CAT — 23 April 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-04-23
Quebec — Committees
(Dix-neuf heures trente-cinq minutes)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Alors,
la commission est donc réunie ce soir afin de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi n° 26, Loi modifiant la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités en matière de financement.
Alors, M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Breton
(Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacé par Mme Beaudoin (Mirabel); Mme Gadoury-Hamelin (Masson) est remplacée par
M. Trottier (Roberval); et Mme Boulet (Laviolette) est remplacée par M. Dutil
(Beauce-Sud).
Présidente (Mme Champagne) : Merci.
Alors, nous allons débuter les remarques préliminaires. Alors, M. le ministre, vous disposez d'un maximum de
20 minutes pour faire vos remarques préliminaires. La parole est à
vous.
M. Gaudreault : Oui. Alors, merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je voudrais d'abord saluer les collègues qui sont ici présents
pour entamer cette étude détaillée du projet de loi n° 26, alors les
collègues de l'opposition, du deuxième parti d'opposition, et, bien sûr,
les collègues du gouvernement, et les équipes qui nous entourent, des cabinets
et du ministère. Et je signale également que nous avons la chance de compter
sur l'expertise de représentants de l'équipe juridique du Directeur général des
élections du Québec qui seront ici pour nous accompagner. Ils ont l'air loin,
là, comme ça, mais ils sont là puis ils pourront évidemment nous soutenir parce
qu'il y a beaucoup de questions, dans le
fond, qui sont posées et qui touchent la
loi sur les élections et les
référendums avec les municipalités, qui est gérée, comme vous le savez,
par le Directeur général des élections du Québec.
Alors, je suis donc très heureux de procéder,
à partir de maintenant, à l'étude détaillée du projet de loi n° 26, qui s'intitule la loi modifiant la
loi sur les élections
et les référendums dans les municipalités afin de modifier le régime de
financement politique municipal.
Comme vous le savez, Mme la Présidente, les 9,
10, 11 avril derniers, on a procédé ici à des consultations particulières et des auditions publiques sur le projet de
loi n° 26, où on a entendu une douzaine d'intervenants. Parmi eux figurait justement le Directeur général des
élections du Québec ainsi que plusieurs représentants des partis
politiques municipaux. On a même eu des maires, le maire de Sherbrooke, le
maire de Québec, entre autres, qui sont venus nous rencontrer ici.
dois vous dire qu'à la fin de cette première
partie des travaux, les
consultations publiques, j'ai constaté,
comme plusieurs d'entre vous, que les objectifs, le principe et même de très,
très nombreuses mesures du projet de loi reçoivent un très, très grand
assentiment des partenaires du milieu, que ce soient les élus municipaux ou les
partis politiques, même les partis politiques émergents dans le milieu
politique municipal.
Alors, je pense que notre démarche, elle est
très pertinente, et je tiens à vous rappeler, Mme la Présidente, que cette démarche que
nous avons choisie comme gouvernement se fait en deux temps. D'abord, un projet
de loi, celui-ci, le projet de loi n° 26, qui vise à établir
un régime transitoire pour les élections qui ont lieu cette année, dans
quelques mois à peine. Il y a déjà même des équipes qui s'organisent et qui
huilent leurs machines, comme on dit, dans les municipalités du Québec, et ceci mettra la table. En plus des
consultations que nous faisons à travers un document qui est en ligne, entre autres, présentement sur le site du
ministère des Affaires municipales, ceci va donc mettre la table, en
plus de ce document, au régime permanent que
nous souhaitons adopter prochainement et qui sera en vigueur pour le 1er
janvier 2014, nous le souhaitons, et qui traitera, si on veut, de toutes les
élections municipales qui auront lieu après la prochaine élection municipale
générale.
