House Proceedings — 17 March 2009 (39th Legislature, 1st Session)

2009-03-17

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 17 March 2009 (39th Legislature, 1st Session)

2009-03-17

Quebec — Debates (Hansard)

Journal des débats de l'Assemblée nationale

Version finale

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39 e législature, 1 re session

(13 janvier 2009 au 22 février 2011)

Le mardi 17 mars 2009 - Vol. 41 N° 7

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Table des matières

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours d'ouverture et sur les motions de censure

M. Pascal Bérubé

Mme Nicole Ménard

M. Marc Picard

M. Alain Paquet

Mme Véronique Hivon

M. Germain Chevarie

Mme Agnès Maltais

M. Vincent Auclair

Présence de M. Claude Boucher, ex-parlementaire de l'Assemblée nationale

Affaires courantes

Présentation de projets de loi

Projet de loi n° 18 ?

Loi sur le Recueil des lois et des règlements du Québec

Mme Kathleen Weil

Mise aux voix

Projet de loi n° 22 ? Loi concernant la gouvernance de la Régie des rentes

du Québec et modifiant diverses dispositions législatives

M. Sam Hamad

Mise aux voix

Projet de loi n° 2 ? Loi donnant suite au discours sur le budget du 24 mai 2007,

à la déclaration ministérielle du 1er juin 2007 concernant la

politique budgétaire 2007-2008 du gouvernement

et à certains autres énoncés budgétaires

M. Robert Dutil

Mise aux voix

Projet de loi n° 10 ? Loi modifiant la

Loi sur le Conseil des arts

et des lettres du Québec

Mme Christine St-Pierre

Mise aux voix

Projet de loi n° 200 ? Loi concernant la ville de Malartic

Mise aux voix

Renvoi à la Commission de l'aménagement du territoire

Mise aux voix

Dépôt de documents

Plan stratégique 2009-2010 de la Commission administrative

des régimes de retraite et d'assurances

Plan stratégique 2008-2011 de la Commission

de protection du territoire agricole

Avis de classement de l'église de Saint-Marc, rapports annuels du Conservatoire

de musique et d'art dramatique du Québec, de la Société de la Place

des Arts de Montréal et de la Société du Grand Théâtre de Québec

Décisions du Bureau de l'Assemblée nationale

Questions et réponses orales

Processus de nomination à la direction de la Caisse de dépôt et placement

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Rôle du conseil d'administration dans le processus de nomination

à la direction de la Caisse de dépôt et placement

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Mme Pauline Marois

M. Jean Charest

Nomination de M. Michael Sabia à la direction de la Caisse de dépôt et placement

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

Choix du site pour la construction du Centre

hospitalier universitaire de Montréal

M. Éric Caire

M. Yves Bolduc

M. Éric Caire

M. Yves Bolduc

M. Éric Caire

M. Yves Bolduc

Rapport d'enquête sur les communications intervenues en 2008

entre Persistence Capital Partners et M. Philippe Couillard,

alors ministre de la Santé et des Services sociaux

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Mme Agnès Maltais

M. Jacques P. Dupuis

Mission de la Caisse de dépôt et placement

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

Politique de rémunération des dirigeants de la Caisse de dépôt et placement

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

M. François Legault

Mme Monique Jérôme-Forget

Document déposé

Conseillers et promoteurs immobiliers participant aux projets de construction

des centres hospitaliers universitaires à Montréal

M. Sylvain Simard

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Sylvain Simard

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Sylvain Simard

Mme Monique Jérôme-Forget

Projets d'agrandissement du Pavillon de l'éducation physique et des sports

de l'Université Laval et du Musée national des beaux-arts du Québec

M. Sylvain Simard

Mme Monique Jérôme-Forget

M. Sylvain Simard

Mme Michelle Courchesne

Motions sans préavis

Offrir des condoléances aux familles et aux proches des victimes

de l'écrasement d'un hélicoptère au large de Terre-Neuve

Mise aux voix

À l'occasion de la Saint-Patrick, souligner la contribution des

Québécois d'origine irlandaise au développement du Québec

Mise aux voix

Souligner la Semaine québécoise des popotes roulantes

Mise aux voix

Souligner la 10e Semaine d'actions contre le racisme

Mise aux voix

Souligner le Mois de la nutrition

Mise aux voix

Procéder à des consultations particulières sur le projet de loi n° 6 ? Loi

instituant le fonds de soutien aux proches aidants des aînés

Mise aux voix

Avis touchant les travaux des commissions

Renseignements sur les travaux de l'Assemblée

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours d'ouverture et sur les motions de censure

M. Sylvain Gaudreault

M. Etienne-Alexis Boucher

Mme Marguerite Blais

M. Gérard Deltell

M. André Drolet

Mme Louise Beaudoin

M. Pierre Arcand

M. Bernard Drainville

Motion de censure

Mme Maryse Gaudreault

M. Sylvain Simard

Motion de censure

Débats de fin de séance

Conseillers et promoteurs immobiliers participant aux projets de

construction des centres hospitaliers universitaires à Montréal

M. Sylvain Simard

Mme Michelle Courchesne

M. Sylvain Simard (réplique)

Rapport d'enquête sur les communications intervenues en 2008

entre Persistence Capital Partners et M. Philippe Couillard,

alors ministre de la Santé et des Services sociaux

Mme Agnès Maltais

Mme Kathleen Weil

Mme Agnès Maltais (réplique)

Ajournement

Journal des débats

(Dix heures trois minutes)

Le Vice-Président (M. Chagnon): Alors, bon mardi matin, chers collègues. Nous allons prendre quelques instants pour nous recueillir, s'il vous plaît.

Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur le discours

d'ouverture et sur les motions de censure

Alors, ce matin nous aurons évidemment à continuer le débat sur le discours d'ouverture de la session, prononcé par M. le premier ministre le 10 mars dernier, et sur les motions de censure présentées par Mme la chef de l'opposition officielle, Mme la députée de Lotbinière, M. le député de Mercier et M. le député d'Ungava.

Alors, avant de donner la parole au prochain intervenant, je vous informe que 6 h 39 min ont été utilisées dans le cadre de ce débat. Il reste donc un total de 18 h 20 min, réparties comme suit: 8 h 17 min au groupe parlementaire formant le gouvernement; 7 h 53 min au groupe parlementaire formant l'opposition; 1 h 9 min aux députés indépendants affiliés à l'Action démocratique; 60 minutes au représentant du gouvernement pour sa réplique. Et évidemment je suis maintenant invité... j'inviterais maintenant un prochain intervenant, s'il y en a un qui veut bien prendre la parole.

Une voix: ...

Le Vice-Président (M. Chagnon): Évidemment, vous ne pouvez pas tous parler en même temps, ça, c'est la règle que l'on connaît, mais, s'il y en a un, intervenant qui... Alors, M. le député de... Ah! M. le député de Matane. J'avais prévenu, M. le député de Matane, que vous seriez probablement le premier à lancer cette semaine. Alors, c'est à vous la parole, M. le député de Matane.

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé: Merci, M. le Président. C'est donc avec honneur et humilité que je m'adresse à vous pour une première fois dans le cadre de la Trente-neuvième Législature, suite à une réélection survenue le 8 décembre dernier qui m'amène ici pour un deuxième mandat. Vous savez, M. le Président, être député de l'Assemblée nationale, c'est un grand privilège. En 2003, j'avais cogné aux portes de l'Assemblée nationale; la porte ne s'était pas ouverte. Elle s'est finalement ouverte en 2007. Elle s'est grandement ouverte en 2008.

Vous me permettrez d'exprimer ma gratitude envers les citoyens de la circonscription de Matane, formée de la MRC de Matane et de la MRC de La Haute-Gaspésie, pour leur confiance renouvelée avec, M. le Président, il faut le noter, le meilleur résultat pour un candidat du Parti québécois dans l'histoire de cette circonscription, donc en 40 ans.

Merci à ma famille, mes proches collaborateurs et sympathisants. J'entends être le député de l'ensemble des citoyens. C'est avec responsabilité, intégrité et rigueur que j'entends poursuivre mon engagement pour ma région natale avec énergie et audace au sein de l'opposition officielle, qui représente à la fois une alternative crédible au gouvernement et également un gouvernement en attente. C'est dans un contexte fort particulier que s'ouvre cette session marquée notamment par des symptômes avant-coureurs d'usure gouvernementale et un retour à une certaine suffisance, une certaine arrogance parfois.

M. le Président, on ne croirait pas voir mieux que les quatre chevaliers du malheur qui convergent vers le gouvernement du Québec. D'abord, on apprend qu'on aura un premier déficit en une dizaine d'années. On l'apprendra jeudi de façon plus formelle. La rigueur budgétaire n'est plus de mise, malgré l'héritage considérable... dans cette nature du Parti québécois.

Le décrochage scolaire...

Des voix: ...

M. Bérubé: ...le décrochage scolaire, M. le Président...

Je vais être obligé de répéter ce que j'ai dit, l'année dernière, sur les députés qui chahutent de l'autre côté. Je pense qu'ils s'en souviennent.

Quant au décrochage scolaire, M. le Président, on apprend que les résultats sont les pires depuis 2003. Alors, on a une borne, 2003, qui permet de valider cette information-là.

Pour les urgences, écoutez bien ça, M. le Président. Vous vous souvenez de ce slogan-là, Nous sommes prêts , puis on va éliminer le temps dans les urgences rapidement après l'élection. Alors, ce qu'on dit sur LCN, le 8 février dernier: « Loin de se résorber, les urgences débordent encore une fois. Et maintenant, il n'y a plus de cible. » Alors, c'est un peu dommage. Le ministre a la méthode Toyota. Je pense que, dans le contexte économique actuel, où c'est dur pour tout le monde, la dernière chose que Toyota veut voir, c'est d'être associée à une technique comme celle-là, une méthode comme celle-là qui ne fonctionne pas dans les urgences, M. le Président.

Et la Caisse de dépôt évidemment, où il y a des pertes de 40 milliards de dollars. Et 40 milliards de dollars, c'est considérable: c'est 40 000 millions de dollars. C'est le salaire annuel, à l'échelon le plus élevé, de 710 714 infirmières, M. le Président. C'est également le prix de 229 098 maisons au prix régulier, selon une compilation du Journal de Montréal . C'est des conséquences sur l'augmentation des tarifs et sur les cotisations également. Nous, de ce côté-ci de la Chambre, on a une préoccupation pour le pouvoir d'achat des citoyens et également leur capacité de payer. C'est considérable, ça mérite un examen complet.

Je tiens à rappeler encore une fois que, de ce côté-ci de la Chambre, à l'époque où le Parti libéral était dans l'opposition, il réclamait à grands cris une commission d'enquête pour des pertes de 30 millions de dollars à Montréal Mode. Alors, deux poids, deux mesures. J'espère qu'on en saura davantage, mais, jusqu'à maintenant, à avoir écouté la commission parlementaire de vendredi dernier, il apparaît que c'est un exercice jusqu'à maintenant peu périlleux pour la ministre des Finances. Il faudra aller plus loin dans ce sens-là.

La Caisse de dépôt, c'est un instrument collectif qu'on s'est donné pour intervenir dans l'économie québécoise et intervenir dans l'économie des régions.

Et, moi, j'ai écouté avec beaucoup d'attention un extrait d'une réponse que la ministre des Finances a accordée à mon collègue le député de Rousseau, où elle disait, la semaine dernière, et c'est ça qui m'inquiète un peu, elle dit: « Rappelons-nous, la Caisse de dépôt est là pour protéger le bas de laine des Québécois, et, contrairement... et, contrairement à ce que vous voulez faire, vous, prendre 10 milliards pour aller [investir] et choisir les projets en région... » Alors, pour tous les députés des régions qui sont membres de cette Chambre, je crois que c'est une phrase qui est inquiétante.

Moi, en tout cas, là, en Gaspésie puis au Bas-Saint-Laurent, ça m'inquiète d'entendre que la ministre des Finances ne trouve pas nécessairement que c'est une bonne idée d'intervenir en région.

Ça, c'est seulement depuis le début de la session parlementaire, M. le Président. Le temps va être long. Et, malgré ça, le 8 décembre dernier, le Parti libéral a été sanctionné durement dans le comté de Matane. Une autre statistique, le Parti libéral a obtenu, dans le comté de Matane, son pire résultat depuis 1890, depuis la création du comté de Matane. Alors, il a été sanctionné déjà durement là-dessus, et manifestement le message n'a pas passé encore.

