CAT — 22 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-08-22
Quebec — Committees
(Neuf
heures trente-six minutes)
Présidente (Mme Dansereau) : Bon matin, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi visant principalement l'encadrement
des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la
dénomination de la Régie du logement
et l'amélioration de ses règles de fonction et modifiant la
Loi sur la Société
d'habitation du Québec et diverses dispositions législatives concernant
le domaine municipal.
M. le
secrétaire, y a-t-il des remplacements ?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Girard (Lac-Saint-Jean)
est remplacé par M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs);
M. Simard (Montmorency) est remplacé par M. Tremblay (Dubuc);
Mme Charbonneau (Mille-Îles) est
remplacée par M. Tanguay (LaFontaine); Mme Nichols (Vaudreuil) est
remplacée par M. Derraji (Nelligan); Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Ciccone (Marquette);
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
est remplacée par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Lors de l'ajournement de nos
travaux, il a été convenu de suspendre l'étude de l'article 60. Je vous
rappelle également que l'amendement de la députée d'Anjou—Louis-Riel introduisant l'article 38.1
est suspendu. Nous sommes donc à prendre en...
M. Tanguay :
À ce stade-ci, j'aimerais vous demander la parole, s'il vous plaît.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je vais juste finir ma phrase, s'il vous plaît.
M. Tanguay :
Avant même qu'on commence le 61, ce serait important. J'aurais une question de
directive pour vous.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Allez-y.
M. Tanguay :
Merci, Mme la Présidente. Et honnêtement, ce matin, vous savez que le règlement
de l'Assemblée nationale est extrêmement important pour la bonne conduite de
nos travaux. Comme présidente, je vous remercie de me reconnaître. Ça va prendre quelques minutes, mais
je pense honnêtement, Mme la Présidente, dans votre rôle d'impartialité,
qui découle des articles 138 et 2, vous
présidez à nos travaux, vous avez un pouvoir discrétionnaire qui est important
et qui donne le ton. Et le fait,
honnêtement, que vous me permettiez de prendre la parole, puis c'est tout à
votre honneur comme présidente impartiale pour des directives, va donner
le ton pour le reste de la journée.
situation est la suivante. Avant de poursuivre, donc, l'étude, cette question
de directive concerne l'organisation de
nos travaux, dont vous êtes responsable. Et, en ce sens-là, évidemment, ça
découle de votre rôle, qui doit être neutre et qui vous permet de juger
de la question.
commission est convoquée aujourd'hui afin de poursuivre, comme vous l'avez dit,
l'étude détaillée du projet de loi n° 16. Pour les bénéfices de tous mes
collègues et des gens qui nous suivent, qui suivent nos travaux à la maison, honnêtement, Mme la Présidente, puis c'est pour ça
que je pense que, là, on est ensemble jusqu'à 18 heures, là, normalement,
c'est important de prendre quelques minutes pour faire état de la situation
inédite qui est face à nous aujourd'hui.
La porte-parole de
l'opposition officielle pour le projet de loi, ma collègue d'Anjou—Louis-Riel,
ne peut être présente aujourd'hui. À
l'époque où il avait été cédulé et prévu que la commission siégeait mardi,
mercredi et aujourd'hui, jeudi, elle était disponible. Elle m'a permis
de dire, je lui ai parlé hier, je lui ai parlé à matin, que, pour une cause de force majeure, elle a vendu sa maison fin juillet,
elle déménage demain. Aujourd'hui, c'est impossible qu'elle soit là. Et,
en ce sens-là, Mme la Présidente, c'est une situation où ma collègue m'a permis
de souligner ce fait-là.
La collègue a travaillé de façon
extrêmement constructive, puis il en va de nos travaux, Mme la Présidente. À moins que je me trompe, on a commencé mardi à l'article 26,
et là il y a à peu
près 35, 34 articles
qui ont été adoptés, et on est ce matin à l'article 61,
60 étant suspendu. Donc, elle a fait son travail de porte-parole et elle a été extrêmement raisonnable.
Mme la Présidente, le gouvernement, lorsqu'il
prévoit les travaux, il faut qu'on se parle, il faut — puis
c'est les directives que je vous
demande — faire en
sorte qu'il y ait un seul objectif, qui est de bonifier le projet de loi. Moi,
je ne porte pas... je ne suis pas le
porte-parole, tout comme mes autres collègues de l'opposition officielle. C'est
ma collègue d'Anjou—Louis-Riel qui est la porte-parole et qui a
travaillé excessivement... à 34 et plus articles, dans les deux derniers
jours, de façon tout à fait pas cosmétique, mais très rigoureuse.
Il y a, Mme la Présidente, il y a des règles de
pratique, des us et coutumes à l'Assemblée nationale. Puis ça fait sept ans que je siège à l'Assemblée nationale,
c'est l'article 180 de notre règlement : «Au besoin, la procédure est
déterminée —
article 180 — en tenant compte des précédents et des
usages de l'Assemblée [nationale]», c'est ce à quoi je fais appel ce
matin, qui viennent donc compléter, seconder et nous aider à interpréter le
règlement.
Où est
l'urgence aujourd'hui pour forcer l'étude du projet de loi? Il n'y en a pas.
J'ai une citation, Mme la Présidente : «L'Assemblée nationale est
constituée de députés responsables qui légifèrent de façon responsable, et on a
balisé les procédures pour le faire de façon responsable dans un contexte où
tout le monde peut s'exprimer et travailler de façon [raisonnable]. [...]Attention, [à] la lettre du règlement [...] il y a
l'esprit du règlement.» Qui a cité ça, Mme la Présidente, qui a tenu ces
propos-là? C'est l'actuel leader adjoint du gouvernement, ministre délégué, en
avril 2017.
Votre rôle,
Mme la Présidente — et
là-dessus, je vous réfère aux décisions... règlement des décisions de la
Chambre,
article 2, la neuvième,
Roger Bertrand, du 6 décembre 1995, où il disait : «L'organisation
des travaux d'une commission relève
de la compétence du président de la commission, car celui-ci — ou celle-ci — a les pleins pouvoirs pour présider cette commission.» C'est vous, Mme la Présidente.
Je poursuis la citation : «Le président de l'Assemblée [nationale] ne
peut s'immiscer dans l'organisation des
travaux [de] commissions et n'a pas [le] droit de regard sur ces matières. De
plus, il n'a pas à donner de directive sur une décision rendue en
commission.» Ça, c'est la décision Roger Bertrand, 2/9, du 6 décembre
L'article 138.
Vous, Mme la Présidente, vous organisez, animez les travaux de la commission et
vous pouvez même prendre part aux
délibérations. Vous me permettrez donc de préciser, de souligner la
décision 138/6 du recueil des décisions de la commission, puis je vous demanderais puis je demande à votre
secrétaire d'en prendre bonne note, parce que c'est excessivement important pour la suite de nos
travaux, je cite, de Raymond Bernier de décembre 2004 : «Un président de
commission doit diriger les travaux avec compétence et impartialité.» Et je
ferme la citation.
Mme la
Présidente, vous avez toute notre confiance en ce sens-là. Vous avez su nous
démontrer jusqu'à maintenant qu'avec
compétence et impartialité vous présidez les travaux. Mais, ce matin, vous avez
une décision importante à rendre, c'est
la question de directive que je vous adresse. Et j'aimerais également vous
souligner une jurisprudence assez volumineuse où il avait été jugé, pour disposer des pouvoirs de suspendre les
séances, un président pouvait même ajourner proprio motu. En ce sens,
plusieurs précédents existent, un président peut ajourner. Je vous nomme Cécile
Vermette à la CAPERN, William Cusano à la Commission de la culture et de
l'éducation et Christos Sirros.
Je vous
réfère à la décision 138/1 du recueil des commissions, de Louise Harel, en
août 1984, où elle avait considéré l'absence
motivée du ministre pour que la présidence ajourne les travaux. Ce qui est
arrivé, c'est qu'il y avait eu une tempête de neige, Mme la Présidente, et le ministre ne pouvait pas se rendre. Et
elle avait pris en son pouvoir, qui était son pouvoir, de suspendre la
séance.
Alors,
j'achève, Mme la Présidente, puis je vous remercie pour votre écoute. Mme la
Présidente, vous devez appliquer le
même traitement et la même compréhension à une situation similaire. On peut
toujours être remplacé par un autre ministre. En vertu de l'article 189, un ministre peut le remplacer. À
l'époque, ça n'avait pas été jugé efficace, c'était le ministre qui
devait présider aux débats. Louise Harel, 138/1, avait suspendu la séance.
porte-parole. Le rôle des porte-parole, Mme la Présidente, puis c'est ce que je
vous demande de préserver, le rôle du porte-parole n'est pas anodin. Notre
règlement en fait écho, si bien qu'à toute étape de procédure le porte-parole a
plus de temps de parole que les
autres collègues. Tantôt, c'est une heure quand certains ont 20 minutes,
tantôt, c'est 30 minutes quand certains auront 10 minutes.
Je vous
demande de protéger les droits et privilèges de ma collègue d'Anjou—Louis-Riel
considérant l'importance du travail
qui est devant nous, Mme la
Présidente, considérant que votre
décision aura un impact sur les sept prochaines heures, à savoir si l'on
continue ou si vous décidez... Puis, encore une fois, avec les articles que je
vous ai mentionnés, j'ai vu le secrétaire, M. le secrétaire et vous-même
inscrire, je vous demande de rendre une décision basée sur votre pouvoir
d'intervenir, 138 du règlement, 2 du règlement, l'article 2 du
règlement. Vous êtes autonome, vous n'êtes pas liée par le
leader d'aucune formation. Vous êtes
élue par vos paires à ce poste de président. Vous agissez en toute neutralité,
et je vous salue pour ça, Mme la Présidente, députée de Verchères. Je
vous réfère donc aux droits de ma collègue d'Anjou—Louis-Riel, qui est excessivement déçue, qui a, je le répète, excessivement bien travaillé hier et mardi, ils
ont adopté... ils ont bonifié 34 articles, et faire en sorte, Mme la Présidente, de préserver ses droits.
Je vous
réfère au code d'éthique quant aux valeurs et lignes directrices, à
l'article 6 du code d'éthique, le respect, la protection des institutions démocratiques, l'article 7 du code.
Et je vous demanderais, Mme la Présidente, honnêtement, votre réflexion, votre
impartialité, je conclus là-dessus, votre réflexion, votre impartialité,
l'importance de la question que je
vous soulève, qui ne s'applique pas juste à notre formation politique, mais aux
autres formations politiques, je vous demanderais une décision par
écrit, parce que c'est excessivement important. Puis ça, des débats comme ça,
j'imagine qu'on ne voudra pas, dans d'autres
commissions, en avoir. Et vous avez l'occasion, ce matin, avec le secrétaire et
avec toute l'équipe du secrétariat de
l'Assemblée nationale, vous pouvez entendre mes collègues là-dessus, mais
prenez le temps qu'il faut pour
suspendre. Et j'aimerais, je vous demande, s'il vous plaît, en tout respect,
basé sur votre impartialité, puis je vous respecte,
puis vous êtes une bonne présidente, de prendre le temps de rendre une décision
écrite là-dessus, parce que c'est trop
important puis que ça va avoir une influence sur le reste de nos travaux
aujourd'hui pas uniquement ici, mais dans les autres commissions
également. Ce n'est réellement pas anodin.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie, M. le député.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le même sujet?
M. Thouin : ...s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Dansereau) :
La parole est à vous.
Thouin : D'abord, Mme la Présidente, je réitère, je confirme aussi que
vous êtes une excellente présidente, vous faites un bon travail, puis on est contents de travailler avec vous. Je
veux vous dire aussi que, d'abord, je suis heureux que l'opposition officielle nous ait envoyé un
remplaçant de cette grande qualité pour travailler avec nous aujourd'hui. On en
est bien content.
Notre
collègue a souligné l'importance du respect des règles de l'Assemblée nationale
et on est d'accord avec ça. Vous
savez, la commission, cette commission-ci, a été convoquée pas hier, pas la
semaine passée, pas il y a un mois, elle a été convoquée le 8 juillet 2019. Ça fait longtemps qu'elle est
à l'agenda de tous. Des gens se sont déplacés de partout au Québec pour
pouvoir siéger ici aujourd'hui, mes collègues qui viennent d'un petit peu
partout, comme moi-même.
On est
convoqués aujourd'hui pour l'étude du projet de loi n° 16, on vous propose respectueusement
de procéder. On est ici pour ça. Il
faut se rappeler aussi, selon l'article 147, il appartient au leader du
gouvernement de convoquer les commissions pour les études détaillées et
non aux membres des commissions. Moi, je pense qu'il faut laisser les leaders faire le travail entre eux, et la raison pour
laquelle on est convoqués aujourd'hui, comme je le disais, c'est pour étudier
le projet de loi n° 16. C'est un projet de loi qui est attendu par les citoyens, c'est un
projet de
loi sur lequel on travaille depuis déjà plusieurs mois. Il n'y a pas de raison, à mon avis, valable qui
justifie qu'aujourd'hui on ne puisse pas aller de l'avant avec tous les
gens qui se sont déplacés ici.
Et je
terminerais en vous disant que j'espère vraiment pouvoir compter sur la
collaboration de l'opposition officielle pour faire avancer le projet de loi n° 16
aujourd'hui, lequel, je le disais, est attendu par les citoyens et raison pour
laquelle nous sommes ici aujourd'hui pour faire avancer les choses.
Donc, je souhaite ardemment... Je comprends que
la collègue responsable de ce dossier-là ne peut pas être là aujourd'hui, elle a des empêchements personnels,
et c'est correct, ça arrive à tout le monde. Un jour, c'est nous, un jour,
c'est eux. Malheureusement, il ne faut pas
faire... il ne faut pas bloquer les choses. Donc, je pense qu'il faut que ça
continue à avancer rondement.
Effectivement, on a bien commencé cette semaine, on a eu un bon début de
semaine. Moi, je pense que c'est le
moment présentement de continuer sur cette belle lancée. Et j'espère pouvoir
compter sur l'opposition officielle et les oppositions pour pouvoir
continuer le progrès dans ce dossier-là.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le même sujet?
Thouin : J'ajouterais peut-être en terminant que les membres du cabinet
aussi se sont déplacés, du ministère, il
y a des gens d'un peu partout qui sont ici. Moi, je pense qu'on ne peut pas
faire déplacer plein de monde, et, parce qu'une personne est absente, on
change le rôle. Je pense que ça ne fonctionne pas comme ça.
M. Tanguay : Rapidement,
Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vous remercie. Oui.
M. Tanguay : ...à
titre
de droit de réplique, rapidement puis précisément sur ce qui a été dit,
essentiellement deux choses, il a dit que ça
a été cédulé le 8 juillet, j'ai
précisé que ma collègue a vendu de
façon imprévue sa maison la troisième
semaine... son condo la troisième semaine de juillet. Alors, c'est une cause de
force majeure qui est arrivée après. Donc, déjà là, pour mon estimé collègue de
Rousseau, que j'apprécie, on ne peut pas tenir ça en compte.
