Health and Social Services — 16 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
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27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 16 avril 2024
Vol. 47 N° 72
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Santé
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon matin à tous. Une belle
Assemblée ce matin. Ce serait le temps d'aller à votre cabane, M. le ministre,
là, pour...
M. Dubé : Je n'ai pas
compris...
Le Président (M. Provençal)
: J'ai dit : Ce serait le temps d'aller
à votre cabane. On pourrait faire un beau party. Ceci étant dit, ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la commission de la santé des services
sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du portefeuille Santé Services
sociaux pour l'exercice financier 2024-2025.
Une enveloppe de 6 heures a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Caron (La Pinière) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis) et M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
les questions et les réponses. À noter que la mise aux voix de ces crédits ne
se fera pas aujourd'hui. Il y aura une mise aux voix des programmes I, II,
III et IV ce jeudi, 18 avril, à la fin du volet Services sociaux et la
mise aux voix du programme V et de l'ensemble des crédits du portefeuille Santé
et Services sociaux sera réalisée à la Commission des relations avec les
citoyens, après l'étude du volet Aînés, le mardi 23 avril.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
M. le député de Pontiac, la parole est à vous.
M. Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Bonjour à tout le monde qui
est ici, au ministre, à ses équipes, aux députés présents et à tous les gens du
ministère et de tous les autres organismes qui relèvent de vous, M. le ministre.
Merci de vous prêter à l'exercice. Je sais que c'est un exercice exigeant pour
toutes les équipes. Alors, on remercie tout le monde qui a travaillé là-dessus
d'entrée de jeu.
Puis c'est vrai que c'est un exercice où
on ne sait pas trop où on...
M. Fortin : ...où on va s'en aller, hein, M. le ministre. Des fois, on
vous prend de court, des fois on pose des questions du champ gauche. Je vous
promets qu'on ne parlera pas des dindons en CHSLD aujourd'hui. On va garder ça
pour le ministre de la Faune, peut-être, là. Mais il y a un... il y a un enjeu
dont... duquel je veux vous parler parce que c'est un enjeu qui affecte
beaucoup, beaucoup, beaucoup de Québécois dans leur quotidien, et ça, c'est la
difficulté d'avoir une consultation pour beaucoup de gens. Puis, si vous le
voulez, là, j'aimerais ça l'aborder de façon un petit peu différente.
J'aimerais ça qu'on essaie ensemble d'avoir un rendez-vous médical ce matin,
qu'on essaie... qu'on fasse l'exercice ici, là, puis j'encourage tout le monde
à le faire avec nous, là, on va essayer, comme un citoyen le ferait, d'avoir un
rendez-vous médical.
Alors, j'ai devant moi le site Rendez-vous
santé Québec, qui est la porte d'entrée pour beaucoup de gens, là, qui ont un
médecin de famille, à avoir une consultation avec leur médecin. Alors, si tout
le monde le veut bien... François, si tu veux te joindre à moi là-dedans, là,
mon fidèle recherchiste, je vais tenter de prendre un rendez-vous à Santé
Québec en ce moment, avec mon médecin de famille. Je suis un des chanceux au
Québec qui a un médecin de famille. Alors, M. le ministre, je vous... si vous
le voulez, je vous encourage à le faire vous aussi, juste pour voir comment
ça... comment ça fonctionne puis qu'on comprenne... Je pense, c'est utile,
oeuvre utile pour vous, je sais que vous le savez déjà, mais pour qu'on voie
comment ça fonctionne.
Alors, je suis sur le site de Rendez-vous santé
Québec. J'inscris mon nom, mon numéro de carte d'assurance maladie, qui est...
que je connais par cœur parce que j'ai fait l'exercice hier. Je l'ai testé
quand même pour voir comment ça marchait avant de vous arriver avec ça.
C'est... En théorie, ce n'est pas compliqué. On inscrit notre numéro
d'assurance maladie, on inscrit notre date de naissance, on inscrit notre sexe
et on dit qu'on a lu toutes les conditions, ce que j'ai déjà fait. Et là ça me
dit : Vous avez un médecin de famille. Je ne la nommerai pas parce que je
ne veux pas la mettre... l'idée, ce n'est pas de la mettre «on the spot» comme
on dit, là. Et là je... ça me dit : Voulez-vous prendre un rendez-vous
avec votre professionnel de la santé? Et on doit choisir une raison : consultation
urgente, consultation semi-urgente, suivi, etc. Je vais dire suivi, O.K., pour
la simple... le bon fonctionnement, là. Disons, j'ai un enjeu de santé. J'ai
déjà été... J'ai déjà été voir un médecin, peut-être pas le mien, mais un
médecin, j'ai peut-être fait des prises de sang, etc., mais là le problème
s'aggrave. Alors, je retourne et je fais Rechercher. Et là c'est... c'est un
exercice risqué, je ne sais pas ce que ça va donner, là. Je ne peux pas
confirmer exactement ce que ça va donner.
Alors, voilà : Aucun rendez-vous
répondant à vos critères de recherche n'est disponible pour le moment. Alors,
ça, c'est pour moi, à partir d'aujourd'hui, en avant-midi, en après-midi, en
soirée, pour un rendez-vous pour un suivi avec mon médecin de famille. Ce n'est
pas anormal ce qui vient de se passer là, hein, M. le ministre? Ça arrive
régulièrement?
• (9 h 50) •
M. Dubé : Ça arrive
régulièrement.
M. Fortin : O.K. Vous n'êtes pas en train de le faire avec moi, là,
hein?
M. Dubé : Non, non non, parce
qu'on n'a pas la même clinique. Moi, je ne passe pas par Rendez-vous santé. On
pourra en discuter un peu plus tard, là, parce que là vous parlez d'un cas
spécifique, mais je vous laisse... je vous laisse continuer.
M. Fortin : O.K. Mais il y a une option ici qui est intéressante, ça me
dit : Voulez-vous prendre un rendez-vous avec un professionnel de la santé
de mon groupe de médecine de famille? Et, pour la... pour la référence, là, mon
médecin de famille, il est dans... elle est dans un des plus grands GMF de
l'Outaouais, là. Il y a une bonne... une bonne vingtaine de médecins, une bonne
trentaine de médecins qui oeuvrent là. Alors, ça me dit, je peux... je peux
faire la demande pour un autre médecin à cette clinique-là. Aucun rendez-vous répondant
à vos critères de recherche n'est disponible pour le moment. Bon. Et là ça me
dit : Voulez-vous prendre rendez-vous dans une clinique à proximité?
Alors, je vais cliquer oui, je recherche encore, et on me donne des rayons, je
vais inclure 25 kilomètres, 25 kilomètres, et là je... moi, j'habite... et
cette clinique-là se trouve dans une des quatre plus grandes villes du Québec,
j'habite à Gatineau. Aucun rendez-vous répondant à vos critères de recherche
n'est disponible pour le moment.
Alors, qu'est-ce qu'on fait, M. le
ministre? Qu'est-ce que... Qu'est-ce que cette personne-là doit faire? Parce
que vous lui recommandez de ne pas aller à l'urgence. Vous recommandez à des
gens qui ont peut-être des petits problèmes de ne pas se pointer à l'urgence. Alors,
qu'est-ce que cette personne-là doit faire? Qu'est-ce que je dois faire?
M. Dubé : Mais j'apprécie
beaucoup l'exercice parce que c'est quand même un exercice qui a évolué
beaucoup avec les mécanismes qu'on a mis en place. Là, je pourrais vous dire
qu'on pourrait prendre, par exemple, le 8-1-1. Avec le 8-1-1... Puis là je ne
veux pas rentrer spécifiquement dans votre cas parce que vous, vous me dites,
vous avez un médecin de famille, vous êtes un des chanceux, vous êtes rattaché
à une clinique familiale, qu'on appelle une GMF, et c'est un très, très grand
enjeu. En ce moment, il y a plus de 6 millions de Québécois, comme vous, qui
ont un médecin de famille mais qui ont de la...
M. Dubé : ...bon. Alors, pour
pallier à ça, c'est pour ça, entre autres, qu'on a mis le GAP, hein, le guichet
d'accès pour la première ligne. Et je vous dirais que, si vous... on prenait le
temps, on pourrait dire : Bon, bien, maintenant on va passer par le 8-1-1,
qu'on a commencé il y a un petit peu plus qu'un an, où vous pourriez appeler.
Dans votre cas, vous êtes quand même un féru du... d'un site Web, vous êtes
capables de vous débrouiller, ce n'est pas tout le monde qui peut le faire,
mais dans votre cas, ce que vous pourriez faire, c'est passer par le même site
Web, entrer votre information et dire, un peu ce que vous avez rempli tout à
l'heure, c'est un petit formulaire qui est très simple à remplir, qui n'est pas
long, pour décrire ce que vous pensez, pourquoi... pourquoi vous voudriez voir.
Et là, à ce moment-là, le guichet d'accès, là, qu'on réfère au GAP, va vous
dire : Bien, vous êtes capable de prendre un rendez-vous... un, va vous
dire : Assurons-nous que je comprends bien votre besoin, hein? Parce que
c'est ça qui sert, là. Ce qu'on a appelé maintenant le GAP numérique, on est
passé d'un GAP téléphonique, où vous faisiez uniquement un appel, les gens nous
ont dit : c'est... les temps d'attente sont... sont longs, O.K.?
Des voix : ...
M. Dubé : Est-ce que je
continue, M. le député?
M. Fortin : Oui, oui, je vous écoute.
M. Dubé : O.K. Alors, on a
évolué énormément depuis un an et demi. On est passés d'un GAP téléphonique à
un GAP numérique. Alors, si vous vouliez le faire, on peut... on peut faire
l'exercice, vous pourriez rentrer votre GAP numérique, et là, à ce moment-là,
il y a quelqu'un qui va vous rappeler dans un certain délai. Ça dépend des
régions. Puis on pourra en discuter, parce que maintenant, c'est... les données
de temps d'attente du guichet sont dans nos tableaux de bord, c'est connu. Puis
on les améliore à tous les jours, là. Ils ont baissé. Les temps d'attente ont
baissé d'à peu près 50 %. Donc, ma réponse courte, parce que vous aimez ça
que je vous donne des réponses courtes, pour tous ceux qui ont des problèmes,
soit de contacter leur médecin dans un délai raisonnable parce qu'ils ont un
médecin de famille, ou ceux qui n'ont pas de médecin, ce qu'on a mis comme
outil temporaire, temporaire, je le dis bien, c'est d'être capables d'avoir un
rendez-vous avec... de prendre rendez-vous avec le GAP. Bon. Maintenant, le
GAP, comme je vous dis, si vous voulez faire l'exercice, on peut le faire. Et
je vous dis tout de suite que, dépendant où vous êtes, dans votre cas, par
exemple, en Outaouais, les délais sont de x. Puis on pourra le faire.
M. Fortin : Mais la... la...
M. Dubé : Je voudrais juste
vous dire, c'est qu'on a trouvé... pour répondre à votre question, on a trouvé
une solution temporaire qui permet à ceux qui ne sont pas capables de voir leur
médecin ou un professionnel de la santé dans un délai raisonnable, d'avoir un
autre outil. Et c'est pour ça qu'on a mis le GAP en place.
M. Fortin : Mais la réalité, là, c'est que moi, j'ai fait l'exercice
avec Rendez-vous Santé Québec, mon fidèle recherchiste ici a fait le même
exercice dans la ville de Québec avec ses données à lui, et ça donne la même
chose : dans un rayon de 25 kilomètres, il n'y a pas de rendez-vous
disponible. J'ai demandé à mon adjointe en circonscription, qui, elle, n'a pas
de médecin de famille, de se tourner vers le GAP. C'est son... C'est son
option, si elle n'a pas de médecin de famille. Là, vous allez me dire :
elle habite dans la même région que vous, alors les résultats risquent d'être
les mêmes. Effectivement. Alors, pour nous sauver du temps...
M. Dubé : Ah! pas... mais
pas...
M. Fortin : Mais pour nous sauver du temps, M. le ministre, là, j'ai
demandé... je lui ai demandé de faire le même exercice qu'on est en train de
faire, et elle a eu le même résultat de nous à travers le GAP. À travers le
GAP, là, c'est la même chose. Donc, la même chose s'est produite, elle a eu la
même réponse : Il n'y a pas de rendez-vous disponible dans votre région au
cours des prochains jours. Alors, une fois qu'elle passe... on passe par
Rendez-vous Santé Québec, ça nous dit : Vous n'avez pas accès. On passe
par le GAP, on dit : Il n'y a pas de rendez-vous disponible. Qu'est-ce
qu'on fait?
M. Dubé : Bon. Alors, on
continue l'explication parce que je pense qu'on va profiter de cette bonne
question là pour que les Québécois comprennent. Quand on a fait le projet de
loi 11 ensemble, c'étaient les mêmes personnes qui étaient là, de
l'opposition, puis sensiblement les mêmes, mes collègues, qui sont... qui sont
ici, on a dit : Est-ce qu'on est capables d'avoir des données pour
justement voir si nos médecins répondent dans des délais raisonnables, O.K.? On
a dit qu'un délai raisonnable, c'était d'avoir un rendez-vous en dedans de
36 h pour un cas jugé important. Vous vous souvenez de ça? Bon. On a signé
une entente avec les médecins dans les mois qui ont suivi ce projet de loi,
donc, pour mettre le GAP en place. Tant que les règlements du projet de loi
n'étaient pas édictés, acceptés, on n'était pas capables d'avoir ces
données-là. Il y a des gens, les médecins peuvent l'avoir, nos DRMG, qui font
un excellent travail, ont, mais moi, comme ministre, là, je n'avais pas ces
données-là. Je vous dis ça. Le PL 11 et ses règlements vont être publiés
dans les prochaines semaines.
Moi, maintenant, ce que je vais être
capable de voir, M. le...
M. Dubé : ...député. Puis je
pense que c'est important pour les Québécois de comprendre ça aujourd'hui. Je
vais être capable de voir dans certaines régions, puis peut-être que ça
s'applique chez vous. Est-ce que le délai de 36 heures est respecté pour
ceux qui ont un médecin, pour ceux qui n'ont pas de médecin? Et peut-être de
voir que, oui, les gens, nos médecins ont pris l'engagement de rendre des... de
rendre des rendez-vous disponibles, parce que l'enjeu que vous nous soulevez,
ce matin, c'est qu'il n'y a pas de rendez-vous disponible, même au 8-1-1. C'est
ça que vous me dites. Puis moi, je vous dis : Les médecins qui ont pris ce
qu'on a appelé la prise en charge collective, ils ont pris
900 000 patients, 900 000 patients
depuis l'entente qu'on a signée en mai 2022, et...
