House Proceedings — 12 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-04-12
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante et une
minutes)
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, bon mardi à tous et toutes! Vous pouvez prendre place.
Nous allons
débuter nos travaux avec la rubrique des déclarations de députés, et, sans plus tarder, je cède la parole
à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Chevarie : Merci, Mme la Présidente. Comme vous le savez tous, le
29 mars dernier, un accident d'avion a tragiquement emporté la vie de sept personnes, laissant dans le deuil
familles et amis, la communauté des Îles et l'ensemble du Québec.
Aujourd'hui,
je tiens à souligner de façon particulière le travail exceptionnel des
intervenants lors de cette sombre journée :
les services d'urgence, qui ont démontré bravoure et sang-froid en arrivant sur
les lieux rapidement et en mettant tout
en oeuvre pour tenter l'impossible, les pompiers et ambulanciers, mais aussi le
personnel hospitalier alerte et efficace, tous ceux qui, de près ou de loin, ont aidé à leur façon les victimes ou
leurs familles. Je tiens à vous remercier pour votre courage et votre
compassion.
Je tiens
également à exprimer encore une fois toutes mes sympathies aux familles et aux
amis des sept victimes. Je pense
notamment à Mme Lapierre, durement éprouvée. J'ai également une pensée
particulière pour Laure, sa fille. Que le
temps réussisse à mettre un peu de baume sur vos plaies et que tous ceux partis
reposent en paix. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et maintenant
je cède la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la
Présidente, en mars dernier, le gouvernement du Québec faisait connaître la liste des projets éligibles à une aide financière au programme
d'installations sportives. Les besoins sont importants, et l'enveloppe réservée pour ces projets est
nettement insuffisante. Résultat : dans la MRC de La
Mitis, un projet majeur et nécessaire pour répondre adéquatement aux
besoins de la population s'est vu refuser l'aide de Québec. Ce projet est la
réfection du Stade du centenaire de Mont-Joli, seul aréna sur le territoire de
la MRC. La mise aux normes du stade implique une somme de 6 millions pour la réalisation des travaux planifiés en 2017. Le projet comprend, outre la mise aux
normes du système de réfrigération, l'installation d'un nouvel
éclairage plus performant, d'une membrane réfléchissante ainsi que l'amélioration des baies vitrées et des
vestiaires.
De nombreux
arénas de la région ont pu bénéficier de l'aide de Québec
dans le passé afin de réaliser ce type de travaux. Il est essentiel que les citoyens de Mont-Joli et de l'ensemble
de La Mitis puissent également compter sur une aide gouvernementale. La facture doit être partagée de façon équitable partout. La
ville de Mont-Joli est prête à réaliser ce projet et attend un signal positif depuis longtemps.
Le gouvernement du Québec doit maintenant répondre présent. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci, M. le député de Matane-Matapédia. Et, pour la prochaine déclaration, je
cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Simard : Merci, Mme la
Présidente. Plus de 27 établissements de villégiature réunis sous la
bannière Hôtellerie champêtre s'imposent
depuis 25 ans comme un chef de file dans les domaines de la restauration
et de l'hôtellerie dans
12 régions administratives de la
province, dont la mienne. La semaine dernière, l'Auberge des Peupliers, située
dans Charlevoix,
a rejoint la grande famille de ces établissements reconnus pour mettre de
l'avant la fine cuisine du terroir, un
hébergement de qualité supérieure et des activités uniques. Cette auberge
presque bicentenaire à l'architecture de style normand et la cuisine
typique charlevoisienne lui ont valu une place de choix parmi les
27 autres membres reconnus.
Permettez-moi de
souligner que l'Auberge des falaises et le Château Mont-Sainte-Anne sont aussi
de fiers membres de cet important réseau
d'hôtels et d'auberges indépendants au Québec. L'apport d'Hôtellerie champêtre
au processus de reconnaissance et de revalorisation des auberges comme
destinations de choix a représenté une avancée significative pour le tourisme québécois. Félicitations aux
propriétaires de l'Auberge des Peupliers! Et merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Maintenant, je me tourne
vers M. le député de Masson.
Lemay : Mme la Présidente, l'Association des hypoglycémiques du Québec
a pour mission l'éducation et la prévention de l'hypoglycémie afin
d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes. Depuis quelques années,
l'association développe une véritable culture et un engagement pour les saines
habitudes de vie, créant ainsi une participation active à la prévention de la
santé. Elle vise principalement à créer les conditions favorables à une santé globale en plus d'offrir une solution de saine
alimentation. Dans plusieurs épiceries, nous pouvons maintenant retrouver
les Hypolunchs, ce qui permet aux personnes
atteintes de pouvoir manger plus sainement et ainsi éviter la tentation du
trop sucré.
Considérant
l'étendue et le nombre croissant de personnes atteintes par l'hypoglycémie, je suggère que l'on puisse le 12 avril de chaque année, la période des
sucres au Québec, décréter une journée de l'hypoglycémie afin que
les initiatives de saines habitudes
développées par l'association
continuent de contribuer au développement de cette maladie. Merci, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci de votre suggestion,
M. le député de Masson. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Saint-Maurice.
M. Giguère :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec une immense fierté que je souligne la
nomination de M. Jacques Goulet, l'un
des cinq présidents de la firme Mercer, qui a reçu le prestigieux Prix de
distinction Maple Leaf 2016 de la Canadian Association of New York.
Natif
de Shawinigan, M. Goulet s'est démarqué en tant que personnalité
importante du monde des affaires. Durant son illustre carrière dans le domaine de l'actuariat, il a établi des
liens étroits entre le Canada et la ville de New York. Il s'élève désormais au rang des Canadiens qui se
sont le plus distingués aux États-Unis. Il est également le premier Québécois
depuis 100 ans à recevoir ce prix.
Félicitations,
M. Goulet, pour cette remarquable réalisation! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de
Saint-Maurice. Et nous sommes toujours à la rubrique des déclarations de
députés, et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Merci. Alors, hier, le 11 avril, j'ai honoré
45 bénévoles de la circonscription de Taschereau lors de la huitième édition de la soirée hommage aux
bénévoles. Lors de cette cérémonie conviviale et sans prétention qui me tient énormément à coeur, j'ai eu le privilège de
souligner le travail d'hommes et de femmes au dévouement exemplaire envers leur communauté. De plus, j'ai remis des
Médailles de l'Assemblée nationale à deux personnes qui font
partie de
ceux et celles qui changent le monde : d'abord à Mme Isabelle Têtu,
infirmière praticienne spécialisée et l'une des cofondatrices de la clinique SABSA, pour sa détermination et son
dévouement exemplaire envers la santé des gens de la Basse-Ville de Québec; enfin, à M. Marc
Gourdeau, directeur général de Premier Acte — la relève théâtrale de Québec qui
passe par là — et
président du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière‑Appalaches.
C'est
un honneur pour moi devant vous, mes chers collègues, de pouvoir remercier ceux
et celles qui donnent de leur temps pour changer le monde. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Taschereau. Et, pour la
prochaine déclaration, je cède la parole à Mme la députée de l'Acadie.
St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. M. François
Cloutier, ancien député et ex-ministre d'Ahuntsic et d'Acadie, qui est décédé le 23 mars dernier
en France, alors c'est son hommage que je veux faire aujourd'hui. Il était âgé
de 94 ans. M. Cloutier a été élu
pour la première fois en 1970 sous le cabinet de Robert Bourassa. Médecin de
formation, François Cloutier se
spécialise en psychiatrie à Paris. De retour au Québec, il fonda la
section de
psychiatrie de l'Hôpital Notre-Dame à
Montréal. Il accepta par la suite de
diriger la Fédération mondiale pour la santé mentale de 1962 à 1966.
Le Dr Cloutier a fait
le saut en politique en 1970, en se présentant comme candidat pour le Parti
libéral du Québec dans l'ancienne circonscription d'Ahuntsic, où
il a battu un candidat vedette du Parti
québécois, Jacques Parizeau. Il a dirigé le ministère des Affaires
culturelles, puis il a pris les rênes, deux ans plus tard, du secteur de l'éducation, et finalement il devient ministre des Affaires intergouvernementales. Il a été réélu en 1973 député
de la nouvelle circonscription de l'Acadie, issue du nouveau
découpage électoral de la province. Durant ce second mandat, il apporta sa contribution à la loi 22 qui
confirmait le français comme langue officielle du Québec.
abandonna la politique en 1976 et fut nommé délégué général du Québec à
Paris. Ensuite, il poursuivit sa carrière, et c'est en France qu'il est
décédé le 23 mars dernier. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée de l'Acadie. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour
sa déclaration d'aujourd'hui.
M. Jolin-Barrette : Merci,
Mme la Présidente. Je souhaite
profiter de cette tribune afin de souligner le 30e anniversaire de la Corporation
Aide et intégration jeunesse au travail de La Vallée-du-Richelieu, un organisme
qui offre divers services aux jeunes afin de favoriser leur intégration
socioprofessionnelle.
Fondée
en 1985, la corporation chapeaute une dizaine de programmes, dont le Carrefour
jeunesse-emploi de La Vallée-du-Richelieu,
qui aident les jeunes de la région à s'orienter dans leurs choix de carrière et
qui les soutiennent dans leurs recherches d'emploi. Elle chapeaute
également L'Envol, un programme qui joue un grand rôle dans l'accueil, l'intégration et l'insertion socioprofessionnelle
des immigrants sur le territoire de La Vallée-du-Richelieu. L'organisme
célébrera d'ailleurs ses 30 ans le 28 avril prochain.
En terminant, Mme la
Présidente, je souhaite féliciter et souligner le travail du directeur général,
M. Daniel Vermeersch, le conseil d'administration, les employés ainsi que
toutes les personnes qui ont contribué au succès de l'organisme au cours des 30 dernières années. En mon nom et celui
des jeunes que vous avez aidés, un grand merci. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Borduas. Et maintenant c'est
à votre tour, M. le député de Charlesbourg.
Blais : Très bien. Merci, Mme la Présidente. En cette Semaine de
l'action bénévole, j'aimerais rendre hommage aux milliers de bénévoles de ma circonscription, qui travaillent souvent
dans l'ombre en donnant de leur temps, de leurs compétences et de leur énergie à un organisme qui leur est cher. Je suis
très fier de la force de l'action bénévole qui rayonne à travers
Charlesbourg.
J'en
profite pour souligner le travail d'un organisme qui est au coeur de cette
précieuse action bénévole. Il s'agit du
Centre d'aide et d'action bénévole de Charlesbourg. J'aimerais d'ailleurs
saluer ici la directrice, Mme Mayrand, ainsi qu'un homme exceptionnel,
qui compte plus de 15 ans de bénévolat au sein du CAAB, M. Gérald Lavoie.
plus de soutenir l'action bénévole dans la communauté en participant activement
au jumelage des bénévoles avec des organismes, le CAAB de Charlesbourg
offre des services de soutien à domicile à des clientèles vulnérables. D'ailleurs, un des services novateurs implantés
depuis quelques années à Charlesbourg sera offert prochainement dans plusieurs autres secteurs de la ville de Québec. Il
s'agit du projet Aînés-nous à vous
aider!, grâce auquel les personnes
âgées et isolées sont ciblées par les travailleurs de milieu et des bénévoles
pour ensuite être accompagnées vers des ressources qui leur viendront en aide.
félicite le CAAB pour toutes ses implications dans la communauté.
C'est un plaisir pour moi de vous côtoyer.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Bienvenue à
vous à l'Assemblée nationale. Et, pour conclure la rubrique, je cède la parole
à M. le député de Marquette.
Ouimet : Merci, Mme la Présidente. Je rends aujourd'hui hommage à M.
Jean-Claude Ménard, citoyen de Lachine,
qui, pendant près de 40 ans, a fait rayonner notre folklore et notre
patrimoine au Québec comme à l'étranger. Il a dirigé d'une main de maître, de 1976 à 2015,
l'ensemble folklorique Les Éclusiers de Lachine. Depuis
2006, il préside l'organisme Folklore Canada International. Par le
biais d'échanges internationaux, il a contribué de façon significative à
renforcer le tissu multiculturel de la société québécoise.
rêve de sauvegarder les us et coutumes du Québec et d'initier les jeunes aux
traditions du monde m'amène à souligner son exceptionnelle contribution
à la promotion et à la préservation du patrimoine culturel.
Alors,
cher Jean-Claude, tu es aujourd'hui le dépositaire d'un legs culturel de grande
envergure qui inspirera les jeunes de
demain. Félicitations! Et je salue au passage ton épouse, Hélène, et tes
compagnons de route, Michel Dion et Lise Dion. Merci pour tout ce que tu
as fait.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée
nationale.
Et ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés, et je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
13 h 53)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Je remarque,
dans nos tribunes, un de nos anciens collègues, M. Yves Duhaime, qui a été
député de Saint-Maurice un grand bout de temps, qui est avec nous.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre de l'Énergie et des Ressources.
Arcand :
M. le Président, je dépose aujourd'hui, avec votre permission, la politique
énergétique du Québec 2030 intitulée L'énergie des Québécois — Source
de croissance .
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
M. le Président, excusez-moi, on était dans d'autres discussions ici, autour.
Il me fait plaisir de déposer les rapports annuels d'activité de Québec en
forme de 2010 à 2015.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement aux pétitions présentées par le député de Nicolet-Bécancour le 23 février, par le député de
Verchères le 15 mars, et par la députée de
Mirabel le 16 mars. Merci.
Président : Ces documents
sont déposés. Pour ma part, je dépose une lettre que m'a adressée la Vérificatrice générale du Québec,
m'informant ou informant plutôt l'Assemblée qu'elle entend donner suite à la motion
unanime adoptée par l'Assemblée le 6 avril dernier,
laquelle lui demandait d'analyser l'octroi d'un contrat... d'un prêt — d'un contrat! — de
11,2 millions de dollars d'Investissement
Québec et d'une subvention de 8,5
millions de dollars du ministère
du Développement économique à l'entreprise Premier Tech.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M.
le président de la Commission des finances publiques et député de
Montmorency.
