CRC — 9 October 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 9 octobre 2025
Vol. 48 N° 5
Consultation générale et auditions publiques sur le cahier de consultation intitulé « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2026-2029 »
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
12 h
12 h 30
13 h
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
Journal des débats
12 h (version non révisée)
(Douze heures vingt et une minutes)
La Présidente (Mme Poulet) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre les auditions publiques dans le cadre de la consultation générale
sur le cahier de consultation intitulé La planification de l'immigration au
Québec pour la période 2026-2029.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Picard (Soulanges) est remplacée par M. Lemieux
(Saint-Jean); M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne); et M. Bérubé (Matane-Matapédia) par M. Boissonneault
(Arthabaska).
La Présidente (Mme Poulet) : Compte
tenu de l'heure, nous avons débuté plus tard que prévu, est-ce qu'il y a
consentement pour terminer à 15... 13 h 15? Parfait. Alors, nous
entendrons ce matin les personnes et groupes suivants : l'Institut du
Québec et Mme Anne Michèle Meggs. Alors, bonjour à vous trois. Je vous souhaite
la bienvenue. Alors, vous disposez de 10 minutes. Je vous...
La Présidente (Mme Poulet) :
...je vous invite à vous présenter et à commencer votre exposé.
Mme Braham (Emna) : Bonjour à
tous, Emna Braham, je suis la présidente-directrice générale de l'Institut du
Québec. Je suis accompagnée de mes collègues Jean-Baptiste Vallantin-Dulac et
Simon Savard. À l'Institut du Québec, on a comme mission d'analyser les enjeux
du Québec à travers nos lunettes d'économiste pour éclairer le débat public. On
s'intéresse tout particulièrement aux enjeux du marché du travail, de finances
publiques et de développement économique.
Au cours des dernières années, le Québec a
connu un nombre record d'immigrants temporaires, soit des travailleurs, des
étudiants, des demandeurs d'asile. Ça a permis de combler des postes à un
moment où le Québec manquait cruellement de travailleurs. Mais depuis 2023,
l'économie du Québec tourne plus lentement et les employeurs sont beaucoup plus
frileux à faire de nouvelles embauches. Résultat, le taux de chômage a
augmenté, surtout pour ceux qui cherchent un emploi pour la première fois. Les
jeunes et les immigrants eux-mêmes. Le consensus est maintenant clair, il faut
revenir à un rythme plus soutenable de l'immigration et surtout miser sur une
gestion plus prévisible.
Votre cahier de consultation reflète bien
cette volonté de changer de cap. Mais on reconnaît que ce virement va être
extrêmement complexe. D'abord, parce que vous jonglez avec une multitude de
programmes, parfois gérés par Ottawa, parfois gérés par Québec, avec différents
seuils, différents critères. Ensuite, réduire l'immigration, ça va
nécessairement dire prioriser certains programmes au détriment de d'autres.
Parce qu'aucune politique, on en convient, ne va régler tous les enjeux,
revitaliser les régions, créer de la richesse, combler toutes les pénuries de
main-d'œuvre. Et enfin, tout virage va bouleverser des projets. Qu'il s'agisse
d'immigrants venus dans l'espoir de s'établir, d'entreprises qui comptaient sur
cette main-d'œuvre ou d'établissements d'enseignement qui comptaient sur ces
étudiants.
Face à cette complexité, on propose
quelques pistes de réflexion qui nous semblent alignées avec les objectifs
économiques du Québec, donc principalement d'accroître le niveau de vie de ses
habitants. Notre principale recommandation, c'est qu'il faudrait augmenter
plutôt que de réduire les seuils d'immigration permanente. Et cette
proposition, elle ne vise pas à augmenter le nombre de travailleurs pour combler
des pénuries, elle vise plutôt à gérer la transition pour stabiliser
l'immigration temporaire.
Je m'explique. Vous le notez dans votre
cahier de consultation, c'est la hausse de l'immigration temporaire et non
permanente qui a fait croître la population du Québec aussi rapidement et qui a
créé... et qui explique certaines des conséquences que vous déplorez :
Coût... le logement, l'inflation. Donc, nous sommes d'accord pour réduire
l'admission des immigrants temporaires. On parlera des priorités plus tard.
Mais diminuer les seuils d'immigration permanente, comme vous le proposez,
alors qu'il y a aujourd'hui 562 000 immigrants temporaires sur le
territoire, ne fera que créer des goulots d'étranglement.
Notre conclusion... nos conclusions
reposent sur le fait que plusieurs immigrants temporaires repartiront comme
prévu, mais d'autres ont toutes les qualifications pour accéder à la résidence
permanente. Si on prend par exemple les 40 000 détenteurs de permis
postdiplômes, on voit que beaucoup vont correspondre parfaitement aux critères
prioritaires du Québec. Donc, jeunes, hautement qualifiés, avec un diplôme
québécois ou canadien. Avec des seuils économiques réduits à... entre
15 000 et 27 000 admissions, seule une minorité va pouvoir bénéficier
de cet accès. Or, préserver le passage des talents qualifiés venus de manière
temporaire pour étudier vers la résidence permanente vient directement répondre
à l'objectif du gouvernement d'accroître le PIB par habitant. On le voit dans
les données, les immigrants économiques qui ont déjà étudié au pays ou
travaillé au pays gagnent en moyenne 2,3 fois plus que ceux qui viennent
directement de l'étranger.
Maintenant, en ce qui a trait à
l'immigration temporaire, le cahier propose de réduire de moitié le nombre de titulaires
de permis temporaires régis par Ottawa d'ici 2029. C'est une requête, on pense,
qui pourrait être mieux définie. D'abord, en termes de données, l'estimation de
416 000 titulaires de permis délivrés par Ottawa correspond à une
catégorie qu'on ne retrouve pas dans la documentation du fédéral. Elle semble
plutôt calculée indirectement en soustrayant le nombre de travailleurs
étrangers temporaires et d'étudiants, d'IRCC, d'une estimation démographique de
Statistique Canada, surtout que ces données viennent d'être mises à jour.
Ensuite, la requête ne précise pas comment cet effort de réduction devrait être
réparti entre les différents programmes fédéraux, alors que ces programmes
amalgament des réalités complètement différentes, des demandeurs d'asile avec
des enjeux humanitaires à des permis de travail avec un objectif davantage
économique.
Le risque, c'est qu'Ottawa, pour atteindre
ces cibles, réduise des programmes qui sont essentiels pour le Québec, comme
les permis postdiplôme qu'on mentionnait tout à l'heure. Maintenant, concernant
le programme des...
Mme Braham (Emna) : ...travailleurs
étrangers temporaires. Au cours des dernières années, ce programme a surtout
répondu aux besoins les plus urgents des employeurs, mais ces besoins ne sont
pas toujours alignés avec les besoins... les objectifs à long terme du Québec.
D'abord, même s'ils ont permis à plusieurs
régions de revoir à nouveau leur population croître, le séjour des travailleurs
étrangers temporaires est par définition temporaire. Et seule une... une minime
partie accède à la résidence permanente. Le système est donc contraint à
constamment faire venir des travailleurs pour ces postes et à les remplacer.
Ensuite, le programme a surtout permis de
combler des postes peu qualifiés. En fait, 80 % des permis concernaient
des emplois qui requéraient au plus un secondaire cinq, ce qui tend à diminuer
le PIB par habitant en raison des revenus plus faibles et peut ralentir les
transformations nécessaires dans les entreprises pour rehausser la
productivité.
Donc, dans votre réduction proposée du
nombre de TET, nous suggérons de prioriser les emplois où les pénuries de
main-d'œuvre sont les plus tenaces. Et, ce qu'on veut dire par «tenace», c'est
vraiment les emplois où le système d'éducation ne suffit pas à la demande, qui
sont fortement réglementés, donc difficiles d'accès, et qui prennent beaucoup
de temps pour requalifier des travailleurs pour y accéder.
Ensuite, concernant le Programme des
étudiants internationaux, le plus important, c'est de préserver l'attractivité
de notre système d'enseignement supérieur. Au cours des dernières années, il y
a eu une forte croissance dans les programmes courts, des programmes
secondaires de formation professionnelle ou d'attestation d'études collégiales,
ce qui ne correspondait pas tout à fait aux objectifs d'éducation
internationale du Québec. Il y a tout intérêt à limiter ce type d'accès.
Par contre, la capacité des universités
québécoises à attirer les meilleurs étudiants, les meilleurs chercheurs, est
essentielle pour préserver l'excellence de nos institutions mais aussi stimuler
l'innovation pour rehausser la productivité.
L'exercice que vous entreprenez est
extrêmement complexe. Mais votre vrai défi aujourd'hui ne sera pas
nécessairement de trouver le bon seuil mais vraiment de rétablir la confiance
dans notre système d'immigration. Et, pour ça, il faudra nécessairement
davantage de stabilité réglementaire.
Un enjeu qu'on voit, c'est que les cibles
pour l'immigration temporaire ont été établies en termes du nombre de
détenteurs de permis en 2029, plutôt que selon un nombre de permis à émettre
chaque année. Le danger, c'est que Québec et Ottawa soient contraints de
changer les règles du jeu en cours de route pour respecter la trajectoire.
Pour conclure, rappelons que notre système
d'immigration a historiquement donné d'excellents résultats économiques, et il
est possible de renouer aujourd'hui avec les conditions qui ont fait son
succès. Merci.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup. Alors, on va procéder aux échanges. On va commencer avec M. le
ministre pour une période de huit minutes.
• (12 h 30) •
M. Roberge : Huit minutes.
Très bien. Merci. Merci pour votre patience. Les travaux parlementaires ont été
plus longs que d'habitude ce matin. Mais sachez qu'on a vraiment bien pris
connaissance de votre mémoire puis on vous écoute attentivement.
Il y a plusieurs éléments sur lesquels on
s'entend. Je suis content de voir que vous souhaitez qu'il y ait une
préservation, une stabilisation de l'effectif d'étudiants étrangers, grosso
modo, dans le réseau universitaire, mais que vous ne voyez pas toutes les
formations sur un même pied d'égalité. Vous parlez... peut-être de réduire
l'accès à des programmes courts et d'y aller, je vous dirais, de manière
précise. C'est l'intention avec la loi 74 adoptée il y a un peu plus d'un
Vous parlez du Programme Mobilité
internationale, recommandez de prioriser l'accès au PMI pour les étudiants
étrangers diplômés, la famille des diplômés. Mais est-ce qu'il y a des
catégories de travailleurs du PMI qui devraient, selon vous, être réduites?
Mme Braham (Emna) : Un des
défis, avec le PMI, c'est effectivement qu'on a assez peu de visibilité sur
toutes les différentes catégories. On comprend qu'il y a certaines catégories
où il y a peu de marge de manœuvre lorsqu'elles sont liées à des accords
internationaux par exemple, mais certainement il y a moyen de restreindre,
probablement, qu'on parle par exemple des conjoints, puis ça a déjà été fait
dans les dernières... dans les derniers mois, les conjoints des travailleurs
les plus qualifiés, les étudiants du deuxième, du troisième cycle qui ont
besoin d'avoir... qui viennent vraiment s'installer pour une plus longue
période, pour que leur conjoint puisse venir avec eux. Mais, par contre,
peut-être pas élargir ce programme-là à l'ensemble... à l'ensemble des
travailleurs ou des étudiants qui viennent de manière vraiment ponctuelle, par
définition, au Québec. Donc, ces restrictions...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Braham (Emna) : ...vont...
pourraient être mises en place.
M. Roberge : Est-ce que je me
trompe ou vous êtes d'accord pour un resserrement du PMI, mais ciblé, mesuré,
en prenant garde à des travailleurs qualifiés puis à des étudiants
universitaires?
Mme Braham (Emna) : Tout à
fait. Puis le défi, c'est vraiment de mieux définir, parce que, dans le cahier
de consultation, il y avait peu de description sur qu'est-ce qu'on demande
exactement à Ottawa de faire, et donc je pense qu'on... le Québec a tout
intérêt à clarifier ses demandes à ce niveau-là pour s'assurer que les
programmes qui sont les plus porteurs et qui sont aussi peut-être en lien avec
des programmes que lui-même gère... Donc, par exemple, quand on parle des
permis postdiplômes, c'est Québec qui gère l'admission des étudiants
internationaux. Donc, il veut peut-être s'assurer que ces étudiants restent par
la suite. Donc, davantage clarifier les demandes auprès d'Ottawa sur cette
réduction.
M. Roberge : Pour le
programme des travailleurs étrangers temporaires, vous nous parlez aussi de
prioriser certains secteurs stratégiques. Vous avez dit : Travailleurs
étrangers temporaires, bien, ils sont temporaires, ils ne vont pas tous rester.
C'est différent de ce que j'ai entendu de plusieurs autres intervenants, où
plusieurs disaient avant vous : Bien, écoutez, ils sont ici. Ceux qui sont
ici, ils travaillent. S'ils travaillent, donc ils paient des impôts. Donc, si
tu es sur le territoire québécois, que tu travailles, que tu paies des impôts,
tu devrais avoir droit à la citoyenneté. J'ai senti que vous ayez... vous avez
un peu plus de nuance. Donc, il faudrait... Faudrait-il... Faudrait-il donner
la citoyenneté à tous les TET? Faudrait-il mieux cibler les TET en fonction des
régions et des secteurs?
