CAT — 17 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2017-11-17

Quebec — Committees

CAT — 17 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2017-11-17

Quebec — Committees

Sur ce, M. le député

de René-Lévesque, vous avez la parole pour les 10 prochaines minutes.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour de vous saluer, M. le

ministre, collègues de la deuxième

opposition, mon équipe, et surtout les citoyens et citoyennes qui nous

regardent présentement, en ce moment, de l'Abitibi-Témiscamingue.

Aujourd'hui,

M. le Président, nous interpellons le ministre responsable de la région de

l'Abitibi-Témiscamingue à la demande

des gens de l'Abitibi, mais surtout suite à la tournée de notre chef et de

l'équipe du Parti québécois dans la région,

qui s'est passée la semaine dernière. Des citoyens sentent, M. le Président,

que le ministre ne les entend pas, des citoyens qui sentent que le

ministre ne comprend pas leur situation et les enjeux qui les préoccupent, des

citoyens qui croient que le ministre ne fait

pas avancer leurs dossiers comme il le devrait, des citoyens qui croient que le

ministre a oublié qu'il était député

de Rouyn-Noranda et pas seulement ministre régional, des citoyens qui se

demandent pourquoi le ministre ne les consulte pas avant de prendre des

décisions.

En mars dernier, M.

le Président, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de

Rouyn-Noranda, dans l'édition La Frontière ,

nous disait que le torchon brûle. Les gens d'affaires perdent confiance en

Luc Blanchette , et je le cite : «M. Blanchette joue

beaucoup son rôle...» Oui?

Le Président

(M. Auger) : ...M. le ministre.

M. Ouellet :

M. le ministre, pardon. Bien, je faisais une citation. «M. [le ministre] joue

beaucoup son rôle de ministre, mais il ne

joue pas beaucoup son rôle de député. Avant tout, il est député de la région,

il a donc le mandat de faire avancer

les dossiers de celle-ci. C'est bien beau, le discours gouvernemental, mais ses

électeurs, c'est ici qu'ils vivent», M. le Président.

Nous

nous serions attendus à ce qu'une déclaration venant du groupe communautaire ou

des syndicats, mais c'est un député

libéral qui se fait ouvertement critiquer par un président de chambre de

commerce. À ma connaissance, M. le Président, c'est du jamais-vu. Du

même souffle, le président de la chambre de commerce mentionne : «Force

est de constater que le gouvernement libéral

n'est pas un gouvernement prorégion.» Ce constat, M. le Président, c'est

l'ensemble des régions du Québec qui

le font. Mais ce cri du coeur des acteurs de l'Abitibi représente bien l'échec

du gouvernement dans sa relation avec

les régions. Durant cette interpellation, M. le Président, nous allons examiner

pourquoi un président de Chambre de commerce peut être dans un tel état

d'esprit par rapport au ministre.

Parlons

un peu d'emploi, M. le Président. En 2004, le gouvernement libéral a imposé une

austérité nocive aux régions du

Québec. En a découlé une vague sans précédent de centralisation de nos services

publics et une désorganisation à

grande échelle du développement régional. De plus, le gouvernement a réduit

significativement les budgets dans les organismes

chargés d'attirer les jeunes en région. Et, durant cette période d'austérité,

les jeunes ont quitté les régions pour aller s'établir ailleurs.

Aujourd'hui, M. le Président, la

main-d'oeuvre est une denrée rare en Abitibi, et il est difficile de renverser

cette tendance. Le flux migratoire est

toujours négatif pour la région, même si l'économie se porte un peu mieux. À

titre d'exemple, M. le Président, il

y a même un restaurant à Val-d'Or qui a dû être fermé temporairement pour cause

de manque de main-d'oeuvre. Il y a

environ 80 jeunes qui quittent le territoire chaque année pour étudier

ailleurs et qui ne sont pas remplacés.

Mais, de la part du gouvernement, les solutions sont absentes. On semble

incapable de proposer des solutions innovantes

pour inciter les gens à venir s'installer dans la région. Selon Perspectives

emploi horizon 2019, la région aura 13 500 postes

à pourvoir en 2019, M. le Président. 13 000, c'est quasiment la moitié de

ma ville centre dans René-Lévesque. Pour

l'instant, c'est l'entreprise privée qui tente de trouver des solutions. Or,

cette solution globale pilotée par le gouvernement dans les régions n'existe pas. Où sont les gestes

concrets? Quelles sont les propositions du gouvernement? Où sont les leviers pour attirer les jeunes en région? M. le

Président, on ne les a trouvés nulle part, et j'espère aujourd'hui en avoir

un peu plus de la part du ministre.

santé, autre constat, M. le Président. Il ne faut pas penser qu'il y a

seulement les acteurs économiques qui ont critiqué le ministre dans la dernière année, le monde de la santé s'est

aussi mobilisé dans la dernière année pour envoyer un message clair au

gouvernement, un message que vraisemblablement le ministre régional n'a pas été

capable de transmettre lui-même les besoins

à son homologue de la santé. Le modèle Barrette a été très néfaste... pardon,

le modèle du ministre de la Santé a

été très néfaste pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue. On se rend compte

que la centralisation et la

rationalisation des services publics ont désorganisé le réseau de la santé. Les

régions sont les premières touchées par sa réforme, et

l'Abitibi-Témiscamingue ne fait pas exception.

Récemment, M. le

Président, une coalition réunissant 27 organismes ayant comme objectif premier

de faire reculer le gouvernement libéral sur

les compressions en santé a vu le jour. Je ne peux m'empêcher, M. le ministre,

de vous citer votre réponse. La coalition contre les compressions, le

ministre a dit : «Je n'ai pas vu grand libéraux là.» Quand j'ai lu ça, M. le Président, j'ai soudainement

compris pourquoi le ministre était autant contesté dans sa région. S'il y a des

gens qui ne pensent pas comme lui dans la

salle, leurs arguments ne sont pas valides. Il n'y a pas de libéraux dans la

salle, le cri du coeur qu'envoient

ces 27 organisations du domaine de la santé est un «buildup» politique. Il

faudrait peut-être rappeler au

ministre responsable de la région de l'Abitibi que les usagers du service de

santé ne doivent pas être catégorisés

en couleurs politiques et que c'est pour

leur protection que la coalition a vu le jour. Durant l'interpellation, nous

allons voir quels dossiers le ministre a manqué à sa tâche de

représenter les intérêts des citoyens qu'il représente.

Parlons un peu de

faune, M. le Président. On pourrait croire que le ministre a eu de la

difficulté à remplir ses obligations de ministre

régional de l'Abitibi parce qu'il est, en même temps, ministre de la Faune, des Forêts et des Parcs,

mais ce serait une erreur. Depuis qu'il est en charge de ce ministère, on

assiste à une multiplication des dossiers qui traînent

et des décisions prises sans consulter. En ce qui a trait à la faune, quelques

dossiers en Abitibi ont démontré que le ministre était allergique à la

consultation et préférait prendre ses décisions seul : protection du

caribou, poissons appâts, agents de la faune, distribution des

augmentations des permis de chasse et de pêche, M. le Président, j'en passe.

Nous aurions un bloc

aussi sur le développement régional. Le bilan du gouvernement libéral en

matière de développement régional est

désastreux, et les conséquences se font sentir sur le terrain. Pour commencer,

au minimum 4,4 millions ont été

coupés dans le programme de développement économique de la région, abolition des

instances de concertation régionale

dans une région où la concertation était bénéfique et positive. Bref, M. le

Président, en développement économique régional, les projets manquent à

voir le jour.

Donc, on est ici

aujourd'hui, M. le Président, pour obtenir des réponses de la part du ministre

régional. On est ici parce que les citoyens,

citoyennes veulent rêver d'un avenir meilleur. Et présentement, M. le

Président, c'est sombre en Abitibi.

Et pourquoi je dis que c'est sombre en Abitibi-Témiscamingue? C'est que tous

les indicateurs pointent vers une relance

du développement économique. On a rencontré, dans le cadre de notre tournée,

plusieurs entreprises, et un entrepreneur

en question dans le domaine de la forêt nous expliquait qu'il est obligé de fonctionner

sur une seule ligne de sciage. Il a

les installations, il a les infrastructures, il a les équipements, il veut

profiter du boom qu'on vit présentement dans le domaine du bois d'oeuvre. Quand je dis boom, là, c'est que, malgré le fait que les Américains

nous ont imposé des droits antidumping, malgré le fait que les

Américains nous ont imposé des droits compensateurs, le marché de la

construction du bois d'oeuvre est bon pour les États-Unis, puis on a toujours

compris que les États-Unis n'étaient pas capables

de se satisfaire uniquement par leur

marché intérieur, ça prenait le bois du Québec. Donc, malgré tout ça, malgré

le fait qu'on vend du bois sur les marchés

américains avec une surtaxe et que, dans le fond, les Américains paient cette

taxe-là par les consommateurs, bien, j'ai des entreprises en

Abitibi-Témiscamingue, M. le Président, qui ne sont pas capables de profiter de ce boom-là parce qu'ils ont totalement besoin de

main-d'oeuvre et ils ont besoin d'un plan global pour réaliser et faire

face à cet enjeu-là.

Et je sais que ce

n'est pas l'objet du gouvernement d'être l'agent de développement économique,

ce n'est pas lui qui est aux commandes, mais

c'est lui, le gouvernement — et le ministre régional responsable — qui doit mettre les conditions qui

favorisent l'attraction de la main-d'oeuvre, qui favorisent sa rétention et qui

donnent les moyens aux entreprises, M. le

Président, d'obtenir ce qu'ils ont besoin, de la main-d'oeuvre qualifiée, de la

main-d'oeuvre disponible et de la main-d'oeuvre qui veuille rester et

demeurer en Abitibi-Témiscamingue.

Donc,

M. le Président, ces enjeux-là, ils sont importants. On va avoir deux heures

pour en parler. Mais, juste avant de

terminer, j'ai fait une courte revue des médias dernièrement, depuis cinq mois,

et je vais juste vous citer c'est quoi qui se passe en Abitibi et qu'est-ce que les gens ont besoin. Le

13 juin, Radio-Canada nous dit : La Conférence des préfets

questionne les objectifs du nouveau Fonds d'aide au rayonnement des régions .

Le mardi 20 juin, dans La Frontière : Un seul

accélérateur à Rouyn . Le dimanche 27 août, Radio-Canada : Une

femme accouche devant la porte barrée de l'hôpital . Le vendredi 29 septembre,

Radio-Canada : Seule l'Abitibi reçoit moins de financement culturel

cette année . Le jeudi 5 octobre, Radio-Canada encore : La

naissance d'une coalition de 27 organismes pour contrer les coupes en

santé . Le 19 octobre, Radio-Canada encore : Déficit de 10 à

15 millions au CISSS-AT à prévoir .

Voilà,

M. le Président, un échantillon juste des cinq derniers mois. Alors, M. le

Président, j'imagine que le ministre a hâte que le mandat se termine,

parce que, sur ces questions-là, on attend des réponses et, malheureusement, on

ne les obtient pas.

Alors,

aujourd'hui, M. le Président, je m'adresse au ministre. Il nous reste un an

avant l'élection. Je pense que les

gens de l'Abitibi-Témiscamingue n'ont pas besoin de promesses électorales, ont

besoin de véritables engagements. M. le

ministre, vous avez deux heures aujourd'hui pour nous convaincre que, dans la

dernière année qui reste, vous allez adresser

les problématiques au Conseil des ministres, vous allez arriver avec des

solutions tangibles pour les citoyens, vous

allez arriver avec un plan pour la main-d'oeuvre, vous allez arriver avec des

situations qui vont permettre au milieu de la faune de réussir à

profiter d'une meilleure écoute, vous allez arriver avec des solutions qui vont

permettre du développement économique

régional. Bref, M. le Président — M. le Président, je m'adresse au

ministre — ce

matin, là, j'ai l'occasion de lui déposer un plan d'action avec différents

points prêts à être travaillés avec les acteurs de la région. Je

m'attends à une main tendue ce matin et je m'attends surtout à des actions

concrètes pour les gens de l'Abitibi-Témiscamingue. Merci beaucoup, M. le

Président.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de René-Lévesque.

Également pour 10 minutes, M. le ministre.

M. Blanchette : Merci, M. le Président. D'abord, permettez-moi de

saluer mon collègue de René-Lévesque, ainsi que le personnel qui l'accompagne, et de même que mon collègue

d'Arthabaska, son personnel également. C'est intéressant, on est, tout

le monde, en tout cas pour ma part, dans une première interpellation.

Je tiens à

mentionner aussi la présence de Line Drouin, je commence par elle parce qu'elle

était sous-ministre associée en mines du temps que j'étais ministre

délégué aux Mines, donc, maintenant, elle est sous-ministre en

titre — donc elle me suit ou on se suit, je ne sais

pas trop, mais essentiellement je suis très content parce qu'ensemble on

a réussi à relever un défi important, celui

de la relance dans l'industrie minière — de même que mon personnel du cabinet,

bien sûr, et mes collègues de l'Assemblée

nationale, le député d'Ungava, le député de Papineau. Bien content d'être là,

de vous retrouver à m'accompagner là-dedans.

Écoutez,

je comprends que nous sommes ici pour parler de la présence du gouvernement en

Abitibi-Témiscamingue. On va

reprendre chacun des points, ça va me faire plaisir de les aborder, mais

permettez-moi d'abord de prendre un instant pour parler de moi-même. Ça ne sera pas long, mais juste camper les

choses. Je suis ministre responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue

depuis le 23 avril 2014 et j'en suis extrêmement fier. Depuis la première

minute jusqu'à la dernière minute, je

travaillerai pour ma région. Et, pour faire une suite à ce que vous avez

souhaité, bien, j'espère, bien sûr — j'ai annoncé ma candidature à l'investiture

et je l'ai gagnée — être

effectivement candidat aux prochaines élections et être ici pour un

autre quatre ans, éventuellement, mais ça, c'est la population qui en décidera.

L'Abitibi-Témiscamingue,

moi, ça fait 32 ans que je l'habite. Avant même de me lancer en politique,

j'ai visité les 17 régions du

Québec, dont la vôtre, sur la Côte-Nord, très belle région, soit dit en

passant, mais c'est véritablement dans

ma région qu'on a fait le choix, ma conjointe et moi, et cette région-là, je

l'ai à coeur. Ce qui m'a attiré, c'est beaucoup la dimension «friendly». Tout

le monde se tutoie en région, et j'en suis très fier, et tout le monde se

parle, parle franchement, parle

durement, mais parle de façon très honnête et avec le coeur, et c'est mon

intention. J'ai choisi cette région-là parce que c'était une terre d'opportunités. Quand je suis entré en

Abitibi-Témiscamingue, j'avais à peine 25 ans, et depuis ce temps-là j'y suis. Donc, si on fait un calcul

rapide, j'en ai 57 aujourd'hui... À mon actif, avec ma conjointe, bien sûr, de

tous les jours qui m'accompagne, j'ai un Témiscamien, une Abitibienne et un

Abitibien, j'ai trois enfants, dans le fond, et qui couvrent la région.

Juste une petite nuance, et je vous demanderais

d'être très respectueux, parce que c'est dans ma région de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, on ne parle pas juste de l'Abitibi,

on parle toujours de l'Abitibi-Témiscamingue. Le Témiscamingue fait

partie de cette belle grande région que je représente

à l'Assemblée nationale. L'Abitibi-Témiscamingue, c'est la rencontre entre des paysages qui sont

époustouflants et le caractère humain de la chose. Les gens, ils sont

chaleureux, ils sont accueillants. On

y retrouve une nature dans toute sa beauté et toute sa majestuosité et où la

qualité de vie est une fierté régionale sans pareille.

