Public Finance — 28 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-05-28
Quebec — Committees
(Dix
heures treize minutes)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission des finances publiques
ouverte et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de
loi n° 25, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de
certaines dispositions du discours sur le budget du 20 novembre 2012.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Non, M. le Président, aucun remplacement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : C'est beau. Lors de l'ajournement de nos
travaux, nous en étions à débattre de la motion présentée par le député d'Outremont.
Est-ce que vous voulez qu'on relise...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, M. le président, conformément à l'article
244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que […] la
Commission des finances publiques tienne, avant d'entreprendre l'étude
détaillée du projet de loi n° 25[…],
des consultations particulières quant à tous les articles dudit projet de loi
et qu'à cette fin elle entende la Société
des alcools du Québec, l'Association des producteurs de cidre de glace et l'Association
des vignerons du Québec.»
Et cette motion,
évidemment, avait été considérée recevable, sinon on n'aurait pas commencé des
remarques sur cette motion-là.
À la fin de nos
travaux, M. le député d'Outremont avait terminé son intervention, et je serais
prêt maintenant à entendre quelqu'un d'autre, s'il y a des interventions,
évidemment. M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Oui, en fait, peut-être...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : ...pour un maximum de 30 minutes.
M. Dubé :
Non, je ne pense pas que je vais aller jusqu'à... peut-être jusqu'à 27 ou 28
minutes, mais pas 30 minutes, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : ...M. le député, que vous avez commencé. Vous
avez cinq minutes de faites.
M. Dubé :
Ah! O.K. Bon, alors, bon matin, tout le monde. Bon retour. Alors, en fait, sur
la motion du député d'Outremont, je pense qu'elle
était importante au même
titre que d'autres motions où on avait demandé d'avoir
des gens. Je peux penser, par exemple, à Hydro-Québec et au Vérificateur
général. Toutes les deux, ces motions-là, ont été refusées, et je pense qu'étant donné maintenant la nouvelle composition
de la Commission des finances publiques, même s'il y a l'absence du
député de Mercier ce matin, la composition est changée. Ça va être difficile d'avoir
les motions qu'on veut avoir.
Alors,
j'aimerais mentionner que, sur le point qu'on a fait la semaine passée
concernant d'inviter les vignerons, etc., je pense qu'il y avait une
excellente idée derrière ça et j'aimerais qu'on continue à penser que ces
gens-là ont besoin d'aide et ont besoin de
support au niveau de la SAQ. Mais j'aimerais mentionner, en terminant, parce
que je ne prendrai pas tout le temps,
je trouve ça un petit peu déplorable qu'on fasse ces jeux-là, surtout
maintenant, avec la nouvelle composition de la Commission de la finance
publique, que je déplore totalement.
J'aimerais mentionner
qu'on devait être dans une autre réunion aujourd'hui, M. le Président, et c'est
très déplorable, et je souscris à 100 %
aux commentaires qui ont été faits par le député d'Outremont ce matin en
conférence de presse. Et j'aimerais dire que
c'est tout à fait déplorable pour le processus parlementaire qu'on n'ait pas eu
la rencontre qui était prévue avec le
ministre des Finances ce matin. Je vais laisser ces commentaires et vous
redonner la parole. Merci.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions, d'autres intervenants? M. le député de Verdun. Maximum
10 minutes.
M. Gautrin :
M. le Président, étant donné, je crois, qu'on veut étudier ce projet de loi
avec célérité, j'aurais énormément de choses à dire, mais je limiterai mes
interventions à cette... au fait que je vais me taire. Alors, je me tais, c'est
tout.
Le Président (M. Pelletier,
Rimouski) : Pardon?
M. Gautrin :
J'ai terminé. Je me tais.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre qui veut
intervenir? Alors, je prends... je mets aux voix la motion du député d'Outremont,
à moins que M. le ministre ait des commentaires. Oui, M. le député de
Sanguinet.
M. Therrien : Je voulais juste souligner à nos collègues que le président de cette
vénérable assemblée vient de vieillir d'un an aujourd'hui. Bonne fête,
M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci. J'apprécie la délicate intention du député
de Sanguinet de ne pas dire le numéro de l'anniversaire.
M. le ministre,
est-ce que vous avez des commentaires sur cette motion?
M. Marceau :
J'invite les...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Vote nominal, Mme la secrétaire.
Secrétaire : M. Bachand (Outremont)?
Secrétaire : Mme Ménard (Laporte)?
Secrétaire : M. Gautrin (Verdun)?
Secrétaire : M. Dubourg (Viau)?
Secrétaire : M. Dubé (Lévis)?
La Secrétaire :
M. Marceau (Rousseau)?
Secrétaire : M. Trudel (Saint-Maurice)?
Secrétaire : M. Claveau (Dubuc)?
La Secrétaire : M. Therrien
(Sanguinet)?
La Secrétaire : M. Chapadeau
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
La Secrétaire : M. Pelletier
(Rimouski)?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Contre.
La Secrétaire : C'est rejeté.
M. Bachand : Vous auriez pu avoir
une illumination le jour de votre anniversaire.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Bien oui, c'est ça que j'ai eu.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires? Donc, nous
sommes prêts à passer à l'article 1 du projet de loi n° 25. M. le
ministre.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, M. le député d'Outremont.
Bachand : M. le Président,
juste pour s'assurer, parce que vous allez vite, que nous avions convenu, je
pense, le ministre vous l'indiquera publiquement, mais de commencer avec l'article
8 du projet de loi.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui, effectivement,
c'est ce qui a été convenu. Donc, on commencerait à l'article puis, pour la
suite des choses, on étudierait les blocs
par thèmes, là, tel que décrit sur la feuille qui a été remise à tous les
collègues. Et on a convenu de compléter un bloc lorsqu'on l'entreprend,
c'est-à-dire que, par exemple, si on commence le bloc Baux et permis,
qui incorpore les articles 9 à 39, c'est de passer au travers de ce bloc-là au
complet et, ensuite de ça, de passer à chacun
des blocs, et puis éventuellement on reviendra à l'article... au premier bloc,
là, 1 à 7, au moment que je jugerai opportun. C'est ce qui a été convenu
avec les partis d'opposition, et puis qu'on prenne le vote à la fin
complètement du projet de loi... de chacun des blocs, pardon.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
De chacun des blocs. D'accord.
M. Marceau : Ça vous va?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Si je comprends, M. le ministre, les articles 1 à 7 ne sont pas
suspendus.
M. Marceau : Non, voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça veut dire qu'on pourra y revenir quand vous le déciderez.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
O.K. Alors, l'article 8, M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Là, il faudrait
que... Je vais vous le lire. C'est moi qui le lis ou c'est M. le président?
Marceau : Alors, l'article 8
porte sur la
Loi sur l'équilibre budgétaire, sur la fermeture de la centrale
nucléaire de Gentilly. Alors, l'article se lit comme suit :
8. La
Loi sur l'équilibre budgétaire est
modifiée par l'insertion, après l'article 2.1, du suivant :
«2.2. Pour l'année financière 2012-2013, le
solde budgétaire est établi en excluant le résultat provenant des activités abandonnées, consécutif à la décision de
fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2, présenté aux états
financiers consolidés annuels d'Hydro-Québec.»
Alors, M. le Président, l'article 8 du
projet de loi propose l'introduction, dans la
Loi sur l'équilibre
budgétaire, d'une disposition précisant que,
pour l'année 2012‑2013, le solde budgétaire est établi en excluant le résultat
provenant des activités abandonnées,
consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2. Ce
résultat est présenté aux états financiers consolidés annuels d'Hydro-Québec.
Cet
article entrera en vigueur à la date de la sanction du projet de loi ainsi
que le prévoit l'article 201. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. On revient à des périodes,
là, de temps de 20 minutes par député, par article. Alors, est-ce qu'il
y a des commentaires ou des questions sur l'article 8? M. le député d'Outremont.
M. Bachand :
Oui, question de procédure, M. le Président. Si je parle sept minutes, est-ce
que j'ai un autre 13 minutes un peu plus tard, après mes collègues, pour l'article
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Normalement, oui.
M. Bachand : Ou est-ce qu'on pourrait convenir... Parce que tout à l'heure, dans les
motions, c'est que, si on ne parlait
pas 30 minutes, on perdait le reste. On parlait une seule fois, là. J'aimerais
ça qu'on revienne, parce que je ne veux pas... On peut parfois échanger sur des articles et puis... Donc, si j'arrête
après trois minutes parce que je pose une question, puis ça peut régler
le problème, puis je n'ai plus le droit de parler, j'ai perdu mon
17 minutes, c'est autre chose.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, M.
le député, un débat, c'est un
échange. Alors, vous pouvez parler
sept minutes, comme vous dites, vous avez une réplique, vous pouvez revenir, un
de vos collègues peut commencer, vous
pouvez revenir après. C'est plus compliqué pour notre monde, mais on a du monde
très compétent, alors il n'y a pas de problème. Vous pouvez y aller, M.
le député.
M. Bachand :
…les garder éveillés tout le long de nos débats, patiemment, M. le Président.
M. le Président, c'est un
article très important, qui est là parce que le
gouvernement a pris une décision, celle de fermer la centrale de Gentilly. En décidant de fermer la centrale de
Gentilly, évidemment, ça implique des coûts importants pour Hydro-Québec,
des coûts d'un peu plus de 1,8 milliard
de dollars, qui n'est pas une décision que nous aurions prise, nous, mais qui
est une décision que vous avez prise de façon improvisée. La décision est
prise. On pourrait reprendre tout le débat sur Gentilly, surtout à la lumière
des prévisions de ce qui se passe dans l'énergie et sur le marché. Il y a un impact
de 1,8 milliard de dollars.
là ce que le ministre tente de faire… et j'écoute aussi mon collègue le député
de Lévis qui... et mon collègue le député
de Viau, et le président... Ici, M. le Président, vous êtes trois comptables
éminents. Je ne suis pas comptable agréé, je connais ça pas mal quand
même, mais je ne suis pas... Ce que vous tentez de faire, c'est de... j'allais
utiliser le mot «jouer», mais de modifier la
façon... une présentation comptable pour s'assurer que la cible qui est ratée,
hein, dans la loi du déficit zéro, la
Loi sur l'équilibre budgétaire, que cette cible-là, bien, on la recalibre. Vous
le faites en touchant les règles
comptables. Ça soulève toutes sortes de débats, puis vous savez l'énergie qu'on
a passée à avoir des états financiers qui sont… avec Renaud Lachance, le
Vérificateur général, qui puissent être clairs, qui puissent être simples.
Pour les gens qui
nous écoutent, il y a la comptabilité du gouvernement, puis, à savoir si c'est
une dépense exceptionnelle ou pas une dépense exceptionnelle, moi, ce que je
veux : je ne veux pas que ce soit nous autres qui décidions de ça. Le Contrôleur des finances, qui est en face de moi, qui
signe les états financiers, et le Vérificateur général décideront de ça,
puis ils se chicaneront, puis, cet automne, ils nous diront que c'est un compte
public, qu'ils ont mis ça comme dépense exceptionnelle ou non. Dans
Hydro-Québec, c'est une activité abandonnée.
on est dans la
loi sur le déficit zéro, puis, dans la
loi sur le déficit zéro,
ce qu'elle prévoit, c'est que, si on fait... on ne doit pas faire de déficit éventuellement, à chaque année, et, si
on en fait un, il faut récupérer par la suite, donc il faut couper par la suite. Je comprends et je partage l'objectif
du ministre des Finances de dire : Oui, je rate ma cible — parce qu'il
reconnaît, au fond, qu'il rate sa cible — à cause de cette décision que
nous avons prise, je ne veux pas couper 1,8 milliard dans les dépenses par
la suite. Sauf que je vais suggérer... je vais vous déposer un amendement, M.
le Président, une autre méthodologie pour arriver exactement au même objectif.
L'article 8 qui est
là, au fond, joue dans les définitions comptables du solde budgétaire au sens
de la
Loi sur l'équilibre budgétaire, hein, en amendant l'article 2 de la Loi
sur l'équilibre budgétaire, définit ce que c'est puis fait référence aux normes
comptables.
Au fond, M. le
Président, moi, ce que je vais vous suggérer — puis, je pense, je vais
déposer l'amendement immédiatement — c'est qu'on travaille sur l'article
L'article
7 prévoyait que le ministre des Finances dépose, lors de ses prochains budgets — là, on était dans la récession, Mme Forget
avait déposé un budget — lors des prochains budgets, des cibles décroissantes. On
avait adopté ça ici, sur division, en disant : Oui, on n'est pas en
déficit zéro, il faut revenir à l'équilibre
budgétaire. Le ministre des Finances, vous déposerez des cibles décroissantes.
Et les cibles, d'ailleurs, ont été déposées.
Elles étaient de 4,2 milliards, 3,8 milliards, 1,5 milliard pour
l'année 2012‑2013, équilibre budgétaire 2013‑2014, et, après ça, on est
au déficit zéro. Puis, si vous ratez vos cibles, vous êtes obligé de récupérer
l'année suivante.
Donc,
on a recalibré. D'ailleurs, on a réussi à respecter les cibles. On n'a pas fait
4,2 milliards, on a fait un milliard de moins de déficit en 2010‑2011;
donc on a fait 3,8 milliards, à peu près un milliard moins de déficit en
2011‑2012, et, en 2012‑2013, l'année en question
ici, dans le projet de loi, c'est 1,5 milliard de déficit qui était prévu.
Et le ministre des Finances nous indique d'ailleurs, dans son plan
budgétaire et dans sa mise à jour, qu'il entend respecter cette cible plus la
perte due à la fermeture de Gentilly.
Alors,
M. le Président, j'aimerais déposer un amendement à l'article 8, et l'amendement
serait le suivant :
À l'article 8 du
projet de loi, remplacer les mots «après l'article 2.1, du suivant :
"Pour l'année financière 2012‑2013, le solde budgétaire est établi en
excluant le résultat provenant des activités abandonnées, consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de
[Gentilly], présenté aux états financiers consolidés annuels d'Hydro-Québec"»...
