House Proceedings — 21 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-04-21
Quebec — Debates (Hansard)
Emmie, nous tenons à te féliciter de tous les
sacrifices et ta motivation pour exceller dans ton sport, bien évidemment,
mais surtout pour le courage de t'exprimer avec coeur sur tes sentiments en ces
temps de pandémie si difficiles pour
nos jeunes. Nous sommes au salon bleu de l'Assemblée nationale, et soit
assurée que nous porterons tes mots, tes propos. Bon courage, Emmie.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Vaudreuil.
Maintenant, je reconnais M. le
député de Marquette.
M. Ciccone : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je suis fier de souligner la nouvelle entreprise-école Scoloco
du collège Sainte-Anne, à Lachine, qui fabrique des chaussures véganes et
éthiques à partir de cuir de pomme.
remarquable accomplissement est le fruit, sans jeu de mots, Mme la Présidente, de 140 élèves de quatrième
et cinquième secondaire et de leur
enseignante, Brigitte Dionne, qui souhaitait adapter l'enseignement dans toutes
les étapes d'un projet concret
d'entrepreneuriat afin d'outiller les élèves à la réalité du monde des
affaires. Les élèves ont fait preuve de leadership, de dynamisme et
d'intégrité en créant Scoloco, une entreprise écoresponsable qui produit des
chaussures tendance et éthiques dans le respect des animaux et de
l'environnement.
À noter que
les chaussures sont unisexes, dépareillées et qu'elles feront
partie de
l'uniforme scolaire dès l'an prochain. De
plus, la création de vêtements supplémentaires est prévue. D'ailleurs, je vous
invite à visiter le site Web scoloco.com.
Ce qu'ils ont accompli, Mme la Présidente, est
extraordinaire, et les chaussures sont magnifiques. Je tiens sincèrement à féliciter les 140 élèves et la
direction du collège Sainte-Anne pour cette initiative. Nous avons bien hâte de
voir tous vos produits. Bonne continuation et un énorme bravo! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Marquette. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Prévost.
Mme Blais
(Prévost) : Merci, Mme la Présidente. Le 28 mars dernier marquait
le 75e anniversaire de la municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs, la porte d'entrée du territoire de la MRC des
Pays-d'en-Haut, dans la circonscription de Prévost.
Elle portait
autrefois le nom de Lac-Marois, le plus grand de sa trentaine de lacs et le
plus riche en histoire. En 1946, les quelque 300 résidents
permanents de Sainte-Anne-des-Lacs réclament et obtiennent une municipalité
distincte.
Dans cette
belle région montagneuse où règne la quiétude, on y trouve tous les services au
coeur d'une majestueuse nature. Les cyclistes et marcheurs contemplent
ses plus beaux attraits.
Pour ajouter à ces joyaux
et lui faire honneur, une distribution et une plantation d'arbres sont prévues
cet été. Il y a aussi une exposition d'artistes des lacs. D'ailleurs, à mon
bureau de circonscription, j'ai une toile de Lise T. Potel.
Je salue la mairesse, Mme Monique
Monette Laroche, et souhaite un joyeux 75e anniversaire à toutes et
à tous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme
la députée de Prévost. Et maintenant je cède
la parole à M. le député de Beauharnois.
M. Reid :
Merci, Mme la Présidente. Le 22 avril marque le traditionnel Jour de la
Terre, dont l'objectif est de nous encourager à poser des actions
concrètes au quotidien pour prendre soin de notre belle planète.
C'est
pourquoi je désire féliciter aujourd'hui les élèves de l'école primaire
Sacré-Coeur, à Salaberry-de-Valleyfield, qui se sont engagés, avec l'aide de leurs professeurs et de leur
direction, à planter un arbre par classe sur le terrain de leur cour de récréation. Une fois ce noble geste
accompli, chaque classe aura la responsabilité de l'aider à grandir, de
l'accompagner dans sa croissance, tout en transmettant aux élèves qui
suivront la tâche de poursuivre ces bonnes actions.
Je suis persuadé que ce genre d'initiative est
aussi mis de l'avant au sein de plusieurs autres écoles du comté de Beauharnois et du Québec.
Parce que chaque petit geste compte,
j'encourage l'ensemble des écoles primaires du centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands à
suivre cette voie. En l'honneur du Jour de la Terre, partageons ensemble les
habitudes que nous avons adoptées et les actions que nous posons au quotidien pour l'environnement. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Beauharnois. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster :
Merci, Mme la Présidente. Récemment, M. Claude Dubé, un citoyen de la
municipalité de Sainte-Pétronille, à
l'île d'Orléans, a reçu le prix du patrimoine Gérard-Morisset 2020,
catégorie Culturelle. Cette haute distinction récompense la contribution
à la sauvegarde et au rayonnement du patrimoine québécois.
Croyant à son pouvoir de moteur de
développement, le patrimoine a toujours guidé les actions de M. Dubé. Pendant près de 40 ans, ce professeur émérite
de la Faculté d'aménagement, d'architecture, d'art et de design de l'Université
Laval est devenu une référence au Québec. En
2005, il a même été nommé titulaire de la Chaire de l'UNESCO en patrimoine
culturel. Il a aussi été doyen de sa faculté pendant 13 ans.
Parallèlement à son éloquente carrière
d'enseignant, M. Dubé a mis sa couleur dans plusieurs organisations maintenant reconnues, notamment la Fondation Rues
principales, le réseau Villes et villages d'art et de patrimoine ou encore
le réseau des économusées. Il a aussi contribué au développement de sa
municipalité en siégeant au comité consultatif d'urbanisme.
M. Dubé, permettez-moi encore une fois de
vous exprimer toutes mes félicitations pour ce magnifique prix.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Et je cède maintenant la parole à M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec une grande tristesse que nous avons appris
le décès d'une personnalité d'importance, résidente de Jonquière,
Mme Maude Desjardins .
J'ai
personnellement connu Mme Desjardins et j'ai pu apprécier son immense sens
de l'engagement et sa grande disponibilité
pour s'impliquer, notamment auprès des jeunes de Jonquière. J'ai même eu le
privilège de lui parler quelques jours seulement avant son décès.
Mme Desjardins
s'est particulièrement illustrée à
titre
de commissaire scolaire pendant
32 ans dans cette fonction. Très
proche des gens qu'elle représentait, elle s'impliquait également auprès du
comité des parents d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, auprès des conseils
d'établissement des écoles primaires et secondaires de Jonquière. Son dévouement a été reconnu par la
Fédération des commissions scolaires du Québec alors qu'elle a été honorée
de la médaille d'argent de l'Ordre du mérite.
Mme Desjardins
s'est impliquée auprès d'organismes artistiques, culturels comme L'Institut des
arts du Saguenay, le Centre national
d'exposition, La Semaine mondiale de la marionnette, le Conseil régional de la
culture du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Donc,
je transmets mes condoléances, mes pensées aux enfants, aux proches et aux
nombreux, nombreux amis de Maude Desjardins. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député de Jonquière. Et je cède la parole à M. le
député de Chomedey.
M. Ouellette : Mme la Présidente, un homme exceptionnel nous a
quittés. M. Dikran Arouchian était un citoyen exemplaire, un défenseur engagé de la communauté
arménienne et un amoureux de la société québécoise depuis l'Expo 1967.
Double
récipiendaire de la médaille du jubilé de la reine, M. Arouchian était
depuis des décennies un membre dévoué et
actif du Comité national arménien du Québec. Il fut un acteur de premier plan
dans la reconnaissance par le Canada, en 2004, du génocide arménien de 1915, dont nous célébrons au Québec la
commémoration annuelle le 24 avril, soit vendredi prochain. Il
partageait les valeurs et les espoirs des Canadiens d'origine arménienne qui
voulaient voir une Arménie prospère avec de forts liens avec le Canada
et le Québec.
M. Arouchian a toujours été présent
lorsqu'on avait besoin de lui, c'était un homme généreux de son temps. Plusieurs
collègues de tous les paliers peuvent en témoigner, tout autant que moi et la
députée de l'Acadie.
Nos sincères
condoléances à son épouse, Yolande Aubry, ses deux enfants, Annie et Jacques,
ses collègues et amis ainsi qu'à toute la communauté arménienne du Québec.
Veillez sur nous, cher ami.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chomedey.
Maintenant, je me tourne vers M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Dans le cadre de la Semaine d'action bénévole, qui se déroule
cette semaine du 18 au 24 avril, j'aimerais souligner les 45 ans
d'existence du Centre d'action bénévole de Québec.
Depuis 1976,
cet organisme fait la promotion du bénévolat.
Il agit comme intermédiaire entre les personnes qui souhaitent donner de
leur temps et les organismes qui ont besoin de bénévoles.
Merci aux
administrateurs, aux permanents et aux bénévoles du CAB de Québec pour votre
temps, votre engagement, votre
sourire et votre grand coeur. Aujourd'hui plus que jamais, la solidarité est un
pilier de notre mieux‑être collectif. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Vanier-Les Rivières. Et maintenant, pour clore cette rubrique de
déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Demain, le 22 avril, se déroulera l'édition 2021 du Jour
de la Terre.
Depuis... 1995,
voilà, ce n'est pas tout à fait la même chose, cette journée est l'occasion de
mobiliser et de sensibiliser mondialement les citoyens face aux enjeux environnementaux.
Je me dois également
de souligner la Journée de l'environnement dans l'administration publique et le 15e anniversaire de la
Loi sur le développement durable. Il est
primordial que l'État s'inscrive dans la recherche d'un développement durable afin de contribuer à bâtir un Québec plus vert, plus
prospère et socialement responsable. Nous avons le devoir d'être exemplaires dans nos activités gouvernementales, et je réaffirme notre volonté à cet égard. Du côté du gouvernement, nous multiplions les actions
afin d'assurer le leadership du Québec au niveau environnemental. La somme record de 6,7 milliards
de dollars sur cinq ans consacrée à la mise en oeuvre d'un plan pour une économie verte, notre plan de lutte contre les
changements climatiques, en est un bel exemple.
Il est aussi
important de se rappeler que la protection de l'environnement passe également par les actions que nous posons tous
quotidiennement. D'ailleurs, profitons de cette journée pour ajouter un geste
en faveur de l'environnement à notre routine
quotidienne. Les impacts seront nombreux et significatifs si l'on s'y met tous ensemble.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Deux-Montagnes. Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, recueillons-nous d'abord quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Je vous souhaite un bon mercredi à toutes à et
tous.
Nous allons poursuivre les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi,
Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : Je vous
demanderais d'appeler l'article a du feuilleton.
Le Président : À l'article a
du feuilleton, Mme la députée de Marie-Victorin présente le projet de loi n° 794, Loi
modifiant la
Loi sur l'Institut de la
statistique du Québec afin de favoriser la production et la circulation des
informations statistiques. Mme la députée.
Mme Fournier :
Oui. Alors, ce projet de loi modifie la
Loi sur l'Institut de la statistique du
Québec afin de favoriser la production et la circulation des
informations statistiques entre les ministères et organismes du gouvernement.
Le projet de
loi précise que l'Institut de la statistique du Québec en tant que lieu
privilégié de diffusion de l'information statistique pour les ministères et organismes du gouvernement doit, dans
l'optique de favoriser la transparence et l'efficacité de ceux-ci, prendre les mesures nécessaires pour
assurer la production, l'exploitation et la large circulation de cette
information entre les ministères et organismes.
Le projet de
loi prévoit la nomination d'un statisticien en chef par le gouvernement. Le
statisticien en chef, qui dirige l'Institut
de la statistique du Québec et exerce les fonctions qui étaient attribuées au
directeur général, est choisi au terme d'un
processus de sélection établi par le gouvernement. La rémunération du
statisticien en chef correspond à celle accordée à un sous-ministre, et
il bénéficie également des indemnités et des autres conditions de travail qui
sont accordées à un sous-ministre.
En outre des
fonctions qui sont attribuées au statisticien en chef par le présent projet de
loi, il est prévu que tout ministère et organisme du gouvernement doive
fournir, sur demande du statisticien en chef, toute information que ce
dernier requiert et qui est nécessaire à l'application de la
Loi sur l'Institut
de la statistique du Québec.
Enfin, le
projet de loi prévoit que le directeur général de l'Institut de la statistique
du Québec entre en fonction à la date
de l'entrée en vigueur de la présente loi, poursuit son mandat en tant que
statisticien en chef pour la durée prévue à son acte de nomination et aux conditions qui y sont mentionnées, comme s'il
avait été nommé conformément aux dispositions prévues par le présent
projet de loi.
Président : Merci. En application de l'ordre spécial, je vais
inviter la députée de Marie-Victorin, suivie des leaders, à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la
présentation de ce projet de loi, suivi des députés indépendants. Mme la
députée de Marie-Victorin?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Président : Je vous remercie. En conséquence, cette motion est
adoptée.
Il n'y a pas de dépôt
de documents.
Il n'y a pas dépôt de
rapports de commissions.
Il n'y a pas non plus
de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et réponses orales, et je cède la parole à
la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Le gouvernement a l'obligation d'avoir des messages qui
sont clairs. Les débats
démocratiques, notamment sur le renouvellement du décret ou le déclenchement
d'une enquête publique, pourraient servir à assurer la cohérence
nécessaire. Il est bon de se poser ces questions-là.
première vague de la pandémie a été désastreuse. La deuxième, le gouvernement
ne l'avait pas véritablement anticipée, et on a vu comment la confusion
a régné dans le cas de la troisième vague. Des erreurs de coordination, de communication, de cohésion, de transparence ont été et sont encore à l'origine de la
confusion que l'on voit. À la CAQ, on anticipe peu, on est beaucoup en
mode action-réaction.
Radio-Canada publiait
d'ailleurs récemment des reportages sur l'importance de la cohérence des
messages du gouvernement pour le maintien de l'adhésion des Québécois.