Pour ces

raisons, j'ai décidé, il y a plus d'une trentaine d'années, d'y élever ma

famille et j'ai décidé, voilà quatre ans, de relever des défis pour faire avancer cette région. Je reviendrai plus

tard sur la santé et services sociaux, puisque c'est un peu par là que j'ai été invité à représenter, à

faire un peu plus de politique, puisque j'ai été dix ans à la tête du Centre

de santé et de services sociaux de

Rouyn-Noranda et j'ai représenté l'Abitibi-Témiscamingue à l'Association

québécoise des établissements de santé et de services sociaux. Et,

lorsque j'étais trésorier à l'exécutif de cette association-là, c'est là qu'on m'a demandé : Me

permettriez-vous de vous donner votre cellulaire au premier ministre — à l'époque, il n'était pas premier ministre, il était chef de

parti — il

cherche un candidat pour Rouyn-Noranda, ce que j'ai accepté avec plaisir. Bon, l'échange que j'ai avec le premier

ministre, chef de parti à l'époque, a duré 45 minutes. Avec ma conjointe,

j'avoue que ça a duré trois mois de la

convaincre de me lancer en politique parce qu'elle connaissait très, très bien

le contexte politique. D'ailleurs, si

je reprends les propos de mon collègue d'Abitibi-Ouest, et je vais être très

gentil, il trouvait ma conjointe très

charmante, et essentiellement c'est une des raisons pour lesquelles on est

toujours ensemble, avec ma conjointe.

Au quotidien,

j'ai la chance d'être accompagné de plusieurs personnes qui m'épaulent dans ma

tâche. J'ai mis une permanence à Ville-Marie, j'ai trois personnes qui

travaillent pour moi également à Rouyn-Noranda et tout un cabinet à Québec, bien sûr. Il est tout à fait faux de dire que je préfère ma

tâche de ministre. Il faut faire les deux. C'est des

responsabilités supplémentaires qu'on a, mais on est toujours — et je

pense que les collègues de l'opposition et de la deuxième opposition vont être

d'accord avec moi — d'abord

et avant tout député de circonscription, et ça, c'est vraiment important. Je

travaille bien avec mon collègue d'Abitibi-Est, qui est malheureusement à

l'extérieur, parce qu'il ne pouvait pas être

là, il est en mission en Nouvelle-Écosse, je crois, mais essentiellement il

aurait bien aimé être ici. On a voulu faire déplacer cette rencontre-là,

mais essentiellement ça n'a pas été possible.

Par ailleurs, comme député, je me suis assuré

d'avoir des visites de mes collègues qui croient dans l'Abitibi-Témiscamingue et qui m'ont soutenu. Et là je fais

juste vous donner en vrac très rapidement la série : les ministres des

Finances, des Transports, de la Santé, des

Aînés, de l'Environnement, de l'Économie, du MFFP — et je ne parle pas de moi, mais de mon prédécesseur — ministères de l'Énergie, Ressources

naturelles, du Tourisme, des Affaires municipales, de la Culture et des Communications, et de

l'Enseignement supérieur et de l'Éducation, et des PME et de la

Déréglementation. Toutes ces

personnes-là sont passées, la plupart, justement, par la Chambre de commerce.

Et je salue, effectivement, le président de Chambre de commerce.

Il faut dire

que la revue de presse, c'était avant qu'on annonce l'aérogare. Maintenant, je

serais bien curieux de l'entendre,

puis je vous invite à le consulter, sur mon travail. L'aérogare, c'est un

projet structurant qui était pour l'Abitibi-Témiscamingue

qu'on a bien livré. Et je vous donnerais deux citations. Il y en a une qui

vient du ministre des Finances, qui

disait que le Québec, sans l'Abitibi-Témiscamingue, serait moins riche. Et une

autre, toujours du même auteur, le ministre des Finances, qui dit :

On a dit ce qu'on va faire et on fait ce qu'on a dit.

On a...

pas nous, mais l'opposition nous définit souvent en parlant d'austérité. Je

vous ferai remarquer que l'austérité, ça

a été une période de rigueur budgétaire. Je pense que — puis, comme économiste de formation — l'austérité, c'est vraiment ce qui se

passe, essentiellement, en Grèce, où que les taux de chômage sont de l'ordre de

30 %, les niveaux d'endettement, de

façon vraiment importante, très, très élevés et une population très inquiète

qui se font même couper dans leur programme de pension, etc. On n'en est

pas là au Québec, heureusement.

Une des

raisons pour lesquelles je me suis fait élire à la dernière occasion, c'est

qu'il y avait une prédécesseure, et j'ai

nommé la députée de Vachon, qui a fait fuir les investissements. Lorsque je

faisais des représentations au PDAC ou Prospecters & Developers

Association of Canada, les gens parlaient beaucoup de «refresh in English» puis

rafraîchissant en français, comme de

quoi que, depuis qu'on était là, c'était une meilleure place, une meilleure

attractivité pour faire des

investissements. On est passé du 21e rang, suite aux interventions du

Parti québécois, à un sixième suite à nos interventions. Et ce travail-là,

j'ai eu le plaisir de le faire avec la collègue sous-ministre associée, à

l'époque.

On est le

gouvernement des investissements. Et la situation dans laquelle on est en train

de vivre une situation de

quasi-plein-emploi, puisque, oui, on a passé... on a oscillé, 4,4 % de

chômage, 4,7 %, 5,1 %, 5,5 %, on est dans ces eaux-là. Nous sommes la meilleure région

périphérique en matière de performance sur le plan économique, en matière

d'investissement et d'emploi. Par ailleurs,

et je suis tout à fait confortable avec la position que mon collègue donne, le

principal enjeu est effectivement un enjeu

de pénurie de main-d'oeuvre, pénurie de compétences. On a fait allusion au

McDonald's de Val-d'Or qui a fermé en raison

des emplois non qualifiés qui manquaient là-bas, c'est tout à fait fondé.

Maintenant, on est proche de nos

entreprises, mais je peux vous dire que, dans le domaine minier, qui sert de

locomotive, essentiellement, ça porte vraiment beaucoup ses fruits, et

les investissements ont toujours été à la hausse.

Donc, si on parle des problèmes de la région,

bien sûr, il y a une question d'attractivité. Les gens choisissent l'Abitibi-Témiscamingue, et nous, on n'est

pas — puis je

comprends que la problématique elle est aussi sur la Côte-Nord — sur le «fly-in/fly-out». On prend la main-d'oeuvre, l'expertise qu'on a en

Abitibi-Témiscamingue et on l'envoie, que ce soit à Radlin, à Canadian Realties, que ce soit à Gold

Corp, ou même à Matagami, ou ailleurs dans le Nord-du-Québec, et on dessert ces zones-là pour bien développer ces

mines. Et l'expertise, la compétence des gens de l'Abitibi-Témiscamingue

est bien reconnue à cet effet-là. Il doit

être conscient, mon collègue, que c'est un peu le même genre de problématique

que lui vit chez lui.

Donc, toute

la problématique d'attractivité de la main-d'oeuvre et le développement de la

main-d'oeuvre, c'est quelque chose

auquel je m'adresse. Et, honnêtement, on aura l'occasion de revenir, mais il y

a de bons dossiers qui sont en développement. Je fais juste mentionner, parce

que, si mon prédécesseur, l'ex-député

péquiste de mon comté, m'écoutait... il a rêvé d'aérogare et de voie de contournement, d'un centre hospitalier à Ville-Marie, d'une radiothérapie, moi, je suis tout en train de réaliser ça. Il a même

rêvé d'Opémican et de parc Aiguebelle en

termes d'investissements, on est en train de les réaliser.

Président (M. Auger) : Merci. Merci, M. le ministre. Nous allons

maintenant débuter la période d'échange avec une première série d'interventions.

M. le député de René-Lévesque, pour cinq minutes.

Ouellet : Merci beaucoup, M.

le Président. D'entrée de jeu, je suis un peu abasourdi que la collègue de

Vachon ait eu autant d'impact sur la chute des prix des métaux. Comme

député, honnêtement, j'aimerais avoir cet impact-là, honnêtement, pour être

capable de dire : J'ai une incidence sur les marchés. Si, effectivement,

il y a eu une crise des métaux en Abitibi, ce

n'est pas par le travail de la collègue de Vachon, mais c'est par un contexte

économique mondial, je l'ai vécu du côté de la Côte-Nord. Alors, je

pense que c'est prêter des intentions à la collègue qui sont néfastes.

M. le

Président, c'est un véritable enjeu, la main-d'oeuvre, présentement en

Abitibi-Témiscamingue. Le taux de chômage

est à 4,8 % en juillet. Je pense que toutes les régions du Québec

espéraient, M. le Président, d'avoir ce taux de chômage là très bas. Moi, chez nous, là, c'est 6,4 %, 6,8 %,

les derniers chiffres. Et d'ailleurs, hier, j'avais une manifestation de travailleurs sans

emploi qui demandent au gouvernement de l'aide. 62 % des entreprises qui

sont nées par le Mouvement de la relève d'Amos-région cherchent

quelqu'un pour pourvoir un poste. Ce problème, M. le Président, est généralisé à presque dans tous les domaines. Le ministre en a

fait mention tout à l'heure dans un restaurant de service rapide, mais il y a plusieurs restaurants de Val-d'Or qui ont

dû fermer temporairement leurs restaurants par manque de main-d'oeuvre. Il y a environ 80 jeunes qui quittent la

région chaque année pour aller étudier. Plusieurs partenaires économiques de la

région de Val-d'Or ont lancé, le

1er novembre dernier, un vaste chantier de l'emploi pour tenter de pallier

à la pénurie de main-d'oeuvre qui frappe durement la région.

Pour

la main-d'oeuvre, M. le Président, on parle d'un triple échec. Et le ministre

disait tout à l'heure : Écoutez, ce

n'est pas de l'austérité, c'est de la rigueur. Appelez ça, comme vous voulez,

vos décisions économiques que vous avez prises ont été une véritable entrave et un coup de semonce directement

pour l'avenir économique des régions. Et le constat qu'on a aujourd'hui, M. le Président, c'est la

réponse de cette décision du gouvernement. Pourquoi c'est un triple échec,

M. le Président? Un échec dans la

régionalisation de l'immigration avec les suppressions ou le rationnement des

organismes qui pouvaient attirer les

immigrants dans la région, c'est un échec de l'attraction de la main-d'oeuvre,

puisque le bilan migratoire est

négatif et c'est un échec de rétention. M. le Président, les gens sur le

terrain, là, ce qu'ils demandent, là, c'est

du leadership politique. Ils se demandent qui va nous aider à prendre ce

dossier-là entre les mains. La crise de la main-d'oeuvre ne cesse de prendre de l'ampleur, M. le Président. Cette

catastrophe est en

partie causée par l'inaction du gouvernement. Ils ont

agi, M. le Président, comme des spectateurs passifs.

L'activité économique

amène son lot de défis auxquels il faut effectivement s'attaquer. Alors, si on

n'est pas capables de fournir à nos

entreprises une main-d'oeuvre qualifiée, une main-d'oeuvre disponible, mais pas

juste dans les entreprises

manufacturières, là, ou dans le domaine des mines, ou dans le domaine de la

foresterie, mais tous les services connexes,

toutes les entreprises de deuxième, de troisième transformation et tous les

services autour, quel genre de qualité de

vie on va offrir aux Abitibiens puis aux gens du Témiscamingue? Qui sera

intéressé à venir s'installer en Abitibi pour dire : Aïe! Je n'ai pas juste un travail, j'ai une vie sociale,

j'ai un cinéma, j'ai des spectacles, je peux aller au restaurant?

C'est

ce tour global là qui doit être pris, et c'est pour ça que la Chambre de

commerce a créé, effectivement, son collectif,

pour dire : Aïe! Ensemble, on fait quoi? Ce qu'ils ont fait, M. le

Président, ils ont fermé les directions régionales du MELS et du MIDI. S'il y a bien deux

organisations qui pouvaient nous donner un coup de main dans l'attraction et la

rétention de main-d'oeuvre, c'étaient bien ces deux organisations, M. le

Président. L'autre chose, puis quand on regarde ce que les chiffres nous

disent, il y a un manque criant de logements et des résidences pour les

familles.

Alors,

quand on additionne ça, donc, j'ai les entreprises qui sont prêtes à prendre de

l'expansion, qui sont en mode augmentation

de productivité, je n'ai pas de main-d'oeuvre, je n'ai pas de services pour les

attirer puis, on va en parler tout à

l'heure dans le service de la santé, dans certains cas, j'ai des ruptures, je

n'ai même plus de services de proximité, je n'ai pas de logements. Ceux et celles qui pourraient donner un coup

de main pour faciliter l'immigration, faciliter la francisation, on ne les a plus. Bref, de quelle

façon le ministre va pouvoir regarder ce problème-là pour dire : Ça, là,

ce n'est pas de me faire élire en 2018 qui importe, ce qui m'importe,

là, pour la prochaine année, là, c'est de donner les moyens à l'Abitibi-Témiscamingue de réussir à relever le défi du manque

de main-d'oeuvre, de réussir aux entreprises d'avoir une main-d'oeuvre qualifiée, de réussir ce véritable virage que

l'Abitibi-Témiscamingue, comme toutes les autres régions ressources du

Québec, doivent faire face, une diversification de leur économie?

Alors,

ce que je veux savoir aujourd'hui, M. le Président, je tends la main, là, au

ministre, là : On peut-u discuter d'un

plan solide pour faire de l'attraction de main-d'oeuvre, de l'attraction d'immigrants,

de la rétention, d'amélioration de

services, d'accès au logement? Bref, j'attends les solutions aujourd'hui, M. le

ministre. Quel est votre plan d'action pour

faire face à cet énorme défi? Je vous le dis, 4,6 % de chômage, il y a

plusieurs régions du Québec qui aimeraient ça être à leur place, mais c'est tout un défi pour réussir à le maintenir

bas, mais c'est tout un défi aussi pour le maintenir encore en vie pour

les prochaines années.

Le Président (M.

Auger) : Merci. M. le ministre, également cinq minutes.

Blanchette : Oui, merci, cher M. le Président. Je tiens à saluer,

d'ailleurs, mes concitoyens et concitoyennes de la région qui nous écoutent et de même que les entreprises, que

j'accompagne parfois et que je soutiens totalement.

