House Proceedings — 4 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-11-04
Quebec — Debates (Hansard)
M. le
Président, j'offre mes plus sincères félicitations à M. Marco Pereira,
entraîneur de cette équipe d'élite. Et je les encourage à persévérer sur
la route de l'excellence. Je suis convaincu que leur exemple sera une
inspiration pour plusieurs de nos équipes sportives lavalloises et québécoises.
Bravo, les filles!
Le Vice-Président (M.
Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député. M. le député de
Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. C'est un plaisir pour moi de me lever, aujourd'hui, en cette
Chambre, pour ma première déclaration des députés et mettre en lumière
tout le travail accompli par le Service d'entraide de Saint-Romuald, dans le superbe comté de Lévis. Organisme ouvert depuis
1979 et riche en histoire, il dessert, à Saint-Romuald, des
personnes démunies à faibles revenus, avec l'appui de près de 90 bénévoles dont
j'ai eu la chance de voir à l'oeuvre au cours des dernières semaines.
Ils soutiennent également avec coeur nos personnes âgées au niveau des services
de transport et des services essentiels.
À
titre de
député, je souhaite longue vie au Service d'entraide de Saint-Romuald afin
qu'il maintienne sa mission d'association philanthropique qui, par
l'entraide sociale bénévole, cherche l'amélioration des conditions de vie et
l'enrichissement humain des individus et des groupes de Saint-Romuald. De plus,
je tiens à souligner le merveilleux travail
de tous les groupes communautaires de Lévis qui, à l'approche des fêtes, on le
sent bien, vivront des moments intenses, mais combien gratifiants. Merci
pour votre engagement. Nous avons encore et toujours besoin de vous.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
M. le député de Sherbrooke, pour votre déclaration.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui. Je vous remercie beaucoup, M. le Président.
Apprendre à s'exprimer peut représenter un
défi. C'est d'autant plus vrai pour des jeunes du primaire qui, malgré leur
jeune âge, doivent apprendre à s'élever
contre la violence. J'ai pu constater de mes propres yeux la vivacité d'esprit
de jeunes de sixième année, sous la
supervision de la professeure Isabelle Corriveau, de l'école Jean-XXIII de
Sherbrooke, qui, comme l'ensemble de la société, cherchent à lutter contre l'intimidation. Formés le 3 novembre
par cinq étudiants en techniques policières, ces jeunes ont mis en place une unité sans violence au sein
leur école. Ils ont donc pris l'engagement de dénoncer tout acte de violence,
peu importent leurs formes.
M. le
Président, je souhaite souligner cette importante initiative qu'est Unité
sans violence, exprimez-vous! et qui a vu le jour à Sherbrooke en 2006. Ce
programme est notamment soutenu aujourd'hui par le SPVM, Échec au crime,
le programme des techniques policières du
cégep de Sherbrooke et Info-Crime. J'invite donc la population à suivre
l'exemple de ces jeunes et à oser s'exprimer face à la violence. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
M. le député de Bourget, je vous cède la parole.
M. Kotto : Merci, M. le
Président. Le Festival du monde arabe de Montréal, qui bat son plein dans
plusieurs salles montréalaises, s'inscrit comme une valeur sûre dans le monde
culturel québécois. Le choix de ses thématiques, l'originalité de ses créations et la diversité de ses artisans ont
démontré, par la musique, le chant, la danse, la littérature et le cinéma, son caractère innovateur et
audacieux. Ce festival permet, bien sûr, aux artistes québécois et au grand
public d'échanger avec d'autres
cultures et ainsi de s'enrichir de nouvelles approches artistiques, celles-ci
puisées à même la stimulante et très
riche dualité Occident-monde arabe. Je tiens à féliciter toute l'équipe du
Festival du monde arabe pour cette 15e édition, qui, encore cette année,
nous offre un véritable bouquet de tendances et d'orientations artistiques.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. M. le
député de Huntingdon,
je vous cède la parole.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le
Président. Je profite de la tribune qui m'est offerte aujourd'hui afin de souligner le rôle important d'un organisme dans
le développement de la confiance et de l'estime de soi chez nos
jeunes, et ce, par diverses activités
mettant l'accent sur le leadership et l'apprentissage. En effet, depuis maintenant
101 ans, Les Clubs 4-H font rayonner 26 000 jeunes à
l'échelle mondiale grâce au soutien de nombreux bénévoles.
Annuellement, le premier mercredi du
mois de novembre est la journée où nous pouvons démontrer notre appui aux nombreux clubs 4-H en arborant le vert.
J'invite donc chacun et chacune des citoyens et citoyennes à poser fièrement ce
geste demain le 5 novembre.
Congratulations to all the 4-H members!
And all of those who are involved, you can be proud of you. Thank you very much.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. M. le député de
Borduas, à vous la parole.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. J'aimerais profiter de cette
tribune pour souligner le 45e anniversaire du Centre d'action
bénévole de la Vallée du Richelieu.
Depuis
1969, le Centre d'action bénévole de la Vallée du Richelieu participe au
mieux-être de la collectivité en faisant
la promotion du bénévolat dans la MRC et en fournissant des bénévoles aux
différents organismes de la région. Cette corporation, dirigée par Mme
Diane Lagacé, qui regroupe aujourd'hui près de 400 bénévoles, offre
également plusieurs services afin de venir
en aide aux gens dans le besoin. Parmi ces nombreux services offerts, il y a
notamment l'organisation d'une guignolée
dans le temps des fêtes, la campagne Ventre plein, j'apprends bien, qui
distribue chaque mois durant l'année
scolaire de la nourriture et des boissons aux élèves dans le besoin,
l'Opération septembre, qui aide les
parents moins nantis dans leurs achats de matériel scolaire, l'accompagnement
en transport médical, l'aide alimentaire, la popote roulante, la friperie, pour ne nommer que ceux-là. Afin de
célébrer leur 45e anniversaire, le 5 décembre prochain, à
l'occasion de la Journée internationale des bénévoles, un souper spécial sera
organisé.
En terminant, je
tiens à saluer tous les employés du Centre d'action bénévole de la Vallée du
Richelieu et à remercier tous les gens qui
ont effectué du bénévolat dans la région au cours des 45 dernières années.
Au nom de ceux et celles qui ont bénéficié de vos actions, merci. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel, je
vous cède la parole.
Mme Thériault : Merci, M. le Président. Du 2 au 8 novembre a lieu la
Semaine de la prévention de la criminalité. À cette occasion, des policiers et des intervenants organisent partout
au Québec des activités qui visent à sensibiliser la population à la prévention de la criminalité. Les
nombreux partenaires des réseaux municipal, communautaire, policier,
scolaire, de la santé et des services sociaux ainsi que de l'entreprise privée
sont encouragés à agir pour maintenir le sentiment de sécurité au sein de leurs
milieux respectifs.
Cette année, le thème
Agir pour prévenir met l'accent sur la nécessité d'intervenir afin de
prévenir diverses problématiques comme
l'intimidation ou encore la cyberintimidation. Au cours de cette semaine, les
différents partenaires en matière de
sécurité publique rappelleront donc l'importance d'être vigilant dans sa
communauté et souligneront que la
prévention du crime doit être un sujet d'intérêt pour nous tous et que nous
devons agir pour prévenir tout au long de l'année. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée. Et
enfin, pour la dernière déclaration, M. le député de Verchères.
Bergeron :
Merci, M. le Président. C'est le 11 octobre dernier que la Résidence
Florentine-Dansereau soulignait le
centenaire de Mme Thérèse Ménard-Fortier, en présence de membres de sa
famille et de la grande famille de
cet établissement qui a pignon sur rue au coeur de Verchères. On a peine à
imaginer toutes les transformations dont Mme Ménard-Fortier a été
témoin durant sa vie. Elle a notamment vécu cette période incroyablement
féconde qu'a été la Révolution tranquille,
avec sa pléiade de réussites économiques, de créations artistiques et
d'avancées sociales qui ont posé les
jalons d'un Québec moderne et distinct. Elle a contribué, en définitive, à ce
que le Québec soit aujourd'hui l'une des nations les plus prospères du
monde.
Avec
son âge vénérable, Mme Ménard-Fortier constitue un véritable trésor
national. J'envie les personnes qui ont
le privilège de la côtoyer régulièrement et auxquelles elle confie certainement
nombre de souvenirs et d'anecdotes.
Qu'il me soit donc permis de lui adresser mes plus
sincères et chaleureuses félicitations pour son 100e anniversaire en lui
souhaitant encore de très nombreux printemps en santé et entourée de ses
proches. Je vous remercie, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Verchères.
Voilà qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Je suspends les
travaux de l'assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à 13
h 56)
Le Président : Bon début de semaine, chers
collègues. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
J'aimerais souligner la présence dans nos tribunes du
ministre ontarien de l'Énergie, M. Bob Chiarelli.
Nous poursuivons les affaires
courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, Mme la leader du gouvernement
adjointe.
Mme Vallée : Alors, M. le Président, je vous
demanderais d'appeler l'article a du feuilleton,
s'il vous plaît.
Le Président : Alors, à l'article a du feuilleton, Mme la ministre
de la Justice présente le projet de loi n° 17, Loi modifiant la
Loi sur le Barreau, la
Loi sur le
notariat et le Code des professions. Mme la ministre,
c'est encore à vous.
Mme Vallée : M. le Président, alors ce projet de
loi modifie la
Loi sur le Barreau pour redéfinir la gouvernance au sein de l'ordre. Pour ce faire, il propose la
diminution du nombre de membres siégeant au conseil d'administration, l'élection du bâtonnier et des autres
administrateurs pour un mandat de deux ans, l'ajout d'un deuxième
vice-président et la création d'un
conseil des sections
possédant un pouvoir de recommandation auprès du
conseil d'administration. Le projet
de loi précise par ailleurs la composition du conseil d'administration et du
nouveau conseil des sections, ainsi que
les critères d'éligibilité applicables.
Le projet de loi modifie la
Loi sur le
notariat afin de réaménager le mécanisme d'accès à la profession.
Et le projet de loi modifie également le Code des
professions afin de permettre l'élection du président et des autres
administrateurs du conseil d'administration d'un ordre
au moyen du vote électronique.
Le Président : Avez-vous entendu le bâtonnier?
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Mme la leader.
Maltais : Oui, M. le Président, bien sûr, nous
acceptons de prendre connaissance du projet de loi, mais est-ce que… Après en avoir pris connaissance, c'est là
qu'on pourra voir si on a besoin de
consultations particulières, vu qu'on
ne connaît pas, effectivement, le contenu du projet de loi. La leader et ministre sera sûrement d'accord.
Le Président : Mme la
leader.
Vallée : M. le
Président, c'est un projet de loi qui était fortement attendu par le Barreau, qui a été rédigé en collaboration avec l'Office des professions, c'est également
attendu par la Chambre des notaires. Ceci étant dit, on est ouverts à
des consultations et puis on pourra avoir des échanges, ma collègue et moi, sur
la question.
Président : Alors, est-ce
que le projet de loi… Est-ce qu'on accepte d'être saisis de ce projet de
loi? Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Je sens que oui. Oui? Oui. Alors, Mme la leader.
Mme Vallée : Alors, je vous demanderais d'appeler l'article b du feuilleton.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, M. le ministre des Transports présente le projet de loi n° 16, Loi
modifiant la
Loi sur les véhicules hors route et d'autres dispositions. M. le
ministre.
M. Poëti :
M. le Président, il me fait plaisir de déposer le projet de loi n° 16, Loi
modifiant la
Loi sur les véhicules hors route et d'autres dispositions.
Ce projet de
loi intègre dans la
Loi sur les véhicules hors route des règles applicables aux
autoquads, aux sièges d'appoint pour les motoneiges monoplaces ainsi
qu'aux systèmes de chenilles pour les motoquads.
Le projet de loi prévoit de plus diverses
mesures concernant notamment les véhicules hors route à moteur électrique et
l'utilisation des véhicules hors route sur les chemins publics.
Le projet de loi interdit à toute personne,
alors qu'un véhicule hors route est en mouvement, notamment de s'agripper, de
se tenir ou prendre place sur une
partie du véhicule qui n'est pas une place
pour un passager.
Le projet de loi confère par ailleurs aux agents
de la paix le pouvoir d'inspecter les casques des utilisateurs et d'ordonner le
nettoyage de certaines parties d'un véhicule hors route.
Enfin, le
projet de loi propose une augmentation du montant des amendes liées à certaines
infractions prévues par la
Loi sur les véhicules hors route. Merci, M.
le Président.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la leader.
Maltais : Oui. M.
le Président, nous venons d'entendre l'énoncé du contenu du projet de loi, les
notes explicatives. Je pense qu'on aura peut-être quelques brèves consultations
particulières sur ce projet de loi.
Le Président : Mme la leader.
Mme Vallée :
Alors, M. le Président, évidemment, c'est un projet de loi, là, qui vise à
intégrer trois projets pilotes de
façon permanente. Il pourra y avoir lieu de dresser une liste de quelques
organismes qui pourraient être consultés dans le cadre de consultations.
Le Président : Je vois que
tout le monde est d'accord. Est-ce qu'on accepte d'être saisi de ce projet de
loi?
Le Président : Alors, adopté.