La conclusion des reportages? La confiance de la population s'est érodée
pendant que la pandémie s'étire. Par
exemple, Simon Bacon, qui est
chercheur en sciences comportementales médicales
à l'Université Concordia, disait la chose suivante : «Constamment, il y a
eu du pointage de doigt, on a mis l'accent sur les personnes qui ne [suivaient] pas les consignes.» Ça, ça a été
une erreur. Alors, ça a conduit à la situation dans laquelle on se retrouve. On a beaucoup
joué au yoyo.
Avec
toute la stratégie de communication, qui, à elle-même, justifie d'ouvrir le débat, est-ce que
le gouvernement pense à
déclencher une enquête publique indépendante?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Merci,
M. le Président. Je retrouve un peu
les mêmes propos que mercredi dernier à pareille heure, où je me suis
fait questionner par la cheffe de l'opposition officielle, qui se demandait si,
oui ou non, on devrait être en état
d'urgence au Québec et proposait qu'on vienne débattre sur la philosophie de
l'état d'urgence ici, au salon bleu, plutôt, M. le Président, que
d'aller de l'avant avec des mesures concrètes puis s'assurer de faire perdurer
ces mesures-là pour protéger la santé de la population.
Je trouvais ça bizarroïde la semaine passée, il y a une semaine, puis je
m'aperçois qu'elle traîne cette
idée-là encore depuis une semaine puis qu'elle m'en reparle ce matin. Je vous
avoue, M. le Président, ça me dépasse.
a annoncé hier le prolongement d'une semaine des mesures d'urgence entre autres ici, à Québec, parce que les hospitalisations augmentent, les décès augmentent. Quand les cas
augmentent, M. le Président... Au début, il y a plus de cas, puis éventuellement il y a plus d'hospitalisations, puis il
y a plus de décès. C'est une séquence
simple à laquelle on assiste depuis
plus d'un an maintenant. Je ne sais pas si le Parti libéral avait remarqué, mais je leur explique, là, c'est ça, la séquence, en général. Donc, il faut
s'assurer d'avoir des mesures costaudes pour protéger la santé de la population.
Et de penser que venir débattre ici de la philosophie de l'urgence
sanitaire au Québec va sauver qui que ce soit...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
...c'est bizarroïde, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Dans ce cas-ci, la question portait spécifiquement sur la nécessité d'une enquête
publique indépendante.
je vais reprendre les propos de M. Bacon ici : «C'est pire quand le
changement est soudain et c'est encore pire lorsqu'on ne le maîtrise pas.
Tout ça crée de l'anxiété...» Il poursuit : «...pour motiver les gens à
adhérer aux mesures sanitaires, ils doivent comprendre que leurs
sacrifices quotidiens servent réellement à quelque chose.»
question que j'ai pour la vice-première ministre : Est-ce qu'il ne serait pas temps de revoir la manière dont les choses sont
communiquées au sein du gouvernement?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui, M.
le Président, on a toujours
admis avec grande humilité et transparence qu'on n'était pas parfaits, les
communications ne sont pas parfaites. Des fois, oui, il faut faire des ajustements
dans le message. Mais savez-vous quoi, M. le Président? La pandémie est
évolutive et, à bien des égards, imprévisible. Donc, il faut s'adapter. Qu'est-ce
que vous voulez que je vous dise? C'est la même chose pour toutes les nations
sur la planète.
Je ne sais
pas dans quel monde vit le Parti libéral, mais, M.
le Président, là, je veux revenir là-dessus,
là, c'est grave, ce qui se passe en ce moment. On a une troisième vague au Québec, M. le
Président, avec des variants
imprévisibles, contagieux, virulents,
un personnel, dans le réseau, à bout de souffle, des hospitalisations, des décès qui augmentent. Il
faut avoir des mesures de protection de la population.
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : On ne peut pas, comme élus, venir remettre en
question l'état d'urgence au Parlement. Ça n'a pas de bon sens, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Dans les propos de la vice-première ministre, elle ne cesse de répéter qu'on
remet en question l'état d'urgence.
Il n'y a personne ici qui remet l'état d'urgence en question, personne. Elle
n'a jamais entendu de ma bouche de tels
propos. Alors, elle utilise les mots, oui, que c'est bizarroïde, qu'on n'a pas le
droit de poser des questions, mais on est dans une période de questions, on est dans une période de questions, et
ce que je soumets à la vice-première ministre, c'est de se dire :
Les communications ont été défaillantes. Elles ont eu des conséquences, ces
communications défaillantes.
Est-ce qu'elle a l'intention de changer la
manière dont les communications sont faites?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Bon, bien, M. le Président, je vais revenir sur
une
partie de sa première question, que je n'ai pas eu le temps d'aborder,
c'est la question de l'enquête publique, parce que ça aussi, ça revient
souvent. Je me souviens d'un mercredi où on est venus, justement,
débattre pendant longtemps de la question de l'enquête publique et je lui expliquais que, une enquête publique, il y en a
déjà une. Je l'entends continuellement demander ça. Il y a, en ce moment,
une enquête publique du coroner, je ne sais
pas si elle est au courant, qui, justement, au moment où on se parle, ce matin,
est en train de tenir des auditions sur les
décès au CHSLD René-Lévesque, 19 témoins qui vont venir témoigner. À date,
on est à près de 60 témoins, des
CIUSSS, des résidences, de plein de gens avisés, directement concernés par la
gestion de la pandémie, qui viennent témoigner dans des audiences
publiques.
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault :
Donc, si elle n'est pas déjà au courant, je l'invite à suivre ces audiences-là,
ça va peut-être répondre à une
partie de sa persistante question.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Vous savez, M. le
Président, on parle d'enquête publique indépendante, mais ici, là, les partis politiques, là, ils font des propositions puis ils
essaient d'être constructifs. Mais la vice-première ministre semble toujours
avoir raison, toujours avoir raison. On fait des propositions, on amène des
points, on veut débattre. Les autres partis d'opposition font la même chose.
Mais elle a toujours raison.
Alors, moi,
j'ai une question pour elle : Dans toutes les propositions que nous avons
faites, dans les six derniers mois, est-ce
qu'elle peut nous dire une, deux, trois propositions, qu'elle trouve, qui a de
la valeur... ou est-ce qu'elle a vraiment toujours raison?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Bien, M. le Président, on est d'accord sur le
fait que c'est intéressant d'avoir un exercice public d'enquête publique. Ce que je lui explique et que
peut-être elle n'était pas au courant, c'est qu'il y a déjà une enquête
publique du coroner. Ça fait que,
simplement, je l'avise du fait qu'elle pourrait, après la période de questions,
tout à l'heure, aller se brancher sur l'enquête publique puis écouter une série de témoins puis
de parties intéressées tout à fait pertinents qui vont venir l'instruire sur ce qui s'est passé pendant
la pandémie. C'est ça qu'elle voulait, M. le Président. Je suis en train
de lui dire que ça se déroule.
Tu sais,
c'est une chose de venir ici, de dire : Ça prend des enquêtes publiques,
Mme Castonguay, ça ne fait pas notre
affaire, coroner non plus, protecteur, non, ce n'est pas assez, mais, avant de
penser que toutes ces personnes‑là ne font pas une bonne job, il
faudrait peut-être se donner la peine de suivre l'exercice...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...puis
de voir ce qui va ressortir de ce travail-là, qui risque d'être très
intéressant comme constats.
Le Président : Question
principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
M. le Président, sur toutes les tribunes, au cours de la dernière campagne
électorale, le premier ministre affirmait
que lui, il irait en chercher davantage du fédéral, que son approche nous
donnerait un rapport de force plus
grand avec le gouvernement fédéral. Bien, le premier grand test, c'étaient les
transferts fédéraux en santé, et le premier ministre s'est donné la
paternalité de ce dossier-là, il s'est donné comme mission de convaincre tous
les autres premiers ministres et d'aller chercher un transfert supplémentaire
de 6 milliards annuellement. C'est la plus grande demande du Québec à ce jour, c'est la plus importante demande
du Québec, c'est celle qui a un impact réel sur la capacité du réseau à offrir
des soins à la population.
Résultat de
l'approche caquiste : zéro. Zéro, même pas de barre, M. le Président,
zéro, pas une cent. Le gouvernement fédéral
leur a dit : On regardera ça après la prochaine campagne électorale, et le
gouvernement du Québec est d'accord avec ça.
C'est quoi,
la prochaine démarche du premier ministre? Est-ce qu'il va simplement accepter
l'explication inadmissible du gouvernement fédéral?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Oui, merci, M. le Président. C'est une
question intéressante qu'amène le collègue, qui a été abordée hier, au
lendemain du dépôt du budget du fédéral. Et donc il y a quand même certains
gains. On est d'accord, je vais le dire, là,
je vais commencer par ça, on est tout à fait d'accord sur le fait que la
demande unanime des 13 provinces et
territoires, unanime, pas seulement du Québec, là, d'avoir... d'augmenter les
transferts en santé, effectivement, ça a été une occasion manquée pour le fédéral, il faut bien le dire.
Malgré tout,
il y a des sommes intéressantes dans ce budget-là. Il y a, entre autres, les sommes très importantes
pour tout ce qui touche les services de garde au Québec. Donc, ça, on a eu la
confirmation qu'on aurait ces sommes-là, pleine compensation, sans droit de
regard, d'une certaine façon. Donc, cet argent-là
va pouvoir être utilisé, entre autres, pour les services de garde au Québec. Je
pense que ce n'est pas à dédaigner, M.
le Président. On a le député de LaFontaine qui se lève à tous les jours, là, et qui
s'époumone à dire que ça n'a pas de bon sens, les garderies, donc il devrait être content de constater qu'on
aura cet argent-là, entre autres, pour nos services de garde au Québec.
Président : Première
complémentaire. Je vous demande, évidemment, de garder le ton approprié. M. le
député... le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, je ne lui parle pas des services
de garde, je lui parle des transferts en santé. Je lui cite le document de la CAQ pour sa mémoire, Un
nouveau projet pour les nationalistes , je cite : «La CAQ veut tabler
sur l'unité du peuple québécois pour
réclamer avec vigueur des changements qui ont de réelles chances de se
produire[...]. Le projet de la CAQ [a] un objectif : établir, au bénéfice
de tous, une nouvelle relation entre le Québec et le Canada.» Bien, mission
accomplie, il y en a une, nouvelle relation. Le Canada dit non, et le Québec
dit : O.K., pas de trouble.
Elle est où, la vigueur? Elle est où, la
dénonciation? Elle est où, l'ambition?
Le Président : Mme la vice-première
ministre.
Mme Guilbault : M. le Président, si on a un gouvernement qui a de l'ambition et qui est nationaliste,
depuis les dernières années, c'est
bien celui de la CAQ. Et, M. le
Président, on a eu des gains importants,
quand même, il faut le noter aussi, là, de la part du fédéral.
Dernièrement, on annonçait des
centaines de millions pour brancher Internet dans toutes les
régions du Québec, un échec
monumental du précédent gouvernement,
le branchement d'Internet au Québec, dossier dont la cheffe de l'opposition
actuelle, qui était vice-première ministre,
n'a jamais été capable de s'occuper. On est allés chercher des sommes pour
enfin brancher Internet au Québec.
a eu des sommes importantes pour la formation de la main-d'oeuvre,
4,2 milliards sur six ans. On a été chercher un 250 millions
de compensation pour les demandeurs d'asile.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : Donc, on a une série de gains que je pourrais
décliner. Mais, oui, il y a eu une occasion manquée en santé, il faut le
dire, au gouvernement fédéral.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, tantôt, je ne lui parlais pas de garderies. À
l'instant, je ne lui parlais pas d'Internet. Je lui parle de transferts
en santé. Ce n'est pas compliqué, les ministres fédéraux utilisaient toutes les
tribunes hier pour dire qu'avant la
prochaine campagne électorale fédérale il n'y en aurait pas, de transferts en
santé, et personne au gouvernement du
Québec n'a levé la voix, personne n'a levé le ton, personne n'a dit que c'était
inexcusable. Tout ce que le ministre des Finances a trouvé à dire,
c'était qu'il s'attendait à ça.
Pourquoi le premier
ministre s'écrase devant le fédéral? Pourquoi il refuse de se battre?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : M. le Président, je comprends pourquoi il ne nous
parle pas d'Internet. Je ne parlerais pas d'Internet, moi non plus, si j'étais
eux, je peux vous dire, ni, d'ailleurs, de services de garde, ni, d'ailleurs,
des transferts en santé, ou du système de santé, ou de toute cette gestion qui a été faite par les précédents
gouvernements, dont on hérite aujourd'hui, M. le Président.
Mais
revenons sur le budget fédéral. Oui, on a demandé des transferts en santé, on
ne les a pas eus, on le reconnaît. Je
veux dire, cette demande-là va continuer d'exister. Par contre, il y a eu
d'autres sommes. Il y a des réaménagements qui pourraient être possibles
pour, entre autres, d'autres postes budgétaires. Mais, M. le Président, on a eu
des gains très importants avec le
gouvernement fédéral. Jamais on ne va s'écraser. On est un gouvernement
nationaliste, pragmatique. En plus, notre premier ministre préside le
Conseil de la fédération.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
Donc, on va continuer de revendiquer pour le Québec, M. le Président.
