Culture and Education — 4 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)

CCE 2024-10-04

Quebec — Committees

Culture and Education — 4 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)

CCE 2024-10-04

Quebec — Committees

La Présidente (Mme McGraw) : À

l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de la culture et

de l'éducation ouverte.

La commission est

réunie afin de procéder à l'interpellation du député de Matane-Matapédia au

ministre de l'Éducation sur le sujet suivant : l'éducation, véritable

priorité du gouvernement?

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)

est remplacée par M. Lemieux (Saint-Jean) et M. Émond (Richelieu),

par Mme Lachance (Bellechasse).

La Présidente (Mme McGraw) : Conformément

à l'entente prévue pour la 43e législature, le deuxième groupe

d'opposition interviendra lors de la cinquième série d'interventions.

Sur ce, M. le député

de Matane-Matapédia, vous avez la parole pendant 10 minutes.

M. Bérubé : Merci, Mme la Présidente. Je veux, d'entrée de

jeu, saluer l'ensemble des collègues, en commençant par le ministre de

l'Éducation, qui est aussi mon ancien collègue, saluer la députée de

Saint-Laurent, qui, je vous le confirme, est

toujours là, et on va l'entendre aujourd'hui, et je salue la députée de

Mercier, qui sera avec nous tout à l'heure, les collègues du... de la banquette gouvernementale, les personnes qui

accompagnent, qui ont préparé cette interpellation.

C'est une procédure

importante, l'interpellation. C'est celle qu'on a choisie pour parler

d'éducation. Elle est d'autant plus importante pour nous qu'on n'a droit qu'à

une par année. On a très peu de tribunes, au Parti québécois, pour parler des

enjeux qui sont importants pour nous et on a choisi ce thème, qui arrive à un

moment charnière; c'est la mi-mandat. Peut-être que ça permettra de voir le

chemin parcouru depuis le début du mandat du ministre, de faire une évaluation,

d'avoir un échange. Et j'insiste là-dessus.

Pour

moi, une interpellation, ce n'est pas une confrontation, et vous allez vous en

rendre compte assez rapidement, c'est un moment d'échange. J'aurai des

propositions à faire au ministre. J'en ai déjà fait dans le passé, qui ont

été suivies, d'ailleurs. Je me souviens d'être intervenu sur les lieux de prière,

sur le téléphone à l'école, et, dans les deux cas, le gouvernement a décidé

d'aller de l'avant.

J'aurai d'autres

propositions à faire, très concrètes, parce qu'on doit réussir, on doit réussir

pour les enfants, on doit réussir pour les adolescents, pour les adultes qui

sont dans notre réseau, pour les nouveaux arrivants. Alors, je souhaite ce

qu'il y a de mieux dans le réseau scolaire pour que ça soit une réussite

collective. Et, si nos contributions peuvent aider le ministère et le

gouvernement à faire mieux, je m'en réjouirai. Quand il y a des bons coups, je

les applaudirai. Quand il y a des choses à améliorer, je tâcherai de proposer

quelque chose de réaliste, qui peut se faire et qui peut-être pourra influencer le ministre. Le Parti québécois,

première force politique au Québec présentement, est très sérieux sur

cette matière, et vous allez vous en rendre compte aujourd'hui.

J'ai fait appel au

public, un appel à tous et à toutes. J'ai reçu beaucoup de messages de gens du

réseau, des enseignants, du personnel d'éducation, des citoyens, des retraités.

Je ne pourrai pas poser toutes les questions. J'en ai pour plusieurs semaines. Je vais m'en servir dans d'autres tribunes.

Mais ça montre qu'il y a beaucoup de questions qui sont adressées au

ministre, et les gens ont beaucoup de propositions à faire. Donc, c'est comme

ça que je veux faire cet exercice.

suis accompagné de Jean-Nicolas Mailloux, qui est un collaborateur notamment sur

les dossiers d'éducation, avec notre très petite équipe, qui a plusieurs

dossiers. Je veux le saluer parce qu'il m'a bien aidé là-dedans.

Qu'est-ce qui doit

nous animer? Quelle est la priorité du réseau de l'éducation? C'est la réussite

scolaire. Tout le reste, c'est pour s'assurer de la réussite scolaire et la

qualification. Mais là la qualification, on en reparlera aujourd'hui avec des bémols. L'actualité nous

ramène une situation qui ne me plaît pas. La réussite scolaire, s'assurer

que les enfants puissent réussir, je dis les enfants, mais c'est aussi les

adolescents qui sont au secondaire, les adultes à l'éducation des adultes, les

nouveaux arrivants, vous comprenez que je parle de tout le monde, ça prend du

personnel qualifié, le plus important. Là,

on est plus dans un contexte de négociation, ça a pris beaucoup d'espace. Là,

on est dans le quotidien, dans ce qui

peut être fait pour favoriser la réussite des élèves. Du personnel qualifié, du

soutien, des ressources, des belles écoles, un lieu exempt de violence,

un lieu inspirant, c'est ça qu'on souhaite pour les enfants. On souhaite ce

qu'il y a de mieux.

Je veux vérifier

aussi comment le gouvernement fait en sorte que c'est une priorité. Tout ne

peut pas être prioritaire. Quand le premier

ministre dit : L'éducation, c'est une priorité, mais je ne veux que le

croire et m'en réjouir. Et je ne pose pas de jugement là-dessus. Je veux

voir quels sont les moyens que le gouvernement prend pour que ça soit

prioritaire.

Je vais quand même indiquer que le ministère

de l'Éducation, qui est présidé par le ministre actuel, est presque

dernier de classe dans le rendement au Québec. Alors, il n'y a pas de quoi se

réjouir au ministère de l'Éducation. Il a la

note de 62 %. Et, si on était en adaptation scolaire, c'est qu'il a

peut-être eu 54 %, puis on lui a donné 62 %. Alors, ce n'est pas

réjouissant, et je suis sûr que le ministre n'aime pas ça. Mais il y a

seulement l'Enseignement supérieur qui fait moins bien, et ça, c'est des

indicateurs de l'administration publique. C'est un texte qui date quand même du

printemps, ça ne fait pas si

longtemps que ça. Donc, le ministère de l'Éducation actuel, presque dernier de

classe. Qu'est-ce qu'on fait pour améliorer le résultat? Ce n'est pas

réjouissant. Alors, ceux qui ont contribué à ce qu'on soit dernier de classe,

j'espère qu'ils ont été remplacés.

On a beaucoup de

choses à faire en même temps. J'ai parlé des ressources humaines. J'ai deux

propositions à faire. Je vous parlerai de la

violence à l'école. Je m'attendais, moi, à voir une consigne cet automne pour

la violence parce qu'il y avait eu un forum. On a eu une consigne, et je

ne le dis pas... je ne le dis pas pour faire sourire, on a eu une consigne

assez claire pour le roi de la montagne, moins pour la violence. C'est un

choix.

Comment on juge qu'un

dossier est prioritaire, même à l'intérieur du ministère? Bien, le choix des

dossiers et l'allocation des ressources, c'est comme ça qu'on le vérifie. Et je

rajouterais la parole du ministre dans le sens que, quand le ministre dit quelque chose, c'est important. Moi, j'ai

énormément de respect pour les ministres de l'Éducation. J'en ai servi

deux plus étroitement, l'actuel premier ministre et l'ancienne première

ministre Pauline Marois. Je sais que ce ministère-là a un statut particulier de

Paul Gérin-Lajoie à aujourd'hui. Je sais que le ministre est conscient de ce que ça représente au Québec, ce ministère-là,

qui est presque mythique, mais qui est tellement important. Alors, ça prend

vraiment une conscience très particulière de la société dans laquelle on est,

qu'on évolue, pour diriger ce ministère. Mais je sais qu'il le fait avec... qu'il s'applique à le faire. Et, si

on peut aider pour que ce soit encore mieux, on le fera. Le ministre me

connaît, je suis capable de dire les choses telles qu'elles sont et je n'ai eu

que de bons liens avec lui depuis que je suis en politique.

Parler de la

violence. Il faudra y revenir. Encore un texte ce matin. Parler des classes

spéciales. Parler des classes d'accueil.

Parler du contexte budgétaire. L'enseignement supérieur a déjà annoncé qu'il

n'y avait plus d'argent. La vice-première ministre a annoncé qu'elle

n'avait plus d'argent. Bien, le ministre de l'Éducation, probablement, n'a pas eu de rallonge financière, ce qui fait en sorte

que des projets de rénovation d'écoles qui devaient se tenir cet été ont

été retenus, ce qui fait en sorte que les écoles qui devaient être construites

ne sont pas annoncées. Je pense à Saint-Apollinaire dans la région de

Chaudière-Appalaches. Le maire Jonathan Moreau, un enseignant de la même faculté que moi, les mêmes années, m'a dit :

Ma municipalité... et une des écoles, cette école-là qu'on a besoin... C'est

un des endroits où il y a le plus de besoins

au Québec présentement. Pas à Montréal, pas dans les couronnes, dans

Chaudière-Appalaches.

À Nicolet, dans le

comté de mon estimé collègue de cette circonscription, j'en ai parlé avec lui

cette semaine, commission scolaire des

Premières-Seigneuries, plus près du comté du ministre, dans... au Centre-du-Québec,

à Drummondville, etc. J'aimerais que

le ministre nous dise, et là le but, ce n'est pas de le prendre a contrario en

lui disant : Ah! Ha! C'est quoi les défis qu'il a pour qu'on puisse avoir

un débat là-dessus puis voir comment on procède à une meilleure

allocation des ressources? Bien sûr, c'est lui qui, ultimement, décide, mais je

pense qu'on aurait à gagner à savoir c'est quoi l'effort qu'il a à faire, puis

ça va nous permettre de mieux comprendre les réalités auxquelles il est confronté. Moi, en tout cas, si le ministre

partageait ça avec nous, ça m'éviterait bien des questions, puis je serais

capable de comprendre aussi.

L'autre

enjeu, c'est les classes d'accueil. Le ministre en a parlé, je pense, c'est 26,

je ne suis pas sûr du chiffre, mais il me semble qu'il a parlé de plus

de 25, ça coûte de l'argent, ça coûte des ressources, donc il faut réaffecter.

L'abandon des maternelles quatre ans, ce n'est pas étranger aux ressources

qu'on doit affecter ailleurs. Ça prend de l'espace, ça prend de l'argent.