Les leaders,
ce n'est pas le leader de l'opposition
officielle, ce n'est aucun leader, ce
n'est pas le leader du gouvernement qui préside la commission, c'est vous, Mme la Présidente. Puis ma collègue d'Anjou—Louis-Riel,
qui est la doyenne de cette Assemblée nationale, plus de 16 ans, je pense, puis qui est présidente de cette commission, et vous, à
titre de vice-présidente, vous la remplacez puis vous faites un bon travail, mais parce qu'elle
est porte-parole... On dit : On a déplacé les gens. Mais les gens, ils étaient déjà à Québec
hier et avant-hier. L'objectif, ce n'est pas de commencer à faire des comptes
d'apothicaire sur les frais de déplacement, Mme la Présidente, c'est de préserver les droits fondamentaux
des députés. Vous avez l'entière
indépendance, et, honnêtement, je pense, ça vaut la peine pour vous de prendre
le temps de rendre une décision étayée, étoffée et écrite qui va nous
aider dans l'avenir, qui va nous aider dans notre commission puis dans les
autres commissions, vous allez faire jurisprudence.
Je pense,
honnêtement, puis je conclus là-dessus, il y a un projet de loi qui a été
adopté qui fait en sorte que les quatre partis politiques autour de la
table ont voix au chapitre, on a organisé nos travaux. Bien ça, il faut que ça
transpire notamment dans les décisions que vous rendez, à savoir qu'on se
respecte entre nous. Puis on ne peut pas imposer, en surprenant la bonne foi de quiconque, des... Ça ne se fait pas, Mme la
Présidente, je vais conclure là-dessus, ça ne se fait pas, même au gouvernement. J'ai été au gouvernement, je
n'étais pas ministre, mais j'étais leader adjoint, on ne cédule pas quand le porte-parole a une bonne raison. Ce n'est pas un cas de
comté, elle déménage, c'est une force majeure. Ça ne se fait pas, puis je vous demande de préserver 180, les us et
coutumes, usages, puis c'est votre discrétion de suspendre, c'est ce que je
vous demande, par décision écrite, suspendre
nos travaux aujourd'hui, qui seront recédulés, de ce que j'entends, la semaine
prochaine.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vous remercie pour vos interventions, j'en prends acte, et nous allons
suspendre pour quelques instants.
M. Thouin : Sur la question de
neutralité, effectivement, je pense que c'est important, la neutralité, mais la
neutralité, c'est aussi de ne pas s'immiscer
dans les négociations qui ont lieu entre les leaders pour les
décisions prises pour la tenue des commissions parlementaires, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Je m'excuse, je m'excuse, là, on va suspendre. On a une décision à
prendre et quelque chose à rédiger.
Donc, on va suspendre pour quelques moments.
Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Présidente (Mme Dansereau) : S'il vous plaît, je demanderais aux gens de bien vouloir
reprendre les places. C'est parce que j'ai comme 15 minutes, là,
avant de... Je peux attendre quelques secondes, mais je devrai commencer.
Donc, comme je le disais, je suis maintenant
prête...
La Présidente (Mme Dansereau) :
C'est ça que je disais, là...
La Présidente (Mme Dansereau) :
C'est parce que je dois conclure avant et demie. Il me reste 14 minutes.
M. Derraji : Oui, oui, c'est sûr, c'est sûr. Oui, oui, c'est
sûr. C'est juste... J'attends juste que mon collègue... On l'a avisé
qu'il est en route.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Donc, M. le secrétaire, son collègue n'est pas arrivé, là, mais j'ai ouvert
l'Assemblée, O.K.? Merci.
Donc, tout le monde est arrivé. Je suis maintenant
prête à rendre ma décision relativement à la question de règlement soulevée par
M. le député de LaFontaine concernant la tenue d'une séance de la commission
pour une étude détaillée de projet de loi, que la porte-parole de l'opposition
officielle est absente pour des raisons personnelles.
Au cours de
ses remarques, le député de LaFontaine a souligné que, selon l'article 2
et 138 de notre règlement, il revient
à la présidence de diriger les travaux de la commission et d'ouvrir, de
suspendre et de lever les séances. Il précise également que la présidence a déjà
ajourné les travaux d'une commission alors que le ministre
ne pouvait être présent au motif d'une
force majeure. Cette décision est rapportée au numéro 138/1 du recueil de décisions des commissions parlementaires. Selon lui, l'empêchement de la porte-parole de l'opposition officielle est survenu après la convocation de la
commission. La situation peut donc être assimilée à une force majeure.
Pour sa part,
le député de Rousseau a précisé que la convocation de la commission
remonte au début du mois de juillet.
Il rappelle que le mandat d'étude détaillée a été confié par l'Assemblée et que
l'article 147 du règlement prévoit que la commission est alors convoquée sur l'avis du
leader du gouvernement. Selon lui, la présidence doit exercer ses
fonctions avec impartialité et neutralité, notamment en évitant de
s'immiscer dans le travail des leaders.
Enfin, je note
que tous les deux ont souligné que les travaux de la commission s'étaient bien
déroulés jusqu'à maintenant.
L'article 138
de notre règlement prévoit que la présidence organise et anime les
travaux de la commission.
L'article 147 du règlement prévoit que la
présidence de la commission organise les travaux sur avis du leader du gouvernement. Cet avis précise l'objet, la
date, l'heure, l'endroit de la réunion.
Cela dit, la
présidence a un rôle délicat à jouer dans un Parlement. Elle doit soupeser les
droits de chacun et appliquer les règles prévues au règlement, qui
balisent le rôle de chacun.
Il est
indéniable que c'est la prérogative du leader
du gouvernement de déterminer les moments où les commissions sont convoquées et par le président de la
commission lorsqu'il s'agit d'un mandat confié par l'Assemblée. Cela n'est pas
permis... n'est pas, je m'excuse, remis en
question. Arrivé au jour où la séance ainsi convoquée doit avoir lieu, un rôle
est toutefois
confié au président, qui doit veiller au bon fonctionnement des travaux. La
jurisprudence reconnaît une part de discrétion au président de la commission.
La décision rendue par la présidente Harel, à
laquelle on m'a référée, illustre le cas de l'impossibilité pour le ministre
d'être présent lors des travaux en raison de
conditions météorologiques l'empêchant de se rendre au Parlement en avion à
partir du Nord-du-Québec. Dans une telle situation, la présidence a
permis l'ajournement des travaux, comme la participation du ministre était jugée essentielle pour entendre les parties impliquées dans la négociation
d'un décret de la construction. Il
s'agit évidemment de circonstances exceptionnelles. La présidence a alors usé
d'un pouvoir rarement utilisé pour régler au mieux la situation en ajournant au
lendemain pour permettre la présence du ministre. Bien entendu, la situation
actuelle est un peu différente car le mandat
confié à notre commission est celui de faire l'étude détaillée d'un projet de
loi. Je dois quand même faire de certains éléments importants.
Dans
notre régime parlementaire, le rôle de l'opposition officielle a été reconnu
depuis longtemps, et la jurisprudence a
bien établi sa prépondérance dans l'octroi des mesures de contrôle
parlementaire. Il est donc indéniable que la présence de la porte-parole
de ce groupe est souhaitable, et, généralement, des discussions ont lieu entre
les formations politiques pour concilier,
dans la mesure du possible, les horaires pour permettre cette participation. Le
fait que la porte-parole de l'opposition
officielle ne puisse être présente n'empêche pas nécessairement la commission
de pouvoir faire son travail, mais sa participation est hautement
souhaitable.
Cela
dit, la présidente est consciente que la composition actuelle du Parlement,
avec la présence des deux autres groupes
d'opposition dont le nombre de membres est de 10 et neuf députés, comporte
aussi son lot de difficultés pour le gouvernement,
qui doit composer avec cela alors qu'il souhaite pouvoir faire cheminer son
agenda législatif à travers les différentes étapes parlementaires.
mécanisme de remplacement des membres de la commission est d'ailleurs un moyen
qui permet aux commissions de le faire, leur travail, en permettant à d'autres
députés d'une même formation politique de prendre part aux travaux de la
commission lorsqu'un membre ne peut y être lui-même.
mécanisme de remplacement et les discussions entre les formations politiques
sont donc des moyens à la disposition des parlementaires, et la
présidence en appelle à tous pour que ces travaux puissent se dérouler
correctement.
Chaque
situation doit être évaluée au cas par cas par la présidence. Dans cette
évaluation, elle doit toujours avoir à
coeur de veiller au bon fonctionnement de sa commission. Dans cet esprit, je
vous rappelle que, dans deux décisions récentes, soit celles du 21 février et du 18 avril dernier, le président
de l'Assemblée a mentionné que, pour la bonne marche de nos travaux, il était important que les formations
politiques se parlent, qu'il y ait un dialogue constructif. Il en appelait au
sens des responsabilités de chacun.
M'inspirant de cette
approche, je souhaiterais que les bureaux des leaders parlementaires puissent
se rencontrer pour trouver un terrain
d'entente pour faciliter la poursuite de nos travaux en déterminant un moment
qui conviendra à la fois au
gouvernement, mais aussi à l'opposition officielle dans ce cas-ci, tout en
incluant les autres groupes dans la discussion.
Donc,
je suspends donc les travaux jusqu'à 14 heures, comme prévu dans l'avis de
convocation, pour laisser cet espace de discussion.
(Suspension de la séance à
12 h 24)
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bonjour à tous. Nous allons reprendre les
travaux de la commission.
Premièrement, j'ai une demande du député de René-Lévesque, qui voudrait participer aux travaux de la commission. Donc, j'aurais besoin d'un consentement.
Est-ce qu'on a consentement?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci.
Je trouve ça
regrettable, parce que la personne qui a demandé... Bon, je pense que les gens
arrivent.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, mais on a quorum, quand même.
Présidente (Mme Dansereau) : Bien, un manque de respect, mais vous avez un manque de respect d'être
en retard.
Présidente (Mme Dansereau) : Tu sais, dans le fond, manque de respect, c'est parce c'est qui qui ne
respecte pas qui?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui, je sais.
Présidente (Mme Dansereau) : Bien, je pense qu'on va poursuivre. La convocation était quand même
à 2 heures, j'ai attendu comme cinq minutes. Les gens arrivent.
Bon, merci.
Donc, avant la suspension, j'ai demandé aux groupes
parlementaires de tenir des discussions pour trouver une solution compte
tenu de l'empêchement du porte-parole de l'opposition officielle d'être présente à la séance d'aujourd'hui. Comme je vous l'ai dit avant
la suspension, dans mon esprit, il aurait dû y avoir une
entente, et la présence de la porte-parole
de l'opposition officielle est souhaitable. Or, je constate que, malgré cet
appel à la discussion, il n'y a pas eu d'entente. Conséquemment, il me revient, en tant que présidente de cette commission,
de veiller à la bonne marche des travaux et de décider de la suite des
choses pour nos travaux.
J'ai analysé
plus précisément les circonstances de la décision 138/1, à
laquelle je vous référais avant la suspension. Il en ressort que la présidence a choisi
d'ajourner en présence de circonstances particulières. Dans un premier temps, l'empêchement du ministre était soudain et hors
de son contrôle, et, dans un deuxième
temps, la présence du ministre
était nécessaire à l'accomplissement du mandat de la commission.
Dans cette
décision, je retiens que, pour exercer ma discrétion, je dois évaluer ces
critères, soit le fait que l'empêchement
se matérialise le jour même de la séance ou ne pouvait raisonnablement être
anticipé, ainsi que l'impact de l'absence
de la personne en cause. J'ajouterai qu'à mon avis il faut également
tenir compte du motif de l'empêchement, de la nature du mandat et de l'impact potentiel de l'ajournement
pour l'accomplissement du mandat. Parmi les critères, il n'y en a pas un qui est prépondérant. Il faut
soupeser l'ensemble de la situation. Et, chose certaine, le fait d'ajourner les
travaux dans un tel contexte est un
pouvoir exceptionnel rarement exercé par la présidence. C'est dans ces
circonstances que la présidence va avant tout veiller à donner une chance pour
que des discussions soient tenues entre les groupes pour trouver une
solution qui conviennent à tous.
Comme la situation
actuelle diffère de celle à laquelle on me réfère, notamment
en raison de la nature du mandat et
du moment où l'empêchement a été connu, je considère que nous devons poursuivre
nos travaux, et ce, bien que la présence de la porte-parole de l'opposition
officielle aurait été souhaitable, je
le répète. La situation dont je suis saisie rappelle encore une
fois l'importance des discussions
entre les différentes formations
politiques pour tenir compte des
aménagements qui, ponctuellement, peuvent être nécessaires pour
permettre à tous de jouer leur rôle.
Je compte sur votre collaboration pour que ces
travaux puissent bien se dérouler jusqu'à 18 heures. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le... Oui, je peux... Sur le même sujet?
M. Tanguay : Oui, rapidement. Rapidement. D'abord, on a un nouveau collègue, je ne sais pas si on
peut le... pour la durée... C'est arrangé, ça? O.K.
La Présidente (Mme Dansereau) : On
l'a fait. C'est fait, il y a eu consentement.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, évidemment,
ce matin, vous avez lu votre décision. Et je comprends que, là,
vous avez rendu, donc, une seconde décision qui s'applique au cas d'espèce très
précis. Évidemment, on prend acte...
D'abord,
vous remercier, Mme la Présidente, d'avoir rendu une décision écrite. On vous
remercie. Le fait que vous ayez pris... que la... vous et le secrétaire aient
pris autant de temps, et ce n'est pas un reproche, c'est tout à fait justifié, démontre le sérieux de la question qui vous avait été
soumise. Vous avez souligné les rôles importants et essentiels de porte-parole. Dans le cas, on prend acte de votre
décision. On considère qu'il s'agissait d'un cas exceptionnel et de force
majeure en l'espèce. Puis nul besoin de retourner sur les faits.
Et on demeure
également avec... Et je terminerai là-dessus, Mme la Présidente, dans un
contexte d'un Parlement où vous, la
ministre et tous les collègues autour de la table, on a fait les frais, à
matin, du fait qu'il n'y a pas d'entente... On a fait les frais du fait qu'il n'y a pas d'entente. Il n'y a personne ici,
autour de la table, là, qui s'est bidonné, puis qui a trouvé ça drôle,
puis qui a pensé qu'on a fait avancer le Québec à matin.