M. Bernier :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission des finances publiques
qui, les 5, 6 et 7 avril 2016, a siégé afin de procéder à la poursuite du
débat sur le discours du budget.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
n'y a pas de dépôt de pétitions, il n'y a pas de réponses orales aux pétitions
ni d'interventions portant sur une question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Péladeau :
Merci, M. le Président. Le chef du Parti libéral du Québec avait déclaré, lors
de la dernière campagne électorale, qu'il
avait deux objectifs, deux priorités : l'éthique et l'économie. Alors,
nous avons vu les dernières semaines
marquées par son ancienne collègue Nathalie Normandeau, par les accusations de
corruption contre l'un des plus
importants collecteurs de fonds du Parti libéral et sa procrastination
concernant le député de Louis-Hébert. Le chef du Parti libéral a hors de
tout doute prouvé un échec lamentable à ce chapitre.
Maintenant, du côté
de l'économie, M. le Président, le gouvernement libéral n'a créé aucun emploi
depuis les 12 derniers mois. Vendredi
dernier, nous avons appris que 22 500 emplois à temps plein avaient été
perdus. À Chicoutimi, il s'est perdu
1 000 emplois durant les 12 derniers mois. Alors, là aussi, la
population du Québec est obligée de conclure qu'il s'agit d'un échec lamentable. Alors, fini les 250 000
emplois, fini le pseudo-trio économique, décimé au bataillon, et
fumisterie que cet effet libéral. C'est l'étape juste avant la récession.
Alors,
est-ce que le premier ministre peut nous confirmer qu'il a choisi de ne plus
inscrire la promesse, l'objectif et
le mythe libéral des 250 000 emplois dans le budget et qu'il admet
aujourd'hui avoir vendu un mirage aux électeurs et aux électrices du
Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, quand on a le projet politique de l'opposition
officielle, il est dangereux de parler de
mirage. Je voudrais cependant dire que, sur le plan économique, bien sûr on est
dans un environnement incertain. On voit
que la croissance nord-américaine — la croissance mondiale également — est au ralenti. Cependant, l'ensemble des
analystes du secteur privé prévoient une
croissance intéressante pour le Québec — tout étant relatif, bien sûr, compte tenu
du contexte — autour
de 1,5 %, 1,6 % en termes réels.
Depuis
notre arrivée, il s'est créé 60 000 emplois, je voudrais quand même le
répéter. Et il y a effectivement... Il parle
d'effet... Je ne répéterai pas ses termes, mais il y a une inflexion très nette
de la courbe de création d'emplois à partir du printemps 2014. Ce qui
est intéressant, M. le Président, et très significatif, c'est que les emplois
créés au Québec depuis cette époque sont très majoritairement des emplois à
temps plein et très majoritairement — 70 000, plus de 70 000 — des emplois du secteur privé. Or, la
création d'emplois du secteur privé était, à toutes fins pratiques, en panne depuis
les dernières années. Elle reprend. Elle reprend lentement, on connaît le
contexte. Et ça va s'appliquer, M. le
Président, autant au comté de Chicoutimi qu'à la région de Saguenay—Lac-Saint-Jean, qu'à tout le Québec, parce que nous avons mis en place et nous continuerons de mettre en
place des mesures profondes pour redresser et relancer l'économie
du Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Péladeau : M. le Président, le premier
ministre avait 580 pages, 580 pages dans son budget, pour réitérer sa
promesse de 250 000 emplois, et il devrait nous faire croire que
c'est un oubli? Alors, M. le Président, les chiffres ont la tête dure. Après deux ans, la croissance économique promise a été coupée en deux, et la
création d'emplois, coupée en trois.
Alors, est-ce
que le premier ministre peut s'adresser aux Québécois et aux Québécoises et
leur dire sans rire qu'il s'engage toujours à créer
250 000 emplois au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
c'est l'économie et les entreprises qui créent les emplois. Le gouvernement est
là pour faciliter le travail des entrepreneurs et faire en sorte que les
emplois se créent.
Maintenant,
je vais encore répéter ce que j'ai dit il y a quelques jours : L'échéance
de cette prédiction, de cette prévision, c'est mai 2019, mai 2019. Donc,
on verra quel sera le rythme de croissance de l'emploi d'ici là.
Je vais quand
même dire que près de 60 000 emplois créés, ça ne nous met pas dans
une situation formidable, je l'avoue, mais certainement pas dans une
situation aussi défavorable que celle de nos voisins canadiens. D'ailleurs, récemment, La Banque Toronto-Dominion établissait
clairement que ce n'est que dans trois provinces canadiennes qu'il y aura
de la création d'emplois : en Ontario,
en Colombie-Britannique et au Québec. Ici, nous avons l'intention, M. le
Président...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...de faire tout
notre possible pour développer l'économie et l'emploi au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Je vais aider le premier ministre.
À la page C.26 de son budget, son gouvernement
prévoit créer moins de 30 000 emplois en 2016 et moins de
30 000 emplois en 2017. Alors, zéro cette année, 30 000
en 2016, 30 000 en 2017.
Est-ce que le
premier ministre reconnaît les chiffres indiqués dans son propre budget qui
confirment l'abandon de sa première promesse durant la campagne
électorale?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président,
attention aux cordes vocales, ça peut finir par être irritant.
Mais ce que
je voudrais dire, encore une fois, M. le Président, c'est que, comme l'an
dernier, d'ailleurs, nous avions établi
une cible très conservatrice dans le budget pour la création d'emplois, que
nous avons largement dépassée puisque, l'an
dernier, le Québec a été au deuxième rang au Canada pour la création d'emplois,
il faut s'en souvenir, malgré le contexte économique qui est difficile,
et je pense qu'il faut le répéter.
Il faut également mentionner à la population qui
nous écoute, M. le Président, qu'aujourd'hui même il y a environ 50 000 emplois à prendre sur le site
d'Emploi-Québec. Pourquoi ne sont-ils pas pris, ces emplois? Parce que la
population active baisse au Québec, d'une
part, et parce qu'il faut toujours améliorer la formation tout le long de la
vie, l'adéquation entre les besoins du marché du travail et la
formation...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...ce que nous
faisons avec des mesures concrètes, M. le Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le premier ministre avait promis de
changer le Parti libéral du Québec. Alors,
est-ce qu'il reconnaît que le problème, c'est qu'il n'a pas fait le bon
changement? Il a laissé tomber l'économie et a conservé les problèmes
éthiques plutôt que de faire l'inverse.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Au contraire, M.
le Président, nous avons considérablement amélioré les façons de faire, comme
l'ensemble de la classe politique, notamment en donnant des objectifs de
financement identiques, quelles que soient les fonctions des députés qui siègent dans notre
formation politique. J'enjoins notre collègue, qui n'a pas répondu à cette
question, de nous dire quelle est la
pratique et quelle est la politique de sa formation politique, M. le Président.
Je pense que c'est important de communiquer là-dessus de façon très,
très transparente.
Maintenant,
encore une fois, M. le Président, l'économie demeure la priorité principale.
C'est ça, l'émancipation du Québec avant tout, M. le Président, c'est le
développement économique, mais pas l'économie du dernier siècle, la nouvelle
économie qui est en train de se transformer à une vitesse accélérée, comme on
le rappelait dans la politique énergétique, comme on le rappellera avec le
manufacturier avancé et la Stratégie numérique.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : C'est ce qu'il faut
faire pour le XXIe siècle, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, depuis que le premier ministre a décrété le bar ouvert sur
l'achat de nos fleurons économiques,
les pertes ne cessent de s'accumuler. Après Alcan, Astral, Provigo, le Cirque
du Soleil, RONA, voilà que St-Hubert
vient d'être vendu à une compagnie ontarienne sans aucune garantie pour le
siège social et les emplois au Québec. Et
tout le monde se pose la même question : Lequel est le suivant? Lequel de
nos fleurons va disparaître? M. le Président, en toile de fond, il y a la Caisse de dépôt qui intervient trop
timidement lorsqu'un fleuron québécois est ciblé, ce qui découle de l'orientation donnée par le gouvernement
libéral. Essentiellement, le rendement à tout prix passe devant le
développement économique du Québec.
Or, M. le Président, en 2014, il y a eu un
excellent rapport unanime sur les moyens à prendre pour protéger et développer nos sièges sociaux, et la question que
tout le monde se pose, c'est : Qu'est-ce que vous attendez pour le mettre
en oeuvre?
Le Président : Mme la ministre
de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, à la question de mon collègue
au sujet des sièges sociaux, reprenons le
cas de St-Hubert, particulièrement, dont vous parliez. Vous voyez à quel point
nous avons été proactifs dans les discussions
que nous avons eues parce que, dans le cas de St-Hubert, vous le savez très
bien, il y a eu des échanges avec Investissement Québec justement pour
voir de quelle manière on est capables d'accompagner nos entreprises.
Vous savez,
vous décrivez souvent la situation précaire au niveau de l'économie, mais ce
que l'on constate, c'est que, l'année
dernière, il y a eu 48 000 emplois de créés au Québec, près de 50 000
emplois de créés au Québec, M. le Président. Et, si on regarde les trois premiers mois de cette année, on parle de
15 000 emplois qui ont été créés ici, au Québec. Alors, lorsqu'on fait la comparaison, on se rend compte
que nous sommes vraiment en voie de poursuivre la croissance économique
ici, M. le Président.
En ce qui a
trait aux sièges sociaux, nous avons clairement exprimé l'idée que nous voulons
accompagner nos sièges sociaux, que
nous voulons être proactifs, que nous voulons les suivre, et c'est ce que nous
faisons, M. le Président. Merci.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : Bien, M. le Président, ça ne marche pas, ça ne marche pas, et nos fleurons disparaissent. En commission parlementaire, le ministre des
Finances nous a dit qu'il attendait un consensus canadien pour agir. Pourtant,
Monique Jérôme-Forget, Andrew Molson, Michel
Leblanc ont tous signé ce rapport et ils disent que le Québec
peut, qu'il doit agir. Il est capable
de le faire lui-même. Alors, les recommandations, dans ce rapport-là, ne sont pas adressées aux gouvernements du reste du Canada, là, elles sont adressées à vous autres, là,
le gouvernement du Québec.
Alors, qu'est-ce que vous attendez pour agir?
Va-t-il falloir un autre départ pour que vous agissiez?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : M. le Président, les Québécois ne sont pas assiégés par le reste du Canada.
Ils ne sont pas assiégés non plus par
le reste du monde. Lorsque l'on compare ce qu'achètent les Québécois
versus le nombre de personnes qui viennent acheter ici, qu'est-ce que l'on constate? Il y a eu
258 compagnies qui ont été achetées par des Québécois vers
l'international. En revanche, il n'y a eu que 85 entreprises à être achetées de
l'étranger vers ici.
le Président, nous sommes davantage des prédateurs que nous sommes des proies.
On est en face d'une opposition qui
parle beaucoup de populisme économique, mais nous sommes davantage des
prédateurs que des proies et nous sommes des Québécois fiers de
conquérir le reste des marchés. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, le nombre de sièges sociaux est
passé, en 2001, de 862 à, 2011, 578. Nous, de notre côté, on a commandé un rapport puis on a des
moyens pour changer les choses. Vous, vous ne faites rien, vous banalisez,
vous vous réjouissez. C'est ça, votre comportement.
gens, au Québec, ils veulent que les compagnies québécoises appartiennent aux
Québécois. Agissez au lieu d'attendre qu'il en parte une autre.
Le Président :
On s'adresse à la présidence. On s'adresse à la présidence. M. le ministre des
Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, la question des sièges sociaux
et le rapport dont le collègue fait allusion... Mais, avant d'y arriver, M. le Président, il nous a aussi traités de
timides à l'endroit de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Or, je me rappelle très bien des
discussions que nous avons eues ici, M. le Président, le projet de loi
n° 38 concernant la Caisse de dépôt et placement du Québec, où
l'opposition officielle, dont le député de Rousseau, dont le député de Marie-Victorin, réaffirmait avec force et avec
raison qu'il fallait absolument préserver l'indépendance de la Caisse de
dépôt et placement du Québec. Bien, ils ont oublié, ils ont complètement oublié
ce qu'ils ont déjà dit.
Non, M. le Président,
nous avons les moyens, nous avons les outils nécessaires pour intervenir, s'il
le faut...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...et nous le ferons sans hésitation.
Le Président :
Principale, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, ce matin, un groupe de citoyens québécois s'est formé en
comité de surveillance du
gouvernement libéral, et, sur ce comité, on trouve des experts en éthique,
d'anciens recherchistes de la commission Charbonneau, l'ex-député libéral de Fabre, Gilles Ouimet, qui siégeait
avec tous les députés libéraux ici et qui a démissionné il y a à peine
six mois, M. le Président. Ils se sont créé un comité de suivi, ces citoyens,
parce qu'ils ne font pas confiance au Parti
libéral pour mettre en oeuvre les recommandations de la commission Charbonneau.
M. le Président, ça en dit long sur
le Parti libéral quand un député juge qu'il va être plus efficace pour lutter
contre la corruption s'il quitte le parti, il va siéger sur un comité plutôt que de
rester au gouvernement. Et là ces citoyens, M. le Président, ils entendent
Jean Charest déclarer qu'il dirigeait un
gouvernement honnête et intègre, malgré les révélations, les accusations, les
arrestations.