Écoutez,

dans mon ancienne vie, lorsque je ne faisais pas de politique mais que j'étais

économiste du travail pour le

gouvernement du Canada, j'ai réalisé deux études sur le vieillissement de la

main-d'oeuvre. Et d'ailleurs c'était inspiré de mon collègue Claude Arsenault, de la Côte-Nord, celui qui avait

inventé la méthode. Essentiellement, on prévoyait toute la main-d'oeuvre dans ses départs à la

retraite, avec les différents régimes de retraite qui se rattachaient à chacune

des entreprises. Essentiellement, en 2003,

j'ai sonné l'alarme sur le problème criant d'une pénurie de main-d'oeuvre,

autant sur les remplacements

d'emplois que sur la création d'emploi. Et donc j'ai été le premier, en

Abitibi-Témiscamingue, à sonner cette

alarme-là et auprès, justement, du président de la Chambre de commerce, j'ai

beaucoup insisté. On a fait une rencontre

spécifiquement là-dessus pour dire : Ce serait intéressant que les

chambres de commerce s'unissent pour parler de façon constructive de

cette pénurie et de combler les besoins.

y a différentes mesures. Ce ne sera pas une mesure, mais ce sera différentes

mesures. Je tiens à rappeler, pour le

développement minier de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or en particulier, donc la

région plus Abitibi, que les immigrants, autant de l'Europe du Sud que de l'Europe de l'Est... pas du Sud, mais

de l'Ouest et de l'Est, ont comblé énormément de besoins. Les Chaïk, Tchuk, enfin, tous les noms slaves, et on voit ça

dans l'annuaire téléphonique de l'Abitibi-Témiscamingue, c'est une richesse importante. Il y a même toutes

sortes d'infrastructures. Sur le plan culturel, ça a été très, très riche, et

on parle des années 20, 30, 40 et 50, où que l'immigration était très

ouverte.

Tout

récemment, mon collègue David Heurtel est venu en Abitibi-Témiscamingue pour

faire ses représentations. Il y a eu

une vaste consultation. Il y avait plus d'une trentaine — puis je pense que c'était une quarantaine,

pour être précis, mais le chiffre est sous réserve — d'intervenants en matière de main-d'oeuvre

qui insistaient énormément sur la chose, la fonction immigrante étant

une fonction parmi d'autres. Mais, oui, il y a du raccrochage scolaire, donc on

parle du projet de loi n° 70 de mon

collègue le ministre de l'Emploi. On parle également vraiment beaucoup de

rencontres régionales avec les

préfets, et c'est leur première préoccupation, la main-d'oeuvre, aussi. La

table des préfets, ils sont sur le sujet et, croyez-moi, ils défendent à

coeur le sujet.

J'oserais

dire aussi que la pénurie de main-d'oeuvre pourrait être comblée en

partie

aussi par des gens qui pourraient s'établir.

Or, le bilan migratoire, la situation démographique en Abitibi-Témiscamingue...

Bien sûr, on souhaiterait plus avoir un plus fort bilan migratoire, mais

essentiellement, en Abitibi-Témiscamingue, on a un taux de natalité un peu

supérieur au reste du Québec, et ça nous comble, à long terme, de besoins. Je

trouve ça vraiment important.

Ça veut dire

que, dans un contexte de vieillissement démographique... Parce que, sans

vouloir entrer trop dans les chiffres, bien, on sait que le

vieillissement, c'est une réalité. Il va peut-être falloir regarder sur comment

on peut allonger la durée de vie active pour

les gens qui le souhaiteraient, bien sûr, comment raccrocher des gens qui sont

en dehors du marché du travail sur le

marché du travail, bien sûr, comment attirer une main-d'oeuvre immigrante et

compétente aussi, avec leurs

familles. Moi-même, sur ma rue, j'ai beaucoup de Libanais. On l'appelle la

filière libanaise. C'est des gens

qu'on retrouve beaucoup en santé, beaucoup en éducation, autour de l'université

et du cégep, mais également de la commission scolaire. Et, honnêtement,

il y a énormément d'énergies qui sont mises là-dessus.

Je vous

dirais aussi, un peu pour revenir sur la députée de Vachon, écoutez, le

20e rang que le Québec occupait sous

le régime de Mme la députée de Vachon à l'époque, c'était beaucoup parce

qu'elle faisait fuir les investissements. Tout de suite après, lorsqu'elle a quitté, les investissements se sont

mis à croître. Jusque 2016 à 2017, on a été dans de très, très bonnes années et on est sur le point de

battre des records. Et, quand on dit des investissements en exploration, c'est

vraiment ce qui nous permet d'augmenter, je

dirais, le nombre de mines. On est chanceux, en Abitibi-Témiscamingue, on est dans le secteur aurifère, mais il faut aussi diversifier la chose. Je peux

comprendre mon collègue, qui, lui, est dans le fer, ça va moins bien. Ce n'est pas, effectivement, de sa faute. Mais en ce qui concerne le secteur aurifère, il y va un

peu de la responsabilité de l'ex... c'est-à-dire l'actuelle députée de Vachon, qui n'en avait pas nécessairement en faveur du développement de l'industrie minière, mais plus sur le plan environnemental. Maintenant, il s'agit de bien faire les deux, c'est

une question d'équilibre.

Le Président (M. Auger) : Merci,

M. le ministre. Juste une petite consigne — des fois, vous réussissez,

puis d'autres fois, moins bien — donc,

on ne doit pas utiliser les noms personnels, mais bien utiliser les titres,

soit députés et ministres. Donc, pour les cinq prochaines minutes, M. le

député d'Ungava.

M. Boucher : Alors, bon matin à tous. (S'exprime dans une langue autochtone). C'est un plaisir pour moi, ce matin, d'être ici dans cette interpellation au ministre de la Forêt, de

la Faune et des Parcs. Comme vous le

savez peut-être — si

vous ne le savez pas, vous allez

l'apprendre — je

suis l'adjoint parlementaire du ministre, donc ça me fait doublement plaisir d'être

ici ce matin. Je salue mon collègue d'Arthabaska, mon collègue du comté de René-Lévesque,

bon matin.

Écoutez, à

entendre le collègue de René-Lévesque, en Abitibi-Témiscamingue, on assiste pratiquement à l'armagédon, c'est la fin du monde, une région qui

n'est pas attractive, une région avec un bilan migratoire négatif, c'est

épouvantable, puis il y a

un grand coupable, semble-t-il que ça serait le ministre responsable de la

région. Écoutez, je pense que c'est une vision assez limitée de la chose. Si on fait la tournée du

Québec, puis ça, c'est vrai en Abitibi,

c'est vrai en Beauce, c'est même vrai

en Gaspésie, je suis sûr que c'est vrai sur la Côte-Nord, c'est

particulièrement vrai dans mon comté,

le comté d'Ungava, hein, un petit comté qui couvre à peine la moitié du

territoire du Québec, 53 % du territoire du Québec, au-delà de

870 000 kilomètres carrés...

D'ailleurs,

une petite anecdote en passant. On parle du Plan Nord — puis moi, je suis chanceux d'avoir chez nous

la Société du Plan Nord — le Plan Nord couvre 1,2 million de

kilomètres carrés du territoire du Québec. De ce 1,2 million là, plus de 70 % du territoire couvert par le

Plan Nord, c'est dans le comté d'Ungava. Donc, on parle du ministre comme le

ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue,

oui, c'est vrai, je ne veux pas lui enlever rien à son titre, mais je veux

en rajouter à son titre, il est aussi

responsable du Nord-du-Québec, et j'en suis très content, puis j'en suis très

fier à ce niveau-là, puis je suis très fier de l'appuyer à ce niveau-là.

M. le député

de René-Lévesque parle, bon, de l'Abitibi-Témiscamingue comme d'un endroit

dévitalisé où ce n'est pas

intéressant d'aller habiter, où les gens s'en vont parce qu'il n'y a pas de

cinémas, parce que les restaurants ne sont pas satisfaisants, il n'y aurait pas de spectacles. Écoutez, c'est un

défi pour toutes les régions éloignées. D'ailleurs, c'est un défi aussi pour le comté d'Ungava. Qu'on parle,

bon, de la ville de Chibougamau, qu'on parle des villes de Matagami et de Lebel-sur-Quévillon, Chapais, qu'on parle

des localités de Valcanton, Villebois ou Radisson, c'est un défi d'attirer

de la main-d'oeuvre. L'attraction des

grandes villes, qu'on parle de Québec ou de Montréal, ça a son effet partout au

Québec. On parle de la Beauce, c'est

exactement la même chose. Donc, il faut être plus imaginatifs, il faut

inventer. C'est sûr que la vie en région, ce n'est peut-être pas une vie

pour tout le monde, ça dépend du style de vie de chacun.

Alors, moi,

de mon côté, si on parle de ce côté-là, bien, on sait que le ministre

responsable de la Main-d'oeuvre, en

compagnie du ministre responsable de l'Immigration — j'allais presque m'échapper à dire leurs

noms, mais croyez-moi, je vais

résister à la tentation, M. le Président — sont justement en train d'organiser une

tournée à travers du Québec pour savoir

quels sont les sons de cloche partout en région puis comment on pourrait faire,

tous ensemble, une politique pour attirer

de la main-d'oeuvre, attirer des familles en région. Pas juste aller occuper un

emploi, parce que, vous savez, si vous quittez,

là, pour une ville nordique et puis que vous êtes bien heureux de neuf heures à

cinq heures du lundi au vendredi, mais

le reste du temps, vous vous ennuyez comme une pierre au bord du chemin, ce

n'est pas un mode de vie intéressant, puis

la personne va songer à quitter le plus tôt possible. Donc, c'est de créer des

milieux de vie, montrer quels sont les attraits de la région puis faire en sorte d'attirer

des familles. Puis je suis convaincu, là, que, dans ça, le ministre de l'Immigration et le ministre responsable de la

Main-d'oeuvre bénéficient de l'appui total du ministre responsable de

l'Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec.

J'en aurais long à dire aussi concernant la faune,

le plan de gestion du caribou. J'aurai l'occasion de revenir là-dessus un petit

peu plus tard, M. le Président. Je vois déjà le temps qui défile, puis il me

reste à peine 30 secondes, là, pour conclure.

Alors,

je peux vous dire que, dans ça, il y a des grands défis à réaliser, c'est des

choses qui ne sont pas faciles. La

pénurie de la main-d'oeuvre, bon, ça passe par l'immigration, ça passe par

l'arrivée de néo-Québécois et puis de faire connaître nos régions, bon, aux gens qui ont souvent tendance, là, à

rester dans les grands centres, Montréal, Québec, qui n'iront pas, si on veut, porter leur attention

vers des régions plus éloignées. Donc, là-dessus, je pense qu'on peut compter

sur le ministre, là, pour développer des

politiques puis attirer des gens dans nos régions. Merci beaucoup, M. le

Président.

Le Président

(M. Auger) : Merci, M. le député d'Ungava. Deuxième série

d'interventions, M. le député de René-Lévesque, toujours cinq minutes.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez, l'Abitibi ne vit pas une

période noire, elle est dans une époque,

tout comme le Témiscamingue, à un tournant. Alors, ce qu'on fait aujourd'hui,

M. le Président, c'est de voir si, effectivement,

le ministre et les collègues qui sont députés représentants de l'Abitibi et du

Témiscamingue ont le désir et la volonté, mais les actions concrètes de

trouver les véritables solutions à cette problématique.

bloc important, M. le Président, qu'on va adresser, c'est le bloc santé. Et

j'aimerais commencer tout d'abord par

le dossier de l'IRM en Abitibi. Donc, le 21 décembre, M. le Président, le

C.A. du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue décide à l'unanimité de remplacer l'IRM mobile par une IRM fixe à

l'Hôtel-Dieu d'Amos en se basant sur une évaluation qui conclut que

cette option permettrait de procéder à 25 % plus d'examens qu'avec un

appareil mobile. En parallèle, face à l'augmentation du volume d'examens en IRM

dans la région, le CISSS annonce son intention d'acquérir une deuxième IRM fixe

qui serait située à Rouyn-Noranda quand le projet de centre de radiothérapie

serait complété. Le 11 octobre, le

ministre de la Santé annonce qu'il rejette la décision du CISSS et que l'IRM de

la région demeure mobile. L'exemple

de l'IRM est symptomatique, M. le Président, du règne du ministre de la Santé.

Toutes les villes, les médecins, les

experts, la population disent que, pour respecter le modèle régional, l'IRM

doit être fixe à Amos. Or, le ministre fait fi du consensus et persiste

à dire que l'IRM va être mobile. M. le Président, est-ce qu'on est en train de

centraliser, là?

Si je résume, les

acteurs de la santé, les citoyens, les élus demandent tous une IRM fixe, et on

obtient une IRM mobile. Alors, la question

qu'on a, M. le Président : Est-ce que le ministre responsable de la région

a été capable de défendre les

intérêts et le vouloir de toute la collectivité pour que sa population obtienne

ce qu'elle croyait être la chose la plus juste? Quand on regarde l'annonce du

gouvernement, M. le Président, je pense que la réponse, c'est non. J'ai

ici le communiqué... Attends un peu... Il est ici, oui, O.K.

M. Ouellet : Non, ce n'est pas grave. On avait le communiqué, M. le Président,

malheureusement je ne le trouve pas. Ce n'est pas grave. Mais, bref...

Oui, oui, tu me le fourniras.

qui était aberrant un petit peu dans le communiqué, M. le Président, c'est

lorsqu'on a la... Ah! je l'ai, je l'ai. Excusez-moi. Ce qui était un peu aberrant, M. le Président, dans le

communiqué, c'est qu'on nous disait que le ministre se satisfait de la réponse et dit que, grâce à ça,

ça va permettre de bénéficier de meilleurs services possible, alors que tous

les gens disaient ce n'est pas ça qu'ils

voulaient, qu'avec une IRM fixe on allait atteindre 25 % plus d'examens. Il

nous dit dans son communiqué :

Non, non, le mobile va répondre à plus de demandes. Et le député d'Abitibi-Est

continue dans le communiqué, en disant, écoutez : Je suis fier de

constater que notre gouvernement demeure à l'écoute des besoins concrets de notre région, comme en témoigne ce

financement pour accorder et maintenir l'accessibilité d'un service fort

important pour tous. Le renouvellement de cet appareil est essentiel, de

manière à être ciblé plus efficacement, et il contribue

à la qualité des services auprès des patients. Bref, ce qu'il nous dit :

C'est la meilleure décision qui devait être prise, alors que tout le

monde s'entendait que c'était le contraire, M. le Président.

Si je continue sur le dossier de l'accélérateur,

le nouveau centre de radiothérapie ne comporte seulement qu'un seul

accélérateur, contrairement à ce qu'est la norme, et ce que le P.D.G. du CISSS

nous dit... et c'est très rare qu'au Québec...

puisque la plupart des centres en ont beaucoup plus qu'un. D'ailleurs, ce

centre de radiothérapie qui, selon le ministre,

devait ouvrir ses portes en 2018 n'est toujours pas réalisé. Dans les faits, le

3 novembre, le ministre a annoncé des fonds pour réaliser une étude

d'opportunité pour une ouverture éventuelle en 2020.

M. le Président, encore

une fois, on a des gens qui demandent quelque chose, des gens qui sont réputés

être connaissants, là, c'est le P.D.G.

du CISSS, et là on retarde encore et encore des annonces pour qu'on donne des

services de proximité, tellement

qu'il y a eu le lancement, comme je le disais tout à l'heure, d'une coalition

régionale contre les compressions

pour dire : Écoutez, cessez. Les

compressions budgétaires anticipées de 30 millions pour la région

fermeraient les lits, de 100 à 110,

M. le Président. Est-ce que c'est ça, les services de proximité pour les gens

d'Abitibi-Témiscamingue? Puis là, là,

je ne vous ai pas encore parlé des ruptures de services, là : Centre

hospitalier de La Sarre, en 2016, rupture de services en anesthésie pendant quelques semaines;

22 septembre, annonce d'une nouvelle rupture de services pendant deux

semaines; printemps 2016, Pavillon Sainte-Famille, pour la ville

Sainte-Marie, rupture de services en anesthésie pendant quelques semaines; 19 octobre, annonce du départ de

l'anesthésiste de Ville-Marie vers le Centre hospitalier de La Sarre, ce qui risque de provoquer une

découverte pendant 34 semaines. M. le Président, la région de

l'Abitibi-Témiscamingue fait face à de nombreux défis, je m'attends à

des réponses du ministre à ce sujet.

