CRC — 19 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 19 février 2026
Vol. 48 N° 23
Étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-sept minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
Alors, je vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi numéro n° 9,
Loi sur le
renforcement de la laïcité au Québec.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, Mme
la Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Lévesque
(Chauveau); M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par M. Provençal (Beauce-Nord);
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) est remplacée par M. Thouin
(Rousseau); Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont); M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Zanetti
(Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, mesdames et messieurs les élus,
bienvenue à la commission. Au moment de l'ajournement de nos travaux hier soir,
nous en étions à l'étude de l'amendement proposé par le ministre à l'article 14.
Est-ce qu'il y a de nouveaux... de nouvelles interventions? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Et bonjour à vous tous. Oui, donc, pour poursuivre sur l'échange
que nous avions hier à la fin de la séance sur le nouveau 17.1, j'aimerais
juste ramener une question ou un élément qui a été mis de l'avant durant les
consultations, puis c'est l'élément, je dirais, économique. On a entendu de la
part des représentants, là, des garderies, des CPE qu'il se peut que...
Mme Setlakwe : ...qu'un régime
alimentaire, ou dans le choix d'un régime alimentaire, ou que le... dans le
choix d'un régime alimentaire, on se dirige vers une option halal, ou une
option cachère, ou autre, pas pour des raisons ou... ce n'est pas fondé sur un
précepte religieux, c'est simplement parce que ça coûte moins cher. Ça, c'est
la réalité qui nous a été... qui nous a été relatée. J'aimerais... j'aimerais
entendre le ministre, là, vis-à-vis cette préoccupation-là. Est-ce que, dans ce
cas-là, si on le choisit parce que c'est plus économique puis, dans le fond, ça
fait l'affaire de tous, est-ce qu'on est quand même dans une obligation
d'offrir une option b, disons?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, bonjour
d'abord, on reprend les travaux. La réponse, c'est oui, parce qu'il n'y a pas
de caractère économique dans l'article de loi. Et je pense que l'intervention
qu'on avait eue en audition témoigne du fait qu'en ce moment il n'y a pas de
balises. Et le jour où la loi est sanctionnée puis que les organismes
disent : Bon, bien, voilà, je ne peux plus, juste comme ça, acheter de la
nourriture fondée avec un abattage sur un précepte religieux, puis servir comme
si rien n'était peut imposer ce menu-là à tous. Mais quand toutes les
institutions font ce pas-là, le marché pourra s'adapter à ce moment-là. Donc,
je pense que les fournisseurs vont s'adapter aussi. Mais en ce moment, il n'y a
pas d'intérêt pour les fournisseurs à s'adapter. Puis ça se trouve à être une
minorité qui se trouve à, d'une certaine manière, sans en avoir le dessin,
forcément... mais, d'une certaine manière, le marché s'adapte à une minorité
qui se trouve à imposer des techniques d'abattage à une majorité, ce qui n'a
pas vraiment de sens. La situation actuelle n'a pas vraiment de sens, je pense.
• (11 h 30) •
Mme Setlakwe : Merci. Je vous
entends, M. le ministre. Est-ce que... Dans le fond, on veut envoyer un message
peut-être aux acteurs du milieu et au marché aussi. Puis on ne veut pas placer
les citoyens dans une situation où l'option leur est imposée. Moi, c'est ce que
j'entends puis c'est ce que je lis dans le libellé. Mais prenons l'exemple,
donc, d'un choix ou de... tu sais, dans l'exercice de leur fonction ou dans
l'exercice de... quand ils remplissent leur mandat puis qu'ils sont en train de
faire des choix pour offrir le service alimentaire, si l'option halal ou
cachère ou autre est moins cher et fait l'affaire de tous, est-ce que la
communauté qui est desservie peut renoncer à cette... à cette obligation ou à
cette offre alternative? Jet-ce que... je comprends qu'ici on introduit une
obligation d'offrir... c'est «doit», donc c'est une obligation. Si on offre un
régime alimentaire fondé sur un précepte ou une tradition, on doit également
offrir un régime qui ne l'est pas. Mais est-ce que cette... ce régime
équivalent, est-ce qu'on peut y renoncer si tout le monde y renonce, dans le fond?
M. Roberge : Je vois mal les
situations où tout le monde y renonce. Par exemple, dans une cafétéria d'un
établissement de santé, comment tu fais pour consulter toute la population qui
peut se ramasser dans cet hôpital, admettons, ou dans un cégep, dans une
université? Peut-être, le seul exemple qu'il pourrait y avoir, ça serait dans
une installation familiale où, là, il y a cinq ou il y a six familles. Et là,
si tout le monde est d'accord, bien là, ça pourrait aller parce qu'on l'offre à
tous d'avoir le menu dit régulier, si j'ose dire. Et si tous... on leur offre à
tous, le menu régulier, et tous disent : Non, je ne veux pas le menu
régulier, bon, ça pourrait arriver, mais il faut l'offrir à tous.
Mme Setlakwe : Très bien,
merci pour cette précision. Puis je pense que vous avez évoqué deux cas bien,
bien distincts, là. Une offre alimentaire dans un établissement de soins de
santé, dans une cafétéria, ou un milieu beaucoup plus petit où ça peut
effectivement donner lieu à finalement, une seule offre. Comme vous l'avez dit
hier, on n'a pas besoin de cuisiner un spaghetti qu'on va finir par jeter.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci. Non,
effectivement, on espère qu'on ne jettera pas de nourriture. Merci, M.
ministre, pour ces précisions. Une précision additionnelle, parce que, bien
évidemment, on sait que, dans la
Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance, à l'article 90.1, qui a souvent été évoqué en consultation...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) Mme Cadet : ...on peut y lire
que, bon, les dispositions, là, sur... enfin, visant à favoriser, donc, la
cohésion sociale et l'intégration des enfants sans distinction ne vise pas à
empêcher un régime alimentaire fondé sur un précepte religieux ou une
tradition. Donc, l'interprétation, donc, de 90.1 ne change pas, donc, que ce
droit-là est préservé dans les milieux de garde éducatifs à l'enfance, c'est
bien ça?
M. Roberge : Bien, il y a d'autres
articles qui parlent des accommodements pour des motifs religieux. Les
accommodements pour motif religieux ne sont pas proscrits par le projet de loi
qu'on étudie en ce moment. Ils sont... ils sont balisés. Il y a d'autres
articles qui en parlent. On a déjà, d'ailleurs, adopté l'article sur la contrainte
plus que minimale. Donc, ce sera jugé, mais ce n'est pas interdit de le faire.
D'ailleurs, l'article ici ne dit pas qu'il est interdit d'offrir un menu fondé sur
un précepte religieux. On explique dans quelles situations puis jusqu'où on
doit aller... on peut aller.
Mme Cadet : Parfait. Non, c'est
juste une... C'était mon interprétation aussi, là, mais je préférais qu'on
puisse le préciser au micro. Donc, vous nous confirmez que l'article 90.1 de la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, donc, bien, il est
maintenu tel quel, donc, il n'est pas amendé par le projet de loi, bien sûr,
mais que l'interprétation qu'on en fait, là, n'est pas en contradiction avec l'article
17.1 qu'on est en train d'introduire ici. C'est bien ça?
M. Roberge : Bien, je ne
pense pas qu'il y ait une contradiction. On vient baliser, encadrer. Si la
personne juge que cette demande-là impose une contrainte qui est plus que
minimale, que ça devient trop complexe, que ça impose des coûts, la personne
pourra le refuser, mais la personne pourrait aussi l'accepter.
Mme Cadet : Je comprends. Un
autre point peut-être, pour revenir sur la question des coûts, là, qu'invoquait
ma collègue, parce qu'effectivement je me souviens aussi qu'en consultations,
donc, certains groupes sont venus nous dire : Bien, écoutez, nous, ce n'est
pas... ce n'est pas, donc, à des fins d'offrir vraiment, donc, un régime alimentaire
qui est fondé sur un principe religieux, mais puisque... lorsqu'on évalue, donc,
les coûts de ce qui nous est offert, bien, il y a certains aliments qui sont
tout simplement moins chers, moins dispendieux.
J'ai entendu votre réponse par rapport au
message, donc, qui serait envoyé au marché à cette fin, mais si les coûts ne
baissent pas, j'aimerais peut-être avoir votre avis sur ce qu'il adviendrait,
donc, de la gestion en matière de coûts, là, des différentes installations.
Parce qu'on le sait, évidemment, donc, lorsqu'on parle des services éducatifs à
l'enfance subventionnés, donc, il y a une
partie qui vient avec la subvention
puis une autre
partie qui est financée, donc, à même la contribution exigible
des parents. Donc, si les coûts venaient à augmenter, parce que, là, on se dit :
Bon, avec, donc, cet article-ci, qui est tout à fait légitime, bien, à ce
moment-ci, bien, ça va nous coûter plus cher, est-ce que vous convenez qu'à ce
moment-ci, il ne faudrait pas que la hausse des coûts soit absorbée à travers
la contribution exigible des parents, mais qu'elle soit plutôt absorbée par la
hausse de la subvention?
M. Roberge : Je ne m'aventurerai
pas, ici, là, dans la répartition des sommes, mais je vois juste que ma
collègue s'inquiète de la hausse des coûts si jamais il y a un menu régulier, mais
je n'ai jamais entendu ma collègue s'inquiéter de la hausse des coûts si jamais
il y a une demande d'accommodement raisonnable pour avoir un menu. La question
se poserait aussi de cette manière-là.
Mme Cadet : M. le ministre,
je fais tout simplement écho aux commentaires qu'on a entendus lors des
consultations. Donc, dans les mémoires qui nous ont été présentés, c'est cet
élément-ci, c'est ce souci-là qui a été évoqué par les différents groupes, puis
je pense que ça fait
partie de notre travail de pouvoir relayer ce type de
préoccupations, lorsqu'ils nous disent : Bien, les motifs qui sous-tendent
certaines des décisions, parfois, c'est peut-être parce que... bon, que c'était
véritablement pour des motifs religieux, je pense que votre article, encore une
fois, ici, est tout à fait légitime, mais, dans d'autres circonstances, c'est
ce qui a été évoqué.
Donc, j'aimerais tout simplement, donc,
avoir votre avis sur la... donc, qui devrait absorber une hausse potentielle de
coûts, étant donné que c'est l'État, donc, qui prend, donc, cette décision-ci. On
se dit : Bien, voilà, donc, qu'est-ce qu'il faut faire. Donc, à ce
moment-ci, je pense que ça devrait être l'État aussi qui prendrait sur soi d'absorber
une... potentielle de coût. Je comprends que l'objectif, c'est d'envoyer un
message au marché puis qu'à ce moment-ci, que le marché s'ajuste et que les
coûts baissent, mais, si tel n'est pas le cas, ou en attendant que tel soit le
cas, qu'est-ce que vous, vous en pensez, qui devrait absorber cette hausse?
M. Roberge : Bien, ce que j'en
dis, c'est que c'est hautement théorique, à ce moment-ci, puis qu'on ne peut
pas, ici, en commission, sur ces articles-là, prendre des dispositions sur qu'est-ce
qu'on ferait avec les économies, qu'est-ce qu'on ferait avec les hausses de
coûts, etc. On n'est pas là.
Mme Cadet : Parfait. Je note
au passage que je pense que, de notre côté, ici, il ne devrait pas s'agir d'une
hausse de la contribution exigible des parents. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement, est-il
adopté? Adopté.
Alors, nous revenons à l'article 14. Je
vous rappelle que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'article 14 modifie l'article 17.1, qu'on
vient d'amender, 17.2, 17.3, 17.4 et 17.5, qui n'avaient pas été lus. Alors, je
vais vous demander, M. le ministre, de lire le 17.1.
M. Roberge : Très bien. Alors,
17... 17.2, pardon, Mme la Présidente, on est rendu à 17.2, est-ce que je me
trompe? 17.2 : «Une institution ou un organisme visé à l'article trois ne
peut mettre en valeur la représentation d'un signe religieux dans le cadre de
ses communications, sauf si ce signe religieux fait
partie intégrante du logo
ou des armoiries utilisées par l'institution ou l'organisme le (indiquer ici la
date qui précède celle de la présentation du présent projet de loi).»
Commentaires explicatifs. Cet
article
interdit la mise en valeur de la représentation d'un signe religieux dans le
cadre des communications d'une institution ou d'un organisme. Une exception est
toutefois prévue pour un signe religieux, qui fait
partie intégrante du logo ou
des armoiries utilisés par l'institution ou l'organisme en date du
26 novembre 2025, soit la date qui précède celle de la présentation du
projet de loi. Cette mesure s'inscrit dans la logique des principes qui
sous-tendent la laïcité de l'État. En encadrant l'usage de signes religieux
dans les communications institutionnelles, elle vise à éviter que leur message
officiel puisse être perçu comme une valorisation par l'État d'une croyance
particulière ou donnant de la visibilité à un signe religieux. L'exception
prévue pour les logos et les armoiries permet de concilier ces principes avec
la continuité visuelle de l'identité historique des institutions.
• (11 h 40) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Que signifie mettre en valeur pour vous?
M. Roberge : Bien, ce
serait... bien... mettre en valeur, hein, c'est qu'on prend quelque chose puis
on le met de manière très visible au-devant. L'exemple qui peut venir en tête,
c'est l'affiche qu'il y avait à l'entrée de l'hôtel de ville de Montréal, et ça
a fait quand même beaucoup jaser. Je dirais même que ça a fait scandale, à tel
point que l'administration montréalaise a fini par retirer et remplacer cette
affiche-là.
