le changement
climatique, il faudra réduire notablement et durablement les émissions de gaz à
effet de serre.» Et M. Stocker poursuit en disant : «Il est prévu qu'à la fin du XXIe siècle,
l'augmentation de la température à la surface du globe devrait être
supérieure à 1,5 °C par rapport à l'époque allant de 1850 à 1900 dans tous
les scénarios envisagés sauf le plus bas, et à 2 °C dans les deux scénarios les plus élevés. Les vagues de
chaleur sont susceptibles de se produire plus fréquemment et de durer
plus longtemps. Du fait du réchauffement du globe, on s'attend à ce que les
zones humides soient davantage arrosées et à ce que les zones sèches le soient moins, bien
qu'on prévoie des exceptions.» Et également
M. Stocker poursuit en disant qu'«en raison de nos émissions passées,
actuelles et à venir de CO 2 , nous sommes engagés dans le changement
climatique, dont les effets vont persister pendant de nombreux siècles même si
les émissions de CO 2 s'arrêtent».
Autrement dit, M. le
Président, le GIEC lance un appel sans équivoque aux élus, aux élus de
l'ensemble de la planète, et on ne peut
rester insensibles à cela. Je veux juste vous rappeler que ce communiqué dont
je vous parle et ce rapport du GIEC
datent du 27 septembre 2013, à l'époque où je faisais
partie du gouvernement au ministère des
Transports et au ministère des Affaires municipales. Et, pour moi, ça a été extrêmement important, extrêmement révélateur, et je veux qu'on poursuive dans ce sens-là, important
et révélateur pour le rôle que nous avons comme élus. Nous avons ce
privilège d'être ici, à l'Assemblée nationale. Nous avons le privilège, dans le
cas du ministre, d'être au gouvernement. C'est un privilège rare qui lui est prêté. Alors, notre responsabilité, sa responsabilité, c'est de prendre tous les moyens possibles
pour lutter efficacement contre les changements climatiques, M. le Président. Et on ne
peut rester les bras croisés face à ce défi,
face à cet enjeu mondial. D'ailleurs, le ministre faisait référence au plan du
président des États-Unis, M. Obama, de limiter les émissions des
centrales de charbon et de gaz naturel de 30 % d'ici 2030 et son objectif
de réduire les émissions de 17 % sur le
niveau de 2005 d'ici 2020. C'est un exemple qui vient de haut, de la part des
États-Unis. Est-ce que, par exemple, dans
leur objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, ils
auraient pu aller plus loin et plus fort, par exemple, en respect des
objectifs de Kyoto? Bien sûr, la réponse, c'est oui. Mais quand même il faut
comprendre le contexte dans lequel évolue le président Obama, avec évidemment
une opposition, du côté du Parti républicain, assez féroce sur ces enjeux-là.
Mais c'est un exemple qui vient de haut. Alors, de notre côté, on ne peut pas
rester insensibles à cela.
Et je vois le temps
qui file de façon rapide. Vous savez, j'ai développé le truc de parler... Je
pensais toujours d'être capable d'aller plus
rapidement, mais c'est le métier de député qui rentre, là. Donc, je voudrais
terminer en vous disant, M. le Président,
que nous aurons beaucoup de questions à poser sur l'ensemble des enjeux. Nous
allons aller dans le détail d'un
certain nombre de questions, mais je veux vous dire que la trame de fond de
toutes ces interventions, c'est la nécessité de faire cette lutte aux
changements climatiques. Et, pour moi, il y a trois piliers, puis je termine
là-dessus : la question des énergies, la question de la mobilité durable
et évidemment la question de la lutte aux changements climatiques de façon plus globale avec le plan d'action sur les
changements climatiques. Alors, merci, M. le Président. Je suis sûr
qu'on va avoir beaucoup de travail et beaucoup de questions.
Président (M. Reid) : Merci beaucoup, M. le député de
Jonquière. Je cède maintenant la parole au député de Nicolet-Bécancour
et porte-parole du deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques
préliminaires pour un maximum de sept minutes.
Martel :
Merci, M. le Président. Bien, tout d'abord, je veux souhaiter une bonne
journée. On a une bonne journée à travailler ensemble. Bonjour, M. le ministre,
député de Viau. Comme je disais au président, on a beaucoup de temps à passer ensemble. Ça me fait très
plaisir de participer à cet exercice-là. Je veux saluer aussi l'équipe de
députés du côté du gouvernement et également
mon collègue député de l'opposition officielle, député de Jonquière. Donc, à
tout le monde je souhaite une belle
et prospère journée. Je veux saluer aussi le secrétariat de la commission pour son
excellent travail, tous les gens présents
dans la salle, les différentes personnes-ressources qui accompagnent le
ministre aujourd'hui. Je veux vous souhaiter une bonne journée, une
belle journée, à tout le monde et à tous les gens présents dans la salle, s'il
y en a d'autres.
Nous sommes ici
aujourd'hui pour effectuer une tâche centrale à notre responsabilité
parlementaire, soit l'étude des crédits budgétaires. C'est un exercice
démocratique essentiel auquel doit se livrer le gouvernement en toute transparence pour que tous les Québécois
puissent savoir comment et pour quoi les sommes qui sont retenues sur
leurs salaires sont utilisées. Mais c'est aussi un processus nécessaire de
reddition de comptes qui vise à s'assurer de la gestion responsable des fonds
publics, surtout dans le contexte actuel où les déficits se suivent d'année en
année, et aussi de la pertinence des
objectifs fixés et de leur adéquation avec les attentes des citoyens et surtout
de les atteindre.
Plus
spécifiquement, je suis ici aujourd'hui au nom de ma formation politique mais
aussi de tous les Québécois pour
m'assurer de la bonne gouvernance dont le ministre et ses gestionnaires sont
responsables dans la réduction de la contamination de l'eau, de
l'atmosphère et du sol, dans la lutte contre les changements climatiques, la
conservation de la biodiversité, la
coordination de la démarche gouvernementale de développement durable au sein de
l'administration publique, l'évaluation
environnementale des projets et les évaluations stratégiques environnementales,
etc. Mais, plus précis, vous savez, M. le ministre, j'ai une pratique
dans le domaine municipal, j'ai été directeur général d'une MRC pendant presque
20 ans. Je veux apporter cette expérience-là comme contribution à
l'exercice. Je souhaite passer le message
comme quoi que les municipalités, les MRC doivent travailler en partenariat
avec le ministère de l'Environnement.
Il ne faut pas traiter le monde municipal
comme des potentiels... comment je pourrais dire ça, des gens qui ne
respectent pas la loi. Je pense qu'on doit
les respecter comme des partenaires. Vous savez, au fil des ans, il y a
beaucoup de ressources qui ont quitté les bureaux régionaux, de sorte
que les personnes qui sont en charge des bureaux régionaux actuellement ont un
choix arbitraire à faire par rapport au travail qu'il y a à accomplir. Et, je
pense, c'est dans cet esprit-là qu'il faut travailler beaucoup plus en
concertation qu'on le fait actuellement. Pour ce faire, j'ai l'intention de
poser des questions courtes et claires pour lesquelles je m'attends à recevoir
des réponses concises qui vont directement au but.
Cela
étant dit, M. le Président, notre temps de parole est limité, et j'aimerais
pouvoir reporter les minutes restantes pour poser des questions au
ministre afin de saisir toutes les subtilités de son approche globale,
cohérente, intégrée et rigoureuse. Merci.
Président (M. Reid) :
Oui, bien sûr. Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. Je passe maintenant à l'étape des questions, et nous allons commencer avec un
bloc de l'opposition officielle. Je passe la parole au député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Alors,
merci beaucoup, M. le Président. Pour un bloc de 20 minutes, c'est ça?
Gaudreault : O.K.
Alors, on va se réchauffer un peu, hein, il faut commencer. Je ne dis pas qu'on
va faire du «workout», là, on va faire du réchauffement climatique, non.
On va plutôt lutter contre le réchauffement climatique.
Écoutez, il y a plusieurs dossiers d'actualité
évidemment qui interpellent l'environnement et le ministère directement au Québec présentement, mais il y en a
un en particulier sur lequel j'entends entamer les discussions ici ce matin,
c'est la question du dossier de l'oléoduc TransCanada Énergie Est. Vous savez
que c'est un projet majeur de transport de
pétrole, d'exportation de pétrole en provenance de l'Ouest canadien. Donc, on
sait que ça provient essentiellement des sables bitumineux de l'Alberta.
Écoutez, sur le territoire du Québec, ça représenterait un transport de presque
1 000
kilomètres sur le territoire du Québec, et ça pose évidemment, un certain
nombre de questions, et ça pose surtout des questions sur le plan du
respect, je dirais, des décisions du Québec ou du respect plutôt de la volonté
du Québec de décider de ce qui se passe sur
son territoire. Est-ce que le Québec veut être un exportateur ou une terre
exportatrice nette de pétrole ou est-ce que le Québec veut avoir une
vision du développement durable ou une vision énergétique qui est différente? Quelles sont les conséquences
environnementales? Quelles sont les conséquences sur les mammifères
marins qui sont menacés, etc.? On a eu
l'occasion de faire quelques échanges au salon bleu à ce sujet-là, le ministre
et moi, mais je veux qu'on aille plus loin.
D'ailleurs, j'aimerais, dans un premier temps,
entendre le ministre de façon peut-être un peu plus large sur sa vision des... je dirais, des compétences du Québec
à cet égard. Est-ce qu'il est d'accord, par exemple, avec la position du
Procureur général du Québec qui a été
entendu dans le dossier sur les certificats d'autorisation du terminal
méthanier... du terminal, c'est-à-dire, de Cacouna dans ce projet-là? Vous
savez, la requête qui a été déposée par le Centre québécois du droit de l'environnement, la Fondation
David-Suzuki, Nature Québec, la Société pour la nature et les parcs du
Canada, France Dionne contre, évidemment,
TransCanada PipeLines, décision qui a été rendue récemment. Alors, est-il
d'accord avec la position du Procureur
général du Québec qui affirme que les lois environnementales du Québec
s'appliquent à ce projet-là malgré qu'évidemment il s'agit d'un projet
d'envergure nationale, au sens canadien? J'aimerais l'entendre de façon un peu
plus précise là-dessus.
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président, puis je remercie le député de
Jonquière pour sa question. Puis, comme lui, je suis très heureux d'avoir l'opportunité d'échanger, d'approfondir dans
ce contexte. Ça va nous permettre de... justement, d'aller un peu plus
loin que les 45 secondes et les minutes que le salon bleu nous permet de
faire.
Pour ce qui
est du projet de TransCanada et de la question en particulier, je voudrais
d'abord commencer par dire qu'il faut faire très attention parce que,
comme le député de Jonquière a fait état, la question est présentement devant les tribunaux. Alors, comme il le sait, ancien
membre du Barreau qu'il est, il sait que, dans ce contexte-là, nous
devons faire preuve de réserve et faire très attention, là, de ne pas
influencer indûment un processus qui est en cours.
Ce que je
peux dire par contre, c'est que, que ça soit le projet TransCanada ou que ça
soit l'ensemble de la filière des
hydrocarbures, je l'ai dit dans mes remarques préliminaires, M. le Président,
c'est que, d'abord et avant tout, nous nous devons de faire le point sur l'ensemble de la filière des hydrocarbures.
