House Proceedings — 1 December 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-12-01
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
bon vendredi matin, chers collègues.
Je vous
invite, s'il vous plaît, à bien vouloir vous asseoir, car nous en sommes à la
rubrique Déclarations de députés. Et, pour cette première déclaration,
aujourd'hui, je reconnais M. le député de Côte-du-Sud.
Rivest : Les dernières semaines m'ont amené à amorcer une
réflexion. Ayant croisé les Cowboys dans mon ancienne vie, permettez-moi
de m'en inspirer.
Paysages, langue, créativité jouent un rôle
essentiel sur notre fierté. Pourtant, l'Amérique pleure trop souvent. Je suis
convaincu que tous les élus ont une volonté claire d'être bons et d'être pour
le mieux-être collectif. Je sais que plusieurs partageront l'idée qu'il faut
rééquilibrer la présence de positif dans l'espace public.
Alors, j'ai choisi d'ouvrir un de mes journaux
locaux. Étonnant! LG Cloutier inaugure sa nouvelle usine, Le Bistreau
d'érable et son espace culinaire, l'Espace patrimoine à Saint-Jean-Port-Joli,
10 millions pour Plastiques Gagnon, tout ceci en une seule semaine, des tonnes de bonnes nouvelles, entre
autres via les actions du gouvernement du Québec. Merci à nos médias
locaux pour cet équilibre.
Alors, de
L'Assomption à la Gaspésie, à l'occasion, mets ta tête sur mon épaule, parce
qu'ensemble on n'a peur de rien, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Côte-du-Sud. Et nous poursuivons avec la déclaration
de M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Je souhaite rendre hommage à M. Robert Gervais, un
citoyen de mon comté, Nelligan, un homme paisible que l'épreuve de la
vie a transformé en véritable héros.
M. Gervais
a effectué pas moins de 1 030 dons de sang chez Héma-Québec, un
exploit qui le place parmi un groupe très restreint ayant franchi la barre de
1 000 dons. Sa générosité exceptionnelle prend racine dans la perte
tragique d'un de ses jumeaux à la naissance, victime d'un sang
contaminé.
Malgré sa douleur et sa peur des aiguilles, il a puisé en lui le courage de transformer cette tragédie en un
véritable acte afin d'éviter à d'autres parents de vivre une douleur similaire.
En tant que
député de Nelligan, j'ai l'honneur de remettre à M. Gervais la Médaille de
l'Assemblée nationale pour saluer sa bravoure et sa compassion. Puisse son
exemple nous inspirer tous afin d'oeuvrer ensemble pour un monde où la
générosité et la compassion triomphent toujours.
Merci, M. Robert Gervais, pour votre
contribution exceptionnelle. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Nelligan. Et nous poursuivons avec Mme la députée de
Laporte.
Mme Poulet : Merci, M. le Président.
Alors, je souligne aujourd'hui la persévérance et la détermination d'un
résident de ma circonscription, M. Alain Charlebois.
Il y a près de 25 ans, M. Charlebois
commençait à s'impliquer au sein des Olympiques spéciaux du Québec. En 2013, il s'inscrit à
titre d'athlète à la
nouvelle option golf. Grâce à l'aide précieuse d'un entraîneur et à ses
efforts, il a fait des progrès significatifs, tellement significatifs
que, lors du dernier tournoi de golf provincial et après 10 ans de pratique, il a remporté la médaille d'or pour le
meilleur résultat dans sa catégorie. J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui
et je peux vous dire que c'est avec beaucoup de fierté qu'il m'a présenté sa
médaille.
Je profite de
l'occasion pour remercier l'organisation des Olympiques spéciaux du Québec
ainsi que tous les bénévoles pour leur détermination à valoriser les
jeunes et les adultes ayant des besoins particuliers. Ils leur permettent de dépasser leurs limites à travers différents sports, de
socialiser, de leur apporter une source de motivation à s'investir dans une
discipline.
Alain, je te transmets toutes mes félicitations.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Laporte. Et nous poursuivons avec Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le Président.
On est actuellement dans les 12 jours d'action contre les violences faites
aux femmes, cette année sous le thème de la précarité genrée et des violences
économiques.
Et je veux dénoncer, encore aujourd'hui, que
l'État du Québec participe à la violence économique envers les femmes quand il se traîne les pieds pour offrir
des places en services de garde à tous les enfants, quand il maintient le
salaire minimum en dessous du revenu viable, quand il refuse de protéger
les locataires contre les évictions et les hausses abusives de loyer, quand il
refuse d'augmenter les salaires du secteur public en haut de l'inflation, quand
il laisse les services publics s'affaiblir
devant nos yeux, quand il perpétue le sous-financement du communautaire en
pelletant toujours plus dans leur cour, quand il laisse traîner des
plaintes d'équité salariale pendant des années, même plus d'une décennie. Ce
sont tous les choix politiques qui précarisent les femmes, et c'est extrêmement
bien documenté ici, au Québec.
Alors, au
lieu de s'indigner quand on en parle, j'invite mes collègues du gouvernement à
s'assurer que chacune de leurs décisions contribue à réduire les
inégalités et la précarité économique des femmes. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Sherbrooke. Et
nous poursuivons maintenant avec Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci, M. le
Président. Je me lève aujourd'hui pour souligner la superbe victoire dans le monde du football universitaire des Carabins de
l'Université de Montréal contre les Thunderbirds de l'Université de la
Colombie-Britannique.
Cette
performance a conduit les Carabins à un deuxième
titre de football de U Sports
de l'histoire du programme au terme d'une victoire de 16-9 sur les Thunderbirds
samedi dernier dans le match de la coupe Vanier Canada Vie 2023 à
Kingston, en Ontario, sous une foule bien attentionnée de
7 901 spectateurs.
C'est une
deuxième conquête de la coupe Vanier pour les Carabins, qui avait aussi
triomphé en 2014. L'emblème du
football universitaire canadien demeure donc au Québec, puisque le Rouge et Or
de l'Université Laval l'avait remporté l'année dernière.
Ce gain des Carabins marque la deuxième fois
dans les 58 ans de l'histoire du championnat d'U Sports que les champions de la coupe Vanier et de la
coupe Grey, en l'occurrence les Alouettes, cette année, sont basés dans la
même ville, depuis Edmonton et l'Université de l'Alberta en 1980. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Et nous poursuivons maintenant avec Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Prass : Merci, M. le Président. Je joins ma voix à la
COPHAN, la plus grande confédération multihandicaps de langue française du Québec et du Canada, pour
souligner le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées.
C'est l'occasion de nous rappeler l'importance
de rendre notre société plus équitable et plus inclusive pour les
1,3 million de personnes qui sont en situation de handicap au Québec.
À cet égard,
le gouvernement doit porter une attention particulière notamment aux soins à
domicile, en accessibilité des commerces, en transport adapté et à
l'intégration au travail.
Every individual, whether they have a
different physical or mental ability, deserves to be treated with respect,
dignity, understanding,
and consideration. Together, let's shape a society where diversity is
celebrated, where everyone can contribute, and where inclusion is not
just a principle but a lived reality.
En célébrant cette journée, nous nous engageons à
éliminer les obstacles qui peuvent entraver la pleine participation des
personnes handicapées en faisant la promotion des politiques inclusives, à
sensibiliser le public sur les défis auxquels font face nos concitoyens
handicapés et à encourager un changement positif dans nos mentalités. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
La prochaine déclaration sera celle de Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours : M. le Président,
permettez-moi de rendre hommage aujourd'hui à un citoyen d'exception de
ma circonscription, M. Kevin Pagé.
Depuis
plus de 10 ans, maintenant, M. Pagé est membre du conseil
d'administration de L'Association du hockey mineur Lac-des-Deux-Montagnes. En
plus du conseil d'administration, Kevin a repris le flambeau de la présidence
du tournoi pee-wee de la région et est
également impliqué dans l'organisation de la soirée de reconnaissance des
bénévoles qui est organisée depuis cinq ans.
dires de ses pairs, M. Pagé est un bénévole comme il s'en fait peu. Il
donne sans compter, et son objectif est toujours le même : faire
vivre la plus belle expérience à nos joueurs, nos tout-petits, parents et
bénévoles.
Alors, pour toutes
ces raisons, vous méritez toute mon admiration, cher Kevin. Merci infiniment.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Mirabel. Nous poursuivons maintenant avec M.
le député de Gaspé.
Sainte-Croix : Merci, M. le Président. Le 20 décembre prochain
marquera le 30e anniversaire d'un triste événement
qui a durablement secoué la Gaspésie et l'industrie québécoise des pêches. Il
s'agit, bien entendu, du moratoire sur la pêche et la transformation de
la morue dans le golfe du Saint-Laurent.
Véritable tragédie,
tant sur le plan économique que social et culturel, l'arrêt abrupt de cette
activité séculaire, qui était pour nous un vecteur majeur de notre identité, a
laissé des stigmates longtemps visibles, en plus d'entraîner notre région dans
une spirale de dévitalisation et le déclin démographique, qui ne fait que
commencer à se résorber, 30 ans plus tard.
Aujourd'hui
encore, le secteur des pêches est confronté à nouveau à des défis importants
qui sont exacerbés par les changements climatiques, des défis que seules
l'innovation, l'adaptation et l'audace permettront de surmonter.
cette période difficile, nous voulons souligner le courage de tous ceux et
celles, de tous ces acteurs qui font preuve de résilience en se
réinventant pour le plus grand bénéfice de tous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Gaspé. Et nous poursuivons, pour la prochaine
déclaration, avec Mme la députée de Repentigny.
Mme Déry : Merci
beaucoup, M. le Président. Il y a des gens, dans la vie, qui savent comment
rendre les autres heureux. Il y a des gens qui sont toujours prêts à aider,
sans même qu'on ait à leur demander. Florian Chartrand est un de ceux-là, et j'ai l'immense honneur, aujourd'hui, de lui rendre
hommage. Il est parmi nous dans les tribunes ce matin.
L'entraide est au
coeur de sa vie depuis 50 ans, bien ancrée en lui. Pompier de formation,
il a travaillé près de 25 ans au sein
du service des incendies de la ville de Montréal. Pleinement investi dans sa
communauté, il a été conseiller municipal pour la ville de Repentigny de
1989 à 1993. Il a mené de nombreuses campagnes électorales, qu'il a toujours gagnées, et mon élection de 2022 ne fait pas
exception. C'est en grande
partie grâce à toi, Florian, si je suis ici
aujourd'hui, élue comme députée de Repentigny.
Impliqué aussi auprès
des clubs Richelieu de la région depuis 37 ans, toujours dans le but de
venir en aide aux personnes dans le besoin,
tout particulièrement les enfants, grand rassembleur au charisme légendaire, il
a le bénévolat tatoué sur le coeur.
Bravo, Florian, pour ta contribution inestimable
au sein de la communauté repentinoise! Merci d'être ce grand citoyen, et
merci pour cette belle amitié.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci,
Mme la députée de Repentigny. Et, M. Chartrand, bienvenue à l'Assemblée
nationale du Québec.
Nous poursuivons avec
la prochaine déclaration, avec Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest : Merci, M. le
Président. En septembre 2020, un incendie a complètement détruit un
quadrilatère de la rue Principale de la ville
de Farnham. Le Comité de dynamisation de la ville de Farnham avait déjà entamé
un plan de revitalisation de son centre-ville. L'idée d'aménager sur le terrain
laissé vacant par le feu un lieu de rassemblement pour tous les citoyens
s'est donc vite imposée.
C'est ainsi qu'est née la Place du Phénix. À
l'image de l'oiseau légendaire qui renaît de ses cendres, on retrouve
maintenant au coeur de la ville une place vivante, avec une belle vue sur la
rivière Yamaska et l'église patrimoniale Saint-Romuald.
On y a installé un piano, un foyer, des bancs et une aire de jeux pour enfants.
Une murale géante de l'artiste Nicolas
Lareau est venue mettre la touche finale, devenant la nouvelle signature
visuelle. La ville de Farnham a même reçu le prestigieux prix d'excellence
lors du 34e gala annuel de l'organisme Rues principales pour ce projet
inspirant.
Toutes mes félicitations au Comité de
dynamisation de la ville de Farnham. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Brome-Missisquoi. Et nous enchaînons maintenant avec M. le député de
Vachon.
Lafrenière : Merci beaucoup, M. le Président. Je souligne
aujourd'hui les exploits sportifs de Saoud Messaoudi lors de la
Coupe internationale de parahockey 2023.
En octobre
dernier, ce hockeyeur émérite de ma circonscription s'est rendu avec son équipe
à Ostrava, en Tchéquie, pour participer à ce tournoi. En plus d'avoir
remporté la médaille d'argent lors de la coupe internationale pour une deuxième année consécutive, Saoud est un athlète
très impliqué. Il a déjà été ambassadeur lors de la 40e édition du
Défi sportif Altergo, un défi qui met de l'avant le sport adapté et qui fait la
promotion de l'accessibilité universelle des installations
sportives pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles. Je suis donc
très fier d'avoir, dans Vachon, des gens qui font rayonner le sport
adapté, qui sont des modèles pour les jeunes.
Je souhaite à
Saoud d'atteindre ses objectifs qu'il s'est fixés : être invité à
représenter le Canada dans le cadre des prochains Jeux paralympiques
d'hiver, en 2026, à Milan.
Bonne réussite, Saoud! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Vachon. Et nous
concluons cette rubrique avec M. le député de Chapleau.
Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui,
j'aimerais souligner le 50e anniversaire de l'École de musique de
l'Outaouais.
Cette école a été fondée en 1973 par
M. Gaétan Robichaud afin de répondre aux besoins culturels et musicaux de la population de l'Outaouais. En 1975, elle
obtient son statut d'organisme de charité. Les cours d'enseignement de la
musique sont offerts à partir du niveau élémentaire jusqu'au niveau avancé. On
y retrouve une diversité de programmes pour
tous les groupes d'âge, tels que les formations expérimentales et vocales, le
jazz populaire, du piano pour les aînés et d'autres programmes autant pratiques que théoriques. L'École de
musique de l'Outaouais enseigne la musique classique et populaire, tout
en offrant des cours sur mesure à sa clientèle.
M. le
Président, je tiens à féliciter M. Claude Belisle, directeur depuis 1983,
M. André Boivin, président du conseil d'administration, et toute l'équipe de l'École de musique de
l'Outaouais. Par votre engagement, vous contribuez à faire rayonner la
culture et la musique dans Chapleau, à Gatineau, en Outaouais. Merci, et bon
50e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Chapleau. Et cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt
de documents.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M.
le vice-président de la Commission de l'administration publique et député
de Portneuf.
M. Caron : Mme la Présidente, je dépose le rapport sur
l'imputabilité de l'automne 2023 de la Commission de l'administration publique donnant suite aux
auditions des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics sur la gestion administrative. La commission a procédé
aux auditions suivantes : le 5 octobre 2023, audition du ministère de la Santé
et des Services sociaux et des CIUSSS
de la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal sur le
chapitre 4 du rapport de
mai 2023 du Vérificateur général intitulé Santé mentale :
efficacité du continuum de soins et de services pour les usagers
ayant des troubles mentaux graves ; le 7 novembre 2023, audition du
ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, du ministère de la Sécurité publique et du
ministère des Transports et de la
Mobilité durable sur le
chapitre 2 du rapport d'avril 2023 de la Commissaire au développement durable intitulé Adaptation aux changements
climatiques : risques liés à l'érosion et à la submersion côtières . La
commission s'est également réunie en
séance de travail les 14 et 26 septembre, le 5 octobre ainsi que le
7 novembre 2023. Ce rapport contient huit recommandations.
La Présidente :
Ce rapport est déposé. M. le
président de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles et député de
Marquette.
M. Ciccone : Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
qui, le 30 novembre 2023, a procédé à l'audition d'Hydro-Québec dans le
cadre de l'étude de son plan
stratégique 2022‑2026 et de son plan d'action 2035 intitulé Vers
un Québec décarboné et prospère . Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Ce rapport est déposé. M. le président de la Commission
des finances publiques et député de Montmorency.
M. Simard :
Oui, Mme la Présidente. C'est avec plaisir que je dépose le rapport de la
Commission des finances publiques qui, le
30 novembre 2023, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 35, Loi
concernant la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le
budget du 21 mars 2023. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec quelques amendements.
Présidente : Ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Quand on dit que la CAQ est un mauvais gouvernement, ce n'est pas
juste une étiquette partisane ou politique, Mme la Présidente, on le voit dans
tous les dossiers, à tous les jours.
va parler, maintenant, de précarité de celles et ceux qui ont un travail, qui
travaillent pour l'État et qui doivent avoir recours à l'aide
alimentaire pour arriver.
Hier, l'Institut de la statistique du Québec nous
a rapporté que la rémunération globale des travailleuses et travailleurs du
secteur public est de 7,4 % moindre par rapport à celle de l'ensemble des
autres salariés québécois. 872 000 Québécois, vous nous avez souvent entendu parler de cela,
Mme la Présidente, 872 000 Québécois par mois doivent avoir recours aux banques alimentaires, même si
plusieurs d'entre elles et eux ont un emploi. Qui sont-ils? Dans la dernière
année, un employé de soutien scolaire sur huit, 12 %, ont dû avoir recours
aux banques alimentaires.
Ce matin, dans La Presse , trois témoignages émouvants de femmes qui
travaillent pour l'État qui en sont réduites aux banques alimentaires. Le témoignage
poignant de Pascale Castonguay, technicienne en éducation spécialisée à Sherbrooke. Elle gagne 24 $ de l'heure,
elle travaille 30 heures par semaine, elle n'arrive pas. Elle dit :
«Mes garçons sont [hyperraisonnables] — elle
a deux ados, ils sont hyperraisonnables. [...]Ils ne demandent rien, mais ils
mangent comme des ogres. Ce sont des ados, après tout.» Elle n'arrive
pas. Elle doit fréquenter les banques alimentaires.
Pourquoi le premier
ministre tolère-t-il que des employés de l'État vivent dans la précarité?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, je l'ai dit à plusieurs reprises, on a augmenté de
façon importante l'aide à ceux qui sont les
plus démunis, 50 % d'augmentation d'aide sociale à ceux qui ont des
contraintes à l'emploi, 50 % de plus
aux organismes communautaires. Les banques alimentaires, on a régulièrement
accepté toutes les demandes. La dernière demande qui avait été faite, avant
l'impression du budget, c'était 20 millions. On a donné 21 millions,
20,8. Et on a eu une demande de
8 millions par la suite, puis la journée même le ministre des Finances a
dit qu'on était prêts à accepter cette demande.
Mme la Présidente, ce
qui se passe actuellement, c'est qu'il y a effectivement des gens qui sont en
grève, donc, évidemment, pendant la grève,
n'ont pas de revenu, n'ont pas de marge de manoeuvre. Et, Mme la Présidente,
c'est pour ça que j'ai dit déjà
depuis un certain nombre de jours qu'on est prêts à bonifier notre offre
financière. On veut régler avec les syndicats.
ce matin, ce que je demande au chef de l'opposition officielle, c'est
qu'ensemble on demande, entre autres, aux syndicats d'enseignants
d'arrêter cette grève pour le bien de nos enfants.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, je
n'utiliserai pas un mot qui nous ferait quitter le débat. Mme Castonguay,
là, ça n'a pas rapport avec les grèves, là. Elle gagne 24 $ de
l'heure, elle travaille 30 heures par semaine, elle a un statut précaire puis elle travaille pour l'État. Elle
dit, à matin, à son premier ministre, elle dit, je la cite : «C'est [...]
dur pour l'ego, mais je n'ai pas le
choix, mes ados ont faim. Et moi aussi.» On n'est pas dans le contexte de grève,
c'est structurant, puis elle travaille pour l'État.
Comment le premier
ministre peut-il tolérer ça? Qu'est-ce qu'il va faire?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente,
d'abord, rappelons qu'en décembre dernier les personnes qui gagnent moins
de 50 000 $ ont eu un chèque de
600 $. Puis, à ce que je me souvienne, à ce que je me souvienne, le Parti libéral était contre ce chèque. Mme
la Présidente, je l'ai dit, on a augmenté le financement des organismes
communautaires, on a augmenté le financement
des banques alimentaires. On a, depuis cinq ans, remis de l'argent dans le portefeuille,
en particulier dans le portefeuille des plus démunis.
Présidente : En terminant.
M. Legault :
Donc, je demande au chef de l'opposition de me faire une suggestion
concrète.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, je lui
parle de Mme Castonguay, qui travaille pour l'État, puis M. le premier
ministre me répond, Mme la
Présidente, que j'ai donné 500 $ aux plus démunis. Donc,
Mme Castonguay, elle ne devrait pas se plaindre ce matin parce que
c'est une plus démunie à laquelle j'ai donné 500 $. Le dossier est réglé.
Ce qu'on s'est tués à
lui dire, c'est que le 6,7 milliards de chèques qu'il a envoyés, même à
ceux qui gagnent 100 000 $, il
aurait pu y avoir une aide qui aurait coûté moins cher, mais qui aurait été
structurante, permanente et ciblée sur les plus vulnérables. Et les cas
sont là.
Comment peut-il
tolérer ça, lui, comme premier ministre?
La Présidente : ...ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, actuellement, il y a une offre sur la table
d'augmentation moyenne de 14,8 %. Puis
ce qu'on sait, c'est qu'il y a, entre autres, à la demande de la FTQ, une
bonification de 1 % de plus pour toutes les personnes qui gagnent moins de 52 000 $. Plus que ça, Mme
la Présidente, ce que je dis aux syndicats, c'est : Venez vous
asseoir à la table, on est prêts à bonifier ces offres.
Donc, encore une
fois, que propose le chef de l'opposition officielle?
La Présidente :
Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Il me reste une seule
complémentaire, mais je ne peux pas passer sous le silence le témoignage de
Nathalie, 53 ans, éducatrice en service
de garde scolaire à Québec. Elle a recours aux banques alimentaires. Troisième
cas, Marie-Ève, maman d'un garçon de
huit ans, technicienne en ressources humaines dans le centre de services
scolaire de Gatineau. Elle dit, et je la cite, écoutez-la, M. le premier
ministre : «Pourquoi [le premier ministre] ne prend-il pas plus
soin de son monde? [...]Il donne
7 millions à des hommes millionnaires[...], et moi, même si je voulais, je
ne pourrais [même] pas me payer des billets.»
Comment peut-il
tolérer ça? Des employés de l'État.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente,
le chef de l'opposition officielle parle des éducatrices en service de garde.
A-t-il oublié que, dans la dernière négociation de convention collective, pour la
première fois de l'histoire du Québec, on a
donné des offres différenciées, puis, entre autres, on a donné des
augmentations de salaire de 18 % aux éducatrices en service de
garde?
Je ne répéterai pas,
je ne répéterai pas...
M. Legault : Bon, la députée de
Sherbrooke trouve ça drôle, là-bas, là. Elle s'amuse, elle s'amuse, là-bas, là.
Puis elle va peut-être sortir une baloune bientôt, elle aussi.
Présidente : En terminant.
M. Legault :
On n'a jamais offert plus.
La Présidente :
En question principale... On
écoute les réponses aussi, on écoute les questions et on ne s'interpelle
pas d'un côté à l'autre. On ne s'interpelle
pas. Il y a une seule personne ici qui aura le droit de parole, c'est M. le
député de Jacques-Cartier, et on vous écoute, en question principale.
M. Kelley : Dans le plan présenté par
Michael Sabia, Hydro-Québec lance un grand chantier sur l'économie d'énergie.
L'objectif d'Hydro-Québec d'ici 2035,
c'est 3 500 mégawatts d'énergie. C'est plus que la puissance combinée
de la centrale Manic et des centrales du complexe de la Romaine.
la Présidente, ça ne se fera pas simplement en partant le lave-vaisselle au
milieu de la nuit. Il faut un réel plan pour améliorer l'efficacité énergétique du parc immobilier existant, en
plus d'améliorer continuellement nos pratiques en matière de
constructions neuves.
Pour s'assurer que
cette transition se fasse correctement, Hydro-Québec le dit, «le gouvernement
du Québec joue un rôle central dans la mise en place des conditions requises
pour atteindre nos cibles». Le gouvernement devrait s'assurer que les milliers
de foyers québécois et les bâtiments commerciaux réalisent des investissements
importants d'atteindre notre objectif.
gouvernement estime à combien les investissements nécessaires à réaliser des
projets des Québécois et entreprises afin d'atteindre ces objectifs?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Infrastructures.
On vous écoute.
M. Julien : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, hier, on a vu un plan ambitieux et audacieux pour le
Québec, pour la suite des choses, avec Hydro-Québec.
Effectivement,
on va avoir des travaux majeurs à faire à la fois sur l'augmentation de la
production en énergie et en puissance, et M. Sabia l'a bien
mentionné, on doit aussi travailler de manière à réduire, soit par la sobriété
et l'efficacité énergétiques, la
consommation. On doit travailler sur les deux tableaux. Parce qu'au Québec on a
une richesse exceptionnelle. Quand les autres nous regardent, ils
disent : Vous êtes 20, 30 ans en avant de nous, puisque 99,4 %
de notre énergie, c'est de l'énergie renouvelable. Ça nous rend hypersexys, et
c'est un atout qu'on a, au Québec.
Alors,
oui, c'est un plan audacieux, 185 milliards d'investissement d'ici 2035,
des projets d'infrastructure majeurs. Et, oui, on doit travailler sur les deux
tableaux, en efficacité énergétique, et notamment sur les bâtiments. On doit
faire en sorte d'accompagner les citoyens, d'accompagner les entreprises,
justement, pour que cette efficacité-là soit au rendez-vous. On va faire
les deux parce qu'on est audacieux, parce qu'on est ambitieux et on est sur le
bon chemin.
Présidente : Première complémentaire.
M. Kelley : Mme la Présidente, je
pense, tout le monde a compris le message d'Hydro-Québec que, oui, notre
énergie, c'est une ressource précieuse,
puis il faut être plus prudents avec comment on utilise notre énergie, mais,
encore, le fardeau tombe un petit peu sur les épaules des citoyens.