De nombreux dossiers importants présentement, dans le comté de Matane, m'interpellent, interpellent également les ministres responsables, et je vais en noter quelques-uns à quelques jours, quelques heures du budget.

(10 h 10)

D'abord, le dossier de la forêt. Vous savez que le coeur industriel de la ville de Matane s'est un peu arrêté avec l'arrêt de production de Smurfit-Stone, de Tembec, de GDS également et de d'autres scieries comme Cedrico, Deniso Lebel également. Alors, c'est fort inquiétant. Et, nous, ce qu'on veut, c'est que nos travailleurs puissent être soutenus par le gouvernement, d'avoir l'attention du ministre.

Et je me réjouis d'apprendre depuis hier qu'il y aura une rencontre entre les fiers travailleurs syndiqués de Tembec et Smurfit-Stone et le ministre, et j'espère qu'il pourra nous accorder tout le support nécessaire en ce sens-là. Parce que les travailleurs forestiers, vous savez, M. le Président, de la Gaspésie puis du Bas-Saint-Laurent, ils veulent travailler chez eux. Ils ne veulent pas aller travailler dans les mines à 600 ou 1 000 km de chez eux, comme l'a indiqué le premier ministre durant la campagne électorale. Ils veulent travailler chez eux.

Moi, je me souviens d'avoir entendu souvent, durant la campagne électorale, dire qu'il y avait un plan Nord, oui, puis je pense que le député d'Ungava a bien indiqué qu'il y avait encore plusieurs étapes à franchir avant d'y arriver, mais d'abord, nous, chez nous, c'est un plan Matane. On veut que les gens travaillent dans la région de Matane, dans la Haute-Gaspésie, et c'est notre premier choix dans ce sens-là.

Toute la question des infrastructures est également importante. Vous savez que le centre sportif Alain-Côté chez nous a besoin de financement. C'est une infrastructure importante pour la population. Et ce que la mairesse de Matane a annoncé lundi dernier de la semaine dernière, c'est que, comme elle n'avait aucune confirmation, elle est obligée de reporter les travaux de un an. Je pense que minimalement il faut accompagner les élus municipaux pour leur donner l'heure juste. Alors, faute de réponse gouvernementale, on est obligé d'annuler un beau projet comme celui-là.

Par contre, il y a des projets qui s'annoncent beaucoup mieux. Je pense au plan du réseau routier, par exemple. Alors là, en Gaspésie, bien, il y a eu des annonces importantes. Et évidemment on aurait aimé en avoir plus.

Je vous donne un comparatif, quatre comtés, quatre comtés qui se ressemblent en termes de superficie. Alors, les annonces dans le comté de Matane, c'est à peu près 18 millions de dollars. Dans le comté voisin, Matapédia, un peu la même dimension, 19 millions de dollars. Mais la manne, elle est plutôt vers l'est, dans deux comtés libéraux ? je vois la ministre: 41 millions de dollars dans Bonaventure et 43 millions dans Gaspé. Alors, comparer, c'est réfléchir un peu. Et qu'est-ce qui s'est passé? 43 dans Gaspé, 41 dans Bonaventure, 19 dans Matapédia, 18 dans Matane. C'est intéressant, hein?

C'est les chiffres du ministère des Transports. Je vois le ministre qui est là. Je ne sais pas s'il veut contester ce que je viens de dire. Il n'y a pas eu d'annonce dans Matane cette année, M. le ministre.

Les avantages fiscaux pour les régions ressources. Les avantages fiscaux pour les régions ressources, c'est quelque chose qui est important dans nos régions pour favoriser l'investissement, pour créer le développement économique également. On a hâte d'entendre la ministre jeudi. La première réponse qu'on a obtenue, nous, là, lors de la campagne électorale, sur l'intention gouvernementale, ça a été de recruter probablement le plus farouche opposant à ce qui se passait en région chez nous, notamment dans la région de Matane: il est maintenant ministre.

Il a dit encore, sur la radio locale de son comté hier, que ça allait se régler bientôt grâce à un comité ministériel. Il était assez confiant d'avoir des bonnes nouvelles pour sa région. Vous avez compris que, de notre côté, ça nous inquiète. Alors, on a hâte d'en savoir davantage là-dessus.

C'est un programme qui a bien fonctionné, hein, en 2001, les avantages fiscaux pour les régions ressources, qui a permis, dans la région de Matane en tout cas, d'attirer des entreprises qui ne seraient peut-être jamais venues, dans le domaine éolien entre autres. Et ça a été apprécié, et l'ensemble des intervenants, les élus municipaux, les entrepreneurs, plaident pour que ça puisse demeurer chez nous. Et on compte sur le gouvernement dans ce sens-là.

Le crédit d'impôt pour le retour des jeunes en région, nous, on trouvait que la formule qui avait été annoncée par la chef du Parti québécois, à l'époque ministre des Finances, était une bonne formule. J'espère qu'on aura des modifications qui vont permettre à davantage de jeunes d'en bénéficier; c'est une préoccupation qu'on a. Le plan de relance de la Gaspésie à l'époque où le Parti québécois était au pouvoir, c'était le premier ministre qui était responsable du plan de relance de la Gaspésie, et maintenant ce n'est plus le cas.

Et ça a été également l'engagement de la chef du Parti québécois de devenir présidente du plan de relance de la Gaspésie. On pense que la Gaspésie a besoin de toute l'attention nécessaire, et, au premier chef, celle du premier ministre du Québec, et, en ce sens-là, on n'a pas l'attention qu'on avait autrefois.

Internet haute vitesse, on attend toujours le branchement pour tout le monde. Il a fait plusieurs annonces, les gens ne sont pas encore branchés; on y croira quand on le verra. Il n'y a plus de statut particulier pour la lutte à la pauvreté en Haute-Gaspésie. Maintenant, c'est le même montant pour 50 MRC au Québec. C'est une perte nette en Haute-Gaspésie.

L'entrepreneuriat jeunesse, on attend tout le temps une réponse pour avoir une ressource en entrepreneuriat jeunesse. On est une des seules régions au Québec à ne pas en avoir. On se demande pourquoi également. C'est important pour nous.

Donc, tout ça vous indique que la région de Matane et de la Haute-Gaspésie a encore des attentes. Elle a fait des progrès, mais elle a encore des besoins réels. Ces progrès-là, ils ont été constatés par bien des personnes, notamment le premier ministre, qui est venu à Matane durant la campagne électorale. Vous savez ce qu'il disait, le premier ministre? Il disait que, grâce au travail de son équipe, il disait, Matane de 2003 n'est pas le Matane de 2008. Effectivement, le Matane de 2008 est résolument tourné vers l'avenir. Il a donné une réponse au premier ministre le 8 décembre dernier.

Il n'a plus peur, le Matane de 2008, il est prêt à aller... Entre l'original et la copie, il aime mieux appuyer l'original quant à la relance des régions.

En terminant, la suite des choses est... Quand je parle d'alternative crédible au gouvernement, c'est également une alternative quant aux idées et quant aux options fondamentales. J'ai la conviction d'appartenir à un grand parti politique, qui est un parti de cause, qui est là d'abord pour donner le pouvoir à la population et pas pour le garder pour lui-même, et, en ce sens-là, notre projet est viable à bien des égards, notamment sur le plan économique.

Et laissez-moi vous citer, M. le Président, une étude assez intéressante qui a été faite en 2004, c'est quand même assez récent, qui parle de la souveraineté du Québec. Alors, on dit: « Grâce au libre-échange, l'argument économique contre la souveraineté du Québec ne ferait pas le poids dans un nouveau référendum[...]. Le fait de participer à une vaste zone de libre-échange permet au pays de prospérer, à la condition évidente de demeurer très ouverts aux autres économies[...].

« Sur le plan strictement économique, [...] il ne serait pas tellement difficile pour le Québec de devenir indépendant. Cela peut se faire à [...] coût très bas pour tout le monde [...] je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas. [...]Des petits pays comme le Danemark, l'Islande ou Singapour sont prospères parce qu'ils ont une économie ouverte, ajoute le professeur » que je vous nommerai. « Il n'y a aucune raison pour qu'un petit pays ne réussisse pas. » Il n'y a « rien d'insurmontable dans le cas du Québec, à [la] condition qu'il demeure membre de l'ALENA ».

Alors, qui dit ça? Alberto Alesina, directeur du Département d'économie de l'Université Harvard, et son collègue, le Département de droit, également. Ils ont signé ça ensemble dans une publication qui s'appelle The Size of Nations . C'est un argument d'autorité intéressant, que je voulais soumettre à la Chambre dans le cadre de ce débat-là.

Donc, M. le Président, comme député de Matane, je suis, évidemment comme l'ensemble des parlementaires, inquiet pour notre économie, pour nos citoyens dans ce tumulte économique là, mais je suis d'autant plus inquiet de la réponse qui est apportée par le gouvernement en place. Si, après seulement deux semaines, on a déjà toutes ces inquiétudes-là partagées par la population, je pense que les quatre années vont être très, très longues. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci, M. le député de Matane. J'inviterais maintenant à prendre la parole Mme la députée de Laporte et ministre du Tourisme.

Mme Nicole Ménard

Mme Ménard: M. le Président, c'est avec une grande fierté et beaucoup d'émotion que je me tiens ici debout en cette Assemblée, au début de la Trente-neuvième Législature, comme députée du comté de Laporte, ministre responsable de la Montérégie et ministre du Tourisme.

Permettez-moi d'abord, M. le Président, de prendre quelques instants pour remercier mes proches qui me soutiennent chaque jour dans l'accomplissement de mes fonctions politiques comme dans ma vie personnelle.

Je tiens également à remercier les électeurs du comté de Laporte, qui m'ont réitéré leur confiance pour un deuxième mandat consécutif. Merci pour cette belle marque de loyauté et pour votre confiance envers le Parti libéral et les idées que nous défendons. Vous me permettrez de m'adresser particulièrement à eux. Ce ne sont pas seulement les grands projets que nous avons développés ensemble, mais aussi une belle amitié. Le rôle premier d'un député est d'être présent pour ses citoyens, et c'est ce que je me suis efforcée de faire au quotidien. Vous savez, c'est toujours un plaisir de vous accueillir au bureau de comté, de vous saluer sur la rue, d'aller vous rencontrer et de vous visiter.

Je profite également de l'occasion pour souligner le travail de tous les bénévoles qui m'ont gentiment accordé leur temps durant la dernière campagne électorale. Je ne vous apprends rien en vous disant qu'une campagne ne se gagne pas seule. C'est le résultat d'une équipe de personnes dévouées, présentes dans les bons comme dans les mauvais moments. Je ne saurais tous vous nommer tellement vous êtes nombreux. Vous saurez vous reconnaître. Votre appui a été pour moi ma source d'énergie durant ces 33 jours de campagne. Je tiens cependant à remercier tout spécialement mon organisateur en chef et mon équipe électorale, qui ont orchestré la campagne avec passion et rigueur.

n (10 h 20) n

Les défis à relever dans le comté sont nombreux. Je suis déjà plongée dans plusieurs dossiers cruciaux sur lesquels je compte travailler avec acharnement afin d'apporter au comté toute mon énergie et mon soutien. Je veux que le prochain mandat en soit un de collaboration entre les différents acteurs locaux afin que nous puissions ensemble relever les défis importants auxquels nous devrons faire face.

Le premier ministre m'a confié la responsabilité de la région de la Montérégie, et j'en suis très fière. Je suis honorée de la confiance qu'il m'a accordée. M. le Président, il s'agit d'une région qui me tient particulièrement à coeur; j'y suis née, j'y ai grandi et j'y vis encore. Que ce soit dans mon ancienne vie ou dans les tâches qui m'ont été confiées depuis 2007, le développement de la région de la Montérégie est primordial pour moi. Avec près de 20 % de la population du Québec et aussi près de 20 % des comtés de la carte électorale, la région de la Montérégie se situe au deuxième rang, derrière Montréal.