Et c'est pour ça que nous avons annoncé, conjointement avec le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles, que nous allons mettre en place un
plan d'action sur l'ensemble de la filière
des hydrocarbures, comprenant d'ailleurs le projet TransCanada. Et, dans le
cadre de ce projet-là, nous avons annoncé qu'il allait y avoir un BAPE, un bureau
d'audiences publiques sur l'environnement, spécifiquement sur ce projet-là, qui
allait couvrir non seulement le projet du port à Cacouna, mais qui allait
regarder l'ensemble du projet à travers le
Québec, et nous allons poursuivre. Alors, le projet, on est à l'étape de
l'étude d'impact par rapport à ce
BAPE là et nous avons pleinement l'intention d'aller au bout de ce processus-là
non seulement pour bien comprendre
l'ensemble des impacts de ce projet-là. Il y a des impacts environnementaux
majeurs, le député de Jonquière y a
fait référence. Il y a également des impacts économiques qu'il faut regarder,
et évidemment ça va informer le gouvernement
sur la position que nous allons prendre par rapport à ce projet-là et
l'ensemble de la filière des hydrocarbures mais plus particulièrement
sur ce projet-là lorsque l'Office national de l'énergie va tenir des audiences
sur le projet au courant de l'automne et de
l'année prochaine. Mais, plus particulièrement, je crois que c'est déjà... et
là mes remarques sont d'ordre plus
général, je crois qu'il est clair, M. le Président, que des lois d'ordre
général, comme la
Loi sur la qualité de l'environnement, peuvent
s'appliquer, dans certains cas, à des ouvrages fédéraux. Il y a déjà eu de la
jurisprudence à ce sujet-là.
Cependant, il faut
voir, là, présentement, dans ce cas-ci, que, là, il y a une question
particulière qui est posée devant les
tribunaux, et on va laisser les tribunaux faire leur travail sur la question
spécifique de la requête à laquelle le député
de Jonquière fait référence. Mais, dans le contexte plus général, c'est clair
que nous, on a des questionnements. C'est
pour ça qu'on veut aller de l'avant
avec un BAPE. Puis on a d'autres questionnements sur l'ensemble de la filière des hydrocarbures,
et ça, c'est très important de souligner ça. Le plan d'action veut justement
rassembler l'ensemble des connaissances qu'on a.
J'ai fait état du
GIEC, du rapport du GIEC dans mes remarques, le député de Jonquière a fait état
du rapport du GIEC dans ses remarques introductives également, mais il y a
énormément de savoirs, et de rapports, et de science — c'est presque à un rythme effréné — au cours des dernières semaines, des
derniers mois, qui ont été rendus publics.
Pas plus tard qu'avant-hier, l'Université du Missouri rendait public un rapport
sur la fracturation hydraulique. Ça va
être nécessaire que, dans nos études, et plus particulièrement sur les gaz de
schiste et le pétrole de schiste, nous tenions compte de cette étude-là et des autres études qui présentement font état
de la science en matière de fracturation hydraulique, mais, dans
l'ensemble, c'est pour nous permettre de voir comment on peut se donner une
vision, encore une fois, oui, globale, cohérente, rigoureuse, intégrée de
l'ensemble de la filière des hydrocarbures et après prendre des décisions qui s'imposent. Parce qu'encore une fois une chose
qu'on a dite, et on l'a dite très clairement : on n'a pas un parti
pris automatique pour l'exploitation tous azimuts de la filière des hydrocarbures.
Il y a des questions qui demeurent sans réponse. Nous allons aller chercher ces
réponses-là.
La question du projet
TransCanada en est une d'une grande importance. Nous avons vu ce qui s'est
passé tout récemment avec le projet Northern
Gateway : beaucoup de questions. Alors, c'est sûr qu'on va laisser le
processus suivre son cours et aller chercher les réponses aux questions que
nous avons posées.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bon, écoutez, on vient d'apprendre un certain nombre de choses, le ministre
nous a dit plusieurs éléments dans sa réponse. Je veux juste prendre une étape
à la fois, et évidemment nous aurons l'occasion de revenir plus tard sur les gaz
de schiste ou sur l'ensemble de la stratégie sur les hydrocarbures.
Maintenant, je veux vraiment
qu'on se ramène sur la question du projet de TransCanada et j'aimerais que le ministre
réponde brièvement, s'il
vous plaît, parce que
le temps file rapidement. Je comprends que, sur le projet d'oléoduc
de TransCanada, le ministre nous annonce ce matin un BAPE sur l'ensemble du
projet, et non pas seulement sur le terminal
de Cacouna, mais sur l'ensemble du projet d'oléoduc. Je voudrais connaître le
mandat de ce BAPE sur l'ensemble du projet, je voudrais connaître son
échéancier qu'il se donne globalement, en tout cas, minimalement, et je
voudrais également savoir s'il est disposé à faire en sorte que ce
BAPE sur l'ensemble du projet soit itinérant, parce que,
comme je vous le disais tout à l'heure, écoutez, c'est des centaines de kilomètres,
là, qui seront traversés par cet oléoduc.
Alors, oui, on parle beaucoup
de Cacouna, là, parce qu'il y a le terminal, il y a un projet de terminal qui
était là, sur lequel il y a eu une étude d'impact par TransCanada, mais est-ce
que ce BAPE sera itinérant, si on veut, sur l'ensemble du projet?
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le député. M. le ministre.
Heurtel : Alors, M. le Président, premièrement, je veux dire, il n'y a
pas grand annonce aujourd'hui parce que, de un, c'était déjà ce qui
avait été annoncé le 30 mai.
Mais aussi,
concernant le BAPE, il faut comprendre que le précédent gouvernement en est
venu à une entente avec le promoteur du
projet en mars dernier pour justement le processus d'audiences publiques dont
nous parlons présentement, faisant en sorte que le promoteur se soumet
volontairement à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts environnementaux
et qu'on va regarder, bon, oui, le port en particulier mais qu'également les
questions relatives à l'ensemble du projet au Québec vont également être
regardées par le BAPE. Et ça, ce n'est pas une grosse nouvelle. Ça a été
notamment le précédent gouvernement dont le député de Jonquière a fait
partie
qui a conclu cette entente-là. Nous nous attendons à donner suite à cette
entente-là.
Concernant le projet
lui-même, là on est à l'étape de l'étude d'impact qui doit être déposée, et dès...
et, encore une fois, là, je crois que le
député de Jonquière est familier avec le processus du BAPE, dès qu'on reçoit
l'étude d'impact, bien là ça déclenche une série... avec des délais assez
clairement normés. Habituellement, un BAPE de ce genre-là peut prendre autour de quatre mois, le BAPE lui-même, mais
c'est précédé de périodes d'information et... Bon. Mais l'ensemble des
délais font en sorte que, nous, ce qu'on veut, c'est être capables d'avoir
autant que possible le plus d'informations
pour informer la position du gouvernement du Québec parce que le gouvernement
du Québec ne jouera pas la politique
de la chaise vide, ira à l'Office national de l'énergie et ira défendre les
intérêts du Québec, armé d'un rapport du BAPE et toutes les informations
susceptibles d'aider le gouvernement du Québec à défendre nos intérêts devant
l'Office national de l'énergie.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, c'est parce que, vous savez, le ministre nous dit : Bien, ce
n'est pas une nouvelle, c'était prévu dans
l'annonce du 30 ou 31 mai 2014, mais, vous savez, j'ai ici le
PowerPoint qui a été présenté, là, le
Plan d'action gouvernemental sur les hydrocarbures qui a été présenté par le
ministre, avec la vision du gouvernement, la démarche proposée. Et, dans la page sur le projet de TransCanada
PipeLines, Oléoduc Énergie Est, on dit : «Le gouvernement veut
s'assurer de la pertinence du projet [et] évaluer les impacts environnementaux...»
Et là il y a un sous-picot qui dit : «Mandater [...] le BAPE pour étudier
les travaux de construction d'un terminal maritime et d'installations de
stockage prévues à Cacouna.»
Alors, ce n'était pas clair que c'était un BAPE
sur l'ensemble de l'oeuvre. Ce qui était annoncé ici, dans ce Plan d'action du gouvernement, le 31... en tout
cas, mai 2014, là, je pense, c'est le 30 ou 31 mai, là, c'était :
mandater le BAPE pour
étudier les travaux de construction d'un terminal maritime et d'installations
de stockage à Cacouna, ce qui n'est pas
la même chose qu'un BAPE sur l'ensemble du projet, sur les centaines de
kilomètres qui traversent le Québec, là. Alors, je peux bien comprendre que le ministre dise : Ce n'est pas
une nouvelle, O.K., mais il reste que la présentation qui avait été faite avec son collègue aux
Ressources naturelles le 30 mai ne disait pas clairement que ce BAPE
portait sur l'ensemble du projet. Et je veux juste que le ministre nous précise
également son échéancier. Parce que vous savez que, d'un côté, le ministre nous dit : Bon, bien le gouvernement du
Québec va se tenir debout, le gouvernement du Québec va faire valoir son
opinion, le gouvernement du Québec va pouvoir baser sa position sur ce que le
BAPE va dégager comme étude, mais il reste
que l'Office national de l'énergie, il continue son travail, d'une part. Et,
moi, ce que je crains, c'est qu'il y
ait un chevauchement de délais, je dirais, dans le sens que le BAPE prenne du
temps, l'étude d'impact faite par
TransCanada sur l'ensemble du projet... Parce que, là, il y a une étude
d'impact sur le projet de terminal à Cacouna, mais là est-ce qu'il va y
avoir une étude d'impact sur l'ensemble du pipeline?
Et comment on va faire pour s'arrimer avec les
délais de l'Office national de l'énergie pour ne pas qu'on se retrouve avec une décision du fédéral au-dessus ou
en dessous, mais, en tout cas, certainement à côté ou en contradiction
avec une éventuelle décision du gouvernement du Québec?
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
Heurtel : Bon. Il y a plusieurs éléments dans la question et le
préambule du député. Premièrement, je référais le député au communiqué
de presse qu'on a émis, et c'est bien le 30 mai, non pas le 31, et je cite
le communiqué de presse que nous avons émis : «Par ailleurs, le projet et
les travaux prévus à Cacouna seront soumis à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement...» Alors, ça, je crois que, si le député voyait de
l'ambiguïté, là le communiqué de presse était assez clair à cet effet-là.
Ensuite, ce qu'il faut dire, c'est que toute
cette démarche-là dont on parle, c'est la démarche qui a été mise en place par le précédent gouvernement. Ça, il faut
bien faire attention. Et c'est suite à une entente qui a été convenue
entre TransCanada et le précédent gouvernement au début mars dernier. Alors,
c'est exactement toute la séquence des événements, et les délais. Et le
cheminement qu'on suit présentement, c'est un cheminement qui a été, à
l'origine, tracé par le précédent gouvernement, et que nous décidons... et que nous trouvons tout à fait approprié et légitime, et donc nous le suivons.
Et donc ce
qu'il faut par contre souligner, et ça, je dois dire que je partage l'inquiétude
du député de Jonquière, c'est : nous, on va être très vigilants
pour s'assurer qu'il y ait le moins de délais possible pour qu'on ait le
maximum d'informations à temps pour les
audiences de l'Office national de l'énergie. On est conscients qu'il y a
des délais serrés et, pour nous, on
pense qu'on va être capables d'avoir un maximum d'informations de ce BAPE là
pour informer la position du gouvernement du Québec à temps pour
l'Office national de l'énergie. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a déjà...
on attend l'étude d'impact qui va se concentrer sur le port à Cacouna, mais il
y a déjà une étude d'impact aussi sur l'ensemble du projet et qui est déposée
ou qui va être déposée à l'Office national de l'énergie. Donc, ça va nous
permettre d'informer le BAPE sur l'ensemble de l'oeuvre.
Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le
député de Jonquière,
il reste encore 1 min 30 s dans le bloc.
M. Gaudreault : Oui. Écoutez,
je ne veux vraiment pas faire un débat de sémantique, là, mais je reviens au
communiqué, au communiqué du 30 mai, là. Bon, puis là j'ai perdu le bout
que je voulais... Bon. Il nous dit — je pense que c'est la même citation qu'il vient de nous lire : «...le
projet et les travaux prévus à Cacouna seront soumis...»
Le Président (M. Reid) :
Continuez.
M. Gaudreault : «...le projet
et les travaux prévus à Cacouna seront soumis à la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement dont font
partie des audiences
publiques tenues par le BAPE.»