Voici les mots que je remplacerais par «après le deuxième alinéa de l'article
7.2 du suivant : "Toutefois, nonobstant le premier alinéa, l'objectif
de solde budgétaire pour l'année financière 2012‑2013 est de
3 376 000 000 $."»
Voilà l'amendement,
M. le Président. Je peux plaider sur sa recevabilité tout de suite, si vous
voulez.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On va suspendre peut-être une minute ou deux
pour permettre la photocopie et la distribution de l'amendement puis, en même
temps, bien, on va regarder s'il est recevable.
(Suspension de la séance à
10 h 28)
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On reprend nos travaux. Alors, sur l'amendement
à l'article 8, j'entendrais M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, M. le Président. D'abord, peut-être sur la recevabilité de l'amendement
et l'intention derrière cet
amendement, je comprends que l'opposition ne peut pas faire d'amendements qui
ont des implications financières pour le gouvernement. J'accepte ça et
je vous soumets respectueusement qu'il n'y a aucune implication financière pour
le gouvernement. Parce que ça permet au
ministre des Finances, dans les comptes publics, dans la comptabilité
gouvernementale, qu'on retrouve d'ailleurs à la page A.19 de son budget,
tout ce qui est la comptabilité gouvernementale, surplus... Ça, c'est mon
budget, page A.19, excusez-moi. Je vais prendre...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : A.21.
M. Bachand : ...son budget à la page A.21. Donc, le surplus — et
déficit — comptable,
on ne touche pas à ça. Est-ce que Gentilly, avant, est une perte exceptionnelle
ou non? On ne touche pas à ça, ils régleront ça dans lacomptabilité, quand ils signeront les états
financiers dans les prochains mois. Le bas, c'est la
Loi sur l'équilibre
budgétaire.
ministre a deux objectifs, c'est s'assurer, au fond, que le solde budgétaire
permis, ciblé, ne lui impose pas la contrainte de récupérer
1,8 milliard pendant les années suivantes. L'amendement que je dépose
permet exactement la même chose. Les soldes budgétaires dans la loi, dans la
loi...
vais essayer de mettre ça simple pour les gens qui nous écoutent. Au fond, on a
un principe, c'est le déficit zéro. On
est allés en déficit dans la récession. On s'est entendus, O.K., on va
retourner graduellement mais... Et l'opposition, à ce moment-là, du Parti québécois disait :
Vous allez fixer des cibles. Ce n'est pas juste 2013-2014? Non, non, on
veut des cibles. Alors, dans un budget, le
prochain budget, vous fixerez des cibles, ce qu'on a fait. Et, à partir de ce
moment-là, ces cibles-là, si elles ne sont pas atteintes, enclenchent le
même processus de récupération des sommes, donc ont un impact financier sur le
gouvernement.
Les cibles ont été
déposées lors, je pense, du budget 2010‑2011. Elles sont maintenant, donc,
légiférées. Voici les cibles : 4,2 milliards, 3,8 milliards,
1,5 milliard et zéro. Ce que je propose de faire ici, c'est, au lieu de se
chicaner longuement sur les définitions
comptables de solde budgétaire, ce qui est la façon dont le projet de loi est
écrit et qui va soulever de longues
questions de mon collègue le député de Viau, qui est Fellow comptable, du
président... Je suis sûr qu'il ne serait absolument pas à l'aise, le
jour de son anniversaire, à voter pour quelque chose qui enclenche un grand
débat comptable, puis ça enclenche le débat sur l'harmonisation des
taxes : Est-ce que c'est exceptionnel ou non?
évite ce débat-là et on vient juste, avec mon amendement, intervenir dans l'article
de la cible en disant : Le ministre
des Finances a déposé des cibles, il y avait quatre ans de cibles, déficit
décroissant. Celle de 2011‑2012, nonobstant ce qui a été déposé, c'est 1,3 milliard, donc le 1,5 qui était
ciblé, celle-là, il ne faut pas y toucher, c'est un engagement envers
tous les Québécois, plus la fermeture de Gentilly. En faisant ça, le ministre
atteint son objectif à 100 %, peut garder la fermeture de Gentilly, peut
écrire sa comptabilité comme il le veut, et il n'y a pas d'impact financier
pour le gouvernement, il n'y a pas de conséquence financière.
C'est exactement le
même résultat avec une méthodologie juridique différente. Voilà ce que j'ai
essayé de faire, M. le Président, et pourquoi j'ai déposé cet amendement. Sur
la recevabilité, je pourrais parler du fond par la suite, mais peut-être…
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, si j'ai…
Bachand :
…vous laisser la parole ou laisser la parole au ministre des Finances.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, merci, M. le député d'Outremont. Si j'ai
bien compris, l'amendement... Pour nous
donner le temps de juger de la recevabilité, si j'ai bien compris, après
entente, on suspendrait l'amendement
à l'article 8. Et je comprends que, si on suspend l'amendement à l'article 8,
on suspend aussi l'article 8? Puis un
article suspendu, normalement, on
revient à la fin du projet de loi. Par contre, sur consentement, on peut
revenir avant aussi. Alors, sur consentement, on suspend et l'amendement et l'article
8. M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Consentement.
Moi, j'aimerais ça consentir d'avance et dire au ministre des Finances que je consens d'avance que, quand il aura pris le temps
avec ses juristes de regarder l'amendement, cet après-midi, après avoir
terminé un bloc... Je consens d'avance à ce qu'on revienne à l'article 8, là,
pour ne pas ralentir le projet de loi et non pas
que... En tout cas, de mon côté. Je ne sais pas si le député de Lévis aussi...
Juste pour s'assurer, M. le Président, malgré ce que vous venez de dire,
qu'on puisse bien faire notre déroulement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur le consentement.
M. Dubé : Vous donner mon
consentement sur le fait qu'on va le retarder jusqu'à temps qu'il y ait un
consentement, c'est ça que vous me demandez?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Non. En fait, le consentement, là, c'est suspendre l'article 8 au
complet avec l'amendement, pour y revenir le plus tôt possible, là.
M. Dubé : Très à l'aise avec ça, M.
le Président, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va, M. le ministre?
M. Marceau : C'est bon. Merci pour
ce consentement pour revenir, évidemment. Par ailleurs, je ne veux pas présumer
de la vitesse à laquelle on va aller de notre côté, là. Les gens vont faire les
analyses puis, si on est prêts à 3 heures,
évidemment ça me fera plaisir de revenir à la fin du bloc où on sera rendus. Si
ça prend un peu plus de temps, ça prendra un peu plus de temps, on va
faire aussi rapidement que possible est permis.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Puis, entre-temps, bien, si M. le député d'Outremont voulait revoir l'amendement... Parce que moi, à la première
lecture, je trouve qu'il y a des problèmes de ponctuation. J'ai de la
misère à situer votre texte exactement où il devrait aller dans l'article.
Alors, vous pouvez le regarder. Moi aussi, je vais le regarder à nouveau, et on
passerait...
M. Dubé : M. le Président…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, M. le député de Lévis.
M. Dubé : C'est une question
technique ou de règlement, je ne sais pas, vous me le direz. Là, le fait qu'il
y a un amendement puis qu'on suspend la discussion, est-ce que ça veut dire qu'on
garde tout notre temps de parole, autant pour l'amendement que pour l'article
lui-même?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, oui, oui, bien sûr.
M. Dubé : O.K., parfait.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Même, M. le député d'Outremont a parlé sur la recevabilité puis, lorsqu'on
discutera de l'amendement comme tel, il recommence à zéro.
L'article 9, M. le... Ça serait le bloc 9 à 39,
M. le ministre. C'est bien ça?
M. Marceau : Oui, exactement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Dans 9 à 39, bien, il y a 30 articles. Si vous comptez bien, ça fait 600
minutes par député pour ce bloc-là. Alors, M. le ministre, sur le bloc 9 à 39,
sur les baux et permis.
Marceau : Oui. Là, je
cherche ma feuille... Oui, O.K. Tout d'abord, M. le Président, je voudrais
simplement... Non, ce n'est pas la bonne,
pardon. Celle avec les quatre colonnes, là. Pardon. Alors, je voudrais tout d'abord
rappeler, M. le Président, que les articles 9 à 39 étaient des mesures incluses
dans le plan budgétaire 2012‑2013 qui avait été déposé par le député d'Outremont; deuxièmement, que ces mesures étaient
également dans le projet de loi n° 73; et, si je ne m'abuse,
également que ces mesures avaient été adoptées en étude détaillée, l'an
dernier, lors de l'étude du projet de loi n° 73. Donc, simple petite
mise en contexte.
Par ailleurs,
si vous permettez, je vais... Là, je ne sais pas si les collègues s'attendent à
ce que je lise chacun des articles. Ce que je pourrais faire, c'est vous
présenter un petit résumé de ce que ça inclut, ce que ça contient.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour dispenser le ministre de la
lecture et d'accepter son résumé?
M. Bachand : Oui, M. le Président, mais juste un point de
précision. Il y a beaucoup de mesures qui avaient été adoptées dans le projet de loi n° 73.
Mes notes... Je pense que celles-là, comme il y avait le mot «ressources
naturelles», que la députée de Vachon, elle
est débarquée dans la commission puis elle a dit : Non, non, non, on n'adopte
pas ces articles-là, je pense… Mais
je ne veux pas vous induire en erreur. J'ai mes notes de cette commission
parlementaire et je pense... Il y avait beaucoup de choses qui avaient
été adoptées, mais je pense que celles-là n'avaient pas été adoptées. Mais je n'ai
pas d'objection à la procédure suggérée par le ministre.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre, pour le résumé des articles 9 à
M. Marceau :
O.K. Oui. Tout d'abord, sur l'écriture, là, sur la rédaction, on m'informe qu'il
y a eu des changements mineurs dans la rédaction. Essentiellement, c'est
la même chose que ce qu'il y avait dans 73. Il y a eu des changements mineurs,
mais rien de substance.
Bachand :
Peut-être…
M. Marceau :
Oui, allez-y.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Bien, on va laisser le ministre finir son résumé
puis, après ça, on fera les échanges, là.
M. Marceau :
Des changements légistiques, me dit-on.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : «Légistiques», le nouveau terme.
M. Marceau : Bien, peut-être qu'on pourra demander plus tard à Me Paquin de
vous dire précisément les mots, les virgules et les alinéas qui ont été
renumérotés.
Bon,
alors, écoutez, pour ce bloc-là, on est dans le monde des hydrocarbures,
première chose qu'il faut dire. Et, pour l'exploration, pour l'exploitation
d'hydrocarbures au Québec, il y a un processus qui est modifié par le projet de
loi. Il y a un processus actuel et puis on suggère d'en mettre un autre en
place.
Alors,
présentement, les permis de recherche sont octroyés sur la base du premier
arrivé, premier servi. On est dans un monde de «free mining». Et l'idée,
c'est d'attribuer à l'avenir les permis de recherche dans un mécanisme d'enchères. Alors, les permis de recherche de
pétrole, de gaz et de réservoirs souterrains seront octroyés par ventes
aux enchères, ce qui permettra au
gouvernement de s'approprier une
partie de la rente dès leur attribution. Dès l'adoption
du projet de loi n° 25, les
enchères seront appliquées sur les terres qui ne sont pas actuellement sous
permis et sur celles qui seront éventuellement retournées à l'État. Ce
mode d'attribution est appliqué en Alberta, en Colombie-Britannique, à
Terre-Neuve et Labrador et par la plupart des États américains pour les terres
publiques, ce qui va permettre au gouvernement de tirer des revenus importants,
au fur et à mesure que va se développer le secteur des hydrocarbures.
Donc,
ça, c'est la première étape. C'est cette obtention des permis de recherche qui,
auparavant, étaient un… ce qu'on appelle dans un régime de «free mining»
puis qui désormais vont être attribués dans le cadre d'un mécanisme d'enchères.
Par ailleurs, il y a des obligations qui viennent avec le fait d'avoir obtenu
le permis de recherche. Ces obligations, c'est
d'acquitter des droits annuels de permis de recherche puis éventuellement d'acquitter
un loyer de bail d'exploitation. Et là le gouvernement, dans le projet
de loi, annonce l'augmentation des droits annuels des permis de recherche. L'augmentation n'entrerait en vigueur
qu'en 2014 afin de prendre en considération la suspension des
obligations de travaux à la suite du
déclenchement des évaluations environnementales stratégiques. Les droits s'élèveront
dorénavant à 0,50 $ par hectare pour les cinq premières années de
détention d'un permis et à 1,50 $ par hectare pour les années suivantes. Par ailleurs, les droits seront
redéfinis en dollars par kilomètre carré. Ils sont par ailleurs soumis à
l'indexation en vertu de la
Loi sur l'administration financière.
ailleurs, pour les entreprises en phase d'exploitation, le gouvernement annonce
aussi, donc, une hausse du loyer du bail d'exploitation. Donc, le projet
de loi prévoit une hausse du loyer du bail d'exploitation. Le loyer du bail d'exploitation passera de 2,50 $ par hectare
à 3,50 $ par hectare, et le loyer sera également redéfini en dollars par
kilomètre carré et il sera également soumis
à l'indexation en vertu de la
Loi sur l'administration financière. Et le
nouveau tarif exigé sera comparable à ce qui est exigé ailleurs dans les
autres provinces canadiennes.
Par ailleurs, il y a
aussi une augmentation des droits de certains permis. L'encadrement de l'industrie
des hydrocarbures exige l'octroi de différents permis aux entreprises qui
désirent faire de l'exploration sur le territoire québécois ou exploiter le pétrole et le gaz. Le permis de recherche
permet à son détenteur de rechercher du pétrole et du gaz sur le territoire couvert par le permis.
Toutefois, certaines activités nécessaires à l'exploration, dont le forage et
les levés géophysiques, font l'objet de
permis séparés. Ces permis sont délivrés sur demande, et les droits associés à
chacun de ces permis sont augmentés, dès 2013-2014, de façon à être établis sur
la base des coûts de délivrance associés au traitement et au suivi de la
demande par le ministère des Ressources naturelles.