Alors,
une question pour le ministre : Est-ce que vous avez une liste de
suggestions, pour les citoyens de Jacques-Cartier, comment eux autres
peuvent participer de moins utiliser l'énergie, et l'efficacité énergétique?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Julien :
Mme la Présidente, quand mon collègue mentionne le fardeau sur les épaules
des citoyens, on l'a clairement mentionné, M. Sabia a été très clair
également, on n'a pas l'intention d'aller dans une formule malus, on a l'intention d'accompagner par des programmes
structurés faisant en sorte que, oui, la sobriété et l'efficacité énergétiques
soient au rendez-vous des citoyens pour qu'ils puissent en bénéficier.
pense qu'on a actuellement un discours qui est responsable. Oui, on va
l'augmenter, on va l'augmenter par l'éolien, par les panneaux solaires, par l'augmentation de puissance sur les
ouvrages déjà en place et potentiellement par l'augmentation de
puissance sur des nouveaux ouvrages. On doit faire les deux. On va accompagner
les entreprises et les citoyens...
La Présidente :
En terminant.
M. Julien :
...pour l'efficacité énergétique et on va développer notre énergie.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Kelley : Encore, je cherche des
exemples concernant l'efficacité énergétique pour les citoyens. Et pourquoi je
pose cette question-là? C'est parce que j'ai
trouvé, dans le plan qui a été déposé, beaucoup du fardeau, c'est sur les
épaules des citoyens. Et, pour la
classe moyenne, présentement, ils n'ont pas de marge de manoeuvre de dépenser
20 000 $ à 30 000 $ pour remplacer des fenêtres ni de nécessairement remplacer une porte à
la maison ou, quand même, faire des rénovations majeures pour être plus
efficaces.
Alors,
ce gouvernement va faire quoi exactement pour s'assurer qu'on est capable
d'atteindre notre cible d'être plus efficaces avec notre énergie?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Julien : Merci, Mme la Présidente.
Mon collègue a mentionné trois fois qu'il voit plusieurs fardeaux, il n'en a
pas nommé un. On a clairement mentionné que l'efficacité énergétique et la
sobriété fait
partie du mixte pour réussir à réaliser nos ambitions. Parce
qu'effectivement on a de grandes qualités, au Québec. On a une énergie propre
et renouvelable qui fait une grande
différence pour le développement économique. Nos minéraux critiques et
stratégiques sont transformés ici à
valeur ajoutée. Les gens veulent venir travailler avec nous, avec notre énergie
propre, et on est fiers de ça. Donc, oui, on va faire du développement. Et on a
réitéré qu'on doit être plus sobres et plus efficaces énergétiquement et qu'il
n'y aurait pas de fardeau, qu'il allait y avoir...
La Présidente : En terminant.
M. Julien :
...un accompagnement. C'est ce qu'on va faire, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Mme
la Présidente, bien, l'un des fardeaux, là, que le ministre, ici, mentionne,
bien, ce sont les PME qui le portent.
Puis, hier, après le passage du président d'Hydro-Québec en commission, je me
suis demandé : Le ministre de
l'Énergie, est-ce qu'il a parlé au ministre de l'Économie? Parce que,
justement, ça a l'air que ce n'est pas le cas, parce qu'on laisse tomber
les PME, avec ce plan-là.
Les PME
doivent déjà composer avec la pénurie de main-d'oeuvre, la hausse du coût de la
vie qui affecte la clientèle, la
hausse du prix des matières premières, la gestion de la paperasse. Et là, hier,
le ministre de l'Énergie est venu leur dire, sans broncher, qu'il n'y a
rien qui va les prémunir contre une hausse du tarif d'électricité.
Le ministre de l'Économie, est-ce qu'il a oublié
que l'énergie, c'est fondamental pour toute PME au Québec? Est-ce que le ministre, il a besoin de se faire
rappeler que sans énergie on ne peut pas produire du pain, sans énergie on ne
peut pas servir adéquatement sa clientèle, sans énergie on ne peut pas
automatiser une chaîne de production?
On sait ce
que le ministre de l'Énergie, il l'a dit à nos PME, mais le ministre de
l'Économie, lui, il leur répond quoi?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Julien : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Je pense que M. Sabia a été très clair, le
ministre de l'Énergie également, la
tarification pour les entreprises, ça va suivre l'inflation, parce que c'est ça
qui est prévu. Donc, pour nous, en réalité, là, actuellement, les
entreprises, la hausse des tarifs, c'est l'inflation.
Maintenant,
on a des enjeux devant nous, on doit faire du développement. Et je réitère que
le mixte qu'on a besoin, c'est
d'augmenter la productivité, avec un coût marginal un peu plus élevé que le
coût moyen. C'est très clair. Mais notre structure de financement
fonctionne.
Et, oui, on est ambitieux, on a des enjeux de
main-d'oeuvre qui sont adressés par mon collègue à l'Emploi, au Travail et à l'Éducation parce qu'on va faire des
infrastructures majeures pour le Québec, parce qu'on est fiers, parce qu'on
est ambitieux. Et j'espère que les oppositions sont à la même place que nous.
Et, oui, les entreprises,
elles ont le goût de travailler avec nous parce qu'on a un avantage comparatif
exceptionnel, mais on ne peut pas faire peur aux entreprises, les tarifs
sont raisonnables et vont le demeurer.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Cadet : Mme
la Présidente, je ne suis pas sûre que le ministre des Infrastructures écoutait
la même commission que moi, parce
qu'on a entendu le ministre de l'Énergie nous confirmer qu'il plafonnerait
l'indexation des tarifs d'électricité résidentiels.
M. Sabia, lui, nous a confirmé qu'il était primordial pour lui de protéger
la compétitivité du tarif pour les grandes entreprises. À les entendre,
la seule catégorie de clients qu'on va laisser tomber, ce sont nos PME partout
au Québec.
Donc,
pourquoi, encore une fois, on nous montre, à la CAQ, une désinvolture face aux
défis des PME québécoises?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Julien : Mme
la Présidente, je suis obligé d'être en désaccord avec ma collègue, parce
qu'elle prend du non-dit pour du dit. Alors, on a parlé des grandes
entreprises, du résidentiel, puis elle dit : Vous n'avez pas parlé des
autres, donc vous allez avoir des augmentations de tarifs qui vont être démesurées.
Bien, voyons donc! C'est plafonné à 3 % pour le résidentiel, on l'a dit. Donc, ce plafonnement-là,
c'est inflation ou 3 %. Pour les entreprises, c'est l'inflation, c'est
prévu, c'est comme ça. Arrêtez
de faire peur aux entreprises, là, il n'y a pas...
La Présidente : Oui. Monsieur...
Présidente : Je suis
debout. Je suis debout. Vous pouvez vous asseoir, M. le ministre. M. le leader
de l'opposition officielle, brièvement, je vais vous écouter.
M. Derraji :
Il doit retirer «faire peur».
La Présidente :
Et vous avez raison, et j'allais
le dire. Alors, vous savez qu'il n'est pas approprié d'utiliser ce terme.
Retirez-le et poursuivez, il vous reste encore 19 secondes.
M. Julien : Alors, je retire le mot
«peur». Excusez-moi, Mme la Présidente, je suis désolé de vous avoir heurtée.
Arrêtez de faire des craintes auprès des
entreprises, des fausses craintes. En réalité, on l'a dit, que ce serait
l'inflation. On a un atout fantastique...
Présidente : En terminant.
M. Julien : Il faut arrêter de chiquer la guenille, là.
Hydro-Québec, c'est beau, c'est bon. Il faut être ambitieux. On va...
Présidente : Deuxième complémentaire.
La Présidente :
Je suis debout. Vous perdez du temps. Deuxième...
La Présidente :
On vous dérange? Mme la députée,
deuxième complémentaire. On vous écoute. Il n'y a que vous qui a la
parole.
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. Non seulement il n'a pas écouté la même
commission que moi, mais il n'a certainement pas compris ma question.
Ici, là, le
1er avril dernier, la CAQ a déjà imposé aux PME une augmentation annuelle
des tarifs d'électricité de 6,5 %.
C'était la hausse la plus fulgurante des tarifs depuis 1998. Le ministre de
l'Économie, à ce moment-là, il a dit qu'il était ouvert à aider les PME
autrement. Mais nos PME, elles attendent toujours, elles sont inquiètes,
aujourd'hui, puis elles nous nous l'ont confirmé, d'être les seules à devoir
absorber les investissements massifs d'Hydro-Québec...
Présidente : La réponse du ministre.
M. Julien :
Mme la Présidente, je réitère, en
réalité, que les tarifs des d'hydroélectricité, au Québec, sont
hyperconcurrentiels. La preuve en est, c'est que les entreprises veulent venir
s'installer ici avec nous pour profiter de l'énergie renouvelable,
l'hydroélectricité, avec les tarifs qu'on a devant nous.
Clairement,
on a mentionné que les tarifs résidentiels seraient plafonnés à 3 % ou à
l'inflation, pour la suite des choses. On doit faire des ouvrages majeurs pour
augmenter la capacité en énergie et en puissance et on a des chantiers exceptionnels, dans les prochaines années, en
infrastructures. Les coûts de l'énergie, au Québec, vont demeurer
concurrentiels pour les entreprises et pour les résidents. C'est
l'engagement qu'on prend.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin. La parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Nous sommes en plein coeur des 12 jours d'action contre les
violences faites aux femmes. Les maisons d'hébergement de première et de
deuxième étape jouent un rôle vital pour les femmes et leurs enfants
victimes de violence. Malheureusement, il y a un manque criant de places en
hébergement. La majorité des maisons ont
atteint leur capacité, et le taux de refus est maintenant de 45 % à
60 %. C'est alarmant. Et, de plus, les maisons sont en train de
s'endetter par manque de financement du gouvernement pour la construction de
nouvelles unités. Pour bien des femmes qui
quittent des situations de violence, les seules options face à ces refus sont
de retourner dans leur relation violente ou bien d'aller dans la rue.
Mme la Présidente,
quelles mesures concrètes est-ce que la ministre va mettre en place pour contrer
les besoins urgents en matière d'hébergement?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de la Condition
féminine.
Mme Biron :
Je voudrais être très claire, en débutant cette intervention, Mme la
Présidente, et dire qu'aucune femme qui est
en situation de détresse ou de difficulté ne sera laissée à elle-même. Notre
gouvernement a fait de la violence... de contrer la violence contre les femmes,
à l'égard des femmes, une priorité. Le gouvernement a investi au-delà de...
près de 1 milliard de dollars dans les dernières années pour tenter
de venir en aide aux femmes victimes de violence.
Plusieurs
maisons de première et de deuxième étape sont présentement en construction.
C'est un défi, parce que le coût de
la vie a augmenté partout, les taux d'intérêt sont importants aussi, mais c'est
faisable. Je travaille de concert avec la
ministre de l'Habitation, et nous trouvons, jusqu'à maintenant, beaucoup de
solutions pour y arriver. Les femmes qui ont de la difficulté à trouver un
endroit... Parce que, oui, notre travail a fait que les femmes dénoncent
davantage, et je pense qu'à cet égard
c'est une bonne nouvelle. Aucune femme ne sera laissée sur place. Nous avons,
via SOS Violence conjugale, des moyens, des cellules de crise pour
s'occuper des femmes...
Présidente : En terminant.
Mme Biron :
...en attendant de leur trouver une place qui leur conviendra.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Garceau : Mme la Présidente, il y
en a, des femmes, qui se retrouvent dans la rue. Nous avons appris, la
semaine dernière, qu'il y a un accord bilatéral qui a été signé avec le
gouvernement fédéral pour l'octroi d'une aide de 97,3 millions de dollars payable sur cinq ans... quatre ans,
je m'excuse, pour appuyer les actions du gouvernement dans la stratégie
intégrée pour contrer la violence 2022 à 2027.
Est-ce
que la ministre peut nous confirmer qu'il va y avoir des fonds qui vont être
attribués à combler les besoins urgents en matière d'hébergement?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Biron : Le gouvernement du Québec
a fait une entente avec le gouvernement fédéral concernant ce transfert
d'un peu plus de 97 millions de dollars sur quatre ans, et nous
sommes très heureux de cette entente-là, surtout que le gouvernement fédéral
reconnaît que les stratégies du gouvernement du Québec sont optimales et très
efficaces. Le gouvernement nous transfère
donc cette somme pour que nous puissions aller un peu plus loin dans notre
stratégie pour contrer la violence conjugale, et nous avons les coudées
franches pour le faire. C'est une excellente nouvelle. Et ces montants
seront, bien sûr, dédiés à accompagner les
femmes et à essayer d'aller encore plus loin dans nos démarches pour aider, pour
contrer...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Garceau :
...si je comprends la ministre, pas d'argent pour les maisons d'hébergement
et les manques criants.
Aussi,
Mme la Présidente, chaque femme qui quitte une situation de violence et qui
doit y retourner à cause d'un manque
de ressources, c'est un échec. Il y a un manque de places en maison
d'hébergement, mais il y a aussi une crise du logement qui ajoute à l'angoisse
déjà accablante de ces femmes. Pour ces femmes, c'est souvent impossible de
trouver un logement décent. L'accès à
un logement est une condition incontournable de reconstruction des femmes
victimes de violence.
Que fait la ministre
pour aider ces femmes?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Biron : C'est vrai que la
conjoncture, elle est difficile, et notre gouvernement, lors du dernier budget,
a rajouté des fonds pour financer les
maisons d'hébergement. Plusieurs maisons de deuxième étape sont présentement en
construction, et il y en a
quelques-unes qui... où l'on dessine des plans, et elles verront le jour. Ce
qu'il arrive, c'est que, dans les maisons de première étape, les femmes restent un peu plus longtemps, le temps
qu'on les accompagne pour se trouver un espace, et c'est la même chose dans les maisons de deuxième
étape. Mais il est clair pour nous qu'aucune femme ne sera laissée à
elle-même. Les femmes qui veulent sortir de leurs foyers violents seront
accompagnées.