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le ministre, cinq minutes.

M. Blanchette :

Oui, merci, et je vais répondre à ces trois questions-là au moins avec grand

plaisir. Sur la résonnance magnétique mobile, bon, un, c'est inexact, M. le

Président, je tiens à le corriger, parce que ce n'est pas l'ensemble des municipalités qui étaient en faveur

de cette décision-là, c'est inexact. Pensez aux gens du Témiscamingue, pensez aux gens de Rouyn-Noranda, ça ne faisait

pas du tout leur affaire que l'IRM devienne fixe à Amos. Par contre, je

peux comprendre les gens d'Amos, ils le souhaitaient ardemment. Maintenant, la

décision d'avoir une résonnance magnétique

mobile, et ça, si mon collègue venait plus souvent en Abitibi-Témiscamingue, il

pourrait le comprendre... Je pense

que... une visite? Est-ce que je me trompe? Est-ce que c'est ça? Vous êtes venu

une fois en Abitibi-Témiscamingue? Enfin,

là il fait écouler mon temps, mais...

Le Président (M. Auger) : Votre

réponse.

M. Blanchette :

...c'est sympathique. Écoutez, la résonnance magnétique, voilà 20 ans, on

a décidé de mettre la résonance

magnétique sur roues pour mieux desservir chacune des MRC. Et il faut bien

prendre en compte que, quand c'est

une résonance magnétique mobile, c'est qu'on répond à des besoins qui sont

locaux. Au lieu de faire déplacer tout le

monde... notamment, de Témiscaming jusqu'à Rouyn, on en a pour

2 h 30 min, et une autre heure et quart pour se rendre à Amos. Ce n'est pas ça, du service de proximité. La

résonance magnétique a été décidée, il y a une centrale de rendez-vous qui va prendre tous les rendez-vous et qui aura

une répartition par territoire de MRC. C'est quatre MRC qui vont en profiter,

puisque c'est rattaché à certains types de

chirurgies. Donc, la résonance magnétique, c'est la meilleure décision que ce

soit maintenu mobile.

Dans la

présentation que le CISSS-AT a faite, que je respecte beaucoup, il était

question d'avoir une deuxième résonance

magnétique une fois que celle d'Amos... La résonance magnétique aurait été mise

fixe à Amos, il y en aurait eu une deuxième à Rouyn-Noranda. Moi, je me

suis informé auprès du ministre de la Santé : Est-ce que c'est vrai qu'il va y avoir une deuxième résonance

magnétique? Il dit : Mais non, c'est impossible. Et on comprendra que ce

n'est pas au conseil d'administration

du CISSS-AT de décider des investissements ou non dans leur établissement. Ils

peuvent faire des recommandations,

mais essentiellement ça appartient au ministre de savoir quels seront les

investissements et à quelle hauteur.

Moi, je me suis informé : Est-ce qu'on aura une deuxième résonance magnétique

en Abitibi-Témiscamingue? Il

dit : Mais non, il y en a une seule, résonance magnétique pour la région

de l'Estrie, ils sont 320 000 de population. Donc, ça ne faisait pas de sens, pour une population de

près de 150 000, d'en avoir deux. La résonance magnétique mobile, c'est la

façon la plus sûre d'avoir un service de proximité pour l'ensemble de la

population. Et moi, je suis très content de pouvoir

l'affirmer haut et fort que cette décision-là qui avait été prise était

malheureuse, dans la mesure qu'on décidait à la place du ministre de

faire de tels investissements.

En ce qui concerne la radiothérapie, les

chiffres donnés, avancés par mon collègue de René-Lévesque sont également

inexacts. Ce qui a été fait, c'est effectivement une autre étape d'analyse un

peu plus détaillée de la radiothérapie. Ce

n'est pas des projets simples. C'est des accélérateurs, la radiothérapie, c'est

des projets avec des murs de trois

mètres de béton. Donc, c'est des choses vraiment très particulières qu'on est

en train de planifier. Heureusement, on va s'appuyer sur... avec les

gens de Laval, le centre de radiothérapie de Laval pour faire ce qu'on

appellerait une synchronisation, un

calibrage avec les équipements. Pourquoi un seul accélérateur? Et là je suis

dans le dossier, je le connais très

bien, ça fait depuis 15 ans que je défends ce même dossier-là. Un seul

accélérateur, aujourd'hui, c'est beaucoup comme des équipements informatiques, et, lorsqu'il y aura des bris avec

l'accélérateur, on ne fait que reloader, excusez l'expression, l'accélérateur pour s'assurer... ça prend deux

heures, toute cette mise au point là, pour repartir l'équipement et qu'il soit

fonctionnel. On est rendus ailleurs en

matière de technologie. Oui, moi aussi, j'ai toujours milité pour deux

accélérateurs. Il y aura d'ailleurs

de l'espace pour deux. Maintenant, on va en installer un premier et, si jamais

les besoins de la clientèle augmentaient,

on pourrait ajouter un deuxième accélérateur en temps et lieu. Cette

information-là me vient du CISSS-AT, et j'en suis très conscient.

Maintenant, concernant la fermeture de lits, je

ne vous dis pas que l'information ne vient pas du député d'Abitibi-Ouest, puisque c'est dans son comté, il se sent très concerné, mais il

devrait savoir également, et je suis conscient qu'il le sait, c'est

qu'on a un soutien en maintien à domicile qu'on vise comme établissement, parce

que les gens, les populations souhaitent, M. le Président, rester le

plus longtemps dans leur logement à eux, et on est en train

d'organiser tout ce transfert d'argent là pour maintenir et servir des populations

dans leur logement. Ça, c'est la population qui le souhaite, on est en train

d'organiser ça.

Maintenant,

le temps de pouvoir organiser les choses, ça va prendre un certain

temps. Le 100, 110, c'est des chiffres qui

sont effectivement exagérés, ce n'est pas la réalité non plus. Les

gens du CISSS-AT nous ont confirmé que c'était plus faible que ça.

Président (M. Auger) :

Merci. Nous allons maintenant poursuivre avec un député ministériel. M. le député de Papineau, également cinq

minutes.

M. Iracà : Oui, merci. Bonjour, M. le Président. Ça me fait plaisir d'être ici ce matin. Je salue d'entrée de jeu tous mes collègues, là, de l'opposition,

de la

partie gouvernementale, tous les employés du cabinet qui sont là, mon

collègue d'Ungava, l'adjoint parlementaire, qui est très apprécié dans

son comté.

Je veux juste

revenir un petit peu sur le préambule du député de René-Lévesque. D'abord, moi,

ça me fait plaisir de venir parler de

l'Abitibi en ce beau vendredi matin. Je suis né à Val-d'Or, donc je connais

beaucoup l'Abitibi. Je suis parti de là j'avais 16

ans, mais j'y retourne souvent, j'ai gardé un chalet en Abitibi. Donc, je

connais beaucoup, mais beaucoup de gens en

Abitibi. Alors, on peut citer quelques articles de journaux aléatoires ici et

là, mais, quand on parle au vrai monde, aux gens, parce que j'en connais

beaucoup en Abitibi, à Val-d'Or, à Rouyn, à Amos, ils m'ont tous dit la

même affaire : On a un maudit bon ministre, c'est un gars de terrain,

c'est un gars qui s'implique, c'est un gars qui s'occupe des vrais problèmes.

J'ai même un ami

péquiste, bleu, il est né bleu, il a le sang bleu, puis il m'a dit : Alex,

il est tellement bon...

M. Iracà : ... — oui — alors, il est tellement bon que je vais me

boucher le nez aux prochaines élections puis je vais voter pour ton collègue. Ça, c'est quand on parle au vrai monde. On

peut lire quelques petits articles aléatoires ici et là, mais, quand on parle aux gens sur le terrain,

quand on rentre dans les entreprises, quand on rentre dans les organismes

gouvernementaux, les organismes parapublics, on s'aperçoit que mon collègue est

très, très, très apprécié en Abitibi-Témiscamingue, et ça paraît, et ça donne

des résultats.

vais revenir un petit peu sur l'économie, je vais finir avec la santé, parce

que vous avez débuté avec le thème santé.

Tout le monde se rappelle du cauchemar du Plan Nord, du «Plan mort» lorsque le

Parti québécois était au pouvoir, et

ça a laissé des traces, ça en laisse encore aujourd'hui. Il y a des gens qui

ont été marqués par le «Plan mort» du Parti québécois, et ils ne veulent plus jamais, jamais revivre cette situation

qui a été extrêmement pénible, qui a fait fuir les investisseurs de partout dans le monde, là,

partout dans le monde. Des gens étaient prêts à investir, ils sont retournés de

bord avec l'argent dans leurs poches pour dire : On s'en va investir

ailleurs.

a réussi, depuis 2014, à renverser la situation. Le ministre a été présent au

niveau de l'industrie, au niveau de la Chambre

de commerce, au niveau des investisseurs, et on voit les résultats aujourd'hui

qui se répercutent un peu partout. Parce

que, là, maintenant, je suis en Outaouais. Je vous dirais qu'il y a plusieurs

années les gens de l'Abitibi quittaient pour s'installer beaucoup en Outaouais. Il y a beaucoup d'Abitibiens qui

se sont installés en Outaouais. Puis je vous dis, là, dans les dernières années, je n'ai jamais vu ça,

c'est l'inverse, il y a des gens de l'Outaouais qui partent aller travailler

en Abitibi parce que l'économie se porte très bien. Oui, il y a un beau

problème. Le beau problème, c'est celui de la main-d'oeuvre, mais il y a eu des

investissements qui ont été faits à Emploi-Québec pour faire en sorte qu'on

puisse résorber la situation.

Puis

au niveau de la santé, bien, moi, j'ai un cas vécu. Comme je disais, je connais

beaucoup de gens en Abitibi, là, qui

m'ont parlé de mon collègue. J'ai une tante qui a été placée, moi, dans un

CHSLD, et qui a obtenu de très bons services

jusqu'à la fin, et qui avait les services des gens, des responsables des soins

de santé qui ont à coeur les gens. Les Abitibiens,

c'est des gens de coeur. Mais, avec les investissements qui ont été faits par

notre gouvernement, on a pu et on peut

offrir maintenant des services de qualité en santé. Est-ce que tous les

problèmes, à 100 %, sont réglés?

Absolument pas. Si on prend l'ensemble du Québec, on sait que

la santé, d'année en année puis d'un parti à l'autre, là, sans faire de partisanerie, ça a été, pour chaque parti, un

défi, un défi important. Je pense que les gouvernements, un à la suite

de l'autre, ont investi de l'argent

le plus qu'ils pouvaient. Maintenant, je pense qu'on a trouvé une formule pour sortir

des sentiers battus et faire en sorte qu'on regarde toute l'organisation

de la santé et qu'on puisse en tirer le meilleur.

Alors,

je vois le temps qui s'écoule, qu'il me reste quelques secondes simplement pour

dire à la fin que l'Abitibi, très

chanceuse d'avoir un ministre aussi impliqué dans son comté qui donne autant

pour le Québec. Merci, M. le

Président.

Président (M. Auger) :

Merci, M. le député de Papineau. Nous allons débuter la troisième série

d'interventions. M. le député d'Arthabaska, du deuxième groupe

d'opposition, toujours un cinq minutes.

M. Lefebvre : Merci

beaucoup, M. le Président. Tout d'abord — c'est

ma première intervention — vous

saluer, saluer le ministre,

saluer les députés d'Ungava, de Papineau. Puis, si le député de Papineau

n'avait pas quitté la région, on en

aurait un de moins à trouver aujourd'hui. Également, remercier mon collègue député de René-Lévesque pour cette intervention et tous les gens qui nous accompagnent,

qui travaillent très, très fort, en passant. Je tiens toujours à le souligner,

le travail qui se fait dans l'ombre à travers tous les parlementaires. Très

heureux d'être ici.

M. le ministre, tantôt, vous avez posé une question

au député de René-Lévesque, mais moi, je vais y répondre. Moi, je suis souvent dans votre région, et le député d'Abitibi-Ouest me dit : Tu

étais encore chez nous il y a deux semaines. Alors, oui, j'y suis régulièrement et j'y retourne dans deux semaines

encore une fois. Et je veux d'entrée de jeu, M. le Président, dire que j'apprécie beaucoup le

ministre comme individu, j'apprécie beaucoup côtoyer le ministre, mais ce que

j'entends, malheureusement, sur le terrain,

c'est difficile. Quand on voit les gens de la Chambre de commerce qui sont

en furie contre le ministre... Puis, tantôt,

on parlait du dossier d'aérogare. Vous avez dit : Si vous reparlez au

président, je crois qu'il serait

heureux. Mais on n'est pas en furie après un ministre pour un dossier, il y a

plus qu'un dossier, c'est au-delà de ça.

quand mon collègue, tantôt, donnait l'exemple de l'entreprise qui pourrait

fonctionner sur trois quarts de travail... J'ai visité cette même entreprise là, et le problème... On le dit depuis

tantôt, là, on est tous d'accord là-dessus, qu'il y a une problématique de main-d'oeuvre. Ça, on est tous

d'accord là-dessus. Tantôt, M. le ministre, vous avez dit que les mines allaient bien. Bon, oui, c'est vrai, là,

présentement, les prix sont bons. Alors, une des problématiques, c'est que les

gens quittent pour travailler dans les mines, et là ça libère d'autres

secteurs d'activité qui sont délaissés. Et c'est cette problématique-là qu'on se doit de trouver. Et ce qu'on a besoin de

savoir du ministre : C'est quoi, son plan pour contrer ce problème

de main-d'oeuvre là? On en a parlé tantôt, quand j'étais là-bas, j'ai pris le

taxi, c'est le chauffeur de taxi lui-même

qui prenait les appels de répartition dans sa voiture parce que, depuis quatre

mois, ils avaient affiché un poste, ils n'avaient eu aucun C.V. qui

avait été mis à leur disposition. Alors, oui, c'est un manque flagrant.

Écoutez, M. le Président, si moi, chez

nous, ma Chambre de commerce me disait qu'ils sont en furie après moi, je serais... Il faut être sur le terrain, il faut

écouter nos gens, et, je l'ai dit tantôt, ce n'est pas l'histoire d'un seul

dossier. Il y a un outil présentement

que le gouvernement a mis en place qui s'appelle le FARR, le fonds d'aide au

rayonnement régional. La problématique avec ce fonds-là, c'est que ce

n'est pas un fonds, M. le Président, c'est un programme, parce que, si l'argent n'est pas utilisé, il est

retourné au fonds consolidé, et ça, c'est une des problématiques. Et, ce qui va

arriver, c'est que, là, les gens doivent

déposer au 31 mars, mais ils doivent déposer un mois avant, donc on parle

de février... On sort d'élections

municipales, on a des nouveaux élus, on a des nouveaux élus de façon

importante. Il y en a quand même plusieurs

qui ont changé du côté de l'Abitibi-Témiscamingue. Ces gens-là doivent se

consolider, de trouver c'est de quelle façon

ils veulent travailler. Et là les délais sont de plus en plus courts. Demain,

c'est Noël, alors on s'entend que... Moi, ma peur, ma crainte, c'est qu'on manque de temps et que ces sommes-là ne

seront pas investies dans les régions. Puis, en tant que porte-parole du développement économique régional pour mon

parti, pour moi, c'est primordial. Moi, ce que je souhaite de tout coeur, là, c'est que les régions

du Québec fonctionnent. Puis on est tous là, tous partis confondus, pour le

bien des Québécois et Québécoise, et ça, il faut se le rappeler. C'est juste

nos orientations qui sont différentes, mais, à

la base, on est tous là pour les bonnes raisons. Et ce que je souhaite, c'est

que ça fonctionne. Mais ce que j'aurais aimé, et je l'avais demandé à votre collègue ministre, au moins dans cette

année électorale là, si on avait pu, les sommes qui ne seront pas dépensées cette année — investies plutôt que dépensées, je devrais

dire investies — soient

reportées dans l'année suivante au

lieu d'être retournées au fonds consolidé et de permettre aux régions comme

l'Abitibi-Témiscamingue de pouvoir mettre des programmes qui vont être

en place.