La Montérégie est composée de 14 municipalités régionales de comté, d'une agglomération, de 176 municipalités, de trois conférences régionales des élus ainsi que de 13 commissions scolaires, dont neuf francophones et quatre anglophones. Nous pouvons constater que la Montérégie est une région importante du Québec; sa diversité et son potentiel, à tous les niveaux, sont exceptionnels.

Depuis le début du mois de janvier, M. le Président, j'ai eu la chance de rencontrer les principaux leaders de la région. Je profite de l'occasion pour les saluer et aussi souligner leur grande détermination à participer au développement économique, culturel, social et touristique de notre région. Tous et chacun sont des acteurs de coeur et d'action qui contribuent à leur manière au développement harmonieux de cette belle région.

Située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à la périphérie de Montréal, de l'Ontario et des États-Unis, notre région dispose d'une série d'axes de transport ? maritime, ferroviaire, autoroutier et aérien ? qui relient aux grands centres industriels du Nord-Est américain. C'est un atout indéniable.

M. le Président, tout au long de mon mandat, je veillerai à soutenir le dynamisme de la région en favorisant l'accroissement de l'activité économique tout en gardant en tête la nécessité de la notion de diversification et de la création d'emploi. En cette période de ralentissement économique, je continuerai à défendre et à encourager les entreprises montérégiennes. Au cours des prochains mois, nous devrons être solidaires afin de mieux passer à travers de cet essoufflement économique. Au retour des jours meilleurs, nous serons positionnés pour profiter de la relance.

Pour nous démarquer et faire face aux défis de la conjoncture actuelle, nous nous devons de proposer des idées différentes dont les produits visent l'excellence. Nous devons profiter de ce ralentissement pour positionner la Montérégie dans un Québec fort.

J'en viens à penser particulièrement à l'industrie touristique de la région de la Montérégie. Le tourisme est un moteur de développement économique important que la Montérégie, comme toutes les autres régions du Québec, ne peut se permettre de mettre de côté. À ce sujet, M. le Président, une autre fonction importante m'a été confiée, le 18 décembre dernier, en m'accordant une place au sein du Conseil des ministres comme ministre du Tourisme. Le tourisme est un important moteur de développement économique, le seul véritablement présent dans toutes les régions du Québec.

Ce secteur économique est constitué de près de 30 000 entreprises créant plus de 137 000 emplois directs. J'attire d'ailleurs votre attention sur le fait que près de 60 % de ces emplois de l'industrie se retrouvent hors des grandes villes. Le tourisme génère un produit intérieur brut de 7,6 milliards de dollars, ce qui représente 2,7 % du PIB du Québec. Ces chiffres traduisent bien l'importance de la contribution du tourisme à la prospérité économique du Québec.

Le tourisme est d'ailleurs la sixième plus grande industrie au Québec au niveau des exportations. M. le Président, mon objectif est de faire passer ce secteur d'activité économique de simple source de revenus complémentaires en région à celui de véritable générateur de richesse pour le Québec, en nous associant à tous les acteurs de l'industrie touristique, qui devront y contribuer.

Il s'agit de permettre à l'ensemble des intervenants en tourisme, privés ou publics, de l'ensemble des régions de se regrouper, de travailler à faire prospérer, dans une approche de développement économique et de développement durable, le Québec, sa population, ses régions et ses entreprises touristiques. Toutefois, nous devons tenir compte du contexte actuel de mondialisation et de concurrence des marchés, qui fait en sorte que toutes les destinations touristiques, y compris le Québec, sont en concurrence avec le monde entier, tant pour retenir leurs marchés intérieurs que pour attirer des visiteurs étrangers.

Il est également important que ce développement et ce rehaussement s'inscrivent dans une stratégie globale qui intègre l'ensemble des couleurs, produits et particularités régionales comme autant d'éléments constructifs de la personnalité touristique internationale du Québec. J'ajouterai également, M. le Président, qu'il est essentiel de développer l'offre touristique québécoise dans une perspective de développement durable afin d'assurer la pérennité des ressources engagées et le respect des communautés d'accueil.

D'ailleurs, dans le contexte international, il faut savoir que, dans un avenir plus ou moins rapproché, une destination qui ferait fi des principes de développement durable ne serait tout simplement plus une destination touristique de choix. Il est donc impératif de prendre ce virage.

Bien entendu, à cela s'ajoute le contexte économique planétaire actuel que vous connaissez tous. La progression de l'industrie québécoise vers un statut de destination internationale nécessite, de la part des différents acteurs de l'industrie, une adaptation de leurs stratégies et de leurs processus d'affaires. M. le Président, le défi est donc de passer d'un mode de développement basé sur des projets individuels et régionalistes à une approche globale, c'est-à-dire multisectorielle et suprarégionale, du type de celle utilisée dans le développement durable des croisières internationales et du tourisme nordique.

En matière de tourisme nordique, mon ministère s'inscrira dans le plan Nord du gouvernement du Québec. Permettez-moi de citer le premier ministre lors de son discours inaugural. « Nous mettrons en oeuvre le plus grand projet de développement durable jamais entrepris au Québec. Ce sera le plan Nord. Cet immense territoire au nord du 49e parallèle, deux fois grand comme la France, [...] c'est chez nous. Nous partageons ce territoire avec ceux qui l'habitent: les premières nations et les Inuits, les Jamésiens et les Nord-Côtiers. C'est un grand projet de développement.

«[...] C'est à la fois une immense richesse et une immense responsabilité. C'est un projet dont nous ferons un exemple de développement durable. » Fin de la citation.

M. le Président, nous sommes donc en discussion avec les différentes communautés impliquées pour établir avec ces dernières un plan de développement de produits touristiques mettant en valeur leurs richesses territoriales et fauniques, leur terroir et la spécificité de leur culture tout en assurant leur pérennité et le mieux-être de leur population.

Enfin, si nous devons retenir un mot, je vous dirais: Oser. Oser innover afin de faire du Québec une des destinations les plus prisées dans le monde. Oser afin de faire en sorte que le tourisme devienne, durant toute l'année, une source de richesse économique, sociale et culturelle pour toutes les régions du Québec, et ce, dans le respect des principes de développement durable.

En terminant, M. le Président, j'aimerais réitérer que c'est avec fierté, enthousiasme et rigueur que je compte consacrer mes efforts à bien accomplir les tâches qui m'ont été confiées. Et je souhaite à tous les parlementaires une excellente saison sous le signe de la collaboration. Merci de votre attention.

n (10 h 30) n

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci, Mme la ministre. Vous avez une question, M. le député de...

Une voix: ...

Le Vice-Président (M. Chagnon): Ah oui? Bien, pas de problème. Je n'ai pas de problème, ça va me faire un grand plaisir de vous céder la parole.

Une voix: ...encore.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Ça va me faire un grand plaisir de vous céder la parole, M. le député...

M. Picard: Merci, M. le...

Le Vice-Président (M. Chagnon): ...de Chutes-de-la-Chaudière.

M. Marc Picard

M. Picard: Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je tiens à saluer tous les membres de cette Trente-neuvième Législature, qui auront le privilège de représenter leurs concitoyens dans cette Assemblée. J'aimerais profiter de cette première intervention en Chambre pour saluer et remercier tous les gens qui ont oeuvré à la réalisation de la dernière campagne électorale, qui s'est soldée bien tristement par un des plus faibles taux de participation lors d'un scrutin provincial. Toute la classe politique doit se questionner sur ce taux de participation anémique, qui est un recul pour la démocratie québécoise.

En tant que membre du comité travaillant à l'amélioration de la Loi électorale, je me questionne sur les améliorations souhaitables pour redonner le goût de la démocratie à la population du Québec. J'ai confiance que tous les partis politiques participant à ces travaux redoubleront d'efforts pour explorer sérieusement des pistes de solution permettant de redonner confiance aux électeurs québécois.

J'aimerais également remercier mes électeurs et électrices du comté des Chutes-de-la-Chaudière, qui, pour une troisième fois, m'ont accordé leur confiance pour que je les représente en cette Assemblée. Je veillerai à faire honneur à cette confiance exprimée à mon égard et au travail accompli par le passé. J'ai toujours placé le citoyen au coeur de mes actions, et c'est de cette manière que je poursuivrai mon implication.

Au cours des six dernières années, j'ai rencontré des milliers de citoyens. Cette période bouillonnante d'activités, d'échanges et de décisions s'est traduite par des résultats concrets.

Malgré tout, beaucoup de travail reste encore à faire dans mon comté pour améliorer la qualité de vie de tous et chacun. Les défis qui se présentent à moi sont de taille, et je suis prêt à les relever, M. le Président.

Je suis fier de dire que, depuis quelques années, la circonscription des Chutes-de-la-Chaudière, qui représente la

partie ouest de la ville de Lévis, est en quelque sorte le nouveau berceau du Québec. Le nombre de naissances en 2007, pour ce comté, représentait plus de 60 % de toutes les naissances de la ville de Lévis. Selon le recensement 2006, le comté des Chutes-de-la-Chaudière avait une proportion de jeunes de 0-14 ans de 21 %, alors que celle du Québec est de 17 %. Nous avons également vu, en 2006, sa population augmenter de 8 %, soit 4 % de plus que pour l'ensemble du Québec.

Je ferai tout en mon pouvoir, autant avec mon chapeau de député qu'avec celui de porte-parole en matière de famille et d'aînés, pour que la voix des familles soit entendue à l'Assemblée nationale. Plus que jamais, en période d'incertitude économique, les familles doivent être entendues pour que leurs besoins soient pris en considération. Si nous pouvons nous vanter d'avoir l'une des populations les plus jeunes et dynamiques du Québec, il est tout de même important de planifier nos besoins en services offerts aux aînés, et ce, afin de répondre aux différentes demandes.

Avec les années, le vieillissement de la population change le visage de toutes les villes du Québec. En 2006, 6,2 % de la population des Chutes-de-la-Chaudière était âgée d'au moins 65 ans, soit 1,5 % de plus qu'en 1996. Cette tendance à la hausse n'ira qu'en grandissant, car la vague des baby-boomers déferlera sans relâche pendant plusieurs années. C'est évident, M. le Président, que je veux voir grandir nos enfants dans un milieu d'avenir et donner plus d'autonomie aux jeunes familles. Mais il est primordial de poser des gestes afin de permettre à nos aînés de vivre dans la plus grande dignité humaine.

Nous devons nous assurer que toutes les options soient offertes aux personnes âgées ainsi qu'à leurs proches afin qu'ils puissent choisir leur milieu de vie et recevoir les services appropriés.

M. le Président, nous devons améliorer leur qualité de vie en privilégiant le maintien à domicile des personnes âgées, en leur offrant tout le soutien nécessaire afin qu'elles puissent demeurer le plus longtemps possible dans leur milieu naturel, en soutenant et en outillant adéquatement les aidants naturels, en augmentant les places en CHSLD tout en améliorant la qualité de vie des résidents, en assurant la qualité des soins qu'ils reçoivent tout en exigeant la meilleure sécurité possible, en augmentant les places disponibles en soins palliatifs afin de pouvoir les accompagner dignement vers la mort.

Ces milliers de personnes qui ont bâti notre société et qui maintenant partagent leurs connaissances avec les bâtisseurs de demain méritent notre respect et la meilleure qualité de vie possible.

M. le Président, les Chutes-de-la-Chaudière offre un milieu de vie propice à l'épanouissement de ses citoyens. Doté d'un réseau d'infrastructures sportives et récréotouristiques des plus complets, le comté est également un milieu où fleurissent l'art et la culture au milieu d'une vie citoyenne animée par plus de 400 organismes communautaires. Un milieu si actif et si diversifié comme le nôtre doit toujours maintenir ces services et cette énergie au bénéfice de nos enfants, de nous-mêmes et de nos aînés.

Au cours des dernières années, différents projets ont été réalisés pour augmenter l'offre de service en installations sportives. À Charny, un partenariat de la commission scolaire des Navigateurs, de la ville et des commanditaires a permis la construction d'une palestre pour les activités du club Gymnamic. Le stade de soccer Honco intérieur et la patinoire olympique du centre Bruno-Verret ont été réalisés, M. le Président, sans aucune subvention gouvernementale. Actuellement, nous avons deux projets qui sont sur la table à dessin, soit un complexe aquatique à Saint-Nicolas et un projet de centre d'exploration en sciences et technologie au parc des Chutes-de-la-Chaudière.