Mme Cadet : ...communication,
on parle de quel type de communications ici?
M. Roberge : Quand on parle de
communications, on inclut tout type de communications. Donc ça peut être une
publicité, une affiche, une publication sur des médias sociaux, une
correspondance, lorsqu'on envoie... une infographie, ce qu'on... on communique
avec les citoyens.
Mme Cadet : OK. Et là, ici, je
comprends que 17.2 s'applique à toute institution ou tout organisme visé à
l'article trois. Donc, ça comprend , donc, les institutions scolaires, c'est
bien ça?
M. Roberge : Oui, exactement.
Ça comprend les institutions scolaires. Les logos, justement, sont là parce
qu'il y a des institutions qui ont été fondées parfois par des congrégations
religieuses, et le logo de l'institution peut avoir un symbole religieux. Bien,
si le symbole était déjà là, le logo reste le logo pour ces institutions-là.
Mme Cadet : Parfait. Bien,
merci, M. le ministre. Donc, dans les circonstances, par exemple, donc, vous
nous dites que ça peut comprendre, donc, une infolettre, toute publication sur
les médias sociaux. Est-ce que vous considérez que, si, par exemple, une élève
remporte un prix de mathématiques et, disons... ou représente l'école ,donc,
dans une compétition et remporte donc cette compétition-là, et que la... et que
l'école donc fait une publication sur ses médias sociaux, indiquant :
Donc, l'élève, donc, a remporté donc tel ou tel prix ou honneur, si l'élève
donc porte un signe religieux et cet élève-là donc a le droit de le faire,
est-ce que l'école serait en mesure de faire une telle publication dans ses
communications?
M. Roberge : Je ne vois pas
d'enjeu parce qu'ici la personne, élève garçon ou fille, peu importe, qui a
remporté un prix, bien, c'est cette personne-là, on ne peut pas remplacer cette
personne-là par une autre en disant à quelqu'un qui lui ressemble «a gagné la
médaille d'or ou de bronze» ou peu importe, c'est cette personne-là. Mais par
exemple, si on veut faire une publication, dire : Bon, bien, on... je ne
sais pas trop, on vous invite à venir rencontrer les enseignants à la
bibliothèque, et puis là on fait une représentation, puis on présente deux
élèves qui discutent dans la bibliothèque, on choisit deux personnes. Bien, ces
personnes-là, qui sont mises en valeur ne porteront pas de symbole religieux
sur cette publication-là, ce qui est différent d'une personne en particulier...
Mme Cadet : Donc...
M. Roberge : ...qui peut
gagner les honneurs, là, tu sais. Donc, il... il ne s'agit pas de mettre en
valeur un symbole, il s'agit de mettre en valeur une personne particulière, là,
dans l'exemple que vous donnez. Donc, je pense que le gros bon sens s'applique
là, dans cette situation.
Mme Cadet : Je comprends. OK,
bien, c'est ça, on est en train donc d'évaluer, donc, les détails de qu'est-ce
que ça signifie ici, parce que les termes sont relativement larges. Mais si je
vous suis, donc, parce qu'avec l'exemple que vous avez donné, disons, de portes
ouvertes, donc, par exemple, donc, si on a une élève, donc, qui porte un signe
religieux qui a remporté...
Mme Cadet : ...par exemple un
concours de robotique. Donc, on pourrait, donc, mettre en valeur le fait que
cet élève a remporté, donc, tel ou tel honneur dans les communications. Mais si
la même institution scolaire, si la même école, nous... dans ses
communications, disent : Bien, impliquez-vous dans l'équipe de robotique.
Venez, inscrivez-vous. Voilà donc qu'est-ce que nous avons comme programme
particulier ici, qui est très intéressant, et utilise la photo de la même élève
dans son affiche publicitaire, à ce moment-là, il ne pourrait pas le faire.
M. Roberge : Une question de
discrétion. Si on met en bas de l'élève, tu sais : Faites comme Joseph, ou
Tram, ou Amir, ou Jacques, ou Françoise, peu importe qui s'est impliqué, puis
on la met, cette personne-là devient, je ne sais pas, le porte-parole du club,
c'est une chose, mais je pense qu'on comprend bien le principe.
Mme Cadet : Avec égard, M. le
ministre, on ne comprend pas bien. C'est pour ça que je pense que ces questions
de précision là sont importantes, parce qu'on nous les a posées aussi, parce
qu'il y a plusieurs institutions qui ont certaines inquiétudes par rapport à ce
qu'elles peuvent ou ne peuvent pas faire étant donné le libellé actuel. Donc,
vous nous dites : Il y aurait donc des petits caractères qui permettraient
de pouvoir mettre en valeur tel ou tel élève. Je vous donne quand même, donc,
des exemples assez, assez tangibles ici, là, d'un... donc, d'écoles, donc, qui
ont... qui doivent composer avec ce type de situation là.
Je vous donne un autre exemple pour être
certaine aussi. Vous nous dites : Les... le logo, les armoiries, mais
évidemment qui, parfois, donc, ont des signes religieux, donc, ils n'auraient
pas besoin de changer leur logo, donc, ils peuvent le conserver sur les
uniformes, et donc de faire, donc, des publicités avec ces uniformes-là. Mais
on a aussi une clause grand-père qu'on va avoir plus tard, donc, pour, par
exemple, les directions d'école qui peuvent elles-mêmes porter un signe
religieux. Donc, si on a une sœur qui dirige une école catholique, je
comprends, avec ce que vous nous dites, que, sur son... sur les publications
médias sociaux ou sur les affiches publicitaires pour inviter les gens à
s'inscrire à l'école de... évidemment, la directrice peut être sur ces
communications-là. Donc, on va pouvoir mettre en valeur la représentation de
cet individu-là portant un signe religieux qui bénéficie d'une clause
grand-père dans les cadres des communications de l'école.
M. Roberge : Parce que là ce
qu'on fait, c'est qu'on présente une personne en particulier pour une raison
spéciale. On ne fait pas venir une personne, un mannequin, un comédien qui
prend la pose et on lui met tel, tel, tel symbole pour dire : Bien, on va vous
mettre ça pour vous montrer le symbole. On présente quelqu'un, on présente le
directeur ou la directrice, c'est cette personne-là qui est présentée, c'est une
chose, c'est différent que de dire : On va créer une affiche, puis sur
l'affiche, on va présenter une personne qui a un symbole bouddhiste, une
personne qui a un symbole catholique, une personne qui a un symbole juif, une
personne qui a un symbole musulman. Puis, dans le fond, ce qu'on présente,
c'est une panoplie de symboles qu'on met de l'avant, c'est complètement
différent.
Mme Cadet : OK.
M. Roberge : Comme exactement
ce qu'on avait vu à la ville de Montréal, l'affiche à l'entrée...
Mme Cadet : Je comprends ce
que...
M. Roberge : ...c'était
clairement la mise en valeur, c'était... c'est un dessin de quelqu'un qui
n'existe pas vraiment. Puis, dans le fond, ce qu'on disait, c'est qu'à
Montréal, bien, on mettait le symbole religieux puis on associait. Là, il y
avait une seule représentation d'une femme, et c'était une femme qui portait un
symbole religieux. Il y avait un message qui était là, et je pense que ce
n'était pas nécessairement le bon message dans une société où les institutions
sont des bases de la laïcité.
Mme Cadet : Je vous entends,
et je sais très bien, donc, à quel exemple vous référez. Mais, encore une fois,
je relaie des questions... des véritables questions qui m'ont été posées, donc,
par des institutions qui sont... qui pensent être touchées ou affectées par ces
dispositions-ci puis qui demandent un peu plus de clarté, là. Je pense que tout
le monde, incluant donc les individus ou les institutions ayant posé ces
questions-là, donc, les potentiels assujettis, je pense qu'ils savent à quel
exemple vous référez. Mais, quand ils lisent le libellé, ils se disent :
OK, mais est-ce que... est-ce que là je vais être en mesure de pouvoir faire
ça? Qu'est-ce que je vais dire à mon élève? Donc, tu as gagné un prix, mais on
va juste mettre les autres qui ont gagné le prix dans notre publication, mais
pas toi. Mais là vous nous dites, non, ça c'est correct.
Un autre exemple, juste pour bien suivre
votre raisonnement ici. Encore une fois, donc, on l'a dit hier, donc, les
personnes reconnues à
titre de responsables d'un service de garde éducatif en
milieu familial subventionné sont intégrées à l'annexe I parmi les
organismes. Donc, si on a, donc, une garderie en milieu familial qui, elle,
fait de la publicité pour, disons, pour recruter, là, des différentes familles,
mais ne se met pas elle-même en valeur, parce que là vous nous dites :
Bien là, si ce n'est pas... si c'est la vraie personne, donc, si c'est la
directrice d'une école catholique qui porte...
Mme Cadet : ...un signe
religieux parce que c'est une soeur, ça, ça va parce que c'est la vraie
directrice. Mais là, dans l'exemple que je viens de vous donner, si je
dis : Non, non, moi, ça ne me tente pas de me mettre en valeur, je n'aime
pas mon... pour toutes sortes de raisons, je ne veux pas que ce soit moi, mais
je vais embaucher des personnes pour faire la promotion de mon service de garde
éducatif en milieu familial, donc, à ce moment-ci, est-ce qu'elle pourrait ou
ne pourrait pas?
M. Roberge : Dans le cas que
vous mentionnez, je dirais non, parce que, là, ce qu'on fait, c'est... on fait
exactement ça, ça serait une institution, un organisme qui mettrait en valeur
la représentation d'un signe religieux dans le cadre de ses communications. Ce
n'est pas... ce n'est pas une personne. On ne présente pas le directeur ou la
directrice, on présente une personne qui est... qui est... c'est générique. Une
personne, n'importe qui qu'on se trouve à affubler d'un symbole, à ce
moment-là, c'est le symbole qu'on met de l'avant parce que, la personne en
elle-même, on ne sait même pas c'est qui. Donc, c'est le symbole qu'on met de
l'avant. Donc, dans ce cas-ci, la réponse est non.
Mme Cadet : OK. Je comprends.
Donc, vous dites : Donc, tant que ce sont... Essentiellement, si on engage
des membres de l'UDA, là, on ne peut pas, mais, si ce sont les vrais individus
qui font la promotion de leur établissement, on n'est pas dans le... ce que
vous appelez la mise en valeur de la représentation d'un signe religieux.
Est-ce que c'est ça, votre ligne?
• (11 h 50) •
M. Roberge : Bien, parce
qu'il faut qu'il y ait une raison. La règle, la règle générale, quand on... Des
fois, on s'y perd, mais on y va avec la base. Quelle est l'intention?
L'intention, c'est de représenter dans les communications les principes de la
laïcité de l'État, la neutralité, la séparation, la liberté et l'égalité. Et,
dans ce principe-là, on ne veut pas mettre en valeur la représentation d'un
signe religieux. Donc, ça, c'est la base.
Après ça, on y va par des exceptions qu'il
faudrait justifier pourquoi on choisit de le faire malgré cette interdiction.
Donc, on pourrait le faire justement si on a une très, très bonne raison. Vous
dites : On veut visiter un élève qui a gagné, puis il porte un turban,
mettons, ou il porte une croix. Bon, bien, c'est cet élève-là, donc ce n'est
pas... ce n'est pas comme si on faisait une publication puis on s'est
dit : Bon, bien, on va cocher toutes les cases, là, on va mettre quelqu'un
qui représente telle communauté, telle communauté, telle communauté. Ah oui,
puis on va aussi représenter toutes les confessions, on va choisir des gens,
là, pour faire ça. Ça, c'est... ça, c'est la
partie qu'on ne fera plus. Mais,
quand c'est quelqu'un en particulier, c'est cette personne qu'on veut mettre de
l'avant, qu'on veut honorer, qu'on veut présenter, bien, à ce moment-là, ce
n'est pas la mise en valeur d'une représentation, c'est une personne, tout
simplement.
Mme Cadet : Puis, juste pour
bien saisir les distinctions de l'intention du législateur ici, je reprends
le... ce que je comprends, il y a une distinction acteur fictif puis le vrai...
puis l'individu mis en valeur pour ses propres actions posées. Si, par exemple,
donc, on a une... donc, une école, justement, donc, pour ses portes ouvertes
sans... pour faire la promotion, donc, de son établissement scolaire, donc, met
en valeur différents élèves, mais n'indique pas que... Bon, voici telle
personne, donc, qui est membre du club de robotique, là, qui ne nomme pas
nécessairement des élèves, là, c'est souvent... c'est courant, en fait, là,
souvent les établissements scolaires, c'est comme ça qui procèdent aujourd'hui,
ils vont choisir des élèves qui, souvent, donc, sont... lèvent la main, sont
bons à l'école, sont impliqués, puis tu dis : Ah! bien, est-ce que... on
vous... ça... bon, si ça vous tentes d'être sur la prochaine publicité des
portes ouvertes? À ce moment-là, si ce n'est pas... si on est... on n'est pas
en train de féliciter, donc, un élève, là, pour ses propres accomplissements,
est-ce que cet élève-là pourrait être choisi par l'école pour être sur la
publicité des portes ouvertes de son établissement?
M. Roberge : Bien, il ne
faudrait pas qu'il porte le symbole dans ce cas-là.
Mme Cadet : Vraiment? Donc,
même si on parle de... on parle d'un vrai élève, là, ce n'est pas un acteur,
là, c'est un élève qui fréquente l'établissement auquel...
M. Roberge : Oui, mais là on
choisirait spécifiquement de représenter, de mettre en valeur la représentation
d'un signe religieux. Donc là, la réponse est non.