Pourquoi je
vous dis ça? Je vous dis, Mme la Présidente, puis je lance ça dans les
discussions, puis il y aura d'autres conséquences probablement ailleurs
dans d'autres commissions, mais on ne peut pas, dans un Parlement, de façon quasi systématique, avoir quatre parties, dont
une, le leader du gouvernement, qui a le dernier mot, selon le règlement, ça,
c'est clair... Mais, quand vous dites :
Parlez-vous, c'est important que vous vous entendiez... Le fait encore une
fois, ce midi... puis mon collègue de
René-Lévesque l'a constaté, il a été décrété par le gouvernement : C'est
ça, il n'y a pas d'entente, à 2 heures,
vous travaillez sans la porte-parole de l'opposition officielle, ça, quand
c'est quasi systématique, on ne donne pas suite non seulement à votre
décision, mais à la décision du président de l'Assemblée nationale qui a été
rendue le 21 février 2019.
Ça, Mme la Présidente, on le déplore. Vous allez
voir quel genre d'après-midi on va avoir. Moi, je ne suis pas porte-parole, je ne suis pas en train de menacer qui que ce soit, mais moi, Mme la Présidente, là, j'embarque dans le bain d'un projet de loi pour lequel je ne suis pas le porte-parole, on va voir quelle sorte d'après-midi on aura,
mais je pense qu'en ne donnant pas suite... Et je pense que vous l'avez dit,
vous avez le pouvoir d'ajourner les travaux ou pas. Ça, c'est non contesté, c'est reconnu par tout le monde. Vous avez décidé, puis c'est votre discrétion, puis je ne la
contestais pas, j'en prends acte, de ne pas ajourner les travaux, bien,
je pense qu'on aura d'autres rendez-vous manqués comme ça.
Et je termine
là-dessus en vous disant que c'est déplorable. Puis je pense qu'aujourd'hui et cet après-midi ça va faire
écho du fait que je ne suis pas la porte-parole et qu'il aurait été bon qu'ensemble on poursuive
à une date ultérieure, ensemble, y
incluant la collègue d'Anjou—Louis-Riel, qui continue à faire adopter des articles comme les 34 qui ont été
adoptés dans les deux derniers jours. Voilà, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie, député de LaFontaine. J'aimerais maintenant qu'on poursuive
les travaux.
M. Ouellet : Je serai très
bref, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bien, soyez très bref.
M. Ouellet : Je veux juste me permettre un commentaire suite à votre décision qui a été rendue. Vous nous avez laissés dans une situation qui nous amenait à
se rencontrer, et, à
titre de leader parlementaire, j'ai participé à la rencontre. Alors, pour le bien des membres de cette commission, j'aimerais quand même témoigner de ce qui
a été discuté et sur quel constat on est arrivés.
Il ne s'est
rien discuté, Mme la Présidente. Il n'y a pas eu d'offre de faite pour trouver un
compromis. La seule chose que j'ai apprise, c'est que, considérant que
la collègue de Louis-Riel était absente, la
partie gouvernementale a fait des propositions à l'opposition officielle, qu'ils ont refusées en fonction des doléances ou
des circonstances qui leur sont propres, mais en aucun cas ma formation politique, c'est-à-dire la troisième
opposition, et la deuxième opposition n'avons été mis au fait de
solutions pour pallier à cette absence-là. Et donc de quelle façon on peut
faire fonctionner un Parlement s'il se tient des discussions uniquement
entre le gouvernement et l'opposition officielle? On présume des intentions de
l'opposition officielle pour faire de la place dans des salles de commission
en mettant de l'avant des solutions possibles, mais en aucun cas ma formation
politique, et vous me corrigerez si
j'ai erreur, la formation politique de Québec
solidaire, n'ont été mises au
courant. Donc, de quelle façon on peut dire qu'il y a un compromis où une
possible situation aurait pu être trouvée entre les formations
politiques, alors que les discussions se sont tenues de façon bilatérale?
Alors, aujourd'hui, j'ai demandé le consentement, Mme
la Présidente, pour témoigner de cet
état de fait là. Je suis ici assis aujourd'hui, alors que je devrais
être assis au projet de loi n° 14, qui a commencé à
2 heures et qui va continuer. Tout ça
pour vous dire, Mme la Présidente, que pour qu'un Parlement fonctionne, un, il faut
qu'on se parle, il faut qu'on se parle
tous. Et, malheureusement, on ne s'est pas parlé tous pour trouver des
solutions avant l'imbroglio de ce matin, et, assurément, lors des rencontres avec les leaders des différents
cabinets, il n'y a pas eu de proposition pour trouver une fin heureuse à cet
après-midi.
Alors, je
voulais quand même témoigner aux membres de la commission ce
qui s'est dit, ce qui s'est fait et ce qui ne s'est pas fait, et, malheureusement,
ça nous pose devant un constat d'échec, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : On prend acte, le député de René-Lévesque. Maintenant, je cède la parole au député de Rousseau
et je voudrais qu'on clôt le dossier et qu'on continue ensuite sur
l'article 16.
Thouin : Oui, mais je pense
que c'est important, Mme la
Présidente, si vous me permettez. Je
siège sur cette commission depuis déjà plusieurs mois, et lors des précédentes rencontres de cette commission,
lorsqu'il y avait des suspensions, la députée d'Anjou—Louis-Riel
avait l'habitude de prendre un court moment pour bien expliquer, vous vous en rappelez sûrement... de ce qui s'était
passé pendant la suspension afin que les citoyens qui nous écoutent à
la télé soient bien informés de ce qui se passe.
À mon tour aujourd'hui d'expliquer ce qui se passe depuis ce matin ici. À 9 h 30, l'opposition officielle a demandé à la présidente de suspendre les travaux pour la journée, parce que,
bien qu'elle ait été convoquée le 8 juillet dernier pour cette commission,
la députée d'Anjou—Louis-Riel
a décidé... a choisi de déménager aujourd'hui.
prétendent que le rôle de porte-parole de l'opposition
officielle en matière d'habitation,
qu'elle exerce, entraîne l'impossibilité
de continuer les travaux de la commission en son absence. Nous avons fait valoir qu'il
appartient au leader du gouvernement, selon l'article 147, de convoquer les commissions
pour les études détaillées des projets
de loi. Depuis ce matin, la
présidente délibère.
Au bénéfice
des gens qui nous regardent, j'aimerais vous informer que ces journées
d'immobilisme planifié ont un coût. Sept ou huit députés sont présents
ici : la ministre, les gens des cabinets concernés, les employés des...
M. Tanguay : Question de règlement. Question de règlement,
Mme la Présidente. On ne peut pas, c'est évident... Journée d'immobilisme planifié. On ne peut pas
accuser les oppositions ou ne serait-ce que la seule opposition officielle d'être de mauvaise foi, et donc de, «quote on
quote», planifier des journées d'immobilisme. Des journées d'immobilisme,
ça n'existe pas puis ça se planifie encore moins. Rappel au règlement en
dessous de l'article 35.
Présidente (Mme Dansereau) : Je m'excuse, là. Bon, je vais demander aux gens... Je pense, là, que le
climat est tendu. Je vais demander qu'on fasse attention aux mots
qu'on...
Thouin : ...Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bon, poursuivez, puis je demande la
collaboration de tous les gens parce que, si on veut continuer, puis être productifs dans
notre journée, puis collaborer, bien, ça va être le bienvenu. Continuez,
le député de Rousseau.
Thouin : En fait, ce que je
disais, Mme la Présidente, c'est qu'il y a plein de gens ici aujourd'hui, il y a plusieurs
députés, il y a des membres des
cabinets, la ministre est ici, il
y a des employés de l'Assemblée nationale, et je ne crois pas que ce soit ce qu'on
peut qualifier de saine gestion publique de passer la journée à attendre comme
Tous
ces gens sont ici toute la journée sans discuter d'un seul article,
et pourquoi? Parce que la députée Anjou—Louis-Riel a choisi de
déménager aujourd'hui? Non, pas pour ça. Tous ces gens sont ici aujourd'hui,
toute la journée, sans discuter d'un seul
article parce que
l'opposition officielle prétend que personne ne peut remplacer la députée
Anjou—Louis-Riel
pour quelques heures.
Pourtant, l'opposition
officielle a dépêché, ici aujourd'hui, un remplaçant, que j'estime beaucoup, d'ailleurs,
le député de LaFontaine, un député d'expérience, un député aguerri qui,
par-dessus le marché, est avocat de formation. Soyons sérieux, je suis absolument
convaincu qu'il pourra très bien porter les propositions de sa formation
politique.
Aussi,
l'opposition officielle estime qu'un déménagement doit être considéré comme un
cas de force majeure. Dans le cas d'un déménagement dû à une tornade, à une
inondation, je l'aurais appuyé, Mme la Présidente. À la limite, ça aurait
été le 1er juillet, j'aurais compris qu'en pénurie de déménageurs... j'y
aurais réfléchi, mais pas le 22 août.
J'ai
un immense respect pour la députée d'Anjou—Louis-Riel, que je connais depuis plusieurs
années, et je suis vraiment heureux
qu'elle ait vendu son condo. Mais ce que je trouve inacceptable, révoltant,
voire inadmissible, c'est que notre
commission subisse cette situation. Pour moi, c'est un exemple limpide de ce
qui génère le cynisme auprès des citoyens. Les gens s'attendent qu'on
travaille ici, qu'on fasse cheminer les projets de loi...
M. Tanguay :
Mme la Présidente, appel au règlement. Il ne peut pas laisser entendre, en tout
respect pour mon collègue que j'estime tout
autant, que le comportement de la collègue d'Anjou—Louis-Riel est un élément qui augmente le
cynisme. On ne peut pas dire ça d'un collègue. Il faut se respecter dans cette
Assemblée nationale là.
M. Thouin :
...que j'ai dit, Mme la Présidente. Juste pour reprendre, là, ce n'est pas le
fait qu'elle...
M. Tanguay :
Qu'il soit prudent, là...
La Présidente
(Mme Dansereau) : J'aimerais qu'on soit prudent dans nos
propos...
M. Tanguay :
...parce qu'il va voir que je suis aguerri, il va savoir en quoi.
Présidente (Mme Dansereau) : ...et j'aimerais que le député de Rousseau en vienne à une
conclusion, qu'on poursuive.
Thouin : Bien, je vais
conclure simplement en disant que j'espère non seulement qu'on va recommencer
dès maintenant les travaux, et j'espère aussi que l'opposition officielle collaborera à la bonne marche de ceux-ci au
bénéfice des citoyens, qui comptent sur nous. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci, M. le député de Rousseau. Sur ce, nous
allons commencer...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Pardon? Oui, le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. Écoutez,
brièvement, Mme la Présidente, chers collègues, moi, je n'ai pas assisté
aux conversations entre les bureaux des leaders, là, mais je pense que, comme
l'ensemble des députés ici présents, du
personnel de l'Assemblée nationale et des gens qui nous écoutent à la maison, on a
subi une situation bien malgré nous.
suis d'avis que la présence de la porte-parole de l'opposition
officielle en matière d'habitation
est très importante ici.
C'est sur cette base-là que l'Assemblée
nationale fonctionne, et elle a été
là, elle a fait la preuve qu'elle a été là avec un esprit constructif et
avec un esprit collaboratif. Donc, pour moi, c'est important.
Maintenant,
j'aimerais revenir à la question de la force majeure, là. Effectivement, la
députée s'est absentée, et il ne nous
revient pas à nous, il me semble, de qualifier ce qui est force majeure, là. Si
elle l'invoque, on doit la croire, on
doit croire la collègue d'Anjou—Louis-Riel
sur les raisons qui l'ont amenée à s'absenter, et c'est évident que, dès qu'on
a annoncé au gouvernement cette situation-là... et le refus de la part du bureau du leader gouvernemental de procéder à l'ajournement
de cette séance, ça allait comporter un certain nombre de problèmes, comme
celui d'avoir perdu toute notre matinée.
Et, aujourd'hui, moi, je me suis déplacé de Montréal
expressément pour assister et pour apporter aux travaux de cette commission-là, mais je pense que nous tous et nous toutes, nous
avons perdu notre temps, on va se le dire, selon moi,
pour la... à cause de l'intransigeance gouvernementale. S'il
y a un cas de force majeure qui est
invoqué, il me semble qu'on doit faire preuve de flexibilité, d'écoute
et d'esprit de collaboration pour que ça avance.
conséquences de l'ajournement de la séance d'aujourd'hui ne me semblent
pas catastrophiques, et on aurait pu continuer
à un autre moment les travaux de cette commission-là. Et je trouve regrettable cette situation-là,
et on va assister, je vais
participer, au nom de mon caucus, au reste de la discussion dans un esprit
constructif, mais on va se priver d'une expertise certaine de la députée d'Anjou—Louis-Riel. Mais, c'est ça, je me permets de manifester mon
désaccord avec votre décision, et voilà.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Donc, sans plus tarder, on va prendre en considération l'article...
M. Tanguay : Sur un autre
sujet, sur un autre sujet.
La Présidente (Mme Dansereau) :
C'est parce que, là, on est pour étudier l'étude détaillée des articles.
M. Tanguay : Oui, je suis dans le contexte du projet de loi, je suis sur un autre sujet, Mme
la Présidente. Je vous demande
la parole.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais vous céder la parole.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Conformément à l'article 165 de notre règlement, je fais motion
pour que la commission ajourne ses travaux. Je vous en dépose copie.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons juste vérifier l'article 165.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vais vous lire qu'est-ce que comporte cette motion, parce qu'on n'est
pas tous des avocats, moi-même
n'en étant pas : «Cette motion est mise aux voix sans amendement
et elle ne peut être faite qu'une
fois au cours [de la] séance, sauf [que] par le président — ou
la présidente — ou
un ministre membre de la commission.
Elle ne peut être débattue, sauf qu'un représentant de chaque groupe parlementaire peut prononcer un discours de dix minutes
chacun.»
Donc, il y aura un 10 minutes. Je vais
commencer par le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Alors,
d'entrée de jeu, et je le dis en tout respect, mais force est de constater une
chose, c'est que tout le monde ici, autour
de la table, on est... personne n'a le monopole de dire : Bien, moi, je
suis un député plus responsable que les autres. Moi, je suis un député plus rigoureux et soucieux de faire avancer les
travaux. Tout le monde ici a, je pense, Mme la Présidente, le même niveau de faire avancer les travaux. Force
est de constater que la porte-parole de l'opposition officielle, la députée
d'Anjou—Louis-Riel, a travaillé mardi toute la journée,
avec la ministre et tous les collègues autour de la table. Moi, je n'étais pas là. Ils ont adopté, j'y vais à peu
près, là, ils ont dû adopter une vingtaine d'articles, adopter ou décider,
statuer sur une vingtaine d'articles.
