Culture and Education — 21 March 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CCE 2023-03-21

Quebec — Committees

Culture and Education — 21 March 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CCE 2023-03-21

Quebec — Committees

(Neuf

heures quarante-huit minutes)

La Présidente

(Mme Dionne) : Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum,

je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.

La commission est

réunie afin de procéder aujourd'hui aux consultations particulières et

auditions publiques dans le cadre du mandat d'initiative portant sur les

révélations de violence lors des initiations dans le milieu junior... le hockey

junior, pardon, et la possible situation dans d'autres sports.

M. secrétaire, si

vous pouvez nommer les remplacements.

La Présidente

(Mme Dionne) : OK, dans le fond, je vais mentionner les

remplaçants. Alors, le député de Marquette remplace la députée de Mont-Royal—Outremont et le député de Rosemont remplace la députée de Mercier.

Concernant l'ordre du

jour, nous entendrons aujourd'hui les personnes suivantes : M. Michel

Dorais, professeur titulaire retraité à l'École de travail social et de

criminologie de l'Université Laval; M. Martin Lavallée, commissaire par intérim de la Ligue de hockey

junior majeur du Québec; et M. Mario Cecchini, président par

intérim des Alouettes de Montréal et futur commissaire de la Ligue de hockey

junior majeur du Québec.

Avant de souhaiter la

bienvenue à notre premier invité, je cède la parole au député de Marquette.

M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais déposer

l'avis de la Commissaire à l'éthique lors du... notre première séance, où on avait reçu

des groupes. J'avais demandé, justement, un avis de la Commissaire à

l'éthique, vu mon passé et ma rémunération avec la Ligue de hockey junior

majeur du Québec. Alors, j'ai l'avis écrit que je dépose. Merci beaucoup.

La Présidente

(Mme Dionne) : Donc, avis déposé.

Je souhaite

maintenant la bienvenue à notre premier interlocuteur, M. Michel Dorais,

professeur titulaire retraité à l'École de

travail social et de criminologie de l'Université Laval. M. Dorais, je

vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre

exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de

la commission. Je vous invite, donc, à vous présenter puis à commencer votre

exposé.

M. Dorais

(Michel) : Merci, merci de m'avoir invité. Je suis content et honoré,

en fait, d'être avec vous ce matin, parce qu'on va parler d'un sujet important

qui me préoccupe depuis longtemps. J'ai donné un petit deux pages de résumé de

mon exposé ce matin. Je travaille là-dessus depuis très longtemps.

Je suis retraité,

mais j'ai une carrière de 45 ans et poussières. Et j'ai travaillé

beaucoup, dans un premier temps, à la

protection de la jeunesse, en fait, à Montréal. J'ai développé beaucoup de

programmes de prévention, aussi, notamment pour l'INSPQ, des programmes

qui durent encore pour certains d'entre eux, des programmes en prévention de

l'exploitation sexuelle, la... des jeunes, en particulier pour le CIUSSS de la

Capitale-Nationale. J'ai donné un cours

comment monter des programmes et des campagnes de prévention, qui a longtemps

été, je pense qu'il l'est encore, le seul cours là-dessus à l'Université

Laval. J'ai une formation, une double formation en travail social et en

sociologie de l'intimité et de la sexualité. J'ai fait

partie aussi... je vais

terminer là-dessus ma présentation pour vous dire que je suis particulièrement

sensible aux victimes qui sont faites dans ces affaires-là. J'étais sur le

comité qui a bâti et déposé le rapport Rebâtir la confiance , là, vous

vous souviendrez, qui a été remis à l'Assemblée nationale il y a un peu plus

que deux ans maintenant, en décembre 2020. Voilà pour ma présentation.

Je vais surtout vous

parler, ce matin, de prévention primaire. Pour moi, c'est très important, parce

que j'ai suivi beaucoup, beaucoup ce dossier-là et j'ai entendu très peu de

gens en parler. On parle beaucoup, à bon droit, de prévention secondaire,

c'est-à-dire qu'est-ce qu'on fait s'il y a des victimes, d'avoir des lignes

d'appel, de l'aide aux victimes. Évidemment, je suis ravi qu'on parle de ça, je

n'ai absolument rien contre ça, tout au contraire, mais je suis inquiet qu'on

parle si peu de prévention primaire, c'est-à-dire que fait-on pour que ces choses-là

ne se produisent plus. Et j'ai entendu, en fait, très, très, très peu parler de

On a aussi beaucoup parlé de

sensibilisation. Des gens disent : Oui, on montre des films, on fait des

conférences. Vous savez, la prévention, ce n'est pas ça. Si vous pensez qu'on

change des comportements en visionnant un film... Et, vous savez, vous êtes en

politique, vous essayez, vous autres aussi de votre côté, de changer parfois

des comportements, vous savez qu'on ne

change pas de comportement comme on change de vêtements, et ça ne se fait

pas à la sortie d'un film ou d'une conférence. C'est beaucoup plus complexe que

ça. Alors, ce qu'il faut : développer et promouvoir, en fait, des

comportements alternatifs. Si je fais... Quoi ne pas faire, la majorité des

gens le savent, mais qu'est-ce que je fais à la place? Là est la question. Et

c'est surtout de ça dont je veux vous parler, ce matin, alors allons-y,

allons-y.

J'ai été étonné que

la LNH ne vous parle pas qu'avec la directrice des services aux joueurs, Mme

Llorens, on travaille depuis 18 mois maintenant à développer un programme

de prévention primaire. Et c'est méritoire, c'est tout à son honneur, là. C'est

elle qui m'avait contacté, sachant que je travaille là-dessus depuis fort

longtemps, à l'été... il y a 18 mois, pas l'été dernier, l'été auparavant.

Et, depuis ce temps-là, on travaille là-dessus. Je le fais bénévolement, là, je

tiens à le dire, mais, bon, comme j'étais en processus de retraite, j'avais un

peu plus de temps, mais en se disant : Bien, un jour, on trouvera de

l'argent pour ça. Et c'est avant que... toutes ces affaires-là dont on a parlé

dans les médias. Et je pense que Mme Llorens est très allumée, là, sur les

besoins des joueurs. On a même fait un sondage auprès des joueurs, sur leurs besoins,

et tout ça. Et puis, bien, j'étais content de venir ici, ce matin, parce que je

vois que je vais être le premier à vous parler de ça. Et je pense qu'on n'en a

pas parlé beaucoup, parce qu'on a cogné à beaucoup de portes pour demander...

Bien, évidemment, on demande de l'argent à la ligue, on demande de l'argent...

Avez-vous de l'argent, les équipes? On demande de l'argent à certains

ministères. Bien, tout le monde trouve que notre idée est excellente, mais,

pour le moment, on n'a pas trop de réponses.

Alors, de quoi

s'agit-il quand je vous parle, là, de prévention primaire? Il y a trois choses

là-dedans. Alors, la première, c'est les... ce qu'on appelle les codes de vie

des joueurs, les règles, les... Vous savez, les joueurs signent aussi, hein,

maintenant, dans beaucoup d'équipes, là, les joueurs signent une espèce de code

de vie : Je m'engage à... C'est très bien d'avoir déjà ça, mais, pour en

avoir regardé quelques-uns, je peux vous dire que c'est un peu comme du fromage

gruyère, il y a des trous dedans. Et puis c'est bon dans le fromage, mais, dans

les règlements de sports d'équipe, ce n'est pas l'idéal. Alors, il faudrait

vraiment revamper tout ça, on est en train de se pencher là-dessus, parce qu'il

y a trop de zones grises, là, qui sont laissées là.

Et puis je pense que,

si on veut mobiliser... Vous savez, en prévention, deux choses qu'il faut

surtout mobiliser, comme j'ai dit... Bien, il y a trois savoirs, hein, il faut

que les gens aient des connaissances, développent des savoir-être, des savoir-faire.

Ils vont y arriver s'il y a deux choses de base : la motivation et les

valeurs qui soutiennent ces actions-là. Il faut motiver les jeunes, il faut

motiver les adultes qui les encadrent à agir pour prévenir. Il faut qu'il y ait des valeurs individuelles. On

a des valeurs sociales, au Québec, on est une des sociétés sans doute

les plus sensibles, hein, au bien-être des jeunes, et tant mieux, mais on peut

toujours s'améliorer. Il faut aussi avoir des valeurs

d'équipe. Il faut que le sport... Le sport, c'est aussi éducatif, et on doit...

le sport doit véhiculer certaines valeurs bienveillantes et certaines

valeurs qui n'autorisent pas ou qui, même, empêchent la commission d'actes

aussi regrettables que ceux dont on a parlé

dernièrement. Alors donc, la première chose à faire, ce serait de revoir ces

règles, ces règlements, ces codes de vie, et là il y a déjà un travail

considérable à faire. Deuxièmement, il faut s'adresser aux jeunes eux-mêmes,

aux joueurs. Pourquoi? Parce que les joueurs, là, pensez bien qu'il faut partir

d'où ils sont, là, et puis ce n'est pas facile. C'est pour ça que voir un film,

entendre une conférence... il faut les écouter, il faut parler avec eux, il

faut les intéresser.

Vous

savez, les gens, quand on parle de prévention, les gens pensent qu'on va leur

faire la morale, ce n'est pas ça. Responsabiliser les gens, ce n'est pas

leur faire la morale. Au contraire, c'est de les amener avec nous, là, dans un

beau projet qui est de construire quelque chose de mieux. C'est ça. Les

campagnes de prévention qui fonctionnent, là, il y en a des très belles par le

gouvernement du Québec. C'est ça, le but et c'est ça, le moyen utilisé alors,

et on travaille là-dessus, justement d'avoir des choses qui vont plaire aux

gars, que les gars vont avoir le goût de participer, que ce soient des

discussions, que ce soient des vidéos, des quiz. On ne manque pas d'idées à ce

sujet-là, mais on va auparavant les consulter. On va... il faudrait... Enfin,

je vous parle comme si on était en train de le faire, j'espère qu'on le fera,

que je vais convaincre quelqu'un quelque part, alors, et ce serait bien.

Moi, je le fais déjà,

je peux vous le dire, je l'ai fait beaucoup, là, je le fais actuellement. Je ne

les nommerai pas, pour certaines émissions

de télé, là, de réalité qui ont éprouvé des petits problèmes, moins graves,

mais quand même qui se soucient qu'il n'y ait pas de harcèlement et de

comportements inappropriés. Et je peux dire que les jeunes ont beaucoup de

plaisir avec ce qu'on a développé. Donc, je sais que c'est possible, parce que

je l'ai déjà fait puis je l'ai fait encore

récemment. Alors donc, rejoindre les jeunes par des mises en situation

pratiques, des choses qui leur permettent de se projeter dans l'avenir.

Si telle chose arrive, qu'est-ce que je fais? Qu'est-ce que je peux faire?

Comment je peux réagir? Ça arrive à moi, à mon collègue, à mon équipe, à

quelqu'un que je connais. C'est très important.

Deuxièmement, il faut

impérativement rejoindre les personnes qui encadrent ces jeunes-là. Et, vous

savez, ça va des coachs aux familles

d'accueil qui accueillent les jeunes, vous savez, quand les jeunes voyagent,

là, il faut qu'ils dorment quelque part. Alors, moi, j'irais jusqu'au

propriétaire d'équipe, là, parce qu'il faut que l'exemple parte de haut, là,

puis il faut que... Vous savez, quand vous voulez imposer des nouvelles

valeurs, des nouvelles façons de faire, ça doit aller de haut en bas et de

bas... ça doit remonter et descendre. Alors, il faut que tout le monde soit

impliqué là-dedans. Là aussi, évidemment, on pourrait et on devrait consulter

les gens qui sont des mentors, en fait, pour

ces jeunes-là, là, penser que les gens qui les encadrent, à quelque niveau que

ce soit, sont des modèles. Les gens disent souvent : Oui, mais on

ne veut pas être des modèles, on est seulement des coachs, on est seulement des

familles d'accueil, là, pour ces joueurs, si

j'ose appeler ça comme ça, pour ces joueurs-là. Oui, mais, quand ils sont avec

toi, tu es un adulte, hein, tu es un adulte, et c'est un exemple, que tu

le veuilles ou pas.

Et ce serait un peu la...

Et ce serait, évidemment, une formation plus étendue, plus extensive, parce

qu'il faut apprendre des choses qui sont plus de l'ordre de la résolution de

problèmes, de la relation d'aide, même, à ces adultes-là. Si tu as un jeune qui

est en problème, avant que tu reviennes, là, pour consulter psychologues ou

travailleurs sociaux, est-ce que toi, tu peux faire des choses à ton niveau? Si

tu as des victimes, si tu as... Alors, il faut

des choses de base, et puis, ça, comme je vous l'ai dit, moi, j'ai enseigné ça,

la relation d'aide pendant 40 ans passés. Et c'est sûr que j'ai des

petites idées là-dessus, mais, encore là, des mises en situation concrètes, des

choses qui vont permettre aux gens à se projeter dans l'avenir, hein,

dire : Qu'est-ce que... voici, il y a des choses concrètes à faire pour

moi.

La grande question, et ça va être ma conclusion,

c'est : Qui c'est qui prend ça en charge? Actuellement, c'est la grande question. De qui relève la prévention?

Qui doit en prendre l'initiative? Qui en fixera des balises? Parce que,

comme je disais tout à l'heure, il y a beaucoup de gens qui disent faire de la

prévention, mais ce que je vois, ce n'est pas ça, c'est de la sensibilisation.

Alors, bien là, il y a une question de coût-bénéfice. Évidemment, quand ça va

bien, personne ne parle de prévention, parce qu'on dit : Bien, pourquoi

faire de la prévention, alors? Mais, quand ça va mal, ça coûte très cher quand ça va mal, parce que, là, il y a eu des

victimes, et ça coûte très cher avoir des victimes, hein, on... Eh bien... et, alors, quand ça va bien, on

ne fait pas de prévention. Parce que ça va bien, pourquoi en faire?

Quand ça va mal, on dépense tout l'argent

disponible pour compenser des victimes. On dit : Ah! bien, c'est dommage,

il ne reste plus d'argent pour la prévention. Alors, la prévention passe

à la trappe dans les deux cas, ce qui est bien dommage et, à mon avis, assez

tragique.

C'est pour ça que je pense que la rondelle... et

le jeu de mots est facile, je le sais, mais la rondelle est dans le camp des

décideurs, que ce soient les équipes, que ce soient les ministères, les

organismes publics, est-ce qu'on veut éviter que ces choses-là adviennent de

nouveau et qu'est-ce qu'on fait en prévention primaire.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci,

M. Dorais. Je vous... Je suis désolée de vous interrompre. Très...

M. Dorais (Michel) : Oui.

J'avais fini.

Présidente (Mme Dionne) : Très intéressant. Alors, merci beaucoup pour votre

exposé. Je céderais maintenant la parole du côté du gouvernement.

Quelqu'un veut intervenir? Oui. D'accord. Alors, j'invite le député de

Richelieu.

M. Émond : Merci beaucoup,

merci, Mme la Présidente. M. Dorais, bonjour. Merci de votre présence à

l'Assemblée nationale et d'avoir accepté de venir témoigner devant les membres

de la commission. Je vous remercie pour votre introduction.

M. Dorais, en regardant vos écrits, là, en préparant la journée

d'aujourd'hui, je vois que vous avez mentionné, quelque part dans une

entrevue en septembre dernier... à Radio-Canada, je crois, que, et là j'ouvre

les guillemets : «On ne veut pas seulement qu'il y ait un changement dans

la tête des jeunes, mais aussi dans leurs comportements au quotidien.» Et je ferme les guillemets. Puis puis

je crois que, dans votre introduction, vous avez quand même beaucoup

abordé ce... ce point.