À la rubrique
Dépôt de documents, M. le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche
et de la Science.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport
annuel de gestion 2013‑2014 du ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie, les états financiers des
fondations universitaires suivantes :
l'Institution royale pour l'avancement des sciences, Université McGill,
l'Université de Montréal et celle de
l'École des hautes études commerciales de Montréal au 31 mai 2014, de même que
les rapports 2012‑2013 sur la
performance et sur la perspective de développement de l'École nationale
d'administration publique et de l'Université de Sherbrooke en ajout aux
documents déposés le 6 décembre 2013 pour ces deux institutions.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je dépose aujourd'hui la déclaration de
fiabilité des données en complément au rapport annuel 2013‑2014 de l'Agence
de la santé et des services sociaux de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine déposé le 7 octobre dernier.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés. Mme la leader du gouvernement.
Mme Vallée : Alors, M. le
Président, permettez-moi de déposer les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées par la députée de Joliette le 2 octobre 2014 et par le député de
Rimouski le 9 octobre 2014.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés. Pour ma part, j'ai reçu avis d'une motion
qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les
députés de l'opposition, conformément à l'article 97.1 du règlement. Je
dépose copie du texte de ce préavis.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le
Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 1 422 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que
la Fraternité des paramédics de La Mitis-Rimouski-Neigette a pour objet la
défense des intérêts sociaux, économiques et politiques de ses membres;
«Considérant que, le 2 juillet 2013, le ministre
de la Santé et des Services sociaux a annoncé la création d'un comité national sur les services préhospitaliers
d'urgence au Québec pour "analyser le fonctionnement global du système
préhospitalier au Québec dans le contexte du
vieillissement de la population et des demandes récurrentes d'ajouts de
services ambulanciers partout au Québec";
«Considérant que le comité national a produit un
rapport en juin 2014 intitulé Services préhospitaliers : urgence d'agir ;
«Considérant
que le ministère de la Santé et des
Services sociaux refuse toujours
de donner accès à ce rapport;
«Considérant que ce rapport présente un intérêt
majeur pour les membres de la Fraternité des paramédics de La
Mitis-Rimouski-Neigette puisqu'il porte directement sur leur environnement de
travail;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«En conséquence, nous, soussignés, supportons la
demande de la Fraternité des paramédics de La Mitis-Rimouski-Neigette et demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux de rendre public le rapport du Comité national sur les services préhospitaliers
d'urgence au Québec intitulé Services préhospitaliers :
urgence d'agir, juin 2014 .»
Je certifie que cet extrait est conforme
à l'original de la pétition.
Et je salue
M. Michel Fradette, vice-président des employés du préhospitalier du Québec,
et M. Jérémie Landry, président de la Fraternité des paramédics
Mitis-Rimouski-Neigette. Merci.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : M. le
Président, le gouvernement annoncera, dans les prochains jours, une hausse de taxes pour tous
les contribuables, suite à la signature du
pacte fiscal avec les municipalités. Nous avons obtenu copie du document qui
confirme notamment l'abolition des CLD, des CRE, une coupure de 67 millions
dans le développement économique régional.
Comme si on avait besoin de ça en région, M. le Président. On coupe
aussi, comme si ce n'était pas assez, dans le secteur forestier, 6 millions.
On coupe dans le programme d'aide aux municipalités sinistrées. Globalement,
c'est 300 millions qui sont
transférés aux municipalités, mais donc aux contribuables du Québec. Ce
300 millions, il y a deux
solutions : une baisse de services ou une hausse de taxes généralisée pour
nos concitoyens. J'en profite pour déposer un état détaillé de ces
coupures qui affecteront tous les contribuables du Québec.
Est-ce que le ministre des Affaires municipales
peut nous confirmer que le gouvernement libéral s'apprête à sous-traiter une
hausse de taxes de 300 millions aux contribuables du Québec?
Président : Est-ce
qu'il y a consentement pour le dépôt du document? Consentement. M. le ministre des Affaires
municipales.
M. Moreau : M. le
Président, ce que la question du chef
de l'opposition implique, c'est que
le gouvernement libéral ferait ce que
le gouvernement du Parti québécois a fait avec la taxe scolaire alors qu'ils
ont refilé aux contribuables du Québec
des augmentations de taxe scolaire parce qu'ils n'avaient pas prévu, dans leur
approche avec les commissions scolaires,
l'impact réel que les efforts de redressement étaient pour produire dans les
commissions scolaires. Ça, c'est la formule du Parti québécois.
Ce n'est pas
la formule du premier ministre du Québec à l'heure actuelle, ce n'est pas la
formule du gouvernement du Québec. Ce
que nous demandons aux municipalités, et nous sommes en discussion avec elles,
ce que nous demandons aux
municipalités, c'est de contribuer… Parce qu'elles souhaitent être
reconnues comme des gouvernements de proximité, ce que nous entendons faire, M.
le Président : de se comporter
comme des gouvernements de proximité et de faire en sorte que, dans l'effort collectif de redressement des finances publiques, comme les agriculteurs l'ont fait, comme les autres membres de la
société l'ont fait, qu'elles apportent leur contribution, toutes, à l'effort de
redressement des finances publiques. Et ce
que nous leur demandons, M. le Président, c'est un effort qui est moindre que
celui que le gouvernement du Québec s'impose à lui-même…
Le Président : En terminant.
M. Moreau : …et qui
n'entraînera pas réduction de services ou…
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Alors, M. le Président, le ministre confirme effectivement ce 300 millions
qui sera dans le développement
régional. Le ministre, d'ailleurs, a reçu une lettre d'un préfet d'une MRC du
golfe du Saint-Laurent au sujet de l'abolition des CLD, dont je vais
vous lire un petit extrait : «Le projet de pacte fiscal que vous vous
apprêtez à signer ne permettra pas à toutes
les municipalités de s'offrir les mêmes moyens et les mêmes outils. En amputant
à ce point les budgets accordés aux
MRC pour le développement de l'économie des régions, vous obligerez celles-ci à
procéder à des augmentations de taxation.»
Pourquoi forcer les Québécois à payer plus?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau :
M. le Président, je pourrais lire au chef de l'opposition les lettres reçues de
la MRC de Montcalm, de la préfète de
la MRC de L'Assomption, des représentants du CLD de Lotbinière, les communiqués
émis par la MRC du Haut-Richelieu,
qui vont dans le sens contraire de ce que l'on entend présentement. Et ce que
l'on dit essentiellement à nos
partenaires des municipalités, c'est ceci : Vous souhaitez être considérés
comme des gouvernements de proximité; nous
nous entendons pour ça. Vous souhaitez avoir plus de pouvoir; nous nous
entendons pour vous les transférer avec les sommes qui viennent. Dans le contexte actuel des finances publiques
cependant, pour l'exercice des compétences que vous avez déjà, nous vous
demandons de vous associer aux efforts du gouvernement du Québec. Et, M. le
Président…
Le Président : En terminant.
M. Moreau : …nos discussions
vont bon train.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
C'est un véritable marché de dupes qu'on propose aux Québécois actuellement, M.
le Président. C'est du mur-à-mur
crasse qui va désavantager les régions, qui va briser les CLD, qui va briser le
développement régional et l'économie sociale. C'est un recul important
pour le Québec, qui va centraliser les pouvoirs. Ce qu'on souhaite du
gouvernement, c'est qu'il se rende à l'évidence : il fait fausse route, M.
le Président.
Pourquoi,
encore une fois, sous-traiter 300 millions? Pourquoi abolir les CLD qui
ont donné des dizaines de milliers d'emplois au Québec?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau :
M. le Président, on ne peut pas, dans une question, faire une espèce de
ramassis, puis essayer d'en tirer une
conclusion, et d'imposer cette conclusion-là comme étant le raisonnement du
gouvernement. Je ne vois pas en quoi
le chef de l'opposition peut soutenir que de donner plus de pouvoirs aux
municipalités locales et aux municipalités régionales de comté constitue un exercice de centralisation. C'est une
décentralisation comme il n'y en a jamais eu sous aucun gouvernement du Parti québécois. C'est une
décentralisation basée sur la confiance que nous avons aux élus locaux et aux élus régionaux. C'est une confiance que
nous avons envers eux, qu'ils nous demandent d'avoir et à laquelle nous
allons répondre par une décentralisation, une augmentation de leurs
compétences…
Le Président : En terminant.
M. Moreau : …et une
reconnaissance de leurs pouvoirs dans les secteurs locaux et régionaux.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Belle reconnaissance, M. le Président! On coupe 300 millions et en plus on
abolit les CLD. 67 millions directement
dans le développement régional, M. le Président. Même les programmes d'emprunt
vont être coupés. C'est un régime de sous-traitance de la taxation qui
est fait par le gouvernement libéral, où on les place… On va placer les municipalités devant un choix : baisser les
services ou hausser les taxes. À tous égards, c'est les contribuables du Québec
puis les régions qui vont perdre dans ce marché de dupes.
Est-ce que le gouvernement va se rendre à
l'évidence qu'actuellement, dans les carrefours, les CLD…
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau : M. le Président,
le marché de dupes qui a été offert aux Québécois, c'est le gouvernement du Parti québécois qui l'a fait en leur faisant
croire qu'il contrôlait ses dépenses, alors qu'il y a eu une perte totale de
contrôle des dépenses du gouvernement
qui nous met dans la situation actuelle, à laquelle nous devons nous atteler
pour la redresser. Et ça, c'est le chef de l'opposition actuel qui en
est directement responsable.
Le marché de
dupes, c'est ce que le gouvernement du Parti québécois a offert aux commissions
scolaires en leur demandant de
refiler une taxe. Ce message-là, nous l'avons vu du gouvernement précédent.
Nous ne répéterons pas ces erreurs-là, M. le Président. Nous travaillons
avec nos partenaires dans un climat de confiance et nous allons réussir.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Au printemps dernier, tout frais nommé, le ministre de l'Éducation avait promis de sévir contre les écoles illégales.
Le 3 juin, il a affirmé
ici même que son objectif était de fermer les écoles illégales et de
transférer les enfants dans les écoles avec permis et qui répondent aux
normes. C'était cela, pour lui, le bien de l'enfant.
Or, on apprend aujourd'hui que le ministre a
changé d'idée. Il signe une entente qui permet aux
enfants de l'école Yeshiva Torath
Moishe à continuer de fréquenter l'établissement, qui n'enseigne pas les notions de base
conformément à la
Loi sur l'instruction publique.
Le ministre
avait pourtant promis d'agir, et on assiste aujourd'hui à une volte-face.
Ces enfants n'iront toujours pas
dans une école légale, mais aujourd'hui ils ont la bénédiction du ministre.
Comment
explique-t-il son incohérence et ce volte-face?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, je n'ai pas fait de
volte-face, je n'ai pas changé d'idée. Ce que j'avais dit à l'époque : S'il y a
des écoles illégales qui veulent s'entendre avec le ministère
pour que les enfants reçoivent leur régime
pédagogique comme il est prévu par la loi, nous sommes
prêts à faire une entente. Et l'entente
aujourd'hui a été entérinée par un juge.
L'entente
fait mention également que les enfants vont devoir suivre un régime
pédagogique. Ça peut être de l'enseignement
à la maison. Mais l'institution ne continuera pas à donner des cours comme elle
faisait auparavant. Au contraire, ils
vont devoir… ils ont l'obligation de vérifier si l'enfant suit bien le régime pédagogique, et, s'il le suit, là ils vont
pouvoir donner des cours complémentaires, M. le Président.
contraire de ce que la députée a dit, M.
le Président, je m'en tiens à ma
parole. Il n'y aura pas d'écoles illégales qui vont continuer à être
fonctionnelles ici, au Québec, M. le Président.
Le Président : Première complémentaire, Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le
Président, avec la décision du ministre,
pendant la journée, les enfants vont apprendre la religion et que peut-être, le soir, à la maison, ils vont apprendre les
matières de base. Cela devrait être le
contraire : les notions de base à l'école et la religion à
la maison.
Pourquoi fait-il le
contraire du gros bon sens et de la loi?
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, ce que l'on veut, c'est le bien de l'enfant. L'enfant doit suivre le
régime pédagogique. L'école s'est engagée à ce que les enfants suivent le régime
pédagogique entériné par un juge. Pourquoi la
députée ne veut pas que ces enfants-là aillent à l'école ou encore aient de la formation à la maison comme c'est
prévu dans la loi du Québec?
Mais
surtout, M. le Président, le plus important, aujourd'hui je suis fier de dire que même les écoles illégales
ont compris mon message : On ne les tolérera pas, les enfants
doivent suivre le régime pédagogique comme prévu dans la
Loi sur
l'instruction publique.
Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Ce qu'on comprend, M. le Président, c'est que rien
ne va changer pour les enfants. Si les parents font respecter le programme
à la maison, le soir, pourquoi ne pas le faire de
jour, à l'école, dans une classe?
Alors,
pourquoi le ministre s'était engagé
à ce que les enfants fréquentent une école légale? Que fait-il pour respecter
ses propres mots et ses propres directives?
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président, ici, au Québec, il est possible qu'un enfant puisse avoir sa
formation à la maison. Il y a des
validations qui sont faites par le ministère, il y a un suivi qui est fait. Ce
qui est important, puis la députée
doit le comprendre, c'est le suivi du régime
pédagogique. Si le régime pédagogique est suivi, ça veut dire que
l'enfant reçoit ce qui est nécessaire comme formation.
L'école
s'engage à ne plus donner de formation comme auparavant. Ils s'engagent tout
simplement à faire des cours complémentaires.
M. le Président, nous sommes fiers de l'entente avec cette école, et je vais
continuer… je continue à le dire, il n'y aura pas d'écoles illégales qui
vont poursuivre leur travail ici, au Québec, M. le Président.
Le Président : Principale, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on
a eu droit, hier, à la grande révélation. Le gouvernement libéral a vu la
lumière et a réalisé, là, que ça n'intéressait
pas les Québécois, les élections scolaires.