Mme Braham (Emna) : Alors, il
y a deux éléments. Pour le passage entre TET et résidence permanente avant la
citoyenneté, ce que les données nous montrent, c'est que ce n'est... c'est un...
c'est un groupe qui ne va pas avoir les meilleurs résultats par la suite. C'est-à-dire
que le passage entre résident temporaire et résident permanent est
particulièrement positif. Puis, quand je dis positif, c'est en termes de :
ils vont avoir des revenus au-dessus de la moyenne québécoise assez rapidement
après leur accès à la résidence permanente. Bien, ce bénéfice-là, on le voit
surtout pour les travailleurs les plus qualifiés. Or, actuellement, les PTET,
on l'a mentionné, 80 % sont dans des emplois qui requièrent au plus un
secondaire cinq. Donc, ce qu'on voit, c'est que ces travailleurs-là, après
avoir accédé à la résidence permanente, vont continuer à avoir des revenus qui
sont en dessous de la moyenne québécoise. Et donc on ne préconise pas de
systématiser l'accès à la résidence permanente pour tous les travailleurs
étrangers temporaires.
M. Roberge : Vous nous avez
suggéré une hausse du nombre de permanents, donc de gens qui resteraient ici,
mais je comprends que c'est assorti avec une réduction des temporaires dans
votre réflexion, que ce soient certains étudiants étrangers, pas tous, en
ciblant des programmes. Même chose pour des TET, même chose pour des PMI. Est-ce
que vous incluez aussi des réductions de nombre ou d'arrivées de demandeurs
asile, donc, si on atteint tout ceci, alors nous pourrions hausser les
permanents? Est-ce que c'est votre analyse?
Mme Braham (Emna) : Alors, ce
qu'on voit, c'est... le défi aujourd'hui, c'est le nombre de personnes qui sont
actuelles sur le territoire. De ce nombre-là, il y a une
partie que le Québec a
tout intérêt à garder parce qu'ils répondent, dans les faits, aux critères que
le Québec s'est donnés pour la résidence permanente. Donc, c'est pour ça, les
travailleurs les plus qualifiés, les diplômés d'établissements québécois sont
tous des personnes qui sont actuellement sur le territoire et, avec des seuils
réduits, vont tout simplement quitter, aller... retourner chez eux ou aller
dans un autre pays, alors que le Québec aurait intérêt à les maintenir, d'où la
recommandation d'avoir des seuils un peu plus élevés, le temps de garder au
moins ceux qui sont déjà sur le territoire et qui correspondent à nos critères.
Il y a un deuxième cas de figure, qui est
plutôt d'ordre humanitaire, qui sont les demandeurs d'asile, qui sont en grand
nombre aujourd'hui au Québec. Dans les faits, ce sont des personnes qui peuvent
difficilement se déplacer et qu'il va falloir régulariser. Donc, le défi, là,
il est plutôt d'ordre humanitaire, où des seuils d'immigration permanente plus
réduits vont simplement allonger les délais pour régulariser ces personnes qui
sont sur le territoire.
M. Roberge : Ils pourraient
aussi régulariser ou devenir des permanents mais ailleurs au Canada. Ils arrivent...
On a... On fait comme s'il y avait des frontières autour du Québec, là, mais ce
n'est pas le cas, là. Ils arrivent au Canada pour demander l'asile, pas
nécessairement au Québec. Ils pourraient aussi être mieux répartis selon le
poids démographique du Québec à l'intérieur du Canada. Ce n'est pas normal qu'on
aille 30 %, 40 %, 50 % des demandeurs d'asile du Canada.
Mme Braham (Emna) : Tout à
fait. Le Québec a accueilli une part plus importante des demandeurs d'asile au
cours des dernières années. Il reste à savoir aujourd'hui, dans les prochaines
années, est-ce que c'est possible de passer à la résidence permanente dans une
autre province. Dans les faits, c'est des personnes qui sont ici aujourd'hui.
Historiquement, à peu près 80 % des demandeurs d'asile se voient attribuer
le statut de réfugié. Et donc, dans les faits...
Mme Braham (Emna) : ...il
va falloir qu'il passe dans des seuils, que ce soit au Québec ou ailleurs au
Canada.
M. Roberge : Et pour ce
qui est de la question des travailleurs étrangers, vous parlez de secteurs
stratégiques, donc peut-être les gens les plus qualifiés. Mais est-ce qu'il n'y
a pas aussi la répartition géographique? C'est-à-dire que, par exemple, à
Montréal, en ce moment, le taux de chômage est très élevé, le taux de chômage
chez les jeunes est très élevé. Il y a un bassin de main-d'œuvre très
important, notamment dans le pays, des demandeurs d'asile. Est-ce qu'on peut
avoir cette approche-là? C'est l'approche gouvernementale en ce moment, mais
qu'est ce que vous pensez aussi d'y aller en fonction de critères régionaux
associés au taux de chômage puis à la vitalité de la langue française aussi?
Mme Braham (Emna) : Pour
moi, ça, c'est pour le programme des travailleurs étrangers temporaires?
M. Roberge : Oui, c'est
Mme Braham (Emna) : Oui,
tout à fait. Dans les faits, 80 % des PTET, actuellement, sont à
l'extérieur de l'île de Montréal parce qu'ils sont venus justement combler des
pénuries qui étaient plus aiguës à l'extérieur de Montréal qu'à Montréal. Donc,
c'est... Dans les faits, c'est ce qu'il se passe aujourd'hui pour dans la
volonté de réduire les PTET. On peut y aller de manière régionale.
La Présidente (Mme Poulet) :
Désolée de vous interrompre. On va poursuivre les discussions avec le député de
l'Acadie pour une période de six minutes.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Merci beaucoup. Désolé pour notre retard. Je vais y aller
directement. J'ai lu avec beaucoup d'attention votre mémoire, je vous en
remercie, mais j'aimerais commencer par la page 4 de votre mémoire, parce
qu'à la page 4 vous soulevez la divergence dans la comptabilisation des
titulaires de permis du PMI. Et ça, j'ai trouvé ça fort intéressant parce que,
tu sais, normalement, les chiffres, c'est des chiffres, on devrait arriver
sensiblement aux mêmes chiffres. Alors, vous soulignez que le MIFI recense
299 185 personnes, donc presque 300 000. Ça le MIFI, c'est
Québec dans le PMI. Donc, Québec compte les permis fédéraux et il arrive à
300 000. Mais le fédéral, lui, qui les émet, donc, on présume qu'il sait
ce qu'il fait, arrive à 125 540 selon sa propre définition. Donc il y a un
écart qui est très grand. Mais il y a un autre élément sur lequel j'aimerais
attirer votre attention, c'est parce que je veux... je veux comprendre. Puis
vous, vous êtes des spécialistes là-dedans, je veux comprendre qu'est-ce qu'il
se passe. Dans le document que le gouvernement du Québec a produit dans les
consultations en 2023, ça ne fait pas si longtemps que ça, là, quand on regarde
selon les sources du gouvernement du Québec, en 2023, pour le PMI, en 2021, il
y en avait 64 120. Mais dans le document du gouvernement du Québec, 2025,
si on va voir l'année 2021, bien là, le PMI, il n'y en a plus 64 000,
il y en a 131 540. Puis là je compare la même année, là. Normalement, ça
devrait être semblable. Puis quand, après ça, on va en 2022, dans le document
de 2023, c'était 73 000 PMI. Là, c'est 160 060. Comment? Comment
est-ce qu'on peut expliquer un écart qui est si grand? Et je vous soumets une
hypothèse. Est-ce que le gouvernement du Québec pour appuyer son narratif que
c'est toujours le fédéral, gonfle des chiffres?
• (12 h 40) •
Mme Braham (Emna) :
Bien, peut-être, sur le 300 000, puis on a on a souligné la même chose
dans notre avis, ce qu'on comprend, c'est que donc, dans le cahier de
consultation, on fait référence aux PMI, mais dans le fond, on amalgame dans
cette catégorie à la fois ce que les IRPP, donc le fédéral considère comme des
programmes de mobilité internationale, des PMI, mais également d'autres types
de permis qui sont émis par le fédéral mais qui ne sont pas considérés comme
des PMI par le fédéral, qui seraient principalement des permis de personnes qui
ont été acceptées à la résidence permanente et qui sont en attente de leur
carte et ainsi que des permis d'étudiants qui ont besoin d'un permis de travail
pour refaire un stage, par exemple. Donc d'autres catégories qui sont régies
par le fédéral mais qui ne sont pas nécessairement de la catégorie. Et on y
ajoute également des permis d'ordre humanitaire, des permis de travail d'ordre
humanitaire qui sont émis par le fédéral, mais, encore une fois, qui ne sont
pas dans la même catégorie permis d'immigration, réfugiés Citoyenneté Canada.
M. Morin : OK. Mais
est-ce que ça veut dire, par exemple, qu'une personne sur le territoire
pourrait se ramasser avec un ou deux permis émis par le fédéral dans le PMI?
Mme Braham (Emna) : Il y
a des différences, d'importantes différences qui...
Mme Braham (Emna) : ...qui...
entre les estimations démographiques, donc les estimations du nombre de
personnes qui sont effectivement sur les territoires qui sont faits par
Statistique Canada, qui nous donne une bonne estimation du nombre de personnes
qui sont vraiment là, mais qui ne nous donne pas le détail de quelle catégorie
de permis ou de visa ils ont, et on a d'autres données qui ne sont pas tout à
fait compatibles d'IRCC, qui sont vraiment sur le nombre de permis émis ou le
nombre de permis valide... Et, à ce moment-là, effectivement, il peut y avoir
un certain dédoublement parce qu'une personne peut avoir plusieurs permis, le
permis peut être échu ou des choses comme ça.
M. Morin : Parce
qu'évidemment on se comprend, si, pour les fins du PMI, je ne sais pas, moi,
une personne que... vous venez de le souligner, elle peut avoir un, ou deux, ou
trois permis, bien, évidemment, ça augmente le nombre de permis, mais ça
n'augmente pas le nombre de personnes, c'est la même personne qui a différents
permis. Donc, au niveau des services, au niveau du logement, c'est autre chose,
là, mais je vous... Pardon?
Une voix : ...
M. Morin : OK. Merci. Autre
chose. Dans les... là, on se ramasse... Ma compréhension, c'est qu'on se
ramasse avec à peu près 142 000 personnes qui sont en attente de résidence
permanente au Québec, donc qui ne sont pas encore des permanents, ils sont sur
la voie de, ils ont probablement eu un CSQ. Si vous regardez le nombre de
personnes qui sont en attente et que vous analysez des scénarios du
gouvernement, 25 000, 35 000, ça va prendre combien de temps pour que ces
personnes, finalement, deviennent des résidents permanents? Puis, si le
gouvernement adopte, par exemple, le scénario a, 25 000, ça va faire quoi pour
l'économie québécoise?
Mme Braham (Emna) : C'est
justement le principal défi qu'on voit avec des seuils d'immigration permanente
plus restreints que ce qu'on a actuellement, c'est justement ces personnes qui
sont ou dans une situation d'attente d'accéder à la résidence permanente ou qui
répondent aux critères de l'immigration permanente et qui sont déjà sur le
territoire et qu'on risque de voir partir. Donc, le défi, c'est à la fois voir
les meilleurs talents quitter, parce que les meilleurs talents sont très
mobiles, et, de l'autre côté, juste simplement allonger les délais d'obtention
de la résidence permanente.
M. Morin : ...sur le
regroupement familial? On a des familles qui sont séparées depuis déjà trop
longtemps. Ça va juste accroître les délais?
Mme Braham (Emna) : Tout à
fait. C'est le risque de voir les délais pour toutes les catégories, que ce
soit les immigrants économiques...
La Présidente (Mme Poulet) : Désolée
encore de vous interrompre, mais on va poursuivre les discussions avec le
député de Saint-Henri Sainte-Anne pour une période de deux minutes.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je poursuis dans la lignée de mon collègue quand même. Puis vous
le dites, là, les mises en garde sont importantes sur les chiffres. Il y a par
ailleurs un
article de Radio-Canada aujourd'hui, Immigration : Québec
gonfle les chiffres «artificiellement», dénoncent les avocats . Donc, c'est
sûr que, quand on veut partir un débat, il faut le partir sur des vraies
statistiques, des bons chiffres. Et là vous soulevez, vous aussi, plusieurs
drapeaux rouges, puis les experts du terrain nous en soulèvent aussi. Donc,
c'est quand même très important. Là où j'ai bondi, là, quand même, c'est à la
page six, «54 ans», vous mentionnez ça dans votre mémoire, jusqu'à 54 ans. Avec
personne qui ne se rajoute, ça serait 54 ans d'attente pour régulariser la
résidence permanente pour un réfugié reconnu.
Mme Braham (Emna) : Si on
suppose que toutes les personnes sont demandeurs d'asile qui sont au Québec
vont faire la demande au Québec et que 80 % vont être admis, comme ce
qu'on a vu historiquement, bien, effectivement, avec les seuils qui sont
prévus, là, d'immigration permanente dans la catégorie immigrant humanitaire
déjà... sélectionné déjà sur le territoire, bien, ce seraient ces délais-là
qu'il faudrait pour simplement régulariser les personnes qui sont déjà sur le
territoire.
M. Cliche-Rivard : Et ça,
vous le faites, la corrélation, aussi dans les autres programmes? Est-ce que
vous avez estimé la réunification familiale combien ça serait, le délai?
Mme Braham (Emna) : Non, on
n'a pas fait exactement ce calcul-là. Puis, pour le regroupement familial,
c'est plus difficile parce qu'il y a comme un effet de vases communicants entre
les programmes. Donc, selon le nombre de personnes qu'on accepte à
l'immigration... dans les catégories économiques, bien, on va avoir aussi,
quelques années plus tard, une hausse des demandes de regroupement familial.
Donc, c'est plus difficile à estimer exactement, mais ce qui est certain, c'est
qu'aujourd'hui, on l'a vu au cours des dernières années, il y a eu des délais
pour l'obtention de certains de ces permis-là et donc, avec des seuils
d'immigration encore plus restreints, bien, on vient allonger ces délais tout
simplement pour les personnes qui n'ont pas le choix que d'attendre.