Bon. Alors,
«le projet et les travaux prévus à Cacouna», mais là il vient de nous parler de
l'ensemble du projet, là. Alors, moi, je reviens sur la citation du
communiqué. C'est deux choses, là. On ne parle pas des... Parce que, quand il nous dit : Un BAPE sur l'ensemble du
projet, ce n'est pas juste les travaux prévus à Cacouna, c'est sur l'ensemble
du projet. Dans ce sens-là, c'est quelque
chose d'important qui est dit, là. Et je pense que ça permet justement
d'avoir une vision différente du projet. Je ne sais pas s'il nous reste
du temps pour qu'on s'entende bien, là.
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre, en quelques secondes, s'il vous plaît.
M. Heurtel : Pardon, M. le Président?
Le Président (M. Reid) : En
quelques secondes, s'il vous plaît.
M. Heurtel : En quelques secondes. Il
n'y a pas de port sans tuyau, M. le Président.
M. Gaudreault : Oui, mais...
Le Président (M. Reid) :
Alors, le bloc est écoulé, on y reviendra tantôt, si vous voulez, M. le député
de Jonquière.
Alors, je passe maintenant à un bloc du côté
gouvernemental et je donne la parole à la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci, M. le Président. Bonjour, M. le Président, bonjour,
M. le ministre, salutations aux collègues gouvernementaux, et aux
collègues de l'opposition, et au personnel du ministère.
Alors, j'ai le plaisir de commencer le premier
bloc gouvernemental d'étude des crédits en environnement et d'emblée je
souhaiterais vous dire que j'ai l'honneur d'assumer le rôle d'adjointe
parlementaire du ministre du Développement
durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques,
particulièrement sur le volet de la Politique nationale de l'eau qui est
un volet que nous aurons sûrement la chance d'aborder dans les 12 prochaines
heures aujourd'hui.
Alors, j'aimerais plutôt commencer le bloc
gouvernemental avec un sujet qui concerne le Plan d'action Saint-Laurent et la stratégie maritime. Alors, les
gouvernements du Canada et du Québec ont signé, en 1988, la première
Entente quinquennale de concertation
Canada-Québec sur le Saint-Laurent. Depuis près de 25 ans, les
gouvernements du Québec et du Canada
coopèrent pour conserver, protéger et restaurer l'écosystème du Saint-Laurent
et rétablir les... usages — voyons, la langue me fourche ce matin — reliés au Saint-Laurent. Le gouvernement du
Canada et le gouvernement du Québec investiront respectivement
49,1 millions et 20,8 millions pour la réalisation des actions
identifiées au Plan d'action Saint-Laurent
pour la période 2011‑2016. De plus, le gouvernement du Québec entend développer
une stratégie maritime pour le Québec
afin de mettre en valeur les potentiels du fleuve, de l'estuaire et du golfe du
Saint-Laurent. Le ministère du
Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques est responsable de lois, de règlements et de programmes qui
s'inscrivent dans les différents volets du projet de la stratégie maritime.
M. le
Président, j'aimerais demander à M. le ministre s'il est nécessaire de poursuivre les efforts de collaboration des partenaires du Plan d'action Saint-Laurent
ainsi que les sommes à y investir et en quoi le Plan d'action Saint-Laurent
pourrait-il s'inscrire dans les buts visés par la stratégie maritime.
Le Président (M. Reid) : Merci,
Mme la députée de Vaudreuil. M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
D'entrée de jeu, je voudrais remercier la députée de Vaudreuil pour sa question et souligner son rôle comme adjointe parlementaire. Je me permets de
dire : C'est un plaisir de travailler avec elle, et sa contribution,
particulièrement au dossier névralgique de l'eau et de la Politique nationale
de l'eau, sa contribution est fondamentale,
et puis, bien que ce n'est qu'un début, c'est déjà un énorme plaisir de
travailler ensemble et de poursuivre le travail dans ce dossier qui est
fondamental.
Pour ce qui est de la question, M. le Président,
dans un premier temps, il est important de rappeler que cette stratégie
maritime est une première au Québec. Étant membre du Comité ministériel sur l'implantation
de la stratégie maritime, présidé par mon collègue ministre délégué aux
Transports et à l'Implantation de la stratégie maritime et ministre responsable
des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, député de Rivière-du-Loup—Témiscouata — c'est
long sur une carte d'affaires — je suis à même de constater le grand
enthousiasme entourant cette stratégie et je
ne peux que m'en réjouir. Nous savons tous que le Saint-Laurent représente un
grand potentiel, et il nous incombe de l'exploiter de manière responsable,
en le protégeant, en le mettant en valeur et en assurant sa pérennité au
bénéfice de l'ensemble de la collectivité et des générations futures.
Afin de bien
répondre à votre question, permettez-moi d'effectuer un petit retour à
l'automne 2005, alors que les gouvernements
du Canada et du Québec signaient la quatrième phase de cette entente de
concertation Canada-Québec sur le
Saint-Laurent, soit le Plan Saint-Laurent pour un développement durable 2005‑2010.
À cette époque, un élément nouveau s'était cependant rajouté dans cette
phase : les deux gouvernements s'étaient engagés à élaborer conjointement
le concept et les mécanismes de mise en
oeuvre de la gestion intégrée du Saint-Laurent. Cet engagement du
gouvernement a été réitéré dans la Loi affirmant
le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur
protection, adoptée en juin 2009, et elle fait
partie du Plan d'action
de développement durable 2008‑2013 et du Plan stratégique 2009‑2014 du
ministère.
Forts de leurs réalisations antérieures, les
gouvernements poursuivent et étendent leur collaboration depuis la signature,
le 29 novembre 2011, de la cinquième entente intergouvernementale, soit le
Plan d'action Saint-Laurent 2011‑2026. Cette
entente regroupe les efforts de 18 organismes et ministères des deux
gouvernements. Les partenaires québécois
sont le ministère, le MRN, le MAPAQ, le MTQ, le MAMOT, le MSSS, le MSP et le
MTO. Par cette entente, les gouvernements du Canada et du Québec
conviennent des principes qui guideront l'action complémentaire des
gouvernements et des enjeux identifiés comme prioritaires relativement au
Saint-Laurent et au premier plan d'action 2011‑2016. Outre l'implantation de la gestion intégrée du Saint-Laurent, cette
entente identifie 48 projets conjoints visant la conservation de la biodiversité, l'amélioration de la qualité
de l'eau et la pérennité des usages. Le Programme de suivi de l'état du Saint-Laurent y est poursuivi, et un
nouveau programme, le programme Prévision numérique environnementale sur le Saint-Laurent, est mis en place. Le premier
permet de dresser le bilan de l'état du Saint-Laurent et de soutenir la prise de décision en se basant sur 21 indicateurs environnementaux, alors que le deuxième vise à développer des outils de modélisation et d'aide à la décision
dans la gestion des eaux du Saint-Laurent.
Avec la
signature de cette entente, le gouvernement du Québec a entamé la mise en
oeuvre de la gestion intégrée du Saint-Laurent.
La GISL est un processus permanent basé sur la concertation de l'ensemble des
décideurs, des usagers et de la
société civile pour une planification et une meilleure harmonisation des
mesures de protection et d'utilisation des ressources de cet important
écosystème, et ce, dans une optique de développement durable. La mise en oeuvre
de la gestion intégrée du Saint-Laurent se concrétise par
l'institution de deux mécanismes de gouvernance : la tenue d'un forum
annuel sur le Saint-Laurent et la mise en place de 12 tables de concertation
régionales. La poursuite des efforts de collaboration des partenaires du PASL est donc nécessaire afin de conserver les
acquis et également de faire face aux problématiques
émergentes.
De plus, la mise en oeuvre de cette entente
permet de respecter les engagements du Québec en matière de gestion intégrée de l'eau pour cet important
écosystème qu'est le Saint-Laurent, tel que le définit la
loi sur l'eau. Le Plan
d'action Saint-Laurent est le véhicule de prédilection pour la mise en oeuvre des initiatives conjointes entre les gouvernements visant le
développement durable du Saint-Laurent.
Dans le cadre de la stratégie maritime du
gouvernement du Québec, il importe de préciser que des outils déjà en place, dont le Plan d'action Saint-Laurent,
pourraient être considérés comme un véhicule de mise en oeuvre de
certaines actions conjointes avec le gouvernement fédéral. À
titre d'exemple,
la stratégie prévoit mandater un organisme qui assurera la documentation et la surveillance de l'état des zones côtières
ainsi que des berges afin d'empêcher leur dégradation et de voir à leur amélioration. Les programmes de suivi de
l'état du Saint-Laurent et de prévision numérique environnementale sont efficaces et relèvent d'une
bonne collaboration entre plusieurs ministères du Québec et du Canada.
Également, la stratégie prévoit de mettre en
place un fonds environnement maritime qui sera consacré à la recherche environnementale, dépollution,
amélioration, sauvegarde des espèces, des berges, etc., à la conservation du
fleuve ainsi qu'à la prévention, au soutien
et au nettoyage en cas de déversement. Un tel engagement financier pourrait
donner un souffle pour de nouvelles
initiatives qui ont émergé des suites de la signature de l'entente mais qui
n'ont pu bénéficier d'un financement adéquat.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Alors, merci, M. le
ministre, pour les informations, entre autres, relativement aux buts visés par
la stratégie maritime. Maintenant, est-ce que ce serait possible de vous
entendre sur le rôle afin d'atteindre les différents objectifs du ministère,
toujours relativement à la stratégie maritime?
Le Président (M. Reid) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Alors, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques est
responsable de lois, de règlements et de programmes qui s'inscrivent dans les différents volets du projet de stratégie
maritime. Notamment les volets Protection et Bonnes pratiques liées au transport et à l'exploitation des ressources sont
susceptibles de faire l'objet d'autorisations par le ministère, d'un
suivi environnemental et, le cas échéant, de contrôles.
N'oublions pas que le Plan d'action 2013‑2020
sur les changements climatiques comprend de nombreuses mesures relatives aux milieux marins et côtiers. Sachant que le
transport maritime consomme neuf fois moins d'énergie que le transport
ferroviaire, cette stratégie nous permettra de réduire nos émissions de GES en
soutenant une transition vers le transport
maritime dans une perspective de développement durable. L'emploi du gaz naturel
liquéfié, appelé GNL, comme carburant sera aussi étudié à l'exemple des
trois nouveaux navires commandés par la Société des traversiers du Québec, ce
qui permet de réduire les émissions de GES de plus de 20 % par rapport au
diesel.
Permettez-moi de vous parler plus amplement de
la stratégie maritime. Le gouvernement du Québec entend développer une
stratégie maritime pour le Québec afin de mettre en valeur les potentiels du
fleuve, de l'estuaire et du golfe du
Saint-Laurent. Cette stratégie vise à stimuler le développement économique de
toutes les régions côtières, par exemple, les investissements dans les
infrastructures portuaires, le transport et les chantiers maritimes. Le
discours sur le budget 2014‑2015 souligne
l'importance d'exploiter de façon responsable le potentiel maritime en
développant une expertise environnementale unique. La stratégie maritime
va aborder les thèmes de transport maritime, notamment l'investissement dans
les infrastructures portuaires, le transport et les chantiers maritimes et les
accès au fleuve pour le transport. La stratégie entend poursuivre le
développement du tourisme maritime, notamment la promotion des croisières internationales sur le Saint-Laurent et
les excursions fluviales sur le fleuve. La stratégie veut relancer le
cabotage sur la Côte-Nord et éventuellement
l'étendre à d'autres régions, dont le Nord-du-Québec. Cette stratégie vise le
développement de l'économie bleue en ce qui concerne l'exploitation des océans
et ce qu'ils contiennent par des investissements
en recherche dans les biotechnologies et les technologies maritimes... marines,
pardon. La stratégie verra à examiner
le scénario du développement des produits marins. La recherche en milieu marin
sera supportée afin de mieux connaître
et de mieux exploiter le fleuve ainsi que valoriser de façon durable les fonds
marins et les énergies marines. Il est prévu de créer un centre biomarin
et de soutenir la recherche et le développement en ces domaines. La stratégie
doit contribuer à assurer la pérennité de l'industrie des pêches et de l'aquaculture
du Québec.
