CRC — 18 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2023-04-18
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est, donc, réunie afin
d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant la
Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions législatives.
Donc, Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Schmaltz (Vimont) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval); Mme Garceau (Robert-Baldwin) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis);
et Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)
est remplacée par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Donc, avant de débuter, je vais également
déposer deux mémoires, donc les mémoires qui ont été reçus depuis la fin des
consultations particulières. Ils vont apparaître dans le Greffier... en fait,
ils sont déjà dans le site du Greffier.
Nous sommes
maintenant rendus aux remarques préliminaires, pour lesquelles chacun des
membres... chacune des membres va
disposer de 20 minutes pour expliquer ce qu'elles entendent par l'étude
que nous allons entreprendre.
J'invite, donc, dans un premier temps, la
ministre déléguée à la Santé et aux Aînés à faire ses remarques préliminaires.
La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, chers membres de la commission, bien, écoutez, je pense que c'est
un plaisir pour moi de reprendre le travail aujourd'hui après la grande étape
que nous avons traversée ensemble, qui a été
vraiment la grande période de consultations particulières. Puis j'aimerais vous
rappeler qu'en fait c'est 37 groupes, hein, finalement, que nous avons reçus et plus de 60 mémoires.
Alors, je pense qu'il y a eu vraiment un travail important au niveau des
consultations particulières.
Je tiens à souligner aussi que nous avons
réussi, tous ensemble, à s'entendre pour mettre en place un comité d'experts,
et ce comité d'experts, composé de 17 personnes, est coprésidé par
M. Maclure et Me Filion, donc, qui coprésident le groupe d'experts.
Il y a un communiqué qui a été envoyé aussi à la fin... lundi, je crois... non,
vendredi passé, vendredi passé, je m'excuse. Et, depuis que nous en avons fait
l'annonce, le comité d'experts a commencé à siéger, donc ils ont tenu deux
rencontres, le 13 et le 14 avril dernier. Donc, je pense que ce comité
était... tous très enthousiastes de pouvoir participer et réaliser leur mandat.
Donc, on va suivre ça de près.
On entreprend aujourd'hui une étape très
importante, qui est l'étude détaillée, puis j'ai confiance qu'on va réussir à
continuer notre travail de façon diligente, parce que le projet de loi, c'est
un projet de loi qui est important. Alors... Et je veux vous assurer de ma
collaboration tout au long de cette étape importante de l'étude détaillée ainsi
que la collaboration, là, de mon équipe, au besoin.
Alors, vous avez aussi vu que la proposition,
puis je pense que vous avez tous regardé ça de près aussi, c'est une
proposition d'étude par blocs, et donc avec différents thèmes. Il y aura, en
fait, là, 16 blocs avec différents thèmes. On aura l'occasion d'y revenir
peut-être un petit peu plus tard. Alors, je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, j'invite maintenant
la députée de Westmount—Saint-Louis
à faire ses remarques préliminaires. À vous la parole.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues, un plaisir d'être parmi vous ce
matin dans notre commission entièrement
féminine. Alors, je tiens à nous rappeler... Puis merci à monsieur qui nous
accompagne, mais les élues, évidemment,
les... Tout à fait, on est entourées par deux personnes masculines dans notre
commission, mais, en tant qu'élue autour de la table, je dirais que c'est quand
même remarquable que c'est une commission entièrement féminine et je tiens à le
mentionner.
Je veux évidemment
remercier mes collègues, la députée de La Pinière et la députée de
D'Arcy-McGee, qui participent aussi, également, dans cette commission, et les
collègues du gouvernement. Et, en particulier, Mme la ministre, je souhaite la remercier pour son ouverture puis sa preuve
d'écoute suite aux demandes que j'avais faites d'emblée au début. Parce que les gens, ils savent, j'étais
vraiment beaucoup préoccupée par la notion et l'introduction de
«handicap» dans cette loi. Alors, je remercie la ministre et son équipe pour
son ouverture de mettre en place un comité d'experts. Et, évidemment, j'ai hâte
de savoir la composition du forum puis comment le forum va aussi avoir lieu,
parce que la population a hâte de s'exprimer aussi en ce qui concerne l'aide
médicale à mourir puis l'évolution de cette loi qui est fort humaine, très
importante.
Alors, la ministre verra aussi... comme elle a
mentionné, l'étude détaillée, c'est une étape très importante dans la vie d'un
projet de loi, puis elle verra aussi la preuve d'ouverture de l'opposition
officielle. On a envie de collaborer, on a envie de faire avancer cette loi.
C'est une loi, évidemment, qui peut être bonifiée comme n'importe quelle autre loi. Et je répète, chaque fois que je
prends la parole, quand on est au début... on débute un débat en ce qui concerne un projet de loi, que c'est un projet de
loi qui appartient à la société maintenant. Alors, on a un intérêt
d'être à l'écoute de tous les citoyens qui communiquent avec nous. Je ne sais
pas si les collègues ont pris connaissance de tous
les commentaires que nous avons reçus dans le Greffier. Il y a beaucoup
d'intérêt, il y a beaucoup de gens qui font des propositions, il y a
évidemment, je pense, un consensus qu'on entend aussi de la population, que
nous sommes prêts à aller vers l'avant avec
une amélioration, un changement de la façon qu'on applique maintenant l'aide
médicale à mourir. Alors, je suis contente
de ça, je suis contente d'entendre la ministre dire que nous avons maintenant
17 groupes qui vont être chapeautés par Me Filion et M. Maclure
en ce qui concerne le comité d'experts.
Évidemment, on a aussi vu les inquiétudes de
COPHAN et RAPLIQ, qui souhaitent aussi être entendus, alors c'est pour ça que je présente mes... mon
impatience face au forum, de s'assurer qu'eux aussi vont avoir leur mot à
dire, leur participation, qui est importante, évidemment, puis je sais que tous
les collègues sont d'accord avec ceci, ce qui m'amène
à remercier tous les groupes qui ont passé, c'est vrai, 37 groupes qui ont
passé en commission parlementaire, dans les auditions, pour nous aider
avec leurs témoignages, plusieurs mémoires. Dernière reprise, on n'était pas
loin de 70 mémoires que nous avons reçus aussi. Et sache que, pour tous
les groupes qui sont venus témoigner ou tous les groupes qui nous ont envoyé
des mémoires, qu'on prend ça en considération, ce sera tout lu, surtout parce
que je comprends que la société souhaite aussi bonifier et avoir leur mot à
dire en ce qui concerne cette loi, qui, encore une fois, est très sensible, très humaine. Puis évidemment, les témoignages
que nous avons reçus qui étaient percutants, très touchants, et nous allons prendre tout ça en
considération, surtout que, quand on parle de l'aide médicale à mourir,
on parle d'au-dessus de 7 000 demandes dans les dernières années, de
2021 à 2022. C'est quand même 5,1 % des décès au Québec. Alors, ce n'est
pas anodin, c'est important.
Puis ce qui a guidé nos débats jusqu'à tant
que... pour les membres qui ont fait partie... je vois la collègue de Roberval, avec qui j'ai siégé dans la commission
spéciale, ainsi que la collègue de Soulanges, ce qui a guidé nos débats
lors de la commission spéciale, je pense que c'est les mêmes principes qui nous
guident maintenant aussi lors du débat pour cette loi, c'est la compassion. On
souhaite trouver un consensus, on souhaite avoir une représentation de toute la société. On comprend que c'est un sujet
sensible, mais on souhaite aussi respecter l'autonomie des gens qui
souhaitent avoir accès à l'aide médicale à mourir, l'autonomie. On souhaite
aussi s'assurer que l'aptitude de consentir aux soins est prise en
considération.
Puis,
évidemment, je comprends qu'il y a beaucoup de gens qui anticipent la poursuite
de cette loi, parce qu'on parle beaucoup des demandes anticipées, puis
des demandes anticipées qui vont faire du Québec encore le précurseur à travers
tout le Canada, hein, parce qu'on prend les devants. Puis je pense que les gens
vont pouvoir nous regarder pour voir comment
nous élaborons ce sujet et ce débat. Alors, je suis fière d'en faire partie,
hein, parce qu'il y a vraiment une
différence entre une demande anticipée puis la directive médicale anticipée,
puis c'est important que la population comprenne qu'il y a une
différence.
C'est sûr, dans l'étude détaillée, on va parler
beaucoup de l'accès aux soins. On a beaucoup entendu, en commission, lors des
auditions, des gens qui parlaient beaucoup de l'aide médicale à vivre. Alors,
la ministre et son équipe peuvent s'attendre que nous aurons peut-être des
amendements en ce qui concerne cet élément, hein, pour s'assurer que
l'environnement des personnes qui souhaitent faire une demande d'avoir accès à
l'aide médicale à mourir, bien, que ce n'est pas en conséquence de leur
environnement qui n'est pas adapté pour eux, surtout pour les personnes qui
vivent avec un handicap ou qui vivent avec une maladie, parce que nous avons
tous le droit de vivre, alors, de s'assurer que ça, c'est pris en
considération.
On a beaucoup parlé de l'évaluation de
souffrance, que ça soit psychique ou physique, contemporaine et anticipée,
puis, ça aussi, on va en parler dans l'étude détaillée.
Troubles mentaux, c'est sûr, je comprends qu'on
a entendu des groupes qui disent qu'ils sont déçus. On a aussi entendu des
groupes qui ont dit qu'ils sont rassurés. Parce que, pour cet élément, il n'y a
toujours pas un consensus, mais je sais que la ministre est au courant. Puis il
y a quand même quelques groupes qui nous ont partagé leurs préoccupations par
rapport à ça, parce que, si on souhaite harmoniser avec les lois fédérales, on
doit anticiper qu'est-ce que nous devons faire, parce que... à moins qu'on
revienne l'année prochaine avec une autre mouture de la loi qui sera modifiée. On sait que, rendu mars 2024, la loi fédérale,
sera mise en vigueur. Ça fait que le Code criminel sera adapté, où les
personnes qui souffrent des problèmes mentaux vont pouvoir avoir accès à faire
des demandes de l'aide médicale à mourir.
Alors, le Québec, malheureusement, on va être en retard. Ou bien, est-ce que
nous avons un intérêt à l'adapter? Est-ce que c'est quelque chose que
nous pouvons aborder dans cette loi malgré que nous n'ayons pas fait un débat?
Mais ça va être important de vider la question en ce qui concerne cet aspect
très important.
Je dirais, le nerf de la
guerre, évidemment, dans cette loi, c'est qu'on ne parle plus de l'état, on ne
parle plus de fin de vie. Alors, la ministre et son équipe peuvent s'attendre
que moi et mes collègues, on va avoir beaucoup de questions en ce qui concerne le titre, l'utilisation de «soins de fin de
vie», parce que ce n'est plus ce qui est applicable dans cette loi. Là, on parle vraiment d'aide
médicale à mourir et la notion de l'état n'est plus applicable. Alors là, on
parle de maladies graves, on parle d'incurables, on parle de dégénératives, on parle
d'inapaisables. Alors on a beaucoup de questions en ce qui concerne les moyens
de bonifier la loi, de s'assurer que c'est clair, que c'est limpide puis que la
population comprenne aussi comment la loi sera appliquée si on ne parle plus de
l'État. Alors, ça, ça va être important
parce que, présentement, pour moi, en tout cas, j'ai hâte à faire le débat pour
l'étude détaillée. Dans le fond, elle sert
de... L'étude détaillée, c'est une
partie du processus législatif que j'adore,
j'aime parce que je trouve qu'on rayonne dans notre façon de collaborer
et de s'assurer que les lois qui sont adoptées ici, à l'Assemblée nationale,
sont une vraie réflexion de la société civile. Alors, j'ai hâte à poursuivre ce
segment du débat puis de vie d'une loi, sauf que, comme je dis, je suis
inquiète, là, j'ai... pour moi, ce n'est pas clair, puis je souhaite que ce
soit clarifié.
Aussi, quand on parle des professionnels
compétents, nous avons des amendements à aborder, nous avons quelques
inquiétudes, pour s'assurer que ce soit clair, ça aussi... pas une question
d'être contre que les infirmières praticiennes spécialisées ont maintenant la
possibilité de l'appliquer suite à l'adoption de la loi, mais juste de
s'assurer que ce sera clair dans les lois, que ce soit cette loi ou toutes les
lois qui seront modifiées suite à l'adoption de cette loi, ou dans chaque
article, parce que, quand on dépose une loi, pour le public qui nous écoute, ce
n'est pas seulement cette loi qui sera adoptée, il y a plein d'autres lois qui
seront modifiées en conséquence, incluant le Code civil, la loi actuelle que
nous sommes en train de modifier, la
loi sur les actes médicaux, etc. Il y en a
plusieurs qui seront modifiées en conséquence.
Beaucoup de balises que nous avons besoin en ce
qui concerne la demande anticipée, comment est-ce que ça, ce serait géré à l'intérieur de cette loi, c'est
quoi, les balises, comment le faire? On a entendu beaucoup de
recommandations lors des auditions des groupes qui sont venus témoigner en
commission. Alors, on va essayer d'aborder toutes ces modifications puis toutes
ces recommandations puis de s'assurer que ce qui sera adopté en ce qui concerne
les articles dans cette loi sera en réflexion de ce que nous avons entendu,
parce qu'on comprend que c'est complexe, puis
il y a plusieurs points de vue, alors, en espérant qu'on va pouvoir vider la
question en ce qui concerne les demandes anticipées, parce que, comme
j'ai mentionné tantôt, on sera un précurseur pour les autres.
Alors, on aura un intérêt de faire des choses
comme il le faut parce que les autres personnes vont s'inspirer un peu de nous.
Ça fait qu'on veut s'assurer qu'on le fait d'une manière qui est une réflexion
de la société, de leurs besoins, de s'assurer que ce serait accessible, facile,
mais aussi dans le respect de la loi puis les besoins des gens qui vont appliquer les demandes anticipées. Ça fait
qu'on comprend qu'il y a plusieurs acteurs à l'intérieur de cette
question, incluant la tierce personne de confiance, etc., puis aussi pour que
les personnes comprennent que ce n'est pas exécutoire.
Alors, une demande anticipée, ça reste que c'est le souhait de la personne,
mais il y a quand même des règles à suivre. Il y a quand même un corps
professionnel médical qui ont leur mot à dire, alors tous les professionnels
qui vont entourer cette personne pour s'assurer que ça, c'est pris en
considération.