M. le Président, un centre d'exploration en sciences et technologie, c'est un lieu qui offre des centaines d'activités et des expériences originales et inspirantes aux petits et aux grands curieux d'ici et d'ailleurs. Offrir un tel projet à la population de Québec, c'est bien plus qu'un rayonnement local et régional.

M. le Président, un centre de sciences, c'est un moyen reconnu pour stimuler l'intéressement des jeunes aux sciences et aux technologies, c'est la possibilité d'agir dès maintenant, en amont, sur la pénurie de main-d'oeuvre qui commence déjà à manifester ses effets négatifs, c'est l'augmentation de l'offre touristique dans la région, c'est la chance de donner une grande vitrine à nos entreprises pour faire connaître leurs innovations et c'est aussi faire un choix collectif pour développer le réflexe d'innovation dans l'enfance, le goût d'apprendre et le sentiment de compétence chez les jeunes.

Le développement fulgurant du comté au cours de la dernière décennie prouve bien toute la valeur des talents et de l'entrain qui l'habitent. Par contre, M. le Président, une telle croissance démographique et économique... plusieurs défis nous attendent. Pour ma part, c'est tout le défi du transport en commun de la ville de Lévis ainsi que l'amélioration du réseau routier qui constituent un enjeu crucial et une priorité pour assurer la sécurité et le bien-être de tous. Plusieurs actions posées dans le passé auprès du ministère des Transports ont porté fruit.

Par exemple, le gouvernement actuel a fait récemment l'annonce d'un investissement de 17 millions pour les routes du comté des Chutes-de-la-Chaudière. Bravo! Reste à voir si la ministre des Transports sera aussi favorable pour débloquer le dossier du transport en commun de Lévis, qui perdure depuis plus de 15 ans. Je sais que le député de Lévis a également à coeur ce dossier qui freine le développement économique et résidentiel de la ville de Lévis. Il peut compter sur mon appui pour faire avancer ce dossier.

M. le Président, un meilleur réseau de transport en commun améliorerait la performance relative à l'émission de CO 2 pour les déplacements des citoyens pour leurs loisirs ou leur travail. Cependant, je tiens à souligner que la population lévisienne se démarque par l'efficacité de sa collecte sélective, avec un taux de récupération de 102 kilos par personne, par année, comparativement à 74 kilos pour la moyenne des autres municipalités de taille comparable au Québec. C'est donc dire qu'à Lévis on recycle plus et même mieux qu'ailleurs.

Sur les 60 000 tonnes de matière générées en 2008, près de 25 000 ont été valorisées au lieu de prendre le chemin de l'incinérateur ou du site d'enfouissement. Merci au Lévisiens pour l'avenir de vos enfants par vos bonnes habitudes de consommation.

n (10 h 40) n

En terminant, M. le Président, la situation qui perdure dans le secteur forestier me fait craindre des jours difficiles pour un bon nombre de citoyens du comté qui travaillent dans le secteur forestier. En tant que parlementaires sérieux, nous devons cesser toute partisanerie dans la recherche de solutions durables pour que ces travailleurs aient droit à une stabilité pour un emploi, M. le Président.

M. le Président, j'ai ajouté une page ce matin, j'avais rédigé mon texte la semaine dernière, je ne croyais pas que je devrais aborder le sujet de la reconnaissance de notre groupe parlementaire. Je suis toujours optimiste à ce que le gouvernement et l'opposition officielle nous donnent des moyens nécessaires pour bien représenter les 530 000 électeurs qui nous ont demandé de porter leurs voix à l'Assemblée nationale.

M. le Président, vous savez que, pour qu'on puisse bien représenter les citoyens, nous devons avoir des budgets pour pouvoir engager des recherchistes, engager des adjoints, pour pouvoir vraiment porter notre message, le message de l'Action démocratique du Québec. Je dois dire que je suis toujours optimiste, même si j'aurais aimé mieux que ce soit réglé à la rentrée parlementaire, mais je crois que, d'ici quelques heures, quelques jours, on devrait en arriver à une entente.

Et, comme disait tout à l'heure la ministre du Tourisme, je demande seulement que le gouvernement ose, ose donner des moyens nécessaires, et ça, c'est pour collaborer avec ce gouvernement de collaboration, pour qu'on puisse suivre les démarches législatives que le gouvernement va amener pour permettre à la population du Québec de sortir grandie de la crise économique que nous vivons.

Merci, M. le Président. Il y a pas eu de question de règlement, et c'est le style que je vais avoir. Et je tiens à souligner que j'ai bien apprécié travailler avec vous lorsque j'étais vice-président lors de la législature précédente. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière. Et sachez que c'est une appréciation qui était aussi réciproque. J'inviterais maintenant M. le député de Laval-des-Rapides à prendre la parole.

M. Alain Paquet

M. Paquet: Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président, le 8 décembre dernier, les citoyens de Laval-des-Rapides m'ont renouvelé leur confiance pour une troisième fois. C'est une grande source de fierté et un grand honneur d'avoir le privilège de les servir, de les appuyer, de travailler en équipe avec eux et pour eux. Je les remercie de tout coeur et je tiens à les saluer et à rendre hommage aux citoyens de Laval-des-Rapides. Chaque jour dans mon comté, je les vois à l'oeuvre. Chaque jour dans mon comté, je les vois démontrer, comme l'affirmaient des jeunes de l'école Mont-de-La Salle, qu'il faut lui donner sa chance pour que le monde change.

La meilleure façon d'avoir des quartiers et un comté qui nous rassemblent, c'est d'avoir des quartiers et un comté qui nous ressemblent. Laval-des-Rapides est habitée par des familles et des gens qui s'activent dans leur milieu, permettant de se l'approprier et de le définir. À

titre de député depuis bientôt six ans, j'ai l'occasion d'assurer un rôle de courroie de transmission. J'ai l'occasion, en partenariat avec eux, avec les personnes, avec les organismes de mon comté qui se dévouent, de faire émerger et de concrétiser de nombreuses initiatives.

Qu'elles soient culturelles, qu'elles soient sociales, qu'elles soient économiques, ces initiatives font des différences marquées et significatives dans le milieu autour de nous, dans les entreprises, dans les écoles de quartier, au collège, dans les organisations de santé et dans les organismes communautaires dévoués qui répondent à de multiples besoins. La richesse commune de toutes ces institutions réside dans les gens, dans les gens qui y oeuvrent.

Sans aucun doute, la personnalité dynamique et attachante de mon comté tient aux aspirations, aux talents et à l'engagement des citoyens. J'entends continuer à être à leur écoute et à agir pour mettre, ensemble, en valeur l'apport de la diversité de talents de mes concitoyens pour réussir à relever les défis que nous avons à relever et que nous pouvons relever.

Le 15 janvier dernier, le premier ministre me confiait la responsabilité d'agir à ses côtés à

titre d'adjoint parlementaire responsable aux dossiers économiques. À cette occasion, j'assiste et j'assisterai sur des questions et des sujets d'actualité. Je serai appelé à offrir des conseils et à développer des recommandations à propos d'enjeux économiques fondamentaux tels que la productivité ou l'innovation, notamment.

J'aurai l'occasion de mettre de l'avant, comme je le fais depuis cinq ans, des idées et des moyens pour s'assurer que Laval-des-Rapides et que tout le Québec puissent émerger, sortir renforcés de cette période économique difficile, d'assurer une croissance économique à long terme qui soit beaucoup plus à la mesure de notre potentiel. Je suis honoré de la confiance du premier ministre et du rôle de premier plan qu'il me confie. Je me sens très motivé, dans le contexte économique actuel, à servir le Québec... et qui a la capacité de relever ces défis.

Vous savez, M. le Président, le monde traverse une période économique très difficile. La crise financière qui est survenue d'abord aux États-Unis et qui se propage depuis lors sur la planète fait en sorte que notre économie, l'économie mondiale, est secouée par une crise économique sans précédent. Ce type de crise est inédit à bien des points de vue, tant par sa nature que par son ampleur inégale et la vitesse inégale et variable à laquelle elle se propage.

L'automne dernier, pendant 33 jours, j'ai eu l'occasion, avec mes collègues, nous avons eu l'occasion de parler à nos concitoyens de la crise économique qui s'en venait. Depuis le 8 décembre, pourtant, la tempête économique s'est aggravée. Même si on s'en tire mieux qu'ailleurs, le Québec est affecté. Les économistes et les analystes les plus sérieux ne pouvaient pas prédire une dégradation et ne prévoyaient pas une dégradation aussi rapide que celle que nous avons connue en janvier.

Pourtant, sans sous-estimer ses effets, tout n'est pas noir. Vendredi dernier, Pierre Duhamel, dans le blogue de L'Actualité.com , affirmait et disait: « Les mesures adoptées par le gouvernement [du premier ministre] adoucissent considérablement les effets de la récession. » Il disait aussi: « L'opposition peut crier fort, mais ce sont des faits. »

L'Ontario compte, en février 2009, par rapport à février 2008, 131 600 chômeurs de plus. Au Québec, ce sont 38 000 chômeurs de plus. C'est 3,4 fois plus de nouveaux chômeurs en Ontario qu'au Québec. Le taux de chômage est de 8,7 % en Ontario, comparativement à 7,9 % au Québec. Juste dans le secteur de la construction, en février dernier, l'Ontario perdait 43 000 emplois; le Québec en gagnait 1 000, emplois. Pour 2009, comme le dirait le député de Vimont, la Banque Royale prévoit et afficherait une croissance économique de moins 1/2 de 1 %, alors que pour le Canada c'est une croissance négative de 2,4 % pour 2009.

Depuis le début de ce débat, j'ai écouté avec attention ce que disent nos collègues de l'opposition officielle. Malheureusement, je n'ai pas retiré grand-chose de concret jusqu'à maintenant. Le député de Matane parlait bien de sa nostalgie pour le plan de relance de la Gaspésie dans le temps de Mme Marois... de Mme la chef de l'opposition officielle, pardon, mais évidemment, M. le Président, j'imagine qu'il a la nostalgie du scandale et du désastre de la Gaspésia. Ça, c'était l'héritage dont on héritait. Et je vois mes collègues du Bas-du-Fleuve et des Îles-de-la-Madeleine me rappeler ce que ça représentait comme catastrophe.

Partant, lorsqu'on est un député du Parti québécois, ce qui compte, c'est la souveraineté du Québec. Eh oui! oui...

Des voix: ...

M. Paquet: M. le Président, vous voyez, vous les entendez, ce qui compte, c'est la souveraineté, la souveraineté à tout prix et la souveraineté à n'importe quel prix. À les entendre, la souveraineté du Québec ferait pousser les arbres plus vite, l'indépendance du Québec réduirait le nombre de jeunes qui décrochent, la souveraineté du Québec comblerait les besoins de main-d'oeuvre dans le contexte de vieillissement de la population, l'indépendance du Québec réduirait la concurrence internationale et renforcerait les industries du secteur manufacturier qui ont été malmenées depuis 10 ou 15 ans.

M. le Président, il fallait y penser, la souveraineté, c'est magique. Bien sûr, nos concitoyens ont bien compris, la majorité des concitoyens l'ont bien affirmé à plusieurs reprises, ils croient plutôt que la souveraineté, ce n'est que de l'illusion.

La chef de l'opposition officielle et chef du Parti québécois affirmait le mois dernier que, si le Québec était souverain, nous serions assis aux grandes tables internationales, où les nations se concertent pour amoindrir les effets de la crise.

Bien, M. le Président, comme l'a démontré Alain Dubuc, dans La Presse , ce qu'il a démontré, c'est que la souveraineté du Québec amènerait le Québec à être un parmi 193 dans un énorme auditorium aux Nations unies, aussi important soit-il comme auditorium, mais en rien ne nous assurerait une place au G8 ou au G20 et en rien ne nous permettrait d'être assis à aucune table, à quelque table que ce soit, internationale pour parler d'économie. Ça, c'est la réalité.

n (10 h 50) n

Parlons plutôt, M. le Président, d'une vision d'avenir pour le Québec. Et je pense qu'il est important de réaffirmer l'importance de s'engager sur la voie de la croissance économique du Québec, sur la voie d'une confiance dans les moyens des Québécois et des Québécoises. Parfois, je dirais même trop souvent, on a l'impression que le seul péché qui reste au Québec, c'est de créer de la richesse.