Alors, on a choisi de travailler en deux
temps, comme vous le savez, parce que nous sommes pressés par le temps, étant en
élection... en année électorale dans les municipalités, mais aussi parce qu'il
y a plus de 1 100 municipalités à travers le Québec, chacune avec des réalités aussi différentes les unes des
autres. Alors, il nous fallait vraiment agir vite tout en étant capables
de se donner quand même un peu de recul pour être capable de faire un régime
permanent qui va toucher de très nombreuses mesures, de très nombreux
règlements et qui sera pour le long terme.
Vous
savez, Mme la Présidente, pour éliminer des pratiques telles que l'utilisation
de prête-noms, pour éliminer l'influence de
l'argent, nous proposons d'abaisser notablement le plafond des contributions.
Il faut cependant éviter de trop réduire les avoirs des candidats à la veille des
élections. Ils doivent disposer de sommes nécessaires pour faire
connaître leurs projets et leurs visions auprès des électeurs, et nous sommes
d'accord avec ça. Nous sommes ici, tous et toutes, des députés, des élus, on
sait c'est quoi, faire campagne et rejoindre les électeurs. Les gens du milieu municipal ont ce défi-là aussi. Et plusieurs
d'entre nous ici, autour de la table, sinon la totalité sauf moi, ont déjà été
des élus municipaux. Peut-être pas la députée
de Mirabel, mais, quand je regarde M. le député de Papineau... non, et M.
le député de Vimont non plus. Bon. O.K. Ça
me sauve un peu. Mais le député de... Les deux députés de la Beauce,
Beauce-Nord, Beauce-Sud, sont des anciens
élus municipaux, le député de Chapleau, vous-même, Mme la Présidente, M. le
député de Berthier, M. le député de Roberval qui a été également préfet, sont
tous et toutes des anciens élus municipaux, alors vous savez de quoi nous
parlons ici.
Et plusieurs d'entre vous, même, et là je ne
veux pas commettre d'impair, mais plusieurs collègues ont été élus municipaux, mais dans des municipalités de moins de
5 000 habitants. Alors, ils savent quelle est la réalité des municipalités
de moins de 5 000 habitants. Le député de Roberval, je sais que c'est en
bas de...
Gaudreault : C'est 500. Le député de
Berthier?
Gaudreault : Ah! À la limite,
Val-des-Monts? 10 000? O.K.
voix : ...meilleure, de toute
évidence.
Gaudreault : 12 000, oui. Et, à
Saint-Joseph, pour le député de Beauce-Nord?
M. Gaudreault : 5 000? Bon. C'est lui qui marque
la barre. Mais, en tout cas, je ne veux pas commencer à faire du particularisme ici. Et vous, madame?
Présidente (Mme Champagne) :
3 000 au départ et 8 000 à la fin.
Gaudreault : Bon. Les gens allaient
vers vous tellement vous étiez...
Présidente (Mme Champagne) : C'est
incroyable, hein?
M. Gaudreault : C'est ça. Donc, tout ça pour dire que
pratiquement aucune règle, à l'heure actuelle,
n'encadre le financement électoral dans les municipalités de moins de
5 000 habitants. Donc, le projet de loi n° 26 vise à remédier à
cette situation en les soumettant, en les assujettissant à des obligations plus
strictes, qui est évidemment un pas important pour ces municipalités.
Je vais juste vous rappeler quelques
principales dispositions du projet de loi n° 26. Par exemple, pour lesmunicipalités de
5 000 habitants et plus, nous proposons d'apporter quatre
modifications : par exemple, le maximum des contributions que peut verser un électeur annuellement à chacun des
partis et des candidats indépendants autorisés serait réduit à 300 $; le plafond des dépenses
électorales serait abaissé de 30 $... de 30 % — là-dessus,
on se colle à ce qui a été adopté pour baisser
le plafond dans le projet de loi n° 2 — le remboursement des dépenses électorales passerait
de 50 % à 60 %, et tout électeur qui fera une contribution de
100 $ ou plus en argent comptant serait sanctionné.