L'actuel
premier ministre dit qu'il dirige un nouveau gouvernement, un nouveau Parti
libéral, M. le Président. Est-ce
qu'il va se lever pour contredire publiquement Jean Charest quand il dit que
son gouvernement était honnête et intègre?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Bien, d'abord, M. le Président, sur le comité dont
parle notre collègue, honnêtement, je pense que quiconque au Québec va être heureux de constater que des gens sont
intéressés qu'il y ait un suivi qui soit apporté pour que la gouverne soit améliorée. Lorsqu'on regarde
ce qui a été amené à la commission Charbonneau... D'ailleurs, on a eu l'occasion de le dire à quelques reprises, ma
collègue de la Justice coordonne, pour l'ensemble du gouvernement, toutes
les recommandations. Je crois qu'on a adopté ici deux résolutions de
l'Assemblée qui demandent au gouvernement d'étudier
sérieusement pour... aux fins d'adoption des recommandations. C'est ce sur quoi
nous travaillons. Alors, je crois que...
Je suis quand même capable de dire que je pense que ces gens-là qui se sont
créé un comité sont plus nos alliés que... quoi que d'autres. Ils
veulent travailler dans la même direction.
Maintenant, notre collègue de Marie-Victorin,
qui aime bien regarder de ce côté-ci et ne jamais regarder de son propre côté, me permettra de lui dire que, la
semaine dernière, son chef disait, à propos des gens qui sont sous enquête
par le Commissaire à
l'éthique, qu'ils devaient se retirer de leur caucus. D'ailleurs, le leader de
l'opposition avait fait cette demande. Le chef du Parti québécois a
demandé la même chose. C'est assez étonnant.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Lorsqu'il était lui-même sous enquête du commissaire, il n'a pas démissionné de
son caucus.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, le gouvernement de Jean Charest, c'est des ministres à
100 000 $, des ministres à 150 000 $,
c'est le scandale des garderies, c'est Tony Tomassi, c'est le système des
post-it pour nommer les juges, c'est deux
ans à refuser la commission Charbonneau, c'est l'arrestation de Nathalie
Normandeau par l'UPAC, c'est les collecteurs de fonds libéraux :
Bibeau, Fava, Marc-Yvan Côté, et j'en passe.
Est-ce
qu'il y a quelqu'un dans ce gouvernement, M. le Président, de ce supposé
nouveau Parti libéral, qui va se lever et contredire publiquement Jean
Charest quand il dit qu'il dirigeait un gouvernement honnête...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Encore une fois, notre collègue nous habitue à
tourner les coins un petit peu rond, M. le Président, ou, en tout cas, d'éviter de regarder dans sa
propre cour. Le chef de la CAQ nous a appris que les cibles au Parti québécois
étaient de 80 000 $. Ce qu'il a
oublié de nous dire lorsqu'il était au Parti québécois... Ce qu'il a oublié de
nous dire, c'est qu'en 2003 il est allé chercher 116 000 $.
Donc, des ministres à plus de 100 000 $, c'était au Parti québécois
qu'on voyait ça, M. le Président. Alors, si
on veut commencer à s'échanger ce genre de chose... Bien, je n'y peux rien, là,
c'est votre collègue qui faisait ça.
Alors,
la question est la suivante, la question est la suivante : Est-ce que les
règles sont respectées pour faire ce financement-là?
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Et c'est pourquoi il y a des institutions qui font ces études, et pas le leader
de l'opposition.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, on dit souvent : Qui ne dit mot consent. Bien là, ils ne
disent pas un mot, M. le Président. Il n'y a pas un député libéral dans
la députation actuelle qui a le courage de se lever puis de prendre ses distances d'avec Tomassi, puis les post-it, puis
les 100 000 $, puis les 150 000 $, puis les descentes au siège social du PLQ, et tout le reste, M. le Président. Il n'y a pas personne de ce gouvernement-là qui va dire : Je suis gêné. Jean Charest, ce n'est
pas vrai qu'il dirigeait un gouvernement intègre et honnête, ce n'est pas vrai.
Ça prendrait quelqu'un
pour le dire.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, on a eu l'occasion, au cours des dernières années, d'apporter
de nombreuses modifications à notre corpus législatif justement
pour s'assurer que les règles soient respectées. Je pense notamment
à la Loi anti-prête-noms en matière de contributions électorales, à la loi qui augmentait les pouvoirs du Directeur général des élections. On a créé l'UPAC, on a créé la commission Charbonneau. On a même donné
des pouvoirs supplémentaires, il a fallu
une loi pour donner des pouvoirs supplémentaires à la commission Charbonneau,
qui nous a donné un rapport après avoir
étudié tout ça. Les Québécois nous demandent aujourd'hui de s'assurer
qu'elles soient mises en application. Le leader disait justement
qu'il y avait un comité là-dessus. Est-ce que
lui et ses collègues vont travailler avec nous pour s'assurer que les recommandations
soient appliquées, qu'elles aient force législative? Est-ce qu'il va travailler
dans ce sens-là...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...ou il va simplement s'amuser à lancer de la boue?
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Président : S'il vous plaît, M. le leader! M. le leader! M. le chef du deuxième groupe d'opposition, c'est à vous la parole.
Legault : Au cours
des 12 derniers mois, il s'est créé, au Québec, seulement
300 emplois, 300 emplois au cours des 12 derniers mois.
Le premier ministre ne semble même pas le savoir, M. le Président.
le premier ministre nous dit tantôt : C'est parce qu'il y a un environnement incertain. Bien, je l'invite à aller voir État par État, province par province. Tous
les États, toutes les provinces, sauf celles qui produisent du pétrole, ont
toutes eu des bonnes créations d'emplois. Je
vous donne un exemple : Au cours des 12 derniers mois, en Ontario, il
s'est créé 85 600 emplois; nous, 300.
Donc, M. le Président,
on a un problème. Il y a une urgence d'agir. Et, pour être constructif, je veux
faire trois suggestions au premier ministre. Voici ce qu'un gouvernement de la CAQ ferait : un, baisser immédiatement les impôts des Québécois
d'au moins 500 $ pour donner de
l'oxygène, sinon on ne relancera jamais l'économie; deuxièmement, avoir un plan costaud pour lutter contre le décrochage,
parce que c'est le meilleur investissement pour relancer l'économie; et,
troisièmement, se donner un plan pour
relancer les investissements des entreprises, entre autres chez Investissement
Québec. Or, chez Investissement Québec, on n'a même pas de plan
stratégique depuis deux ans.
Est-ce que le premier
ministre va donner enfin...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, la réponse est oui. Des fois, il faut attendre un peu
avant de poser certaines questions, parce que les événements subséquents
nous montrent qu'elles étaient peut-être un peu précoces. Je dirais cependant, M. le Président, que c'est bien d'avoir
des plans. Il y a un plan. Il y a un plan. Il y aura des plans encore plus
détaillés que ma collègue va communiquer à
la population assez prochainement, M. le Président, mais pas les plans de
l'ancienne économie. C'est impossible de
penser relancer le Québec, y compris l'emploi, en nous basant sur les façons
de faire et les réalités du siècle précédent
ou du début, même, de ce siècle. La réalité change à une vitesse considérable.
Une nouvelle
économie, c'est une économie numérisée, c'est un secteur manufacturier
innovant, ce sont des exportations encore
plus vigoureuses, ce sont, oui, des investissements dans les matériels et les
machineries des entreprises, qui ont d'ailleurs repris depuis quelque
temps.
Alors,
je crois qu'il y a des signes encourageants. Ce n'est pas facile. La situation
économique n'est pas facile, mais je crois que nous sommes dans la bonne
direction. Et, pour répondre à sa question, et je le remercie de son ton constructif, il y aura très prochainement un plan
sur Investissement Québec, mais un plan plus large également sur cette
nouvelle économie que nous devons mettre en place.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, si on veut attirer des investissements des entreprises, ça
prend un plan chez Investissement Québec. Le
gouvernement prévoit que, dans les 12 prochains mois, la croissance des
investissements des entreprises va être zéro, 0,0 %.
le Président, quand le premier ministre dit que ça serait précoce de parler
d'un plan, ça fait deux ans qu'il est là, deux ans, est-ce que ce n'est
pas de la négligence?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, les mots sont durs, mais le travail également est fait
de façon très, très assidue, et également
les résultats vont être au rendez-vous, M. le Président, parce que nous avons
les bonnes cibles, les bons moyens et
les bons objectifs. Les investissements en matériel et en machinerie des
entreprises ont repris en 2015, pour informer mon collègue, de plus de 8 % en termes nominatifs. Et on prévoit au
moins la même augmentation en 2016. Il sait très bien également que les livraisons manufacturières ont augmenté. Il sait
très bien que le commerce en gros a augmenté. Il sait très bien que les exportations augmentent. On a donc plusieurs
signaux positifs, bien sûr, qu'on espère voir se transformer en création de plus d'emplois et de plus d'investissements
privés, parce qu'il a raison, il a raison, M. le Président,
l'investissement privé, c'est la clé de ce qu'il faut accentuer au Québec pour
développer la croissance économique...
Le Président : En terminant.
Couillard : ...mais également la productivité. Et là-dessus je
voudrais échanger également avec lui.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, j'invite le premier ministre à aller
voir son collègue économiste. Il va lui dire : Depuis 12 mois, seulement 300 emplois au Québec. Il me
fait signe que non, M. le Président. C'est incroyable. Tous les économistes
savent que c'est 300 depuis 12 mois.
M. le Président, on a
un gouvernement libéral qui est usé, fatigué, résigné. Quand va-t-il se
réveiller?
Le Président :
M. le premier ministre.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : Non, M. le Président, on a un gouvernement qui est plein
d'enthousiasme, d'espoir pour le Québec et croit que le Québec va redresser son économie, que le Québec, comme
ma consoeur l'a dit, va continuer à conquérir des marchés plutôt que de faire la victime, la victime expiatoire de je
ne sais pas qui, M. le Président. Nous, on va continuer sur le discours
du progrès, pas le discours du déclin, qui est celui du collègue depuis des
années, qui d'ailleurs a été sanctionné à Chicoutimi hier.
Le Président :
Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, en décembre dernier, le gouvernement libéral a déposé un projet de
loi sur la gouvernance scolaire
qui prévoyait l'abolition des élections scolaires au suffrage universel. Une
soixantaine de groupes ont été
entendus en consultations. Et, samedi passé, le premier ministre a affirmé en entrevue à La Presse qu'il était en
réflexion au sujet des élections scolaires.
Pourtant, il a dit
l'automne dernier : «Il y a d'autres façons de conserver une
représentativité que de faire des élections
avec de bas taux de participation.» Hier, en entrevue à Radio-Canada, le ministre de l'Éducation y est allé d'une citation assez contradictoire, et je le cite : «Le projet de loi propose l'abolition des élections scolaires[...]. Le projet de loi n'abolissait pas les [commissions
scolaires]. Il changeait la façon de
tenir des élections et modifiait le type d'élections avec lequel on pouvait se retrouver. C'est là
qu'il faut travailler.» En tout respect, M. le ministre, même Yves
Bolduc pouvait être plus clair dans ses propos. La population n'en veut
plus, de ces élections scolaires, M. le Président.
Je pose une question
fort simple : Allez-vous mettre fin aux élections scolaires, oui ou non?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président. Pour le bénéfice du collègue leader de la
deuxième opposition officielle, je
vais réitérer ce que j'ai dit puis je l'ai dit assez simplement. Il
s'agissait peut-être que d'écouter.
projet de loi, M. le Président, effectivement, propose l'abolition des
élections scolaires dans la forme actuelle. Par contre, toute personne
qui a lu le projet de loi sait qu'il y avait possibilité de maintenir une
démocratie scolaire, démocratie scolaire différente, c'est vrai, que celle qui
s'est exprimée en 2014.
que j'ai dit à la sortie de la commission parlementaire, lorsqu'on a eu les
consultations particulières, et ce que j'ai
redit hier et ce que j'ai dit aujourd'hui est la chose suivante, M. le Président :
c'est que, dans le cadre de la réflexion que nous faisons actuellement, c'est d'inscrire le projet de loi
n° 86 et ses éléments porteurs dans une politique beaucoup plus
large, qui englobe et qui touche notamment la réussite scolaire. Le projet de
loi n° 86, ce n'est pas la réponse du gouvernement à la réussite
scolaire, c'est un des éléments de
réponse à la réussite scolaire éducative, comme hier lorsqu'on a fait une
annonce pour le maintien des actifs. On est allés dans une école délabrée, M.
le Président, une école qui était fermée, une école où il n'y avait pas de
fenêtres, et bientôt il y en aura avec des élèves à l'intérieur, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, j'ai déjà vu le ministre plus fort dans ses convictions dans une vie
antérieure, mais le premier ministre a lui-même dit encore l'automne passé : Les taux de participation
aux élections scolaires sont différents
dans les deux communautés, francophone et anglophone, mais ils sont
faibles dans les deux cas. Une démocratie
qui ne s'exprime pas fortement est une démocratie moins forte.
répète ma question : La population du Québec ne veut pas de ces élections
scolaires, allez-vous abolir ces élections scolaires, oui ou non?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président, c'était quand même assez cocasse d'entendre également le
collègue de Chambly, qui est député de la Coalition avenir Québec,
réfléchir...
M. Proulx :
... — ce
n'était pas mon ancien collègue, en passant — à la possibilité de maintenir
ou pas des commissions, des élections. Il y a eu discussion, M. le Président,
il y a eu réflexion sur le projet de loi n° 86, mais sur l'ensemble de la situation de l'éducation. Et, si
j'ai une responsabilité, M. le Président, comme ministre de l'Éducation,
c'est de travailler avec les gens à la
réussite de nos enfants, pas de prendre position pour un groupe par rapport à
un autre, pas en divisant les
Québécois un contre l'autre. C'est de travailler à mobiliser tout le monde. Et
ça, ça dépasse l'Assemblée nationale parce que ça regroupe tous les
parents et les gens du Québec autour de l'éducation...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...parce que c'est le projet commun du gouvernement, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel :
M. le Président, le ministre essaie de défendre l'indéfendable. Même son ancien
collègue de l'Éducation disait le printemps
dernier : «J'ai dit ce que je pensais, [...]pour moi, c'est terminé.» Le
«taux de participation anémique du dernier scrutin scolaire prouve que
le modèle est désuet».