Également,

on a parlé des mines, mais j'aurais voulu également vous parler du côté

agriculture, forêts. On a des problèmes

au niveau des abattoirs dans certaines régions du Témis où est-ce qu'il y a de

moins en moins d'agriculteurs qui

sont là par faute d'avoir un abattoir qui soit à proximité. Alors, il faut se

rappeler que l'agriculture fait

partie intégrante, également, de l'économie québécoise et une partie,

justement, du territoire que le ministre est responsable, et ça, il faut s'en

rappeler.

J'aurais

aimé également parler de la santé, Optilab, qui est un échec également du côté

de l'Abitibi-Témiscamingue, mais malheureusement le temps me manque.

Le Président

(M. Auger) : Merci, M. le député d'Arthabaska. M. le ministre.

M. Blanchette :

Oui, merci. Alors, je remercie le collègue. Effectivement, ma première

préoccupation, je le dis et je le

répète, c'est vraiment la pénurie de main-d'oeuvre. Quand le cycle minier est

favorable, toutes les entreprises sont mises

à contribution parce que les salaires dans l'industrie minière sont plus élevés

qu'ailleurs, donc ça amène beaucoup de

mobilité. Il y a beaucoup d'immigrants qui viennent, je l'ai mentionné, dans le

secteur de la santé, dans le secteur de l'éducation. Dans le secteur

minier, dans le secteur forestier aussi, il y a beaucoup de main-d'oeuvre qui

choisit l'Abitibi-Témiscamingue, et c'est vraiment quelque chose de

constructif.

reviens sur le président de la Chambre de commerce, puisque vous revenez...

Écoutez, depuis ce temps-là, je l'ai vu

à quelques reprises. Demain, je serai au gala des Extra de la Chambre de

commerce. Inquiétez-vous pas, là, on se jase, on se croise raisonnablement. Le collègue est venu à deux ou trois reprises,

puis je l'invite à venir me voir lorsqu'il passera, c'est vraiment de

bon aloi. Je pense que les deux, on a à coeur le développement économique.

Je tiens à mentionner

un certain nombre de dossiers parce que... Vous allez voir que, bien, les

insatisfactions commencent à s'estomper

parce qu'on réalise beaucoup de choses. L'aérogare, c'était le projet le plus

structurant pour le président de la Chambre de commerce, pour l'ensemble

de la Chambre de commerce aussi. Et l'investissement de 38,5 millions a

été annoncé, les travaux sont déjà enclenchés, débutés.

La voie de

contournement de Rouyn-Noranda, 85 millions. Mes prédécesseurs — et là

je remonte même à Daniel Bernard auparavant,

mais aussi à Gilles Chapadeau — tout le monde rêvait que ça se fasse sur

leur mandat, mais ça se fait sous le

mien. Les travaux sont débutés, et moi, j'ai visité à deux reprises l'ensemble

du chantier. C'est un gros chantier et, ça aussi, c'est en voie d'être.

potable — un vieux

dossier, ça remonte à 20 ans — à Angliers, ce n'est pas un projet simple,

mais on travaille fort. On a au moins

payé les bonbonnes à tout le monde pour le temps que ça durera encore,

l'attente. Mais on est dans un réseau

d'égout, d'aqueduc et d'assainissement des eaux. C'est des dossiers sur

lesquels il n'y a pas beaucoup de rentabilité, dans la mesure que c'est une population de petite taille. Et donc on est

tout de même en train de faire aboutir ce dossier-là.

tiens à mentionner aussi la voie de dépassement, une question de sécurité,

entre Rouyn-Noranda et Val-d'Or. Si

vous avez pris la route — j'espère que oui — vous allez voir que c'est parfois très

dangereux avec les camions lourds qui

sont là-dessus. Donc, on ajoute des voies auxiliaires, qu'on appelle, donc des

voies de dépassement. Il y en a eu deux sous mon mandat, il y en aura d'autres

qui sont à venir. En fait, on en vise cinq pour rendre cette voie-là plus sécuritaire.

Enfin,

il y a d'autres projets assez structurants. On a parlé du FARR. Je suis

intéressé par cette enveloppe-là. Je tiens

à vous rassurer, il y en a déjà la moitié de dépensée. C'est-à-dire, il y aura

deux séances de soumission de projets, un pour lequel on a donné...

Écoutez, la première année, c'était 1,4 million pour

l'Abitibi-Témiscamingue; dans la quatrième

année, ce serait 4,4 millions. Et moi, je ne doute pas que la totalité des

sommes d'argent sera dépensée. Je tiens à vous rassurer, il y en a, je pense, autour de la moitié de dépensées.

Les autres ne sont pas dépensées parce qu'on demandait des avis

sectoriels ministériels auprès des autres ministères, de façon à peut-être

aller chercher des sommes d'argent existantes

ailleurs dans les ministères plutôt qu'utiliser l'argent du FARR. Donc, ça,

c'est juste une bonne façon d'agir. Et en même temps les avis

sectoriels, ça nous permet de se prononcer sur la pertinence du projet.

Donc, en ce qui concerne

le FARR, je suis assez confiant. On a ajouté de la société civile aux cinq

préfets qui composaient cette table-là,

c'est eux qui analysent ça. Il y a un comité technique qui est composé des

différentes personnes de l'ensemble

des cinq MRC et il y a une belle concertation qui se fait. Croyez-moi, les gens

veulent effectivement dépenser l'ensemble

des sommes d'argent. Il y aura des annonces, d'ici Noël, qui vont être faites,

et on fait l'analyse de plusieurs autres

projets, enfin, qui sont en cours présentement, et un qui est bien, bien

important, c'est Internet à haute vitesse parce que c'est une question de qualité de vie, c'est une question de

sécurité. Et pourquoi, oui, on n'aurait pas Internet haute vitesse? Il y a déjà eu une concertation dans une

phase I, Internet, où qu'on a relié les principales villes. On est rendus

à le faire, mais pour les régions plus

rurales, plus éloignées. Aujourd'hui, que ce soit en agriculture, que ce soit

en forêt, on a besoin d'avoir

Internet pour pouvoir compléter soit des rapports de production, d'évaluation

ou d'inventaire. Ça fait partie, je dirais, de la performance et de la

productivité de nos entreprises.

Ça fait que

je vous rassure, les sommes d'argent, ces 13,6 millions du FARR sur cinq

ans, seront bel et bien au rendez-vous. Moi, je ne crois pas qu'on va

retourner, au contraire, on va manquer d'argent. Et je pense que c'est tout à l'honneur des gens de l'Abitibi-Témiscamingue,

qui, lorsqu'ils sont convaincus d'avoir de bons projets, les mettent de

l'avant pour les défendre, et c'est ce à quoi on est en train d'assister. Merci

beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Auger) :

Merci, M. le ministre. M. le député d'Ungava.

M. Boucher :

Alors, bonjour, M. le Président. Vous savez, en début de mandat — j'allais dire «notre invité vedette d'aujourd'hui» — M. le ministre de la Forêt, de la Faune et

des Parcs était ministre des Mines pendant un certain temps. Puis je vais vous parler, bon, de l'avancement des

projets miniers, un peu qu'est-ce qui s'est passé sous son égide puis comment

tout ça a évolué.

Vous savez,

bon, présentement, au Québec, il y a 29 projets miniers qui sont en

marche : quatre ont atteint la phase d'aménagement, 23 autres sont à l'étape de la mise en valeur, qu'on

parle, bon, des mines d'apatite, de fer, de graphite, de lithium, de nickel, d'or, de tantale ou de terres

rares. C'est des projets qui sont situés, bon, dans cinq des régions

administratives du Québec, soit le

Nord-du-Québec, l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Saguenay—Lac-Saint-Jean puis Lanaudière. Il y a deux projets qui sont présentement, ce

qu'on appelle, en «care and maintenance», qui sont des projets, là, des mines

qui ont dû fermer ou qu'on garde vivantes,

entre autres, en attendant que quelqu'un puisse les reprendre, soit le lac Bloom

sur la Côte-Nord, où il y a eu, justement,

une annonce hier par le nouveau ministre de l'Énergie et des Ressources

naturelles et qui est aussi responsable du portefeuille des mines, on

parle de Champion puis aussi la relance du lac Herbin en Abitibi-Témiscamingue.

Vous savez,

une mine, ce n'est pas comme un dépanneur, hein? On ne dit pas : Bien là,

on se promène, regarde donc, il y a

de l'or ici, on commence à creuser, on fait fondre puis on envoie ça. C'est des

projets qui sont excessivement longs

puis excessivement coûteux qui peuvent prendre 10 ans, 15 ans,

20 ans entre la découverte et puis d'avoir une mine qui atteint sa

production. Alors donc, il y a toujours une première phase, qui est la

valorisation, où des géologues se promènent

sur le terrain puis voient quelles sont les caractéristiques géophysiques du

terrain pour voir quel est le potentiel minier; après ça, la phase d'exploration, où on vise à déterminer, bon,

s'il y a un potentiel, s'il y a de l'or, s'il y a du fer, c'est quoi, le

volume, là, est-ce que c'est quelque chose qui peut être une opération

commercialement rentable; une troisième phase, qui est la mise en valeur, pour

voir, bon, c'est quoi, la viabilité du projet, puis des grandes décisions technico-économiques, comment on va s'y prendre

pour extraire ça puis est-ce que la façon de procéder va être rentable;

finalement, quatrième phase, bien, c'est l'aménagement, la construction du site

et, après ça, la mise en exploitation commerciale.

Vous savez,

bon, sur la Côte-Nord, plus précisément dans le coin de Sept-Îles, il y avait

toute une problématique avec le port

de Sept-Îles, le port de la Pointe-Noire, où il y avait comme une espèce

d'engorgement, de goulot où les gens qui

exploitent des mines dans la fosse du Labrador puis du coin de Schefferville

n'avaient pas accès à la voie maritime pour exploiter leur minerai.

Parce que tu aurais beau être assis sur une mine, avoir la voie ferrée pour

amener ça jusqu'au fleuve, jusqu'aux

bateaux, si tu n'as pas accès aux bateaux ou difficilement accès aux bateaux,

ça fait que ton projet, là, n'est pas

rentable. Suite à ça, bien là, il y a eu une résolution de ça et puis, entre

autres, la mine Tata Steel, là, qui a

investi de fortes sommes puis qui va entrer en projet... pas en projet, pardon,

mais en production au cours de l'an 2017, qui, justement, grâce au

déblocage de la Pointe-Noire, a réussi, là, à mettre tout ça en branle.

Pour la région du Nord-du-Québec, il y a le

projet Whabouchi. Je ne sais pas si vous connaissez ça, M. le Président, c'est la mine Nemaska Lithium — là, peut-être que je viens d'allumer vos lumières — où il y aura des répercussions de ça jusqu'à

la ville de Shawinigan, qui était autrefois Grand-Mère, une ville qui a connu

des coups durs.

Puis là je

regarde le temps filer, mon Dou! j'aimerais arrêter mon horloge, là, parce que

j'en ai trop à vous dire.

Donc, tout ça, ça va être des excellentes

retombées autant pour le Nord-du-Québec que pour la région de la Mauricie. Puis, on sait que la mine Nemaska va se

passer à quelques kilomètres à peine de la communauté crie de Nemaska.

Puis, pour eux autres aussi, c'est une

excellente nouvelle, ils sont partenaires dans ça. Puis je pense qu'à

travailler main dans la main avec les populations autochtones, c'est quelque

chose qui est exceptionnel.

Je vais finir

en vous parlant, bon, de la mine de diamant Stornoway, où j'étais, bon, en

octobre — pas

octobre dernier, octobre de l'année

précédente — à

l'ouverture officielle de la mine. Et puis Noël s'en vient, les premiers

diamants du Québec sont en vente chez Birks à Montréal.

Je sais que ce n'est peut-être pas un cadeau à la portée de tout le monde, mais, si vous voulez quelque

chose d'unique et d'intéressant, je vous invite à penser à ça. Merci beaucoup.

Président (M. Auger) :

Merci. Nous allons maintenant débuter la quatrième série d'interventions. M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le

Président. Alors, un dossier qui nous

tient à coeur, et je suis convaincu aussi qu'il tient à coeur le

ministre, on va parler un peu de faune et de caribou forestier du côté de

Val-d'Or. Une simple chronologie, M. le Président. Janvier 2017, malgré les avis environnementaux, Eacom, compagnie forestière,

obtient du gouvernement le permis de construire un chemin sur le

territoire de la harde des caribous de Val-d'Or. 21 avril 2017, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

annonce le déménagement des caribous de la harde vers le Zoo de Saint-Félicien,

puisque leur nombre est passé sous le seuil critique des 50 têtes. Il dit

avoir des études en main qui lui indiquent

d'agir ainsi. Le 5 mai 2017, on apprend que deux biologistes de son

ministère avaient donné un avis au ministre pour qu'il refuse la demande de permis de construction de chemin

d'Eacom. 7 juin 2017, le Zoo de Saint-Félicien se désiste et refuse d'accueillir les animaux. Selon la

directrice générale, l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous. Le

ministre répond qu'il n'interviendra

donc plus pour sauver les caribous de Val-d'Or : «Ils vont vivre — et je le cite — jusqu'à ce que la harde s'éteigne. Est-ce que ça va se passer dans 15, [dans] 20 ou

25 ans? On ne le sait pas. Mais nous, on n'interviendra pas.» Du même coup, il confirme qu'il n'avait pas

vraiment d'études en main et que la décision prise en avril passé était strictement basée sur son

jugement. 8 juin 2017, questionné par les médias, le ministre réintègre

qu'il ne commandera pas d'étude

concernant spécifiquement la harde de Val-d'Or. Le plan d'action global du

ministère Faune, Forêts, Parcs pour

la protection du caribou forestier servira de référence. Une journée après,

soit le 9 juin, le ministre des Forêts,

de la Faune et des Parcs réalise finalement une étude sur la viabilité des

caribous... réalisera, pardon, une étude sur la viabilité des caribous

de la région de Val-d'Or.

définitive, M. le Président, on pourrait appeler cette façon de gérer la

technique Blanchette. On avance, on recule.