Malgré tous les signaux, le
désintérêt à peu près total, les demandes de la Coalition avenir Québec, le gouvernement
libéral a fait le choix d'aller de
l'avant avec des élections, et résultat : 4,8 %, donc un très
faible taux de participation.
Donc,
M. le Président, après avoir augmenté les taxes scolaires de 10 % — puis le ministre des Affaires municipales
a manqué une bonne game, là, parce que les
libéraux ont fait la même chose que le PQ — le gouvernement libéral a décidé de
dépenser 20 millions de dollars. 20 millions de dollars gaspillés
pour 4,8 %.
Est-ce que le
ministre des Finances peut au moins reconnaître aujourd'hui que son
improvisation, ça a coûté 20 millions,
que, son référendum, là, il aurait dû le savoir, qu'il n'y aurait pas de
participation puis c'était une erreur, une erreur qui aurait pu être
évitée?
Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, ce que nous
avons appris hier, c'est que le député de Chambly a vu la lumière. Il a
confirmé aux médias qu'un palier intermédiaire au niveau de la gestion de notre
système scolaire était important,
l'équivalent de la commission scolaire. Donc, ce que je comprends, aujourd'hui,
c'est que la Coalition avenir Québec reconnaît que c'est important
d'avoir un palier intermédiaire.
Une fois qu'on a dit
ça, M. le Président, les élections du 4 novembre ont eu lieu. D'abord, M.
le Président, je voudrais offrir mes félicitations aux personnes qui sont
élues, les commissaires, les présidents et également à tous les candidats parce que ça prend du courage pour aller
en politique scolaire, municipale ou provinciale. Ça prend des gens qui
veulent être dévoués.
fois qu'on a dit ça encore, M. le Président, les résultats sont décevants, tous
l'ont reconnu. Même le Parti québécois,
d'ailleurs, disait qu'il fallait que ça change, le statu quo n'était plus
possible, la Coalition avenir Québec, elle aussi, dit que le statu quo n'est plus possible, et moi aussi, je dis
que le statu quo n'est plus possible. Donc, M. le Président, on va devoir s'asseoir ensemble, je vais faire des
propositions, puis on va changer le système pour avoir un système qui est
plus acceptable par la population.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, depuis 2012, c'est dans le programme
de la CAQ, là, de remplacer les 69 commissions scolaires par
39 centres de services légers. Ce n'est pas de ça que je lui parle, je lui
parle des élections scolaires.
Durant
la campagne électorale, durant le débat des chefs, le chef du Parti libéral a
dit : Je ne changerai pas ça, je vais garder les élections
scolaires. Encore une fois, le gouvernement libéral est obligé de reculer.
Est-ce
qu'il peut au moins avouer, le ministre de l'Éducation, que ce gouvernement-là
n'était pas prêt à gouverner le Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Au contraire, M. le Président,
nous étions prêts à gouverner le Québec. Puis on ne fait pas d'improvisation, on prend des décisions
importantes pour notre système scolaire. Je suis content aujourd'hui de voir
que le chef de la deuxième opposition confirme qu'il va être d'accord avec un
palier intermédiaire.
Maintenant,
la réflexion est engagée. J'ai dit qu'il y aurait des changements, des
changements profonds au niveau du
système d'éducation. On a l'intention de procéder dans les prochains mois.
J'espère avoir la collaboration des deux
oppositions et également des députés de Québec solidaire parce que, pour nous,
l'éducation, c'est au-dessus de la politique. Il faut faire les bons
changements pour que nos enfants reçoivent les meilleurs services et viser la
réussite scolaire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, c'est dans le programme de la CAQ
depuis 2012, des centres intermédiaires légers. Je veux… Oui.
le Président, est-ce que le ministre des Finances peut au moins dire aux
Québécois, là : J'avoue, j'ai gaspillé 20 millions de dollars
parce que j'ai improvisé? Est-ce qu'il peut au moins reconnaître ça
aujourd'hui?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, les élections
scolaires étaient prévues dans la loi, ça faisait trois ans qu'on les reportait. Les gens nous disaient que
c'était important également qu'on trouve des nouvelles personnes, plus de
fraîcheur au niveau des commissaires
scolaires et également au niveau des présidences. C'était une obligation
démocratique, elle a eu lieu. On
prend compte des résultats décevants, moins de 5 %. Il y aura des
changements. Ce que je comprends aujourd'hui : tant l'opposition
officielle que la deuxième opposition vont être prêtes à collaborer à des
changements significatifs.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, pendant des années, les deux vieux partis
ont défendu le statu quo des commissions scolaires. Mais, malgré le fait
que le gouvernement a lié le sort des commissions scolaires…
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! Je peux rester debout assez
longtemps, mais vous allez perdre du temps pour vos périodes de questions. M. le député de Chambly,
c'est vous que je veux écouter, pas personne d'autre. M. le député de
Chambly.
M. Roberge :
Merci.
Malgré le fait que le gouvernement ait lié le sort des commissions
scolaires au taux de participation des
élections de dimanche dernier, seulement 5 % des électeurs sont allés
voter. Le résultat est clair, implacable.
Mais,
contrairement à la Coalition avenir Québec, le gouvernement n'a pas de plan.
Tout est sur la table, a dit le
ministre de l'Éducation, pris de court devant un résultat qui était pourtant
vraiment prévisible. À la coalition, ça fait longtemps, oui, qu'on réfléchit à la question. Il faut éliminer les
élections de commissaires scolaires. Il faut créer des centres de services aux écoles régionaux plus légers. Ça
fait longtemps qu'on le dit. Dorénavant, c'est dans nos écoles, par des
parents, par des gens de la communauté que les décisions doivent être prises.
Pourquoi le ministre
n'a-t-il aucun plan?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, M. le Président, les élections ont eu
lieu il y a deux jours. J'ai déjà annoncé qu'il
y aurait des changements significatifs et profonds. J'ai entendu l'opposition
officielle, hier, confirmer qu'ils voulaient des changements. Actuellement, le statu quo n'est plus acceptable. Nous
comprenons le message également de la CAQ. Je le dis et je continue à le dire à répétition, il va y avoir des
changements. J'espère que les oppositions vont collaborer pour le bien
de nos élèves et de nos étudiants.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, bien sûr qu'on va collaborer. Mais on
aurait aimé que le gouvernement collabore avec nous dès ce printemps. On aurait pu éviter la catastrophe annoncée
qu'on vient de vivre. C'est dans les écoles que les décisions doivent se
prendre. On le savait déjà il y a des années. On le savait il y a six mois.
Pourquoi
gaspiller autant d'argent? Pourquoi? Est-ce que le ministre peut s'engager à ce
qu'à l'avenir les décisions soient prises dans les écoles?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, j'ai déjà
annoncé des orientations. La première grande orientation sera au niveau de la gouvernance. La deuxième
grande orientation va avoir lieu, il va y avoir un regroupement de certaines
commissions scolaires qui, géographiquement, seraient plus performantes si
elles étaient regroupées. Également, il devrait
y avoir des regroupements de certains services entre les commissions scolaires
pour aller chercher de l'efficience et
de l'efficacité. Troisièmement, comme l'a dit le premier ministre, on veut
décentraliser : plus de pouvoirs au niveau de la classe, de
l'école, retravailler les responsabilités au niveau des commissions scolaires
et naturellement essayer de décentraliser du ministère vers le bas. Ce sont nos
orientations. Et, pour nous, c'est très clair.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, ça me fait plaisir de voir le gouvernement
et le ministre cheminer. On est passés, là, du déni… On était vus comme des démolisseurs. Maintenant, on
commence à voir la lumière. Bientôt, on va être des bâtisseurs. Mais, vous savez quoi, souvent, le
Parti libéral a volé nos idées. Dans ce cas-ci, ça nous fait plaisir. Ça nous
fait plaisir pour le plus grand bénéfice des élèves, vraiment. Est-ce que le
ministre…
Président : Là, on est à la veille de passer à un vol au-dessus
d'un nid de coucou, hein? Il n'y a qu'une personne qui a le droit de
parler ici, c'est le député de Chambly. Et c'est à vous de conclure, M. le
député.
M. Roberge :
Est-ce que le ministre accepte notre main tendue et surtout notre plan?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, je suis tout à
fait d'accord avec le député de Chambly, ce sont des grands démolisseurs. Leur problème : ils ne
sont pas capables de reconstruire. Et leur plan, c'est toujours un plan simple
dans lequel il n'y a pas vraiment de
solution. Un système d'éducation, c'est beaucoup plus complexe qu'une seule
idée. Pour reconstruire, il faut être
capable de travailler ensemble. J'ai expliqué les trois grandes orientations.
Je suis toujours déçu quand le député
se lève puis dit : On n'a pas de plan, on n'a pas ci, on n'a pas ça. Il
devrait peut-être écouter les médias. C'est très clair, dans les
journaux, ce qu'on veut faire.
Le Président :
Principale, M. le député de Blainville.
Laframboise : …consternation que nous avons appris que des
compressions de 300 millions sont demandées aux municipalités dans
le cadre du pacte fiscal transitoire 2015. Le gouvernement libéral imposera une
compression d'environ 25 % sur du financement essentiel à la prestation
des services municipaux. Il réduira par la même occasion plusieurs investissements liés notamment au
développement durable, à la sécurité publique aide aux sinistrés et à l'intégration des immigrants. Pour répondre aux besoins et pour assurer les services aux
citoyens, les maires et mairesses n'auront d'autre choix que d'envisager
d'augmenter leurs taxes. Qu'un dollar de plus soit perçu par le gouvernement
provincial ou par le palier municipal, ça demeure un dollar de trop de tiré des poches du contribuable.
Le ministre peut-il nous expliquer pourquoi son gouvernement a choisi de pelleter
son déficit dans la cour des municipalités et de sous-traiter des
augmentations de taxes plutôt que de prendre des décisions courageuses?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
Moreau : Alors, je remercie le
député de Blainville pour sa question. Je lui dirai simplement qu'il y a une
différence entre ce que le gouvernement du
Parti québécois a fait avec les commissions
scolaires… ça, c'était du sous-traitage. On a sous-traité les taxes des commissions scolaires et on a dit, bien,
le gouvernement, là : Voici, vous autres, les commissions
scolaires, c'est vous qui allez sous-traiter.
Ici, là, le gouvernement n'impose rien, M. le Président.
On est en négociation avec nos partenaires des municipalités, des municipalités régionales de comté. On est en négociation avec eux sur un grand nombre
de choses, notamment un pacte fiscal,
notamment la décentralisation des pouvoirs, notamment les éléments qui n'ont
jamais été réunis auparavant, c'est-à-dire
ceux qui font en sorte qu'on veut véritablement les traiter comme des
gouvernements de proximité, que ce soit au niveau régional ou au niveau
local.
dans ce contexte-là, ce que nous avons fait avec les municipalités, c'est d'établir un dialogue. Ce dialogue-là n'est pas terminé. Et la dernière
chose dont nous voulons être responsables, ce serait de créer une situation qui
ne soit pas acceptable pour elles. Ce
n'est pas ce qu'on fait, on négocie avec eux, on continue à le faire, et nos négociations vont bien.
Le Président : Première complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, le
ministre s'est caché derrière des portes closes avec l'UMQ et la FQM, dont
les conseils d'administration…
Président : S'il vous plaît!
M. le député, vous avez eu une expérience dans
un autre Parlement, c'était peut-être permis
dans un autre Parlement, mais ici on ne le permet
pas. Alors, je vous suggère d'éviter le terme
que vous avez utilisé.
Laframboise : Disons, M. le
Président, que les rencontres ont été discrètes. Moi, je suis ici pour défendre
et protéger les contribuables. Le ministre devra
informer, dans les prochains jours, les municipalités de chacune des coupures
qu'il leur attribue.
villes sont en pleine période de préparation des budgets, elles ont déjà priorisé les dépenses à effectuer, donc une
hausse de taxes municipales devra nécessairement être
envisagée.
Est-ce
que les contribuables du Québec auront une fois de plus…
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau : M. le Président, les portes closes,
on laisse ça à l'ancienne députée de Richelieu. J'ai
compris que… mais
ici ce n'est pas de cette façon-là dont on fonctionne. La façon dont on
fonctionne ici, c'est à livre ouvert, c'est en négociation franche et sincère avec nos partenaires que sont les
municipalités locales, les municipalités régionales de comté. Notre façon de procéder, M. le Président,
c'est de faire ce qu'aucun gouvernement n'a fait avant nous, c'est-à-dire
considérer les municipalités comme de
véritables partenaires et comme des paliers de gouvernance de proximité. Et la
raison pour laquelle nous le faisons, c'est
parce que, sous le leadership du premier ministre, c'est le mandat que j'ai
reçu de lui lorsque le Conseil des ministres a été formé, et c'est ce
que nous allons continuer de faire, M. le Président.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, après
les hausses des tarifs d'électricité, des taxes scolaires et maintenant celles
des taxes municipales, le gouvernement donne en
sous-traitance.
Pourquoi le gouvernement
s'entête-t-il à augmenter le fardeau des contribuables du Québec, M. le
Président?
Le Président : M. le ministre des Affaires
municipales.
Moreau : M. le
Président, le seul entêtement que
nous ayons de ce côté-ci de la Chambre, c'est de reconnaître la légitimité des élus locaux et régionaux, c'est
l'entêtement de considérer que ces paliers de responsabilité sont des
paliers gouvernementaux qui doivent être, parce qu'ils sont plus près des citoyens, respectés. Ce que nous entendons… Et je sais que le député de Verchères est en désaccord avec
ça, son gouvernement ne l'a jamais fait. Mais
nous, nous allons le faire. Nous
allons leur transférer plus de pouvoirs, nous allons leur faire confiance, nous
allons travailler avec eux plutôt que de les mépriser comme vous avez si bien fait lorsque vous étiez ici.