Actuellement, une
partie des frais associés à la délivrance de ces permis est assumée par les
contribuables en raison du niveau des tarifs
actuels qui ne nous permet pas de recouvrir les coûts. Les différents permis
sont des titres de nature privée. Le
gouvernement, qui représente évidemment la collectivité, n'a pas à assumer l'entièreté
ou une
partie des coûts associés à la délivrance des permis.
plus, étant donné que les demandes de permis de recherche, de baux d'exploitation
et d'autorisation de fermeture de puits
occasionnent également des coûts pour le gouvernement, des droits seront
dorénavant exigés pour leur délivrance.
Les droits de délivrance des permis de recherche seront inclus dans l'offre
minimale lors des ventes aux enchères.
Alors,
M. le Président, c'est essentiellement ce qui se passe dans ces articles-là. Et
je pourrai tenter de répondre aux questions s'il y en a.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, M. le Président. Donc, nous sommes devant un
chapitre qui concerne
fondamentalement les baux et permis. Je capte au bond la remarque
préliminaire, là, du ministre, en disant que c'est essentiellement ce qui a amené les articles du projet de loi n° 73.
Si ce ne sont que des changements légistiques, vous pouvez nous les
épargner. S'il y a d'autres changements de
mots qui ont des conséquences autres que légistiques... Parce que souvent les
juristes, au lieu d'arriver avec des
papillons et des amendements, ils ont eu le temps de revoir... À ce moment-là,
j'aimerais bien que vous nous les souligniez, dans ce cas-là.
Ça faisait
partie de
notre budget, qui avait été longuement réfléchi, et du fascicule Le Québec
et ses ressources naturelles , comment, comme Québécois, on tire le plein
potentiel de nos ressources naturelles. Et, dans ce budget d'ailleurs, on parlait de la participation des... comment on
prend des participations, nous, comme collectivité, dans les entreprises de ressources naturelles avec la
création de Ressources Québec, Capital Mines Hydrocarbures, ce fonds d'investissement
majeur que nous avions mis en place puis que le gouvernement, d'ailleurs,
reprenait à son compte dans le projet de loi
créant la Banque de développement économique. Mais, au fond, ce n'était pas de
l'argent neuf, nous l'avions mis en place.
Deuxième grand
chapitre, c'était sur les mines. Les redevances minières étaient déjà en place — le
nouveau régime — et ça reparlait de l'ensemble du régime de
redevances mais en mettant aussi une hausse des droits d'inscription
pour les claims, l'incitation à la transformation du minerai, le projet de gaz
naturel sur la Côte-Nord, la réhabilitation des sites contaminés.
y avait un
chapitre sur les forêts, il y avait, bien sûr, un
chapitre sur le
Plan Nord, et là il y avait un
chapitre sur les hydrocarbures. Parce que
moi, j'avais... dans un budget, on avait refait le régime pour le gaz de
schiste. On a fait le régime de redevances minières. Après ça, on a refait le
régime de redevances pétrolières terrestres, qui n'est pas en vigueur, et, par la suite, nous avions
annoncé que nous permettrions à nos experts de travailler sur le régime de
redevances en mer… de pétrole maritime, au
fond, en indiquant qu'il faudrait se coller sur ce que Terre-Neuve fait. Parce
qu'au fond, entre nous autres, si on
parle de Old Harry, c'est le même bassin géologique. Et, comme mon collègue
physicien est toujours là, je vais arrêter dans ma description de la
géologie et de la physique, hein, parce qu'il connaît ça mieux que nous.
M. Gautrin :
Je peux entrer dans le débat?
M. Bachand : Non, pas… Alors là... Et, dans ce régime, là on n'est pas dans le
chapitre des redevances, on est dans, au fond, une révision du régime
des permis et des baux sur les hydrocarbures en milieu terrestre. Et ce sont
des changements quand même importants :
d'abord, que les sommes requises soient recalibrées — ça, c'est une question de tarification — dans les droits annuels. Vous avez ce qui
est un claim, vous avez un territoire, quel est le droit annuel que les
entreprises doivent payer, donc nous avions recalibré, nous augmentions ces
sommes...
deuxièmement, changement fondamental, c'est l'attribution aux enchères des
permis de recherche — et
non pas une attribution, comme on l'a fait
historiquement au Québec, par des claims — donc, comme d'autres provinces le font. J'espère
que le fait que le gouvernement... Mais ça, c'est un commentaire au ministre
des Finances, mais finalement il ne contrôle
pas toujours la ministre des Ressources naturelles. Il l'a fait dans les
redevances, mais il ne contrôle pas dans toutes les dimensions... J'espère que le fait que vous réintroduisez ça
ici et que dorénavant les territoires ne seront plus octroyés par claims
mais par enchères, ce n'est pas parce que vous voulez geler tout le territoire,
parce qu'avec ça, évidemment, aujourd'hui
les pétrolières peuvent arriver puis dire... ou les entrepreneurs peuvent
dire : Moi, je... Voici un territoire, j'enregistre un claim et je
procède.
Nous
avions décidé : Non, dorénavant, on va le faire de façon plus ordonnée, on
va les mettre aux enchères, et je pense qu'on va aller chercher plus d'argent,
globalement, comme Québécois, en faisant ça. Je suis content que vous partagiez les mêmes objectifs. J'espère que ce n'est
pas pour paralyser le développement. Parce qu'évidemment, avant ça, le droit appartenait aux entrepreneurs; là, aujourd'hui,
le droit est déclenché par un processus de mise aux enchères, qui vient
du ministère des Ressources naturelles. Vous me permettrez d'avoir certaines
inquiétudes, connaissant la ministre des Ressources naturelles. Peut-être qu'il
y aura un remaniement au mois de juin et qu'on aura une personne qui a à coeur
le développement du Québec, M. le Président.
Donc, une attribution
aux enchères, mais aussi, dans le chapitre, une hausse des droits annuels des
permis de recherche. Et là, vraiment, les droits n'avaient pas été révisés
depuis 1988, donc sous plusieurs gouvernements, probablement parce qu'au fond il n'y avait pas de pétrole au Québec,
selon les gens, puis que ça coûtait très cher. Donc, le gouvernement, en
général, ne révise pas des choses s'il n'y a pas d'utilisation ou d'utilité.
Donc, c'est quand même une hausse raisonnable mais importante des droits
annuels des permis, M. le Président, qui est mise là-dedans.
Aussi,
une augmentation des exigences de travaux, parce que, quand vous avez un droit
sur un territoire, vous payez un droit annuel mais vous devez faire un
minimum de travaux annuels. Or, on se disait : Bien, si vous avez pris le
droit sur le territoire, vous êtes obligés de faire plus de travaux que ce qui
était le cas auparavant.
une augmentation de droit des délivrances des permis connexes, parce que non
seulement votre permis, votre claim,
mais... On trouve ça à la page 98 du fascicule. Si vous allez sur le
site du ministère des Finances, dans le budget 2012‑2013, le budget de l'an
dernier, c'est un fascicule sur les ressources naturelles, en page 98.
Donc, par
exemple, le permis de levés géophysiques était à 50 $, il s'en va à
1 000 $; le permis de forage passe de 100 $ à
4 300 $; une requête pour une révocation de droit, de 500 $ à
725 $; l'autorisation de fermeture de puits temporaires, de 0 $ à 2 000 $; le permis de recherche, de
0 $ à 3 000 $; le bail d'exploitation, de 0 $ à
5 000 $... Je ne lirai pas l'ensemble des droits, mais c'était
quand même une tarification plus concurrentielle pour qu'on aille, là aussi,
chercher des sommes.
Mais on verra
par la suite que ces sommes-là seraient versées au Fonds des ressources
naturelles. Ça, c'est un fonds qui permet au ministère des Ressources
naturelles d'avoir des ressources, des effectifs pour surveiller le territoire,
ce qu'il fait. Donc, on a un cercle vertueux d'aller chercher les permis de
ceux qui... de l'argent, de la tarification pour permettre à l'État d'assumer
mieux ses responsabilités.
Et il y
avait... Et là, M. le Président, je ne sais pas si... Parce qu'on a un gros
bloc d'articles. Il y avait là-dedans évidemment aussi que les sommes
provenant de la vente aux enchères seraient versées au Fonds des générations.
Je ne sais pas si c'est dans ce bloc d'articles
là où on va le retrouver dans ces… c'est dans le projet de loi n° 34 ou si
c'est dans ce projet de loi ci, là; ça, c'est un bloc complet. On a
40 articles devant nous, là.
Mais
globalement, donc, c'était une philosophie... On s'en va aux enchères. Ça, c'est
un changement majeur, c'est un changement souhaité, compétitif. On va
faire des enchères. Si vous... Ça va vous coûter plus cher pour vos permis annuels. On va mieux tarifer. Les résultats de ces
tarifs-là vont être versés au Fonds des ressources naturelles, ce qui va
permettre au ministère des Ressources naturelles d'avoir un peu plus de
ressources humaines, qui est, au fond, payé par l'industrie pour qu'on puisse
surveiller notre territoire.
Alors, en gros, M. le Président, c'est l'ensemble
de ce qui est dans cette section-là et qui, à ce qu'on me dit — je
prends, là, bien sûr, la parole du ministre — est intégralement ce qui était dans le projet de
loi n° 73, moins les changements de légistique, c'est-à-dire
de rédaction juridique. Pour qu'elle soit plus précise, plus exacte, on change des virgules, et je me fie aux juristes du
ministère des Finances, qui sont de grande qualité… le ministère de la
Justice prêtés aux Finances, sur cette section-là du projet de loi, M. le
Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le député d'Outremont. D'autres commentaires, M. le ministre?
M. Marceau : Deux commentaires, M.
le Président. Premièrement, on me confirme que les changements ne sont que des changements légistiques, qu'il n'y a
rien qui vient changer, de quelque manière que ce soit, le sens des
articles qui se trouvaient dans le n° 73. Et, quant au fait que ça aille
dans le Fonds des générations, là, les revenus, il n'y a pas de changement non
plus là-dessus. En fait, ce n'était pas dans 73, c'était implicite dans 73 et
ça continue à être implicite maintenant. Voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'autres commentaires? Est-ce que l'article 9 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, M. le député de Lévis.
Dubé : Moi, j'aurais un
commentaire à faire général, là. Bien que ça soit des changements cosmétiques,
je voudrais juste mentionner, M. le Président, que c'est un bel exemple d'augmentation
indirecte des impôts que l'on voit avec des augmentations de frais de service.
Et j'aimerais bien mentionner que c'est pour ça que nous demandons d'avoir la
quantification de l'augmentation, et je m'explique.
Est-ce que
les augmentations de ces différents permis là ou des baux sont justifiées?
Probablement. Mais il faut bien comprendre que c'est indirectement une
augmentation d'impôts que l'on fait. Alors, quand on demande de pouvoir
quantifier cette augmentation-là, c'est très difficile à voir, et j'aimerais
pouvoir en profiter, au cours des prochains jours,
pour demander au ministre, s'il vous plaît, de nous quantifier, en dollars d'aujourd'hui,
si on avait eu cet impact-là en 2012,
quel aurait été l'impact sur... avec les mêmes permis puis avec les mêmes baux,
quelle aurait été l'augmentation des revenus qui auraient été générés
par ces différentes augmentations là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Premier élément, là, il
ne s'agit pas d'impôts, il s'agit de tarifs. Des tarifs…
M. Dubé : Équivalents à des
augmentations d'impôts. C'est ce que j'ai dit.
M. Marceau : Bien, justement, ce n'est
pas équivalent à des augmentations d'impôts. Ce sont, là, ce sont...
M. Dubé : Vous pouvez les appeler
comme vous voulez, là, je vous demande de le quantifier.
Marceau : Oui. Bien, je peux
les appeler comme je veux, justement, puis moi, je ne les appelle pas des
impôts. Des impôts, ça découle du pouvoir coercitif de l'État de demander à des
contribuables d'envoyer une
partie de leurs revenus ou une
partie de quelque assiette fiscale
qu'on veuille à l'État. Dans ce cas-ci, il s'agit d'un choix délibéré
par, dans ce cas-ci, un producteur d'hydrocarbures, une personne qui désire
utiliser, dans ce cas-ci, des terres publiques pour éventuellement obtenir des
revenus, et on impose un tarif à ça. Et je pense qu'il y a une distinction fort
importante à faire entre des tarifs et des impôts. C'est le premier
commentaire.
Par ailleurs,
sur la deuxième partie, le rendement, l'augmentation — là,
j'ai pris ça effectivement dans le document qui avait été écrit à l'époque, là — des droits annuels fera passer les revenus tirés
des permis de recherche de 1 million de dollars avec les droits
actuels à près de 5 millions de dollars en 2014‑2015. Voilà. C'est la
réponse.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Lévis.
M. Dubé : ...Président, est-ce que c'est
uniquement pour les permis ou ça inclut les baux, le chiffre que le ministre
vient de me donner?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Ce sont
essentiellement, M. le Président, des permis de recherche, parce que des baux d'exploitation,
il n'y en a pas beaucoup présentement. Voilà.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va, M. le député de Lévis? D'autres commentaires? Alors, je
mets aux voix les articles 9 à 39? Est-ce que l'article 9 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 10 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 11 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 12 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté.
L'article 13 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 14 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 15 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 16 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 17 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 18 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 19 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 20 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 21 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 22 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 23 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 24 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 25 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 26 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 27 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 28 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'article 29 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'article 30 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 31 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 32 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 33 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 34 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 35 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 36 est adopté?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté. Ça va, Mme la secrétaire?
On ne va pas trop vite? Est-ce que l'article 37 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 38 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 39 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. M. le ministre, j'imagine, passera au
bloc suivant, 40 à 49.
M. Marceau :
40 à 49, oui. Un instant, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : …chaque député a trois heures d'intervention sur
le bloc 40 à 49. Pardon?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On arrive.
M. Marceau :
Bien, M. le Président...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Tout d'abord, j'ai quelques amendements à déposer, qui concernent
plusieurs articles du projet de loi, dont certains qui sont entre 40 et
49. Alors, j'en profiterais pour vous déposer cette liasse d'amendements pour
le bénéfice des collègues.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, nous allons, si vous me permettez,
suspendre nos travaux, le temps d'en faire la distribution.