On n'a pas d'avis, finalement on en a. On déménage les caribous, finalement

pas. On ne fera pas d'étude, on va en faire une. Je vous avoue, M. le

Président, que j'ai un peu de misère à suivre.

je parle au ministre des poissons appâts, il va comprendre, effectivement, que ça

touche beaucoup, beaucoup nos

concitoyens amateurs de chasse et de pêche, entre autres. Depuis le

1er avril 2017, la pêche aux poissons appâts vivants est interdite partout au Québec et la pêche aux

poissons appâts morts est acceptée l'hiver dans certains secteurs. Or, cette

nouvelle réglementation du ministre a mis en

péril toute l'industrie québécoise. Les experts et les pourvoyeurs n'ont pas

été consultés avant que le ministre applique sa politique. Personne, M. le

Président, n'a été consulté. Le 24 avril, à l'étude des crédits, le

ministre a reconnu ne pas avoir consulté ces intervenants dans le dossier. Les

États et provinces limitrophes du

Québec n'ont pas adopté la même réglementation, ce qui rend beaucoup plus

attractif pour les touristes qui pratiquent la pêche sportive. D'ailleurs, les

Ontariens ont trouvé des solutions qui permettent à l'industrie de la pêche aux

poissons appâts vivants de survivre.

Et l'Abitibi-Témiscamingue est touchée fortement par l'interdiction de ce type

de pêche, étant donné sa proximité

avec l'Ontario. Les gens de l'industrie, M. le Président, du poisson appât

contestent fortement ces intuitions

du ministre. Le 2 mai dernier, une pétition de 8 425 noms

concernant la nouvelle réglementation sur les poissons appâts vivants a été déposée à l'Assemblée

nationale. Le ministre, comme à son habitude, agit seul, sans étude et sans

avoir consulté les experts. Aucun plan de transition n'a été préparé avant

l'annonce de la fermeture de la pêche aux appâts.

Le gouvernement a changé un règlement sans même s'assurer que les juridictions

voisines comme l'Ontario et les États américains faisaient de même.

Bref,

M. le Président, on est en train de saccager une activité économique importante

pour l'Abitibi-Témiscamingue, et on se rend compte que les décisions ont été

prises sur des intuitions, donc sur l'émotion, M. le Président, et pas de

raison. Alors, j'aimerais poser la

question au ministre, M. le Président : Comment justifie-t-il toutes ces

mauvaises décisions pour l'Abitibi-Témiscamingue prises dans le cadre de

ses fonctions de ministre?

Parce qu'il faut

comprendre, M. le Président, on a vécu aussi la même chose avec nos

motoneigistes et nos clubs quads. Quand est

venu le temps d'interpréter la réglementation sur l'accès aux chemins

multiusages, les fonctionnaires nous

ont dit : Non, non, non, les motoneiges et les clubs quads, vous n'avez

plus accès aux chemins multiusages. Quand je lis la nouvelle réglementation, c'est terminé. Là, on s'est viré de

bord, puis on a commencé à discuter avec les clubs, puis ils ont dit : Écoutez, on ne peut pas faire

ça, qui va baliser? Qui va sécuriser? Qui va permettre l'accessibilité? Ce sont

tous des bénévoles. C'est une activité économique importante. Ça n'a pas de bon

sens. Or, à la dernière minute, il y a une entente signée avec

l'Association des motoneigistes qui nous dit : Écoutez, on va se donner un

moratoire d'un an. Pour la prochaine année,

là, l'accès aux chemins multiusages va être ouvert, on va se donner un an, on

va réévaluer ça puis, dans un an, on va arriver avec une solution.

Est-ce que c'est ça, offrir de la prévisibilité, M. le Président, à une industrie touristique qui en a grand besoin, grand

besoin en Abitibi-Témiscamingue, mais en grand besoin aussi partout au Québec? Et là, on se retrouve avec

l'association des clubs quads, qui est aussi importante, M. le Président, et

eux n'ont pas d'entente, mêmes

chemins multiusages, mais pas d'entente. Alors, est-ce que le ministre peut

nous expliquer pourquoi, dans son intuition, les motoneigistes, c'était

bon, mais les clubs quads, je n'ai pas d'entente?

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le ministre.

M. Blanchette :

Oh! oui, avec grand plaisir. Écoutez, sur le caribou forestier, il y a eu

beaucoup d'informations qui ont été

données qui n'est pas tout à fait dans l'ordre des choses, là, mais enfin. Je

fais juste citer Henri Jacob, Henri Jacob qui est dans l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue, qui dit que

«le seuil critique en deçà duquel une population ne peut plus se renouveler est fixé à une cinquantaine d'individus. Or,

il y en a 15 dans la harde de Val-d'Or. Donc, à moins de 20, aucun

biologiste sérieux ne pourra affirmer que la harde va se recomposer, elle est

condamnée. Si ce n'est pas suffisant, j'en rajoute,

en y combinant les autres activités en forêt, tout cela a contribué à réduire

le taux de natalité de la harde. À présent, il n'y a plus aucun espoir

de la sauver. D'ici cinq à 10, à 20 ans au plus tard, elle aura disparu.»

C'est

important à considérer, puisque, comme ministre des Forêts, de la Faune et des

Parcs, on va intervenir là où il y a

des chances de réussite que ça fonctionne. Or, la harde de Val-d'Or, elle est

condamnée. On a eu une opportunité, les gens du zoo sauvage de Saint-Félicien étaient

intéressés à les récupérer. Finalement, ils ont décidé de ne pas le faire,

et on va laisser les caribous de Val-d'Or en forêt, puisque c'est un peu le

souhait que la population nous demande.

ce qui concerne les poissons appâts, il y a beaucoup d'inexactitudes dans ce

que le collègue m'a mentionné. Mais

je lui donnerais aussi une autre série de revues de littérature : Interdire

les poissons appâts vivants, une décision difficile mais nécessaire .

Si vous souhaitez, c'est les scientifiques qui le disent, et je vais au moins

prendre la peine d'en lire

quelques-uns : «Les poissons appâts sont souvent des espèces non

indigènes, et leur relâche dans le milieu, accidentelle ou délibérée à la fin d'une journée de pêche — parce que, pour tout pêcheur, c'est souvent

ce qui se passe — peut

mener à l'établissement de populations viables.»

bon, je pourrais continuer, là, il y en aurait d'autres. Mais

essentiellement... Ah! tiens : «L'interdiction de la pêche au méné vivant n'affectera qu'une petite

fraction des adeptes qui pratiquent la pêche blanche en hiver.» Ce qui devait

être la catastrophe s'est avéré, on le vivra

cet hiver. Et on aura des mesures aussi, mais on va le vivre dans un premier

temps, mais je ne pense pas que ça se rende là.

décision sur les poissons appâts, elle était courageuse et scientifique, et je

m'explique, en raison de deux choses. La

première, c'est que les viviers dans lesquels les poissons appâts vivants sont

maintenus, lorsque la pêche est terminée, on jette ça où? Dans l'eau. Or, 24 %, selon des études

scientifiques, nous disent que les viviers en question drainent des organismes pathogènes. Si vous voulez que je vous

donne la série de pathogènes, c'est la septicémie hémorragique virale, le cladocère épineux, la puce d'eau en hameçon,

tout ça se retrouve dans les viviers. Qu'est-ce que souhaite le collègue?

C'est qu'on continue le poisson appât vivant. Ce serait catastrophique.

ailleurs, il y a eu des tests scientifiques tenus le long des affluents partout

dans le fleuve Saint-Laurent — ça le touche parce que ça se rend jusque sur la Côte-Nord — et, dans ces affluents, il y a eu des tests

d'ADN qui nous ont donné la présence de la carpe des roseaux. Or, la

carpe des roseaux détruit les habitats des poissons. Ce serait catastrophique.

me compare à l'Ontario. Je travaille avec ma collègue, Mme McGarry, du

côté ontarien, ils sont moins avancés. C'est

nous qui avons le leadership là-dedans. Allez faire de la pêche dans les Grands

Lacs, vous allez voir que la situation, elle est catastrophique dans les Grands Lacs. Nous, on travaille très

bien avec la science et on a pris le leadership. J'ai insisté auprès de

ma collègue pour les plans d'eau partagés, notamment le lac Témiscamingue qu'on

partage les eaux entre l'Ontario et le

Québec, étant donné que le Témiscamingue est frontalier, et honnêtement la

réponse qui nous a été donnée :

Non, on n'osera pas y aller là-dedans, on n'est pas prêts, ça pourrait décevoir

les pêcheurs. Sauf que, comme ministre

responsable de la Faune, je me dois d'être courageux, d'être responsable, et

c'est la seule décision intelligente qu'on a pu prendre.

Pourquoi

on a permis le poisson appât mort en hiver? En hiver, les endroits de pêche

sont plus circonscrits, étant donné

qu'il faut faire un trou dans la glace. Et comme c'est mort, normalement, rendu

au printemps, c'est disparu. On a maintenu, on a fait ce qu'on pouvait

faire, mais essentiellement on veut bien travailler.

ce qui concerne la faune, ça faisait longtemps qu'il n'y avait pas de ministre

de la Faune qui avait autant investi. Moi, j'ai investi 60 millions

au dernier budget. Je sais que ça va déplaire au député, mais essentiellement

on a fait l'embauche d'au-delà de 40 agents de protection de la faune, ce

qui représente une facture de 25 millions. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas investi là-dedans,

dont la modernisation de deux piscicultures, dont... si je ne me trompe pas,

Tadoussac, c'est dans votre comté, ça, cher collègue?

Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Nous devons

poursuivre avec un député ministériel. M. le député d'Ungava, cinq

minutes, toujours.

M. Boucher :

Alors, merci, M. le Président. Puisqu'il est question de faune, je vais pouvoir

parler d'un dossier qui est vraiment

délicat, pas facile, et puis je vais vous parler, bon, de votre collègue le

député de Bonaventure, qui est présentement

en train de faire une tournée faune au travers le Québec. Et puis plus tôt

cette semaine, sur les ondes de LCN, il donnait, bon, une entrevue, là, à Mario Dumont sur les impacts de

la faune qui reprenait grosso modo, là, ce que vous avez dit. Je sais que, bon, M. le député de

Bonaventure, c'est un bon gars, puis il n'a pas de mauvaises intentions, puis

je ne veux pas lui en prêter non plus. Ce

n'est probablement pas là où il voulait aller, mais ça dénote une façon de

voir, une façon de penser.

vais vous parler de la suspension de la chasse au caribou migrateur, plus

particulièrement, bon, le caribou, là, de

ce qu'on appelle la harde de la rivière aux Feuilles. On sait que la harde, là,

de la rivière George, qui avait passé de tout près de 1 million d'individus, là on est rendus autour de

9 000 individus. La chasse est complètement arrêtée là-dessus,

puis on espère, là, bon, que la nature fera

en sorte, là, que la harde va remonter. Du côté de la rivière aux Feuilles, on

est rendus aux alentours de

190 000 individus puis on ne veut pas se rendre, surtout pas, dans la

même situation que la rivière George.

Vous savez, M. le

ministre, le 22 décembre dernier, de 2016, a pris la décision de fermer la

chasse au caribou migrateur à compter du

1er février prochain. Puis ce n'est pas une décision qui a été prise à la

légère, ou sans réfléchir, ou sans

réaliser les impacts. C'est une décision qui était courageuse, une décision qui

n'était pas facile et une décision qui a de nombreux impacts sur les

pourvoyeurs, entre autres, et puis parce que, bon, eux, c'est leur produit

d'appel, hein? Puis les salons de

pourvoiries, là, tu ne décides pas le lundi matin que le vendredi soir tu t'en

vas à la chasse au caribou dans le

Grand Nord. C'est souvent des forfaits qui sont vendus dans des salons aux

États-Unis, c'est de l'investissement. Ces

gens-là doivent aller passer une

partie de leur hiver à faire le tour des

salons américains, ils mettent beaucoup d'efforts là-dessus. Puis la fin de la chasse, bien, mettait

malheureusement leur industrie en danger. Puis de nombreux efforts sont faits là-dessus pour essayer de faire en sorte

de... Bon, on espérait que, d'ici deux, trois ans, les niveaux de populations

soient rétablis puis que tout revienne comme

avant. Malheureusement, ce n'est pas ça, ce n'est pas ça qui va se passer,

ce n'est pas ça que les biologistes prédisent.

Mais

moi, je veux en venir un peu à mon point concernant, bon, les populations

autochtones du Nord. Dans ça, M. le

député de Bonaventure a parlé de toute la problématique de la chasse et puis a

promu, bon, au sein des médias, une vérité

qui fait en sorte qu'il laisse la majorité des Québécois, que j'appellerais les

Québécois du Sud, hein, dans le noir concernant

c'est quoi, la vraie importance, là, du caribou migrateur pour les populations

nordiques, plus précisément les Inuits,

et les Cris dans une moindre mesure. C'est un apport alimentaire qui est

essentiel puis une ressource qui est essentielle aux peuples autochtones du Nord-du-Québec. Écoutez, dans sa décision

d'interdire la chasse, ça vient sécuriser l'apport alimentaire aux populations inuites, qui, eux, ont

un droit ancestral et un droit consenti par la Constitution du Canada et la

Convention de la Baie James à prélever la

ressource. Lors de ses déclarations, M. le député de Bonaventure disait que la

fermeture de la chasse au caribou migrateur ferait en sorte que les Québécois

allaient sortir du Nord-du-Québec. Écoutez, moi,

j'ai devant moi un courriel que j'ai reçu, là, de M. Adamie Delisle Alaku,

qui est un des vice-présidents de la corporation

Makivik, située à Kuujjuaq, et puis qui me faisait remarquer, à bon droit,

puis là-dessus je suis 100 %

d'accord avec lui, que les Inuits,

c'est leur terre ancestrale, c'est leur chez-eux, c'est leur pays et puis ils

n'ont pas l'intention de quitter le

Nord-du-Québec, là, parce que c'est la fin de la chasse au caribou. Les Inuits

ne feront pas

partie de cet exode-là. Et

puis ça laisse sous-entendre, bon... Est-ce que les Inuits ne sont pas des

Québécois? Est-ce que les Inuits sont moins Québécois que M. le député de

Bonaventure? Je pense que ce n'est pas du tout le cas. Les Inuits sont des

Québécois à part entière, comme moi,

comme M. le ministre, comme M. le député de Bonaventure. Il faut dénoncer cette

attitude-là, avec des paroles

colonialistes, que je dirais, qui demeurent, malheureusement, souvent bien

présentes, puis il faut vraiment dénoncer à chaque fois.

Le peuple

inuit fait

partie de la solution. Je pense que, pour eux autres, sécuriser

l'apport alimentaire des caribous, c'est

très important. Puis, oui, en même temps, en parallèle, on travaille à des

solutions pour les pourvoyeurs, puis c'est tous ensemble qu'on va...

Le Président (M. Auger) :

Merci. Cinquième série d'interventions, M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais

faire du rebond sur le député d'Ungava. Écoutez, on n'a pas remis en question la résultante de la décision du ministre,

et je pense qu'il ne faut pas prêter de fausses intentions au collègue de Bonaventure de mettre en

contradiction la pratique de la chasse ancestrale de nos communautés

autochtones des Premières Nations

dans le Nord-du-Québec et la pratique de la chasse des communautés dites

blanches du Québec, disons ça comme ça.

Cela étant

dit, ce qu'il faut qu'on comprenne bien, ce qu'on cherchait à voir, c'est :

c'était quoi, le plan par rapport à ça? Parce que ce que les pourvoyeurs du

Nord nous ont dit : Écoutez, si on interdit la chasse, est-ce que j'ai de

l'aide? Est-ce que j'ai une vision

pour m'aider à diversifier mon offre? Le député de Papineau, tout à l'heure,

parlait de l'importance du développement économique. Il a fait

référence, et j'en ferai référence plus tard, du «Plan mort». Ces activités économiques là sont importantes pour le

Nord-du-Québec, sont importantes pour l'Abitibi-Témiscamingue. Si on concentre tous nos oeufs du Plan Nord juste dans

un secteur économique, telles les mines, bien, quand ça sera un cycle

baissier comme on a vu il y a de ça trois, quatre ans, bien, on risque

peut-être de manquer cette phase importante du Plan Nord qui, à notre avis,

doit être une phase de diversification.