La stratégie viserait
la réduction des gaz à effet de serre — GES — liés
au transport des personnes et des marchandises
par le financement d'infrastructures maritimes, par un programme visant la réduction ou l'évitement
des émissions de gaz à effet de serre, par le développement du transport intermodal; l'augmentation du nombre de bateaux utilisant
le gaz naturel liquéfié et amélioration de l'efficacité énergétique des bateaux; le développement d'un tourisme durable et respectueux de l'environnement et de la
biodiversité du Saint-Laurent; la protection des zones de pêche pour garantir
la pérennité de la ressource; la création d'aires marines protégées de l'ordre
de 10 % du Saint-Laurent en 2015; la
documentation de l'état et des interventions nécessaires concernant les zones
côtières et les berges en vue de limiter
leur dégradation et voir à leur amélioration et soutien financier aux
municipalités pour des travaux de prévention et de protection des rives et des berges; l'amélioration
des connaissances sur les écosystèmes du Saint-Laurent et sur les risques liés à son équilibre; la création d'un
fonds environnement marin pour la recherche environnementale — dépollution,
amélioration de l'état des berges et du
milieu côtier, sauvegarde de sites et des espèces — connaissance du fleuve, et bien
d'autres, le soutien à la recherche sur le milieu marin pour connaître et
exploiter le fleuve à sa juste valeur.
Vous pouvez donc
constater par les objectifs visés que le ministère est un joueur important de
la mise en oeuvre de cette stratégie.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci, M. le ministre, relativement aux informations sur la
stratégie maritime. Pour rester dans le domaine de la stratégie,
j'aimerais aborder avec vous le bilan de la Stratégie gouvernementale de
développement durable 2008‑2013.
le ministre, on le sait, comme société, nous devons adopter une approche axée
sur le développement durable. Et d'ailleurs
vous en avez parlé amplement dans votre petit discours d'introduction. Il faut
évidemment le faire pour nous assurer le renouvellement de nos
ressources et pour préserver la capacité de choisir des générations futures. Je
pense qu'aujourd'hui, en 2014, la grande
majorité de la population connaît les principes du développement durable et y
adhère, malgré qu'il faut continuer à en parler puis il faut continuer à
sensibiliser les gens, les citoyens soit via les villes, via les MRC, via les
écoles, pour les enfants, mais il faut continuer à sensibiliser la population
sur ce sujet-là. Je pense également qu'en
tant que gouvernement nous nous devons d'adopter un comportement exemplaire en
toute matière et je pense que cela s'applique particulièrement au développement
durable. Je suis très consciente que le gouvernement, c'est une grosse, je
dirais même «une très grosse», machine à faire bouger, et je vous réitère mon
entière confiance.
À juste titre, le
gouvernement s'est donné une stratégie gouvernementale de développement durable
2008‑2013 dont le bilan vient d'être fait. Pouvez-vous nous donner des exemples
de bénéfices de l'application de cette stratégie?
Le Président (M.
Reid) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. À nouveau, excellente question.
Premièrement, je vais sauter sur le point que vous faites à propos de
l'importance de sensibiliser la population.
crois qu'à ce niveau-là il y a un travail énorme qui doit être fait et je dois
dire qu'on a déjà commencé à le faire. Mais, quand on parle de lutte
contre les changements climatiques comme on l'a fait dès le début, il est clair
que le développement durable s'inscrit et joue un rôle essentiel dans cette
lutte, et conséquemment nous allons devoir faire un travail très important de communication, de sensibilisation, de
pédagogie même sur l'importance du développement durable et à quel point des gestes qui peuvent sembler parfois même
mineurs peuvent avoir un impact énorme sur non seulement le
développement durable, non seulement l'environnement, mais, il faut comprendre
également que, sur l'ensemble des aspects de
notre société, on semble parfois... On a souvent, je trouve, limité
l'environnement à finalement l'écologie et ce que fait, par exemple,
uniquement le ministère dont je suis le titulaire.
ne serait-ce qu'à peine dans les huit semaines que j'ai eues dans le ministère
j'ai eu le privilège d'ailleurs de travailler
avec des gens exceptionnels, au ministère de l'Environnement, mais c'est de
voir à quel point le développement durable se retrouve dans tous les aspects non seulement du gouvernement, mais de notre vie, alors, et pas... Justement,
on peut parler d'une journée de transport.
On peut parler, comme on vient de le faire, de stratégie maritime. Puis là vous
m'avez entendu faire la liste de tous les différents aspects de la stratégie
maritime, mais il y a un lien avec l'environnement, il y a un lien avec le développement
durable. Puis donc c'est clair que, dans ce contexte-là, il faut s'assurer qu'il
y ait toujours un effort de communication,
de sensibilisation et de pédagogie qui soit fait dans l'ensemble des facettes
de la vie quotidienne et de l'activité économique du gouvernement pour
comprendre que cette stratégie-là, ce n'est pas juste quelques mesures comme
ça, prises de façon capricieuse, mais surtout ça marque le début d'un
changement de comportement, un changement de
vie qu'il faut incarner. Et donc, dans ce contexte-là, la sensibilisation est
fondamentale.
Quand
on regarde la stratégie comme telle, elle implique près de 120 ministères
et organismes gouvernementaux dans la
réalisation de 1 149 actions de développement durable. On se souviendra
que c'est notre gouvernement qui a fait adopter la
Loi sur le développement durable et la Stratégie
gouvernementale de développement durable 2008‑2013. Pour ce qui est de la nouvelle stratégie de développement
durable, je tiens à dire, M. le Président, qu'on prévoit une
consultation, une commission parlementaire à l'automne pour justement remettre
à jour notre plan d'action, mais il y a des actions qui peuvent être identifiées aux nombreuses activités de sensibilisation
et de formation du personnel de l'administration publique menées par chacune des organisations en lien avec l'orientation
stratégique priorisée : informer, sensibiliser, éduquer et innover,
activités qui ont eu comme résultat un taux de sensibilisation du personnel au
développement durable de 90 % en 2011
et de formation de personnel ciblé de 60 %. L'accompagnement offert par le
ministère, et la mise en commun d'outils, et le partage des
connaissances et des expériences par les ministères et organismes ont permis
l'atteinte des objectifs gouvernementaux en la matière.
En outre, selon les
sondages menés en 2013, un peu plus de 68 % des employés gouvernementaux
ont reconnu la définition du «développement durable» par rapport à 25 %
dans la population en général. Donc, ce 25 % là, M. le Président, c'est ce à quoi je faisais référence au début de
mon intervention, on a là la taille de notre défi. Et donc il faut le
faire tant à l'intérieur du gouvernement que dans la population en général.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous allons passer
maintenant au bloc du groupe de la deuxième opposition, et je donne la
parole au député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci, M. le Président. J'ai des questions à poser
au ministre puis, si cette fois-là les réponses sont déjà écrites, je
vais trouver son cabinet très, très fort.
J'avais des questions aussi par rapport à
bélugas, TransCanada, pas dans la
partie du BAPE, mais mon collègue de
Jonquière m'a fait quand même penser... Moi, c'était plus au niveau des
certificats d'évaluation. Je vais y revenir. Mais, par rapport au BAPE, vous
savez qu'au-delà du contenu la coalition, on a une fixation par rapport à la gestion des finances publiques. Vous avez... et
je vais y revenir aussi un peu plus tard, là, mais le budget du BAPE est
à peu près 5 millions. Il y a 3 millions déjà qui est réservé pour le
BAPE au niveau de l'uranium. Avec tous les autres mandats et celui de TransCanada, pensez-vous que le BAPE va avoir
suffisamment de fonds en 2014‑2015 pour tenir son BAPE pour le projet de
bélugas TransCanada?
Le Président (M. Reid) : Oui,
M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Alors, pour ce qui est... Je remercie le député de sa question, parce que
nous-mêmes, on s'est posé la question parce qu'il y a plusieurs évaluations
environnementales en cours.
Alors, je référerais
d'abord le député au budget du début du mois de juin qui a prévu 1 million
de dollars pour parachever le BAPE
sur le gaz de schiste qui doit se terminer d'ici la fin du mois de novembre.
Alors, avec cette somme additionnelle là, nous sommes confiants que le
BAPE va être en mesure de faire le travail qui lui est dévolu dans le respect
de l'ensemble de son enveloppe budgétaire.
Le Président (M. Reid) : Oui,
allez-y.
Martel : Pour
revenir au dossier, comme je vous mentionnais, moi, c'était plus au niveau du
certificat d'évaluation. On sait que le secteur de Cacouna où TransCanada
entend construire son port méthanier, ce serait un écosystème très fragile.
Selon les chercheurs, la construction élèvera le niveau sonore dans l'eau, ce
qui perturbera grandement les mammifères marins. Le transport maritime serait
décuplé.
Il y a un mois, TransCanada demandait une
autorisation au ministère de l'Environnement pour faire des levés géotechniques, des forages, dans le secteur de
Cacouna. La
Loi sur la qualité de l'environnement est claire,
TransCanada ne peut effectuer ce genre de travaux dans cette région précise
pendant la période de gestion des bélugas en vertu des articles 20 et 22
qui mentionnent qu'il est interdit d'émettre un contaminant dans
l'environnement. Dans ce cas-ci, la pollution
sonore résultant des travaux de forage à venir en milieu marin pourrait être
considérée comme une source de contamination. Ensuite, la loi, selon l'article 22,
force par ailleurs une entreprise à obtenir un certificat d'autorisation du
ministère avant d'entreprendre une activité susceptible de se solder par
l'émission d'un contaminant.
J'ai trois, quatre questions par rapport à ça.
Dans un premier temps, est-ce que le ministre compte émettre un certificat
d'autorisation? Et, s'il le fait, compte-t-il délivrer pareil certificat en
respectant le cycle de reproduction? Est-ce
que le ministre compte publier les études d'impact? Et est-ce que le ministre possède
déjà des projections sur la population des bélugas et publiera-t-il ces
études afin d'accroître l'accessibilité sociale du projet?
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député. M. le ministre, vous avez quatre questions.
Heurtel : Oui, c'est ça. Merci, M. le Président. Et je remercie le
député. Je vois qu'il a bien lu aussi sa question.
Alors,
concernant la première question, je rappellerai peut-être au député que le
promoteur a déposé une demande de
certificat d'autorisation le 22 mai dernier, et, donc, cette demande-là
est encore sous analyse. Alors, pour le moment, il serait prématuré pour
moi, là, d'aller plus loin sur cette demande-là. Le ministère est en train de
faire l'analyse et justement tient compte de l'ensemble des facteurs et même
d'autres que vous n'avez pas listés. Mais c'est clair que présentement on regarde l'ensemble des facteurs,
et, quand l'analyse sera terminée, on sera en mesure de vous faire part
de la décision du ministère.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
Mais est-ce que vous vous engagez à publier les études d'impact qui vont être
faites? Parce que, dans tout ce
projet-là, on le sait, qu'il y a beaucoup de réticences. Ça me fait penser un
peu à toute la question des gaz de schiste, là, au niveau de
l'acceptabilité sociale. Moi, je pense qu'on a un devoir de transparence par
rapport aux citoyens. Est-ce que vous vous engagez à rendre publiques les
études d'impact que vous allez effectuer?
M. Heurtel : Alors, d'abord,
d'entrée de jeu, je dois vous dire que je partage notre grande préoccupation
par rapport à ce projet-là. D'ailleurs, tout
projet relié aux hydrocarbures soulève de très importantes questions, et
l'acceptabilité sociale en est une de grande importance.