M. Fortin : Oui...
M. Dubé : Non, mais...
terminé pour que vous compreniez. 900 000 patients qui ont été pris en charge
avec l'engagement de donner donc un rendez-vous à ces gens-là au moins une fois
par année, 900 000 rendez-vous
divisés par cinquante quelques semaines, ça fait 20 000 rendez-vous par semaine. Moi, ce que je
vais savoir, dans les prochaines semaines, parce que je vais avoir maintenant
accès à ce cet outil-là, que je n'avais pas accès jusqu'à maintenant... juste
pour terminer?
M. Fortin : Oui, allez-y.
M. Dubé : Puis je vais
m'assurer que les médecins qui ont pris l'engagement de ces... de rendre ces
rendez-vous-là toutes les semaines, disponibles, est-ce que ça a été fait?
Jusqu'à maintenant, moi, je ne peux pas vous dire si ça a été fait, O.K.?
M. Fortin : O.K. Bien, voici, je veux nous ramener à la réalité de M.,
Mme, là, qui essaie d'avoir un rendez-vous. Donc, l'exercice qu'on a fait, là,
d'essayer de prendre un rendez-vous pour quelqu'un qui a un médecin de famille,
là, ça ne nous dit pas... à aucun moment ça ne nous dit : Tournez-vous
vers le GAP, O.K., ça fait juste dire : Il n'y a pas de rendez-vous
disponible. Il n'y a pas de rendez-vous disponible dans votre clinique puis il
n'y a pas de rendez-vous de disponible dans un rayon de 25 kilomètres. Ce
que le GAP dit, c'est la même chose. Puis peut-être qu'il va y avoir un rappel
de cette personne-là, mais ça, ce n'est pas indiqué non plus. Alors, cette
personne-là, elle fait l'exercice, elle va sur le GAP, et elle se fait
dire : Il n'y a pas de rendez-vous dans un rayon de 25 kilomètres.
Alors là, là, pour la personne qui ne va pas bien, qui pense que ça peut être
une urgence mineure, ça peut être un suivi, qu'est-ce qu'elle fait? Elle, là,
elle ne se fait pas dire : Vous allez avoir un rappel dans 36 heures,
comme ce serait peut-être le cas au téléphone. Passant par le GAP numérique, passant
par sans rendez-vous Québec, on ne le sait pas.
• (10 heures) •
Alors, moi, là, comme, je me mets dans la
peau d'un patient, je me tourne vers quoi? Il reste quoi? Il reste Clic Santé,
bien, clic santé, c'est la même chose. J'ai fait l'exercice pour avoir une
consultation médicale dans ma région, là, il n'y a que des cliniques privées.
Il n'y a aucune clinique publique. En fait, ce n'est pas tout à fait vrai ce
que je vous dis là, là, il y en a, des services publics, il y en a deux. Et si
je veux un examen de genou graphie, une infection... si j'ai une infection au
genou, ou encore si j'ai une conjonctivite. C'est les seules indications pour
lesquelles je peux consulter au public dans ma région, les seules.
Alors, qu'est-ce que la personne va faire?
Elle s'est tournée vers Rendez-vous Québec, Santé Québec, ça n'a pas
fonctionné. Elle s'est tournée vers le GAP. On lui a dit qu'il n'y a pas de
clinique. Elle s'est tournée vers Clic Santé, et malheureusement, ce n'est
pas... elle n'a pas un des trois symptômes pour lesquels elle peut consulter
gratuitement. Qu'est-ce qu'elle va faire? Vous le savez comme moi, elle va se
tourner vers l'urgence. On ne lui dit même pas qu'elle va avoir un rappel dans
36 h.
M. Dubé : Bon, écoutez, M. le
député, là, on va... on va se dire les vraies choses, depuis la mise en place
du GAP, autant les appels téléphoniques que les demandes numériques dont
j'appelais tantôt, il y a eu 1,6 million de demandes. Il y a
1,6 million de Québécois, depuis ce temps-là, qui ont trouvé la façon
de... de savoir s'ils pouvaient avoir un rendez-vous avec un médecin. Je vous
dis que l'enjeu, peut-être spécifiquement dans votre région, comme dans
d'autres régions au Québec, c'est le nombre de rendez-vous disponibles qui est
l'enjeu. C'est ça, l'enjeu. Et c'est pour ça que je vous dis :
Aujourd'hui, à deux semaines, moi, d'avoir les données parce que c'est... Je
parlais au DRMG pas plus tard que la semaine dernière, et DRMG, donc, vous le
savez, dans votre région, vous avez un directeur médical, qui lui, doit
s'assurer, avec le coordonnateur local, que les rendez-vous sont disponibles,
que les rendez-vous ont été ajoutés. S'il y a 1,6 million de Québécois qui
ont passé par le GAP, depuis un an et demi, il doit y avoir quelque chose qui
fonctionne. Est-ce que ça fonctionne parfaitement dans toutes les régions? La
réponse, c'est non. Vous en êtes la preuve. Mais l'information que les gens
maintenant ont accès comme alternative quand ils n'ont pas de médecin, c'est de
passer par le GAP. Notre vision...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Dubé : ...à nous. Puis c'est
ça qu'on va discuter avec nos gens à l'interne. Puis on a... on a un colloque,
là, d'ici deux semaines sur la première ligne, c'est qu'il faudrait passer...
éliminer l'intermédiaire par téléphone et d'aller tout de suite à l'équivalent
de Clic Santé dont vous parlez pour que le rendez-vous se fasse. Alors, je
sais, je vous donne...
M. Fortin : Mais l'équivalent de Clic Santé, là, il n'y en a pas de
rendez-vous dans le public. Il n'y en a pas.
M. Dubé : Oui, mais ce n'est
pas tellement le problème, il n'est pas informatique, c'est est-ce que les
médecins sont disponibles pour les rendez-vous? Moi, ce que je vous dis, c'est
que nos médecins se sont engagés à prendre 900 000 rendez-vous par le
GAP. Si, dans certaines régions, ces rendez-vous-là ne sont pas disponibles...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, monsieur, M. le ministre,
cette première intervention-là est terminée. On va maintenant poursuivre avec
le député de Rosemont.
M. Dubé : Très bien.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Pouvez-vous me rappeler combien de temps j'ai ici, là.
Le Président (M. Provençal)
: 13 min 30 s.
M. Marissal : Merci. Et
bonjour, en passant, je devrais commencer par ça. Bonjour. Bonjour, tout le
monde. J'ai les flash-backs du projet de loi n° 15, là, c'est... c'est
troublant.
En commençant, là, je vais prendre 30 secondes
pour dire qu'on a reçu le livre des crédits vendredi. Vendredi. On est mardi
matin. Je travaille avec une équipe de recherche... il y a une recherchiste
absolument extraordinaire et rigoureuse, mais il y a quand même des limites à
ce qu'on peut faire avec une fin de semaine, en plus, là. Vous l'avez eu quand
votre livre de crédits, vous, M. le ministre?
M. Dubé : Bien, moi, j'ai
passé toute la fin de semaine là-dedans, là, je ne le sais pas quand...
M. Marissal : Ce n'est pas
ça, la question. Ce n'est pas ça, la question. Moi aussi...
M. Dubé : J'ai fait comme
vous, M. le député, j'ai passé toute la fin de semaine là-dedans aussi.
M. Marissal : Non, non, on
travaille tous les deux, là. Ce n'est pas ça, la question. Vous l'avez eu
quand, votre livre de crédits, vous?
M. Dubé : Je l'ai... je l'ai
à tous les jours mon livre des crédits.
M. Marissal : Bien, voyez-vous
l'avantage que vous avez sur moi? Plus votre formidable équipe que je salue d'ailleurs,
mais...
M. Dubé : Bon, commençons
comme il faut, bonjour, tout le monde. Bon matin.
M. Marissal : Oui, bien là,
vous mangez mon... vous mangez mon temps, j'ai déjà fait les salutations.
M. Dubé : Non, mais on n'a
même pas eu le temps de se saluer.
M. Marissal : Non, mais, tu
sais, vendredi, ce n'est pas... ce n'est pas sérieux, M. le Président. Qu'on en
prenne note, là. Ce n'est pas sérieux, là, on parle du plus gros poste
budgétaire du gouvernement du Québec, là. Parlant de postes budgétaires,
question traditionnelle de tous les crédits depuis que je suis ici, HMR, c'est
quoi l'échéancier maintenant? On n'est plus en 2029, on n'est plus en 2030, là.
D'après ce que je comprends, on est en 2033, 2034. Juste pour que les gens de l'est
de Montréal le sachent, là, on est où là?
M. Dubé : Bien, je pense qu'on
respecte notre... notre agenda. On avait dit, puis, je pense, vous étiez là
quand on a fait l'annonce, que notre... notre échéancier pour 2024, donc c'est
cette année, c'est qu'on allait choisir non seulement nos conseillers
architecturaux, mais qu'on allait être en mesure de faire des travaux
préparatoires. Travaux préparatoires, M. Desbiens est là, si vous avez des
questions plus spécifiques, mais je peux vous répondre qu'on suit notre...
M. Marissal : Bien, alors M. Desbiens,
quel est l'échéancier maintenant de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont?
M. Dubé : Bon, l'échéancier,
c'est de faire des travaux préparatoires comme ils étaient prévus.
M. Marissal : Là, vous m'offrez
de poser une question à M. Desbiens, puis vous répondez à sa place.
M. Dubé : Ah, mais si le
Président vous laisse parler à M. Desbiens, je n'ai pas de problème, là. C'est...
ça prend un consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement?
M. Marissal : Bien oui.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. M. Desbiens.
M. Desbiens (Luc) : Bonjour.
Luc Desbiens, sous-ministre adjoint, infrastructures, équipements médicaux,
logistique et approvisionnement. Alors, M. le Président, l'échéancier va être
un échéancier par étapes considérant qu'on ne livrera pas tous de... les
différents bâtiments ou les différentes sections en même temps, mais je vous
dirais, l'échéancier est en... est en réalisation, là, est en élaboration, mais
on regarde dans le bout 2032, 2033.
M. Marissal : ...
M. Desbiens (Luc) : Oui, pour
la majeure partie. Oui.
M. Marissal : 2032, 2033.
M. Desbiens (Luc) : Oui.
M. Marissal : O.K., ça répond
à ma première question. Il n'y a pas juste HMR, là, il y a plusieurs hôpitaux
de moyenne taille, de grande taille. HMR, ça va être le... le plus gros, là,
de... des nouveaux travaux, là, mais il y a Saint-Jérôme, Maria, Drummondville,
Sacré-Coeur. Puis là répondez-moi pas qu'il y a de l'argent dans le PQI, là. Je
le sais qu'il y a de l'argent dans le PQI. Le PQI, comme je dis souvent, là, c'est
un peu le catalogue Sears de mon enfance, là, il y a tout là-dedans, mais tu n'auras
pas tous les cadeaux à Noël, même si tu coches toutes les pages. Ça fait que le
PQI, c'est facile de mettre l'argent là-dedans. Le PQI n'a jamais construit un
hôpital tout seul. Je m'étonne qu'il n'y ait pas d'échéancier pour de tels
montants. Ça fait que c'est quoi votre échéancier? Votre collègue à l'Énergie
nous a fait un échéancier assez précis la semaine dernière pour les lignes de
transport de courant. Il a pris 10 ans, il a dit ça va passer par telle
place... Pour les hôpitaux, c'est quelque part, à un moment donné, puis c'est
des milliards de dollars, on s'entend que c'est des milliards de dollars, là,
pour la prochaine...
M. Marissal : ...prochaine
décennie, 15 ans même. Alors, c'est quoi, le... votre échéancier, ou qu'est-ce
que vous annoncez, et quand?
M. Dubé : Bon. Bien, chacun
de ces grands projets-là, là, puis je vous donne des exemples, que ça soit par
exemple Vaudreuil-Soulanges ou que ça soit des... il faut regarder où ils en
sont dans l'étape d'analyse, O.K. Vous savez que la première analyse, c'est ce
qu'on appelle le «dossier d'opportunité», parce qu'on va regarder, dans le cas
de... Dans le cas de HMR, par exemple, le dossier d'opportunité, c'était de
dire : Est-ce qu'on a choisi le site? Ce qui n'était pas facile dans le
cas... Est-ce qu'on déménageait le site, vous vous souvenez, ou est-ce qu'on
restait sur le même site? Ça, c'est ce qui se décide au dossier d'opportunité,
puis ça, habituellement, l'échéancier est assez court, c'est des échéanciers
d'un an ou deux.
Un dossier, quand il va plus loin, là, on
passe au dossier d'affaires. Dans le cas de HMR, la bonne nouvelle, c'est qu'on
est passé au dossier d'affaires, mais le dossier d'affaires, lui, à ce
moment-là, on est capable de dire : On va avoir une confirmation de tout,
des coûts. En ce moment, on n'est pas capable... on peut donner un ordre de
grandeur de... un ordre de grandeur, ce n'est pas la bonne expression, mais une
bonne idée de l'échéancier, comme M. Desbiens vient de le faire. Mais chaque
cas est un cas d'espèce, dépendamment où il est rendu dans l'analyse, au DO, au
dossier d'opportunité, au dossier d'affaires ou en réalisation.
Quand on arrive à la réalisation du
projet... Et ça, pour moi, exemple, dans HMR, je reviens toujours à votre même
exemple, quand on aura eu le dossier d'affaires puis qu'on aura confirmé les
coûts, là, on est capable de mettre un échéancier précis. Et c'est pour ça que,
par exemple, on peut parler de Saint-Jérôme, qu'on vient d'inscrire en deuxième
étape, c'est une très, très bonne nouvelle pour les gens des Laurentides, mais
là on va passer des étapes de DO, DA, etc.
Mais donc, ma réponse courte, c'est :
Chaque dossier est un cas d'espèce, parce que ça dépend d'où il en est dans
l'analyse du dossier spécifique.
M. Marissal : O.K. Je vous
amène ailleurs. Vous avez vu le rejet en fin de semaine de l'offre qui avait
été faite, l'entente de principe qui a été présentée aux membres de la
FIQ : rejet à 61 %. Je comprends que vous ne voulez pas négocier sur
la place publique, je ne vous amènerai pas là, sauf qu'il s'est passé quelque
chose en fin de semaine. À
part le rejet, il s'est passé que ça a cassé à
l'endroit précis où vous vouliez que ça passe, c'est-à-dire la mobilité. C'est
ça qui bloque. De toute façon, pas besoin d'être Nostradamus, là, il s'agit
d'avoir deux, trois contacts pour savoir que ça ne passait pas, en particulier
dans les milieux urbains.
