Institutions — 8 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-10-08
Quebec — Committees
Ce projet de loi, M. le Président, il institue
donc un tout nouveau Code de procédure civile qui contient 777 articles
répartis sous huit livres, à savoir : Le cadre général de la procédure
civile, La procédure contentieuse, La procédure
non contentieuse, Le jugement et les pourvois en rétractation et en appel, Les
règles applicables à certaines matières civiles, Les voies procédurales
particulières, Les modes privés de prévention et de règlement des différends et
L'exécution des jugements.
Chacun de ces
livres, M. le Président, contient des dispositions susceptibles d'assurer l'atteinte
des objectifs établis dans la disposition préliminaire… parce qu'avant l'article 1
il y a une disposition préliminaire au nouveau Code de procédure civile, donc d'atteindre
ces objectifs qui sont établis dans la disposition préliminaire, à
savoir : l'accessibilité, la qualité et la célérité de la justice
civile; l'application juste, simple, proportionnée et économique de la
procédure; et l'exercice des droits des parties dans un esprit de coopération
et d'équilibre; ainsi que le respect des personnes qui apportent leur concours
à la justice.
M. le
Président, lors du débat sur l'adoption du principe du projet de loi
n° 28, j'ai eu l'occasion, pendant une bonne quarantaine de
minutes, si ce n'est pas une cinquantaine de minutes, M. le Président — et j'entends
l'opposition dire «au moins» — de
reprendre chacun de ces huit livres, M. le Président, pour en exposer le
contenu d'une manière plus détaillée. Alors,
je ne reprendrai pas ça. Je vais rendre heureux le député de Fabre, je ne
reprendrai pas... je tasse les feuilles rapidement pour en venir, M. le
Président, à ce que nous allons faire au cours des prochaines séances, donc l'étude
détaillée du projet de loi n° 28.
Vous le savez, M. le Président, il y a eu
consultations particulières les 10, 11 et 13 septembre dernier. Alors, nous avons entendu une quinzaine de groupes. À la
suite de ces consultations particulières, les experts du ministère ont revu l'ensemble des commentaires qui avaient été
formulés, et cela s'est transposé, dans plusieurs cas, en des
amendements, que j'aurai l'occasion de déposer tout au long de nos travaux.
Je peux vous dire, M. le Président, que j'aborde
ces travaux de l'étude détaillée du projet de loi n° 28 dans un esprit de
la plus grande coopération possible. Déjà, j'ai fait parvenir, il y a déjà
plusieurs jours, à l'opposition ou aux deux formations de l'opposition, les
mêmes cahiers que j'ai quant au livre I et au livre II du projet de
loi n° 28, avec tous les commentaires.
Et également j'ai eu l'occasion de leur transmettre ce matin les amendements
que nous proposons... que nous proposerons dans le... eu égard au
livre I du Code de procédure civile.
M. le Président, je termine sur un élément qui
me tient beaucoup à coeur, je le réitère — en fait, je pense que ça va être la dernière fois que je le dis — et, après ça, bien, on verra ce qui en
découle, mais je crois profondément que la seule façon d'adopter un
projet de loi de 830 articles en quelques mois — parce
que je pense que c'est un projet de loi qui
est très attendu par la communauté juridique et par nos concitoyens — c'est de procéder comme on l'a fait il
y a une vingtaine d'années avec le Code civil, par le biais d'une
sous-commission.
Vous le
savez, M. le Président... Pourquoi? Bien, parce que la Commission des
institutions, vous le savez, elle a plusieurs
mandats. On peut déjà prévoir qu'au cours des prochains mois elle aura
plusieurs mandats à remplir, puisque la Commission des institutions,
elle... c'est là qu'on retrouve tous les projets de loi, tous les dossiers qui
relèvent à la fois du ministre des
Institutions démocratiques, du ministre de la Sécurité publique, du président
du Conseil du trésor, dans certains cas, quand on parle de dossiers d'intégrité,
du ministre de la Justice. Alors, la Commission des institutions, elle a un mandat... elle aura, au cours des
prochains mois, plusieurs mandats à accomplir. Or, étudier un projet de loi
comme le projet de loi n° 28, 830 articles, évidemment, ça nécessite
de nombreuses séances. Alors, la suggestion que j'ai formulée il y a déjà plusieurs semaines, M. le Président, et que j'ai
réitérée publiquement le 10 septembre dernier quand nous avons amorcé les consultations particulières,
c'est de former une sous-commission de la Commission des institutions
qui serait chargée spécifiquement de l'étude détaillée du projet de loi
n° 28.