Le Président : Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, M.
le Président. Nous apprenons,
ce matin, que l'industrie des gaz de
schiste souhaite lancer des projets
pilotes d'exploitation. De leur côté, le
gouvernement, les membres du gouvernement s'entêtent à
vouloir enfoncer dans la tête des
gens l'exploitation des gaz de
schiste. Autrement dit, le gouvernement et l'industrie des gaz de schiste, c'est main dans la main. Et, pour s'en convaincre,
le gouvernement fait de l'aveuglement volontaire sur quatre
conclusions de l'étude environnementale stratégique sur les gaz
de schiste de février dernier :
pas d'acceptabilité sociale, risque
de contamination des eaux, toxicité de la fracturation hydraulique,
émission de méthane, émission de CO 2 .
Donc
le gouvernement doit préciser ses intentions. Est-ce que, oui ou non, il est en
faveur du retour des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Le gouvernement est en faveur, par
rapport à l'exploitation des hydrocarbures, d'une approche globale, cohérente, rigoureuse et intégrée. Et ce que ça
veut dire, M. le Président, c'est que nous étudions l'ensemble de la filière. C'est pour ça que nous
avons mis en place une évaluation environnementale stratégique globale sur l'ensemble de la filière. C'est pour ça que
nous avons déposé un projet de loi limitant les activités gazières et
pétrolières. C'est pour ça également
que nous attendons le rapport du BAPE sur l'industrie des gaz de schiste, qui
doit être déposé d'ici la fin du
mois. Alors, avec l'ensemble de tous ces facteurs-là, nous allons d'abord et
avant tout tenir compte du meilleur intérêt
des Québécois et des Québécoises, nous allons nous assurer qu'il y ait
acceptabilité sociale et nous allons agir de façon rigoureuse et
sérieuse avant d'avancer dans quelque filière que ce soit. Merci, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : C'est
incroyable d'entendre encore le ministre parler d'une approche globale,
cohérente, rigoureuse. S'il respectait ce qu'il dit, le ministre…
M. Gaudreault : Et intégrée.
Gaudreault : S'il reconnaissait cette approche, M. le
Président, il reconnaîtrait qu'il y a déjà eu deux BAPE, une évaluation environnementale stratégique avec
des conclusions très claires : il n'y en a pas, d'acceptabilité sociale
sur les gaz de schiste au Québec.
Est-ce que le ministre va entendre l'industrie
ou la population?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : Si l'évaluation environnementale stratégique sur les gaz de
schiste qui avait été commandée par le précédent
gouvernement libéral était si claire que ça, pourquoi son gouvernement a
demandé un autre BAPE, M. le Président? Le BAPE qu'on attend présentement, dont le rapport devrait être déposé
d'ici la fin du mois, sur les gaz de schiste, a été demandé par le précédent gouvernement après qu'il
y ait eu une évaluation environnementale stratégique demandée par le
précédent gouvernement libéral.
Alors, quand
on parle de cohérence, là, je crois qu'on n'a pas de leçons à recevoir de
l'autre côté, M. le Président. Là,
présentement, on va attendre le rapport du BAPE. Ensuite, on va finir notre
évaluation environnementale stratégique globale sur l'ensemble de la filière
des hydrocarbures…
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : …on va prendre des
décisions dans le meilleur intérêt des Québécois.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
M. le Président, nous avons toujours été cohérents avec ce que la population
veut. On a déposé ici une
loi sur un
moratoire sur les gaz de schiste. Il y a eu, jusqu'à maintenant, deux BAPE, une
évaluation environnementale stratégique.
Les Québécois
n'en voulaient pas avant, ils n'en veulent pas plus aujourd'hui. Qu'est-ce
qu'attend le ministre pour entendre la volonté de la population de la
vallée du Saint-Laurent?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : C'est par respect, justement, du processus de consultation
de la population qu'on va attendre les résultats du Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement qui a été commandé par le précédent gouvernement,
dont nous attendons le rapport pour la fin du mois. Par la suite, nous avons
encore une évaluation environnementale stratégique globale à compléter. Il y a
une loi limitant les activités gazières et pétrolières sur l'ensemble du
territoire québécois. Et c'est clair pour
nous, M. le Président, que l'acceptabilité sociale, que ça soit dans les gaz de
schiste ou quoi que ce soit relié aux hydrocarbures, est un facteur
fondamental avant d'avancer. Merci, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, des régions entières se mobilisent
actuellement pour empêcher le gouvernement de sabrer dans ce qu'elles appellent
le coffre à outils du développement régional.
J'en
prends pour témoins la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, plus de 150
personnes de tous les milieux qui disent : Ne touche pas à ma
Gaspésie! Attention! On veut garder notre CRE puis nos CLD.
Je prends
l'Abitibi-Témiscamingue : même la chambre de commerce dit qu'elle en a
assez d'assister à la destruction des
organismes régionaux de développement économique et qu'elle ne veut pas faire
les frais de l'atteinte de l'équilibre budgétaire.
À Montréal, 600
entrepreneurs, dont j'ai les lettres ici, nous disent : Attention! Nous
aimons… nous, nous travaillons bien avec nos corporations de développement
économique et communautaire.
J'aimerais
savoir ce que le ministre des Affaires municipales répond à tous ces gens de
toutes les régions qui lui lancent ce message.
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau :
Je leur réponds, M. le Président, que nous travaillons avec nos partenaires,
qu'hier encore j'ai rencontré l'Association
des CLD, que cet après-midi je rencontre les conférences régionales
des élus, que nous discutons à livre
ouvert et que nous demandons à ces gens-là d'avoir, comme nous, le même
objectif, M. le Président, c'est-à-dire le développement économique…
M. Moreau :
Ah! le nouveau candidat à la chefferie vient de se manifester.
Alors, nous avons le
même objectif, M. le Président, c'est-à-dire le développement…
Président : M. le député de Matane, évitons de s'interpeller
ici. C'est à M. le ministre des Affaires municipales à répondre, je
l'inviterais à répondre sur le sujet.
Moreau : Oui. Bien, je constate simplement que le député de
Rosemont n'a pas eu suffisamment de publicité à date, il essaie de se manifester dans la période de questions. M. le
Président, je vais acheter son livre, je vous le promets. L'objectif que
nous avons…
Moreau : L'objectif que nous avons, M. le Président, c'est de
faire du développement économique régional, et d'outiller les régions et les élus locaux et régionaux pour qu'ils
puissent le faire, et ne pas confondre la proie pour l'ombre, c'est-à-dire la structure pour l'objectif.
L'objectif, nous le partageons entièrement. Sur la façon d'y arriver, nous
sommes en discussion, et nos discussions vont bien.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : C'est curieux, M. le Président, les échos que j'ai,
moi, c'est que les discussions ne vont pas si bien que ça, que les
corporations de développement économique et communautaire et les comités locaux
de développement sont très inquiets. On
coupe 55 % de leurs budgets, alors je ne sais pas comment on va encore
parler de développement économique local.
Avec
les 3 000 bénévoles qui travaillent depuis des années pour développer les
localités et les quartiers de nos villes,
avec les 1 350 professionnels, moi, ce que je demande au ministre des
Affaires municipales, c'est : Pourquoi abolir un réseau qui a fait
ses preuves, qui crée de l'emploi et qui crée des entreprises?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau :
M. le Président, ça serait étonnant qu'une compression budgétaire, quelle
qu'elle soit, coupe les bénévoles. Moi, ce serait la première nouvelle
que j'en aurais.
Ce que nous souhaitons, nous, c'est
travailler avec les élus des régions, avec les élus locaux, avec ceux qui ont
à coeur le développement économique
régional, incluant les bénévoles, avec ceux qui ont à coeur le développement de
leur territoire et de leur communauté.
Ce qu'on leur
dit : Partageons le même objectif, ne nous arrêtons pas sur un élément de
structure qui peut être — qui peut être! — improductif pour l'objectif que l'on
recherche. Alors, M. le Président, cessons de faire des chasses aux
sorcières. Nous sommes en train de négocier…
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
…et de discuter avec nos partenaires, et ces discussions vont bien.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : M. le Président, moi, j'aime bien appeler un chat, un
chat. Quand on abolit les CDEC et les centres
locaux de développement, évidemment qu'il n'y en a plus, de bénévoles, on a
aboli le lieu qui les réunissait puis qui leur permettait de travailler
ensemble.
y a cependant une rumeur qui veut qu'à Montréal le ministre garderait peut-être
quelques CDEC avec cinq ou six pôles de développement économique local.
question au ministre des Affaires municipales, c'est : Est-ce qu'il est
prêt à moduler, donc, le pacte fiscal et le maintien d'un certain nombre
des organismes déjà existants...
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau :
M. le Président, je ne peux pas être plus clair que de dire : Nous sommes
à négocier avec nos partenaires. Il me
semble que, quand on négocie avec quelqu'un, on est en train d'établir quels
sont les paramètres sur lesquels on va atterrir si on conclut une
entente. C'est de ça dont on parle.
essentiellement l'objectif qui est poursuivi par le gouvernement, que ce soit
en matière d'économie sociale ou en matière
de développement économique régional, c'est d'atteindre l'objectif d'être le
plus performant possible. Et, en ce qui
nous concerne, nous n'arrêtons pas la discussion aux structures, nous allons
droit à l'objectif et nous le faisons à visière levée avec ceux avec qui nous négocions, notamment l'Association des CLD
que j'ai rencontrée hier et les CRE que je rencontrerai cet après-midi.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Oui. Merci beaucoup, M. le
Président.
Malgré toutes les belles promesses de rigueur et d'intégrité de ce gouvernement, force est de
constater que les nominations partisanes s'accumulent. Il y a deux semaines,
il a nommé Isabelle Merizzi, l'ancienne
attachée de presse du premier ministre, comme vice-présidente de la Régie des
rentes. La semaine dernière, c'était au tour
de Josée Noreau, une ancienne employée libérale, d'être nommée P.D.G. du
Centre de services partagés.
Aujourd'hui,
ce gouvernement fait encore pire. Il crée un poste sur mesure au ministère du
Tourisme, à 190 000 $ par année,
pour Marie Claire Ouellet, l'ancienne responsable des communications sous l'ère
Charest. La rigueur budgétaire et le gel d'embauche ne comptent plus
quand il s'agit de nommer des petits amis libéraux.
Est-ce que c'est ça,
votre révision des programmes, créer des postes pour les amis du parti?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Vien : Merci beaucoup, M. le Président. Je tiens à dire en
cette Chambre que Mme Ouellet est une haute fonctionnaire de l'État. Elle y travaille maintenant depuis plusieurs
années, 10 ans maintenant qu'elle est dans la fonction publique. Tout le monde reconnaît ici, à
l'Assemblée nationale, et ailleurs, la grande compétence de Mme Ouellet,
également son expérience, notamment en termes de communications, mais
aussi en termes touristiques.
Je tiens à
signaler à cette Chambre, M. le Président, qu'il ne s'agit pas d'embauche, mais
bien de mouvement de personnel,
puisque Mme Ouellet est déjà à l'emploi de la fonction publique,
puisqu'elle est déjà une haute fonctionnaire. Alors,
M. le Président, je pense que ce que nous demandent les citoyens du Québec, les
Québécois, c'est d'utiliser au maximum les compétences et les talents de nos
fonctionnaires.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, Marie Claude Ouellet a obtenu le poste de conseillère
stratégique au bureau du sous-ministre
le 14 octobre dernier. Un porte-parole du ministère a confirmé que c'était
un nouveau poste. Pendant que le
gouvernement demande aux Québécois de se serrer la ceinture, il crée des postes
pour les membres de la famille libérale.
le Président, la ministre du Tourisme est-elle consciente du message négatif
que son gouvernement envoie à tout le milieu touristique?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Vien : À la même question formulée autrement je répondrai la
même réponse. Mme Ouellet est une haute fonctionnaire de l'État qui est déjà au service de l'État depuis une
dizaine d'années. Elle est une haute fonctionnaire, elle est sous la coupe, si vous voulez, des emplois
supérieurs. Alors, je suis heureuse d'accueillir Mme Ouellet au ministère
du Tourisme, où son talent sera mis à profit, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : M. le Président, on parle ici d'une création d'un nouveau poste. Le
salaire de Mme Ouellet s'élève à
plus de 190 000 $. C'est 190 000 $ qu'on pourrait utiliser
pour soutenir nos organismes de développement touristique en région au lieu de récompenser une amie du
parti. Si la ministre du Tourisme est sérieuse dans l'effort budgétaire que doit
faire son ministère, qu'elle commence par couper ce poste inutile dès
maintenant.
Va-t-elle agir dans
l'intérêt des Québécois ou dans l'intérêt de son parti?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Mme Vien :
M. le Président, je pense que je vais être assez claire, là, Mme Ouellet
est déjà à l'emploi de la fonction publique, elle reçoit déjà…
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le Président, l'article 79, se limiter
au point qu'elle touche. Est-ce que, oui ou non… C'est la troisième
question qu'on vous pose. Pourtant, c'est bien écrit noir sur blanc. Est-ce que
c'est un nouveau…
Le Président :
S'il vous plaît! Mme la ministre du Tourisme, voulez-vous continuer, s'il vous
plaît?