Président : Et, je vais vous rappeler, à ce moment-ci, s'il
vous plaît, une seule personne a la parole, c'est le député qui pose la question, c'est ceux qui sont
appelés à y répondre. Donc, bien sûr, je ne souhaite pas entendre de
commentaires nulle part, mis à
part ceux qui ont la parole. Et, cette
fois-ci, c'est le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, au Québec, seule la CAQ ne voit pas la crise des places en
service de garde. C'est très clair
pour tout le monde ici que c'est à Québec de décider comment l'argent fédéral
sera dépensé, mais la CAQ a des comptes à rendre aux familles du Québec.
premier ministre peut-il aller dire qu'il n'y a pas de crise à Carole-Anne,
mère monoparentale d'un enfant de 11 mois,
en attente d'une place depuis août 2019 et qui a dû cesser ses études au
cégep à cause du manque de places? Peut-il
lui dire qu'on n'a pas besoin d'investir toutes les sommes disponibles?
Aussi,
le premier ministre peut-il aller dire à cette famille des Laurentides qui paie
85 $ par jour, 1 870 $ par mois, au privé, pour faire
garder leurs deux enfants, que c'est bien correct?
Oui, c'est au premier ministre d'établir ses
priorités, M. le Président. Mais peut-il expliquer pourquoi, pour la CAQ,
les familles, ce n'est pas une priorité?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bien, M. le
Président, ce qui existe au Québec actuellement, on l'a vu avec le dépôt du
budget fédéral, au niveau des garderies,
c'est un modèle pour le reste du Canada, dont on doit être fiers. Et notre gouvernement, avec le ministre
de la Famille, continue d'améliorer
les services de garde, les services en CPE au Québec, M. le Président. Contrairement au précédent gouvernement, qui a tabletté 11 000 places, notre gouvernement a créé 2 000 places,
continue de travailler le dossier.
effectivement ce qui a été annoncé par le budget fédéral, c'est une excellente
nouvelle, parce qu'on va pouvoir se
prévaloir de notre droit de retrait avec pleine compensation et sans condition,
M. le Président. Alors, c'est une excellente situation.
le ministre de la Famille, toujours actif dans le dossier, va faire des
annonces bientôt qui vont améliorer la situation très... qui est
préoccupante, mais qui va s'améliorer avec les annonces du ministre de la
Famille dans peu de temps.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
On parle de 680 millions, ici, pour nos familles. En octobre dernier, le
fédéral a envoyé 137 millions de
dollars au Québec pour les services de garde. Par accès à l'information, on a
demandé au ministère de la Famille où est allé l'argent. La réponse :
«Le ministère [...] ne détient aucune information correspondant à la
répartition détaillée du 137 millions...» J'aimerais déposer la lettre.
680, M. le Président, c'est trop pour nos familles, si 137 millions, c'est
trop pour nos familles, quand ce ne sera pas trop pour nos familles du
Québec?
Président : Évidemment, je demande le consentement pour le
dépôt des documents. C'est fait. Merci. Mme la ministre de
l'Enseignement supérieur.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, dans le dernier budget, en mars, 64 millions pour
améliorer la situation au niveau, là, des
éducatrices, des éducateurs à la petite enfance. Alors, il y a des annonces qui
s'en viennent. Il y a eu des investissements aussi précédemment, il y a
eu 2 000 places qui ont été créées, M. le Président.
Alors, il y a du
budget d'investi, et qui va continuer d'être investi, parce qu'effectivement
nous aurons aussi un droit de retrait avec pleine compensation, sans condition.
Donc, il y a une
partie de ces montants-là qu'on va pouvoir investir dans les
services de garde, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, je vous lance un défi, qu'on me contredise. Sous la CAQ, il y
plus de places qui se sont fermées qui ne se sont ouvertes. Vous ferez
l'épreuve des faits. Il y a plus de places qui ont fermé, depuis deux ans et
demi, qu'il y en a eu d'ouvertes, M. le Président.
ministre, il disait la semaine passée qu'il s'en était fermé, dans la dernière
année, 7 300. Il le disait à Paul Arcand lundi matin. M. le Président, on a besoin de tout l'argent.
Les trois budgets de la CAQ ont manqué la cible.
Quand la famille du
Québec... les familles seront une priorité pour...
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bien, M.
le Président, je pense
que mon collègue a oublié un fait important. Nous sommes dans
une pandémie, M. le Président. Alors, oui, effectivement, il y a eu des places
qui ont été perdues à cause du contexte pandémique, M. le Président, qui est
venu aggraver la situation.
Mais
le ministre de la Famille travaille actuellement à améliorer la situation,
et elle va s'améliorer, M. le
Président, malgré la pandémie.
Il y aura création de davantage de places au niveau des services de garde.
je le rappelle, M. le Président, on doit être fiers. Au Québec, nous sommes le
modèle, la référence pour le reste du Canada, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M. le
Président, nous avons appris hier que le gouvernement allait investir
20 millions dans le projet Elysis, une
coentreprise entre Alcoa et Rio Tinto pour produire de l'aluminium vert,
portant ainsi à 80 millions l'investissement public.
Nous
sommes favorables à la production d'aluminium sans carbone au Québec et au
développement de cette filière économique
d'avenir. Cependant, aucune garantie n'a été offerte par le gouvernement
concernant la protection des emplois dans le secteur de l'aluminium, dans la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
notamment à Jonquière. C'est beau d'investir des millions d'argent public dans les technologies vertes, nous y
sommes, mais ça doit venir avec des engagements sur le plan de la
transition juste pour les travailleurs. Aluminium sans carbone, oui. Aluminium
sans emploi, non.
Que va faire le gouvernement pour s'assurer
d'une transition juste pour les travailleurs de Rio Tinto?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, merci pour la question. Premièrement, je pense que le
gouvernement est préoccupé par deux
enjeux, au Saguenay et ailleurs au Québec, avec nos neuf alumineries. La
première, c'est de pouvoir être un leader au niveau de l'aluminium vert, sans carbone, et, le deuxième, la
pérennité des emplois, qui sont très bien rémunérés, dans la région.
Hier, j'étais
effectivement au Saguenay et je peux vous confirmer que, pour l'aluminium vert,
vous l'aviez mentionné, je pense
qu'on est un leader. Avec Alcoa et Rio Tinto, cet investissement-là va être
très porteur. On est les premiers en ligne de front. Et, si on réussit, il y a
des risques encore, le Québec va devenir le leader mondial pour la production
d'aluminium vert.
En même
temps, dans le projet d'Elysis, nous avons sécurisé, avec Rio Tinto et Alcoa,
que les équipementiers qui vont travailler sur les centaines de millions
qui vont être dépensés dans les prochains 12 à 18 mois... vont être
faits par des PME du Québec, de la région.
Donc, on a solidifié l'écosystème, je pense, ce qui rend le projet encore plus
intéressant.
Deuxièmement, pour la main-d'oeuvre, on a la stratégie québécoise de l'aluminium, qui va être divulguée quelque part au mois de mai, et une des préoccupations, c'est
que les entreprises continuent à investir pour assurer une pérennité avant
qu'on fasse la bascule... la transition, plutôt, je m'excuse, à l'aluminium
vert. On est conscients des enjeux.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Le ministre semble oublier que Rio Tinto a des droits exclusifs pour
utiliser l'hydroélectricité. Maintenant,
le gouvernement investit plusieurs dizaines de millions de dollars dans Elysis.
Donc, ça doit absolument se traduire par la création et le maintien
d'emplois, et on doit obtenir des garanties.
Que va faire
le gouvernement pour que Rio Tinto s'engage à produire des anodes inertes
d'Elysis au Saguenay, ajoute des
cuves dans ses usines et implique le centre de recherche et développement de
Rio Tinto dans le développement de la technologie?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, Rio Tinto, je dois avouer qu'ils ont investi quand même
beaucoup d'argent depuis deux ans au
Saguenay. On a vu le projet d'AP60. Évidemment, le succès des cuves avec anodes
inertes d'Elysis va permettre une conversion potentielle des alumineries
du Québec. Et, à cet égard, et Alcoa et Rio Tinto sont engagées. Si le projet
fonctionne, c'est le Québec qui va en bénéficier en premier.
Pendant ce
temps-là, on travaille quand même avec Rio Tinto pour revoir des projets
existants, accélérer des projets de
modernisation, entre autres à Arvida, qui est une usine un peu vieille, il faut
l'admettre. Et Rio Tinto est aussi soucieux de vouloir garder les
emplois pour pouvoir en bénéficier...
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...quand il va
y avoir une transition.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. La transition écologique est incontournable, mais ce n'est pas aux
travailleurs d'assumer seuls les
frais de cette transition, c'est une responsabilité collective. Et ce que nous
dit le ministre est insuffisant. Ça nous prend une stratégie forte pour nous assurer du maintien du développement
des emplois, dans le secteur de l'aluminium vert dans les régions du
Québec.
Quel rapport
de force va se donner le ministre? Quelle stratégie, quelle mobilisation il va
lancer au Québec pour y arriver?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Pendant que nous terminons la stratégie québécoise de l'aluminium, je vais
rencontrer les parties prenantes,
dans les prochaines semaines. Nous allons divulguer la stratégie dans les
prochains mois. Il est clair qu'on aimerait avoir une garantie des entreprises pour maintenir les emplois. Et je
pense qu'avec, un, le support à l'investissement qu'on fait, deuxièmement, avec
ce que mon collègue au Travail fait pour la requalification de la main‑d'oeuvre...
Troisièmement, on essaie de
cristalliser la transformation secondaire de l'aluminium, ce qui n'a jamais été
fait, comme tel. La stratégie de l'aluminium
va nous permettre, selon nous, de pouvoir assurer une pérennité dans un
contexte, encore une fois... une transition de notre procédé de
fabrication.
Le Président : Question
principale, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Hier, on a eu la confirmation de ce que Québec solidaire disait
depuis longtemps, la réduction des seuils
d'immigration et les réformes désastreuses de la CAQ causent l'exode de la main‑d'oeuvre
qualifiée issue de l'immigration vers le
Canada. Que l'on juge, M. le Président : 27 mois d'attente pour
obtenir une résidence permanente au Québec, six mois d'attente pour l'obtention du même statut ailleurs au
Canada. La question se pose : Est-ce que le ministère est mal organisé ou est-ce que la politique de la CAQ
en immigration, c'est de faire fuir des immigrants qualifiés?
On sait que
la CAQ considère l'immigration comme un problème. Maintenant, on constate que
ses politiques sont en train de faire du Québec une terre inhospitalière
pour l'immigration.
Qu'est-ce que la ministre de l'Immigration
répond à ces milliers d'immigrants qui songent à quitter le Québec à cause de
ces politiques?
Le Président : Mme la ministre
de l'Immigration.
Mme Girault : Merci, M. le
Président. M. le Président, en 2020, le Québec voulait accueillir entre
45 000 et 47 000 immigrants.
En 2020, l'immigration, comme tous les autres secteurs, a été tributaire de la
pandémie, et ce qui est arrivé, c'est
qu'en 2020, au lieu d'accueillir, au lieu d'admettre au Canada, de donner la
résidence permanente à 47 000 immigrants, le seuil qu'on avait nous autres mêmes placé, il
en est rentré 25 000. Donc, il y a un gros écart qui a été produit par le
fait que le gouvernement fédéral n'a
pas accueilli, n'a pas admis assez d'immigrants au Québec. Ça a causé encore
plus de délais.
Maintenant,
il est faux de dire que les délais sont sept, huit fois plus grands au Canada
qu'au Québec, M. le Président, parce
qu'ici les délais, actuellement, sont de 13 mois. C'est sûr qu'on entend
beaucoup d'autres chiffres, mais les chiffres ne sont pas nécessairement
vrais, M. le Président.
Maintenant, la CAQ a dit depuis le départ
qu'elle voulait accueillir moins d'étudiants... pas d'étudiants, pardon, d'immigrants et d'en prendre soin. C'est
exactement ce qu'on a fait. Et progressivement on remonte les seuils
d'immigration, M. le Président. Ça a été notre stratégie depuis le
début, et c'est ce qu'on...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Le ministre
du Travail nous dit, hier, que la
réduction de l'immigration permanente s'accompagnera d'une augmentation de l'immigration temporaire, et
ce, pour satisfaire le besoin des entreprises. On a reçu
17 000 immigrants temporaires
en 2017, versus 34 000 en 2019. C'est le double, M. le Président.
Finalement, le chat sort du sac. C'est ça, la vision de la CAQ en immigration :
de la chair à PIB, des immigrants jetables, corvéables à volonté, qu'on n'aura
pas à intégrer à la société québécoise.
Est-ce que c'est ça, la politique de la CAQ, de
l'immigration temporaire de masse?
Le Président : Mme la ministre
de l'Immigration, à vous la parole.
Mme Girault : Merci, M. le Président. Je vais répéter. La
politique de la CAQ, M. le Président, c'est d'arrimer l'immigration aux besoins
du marché. On regarde les besoins du marché. On est en pénurie sur plusieurs
emplois, au Québec, dans plusieurs
secteurs. Alors, ce qu'on fait, avec l'immigration, c'est qu'on arrime les
besoins d'immigration aux besoins du marché.
Maintenant,
dans ce cadre-là, M. le Président, on est en train de regarder, effectivement,
les seuils d'immigration, parce que,
justement, on est en pénurie, et, justement, ça a beaucoup changé depuis qu'on
est rentrés au pouvoir, il y a deux
ans, M. le Président. Donc, ça fait en sorte que, oui, on va les travailler,
mais on va toujours les arrimer aux besoins du
marché, ce qui est très important pour nous. On est en pénurie partout à
travers le Québec, partout en région aussi, et ce qu'on essaie de faire, c'est
de corriger, justement, ce qui a été fait dans les différents gouvernements
précédents. Merci.
Président : Deuxième complémentaire. La parole n'appartient qu'au député de
Laurier-Dorion. J'aimerais que tous soient attentifs.
M. Fontecilla :
Donc, la ministre nous dit qu'il y aura plus d'immigration temporaire ici, au Québec.