Et, dites-moi, vous parlez de prévention

primaire, changement de comportements, que... vous dites que ça peut être

complexe, qu'il faut faire la promotion de comportements alternatifs, de quelle

manière ou à quel moment vous pensez qu'on doit aborder ces thèmes-là si on

veut faire une prévention?

Puis là je

vous amène aussi tôt que le parcours scolaire primaire, là, primaire et

secondaire. Puis vous entendrez au

timbre de ma voix, comme adjoint parlementaire au ministre l'Éducation, la

prévention et l'enseignement de l'éducation sexuelle, hein, qui est

abordé chez nos jeunes. De quelle manière, croyez-vous, on doit l'aborder dans

le cursus du cours Citoyenneté québécoise, là... Éthique et citoyenneté

québécoise, le nouveau cours qui est mis en marche, qui est présentement dans

des projets pilotes dans différentes écoles au Québec?

M. Dorais (Michel) : Oui. Bien,

le problème, c'est, évidemment, il y a peu de temps. Tu sais, on le sait, hein, c'est cinq heures au primaire,

15 heures au secondaire, à moins que ça ait changé, là, dernièrement. Il

n'y a pas beaucoup de temps. Mais, effectivement, cette prévention des

conduites inappropriées, utilisons un terme poli, devrait être faite à toutes

les étapes de la vie. Cela dit, en ce qui concerne le sport en particulier, dès

qu'un jeune adhère...

Je vais vous donner un exemple. À la Ligue de

hockey junior majeur, normalement, au mois d'août, là, il y a des... on démarre

la chose, là. Alors, ce que je parlais avec Mme Llorens, c'est qu'on pourrait

très bien démarrer un programme comme celui-là. Et, comme je dis, ce n'est pas

une conférence, ce n'est pas... C'est un ensemble de mesures qui vont

s'échelonner dans le temps, là, et qui vont rejoindre les jeunes.

Et je pense que vous avez raison, c'est... ça

fait

partie de l'éducation, ça devrait concerner la prévention du harcèlement,

des agressions, des violences de nature intime ou sexuelle. Évidemment que ça

devrait nous préoccuper. Et on devrait commencer à le faire, oui, le plus tôt

possible, parce que les jeunes sont témoins de ça, ne serait-ce qu'ils sont

témoins de ça de la part de personnes plus âgées qu'elles dans le sport ou

ailleurs, là. Mais là vous prêchez quelqu'un qui défend ça. Oui, oui, je crois.

Et puis c'était, d'ailleurs, une des recommandations de notre part, Rebâtir

la confiance , là, que... que la prévention ait une plus large place.

Moi, je pense aussi qu'on... Vous savez, dans

les organismes professionnels, on a le 1 % de la formation continue, hein?

Vous savez, ça existe encore. Pourquoi qu'il n'y aurait pas ça, une mesure

comme ça dans le sport, un 1 % de formation aux bonnes conduites, puis

combattre les conduites toxiques? Tu sais, je lance ça comme ça, ce n'est pas dans... Je

pensais à ça... ce week-end en me préparant : pourquoi qu'on n'aurait pas

une mesure encadrante comme ça, comme

le gouvernement québécois l'a fait, là, pour le 1 % en formation

professionnelle? Ça passerait le message aux équipes ou aux directions

d'équipes, aux propriétaires d'équipes : Regardez, c'est important pour

l'État québécois, puis on veut que nos jeunes...

Et ce serait une structure en même temps

encadrante... qui baliserait les choses. Parce que moi, je peux vous dire,

là : Je fais de la prévention, puis faire autre chose, là. Il faut que...

Et je pense que l'État, encore là, a un rôle de leadership à jouer en... On est

très inventif au Québec, on le sait, là, en particulier pour tout ce qui

concerne les jeunes. Alors, moi, je lance un appel en ce sens-là encore une

fois : Soyons créatifs, innovateurs, innovatrices.

M. Émond : D'accord. Merci. Une

dernière courte question avant de passer la parole à mes collègues. Vous avez

mentionné dans votre introduction, M. Dorais, que l'exemple doit venir

d'en haut. Si on parle de... du sujet qui nous

occupe aujourd'hui, plus spécifiquement du hockey, dans nos auditions

précédentes, je demandais au commissaire sortant, M. Courteau, de s'engager

à lui-même, là, comme figure d'autorité de la ligue, de s'adresser directement

aux jeunes. On ne parle pas quand même de...

il n'y a pas des milliers de joueurs, là, je crois, dans la ligue junior

majeur, là.

M. Dorais (Michel) : C'est

quelques centaines, oui.

M. Émond : Exactement. Alors,

est-ce que vous seriez dans la ligne de proposer au successeur du... M. le

commissaire de s'engager également dans une démarche participative pour ne pas

remettre le fardeau au coach, au... Parce que c'est la même personne qui pousse

les jeunes à se dépasser quand il est derrière le banc des joueurs, puis

ensuite, on le met un peu dans le rôle, hein, de les sensibiliser. Tandis que

je me mets à la place d'un jeune joueur qui

reçoit un message, puis pas par un vidéo ou une lettre, là, ou un code de

conduite quelconque, mais d'une manière très personnelle, en début

d'engagement, là on peut sentir que le message va être clair, là.

M. Dorais (Michel) : Oui, oui.

C'est la raison pour laquelle je pense que la prévention primaire, ça concerne

tout le monde de bas en haut et qu'on devrait former à la prévention primaire

aussi parce qu'ils sont spécialistes du hockey. Moi, je n'irai pas leur montrer

comment jouer au hockey, mais leur parler de prévention primaire, moi ou

d'autres, là, il y en a d'autres spécialistes que moi, moi, je suis plus à la

retraite qu'autre chose, je pense que ce serait une bonne chose parce qu'on a à

s'apprendre des choses. Et puis moi, je pense que les équipes auront tout

avantage de mieux apprendre comment prévenir : peut-être de la

prévention... la prévention secondaire, qu'est-ce qu'on fait rapidement quand

il y a... il arrive quelque chose. Je pense qu'il y a une sensibilisation à

faire.

Moi, je suis

un peu... bon, je suis un grand optimiste dans la vie, mais je suis un peu déçu

que 18 mois plus tard, on attend toujours une mesure autant. Puis,

écoutez, il y a des ministères qui vont dire : Regarde, là, on attend, on regarde ça avec attention. Là, je ne vous dis pas

que ça ne marchera pas, mais il me semble que ça pourrait aller plus

vite. Et puis nous, on a hâte de commencer. Je peux vous dire qu'avec Mme

Llorens, on envisageait, il y a deux ans, d'être prêts à commencer cet été, là.

Mais l'été, c'est bientôt, là.

Alors, les jeunes, les nouveaux jeunes qui vont

arriver, là, arrivent, là, puis il faut être prêts à les accueillir, à les

accueillir autrement, avec des mesures structurantes et structurées.

M. Émond : Je vous remercie

beaucoup. Terminé pour moi, madame.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci.

Je cède maintenant la parole au député de Vanier-Les Rivières.

M. Asselin : M. Dorais...

Pr Dorais, j'ai abondamment lu sur ce que vous avez fait, puis je vous

remercie infiniment pour votre travail.

Mais vous

avez raison d'interpeler l'État comme vous le faites. Mais je suis un peu

curieux. Dans votre travail, vous situez le travail de 18 mois avec

Mme Llorens. Pourquoi vous croyez que la ligue n'a pas été de l'avant par

rapport aux demandes que vous avez faites?

M. Dorais (Michel) : Honnêtement,

monsieur, je n'en ai aucune idée.

M. Asselin : Vous n'avez

aucun... aucune hypothèse qui vous vient?

M. Dorais (Michel) : Bien,

écoutez, c'est une question d'argent souvent aussi, comme je disais tantôt, là.

Puis ils ne sont pas ni pire ni mieux que d'autres, là. Souvent, quand on parle

de prévention, puis je le sais, là, tu sais, toute ma vie j'ai été pas mal

là-dedans, les gens disent : Oui, mais on n'a pas d'argent pour ça. Moi,

je dis souvent : Regardez, quand vous

payez les dégâts, là, ça coûte cher, compenser les victimes, des... tu sais,

des entreprises de relations publiques, des... Pour réparer une image

cassée, ça coûterait très, très, très cher. Alors, si on prévient les choses,

si on... Le risque zéro n'existe pas, ça, on s'entend tous là-dessus, mais, si

on fait en sorte que le risque soit minimisé, je pense que c'est un très bon

placement. Mais les gens de la ligue ne sont pas différents des autres.

Puis, écoutez,

c'est... tu sais, c'est... ceux qui paient, c'est les propriétaires, là. Je ne

sais pas si vous allez en avoir ici, mais,

tu sais, ultimement, là, c'est eux autres, j'imagine, là, j'imagine, qui vont

décider parce que c'est eux qui ont l'argent. C'est sûr que, si c'était

Mme Llorens ou les gens qui collaboraient avec elle, je suis certain que

le programme serait déjà démarré parce qu'elle est enthousiaste. On est

enthousiaste quand on fait ça, parce qu'on fait quelque

chose d'utile puis de positif, là. Mais je vous recommanderais de leur demander.

Moi, je serais curieux. Je serais curieux.

M. Asselin : Oui,

on va leur demander. Sur quels facteurs en particulier Mme Llorens vous

semblait la plus allumée?

M. Dorais

(Michel) : Sur quels facteurs?

M. Asselin :

Bien, par rapport au travail de prévention que vous vouliez mener.

M. Dorais

(Michel) : Bien, comme je disais tantôt, il faut tout faire ça,

là : il faut refaire les règlements en profondeur,

les codes de vie, il faut démarrer très vite. Si on veut insérer les jeunes

dans un processus, là, d'apprentissage de savoirs, savoir-être,

savoir-faire, il faut commencer à travailler dans les semaines qui viennent,

Moi, je veux dire,

j'ai parlé... je ne nommerai pas de ministère, mais un ministère. On avait une

subvention. Et puis j'ai parlé aux gens, il y a quelques jours, je leur

dis : Écoutez, là, ça fait quand même des mois que... je suis content que

vous analysiez les choses en profondeur, mais il faut démarrer à un moment

donné. Nous, on est prêts à démarrer. Et j'espère qu'il y aura des équipes, tu

sais... parce que, peut-être la ligue, mais peut-être qu'il y a des équipes qui

sont plus mobilisées. Il faudra partir avec les ressources qui seront là à ce

moment-là. Moi, je pense que tout le monde n'est pas actuellement au même...

sur le même diapason, là. Mais débutons avec les gens qui sont prêts à débuter,

parce qu'on est rendu là, à mon avis.

M. Asselin :

Oui. Bien, évidemment, moi, j'ai passé ma vie dans le secteur scolaire, et

puis au niveau des garçons en particulier,

tout le monde le ressent qu'il y a une difficulté. Mais vous ne pensez pas que,

au niveau des parents en particulier, l'importance qu'on a donnée, dans

le passé, au mot «victoire» puis l'importance que l'expérience du hockey,

c'était la victoire, sans ça, bof! ce n'est pas important, vous ne pensez pas

qu'au niveau des parents il y a des choses à faire?

M. Dorais (Michel) : La culture évolue. Moi,

je salue... chapeau bas, là, à votre initiative, parce que, je pense, c'est quelque chose qui... c'est salutaire,

ce qui nous arrive. Mais c'est très triste, là, les choses dont on a

entendu parler dans les dernières semaines, les derniers mois, mais, si c'est

un électrochoc qui fait en sorte qu'on arrive à faire plus et mieux, bien, ce

sera... à toute chose malheur est bon, dit-on, hein?

M. Asselin :

Vous employez le mot «salutaire». J'aimerais ça que vous explicitiez

davantage sur ce que vous voulez dire par rapport à ça. Il y a une opportunité

là, vous croyez?

M. Dorais

(Michel) : Ah! bien oui, il y a une opportunité. Parce que je pense

que la population québécoise, là... Et ça... Et la population s'attend à des

choses de la part de l'État, un encadrement, des... baliser les choses, je ne

sais pas comment, là, ce n'est pas... moi, je ne suis pas à votre place, mais

ça me fera plaisir de donner des conseils si je

le peux, mais... et que les équipes aussi... Parce qu'on leur confie nos

enfants, à ces équipes-là et à ces propriétaires-là, qui donnent de

l'argent, mais qui en font aussi d'une certaine façon, alors je pense qu'on

peut s'attendre à plus qu'il y a

actuellement, oui, je pense qu'on doit être exigeants. Je dirais qu'on a ce

droit-là. En tout cas, moi, comme... là, je parle comme citoyen, moi, je

ne suis payé par personne, je suis à la retraite chez moi, là, je vous dis la

vérité et ce que je pense profondément, je vous l'assure.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci,

M. le député. Je passe maintenant la parole à Mme la députée de Hull.

Mme Tremblay :

Bonjour, M. Dorais. Merci d'être avec nous aujourd'hui.

Donc, moi aussi, là,

je suis étonnée par les délais, parce qu'il y a d'autres associations, là, ici

même, au Québec, qui ont trouvé moyen de mettre en place toutes des mesures de

prévention. Tu sais, vous avez parlé d'un coût monétaire pour les équipes, là,

mais il y a un coût de briser des vies. Et c'est ça, aujourd'hui, là, c'est le

coût, pour moi, qui est le plus important puis qui m'interpelle

personnellement. C'est celui qu'on a brisé des vies parce que... justement, il

y a des processus qui ne sont pas mis en place, on n'a pas assez travaillé en

prévention primaire et en prévention secondaire.

Vous disez ici :

«On m'a beaucoup parlé dans ce dossier de sensibilisation à faire, c'est très

bien, ce n'est toutefois qu'une première étape dans un véritable travail de

prévention. Admettre qu'il y a un problème, c'est une nécessité.» Vous avez travaillé, bon, pendant 18 mois avec la

LHJMQ. Est-ce qu'ils ont atteint cette étape-là, selon vous?

M. Dorais

(Michel) : Bien, moi, j'ai travaillé avec Mme Llorens et puis...

tu sais, une personne avec... qui travaille beaucoup, qui travaille aux

communications, je n'ai aucun doute que ces gens-là sont enthousiasmés par le

fait de démarrer de la prévention primaire. Cependant, ce n'est pas eux qui

prennent des décisions, hein? Eux autres recommandent des choses. Et je pense

qu'actuellement c'est rendu... il y a quelqu'un qui doit décider : on dit

oui, on dit non, on met de l'argent ou on n'en met pas. Et c'est un... C'est

ça, c'est rendu là, à mon avis.

Mais peut-être que tout le monde regarde tout le

monde. Peut-être que les équipes puis les propriétaires regardent le

gouvernement, disent : Le gouvernement ne fait rien, pourquoi nous? Le

gouvernement dit : Peut-être, si les équipes ne font

rien, pourquoi... Mais il va falloir que ça vienne de quelque part. Il faut

débuter et il faut surtout... Vous savez, à un moment donné, là... je parlais

d'électrochoc tantôt, je pense qu'il va falloir, à un moment donné, dire :

On agit, là, on agit. Parce que je pense que le constat, le diagnostic est déjà

fait : le traitement, là... je parle un peu comme un médecin, je ne suis

pas médecin, mais vous comprenez ce que je veux dire, on sait où est le problème,

on sait comment il est, on travaille déjà. Moi, je le fais avec

Mme Llorens depuis 18 mois, puis avec d'autres aussi, avec la

Fondation Jasmin-Roy aussi, hein, qui a une mission sur le... les milieux

bienveillants pour les jeunes, alors, qui est prête aussi à mettre de la... de

l'argent. Mais la fondation s'allie toujours à des... du monde, là, donc ils...

tu sais, ils ne peuvent pas... parce qu'eux autres, ils ne sont pas

propriétaires de la ligue puis ils ne peuvent pas... ils ne peuvent pas

remplacer le gouvernement. Alors, il y aurait... Je pense, ça pourrait démarrer

assez vite, faire quelque chose. Mais je

pense qu'il manque encore de volonté apparente, peut-être la volonté dans leur

coeur ou dans la tête des gens. Mais

moi, j'aimerais qu'elle se manifeste concrètement pour que l'été prochain, par

exemple, je prends le cas de la ligue,

mais ça concerne aussi d'autres équipes, qu'on puisse dire : Bien, on

démarre quelque chose, quelque chose de sérieux.