Le lendemain, hier, mercredi, la députée d'Anjou—Louis-Riel
était là avec tous les collègues autour de la table puis moi, je n'étais pas là, ce n'est pas une vingtaine d'articles,
c'est une quinzaine d'articles sur lesquels ils ont statué, bonifié,
amendé, ils ont avancé. Il y a un
article sur lequel ils ont passé quelque
chose comme une heure, j'y vais de mémoire, parce
que je regardais ça du coin de l'oeil, je pense, c'est l'article 45, on me
détrompera si j'ai tort. Mais, par la suite, ça a débloqué, ils se sont
parlé, ils ont suspendu, ils ont travaillé.
commission, il y a eu des discussions qui avaient eu lieu avant, évidemment,
avant que... ça, c'était en juin, et il
était prévu que la commission, donc, puisse, début juillet, siéger cette
semaine d'août, mardi, mercredi, jeudi. La collègue d'Anjou—Louis-Riel est la porte-parole. La collègue, vous
l'avez dit, vous l'avez galvanisée dans votre décision, Mme la Présidente, comme
titre de porte-parole, tu as, en
vertu du règlement de l'Assemblée nationale, un rôle central à jouer. C'est toi
qui, pour ton caucus, pour ton groupe parlementaire... pour celles et ceux qui
nous écoutent à la maison, le porte-parole, c'est la députée ou le
député qui est le spécialiste dans le dossier.
Projet de loi
n° 16, j'y vais de mémoire, il y a 147 articles. Projet de loi
n° 16 participe d'une réforme majeure du code de propriété, des articles du Code civil du Québec qui touchent la
copropriété privée. Et on a entendu ici Me Joli-Coeur, Yves Joli-Coeur,
également Yves Papineau, Me Yves Papineau, qui ont rédigé, entre autres, un
ouvrage excessivement intéressant, qui, je
pense, sont ici présents aujourd'hui, en la matière, ça fait des années qu'on
en parle, 147 articles. Il y avait même eu un projet de loi qui
avait été déposé sous l'ancien gouvernement, qui faisait écho de cela. Ce n'est
pas anodin.
Honnêtement,
ça prend... Et la collègue d'Anjou—Louis-Riel, par ses fonctions ministérielles
passées, a eu l'occasion d'étudier
ces questions-là, à eu l'occasion, au dépôt du projet de loi n° 16, d'en
faire la lecture, l'analyse, et de préparer des amendements pour le bonifier. On ne peut pas, comme Assemblée nationale,
lorsqu'on dit : On veut faire avancer le Québec, on
veut travailler intelligemment puis on ne veut pas perdre notre temps ici, on
ne peut pas dire : Bien, tous les députés, au-delà des titres qu'ils ont,
au-delà de leurs fonctions de porte-parole, sont tous interchangeables.
Que le député
de LaFontaine vient ici du jour au lendemain... parce que, Mme la Présidente,
moi, je vous dis une chose, j'avais
bon espoir, jusqu'à hier soir, que le leader du gouvernement revienne à la
raison, voit l'avancement qui a eu lieu
mardi, l'avancement qui a eu lieu mercredi, puis dire : Bon, savez-vous
quoi? Je n'ai rien, comme leader du gouvernement, je n'ai rien à perdre à attendre. Si, lui, son
intérêt, c'est de faire cheminer le projet
de loi, puis nous, notre intérêt,
c'est de le bonifier puis de
l'améliorer, bien, il y a coïncidence des intérêts. Si les deux intérêts
sont pris en compte, puis pas juste le fait
de dire : Bien, ils feront siéger qui qu'ils voudront, parce que... C'est quoi le message qui est envoyé, puis je ne prête pas des
intentions, c'est que les députés, les porte-parole sont interchangeables, puis
ça a autant de valeur LaFontaine qu'Anjou—Louis-Riel.
Non, ça n'a pas autant de valeur LaFontaine qu'Anjou—Louis-Riel.
Je n'ai pas l'expertise de ma collègue d'Anjou—Louis-Riel.
La motion
d'ajournement, c'est de faire acte, de donner suite au fait qu'il a été décidé
par le Président de l'Assemblée
nationale : Aïe! Là, vous êtes quatre députés. O.K. Coalition avenir Québec, ils ont 75 députés, c'est la majorité, ils
ont le gouvernement, ils ont le leader du gouvernement, puis, en vertu
du règlement, c'est vrai, le leader du gouvernement peut dire : Vous
siégez lundi, telle heure, mardi, telle heure, sur tel sujet, tel sujet, tel
sujet. C'est sa prérogative. Mais il y a un projet
de loi, Mme Présidente, qui a été adopté à l'unanimité ici, qui dit : Attendez, le Québec a
changé. Aïe! On veut modifier les
règles de mode de scrutin, puis ça va être moi le porte-parole de l'opposition officielle. Quand on dit qu'on veut un Parlement plus
collaboratif, plus coopératif, allô, l'exemple qui est donné aujourd'hui!
Alors, on
vient de dire : Le gouvernement, avec le projet de loi qui a été déposé,
il y a quatre partis représentés. Il y a la CAQ, 75, bravo, il y a le Parti libéral du Québec, opposition
officielle, il y a Québec solidaire, deuxième opposition, et le Parti
québécois, troisième opposition. Et il y a deux indépendants, deux indépendants
dont il faut tenir compte.
Alors, Mme la Présidente, ce projet de loi là
fait en sorte qu'on s'est dit unanimement, en tout début, ça a été le premier
élément qui a été adopté unanimement : On va se respecter, on va se
donner... on va se reconnaître certaines fonctions
pour que, parlementairement parlant, on puisse être efficaces là-dedans puis on
va s'accorder des droits de parole puis des droits de période de
questions. On a tout réglé ça comme du papier à musique. Mais le règlement, le
règlement, aussi prévoyant soit-il, ne peut
pas vivre, le règlement ne peut pas vivre, Mme la Présidente, sans une dose de
bonne foi de tout le monde autour de la table, sans une dose de bonne
foi de tout le monde autour de la table. Et moi, je prétends, Mme la Présidente, que, des quatre parties autour
de la table, il y a trois oppositions puis il y a un leader du gouvernement,
quand il y a une des quatre parties qui a le
pouvoir de trancher en vertu du règlement et qui s'en sert matin, midi, soir
pour trancher toute discussion, ça,
c'est aller contre votre décision que vous avez rendue en disant :
Écoutez, là, parlez-vous, entendez-vous.
L'objectif
aujourd'hui, là, Mme la Présidente, c'est qu'on puisse être efficaces dans le
projet de loi n° 16. Moi, là, je vous le dis, puis mes électeurs, mes
électrices qui m'écoutent, là, moi, projet de loi n° 16, là, je remplace,
là, ça a été confirmé hier, je
remplace sur le projet de loi n° 16 et, oui, je suis avocat, je me
débrouille un peu, mais je ne suis pas le porte-parole, je ne suis pas le porte-parole, député spécialiste en la
matière. Et, en ce sens-là, c'est important, donc, d'avoir la personne.
Qu'est-ce que ça aurait fait, Mme la Présidente?
Ça fait des années qu'on en parle, de réforme de la copropriété, puis les deux avocats experts que j'ai mentionnés
en font partie, l'ont témoigné. Qu'est-ce que ça aurait été? Puis je suis
certain qu'eux qui ont participé intimement
aux débats puis aux travaux auraient aimé que la députée Anjou—Louis-Riel soit là, sur l'article 61
qui s'en vient, puis sur le 62, puis sur le 63, comme elle était là hier. Il
n'y a personne, hier...
Puis je
déplore une chose, Mme la Présidente, puis je lève mon chapeau à Mme la
ministre. Mme la ministre, comme tout
le monde ici, autour de la table, puis les collègues du gouvernement, paie la
facture pour le fait qu'il n'y a pas d'entente. On paie tous la facture. Puis la ministre, Mme la Présidente, elle est
de bonne foi là-dedans. Puis elle pourra en témoigner, là, puis elle me détrompera si j'ai tort, mais, je
l'ai vu, ça a été efficace, rondement, mardi, mercredi. Ça aurait été quoi, une
réforme qui est dans l'air depuis des
années, de dire : Bien, savez-vous quoi? On va siéger tel jour de la
semaine prochaine, puis tel autre
jour, puis tel autre jour, puis on va s'entendre? Déjà là, ça établit un climat
de collaboration, de respect mutuel. Quand on ne se sent pas respecté,
bien on ne donne pas de respect.
Moi, Mme la Présidente, aussi, je ne déposerais
pas, là, je veux dire, je ferais... je ne suis pas prêt à adopter un
article sans savoir si on fait la bonne chose. Et
le fait est que ma collègue est capable de dire : Bien, sur tel article,
là, il faudrait que je discute. Il faudrait qu'elle ait la discussion.
Puis souvent... Puis ma recherchiste, qui est à ma droite, que je salue et dont... je remercie, là, me
dit : La collègue — elle
la nommait par son nom, je ne peux pas le faire — la
collègue d'Anjou—Louis-Riel, là, avant de déposer un amendement,
elle dit : Mme la ministre, rappelez-vous donc, là, un tel groupe, là, la Chambre des notaires, est venu nous dire
ça, tel autre groupe est venu nous dire ça. Qu'est-ce que vous en pensez? Puis
là ils discutent, ils discutent, ils discutent.
Alors, ce
n'est pas juste une question de dire : Bien, voyons! La députée d'Anjou—Louis-Riel, là, elle a déjà ses amendements de rédigés, qu'elle les donne à
LaFontaine puis que lui, il fasse le perroquet, qu'il les lise, puis qu'il
dise : Adopté, puis que ça
finisse là. Ça ne marche pas de même. Ça, c'est de la mauvaise législation. Ça,
c'est indigne du mandat qui nous a été donné par la population.
Donc, en ce sens-là, Mme la Présidente, la
motion d'ajournement qui est devant nous vise justement à redonner à cette commission et aux gens qui nous suivent,
aux spécialistes qui sont dans la salle... Puis les gens qu'on dit qu'ils sont
ici pour travailler... bien, on ne travaillera pas pour travailler, là. Moi, je
n'accepterai jamais quelqu'un qui dise : Ils sont là, travaillez. Oubliez ça, Anjou—Louis-Riel, oubliez son implication, puis on va
faire avancer le Québec. On ne fera pas avancer le Québec, ça ne sera
pas de la bonne législation.
Donc,
la décision du président de l'Assemblée nationale : «...je vous demande de
vous entendre.» Je le cite, 21 février 2019. Il dit : Ça prend une
dose de collaboration de bonne foi. «...Je vous demande de vous entendre.»
Votre décision, Mme la Présidente, ce matin,
pour la poursuite de nos travaux, déterminez un moment pour tout le monde
autour de la table. Pour la poursuite
de nos travaux, déterminez un moment, je veux dire, comme ça a été copié-collé
depuis le 1er octobre, depuis
que le gouvernement a été assermenté. À midi, il y a eu une rencontre, puis ça
a été : C'est ça, on siège à 2 heures. Puis les trois
oppositions sont unanimes, font front commun devant vous, Mme la Présidente.
Alors,
vous avez, vous, à faire les frais de ça, mais, nous, ce n'est pas vrai, là...
moi, Mme la Présidente, là, ça fait quelques semaines que je suis ici, à
cette Assemblée nationale là, ce n'est pas vrai qu'on va faire de la
législation de même. Je ne serais pas digne
du rôle, du mandat qui m'a été donné par la population. Eh! toi, LaFontaine,
là, tu parles de ça, là. Tu arrives
là-dessus comme un cheveu sur la soupe, tu parles de la copropriété divise, tu
es avocat. Ah! oui, tu es bien bon,
tu es avocat. Il est bien bon. Le collègue de Rousseau, je le salue, je le
remercie, il est bien bon, mais ce n'est pas moi, le spécialiste, ce
n'est pas moi...
La Présidente
(Mme Dansereau) : ...
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente, faites-vous-en pas, je vais vous finir ça à
la seconde près. Il y a des limites, et je
pense qu'aujourd'hui on fait les frais pour un leader du gouvernement. Qu'il
porte seul la responsabilité de la situation qu'il a créée.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Est-ce que d'autres personnes
veulent s'exprimer? Le député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, cette demande d'ajournement est justifiée,
parce que, justement, on a un des
éléments importants de cette commission-là qui a invoqué un cas de force
majeure pour, une raison très, très valable,
s'absenter aujourd'hui. C'était quelque chose d'imprévu, et, d'après ce qu'on
m'informe, le gouvernement était informé de cette situation-là depuis
quelques jours déjà. Ce n'est pas arrivé sur la table comme ça, à l'improviste.
Cette absence-là, elle était connue, et la
demande avait été faite. Donc, le gouvernement a eu amplement le temps
d'évaluer les conséquences d'un
éventuel ajournement et justement d'évaluer l'apport de cette députée aux
travaux de cette commission-là.
Écoutez,
cette loi-là n'est pas complètement nouvelle. En grande partie, elle est une
deuxième mouture d'un ancien projet de loi porté par l'ancien
gouvernement, le p.l. n° 401, et donc il y a beaucoup
de similitudes. Les sujets qui sont traités ici, ça fait longtemps qu'ils sont
traités, qu'ils sont préparés, qu'ils sont analysés dans les différentes
officines gouvernementales, que soit à la Régie
du logement, à la Régie du bâtiment, au ministère des Affaires municipales.
C'est un projet de loi omnibus, donc
les sujets que nous sommes en train d'étudier ici, là, ont passé à travers tout
un processus, et l'expertise de la
collègue d'Anjou—Louis-Riel, et
j'ai été en mesure de le voir, est inestimable pour l'avancement de nos travaux
et surtout pour la bonification, l'enrichissement de ce projet de loi, qui est
costaud et dont la plupart des articles ont une raison d'être profonde qui correspond à une réalité. On a entendu
les différents groupes qui sont venus en commission parlementaire, et
donc c'est important, il me semble, d'avoir l'apport des différents députés.
Et je suis d'accord avec le fait que les
députés ne sont pas interchangeables. Et vous avez été en mesure, Mme la Présidente, de voir les apports de notre collègue
d'Anjou—Louis-Riel, qui possède ce sujet-là sur le bout des doigts. Et le gouvernement,
je pense, et Mme la ministre en premier lieu, est en mesure d'apprécier
l'apport de cette députée.
la Présidente, je crois que le fait
d'être une majorité comporte aussi des responsabilités. Ce n'est pas seulement une
question de : On a la majorité puis, voilà, on
décide de tout, surtout dans le système parlementaire que nous avons au Québec. Et principalement trois éléments, là, qui font
partie des responsabilités, si l'on veut,
là, d'un gouvernement majoritaire,
là, c'est tout d'abord d'être à l'écoute, de
savoir écouter soit les partis d'opposition, soit les différents segments ou organisations
de la société pour savoir qu'est-ce qu'il faut faire et qu'est-ce qu'il
faut éviter de faire. Donc, l'écoute est indispensable.