Ce qu'on va faire, et ça, c'est clair, c'est
que, dans le cadre du BAPE, il va y avoir des études d'impact, il va y avoir
plusieurs études qui vont être rendues, nécessairement, publiques dans le cadre
du processus d'audiences publiques. Alors,
ça, c'est clair qu'il va y avoir énormément d'information qui va être
disponible pour le grand public, et vous pouvez être certain, M. le
député, que, dans ce contexte-là, nous allons favoriser la transparence, tout
comme dans tous les autres projets.
Nous, ce qu'on veut, c'est avoir l'ensemble des réponses
à l'ensemble des questions. Nous entrons dans ce processus d'audiences
publiques. Je vous rappellerai encore une fois que ce processus-là avait été
mis en place par le précédent gouvernement. Nous entrons
dans ce processus-là sans préjugé, sans idée préconçue. Nous, ce qu'on veut voir, c'est avoir l'ensemble de l'information notamment sur l'impact de ce projet-là sur les bélugas. Je
viens de parler longuement de notre stratégie,
notre Plan Saint-Laurent. Les bélugas jouent un rôle essentiel au niveau
de cette stratégie-là, en font partie, et le Plan Saint-Laurent en tient
compte. Et il faut également considérer qu'il y a un impact touristique majeur
qu'on attribue à la présence des bélugas, donc il y a toute une question économique
qu'il faut regarder.
Nous sommes conscients qu'à la fin du processus
d'évaluation et d'examen des impacts on aura des réponses à ces questions-là et qu'on tiendra compte
également de l'acceptabilité sociale. C'est d'ailleurs pour ça, débat de
sémantique mis de côté, qu'on regarde non seulement le port, mais l'ensemble du
tuyau, parce qu'on veut justement avoir une compréhension, de la part des populations
affectées, de leurs points de vue par rapport à ce projet-là.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le
ministre, j'ai bien compris que vous souhaitez avoir toutes les réponses à ces
questions-là, mais les Québécois veulent
connaître aussi ces réponses-là. Est-ce que vous vous engagez à leur donner ces
réponses-là?
M. Heurtel : Bien, encore une...
Le Président (M. Reid) : ...
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
Heurtel : Excusez-moi, M. le Président. Merci. Encore une fois, je
référerais le député au BAPE, justement. Le BAPE sur le projet, ça ne se fait pas derrière des portes fermées. Je ne
sais pas si le député est familier, mais je crois qu'il l'est de par son expérience dans le monde
municipal. Il a dû vivre des expériences de BAPE dans sa carrière, donc il
sait très bien que l'information qui est
considérée par le BAPE, donc, est publique. Alors, dans ce contexte-là, on va
suivre les règles normales du Bureau d'audiences publiques en environnement
pour s'assurer qu'il y ait un BAPE qui permette justement à la population de
s'exprimer sur le projet et s'exprimer sur la base de données qui seront
publiques.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
M. le ministre, non seulement je suis familier un peu avec ça, mais, de votre
côté... Le BAPE, là, c'est... comment je pourrais dire ça, c'est un
outil mis à la disposition du ministère, mais le ministère a d'autres outils
aussi, il y a ses propres études qu'ils font faire. Moi, je veux savoir... Je
comprends que l'exercice du BAPE, c'est un exercice public, mais le ministère a
des ressources, demande des études. Moi, je vous demande juste si vous allez
les publier, ces études-là.
M. Heurtel : Bien, ce que je peux
vous dire... Pardon.
Le Président (M. Reid) : Oui,
allez-y.
M. Heurtel : Encore une fois,
j'entame le dialogue, M. le Président. Je m'excuse.
Le Président (M. Reid) : Non,
non, allez-y.
M. Heurtel : D'abord, d'entrée de
jeu, là, le béluga comme tel est l'un des indicateurs de suivi dans le cadre du
Plan d'action Saint-Laurent que je parlais tout à l'heure et est documenté par
Pêches et Océans Canada, alors déjà il y a
de l'information qui est disponible là-dessus. Moi, ce que je peux vous dire,
c'est que, si on a des études pertinentes qui peuvent contribuer à la
question sous étude, qui sera sous étude par le BAPE, c'est sûr qu'on y
contribuera.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Je ne voudrais pas interrompre cette belle atmosphère de
collaboration, mais, d'une façon générale,
je vous demanderais de vous adresser à la présidence. C'est la façon de
faire. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci, M.
le Président. Ce que je cherche à savoir du ministre, c'est simplement s'il va
rendre publiques les études qu'il possède. Moi, je pense que les Québécois sont
capables de juger par eux autres mêmes si c'est
utile pour eux ou si ça ne l'est pas. Moi, tout ce que je souhaite, c'est que
les Québécois aient le plus d'informations possible.
Je ne suis pas certain que je vais avoir eu
cette réponse-là, mais je vais sauter tout de suite dans le dossier de
l'uranium mais qui touche aussi au BAPE. Dans le budget des dépenses, je vous
l'ai mentionné tantôt, on retrouve au programme 2
la dotation budgétaire pour le BAPE qui est évaluée à
5 299 000 $ pour l'année 2014‑2015, ce qui constitue la même
somme que l'année dernière, 2013‑2014. On sait que, pour l'année en cours, il y
a un BAPE qui portera sur l'uranium, et,
comme je vous ai mentionné tantôt, il y a un budget de réservé à
3 millions à cet effet-là. J'aimerais ça savoir de
la part du ministre si la tenue de ce BAPE empêchera la tenue d'autres BAPE.
Est-ce que le montant de 3 millions est habituel pour une audience?
Et en
complémentaire j'aimerais ça savoir... On sait que la commission qui a été
annoncée, elle sera présidée par l'ancien
journaliste Louis-Gilles Francoeur. J'aimerais savoir du ministre comment qu'il
juge et perçoit les remarques de l'industrie minière par rapport à la
possible partialité de la présidence à cette commission-là.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. M. le ministre.
Heurtel : M. le Président, j'aimerais revenir sur le préambule du
député par rapport à sa question précédente, j'aimerais juste clarifier
certaines choses. Ce n'est pas comme s'il y a une pièce quelque part avec des
études qu'on tient secrètes, là, sur les bélugas, et je ne voudrais pas qu'on
essaie de créer cette espèce de soupçon là.
Quand le ministère fait des analyses
environnementales, elles sont rendues publiques. Mais c'est déjà public. Il y a un registre dans lequel toutes les études
et les analyses environnementales que fait le ministère sont... elles sont
listées dans ce registre-là. Je crois que,
depuis notre arrivée aux affaires, on fait preuve de transparence, et on va
continuer à faire preuve de
transparence, et il n'y a aucun... Puis je voudrais être clair là-dessus parce
que... Je veux être clair, c'est qu'il n'y
a pas, encore une fois, de préjugé ou quoi que ce soit. Si on a de
l'information pertinente qui peut aider la réflexion sur un débat aussi
important que celui d'un projet comme celui de TransCanada, on va s'assurer que
l'information soit disponible et puisse être analysée. Alors, ça, c'est la
première chose.
Concernant le retour du député sur une question
qui est très semblable à celle qu'il a posée précédemment, encore une fois je répondrai d'abord que le budget
2014‑2015 prévoit des fonds additionnels pour que le BAPE puisse accomplir
son travail. Et aussi ça me permet d'expliquer qu'il y a quand même une
distinction à faire, là, entre des BAPE génériques qui sortent de l'application
habituelle du BAPE et... Ces BAPE là, habituellement, prennent plus de temps, prennent plus d'énergie. Et, dans le cas
du BAPE sur la filière uranifère, on parle d'un BAPE qui se passe
presque entièrement dans le Grand Nord, puis il faut comprendre que la vie dans
le Grand Nord... puis ça, j'ai appris ça, j'ai eu la chance de m'asseoir avec plusieurs de mes collègues du côté
ministériel qui m'ont expliqué que très rapidement la vie dans le Nord
est multipliée par beaucoup. Ce qu'on prend, nous, pour acquis et comme coûtant
très peu... là-bas tout coûte beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher. Et, sur encore
une question aussi importante que celle de la filière uranifère, je crois que c'est important de s'assurer que le BAPE ait les
ressources nécessaires pour faire son travail, et, quant à moi, nous avons entièrement confiance au BAPE
pour qu'il puisse arriver avec un rapport qui sera un excellent rapport.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Il me
reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Reid) :
Environ quatre minutes.
Martel : O.K. Nous,
on ne voit pas de budget supplémentaire par rapport au BAPE dans l'étude des crédits, là, mais j'ai posé une question très
précise au ministre par rapport à la présidence parce qu'on sait que
l'association a critiqué un peu, compte tenu
des points de vue déjà émis par le vice-président du BAPE sur la question de
l'uranium, et ce qu'on a appris, c'est que c'est lui qui devrait présider la
commission, le BAPE sur l'uranium.
Moi,
j'aimerais savoir de la part du ministre très clairement si le ministre
a confiance en la présidence du BAPE. Et est-ce qu'il peut rassurer la population
sur l'impartialité des travaux relatifs à toute la question de l'uranium?
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le député de Nicolet-Bécancour. M. le ministre.
M. Heurtel : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Nicolet-Bécancour, la parole est à vous.
Martel : Toujours au
niveau du BAPE, on sait que le projet
de la cimenterie de Port-Daniel, c'est 2 millions de tonnes de CO 2 , ce qui représente
à peu près 10 % des émissions de gaz à effet de serre pour tout le Québec.
Est-ce que le ministre entend décréter un BAPE par rapport au projet de
la cimenterie en Gaspésie?
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
Heurtel : Je trouve ça un peu étonnant, M. le Président. Le député
vient de me poser, je ne sais pas, cinq questions sur le fait que le BAPE n'a plus d'argent, puis là il semble
vouloir que j'en dépense plus sur un autre BAPE. Alors, j'ai un peu de
mal à suivre le processus logique du député dans cette série de questions là.
Cela dit,
pour ce qui est de Port-Daniel spécifiquement, on parle d'un projet majeur au
niveau du développement économique.
Encore une fois, c'est habituellement une talle que la formation politique du
député essaie de se réserver de façon presque exclusive. Ici, on a un
projet majeur pour une région qui en a besoin. Et, ce dossier-là, c'est clair
que, quand il y a du développement
économique important, particulièrement dans des secteurs industriels, il va
toujours y avoir des questions
environnementales. Pour ce qui est de ce dossier-là spécifiquement, la
procédure du BAPE ne s'applique pas à ce projet-là parce que ce
projet-là a été initié avant la mise en oeuvre de la législation applicable.
Cela
dit, il faut bien faire attention, il y a eu quand même des évaluations
environnementales qui ont été faites du projet, qui ont été mises à jour. Il y a une série de certificats
d'autorisation qui vont devoir être octroyés, et on va suivre le dossier de très près. Mais, de façon plus globale
et plus générale, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que, dans ce
contexte où il faut concilier développement
économique et environnement, on a un exemple là où le projet, dans sa forme
actuelle, oui, va avoir un impact au niveau de l'émission de gaz à effet de
serre, comme plusieurs industries. Cependant, nous sommes confiants, d'après le fait que... de la façon que le projet a été
présenté, nous sommes confiants que l'entreprise va pouvoir réduire ses
émissions de gaz à effet de serre dans les prochaines années par l'utilisation
de carburants qui sont moins nocifs.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Le temps du bloc est écoulé. Nous allons passer
maintenant à un bloc gouvernemental, et je donne la parole à la députée de
Vaudreuil.
Nichols : Merci, M. le Président. Nous avons abordé, un petit peu plus
tôt, le bilan de la Stratégie gouvernementale
de développement durable, et j'aimerais peut-être juste continuer quelques
minutes. Bien sûr, après, je laisserai
l'opportunité à mes collègues de poser leurs questions. Donc, j'empiète un peu
sur votre temps, chers collègues. Veuillez me pardonner.
Alors, on parlait un peu des exemples de
bénéfices de l'application de cette stratégie. Alors, M. le ministre, est-ce
que vous pouvez aussi élaborer relativement, justement, à des exemples de
bénéfices de l'application de cette stratégie?