Quand
le vent se lève, est-ce qu'on flanche, du côté du gouvernement? Est-ce qu'on a le courage vraiment de ses convictions?
La population du Québec ne veut pas des élections scolaires. Allez-vous
mettre fin à ces élections scolaires, oui ou non?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Je pense, M. le Président, que la plus grande qualité d'un parlementaire et
d'un ministre, c'est d'être à l'écoute des gens qui se présentent en commission parlementaire. Les gens qui se sont présentés en commission parlementaire, M. le
Président, ont dit deux choses. D'abord,
nous avons des préoccupations à l'égard du projet de loi n° 86,
c'est la raison pour laquelle nous sommes en
réflexion. Mais nous voulons également une mobilisation beaucoup plus grande à l'égard de la réussite éducative et scolaire.
C'est la raison pour laquelle j'étais heureux de constater que les
consultations ont été une amorce de
discussion et de mobilisation à l'égard de ça. Tous les collègues qui étaient
présents à cette consultation de toutes
les formations politiques ont dit : Il faut prendre 86, garder des
bouts, enlever des bouts. Ça, c'est la discussion qu'on va avoir ensemble à savoir lesquelles on va mettre de l'avant et
qu'on va un jour légiférer, mais on va surtout s'inscrire dans...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...des gestes beaucoup plus importants qui touchent la réussite, M. le
Président...
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : M. le Président,
ce n'est pas une chicane de coqs, mais une chicane de CAQ.
Alors, ça fait deux ans que tout le
réseau de l'éducation est plongé dans l'incertitude en raison de
l'improvisation du gouvernement libéral. Il y a eu d'abord le ministre
Yves Bolduc, qui nous a annoncé des fusions des commissions scolaires
avant de reculer, puis un deuxième
ministre, le député de Charlesbourg, qui nous a annoncé l'abolition complète
des élections scolaires et le retrait de la
taxe scolaire avant de reculer encore une fois. Et puis, en février, l'actuel
ministre de l'Éducation nous
disait : Il y a un projet de
loi sur la table, et je vais le défendre, et
puis, ô surprise! en fin de semaine, le
premier ministre annonce qu'il va peut-être maintenir les élections scolaires.
Ce fiasco est une illustration complète d'un gouvernement libéral qui tente d'appliquer les idées simplistes de
la CAQ pour régler un problème complexe, qui se plante maintenant
royalement, ce gouvernement.
Est-ce
que le ministre de l'Éducation peut enfin être clair avec les Québécois? Est-ce
qu'une nouvelle gouvernance scolaire sera en place en septembre...
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Vous me permettrez, M. le Président, de féliciter la députée de
Pointe-aux-Trembles parce que je sais... on a travaillé ensemble durant la commission, et je sais comment c'était
parfois plus difficile des journées que d'autres. Et je vous félicite
pour le travail que vous avez fait avec nous là-dedans.
Deux
choses, M. le Président. Je pense que c'est très clair, j'ai exprimé dès le
début que j'entendais défendre le projet,
je vais défendre les éléments qui sont porteurs du projet. C'est comme ça que
ça se fait, de la législation, ça se fait avec les parlementaires, et
c'est comme ça que ça va se faire dans ce cas-ci.
que j'ai exprimé, par exemple, M. le Président — et là je veux que ce soit très clair — le projet de loi n° 86, ce n'est pas la
réponse pour créer cette mobilisation-là autour de la réussite scolaire. Ce
n'est pas la réponse pour que la réussite
scolaire soit au rendez-vous dans les prochaines semaines, c'est un des
éléments de la réussite scolaire, comme le maintien des actifs en est un, comme la valorisation du rôle des
enseignants en est un, comme la question des enfants ayant des besoins
particuliers en est un autre, M. le Président. On va inscrire le projet de loi
n° 86 en ayant ces éléments porteurs
à l'agenda dans le cadre d'une politique beaucoup plus large et qui va toucher
la réussite éducative et scolaire. Et
on va le faire, oui, dans des gestes législatifs, mais, oui, à l'extérieur de
gestes législatifs parce que s'occuper de l'éducation, c'est l'affaire
de tout le monde, M. le Président.
Président : En complémentaire, Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles — qui aura
compris certainement que vous avez toute notre compassion.
Mme Léger :
Ce n'est pas clair, M. le Président, encore une fois. Qu'est-ce qui va se
passer en septembre? Deux ans de perdus, M.
le Président. Deux ans que les établissements et le milieu se demandent où s'en
va le gouvernement. Deux ans de
turbulence, deux ans d'improvisation, deux ans de coupures, deux ans où tout le
monde tente de sauver sa peau à cause d'un gouvernement qui ne se
concentre pas sur les vraies affaires, la réussite de nos élèves.
Le ministre doit être
clair aujourd'hui : Est-ce que, oui ou non, il va arrêter de s'embourber
dans un débat de structures pour enfin se consacrer sur la réussite éducative
de nos élèves?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui. M. le Président, moi, je suis à la sortie de la commission parlementaire
et je sais ceci. D'abord, les gens
ont entendu que j'avais été à l'écoute et que je souhaitais profiter de cette
occasion-là pour les entendre et faire une réflexion à la suite de la
consultation. C'est à ça que ça sert.
Deuxièmement,
j'ai indiqué que le projet de loi n° 86 était pour s'inscrire dans une
démarche beaucoup plus large qui va réunir les éléments d'une politique
sur la réussite éducative et la réussite scolaire. Et j'ai également entendu, M. le Président, l'ensemble des groupes saluer le
travail que nous avons fait, l'écoute que nous avons eue, et hier, là, j'ai
reçu des messages de dizaines de parents, M.
le Président, qui ont dit : Bravo! C'était une école délabrée, c'est
honteux de se promener sur la rue Adam. Dans quelques années, ce sera
agréable d'y voir des enfants.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, le ministre a beau être nouvellement
arrivé, mais il y a un gouvernement qui est là depuis deux ans, là.
Alors, ça fait trois ans qu'on jongle avec la gouvernance et met tout le réseau
dans l'incertitude. Septembre, M. le Président, septembre, c'est là, là.
Alors,
qu'est-ce qu'il dit au milieu de l'éducation? Il retire-tu son projet de loi
n° 86? Qu'est-ce qu'il fait pour le monde, le réseau, les parents, les enfants? Le monde du milieu de
l'éducation veut savoir ce que fait ce gouvernement-là. Alors, qu'est-ce
que le ministre va faire, M. le Président?
Président : M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
M. le Président, j'ai eu l'occasion, en commission et à l'extérieur de la
commission, de m'adresser à à peu
près tout l'ensemble du milieu de l'éducation, et ce qui a été dit, compris et
entendu, c'est que le projet de loi était pour subir des modifications,
on était pour conserver les éléments qui sont porteurs et qui vont favoriser,
oui, une décentralisation, mais qui vont
s'inscrire comme des éléments dans le cadre d'une politique de la réussite. Ce
que les gens veulent entendre, ce que
les gens du milieu de l'éducation veulent entendre, ce que les parents veulent
entendre, c'est qu'on est tous
mobilisés autour de l'éducation. Et ça ne passe pas seulement par un projet de
loi à l'Assemblée nationale qui sera
débattu au cours des prochaines semaines, ça passe également par des gestes
porteurs, d'abord des écoles saines, parce que ce n'est pas acceptable
de voir ce que j'ai vu cette semaine, ensuite une réflexion à l'égard...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...de la valorisation des enseignants et une place pour tous les enfants dans
notre milieu scolaire, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, suite aux nouvelles allégations
d'agressions sexuelles commises à l'endroit de femmes autochtones, le ministre de la Sécurité publique
s'est vu obligé d'élargir le mandat confié à la police de Montréal, chargée
des enquêtes sur ces allégations à l'endroit des policiers de la Sûreté du
Québec, mais on reste toujours avec le même problème, c'est la police qui va
enquêter sur la police. Ça va faire trois ans que la loi créant le Bureau des
enquêtes indépendantes a été adoptée, et,
après deux ans de retard sous le gouvernement libéral, il devrait être
opérationnel. Le bureau est supposé être prêt, le ministre en a le
pouvoir.
Pourquoi
ne confiez-vous pas le mandat d'enquêter sur les allégations des femmes
autochtones au Bureau des enquêtes indépendantes, qui tarde à être
opérationnel?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Alors, M. le Président, c'est très bien que le député de
Matane rapporte, justement, cette annonce importante que j'ai eu l'occasion de faire la semaine dernière. Ce n'est
pas seulement de confier à la police de Montréal une enquête sur des
allégations qui touchent des policiers de la Sûreté du Québec, c'est en même
temps de faire un partenariat avec un groupe
d'aide, un groupe parajudiciaire
d'aide aux autochtones qui comprend bien leur réalité, de telle sorte que ça
va faciliter le processus
qui mène à des plaintes. Ça a été très
bien reçu dans les communautés,
d'ailleurs, parce que
c'est une façon d'aider. Parce que ce n'est pas facile, là, de dénoncer des cas d'agressions sexuelles notamment, donc c'est très facilitant.
Maintenant,
en ce qui concerne le Bureau des enquêtes indépendantes, bien, les
gens sont en train de suivre leur formation, et donc ils vont pouvoir être opérationnels très bientôt.
Et, comme vous savez, le premier
ministre a souhaité — et
on va donner suite à ça — que
les cas d'agressions sexuelles soient sur le mandat du Bureau des enquêtes
indépendantes, mais il faut que la formation soit faite adéquatement, ce
qu'on est en train de faire.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : M. le Président, les femmes qui veulent témoigner ont peur de témoigner aux policiers.
Il me semble que c'est clair.
Ghislain Picard, chef des premières nations, demande des enquêtes
indépendantes. Edith Cloutier, du centre d'amitié autochtone, demande une enquête indépendante. La Commission des droits de la personne demande une
enquête indépendante. On vous le demande depuis l'automne passé.
Non,
mais y a-tu juste le gouvernement qui ne comprend pas? Les femmes autochtones
ont besoin de notre respect, de tous, de nous tous ici...
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Oui, M. le Président, respect et compassion qu'elles ont
totalement, effectivement, et du côté du gouvernement. D'ailleurs,
l'annonce qui a été faite de ce partenariat avec les services parajudiciaires
autochtones, ça a été très, très, très bien
reçu dans les communautés, ça a été très bien reçu de la part des femmes
autochtones. Elle parlait de
M. Ghislain Picard, mais Mme Michèle Audette a accueilli extrêmement
favorablement cette annonce. Alors, je pense que, oui, ça fait une différence. La députée a tout à fait raison que
c'est difficile de dénoncer à la police des actes qui auraient été
présumément commis par la police, et c'est pour ça qu'on a fait ce partenariat
qui met les femmes en confiance.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Écoutez, M. le Président, le Bureau des enquêtes
indépendantes, il existe. Il est là, justement, pour faire en sorte que
la population puisse avoir confiance en la justice.
Pourquoi le
gouvernement s'entête-t-il à ne pas donner aux femmes autochtones, justement,
accès à cette justice et ne pas faire
en sorte que, lorsqu'on s'est fait agresser par un policier, qu'on doive en
témoigner à un autre policier?
Le Président : M. le ministre
de la Sécurité publique.
Coiteux : ...regrette, M. le Président, mais la députée fait
totalement outre le fait qu'on offre à ces femmes-là de commencer le processus avec un service
parajudiciaire autochtone, et non pas directement à la police. Alors, on ne
peut pas ignorer ça. C'est une annonce très importante, très bien accueillie
par les groupes qui défendent les milieux autochtones et les femmes en
particulier. C'est une annonce importante.
Maintenant, le Bureau des enquêtes
indépendantes, oui, les gens ont été nommés, mais ils sont en formation, M. le Président. Alors, bientôt, ça va être
totalement opérationnel, mais, en attendant,
M. le Président, est-ce
qu'on reste les bras croisés
et on ne fait rien? On a agi la semaine dernière, et ça a été très bien
accueilli par les communautés.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. Le gouvernement peut enfin dresser cette année un premier
portrait partiel de l'état
des bâtiments du réseau de la santé : 22 % des hôpitaux et 32 % des CHSLD inspectés sont en mauvais
ou en très mauvais état. Les bâtiments ne se
sont pas détériorés du jour au lendemain, c'est le bilan du gouvernement
libéral depuis 2003. Parmi 100
hôpitaux inspectés, 18 ont reçu la note de D, et quatre, la note de E. Parmi
100 CHSLD inspectés, 23 ont reçu la
note de D, et neuf, la note de E, la pire des notes. Près de 2 800 aînés
et adultes sont actuellement hébergés dans
ces CHSLD. Imaginez le portrait lorsque tous les CHSLD auront été inspectés,
d'ici 2018. Au bénéfice des citoyens, M. le Président, je dépose la
liste des inspections.
Qu'est-ce que
le ministre de la Santé dit aux patients et aux résidents qui s'inquiètent du
mauvais état des hôpitaux et des CHSLD au Québec?
Le Président : Consentement
pour le dépôt? Consentement. M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : Bien, je dis aux
citoyens, qu'ils soient en CHSLD ou qu'ils soient la famille de ces citoyens,
qu'ils devraient continuer à élire un gouvernement libéral pour la simple et
bonne raison, M. le Président...
Barrette : Et je tiens à insister là-dessus, nous sommes le premier
gouvernement à rendre public cet état de situation. Et on le rend
public, M. le Président, parce que la population doit se rendre compte de
l'importance du défi qu'il y a devant nous.