Donc, est-ce que, par

exemple, des écoles qui ne sont pas construites présentement ou des rénovations

qui n'ont pas lieu, c'est lié au financement qu'on doit accorder par la

responsabilité qui est la nôtre de bien accueillir les enfants? S'il fait une équation entre les deux, j'aimerais le savoir,

j'aimerais le savoir. Il y a un coût à la situation actuelle avec le

gouvernement fédéral, et je pense qu'on gagne à l'exposer, sur les ressources

disponibles pour l'éducation au Québec. Et le ministre sait que, sur cette

question-là, on appuie le gouvernement sans problème.

L'accès

à une école, le plein accès aux meilleures ressources possible quelle que soit

notre condition financière, ce n'est pas le cas encore au Québec. On a une

école privée qui n'est pas privée. On a une école privée qui est

financée par des centaines de milliers de

dollars — je

devrais peut-être arrêter d'appeler ça une école privée — une

école qui se dit privée mais qui

collecte l'argent du Québec avec une reddition de comptes qui n'est pas si

élevée. Il a fallu La Presse , dans

les derniers jours, pour nous permettre d'en savoir davantage sur les salaires

importants qui lui... qui sont accordés. Il me reste combien de temps,

madame...

La Présidente (Mme

McGraw) : ...M. le député.

M. Bérubé : J'y

reviendrai dans un prochain bloc. Voilà comment je vois nos échanges, et vous

voyez que je suis dans d'excellentes

dispositions pour parler d'un enjeu tellement important pour nous tous, y

compris pour moi, qui est détenteur d'un brevet en enseignement et qui est très

ému de pouvoir débattre de ces enjeux-là ici, avec vous tous.

La Présidente (Mme McGraw) : Merci.

Je cède maintenant la parole au ministre, également pour une période de

10 minutes.

M. Drainville : Merci beaucoup, Mme

la Présidente. Alors, très content d'être ici aujourd'hui pour discuter

d'éducation. On dit toujours que l'éducation, c'est ce que... c'est ce qu'il y

a de plus important, c'est la base d'une société,

c'est l'avenir de notre société, c'est l'avenir de nos enfants. Donc, je pense,

qu'on prenne deux heures pour en parler,

c'est certainement une très bonne idée. Je remercie donc le député de

Matane-Matapédia d'avoir eu l'excellente idée de m'interpeller

là-dessus. Évidemment, je salue tous les collègues, d'abord mes confrères,

consoeurs qui sont ici avec moi, merci

beaucoup, et évidemment les représentants des oppositions, la députée de

Saint-Laurent. Et, Mme la Présidente, c'est la première fois que vous

présidez une interpellation. Alors, bravo! Ce sera riche d'apprentissages,

on passe tous par là. Alors, je vous souhaite une très belle interpellation. Je

suis sûr que ça va super bien se passer.

Alors, quoi de mieux, Mme la Présidente, je

pense, pour bien camper, là, la discussion, que de rappeler les sept priorités,

j'ai le goût de dire sept plus une qui s'est ajoutée par la force des choses,

la huitième étant, bien entendu, la lutte à la violence et à l'intimidation.

D'abord, Mme la Présidente, pour bien se comprendre, il faut d'abord rappeler

que nous avons hérité d'un système d'éducation, d'une école québécoise qui

avait été ou qui a été endommagée par du sous-financement chronique par les

gouvernements précédents, et, dans le fond, ce que nous faisons depuis six ans,

c'est réinvestir, investir des milliards qui auraient dû l'être beaucoup plus

tôt, qui ne l'ont pas été, et donc on doit faire du rattrapage.

Alors, on fait du rattrapage essentiellement sur

deux fronts. D'abord, sur le budget de fonctionnement de l'école québécoise. Ce budget-là, il a augmenté de

50 % en six ans, il est passé de 15 à 22,4 milliards, donc à peu près

1 milliard de plus par année. Et il y a le budget pour les infrastructures

scolaires, donc le budget pour construire de nouvelles

écoles, le budget pour agrandir, le budget pour rénover. Alors, ce budget-là,

il est passé de 9 à 22,7 milliards de dollars. C'est une augmentation, donc, de 150 %. Je pense qu'il

faudrait mieux dire 22,6 plutôt que 22,7, bon. Alors, les sommes sont

très importantes, et on en est très fiers, pas besoin de vous le dire.

Alors,

comment est-ce que cet argent-là se traduit maintenant dans le quotidien de

l'élève? Parce qu'ultimement on est

là pour les élèves, puis c'est pour ça qu'on a des désaccords entre les

différentes familles politiques ici présentes. Mais, ultimement, je n'ai aucun

doute, Mme la Présidente, que nous travaillons tous pour la même cause, et

cette cause, c'est la cause de l'élève québécois, c'est la cause de sa

réussite.

Alors, je vous le rappelle, les sept priorités

que j'ai annoncées quelques mois après ma nomination par le premier ministre,

c'était d'abord le français, une meilleure maîtrise du français. C'était

déployer les aides à la classe. C'était installer ou instaurer des voies

rapides pour permettre la qualification de nos enseignants qui n'ont pas de brevet et qui sont de plus en plus nombreux dans

les classes. C'était déployer des projets particuliers parce qu'ils font

aimer l'école, ils sont source de persévérance. C'était la formation

professionnelle qu'il faut davantage valoriser. Moi, je pense qu'inciter nos jeunes à apprendre un métier c'est une très

belle chose, c'est très positif. Ils vont bien gagner leur vie. Ils vont être utiles à la société. Donc,

ça, c'était la cinquième priorité. Elles ne sont pas en ordre d'importance.

Elles sont tout aussi importantes les unes que les autres.

Il y avait, bien entendu, les infrastructures,

sur lesquelles nous reviendrons. Et il y avait aussi cette idée de rendre notre système scolaire plus efficace,

notamment en recourant davantage aux données, on aura l'occasion d'y revenir,

données qui sont sources d'informations,

données qui sont sources de bonnes décisions, données qui peuvent être source

d'efficience, données qui peuvent être source également de prévention du

décrochage. On en reparlera.

Et puis évidemment la huitième, qui s'est

ajoutée en chemin de par la multiplication des gestes de violence et d'intimidation qui ont été portés à notre

attention de toutes sortes de façons, donc la lutte à la violence et à

l'intimidation dans les écoles, pour

lesquelles nous avons déposé un plan de lutte il y a maintenant un an de ça ou

presque un an de ça, en octobre 2023,

pour lesquelles on a eu une journée, une journée consacrée à la lutte contre la

violence et l'intimidation au mois de

mai dernier. Et le plan de lutte se déploie, des moyens conséquents sont

investis dans ce plan de lutte. On aura l'occasion, donc, d'y revenir. Parce que je veux quand même repasser sur

les huit priorités avec le temps qu'il me reste. S'il me manque un peu

de temps, on pourra continuer dans le prochain bloc.

Alors, le

français, Mme la Présidente. Bien, écoutez, on a posé des gestes concrets. Par

exemple... Alors, précisons d'emblée,

parce que je pense que, là-dessus, on s'entend tous, la recherche est très,

très claire, la lecture est le premier déterminant

de la réussite scolaire. Un enfant qui lit tôt a beaucoup plus de chances de

réussir à l'école. Et évidemment, pour

lire, il faut maîtriser la langue dans laquelle tu lis. Et donc le français

devient l'ingrédient premier de cet apprentissage de la lecture, de

cette maîtrise de la lecture. Et c'est pour ça que nous avons annoncé la mise à

jour du programme de français, qui n'avait pas été mise à jour depuis

25 ans.

J'ai donné des orientations dans cette mise à

jour. J'ai demandé notamment à ce que ce nouveau cours de français puise abondamment dans la culture

québécoise, dans les oeuvres culturelles québécoises, donc dans la littérature,

la littérature jeunesse, évidemment, en

particulier, dans les oeuvres cinématographiques, dans la musique, les

chansons. Il y a des chansons québécoises, c'est des pièces de poésie

absolument exceptionnelles. Ça peut être le théâtre, ça peut être le cinéma, mais, bref, enseigner le français

à partir de notre culture, et donc, de cette manière, incarner le français

dans les classes, le rendre vivant, le

rendre intéressant et faire en sorte qu'on n'apprenne pas juste une règle de

grammaire, mais qu'on apprenne, par l'entremise de la règle de

grammaire, les auteurs québécois ou même francophones, parce qu'il ne faut pas se priver, bien entendu, de

l'héritage, l'immense héritage francophone, français, enfin, de toutes les cultures

francophones. Et donc apprendre la langue à partir d'oeuvres vivantes, et donc

faire d'une pierre deux coups. On maîtrise

les règles et on apprend en même temps qui nous sommes, d'où nous venons,

quelle est notre identité culturelle.

Et c'est pour favoriser la lecture,

Mme la Présidente, que nous avons annoncé l'an passé, à partir de l'an passé,

à chaque année, dans chaque classe du primaire public au Québec, 300 $ de

nouveaux livres en français dans chaque classe,

recommandés par les enseignants à partir des goûts des élèves. Alors, on l'a

mis en place l'année passée. Cette année aussi, il y aura un achat,

300 $ par classe dans toutes les classes du primaire au Québec. Et ces

livres-à se promènent d'une classe à

l'autre, évidemment. Alors, ça enrichit l'accessibilité aux livres dans l'école

dans son ensemble.

Et là, il y a

quelques jours de ça, pour bien vous montrer à quel point le français est

important, on a annoncé un investissement de 54 millions à Allô Prof! pour

mettre en place la plateforme Allofrançais. Elle est déjà en ligne. Elle sera considérablement enrichie dans les

prochaines années. On y ajoutera des exercices, des vidéos. On y ajoutera

des jeux éducatifs. Il y aura la mise en place d'un assistant virtuel, d'un

tuteur virtuel, donc en utilisant l'intelligence artificielle, qui va

accompagner l'élève dans un parcours individualisé pour l'aider à maîtriser la

langue française. Et, si ça ne fonctionne

toujours pas, une troisième étape, un enseignant en chair et en os qui pourra

parler à cet élève pour l'aider à surmonter ses difficultés en français.

Alors

ça, ce n'était, Mme la Présidente, que sur la première des huit priorités.