Et moi, j'aimerais, si on pouvait travailler sur

des programmes pilotes, là, des programmes qui pourraient devenir des

programmes, je ne dirais pas modèles, mais des programmes qui pourraient servir

à d'autres, là. Et c'est comme ça qu'on fait

des programmes de prévention. Comme je vous dis, moi, je travaille depuis 30,

40 ans là-dessus, puis tu en pars un puis tu le ramieutes, si j'ose

dire, tu le bonifies au fil et à mesure que tu développes, parce que tu dis : Ah! on a oublié ça, on n'a pas fait ça,

tout ça. Et puis c'est quelque chose de très dynamique. Ce n'est pas : on

fait un programme, il est figé, il est là. C'est quelque chose qui va durer. De

toute façon, il faut accompagner ces jeunes-là tout au long de leur jeune

carrière dans le sport.

Mme Tremblay : Parfait.

On est tous parents, plusieurs d'entre nous. Puis... (panne de son) ...nos jeunes dans un sport, dans une activité, on veut que ça

se passe le mieux, on veut que ce soit une belle expérience puis, d'abord et

avant tout, on veut qu'ils s'amusent puis qu'ils en sortent grandis, vous

savez. Et là vous avez parlé des codes de vie puis des zones grises, là. Dans

plusieurs... on voit qu'il y a des codes de vie. Ça passe. Comme parents, on

les voit, hein, c'est signé rapidement, un peu, hein? C'est un peu ça : on

lit ça, OK, c'est bon. Puis on a un peu l'impression après ça que c'est un peu mis de... de côté. Tu sais, c'est présenté aux

jeunes... Puis moi, je suis enseignante de formation, là, tu sais, puis

il y a différents codes de vie aussi dans une école, on a un peu l'impression

qu'il y a une signature qui est apposée. Comment on peut aller plus loin dans

l'importance que ça a, un code de vie, dans l'appropriation du code de vie? Il

y a sûrement un lien à faire avec la prévention.

Puis vous avez parlé de zones grises dans les

codes de vie, donc j'aimerais ça un peu vous entendre, là, sur ce sujet-là.

M. Dorais (Michel) : Bien, il y

a bien des choses dont on ne parle pas ou pas suffisamment. En particulier les violences entre joueurs, par exemple, c'est

quelque chose qui n'est pas... qui n'est pas tellement présent là-dedans.

Et puis, dans les initiations, on l'a vu que

c'est... il y a... Puis j'aurais pu l'amener, là, mais je ne veux pas... Vous

comprenez, moi, j'aimerais travailler constructivement, là, avec les équipes,

notamment la LNH, si jamais notre projet va de l'avant. Je veux les critiquer

constructivement. Je ne vais pas, en public, dire : Regardez, là, le trou,

il est là. Mais, je pense qu'eux autres mêmes le savent. Et puis, avec

Mme Llorens, on a déjà identifié que faire mieux était tout à fait

possible et pensable. Parce que tout ce brasse-camarade qu'on a eu depuis

quelques mois, justement, a mis la loupe, là, sur les manquements, oui.

Mme Tremblay : Oui. Mais dans les

codes de vie, en général, là, tu sais, comment faire en sorte, là, que ce soit

mieux approprié aussi par les jeunes qui prennent connaissance des codes de

vie, que ce ne soit pas juste une signature qu'on appose dans le bas d'une

feuille, dire : Je l'ai lu, là, puis c'est classé? Moi, ce que je...

M. Dorais (Michel) : Vous avez

le bon mot, se l'«approprier».

Mme Tremblay : Oui, c'est ça.

Puis, après ça, c'est ça que je veux que vous nous expliquiez, comment mettre

ce... travailler sur ça? Peut-être que ça a un lien avec la prévention, là,

vous pourrez me le dire, là.

M. Dorais (Michel) : De façon

pédagogique. Il ne faut pas que ça ait l'air d'un mémoire de professeur

d'université. Moi, je mettrais des dessins, je mettrais de la couleur, je mettrais

plus... je mettrais des exemples, ce qu'il n'y a pas actuellement. Je mettrais

des choses qui mobilisent les jeunes, tu sais, un bon joueur sur la glace, un

bon gars hors la glace, là, tu sais, prendre des... tu sais, trouver des

espèces de slogans, là, qui... puis montrer que c'est une valeur maintenant

dans le sport, de ne pas avoir de comportement inapproprié, toxique, comme on a

trop vu dans le passé. Mobiliser les valeurs, c'est très, très important. Et

montrer que, si tu adhères à cette équipe-là, à cette fédération-là, tu adhères

aussi à ses valeurs. Et nos valeurs sont claires : c'est celles-là. Il

faut aller vers ça, là. Je peux... Je vais vous dire, madame, si on n'est pas

rendu là, je pense que c'est très triste. Mais je pense qu'on est rendu là. Et

il faut... Mais il faut le faire.

Mais qui c'est qui va lancer le go, je ne sais

pas, mais il y a beaucoup de gens... je ne suis pas... il y a beaucoup de gens

qui sont prêts, là, à dire : Il faut faire quelque chose. Faisons-le

maintenant.

Mme Tremblay : Parfait. Je vous

remercie, monsieur. Puis je pense que la LHJMQ est bien entourée, s'est bien

entourée, mais, maintenant, tout comme vous, on va... on pense que le go doit

être là. Merci.

La Présidente

(Mme Dionne) : Merci, Mme la députée. D'autres interventions?

La Présidente (Mme Dionne) : Il

reste cinq minutes.

M. Poulin : ...merci

beaucoup. Merci, M. Dorais, pour votre participation à nos travaux et vos

avis également, de toute une vie, que vous nous partagez aujourd'hui.

J'aimerais vous entendre sur la culture de

silence. Parce que, lors de la première portion de nos auditions, il est revenu

à plusieurs reprises que ce qui faisait mal au monde sport, c'est cette culture

du silence là, qui est souvent acceptée aussi, il faut le dire, par des

adultes. Alors, les jeunes suivent l'exemple des adultes. Si les adultes

trouvent le tout normal, si, pour les

adultes, c'est correct, le bizutage, c'est correct, les initiations, c'est

correct d'envoyer promener des gens lors des entraînements ou autres,

qu'il y a une sorte de tolérance qui s'installe avec le temps, comment casser,

avec vos recherches, cette culture de silence là qui est tellement ancrée?

Et... Parce que vous nous parlez de prévention,

mais vous nous dites, en même temps, que ça prend du temps. Alors, qu'est-ce

que ça prend pour s'apercevoir que, finalement, des choses qu'on a

tolérées, on doit les cesser maintenant?

M. Dorais (Michel) : C'est la

raison pour laquelle je parle de code de vie et de valeurs qui soient claires.

Actuellement, il y a des valeurs positives et négatives. Actuellement, le

silence, c'était une valeur. Quand je parle de changer en profondeur, pas

seulement les textes, mais la mentalité, c'est pour ça qu'il faut former des

gens, là, de haut en bas, de bas en haut. Il faut montrer que ce n'est plus une

valeur.

M. Poulin : Vous dites... Aïe!

C'est important. Vous dites : Le silence est une valeur.

M. Dorais

(Michel) : Être... bien, ça peut être une valeur. Il y a des

jeunes qui ont compris, parce que les jeunes qui se sont tus pendant

longtemps, là... Puis, vous savez, moi, j'ai travaillé avec beaucoup... la...

très longtemps avec des victimes de

prostitution, d'exploitation sexuelle, d'abus de toutes sortes, et puis les

gens comprennent que c'est ça qu'il faut faire. C'est pareil dans le

hockey ou dans les autres sports : les gens comprennent que, dans ton

milieu, la valeur, qui n'est pas une valeur positive, là, on s'entend là-dessus...

mais le silence, c'est présenté comme une valeur positive. Si tu veux faire

partie de la gang, si tu veux être accepté, si tu veux avancer, tu te tais.

C'est bien beau, la solidarité masculine, mais

ça ne devrait pas être confondu avec la complicité criminelle. Il y a des gens

qui ne font pas la différence entre les deux, vous comprenez, et c'est pour ça

qu'il faut leur enseigner ça. Moi, je suis

prêt à y aller, là. Parce que la solidarité, ce n'est pas la complicité. C'est

très beau, une équipe, pour gagner, a absolument, impérativement besoin

de complicité pour le sport, de solidarité positive, pas d'une complicité dans

des exactions, dans des crimes, dans du harcèlement, et tout ça. Mais les...

Vous savez, il y a des adultes qui ne comprennent pas ça, là, alors les...

jeunes, encore moins.

Poulin : Et je veux vous amener là, monsieur... je veux

vous amener là parce que le rôle des parents là-dedans... Dans certains

témoignages, on s'est aperçu que les parents, sans dire qu'ils étaient

complices, et je choisis mes mots, les parents mettaient une pression indue sur

leurs enfants, particulièrement dans le monde du hockey. Et il suffit à aller dans... d'aller dans certaines estrades à

certains endroits pour s'apercevoir que les parents mettent une pression

qui est incommensurable sur leurs enfants, qui fait que parfois les enfants

sont prêts à accepter l'inacceptable pour plaire à leurs parents.

Comment on peut inclure les parents dans le

processus? Vous nous parlez de code de vie, vous nous parlez de sensibilisation, de protection. Est-ce que les

parents ne devraient pas avoir aussi un certain guide ou un certain code

de conduite, à savoir jusqu'où on se rend dans la pression que l'on met à nos

enfants? Parce que des pères puis des mères qui vivent leur rêve de joueur de

hockey à travers leurs enfants, là, on en voit trop. Et c'est ce qui arrive par

moments, que la pression est beaucoup trop grande envers les enfants.

M. Dorais (Michel) : Vous avez

raison. J'ai parlé, tout à l'heure, de formation, d'encadrement pour des

familles qui reçoivent les jeunes lors des voyages, là, pour jouer des parties.

Mais, oui, et... il faut partir quelque part. Moi,

je pense qu'il faut partir les joueurs, les gens qui les encadrent, mais

toucher éventuellement... Puis, quand vous partez, là, un mouvement de

prévention, effectivement, vous découvrez toujours des... des nouvelles portes

à ouvrir. Est-ce qu'il faudrait toucher les parents éventuellement? Assurément.

Assurément, parce que... Mais les parents... Vous savez, encore là, les valeurs de l'équipe, les valeurs des... les

parents veulent que leurs enfants avancent dans le sport, alors les

parents font ce qu'il semble qu'on leur dit de faire pour avancer dans le

sport. Donc, s'il y a la valeur du silence, la valeur très négative, là, bien,

les parents comprennent que... Même si ça ne fait pas leur affaire, la majorité

des parents sont très bienveillants, là, personne n'en doute, mais c'est ça qui

arrive.

La Présidente (Mme Dionne) : En...

M. Dorais (Michel) : Mais

est-ce qu'il faut toucher l'ensemble de la culture québécoise? Oui.

La Présidente (Mme Dionne) :

...20 secondes.

M. Poulin : Merci

beaucoup.

La Présidente (Mme Dionne) : Ah!

bon. Parfait. J'allais dire en 20 secondes, mais il reste...

M. Poulin : Oui,

bien, j'en profite pour vous remercier pour vos travaux, vos suggestions, vos

recommandations, qui sont extrêmement

concrètes et qui va nous permettre certainement de déposer un rapport qui sera

enrichi. Merci beaucoup.

M. Dorais (Michel) : Merci.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci

beaucoup pour vos échanges. Je cède maintenant la parole au porte-parole de

l'opposition officielle, le député de Marquette.

M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. Dorais.

Vraiment heureux de vous avoir aujourd'hui.

Vous savez que depuis un mois, cinq semaines maintenant, on est dans une

tourmente, là, notamment les sportifs, les anciens sportifs. J'ai fait

partie de cette gang-là, M. Dorais, puis on se pose beaucoup de questions.

On a beaucoup de témoignages, puis, quand on parle avec les gens du réseau, je

tiens à mentionner que votre nom ressort souvent comme étant une

personne-ressource, une sommité dans la matière.

Puis je suis... on est vraiment honorés de vous

avoir aujourd'hui avec nous parce qu'aujourd'hui on est à une étape suivant, là. On a eu les premières

auditions, qui étaient d'essayer de comprendre qu'est-ce qui est arrivé, de

confronter, également de poser des questions qui étaient très, très, très

dures. Puis vous avez vu aussi les intervenants qui étaient là à l'époque.

Maintenant, aujourd'hui, on est à l'étape de vouloir comprendre, de vouloir

guérir, de vouloir trouver des solutions pour que ce genre de choses là

n'arrivent plus.

Vous avez parlé de prévention primaire. Puis

c'est pour ça que vous êtes là aujourd'hui, parce qu'on veut vraiment

comprendre le pourquoi puis surtout le phénomène, le phénomène de tout ça.

Parce que le député de Beauce-Sud parle de culture du silence, vous en avez

parlé beaucoup, mais moi, j'irais plus loin que ça, M. Dorais. C'est que

c'est normal. Puis moi, je trouve que c'est pire, ça, que la culture du silence

parce que ça devient normal. Il n'y a personne, là, puis moi le premier, là, je

n'ai jamais... il n'y a personne qui m'a dit : Parles-en pas, ne dis rien.

Bien non, c'était tout simplement normal, ça faisait

partie de la culture. On

arrivait dans une équipe junior, puis on savait qu'on était pour faire des

niaiseries, puis on savait qu'on était pour nous faire faire des affaires, puis

nous enfermer dans l'autobus en arrière. On trouvait ça normal, ça faisait

partie de l'apprentissage, de l'entrée dans la Ligue junior majeur du Québec.

Cependant, bien, je veux juste vous dire une

chose avant de vous laisser la parole : Moi, je refuse de dire que c'est

seulement dans le hockey que ça se passe, ça, là, là. Ça, c'est un phénomène

sportif, c'est un phénomène scolaire également, au cégep, à l'université. On

l'a... Puis ce n'est pas juste les gars, c'est les filles également.

Ça fait que,

moi, ma première question, c'est, justement : Trouvez-vous ça normal que

les athlètes ou même les autres, des

étudiants de tous les genres confondus, là, trouvent ça tout simplement normal,

puis c'est la culture du sport...

M. Dorais (Michel) : Non. Je

pense qu'il faut éviter de... On parlait du silence, c'est une façon de

banaliser. C'est très... Oui, ça a été trop longtemps banalisé, effectivement,

et c'est pour ça qu'il faut envoyer un message très fort. C'est pour ça que je parle de programmes qui seraient encadrés et

balisés probablement par un organisme public ou par un ministère, parce que, comme je disais tantôt, les fédérations,

les équipes ne sont pas des spécialistes en prévention, et ce serait

déraisonnable d'attendre ça d'eux. Ils sont des spécialistes de leur sport, et

c'est très bien, c'est de ça dont on s'entend, maintenant il faut les soutenir.

