CAT — 22 August 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-08-22
Quebec — Committees
Premièrement, au niveau de la pérennité des régimes, l'élément déclencheur
pour faire foi d'une restructuration devrait
être le taux de capitalisation à
85 %, et non tous les régimes de retraite. Les ententes qui ont été prises
et qui sont en vigueur depuis les
quatre dernières années devraient être respectées, à moins que l'une ou l'autre
des parties n'exprime le contraire. Ces ententes furent négociées de
bonne foi et en toute connaissance de cause.
ce qui a trait à la somme de la cotisation d'exercice et de la cotisation de
stabilisation, le projet de loi ne devrait pas prévoir de taux maximum, car, selon nous, le taux de 20 %, pour
les pompiers, ne tient pas la route. Nous sommes contre la proposition d'imposer un plafond quant à la cotisation
d'exercice. Les parties devraient pouvoir, lors de leur prochaine négociation de convention collective,
négocier librement la teneur et l'ampleur de ce qui est du futur, tout en
ayant en tête la pérennité des régimes.
Nous
sommes d'accord avec la réserve de 10 %, car nous pensons qu'elle peut
assurer la durabilité et la stabilité des
régimes de retraite tout en étant en surplus à la cotisation d'exercice et non
financée à même une réduction des droits des travailleurs. Elle représente un élément important qui aide à assurer la
pérennité des régimes à prestations déterminées mais à la condition qu'elle soit constituée de la bonne façon. Cette
réserve de stabilisation est un mécanisme de secours qui sert de coussin
contre la volatilité des marchés et devrait donc être financée indépendamment
par une cotisation supplémentaire à la cotisation d'exercice.
Quant au futur... au service
antérieur, il s'agit principalement, pour l'ensemble de notre représentation au
Québec, du point majeur qui ne passe
pas. Notre choix d'investir une bonne
partie de nos salaires dans un régime de
retraite était basé sur la
contrepartie négociée qu'on nous offrait en retour. Nous y avons mis des
montants calculés par des actuaires qui
permettaient d'obtenir une rente connue. Les rentes acquises, comme leur nom
l'indique, ont toujours été protégées par la législation.
niveau de l'équité intergénérationnelle, la mise en place des schémas de risque
que nous avons vécue et nous vivons
en encore aujourd'hui, la transformation des services d'incendie, composés de
pompiers à temps partiel à services de
pompiers à temps plein, cela nous amène à négocier avec des villes
l'introduction du volet pompiers à l'intérieur des régimes de retraite existants. Il serait indécent
de faire payer à ces nouveaux salariés une
partie du déficit, pour lequel
ils n'ont jamais contribué.
exemple, les pompiers de Lévis ont intégré le régime de retraite municipal à
prestations déterminées en 2009. Suite à une négociation et au
renouvellement de la convention collective, ils bénéficient d'une comptabilité
distincte. Lors d'une récente rencontre au comité
de retraite, leurs représentants ont été avisés qu'ils devaient assumer le
déficit passé au même
titre que les
autres actifs, car, au niveau de la Régie des rentes, la comptabilité distincte
n'est pas reconnue. C'est inacceptable que les pompiers aient à
contribuer à payer un déficit qui ne les regarde même pas. Que dire des
nouveaux pompiers qui ont été embauchés depuis deux, trois ans, qui commencent
à contribuer?
Pour
nous, toute négociation au régime de retraite doit se faire à l'intérieur de la
rémunération globale. Le projet de
loi devrait tenir compte des ententes déjà intervenues et signées en
connaissance de cause par les deux parties. En effet, les villes qui ont eu des ententes devraient avoir
une option d'«opting out», si elles le désirent, ainsi que les municipalités
qui le désirent. Dans notre groupe, les
pompiers de Saguenay, Lévis, Sherbrooke ont déjà entériné des ententes à ce
sujet, et ce, à la satisfaction des
deux parties. De plus, dans les villes moins populeuses, plusieurs de nos groupes
font
partie du régime de retraite
unique pour l'ensemble des participants de la municipalité. Sur la base de
l'équité, autant locale que provinciale,
nous croyons qu'il est essentiel que, pour cet exercice, le tout se fasse sur
une base de comptabilité distincte.