Je veux bien, je veux bien qu'on débatte de comment on en crée, je veux bien, M. le Président, qu'on débatte de ce qu'on en fait quand on en a et quand on en a créé, mais, de grâce, cessons de débattre si on doit ou non créer de la richesse. Le Québec a besoin de plus, le Québec a besoin de mieux. Il faut rejeter l'adage qu'on est nés pour un petit pain. Et les décisions et les choix que le gouvernement a portés depuis six ans et ceux que nous posons maintenant comme gestes font en sorte de voir grand pour le Québec.

Permettez-moi de partager avec vous cette citation de l'économiste Paul Romer, dans un texte intitulé Risk and Return ou Risque et rendement . Il dit: « ...la croissance ne permet pas seulement l'augmentation du niveau de vie, elle contribue aussi à mettre en valeur le meilleur de la nature humaine. [...]Dans un monde sans croissance, le seul moyen pour vous d'offrir à vos enfants une vie meilleure sera de forcer les enfants des autres à une vie moins bonne. [...]Mais, dans un monde en croissance, il n'est plus illogique d'espérer un avenir meilleur pour nos enfants et aussi pour tous les enfants du monde.

La croissance économique autorise [...] à la fois l'ambition pour les siens et la générosité envers les autres. » Bien, c'est cette pensée, cette philosophie, M. le Président, qui anime le gouvernement, qui m'anime dans mon engagement politique. Nous ne devons pas bâtir que pour nous-mêmes, mais bien pour nos enfants et nos petits-enfants, ainsi que nos enfants et les enfants des autres.

Justement, la vision du premier ministre du Québec ne se limite pas à la crise mais va bien au-delà. Il a des ambitions pour le Québec. Nous avons un plan pour passer au travers de la crise et préparer le Québec à rebondir. Notre gouvernement a mis de l'avant et a posé des gestes porteurs. Pourtant, à entendre l'opposition, on a l'impression que tout ce qui a été entrepris avant le 17 mars 2009, avant aujourd'hui, ne compte pas. Ça doit être nié, ça n'existe pas. Il n'y a rien de ça, il n'y a jamais rien qui a été fait avant aujourd'hui. C'est pourtant ce qu'on entend.

Mais la réalité est tout autre, et les citoyens du Québec bénéficient directement des décisions importantes que notre gouvernement a posées. Si nous avions suivi les prescriptions des critiques de l'opposition officielle à l'époque, le Québec aurait été en récession depuis plusieurs mois, la croissance économique aurait été réduite depuis longtemps.

Nous allons tenir dans la tempête, et nous allons nous mettre en position de rebondir, et nous allons préparer l'avenir. Voici ce qui nous motive. Je vous disais: Nous avons posé les bons gestes, notamment dans le programme d'infrastructures, pour procurer 100 000 emplois et 2 milliards de dollars... en plus de procurer, en plus des infrastructures, des aides financières qui permettent de dégager 2 milliards de dollars d'aide aux entreprises dans le contexte de crise de liquidités qui afflige nos entreprises du Québec.

Nous nous sommes engagés essentiellement dans trois chantiers majeurs. L'emploi demeure une priorité absolue. La formation et l'éducation est une clé essentielle et importante pour assurer l'avenir des jeunes d'aujourd'hui et assurer l'avenir de notre économie, notre société et notre niveau de vie.

Le nouvel espace économique avec le développement de notre potentiel hydroélectrique et énergétique, l'ouverture des marchés et le plan Nord sont tous des éléments qui définissent l'approche et la vision de notre gouvernement, M. le Président. Nous avons le droit d'avoir de l'ambition pour le peuple québécois, et c'est pour ça que nous devons continuer à poser des gestes dans ce sens.

Lorsqu'on parle de l'entente Québec-Ontario pour un libre accès au marché, des développements de l'énergie hydroélectrique, éolienne et autres, l'entente avec la France sur la mobilité de la main-d'oeuvre, l'entente avec le reste du Canada sur la mobilité à l'intérieur du Canada, ainsi qu'une entente de libre-échange qui se négocie présentement avec l'Union européenne et le Canada, le plan Nord, tous ces gestes se renforcent les uns et les autres pour permettre au Québec d'émerger.

Permettez-moi de revenir sur certaines de ces initiatives. D'abord, pour créer de l'emploi et développer le Québec, nous avons confirmé une accélération des investissements en infrastructures qui atteindront 41,8 milliards de dollars pour les cinq prochaines années, ce qui s'ajoute à ce qui a déjà été fait. Et, contrairement à ce qu'affirmait la semaine dernière la chef de l'opposition officielle, le gouvernement n'a pas commencé à agir dans les infrastructures après le tragique événement du viaduc de la Concorde. J'invite tous les collègues présents en cette Chambre d'aller vérifier les faits.

Les faits ont la tête dure. Lorsqu'on regarde que, de 1996... pardon, de 1976, excusez-moi, jusqu'en 2003, tous les gouvernements ont pelleté par en avant... Ça avait été initié dans le temps de M. Parizeau, ça s'est continué essentiellement pendant 25 ans. Des choses ponctuelles avaient été faites, mais la mauvaise tendance avait été continuée pendant 27 ans.

En 2003, notre gouvernement agissait pour les infrastructures. Déjà à l'intérieur des quatre à cinq premières années, les investissements en infrastructures ont plus que doublé par année. Ça, c'est la réalité, et ça avait commencé bien avant les événements du viaduc du Concorde, contrairement à ce qu'affirme l'opposition. De plus, nous avons été le premier gouvernement à annoncer un plan quinquennal d'investissements massifs en infrastructures.

Non seulement était-ce la bonne décision pour le long terme de notre économie, pour augmenter la compétitivité de nos entreprises, pour augmenter les niveaux de vie et les rémunérations de nos travailleurs, parce que c'est ça, la conséquence d'avoir une économie plus productive, mais aussi il s'avère que ce sont des bons gestes même à court terme pour passer à travers la crise. Ce que parle de faire le président Obama, notre gouvernement le fait déjà. C'est une réalité.

Nous avons mis de l'avant le Pacte pour l'emploi, M. le Président, pour répondre aux défis relatifs à l'accessibilité à une main-d'oeuvre nombreuse, plus nombreuse et plus qualifiée.

Il y a un an, notre collègue le ministre de l'Emploi et de la Solidarité rendait publics les paramètres et la vision de ce Pacte pour l'emploi et commençait à déployer un plan de 1 milliard de dollars d'investissement sur trois ans pour mobiliser l'ensemble des partenaires, travailleurs ? syndiqués et non syndiqués ? et patronat, pour que tous ensemble travaillions dans le même sens pour répondre notamment au fait que 475 000 personnes prendront leur retraite, au Québec, d'ici trois ans. Pas plus tard que la semaine dernière... ou le 4 mars dernier plutôt, Le Devoir titrait: Le pacte pour l'emploi va bon train .

Déjà des résultats sont à l'oeuvre, pas depuis la semaine dernière, depuis le discours inaugural, depuis des gestes qui ont été posés concrètement par notre gouvernement et qui font une différence à Laval, qui font une différence dans mon comté et ainsi que dans l'ensemble des comtés du Québec, M. le Président.

Lorsqu'on parle de remettre 50 000 personnes à l'aide sociale à l'emploi, c'est parce que nous valorisons le travail et nous valorisons ces personnes-là. Il y a eu des gestes de posés depuis cinq ans. La Prime au travail est un élément qui permet de façon cruciale de lutter contre la pauvreté et d'aider les gens à participer activement à la dignité du travail et à en retirer les fruits. Ça, c'est la réalité, c'est s'attaquer à la lutte à la pauvreté et en même temps parler de croissance économique, ce n'est pas en opposition.

Lorsqu'on parle de persévérance scolaire, M. le Président, bien sûr, comme nous tous en cette Chambre, nous trouvons déplorable que des jeunes décrochent à l'occasion, que trop de jeunes décrochent trop rapidement du secondaire. Au moins, ce qui console: plusieurs raccrochent et réussissent. Le taux de diplomation depuis 2002 a passé de 79,8 % à 85,1 % de jeunes qui terminent avec un secondaire V au Québec. Ça, c'est une bonne nouvelle.

Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler davantage, comme on le fait, mais de continuer à travailler en amont pour réduire le nombre de jeunes qui, pendant un certain nombre d'années, décrochent et doivent raccrocher par la suite. Et c'est à ça que notre gouvernement... et le message du discours inaugural annonce la voie que nous allons continuer dans ce sens-là, comme nous avons pris, lors de la campagne électorale, comme engagement, par exemple, de réduire le nombre d'élèves par classe et de continuer à agir comme on le fait pour l'Aide aux devoirs et d'autres mesures qui seront annoncées.

Lorsqu'on parle de persévérance scolaire, permettez-moi de vous parler d'un exemple, dans Laval-des-Rapides et dans Laval, d'un organisme qui s'appelle Diapason-Jeunesse, qui fait un travail extraordinaire. En 2003, notre gouvernement a levé le moratoire qui était là depuis neuf ans et qui empêchait de nouvelles initiatives dans le Programme d'action communautaire sur le terrain en éducation. En 2003, lorsque nous avons levé ce moratoire, Diapason-Jeunesse fut le premier organisme à bénéficier du changement de vision de notre gouvernement par rapport à l'opposition officielle d'aujourd'hui.

Son budget a même été augmenté il y a deux ans, M. le Président. Et, chaque année, j'ai l'occasion de voir des jeunes qui parfois ne décrochent pas mais qui sont sur le bord, qui ont besoin de développer... non seulement qu'on leur démontre et qu'on leur témoigne la confiance qu'on a en eux, ils doivent reconnaître leur propre mérite et leur confiance. Ils doivent développer non seulement des aptitudes, comme doit le faire l'école, mais aussi les attitudes à la réussite.

Parce que la réussite attire la réussite, le succès attire le succès, et ce sont des exemples comme ça que nous avons l'occasion et que j'ai l'occasion de voir dans Laval-des-Rapides et qu'on doit multiplier au Québec. Alors, M. le Président, quand je vois le projet avec lequel je travaille, Diapason-Jeunesse, qui est une école de la rue, voici des exemples concrets pour aller encore plus loin, qui vont dans le sens de la vision de notre gouvernement, et c'est de la proximité, c'est concret pour les citoyens de Laval.

n (11 heures) n

Lorsqu'on parle d'entrepreneurship, s'il y a un virus qu'il faut propager au Québec, c'est celui de l'entrepreneurship. Il faut être entrepreneur, que ce soit dans la fonction publique, que ce soit dans une entreprise privée traditionnelle, que ce soit dans une entreprise d'économie sociale, à tous les niveaux. Il faut se permettre d'émerger et de réussir, de réaliser les forces du milieu et de bâtir sur ces forces. Et, la semaine dernière, j'avais l'occasion, M. le Président, de présenter, avec des collègues de l'Assemblée, une motion soulignant le travail du crédit communautaire.

Bien, lorsque je vois, par exemple, l'organisme SOCLE, dans mon comté, qui est un des 22 membres du Réseau québécois du crédit communautaire, soutenir des entreprises et permettre à des entreprises d'émerger, que ce soit comme Lumi-Ère Média, que ce soit comme Luz Ambiance, que ce soit comme Intérim Santé, et je pourrais en nommer bien d'autres...

J'en vois dans le Bas-Saint-Laurent. D'ailleurs, j'en ai rencontrés la semaine dernière, hein? Je vois le Réseau Accès Crédit du Bas-Saint-Laurent permettre à Emmanuel Berger de réaliser ses rêves d'exploiter un ranch. On parlait de tourisme tout à l'heure. Ça a été réalisé grâce à l'appui que le gouvernement du Québec, pas la semaine dernière, depuis plusieurs années, donne au crédit communautaire, que notre gouvernement a augmenté comme aide et appui à ces organismes de crédit.

Lorsqu'on parle d'hydroélectricité, M. le Président, lorsqu'on parle de développement durable, le développement durable conjugue à la fois la prospérité économique, la juste réponse aux enjeux environnementaux et la justice sociale. Lorsqu'on parle de développer notre hydroélectricité, de prendre notre place à cet égard-là, M. le Président, ce sont des gestes que nous faisons, alors que, pendant neuf ans, l'opposition officielle, quand elle était au gouvernement, a négligé le développement des infrastructures au niveau de l'hydroélectricité. Ça, c'est vrai, M. le Président, c'est la réalité.