• (10 h 10) •
Et là, vous revenez avec ça, puis vous
donnez souvent l'exemple de Mauricie-Centre-du-Québec. Le problème, c'est qu'en
Mauricie-Centre-du-Québec, là, ça a créé... - je vais choisir mes mots polis et
parlementaires - ça a créé tout un brouhaha, là. Il y a eu à ce jour 200
démissions qui sont reliées, nous dit-on, à ce changement, des tests que vous
avez faits sur la mobilité. Revenez-vous avec ça? Vous y tenez, là? Ça, c'est
un... Ça, c'est un «deal breaker», comme on dit en anglais, là, c'est...
condition sine qua non, pour vous?
M. Dubé : Bien, écoutez, je
vais prendre les premiers mots de votre introduction, vous savez que je n'irai
pas commenter là-dessus.
M. Marissal : Là, c'est une
belle occasion d'envoyer un signal, parce qu'il faut recommencer, là...
M. Dubé : Bien, écoutez...
M. Marissal : ...puis on
veut, tout le monde, que ça marche, puis on voudrait qu'il y ait une entente.
M. Dubé : Oui. Bien, je pense
que ça... ça, vous avez raison, on veut, tout le monde, que... on veut que ça
fonctionne. Mme LeBel a rentré... a rencontré les syndicats dimanche soir, le
syndicat de la FIQ. Et moi, ce que je vous dis aujourd'hui, M. le député :
on va laisser... La FIQ, elle nous a demandé quelques semaines pour faire
l'analyse des résultats de son vote, ce qui est tout à fait normal, parce que
ça n'a pas voté de la même façon partout.
Je l'ai dit, je l'ai dit sur les réseaux
sociaux, je le répète clairement aujourd'hui, nos objectifs n'ont pas changé.
Ce qu'on veut, c'est une certaine flexibilité pour être capables de bien servir
nos patients et d'avoir un environnement correct pour nos employés. Je n'en
dirai pas plus pour aujourd'hui, on va attendre que la FIQ revienne avec leurs
commentaires.
M. Marissal : O.K. O.K., je
comprends. Je vous amène dans un sujet tout à fait connexe, là, qui est lié,
là. Moi, ce qu'on me dit sur le terrain, là, c'est que ça complique pas mal,
notamment, le sevrage des agences de placement, ça retarde pas mal tout. Les
mots qu'on m'a dits ces deux derniers jours, c'est : On n'y arrivera pas
pour octobre.
Moi, je vous tends la main, là. Je ne suis
pas là pour vous piéger, là, je veux que ça marche. Vous savez à quel point je
veux qu'on se débarrasse des agences dans... le plus possible, dans la mesure
du plus possible, vous le savez, là, on est là-dessus, puis là-dessus on
s'entend, M. le ministre. Question de se donner les moyens, là, est-ce que vous
avez un plan B? Parce que, de toute évidence, ça ne marchera pas en octobre,
puis ça serait bête qu'on se cogne le nez sur la porte au mois d'octobre...
M. Marissal : ...puis qu'on
fasse juste reconnaître que ça n'a pas marché. Puis moi, dans ma posture de
député d'opposition, là, je pourrais juste attendre ça puis dire :
Voyez-vous, le ministre s'est cogné le nez sur la porte. Mais j'aimerais ça que
ça marche pour vrai, puis que le monde revienne dans le réseau pour vrai, puis
pas juste des PAB, puis on en a besoin, de PAB, là, mais des infirmières aussi.
Ça fait que, c'est quoi, le plan B?
M. Dubé : O.K. Bien,
premièrement, j'en profite, là, pour vous remercier puis ainsi que les autres
députés de l'opposition, parce que si on a été capable d'avoir le projet de loi
n° 10 ensemble, c'est qu'on l'a fait ensemble. Les... Il y a deux étapes qui
étaient importantes pour, je dirais, se dédouaner de la main-d'oeuvre
indépendante, je vais le dire comme ça. La première étape, elle est arrivée
hier, après deux ans de travail, après des objections des agences privées qui
nous ont contestés dans l'appel d'offres, ont tout fait pour retarder le
processus, processus légal qui a été très complexe.
Malgré tout ça, on a
réussi, et hier, les tarifs maximums... depuis hier, les tarifs maximums
s'appliquent. Rappelez-vous que c'était...
M. Marissal : Ils sont passés
de 145 de l'heure à 79,80 de l'heure.
M. Dubé : Et voilà. Et voilà.
Donc, est-ce que c'est normal que ça brasse beaucoup dans le marché depuis les
jours qui ont précédé la mise en place des tarifs maximums? Je n'ai pas besoin
de vous dire qu'il y a des gens qui ne sont pas contents.
M. Marissal : C'est clair.
M. Dubé : Moi, ce que je vous
dis, on prend ça une semaine à la fois. M. Paré, qui est à ma gauche, que je le
salue, parce que je n'ai pas eu le temps de le saluer encore, avec M. Deschamps — je
veux en profiter pour en nommer quelques-uns — s'assurent, avec tous
nos P.D.G., en ce moment, que les tarifs maximums sont respectés. Parce que le
gouvernement doit être fort, doit être discipliné, doit être rigoureux pour
s'assurer que les tarifs maximums soient respectés. Si quelqu'un faisait des
profits importants, quand quelqu'un, je parle d'une agence, faisait des profits
importants, il était capable de payer un peu plus des employés. Et ces
employés-là, bien, maintenant, vont est obligés d'avoir des salaires ajustés
beaucoup plus conséquents avec ce qu'on paie dans le public. Donc, je vous
dirais, la question des tarifs maximums, c'était la première étape, et elle a
commencé hier, probablement un an plus tard qu'on voulait. Ça a été long, mais,
au moins, c'est commencé.
Bon, l'autre partie. On a déjà, puis grâce
au travail qui sont faits par les P.D.G., on a déjà récupéré à peu près 1000
personnes des agences qui sont revenues dans, disons, différents CISSS et
CIUSSS. Par exemple ici, dans la Capitale-Nationale, je pense que c'est plus de
250 qui ont été... Alors donc, moi, je vous dirais qu'il est un petit peu trop
tôt pour baisser les bras. Vous me connaissez, là, on a pris tout ce temps-là
pour faire ces changements là de fond que j'appelle souvent. Moi, je me dis,
les gens commencent à revenir. Est-ce que j'aurais aimé mieux que le règlement
avec la FIQ soit fait puis qui aurait été un autre message? Moi, je vais
laisser Mme LeBel travailler. Elle a... elle a fait un très bon travail dans
cette convention-là, ce n'est pas fini. Moi, je vous dirais : Allons-y par
les étapes qu'on a... qu'on a prévues, puis on va continuer.
M. Marissal : Mais est-ce que
vous partagez le sentiment d'urgence des gestionnaires sur le terrain qui
disent : On n'y arrivera pas... Ce n'est pas baisser les bras, ça, c'est
une question de regarder le calendrier puis dire...
M. Dubé : Non, non, mais
regardez, on est au mois d'avril, puis je viens de vous dire que c'est hier que
les tarifs maximums s'appliquent. Alors là, il y a des gens qui, peut-être
chargeaient, un CISSS ou un CIUSSS, à un 150 $ de l'heure, puis qui n'ont
plus le droit de faire ça. Alors, ils vont faire quoi avec l'employé?
M. Marissal : Je comprends,
puis il y a des infirmières, dans deux semaines, la prochaine paie, qui vont
voir qu'elles gagnent pas mal moins d'argent puis que ça peut-être leur tenter
de revenir. Je comprends ça, je comprends, ça...
M. Dubé : Mais j'aimerais
qu'il y ait des bonnes conventions collectives aussi. Alors donc...
M. Marissal : De ça, vous ne
voulez pas parler, alors...
M. Dubé : Ça, je n'en
parlerai pas. Voilà.
Le Président (M. Provençal)
: ...secondes.
M. Marissal : Wo!
M. Dubé : Mais vous allez
revenir, on passe la journée ensemble, ça fait que...
M. Marissal : Oui. Merci pour
tout de suite. Merci.
M. Dubé : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Je vais redonner la parole maintenant
au député de Pontiac.
M. Fortin : Merci, merci, M. le Président. Je veux juste terminer
l'échange qu'on a amorcé tantôt, là. Pour le patient, là, puis je vous pose la
question à vous, M. le ministre, mais il y a toutes vos équipes ici, pour ceux
qui ne peuvent pas voir, là, il y a énormément de gens du ministère de la
Santé, des organismes qui sont présents ici. Je vous pose la question à vous :
Pour ce citoyen-là qui veut... qui a une urgence mineure ou un suivi médical à
avoir, il s'est fait dire au Rendez-vous santé Québec qu'il n'y a pas de
rendez-vous dans sa région, s'est fait dire par le GAP numérique qu'il n'y a
pas de rendez-vous dans sa région. Il s'est fait dire à Clic Santé qu'il n'y a
pas de rendez-vous au public dans sa région. Qu'est-ce qu'il fait?
M. Dubé : Bon. Alors, moi, je
vais continuer, puis peut-être qu'entre autres docteur Bergeron...
M. Dubé : ...pourrait répondre,
mais je veux juste vous dire, là, le GAP, en ce moment, a répondu. Puis je vais
le répéter, là, il y a 1,6 million de personnes, ce n'est pas... ce n'est
pas rien, là, qui ont été... ont eu un bon service avec le GAP. Moi, ce que je
vous... puis je peux... je n'embarquerai pas dans ce jeu-là aujourd'hui, là,
parce que c'est un peu compliqué, moi, j'avais demandé si j'étais capable de
vous présenter le tableau de bord sur nos écrans, puis on m'a dit que ce
n'était pas possible, je ne sais pas pourquoi, là. Mais là, je pourrais vous
montrer qu'à l'échelle du Québec... puis je peux vous envoyer le tableau par la
suite si vous voulez, là, mais le temps d'attente au GAP, pour avoir une
réponse, il a diminué de plus que 50 % juste dans le dernier mois à cause
du travail qui est fait par nos équipes, M. de Lamarre, etc., puis je
pense que vous commencez à connaître... Ça fait que la réponse que je vous
donne aujourd'hui, c'est qu'il y a 700 GMF, 700 cliniques, on vient
de mettre les IPS, qui peuvent maintenant prendre des patients à charge, qui
n'était pas le cas avant, tout ça, on est en train de changer. Puis je pense
que dans certaines régions, ça fonctionne mieux que d'autres, dans d'autres, ça
fonctionne moins. Mais ce que je vais vous envoyer, si vous voulez, là, après
ou durant la journée, je vais vous envoyer ce graphique-là, qui est disponible
maintenant, là, de...
M. Fortin : Mais il n'est pas là. Là, vous êtes dans le... dans le
macro, là. Là, ce que je...
M. Dubé : Ah! je suis plus
dans le micro, là. Je veux...
M. Fortin : Non, non, mais vous êtes dans vos données générales, à
savoir c'est quoi le temps d'attente moyen du GAP, est-ce qu'il a réduit,
est-ce qu'il a augmenté. Ce n'est pas ça, ma question. Ma question, c'est pour
le citoyen qui s'est fait dire : non, il n'y en a pas. Puis ça, c'est le
citoyen... Mon voisin aujourd'hui, là, dans ma région, avec mon code postal,
là, il s'est buté à... s'il a demandé un rendez-vous médical, il s'est fort
probablement buté à la même chose qu'on vient d'avoir, l'expérience qu'on vient
d'avoir, vous et moi. Alors, qu'est-ce qu'il fait, ce citoyen-là? Parce qu'on
ne lui dit , là : Quelqu'un va vous rappeler en 36 h, sur le GAP
numérique. On ne dit pas ça.
M. Dubé : Moi, ce que... Je
ne sais pas, Docteur Bergeron, si vous voulez répondre. Mais moi, ce que je
vous dirais, il y a quelque chose que je ne comprends pas de votre point.
Est-ce qu'on peut prendre un cas spécifique à Gatineau puis...
M. Fortin : Ce n'est pas un... Ce n'est pas un cas spécifique. C'est...
Ça, là, c'est vrai pour tout le monde dans mon code postal qui a un médecin de
famille.
M. Dubé : Bien, c'est ça. Ce
que je dis, dans une région spécifique, je voudrais juste regarder quel est le
taux de réponse. Parce que ce citoyen-là, s'il a rempli son GAP numérique, un
petit formulaire, je ne sais pas si vous avez essayé de le...
M. Fortin : Oui. C'est très... C'est très court, vous avez raison.
M. Dubé : ...très court, il
devrait avoir une réponse qui dit : on vous revient. En ce moment, le
temps d'attente pour ça, là, c'est rendu à 12 h. Ça a déjà été 50 heures.
Alors là, on est rendus à un temps moyen de 12 h, c'est quand même une... Ça
veut dire...
M. Fortin : Mais...
• (10 h 20) •
M. Dubé : Je veux juste vous
préciser. Vous dites : Il n'y a pas de réponse. Il y a une réponse. Moi,
ce que je dis toujours : êtes-vous mieux de passer par le GAP que d'aller
attendre aux urgences? La réponse en ce moment, dans bien des régions, c'est
bien mieux de passer par le GAP. Un jour, vous n'aurez même pas besoin de ça.
Vous allez prendre votre rendez-vous directement. C'est ça qu'on est en train
de faire. Mais ça, c'est notre horizon 2025, à laquelle je reviens
souvent.
M. Fortin : Mais le problème, c'est qu'on dirige les gens vers
Rendez-vous Santé Québec, là. On dirige... comme gouvernement, là, on dirige
les gens vers Revenu Santé Québec.
M. Dubé : 10 % des gens,
M. le député, passe par les trois sites, dont Rendez-vous... 10 %. La...
M. Fortin : Oui. Mais, si j'appelle le 8-1-1, là, si j'appelle le
8-1-1, il y a des fortes chances qu'il me dise : vous avez besoin de voir
un médecin.
M. Dubé : Pas nécessairement,
M. le député. Il y a...
M. Fortin : Mais ça... Non mais c'est ça, je veux dire, il y a des gens
qui se retrouvent dans cette situation-là.