Il faut peut-être même encadrer pour s'assurer que la prévention soit là.

Puis ce ne sera pas seulement des mots. Ce sera

des actions, et les bonnes. C'est ça qui m'inquiète un peu, parce que, vous savez, quand l'argent commence à

arriver dans certains projets, là, tout le monde devient spécialiste en

prévention. C'est assez compliqué. J'ai travaillé fort, moi, pour développer

quelque chose... là-dedans.

Alors donc, oui, il faut travailler

collectivement. Puis monsieur disait : C'est changer la culture québécoise

jusqu'à un certain point, parce que, dans... et certains sports, notamment le

hockey, ça fait vraiment

partie de notre culture, là. Alors, la barre est

haute, mais je pense que, comme je disais tantôt, c'est une belle occasion

d'agir.

M. Ciccone : Vous avez parlé du code de vie. Ça fait des années, là,

qu'il y a des joueurs qui signent des codes

de vie. Il y a des... même des parents qui signent des codes de vie également,

puis comment se comporter dans les arénas, mais ça ne nous empêche

jamais de voir des parents s'écerveler puis des joueurs qui vont faire des...

qui vont dépasser, justement, le code de vie. Il faut comprendre que, dans la

culture, dans certains sports, des sports de haut niveau notamment, là, même si

tu signes un code de vie, là, les joueurs, les athlètes sont prêts à tout

faire, là, sont prêts à tout faire pour accéder au niveau supérieur, que ce

soit dans les Olympiques, d'aller jouer dans la ligue nationale. Puis, même si

le code de vie, il est écrit, le joueur, lui, il va faire n'importe quoi. Puis

je vous laisse là-dessus, là : puis non seulement il va faire n'importe

quoi, mais il va signer n'importe quoi, parce que lui, là... je parle de la Ligue junior majeur du Québec, tous les

petits gars veulent jouer dans la ligue nationale, là, puis tous les

entraîneurs veulent monter au niveau supérieur, là.

M. Dorais (Michel) : Oui, mais

il y a une... il y a une raison à ça, parce qu'une fois signé, on l'oublie, on

n'en parle plus. Quand je vous...

M. Ciccone : Pardon, je n'ai pas compris.

M. Dorais (Michel) : Parce

qu'une fois qu'ils ont signé, on n'en parle plus du code de vie.

M. Dorais (Michel) : C'est pour

ça que je vous parle d'un bon programme en prévention primaire, le code de vie. C'est pour ça qu'il faut les refaire. Il

doit être au coeur de ça : comment, maintenant, toi, dans ta pratique,

dans ton comportement de joueur puis sur la

glace et à l'extérieur de la glace, tu vas incarner ces valeurs. C'est à ça

qu'on appelle les joueurs puis les

adultes, les... comment tu vas incarner ces valeurs-là, qui sont dans ce code

de vie. Alors, tu vas le ramener par toutes sortes de façons dans les

programmes. C'est pour ça que la première chose à faire, c'est de refaire les

codes de vie, parce que, si tu veux que les gens... Et c'est ça qui devra être

incarné dans ta formation.

C'est pour ça que c'est quelque chose d'assez

complexe à faire, mais il faut le faire, parce qu'il faut que ces valeurs-là

soient mobilisées constamment et soient rappelées surtout souvent.

M. Ciccone : Parce qu'on écrit des codes de vie, justement, puis il faut

revoir les règlements. Mais, en même temps, la mentalité, l'état d'être d'un

athlète qui aspire aller plus haut va faire en... non seulement l'athlète,

mais, en même temps, l'entourage de l'athlète, que ce soit la ligue junior, que

ce soit au niveau également collégial... On l'a vu avec les filles à Harvard,

qu'est-ce que ces jeunes filles là se sont fait entre eux. C'est comme si

l'athlète ne vivait pas sur la même planète que les autres. C'est comme si les

athlètes, eux, avaient des lois différentes, des règlements différents puis des

modes de vie différents parce que, justement, c'est comme ça.

Puis je vais vous laisser là-dessus puis je vais

vous laisser répondre. Moi, je me rappelle, quand j'ai pris ma retraite de la Ligue

nationale de hockey, ça m'a pris deux ans avant de retomber sur la planète puis

redevenir un citoyen normal parce que moi, j'étais habitué que le monde faisait

tout pour moi, me donnait tout. Tout le monde voulait...

nous donnait vraiment des... nous faisaient manger gratuitement, nous

invitaient partout, payaient tout pour nous autres, puis nous autres, on

pensait que c'était comme ça, la vie, mais, quand on revient sur la planète, on

s'aperçoit que ce n'est pas ça du tout. Puis, même les joueurs à un plus jeune

âge, là, quand ils jouent dans le sport élite, bien, ils sont sur leur planète,

eux autres, puis ils décrochent, tout simplement.

M. Dorais (Michel) : Oui, bien,

à grand privilège, grande responsabilité. C'est pour ça qu'il faut mobiliser les joueurs à travers des valeurs, à travers un

programme qui n'est pas quelque chose qui dure une journée, tu signes un

document, puis, bonjour, la visite, on n'en

parle plus. C'est quelque chose qui doit... C'est pour ça que ça coûte de

l'argent. Ce n'est pas une conférence, ce n'est pas un film. Ça sera-tu des

petites vidéos qu'ils vont regarder tout au long de la session, parfois des

rencontres de groupe avec les coachs? Il y a toutes sortes de moyens. On est en

train de penser à ça et on va pouvoir y penser plus rapidement quand on pourra

démarrer pour de bon, là, parce qu'actuellement c'est seulement en gestation,

mais, oui, je pense que c'est la raison... parce que la compétition, là, tu

sais, ton adversaire, ce n'est pas ton ennemi, là, ton adversaire, c'est ton

adversaire.

Tu sais, je ne sais pas si vous regardez, des

fois, le tennis, là, on a vu les deux plus grands champions, on pensait qu'ils

se détestaient pour mourir, c'était Federer et, voyons...

M. Dorais (Michel) : ...Nadal,

c'est ça. Cet été, on a vu qu'ils étaient très, très, très bons amis, alors que

c'étaient de farouches ennemis sur le terrain. Alors, je pense que c'est quoi,

compétitionner, c'est quoi... Il y a une certaine agressivité qui est

nécessaire dans le sport, mais il y a d'autres types d'agressivité qui ne sont

pas requis du tout. Ça aussi, il faut

pouvoir en parler. Vous savez, là, je pourrais revenir pour vous parler très

longtemps de... et j'espère pouvoir

le faire, avec un groupe qui développera un programme ou avec un organisme,

avec un ministère, parce que c'est sûr

que je ne manque pas d'idées là-dessus et j'ai hâte que ça démarre, mais vous

avez raison qu'il faut travailler là-dessus, les privilèges, les

responsabilités, c'est quoi, la compétition, la saine puis la moins saine

compétition.

M. Ciccone : Vous avez parlé d'argent, puis je vais faire du millage

là-dessus. Tantôt, le député de Vanier-Les Rivières vous a parlé,

justement, du financement. Vous aviez un programme que vous avez travaillé

depuis 18 mois avec Natacha Llorens,

qui... selon moi, qui est une femme formidable, là. Je vous le dis, j'ai

travaillé avec elle depuis... notamment sur la politique antidopage à

l'époque. Elle a à coeur les joueurs, ça, je peux vous le confirmer, puis elle

veut le bien de tout puis de la ligue avec laquelle elle travaille. Vous avez

demandé du financement. Ça tarde à venir. Le député de Vanier-Les Rivières

vous a posé la question, pourquoi que la ligue junior ne vous a pas donné les

fonds nécessaires, mais vous avez aussi approché les ministères.

M. Dorais (Michel) : Oui, tout à

fait.

M. Ciccone : Pouvez-vous nous nommer les ministères que vous avez

approchés, puis leurs réponses?

M. Dorais

(Michel) : Bien, en tout cas, il y en a un, c'est... Je vais nommer le

dernier parce que c'est celui qui est le plus

porteur d'espoir. Je sais que notre attente... notre demande est... Bien, au

fédéral, on nous a dit : Adressez-vous... En

tout cas, on nous a dit que ce n'était pas le bon moment... En tout cas, n'en

parlons pas. On avait demandé au ministère de la Famille, on a dit : Nous,

ce n'est pas tout à fait notre mandat.

Finalement, il y a eu

un programme qui touche plus ou moins ces choses-là, plutôt... plus ou moins,

je dis bien, alors on n'était pas tout à fait... c'étaient les violences puis

l'égalité hommes-femmes, et tout ça, mais je sais que notre demande est encore

à l'étude, là, j'ai hâte, parce qu'elle a été soumise quand même en juin

dernier. Alors, j'aimerais que... J'ai hâte,

là, que la décision soit prise et puis je suis optimiste, un optimiste prudent.

Ce n'est pas moi qui prends la décision, mais je pense que certainement

que le Secrétariat à la condition féminine, qui, souvent, a des initiatives, justement, très progressistes...

J'ose croire que ça va finir par aboutir, mais je n'ai aucune idée, ce n'est

pas moi qui décide, mais, pour le moment, l'endroit dont on attend encore une

réponse, c'est cet endroit-là, effectivement.

M. Ciccone : Bien là, je suis persuadé qu'il y a beaucoup de gens du staff politique,

également, qui nous écoutent, là, ça

fait que, s'il y a des gens d'un ministère qui veulent se proposer pour vous

aider... Bien là, quand vous parlez de financement, vous parlez de

l'ordre de combien... Quel serait votre budget pour implanter ce programme-là?

M. Dorais

(Michel) : Bien, ça dépend, vous savez, là, quand on démarre quelque

chose, ça ne prend pas forcément une fortune. Nous, on avait dit : Si on

inclut tout, beaucoup, beaucoup de choses, là, on avait... je ne me souviens pas du... je pense, pour trois ans, de

mémoire, je pense, c'était 50 000 $ par année, là,

150 000 $ sur... Et puis, bien,

évidemment, on peut aller chercher de l'argent ailleurs. On pensait, nous,

aller chercher peut-être des commanditaires dans le privé, d'aller

chercher... Bon, la Fondation Jasmin-Roy a dit : On pourrait mettre de

l'argent, nous autres, justement, aller chercher des commanditaires. Si chacun

met l'épaule à la roue, ça ne coûte pas une fortune, là.

Écoutez, pour moi,

c'est... à comparer à ce que coûtent les dégâts qui sont faits par les

exactions qui peuvent être commises, là, hélas, pour moi, c'est un montant très

très peu... calculez le nombre d'équipes. Vous savez, les propriétaires

d'équipe ne sont pas des gens particulièrement pauvres non plus. Pour moi, que

chaque équipe mette quelques milliers de dollars là-dessus, et on ne parle pas

de 50 000 $ par équipe, on parle bien de 50 000 $ par année

ou quelque chose comme ça... Ça ne coûte pas une fortune, démarrer quelque

chose.

C'est

sûr qu'à mesure où on va de l'avant on découvre qu'on pourrait avoir plus

d'argent, on pourrait faire ci, faire ça, là, on le disait tantôt, les

parents, les familles d'accueil, et tout ça, mais moi, je vous dirais, là, le

plus petit montant possible qu'on pourrait trouver pour démarrer, pour être

certain que, cet été, les joueurs qui commencent leur année dans la ligue aient

quelque chose, là, moi, je trouverais ça correct, là. Ce n'est pas... parce que

ce n'est pas seulement une question d'argent, vous comprenez? C'est une

question de détermination. Quand on a... quand on est déterminé, l'argent, on

en trouve.

M. Ciccone : Avez-vous contacté le ministère de l'Éducation?

M. Dorais

(Michel) : Bien non, parce que c'est des programmes, vous savez,

souvent, pour ces choses-là... mais, si quelqu'un au ministère de l'Éducation

me téléphone, me dit : M. Dorais, on veut vous parler, je serais bien

content, et c'est bénévole. Je le dis, moi, tout ça, qu'est-ce que j'ai fait

depuis 18 mois, c'est bénévole, je n'ai jamais demandé à être payé... Si jamais

ça marche, puis je suis expert-conseil, quelque chose, vous me paierez, mais ma

motivation première, ce n'est pas ça. Je pense que la société québécoise... et,

toute ma carrière, ça a été ça, moi, je ne fais pas ça pour de l'argent. Je

fais ça parce que j'y crois.

M. Ciccone : La dernière fois que la ligue junior majeur du Québec est

venue ici en commission, on nous a parlé d'un code du vestiaire qui était pour

être implanté en 2023‑2024. Vous pensez quoi, ça, de ce fameux code du

vestiaire là, alors qu'il y a déjà des codes de vie?

M. Dorais

(Michel) : Bien, comme je le disais tantôt, si ce n'est pas incarné

dans un programme continu où on parle de ça, mais autrement que signer un

papier, un papier qui a l'air d'une lettre de notaire, là, ça ne fait pas de sens... Je ne vous dis pas qu'il ne faut pas le

faire, mais il ne faut pas faire que ça. Il faut que ce soit intégré. Il faut

que ce soit intégré dans la vie des gens. Il faut que ce soit actualisé à

travers un cheminement concret, des discussions, des vidéos, des... toutes

sortes de choses, là, qu'on peut penser pour que ces valeurs-là... Comme je

disais tantôt, on ne change pas de valeurs comme on change de vêtements, c'est

long, c'est un processus continu. Il va falloir... On dit : C'est un

processus réitératif. Il faut revenir souvent avec la même chose, mais de

différentes façons, pour que ça entre dans l'esprit, dans les pratiques des

joueurs et des équipes.

M. Ciccone : Puis ça, ça va en conjoncture avec, justement, le 1 %

de formation que vous parlez.

M. Dorais

(Michel) : Oui, oui, j'aimerais... Je ne sais pas 1 % de quoi,

mais, tu sais, j'ai... l'idée m'est venue en regardant les programmes de

formation professionnelle, là, et... parce que ce n'est pas des montants

extrêmement considérables. Écoutez, je suis certain qu'une firme de relations

publiques, pour réparer les dégâts d'une seule victime, coûte plusieurs fois

ça, je ne sais pas, je n'ai jamais travaillé pour une firme de relations

publiques, mais je trouve que faire de la prévention, c'est extrêmement

profitable parce que pensez, là, que l'argent ne règle pas tout, puis une

victime que vous avez... Un joueur agressé par d'autres joueurs ou une victime,

une fille harcelée ou, bon, agressée, une jeune fille, une jeune femme, c'est

des vies brisées, là.

Alors, il n'y a pas

de montant pour ça. C'est pour ça que moi, je trouve que ce n'est pas

déraisonnable, et, ça, je serais bien choqué, je vais vous le dire franchement,

qu'on me dise que c'est déraisonnable de s'attendre à ce que les équipes mettent un petit peu d'argent

là-dessus et que l'État encadre... parce que je pense que les spécialistes,

bien, actuellement, ils ne sont pas dans les équipes, parce que, s'ils étaient

là, bien, il ne serait pas arrivé tout ça par le passé, puis, écoutez, c'est la

pointe de l'iceberg qu'on a vu, là, il faut bien se le dire.

M. Ciccone : Quand vous parlez du 1 % de formation, ce n'est pas

juste aux joueurs, là, c'est aux dirigeants d'équipe, c'est aux entraîneurs,

c'est tout le monde, tout le monde, tout le monde qui doit participer...

M. Dorais

(Michel) : Je l'ai dit tantôt, tout le monde, tout le monde, tout le

monde autour des jeunes, oui...

M. Ciccone : Justement...

M. Dorais

(Michel) : ...de façon différente, cela dit, bien sûr.