(Suspension de la séance à 11
h 2)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux, et je reprends
en corrigeant le petit calcul que j'ai fait tout à l'heure, une petite
erreur de calcul. C'est que, sur 9 à 39, il y a… En fait, il y a 10 articles,
donc c'est 3 h 20 min par député et non pas trois heures. Alors,
M. le ministre.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Excusez, 40 à 49. Je m'excuse. 40 à 49.
Excusez-moi.
M. Marceau : Juste parce que j'avais besoin de directives, M. le Président, j'étais
un peu confus. Alors, l'article 40 à 49, ça porte donc sur le... Les
articles 40 à 49 portent sur le Fonds d'information sur le territoire. Il s'agit
à nouveau de mesures... enfin, d'articles qui étaient contenus dans le projet
de loi n° 73, et il y a un changement par rapport à ce qu'il y avait dans le 73, c'est en ce qui a
trait à la tarification, le montant de la tarification. Mais j'y reviens dans
quelques instants. Je vais commencer par vous expliquer le contenu des
articles, si vous voulez bien.
Alors, le Fonds d'information
sur le territoire est un fonds spécial qui regroupe les activités de l'information
géographique et de l'information foncière.
La connaissance géographique, composée de la géodésie et de la
cartographie de référence du territoire, est un programme du ministère des
Ressources naturelles et de la Faune et constitue une référence essentielle
pour établir la cartographie du Québec. De par sa nature, ses activités sont
complémentaires aux activités du fonds. En
effet, les informations produites servent notamment à la production de l'information
géographique offerte à une clientèle d'affaires
et aux organismes publics. Elles peuvent également servir de source d'information
pour les activités d'information foncière du fonds.
Le regroupement des
activités et de la connaissance géographique au Fonds d'information sur le
territoire permettra ainsi une meilleure synergie avec les autres activités du
fonds et rendra les interventions du secteur plus efficaces. La synergie associée au regroupement de ses activités est
susceptible de se traduire par des gains d'efficacité. D'ailleurs, le besoin d'intégrer la connaissance
du territoire, le cadastre, les droits fonciers et la connaissance
géographique à l'intérieur d'une stratégie
nationale est de plus en plus reconnu dans le monde. Et je vous signale
simplement que, pour le citoyen, il y
aura des avantages puisqu'une information géographique à jour est essentielle
au citoyen qui veut savoir.
vous ai parlé tout à l'heure de tarification. Ce qui est suggéré,
essentiellement, c'est d'augmenter de 21 $. Alors, il y a une
hausse des tarifs d'inscription qui est prévue, qui représente une hausse
marginale par rapport aux coûts totaux d'une
transaction immobilière. Je vous rappelle qu'une transaction immobilière, quand
on tient compte simplement des frais
de courtage, ça s'élève à plusieurs milliers de dollars. Le chiffre qu'on
me donne ici, c'est 17 000 $. Quand on pense aux frais de
courtage, d'arpentage, d'inspection et de notaire, alors il y a une hausse que
nous... qui est incluse ici, au projet de
loi, de 21 $. Alors, quand on... Je vous invite à comparer le 21 $
avec les frais fort importants qui sont liés à l'acquisition d'une
maison. Et voilà.
Et, si les
collègues le désirent, il y a des amendements qui ont été déposés il y a
quelques minutes, ils pourraient être expliqués par Me Paquin qui est
prêt à vous les expliquer, si vous le voulez.
Le Président
(M. Pelletier, Rimouski) :
Est-ce qu'il y a consentement pour entendre Me Paquin? Consentement. Me
Paquin, après vous être identifié, vous avez la parole.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le
Président. Mathieu Paquin, de la Direction des affaires juridiques au
ministère des Finances et de l'Économie. Alors, c'est assez simple. Les
amendements qui concernent cette section-là du projet de loi ont essentiellement trois objectifs. On a les amendements aux
articles 43, 44, 45, 46 et 47, qui visent à modifier le projet de loi pour qu'il tienne compte de l'indexation,
c'est-à-dire que le montant qui apparaît dans le projet de loi n'est
plus le bon, parce que, depuis que le projet de loi a été présenté à l'Assemblée
nationale, les montants ont été indexés.
L'amendement qui introduit un
article 47.1 vise
à ajouter un
article dans le projet de loi pour modifier la
Loi sur les bureaux de la publicité des droits afin de
faire en sorte que la date de l'indexation qui est prévue dans la loi ne
soit plus le 1er janvier, mais le 1er avril. C'est une question administrative.
Et l'article 48.1 est une disposition de nature
transitoire. Essentiellement, c'est que, étant donné que les modifications qu'on apporte quant au Fonds d'information
sur le territoire vont permettre d'élargir un peu son affectation, on
vient prévoir une disposition transitoire qui va permettre que les dépenses
vont avoir été prises sur des crédits entre
le début de l'année financière et le moment où la modification au fonds va
entrer en vigueur, d'être faite en totalité sur le fonds, comme si le
fonds avait existé depuis le début de l'année financière.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, Me Paquin. Est-ce qu'il y a des commentaires, des
questions? M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui, M. le
Président. Donc, on est dans le
chapitre du Fonds d'information sur le
territoire et on retrouve ici des articles, essentiellement, qui étaient
dans le projet de loi n° 73, mais qu'on retrouve dans le budget de l'an dernier, mon budget de l'an dernier, notre
budget de l'an dernier, à la page G.147, G comme Gaston, 147. L'objectif,
d'ailleurs, c'est l'amélioration de la connaissance géographique en
développement durable. En développement, c'est très important qu'on ait une bonne
connaissance géographique de notre territoire. On disait que c'est
indispensable à la mise en valeur, à la gestion concertée du territoire, et on
est très fort, au Québec, sur ça. On est en avance, on a des ressources très
compétentes sur ça. Il faut mettre à niveau les ressources. Nous avions ajouté
d'ailleurs des crédits de 2 millions, au ministère des Ressources
naturelles, pour lui permettre de continuer. Il était essentiel d'avoir une
couverture cartographique du Nord-du-Québec complète, adéquate, pour savoir...
pouvoir suivre avec le temps aussi les changements qui dépendent de l'activité
humaine, puis il y a des phénomènes naturels.
Alors, il y a
un fonds d'information sur le territoire. C'était une simplification
administrative, fusionner deux fonds en
un fonds, et, là aussi, un principe de tarification, M. le Président. Bien sûr,
nous serons d'accord avec ce bloc — bien,
je serai d'accord avec ce bloc d'articles, les collègues pourront parler... — avec
les articles qui sont présentés aux articles
40 et 49, qui reprennent essentiellement le budget que nous avions déposé en
mars, l'an dernier, il y a un peu plus d'un
an. J'aurai toutefois une question ou une suggestion pour le ministre des
Finances et les fonctionnaires du ministère, parce que, dans l'ensemble
de ces articles, on monte les tarifs. Alors, des tarifs passent, par exemple,
de 60 $ à 74 $, par exemple. Ce n'est pas... C'est une mise à niveau
et, après ça, ça sera indexé.
La mise en
vigueur, en vertu de l'article 201 du projet de loi, c'est le 1er avril
2013. Puis-je gentiment suggérer au ministre des Finances qu'il révise
la mise en vigueur? Nous avions, dans le projet... pour ne pas qu'il se
retrouve dans la rétroactivité, M. le
Président. Ça s'est fait une fois avec les bouteilles de vin dans les
restaurants, où il a forcé les gens à
prendre des inventaires. Là, aujourd'hui, si on adoptait le projet de loi, il
entre en vigueur le jour de la sanction, tous ceux qui ont obtenu ces
permis-là avant avril, mai, il faudrait leur envoyer une facture. Tel que
rédigé devant nous aujourd'hui, il faudrait leur envoyer une facture.
Si c'est marqué «entre en vigueur le jour de sa
sanction», je pense que l'administration publique n'est pas équipée pour l'ensemble de ces tarifs-là, à
dire : Le lieutenant-gouverneur vient de signer la loi. Là, on est le 10
juin, puis, demain matin, c'est 70 $ au lieu de 60 $. Les
systèmes informatiques, l'ensemble des systèmes ne sont pas faits. D'ailleurs, dans la loi n° 73, je
regarde, j'ai mon vieux projet de loi, il y a certaines de ces dispositions-là
qui entraient en vigueur le 30 septembre, le 1er octobre, le 1er
janvier, pour donner le temps à l'administration publique de mettre en place
les changements.
Alors, je suggérerais au ministre de demander au
sous-ministre des Finances de consulter tous ses collègues, particulièrement
des Ressources naturelles ici, pour voir à quelle vitesse l'administration
publique peut mettre en place cette hausse
de tarifs et que, dans les amendements qu'il déposera peut-être par la suite,
sur la mise en vigueur, que ça ne
soit pas le jour de la sanction de la loi, mais de permettre au système
informatique, aux gens sur le territoire, à tous ceux qui chargent les
permis, d'avoir le temps de faire les changements dans l'ordre et qu'on ne se
retrouve pas dans le désordre.
Il ne s'agit pas de grosses sommes d'argent; il s'agit d'aider le contribuable,
les citoyens et les entreprises avec un peu de délicatesse puis de ne pas se retrouver avec une illégalité, puis
il faut envoyer des factures rétroactives. Prenons le temps de bien faire les choses. Ce n'est pas tout
à fait le cas ici, là, tel que rédigé, mais, d'ici l'adoption du projet de
loi, vous aurez le temps de... vous avez le
temps, puisqu'on va en rediscuter la semaine prochaine, de revenir dans les
articles 201 et suivants qui traitent de la mise en oeuvre des
dispositions.
Donc, on peut
adopter, M. le Président, les articles 40 à 49, puisque la mise en oeuvre est
dans un autre article, le fonds est
ici. La date de mise en oeuvre, je suggérerais au ministre... Je lui poserai la
question, à ce moment-là, d'étaler dans le temps l'entrée en vigueur de ces articles-là par simple respect du
contribuable et des entreprises et respect aussi de notre fonction publique qui doit adapter, changer les
systèmes informatiques, changer les formulaires sur les sites Internet,
que les gens prennent connaissance de ça;
ils remplissent leur formulaire, ce n'est pas le bon prix. Alors, de prendre le
temps de le faire, comme nous le faisions dans le projet de
loi n° 73. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci, M. le député d'Outremont. M. le député de Verdun.
Gautrin : J'avais une
question, mais je pense que j'ai répondu. 48, comme tel, c'est purement
technique, on continue à percevoir
les droits par... mais c'est simplement la manière où vous les affectez. Ils
continuent à être versés au fonds, mais, comme le volet a disparu, il reste qu'on va
quand même verser au fonds la perception des droits, ça continue à être... O.K.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : L'interprétation du
député de Verdun est la bonne.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord.
M. Marceau : Et je peux répondre au
député d'Outremont aussi, si vous voulez, je vais en profiter.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui. Vous avez droit à une réplique à chaque intervention. Alors, je m'excuse d'avoir
passé la parole au député de Verdun un peu vite, là, mais vous pouvez
répliquer.
M. Marceau : Je vous pardonne parce
que c'est votre anniversaire, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Vous pouvez répliquer aux deux.
Marceau : Simplement, le
député d'Outremont a entièrement raison, et l'article 201 fera amender au
moment opportun, vers la fin, c'est-à-dire
dans quelques heures, peut-être dans quelques jours. Je vous présenterai
l'amendement à l'article 201, qui fera en sorte que l'entrée en vigueur se fera
de façon ordonnée et responsable, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le député de
Lévis.
Dubé : Peut-être rapidement,
en fait, je voudrais mentionner que les articles 40 à 49, moi, je salue
beaucoup le principe de l'indexation, qui
est une excellente idée à mettre en place pour qu'on n'ait pas à revenir,
justement, sur des ajustements un
peu... je dirais, très importants, comme on a vu tout à l'heure à l'intérieur
de 9 à 39. Et c'est ma question, peut-être pour le ministre, j'ai
peut-être mal vu, mais est-ce qu'il y a un processus, dans les articles 9 à 39,
qui permet l'indexation ou...
M. Dubé : 9 à 39. Est-ce que
vous pourriez m'indiquer?
M. Marceau : Oui, oui, c'est indexé.
M. Dubé : C'est indexé par chacun
des articles ou c'est de façon générale?
M. Marceau : O.K. Si vous me posez
la question de manière juridique...
M. Dubé : Je vous crois sur parole,
M. le ministre.
Marceau : ...je vais
transmettre la... je vais donner la rondelle à Me Paquin, si vous
permettez, qui va vous dire l'article précis qui permet l'indexation.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, en
fait...
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Me Paquin, c'est juste que 9 à 39 sont adoptés. Normalement, on
ne devrait pas y revenir.
M. Dubé : C'est
parce que je ne l'ai pas vu tout à l'heure.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord, on va... On fait un petit accroc. Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le
Président. Alors, généralement, il y a deux cas de figure qu'on va
rencontrer : soit le texte qui prévoit
la tarification, comme, dans ce cas-ci, la
Loi sur les bureaux de la publicité
des droits va comporter sa propre
clause d'indexation, avec un taux d'indexation qui peut lui être propre, une
date d'indexation qui peut lui être propre,
ou on peut se rabattre sur une clause supplétive, qui est l'article 83.3 de la
Loi sur l'administration financière, qui prévoit, dans la mesure, évidemment, où le tarif va cadrer avec la
définition de tarif qui est prévue par cette loi-là, qui est, par
ailleurs, assez large, l'indexation de plein droit au 1er janvier d'un
tarif à l'IPC, moins le tabac et l'alcool.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci, Me Paquin. M. le député de Lévis.
M. Dubé : Si vous me permettez
rapidement, prenons un exemple, tout à l'heure, où je voyais un frais qui
passait de 100 $ à 4 300 $, à la page 60, l'article 6, là. Ce
que je veux savoir concrètement : Est-ce que ce 4 300 $ là,
maintenant, est indexé à l'avenir? C'est ça qui est ma question.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Me Paquin.