Vien : M. le Président, M. le Président, Mme Ouellet est
déjà une haute fonctionnaire de l'État et elle reçoit déjà une rémunération de l'État. Alors, je ne vois
pas pourquoi on n'utiliserait pas son talent. Et je pense que c'est ce que
nous demandent les Québécois, d'utiliser au
maximum les talents que nous avons dans la fonction publique, une fonction
publique de haut niveau, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Merci, M. le Président. Alors, la saga autour de
l'affaire Jean-François Roy se poursuit ce matin. C'est assez incroyable, M. le Président, c'est l'accusé
lui-même qui réclame son propre procès parce qu'il souhaite laver sa
réputation.
Alors,
M. le Président, rappelons qu'après 47 mois d'attente il n'y avait
toujours pas eu de procès pour M. Roy, les procédures ont dû être annulées en raison de la lenteur du Directeur
des poursuites criminelles et pénales. Une telle situation, où un ex-chef de police est accusé d'avoir conduit en état
d'ébriété et où le procès est annulé, évidemment ça nuit à l'efficacité
du système de justice, ça nuit à l'intégrité.
Mme la
Justice… Mme la ministre de la Justice, quand allez-vous prendre vos
responsabilités et intervenir dans ce dossier?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, j'ai eu la chance,
la semaine dernière, de répondre à de nombreuses questions de notre collègue portant sur l'affaire précise de
Jean-François Roy. J'inviterais mon collègue à faire preuve de prudence,
à lire le jugement qui énonce les motifs.
Vous comprendrez, M. le Président, que le
Directeur des poursuites criminelles et pénales est un organisme indépendant. Le Directeur des poursuites
criminelles et pénales a pris la décision de ne pas porter ce dossier en appel,
basé sur une évaluation du dossier. Il n'est pas de mon intention, malgré le fait que mon
collègue souhaite bien faire du chemin sur cette question, compte tenu
qu'il demande un petit peu d'attention… Il
aimerait bien avoir de l'attention médiatique,
là, je comprends qu'il y a une course à la chefferie,
mais on ne fera pas de raccourci intellectuel pour autant.
Le Président :
Mme la leader du gouvernement.
Maltais : M. le Président,
le sujet n'est pas course à la chefferie, puisque, sinon, on aurait parlé d'Arthur Porter
et de ses liens avec le premier ministre.
Président : S'il vous plaît!
On se calme. Mme la ministre de la Justice, et, s'il vous plaît, en évitant
d'imputer des motifs.
Mme Vallée :
…la politique autrement, on repassera.
Ceci étant dit, M. le Président, l'indépendance,
l'indépendance du Directeur des poursuites criminelles et pénales est importante. Et là ce qu'on laisse
sous-entendre par les questions de mon collègue, c'est
l'intégrité. On porte atteinte à l'intégrité
même, l'intégrité professionnelle des décisions prises par l'organisme
indépendant qu'est notre Directeur des poursuites…
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...criminelles et pénales.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, je
n'en reviens pas. Je ne peux pas croire que la ministre de la Justice ne sait
pas qu'elle a le pouvoir
d'intervenir, voire même de prendre en charge des dossiers dans certaines
occasions, M. le Président. Ce qu'on
lui demande… C'est qu'il s'agit ici d'une situation exceptionnelle. Puis la raison pour laquelle je suis choqué, c'est justement
parce que je l'ai lu, le jugement, puis on dit clairement, noir sur blanc,
qu'il n'y a aucune justification pour laquelle ça a pris autant de
temps.
Mme la ministre, tenez-vous debout et
intervenez.
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, il est important,
dans ce dossier-là… Je comprends, là, que c'est
un dossier qui est fort médiatisé,
qui, encore ce matin, faisait la première page du Journal de Québec, je comprends. Et justement, compte tenu que c'est
un dossier extrêmement publicisé qui a fait
l'objet d'une couverture médiatique, il est important de faire attention aux propos qu'on va tenir
lorsqu'on est des représentants de la justice, lorsqu'on est aussi membre du
Barreau, tel que l'est mon collègue.
Le Directeur des poursuites criminelles et
pénales est un organisme indépendant, et il ne m'appartient pas de m'immiscer
dans une décision prise par le DPCP, et les…
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée : Et la demande que formule mon
collègue est dangereuse et va à l'encontre même de
l'objectif…
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député
de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, il
n'y a aucune discussion à savoir si la ministre peut et a les pouvoirs
d'intervenir dans un dossier comme celui-là. Même l'ancien Directeur des poursuites criminelles et pénales, M. Louis Dionne,
en 2011, rappelait que l'indépendance
du DPCP n'est pas totale et qu'il relève
directement de la ministre de la Justice. C'est
pour ça qu'elle a des pouvoirs exceptionnels.
vertu de l'article 23 et 24, elle peut agir et elle doit le faire. Quand va-t-elle le faire?
Le Président : Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, la
décision de ne pas porter le dossier en appel est une décision qui a été prise
par un comité de juristes fort spécialisés à l'intérieur du DPCP.
Ceci
étant dit, la question des délais est une question qui me préoccupe et qui
préoccupe… qui me préoccupe dans le
cadre de la bonne administration de la justice. Là-dessus, il est important que
tous les représentants tant du gouvernement du Québec… qu'il s'agisse des membres de l'équipe du Procureur général
ou des membres du DPCP, soient sensibilisés à l'importance de ne pas multiplier les délais. Là-dessus, il est évident
que nous tenons à assurer que ces éléments-là sont des éléments pris en
considération. Mais, ceci étant dit…
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : …il ne m'appartient pas d'intervenir
et de politiser, comme le voudrait mon collègue, une…
Le Président : Principale, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci. Merci, M. le Président. M. le
Président, voilà maintenant
plus de 11 mois que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a déposé son rapport sur le projet de Mine
Arnaud, une mine d'apatite qui serait
située à Sept-Îles. Le BAPE a jugé le projet inacceptable tel qu'il
avait été présenté. Depuis le dépôt du rapport du BAPE, le promoteur et le ministère de l'Environnement sont en discussion afin que des modifications soient apportées au projet
pour le rendre plus acceptable. Mais, pendant ce temps, M. le Président, la population de Sept-Îles se déchire, un groupe pour, un groupe contre. Et plus le temps passe, plus la grogne
monte, plus le climat social se détériore, M. le Président, mais jamais,
jamais le ministre de l'Environnement ne s'est soucié de la détérioration du
climat social à Sept-Îles.
M. le Président, pourquoi le ministre
de l'Environnement demeure silencieux
sur le projet de Mine Arnaud? Il faut
que le ministre nous dise aujourd'hui en cette Chambre où on s'en va avec…
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Le rapport du BAPE a une série de
recommandations qui sont très sérieuses, très importantes, et le ministère, présentement, analyse, comme c'est le
cas après tous les rapports du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement… Le ministère va
terminer son analyse, et, après ça, nous ferons les recommandations qui
s'imposent. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, cela met fin à la période de questions et réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis, mais, Mme la leader adjointe du
gouvernement, je pense que vous sollicitez le consentement pour pouvoir donner
un avis.
Vallée : Alors, M. le Président, suite à une entente intervenue
avec les groupes parlementaires et les députés indépendants, je vous informe qu'il y aura consentement pour donner un
avis dès maintenant pour les auditions des groupes…
Vice-Président (M. Ouimet) : Mme la leader adjointe, je vais
vérifier le consentement, puis après je vais vous céder la parole. Il y
a consentement? Alors, veuillez poursuivre.
Mme Vallée :
Donc, M. le Président, j'avise cette Assemblée que la Commission des finances
publiques poursuivra les
consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 15,
Loi sur la
gestion et le contrôle des effectifs des ministères, des organismes et
des réseaux du secteur public ainsi que des sociétés d'État, dès maintenant
pour une durée de 3 h 15 min et complétera lesdites
consultations de 19 h 30 à 21 h 45, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
J'avais pris pour acquis qu'il y avait consentement.
Alors, voilà,
nous en sommes aux motions sans préavis, et je cède maintenant la parole à Mme
la ministre de la Culture et des Communications. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Joliette, la députée d'Iberville et le député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale félicite les
récipiendaires des Prix du Québec, soit la plus haute distinction
gouvernementale en culture et en science;
«Qu'elle
rappelle que les récipiendaires des Prix du Québec sont des femmes et des
hommes qui ont contribué à l'enrichissement individuel et collectif de la
société québécoise de même qu'au rayonnement du Québec à travers le monde.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Mme la
leader adjointe du gouvernement.
Mme Vallée : M. le Président,
nous proposons de l'adopter sans débat.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Je cède maintenant la parole à M. le député de Verchères.
Bergeron :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Mercier, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale s'oppose au
changement unilatéral de dénomination du pont Champlain par le gouvernement
fédéral;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que Samuel de Champlain est un personnage
incontournable de l'histoire du Québec;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que Samuel de Champlain est le fondateur de la
Nouvelle-France et celui qui a ancré pour l'avenir la présence française
en Amérique;
«Et qu'elle souligne sa vision, sa droiture, sa
détermination et son respect pour les Premières Nations.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Verchères. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vallée : Il n'y a pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, il n'y a pas de consentement. M. le député de Chauveau.
Deltell :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec le
ministre responsable de la Capitale-Nationale, le député de Lévis, le député
des Chutes-de-la-Chaudière, la députée de Taschereau et le député de
Mercier. Et la motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale joigne sa voix aux maires de Québec et de Lévis et
demande au Canadien National de prendre ses responsabilités quant à la
nécessité de repeindre et d'entretenir convenablement le pont de Québec.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le député de Chauveau. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vallée : Il y a
consentement, et on propose des interventions d'une à deux minutes par parti.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, M. le député de Granby, y avait-il autre chose…
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Ça va?
Mme Vallée :
Il y a l'ordre des interventions. Alors, nous débuterions par notre collègue le
député de Chauveau. Nous donnerons
par la suite la parole à la députée de Taschereau, et le député de Mercier, et,
par la suite, concluons avec le ministre responsable de la Capitale
nationale.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, je comprends qu'il y a consentement pour permettre à quatre intervenants de prendre la parole pour une
durée d'entre une et deux minutes en commençant avec vous, M. le député
de Chauveau.
Deltell : Merci
bien, M. le Président. Alors, c'est avec beaucoup de plaisir que je prends la
parole pour défendre le pont de
Québec. Le pont de Québec, pour moi, M. le Président, pour notre formation
politique, ça fait
partie du patrimoine de la ville de Québec, dont les gens de Québec doivent être fiers. Mais
force est d'admettre qu'au cours des dernières années la fierté en a pris pour son rhume parce que,
malheureusement, l'entretien est négligé et ceux qui en sont les propriétaires
sont négligents.
On sait, M.
le Président, que le pont de Québec représente beaucoup pour l'histoire de la
ville. Les travaux ont commencé en
1900, il y a eu une catastrophe en 1907 et une deuxième en 1916. Ce n'est
finalement qu'en 1917 que le pont a finalement pu être érigé
convenablement et ouvert à la circulation. Il a été reconnu, d'ailleurs, comme
étant le monument historique international
du génie civil par l'American Society of Civil Engineering et par le
gouvernement canadien comme lieu
historique national en 1996. On sait, M. le Président, qu'en 1995 le
gouvernement fédéral l'a vendu au Canadien
National. Des travaux pour repeindre le pont et l'entretenir avaient été
amorcés, mais les prix galopants ont fait en sorte qu'on a cessé les travaux. Mais voilà que s'est entamée une
saga judiciaire. On a connu les résultats au cours des derniers jours,
comme quoi, légalement, le CN n'a pas la responsabilité de l'entretenir et de
le repeindre.
Mais, M. le
Président, il y a l'aspect légal, il y a l'aspect moral. Le CN est propriétaire
du pont de Québec, c'est sa responsabilité pleine et entière d'assurer son bon
entretien et aussi son aspect visuel parce que oui, c'est important. Quiconque est propriétaire doit s'assurer que sa
propriété soit belle. Et juste imaginez, M. le Président, si votre voisin
avait une maison qu'il laissait à l'abandon,
on ne peut pas tolérer ça. Bien, c'est exactement ce qui se passe, et voilà
qu'hier les maires de Québec et de Lévis, d'une même voix, ont mis de la
pression pour que CN prenne ses responsabilités.
M. le
Président, il en va de l'honneur et de la dignité des gens de la région de
Québec, de la Rive-Nord comme de la
Rive-Sud et, pour ne pas dire, même de tout le Québec parce que le pont de
Québec n'appartient pas uniquement aux
gens d'ici, mais aux gens de la province au complet, et il est temps que le CN
assume pleinement ses responsabilités, comme le maire de Québec et le
maire de Lévis l'ont si bien signifié hier. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Taschereau. Mme la leader de l'opposition officielle et députée de
Taschereau…
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le député de Chauveau.
Maltais : J'étais bien contente d'entendre le député
de Chauveau, qui a bien fait d'amener cette proposition, et j'apprécie qu'on la fasse
tous conjointement. C'est les gens qu'on appelle les amis de Québec, c'est-à-dire
les gens qui vivent ici, les élus depuis longtemps à Québec. C'est une proposition
qui, pour moi, est importante. Elle rappelle deux
choses. D'abord, que ce pont est une fierté. Ce pont est venu des
plans de Gustave Eiffel, celui-là même qui a fait la tour Eiffel. Est-ce qu'on
accepterait que la tour Eiffel soit dans l'état où est le pont de Québec, qui
est la grande voie d'entrée pour
Québec à côté du pont Pierre-Laporte, qui fait
partie vraiment de la voie
monumentale d'entrée, du premier accueil
ici, dans notre capitale nationale, la capitale de ce Québec? Ce pont est en
décrépitude, sa peinture. Ça fait dur, c'est une honte, disait le maire.