Je me suis inspiré, en fait, en cela, M. le
Président, comme je vous le mentionnais tantôt, des travaux qui ont amené à l'adoption du nouveau Code civil du Québec
il y a une vingtaine d'années, un projet de loi qui comportait plus de 3 000 articles.
Et, au printemps, j'ai eu l'occasion de rencontrer mon prédécesseur de l'époque,
Gil Rémillard, à qui je demandais : Comment vous avez fait pour adopter un
projet de loi de 3 000 articles? Et M. Rémillard m'a dit : D'abord, j'avais une bonne complicité avec ma
vis-à-vis de l'opposition à l'époque, qui était Louise Harel. Ça, ça ne pose pas problème, parce que je
pense qu'on travaille très bien ici, à la Commission des institutions; il y a
une bonne complicité entre les différents membres de la commission. Mais il me
disait : Écoutez, on a formé une sous-commission. On l'a formée le 27 août 1991, on s'est
réuni à 33 reprises pendant trois mois et demi, et, le
13 décembre 1991, donc trois mois et demi plus tard, j'étais en mesure de
déposer le rapport de la sous-commission qui avait procédé à l'étude détaillée
de plus de 3 000 articles.
Alors, m'inspirant
de cette façon de faire, j'ai proposé, le 10 septembre dernier, au parti
de l'opposition — et
je crois comprendre que, du côté de la deuxième opposition, ça ne pose pas
problème — qu'on
forme une sous-commission, M. le Président, de la Commission des institutions qui
aurait comme mandat de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 28 et donc qui pourrait se réunir en
novembre, en décembre, en janvier prochains, même si la Commission des
institutions a un autre mandat et se réunit en même temps. Alors, ça serait l'avantage,
c'est que, même si la Commission des institutions
amorce… et c'est une hypothèse bien théorique, M. le Président, mais
amorce une consultation générale qui dure plusieurs semaines sur un projet de loi, bien, la sous-commission qui
procède à l'étude détaillée du projet de loi n° 28 pourrait se réunir en parallèle, avec peut-être un
nombre plus restreint de parlementaires, et avancer sur ce projet de loi
que je souhaite voir adopté d'ici le 1er mars.
Vous le
savez, M. le Président, vous êtes un parlementaire d'expérience, vous
connaissez bien la vie politique, je pense
qu'on… une fois arrivé au mois de mars, M. le Président, l'existence même de la
législature va être problématique. Il y a un budget, puis éventuellement
on ne sait pas trop, on va rentrer dans une zone plus incertaine. Alors, mon objectif, c'est, comme je sais que ce projet de
loi il est très, très, très attendu… Des fois, je rencontre des gens du
Barreau qui me disent : Bien, là, vous allez l'adopter dans les prochaines
semaines, là? Ça va être réglé à Noël?, à qui je dis : Bien, non, c'est
plus compliqué que ça. Mais mon objectif, c'est le 1er mars, et je pense
que c'est réaliste, d'ici le 1er mars, de terminer l'étude détaillée du
projet de loi n° 28, mais c'est réaliste, à mon sens, seulement si on crée
cette sous-commission. Sinon, j'ai bien peur qu'on n'y arrivera pas.
Alors, c'est
pourquoi tantôt je proposerai, M. le Président, au niveau des motions
préliminaires, une motion pour créer cette sous-commission. Je la
soumets à débat. Je ne ferai pas un grand débat. Je vous la propose. On vote.
Si c'est rejeté, M. le Président, on n'en
parle plus, et on continue, et on continue en Commission des institutions. Mais
j'ai bien peur que, si on s'en tient à la Commission des institutions, on n'arrive
pas à livrer ce Code de procédure civile, qui est très, très, très attendu par
la communauté juridique et par les citoyens intéressés.