Les maisons de soins palliatifs, je comprends
que, lors de leur passage en auditions, ils ont soulevé quand même des préoccupations. Sachez que nous sommes sensibles
à ceci, de... En tout cas, en ce qui concerne l'opposition officielle,
je comprends la préoccupation. Je comprends aussi la nécessité de la population
de faire suite aussi à un avancement pour s'assurer que l'application du droit
d'avoir accès à l'aide médicale à mourir, c'est fait d'une façon équitable, mais que nous sommes sensibles à ceci.
Alors, on va essayer d'aborder des amendements pour s'assurer que toute
la population sont à l'écoute puis que leurs préoccupations aussi sont prises
en considération, parce qu'on comprend aussi qu'à l'intérieur de leur mission,
c'est un sujet sensible à aborder, mais on souhaite... partenaires avec eux.
Je souhaite terminer... à faire mention encore
une fois... parce que j'ai débuté en parlant de l'aide médicale à vivre puis je
veux terminer mes remarques préliminaires avec l'aide médicale à vivre, parce
que, malgré qu'on fait un débat en ce qui concerne un acte final dans la vie
d'un citoyen ou citoyenne, je pense que ce qu'on prône puis ce qu'on souhaite,
évidemment, c'est un accompagnement pour une vie pleine, une vie remplie, une
vie sans douleur, une vie avec un environnement qui est la réflexion de la
personne concernée, pour s'assurer que tous les citoyens et citoyennes sont
traités d'une façon équitable, puis que notre système de santé est aussi
robuste, puis en mesure de s'adapter, puis de rejoindre les besoins des
personnes, surtout les personnes en situation de handicap qui ont partagé des
histoires avec nous en commission qui étaient préoccupantes, mais de s'assurer
que, peu importe c'est quoi, la définition,
que ce soit handicap, handicap neuromoteur ou bien une définition plus large,
que toutes leurs préoccupations puis considérations seront débattues
ici, en commission. Et, encore une fois, j'ai hâte à faire cette étape.
Puis, avant
juste de terminer, Mme la Présidente, je veux juste partager avec vous que
j'aurai un amendement, même quand on
commence le débat, sur l'article 1. Je ne veux pas manquer mon
opportunité, avant que la ministre prenne la parole, de vous prévenir que j'ai l'intention de déposer un
amendement tout de suite au début, avant qu'on commence même
l'article 1. Alors, merci, collègues. J'ai hâte à poursuivre cette mission
avec vous en pleine collaboration.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, je laisse maintenant
la parole à la députée de Sherbrooke pour ses remarques préliminaires.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je suis vraiment contente de retrouver mes collègues pour débuter
l'étude détaillée de ce projet de loi là, contente aussi que le comité
d'experts ait commencé à se réunir pour réfléchir au
mandat qu'on lui a confié. Je remercie, d'ailleurs, mes collègues pour le
travail d'équipe et pour la constitution de ce comité. J'espère que ça pourra
nous éclairer pour la notion de handicap. Je trouve que, jusqu'à maintenant, la
collaboration, elle est excellente sur ce
projet de loi là. J'ai senti vraiment beaucoup de pistes de réflexion très
intéressantes pendant les auditions.
Effectivement, on a rencontré de nombreux
groupes. On a reçu de nombreux mémoires. Ce projet de loi là, il est très
important. Moi, j'y vois beaucoup d'avancées positives. J'ai quand même pris
acte d'un certain nombre de préoccupations que je vais vouloir aborder pendant
le cadre de l'étude détaillée. Je pense qu'il y a moyen de bonifier ce projet
de loi là encore plus, mais je le fais vraiment dans un esprit constructif, là,
de collaboration, parce que c'est un sujet qui touche énormément de gens en ce
moment.
Puis je me permets de dire aussi qu'en parallèle
du travail qui est fait ici, en étude détaillée, pour l'accès à l'aide médicale
à mourir, c'est nécessaire de prendre acte de ce qui nous a été dit sur l'accès
aux soins palliatifs, sur les conditions de
vie des personnes qui vivent avec un handicap, et, pour moi, il y a des actions
qui doivent être prises en lien avec ça. Ça se passe en dehors de
l'étude de ce projet de loi là, mais ça doit être fait. C'est des appels
vraiment pertinents qui nous ont été lancés pour mieux répondre aux besoins des
gens puis pour vraiment faire en sorte qu'on parle de libre choix.
Donc, j'espère qu'il y aura des suites à ces
commentaires-là qu'on a entendus de la part de nombreux intervenants qui
travaillent soit dans le milieu des soins palliatifs ou qui vivent avec un
handicap. Donc, je sentais une ouverture de
la ministre par rapport à ça, mais ça va prendre des suites concrètes pour
démontrer aux gens qu'on les a bien entendus et puis pour limiter leurs
craintes également par rapport à l'élargissement, là, de l'accès aux soins de
fin de vie. Je vous remercie.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Alors,
est-ce qu'il y a d'autres membres de la commission qui souhaiteraient faire des remarques préliminaires? Mme la
députée de — je
m'excuse — D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci.
Donc, je remercie tout le monde de s'être retrouvés aujourd'hui, puis toutes
les personnes qui ont pu contribuer aux consultations, que ça soit par
dépôt de mémoire ou par leur présence, témoignage. Leurs témoignages, justement,
et leurs opinions vont nous aider à nous alimenter pour améliorer ce projet de
loi qui est d'un sujet très, très humain. Donc, il faut qu'on soit sûrs qu'on
ait une écoute de la population et qu'on soit sûrs de baliser les différents
éléments du projet de loi pour s'assurer que, justement, on fait de notre mieux
pour protéger tout le monde, on fait de
notre mieux pour écouter tout le monde, et pour s'assurer qu'il n'y a pas de
dérive et de dérapage. Donc, je pense
qu'on a tous hâte de commencer l'étude détaillée, puis vraiment mettre, comme
on dit en anglais, «pen to paper»,
et, comme ça, on peut se mettre au travail pour s'assurer que le projet de loi
qu'on a, la dernière version, soit la meilleure version pour tous les
Québécois. Donc, je vous remercie.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la
députée de D'Arcy-McGee. Je pense que la députée de La Pinière a aussi
des remarques.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, premièrement, merci à toutes les... à tous les groupes et à toutes les personnes qui sont venus nous
rencontrer pour nous éclairer sur la façon dont ils voient le projet de loi,
dont ils voient l'élargissement de l'aide
médicale à mourir. Alors, comme l'a dit ma collègue députée de Westmount—Saint-Louis, on aborde ce sujet avec
compassion. On aborde ce sujet, ce projet de loi, avec collaboration avec le
gouvernement et avec tous nos collègues des oppositions aussi.
Personnellement, j'ai certaines réserves dont
j'ai déjà fait part. Par exemple, ce que plusieurs sont venus nous dire, c'est
que le droit aux services et aux soins pour vivre sont encore plus importants
pour eux que l'aide médicale à mourir. Alors, offrons d'abord... assurons-nous
de pouvoir offrir tous les soins, tous les accommodements pour que les
personnes puissent vivre avant de penser à l'aide médicale à mourir. Et j'ai
trouvé très éclairants les témoignages des personnes en situation de handicap
qui sont venues nous dire, pas en ces mots-là, mais presque : Qui
êtes-vous pour juger de notre douleur, de notre souffrance? Et l'un d'entre eux
nous a dit que la plus grande souffrance, c'était le regard des autres sur lui,
et qu'il avait pris comme une grande violence le fait qu'un médecin... que son
médecin lui ait dit qu'il avait toujours l'option d'aide médicale à mourir.
Je pense qu'il faut s'assurer, dans ce projet de
loi là, qu'il n'y ait pas de pressions qui sont exercées sur les personnes, que ce soient des personnes en
situation de handicap que ce soient des personnes qui ont... qui sont, je
dirais, plus vulnérables, comme les personnes aînées, comme les personnes
autochtones aussi. On n'en a pas beaucoup entendu parler, mais on sait que,
même pour les soins... On a vu, malheureusement, des cas très malheureux où les
personnes autochtones n'ont pas... ne reçoivent pas les soins qu'elles
devraient recevoir. Alors, j'imagine que c'est inquiétant pour eux si l'aide
médicale à mourir devient très large, mais surtout s'il y a des pressions plus
ou moins subtiles qui viennent pour leur dire : Bien, ça, c'est une
option, ou bien qu'on offre des soins de moindre qualité, ou qu'on n'offre pas
des soins parce qu'on se dit : Bien, on peut offrir l'aide médicale à
mourir.
Alors, il faut faire vraiment attention aux
populations vulnérables. Là, j'ai mentionné les autochtones, les personnes en
situation de handicap. Il y a aussi les personnes qui sont racisées. Il y a les
personnes en situation socioéconomique défavorable, qui
ne pourraient pas, peut-être, compléter les soins qui sont offerts au public.
Alors, il faut vraiment faire attention. Il ne faut pas... D'après moi, il ne
faut pas aller dans un construit juridique où il faut tout... il faut que tout
soit facile de manière juridique, bien qu'évidemment on ne veut pas compliquer
les choses, mais il ne faut pas que ça se fasse au détriment, d'abord, de tous
les soins, de l'aide à vivre, comme nous ont dit certaines personnes, de
l'accès aux soins palliatifs qui manque. Il y a un manque criant en ce moment.
Alors, il faut mettre vraiment des ressources sur les soins palliatifs avant
d'en arriver à l'aide médicale à mourir.
Bien entendu, une fois que j'ai dit tout cela,
je sais qu'il y a des personnes qui attendent que la loi soit élargie et je ne
voudrais pas non plus qu'on ne leur permette pas de demander l'aide médicale à
mourir, mais il y a vraiment des balises qui s'imposent, une réflexion, encore,
je pense, même, en faisant l'étude
article par article, pour bien encadrer le
tout. L'objectif, c'est que l'aide médicale à mourir soit offerte aux personnes
qui le veulent, mais que personne ne subisse plus jamais de pression subtile ou
moins subtile pour se prévaloir de l'aide médicale à mourir.
Alors, j'aurai sûrement des amendements à
apporter durant l'étude
article par article. Et, cela dit, je nous souhaite un bon travail parce qu'on a vraiment une
grande responsabilité d'offrir cette possibilité-là à la population,
mais, en même temps, de s'assurer que
personne n'est lésé par cet élargissement de l'aide médicale à mourir. Merci
beaucoup.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la
députée. Est-ce que d'autres membres souhaitent
faire des remarques préliminaires à cette étape-ci? Non. Avant de débuter
article par article, est-ce qu'il y a des motions préliminaires? Pas de
motion préliminaire.
Donc, on va
débuter. J'ai bien pris note de votre demande. Par contre, étant donné que la
ministre a déposé un plan de travail, je dois vous demander le
consentement. Est-ce que vous voulez expliquer le plan de travail que vous avez
déposé?
Mme Bélanger : En fait, le plan
de travail...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Exactement.
Mme Bélanger : Vous faites
référence, Mme la Présidente, à l'étude par blocs que je pense que l'ensemble
des collègues, là, ont pu regarder. En fait, c'est vraiment une étude par
blocs. On voit, là, 16 blocs. Le premier thème...
En fait, l'objectif d'étudier les articles par blocs, c'est vraiment de les
regarder dans une perspective davantage thématique. Donc, le premier
bloc, c'est Retrait de certaines occurrences au concept «fin de vie». Le
deuxième, le bloc 2, Possibilité pour
les infirmières praticiennes
spécialisées d'administrer l'aide
médicale à mourir. Donc, il y a quand même, là, quelques articles à ce
niveau-là. Le bloc 3, Constat de décès, bulletin de décès et avis à un
coroner par une infirmière, là aussi, on retrouve six articles. Le bloc 4,
sur la qualification des demandes d'aide médicale à mourir, un seul article, l'article 13. Le
bloc 5, Dispositions particulières aux demandes contemporaines d'aide
médicale à mourir, donc on parle ici
de quatre articles. Le bloc 6 concerne davantage les dispositions
particulières aux demandes anticipées d'aide
médicale à mourir, l'article 18. Le bloc 7 est vraiment en lien avec
l'administration de l'aide médicale à mourir, mais dans les demandes... pour les demandes contemporaines et
anticipées, donc l'article 19. Le bloc 8, c'est vraiment la gestion de certains refus et des renseignements ou
documents en lien avec une demande contemporaine et anticipée d'aide
médicale à mourir. Le bloc 9, il s'agit des fonctions particulières du conseil
des médecins, dentistes, pharmaciens et des directeurs des soins infirmiers. Le
bloc 10, les fonctions particulières au Collège des médecins et à l'Ordre
des ingénieurs du Québec. Le bloc 11, le groupe interdisciplinaire,
bloc 12, les maisons de soins palliatifs, le bloc 13, la Commission
sur les soins de fin de vie, et le bloc 14, Dispositions diverses,
bloc 15, le Registre des directives médicales anticipées et des demandes
anticipées d'aide médicale à mourir, et, pour terminer, le bloc 16, qui
sont les dispositions transitoires et finales.
Donc,
vraiment, une étude, là, par blocs. Et, naturellement, tout ce qui concerne la
notion de handicap neuromoteur sera traitée au moment, là... selon
l'évolution des travaux du comité d'experts et la suite des consultations.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre, pour ces explications. Alors, est-ce qu'il y a consentement pour que
nous puissions étudier blocs... au lieu d'article par article, un bloc à la
fois?
Mme Maccarone : ...consentement
de ma part, Mme la Présidente, mais je veux juste faire mention que, suite à
notre règlement,
article 245, nous, nous souhaitons évidemment faire notre
étude
article par article, alinéa par alinéa,
et je ferais une demande à Mme la ministre. On commence à être habitués de
faire des travaux bloc par bloc, puis, étant donné que c'est un projet
de loi... dont nous travaillons vraiment en collaboration, s'il y a des
amendements que la ministre sera à l'aise de déposer dès le départ, pour nous,
comme vous le savez, nous n'avons pas les mêmes ressources que le gouvernement
puis ça nous aidera énormément, évidemment, de pouvoir prendre en considération
les amendements qui suivront, surtout si on le fait bloc par bloc, comme ça,
nous pouvons faire la lecture... pas nécessairement chaud, au moment qu'ils
seront déposés. Ça nous aiderait beaucoup.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, c'est bien noté. Nous allons,
donc, procéder par blocs,
article par article, alinéa par alinéa. Merci
beaucoup. Donc, le plan de travail que nous venons de... sur lequel nous venons
de prendre connaissance est sur Greffier. Alors, vous allez pouvoir travailler
avec ce bloc de travail... ce plan de travail. Nous
allons, donc, commencer avec l'article 1, mais, Mme la députée, vous avez
manifesté l'intention de déposer un amendement avant le premier article.