Mme Cadet : Bien, on est très
loin de l'exemple de la ville de Montréal que vous avez nommé, où est-ce que,
là, c'est... on parle d'un exemple fictif. Là, on est vraiment en train de
dire : OK, bien, si toi, tu es la personne qui a eu... tu as gradué
souvent... donc tu as toujours 90 % dans tes notes, on choisit toujours
des élèves qui ont 90 % et plus pour faire la représentation de l'école,
mais, à ce moment-là, on viendrait dire : Ah! mais, finalement, donc, toi,
même si tu as ce droit-là, parce que la
Loi sur la laïcité le permet, on ne
pourrait pas te choisir pour faire
partie de ces communications-là? Ce n'est
pas... ce n'est pas la bibliothèque ou la ville de Montréal ici, là.
M. Roberge : Le principe,
c'est qu'on ne met pas en valeur la représentation d'un signe religieux. Ça,
c'est le principe de base. Donc, si on veut y déroger, ça...
M. Roberge : ...d'une raison
exceptionnelle. Donc, l'idée, c'est de ne pas faire de représentation qui
pourrait donner l'impression qu'on favorise une religion plutôt qu'une autre.
Donc, on ne met pas en valeur la représentation de signes religieux dans le
cadre de communications, sauf vraiment des exceptions où, là, à ce moment-là,
ce n'est pas le signe, c'est vraiment une personne en particulier. Donc, si je
veux faire une représentation, je veux dire : Venez jouer au soccer, bien,
on va représenter trois, quatre, cinq joueurs qui jouent au soccer, joueurs ou
joueuses, peu importe, il n'y aura pas de symbole religieux par ces joueurs ou
ces joueuses sur la photo.
Mme Cadet : Bien, encore une
fois, je pense qu'on... Là où est-ce que je vois une certaine incongruité, M.
le ministre, c'est qu'on dit : Dans nos établissements scolaires, les
élèves, donc, ne sont pas visés par les différentes dispositions de la
Loi sur
la laïcité ou du PL n° 94 ayant modifié la
Loi sur l'instruction publique
ou... ni par la
Loi sur l'enseignement privé, mais là, donc, l'école, donc, qui
fait, donc, ces communications, donc, habituelles, donc, choisit, donc, de
représenter une certaine diversité d'élèves et souvent le fait en fonction des
élèves qui sont méritants, qui ont des bonnes notes, qui sont un exemple dans
leur école. Souvent, ça va être ça, là, ils ne vont pas choisir les élèves qui
donnent du trouble, ils vont choisir les élèves qui sont bons et que... c'est
toujours les mêmes critères qui sont appliqués, habituellement. Bien là, dans
ce cadre-là, c'est quand même assez précis. Puis vous dites : Non, non,
ici, si on y va par les trois... souvent, on met les gens qui ont les trois
meilleures notes ou les cinq meilleures notes. On va passer par-dessus toi pour
aller prendre la personne avec la sixième note parce que, là, dans ce cas-ci,
toi, tu portes un signe religieux, même si tu as le droit de le faire en vertu
de la loi?
M. Roberge : Mme la
Présidente, c'est parce que tantôt on a dit : Si on met vraiment quelqu'un
en valeur, c'est une personne qu'on met en valeur. Si on fait une
représentation tout simplement d'un groupe d'élèves qui jouent au soccer ou qui
lisent des livres, il n'y a pas de raison d'avoir des symboles. Là, ma collègue
dit : Oui, mais si on choisit ces élèves-là, ce sont les meilleurs élèves
en lecture, à ce moment-là, on revient à ce que je disais tout à l'heure, ce
sont des personnes particulières. On veut mettre les gagnants du concours
oratoire, bon, bien, ce sont les gagnants du concours oratoire, on ne va pas
remplacer un élève, c'est ça. Ils peuvent aussi l'enlever, hein? On dirait
qu'on oublie tout le temps qu'un symbole, ça se porte puis ça s'enlève. Ça se
peut, ça aussi.
Mme Cadet : Je n'ai pas dit
que ça ne se pouvait pas, je dis que la loi, le code normatif qu'on a choisi,
leur permettait. Donc, à ce moment-ci, qu'ils choisissent ou pas, là, ce n'est
pas là, la question, là.
M. Roberge : Mais je pense
avoir répondu que le principe, c'est qu'on ne met pas en valeur la
représentation d'un signe religieux, c'est la norme. Si c'est une personne
spécifique qui fait
partie de l'objet d'une communication, parce que c'est
quelqu'un qui s'est distingué ou parce que c'est le directeur ou la directrice,
peu importe, bien, à ce moment-là, ce n'est pas vraiment... ce n'est pas le
symbole qu'on met en valeur.
Mme Cadet : Ici, je veux
aussi savoir, quand vous parlez de représentation d'un signe religieux, est-ce
que ça doit absolument être porté par un individu, là, sur la communication en
tant que telle? Par exemple, encore une fois, pensez, donc, à, bon, l'école
catholique, donc, évidemment, donc, privée subventionnée, là, pas dans les
écoles publiques, qui, à Pâques ou à Noël, met dans ses publications sur ses
réseaux sociaux des images de crèches de Noöl pour parler... pour faire ses
vœux des fêtes, ou plutôt que d'avoir un lapin de Pâques, là, à Pâques, donc,
met dans ses publications une croix ou, donc, parle du carême. Est-ce que le...
l'article, ici, est-ce qu'il s'applique?
M. Roberge : Ça s'applique. Ce
n'est pas simplement quelque chose qui est, mettons, comme un vêtement, mais
c'est tout symbole religieux. Vous avez nommé la crèche, effectivement, c'est
clairement associé, là, c'est la Nativité, là, ce n'est pas... Le père Noël, ce
n'est pas un symbole religieux de Noël, mais la crèche, avec le petit Jésus
dans son berceau, c'est clairement une représentation de la Nativité, là.
Mme Cadet : Donc, l'école,
puisqu'on a déjà fait les... on a déjà travaillé sur les dispositions, donc, liées
à la... à ce que, donc, une école, donc, privée subventionnée peut ou ne peut
pas faire en vertu des nouvelles dispositions de la loi, donc cette école-ci,
qui, bien évidemment, donc, ne fait pas... ne parle pas de religion dans son
cours de maths ou de français, mais de façon facultative, donc, peut le faire à
l'extérieur, donc, ça, c'est ce que... c'est ce qui a déjà été discuté. Donc,
cette même école-là, qui maintient, donc, son droit, donc, de façon
facultative, de pouvoir offrir ces espaces-là ou ces cours-là, donc, à ces
jeunes, ne peut pas mettre une photo de crèche de Noël sur sa publication sur
Instagram pour souhaiter joyeux Noël, c'est ça?
M. Roberge : Exact.
Mme Cadet : OK. Et donc dans
ses futures...
Mme Cadet : ...publications
pour Pâques devra changer, donc enlever sa croix, puis mettre un lapin ou un
oeuf de Pâques?
M. Roberge : Je ne dirai
pas ce qu'ils peuvent mettre, là. Je n'embarquerai pas dans ce qu'ils peuvent
mettre, mais ce qu'on dit, c'est de ne pas mettre en valeur la
représentation...
Mme Cadet : Ou d'autres
symboles associés à Pâques, là. D'autres symboles, disons, non religieux
associés à Pâques, là.
M. Roberge : Voilà.
Mme Cadet : Ou du
chocolat. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Je puis reconnaître le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : C'est beau,
finalement. Les points que voulais aborder ont été abordés.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui? Parfait. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 17.2?
S'il n'y a pas d'autres interventions,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ah! non, c'est vrai, je m'excuse. C'est vrai, on l'adopte,
oui, à la fin. Alors, on ne prend pas ce vote-là, désolé. On lit tous les 17.2,
3, 4, 5, je crois. Alors... j'étais trop attentive avec votre... votre
conversation.
Alors, on poursuit le 17.3.
M. Roberge : Merci bien.
Alors :
«17.3. Un établissement d'enseignement
visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7°, 12° et 12.1° de l'annexe I ne peut
exiger d'un élève ou d'un étudiant qu'il porte un signe religieux, sauf si ce
signe religieux fait
partie intégrante du logo ou des armoiries utilisés par
l'établissement le (indiquer ici la date qui précède celle de la présentation
du présent projet de loi).»
Commentaire explicatif. Cet
article
interdit à un établissement d'enseignement public ou privé subventionné
d'exiger d'un élève ou d'un étudiant qu'il porte un signe religieux, notamment
en imposant le port d'un uniforme ou de vêtements qui contiennent un tel signe.
Une exception est prévue afin de permettre le port d'un signe religieux s'il
fait
partie intégrante du logo des armoiries utilisées par l'établissement en
date du 26 novembre 2025, soit la date qui précède celle de la
présentation du projet de loi.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, y a-t-il des interventions sur le 17.3 amené par
l'article 14? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Ça me fait pratiquer mes circonscriptions.
Allez-y.
Mme Setlakwe : Merci.
Oui, là, ici, je crois comprendre qu'on est dans le contexte de l'enseignement
supérieur, est-ce que... Non...
M. Roberge : OK, non,
c'est ça. On est primaire... préscolaire, primaire, secondaire... collégial,
universitaire. Voilà.
Mme Setlakwe : OK, tout à
fait. Quelle est l'intention ici? Est-ce que c'est une nouvelle disposition
complètement? On n'avait jamais cette interdiction d'exiger le port d'un signe
auparavant?
M. Roberge : Oui, exact.
C'est une nouvelle disposition. Ce qu'on ne voudrait pas, c'est que, par
exemple, une école privée subventionnée impose le port d'un symbole religieux à
tous ses élèves, que ça fasse
partie de l'uniforme, parce qu'il existe des
uniformes dans des établissements. S'il y a sur l'uniforme le logo de
l'établissement puis que le logo d'établissement a un symbole, ça va, c'est le
logo de l'établissement. Puis on a déjà dit qu'un logo est déjà là puis ça fait
partie, comme, du patrimoine. Mais ceci dit, on ne dira pas... une école ne
pourra pas dire : Bon, bien... ne pourra pas dire : Bon, bien, tous
les garçons doivent porter la kippa, ou tous les élèves doivent porter une
chaîne avec une croix ou un bracelet avec une croix ou je ne sais quel autre,
ça ne peut pas faire
partie de l'uniforme obligatoire. Ça pourrait être permis,
ceci dit, parce qu'on n'empêche pas... il pourrait y avoir parmi les uniformes
certains qui ont un symbole. Ce n'est pas interdit, mais ça ne peut pas... ça
ne peut pas exiger d'un élève, c'est-à-dire : Bien, dans notre uniforme,
vous devez porter un symbole autre que le logo ou les armoiries.
Mme Setlakwe : Est-ce
que vous avez des exemples précis en tête? Est-ce qu'il y a des... des
situations qui ont été portées à votre attention, de personnes qui se sont vues
imposer ce port obligatoire?
M. Roberge : Je sais
qu'il y a des écoles dans lesquelles l'uniforme inclut...
Mme Setlakwe : Le logo.
M. Roberge : ...Non, non,
on ne parle pas des logos, là... inclut des symboles religieux. Je ne sais pas
s'ils sont obligatoires, mais je veux prévenir cet élément.
Mme Setlakwe : OK, je
comprends. Mais si dans un... dans un logo... Dans un uniforme, il peut y avoir,
bien, en fait, il y a presque toujours un logo, mais le logo peut comprendre un
signe religieux, peut inclure un signe religieux. Mais là, si je comprends
bien, on ne peut pas forcer un élève à porter l'uniforme qui contient ce logo,
qui contient ce signe religieux.
M. Roberge : Non. Non,
non, juste préciser... je vais préciser. S'il y a un uniforme, d'accord, il
peut y avoir sur... et l'uniforme est obligatoire, hein, ça le dit, c'est
uniforme, pour tous, ça le dit... il peut y avoir le logo de l'établissement et
ce logo peut avoir un symbole religieux s'il...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...ça va. Ce qui
ne peut pas arriver, c'est qu'un établissement dise : Bien, dans notre
établissement, tout le monde doit porter une petite chaînette avec une croix ou,
dans notre établissement, tous les garçons doivent porter la kippa ou, dans
notre établissement, toutes les filles doivent porter un voile, ça fait
partie
de notre uniforme. Ça, ça ne serait pas possible. Ce n'est pas interdit de
porter ces symboles, mais ça ne peut pas être obligatoire de les porter. Voilà
ce que précise...
Mme Setlakwe : Effectivement,
je relis le libellé, je vois... oui, je vois bien que c'est ce que ça dit. Mais
donc, on s'entend que, si l'uniforme comprend un logo qui, lui, inclut un signe
religieux, là, l'établissement n'est pas obligé d'offrir une autre option d'uniforme.
M. Roberge : Exact.
Mme Setlakwe : L'établissement
peut imposer que tous les élèves de cet établissement portent l'uniforme qui
contient un logo comportant un signe religieux, étant donné que ça fait partie...
à une certaine date, ça fait
partie des armoiries ou ça représente l'histoire
de l'établissement. Là, on peut forcer. Mais ça, c'est l'uniforme. Des
accessoires autres que l'uniforme, ça c'est interdit, ils ne peuvent pas l'exiger.
M. Roberge : On a la même
compréhension.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, tout
simplement, je veux bénéficier du fait que nous n'avons pas adopté 17.2 puis ce
que nous faisons en blocs pour revenir avec deux questions complémentaires ici.
D'abord, est-ce que les publications actuelles sur les médias sociaux, est-ce
qu'elles vont devoir être supprimées?