Présidente : En terminant.
Biron : Et nous nous occupons de l'ensemble de ces femmes.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Sherbrooke. La parole est à vous.
Mme Labrie : Mme
la Présidente, quand on parle des conditions de travail dans le secteur public,
on se fait souvent répondre qu'il n'y a pas juste le salaire qui compte, qu'il
faut regarder la rémunération globale. Bien, ça adonne bien, l'Institut de la
statistique du Québec l'a fait et
vient de publier son rapport, et ça ne pourrait pas être plus clair. C'est
tellement frappant que c'est même ça, le
titre du communiqué : Les employés de l'administration québécoise ont
un salaire et une rémunération globale inférieurs à ceux des
autres salariés québécois . L'écart, il est de 7,4 %. On est en pleine
pénurie de main-d'oeuvre. Tous les employeurs, y compris le gouvernement,
essaient d'attirer du monde. Il y a même quelques ministres qui sont plutôt
désespérés parce qu'ils savent qu'on a de la difficulté à offrir les services.
y a beaucoup de comptables du côté du gouvernement. Moi, j'aimerais ça savoir :
Comme comptables, est-ce qu'ils
conseilleraient à quelqu'un d'accepter une job qui a une rémunération globale
7,4 % inférieure aux autres sur le marché.
La Présidente :
Je vous rappelle qu'on s'adresse
à la présidence. Et je reconnais, pour sa réponse, la présidente du Conseil
du trésor.
Mme LeBel :
Oui, merci, Mme la Présidente. Ça va juste me permettre de nuancer et de
dire que le rapport de l'ISQ qui vient de
sortir, je pense, c'est hier, ne tient pas compte, là, des négociations
actuelles. Donc, les données sur le résultat
qu'on va avoir à la fin de ces négociations-là devront être intégrées au
rapport de l'ISQ, ils n'en tiennent pas compte pour l'instant, ça fait
qu'il faut les prendre avec un grain de sel.
Maintenant,
on est en négociation, Mme la Présidente, et il est certain qu'on va travailler
pour être capables d'améliorer la condition de travail de nos employés.
Présentement, là, je veux réitérer, surtout dans le domaine de l'enseignement,
on est au rendez-vous, Mme la Présidente. On
est au rendez-vous pour trouver des solutions qui vont améliorer les services à
la population, on est au rendez-vous
pour trouver des solutions qui vont améliorer les conditions de travail de nos
enseignants.
veux bien que tout le monde m'entende, le gouvernement est au rendez-vous, on
veut régler le plus rapidement possible. Et on a besoin qu'ils soient
également au rendez-vous, et là je m'adresse aux syndicats.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, à entendre le gouvernement, les conditions de travail sont bonnes,
leur offre est bonne, tout le monde devrait être content. C'est beaucoup de
déni, je trouve, si on considère que la pénurie de main-d'oeuvre, elle n'a jamais été aussi critique,
qu'on vit le plus grand mouvement de grève de notre histoire, qu'on est
en pleine inflation.
gouvernement fait une offre en bas de l'inflation à la majorité des
travailleurs et des travailleuses du secteur public, alors qu'ils sont déjà moins bien payés
qu'ailleurs, même si on tient compte de la rémunération globale. Est-ce qu'il
pense que les gens ne savent pas compter?
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Quand on exclut le
fait... Quand on tient compte du fait, Mme la Présidente, que les offres
actuelles ne sont pas incluses dans le rapport de l'ISQ, la rémunération
globale des employés de l'État est supérieure au domaine du privé.
Maintenant, il faut
comprendre. Qu'est-ce que les gens demandent? Qu'est-ce qu'on veut avoir?
Qu'est-ce que nos employés, les gens qui donnent des services à la population
demandent? Qu'on améliore leurs conditions de travail. Qu'est-ce que les enseignants demandent? Plus d'autonomie, moins de
précarité, de l'aide à la classe. C'est ça qu'on offre, Mme la
Présidente.
faut maintenant que les syndicats travaillent avec nous pour leur donner ce
qu'ils veulent et améliorer les services à la population.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Labrie : La ministre parle
toujours des profs puis des infirmières, mais, juste au cas où elle aurait
oublié, il y a 400 titres d'emploi dans
la fonction publique. Dans un hôpital, dans un centre jeunesse, dans une école,
dans un ministère, on a besoin de tout le monde, tous les ouvriers, tous les techniciens,
tout le monde. Nous, on n'en a pas, de problème avec des offres différenciées pour certains titres
d'emploi, mais ce qu'on veut, c'est que pour tous les titres d'emploi il y ait
une offre supérieure à l'inflation.
Est-ce que la
présidente du Conseil du trésor peut nous dire qu'il y aura pour tous les
titres d'emploi une offre supérieure à l'inflation, oui ou non?
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel :
Il y aura, à la conclusion de cette négociation, Mme la Présidente, une
entente juste et équitable pour tous les titres d'emploi.
Maintenant,
QS aime beaucoup parler des gens qui sont plus vulnérables, avec raison.
Qu'est-ce qu'on a sur la table? Il y a des offres supérieures, dans l'enveloppe
sectorielle, pour les bas salariés de l'État, il y a des offres supérieures
différenciées pour les gens qui sont dans
les commencements d'échelle de tous les employés de l'État, il y a des offres
dans le sectoriel pour tout le monde. Je ne peux pas m'entendre toute
seule, j'ai besoin des syndicats.
Présidente : Pas de bravo, vous le savez. En question principale,
je...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Mercier. La parole est à vous. On l'écoute.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Cette semaine, j'ai parlé au ministre
de l'Éducation de Julie-Caroline Dumont, une prof et mère de famille qui doit faire
des livraisons DoorDash et demander de l'aide pour nourrir sa famille. Mme Dumont est une femme courageuse. Elle est
ici parmi nous aujourd'hui, je la salue, et j'invite le ministre de l'Éducation,
après la période de questions, à aller la rencontrer.
Ce matin, je veux
aussi lui parler de Pascale Castonguay, une technicienne en éducation
spécialisée et mère de deux ados. Cette femme s'occupe d'enfants autistes dans
les écoles, mais elle n'arrive pas à nourrir ses propres enfants parce qu'elle est mal payée par l'État.
Mme Castonguay gagne 28 800 $ par année. C'est des pinottes.
Elle travaille 30 heures par semaine et veut en faire plus. On est
en pleine pénurie, et les besoins dans nos écoles, ce n'est pas ça qui manque.
Travailler
pour prendre soin des enfants du Québec et être obligé de fréquenter une banque
alimentaire pour prendre soin de ses propres enfants, comment est-ce
qu'on en est arrivés là, au Québec?
La Présidente :
La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Alors, Mme la Présidente, ça me fera plaisir de rencontrer Mme Dumont
après la période des questions brièvement,
je le dis d'emblée, parce qu'on a la prise en considération du projet de loi
n° 23, mais on pourra se rencontrer entre le bleu et le rouge.
Pour
ce qui est de la rémunération, Mme la Présidente, alors, je l'ai déjà dit,
c'est un chiffre que j'utilise, mais je pense qu'il est très parlant.
Actuellement, au sommet de l'échelle, pour une enseignante, après 13 ans,
donc, au sommet de l'échelle, elle
gagne 92 000 $ par année. Avec ce qui est sur la table présentement,
avec ce qui est sur la table actuellement, au sommet de l'échelle, 13 ans de temps plein avec une permanence,
là, 102 000 $, c'est ce que nous offrons présentement, Mme la
Présidente.
Maintenant,
pour ce qui est des personnes qui sont en soutien, prenez les... Alors, les
aides à la classe, Mme la Présidente, on
s'entend que ce sont des éducatrices en service de garde au primaire qui
travaillent, mettons, une vingtaine d'heures par semaine, qui pourraient
en travailler 35. Ça représenterait...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...une augmentation de leur rémunération de plus de 90 % par année.
C'est considérable.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal : Les aides à la
classe, c'est 4 000. Il y a 110 000 employés de soutien scolaire
qui sont précaires, donc ça ne réglera pas leur problème. 12 % des
employés de soutien scolaire ne sont pas capables de payer l'épicerie avec leur chèque de paie du gouvernement. Si, ici,
on était des employés de soutien scolaire, il y en aurait 15 parmi nous
qui iraient dans les banques alimentaires.
Le ministre a
voté pour notre motion, Québec solidaire, de mettre fin à la faim dans les
écoles. Est-ce que ça compte aussi pour les gens qui travaillent dans
nos écoles, de mettre fin à la faim?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Drainville : Mme
la Présidente, on parle de 4 000 équivalents temps plein, donc c'est
15 000 classes... des aides à la classe dans 15 000 classes,
parce qu'on complète des horaires de travail, on se comprend. Alors, ce que je
vous dis, c'est que, pour ces aides à
la classe, ça pourrait représenter, si elles font un temps plein, une
augmentation de leur rémunération de plus de 90 %, 90 %.
Par ailleurs, au niveau du secondaire, parce
qu'il n'y a pas d'éducatrices en service de garde au secondaire, on propose un projet pilote pour faire des TES des
aides à la classe, et ça vise, ça aussi, à faire en sorte qu'elles aient moins
de trous dans leur horaire et leur donner le plus possible un horaire à temps
plein.
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : On avance, Mme
la Présidente, mais on a besoin des syndicats pour conclure.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : On
a besoin du gouvernement aussi pour conclure l'entente. C'est aussi entre ses
mains, ce n'est pas juste entre les
mains des syndicats. C'est 110 000 employés de soutien scolaire. Ça
n'aidera pas, là, tout ce monde-là. Il
n'y a pas juste des TES, il y a aussi les secrétaires. Marie-Ève, secrétaire
scolaire à Gatineau, le gouvernement lui paie moins que le salaire
viable. Si elle travaillait de l'autre côté du pont, elle gagnerait le double.
C'est comme
ça qu'on va rattraper l'Ontario, hein, l'écart de richesse, en disant aux
Québécois d'aller de l'autre côté, pour ne pas travailler dans le
gouvernement parce qu'ils ne sont pas assez payés?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Mme
la Présidente, l'offre qui est sur la table présentement, là, elle vaut
8 milliards. Le premier ministre a dit : On est ouverts à la bonifier
si on a en retour plus de souplesse, qui va nous permettre de donner des
meilleurs services aux citoyens, des meilleurs services aux élèves, des
meilleurs services aux enseignants, des meilleurs services aux patients. Alors, Mme la Présidente, est-ce que
Québec solidaire est favorable à cette position? On est ouverts à en donner
plus sur le plan monétaire, mais est-ce que
Québec solidaire peut nous dire... Est-ce qu'ils sont ouverts, eux, à ce qu'on
ait plus de souplesse, plus de flexibilité pour donner plus de services, pour
donner des meilleurs services aux citoyens, aux patients, aux enseignants...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, en matière de santé, la priorité du Parti québécois, depuis de
nombreuses années, c'est le renforcement de la première ligne pour désengorger
les urgences.
Une des
propositions que nous portons avec constance depuis longtemps, c'est la
création de cliniques de superinfirmières,
IPS. Durant son premier mandat, donc de 2018 à 2022, la CAQ s'y est opposée,
n'a pas voulu faire ça. C'est seulement en novembre 2022, lorsqu'il y avait une
crise dans les urgences, que la CAQ a enfin vu la lumière. J'en étais très heureux parce que c'est dans ma
circonscription, Camille-Laurin, qu'a vu le jour la première clinique IPS à
Montréal, une annonce en grande pompe faite par la CAQ. Mais là, un an
plus tard, on apprend que les deux IPS de la clinique démissionnent, claquent la porte parce que la clinique n'a pas les
équipements sécuritaires pour fonctionner. Elle dépend des infirmières en agence privée, ce qui crée un
tourniquet de personnel constamment. On devait engager deux à quatre IPS
supplémentaires, on ne l'a pas fait. On n'a pas intégré ces deux infirmières
dans les rencontres de gestion, les rencontres décisionnelles. Donc, la CAQ a fait une annonce en
ne faisant aucun suivi et en ne donnant pas les moyens nécessaires pour
que cette clinique fonctionne, les IPS ont été laissées à elles-mêmes.
Le premier
ministre nous a souvent dit de le juger aux résultats. La question au premier
ministre : Quel devrait être le jugement de la population devant
des échecs comme ceux-ci?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, on est d'accord sur l'objectif. Depuis le rapport de Michel Clair, je pense, c'est pas mal consensuel que la mesure
la plus importante pour améliorer l'efficacité du réseau de la santé, c'est la
première ligne, c'est de s'assurer que tous les Québécois soient pris en charge
par un médecin, une infirmière clinicienne. Et, depuis l'arrivée de la CAQ, il y a 600 000 Québécois de
plus qui sont pris en charge par un médecin, un GMF, une clinique d'IPS.
Actuellement,
il y a sept cliniques d'IPS qui fonctionnent bien. Il y a eu deux démissions
d'infirmières. Ce matin, le ministre de la Santé a appelé le responsable de la clinique pour savoir qu'est-ce qui est
arrivé avec ces deux infirmières, puis
je ne peux pas aller trop loin, là, c'est des cas quand même confidentiels.