Alors, M. le Président, lorsqu'on parle d'un projet comme par exemple l'électrification du transport collectif, comme on a annoncé hier à Laval, un projet qui est en train d'être mis sur pied à Laval, on voit des exemples encore concrets d'allier développement durable et développement économique.

M. le Président, lorsque nous sommes forts comme Québec, tant dans l'adversité que dans la prospérité, notre attitude face au succès détermine notre vrai progrès. Seule notre détermination va nous conférer notre envergure en tant que nation. Et la plus grande richesse du Québec demeure sans doute celle des femmes et des hommes qui prennent place activement là où ils se trouvent, agissant avec dynamisme pour concrétiser leurs aspirations.

Particulièrement dans le contexte économique difficile que nous traversons mais en tout temps, le Québec est invité à s'engager sur la voie de l'ouverture plutôt que celle du repli sur soi. Les réponses les meilleures et les plus durables aux défis que nous devons relever résident dans la contribution conjuguée de tous et la confiance que nous y investirons. En ouvrant les frontières intérieures et extérieures, la société québécoise aspire à réaliser notre plein potentiel. C'est le meilleur de ce que nous sommes qui est interpellé.

Comme l'a mis de l'avant notre gouvernement et le premier ministre, élargir l'espace économique québécois est la clé. Occuper cet espace est à notre portée. Depuis bientôt six ans, des gestes importants et porteurs d'avenir ont été posés. D'autres s'y ajouteront pour permettre à la fois au Québec de traverser la période de turbulence qui nous afflige et pour relever les défis importants pour rehausser le niveau de vie et la qualité de vie des Québécois.

Le discours inaugural du premier ministre est un appel à voir grand pour le Québec et à reconnaître l'occasion de nous démarquer. Je suis convaincu que cet appel, les gens de Laval-des-Rapides et de tout le Québec y répondront avec vigueur pour rebondir plus vite et plus loin. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci, M. le député de Laval-des-Rapides. J'inviterais maintenant Mme la députée de Joliette, qui... sauf erreur, c'est son premier discours en Chambre. Alors, soyez bien rassurée, soyez à l'aise, comme d'habitude, ça va bien aller. Allez-y, nous vous écoutons, Mme la députée de Joliette.

Mme Véronique Hivon

Mme Hivon: Merci, M. le Président. Alors, évidemment, c'est avec beaucoup d'émotion que je me lève aujourd'hui pour, comme vous l'avez si justement dit, prononcer ma première allocution en cette Chambre. Vous comprendrez que mes premiers mots s'adresseront aux gens de la circonscription de Joliette, qui m'ont fait l'honneur de me choisir pour les représenter. Je souhaite leur dire que je me sens très privilégiée et que je prends la pleine mesure de la responsabilité qu'ils m'ont confiée. Je veux aussi les assurer que je ferai tout pour être à la hauteur de leur confiance.

Je ne sais pas, M. le Président, si vous connaissez bien la circonscription de Joliette, mais je peux vous dire qu'il s'agit évidemment d'une circonscription exceptionnelle. C'est, en fait, un véritable mini-Québec parce qu'on y retrouve, sur une petite échelle bien sûr, tout ce qui fait la richesse du Québec dans son ensemble. Elle est composée de 13 municipalités, un pôle urbain bien développé, bien dynamique; un esprit entrepreneurial fort bien implanté depuis ses toutes origines, avec quelques très grandes entreprises et une très forte concentration de PME ?

Joliette s'appelait d'ailleurs, à son origine, ville de L'Industrie; un secteur culturel d'une magnifique vitalité; de nombreuses municipalités rurales dotées d'une âme bien à elles, d'un esprit de communauté impressionnant et d'une grande solidarité; un secteur agricole très diversifié, fort de fermes familiales autant que de nouveaux venus qui se lancent dans l'aventure agricole; un développement touristique en essor, avec l'agrotourisme; évidemment l'attrait de nos nombreuses institutions et manifestations artistiques, que l'on pense notamment au Festival international de Lanaudière, à celui de la musique traditionnelle Mémoire et racines, au Musée d'art de Joliette ou à la Maison Antoine-Lacombe.

Mais, au-delà des richesses de la circonscription en elle-même, M. le Président, c'est sa population qui fait évidemment toute sa force, des gens vrais, ouverts, généreux, qui constituent, pour moi, une grande source d'inspiration au quotidien, des qualités dont je veux être habitée et qui d'ailleurs, il me semble, devraient tous nous habiter en cette Chambre si nous souhaitons travailler à contrer le cynisme envers la classe politique, ce cynisme qui mine non seulement notre crédibilité d'élus, mais celle de l'ensemble de notre système démocratique.

Mais je doute, M. le Président, que je sois sur la même longueur d'onde que le premier ministre à cet égard ? pas seulement à cet égard, mais, disons, notamment à cet égard. Non seulement n'affiche-t-il aucune volonté de s'attaquer au cynisme, mais il semble se plaire à multiplier les attitudes qui contribuent à l'alimenter.

Tout d'abord, on a eu droit à un déclenchement d'élection dont personne ne voulait, sans justification, avec comme triste résultat un taux record de non-participation. Par la suite, on a eu droit à une campagne électorale faite de pensées magiques et d'engagements irréalistes. On aurait pu penser que le gouvernement avait appris après avoir fait des promesses qu'il a été tout simplement incapable d'honorer une fois porté au pouvoir en 2003. Que l'on pense aux baisses d'impôt, que l'on pense à la santé.

Et je peux vous dire que les gens de Joliette savent très bien que les promesses n'ont pas été tenues en santé parce qu'ils vivent avec une des pires urgences, au CHRDL, et un manque criant de médecins de famille. Que l'on parle donc de santé ou de baisses d'impôt, on aurait pu penser que le premier ministre aurait appris de sa difficulté à tenir ses promesses, mais, non, il a récidivé de plus belle.

Crise économique, récession: pas matière à s'inquiéter, le Québec passerait à côté, il se tirerait bien d'affaire parce que la situation au Québec était différente de celle du reste du monde. Pertes à la Caisse de dépôt: encore une fois, pas matière à s'inquiéter, les chiffres évoqués étaient très loin de la réalité, et la caisse tirerait même son épingle du jeu. Pertes de 1 milliard au

chapitre de la péréquation: pas matière à s'inquiéter, nos chiffres n'avaient absolument rien à voir avec ce que le fédéral leur avait dit, à peine 75 millions, pas besoin de fouiller plus loin. Et finalement, évidemment, comble du cynisme, aussitôt la campagne terminée, la lumière apparut soudainement au premier ministre: la crise nous affecterait durement, et un déficit important devenait inévitable, la Caisse de dépôt avait bel et bien encouru des pertes de 40 milliards, et le Québec perdrait effectivement 1 milliard au

chapitre de la péréquation. On a rarement vu en politique un revirement plus complet et plus soudain. Et après on se demande pourquoi les gens sont si cyniques.

Pour ma part, M. le Président, j'aurais bien aimé une trêve de cynisme et sentir dans ce discours inaugural une nouvelle impulsion, une vision et un peu de transparence. J'aurais aimé aussi ? je ne sais si c'est trop demander ? des mesures claires et précises. Rien de tout cela.

Et c'est bien paradoxal parce qu'alors que le premier ministre s'évertue à nous dire qu'il n'aurait pu prévoir, en campagne électorale, l'ampleur de la crise qui nous attendait il ne propose aujourd'hui aucune nouvelle mesure pour faire face à cette crise d'une gravité soudainement beaucoup plus importante que ce qui apparaissait à son écran radar en novembre. Pourtant, je connais beaucoup de monde qui en espère, des mesures concrètes.

Dans son discours inaugural, le premier ministre nous a dit: « Les Québécois s'attendent à ce que les employeurs et les syndicats travaillent ensemble. Je leur demande de collaborer pour protéger des emplois et le développement des entreprises. » Fort bien. C'est précisément ce qu'ont fait chez nous les travailleurs de Bridgestone, qui, dans une impressionnante solidarité, se sont entendus avec l'employeur pour que la production, qui était déjà arrêtée, depuis décembre, deux jours par mois, le soit maintenant trois jours par mois, question d'éviter que des collègues soient mis à pied. Belle preuve, s'il en est une, de solidarité, d'ouverture et de travail constructif.

n (11 h 10) n

Mais quel message d'aide et d'espoir leur a envoyé le premier ministre, mardi dernier, pour la suite des choses? Que leur arrivera-t-il si les trois jours de cessation de production ne suffisent plus? Il faudrait bien que celui qui a les deux mains sur le volant y pense et affiche un certain leadership avant que la situation dégénère et qu'il soit trop tard.

Que dire aux nombreux dirigeants et employés de PME ? ma circonscription étant, comme je l'ai dit précédemment, une véritable fourmilière de petites et moyennes entreprises ? qui s'inquiètent du ralentissement de leurs activités et qui voudraient qu'on les aide avant que des mesures trop draconiennes ne s'imposent? J'espère que le discours du budget sera plus éclairant parce que, pour l'instant, rien, encore une fois, qui ne puisse les rassurer.

Que répondre aux municipalités en attente de voir le fameux programme d'infrastructures promis depuis des mois et des mois se déployer pour qu'il puisse enfin répondre à leurs problèmes les plus urgents? Encore une fois, rien.

Et qu'y a-t-il dans ce discours inaugural au

chapitre de la solidarité, de la préoccupation pour les moins bien nantis du Québec, pour les nouveaux arrivants, pour ceux et celles qui peinent à trouver réponse à leurs besoins? Certes, on y retrouve beaucoup de belles phrases, M. le Président: « Ce qui déterminera notre réussite, c'est notre capacité de travailler ensemble. Plus que jamais, nous, Québécois, sommes responsables les uns des autres. » Et cette perle: « Le Québec doit devenir une chaîne dont les maillons seront nos mains tendues. Nous devons être prêts à nous entraider et à redoubler d'efforts. »

De très belles phrases, j'en conviens, M. le Président. Mais, une fois ces belles phrases prononcées, que reste-t-il? Quelle résonnance concrète peut-on y accoler? Quel leadership expriment-elles? Vous pourriez peut-être m'aider dans ma recherche parce qu'encore une fois je n'y trouve rien. Et je ne suis pas la seule. Les organismes communautaires de ma circonscription auraient bien aimé y lire un message d'encouragement à l'endroit des efforts qu'ils font quotidiennement pour venir en aide aux plus vulnérables de notre société.

Ils aimeraient sentir qu'ils sont appuyés, particulièrement en cette période où ils risquent de devoir faire encore plus de petits miracles au quotidien. Mais non, rien.

Rien non plus, dans ce discours inaugural, au

chapitre de la justice, domaine qui me tient à coeur, d'autant plus que j'ai la chance d'en être maintenant la porte-parole. Or, je pense qu'il est temps qu'on parle davantage de justice au Québec. La justice, c'est un pilier fondamental de notre démocratie, et on semble bien peu s'en préoccuper. Il faudrait peut-être être prudent.

La justice, M. le Président, ce n'est pas que les palais de justice et les toges noires, ce n'est pas que les procès criminels archimédiatisés, c'est d'abord et avant tout le fait d'avoir des droits et de pouvoir les faire respecter, c'est la faculté de se défendre, c'est l'habilitation à être en contrôle de sa destinée quand une situation litigieuse se présente. Personne n'est à l'abri d'un problème juridique. Et, une fois la situation déclenchée, c'est souvent la spirale infernale, les coûts, les délais, le stress, le poids sur les épaules, la perte totale de qualité de vie.

La justice, c'est trouver des solutions pour aider la personne qui se fait poursuivre injustement et qui doit débourser des sommes importantes pour se défendre. C'est outiller la personne qui, faute de moyens, souhaite se représenter seule. C'est miser sur la prévention des conflits à la source. C'est prendre le virage des modes alternatifs. C'est amener la justice près des citoyens et non l'inverse. C'est innover en rendant le droit moins formel et plus compréhensible pour le commun des mortels. C'est oser en revoyant la manière même d'écrire nos lois. Bref, la justice, c'est l'accès à la justice. Sans accès, on ne saurait même parler de justice. Or, pas un mot là-dessus.