J'aimerais corriger aussi le ministre sur un

détail en question. On a fait une demande d'information à son ministère pour savoir concrètement, là, il y en a

comment, d'agents de la faune sur le territoire, et le chiffre qu'on nous a

remis, c'est 326 présentement. Donc, quand on fait le total avant leur arrivée

et aujourd'hui, il y en a 40 de moins. Ça fait qu'on va juste mettre les

chiffres en perspective, ça vient de son ministère.

M. le

Président, j'aimerais parler un peu de développement économique et de

développement social. J'ai trois enjeux

assez importants. La prison d'Amos.

Le 28 septembre dernier, M. le Président, la Protectrice du citoyen notait

que des délais sont déraisonnables

pour la réalisation de la nouvelle prison d'Amos. Attendue pour 2016, la prison

n'est toujours pas ouverte en date

d'aujourd'hui : «Ces reports ne font que s'ajouter aux délais

interminables écoulés depuis l'annonce de la construction de ces deux bâtiments entre 2007 et 2010.» Aïe! C'est

130 millions de dollars des contribuables qui est dans ce projet-là, elle n'est toujours pas

ouverte. Alors, j'aurais une question bien simple, M. le ministre : À

quand son ouverture?

Dossier d'eau potable à Angliers, le ministre en

fait mention. Écoutez, je suis tombé sur le cul quand j'ai lu l'article que 64 000 $ allaient être

offerts pour les citoyens d'Angliers. Et pourquoi je suis tombé sur les fesses,

M. le Président? Bien, je me suis

rendu compte que ce n'était pas un dossier... ce n'étaient pas des sommes pour

permettre la mise aux normes et

l'accès à l'eau potable, c'était pour fournir des bouteilles d'eau, M. le

Président, à même le discrétionnaire du ministre. Alors, je comprends

que, dans sa réflexion tout à l'heure, il nous a expliqué : Mais, écoutez,

ce n'est pas vraiment rentable, ils sont

loin à connecter. À quand, M. le Président, qu'un service de proximité doit

avoir la colonne «rentabilité» pour

donner accès à de l'eau potable? Alors, j'espère que le ministre va corriger et

qu'il va nous annoncer prochainement qu'il

ne fait pas juste y travailler, que les gens de la municipalité d'Angliers

n'auront plus à se promener avec des bouteilles d'eau potable et qu'ils

auront véritablement accès à l'eau potable.

Autre

dossier superimportant, M. le Président, l'agriculture. Au cours des

10 dernières années, l'Abitibi-Témiscamingue a perdu six fois plus de fermes par rapport à la

baisse observée pour l'ensemble du Québec. Les agriculteurs de l'Abitibi-Témiscamingue, M. le Président,

réclament maintenant l'appui des trois élus provinciaux de la région. Déjà,

le collègue de l'Abitibi-Ouest a donné son

appui. Alors, je tends la main du côté du ministre. Quel est son plan pour

renverser cette vapeur qui touche nos

agriculteurs en Abitibi-Témiscamingue? Est-ce qu'il a un plan pour renverser

cette tendance?

Et, en

terminant, M. le Président, parce que j'ai parlé de développement économique

mais j'aimerais aussi parler de

développement économique et social, la culture. Je faisais référence tout à

l'heure à la qualité des services, à l'offre globale des citoyens et citoyennes de

l'Abitibi-Témiscamingue qui décident de venir s'y installer pour gagner leur

vie ou qui y demeurent tout

simplement pour se faire une vie. Sept organisations, salles de spectacle,

centres d'exposition de la région se

sont vu amputer leur budget de 25 % à 40 %, selon l'organisme.

Souvent, dans certains cas, c'est le coeur même de l'activité régionale culturelle qui a été touché. Ils ont créé un

comité pour résoudre le problème, mais, pendant ce temps, le Conseil de la culture est en colère, les maires

sont en colère. Il y a des résolutions à la table des préfets qui se promènent,

M. le Président. C'est la vision des régions du gouvernement qui transparaît

dans cette décision.

Alors,

j'aimerais poser une dernière question au ministre avant que le temps se

termine : Qu'est-ce qu'il va faire pour ces dossiers culturels? Qu'est qu'il va faire pour les dossiers par

rapport à l'accès à l'eau? Qu'est-ce qu'il va faire pour l'agriculture?

Et qu'est-ce qu'il va faire, M. le Président, pour la prison d'Amos? Merci.

Le Président

(M. Auger) : Merci, M. le député de René-Lévesque. M. le

ministre.

M. Blanchette :

Écoutez, pour régler au moins le cas de la prison d'Amos, on l'ouvrira quand

elle sera terminée de construire et

on pourra avoir un service très complet. D'ailleurs, je tiens à rappeler que ça

a été une décision sous un gouvernement libéral qui l'a faite. Parce

que, là, je sens, derrière la question, que c'est le député d'Abitibi-Ouest qui

insuffle ou qui inspire le député de

René-Lévesque dans sa question. Ce dossier-là, ça a été développé, mené de

front par un gouvernement libéral, heureusement, parce que le projet ne serait

même pas nécessairement à l'ordre du jour si on ne s'était fié qu'au

député d'Abitibi-Ouest en la matière.

ce qui concerne l'agroalimentaire, j'ai été le premier à renouveler le

programme de chaulage et drainage, qui amène

une productivité très accrue. Je le sais, j'ai été assisté à un programme de

drainage sur une ferme en particulier et

j'ai vu à quel point que c'était fait avec beaucoup de sérieux. Et j'ai

constaté une terre non drainée versus une terre drainée, ça fait la différence en termes de verdure et de

sécheresse, donc c'est important. Ce 2,5 millions là, j'ai été le chercher

pour qui? Pour les agriculteurs du Témiscamingue en particulier mais, bien sûr,

de ceux de l'Abitibi.

y a eu un dédommagement parce qu'il y a eu une mauvaise culture comme la

température n'avait pas été bonne cette année-là, trop de pluie.

Essentiellement, j'ai beaucoup insisté auprès de La Financière agricole

pour soulever un financement qui a été

sorti, finalement, pour soutenir nos agriculteurs. Ça a été très, très, très

apprécié par ceux-ci, ils m'ont remercié

de ça. Et je me souviens très bien d'une gang d'agriculteurs au Témiscamingue

qui étaient très, très contents de ça.

Sur l'abattoir de

proximité auquel on a fait référence, bien, encore une fois, malheureusement,

le député qui s'imagine qu'après une seule

visite qu'il connaît l'Abitibi-Témiscamingue... Il y aura un abattoir régional.

On vient de créer ce programme-là,

c'est tout récent. Si je ne me trompe pas, c'est la semaine dernière, on a créé

un programme d'abattoirs de proximité qui va permettre à un abattoir de niveau

provincial de pouvoir écouler sa production — et là je parle de production ovine et bovine, principalement — sur les tablettes de nos épiciers. Ça non

plus, ce n'est pas l'opération du

Saint-Esprit, c'est moi qui a été le chercher. Et les agriculteurs... Je tiens

à souligner que j'ai fait le décompte, j'ai fait 17 visites dans des fermes agricoles. Je me fais un devoir de

toujours mettre deux jours par année pour insister auprès des

agriculteurs de façon à ce qu'ils me parlent de ce qu'ils vivent, de leurs

besoins, etc. Et c'est avec eux qu'on m'a sensibilisé

sur le drainage, sur le dédommagement pour la mauvaise culture pour

l'année 2014, sur, ensuite de ça, le caractère essentiel de

l'abattoir régional pour notre filière animale.

Enfin,

sur le plan de la culture, écoutez, je ne veux rien enlever aux autres, mais,

s'il y a quelque chose qui me préoccupe, c'est bien ça. Il y a

285 000 $ pour le Réseau Biblio. Le Réseau Biblio, chez nous, c'est

toutes les petites bibliothèques

qu'on retrouve dans chacune des municipalités, c'est fort important. Culturat,

j'ai fait sortir 100 000 $ auprès de mon ancienne collègue de la Culture, des Communications afin de

soutenir la démarche. Culturat, c'est «culture» avec «a-t» à la fin. C'est vraiment un projet des plus

structurants. C'est la couleur bleue qui a été retenue, bleu pour le ciel,

bleu pour l'eau mais aussi bleu pour encourager nos arts, et ça, c'est vraiment

essentiel.

je vous rappellerai que, tout récemment, en matière de tourisme, parce que

c'est un peu connexe à la culture, les

festivals et événements, on a investi 488 000 $. C'est ma collègue

ministre du Tourisme qui a fait ça. Elle est venue en région pour faire cette démonstration-là. Et

l'enveloppe régionalisée a été beaucoup inspirée à partir d'une participation

de ce que les gens de ma région... et là je

pense au Festival de la musique émergente, au Festival du cinéma international de l'Abitibi-Témiscamingue, je pense également au

Festival des guitares du monde. Ce sont des gens qui nous ont représentés

pour faire les bonnes choses auprès du monde.

Angliers,

je vais être sévère, M. le Président, mais je trouve que mon collègue n'a

aucune sensibilité. Ces gens-là, les

bonbonnes d'eau qu'on a financées, c'est une mesure temporaire. Il ne devrait

pas avoir joué avec la population comme ça. Je suis fâché. Et, honnêtement, là, on a mis ce système de bonbonnes

d'eau là auprès du dépanneur de façon à desservir une population qui est

aux prises avec des bains qui n'ont pas toujours la belle couleur transparente.

J'aimerais qu'on n'insiste pas plus

là-dessus. Effectivement, le projet structurant d'égout, aqueduc et usine

d'assainissement suit son cours, et on

espère avoir de bonnes nouvelles pour ça, mais vous comprendrez que c'est des

projets plus complexes. Et

j'apprécierais, pour la population d'Angliers, que le député cesse de

faire de la petite politique.

reviens sur le secteur de la culture — il me reste 10 secondes — j'apprécierais effectivement un peu plus de

discernement de la part de mon collègue en matière d'interprétation de ce qui

se passe dans ma région.

Président (M. Auger) : Merci. Merci, M. le ministre. Finalement,

pour mettre fin à la cinquième série d'interventions, un député

ministériel, M. le député de Papineau.

M. Iracà : Oui, merci

beaucoup, M. le Président. Alors, ça me fait plaisir d'intervenir, je pense, pour la dernière

fois ce matin, toujours

sur l'Abitibi. Écoutez, ce qu'on remarque, ce que j'ai remarqué, là, avec les

échanges qu'on a eus ce matin, c'est que je pense

que pour avoir un vrai portrait de l'Abitibi-Témiscamingue, il faut y avoir

été. Alors, on est capables de discerner,

puis les gens, je pense, les citoyens vont être capables de discerner ce

qui sonne vrai et ce qui sonne faux.

Alors, ce qui sonne

vrai, habituellement, c'est quand on a les deux pieds sur le terrain puis quand

on est allé souvent en Abitibi-Témiscamingue. Moi, je suis allé souvent, je

vous l'ai dit, je suis né à Val-d'Or, j'ai un chalet là, donc j'y vais souvent, je parle aux gens, je parle

aux entrepreneurs, je parle aux citoyens, et le son de cloche que

j'ai, moi, c'est que ça n'a jamais

été aussi bien en Abitibi, et ce, depuis plusieurs années. Ceux qui

sont allés à Val-d'Or, l'activité économique est incroyable. À Malartic... Malartic, pour ceux

qui ont été là il y a plusieurs années, retournez-y, s'il vous plaît, vous allez voir la différence. Rouyn, dynamique au niveau des arts, de la culture, de l'économie, l'éducation,

ça se porte très bien.

Juste

dans le bilan de la dernière session, celle du printemps, juste celle du

printemps dernier, un investissement

de 600 000 $, dont 340 000 $ dans le cadre du programme de

soutien en drainage et chaulage en agriculture — parce que le député de René-Lévesque parlait d'agriculture — 161 000 $ depuis décembre 2016,

dont notamment — puis il

y en a qui peuvent dire des petits

montants, mais des montants qui font une différence sur le plancher des

vaches — 69 000 $,

programme Prime-vert pour l'Université du

Québec en Abitibi; 48 000 $, programme de soutien à la conversion

d'unités de production végétale ou

acéricole, sept fermes, ça touche sept fermes du Témiscamingue;

21 500 $ du Programme d'appui au développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire, trois

organismes ont bénéficié de ce programme. C'est un collectif régional en

formation agricole, donc ça vient aider pour les emplois.

Juste

la session du printemps dernier : 50 000 $ au centre d'expositions

de Rouyn-Noranda. On parle de culture, le

député de René-Lévesque faisait référence à la culture, laissez-moi vous dire

qu'elle est très vivante en Abitibi. Il se passe de belles choses, plusieurs artistes vont y donner des spectacles,

les gens sont au rendez-vous, et le financement est là également. 10 000 $ pour la radio communautaire

autochtone de Long Point First Nation Winneway; 10 000 $ pour la

radio communautaire, également, autochtone du Témiscamingue,

Notre-Dame-du-Nord; 264 000 $ de Mécénat Placements Culture, dont 31 000 $ pour le Centre

des artistes en arts visuels de l'Abitibi-Témiscamingue; 165 000 $

pour La Troupe de théâtre Les Zybrides, comptez; 37 000 $ pour

Les Éditions du Quartz — Coopérative

de solidarité; 30 000 $ pour l'Orchestre symphonique régional de

l'Abitibi-Témiscamingue.

fais juste une liste, là, mais là j'ai très peu de temps, j'ai quelques

minutes. Je fais juste vous dire que, quand on parle aux gens, quand on est là, quand on va en Abitibi puis qu'on parle

à tous ces gens-là, là, qui se font aider, qui ont reçu du financement, qui font travailler du monde, qui

font une différence sur le terrain, qui aident du monde, bien, ces gens-là vont vous dire que le gouvernement était au

rendez-vous, ces gens-là vont vous dire qu'on ne les a pas laissés tomber.

Puis, pour faire ça, bien, c'est parce qu'on

a fait un redressement des finances publiques, dans les dernières années, qui

n'a pas été facile, tout le monde va

le dire, mais on a pu se dégager une marge de manoeuvre pour, justement, faire

du financement aux organismes des régions, parce qu'on a à coeur toutes

les régions du Québec. Puis, je vais vous dire, l'Abitibi-Témiscamingue, on y tient particulièrement parce que c'est un

pôle économique important, puis on est capables de s'en occuper maintenant parce que nous avons la marge de manoeuvre,

parce qu'on s'est dégagé de l'argent en faisant les bonnes décisions.

Alors,

le taux de chômage est à son plus bas niveau partout au Québec depuis que les

statistiques existent; en Abitibi, ils

battent un record. Et les gens vont dire : Bien oui, ils ne sont pas sur

le chômage, ils sont sur l'aide sociale. Eh bien, non, les gens à l'aide sociale ont diminué de

manière drastique également, alors, parce qu'on a implanté plusieurs mesures

d'intégration à l'emploi pour faire en sorte

que les gens se sortent de cette roue-là et on donne beaucoup, aussi, d'argent

aux organismes d'aide à l'emploi en Abitibi

pour, justement, combler le beau problème — c'est un beau problème — de manque de main-d'oeuvre, mais on

va y réussir, M. le Président. Merci beaucoup.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Papineau. Nous en

sommes à la dernière série d'interventions de la période d'échange,

donc, soit la sixième. Il n'y aura qu'une seule intervention, M. le député

d'Arthabaska, pour quatre minutes.