Mais le gouvernement fédéral vient d'annoncer un programme de régularisation
pour 90 000 immigrants, et la ministre de l'Immigration se tourne les
pouces, au Québec. Pourtant, des milliers de personnes attendent ici un statut
permanent.
Pourquoi
la ministre refuse-t-elle d'accueillir de façon permanente les milliers de
personnes qui sont déjà ici, au Québec,
qui ne demandent rien d'autre que s'intégrer, en français, à la société québécoise?
Pourquoi est-ce qu'elle les pousse vers le Canada?
Le Président :
Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Girault :
Merci, M. le Président. M. le Président, j'aimerais réitérer que, depuis le
début de 2020, on a demandé, suite
aux délais qu'on voyait au fédéral, de mettre l'emphase, la priorité sur tous
les immigrants sélectionnés qui étaient déjà au Québec pour leur donner la résidence permanente, M. le Président. On
n'a pas vu ces délais-là diminuer, on n'a pas vu cette accélération-là
du fédéral. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a reçu très peu de résidences
permanentes ici.
Maintenant, on voit
tranquillement, depuis 2021, qu'il y a une augmentation. Ça fait en sorte
qu'effectivement il y a plus d'immigrants qui vont avoir leur résidence
permanente.
Pour ce qui est de
l'immigration temporaire et l'immigration permanente, ça a toujours été qu'il y
a deux types d'immigration, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Mme Girault :
...et, dans les deux cadres, on reçoit des travailleurs, qui viennent
travailler chez nous.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Jeanne-Mance.
Mme Rotiroti :
Merci, M. le Président. C'est Jeanne-Mance—Viger.
Depuis
l'arrivée au pouvoir de la CAQ, les délais ne cessent de s'allonger pour les
candidats à l'immigration. La promesse
de délivrer un certificat de sélection du Québec dans les six mois n'est
presque jamais respectée, selon le rapport du Protecteur du citoyen. 27
mois pour obtenir la résidence permanente, pour les immigrants qui travaillent
au Québec, alors que c'est six mois dans le
reste du pays. C'est le résultat direct de la réforme de l'immigration du
gouvernement caquiste : des gens
qui vivent ici, qui parlent le français, qui occupent des emplois, qui quittent
notre province à chaque jour, Mme la ministre.
Ma question est
simple : Avons-nous le luxe de perdre ces talents qui sont déjà ici, au
Québec?
Le Président :
Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Girault :
M. le Président, je vais être très claire, on est à l'écoute de nos entreprises
et on arrime nos besoins d'immigration
en fonction des besoins du marché et des pénuries dans les régions et dans les
secteurs. C'est exactement ce qu'on fait depuis le début avec
l'immigration. On est en train de remonter tranquillement nos seuils
d'immigration, comme ça avait été prévu dans
notre planification trisannuelle, M. le Président. Et le fait qu'il y ait des
immigrants qui n'ont pas reçu leur résidence permanente, c'est justement parce
qu'il y a eu beaucoup de pandémie. À cause de la pandémie, il y a eu des
retards énormes qui ont été faits du côté du fédéral. Ça fait en sorte qu'on
n'a pas admis autant de personnes.
Maintenant,
pour ce qui est de l'immigration qui passe
d'une province à l'autre, M. le
Président, ça a toujours
existé, ça a toujours été le cas. Et ce qu'on veut, nous, c'est garder
nos gens chez nous, leur donner des bons emplois et faire en sorte que toutes les régions du
Québec bénéficient de l'immigration. Merci.
Le Président :
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui, merci. Alors, en écoutant la ministre,
la pandémie, ça se vit juste ici, au Québec, pas ailleurs au Canada. Alors, la CAQ dit de vouloir mieux traiter
les immigrants que le gouvernement précédent, mais on a vu un cafouillage sans précédent dans le Programme
de l'expérience québécois, qui s'appelle le PEQ. Avant la CAQ, dans le
PEQ, il fallait 20 jours pour obtenir
un certificat de sélection; aujourd'hui, ça peut aller au-delà de six mois. Dans le reste
du Canada, obtenir la résidence permanente, c'est environ deux ans; au Québec,
c'est un chemin...
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Girault : Merci,
M. le Président. M. le Président, je vais juste replacer les pendules. Le PEQ, actuellement, le délai est de 3,5 mois. Donc, on est loin du six mois,
on est à 3,5 mois. Et, le PEQ, oui, il y a eu une réforme du PEQ, effectivement,
une réforme du PEQ pour, justement, faire place à beaucoup plus d'intégration au
niveau des travailleurs qualifiés, pour faire en sorte que les travailleurs qualifiés s'intègrent vraiment
dans la communauté, au Québec, en raison d'une expérience de travail après leur diplôme, dans le cas des
étudiants, et une expérience de travail un peu plus longue au niveau des travailleurs, ce qui est tout à fait normal. On a revu ces critères‑là, et c'est tout à fait normal de le faire, pour, justement, s'assurer que nos gens sont
bien intégrés ici.
Le Président : En terminant.
Mme Girault : On a aussi
augmenté de beaucoup des expériences en francisation.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : La réforme du gouvernement de la CAQ manque
d'humanisme. Aujourd'hui, les gens qui parlent le français, qui
travaillent ici, qui veulent se construire une vie ici, au Québec, nous
quittent.
La CAQ a dit dès le départ : En prendre
moins, mais en prendre soin. En prendre moins, vous avez réussi, Mme la
ministre. Quand allez-vous prendre soin?
Le Président : Et on
s'adresse toujours à la présidence. Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Girault : Merci, M.
le Président. M. le Président, on en prend soin. On a augmenté de beaucoup les investissements en francisation, on a augmenté de beaucoup la qualité et le
nombre de cours aussi en francisation. Actuellement, on supporte des organismes dans toutes les
régions du Québec pour, justement, aider les immigrants à s'intégrer, aider à se trouver une vie au Québec. Donc, on
fait énormément au
niveau de l'intégration et du... de l'intégration de nos immigrants dans toutes les régions du
Québec. Et c'est comme ça qu'on va, justement, prendre soin de nos immigrants.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
M. le Président, la job du ministre de l'Environnement, ce n'est pas juste
d'offrir des rabais sur les voitures électriques, c'est protéger les
écosystèmes, la biodiversité, c'est l'adaptation aux changements climatiques.
La Stratégie gouvernementale d'adaptation aux
changements climatiques 2013‑2020 a expiré l'an dernier. Un gouvernement
responsable aurait déjà présenté un plan ambitieux, mais, à la CAQ, il n'y a
pas de plan, il n'y a pas de moyen, il n'y a
pas d'ambition. Sur les 128 pages du Plan pour une économie verte présenté
par le ministre de l'Environnement cet
automne, il n'y a même pas une page sur la protection de la biodiversité et des
écosystèmes. Le ministre pourrait même lire la... pourrait lire cette
page-là dans sa réponse.
Si la
pandémie nous a appris une chose, c'est qu'on ne peut pas être pris de court.
La vice-première ministre nous dit
qu'il faut s'adapter à la pandémie? Bien, c'est la même chose aussi pour les
changements climatiques. Il faut agir en amont, sinon on va le
regretter.
Est-ce que le
ministre s'engage à présenter un plan spécifique pour l'adaptation aux
changements climatiques d'ici la fin de l'année?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Bien honnêtement, je n'aurais jamais parié sur une
question de cette nature-là après les
avancées remarquables qui ont été faites dans le domaine au cours des dernières
semaines. Et la collègue a d'ailleurs eu l'occasion de souligner ces
avancées-là avec l'adoption du projet de
loi sur la conservation du patrimoine
naturel. Mais également ce ne sont pas que les propos élogieux de la collègue
que je peux citer. Au cours des dernières semaines, des derniers mois, il y a
eu bon nombre de témoignages à l'international, notamment par l'UICN, qui est
l'instance à l'international qui veille, justement, à la protection de la
biodiversité, qui a cité le Québec en exemple à travers ses communications, qui a donné l'exemple du Québec comme étant
l'exemple à suivre. On est un des rares États sur cette planète à avoir atteint un degré de protection confirmé, bien
réel de 17 % de son territoire terrestre, 10 % de son
territoire marin.
Donc, la question de
la collègue me surprend, d'autant plus qu'elle a participé à l'exercice,
d'autant plus qu'elle l'a salué, d'autant plus qu'elle a pu témoigner de tous
ces commentaires élogieux. J'étais, il y a quelques jours encore...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...à une conférence des Nations unies sur le sujet. Le Québec est un exemple en
matière de protection de biodiversité.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
...parle de l'adaptation, des changements climatiques, il faut en parler aux
gens des Îles-de-la-Madeleine. Pour
la protection des berges, le gouvernement promet 76 millions pour tout le
Québec. Juste aux Îles-de-la-Madeleine, ça prendrait 80 millions. Ces gens-là voient leur territoire
disparaître sous leurs yeux, M. le Président. Ils méritent plus que des
demi-mesures, des plasteurs ou des cas par cas.
Est-ce
que le ministre reconnaît que la CAQ n'en fait pas assez pour protéger les
communautés côtières du Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette :
C'est d'autant plus amusant. La collègue parlait de biodiversité, tout à
l'heure — je
comprends que la réponse l'a déstabilisée un peu — pour maintenant
nous amener sur un autre enjeu. L'adaptation aux changements climatiques est au coeur de la démarche. Je ne
sais pas si le PEV a été bien reçu chez Québec solidaire, je ne sais pas si le
plan de mise en oeuvre a été bien lu, mais
ce sont des montants substantiels qui
sont dédiés à l'adaptation aux changements climatiques, en tout et partout 7 milliards, plus ou moins, pour la
lutte aux changements climatiques, avec plusieurs centaines de millions au niveau de l'adaptation aux
changements climatiques. Ça, c'est à travers le PEV, mais, ma collègue au
niveau des Affaires municipales...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...ma collègue au niveau de la Sécurité publique, c'est une action qui se
calculera...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Un autre exemple, M. le Président. Le Québec recense déjà 28 incendies de
forêt, depuis le début du mois
d'avril, 79 depuis le début de l'année. C'est quatre fois plus que d'habitude.
Il neige moins, nos forêts sont de plus en plus sèches. Il y a plus de
feux, ça tue la biomasse essentielle à la rétention de l'eau. C'est un cercle
vicieux.
Qu'est-ce
que le ministre a fait concrètement pour nous préparer aux effets concrets des
changements climatiques?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette :
En fait, ce qu'on a fait de concret, on a présenté, en novembre dernier, le plan
d'action le plus ambitieux jamais présenté au Québec, et ce ne sont pas que des
paroles en l'air comme le faisaient les administrations précédentes, en ce sens que les budgets sont confirmés. Donc, non seulement on a un
plan, mais on a déjà les engagements financiers pour pouvoir le réaliser. Je le
mentionnais, on est à près de 7 milliards uniquement pour le volet changements
climatiques et adaptation aux changements climatiques, sans compter les autres
mesures qui se retrouvent dans d'autres ministères, notamment lorsqu'il est question de transport collectif,
qui sera aussi financé à hauteur de plusieurs milliards.
Donc, qu'est-ce que le gouvernement fait?
Le Président :
En terminant.
M. Charette : Il fait essentiellement ce que les gouvernements précédents n'ont
pas fait, c'est-à-dire agir concrètement.
Le Président : Question
principale, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ, les
délais et les complications s'allongent
pour les candidats à l'immigration permanente qui veulent faire leur vie au Québec
et contribuer à combler les pénuries de main-d'oeuvre qui affligent nos entreprises.
Depuis le début de la pandémie, c'est pire que
jamais. Dans un rapport que la ministre a lu, mais dont les parlementaires n'ont pas encore été saisis, on apprend de la plume de la Protectrice au citoyen que le nombre de motifs de plainte
a été multiplié, depuis un an, non pas par deux, non pas par trois, mais
presque par quatre, que le nombre de plaintes fondées a été multiplié
par sept, que le ministère est incapable non seulement de répondre aux
questions des candidats à l'immigration,
mais également à celles de la protectrice, que des dossiers ont
été transmis par la poste et égarés dans les bureaux du ministère avant
même d'être numérisés.
Vous avez bien compris, M. le Président. Des
gens viennent ici refaire leur vie et relancer notre économie, font des pieds et des mains pour obtenir et transmettre
des documents confidentiels, et que reçoivent-ils comme réponse? Que des excuses.
Si ça se passait dans un centre de services scolaire ou dans une municipalité,
la tutelle serait déjà déclarée.
Pourquoi, dans un ministère aussi névralgique,
la...
Le Président : Mme la ministre
de l'Immigration.
Mme Girault : Merci, M. le Président. M. le Président, quand on
est arrivés, il y a deux ans et demi, au pouvoir, au ministère de l'Immigration il y avait beaucoup
de modifications à faire. On a commencé par mettre en
place... par organiser le Programme
de l'expérience québécoise, d'une
part. Ensuite, on a commencé à regarder aussi les différents délais,
comment les dossiers étaient traités, et
c'est là-dessus, maintenant, qu'on est en train de moderniser et d'accélérer
le traitement des dossiers, M. le Président, de faire en sorte que dans ce ministère-là ce soit plus fluide et plus simple pour les
immigrants qui arrivent. Et c'est exactement l'objectif qu'on s'est
donné.
Pour ce qui
est des seuils d'immigration, M. le
Président, on sait très bien
que les seuils se discutent avec le fédéral, et il y a une
partie au Québec, par le certificat de sélection du Québec,
et une
partie au fédéral avec la résidence permanente. On doit pallier
avec ces deux paliers-là, M. le Président.
Donc, c'est très complexe, de travailler avec le
ministère de l'Immigration, mais surtout au niveau de toute l'organisation interne, et c'est ça qu'on est en
train de simplifier pour faire en sorte que les immigrants qui soient ici aient
un système beaucoup plus simple, beaucoup
plus facile. C'est pour ça aussi qu'on a établi dans toutes les régions du
Québec des commissaires à l'immigration, des gens pour aider les
immigrants dans toutes les 17 régions du Québec...