En matière de justice, comme d'économie, comme de soutien aux entreprises ou de solidarité sociale, le discours inaugural ne présente rien de nouveau, rien de porteur, rien d'emballant, aucune vision, aucune passion, aucun espoir, aucun rêve. Pourtant, M. le Président, il me semble bien que l'exercice de la politique, ce doit précisément être la vision, l'espoir, le rêve, même en des temps difficiles, surtout, je dirais, en des temps difficiles.

C'est pourquoi je suis heureuse de faire

partie d'une équipe parlementaire qui a une vision, une vision porteuse d'espoir, et qui a surtout assez confiance dans le peuple québécois pour lui offrir un véritable projet, une véritable ambition, celle de se donner un pays, un pays normal, comme ce à quoi tout peuple normal devrait avoir droit, un pays qui lui permettra de vivre selon ses valeurs, ses priorités, ses particularités. Et j'aimerais dire au député de Laval-des-Rapides que, non, tous les problèmes ne disparaîtront pas comme par magie, mais, avec un pays, nous pourrons apporter nos propres solutions à nos propres problèmes.

La solution, c'est la souveraineté parce que la souveraineté, c'est simplement de bâtir un pays à l'image des gens qui composent le Québec d'aujourd'hui, à l'image des gens de Joliette, des gens vrais, ouverts et généreux, des Québécois confiants, compétents et capables de grandes choses, même en des temps difficiles, pour peu qu'on leur en donne la chance, pour peu qu'on leur procure un peu d'espoir, un peu de soutien.

Je me permettrais donc, en terminant, M. le Président, de demander au premier ministre de nous faire espérer un peu, de nous faire rêver un peu. Les citoyens de la circonscription de Joliette et de l'ensemble du Québec s'en porteraient tous un peu mieux. Merci.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci, Mme la députée de Joliette. Comme vous l'avez remarqué, l'exercice n'a pas été trop difficile, n'a pas été trop dur. Nous avons maintenant un autre collègue pour qui ce sera aussi la première opportunité de s'adresser à la Chambre, et j'invite immédiatement le député des Îles-de-la-Madeleine à prendre la parole.

M. Germain Chevarie

M. Chevarie: Merci, M. le Président. Ma présence ici, en cette Chambre, je la dois à la confiance que m'ont témoignée les électeurs du comté des Îles-de-la-Madeleine, que je suis d'ailleurs très fier de représenter à l'Assemblée nationale du Québec. Compte tenu qu'il s'agit de ma première intervention, comme vous l'avez mentionné, en cette Assemblée, permettez-moi, M. le Président, de remercier chaleureusement tous les Madelinots et Madeliniennes de leur appui.

Je profite de l'occasion également qui m'est offerte aujourd'hui pour remercier ma famille immédiate et élargie, qui m'a supporté à tous les instants dans cette belle aventure que fut la dernière campagne électorale. Je dis également un merci très sincère aux bénévoles. J'aimerais également saluer mon personnel de bureau pour leur collaboration et leur dévouement en m'assistant dans mes fonctions de député. Je me joins à l'équipe libérale avec fierté et enthousiasme et j'entreprends ce premier mandat avec la conviction et avec le goût de bien servir tous les Madelinots et Madeliniennes.

M. le Président, vous savez, la communauté madelinienne habite un archipel situé en plein golfe du Saint-Laurent. Les Îles-de-la-Madeleine sont uniques, au Québec, tant par leur formation géologique que par leur spécificité culturelle. Par notre situation maritime, nous sommes souvent associés au caractère d'isolement et d'insularité.

Malgré ces facteurs avec lesquels les Madelinots doivent vivre au quotidien, ils sont profondément attachés à leurs îles, et j'en suis également un farouche partisan.

Ce sont également ces mêmes caractéristiques qui ont façonné le caractère et la culture des gens des Îles. L'économie des Îles-de-la-Madeleine repose principalement sur l'industrie de la pêche et celle du tourisme. La pêche commerciale occupe une place prépondérante dans la vie économique des Madelinots. Cette pêche fut pratiquée durement et parfois de façon artisanale par nos grands-pères et nos pères. Ces ancêtres nous ont laissé cependant de belles valeurs de courage et de persévérance. Ils ont dignement passé le flambeau à leurs fils et à leurs filles.

Cette industrie représente le secteur économique le plus important, avec des retombées annuelles évaluées à plus de 55 millions de dollars. La pêche au homard est un véritable moteur pour l'économie des Îles-de-la-Madeleine. C'est de chez nous que provient la majorité des homards pêchés au Québec. 325 entreprises des Îles détiennent un permis de pêche pour ce crustacé. Plus de 800 personnes, capitaines de bateau, aides-pêcheurs, dépendent de cette pêche, sans compter plus de 200 emplois en usine directement reliés à cette industrie.

Nos travailleurs et travailleuses d'usine sont vaillants et possèdent l'expertise pour offrir des produits de qualité et de renommée, particulièrement pour notre homard.

n (11 h 20) n

Malgré les difficultés rencontrées dans le secteur des pêcheries, notre gouvernement, en collaboration avec les homardiers de l'archipel, a adopté des mesures volontaires de conservation de la ressource, qui, depuis plusieurs années, ont certainement contribué au succès de cette industrie, un exemple pour le Québec dans ce domaine.

Notre gouvernement est au fait et est préoccupé par la situation qui prévaut dans le secteur des pêches aux Îles-de-la-Madeleine. Afin de favoriser la création d'emplois, notre gouvernement a mis en place une aide fiscale spéciale à l'égard des activités spécifiques exercées dans les secteurs prometteurs des éoliennes, de l'exploitation des ressources maritimes, de même que dans le secteur manufacturier. En janvier 2008, notre gouvernement a lancé un plan d'action ministériel solide qui se concentre sur trois priorités: la compétitivité, la commercialisation et la concertation.

Une enveloppe de 10 millions de dollars sur cinq ans est prévue pour la réalisation de ce plan d'action, et ce, en plus du budget régulier déjà accordé dans le secteur des pêches et de l'aquaculture commerciale.

Ces actions immédiates ne représentent que quelques exemples de notre contribution et de notre volonté d'améliorer la performance de l'industrie à moyen et long terme. Nous devons poursuivre le travail déjà amorcé afin que l'ensemble de cette industrie résiste à la tempête économique et demeure un actif pour toute la communauté.

M. le Président, la pêche d'aujourd'hui est devenue une activité de haut niveau. Les bateaux et les équipements sont modernes, et nos capitaines et aides-pêcheurs sont devenus de véritables professionnels. Cette pêche est soutenue par des industriels dotés d'un grand sens des affaires, ingénieux et ambitieux. Avec la mondialisation des marchés, nos entreprises réalisent de plus en plus que la véritable concurrence n'est plus entre nous mais bien avec les autres pays.

Afin de faire face aux défis du marché, nous devons poursuivre l'investissement dans l'exploitation et la transformation de nouvelles espèces marines comme dans une plus grande transformation des espèces traditionnellement pêchées.

M. le Président, je désire maintenant prononcer quelques mots sur la chasse aux phoques, la chasse aux loups marins, comme on le dit aux Îles, cette chasse qui est exercée aux Îles par des centaines de pêcheurs, et ce, depuis des décennies, en fait plus de 300 ans. La chasse est une activité économique non négligeable pour notre communauté et encore plus pour ses chasseurs. Le 4 mars dernier, notre gouvernement a déploré la récente décision de la commission du consommateur du Parlement européen de recommander le bannissement des produits du phoque sur l'ensemble du territoire des 27 pays membres de l'Union européenne.

Je désire aujourd'hui réitérer que la chasse aux loups marins est une activité durable qui contribue de façon importante au développement économique des Îles-de-la-Madeleine. Ce secteur d'activité représente, dans la majorité des cas, le tiers du revenu annuel des quelque 500 chasseurs qui pratiquent cette activité. Ces chasseurs sont compétents et sensibilisés à éviter des souffrances inutiles à cet animal. Ils suivent d'ailleurs depuis plusieurs années une formation pour s'assurer que la chasse soit pratiquée dans des conditions optimales de sécurité et avec respect envers cet animal. Cette chasse fait

partie de l'activité économique, historique et patrimoniale des Madelinots. La communauté des îles, et plus particulièrement nos pêcheurs et chasseurs, a besoin du soutien de tous ceux qui sont en faveur du maintien de cette chasse. Tous les membres de l'industrie québécoise du loup marin peuvent être assurés que notre gouvernement a la ferme intention de défendre les chasseurs. Nous poursuivrons le travail amorcé en collaboration avec le gouvernement fédéral, et l'industrie, et les autres provinces canadiennes afin que les produits du loup marin continuent d'avoir accès au marché européen.

M. le Président, les Îles-de-la-Madeleine sont un actif précieux pour le Québec. Il s'agit d'un territoire de 360 km² bien ancré en plein golfe du Saint-Laurent, offrant au Québec tout entier non seulement une position stratégique, mais également des arpents de sable à l'infini, des points de vue panoramiques pittoresques et une culture insulaire. À cet effet, je tiens à vous faire part, chers collègues, d'une situation qui me touche et touche l'ensemble des Madelinots, c'est l'insularité, c'est-à-dire l'éloignement et l'isolement des Îles-de-la-Madeleine.

En tant que député de ce comté, je désire faire reconnaître davantage le caractère géographique spécifique de l'archipel, ayant un impact sur son organisation sociale, économique, communautaire et municipale. M. le Président, les Îles-de-la-Madeleine sont belles et accueillantes, et la qualité de vie est de haut niveau pour quiconque est capable de vivre à 1 250 km de Montréal.

En terminant, M. le Président, j'aimerais vous inviter personnellement à faire des Îles-de-la-Madeleine votre prochaine destination de vacances. Encourager l'industrie du tourisme aux Îles, c'est aussi contribuer à la survie de plus de 100 petites entreprises qui en vivent directement. L'invitation est également lancée à tous et à la population du Québec entière de venir rencontrer les Madelinots, un peuple courageux, fier, solidaire et chaleureux. Les Îles seront heureuses de vous accueillir. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Merci beaucoup, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Votre invitation n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, d'autant plus que j'ai déjà une belle paire de bottes en loup marin, alors je suis déjà à moitié équipé au moins pour l'hiver. Puisque vous avez cassé la glace, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, c'était donc votre premier discours, j'inviterais maintenant une vétéran de nos travaux et de nos débats, Mme la députée de Taschereau, à prendre la parole. Mme la députée, nous vous écoutons.

Mme Agnès Maltais

Mme Maltais: Merci, M. le Président. C'est toujours un peu drôle... ça fait drôle de se faire nommer vétéran alors que ça fait seulement 10 ans qu'on est dans cette Assemblée. D'autres y ont passé 30 ans.

Mais je veux dire aux collègues qui sont ici pour la première fois que, même après 10 ans, la simple idée de prendre la parole dans cette enceinte me donne encore un peu le trac parce que nous portons d'abord la fierté de représenter les citoyens et citoyennes d'une circonscription, dans mon cas Taschereau, circonscription dans laquelle vous siégez aujourd'hui parce que l'Assemblée nationale est dans ma circonscription, et on parle au nom des gens qui vivent ici, et on désire à chaque fois les représenter fièrement, dignement, et c'est toujours aussi important à chaque fois qu'on prend la parole.

Je sais que tout le monde en est conscient ici, c'est une grande... c'est une grande fierté, mais c'est aussi une grande responsabilité. Alors, je tiens à dire aux citoyens et citoyennes de Taschereau à quel point je suis fière d'être encore ici debout, et c'est bien le mot, c'est ce à quoi ils s'attendent de moi, debout pour les représenter.

Deuxièmement, aux gens de la Capitale-Nationale, j'ai été cinq ans au pouvoir comme ministre dans la région, j'ai été aussi cinq ans dans l'opposition, porte-parole pour la Capitale-Nationale, je le suis encore, je tiendrai donc à soulever les dossiers, les sujets qui intéressent les gens de la Capitale-Nationale. Ils peuvent toujours compter sur moi, et le gouvernement peut toujours aussi compter sur moi pour être vigilante.

n (11 h 30) n

Enfin, aux souverainistes du Québec, je tiens à vous dire que fondamentalement la raison pour laquelle nous sommes ici aussi, c'est parce que nous croyons que le Québec doit être souverain. Nous croyons que le Québec doit avoir la possibilité de se développer selon ses compétences, selon son potentiel, selon ses ressources humaines, ses ressources naturelles, ses ressources minières, et qu'il a besoin de tous les outils pour ce faire, et que, ce sentiment-là, sentiment d'urgence face à la souveraineté, nous le possédons ici, du côté du Parti québécois et de l'équipe de l'opposition officielle.