M. Dubé : Non, non. Non mais
c'est parce que je veux juste qu'on... Écoutez, votre point est bon, mais je
veux juste dire, moi, j'ai... j'ai des gens, là, qui ont accès aux données que
moi je n'ai pas. Alors, on m'a donné des résultats préliminaires, c'est pour
ça, j'ai hâte d'avoir les fameux règlements, parce que je vais le voir.
50 % des gens qui passent par le GAP numérique ne vont pas voir un
médecin. 50 %. C'est énorme, ce que je vous dis, là. Alors, moi, j'ai hâte
d'être capable de vous publier ces données-là, parce que les gens vont
dire : Bien, écoute, si c'est ça, l'alternative, en ce moment, de passer
par le GAP, bien, il y a de plus en plus de gens qui l'utilisent. 1.6 million,
ce n'est pas rien, là.
M. Fortin : Je vous rappelle votre... ça, c'est vos documents, là,
c'est des documents de la CAQ à l'élection de 2018, dans vos engagements, il y
avait redonner l'accès aux consultations sans rendez-vous dans les CLSC, les
cliniques réseau, les GMF, améliorer l'accès le soir et la fin de semaine dans
les CLSC, les GMF et les cliniques réseau. Rien de tout ça ne nous a été offert
dans le petit exercice qu'on vient de faire, là.
M. Dubé : Oui. Je viens de
revenir, là. On a... Vous n'aimez pas ça quand je dis ça, là. On a été frappés
par une pandémie, on a perdu des infirmières, on a perdu des médecins. Et là,
je vous dis que de façon intérimaire, d'ici 2025, où on va avoir accompli
d'être capable de prendre un rendez-vous aussi facilement qu'avec Clic Santé...
M. Dubé : ...il y a... il y a
900 000 Québécois qui ont cette alternative en ce moment. Les
médecins se sont engagés à leur donner des rendez-vous pour ceux qui n'ont pas
de médecin de famille. Ça fonctionne. Est-ce que ça fonctionne parfaitement? La
réponse, c'est non. D'ici l'été 2025, ces gens-là vont être capables de prendre
leurs rendez-vous aussi facilement qu'ils le faisaient avec Clic Santé. Moi, je
pense qu'on est en train de réaliser notre engagement.
M. Fortin : O.K. La réalité, là, c'est que la personne qui se bute à
tous ces... toutes ces portes-là, elle risque, elle risque de se tourner vers
l'urgence, elle risque. Il y a des gens... Vous leur dites : Ne faites pas
ça, ce n'est pas le cheminement... le cheminement idéal. Sauf qu'une fois qu'on
se fait dire non une fois, deux fois, trois fois, il y a beaucoup de gens qui
vont faire ça parce qu'ils sont inquiets de leur... de leur situation, ils sont
inquiets de leur situation de santé, puis c'est... c'est normal qu'ils veulent
être capables de consulter quelqu'un le plus rapidement possible. Puis c'est la
dernière chose qu'ils veulent faire, là. L'urgence... Chez nous aujourd'hui,
là, l'urgence la plus proche de... du code postal qu'on a essayé, là, le mien,
c'est 26 heures sur civière...
M. Dubé : Puis vous savez...
vous le savez parce que vous les... vous les regardez, les...
M. Fortin : ...c'est cinq heures et demie d'attente à l'urgence. Les
gens ne veulent pas faire ça.
M. Dubé : Moi, je suis
content un petit peu, M. le député, parce que maintenant que les statistiques
sont disponibles, vous pouvez me poser des questions, ce qui n'était pas le cas
avant.
M. Fortin : Bien, j'en ai une justement pour vous.
M. Dubé : O.K., allez-y,
allez-y.
M. Fortin : Le... Parlant des urgences, là, en décembre, vous avez réannoncé
ou annoncé la reprise des activités de votre groupe d'intervention sur les
urgences, la cellule de crise sur les urgences. Puis ça faisait des mois qu'on
vous parlait de ça, puis vous nous avez dit : Bien non, il y a M.
Delamarre maintenant, mais vous avez... je vous lève mon chapeau. Ça a pris du
temps, mais on s'est rendus. La cellule de crise est revenue. Mais, quand vous
avez relancé cette cellule de crise là, c'était pendant la période des fêtes,
c'était particulièrement difficile, il y avait des gens en vacances, etc., vous
avez dit : La situation n'est pas facile dans les urgences puis...
M. Dubé : Il y avait trois
virus.
M. Fortin : Exact. Trois virus, en plus. Puis vous nous avez dit...
M. Dubé : Il y avait trois virus,
pas un, pas deux, trois.
M. Fortin : ...vous nous avez dit à ce moment-là que la situation est
particulièrement critique à cause de tout ce qu'on vient de nommer, et il y a
trois... je vous cite, il y a trois hôpitaux sur 10, trois salles d'urgence sur
10 qui sont à plus de 150 %, puis il y en a qui sont en haut de
200 %. Alors, à ce moment-là où vous avez lancé cette cellule de crise là,
le taux d'occupation dans les Laurentides était de 149 %. Bien, ce matin,
il est de 157 %. Le taux d'occupation à Montréal, il était de 135 %.
Il est à 138 % ce matin. Le taux d'occupation en... Bien, tiens, je vais
m'en tenir à ça. J'ai d'autres régions que je pourrais vous nommer, mais
cellule de crise se penche surtout sur Montréal, le Grand Montréal. Alors, je
m'en tiens à ça.
La réalité, là, c'est que les taux
d'occupation n'ont pas changé tant que ça depuis, depuis cette saison-là où il
y avait huit, neuf, 10 facteurs, trois virus, des vacances, c'était la
saison difficile, c'était la saison de la grippe. Vous nous avez dit : Là,
là, c'est vraiment difficile, ça nous reprend une cellule de crise pour
remettre ça sur les rails. Mais la situation n'a pas changé pantoute. Pourquoi
ça ne s'est pas amélioré depuis?
M. Dubé : Bon, encore une
fois, je vais vous amener sur un des éléments... parce que vous parlez beaucoup
du taux d'occupation. Nous, ce qu'on regarde beaucoup, c'est deux... il y a
deux statistiques qui sont importantes dans les urgences, à
part le taux
d'occupation, c'est le délai sur civière pour ceux qui, malheureusement,
arrivent sur civière, ça, c'est un tiers des visites à l'urgence, et l'autre,
c'est ce qu'on appelle le prise en charge... la prise en charge. Vous arrivez à
l'urgence, vous avez un premier contact avec un... avec une infirmière puis
après ça avec un médecin.
M. Fortin : Sauf que ce que je vous ai cité, c'est votre citation à
vous, là.
M. Dubé : Mais je fais juste
vous répondre. Depuis... Puis je vais vous montrer un graphique. C'est
malheureux que je ne puisse pas les montrer à l'écran, là, mais vous... Le
séjour sur civière, depuis le «peak» dont vous parlez, là, fin 2023, début
janvier 2024, mon délai sur civière était de 22 heures, délai d'attente,
DMS, durée moyenne de séjour sur civière. En ce moment, quand vous regardez le
tableau, là, que... dont je vous donnerai une copie, qui est dans le tableau de
bord public que tous les Québécois peuvent...
M. Fortin : Je l'ai devant moi en ce moment...
M. Dubé : ...O.K., il a
baissé jusqu'à 16 heures dans les derniers jours. Notre défi... Puis ça,
c'est énorme de passer de 22 heures d'attente... Est-ce que c'est encore
trop, à 16 heures? La réponse, c'est oui.
Ça fait que ce que je veux vous dire, M.
le député, c'est que nos experts, là, les gens comme le docteur Bergeron, tout
ça, me disent : Taux d'occupation, c'est une chose, sur civière. Ce qui
est important, c'est comment le patient est pris en charge. Donc, prise en
charge, c'est un des éléments. Puis, deuxièmement, malheureusement, pour ceux
qui arrivent sur civière, est-ce qu'on est capables de les envoyer à l'étage le
plus rapidement possible? On s'est améliorés de cinq heures...
M. Dubé : ...depuis le...
depuis le mois de décembre. Je pense que ça, c'est un signal important qu'on
est en train d'améliorer les choses.
M. Fortin : Est-ce que... Au mois de décembre, quand vous avez relancé
la cellule de crise, vous avez dit : On va se rencontrer pendant
10 semaines, ça nous amenait au mois de mars. Est-ce que la cellule de
crise maintient ses activités maintenant?
M. Dubé : Oui, tout à fait.
Puis...
M. Fortin : Donc, continuez.
M. Dubé : Ah! tout à fait.
M. Fortin : Puis vous savez qu'un des rouages importants de votre
cellule de crise, c'est le docteur Boucher, hein, Docteur Boucher de...
M. Dubé : Oui, ils sont
plusieurs, mais docteur Boucher, c'est vraiment une personne qui nous a apporté
beaucoup de valeur, oui, effectivement.
M. Fortin : Qui est le président de l'Association des médecins
d'urgence du Québec, et lui dit, et il l'a dit à plusieurs reprises, qu'à
partir de 150 % de taux d'occupation, ça commence à être dangereux pour
les patients. Bien, ce matin, là, avec ce que vous nous avez dit, là, avec les
chiffres que vous nous avez présentés, l'hôpital de Gatineau, l'hôpital de
Papineau, le Jewish, le Lakeshore, l'hôpital de La Salle, l'hôpital général de
Montréal, le CHUM, Anna Laberge, Suroît, Berri, Cité de la Santé, Saint-Jérôme,
Saint-Eustache, Mont-Laurier, Mont-Laurier, qui est à 360 % d'occupation,
Thetford, Sainte-Anne-de-Beaupré et Trois-Pistoles sont au-delà de 50... de
150 %.
M. Dubé : Oui, mais là vous
me donnez... puis c'est correct, M. le député, là, on travaille et c'est...
c'est tellement granulaire de travail que docteur Bergeron fait en
collaboration avec M.... les statistiques du taux d'occupation, là, c'est les
taux d'occupation sur civière, c'est un tiers du volume à l'urgence. Notre
enjeu, aux urgences, il est dans l'ambulatoire.
M. Fortin : Mais êtes-vous en train de dire que vous n'êtes pas
d'accord avec le docteur Boucher quand il dit que c'est dangereux à partir de
150 %?
M. Dubé : Ce n'est pas ça que
je dis. Ce que je dis, c'est qu'il faut travailler sur les deux. Il faut
travailler sur les gens qui arrivent en civière. Je viens de vous dire qu'on a
enlevé 5 heures depuis le mois de décembre, 5 h. Je ne dis pas que ce
n'est pas important, au contraire, mais je dis qu'une... Parce que le taux
d'occupation, prenons l'exemple, là, on va dire, Anna Laberge, il y a une
capacité théorique de civières de 35 civières. Ça, ça veut dire le...
quand ça va bien, là, jusqu'à 35 civières à l'urgence, tout va bien. Le
taux de capacité, c'est : Est-ce qu'on est capable de dire : Bien là,
on en a mis dans les corridors? Il n'y a personne qui aime ça être une civière
dans le corridor. C'est là que vous atteignez 125 %, 150 %. Moi, ce
que je vous dis, ce qui est important, même si vous êtes dans le corridor, puis
on n'aime pas ça, là, est-ce que vous êtes capables de sortir le plus
rapidement du corridor puis de monter en haut? Ça fait que, oui, le taux
d'occupation est basé sur la capacité théorique d'une urgence qui a été
déterminée à un moment donné. Mais moi, j'aime mieux avec nos experts, incluant
le docteur Boucher, de dire : Est-ce qu'on travaille en amont de l'urgence
puis en... en aval pour être capable de monter ces patients-là le plus
rapidement possible?
M. Fortin : Ça fait...
M. Dubé : Et vous les avez
maintenant, ces statistiques-là, tous les jours, comment ça s'améliore.
• (10 h 30) •
M. Fortin : Ça fait plusieurs échanges qu'on a comme ça sur les
urgences, puis on en a parlé en commission parlementaire, on a parlé dans le
projet de loi 15, puis à chaque fois, vous nous avez répété, vous êtes
constant dans le message, là, que, s'il y a des urgences qui vont moins bien,
c'est, entre autres, à cause qu'ils ne mettent pas en place les recommandations
de la cellule de crise. Puis, à chaque fois, vous nous avez promis de nous dire
c'est quelles urgences qui ne mettent pas en place les recommandations de la
cellule de crise. Mais, à date, on ne les a toujours pas eus, ces documents-là.
Est-ce que c'est possible aujourd'hui, une fois pour toutes, là, de savoir
justement quelles urgences ne mettent pas en place ces mesures-là que vous
souhaitez? Puis quelles sont les mesures qu'ils ne mettent pas en place?
M. Dubé : Là, je vais passer
la parole au docteur Bergeron, mais je me souviens qu'on a discuté ça quelques
fois. Vous avez raison. Et je pense que je vous avais fourni... puis, si je ne
l'ai pas fait... parce qu'il me semble que je m'y étais engagé. Docteur
Bergeron, il y a une... c'est vous ou Michel Delamare qui le fait, il y a une
analyse qui regarde les différentes meilleures pratiques qui sont faites dans
les... dans les urgences, pour voir qui est rendu où. Pouvez-vous en parler
quelques minutes? Parce que...
M. Fortin : Mais vous prenez l'engagement encore de nous...
M. Dubé : Moi, honnêtement,
je pensais que ça vous avez été donné, mais je vais le vérifier parce
qu'habituellement je respecte mes engagements. Dr Bergeron, si vous donnez le
consentement, là, pour qu'il puisse parler.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour que Dr Bergeron
puisse parler?
M. Fortin : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Dr Bergeron.
1 min 30 s, pour donner la réponse.
M. Bergeron (Stéphane) : Stéphane
Bergeron, sous-ministre adjoint, Direction générale des affaires
universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques. Je pense qu'il est
important de comprendre que la cellule de crise à laquelle vous référez se
réunit encore régulièrement. Il y a eu une réunion encore vendredi dernier.