Mais le ministre de la Santé est en train de s'assurer qu'on continue à
augmenter le nombre de Québécois qui sont pris en charge.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Bon, Mme la Présidente, le premier ministre et moi
sommes d'accord sur le principe, sur l'importance que ça fonctionne. Or,
le problème, ici, c'est que les deux IPS ont sonné l'alarme à plusieurs
reprises, elles se sont exprimées. Il ne
devrait pas y avoir de surprise du côté du gouvernement, le gouvernement devait
être au courant de ce qui ne fonctionne pas. Et là les démissions ont eu
lieu.
Donc,
simplement, on nous a demandé de juger la CAQ aux résultats : Qui prend la
responsabilité de ce résultat-là, qui est vraiment navrant, qui est
décourageant?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien,
on a un bel exemple, là, qu'on peut regarder ce qui va bien, mais on peut aussi
regarder ce qui va mal. On a
600 000 Québécois de plus qui ont une prise en charge par un médecin
ou une infirmière clinicienne. On a un
problème avec deux infirmières, deux
infirmières, puis honnêtement, là, je pense que le chef du PQ devrait faire
attention avant d'aller trop loin sur la situation de ces deux
infirmières.
La Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, je ne vais pas trop loin. Dans
l'est de Montréal, le taux d'occupation aux urgences des hôpitaux de Maisonneuve-Rosemont et de Santa Cabrini,
c'était 135 %, mercredi, 135 % d'occupation de capacité, donc
ce n'est pas un problème théorique, là.
La clinique
d'IPS ne fonctionne plus, ces infirmières-là ont levé la main à plusieurs
reprises, et je demande : Qui prend la responsabilité de cette
situation-là? Qui va s'assurer qu'on règle ce problème-là rapidement et qu'on
écoute ces infirmières?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, actuellement, dans les négociations, on essaie de demander
aux syndicats de pouvoir mettre des primes aux endroits où ça ne fonctionne
pas. Le syndicat nous répond : Si vous mettez des primes, il faut
que ce soit mur à mur partout. Est-ce que le PQ défend les patients ou s'il
défend le lobby syndical?
La Présidente : En question
principale...
La Présidente : S'il vous plaît! En
question principale, je reconnais maintenant le...
Présidente : S'il vous plaît! En question principale, je reconnais maintenant
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
La parole est à vous, juste à vous. On l'écoute.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
Hier, Radio-Canada révélait le nombre de personnes immigrantes sur la liste d'attente de la résidence permanente
au Québec. On parle de plus de 120 000 personnes. On parle de plus de
38 000 personnes juste dans la catégorie du regroupement familial.
Ces gens-là se sont qualifiés dans nos programmes d'immigration, ils ont respecté tous les critères
du Québec, ils ont respecté toutes les règles, et aujourd'hui ils se font dire
d'attendre des années pour obtenir la résidence, parce que la CAQ n'est pas
capable de gérer ses programmes.
ministre de l'Immigration n'a aucun plan de gestion de ses inventaires, aucun
plan pour gérer la pile de dossiers qui
s'accumulent sur son bureau, aucun plan pour rassurer les milliers de Québécois
et de Québécoises qui attendent pour retrouver leurs familles.
ministre peut-elle s'engager aujourd'hui à déposer un plan de rattrapage des
dossiers d'ici le début de la prochaine session parlementaire?
La Présidente :
La réponse de la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration. On vous écoute.
Mme Fréchette : Merci, Mme la Présidente.
Bien, comme vous savez, on est très sensibles au stress vécu par les
familles qui sont dans des parcours d'immigration, notamment ceux qui sont dans
des parcours d'immigration pour des
regroupements familiaux. Ce sont toujours des êtres humains qui sont derrière
ces parcours, derrière ces processus, et donc on est très sensibles à
leur situation.
Maintenant, il faut
voir qu'il y a un important retard, là, du côté fédéral, au niveau de l'IRCC,
Immigration, Réfugiés, Citoyenneté Canada.
Comme l'indique la Vérificatrice générale, d'ailleurs, du Canada, il y a des
retards importants pour l'ensemble
des programmes d'immigration, au fédéral, pour l'accession à la résidence permanente.
Donc, on est en discussion avec le fédéral pour faire en sorte
d'améliorer la situation, d'améliorer les délais qui sont encourus.
c'est d'ailleurs une des raisons, aussi, qui nous amènent à dénoncer l'idée
qu'il faille que le Canada accueille un demi-million de personnes par année,
parce que déjà le gouvernement a de la difficulté à traiter les dossiers qui
sont en processus d'attente.
Alors, je vais
revenir pour la suite.
Présidente : En terminant... Voilà. Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard :
Alors, Mme la Présidente, je n'ai entendu aucun engagement pour un plan. Je
réitère cette demande : Est-ce qu'on peut avoir un plan pour régler la
situation?
ministre remet la responsabilité des délais sur le fédéral. Peut-elle alors
confirmer ici, en cette Chambre, qu'elle ne met aucun obstacle à la
finalisation des dossiers? Peut-elle confirmer qu'elle demande au fédéral,
aujourd'hui, de régler les dossiers pour ces familles québécoises?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette : Alors, je voudrais
rappeler, d'autre part, l'importance qu'occupent les regroupements familiaux
dans les admissions qui ont eu lieu au Québec au cours des dernières années. Si
on regarde du 1er janvier 2020 au 30 juin dernier, les regroupements
familiaux, ça a composé presque le quart de notre immigration. En fait, on est
à plus de 24 % des admissions qui sont liées aux regroupements
familiaux. Donc, c'est une
part importante dans notre approche, une approche qui est équilibrée et qui résulte des
discussions que l'on a tenues au cours des derniers mois, en lien avec notre
capacité d'accueil. Il est important de
garder un équilibre entre l'immigration humanitaire, l'immigration de nature
économique...
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette :
...et l'immigration qui s'inscrit dans le cadre de regroupements familiaux.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Alors,
c'est très clair, Mme la Présidente : aucun plan, aucun engagement. Et,
alors que nous, on parle de vies de Québécois et de Québécoises, la
ministre nous répond avec des chiffres.
a beaucoup parlé de Noël cette semaine. Parlons des célébrations des familles
qui seront séparées en raison des seuils
du Québec en regroupement familial. On parle de Québécois, de Québécoises qui
doivent attendre jusqu'à trois ans pour être réunis avec leurs
conjoints, avec leurs enfants. C'est inacceptable.
Ils nous
regardent, ce matin. La ministre peut-elle s'engager à ce qu'ils passent un
dernier Noël tout seuls, cette année, que ça suffit?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Alors,
je rappelle que notre approche, donc, est équilibrée et qu'elle rejoint
différents objectifs, notamment ceux de contribuer aux regroupements familiaux.
Et d'ailleurs j'aimerais également rappeler que, pour ceux qui viennent à travers les processus d'immigration
pour travailler au Québec, il est possible pour ces travailleurs d'inclure
dans leur demande leurs conjoints et leurs enfants et donc de ne pas s'en
remettre ultérieurement à des demandes de regroupements
familiaux. Donc, c'est une voie d'accession qui peut être intéressante pour
plusieurs des personnes qui se destinent au Québec à
titre de
travailleurs immigrants.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Westmount—Saint-Louis. La parole est à vous, juste à vous.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Dans les dernières années, nous avons beaucoup entendu parler
d'accidents tragiques des pompiers lors d'une intervention. On pense à Pierre
Lacroix, décédé lors d'une intervention sur
les rapides de Lachine le 17 octobre 2021, à Martin Tremblay, décédé lors
d'un incendie résidentiel le 19 décembre 2021 à Boischatel, à Christopher Lavoie et à Régis
Lavoie, décédés à Saint-Urbain lors d'une intervention pendant les inondations
le 1er mai dernier.
événements tragiques nous rappellent à quel point le travail des pompiers est
un métier risqué. Ces décès ont amené l'opposition officielle à se questionner
sur la sécurité autour des pompiers. Suite à une demande d'accès à
l'information, Mme la Présidente,
nous avons été surpris de constater que, en 2020, 381 pompiers ont été
indemnisés par la CNESST, suite à un accident de travail, puis qu'en
2020 on est rendus à 723 pompiers. C'est pratiquement le double.
Mme la Présidente, est-ce que le ministre peut
nous dire pourquoi?
La Présidente : La réponse du ministre
de la Sécurité publique.
M. Bonnardel : Mme la
Présidente, les pompiers font un travail exceptionnel, exemplaire.
Malheureusement, on a eu des incidents plus
que malheureux où il y a un pompier qui a perdu la vie dans le canal Lachine
voilà quelques années, sinon deux
ans, ou à peu près. Tout le monde se souvient, malheureusement, des incidents,
encore une fois, à Baie-Saint-Paul, l'année passée, où deux pompiers ont
perdu la vie aussi pour tenter de sauver une personne qui était dans sa maison.
On fait un
travail, présentement, important, du côté du ministère, pour être capables
d'épauler les pompiers, surtout dans un contexte où on a pu constater que la
formation en termes de sauvetage nautique est peut-être, dans une certaine
mesure, déficiente, déficiente, et c'est là-dessus qu'on travaille pour être
capables d'épauler et de former plus de pompiers en termes de sauvetage nautique et s'assurer que, quand les besoins
seront là, ils puissent être, nécessairement, bien formés, et de travailler dans un contexte sécuritaire pour
sauver des vies. Et c'est ce que... ce à quoi on travaille présentement au
ministère.
La Présidente : En question
principale, la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente. Je remercie le ministre de la réponse, mais la réalité des
pompiers a beaucoup changé dans les dernières années. Depuis 2020, le nombre de
pompiers a chuté de 23 000 à 15 000, en 2022. C'est une énorme
différence.
La formation est inégale. Nous avons trois
endroits où nos pompiers se font former. Le nombre d'accidents de travail a explosé, comme j'ai mentionné, c'est
quand même presque doublé, doublé jusqu'à 2020. Le recrutement des pompiers
dans les petites municipalités est extrêmement difficile, pour trouver du
monde, parce qu'on parle de conciliation de famille-travail avec un
horaire vraiment atypique puis avec le coût de la vie qui est en expansion
aussi.
Je demande au ministre...
Le 17 octobre, j'ai déposé un mandat d'initiative pour étudier toute la
question de la formation et le recrutement
des pompiers. Est-ce que le ministre va dire à ses membres de voter en faveur
d'étudier la question et finalement travailler pour la protection de nos
pompiers?
La Présidente : La réponse du ministre
de la Sécurité publique.
M. Bonnardel : Vous
savez très bien que, la commission parlementaire à laquelle... la députée
mentionne, les députés ont tout le privilège de décider si, oui ou non,
on fait un mandat d'initiative.
Je l'ai
mentionné, on prend au sérieux, on prend au sérieux la situation et la sécurité
de ces pompiers. On a bonifié un
crédit d'impôt, quand même pas banal, de 3 000 $ à 6 000 $,
qui a été augmenté dans le dernier budget, c'est le ministre des
Finances qui nous a octroyé ça, parce
que c'est une demande, quand même, pécuniaire, financière qui était importante
pour l'ensemble des pompiers du Québec.
Et, dans ce
contexte, je l'ai mentionné, pour nous, un décès, c'est un décès de trop. Et on
travaille présentement pour être capables de mieux épauler, là, en termes de
sauvetage nautique, les pompiers dans l'ensemble du territoire. Merci.
La Présidente : Cela met fin à la
période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons maintenant passer à la rubrique Motions sans préavis. Pour ce faire, je cède la place au deuxième
vice-président de l'Assemblée nationale. Merci. Et soyez prudents pour le
retour à la maison sur la route.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, merci beaucoup,
Mme la Présidente. Et nous en sommes, évidemment, à la rubrique Motions
sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition et je cède la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante conjointement avec
la députée de Bourassa-Sauvé, le député de Jean-Talon, la députée de Vaudreuil
et le député de Marguerite-Bourgeoys :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que,
selon le rapport de l'Institut de la statistique du Québec publié le 30 novembre 2023, la rémunération globale
des travailleurs et travailleuses du secteur public québécois est inférieure de
7,4 % à celle de l'ensemble des autres salarié-e-s québécois;
«Qu'elle
reconnaisse également que cet écart représente un défi d'attraction de
main-d'oeuvre dans le secteur public.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
il y a consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
je reconnais M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Un vote
électronique, s'il vous plaît, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, le vote
électronique est demandé, chers collègues. Alors, je vous invite à
prendre votre boîtier et à enregistrer votre vote dès maintenant.
Alors, le vote est maintenant terminé. Pour le
résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 97
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
La motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Merci,
M. le Président. Est-ce qu'une copie de la motion pourrait être envoyée aux
différents syndicats qui sont présentement en négociation avec le
gouvernement? Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Ce sera fait, M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition et, pour ce
faire, je reconnais M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, la députée de Verdun, le député de Marguerite-Bourgeoys et
la députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'aspect primordial d'une sortie des énergies
fossiles afin d'atteindre nos objectifs climatiques;
«Qu'elle
rappelle que le Canada est un État pétrolier qui injecte en moyenne
15 milliards de dollars par année dans l'industrie canadienne
des énergies fossiles;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec ainsi qu'au ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie d'exercer un leadership actif
auprès du Canada et des nations présentes à la COP et au sein de la Beyond Oil
and Gas Alliance afin de promouvoir un calendrier permettant une sortie
des énergies fossiles.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Si mes collègues de Québec solidaire sont d'accord, nous demanderions un
vote électronique.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Effectivement,
là, je vois que les collègues de Québec solidaire sont d'accord. Alors, effectivement, le vote électronique est
demandé. Chers collègues, je vous invite, s'il vous plaît, à bien utiliser... à
bien vouloir utiliser votre boîtier et enregistrer votre vote dès
maintenant.