J'entendais
tout à l'heure le chef de la deuxième opposition, M. le Président, nous dire
qu'il voulait baisser les impôts.
Bon. O.K. Je l'ai déjà entendu dire qu'il fallait faire le ménage puis avoir du
courage. Mais, moi, M. le Président, c'est
drôle, hein, de notre côté, on considère qu'on doit faire une gestion
appropriée des finances publiques, mettre sur la place publique les données sur lesquelles on va s'appuyer pour en
arriver, M. le Président, à un ordonnancement approprié du remplacement des infrastructures. C'est clair, M. le
Président, que, pour nous, c'est quelque chose d'extrêmement important, mais vous
avez maintenant la donnée sur laquelle nous devons tous nous appuyer...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...pour prendre les décisions appropriées pour le bénéfice des citoyens.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, il y a des milliers de patients qui fréquentent des
hôpitaux ou vivent dans des CHSLD en
mauvais état, que ce soit à Montréal, à Québec, en Montérégie, dans les
Laurentides, et j'en passe. Après avoir
inspecté 33 % des bâtiments du réseau, 33 %, le déficit de maintien
des actifs est de 340 millions de dollars. Ce chiffre-là va
exploser lorsque le portrait sera complété, d'ici 2018.
Quel est le plan
d'action du ministre de la Santé pour rénover les hôpitaux et les CHSLD du
Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, ce n'est certainement pas le slogan
absolument incompréhensible de la CAQ dans l'élection de Chauveau, qui disait : Nous voulons plus de
services et moins d'impôts . Et ce n'est certainement pas le plan du Parti québécois, M. le Président, qui n'a
jamais été capable de faire une seule proposition budgétaire équilibrée. Le
plan, M. le Président, est de faire
en sorte que le gouvernement, qui a à gérer les impôts qui proviennent des
taxes des entreprises...
Le Président :
S'il vous plaît!
Barrette : ...soit fait correctement, M. le Président, pour qu'on ait
le moyen de faire ces investissements. Et le chef de la deuxième
opposition, M. le Président, sait très bien que la voie passe par payer moins
de dette...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...et de mettre de l'argent dans les investissements des infrastructures.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, la question est sérieuse, très sérieuse, là. Il y a
2 800 résidents qui vivent dans
des CHSLD avec la cote de D ou E, et ce n'est qu'un début, et le ministre le
sait fort bien. Le ministre de la Santé doit présenter rapidement,
rapidement un plan structuré pour rénover les hôpitaux et les CHSLD du Québec.
Le gouvernement libéral a commencé à bouger pour
les écoles quand des médias et même Infoman ont diffusé des
photos. Est-ce que ça va prendre la même chose pour les hôpitaux et les CHSLD?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, je l'ai dit à plusieurs reprises, je
vais le redire, l'argumentaire sur lequel on se base pour faire l'ordre de l'avancement des investissements en
infrastructures est d'abord la vétusté et, sur le même pied, le besoin, M. le Président. Est-ce que la CAQ,
qui, tonitruamment, n'arrête pas de dire qu'il faut faire le ménage, et le
Parti québécois, qui, lui, nous propose
l'indépendance et sans conséquence, est-ce que... Est-ce que vous pouvez, ici,
les trois oppositions, nous expliquer le chemin à prendre pour en
arriver à faire ces investissements? Passent-ils ailleurs, M. le Président, que
par...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...l'équilibre budgétaire et payer moins de dette...
Le Président : En principale,
M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, jeudi dernier, le gouvernement a déposé sa politique
énergétique couvrant la période 2016 à 2030.
Au lieu de rassurer l'industrie éolienne, le dépôt de la politique a plutôt
exacerbé l'incertitude de cette
industrie-là. Dans ce plan, seulement des cibles, aucun moyen, aucune mesure
concrète, rien.
Malgré la centaine de
pertes d'emploi dans New Richmond, dans Matane, des emplois qui sont menacés,
200 à Gaspé, rien dans cette politique, zéro mégawatt de promis, le gouvernement n'a pas envoyé de signe à ce
secteur-là pour montrer, justement, qu'on voulait préserver ces
emplois-là.
Comment un
gouvernement qui a créé zéro emploi en un an peut négliger ce secteur
d'activité, qui emploie 5 000 personnes
à travers le Québec? Qu'entend faire le ministre de l'Énergie pour l'industrie
éolienne et ses 5 000 emplois? Est-ce qu'il peut nous indiquer
clairement... aux travailleurs combien de mégawatts seront annoncés cette
année?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : Merci
beaucoup, M. le Président. Bien, je remercie le député pour sa question parce que
c'est une cinquantaine de regroupements de tous les milieux, que ce
soient les milieux sociaux, les milieux environnementaux, le monde des affaires, qui ont appuyé la politique
énergétique de notre gouvernement. Pourquoi? Parce
que c'est une politique qui
est consensuelle dans les grandes régions du Québec, M. le Président. C'est une politique qui met de l'avant le consommateur en maintenant
les tarifs d'électricité à l'inflation, d'une part, et c'est une politique qui
est axée sur les entreprises en leur offrant une porte d'entrée unique pour l'efficacité
et l'innovation énergétiques.
M. le Président, nous allons travailler avec l'industrie éolienne. Cette industrie éolienne est une industrie qui va aller de l'avant, qui se doit d'être compétitive, qui va avoir la
capacité, M. le Président, d'exporter également dans le marché et qui va
travailler avec Hydro-Québec également pour des nouveaux projets.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, les fiers travailleurs de l'éolien de ma région n'ont pas
applaudi la politique du ministre. Les pertes
d'emploi sont réelles, les carnets de commandes sont vides. Après des mois
d'attente pour le dépôt de la politique énergétique, on n'a pas le luxe
d'attendre encore, l'industrie a besoin d'indications à court terme.
va faire le ministre pour sauver la filière éolienne? Le gouvernement a-t-il
les moyens de perdre 5 000 autres emplois avec son bilan négatif?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, je suis un peu surpris de la question du député de Matane
parce qu'il y avait deux représentants de
l'industrie éolienne qui étaient là lors de notre politique énergétique, et,
entre autres, on disait : «La politique énergétique et les cibles
qu'elle comporte font du Québec un véritable marché pour le développement des
différents types d'énergie renouvelable.» Ça, c'était l'association québécoise
des énergies renouvelables. Et il y avait CanWEA, qui est l'industrie
canadienne de l'industrie éolienne : «L'industrie [...] tient à souligner
la volonté [et la] cohérence du gouvernement
du Québec, son engagement fort envers la décarbonisation de notre économie
ainsi que son objectif...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...d'augmenter de 25 % la production totale d'énergie renouvelable», M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, l'éolien est vraiment en crise. Le
ministre a beau tenter de nous rassurer, mais hier j'ai participé à une
conférence téléphonique, 24 personnes étaient présentes, les représentants de
l'éolien, du secteur manufacturier et des
travailleurs, et les gens sont vraiment inquiets. Il n'y a rien de concret dans
la politique actuelle pour rassurer les turbiniers, pour rassurer les
industriels à l'effet que les emplois, les 5 000 emplois au Québec, vont
être maintenus. L'Union des municipalités du
Québec et les trois villes de New Richmond, Gaspé et de Matane ont demandé
une rencontre dans les meilleurs délais avec le ministre.
Est-ce que le ministre peut nous confirmer qu'il
y aura cette rencontre-là...
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, il y aura certainement une rencontre — peut-être pas la semaine prochaine, mais
dans les prochaines semaines — sur ces questions-là.
Je pense
qu'il est très important de rappeler, M. le Président, qu'il y a des projets
éoliens qui existent au Québec. Il y
a un projet de 200 mégawatts, M. le Président, qui a été donné à la
communauté innue, entre autres. Il y a le projet du Mont Sainte-Marguerite dans Lotbinière, le projet Roncevaux en
Gaspésie, le projet Nicolas-Riou près de Rimouski. À cela s'ajoutent, M. le Président,
17 réseaux autonomes sur le territoire du Plan Nord, que nous voulons
électrifier via des sources renouvelables, dont l'éolienne, M. le
Président. Alors, il est faux de dire qu'il ne se passe rien.
Le Président : En terminant.
Arcand : Ce qu'on veut, c'est
que l'éolienne ne dépende pas uniquement de l'Hydro-Québec mais soit
également...
Le Président : Cela met fin à
la période de réponses et de questions orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes
reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis. Et,
sans plus tarder, je vais céder la parole à un membre du groupe formant le
gouvernement, et c'est vous, Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David (Outremont) : Alors, Mme
la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
la députée de Joliette, la députée d'Iberville et la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale salue la mémoire de monsieur Marcel Dubé, pionnier de la
dramaturgie québécoise et auteur prolifique;
«Qu'elle se souvienne de la profondeur sociale
de son oeuvre et de son amour de la langue française;
«Qu'elle
souligne son influence sur le théâtre québécois et sur ses artisans, qui ont
contribué, tout comme lui, à le définir.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui,
Mme la Présidente, il y a consentement pour le débat. Deux minutes par
intervenant, à commencer par notre ministre de l'Enseignement supérieur,
auteure de la motion, suivie de la députée de Joliette, la députée d'Iberville
et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le leader adjoint. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : L'histoire du théâtre québécois se souviendra longtemps
de Marcel Dubé comme d'un immense
auteur ainsi que d'un créateur généreux et authentique ayant marqué notre temps
avec une oeuvre profondément
humaniste. Cet homme, considéré comme l'un des pères fondateurs de la
dramaturgie québécoise, alliait une
immense créativité à une capacité de production qui paraissait inépuisable.
Nous lui devons plus de 300 oeuvres écrites pour la scène, la
radio, la télévision, la presse écrite.
Québécoises et les Québécois se souviennent des personnages inoubliables qu'il
a créés au théâtre comme à la télévision. Pensons au Simple soldat ,
Joseph Latour, ou à Victor et Hélène des Beaux dimanches . Son écriture perdurera comme le témoignage d'une époque de
grands changements qui ont façonné le Québec d'aujourd'hui. Son oeuvre a été celle d'un homme de théâtre, d'un théâtre
moderne et sans concessions qui partageait avec les grands poètes et auteurs
de l'histoire la conviction que les mots peuvent briser les chaînes des oubliés
et des opprimés.
Marcel Dubé
pratiquait un style réaliste, mais il n'en était pas moins un idéaliste et un
altruiste qui affichait une grande
tendresse pour les sans-grades et les sans-voix. Son oeuvre a été portée par
des comédiennes et des comédiens animés comme lui d'un immense talent et
d'un attachement viscéral à notre culture.
En 1973,
M. Dubé a reçu le prix Denise-Pelletier, la plus importante marque de
reconnaissance remise par l'État québécois
pour les arts de la scène. De plus, il a été fait officier de l'Ordre du Québec
ainsi que de l'Ordre du Canada, et on lui a remis le Prix du gouverneur
général.
Je tiens à offrir mes plus sincères condoléances
à sa famille et à ses proches. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, Mme la ministre de l'Enseignement supérieur. Je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je suis heureuse, à mon tour, de prendre la
parole au nom de l'opposition officielle
pour rendre hommage à la vie et à l'oeuvre de ce grand dramaturge québécois
qu'était Marcel Dubé, qui a, ni plus
ni moins, jeté les bases de notre dramaturgie nationale. Et je souhaite
d'abord, bien entendu, comme la ministre, offrir toutes mes condoléances
à la famille et aux proches de Marcel Dubé.
Marcel
Dubé nous laisse en héritage une oeuvre immensément riche avec des centaines
d'oeuvres, autant pour le théâtre, la
radio que la télévision. Personnellement — et je suis certaine que je ne suis pas la
seule en cette Chambre — j'ai découvert le
théâtre de Marcel Dubé au secondaire alors que nous étudiions la pièce Zone
et plusieurs autres pièces, et dont nous devions tous nous inspirer pour jouer
des extraits en classe. Alors, je vous laisse imaginer la grandeur de ces
moments de théâtre. Mais la beauté de ça,
c'est que des générations de jeunes étudiants du secondaire ont été
familiarisés avec le théâtre québécois
par le biais de l'oeuvre de Marcel Dubé, qui mettait à l'avant-plan les jeunes,
la jeunesse québécoise d'une toute
nouvelle manière, avec ses révoltes, ses questionnements, ses préoccupations,
et il y avait quelque chose là-dedans — bien que ça datait déjà un peu — d'universel et qui savait nous rejoindre et
nous intéresser au théâtre.
comprenait et il maîtrisait parfaitement les codes et le langage des différents médias et savait tirer le meilleur
parti de chacun de ces médias pour exprimer des idées. Qu'on pense à Zone ,
à Un simple soldat , Florence , Les beaux dimanches , le Retour des oies blanches , Le temps des
lilas , il a su transposer et dépeindre la réalité québécoise
au grand, au petit écran, mais
surtout au théâtre. Il savait capter l'air du temps. Ses oeuvres sont de
véritables références d'une époque qui témoignent du cheminement et de l'évolution de notre société. Il y avait une esthétique au-delà du propos, Marcel
Dubé, un réalisme et une touche de
poésie, mais surtout, avec ses thématiques et avec aussi le propos, il
réussissait à rendre le théâtre accessible au plus grand nombre.
Surtout,
j'aimerais dire en terminant qu'il a marqué des générations de Québécois
et de Québécoises parce
que son écriture et ses textes ont
permis au peuple québécois de voir que leur vie, leurs valeurs, leurs préoccupations étaient assez importantes,
assez intéressantes pour fonder une dramaturgie, pour vraiment
fonder une dramaturgie à l'image des Québécois. Comme ses oeuvres, Marcel Dubé va toujours
faire
partie de nous, il a contribué à nous révéler à nous-mêmes. Merci,
Marcel Dubé.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la députée de Joliette.
Je cède maintenant la parole à
Mme la députée d'Iberville.