Dubé : Dans le gros document
que nous, on a ici, là, où on regarde
article par article, c'est la page 60,
puis on explique ce frais-là, des paiements
de droits au moment de 4 300 $, qui était de 100 $ avant, d'où
votre explication qu'on est passés de 1 million à 5 millions
de frais au total. Je veux savoir, moi, est-ce que maintenant, à l'avenir, le
4 300 $ va être indexé.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre ou...
Marceau : ...commentaire,
puisque... Évidemment, l'augmentation peut sembler grande, mais il y a une
partie qui découle du passage de l'hectare,
qui, si je ne me trompe pas, est de 100 mètres par 100 mètres, au kilomètre
carré. Donc, il y a une
partie qui découle de ça, et puis, quant à la deuxième
partie de la réponse, ça, je vais laisser à Me Paquin le soin d'y répondre.
M. Dubé : On peut y revenir après,
si vous voulez. Je ne veux pas retarder les travaux, parce que...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le
Président. Bien, normalement, ce tarif-là devrait être indexé comme tous
les autres tarifs, parce qu'il cadre dans la définition de tarifs de l'article
83.3. Alors, soit qu'on l'indexe en vertu de 83.3, soit... mais ça, je suis en
train de le vérifier en ce moment, il a sa propre clause d'indexation.
M. Dubé : ...n'était pas indexé, si
on était... O.K. Donc, c'est à l'avenir qu'ils seront indexés.
M. Paquin (Mathieu) : Oui.
M. Dubé : C'est ça, ma question,
pour être sûr qu'on n'a pas le même problème dans les prochaines années.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'autres commentaires? Est-ce que les articles 40 à 42 sont
adoptés?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'amendement à l'article 43 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que 43, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'amendement à l'article 44 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 44, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'amendement à
l'article 45 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 45, tel qu'amendé,
est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'amendement à l'article 46
est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce l'article 46, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'amendement à l'article 47 est
adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'article 47, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'amendement permettant l'insertion de
l'article 47.1 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que 47.1, tel qu'inséré, est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 48 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'amendement permettant l'insertion
de l'article 48.1 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'article 48.1, tel qu'inséré, est
adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté. Est-ce que l'article 49 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté. Merci. M. le ministre, on passe au bloc Fonds
des ressources naturelles, 50 à 54, qui compose cinq articles. Alors,
100 minutes par député, maximum.
M. Marceau :
Une minute de suspension, si vous permettez. Je suis désorganisé.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, nous allons suspendre nos travaux
quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 29)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, nous reprenons nos travaux. M. le ministre, sur 50 à 54.
M. Marceau : Alors, encore une fois,
il s'agit d'articles qui étaient contenus dans le projet de
loi n° 73. Tout d'abord, bon,
comme vous le savez, le gouvernement veut favoriser l'exploration et l'exploitation
du potentiel minier du Québec. Toutefois, ce développement du secteur minier doit se réaliser
dans le respect des lois et règlements en vigueur. Dans ce contexte, il est prévu d'accroître les
activités relatives au régime de réglementation de l'industrie minière, et
le financement de cet accroissement des
activités du régime de réglementation de l'industrie minière doit se faire à
l'aide de la tarification demandée à l'utilisateur, dans ce cas-ci, l'industrie
minière.
Alors, l'article 50 modifie un
article de la Loi
sur le ministère des Ressources naturelles, et la modification consiste en l'insertion d'un nouveau volet au
Fonds des ressources naturelles. Donc, le nouveau volet, c'est celui de
la gestion de l'activité minière. Ce volet
servira de véhicule au financement annoncé de l'accroissement des activités
relatives au régime de réglementation de l'industrie
minière. Et je rappelle que cet accroissement des activités est financé par
une modulation des droits d'inscription et
de renouvellement des claims qui permettra à l'État de percevoir des revenus
de 25 % supérieurs à ceux actuellement perçus. Et là-dessus le ministère
des Ressources naturelles va rendre publiques, éventuellement, là, les
modalités de la modulation et la date d'application de celles-ci.
L'article 52, quant à lui, modifie également la
Loi sur le ministère des Ressources naturelles. La modification porte... au nouveau volet dont je viens de parler,
Gestion de l'activité minière, les droits perçus en vertu de l'article
61 de la
Loi sur les mines pour le renouvellement d'un claim. Le ministère des
Ressources naturelles utilisera les sommes déposées à ce volet pour accroître
ses activités relatives au régime de réglementation de l'industrie minière,
soit principalement — donc,
je vous en nomme trois : premièrement, l'inspection des activités d'exploitation
et de restauration minière; deuxièmement, la vérification de l'impôt
minier; et, troisièmement, l'étude des travaux statutaires en exploration
minière. Alors, voilà, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur le bloc
50 à 54? M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui, merci, M. le
Président. On se retrouve ici dans un autre bloc qui se trouvait dans le projet
de loi n° 73 et dans le budget que nous avions déposé en mars de l'an
dernier. Et là, cette fois-ci, on est à la page 100, hein, M. le Président, du fascicule sur les ressources naturelles. Et,
fondamentalement, le principe, effectivement, c'est, comme on change des façons de fonctionner aussi,
que l'industrie paie à même sa tarification les coûts que l'État doit
supporter pour surveiller. Et donc il y a une augmentation des droits annuels
des permis de recherche pour qu'on puisse
couvrir les coûts de gestion en développement, entre autres, ici, du nouveau
régime de permis et de bail, et s'assurer que les sommes aussi soient
utilisées à cette fin, hein, un peu.
Les citoyens
qui nous écoutent, on a créé le Fonds routier et de transport pour que tout ce
que vous payez sur vos automobiles,
etc., s'en aille dans ce fonds-là, puis là vous dites : O.K., je paie pour
ça, ça va dans ce fonds-là, ce n'est pas mêlé dans le 90 milliards. Et ce fonds-là, je peux suivre est-ce qu'il
est vraiment dépensé pour ces fins-là. Ici, le Fonds des ressources
naturelles et hydrocarbures, on ajoute donc un volet minier, un volet
hydrocarbure. On augmente la tarification
pour couvrir nos coûts, mais, en même temps, ça permet aux entreprises de
suivre et de dire... parce que les entreprises,
parfois, souhaitent des réponses puis disent : On paie, puis vous avez
juste deux agents pour émettre les permis, pour nous contrôler, etc.
Vous devriez en avoir quatre, vous devriez en avoir cinq. Puis on paie pour ça.
Puis vous n'en avez pas, puis c'est vrai que, parfois, l'État mettait de l'argent
aux autres places.
Alors, la
création de fonds dédiés est une méthodologie qui permet, au fond, aux
utilisateurs, aux citoyens, aux entreprises de suivre les tarifs qu'ils
paient. Et donc l'ensemble des tarifs vont être versés dans ce fonds-là, sauf, évidemment,
je le rappelle, on l'a dit tantôt, là, quand on fait des enchères pour l'attribution
des territoires, sur les hydrocarbures; ça,
ça s'en va au Fonds des générations. Et on prévoyait, nous, évidemment, que les
revenus qui provenaient de cette
source passeraient de 1 million de dollars, en 2012‑2013, à
5 millions en 2014‑2015. Peut-être que ça répond à une des
questions que le député de Lévis posera tout à l'heure.
Bien sûr, c'était
dans le contexte du gouvernement libéral, c'était dans le contexte où il y
avait un gouvernement qui développait le territoire, qui développait les
ressources naturelles, qui ne faisait pas des paralysies, des freins. Sur l'ensemble,
peut-être qu'on pourrait demander au ministre des Finances aujourd'hui... Il
reprend les articles du projet de loi, il
met en oeuvre ces systèmes-là. J'en conviens, c'est une bonne décision. Est-ce
que ses prévisions de revenus sont les mêmes ou, étant donné que... même
s'il essaie de nager à contre-courant, mais toute la paralysie causée par ses collègues fait qu'il change ses prévisions de
revenus sur ce volet-là pour 2014‑2015, qui étaient ce qu'on retrouvait
dans le budget l'an dernier. Alors, sur le
fonds, M. le Président, nous sommes d'accord, nous l'avions nous-mêmes proposé.
Mais je demeure avec, donc, cette question
dont on retrouvait la réponse à la page 100 l'an dernier. Mais évidemment le
contexte a changé, le contexte économique a changé, mais... Il y a deux
contextes, hein, il y a le contexte économique mondial, mais il y a le contexte péquiste au Québec. Est-ce que ça change sa
prévision de revenus? Parce que la prévision de revenus, de 1 à 5 millions, permet aussi au ministère
des Ressources naturelles d'engager les ressources, c'est un cercle
vertueux, pour faire fonctionner le ministère, avoir les inspecteurs, avoir les
gens qui peuvent répondre aux questions.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. Les
commentaires du député d'Outremont sur notre volonté de développer le secteur
minier me surprennent puisque j'ai été très clair sur nos intentions. On a, par
ailleurs, pris soin de réviser le régime d'impôt minier de façon à ce que ce
développement se fasse et à l'avantage de l'industrie et à l'avantage de l'ensemble
des Québécois, et je suis très content des révisions que nous avons apportées
au régime d'impôt minier, M. le Président.
Ayant dit
cela, je voudrais simplement... Parce que je me suis rendu compte après avoir
fait ma première présentation, tout à l'heure, des articles
pertinents... Je veux juste, en toute transparence, là... Je ne voudrais pas
que les gens croient
que je n'ai pas voulu être transparent. Donc, il y a une différence entre le
projet de loi n° 25 et le projet de loi n° 73, c'est que, dans le projet de loi n° 73, il était prévu que les droits perçus en vertu de l'article 161 de la
Loi sur les
mines pour le renouvellement d'un claim,
jusqu'à concurrence de 7 500 000 $ par année, puissent être
virés… — excusez-moi — donc,
que ces fonds puissent être virés, là, c'est à l'article 17.12... Bon, pardon.
Prenez l'article 52, vous allez voir, la lecture va être plus claire, un
peu, là. Je ne sais pas si vous avez le document du projet de loi lui-même, là, mais, à la page 17, vous voyez qu'on peut
porter au volet Gestion de l'activité minière du fonds les sommes
suivantes... Et, dans le projet de loi
n° 73, il était prévu qu'on pouvait aller chercher les droits perçus en
vertu de l'article 61 jusqu'à concurrence de 7 500 000 $
par année. Et le montant de 7 500 000 $ par année a été revu à
la baisse à 2 500 000 $ par
année. Donc, c'est la différence qu'il y a. Donc, on a identifié que les
besoins ne s'élevaient pas à 7 500 000 $, là, mais on
pense qu'à 2 500 000 $, c'est amplement suffisant. C'est ce que
je veux que vous sachiez. Donc, dans le 25, le plafond est de
2 500 000 $; dans le 73, le plafond était de
7 500 000 $. Voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Autres commentaires? M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui. Ça, c'est peut-être...
Ma question portait sur un autre volet. Je remercie le ministre de sa précision, d'attirer l'attention sur la différence
entre les deux lois. Je ne sais pas si c'est un jugement que le ministère
n'a pas besoin de plus que
2 500 000 $ de ressources ou c'est un jugement qu'étant donné l'affaiblissement
majeur de ce qui se passe dans les
mines vous n'aurez pas l'argent. Mais ma question n'était pas sur ça, était
dans les permis de recherche. Ce n'était
pas dans la loi, mais on prévoyait dans le budget que ces revenus passeraient
de 1 million à 5 millions. Et là je pense qu'on est dans les
hydrocarbures à ce moment-là. Je voudrais voir si le ministre a révisé cette
prévision-là ou si c'est la même.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Oui. On m'informe, là,
que les montants qui avaient été prévus dans le budget 2012‑2013 se maintiennent, là. Donc, on est de l'ordre de
5 millions de dollars, essentiellement. Ça n'est pas... ça ne fluctue pas
de la même façon que les investissements miniers; des claims, les gens
continuent de les prendre, là. C'est une perspective de plus long terme. Alors,
les fluctuations temporaires dans les prix n'ont pas d'impact de la même
manière. Voilà.
M. Bachand : Merci, M. le ministre.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'autres commentaires? Est-ce que les articles 50 à 53 sont
adoptés?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'amendement de l'article 53.1 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Est-ce que l'article 53.1, tel qu'inséré, est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Est-ce que l'article 54 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. Alors, nous passons, M. le ministre, au... j'imagine, au
chapitre II,
oui, le bloc 55 à 56. M. le ministre.
Marceau : Les organismes et
fonds spéciaux. Oui, M. le Président. Écoutez, je vais lire les articles parce
que, dans ce cas-ci, ils sont peu nombreux puis, deuxièmement, ils sont clairs.
Marceau : Non. C'est à cause
qu'ils ne font pas référence à une autre loi qui est modifiée par une autre,
là, c'est très... C'est beaucoup plus facile
de comprendre. Alors, les modifications portent sur l'article 55. C'est
l'article 55 de la loi...
L'article se lit comme suit :
La
Loi sur l'équilibre budgétaire est modifiée
par l'insertion, après l'article 15, du suivant, donc un nouvel article,
et je le lis :
«15.1. Le
ministre, de concert avec le président du Conseil [du trésor], élabore et
propose au Conseil du trésor des modalités selon lesquelles sont
réduites les dépenses des personnes morales, des autres organismes, des fonds spéciaux au sens de l'article 5.1 de la
Loi sur l'administration
financière et de toute autre organisation dont les résultats sont
compris dans le solde budgétaire.
«Dès
leur approbation par le Conseil du trésor, ces modalités lient la personne
morale, l'organisme, le responsable d'un fonds spécial ou l'autre
organisation qui y est visé.
«Le premier
alinéa ne s'applique pas à l'Assemblée nationale, aux personnes nommées ou
désignées par cette dernière pour
exercer une fonction en relevant, avec le personnel qu'elles dirigent, à la
Commission de la représentation, aux entreprises du gouvernement
énumérées à l'annexe 3 de la
Loi sur l'administration financière, non plus qu'à
la Caisse de dépôt et placement du Québec,
ni aux établissements du réseau de la santé et des services sociaux et du
réseau de l'éducation...»