Deuxièmement, la
question de la flexibilité. Nous le savons tous, nous appartenons tous à des
partis politiques qui se sont fait élire sur
la base d'une plateforme électorale, d'un programme, etc. Mais il ne s'agit pas
d'imposer aveuglément ces programmes-là. Il faut de l'écoute et il fait
de la flexibilité.
ce qui me semble essentiel aussi, un attribut essentiel au fait d'être une
majorité, c'est la question du discernement, savoir ce qui est approprié en ce moment, ce qui est approprié plus tard
et comment, justement, utiliser le fait d'être une majorité et pouvoir imposer des éléments ou, des
fois, savoir négocier, savoir faire preuve de flexibilité et mettre, comme
on dit, de l'eau dans son vin, et surtout
pour une question de fonctionnement qui ralentit les travaux de cette
commission-là. Ça apparaît comme un
grand débat, mais c'est somme toute un débat sur le fonctionnement. Et il me
semble que le leader du gouvernement a fait preuve non seulement
d'inflexibilité, mais il a manqué d'écoute et il a manqué de discernement, parce que ça fait plusieurs heures que nous
perdons à cause de cette décision injustifiée de retarder et d'ajourner la
séance d'aujourd'hui.
Il me semble qu'un
projet de loi n'a pas à être adopté en toute vapeur. Oui, certains projets de
loi sont urgents, on doit aller rapidement.
Mais, dans le cas de ce projet-ci et dont les différents articles ont été
traités depuis longtemps dans les
différentes officines gouvernementales, on doit et on peut se permettre de
prendre notre temps et d'écouter l'ensemble des contributions des différents députés la
partie gouvernementale et
aussi des députés des oppositions afin, justement, de pouvoir améliorer ce projet de loi. Il n'y a pas
d'urgence, Mme la Présidente. Et je crois que, oui, il est justifié d'attendre
l'arrivée de la députée d'Anjou—Louis-Riel pour justement pouvoir compter sur son
expertise, qui va nous être très, très utile dans l'étude de ce projet
de loi.
Moi, si je me suis déplacé
aujourd'hui pour venir à cette séance-là, j'aurais pu profiter de ma journée,
comme tous les collègues ici présents, là,
pour faire d'autres travaux utiles qui font
partie du travail d'un député, mais
pourtant, depuis ce matin, on est en
mode attente, on est en mode discussion, à cause de l'inflexibilité et du
manque de discernement, encore une fois, du bureau du gouvernement, là.
Et ça fait
plusieurs jours, je réitère, que cette demande-là était connue dans le bureau
du gouvernement, là. Et, voyant que
ça ne débloquait pas, nous avons communiqué d'itinérance avec le leader du
gouvernement pour l'appeler à faire preuve de bonne foi autour de ce sujet. Il a complètement refusé l'ouverture.
Et la bonne marche de nos travaux, Mme la Présidente, est tributaire de l'entente entre les groupes
parlementaires quant à l'organisation des travaux. S'il n'y a pas de bonne foi,
s'il n'y a pas une capacité de négociation
et de flexibilité de tous les partis ici présents, c'est sûr, sûr et certain,
que les travaux parlementaires vont
écoper de cette situation-là. Donc, afin de favoriser la bonne entente, nous
sommes obligés de faire une demande d'ajournement, là, de cette
commission-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, M. le député. Je vais céder la parole au député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je pense qu'il est important de refaire la
genèse de l'élection pour comprendre dans quel bourbier nous sommes aujourd'hui et pour lequel le gouvernement a effectivement posé des gestes pour éviter qu'on se
retrouve dans ce bourbier. Je m'explique.
Lors de
l'élection de 2018, la CAQ a été élue majoritaire au gouvernement, le parti d'opposition officielle a été établi comme étant le Parti
libéral, le deuxième groupe
d'opposition était, à l'époque, le Parti
québécois, et le troisième groupe
était Québec solidaire.
Je prends le
temps de souligner «groupe», parce que, Mme la Présidente, selon les
règles et statuts tels qu'on les connaît, nous n'étions pas reconnus. Ça, ça
voulait dire : pour faire fonctionner le Parlement, il fallait que le gouvernement s'entende avec l'ensemble des députés qui ne faisaient pas
partie d'un
groupe politique. Donc, je rajoute 10 députés de Québec solidaire, 10 députés du Parti
québécois et le député indépendant de
Chomedey, ça faisait 21 personnes à convaincre,
envoyer des messages, des téléphones, des
courriels pour s'assurer d'avoir un consentement. Vous en conviendrez, Mme la Présidente, que cette façon de faire aurait effectivement été un grave
irritant pour le gouvernement, et je pense qu'il a été judicieux de sa part de signer une entente avec
les deux groupes d'opposition pour convenir de leur statut en fonction de
nouvelles règles qui n'existaient pas. Et
nous avons tous embarqué dans ces nouvelles règles, Mme la Présidente, puisque ça assurait un
certain fonctionnement et ça permettait au gouvernement d'avoir à discuter avec l'opposition
officielle, la deuxième opposition, la troisième opposition et,
par le fait même, seulement deux indépendants. Donc, on raccourcissait
le nombre d'intervenants pour arriver à trouver des consentements.
Mme la Présidente, pour que ça fonctionne, il faut qu'on se parle. Il faut qu'on se
parle, il faut qu'on soit capable d'échanger.
Et, comme je le disais tout à l'heure, lorsqu'on a des discussions de façon bilatérale,
il est difficile de trouver un
consensus. Lorsqu'on fonctionne comme ça, Mme la Présidente, on fonctionne pour
isoler. Et je m'explique. On essaie, dans le fond, de trouver une
entente avec un groupe, forçant les deux autres groupes à pencher dans la même
direction, considérant que la force du
nombre est plus grande que ce qu'il reste. Donc, à plusieurs reprises, je suis
convaincue que les membres de Québec
solidaire, tout comme la formation du Parti québécois, on a dû se rendre à
l'évidence que, malgré le fait que
nous étions reconnus comme parlementaires, qu'on n'avait pas beaucoup de poids
considérant que le gouvernement et
l'opposition officielle avaient une entente. Et ça, Mme la Présidente, je peux
vous dire qu'on a avalé la pilule et on fait avec. C'est le choix des
électeurs d'avoir donné seulement 10 députés de Québec solidaire et
seulement neuf du Parti québécois. Ça, ça
veut dire, Mme la Présidente, qu'à neuf chez nous il faut faire des
compromis. On ne peut pas être assis partout,
même si on le voulait, mais il y a des arbitrages à faire. Et donc, au départ,
nous voulions effectivement, de bonne foi, souligner notre indisponibilité de
part et d'autre, un peu partout, sur les différentes commissions, puisque,
comme moi et comme mes collègues du Parti québécois, nous avons, dans certains
cas, plusieurs dossiers de porte-parole, et il arrive qu'on siège des
fois à deux endroits en même temps.
Mais vous savez quoi, Mme la Présidente? On a
lâché du lousse. On a compris qu'avec le nombre que nous avions nous ne pouvions pas exiger une
disponibilité des commissions en fonction du nombre que nous étions. Donc, on
a lâché du lousse là-dessus, Mme la
Présidente, et on fait des arbitrages difficiles dans certains cas, à savoir
quelles commissions nous devions choisir et, dans notre cas, le choix
d'être présents ou non dans certaines circonscriptions et commissions, considérant le fait que nous avions des travaux à
faire ailleurs qu'à l'Assemblée nationale. Parce que, oui, je pense que tout le
monde est d'accord, être député, c'est, oui,
être à l'Assemblée nationale, mais c'est aussi être en circonscription. Ce que
je veux dire, Mme la Présidente, c'est qu'on
a fait un choix et on l'a assumé. Cependant, ce qui me titille le poil des bras
aujourd'hui, c'est qu'on impute à une collègue une absence qui, selon la
partie
gouvernementale, n'est pas justifiée.
Alors, Mme la
Présidente, moi, je ne suis pas juriste puis je remercie le collègue pour ses
formations juridiques, là, de nous tracer un peu la ligne du droit, mais
moi, je ne le sais pas, là, mais, à ce que je sache, ce n'est pas codifié dans
nos us et coutumes qu'est-ce qui est qualifié d'une absence qui, on pourrait
dire, est impromptue. Je n'ai pas de détails. Est-ce
que c'est la maladie soudaine? Est-ce que c'est un accident d'auto? Est-ce que
c'est une tempête? Est-ce que c'est un divorce? Je ne le sais pas, Mme la
Présidente, mais il y a des normes générales qui fait que... Est-ce que j'ai,
comme à l'école, un billet qui peut justifier mon absence?
Alors, oui,
dans tous les cas, Mme la Présidente, et l'ensemble de la députation, je suis
convaincu, font la même chose, et la
même chose du côté de la
partie gouvernementale, lorsqu'ils doivent tenir le
quorum de l'autre côté, ils doivent se rendre disponibles, et, dans
certains cas, ils ont des aléas qui fait que, malheureusement, ils ne peuvent
être disponibles, et
ils en témoignent à leurs différents leaders, qui, par la suite, permet
d'échanger sur la disponibilité et autres des différents membres du
Parlement.
Donc, si la
députée de Louis-Riel a d'abord signifié sa présence, elle a signifié son
intention de faire progresser les travaux.
Et, à ce que je sache, ces travaux ont progressé en début de semaine dans ce
projet de loi en question. Il est arrivé un événement impromptu, un déménagement, qui, dans certains cas, amène
pas juste un député, mais l'ensemble des gens au Québec d'avoir à faire face à
des contraintes de journée ou de date qui ne sont pas tributaires de ma
décision, mais tributaires des services
qui me sont offerts ou des besoins qui y seront reliés suite à mon
déménagement. Donc, je pense qu'il est tout à fait raisonnable pour la
députée de Louis-Riel d'avoir averti d'avance son impossibilité, mais d'avoir maintenu sa présence toute la semaine en
commission parlementaire. Et donc je trouve quand même hasardeux, du côté
de la
partie gouvernementale, de dire que ce
motif de déménagement n'était pas un motif raisonnable ou du moins nécessaire
pour évoquer une absence, et donc une suspension des travaux de la commission.
La
partie
gouvernementale souligne l'excellent curriculum et la compétence du collègue de
la première opposition pour faire... de l'opposition officielle, pardon,
pour faire le remplacement de la collègue de Louis-Riel. Une chance! Imaginez si la
partie gouvernementale avait eu un
piètre député, hein? Est-ce qu'on peut avoir ce jugement-là? La réponse,
c'est non. Nous sommes tous égaux. Nous
avons tous des forces et des faiblesses. Et, comme le collègue en faisait
mention, c'est un expert du droit,
mais ce n'est pas un expert du droit municipal ni non plus de la copropriété.
Donc, évidemment, on part avec effectivement quelqu'un qui doit mettre un peu
plus de temps pour comprendre, saisir et, je présume, approfondir un peu
le sujet.
Alors, pourquoi je dis ça, Mme la Présidente?
C'est que je crois que tout le monde était de bonne foi cette semaine. Nous, le Parti québécois, là, on était
absents en bonne
partie cette semaine parce que les arbitrages, on a dû les
faire. C'est malheureux, mais c'est
comme ça. L'élection d'octobre dernier nous a donné neuf députés, on ne peut
pas être partout. Et c'est un choix
que nous avons accepté, et nous le défendons très bien devant les citoyens et
citoyennes. Cependant, lorsqu'on prend ce choix-là, on est conscient que
l'opposition officielle doit jouer son rôle. Et, lorsqu'on est aussi conscient
de l'importance qu'on porte aux différentes
lois, on s'assure effectivement que, si les travaux se passent en fonction de
notre absence, bien, dans certains cas, on est assuré que la personne qui est
autour de la table va poser effectivement les bonnes questions au gouvernement pour obtenir les bonnes
réponses. Parce que, oui, Mme la Présidente, les oppositions se parlent.
On a des différentes politiques, on n'a pas
les mêmes visées pour le Québec, mais nous avons la même volonté, c'est de
faire fonctionner le Parlement. Et, oui, Mme
la Présidente, on se parle pour essayer de trouver une façon de faire
fonctionner.
Moi-même, là,
hier dans la commission pour le projet de loi n° 14, le député de
La Pinière avait déposé un amendement et, malheureusement, il était
seul en commission parlementaire et il voulait déposer un sous-amendement.
Bien, il m'a demandé si je pouvais le
déposer à sa place, si j'étais d'accord avec sa proposition. Puis ça m'a fait
plaisir, Mme la Présidente, parce que
son sous-amendement a été adopté par la
partie gouvernementale, et on a fait
avancer le projet. C'est ça, travailler en collégialité, c'est ça,
travailler avec la force du nombre.
Malheureusement,
Mme la Présidente, je suis tenté de vous dire qu'on est dans une situation qui
est face à un mur. Je ne présume pas
de la mauvaise foi, ce n'est pas moi qui planifie les travaux de la session
parlementaire, mais je crois comprendre qu'on arrive aujourd'hui à
siéger en août, c'est parce que c'était la date, mais est-ce qu'on aurait pu
siéger plus tôt, en juin ou avant la fin de
la session? Je laisse ça au gouvernement. C'est lui qui choisit le moment qu'il
demande les commissions. Mais est-ce qu'on était à minuit moins une, Mme
la Présidente, à une journée près d'adopter le projet de loi? Je pense que non. Il nous restait encore plusieurs articles.
C'est un omnibus municipal, c'est complexe, j'en ai fait plusieurs dans
la dernière législation, et donc c'est important d'y prendre le temps.
Donc, je
m'aurais attendu, Mme la Présidente, bien honnêtement, à
titre de leader, d'un
peu de la sensibilité de la
partie du
leader du gouvernement, sensibilité que je n'ai pas sentie de par ses représentants
non plus lors de la rencontre qu'on a
eue pour essayer de trouver une situation qui pourrait satisfaire tout le monde
pour justement trouver une solution qui satisfaisait l'ensemble des parties. Donc, on est devant un mur. Et
malheureusement, Mme la Présidente, je ne pense pas qu'on va avancer beaucoup,
beaucoup aujourd'hui, pas parce qu'on va faire de l'obstruction, mais parce
qu'il faut qu'on comprenne, il faut
qu'on questionne, il faut qu'on approfondisse. Et, si la députée de Louis-Riel
avait été ici, avec nous, je suis convaincu qu'on aurait avancé un petit
peu plus vite.
Alors, ça va
me faire plaisir de participer à certaines parties des travaux. Je vais moi
aussi m'y plonger, on va me fournir
le projet de loi en question, et j'aurai assurément des interventions à faire à
ce sujet. Alors pour ça, Mme la Présidente, c'est pour ça qu'on demande
l'ajournement. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci au député. Je céderais maintenant la parole à la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, Mme la Présidente. Je veux juste exprimer
ma pensée à
titre de nouvelle élue dans ce Parlement, dans cette Assemblée nationale, et j'estime que je suis
chanceuse de faire
partie de cette commission, mais je trouve ça très triste, qu'est-ce qu'on vit
aujourd'hui. Puis je me mets... Il y a des gens qui sont là, dans la salle, qui
écoutent ça, puis c'est plus que
triste, c'est épouvantable, parce qu'on utilise les fonds publics. Puis, comme
nouvelle élue, je trouve que le
fonctionnement des commissions parlementaires mériterait vraiment d'être
étudié, parce qu'outre le combat de coqs de façon objective c'est
frustrant aussi quand on est du côté du gouvernement.