Je suis d'accord avec lui, c'est une honte, disait le maire.
Alors,
qu'est-ce qu'on doit faire? Il y a
eu des poursuites, le gouvernement
fédéral a poursuivi le CN. Le résultat vient d'arriver il y a quelques
jours. Je ne sais pas si c'est le 22 ou le 24 octobre… 22 octobre. Alors, il
est important maintenant qu'on sache qu'est-ce qu'on va faire. Première
chose, moi, j'apprécie cette motion unanime à l'Assemblée nationale qui
est : Tous ensemble, nous appuyons les maires. Mais aussi on a une
Assemblée nationale qui dit : Nous voulons que ce symbole
redevienne un objet de fierté.
Deuxièmement, je pose la question. Il va falloir s'interroger : Avons-nous… Et
là je regarde le ministre, puis je le fais de façon très honorable, là : Est-ce qu'il y a
un moyen d'intervenir? Est-ce qu'il y
a d'autres moyens? Il a dit lui-même : C'est un objet de fierté dans la capitale nationale, et on est tous
d'accord avec lui. Maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire? J'espère que le gouvernement va se pencher
là-dessus et va nous arriver avec des solutions, on ne peut pas laisser durer,
perdurer cette situation.
Il y a un dossier qui a été réglé, qui a été
porté par les deux gouvernements antérieurs, le gouvernement du Parti libéral comme le gouvernement du Parti
québécois, ça a été le dossier de la négociation du coût de traverse sur le
pont. C'est un dossier, ne mélangeons pas les choses. Mais le
dossier de la peinture fait l'unanimité. On a un devoir de réussite parce qu'on
est fiers de notre capitale nationale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Taschereau.
M. le député de Mercier, je vous cède la parole.
M. Khadir : M. le Président, de la part de Québec solidaire, je joins ma
voix à celle de mes collègues pour compléter
l'unanimité de l'Assemblée
nationale, et pour ne pas se répéter,
et pour, en fait, traduire un peu l'honneur et la dignité, je dirais, attaqués des citoyens de Québec
par l'arrogance de cette compagnie multinationale, je le répète, d'une compagnie nationale et multinationale qui a
bénéficié des avantages et, je dirais… des avantages de la privatisation, hein?
C'était un service public, c'était un bien
public, un édifice public. Or, lorsque l'honneur et la dignité des citoyens sont bafoués par cette arrogance, par ce refus de
prendre ses responsabilités par Canadien National, il y a peut-être les mots du poète qui
peuvent nous aider à compléter notre appel. Alors, je recours à Miron, son
poème Recours didactique :
« Aujourd'hui sur la place publique qui murmure
J'entends la bête tourner dans nos pas
J'entends surgir dans le grand inconscient
résineux
Les tourbillons des abatis de nos colères
«[Toi] mon amour, tu [te tiens droit] dans ces
jours
Nous nous aimons d'une force égale à ce qui nous
sépare
La rance odeur de métal et d'intérêts croulants [...]
Car le péril est dans nos poutres, la confusion
Une brunante dans nos profondeurs et nos
surfaces
Nos consciences sont éparpillées dans les débris
De nos miroirs, nos gestes, des simulacres de
libertés
Je ne chante plus je pousse la pierre de mon
corps
«Je suis sur la place publique avec les miens
La poésie n'a pas à rougir de moi
J'ai su qu'une espérance soulevait ce monde
jusqu'ici.»
Bien sûr, ce
poème va bien au-delà du pont de Québec. Mais, s'il y a un lien avec le pont de Québec,
c'est que, malheureusement, le pont de Québec, comme le pont
Champlain qui s'écroule, comme les politiques de compromission de nos gouvernements alentour de ces intérêts privés, et qui, aujourd'hui encore, montrent toute leur faiblesse en se refusant à prendre des actions énergiques qui ne sont pas uniquement
de nature juridique… Il y a bien des lieux, et des endroits, et des intérêts, et des permis dans lesquels le gouvernement québécois, le Canadien National se rejoignent. Si le gouvernement du Québec voulait contraindre
le Canadien National à faire ce que,
moralement, comme l'a dit mon collègue de Chauveau, il est tenu de faire, malgré la décision que le
Canadien National vient d'obtenir, le gouvernement du Québec pourrait forcer
le Canadien National.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Mercier. Enfin, M. le ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Hamad :
Merci, M. le Président. Je veux
joindre ma voix à mes collègues député
de Chauveau, députée de Taschereau, député de
Mercier pour demander au CN de faire la peinture du pont. Et, en regardant le député de
Chauveau, ça me
fait penser lorsqu'on était... J'ai été un des fondateurs d'un comité
pour la rénovation du pont de Québec dans les années
80. Et, comme le député de Chauveau était un talentueux journaliste, il a fait une
entrevue, c'était dans la reconnaissance
de La Société canadienne de génie civil du pont comme une
oeuvre historique, une oeuvre importante. Et je pense que nous tous ici, il
n'y a pas de doute, M. le Président, tous les collègues ici, on est tous d'accord sur le fait que le pont de Québec doit être peinturé. Et pourquoi?
Parce qu'il y a plusieurs raisons,
c'est la fierté, c'est notre histoire. Et
j'ajouterai à ce que le député de Chauveau a dit, M. le Président : Si le pont de Québec n'avait pas été
construit dans les
années 1900, Québec manquait le développement du Québec.
Parce que le développement, il se faisait sur la Rive-Sud avec la voie ferrée sur la Rive-Sud, et ça prenait
un lien pour Québec, pour que Québec devienne ce qu'elle est aujourd'hui. Et l'impact majeur dans l'histoire du Québec, M. le Président, de ce pont-là sur la ville
de Québec, c'est une fierté, fierté
de réaliser. C'est un symbole de persévérance et c'est un symbole de fierté.
Maintenant, on a vu le jugement, le 22 octobre,
qui dit à la CN, au niveau juridique... n'a pas l'obligation de rénover le pont ou peinturer le pont. Mais moi, je
crois, M. le Président, qu'une compagnie publique, une compagnie qui se
respecte, je pense, elle a l'obligation morale de faire la peinture du pont de Québec, M. le Président, puis je pense que c'est
une... C'est pour l'image de la compagnie, mais pour aussi la contribution du
CN dans l'histoire du Québec. Et ça sera une bonne contribution pour la région de Québec, pour la ville de Québec, M. le Président, puis je pense qu'on est tous d'accord
avec cette proposition-là. Le pont de Québec est un symbole aussi,
c'est une signature pour la région de Québec. Ça
représente son histoire, mais ça représente son avenir aussi, et on devrait
tous ici être préoccupés pour l'importance…
Surtout, particulièrement, la peinture, c'est l'image, mais, bien sûr, la
structure aussi. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Chauveau. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. J'ai vu M. le leader de la
deuxième opposition se lever. M. le leader.
Bonnardel :
Oui. J'aimerais, M. le Président, que cette motion soit envoyée au principal
dirigeant du CN et aux membres du conseil d'administration du CN, s'il
vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, la présidence en
prend bonne note, et ça sera fait. Y a-t-il d'autres motions sans
préavis? M. le député de Mercier, effectivement, je vous cède la parole.
M. Khadir : M. le Président,
je demande le consentement de la Chambre pour présenter la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale presse Investissement Québec, promoteur du projet de Mine
Arnaud, à Sept-Îles, de faire preuve
de transparence et de rendre publiques les plus récentes études sur la
viabilité économique de ce projet de production de phosphate;
«Que
l'Assemblée presse Investissement Québec de respecter les pouvoirs des régions
où des fonds publics sont investis
dans le respect des principes d'acceptabilité sociale afin d'éviter de diviser
les communautés directement touchées par ses projets.»
Et j'aimerais entendre le consentement au nom de
chacun des partis en présence, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
député de Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vallée : Il n'y a pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Je n'ai pas à vérifier. Moi, dès le moment qu'on me dit qu'il n'y a pas de
consentement, ça s'arrête là, M. le député de Mercier. Y a-t-il d'autres
motions sans préavis?
Sinon, nous
passons à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Y a-t-il
d'autres avis à donner, Mme la leader adjointe du gouvernement? Non?
Alors…
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, madame…
Mme Vallée : …d'appeler
l'article 2 du feuilleton.
Vice-Président (M. Ouimet) : On va y arriver. Nous étions sur
les avis touchant les travaux des commissions.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Alors, je vous informe que demain, lors des affaires inscrites
par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le
député de Bourget. Cette motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse le rôle primordial que jouent les centres
locaux de développement sur l'ensemble du territoire du Québec, et ce,
depuis 1998;
«Qu'elle
reconnaisse qu'il s'agit d'un modèle où les acteurs du milieu local,
entrepreneurs et élus, travaillent de concert au développement de leur
communauté;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que les
CLD constituent un réseau d'expertise et de contacts qui bénéficie aux entrepreneurs dans le démarrage
d'une nouvelle entreprise ou dans le redressement d'une entreprise existante;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des 205 000 emplois créés ou maintenus,
des 28 000 entreprises créées ou
consolidées, ainsi que des 7 milliards de dollars en investissements que
les CLD ont entraînés depuis 1998 sur l'ensemble du territoire
québécois;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de conserver le modèle des CLD
qui assure un soutien uniforme, professionnel et indépendant aux
entrepreneurs, et ce, sur l'ensemble du territoire du Québec.»
Alors, la période des affaires courantes étant
terminée, nous passons maintenant aux affaires du jour. Alors, Mme la leader
adjointe du gouvernement, je vous cède la parole.
Mme Vallée : Alors, je vous
redemanderais, M. le Président, d'appeler l'article 2 du feuilleton.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 2 du
feuilleton, M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles propose l'adoption du principe du
projet de loi n° 11,
Loi sur la Société du Plan Nord. Alors, y a-t-il
des intervenants? M. le ministre des Ressources naturelles, je vous cède
la parole.
Arcand : Merci beaucoup, M. le
Président. M. le Président, l'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de loi et en recommande
l'étude à l'Assemblée nationale. M. le Président et chers collègues, j'ai le plaisir aujourd'hui de soumettre, donc,
pour adoption du principe le projet de loi n° 11,
Loi sur la Société
du Plan Nord. Ce projet de loi a pour
but d'instituer la Société du Plan Nord, une compagnie à fonds social ayant
pour mission, dans une perspective de
développement durable, de contribuer au développement intégré et cohérent du
territoire du Plan Nord en conformité avec les orientations définies par
le gouvernement.
Avant de vous
exposer le bien-fondé de ce projet de loi, laissez-moi vous parler du contexte
dans lequel il s'inscrit. D'abord, je
rappelle qu'en 2011 le gouvernement libéral avait lancé le Plan Nord, le
chantier d'une génération. Cet immense projet
de société que nous relançons aujourd'hui vise à mettre en valeur, de façon
responsable, le potentiel économique, minier,
énergétique, social, culturel et touristique du territoire québécois situé au
nord du 49e parallèle puis au nord du fleuve Saint-Laurent et du
golfe Saint-Laurent.
Au cours des dernières années, le développement
du territoire nordique du Québec a connu un ralentissement considérable, notamment en raison des incertitudes
causées, entre autres, par le manque d'intérêt de l'ancien gouvernement.
En 2014, dès notre arrivée, nous nous sommes engagés à reprendre ce grand
projet là où il a été laissé et à rétablir la confiance
du milieu de façon à assurer le développement de ce territoire et à attirer les
investisseurs. Le Québec, M. le Président,
a besoin d'accroître sa richesse globale, de créer de nouveaux emplois dans
l'ensemble de ses régions, et le Plan Nord peut nous aider certainement
à relever ce défi.
Nous faisons
donc de la relance du Plan Nord l'une de nos priorités, nous le faisons dans le
but d'optimiser nos ressources et nos
retombées économiques dans les communautés locales et autochtones du Nord et
dans toutes les régions du Québec.
D'ailleurs, les mesures relatives contenues dans le budget 2014-2015 annoncé en
juin dernier en ont fait foi. Je
rappelle que le Plan Nord, ce projet est d'une ampleur sans précédent, sans
précédent au Québec, mais aussi, dans une certaine mesure, à l'échelle
planétaire. En effet, il existe peu d'endroits dans le monde où il est possible
de mettre en valeur d'une telle façon un
territoire nordique aussi grand, qui couvre près de 1,2 million de
kilomètres carrés de territoire. Avec
le Plan Nord, nous souhaitons mettre en valeur cet immense potentiel afin d'en
faire un projet de développement durable exemplaire.
Au-delà,
donc, d'assurer les conditions propices à la mise en valeur des ressources du
territoire, il est essentiel de se
préoccuper des conditions de vie des populations. La dimension sociale est donc
extrêmement importante pour nous, puisqu'elle
fait référence aux personnes, aux populations locales, aux autochtones qui
habitent cet immense territoire. À
elles seules, les nations autochtones constituent près du tiers du territoire.
Nous avons aussi à coeur la diversification économique de ce territoire, au bénéfice de toutes ses populations. Nous
avons choisi de faire du Plan Nord un projet de développement harmonieux, éthique et respectueux des communautés qui
seront directement concernées par sa mise en oeuvre.
Sur le plan
environnemental, nous tenons à mettre en valeur ce territoire de façon durable
et responsable, et nous avons, en ce
sens, pris l'engagement de mettre en oeuvre des mesures de conservation sur
50 % du territoire. Ainsi, sur l'ensemble
de ce territoire, les meilleures pratiques seront encouragées, tant à l'égard
de l'implantation, de l'exploitation que du développement des ressources. Pour
s'assurer de développer ce vaste territoire, nous nous sommes engagés, donc,
à mettre en place la Société du Plan Nord.