Alors, je vais vous faire la liste... En fait,
je vais vous indiquer, si vous voulez bien, dans le plan budgétaire 2013‑2014, à la page C.46, vous avez la liste des
fonds spéciaux. Et, à la page C.49, vous avez la liste des organismes
autres que budgétaires, de façon à donner à... pour ceux qui nous écoutent, là,
des exemples. Alors, dans la liste des fonds spéciaux, il y en a tout plein,
là, bien : le Fonds de développement du marché du travail, le Fonds de
financement des établissements de santé et
de services sociaux, le Fonds de partenariat touristique, le Fonds de la
sécurité routière... Ça, ce sont tous
des fonds spéciaux. Il y en a une liste plutôt longue, je dirais, à la
page C.46. Et il y en a une autre... Il y a une autre liste des
organismes autres que budgétaires à la page C.49. Et là-dedans il y a l'Agence
du revenu du Québec, l'Agence métropolitaine
de transport, l'Autorité des marchés financiers, et ainsi de suite. Il y en a
une longue liste là aussi.
Alors, M. le
Président, la raison pour laquelle l'article 55 et l'article 56 ont
été introduits, c'est parce que, dans cet effort vers l'équilibre budgétaire pour 2013‑2014 et les années
suivantes, vous le savez, l'ensemble des organismes... enfin, l'ensemble des ministères, les sociétés d'État,
tout le monde a été mis à contribution. Et nous voulions, nous voulions
et nous désirons que les organismes et les
fonds spéciaux contribuent aussi. Et, en vertu de la législation actuelle, il
n'était pas possible pour nous d'imposer des cibles de réduction des dépenses à
ces organismes-là, ce n'était pas possible. Et l'article 55 fait en sorte
que, dorénavant, ce sera possible.
Et ce que
nous avons demandé, tel que nous l'avons dit dans le budget, c'est
essentiellement, là, des réductions qui, en moyenne, vont s'élever à 2 % ou bien à un montant... En moyenne,
ça va être 2 %. Il y aura des différences dépendant des fonds
spéciaux et des organismes, mais, essentiellement, en moyenne, on est à
2 %. Alors, c'est l'esprit de ces deux articles-là.
Il y a un
amendement aussi qui a été présenté à l'article 56... On remplace le mot
«mesures» par «modalités». Alors, ce n'est pas un grand amendement. C'est
simplement de la légistique, comme on dit. Alors, voilà, c'est l'essence de ce
bloc-là, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. Dans le bloc 55, 56, il y a deux articles, un
nouvel
article plus un amendement, là, alors ça vous fait 80 minutes par
député. M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui. M. le
Président, je comprends l'intention du ministre. On vient d'ailleurs — vous voyez la bonne foi, là — d'adopter 45 articles. Il y a des problèmes de fond avec cet
article-là. J'aimerais ça avoir une discussion avec le ministre et
échanger pour comprendre ce que le gouvernement veut faire et m'assurer qu'avec
la rédaction de...
L'article, tel qu'il est là, me semble basculer tous les
principes de l'administration publique.
Alors, je
comprends que, parfois, l'État a besoin, le Conseil du trésor a besoin d'un
certain nombre de pouvoirs pour être
plus efficace, et nous l'avons fait spécifiquement, je pense, c'était dans la
loi... C'était-u dans la loi n° 100? C'était dans la loi
n° 100, parce qu'on a eu deux lois n° 100. Je pense… c'était au
niveau du Conseil du trésor, les 10 % qu'on a coupés, là, dans l'ensemble
de l'administration publique : Vous allez couper 10 % de vos dépenses
de publicité, de formation, etc., et vos
dépenses administratives. Et ça, ça nous a pris un outil législatif pour faire
ça, l'imposer, puis c'était limité dans le temps. C'était ponctuel, c'était
ciblé.
Ici, on
voit... puis ce que je voudrais savoir du ministre, c'est : Est-ce que c'est
pour les fins, là, du difficile retour à l'équilibre budgétaire? On le
sait, l'économie a baissé aussi, et donc c'est plus... c'est toujours complexe.
Est-ce que c'est pour ces fins-là que le
ministre demande ces pouvoirs-là au Conseil du trésor, de s'octroyer ces
pouvoirs-là? Parce que la... Et donc pourquoi on ne le limite... Moi, j'ai
des questions, au fond, puis éventuellement j'ai des amendements. Pourquoi on ne les limite pas dans le temps? Vous
avez besoin de ça pour un an, ces pouvoirs-là? Qu'on mette un
article en
disant que c'est pour expirer dans un an ou pour l'année financière, au fond,
2013‑2014, peut-être 2014‑2015, mais qu'on limite dans le temps. Première
question que j'ai.
Et la raison pour laquelle je dis ça, c'est que
je comprends que c'est compliqué pour le Conseil du trésor, je comprends que le Conseil du trésor aimerait ça
tout gérer de son bureau, là, puis bonjour, j'impose une coupure à une
centaine d'organismes, je décide, puis débrouillez-vous donc avec.
Ce n'est pas pour rien qu'au cours des années
aussi on a des entreprises, on a des organismes autres que budgétaires. Ils ont des conseils d'administration.
Ces conseils d'administration là, est-ce qu'au fond on est aussi bien de
tous les abolir, là, parce qu'on va faire du
micromanagement dans les changements? Donc, première question : Est-ce
qu'on limite dans le temps?
Deuxième
question : J'aimerais ça entendre le ministre sur, justement, l'équilibre
des forces, en un sens, entre le ministre des Finances et le président
du Conseil du trésor. Puis par ailleurs... Et si on voit... parce que, là, on
est à la page 33 de son budget, mais on voit
la liste des entreprises et des organismes aux pages C.46... — je pense que je me suis mis un petit papillon ici — et des fonds. Alors, dans certains cas, je
comprends, mais il y a des conseils d'administration partout, là. Qu'est-ce
qu'on vient changer dans l'équilibre des forces?
Troisièmement, le gouvernement avait
200 millions de coupures à faire, de restrictions. Moi, je demanderais au sous-ministre, au ministre des Finances, ce
200 millions là, il devait le déposer. Est-ce qu'il pourrait nous déposer,
au fond, ce qu'il a l'intention de faire
avec ce pouvoir-là? Moi, je sais que le président du Conseil du trésor a déjà
commencé à envoyer à
cette liste d'organismes, voici, je veux que vous coupiez 2 % dans vos
dépenses d'administration, mais en a
exempté d'autres. La façon dont l'article est écrit, c'est un pouvoir
totalement discrétionnaire, arbitraire, non paramétrique, qui permet un jour au président du Conseil du
trésor et ministre de dire : Bien, toi, mon organisme, la SODEC,
Société de développement des entreprises culturelles, c'est moins 10 %. À
moins que je lise mal l'article, et vous me corrigerez, mais le pouvoir qui est là... Et là je regarde la liste des organismes,
à la page C.49, mais vous, Société immobilière du Québec, c'est
4 %; puis vous, c'est 2 %; puis vous, c'est...
On a déjà
des... un système budgétaire. On a déjà un système de crédits. On a un système
qui permet d'ailleurs, dans les crédits, au gouvernement d'intervenir.
Il y a des conseils d'administration en place qui doivent respecter des enveloppes budgétaires. Normalement, s'ils sont en
place, ils devraient peut-être avoir une certaine autonomie sur la façon
dont ils vont faire ça. Je suis inquiet sur le pouvoir qui est là. Il n'y a pas
de délimitation dans le temps.
J'aimerais que le ministre me dépose la
répartition de l'effort qui est demandé aux organismes. Il nous parle de 2 % en moyenne, mais évidemment ce n'est
pas là. Le président du Conseil du trésor en parlait, de ce 2 % en
moyenne. Il y avait 200 millions qu'il devait annoncer, puis je pense qu'il
devait l'annoncer d'ici le 31 mars. Ce n'est toujours pas déposé. Est-ce qu'il
pourrait, dans un geste de transparence, simplement nous indiquer ce qu'il a,
de toute façon, commencé à envoyer dans le
système? Donc, ce n'est pas secret, là. Ça prend peut-être un travail de table
d'écoute pour aller chercher dans
chacun des systèmes, là, que chacun des organismes... qu'on les fasse
comparaître : Bien, moi, c'est 1 %; moi, c'est 2 %; moi,
c'est 3 %. Est-ce qu'il pourrait le faire?
troisièmement, le projet de loi y va d'ailleurs... Je fais tous mes
commentaires d'un coup, M. le Président, avant de déposer des amendements. Je regarde la liste des organismes autres
que budgétaires, ils sont à la page C.49 de votre budget, M. le
ministre, et certains, je comprends, là, ce que vous voulez faire puis je
comprends le pouvoir. Mais le premier en
haut de la liste, c'est l'Agence du revenu. On a pris la peine de créer une
Agence du revenu en
partie pour la soustraire
au Conseil du trésor, hein? En partie, là, c'était le seul ministère qui a un
objectif, lui, c'est d'aller chercher de l'argent. Les autres ministères
sont des ministères de services, sont des ministères de dépenses. Puis, quand
on faisait systématiquement des coupures paramétriques, on se tirait dans le
pied. Moi, je pense que Flaherty, il se tire dans le pied. Il coupe tout le monde. Quand tu coupes l'Agence du revenu puis tu
coupes les nouvelles ressources au Revenu parce que tu dis à tout le monde : Je gèle l'embauche de ressources,
bien, tu empêches d'aller chercher des revenus. Puis, je pense, cette
loi-là, je ne sais pas si elle a été adoptée à l'unanimité ou non, mais on l'a
travaillée. Sylvain Simard était là. Je pense
qu'elle a été adoptée... On a retravaillé le conseil d'administration et on en
a discuté justement pour que l'Agence du revenu, elle, eh bien, elle puisse gérer ses objectifs qui sont
différents de la paramétrisation que le Trésor fait d'habitude.
L'Agence du revenu n'échappe pas au contrôle du
gouvernement. L'Agence du revenu doit présenter un budget, le faire adopter à son conseil, et le ministre du Revenu doit le
présenter au Conseil des ministres après consultation du Conseil du trésor. Est-ce que, vraiment, il est
sage ici… Puis là je reconnais là peut-être le réflexe du Trésor, là,
qui n'a pas aimé ça, hein? Il y avait une opposition importante, dans le
Trésor, à la création de l'Agence du revenu puis dans les syndicats parce que ça échappe au contrôle de l'empire central, là,
tu sais? On est comme dans Star Wars , et puis la banque... le contrôle qui est au Conseil du
trésor, puis là, pour des raisons dont on a tous convenu, c'était intelligent
de créer une Agence du revenu. Puis là,
woups! Alors, est-ce qu'on ne devrait pas au moins l'exclure de ces autres
organismes là?
Alors, je suis inquiet du pouvoir absolu qui est
donné au ministre pour réduire les dépenses. Peut-être que je comprends mal le
texte de loi. Je comprends les nobles intentions du ministre, je comprends ses
difficultés, mais ce n'est pas paramétrisé ici, là-dedans. Alors, est-ce que le
ministre pourrait clarifier? Est-ce qu'on pourrait convenir et s'entendre de limiter ce pouvoir-là dans le temps,
puis on reviendra, on reviendra, là, parce que c'est vraiment... On
vient ici, parce que vous avez un besoin
ponctuel puis d'aller plus vite, changer toute la façon de gérer l'État avec l'ensemble
des organismes. Puis là on insère ça dans le
budget, on met l'article de loi. Vous avez la majorité, mais est-ce que c'est
sage de faire ça, en tout cas, à long terme, sans paramètres et sans
transparence?
Au moment où l'article a été écrit, vous n'aviez
pas la liste des modalités de réduction de dépenses de chacun des organismes, j'en conviens, l'article... la loi
a été rédigée comme ça en février, mais maintenant, aujourd'hui, le
président du Conseil du trésor, il l'a,
cette liste-là. Peut-être que le ministre pourrait nous la déposer. On verra si
le pouvoir qui est demandé est
utilisé dans une discrétion raisonnable ou, au fond, de façon totalement
arbitraire. Je présume de la bonne foi, je ne présume pas que ce soit ça, mais on ne le sait pas. Mais le
pouvoir qui est demandé là, tel que rédigé là, est très, très, très
fort, et ça m'inquiète, M. le Président.
Alors, moi, je vais... à moins que le ministre,
de lui-même, le fasse, je proposerais une limitation dans le temps de ce... Il
y a toujours des lois budgétaires, il y a toujours, hein... il y a des crédits,
mais c'est un changement fondamental dans la
façon de gérer les dépenses de l'État, puis on évolue, depuis 10 ans, 15 ans,
20 ans, puis là, tout à coup, le Conseil du trésor essaie de
rapatrier...
Mais tous
ces… les conseils d'administration… Je vois l'Autorité des marchés financiers
là-dedans. L'Autorité des marchés financiers, corrigez-moi, M. le
ministre, mais je pense que c'est ça, elle ne se finance pas par les crédits du
gouvernement. Fondamentalement, l'Autorité des marchés financiers, là, c'est
des cotisations, c'est toute l'industrie des
marchés financiers qui finance l'Autorité des marchés financiers. Ça passe
peut-être par le boulier de nos revenus puis de nos dépenses, mais, fondamentalement, quand l'Autorité des marchés
financiers a besoin d'argent, elle consulte l'industrie puis ils se
cotisent. Puis là vous voulez, micromanagement, dire à l'Autorité des marchés
financiers, parce qu'il est dans la
liste : Bien non, tu vas couper 2 % de tes dépenses de bureau, de
travail, de... Et peut-être que l'Autorité des marchés financiers, des
fois, l'industrie... Dieu sait qu'on en a besoin, hein? On a eu Earl Jones, on
a eu Vincent Lacroix. Alors, ils ont
augmenté, on a augmenté de façon considérable leur nombre d'inspecteurs, leurs
pouvoirs pour capter des fraudeurs,
il y en aura toujours, puis cette facture-là est transmise à l'industrie. Là,
on ferait un pouvoir paramétrique puis, tout à
coup, on dirait : Bien non, toi, coupe, puis on va faire du
micromanagement sur le président-directeur de l'Autorité des marchés financiers
qui est un ancien haut fonctionnaire des Finances, d'ailleurs.