Alors, le vote est
maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 95
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée.
Pour
la prochaine motion, je suis maintenant prêt à reconnaître un membre formant le
gouvernement et je reconnais M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries
et de l'Alimentation.
M. Lamontagne : Merci beaucoup, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec le
député de Pontiac, la députée de Verdun, le député de Matane-Matapédia, la
députée de Vaudreuil et le député de Marguerite-Bourgeoys :
«Que l'Assemblée
nationale félicite les gagnants nationaux du 131e concours de l'Ordre
national du mérite agricole, la plus haute distinction du milieu agricole au
Québec, qui ont été honorés le 24 novembre dernier;
«Qu'elle
applaudisse les récipiendaires qui font rayonner, par leur excellence, le
secteur agroalimentaire du Québec sur les scènes nationales et
internationales;
«Qu'elle félicite
également les lauréats du Prix de la relève agricole 2023, qui se sont
distingués par leur esprit d'innovation, leurs compétences et leur engagement
dans leur communauté;
«Qu'elle
réaffirme la contribution de ces femmes et [...] ces hommes qui, par
l'agriculture, font la fierté de leurs régions [et ce] aux quatre coins
de notre territoire;
«Qu'elle rappelle
leur savoir-faire et tout le travail qu'ils accomplissent au grand bénéfice de l'autonomie
alimentaire durable et de la prospérité du Québec;
«Enfin,
qu'elle réitère que les objectifs d'excellence du concours de l'Ordre national
du mérite agricole et du Prix de la relève agricole doivent continuer
d'inspirer le futur de l'agriculture au Québec.» Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement, sans
débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, la motion est... est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Présumé
un peu trop rapidement. Alors, adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M.
le Président. J'aimerais qu'on envoie une copie de cette motion au
président de l'UPA et à la présidente de la relève agricole, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Eh bien, ce sera fait, M. le leader adjoint.
Alors,
je reconnais maintenant un membre de l'opposition officielle et je reconnais
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le ministre de
la Santé, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
le député des Îles-de-la-Madeleine, la députée de Vaudreuil et le député
de Marguerite-Bourgeoys :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée mondiale de lutte contre le sida, qui
se tient le premier décembre de chaque année;
«Qu'elle
reconnaisse que le VIH-sida continue à affecter des milliers de Québécoises et
des Québécois ainsi que leurs proches;
«Qu'elle
souligne que beaucoup de progrès et d'avancées ont été faits dans la lutte
contre le VIH-sida depuis ses débuts,
dont le développement de stratégies de prévention et de traitements qui
améliorent la qualité de vie de personnes vivant avec le VIH et
empêchent sa transmission;
«Qu'elle
salue le travail des organismes communautaires, qui réussissent mieux à
rejoindre les populations les plus marginalisées,
et des personnes vivant avec le VIH engagés dans la lutte contre cette épidémie
qui perdure depuis plus de 40 ans;
«Qu'elle
prenne acte des collaborations fructueuses entre les organismes communautaires
et la Santé publique dans la réponse au VIH et les autres infections
transmises sexuellement et par le sang;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale s'engage à poursuivre et encourager les collaborations
entre la Santé publique et les organismes communautaires pour enfin
arriver à la fin de la transmission du VIH au Québec.» Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, il
y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre
suivant, donc : la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée de Bonaventure, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et le député des Îles-de-la-Madeleine.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
je comprends donc qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants et que
la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux minutes. Alors, je
reconnais, pour cette première intervention, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, comme vous pouvez le voir, je porte le ruban rouge, et, tout comme
chaque 1er décembre, nous soulignons la journée mondiale de la lutte
contre le VIH et le sida. Cette journée nous donne l'occasion de montrer
notre soutien aux personnes vivant avec le VIH et de commémorer les victimes de
maladies liées au sida. Pour l'édition 2023, le slogan est une invitation
à confier le leadership aux communautés.
Actuellement,
on estime qu'environ 20 000 personnes vivent avec le VIH au Québec et
38,4 millions de personnes à travers le monde. Les visages du VIH sont
multiples, c'est les hommes, c'est les femmes, et présents dans toutes les communautés et tous groupes d'âge, incluant les
enfants.
Malgré ça, en 2023, la science et les diverses méthodes de prévention
de la propagation du VIH permettent aux personnes atteintes du virus de vivre
une vie presque normale. Bien que l'infection, initialement mortelle, a
été réduite au fil des ans à une maladie chronique, elle demeure toujours bien
présente.
Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida,
qui rassemble 36 organismes à travers la province, et qui sont avec nous
ce matin dans nos tribunes, revendique que le Québec a le capital social et
médical pour éradiquer le sida d'ici
2030. Cette lutte passe, entre autres, par une meilleure sensibilisation de la
population, par une amélioration de l'accès au dépistage, aux
traitements, et par une mobilisation de toutes et tous, incluant nous, comme
parlementaires.
Malheureusement, la transmission du
VIH est toujours active au Québec. Elle pourrait augmenter parce qu'il y a
toujours une proportion de personnes vivant avec le VIH qui ne connaissent pas
leur statut. Chaque cas infecté non détecté, non diagnostiqué, non
traité contribue à infecter les autres, alors les efforts de prévention doivent
se poursuivre.
est reconnu que le milieu communautaire VIH rejoint plus facilement les
diverses communautés fortement affectées par l'épidémie et il est bien placé pour rejoindre le 10 % de la
population québécoise qui ne sait toujours pas qu'elle vit avec le VIH,
et nous devons permettre au milieu communautaire VIH d'effectuer le dépistage.
Quand on combat une
épidémie, M. le Président, on ne peut pas baisser la garde, parce que l'espoir
de notre génération, c'est d'être la
dernière génération à avoir connu le sida. Alors, mettons-nous au travail et
mettons le cap sur 2023, une fois pour toutes, à l'éradication du
VIH-sida. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Je reconnais maintenant, pour
son intervention, Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, il me fait plaisir d'intervenir ici
aujourd'hui en tant qu'adjointe au ministre de la Santé, aux côtés de mes
collègues de l'opposition, pour cette journée très importante.
ce 1er décembre, j'aimerais tout d'abord souligner l'apport des chercheurs
de partout qui travaillent sans relâche depuis 40 ans dans la lutte à cette maladie qui touche
malheureusement encore plusieurs Québécois, un travail qui a porté fruit
et qui améliore la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, tout comme
celle de leurs proches.
Bien
sûr, il reste encore beaucoup à faire, et ça passe par la prévention et le
dépistage. C'est pour cette raison que je
me dois de souligner le travail essentiel des précieux organismes
communautaires qui contribuent à l'effort primordial de dépistage, des actions de proximité qui
incluent l'organisation et la promotion de cliniques de dépistage en milieu de
vie, en collaboration avec les CISSS et les CIUSSS, et par la suite
l'accompagnement individuel des personnes à travers le processus de dépistage, processus qui peut être ardu et éprouvant. L'expérience
des intervenants est donc indispensable pour soutenir ces gens qui
doivent composer avec l'annonce d'un résultat positif.
intervenants de ces organismes sont des joueurs de premier plan dans la lutte
contre le sida. Ils travaillent avec coeur
et font
partie intégrante de la vie des personnes plus marginalisées, souvent
plus éloignées des ressources en santé. Ils réussissent à créer ce lien de
confiance permettant de développer une stratégie de sensibilisation, de
prévention ainsi que de dépistage. Alors, à vous tous, je dis merci.
terminant, je tiens à mentionner que des travaux sont en cours présentement
pour ajouter le dépistage des ITSS à
l'offre de services des points locaux de service, un pas de plus dans notre
objectif de rendre le système de santé encore meilleur. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Bonaventure. Et je reconnais maintenant,
pour son intervention, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
En cette journée mondiale de la lutte contre le VIH, je salue le courage et la
résilience des personnes atteintes du VIH. Il faut rappeler que le VIH ne
définit pas leur identité. Leur force et leur lutte incitent à l'admiration. Cette journée est l'occasion de rappeler
l'importance de la solidarité, de la prévention et de l'éducation pour
combattre cette maladie qui touche des millions de personnes à travers le
monde.
Beaucoup
de progrès et d'avancées ont été faits dans la lutte contre le VIH-sida depuis
ses débuts, dont le développement de stratégies de prévention et de
traitement qui améliorent la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH et empêchent sa transmission, mais la
pandémie a eu des répercussions sur la capacité de notre système de santé
de lutter contre ce fléau.
possibilité d'éradiquer l'épidémie est à portée de main. Je nous invite à
rehausser substantiellement les budgets alloués aux efforts de dépistage et de prévention. C'est ensemble que
nous pouvons mettre fin à cette épidémie, en soutenant mieux les programmes de
santé publique, en investissant dans la recherche et en éliminant les barrières
qui entravent l'accès aux soins.
Au-delà du financement, une santé publique forte et une collaboration renforcée
avec les acteurs du milieu sont la clé du succès.
Je souhaite remercier
l'ensemble des personnes dévouées et travaillant à prévenir la transmission du
VIH-sida, à lutter contre la stigmatisation
et à toute autre forme de discrimination. Je remercie nos professionnels de la
santé, les militants, et surtout les organismes communautaires. Je salue la
présence de Ken Monteith et de Benoit Racette, de la COCQ-Sida et de la Table des organismes communautaires montréalais
de la lutte contre le VIH-sida. Merci pour votre travail acharné. La
lutte continue.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Et je cède maintenant la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : M. le Président, je vous adresse la parole
aujourd'hui avec une profonde conscience de l'importance de cette journée, la journée mondiale contre le
sida, une journée où le monde se rassemble pour sensibiliser, prévenir et
lutter contre une
maladie qui a touché et continue de toucher des millions de vies ici et
ailleurs dans le monde. Je souhaite profiter
de l'occasion pour saluer le courage et pour témoigner de mon soutien aux
milliers de Québécoises et de Québécois vivant avec le VIH.
Le VIH-sida n'est pas
seulement une maladie, c'est un défi humanitaire qui requiert notre attention
collective et notre engagement inébranlable.
C'est une journée où nous nous rappelons ceux que nous avons perdus, soutenons
ceux qui vivent avec le VIH-sida et renouvelons notre engagement envers
la prévention et la recherche.
Pourtant, au-delà des
statistiques et des chiffres, il est crucial de reconnaître l'aspect humain de
cette lutte. Derrière chaque chiffre se profile une vie. Derrière chaque
statistique se révèle une histoire. Derrière chaque diagnostic, il y a une
personne, une famille, une communauté.
Aujourd'hui,
40 ans après la découverte du VIH-sida, c'est l'occasion de se rappeler
les progrès réalisés dans la prévention et la prise en charge des
patients, améliorant leur qualité de vie. C'est aussi l'occasion de renouveler
notre engagement à briser les stigmates et à
lutter contre la discrimination. L'éducation et la sensibilisation sont nos
armes les plus puissantes. Il est
essentiel de promouvoir la compréhension, de discuter ouvertement du VIH-sida
et de déconstruire les mythes qui
persistent, hélas. Nous devons encourager la compassion et l'empathie, car
c'est ensemble que nous pouvons changer
les perceptions. En ce jour, célébrons la résilience de ceux qui vivent avec le
VIH et redoublons nos efforts pour mettre fin à cette épidémie.
Soulignons
enfin l'apport des organismes communautaires qui aident toutes les personnes
touchées par cette maladie. Ensemble, nous avons le pouvoir de changer les
choses, de mettre fin à la transmission du VIH-sida et de créer un avenir où cette
maladie ne sera plus une menace pour la santé et la dignité des personnes.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : ...un
vote électronique.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
le vote électronique est demandé. Alors, j'invite l'ensemble des collègues
à bien vouloir enregistrer son vote dès maintenant.
Alors, le vote est
maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 94
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée. Je reconnais M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Derraji : M. le Président, j'aimerais qu'une copie de cette
motion soit envoyée à la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida,
au Mouvement d'information et d'entraide sur la lutte contre le VIH-sida à Québec, au Programme commun des Nations unies
sur le VIH-sida, ONUSIDA, et à l'organisme Réseau. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Ce sera fait, M. le leader de l'opposition officielle.
Alors, nous en sommes
maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Et, avant
de céder la parole à mon collègue, je vais
vous demander, s'il vous plaît, de bien vouloir... ceux et celles qui doivent
quitter le salon bleu, de le faire en
silence pour permettre que je puisse entendre bien les débats. Alors, merci de
votre collaboration et bon retour à la maison.
M. le leader du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le
Président, là. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux
va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 15, la Loi visant à
rendre le système de santé et de services
sociaux plus efficace, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, ainsi que le mardi 5 décembre, de 10 heures à
midi, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 39, la Loi
modifiant la
Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
ainsi que le mardi 5 décembre, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des institutions va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 40, la Loi visant notamment à réformer les cours
municipales et à améliorer l'efficacité, l'accessibilité et la performance du
système de justice, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, ainsi que le
mardi 5 décembre, de 10 heures à midi, à la salle Pauline-Marois.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : À la rubrique Renseignements des travaux de
l'Assemblée.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et, pour nous guider, M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. À ce stade-ci, je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 47 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
à l'article 47 du feuilleton, M. le député d'Orford propose l'adoption
du projet de loi n° 205, Loi concernant Mutuelle Beneva.