Mme Maccarone :
Oui, tout à fait, et je crois que c'est disponible pour les collègues sur
le Greffier.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Il est également disponible sur le
Greffier.
Mme Maccarone :
Alors, je fais la lecture, Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Oui, faites-en la lecture.
Mme Maccarone :
Article 0.1. Le
projet de loi est modifié par l'insertion, avant l'article 1, de l'article
suivant :
0.1. La Loi
concernant les soins de fin de vie est modifiée par l'ajout, avant
l'article 1, de l'article suivant :
«0.1 Toute personne a
le droit de recevoir les soins [de] services requis par son état.»
C'est directement en
lien, Mme la Présidente et chers collègues, à ce que nous avons entendu en
commission, à maintes reprises, des gens qui disaient que des personnes qui
souhaitent avoir accès à l'aide médicale à mourir ne devront pas faire cette
demande suite à un manque de services, suite à leur environnement... alors de
s'assurer que les services... que ça soit services de santé, services sociaux,
que tout soit disponible pour cette personne, alors pour s'assurer
qu'évidemment on retourne toujours à la notion d'aide médicale à vivre, parce
que je pense que c'est ça que nous prônons ici, en cette commission, malgré
qu'on comprend qu'il y aura un continuum de soins pour les personnes qui
souhaitent avoir accès à l'aide médicale à mourir. Mais évidemment il ne faut
pas que l'aide médicale à mourir devienne la solution pour apaiser une
souffrance que les personnes vivent en ce qui concerne le... parce qu'on
comprend que, quand on a entendu aussi les personnes en situation de handicap
en particulier, qui disaient que leur environnement n'est pas nécessairement
adapté, que ce soit un manque d'accès au transport adapté, par exemple, ou un
manque d'accès aux soins, un manque d'accès aux professionnels, un milieu qui
n'est pas adapté, qui leur empêche de vivre pleinement...
Alors, on souhaite
s'assurer que cette notion est prise en considération tout de suite, même avant
qu'on commence à faire le débat des autres articles. Je pense que notre vision,
ce qu'on souhaite apporter, c'est qu'on a pris ça en considération puis qu'on...
C'est parce qu'on sait que c'est une demande finale dans la vie d'une personne.
On voulait donner le ton, dans le fond, à cette loi, de dire qu'on a pris ça en
considération. Puis ce qu'on souhaite vraiment, c'est de dire aux personnes qui
vont faire des demandes qu'on a pris ça en considération que l'accès aux soins...
de s'assurer que leur environnement est une réflexion d'une vie qui peut être
réussie malgré la maladie qui vient avec, peut-être, ou la souffrance dont ils
sont en train de subir...
Alors, voilà, Mme la
Présidente, la présentation de l'amendement en question.
La Présidente (Mme Lecours,
Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Est-ce que c'est possible
qu'on puisse suspendre pour pouvoir discuter puis de prendre connaissance...
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Le temps de prendre connaissance de
l'amendement?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, nous allons suspendre
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 23)
La Présidente (Mme Lecours,
Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend,
donc, ses travaux. Nous en étions au dépôt d'un
article 0.1 par la députée
de Westmount—Saint-Louis,
d'un amendement ajoutant un
article 0.1, et le temps de parole était rendu
à Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, je comprends bien l'intention de la députée de
déposer cet amendement. Je pense qu'on... Ça fait
partie de beaucoup de nos
discussions dans les travaux, mais, d'entrée de jeu, je veux vous dire que je ne serai pas en faveur, et pourquoi je ne suis
pas en faveur, c'est que, dans la
loi sur la santé et services sociaux, à l'article 5, il est écrit
que «toute personne a le droit de recevoir des services de santé et des
services sociaux adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et
social, avec continuité et de façon personnalisée et sécuritaire». Donc, la loi
sur la santé et services sociaux amène un
article de fond extrêmement important
par rapport au droit de recevoir des soins et services, là, requis par l'état
de la personne. Alors, comme c'est déjà inclus dans la
loi sur la santé et
services sociaux, je ne suis, donc, pas en faveur de cet amendement.
L'autre élément aussi, et, si les députés sont
d'accord, on pourrait éventuellement, selon le souhait, donner la parole à Me Bérubé... vous expliquer aussi que,
dans le projet de loi, à l'article 5... à l'article 4, il y a aussi
un
chapitre complet
sur le droit des personnes relatif aux soins de fin de vie, donc, et je pense
qu'on peut regarder ensemble cet article-là qui va dans le même sens de
la proposition de l'amendement. Donc, je ne suis pas en faveur, donc, d'aller
de l'avant.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Souhaitez-vous donner la
parole... J'ai besoin du consentement.
Mme Maccarone : ...je souhaite
prendre la parole juste...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui? O.K., parfait. Alors, allez-y, Mme la députée.
Mme Maccarone : Ça va peut-être
changer mes remarques, je ne le sais pas, ça fait que... Il me semble, je ne
suis pas la seule à penser que cet amendement est nécessaire évidemment parce
que c'est le Dr Lussier aussi, quand il est passé en commission, il a fait
référence à cette nécessité. Puis la raison pour ça, c'est parce que, malgré
que j'entends ce que la ministre a dit, oui, j'avoue qu'il y a quand même un
article dans la loi qui dit que les gens devront avoir accès, mais ça reste que
ce n'est pas le cas actuel. Puis on a entendu aussi en commission qu'il y a
beaucoup de gens qui ont dit... qui sont en situation de handicap, qui se font
offrir l'aide médicale à mourir à cause de leur environnement.
Alors, c'est pour ça qu'on pense que ça va être
important de faire la mention. Ce n'est même pas redondant parce que ce n'est
pas fait de la même façon que c'est écrit ailleurs. Alors, on se base aussi sur
les experts qui nous disent qu'on a quand même un besoin de modifier, parce que
«toute personne a le droit de recevoir», ce n'est pas exactement le même sens
de ce qu'on dit ici, au début, parce que, là, avant de même offrir l'aide
médicale à mourir, ce qu'on souhaite que les gens comprennent, c'est qu'on leur
offre aussi tous les autres soins, «le droit de recevoir», oui, mais, ici, le
sens, c'est de s'assurer qu'il y a quand même un prérequis.
Peut-être, il y a une manière de le modifier.
Nous ne sommes pas des légistes. On fait notre possible pour s'assurer que les
amendements qu'on vous propose sont une réflexion du sens que nous souhaitons
voir dans cette loi. Alors, nous sommes prêts à parler de, peut-être, une
modification du sens, de la façon... du libellé pour s'assurer que c'est une
réflexion de ceci. Ça fait qu'encore une fois je l'ai devant moi aussi, «toute
personne a le droit de recevoir des services de santé et [...] services sociaux
adéquats», mais ça reste qu'on veut éviter ce que nous avons entendu que je
pense qui a frisé nos cheveux un peu, surtout tous les professionnels qui ont
passé aussi, qui ont dit : Oh! on a été surpris d'entendre ça. Ça fait que...
Est-ce qu'il y a une manière, peut-être, de le modifier pour que c'est une
réflexion de cette notion de s'assurer, avant qu'on offre l'aide médicale à
mourir... qu'on s'assure qu'on a offert l'aide médicale à vivre? C'était ça, le
sens de cet amendement, encore une fois, de s'assurer qu'on débute avec ça, de
ne pas nier ce qui est déjà dans la loi. Ce qui est déjà dans la loi, on est
entièrement d'accord puis on souhaite la garder. Mais, pour moi, ce sens-là est
manquant. Alors, avant de, peut-être, entendre les avocats là-dessus, c'était
ça, le sens qu'on voulait accomplir.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Est-ce
que vous voulez répliquer, Mme la ministre?
Mme Bélanger : En fait, j'ai
bien compris, là, l'explication, mais, quand on arrive au niveau de l'écriture
des lois, d'aller avec des portions... On n'est pas en train de refaire la loi
sur la santé et les services sociaux non plus, ici. Ça fait que c'est un peu
l'appréhension que j'ai. Ce n'est pas sur l'intention, je comprends
l'intention. Mais peut-être qu'on pourrait reprendre cette intention-là — je
vais parler d'intention, à ce... actuellement — puis l'envisager dans
d'autres articles de notre projet de loi. Mais je ne mettrais pas de préambule,
parce qu'il y a une loi qui est forte, au Québec, qui est la
loi sur la santé
et les services sociaux, qui prévoit, justement, l'ensemble des situations. Alors
donc, voilà, je pense que, si... On peut
continuer, sinon peut-être qu'on pourrait compléter la discussion, ma
proposition, avec Me Bérubé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Je pense que, même
si ça existe déjà dans la loi, c'est primordial que ça soit réitéré dans ce
projet de loi. Ça, ça va encadrer le processus et la façon dont les médecins,
les... ceux en soins de santé vont procéder pour l'aide médicale à mourir.
Donc, il est important, vraiment, je pense, de le réitérer, c'est primordial.
C'est tout un principe qui doit être celui qui guide, justement, la façon de
faire quand on parle de l'aide médicale à mourir. Donc, autant que ça soit dans
une autre loi, je pense que c'est important de réitérer le principe, ici,
compte tenu de la sensibilité de l'enjeu.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Sherbrooke?
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je comprends puis je partage l'intention de ma collègue par rapport
à son amendement. Par contre, je trouve que la façon dont c'est écrit dans la
loi sur la santé et les services sociaux,
c'est plus détaillé, notamment parce qu'il y a d'autres articles qui parlent
aussi du droit d'être informé, par exemple, de l'existence de services. Ça m'apparaît beaucoup plus complet à cet
endroit-là. Donc, je ne sais pas si c'est possible, peut-être le
collègue de la ministre pourrait nous répondre, à savoir est-ce qu'il y a moyen
de référer à ce qui est écrit dans le détail dans la loi
sur la santé et les services sociaux, à l'intérieur du projet de loi qu'on
travaille, question de réitérer ces droits-là qui sont importants. Mais, moi,
la mention qui est proposée dans l'article, ici, même si je partage l'intention, je trouve qu'elle n'est même
pas suffisamment détaillée, en fait, pour tout ce qu'il faudrait
rappeler comme droits. Donc, je préférerais, à la limite, qu'on fasse une référence
aux droits qui sont explicités beaucoup plus longuement dans la
loi sur la
santé et les services sociaux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Avant de donner la parole, j'ai besoin d'un
consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. J'aimerais que vous mentionniez votre nom et
votre titre, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Alors,
bonjour. Mathieu Bérubé. Je suis avocat pour le ministère de la Justice, affecté
au ministère de la Santé et des Services sociaux.
Comme il a été précisé par la ministre tout à
l'heure, effectivement, l'article 4 est au même effet, là,
l'article 4 de la Loi concernant les soins de fin de vie est au même
effet. Ici, il faut toujours se placer dans le contexte de la loi qu'on étudie,
il s'agit de la Loi concernant les soins de fin de vie. Donc, forcément, ici,
l'article 4 prévoit qu'une personne dont l'état le requiert aura le droit
de recevoir les soins de fin de vie. L'encadrement de ces soins-là est prévu
par cette loi-ci. Tout autre service de santé ou services sociaux, comme il
était fait mention tout à l'heure, est encadré par la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux. Chacune des lois doit s'interpréter les unes
avec les autres, c'est un concept qui est normalement respecté et qui
s'applique toujours.
Bref, ceci étant dit, comme on l'a dit aussi
tout à l'heure, les articles 4 et suivants, 5 principalement, de la Loi
sur les services de santé et les services sociaux, encadrent spécifiquement
l'offre de services de santé et de services sociaux qu'ont droit tous citoyens
au Québec, ce qui fait en sorte, ici, que l'amendement n'amène pas une
plus-value nécessaire au projet de loi actuel, plutôt que de répéter ce qui est
prévu dans l'autre loi, qui s'applique, par ailleurs.
J'ajouterais également : cette loi-là, la
Loi sur les services de santé et les services sociaux, dispose de certains
mécanismes, aussi, qui permettent aux usagers, donc les personnes qui reçoivent
des services de santé, de voir leurs droits respectés. Là, on parle des comités
des usagers, il y a un processus de plaintes, etc., également, aussi, qui est
mis en place, ce qui fait en sorte que c'est bien encadré, à l'heure où on se
parle.
L'autre élément que je voudrais attirer votre
attention, qui est plus accessoire, en prévoyant un amendement juste avant
l'article 1, dans la Loi concernant les soins de fin de vie, on se
retrouve dans le
chapitre I... ou le
titre I, là, vous m'excuserez, bref... oui,
le
titre I, qui porte sur l'objet de la loi. Ce n'est, donc, pas les droits
comme tels des personnes, relatifs aux soins de fin de vie. Ces droits-là
feront l'objet du
chapitre II... du
titre I ou II, bref, de la loi...
oui, effectivement, du
titre II. Alors,
déjà, l'emplacement, en fait, comme tel, de l'amendement ne serait pas
nécessairement à la bonne place. Mais, une fois que ça, c'est dit, il n'est pas
nécessaire de l'ajouter non plus. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, maître. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Mme
la députée de... Je ne sais plus qui a levé la main en premier, mais je vais
vous laisser la parole.
Mme Maccarone : Merci.
Merci, Me Bérubé, pour les explications. Comme vous le savez, l'opposition, on
a un devoir d'être créatif, des fois, alors,
d'où l'importance de faire notre recommandation tout de suite. Comme j'ai dit,
nous sommes preneurs pour des recommandations, aussi. Si ce n'est pas le bon
endroit, est-ce qu'il y a un autre endroit où nous pouvons faire une précision?
Même Me Bérubé a dit que, normalement, c'est appliqué, mais d'où mon intérêt de
vouloir aborder une modification à ce sujet.