De plus, la
spécificité de notre métier amène les pompiers à prendre leur retraite plus
jeunes que les autres employés municipaux.
Évidemment, dans les petites municipalités, il y a beaucoup moins de pompiers à
l'emploi. Ainsi, étant moins nombreux
que dans les grandes villes, ils doivent être plus polyvalents. Ils n'ont
d'autre choix que de demeurer sur les lieux d'une intervention beaucoup
plus longtemps, car ils n'ont pas ou très peu de relève. Par conséquent, ces
pompiers ont décidé de mettre plus d'argent dans le régime afin de pouvoir se
retirer plus jeunes.
pompiers sont minoritaires dans nos régimes et ils ne veulent pas se faire
piéger par des décisions à des tables de
négociation globales qui auraient pour effet un recul majeur, ne serait-ce que
sur l'âge minimal pour prendre la retraite. Or, la solution choisie par les autres groupes consiste souvent à
repousser l'âge de la retraite à des niveaux insoutenables pour nous. En
termes d'équité envers les autres, et vice versa, nous sommes prêts à regarder,
négocier et trouver des solutions pour notre
situation bien à nous. Cependant, nous n'accepterons pas de payer les frais des
autres groupes, y incluant les décisions pour le futur et tout ce que ça
comporte.
Quant
au plafonnement, l'article 5 du projet
de loi fixe la cotisation de l'exercice à 18 % de la masse salariale,
à l'exception des policiers et pompiers,
pour qui elle est fixée à 20 %, incluant le fonds de stabilisation dont le
coût équivaut à 1,8 %. Le fonds
de stabilisation sert à sécuriser le régime, mais il ne procure aucun bénéfice,
sinon que celui d'absorber des
déficits futurs, auparavant à la charge de l'employeur. On peut donc affirmer
que les pompiers pourront planifier leur retraite avec 18,2 %
d'épargne par année de participation.
L'argument
qui nous est souvent donné est que c'est exactement le niveau d'épargne qui
peut être mis de côté dans un REER
par des contribuables qui n'ont pas de régime à prestations déterminées. Ce
niveau d'épargne a été conçu il y a plusieurs
années, en fonction d'une retraite à 63 ans et d'une espérance de vie qui
ne collent plus à la réalité. En tenant
compte de l'augmentation de l'espérance de vie projetée, c'est plutôt un taux
d'épargne de l'ordre de 22 % que le
contribuable qui n'a pas de régime à prestations déterminées devrait verser
dans un REER. Le taux d'épargne de 18 % n'est donc plus adéquat, et
il serait temps que le gouvernement fédéral le révise. Utiliser ce taux revient
à utiliser une approche de nivellement par
le bas, et cela vient en contradiction avec l'un des arguments avancés selon
lequel la longévité accrue augmente les coûts du régime.
titre d'exemple, à Sherbrooke, avec une capitalisation à 92 %, les
employés de la ville et la ville versent 9 % chacun dans le régime,
il n'y a aucune clause d'indexation. Les employés ont déjà consenti
17,5 millions à la ville en donnant les
assurances après la retraite. Le facteur pour prendre notre retraite est de 85,
dont l'âge est 55 ans minimum et
30 ans de service. Le service courant se trouve présentement à 22 %.
Alors, où allons-nous avec notre 18,2 % applicable selon le projet de loi? Ce n'est pas une réduction
de coût mais de main-d'oeuvre que l'on pourra voir, qu'on va être obligé
d'exercer. Naturellement, lorsqu'on regarde
ces chiffres, vous comprendrez qu'on ne veut pas donner notre chemise; on
n'aura plus d'argent pour l'acheter.
En ce qui a trait au
partage...
Président (M. Auger) : M. Pépin, juste un instant, s'il vous plaît, je
vais demander le consentement pour que vous
puissiez aller au-delà du temps qui est prévu. Est-ce qu'il y a consentement?