C'est donc dans ce contexte que je demande à mes collègues de l'Assemblée
nationale de reconnaître le bien-fondé du projet de loi de même que les
caractéristiques intrinsèques de la Société du Plan Nord.
Avec la création,
donc, de cette société, notre gouvernement montre sa volonté sans équivoque de
faire du Plan Nord sa priorité. Considérant
la nature complexe et unique des enjeux relatifs au développement durable et
considérant la multitude des
intervenants, il était essentiel de mettre en place un instrument de
coordination spécialement consacré à la
mise en oeuvre du Plan Nord. D'ailleurs, lors des consultations particulières
tenues au cours des derniers jours par la Commission de l'agriculture, des pêcheries et des ressources naturelles,
au cours des deux dernières semaines, les participants ont souligné la spécificité de ce territoire et la
nécessité… ils étaient tous d'accord pour créer une société d'État. À
titre d'exemple, et pour ne citer que
quelques-uns des intervenants, le Conseil du patronat, les villes de
Port-Cartier, Sept-Îles ainsi que les
centres locaux de développement, Innovation et développement Manicouagan, ont
tous souligné qu'étant donné les
particularités du territoire du Plan Nord la mise en place définitive d'un
organisme gouvernemental voué à son développement constituait la
meilleure approche à privilégier.
La Société du Plan
Nord va bénéficier d'une flexibilité, d'une marge de manoeuvre afin d'assurer
son rôle de coordination. Elle pourra, de ce
fait, adapter plus facilement ses interventions aux réalités particulières du
territoire du Plan Nord.
La société, qui sera responsable de coordonner
la mise en oeuvre de toutes ces mesures, pourra résoudre beaucoup plus efficacement les problématiques
propres au développement nordique concernant, entre autres, le logement au Nunavik, l'accès au port de Sept-Îles, le
chemin de fer reliant Sept-Îles à la fosse du Labrador ou encore l'utilisation
d'infrastructures situées en terres publiques. Cet instrument aura donc la
souplesse et la polyvalence nécessaires pour répondre
adéquatement et rapidement aux besoins de la population du Nord.
La société
sera en constante interaction avec ces dernières et à l'écoute des
forces vives du milieu.
Société du Plan Nord est la condition première de réussite pour pouvoir
déployer le Plan Nord. Elle permet la mise en place de conditions
propices, notamment les infrastructures stratégiques, l'acquisition de
connaissances et l'approvisionnement en énergie. Cela contribuera donc à
ramener les investissements sur le territoire nordique, particulièrement dans un contexte où le prix des matières premières et
les marchés sont en baisse et que les entreprises se montrent hésitantes
à investir. Elle contribuera aussi à la diversification économique des
communautés locales et autochtones qui sont situées sur le territoire.
quelque sorte, dès sa création, la Société du Plan Nord va préparer le terrain.
Et, au-delà des considérations générales que je viens d'énoncer, d'abord
plusieurs éléments militent en faveur de la création de la société. D'abord, l'importance
de mettre en place un guichet unique pour la coordination a été soulignée à
maintes reprises pendant les consultations
particulières. Cet argument avait été notamment soulevé par la Fédération des
chambres de commerce du Québec, qui a
mentionné que la société devait coordonner, suivre le cheminement des projets
dans l'appareil étatique, et ce, afin
d'éviter des goulots d'étranglement et des délais de traitement. Ce constat
confirme l'importance, pour le gouvernement du Québec, de mettre en place
une instance dédiée pour assurer cette coordination.
Nous
voulons également mettre en place un bureau de commercialisation qui va
contribuer à l'optimisation des retombées économiques sur le territoire
du Plan Nord, dans toutes les régions, et un bureau qui va favoriser d'ailleurs
l'achat local. Ainsi, il aura pour mandat de
faire connaître aux entreprises québécoises les besoins en fournitures et en
équipement des donneurs d'ordres qui oeuvrent sur le territoire du Plan Nord.
Également, pour
assurer le développement de cet immense potentiel, nous avons besoin
d'infrastructures, du transport routier, du transport ferroviaire, maritime,
aérien, mais aussi d'infrastructures de télécommunications.
L'approvisionnement
en énergie pour les communautés et les entreprises est également l'une des
conditions de réussite du Plan Nord,
et, à cet égard, nous voulons accélérer
l'approvisionnement, sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec, du gaz naturel
et du gaz naturel liquéfié également. La création d'ailleurs récente de la
filiale Gaz Métro GNL, en partenariat
avec Investissement Québec, en est un
exemple concret. La Société du Plan Nord va contribuer à la mise en commun des
efforts en matière d'infrastructures
d'approvisionnement énergétique. Et d'ailleurs la société Gaz Métro, à son
usine de Montréal, a déjà annoncé qu'elle allait tripler la production
de gaz naturel liquéfié.
société va également, M. le Président, coordonner le développement du
territoire en consultant l'ensemble des partenaires impliqués. Elle va juger également de façon importante la
coordination des travaux, et le gouvernement pense également qu'on doit poursuivre les travaux de
concertation, tout en les adaptant et en les intégrant aux mécanismes de la
société d'une façon originale, et ce, avec
la création de l'Assemblée des partenaires. En l'enchâssant dans le projet de
loi, le gouvernement vient ainsi
pérenniser la concertation mise en place depuis l'automne 2009, lorsque se
sont amorcés les travaux
d'élaboration du Plan Nord.
La société va jouer un rôle important
d'accompagnement auprès des communautés afin de les aider à assurer une planification cohérente du développement
en amont des projets. Les communautés situées sur le territoire
présentent chacune des caractéristiques très particulières, qu'elles soient
culturelles, géographiques, économiques,
mais elles ont aussi beaucoup en commun. Le développement du Nord ne les
affecte pas toutes de la même façon et au même rythme, et il importe de
les accompagner, en fonction de leurs besoins respectifs, dans cette évolution.
Il faut également que
le développement du Nord bénéficie à l'ensemble de la population nordique, non
pas seulement aux communautés qui
accueillent des nouveaux projets de développement. Il faut aussi soutenir les
communautés qui font face à des
pressions importantes générées par
l'implantation de grands projets économiques à proximité de leurs
milieux. En effet, certaines auront besoin de davantage de services pour leurs
habitants ainsi que pour les nombreux travailleurs et leurs familles qui vont
participer à la mise en valeur de ce territoire.
Le développement nordique soulève toujours une
multitude d'enjeux qui nous interpellent, qui interpellent également le milieu de la recherche et le milieu de
l'innovation. Les besoins en recherche et en acquisition des connaissances se retrouvent au cours de
tous les volets du Plan Nord. D'ailleurs, une bonne connaissance du territoire,
dans le domaine social, économique et environnemental, est absolument essentielle
pour mettre en valeur, de façon durable, son plein potentiel, le protéger et
l'habiter.
projet de loi prévoit que la Société du Plan Nord pourra contribuer à soutenir
la recherche et le développement des
connaissances en territoire nordique. D'ailleurs, nous allons créer un futur
institut nordique du Québec qui sera un lien constant avec la société, et cela démontre sans équivoque que le
gouvernement prend les moyens pour soutenir la recherche, le
développement des connaissances et leur diffusion.
le Président, la Société du Plan Nord que nous entendons mettre sur pied aura
une structure de gouvernance adaptée
au milieu nordique. Elle sera d'abord administrée par un conseil
d'administration composé de neuf à 15 membres. Au moins la majorité, dont le président, devront
d'ailleurs se qualifier comme administrateurs indépendants au sens de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. De
plus, la nomination des membres devra tenir compte notamment de leur
intérêt pour le milieu nordique et de leur connaissance de celui-ci.
Également,
au sein de la société, il y aura l'Assemblée des partenaires. Elle aura pour
fonction de donner son avis au
ministre ou à la Société du Plan Nord sur toutes les questions relatives à sa
mission et à ses activités. Cette dernière soumettra notamment un plan stratégique à l'avis de cette assemblée
avant de le transmettre au ministre pour approbation. L'Assemblée des
partenaires pourra également, de sa propre initiative, formuler des avis et des
recommandations au ministre ou à la société.
D'ailleurs, les membres de l'Assemblée des partenaires seront représentatifs
des communautés locales et
autochtones des territoires du Nunavik, de la Jamésie, de la Côte-Nord, du
Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ainsi que des principaux secteurs
d'activité concernés. L'assemblée sera donc représentative de tout le
territoire, ce qui en fait une structure parfaitement adaptée au milieu.
projet de loi n° 11 prévoit plusieurs règles concernant la reddition de
comptes que la société devra effectuer concernant ses activités. Elle
devra avoir un plan stratégique pour lequel elle précisera les objectifs
qu'elle entend poursuivre. Ce plan devra
être soumis à l'approbation du gouvernement et ensuite être déposé à
l'Assemblée nationale. Au préalable,
tel que je viens de le mentionner, la Société du Plan Nord devra soumettre son
plan stratégique à l'avis de l'Assemblée
des partenaires. Elle devra produire au ministre responsable de l'application
de la loi, au plus tard le 30 juin de chaque année, ses états financiers et un rapport de ses activités pour
l'exercice précédent, et tous ces documents devront aussi être déposés
devant l'Assemblée nationale.
La Société du Plan
Nord financera ses activités par les contributions qu'elle recevra, les droits qu'elle
va percevoir et les sommes provenant du
Fonds du Plan Nord qui seront mises à sa disposition. Je rappelle que ce fonds,
il est dédié au financement des
infrastructures stratégiques, des mesures sociales et des mesures soutenant le
développement et la protection du
territoire. Toutes ces mesures seront identifiées par la société. Pour l'année
2014-2015, par exemple, le gouvernement prévoit une somme de
63 millions au Fonds du Plan Nord. D'ici 2035, il est prévu qu'une somme d'environ 2 milliards de dollars y soit
réservée. Le Plan Nord, quant à lui, va générer des investissements privés et
publics substantiels de l'ordre de
50 milliards de dollars d'ici l'horizon 2035. Ce projet, donc, justifie
qu'un organisme expressément consacré à cela s'occupe au succès de sa
mise en oeuvre.
Donc, pour récapituler, M. le Président, ce projet
de loi vise la création d'une nouvelle
société d'État. Avec cette mission de développement durable, elle pourra
coordonner la réalisation des infrastructures, les exploiter seule ou en partenariat, accompagner et appuyer les
communautés locales, réaliser des activités de recherche et de développement ainsi que des activités d'acquisition de connaissances du territoire
du Plan Nord, contribuer à maximiser les retombées économiques
générées par l'exploitation des ressources naturelles sur ce territoire,
conformément aux engagements intergouvernementaux
et internationaux du Québec en
matière de commerce, mettre en place
un bureau de commercialisation, et
conseiller, d'ailleurs, le gouvernement sur toute question que celui-ci lui
soumet, et exécuter tout autre mandat que ce dernier lui confie. Voilà donc, M.
le Président, l'essentiel du
bien-fondé et des caractéristiques intrinsèques de la société qui constitue l'assise du projet de
loi n° 11 qui est devant nous aujourd'hui.
Dans
le cadre des consultations particulières en commission parlementaire, nous
avons reçu un avis en général extrêmement favorable de la part des
intervenants entendus. Certes, il y a des articles, certains aspects qui ont
été commentés, mais son principe a
clairement été appuyé. Devant l'étendue du territoire que nous entendons
mettre en valeur, devant les investissements, M. le Président, privés et publics substantiels qui sont prévus
et à la multitude des partenaires impliqués,
seule une organisation ayant une vision horizontale et intégrée de l'ensemble
du développement sera en mesure de coordonner ces
différents projets.
Société du Plan Nord sera appelée à jouer un rôle de premier plan dans
la mise en oeuvre du Plan Nord, et ce, pour les projets de développement social, économique et environnemental. Donc, M.
le Président, dans l'intérêt
des communautés locales, des
communautés autochtones, de toutes les Québécoises et de tous les Québécois,
je sollicite donc, devant cette Assemblée,
un appui au principe du projet de loi
n° 11 qui propose d'instaurer la
Société du Plan Nord. Nous pourrons
ensuite étudier ce projet de loi
article par
article et le bonifier, si nécessaire,
à cette étape. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le ministre.
Juste avant de vous
céder la parole, Mme la députée de Duplessis, je vous informe que deux débats
de fin de séance se tiendront aujourd'hui.
Le premier débat sur une question adressée par M. le député de Jonquière à M.
le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte
aux changements climatiques concerne la relance de l'exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. Le
second débat sur une question adressée par Mme la députée de Duplessis à M. le ministre du
Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques concerne la Mine Arnaud à Sept-Îles.
Alors, à ce
moment-ci, je vous cède la parole, Mme la députée de Duplessis, pour votre
intervention sur le débat de principe.
Richard : Merci, M. le
Président. M. le Président, nous sommes ici aujourd'hui pour l'adoption de
principe du projet de loi n° 11, la
Loi sur la Société du Plan
Nord.
La Société du
Plan Nord découle du Plan Nord de 2008 amorcé par l'ancien premier ministre M.
Jean Charest. Qu'est-ce que c'était,
le Plan Nord? C'était un attrait pour nos ressources naturelles. À cette
époque, M. le Président, la tonne de
fer était à 150 $. Le gouvernement libéral, M. Charest comme premier
ministre, avait besoin de quelque chose pour relancer l'économie. Il a fait l'annonce du Plan Nord au congrès
des libéraux, à Lévis, en 2008. Il faut se rappeler qu'aussi, à cette époque, le gouvernement libéral,
M. Charest préparaient la prochaine campagne électorale. Donc, il s'est
un peu copié sur l'ancien premier ministre M. Bourrassa, avec la Baie James. Il
voulait faire rêver l'ensemble des Québécois et des Québécoises.