Parce que moi, j'ai des craintes de ce que nous
avons entendu. Puis je sais que la ministre, elle est d'accord, si on a un
moyen de faire suite avec la demande que nous avons entendue, que... de
s'assurer que les personnes qui font une demande d'avoir l'accès à l'aide
médicale à mourir, malgré leur état, se font offrir les soins de vie. Ça fait
que... Je pense que c'est ça.
Puis je
comprends, ici, on a le droit de recevoir, mais j'ai eu l'impression que ce
n'est pas le standard, nécessairement, qu'ils se font offrir ces
soins-là. Ça fait que, quand une personne lève la main d'eux-mêmes, qu'ils disent : Peut-être que je suis rendu à un
point où ma souffrance est si grave puis inapaisable et je souhaite avoir accès
à l'aide médicale à mourir, de s'assurer
aussi que c'est écrit dans la loi qu'on a vraiment tout fait pour faire un
accompagnement de cette personne puis qu'on a vraiment offert tous les soins
possibles à eux avant de, même, poursuivre.
Pour moi, ça... Puis je ne suis pas avocate. Ça
fait que, pour moi, ce n'est pas écrit d'une façon claire et limpide, pour moi,
que cette compréhension est commune pour tout le monde, de dire qu'on a le
droit de recevoir. Mais ce n'est pas nécessairement ce qui est fait sur le
terrain. Puis on a une responsabilité d'offrir, je pense que c'est peut-être
ça, la notion.
Puis, comme je dis, si ce n'est pas la bonne
place, si ce n'est pas le bon libellé, j'entends ce que la collègue de
Sherbrooke, elle dit, on est ouvert à modifier, si ce n'est pas ici, si ce
n'est pas bien écrit. Mais, le sens de ceci : Est-ce que nous pouvons peut-être suspendre l'article puis le mettre
ailleurs, pour le reprendre, pour donner la chance à l'équipe de la
ministre de trouver une solution à ceci? On est très ouvert. Ce n'est pas une
question de vouloir retarder le progrès puis
les travaux, mais je pense que la notion de ce que nous sommes en train de
faire est très importante.
Puis évidemment on aurait
voulu que ça... on débute la loi avec cette notion, pour que les gens
comprennent que, même si nous sommes arrivés
là, bien, on a vraiment pris en considération tout votre environnement, tout
l'accès aux soins et services sociaux, avant
que vous veniez à prendre cette décision qui est très importante. Une question
d'éthique, peut-être. Tu sais, c'est cette
notion, pour nous, qui est importante. Alors, on est ouvert à penser à, plus
tard, une autre place dans la loi. Ce n'est pas juste nous, là, on a été
aussi beaucoup inspirés par Dr Lussier, qui a fait pousser la réflexion que,
peut-être, on a une responsabilité d'apporter un amendement. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Bélanger : En fait, bien,
je pense qu'il y avait...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais revenir après.
Mme Bélanger : Alors, écoutez,
bien, comme... je reviens, là, sur l'idée, l'intention. Et je comprends qu'on a tous eu... on a tous cheminé, dans nos
consultations particulières, puis on a retenu cet élément-là qui est
fondamental. Comme Me Bérubé l'a expliqué,
ici, on est dans l'objet de la loi, ça fait que ce n'est pas l'endroit pour
mettre cet élément-là.
Moi, ce que je propose, puis je ne sais pas
comment le faire, là, pour que ce soit... c'est de retenir, dans le fond, cet
amendement et de voir à le mettre ailleurs, dans le projet de loi, dans
différentes dispositions. Nos équipes juridiques pourront nous guider à ce
niveau-là. Et on pourrait le mettre davantage dans ce qui concerne davantage
les dispositions générales ou les droits des personnes relatifs aux soins de
fin de vie. Et, à ce moment-là, même le libellé, là, dépendamment dans quelle
section on le met, on pourra le retravailler ensemble. Mais, pour le moment, je
ne l'inclurais pas, là, du tout dans l'objet
de la loi, mais je le garderais comme un élément à considérer dans nos
travaux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la députée de Sherbrooke. Ça va?
Mme Labrie : ...ce que j'ai
entendu, moi, répond à mes questions. Tu sais, dans le fond, ce qui va être important, c'est de s'assurer que tous les droits
qui sont prévus dans l'autre loi, puis il y a plusieurs articles assez
détaillés à cet effet-là, qu'ils soient bien connus puis bien compris comme
étant des droits inclus dans les soins de fin de vie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci beaucoup. Il y a, donc, deux
possibilités : soit qu'on met aux voix l'amendement ou qu'on le suspend.
Mme la députée.
Mme Maccarone : Évidemment, je
souhaite qu'on suspende, jusqu'à tant qu'on arrive à un moment... Je comprends
que, peut-être, vers l'article 4, c'est peut-être là où les légistes
feront une recommandation. Puis, rendu là, bien, peut-être, on pourra revenir
pour voter sur cet
article en question. Mais ma préférence, ce serait de
suspendre pour voter lors d'une proposition de Mme la ministre et son équipe.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce que j'ai le
consentement pour suspendre l'amendement?
Mme Bélanger : On va suspendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, l'amendement qui introduit l'article 0.1 est
suspendu. Nous allons, donc, poursuivre notre travail. Je vais, donc, prendre
en considération dans le bloc... dans le bloc 1, l'article 1. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Mme Bélanger : Oui. Alors,
l'article 1 de la Loi concernant les soins de fin de vie est modifié :
L'alinéa 1° : par l'insertion, après le
premier alinéa, du suivant :
«De plus, la présente loi permet l'exercice de
certains de ces droits par des personnes qui ne sont pas en fin de vie afin
qu'elles reçoivent des soins de fin de vie lorsque leur état le requiert.»;
Deuxième alinéa : par le remplacement, dans
le deuxième alinéa, de «De plus, la présente loi reconnaît» par «Elle reconnaît
enfin».
L'article 1 du projet de loi vise à
actualiser l'objet de la loi afin de refléter que des soins de fin de vie, et
plus particulièrement l'aide médicale à mourir, peuvent être offerts à des
personnes qui ne sont pas en fin de vie lorsque leur état le requiert. L'objet
de la loi deviendrait ainsi conforme aux conclusions rendues dans la décision
Truchon, laquelle a rendu inopérant le critère de fin de vie prévu dans la loi.
D'autres modifications sont proposées par le projet de loi afin de donner suite
à ce jugement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, oui.
Mme Maccarone : Évidemment,
j'ai des questions puis je souhaite que ce serait clarifié pour moi de...
Pourquoi qu'on garde la notion de fin de vie? Parce que, là, on ne parle plus
d'état, on parle de l'accès à l'aide médicale à mourir pour des personnes qui
ne sont plus dans cet état de fin de vie. Alors, je questionne pourquoi qu'on
ne change pas le
titre puis pourquoi la notion reste. Puis je vous dis
d'avance, ça va faire partie... si ce n'est pas réglé maintenant, ça fait
partie de toutes mes questions pour ce bloc en entier. Puis je vais revenir à
la charge à chaque fois, parce que, pour moi, ce n'est
pas clair. Tu sais, en anglais, on dit : «You can put lipstick on a pig,
but it's still a pig», ça fait que, pour moi, c'est un peu ça. Alors, pourquoi
ne pas l'adresser tout de suite? Est-ce que c'est un choix politique?
Parce que, pour moi,
pourquoi on... selon moi, je pense qu'on devrait juste le nommer, quoi qu'il soit,
c'est l'aide médicale à mourir, on ne parle plus de fin de vie. L'état n'est
plus traité dans la loi, lorsque ce serait adopté. Alors, pour moi, c'est
mêlant. Surtout que, si on fait une recherche dans cette loi, à 52 reprises, on
fait référence à «aide médicale à mourir». Alors, il me semble, ce serait plus
clair si on commence dès le début,
article 1, à faire référence à ceci
puis enlever la notion de l'état, parce que ce n'est plus «soins de vie»...
«soins de fin de vie». Pour moi, c'est une incohérence. Et je ne veux pas que
ça soit flou. Je pense que ça va être important que ce soit clair, encore une
fois, limpide, que tout le monde comprend où nous sommes rendus. Encore une
fois, c'est une question d'harmoniser à quelques reprises avec le cadre législatif
fédéral. Mais, si on garde la notion de fin de vie, cet état-là, ce n'est plus
applicable.
Alors, pour moi, je
souhaite avoir une compréhension de pourquoi on garde ceci. Puis est-ce qu'on a
un moyen, peut-être, de le modifier? On peut déposer un amendement, tu sais,
mais c'est plus une question, avant de même penser d'aller vers ceci, de
comprendre pourquoi on a décidé de le garder. Et est-ce qu'il y a aussi une
marge d'ouverture pour que ça soit plus clair?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme Bélanger : En fait, je vais avoir
besoin de voir précisément qu'est-ce que vous... J'ai un peu de
difficulté à suivre, là, dans le fond, le
raisonnement. Qu'est-ce que vous souhaitez modifier, là, dans le texte qui est
sous les yeux, là?
Mme Maccarone :
Ce que je souhaite modifier, c'est enlever la notion de fin de vie.
Mme Bélanger :
Enlever la notion de fin de vie?
Mme Maccarone :
Oui. Si, mettons... Exemple, si j'avais un amendement à déposer, ce serait
d'enlever en... Parce que, je comprends, on enlève «en fin de vie», «des soins
de fin de vie». Pour moi, ce n'est pas une fin de vie. C'est pour ça, tu sais,
pour moi, je trouve que ce n'est pas clair. Je comprends qu'on fait une
modification, on n'est plus en fin de vie, puis la nuance, c'est qu'on propose
de faire des soins de fin de vie. Mais ce n'est pas une fin de vie,
nécessairement, pour moi, c'est quelqu'un qui fait une demande de l'aide
médicale à mourir. Ce n'est pas une personne qui est en fin de vie. On ne parle
plus de l'état. Puis pour moi, je trouve que ce n'est pas clair. Alors de
s'assurer qu'on a vraiment une clarté.
Puis, étant donné
qu'on fait référence, à maintes reprises, à l'aide médicale à mourir, pourquoi
ne pas, d'emblée, commencer à utiliser cette terminologie puis de ne plus
parler de fin de vie? Je comprends que l'acte... avoir accès à l'aide médicale
à mourir, c'est un acte dans un continuum de soins. Je serais plus à l'aise
d'utiliser, même, le libellé du continuum de soins, mais de faire référence à
l'aide médicale à mourir et non de soins de fin de vie. Parce que je trouve que
ce n'est vraiment pas clair, pour moi, c'est... Je pense qu'il va y avoir une
interprétation, par les gens, qui ne sera pas claire, malgré que... Je
comprends que ce n'est pas le sens de ce que souhaite le législateur, et je
comprends tout ça, là, je ne suis plus une jeune députée, je ne peux plus dire
que je ne comprends pas. Ma recherchiste dirait que je ne suis plus bébé, là,
là, je suis rendue adolescente. Mais, malgré ça, je souhaite avoir une clarté.
Pour moi, je trouve c'est... si on ne fait pas mention à l'aide médicale à
mourir, il y a quelque chose qui est manquant, pour moi.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Bien, je pense qu'on va devoir discuter, parce que je veux être certaine de
voir le texte, là. En fait, là, j'ai lu, en fait, les modifications, mais je
veux regarder l'ensemble du texte.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Souhaitez-vous une suspension?
Mme Maccarone :
Juste avant de suspendre, pendant que la ministre va parler avec son
équipe, c'est aussi la notion dans le titre. Ça fait qu'encore une fois, je
vous démontre toutes mes cartes, le titre, pour moi, du projet de loi... puis
je sais qu'on vote là-dessus à la fin de tout le processus de l'étude
détaillée, mais, pour moi, ça va en
partie de ça. Là, on ne parle plus de soins
de fin de vie. Pour moi, c'est vraiment «aide médicale à mourir». On va appeler
un chat un chat, pour que ça soit clair. Parce que la notion de l'état, ce
n'est plus dans le débat, pour nous. Vraiment, on fait une évolution. Alors, si
on fait une évolution, bien, faisons-le puis comme il le faut.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. On va suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
10 h 49)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
Juste avant
de débuter, je veux juste rappeler que vous vous adressez... ça va superbien,
on va continuer comme ça, juste vous
rappeler de vous adresser à la présidence pour que je puisse aussi gérer les micros
et je voie aussi l'ensemble des gens qui veulent intervenir. Merci
beaucoup. La parole est à vous pour la réplique.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, nous avons discuté de cet élément, et, dans le fond, ce que je
saisis, c'est que la notion d'aide médicale à mourir puis la notion de retrait,
d'être en fin de vie, là, posent, je dirais, certaines interrogations. Et
j'aimerais que Me Bérubé revienne sur l'aspect légal de certains éléments, puis
par la suite je pourrai compléter mon information.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Bérubé, la parole est à vous.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Donc, sur le retrait de certaines occurrences aux critères de fin de vie, comme
il a été mentionné d'emblée... du commentaire de l'article 1, l'idée, ici,
c'est vraiment de retirer, dans la loi, le critère de fin de vie lorsqu'il
s'appliquait, avant qu'il ait été invalidé par les tribunaux, comme condition
pour obtenir l'aide médicale à mourir.
Maintenant, revenons sur le concept de soins de
fin de vie. Effectivement, ce ne sont pas des soins offerts à des personnes,
dans tous les cas, en fin de vie. On parle de soins de fin de vie, puis là je
vous renvoie ici à l'article 3 de la Loi concernant les soins de fin de
vie, qui prévoit une définition de ces soins-là au paragraphe 3°. Donc, ces
soins de fin de vie là, ça comprend, oui, l'aide médicale à mourir, mais ça
comprend également les soins palliatifs, qui, eux, sont offerts à des personnes
en fin de vie.
Donc, le concept de soins de fin de vie est,
pour nous, toujours applicable et pertinent, malgré le fait que la condition
d'être en fin de vie ne s'applique plus à une personne qui souhaite obtenir
l'aide médicale à mourir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci pour la
réponse. Je me permets de soulever quand même que, par rapport aux soins
palliatifs, ça nous a été nommé que ces soins-là, on ne devrait pas se limiter
à les offrir aux personnes qui sont en fin de vie. Est-ce que vous avez une
réponse par rapport à ça?