M. Heurtel : Merci. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Reid) :
Tacitement. Tacitement, oui, je vous ai donné la parole.
M. Heurtel : Je veux tellement vous
remercier. Alors, je remercie la députée pour sa question, me permettre de
poursuivre sur la lancée de tout à l'heure.
Alors, j'en
étais à l'orientation 3, titrée Produire et consommer d'une façon
responsable . Cette orientation a mené à l'adoption de la Politique administrative pour un gouvernement
écoresponsable en 2009 et à la réalisation d'un grand nombre d'activités
pour inciter les ministères et organismes à poser des gestes écoresponsables.
Les ministères et organismes ont élaboré et
adopté un système ou un cadre de gestion environnementale dans une proportion de 66 % et réalisé de
nombreuses actions de gestion environnementale où ils ont mis en application
des pratiques d'acquisitions
écoresponsables. Je vous donne simplement trois exemples pour chacun de ces
types d'actions. En gestion
environnementale, 95 % des ministères et organismes ont mis en place un
système de récupération multimatières, donc papier, carton, verre,
métal, plastique, accessible pour au moins 60 % du personnel. 88 %
des ministères et organismes ont adopté une directive ou appliqué un processus
d'automatisation de l'impression recto verso pour la majorité des équipements. 51 % ont mis en oeuvre des mesures de
sensibilisation aux économies d'énergie au bureau. En pratiques
d'acquisitions écoresponsables, 96 % des ministères et organismes font
l'achat ou l'utilisation d'au moins 80 %
de papier recyclé contenant des fibres postconsommation. 90 % des
ministères et organismes font l'achat ou ont en leur possession, dans une proportion d'au moins 80 %, des
ordinateurs répondant aux critères écoresponsables EPEAT. 68 % des ministères et organismes acquièrent
maintenant des imprimantes moins dommageables pour l'environnement.
Pour le ministère, le système de gestion
environnementale adopté dès 2008 a conduit à l'adoption d'un plan de gestion environnementale pour la période 2009‑2012
et à l'obtention de résultats du même ordre. À
titre d'exemples, plus de 98 % des employés ont accès à un
système de récupération multimatières, 85 % du parc informatique est
constitué d'appareils certifiés écoresponsables,
80 % des achats de papier d'impression contiennent des fibres à matières
recyclées postconsommation.
La stratégie
2008‑2013 a donc amené l'administration publique à mettre en place des tables
d'accompagnement en développement durable pour quatre secteurs d'activité de la
société : les organismes municipaux, les entreprises privées, les
établissements du réseau de la santé et des services sociaux et ceux du réseau
de l'éducation, en vue principalement de
transférer des informations et aider des organisations de ces quatre secteurs
importants dans la mise en oeuvre de démarches de développement durable.
Selon les sondages effectués en 2012 et 2013, trois des secteurs ont dépassé la cible fixée de 20 % des
organisations ayant adopté une démarche de développement durable, soit
22 % pour les entreprises privées, 28,4 % pour les organismes
scolaires et 48 % pour les établissements de santé et de services sociaux.
Quant aux organismes du milieu municipal, le taux de démarches de développement
durable adoptées était de 19,3 % en 2012.
Ces quelques
exemples illustrent comment des actions de développement durable menées par
près de 120 ministères et organismes
contribuent graduellement au développement d'une culture de développement
durable dans l'administration publique
et ont des répercussions dans la société québécoise. De très nombreux autres
résultats pourraient être mentionnés en lien avec l'un ou l'autre des 29
objectifs de la stratégie. Je n'en nommerai que quelques-uns dans des champs
d'intervention distincts. 16 ministères et organismes ont ajusté, au total, 49
programmes au moment de leur création ou de
leur révision pour inclure au moins un critère d'écoconditionnalité ou un
critère qui favorise l'adoption de pratiques responsables, 14 qui incluent un ou des critères d'écoconditionnalité et
37 qui concernent l'adoption de pratiques responsables.
Plusieurs
instruments économiques ont été mis en place ou enrichis afin d'adopter des
pratiques environnementales. Par
exemple, en 2010‑2011, la bonification temporaire du crédit d'impôt pour
l'acquisition ou la location de véhicules neufs écoénergétiques,
l'instauration d'un crédit d'impôt remboursable pour la production d'éthanol
cellulosique; en 2012‑2013, la mise en place de la bourse
du carbone et de multiples programmes, dont le programme de traitement des matières résiduelles organiques par
biométhanisation géré par le ministère et visant à réduire les émissions de
GES ainsi que la quantité de matières organiques destinées à l'élimination, ont
été mis en oeuvre.
La Stratégie
gouvernementale de développement durable 2008‑2013 a donc amené les ministères
et organismes à mettre en oeuvre une grande diversité d'actions par leur
nature et par leur portée mais aussi au regard des clientèles ciblées et près de 55 % des 1 149
actions qui ont été mises de l'avant spécifiquement dans le cadre de cette
stratégie. Les autres actions déjà
planifiées dans le cadre d'autres planifications gouvernementales, en plus de
contribuer à la démarche collective
du développement durable, ont pu majoritairement bénéficier de celle-ci,
principalement en lien avec le suivi et la reddition de comptes des
actions, démontrant bien la valeur ajoutée de la démarche.
Enfin,
l'analyse des résultats des 68 indicateurs de suivi des objectifs de la
stratégie nous permet d'observer de nombreux changements positifs
associés aux objectifs pour 38 des 57 indicateurs dont l'évolution des données
a pu être suivie durant la période 2008‑2013.
Les cibles de la grande majorité des 19 indicateurs de performance
administrative ont presque toutes été
atteintes. Nous sommes actuellement à réviser cette stratégie gouvernementale
comme le prévoit la
Loi sur le
développement durable, et, à la lumière des résultats obtenus et des
difficultés rencontrées, des changements et des améliorations seront mis de l'avant pour impliquer davantage les
divers ministères et organismes dans la recherche du développement
durable en lien avec de nouvelles orientations et objectifs. Le suivi des
résultats de la stratégie sera également amélioré de manière à mieux préciser
l'atteinte des objectifs et des principaux résultats recherchés. Cette démarche importante de révision et d'amélioration
de la stratégie sera finalisée au cours des prochains mois, après la
tenue d'une commission parlementaire. J'envisage donc de déposer au
gouvernement, tel que prévu par la loi, un projet de stratégie révisée en 2014.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Je reconnais maintenant le député de Dubuc.
M. Simard :
Merci, M. le Président. M. le Président, étant donné que c'est ma première
intervention aujourd'hui, je vous
salue et je salue également M. le ministre, merci, et mes collègues du
gouvernement et, bien sûr, de la première et deuxième opposition. Je les
salue.
Maintenant, M. le Président, pour en venir à mon
intervention. Le ministre des Finances, M. Leitão, dans son discours sur le budget 2014‑2015, a misé sur la
relance de l'économie et du redressement des finances publiques du
Québec. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la
Lutte contre les changements climatiques a certainement
un rôle à jouer dans cette relance économique. En effet, la mission du
ministère est d'assurer la protection de l'environnement, de même que la conservation de la biodiversité pour
améliorer la qualité du milieu de vie des citoyens peut se conjuguer avec un développement économique
durable. Un développement économique durable en est un qui s'inscrit et prend en compte les trois principes et préoccupations
du développement durable, c'est-à-dire : environnemental, économique
et social. D'ailleurs, pour appuyer ce
développement économique durable, le ministère a comme principal levier économique le Fonds vert, un levier qui permet de
financer différents projets notamment des entreprises qui deviendront
des leaders d'une économie tournée de plus en plus vers les technologies
vertes.
Ma question, M. le Président : M. le
ministre, pouvez-vous nous présenter ce levier économique qu'est le Fonds vert? Plus précisément, j'aimerais connaître
les sources de revenus et à quoi ils servent, la façon dont le ministère
en assure sa gestion rigoureuse, et de même que les canaux de diffusion de
l'information pour en assurer la transparence aux citoyens.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Dubuc. M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le Président,
et merci, M. le député, pour votre question.
Dans son discours d'assermentation du Conseil
des ministres du gouvernement, le premier ministre disait, en s'adressant à moi, la chose suivante : «Je
suis de ceux qui croient que la protection de l'environnement, parce qu'elle
est source d'innovation et d'excellence, est
tout à fait compatible avec la croissance économique.» La relance de
l'économie, qui s'appuie sur le principe de
développement durable, prend en compte les dimensions économique, sociale et
environnementale. Le Fonds vert s'inscrit pleinement dans cette vision
économique.
D'abord,
laissez-moi vous présenter cet important levier pour le développement durable,
dont nous bénéficions, afin que tous
puissent prendre connaissance de l'importance que prend le Fonds vert dans la
capacité du ministère à veiller à sa mission. Ensuite, j'aborderai les
actions concrètes qui bénéficient au financement de ce fonds.
Le Fonds vert a été mis sur pied en 2006 pour
financer les mesures ou des programmes que le ministère met en oeuvre avec l'aide de ses partenaires
gouvernementaux. Il vise notamment à appuyer la réalisation de mesures
environnementales favorisant le développement durable de même qu'à permettre au
ministre d'apporter un soutien financier aux divers acteurs de la société, dont
les municipalités, les entreprises et les organismes sans but lucratif oeuvrant
dans le domaine de l'environnement.
Par exemple,
les mesures inscrites au Plan d'action 2006‑2012 et, plus récemment, au Plan
d'action 2013‑2020 sur les changements climatiques sont financées par le
Fonds vert. La gestion du Fonds vert a été confiée au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de
Lutte contre les changements climatiques. Les prévisions de dépenses et
d'investissements du Fonds vert sont déposées et approuvées par l'Assemblée
nationale. Je vous rappelle que plus de 2,1 milliards
de dollars de revenus ont été versés au Fonds vert de 2006 à 2013, lesquels
proviennent notamment de nouvelles redevances
déterminées par la réglementation. Rappelons que les revenus sont basés sur le
principe d'utilisateur-payeur qui permet de responsabiliser les acteurs
ayant une empreinte environnementale. Afin de sensibiliser ces acteurs aux conséquences de leurs
actes, plusieurs réglementations ont été modifiées et bonifiées. Dans ce sens,
la loi n° 89, entrée en vigueur
le 1er février 2012, qui a modifié la
Loi sur la qualité de l'environnement de
façon significative afin d'y intégrer de
nouvelles dispositions visant à renforcer le respect de la législation
environnementale s'inscrit dans cette démarche.
Les revenus du Fonds vert et les activités qui y
sont liées seront à la hausse au cours des prochaines années principalement grâce aux recettes attendues à la
suite de l'instauration du marché du carbone. En effet, on estime que ce
marché générera, de 2013 à 2020, des revenus
de 2,7 milliards de dollars qui seront versés dans le Fonds vert. Étant
donné que la période de perception de la redevance sur les carburants et
combustibles fossiles a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2014, le budget
du plan d'action sur les changements climatiques à faire à cette période est
d'environ 3,3 milliards de dollars. Le principe qui guide l'instauration
de redevances ou même le marché du carbone repose sur le principe de l'internalisation des coûts. En effet, si une activité
économique entraîne une pollution, le coût de celle-ci doit être pris en
compte au niveau du pollueur. Ainsi, on évite de la faire soutenir par la
collectivité.