Y a-t-il des
interventions? Alors, il n'y en a pas.
Est-ce que le projet
de loi n° 205, Loi concernant Mutuelle Beneva, est adopté?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Pardon?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : J'ai dit «le projet de loi», pardonnez-moi. Le
principe est adopté. Parfait. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président. Je
vous demande de rappeler à nouveau l'article 47 du feuilleton, s'il vous
plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
à l'article 47 du feuilleton, M. le député d'Orford propose l'adoption
du projet de loi n° 205, Loi concernant Mutuelle Beneva.
Alors là, oui, il y a
des intervenants. M. le député d'Orford.
M. Bélanger :
Merci, M. le Président. M. le
Président, je propose de procéder à l'adoption finale du projet de loi
d'intérêt privé n° 205, Loi
concernant Mutuelle Beneva. Je tiens
ainsi à saluer l'équipe de Beneva, qui est ici aujourd'hui, qui assiste à cette séance, et salue leur
collaboration à l'étude détaillée et leur ouverture aux propositions et
amendements proposés.
tiens à souligner en particulier la présence de M. René Hamel, président
de l'actuelle SSQ, qui a été un acteur clé au mouvement mutualiste ainsi
qu'à la fusion qui permet ce
chapitre final menant à la création de Beneva.
janvier 2020, deux mutuelles d'assurance aux activités complémentaires,
toutes les deux basées dans la ville de Québec, annoncent leur intention
d'unir leurs forces.
Je tiens aussi à
saluer la collaboration et contribution de tous mes collègues, autant du
gouvernement que des oppositions, ainsi que
des différentes équipes de support. Je tiens à souligner en particulier la
contribution du député de Nelligan et son apport pour la mise en place
de conseils d'administration plus modernes.
1er juillet 2020, La Capitale et SSQ Assurance se sont regroupées pour
donner naissance à Beneva. Trois ans plus tard, les résultats de la nouvelle
société d'assurance démontrent que l'union a fonctionné.
5 500 employés travaillent chez
Beneva, ce qui en fait la 25e plus grande entreprise québécoise. Beneva
est également le plus grand employeur privé de la capitale nationale.
volonté des deux mutuelles est maintenant de compléter le regroupement en se
fusionnant. Au cours des derniers mois,
les conseils d'administration et les assemblées extraordinaires des deux
mutuelles ont voté en faveur de leur fusion pour former Mutuelle Beneva,
sous réserve de l'adoption du présent projet de loi.
Le projet de
loi que nous allons adopter aujourd'hui vise cinq objectifs, il constitue la
dernière grande étape du regroupement
entamé en 2020. Plusieurs fusions de sociétés ont été effectuées au cours des
trois dernières années afin de simplifier la structure du groupe. La
fusion des mutuelles est réalisée avec le même objectif de simplification.
Le projet de loi confirme l'esprit du
regroupement d'égal à égal de 2020. Le projet de loi consacre l'ADN de chacune des mutuelles actuelles. Le projet de loi
favorise une augmentation de la participation démocratique des membres
par le biais d'une formule uniforme de délégués. Le projet de loi confirme le
virage à la modernité en adoptant certaines dispositions de la
Loi sur les
sociétés par actions.
Plus en
détail, les dispositions du projet de loi n° 205 prévoient notamment que
le regroupement du patrimoine de chacune des mutuelles devient celui de
Mutuelle Beneva, que celle-ci devient tributaire des droits, privilèges et
obligations des deux mutuelles, que
le siège social devra demeurer à Québec, que les membres actuels maintiennent
leurs droits et que l'entrée en vigueur se fera dès le 1er janvier 2024.
Le projet de loi n° 205, une fois adopté, viendra donc apporter à Mutuelle
Beneva une gouvernance harmonisée, et
un cadre juridique modernisé, et une efficacité de gestion et gouvernance
optimisées.
Le ministère des Finances et l'Autorité des
marchés financiers ont collaboré à la rédaction du présent projet de loi et en ont approuvé son contenu. Nous avons
procédé aux auditions des parties intéressées ainsi qu'à l'étude détaillée du
projet de loi n° 205 à la Commission des finances publiques le 28 novembre dernier. En adoptant ce
projet de loi, Mutuelle Beneva pourra
maintenir... maintenant être mise en place. Elle deviendra la plus grande
mutuelle d'assurance au Canada.
La création
de Beneva et l'étape franchie aujourd'hui représentent la concrétisation d'une
vision portée par une équipe aguerrie
et par des dirigeants fiers : le président et chef de la direction
actuelle, Jean-François Chalifoux, ainsi que le président du conseil et
ancien chef de la direction de La Capitale, Jean St-Gelais. Et je ne peux
oublier le travail formidable de Julie Noël
de Tilly, Pierre Marc Bellavance et Guillaume Fillion à la réalisation de cet
objectif final. Ils ont contribué à concrétiser ce regroupement majeur
qui fait aujourd'hui la fierté de 5 500 employés Beneva.
Maintenant, nous sommes convaincus que la
nouvelle structure permettra à Beneva de poursuivre sa croissance et de maintenir son statut de fleuron québécois.
Grâce au travail efficace de tous, cette réalité prendra effet le
1er janvier 2024. Merci et bravo!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député d'Orford. Et je reconnais
maintenant M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le Président.
Je vais commencer par remercier mon collègue le député d'Orford, que je peux
dire ami aussi, avec qui j'aime échanger, parler de technologie, parler
d'Internet haute vitesse, parler même d'Internet par satellite, mais j'ai
découvert un homme extraordinaire dans l'étude de ce projet de loi privé...
d'intérêt privé qui concerne la Mutuelle
Beneva. Et nous avons eu d'excellents échanges justement parce que la Mutuelle Beneva,
elle est rendue à une étape finale dans ce processus extrêmement important pour
Beneva.
Je tiens aussi à remercier l'ensemble des
collègues. Parfois, on a tendance à penser que, dans les projets de loi
d'intérêt privé, on ne peut pas échanger beaucoup, mais il y avait un excellent
échange, sous la supervision de notre cher
président de la commission, et ça a donné d'excellents échanges, ça a donné
vraiment d'excellents échanges. Ça a donné même un moment de
parlementarisme, si j'ose dire, extrêmement important, où, tous, on doit être
fiers.
Mais, mais
tout ça, tout ça, je peux le dire, nous, les élus, mais je ne peux pas passer
sous silence la collaboration des
gens qui étaient là, de Beneva. On doit être fiers aujourd'hui de le dire, à
l'intérieur de ce parlement, que l'équipe de direction qui a travaillé en amont pour venir au parlement le présenter,
répondre à nos questions était extrêmement ouverte, dotée d'un extraordinaire professionnalisme. Et,
en tant que député de l'opposition, je tiens officiellement à les remercier,
parce qu'une mutuelle pareille, qui va suivre
les bonnes règles de gouvernance en acceptant d'ajouter dans leur projet de loi
une place pour les jeunes de moins de 35 ans, pour les gens issus de la
diversité, mais aussi d'aller dans un terrain de parité, c'est extraordinaire. Et je suis très fier de le
dire aujourd'hui, que, grâce à cette collaboration, le projet de loi a été un
moment formidable d'échange, mais aussi d'envoyer un message. Moi, j'avais à
l'esprit : Écoutez, c'est Beneva. Vous savez, c'est la référence. Ce n'est pas n'importe qui, ce n'est
pas n'importe quelle mutuelle. Et, en plus, c'est la fusion de deux entités
au Québec avec un siège au Québec. On parle
de La Capitale, on parle de SSQ, donc c'est extrêmement important, envoyer
un message que Beneva va suivre au-delà des
bonnes règles de gouvernance, mais il va permettre une diversité autour de
leur conseil d'administration.
Mon collègue vient de le dire, nous avons aussi
un échange par rapport à la participation, et, sérieux, j'avais des inquiétudes
par rapport à la participation au niveau des conseils d'administration, mais,
encore une fois, les gens de la Mutuelle Beneva ont innové avec une nouvelle
formule de délégués, et j'espère, et je partage avec eux, qu'on va augmenter... ils vont augmenter le taux de
participation, parce que c'est très important pour la démocratie interne, pour
l'avenir de Beneva, parce qu'on a
tous besoin... On va dire que je fais beaucoup de promotion à Beneva, mais
c'est le cas, c'est le projet de loi privé qui touche Beneva.
Ce regroupement égal à égal est extrêmement
important. On arrive à un moment où les deux doivent fusionner les conseils d'administration, s'assurer d'avoir
une bonne implantation. Et, encore une fois, moi, je pense que la Mutuelle
Beneva a tout entre ses mains de continuer à performer, de représenter le
Québec, parce que nous sommes fiers d'avoir Beneva sur le territoire québécois, mais aussi
être un leader au niveau canadien. Et ça, en tant qu'élus qui s'intéressent à
tout ce qui est affaires et entreprises, nous sommes très fiers de
l'applaudir et de le souligner.
Encore une
fois, M. le Président, je tiens à remercier l'ensemble des collègues. Je
souhaite à l'ensemble des membres du
conseil de la direction, les membres du conseil d'administration, la haute
direction de Beneva, qui a accompagné
l'ensemble des élus dans l'étude détaillée de ce projet de loi, le grand
succès, et bonne continuation. Merci beaucoup. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Nelligan. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, je
reconnais...
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Donc,
il n'y a pas d'autre intervention.
Alors, maintenant, je suis maintenant prêt à
mettre aux voix le projet de loi n° 205, Loi concernant Mutuelle Beneva.
Est-ce que ce projet de loi est adopté?
Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement, pour
la suite de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 13 du feuilleton. Et je crois qu'on avait une collègue qui
aimerait intervenir.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
à l'article 13 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le
rapport de la Commission de l'économie et du travail sur le projet de loi
n° 38, Loi modifiant la
Loi sur la gouvernance et la gestion des
ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du
gouvernement et d'autres dispositions législatives.
Là, oui, je vois qu'il y a une intervention. Je
reconnais Mme la députée de Fabre.
Mme Abou-Khalil : Bonjour,
M. le Président, chers collègues. Ma présence aujourd'hui fait suite aux
échanges lors des consultations
particulières, aux commentaires que nous avons reçus et au dépôt de mémoires
sur le projet de loi n° 38, loi qui modifie la
Loi sur la
gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes
publics et des entreprises du
gouvernement ainsi que la
Loi sur le ministère de la Cybersécurité et du
Numérique.
Ce processus,
M. le Président, fait suite au travail effectué lors de la mise en place de la
loi n° 95, le 10 juin 2021, qui, entre autres, a pour objectif de rehausser la
cybersécurité et de rendre objectif... pour objectif de rehausser la
cybersécurité, pardon, et de rendre la gestion des données plus
efficiente, et d'accélérer la transformation numérique de l'État.
Tout d'abord, le p.l. n° 38
décerne au ministère de la Cybersécurité et du Numérique le leadership pour la
transformation numérique et la cybersécurité de l'administration publique. De
plus, il impose aux organismes publics l'obligation
d'appliquer les orientations et les normes attribuant les responsabilités au
plus haut dirigeant de l'organisme. Il prévoit
que les organismes publics responsables des projets visés par les priorités
gouvernementales doivent en prioriser la réalisation.
Cette approche législative, M. le Président,
renforce la gouvernance, renforce notre gouvernance, renforce la transparence et l'efficacité dans la gestion des
ressources informationnelles gouvernementales, garantissant ainsi que les
investissements technologiques de
l'information soutiennent de manière optimale les objectifs globaux du
gouvernement.
Alors,
pourquoi c'est marquant de prioriser les objets... les projets, M. le
Président? Alors, c'est pour une meilleure optimisation de l'utilisation des
ressources, c'est pour un alignement stratégique, c'est pour une réponse agile
aux besoins changeants, car la priorisation aide le renforcement de la
cybersécurité, et pour une bonne transparence et responsabilité, et
finalement pour une priorisation basée sur des critères et objectifs.
C'est
important de prioriser nos projets pour une meilleure gestion de risque, car un
portefeuille de projets bien établi permet une meilleure gestion de risques en
identifiant et en priorisant les projets qui contribuent à la stabilité, à la
sécurité et à la performance des systèmes d'information gouvernementaux.
Le projet de
loi vise également à renforcer la sécurité de l'information en autorisant le
ministre à ordonner à un organisme
public de retirer des logiciels ou des actifs déterminés qui pourraient porter
atteinte à la sécurité des informations.
Les ressources, par cette
loi, comprennent les données, les informations, les documents, quels que soient
leur forme et leur support, qui sont
produits ou reçus par un organisme public ou dans l'exercice des fonctions de
ses activités, les systèmes, les
applications, les logiciels, les équipements et les infrastructures qui
permettent de traiter, de transmettre, de conserver ou de diffuser les
données, ces informations ou ces documents.
Ainsi, les organismes publics concernés par ce
projet de loi sont notamment le ministère et les organismes gouvernementaux,
les réseaux de la santé et des services sociaux, de l'éducation et de l'enseignement
supérieur, les municipalités, les
communautés métropolitaines, les municipalités régionales de comté et
d'organismes municipaux, les sociétés de transport en commun, la
commission scolaire et les établissements d'enseignement de niveau universitaire,
les régimes de retraite des employés du gouvernement, des enseignants et des
fonctionnaires et les organismes qui sont mandataires du gouvernement ou qui
exercent une fonction publique.