Samson : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais d'emblée offrir mes sympathies, en
mon nom et en celui de ma formation
politique, à la famille et aux proches de Marcel Dubé. En
quelques semaines à peine, trop de géants de la culture québécoise nous ont quittés. Marcel Dubé était, sans
contredit, l'un de ces monuments de notre dramaturgie, de notre
littérature et de notre histoire.
Marcel
Dubé aura été pour le Québec un auteur national, un écrivain parmi les plus importants
que nous avons connus. D'abord,
par son propos jamais banal, toujours sensible et enraciné dans son époque, il nous
aura confrontés à nos tabous. L'oeuvre de Marcel Dubé s'inscrit au coeur
des mutations sociales qui nous ont transformés comme peuple. Ensuite, par la forme, Marcel aura été un grand
auteur de téléthéâtre qui aura permis la démocratisation de la dramaturgie.
Marcel Dubé est l'un
des quelques pionniers d'une dramaturgie enracinée et toute québécoise, d'où
son statut d'auteur national. National plus
que populaire, car Marcel Dubé aura porté sur ses épaules et dans ses mots
l'identité de notre nation, nos forces, nos combats et nos défauts. Sa
dramaturgie est teintée de nos travers et de nos forces, de nos sanglots et de
nos accents.
Marcel
Dubé aura mis en scène le quotidien qui choque, nous renvoyant à nous-mêmes
le reflet authentique de qui nous
sommes. Il aura épousé le Québec dans tout ce qu'il a de sombre et de lumineux,
mais dans ce qu'il a de vrai surtout.
La pauvreté, l'émancipation de la femme, la famille, l'Église, l'échec, ce sont
les thèmes de l'oeuvre de Marcel Dubé, mais
aussi les thèmes de notre histoire commune, l'ennui et la désillusion aussi
dans ses dernières oeuvres. «...j'ai voulu donner la parole à ceux qui
ne parlent pas», a-t-il dit. Il parlait de nous. Il parlait des Québécois, qui,
avant lui et quelques autres, n'avaient de
culture que des cultures étrangères. Marcel Dubé est le créateur d'une culture
enfin proprement québécoise. Ni française, ni américaine, québécoise.
Marcel Dubé a signé plus de 300 oeuvres. Ce qu'il nous lègue est immense,
infiniment riche, imposant, intimidant presque. Sans contredit, l'oeuvre d'un
géant.
Et j'aimerais conclure
avec un souhait pour nous : que nos institutions culturelles publiques
permettent aux générations futures d'avoir
accès aux oeuvres de ces géants québécois que sont les Marcel Dubé de notre histoire.
Perpétuer l'oeuvre de Marcel Dubé,
c'est perpétuer la culture québécoise, et, avec elle, c'est un peu nous-mêmes
que nous perpétuons. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je
vous remercie, Mme la députée d'Iberville. Et je
cède la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Alors, dans un premier temps, je joins, avec la
voix de mes collègues de ma formation politique ainsi que
l'ensemble des collègues ici, notre voix pour offrir nos sympathies à la
famille, aux amis et aux Québécois et Québécoises qui se sont sentis troublés,
attristés par le départ de M. Dubé. Vous savez, M. Dubé, né en 1930 sur une petite rue qu'on connaît bien dans mon
comté, la rue Logan, en plein coeur du Faubourg à m'lasse, en fait,
plein coeur d'un quartier qui a été complètement démoli, Mme la Présidente, puisque
la modernité appelait à autre chose, bien,
M. Dubé, avec toute sa fierté de ses origines, malgré que ce soient des origines modestes, a donné énormément de fierté au peuple québécois
et au peuple de la classe populaire.
écrivant du théâtre pour nous-mêmes, bien
sûr, Marcel Dubé a contribué à
l'affirmation sociale et culturelle
de la Révolution tranquille. Dans Zone ,
sa pièce-phare qu'il a écrite à l'âge de 23 ans — être visionnaire à 23 ans, c'est plus que possible — il décrit, à travers les guerres entre les
bandes de jeunes, les espoirs irrépressibles de la jeunesse avec autant d'acuité et de sensibilité que l'effroyable
apathie des bourgeois, qu'il nomme clairement, sans honte, puisque ça existe.
Malgré
la désindustrialisation de Montréal et les immenses transformations
culturelles, Zone est d'une brûlante actualité. Le désir de la jeunesse de s'émanciper des obstacles de la
génération de leurs parents est une aspiration qui est encore bien
présente aujourd'hui.
Aussi,
l'actualité des conflits entre la jeunesse et les autorités policières n'est
pas qu'histoire du passé, Mme la Présidente.
Qu'on regarde les événements du printemps érable ou les conflits actuels dans
le quartier de Montréal-Nord, on voit
comment des tensions existent encore aujourd'hui et qu'il faut, comme M. Dubé,
ne pas avoir peur de chercher la racine de tout ça.
Marcel
Dubé, par son oeuvre, a contribué à l'essor de notre langue, une langue
française farouchement ancrée dans la
réalité québécoise, une plume qui trouve de la poésie dans la langue populaire,
telle qu'elle est parlée ici. Merci, M. Dubé, de nous avoir aidés à nous
connaître et surtout à nous reconnaître. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
députée, et je comprends que cette motion est adoptée.
Et en conséquence,
nous allons maintenant observer une minute de silence à la mémoire de
M. Dubé.
• (15
15 h 3)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, vous pouvez prendre place. Et nous allons
reprendre... poursuivre, c'est-à-dire, la rubrique des motions sans
préavis, et je cède maintenant la parole à M. le
leader de l'opposition officielle.
M. Drainville : Mme la
Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le député de Granby et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que Radio-Canada a diffusé, le 6 avril 2016, un document du Parti
libéral du Québec qui présente, pour chacune des circonscriptions électorales, les contributions reçues par ce parti en 2008 et
en 2009;
«Que l'Assemblée
nationale demande au chef du Parti libéral du Québec de déposer les rapports financiers de son parti comprenant les montants des
contributions de chacune des circonscriptions
électorales pour les années 2003 à
2010.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Ces rapports ont été envoyés au Directeur général des élections, Mme la
Présidente. Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement. Pour la prochaine motion sans préavis, je vais maintenant reconnaître Mme la
députée de Montarville.
(Montarville) : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le leader de
l'opposition officielle :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des propos de
la ministre responsable de l'Accès à
l'information et de la Réforme des
institutions démocratiques à l'effet
qu'en comparaison des objectifs de financement fixés pour des ministres en Ontario et en Colombie-Britannique, les objectifs de 100 000 $
et de 150 000 $ fixés pour des ministres au Québec ressemblent
à des peanuts;
«Qu'elle
reconnaisse qu'indépendamment des
pratiques de financement existantes pour d'autres provinces ou États voisins, ces objectifs de
100 000 $ et de 150 000 $ pour des ministres
au Québec sont considérables, ont eu des effets négatifs importants, tel que démontré par la commission Charbonneau, et ne devraient en aucun temps être banalisés.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Alors, merci,
Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Pas de consentement. Bien, Mme la présidente, la ministre a clarifié son...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Alors, il n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine
motion sans préavis, je cède la parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Mme la Présidente, je demande le
consentement le plus unanime possible de tous les partis et de tous les
députés de la Chambre pour présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale mandate la Commission de l'économie et du travail pour
comprendre quel rôle ont joué différentes institutions de l'État dans la
vente de l'entreprise québécoise Rona à l'entreprise américaine Lowe's;
«Que la
commission invite Investissement Québec, la Caisse de dépôt et de placement du
Québec, l'Autorité des marchés
financiers et, au besoin, d'autres organismes pour que leurs mandataires
répondent aux questions soulevées par les déclarations de l'ancien chef
de la direction de Rona;
«Que la
commission s'attarde particulièrement à la vente en 2015 des actions de Rona
détenues par Investissement Québec; à
l'autorisation accordée en 2013 par l'Autorité des marchés financiers pour
remplacer la majorité du conseil d'administration; ainsi qu'aux
interventions du président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec dans
les décisions stratégiques qui ont mené à la vente de Rona;
«Que la
commission analyse également la stratégie gouvernementale pour maintenir au
Québec les sièges sociaux et le contrôle des entreprises québécoises.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente. Les études de crédits s'en viennent.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Ça va. Très bien, alors il n'y a pas de consentement.
Nous allons
maintenant passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions.
Et je vous cède la parole, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions complétera les
consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 64,
Loi sur
l'immatriculation des armes à feu, aujourd'hui, à compter de
15 h 30 pour une durée de 2 h 15 min, à la salle du
Conseil législatif.
La Commission
des transports et de l'environnement poursuivra finalement l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 76,
Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du transport collectif dans la
région métropolitaine de Montréal, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le leader adjoint du gouvernement. Et maintenant
nous en sommes à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, s'il n'y
a pas d'interventions, je vous dis que la période des affaires courantes est
terminée et que nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Et
je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Article 1, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 1, aux
affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend
le débat suspendu à l'Assemblée le 5 avril 2016 sur la motion de M. le ministre
des Finances proposant que l'Assemblée
approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les motions
formulant un grief présentées par M.
le député de Rousseau, M. le député de Granby, M. le député de Mercier, M. le
député de Sanguinet, M. le député
La Peltrie, M. le député de Gaspé, M. le député de Rosemont, M. le député
de Verchères, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve,
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Mme la députée de Joliette, M. le député de Berthier, Mme la députée de Gouin, M. le député
de Bourget, M. le député de René-Lévesque, M. le député de Richelieu.
Conformément
aux dispositions de l'article 276 du gouvernement, je vous rappelle qu'une
intervention de 30 minutes est
réservée aux représentants de l'opposition officielle et que ce débat se
terminera par la réplique d'une heure accordée au ministre des Finances. Maintenant, je comprends
qu'il y aurait toutefois consentement pour permettre au porte-parole du deuxième groupe d'opposition de faire une
intervention d'une durée maximale de 10 minutes. Il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Consentement. Alors,
sans plus tarder, je cède la parole à M. le député de Granby, qui est
aussi porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de finances.
Bonnardel : Merci, Mme
la Présidente. Merci au gouvernement et aux partis d'opposition pour me donner l'opportunité de répondre,
donc, à ma dernière intervention sur le dépôt du budget.
On a terminé, la semaine passée, 10 heures
d'interventions en commission parlementaire avec le ministre des Finances, avec mon collègue le député
de Rousseau, et, ma foi, Mme la
Présidente, 10 heures plus tard,
après une heure de discours lors du
dépôt du budget, je me rends compte, avec les interventions, les
réponses que nous avons eues entre moi et le ministre des Finances, que
nous sommes aux antipodes.
Le gouvernement persiste à voir la vie en rose, le ministre des Finances
dit : Tout va bien. Le ministre des Finances nous dit : Non, pas de baisse d'impôt pour les Québécois,
puis les Québécois n'en méritent pas, en tout cas, pas tout de suite, surtout malgré le fait que
nous ayons des conditions économiques plus favorables cette année.
Le ministre
des Finances nous dit : Notre plan de relance économique, il est là, le
voilà, on a un plan de 345 millions. Nous souhaitions un plan beaucoup plus fort pour être capable de
soutenir le secteur manufacturier, minimalement, avec un dollar qui est très, très bas. De l'autre côté,
on souhaitait un plan de match extrêmement fort pour soutenir l'éducation,
que ce soit, comme mon chef l'a mentionné
tantôt à la période des questions, un plan pour contrer le décrochage
scolaire... Parce que je persiste et
signe; tout comme mon collègue l'a maintes et maintes fois mentionné, c'est un
fléau social de voir et d'accepter un
taux de décrochage scolaire aussi important encore aujourd'hui, en 2016. C'est
un fléau de ne pas prendre acte et
conscience du fait qu'il y a 478 écoles au Québec, près de 500 — et je le dis de façon ironique — qui ont besoin d'amour. Qui ont besoin d'être rénovées, remises à neuf,
constructions neuves. Et on a évalué, le gouvernement a évalué que ça pourrait coûter jusqu'à
3,5 milliards. Un petit instant, je vois déjà le gouvernement, là, qui
m'accusait, là, soudainement, qu'il fallait endetter le Québec, il fallait
tout remettre à neuf immédiatement. On se serait attendus minimalement à un plan de match, à un plan de
match sur une période de cinq ans, de 10 ans, mais pas à un plan de match
seulement sur trois ans, comme le gouvernement l'a proposé, 620 millions
de dollars, quand on comprend et on voit que les besoins sont énormes. Et, à ce niveau, bien, on va recommencer. Dans
10 ans, dans 15 ans, bien, ça va peut-être être encore 500 écoles au
Québec qui auront besoin d'être remises à neuf.
Alors, Mme la
Présidente, la situation, est-ce qu'elle a changé depuis trois semaines, lors
du dépôt du budget? Non. Est-ce que
les citoyens qui nous écoutent ont plus d'argent dans leurs poches et que,
depuis le budget, ils se sont dit :
Ma foi, wow! J'ai reçu ou je vais recevoir pour cette année 25 $,
30 $ de plus parce qu'on va abolir progressivement la fameuse taxe santé que le gouvernement libéral
avait mise en place en 2010 parce qu'il n'y n'avait pas encore assez de
revenus dans les coffres de l'État, malgré le fait que la moitié de nos impôts
ou presque va au système de santé.
Donc, une
baisse d'impôt, pour nous, c'était primordial. On l'a dit maintes et maintes
fois : 60 % du PIB, c'est la
consommation des ménages. Je l'ai répété et je vais continuer à le
répéter : depuis l'arrivée du Parti libéral autant que celle du Parti québécois... la seule chose qu'eux
ont fait, depuis les cinq dernières années, c'est d'aller en chercher de plus
en plus dans les poches des contribuables.