M. Bérubé (Mathieu) : C'est
peut-être un peu plus clinique, mais, à ma connaissance, des soins palliatifs
qui ne seraient pas offerts à des personnes en fin de vie, c'est possible, là,
mais ce n'est juste pas le régime des soins de fin de vie qui s'applique. On me
fait signe que oui.
Mme Labrie : O.K. Donc, c'est
encadré par une autre loi que celle-ci. Quelqu'un qui... Parce qu'on nous a
nommé un exemple, par exemple, de quelqu'un qui avait le cancer, qui a reçu des
soins palliatifs, mais, après, qui s'est remis de son cancer, là, qui n'est
pas... qui n'en est pas décédé, normalement.
M. Bérubé (Mathieu) : À mon
sens, ça fait partie, en fait, de l'offre générale des services de santé et des
services sociaux, qui est, elle, encadrée par la
Loi sur les services de santé
puis les services sociaux.
Mme Labrie : Donc, les soins
palliatifs peuvent relever de deux lois différentes?
M. Bérubé (Mathieu) : ...de la
personne à qui on les offre, tout à fait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Est-ce qu'il
n'y a pas un autre moyen... J'entends ce que Me Bérubé partage avec nous puis,
tu sais, je suis en train de lire le troisième paragraphe de l'article 3,
là, les soins de fin de vie. On n'a pas un autre moyen de changer le libellé
pour qu'il se... Parce qu'honnêtement, pour moi, ce n'est pas clair, j'ai
vraiment l'impression qu'on est en train de parler de quelqu'un... de son état.
Alors, le libellé, pour moi...
Puis, encore une fois, je reviens à non
seulement le
titre de ce projet de loi, mais le titre, aussi, de la loi de
soins de fin de vie. Ce n'est pas nécessairement quelqu'un qui est en fin de
vie. C'est pour ça, pour moi, je dirais, ce n'est vraiment pas clair. Pourquoi
pas, si on souhaite harmoniser aussi avec le cadre législatif au niveau
fédéral, qui ne parle pas de soins de fin de vie, il parle de l'aide médicale à
mourir, parce que ce n'est pas une personne qui est en fin de vie... C'est pour
ça, pour moi, ça ne correspond pas.
Puis je suis désolée
si c'est parce que j'ai de la misère à comprendre ce que nous souhaitons faire,
mais, si on continue à utiliser «soins de fin de vie» et non utiliser la
terminologie d'«aide médicale à mourir», pour moi, c'est incohérent, pour
utiliser le mot de ma collègue de D'Arcy-McGee, c'est incohérent, parce que
j'ai l'impression qu'on donne une impression à la
population qu'on parle vraiment de fin de quelqu'un, de son état. Mais ce n'est
vraiment plus l'état, Mme la Présidente, là,
on parle vraiment des personnes en situation de handicap. Quand on va
arriver à avoir ce débat, ce n'est plus une personne qui vit avec un cancer,
stade quatre, qui va ultimement, malheureusement, décéder à cause de sa
maladie. Ce n'est plus un état. Là, on parle de quelqu'un qui souffre, on n'a
même pas une définition claire. Est-ce que c'est une personne avec un handicap,
un handicap neuromoteur? Mais, pour moi, je trouve que ce n'est pas balisé
d'une façon que ce soit clair si on continue à parler de fin de vie et non de
l'acte de faire une demande de l'aide médicale à mourir. Je souhaite trouver
une terminologie qui est plus claire.
Puis,
encore une fois, je reviens... Les titres, pour moi, on ne parle plus de fin de
vie, on parle d'aide médicale à mourir. Ce n'est pas du tout le même
enjeu pour moi.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Oui. Bon. Écoutez, je pense que c'est important de le soulever, puis je dirais
que c'est important de le soulever au début
de nos travaux, O.K.? Ça fait que, donc, ça, je salue cela, là, parce que c'est
vraiment important, il faut vraiment que ça soit clair.
Au Québec, la loi,
son titre, ce n'est pas juste l'effet du hasard, c'est que les soins de fin de
vie... et l'aide médicale à mourir, depuis 2015, est considérée comme un soin.
Puis, d'ailleurs, un peu partout dans le monde, ils viennent voir, dans le
fond, notre programme, comment qu'on est organisé, notre loi, puis on n'a
jamais appelé ça la
loi sur l'aide médicale à mourir, ce n'est pas comme ça que
ça a été déposé par le gouvernement. Ça fait que, ça, je pense que c'est
important de le mentionner.
Maintenant, ce que la
députée de Westmount—Saint-Louis
mentionne, je pense que c'est important, et là je ne veux pas modifier le
titre
de la loi parce que notre loi, c'est vraiment considéré dans une perspective
d'un soin, dans une approche de continuum,
dans une approche complète, et ma proposition serait de suspendre cet
amendement-là et plutôt d'introduire, dans l'objet de la loi, dans le
paragraphe 1°, la notion d'aide médicale à mourir. Parce que c'est vrai que la notion d'aide médicale à mourir arrive
plus tard dans le texte sous d'autres rubriques, et ça permettrait,
donc, de dire qu'au Québec, quand on parle de la Loi concernant les soins de
fin de vie, on parle de tout le continuum des soins de fin de vie, qu'on soit
en fin de vie imminente ou non. Puis là on n'est pas pour commencer à décrire
toutes les étapes de fin de vie, là, parce qu'il y a des gens qui peuvent être
en fin de vie pendant plusieurs, plusieurs mois puis d'autres qui vont être en
fin de vie imminent. Mais la notion d'aide médicale à mourir pourrait... Donc,
ma proposition, c'est qu'on vous revienne
rapidement... dans le premier paragraphe, qu'on puisse voir avec nos équipes,
là, comment on peut introduire une phrase pour indiquer tout le reste qui s'en
vient dans tous les articles, qui va venir, d'une certaine façon, là, je vous
dirais, dans... Je ne suis pas juriste, là, mais, dans ma façon de concevoir
comment un texte devrait se faire pour que ça soit compréhensible, on
l'annonce, puis, après ça, naturellement, on pourra en reparler, comme de
l'accès au service, quand ça sera la bonne rubrique, et, comme l'aide médicale
à mourir revient de toute façon, là, dans le projet de loi un peu partout.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre. J'ai, donc,
une proposition pour suspendre l'article 1. Est-ce que j'ai d'autres
interventions avant? Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Oui, merci. Je pense
qu'il faut prendre en compte que, justement, ce projet de loi est une
évolution de la loi qui existe déjà, et,
justement, ce qu'on apporte de nouveau, c'est le fait qu'on n'a pas besoin
d'être en fin de vie pour recevoir l'aide médicale à mourir. Donc, je
pense que c'est une question aussi de reconnaître l'évolution de... linguistique qu'il y a dans ce dossier-là, compte
tenu de la loi fédérale, et, justement, comme on a dit, c'est un nouveau
projet de loi pour mettre à jour celui qui était là avant et, justement, pour
amener de nouveaux raisonnements. Donc, encore une fois, je pense qu'il faut
prendre acte du progrès du dossier, de l'évolution du dossier. Donc, c'est dans
ce sens-là que ma collègue a fait sa proposition d'amendement.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Juste pour que ça soit clair, je n'ai pas déposé un amendement.
Mme Prass :
Ah! excusez, excusez-moi.
Mme Maccarone :
Mais non, c'est bon, parce qu'on... La ministre aussi, elle a fait
référence de suspendre un amendement. Ça fait que juste pour que les gens qui
nous écoutent, ils comprennent que j'ai fait référence qu'on pourrait, mais on
n'a rien de prêt... On souhaitait aborder plutôt un dialogue pour voir. Ça fait
que je remercie la ministre de son ouverture de continuer la discussion.
Puis je vais
renchérir un peu sur le point de ma collègue de D'Arcy-McGee. On n'est pas les
seuls à penser que nous devons évoluer dans la notion d'utilisation de «soins
de fin de vie», parce que, même dans cet article, ce qui est proposé par la
ministre dans l'article 1, c'est: «De plus, la présente loi permet
l'exercice de certains de ces droits par [les] personnes qui ne sont pas en fin
de vie...» Alors, pourquoi ajouter ça au lieu de juste corriger le tout? Je
pense que c'est pour ça que, pour moi, je trouve que c'est bizarre qu'on ajoute
une notion parce qu'on souhaite garder «soins de fin de vie», de dire
que : pas besoin d'être en fin de vie pour avoir accès. Au lieu de juste,
comme je dis, appeler un chat un chat, on peut-tu juste parler puis faire
référence à une loi qui donne accès à l'aide médicale à mourir au lieu de...
J'ai l'impression qu'on est en train de mettre un pansement sur quelque chose.
Ça fait que, pour
renchérir sur ce que la collègue, elle a dit, dans le fond, ce qu'on souhaite,
c'est : on a une opportunité, on peut-tu juste le corriger comme il faut
pour utiliser la bonne terminologie pour refléter ce que le législateur
souhaite que la population comprenne dans cette loi? Puis, dans cette loi,
c'est qu'on ne parle plus de l'état. Dans cette loi, on parle d'aide médicale à
mourir, alors qu'on enlève toutes les références à «fin de vie», ça, je comprends, puis, évidemment, on va être pour tous
ces articles-là, mais, ici, ce que je trouve mêlant, c'est qu'on ajoute
cette notion de pas besoin d'être en fin de vie au lieu de juste dire :
Regarde, on va le corriger d'emblée. Puis, si on le corrige ici... puis je
serais pour, je vais consentir, si les collègues aussi sont en accord de
suspendre l'article, pour trouver un moyen, mais, si on va faire ceci puis on
va vraiment la corriger comme il faut, encore une fois, quand ça arrive au
moment de voter sur le titre, à la fin de l'étude détaillée, bien, j'espère
qu'on va aussi avoir cette réflexion aussi de parler de... on ne parle plus de
fin de vie, de soins de fin de vie, on parle de vraiment de l'aide médicale à
mourir. Parce que ce n'est plus l'état, là, c'est vraiment autre chose, alors,
juste d'avoir ça dans la réflexion quand on va penser à la prochaine étape de
comment nous allons l'aborder.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée.
Avant de retourner à la ministre, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la ministre, donc, vous proposez de suspendre
l'article 1?
Mme Bélanger : De suspendre
l'article 1, puis on va apporter une précision dans le texte, un
amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, la proposition de suspendre est-elle
acceptée?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Parfait. Merci beaucoup. Nous allons, donc,
passer à l'article 2. Mme la ministre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous souhaitez suspendre?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va se suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 09)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Nous en sommes rendus, maintenant, à l'étude de l'article 2. Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui.
Alors :
L'article 2, donc, de cette loi est
modifié :
Au premier alinéa : par la suppression,
dans les paragraphes 1° et 2°, de «en fin de vie»;
Et, en deuxième alinéa : par le
remplacement, dans le paragraphe 3°, de «d'une personne en fin de vie» par «de
la personne».
Alors, le texte proposé ici, peut-être que c'est
plus simple, là, si je le lis, de bien comprendre de quoi il s'agit, dans
l'article 2... en fait, le texte proposé serait le suivant :
«Les principes suivants doivent guider la
prestation de soins de fin de vie :
«1° le respect de la personne et la
reconnaissance de ses droits et libertés doivent inspirer chacun des gestes
posés à son endroit;
«2° la personne doit, en tout temps, être
traitée avec compréhension, compassion, courtoisie et équité, dans le respect
de sa dignité, de son autonomie [et] de ses besoins et de sa sécurité;
«3° les membres de l'équipe de soins responsable
de la personne doivent établir et maintenir avec elle une communication ouverte
et honnête.»
Au niveau des commentaires :
L'article 2, dans le fond, du projet de loi, là, vise à retirer le concept
de fin de vie. On l'a vu, c'est ce qui est retiré dans le texte que je viens de
lire, donc de retirer le concept de fin de vie de l'article 2 de la loi.
Cette modification donne, donc, suite aux conclusions rendues dans la décision
Truchon.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Y a-t-il des interventions? Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Évidemment, je
reviens à la charge, Mme la Présidente, vous allez me voir venir, mais, encore
une fois, on en revient, avec «soins de fin de vie». Ça fait que je demande
ici, encore une fois, pourquoi qu'on ne fait pas
référence à guider la demande ou la... je ne sais pas si on appelle ça une
prestation, mais la demande d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. Ça fait
que ça, c'est ma première préoccupation.
Et je
souhaite aussi savoir si c'est ici, dans cet article, que ce serait bien, la
proposition que j'avais faite, le 0.1. Est-ce que ça peut être ici que
nous pouvons aborder un amendement en ce qui concerne le principe d'avoir «aide
médicale à vivre»? Alors, voici les deux enjeux, pour moi, que je souhaite
entendre, Mme la ministre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Mme Bélanger : Oui, en fait, je
demanderais à Me Bérubé de faire une intervention, là, à ce niveau-ci, par
rapport à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, en
fait, juste pour revenir, là, sur le concept de soins de fin de vie, là, qui
est prévu, là, au membre introductif, là, de l'article 2 : «Les
principes suivants doivent guider la prestation des soins de fin de vie...»
Encore une fois, ce n'est pas uniquement l'aide médicale à mourir, les soins de
fin de vie étant les soins palliatifs offerts aux personnes en fin de vie et
l'aide médicale à mourir. Donc, tous ces principes-là s'appliquent à la panoplie de ces soins-là qui sont offerts et
encadrés par cette loi-ci. Voilà. Ça fait que ça, c'était ma première
explication.
L'autre élément, c'est qu'on a un petit texte,
peut-être, effectivement, pour rejoindre la proposition, là, tout à l'heure,
d'amendement à 0.1, qui pourrait peut-être s'inscrire effectivement à 2. Il
faut juste qu'on le travaille un peu.