M. le
Président, vous n'êtes pas sans savoir que la protection des données de l'ère
numérique est un enjeu majeur, compte tenu de la nature omniprésente des
technologies de l'information et de la communication. Et là j'aimerais
faire référence à six points très importants. Commençons par la confidentialité
de la vie privée.
Comme vous le
savez probablement, de plus en plus d'activités quotidiennes sont numérisées et
la protection de données devient cruciale pour préserver la vie privée des
individus. Nos citoyennes et citoyens doivent avoir confiance en leurs informations personnelles... que leurs
informations personnelles ne seront pas exploitées d'une manière inappropriée
ou inadéquate.
Deuxième
point, la cybercriminalité, M. le Président. L'essor de la cybercriminalité, y
compris le vol d'identité, la fraude
en ligne, les attaques de rançongiciels qui font de nouvelles attaques chaque
jour, met l'emphase sur l'importance de
protéger les données contre les acteurs malveillants. La sécurité des données
est essentielle pour prévenir de telles menaces. Les cybercriminels développent constamment de nouvelles techniques
sophistiquées pour contourner les mesures de sécurité existantes. M. le
Président.
Que dire des
vecteurs d'attaques qui se multiplient par courriel ou «ransomware», aux
attaques par déni de service DDoS, et
même aux menaces ciblant... qui ciblent les objets orientés... connectés, qui
est l'«Internet of things», le IoT. Sa diversification créée de nouveaux
défis pour la protection, pour notre protection, M. le Président.
Il y a aussi
la globalisation des menaces qui peuvent désormais être lancées de n'importe où
dans le monde. Et ici, je fais référence aux menaces étatiques.
Dernier point important sur la cybercriminalité,
c'est le rôle croissant de l'intelligence artificielle. Ces types d'attaques cybernétiques sont en augmentation. Les
cybercriminels exploitent l'intelligence artificielle pour automatiser
et améliorer leurs méthodes d'attaques, rendant la détection très difficile.
Que dire de la protection de nos informations
sensibles? Les entreprises et les gouvernements détiennent des quantités
massives d'informations sensibles pour accélérer et personnaliser les services
de nos citoyens. La perte ou le compromis de
ces données peut entraîner des conséquences graves, tant sur le plan économique
que sur la sécurité nationale.
On a aussi la
confiance dans les services numériques gouvernementaux. La confiance, M. le
Président, elle se mérite. La confiance des utilisateurs dans les services en
ligne tels que les plateformes des réseaux sociaux, les services bancaires
en ligne, les applications de santé, repose
sur la garantie que les données, que leurs données sont traitées de manière
sécurisée.
Les règlements et les conformités, dans cette
ère de technologie où le commerce et les informations voyagent rapidement et partout sur la planète. Les
gouvernements du monde entier ont mis en place des règlements stricts en
matière de protection de données,
tels que le Règlement général sur la protection des données, le RGPD, en
Europe. Les entreprises et les sociétés
d'État doivent absolument se conformer à ces réglementations pour éviter des
sanctions et maintenir la confiance des clients.
Et le dernier point de cette partie, c'est la
vulnérabilité technologique. Les avancées rapides dans la technologie créent de nouvelles opportunités, mais aussi de
nouvelles vulnérabilités, alors la protection de données implique la mise
en oeuvre des mesures de sécurité robustes pour contrer les menaces émergentes
telles que les attaques informatiques sophistiquées et alambiquées.
Alors, le
p.l. n° 38 permet aussi au gouvernement d'appliquer les dispositions de la
loi sur la gouvernance des gestions des
ressources informationnelles aux entreprises gouvernementales sur
recommandation conjointe des ministres. Le projet de loi autorise que
des projets pilotes dans les domaines de la cybersécurité et du numérique se
fassent adéquatement. Les POC, le «proof of
concept», ou bien le... comment on dit en français, la preuve de concept, sont
des étapes cruciales dans le domaine de la cybersécurité et de
l'informatique.
Alors, M. le
Président, il y a plusieurs raisons pour lesquelles nous, on trouve que c'est
essentiel de réaliser des POC, et en voici quelques-unes. C'est important de
faire des POC pour permettre de déterminer la faisabilité d'un projet,
la faisabilité technique d'un concept, avant
de s'engager dans un projet à grande échelle. Pour l'évaluation des
performances, les POC offrent une
opportunité d'évaluer les performances d'une solution technologique dans un
environnement réel car cela permet de
mesurer la rapidité, la stabilité, l'efficacité de la technologie avant son
déploiement complet pour un bon alignement de nos objectifs
stratégiques. Car, M. le Président, avant de déployer la technologie à grande
échelle, il est important de s'assurer
qu'elle est alignée avec les objectifs stratégiques du gouvernement afin de
vérifier si ça répond aux besoins et aux objectifs fixés. Pour
l'accélération du développement, ces projets seront en mesure d'explorer et
trouver la manière la plus efficace d'atteindre nos objectifs. Et, pour la
réduction du coût, c'est... en identifiant rapidement les éventuels problèmes ou même les limitations d'une
solution, les POC nous permettent d'économiser des coûts potentiels
associés à la correction de ces problèmes-là à un stade ultérieur du projet.
Alors, le projet de loi aussi vise à remplacer
l'approbation de la Commission d'accès à l'information pour la gouvernance des renseignements personnels. En
effet, les propositions législatives en lien avec le retrait de l'approbation
de la Commission d'accès à l'information du Québec, règle de gouvernance à
l'égard des renseignements personnels, s'inscrivent dans une démarche d'harmonisation
avec les cadres en matière de gouvernance à l'égard des renseignements personnels prévus par la
Loi sur les
renseignements de santé et des services sociaux et au projet de loi n° 23,
Loi modifiant principalement la Loi
sur l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national
d'excellence en éducation. En
ce sens, M. le Président, les dispositions
législatives qui sont visées au présent projet de loi n'enlèvent pas de
pouvoirs à la CAI puisque l'application desdites règles pourra toujours
se faire suivant la transmission de celles-ci à l'organisme.
M. le Président,
puisque les lois sont changeantes depuis, entre autres, la création du ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le projet de loi vient baliser les actions et renforce le rôle du ministère de la Cybersécurité et du Numérique comme leader de transformation numérique
et de la cybersécurité de l'administration publique. Le projet de loi s'inscrit
dans le contexte plus large de la
transformation numérique de l'administration publique québécoise, qui vise à
offrir des services plus efficaces, plus accessibles et sécurisés aux
citoyens et aux entreprises.
Le projet de
loi s'appuie également sur les recommandations du rapport du Vérificateur général du Québec de 2022, qui
a identifié plusieurs lacunes, d'ailleurs, et des mesures à corriger dans la
gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des
entreprises du gouvernement.
Le projet de loi vise à répondre aux enjeux
actuels, aux enjeux présents et aux enjeux futurs de la cybersécurité, qui représentent une menace croissante pour la
sécurité des données et des futurs... et des infrastructures publiques, pardon.
En réponse à ces défis en constante
évolution, il est essentiel de mettre en place des stratégies de cybersécurité
robustes, de rester à l'affût sur les
nouvelles menaces et de promouvoir une culture de la sécurité, car la
cybercriminalité et les menaces cybernétiques évoluent à un rythme très
rapide, les attaquants sont de plus en plus audacieux, posant des défis sans
précédent pour la sécurité de nos systèmes d'information. Pour cela, et face à
ces enjeux, il est impératif que notre législation
soit à la hauteur pour protéger les données, les infrastructures critiques et
la vie privée de nos citoyens. C'est dans cette perspective qu'est présenté ce projet de loi relatif à la
cybersécurité. Sachez aussi que ce projet de loi s'inspire des meilleures pratiques internationales en matière de
gouvernance et de gestion des ressources informationnelles, celles de l'Organisation
de coopération et de développement économiques, qui est l'OCDE.
conclusion, M. le Président, la protection des données à l'ère numérique est
cruciale pour préserver la vie privée des
individus, assurer la confiance dans les services en ligne, promouvoir une
économie numérique florissante et répondre aux défis croissants liés à
la cybercriminalité et aux menaces technologiques. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Fabre. Et je reconnais maintenant Mme la députée de
Mont-Royal—Outremont.
Setlakwe : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de
prendre la parole aujourd'hui dans le cadre des débats entourant la prise en considération du projet de
loi n° 38, déposé par le ministre de
la Cybersécurité et du Numérique le
1er novembre dernier, intitulé Loi modifiant la
Loi sur la gouvernance et la
gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement, communément appelée la LGGRI, et d'autres dispositions
législatives. Rappelons que ce projet
de loi apporte principalement des modifications à deux lois, donc la LGGRI et
la
Loi sur le ministère de la Cybersécurité et du Numérique.
L'examen
approfondi du libellé du projet de loi dans le cadre de l'étude détaillée nous
a permis d'avoir de nombreux échanges très informatifs avec le ministre, ce qui
nous a permis de répondre à plusieurs questionnements que nous avions et
d'apporter plusieurs précisions sur des dossiers chauds, divers enjeux ainsi
que quant aux priorités du gouvernement dans
le cadre de ce grand chantier qu'est la transformation numérique. Nos questions
au ministre nous ont permis de mieux comprendre
l'impact des dispositions législatives proposées. Le ministre a expliqué dans
quelle mesure celles-ci permettront de
mieux l'outiller afin qu'il puisse, on l'espère, M. le Président, coordonner et
mener à bien les prochaines étapes du grand virage numérique de l'État
au bénéfice des Québécois.
Le projet de
loi n° 38 donne effectivement plus de pouvoirs au ministre de la Cybersécurité et du Numérique. Il vient
aussi clarifier les rôles et responsabilités entre le ministre et les
organismes publics. On y crée ce que je qualifierais de lien d'autorité, une forme de hiérarchie entre le
ministre et les organismes publics pour la mise en oeuvre des projets en
ressources informationnelles.
Le projet de
loi établit également une mécanique permettant une priorisation des projets,
une gouvernance centralisée de la
gestion du portefeuille des projets prioritaires ainsi qu'un meilleur
encadrement et un meilleur suivi de ceux-ci. Ce n'est pas une mauvaise idée, j'y reviendrai. Rappelons qu'il y a
actuellement 2 538 projets en ressources informationnelles en cours au sein de l'administration publique
québécoise. C'est énorme, M. le Président. Ils ne peuvent pas tous être menés
de front en même temps. Il faut qu'on puisse allouer les ressources aux plus
prioritaires d'entre eux. Et on ne peut pas être contre l'objectif d'établir une vision commune, claire, cohérente et
engagée des priorités gouvernementales en transformation numérique. En fait, c'est ce qu'on demande depuis
longtemps. On se demande toutefois si c'est réaliste dans l'état actuel des
choses, mais le ministre se veut rassurant, il nous dit qu'il a suffisamment de
ressources au sein de son ministère. On a même appris en commission qu'il y a un solde migratoire positif au sein de
son ministère. Aussi, il nous a dit que les cibles d'heures rémunérées sont atteintes. On espère que
l'organigramme du ministère pourra se compléter dans un avenir rapproché, car,
pour faire face à la tâche colossale, il va falloir qu'on ait une équipe
complète qui mette la main à la pâte.
Le projet de loi établit expressément
l'obligation pour les organismes publics d'appliquer les orientations, les stratégies, les politiques, les standards, les
directives, les règles et les indications d'application pris en vertu de la
LGGRI et prévoit que la responsabilité du respect de cette obligation
incombe aux plus hauts dirigeants de l'organisme.
Rappelons qu'il y a plus de
300 organismes publics assujettis à la LGGRI. Il appert des discussions
qui ont eu lieu durant l'étude détaillée qu'il y avait du travail qui se
faisait en silo. Sans aller aussi loin que de dire qu'il y avait une résistance à adhérer à une vision centralisée et
axée sur une plus grande uniformité, le ministre a mentionné qu'on passe
d'une culture en silo à une nouvelle façon
de faire. Dans le fond, ce que ça veut dire, c'est que tout le monde se trouve
dans la même barque, et il est
important que tout le monde rame dans la même direction. S'il y a des enjeux au
niveau de l'exécution, s'il y a un manque de discipline, en quelque
sorte, alors, ces modifications au cadre législatif s'avéreront utiles.
nous a exprimé le désir de rallier les organismes publics et les entreprises
gouvernementales aussi. L'objectif, c'est
de leur envoyer un message clair qu'il faut arrêter de faire bande à part. Le
projet de loi donne ainsi au ministre la fonction d'assurer la cohérence
et l'harmonisation des actions gouvernementales dans les domaines de la
cybersécurité et du numérique et prévoit
qu'il doit être associé à l'élaboration des mesures ainsi qu'aux décisions
ministérielles dans ces domaines. Je
comprends l'objectif et l'efficience qu'on cherche à améliorer, mais comment se
fait-il qu'on n'ait pas fait ça avant,
M. le Président? Comment se fait-il qu'on réalise aujourd'hui que cette grande
transformation numérique, découlant des initiatives de transformation
numérique des organismes publics, ne puisse être effectuée en silo et sans
leadership gouvernemental? C'est surprenant,
M. le Président, qu'on n'ait pas légiféré de la bonne façon dès le début et
qu'on doive faire des changements
législatifs aussi importants moins de deux ans après la création du ministère.
Mais, bon, j'imagine qu'on doit regarder en avant et espérer que les
choses changeront pour le mieux dans l'appareil gouvern