M. Cliche-Rivard : ...artificiellement,
le «backlog», comme vous l'avez dit, 144 000 personnes, 142 000 personnes déjà
sélectionnées qui attendent la résidence permanente.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup de votre contribution à nos travaux.
Alors, on va suspendre quelques minutes,
le temps que le prochain groupe s'installe.
(Suspension de la séance à 12 h 47)
(Reprise à 12 h 49)
La Présidente (Mme Poulet) : Alors,
on reprend nos travaux. Bonjour, Mme! Bienvenue parmi nous. Alors, je vous
invite à vous présenter et à commencer votre exposé d'une durée de
10 minutes. Et, par la suite, on va procéder à une période d'échange.
Alors, la parole est à vous.
Mme Meggs (Anne Michèle) : Merci,
Mme la Présidente. Merci à tous les membres de la commission. Et j'ajoute un
grand merci à toute l'équipe du ministère, qui travaille fort, je sais sur cet
exercice depuis près d'un an maintenant.
Souvent, on tient pour acquises certaines
pratiques qui durent depuis quelque temps. On est tellement habitués qu'on
oublie parfois leur unicité ou, dans d'autres cas, on oublie que les choses ont
déjà été faites autrement. Deux exemples. Récemment, une chercheuse du Canada
anglais m'a consultée sur notre processus de planification. Son équipe avait de
la misère à obtenir des informations sur les consultations du fédéral qui se
tiennent derrière les portes closes. En lui décrivant notre façon de faire, je
me suis rendu compte à quel point elle est remarquable. Depuis 40 ans, le
gouvernement du Québec présente, tous les deux, ou trois, ou quatre ans, ses
orientations en immigration à l'Assemblée nationale et invite des commentaires,
même critiques. Toutes les parties prenantes peuvent participer, par écrit, plusieurs
en personnes, et même le public, par le questionnaire en ligne, d'un processus
constructif et civil et unique au monde, à ma connaissance, qui illustre bien
l'originalité québécoise.
Ceci étant dit, dans mon mémoire, je
propose quelques suggestions d'amélioration. Les règles qui forcent des
réponses complètes à vos questions dans une minute 14 secondes ne sont pas
toujours optimales. Il faut toujours aussi garder en tête que tous les volets
de la politique d'immigration touchent profondément les vies des êtres humains
au moment où ils prennent la décision la plus importante de leur vie. Il s'agit
d'un domaine aussi humain et aussi polarisant que l'aide médicale à mourir, ils
méritent la même approche transpartisane pour arriver à un consensus social.
Une autre pratique qu'on semble tenir pour
acquise est le système d'immigration en deux étapes. Quelqu'un arrive avec un
permis temporaire et obtient la résidence permanente plus tard. Mais cette
façon de faire est relativement récente. Jusqu'au début des années 2000,
toutes les personnes qui souhaitaient s'établir au Québec ou au Canada devaient
présenter leur demande à partir de l'étranger. Mais, à peu près 20 ans,
cette exigence a été éliminée, ouvrant la porte à une immigration en deux
étapes.
Il a commencé avec... surtout avec des
permis d'études et la fausse bonne idée qu'un projet éducatif, en devenant
plutôt un projet d'immigration, aurait des effets économiques extraordinaires,
tant sur le plan commercial que sur le PIB. Les provinces ont embarqué parce
que les étudiants étrangers devenaient une façon de financer l'éducation
post-secondaire et une source de main-d'œuvre captive à bas salaires.
Avec le temps, les permis de travail
temporaires se sont ajoutés au mix. En même temps, avant l'arrivée de système
Arrima, le traitement des demandes d'immigration permanente était souvent très
long parce qu'il... on traitait chacune des demandes reçues en ordre
chronologique. Une demande de permis d'étude ou de travail, dans le temps,
pouvait être plus rapide parce que la grille de sélection...
Mme Meggs (Anne Michèle) :
...des conditions linguistiques et des critères de capital humain ne
s'appliquent pas à ces permis, ce qui est problématique tant sur le plan
économique que linguistique. De plus, beaucoup d'efforts ont été mis en place
pour encourager l'immigration temporaire. Le Québec... au Québec, le
recrutement à l'étranger a tourné vers l'immigration temporaire, à tous les
niveaux au gouvernement, le MIFI, le ministère de la Santé, mais aussi les
agences de recrutement privées, les établissements postsecondaires, les
employeurs eux-mêmes font tous du recrutement, d'immigration temporaire pour ne
pas mentionner les filières criminelles, les passeurs et les faux consultants
et avocats. Et l'appât est toujours la même : La résidence permanente est
à votre portée.
En 2009, on a rouvert des bureaux
régionaux du MIFI, mais plutôt que d'offrir des services d'accueil et
d'intégration, on aide les entreprises à naviguer le labyrinthe, des EIMT, des
permis de travail temporaires. Les deux gouvernements ont lancé les programmes
accélérés vers la résidence permanente pour les temporaires, comme l'expérience
canadienne... québécoise. Le fédéral a créé des permis de travail postdiplômes
pour faciliter le chemin des étudiants étrangers vers la résidence permanente,
ainsi que les permis de travail pour les conjoints des étudiants et des
travailleurs spécialisés. On a ouvert les portes à des familles entières sur la
base d'une personne avec un permis de travail avec une date d'expiration.
Plusieurs permis sont renouvelables. Tous
les signaux envoyés étaient dans le sens que si tu arrivais au Québec ou au
Canada avec un permis temporaire, ce n'était qu'une question de temps que tu
obtiendrais la résidence permanente. Et tous ces efforts ont été mis en place
avec aucun plafond sur le nombre de permis ou, dans le cas du Québec, de CEQ
qui seraient délivrés. Les besoins des établissements d'enseignement et des
employeurs dictaient le nombre sans qu'on les oblige à s'assurer qu'il y aurait
du logement ou des services de base disponibles. Dans les deux programmes
temporaires où le Québec... le gouvernement du Québec intervient, les hausses
ont été aussi exagérées qu'ailleurs au Canada. Le programme où le Québec n'intervient
pas, le PMI, est devenu un fourre-tout de plus de 113 différents permis,
dont un très grand nombre sont ad hoc, créés sans aucune consultation, par
décret ministériel, souvent appelés des politiques d'intérêt public.
Le résultat? Une catastrophe. Des
centaines de milliers de personnes, au Québec, vivant dans la précarité et la
vulnérabilité, peut-être autant... vivant même dans l'inégalité, espérant une
chance à la résidence permanente. Et même près de 150 000, je ne dirais
pas 142 000, ça, c'était au mois de juin, 150 000... personnes, déjà
sélectionnées par le Québec, qui attendent ce statut dont ils ont droit. La
deuxième étape se fait attendre longtemps, des données incomplètes qui nous
empêchent de bien soutenir des personnes qui arrivent ou même de compter
correctement combien sont sur les territoires du Québec. Un cafouillis dans les
services d'intégration et de francisation, parce qu'on ne sait pas qui ni
combien vont rester, des organismes communautaires au lieu d'offrir des services
d'intégration aux résidents permanents récemment arrivés où on leur apprend
l'histoire du Québec, les valeurs de notre charte des droits et libertés, et
l'application de ces valeurs dans la vie quotidienne des droits des
travailleurs, passent leur temps à aider les travailleurs temporaires avec un
employeur abusif et à répondre à des questions sur les limites et les
renouvellements des permis et des visas. Trop de personnes sont arrivées trop
vite. L'effet économique a été plus négatif que positif. Le parc de logements
locatifs par les communautés et les services de garde et santé sont mis à
l'épreuve.
La manière de reprendre le contrôle est de
mettre en place un processus de transition efficace et compatissant de retour à
une immigration en une étape, rétablir la règle que les demandes d'immigration
soient présentées à partir de l'étranger. Temporaire, ça signifierait, en
effet, temporaire et ce serait clair pour tout le monde. Le système Arrima a
été conçu dans le but d'optimiser la sélection avec plus de flexibilité, en
respectant la grille de sélection et son seuil minimal de points. Le délai de
traitement moyen, aujourd'hui, d'une demande d'immigration permanente est de
64 jours, selon le rapport annuel de gestion. On n'a jamais vraiment donné
une chance à ce système. Dès sa mise en place en 2018, le virage vers
l'immigration temporaire avait déjà pris racine.
Il y a trois conditions à la réussite de
cette transition, un, que le Québec donne son consentement sur tous les permis
de travail du Québec, incluant le PMI; deux, qu'on réduise au minimum le nombre
de résidents non permanents et non documentés au Québec et de personnes en
attente de la résidence permanente, regroupement familial et... Pour les RNP et
les non...
Mme Meggs (Anne Michèle) : ...qui
veulent rester, il y aurait un programme de pérennisation simple pour ceux
venant de pays stables ne répondant pas aux critères. On les accompagnerait
dans leur départ, en les invitant à soumettre une déclaration d'intérêt en
bonne et due forme dans Arrima, des points additionnels seraient accordés,
comme toujours, pour les séjours, diplômes et expériences de travail au Québec;
et, trois, qu'on soit honnête avec la population en expliquant que c'est déjà
le cas, le nombre de résidents permanents ne représente pas le nombre de
personnes arrivées et que les régularisations ne représenteraient aucunement
une augmentation de la population.
Si on veut éviter de reproduire les mêmes
problèmes dans 10 ans, je ne vois pas d'autre solution. Il y aura toujours
des permis temporaires pour le travail saisonnier ou pour l'étude, mais le
solde net des RNP reviendrait à zéro. Le gouvernement assumerait sa
responsabilité de gestion et de la sélection de l'ensemble des personnes
immigrantes plutôt que d'abdiquer au secteur privé et éducatif. Si un employeur
a des postes permanents à combler, qu'on rend plus efficace le portail
employeur dans Arrima, et invite des personnes immigrantes au Québec qui
correspondent, tant aux besoins de l'employeur, qu'aux besoins du Québec. Merci
de votre attention.
La Présidente (Mme Poulet) :
Merci, madame. Alors, on va débuter la période d'échange avec M. le ministre.
La parole est à vous.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Merci pour votre présentation. Vous arrivez avec une perspective
différente, une expérience aussi des questions migratoires qui est très
intéressante. J'aime beaucoup la pluralité des points de vue en commission
comme ça. Vous dénoncez l'espèce de système qui s'est implanté à deux volets.
Bon, vous dites pour les saisonniers, les gens qui peuvent ramasser des fruits,
on peut comprendre, le temporaire, pour les gens qui viennent étudier, parce
que, par défaut, l'étude, ça peut durer deux ans, trois ans, quatre ans, mais
ça commence... un diplôme, ça, vous êtes d'accord? Mais, pour le reste, le
programme PMI d'Ottawa, le programme de travailleurs étrangers temporaires, en
réalité, vous dites : Si ces gens souhaitent venir au Québec, bien, ils
devraient soumettre une demande de résidence permanente pour devenir des
immigrants permanents. Est-ce que je vous suis bien?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
C'est à peu près ça, oui.
M. Roberge : OK, mais là on
est dans une situation où il y a eu vraiment une explosion des temporaires dans
les dernières années. Vous avez dit... Vous comparez 2025 au début des années
2000, mais réelle explosion du programme PMI puis du programme des demandeurs
d'asile. C'est réellement dans les trois dernières années, où là on est passé
du simple au double, là, vraiment, ça a pas été graduel, sur un graphique, on
voit qu'il y a vraiment une flambée. Plusieurs personnes sont arrivées ici sur
un permis temporaire ou, des fois, on dit résidents non permanents. Plusieurs
personnes sont venues nous dire, comme groupes, nous dire : Bien, ils sont
ici. S'il sont ici, bien, ils occupent un logement. S'ils occupent un logement,
ils n'ont pas d'impact sur la crise du logement. S'ils sont ici, paient des
impôts, s'ils paient des impôts, ils contribuent. Et donc, s'ils occupent un
logement puis ils paient des impôts, il faudrait leur donner la résidence
permanente à tous. Qu'est-ce que vous pensez de cette assertion que plusieurs
nous ont servie dans les derniers jours?
• (13 heures) •
Mme Meggs (Anne Michèle) : Moi,
je dirais qu'il faut ramener les choses dans l'ordre. Et, si on veut diminuer
le nombre de résidents non permanents, une des façons, c'est de... mettre en
place un programme, effectivement, un peu comme... de transition, avec des
critères qui correspondent aux besoins du Québec, qui permettraient le plus
possible à rester avec un statut régulier. C'est ça que je dis... Et la même
chose, et je sais très bien ce que ça veut dire, point de vue de... C'est pour
ça que je dis : Il faut être clair, ça ne change rien sur le terrain. Ce
que ça change, c'est la paix pour les personnes qui sont ici avec une... dans
une situation précaire. C'est ça que ça change, ça ne change rien d'autre.
Et... s'ils ne correspondent aux critères que le gouvernement établit, bien, on
les aide à sortir puis on les invite à faire leur demande de l'extérieur.
M. Roberge : L'orientation
de... qu'on propose, ça ressemble, je pense, à ce que vous dites, là, accroître
la part des personnes immigrantes permanentes déjà présentes au Québec, afin
qu'elles représentent le plus possible, on dit minimum 63, 66 % des
admissions. Dans le fond, c'est de piger d'abord sur les gens qui sont déjà sur
le territoire québécois. Vous dites : Ça ne change rien, cette personne
est déjà là, elle change de statut et elle devient permanente...