Elle se réunit aux deux semaines. Il y a une nécessité et un constat de
transformer la cellule de crise, parce qu'on constate que... Et les gens qui en
sont membres le réalisent pleinement et que les problèmes des urgences ne siéent
pas nécessairement au niveau des urgences. Il y a des... Il y a des... Il y a
des fonctions qui sont importantes en amont et en aval de l'urgence. Donc, il
faut inclure ces gens-là à l'intérieur de la discussion sur les... sur les
urgences. Mais il y a une volonté claire de pérenniser une cellule
opérationnelle qui...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Bergeron (Stéphane) : ...il
y a un focus sur comment faire en sorte de réduire la durée moyenne de séjour à
l'urgence, améliorer la prise en charge de l'urgence. Je pense que ce qui est
important de constater, c'est que, cette année, par rapport à l'année dernière,
il y a eu une réduction d'un peu moins d'une heure, mais c'est quand même
significatif quand on pense à 2,5 millions de personnes qui consultent dans les
urgences, il y a une réduction de près trois quarts d'heure de durée de séjour
sur la civière cette année par rapport à l'année dernière. Maintenant, les
urgences ont cette caractéristique de fluctuer énormément dans leur
achalandage.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron...
M. Fortin : ...ce que j'aime du Dr Bergeron, M. le Président, c'est qu'il
dit qu'il y a une volonté claire d'avoir à long terme, là, une cellule de
crise, ce qui n'était clairement pas le cas au mois de novembre quand on se
parlait de ça.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va poursuivre ce type de
discussion là plus tard. Maintenant, je vais céder la parole au député des
Îles-de-la-Madeleine pour 13 minutes 30.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, merci à tous les collègues présents, M. le ministre,
vos équipes également. Alors, évidemment, c'est un exercice de reddition
comptes extrêmement important, un exercice annuel qui doit prendre appui, à mon
point de vue, sur les engagements du gouvernement à travers son plan santé et
surtout, de façon prioritaire, à travers son plan stratégique 2023-2027. Si on
veut valider la performance du réseau et du gouvernement dans la gestion de ce
réseau-là, on regarde un petit peu les objectifs qu'on s'est fixés. Et le
ministre, en mai 2022, nous a dit : Je vais ajouter un instrument de plus
pour pouvoir mesurer la performance du réseau, c'est-à-dire les nouveaux
tableaux de bord. Évidemment, c'est un
article qui était publié dans La Presse,
il disait qu'il fallait se dire les vraies affaires, regarder les choses en
face si on voulait vraiment améliorer le système. Il jurait d'être transparent
dans la transmission, la présentation de ses données.
Et face aux critiques qui avaient été
entendues sur l'absence de cible et d'échéancier dans son plan santé, il a dit :
Ça sera présent dans le tableau de bord. D'ailleurs, le tableau de bord qui
avait été présenté en mai 2022 comportait 14, 14 indicateurs et en dessous de
chaque indicateur, on voyait un bandeau rouge, donc place à l'amélioration par
rapport à un bandeau vert où les choses vont bien. Et on avait aussi des cibles
à atteindre qui provenaient du plan stratégique. On constate aujourd'hui, et
depuis déjà un certain temps, que sur la page des faits saillants du tableau de
bord, bien, les cibles sont disparues. Elles ont été remplacées par des
variations périodiques dans la plupart des cas. Alors, c'est un élément qui est
fondamental si on veut voir si le réseau est performant en vertu des cibles qu'on
s'est fixées et de connaître les cibles. Et, malheureusement, certaines des
cibles ont disparu non seulement de la page des faits saillants, mais des
indications supplémentaires dans les pages suivantes. Mais avant d'aborder le
tableau, puis j'aimerais aussi qu'on l'affiche, ce tableau-là, parce que c'est
très, c'est très important. J'aimerais savoir aussi ce que le ministre
pense de ce qui a été écrit dans le rapport sur les dernières années, comme on
appelle, le rapport annuel l'an dernier, alors qu'on avait comme cible à
famille. Parce qu'il faut rappeler que c'était ça, l'objectif gouvernemental de
l'époque 2019-2023, que 100 % des Québécois aient accès à un médecin de
famille. Mais les cibles dans le plan stratégique étaient fixées à 82, 83 84,
puis 85 % pour 2022-2023. La cible non atteinte dans le rapport était de
75, donc on est 10 % en bas de la cible qu'on s'était fixée, elle-même,
15 % de moins que l'engagement gouvernemental. On nous répondra qu'il y a
eu la pandémie, sans aucun doute, mais là, on s'est étonné.
Puis je vais demander au ministre s'il
trouve ça normal que, lorsqu'on fait le bilan de cette année-là où la cible, l'indicateur,
d'ailleurs, c'était le pourcentage des gens qui ont accès à un médecin, en
explication de la non-atteinte de cette cible-là, qu'on dise : En fait, ce
qu'on devrait considérer maintenant, c'est l'indicateur du pourcentage de la
population qui a accès à un service de première ligne, à la page 12, pour
adéquatement représenter l'état d'accès de la population québécoise à celle-ci
au 31 mars 2023, il y a 89,2 % de la population qui avait accès à un
service de première ligne. Donc, c'est près de 4 % plus élevé que la cible
de 85 %...
M. Arseneau : ...c'est un
mensonge. C'est faux. On ne peut pas dire que c'est 4 % plus que la cible
à atteindre de 85 % si la cible, c'était le nombre de... le pourcentage de
Québécois qui avaient accès à un médecin de famille. Comment le gouvernement,
le ministère peut laisser passer quelque chose comme ça?
M. Dubé : Très content de
pouvoir corriger plusieurs des choses qui viennent d'être dites, M. le
Président. Je vais commencer, premièrement, je pense que tous les Québécois
vont réaliser aujourd'hui que si on avait voulu avoir cette conversation il y a
deux ans, il n'y avait aucune donnée disponible, aucune donnée disponible.
Alors, notre gouvernement s'est engagé en mai 2022 à publier des tableaux, à
donner de l'information pour que les Québécois voient quel était notre état de
santé. Je suis très content aujourd'hui, M. le député, que vous soyez capable
de poser ces questions-là, parce qu'on est le premier gouvernement qui a rendu
ces données là disponibles. Premièrement. Donc, je suis content que vous me
remercier aujourd'hui d'avoir ces données-là disponible. C'est mon premier
commentaire.
Maintenant, on a ici dans la salle
quelqu'un qui s'appelle Marc-Nicolas Kobrynsky, qui a amené énormément de
valeur au ministère pour être capable justement d'avoir ces tableaux de bord
là, pour qu'on arrête de regarder ça par silos, par CISSS et CIUSSS, et que les
Québécois voient l'ensemble de ce qu'on est en train de faire dans le réseau de
santé. Je le salue. Lui et ses équipes ont fait un travail extraordinaire.
Alors, de dire qu'il publie des données qui sont fausses, là, je trouve qu'on
va un petit peu loin, M. le Président, je fais juste le mentionner.
Maintenant, ce qu'on fait, comme dans
toutes les grandes organisations, M. le député, c'est d'améliorer notre
information. À chaque fois, moi, je demande à M. Kobrynsky, je demande à
M. Bergeron, je demande à tous ceux qui sont au niveau médical :
Est-ce que l'information qu'on donne pourrait être améliorée? Alors, on a ce
qu'on appelle, nous, un tableau interne, tableau interne. Et dans ces
données-là, on regarde comment ça fonctionne. Puis quand on a assez de qualité
de l'information, là, on dit : On va mettre cette donnée là publique. On a
fait ça, on est... on publie, M. Kobrynsky pourrait vous le dire, à peu
près aux deux semaines, on met un communiqué très clair des changements qu'on
fait sur nos données. C'est clair.
Quand vous dites que les cibles ont
disparu, là, je veux juste corriger aussi, les cibles, elles sont toutes dans
les onglets de support. Ce qu'on a voulu montrer aux Québécois, parce que c'est
ça qui est important, les cibles y sont, par exemple les données de première
ligne, les données sur les urgences, ces cibles-là sont toutes dans les
onglets.
• (10 h 40) •
M. Arseneau : Bien, moi, si
vous permettez, parce qu'on va équilibrer le temps.
M. Dubé : ...
M. Arseneau : Je pense que
c'est important. Vous avez voulu me corriger. Je vais vous corriger moi-même.
J'ai le tableau devant moi, et si vous cliquez accès à un service de première
ligne, aucune cible n'est là. Pourquoi? Parce que ce n'est pas l'indicateur qui
a été choisi par le gouvernement dans son plan stratégique 2023-2027,
parce qu'on dit : Qu'elles sont... quel est le pourcentage des citoyens du
Québec qui ont accès, qui sont attitrés à un professionnel ou un groupe de
professionnels? Dans le tableau, on ne parle pas de personne attitrée, on parle
d'accès à un service de première ligne, donc il ne peut pas y avoir évidemment
de transfert de cibles puisqu'on a changé l'indicateur entre le plan stratégique
et le tableau de bord. Pourquoi? Je veux juste donner deux autres exemples.
L'exemple de santé mentale. Nous n'avons pas de cibles pour la santé mentale,
nous n'avons pas de cibles non plus pour le soutien à domicile, et il y en a
d'autres.
M. Dubé : M. le député, je
reviens, toutes les cibles qui sont dans le plan stratégique auquel vous avez
référé sont indiquées. Quand vous avez sorti au salon bleu ou dans une... une
conférence de presse qu'on avait arrangé les chiffres, là, vous l'avez à peu
près dit comme ça, on est très clairs sur le document, puis je vais l'envoyer,
M. le Président, là, je vais envoyer cet onglet-là pour montrer qu'on est très
clairs parce qu'on a changé la loi en 2022. C'est ça qu'on a fait avec le
projet de loi, on a dit : Maintenant, c'est les médecins, les collèges des
médecins qui ont dit : Ce n'est pas si important que ça soit un médecin
qui prenne en charge, en autant que ça soit un professionnel de la santé. Et
c'est ça, maintenant, qu'on publie. On n'est... on n'est pas faux. Il y a eu un
changement dans la loi qui dit que, maintenant, et je le répète, il y a
900 000 Québécois qui sont très contents d'avoir accès à une prise en
charge collective. Alors, le pourcentage de 90 %, moi, je pense qu'on doit
en être fiers, et on l'a expliqué.
M. Arseneau : M. le
Président, le pourcentage de 90 % réfère à ceux qui ont accès à un service
de première ligne, selon la définition qu'on veut bien nous donner. Pourquoi
est-ce que c'est différent du plan stratégique qui lui a comme objectif, dans
quatre ans, d'atteindre 90 %, le même taux comme par...
M. Arseneau : ...hasard, le
chiffre est le même, comme si l'atteinte était déjà chose faite, mais ce n'est
pas le même objectif. L'objectif que s'est fixé le gouvernement...
M. Dubé : M. le député... M.
le député...
M. Arseneau : Je vais le
compléter, c'est important. Objectif 21, l'indicateur 21, pourcentage des
personnes attitrées à un professionnel ou à une équipe de soins de première
ligne, on part avec une mesure de base de 82 %, on... l'objectif, c'est de
90 % en 2026. Je regarde votre tableau, il n'est pas question du même
indicateur non plus que de cibles. Je vous dis que le plan stratégique ne se
traduit pas dans votre tableau, ce qui rend extrêmement difficile l'évaluation
de votre performance, parce que vous êtes l'évaluateur évalué qui modifie les
indicateurs à son gré pour voir un tableau qui est largement positif, alors que
les choses ne s'améliorent pas nécessairement.
M. Dubé : Bien, écoutez, moi,
je pense que les gens, là, les 900 000 personnes qui se sont fait
prendre en charge, là, allez leur dire que leur cas, où ils ne savaient pas où
appeler il y a quelques années, ce n'est pas amélioré. Moi, j'en rencontre des
gens qui me disent : ça s'est amélioré. Ce que je vous dis, c'est qu'entre
le temps où on a préparé le plan stratégique et qu'on a eu le projet de loi, il
y a des choses qui ont changé. C'est ça, le changement. On a... Il y a des gens
qui nous ont dit, dont le Collège des médecins : en autant qu'il y a un
professionnel de la santé qui soit disponible. C'est ça qu'on dit, là. Alors,
on n'est pas en train de faire des faussetés. Il n'y a pas personne ici, là,
dans toute cette équipe-là de fonctionnaires, qui me dirait : M. le
ministre, on n'est pas à l'aise avec votre approche. On est tous d'accord. On a
fait un projet de loi appuyés par le Collège des médecins. Alors, moi, de me
faire dire aujourd'hui qu'on publie des données qui sont fausses, j'ai un petit
problème avec ça, M. le Président, un petit problème avec ça.
M. Arseneau : M. le
Président, je n'ai pas dit que les données étaient fausses. J'ai dit que les
indicateurs étaient variables d'un mois à l'autre...
M. Dubé : Ouf! Je suis
content que vous... Je suis content que vous précisiez votre...
M. Arseneau : ...ou entre
2022 et maintenant. Mais il y a... Ce que j'ai dit, et je vais le rappeler, il
y a une manipulation des données. D'ailleurs, M. Kobrynsky, que vous avez
mentionné tout à l'heure, vous avez évoqué son travail tout à l'heure, a
justement commis un texte fort intéressant, auquel je vous réfère, dans
L'actualité, en 2018, qui s'appelait Les petites manipulations du ministère de
l'Éducation, concernant justement la publication de statistiques par le
ministère de l'Éducation. Puis curieusement...
M. Dubé : On est en
commission sur la santé ici, M. le député, oui?
M. Arseneau : Exactement. Et
curieusement, nous, on voit... quand, par exemple, il est question de données
en santé mentale, on voit que la liste d'attente maintenant, c'est... la liste
d'attente hors délai, il y a 9 400 personnes qui sont en attente en
date d'aujourd'hui. En fait, c'est le 24 février 2024. Il y a deux ans,
lorsque vous avez présenté le tableau, les personnes en attente pour un service
de santé mentale étaient 20 848, l'indicateur était au rouge. Aujourd'hui,
on a 9 421 personnes en attente, l'indicateur est au vert. On se
dit : les choses s'améliorent. La différence, c'est qu'on a scindé le
groupe de personnes en attente d'un service de santé mentale. À l'époque, il
n'y avait qu'une liste d'attente, aujourd'hui, il y a une liste d'attente
régulière et une liste d'attente hors délai. Ce qui fait que, si on regarde les
véritables chiffres des personnes en attente, ça n'a pas diminué, ça a
augmenté. Donc, plutôt qu'avoir 20 800 personnes en attente, on en a
aujourd'hui plus de 26 000. Pourquoi le ministère essaie-t-il, à travers
sa diffusion de statistiques, de nous faire croire que la situation s'améliore
avec un indicateur au vert, alors que, par rapport à il y a deux ans, on a plus
de 6 000 personnes qui sont en attente, 6 000 personnes
supplémentaires?
M. Dubé : Alors, on va
prendre... Je ne sais pas comment...
Le Président (M. Provençal)
: 30 secondes pour répondre.