M. Lefebvre :

Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président, dans quelques semaines, je

vais fêter mon premier anniversaire

ici comme élu. Et, quand je suis arrivé ici, je m'étais dit que je voulais

faire de la politique différemment. Et, quand il y a des bons coups qui sont faits par le gouvernement, je veux

le mentionner. Et tantôt le ministre nous a parlé d'Internet dans les régions un peu plus éloignées

de l'Abitibi-Témiscamingue, et ça, j'en suis très heureux d'entendre ça.

Et tantôt je vous disais qu'on doit

s'élever... on a tous les mêmes visions et on se doit d'avoir Internet haute

vitesse partout au Québec, dans

toutes les grandes régions du Québec parce que... Tantôt, on parlait

d'agriculture. Maintenant, les fermes, ce sont des grosses entreprises avec des systèmes de robots, et tout ça,

alors on se doit d'avoir Internet partout au Québec, et je suis heureux d'entendre ce que le ministre

nous a dit ce matin. Je veux également remercier le ministre pour l'abattoir,

qui est un dossier important. Je suis

content d'entendre ça, je suis heureux de le dire. C'est des dossiers qui sont

importants.

Une fois qu'on a dit

ça, par contre, il y a un message, M. le ministre — et ce petit bout là,

je pense qu'il est important — des citoyens de l'Abitibi qu'ils vous

lancent. Quand on parlait du président de la Chambre de commerce, quand ici il y a le regroupement des citoyens qui,

à la fin de l'événement, disent : Bon, bien, on a une activité, il faut

trouver le député dans les rues du

centre-ville de Rouyn, je pense qu'il y a un message que les citoyens vous

lancent au niveau de la présence, et ça, il faut saisir ces messages-là.

Dans

les dossiers, également, qu'on n'a pas abordés aujourd'hui, on n'a pas parlé du

manque de loyers. Il y a un besoin criant au niveau des travailleurs

pour des petits logements, des chambres à louer, des motels qu'on va devoir

investir. Alors, je pense que ça, il va falloir que le ministre ait un plan

pour amener des habitations disponibles.

Tantôt, j'avais terminé sur Optilab, qui est un

dossier qui est au-delà de l'Abitibi-Témiscamingue, mais j'aimerais ça que le ministre prenne conscience et

acte de ça, que du côté de l'Abitibi-Témiscamingue aussi, ça a été un échec. Puis, lorsqu'on

fait des choses, on a le droit de reculer. Puis ça, c'est un dossier qui a été

un échec à la grandeur du Québec, dont en Abitibi-Témiscamingue, et ça,

on devrait en prendre conscience, et faire un constat, et reculer.

Moi, ce que j'aimerais savoir : C'est quoi,

le plan de match du ministre au niveau de la problématique de la main-d'oeuvre? Je pense qu'on a besoin d'avoir un

plan d'action, on a un besoin criant. Tantôt, mon collègue de l'opposition

est arrivé avec des chiffres qui sont

fracassants. Alors, on a besoin d'avoir un plan de match maintenant. Et

j'aimerais savoir quand est-ce qu'il

y a des rencontres de prévues avec les intervenants socioéconomiques pour les

mettre en oeuvre dans ce plan de match là qu'on va faire et de savoir

quand le ministre va déposer ce plan-là.

J'ai parlé

tantôt du FARR, qui est un programme sur lequel je garde un oeil important. Le

ministre a tenté de me rassurer. J'ai

pris acte qu'on a à peu près la moitié des sommes qui sont déjà soumises. Par

contre, je suis encore sceptique, en partie, pour

l'Abitibi-Témiscamingue mais également pour les autres régions du Québec.

En terminant,

bien, je veux vous remercier, M. le Président, remercier le ministre de son

temps, remercier mes collègues de

l'opposition et du cabinet qui ont été présents ici aujourd'hui. Je pense que

c'est important, puis c'est dans ces

rencontres-là, au-delà de la période de questions, où on peut aller un peu plus en profondeur, et

de se dire des choses, et de prendre

acte de ce qui doit être fait pour le développement de nos régions. Alors, merci beaucoup, M. le Président, et bon week-end à tous.

Le Président (M. Auger) : Merci

à vous, M. le député d'Arthabaska. Nous en sommes rendus aux dernières

interventions, des interventions d'une durée maximale de 10 minutes. En

premier lieu, M. le ministre.

M. Blanchette : Alors, merci. Moi aussi, je souhaitais, et là je

m'adresse au collègue d'Arthabaska, faire les choses autrement en matière

politique, mais souvent la joute partisane nous rappelle. Et essentiellement le

plan sur la main-d'oeuvre, j'en suis

tout à fait. Oui, à court terme, sur l'immigration parce que ces gens-là

arrivent déjà formés. Il faut faire plus en matière de formation professionnelle. D'ailleurs, ma propre commission

scolaire, notre propre commission scolaire au Témiscamingue a des projets fort intéressants que je défends auprès du

ministre de l'Éducation. Je ne le fais pas seul, je le fais aussi avec

les gens de la commission scolaire.

Je tiens à

mentionner aussi que l'idée de rétablir l'équilibre budgétaire... et je vous

taquine un peu en disant que toutes les mesures, à chaque fois qu'on voulait

assainir les finances publiques, malheureusement, on n'a pas toujours eu vos appuis du côté de la deuxième opposition. Mais

essentiellement cet équilibre budgétaire là visait justement à rétablir la

confiance. Je vous rappellerai que les plus de 200 000 emplois créés

depuis pas tout à fait encore quatre ans l'ont été beaucoup par l'entreprise privée, parce que les gens savaient qu'on ne

s'en allait pas nécessairement en espèce de déficit.

Et là

j'ai la plateforme du Parti québécois 2014‑2018. J'ai recensé, sur les

36 recommandations, sept recommandations qui se rapportent à la

création d'emplois et de richesse, donc je leur concède, il y en avait 10 qui

se rapportaient à des questions de principe, puis là-dessus il y en avait des

importants, là, l'équilibre hommes-femmes, etc., donc c'en était important, là, je ne banalise pas ça, mais 19 sont

des mesures pour accroître les dépenses, toutes sortes de mesures qui nous auraient amenés à grossir un déficit, ce que

notre gouvernement s'est obstinément refusé de faire. On a décidé de le faire sans hausser les impôts, sans hausser les

taxes, quoique les prétentions du parti soient autres, mais essentiellement on

a tenté, et c'est là qu'on a gagné toute la

crédibilité. Le Fonds des générations a servi également à ça, c'est-à-dire à

donner à l'ensemble du Québec une

confiance de dire : Bien, il y a toujours un bas de laine qui va rester là

pour les générations futures, ça va améliorer notre cote de crédit, ce

qu'on a pu faire.

Mais essentiellement les emplois qui se sont

créés en Abitibi-Témiscamingue, ça a tellement bien été que les principaux indicateurs, là — puis vous êtes tout de même en

affaires — les PIB,

les PIB par habitant, les revenus personnels, l'emploi, le taux de chômage, tous les indicateurs sont en bonification,

en amélioration. On s'entend, le taux de chômage, c'est à la baisse pour

que ça soit en bonification, mais essentiellement la rémunération moyenne, tout

ça suit.

Bien sûr, il

y a des problèmes d'ajustement avec les logements. Les logements sociaux ne

sont pas toujours au rendez-vous, il y aurait des choses à faire. Mais

essentiellement cette volonté d'aller plus loin, c'est vraiment une volonté de diversification économique et c'est ce

qu'on veut soutenir. Val-d'Or et Rouyn-Noranda, sur les 121 villes parmi

les plus importantes au Canada, ressortent

12e pour Val-d'Or et 33e pour Rouyn-Noranda en matière de villes entrepreneuriales au Canada. Donc, il y a

plusieurs familles qui font le choix de l'Abitibi-Témiscamingue, et moi, j'en

suis très, très fier.

Si vous me

permettez, avec le temps qui file, j'insisterais au moins sur la forêt.

Écoutez, il y a eu deux événements fort importants. Un premier, Forum

Innovation Bois, sur lequel il y a eu beaucoup d'annonces qui se sont faites,

mais ça a porté ses fruits et ça a été très,

très bien reçu. C'était beaucoup le travail de mon collègue prédécesseur, le

député de je ne sais pas trop où en

Chaudière-Appalaches, mais essentiellement on a repris la suite des choses et,

en équipe avec le parti ministériel,

d'ailleurs, que je salue, qui travaille très bien, et les gens du cabinet, on a

fait avancer le Québec. Tout récemment, on en a fait le bilan à Rouyn-Noranda

spécifiquement, et honnêtement les gens étaient très contents.

Je vous donne

quelques mesures. On a annoncé des mesures pour beaucoup, dont une sur laquelle

je suis particulièrement fier, le

financement dans les régions périphériques, et là je parle de Rimouski, je

parle de Chicoutimi, je parle de

l'Abitibi-Témiscamingue, de l'Université du Québec en Outaouais. Pour des

raisons de rigueur budgétaire, on

avait fait un redressement et on avait dû couper des financements en recherche.

On l'a remis à raison de 1 million pour une période de deux ans pour chacun de ces

établissements de façon à maintenir des équipes. Mais j'y vais sur FPInnovations, des programmes Innovation bois, des

analyses sur le sciage pour rendre le coût de la fibre plus faible.

Toutes ces mesures-là, on les a faites avec les gens, parce qu'on a créé une

table de concertation, on avait différents chantiers

sur lesquels les industries y étaient. Et ces mesures-là, maintenant, qui

existent — on en a

un peu plus d'une quarantaine — sont utilisées par les entreprises, et ça

donne des résultats. Les résultats sont qu'on n'a pas eu de fermetures d'emplois dans une crise sur le bois d'oeuvre

comme on en a vécu la dernière fois. Le contexte n'est pas le même, mais

essentiellement, présentement, les choses

vont plutôt bien en la matière. Et cette concertation-là, parce que c'est ma

marque de commerce en

Abitibi-Témiscamingue mais aussi sur le plan québécois, j'ai créé une table

avec les syndicats — Unifor, CSN,

CSD — avec

le monde patronal, Fédération des chambres de commerce, le Conseil du patronat

du Québec et Conseil de l'industrie forestière du Québec, avec les municipalités, autant la Fédération québécoise des municipalités que

l'Union des municipalités du Québec et le gouvernement, et ensemble, on a

décidé des moyens à faire. Je faisais à la blague à mon collègue député de Bonaventure que lui était seul,

moi, j'étais comme en table de concertation. Bien, c'est ensemble qu'on les

a prises, les décisions, et ça a porté ses fruits.

Je voudrais juste

citer, je fais ça très rapidement, Jocelyn Lessard, qui est de la Fédération

québécoise des coopératives forestières, qui a assisté au Forum Innovation Bois

à Rouyn-Noranda. Or, Jocelyn disait : «Le ministre [...] Blanchette a été

rayonnant pendant toute la journée et il avait raison [de l'être].»

Forum Innovation Bois n'est pas étranger à cette situation parce que plusieurs

programmes gouvernementaux appuient les industriels.

«[...]Le

ministre Blanchette a été attentif pendant les interventions de la journée. Il

ne s'est pas contenté d'écouter. Il était

en feu — je fais

juste le citer, là, je ne suis pas tout d'accord avec ce qu'il dit — pour annoncer une série de mesures supplémentaires. Les annonces ont totalisé

7 650 000 $ [supplémentaires]. Elles visent à soutenir la

recherche, notamment en sylviculture et différentes initiatives pour une

utilisation accrue du bois.

«[...]Nous

sommes sincèrement — et là je

cite toujours — soulagés

qu'il demeure en poste à ce ministère afin qu'il poursuive son oeuvre.»

Écoutez, cette

interpellation nous aura permis de faire un certain nombre de points, mais ma

région, j'y tiens à coeur. Quand on parle de

la guerre de la 117... Ce n'est pas juste quand on vient une fois en

Abitibi-Témiscamingue qu'on se met à connaître nécessairement l'ensemble de la

région. La guerre de la 117, là, c'est tout juste correct, c'est au hockey, c'est les Huskies et les Foreurs. Et je

suis tellement fier que je porte la montre de la coupe Memorial quand on s'est

rendus en finale là-bas. Je l'ai achetée à mes frais aux enchères, je vous

rassure.

Témiscamingue, le chemin de pénétration — parce que je suis un chasseur, pour une

première fois de ma vie, j'allais à la chasse — bien, il y a une tradition qu'au

kilomètre 27 du chemin de pénétration on arrête pour prendre la

bière avec les chasseurs du Témiscamingue,

ce que j'ai fait avec grand plaisir. La messe du chasseur, bon, elle m'a

fait... ça fait 35 ans qu'ils la font, j'en ai manqué une, j'ai été

aux trois autres.

Essentiellement,

les brunchs de l'âge d'or que je couvre, une clientèle à Noranda, à Évain,

Montbeillard, Cloutier, au Moose, tout ça, ça fait

partie de

l'Abitibi-Témiscamingue et du vrai monde, ce sont souvent nos aînés, et c'est

un moment... ça remplace les balcons d'église qu'on avait auparavant.

Barbe

Broue, c'est une micro-brasserie du Témiscamingue, Le Prospecteur est à

Val-d'Or, Belgh Brasse à Amos, Trèfle

noir à Rouyn-Noranda. Quand on vient en région, là, il faut aller dans chacun

de ces endroits-là. C'est ça qui donne de

l'odeur, de la saveur et de la couleur à l'Abitibi-Témiscamingue. Et l'Abitibi,

oui, je l'ai mentionné tantôt, a été peuplée par des immigrants. On est une terre d'accueil. On n'a pas toujours les

mêmes positions avec la deuxième opposition en la matière. On a besoin

de compétences, et ma région plus que tout autre.

mines, personne ne pourra jamais m'accuser de ne pas connaître les mines. J'ai

descendu dans les mines de Goldcorp, de Raglan, de Matagami, de Nyrstar

dans le Nord-du-Québec, chez mon collègue, mais aussi IAMGold, LaRonde, Goldex,

Fonderie Horne, Canadian Malartic, ça, c'est en Abitibi-Témiscamingue.

l'ai mentionné tantôt, j'ai visité plusieurs fermes ovines, bovines, laitières,

apiculteurs, grandes cultures, etc. J'ai

25 ans d'enseignement où que j'ai enseigné aux autochtones, des gens que

j'apprends à connaître et qu'ils ont tellement une belle approche aussi que ça vaut la peine de s'en priver en termes

de culture. Écoutez, j'ai enseigné à Amos, à Val-d'Or, à Rouyn-Noranda et à La Sarre et j'en suis

très fier. J'ai aussi ma montre en or, qui n'est pas en or, mais qui symbolise

les 25 ans de ce travail-là.

me suis promené sur les passerelles du parc Aiguebelle à plusieurs reprises

avec un enfant soit sur le ventre ou

soit dans le dos, parce que j'en ai trois, mais essentiellement c'est des

choses qui donnent de la valeur. Et les gens qui viennent en région, qui

ne passent pas par le parc Aiguebelle, ils manquent quelque c

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2017-11-17
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-41-1 journal-debats CAT-171117
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
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