J'aurai l'occasion, Mme la Présidente, de revenir sur les autres et de

montrer que, pour chacune de ces priorités, Mme la Présidente, il y a eu des

avancées, il y a eu des progrès.

Alors l'argent dont

je vous ai parlé, bien, c'est à ça qu'il sert, Mme la Présidente. Quand on dit

que les budgets ont augmenté, là, bien, ils augmentent pour aider au français,

pour avoir plus de formation professionnelle, pour déployer des aides à la

classe, pour déployer des projets particuliers, pour déployer des voies

rapides, pour investir dans les écoles, puis

pour avoir un système plus efficace, et pour lutter contre la violence et

l'intimidation dans les écoles du

Québec, pour mieux protéger nos enfants, pour assurer leur sécurité et leur

bien-être, parce que c'est une condition première de la réussite

scolaire.

La Présidente (Mme McGraw) : Merci,

M. le ministre. Avant de passer à la période d'échange, la députée de Saint-Laurent

souhaite offrir son bloc, son dernier bloc d'intervention, au député de

Matane-Matapédia. Est-ce qu'il y a consentement?

Des voix : Consentement.

La Présidente (Mme McGraw) : Alors,

nous allons maintenant débuter la période d'échange. M. le député de Matane-Matapédia,

vous avez cinq minutes.

M. Bérubé :

Merci, Mme la Présidente. Le

ministre vient de parler du financement, il va dans l'autre sens maintenant.

On a appris, en juillet, qu'il y a 400 millions de dollars retranchés à

l'entretien des écoles du Québec. Probablement

qu'il a manqué de temps à la fin de son intervention pour le dire. On est

rendus dans l'autre sens, par en bas, l'autre

versant de la montagne. Il nous a parlé de la montagne dans la dernière

semaine, c'est l'autre versant, ça diminue maintenant.

Quant

à l'application auquel il fait référence, j'en ai pris connaissance cette

semaine, je pense que la présidente de

la commission sur les écrans, qui est la collègue du ministre, députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, aurait aimé être considérée, attendre, parce que c'est

exactement ça qu'on est en train de regarder présentement. Mais, bon, on va

continuer de siéger et faire notre travail.

veux parler des enseignants, des enseignantes, du personnel scolaire qui

quitte. S'il y en avait moins qui quitte, on n'aurait pas besoin de trouver des adultes dans la classe. Alors, on

peut se concentrer là-dessus. Il se trouve que, mardi dernier, à notre

initiative du Parti québécois, on a fait adopter la motion suivante :

«Que

l'Assemblée nationale reconnaisse qu'il est nécessaire de se préoccuper de

l'attractivité et de la rétention du personnel qualifié au sein du

réseau public de l'éducation [au] Québec;

«Qu'elle

propose au ministère de l'Éducation de s'enquérir des motifs évoqués par les

enseignants, enseignantes et autres professionnels de l'éducation pour

expliquer leur départ du réseau public de l'éducation québécois, les compiler

et les publier.»

la Présidente, je vous suggère que c'est une motion unanime qui fera oeuvre

utile. Autrement dit, quand quelqu'un quitte, d'abord, réglons une

chose, c'est rarement pour l'argent. Je suis convaincu qu'il y a plein de

choses à dire, mais personne ne lui posait

la question, sinon signe ton formulaire puis va chercher tes choses. Depuis

mardi, on a une motion unanime. Je vais vouloir que le ministre, dans son

prochain bloc, me dise comment ça va se faire. Donc, chaque fois que quelqu'un

quitte puis ce n'était pas prévu, donc avant l'âge de la retraite ou au milieu

de l'année scolaire, quels sont les motifs évoqués? Que ça soit compilé

et puis qu'on puisse y avoir accès. Pas le nominatif, évidemment, ça va de soi. Mais je comprends qu'on va faire ça très

bientôt et je repose la question. Je veux que le ministre nous indique

comment ça va se faire. Ça, c'est une nouveauté qui est très appréciée, la FSE

de la CSQ nous a indiqué hier qu'elle a beaucoup apprécié cette motion. Et donc

comment ça va se faire? Donc, rétention.

Maintenant,

attractivité. Le 30 mars 2023, le Parti québécois ouvre le débat sur les

stages à travers une autre motion unanime qui impliquait sa collègue ministre

de l'Enseignement supérieur. À partir de ce moment, il y avait de l'espoir. On s'est dit : Ils vont arriver

avec une formule. On va rémunérer tous les stages, surtout dans le secteur

public, d'ailleurs, puis dans le communautaire aussi. Ce n'est pas

encore arrivé.

Je saisis l'occasion qui m'est donnée pour faire

une proposition très concrète au ministre : Que ce dossier passe de l'Enseignement supérieur au ministère de

l'Éducation et comment on peut y arriver. D'abord, cibler ce qui relève du ministère. Le bac de

quatre ans. Moi, je l'ai fait, ce bac-là. Il y a quatre stages. Il y a un stage

d'observation très court, deux stages de trois semaines puis un stage

long. Ça dépend. Je l'ai commencé à Rimouski, je l'ai fini à l'UQAM. C'est le stage le plus long. D'abord, réglons une

chose, si tous les stages sont en même temps, ça ne fonctionne pas parce qu'il

y a des stages au début du bac pour s'assurer que les gens vont aimer être dans

une classe. J'invite le ministre à réfléchir

à ça. C'est plus compliqué que ça. Si tu n'as pas l'occasion d'aller faire de

l'observation dans une classe, tu ne le sauras pas.

proposition, maintenant, qui va nécessiter toute l'attention du ministre est la

suivante : Si, demain matin, j'allais cogner à l'école des Etchemin, de la circonscription du ministre, avec

mon brevet d'enseignement que j'ai avec moi ici, je serais engagé. Alors, il

aurait de l'argent pour me payer. Je fais la suggestion suivante : Le

ministère a déjà l'argent, donc il

peut payer, à même ses fonds propres, les stagiaires qui vont faire une session

complète, un automne complet, par exemple. Moi, je pense qu'ils l'ont déjà,

l'argent. La preuve, ils peuvent engager des gens qui iraient les voir

rapidement.

Je l'invite à

regarder cette piste-là. La différence, c'est que ça serait dans son réseau que

ça passerait, donc ça serait rémunéré. Et là il faudrait voir, salarié

rémunéré, qu'est-ce qui est le mieux. Mais ce qui est important, c'est que les stagiaires puissent rapidement créer un lien avec

l'école, avec la fonction publique, avec les nouveaux camarades, qu'ils n'aient

pas à travailler à l'extérieur pendant qu'ils ont une pleine charge de classe.

J'essaie de trouver une façon pour faire atterrir l'idée que le ministre, là,

est en train de regarder lui-même.

La Présidente (Mme McGraw) : En

conclusion.

M. Bérubé : Donc, c'est ma

proposition pour un prochain bloc où il pourra apprécier sa justesse.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Maintenant, la parole appartient au

ministre, qui dispose de cinq minutes.

Drainville : Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, je

vais revenir sur le taux de rétention, mais, sur le... j'appelle ça, moi, le

trois plus un, donc transformer la quatrième année du bac en éducation en stage

en emploi, le député m'invite à le

rejoindre, en fait, c'est déjà en place, c'est déjà en train de se mettre en

place. Donc, je le remercie de son

ralliement parce qu'on est déjà, nous, en train de travailler avec les

universités pour que ça se fasse de plus en plus.

L'Université

de Sherbrooke... et je le sais parce que j'ai rencontré deux de ses élèves dans

mes visites de classe, j'ai rencontré deux jeunes femmes. Je commence à

discuter avec elles, et elles me disent : Écoutez, on est en train de faire notre stage 4. J'ai dit : Ah oui?

Bien, j'ai dit : Vous enseignez, c'est votre... Oui, oui, c'est ma classe.

Ce sera ma classe pour toute l'année

et c'est mon stage 4. L'Université de Sherbrooke le permet. Et donc, oui,

l'enseignante est en stage, donc elle

est accompagnée, mais elle est déjà enseignante. Elle est déjà enseignante

titulaire d'une classe. Elle n'a pas

encore son brevet, elle l'aura au terme de son... de sa quatrième année, mais

elle a un salaire. Elle est rémunérée par le centre de services scolaire. Et donc je suis d'accord avec le député

de Matane ou plutôt il est d'accord avec moi que c'est une excellente

idée d'aller de l'avant avec cette idée, Mme la Présidente.

M. Bérubé : Question de règlement.

Question de règlement. Je n'ai jamais dit ce que le ministre prétend. C'est

plutôt l'inverse.

M. Drainville : Bien, Mme la

Présidente...

M. Bérubé : Je l'invite à réécouter

un peu plus tard.

La Présidente (Mme McGraw) : On

poursuit, M. le ministre.

Drainville : Alors, il aura l'occasion de préciser son propos,

mais je pense qu'il sera d'accord pour... avec moi pour dire que le

trois plus un est une excellente idée. Et donc il faut continuer à inciter les

universités à offrir ce parcours, et ça, on

n'a pas besoin de changer de loi. On n'a pas besoin de changer de cadre. On n'a

pas... Tout ce dont on a besoin,

c'est de souplesse et d'une volonté d'adaptation de la part des facultés

d'éducation du milieu universitaire aux circonstances qui sont les nôtres.

Nous vivons une pénurie. Je pense qu'on peut

former nos enseignants, leur transmettre l'essentiel du bagage théorique, du

bagage en pédagogie dont ils ont besoin sur trois ans pour amener nos

enseignants dans cette quatrième année dans les classes, dans un stage en

emploi. Je pense que toutes les facultés d'éducation pourraient le faire et

devraient le faire, devraient s'inspirer non seulement de l'Université de

Sherbrooke, mais l'UQTR commence à le faire également, petit nombre, mais la

faculté d'éducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières a commencé à

implanter le trois plus un. On nous dit que d'autres universités pourraient

emboîter le pas. Il y a déjà une forme de stage

en emploi à l'Université Laval, que l'on salue encore une fois. Alors donc, ça,

c'est des... c'est une solution pour rendre la profession plus

attractive, plus attrayante et aussi pour... mais aussi, dis-je bien, pour

retenir davantage nos enseignants, nos jeunes enseignants, enseignantes.