Les gens, M. le
Président, ils ont cru au Plan Nord au début. Ils ont vite déchanté. Ça a donné
quoi, exactement, aux communautés qui ont été les premières concernées?
Il y a eu un peu partout pénurie de logements, augmentation fulgurante de coût de la vie. Un des pires effets,
ça a été une ouverture au navettage, au «fly-in/fly-out», qui a d'ailleurs
été dénoncé par toutes les communautés nordiques. Les municipalités, elles,
elles n'étaient pas prêtes.
Le premier ministre, M. Charest, se promenait, à
cette époque, un petit peu partout sur la planète, mais pas au-delà du 49e parallèle. Pendant ce temps,
les communautés du Nord-du-Québec vivaient les effets collatéraux d'un boom
minier sans précédent. Elles n'arrivaient plus à suivre le rythme des
entreprises.
Ça prenait
quand même un outil pour arrimer ce développement chaotique. Donc, le Parti
libéral est arrivé, en 2011, avec le
projet de loi n° 27 qui créait aussi, à cette époque, la Société du Plan
Nord. C'est ce projet de loi qui devait créer la Société du Plan Nord,
le projet de loi n° 27, où on a passé plusieurs heures en commission
parlementaire. Sa principale mission,
c'était : «La société a pour mission, dans une perspective de
développement durable, de contribuer au
développement intégré et cohérent du territoire du Plan Nord, en conformité
avec le contenu des plans quinquennaux relatifs au Plan Nord élaborés
par le gouvernement.»
M. le
Président, pour la cohérence, on repassera, car, entre le discours du premier
ministre de l'époque, M. Charest, le
développement qui sévissait et la création de la société, il n'y avait aucune
cohérence. Comme dirait l'autre, les babines ne suivaient pas les bottines. Après avoir fait plusieurs heures en
commission parlementaire sur le projet de loi n° 27, on a discuté du conseil d'administration, du siège
social de la société, des filiales qui pouvaient être créées. Malheureusement,
ce projet de loi est mort au feuilleton en
2012. Parce qu'on avait fait un réel travail en commission parlementaire pour
amener des amendements pour le bonifier.
Par la suite, il y a eu les élections générales
du 4 septembre 2012 qui ont porté au pouvoir le Parti québécois. Deux mois plus tard, M. le Président, qu'est-ce
qu'on a fait, nous, au Parti québécois? Bien, on a mis sur pied le Secrétariat
au développement nordique. Qu'est-ce que
c'était, le Secrétariat au développement nordique? C'était : assurer le
lien entre les activités de
développement économique et social des territoires nordiques et l'ensemble des
acteurs qui les influencent; optimiser l'ensemble des ressources mises à
la disposition du territoire nordique afin de faciliter un développement
harmonieux, éthique et respectueux des populations concernées.
Nous avons
aidé les communautés du Nord, d'abord et avant tout. Après à peine quelques
mois au pouvoir, nous avons débloqué
quelque 120 millions de dollars pour aider les municipalités qui étaient
prises avec un développement accéléré,
c'était la vitesse grand V. Nous avons renégocié l'entente avec la minière
Stornoway pour la route 167; nous avons
démontré la volonté du gouvernement du Parti québécois de répartir
équitablement les obligations financières. Cela a permis, M. le Président, de faire économiser aux Québécois et aux
Québécoises 125 millions — parce que la première négociation sous le gouvernement libéral, ce
n'était pas dans le meilleur intérêt des Québécois et des Québécoises. Nous
avons également mis en place une nouvelle
loi sur les mines — ce que le gouvernement libéral avait échoué
à deux reprises — un
nouveau système d'impôt minier, les redevances.
En fait, nous
avons fait tout ça pour essayer de réparer les pots cassés laissés par le
précédent gouvernement. En effet, car toutes les communautés criaient à l'aide,
et jamais, jamais le gouvernement de M. Charest ne leur venait en aide.
En 18 mois, M. le Président, nous avons
fait beaucoup. Enfin, les communautés avaient un lien direct avec le
secrétariat, qui relayait les différentes demandes aux ministères concernés.
Et ça fonctionnait, les communautés étaient écoutées.
Mais, depuis
avril dernier, changement de gouvernement, les libéraux sont revenus au pouvoir
et on relance le Plan Nord. Puis on
en a entendu parler abondamment durant la dernière campagne électorale.
Aujourd'hui, M. le Président, on nous
parle de Plan Nord plus. Qu'on l'appelle Plan Nord, Plan Nord plus,
développement nordique, la réalité, c'est qu'il s'agit du développement économique et social des communautés qui
vivent au-delà du 49e parallèle, dont les régions sont la Côte-Nord, l'Abitibi, les gens de la
Jamésie et du Nord du Saguenay—Lac-Saint-Jean, un immense territoire qui regorge de ressources
naturelles.
Le premier
ministre parle actuellement d'investir de 15 à 20 milliards jusqu'en 2022
et nous dit que les investissements
se feront au cas par cas. Il n'y a pas de règle fixe, on va regarder ça cas par cas. Quels projets de développement sont actuellement sur la
table? On ne le sait pas.
Le Plan Nord de M. Charest était essentiellement
basé sur le développement minier au moment où les prix explosaient, alors que le prix du fer, et je vous l'ai dit, était à plus
de 150 $ la tonne. Ce n'est plus
le cas, M. le Président, il est sous
la barre des 80 $ la tonne. Excusez-moi, M. le Président, mais, même si le
premier ministre a le Plan Nord plus, on
ne sait pas plus où est-ce qu'il s'en va. On sait où est-ce qu'est le Nord,
mais quel plan il va trouver pour y arriver, c'est très flou. Puis je peux vous dire une chose : Je pense que le
Plan Nord de M. Charest était un petit peu plus clair, parce que, lui,
c'était clair, c'étaient les minières d'abord. Ça, au moins, on le savait.
Chez
nous, sur la Côte-Nord, puis comme ailleurs au Québec, présentement il y a un
ralentissement économique marqué.
Qu'est-ce qu'il y a pour relancer l'économie? Oui, oui, il y a l'étude de
faisabilité au coût de 20 millions pour avoir un troisième chemin de fer de la fosse du Labrador vers Sept-Îles.
Je rappelle à ce sujet que le gouvernement du Parti québécois allait de l'avant avec cette étude. Il y a aussi la
participation du gouvernement avec Gaz Métro pour une desserte en gaz naturel sur la Côte-Nord. Le
30 septembre dernier, d'ailleurs, M. le Président, on apprenait
qu'Investissement Québec a conclu une
prise de participation de 50 millions en capital-actions de Gaz Métro GNL,
une filiale de Gaz Métro spécialisée
dans le marché du gaz naturel liquéfié. On dit que ce projet, évalué à près de
118 millions, permettrait, entre autres, d'approvisionner à coût
compétitif les entreprises du Nord québécois. Moi, j'adhère à tout cela, mais,
pour le moment, à court terme, il n'y a
aucun projet structurant qui se pointe à l'horizon. La plupart des entreprises
ne font plus d'embauche, là, il y a plutôt des mises à pied.
Puis, quand
on demande au premier ministre : Combien y aura-t-il dans la caisse du
Plan Nord?, la réponse n'est pas plus claire, M. le Président. Comment
le gouvernement compte-t-il encadrer le développement des communautés
nordiques? Quelles seront les règles du jeu? On l'ignore toujours.
Ce que je
souhaite, M. le Président, ce que j'espère sincèrement, c'est que, lorsque la
reprise économique sera au
rendez-vous, le gouvernement libéral ne refera pas les erreurs du passé. Je
crois que cette période d'accalmie est idéale pour soutenir plus que jamais nos communautés afin qu'elles soient
prêtes à faire cette relance qui, je le souhaite, sera bientôt à nos
portes.
M. le
Président, les attentes des communautés, des différents groupes, de toutes les
personnes qu'on a entendues en
commission parlementaire sont énormes par rapport à la Société du Plan Nord. Je
pourrais même vous dire que plusieurs croient
que la société, aussitôt qu'elle sera fonctionnelle en termes d'effectifs et
tout, elle va pouvoir régler, dans un très, très court laps de temps, les problèmes que nous vivons en termes
d'éducation, en termes de places en garderie, d'infrastructures.
Soit dit en
passant, il serait normal que le gouvernement, via la société, ait une réelle
préoccupation des impacts sociaux des futurs projets, qu'il accompagne
réellement les communautés cette fois-ci. Je veux citer ici un
article du journal Les Affaires d'août dernier où
on rapporte les déceptions d'élus municipaux qui ont été laissés à eux-mêmes
face au boom minier. Voici les
extraits de Mme Lise Pelletier, ancienne mairesse de Fermont, et je la
cite : «La pression était énorme.
Une pression constante. Il fallait tout faire vite, sans avoir le temps de
réfléchir. Parfois la minière agissait avant même que je ne sois informée. Et, à Québec, tout ce qu'on me disait,
c'est : "Sois conciliante, Lise."» M. le Président, Lise
Pelletier en avait gros sur le coeur.
Et elle poursuit : «Le gouvernement n'était
pas prêt au boom minier. Il aurait fallu qu'on m'assigne une personne-ressource
à temps plein pour m'accompagner et faire la liaison, pour me montrer comment
traiter avec les minières, qui me disaient
que, si je disais non, leur projet n'aurait pas lieu. J'aurais dû avoir plus
d'informations. On me les a données
au compte-goutte, et trop tard. Par exemple, ce n'est qu'à la dernière minute
qu'ArcelorMittal [...] m'a [confié] les
500 nouveaux emplois. Il fallait que je dise oui à tout. Je voulais que ça
marche autant qu'eux, alors je disais
oui.»
Pour la municipalité de Port-Cartier, ça n'a pas été mieux, M. le Président. La mairesse d'alors a subi le même genre de pressions. Pour aller plus vite, elle a donné un contrat de
rue à un seul soumissionnaire et a même accepté l'installation d'un campement
de travailleurs sur le terrain d'une église, ce qui a outré la population.
M. le Président, je vous ai nommé là quelques exemples. Il ne faut plus que ça se
reproduise. Mais est-ce que ce sera vraiment
mieux pour l'avenir? On peut sincèrement en douter, M. le Président. Le
gouvernement libéral, présentement, s'attaque aux structures : coupes en santé, coupes dans les organismes
de développement et de soutien à l'emploi, il centralise
tous les pouvoirs à Québec et vide les régions, M. le Président. Est-ce là sa vision du développement nordique, ramener plus de fonctionnaires à
Québec, sabrer dans l'aide aux entreprises?
J'espère que non, M. le Président.
Le projet de loi n° 11,
Loi sur la Société
du Plan Nord, doit d'abord et avant tout répondre aux communautés nordiques. Elle doit répondre aux besoins de ceux
et celles qui habitent le Nord. La mission de la Société du Plan Nord, projet de loi n° 11, la mission de la Société du Plan Nord que nous
propose le gouvernement, est «de
contribuer au développement
intégré et cohérent du territoire du Plan Nord,
[dans une perspective de développement durable,] en conformité avec les orientations définies par
le gouvernement relatives au Plan Nord».
Et, quand nous avons commencé à entendre les gens
en commission parlementaire, je vais rappeler un peu les propos du ministre responsable de mettre sur pied la Société du Plan Nord, parce que, oui, on a parlé de sa mission, mais la société pourra aussi «coordonner
la réalisation d'infrastructures, les
implanter ou les exploiter, seule ou en partenariat».
De plus, elle pourra «accompagner
et appuyer les communautés locales et autochtones dans leurs projets de développement, réaliser des activités de recherche et de développement ainsi que [l'activité] d'acquisition de connaissances sur le territoire
du Plan Nord ou y
contribuer». La nouvelle structure pourrait «contribuer
à maximiser les retombées économiques générées par l'exploitation des ressources
naturelles sur le territoire du Plan Nord, conformément
aux engagements intergouvernementaux et
internationaux du Québec en matière de commerce».
Son rôle aussi sera de «conseiller le gouvernement sur toute
question que celui-ci soumet et [exécute] tout autre mandat [qui
lui sera confié]».
Donc, nous en
sommes à la création d'un organisme. Quel qu'il soit, il doit coordonner
l'action gouvernementale pour aider
au développement des communautés, des entreprises. Soit, mais il y a
plusieurs questions, M. le Président, qui se
posent. Nous avons procédé, durant les deux dernières semaines, à des
consultations sur le projet de loi
n° 11, ce
que nous n'avions pas fait à l'époque avec le projet de loi
n° 27. Nous avons reçu 22 groupes, ils nous ont présenté des mémoires. On a parlé beaucoup
aussi du conseil d'administration. Il y a beaucoup de questionnements sur l'indépendance des membres du conseil d'administration qui
vont siéger à la société. Quelles seront leurs provenances? Presque tous
les intervenants qui viennent du Nord — les
Innus, les Cris, les Naskapis, les représentants des
municipalités — nous
ont dit qu'elles voulaient être représentées sur le conseil d'administration.
Quelles balises vont entourer la nomination du P.D.G. de la future société? Quelles balises vont également
servir pour nommer les membres au conseil
d'administration? Pour l'instant, nous n'en savons encore rien.
Quant
au siège social de cette société, dans le projet
de loi n° 27, il faut savoir qu'il y avait une obligation
pour le gouvernement d'établir son siège soc