Haut de la page
13 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...mais
pensez-vous qu'on a l'espèce d'obligation morale de renouveler les permis
temporaires à l'infini? Une personne qui est ici, qui a un permis temporaire,
est-ce qu'on devrait par défaut, si elle demande de rester, dire : Bon, bien,
si t'es ici, on doit renouveler ton permis encore et encore. On a comme deux
choix, soit je te renouvelle temporaire, soit t'obtiens la résidence
permanente, mais on ne peut pas dire : Je ne renouvelle pas ton permis
temporaire, tu dois quitter.
Mme Meggs (Anne Michèle) : Mais,
oui, on peut dire ça, mais c'est... on a... L'obligation morale vient dans le
fait qu'on a invité tout ce monde-là ici et avec... que le gouvernement le
veuille ou non, bien, il y a des pages encore, à Internet, aux étudiants
étrangers, rester... comment rester au Québec. Ça fait que c'est... le message
est envoyé et on... leur permis... ils passent d'un permis à l'autre, là, d'une
sorte. Ça fait que moi, je pense qu'on a une obligation morale, mais ça ne veut
pas dire que... tout le monde. On établit des critères. S'ils sont dans les
postes en trop à bas salaires, tu sais, ça... On sait que ce n'est pas
nécessairement... ce n'est pas nécessairement positif ni pour eux autres ni
pour le Québec. Ça fait qu'il y a des critères établis. Mais je dis qu'il
faut... Il faut reconnaître et il faut... oui, c'est ça que... Oui, je vais
arrêter là, M., plutôt que radoter.
M. Roberge : Ça va. On a...
On instaure la notion que, justement, des gens qui sont sous un permis
temporaire, par exemple les travailleurs étrangers temporaires, mais qui sont
ici suffisamment longtemps, qui sont ici pendant trois ans et qui veulent
renouveler encore pour être ici une quatrième, cinquième, sixième, septième
année, il faudrait au minimum qu'ils aient un niveau d'exigence de français.
Certains nous disent : C'est trop, c'est trop exigeant d'exiger un niveau
quatre après trois ans. C'est quoi, votre analyse?
Mme Meggs (Anne Michèle) : Moi,
je dis que les conditions linguistiques doivent être sur le premier permis. Si
quelqu'un, après trois ans... On peut dire que ce n'est pas un emploi
temporaire. On renouvelle après trois ans. Ce n'est pas un emploi temporaire
dans ma tête. Ça fait que de dire... Et, en plus, c'est facile pour l'employeur
de juste laisser le gars partir et faire venir un autre avec un premier permis
qui n'a pas de condition linguistique. Donc, je ne vois pas la pertinence de ce
geste-là, personnellement.
M. Roberge : Bien, je suis d'accord
qu'après plus de trois ans c'est un... Ça peut être un statut qui est
temporaire, parce que la personne renouvelle pour un an, bien, on le sait très
bien, que ça va terminer, par exemple, mais la personne est ici, en tout cas,
de manière durable... je ne dirais pas de manière permanente, parce qu'on peut
être ici neuf ans et repartir, ce n'est pas permanent, mais c'est quand même
durable. L'idée, par contre, de dire qu'au minimum, si tu veux rester ici une
quatrième année, une cinquième année, une sixième année, tu dois apprendre le
français au moins jusqu'au niveau quatre, je pense qu'il y a là, quand même, un
facteur incitatif assez grand sur le marché des employeurs, parce que, jusqu'à
aujourd'hui... et ils nous disent : Ça coûte plus que 10 000 $ faire
venir ce travailleur-là, on veut le garder, nous disent-ils, on veut le garder.
Puis, plus ça fait d'années qu'il est ici, plus il est compétent, meilleur c'est
un employé, on veut vraiment le garder. Ne pensez-vous pas que, si on dit aux
employeurs : Vous dépensez 10 000 $, 12 000 $, 15 000 $ pour faire
venir quelqu'un, vous investissez dans la formation, il va être ici trois ans,
vous ne voulez pas perdre votre mise autant en capital humain qu'en dollars,
vous avez tout intérêt à aider sa francisation plutôt que de repartir à zéro,
repayer pour faire venir une personne nouvelle, autant financièrement qu'en
temps? Il me semble que les employeurs vont être grandement incités à
participer à cette francisation-là pour ne pas perdre leur mise.
Mme Meggs (Anne Michèle) : Moi,
je pense que, si les employeurs veulent franciser leurs employés, ils peuvent
le faire, et je pense que, si quelqu'un veut venir, il devrait avoir une
condition linguistique avant de venir, et je pense que le prochain poste
temporaire devrait être temporaire. Ça fait qu'accorder des renouvellements et
des renouvellements, ça va à l'encontre même du sens du PTET qui est censé d'être
un dernier recours pour des postes à période déterminée.
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre l'échange avec l'opposition officielle, le
député d'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Mme Meggs, Bonjour. Merci pour votre témoignage, votre expérience,
votre mémoire. J'aimerais aborder une question avec vous. Vous venez d'y faire
référence, vous avez parlé d'une obligation morale, et, dans votre mémoire, à
la page cinq, en haut, vous dites : Il est critique que les règles...
M. Morin : ...là, on parle de
règles d'immigration, bien sûr, soit claires, transparentes, simples et équitables.
Moi, dans les dernières semaines, j'ai reçu beaucoup d'appels dans mon bureau
de circonscription, des gens qui sont arrivés ici, qui se sont engagés dans le
processus du PEQ, qui amène vers la résidence permanente et qui, là, sont
découragés parce que le PEQ a été suspendu. Je comprends qu'il n'y a pas eu de
consultation avant la suspension. Je l'ai lu dans le décret le matin où c'est
arrivé. Là, les gens ne savent plus quoi faire. Pourtant, quand ils sont venus
ici, on leur avait dit : Écoutez, vous pourrez avoir accès à la résidence
permanente éventuellement. Il y a des programmes pour ça. Est-ce que le
gouvernement de la CAQ a rompu son obligation morale avec des gens qui sont
ici?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Moi, je trouve que si on met une carotte fraîche devant les gens, que ce soit,
comme je l'ai dit dans ma présentation, c'était... ce n'est pas que le
gouvernement. Le PEQ est un exemple de comment on a laissé entendre à des gens
qui venaient avec un permis temporaire qu'ils pourraient rester. Il y aurait un
chemin vers la permanence. Et le fédéral fait la même affaire avec l'expérience
canadienne. Ça fait que c'est... Et pourtant, on n'est pas nécessairement
transparent avec les gens, que ce soient des agences de recrutement, que ce
soient des employeurs, que ce soit même les... qu'on n'est pas transparent,
dire : Ce n'est pas tout le monde qui va pouvoir. Il va y avoir des
conditions linguistiques, il va y avoir le... tu sais, il faut ci, il faut ça.
Il faut être clair dès le début. La transparence, c'est critique pour la
population du Québec autant que pour les gens qui arrivent.
M. Morin : Je vous remercie.
On parle des temporaires, puis on voit dans les différents nombres d'admissions
que ça augmente, que ça augmente. On parle beaucoup du PMI, mais le
gouvernement de la CAQ n'a pas contribué à faire venir beaucoup de temporaires
sur notre territoire? Est-ce que c'est juste le fédéral?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Absolument. Non, non, absolument. Il n'y avait... il n'y avait pas... il n'y a
pas jamais eu de plafond sur le nombre de CAQ qui seraient accordés.
M. Morin : Ça, c'est vraiment
du Québec. Ça fait qu'après, quand le gouvernement...
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Oui, donc le PTET puis les études.
M. Morin : Oui, c'est ça. Ça
fait qu'après, quand le gouvernement du Québec nous dit : Il y en a trop,
bien, les CAQ, ils ne les comptent pas, quand ils les émettent?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Excusez-moi?
M. Morin : Bien, c'est-à-dire
que s'il y en a trop. Des CAQ, là, le gouvernement, il ne compte pas, ça fait
qu'à un moment donné ils se disent : Oh! Oh! Oh! Où on s'en va? il y en a
trop, on en émet, on en émet, on n'arrête pas. Après ça, les gens viennent ici,
puis là ils se font dire : Ah! mais là, il y en a beaucoup trop. Bien,
écoutez, obligation morale à nouveau. Ces pauvres gens là sont venus ici. Ce
n'est pas de leur faute, là.
Mme Meggs (Anne Michèle) : Le
fédéral ne peut pas donner un permis de travail si, au Québec... dans le PTET,
s'il n'y a pas de CAQ.
M. Morin : Bien, voilà.
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Même chose pour le permis d'études. Mais il y a beaucoup de permis d'études,
des gens qui ont un CAQ d'études qui sont refusés. C'est... Donc, on est
généreux avec les... On a été généreux avec les CAQ.
M. Morin : Merci. Vous avez
parlé aussi du PMI, de le récupérer. En fait, moi, j'ai pris une position
publique pour l'opposition officielle il y a plus d'un an, dire : Écoutez,
le gouvernement, vous voulez contrôler votre immigration temporaire, bien,
récupérez le permis, mais ils ne font pas. Est-ce qu'il y a une raison?
Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas le récupérer en vertu de l'entente
Québec-Canada? Il me semble, c'est possible.
• (13 h 10) •
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Moi, je pense que le Québec peut être assez courageux d'ajouter le permis dans
la liste des permis qui exigent le consentement, en ajoutant dans...
l'article 12, quelque chose, là, tu sais, qui... des exemptions. Tu sais,
on n'a pas peut-être besoin de donner un... consentement sur un permis qui fait
partie d'un accord international.
M. Morin : Donc, soyons
courageux. Puis s'il y en a qui manquent de courage, bien, il y en a d'autres
qui devront reprendre le bâton du pèlerin. Je vous remercie, Madame. Merci
beaucoup. Je n'ai pas d'autre question.
Le Président (M. Gagnon) :
Vous êtes vraiment dans le temps, M. le député de l'Acadie. On poursuit avec le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne, deuxième groupe d'opposition. La parole est
à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
Meggs, merci aussi de nous partager votre grande expérience, au ministère
directement? Je note pour la commission votre livre que j'ai lu avec attention,
là, L'immigration au Québec : comment peut-on faire mieux ? Très
intéressant bouquin. Vous étiez au MIFI longtemps. Là, avec le scénario à
25 000, il y aurait 5000 places pour la réunification familiale,
5000 places avec un backlog de 40 000 au minimum. Ça fait huit ans, huit
ans de délai avant l'obtention de la résidence permanente. Du temps que vous
étiez au MIFI, avez-vous déjà vu ça, un programme de réunification familiale
qui prend huit ans à donner la résidence permanente?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Pour être honnête, on ne savait pas vraiment à quel...
Mme Meggs (Anne Michèle) :
...à quel moment les gens recevaient leur résidence permanente. C'est un autre
problème, là, parce qu'on ne contrôle pas tout, mais c'est... Et il est évident
que si on continue à comme signer des ententes de parrainage, c'est ce qu'on
fait, et on donne les CSQ puis... mais on n'augmente pas les seuils de cette
catégorie en conséquence, il va y avoir un problème. Et c'est ça qu'on dit.
M. Cliche-Rivard : Le
groupe avant vous nous disait 57 ans pour les réfugiés reconnus. Avez-vous
déjà vu ça, vous?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Mais c'est... On a parlé beaucoup ce matin d'obligation morale puis... Et moi
j'aurais voulu voir peut-être des seuils hors quota, comme on dit, pour...
comme on a fait avec les investisseurs, là. C'est des riches. Là, on l'a
permis, mais pour les familles, je ne... je ne comprends pas tellement. Et je
l'ai déjà écrit, ce n'est rien de nouveau ici.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme Meggs, pour votre contribution. Merci beaucoup.
Le Président (M. Gagnon) :
Merci beaucoup. On poursuit avec le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci,
M. le Président. Merci pour votre présentation. J'aurais une question pour vous
sur la recommandation 10. Vous dites examiner la pertinence de délivrer un
permis de travail du Québec. Qu'est-ce qui nous empêche actuellement au Québec
de donner ce permis de travail là?
Mme Meggs (Anne Michèle) :
D'après des experts avec qui j'ai parlé, ce qu'il manque, c'est la législation
québécoise pour le faire parce que... au niveau réglementaire. C'est... Ce
serait lié au permis de séjour du fédéral. Mais ça... Il n'y a rien qui empêche
une province d'émettre un permis de travail.
M. Boissonneault : Donc,
le gouvernement pourrait unilatéralement offrir un permis de travail pour
s'assurer que les gens qui attendent, là, puissent quand même contribuer.
Mme Meggs (Anne Michèle) :
Oui. Je ne suis pas sûre que c'est un gros problème en ce moment, mais c'est...
Dans le temps, on attendait longtemps pour les demandeurs d'asile. On s'est
dit, bien, tu sais, qu'on... Ce serait enlever un peu de chevauchements avec le
fédéral aussi.
M. Boissonneault : Ça
serait une suggestion qu'on pourrait faire au gouvernement du Québec actuel.
Bien, merci beaucoup.
Le Président (M. Gagnon) :
Merci beaucoup, M. le député. Alors, je vous remercie pour votre contribution
aux travaux. La commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 h 14)
Haut de la page
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 01)
La Présidente (Mme Poulet) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous allons poursuivre les travaux, les
auditions publiques dans le cadre de la consultation générale sur le cahier de
consultation intitulé La planification de l'immigration au Québec pour la
période 2026-2029.
Alors, cet après-midi, nous entendrons les
organismes suivants : la Fédération des cégeps, l'Association québécoise
des avocats et avocates en droit de l'immigration, la Fédération des chambres
de commerce du Québec, le Regroupement des groupes de parrainage et organismes
au Québec et le Centre de réfugiés.
Alors, bienvenue! Je vous invite à vous
présenter, et vous avez 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, ça va
être une période d'échange. Alors, allez-y, la période est à vous... la parole
est à vous.