Mme Maccarone : Ça fait que ça
se peut que ça serait inséré ici.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Mme Maccarone : L'autre
question. D'abord, j'entends les explications. Merci, Me Bérubé. Est-ce qu'il y
a moyen, d'abord... Parce que je comprends que je ne vais peut-être pas gagner
la bataille en ce qui concerne «soins de fin
de vie», mais je veux renchérir sur le fait que je suis préoccupée de ça, parce
qu'encore une fois je veux que ça soit vraiment clair puis de s'assurer
que toute l'éthique derrière toutes les demandes, c'est bien compris par les
gens, que ce soient les professionnels ou la population puis les personnes qui
souhaitent avoir accès. Est-ce qu'on pourrait ajouter, d'abord : «guider
la prestation des soins de fin de vie et les demandes d'aide médicale à
mourir»? Est-ce que ça, ce serait peut-être
une façon de pallier? Puis ça rejoint le... je ne l'ai plus devant moi, là,
mais, dans la loi, l'article 3, troisième
paragraphe, quand on parle de c'est quoi, un soin de fin de vie, est-ce que ce
serait peut-être la façon de s'assurer que c'est clair? Parce qu'on
parle plus non seulement de l'état, mais aussi on parle de la demande pour une
personne d'avoir accès à l'AMM. En tout cas, je soumets ça comme excuse. Ça,
c'est une modification qui serait acceptable?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui. En fait,
ici, il faut voir cet article-là comme un
article qui englobe l'ensemble des
soins, que ce soient des soins palliatifs, des soins en fin de vie imminente ou
allant jusqu'à l'aide médicale à mourir. Ça
fait que, si on précise l'aide médicale à mourir, bien, on va être obligé de
préciser toutes les autres, les autres interventions qui sont faites
dans le continuum de soins, puis ce n'est pas ça, l'objectif. L'objectif de cet
article-là, c'est vraiment de venir parler
des principes sur la prestation générale qui vient guider les soins de fin de
vie, que ce soit... Même en maison de soins palliatifs, là, ça ne le dit
pas, on n'est pas obligé de le dire là. Plus tard, il y a des articles qui arrivent sur les maisons de soins palliatifs,
mais c'est des principes de base qui viennent guider toutes les
interventions en soins de fin de vie. Que ce soit en maison de soins
palliatifs, que ce soit en soins à domicile, c'est vraiment les principes. Et
regardez le titre, il est très important : «[Ces] principes suivants
doivent guider la prestation des soins de fin de vie...» Ça fait que c'est
l'ensemble du continuum.
Ça fait que, moi, honnêtement, je pense que, là,
dans le fond, avec cet article-là, on vient s'appuyer sur la décision, les
conclusions Truchon. Puis ça, je pense que ça avait fait l'objet aussi, là, des
travaux qui avaient été faits à la
commission... les recommandations qu'on a eues lors de la Commission spéciale
sur les soins de fin de vie. Et là ce qu'on
pourrait faire à ce moment-là, c'est parler du premier amendement que vous
aviez amené sur l'importance d'avoir accès aux soins et aux services,
parce que ça devient un principe, puis on le traiterait comme un principe. Plus
tard, on va reprendre l'aide médicale à
mourir, on va reprendre la question d'éthique, la question de s'assurer, dans
la façon de faire... mais là on n'est pas là, on est vraiment dans le
principe de donner les soins, qui va guider les soignants, que ce soit... peu
importe, que ça soit pour la sédation anticipée, on ne veut pas tout nommer ça.
Donc, on parle vraiment de la personne, des principes en lien avec la
prestation des soins de fin de vie, qui, là, peut contenir l'aide médicale à
mourir, bien sûr, mais peut contenir aussi les autres interventions.
Ça fait que je pense qu'en corrigeant la notion
d'aide médicale à mourir dans le premier paragraphe qu'on a vu tantôt et en
amenant la proposition que vous faites, déjà, je pense qu'on répond à cette
préoccupation-là, qui est quand même importante.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. J'ai d'autres interventions? Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
En ce qui concerne les demandes anticipées, est-ce que... quand on parle
des soins, est-ce que ça, c'est compris?
Est-ce que ça, ça fait
partie du continuum ou est-ce que nous devons aussi
amener une certaine clarté tout de
suite, dans les premiers articles, pour l'application d'une demande anticipée?
Je souhaite savoir comment ça, ça rentre dans l'intérieur de toutes ces
demandes, parce que c'est aussi une nouvelle notion que nous sommes en train de
proposer. Ça va être une modification assez majeure dans la loi. Ça fait que
comment est-ce que la ministre et son équipe voient le traitement de la demande
anticipée à l'intérieur de ces premiers articles?
Mme Bélanger : Bien, en fait...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, excusez-moi, je suis spontanée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, allez-y.
Mme Bélanger : Concernant le...
O.K., puis là c'est important parce qu'on parle de continuum de soins de fin de vie. Puis ça, là, ça englobe beaucoup, ça
englobe l'approche clinique, humaine, sociale, etc. Et, dans le premier
paragraphe de l'objet de la loi, on en parle, du continuum, on parle de
l'organisation, de l'encadrement des soins de fin
de vie, on parle de l'accès, on nomme le continuum de soins, c'est nommé, là,
ce qui n'est pas nommé dans le premier paragraphe, puis que je pense
que... Dans toute la discussion qu'on avait, c'était concernant l'aide médicale
à mourir. Mais le premier paragraphe annonce... et l'objet de la loi qui est
vraiment... et tout ce qui est continuum de soins est quand même très, très
bien mentionné, là, à ce niveau-là.
Ici, comme je vous dis, on parle des principes
pour guider, c'est les principes pour guider dans le fond... bien, les
personnes qui vont bénéficier ou vont vouloir avoir accès à ce soin ou guider
aussi nos professionnels. Les principes, là,
c'est des principes de base qui pourraient éventuellement, même, se retrouver
dans le cadre d'une politique. Ça
fait que ça, ces principes-là, ils sont très importants. Puis ils ne sont pas
là pour définir les interventions, les principes, là, on parle ici de
respect, on parle d'accès, de compassion. Vous voyez un peu les termes, là, qui
ressortent.
Alors donc, si je peux le faire à ce stade-ci,
j'aurais une proposition qu'on puisse suspendre et vous revenir avec une intégration
d'un amendement dans le texte proposé.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Donc, vous proposez de
suspendre l'article 2. Est-ce qu'il y consentement pour suspendre
l'article 2?
Mme Maccarone : Juste avant de
suspendre, pendant que l'équipe va travailler sur une proposition de
modification de l'amendement, je souhaite juste savoir... ou peut-être ils
pourront clarifier plus tard aussi, c'est parce que les principes qui sont
énumérés puis qu'on parle ne sont pas dans la
Loi sur la santé et services
sociaux. Alors, si peut-être... on a une responsabilité aussi de s'assurer que
ça, c'est clair. En tout cas, je partage ma préoccupation pour ceci. Ça fait
que, pendant que l'équipe de la ministre est en train de travailler sur un
possible amendement, évidemment, s'ils peuvent nous revenir avec de la clarté
sur ceci parce qu'encore une fois je répète, ce n'est pas indiqué dans la loi
de santé et services sociaux.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Donc la
proposition de suspendre l'article 2 est-elle acceptée?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Merci. Je vais revenir avec les bons termes.
Donc, il y a consentement pour la suspension de l'article 2. On va passer
maintenant à l'article 3. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Bélanger : Oui. Alors, au
niveau de l'article 3...
Donc :
L'article 3 de cette loi est modifié, à
l'alinéa 1°, par la suppression, dans le paragraphe 2°, de «en fin de vie»;
Et, en deuxième alinéa : par le
remplacement, dans le paragraphe 6°, de «par un médecin à une personne en fin
de vie, à la demande de celle-ci» par «à une personne, à sa demande».
Alors, le texte est un peu long, je vais quand
même le lire, mais rapidement, O.K., pour être sûr qu'on comprenne, là, de quoi
on parle.
Mme Bélanger : Oui. Alors donc,
à l'article 3:
«Aux fins de l'application de la présente loi,
on entend par :
«1° "établissement" tout établissement
visé par la
Loi sur les services de santé et les services sociaux qui exploite
un centre local de services communautaires, un centre hospitalier ou un centre
d'hébergement et de soins de longue durée, de même que le Conseil cri de la
santé et des services sociaux de la Baie-James institué en vertu de la
Loi sur
les services de santé et les services sociaux pour les autochtones cris — donc
chapitre S-5;
«2° "maison de soins
palliatifs" un organisme communautaire titulaire d'un agrément délivré par
le ministre en vertu d'un deuxième alinéa de l'article 457 de la
Loi sur
[la] santé et services sociaux et ayant conclu une entente en vertu de
l'article 108.3 de cette loi avec un établissement en vue d'obtenir tout
ou
partie des soins requis par les personnes — et on biffe ici ‘en fin de
vie' — qui
utilisent ses services;
«3° "soins de fin de vie" les soins
palliatifs offerts aux personnes en fin de vie et l'aide médicale à mourir;
"soins palliatifs" les soins actifs et globaux dispensés par une
équipe interdisciplinaire aux personnes atteintes d'une maladie avec
pronostic réservé, dans le but de soulager leurs souffrances, sans hâter ni
retarder la mort, de les aider à conserver
la meilleure qualité de vie possible et d'offrir à ces personnes et à leurs
proches le soutien nécessaire;
"sédation palliative continue" un soin offert dans le cadre des soins
palliatifs consistant en l'administration de médicaments ou de substances à une personne en fin de vie dans le but de
soulager ses souffrances en la rendant inconsciente, de façon continue,
jusqu'à son décès;
«6° "aide médicale à mourir" un soin
consistant en l'administration de médicaments ou de substances à une personne,
à sa demande, dans le but de soulager ses souffrances en entraînant son décès.»
Alors, vous
avez là un
article qui est très important, qui décrit, à toutes fins pratiques,
dans le fond, l'ensemble du continuum des soins palliatifs. Alors donc,
peut-être aussi juste pour compléter, cet article, dans le fond, là, ce qu'elle
vise à faire, c'est vraiment de retirer les mots «en fin de vie», c'est ça
qu'on retire dans l'article, O.K., de la définition de maison de soins
palliatifs de la loi, O.K.? Alors, c'est ce qui est prévu. Comme l'aide
médicale à mourir peut être administrée à une personne qui n'est pas en fin de
vie et qu'il n'est pas exclu qu'une maison de soins palliatifs puisse offrir ce
soin à une telle personne et qu'on vient de retirer le concept de fin de vie de
cette définition, de même, l'article 3 du projet de loi vise à retirer le
concept de «fin de vie» de la définition de l'aide médicale à mourir. Enfin, la
référence à un médecin comme seul dispensateur de l'aide médicale à mourir
serait également retirée par concordance avec les dispositions du projet de loi
qui visent à permettre aux infirmières praticiennes spécialisées à dispenser
les soins. Alors donc, voilà, je pense que ça fait le tour des principaux
changements.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Y a-t-il des interventions? Mme la
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Ma question porte sur le paragraphe qui concerne les soins
palliatifs. Quand on a entendu ces groupes-là en audition, il y a quand même eu
des mentions d'inquiétudes à l'effet que, bon, il y a déjà parfois des listes
d'attente, là, pour accéder à une maison de soins palliatifs. Il y avait une
crainte qu'il y ait un engorgement, que
finalement des personnes qui sont en fin de vie, ils n'y aient pas accès parce
que plusieurs personnes qui ne sont pas en fin de vie mais qui demandent
l'aide médicale à mourir souhaitent l'obtenir dans une maison de soins
palliatifs. Je veux juste m'assurer que, quand on change cette formulation-là
ici, paragraphe 2°, ça n'ira pas changer les... je ne sais pas comment
nommer ça, mais, disons, les critères d'admission pour entrer. Est-ce que les
maisons de soins palliatifs vont pouvoir garder leurs critères de priorisation
d'accès, par exemple, ou ça va venir impacter leur capacité de prioriser
eux-mêmes l'ordre dans lequel ils donnent accès à leurs services?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : En fait, la
compréhension, là, de l'article 2°, si vous regardez par rapport... la loi
actuelle, tout ce qu'on vient modifier dans
ce paragraphe, c'est «en fin de vie». Donc, ici, là, on fait juste d'écrire...
à l'article 1°, on décrit l'établissement, c'est quoi,
l'établissement, puis, à l'article 2°, on définit «maison de soins
palliatifs». Donc, tout ce qu'on retire de
ce paragraphe-là, vous me corrigerez, là, mais je viens de voir... je regarde
en concordance, c'est vraiment à la toute dernière phrase de
l'article 2° où on dit : «en vue d'obtenir tout ou
partie des soins
requis par les personnes qui utilisent ses services». On enlève «en fin de
vie». C'est simplement ça que ça fait. On ne vient pas parler du comment,
d'obligation puis à quel moment, rien de ça, puis des critères, puis de leur
offre de services.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Labrie : Donc,
on me confirmerait que ça... Bon, il y aura d'autres articles plus tard, là,
pour imposer... on discutera, à ce moment-là, de la question d'imposer
aux maisons de soins palliatifs d'offrir l'aide médicale à mourir, mais, cet
article-là, la ministre me confirme que ça ne vient pas obliger, par exemple,
d'enlever ce critère-là de priorisation d'être en fin de vie. Évidemment, si
elles ont de la place, elles vont pouvoir recevoir des gens qui ne sont pas en
fin de vie pour offrir l'aide médicale à mourir, mais ça ne viendra pas avoir
d'impact sur la priorisation.
Mme Bélanger : Non. Bien, en
fait, là, l'article, si vous le lisez, ça vient décrire ce qu'est un organisme
de... maison de soins palliatifs, au même
titre que le premier alinéa qui vient
décrire la notion d'établissement. On n'est pas en train de parler de leur
offre de services dans cet article-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Labrie :
Bien, quand même, je pense que ça vient toucher la description de l'offre
de services. Moi, je le nomme juste pour qu'on rassure ces gens-là au micro,
qui... tu sais, que... Il y avait une inquiétude de ne plus avoir de place pour
les personnes qui sont en fin de vie. Moi, je veux juste qu'on puisse leur
exprimer clairement que ça, ici, ça ne viendra pas les
empêcher d'offrir en priorité des places à des personnes qui sont en fin de
vie. Si la ministre me répond que non, ça n'aura pas d'impact là-dessus, à ce
moment-là, moi, ça répond à ma préoccupation.
Mme Bélanger :
Bien, en fait, moi... (Interruption) Pardon. Excusez-moi. On est vraiment,
pour moi, dans la description. Puis on fait référence à la LSSSS, là, ici, dans
ces alinéas-là, puis on fait référence aux établissements. Sur ce qui est des
maisons de soins palliatifs, un peu plus tard, dans notre projet de loi, on
arrive avec des modalités, là. Mais, si on
fait... si vous prenez le temps de bien le relire, là, c'est juste la
définition de ce que c'est : maison de soins palliatifs est un
organisme... C'est ce qui est prévu, là, on n'est pas en train de changer les
définitions, comme on n'est pas en train de changer la définition de ce que
c'est, un établissement de santé non plus, là, c'est au même titre.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Y
a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
oui.