Je partage
l'avis de mon collègue d'en face, à l'effet que... En effet, il y a des députés
qui ont une expertise, et puis la
députée d'Anjou a certainement une expertise, il n'y a personne qui contredit
ça, qui avait... mais j'ai de la difficulté avec le fait qu'une seule députée puisse poser des questions. Ça voudrait
dire que personne n'est remplaçable. On a des institutions, des mécanismes, puis j'ai
de la difficulté à comprendre que, parce qu'un individu est absent, que, tout à
coup, tout s'arrête. Ça, j'ai
beaucoup de difficulté avec ça, tu sais. Quant à ça, je veux dire, le président
de l'Assemblée nationale meurt demain matin, je veux dire, dans un
accident d'auto, n'importe qui, on est tous... Il n'y a pas personne
d'irremplaçable.
fait que j'ai de la difficulté à comprendre certains arguments de l'opposition,
pas tous. Il y a des arguments qui ont été
invoqués, par exemple l'attitude, c'est vrai, puis la collaboration, mais nos
règles sont désuètes, notre fonctionnement est archaïque. Les commissions parlementaires, il y a d'autres modèles dans
notre société, notamment au palier fédéral, au Canada, dans d'autres provinces dans le monde, et puis il faudrait
vraiment qu'on s'y attarde. Je suis obligée de dire ça. Ça va me
chercher comme nouvelle élue.
Et puis, de mon côté,
comme nouvelle élue, c'est difficile, c'est frustrant, parce qu'en effet il
faut faire part de sagesse, parfois, d'écoute, et puis je voulais simplement
dire que... de bonne volonté, mais je voulais simplement dire que nos mécanismes, loin d'être parfaits, si on
avait quand même utilisé les gens d'en face, mes collègues d'en face, qui
sont tellement expérimentés, en plus, je
suis certaine qu'on aurait pu quand même avancer et que les articles auraient
quand même pu être... les
questionnements de mes collègues auraient pu être répondus, parce qu'il y a une
administration publique, il ne faut
pas l'oublier, en dessous de notre ministre. Et puis, vraiment, à
titre de
nouvelle élue, c'est vraiment triste, puis je souhaite ardemment qu'on travaille en étroite collaboration, tous les
partis politiques ensemble, pour qu'on fasse avancer le Québec. Merci
beaucoup.
Présidente (Mme Dansereau) : Je regrette, député de Rousseau,
mais c'est... la parole de 10 minutes est par une personne par
groupe parlementaire.
Donc, la motion est
déposée. Donc, on va procéder à la mise aux voix.
M. Tanguay :
...par appel nominal.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Appel nominal.
M. Tanguay :
S'il vous plaît.
La Présidente
(Mme Dansereau) : M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
Le Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
M. Schneeberger :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Abstention.
Donc, c'est rejeté.
La motion est rejetée.
Donc, nous allons
poursuivre avec l'article... Oui?
M. Tanguay :
Avec l'article 61, mais j'aurais un amendement, avant l'article 61,
pour introduire un nouvel
article 60.1.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K. Si vous voulez en faire la lecture.
M. Tanguay :
Oui, je vais en faire la lecture, puis, après ça, on pourra suspendre pour en
faire des copies.
60.1 : Ajouter,
après l'article 60, l'article 60.1 :
«60.1.
Le ministre constitue un comité consultatif qui aura pour mandat de le
conseiller quant à l'opportunité de créer un office de la protection des
copropriétaires.»
On pourra faire des
copies, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Nous allons suspendre quelques instants, le
temps de remettre les copies.
(Suspension de la séance à
14 h 55)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre les travaux. Donc, je céderais la parole au
député de LaFontaine pour donner des explications.
M. Tanguay : Merci,
Mme la Présidente. Merci. Alors, le projet de loi fait écho à une demande de réforme qui a cours, une demande qui est dans l'air, qui est dans le domaine public
depuis plusieurs années : les dispositions du Code civil du Québec. Et là nous arrivons à la fin, Mme
la Présidente, d'un
chapitre qui
traite des dispositions du Code civil
du Québec en matière de copropriété, et, en ce sens-là, on peut voir qu'il y avait, depuis belle lurette, beaucoup
d'articles qui n'avaient pas été revisités, et il y
a du droit nouveau qui va être instauré.
la lumière de la jurisprudence, et je fais écho, entre autres... parce que
j'avais eu l'occasion, vous vous rappelez, c'est vous, Mme la Présidente, qui présidiez, à une seule occasion, c'était un
vendredi matin, ce n'était que pour quelques heures après, je crois, la période de questions, c'était... on était en
session intensive ou peu importe,
c'était un vendredi matin, j'avais pu
participer pendant deux, trois articles. On était, à ce moment-là, aux articles
autour de 20, 21, 22, 23 du projet de loi, et il était question, entre autres, de donner écho à une
jurisprudence relativement... Et on se rappellera tous... C'est la seule, vraiment, la seule occasion où j'ai pu
participer au débat sur les amendements tacites à un contrat de copropriété.
On disait : La jurisprudence permet des amendements tacites, autrement
dit, sans qu'il n'y ait une assemblée dûment constituée,
qui fait en sorte que l'on amende, par propositions, débats, votes, il y ait
des... par le comportement des partis... qu'il y ait une modification
tacite.
Pourquoi
je fais référence à ça? Puis c'est la seule occasion où j'ai pu épauler ma
collège d'Anjou—Louis-Riel,
qui était là, je l'épaulais. Ça, il n'y a
pas de problème. Quand la porte-parole est là, on est là pour l'épauler, puis
je ne l'avais épaulée pendant que
quelques heures. C'était un vendredi matin, ce n'est même pas digne de mention,
mais je me rappelle de cela. On avait eu, entre autres, avec Me Paradis, on
avait eu des discussions, et également son autre collègue qui était là.
Alors
là, on vient modifier, amender le Code civil du Québec. C'est un exemple que
j'ai en tête. Également, on vient
modifier certaines majorités, on vient clarifier les devoirs et obligations. On
vient, Mme la Présidente, préciser la nature
et l'ampleur des informations qui doivent être communiquées à tout acheteur
potentiel. Nature des informations, les précontrats, qu'est-ce qui doit être donné, les obligations, également,
de celles et ceux qui doivent se renseigner, mais les obligations
également de renseigner, les litiges quant à la division ou la part des parts
communes et des parts privatives.
y a là, là, tout ce qui constitue... Bref, Mme la Présidente, l'univers de la
copropriété est mis à jour. Suite à l'avis qu'il y a eu du Code civil du Québec à ces obligations-là, suite à la pratique sur le terrain
qui a donné lieu à une jurisprudence, on vient mettre ça à jour.
collègue de Laurier-Dorion a fait référence à... le projet de loi n° 401, qui avait été déposé par celle qui devrait être...
qui aurait pu être assise... qui a été assise ici mardi et mercredi. La
collègue d'Anjou—Louis-Riel
était ministre lorsqu'elle a déposé son
projet de loi n° 401, qui faisait écho de ça. Là, la ministre, puis
c'est bien correct, nouveau gouvernement, ministre qui dépose ce projet de loi là, vient modifier certains
éléments du n° 401. Ce n'est pas repris copié-collé, loin s'en
faut, et ça, ce n'est pas anodin.
Bref,
ce que je dis, Mme la Présidente, c'est que de ça, là, de ça, honnêtement, puis
ça participe du fait de ce qu'on disait un peu plus tôt, j'ai beau être avocat,
moi, je ne suis pas un spécialiste, là. Je ne suis pas comme Me Joli-Coeur, je
ne suis pas comme Me Papineau. Et ça, Mme la Présidente, nous, législateurs, il
faut savoir ce qu'on fait. Puis c'est pour ça qu'on voulait avoir la
collègue d'Anjou—Louis-Riel.
Le débat est clos, on travaille là-dessus après-midi.
Bien, moi, je
pense que, moi, si, aujourd'hui, je vous dis que je ne suis pas un expert en la
matière comme porte-parole de l'opposition
officielle, ce n'est pas moi, le porte-parole, je suis représentant, je dirais,
de l'opposition officielle, imaginez-vous
donc madame, monsieur sur le terrain, les citoyens et citoyennes qui nous
écoutent à la maison, qui devront, le
cas échéant, dire : Écoute, est-ce que je fais bien? Est-ce que je me
renseigne suffisamment bien? Est-ce que j'ai demandé les bons documents? Quels sont mes droits? Quelles
sont mes obligations? Quelles sont mes options? Tout ce monde-là aura
changé.
Donc, les
outils de communication, de vulgarisation, d'apprentissage, d'instruction par
rapport à : Voici, vos droits et
devoirs en regard de la loi changeront. On est dans un contexte où on vivra le
jour 1 de cette réforme-là, réforme ou refonte de la loi et des règles quant à la copropriété.
L'objectif, Mme la Présidente, ici, c'est de faire en sorte que la
ministre, à ce stade-ci, puisse
constituer un comité consultatif qui aura pour mandat de la conseiller quant à
quoi, à l'opportunité de créer quoi? Un office de la protection des
copropriétaires.
Qui dit
office de la protection des copropriétaires, c'est un peu calqué à l'image...
Mais, si, là, c'est juste de constituer un comité consultatif, là, ce serait, le cas échéant, d'avoir un office
qui, pour la protection des copropriétaires, va éduquer, informer, va préciser à tout un chacun vos
devoirs, vos responsabilités et ce à quoi, par exemple, vous avez droit en
termes d'information, un office qui sera de bon conseil et qui...
Je suis
critique, Mme la Présidente, pas en ces matières. Moi, je ne suis pas critique
en ces matières-là. C'est ma collègue qui est compétente en ces
matières-là et qui est la critique. Moi, je suis critique en matière de
justice. Ça, c'est peut-être un biais, mais
ça, je pense que, si, d'aventure, le comité consultatif dit oui, ce serait de
bon aloi, mais selon telle, telle
modalité, parce qu'on ne fait pas copier-coller avec l'Office de la protection
du consommateur, juste un office consultatif... un comité consultatif viendrait dire : Bien, faites un office ou
pas selon ces balises-là, protection des copropriétaires, pour renseigner,
informer, accompagner tout un chacun. Et ça, ça participe — je fais le lien avec mon rôle de
porte-parole en matière de justice — de quoi? De hausser la
déjudiciarisation.
Quand il faut
que vous convoquiez un avocat, que vous reteniez les services d'un avocat pour
vous dire vos droits et libertés... vos devoirs, devrais-je dire, en matière de
copropriété, bien, ça, ça engendre des frais. Et, tout dépendamment que... si, de l'autre côté, ils sont moindrement
belliqueux, quand on commence à se parler par lettre d'avocat, là, ça dégénère
bien rapidement.
Ça, l'office a aussi... aurait aussi, et ce sera
pris en compte par le comité consultatif, un facteur de, je pense, désengorger nos tribunaux, de déjudiciariser puis
de dire aux personnes : O.K. Peut-être que vous ne voulez pas poursuivre
puis que, finalement, la perte, vous allez prendre, mais dites-vous que vous
auriez eu tel, tel droit. Puis la personne, elle
ne voulait pas consulter un avocat, encore moins aller devant un juge. Bien,
vous avez tel, tel droit. Ah! O.K. Merci.
À l'heure
actuelle, il n'y a pas directement d'entité qui est responsable de cela, comité
consultatif, l'opportunité ou pas
d'avoir un office de protection des copropriétaires. Je pense que, là, on
viendrait réellement donner une suite harmonieuse et mettre tout le
monde à la même page, et ça, tant — je conclurai cette portion de
mon intervention là-dessus — tant
au niveau des copropriétaires actuels, tant au niveau des copropriétaires
administrateurs, des syndicats, membres des syndicats
de copropriétaires et également des nouveaux, celles et ceux qui se proposent
d'acheter une copropriété, ils ont des devoirs et obligations, surtout des
droits à faire valoir quant à leurs communications, notamment, bien, de mettre
tout le monde à la même page. Et, en ce sens-là, je pense que ce serait,
honnêtement, Mme la Présidente, là, tout à fait justifié.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci pour votre intervention. Je céderais la parole à Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Bon, alors, on recommence les travaux. Merci
à tout le monde. Merci pour votre patience. Merci aux gens qui sont venus ici aujourd'hui pour nous entendre. Et, oui, je suis une personne vraiment
de bonne foi, vous le savez, puis
juste... je ne veux pas recommencer le débat, bien entendu, mais juste à
titre
d'information, j'avais proposé qu'on soit aujourd'hui... qu'on travaille l'omnibus municipal. Alors, la
proposition avait été faite. Maintenant, on continue
avec la copropriété, ce que je vois, on continue, et...
Alors, étant donné qu'on ne travaille pas aujourd'hui et qu'on aurait pu travailler le côté municipal
avec, d'ailleurs, notre nouveau collègue,
que j'ai très hâte de rencontrer, évidemment, on va continuer avec l'amendement
qui est déposé présentement. Et, moi, ce que je vois dans l'amendement,
évidemment, c'est que la ministre constitue un comité consultatif qui aura pour but... pour mandat de conseiller quant à l'opportunité de
créer un office de la protection des copropriétaires. Alors, si on crée
un office de la protection des copropriétaires, moi, si on crée un office... Si
je lis très, très bien, étant donné qu'on consulte des gens, comme des gens ici
présents, le RGCQ, la Chambre des notaires est toujours consultée, j'aimerais ça que vous m'expliquiez... j'aimerais
ça comprendre, justement, votre demande, parce que, vous savez, créer pour créer puis faire des comités pour des comités
puis des offices pour des offices... Alors, moi, j'aimerais ça au moins
que vous m'expliquiez comment qu'on pourrait procéder.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais céder la parole à...
M. Tanguay : Je vais
laisser mon collègue s'inscrire dans le débat.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
...Mme la Présidente, avant de permettre au collègue d'expliquer le fond de sa
pensée concernant cette question-là.
Mais, à première lecture, cet amendement-là, il me paraît intéressant, somme
toute, et j'ai hâte d'entendre le fondement de son apport, de son
amendement. Il m'apparaît qu'il manque un élément essentiel.
On sait comment ça
marche, les choses dans la vie, là. Les idées sont souvent excellentes, mais il
faut les accompagner d'autres éléments,
comme, par exemple, des délais. Il ne suffit pas seulement d'avoir une bonne
idée, il suffit... il faut aussi
l'accompagner d'un certain délai, d'une certaine échéance pour voir l'idée se
concrétiser. Et ça met en quelque sorte un certain devoir de résultat.