M. Dubé : 30 secondes.
On va avoir la chance... parce que, s'il manque de temps, on va rencontrer
notre collègue, le ministre des Services sociaux en crédits cette semaine, je
pense que c'est jeudi.
M. Arseneau : Et il n'y a pas
de cibles à atteindre là-dedans, alors que dans le plan stratégique, il y en a.
M. Dubé : Oui. Alors, ce que
je vous dis, c'est que les cibles... puis on pourra le discuter avec le
ministre des Services sociaux, puis je vous enverrai les graphiques en
question, M. le député, pour pouvoir répondre à vos réponses.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: On va poursuivre maintenant avec le
député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Je n'irais pas jusqu'à dire que vos chiffres sont
faux, M. le ministre, sauf que vous choisissez les données que vous mettez sur
la place publique. Tantôt, on parlait des temps d'attente aux urgences, là.
Vous dites : On peut se baser sur le taux d'occupation sur civière, mais
vous choisissez de mettre de l'avant davantage le taux... le temps passé sur
civière. C'est correct, c'est correct, ce n'est pas faux, ce que vous nous dites,
mais vous choisissez l'indicateur qui paraît le mieux au moment approprié.
M. Dubé : ...député, je veux
juste corriger, là. Le taux d'occupation, toutes les données sur les urgences
sont dans le tableau bord public. Elles sont toutes là.
M. Fortin : Oui, c'est vrai.
M. Dubé : Elles sont toutes
M. Fortin :
Non, non, c'est vrai. Non, non, mais dans la discussion qu'on a eue tantôt,
c'est ce que vous avez choisi de faire...
M. Fortin : ...c'est correct.
M. Dubé : Non, non, mais je
veux juste... quand vous me dites que je choisis. S'ils n'étaient pas
disponibles, là, je pourrais vous donner raison. Mais le taux d'occupation, les
délais d'attente, tout est là. Sur la page couverture, ce qu'on appelle les
faits saillants, il a fallu choisir 15 indicateurs. Puis c'est ça, le
choix qu'on a fait, il y a deux ans, qui regroupent les services sociaux, qui
regroupent toute la santé mentale, la DPJ, nos urgences. On a fait un choix.
Mais, si des gens veulent en savoir plus sur l'urgence, ils vont dans l'onglet
des urgences, et toutes les statistiques sont là.
M. Fortin : Très bien. Et, bien, justement, sur les... sur les
urgences, là, votre... votre promesse phare, le chiffre que vous aviez choisi
de mettre de l'avant en campagne électorale, c'était 90 minutes à
l'urgence. C'était ça, le chiffre. Aujourd'hui, je regarde des... je regarde
l'étude de l'IADM, d'il y a quelques semaines, là. Et vous savez combien il y
en a, d'urgences au Québec qui atteignent le 90 minutes? Il y en a quatre.
Il y en a quatre sur... sur les 115, quatre sur 115 qui atteignent le
90 minutes. Le CSSS de la Minganie, le CLSC de Pohénégamook, le CLSC de
Grande-Vallée et le CLSC de Murdochville, c'est tout. Le Centre hospitalier Anna
Laberge, dont on a souvent discuté, là, lui, c'est 90 minutes,
90 minutes, 90 minutes... puis 60 minutes. C'est ça, le temps
d'attente à Anna Laberge. C'est 13 heures 4 minutes. Là, je vais
mettre tous les autres de côté, là, parce que c'est tellement hors norme, ce
qui se passe à Anna Laberge, là, que je crois que vous devez des explications
claires aux gens de Châteauguay, à savoir pourquoi ils sont à 8,7 fois le
délai que vous leur aviez promis. Parce que ce n'est même pas proche de ce qui
se passe dans tous les autres hôpitaux du Québec. Je crois que les gens de
Châteauguay sont en droit d'avoir des explications.
M. Dubé : Bien, écoutez, je
vais... on va se donner un petit cours d'urgence, là, que moi, j'ai commencé à
avoir il y a quelques années, là. Il y a cinq niveaux de priorité dans une
urgence, les deux plus importantes, P1 et P2, ça, c'est des gens qui arrivent
le soir en ambulance ou qui arrivent, puis ils sont vraiment amochés, un
accident. Je vais vous donner les temps d'urgences, là, pour P1 et P2, en 2020,
il était à 18 minutes.
• (10 h 50) •
M. Fortin : Là, vous parlez partout, au Québec, là?
M. Dubé : Partout au Québec,
18 minutes. Puis je pourrai vous donner ceux d'Anna Laberge, là, ils sont
dans les mêmes choses, 18 minutes. Depuis 2018, qu'on est au gouvernement,
le temps d'attente pour les P1 est passé à 14 minutes. Ça, c'est-à-dire
que quelqu'un qui arrive avec un trauma, quelque chose de très important, là,
on a réussi à baisser... on a réussi à baisser la prise en charge, ce qui est,
à mon avis, la plus importante. On veut que le patient soit sous contrôle. P2,
on est passé de 59 minutes à 1 h 12, O.K.? Alors, ce que je veux
vous dire, c'est que les P3, P4, P5, je n'appellerais pas ça les petits bobos,
là, parce que quelqu'un dirait : Ce n'est pas un... Dubé, ce n'est pas
docteur, là, il n'a pas le droit de dire ça, là, mais les autres cas, ça
représente 85 % de ce qui arrive à l'urgence. Et, quand on dit que les P3,
P4, P5, c'est ça qui nous donne des grands délais, c'est eux qui devraient
aller dans les GMF, c'est eux qui devraient être pris dans une clinique
d'infirmières.
M. Fortin : Mais ils se butent à ce qu'on vient de faire tantôt, vous
et moi, là.
M. Dubé : Bien, c'est
exactement ce que... C'est pour ça que je vous dis, M. le député : Vous
avez raison. Moi, ce que je vous dis, maintenant que je vais avoir les données
de ce qui se passe dans nos GMF, je vais être capable de voir il y a combien
dans chacune des régions, les gens qui sont capables de dire que les P3, P4, P5
ne devraient pas aller à l'urgence, mais devraient être pris en charge...
M. Fortin : Vous et moi, là, on va être d'accord, là, sur le fait que,
si on est capable d'enlever des gens de l'urgence puis de les envoyer ailleurs,
on devrait le faire. Les gens sont d'accord avec ça, ils ne veulent pas y
aller, à l'urgence, ils ne veulent pas, c'est le dernier recours. Mais encore,
votre promesse en campagne électorale, ce n'était pas pour des P1, P2. Vous
n'avez pas dit, en campagne électorale, je vais réduire le temps pour des P1,
P2, vous avez dit : Le délai moyen d'attente à l'urgence sera de
90 minutes. Et là, c'est 13 h 4 à Anna Laberge. Alors, je
reviens avec ma question : Pouvez-vous dire aux gens de Châteauguay que
c'est qu'il se passe à leur urgence?
M. Dubé : Bon. Alors, quand
on se disait... puis je ne sais pas si...
M. Dubé : ...Dr Bergeron veut
commenter, là. Quand on disait tout à l'heure qu'on a des endroits qui sont
plus difficiles que d'autres, pour une foule de raisons, c'est là qu'on met nos
énergies. Je ne sais pas si Dr Bergeron...
M. Fortin : Mais, dans ce cas-là... Puis je n'ai pas de problème à ce
que le docteur Bergeron donne un coup de main, là. Mais, dans ce cas-là,
toutes, toutes vos énergies devraient être à Anna-Laberge. C'est 13 h 4 min.
L'hôpital le plus proche, là, c'est Pierre-Boucher, qui est à huit heures, huit
heures, puis ça, déjà, c'est un cas problème. C'est le deuxième hôpital où le
temps d'attente est le plus long au Québec. Anna-Laberge est à 13 heures. Je
reviens avec ma question. Dites-moi ce qui se passe à Anna-Laberge.
M. Dubé : Le... Docteur
Bergeron, est-ce que vous voulez commenter? Parce que moi, je pourrais en
parler pendant des heures, là, mais...
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron, s'il vous plaît.
M. Bergeron (Stéphane) : Merci,
M. le Président. Je me permets ici une précision. On parle de 90 minutes. Le 90
minutes auquel on référait, c'était la durée de prise en charge médicale. La
prise en charge médicale à Anna-Laberge présentement, toutes clientèles
confondues, elle est de 2,4 heures pour la prise en charge médicale. Donc, je
veux... je veux juste qu'on... C'est les chiffres que le... mes équipes me
fournissent, là. Donc, je veux juste... je veux qu'on parle des bonnes choses,
là. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des délais de 13 heures, là, mais le
premier... la prise en charge, c'est le premier contact avec l'équipe
soignante, il est de 2,4 heures...
M. Fortin : La durée moyenne du séjour des personnes dans la salle
d'attente à Anna-Laberge, c'est 13 heures. 13 heures. Qu'est-ce qui se passe à
Anna-Laberge? Qu'est-ce qui se passe à Anna-Laberge?
M. Dubé : Mais c'est... O.K.
Il faut faire une différence. Docteur Bergeron, juste bien expliquer, là, le...
la différence entre la prise en charge initiale et le temps de traitement du
médecin, là, je pense, ça...
M. Fortin : O.K. Je reviens, là, O.K.? La durée moyenne du séjour des
personnes dans la salle d'attente à Châteauguay, c'est 13 heures. Est-ce que,
selon vous, c'est acceptable, oui ou non?
M. Dubé : La réponse, c'est
non.
M. Fortin : Qu'est-ce qui se passe? Pourquoi on en est là? Pourquoi
c'est complètement démesuré par rapport aux autres hôpitaux? Puis ça fait... en
tout respect, là, ça fait combien de temps, quatre ans que vous êtes en poste,
M. le ministre, quatre ans, puis c'est 13 heures. Pourquoi c'est encore 13
heures?
M. Dubé : À chaque fois, je
vous réponds la même chose. Je vais le faire avec beaucoup de patience
aujourd'hui, là. On a identifié les problèmes. On en a mis plusieurs, par
exemple, dans le p.l. 15, où on a dit que la gouvernance clinique devait être
modifiée, où il y avait, par exemple, des médecins qui n'étaient pas
disponibles... M. le député, vous n'aimez pas ma réponse, là, mais c'est pour
ça...
M. Fortin : Mais je vous écoute, je vous écoute.
M. Dubé : ...c'est pour ça
qu'on a fait p.l. 15, là. On a dit que la gouvernance clinique devait être
modifiée dans certains endroits pour s'assurer que, si un médecin n'est pas
disponible sur l'étage de nuit par exemple, bien, c'est sûr que les gens vont
attendre plus longtemps. Il y a des hôpitaux qui respectent plus ces protocoles-là
que d'autres. Alors, je ne veux pas mettre personne sous l'autobus en ce
moment, mais ça, c'est un des gros facteurs.
Un deuxième facteur, c'est le manque de
personnel. Le manque de personnel, M. le député, là, vous n'aimez pas ça, mais
tant qu'on n'aura pas finalisé nos conventions collectives, dont on ne parlera
pas aujourd'hui, c'est un autre facteur.
Alors, quand Michel Delamarre, ce
monsieur-là, là, qui est venu nous donner un coup de main, fait le tour des
différentes urgences, bien, il s'assoit avec les gens sur place puis
disent : Est-ce que c'est un enjeu en amont de l'urgence? Est-ce que c'est
encore pire? Par exemple, en Montérégie, est-ce que c'est parce que les
cliniques ont de la difficulté à traiter les P3, P4, P5, ou est-ce que c'est à
l'urgence même, ou est-ce que... dans nos réadaptations pour libérer nos lits?
C'est d'une complexité, M. le député, incroyable.
M. Fortin : Je suis d'accord avec vous. Je suis d'accord avec vous que
c'est d'une complexité incroyable. Là-dessus, là, on va s'entendre, ce n'est
pas simple.
M. Dubé : «Good.»
M. Fortin : Mais il y a deux choses. Vous venez de nous dire, là :
Toutes nos énergies sont mises sur les urgences où ils sont... qui sont
problématiques, O.K., puis il n'y en a pas de plus problématique
qu'Anna-Laberge. Il y a 13 heures d'attente... Puis je vais passer tout mon
bloc là-dessus s'il faut. Il y a 13 heures d'attente, il y a deux personnes qui
sont décédées en attendant de voir un médecin il y a quelques mois. Alors, il y
en a... pour moi, ça vaut ce que ça vaut, il n'y en a pas, d'urgence plus
problématique au Québec qu'Anna-Laberge. Alors, quand vous nous dites :
Toutes nos énergies sont mises là-dessus, là, il me semble qu'elle devrait être
en haut de la liste. De ce qu'on a su, le docteur... ou M. Delamarre n'est
toujours pas allé à Anna-Laberge. Il est allé dans plusieurs autres urgences du
Québec, mais il n'est pas allé à Anna-Laberge. Et ce que je vous demande encore
aujourd'hui, là, je crois que c'est la cinquième fois, à moins que je fasse
erreur, spécifiquement à...
M. Fortin : ...qu'est-ce qui mène à la situation actuelle? Qu'est-ce
qui fait en sorte que c'est si pire que ça à Châteauguay? Et qu'est-ce que vous
avez fait pour améliorer la situation, puis, de toute évidence, ce qui s'est
passé? Alors, qu'est-ce que vous allez faire pour améliorer la situation?
M. Dubé : Bien, je vais
continuer ma réponse.
M. Fortin : Non, mais votre réponse, elle est générale, elle est sur le
projet de loi n° 15.
M. Dubé : Non, non, mais
c'est parce que si, j'ai beaucoup de respect pour vous, là, si je peux
continuer, M. le député, là. Je vous ai parlé des... de deux facteurs, le
troisième, Anna-Laberge, on est en train de modifier l'urgence, on est en
train... Je ne me souviens pas c'est combien, le montant qui est mis en ce
moment pour être capable d'agrandir l'espace, d'agrandir l'espace, ça, c'est
très concret. Est-ce que ça...