Donc, vous devez donner la parole au ministre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, oui, allez-y.
M. Roberge : Ah! je pensais
que vous alliez dire quelque chose. Non?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, vous revenez sur 17.2?
Mme Cadet : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK, c'est correct.
Mme Cadet : Oui, c'est ça parce
qu'on ne l'a pas adopté, donc on n'a pas besoin de le rouvrir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, je comprends, je comprends, c'est juste que le temps
se poursuit pour vous. Ça fait qu'allez-y.
M. Roberge : Si vous
permettez, je vais vérifier.
Des voix :
M. Roberge : C'est ça. Non,
la loi n'a pas un effet... radioactif... rétroactif, donc ils ne publient...
parce que ce serait compliqué, là, mettons, sur une page Facebook, reculer sur
des années. Donc, non.
Mme Cadet : Oui c'est ça, exactement...
M. Roberge : ...une publication
qui peut avoir été faite précédemment peut rester, puis on parle...
Mme Cadet : OK, parfait, donc
ils ne sont pas en contravention s'ils ne commencent pas justement à mettre des
ressources pour aller tout enlever qu'est-ce qui s'est fait.
M. Roberge : Je suis d'accord
avec vous, on n'a pas à aller retirer les publications précédentes ou les
communications précédentes.
Mme Cadet : Parfait. Puis ma
deuxième question de précision ici, ce que... essentiellement ce que vous
disiez, c'est que la représentativité des vrais lieux de l'école ou des vrais
individus de l'école, qu'ils soient membres du personnel ou élèves, que, selon
vous, donc, ça, ça fait
partie des exceptions. Donc, si... et là je regarde une
vraie publication d'une école primaire qui a, donc, une chapelle, donc, dans
son établissement, puis on l'a déjà dit, donc les ces infrastructures-là qui
sont déjà existantes, donc, on n'est pas pour le déboulonnement des statuts,
là, donc, elles, elles demeurent. Donc, si on fait une publication qui montre
une sœur qui fait la lecture à l'ensemble des élèves dans une chapelle à l'école,
est-ce que cette publication, elle est conforme ou pas?
M. Roberge : Bien, il ne faut
pas mettre en valeur la représentation d'un signe religieux. Il ne faut pas
faire exprès pour aller mettre en valeur... c'est-à-dire mettre au-devant des
symboles ou des signes religieux.
Mme Cadet : Je comprends,
mais c'est juste pour...
M. Roberge : Donc, je
comprends que la chapelle peut exister dans une école privée subventionnée, ça
peut être là, mais on ne va pas... il peut y avoir aussi une croix au mur, mais
je ne vais pas... la croix est là, mais je ne vais pas prendre une photo de la
croix puis la mettre sur les médias sociaux en disant... je ne sais pas trop,
inscrire votre enfant dans cette école en disant : Oui, mais la croix...
je ne suis pas obligé d'enlever la croix, donc je vais la prendre puis je vais
la mettre en valeur. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas obligé de déconstruire
les choses qu'on a le droit de les mettre en valeur dans les communications.
Mme Cadet : J'essaie juste de
bien saisir la nuance ici. Là, je vous entends sur le principe de base, là, c'est
juste dans l'application pour s'assurer que les écoles, donc, qui ont ces
infrastructures, comme une croix qui est au mur qu'ils n'ont pas nécessairement
besoin d'enlever, donc s'ils font des... s'il y a une photo, là, disons, donc, dans
le hall d'entrée où est-ce que, là, justement, donc, il y a une croix, ils n'ont
pas besoin de se déplacer. Parce que ce n'est pas ça qui est mis en valeur, c'est
juste qu'elle est là. Puis ils prennent une photo des élèves, c'est le hall. Habituellement,
bien, le hall, c'est grand, c'est...
Mme Cadet : ...c'est beau.
Donc, c'est là qu'on accueille l'ensemble des élèves, donc on a souvent des
communications qui sont là. Donc, est-ce qu'ils ont besoin d'aller dans le
gymnase pour faire les publications ou est-ce qu'ils peuvent continuer, donc,
de publier ce... bon, de publier, donc, sur les activités qui se passent à
l'école? S'il y a une photo qui est dans le hall et que, là, il y a une... il y
a une croix qui est en arrière, là, sur lui dans le carrousel de photo, est-ce
que ça, c'est correct ou ce n'est pas correct?
M. Roberge : Je vous dirais
que c'est une question de bon jugement. Est-ce que... C'est une photo, puis,
accessoirement, dans le fond, c'est là, c'est différent de la mettre en valeur.
La mettre en valeur, hein, tu sais, on le voit s'il est... on est au devant, on
est bien représenté. Moi, aujourd'hui, je mets en valeur mon épinglette. On la
voit bien, elle est bien visible, elle n'est pas déposée ici, puis ça adonne
que, dans le cadre de la télévision, on peut apercevoir l'épinglette. Elle ne
serait pas mise en valeur. Là, je la mets en valeur.
Mme Cadet : OK. Donc, je
reviens sur ma vraie publication, que je regarde en ce moment, d'une lecture
qui se fait à la chapelle. Est-ce que... Le texte ne parle pas de... ne parle
pas de la divinité, là, le texte parle juste... on a fait la lecture aux
enfants de maternelle, mais ils sont dans la chapelle. Est-ce que cette
publication-là, elle est conforme ou elle n'est pas conforme?
M. Roberge : Bien, je pense
que dans ce cas-là, il y aurait un choix éditorial d'aller choisir expressément
une lecture puis que, visuellement, on comprend très bien, mais là je ne la
vois pas, là, c'est difficile, là.
Mme Cadet : ...suspendre et
vous la montrer...
M. Roberge : Non, non, mais
écoutez... Puis on ne va pas tomber, là... on ne va pas passer un carrousel de
toutes les images, là, mais est-ce que quelqu'un de raisonnable qui regarderait
cette image dit : Voici la mise en valeur d'un signe religieux ou voici la
mise en valeur de 10 personnes qui lisent. À un moment donné, il y a une
appréciation, là.
• (12 h 10) •
Mme Cadet : OK, mais vous
comprenez ici, puis c'est pour ça que je pose ces questions-là, que la ligne
parfois peut être mince, puis ici, c'est quand même un exemple où, donc, la personne
qui est là, donc, c'est une sœur, donc, qui est enseignante, donc, qui, donc,
bénéficie d'un droit acquis, donc, et là les élèves ne sont pas montrés, là.
Ils lisent, on voit bien que ce n'est tout simplement qu'une lecture qui a
lieu. On n'est pas en train de nous présenter qu'il s'agi d'une lecture de la
Bible, là, ce que je comprends, là... c'est... une lecture assez standard, là,
et ça... J'imagine, pour eux, c'est un beau lieu, là, dans leur école, qui est
lumineux, qui a des vitraux. Ça fait qu'ils se disent : Ah bien, c'est le
fun de pouvoir aller là, de sortir de la classe pour pouvoir le faire, bien,
voici un petit peu qu'est-ce qu'on fait à l'école. J'ai... Ici, est-ce que...
Tu sais, elle est où, la ligne, par exemple, dans ces situations-là?
M. Roberge : Dans plusieurs
lois, on voit les termes «bonne foi», on voit «une personne raisonnable
pourrait penser que». Donc là, je pense qu'il faut aller se baser là-dessus,
une appréciation générale. : est-ce la mise en valeur d'un symbole
religieux ou est-ce que c'est accessoire? Puis on le remarquerait ou on ne le
remarquerait pas. Là, écoutez, c'est le principe.
Mme Cadet : Évidemment, je
comprends que vous n'avez pas vu l'application en question, puis ce n'est
pas... on ne passera pas à travers chacune d'entre elles ou quoi que ce soit,
mais juste... là, justement, une personne de bonne foi... Puis c'est la
question qui se pose, pour ceux qui ont à vivre avec cette décision-là et qui
se disent : OK, on comprend très bien que nous, l'obligation qu'on a,
comme école, c'est de s'assurer qu'on ne fasse pas de religion dans les cours
de math, de français. C'est ce qu'on a dit. C'est vraiment les services
éducatifs prévus au régime pédagogique durant les heures consacrées à celles-ci.
Ça, c'est leur obligation. Ils disent : OK, ça, c'est ce qu'on fait, mais
ensuite, donc, sur le plan facultatif, nous, on a des soeurs, encore, qui
sont... qui ne sont pas encore à la retraite, qui sont là, donc, qui
poursuivent, donc, leur carrière, donc... puis on a évidemment des enseignantes
qui sont laïques. Donc, à cette école-là, vous n'êtes pas en train de leur
dire : Bien non, tu sais, évidemment, vous avez le droit de montrer
l'ensemble des membres de votre personnel parce que ça fait
partie de votre
vie, de votre milieu de vie, mais c'est sûr queux, ils vont dire : Est-ce
que, là, je suis... est-ce que je traverse la ligne? Est-ce que je ne la
traverse pas, tu sais, quand je fais ça? Tu sais, ce ne sera pas nécessairement
de mauvaise foi, là, on s'entend, puis ce n'est pas du tout la ville de
Montréal. Je comprends très bien, 7.2, ce que ça vise pour vous, mais dans
cette situation-là, c'est l'école... dans les souliers qu'elle a, où est-ce
qu'elle n'a pas à démanteler les croix qui existent, elle n'a pas à démanteler
sa chapelle, elle a le droit de continuer de faire des activités dedans qui
sont tout simplement de la lecture, là, que ce n'est pas une messe obligatoire
pour tous les élèves... Ça, ils ont le ont droit de continuer de le faire, selon
ce qu'on a déjà élaboré. Est-ce que, dans ce cadre-là, pour vous, c'est un
exemple où, de bonne foi, ils ont le droit de représenter les élèves de
maternelle qui font de la lecture avec leur enseignante dans la chapelle?
M. Roberge : Il faudrait apprécier
la photo pour voir si c'est le cas. Vous savez, souvent, on reçoit des
dignitaires à l'Assemblée nationale ou ici, puis, par exprès, on va se placer
puis on prend... on met le drapeau, hein? Ce n'est pas un hasard, là, si on se
place avec le drapeau du Québec, parfois, le drapeau de l'autre nation, ce
n'est pas comme ça, accessoire, en arrière, on le met en valeur, on s'assure
qu'il est là, puis on prend la photo avec le drapeau. On ne prend pas n'importe
où dans le corridor, on le veut parce qu'on veut le mettre en valeur. Il est
là, il est... Tout de suite, tu vois deux...
M. Roberge : ...le drapeau
puis il est placé au bon endroit. C'est comme ça. Puis toute personne de bonne
foi verrait bien que ce n'est pas un pur hasard qui est là. Donc, je pense que
l'article donne à peu près cette même balise, n'est pas interdit. On ne dit
pas, là, en aucune manière, aucun symbole religieux ne peut être représenté sur
aucune communication. On dit : On ne peut pas le mettre en valeur. Puis après
ça, on se fie au gros bon sens des gens.
Mme Cadet : OK, surtout ici,
on parle d'un établissement où les parents, de... de façon consciente, donc,
ont fait le choix d'envoyer leurs enfants dans... dans cet environnement, en se
disant : On... que nos... que nos enfants ont une pratique juste ou pas,
là. Est-ce que c'est... c'est le cas dans l'établissement que j'ai... que j'ai
en tête ici? Si ce n'est pas ce qui les motive. Mais ils savent que ça, ça fait
partie de l'environnement dans lequel ils envoient leur enfant. Donc, de... Il
y a un consentement qui n'est même pas juste tacite, là, il y a un consentement
éclairé de la part des parents que leurs enfants évoluent là. C'est eux qui
reçoivent les communications, là, c'est souvent eux ou des parents intéressés
qui vont s'abonner à la page Facebook ou Instagram de l'établissement pour voir
un peu comment ça se passe. Donc, ce n'est pas une communication d'une ville ou
d'une bibliothèque publique. Donc, ici, il y a quand même aussi cet... cet
aspect-là dans le caractère raisonnable, là, de la disposition qui est
présenté. Est-ce que vous me suivez?
M. Roberge : Bien, je vous
suis. Mais je ne sais pas quoi ajouter à ce que vous dites, là.
Mme Cadet : OK, bien, mon...
mon objectif, c'était plus de... de voir un peu comment est-ce que vous
concevez l'application de cette disposition-là, donc, pour un établissement
dont manifestement, donc, les publications ne sont pas destinées à l'ensemble
de la population, mais que dans les faits, probablement que leur plus grande
base, ça va être les parents qui, avec un consentement éclairé, se sont
dits : Bien, je le sais bien qu'il y a une chapelle dans l'école, ça... je
ne suis pas surprise ici de voir cette photo de, je ne sais pas, sœur Marianne
avec... avec les élèves qui lisent, que ce soit ici ou dans la classe.
M. Roberge : La règle dont on
parle n'est pas différente pour un établissement privé subventionné que pour
d'autres organismes visés. Donc, il faut lire tout le monde la règle de la même
manière.
Mme Cadet : Peut-être aussi
une question sur la mise en valeur aussi, parce que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'article 17.3.
Mme Cadet : ...toujours... toujours,
toujours à 17.2. Oui, on a...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 17.2, on est à 17.2, OK.
Mme Cadet : On est... oui, on
est toujours là, oui, oui. Parce qu'évidemment on est partis de l'exemple de
l'affiche. Donc là, c'est très clair, c'est... c'est statique. On parle d'une
seule publication ici, mais encore une fois, donc, si on a... Je reviens sur
les médias sociaux, parce que ça reste que c'est l'un des exemples, puis
c'est... c'est assujetti à 17.2. Donc, on a l'ensemble des publications de
l'école. Donc, on a les enfants sur un terrain de soccer, les enfants en sortie
scolaire au Biodôme, les enfants en classe, c'est l'Halloween, on est déguisés.