Alors, j'arrête ici,
M. le Président, en remerciant tous ceux qui ont contribué à faire avancer ce
projet de loi. Et j'inclus là-dedans, et je
le dis d'ailleurs souvent dans mes discours, notamment mes deux prédécesseurs
immédiats, la députée de Notre-Dame-de-Grâce
et le député de Saint-Laurent, le chef de l'opposition parlementaire, qui, dans
son cas, avait déposé l'avant-projet de loi dont
je me suis inspiré, dont nous nous sommes inspirés, pour présenter le projet de
loi n° 28.
Alors,
je salue tous mes prédécesseurs qui ont contribué, depuis 15 ans, à faire
avancer ce dossier. On est rendus à l'avant-dernière
étape… à la dernière étape avant l'adoption finale. J'espère qu'on va, tous
ensemble, y arriver. Et, je peux vous dire, on a déjà eu une rencontre
de travail, ce matin, qui s'est déroulée dans un climat très positif. Tous les parlementaires de l'opposition étaient présents.
Et j'ai bon espoir qu'on va réussir à passer à travers ce projet de loi
n° 28, mais je crois qu'il faut
vraiment y aller avec une sous-commission. Lors des motions préliminaires, je
ferai cette proposition. Je ne veux pas qu'on en débatte pendant deux heures,
pendant trois heures. Je présenterai en quelques mots ma motion, et on la vote. Et ensuite, bien, advienne que pourra.
Si elle n'est pas adoptée, bien, on ira avec la Commission des
institutions, avec les réserves que j'ai formulées. Alors, je vous remercie, M.
le Président.
Le Président (M.
Marsan) : Bien, merci à vous, M. le ministre. Et nous
poursuivons, j'invite maintenant le porte-parole
de l'opposition officielle en matière de justice et député de Fabre à nous
faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de
20 minutes. M. le député.
Ouimet (Fabre) : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour
de saluer les collègues de tous les partis, les gens qui accompagnent le ministre, des visages connus,
des gens qui, on sait, ont consacré un nombre — j'allais dire «d'heures», ce n'est pas «d'heures» — d'années incalculables à ce projet. Alors,
bienvenue à la Commission des institutions, et aux gens qui nous
écoutent.
l'a dit, on l'a dit depuis le début de la 40e législature, lorsqu'il a été
question de faire avancer ce projet de
loi là — qui n'était
pas déposé au départ parce que je pense qu'il a été déposé le 30 avril, de
mémoire — l'opposition officielle est favorable à ce projet. Le ministre l'a souligné, c'est un
projet qui chemine depuis une quinzaine d'années, et le précédent ministre de la Justice, le député de
Saint-Laurent, avait déposé un avant-projet de loi. Donc, en ce qui concerne l'opposition officielle, là, ce
projet-là, c'est un projet auquel on tient, c'est un projet qu'on a fait
avancer et c'est un projet qu'on souhaite voir aboutir, et ça, je veux dire, on
l'a dit, on l'a répété, on l'a dit avant que
le projet de loi ne soit déposé, et c'est encore le cas aujourd'hui, et on va
procéder. D'ailleurs, on a, jusqu'à maintenant, M. le Président,
toujours été disponibles au moment où il fallait travailler à ce projet de loi
là et on va continuer de le faire.
Je souligne… le
ministre l'a mentionné, dès ce matin, on a eu une réunion de travail pour faire
avancer le dossier. On nous avait remis, la semaine dernière, les cahiers du
ministre, là, qui contiennent le projet de loi avec des commentaires — c'est
très utile — en
ce qui concerne les deux premiers livres à tout le moins, alors on chemine. On apprécie d'avoir ces documents-là, ça nous aide à
faire avancer le dossier, de la même façon qu'on a eu, ce matin, des amendements, et je pense que c'est la bonne façon
de procéder. Ces réunions de travail, M. le Président, bien qu'elles
soient à l'extérieur des caméras, permettent de déblayer le terrain, de cibler
les points sur lesquels il va fall