Consentement. Et nous prenons le temps sur la partie...
M. Moreau :
Sur la
partie ministérielle, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le ministre. Vous pouvez continuer.
M. Pépin (Daniel) : En ce qui a trait au partage des coûts, nous
sommes totalement contre le partage du déficit passé. Nous croyons que ce qui a été négocié de bonne foi entre les
parties est un engagement et que nous ne pouvons changer.
Code du travail prévoit qu'en cas de non-entente chez les policiers et
pompiers, un système d'arbitrage est prévu selon des barèmes déjà établis, comprenant une liste d'arbitres et des
règles auxquelles les arbitres sont assujettis. Pour les pompiers, nous préconisons que le système
reconnu fasse foi de la marche à suivre en cas de mésentente. Nos arbitres
connaissent notre métier, les exigences de
celui-ci. Ils ont toutes les qualifications requises pour trancher. En plus,
étant une demande gouvernementale, les coûts reliés aux conciliations et
honoraires de l'arbitre devront être payés par le ministère, tel que nous le
connaissons présentement.
Pour
ce qui est de la gouvernance à l'intérieur des comités de retraite, nous
croyons qu'elle doit être revue, dans l'éventualité
où les parties devraient partager les risques, et nous devrions être
majoritaires. À ce sujet, le projet de loi est muet, mais essentiel au
bon fonctionnement.
sujet de la protection de la rente des retraités, la position du Syndicat des
pompiers sur le sujet est claire : en aucun temps ou sous aucun prétexte les engagements passés ne devraient
être modifiés. Les pompiers retraités ont pris leur retraite avec des garanties. Ils ont pris leur retraite en tenant
compte des montants prévus, sachant qu'ils pouvaient se fier aux chiffres fournis à ce moment. Il faut
arrêter d'entendre dire et de véhiculer que les employés municipaux ont
des retraites en or, car la réalité est tout autre, la majorité n'ayant même
pas d'indexation. Nous soutenons qu'aucune rétroaction
ne doit être permise et que la mise en place... en application des changements,
s'il y a lieu, devrait se faire à la suite de la signature d'une entente
entre les parties.
conclusion, nous jugeons que le projet de loi n° 3, comme il est
présenté, ne laisse aucune place à la négociation entre les parties, car il dicte d'avance une
solution mur à mur. Nous maintenons que le processus de restructuration devrait
s'appliquer uniquement aux régimes qui sont
en difficulté. Et, si le processus de restructuration est enclenché, celui-ci
devrait permettre aux parties de trouver une solution adaptée à leurs réalités
respectives.
une base d'équité tant au niveau local que régional, nous croyons sincèrement
que la comptabilité distincte est de
mise. Sans cette prémisse, étant peu nombreux par rapport à l'ensemble des
autres employés d'une municipalité, il
y a de fortes chances que nos groupes soient lésés, voire envahis à l'intérieur
d'une décision prise par l'ensemble des employés, et ce, malgré la spécificité de notre métier. En effet,
celui-ci ne se compare en rien aux autres groupes d'employés de la municipalité. De plus, sachant qu'en
principe le service courant applicable aux pompiers est supérieur aux autres
employés municipaux, la question que nous
nous posons : Comment allons-nous établir les calculs tout en étant
intégrés à l'intérieur d'un régime de retraite unique à l'ensemble d'une
ville, sans comptabilité distincte?
Quant
aux déficits passés, nous sommes convaincus que le projet de loi doit se
dissocier du partage des déficits passés.
Pour une équité intergénérationnelle, pourquoi les nouveaux pompiers
devraient-ils payer pour le déficit des autres groupes pour lequel ils n'ont
pas contribué?
Pour
ce qui a trait des ententes déjà conclues, elles doivent être respectées. Il en
va de la base même de la négociation,
du respect des ententes ainsi que de la confiance des parties et du
gouvernement. Nous sommes d'avis qu'à l'ensemble
du renouvellement des conventions collec