Donc, il y a l'ensemble de ces publications-là. Et, à travers tout ça, on a la...
la lecture à la chapelle. Est-ce que la mise en valeur, elle est prise
isolément par publication ou elle est prise dans l'ensemble de tout ce qui est
diffusé par les publications, donc, d'un organisme visé à l'article trois?
M. Roberge : Je dirais que
chaque communication ne doit pas mettre en valeur...
Mme Cadet : Vous diriez...
M. Roberge : Donc, je ne
pourrais pas prendre spécifiquement une photo d'un symbole religieux, après ça,
mettre 15 autres photos qu'il n'y en a pas. Puis dire : Regarde,
c'est juste une photo sur 15. ça, ça ne fonctionnerait pas.
Mme Cadet : Je dis ça, mais
vous me... vous me suivez ici, parce que je pose la question parce que je pense
qu'elle est... tu sais, elle est légitime ici, c'est que souvent... tu sais,
encore une fois, un peu... nous, on a tous des publications, là, ça fait qu'on
sait très bien comment est-ce que c'est géré, donc, par les différents
établissements, où, là, vraisemblablement, puisque ces dispositions-là
n'existent pas, donc, les gens mettent des photos d'un peu tout ce que j'ai
mentionné, donc il n'y a pas de désir de mise en valeur. Ils sont juste :
Bien, voici les activités qui se passent. Donc, il y a celle-là qui est à la
chapelle puis il y a celle-là qui est au Biodôme, et puis, tu sais, c'est ça
qui est ça, là. Ils ne pensent pas un certain ratio.
Mais, étant donné, donc, l'adoption du
projet de loi, est-ce que, là, dans... dans ces circonstances-là... ils
pourraient peut-être considérer que, bien plus qu'ils ne sont pas en train de
pousser, entre guillemets, là, un contenu religieux dans leurs publications,
mais qu'ils parlent de tout ce qui est en train de se passer à l'école, y
compris les lectures qui peuvent se faire à la chapelle, bien, à ce moment-ci,
on ne parle pas nécessairement d'une mise en valeur. Ça reste que, dans le
carrousel ou même dans une seule publication, là, il y a 15 photos en même
temps, il y en a une que c'est celle-là, l'autre que c'est encore une fois au
Biodôme, est-ce que c'est une publication en termes de pas, donc, tout ce qui a
été publié par l'établissement, mais, OK, si, là, là, le 13 décembre 2025,
voici ce qui s'est passé... Puis ça adonne qu'il y en a une là, est-ce que ça,
c'est de la mise en valeur?
M. Roberge : Ce que je dirais,
c'est que chaque communication, chaque fois qu'on...
M. Roberge : ...diffuse une
communication. Une image, c'est une communication.
Mme Cadet : Est-ce que c'est
par diffusion ou...
M. Roberge : Je vais y aller
par image, on va dire, par photo, là.
Mme Cadet : Par photo, OK.
M. Roberge : On s'arrangerait
pour que... Il peut y avoir un symbole. Il n'est pas mis en valeur, là. Si je
fais exprès, puis je suis comme ça, puis je pointe ma tasse bien correctement,
bien, clairement, je suis en train de le mettre en valeur, là, clairement,
c'est évident, là.
Mme Cadet : Ah!...
M. Roberge : Bien, je pense
que oui, c'est ça. Donc, c'est ça, chaque image... Il peut y avoir, accessoirement,
un symbole, mais il ne doit pas être mis en valeur.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que c'est sur le 17.2 ou 17.3?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 17.2? Parfait. Juste pour le bénéfice de tout le monde, le
14 introduit 17.1. 17.2, 17.3, 17.4, 17.5, donc il y a du temps pour chacun,
OK. L'enveloppe globale est de 120 minutes, d'accord? Allez-y.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Puis je pense que c'est juste pour compléter, ce sera... ce sera
assez rapide. J'écoute l'échange, et c'est intéressant. Ce que je retiens,
c'est que l'intention ici, dans le libellé, c'est de viser... c'est qu'on peut
mettre en valeur une personne parce qu'on ne peut pas mettre en valeur le signe
lui-même. C'est bien ça?
M. Roberge : Oui, c'est ce
qu'on a dit.
Mme Setlakwe : J'ai entendu
aussi, dans... dans l'échange, des mots comme : c'est correct de le faire
accessoirement ou... ou il ne faut pas le faire de façon intentionnelle ou
délibérée. Je me demande juste, pour fins de clarté, si ce ne serait pas
opportun de nuancer un peu le libellé pour, justement, introduire ces
notions-là du caractère accessoire, ou, tu sais, de goût... ou significatif, ou
peut-être y aller sur l'intention, comme «délibérément». Ce serait peut-être...
J'aimerais ça vous entendre sur cette proposition.
• (12 h 20) •
M. Roberge : Bien, je pense
que le terme «mettre en valeur» est bien compris au Québec, on sait tous ça
veut dire quoi, mettre quelque chose en valeur.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'est un terme qui est... qui est... qu'on retrouve dans le... notre corpus
législatif?
M. Roberge : Je suis sur la
Vitrine linguistique, en tout cas, qui... qui nous guide au Québec, là, qui est
faite par l'OQLF, puis la définition de «mettre en valeur» : «promouvoir
un article, un produit, une marchandise d'une façon spéciale dans le but de lui
procurer un avantage certain». On fait la promotion, on le met de manière
spéciale, un avantage, donc, on le voit très, très bien. Je pense que tout le
monde comprend ça.
Mme Setlakwe : Une dernière
question. J'ai sous les yeux une publication de... du premier ministre, qui...
je pense que c'est lors du décès du pape François, se remémorait qu'il l'avait
reçu, qu'il avait eu l'honneur de l'accueillir lors de sa visite à Québec en
juillet 2022 puis on voit, sur la photo, le premier ministre, son épouse,
on voit le pape, évidemment, qui porte un signe religieux, on voit... je pense
que c'est un cardinal. Est-ce que, donc, ici on rentre exactement dans... dans
un scénario qui n'est pas visé, on n'est pas en train de mettre en valeur le le
signe religieux?
M. Roberge : Écoutez, je n'ai
pas l'image devant moi, c'est difficile. On va sur le principe : on ne
peut pas mettre en valeur. C'est ça, le principe. Là, vous... on ne va pas
faire un cas par cas, là, de chacune des publications des personnes, des
organismes, des écoles puis... pour les analyser un après l'autre, là. On me
précise que le terme «mis en valeur» est repris dans plusieurs lois, c'est un
terme, oui...
Mme Setlakwe : Dans quel...
OK, merci. Dans quel contexte? Donc, il y a une jurisprudence associée à ce...
à cette expression?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous voulez répondre? C'est ce que j'ai compris?
M. Roberge : Bien, on me dit
simplement que c'est... Tantôt, je me suis référé à la Vitrine linguistique
pour dire le sens commun, et on me dit que c'est aussi quelque chose qui est
utilisé par les juristes, donc il y a... c'est utilisé dans d'autres lois, le
terme «mis en valeur» ou «mettre en valeur» quelque chose.
Mme Setlakwe : Merci, mais
j'avais demandé si on le... on retrouvait cette expression dans le corpus
législatif ici, au Québec, et là on me répond que oui. Donc, ma sous-question,
c'est : Dans quel... dans quel contexte?
M. Roberge : Je ne sais pas
si j'ai un exemple ici... «et Archives nationales mettent en valeur leurs
collections», par exemple, on parle de ça dans... dans les lois. «Tourisme met
en valeur» les produits culturels, les produits touristiques québécois, donc on
les met au-devant, on en fait la promotion comme... un peu comme ce que je
disais tout à l'heure, là. Ce n'est pas quelque chose d'accessoire, dont on se
soucie peu, qui se trouve à être là, mais on le prend...
M. Roberge : ...puis on veut
le montrer. On le met en valeur.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va?
Mme Setlakwe : Merci. Donc...
Donc, je comprends, du côté du gouvernement, que le libellé est... est
suffisamment clair. Puis on espère qu'avec l'échange qui fait partie, donc, de
nos... des archives puis qui fait partie, donc, des travaux de la commission et
qui vise à préciser l'intention du législateur ici, je pense qu'on espère que
ce sera bien compris. Parce que ce que j'entends aussi, c'est que ce n'est pas
l'intention du gouvernement ici de faire en sorte que c'est... que nos
établissements fassent un effort non plus, tu sais, artificiel d'aseptiser puis
de faire un exercice aussi qui serait très artificiel, de tenter de... Autant,
ils ne veulent pas mettre en valeur, il ne faut pas non plus tomber dans
l'excès puis de faire en sorte de dénaturer une... dénaturer une activité,
comme les nombreux exemples que ma collègue a soulevés. Et là ça viendrait
complètement avoir l'effet contraire, je pense, de ce qui est... de ce qui
est... souhaité.
M. Roberge : Pas de
commentaire à faire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Allez-y, Mme la
députée.
Mme Cadet : ...juste, encore
une fois, donc, dans les différents exemples, parce que je les ai sous... sous
les yeux, donc, j'essaie de voir, donc, la traçabilité de la ligne ici. Donc,
on parlait, donc, du hall, tantôt, donc, on parlait, donc, de l'exemple d'une
croix. Ici, on a un cadre qui... avec l'image, donc, de la sœur fondatrice de
l'école, et que, par exemple, on est... on souligne l'anniversaire de l'école,
donc l'objectif de la publication, c'est de dire : Bien, joyeux, je ne
sais pas, là, 100e anniversaire à tel ou tel établissement, et que, bien,
pour l'occasion, donc, on se remémore, donc, qui a fondé l'établissement, est-ce
que, là, ça, c'est assez précis qu'on retomberait dans les exceptions? Parce
que, là, il y aurait une mise en valeur, mais...
M. Roberge : Écoutez, je ne
peux pas tomber dans l'analyse de chacun des cas de figure comme ça, là. Il
faut... Il faut juste y aller, comme je dis, dans une... dans un principe de
bonne foi puis de raisonnabilité. Est-ce que, dans une publication, on est en
train de mettre en valeur la représentation d'un signe religieux, sciemment?
Est-ce qu'on fait le choix éditorial de dire : Bien, regardez, je mets ce
signe religieux de l'avant ou si on est en train de faire une publication qui a
complètement un autre objet? C'est la question.
Mme Cadet : OK. Je comprends.
Ça fait que, par exemple, ici, donc, le... Là, j'ai... j'ai une publication sur
les yeux qui... complètement un autre objet, où est-ce que, là, les jeunes ont
gagné une... des prix de la Fondation Desjardins. Ils sont donc dans le hall.
On voit la photo avec la sœur fondatrice. Ça, c'est correct. On est... C'est un
autre objet. Mais, si, donc, la même photo veut tout simplement mettre de
l'avant le fait que c'est cet individu qui a... qui a fondé l'école, parce
qu'il y a une station de métro qui va porter son nom, et là, on a inauguré la
station de métro, là, est-ce que l'école pourrait se dire : Ah! bien, on
est très fiers que c'est notre sœur fondatrice qui est... qui a fondé, là,
cette station de métro là... ou, donc, qui a inspiré le nom de cette future
station de métro là, et on veut justement mettre en valeur, donc, l'histoire,
l'historique, donc, de notre école dans le... dans la ville ou la municipalité?
Est-ce... Tu sais, là, est-ce qu'on... On tombe dans le raisonnable, bien
évidemment.
M. Roberge : J'ai expliqué
tout à l'heure que, lorsque c'est vraiment une personne très, très spécifique
qui est... qui est représentée, c'est autre chose.
Mme Cadet : Parfait. Que ce
soit un élève ou que ce soit une... la directrice, ou une soeur enseignante, ou
même un portrait, là, de la sœur fondatrice, ça, ça va?
M. Roberge : C'est ce que
j'expliquais.
Mme Cadet : Oui. OK. On a
besoin de l'avoir au micro, M. le... M. le ministre, pour l'avenir.
M. Roberge : Oui, mais je
l'ai déjà dit.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : C'est bon. Je
vous remercie. C'est caduc.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Juste pour le bénéfice de tout le monde, d'accord,
parce que je vous parlerai du temps tantôt, 17, l'article 14 qui introduit
des modifications à 17.1, 17.2, 17.3, 17.4, 17.5, c'est dans la
Loi sur la
laïcité de l'État. Donc, l'enveloppe, elle est globale. On l'adopte à la fin de
l'article 14. Pour l'article 27, c'est l'introduction d'une nouvelle
loi. D'accord? Je voulais juste... C'est pour ça que... hier, on l'a adopté
par... Quand on édicte une nouvelle loi, il faut que ce soit par article.
D'accord? Je voulais juste que tout le monde soit bien à la même place.
On poursuit. On est... On revient à 17.3.
Est-ce que j'ai encore des interventions sur 17.3? Si je n'ai pas d'autre
intervention, on passe à 17.4. M. le ministre.
M. Roberge : «17.4. Les
articles 1 à 3 ne peuvent être interprétés comme ayant pour effet
d'interdire la présence d'un élu ou d'un représentant d'une institution ou d'un
organisme visé à l'article 3 à une cérémonie ayant une composante
religieuse.»
Commentaire explicatif : Un
article
prévoit que les... Cet
article prévoit que les articles 1 à 3 de la Loi
sur la laïcité de l'État qui énoncent...