M. Ciccone : Oui, oui, je comprends, mais, dans l'optique, justement, de

cette... Moi aussi, il ne me reste pas beaucoup de temps, je pense...

La Présidente

(Mme Dionne) : Il reste deux minutes.

M. Ciccone : Il reste deux minutes? Dans l'optique, justement, du

1 % puis d'avoir un suivi... parce que, là, en ce moment, là, je pense que

la perception des gens, tu sais, au Québec, puis ce n'est pas juste le hockey,

là, c'est le sport en général, le monde a été secoué avec qu'est-ce qui s'est

passé. Est-ce que, justement, vous seriez d'accord à ce que, justement, le rôle

du législateur, c'est... Quand l'industrie... différentes industries ne seront

pas capables de veiller au bien-être à 100 %, bien, c'est pour ça qu'on

est ici aujourd'hui, là. On n'a pas le choix de faire notre travail, mais

seriez-vous d'accord à ce que, justement, il y ait un suivi du législateur,

pour quelques années, pour s'assurer que... juste entendre les groupes,

entendre différentes ligues, différents paliers sportifs, juste pour s'assurer

que c'est bien suivi avec nos recommandations?

M. Dorais

(Michel) : Oui, parce que la barre est haute. Il faut changer toute

une culture. Je pense qu'on a vraiment besoin de ça, pas parce qu'il n'y a pas

de bonne volonté, là, du côté des équipes, ou des joueurs, ou de leurs

familles, mais parce qu'il faut une mesure encadrante, une mesure, je dirais

même, sécurisante pour les gens, de dire :

Bien là, je peux envoyer mon jeune, ma jeune, là, dans le sport, je ne suis pas

inquiet parce qu'il y a des gens, quelque part, qui s'inquiètent, là,

qu'il n'y ait pas des exactions, des abus, des agressions comme il y a eu dans

le passé.

M. Ciccone : Ça va être ma dernière question. Pour régler le problème,

il faut voir d'où il vient, là, puis ça, ça va être ma dernière question,

M. Dorais, qui, selon vous, est le grand responsable? Qui est le grand

responsable de cette situation-là? Qui est le joueur... Puis qui est le joueur

majeur pour le régler?

M. Dorais (Michel) : Vous savez, c'est un

peu... c'est ça, le problème, c'est un peu personne et tout le monde,

parce que, comme vous avez dit, plusieurs l'ont répété, c'est une question de

valeur, de culture de sport, qui est responsable

de la culture de... mais on sait qui serait responsable de la régler, par

exemple, parce que, s'il faut démarrer des

nouvelles mesures, ça va prendre de l'argent, et, ça, on sait c'est qui. Les

gens qui ont cet argent-là, c'est les gens qui décident, parce que

changer une culture sportive... en tout cas, changer... la faire évoluer pour

le mieux, il va falloir commencer quelque part, ça va coûter quelque chose, et,

ça, on est responsable de...

M. Ciccone : Merci beaucoup, M. Dorais.

La Présidente

(Mme Dionne) : Merci beaucoup pour les échanges. C'est tout le

temps qu'on a. Je vais maintenant passer la parole au porte-parole du deuxième

groupe d'opposition, le député de Rosemont.

M. Marissal :

Merci, Mme la Présidente. M. Dorais, merci d'être là. Je vais y aller

rapidement parce que je n'ai pas beaucoup de temps pour beaucoup de questions,

puis, en toute transparence, on a eu l'occasion de se parler avant, là. Donc, il y a des choses que je ne

fouillerai pas davantage, d'autant que je passe en dernier, là, puis il y a

pas mal de terrain qui a été couvert par les collègues. Juste pour fins de

transparence, justement, je crois que vous êtes ou vous étiez aussi sur un

comité avec la ministre du Sport amateur. Est-ce que je me trompe?

M. Dorais

(Michel) : Non.

M. Marissal :

Vous n'étiez pas sur un comité sur la prévention en violence dans le sport?

M. Dorais

(Michel) : Non.

M. Marissal :

Ah bon, OK!

M. Dorais (Michel) : J'ai été

sur des choses... sur les préventions des agressions... le comité... le dernier

comité, là, ça a été celui qui a fabriqué le rapport Rebâtir la confiance .

M. Marissal :

OK, bon, bien, ma source n'est pas bonne. Pourtant, elle est pas mal

proche.

M. Dorais (Michel) : Bien, il y

a des gens... des fois, des gens qui me téléphonent, là, pour me dire : Ça

t'intéresses-tu, mais est-ce que j'ai fait

partie d'un comité comme ça? Non,

jamais.

M. Marissal : OK,

c'est bon, c'est bon. Et, toujours pour question de transparence, vous n'avez

pas d'avantage pécuniaire à être ici ou à obtenir un contrat, juste pour

que ça soit dit, là, que ça soit très clair?

M. Dorais

(Michel) : Jusqu'à... Moi-même, tout ça, je l'ai fait

gratuitement. Évidemment, s'il y a des subventions, s'il y a des

contrats, s'il y a... puis on décide de m'engager comme expert-conseil, je

serai content de le faire, mais souvent je fais vraiment travailler les autres,

parce que, moi, mon...

M. Marissal : C'est bon.

M. Dorais (Michel) : Souvent,

dans les campagnes, ce que je fais, c'est de dynamiser, mobiliser, orienter les

équipes pour qu'il y ait des bons coups qui se fassent, mais, non, je n'attends

pas ça pour vivre, là. Évidemment, je suis... bon, je suis retraité puis je vis

bien.

M. Marissal : Très bien, ça

laisse plus de temps pour faire des travaux de... c'est très bien ainsi.

M. Dorais (Michel) : J'aurai

plus de temps pour écrire, faire plus de choses, mais trouver des nouveaux projets, être générateur de projets, d'idées, je

trouve, ça fait

partie un peu de la vie d'un intellectuel, avec triple

guillemets, si on me permet d'utiliser l'expression.

M. Marissal : Vous avez parlé

du ministère de la Famille, c'est sûrement une bonne piste. Vous avez parlé du

Secrétariat à la condition féminine. Je pense qu'il y a un dossier là qui n'est

pas mort non plus complètement.

M. Dorais (Michel) : Non. On

m'a dit que c'est en analyse, oui.

M. Marissal : Mais pourquoi pas

Sport amateur puisque c'est... Il me semble que ça serait la porte d'entrée.

C'est, moi, celle que j'aurais privilégiée, en tout cas, là.

M. Dorais (Michel) : Oui, oui,

bien, on a regardé avec la Fondation Jasmin-Roy, avec Mme Llorens, bien, peut-être,

depuis 18 mois, on regarde les programmes passer, là, puis on regarde où

sont les montants où il y a des... parce que, souvent, on dit : Oui, mais

on n'a pas de programme pour ça. Vous savez, moi, je suis habitué... comme

chercheur, là, je suis habitué de faire des demandes de subventions, puis les

gens vous disent : Bien, vous vous levez un matin avec ça, c'est une bonne

idée, mais allez voir si on a des programmes. Nous, on a regardé les programmes

qui semblaient pouvoir correspondre à...

M. Marissal : OK, bien, c'est

parce qu'on a un ministère du Sport amateur. Il me semble que c'est là que ça

devrait aller. Est-ce qu'on devrait peut-être revoir... créer un programme,

justement, parce qu'à quoi bon avoir un ministère du Sport amateur si ça

échappe à son chapeau? Je ne sais pas, il me semble, c'est tellement... ça me

paraît tellement évident, là.

M. Dorais (Michel) : Oui, bien,

pour moi, l'important, ce serait que la relève... que ce soit relayé quelque part, ces préoccupations-là. Pour moi, je ne doute

pas que, quel que soit le ministère ou l'organisme public, ce sera bien fait, mais effectivement vous avez raison de dire

que ça doit être relayé quelque part, et au meilleur endroit possible,

oui, pourquoi pas, mais je ne suis pas un

spécialiste des organigrammes gouvernementaux. Je vous fais confiance là-dessus.

M. Marissal : Je comprends, et

les organigrammes gouvernementaux ne sont pas toujours de la plus grande

logique non plus, j'en conviens avec vous. On nous a beaucoup dit... puis moi,

j'ai fait des entrevues divertissantes avec des journalistes sportifs dans

certaines régions du Québec, en particulier depuis un mois, où on me dit :

Vous vous énervez pour rien, vous faites un show de boucane, c'est fini, ça, il

n'y en a plus, de ça, ça va bien, tout va bien. La ligue ne nous a pas dit ça.

M. Courteau, à sa décharge, ne nous a pas dit ça, mais il nous a dit que

ça va beaucoup, beaucoup mieux. C'est fini, les initiations, la violence, tout

ça? Est-ce qu'on perd notre temps ici?

M. Dorais (Michel) : Non, non,

non. Les choses se manifestent peut-être autrement, de façon parfois plus subtile ou pas forcément dans les mêmes lieux,

mais on a lieu de s'inquiéter encore. Nous, on a fait un sondage avec

les jeunes et puis on voit que ça

s'améliore, bien sûr que ça s'améliore, mais on a encore du chemin à faire, je

pense, et puis le danger avec les

alarmes qu'on a eues dernièrement, c'est que ce soit encore plus caché. Il faut

se méfier de ça aussi, là.

M. Marissal : Votre sondage,

est-ce que vous auriez objection à nous le...

M. Dorais (Michel) : Il

appartient à la ligue de hockey, c'est à eux. Ce serait à eux de le faire...

M. Marissal :

Laquelle, ligue, hockey junior majeur?

M. Dorais (Michel) : C'est

Mme Llorens... On a bricolé un petit sondage maison ensemble, et beaucoup

de joueurs ont répondu. Il y a des choses très positives dedans, il y a des

choses un petit peu inquiétantes aussi. Je pense que... Et on l'a fait... Vous voyez, on l'a écrit l'automne dernier puis

on se disait dernièrement... Si on avait à le refaire, il me semble qu'on ajouterait quelques questions. On

voulait quelque chose de très bref, de très concis, pour que les gars se

disent : Ah! ça va me prendre trois minutes, je le fais. Puis

effectivement la majorité des... un très grand nombre de joueurs l'ont fait,

mais je pense que, si on va de l'avant avec un projet, il faudra faire un

sondage un petit peu plus élaboré, plus précis, là. Avec, justement, tout ce

qu'il y a eu lieu ici, bon, ce qui est sorti, on sait qu'il y aurait des

questions plus précises, mais, quand on consulte les jeunes, on ne veut pas les

apeurer.

La Présidente (Mme Dionne) : Je

m'excuse, je suis désolée de vous interrompre une seconde fois. J'ai le mauvais

rôle aujourd'hui. C'est très intéressant. Je dois, par contre, mettre fin à ces

échanges. Alors, merci à tous pour votre contribution aux travaux.

Je suspends les travaux quelques instants, le

temps qu'on accueille notre deuxième groupe. Merci.

(Suspension de la séance à 10 h 50)

Présidente (Mme Dionne) : Bonjour à tous et à toutes. La commission reprend

ses travaux. Tout d'abord, j'aurais besoin d'un consentement de la part

des membres de la commission pour aller un petit peu au-delà de l'heure prévue

étant donné le léger retard de ce matin. Merci beaucoup.

Alors, j'accueille maintenant notre deuxième

invité, M. Martin Lavallée, commissaire par intérim de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Donc,

M. Lavallée, je vous rappelle que vous disposez de deux...

10 minutes, pardon, pour votre exposé, après quoi nous allons

procéder à une période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je

vous invite, donc, à vous présenter et à commencer votre exposé par la suite.

M. Lavallée

(Martin) : Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la

Présidente, Mme, MM. les députés, bonjour à tous. Je ne m'attendais pas

à me retrouver à nouveau devant vous aujourd'hui. Cette commission a

certainement précipité les choses. Il s'en est, en effet, passé beaucoup,

d'événements, depuis le 22 février dernier. Le changement est lancé de

manière irréversible et dans le bon sens.

Je voudrais d'abord que vous sachiez que le

départ subit de M. Courteau a été un choc pour l'écosystème de la LHJMQ,

que ce soient les employés du bureau du commissaire, l'assemblée des membres

que sont les 18 propriétaires de nos équipes ou encore les employés des

équipes. Au-delà des erreurs, ou des omissions, ou des contradictions qui ont

pu lui être attribuées, à tort ou à raison, nous avons vu partir, sans

avertissement, un homme qui a consacré sa vie à cette ligue.

Pour ma part, je suis d'abord père de famille,

mais je suis également enseignant d'histoire de formation. Ma passion pour le

hockey a eu le dessus sur ma vocation d'enseignant et de direction d'école,

mais il reste des choses importantes de mon parcours dans le monde de

l'éducation. En histoire, on considère que la connaissance et la compréhension

du passé éclairent le présent et oriente l'avenir.

Nous sommes conscients que des événements

inadmissibles ont pu avoir lieu dans notre circuit à la lumière des témoignages rendus publics dans les derniers

mois et nous appelons, encore une fois, ceux qui auraient subi ou été témoins de gestes d'agression, de harcèlement,

d'abus ou d'intimidation de dénoncer. De mon regard d'éducateur, je

garde aussi la conviction que les jeunes ont besoin d'être encadrés, guidés,

éduqués par des adultes qui sont responsables et bienveillants.

Sur les

400 joueurs de la LHJMQ, un très faible pourcentage parmi eux atteindront

les circuits professionnels. Nous aidons des athlètes d'élite à vivre

leur passion du sport et à devenir des citoyens qui seront des atouts pour la

société de demain. Dans les dernières semaines, nous avons vu plusieurs anciens

joueurs témoigner de l'influence positive qu'avait eue dans leur vie leur

passage dans la LHJMQ. Nous avons entendu plusieurs artisans du hockey, membres

d'équipes professionnelles, analystes, entraîneurs, témoigner de l'évolution de

la ligue et de l'encadrement des jeunes dans les dernières années. Il y a eu

des manques, nous le reconnaissons, mais il y a eu beaucoup de bonnes choses.

Reconnaître le passé, c'est important pour avancer.

Lors de notre

première comparution, nous avons énuméré les nombreuses politiques et

initiatives de formation destinées aux joueurs et aux entraîneurs qui

ont été mises en place depuis 20 ans. Est-ce que ces initiatives ont été

assez claires ou appliquées assez fermement pour briser la culture du silence

du vestiaire? Probablement pas. Afin de corriger la situation, voici, en

quelques mots, ce qui a été fait depuis notre première présence devant la

commission.

23 février dernier, la ligue a rencontré tous les propriétaires afin

qu'ils comprennent le sens du changement qui doit se faire et de

s'assurer de leur pleine collaboration. Le 27 février, la ligue a

rencontré les directeurs généraux et entraîneurs-chefs de toutes les équipes.

Ils sont en contact direct avec les joueurs. Ils font

partie de la solution.

Parallèlement, le comité

indépendant du programme d'aide aux joueurs s'est réuni tel que prévu et a

entamé l'élaboration d'un plan d'action visant à mieux prévenir et traiter les

comportements inappropriés et la violence à caractère sexuel. Ce plan d'action

sera complet et prévoira notamment un processus de plainte indépendant et un

code du vestiaire clair sur les comportements attendus et proscrits. Ce plan

d'action entrera en vigueur pour la prochaine saison.

Également, j'ai personnellement rencontré tous

les joueurs actifs de la ligue ainsi que le personnel de banc des 18 formations, les 13 et 14 mars

dernier. À chaque occasion, j'ai expliqué aux joueurs les différentes étapes

qui s'en viennent. Je leur ai dit ce

qui était attendu d'eux comme comportement et également ce qui était attendu

comme comportement de la part de leurs entraîneurs. Je leur ai rappelé

qu'ils ne devaient jamais hésiter à dénoncer tout geste répréhensible dont ils

auraient été témoins ou victimes. J'ai répété que leur voix était non seulement

importante pour dénoncer, mais également pour construire, pour être une ligue

encore meilleure. Je leur ai dit, à eux, également, qu'ils faisaient

partie de

la solution.