Mme Montpetit (Marie) : La
période et la parole. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. le
ministre. Mmes, MM. les députés, ainsi que vos équipes qui vous accompagnent,
je vous remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de participer à ces
consultations.
Je représente donc aujourd'hui la
Fédération des cégeps, qui regroupe les 48 établissements publics d'enseignement
collégial du Québec. Je suis accompagné de Manon Couturier, directrice générale
du cégep de Baie-Comeau, et d'Annie-Claude Laflamme, présidente du comité des
affaires internationales de la Fédération des cégeps et directrice adjointe des
études et de la vie étudiante du cégep de Jonquière.
Donc, depuis près de 60 ans, les cégeps
incarnent un modèle...
Haut de la page
14 h (version non révisé
e) Mme Montpetit (Marie) : ...de
réussite, présents dans toutes les régions du Québec, qui transmettent le
savoir, la culture, la langue française. Ils sont des lieux d'apprentissage,
mais aussi des ancrages régionaux essentiels. Les cégeps jouent ainsi un rôle
central dans l'accueil, dans la francisation et dans la rétention des personnes
immigrantes. Le Commissaire à la langue française, M. Dubreuil, l'a d'ailleurs
reconnu hier lors du dépôt de son rapport, les cégeps se distinguent par l'intégrité
et la rigueur de leur processus d'accueil et de sélection. Il a salué la
qualité de leurs pratiques qui s'appuient sur des critères clairs et éthiques.
C'est une reconnaissance importante, parce qu'elle confirme ce que nous disons
depuis des mois : Le recrutement international, dans les cégeps, est
maîtrisé, transparent et responsable.
Donc, pour qu'ils continuent à jouer leur
rôle stratégique d'intégration et de transmission de notre culture, les
politiques d'immigration doivent s'appuyer sur des règles claires, prévisibles
et cohérentes. Les nombreux ajustements des derniers mois aux règles d'accueil
des étudiants internationaux ont envoyé un message ambigu et ont fragilisé
notre positionnement à l'international. Corriger la mauvaise presse du Québec à
l'international devient aujourd'hui un défi majeur. Déjà, nous voyons les
effets d'une perception qui s'étiole, confusion dans les réseaux partenaires,
perte d'intérêt de la part des étudiants internationaux, alors même que la
concurrence à l'international s'intensifie. Je porte à votre attention qu'une
étude de Moody's, publiée en juillet dernier, souligne d'ailleurs que le Québec
est désormais la province la plus restrictive au pays pour les étudiants
internationaux. Avec les demandes d'admission dans nos cégeps qui ont chuté de
53 % pour l'automne 2025, c'est un enjeu de plus qui s'ajoute dans un
réseau déjà sous pression, avec notamment un gel du recrutement et des coupes
de 151 millions de dollars.
Nous comprenons les objectifs du gouvernement :
assurer la vitalité du français, renforcer l'identité québécoise et maintenir
un équilibre démographique durable. Mais certaines mesures appliquées mur à mur
risquent d'affaiblir et de nous éloigner de ces mêmes objectifs. C'est pourquoi
nous voyons dans cet exercice de planification de l'immigration une occasion
précieuse de corriger le tir. Aujourd'hui, nous formulons donc trois
recommandations pour garantir que les cégeps puissent continuer à jouer leur
rôle stratégique pour le Québec. La fédération recommande d'exempter les 48 cégeps
de l'application des quotas de CAQ pour études, de rétablir l'admissibilité au
permis de travail potsdiplôme de tous les programmes offerts dans le réseau
collégial public et finalement de ramener le Programme de l'expérience
québécoise, le fameux PEQ, volet Diplômés sans modification dans les conditions
d'admissibilité.
Mme la Présidente, les cégeps recrutent à
l'international de façon responsable, contrôlée et éthique. Cette démarche a
été reconnue, appuyée et même, je vous dirais, sollicitée par le gouvernement
du Québec. Les cégeps ne cherchent pas à accroître le nombre d'étudiants
internationaux de façon importante, ils priorisent les étudiants québécois et
un recrutement modéré et équilibré qui enrichit les milieux d'apprentissage
tout en assurant une mixité et des conditions d'intégration favorables. Ce
recrutement ciblé assure la vitalité de programmes essentiels, notamment en
région, des programmes souvent menacés faute d'une masse critique d'étudiants
québécois. Il répond aussi aux besoins du marché du travail dans des secteurs,
dont plusieurs sont en pénurie, en formant une main-d'œuvre francophone
qualifiée et bien intégrée. Cette année, nous estimons que les étudiants
internationaux représentent moins de 4,5 % de la population étudiante à
temps plein du réseau. Pourtant, les quotas de CAQ pénalisent les cégeps, alors
qu'ils visaient des dérives observées ailleurs.
Je tiens à le rappeler, les étudiants
internationaux que nous accueillons dans les cégeps ne permettent pas de jouir
d'un gain financier. Leur contribution est culturelle, sociale, économique,
linguistique. Ils sont francophones et francophiles et pour diplômés de la
formation régulière doivent réussir l'épreuve uniforme de français, prouvant
ainsi leur maîtrise de notre langue. Ces étudiants sont tout ce que M. le
ministre a déjà qualifié de personnes immigrantes idéales. Imposer des quotas
aux cégeps, c'est se tromper de cible, c'est nuire à un réseau allié du
gouvernement, d'autant plus que la répartition actuelle est inéquitable, un
tiers des quotas a été accordé au réseau public et deux tiers au réseau privé.
Trois collèges privés à eux seuls reçoivent plus de places que l'ensemble des
48 cégeps. Et, en formation continue, l'écart est encore plus flagrant :11 %
pour le réseau public et 89 % pour le réseau privé.
Comme je vous l'ai dit, ces quotas
menacent directement des programmes essentiels qui permettent de répondre aux
besoins urgents du marché du travail. Au cégep de Thetford, des programmes
comme informatique et soins infirmiers sont fragilisés. Au cégep de Baie-Comeau...
une dizaine d'étudiants français, technologies forestières ne démarrent pas. Au
cégep de Matane, les quotas menacent 25 ans de rayonnement international, et ce
ne sont que quelques exemples. Ailleurs, les impacts se traduisent en perte de
programme, en atteinte...
Mme Montpetit (Marie) : ...atteinte
à la réputation, en lourde charge administrative et humaine. Notre demande
d'exemption n'est donc pas un privilège, mais une reconnaissance du rôle
particulier des cégeps pour l'identité québécoise et le développement régional.
En second lieu, la Fédération des cégeps
recommande de rétablir l'admissibilité au permis de travail postdiplôme pour
tous les programmes du réseau collégial public. Ici encore, les cégeps sont
mêlés à un problème d'intégrité des programmes d'immigration dont ils ne sont
pas responsables. Dans ce cas-ci, ces problèmes ont été détectés par le
gouvernement fédéral dans des établissements majoritairement situés en Ontario
et non pas dans nos cégeps. La liste des programmes d'études maintenant
admissibles au permis de travail postdiplôme découle d'analyses au fédéral
fondées sur des besoins fédéraux, mais qui ne répondent pas au contexte
québécois ni à celui des régions.
Concrètement, ça signifie que le
gouvernement fédéral décide lesquels de nos étudiants auront le droit de rester
travailler au Québec après leurs études. Résultats, plus de 55 programmes
techniques sur 112 pourraient ne pas être admissibles au permis de travail
postdiplôme, alors que le Québec manque de main-d'œuvre dans plusieurs de ces
secteurs. Pourtant, près de 90 % des diplômés internationaux des cégeps
occupent un emploi trois ans après leurs études, un taux supérieur à la moyenne
canadienne. Ces jeunes formés, je le répète, en français, intégrés à nos
communautés et prêts à contribuer au Québec, nous les perdons pour des raisons
purement administratives.
Le permis de travail postdiplôme fait
partie du Programme de mobilité internationale pour lequel Québec envisage de
demander une réduction de 50 % au fédéral. Nous recommandons ici au
gouvernement d'adopter une approche prudente et fondée sur des données
sectorielles et régionales avant toute réduction afin d'éviter des effets
indésirables.
Enfin, nous recommandons le maintien du
Programme de l'expérience québécoise, volet Diplômés. Le PEQ est un... volet
Diplômés, est un outil stratégique. Il est simple, il est efficace. Il fait
l'unanimité en l'enseignement supérieur. Il contribue surtout, directement, à
l'établissement durable de jeunes francophones formés au Québec. Chaque
modification récente a semé la confusion et freiné l'attractivité du Québec.
Suspendre ce programme serait une erreur. Le PEQ doit demeurer tel qu'il est,
une voie claire, crédible et prévisible vers la résidence permanente pour ceux
et celles qui ont prouvé leur attachement au Québec en y étudiant en français
et en y vivant plusieurs années.
Chers membres de la commission, les défis
sont nombreux et la baisse des étudiants et des étudiantes internationaux
s'ajoute à une série de décisions qui fragilisaient déjà le réseau des cégeps.
Accueillir des étudiants venus d'ailleurs et favoriser la mobilité des nôtres,
c'est élargir nos réseaux, stimuler notre économie et renforcer le rayonnement
et l'identité francophone du Québec. Les cégeps sont au cœur de cette
dynamique. Miser sur eux, c'est investir dans l'intégration réussie et dans un
rayonnement durable. Le Québec doit demeurer un territoire qui attire, qui
forme et qui retient, un territoire prévisible et cohérent en matière
d'immigration. La Fédération des cégeps est prête à contribuer à des politiques
publiques équilibrées, prévisibles et durables. Voilà pourquoi nous vous
invitons à considérer nos recommandations. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup. Alors, on va procéder aux périodes d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous pour une période de 16 minutes 30 secondes.
• (14 h 10) •
M. Roberge : Merci bien.
Merci pour votre présentation, très étoffée. Merci aux cégeps de participer à
l'effort de francisation, comme vous le faites aussi comme partenaires
privilégiés de Francisation Québec, on apprécie beaucoup votre collaboration
puis l'effort que vous faites, notamment dans ce secteur-là, mais pas
seulement. Pour ce qui est des étudiants étrangers, vous voulez une approche
prudente, vous voulez, je vous dirais, poursuivre ce que vous faites ou ce que
vous faisiez avant la loi n° 74, mais je sens une nuance entre les cégeps
puis les cégeps privés ou les collèges privés. Pouvez-vous nous expliquer
pourquoi?
Mme Montpetit (Marie) : Tout
d'abord, vous me permettrez de souligner que tous les cégeps sont.. sont
publics, les 48 cégeps sont publics. Je ne le mentionne pas pour vous
reprendre, évidemment, mais parce que c'est une faute commune qu'on entend
souvent, donc ça me permet de corriger pour les gens qui... qui nous entendent.
Bien, je vous dirais... Écoutez, je ne veux pas faire le procès de qui que ce
soit, mais nous avons eu des échanges dans le cadre du projet de loi
n° 74, effectivement, en amont de ce projet-là, à l'automne dernier, puis
on a eu plusieurs... on a eu l'occasion d'avoir quelques échanges aussi entre
temps, la situation n'est pas... n'est pas la même au niveau du recrutement qui
a été fait. Vous serez à même de constater plusieurs données qui sont dans le
mémoire, qu'on vous invite, évidemment, à consulter si ce n'est pas déjà fait,
qui démontrent la progression qu'il y a eu aussi au niveau des cégeps, où le
recrutement international s'est fait particulièrement pour répondre notamment à
des appels du gouvernement, pour des réponses, par exemple, à des programmes de
main-d'œuvre très, très spécifiques. Donc, c'est pour ça qu'on...
Mme Montpetit (Marie) :
...nomme le fait que c'est un recrutement qui est... qui est très contrôlé, qui
est très responsable aussi, tant au niveau de l'accueil qu'au niveau de
l'intégration de ces... de ces étudiants, très contrôlé aussi. Donc, c'est la
raison pour laquelle on était sous l'impression, effectivement, dans les
échanges qu'on avait eus et dans les déclarations qui avaient été faites
publiquement par... tant par vous que par le premier ministre, que les cégeps
ne seraient pas touchés par les quotas, ne seraient pas touchés par les... le
projet de loi n° 74, ce qui, finalement, n'a pas été le cas... ce qui,
finalement, a été le cas, je devrais dire. Mais malheureusement ça crée une
situation qui est très difficile pour... pour plusieurs cégeps, d'avoir une
restriction au niveau du recrutement à l'international. Et je quand même
souligne que Benoit Dubreuil, le Commissaire à la langue française, hier, a été
quand même assez éloquent. Il est allé visiter directement sur le terrain
plusieurs cégeps, un peu plus d'une dizaine de cégeps. Et ses recommandations,
hier, étaient quand même assez limpides au niveau des quotas, à savoir que, minimalement,
il fallait les augmenter par rapport au nombre actuel.
Donc je vous dirais que, premièrement, la
démonstration a été faite qu'il n'y a pas eu d'abus, il n'y a pas eu du
recrutement massif, que c'est très chirurgical, la façon dont le recrutement est
fait dans les cégeps. Mais non seulement, effectivement, ça nous restreint au
niveau de recrutement-là, avec toutes sortes de difficultés, je me permets de
les nommer, où, par exemple, les renouvellements, je ne veux pas être trop
technique, mais vous le savez, les renouvellements de ceux acquis doivent
être... doivent être intégrés dans ces nombres-là, alors que ça vient créer un
enjeu au niveau de la prévisibilité, parce qu'on ne sait pas nécessairement
quand un qui est acquis devra ou ne devra pas être renouvelé, le nombre qu'on
doit garder. Donc, ça amène toutes sortes de difficultés pour... pour permettre
justement ce recrutement.