Le Président : En terminant.
Mme Girault : ...pour,
justement, faciliter, justement, ce processus-là avec l'immigration.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Neuf plaintes sur 10, selon la protectrice, concernent le Programme
d'expérience québécoise, un programme qui fonctionnait bien, et qui
n'engendrait pas de plainte, et qui répondait aux besoins des employeurs. C'est
depuis que le gouvernement de la CAQ l'a
amélioré que les plaintes ont explosé. C'est depuis que le gouvernement de la
CAQ l'a amélioré que les délais ont augmenté.
La ministre
va-t-elle admettre qu'elle doit rendre des comptes à la protectrice et mettre
fin au laxisme qui règne dans son propre ministère?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Girault : Merci, M. le
Président. M. le Président, soyons honnêtes, quand on est arrivés à
l'Immigration, il y avait un fouillis total.
Beaucoup d'immigrants rentraient, mais on s'en occupait
très peu. Il n'y avait pas de francisation qui était
faite non plus. Les programmes de francisation étaient très courts, étaient
très peu accessibles. On a augmenté de presque 35 % les
inscriptions aux cours de francisation.
Donc,
soyons honnêtes, il y avait beaucoup de travail à faire au niveau du ministère
de l'Immigration. C'est ce qu'on est en train de mettre en place
aujourd'hui, ce qu'on est en train d'améliorer.
Pour
ce qui est du Programme de l'expérience québécoise, le PEQ, oui, effectivement,
on a resserré les critères pour le PEQ...
Le Président :
En terminant.
Mme Girault :
...parce qu'on avait des immigrants qui venaient prendre leur CSQ ici et
allaient prendre leur résidence...
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de
Laval-des-Rapides. Vous êtes le seul à avoir la parole.
M. Polo :
M. le Président, on a vu des ministres se faire réprimander par la protectrice,
mais rarement refuser de lui répondre
convenablement, à l'exception, bien sûr, du ministre de l'Économie envers la Commissaire à l'éthique. Obtenir son
certificat de sélection Québec par le biais du Programme de l'expérience
québécoise prenait 20 jours avant l'arrivée de la CAQ au pouvoir. On
promet désormais six mois, mais on ne respecte pas ce délai. Pour la CAQ,
l'immigration, ça veut dire loin des yeux, loin du coeur.
Quand est-ce que la
ministre va-t-elle agir pour remettre en ordre la maison de son propre
ministère?
Le Président :
Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Girault :
Merci, M. le Président. M. le Président, quand on prend le Programme de
l'expérience québécoise, effectivement,
ça prenait très peu de jours pour avoir le certificat de sélection du Québec,
mais il y avait aussi très peu de monde qui passait à travers ce programme-là,
quand il a été créé. On est passé de 10 %...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Girault :
...d'étudiants, M. le Président, à travers le programme d'expérience client...
québécoise, à près de 80 % de ce
programme-là. Donc, c'est sûr que, quand on augmente par huit le nombre de
personnes qui passent à travers ce
programme-là, effectivement, ça élargit un petit peu... ça allonge un petit peu
les délais. Et c'est ce qui est arrivé. On a resserré les critères,
effectivement, pour avoir une immigration, encore une fois, qui reste ici, au
Québec...
Le Président :
En terminant.
Mme Girault :
...et qui ne va pas prendre sa résidence permanente ailleurs au Canada. Merci.
Le Président :
Question principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, depuis le début de la crise, nos adolescents passent plus de
temps devant les écrans. Plus de 50 % y
consacrent 10 heures ou plus par semaine, de l'école à distance. Plus de
la moitié de leurs parents estiment
probable ou très probable que leurs enfants soient victimes d'intimidation sur
l'Internet. Cette isolation et solitude ont des conséquences sur le
bien-être de nos jeunes, mais personne n'en parle.
Depuis
le début de la crise, la consommation de tabac, de stupéfiants, de l'alcool a
grimpé en flèche, et la proportion des personnes dont la consommation est
devenue problématique a plus que doublé. L'essentiel de la hausse est
attribuable aux 18 à 35 ans, mais personne n'en parle.
Quand
le gouvernement comprendra-t-il que la crise de santé mentale qui accompagne la
crise de la COVID a aussi ses groupes prioritaires dont il faut
s'occuper d'abord, soit les adolescents et les jeunes adultes?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je remercie le député de D'Arcy-McGee
pour sa question, et qui me permet de
redire encore une fois que notre priorité et celle du premier ministre, il l'a
dit plusieurs fois, c'était de garder nos écoles
ouvertes, la meilleure façon de préserver la santé mentale de nos enfants, et
de nos ados, et de leurs parents, M. le Président.
Je vais
aborder le premier point de sa question, la dépendance aux écrans. On avait
fait ici une session, un forum transpartisan,
qui s'était très bien déroulé, en février 2020, où on avait abordé la question
de la dépendance aux écrans. On voulait modifier les choses tout le
monde ensemble. Et, M. le Président, malheureusement, la pandémie nous a
arrêtés là-dessus, mais on n'a pas oublié
cette promesse d'améliorer les choses et de donner des critères aux enfants et
à leurs parents.
D'ailleurs,
j'en ai parlé, la dernière fois, à mes collègues des différentes oppositions,
on se prépare, ce printemps, à
déposer une campagne pour la dépendance aux écrans, que l'on veut mettre sur
pied pour la rentrée scolaire, parce qu'après la pandémie il va falloir revenir à des bonnes habitudes, des saines
habitudes. Et on compte, encore une fois, à la collaboration de nos... des
différents membres des oppositions...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...pour faire ça
de façon transpartisane, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, il ne faut pas se préparer,
il faut agir. Les jeunes adultes du Québec ont besoin de plus qu'un appel de triage 8-1-1,
Info-Santé, sans suivi concret et rigoureux, sans accompagnement réel pour
pallier à leur angoisse et leur détresse. Il faut de vraies ressources
et de vrais services, en région autant qu'en milieu urbain.
Bon, les jeunes devraient passer en dernier pour
ce qui est du vaccin. Mais, en ce qui a trait à leur santé mentale, pourquoi
passent-ils en dernier?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Bien, encore une
fois, M. le Président, je vais corriger la situation. Le premier investissement
pérein qu'on a fait dans la santé mentale spécialisée, c'est pour la santé
mentale des jeunes, 25 millions de dollars qu'on a investis justement parce que les listes
d'attente chez les jeunes étaient les
seules qu'on n'arrivait pas à contrôler depuis le début de la pandémie. Donc, ça, ça veut dire que, notre modèle
interdisciplinaire, là, que je martèle chaque fois que je me lève ici, on veut l'implanter, d'abord et avant tout, surtout chez nos jeunes. Les équipes étaient très, très
petites, presque pas d'ergos, très peu de psychologues, très peu de travailleurs
sociaux. Donc, on veut augmenter ces équipes...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...autour de nos pédopsychiatres et mieux
desservir nos enfants et nos adolescents, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee. Vous êtes le seul à avoir la
parole.
M. Birnbaum : M. le
Président, il faut des partenaires
pour agir comme il faut. Nous avons, au Québec, de formidables organismes communautaires qui
viennent en aide à ces jeunes personnes et ces jeunes familles. Où est l'appui
de ce gouvernement, à part des
consignes souvent contradictoires, des budgets insuffisants et non récurrents? Oui, on a créé
un nouveau programme, à
titre d'exemple,
d'éclaireurs, programme-phare et très intéressant, mais, sans se
coordonner avec les groupes les plus...
experts sur le terrain, comment ce gouvernement va-t-il, finalement, soutenir les organismes communautaires, ces partenaires...
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Bien, M.
le Président, dans le plan santé
mentale COVID, je rappelle qu'il y avait un investissement de 17,6 millions pour les organismes
communautaires en santé mentale, qui nous avait permis d'aider plus de 400 organismes à travers le Québec, et pour lesquels déjà 12 millions ont été dépensés. Et, avec la reddition
de comptes, on va verser le reste,
M. le Président.
Aussi, les éclaireurs, on a organisé... parce
que c'est un nouveau programme, on a organisé des rencontres, les 7 et 8 avril derniers, avec les différents regroupements en santé mentale, au
niveau des organismes communautaires, pour qu'ils comprennent bien le programme
et pour qu'ils puissent comprendre notre désir d'impliquer...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...ces organismes
communautaires là dans la procédure, M. le Président. On y travaille et on est bien en contrôle de la situation.
Le Président : Cela met donc
fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous passons maintenant
à la rubrique des motions sans
préavis. Et, en fonction de nos règles, je reconnais Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le leader du deuxième groupe d'opposition, la députée de
Joliette, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin et le
député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale souligne que nous traversons actuellement la troisième
vague de la pandémie, que près d'une école sur six est fermée ou
partiellement fermée et que les écoles sont la deuxième source d'éclosion au
Québec;
«Qu'elle
souligne que, contrairement à ce que le ministre de l'Éducation a affirmé à
plusieurs reprises, le protocole de
test de qualité de l'air dans les écoles n'a pas été élaboré conjointement avec
la Santé publique et n'a jamais été validé par celle-ci;
«Qu'elle
rappelle que le ministre de l'Éducation a confirmé que le protocole de test de
qualité de l'air actuel fait l'objet de nombreuses critiques;
«Qu'elle
constate que selon Radio-Canada, dans 61 % des cas étudiés, le protocole
n'a pas été respecté, ce qui a faussé les résultats;
«Qu'elle
prenne acte que le rapport déposé hier par le ministre de l'Éducation indique
que près de la moitié des classes dépasse la cible fixée par Québec;
«Qu'elle
rappelle que le ministre a affirmé que les prochains protocoles tiendront
compte des critiques des experts et que les prochains tests se feront l'an
prochain seulement, et ce, malgré l'urgence de la pandémie;
«Qu'elle rappelle que les familles du Québec
comptent sur le premier ministre pour appliquer le principe de précaution dans
le réseau de l'éducation;
«Qu'enfin, elle exige du gouvernement caquiste
de :
«Faire
l'achat de capteurs de CO 2 pour chaque classe dans les écoles afin de
mesurer en temps réels le taux de CO 2 ;
«De fournir
des purificateurs d'air avec filtre HEPA ou des échangeurs d'air dans
l'ensemble des classes qui n'ont pas de fenêtre et où la qualité de
l'air ne respecte pas les normes prescrites, et ce, dans les 10 prochains
jours;
«De faire
preuve de transparence en publiant immédiatement la liste des écoles ayant
échoué les tests de qualité de l'air ainsi que les correctifs apportés
pour chacune d'entre elles.»
Ce sera tout, M. le Président.
Le Président : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Caire : Il n'y a
pas de consentement.
Le Président : Pas de
consentement. Je reconnais M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, je demande... Non,
ce n'est pas vrai. Désolé. Je demande... Oui, là, c'est un
sujet sérieux, quand même. Je demande le consentement, donc, de l'Assemblée
pour débattre de la motion suivante :
«Considérant que le gouvernement du Québec
impose un couvre-feu par décret dans le but de lutter contre la COVID-19;
«Considérant que cette mesure, d'abord présentée
comme un "électrochoc" temporaire, est maintenant en place depuis
plus de trois mois;
«Considérant que cette mesure est
particulièrement restrictive sur le plan des droits et libertés;
«Considérant
que l'efficacité du couvre-feu fait l'objet d'un débat scientifique et que le
Québec est la seule province canadienne à avoir choisi d'appliquer une
telle mesure;
«Considérant
que plusieurs acteurs de la société civile ont souligné les impacts
disproportionnés du couvre‑feu sur certains groupes de la société, notamment
les personnes marginalisées, les individus en situation d'itinérance, les
personnes à statut migratoire précaire et les femmes vivant de la
violence conjugale;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse qu'il est légitime et sain dans une société démocratique
de débattre des meilleurs moyens pour lutter contre la pandémie, et que
ces débats doivent se faire en se basant sur la science;
«Que
l'Assemblée nationale demande au ministre de la Santé de solliciter l'INSPQ
afin de produire une évaluation rigoureuse, publique et indépendante du
couvre-feu comme intervention de santé publique, incluant une analyse de
ses bénéfices, de ses inconvénients, de sa
validité scientifique, de son acceptabilité sociale et de ses effets
collatéraux, notamment pour les personnes les plus précarisées de la
société québécoise.»
Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Caire :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. Je reconnais maintenant M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
ministre responsable de la Laïcité
et de la Réforme parlementaire, le député
de Jean-Lesage, la
députée de Marie-Victorin, le député de Rimouski et le député de Rousseau,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que la nation québécoise
n'a jamais consenti à l'ordre constitutionnel imposé
en 1982 par le gouvernement canadien;
«Qu'elle
affirme que la nation québécoise peut légitimement établir ses règles de
vivre-ensemble, dans le respect de son histoire, de sa culture et de ses
institutions;
«Qu'elle réitère que
tous les Québécois sont égaux devant la loi, et qu'elle s'applique à tous;
«Qu'elle rappelle que
les lois adoptées par l'Assemblée nationale s'appliquent sur tout le territoire
du Québec.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vais vous demander vos
votes respectifs, en débutant par le leader du troisième groupe
d'opposition.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée.