M. Roberge : ...le
caractère laïque de l'État du Québec, de même que les principes sur lesquels il
repose, ne doivent pas être interprétés comme interdisant la présence d'élus ou
de représentants d'une institution ou d'un organisme à une cérémonie ayant une
composante religieuse. L'objectif de cette mesure est de préserver la capacité
des élus et des représentants de l'État d'être présents à des cérémonies ayant
une composante religieuse, notamment lors de funérailles, de commémorations ou
d'événements communautaires, sans que cette présence soit perçue comme
affichant une adhésion à une croyance ou comme une atteinte à la laïcité de
l'État.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur... Oui, allez-y.
Mme Cadet : ...donc,
vous confirmez... Moi, il n'y a pas très longtemps, on a célébré le 100 ᵉ
de la paroisse Sainte-Gertrude. Mgr Lépine, qui est venu en commission par la
suite, était présent. Donc, on n'était pas en contravention de cet article,
c'est ce que vous nous dites?
M. Roberge : Bien non.
Mme Cadet : Parfait. Et
à l'inverse... la présence d'un élu ou d'un représentant à une cérémonie ayant
une composante religieuse, bien, l'inverse est-ce que... revenir... peut-être
que la question que je pose n'est peut-être pas dans le bon article, là, vous
me redirigerez, le cas échéant, puis on aura la discussion ailleurs, si on a un
élu qui porte lui-même, donc, une kippa par exemple, est-ce que... donc, s'il y
a une cérémonie, disons de graduation, donc, dans une école, donc il pourrait,
donc, toujours prendre part à cette cérémonie-là puis prononcer une allocution?
• (12 h 30) •
M. Roberge : L'élu n'a
pas de contraintes. Il peut participer à tous les événements.
Mme Cadet : Incluant,
donc, à l'intérieur... d'un établissement scolaire, là. Parce qu'on va voir,
donc, les clauses de droits acquis, là, puis qu'on disait : Bien, à ce
moment-ci, donc, il ne peut pas y avoir, donc, des personnes qui ne sont pas
visées par la clause de droits acquis, qui peuvent entrer, donc, dans
l'établissement, soit pour prononcer une conférence, etc., etc. Mais là, vous
dites ça exclut un élu. Donc, un élu, donc, peut aller, donc, dans une école
remettre des prix. Un élu qui porte, par exemple, une kippa peut aller dans une
école remettre des prix.
M. Roberge : Non, mais
les élus n'ont pas de contraintes pour participer...
Mme Cadet : Je comprends
que l'élu a le droit de porter un signe, mais est-ce qu'il peut entrer dans une
école? Parce que, techniquement, quelqu'un qui n'a pas de droits acquis ne peut
pas entrer, donc, dans l'école. Donc, une sœur par exemple, qui est directrice
d'une école, ne peut pas aller donner une conférence dans une autre école parce
qu'elle n'a pas... sa clause de droits acquis est juste associée à sa propre
école, donc elle ne peut pas venir parler justement du 50 ᵉ anniversaire
de son école dans un autre établissement. Mais est-ce que l'élu, lui, il peut?
M. Roberge : Les élus
ont le privilège parlementaire. Ils peuvent circuler, ils peuvent participer
aux événements, puis on le précise ici pour être certains, justement. Ici, on
n'est pas dans un
article qui vient contraindre qui que ce soit, on vient juste
préciser justement que les élus ou les représentants d'organismes peuvent
participer, assister à des cérémonies qui ont une composante religieuse.
Mme Cadet : ...Je pense
que les autres questions... on arrivera, donc, à la cause de droits acquis.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Je
comprends très bien le sens de cet article, mais pourquoi il apparaît
maintenant? Pourquoi on ne l'avait pas auparavant? Ce n'est pas comme si la loi
sur la laïcité n'existait pas. Le caractère laïque de l'État et tout ça, et les
principes fondamentaux, on les avait déjà dans la loi. C'est un
article que
vous ajoutez juste pour venir confirmer quelque chose qui existait déjà?
M. Roberge : Mais comme
on élargit les principes, la neutralité, il y avait une possibilité que des
gens peut-être l'interprètent et le comprennent différemment. Donc, on vient le
préciser ici dans un souci de clarification.
Mme Setlakwe : Tu sais,
c'est ce que je pense aussi, c'est un souci de clarification pour éviter toute
ambiguïté.
M. Roberge : Voilà.
Mme Setlakwe : Ça aurait
peut-être été aussi opportun de l'avoir auparavant, mais là, ça devient avec
les modifications encore. On juge que c'est... ça justifie de venir
clarifier... clarifier ce point-là, mais on s'entend qu'un élu, vous dites
qu'un élu a comme un privilège parlementaire. Donc, un élu ne pourrait pas
avoir le visage couvert et aller dans une école? Dans un cégep?
M. Roberge : Vous
m'amenez la situation où un élu voudrait porter un visage complètement couvert
pour se présenter dans un lieu où il n'y a pas de visage couvert. Bon...
Des voix : ...
M. Roberge : OK, non,
c'est ça. Les élus doivent avoir le visage découvert. C'était déjà dans la loi.
Mme Setlakwe : Merci...
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12 h 30 (version non révisé
e) La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...est-ce qu'il y a d'autres questions pour 17.4? S'il n'y
a pas d'autre question, on passe à 17.5?
M. Roberge : «17.5. Toute
demande d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application du
droit à l'égalité et soumise à une institution ou à un organisme visé à
l'article 3 doit, en plus d'être traitée conformément aux obligations
prévues aux articles 5 à 10 de la Loi favorisant la neutralité religieuse
notamment dans l'espace public (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre
de la présente loi ainsi que les numéros de l'article de cette loi qui édicte
la Loi favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace public),
respecter les principes énoncés à l'article 2 de la présente loi.»
Commentaire explicatif : Cet
article
complète les exigences auxquelles sont assujettis les institutions et les
organismes visés à l'article 3 de la
Loi sur la laïcité de l'État dans le
cadre du traitement d'une demande d'accommodement pour un motif religieux
découlant de l'application du droit à l'égalité protégé par la charte
québécoise et la charte canadienne.
Il dispose que ces institutions et ces
organismes doivent respecter les principes énoncés à l'article 2 de la Loi
sur la laïcité de l'État dans le cadre du traitement d'une telle demande
d'accommodement pour un motif religieux.
Ici, on est dans l'application des quatre
principes et on vient reprendre essentiellement les principes de ce qu'on
appelle la loi de 2017, qui composait... qui reprenait une disposition
semblable.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17.5?
S'il n'y a pas d'intervention... Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci. J'essaie
juste de... bien comprendre, donc, la structure, là. Je vous entends qu'ici on
reprend la loi de 2017... Ah! OK. Attends, mais... Il ne faut pas qu'on... Est-ce
que vous avez présenté un amendement?
M. Roberge : Je n'ai pas d'amendement
ici.
Mme Cadet : Mais il n'y a
pas... C'est parce qu'on ne reprend pas le
titre de la Loi favorisant la
neutralité religieuse notamment dans l'espace public puis on ne va pas le
changer?
M. Roberge : À la fin. D'ailleurs,
j'ai déposé cet amendement-là. Donc, plus tard, il y aura une disposition de
modification du nom de la loi, puis ça viendra...
Mme Cadet : OK. On va pouvoir...
OK. OK. On va venir le modifier ailleurs. On ne le modifie pas ici. OK.
M. Roberge : C'est ça. Cette
modification-là va s'appliquer rétroactivement à chaque fois qu'on a...
Mme Cadet : OK. Partout où ce
que le nom... OK, je comprends.
M. Roberge : À chaque
occurrence, là, la modification, elle sera apportée.
Mme Cadet : OK, je comprends.
M. Roberge : Et on me dit que
la loi de 2017, grosso modo, c'était l'article 11, à l'alinéa trois, qui
touchait cet élément-là, où on parlait que l'accommodement respecte le principe
de neutralité religieuse de l'État. Ici, on dit, bien, qu'on respecte, en fait,
les quatre... les quatre principes. Et on est... on est dans une... d'une
manière de reprendre, parce que la loi de 2007 était abrogée, donc on reprend
ici l'essentiel de ce qui était quelque chose à l'article 11, alinéa
trois, si je ne m'abuse.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau?
Mme Cadet : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention à 17.5, c'est ce
qui met fin à l'étude de l'article 14, tel qu'amendé, qui introduit après
l'article 17, 17.1, 17.2, 17.3, 17.4 et 17.5. Alors, est-ce adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. On passe donc à l'article 15, qui
est... On a un amendement à l'article 15. On va le placer à l'écran dans
quelques instants. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, 15 est vraiment lié à 20. Si vous permettez, on ferait 20, si les collègues
sont d'accord, avant 15. Ça faciliterait la compréhension, je pense.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'étude
de... à nouveau... suspendre à nouveau l'article 15 pour passer à l'article 20?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Alors, on va passer à l'article 20.
Des voix : ...
M. Roberge : Donc, si vous
permettez, je pourrais lire 20, suivi de l'amendement à 20. On pourra le
traiter. Puis, quand on en aura disposé, on fera 15.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je m'excuse, c'est... il fallait que je sois très claire,
mais j'ai dit : On suspend à nouveau l'article 15 et on passe à l'article 20.
Consentement? Consentement.
M. Roberge : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça fait que j'ai obtenu votre consentement pour une double.
J'ai fait une...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...deux coups.
M. Roberge : Excellent.
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ça. Exactement! Alors, M. le ministre, je vais vous
demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci.
Alors :
20. L'annexe II de cette loi est
modifiée par l'ajout, après le paragraphe 10°, des suivants :
«11° un membre du personnel d'un organisme
visé au paragraphe 12° de l'annexe I qui, aux fins de son emploi, se trouve
dans un lieu, tel un immeuble ou un local, sous l'autorité de l'organisme ou
est en présence d'un élève;
«12° une personne qui fournit
régulièrement des services dans un lieu, tel un immeuble ou un local, mis à la
disposition d'un organisme visé au paragraphe 12° de l'annexe I, lorsqu'elle se
trouve dans ce lieu;
«13° une personne lorsqu'elle fournit des
services aux élèves pour le compte d'un organisme visé au paragraphe 12° de
l'annexe I;
«14° une personne lorsqu'elle fournit un
service dans le cadre d'un programme d'accueil, de francisation ou d'intégration
élaboré conformément à l'article 60 de la
Loi sur l'immigration au Québec
(chapitre I-0.2.1);
«15° un membre du personnel d'un centre de
la petite enfance, d'un bureau coordonnateur de la garde éducative en milieu
familial ou d'une garderie subventionnée visée par la
Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1).»
Commentaire explicatif : cet
article
modifie l'annexe II de la
Loi sur la laïcité de l'État afin d'élargir la
portée de l'interdiction de porter un signe religieux dans l'exercice de
certaines fonctions prévues par l'article six de cette loi. Plus précisément,
cette modification vise à inclure, parmi les personnes assujetties à
l'interdiction de porter un signe religieux, le personnel des écoles privées
subventionnées aux niveaux préscolaire, primaire, secondaire et professionnel,
ainsi que les personnes offrant des services aux élèves de ces écoles ou
dispensant régulièrement tout autre service au sein d'une telle école.
S'ajoutent également les personnes intervenant dans le cadre d'un programme
d'accueil, de francisation ou d'intégration, ainsi que le personnel des centres
de la petite enfance, les bureaux coordonnateurs de la garde éducative en
milieu familial et des garderies subventionnées. L'ajout de ces catégories
permet d'assurer une application cohérente et étendue des règles relatives au
port de signes religieux dans les milieux éducatifs et dans les centres
d'accueil et d'intégration, garantissant ainsi que les représentants de l'État
qui interagissent avec les jeunes et les nouveaux arrivants affichent une
neutralité religieuse conforme aux principes de laïcité de l'État.
Et je peux lire l'amendement?
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : L'amendement? On va le... Il est déjà placé. Alors, vous
l'avez sur Greffier, mais je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Voilà : à
l'article 20 du projet de loi, un, insérer dans le paragraphe 13 de
l'annexe deux de la loi Laïcité de l'État (chapitre L-0.3) proposé et
après fourni «régulièrement». Deux, insérer, après le paragraphe 15 de
cette
annexe deux les paragraphes suivants :
«16. une personne qui fournit des services
dans une installation sous l'autorité d'un centre de la petite enfance ou d'une
garderie subventionnée visée par la
Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance (Chapitre S-4.1.1) lorsqu'elle se trouve dans une installation
pendant la prestation des services de garde;
«17. une personne lorsqu'elle fournit des
services aux enfants dans une installation sous l'autorité d'un centre de la
petite enfance ou d'une garderie subventionnée visée par la
Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1);
«18. le directeur national de la
protection de la jeunesse, un Directeur de la protection de la jeunesse, ainsi
que les personnes que ce dernier autorise à exercer ses responsabilités en
application des articles 32 et 33 de la
Loi sur la protection de la
jeunesse (chapitre P-34.1).»
Commentaires explicatifs : le premier
paragraphe de cet amendement limite l'interdiction de porter un signe religieux
pour les personnes qui offrent un service aux élèves au sein d'une école privée
subventionnée, à celles qui fournissent ce service de façon régulière. Ainsi,
une personne qui se présenterait en classe pour une activité ponctuelle, telle
une conférence, pourrait porter un signe religieux.
L'ajout des paragraphes 16 et 17 vise
à étendre l'interdiction du port d'un signe religieux aux personnes qui offrent
les services dans une installation sous l'autorité d'un service de garde tel
qu'un service de préparation alimentaire ou d'entretien ménâger... ménager,
ainsi qu'aux personnes qui offrent tout service aux enfants pendant les heures
d'ouverture du service de garde.