M. Roberge : Merci. Vous
nous parlez du programme du PEQ diplomé, le programme expérience québécoise. Vous
semblez le privilégier par rapport au PSTQ, le nouveau programme de sélection
des travailleurs qualifiés qui, lui, peut donner beaucoup de points pour les
diplômes du Québec, pour la connaissance du français, pour les études réalisées
en région et qui implique une expérience de travail. Je comprends, puis vous me
l'expliquerez, que l'idée de donner la résidence à la diplomation est un
incitatif important pour attirer des étudiants. Est-ce que ce n'est pas normal
pour un état de dire : Bien, je veux m'assurer que la personne occupe un
emploi puis d'attendre un peu, de lui donner ce permis de travail postdiplôme,
de lui permettre de voir, là, si elle s'intègre au marché du travail puis,
après ça, de dire : Parfait. Tu as des points pour la diplomation, tu as
des points pour la régionalisation et tu as une expérience de travail. Et donc
voici, on régularise, là, cet immigrant, ou plutôt on lui donne la permanence.
Qu'est-ce que vous pensez de l'idée d'avoir l'expérience de travail? Est-ce que
ce n'est pas normal pour un état de vouloir ça?
Mme Montpetit (Marie) :
Bien, c'est une question fort pertinente que vous posez. Nous, notre point de
vue, c'est que le fait qui valide qu'on est est justement un outil qui
fonctionne bien en termes de... de que ce soit en termes d'attractivité, c'est
une voie qui est claire, qui est limpide, qui permet justement d'avoir un effet
d'attractivité, je pense notamment à nos étudiants qui sont par exemple dans
des techniques ou... Donc, c'est une dynamique qui est quand même assez
différente aussi de peut être d'autres réseaux. Dans notre cas, la
démonstration elle est faite que ça, que ça fonctionne bien. Et donc c'est la
raison pour laquelle on plaide pour le maintien justement du PEQ dans sa forme
actuelle.
Mme Laflamme (Annie-Claude) :
Et si je peux ajouter quelque chose, on a aussi le programme de sélection en
fait, qui reste un programme de sélection. Donc, les étudiants vont être
invités à déposer ou pas une demande de sélection par la suite. Ce qui nous
plaît du PEQ, c'est que c'est une voie directe vers... vers le CSQ, et on vient
cibler une clientèle qui est directement celle qui est encouragée, donc une
immigration, comme le disait Mme Montpetit, qui... qui veut être
francophone, formée, compétente aussi et qui va être déjà intégrée dans la
société québécoise. Suite à trois ans de DEC technique dans nos... dans nos
cégeps, les étudiants et les travailleurs, les nouveaux travailleurs, savent
comment nos entreprises fonctionnent. Ont déjà, suite à leurs stages, souvent des...
des demandes et des propositions d'emploi. Et le PSQ, aussi, ensuite, s'ils ne
peuvent pas travailler parce qu'ils n'ont pas, par exemple, de permis de
travail, postdiplôme, ils ne pourront jamais prouver qu'ils ont travaillé et
ensuite avoir accès à ce... à ce permis de travail. Donc, c'est la distinction
qu'on voulait faire.
M. Roberge : Je comprends
que vous, vous appréciez le fait que ce soit automatique, comme on l'avait
avant. Juste une petite nuance, avant de céder la parole, parce que j'ai des collègues
qui veulent poursuivre avec vous, pour les cégeps, et c'est un... je comprends
que... cégeps publics. Les cégeps sont publics. Vous avez bien raison...
M. Roberge : ...l'a souligné.
La baisse des CAQ, des quotas est essentiellement attribuable aux programmes
très courts, les attestations d'études collégiales. Ce que je comprends, c'est
qu'on n'a pas fait ça. Ces quotas-là, ces baisses-là ou cette reprise de
contrôle là dans les préuniversitaires ou les techniques particulièrement en
région, mais les attestations d'études collégiales, on a voulu se questionner
parce que, ce qu'on comprend ces textes, c'était que... c'est des études qui
sont très, très courtes pour donner ensuite la résidence à des personnes.
Mais je suis ouvert à continuer à en
discuter. Puis je vais permettre à mes collègues de poursuivre les échanges
avec vous. Je vous remercie. Mais vous pouvez dire un mot, mais je vais laisser
mes collègues poursuivre.
La Présidente (Mme Poulet) : Oui,
Mme la députée de Vimont, la parole est à vous.
Mme Montpetit (Marie) : Ah,
si vous me permettez, Mme la Présidente, peut-être que ma collègue avait
quelque chose à ajouter sur les CAQ, peut-être pour l'imager... sur le terrain.
Merci. Pardon.
La Présidente (Mme Poulet) :
Bien sûr. Merci.
Mme Couturier (Manon) : Bien,
en fait, la reprise de contrôle, puis j'ai le goût... malgré le respect, là,
j'ai le goût de la remettre en question, en ce sens qu'il n'y avait pas eu de
perte de contrôle au niveau du recrutement dans les cégeps publics. Donc, cette
baisse-là, elle vient un peu de rendre plus difficile un recrutement qui
n'était déjà pas facile. On s'entend, pour convaincre quelqu'un de venir
étudier à Baie-Comeau ça prend toute... ça prend une grande qualité
d'intervention de notre côté. Et il y a un message qui vient d'au-dessus de
notre tête, qui vient un peu dire : Bien, cette grande qualité-là
d'intervention, elle n'a pas... elle n'a pas eu de poids. Donc, cet impact-là,
il est notable. C'est l'imprévisibilité aussi, c'est plus dans l'imprévisible
que ça rend les choses difficiles.
Et même... même pour les AEC, lorsqu'on a
des gens issus de l'international qui viennent travailler chez nous, qui sont
des travailleurs et qui ont besoin de se former, mais les AEC pourraient venir
contribuer justement à faciliter leur intégration au Québec, ce qu'on ne peut
pas faire parce qu'on n'a pas un nombre d'AEC suffisant, parce qu'on s'est fié
au passé. Mais, en tout cas, à partir... depuis que je suis gestionnaire, le
passé n'est pas toujours garant de l'avenir, ça fait qu'il y a un danger de se
baser sur des données passées pour prévoir l'avenir. Donc, puis dans un milieu
où les gens sont peu scolarisés, là, on ne se le cachera pas, la Côte-Nord, là,
c'est un milieu qui est en dévitalisation puis qui est plus scolarisé, mais de
favoriser... qu'il y ait plus de gens scolarisés, que les études supérieures
soient un peu avantagées dans un processus d'immigration, mais je crois que
c'est quelque chose qu'il faudrait prendre en considération.
M. Roberge : Merci. C'est un
intéressant complément d'information.
La Présidente (Mme Poulet) : Mme
la députée Dumont.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, mesdames. Merci d'être présentes. C'est bien toujours
d'avoir en présentiel aussi des gens, c'est plus vivant, disons.
Je voudrais revenir si vous... Il me reste
combien de temps?
La Présidente (Mme Poulet) :
Il reste 7 min 11 s.
Mme Schmaltz : Parfait.
Excellent. OK. Francisation. En page 10 et 11, vous mentionnez
l'importance de maintenir accroître la place des cégeps dans l'écosystème, la
francisation. Francisation Québec a instauré des lieux avec... des lieux de
concertation avec ses partenaires. Niveau service aux individus, c'est une
vingtaine de cégeps qui collaborent aussi, dont plusieurs en régions, donc
j'imagine que vous faites
partie des... des régions, comme on l'a mentionné. On
parle... en 2024-2025, c'est quand même une donnée intéressante, les cégeps ont
accueilli près de 17 % de la clientèle de Francisation Québec, soit
15 000, environ 15 000 personnes. C'est quand même un chiffre
intéressant. Il y a eu des contrats de service aussi. De quelle façon vous
aimeriez que ce soit encore plus davantage exploité, disons, le... votre
demande, de quelle façon? Parce que vous semblez vouloir un peu plus de...
peut-être de services. Ou c'est quoi exactement ce que vous aimeriez...
aimeriez avoir de plus pour... pour vous... pour vous aider?
Mme Montpetit (Marie) : Mais
c'est sûr que je vous dirais que dans le... dans le mémoire, l'aspect
francisation auquel on faisait référence, c'était surtout pour, justement,
les... dans le cadre des étudiants internationaux, du fait qu'il y a un... puis
je répondrai à votre question également plus largement, mais sur le fait que le
réseau collégial, les cégeps comme tels permettent d'avoir un socle de culture
qui est... qui est commun aussi au niveau de la formation générale, permettent
d'avoir des cours de français, il y a l'épreuve uniforme de français, c'est en
ce sens là qu'on parlait du rôle important que jouent les cégeps, en fait, pour
accueillir des étudiants internationaux, les former, les diplômer aussi dans un
contexte où la francisation, le français est mis de l'avant.
Au niveau plus largement de la
contribution à la francisation. Effectivement, il y a de nombreux cégeps qui
collaborent. On a travaillé avec M. le ministre, d'ailleurs, à... même de
travailler encore davantage pour que le réseau collégial puisse contribuer.
Puis ça, on est très fiers de le faire, ça se fait dans... dans toutes les
régions, là, aussi dans les grands centres urbains et semi-urbains. C'est sûr
qu'il y a certaines complexités, je vous dirais, au niveau... c'est plutôt
administratif par exemple.
Mais un des enjeux qu'on a, qui va... qui
nous rattrape très rapidement, vous nous avez certainement entendus aussi à la
rentrée collégiale, il y a quelques...
Mme Montpetit (Marie) : ...sur
les... le fait qu'à l'heure actuelle on est dans l'année, en près de 60 ans
d'existence, où il n'y aurait jamais eu autant d'étudiants dans le réseau
collégial, donc près de 195 000 étudiants. Donc, ça amène une certaine pression
aussi sur les espaces, sur nos infrastructures, sur la disponibilité des
locaux. Donc, c'est sûr qu'au niveau de la francisation ça demeure un défi. À
chaque fois qu'on souhaite ajouter, que ce soit au niveau de la formation
continue, au niveau de la requalification des travailleurs, par exemple, bien,
au niveau de la francisation, le défi demeure l'utilisation des espaces qui
sont disponibles. Donc, vous nous... Tu sais, vous nous avez entendus dans nos
représentations sur les besoins qu'on a d'ajout d'espaces, de nouvelles
infrastructures, de maintien aussi de nos... de nos infrastructures actuelles.
Ça fait
partie des défis que l'on a là, au niveau de la francisation notamment,
Mme Schmaltz : Vous franciser
aussi des travailleurs, des travailleuses en entreprise, des gens qui viennent
suivre des cours de francisation à temps partiel. Est-ce que ça fait
partie
aussi de votre... de ce que vous offrez au niveau de la francisation? Est-ce
que vous l'offrez?
Mme Montpetit (Marie) : Bien,
il y a toutes sortes de cours, effectivement...
Mme Schmaltz : Non, mais je parle
des étudiants étrangers, mais ceux qui sont déjà là, qui ont besoin de se
franciser, qui sont en entreprise. Est-ce qu'il y a ce volet aussi que vous...
que vous offrez?
Mme Montpetit (Marie) : Bien,
la francisation peut prendre différentes formes, effectivement, ça peut être
fait en collaboration avec des travailleurs dans certaines entreprises.
Mme Schmaltz : Est-ce que
vous avez bénéficié... Je pense, l'année dernière, la ministre de la Famille,
qui était Suzanne, Suzanne Roy, avait instauré un projet pilote dans les cégeps
pour accompagner souvent les les parents de jeunes enfants, donc des services
de garderie, etc., pour les soutenir parce que l'enjeu était souvent de...
d'avoir de la difficulté à suivre une formation parce que les enfants étaient
jeunes. Est-ce que vous avez bénéficié de ce service-là?
• (14 h 20) •
Mme Laflamme (Annie-Claude) : En
fait, les services de francisation sont généralement offerts dans les centres
de services scolaires. Les cégeps, nous, on peut donner un appui de par nos
formations continues. Certains cégeps ont aussi, par exemple, des centres...
des centres de formation en langues. Au Cégep de Jonquière, par exemple, on a
un centre linguistique qui va offrir des services sur mesure en francisation
pour les entreprises. Mais la francisation, en tant que telle, est offerte, là,
chez nous par les centres de services scolaires. Quand on parle de
francisation, en fait, on veut parler davantage d'un allié pour le
développement puis la conservation de la langue française au Québec. Parce
qu'au cégep, comme le disait d'entrée de jeu Mme Montpetit, il y a quatre...
quatre cours de français qui sont obligatoires pour tous nos étudiants et,
ensuite, il y a l'épreuve uniforme de français qui doit être passé en fin de
cursus scolaire. Il y a aussi un niveau minimum d'entrée de français, donc tous
les étudiants internationaux qui arrivent dans nos... dans nos cégeps doivent
avoir un niveau minimal de français, donc B2 ou C1. Donc, on n'a pas de
francisation en tant que telle à faire à nos étudiants parce qu'ils arrivent
déjà avec un niveau minimal, sinon ils ne peuvent pas avoir accès, là, aux
études, aux programmes de... programmes réguliers, en fait, dans nos cégeps.
Mme Schmaltz : Outre la
francisation, quels sont les services aussi que vous offrez aux étudiants
étrangers? J'imagine qu'il y a plusieurs... plusieurs offres... vos paniers de
services.
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Oui,
je peux... Effectivement, c'est... En fait, ça fait plus de 20 ans qu'on reçoit
des étudiants internationaux dans nos cégeps de région. Je peux parler
particulièrement pour ce que je connais, les cégeps hors des grands centres
urbains. On a mis sur place toute une stratégie d'accueil, d'inclusion qui
passe à la fois par la formation de nos enseignants sur la pédagogie
interculturelle, par des conseillers à la vie étudiante qui vont les accueillir
jusqu'à l'aéroport, les intégrer chez nous, travailler aussi sur nos jeunes
Québécois pour l'ouverture, l'interculturel. Donc, nos cégeps investissent
énormément pour faire de cette expérience d'études là une expérience de vie et
pour former aussi des jeunes Québécois à une ouverture interculturelle par la
venue de nos étudiants internationaux qui viennent étudier dans nos... dans nos
établissements.