Alors, l'article
a été rédigé peut-être rapidement puis en balayant large, mais non pas en
regardant individuellement, woups,
quel impact on a. Je pense qu'il y a des questions de principe majeures. Je
vous vois, je termine dans quelques secondes
ou je pourrais reprendre aussi cet après-midi. Alors, je suis inquiet, je ne
veux pas bloquer, mais je trouve qu'il y a lieu d'améliorer la rédaction
de cet
article et de s'assurer que les pouvoirs qui sont demandés par le
gouvernement sont... ne viennent pas remettre en cause la façon dont l'État
québécois est géré.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, M. le député d'Outremont, vous pourrez continuer votre intervention à la
prochaine... à l'ouverture de nos travaux.
Alors, compte tenu de l'heure, je lève la
séance, et la commission ajourne ses travaux sine die. Puis vous ne pouvez pas
laisser vos affaires ici ce midi.
(Suspension de la séance à 12 h 1)
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la
Commission des finances publiques ouverte et je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones
cellulaires.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de
loi n° 25, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de
certaines dispositions du discours sur le budget du 20 novembre 2012.
Lors de la suspension de nos travaux, nous en
étions à l'étude des articles 55, 56, et la parole était à M. le député d'Outremont.
M. Gautrin : M. le Président, sur
une question de règlement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Une question de...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, allez-y.
M. Gautrin : M. le Président, nous
avons reçu, vous et moi, une lettre du député d'Outremont, et je vous
demanderais peut-être... qui concerne des remarques qu'il a faites ce matin. Je
pense qu'il serait pertinent que les collègues,
tous les collègues, puissent en avoir une copie. Et, si vous n'avez pas d'objection,
j'aimerais pouvoir en faire un dépôt ici, en cette séance.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Bien, oui, d'accord, on peut déposer la lettre puis revenir sur la...
Gautrin : Et il n'y a pas
question de faire le débat maintenant. Je ne veux pas faire le débat
maintenant, mais je voudrais simplement que la lettre soit formellement
déposée ici, en commission.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, il n'y a pas de problème.
Gautrin : Et puis, donc, ce
qui permettrait à chacun des membres de la commission de recevoir
formellement une copie de cette lettre-là.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui, c'est des... En fait, c'est une lettre relativement au mandat
qu'on a, selon l'article 292. Alors, ce n'est pas le sujet de notre
commission aujourd'hui, mais c'est quand même pertinent. Alors, j'accepte le
dépôt de la lettre, et elle va vous être distribuée dans les prochaines
minutes.
Alors, M. le député d'Outremont, sur 55, 56 de
notre projet de loi n° 25.
M. Bachand : C'est toujours à moi,
M. le Président? Ah, mon Dieu!
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ah! Vous en avez pour 80 minutes, monsieur.
Bachand : Bien, bon
après-midi. Je ne sais pas combien de temps... Mais, écoutez, j'ai fait un
certain nombre de commentaires et je ne veux pas m'éterniser en
disant : Je comprends le pouvoir que le ministre veut se donner avec le président du Conseil du trésor, mais j'ai des
difficultés importantes avec l'absence totale de balises, là, le pouvoir
absolu qui est donné là, puis c'est vraiment un changement.
Alors, peut-être que le
ministre est prêt, maintenant, à faire quelques commentaires, et je reviendrais
dans un échange pour voir si... Vous savez,
j'avais... c'est un pouvoir... Pour ceux qui viennent de syntoniser le poste, c'est
un
article qui permettrait au président du
Conseil du trésor d'élaborer les modalités de réduction de dépenses, mais pour
tous les organismes, à peu près, de l'État, c'est un... et donc qui met de côté
les conseils d'administration, qui met de côté le processus budgétaire
habituel.
Nous l'avions
fait dans la loi n° 100, mais nous l'avions fait franchement, de façon
transparente. Et, dans la loi, il y
avait les coupures de 10 %, vous vous souviendrez, des coupures de frais
de publicité, d'administration, de formation. Il y avait des coupures de
frais d'administration paramétrisées à tous. Ici, c'est comme un bar ouvert
puis ça met 20 ans d'administration
publique de côté, Il n'y a pas de limite de temps. Il y a certains organismes
sur lesquels j'ai posé des questions…
Alors, je voudrais voir si le ministre a l'intention de déposer des
amendements, peut-être, pour répondre aux
préoccupations et réduire... et d'arriver qu'ensemble on bâtisse un article. Et
je comprends les pouvoirs dont il a besoin dans cette période de retour à l'équilibre budgétaire, mais l'article de
loi va beaucoup, beaucoup, beaucoup plus loin que ça.
Bachand : Non, mais j'aimerais
peut-être que le ministre, dans un premier temps, réagisse, et puis après
ça...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Merci, M. le Président.
Je vais simplement reprendre quelques-uns des commentaires qui ont été formulés par le député d'Outremont avant
notre... à la fin de notre session de ce matin. En fait, il y a deux thèmes
qui ont été abordés par le député. Le
premier, c'est qu'il a dit que c'était une forme de micromanagement — je
pense que je ne me trompe pas en
disant ça — que
de vouloir, de notre côté, imposer des réductions de dépenses de l'ordre, en
moyenne, de 2 % à nos différents fonds et organismes non budgétaires...
autres que budgétaires, pardon.
J'aimerais
quand même lui rappeler le projet de loi n° 100, le projet de loi n° 100,
qui s'appliquait non seulement aux ministères, mais aussi à tous les
organismes, dont les organismes dont il est question ici, les organismes autres
que budgétaires. Et, dans le projet de loi n° 100 — puis
je me rappelle pour avoir participé à l'étude de ce projet de loi — je
pense qu'on peut dire que, là, on était véritablement dans le micromanagement.
Je vous rappelle que, dans le projet de
loi n° 100, il était prévu que tous les organismes — les
hôpitaux, les universités, bon, bref, tout
le monde — tous
les ministères réduisent leurs dépenses administratives de 10 % et que,
en particulier pour les dépenses de
publicité, de formation et de déplacement, ces dépenses soient réduites de
25 %. C'était l'écriture du
projet de loi n° 100. Puis je me rappelle très bien, pour avoir dit à
l'époque au collègue d'Outremont, que je trouvais que… Bien qu'à l'époque
j'étais à l'aise avec l'objectif qui était poursuivi, je n'étais pas à l'aise
avec le fait d'imposer une manière d'arriver au résultat, c'est-à-dire un
25 % dans des dépenses très, très étroites, là, définies de manière très, très étroite. Je n'étais déjà pas à
l'aise avec cela à l'époque parce qu'effectivement je trouvais que c'était
du micromanagement. Et, quant à moi, cette
erreur, on ne la retrouve pas dans le projet de loi que nous étudions
maintenant.
Nous, ce qu'on se propose, c'est de demander à
nos organismes de faire un effort, un effort correspondant à celui qui est demandé à tout le monde, et de
regarder du côté des dépenses de fonctionnement et de rémunération. Mais
on ne donne pas la recette à chacun des
organismes, on leur dit : On a un objectif et on vous laisse l'atteindre
de la façon qui vous semble la plus
judicieuse. C'est l'approche qu'on a. Moi, je pense qu'on est beaucoup moins
dans le micromanagement qu'on l'avait été à l'époque dans le projet de
loi n° 100. Cela étant, peut-être que le collègue d'Outremont trouve
que c'est encore trop précis, mais moi, je
pense que de dire : On vous donne un objectif à atteindre, à l'organisme...
moi, je pense que le principe, il est correct. Donc, ça, c'est la
première partie.
En tout cas,
écoutez, on pourra en redébattre, là. Moi, je pense que, pour l'instant, ce que
nous avons en tête, c'est véritablement
de dire aux organismes : Ciblez les dépenses de fonctionnement et les
dépenses de rémunération, et atteignez tel niveau d'objectifs, et on
vous laisse, à l'intérieur de ce cadre-là, identifier les meilleurs moyens pour
y parvenir. Ça, c'est l'approche que nous
avons. Je pense que c'est raisonnable dans la mesure où, encore une fois, on
veut que chacun contribue, chacun fasse un effort. Je vous rappelle que
tous les ministères participent à l'effort, les réseaux, tout le monde
participe à l'effort, et donc c'est important que les organismes autres que
budgétaires, que les fonds spéciaux participent également. Ça, c'est le premier
élément.
Le deuxième
élément qui a été abordé par le collègue d'Outremont, c'est la question de la
durée des pouvoirs qui sont conférés par l'article du projet de loi… par
les articles du projet de loi. Bon, là-dessus, je suis prêt à ouvrir, là. Moi, je n'ai... Nous, effectivement, c'est pour
2013‑2014 que ce pouvoir est nécessaire. Moi, je pense qu'on pourrait le
circonscrire dans le temps sans que ça ne me
pose de graves problèmes. Alors, c'est... Évidemment, idéalement, on ne
revient pas à chaque année, on... Peut-être, on pourrait dire : Deux ans
ou trois ans, enfin, le temps qui vous semblera le plus approprié, mais je n'ai
pas de... Effectivement, moi, c'est pour 2013‑2014 que je veux que ce soit
possible.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
Bachand : Merci, M. le
Président. Je vais prendre le deuxième point en premier sur... Merci de votre
ouverture. Effectivement, là, j'avais préparé un amendement, éventuellement,
qui dirait, à l'article 56, qui est un
article qui dit que ça commence à s'appliquer
aux exercices débutant pendant l'année financière 2013‑2014... Donc, au lieu de
dire «s'appliquer aux exercices débutant»,
on pourrait dire «s'applique aux exercices débutant pendant les années
financières 2013‑2014 et 2014‑2015», par exemple, ou je ne...
pourrais le déposer tout de suite pour que les juristes retravaillent la forme,
si vous... On le déposeraconjointement,
mais, si vous... Ça peut accélérer, par la suite, le travail de la
commission… parce que je suis à l'article 56, là, M. le Président,
je ne suis pas à l'article 55, mais c'est vrai qu'on discute les choses en
bloc.
Donc, ça vous
donne même, cette année… ça donne la préparation du budget de l'an prochain,
qui est la première année de l'équilibre budgétaire, que ça soit vous
qui le prépariez ou nous qui le préparions. Mais c'est le peuple qui décidera un jour, mais le mandat est de quatre ans
pour l'instant, et travaillons avec ça. Puis peut-être que vous ferez un
budget cet automne, à notre surprise, qui couvrira l'article… 2014‑2015 avec la
transition que vous avez faite, donc ça réglerait, là… Je comprends...
M. Bachand : Je suis très serein, je
ne suis pas angoissé, M. le ministre. Alors, ça réglerait cette question-là. Je
vous remercie.
Sur la
question du fond… du pouvoir, je comprends ce que vous me dites, mais vous
parlez... Dans votre langage et dans le texte même du discours du
budget, vous dites... Dans votre langage, vous dites… Vous parlez de dépenses d'administration et de fonctionnement. Évidemment,
à 15.1, premier article, le premier alinéa : «…[les] modalités sur
lesquelles sont réduites les dépenses des personnes morales…», on ne parle pas
de dépenses de fonctionnement et d'administration
dans les... dépenses et de rémunération, on parle des dépenses. Vous pourriez
dire : 22 % à telle place.
Le troisième alinéa, je ne suis pas sûr si j'en...
Peut-être vous pouvez m'expliquer la portée. Ça dit : Ça ne s'applique pas à telle, telle, telle organisation,
mais «il s'applique toutefois aux dépenses de rémunération et de
fonctionnement engagées par les personnes morales de droit public exerçant des
opérations fiduciaires». Peut-être que le juriste pourra m'expliquer c'est
quoi, ou le sous-ministre, «les personnes morales de droit public [existant]
des opérations fiduciaires».
Mais le
pouvoir général, à 15.1, M. le ministre, il n'est pas... il est l'ensemble des
modalités, il n'est pas les dépenses de
fonctionnement et de rémunération, comme vous l'utilisez dans vos mots. Et je
pense que la fin de 15.1, le troisième alinéa, ne s'applique pas, il est
plus restreint. Alors, le pouvoir général est un pouvoir général. Deuxièmement,
donc il n'est pas limité à ça, il n'est pas balisé en pourcentage. Vous
dites : Une moyenne de 2 %, mais, tel que rédigé, vous pourrez
demander 25 % à un organisme.
troisièmement, dans la loi n° 100, il y avait quand même, oui, cette
directive : Vous allez couper vos frais de publicité, d'administration, mais il y avait l'article 14 de la loi
n° 100. Et l'article 14 laissait au conseil d'administration
des organismes le soin de… compte tenu des
caractéristiques commerciales de cet organisme, d'un certain nombre d'organismes,
la réduction des dépenses de fonctionnement,
laissait le soin de gérer, au fond, pour un certain nombre d'organismes.
Ici, si je comprends bien, c'est le Trésor qui dicte, puis le conseil... Puis
il peut même dicter micro : Vous allez couper telle dépense de fonctionnement. Il pourrait dire au
palais des congrès de Québec : Vous allez couper l'entretien à telle
place ou, non, vous ne ferez pas telle dépense de… Il n'est pas... Alors, il n'y
a pas de balise en pourcentage. Il n'y a pas de balise en nature de dépenses dans le premier paragraphe, à moins que la
fin du troisième paragraphe ne s'applique à tout le monde. Alors, voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. Bien,
écoutez, effectivement, les modalités plus précises sont établies par le
Conseil du trésor dans ses
communications avec les organismes. Comme je vous l'ai dit puis comme c'est
bien précisé à la page A.33 du budget,
notre intention, c'est de cibler les dépenses de fonctionnement, dépenses de
rémunération. Cela étant, il est tout à fait envisageable que, pour
certains organismes, ce soit difficile d'atteindre les objectifs de cette
façon-là. Et on est souples, nous, on n'a
pas voulu inscrire, dans l'article, une règle, disons, plus rigide, tel que ça
avait été le cas dans le cas du projet
de loi n° 100, où la question de ce qu'était une dépense admissible,
ce qui ne l'était pas ont fait l'objet de débats, puis j'imagine… entre le ministère des Finances, le
Conseil du trésor puis les organismes qui étaient visés. Alors, on n'est
pas dans ce monde-là.