L'ajout du paragraphe 18 vise à
étendre l'interdiction du port d'un signe religieux aux intervenants de la
Direction de la protection de la jeunesse. Donc, on a eu à la fois des ajouts,
mais aussi des aménagements.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, je vais prendre les interventions sur
l'amendement. Mme la députée de... de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Là, il y a un
ajout assez important, là, d'étendre tout ça à la DPJ. Qu'est-ce qui vous a
amené à faire cette modification? Et est-ce que vous avez évalué l'impact de
cette mesure?
M. Roberge : Plusieurs
groupes sont venus, lors des consultations, souligner le fait que c'était
important que les intervenants de la...
M. Roberge : ...DPJ soit visée
par l'élargissement et le renforcement de la laïcité. Dans ce cas-ci, c'est de
la laïcité de l'État, puisque ce sont des personnes qui interviennent et qui
incarnent, d'une certaine manière, l'autorité de l'État.
Mme Setlakwe : Donc, votre
amendement a été dicté par ce que vous avez entendu durant les consultations.
M. Roberge : Effectivement,
mais... Oui, ça a été mentionné pendant les consultations, puis, après ça,
bien, évidemment, on a analysé la pertinence de la demande puis on a considéré
que c'était fort utile de viser ce qu'on appelle la DPJ, ou les DPJ, par
l'interdiction de port de symboles religieux. Il y aura toujours la clause de
droits acquis, là, qui revient dans ces cas-là.
Mme Setlakwe : Oui. Est-ce
que vous aviez songé à inclure la DPJ durant les réflexions qui ont mené au
dépôt du projet de loi dans sa version initiale?
M. Roberge : Non, je ne me
souviens pas qu'on en avait parlé. Je ne me souviens pas qu'on en avait parlé,
en tout cas, en cabinet ou en discussion, à ce moment-là, mais la suggestion
émise par plusieurs groupes lors des consultations nous a paru pertinente.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
qu'il y a des experts qui l'avaient recommandé? Je ne me souviens pas, dans le
rapport Rousseau-Pelchat, est-ce que c'est ça avait été recommandé?
M. Roberge : Je vérifie. Je
ne crois pas que c'était une recommandation du comité... du rapport
Pelchat-Rousseau. Ceci dit... puis là je pourrais les retrouver, mais il y a
plusieurs groupes, je pourrais retrouver lesquels, il y a plusieurs groupes qui
nous ont mentionné cette suggestion-là lors des consultations en auditions
particulières.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'étaient des groupes qui oeuvrent au niveau de la protection de la jeunesse?
M. Roberge : Est-ce qu'on
peut retrouver le nom des groupes? Bien, de toute façon, on n'a pas eu des
groupes... La DPJ n'est pas venue ici, là, donc ce n'est pas... C'est des regroupements
qui nous ont fait cette suggestion-là, mais quand on y pense...
Une voix : ...
M. Roberge : Oui, il y en a plusieurs.
Rassemblement pour la laïcité, le Mouvement laïque québécois, et il y a
d'autres groupes aussi qui l'ont mentionné.
Mme Setlakwe : Donc, c'est
des mouvements qui... on comprend, qui prônent la laïcité, mais...
M. Roberge : Mais c'est ça,
mais je pense que ça fonctionne bien avec la logique, c'est cohérent avec notre
loi de laïcité de 2021 puis le renforcement de la
Loi sur la laïcité de l'État,
parce qu'on parle vraiment de personnes, tu sais, si on a des directions
d'école, si on a des enseignants, bien, de penser que les intervenants de la
DPJ, qui incarnent l'autorité de l'État, qui peuvent intervenir dans les
familles, qui interviennent auprès des jeunes en tant que figures d'autorité,
en tant que conseillers, affichent cette même neutralité en ne portant pas un
symbole religieux. Puis je... encore, il y a encore la clause de droits acquis,
mais disons que la tendance, ce serait ça. Je pense que c'est parfaitement
cohérent.
Mme Setlakwe : Est-ce que
votre collègue qui s'occupe des Services sociaux... Donc là, c'est la nouvelle
ministre de la Santé qui est à la tête aussi des Services sociaux, est-ce
que... est-ce qu'elle est d'accord avec cette mesure?
M. Roberge : Chaque fois que
je dépose des amendements... D'ailleurs, on a suspendu un certain temps pour
être sûr que les coordinations se fassent, des consultations se fassent ministère
à ministère. Donc, tous les ministères concernés ont été avisés et ont
acquiescé, sont d'accord. Puis, après ça, on a passé en Conseil des ministres.
Je ne peux pas vous dire les délibérations...
Mme Setlakwe : Bien sûr que
non.
M. Roberge : ...mais c'est une
décision de Conseil des ministres. Les ministres étaient tous d'accord, et les
administrations, les ministères de Santé et Services sociaux, tout le monde a
été consulté. Il y a un consensus pour dans cette direction-là.
Mme Setlakwe : Donc, est-ce
que vous pensez qu'il pourrait y avoir... Bien, je comprends qu'il y a une
clause de droits acquis, mais avant d'arriver à la clause de droits acquis,
dans l'état actuel des choses, donc, oui, les personnes qui y œuvrent déjà
sont... vont pouvoir continuer à porter un signe religieux, mais est-ce
qu'actuellement il y a un manque d'intervenantes auprès... dans la DPJ, qui
œuvrent auprès des enfants, là, qu'on doit protéger? Est-ce qu'il y a une
pénurie?
M. Roberge : Cette question
de difficultés de recrutement, on l'a depuis 2019, là, on l'avait... On s'était
posé ces questions-là quand... en 2019, quand on a adopté la
Loi sur la laïcité
de l'État, on parlait des enseignants dans le réseau public, d'autres personnes
qui agissent puis qui incarnent l'autorité de l'État, les policiers, les
gardiens de prison, etc. Je pense qu'il y a des décisions qui sont prises puis
qu'avec la clause de droits acquis, on a... on a ce qu'il faut. Il y a des gens
qui ont mentionné aussi, dans ce cas-ci, pour les éducatrices de services de
garde...
M. Roberge : ...les CPE, etc.
Je pense qu'on laisse le temps aux gens de s'organiser. Moi, je fais confiance
à ma collègue, Santé et Services sociaux, puis au ministère de faire les vérifications.
Mais je ne pourrais pas vous répondre sur le nombre de postes ouverts ou ce
genre des élements là. Je n'ai pas ces informations-là. Mais je fais confiance
à mes collègues. Lorsqu'ils ont acquiescé à cette demande-là, c'est parce qu'il
y avait plus d'avantages que d'inconvénients.
Mme Setlakwe : OK. Mais
justement, parlons-en, des avantages. Parce que, là, s'il y a des avantages à
mettre de l'avant cette mesure, c'est qu'on doit... on doit bien avoir en tête
une problématique, là. Je pense qu'il faut expliquer aux Québécois pourquoi on
étend l'interdiction aux intervenants, intervenantes à la DPJ. Le contexte est
quand même différent. Donc, on aimerait vous entendre, vous, M. le ministre,
expliquer pourquoi, pourquoi on va de l'avant avec cette mesure, et surtout
comment vous faites la distinction avec le milieu des garderies, des CPE, etc.,
où, là, clairement, vous voyez une problématique à ce qu'une éducatrice porte
le... porte le voile, par exemple. Ici, quelle est... quelle est la problématique?
Exprimez-la. Parce que, oui, je comprends que ce sont des personnes qui
traitent avec des enfants, mais, tu sais, mettez-nous en contexte, là, une
situation factuelle qui pourrait poser problème dans un contexte d'intervention
auprès d'un enfant qui est sous la protection de la DPJ.
M. Roberge : Bien, c'est une
prise de position claire, je pense, depuis 2019, comme quoi les gens qui
représentent l'autorité de l'État ne devraient pas porter de symboles
religieux. Quand ces personnes... C'est une posture. C'est... Je pense, c'est
une posture de neutralité qui est importante. Lorsque, si je suis intervenant,
intervenante, je... je me présente soit dans des... la DPJ, il y en a dans
plusieurs secteurs, notamment, des fois, dans des écoles, d'autres fois...
directement dans des familles... mais lorsque je me présente, je n'arrive pas
en portant un symbole qui peut être interprété de plein de manières
différentes. Je suis M. X, Mme Y, et j'incarne la DPJ, j'incarne l'État, je
viens pour le bien de l'enfant. Puis c'est ça... Et c'est ça qu'est la posture.
Et je pense qu'elle est importante. On peut dire que c'est une position de
principe, que ce n'est pas un problème précis qu'on pourrait nommer dans une
telle situation, dans une mise en scène, mais moi, je pense que la posture est
importante.
• (12 h 50) •
Mme Setlakwe : Vous croyez
que vous avez suffisamment entendu, suffisamment consulté le milieu pour aller
de l'avant avec cette mesure, dans le cadre d'un amendement à un projet de loi qui
a été déposé il y a quelques mois et pour lequel il n'y avait pas cette
recommandation dans le rapport d'experts sur lequel vous vous êtes basé pour
déposer le projet de loi? Vous estimez aujourd'hui, là, que cet
amendement-là : J'ai suffisamment consulté, j'ai entendu le milieu, je
vais de l'avant?
M. Roberge : Oui, j'estime
que la réflexion est suffisamment mûre, au Québec, au gouvernement, pour donner
suite à cette recommandation que je trouve pertinente et en parfaite cohérence
avec l'esprit du projet de loi puis même avec la loi depuis 2019. J'ai
l'impression que si on ne le faisait pas, des gens nous diraient dans quelques
mois : Bien, voyons, vous avez oublié quelque chose, ça ne fonctionne
pas... comment justifiez-vous que ces personnes-là n'ont pas été visées? Et
honnêtement je ne sais pas comment on pourrait le justifier ou comment ma
collègue pourrait justifier qu'on avance comme on le fait puis qu'on... qu'on
exclurait de l'application ces personnes qui viennent prendre soin des enfants,
qui doivent assurer leur sécurité, leur développement, qui incarnent vraiment,
dans ce cas-ci, l'autorité de l'État. Je ne vois pas comment on pourrait
expliquer aux gens, d'autant plus qu'on en a parlé, que ça a été soulevé, qu'on
aurait dit : Non, non, on ne prend pas cette recommandation-là. Je serais
bien mal à l'aise, si on retirait cet amendement-là, d'expliquer aux gens
comment ça se fait qu'on... qu'on ne viserait pas ces personnes-là.
Mme Setlakwe : C'est
intéressant, le... le revirement de la question. Mais je pense qu'avant tout,
ce qu'il faut faire, c'est de montrer à la population qu'on a réfléchi, qu'on a
tenu compte, qu'on a consulté, surtout quand les experts... En fait... vous
parlez d'oubli, mais les experts qui ont été consultés puis qui ont... qui ont
déposé un rapport semblent avoir oublié, eux aussi. Moi, ce que je poserais
concrètement comme question, si vous nous parlez des consultations puis que ça
a été soulevé, on a aussi entendu, dans les consultations, des personnes qui
oeuvrent au milieu... dans le milieu de la petite enfance, qui sont venues
dire...
Mme Setlakwe : ...pour
justifier l'interdiction de porter le voile, qui sont venus nous dire, on était
bien à l'écoute, que, dans les interactions avec un enfant, c'est malaisant, et
ça... oui, ça crée un malaise quand l'enfant demande à l'éducatrice :
Pourquoi tu portes le voile? Et on a entendu que les éducatrices... certaines
éducatrices sont mal à l'aise de répondre à cette question-là parce que ça implique,
forcément, de parler de religion. D'autres ont dit complètement le contraire,
que c'est très facile d'esquiver ou... Tu sais, des jeunes enfants qui sont en
milieu de garde sont là pour apprendre par le jeu, etc., là. Moi, je ne suis
pas... je ne suis pas une experte du milieu, mais c'est très facile de répondre
simplement à la question, que la problématique n'est pas forcément réelle.
On a entendu les... on a entendu les
deux... les deux côtés, ou différentes versions, mais moi, ce que j'ai retenu,
c'est que c'est... c'est très facile de dire : Bien, parce que c'est mon
choix de le porter. Puis... un enfant peut poser des questions sur un paquet de
sujets, là, sur la couleur du vernis à ongles, sur le... la couleur des
cheveux, je ne pourrais même pas fournir une liste exhaustive, là... pourquoi
une boucle d'oreille, deux boucles d'oreille, etc., puis c'est très facile de
répondre puis de passer à autre chose, puis, si on revient au voile, ce n'est
pas nécessaire d'ouvrir la porte sur la religion. Mais ça, au moins, on a eu un
son de cloche du milieu, on a entendu deux... deux façons de faire, deux façons
de voir les choses.
Dans le milieu de la DPJ, parce que c'est
de ça dont il s'agit, là, là, on a des enfants, des familles, c'est un contexte
tout autre, là, des enfants vulnérables, des enfants qui font face à des
situations de négligence, de danger, de... On manque à... il y a un manque au
niveau de rencontrer leurs besoins de base, donc, je pense qu'on se comprend
tous. Et ce qu'ils ont besoin, là, du gouvernement, ce qu'ils ont besoin là, de
notre société, dont on est fiers, c'est de... c'est d'avoir les bonnes
personnes, au bon moment, pour intervenir puis pour, justement, renverser la
situation pour... pour ces enfants-là.