On n'envoie pas ça, comme on dit selon l'expression utilisée, aux calendes
grecques. Donc, dans ce sens-là, j'aimerais apporter un sous-amendement, Mme la
Présidente, spécifiant précisément les délais, l'échéance visant à concrétiser ce qui semble, et j'ai hâte d'entendre,
encore une fois, les propos du collègue de LaFontaine... J'aimerais soumettre
un sous-amendement.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K. Donc, on va le rédiger et... Est-ce qu'il
est rédigé?
M. Fontecilla :
Oui, je peux le lire tout de suite, si vous voulez.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui. Vous pouvez le lire, oui.
Fontecilla : Donc, modifier l'article 60.1 afin d'ajouter, après
«constitue»... ajouter «, dans les 180 jours suivant la sanction de
la présente loi,».
Donc, ça se lirait
comme suit :
«60.1.
Le ministre constitue, dans les 180 jours suivant la sanction de la
présente loi, un comité consultatif qui aura pour mandat de le
conseiller quant à l'opportunité de créer un office de protection des
copropriétaires.» Est-ce que je peux vous l'apporter?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui. On va faire des copies et on va le
distribuer.
On va suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 19)
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, nous allons reprendre. Tout
le monde a eu les copies du sous-amendement?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Ah! je m'excuse. Quelques minutes?
Nous allons suspendre
à nouveau.
(Suspension de la séance à
15 h 22)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre. Tout
le monde, là, ont eu leur copie.
Donc, je vais céder la parole — vous voulez reprendre la
parole? — au
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Et, écoutez, mon sous-amendement part de ce qui est,
selon moi, un besoin, là. Il peut y en avoir
plusieurs, là, mais, principalement, c'est tout d'abord la question de
l'information adressée au futur acheteur de condominium, copropriétaire,
etc.
Je connais plusieurs
cas de gens qui ont procédé à des achats d'unité de condominium, et, évidemment,
après quelque temps, de toute évidence, il
leur manquait beaucoup d'information concernant les procédures, concernant les
limites, les spécificités, etc., de ce que c'est, la vie dans ce
système-là. Donc, je pars de la base, là, qu'il nous faut une instance appropriée pour informer tout d'abord les gens sur
leurs droits et obligations en cette matière-là. Et ça peut être un office,
ça peut être autre chose. J'ai hâte, là,
d'entendre les arguments du député de LaFontaine pour savoir qu'est-ce qui
est... c'est quoi, le fondement de
l'idée de créer un office de protection des copropriétaires, là. Mais, encore
une fois, il faut donner un délai à cette idée d'un comité consultatif.
vous rappelle qu'on n'est pas rendu à créer, aujourd'hui dans le projet de loi n° 16, là, à adopter l'idée d'instaurer immédiatement un office de
consultation, on est à une étape préliminaire, une étape préalable, qui est de
constituer un comité consultatif qui va
explorer cette possibilité-là. Il peut y en avoir d'autres. Le comité peut
arriver, justement, à d'autres propositions.
Mais voilà justement le mérite d'une telle structure, d'un comité consultatif,
parce qu'il peut explorer différentes voies, dont celle proposée par le député
de LaFontaine principalement, même, là. Mais il faut donner un délai, un
délai qui n'est ni trop court, ni trop long pour à tout le moins initier les
travaux de ce comité consultatif là.
Donc,
moi, je donne, par mon sous-amendement, je donne une date de départ. Donc, le
gouvernement, suite à l'adoption du projet de loi n° 16,
aurait six mois pour constituer un comité
consultatif composé des acteurs
concernés dans ce domaine-là. Et, bien, il prendra le temps qu'il jugera nécessaire
pour arriver aux recommandations qu'il lui faut.
Donc, pour moi, 180 jours, c'est six mois,
ça donne amplement le temps au gouvernement de se pencher sur cette question-là, de bien choisir les acteurs qui vont former
ce comité-là et commencer les travaux sans avoir la pression de produire quelque chose très, très
rapidement. Donc, 180 jours, c'est raisonnable, c'est à
moyen terme et ça me paraît justifié comme
délai. Et je voulais tout simplement compléter l'idée du collègue
de LaFontaine avec un délai de 180 jours. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je vais céder la parole à la ministre. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Bien, en fait, je n'ai pas tout à fait eu la réponse à ma question, parce
que je demandais tantôt comment on pourrait, comment ça fonctionnerait,
comment on pourrait travailler avec un office de protection des copropriétaires. Je posais la question : Comment vous verriez ça? Là, en plus, vous me dites : La ministre
constituerait un comité consultatif, comme mandat pour conseiller... et quant à
l'opportunité de créer un office de la protection des copropriétaires.
Là, en plus, vous ajoutez dans un délai de 180 jours. Mais je n'ai pas
encore ma réponse à ma question. Et ma
question était justement comment... J'aimerais ça comprendre comment vous... Je
voudrais comprendre votre demande, en fait, parce qu'on sait très bien
que ça ne nécessite pas de disposition légale pour faire un office, pour créer
un office. Alors, moi, je veux juste
comprendre comment ça pourrait fonctionner puis d'où on commencerait, comment
qu'on... quels acteurs seraient en
jeu. Je voudrais vraiment avoir plus d'information sur ce comité-là, si c'est
possible. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Le député de LaFontaine, je vous cède la parole.
M. Tanguay :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, évidemment, j'inscris mon
intervention sous le sous-amendement... dans le contexte du
sous-amendement du collègue de Laurier-Dorion.
Alors, pour
répondre, puis je vais évidemment traiter du bien-fondé, moi, je salue cet
amendement-là. Je pense qu'il est tout à fait fondé et j'aurai
l'occasion d'y revenir de façon beaucoup plus précise.
C'est une
bonne idée de sous-amender. «Dans les 180 jours suivant la sanction de la
présente loi», on vient préciser que
ça se fait dans les 180 jours, donc pas plus tard que six mois après, mais
ça donne déjà là une indication. Elle pourrait le constituer dans les 30 jours, 45 jours, 100 jours,
120 jours, mais dans les
180 jours, à la discrétion de la ministre, puis on
lui fait confiance là-dessus, avec les fonctionnaires, les juristes de l'État, notamment,
va pouvoir dire : Bien, moi, mon 180 jours,
il faut que j'aie déposé... Il faut que j'aie mis en place le comité consultatif. Puis je vais revenir sur sa question, mais
l'importance de ce 180 jours-là, c'est six mois, une demi-année, certains
pourraient dire : Bien, coudon, c'est quand même long, si c'est une question importante. Puis
j'aurai l'occasion d'y revenir dans mon intervention un peu plus avant.
Mais vous
savez, Mme la Présidente, ce n'est pas moi, le porte-parole, mais j'ai lu en diagonale la loi, suffisamment pour vous dire ce
que vous savez déjà comme présidente qui connaissez le projet de loi par coeur, là, depuis que vous siégez là-dessus, qu'à
12 occurrences dans le projet de
loi n° 16, à
12 occurrences, il y a... il y est fait mention, l'entrée en vigueur du premier règlement, entrée
en vigueur du premier règlement.
À 12 endroits, aux articles 137,
article 139, deuxième
alinéa,
article 141 et l'article 147, neuf fois, il est
inscrit «l'entrée en vigueur du premier règlement».
Ce n'est pas tellement
le délai, c'est... bien, c'est la combinaison des deux. Il y aura entrée en vigueur, à un certain
moment donné, d'un premier règlement pour la prise en application de
différentes dispositions de la loi, une loi, encore une fois, qui est complexe, Mme la Présidente. Il n'y a pas juste la
copropriété divise là-dedans. Puis la ministre a fait référence un peu
plus tôt, puis, honnêtement — puis je l'invite à préciser sa
pensée — ça
nous a beaucoup surpris quand elle dit qu'aujourd'hui
elle voulait plutôt parler de la
section municipale. Chose certaine, on
m'indique que ça ne s'est pas rendu au leader de l'opposition
officielle. Alors, je ne sais pas si elle en a parlé à son leader puis que lui
a jugé bon de ne pas en parler, mais ça,
elle aura l'occasion de préciser là-dessus quand la parole lui
sera donnée dans le contexte de nos débats, mais on a été les premiers
surpris par rapport à tout ça.
Alors, à neuf
endroits dans l'article 147, à trois autres endroits, donc à
12 endroits, il est dit : Il y aura, par rapport à tel, tel
article
du projet de loi, qui sera une loi, il y aura un premier règlement.
Eh! je le dis, Mme la Présidente, là, il y a des semaines où on analyse des projets
de loi où il n'y a
pas, à 12 endroits : On va avoir un premier règlement
pour ci, on va avoir un premier règlement pour ça.
L'amendement du collègue de Laurier-Dorion, on
va résumer ça comme ça, nous laisse le temps, d'abord aux juristes de dire...
Puis, si la ministre, elle veut qu'on le retire pour, le cas échéant,
dire : Bien, ce ne sera pas 180 jours, c'est 210 jours ou elle veut rajouter des délais, il n'y a
pas de problème. Mais je pense que le collègue a bien vu en
disant : Bien, dans les 180 jours, il y aura un comité
consultatif qui pourra oeuvrer, puis là je m'en vais sur la question
de la ministre et je suis toujours,
Mme la Présidente, sous mon temps sur le sous-amendement, qui dit : Bien, ce serait quoi, ça, le cas échéant? Bien, justement,
il y aura un comité consultatif qui va permettre à la ministre de préciser deux
choses. Parce que sa question, elle est
double, je ne sais pas si elle l'a vu, mais sûrement. Puis je ne veux pas
être mesquin, là, elle l'a vu. Alors, la question, elle est
double : C'est quoi, l'office, qu'est-ce que ça mangerait en hiver? Puis
c'est quoi, le comité consultatif?
Là, le comité consultatif, Mme la Présidente, ça
laisse la discrétion à Mme la ministre, qui, dans le contexte du projet de loi n° 16, a entendu des expertes et des experts, a
entendu des personnes, je vais les renommer encore, puis ils m'en excuseront, Me Joli-Coeur et
Mme Papineau, a entendu, entre
autres, les représentants, elle
faisait référence à la Chambre
des notaires... mettre sur pied des femmes et des hommes experts, dirions-nous,
en la matière de copropriété, qui seront son comité consultatif, puis on lui donne tout le
loisir, là, de décider qui va être là-dessus, mais que la loi lui donne l'occasion et un peu, ce faisant, aussi l'obligation,
parce que la ministre, il est prévu que, dans les 180 jours, la ministre
mettrait sur pied un comité
consultatif, puis on lui laisse la discrétion puis on est certain, on est
certain, Mme la Présidente, entre autres avec la collaboration du secrétariat à la haute fonction publique qui
font ça régulièrement de telle nomination de consultation, de comité
consultatif, vont lui donner des C.V...
Je ne veux
même pas, Mme la Présidente, que, dans le projet de loi, on entre dans le
détail, est-ce que ça va être... puis,
si c'est ça que la ministre pose comme question, bien, une fois qu'on aura
statué sur le sous-amendement de mon collègue de Laurier-Dorion, je
l'invite à déposer des sous-amendements. Si elle dit : Bien, moi, je
l'accepterais, mais je ne suis pas à l'aise.
J'aimerais ça que vous m'imposeriez un nombre de membres. Ah! d'accord, trois,
cinq, sept, on va y aller avec de facto un nombre impair pour ne pas qu'il y
ait d'impasse, comme un peu on vit ce matin, depuis 9 h 30, notamment
sans refaire le débat. Donc, ça, c'est
un élément, si elle veut, qu'on peut le préciser, puis on pourra le faire dans
la loi par sous-amendement. Maintenant, si elle veut... puis je l'ai
déjà vu dans le projet de loi n° 1.
Le projet de
loi n° 1, il y avait des comités, des comités de sélection pour trois
candidatures importantes : directeur général de la SQ, commissaire
à l'UPAC et Directrice des poursuites criminelles et pénales, DPCP. Il y avait
là, puis je fais l'analogie avec le projet
de loi n° 1, il y avait une analogie où il y avait des comités de
sélection, et là on précisait, puis,
si c'est ça que la ministre veut, je l'invite à rédiger des sous-amendements,
il n'y a pas de problème, on va faire le débat, il y avait des comités de sélection. Il est prévu... Le projet de
loi, malgré les amendements qu'on avait déposés, a été adopté, majorité parlementaire oblige, pas de
problème, c'est notre système, notre système politique, puis il n'y a pas de
problème, c'est la démocratie, mais on
reparlera au niveau de la démocratie parlementaire, ça, c'est une autre chose,
faisant en sorte que le comité de
sélection, on disait : Il va avoir cinq personnes. Et là on disait, par
rapport à la Sûreté du Québec : À
la Sûreté du Québec, il va avoir un sous-ministre adjoint... j'y vais de
mémoire, Mme la Présidente, puis on me corrigera, mais il y avait un représentant des emplois
supérieurs, il y avait un représentant des corps policiers, un représentant
notamment des directions de police, et ainsi de suite.
Alors, si la ministre dit : Bien, moi, pour
statuer là-dessus, pour savoir si je vais voter pour ou contre votre amendement, et je suis toujours, Mme la
Présidente, dans le temps qui m'est alloué sur le sous-amendement de mon
collègue puis je vais revenir avant
la fin, puis on va refaire continuer le débat, par la suite, sur mon
amendement, mais, si la ministre dit,
parce que je veux prendre sa question au bond, si la ministre dit : Bien,
écoutez, moi, je veux savoir ce qu'il en retourne, ce n'est pas assez précis,
il n'y a pas de problème. On peut préciser qu'il va être constitué de cinq
personnes. On peut aller faire... on
peut suspendre puis aller voir l'article... les articles, j'y vais de mémoire,
Mme la Présidente, ce sont, je crois, les articles 1, 6 et 9 du projet de loi n° 1, sous réserve de la renumérotation, où les
comités quant à l'UPAC, à la SQet au DPCP, c'était dans cet ordre-là, il était
précisé le nombre, qui était là-dessus, il était même précisé, bien, leur mandat, qui
était de trouver des candidatures. Il
était précisé, Mme la Présidente, qu'ils devaient revenir avec une candidature, on
a proposé un amendement pour trois, finalement ça s'est terminé à deux
candidatures, et ainsi de suite.