Enfin, le processus de nomination du prochain

commissaire s'est conclu avec la nomination confirmée de Mario Cecchini. Sachez que sa nomination a été

très bien reçue. Nous avons tous très hâte de travailler avec lui

lorsqu'il entrera en fonction.

En terminant,

je peux vous dire que, chaque jour, j'ai des appels d'employés, d'entraîneurs,

d'agents, d'anciens joueurs ou de joueurs actuels qui sont abasourdis.

Ils me disent que la ligue qu'ils connaissent, ce n'est pas ce qu'on entend et

ce qu'on en dit dernièrement. À toutes les personnes qui s'impliquent et

oeuvrent de près ou de loin dans la LHJMQ depuis des années avec coeur,

générosité et bienveillance, je leur dis merci. Vous êtes l'immense majorité, et nous avons besoin de vous pour que chaque ligue

redevienne une source de fierté pour toute la société. À tous les

parents qui, comme moi, voient leurs jeunes rêver de jouer dans la LHJMQ, ne

tournez pas le dos, nous serons dignes de votre confiance. Nous serons une

école de vie et de sport à la hauteur de vos attentes. Nous ferons ensemble

l'avenir de la ligue. Merci.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci

beaucoup, M. Lavallée, pour cet exposé. On va maintenant débuter la

période d'échange. Je cède la parole du côté du gouvernement, avec le député de

Beauce-Sud.

M. Poulin : Merci beaucoup, Mme

la Présidente. Bonjour, M. Lavallée. Félicitations pour vos nouvelles

fonctions malgré qu'elles sont par intérim, et merci d'être devant nous

aujourd'hui. Vous êtes dans la ligue depuis 2017, si je ne me trompe pas, c'est

bien ça?

M. Lavallée (Martin) : Effectivement,

depuis janvier 2017.

M. Poulin : Janvier 2017. Donc,

vous avez travaillé avec M. Courteau pendant un certain nombre d'années.

M. Courteau est venu ici, à l'Assemblée nationale, et il nous a dit qu'il

n'avait pas lu les témoignages qui se retrouvaient, entre autres, dans ce qui

était dénoncé dans le recours collectif par l'ancien joueur de la LNH, et

également à cet endroit-là où on faisait allusion d'initiations dans la Ligue

de hockey junior majeur du Québec. Vous avez lu comme moi les témoignages de

M. Stephen Quirk, qui a été, entre autres, tout récemment dans Le

Journal de Québec et dans Le Devoir . Vous, avec votre

expérience, est-ce que vous avez déjà eu connaissance d'initiations qui se sont

tenues dans la ligue de hockey?

M. Lavallée (Martin) : Si vous

me permettez, j'aimerais profiter de votre question, dans un premier temps,

pour mentionner que des informations erronées ont été communiquées en lien avec

l'affidavit de M. Stephen Quirk. Je comprends qu'il peut y avoir des

remises en question ou des frustrations. Aucune intention d'induire en erreur

les parlementaires et la population n'a été volontaire. Donc, à cette

occasion-là, j'aimerais profiter de la tribune pour, personnellement et au nom

de la LHJMQ... d'offrir toutes nos excuses.

M. Poulin : Donc, vous nous

parlez de confusion. Donc, vous nous dites que M. Courteau, finalement,

aurait lu les témoignages?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, en fait, ce que... Il en a pris

connaissance, malheureusement, après la commission parlementaire.

M. Poulin : OK, d'accord. Vous,

est-ce que vous en aviez pris connaissance?

M. Lavallée

(Martin) : Au moment où j'étais commissaire adjoint, non,

mais, depuis mon entrée en fonction, oui.

M. Poulin : Quel est votre

bilan? Quelle est votre réaction? Parce qu'au même moment on nous dit : Ça

ne s'est pas produit dans la ligue, il n'y a pas d'initiation, c'est interdit,

et le recours collectif, le témoignage de M. Quirk

nous laisse sous-entendre le contraire. Quelle a été votre réaction quand vous

avez pris connaissance des témoignages?

M. Lavallée (Martin) : Comme

tout le monde, j'ai trouvé ces éléments-là absolument déplorables.

M. Poulin : Est-ce

que ce n'est encore pas plus fâchant quand on sait que ça a pu perdurer pendant

plusieurs années, sachant que

M. Courteau était là pendant 37 ans, qu'il y a des gens qui sont

aussi dans la ligue depuis plusieurs années? Est-ce qu'il n'y a pas

quelque chose, un peu, de révoltant là-dedans?

M. Lavallée (Martin) : On

peut... on pourrait dire que ce qui a pu se passer dans le passé,

effectivement, porte à croire que, malheureusement, on... Ça pourrait être

révoltant, je suis d'accord avec vous, mais ce qu'il faut prendre en compte,

c'est que, lorsque nous sommes mis au courant, nous prenons action. Puis,

aujourd'hui, moi, ce que je me suis engagé

de faire, à mon arrivée à l'intérim, c'est de m'assurer que, dès lors, on

allait se retrousser les manches pour

s'assurer de pouvoir aller de l'avant puis de mettre en place des programmes,

ou des politiques, ou codes du vestiaire qui allaient avoir du mordant,

puis s'assurer que ces choses-là ne se répètent pas.

M. Poulin : Est-ce que la ligue

va s'excuser auprès de M. Quirk?

M. Lavallée (Martin) : Bien, en

fait, moi, j'ai offert aujourd'hui mes excuses au niveau de la Ligue de hockey

junior majeur, non seulement à l'égard des parlementaires mais également à

l'égard de la société québécoise.

M. Poulin : Je conclurai

également en vous demandant : Est-ce que vous avez connaissance,

aujourd'hui, d'initiations, de bizutages qui se tiennent toujours dans la Ligue

de hockey junior majeur du Québec?

M. Lavallée (Martin) : Qui se

tiennent toujours, non, mais qui se sont passés, oui.

M. Poulin : Et

elles remontent à quand, les plus récentes activités d'initiation dont vous

avez eu connaissance?

M. Lavallée (Martin) : En fait,

moi, j'ai... Il y a deux éléments que je peux certainement faire allusion. La

première, c'est une situation qui s'est passée à Sherbrooke en 2015‑2016, je

crois, ou 2016‑2017, qui a été rendue publique,

OK, pour laquelle, lorsque le bureau du commissaire en a été informé, il y a eu

un comité d'enquête indépendant qui a travaillé sur le dossier, pour

lequel il y a eu un rapport qui a été remis et publicisé.

M. Poulin : Pouvez-vous nous

rappeler les faits de cet événement-là, à Sherbrooke, en 2015‑2017?

M. Lavallée (Martin) : En fait,

les joueurs se sont retrouvés à un endroit pour, disons, participer à une

activité d'intégration ou d'initiation dans laquelle il y a des activités à

connotation sexuelle qui se sont déroulées.

M. Poulin : D'accord. Vous nous

avez parlé de deux événements, ça, c'en est un à Sherbrooke. Est-ce qu'il y en

a un autre?

M. Lavallée (Martin) : Ce

week-end, il y a des allégations qui sont venues à nos oreilles alléguant

des... justement, des allégations de nature

sexuelle qui se seraient déroulées dans les années 90, dans une de nos

formations. Et, à ce moment-là, lorsque j'ai été informé de la situation, nous

avons procédé à une quête d'informations, laquelle, rapidement, nous a amenés à mettre en place une enquête indépendante

pour d'aller au fond des choses par rapport à ça.

M. Poulin : Pouvez-vous nous

dire l'année?

M. Lavallée (Martin) : Dans les

années 90.

M. Poulin : C'est assez large.

Est-ce qu'on est au début des années 90, à la fin des années 90? Pour

juste comprendre la culture du silence est jusqu'où, là.

M. Lavallée (Martin) : Oui,

bien, on est plutôt dans la première demie des années 90.

M. Poulin : OK. Est-ce que vous

pouvez nommer le nom de l'équipe?

M. Lavallée (Martin) : Par

souci de l'enquête indépendante et aussi pour préserver la présumée victime,

j'aimerais mieux garder confidentiel.

M. Poulin : OK. Et je conclurai

là-dessus avant de laisser la parole à mes collègues, mais est-ce que ça ne vous choque pas? Parce que, là, vous nous dites un

événement à Sherbrooke, 2015‑2017, c'est assez récent quand même, bon, il y

a un rapport, et tout. Là, on porte à votre attention, en fin de semaine, des

événements qui, quand même, démontrent au

début... remontent au début des années 90, mais, au même moment, on était

ici, il y a quelques semaines, et le

commissaire M. Courteau nous disait : Ça n'arrive pas, je n'ai pas

connaissance, je ne le sais pas, alors, que, finalement, c'est arrivé.

M. Lavallée (Martin) : Évidemment,

il n'y a personne qui souhaite que des événements comme ça surviennent.

On travaille excessivement fort pour que des éléments comme ça ne surviennent

pas. Malheureusement, il en est arrivé, puis nous... En

tout cas, je vais parler au «je», là, actuellement, pour moi, c'est important

de... dès qu'on a des informations, on mette en place des processus pour

assurer la sécurité de l'ensemble de nos joueurs.

M. Poulin :

OK. Puis je terminerai là-dessus : Est-ce que, depuis les dernières

semaines où... Est-ce que vous vous engagez, comme commissaire par intérim, à

transmettre une directive écrite, claire et précise à l'ensemble des

gouverneurs, à l'ensemble des entraîneurs que les initiations, le bizutage est

interdit?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, écoutez, j'ai... comme je vous ai mentionné, j'ai

rencontré chacun des groupes que vous mentionnez de vive voix, en personne, OK,

par vidéoconférence. Ça a été... Le message a été très clair, on leur a dit ce

qui s'en venait, ce sur quoi nous devons travailler, collectivement, OK, et

nous allons prendre acte, mais je vous rappelle aussi que, dans le code

d'éthique, c'est clairement défini.

M. Poulin :

D'accord. Je vous remercie beaucoup.

M. Lavallée

(Martin) : Ça me fait plaisir.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci,

M. le député. Je cède maintenant la parole au député de Côte-du-Sud.

M. Rivest :

Oui. Bonjour. Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je continuerais peut-être

dans ce qu'on vient de discuter. Vous avez

parlé, là, que, dans les dernières semaines, vous avez eu des échos, là, qu'en

1990 il s'est passé quelque chose. On

s'entend que, dans les dernières semaines, il y a comme une espèce

d'effervescence de se dire que... de vouloir dénoncer, de vouloir...

Est-ce que vous vous attendez, dans les prochains jours, les prochaines

semaines ou prochains mois, d'avoir d'autres révélations de ce type?

M. Lavallée

(Martin) : Malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous dire ça.

Ce que je souhaite, c'est que les gens qui

auraient été victimes puissent dénoncer, ça, c'est le plus important, c'est...

dans le fond, c'est le message que je veux, entre autres, livrer

aujourd'hui, c'est celui-là.

M. Rivest :

Parce que vous l'avez dit, hein, d'éclairer le présent pour orienter

l'avenir, votre souci comme éducateur, moi-même aussi, on est tous, hein, les

parlementaires, allés voir nos jeunes jouer au hockey, on est témoins, comme

vous, qu'il y a un volet hyperstimulant à la pratique sportive puis qu'il y a

beaucoup de beau, mais, si on est rassemblés aujourd'hui, c'est, justement,

pour connaître cette culture du silence là, la dénoncer, encourager cette

dénonciation-là. Puis on le voit, nous-mêmes, comment, en ce moment, il se

passe... les éléments qui font qu'on rouvre la commission et qu'on vous reçoit

aujourd'hui.

Pouvez-vous me

dire... Vous avez parlé d'un processus, là, d'enquête indépendante, ou un volet

que vous souhaitez aller un peu plus loin. Pouvez-vous nous en dire plus sur

cette enquête indépendante là, quels sont les processus, le mécanisme?

M. Lavallée (Martin) : Bien,

écoutez, celle que j'ai fait mention tantôt, c'est celle spécifiquement à la

situation, là, qui nous... a été portée à notre attention ce week-end dernier.

M. Lavallée (Martin) : Exact.

OK? Pour le reste, nous avons... Le comité, si on veut, indépendant, au

niveau du programme des joueurs, s'est réuni pour aller de l'avant avec un plan

d'action qui, notamment, souhaite qu'il y ait la mise en place d'un service de

traitement des plaintes totalement indépendant.

M. Rivest :

Est-ce que vous pouvez nous en dire la nature?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, tu sais, dans le fond, ce qu'on veut, c'est que les

joueurs, que les membres du personnel, à travers nos 18 équipes et même le

bureau du commissaire, puissent se sentir... d'avoir un espace qui est libre

pour pouvoir témoigner ou pouvoir dénoncer les gestes, et que cette

information-là puisse être enquêtée de manière très objective pour arriver à

des mesures qui sont concluantes.

M. Rivest :

Dans ces mesures-là, est-ce que l'idée du code du vestiaire dont il a été

question... Est-ce que, dans votre intérim,

vous allez mettre des actions claires, outre celles que vous avez mentionnées,

d'aller à la rencontre, le 27 février, la rencontre des DG, etc.?

Pouvez-vous m'en parler davantage... le code de vestiaire?

M. Lavallée (Martin) : Oui,

bien, écoutez, le code du vestiaire, pour nous, là, c'est un moyen. Il y a

beaucoup... on a beaucoup de programmes, on a beaucoup de politiques, elles

sont sur... mais elles doivent devenir significatives. Et, pour nous, le code

du vestiaire, c'est exactement ce qu'on souhaite faire, c'est d'amener, dans un

condensé, des informations qui sont claires, qui sont constructives et qui

interpellent nos joueurs, qui interpellent les membres du personnel sur les

comportements qui sont proscrits puis les comportements qui sont attendus.

Alors,

dans les prochaines semaines, de par mon passage à l'intérim puis aussi avec le

mandat qui suivra, de M. Cecchini, nous

allons travailler très fort pour nous assurer que nous pourrons mettre en place

toutes ces mesures-là à la prochaine saison.

M. Rivest : Donc, tu sais, on

s'entend qu'il y a comme un délai, là. Si vous partez votre intérim depuis

quelques semaines, il va se rendre, quoi, jusqu'au mois de mai?

M. Lavallée

(Martin) : Jusqu'au mois de mai, puis M. Cecchini arrivera à ce

moment-là.

M. Rivest : Avez-vous

des discussions avec M. Cecchini... monsieur qui remplacera au mois de

mai?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, on s'est parlés, je veux dire, par la force des

choses, là, mais, actuellement, j'ai un mandat. M. Cecchini a des

obligations professionnelles avec une autre organisation, il va compléter son

mandat puis, à ce moment-là, lorsqu'il entrera, on va avoir des bons échanges.

M. Rivest :

J'imagine. Peut-être, comme dernier élément, pouvez-vous me dire, là, ce

qui a mené la culture du silence, selon

vous, là? Tu sais, on parle des années 90, M. Courteau, on voit...

Vous avez, à quelque part, fait, son éloge,

mais on est aussi là en se disant : Il a quand même quitté d'une façon

peut-être dommageable pour vous, mais, en même temps, cette culture du silence là était présente durant son

mandat. De quelle façon vous pouvez nous expliquer... de quelle façon

cette culture de silence a pu s'impliquer d'une façon aussi importante à

l'intérieur de la ligue?