Rien de plus facile : taxe santé, indexation au-dessus de l'inflation de
tous les tarifs, de toutes les taxes inimaginables, taxes scolaires,
taxes municipales, taxe sur l'essence, taxe sur le carbone.
Alors, Mme la
Présidente, depuis minimalement deux ans, c'est entre 1 300 $ et
1 500 $ de moins que les familles ont dans leurs poches, un fardeau fiscal qui a continué d'augmenter. Et,
tout bonnement, le ministre des Finances nous dit : Bravo! C'est la seule chose que je peux vous donner, un petit
25 $, un petit certificat-cadeau pour être capable de finir la fin
de mois.
malheureusement — je l'ai
mentionné puis je vais le refaire rapidement — la situation économique se détériore pour ces familles. On voit que ce revenu
disponible par habitant... nous sommes les derniers au Canada. Quand les
libéraux sont arrivés au pouvoir en
2003, nous étions quatrièmes au Canada. Là, on est le dernier. Bien, ça cause
quoi, ça, Mme la Présidente? Ça cause
une chose, c'est que les familles qui ont besoin d'oxygène à chaque fin de
mois, bien, sont obligées d'aller chercher de l'aide dans les banques
alimentaires. Malheureusement, c'est des propositions de règlement et des faillites. Je le mentionnais, Mme la Présidente, malheureusement, 36 %
des faillites des particuliers au Canada viennent d'où? Elles viennent
du Québec. 54 % de toutes les faillites des entreprises au Québec viennent
du Québec. Et ça, le ministre me dit : C'est la précarité de l'emploi,
c'est à cause de ça. La précarité de l'emploi, bien, c'est justement un problème majeur. Si on n'a pas de plan de relance
économique pour soutenir l'économie du Québec, bien, on voit le résultat.
Moi, je ne suis pas fier. Je ne suis pas
fier, comme Québécois, comme élu, de voir une situation qui se détériore quand
on voit l'Ontario et le Canada avoir de moins
en moins de faillites. On a plus de faillites aujourd'hui que le lendemain
de 2008-2009, qui a été une crise majeure,
une crise mondiale, où des gens ont perdu tout l'argent qu'ils avaient mis de
côté pour une possible retraite dans deux ans, cinq ans, 10 ans.
Alors,
comment le gouvernement aujourd'hui peut se satisfaire de si peu? Comment on
peut se satisfaire de voir une
économie chancelante, où on va avoir un PIB, une croissance, là... la force de
notre nation, c'est 1,1 % en 2015, et d'avoir des objectifs à 1,4 %, 1,5 % dans les deux, trois
prochaines années? Quand les autres provinces sont en train de courir, nous, on marche, que tout le monde sera
au-dessus de 2 %, comment on peut se satisfaire de ça? Je l'ai maintes
et maintes fois
mentionné, et, au moins le ministre des Finances l'avoue aujourd'hui, un des
problèmes majeurs, c'est le vieillissement
de la population, population active à la baisse. Donc, le défi de garder nos
jeunes sur le marché du travail, d'assurer
leur réussite, d'assurer la pérennité de nos entreprises qui doivent survivre
dans un monde concurrentiel incroyable...
Alors, Mme la
Présidente, le gouvernement me dit : Non, il ne faut pas toucher les
impôts, on ne baisse pas ça, nous, on
n'y croit pas tout de suite parce que ça va affecter le Fonds des générations.
Et ça, ils savent très bien que, si le PIB va en augmentant, bien, on va être capables quand même d'aller chercher
l'objectif du Fonds des générations de 46 % en 2026, on va être capables, mais il faut y croire. Il faut y croire,
mais ce n'est certainement pas avec un plan de relance économique aussi
faible. Combien de fois mon collègue de Johnson l'a mentionné que ce
gouvernement n'a pas de vision, pas de
capitaine de l'économie. Bien, on va se satisfaire, encore une fois, Mme la
Présidente, d'être à la traîne. C'est ça
qui va être le résultat, encore une fois, à la fin de l'année. Je ne
mentionnais de façon ironique. J'ai ressorti mes papiers de 2015 versus ceux de cette année, 2016 : on est au même
endroit, Mme la Présidente, au même endroit. On a même baissé les bras pour l'emploi. On a baissé
les bras. Regardez les résultats, là. Oui, c'est une bataille de chiffres,
mais au final on a perdu au-dessus de 10 000 emplois le mois dernier, on
n'en a presque pas créé l'année passée. Le gouvernement, dans son budget, l'a
mentionné : On ne prévoit pas plus que 30 000 emplois. 29 800
cette année, 29 200 l'an prochain. Pourtant, dans les 10 dernières années
au Québec, on a créé en moyenne 39 000 emplois. Le gouvernement s'était dit : On en a créé presque 40 000, on va
se donner l'objectif de 50 000, on ne veut pas avouer que ce sera un échec majeur. Majeur, Mme la
Présidente. Le Québec a besoin d'un gouvernement qui a une vision forte à long
terme pour soutenir son économie, soutenir
ses entreprises, soutenir les contribuables québécois qui en ont assez, qui
sont exaspérés de continuer de payer et de ne pas voir de résultat.
Mme la Présidente, le grand défi que nous
aurons, le grand défi que nous aurons, Mme la Présidente, avec le vieillissement de la population, ce sera de
protéger les acquis sociaux que nos parents, grands-parents ont payé depuis
les 40, 50 dernières années. Ça fait cinq
ans que je mentionne le même discours, Mme la Présidente, et ce n'est
certainement pas avec ce budget,
encore une fois cette année, que je crois bien humblement que nous verrons des
résultats qui vont amener le Québec à
tirer le Canada vers le haut et non le contraire. Moi, je veux des indicateurs
économiques qui seront forts, je veux
voir les indicateurs qui vont amener, là, les investissements privés à la
hausse, pas à 0 %, pas des investissements résidentiels à 0,1 %. Je pense que le Québec mérite mieux. Le
Québec est capable de faire beaucoup plus, mais ça va prendre un gouvernement, Mme la Présidente, qui y croit,
et ce budget, aujourd'hui, en 2016, pour nous, pour ma formation politique,
est un échec, et, vous comprendrez, nous voterons contre ce budget. Merci, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie de votre
intervention, M. le député de Granby. Maintenant,
je vais céder la parole à M. le député de Rousseau, qui est aussi le
porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.
M. Marceau :
Merci, Mme la Présidente. Alors, écoutez, j'ai eu l'occasion, à deux reprises,
ici... j'ai eu l'occasion de
m'exprimer, et le jugement que j'ai porté à l'époque était plutôt négatif, vous
vous en rappellerez. Maintenant, depuis ces deux répliques et aujourd'hui, il y a eu le débat en commission
parlementaire et, Mme la Présidente, je suis désolé de vous apprendre que les 10 heures de débat que
nous avons eues en commission parlementaire ne sont pas parvenues à me
convaincre qu'il fallait que je change d'idée et je demeure convaincu que le
gouvernement fait fausse route.
Le budget,
comme vous le savez, a été un budget équilibré avec colonne des revenus et
colonne des dépenses qui sont égales,
mais, comme je le disais plus tôt, il y a quelques semaines, ça s'est fait au
prix d'un déséquilibre dans le budget des
familles, ça s'est fait aussi au prix d'une stagnation économique, et les
conséquences sur les familles et sur l'économie sont graves, sont très, très graves. Et les nouvelles qu'on apprend à
chaque jour tendent à confirmer que ça se détériore, ça se détériore. Encore récemment, la semaine
dernière, on a eu les chiffres de l'emploi, et ces chiffres de l'emploi étaient
très mauvais, Mme la Présidente, très, très
mauvais. Il n'y a rien, rien, rien qui s'est passé depuis deux semaines,
trois semaines, qui pourrait m'amener à changer d'avis.
Alors, je vais vous rappeler quand même, si vous
permettez, un certain nombre de choses que j'avais dites à l'époque. Tout d'abord, je réitère que, malgré le
fait que le solde budgétaire soit nul, la situation des finances publiques
ne s'est pas améliorée, elle s'est
détériorée. Et elle s'est détériorée parce que l'étalon qui est utilisé par nos
prêteurs, par nos créanciers,
l'étalon donc qu'ils utilisent pour mesurer la santé financière du Québec,
c'est d'ailleurs le même étalon qui
est utilisé pour toutes les juridictions dans le monde, cet étalon, c'est le
ratio d'endettement. Pourquoi? Parce que ça donne une idée de la capacité de remboursement de la dette par l'État en
question. Et ce radio d'endettement, le ratio dette sur le PIB, il s'est détérioré. En fait, si on
compare les prévisions qui avaient été faites à l'époque, en juin 2014, par le
ministre des Finances et là où on est rendu
aujourd'hui, en mars 2016, on se rend compte que ces cibles se sont toutes
détériorées, elles ont toutes augmenté d'un point ou de deux points.
Le ratio
dette-PIB, je vous le rappelle, c'est donc la dette au numérateur divisée par
le PIB au dénominateur, et ce qui
peut faire en sorte que ça se détériore, puisque les deux, et la dette et le
PIB, augmentent, ce qui peut faire en sorte que ça se détériore, c'est très simple, il suffit que la dette augmente
plus rapidement que le PIB. Or, c'est bel et bien et précisément ce qui s'est
produit. D'ailleurs, ça a été reconnu par le ministre des Finances en
commission parlementaire. J'ai fini par le lui faire dire, là : La
dette a augmenté plus rapidement que le PIB.
Puis, en
fait, on peut se demander pourquoi il en est ainsi, puis je vous répondrais,
Mme la Présidente : c'est très simple,
c'est que l'action gouvernementale, l'action du gouvernement a nui à la
croissance économique. Elle a étouffé la
croissance économique. Que ce soit par une hausse du fardeau fiscal de nos
familles, par une hausse du fardeau fiscal du côté des entreprises ou par des coupes trop
importantes dans les dépenses, dans les deux cas, l'impact de ces gestes-là,
ça a été d'étouffer la croissance
économique. Et le résultat des courses, Mme la Présidente, c'est que le ratio
dette sur PIB a augmenté, et la dette
a augmenté plus rapidement que le PIB, ce qui fait que la santé des finances
publiques telle que mesurée par l'étalon que tous utilisent, cette santé
s'est détériorée.
Autre
indicateur de la détérioration de nos finances publiques, c'est le comportement
des revenus autonomes. J'ai eu
l'occasion de le dire et je le redis ici : Entre l'an dernier, mars 2015,
et mars 2016, les prévisions de revenus se sont toutes détériorées. Par
exemple, pour 2016‑2017, l'année que nous entreprenons maintenant, enfin, que
nous avons entreprise la semaine dernière,
les revenus prévus cette année sont plus faibles de 1 milliard que ce qui
était prévu l'année passée. C'est
donc dire que le gouvernement reconnaît directement, de manière très explicite,
que son action contribue à réduire la
croissance des revenus autonomes. Alors, Mme la Présidente, donc, sur le plan
des finances publiques, il y a eu une détérioration très claire.
Sur le plan
économique, les indicateurs ne sont malheureusement pas bons. Je vais commencer
par vous parler d'emploi. On
rappellera à tout le monde ici que le ministre des Finances, accompagné de ses
compagnons de campagne électorale,
nous avait promis 250 000 emplois. Cette promesse, elle est maintenant
portée disparue, comme le disait le chef
de l'opposition officielle plus tôt, à la période de questions, et, comme je
l'ai dit il y a quelques semaines à l'occasion de ma réplique plus
longue, les 250 000 emplois ne se trouvent plus dans les documents
budgétaires. Il faut le faire, Mme la
Présidente. Ce n'est pas parce qu'on manque de pages, là. J'ai eu le plaisir de
lire tout ça d'un bout à l'autre, chacune des pages, chacun des
paragraphes, et, Mme la Présidente, malgré toute l'attention que j'ai pu y
porter, je n'ai jamais retrouvé les
250 000 emplois, qui sont donc portés disparus. Et pour cause, pour
cause : ils n'y sont plus parce qu'évidemment
le gouvernement se rend bien compte qu'il n'atteindra pas l'objectif qu'il
avait... la promesse, pardon, qu'il avait énoncée au moment de la
campagne électorale.
Et peut-être
un petit mot là-dessus, Mme la Présidente. Aujourd'hui, on nous dit...
j'entendais le premier ministre, plus
tôt, nous dire : Vous savez, vous savez... il parlait au chef de
l'opposition officielle, il disait : Vous savez, ce n'est pas le
gouvernement qui crée des emplois. Nuance fort importante, nuance fort
importante exprimée là par le premier ministre. Je lui rappellerais cependant
que ces nuances-là, il ne les faisait pas en campagne électorale. En campagne électorale : Nous allons créer 250 000
emplois, sur des beaux cartons, là, des belles affiches, là. Puis je me
rappelle du ministre des Finances,
qui était à côté de lui, avec le ministre des Transports, puis le ministre de
la Sécurité publique et des Affaires municipales, je me rappelle très
bien de les voir : Nous allons créer 250 000 emplois.
Puis ils
invoquent aussi, Mme la Présidente, ils invoquent la situation démographique.
Eh bien, Mme la Présidente, je vais vous dire quelque chose que tous les
Québécois savent : La population du Québec vieillit, la population active diminue. Puis ça, Mme la Présidente — et ce n'est pas parce que je suis
particulièrement informé ou particulièrement mieux informé que les autres — je le sais depuis 10 ans que ça va être ça.
Ça fait 10 ans qu'on se le dit, que c'est dans tous les scénarios démographiques de l'Institut de la statistique du
Québec. On le sait, la démographie n'est pas favorable au marché de l'emploi, et que, sachant cela, les
partis politiques responsables, finalement, qui ne veulent pas vendre des
mirages aux québécois, bien ils se gardent
de faire des promesses qui ne tiendront pas la route. Et, regardez, ça se
tourne contre le gouvernement
présentement. Ils savaient très bien l'état de la démographie, ils savaient
très bien que ce n'est pas le gouvernement qui crée des emplois, et,
pourtant, ils ont dit : On va créer 250 000 emplois.