Bon, sur les

chiffres, Mme la Présidente, alors, après cinq ans, ça, c'est des chiffres de

2021, après cinq ans, on a 81 % des

enseignants avec brevet ou avec autorisation d'enseigner qui sont toujours en

emploi. Après cinq ans, donc, 81 %. Ce que l'on connaît moins...

Alors, ça, c'est un... ce n'est pas encore suffisant, 81 %, là. On

s'entend qu'il faut travailler

pour augmenter le taux de rétention. Mais je tiens quand même à souligner que

ce taux de 81 %, il est au-dessus de

la moyenne des 20 dernières années. Ça, je pense que c'est important de le

noter, parce que parfois, quand on écoute le discours public, on a l'impression que ça ne cesse de dépérir. C'est

le contraire. Le taux de... de rétention, dis-je bien, pour les

enseignants avec brevet augmente et il est à son plus haut depuis 20 ans.

Mais ce qu'il faut

noter, Mme la Présidente, c'est que les enseignants réguliers, qui ont une

permanence, pour eux, pour elles, le taux de

rétention après cinq ans, il est de 86 % au lieu de 81 %. Et pourquoi

j'en parle? Mais j'en parle parce

qu'on vient... dans le nouveau contrat de travail, on va créer

5 400 nouvelles permanences, on va donner 5 400 postes réguliers à des enseignants

qui ont une autorisation d'enseigner, qui ont un brevet, pour l'essentiel, mais

qui n'avaient qu'un contrat... en fait, qui étaient à contrat, mais qui

avaient une tâche à temps plein, là. Ils travaillaient à 100 %, mais ils étaient à contrat, pas de

permanence. 5 400 d'entre eux vont avoir une permanence au terme du

dernier contrat de travail. Et donc

on augmente, avec ces nouvelles permanences, le taux de rétention, parce que

les enseignants avec permanence ont

un taux de rétention plus élevé. Je suis certain que le député de

Matane-Matapédia va se réjouir avec moi de cette autre avancée contenue

dans le dernier contrat de travail.

La Présidente (Mme McGraw) : Merci.

Je cède maintenant la parole à la députée de Bellechasse. Vous disposez de

cinq minutes.

Lachance : Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tous. D'abord, bonjour

à mon collègue le ministre de l'Éducation. Bonjour aux collègues de

l'opposition.

Je suis vraiment

heureuse d'être ici ce matin parce que, vous le savez, l'éducation est un sujet

extrêmement important et cher à mon coeur.

Avant d'être députée, j'ai eu l'occasion de travailler dans les écoles du

Québec, de tout l'est du Québec, en

tant que déléguée pédagogique. J'allais même dans le comté du collègue de

Matane-Matapédia, dans les écoles

primaires et secondaires, donc, de 2001 jusqu'à 2010. Donc, vous voyez qu'en 10 ans

c'est beaucoup de discussions que

j'ai pu avoir avec les enseignants, tant du primaire que du secondaire. Et

plusieurs faits revenaient souvent.

Puis je tiens... on

le sait, mais je tiens à le répéter, faire de notre école une priorité, ça veut

dire quoi, Mme la Présidente? Ça veut dire

avoir des milieux sains, attractifs, sécuritaires, qui répondent aux besoins,

évidemment, de santé et de sécurité des enfants, mais aussi des milieux qui

favorisent leur épanouissement et qui soutiennent évidemment, à chacune

et à chacun, le développement de leur plein potentiel par l'apprentissage de

connaissances, mais aussi par le développement de compétences qui seront

évidemment les assises de leur vie adulte.

Quand

on parle de milieux sains et sécuritaires, c'est essentiel puis c'est la base

du développement de l'enfant. La meilleure manière de s'en assurer,

évidemment, c'est d'agir sur les milieux et les personnes qui les entourent.

Notre gouvernement a pris de nombreuses mesures pour lutter contre la violence

en tous genres, particulièrement les violences

à caractère sexuel. Je pense ici à plusieurs... plusieurs projets, entre autres

la

Loi sur le protecteur national de l'élève, l'adoption de la Loi

visant la création d'un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et

de violence conjugale, le Plan de prévention

de la violence et de l'intimidation dans les écoles 2023‑2028,

la stratégie gouvernementale pour

contrer la violence sexuelle, la violence conjugale et Rebâtir la confiance, le

projet de loi n° 47, loi visant à améliorer la sécurité des élèves.

Donc, je vais m'attarder principalement sur cette loi-là, la loi n° 47.

D'abord,

avant même l'embauche, on doit maintenant s'assurer que le personnel qui oeuvre

auprès de nos jeunes, évidemment mineurs, les enseignants et même le personnel

qui est à proximité ne représente pas un risque pour la sécurité des

élèves.

Aussi,

maintenant, lors du transfert de dossier en contexte d'embauche, on a

l'obligation de conserver les éléments pertinents

au dossier puis l'obligation de communiquer les informations entre employeurs,

en fait, de l'ancien employeur ou

nouvel employeur dans le processus d'embauche. Tout ça pour assurer,

évidemment, la sécurité de nos jeunes; c'est essentiel.

Évidemment, on a,

au-delà de ça... évidemment, les clauses d'amnistie ont été limitées. Ce

n'était pas normal qu'un enseignant ou une

enseignante d'un centre de services scolaire qui travaille auprès des enfants

puisse commettre des gestes et simplement se déplacer d'un centre de

services scolaire à un autre sans aucune conséquence.

Finalement,

nos écoles ont maintenant l'obligation de se doter d'un code d'éthique. Puis

c'est important de pouvoir donner aux

enseignants un encadrement adéquat et suffisant. Donc, avec cette loi, on a

rehaussé considérablement les standards applicables auprès des employés

de nos écoles. Et, parce que la sécurité, c'est essentiel à l'apprentissage et au développement de l'enfant et parce

qu'évidemment l'éducation c'est notre grande priorité au gouvernement, on l'a fait.

Ça fait

partie d'un ensemble de mesures, Mme la Présidente, qui ont été mises

en place, comme je le disais, et évidemment tout ça a été réalisé par notre

gouvernement.

Ce n'est pas que ces

problèmes-là n'existaient pas avant, mais c'est notre gouvernement qui a pu en

prendre acte et amener sur la table des

réelles solutions pour pouvoir mettre en place des milieux... nos écoles...

dans nos écoles, des milieux qui soient sains et sécuritaires pour

évidemment permettre à nos enfants de bien se développer, parce que c'est une

condition qui est essentielle. Puis, je vous le dis, j'en ai fait beaucoup,

d'écoles, j'en ai eu beaucoup, de discussions avec les enseignants, et c'est

essentiel, c'est primordial pour pouvoir se développer.

Donc,

Mme la Présidente, évidemment, dans ce contexte-là, j'aurai le bonheur de

pouvoir poursuivre. Parce que, tout à

l'heure, je vous disais, je ne l'aborderai en six secondes, mais je vous

disais à quel point il y avait des phénomènes importants et je

l'aborderai dans quelques secondes avec vous.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Alors, nous allons débuter la deuxième

série d'interventions. Je cède maintenant la parole à la députée de

Saint-Laurent.

Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. le

ministre, à vous et vos équipes. Merci d'être présents. Un grand merci au député de Matane-Matapédia de nous convier en

ce vendredi pour parler d'éducation, et ce, en pleine Semaine de l'école publique. Alors, merci à tous ceux qui

travaillent dans nos écoles publiques au quotidien pour le bien-être de

tous ces enfants, pour leur réussite éducative.

M. le

ministre, cinq minutes, ça passe vite. Vous comprendrez que mon premier bloc,

je vais aller directement dans une

école que vous connaissez bien, l'école Clair-Soleil à Lévis, dans votre comté.

On s'en était parlé, il est arrivé plusieurs

incidents, dont deux très importants, dont, une fois, un bloc de béton s'est

détaché, d'un pied par un demi-pied, à côté

d'une élève. Heureusement, elle n'a pas été blessée. Par la suite, un fer

d'angle a aussi été détaché en plein cours, ce qui aurait pu heurter un

élève, mais cette fois-ci, encore une fois, personne n'a été blessé.

C'est grâce à l'intervention de la CNESST que

l'école a été fermée en urgence pour finalement se rendre compte que l'état des

lieux ne permettait pas d'avoir des élèves, 460 élèves du primaire, dans

cette école pendant des travaux majeurs. On

a dû, en urgence, relocaliser tous ces élèves du primaire dans cinq différentes

écoles qui sont déjà débordées.

Les parents

ont eu une rencontre avec la direction. Plusieurs parents ont tenté de parler

aussi avec vos équipes. Ils ont eu deux appels avec un de vos conseillers

politiques, mais malheureusement ils n'ont pas eu des réponse claire de la part du centre de services scolaire. Et ici

on est dans une apparence de négligence chronique, parce que, depuis 2020,

il y a des rapports, notamment d'un

architecte qui parlait d'au niveau de la structure de l'école que ça prenait

des travaux importants et majeurs. Je ne m'explique pas comment se

fait-il que ces travaux ont eu lieu pendant que les élèves étaient en classe. Et les parents ont écrit deux

lettres que je vais déposer. On va caviarder les noms des parents. Mais ils

ont aussi des questions pour vous que je dépose aussi.

M. le ministre, je ne vous demande pas de me

répondre à chacune des questions aujourd'hui. Je vous connais très bien et je

sais que vous faites vos devoirs. Il y a une page Facebook avec l'ensemble des

parents. Je pense qu'on se doit de leur répondre correctement pour, à tout le

moins, atténuer, peut-être, leurs préoccupations, mais surtout, un mot-clé,

l'imputabilité. Et ici je ne parle pas de l'imputabilité du ministre, mais je

parle de l'imputabilité du centre de services

scolaire, parce qu'il y a quand même des millions de dollars qui sont en jeu,

et l'une des questions des parents, c'est :

Où va notre argent? Parce que, oui, il y a des sommes qui ont été accordées

pour l'agrandissement, pour des travaux de rénovation, mais on ne comprend pas... Pour être allée, là... Il y a

un parent qui est allé dans une journée de travail, il y avait deux personnes qui travaillaient. Je n'ai

pas senti l'urgence nationale de se dire : On va mettre les bouchées

doubles.

Suggestion, M. le ministre, le centre de

services scolaire devrait travailler matin, midi, soir ainsi que la fin de semaine pour s'assurer que les travaux seront

complétés. Les parents souhaitent, là, que l'école soit prête pour août 2025.