Ainsi, les principales sources de financement de
ce fonds sont les redevances à l'élimination des matières résiduelles et la redevance annuelle au Fonds
vert. Plus précisément, ces revenus proviennent de la redevance à l'élimination
des matières résiduelles, 11,52 $ la tonne au 1er janvier 2014, pour
environ 60 millions de dollars par année. Elle est perçue auprès des exploitants de lieux d'enfouissement de matières
résiduelles et redistribuée tant aux municipalités dans le cadre du Programme sur la redistribution aux
municipalités des redevances pour l'élimination de matières résiduelles
qu'au ministère pour financer des activités en lien avec la gestion des
matières résiduelles. Redevances supplémentaires à l'élimination des matières résiduelles : 9,78 $ la tonne au
1er janvier 2014, pour environ 50 millions de dollars par année, perçues auprès des exploitants de lieux
d'enfouissement de matières résiduelles et redistribuées en
partie aux
municipalités dans le cadre du Programme sur
la redistribution aux municipalités des redevances pour l'élimination de
matières résiduelles. Le solde est
essentiellement utilisé pour le financement des actions de la Politique
québécoise de gestion des matières résiduelles, incluant le Programme de
traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage. Le Plan d'action 2006‑2012 sur les changements
climatiques, dont le financement de 1,5 milliard provient de la
redevance annuelle au Fonds vert jusqu'au
30 septembre 2013 ainsi que d'une somme reçue du fédéral, provenant de
l'ÉcoFiducie sur la qualité de l'air et les
changements climatiques... Les sommes résiduelles non engagées dans le PACC
2006‑2012 ont été transférées pour bonifier le PACC 2013‑2020. Le Plan
d'action 2013‑2020 sur les changements climatiques, dont le financement, de l'ordre d'environ
3,3 milliards de dollars, provient du prolongement de la redevance
annuelle au Fonds vert du 1er octobre 2013 au 31 décembre
2014, de la vente aux enchères des droits d'émissions de GES prévues de 2013 à
2020 et des sommes résiduelles du Plan d'action 2006‑2012 sur les changements
climatiques. Les sommes perçues serviront à la mise en oeuvre du plan d'action
2013‑2020.
La redevance
exigible pour l'utilisation de l'eau, pour des revenus annuels de l'ordre de
3 millions de dollars, qui est perçue par toutes les industries qui
prélèvent ou utilisent 75 mètres cubes d'eau ou plus par jour en la
puisant directement à la source ou par
l'intermédiaire d'un réseau d'aqueduc, elle est notamment utilisée pour
financer l'acquisition des connaissances sur l'eau et des écosystèmes
aquatiques ainsi que le suivi de la qualité sur l'eau... la qualité de l'eau,
pardon.
Il est
d'ailleurs intéressant de souligner que le Fonds vert prévoit accroître ses
dépenses de près de 166 millions de dollars en 2014‑2015 par
rapport à 2013‑2014 pour appuyer notamment les efforts de la lutte contre les
changements climatiques. L'importance de ce fonds en termes financiers fait en
sorte que sa gestion et sa transparence doivent être irréprochables pour une meilleure information publique. À cet effet, bien
que le ministère a mis en place de nombreux mécanismes de reddition de comptes, le dernier rapport du Vérificateur
général du Québec recommande notamment de mettre en place un cadre de gestion qui permet d'évaluer l'apport du
Fonds vert au développement durable; s'assurer de la pertinence et du caractère raisonnable des frais
d'administration imputés au Fonds vert; procéder par appels de
propositions et utiliser des critères précis
pour évaluer les projets, les prioriser et les sélectionner; en cas de dérogation,
consigner dans le dossier les justifications suffisantes pour soutenir
les choix effectués; fixer des objectifs précis et mesurables, axés sur les
résultats pour chacun des programmes financés par l'intermédiaire du Fonds vert
et évaluer périodiquement leur atteinte; procéder à des évaluations de
programmes ou achever celles en cours et prendre les mesures correctives
lorsque c'est nécessaire.
J'adhère à l'ensemble des recommandations
énoncées en ce qui a trait à la gestion du Fonds vert. Rappelons toutefois que
95 % des ressources financières liées au Fonds vert reposent sur des plans
d'action adoptés par le gouvernement, soit
le plan d'action sur les changements climatiques et le plan de gestion des
matières résiduelles. Ces plans comportent des objectifs publics précis
et mesurables qui font l'objet de redditions de comptes spécifiques.
Par ailleurs,
afin de favoriser la transparence et bonifier la gestion du Fonds vert, le
ministère entend mettre en place un
cadre de gestion plus formel; améliorer le suivi, la mise en oeuvre et la
reddition de comptes des activités liées au Fonds vert pour une
meilleure diffusion de l'information; prioriser les projets et initiatives à
l'aide d'objectifs plus précis en lien avec
les activités du Fonds vert; évaluer l'atteinte des objectifs visés et
l'application des mesures correctrices en temps opportun; appliquer et
effectuer le suivi de nouvelles exigences inscrites dans les ententes
administratives avec les ministères et
organismes partenaires quant aux choix des indicateurs de suivi en priorisant
les indicateurs d'impact des actions
et la détermination des objectifs de réduction des émissions de GES pour les
actions en changements climatiques; accroître le contrôle relatif aux
frais admissibles pour la gestion des actions du PACC 2013‑2020 pour lesquels
des exigences de justification sont
maintenant prévues dans le cadre des ententes conclues avec les ministères et
organismes partenaires; mettre en oeuvre les
nouvelles directives du Conseil du trésor sur l'évaluation de programmes afin
de renforcer l'application de saines pratiques de gestion davantage
axées sur les résultats; et produire un bilan de mi-parcours relatif au Plan
d'action 2011‑2015 de la PQGMR.
Je vous assure que je
prends ces recommandations au sérieux et que je veillerai personnellement à ce
que les modifications soient apportées au Fonds vert. Merci, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous allons passer
maintenant au bloc de l'opposition officielle, et je passe la parole au
député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Je veux qu'on
revienne sur ce qu'on avait entamé tout à l'heure comme discussion
concernant TransCanada, le projet Énergie Est.
Bon. Je ne
veux pas revenir sur l'interprétation et la genèse du communiqué de presse, là.
Une chose est claire, c'est que ce
n'était pas clair, ce n'était pas clairement énoncé, mais, peu importe, ce qui
compte, c'est les informations puis c'est le contenu. Alors là, on a
appris tout à l'heure de la bouche du ministre que, sur le projet d'Énergie Est
de TransCanada, il souhaite faire un BAPE
sur l'ensemble du projet, sur l'ensemble du tracé. Je veux savoir maintenant
si ce BAPE sera itinérant, considérant que c'est des centaines de kilomètres,
de la frontière du Québec et de l'Ontario, là, jusqu'à la frontière du
Nouveau-Brunswick. Donc, je souhaite savoir si ce BAPE sera itinérant.
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Alors, concernant la dernière
question du député de Jonquière, ce qu'il va falloir comprendre, c'est, puis justement le député de Jonquière a
soulevé cette préoccupation-là, par rapport au temps et s'assurer qu'on
ait la capacité de mener ce BAPE là et d'avoir le maximum d'informations
possible pour informer la position du gouvernement du Québec lors des audiences
devant l'Office national de l'énergie.
conséquemment, et j'ajoute à cela comme autres facteurs ce que le député du deuxième groupe d'opposition a soulevé et l'importante préoccupation reliée aux
coûts, une chose qui est claire, c'est que pour le BAPE et concernant ce
projet-là, et vu justement l'étendue du projet, on va vouloir se servir autant
que possible de nouvelles technologies, notamment
la visioconférence, pour s'assurer qu'on puisse justement consulter un maximum
de personnes et d'organismes qui sont
affectés par ce projet-là. Alors, d'une façon technologique, on pourra dire
qu'il y aura une forme d'itinérance, mais elle sera, disons, faite par des moyens technologiques qui vont nous
permettre justement de sauver des coûts et sauver du temps.
Le Président (M. Reid) : ...M.
le ministre. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Bon. Alors là, on évolue, en tout cas dans la
compréhension de la pensée du ministre. On a appris que c'était un BAPE
sur l'ensemble du tracé, que ça sera un BAPE... je ne sais pas si c'est la
première fois dans l'histoire du BAPE, là, que ça sera un BAPE virtuel, au sens
où on pourrait témoigner ou présenter des opinions via visioconférence, par exemple. Mais est-ce que le ministre est conscient
qu'il y a des gens qui peuvent avoir des questions sur l'impact du passage d'un oléoduc et qui n'ont
pas accès à une visioconférence ou qui n'ont pas accès à des moyens technologiques? Il faut quand même prévoir un
petit peu plus de moyens, là, pour permettre à la population de
s'exprimer.
Je veux juste
rappeler également qu'il y a une série de résolutions d'opposition, hein, au
projet d'oléoduc, là, de TransCanada
Énergie Est, de toutes sortes de municipalités, entre autres, même dans la
région de Lanaudière, L'Assomption, Sainte-Geneviève-de-Berthier,
Lanoraie, Saint-Sulpice, Saint-Roch-de-l'Achigan, et là j'en saute, là, parce qu'il y en a ailleurs aussi. Il y a des
dizaines de municipalités présentement qui ont adopté des résolutions
d'opposition au projet d'oléoduc de
TransCanada. Est-ce qu'un BAPE virtuel ou par visioconférence sera suffisant?
L'autre élément aussi qui me
questionne... Parce que, vous savez, dans les gros documents qu'on reçoit en
préparation des crédits, là, les demandes de renseignements
particuliers, l'avis de projet qui a été déposé par TransCanada pour le projet
d'Énergie Est, l'avis de projet déposé le 4
mars 2014, nous dit très bien, à la page 3, deuxième paragraphe : «Le
présent avis de projet portera
uniquement sur les installations d'Énergie Est à Cacouna — sur les installations d'Énergie Est, donc le
terminal à Cacouna et non pas l'ensemble de
l'oléoduc, M. le Président.» Et plus loin, toujours dans les demandes de
renseignements particuliers, on nous fait
état de la prévision d'un échéancier. Et là je fais référence à la Direction
générale de l'évaluation environnementale, mars... mars 2014, pardon,
les directives pour le projet d'aménagement d'un terminal maritime et de réservoir de stockage de pétrole à Cacouna par
l'oléoduc Énergie Est. La page, c'est après la page 29, là, elle n'est
pas paginée, là, on va l'appeler la page 30,
là, mais c'est la prévision d'échéancier. Donc, on fait référence au dépôt de
l'avis de projet le 4 mars mais, comme je
viens de le dire, seulement sur le terminal, et là on arrive à peu près à 14
mois, minimum, d'échéancier pour faire tout le travail d'audiences
auprès du BAPE, et on sait que l'Office national de l'énergie prévoit rendre sa
décision à l'automne 2015.
Alors là, je
veux juste bien m'entendre, là, avec le ministre : Comment il veut faire
essayer de rentrer des cubes dans des ronds ou des ronds dans des cubes
pour s'assurer qu'on aura le BAPE sur l'ensemble de l'oléoduc et qu'on sera capable d'être suffisamment outillé en termes
d'informations pour se positionner comme... ça, c'est comme
gouvernement, avant la décision de l'Office national de l'énergie?
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
Heurtel : Bon. Premièrement, il faut comprendre que c'est le BAPE qui
va déterminer la façon, ultimement, dont il va gérer les audiences
publiques. Nous, ce qu'on souhaite, c'est que... Justement, on est très
conscients du fait qu'il y a des grandes questions d'acceptabilité sociale reliées à ce projet-là et
que ce n'est pas juste à Cacouna. Alors, je sais que
le député de Jonquière essaie de trouver des façons de nous mettre en
opposition, mais, quand j'entends ses questions...
Et ce que j'essaie de dire depuis le début de ses questionnements sur ce
point-là, c'est que nous, on partage exactement
le même objectif, c'est que, nous, ce qu'on veut, c'est que le projet soit
analysé et étudié à fond. Et, quand on parle
du projet, c'est Cacouna et le tuyau, on veut que les gens aient la chance de
s'exprimer sur le projet. Alors, si le député a des réserves par rapport
à utiliser des nouvelles technologies, puis à essayer de sauver de l'argent,
puis justement, aussi, par souci de développement durable, d'utiliser des
nouvelles technologies, on pourra certainement en discuter davantage. Et justement, lorsqu'on utilise des
nouvelles technologies, c'est qu'habituellement on ne s'attend pas à ce
que toute la population détienne ces moyens-là. On les rendrait disponibles,
j'imagine, à la population.