M. Fortin : Ça, ça va être prêt quand, ça?
M. Dubé : Moi, je pense que
ça va être prêt cet été. Bon, alors... au mois d'octobre, mais je mets un peu
de pression, là. Alors, dans chacune de nos... Hein, vous êtes d'accord, M....
que je mets beaucoup de pression, vous êtes d'accord avec ça? Alors, ce que je
voulais continuer, M. le député, puis j'apprécie votre question, mais... Puis
c'est un peu la même chose au Lakeshore, Lakeshore, on a des problèmes
d'urgence. À un moment donné, quand M. Delamarre fait le tour avec ses
collègues, des fois, c'est des enjeux de personnel, des fois, c'est des enjeux
GMF dans la région et, des fois, c'est de l'infrastructure qui n'a pas été
investie. Ici, à Anna-Laberge, un des trois grands facteurs, c'est qu'il fallait
revoir l'urgence. On est en train de faire du modulaire pour être capable
d'aller plus rapidement. Et ce que je comprends de M. Desbiens, mon mois
d'octobre, il est bon. Oui. O.K. Alors, c'est ce que je vous dis. On en a, une
centaine d'urgences au Québec, une centaine.
M. Fortin : Oui, 115.
M. Dubé : Alors... Puis je ne
ferai pas de débat politique. Il y a peut-être eu un manque d'investissement
pendant plusieurs années. Nous, on a augmenté le PQI pour être capable de faire
ces investissements-là. On le fait en ce moment. C'est ce qu'on fait.
M. Fortin : On va avoir de la chance de faire le débat sur les
infrastructures de façon générale tantôt, là.
M. Dubé : Parfait.
M. Fortin : Est-ce que vous pensez qu'un agrandissement ou une
modification... un agrandissement, mais une modification structurelle, de
l'infrastructure, Anna-Laberge va mener à un temps d'attente moyen aux
urgences? Moyen, juste de revenir à la moyenne.
M. Dubé : Je pense que... je
pense que n'importe quel expert, incluant le docteur Bergeron ou M. Delamarre,
s'il était là aujourd'hui, va vous dire que c'est un ensemble de facteurs. Moi,
ce que je vous dis, c'est que l'infrastructure est importante. Récupération de
personnel, ça, pour moi...Une meilleure entente avec les médecins. On a fait
des changements au niveau, par exemple, du DSP sur place qui se sont faits, je
pense, c'est l'automne dernier. Il y avait vraiment une dynamique dans cet
hôpital-là qui était difficile. Il a fallu faire des changements. On demande
aux P.D.G. de faire ces changements-là parce qu'il y avait une dynamique qui
était difficile. Donc, c'est pour ça que je le dis, souvent, c'est une
combinaison de facteurs, M. le député, puis, comme vous pouvez voir, on est sur
le dossier.
• (11 heures) •
M. Fortin : Je vais laisser les gens de Châteauguay juger des réponses
et à savoir si c'est satisfaisant, là, mais... Mais, en tout cas, ils ont
entendu les chiffres, ils le savent, ils le vivent régulièrement. Je veux
revenir, il reste trois minutes, j'aimerais ça avoir une question... une
réponse claire, à savoir : Sur la question des médecins de famille, là,
vous aviez promis, vous avez reçu un engagement, vous avez fait une conférence
de presse là-dessus, la fameuse question du bobo unique, des gens qui peuvent
juste aller pour une affaire et qui se font dire : Non, non, vous
reviendrez. Vous repasserez par le Rendez-vous santé Québec, vous repasserez
par là, vous reviendrez. Quand est-ce que ça va être réglé, ça? Parce que ça ne
l'est toujours pas. On a encore des cas, puis vous en avez, je suis certain,
régulièrement, de gens qui nous écrivent, en disant: Bien, voyons, ça n'a pas
de sens, là, il faut que je revienne une deuxième fois pour un deuxième quelque
chose.
M. Dubé : Bien là, c'est moi
qui est content que vous posiez la question, parce que moi, j'ai soulevé ce
problème-là très souvent, M. Paré avec l'équipe du docteur Amyot, puis on
disait : Non, non, ça ne se peut pas, puis ça n'arrive pas, bien, ça
arrive.
M. Fortin : Ça arrive, on s'entend là-dessus, ça arrive.
M. Dubé : Alors, à chaque
fois, je lui demande : Docteur Amyot, avec vos collègues, là, pouvez-vous
passer le message que... Alors là, on a une chance, on a une chance, avec les
données qui qui vont être disponibles dans notre... dans notre système qu'on va
avoir accès aux données dans deux semaines, quand les règlements vont être
publiés, d'avoir ces statistiques-là, de les combiner, entre autres, avec les
données de la RAMQ. Parce que là n'oubliez pas, là, qu'on a mis plusieurs
projets de loi en place depuis deux ans. Le pl 5 nous donne maintenant accès à
des données.
M. Fortin : Oui, je sais que vous avez besoin de ces données-là, mais
vous avez pris un engagement que ce serait fini, l'enjeu du bobo unique. Alors,
à quel moment, ça va être fait?
M. Dubé : Bien, moi, ce que
je vous dis, c'est que je vais être capable maintenant d'avoir une discussion
très ordonnée avec la FMOQ pour leur donner des cas spécifiques. Dans certains
cas...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Dubé : ...que ça existe
encore. Et, quand on va faire une nouvelle mouture du GAP, une nouvelle mouture
du GAP, parce que, là, l'entente prend fin à la fin mai, puis il faut trouver
une façon de s'entendre sur un renouvellement, bien, je vais être capable de
vous dire : Maintenant, voici comment ça va être analysé puis ça va être
corrigé, ces situations-là. En ce moment, je n'avais pas... jusqu'à maintenant,
je n'avais pas, moi, accès aux données, et ce que je vais avoir dans quelques
semaines.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, nous en sommes
maintenant à la
partie gouvernementale. Alors, je reconnais la députée de
Bonaventure.
Mme Blouin : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre, bonjour à tous, chers collègues, des
deux côtés de la Terre. Bonjour aussi à toutes les équipes de travail ici
présentes, très heureuse d'être ici ce matin pour cet exercice tellement
important. Et, M. le Président, je vais me permettre peut-être une petite
remarque, là, avant de débuter. J'aimerais simplement inviter les collègues à
la prudence quant à leurs propos pour ne pas prêter d'intention au ministre et
aux équipes du ministère. Je dois avouer que les oreilles m'ont un petit peu
chatouillé tantôt lorsqu'on parlait de chiffres et de tableaux de bord. Donc,
si le chapeau fait à quelqu'un, qu'il puisse le mettre.
Cela étant dit, M. le ministre, je vais
vous parler d'un projet qui vous tient à cœur, je le sais aujourd'hui, il y a
un sujet en fait, c'est l'accès aux soins et aux services. Parce qu'en tant qu'élu,
c'est bien sûr notre devoir, hein, de s'assurer que notre système de santé
répond bien aux besoins de tous les citoyens en garantissant qualité,
accessibilité et équité. On sait que le réseau de la santé, c'est un pilier
essentiel de notre société puisqu'on offre des soins de santé de premier ordre
à travers la province, mais on sait aussi qu'il est confronté à des défis qui
sont complexes et bien sûr en constante évolution.
Depuis sa création, le réseau de la santé
a beaucoup évolué, hein, en passant d'un système centré sur les soins
hospitaliers à un modèle qui est axé plutôt sur la promotion, sur la prévention
des maladies et des soins communautaires. Donc, c'est une transition qui a été
marquée par des investissements majeurs dans des infrastructures, dans les
technologies médicales et les ressources humaines, pour renforcer la capacité
du système à répondre aux besoins diversifiés de la population. Mais, malgré
les progrès réalisés, notre réseau de la santé est confronté à plusieurs défis
critiques : l'augmentation de la demande des services, le vieillissement,
bien sûr, de la population, pénurie de personnel, les difficultés d'accès aux
soins et les pressions budgétaires sont autant de facteurs qui mettent à l'épreuve,
bien sûr, notre capacité à offrir des soins de qualité à tous les Québécois. Et
ce, quel que soit, vraiment, leur lieu... leur lieu de résidence ou encore leur
situation socioéconomique.
Alors, pour relever ces défis, on s'est
engagés à mettre en œuvre une série de stratégies qui visent à renforcer le
réseau de la santé et à améliorer la performance globale. Ça inclut des
investissements ciblés dans les infrastructures de santé, l'expansion des
services de soins de première ligne et communautaires, le recrutement et la
rétention du personnel médical, mais aussi paramédical et la promotion de
pratiques innovantes et axées sur les résultats. Au cours des dernières années,
on a alloué des ressources importantes pour soutenir ces initiatives, avec des
investissements très importants dans le domaine de la santé. Ces fonds ont
permis d'augmenter les effectifs dans les soins de première ligne, d'introduire
des nouvelles technologies médicales, d'élargir l'accès aux services de santé
mentale et de soins à domicile, et j'en passe.
Et je pense aussi que c'est important de
rappeler que la pandémie a mis en lumière à la fois les forces, mais aussi les
faiblesses de notre système de santé. On sait que la... permis a permis... la
pandémie, pardon, a permis de réaffirmer l'importance cruciale des soins de
santé pour la sécurité et le bien-être de notre population, mais tout en
mettant en évidence des lacunes dans notre capacité à faire face à des
situations de crises majeures. En contrepartie, elle a aussi catalysé l'innovation
et la collaboration au sein du réseau en stimulant la mise en œuvre de
nouvelles pratiques, de solutions aussi pour répondre aux défis posés par la
pandémie. Mais, malgré ces défis-là, on persiste à améliorer continuellement
notre système de santé, en collaboration avec les professionnels de la santé,
avec les intervenants communautaires et, bien sûr, la population québécoise.
Alors, on est déterminés à promouvoir l'équité en santé, à garantir l'accessibilité
des services pour tous les citoyens et à assurer la viabilité à long terme de
notre réseau de la santé pour qu'on puisse continuer à répondre aux besoins
changeants de notre société.
Évidemment, on le comprend bien, le réseau
de la santé, c'est un élément qui est fondamental dans notre société et qui
mérite toute notre attention et tout notre engagement également. Et c'est en ce
sens d'ailleurs qu'on continue à travailler sans relâche pour renforcer notre
système de santé, pour qu'il puisse continuer à servir les Québécois avec
compassion, efficacité et excellence. Alors, sachant tout ça, M. le ministre, j'aimerais
savoir d'abord, à votre avis, quels sont les principaux défis actuels auxquels
notre système de santé est confronté, mais aussi quelles sont les mesures
spécifiques qui sont envisagées pour y répondre.
M. Dubé : O.K., bien, c'est
une très, très bonne question. Je vais essayer...
M. Dubé : ...pour les éléments
clés.
Je vais vous parler de... du
vieillissement de la population. On a vu qu'on est une des sociétés au monde où
le vieillissement de la population est le plus important, avec le... avec le
Japon. Quand je regarde nos urgences, je vous donne un exemple, on a publié...
puis ça, c'est... c'est disponible, encore une fois, dans nos tableaux de bord,
on a vu clairement que les gens qui passent à l'urgence maintenant sont
beaucoup plus âgés qu'ils ne l'étaient il y a quelques années. Alors, la
clientèle de nos urgences a changé. Elle tient compte, justement ou
malheureusement, de ce vieillissement de la population là. Des clients, des
patients plus âgés qui ont plus de maladies chroniques, qui ont passé à travers
une pandémie et qui arrivent à l'urgence dans des conditions des fois beaucoup
plus difficiles. Mais ça, c'est sans tenir compte qu'on a plus de patients
aussi. Donc, le défi... et c'est pour ça qu'on l'a dit maintenant, quand vous
allez sur nos tableaux de bord, vous allez voir que c'est très clair qu'on a
plus de visites à l'urgence de notre clientèle vieillissante. Et c'est pour ça
que ma collègue, elle travaille... Tout à l'heure, je parlais de l'amont,
qu'est-ce qu'on peut faire en amont de l'urgence, c'est les soins à domicile.
Parce que, si nos personnes plus âgées, on s'en occupe bien à la maison puis
ils sont capables de rester à la maison, bien, ils ont moins de chance d'aller
à l'urgence. Donc, dans nos défis, je vous dirais que le vieillissement de la
population, particulièrement après quelques années de pandémie, c'est
probablement un de nos plus grands défis.
Dans les solutions, c'est sûr que, comme
je disais tantôt au député de Pontiac, puis, je pense, c'était une bonne
question aussi, on en a, des solutions. Les solutions, je viens de vous en
donner une, les soins à domicile. Ma collègue va passer... Mme la ministre
Bélanger va passer en commission cette semaine pour les crédits, va montrer
qu'on est rendus à peu près à plus de 33 millions d'heures de services en
soins à domicile. Et ça, si on regarde il y a quelques années, là, 2018, 2019,
on était à 22, 23 millions d'heures. Alors, quand vous prenez cette
augmentation de 10 millions d'heures, c'est des gens qu'on peut maintenant
donner un certain soin ou service à domicile pour mieux les servir, être
capables d'éviter justement qu'ils aillent à l'urgence. Ça, c'est un défi, mais
c'est aussi des solutions qu'on... qu'on met de l'avant.
• (11 h 10) •
Maintenant, si je vais du côté du
personnel, c'est certain qu'il nous manque encore... puis d'ailleurs, on le
publie clairement, encore une fois, dans nos données, il nous manque à peu près
20 000 personnes aujourd'hui dans notre réseau. Lorsqu'on regarde,
là, les différentes personnes, les infirmières, les préposés aux bénéficiaires,
les travailleurs sociaux, en fait, toutes ces personnes-là, qui peuvent donner
un meilleur service, si on avait plus de personnes, bien, c'est sûr que ces
20 000 personnes là, on n'est pas en attente de les trouver. Je
reviens toujours avec mes négociations de conventions collectives, c'est un
élément clé. J'espère qu'on pourra régler, mais en attendant, qu'est-ce qu'on
fait, est-ce qu'on participe, par exemple, avec... à former plus d'infirmières,
former plus de préposés aux bénéficiaires avec des bourses. On a dépensé des
sommes assez importantes au cours des dernières années pour être capables d'avoir
des bourses pour ces gens-là. Donc, encore une fois, l'enjeu, manque de
personnel, solution, est-ce qu'on peut améliorer les conditions de ce
personnel-là pour être capables d'avoir plus de monde et d'aller combler, je
dirais, à peu près 20 000 personnes qu'on a besoin sur le terrain.
Une autre solution que je trouve
importante, puis on a fait une annonce... Je ne sais pas comment qu'il me reste
de temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Cinq minutes.