Mme Maccarone :
Juste une petite note, curieux... Évidemment, vous comprendrez, Mme la
Présidente, que je lis les projets de loi en
français et en anglais pour avoir une bonne compréhension, puis j'ai noté que
le paragraphe 2°, c'est intéressant, dans la loi actuelle, on ne
fait pas mention de fin de vie. Ça fait que je ne comprends pas pourquoi, mais
il y a un manque de cohérence. Mais c'est en ligne avec ce qui est proposé dans
l'article en question, c'est juste que ce n'était pas noté. Je pourrais le
lire, si vous le souhaitez, là, mais c'est... il n'y a pas de mention
actuellement, quand on parle de... le paragraphe 2° puis
«palliative care hospice», on ne parle pas de
«end-of-life», on parle... on dit : «...the Act
respecting health [...] and social services and has entered into an agreement
with an institution under
section 108.3 of that Act in order to secure all
or some of the care required by its users;».
fait que c'est une adaptation qui n'est pas en lien avec la loi en français. Ça
fait que, juste une curiosité, là, juste pour faire mention à l'équipe, au cas
où qu'il y a une différence quand vous allez faire la traduction de tous les
amendements, que j'ai noté ce petit point que j'ai trouvé intéressant.
J'aurais une question
par rapport à le paragraphe 6°, parce que, là, je comprends qu'on enlève
tout ce qui est fin de vie, mais ici la
référence «par un médecin»... Parce que, plus tard, dans la loi, je comprends
qu'on parle de... on va élargir au corps professionnel, les infirmières
praticiennes spécialisées, mais ici on fait uniquement la référence au médecin.
Mais je comprends qu'on fait référence plus loin, mais, ici, est-ce qu'on n'a
pas une responsabilité aussi de faire la référence aux IPS qui vont maintenant
avoir la possibilité de l'offrir?
Parce qu'encore une
fois je trouve que ce n'est pas clair, parce qu'on dit : «"aide
médicale à mourir" [...] l'administration de médicaments ou de substances
par un médecin...» Alors, voilà, ça fait que je souhaite savoir c'est quoi, la
proposition du gouvernement en lien avec ceci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci.
Mme la ministre. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Bélanger :
Bien, en fait, juste pour être... Mme la Présidente, juste pour être
certaine, là, que je comprends bien l'intervention, là, en fait, c'est qu'on
raie la notion de médecin.
Mme Maccarone :
Tout à fait, vous avez raison, oui.
Mme Bélanger :
Ça fait qu'on... c'est vraiment rayé, là, à ce niveau-là. Puis on va le
reprendre plus tard dans qui peut administrer, il y a un
article spécifique à
ça, là, sur l'introduction des IPS, notamment, là.
Mme Maccarone :
O.K., mon erreur.
Mme Bélanger :
Ça reviendra plus tard.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : ...des interventions? Mme la députée
de La Pinière.
Mme Caron : Oui. Mais, justement, sur
l'alinéa 2°, juste... je comprends qu'on enlève «en fin de
vie» pour être cohérent dans ce qu'on
propose dans le projet de loi, mais est-ce que... Le fait qu'en anglais c'était
différent, ça vient ajouter un autre éclairage. Mais là où je voulais
juste m'assurer que, tu sais, on ne reviendrait pas... plus tard, quand on va
discuter, là, des maisons de soins palliatifs, qu'on n'utiliserait pas la
définition en disant : Écoutez, votre définition, fondamentalement, c'est
d'offrir des soins requis par les personnes qui utilisent les services, en
disant : Bien, vous devez accepter les personnes qui demandent... qui
viennent juste pour demander l'aide médicale à mourir et non pas l'aide
médicale à mourir comme continuum après avoir reçu des soins palliatifs. C'est
un petit peu là ma... puis... Et la raison de ma demande, c'est que, justement,
vu que les soins palliatifs, il y a vraiment des besoins, puis ils ne sont pas
accessibles partout, les maisons de soins palliatifs, ce serait presque de
l'absurde qu'elles ne soient plus capables d'offrir des soins palliatifs parce
qu'on les emploie pour offrir des... de l'aide médicale à mourir à des
personnes qui viennent ne demander... puis
là j'utilise les guillemets, je le dis en respect, qui ne viennent demander que
ce service-là plutôt que les soins palliatifs suivis peut-être d'une
aide médicale à mourir.
Alors, je ne voudrais juste pas, tu sais, qu'on
dise : Bien, la définition, c'est ça, il n'est pas question de fin de vie,
donc on ne peut plus revenir après puis dire qu'on... une maison de soins
palliatifs va accepter prioritairement les personnes qui
sont en fin de vie pour leur offrir des soins palliatifs, puis, si elles
veulent ensuite l'aide médicale à mourir, oui, on leur offre, mais je voudrais
juste... C'est un petit peu ça la réserve que j'ai, là, là-dessus, en
disant : Bien, votre définition d'une maison de soins palliatifs, il n'est
jamais question de fin de vie, donc il n'en est jamais... il ne devrait jamais
en être question par la suite. Ça, c'est sur l'alinéa 2°.
Puis, sur l'alinéa 6°, où effectivement
c'est rayé, là, le médecin, je me demandais pourquoi, parce qu'ailleurs on veut
rayer «médecin» par... le remplacer, plutôt, par le «professionnel compétent».
Alors, pourquoi on ne le ferait pas ici, à
l'alinéa 6°, quand on dit : à une personne, à sa demande,
par le professionnel compétent? Pourquoi on n'ajouterait pas ça plutôt
que de simplement rayer un médecin? C'est mes deux questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Bien, en
fait, là, pour revenir, là, dans le fond, à l'article 3, pour
l'alinéa 1° et 2°, vous voyez bien, là, que c'est la notion
d'établissement, puis c'est la même chose pour l'alinéa 1° qui concerne,
là, toute la panoplie des établissements du réseau de la santé. Plus tard, dans
le projet de loi, on parle vraiment du rôle des maisons des soins palliatifs,
on pourra préciser, à ce moment-là, les interventions ou les amendements, là,
qu'on pourrait faire éventuellement pour le rôle des maisons des soins
palliatifs, mais ici on ne parle pas du rôle des maisons des soins palliatifs,
on fait juste décrire l'établissement, comme on ne décrit pas non plus le rôle
de chacune des composantes en haut, là,
centre hospitalier, soins de longue durée, on ne décrit pas leur offre de
services. Ça fait que, donc, ce n'est pas dans l'esprit de ça.
Pour ce qui est de l'alinéa 6°, je
comprends que la proposition que la députée de La Pinière fait, c'est, en
plus de biffer «médecin», là, en fait, ce serait de dire : «"aide
médicale à mourir" un soin consistant en l'administration de médicaments ou de substances à une personne, à sa
demande, par», puis on prendrait la même terminologie, là, qui est prévue, «par un professionnel compétent». Puis on
aura décrit éventuellement dans... à quelque part, dans notre projet de
loi, ce qu'est, pour nous, le professionnel compétent en lien avec
l'administration de l'aide médicale à mourir. C'est essentiellement médecin et IPS. O.K. Je suis à l'aise d'ajouter cette
phrase, selon la nomenclature, là, qui a été retenue.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on va avoir besoin d'un amendement. Est-ce que vous
souhaitez suspendre l'article, revenir plus tard, ou vous proposez tout de
suite un amendement?
Mme Bélanger : Bien non,
mais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre les travaux, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 40)
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous
plaît! La commission reprend ses travaux. Nous en étions, donc, au dépôt... Je pense que, Mme la députée de La Pinière, vous voulez faire le dépôt d'un amendement.
Mme Caron : Oui. Alors, je
présente l'amendement à l'article 3 de la Loi concernant les soins de fin
de vie : Remplacer le paragraphe 2° de l'article 3 du projet de loi
par le paragraphe suivant :
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 6°, de «par un médecin à une personne en
fin de vie, à la demande de celle-ci» par «par un professionnel
compétent à une personne, à la demande de celle-ci».
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions? Alors, s'il n'y
a pas d'intervention sur l'amendement, nous allons, donc, procéder à son
dépôt... à sa mise aux voix, pardon, à sa mise aux voix. Alors, Mme la
secrétaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Pas besoin de vote? O.K. Parfait. Mon Dieu, ça va
bien. Alors, l'amendement à l'article 3, qui remplace le
paragraphe 2° de l'article 3, est, donc, adopté. Nous allons, donc,
mettre aux voix, s'il n'y a pas d'autre intervention, l'article 3. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Non? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 3 est adopté?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon. Je n'avais pas vu votre petite main.
Mme Caron : ...simplement
pour remercier la ministre de son ouverture. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon. Ceci étant dit, merci, Mme la ministre. Alors, je
reviens à ma question. Est-ce que l'article 3 est adopté... l'article 3,
tel qu'amendé, est adopté?
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Adopté. Merci beaucoup.
Alors, Mme la ministre, nous allons, donc, poursuivre avec
l'article 4.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est l'article 7, effectivement.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Avant de laisser la
parole à Mme la ministre, comme précision, il y a deux paragraphes. Nous
avons le paragraphe 1° dont nous discutons avec le bloc 1, et, plus tard,
nous allons discuter du paragraphe 2° dans le bloc 2. Mme la ministre, la
parole est à vous.
Mme Bélanger : Oui.
Alors :
L'article 8 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «, des professionnels de la santé ou des services sociaux qui y exercent
leur profession, des personnes en fin de vie et de leurs proches» par «et des
professionnels de la santé ou des services sociaux qui y exercent leur
profession. Elle doit également être diffusée auprès des personnes dont l'état
pourrait requérir des soins de fin de vie et des proches de ces personnes».
Alors, l'article 7 du projet de loi propose
des modifications de concordance à l'article 8 de la loi relatif à la
politique sur les soins de fin de vie d'un établissement de santé et des
services sociaux.
La première
modification, donc, vise à retirer le concept de fin de vie, conformément aux
conclusions rendues dans la décision Truchon, la politique ne devant
plus s'adresser uniquement aux personnes en fin de vie. Donc, voilà.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Y a-t-il des
interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Juste pour
s'assurer que je suis vraiment à la bonne place. Quand on dit, là, on propose ici... juste pour bien me situer, est-ce
qu'on parle de le paragraphe aussi où le directeur général de
l'établissement... le rapport doit également indiquer... Est-ce qu'on parle du
rapport aussi ou ça, c'est celui que nous allons adresser dans le deuxième
bloc?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. On ne parle ici que du premier paragraphe, donc le premier alinéa,
donc : «Tout établissement doit adopter une politique», et ça termine par
«des soins de fin de vie et des proches de ces personnes».
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, ce n'est que le premier paragraphe. L'adoption va se
poser seulement sur le premier paragraphe à ce bloc-ci. Y a-t-il d'autres
interventions?
Mme Maccarone : Je dirais que
je reviens toujours sur la même notion, j'avais dit que j'étais pour le faire,
mais évidemment, quand on parle toujours de la notion de soins de fin de vie,
évidemment, j'aurais souhaité d'avoir la notion d'aide médicale à mourir qui
serait élaborée pour la bonne compréhension de tout le monde, parce qu'on n'est
plus dans l'état.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Juste une question.
Quand on dit : «Elle doit également être diffusée auprès des personnes
dont l'état pourrait requérir des soins de fin de vie et des proches de ces
personnes», parce qu'on ne veut pas que ce soit comme une pression pour que ces
personnes-là demandent l'aide médicale à mourir, alors est-ce qu'il y a quelque
chose qui empêchera ça plus loin ou bien...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. En fait, ici, il s'agit d'un article, pour le
premier alinéa, qui vient préciser la politique d'établissement, parce qu'avec
la loi chaque établissement doit par la suite adopter une politique
d'établissement qui s'inspire de la loi, des principes, etc., bon, les bonnes
pratiques. Et ce que l'article vient mentionner ici, c'est... bon, on le dit,
là, que «tout établissement doit adopter une politique portant sur les soins de
fin de vie». Donc,
vraiment, on est dans le continuum. «Cette politique doit tenir compte des
orientations ministérielles», donc, c'est ce qui, éventuellement, sera
fait, «et être diffusée auprès du personnel de l'établissement», et ce qu'on vient rajouter, «et des professionnels de la santé
ou des services sociaux qui y exercent leur profession». Ça fait que ce
n'est pas juste une politique qu'on met dans un bureau à quelque part, elle
doit être diffusée et «elle doit également être
diffusée auprès des personnes dont l'état pourrait requérir des soins de fin de
vie et des proches de ces personnes». C'est-à-dire que c'est une
politique qui vient aider la gestion de l'établissement.
Naturellement, ce
n'est pas... l'idée n'est pas de faire de la publicité ici, de ça, mais c'est
une politique de gestion qui est importante. Puis elle n'est pas juste pour les
professionnels, c'est une politique qui peut... si un usager demande de voir la
politique d'établissement, bien, il va avoir le droit de la voir. Mais on ne
diffuse pas ça comme ça «at large», là, mais c'est vraiment à la demande.
Mme Bélanger :
Bien, disponible. En fait, je dois aussi, je m'excuse, Mme la Présidente,
mentionner que les politiques
d'établissement sont habituellement sur les sites intranet... Internet des
établissements. Toutes les politiques d'établissement, là, c'est quelque
chose qui est public.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. J'ai une question, moi, concernant le deuxième
paragraphe, là, qui ne fait pas l'objet d'une modification par l'article. Je
peux y aller?
Dans ce
paragraphe-là, il est question du rapport, de ce que doit contenir le rapport.
Donc, je vais vous lire le segment :
«Le rapport doit notamment indiquer le nombre de personnes en fin de vie ayant
reçu des soins palliatifs, le nombre de sédations palliatives continues
administrées, le nombre de demandes d'aide médicale à mourir formulées, le
nombre [de demandes] d'aides médicales à mourir administrées, de même que le
nombre d'aides médicales à mourir qui n'ont pas été administrées et les motifs
pour lesquels elles ne l'ont pas été.»