C'est surtout la grande impulsion qui nous mène à prendre la parole ici et à travailler pour le bien-être des citoyens, des citoyennes.

Quand je vois, par exemple, une crise économique comme celle que nous vivons et que je sais qu'il y a des villages qui ferment, il y a des villes qui ont des difficultés, je pense à Lebel-sur-Quévillon, je vois des gens des usines dans Charlevoix qui ferment la route 138 parce qu'ils ont des problèmes et que je vois que le ministre des Ressources naturelles est encore obligé d'aller quêter à Ottawa, je me dis qu'il est vraiment le temps de faire la souveraineté du Québec et de régler nos problèmes nous-mêmes avec notre argent, nos lois, nos règlements.

C'est une option que nous avons. Une chose toutefois, nous venons de vivre une élection. Je pense qu'on ne peut pas passer sous silence d'abord, quand on est en réplique au discours inaugural du premier ministre du Québec, à quel point pendant cette élection le gouvernement s'est fermé les yeux et s'est bouché les oreilles. Je pense à la péréquation. Nous disions, au Parti québécois, que pendant la péréquation nous perdions 1 milliard de dollars. En deux heures, en deux heures, un attaché politique, un recherchiste du Parti québécois, a été meilleur que tout le ministère des Finances du gouvernement du Québec.

C'est assez difficile à croire. On est obligés de le croire, puisque sans ça on serait obligés de croire à une mauvaise foi, ce qui n'existe pas en politique et ici, dans cette Assemblée. Donc, en deux heures, un recherchiste du Parti québécois a été meilleur que tout le ministère des Finances, croyez-le ou non. C'est ce que je suis obligée de comprendre.

Quand on pense au déficit, où, là aussi, la chef du Parti québécois, Mme la députée de Charlevoix, a dit devant tout le monde: On n'aura pas le choix de faire face à des déficits étant donné la crise économique qui s'en vient, qui peut aussi affecter le Québec, aujourd'hui nous apprenons que finalement le gouvernement, une fois l'élection passée bien sûr, nous dit qu'il est d'accord avec nous. Il aurait dû le dire pendant la campagne électorale, M. le Président.

Et, troisièmement, enfin les problèmes de la Caisse de dépôt du Québec que nous avons soulevés maintes et maintes fois dans cette Assemblée et qui sont tellement évidents aujourd'hui que même la ministre des Finances a été obligée de venir en commission parlementaire s'expliquer. Il y aura 36 heures de commission parlementaire. C'est le début seulement. Alors, je pense que, ça, il faut soulever aussi que, là, encore une fois le gouvernement s'est fermé les yeux, s'est bouché les oreilles. Depuis, à part avouer que nous avions raison en campagne électorale, qu'a fait le gouvernement?

C'est un grand silence, et ce discours inaugural est dans la même cuvée, c'est-à-dire, je suis obligée de dire, qu'il est d'un grand vide. Il ne passera pas à l'histoire, il n'y a pas grand-chose là-dedans. Je me suis fait un peu la liste de ce qui y est et de ce qui n'y est pas, parce qu'il y avait des attentes au Québec, et j'avoue que la liste de ce qui n'y est pas est assez impressionnante par rapport à la liste de ce qu'on y retrouve.

M. le Président, j'avais dit que, par rapport à la Capitale-Nationale, je serais toujours présente et vigilante. Je tiens à dire aussi: Je tiens à tout de suite soulever un dossier. Ce qui est dans le discours inaugural et qui m'a profondément surprise, qui a même déclenché un éclat de rire sur bien des banquettes de l'Assemblée nationale, c'est qu'on y a retrouvé le dossier du super PEPS. Pourquoi je suis

partie à rire? Parce que c'était la cinquième annonce en ligne, M. le Président. Quand je dis ça, il y a des gens qui disent: Ah oui, cinq, Agnès, tu fais ça pour la forme, tu fais ça pour l'effet. Non. Alors, la première annonce du super PEPS a été faite par le premier ministre du Québec le 25 mars 2006.

J'ai ici les notes pour une allocution du premier ministre ? je le cite: « Je me suis présenté ici ce matin en mode écoute. Je voulais un contact direct avec les leaders de la région... » Et dans son discours il dit: « Il y [...] a plusieurs autres [projets] que je veux [...] voir se réaliser. » Il nomme Le Massif, Petite-Rivière-Saint-François, qui n'est toujours pas réalisé. Il nomme l'agrandissement du Centre de foires: « Vous y tenez, Mme Boucher. J'y tiens aussi. Nous allons y arriver. » Il n'est toujours par réalisé.

Il nomme le sous-financement du transport en commun, qui n'est toujours pas intéressant dans la région. Et finalement ce sur quoi il s'est rattrapé, bien c'est sur le dossier du PEPS, il dit: « [Nous allons faire] le dossier du PEPS de demain. Dans le dernier budget, nous avons créé un fonds dédié au développement des infrastructures sportives. Je dis aujourd'hui à l'Université Laval que c'est le temps de présenter un projet en bonne et due forme. » 25 mai 2006, on disait: Le fonds d'infrastructures sportives, on ne parlait pas d'aller à travers le chantier Québec-Canada.

Mais on est allé au chantier Québec-Canada, et là ça a continué, là, ça a déraillé.

7 mars 2007: Le super PEPS sera réalisé . « Le premier ministre du Québec et chef du Parti libéral du Québec ? je ne le nommerai pas, vous le connaissez ? a annoncé [aujourd'hui] l'engagement de sa formation de réaliser le projet [du super] PEPS de l'Université Laval à Québec, un [événement] total de 75 millions de dollars. » Ça a monté depuis, M. le Président. Ça va coûter plus cher aux contribuables, mais enfin je cite les chiffres de l'époque: « Cet équipement régional, inauguré en 1971, fera l'objet d'importants travaux de mise à niveau de ses installations. »

Les libéraux promettent un super PEPS de 75 millions: « Si on est élus ? je cite le premier ministre ? ça va se faire. » L'élection de 2007, pas celle-ci, là: « Il faut que les travaux débutent le plus rapidement possible. » Vous comprenez mon éclat de rire, M. le Président, quand j'ai entendu le premier ministre parler du super PEPS comme seul projet. « "Il s'agit d'un dossier qui chemine depuis longtemps et on veut que ça se réalise le plus vite possible", a-t-il précisé, faisant remarquer qu'il ne s'agissait pas "d'une promesse lancée dans l'intention d'aller chercher des voix" » , M. le Président.

Non, jamais. Il n'y a personne qui croit ça au Québec, M. le Président.

Autre annonce du super PEPS: « On va y aller... » Ah! Ça, c'était le jeudi 8 mars 2007. Autre annonce: Samedi 16 février 2008: Feu vert au super PEPS, M. le Président. Feu vert au super PEPS: « Les trois paliers de gouvernement lanceront le projet mercredi. Le dossier administratif du super PEPS de l'Université Laval est maintenant complété. » C'est extraordinaire. « La première pelletée de terre ne devrait donc pas tarder. » 16 février 2008, M. le Président. C'est assez extraordinaire. J'ai laissé tomber celle du 26 juin 2008, j'ai décidé que c'était assez.

J'ai pris la dernière ? 3 septembre 2008: Super PEPS: la dernière pièce du casse-tête tombe aujourd'hui , M. le Président. C'est génial, ça va se faire. 3 septembre. Alors, voilà, à l'occasion d'un point de presse qui aura lieu, ils vont annoncer le super PEPS. Côté provincial, on affirmait aussi hier qu'aucun délai anormal n'avait repoussé le dossier. Les négociations ont bien été entre le fédéral et le Québec, M. le Président. Bien, voyons donc! Qu'est-ce qu'on a en fin de semaine dans le journal Le Soleil , M. le Président?

Super PEPS et agrandissement du Musée national des beaux-arts, parce qu'il n'y a pas juste un dossier qui déraille dans la région, un délai de plus, un délai de plus, les grands projets devront « passer par le filtre des PPP » , la nouvelle idéologie de la ministre des Finances. Tiens, tiens.

Le PEPS, intéressant. « Mais ce que les politiciens n'ont pas dit, c'est qu'avant de voir le jour, ces deux projets doivent d'abord répondre aux critères de la nouvelle politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique. Une politique des libéraux qui est entrée en vigueur sans tambour ni trompette le jour même du déclenchement des élections, le 5 novembre 2008. » C'est drôle, M. le premier ministre est venu souvent, souvent dans la région pendant la campagne électorale, M. le Président, il ne nous a jamais dit que le super PEPS allait passer par les PPP.

C'est drôle, ça, il me semble qu'il aurait pu en parler. Il y a eu des milliers de points de presse ici, à Québec. Ou dire que le Musée national des beaux-arts allait passer par les PPP aussi, ça aussi, ça aurait été intéressant, parce que, là, ça se chicane entre le ministère de la Culture et le Conseil du trésor, parce que tout le monde perd un peu la face là-dedans. Mais, au Conseil du trésor, on affirme que le musée n'aura pas de passe-droit et devra se plier aux nouvelles exigences de la politique. Tiens, tiens, tiens, ça non plus, on n'en a pas entendu parler en campagne électorale. C'est étonnant.

Quelle histoire, M. le Président! Quelle crédibilité a le gouvernement quand il vient nous parler de ces dossiers-là?

Ce qui fait que, M. le Président, je veux dire aux citoyens de Taschereau, aux gens de la région: J'ai fait une demande. Hier, il y a des journalistes qui m'ont appelée, qui ont dit: Mme la députée de Taschereau, qu'est-ce que vous voulez voir dans le budget pour la région? J'ai dit: Il y a une chose que je ne veux pas voir, je ne veux pas qu'on nous fasse l'outrage d'annoncer encore une fois le super PEPS, c'est assez. C'est ma première demande pour le budget, M. le Président, et je pense que c'est important.

n (11 h 40) n

Alors, il y a un mode de gestion des PPP qui déraille actuellement. C'est difficile pour les gens. Il y a plusieurs projets qui sont sur la glace. J'ai parlé des projets de ma région, c'est une chose. J'ai dit que je parlerais de ce qui est, j'en ai parlé, là, pour ma région, le super PEPS. Je vais parler de ce qui n'y est pas, et la première chose dont je veux parler, c'est d'une politique en itinérance.

M. le Président, il y a eu une commission parlementaire pendant les dernières sessions ici, à l'Assemblée nationale, avant l'élection, et tous les parlementaires ont entendu les groupes sur l'itinérance. Le premier ministre, dans le début de son discours, nous a parlé de la lutte à la pauvreté. J'étais très heureuse, ça faisait cinq ans que je n'entendais pas parler de lutte à la pauvreté, du côté du gouvernement. Il était temps qu'il se passe quelque chose de ce côté-là. Mais là j'ai dit: Ça y est, ils vont nous annoncer la politique en itinérance.

Les citoyens doivent savoir que, dans des discours inauguraux comme ça, c'est là qu'on dit quels vont être les grands travaux du gouvernement. Pour une première fois que le premier ministre nous parlait de lutte à la pauvreté, je me suis dit: Ça y est, on va entendre parler d'une politique en itinérance. Pas un mot. Pas un mot. Je sais qu'il y a bien des parlementaires de tous les côtés de l'Assemblée nationale, des deux côtés, qui tiennent à cette politique en itinérance. Les gens étaient attentifs, étaient empathiques, ont été sérieux quand il y a eu ces travaux-là.

Je m'attends à une politique en itinérance, et les gens, pas juste les gens qui luttent contre la pauvreté, tout le monde s'attend à ce qu'on prenne soin des plus démunis dans une société, particulièrement en crise économique.

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2009-03-17
Typehansard
Volume / chapterfr travaux-parlementaires assemblee-nationale 39-1 journal-debats 20090317 11005
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier5229469b23965afa7057e6606391b1d375ca7aef

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