M. Dubé : Cinq minutes. Je
voudrais juste... Puis vous avez peut-être une autre question, ça fait que je
vais... je vais terminer rapidement. Je veux juste vous donner le travail que
Mme LeBel fait au niveau du décloisonnement des professions. Regardez l'annonce
qu'on a faite la semaine dernière sur la prise en charge par les IPS, par les
infirmières. Où est-ce qu'elle est, ma collègue? Bonjour, Mme Dorismond. Cette
dame-là était tellement contente, Shirley était tellement contente de l'annonce
qu'on a pu faire. Mais ça a pris deux ans, deux ans depuis qu'on avait le
projet de loi qui a été fait par Mme McCann, puis ensuite, il a fallu faire les
règlements, etc. Et là, on a réussi à voir que c'est seulement celles qui sont
dans des cliniques IPS qui vont pouvoir prendre en charge. J'espère qu'on
pourra aller plus loin dans les prochains mois, mais ce sont toutes des choses
sur lesquelles on travaille. C'est comme, tu sais, je vous dirais, on connaît
très bien les enjeux puis on...
M. Dubé : ...un peu ce que je discutais
avec le député tout à l'heure, on a une foule de solutions, mais elles ne vont
pas toutes à la même vitesse. Et, quand ces solutions-là arrivent, comme
l'exemple que je vous donne avec les IPS, c'est parce qu'il y a quelqu'un, Mme
McCann, il y a quelques années, qui a fait un projet de loi, il y a Mme LeBel
au Trésor qui fait le décloisonnement des professions, il y a le ministère de
la Santé qui trouve des façons d'ouvrir une dizaine de cliniques IPS dans la
dernière année, d'en ouvrir huit ou neuf cette année. C'est un ensemble de
mesures qui va faire qu'on va être capables de répondre aux défis
d'augmentation de vieillissement de la population puis en même temps de mieux
servir cette clientèle-là. Ça fait que c'est ça, ma... Défis, solutions.
Mme Blouin : Merci. Merci
beaucoup, M. le ministre, et bravo aussi pour ces éléments-là mis en place.
Vous le savez, hein, je suis une députée qui représente une région, en
Gaspésie, pour ne pas la nommer, bien évidemment, la plus belle au Québec. Alors,
c'est très important pour moi de savoir comment le gouvernement compte aborder
les particularités régionales dans l'implantation de Santé Québec. Et, dans un
deuxième temps aussi, comment est-ce qu'on va s'assurer de répondre aux
particularités spécifiques de chaque région?
M. Dubé : Il me reste combien
de temps?
Le Président (M. Provençal)
: Deux minutes.
M. Dubé : Deux minutes. Là,
on dirait que c'est une question qui vient du député de Pontiac, parce que,
dans p.l. 15, hein, le député de Pontiac, avec raison, a beaucoup parlé de
comment faire la représentation, moi, je vous... des régions. Il y a deux
éléments, puis ça, c'est exactement en ligne avec ce que Michel Clair, que mes
collègues, ici, de l'opposition... vous vous souvenez, ceux qui étaient avec
moi, il est venu dire : Ça prend une meilleure représentation régionale,
autant dans les conseils d'établissement, donc dans votre CISSS, par exemple,
pour la Gaspésie, mais aussi au conseil d'administration. Le député de Pontiac
avait demandé très clairement, puis on va le réaliser, parce qu'on est en train
de finaliser la question du conseil d'administration... s'assurer qu'il y a au
moins quatre personnes sur le conseil qui vont venir des régions, pas juste la
grande région de Montréal ou de Québec.
Alors, ma réponse courte : on a suivi
les recommandations... les recommandations, je dirais, de M. Clair, on a
répondu aux questions, entre autres, du député de Pontiac sur la représentation
régionale, puis, en plus, bien, je pense que vous allez voir, là, quand on va
nommer les gens en place, qu'il y aura, dans les conseils d'établissement, des
élus municipaux qui vont être capables... puis c'est un peu ce que M. Clair
avait demandé, d'avoir une meilleure représentant... représentation, pardon,
des élus municipaux sur nos conseils d'établissement, sur chacun des 34 CISSS
et CIUSSS. Et ça, on sera capables d'annoncer ça dans les prochains mois avec
la mise en place de Santé Québec.
Le Président (M. Provençal)
: Une minute.
Mme Blouin : ...rapidement,
j'aimerais que vous me parliez des mesures qui sont prises pour promouvoir
l'innovation et l'adoption des pratiques innovantes qui sont axées sur les
résultats. Je pense que c'est une grande question. Je ne sais pas si vous
pouvez nous nommer quelques exemples rapidement.
M. Dubé : Oui, puis on pourra
revenir, mais, pour moi, il y a deux choses. Il y a de continuer à faire la
recherche, qu'on a accepté, encore une fois, en p.l. 15, de laisser au niveau
de nos grands centres de recherche. Puis ça, je pense qu'il y a une expertise
dans l'Institut de cardiologie à Montréal, à Québec, je peux penser à
Sainte-Justine, au CHUM... On a décidé qu'on laissait la recherche dans ces
centres-là, et c'est eux qui en ont la responsabilité. Nous, on aura un rôle de
coordination.
Maintenant, ça ne veut pas dire qu'au
ministère, on ne peut pas avoir des groupes qui vont travailler sur
l'innovation. Puis je pense, entre autres, à des gens qui ont cette
vocation-là... au ministère, mais, comme il me manque de temps, je pourrai
revenir sur cette question-là.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous en sommes
maintenant à... au député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, merci, merci, M. le Président. En fait, j'aimerais...
j'aimerais changer de sujet un peu avec le ministre. Vous aviez fait, M. le
ministre, une annonce, juste avant la dernière élection, en matière de cancer
et vous aviez dit : C'est la fin des Pap tests. Votre collègue ministre
délégué ou associé... enfin, le ministre aux Services sociaux, là, avait dit
essentiellement : C'est une méthode révolue, les Pap tests. Vous aviez dit
qu'on passait au VPH au Québec. Disons que ça ne se déploie pas très
rapidement.
Alors, pouvez-vous, d'abord, là, avant
qu'on rentre dans le nœud du sujet, nous donner un état de situation? Vous êtes
rendus où avec ça? Il se passe quoi? Est-ce que ces tests VPH là sont
disponibles? Parce que votre annonce, je vous le rappelle, c'était il y a deux
ans.
M. Dubé : Oui, bien,
effectivement, je pense... puis je demanderai peut-être, là, de... au docteur
Bergeron s'il a des informations plus récentes que les miennes. Vous avez
raison, parce que, oui, je pense qu'on a répondu au principe de passer...
M. Dubé : ...ce qu'on appelle
les tests les VPH, là, puis sans rentrer dans le détail, c'est des tests comme
tout le monde sait, comme je le sais, moi, maintenant, je ne le savais pas
avant, c'est des tests qui sont beaucoup moins intrusifs pour dire le moindre.
De mémoire, de mémoire, puis là j'y vais de mémoire, on a trois régions
maintenant qui... qui ont implanté ces... puis je ne me souviens pas des noms,
ça fait que ce que j'aimerais, si vous permettez, demander à... au Dr Bergeron,
si vous vous permettez, de voir ceux qui l'ont déjà, hein, Dr Bergeron, là, je
pense... en tout cas, je le sais parce que j'en ai parlé souvent avec
M. Paré, qui était anciennement à Chaudière-Appalaches, ça, je ne me
trompe pas, ça, je vous le... vous l'avait déjà, mais j'aimerais ça, Dr
Bergeron ou M. Paré, si vous pouvez compléter la... la question du député.
M. Bergeron (Stéphane) : Merci,
M. le Président. Donc, actuellement, le test VPH en première intention a été
déployé dans trois régions : la région de Chaudière-Appalaches, en
Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent. C'est en cours de déploiement, c'est-à-dire
qu'à Lanaudière Sud également, ça a été déployé. Dans Lanaudière Nord, on se
prépare, là, ça va être probablement en début septembre. Et ensuite à Laval
également en 2024. Donc, on voit qu'on a un plan de déploiement. Il y a des...
il y a des appels d'offres qui sont associés à cela, parce qu'on comprend que
ce sont des... des machines spécialisées qu'on ne retrouve pas au... au magasin
du coin. Il y a un processus pour procéder à l'acquisition de ces appareils-là.
Mais vous voyez donc non seulement la volonté, mais la réalité du déploiement
qui est en cours à travers le réseau, graduellement.
M. Fortin : O.K. C'est quoi l'objectif final, la date finale, là, où
toutes les régions vont pouvoir l'avoir? Parce qu'effectivement, le ministre
l'a dit, là, c'est un test qui est beaucoup moins intrusif, qui est très
apprécié. Il y a une raison pour laquelle vous avez fait cette annonce-là, mais
là, deux ans plus tard, il y a trois régions qui l'ont fait. À ce rythme là,
dans 20 ans, on va peut-être y arriver. Alors, c'est quoi l'objectif, là?
M. Dubé : Ah, je pense que
vous le dites avec...
M. Fortin : Oui, bien sûr.
M. Dubé : ...avec... avec
humour, là, puis je vous connais...
M. Fortin : Un peu d'humour, mais... Oui.
M. Dubé : Un peu d'humour,
c'est correct. Je pense qu'on ne parle pas de 20 ans. Le plan que...
actuel, là, je pense qu'on connaît déjà toutes les régions que le Dr Bergeron
vient de présenter. Je pense que l'objectif, c'est d'avoir ça implanté partout.
L'enjeu, on l'a dit, c'est une question d'équipement aussi. Je pense qu'il faut
être capable de... Alors, je ne sais pas, M. Bergeron, si on a encore un
objectif, là, à l'intérieur de notre mandat. Moi, je parle souvent de
l'horizon 2025. Je pense qu'on est capables de respecter cet engagement-là
qu'on a pris à l'intérieur de notre horizon 2025, à moins que vous dites
le contraire, Dr Bergeron.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Provençal)
: Vous pouvez confirmer, Dr Bergeron?
M. Bergeron (Stéphane) : M....
M. le Président, donc, je confirme qu'on travaille toujours sur un horizon pour
un déploiement complet avant la fin de 2025. Évidemment, c'est toujours
tributaire des appels d'offres et de la capacité des... des compagnies de
fournir l'équipement, procéder à l'installation.
M. Fortin : O.K. 2025. Alors là, vous avez un plan région par région,
là, pour qu'en 2025 ce soit complété.
M. Bergeron (Stéphane) : La
réponse est oui.
M. Fortin : Pouvez-vous nous donner une cible intérimaire pour qu'on
puisse suivre vos travaux? C'est quoi les prochaines régions? Qu'est-ce qui
s'en vient?
M. Dubé : ...vous le
soumettre après, si vous voulez, là. Je pense que... laissez-moi le regarder
avec le Dr Bergeron. Puis, M. le Président, vous vous êtes bon, hein, vous
prenez toujours ces notes-là pour être sûr qu'on répond, ça fait que...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Dubé : C'est bon.
M. Fortin : O.K. Pendant qu'on est sur le cancer, j'ai quelques petits
enjeux, certains petits enjeux peut-être, ça peut paraître petit, mais ça a une
incidence assez grande sur les patients, là. Là, on a parlé du... du VPH, là,
pour un certain type de cancer. Le cancer du poumon, vous savez, le cancer du
poumon, c'est le cancer le plus meurtrier, là, ça fait des années, puis des
années, puis des années qu'il y a une toute petite subvention de
20 000 $ qui est... qui est offerte pour faire l'inventaire du radon
au Québec, pour savoir dans quelle résidence il se trouve. Et cette année, ce
financement-là n'a pas été octroyé à l'Association pulmonaire du Québec,
pouvez-vous nous expliquer pourquoi?
M. Dubé : Je ne sais pas.
Peut être, je vais demander à M. Bergeron parce que je sais qu'il y a eu
un enjeu au dernier budget, là, mais je voudrais peut-être juste...
Une voix : ...
M. Dubé : Ah, bon. Est-ce
que...
M. Dubé : ...Oui, c'est un
très bon point. Excusez-moi, je vais... je vais... Est-ce que je pourrais
peut-être demander à docteur Boileau, au niveau de santé publique, s'il peut
m'aider dans ça? Parce que je ne voudrais pas donner... Il me dit non. Il me
dit non.
Le Président (M. Provençal)
: ...consentement pour permettre au Dr
Boileau de donner la réponse?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Dr Boileau.
M. Fortin : On vous écoute.
Des voix : ...
M. Fortin : Je ne suis pas sûr qu'il consent lui-même, M. le Président.
M. Dubé : Bien, il se
débrouille bien, d'habitude, alors... Est-ce qu'il a accès à un micro? Oui.
M. Boileau (Luc) : Si vous me
permettez?
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Boileau (Luc) : Luc
Boileau, le directeur national de la santé publique, sous-ministre adjoint à la
Santé publique.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
M. Boileau (Luc) : Alors, la
question, c'est de savoir si on a réduit la subvention à l'Association
pulmonaire du...
M. Fortin : Ça fait des années que l'association pulmonaire reçoit une
subvention pour faire l'inventaire du radon au Québec. C'est une toute petite
subvention, c'est 20 000 $. Ça fait... C'est un petit... une petite
partie de ce qu'ils font. Mais cette subvention-là, elle n'est pas disponible
cette année. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi?
M. Boileau (Luc) : Malheureusement,
je ne suis pas en mesure de vous expliquer pourquoi. J'apprends ça là, là, je
ne sais pas. Il y a, des fois, des corridors nombreux du financement, donc je
suis embarrassé devant vous de ne pas avoir cette réponse exacte. Mais vous
avez raison, le radon, c'est une situation qui est connue au Québec, qui est un
facteur de risque. Mais je m'étonne de ça. On va vérifier puis on va vous
revenir, si vous permettez.
M. Fortin : Oui. Bien...
M. Dubé : Bien, pour... si on
n'a pas la réponse, on n'inventera rien, là. Moi, je vais vous avouer que je
l'apprends aujourd'hui en même temps, puis je regarde docteur Bergeron. Alors,
c'est une très bonne question, M. le député. Merci de le soulever. Regardez,
c'est parce que je discutais pendant que j'entendais la réponse, je pense qu'au
niveau de la Régie du bâtiment il y a quelque chose pour la question du radon,
en tout cas, il y a quelque chose à voir. Je voudrais juste voir si, des fois,
peut-être qu'une subvention a été transférée d'un groupe à un autre, là.
Alors...
M. Fortin : On se l'explique mal, étant donné justement l'importance de
l'enjeu, les montants qui sont relativement petits.
M. Dubé : Bien oui, puis
surtout, c'est ça, vous avez raison, on parle de 20 000 $, là, ici,
dans le budget de la santé. Il faudrait juste que je comprenne...
M. Fortin : Puis, si on... si on vous en parle aujourd'hui, c'est parce
que l'associat