Pour ce qui est des municipalités de moins de
5 000 habitants, comme Péribonka par exemple, je précise que les règles qui les régissent reposent principalement sur
l'obligation, pour les candidats qui s'y présentent, de transmettre aux trésoriers le nom des donateurs qui ont donné
une contribution de 100 $ ou plus. Aucun plafond de contributions
ou de dépenses ne s'applique dans ces municipalités actuelles. Donc, avec le
projet de loi n° 26, elles seraient, elles aussi, assujetties aux
dispositions sur le 300 $ de plafond pour les contributions.
En cas de
dépassement du plafond, les dispositions
pénales applicables aux 5 000 habitants et plus seraient étendues aux
municipalités de 5 000 habitants et moins. Une personne morale reconnue coupable d'avoir fait un don en argent à un
candidat ne pourrait plus obtenir de contrat public. Les candidats seraient tenus d'inclure leurs propres
contributions dans la liste des donateurs de 100 $ ou plus qu'ils
doivent transmettre aux trésoriers, et ces mêmes trésoriers de municipalité
seraient obligés de transmettre les listes au Directeur général des élections
du Québec, qui, lui-même, serait habilité à donner des directives pour
l'application des règles en vigueur dans les municipalités.
Présentement, le projet de
loi n° 26 dispose qu'il entrera en vigueur le 1er juillet prochain,
mais, comme vous le savez, on a eu plusieurs suggestions, lors des consultations publiques.
Plusieurs intervenants nous ont suggéré des amendements pour assouplir
ou bonifier le projet de loi, entre autres concernant le plafond des
contributions pour un candidat qui contribue à sa propre campagne, un peu de
l'autocontribution à sa campagne électorale, aussi en ce qui concerne la
période de remboursement des dépenses électorales pour les candidats
indépendants et aussi la date d'entrée en vigueur. En gros, hein, c'est
là-dessus qu'on a entendu des suggestions ou des propositions.
Déjà, Mme la
Présidente, je veux dire, je peux dire, je souhaite dire ici aux collègues que
nous allons déposer des amendements qui iront dans ce sens, par exemple, pour
l'autocontribution qui pourrait être versée... qui pourrait être fixée plutôt, pour le candidat à sa propre
campagne, à 1 000 $ plutôt que les 300 $ qui sont prévus, et ce,
autant pour les municipalités de
5 000 habitants et plus ou 5 000 habitants et moins. Ensuite, on a
également prévu des amendements pour devancer l'adoption du projet de
loi... pas l'adoption, mais sa mise en vigueur lors de sa sanction plutôt que
le 1er juillet 2013. Alors, j'annonce tout de suite mes couleurs, Mme la
Présidente, à ce stade-ci.
termine en vous disant qu'évidemment ce projet de loi va nous aider à nettoyer
le système et surtout à réduire, à rendre plus difficile le système de prête-noms en
matière de financement politique municipal, comme ça a été fait
d'ailleurs ici pour les élus de l'Assemblée nationale. Évidemment, je suis prêt
à entendre les commentaires, les questions des membres de la commission, les collègues. D'ailleurs, je tiens à
souligner la parfaite collaboration que nous avons eue lors des auditions publiques des acteurs du milieu.
J'ai écouté également les allocutions lors de l'adoption de principe. Je
sais, je sens, je suis convaincu que cette collaboration se poursuivra dans les
travaux d'étude, de l'étude
article par article, parce que ce que je souhaite
de tout coeur, c'est l'adoption de ce projet de loi pour en faire une loi.
si, effectivement il s'avère que nous adoptions l'amendement pour son entrée en
vigueur dès sa sanction, à ce moment-là, si on
travaille vite et bien, on sera capables d'avoir une loi qui s'appliquera le
plus rapidement possible, si on est capables
de bien travailler. Ce n'est pas, en soi, un projet de loi qui est volumineux.
On l'a étudié de fond en comble lors
de l'étude... lors de l'audition publique... Je sais que les collègues
connaiss