Alors, infrastructures : Que comptez-vous

faire pour améliorer rapidement les infras des écoles, notamment en matière de gymnases, bibliothèques et locaux

spécialisés? Activités parascolaires : Comment allez-vous prévoir les

activités parascolaires pour tous les enfants

qui ont été redéployés? Accompagnement des élèves en difficulté : Allez-vous faire des actions plus soutenues pour

l'orthopédagogie? Les conditions du travail du personnel : Allez-vous

les revoir? Répartition des élèves et des

ressources : Allez-vous... Les parents nous demandent d'aller visiter les

cinq écoles pour réaliser que

certains de ces enfants ne sont pas dans une classe mais bien dans un local

sans luminosité. Il y a des isolements

de certains groupes de maternelle, première année, sans accès à un terrain de

sport. Donc, pour certains élèves, ils n'ont pas accès à une cour. Choix

restreint d'activités parascolaires, perte de l'enseignant de musique pour

l'école envole, annulation d'activités

parascolaires sur l'heure du midi pour certains élèves et perte des visites

interniveaux. Donc, les conséquences

sont assez importantes que je crois qu'une visite des lieux s'impose, pour

vous, au niveau des cinq écoles, mais surtout l'école elle-même.

Et je me

permettrais, M. le ministre, de vous suggérer d'avoir une personne au sein de

votre ministère pour refaire le fil

des événements à partir de 2020, pour vérifier qu'a fait le centre de services

scolaire, au niveau de la gestion des ressources financières, pour

s'assurer de faire les travaux en temps utile et de vérifier si, oui ou non,

n'y a-t-il pas eu négligence. Et, par la

suite, qu'on se donne, comme politique publique au Québec, lorsqu'il y a des

chantiers importants dans une école,

s'ils ne peuvent pas être complétés durant l'été, on ne peut pas, alors, avoir

les élèves en plein chantier majeur,

à côté des travailleurs, alors qu'il y a du grillage partout. Merci,

Mme la Présidente, et on dépose aussi la série de questions qui ont

été en rafale.

La Présidente (Mme McGraw) : Eh

bien, merci de bien vouloir transmettre le ou les documents que vous déposez au

secrétariat de la commission. Maintenant, je cède la parole au ministre.

M. Drainville : Oui, Mme la

Présidente. D'abord sur Clair-Soleil, évidemment, on est de tout coeur avec les

parents. C'est certain que ce n'est pas

facile et souhaitable de transférer l'élève, son élève, nos élèves d'une école

à l'autre. Mais, Mme la Présidente,

on ne fera aucun compromis sur la sécurité des élèves, aucun. Ça n'arrivera

pas. En tout cas, moi, là, puis nous,

là, la sécurité des élèves, là, c'est la valeur suprême, c'est ce qui est le

plus important. Alors, à Clair-Soleil, au

fil des travaux, ils ont découvert des enjeux structurels, et le centre de

services scolaire a pris les bonnes décisions, ils ont décidé, effectivement, de mettre nos élèves en lieu sûr, dans de

nouvelles écoles. Et là nous attendons le rapport des ingénieurs, nous

sommes en attente du rapport des ingénieurs, et c'est sur la base de ce

rapport, donc sur la base des experts, de l'opinion des experts, que nous

prendrons des décisions concernant cette école-là.

Je... J'ai

bien entendu la députée de Saint-Laurent, Mme la Présidente. Je l'invite à la

prudence. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'activités autour de

l'école qu'il n'y en a pas à l'intérieur. Quand elle fait référence à cette

journée en particulier, bien non, il n'y

avait pas d'activités, les travaux étaient arrêtés pour permettre aux

ingénieurs, justement, de travailler à l'intérieur de l'école pour, justement, vérifier

l'intégralité du... du bâtiment, dis-je, de la bâtisse, pour vérifier, donc, l'intégrité du bâtiment, pour vérifier

l'intégrité du bâtiment. Et donc, là, on est en attente du rapport des

ingénieurs pour décider de la suite des choses.

Maintenant, Mme la Présidente,

ça nous ramène aux investissements, aux investissements dans ce qu'on appelle

les maintiens d'actif, Mme la Présidente. Il

y a deux grandes catégories, là. Quand on regarde le PQI, là, il y a deux

grandes catégories. Il y a ce qu'on appelle la bonification, c'est un

terme technique, mais qui veut dire essentiellement «la construction», et il y

a le maintien d'actif, c'est-à-dire essentiellement les rénovations.

Alors, j'ai

dit tout à l'heure que le budget du PQI pour le parc scolaire, il était passé

de 9 à 23 milliards. Bon, bien, à l'intérieur de ce... presque

23 milliards. À l'intérieur de ce 23, là, arrondissons pour les fins de la

discussion, il y a 16 milliards pour

les rénovations. Et la balance, à peu près 7 milliards, pour les nouvelles

constructions. Alors, le budget de

maintien d'actif, Mme la Présidente, là, il est passé grosso modo de 6 à

16 milliards en six ans. Alors, il faut continuer à investir dans la rénovation, dans la

construction, dans les agrandissements, et c'est ce que nous faisons, Mme la

Présidente. Donc ça, c'est important.

Maintenant,

la députée parlait de la réussite scolaire, des élèves à besoins particuliers,

tout ça. Mme la Présidente, une de

mes sept priorités, c'était les aides à la classe. Quand on est arrivé, on

avait un rapport qui nous disait que là où les aides à la classe avaient été

expérimentées, dans 100 écoles, c'était un succès phénoménal. On a décidé

d'étendre le projet pilote à

200 écoles. Autre succès phénoménal... et c'est pour ça que nous avons

consenti à cet investissement de plusieurs centaines de millions de

dollars dans le nouveau contrat de travail, ce qui va faire en sorte qu'on va

avoir une adulte de plus dans la moitié des

classes du primaire au Québec. Et ça, ça va aider nos élèves qui ont des

difficultés.

Et par ailleurs, Mme la Présidente, je tiens à

le dire parce qu'encore une fois ça met en relief le bilan de nos

investissements pour aider les élèves, alors, ça, c'est les... J'ai les

chiffres jusqu'en 2022, là, mais, de 2017 à 2022, le nombre d'orthophonistes audiologistes a augmenté de 14 % dans le

réseau, le nombre d'orthopédagogues a augmenté de 29 %, le nombre

de psychoéducateurs a augmenté de 28 %. Ça, c'est des équivalents temps

plein professionnels. Donc, on investit

également dans les professionnels. Et, Mme la Présidente, dans certains cas, on

voudrait en faire plus. Malheureusement, à cause de la pénurie, les

postes sont ouverts et ils ne sont pas toujours comblés. Mais on travaille très fort pour valoriser les professionnels en

éducation. Et, comme vous le voyez, ça donne quand même des résultats.

On souhaiterait en faire plus, on veut en faire plus, mais il y a des

améliorations, là aussi, qui sont importantes.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Je cède maintenant la parole au député de

Saint-Jean. Vous disposez de cinq minutes.

M. Lemieux : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Salutations aux collègues. Je suis un peu l'intrus

ici ce matin dans la mesure où, depuis deux ans que je ne siège plus à

la Commission de la culture et de l'éducation, même si, pendant les quatre premières années que j'étais ici, j'ai suivi beaucoup

les projets en éducation, alors, je me suis distancié un petit peu pour

accomplir d'autres tâches.

Mais j'avoue que je suis ravi d'être ici ce

matin, et d'entendre ce que j'entends, et de constater avec plaisir

l'enthousiasme débordant du ministre. Ça ne me surprend pas parce qu'il est

comme ça à la période des questions, mais de le voir ici avec un enthousiasme

si débordant, pour ne pas dire passionné, et les chiffres qu'il nous donne, je

les entends en caucus, je les entends en discours, mais là ça me frappe, le

budget de fonctionnement de l'Éducation est

passé de 15 à 24 milliards sur six ans. On a beau avoir eu de l'inflation,

là, on a beau entrer l'inflation de... là-dedans, 15 à 24 milliards, fonctionnement. Puis les

infra, ce dont il parlait à l'instant, 9 à 23 ou presque 23 milliards. Et

j'en sais quelque chose parce que

j'ai suivi, par rapport à une école dans mon comté, par rapport à des projets,

par rapport à des conversations avec le centre de service scolaire chez

nous, j'ai suivi beaucoup un projet particulier qui a été annoncé et j'ai vu

les chiffres sortir. Et ça m'impressionne à chaque fois.

Mais, en même

temps, je ne comprends pas. Le député de Matane-Matapédia, il a commencé en

parlant d'argent, justement, de rallonge de budget, disait-il. Le

ministre n'aurait pas eu de rallonge de budget, puis il disait que c'était la même chose à l'Éducation supérieure puis aux

Transports, pour ne nommer que ceux-là ce matin, en tout cas. Ce que je

comprends, moi, de tout ce qu'on a pu entendre de réponses et de déclarations

des ministres concernés, c'est qu'il n'y avait jamais eu autant d'argent de

dépensé, de budgété pour dépenser cette année en Éducation, en éducation supérieure... Enseignement supérieur, en

Transports, jamais autant d'argent. La différence, si j'ai bien compris, puis

on me corrigera, c'est que, pour une rare

fois, on a dit : Il ne faut pas dépasser, là. Vous avez plus d'argent,

dans certains cas beaucoup plus d'argent, il ne faut juste pas dépasser

cette année, s'il vous plaît.

J'avoue que c'est peut-être un changement de

paradigme pour les gens dans un énorme réseau comme l'éducation, l'enseignement supérieur, la santé. Mais n'empêche qu'on ne

peut pas dire comme ça qu'il y a des problèmes. Au contraire, on essaie de bien dépenser l'argent supplémentaire qui est

arrivé dans ces réseaux-là. Et, jusqu'à preuve du contraire, c'est ça qui retient mon attention dans la mesure où c'est

les priorités... ce sont les priorités du ministre qui sont servies par

ces sommes-là.

D'ailleurs, le député de Matane-Matapédia, Mme

la Présidente, a commencé en parlant de réussite éducative. Ça m'a fait très

plaisir. Et je vais revenir, parce que j'ai le privilège d'avoir un deuxième

bloc un peu plus tard et je voulais en parler, mais, puisque je suis à

remarquer ce qui a été dit jusqu'ici et à essayer de m'insérer dans le débat...