M. Lavallée

(Martin) : Vous savez, on a mis en place plusieurs choses, puis je

l'ai répété puis je pense que c'est important de continuer à le répéter, parce

que ces choses-là, elles sont là puis elles ont des raisons d'être là. Ceci

étant dit, il faut être en mesure de mieux les faire comprendre, de mieux... de

donner des références claires, que les gens comprennent pourquoi il y a ces

choses-là. Dans un premier temps, c'est pour leur sécurité, puis là je ne parle

pas, là, seulement de la sécurité du joueur de hockey, mais vraiment la

sécurité de l'humain, et que ce joueur-là,

ou les joueurs, ou les membres du personnel se sentent bien, se sentent en

sécurité avec l'ensemble de ces programmes-là. Ça fait que, pour moi,

lorsqu'on se sent en sécurité, lorsqu'on se sent épaulé, c'est beaucoup plus

facile de parler. Et c'est l'intervention qu'on doit faire, on doit mieux

éduquer, on doit mieux baliser pour que les gens se sentent bien.

La Présidente

(Mme Dionne) : Merci, M. le député. Je cède la parole à la

députée de Hull. Je vous rappelle qu'il vous reste trois minutes.

Mme Tremblay : Oui, parfait. Donc, bon,

vous avez parlé, là, d'éduquer, de prendre connaissance, mais est-ce que

vous admettez, là, qu'il y a un problème, clairement, là, aujourd'hui, là?

Parce que ça fait

partie d'un processus qui est important, puis c'est ce que

M. Dorais nous a dit un petit peu plus tôt.

M. Lavallée

(Martin) : Bien, moi, je reconnais qu'on nomme la culture du silence,

qu'on nomme qu'elle est... qu'elle est

présente. Personne ici ne va nier ça. Maintenant, c'est comment on va faire la

lumière sur cette culture du silence là pour s'assurer que tout le monde

l'écarte puis que ce n'est pas une valeur. Pour moi puis la ligue, la culture

du silence ou la loi du silence n'est pas une valeur.

Mme Tremblay :

Alors, justement, M. Dorais disait que ça prend un changement,

justement, puis c'est au niveau... c'est profond, hein, c'est au niveau des

valeurs, vous venez de le mentionner.

On parle de mettre en

place, là, un programme qui va au-delà de : on fait une rencontre au début

de la saison pour dire : Bon, bien, voici le code de vie, on le signe,

c'est beau. Il parle vraiment d'un programme à long terme qui touche l'ensemble

de l'organisation. Et là vous parlez quand même d'un délai... tu sais, c'est

un... mettre ça ici en place en septembre ou bien au début, là, quand vous

allez commencer, puis vous, vous êtes par intérim, la prochaine personne arrive

au mois de mai.

Moi, j'aimerais ça

savoir avec qui vous allez travailler, parce que, M. Dorais, avec qui vous

avez déjà travaillé... Puis là je comprends que vous avez trouvé le

financement, là, que ce n'est plus un enjeu, là, que vous avez trouvé l'argent

pour le faire, parce qu'on disait qu'on était en attente de ça, dans le rapport

de M. Dorais. Donc, avec qui vous allez travailler pour mettre ça en

place?

Puis, j'aurais une

autre question. Vous avez fait un sondage dans lequel vous avez obtenu des

données importantes. Moi, j'aimerais... Puis M. Dorais parlait même

peut-être de faire un autre sondage parce qu'il manquait peut-être des données dans ce sondage-là. Donc,

d'abord, j'aimerais savoir, est-ce que vous seriez prêts à nous transmettre

ce sondage-là, qu'on en prenne connaissance, et est-ce que vous seriez prêt à

aller de l'avant avec un autre sondage? Donc, avec qui vous voulez travailler,

puis la question des sondages.

M. Lavallée (Martin) : C'est

bon. Alors je vais essayer d'y aller dans l'ordre. Avec qui? Écoutez,

M. Dorais, c'est effectivement quelqu'un avec qui nous avons travaillé.

Nous avons des organismes, là, je pense à Sport'Aide, nous avons le comité

indépendant, qui est composé d'une multitude de gens qui sont reconnus dans le

domaine, autant sportifs que du domaine de la santé. Donc, ces gens-là, on va

s'appuyer avec eux, OK?

deuxième chose, pour ce qui est du financement, j'aimerais quand même porter à

votre attention que nous avons effectivement

fait des demandes de financement. Nous en avons fait trois et, pour l'instant,

il y en a... les trois ont été,

d'entrée, refusées, OK, une au gouvernement fédéral et deux au gouvernement

provincial, et, parmi les deux refusées au niveau provincial, elles

sont, dernièrement, revenues à l'étude. Donc, je vais prendre ça positivement.

pour ce qui est des données des sondages, eh bien, sans aucun doute, on va être

capable de vous acheminer les données qui sont... qui ont été colligées.

La Présidente

(Mme Dionne) : Merci beaucoup. C'est tout le temps qu'on a,

malheureusement. Merci, M. Lavallée. Merci au nom de la commission. Je

passe maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle, le

député de Marquette.

M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour,

M. Lavallée. Merci d'avoir accepté, encore une fois, de revenir devant la

commission. D'entrée de jeu, je vous dirai simplement, à

titre de

transparence : Je refuse de croire que c'est une problématique seulement

dans le hockey, cette culture-là. Je refuse avec véhémence parce qu'on l'a vu

avec certains témoignages. Puis je vais le répéter, je le dis, je le répète,

mais je vais le répéter encore parce qu'on ne peut pas juste viser un endroit,

c'est la culture du sport, c'est la culture de l'athlète élite qui veut monter

et qui est prêt à faire n'importe quoi pour s'intégrer. Alors, je sais que

c'est vous qui est là aujourd'hui, là, ça peut... ce n'est pas facile, mais, en

même temps, c'est important, pour moi, de le dire.

Et, également,

j'aimerais dire aussi que vous avez entièrement raison, M. Lavallée, que

l'évolution de la Ligue junior majeur du Québec est à 1 000 % si ce

n'est pas plus, depuis mon époque, que ce soit au niveau des études, que ce

soit au niveau aussi de la mentalité, de la violence, des bagarres. Je tiens à

dire, également. Ce n'est pas parfait,

encore une fois, vous m'entendez souvent, il y a toujours place à amélioration,

mais je tiens à le dire aussi.

première question, M. Lavallée : Pouvez-vous nous décrire un peu quel

était votre rôle d'adjoint au commissaire?

M. Lavallée (Martin) : Alors,

comme adjoint au commissaire, mon rôle principal est de veiller aux

opérations au niveau de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Parfois, il

y a des mandats particuliers qui me sont octroyés, puis il me vient en tête,

évidemment... dans le temps de la pandémie, j'ai été à l'origine de la mise en

place de tous les environnements protégés qui nous ont permis d'opérer, de

s'assurer des protocoles sanitaires et de la collaboration, évidemment, avec

tous les paliers, là, que ce soit le ministère de la Santé ou la Santé

publique, pour mettre en place tout ça. Ça fait que, tu sais, je vous dirais,

là, les opérations quotidiennes au bureau, de façon globale, et parfois

certains mandats particuliers, comme celui de la pandémie.

M. Ciccone : Est-ce que, dans votre rôle de commissaire adjoint, vous

aviez le pouvoir d'influencer les décisions des propriétaires, par exemple?

Parce qu'on sait que les propriétaires... La façon que c'est bâti, chez vous, c'est que les propriétaires, ce sont les actionnaires

majoritaires de la ligue... engagent un commissaire, vous engagent, et

tout le personnel, et vous êtes payé par les propriétaires. Selon vous, là,

quelle était votre force d'influence au niveau des propriétaires?

M. Lavallée

(Martin) : La force d'influence que les gens voudront, évidemment,

bien vouloir m'octroyer, OK, on s'entend

là-dessus, mais, tu sais, au-delà de ça, c'est de s'assurer le plus possible de

la compréhension de la direction qu'on

souhaite prendre, OK? Ça fait que moi, j'aimerais répondre de cette façon-là à

votre question, M. Ciccone, c'est de dire : Mon pouvoir à moi,

c'est de m'assurer que les opérations fonctionnent dans l'esprit et la mission

de la ligue.

M. Ciccone : Je pose cette question-là, M. Lavallée, parce que...

Je suis persuadé que vous savez où je m'en vais avec ça. La dernière fois, on

avait Mme Llorens, M. Courteau, vous étiez là, également. Connaissant

très bien la façon que ça fonctionne, là, je sais que vous êtes rempli de bonne

volonté. Vous êtes là pour les bonnes raisons. Vous avez fait du bien pour la

ligue. M. Courteau a fait bien pour la ligue également, et Natacha Llorens

aussi, elle a fait beaucoup de bien pour cette ligue-là, mais j'ai comme l'impression

qui... puis je pense avoir raison, là, que, souvent, vous avez les mains liées.

Est-ce que j'ai tort?

M. Lavallée

(Martin) : Moi, ce que j'ai le goût de vous dire, M. le député, c'est

qu'aujourd'hui, ce que je fais dans mon rôle de commissaire par intérim, c'est

de m'assurer que nous regardons vers l'avenir, en apprenant de ce qui s'est

fait avant pour s'assurer qu'on puisse s'engager envers la mission. Puis ça, ça

a été personnellement le mandat que je me suis donné pour les deux prochains

mois, puis de m'assurer de pouvoir poursuivre dans cette continuité-là à partir

de l'arrivée de M. Cecchini.

M. Ciccone : C'est... Je suis entièrement d'accord avec vous là-dessus,

il faut regarder en avant. Il faut commencer à guérir, là, parce que notre

sport est à mal, en ce moment, ici, depuis les derniers mois, là, notamment.

Moi, je vous pose cette question-là parce que je veux savoir puis... votre avis

également : Est-ce que vous croyez que vous — je ne sais pas si vous

allez avoir le même

titre avec l'arrivée de M. Cecchini, avec le

commissaire et même le rôle de Natacha Llorens — que vous devriez avoir

plus de latitude, plus d'indépendance face aux propriétaires, plus de pouvoir,

également?

M. Lavallée

(Martin) : Je crois fermement qu'on doit tous travailler en

collaboration et dans la même direction. Ça fait qu'après ça, pour moi, ce

n'est pas une notion de pouvoir, c'est une notion d'engagement.

M. Ciccone : Bien, c'est parce que la perception, M. Lavallée,

c'est que les propriétaires vous paient, en même

temps, puis c'est vous qui est devant la commission, on va recevoir, là, un

gouverneur devant cette commission-là, là, dans quelques jours, mais

c'est parce que c'est vous qui devez répondre. Vous êtes le visage de cette

ligue-là, mais, en même temps, il y a 18 équipes, là, dont plusieurs qui

sont dans une autre province. Puis c'est vous qui venez ici, puis vous êtes les grands responsables, vous avez le... c'est...

vous avez le... c'est... Comment je pourrais dire ça? Vous êtes imputables

de tout ce qui arrive dans votre ligue, mais, en même temps, vous n'avez pas

les pouvoirs extrêmes puis vous n'avez pas le pouvoir décisionnel en entier.

Ça fait que c'est

pour ça, ma question. Trouvez-vous que, justement... puis je vais vous répéter

la question parce qu'elle est importante, là : Est-ce que les gens dans

votre position, ceux qui dirigent la ligue, devraient avoir plus

d'indépendance?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, la gouvernance de la ligue octroie des pouvoirs au

bureau du commissaire. C'est à nous de les prendre. C'est à nous de s'assurer

qu'on est capables de mettre en place tout ce qui est nécessaire pour répondre

à la mission qu'on se donne, et non seulement au niveau du bureau du

commissaire mais pour l'ensemble des équipes, parce que cette mission-là, elle

nous appartient tous.

M. Ciccone : Vous avez parlé, d'entrée de jeu, d'ère de changement, vous

êtes dans l'ère de changement irréversible. Pouvez-vous élaborer un peu

là-dessus? C'est quoi, le changement?

M. Lavallée

(Martin) : Le changement, c'est, d'abord et avant tout, ce qu'on est à

mettre en place avec le plan d'action, OK,

j'en ai fait mention tantôt, tout le traitement de gestion de plainte d'un

niveau indépendant, tout ce qui est au niveau du code du vestiaire. Les

formations qu'on souhaite mettre en place, je pense que c'est quelque chose qui

est important, de mieux vulgariser les attentes, de les rendre accessibles et

compréhensibles par tous et chacun. Ça, pour moi, c'est important, puis ça

passe par le bien-être des joueurs, puis, si on garde cette idée-là majeure en

tête, on va y arriver. On va y arriver.

M. Ciccone : Vous parlez, comme vous avez dit, d'ère de changement. Vous

voulez avancer dans la façon de faire, la

façon de voir les choses, la façon... la perception, mais pourquoi vous n'avez

pas, justement, entamé cette ère de changement là avant? Parce que, je

veux dire, il n'y a rien de parfait, là. Parce qu'on dirait qu'aujourd'hui ce

qu'on entend, puis depuis votre dernière présence avec M. Courteau,

c'est : Là, il est arrivé une situation, puis là vous avez des

propositions, des propositions à amener, justement, pour faire ce

changement-là, pour améliorer les choses,

mais, je veux dire, on a entendu M. Dorais, qui était là, là, qui nous a dit :

Bien, on a travaillé sur un programme, ça

fait 18 mois. Puis, bien, on voit bien, là... Il nous a dit que ça coûtait

50 000 $ par année. Il n'a pas été capable d'avoir de

financement du gouvernement, des ministères. 50 000 $,

M. Lavallée, pourquoi ça n'a pas été fait voilà 18 mois?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, le montant, on pourrait... on pourrait reparler du

montant. Je pense que c'est un montant qui est un peu plus important parce

qu'il faut englober l'ensemble de nos équipes, là, 18 formations, non

seulement 12 au Québec, mais six dans les provinces maritimes.

Ce qu'il faut aussi

voir, c'est que l'encadrement d'un joueur au niveau de la Ligue de hockey

junior majeur du Québec représente environ entre 30 000 $ à

40 000 $ par joueur, par saison, OK? Donc, quand on inclut tout le

programme de bourses d'études, quand on inclut le programme d'accompagnement

scolaire aussi au niveau de... Sur un joueur qui est dans le système de la

ligue pendant une possibilité de neuf ans, à peu près, là, on peut parler d'un

investissement par joueur d'environ 240 000 $ à 250 000 $,

OK, sur neuf ans. Donc, il y a des sommes qui sont engagées de manière

importante par nos équipes.

Manifestement,

aujourd'hui, je pense qu'il y a des choses qu'on doit faire de mieux et qui

vont nécessiter de l'argent supplémentaire, puis on souhaite qu'on puisse le

faire tous ensemble, non seulement au niveau de la ligue mais également au

niveau des propriétaires et également au niveau des différents paliers de

gouvernement.

M. Ciccone : Il y a une façon de réduire les coûts, M. Lavallée,

vous m'avez ouvert une porte comme ça, là, c'est

en réduisant le nombre de matchs, pour commencer, puis c'est peut-être en

changeant l'appellation. Je sais qu'on appelle ça une ligue de développement,

là, mais, à 68 matchs par année, la pression, le voyagement, les études,

on voit que le joueur est mis dans une situation où c'est exactement la même

chose qu'un joueur professionnel.

Si on change la

vision en disant que, bien là, les joueurs, on va moins les solliciter, on...

Le ratio sur... par exemple, entraînement versus match va faire en sorte qu'on

va peut-être, là, redorer, premièrement, l'appellation de la ligue, la structure de la ligue, également,

puis il va y avoir moins cette pression-là aussi en disant qu, bien,

écoutez, là, cette ligue-là est là pour bâtir des êtres qui vont être des

citoyens productifs dans notre société, alors que la majorité des petits gars

qui rentrent là, là, ils pensent tous qu'ils vont jouer dans la ligue nationale

à un moment donné.