La parole à Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de débattre de la motion suivante
conjointement avec la cheffe de l'opposition officielle, la députée de
Taschereau, le chef du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey, le
député de Rimouski, la députée de Marie-Victorin et le député de Rousseau :
«Qu'à
l'occasion de son décès l'Assemblée nationale du Québec rende hommage à
M. Michel Louvain, chanteur et animateur;
«Qu'elle souligne sa
carrière exceptionnelle qui s'est [déroulée] sur plus de soixante ans;
«Qu'elle souligne sa
contribution majeure au paysage culturel québécois;
«Qu'elle
rappelle que M. Louvain était chevalier de l'Ordre national du Québec,
membre de l'Ordre du Canada et récipiendaire de la Médaille d'honneur de
l'Assemblée nationale du Québec;
«Qu'elle transmette ses
condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu'à ses
[nombreuses admiratrices] et [nombreux admirateurs] partout au Québec;
«Qu'enfin, elle observe un moment de
recueillement à sa mémoire.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Oui, M. le Président. Il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant dans l'ordre suivant :
la ministre responsable des Aînés et Proches aidants, la cheffe de l'opposition
officielle, la députée de Taschereau et le chef du troisième groupe
d'opposition.
Président : Alors, je comprends qu'il y a un consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et que pour... la durée des
interventions soit limitée à un maximum de deux minutes chacune.
Nous débutons par Mme la ministre responsable des
Aînés et des Proches aidants. À vous la parole.
Mme Blais
(Prévost) : Merci, M. le Président. C'est un immense privilège de
pouvoir parler d'une personne que j'admire
et que j'affectionne particulièrement. Je remercie la ministre des Cultures et
des Communications de me céder sa place au nom du gouvernement du
Québec.
Nous
connaissons le marchand de bonheur qu'est Michel Louvain. Il adorait son
public, et son public le lui rendit pendant 65 ans. C'est son
public qui lui transmettait sa force et sa joie de vivre.
Depuis le
jour de son décès, le 14 avril dernier, les hommages fusent de toutes
parts, et permettez-moi d'y ajouter ma
voix. On se rappelle des moments glorieux
de ce petit gars de Thetford Mines né en 1937, mais aujourd'hui je veux vous parler de l'homme qu'il était.
Michel
Louvain, né Poulin, aimait la vie, sa famille, la nature et partager des repas
avec ses amis. Juste pour nous, il
aimait prendre un gin à 17 heures. Sa passion pour les fleurs complétait
la liste de ses plus grands plaisirs. Sa deuxième famille était composée de ses musiciens, choristes
et techniciens, il leur a été fidèle. Il a été fidèle pendant 40 ans à son
agente artistique, Mme Johanne de Maisonneuve, et 30 ans à son chef
d'orchestre.
Michel
Louvain était un homme de défis et rempli d'une immense générosité. Je me
souviens très bien qu'au début des années 90 j'étais pour faire faillite, à mon restaurant, et
j'ai demandé à Michel de venir chanter pour la fête des Mères, et il est
venu chanter gracieusement. Merci, Michel.
Il a fait siennes plusieurs causes, entre autres
il était président de la campagne de financement de la dystrophie musculaire,
et a animé — parfois
j'étais là — plusieurs
téléthons. Il a aimé beaucoup les aînés. Il était le porte-parole, bénévolement, du programme Pair pour assurer la
sécurité des aînés, des aînés du Canada, président de la campagne de
financement de la Fondation de l'Hôpital Charles-Le Moyne, pour ne nommer
que quelques causes.
Trois mots résument Michel Louvain :
fidélité, respect, travail.
Lors de ses
premiers spectacles à la Place des Arts et au Grand Théâtre de Québec, à la fin
des années 70, il aimait travailler
dans une grande salle. Pourquoi? Parce que son public était assis
confortablement puis qu'il n'y avait pas de fumée de cigarette. Alors,
il était heureux.
Dans les
années 80, il aimait aussi les spectacles où il y avait des chanteurs, où
il y avait des danseurs, parce qu'il raffolait partager la scène avec
les autres, il était généreux.
En 2009, le
documentaire de Claude Demers, Les dames en bleu , l'a beaucoup touché.
Pourquoi? Il était ému de savoir
qu'il était aussi aimé, aussi adulé. Et on lui a rendu hommage après
50 ans de carrière. Ça a pris 50 ans. Ça veut dire que, parfois, il a été boudé par une certaine
élite. Il a reçu la Médaille de l'Assemblée nationale du Québec en 2009, je lui
ai rendu hommage à ce moment-là.
Et, vous
savez, j'aimerais, en terminant, offrir mes plus sincères condoléances à ses
trois soeurs, Thérèse, Ginette, Lucie,
et à son conjoint, Mario Théberge. Vous savez, Mario a vécu dans son ombre
pendant 25 ans. Et je tiens à
dire à Mario, aujourd'hui, que, quand Michel était avec toi, Mario, il
vivait dans ton ombre, parce que vous étiez en symbiose.
Michel, il
attendait la réouverture des salles de spectacle justement pour interpréter son
tour de chant La belle vie . Alors, aujourd'hui, de là où tu es, tu fais ton spectacle, La
belle vie , pour toutes les Québécoises et tous les Québécois. Merci.
Le Président : Mme la cheffe
de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
un géant, une idole, une icône, Michel Louvain a été tout cela et plus encore
pour des Québécois et Québécoises de tous âges, de toutes les générations.
14 avril dernier, nous avons appris le décès de ce grand Québécois et nous
avons été nombreux et nombreuses à se
remémorer la ou les chansons qui nous avaient marqués, qui nous rappelaient un
souvenir précis, nous en avions tous un ou une. La mienne ne vous
surprendra pas, parce que c'est La dame en bleu.
Bien peu
d'artistes ont pu se targuer d'avoir eu une carrière aussi longue, belle et
fructueuse comme Michel Louvain. Dès
la fin des années 50, il s'est imposé comme une de nos idoles québécoises
incontournables tant pas son talent que par sa personnalité. De succès
en succès, il n'a suffi que d'un regard pour marquer l'histoire de la musique
québécoise.
Michel Louvain, c'était un
artiste qui était entier, profondément et viscéralement aimé de son public. Il
a su se réinventer tout au long de sa
carrière, et son art, son talent ont transcendé les époques mais également
transcendé les modes. Preuves en sont les nombreux hommages de gens de
tous les âges, jeunes, moins jeunes, qui ont fusé de toutes parts depuis son
décès, qui ont souligné sa grande carrière, reprenant les grands classiques,
citant les paroles de ses chansons.
Cette fin de
semaine, c'est Stéphane Laporte qui résumait le phénomène Michel Louvain ainsi,
et c'est ce qui est venu me chercher particulièrement : «Son génie, c'est
l'amour du public. Pas l'amour que le public a pour lui. L'amour que lui
a pour le public.»
M. le
Président, la vie humaine n'est pas éternelle, nous le savons tous et toutes.
Or, le bonheur et l'allégresse que l'on peut faire ressentir à des gens,
ça se transmet aussi au-delà de sa propre vie, de sa propre existence.
L'existence de Michel Louvain en a été une
de don de sa personne, de son coeur, de son âme pour répandre du bonheur et de
la joie partout, alors on continuera de le faire vivre et honorer en
partageant son histoire, ses chansons et, bien sûr, toute sa musique, en continuant
de nous laisser bercer par sa voix, qui était fabuleuse, puis en le
transmettant.
Son oeuvre
colossale demeure, et nous avons le devoir, quelque part, une espèce de responsabilité de la faire vivre aussi. Et elle continuera de semer le bonheur partout
où elle passera, j'en suis intimement convaincue. Je pense pouvoir dire que
Michel Louvain s'en réjouirait certainement. Il dirait même que «maintenant
plus rien ne nous sépare».
En mon nom personnel,
au nom de ma formation politique, j'aimerais transmettre aux proches de Michel Louvain,
à son conjoint, à ses soeurs, à ses amis et à tous ses fans qui ont
l'impression d'avoir perdu un membre de leur famille nos plus sincères
condoléances. Merci, M. le Président.
Le Président : Mme la députée
de Taschereau.
Mme Dorion : Merci,
M. le Président. Une des choses que
je trouve touchantes dans l'existence de Michel Louvain, dans la façon dont son oeuvre a résonné au Québec,
on a dit souvent, on entend souvent : Il a peut‑être été snobé par une
partie de l'élite québécoise
ou on l'a traité parfois de quétaine ou de... et pourtant on écoute ses
chansons, on voit l'impact qu'il a
eu, un impact très, très large et très,
très chaleureux, très populaire. Finalement,
le Québec ne l'a pas snobé. Des gens au Québec
l'ont peut-être snobé, mais le Québec l'a adoré. Et il l'a
adoré en écoutant des chansons qui parlaient d'émotions qui étaient
accessibles à tout le monde : l'amour, la joie, l'impression que c'est la
fin du monde, qu'il faut en profiter maintenant, le moment présent, foncer là-dedans
avec les gens qu'on aime, ne pas attendre à demain.
C'est des
émotions — je
m'émeus moi-même à en parler — qui sont très,
très répandues chez les humains. Et
je pense que plus que jamais aujourd'hui mais dans toute l'histoire du Québec on a eu besoin d'avoir des gens qui nous
parlaient comme ça, qui nous chantaient
comme ça. C'est ça, le rôle de l'art. C'est ça, la fonction de l'art. C'est ce
qui fait que, quand on n'a pas d'art,
on souffre. Quand on n'a personne pour exprimer ça, on souffre. L'art, ce n'est
pas un truc pour les élites, ce n'est
pas un truc qui est fait pour parler de choses complexes que personne
ne comprend, et Michel Louvain a exprimé ça pendant des années à tous
les Québécois.
Merci. Et nos
condoléances les plus sincères et les plus empathiques à Mario Théberge. Après
25 ans, ça doit être un vide immense, surtout en temps de pandémie.
Et on pense à vous très, très fort.
Le Président : M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, avant toute chose, je
tiens, au nom des députés du Parti
québécois, à offrir mes plus sincères condoléances à son conjoint, Mario, à la
famille, aux proches et à tous ceux et celles qui ont aimé M. Michel
Louvain, et ils sont nombreux.
Cet homme
charmant et discret au possible, qui a toujours mis l'accent sur les formes et la manière, a
marqué le Québec et des générations d'admirateurs. D'admiratrices,
devrais-je dire plus précisément.
Son départ,
aussi soudain qu'inattendu, nous laisse à tous un sentiment d'inachevé. Nous
n'avons pas eu le temps de lui dire au revoir ni merci, alors qu'il a
fait le bonheur des foules pendant près de 65 ans. Imaginez, sa carrière
avait débuté en 1956, ce n'est pas rien.
D'ailleurs, ma mère m'a raconté qu'à la fin des années 50, au club
Mocambo, c'est elle qui avait été
choisie pour danser avec Michel Louvain. Alors, c'est une anecdote familiale
que je vous transmets aujourd'hui.
Les histoires d'amour qui sont aussi durables
entre un artiste et son public, celle-ci est rare, elle est formidable. Michel Louvain avait sa place bien à lui au sein
de la communauté artistique québécoise. C'était notre intemporel chanteur de charme, immensément respectueux de celles et de
ceux venus le voir et l'entendre et cultivant avec eux une précieuse relation de proximité. Toute sa vie a été
consacrée à donner et à semer le bonheur. C'est ce qui le rendait heureux, de
toute évidence, ça et la scène, il y
était chez lui. Tout en lui était art et chanson. Il incarnait un idéal
d'élégance et de gentillesse qui doit nous servir de modèle. La sienne
était infinie, à l'image de sa générosité et de sa mansuétude.
À une époque,
certains l'ont catégorisé parfois malicieusement. Ça lui a fait mal, mais,
courageusement, il a gardé le cap, il
a continué de faire ce qu'il faisait de mieux. Il n'a pas cherché à suivre une
mode, il n'a jamais renié ce qu'il était. Ultimement, tous ont dû se rendre à l'évidence : Michel Louvain est
un grand qui a traversé les époques, un grand artiste et surtout un grand homme, un grand Québécois, une
voix unique, inoubliable dans nos coeurs, un souvenir ému et respectueux
que nous conservons. Et, puisque les
chansons qu'il a interprétées sont éternelles, l'héritage qu'il laisse derrière
lui est voué à vivre encore longtemps, notamment la chanson Un
certain sourire , la préférée de sa mère.
J'invite
toutes les Québécoises et tous les Québécois à revisiter son
répertoire pour rendre hommage à l'homme, certes, mais également parce
qu'il illumine et réjouit les coeurs immanquablement, un grand héros de la
culture populaire québécoise, un grand. Merci, M. Louvain.
Président : À cette étape, je vais vous demander de m'indiquer
vos votes de vos groupes respectifs, bien sûr. Je débute par M. le
leader adjoint du gouvernement.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Cette motion est donc adoptée. Je vais vous
demander de vous lever pour observer une minute de silence à la mémoire
de M. Michel Louvain.
• (11 h 15 — 11 h 16)
Le Président : Je vous
remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions. La parole est au leader adjoint du
gouvernement.
Caire : Merci,
M. le Président. J'avise cette Assemblée
que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 64, Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection
des renseignements personnels, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle du Conseil législatif;
La Commission
des finances publiques poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 74, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur le budget du
10 mars 2020 et à certaines autres mesures, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission
de l'aménagement du territoire poursuivra, par visioconférence, les consultations particulières sur le projet de loi n° 49,
Loi modifiant la
Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités, la
Loi sur l'éthique et
la déontologie en matière municipale et diverses dispositions législatives,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 1 h 40 et de
14 h 30 à 18 heures;
La Commission
de la santé et des services sociaux poursuivra, par visioconférence, les
consultations particulières sur le
projet de loi n° 83, Loi concernant principalement l'admissibilité au régime d'assurance
maladie et au régime général d'assurance médicaments de certains enfants dont les parents ont un
statut migratoire précaire,
aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une durée de
1 h 40 min, et de 14 h 30 à 17 h 5.
Président : Merci. À la rubrique Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Oui. Merci, M. le Président. Je ne prendrai pas énormément de votre temps, M.
le Président, mais j'aimerais faire un point
par rapport aux consultations particulières sur le projet de loi n° 49, les changements proposés à l'éthique
municipale.