Mme Schmaltz : OK. Est-ce que
vous pouvez peut-être davantage expliquer les autres services autour de
l'étudiant? Parce que, là, si je comprends, vous avez... vous allez les
chercher à l'aéroport, c'est ça? Oui?
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Oui.
Mme Schmaltz : Il y a une
prise en main, finalement, de l'étudiant. OK.
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Oui,
il y a une prise en charge complète et totale, donc on les... on les amène
jusqu'à chez nous. Il y a une programmation d'accueil qui leur est offerte
pendant une... pendant une semaine, jusqu'à deux semaines, où on leur... on
leur apprend à apprendre au Québec aussi, parce qu'on change de milieu
d'éducation, de pédagogie, de façon de faire. Donc, on les... on les prépare à
intégrer, là, les études, les études au Québec, on leur offre aussi...
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup.
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Merci.
La Présidente (Mme Poulet) : On
va poursuivre les échanges avec le député de l'Acadie pour une période de 12
minutes 23 secondes.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente...
M. Morin : ...bon après-midi.
Merci d'être là. Merci également pour le mémoire que vous avez produit à la
commission. C'est très apprécié. J'ai quelques questions pour vous. Dans votre
mémoire, à la page 18, vous parlez des quotas de CAQ — évidemment,
pour les gens qui nous écoutent ici, ce n'est pas la CAQ, c'est des quotas de
CAQ, dont des certificats d'acceptation Québec, c'est autre chose — et
vous dites : «La mise en place de quotas par cégep et par type de
programme est une ingérence dans l'autonomie des cégeps pour l'établissement de
leurs priorités en matière de gestion et de leur offre éducative et
d'attraction d'étudiants et d'étudiants internationaux.»
Donc, ce que j'aimerais que vous puissiez
nous expliquer davantage, d'abord, avez-vous été consultés avant que ce soit...
ça rentre en place? Parce que je vous ai écouté attentivement, vous nous avez
dit que la prévisibilité, c'est un élément effectivement très important dans le
domaine de l'immigration. Est-ce que vous en avez assez de quotas? Et quel est
l'impact de ça? Est-ce que ça pourrait, par exemple, mettre en péril une offre
éducative dans certaines régions ou dans certains cégeps?
Mme Montpetit (Marie) : Merci
pour votre question, M. le député. Bien, les quotas de CAQ, quand ils ont
été... quand ils ont commencé à être nommés, je dirais, par le gouvernement,
l'objectif qui a été nommé publiquement, autant publiquement, que dans les
échanges qu'on a eus avec eux, c'était pour corriger des abus qu'on avait vus
dans certains réseaux et qui ne sont pas... qui n'est pas celui des cégeps,
parce que vous avez toutes les données en main dans le mémoire, qui démontrent
à quel point, justement, c'est un... c'est des recrutements au niveau des
étudiants internationaux qui ont été faits dans les cégeps, qui sont très,
très, très ciblés. Il y a un premier décret, en effet, qui a été rendu public
au mois de février, si ma mémoire est bonne, qui a dû être corrigé justement
parce qu'il y avait certaines hérésies, certaines erreurs. Parce qu'il n'y
avait pas eu de consultation, justement, du réseau, il y a un deuxième décret
qui a été émis par la suite. Mais c'est sûr que, nous, on a toujours travaillé
comme des partenaires avec le gouvernement en termes de recrutement d'étudiants
internationaux, justement, comme je le nommais un peu plus tôt pour répondre à
des opérations main-d'œuvre, pour répondre vraiment à des besoins régionaux. Et
c'est dans cette optique-là que, nous, on veut... on souhaite continuer de
travailler.
• (14 h 30) •
Et quand vous faites référence à la
question de l'autonomie, je nommais d'entrée de jeu, tout à l'heure, dans mon
allocution de départ, que les 48 cégeps ont été mis en place dans une
perspective d'accessibilité à l'enseignement supérieur, mais aussi de
développement... de développement économique, d'occupation du territoire. Ils
ont cet ancrage-là régional qui est très, très fort, que ce soit avec les
entreprises locales notamment, et donc le développement des programmes... lien
est une réponse aussi justement à la fluctuation d'un marché qui peut changer,
on le sait très bien, on en parle souvent à quel point la transition dans le
marché du travail évolue, évolue rapidement. Donc, on souhaite conserver une
autonomie puis une agilité aussi d'aller recruter dans certains programmes par
rapport à d'autres. D'une année à l'autre, ça va changer. Et les quotas amènent
des restrictions par rapport à cette agilité et à cette autonomie de répondre
justement à des besoins... besoins locaux.
rai Je laisse ma collègue, je suis certaine,
qui peut aussi compléter aussi cette réponse-là avec une réalité bien propre à
Baie-Comeau, dans son cas.
Mme Couturier (Manon) : Bien,
en fait, j'aurais le goût de donner des chiffres pour essayer d'imager un peu
les impacts que ça peut avoir. Là, je vais utiliser Sept-Îles. À Sept-Îles, ils
ont eu 65 CAQ. Avec 65 CAQ, ils ont recruté 23, 25... 23 nouveaux
plus 12 renouvellements. Présentement, aujourd'hui, là ils sont à 35, ça a
l'air de bien aller. Mais là on ne sait pas combien il va y avoir de gens qui
vont demander des renouvellements entre maintenant et février 2026. Donc là, il
faut se garder dans une boule de cristal pour dire : Combien je vais avoir
de renouvellements? Historiquement, on en a autour de six, puis là le MIFI a
demandé : Bien, peut-être qu'on aurait un sept autres à ajouter, puis il y
a même un potentiel de 14 à ajouter. Donc, on est rendus avec 15 CAQ en
recrutement. Mais on se rappelle qu'on en a recruté 23 l'année passée. Donc, Sept-Îles
part avec un recrutement, avec un manque à gagner de CAQ.
Là, qu'est-ce qu'il faut qu'ils fassent?
Est-ce qu'ils disent à leurs étudiants qui ont besoin d'un
renouvellement : Attends un peu, demande-le juste après février 2026,
demande-le juste en janvier pour qu'on puisse... Vous comprenez que cette
gymnastique-là, d'essayer de prévoir l'imprévisible, ça demande à des gens de
faire du travail qu'ils feraient... ils seraient beaucoup plus utiles à faire
autre chose, nos registraires, que d'essayer de nous aider à deviner combien on
va avoir de renouvellement. Donc, concrètement, c'est ça que ça veut dire,
c'est qu'on essaie de deviner combien on va avoir besoin de gens pour renouveler
et on part recruter avec on ne le sait pas trop. Puis là les données qu'on
retrouve sur le site, ce n'est pas exactement les données qu'on trouve dans
notre registraire. Donc, c'est même très difficile de savoir exactement le
portrait de nos CAQ restants. Donc, on est dans de l'administratif que je
trouve un peu inutile...
Haut de la page
14 h 30 (version non révisé
e) Mme Couturier (Manon) : ...quand
on regarde la vraie mission des cégeps, hein, la vraie mission des cégeps, c'est
de favoriser l'apprentissage, favoriser l'apprentissage de la langue française.
L'intégration au Québec, quand on parle d'immigration. Et là on met beaucoup de
temps pour quelque chose qui est... qui est imprévisible puis qui... si on
avait une certaine latitude, on serait capable de tout simplement mettre nos registraires
sur des tâches beaucoup plus utiles pour l'ensemble de notre cégep.
M. Morin : Je vous remercie
beaucoup pour cet exemple qui est très, très concret puis qui explique bien,
quant à moi, les défis que vous devez relever. Bien, si je vous ai bien
compris, alors là, c'est difficile d'évaluer le nombre exact. Donc, vous avez
dit... Vous ne savez pas si vous allez demander, par exemple, à des étudiants d'attendre
ou de demander un renouvellement tout de suite, mais je me mets à la place de l'étudiant,
lui, qui reçoit cette nouvelle-là, il... ça doit être assez stressant. Qu'est-ce
qu'il fait?
Mme Couturier (Manon) : Bien,
clairement que tout ce qu'on dit là, c'est un niveau de stress de nos étudiants,
puis on le sait que les cerveaux humains n'apprennent pas très bien sous stress.
On regarde en neurosciences sur les données qu'on a, le stress, ça n'aide pas l'apprentissage.
Ça fait que c'est ça qu'on rajoute au niveau de stress, on les accompagne, là,
il faut... Il faut dire qu'on les connaît tous par leur prénom, là. Nos équipes
les connaissent, les accompagnent. Et je n'ai pas de contrôle sur le fait que l'étudiant
ferait la demande quand même ou pas. Donc, on peut recommander des choses, mais
on s'entend que souvent ce sont des adultes qui vont faire leurs démarches eux-mêmes
parce qu'ils vont sur le site et ils font leur demande. Donc, on a très peu de
contrôle là-dessus.
Donc, il se pourrait qu'on ait des
étudiants qui essaient... Puis là, encore une fois, là, on crée des ententes
avec des lycées, on crée des partenariats de confiance, on a des jeunes qui
pourraient arriver pour faire une demande de CAQ, pour venir étudier chez nous,
qui se ferait... la réponse : Bien, il n'y a plus de place à Baie-Comeau.
Ah! tiens, je vais aller voir. Ah! par Lasalle, il en reste tout plein. Je vais
aller à Lasalle. Donc, ce qui serait malheureux, c'est de finir par dire à des
étudiants : Bien, attends un peu plus tard, en février, tu pourras faire
ta demande. On s'entend qu'à 17, 18 ans, la patience, ce n'est pas notre
grande qualité. Donc, on risque d'avoir des jeunes qui font des choix d'aller
ailleurs que dans nos régions pour étudier. Puis c'est ça qui nous inquiète
beaucoup depuis le début de ces... de ces quotas-là qui ont été nommés.
Mme Montpetit (Marie) : J'aurais
envie de...
M. Morin : Oui, allez-y.
Mme Montpetit (Marie) : Si
vous permettez, M. le député, d'ajouter... l'enjeu fondamental, c'est qu'une
politique aussi doit répondre à un problème. Puis ce qui a été, je pense,
convenu par tous, c'est que le problème, il n'est pas dans les cégeps, puis je
réfère encore au commissaire à la langue française, hier, qui a été très
élogieux du Réseau des cégeps, sur l'intégrité, justement, de nos processus de
recrutement, de nos processus d'accueil, de nos processus d'accompagnement, sur
le fait qu'on devrait même avoir une marge de manœuvre supplémentaire pour
recruter des étudiants internationaux, parce que, justement, on les forme dans
des contextes de mixité, dans des contextes francophones.
Le fait de mettre des quotas dans un
réseau, justement, qui assure une occupation du territoire, un développement
économique régional, c'est un frein en ce sens-là. Donc, on s'éloigne même des
objectifs primaires qui sont recherchés par ces... par ces politiques. Donc, le
mur-à-mur, une mesure paramétrique pour l'ensemble des réseaux, dans ce cas-ci,
elle vient freiner certaines régions qui sont en dévitalisation ou à risque de
dévitalisation de recruter.
Et la réponse qu'on entend à l'heure
actuelle, c'est : Oui, mais les quotas de certains cégeps, par exemple, n'ont
pas été complétés, n'ont pas été remplis. Et ça, dans le... puis je ne veux pas
rentrer nécessairement dans les... dans la technicalité, mais il y a toutes
sortes de raisons. Un, il y a... Il y a le fait que la réputation du Québec a
été mise à mal. On le voit très bien, nous, dans nos échanges avec les
partenaires, de voir qu'il y a une diminution, je vous le nommais, là,
53 % de moins de demandes d'admission en un an. Bien, le projet de loi n° 74
n'est pas... Ce n'est pas juste les réformes du Québec, là, celles du fédéral
ont aussi nui à la réputation de l'accueil du Canada et du Québec. Bien, c'est
sûr que la question du projet de loi n° 74 est venue aussi causer
problème, la suspension du PEQ notamment aussi, mais aussi toute la façon dont
ça a été appliqué au niveau du calendrier. Le calcul a débuté alors que les
quotas de CAQ, on les avait déjà... on les avait déjà... certains avaient déjà
été donnés. Donc, le chiffre n'est pas nécessairement juste de ce qui est
disponible. Donc, c'est pour ça que M. Dubreuil, hier, quand il réitérait le
fait qu'il faut donner une marge de manœuvre supplémentaire aux cégeps, on ne
peut que convenir qu'il a vu juste sur ce qui se passe sur le terrain et sur les
besoins qui sont présents.
M. Morin : Parce que ma
compréhension, c'est que quand les mesures sont arrivées, vous aviez... vous,
vous êtes toujours en mouvement, vous travaillez tout le temps. Il y a toujours
des étudiants qui arrivent, qui partent, vous aviez déjà des CAQ. Est-ce que
vous êtes d'accord avec moi qu'un minimum de prévisibilité, d'avertissement, de
consultations aurait rendu la tâche plus facile pour tout le monde?
Mme Montpetit (Marie) : Bien,
c'est que les décrets... vous le savez, nous, les admissions se font autour du
mois de... autour du mois de mars. Donc, on était déjà en plein processus, en
fait, quand le décret est tombé. Puis pour quelqu'un qui est dans un processus
d'immigration, ça peut prendre jusqu'à 18 mois. Entre les démarches qu'on
veut faire... un cégep va faire, qu'un étudiant veut faire, qu'on veut faire
comme fédération. On parlait tout à l'heure des mesures d'accueil, mais parfois
on va les rencontrer en amont pour leur expliquer un peu le contexte, mais ça peut
prendre 12, 18 mois d'entamer ce...