Nous, encore
une fois, l'esprit, c'est : on veut un objectif de 2 %, on veut que
ce soit atteint. Nous, on pense qu'il serait
préférable d'aller vers les dépenses de fonctionnement et de rémunération. Cela
étant, si un organisme considère qu'il a un peu plus de jeu sur d'autres
postes de dépenses, évidemment on est ouverts, dans la mesure où la mission de
l'organisme n'est pas affectée. C'est l'esprit, là, de ce qu'on a là.
Effectivement vous avez raison de dire que le
texte, la rédaction de l'article 55 est telle qu'on a beaucoup de latitude, mais c'est précisément l'idée. L'idée, c'est
d'avoir de la latitude, de la souplesse de façon à permettre à chacun des organismes de faire sa contribution, mais de
la façon la plus judicieuse possible. Encore une fois, quand même, je
veux être bien clair : on vise malgré tout plus les dépenses de
fonctionnement et de rémunération.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
M. Bachand : En page A.33 du
budget, vous parlez : «Des instructions seront transmises aux intervenants
des ministères et des organismes concernés au début de 2013.» Peut-être que ça
nous — dans
le milieu de la page, là — rassurerait… Parce que votre cible est
2 %, c'est ça que j'ai compris, variable dans certains cas. Est-ce que
vous pouvez déposer les instructions qui ont
été envoyées à l'ensemble des organismes? C'est de nature relativement
publique, remarquez. Parce que votre cible
est de 2 %, alors ça nous rassurerait que... Quand vous dites : Voici
les balises qu'on se donne, ou bien on balise le texte ou bien on... C'est un acte de grande
confiance, mais le législateur, il faut... on est là pour protéger aussi. Peut-être que, si vous déposiez
les instructions qui ont été transmises…. Et je pense que le président
du Conseil du trésor s'était engagé à
transmettre… peut-être pas le détail, mais à transmettre l'ensemble du
200 millions qui était ciblé
avant la fin mars et avant le début avril. On ne l'a pas vu encore, on est
rendus au 24 mai. Je ne veux pas induire, ici, la commission en
erreur, mais j'y vais de mémoire, là. Des fois on est distraits.
M. Marceau :
Non, mais... Il y aura un exercice de reddition de comptes, et, au moment de
cet exercice, les demandes qui auront été adressées aux différents organismes
seront rendues publiques, et les résultats, évidemment.
Cela
étant, là, la question d'annoncer aujourd'hui, je suis désolé, M. le député d'Outremont,
mais je ne peux pas m'embarquer là-dedans. Mais, encore une fois, à la
fin de l'année, il me fera plaisir, là, de montrer l'impact de cela puis d'illustrer
de façon claire les résultats de chacun des organismes.
M. Bachand :
Comment c'est un exercice de reddition de comptes? Mais je comprends que la
reddition de comptes se fait entre l'organisme
et le Conseil du trésor, mais là, ici, on est en contrôle parlementaire, c'est
un pouvoir… je ne dirais pas
exorbitant, mais assez exceptionnel qui est donné parce qu'il n'est pas balisé.
Je comprends bien, quand vous donnez
vos directives, là, vous ne voulez pas nécessairement négocier sur la place
publique avec chaque organisme, mais, une
fois que c'est terminé, vous avez votre 200 millions, est-ce que vous
pouvez vous engager à déposer : Voici, nous avons obtenu le
200 millions? Ça pourrait être au moment des comptes publics à l'automne,
ça peut être... Comment les parlementaires peuvent savoir que ça a été utilisé
de façon raisonnable?
M. Marceau : Oui, dans le cas du projet de loi n° 100, je comprends qu'à chaque
année on montrait l'impact puis les résultats de façon plutôt agrégée,
là, des dispositions du projet de loi n° 100 sur la réduction des
dépenses. Vous pouvez vous attendre à des
résultats au moins aussi détaillés que ceux qu'il y avait dans ce cas-là, ou
sinon plus, qu'on présenterait... Là, le moment, je m'excuse, j'ai de la
misère à vous le dire, mais, bon, j'imagine que, là, à la fin de l'année... Ce sera peut-être aux comptes publics
qui seront publiés à l'automne 2014 que vous pourrez voir l'impact de cet exercice-ci, là. Donc, pour 2013‑2014…
l'année financière finit au 31 mars 2013... pardon, 2014, les comptes
publics sont rendus publics à l'automne 2014, et à ce moment-là il y aura un
exercice de reddition de comptes concernant ces dispositions-là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand :
Oui, je pense que, dans la loi n° 100, là — j'ai le projet de loi
ici, mais je ne retrouve pas... peut-être que vous allez le retrouver — cette
reddition de comptes automnale était publique et elle était dans la loi. Mais je ne veux... J'y vais de mémoire. Peut-être
que le juriste peut nous éclairer, mais je pense que c'était public,
parce que ça devait être publié par règlement, éventuellement, ou dans un
décret. Peut-être que les sous-ministres pourraient nous éclairer, mais il me
semble que c'était public.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bon, là, je ne suis pas capable de dire si c'était dans le p.l. n° 100,
par contre. On va me montrer, dans un
instant, l'exercice de reddition de comptes découlant du projet de loi
n° 100. Ça se trouve, par exemple, dans le plan budgétaire 2012‑2013. Je ne sais pas si vous l'avez sous la main, mais
vous allez voir le genre d'information qui a été fournie aux parlementaires à la suite de l'adoption du projet de loi
n° 100. C'était une rubrique Effort des organismes. Là, je m'excuse,
je ne l'ai pas. On est à le chercher puis on va vous le montrer dans un
instant.
M. Bachand :
Pendant que vous cherchez ça, peut-être qu'avec votre permission Me Paquin
pourrait juste nous éclairer, là, sur le dernier article, quand on parle des
«personnes morales de droit public exerçant des opérations fiduciaires», à la
fin de l'article 15.1.. On vise qui dans ce cas-là, Me Paquin?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui, je vais... C'est ça. Alors, ça inclut la Commission de la santé et
de la sécurité du travail du Québec,
partie assurance; la SAAQ,
partie assurance; la Régie des rentes du Québec; la
CARRA, la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances;
et la Commission de la construction du Québec.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Et, quant à... Ça, ça va loin avec la CSST. Et parce qu'au fond, si je
comprends bien, la CSST est couverte par le pouvoir de la directive...
M. Bachand : ...qui a un conseil d'administration paritaire et
qui, au fond, graduellement... s'ils sont en déficit, tu sais, c'est les cotisations des employeurs ou des
travailleurs qui en souffrent, mais... Et à 15.1, juste question decompréhension aussi, à la fin de 15.1, premier
alinéa : «…[ou] de toute autre organisation dont les résultats sont
compris dans le solde budgétaire.» Vous
visez quoi avec ça? Ça vise tout le monde? Est-ce qu'Hydro-Québec,
indirectement, est dans le solde budgétaire? J'essaie juste de comprendre.
M. Marceau :
Non, c'est ça, effectivement, ça n'inclut pas les entreprises du gouvernement.
La liste...
M. Bachand :
…les organisations. Parce qu'on est habitués au mot «entreprise», on est
habitué au mot «organisme», mais là on parle d'«organisation dont les
résultats sont compris dans le solde budgétaire». C'est une formulation qui n'est
pas utilisée fréquemment.
M. Marceau : Vous avez, à la page C.49, la liste des organismes autres que
budgétaires... à la page C.49 du plan budgétaire 2013‑2014, qui, donc,
font
partie de cela. Il y a les organismes fiduciaires dont j'ai parlé tout à l'heure
et il y a, dans l'article 15.1... On
voit que ça ne s'applique pas aux personnes nommées. Enfin, il y a une liste,
là, exhaustive : l'Assemblée
nationale, la Commission de la représentation, les entreprises du gouvernement
énumérées à l'annexe 3 de la
Loi sur l'administration financière,
ce qui inclut, là... Je n'ai pas la liste avec moi, mais ce n'est pas...
Société des alcools, Hydro-Québec...
M. Bachand :
...les organismes, qu'on retrouve effectivement à la page C.49. Les fonds
spéciaux, on les retrouve à la page C.46. Les entreprises, c'est bien identifié
dans d'autres lois. Mais c'est les mots, là : «…toute autre organisation dont les résultats sont compris dans
le solde budgétaire»... C'est une rédaction que je n'ai jamais vue, ça. Comme à peu près tout ce qui est consolidé... On
pourrait poser la question au président, qui est comptable. Comme tout
ce qui est consolidé affecte le solde
budgétaire, est-ce que ça, au fond, c'est une phrase qui ramasse tout l'État ou
c'est une phrase inutile? Les
juristes n'écrivent jamais rien sans vouloir dire quelque chose. Alors, on a
nos listes, on a nos annexes, puis là c'est comme une phrase qui dit...
M. Marceau : En fait, M. le député d'Outremont, c'est véritablement écrit de façon à
ce que tous les organismes autres que
budgétaires de la page C.49 soient inclus, les organismes fiduciaires que
j'ai dits tout à l'heure, en fait... donc tous les organismes dont les
dépenses de rémunération engagées, elles, sont consolidées. Mais ça exclut la
liste qui est... du troisième alinéa.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui. C'est juste que, dans l'ensemble de nos lois d'administration
fiscale, on a les organismes, on a les entreprises, on a tout ça. Est-ce
que... Je ne suis pas là depuis 20 ans, là, mais je n'ai jamais vu une
formulation «organisation dont les résultats
sont compris dans le solde budgétaire». C'est nouveau. C'est de droit nouveau.
Alors, quand il y a un droit nouveau, ça
mérite explication. On essaie de comprendre ce que ça veut dire. Je comprends
du juriste que c'est un droit
nouveau. Ça peut arriver de faire du droit nouveau, mais du droit nouveau en
comptabilité nouvelle, ça, c'est plus intriguant.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui, bien, voilà. C'est... Je ne sais pas, moi, mais il me semble que l'objectif,
il est très clair. La liste des organismes qui sont inclus est finie, il
y a un nombre fini d'organismes...
M. Bachand :
A-t-on besoin de ce bout de phrase là?
M. Marceau : Bien oui, parce qu'on voulait être certains d'avoir tous les organismes
autres que budgétaires, là, sauf ceux qui sont énumérés.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand :
Bien, disons que ce n'est pas une explication très satisfaisante, là, parce que
je... Parce qu'en général dans nos lois, on
a le gouvernement, ses ministères, on parle de ses ministères, ses agences. On
a les organismes qui... une annexe.
On a les entreprises du gouvernement. On a, je me souviens, je regarde, le
sous-ministre ici... Puis on a des
annexes, des listes. C'est dans nos lois. Mais on n'a pas une phrase parapluie,
là, «organisation dont les résultats sont compris dans le solde budgétaire». Parce que, si… Sûrement que le
Contrôleur des finances pourrait nous faire la liste de toutes les
organisations qui sont dans le solde budgétaire à ce moment-là, puis on verrait
ce qui n'est pas compris dans les autres listes, puis c'est ça qui est visé. D'habitude,
les autres listes sont exhaustives. Cette phrase-là, c'est la première fois qu'elle
apparaît. Peut-être qu'elle ne cause pas de problème, mais elle m'intrigue.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
Marceau : Bien, écoutez, je
ne suis pas un spécialiste de la rédaction. Mais, en tout cas, ça me semble
plutôt explicite, là. On veut évidemment des organismes qui font
partie du
périmètre comptable du gouvernement. On veut des
organismes dont les résultats, donc, sont compris dans le solde budgétaire. On
a la liste des organismes auxquels ça ne s'applique pas. Je vous réitère que ça correspond à la liste des
organismes en page C.49 et puis en page C.46. Peut-être, MePaquin, je ne sais pas si vous êtes capable d'éclairer
le député d'Outremont sur la formulation. Je ne peux pas dire que...
M. Bachand : Parce que C.49, M. le ministre... Quand on voit
la ligne 3 des autres organismes, ça, au fond, c'est C.49. Quand on voit
des fonds spéciaux, c'est C.46.
M. Bachand : Ils sont spécifiquement
listés. Puis là on voit apparaître ce bout de phrase particulier. Il doit avoir
eu une...
Marceau : Oui. Bien, on
voulait avoir les fiducies aussi, hein? On s'entend, là, là-dessus, la CSST, la
Régie des rentes du Québec, et autres, là,
ce que je vous ai dit tout à l'heure. On voudrait que tout le monde participe à
l'effort. Essentiellement, c'est ça. Sauf les sociétés commerciales, les
entreprises d'État commerciales.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
Bachand : Mais donc on va...
Peut-être que, plus tard, ils pourraient nous éclairer ce point-là. Il y a
toujours le non-balisage, là, évidemment, en
pourcentage. Je comprends que la reddition de comptes n'est pas dans le texte
de loi. La reddition de comptes est
laissée au bon plaisir du Conseil du trésor un jour si ce n'est pas
satisfaisant, M. le Président.
J'aurais en
attendant, pendant qu'on discute de ces questions-là, un amendement à déposer,
M. le Président, parce qu'il y a deux organisations qui me préoccupent
particulièrement…
Bachand : Bien là,
non, je suis à l'article 55. Tantôt, c'est pour l'article... Tantôt, on n'a pas
déposé l'amendement si on... Il est transmis pour information. ...et qui
viserait, à l'article 55 :
Au quatrième
alinéa de l'article 55 du projet de loi, ajouter les mots «ni à l'Autorité des
marchés financiers, ni à l'Agence du revenu du Québec» après les mots
«non plus qu'à la Caisse de dépôt et placement du Québec».
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Vous pouvez le déposer?
M. Bachand : S'il vous plaît, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, on va suspendre quelques minutes pour photographier et distribuer l'amendement.
(Suspension de la séance à 16 h 4)
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux, puis je dis à M. le député d'Outremont
que son amendement sur l'article 55 est recevable et est déposé, et vous avez
la parole sur cet amendement-là.
Bachand : Merci. Merci, M.
le Président. Alors, comme on vous dit, on est d'accord avec le principe de
ce que le gouvernement veut faire, parce qu'il
a un travail à faire, mais... des préoccupations importantes sur des modalités.
Tout à l'heure, j'ai