L'entente
qu'il y a eu entre les leaders des différentes politiques, lorsqu'elle a été
négociée, celle-ci, le leader du
gouvernement nous avait assurés... et
on a pleine confiance en la parole du leader
du gouvernement, M. le Président, nos échanges se passent
habituellement bien, mais il nous avait assurés qu'il allait faire preuve
d'ouverture pour combler des plages
horaires qui sont disponibles lorsqu'il y a désistement. Eh bien, il y en a eu
cinq, désistements, lors de l'étude de... pour la consultation de ce projet de loi. Et il y a une conseillère municipale qui a soumis aux parlementaires,
Mme Pierrette Messier, qui a soumis aux parlementaires un code de
civilité des municipalités, qui est une élue municipale, qui a pris le temps d'écrire un code de civilité des municipalités.
Elle est conseillère dans le canton de Bedford. Et, honnêtement, M. le Président, ses
idées méritent d'être entendues par les parlementaires qui se penchent sur
cette loi.
ce jour, même s'il y a des plages horaires disponibles toute la journée aujourd'hui, le gouvernement n'accepte pas d'entendre Mme Messier,
qui, de toute évidence, a une expertise particulière en la matière.
y a une plage horaire à 15 h 30, cet après-midi. Je demande au gouvernement d'inviter Mme Messier à participer à nos travaux pour que les
parlementaires puissent entendre les raisons, les détails, les explications
derrière le code qu'elle propose,
pour que le projet de loi puisse être bonifié. Ce serait minimalement le
respect de la parole donnée aux autres leaders et ce serait également un
signe de respect et d'appréciation pour l'expertise et le travail qui a été
fait. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le Président. Effectivement, il y a des plages horaires qui se sont libérées
et, oui, il y aura de l'ouverture pour que ces plages horaires soient
comblées, maintenant ceci dans les limites du raisonnable, quand même.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Un dernier point, M. le
Président. Si le leader adjoint du gouvernement s'engage à inviter Mme Messier, je lui soumets qu'il doit le faire rapidement, la
plage horaire disponible étant à 15 h 30, cet après-midi. Alors, je lui demande de
procéder dans les prochaines minutes, si c'est possible.
Le Président :
Et vous aurez l'occasion, évidemment, de poursuivre la discussion à
l'extérieur, évidemment.
période des affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons
maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends nos
travaux pour quelques instants. Merci à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
11 h 21)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux, et je vais céder la parole à M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Alors, bon matin, Mme la Présidente. Alors, je
vous demanderais d'appeler l'article 6 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 6 de feuilleton, M. le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs propose l'adoption du principe du projet de loi n° 88, Loi modifiant la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune et d'autres dispositions législatives. M. le
ministre, sans plus tarder, je vous cède la parole.
M. Dufour : Merci,
Mme la Présidente, et merci, chers
collègues, d'être présents ici aujourd'hui. Donc, j'ai le plaisir de soumettre aux membres de cette Chambre, pour l'adoption
du principe, le projet de loi
n° 88 qui vise à modifier la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune.
résumé, ce projet de loi a pour but de doter le Québec d'une loi plus moderne
et plus pertinente en matière de conservation
et de protection de la faune, de protéger la santé des populations humaines et
animales en assurant la préservation du
patrimoine faunique des Québécois et Québécoises,
d'améliorer l'encadrement des activités de mise en valeur de la faune et de ses habitats, d'accroître la capacité
du ministère d'agir dans les situations de crise et de braconnage. Il s'agit
aussi de répondre aux préoccupations de la population concernant le bien-être
animal, d'accroître l'acceptabilité sociale des
activités de chasse, de pêche et de piégeage et d'assurer une meilleure mise en
valeur des ressources fauniques locales. Par ailleurs, d'autres mesures
du projet de loi visent à accentuer les efforts d'allègement réglementaire et
administratif, ce qui fera en sorte de
diminuer les interprétations divergentes et d'amoindrir les risques de
contestations judiciaires. En somme,
par ce projet de loi, le gouvernement du Québec sera en mesure de mieux
affirmer son leadership dans la création de richesse socioéconomique grâce à des outils performants et actualisés
en matière de protection, de conservation et de mise en valeur de la
faune et de ses habitats.
Comme vous le savez, Mme la
Présidente, au cours de la dernière décennie, les préoccupations des Québécois
et Québécoises quant à la faune et à
la biodiversité ont évolué. Elles se sont accrues, et on comprend pourquoi. On
se soucie davantage, aujourd'hui, de
la protection de la santé humaine et animale. D'ailleurs, l'actualité nous
montre bien l'interdépendance des
humains, des animaux et de leur habitat, d'où l'importance de pouvoir réagir
rapidement aux problématiques nouvelles.
Dans
l'esprit d'entendre les préoccupations des citoyens, nous avons tenu trois
jours de consultations sur le projet, du
13 au 15 avril derniers. J'ai eu l'occasion de rencontrer
15 organismes, et 19 mémoires ont été déposées à l'Assemblée.
Ces échanges ont été fructueux et nous confirment qu'il est essentiel de
modifier la loi.
principales modifications. Pour mieux protéger une faune et ses habitats, il
faut donc adapter la législation aux réalités
d'aujourd'hui. En ce sens, le projet
de loi n° 88 couvre
principalement sept grands axes que je vous résume ici.
Premièrement, le projet
de loi n° 88 vise à régulariser les compensations financières lors de la
perte d'habitats fauniques. Il y a
actuellement un manque de clarté et un manque de prévisibilité pour les
entreprises. Entre autres, la loi ne prévoit
pas d'encadrement pour les sommes reçues lors de compensations pour perte
d'habitats dans le contexte de projets d'infrastructure.
Donc, ce que nous souhaitons faire, c'est préciser la possibilité d'exiger des
compensations financières, créer des
programmes de restauration et de création d'habitats fauniques dont les
retombées seront régionales, et mettre en place un cadre pour
l'évaluation des mesures de compensation.
Deuxièmement,
le projet de loi prévoit diverses mesures d'allègement réglementaire et
administratif. Les lourdeurs, telles
que les duplicatas d'émission de permis qui ont déjà été délivrés par le
gouvernement fédéral, seraient éliminées. Et nous pourrions diffuser le plan de gestion de la pêche sur le site Web
du ministère au lieu d'en exiger la publication à la Gazette
officielle du Québec .
troisième lieu, le projet de loi aborde aussi certains problèmes de gouvernance
des zecs. En ce sens, en ce moment, les
zecs éprouvent divers problèmes quant au respect des quatre principes directeurs. Celui de l'accessibilité au
territoire pour les utilisateurs est
toujours préoccupant, notamment en ce qui concerne l'accès équitable à la
chasse à l'orignal, où il y a
toujours des enjeux d'appropriation de territoire. Nous voulons améliorer la
gouvernance des zecs afin que l'ensemble des Québécois et Québécoises
ait toujours un accès à ces territoires.
Quatrièmement, le
projet de loi permettra d'agir rapidement en cas de préjudice grave à la faune,
à son habitat ou à la sécurité des
personnes, par exemple lors de la détection d'un cas de maladie débilitante des
cervidés ou d'échappées de sangliers.
Pour cela, il est prévu d'octroyer au ministre le pouvoir d'établir des
modalités particulières de prélèvements fauniques ou d'exiger au propriétaire d'un animal de mettre en oeuvre
des mesures pour éliminer les risques
liés à une maladie en situation d'urgence. Le but ultime est de protéger
la santé humaine et animale.
Cinquièmement,
nous visons à actualiser le volet pénal des actes de braconnage. Cela signifie
concrètement mieux contrer le
braconnage pour préserver le patrimoine faunique québécois, par exemple
augmenter le montant des amendes, qui,
pour la plupart, n'ont pas été
révisées depuis 1991, ajouter des pouvoirs aux agents de protection de la
faune, instaurer de nouvelles sanctions, encadrer l'utilisation de
nouvelles technologies dans la pratique des activités fauniques et étendre
l'interdiction d'être en action de
chasser sous l'influence de l'alcool et/ou des drogues. En analysant la
législation des autres provinces, on
constate que le Québec peut faire mieux. Nous pouvons instaurer de meilleures
pratiques adaptées aux nouvelles réalités.
Sixièmement,
le projet de loi n° 88 permettra de mettre en oeuvre des projets pilotes en matière de conservation ou de
mise en valeur de la faune sans devoir procéder à des modifications
réglementaires. Là encore, l'idée est de promouvoir... répondre aux enjeux émergents en favorisant
l'innovation et une agilité pour se donner plus d'ouverture d'action en lien
avec ce qui se déroule directement sur le terrain.
Septièmement, enfin,
de nouvelles pratiques sont prévues en matière de bien-être animal et de
récupération de gibier. La loi actuelle ne
permet pas l'encadrement de la pratique de recherche du gibier blessé à l'aide
de chiens de sang. En octroyant au
ministre le pouvoir d'établir les modalités permettant à une personne d'achever
un animal qui est blessé mortellement et qui est hors d'état de fuir à la suite
d'une activité légale de chasse ou de piégeage, on pourra améliorer l'image
de la chasse et favoriser des pratiques éthiques.
conclusion, en somme, ce projet de loi vise à mieux protéger la faune du Québec
et ses habitats. Bien des choses ont
évolué depuis la dernière mise à jour de la
Loi sur la conservation et la mise
en valeur de la faune en 2009, et je dois préciser que cette loi-là d'origine, elle date de 1984. Donc, c'est tout
à fait normal qu'on évolue avec le projet de loi. Et naturellement les moyens d'intervention actuellement prévus ne permettent plus au gouvernement d'assumer efficacement ses responsabilités. Pour pouvoir répondre aux nouveaux besoins sur le terrain, pour faire
face aux menaces qui pèsent sur l'intégrité
et la santé des écosystèmes et pour contrer efficacement les actes
répréhensibles commis à l'égard de la faune et de ses habitats, nous avons besoin de ce projet de loi. Il est temps de le moderniser, de moderniser nos façons de faire, de mieux encadrer la
protection des habitats fauniques, d'outiller davantage les agents de
protection de la faune et de hausser les amendes et autres sanctions
pénales.
Tous
les Québécois et Québécoises, j'en suis convaincu, ont à coeur de protéger
notre patrimoine faunique et de le conserver
pour les générations de demain. Nous souhaitons tous une plus grande accessibilité et un meilleur encadrement des activités fauniques pratiquées
sur le territoire québécois. Pour cela, il faut actualiser nos leviers
d'action. C'est là l'essence même du projet de loi n° 88
et toute sa pertinence. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Et je vais maintenant céder la parole à M.
le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je réitère, moi aussi, tel que le ministre l'a mentionné, que
nous avons eu trois bonnes journées
de travaux, de consultations, au sein de la Commission de transport et de l'environnement, qui nous ont permis, justement, d'entendre, si je
ne me trompe pas, près d'une quinzaine de groupes qui sont venus, justement,
présenter non seulement leurs mémoires,
leurs recommandations, leurs suggestions, certaines fois leurs appréhensions,
des apports significatifs, des
apports très constructifs, certaines fois des critiques aussi, que ce soit,
même, le projet de loi, que ce soit aussi de la façon... comment que le
milieu est géré.
J'ai soulevé,
et je le souligne également ici, et je sais que mon collègue de D'Arcy-McGee va
le mentionner, pour un projet de loi qui touche autant un vaste territoire
au sein même de notre province, parmi les groupes, les premiers concernés, ce sont les communautés autochtones, ce
sont les communautés du nord du Québec. Et, à mon humble avis, je pense que plus d'efforts auraient pu être
effectués de la part du leader du gouvernement pour s'assurer d'une plus grande
représentation, une plus grande participation de différents porte-parole de
différents groupes de ces communautés pour venir
contribuer et bonifier les débats et les discussions autour du projet de loi
n° 88. Je comprends qu'il y a eu des échanges. Malheureusement, certaines fois, par contrainte de temps, par
contrainte de disponibilité, certains groupes n'ont pas pu soit rencontrer le ministre, soit participer aux
travaux, soit être accommodés en
fonction des délais. Et je trouve que
c'est pénible, c'est dommage, parce
qu'on s'entend que c'est une loi — et là je suis d'accord avec certains des
propos du ministre — qui
méritait et qui nécessitait d'être renouvelée, d'être modernisée.
Tel que
mentionné par le ministre, le projet de loi n° 88, c'est une continuité
ou, en fait, même, à certains égards, c'est un travail qui va un peu
plus loin du projet de loi préparé par son prédécesseur, le projet de loi
n° 161, lors de la législature précédente,
qui malheureusement, pour des contraintes de santé, comme vous le savez, Mme la
Présidente, le projet de loi n'avait
pas pu être débattu. Il avait été déposé, mais il n'avait pas pu être débattu à
temps avant la fin de la législature précédente. Et donc je salue le
ministre, qui est reparti sur ces bases-là, qui a même ajouté certains éléments
qui ne se retrouvaient pas dans le projet de
loi n° 161, comme, par exemple, la question des chiens de sang, notamment
ou, également, la question de la
gouvernance des zecs également. C'est des éléments qui bonifient la réflexion
et les débats qui doivent avoir lieu autour de ces enjeux-là, et je
salue ce travail-là.
Ceci dit, le projet de loi ne fait pas
l'unanimité, on s'entend, c'est rare que des projets de loi font l'unanimité. Ce projet de loi a soulevé beaucoup d'inquiétude.
Dans mon cas à moi, Mme la Présidente, vous allez me permettre de m'appuyer énormément sur les mémoires que nous
avons reçus pour venir vous apporter ou, en fait, venir vous présenter certaines
de ces objections, de ces préoccupations que nous avons entendues.