J'étais

correspondant du Téléjournal de Bernard Derome dans les années... en

fait, ce n'était plus Bernard Derome à

cette époque-là, c'était Stéphan Bureau, dans les années 2018-2019, dans

ces eaux-là, correspondant en éducation, et j'avais fait... un des premiers points, à l'époque, que j'ai faits dans

ma carrière : sur les garçons à l'école, c'est en droite ligne, les garçons à

l'école avec la réussite scolaire, parce que c'est là que le bât blesse. J'ai

d'ailleurs des statistiques que je vais pouvoir partager avec vous tout

à l'heure sur les progrès qu'on a faits.

Vous allez me

dire : C'est normal qu'on ait fait des progrès, parce que ça fait

25 ans que tu as fait ce reportage-là, et même plus. Oui, c'est vrai, mais

ce n'est pas nouveau. L'important, c'est de comprendre comment ça procède pour être capable d'y répondre puis pour

être capable d'intervenir en aval aussi. Après le décrochage, parce que

c'est ça, le problème des garçons qui finissent par décrocher si on ne s'occupe

pas d'eux, après le décrochage, il y a toutes

les mesures en employabilité, dont les carrefours jeunesse emploi où je

retrouve... dans mon comté, je retrouve, à chaque fois que je vais au carrefour jeunesse emploi, des jeunes qui

raccrochent grâce aux carrefours jeunesse emploi et à d'autres mesures d'employabilité. Et je me demande, en les voyant,

si ce dont je parlais dans le reportage il y a 28 ans, c'est un peu ça. On n'a pas été capable de les

garder, ils ont décroché, on les a raccrochés. Et je vais me raccrocher à cette

conversation-là un peu plus tard, Mme la Présidente. Merci beaucoup.

La Présidente (Mme

McGraw) : Merci. Nous allons maintenant débuter la troisième série

d'interventions. Je cède maintenant la parole au député de Matane-Matapédia.

M. Bérubé : Merci, Mme la Présidente. J'ai bien écouté le

ministre, qui nous dit : Il n'y en a pas, de problème, on a de l'argent. Alors, je présume que, tout de

suite après l'interpellation, je pourrai rassurer le maire de Saint-Apollinaire

que l'école sera construite, vous ne me blâmerez pas de ça, Mme la

Présidente, Nicolet et Drummondville, c'est les trois premiers appels que je

vais faire. Mais, s'il est rapide, il peut aller plus vite que moi puis leur

dire la bonne nouvelle avant moi. Donc, je les ai pris en note, mais j'en ai

beaucoup d'autres. Alors, si on a tout cet argent-là, tant mieux, on va pouvoir

faire les écoles là où on en a besoin et faire aussi des travaux, parce que le

ministre n'est pas revenu sur le moins 400 millions que Le Devoir a

annoncé en juillet dernier.

Je veux parler au

ministre de l'adaptation scolaire. 26 classes de moins à Montréal. Pourquoi? 26

classes de moins en adaptation scolaire. Des

fois, le ministre aime bien, pour marquer un terme, répéter la phrase; je le

dis deux fois. Puis là il y en a dans la... dans les Basses-Laurentides

puis il y en a ailleurs aussi. Mais ce qui est le plus inquiétant... Et là je

vais lui demander une intervention qui va lui coûter une feuille, une consigne.

S'il le veut, il peut aujourd'hui demander à sa sous-ministre d'écrire une

lettre qui met fin à tout changement de note. Si vous obtenez une note en bas de 60 %, on fait confiance aux

professionnels de l'éducation, ça va être cette note-là. Je ne sais pas qui

change les notes pendant l'été dans une opération magique, mais

j'invite, Mme la Présidente, à travers vous, les responsables du ministère de

l'Éducation de les trouver avant que moi, je les trouve, parce que ça n'a aucun

sens. On ne rend pas justice à un enfant en

le faisant passer pour éviter du trouble. S'il a une note, bien, c'est parce

qu'il y a un professionnel de l'éducation qui considère qu'il devrait

avoir cette note-là. La vie est faite de tests. C'est dur parfois. Mais je veux

vraiment qu'il me réponde, au prochain bloc,

que, dans les 24 heures, prenons les jours ouvrables, d'ici lundi, il

envoie une consigne à toutes les écoles, tous les centres de services

scolaires, qu'il n'y a plus une note qui va être changée par je ne sais trop

qui. Je veux vraiment une réponse là-dessus, sinon je vais prendre tout le

temps de l'interpellation jusqu'à la fin

pour poser uniquement cette question-là. C'est très important. Il y a des notes

qui ont été changées en toute impunité. On ne peut pas laisser faire ça.

Alors,

qui a changé les notes pendant l'été? Mystère, mais je suis sur une bonne piste

parce qu'il y a des gens qui m'écrivent. Ça, habituellement, quand je dis ça,

il y a des gens qui prennent des notes au ministère. Vous faites bien, puis

ça va arriver.

violence à l'école, une autre note qui peut être envoyée au ministre. Qu'est-ce

qu'on fait? Il n'y a jamais eu autant

de violence. Ce matin encore, les gestes de violence ont augmenté, ça a un

impact considérable sur la qualité de vie

du personnel, sur leur rétention. On fait quoi? C'est quoi, les consignes qui

suivent le forum qui a eu lieu au printemps dernier? Il y en a peut-être

eu une que j'ai manquée. C'est possible. On a beaucoup de dossiers, on peut en

échapper quelquefois. S'il y en a une, qu'on

me l'envoie. Il y a un page ou une page qui va nous l'envoyer. Mais s'il n'y en

a pas, pourquoi?

Quand

on établit les priorités, là, on regarde les sujets puis on met notre temps sur

les bonnes affaires. Violence à

l'école, ça serait là, selon moi, puis butte de neige pour le roi de la

montagne, ça serait là si j'avais à choisir. Si, un jour, il y a un

autre gouvernement, là, je vous dis que ça va être ça.

Donc, quel est le

plan qui suit le forum? Quelle est la consigne qui est envoyée dans les écoles?

À partir de maintenant, tel élève qui est violent à l'égard d'une enseignante,

par exemple, puis qui est dangereux pour les autres élèves, on fait quoi avec? Sa mère nous dit que c'est un petit chérubin

qui est bien correct, puis vous ne comprenez pas. On croit ça ou on

prend des mesures? Ça, c'est le genre de langage que les Québécois sont

capables de comprendre. On a perdu trop de

profs parce qu'ils se font menacer au secondaire et même au primaire, Mme la

Présidente, même au primaire.

Dernière question. Je

veux savoir il y a combien de personnes titulaires d'un brevet d'enseignement

au Québec qui n'enseignent pas. Je veux la

différence entre ceux qui enseignent, qui en ont un, puis ceux qui en ont un

puis qui n'enseignent pas. Je donne

une indication : il y a moi, en partant. Bien, tous les autres, je veux

des chiffres et j'aimerais ça qu'on

me les fournisse d'ici la fin de l'interpellation, si le ministre y consent.

Mais je suis convaincu qu'il va me dire oui, parce qu'il est comme ça.

La Présidente (Mme

McGraw) : Merci. À vous la parole, M. le ministre.

Drainville : Mme la Présidente, d'abord sur le... appelons ça

le gonflage de notes, O.K., on va se comprendre, là, le gonflage de notes, là,

c'est mon prédécesseur, le député de Chambly, actuel ministre de l'Immigration,

Francisation, et tout le reste, qui a mis fin à la

pratique qui consistait à arrondir les résultats scolaires de 58 % ou

59 % à 60 % dans des matières où

il y avait une épreuve ministérielle. Le 15 avril 2019, il a informé le

réseau scolaire qu'il ne devait plus y avoir et qu'il n'y aurait plus de

gonflage de notes. Pourquoi? Parce qu'on veut effectivement que la note reflète

la maîtrise des contenus. On veut que la note reflète le niveau d'apprentissage

de l'élève, ça fait que ça ne peut pas être une note artificielle. Il faut que

ça soit une note qui reflète l'état d'acquisition, d'assimilation des

connaissances par l'élève. Alors, ça, c'est le ministre de l'Éducation, mon

prédécesseur, qui l'a fait dans le premier mandat. Et moi, Mme la Présidente, j'ai mis fin... Je ne sais pas

si le député l'a vu passer, mais j'ai mis fin à ce qui s'appelle le déboulage,

autre terme imagé, on va dire.

Alors, le déboulage, Mme la Présidente.

Savez-vous c'est quoi ça, le déboulage? Le déboulage, là, c'est, par exemple, un élève qui ne réussit pas à atteindre

le chiffre de 60 % en français en secondaire IV, donc il ne passe pas

son français de secondaire IV,

et quelqu'un quelque part décide de le faire passer en français secondaire V.

Et, si jamais il réussit son français de secondaire V, on lui donne

ses unités de secondaire IV.

Moi, je vais

vous le dire franchement, Mme la Présidente, là, je ne connaissais pas

l'existence de cette pratique. J'ai lu ça un matin en faisant mon

extraordinaire revue de presse. Puis là je suis rentré au bureau, et il y a des

personnes ici présentes qui pourraient vous dire, qui pourraient vous raconter

comment ça s'est passé, mais je peux vous dire que ça s'est passé dans une

réunion, et là j'ai regardé les gens autour de moi puis j'ai dit : C'est

quoi, cette affaire-là? Bien, ça se faisait,

on ne sait pas trop comment c'est arrivé là, mais ça se faisait dans le réseau.

Et j'ai dit : Bien, c'est terminé. Si tu passes ton français ou tes

maths de secondaire IV, tu les passes, sinon tu les reprends, bon.

Alors, Mme la

Présidente, quand le député de Matane-Matapédia m'interpelle sur cette

pratique, sur... appelons-la la pratique plus générale du gonflage de

notes, dans laquelle on pourrait inclure, intégrer, la pratique du déboulage, parce que c'est une forme de gonflable, on lui

donne la réussite même s'il ne l'a pas réussie, bon, bien, non seulement

on n'est pas là, non seulement on n'en veut

pas, on a posé des gestes pour que ça se termine, pour mettre un holà, bon.

Alors, Mme la Présidente, je ne sais pas quoi dire de plus, là, mais la

pratique du déboulage, elle est terminée. Ça fait que j'espère que ça rassure

le député de Matane-Matapédia. En tout cas, il aura à nouveau une belle

occasion de se féliciter de notre décision, n'est-ce pas, Mme la Présidente?