Bon,
évidemment, il y a des gens qui demandent l'aide médicale à mourir et qui ne
l'obtiendront pas. On peut supposer
que, si les personnes en font la demande, c'est qu'elles vivent quand même une
forme de souffrance. Peut-être qu'elle ne se qualifiera pas pour une
admissibilité, mais moi, j'aimerais voir qu'on prend les moyens de quand même
soulager ces personnes-là. Puis là je vois qu'on compile des données sur le
nombre de demandes qui sont formulées, qui sont administrées, on veut savoir les
motifs pour lesquels ce n'est pas administré.
Moi,
j'aimerais qu'on demande, dans ce rapport-là aussi, de préciser les moyens pris
pour soulager la personne de ses souffrances ou améliorer sa qualité de
vie quand on n'est pas en mesure d'accéder à sa demande d'aide médicale à
mourir. Et ça, c'est quelque chose qui n'est pas présent ici, on demande
seulement de nommer les motifs de refus. J'aimerais aussi que ce soit présent
dans le rapport, pour chaque situation de refus, qu'on nomme vraiment qu'est-ce
qu'on fait pour soulager la souffrance de cette personne-là, à défaut de lui
reconnaître le droit d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. Je ne sais pas
si la ministre comprend ma préoccupation.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Écoutez, compte tenu de
l'heure, on va poursuivre les travaux cet après-midi, vous allez pouvoir
répondre à la question. Étant donné qu'on approche notre... Je pense que la
question va... la réponse va demeurer quand même assez élaborée.
Alors, compte tenu de
l'heure, nous allons suspendre nos travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
12 heures)
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des relations avec les citoyens reprend ses travaux. Nous allons, donc,
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi
modifiant la Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions
législatives.
Alors,
lors de notre suspension, la suspension des travaux en avant-midi, on était sur
l'article 7, paragraphe 1°. Nous étions sur une intervention de la
députée de Sherbrooke. Je veux juste rappeler qu'on était sur le paragraphe 1°.
Le paragraphe 2° va
être étudié dans le bloc... si ma mémoire est bonne, le bloc 2. Donc, on
va répondre aux questions, on va
intervenir sur la première partie, donc le paragraphe 1°. Et
vous étiez à répondre, Mme la ministre. La parole est à vous.
Mme Bélanger :
Oui. Bien, en fait, peut-être juste, là, dans le fond, se rappeler que le
premier alinéa de l'article, là, touche vraiment le premier paragraphe. Donc,
on serait prêts à aller pour le deuxième paragraphe. Est-ce que vous voulez que
je lise l'article? Est-ce que... Juste me... Non?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Non, non, non.
Mme Bélanger :
Qu'est-ce que vous voulez faire, là?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Je vais juste reprendre. Pour le
moment, on étudie le premier paragraphe. Donc, si vous avez à répondre, c'est
sur le premier paragraphe.
Après ça, on va suspendre cet article-là, on va
poursuivre. Je vais... Est-ce que vous voulez intervenir?
Mme Bélanger : Moi, je n'ai pas
de commentaire par rapport au premier paragraphe. Je les ai faits tantôt.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Je vais laisser la
députée de Sherbrooke... une dernière intervention?
Mme Labrie : Oui. En fait, moi,
c'est parce que, dans l'article 8 qui est modifié par l'article 7 du
projet de loi, il y a plusieurs paragraphes. Moi, j'ai bien compris que, là, on
se penche juste sur le premier paragraphe de l'article 7, qui modifie le
premier paragraphe de l'article 8, mais moi, j'ai un commentaire sur un
morceau de l'article 8 qui n'est dans aucun des deux paragraphes de
l'article 7. Je veux poser ma question là-dessus. Je l'ai posée tout à
l'heure au micro. Si vous me dites que ce n'est pas le bon moment, je vais la
reposer tout à l'heure, quand on va revenir à l'article 7, pour parler de
la suite, mais, dans tous les cas, le paragraphe sur lequel je pose une
question, il n'est pas modifié. Ça fait que moi, je veux... j'ai quand même le
droit d'intervenir là-dessus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez reposer votre question pour être
sûre qu'on a bien compris?
Mme Labrie : Je peux la
reposer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Labrie : Oui, je vais la
reposer. Donc, là où j'interviens, c'est que, dans l'article 8 qu'on est
en train de modifier avec cet article-là, il est question du rapport, qui doit
indiquer plusieurs choses. Cependant, le rapport ne nous permet pas de savoir
ce qui est fait dans les cas de refus. Ça nous... Ça va nous permettre
d'obtenir des informations sur le nombre de
demandes d'aide médicale à mourir formulées, le nombre de demandes
administrées, puis d'avoir les motifs pour lesquels ça n'a pas été
administré, parce que ça va arriver que des demandes soient refusées.
Ce que je disais tout à l'heure, avant qu'on
suspende, c'est qu'on peut supposer que, quand même, quand les gens font la
demande, c'est parce qu'ils vivent certaines souffrances. Après ça, c'est
possible que la demande ne soit quand même pas acceptée, mais, si la personne a
fait la demande, c'est qu'elle souffrait.
Moi, ce que j'aimerais qu'on fasse, c'est qu'on
s'assure que ces personnes-là, même quand il y a un refus, qu'on va prendre les
moyens de tenter de soulager ces souffrances-là quand même, d'améliorer la
qualité de vie de cette personne-là, à défaut de pouvoir répondre positivement
à sa demande d'aide médicale à mourir. Ce que je voudrais, c'est qu'on modifie
cet article-là pour que, dans le rapport annuel qui est fait, on puisse aussi
avoir de l'information sur ce qui est proposé, ce qui est mis en place auprès
des personnes dont la demande est refusée pour soulager leur souffrance, pour
améliorer leur qualité de vie. Et là, en ce moment, ce n'est pas prévu dans le
rapport. Je voudrais que ce soit ajouté au rapport annuel.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Merci. Juste
qu'on se rappelle où on était, effectivement. Alors, je comprends qu'avec les
éléments qui sont énoncés, là, dans le deuxième paragraphe, par rapport à quels
sont les éléments qui devraient être indiqués dans le rapport, vous
dites : Ce serait important d'ajouter, dans le rapport d'établissement qui
est fait de façon annuelle, dans le fond, les... je ne veux pas dire les
motifs, mais, une fois qu'une personne s'est vu refuser l'aide médicale à
mourir, vous souhaiteriez voir dans le rapport...
Parce que, là, dans le fond, c'est un rapport
qui est très succinct, hein? Donc, vous savez, c'est le nombre... vous voyez un
petit peu les indicateurs, là : nombre de demandes, nombre de demandes
acceptées, nombre de demandes refusées, nombre de demandes qui n'ont pas été
finalement... pour lesquelles on n'a pas été de l'avant parce que la personne
soit a changé d'idée, ou il est arrivé quelque chose, ou est décédée avant.
Mais là, en plus, on ajoute... C'est très standardisé, on va dire ça comme ça.
Vous souhaiteriez ajouter un élément pour dire... les personnes qui n'ont pas
reçu l'aide médicale à mourir parce qu'elles n'étaient pas... ne répondaient
pas aux critères, vous souhaiteriez qu'on
indique ce qu'on a fait. Je veux juste comprendre. Parce qu'on indique le
nombre de personnes pour lesquelles il y a eu un refus, mais vous
souhaiteriez indiquer, et c'est là, là, qu'il faut préciser, parce que l'idée,
c'est de ne pas être nominatif non plus, là, on s'entend. C'est un rapport
annuel qui est présenté en plus en séance publique et qui est, après, mis dans
le rapport annuel de chaque établissement. Dans le rapport annuel des CISSS et
des CIUSSS, il y a un
chapitre complet sur l'aide... sur les soins de fin de
vie et les demandes d'aide médicale à mourir. Donc là, j'essaie juste de voir
comment on pourrait... à moins qu'ailleurs, dans le projet de loi qu'on est en
train d'étudier, il y ait cet élément-là de façon spécifique.
Il ne faut pas oublier que la commission de
soins de fin de vie doit aussi faire un rapport annuel. Ça, c'est d'autre
chose. Il y a le rapport annuel à l'établissement et il y a le rapport annuel
fait par le président de la Commission des soins de fin de vie que je dépose
comme ministre à l'Assemblée nationale. C'est ce que j'ai fait en décembre. Peut-être que ces éléments-là pourraient
se retrouver aussi dans ce rapport-là. Ça dépend qu'est-ce qu'on...
c'est quoi... qu'est-ce qu'on veut faire, là, puis... Donc, c'est ça. Voilà mon
premier commentaire.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Ça pourrait
effectivement se retrouver ailleurs, la réponse à ce que je demande en ce
moment. Moi, en fait, ce que je veux éviter, c'est que la personne qui se fait
dire : Non, vous n'êtes pas admissible, ça soit juste ça puis que ce soit
terminé, que la personne reçoive un non et qu'elle reste dans sa situation,
dans un statu quo où elle souffre vraisemblablement, puisqu'elle avait quand
même initié une demande. Évidemment qu'il y a des motifs pour refuser ces
demandes-là, là, puis c'est correct aussi, mais on ne peut pas laisser la
personne comme ça. Je veux m'assurer qu'on prend les moyens dans notre loi pour
que la personne ne fasse pas juste recevoir un refus et qu'on lui dise : Bon, bien, c'est comme ça et c'est tout. Je veux
qu'on soit certains que les moyens seront pris pour dire : Bon, bien, la réponse, c'est non, mais voici
qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus, voici qu'est-ce qu'on vous
propose, par exemple, des soins palliatifs,
par exemple, autre mesure. Je veux qu'on s'assure qu'il y aura une reddition de
comptes là-dessus pour être certaine que ça va être fait, qu'on ne va pas
seulement donner la réponse à la personne et la laisser avec sa situation qui
était, de toute évidence, inconfortable puisqu'elle s'est rendue à faire sa
demande.
Ça fait que ce n'est peut-être pas à cet
endroit-là dans la loi. Si la ministre me dit que ce n'est pas le bon endroit
dans ce rapport-là, moi, je veux bien l'entendre. Peut-être que son équipe
pourra me dire comment on peut le faire, mais l'objectif poursuivi, en fait,
c'est que quelqu'un qui reçoit une réponse négative se fasse quand même
proposer d'autres manières de soulager ses souffrances. C'est probablement déjà
le cas dans la plupart des cas, mais je veux m'assurer que ce sera fait puis
qu'on puisse en faire le suivi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui.
Je comprends bien l'objectif de l'intervention. Si vous permettez, peut-être
que Me Bérubé pourrait répondre
en partie. Je dis «en partie» parce que... là où pourrait se retrouver la
préoccupation que vous énoncez.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? Après, je vais... Allez-y, Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Mathieu Bérubé, donc, avocat au ministère de
la Justice, là, affecté au ministère de la Santé et des Services
sociaux.
Premier petit élément, là, que j'aimerais vous
soulever, là, c'est... au deuxième alinéa de l'article 8, quand on précise
le contenu du rapport, il y a quand même le mot «notamment», donc, tu sais,
forcément que le rapport peut en contenir un peu plus. Donc, je pense que les
établissements pourraient être invités à en mettre un petit peu plus dans le
rapport. Il y a quand même cet aspect-là qui n'est pas à oublier.
L'autre élément, puis là on déborde, évidemment,
l'étude du bloc n° 1, je vous amène, là, dans le
projet de loi, à un nouvel
article qui est
inséré par l'article, de mémoire, 35 du projet de loi, c'est à
l'article 47.1... ça deviendrait, en fait, l'article 47.1 de
la Loi concernant les soins de fin de vie. À l'heure actuelle, chaque médecin
qui administre l'aide médicale à mourir doit aviser la Commission sur les soins
de fin de vie dans les 10 jours, là, de mémoire, là, de l'administration
du soin. Bon. Ce que propose l'article 47.1, qui sera étudié
ultérieurement, c'est d'obliger également un professionnel compétent, donc un
médecin ou une infirmière praticienne spécialisée, qui n'administre pas l'aide
médicale à mourir, par exemple, parce que les conditions de la loi ne sont pas
remplies, d'aviser la Commission sur les soins de fin de vie. Le dernier alinéa
de cet article-là, proposé, prévoit qu'en outre le professionnel, quand il
avise la Commission sur les soins de fin de
vie, doit également transmettre les renseignements qui sont prévus par
règlement du gouvernement. Donc, dans le règlement du gouvernement, il pourrait
être précisé d'obliger, par exemple, le professionnel à indiquer :
Assure-moi ou confirme-moi que tu l'as référé vers telle ressource ou telle
autre ressource. Ça fait que, comme ça,
l'information, elle serait connue. Évidemment, ça, c'est une information a
posteriori. Tu sais, le... si c'est réellement fait, ça, c'est autre
chose, là, mais l'information, là, après, serait connue aussi de cette
façon-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Écoutez, là, on déborde sur le deuxième alinéa. On était
toujours sur le premier paragraphe, c'est-à-dire, pas le deuxième alinéa, le
premier paragraphe, on déborde sur le deuxième, et c'est dans le bloc suivant.
Alors, je veux qu'on puisse terminer ce bloc-là puis qu'on puisse revenir à
l'autre. Les explications sont là. Est-ce que ça vous va pour le moment?
Mme Labrie : Non.
Bien, en tout respect, Mme la Présidente, je... En fait, c'est le paragraphe
dont...
L'alinéa dont je parle, ce
n'est aucun des deux paragraphes qui est prévu dans les blocs. Ça fait c'est
pour ça que j'en parle maintenant. Je n'ai pas l'impression, moi, d'être
sur un paragraphe dont on va parler dans un autre bloc. Il est à cheval entre les
deux. En tout respect, je pense que...
Bien, tu sais, si vous me dites : On va en
reparler plus tard, je vais en reparler plus tard, mais c'est juste... ça ne
sera pas non plus tout à fait au bon endroit à ce moment-là.
Là, moi, j'entends que l'avocat du gouvernement
nous propose de parler de ça à l'article 35. On y reviendra à
l'article 35 à ce moment-là. Mais moi, je vous dis d'emblée que la réponse
réglementaire ne me conviendra pas. Je vais
vouloir qu'on trouve une façon de l'inscrire dans la loi. Si vous me dites
qu'on en parle à ce moment-là, j'y reviendrai, mais ce ne sera pas
suffisant pour moi, la voie réglementaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : O.K. On est comme à cheval, un petit peu, entre les deux.
Merci. Je pense que j