C'est un
projet de loi, tel que mentionné, qui est d'une loi qui se faisait
vieillissante. Également, Mme la Présidente, de façon globale, je vais
le mentionner, mon collègue va également mentionner, également, nous sommes
favorables à ce projet de loi là. Nous avons
certainement des questions qui vont revenir, qui vont revenir dans l'étude de
ce projet de loi plus loin, à même ces articles, mais, de façon
générale, nous sommes favorables.
Je vais
commencer, Mme la Présidente, si vous me permettez, par la Fédération
québécoise des chasseurs et pêcheurs, qui
a été un des premiers groupes, si je
ne me trompe pas, à venir nous présenter... Ils nous ont exprimé,
malheureusement, certaines réserves à
l'égard, justement, du projet de loi
n° 88. Notamment, ils s'attendaient que, compte tenu que la loi devait
et nécessitait d'être modernisée depuis un certain temps... ils considéraient
qu'il y a, à même ce projet de loi, plusieurs désavantages
pour les utilisateurs, sauf ceux qui faciliteront les opérations de recherche
de gibier blessé avec ou sans chien de
sang, également, constatent... Et beaucoup de leurs recommandations tournaient
autour, et le ministre est conscient, et c'est revenu à plus d'une
reprise, de la question des amendes. La question des amendes. Mme la
Présidente, vous êtes à même de savoir qu'il
y a un défi de relève au niveau de l'industrie de chasse et pêche. Et il y a un
défi de relève, il y a aussi un défi au niveau du nombre d'agents. Ce
n'est pas une question budgétaire, c'est carrément une question de ressources humaines. C'est une question de capital humain, de
gens sur le terrain pour s'assurer que ces pratiques-là respectent les lois,
respectent les règles, notamment.
Nous avons eu
l'occasion d'entendre le syndicat des agents de la faune également venir nous
exposer leurs inquiétudes face au
recrutement, face à l'ajout de représentants ou, en fait, d'agents sur le
terrain, mais également nous expliquer leurs inquiétudes face à l'ajout de responsabilités, O.K.? Mais, si on parle
de la Fédération québécoise des
chasseurs et pêcheurs, là, leurs
inquiétudes tournent beaucoup, justement, autour de ces amendes, de ces fautes
techniques, de ces délits techniques parce que le projet de loi n° 88 ne laisse pas place... présente vraiment une
faute technique ou, en fait, présente une première faute comme étant
déjà un délit qui est passible d'une amende de 500 $ plus autres frais.
Je sais que
les agents de la faune nous ont expliqué et ont essayé de nous rassurer qu'ils
utilisent leur bon jugement, qu'ils utilisent leur connaissance, bien sûr, des
chasseurs, des gens qui pratiquent... ce contexte-là, mais c'est dommage
que, dès la première infraction, malgré un
avertissement, ils soient passibles d'une amende de 500 $ en partant. Ça,
c'est une des choses qu'ils nous...
ont remarqué. Le fait qu'un parent capturant quelques poissons avec ses
enfants, alors qu'il ne respecte pas, par mégarde, toutes les conditions
liées à son droit d'accès, puisse se retrouver avec une amende totalisant
1 500 $, plus les frais, nous semble nettement abusif.
Mme la
Présidente, la fédération, justement, est plutôt déçue que ce projet de loi
renforce encore plus l'encadrement légal
de la chasse et de la pêche, et prévoit un régime d'amendes extrêmement sévère,
ce qui, selon leur expérience, aura comme
pour effet de décourager des citoyens et la relève lorsqu'ils seront pris,
justement, en infraction, en particulier pour les cas de nature mineure. Et ça, c'est important parce qu'on a un vaste
territoire, il faut l'occuper, il faut se l'approprier. On fait... Comme
gouvernement, comme société, on est fiers de toute cette géographie qui compose
le Québec, et, si des projets de loi comme...
avec des articles de la sorte viennent décourager cette relève, bien, on passe
à côté de cette richesse que nous avons sur le territoire québécois et
de cette richesse au niveau de la faune également.
À leur humble
avis, munir le Québec d'une loi efficace à punir sévèrement les réels
braconniers... Le Québec tente de
munir, justement, d'une loi efficace à punir sévèrement les réels braconniers,
ceux qui mettent en danger la pérennité de la faune. C'est tout... Cet aspect-là est louable. Mais, avec le projet
de loi n° 88 tel qu'il est rédigé actuellement, il brime la masse de chasseurs et
pêcheurs qui, comme les citoyens en général, sont des gens raisonnables, et plusieurs délaisseront leurs activités, tel qu'on le lit actuellement. Pour des nombreux motifs, ces derniers ne veulent pas avoir affaire
avec la justice, et il est excessif
que les amendes minimums soient de 500 $, auxquelles on doit ajouter des
frais significatifs. Par exemple,
porter de façon non conforme un dossard, c'est passible d'une amende de 500 $, et malgré que la faute peut être commise de façon... de bonne foi. Et c'est là où
moi, j'ai apporté ce point-là, lorsqu'on a échangé, que ce soit avec la
Fédération des chasseurs et pêcheurs
mais également avec les agents de la faune, je veux dire, on le voit un peu, on
utilise l'analogie sur les autoroutes
lorsqu'on se fait arrêter par la police. Je vais vous confier, Mme la
Présidente, j'ai l'habitude de conduire à l'intérieur d'une limite raisonnable
autour de la limite de vitesse. Et, vous le savez, je pense que c'est de
commune mesure, on s'entend que, sur les autoroutes, les policiers vont
nous laisser un degré de quelques kilomètres, de pouvoir passer au-dessus de la
limite de vitesse. Mais on ne sait jamais, je pense qu'on ne sait jamais
comment le policier va appliquer cette indulgence ou ce gros bon sens. Pour
certains, avec une limite de 100 kilomètres-heure, c'est peut-être jusqu'à
105 kilomètres-heure. Pour
d'autres, ils peuvent être un peu plus indulgents, 110, 115 kilomètres-heure.
Surtout, vous savez, aujourd'hui, les policiers comprennent que la plupart, sinon
la quasi-totalité des voitures sont munies d'un régleur de vitesse. On a juste à appuyer sur le bouton puis on
s'assure qu'on respecte une certaine vitesse. Mais, d'un policier à un autre,
d'un agent de la faune à un autre,
son interprétation de la règle peut être différente. Et c'est là que je
comprends pleinement les chasseurs
et pêcheurs d'être inquiets de voir un 500 $ minimum qui pourrait s'appliquer dès une première
infraction. On essaie de nous
rassurer, mais la nature de l'humain, de l'homme et de la femme fait que chacun
interprète les règles à sa façon.
La Fédération québécoise des chasseurs et
pêcheurs propose notamment, au niveau de l'article 22, de modifier l'article 30.2, qui mentionne, par exemple :
«Nul ne peut utiliser un réflecteur ou un appareil d'éclairage, de vision
nocturne ou d'imagerie thermique la nuit pour déceler la présence d'un
animal dans un endroit fréquenté par le gros gibier.» La fédération mentionne : «Nous devons aussi
avouer une certaine déception du fait que les réflexions faites précédemment
lors du dépôt du projet de loi n° 161, Loi modifiant la
loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune, déposé en décembre 2017,
n'aient pas été retenues. À ce moment, [la fédération avait] soulevé plusieurs
questionnements pour lesquels le ministère de la Faune, Forêts et Parcs
s'était montré ouvert. Pourtant, [...]rien de cela n'a été retenu [dans les]
travaux [du projet de loi n° 88].»
D'une manière
globale, ils perçoivent que «le projet de loi est élaboré sur la prémisse que
tout citoyen, s'il en a l'occasion,
fera un acte de braconnage», donc des pénalités sévères dès la première
infraction. «[La] fédération croit fermement qu'il faut aussi compter sur le bon sens des citoyens et l'éducation
pour assurer la protection de la faune, de ses habitats et la sécurité
des utilisateurs.
«D'une part,
la chasse et la pêche sont des activités de loisir et, d'autre part, les [activités]
exploitées sont en bonne santé. Où
est le besoin de prévoir une loi encore plus répressive?», disent-ils.
«Actuellement, les plus importantes menaces à la faune et à ses habitats
ne proviennent pas de la chasse et de la pêche.»
Les débats autour des appareils d'éclairage et
des réflecteurs tournent autour de, bien sûr, quand tombe la nuit, comment récupérer une bête qui a été touchée, une
bête qui a été blessée par le chasseur, comment la récupérer compte tenu
qu'elle peut poursuivre sa route, elle peut
essayer de s'échapper, elle peut essayer de survivre plusieurs kilomètres... plusieurs
mètres, plusieurs centaines de mètres, plusieurs kilomètres du point où elle a
été touchée, mais de façon sécuritaire.
D'autre part,
je comprends l'enjeu et je comprends le débat, Mme la Présidente, qui tourne
au fait que des personnes qui pratiquent la chasse de façon
illégale vont bien souvent vouloir utiliser des appareils d'éclairage, de fort
éclairage pour être capables de mieux cibler
la bête, leur cible, et ça, je le comprends. Mais comment protéger le chasseur?
Je comprends et je suis d'accord,
comme d'autres l'ont mentionné, l'apport du volet chien de sang pour être
capable de retrouver la bête, mais,
encore là, la fédération des chiens de sang a mentionné qu'un meilleur
éclairage aiderait autant à la sécurité d'eux mais également ceux qui pratiquent la chasse, à rendre cette
pratique-là plus sécuritaire, parce qu'une bête blessée, vous le savez, Mme
la Présidente, est plus agressive également.
Et c'est là
où tracer une ligne à six volts, au
niveau de la force de l'éclairage,
même pour un débutant comme moi, un novice, parce que ce n'est pas une
pratique que... Vous savez, à Laval-des-Rapides, Mme la Présidente, on n'a pas l'occasion... ce n'est pas une activité qui est
aussi accessible, disons-le, comme en Abitibi ou au Saguenay—Lac-Saint-Jean, comme certains de mes collègues,
ou en Gaspésie, ou au nord de... ou même en Outaouais, Mme la Présidente. Mais tout ça pour dire qu'il faut le voir dans le contexte
d'une personne qui est munie... On nous a donné l'exemple, par exemple, Mme la Présidente, de l'observation des cétacés en soirée, O.K., un
parent avec des jeunes enfants ou une activité d'éducation face aux cétacés,
face aux grenouilles, face à des animaux aquatiques, comment une erreur de
bonne foi peut facilement arriver, de
se munir d'une lampe qui est un peu trop éclairante selon la loi, selon les
règles, et comment cette loi ne prévoit pas, justement, une modération
ou ne prévoit pas des amendes plus indulgentes pour justement ne pas décourager
la relève à s'intéresser à la faune, ne pas
décourager la relève à s'intéresser à la chasse, ne pas décourager une personne
comme moi qui pourrait justement
pratiquer pour une première ou une deuxième fois ces activités, et sans avoir à
vivre une mauvaise expérience de non seulement recevoir une amende, mais
d'avoir par la suite à plaider ma bonne foi.
Plus loin,
Mme la Présidente, au niveau des articles 166 à 171 : «Plusieurs
amendes et augmentations d'amendes proposées
dans le projet de loi sont inutilement excessives et ne correspondent pas à la
gravité des gestes qui pourraient être posés,
dont plusieurs n'ont même pas d'incidence sur la préservation de la faune et
[de] ses habitats.» O.K., encore là, on revient sur la question du
500 $.
La fédération
a questionné le ministère de la
Faune, Forêts et Parcs pour savoir
pourquoi il était nécessaire d'avoir des amendes aussi fortes et sur quelles
bases elles avaient été fixées. Ils ont eu comme réponse que «c'est le ministère de la Justice qui a déterminé les
amendes en accord avec les pénalités existantes en vertu d'autres lois.
Pourtant, une simple vérification
du Code de la sécurité routière a démontré qu'une panoplie d'amendes moins
sévères peuvent être utilisées au Québec.
«[...]Comment
expliquer qu'une [amende] dans un parc national sans autorisation vaille une
amende de 50 $ — la
Loi sur les parcs — alors
qu'une promenade sur le territoire d'une pourvoirie à droits exclusifs sans s'être
enregistré au poste d'accueil mérite une amende de 500 $ plus les
frais, pour un total approchant 700 $?
«[...]Depuis
quelques années, les agents de Parcs et Faune peuvent remettre directement à
une personne un constat d'infraction
présentant le montant de l'amende qu'elle doit payer — communément appelé "ticketing" — pour une faute technique ou mineure. Cela
permet à cette personne d'éviter les tribunaux. En se basant sur ce système, il
serait possible d'établir une meilleure pondération des amendes pour les
infractions purement techniques sans impacts biologiques.
«[La
fédération propose], en ce qui concerne les pénalités, l'instauration d'un
système d'émission d'avis
d'infraction qui permettrait aux citoyens qui sont en infraction technique de
pouvoir bénéficier d'un doute raisonnable quant à leur intention et de ne recevoir qu'un avertissement.» Ça, ça a été
ramené plusieurs fois, Mme la Présidente, plusieurs fois.
Et je pourrais poursuivre, Mme la Présidente,
face à ce mémoire. Je ne vais pas nécessairement passer tous les mémoires, mais
je vais passer ceux qui, selon moi, ont apporté des éléments intéressants.
Au niveau des
zecs, Mme la Présidente, au niveau des zecs, vous savez, au cours des dernières
années, il y a eu des enjeux, même
l'été dernier, des enjeux importants tournant, justement, autour de l'équilibre
à trouver face au fait qu'il y a eu
un afflux de touristes du Québec, à même des régions du Québec, qui ont
compromis l'équilibre entre la préservation de la faune versus le droit
de pratiquer des activités récréatives.
L'un des
débats importants qui ont eu lieu l'été dernier et qui reprennent, qui a re