Ça, nous, on
ne veut pas entrer là-dedans cet après-midi, parce qu'on se fie à la bonne foi, je vous dirais, et c'est dit de façon très positive, des femmes et des hommes
qui constituent l'État québécois, qui entourent Mme la ministre, qui entourent
son cabinet politique, on parle du bureau du sous-ministre et des
sous-ministres adjoints, pour dire : Bien écoutez, effectivement, vous avez adopté ça, vous, législateurs, l'obligation que
vous avez dans les 180 jours, j'inclus l'amendement de mon collègue de
Laurier-Dorion, un comité consultatif, bien, Mme la ministre, à ce moment-là,
vous avez loisir, la loi ne précise
pas. En voulez-vous cinq, sept, neuf? Ça, Mme la Présidente, ça pourrait même
être trois personnes. Mais avec le nombre d'acteurs, avec le nombre
d'acteurs, on se fie sur le bon jugement de Mme la ministre sans que j'aie de façon très précise à insulter son intelligence en
lui disant : Ah! bien là, là, je ne peux pas vous faire confiance. Je lui
fais confiance là-dessus, Mme la Présidente, mais je pense que trois,
elle l'aurait vu elle-même, ça aurait été trop peu. On dit : Bien, ça prendrait des gens, des notaires, ça prendrait des
gens spécialisés dans l'administration des copropriétés qui font affaire avec les syndicats. Ça prendrait...
maintenant, il faudrait parler des nouveaux acquéreurs, des gens qui pourraient
peut-être venir... Mme la Présidente, un
représentant de l'Office de la protection du consommateur, moi, je pense qu'il
aurait sa place sur ce comité-là. Pourquoi? Parce qu'on fait miroir avec
l'Office de la protection du consommateur. On n'est pas en train de dire dans le projet de loi : On
veut l'Office de la protection du consommateur, puis voici les 22 articles
qui la fondent, qui déterminent les
rôles et devoirs des présidents, vice-présidents, le siège social, les
indemnités, et tout de suite, et sa mission et ses objectifs. On n'en
est pas là. L'objectif, à ce moment-là, c'est de faire en sorte...
Puis là on me
fait une... Mme la Présidente, un mot, projet de loi n° 1, avec un
petit bonhomme sourire, articles 1, 6, et 9. Ça fait que je pense que ça
va bien jusqu'à maintenant... comme je les avais mentionnés de mémoire un petit
peu tôt. Mais qu'on me corrige si j'ai tort, on est tous là pour
apprendre. Alors, merci pour le petit bonhomme sourire.
Alors, Mme la
Présidente, pleine discrétion à la ministre, elle a le pouvoir. Et je vous
dirais même que je me fie sur le fait qu'elle a le devoir et qu'elle va bien le
remplir, de faire en sorte de déterminer ça. Puis elle, je l'invite, puis
j'aimerais l'entendre là-dessus, toujours
sur le sous-amendement de mon collègue de Laurier-Dorion, de peut-être préciser
sa question.
Là, donc,
j'ai précisé ce qui était derrière l'intention du comité consultatif. Trois, un
peu court. 11, un peu beaucoup, peut-être.
Alors, peut-être entre cinq, sept ou neuf. Des experts, des expertes. Quelqu'un
de chez les notaires, des syndicats, une avocate ou un avocat spécialisé
en la matière. Il y a beaucoup, également, d'experts des ordres professionnels
qui pourraient participer à ça. Un
représentant ou une représentante de l'Office de la protection du consommateur,
ça, c'est le comité consultatif. Si
la ministre, maintenant, a d'autres questions là-dessus, je suis bien ouvert,
je vais attendre sa réplique là-dessus.
Maintenant, si sa question était sur le deuxième
volet, bien, qu'est-ce que ça mangerait en hiver, ça, l'Office de protection des copropriétaires, ce que je peux
lui dire, ça mangerait essentiellement la même nourriture que l'Office de
protection des consommateurs mange en hiver.
Mais par contre, par contre, Mme la Présidente, l'Office de protection des
consommateurs met en
lien deux acteurs, essentiellement : le commerçant et le consommateur. Et
l'Office de protection des
consommateurs, ce n'est pas l'Office de protection des commerçants, c'est
l'Office de protection des consommateurs. Alors, déjà là, il y a, et ce n'est pas un biais, il y a un intérêt
marqué de l'Office de protection des consommateurs, oui, de renseigner, tantôt, les commerçants, commerçantes
sur leurs devoirs et obligations, ils vont prendre l'appel, mais c'est d'abord
et avant tout d'instruire, d'informer les citoyennes, citoyens.
À tous les
jours, nous, à tous les jours, Mme la Présidente, qu'on met le pied dehors de
chez nous, là, on est consommateurs de quelque chose. Consommateurs d'un
service public, on est consommateurs d'un service privé, puis la Loi de protection du consommateur touche
davantage, évidemment, les services offerts par des entités privées, par
opposition aux entités
gouvernementales, il y a d'autres entités pour ça, dont, entre autres, la
Protectrice du citoyen, c'est son mandat. Alors, à tous les jours, on
est consommateurs, ou presque, et, en ce sens-là, l'Office de protection du
consommateur, ça serait un peu, je vous
dirais, le socle de réflexion, ce n'est pas moi qui vais le faire aujourd'hui,
mais de réflexion des experts, qui
diraient : Bien là, ça serait un office de protection des copropriétaires.
De facto, on va aider les copropropriétaires, femmes et hommes, qui décident d'être membres d'un conseil
d'administration à connaître leurs devoirs, leurs obligations et, de
facto, on va conseiller et éduquer.
Je réfère,
Mme la Présidente, à l'article 292 de
Loi sur la protection du
consommateur, qui détaille le mandat que le gouvernement du Québec confie à
l'office. Ça, un tel mandat ferait partie... les questionnements quant à un tel
mandat feraient
partie de la réflexion du comité consultatif qui serait
mis sur pied par Mme la ministre.
Et là-dessus,
Mme la Présidente, j'aimerais l'entendre sur ça, en considérant le temps qu'il
me reste, parce que... puis je vais
revenir de façon plus précise si elle le désire, mais je pense avoir répondu à
ses questions. Puis, quand elle disait : Bien, écoutez, il y a déjà d'autres acteurs, c'est clair qu'ultimement
le cas échéant, bien, on ne décide pas ça aujourd'hui, il y a un coût, c'est clair. C'est clair
qu'ultimement il faudrait créer cet office-là par législation, parce que je ne
pense pas qu'on puisse le faire
réglementairement parlant, mais la ministre, elle aura le loisir, elle aura, je
vous dirais, la discrétion, comme tout gouvernement a discrétion ou pas,
de déposer un projet de loi après avoir donné suite ou pas à un comité consultatif. Donc, oui, par législation, oui ça
engagerait des fonds, mais ce n'est pas ça qu'on fait après-midi, ce n'est pas
qu'on fait présentement. Et la ministre
pourrait nous revenir dans... et je salue le sous-amendement de mon collègue de
Laurier-Dorion : dans les six mois,
elle le crée. Ça ne veut pas dire que, dans les six mois, ils rendent leur
rapport. Elle le déterminera, ça.
C'est sûr que, si elle leur dit... puis ça va être rendu public, là, puis, à un
moment donné, il faut faire confiance. On
ne peut pas mettre une ministre ou un ministre, Mme la Présidente, pieds et poings
liés dans un projet de loi. Je pense que
c'est la sagesse de la rédaction, la sagesse du 180 jours. Puis je conclus
sur cet aspect de mon intervention, j'en aurai d'autres après, sur la sagesse de l'amendement du collègue de
Laurier-Dorion qui vient nous dire : Bien, elle le fera dans les 180 jours considérant non seulement que
c'est tout du droit nouveau, ça, ce qui est dans le projet de loi est tout de
droit nouveau, par définition, des amendements, des façons de faire,
droit nouveau en ce qu'il est codifié puis, par avant, on pouvait le retrouver
peut-être par jurisprudence, mais droit nouveau en ce qu'il est codifié. Bien,
qu'il fait écho au fait qu'à
12 endroits dans le projet de loi... puis honnêtement, Mme la
Présidente... puis on me dira très certainement, puis je plaide coupable, là : Ah! bien là, le député
de LaFontaine, il a fait référence à 12 endroits où on parle d'un premier
règlement, mais il y en a deux,
trois, cinq, sept, là-dedans, qui ne touchent pas les règles de la copropriété.
Soit. Moi, je demeure à être convaincu. Mais je vais vous donner un
exemple, là, qui tombe sous mes yeux.
L'article 141, on parle des règles
du Code civil en matière d'assemblée
extraordinaire, et là on dit que ça doit être tenu dans les 90 jours
suivant l'entrée en vigueur du premier règlement.
Alors, déjà
là, peut-être pas 12 en 12, mais, pour beaucoup... mais, en tout cas, pour
l'article 137 puis 139, deuxième alinéa,
et 141, ça touche la copropriété. Puis 141, on parle même d'un délai de
90 jours. Là, dans les 90 jours, vous avez votre... vous allez avoir
une vie qui va être donnée au premier règlement. Et des règlements, ça aussi,
ça ne se fait pas en criant ciseau.
Il y a des règlements qui peuvent prendre parfois plusieurs mois, parfois plus
d'une année. Soit. La ministre aura
180 jours, pas pour recevoir le rapport statué, mais la ministre aura
180 jours pour constituer un comité consultatif qui sera constitué à la lumière de certains, pas tous,
probablement pas tous, mais de certains, au moins une couple, de règlements
qui vont venir bonifier, trancher, étayer la mise en application de la loi.
Alors, pour l'instant, je termine, pour
l'instant, Mme la Présidente, puis je reviendrai, puis j'aimerais entendre Mme
la ministre sur ça. Est-ce que j'ai répondu à ses éclaircissements quant à
notre intention?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme Laforest : Bon, alors,
merci. Vous allez voir, mes réponses sont rapides aujourd'hui, hein,
considérant qu'on a déjà beaucoup perdu de
temps ce... pas perdu de temps, mais on a parlé plus des procédures
parlementaires ce matin. Puis, juste
pour répondre à votre question, j'avais soumis l'idée à la députée d'Anjou—Louis-Riel. Quand elle m'avait parlé de son absence, je lui avais dit : Alors, à
ce moment-là, est-ce qu'on pourrait parler de l'omnibus municipal? Alors, je
lui avais soulevé l'idée.
Ceci étant
dit, écoutez, là... parce qu'on va revenir au 180 jours pour créer un
comité, on va revenir au sujet, en fait. Je vais vous répondre également rapidement que je trouve ça intéressant,
votre idée, je trouve que c'est une bonne proposition, mais, en même temps, pour créer le comité, je le
dis tout le temps, je vais le redire, ça ne prend pas de disposition légale.
Alors, je considère votre idée très, très intéressante, et puis je vais
l'évaluer. Oui, je vous le dis à micro ouvert, je trouve ça intéressant.
Maintenant,
je crois sincèrement que de... aujourd'hui, d'ajouter dans le projet de loi la
création d'un comité, ce n'est pas possible, parce que mon but, c'est de faire
évoluer la situation en habitation. Vous le savez très bien, c'est ce que je fais. On travaille avec les groupes, on
fait nos rencontres, ce qui se passe très, très bien. Et, vous avez raison, le
projet de loi avance très, très bien, avançait
très, très bien jusqu'à aujourd'hui et continue de bien avancer, merci de votre
participation tout le monde. Mais je garde
l'idée. Je trouve ça très intéressant. Alors, on considère qu'en plus d'ajouter
un délai de 180 jours je ne peux
pas aller vers là, parce que je suis... au niveau de la création, je ne suis
pas du tout... je n'ai pas assez eu de
points pour dire que, oui, ce serait une bonne idée et, oui, j'accepterais tout
de suite d'adhérer à cette proposition-là. Alors, merci, Mme la
Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui. Sur le temps qui m'est imparti et qui me reste sur le sous-amendement du
collègue de Laurier-Dorion, je vais citer à
Mme la ministre Talleyrand, le ministre de jadis, à l'époque, dans le congrès
de Vienne, de la France, empire qui
avait perdu, qui avait perdu notamment suite à Waterloo, la guerre impériale.
Et il y avait là des diplomates, et les diplomates, vous allez le savoir
sur son point, parce qu'elle dit, bien, elle dit : En quelque sorte, je
n'ai pas besoin d'une habilitation, je peux
le faire. Et elle dit en quelque sorte : Il va sans dire. Et là il y avait
des discussions, et Talleyrand, qui
représentait la France, voulait faire mettre des éléments dans ce qui allait le
résultat du congrès de Vienne, puis là les ambassadeurs autour, qui avaient une position dominante, ils
disaient : Oh! pas besoin de dire ça, il va sans dire, il va sans
dire. Talleyrand avait répliqué : Si cela va sans le dire, ça ira encore
mieux en le disant. Fin de la citation.
Alors, Mme la
Présidente, la loi est ouverte devant nous. Elle peut le faire mais ne s'y
engage pas formellement, dit que c'est une
idée intéressante. Moi je pense que, et je me fie sur son bon jugement, je suis
d'accord avec elle parce que j'apporte l'idée, mais, au-delà du fait que
ce soit l'idée de l'opposition officielle, qu'elle dit très intéressante, je
pense qu'aujourd'hui, comme ministre, elle
peut très bien statuer là-dessus et dire : Bien, écoutez, on va le faire.
On va le faire, on va mettre sur pied
le comité consultatif dans les six mois. Puis c'est un comité consultatif, puis
je suis certain, Mme la Présidente,
je suis certain que c'est ce qui anime Mme la ministre, c'est qu'une fois le
projet de loi, là, quand il sera sorti, là, une fois que le leader du gouvernement aura cédulé des dates qui vont
nous permettre de bien travailler, lorsqu'il sortira, là, il ne faudrait pas que tout ce beau monde là autour
de la table, là : Bon, bien, retournez chez vous, c'est beau, ça finit,
c'est la fin de cela. Le comité consultatif pourra assurer un suivi, un
des suivis des nombreux suivis.
On pourrait me
dire : Bien, il va y en avoir bien d'autres, des suivis. Le député de
LaFontaine, vous avez cité 12 occurrences
où il faudra faire un règlement, ce qui veut dire une publication nécessaire
d'un règlement. Ça veut dire : collection de commentaires, et tout
ça. Oui, il y aura une vie quant aux règlements, leur rédaction, leur contenu,
mais il y aurait une vie également quant au
comité consultatif sur une idée que la ministre trouve, puis qui justifie le
fait d'avoir déposé l'amendement,
trouve bonne a priori puis nous dit : Bien, écoutez, moi, je n'ai pas
besoin de... Puis elle a raison, elle
a tout à fait raison, elle n'a pas besoin d'une habilitation législative. Mais
je pense qu'en le mettant dans la loi, puis je fais le clin d'oeil avec
la citation de Talleyrand, s'il va sans dire, ça ira mieux en le disant et en le
mettant dans la loi, bien là on envoie un
message, Mme la Présidente, qui, je crois, est digne du projet de loi de la
ministre, comme il aurait été digne
d'être reçu par la ministre à l'époque sur le n° 401,
ministre d'Anjou—Louis-Riel, du
comté d'Anjou—Louis-Riel,
qui aurait, je suis convaincu, donné suite à cela.
Alors,
c'est l'objectif. Sur l'amendement de mon collègue, sur le sous-amendement de
mon collègue, mon temps imparti va bientôt se terminer. Moi, je salue. On va
voter, de l'opposition officielle, en faveur de cet amendement, que,
dans les 180 jours suivant la sanction
de la présente loi, bien, que l'on fasse en sorte que la ministre constitue un
comité consultatif.
je suis certain que ça plairait non seulement, puis le but, ce n'est pas de
plaire aux