Alors, en quoi est-ce que le port du voile
est un... est un facteur, là, qui peut venir affecter cette prestation de
services, tu sais? Là, c'est un contexte autre, là, il va falloir qu'on nous
l'explique là, en quoi le voile est un élément... Bien, je parle du voile parce
que c'est... c'est un exemple concret.
M. Roberge : Bien oui, c'est
ça. Là...
Mme Setlakwe : Mais... mais...
ou un autre signe. En quoi est-ce que ça... en quoi est-ce que c'est un facteur
dont... c'est un élément dont il faut vraiment tenir compte? Expliquez-nous la
problématique. Puis, encore une fois, je pense que c'est un manque de ne pas
entendre des intervenants du milieu, de ne pas entendre les experts dans le
milieu, là, venir se prononcer là-dessus. C'est tellement... c'est tellement
sensible, c'est tellement crucial, ça vient toucher quelque chose de tellement
important, on ne veut pas en échapper. Alors là, c'est... le fardeau est sur
vous, M. le ministre, avec tout respect, là, de faire comprendre aux Québécois,
pas juste nous, à l'opposition, là, mais de faire comprendre à tout le monde
pourquoi c'est un facteur qu'il faut prendre en compte.
M. Roberge : Bien, c'est sûr
que, si ma collègue... puis, au Parti libéral, si on est en désaccord avec le
principe que les personnes en autorité ne doivent pas porter de symboles
religieux, bien...
Mme Setlakwe : Ce n'est pas
ça qu'on a dit.
M. Roberge : ...on va
questionner longtemps le fait d'appliquer ce principe-là...
Mme Setlakwe : Ce n'est pas ça
que j'ai dit.
M. Roberge : ...à des
intervenants de la DPJ, c'est sûr. Mais, si on accepte le principe que des gens
qui incarnent l'autorité de l'État ne doivent pas porter de symboles religieux,
comme c'est accepté par une majorité de Québécois, bien, ça tombe sous le sens
que les intervenants et intervenantes de la DPJ, lorsqu'ils arrivent dans un
milieu fragile, avec des enfants vulnérables ou des ados, là, bien, doivent
afficher une neutralité. Lorsqu'on porte un symbole religieux, ce n'est pas
juste un morceau de tissu. Ça veut dire quelque chose, c'est porteur de sens
dans le regard de la personne. Et donc c'est... on ne peut pas porter un
symbole religieux et dire qu'on incarne l'autorité de l'État avec neutralité.
La neutralité ne fonctionne pas. Donc, je pense que c'est nécessaire...
Évidemment, il faut accepter le principe,
sinon, on ne peut pas se rendre à une compréhension commune. Si on accepte le
principe que la neutralité de l'État, c'est important, si on accepte le
principe que les gens qui incarnent l'autorité de l'État ne doivent pas porter
de symboles religieux, bien, à ce moment-là, facilement, on va dire :
Bien, très bien, dans cette lignée-là, dans cette cohérence-là, les
intervenants de la DPJ ne doivent pas le porter. C'est sûr que là, il faut être
d'accord là-dessus. Si on n'est...
M. Roberge : ...pas
d'accord là-dessus, c'est sûr qu'on ne trouvera pas un terrain d'entente pour
justifier l'interdiction de port de symboles religieux pour les intervenants à
la DPJ. Là, c'est sûr.
Mme Setlakwe : Oui,
bien, clairement, ce débat va se poursuivre dans notre session de cet
après-midi, mais je pense qu'il est très important, Mme la Présidente, de
réfuter ce que je viens d'entendre de la part du ministre. J'ai bien entendu
«ma collègue au Parti libéral du Québec ne voit pas l'importance d'interdire le
port de signes religieux chez les personnes en autorité». C'est faux. Bon.
C'est faux. Non, le Parti libéral est en faveur de la laïcité et de ses
principes. Ça a été dit et redit. On aura l'occasion de poursuivre le débat,
parce qu'il y a une différence entre un juge, un agent de prison, un policier,
une policière, et là tout ce qu'on est en train de discuter aujourd'hui, Mme la
Présidente. Donc, j'attends toujours une explication sur le fond.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Écoutez, sur cette discussion, je vais devoir suspendre
jusqu'à 14 heures, mais je vous souhaite un bon dîner à tous et on se
revoit dans cette salle-ci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Haut de la page
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 02)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre s'il vous plaît! La Commission des relations avec
les citoyens reprend ses travaux. Donc, nous poursuivons... s'il vous plaît, à
l'ordre. Merci beaucoup, chers collègues. La commission poursuit l'étude
détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de... la laïcité au Québec. Donc, avant notre dîner,
notre pause, nous en étions sur l'amendement. Par contre, je pense qu'il y a
quelques petites discussions hors micro qui veulent se faire, alors, avec votre
consentement... consentement, je vais suspendre quelques instants.
Des voix
: Consentement.
(Suspension de la séance à 14 h 03)
Haut de la page
14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 11)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de suspendre, nous en étions à l'étude de l'amendement
à l'article 20. M. le ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. Après discussion avec les collègues, on veut faire des
vérifications, puis ça va peut-être nous permettre de procéder plus rapidement
après les vérifications. Ça nourrira les discussions. Donc, on pourrait
suspendre 20 et 15, puisque 15 et 20 sont interreliés d'une certaine manière,
donc, si tout le monde est d'accord, puis on reprendrait donc à 16.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Donc... consentement pour suspendre l'article 15?
Je...
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Vous avez une question?
M. Zanetti : ...ce serait...
une suspension jusqu'à minimum mardi prochain? Dans le fond, on ne désuspend
pas dans 15 minutes, là. On suspendrait pour au moins la journée d'aujourd'hui?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien, s'il y a des vérifications à faire... J'imagine qu'on
avance le projet pour le reste des amendements. Lorsque les vérifications
seront faites, on reviendra en temps et lieu. C'est ce que je comprends?
M. Roberge : Bien, moi, je
veux juste préciser. On suspens jusqu'à ce qu'on ait vu les autres amendements
et les autres articles. Si on se rend d'ici à 4 h 30, on pourra en
reparler quand même. Je ne suis pas certain qu'on va se rendre. Moi, je dirais :
On suspend jusqu'à ce qu'on ait vu tous les autres. On verra rendu là.
M. Zanetti : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...lorsqu'on sera rendu là, il y aura des discussions.
M. Zanetti : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, consentement, je répète, consentement pour
suspendre... l'article 20?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. On revient donc à 15. Donc, je vois qu'il y a
un consentement aussi pour suspendre à nouveau l'article 15?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. On passe à l'article 16. M. le ministre.
M. Roberge : Très bien. Il y
aura un amendement. 16. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 31,
du suivant :
«31.1. Est permise la pratique religieuse
dans un immeuble dont une institution ou un organisme visé à l'article trois est
propriétaire et qui était utilisé de manière prédominante à des fins de
pratique religieuse avant le transfert de propriété. Si cette pratique fait l'objet
d'une...
M. Roberge : ...entente entre
l'institution et l'organisme ou l'organisme et le vendeur de l'immeuble conclue
avant le (indiquez ici la date de présentation du projet de loi), et ce, tant
que cette entente demeure en vigueur sans avoir fait l'objet d'une
modification.»
Commentaires explicatifs : Cet
article prévoit un droit acquis autorisant une pratique religieuse dans un
immeuble malgré l'interdiction prévue à l'article 10.1 de la
Loi sur la
laïcité de l'État, proposé par l'article 9 du projet de loi. Il autorise
une pratique religieuse dans un immeuble dont une institution ou un organisme
est propriétaire et qui était utilisé de manière prédominante à des fins de
pratique religieuse avant le transfert de propriété si cette transaction a fait
l'objet d'une entente conclue avant le 27 novembre 2025. Cette
disposition vise principalement à permettre la pratique religieuse dans une
église qui a été cédée à une municipalité par une corporation religieuse sous
certaines conditions, notamment la possibilité d'y tenir des rituels religieux.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Vous avez également déposé un amendement à l'article 16. Nous allons
le projeter. C'est une vieille expression, «projeter», je m'excuse. Il est à
l'écran, alors je vais vous demander d'en faire la lecture, M. le ministre.
M. Roberge : Très bien.
Article 16 : «Insérer, après l'article 31.1 de la
Loi sur la
laïcité de l'État (chapitre L-0.3), proposé par l'article 16 du
projet de loi, l'article suivant :
«31.2. Est permise la pratique religieuse
dans les immeubles suivants : 1° la chapelle Loyola, située sur le
territoire de l'Université Concordia; 2° la chapelle Marie-Guyard, située
sur le territoire de l'Université Laval;
3° la Birks Heritage Chapel, située sur le
territoire de l'Université McGill; 4° la St. Mark Chapel, située sur le territoire
de la Bishop's University.» Commentaires explicatifs : Cet
amendement vise à prévoir un droit acquis permettant la pratique religieuse au
sein des immeubles qui y sont énumérés. Dans les deux cas, là, le 31.1 et le
31.2 sont, d'une certaine manière des exemptions aux règles générales qui
disent qu'il n'y a pas de pratique religieuse dans des immeubles sous
l'autorité de l'État ou des organismes associés.
Puis là, bien, l'amendement ici précise
quatre chapelles qui sont sur des campus de quatre universités différentes. Ils
ont une espèce de droit acquis dans ces endroits-là parce que ce n'est pas des
locaux qui ont été convertis au cours des dernières années, comme ça, là, qu'on
a convertis, un local de classe ou un local d'association étudiante, en local
de prière, c'est des bâtiments qui ont été érigés en tant que lieux de culte
dès le départ.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, on va discuter de l'amendement. Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, bien, très
rapidement, en fait. Bien, merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends que la
conversation actuelle est circonscrise, donc, à l'amendement. Est-ce que...
est-ce qu'en fait il y a des... des chapelles, parce que c'est ce dont il est
question, là, ou d'autres lieux, disons, donc, de culte érigés qui sont
analogues à des chapelles, qui sont sur les territoires d'autres universités ou
institutions, qui ne sont pas compris dans cet amendement?
M. Roberge : Non, on a
communiqué avec l'enseignement supérieur, et ce sont les quatre exemples de
chapelles où, quand on... ça ressemble à des chapelles, des églises qui ont...
Ils s'adonnent à être sur des sites de campus, mais, en réalité, ce sont des
lieux de culte à part entière qui ont été érigés comme tels.
Mme Cadet : Je comprends.
C'est juste qu'ils sont sur l'immeuble, là, donc... On parlait de l'immeuble au
sens de l'article 900 du Code civil du Québec. Donc, c'est ce qui est
prévu ici, donc, à cet article-ci. Et donc ce sont des lieux de culte qui sont
ouverts, donc, au grand public. C'est juste qu'ils sont sur l'immeuble de ces
universités. C'est ce que vous me précisez.
M. Roberge : C'est ça.
Mme Cadet : OK.
M. Roberge : Donc, on ne
voudrait pas empêcher ces bâtiments-là de jouer le rôle qu'ils jouent depuis
des décennies.
Mme Cadet : Je comprends. Et
ce ne serait pas compris à l'exception qui a été prévu à l'article six du
projet de loi, si je ne m'abuse, là, qui ne comportait... qui ne portait que sur
les lieux loués, là. Je comprends que, là, on était dans le visage couvert, là,
mais ça reste que, bon, c'est des lieux de culte. Pour ce qui est, donc, de
cette exception-là, donc, on... dont on a déjà parlé, on était vraiment dans la
location, alors qu'ici ces chapelles-là ne sont pas louées, là, par
l'université, ils sont... ils appartiennent à l'université, et donc on y
permet, donc, la pratique du culte. C'est ça?
M. Roberge : Là, je ne
m'aventurerai pas sur le droit de propriété, là. On ne peut pas être certain à
100 %, mais ce sont les lieux de culte qui ont été bâtis comme tel et qui
sont utilisés comme tel depuis des décennies.
Mme Cadet : Je comprends. Ce
sont les seuls. Il y a... Il n'y a pas d'autres qui sont exclus de cette exception-ci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement?
Mme Setlakwe : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pas sur l'amendement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...amendement. Alors, on revient... Non. S'il n'y a pas
d'intervention, effectivement, on va... est-ce qu'on adopte l'amendement?
Est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On revient à l'article 16 qui introduit le
31.1.
M. Roberge : ...on est
encore sur des lieux de culte, on pense à des églises, là, mais ça pourrait
être autre chose. Mais je pense que c'est pas mal des églises dont on parle
ici. On en avait parlé brièvement de ce sujet-là, on l'avait effleuré dans le
cadre d'un autre article, quand c'est des municipalités qui acquièrent des
églises. Mais là, ici, on précise que, quand les transactions ont été faites
avant le dépôt du projet de loi, il peut y avoir eu des contrats, des ententes
préalables, puis ce qu'on dit, c'est qu'on ne vient pas déchirer les ententes
qui ont déjà été signées. Donc, ce qui est là, en ce moment, les contrats, les
ententes entre les municipalités et les congrégations qui ont permis de céder
ces bâtiments-là demeurent en vigueur. C'est ce qu'on précise.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Commentaires, question? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci.
Peut-être juste, M. le ministre, nous expliquer, là, qu'est-ce qu'on est en
train de vouloir faire ici? On comprend qu'il y a des églises, là, dans toutes
les villes et villages au Québec, évidemment, et qu'il y a un certain déclin,
là, de la pratique par la communauté catholique, notamment, mais donc, il y a
des municipalités qui se sont portées acquéreurs d'églises, et il se peut qu'il
y ait un genre, moi, c'est ce que je comprends... Mais j'aimerais que vous
expliquiez l'objectif, là. L'églis