Et là les
chiffres ne sont vraiment pas bons, ne sont vraiment pas bons. Alors, il y a
plusieurs façons de calculer. Si je
prends la façon de calculer les emplois à la méthode qui est utilisée par
l'Institut de la statistique du Québec puis qu'on retrouve dans le budget à la page C.26, le bilan, là, est très
simple : 2014, moins 1 100 emplois; 2015, c'était 37 300.
On prévoit 29 800 pour 2016 et 29 200 pour 2017, pour un total de
95 000 en quatre ans, alors qu'il devrait y en avoir 200 000, n'est-ce pas, Mme la Présidente? 200 000 :
quatre ans fois 50 000, ça fait 200 000. Eh bien regardez, donc,
en dessous de 50 %. Moi, en tout cas, à l'école, on appelait ça un échec.
En bas de 50 %, là, c'est un échec.
Puis l'autre
manière de le calculer, c'est la méthode qui est plus fréquemment utilisée
quand est publiée à chaque mois
l'enquête sur la population active. Et, dans cette enquête-là, ce qu'on peut
mesurer, ce sont les flux d'emplois. On peut prendre une date de départ,
une date d'arrivée. Évidemment, ça mène à plein de chiffres qui varient. Le
premier ministre a son chiffre préféré, et
tout le monde a ses chiffres préférés. Mais, si on prend, disons, la dernière
année, qui est quand même quelque
chose d'assez naturel comme période de comparaison, on se rend compte qu'il ne
s'est pas créé d'emplois au Québec.
Bon, en fait, c'est 300, 300 emplois en un an. Alors, Mme la Présidente, c'est
triste, et ce n'est pas bon.
Je veux juste
ajouter un dernier point. L'Institut de la statistique du Québec a publié
récemment un document qui s'appelle L'état
du marché du travail pour 2015, et c'était particulièrement révélateur et
triste parce qu'on y apprenait... puis,
regardez, pas le député de Rousseau, là, pas le Parti québécois, là, c'est
l'Institut de la statistique du Québec qui dit ça : l'emploi manufacturier au Québec est aujourd'hui
au niveau où il se trouvait en 1976. Mme la Présidente, c'est 40 ans de recul, 40 ans de recul. Et pendant ce temps-là, de
l'autre côté, on souscrit à la stratégie énergétique canadienne, laquelle
vise à accélérer l'exploitation des sables
bitumineux puis du pétrole de l'Ouest, et lequel contribue au mal hollandais,
qui détruit les jobs du secteur
manufacturier québécois. Ça, c'est la stratégie économique de l'autre bord.
Alors, Mme la Présidente, très regrettable, ce qui se passe du côté du
manufacturier.
Au
chapitre
de la croissance économique, bon, à chaque année, le ministre des Finances nous
dit : Ce n'était pas bon l'année
passée, mais, cette année, ça va être bon. Essentiellement, c'est le message.
L'année passée, il y a eu des facteurs extérieurs,
il y a des problèmes avec les prix des ressources naturelles. Bon, des raisons peut-être, là, qui sont valables, mais on nous dit : Par contre,
cette année, accélération, ça va augmenter. C'est la troisième fois qu'on nous dit
ça, mais, à chaque fois, on nous
prédit du 2 % de croissance
économique puis on finit autour de 1 %. Là, ça va être la troisième
fois qu'on nous fait ça.
Mais,
en fait, je vais simplement vous dire quelques chiffres. L'an dernier, en mars
2015, on nous disait que, 2015, la
croissance économique serait de 2 % au réel puis 3,8 % au nominal. On
a révisé en mars 2016 en nous disant : Finalement, ça a été 1,1 %. Puis on nous a dit : Ça
va être 2 % au nominal. Puis, Mme la Présidente, même entre mars 2016 puis
une semaine plus tard, quand l'ISQ a
publié ses documents, on s'est rendu compte qu'il y avait une erreur, parce que
le réel... finalement, là, le réel, l'année passée, ça a été 1,1 %,
puis le nominal, ça a été 1,6 %. 1,6 % de taux de croissance du PIB nominal, il n'y a rien de plus bas que ça
depuis 2008‑2009, depuis la récession, rien de plus bas que ça. Alors,
regardez, ce n'est pas encourageant, ce n'est pas encourageant.
Je vais
terminer sur l'économie en vous parlant de l'investissement, parce que, là, ce
que je viens de vous dire, là, comme
espèce de petite façon de procéder du ministre, c'est vraiment spectaculaire
dans le cas de l'investissement. J'ai pris
les documents budgétaires 2014, 2015 et 2016 et puis j'ai regardé ce qui était
prévu au
chapitre de l'investissement puis ce qui a été effectivement
réalisé. En juin 2014, à l'arrivée du gouvernement, le ministre des Finances
nous dit : L'année dernière, ça a été
mauvais, mais 2014 va être une bonne année, il va y avoir une reprise de
l'investissement. Et on prévoyait
4,1 % pour 2014, et ça s'est terminé avec moins 11 % de croissance de
l'investissement. Donc, l'investissement a diminué de 11 %. Ça, c'était ce que le ministre qualifiait de
reprise. En 2015, le ministre, même histoire, nous dit : L'année passée, 2014, a été une mauvaise année, mais,
cette année, il va y avoir un redressement, cette année, c'est un redressement.
Ça, c'était en 2015. Reprise en 2014, avec
le résultat qu'on connaît, redressement en 2015, et là on nous prévoyait du
2,8 % de croissance de
l'investissement, ça a été un déclin de 4,7 %, essentiellement 5 %,
l'investissement a encore baissé de 5 %. Mais je ne sais pas s'il pense qu'on ne s'en rend pas compte, le
ministre, mais, cette année, il reprend encore l'affaire, il nous dit : L'année passée, ça n'a pas été une
bonne année, mais, cette année, il va y avoir un rebond. Alors, on comprend
que le langage change mais que la mécanique
est toujours la même. 2014, c'était une reprise. 2015, c'était un redressement.
Cette année, c'est un rebond. Mais, Mme la
Présidente, le rebond, savez-vous à combien il nous amène cette année en
croissance de l'investissement? Et là, ce
n'est pas... écoutez, ça ne s'invente pas, là, c'est dans les documents
budgétaires, c'est 0 %. On nous prévoit du 0 %.
Alors, regardez, Mme la Présidente, quand on
nous prévoyait du 4 %, on a fini à moins 11 %; quand on nous prévoyait du 3 %, on a fini à moins 5 %;
puis, cette année, on nous prévoit du 0 %. Alors, je vous laisse tirer la
conclusion sur là où on va aboutir
cette année. En tout cas, si c'est ça qui est un rebond, bien j'espère que je
ne rebondirai pas de cette manière-là dans le futur.
Je vais
passer du côté des services et puis du fardeau fiscal. Du côté des services, je
veux simplement rappeler à tout le
monde qui nous écoute que le gouvernement a inscrit très clairement dans ses
chiffres que les prochaines années seraient,
encore une fois, très difficiles au
chapitre des services à la population. Les
Québécois savent fort bien que 2014, 2015 ont été des années très
difficiles, que les services en santé et en éducation ont été amputés.
particulier en éducation, ça a fait très, très mal, on a vraiment laissé nous
enfants les plus vulnérables de côté. Or,
les chiffres montrent que la croissance des dépenses pour cette année et puis
les années qui suivent va être encore plus basse que celle qu'on a enregistrée en 2015 puis en 2014. C'est donc
dire que cette austérité, dont on nous disait qu'elle serait temporaire, que c'était un effort à faire,
bien, Mme la Présidente, elle est devenue permanente, elle est devenue le
normal des Québécois. Le normal des
Québécois, c'est de subir des coupures dans les services auxquels ils sont
attachés. En éducation, c'est très
clair, on le sait, les coupures ont été fort importantes en aide aux devoirs,
aide aux enfants autistes, bon, les
services spécialisés, bon, il y en a eu... Bon. Je n'ai pas besoin de vous
redire tout ça. Et là on nous avait promis un superinvestissement. Malheureusement, il n'est pas au rendez-vous. En
fait, on se rend compte que le taux de croissance des dépenses en éducation, non seulement il ne
permet pas de rattraper les montants qui ont été amputés ces dernières années, mais, en plus de ça, même cette année, il
est en dessous des niveaux historiques de croissance en éducation qui permettaient d'assurer justement des services à tous nos enfants, puis en particulier à nos plus vulnérables. Et le taux de croissance, là, quand
on... en fait, quand on tient compte du fait qu'il y a une
partie des dépenses
dans le ministère de l'Éducation qui proviennent du ministère de l'Immigration, on
se rend compte que le taux de croissance des dépenses en éducation est de 2,5 %, alors que la moyenne historique, là,
celle qui permettait d'assurer des services adéquats à tous nos enfants,
était de 3,6 %. Alors, on est bien en deçà... puis évidemment on est très
loin d'un rattrapage et puis d'un réinvestissement.
En santé, ça ne sera pas plus drôle cette année,
j'ai eu l'occasion de le dire. On prévoit un taux de croissance consolidé de 2 % en santé. Or, on sait que l'essentiel de l'argent s'en va aux
médecins, il y en a pour 370 millions de dollars, ce qui fait que, dans un contexte où la population
croît, dans un contexte où les technologies médicales ont des coûts qui augmentent, qu'il y a les prix des médicaments qui
augmentent... Mme la Présidente, il y a plus de monde, on est plus vieux, ça coûte plus cher, et pourtant on envoie
tout l'argent aux médecins. Je suis désolé, là, mais je ne
pense pas qu'on va assurer des
services adéquats à toute la population québécoise. Alors, moi, je vous prédis, et c'est ça, l'objet d'un budget, là, je vous prédis que cette année va être très
difficile en santé, d'autant que le système de santé est à se réorganiser,
hein? On a un mouvement de
centralisation sans précédent du côté de la santé, conséquence du projet de loi
n° 10, qui a été adopté par
ce... bien, enfin, qui a été imposé par ce gouvernement. Alors, on coupe les
vivres, on donne tout l'argent aux médecins, puis on se réorganise, puis on fait de la bureaucratie, puis, regardez,
qu'est-ce que ça va donner? Je ne le sais pas, au bout, mais je suis
certain que ça ne donnera pas des bonnes affaires.
Finir en vous
parlant, Mme la Présidente, des familles, les familles qui ont vu leur fardeau
fiscal s'accroître de 1 500 $
par année, qui vivent avec des prix à l'épicerie qui sont élevés, avec de
l'essence qui coûte cher et qui, en vertu de cette augmentation du fardeau fiscal, ont des difficultés. Et on nous
avait promis un soulagement. Mme la Présidente, le soulagement, il est minuscule, on parle de
60 $ par famille, ce qui fait qu'au lieu de payer 1 500 $ de
plus les familles paient
1 440 $. Ça, c'est le début du minuscule remboursement que le
gouvernement propose aux familles pour leur avoir amputé 1 500 $ par année dans leur
budget. Alors, évidemment, c'est complètement inacceptable. J'ai eu l'occasion
de dire aussi,
Mme la Présidente, que, quant à la taxe famille, la taxe, là, sur les services
de garde, cette taxe était ingérable et,
on va continuer à le voir dans les prochaines semaines, prochains mois, le gouvernement a fait fausse route. Et nous avons demandé au gouvernement de revenir à la tarification universelle, tarification qui assurait à la fois une simplicité
administrative puis qui assurait
l'universalité et puis qui respecte les principes de la progressivité dans la
mesure, et c'est le cas au Québec, où
on a un impôt progressif sur le revenu qui permet justement de demander un peu
plus aux contribuables les plus fortunés puis un peu moins à ceux qui ne
le sont pas.
Alors,
écoutez, Mme la Présidente, j'ai évidemment, vous aurez compris, dépeint un
portrait assez sombre de ce budget,
je ne m'en cache pas. Je réitère que, malgré les efforts qui ont été faits en
commission parlementaire par le ministre pour répondre à nos questions, les orientations qui sont les siennes,
quant à moi en tout cas, nous mènent droit dans un mur, l'économie ne va pas bien. J'en suis attristé
et je souhaite le meilleur au Québec, je souhaite une économie vigoureuse,
des emplois. C'est sûr que, si ça arrivait,
ça m'enlèverait des choses à dire ici, au salon bleu, ça me donnerait moins de
place pour critiquer puis... mais, je vous
dis, Mme la Présidente, j'aimerais mieux que ça soit comme ça. Malheureusement,
c'est le cas qu'aujourd'hui la situation
économique est très, très morose, et je peux vous dire que ce n'est pas avec le
budget qui a été déposé que ça va changer.
Alors, Mme la
Présidente, vous comprendrez que, de notre côté, on va s'opposer, de façon très
claire, très nette, très marquée, aux orientations budgétaires du
gouvernement. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le député de Rousseau.
Et, avant de
permettre au prochain intervenant de prendre la parole, je vous informe qu'un
débat de fin de séance se tiendra
aujourd'hui et ce débat, sur une question adressée par Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve au ministre de
la Sécurité publique, concerne le pouvoir du ministre de confier au Bureau des
enquêtes indépendantes les enquêtes sur les allégations d'agression
sexuelle sur des femmes autochtones par des policiers.
Alors, maintenant, je suis prête à vous céder la
parole, M. le ministre des Finances.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, chers collègues de la
députation ministérielle et chers collègues les députés de l'opposition, nous achevons les travaux parlementaires menant à
l'adoption de la politique budgétaire du gouvernement. Les échanges tenus, tant au salon bleu qu'à la Commission
des finances publiques, ont été respectueux. C'est le signe d'une saine démocratie de pouvoir échanger en toute
transparence sur une question aussi importante, et nous
devons nous en réj