Maintenant, il parlait de la violence, je pense,

il me reste 42 secondes. Mme la Présidente, il y a des mesures très concrètes qui ont été annoncées et qui sont

en train d'être mises en place. Il y aura un plan de lutte uniformisé pour

qu'on documente bien les actes de violence et d'intimidation, il y aura des

formations pour les enseignants, il y aura des

formations pour les élèves pour lutter contre la violence et l'intimidation. Le

cours Culture et citoyenneté va nous aider.

Il y aura une journée consacrée... une semaine consacrée à la lutte contre la

violence et l'intimidation après les fêtes et une journée et un moment dans cette journée où on va parler, tout le

monde ensemble au Québec, de lutte à la violence et à l'intimidation.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Je cède maintenant la parole au député de

Saint-Jean pour cinq minutes.

La Présidente (Mme McGraw) : De

Bellechasse. Désolée.

Lachance : Merci, Mme la Présidente. Il n'y a pas de faute.

Je... Ça me donne l'opportunité de revenir. C'est une discussion qui est

riche, hein, on voit, ça bouge, ça fait que vous êtes toute pardonnée d'avoir

sauté une ligne. Il n'y a pas d'enjeu.

Comme je le

disais tout à l'heure, et je pense que mon collègue le ministre l'a dit

beaucoup, on parle de tout ce qui a été fait en éducation pour indiquer

à quel point c'est une priorité, l'éducation, pour notre gouvernement. Puis, on le voit, la discussion est diversifiée, puis il

y a beaucoup de sujets qui sont abordés. Ça nous amène vraiment à voir

la complexité. Quand on dit de favoriser l'éducation, c'est très large parce

que ça veut dire favoriser beaucoup de choses.

On a parlé de la sécurité, on a parlé des notes. Ça veut dire aussi de

favoriser l'épanouissement dans des milieux attractifs, ça veut dire de soutenir le potentiel des tout-petits, de

soutenir leur développement selon leur potentiel. Et, le potentiel, ça,

c'est unique à chacun et à chacune d'entre nous. Mais c'est aussi vrai pour nos

enfants. Chacun arrive avec ses forces, ses

faiblesses, et on a le devoir d'offrir des conditions qui sont favorables, les

meilleures conditions possible pour que tous les élèves puissent

réussir. C'est ça, prioriser l'éducation.

Les efforts de notre gouvernement, soutenus,

évidemment, par des investissements historiques, démontrent clairement l'importance que nous accordons à la

réussite et à l'accompagnement, entre autres, spécifiques des besoins de

nos élèves.

Si on regarde ça un peu plus statistiquement, en

2023‑2024, c'est 246 127 élèves dans le secteur public qui étaient reconnus comme des élèves à besoins

particuliers, handicapés ou en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage,

ça représente 24,2 % de l'ensemble des

élèves. Parmi ces élèves, 191 527, donc 77,8 %, étaient intégrés dans

des classes ordinaires et 56 635

reçoivent, parmi ceux-là, un financement qui est spécifique pour soutenir...

pour les soutenir en fonction de leurs besoins qui sont particuliers.

On l'a vu et on le sait, on l'entend, au fil des

années, la proportion des élèves HDAA, dans tous les réseaux confondus, est

passée de 10,8 %, en 2001‑2002, à 23,4 % en 2024‑2025. Et cette

proportion est encore plus élevée au secondaire, c'est près d'un élève sur

trois qui bénéficie d'un plan d'intervention. Donc, la... au Québec, on a pris

une décision. On a pris la décision collective de favoriser l'inclusion des

élèves HDAA dans les classes régulières.

Aujourd'hui,

près de 75 % des élèves sont intégrés dans ces classes. Mais cette

inclusion a clairement démontré, puis ça, on l'a vu, qu'il y a des bienfaits

pour ces élèves. Puis, en tant que parent, bien, on peut juste être d'accord,

parce qu'on est convaincu que le mieux pour eux, c'est d'évoluer dans leur

groupe de pairs en classe régulière.

Mais, malgré

tout ça, nous sommes bien conscients que cette décision d'inclusion augmente

significativement la charge des

enseignants, et c'est pour ça qu'on fournit des outils nécessaires pour

accompagner efficacement tous les élèves.

À cet égard, je pense aux investissements de 66,3 millions annoncés dans

le budget 2023‑2024, entre autres pour l'embauche de ressources spécialisées. C'est un déploiement aussi

d'aides à la classe dans 14 000 classes du primaire cette année, ça représente une classe sur deux.

Depuis notre arrivée au pouvoir, Mme la Présidente, on a procédé à des

augmentations significatives des budgets chaque année pour soutenir les élèves

à atteindre leur plein potentiel. Le financement annuel pour soutenir nos

élèves en difficulté ou handicapés est d'environ 3,7 milliards.

Évidemment,

l'inclusion en classe régulière n'est pas la solution pour tous les élèves. Au

cours des cinq dernières années, il y

a eu 1 200 classes spéciales ouvertes pour répondre aux besoins, et

c'est énorme. C'est 58,7 millions supplémentaires qui sont prévus

pour encore ouvrir plus de classes spéciales afin de soutenir tous les élèves — là,

je vois le temps qui file — donc

l'objectif étant de soutenir les élèves en fonction de leurs besoins et de

leurs spécificités, Mme la Présidente.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Alors, nous allons débuter la quatrième

série d'interventions. Je cède maintenant la parole à la députée de

Saint-Laurent.

Mme Rizqy : Merci. Juste pour

conclure rapidement sur le premier bloc que j'ai fait avec le ministre, je n'ai

pas vraiment eu de réponse. Et, si vous affirmez que le lundi où est-ce qu'il y

avait seulement deux travailleurs, c'est parce

que c'était trop dangereux pour que les travailleurs de la construction

puissent entrer et faire leurs travaux, comment se fait-il que, le jeudi

juste avant, ce n'était pas assez dangereux puis qu'on avait 460 élèves du

primaire dans cette école-là? Moi, je ne

peux pas conclure raisonnablement que l'administration a bien géré le dossier,

d'autant plus que c'est l'intervention

de la CNESST qui a mené à la fermeture de l'école. Et je vous rappelle qu'un

bloc de béton d'un pied par un demi-pied est tombé à côté d'une jeune

fille. Je ferme cette parenthèse.

J'en ouvre une autre maintenant, celui de la

violence dans les écoles. C'est un dossier, M. le ministre, que, vous savez, on a beaucoup documenté au Parti

libéral du Québec, non seulement les actes de violence, la sévérité, mais

aussi les armes retrouvées à l'école.

Aujourd'hui même... non, pardon, hier,

Marie-Laurence Delainey du Journal de Montréal , plus que jamais le milieu de l'éducation sonne l'alarme. Je

cite : «Un prof qui s'est fait donner des coups de pied, mordre, cracher

dessus, des insultes comme — et

je cite, Mme la Présidente — "ma

bitch", "grosse putain". L'intensité a augmenté, la fréquence,

c'est rendu pire que jamais. Des arrêts de travail reliés à des cas

d'agression, il y en a, c'est fou!»

M. le

ministre, il me semble que vous allez collecter très rapidement... dès le

15 novembre, il y aura une collecte, au niveau des centres de

services scolaires, sur les actes de violence. Est-ce que vous vous engagez à

publier cette information dès que vous la recevrez pour qu'on peut suivre la

situation de près? Première question.

Deuxième

question. À partir de quand que tolérance zéro est réellement appliqué à

l'école lorsqu'un élève est un multirécidiviste? Est-ce que c'est juste

un slogan ou est-ce que vous allez tracer une ligne pour le bien-être de

l'ensemble des élèves, mais aussi du personnel scolaire?

Troisièmement,

est-ce que le ministère de l'Éducation a quantifié le montant pour les arrêts

de travail reliés à un acte de

violence à l'école? Si oui, pouvez-vous le publier? Sinon, est-ce qu'on peut

commencer à faire cette démarche de quantifier les arrêts de travail dus

à un accident relié à un acte de violence?

Maintenant, pour ma dernière partie, la

diplomation des garçons, M. le ministre, vous savez, c'est un dossier qu'on a

énormément fouillé avec mon parti. On a publié deux lettres ouvertes, dans le Journal

de Montréal , sur la sous-scolarisation

des garçons. J'essaie toujours de suivre ce dossier-là, mais je me suis rendu

compte qu'il y a peut-être une anomalie au niveau de la publication des

données. Je la porte à votre attention.

Avant dans les rapports annuels de gestion, on

pouvait voir l'écart de réussite entre les garçons et les filles. Or, depuis 2023‑2024,

ce n'est plus le cas. D'autre part, dans le rapport annuel de gestion, on

pouvait voir le taux de diplomation cinq ans et sept ans. Or, depuis 2023‑2024,

on ne voit que la diplomation à partir de sept ans. J'aimerais avoir accès à la diplomation aussi sur cinq ans,

parce qu'après tout ça s'appelle un secondaire V et non pas un secondaire VII. Alors, je pense qu'on

gagnerait à avoir cette donnée, qu'elle demeure publique pour tout le monde, et

de l'avoir assez rapidement parce que vous avez ces informations-là.

Enfin, en

terminant, M. le ministre, les relations inappropriées entre un élève et son

enseignant. Un enseignant est en situation d'autorité. On pouvait lire qu'un

enseignant en Outaouais a eu une relation inappropriée avec un élève

pendant près d'un an à l'extérieur des murs; avec leurs téléphones, ils

échangeaient. Or, c'était tellement inapproprié qu'ils ont fait un tatouage

commun sans que la mère soit au courant. La mère a multiplié les actions auprès

du centre de services scolaire, a été tenue

vraiment à l'écart et dans un flou. La mère allègue la chose suivante : la

sanction envers l'élève a été plus importante que la sanction envers

l'enseignant.

Là-dessus, je

pense que le ministère devrait se pencher à savoir pourquoi il n'y a pas de

règle claire au Québec au niveau des relations hors de l'école qui sont sur

soit les réseaux sociaux, soit sur les téléphones intelligents. Vous

savez, M. le ministre, il y a des applications, notamment Snapchat, que les

conversations s'effacent immédiatement. Je

pense que la directive doit être transmise de façon non équivoque. L'école,

vous êtes en relation avec vos élèves, mais, après les heures de classe,

à moins qu'il y ait une activité parascolaire, vous n'êtes pas supposé d'avoir

une relation avec un

élève, et ça, vous devez avoir des sanctions qui sont non équivoques pour la

protection de ces jeunes élèves. Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme McGraw) : Merci à

vous. Et, M. le ministre, à vous la parole.