Mais ultimement il va revenir au BAPE de
déterminer le comment. Alors, ça, c'est la première chose. Mais nous, on partage l'objectif et on est tout à fait
conscients de la liste que le député a faite, de municipalités et de
citoyens qui ont des réserves par rapport au
projet. Ce que nous, on veut, c'est justement s'assurer que l'ensemble des
questions qui sont soulevées par ce projet-là soient approfondies.
Là, concernant la question du délai, et plus
particulièrement les questions reliées aux problématiques de forme que le député soulève, ce qu'il faut
comprendre, c'est qu'il y a déjà une étude d'impact qui est en train de se
faire pour l'ONE, alors on ne va pas
redoubler le travail. Alors, on va bénéficier de l'étude d'impact sur
l'ensemble du projet qui est faite
pour l'Office national de l'énergie, et ça, ça va informer justement le travail
du BAPE, en plus de l'étude d'impact qui est faite spécifiquement,
présentement, par TransCanada pour le BAPE, qui fait l'objet de l'entente qui a
été conclue par le précédent gouvernement avec le promoteur.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Bien, écoutez, plus le ministre parle, plus
j'ai des questions, là. Est-ce qu'il peut nous dire, premièrement, si
c'est la première fois qu'on aurait un BAPE au Québec par visioconférence ou
est-ce qu'il y en a eu d'autres? Est-ce qu'il est prêt à faire en sorte que le
BAPE se déplace d'une ville à l'autre, au moins dans quelques villes sur le
long du tracé du tuyau, comme il dit?
Deuxièmement, je ne suis vraiment pas rassuré
sur les délais, là, je ne suis vraiment pas rassuré sur les délais. L'étude
d'impact dont il parle, faite par TransCanada, elle est sur le port, sur le
terminal de Cacouna, et là on parle maintenant
d'un BAPE sur l'ensemble du tracé qui est de plusieurs centaines de kilomètres,
de la frontière avec l'Ontario jusqu'à la frontière au
Nouveau-Brunswick, en passant bien sûr par Cacouna. Alors là, l'étude de
l'impact qu'on doit demander à la compagnie,
il est différent. Et pourquoi ne lance-t-il pas le BAPE dès maintenant pour
être capable d'arriver? Écoutez, moi,
je ne peux pas croire... j'ai de la misère, encore une fois, là, à être
convaincu qu'on va être capable de tout faire cela et en même temps positionner le Québec de façon importante.
Il nous a dit tout à l'heure qu'il veut s'assurer que la voix du Québec
sera entendue, mais j'ai de la misère à le croire, parce que l'Office national
de l'énergie a annoncé qu'il rendra sa décision à l'automne 2015.
Alors, moi,
je veux juste m'assurer, là, que tout ça va être capable de rentrer et que la
population sera réellement en mesure
de s'exprimer. Il ne faut pas que ce soit un BAPE de poudre aux yeux par de la
visioconférence. Et il y a l'enjeu de l'étude d'impact, comme je vous
disais, qui doit être plus large que strictement sur le port. Et voilà.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Jonquière. M. le ministre.
Heurtel : Merci, M. le Président. Alors, peut-être informer le député
de Jonquière que la technologie de la visioconférence
ne vient pas tout juste d'être inventée et qu'elle est utilisée par le BAPE, notamment
dans deux BAPE qui ont été mandatés par le précédent gouvernement :
le BAPE sur la filière d'uranium et le tout dernier BAPE sur les gaz de schiste.
Alors, si
c'est de la poudre aux yeux, utiliser la visioconférence, je me demande bien ce
que sont les deux exercices sur
l'uranium et les gaz de schiste. Moi, je ne crois pas que ce sont des exercices
de poudre aux yeux parce qu'on
utilise la visioconférence et je ne crois pas que, si le BAPE décide, parce
qu'ultimement c'est le BAPE qui décide d'utiliser la visioconférence dans le
cadre du projet TransCanada... Je trouve que le député de Jonquière va un peu
loin en disant que l'exercice que fait le
BAPE, c'est un exercice de poudre aux yeux. Nous avons le plus grand respect
pour le Bureau d'audiences publiques
en environnement, pour le travail qu'il fait, je l'ai réitéré tout à l'heure.
Et je ne crois pas que, parce que le
BAPE pourrait utiliser des moyens technologiques pour faciliter son travail,
faciliter justement l'accessibilité des gens pour qu'ils puissent
justement peut-être s'exprimer... je ne vois pas en quoi on doit tout de suite
passer au genre de caractérisation que fait le député de Jonquière et appeler
ça un exercice de poudre aux yeux.
Ensuite de
ça, il faudra aussi comprendre que le promoteur en question, TransCanada, a
négocié avec le précédent gouvernement, dont faisait
partie le député de
Jonquière, pour faire exactement le processus dont on parle. Alors,
l'indignation, ou l'incompréhension, ou les questionnements multiples dont fait
preuve le député de Jonquière me surprennent énormément parce que toute cette
foulée-là et les échéanciers dont on parle étaient connus en mars 2014, M. le
Président, et donc c'est exactement en tout état de cause et en toute
connaissance de cause que le précédent gouvernement a pris entente avec TransCanada
pour faire exactement le cheminement dans lequel on est. Et, nous, ce que nous sommes confiants de faire, c'est...
Là, on va avoir une étude d'impact. L'étude d'impact sur l'ensemble du
projet doit être prête de toute façon avant les audiences de l'Office national
de l'énergie parce que l'objectif de cette étude
d'impact là, c'est pour les audiences de l'Office national de l'énergie. Donc,
il est sûr, M. le Président, qu'on va avoir cette étude d'impact là avant les audiences de l'Office national de l'énergie.
Et le promoteur s'est engagé avec le précédent gouvernement de soumettre en plus une étude d'impact spécifiquement sur
Cacouna. Alors, nous, nous sommes confiants que, basés, encore une fois, sur l'entente qui a
été prise par le précédent gouvernement avec TransCanada, nous allons détenir l'ensemble des informations nécessaires.
On va laisser faire... le BAPE faire son travail. Puis, encore une fois,
on ne croit pas que ça va être un travail qui va... comme le député de
Jonquière le caractérise, un travail de poudre aux yeux, bien au contraire. Le
BAPE va pouvoir avoir l'information complète sur le projet, faire son travail,
aller vers la population, l'entendre.
Et encore une
fois, M. le Président, laissez-moi réitérer le fait que c'est dans notre intérêt
à tous d'entendre les gens. Il n'y a aucune personne ici, M. le
Président, du côté du gouvernement, qui pense qu'il ne faut pas entendre les
gens et qui veut d'une façon quelconque
ignorer le critère fondamental d'acceptabilité sociale dans les projets aussi
importants que celui-ci. Alors, nous allons bien faire notre travail, nous
allons le faire dans le respect des délais et nous allons utiliser les moyens technologiques à notre
disposition. Puis le BAPE va faire son travail, et, avec les résultats du
BAPE, on va pouvoir ensuite aller défendre les intérêts du Québec devant
l'Office national de l'énergie.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Maintenant, je passe la parole au député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, regardez bien, là, je veux
dire, je n'ai pas accusé d'avance le BAPE de faire un exercice de poudre aux yeux ou que le BAPE était de la poudre
aux yeux, je veux juste m'assurer que les audiences et les consultations du BAPE ne se transformeront
pas en exercice de poudre aux yeux. Il faut faire attention, là, et ne
pas me mettre des propos dans la bouche que je n'ai pas tenus. Et je veux juste
rappeler au ministre que le BAPE sur les gaz de schiste, là, il s'est promené
dans trois localités différentes.
Je n'ai rien contre les moyens technologiques
que le BAPE peut utiliser, mais je ne veux pas que ce ne soit que ça. Il me semble que c'est clair. Il faut que la population soit capable à la fois de se rendre disponible et
de se rendre sur place et qu'il y ait d'autres moyens également qui
soient utilisés. Alors là, il faut bien faire attention, là, de ne pas
m'imputer des paroles que je n'ai pas prononcées.
Maintenant,
le ministre ne nous répond toujours pas à quel moment le
BAPE sera précisément... à quelle date le BAPE sera précisément mandaté pour faire son travail. Sur la question, M. le Président, de l'étude, sur la question de l'étude d'impact, là, est-ce que
le ministre va se servir de son pouvoir — et je lui demande de le faire
rapidement — pour
que l'étude d'impact demandée à TransCanada
soit complétée le plus rapidement possible? Dans la
Loi sur la qualité de l'environnement, à son
article 31.4, on
dit : «Le ministre peut, à tout moment, demander à l'initiateur du projet
de fournir des renseignements,
d'approfondir certaines questions ou d'entreprendre certaines recherches qu'il
estime nécessaires afin d'évaluer
complètement les conséquences sur l'environnement du projet proposé.» Donc, la
loi lui donne l'autorité de demander immédiatement de compléter l'étude
d'impact. Parce que, là, ce n'est pas suffisant que ce soit seulement sur le terminal, on veut quelque
chose de plus large que ça, sur l'ensemble de l'oléoduc. Est-ce que le ministre
va se servir de son pouvoir pour le
faire? C'est dès maintenant que le ministre doit montrer qu'en ce qui concerne le Québec
on ne se laissera pas passer un oléoduc sur notre territoire, sur le territoire
par une décision unilatérale de l'Office national de l'énergie comme ça a été le cas la semaine passée pour Northern Gateway,
du côté de l'Ouest canadien, qui a été annoncé en catimini un vendredi après-midi par le gouvernement Harper. Alors là,
ce n'est pas vrai que le Québec ne se tiendra pas debout là-dessus.
Alors,
va-t-il utiliser le pouvoir qui lui est donné par la loi pour demander rapidement
à la compagnie de compléter son étude d'impact sur l'ensemble de
l'oeuvre? Et va-t-il mandater... quand, et, je souhaite, le plus rapidement
possible... avec un mandat très clair le BAPE pour faire son travail sur
l'ensemble du tuyau, comme il dit?
Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Jonquière. M. le
ministre, il reste 1 min 30 s environ
pour le bloc. Je vous demanderais de vous en tenir à cette période.
Heurtel : Alors, je remercie
le député de Jonquière de me rappeler mes pouvoirs. Ce que je peux dire,
c'est que nous l'avons déjà exercé. Alors,
dans le processus de recevabilité de l'étude d'impact, nous avons
déjà exercé notre pouvoir et on l'a
fait le 26 mars dernier au
niveau des directives que nous... parce que,
là, on est à l'étape de la recevabilité de l'étude d'impact.
Et, concernant l'importante préoccupation du
député de Jonquière concernant les délais, s'il lit l'ensemble de la procédure
d'évaluation, d'examen des impacts, il sait que le compte à rebours ne peut pas
commencer tant que l'étude d'impact n'a pas été jugée recevable. Et nous
sommes dans le processus justement de préciser l'étude d'impact, de poser des questions au promoteur et d'avoir les
informations nécessaires pour s'assurer que l'étude d'impact réponde à l'ensemble de nos questions. Et donc nous exerçons
l'ensemble de nos pouvoirs, M. le Président, je tiens à rassurer le
député là-dessus, pour nous assurer que l'étude d'impact soit complète, réponde
à l'ensemble de nos préoccupations. Et je
peux rassurer le député de Jonquière qu'avec l'ensemble de ce processus-là nous
n'aurons aucun problème à défendre vigoureusement les intérêts du Québec
devant l'Office national de l'énergie.
Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Nous allons passer au bloc, maintenant...
le bloc du gouvernement, et je vais donner la parole au député de Dubuc.
M. Simard : Merci, M. le Président. M.
le Président, si vous me permettez, je vais rester sur le Fonds vert, car c'est un levier important pour l'environnement mais également pour le développement
économique durable du Québec.
M. le ministre, comme vous l'avez dit, vous l'avez mentionné il y a
quelques minutes, M. le ministre, le fin