Mme Montpetit (Marie) : ...genre
de démarches là aussi pour venir au Québec. Donc, d'où l'importance de mettre
effectivement des conditions qui sont... qui sont prévisibles. Et, un décret
qui arrive dans un calendrier où les admissions sont en cours, c'est sûr que ça
complique drôlement la vie.
M. Morin : Je comprends.
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Si
vous me permettez.
M. Morin : Oui, oui, bien
sûr. Allez-y.
Mme Laflamme (Annie-Claude) : Oui.
Nos équipes, en fait, en recrutement international sont sur le terrain à partir
du début septembre, donc ils sont déjà en train d'aller rencontrer nos
partenaires, les lycées en France, certaines IUT, pour venir présenter nos
programmes d'études au Québec, venir leur dire, en fait, que le Québec est
ouvert et heureux d'accueillir des étudiants internationaux. Et, ce qui s'est
passé, en fait, c'est que l'an dernier, à partir du 26 février, on nous a
imposé ce quota-là qui faisait en sorte, en fait, qu'on doit planifier notre
quota sur deux ans. Parce qu'on a, oui, les efforts de recrutement qui se font
en début d'année, ceux qui, à partir du 26 février, déposent une demande
pour rentrer à l'automne prochain, et ceux aussi qui planifient venir. Nous, on
commence à recevoir des admissions d'étudiants à partir du 1er octobre.
Donc, à partir du 1er octobre, nous, ce n'est pas notre rentrée présente,
mais vraiment celle de 2026 qu'on commence à combler, donc, ces quotas-là,
sur... qu'on doit, en fait, planifier sur deux ans sur notre recrutement et en
plus sur nos renouvellements. Et, comme on le disait d'entrée de jeu, un
renouvellement de CAQ, ce n'est pas prévisible. C'est un étudiant qui va avoir
eu des embûches dans son parcours scolaire et qui devra demander une année de
plus.
M. Morin : Vous avez fait
référence à la France. La France, c'est un... c'est un partenaire privilégié du
Québec. On connaît l'importance du français, notre langue commune. Ces
mesures-là, est-ce que ça a eu un impact sur la réputation du Québec en France?
Mme Montpetit (Marie) : Oui,
oui, absolument. On a eu des échanges, que ce soit avec, tu sais, le délégué du
Québec à Paris, avec nos partenaires, avec l'Île de La Réunion, avec le délégué
du Québec à Bruxelles aussi. C'est tous des gens qui pourront témoigner à quel
point la réputation du Québec est mise à mal. On l'a vu au niveau des
admissions, comme je le nommais, qui sont... qui sont en baisse de façon
dramatique. Et il y aura un travail. Tu sais, ça prend... il y a la classique
phrase qui dit : Ça prend 20 ans, construire une réputation, puis
cinq minutes pour la détruire. Je...
La Présidente (Mme Poulet) : Merci.
Alors, je m'excuse de vous interrompre.
Mme Montpetit (Marie) : Il
n'y a pas de souci.
M. Morin : Merci. Merci...
La Présidente (Mme Poulet) : On
va poursuivre les discussions avec le député de Saint-Henri-Sainte-Anne. Vous
avez quatre minutes huit secondes.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. D'ailleurs, merci encore une fois de votre belle présentation. On se
souvient justement qu'on s'était vu au projet de loi n° 74. Puis là, tout
ça est très intrinsèquement relié, là, les quotas, les CAQ, etc.
Je regarde votre recommandation sept,
parce que le député de l'Acadie et moi, on avait passé quand même beaucoup de
temps en consultations à essayer de nous assurer que le réseau, vous, vous
alliez être consulté sur les prochains... les prochaines cibles, les prochains
quotas. Et le ministre avait été, en fait, très rassurant, en disant :
Oui, oui, oui, on consulte notre réseau, notre réseau est au cœur de nos
discussions, votre amendement, là, on n'a pas besoin de le voter parce que
c'est intrinsèque, évidemment qu'on consulte. Et là, je vois votre
recommandation sept, pour établir un processus de consultation obligatoire et
structuré. J'ai l'impression que, finalement, ce n'est pas ça qui s'est passé.
J'aimerais ça vous entendre.
• (14 h 40) •
Mme Montpetit (Marie) : Je
vous dirais que, dans le... en amont du... des deux premiers décrets dont je
vous parle, au mois de février, effectivement, il n'y avait pas eu de
consultations. À l'heure actuelle, il y a des échanges parce que... parce qu'il
y a un nouveau décret. De ce qu'on comprend, il y a une intention de produire
un nouveau décret, donc la collaboration, je vous dirais, est remise à l'ordre
du jour. Et on l'a mise comme recommandation, parce que, justement, on veut
éviter ce qui s'est passé au mois de février puis au mois de mars, qui a
demandé au gouvernement de réémettre un deuxième décret, qui a compliqué la vie
à tout le monde, qui a causé beaucoup de stress aux étudiants aussi dans la...
dans la situation.
Cela dit, je me permets quand même de le
rementionner, on est un partenaire. On l'a démontré à plusieurs reprises. On
continue de croire et de penser et d'avoir la certitude que mettre des quotas
de CAQ dans les cégeps à l'heure actuelle, ce n'est pas nécessaire. C'est une
contrainte. C'est une entrave justement au développement de programmes. C'est
une entrave même à l'étude pour des étudiants du Québec parce que ça permet
justement d'offrir des programmes pour des étudiants d'ici. Donc, la
démonstration, elle a été faite, et elle a été faite à plusieurs reprises, et
soulignée, même, qu'il n'y a pas eu d'enjeux au niveau des cégeps, et que c'est
bien fait. Donc, la confiance passerait par ne pas en mettre et nous exempter
de cette mesure.
M. Cliche-Rivard : Je vais
vous souhaiter que la troisième fois soit la bonne. J'aurais préféré que vous
l'ayez eue du premier coup en consultations. Recommandation 11, ça m'a
surpris, le choix des mots, «maintenir» le PEQ diplômé...
M. Cliche-Rivard : ...comme
si on n'était pas certains que c'était maintenu, comme s'il y avait un doute
que le programme par excellence au Québec, celui qui régularise ces diplômés
puis leur offre la résidence permanente pourrait ne pas être maintenu. Le
ministre nous parle beaucoup du PSTQ dans les consultations, mais rarement, là,
on voit le PEQ au centre de ses interventions. Est-ce que vous avez peur que le
PEQ disparaisse?
Mme Montpetit (Marie) : Bien,
je n'ai pas de boule de cristal, mais ce que l'on... Ce que l'on souligne,
c'est que c'est un programme qui... que l'on apprécie, qui fonctionne bien, qui
est un facteur attractif, et on souhaite, effectivement, qu'il soit maintenu
sans modification, sans changement dans sa forme actuelle. C'est... C'est
vraiment un programme qui fonctionne bien, qui fonctionne très bien, donc d'où
la raison de venir le souligner, parce qu'il a quand même été suspendu. Donc,
on se questionnait sur la suite, dans le fond, de ce programme et on
souhaiterait qu'il soit maintenu.
M. Cliche-Rivard : Vous nous
parlez aussi de l'impact que ça, ça l'a, ces instabilités-là puis ces changements-là,
sur votre clientèle étudiante. Il y a eu peut-être quoi... vous êtes là depuis
un certain temps, là, mais cinq, six, sept réformes du PEQ en autant d'années.
Qu'est-ce que ça l'a comme impact, ça, sur vos étudiants?
Mme Montpetit (Marie) : Bien,
c'est l'ensemble des... l'ensemble des réformes, hein? C'est près d'une dizaine
de réformes dans les... autant au provincial qu'au fédéral, là, je vais inclure
les deux, que ce soit au niveau du PEQ, que ce soit le projet de loi n° 74
avec... avec, justement, les quotas. Ces réformes-là, dans le fond, elles
viennent amener une incertitude et un désintérêt, je vous dirais, d'étudiants
qui peuvent s'investir pendant près de 18 mois pour préparer, justement,
une installation au Québec. Il y a des... il y de l'argent qui est en jeu,
nécessairement. On a vu aussi des visas de... des permis d'études, justement,
qui ont été émis avec retard au niveau du fédéral. Donc, tous ces éléments-là
viennent certainement mettre à mal des projets d'études. Et le monde... le monde
est vaste et large et il y a une compétition, donc on voit bien qu'il y a des
étudiants qui font d'autres choix que venir ici, là, on le constate dans les
données, dans les chiffres, et ça, c'est très malheureux.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup. Merci à vous trois pour votre contribution à nos travaux.
Alors, je suspends quelques instants les
travaux afin de permettre au prochain groupe de s'installer.
(Suspension de la séance à 14 h 44)
(Reprise à 14 h 48)
La Présidente (Mme Poulet) :
Alors, bonjour. On reprend nos travaux. Nous accueillons l'Association
québécoise des avocats et des avocates en droit de l'immigration. Alors, je
vous... Je vais vous demander de vous présenter et vous avez 10 minutes
pour votre exposé. Alors, la parole est à vous.
Mme Thiboutot (Gabrielle) :
Merci beaucoup. Donc, Me Gabrielle Thiboutot avec Me Valois,
Me Laurence Trempe et Me Yves Martineau, pour l'AQAADI. Nous
représentons plus de 500 juristes, avocats et avocates en droit de l'immigration.
Notre intérêt est celui d'un système juste, prévisible et respectueux des
individus concernés. Nous sommes avant tout, tous et toutes, des officiers de
justice. Bien sûr, nous sommes rémunérés par nos clients, qu'il s'agisse de
nouveaux... de nouveaux arrivants, d'employeurs ou de citoyens voulant être
réunis avec leurs proches, mais notre rôle dépasse largement celui de simple
prestataire de service. Nous sommes membres d'un ordre professionnel. Nous
sommes soumis à un code de déontologie, l'indépendance, la loyauté, la rigueur
et l'honnêteté. Un système inefficace mine la confiance du public, fragilise
l'état de droit et nuit à nos clients, comme à la société québécoise. Il
alourdit aussi le travail des députés, inondés de demandes d'émigration de
leurs électeurs, tant au niveau fédéral que provincial. Or, l'immigration est
l'un des domaines les plus complexes du droit public canadien. Deux paliers de
gouvernement se partagent les compétences avec des règles et objectifs parfois
contradictoires. Si naviguer dans ce labyrinthe et ardu pour des juristes,
imaginez pour le simple public. C'est simplement là que notre rôle prend son
sens, veiller au respect des droits et à l'application équitable des règles.
Nous sommes un maillon essentiel de l'équilibre entre l'État et les individus
au service du bien commun.
Mme Trempe (Laurence) :
Notre message est clair, les seuils et quotas actuels sont problématiques et
juridiquement contestables. Les délais de traitement sont devenus intenables.
En juin 2025, plus de 142 000 personnes attendent la résidence
permanente au Québec, parfois depuis des années. Familles séparées,
travailleurs coincés dans la précarité de renouveler de statut en statut,
confiance ébranlée. La situation est insoutenable. Nous avons calculé plus de
100 000 personnes sur le territoire québécois en attente de la
résidence permanente sous des statuts divers, normalement, le permis de travail
dans le programme de mobilité internationale. Dès 2023, l'AQAADI a rappelé que
le Québec ne peut imposer de plafond aux catégories relevant des droits
fondamentaux, réunification familiale, motifs humanitaires, asile. Ces dossiers
relèvent du fédéral et de l'Accord Canada-Québec. Fixer des limites arbitraires
ne fait qu'allonger les délais de traitement. Concernant les résidents
temporaires, le Québec a compétence dans le programme des travailleurs
étrangers temporaires et les permis d'études. Mais la perte de l'exemption du
10 % dans la liste de traitement simplifié a directement fragilisé les
employeurs. Le nombre record de chambres de commerce présentes ici illustre
l'ampleur du problème.
• (14 h 50) •
S'agissant du programme de mobilité
internationale, la compétence appartient complètement au fédéral. Les permis
transitoires, les travailleurs vulnérables ou les demandeurs d'asile ne peuvent
être contingentés par le Québec. Ces personnes sont sous des statuts
temporaires en sol québécois. Plus les délais de résidence permanente
s'allongent, plus le bassin du programme de mobilité internationale va gonfler,
forçant les gens à renouveler leur statut d'année en année, alors que des
nouvelles demandes sont soumises.
Le PMI, le Programme de mobilité
internationale, est rempli de faux temporaires, soit des gens sur le chemin
transitoire de la résidence permanente, déjà sélectionnés par le Québec, par ce
gouvernement, mais qui sont pris dans le goulot d'étranglement des délais en
raison des seuils trop bas. En résumé, les seuils trop bas génèrent des
arriérés massifs et des délais inutiles et disproportionnés, surtout comparés
aux autres provinces. Le Québec ne peut juridiquement plafonner les catégories
relevant des droits fondamentaux et les discussions portant sur le nombre de
temporaires doivent prendre en compte les faux temporaires, ceux qui sont
sélectionnés par Québec et attendent sous des permis de travail dans le
programme de mobilité internationale. Nous encourageons une planification...
Mme Trempe (Laurence) :
...plutôt que des plafonds rigides, afin de protéger l'intégrité du système,
respecter les droits et offrir une prévisibilité aux familles et aux
employeurs.
Mme Valois (Stéphanie) :
Derrière les chiffres, il y a des vies. Prenons la réunification familiale. En
juin dernier, le Québec a suspendu la réception des demandes de CSQ après avoir
fixé un quota arbitraire de 13 000 sur deux ans. Or, nous recevons
historiquement de 10 000 à 12 000 demandes par année. En coupant la
poire en deux, on a cr