Est-ce que vous

pensez que, peut-être, de changer, justement, cette façon de voir la ligue

junior majeur du Québec pourrait aider, justement, dans tout ce qui est

pression, culture du silence, normalité, dans tout ce qu'on a entendu

dernièrement?

M. Lavallée

(Martin) : Le hockey étant

partie prenante de nos moeurs, dans la

société québécoise, tout le monde a son

opinion sur le hockey, tout le monde a son opinion sur ce qui pourrait être

fait, peu importe le niveau de jeu, qu'on

fasse référence aux Canadiens de Montréal, à la Ligue de hockey junior majeur

du Québec ou au hockey mineur.

Moi, ce que j'ai le

goût de répondre à ça, M. le député, c'est : Chaque dollar qui est reçu

par nos équipes est investi pour le bien-être de nos joueurs. Ça fait que, si

c'est de déterminer combien de matchs est nécessaire pour assurer le

développement puis le bien-être, je pense que c'est un débat qui peut se faire

ailleurs que dans la commission dans laquelle on est impliqués aujourd'hui,

mais moi, je veux vous assurer que chaque dollar qui est perçu par nos équipes

est investi pour le bien-être de nos joueurs.

M. Ciccone : On pourrait aller ailleurs, là. Ça veut dire qu'il n'y a

personne qui fait de profit, dans votre ligue, là. C'est ça que vous me dites?

M. Lavallée (Martin) : Je

ne suis pas en train de vous dire ça, mais vous connaissez le cycle du hockey

junior.

La Présidente

(Mme Dionne) : Je vous rappelle juste qu'il vous reste

30 secondes.

M. Ciccone : Parfait. En terminant, plateforme de plaintes indépendante.

Comment vous allez faire pour que ce soit vraiment indépendant, cette

plateforme de plaintes là, que vous voulez amener?

M. Lavallée

(Martin) : Bien, je vais... Dans un premier temps, je vais attendre

les recommandations de notre comité, là, qui

planche là-dessus. Ce sont des gens... Il y a des avocats, là-dedans, il y a

d'anciens policiers, il y a des gens d'organismes réputés. Je pense

qu'ils vont être en mesure de nous suggérer la bonne chose.

M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. Lavallée.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci,

M. le député. Je cède maintenant la parole au porte-parole du deuxième

groupe d'opposition, le député de Rosemont.

M. Marissal :

Merci, Mme la Présidente. M. Lavallée, rebonjour.

M. Lavallée

(Martin) : Rebonjour.

M. Marissal :

Effectivement, on n'avait pas pris de rendez-vous pour se revoir, mais les

circonstances ont... en ont voulu autrement. Juste pour être sûr, là, que j'ai

bien compris une de vos réponses à une de mes collègues du gouvernement, vous

vous engagez à déposer le sondage dont M. Dorais...

M. Lavallée

(Martin) : Oui.

M. Marissal :

Avec la méthodologie?

M. Lavallée

(Martin) : On vous transmettra toutes les informations pertinentes.

M. Marissal :

Parfait. Merci. Ça sera utile pour nous, et peut-être pour la suite.

Un peu de retour dans

le temps, là, je veux juste être sûr, là, de comprendre. Stephen Quirk fait une

déclaration sous serment le 21... en mars 2021, la fameuse déclaration sous

serment, l'affidavit, là, qui fait tellement de bruit, et avec raison.

L'ancien commissaire, M. Courteau, réplique au

même cabinet d'avocats, toujours sous serment, en novembre 2021.

Éric Chouinard, qui,

jusqu'à preuve du contraire, est toujours directeur de la sécurité des joueurs

dans votre ligue, lui aussi est assermenté, fait une déclaration et un

affidavit, en novembre 2021 lui aussi.

Par ailleurs, vous

êtes adjoint au commissaire depuis 2017. Il n'y a vraiment personne qui avait

pris le temps de lire l'affidavit de M. Quirk, y compris les gens qui sont

allés le commenter sous serment, et vous n'en avez jamais entendu parler?

M. Lavallée (Martin) : Bien,

si vous me permettez, M. le député, je ne répondrai pas au nom de

M. Courteau. À cet égard-là, il s'est expliqué, il a donné ses

explications. J'ai précédemment expliqué mon rôle, et la gestion ou l'opération

des recours collectifs, dont le recours impliquant l'affidavit de

M. Quirk, ne faisait pas

partie de mon mandat et/ou de mes

responsabilités.

M. Marissal :

Vous êtes... Parmi vos responsabilités, en ce moment, vous êtes

commissaire.

M. Lavallée

(Martin) : Oui, oui.

M. Marissal :

Par intérim, mais, en attendant M. Cecchini, dont on salue la

nomination, c'est vous qui êtes en charge. Éric Chouinard est-il toujours

directeur de la sécurité des joueurs?

M. Lavallée

(Martin) : Oui.

M. Marissal :

Il n'est pas là, là, lui non plus, il ne peut pas se défendre, mais c'est

votre employé. Comment on peut être directeur de la sécurité des joueurs, aller

faire un affidavit sous serment dans une histoire de viol puis ne pas avoir lu

l'affidavit du joueur?

M. Lavallée

(Martin) : Écoutez, il a fait... il fait son affidavit avec le contenu

qui faisait référence à son expérience à lui. Je ne pense pas que ça faisait

référence à l'affidavit de M. Quirk.

M. Marissal :

On parle de M. Chouinard, là.

M. Lavallée

(Martin) : Oui.

M. Marissal :

Qui était en réponse à l'affidavit de M. Quirk.

M. Lavallée

(Martin) : Je vous entends.

M. Marissal : Moi aussi, je vous

écoute, la... Comment se fait-il que ce n'est pas remonté au plus haut... aux

plus hautes sphères de la ligue si le directeur de la sécurité des joueurs

était appelé à faire un témoignage sous serment? Il ne l'a pas lu, lui non

plus?

M. Lavallée

(Martin) : Tu sais, malheureusement, je ne suis pas en mesure de

répondre au nom de M. Chouinard. Ce que

je suis en mesure de vous dire, c'est que M. Chouinard a fait un

témoignage sous un affidavit par rapport à ce que lui connaît de la

situation.

M. Marissal :

Est-ce que vous pouvez, M. Lavallée, vous engager devant nous à aller

vérifier? Parce que ce... M. Chouinard, que je ne connais pas, là, il est

encore directeur de la sécurité des joueurs. Là, vous nous dites : vous

faites un appel aux possibles victimes pour libérer leur parole, et qu'ils

viennent vous voir et qu'ils soient capables de témoigner de ce qu'ils auraient

pu vivre. Moi, je ne mets pas votre bonne foi en cause, là, mais vous avez

quelqu'un qui est directeur de la sécurité des joueurs. Je ne vois pas comment

on peut être plus impliqué que ça.

La Présidente

(Mme Dionne) : En terminant. Il vous reste 10 secondes.

M. Marissal :

Vous n'avez pas redistribué le temps, Mme la Présidente?

La Présidente

(Mme Dionne) : On a redistribué le temps, c'était 45 minutes

d'intervention.

M. Marissal :

Vous avez raison. C'est mon erreur, vous avez raison.

La Présidente

(Mme Dionne) : Désolée.

M. Marissal :

Alors, à une prochaine.

La Présidente

(Mme Dionne) : Merci à tous pour vos contributions.

Donc, je vais

suspendre les travaux quelques instants, le temps d'accueillir notre troisième

groupe.

(Suspension de la séance à

11 h 36)

La Présidente (Mme Dionne) : Donc,

nous reprenons les travaux de la commission, et je souhaite la bienvenue

à M. Mario Cecchini, président par intérim des Alouettes de Montréal et

futur commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, qui est avec

nous aujourd'hui en visioconférence.

Je vous rappelle,

M. Cecchini, vous avez 10 minutes pour faire votre exposé et après

quoi nous procéderons à une période d'échange. Donc, je vous invite à vous

présenter et à nous faire votre exposé.

M. Cecchini (Mario) : Un

gros merci, Mme la Présidente. Alors, mon nom est Mario Cecchini, président

actuel des... président par intérim actuellement des Alouettes de Montréal et

futur commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, à compter du

8 mai.

Alors,

Mme la Présidente, Mmes, MM. les députés, d'abord et avant tout, je me présente

devant vous aujourd'hui avec une

grande volonté de collaboration. Par contre, vous le comprendrez, je suis aussi

dans une situation particulière, je suis toujours employé comme

président par intérim des Alouettes de Montréal. Nous sommes en plein processus

d'intégration qui suit la transaction. Alors, comme vous le savez, le rythme

est très élevé, considérant mon départ le 6 avril prochain.

À l'heure

actuelle, la LHJMQ est entre les mains de Martin Lavallée et de l'équipe du

bureau du commissaire jusqu'à mon arrivée le 8 mai prochain. J'ai

eu des contacts très limités avec le comité exécutif et l'exécutif de la ligue.

Par conséquent, je comprends que ma convocation n'est pas pour commenter une

situation que je n'ai pas connue dans une organisation où je n'ai encore aucune

fonction officielle, mais plutôt pour parler de l'avenir comme futur

commissaire de la LHJMQ. Du moins, c'est de cette façon qu'on me l'a présenté.

Et, avec tout

respect pour le travail de cette commission, j'aurais tout de même préféré vous

parler quelques mois après mon entrée

en poste et le début de la mise en place des bases de mon plan à long terme

pour le futur de la ligue. Vous avez,

par contre, considéré qu'il fallait que cette discussion ait lieu au plus tôt,

alors nous y sommes. J'y participe de bon coeur et je répondrai à vos

questions du mieux que je le pourrai, mais il m'apparaissait important que vous

connaissiez le contexte dans lequel je me retrouve, car je ne voudrais manquer

de respect à qui que ce soit si toutefois mes réponses vous apparaissaient

comme conceptuelles.

Ceci étant dit, j'aimerais partager quelques

réflexions avant de répondre à vos questions au meilleur de vos connaissances.

J'ai évolué durant la majorité de ma carrière dans le domaine de la

radiodiffusion et de la télévision dans tous les grands marchés canadiens,

depuis Montréal et Toronto, que j'ai habité au tournant du siècle.

Je suis arrivé dans le monde de la gestion

sportive de façon formelle en 2020 avec les Alouettes de Montréal. Toutefois,

ce n'était pas ma première expérience dans le merveilleux monde du sport

puisque j'ai produit, pour une courte période, l'émission Les amateurs de

sports , en 1992, sur les ondes de CKAC. J'ai aussi dirigé FAN 590, qui est

désormais Sportsnet, qui était alors la seule station sportive au Canada autour

de l'an 2000 et j'ai opéré, avec mon équipe, la transformation de CKAC,

qui devenait CKAC Sports en 2007. Bref, le monde du sport a toujours été

relativement près de moi.

Le sport s'est présenté initialement comme un

défi de gestion et de reconstruction. C'est ainsi que je me suis retrouvé président des Alouettes de Montréal à un

moment difficile de l'histoire de l'équipe. Je me réjouis, d'ailleurs,

que l'équipe ait retrouvé aujourd'hui un propriétaire québécois. C'était un peu

le sens de mon mandat, et de redorer le blason des Alouettes.

Au détour d'une conversation avant Noël, un ami

m'a fortement suggéré de réfléchir et d'envisager le poste de commissaire de la

Ligue de hockey junior majeur du Québec suite à la transition qui avait été

annoncée plus tôt au mois de décembre. L'idée a grandi et ma réflexion s'est

précisée. Le processus de sélection s'est étendu sur plusieurs semaines. J'ai

été heureux d'être le choix du comité de sélection, et ma nomination a été

entérinée par les 18 équipes, que je remercie de cette confiance.

Les événements des dernières semaines amènent

une transition plus mouvementée que prévu, mais je sais que je serai bien entouré par le bureau du commissaire. J'arriverai,

donc, en poste avec un autre bagage, un autre regard, tout en profitant

de la grande expertise en place. Nous devrons, comme ligue évolutive, être au

diapason de la société et de ses valeurs, donc en faire davantage et toujours

viser plus haut.

Quelques exemples de cette future évolution sont

notamment l'instauration d'un processus de plainte indépendant et une clarification de la réglementation actuelle à

l'intérieur du code d'éthique. L'éducation et la prévention demeureront prioritaires à l'intérieur de notre

mission. Cependant, s'il y a faute, il doit y avoir sanction. Celles-ci

devront être claires et connues de tous pour éviter le maximum de zones grises.

Dans l'avenir, je veux qu'il soit clair, reconnu

et incontestable que tout geste dégradant d'intimidation, de harcèlement, de

violence psychologique ou physique ou d'agressions sexuelles est inadmissible

dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et ne sera pas toléré. Dans

l'avenir, je veux qu'il soit clair, reconnu et incontestable qu'aucune culture

d'équipe ou de vestiaire ne peut servir à protéger des agresseurs ou à empêcher

des victimes de parler. Ce sera tolérance zéro pour l'intolérable et

l'inacceptable.

Le travail est, d'ailleurs, déjà commencé. Nous

comprenons tous que cette crise doit servir à aller de l'avant différemment. Et, comme disait Churchill, Il ne

faut jamais gaspiller une bonne crise . Il y a indéniablement

beaucoup de compétences à la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Je

voudrai m'assurer qu'il y ait beaucoup de cohérence, les mêmes règles

appliquées de la même façon dans tout le circuit, dans toutes les

circonstances. Cette rigueur et cette cohésion contribueront à redonner le

blason... à redorer, pardon, le blason de la Ligue.

Comme prochain commissaire de la Ligue de hockey

junior majeur du Québec, j'estime que je suis d'abord au service des jeunes. J'estime que les membres, les entraîneurs, les

employés sont aussi d'abord au service des jeunes. Les joueurs doivent sentir que leur intérêt, leur

sécurité, leur intégrité sont le sens de toutes les décisions. La Ligue

de hockey junior majeur du Québec doit être une organisation au service des

jeunes, de leur épanouissement personnel et social, de leur réussite scolaire

et de leur développement sportif.

Nous serons un circuit d'élite parce que nous

serons des bons guides et des bons mentors pour les jeunes. Nous serons des équipes en santé parce que nous

montrerons le hockey à son meilleur et parce que nous véhiculerons, dans la société, des valeurs gagnantes de travail,

d'effort et de respect. C'est dans cet ordre que je conçois les

priorités.

Je suis honoré d'avoir été choisi comme

commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Je comprends et

prends la mesure de la responsabilité liée à la fonction. Je ferai tout pour

que cette ligue, parmi les meilleures au monde, regagne tout son prestige.

Merci. Je suis maintenant prêt pour vos questions.

La Présidente (Mme Dionne) : Merci

infiniment, M. Cecchini, nous allons commencer nos échanges. Je cède

la parole du côté du gouvernement, donc à Mme la députée de Hull.

Mme Tremblay :

Oui, bonjour. Donc, merci d'être avec nous aujourd'hui. Vous l'avez

mentionné, vous avez quand même un horaire

chargé. Donc, comment votre expérience, là... Parce que vous avez parlé... Bon,

là, vous venez... vous arrivez du sport, du football avec les Alouettes.

Puis là vous avez dit : Bon, bien, j'avais un sens à mon mandat. Il y avait celui, notamment, de retrouver,

hein, un propriétaire québécois. Dans

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2023-03-21
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-43-1 journal-debats CCE-230321
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier50eddaaaa0bf91e35d7ab5eeec4cfc6ee28d7e19

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