Drainville : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors,

beaucoup, beaucoup de sujets, là, la députée lance plusieurs questions tout à fait pertinentes, j'en

conviens, mais, quand on lance plusieurs questions, Mme la Présidente,

il faut quand même prendre le temps d'y répondre, là.

Alors, sur les actes de violence, Mme la

Présidente, sur les gestes de violence et d'intimidation, ce que nous avons dit

lorsque nous avons déposé le plan de lutte à la violence et à l'intimidation,

c'est que nous avions l'intention d'avoir une collecte beaucoup plus rigoureuse

et de documenter beaucoup plus précisément les actes de violence et d'intimidation. Parce qu'actuellement, qu'est-ce

que vous voulez, Mme la Présidente, la manière de recenser ces actes de

violence et d'intimidation n'est pas la même d'une école à l'autre ou d'un

centre de services scolaire à l'autre. Et donc

les chiffres ne sont pas toujours comparables d'un centre de services scolaire

à l'autre. Et c'est pour ça que, dans une réponse précédente, j'ai parlé

d'uniformiser le plan de lutte à la violence et à l'intimidation. Pourquoi?

Parce qu'on veut s'assurer que les écoles fassent la collecte des actes de la

même manière ou, en tout cas, d'une manière suffisamment similaire pour qu'on

puisse comparer les chiffres, qu'on puisse, donc, les additionner afin que nous

puissions, donc, avoir un vrai portrait

précis du nombre d'actes de violence et d'intimidation et, par ailleurs,

d'avoir un gabarit, c'est comme ça qu'on l'appelle, un gabarit qui est

beaucoup plus... beaucoup plus uniforme.

Ça va nous permettre, également, d'avoir des

définitions qui sont les mêmes. Parce que, Mme la Présidente, un geste d'intimidation, on définit ça comment?

Votre définition pourrait être différente de la mienne. J'oserais même dire, elle pourrait être peut-être meilleure que

la mienne. On peut discuter, à un moment donné, comment on définit ça, un

geste d'intimidation.

Alors, il

faut s'entendre sur les définitions pour, par la suite, recenser les gestes

d'intimidation. Une fois qu'on s'est entendus sur la définition, après ça, on

peut dire : Ah! bien, ça, c'est un geste d'intimidation, ça, c'est un

geste de violence, un geste de violence physique ou un geste de violence

psychologique, un geste de violence sexuelle. Il faut s'entendre sur... Alors,

il y a du travail à faire à ce niveau-là et il est en train de se faire.

Il y aura effectivement une collecte

d'information à la mi-novembre, et on va faire cette analyse, on va faire

l'analyse des données que nous colligerons, que nous obtiendrons du réseau et,

après les fêtes, on sera en mesure, donc, de

faire une reddition de comptes sur cet enjeu-là. Donc, je pense que ça devrait

répondre à la question de la députée de Saint-Laurent.

Bon, par ailleurs, dans les autres sujets

qu'elle a... Ah oui! Elle parlait de... du plan de... du rapport annuel de gestion. Mme la Présidente, le rapport annuel de

gestion, la raison pour laquelle le chiffre sur l'écart entre les garçons et

les filles, la raison pour laquelle il a été

mis de côté, c'est qu'il risquait de créer des malentendus, il risquait de

donner un mauvais portrait de la situation pour la simple et bonne

raison que, si la performance de nos filles était moindre, si elles étaient moins nombreuses à réussir, à avoir

de bons résultats, l'écart se rétrécissait, et donc on risquait de donner

l'impression que les résultats s'amélioraient.

Alors, ce que nous avons décidé de faire, puis

je pense que ça se défend très bien, nous avons gardé le taux d'obtention du premier diplôme ou de la première

qualification au général, garçons et filles, et on a conservé le taux de

réussite des garçons. Alors, si vous voulez avoir le taux de réussite des

filles, Mme la Présidente, il n'y a pas d'enjeu, on est capables de le trouver,

là, mais un rapport annuel de gestion, ça doit servir à nous éclairer et à nous

donner un portrait clair et précis qui ne porte pas, comment dire, à des

malentendus, qui ne risque pas de créer des malentendus. Et donc c'est la

raison pour laquelle on l'a fait, Mme la Présidente. Mais je peux vous dire, ce

n'est pas à la décimale près, là, mais,

grosso modo, le taux de réussite de nos garçons, il est de 10 points de

pourcentage moindre que celui des filles.

On le sait, c'est comme ça, et puis c'est l'une des raisons, on s'en est moqué

un peu, mais c'est l'une des raisons pour lesquelles je pense qu'il faut

une école québécoise qui parle davantage à nos garçons et qui leur fait aimer

davantage l'école, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme McGraw) : Merci,

M. le ministre. Alors, maintenant, je cède la parole au député de Saint-Jean.

Lemieux : Merci, Mme la Présidente. Tout est dans tout. Je

voulais continuer sur les garçons à l'école, et le ministre vient tout juste d'éclaircir la

différence entre la méthode statistique passée et celle qu'on regarde

aujourd'hui. Et, si je voulais vous

en parler, si je parlais de ce reportage d'il y a 27 ans, que j'avais

produit pour Le Point , c'est parce que le ministre, sans le

savoir, l'a ramené à ma mémoire cette semaine en parlant du roi de la montagne.

Parce que l'exemple qu'on nous donnait, aux journalistes, quand on allait voir

les spécialistes puis qu'on disait : C'est quoi le problème avec les gars à l'école? Pourquoi ils décrochent plus, pourquoi

ils réussissent moins bien? Et les spécialistes, à l'époque, en tout cas, puis je soupçonne que c'est encore vrai parce

que c'est comme ça, ils disaient : Il faut qu'ils bougent plus, eux autres, il faut qu'ils s'extériorisent

davantage. D'être le roi de la montagne, ça aide, après ça, pour le reste de la

journée à l'école. Mais c'était un lien dans ma mémoire cette semaine.

Mais

revenons-en donc à l'essentiel du propos, la réussite éducative et la différence

avec les garçons et les filles, qui a

son importance parce que, dans le fond, ultimement, c'est ça qu'il faudrait

essayer de corriger aussi. Vous savez, la réussite scolaire, le taux de

diplomation, c'est probablement la mesure universelle, là, le gouvernement

s'est donné comme objectif, l'engagement,

même, qu'il a pris, le ministre : d'atteindre un taux de diplomation de

90 % d'ici 2030; dans six ans, M. le

ministre. 2030, 90 %. On n'est pas si loin que ça, remarquez, du but,

parce qu'il vient de le dire, le ministre, la différence entre les garçons et

les filles, c'est 10 %, à peu près. Donc, on a un taux combiné, si vous

voulez, de 82 %. Donc, il y a encore du travail à faire, mais on va y

arriver. Nous sommes préoccupés par la réussite éducative et on prend les

moyens pour le faire.

Un petit...

Une petite parenthèse de rien du tout avant de continuer sur les autres choses

que j'avais entendues au cours de

l'avant-midi, les statistiques dont parlait le ministre par rapport aux garçons

et aux filles, ça me fait penser aux

statistiques de rétention qu'il nous a sorties tout à l'heure. Je n'ai même pas

eu le temps de prendre en note tellement j'étais attentif à ce que ça

voulait dire, la rétention chez les professeurs. Et, contrairement à l'opinion,

l'impression populaire, disons-le comme ça,

de moins en moins pire et de plus en plus bonne, mais, mieux que ça, quand il

s'est battu, pendant la dernière année, pour aller chercher cet

argent-là pour avoir 5 000 professeurs permanents de plus, c'est parce qu'il savait ou, en tout cas, il soupçonnait

que c'était très bon pour la rétention plutôt que d'avoir des profs à temps

partiel avec une, ou deux, ou trois charges qui finissaient par aller chercher

un salaire mais pas le statut et pas la capacité de dire : Je suis

enseignant, j'ai un brevet, ce n'est pas pour rien.

Le député de Matane-Matapédia, en parlant de

brevets, demandait combien il y en avait qui avaient un brevet qui

n'enseignaient pas, à

part lui, si j'ai bien compris. C'est une bonne question

et c'est une question, je pense, qui pourrait expliquer une

partie de

l'affaire. Mais l'important en ce qui me concerne pour la rétention, tout comme

pour les garçons et les filles, tout comme

pour l'essentiel des statistiques, parce qu'on peut se perdre dans les

statistiques à un moment donné, pas leur faire dire n'importe quoi parce

que 82 % de réussite, ça reste 82 %, c'est que le réseau, on l'a

beaucoup dit pour la santé, on l'a un peu dit... en fait, on l'a beaucoup dit

aussi pour l'éducation, a besoin de... Ce n'est pas un changement de culture,

on a besoin de se refaire une beauté, il y a besoin de se refaire un moral.

La dernière

année a été, puis tout le monde en convient, a été très difficile pour tout le

monde parce qu'il y avait d'énormes négociations qui ont mené à

d'énormes résultats. Sans quantifier, là, ça a été des résultats à la

satisfaction de pas mal tout le monde. On ne

travaille pas de la même façon, c'est certain, puis on n'envisage pas sa

carrière, puis on n'envisage pas les

choses, puis encore moins un choix de carrière qu'on n'envisage pas si tout le

monde parle comme il parle du réseau. La santé a vécu la même chose.

C'est triste

parce que ça revient aux quatre ou cinq ans, et c'est rare qu'à chaque

renouvellement de convention collective on se réjouisse, avant de

commencer à négocier, des résultats. Ça ne se peut pas. Mais, au final, c'est

dur sur le réseau. Ça a été dur pour les

enseignants, ça a été dur pour les gens dans le réseau de la santé, puis, au

final, à écouter le ministre des

Finances, en tout cas, on a fait tout ce qu'on pouvait et même un peu plus pour

s'assurer que le moral, avec le salaire, allait revenir, sinon au beau

fixe, allait revenir dans des proportions dont nous avons bien besoin, Mme la

Présidente. Merci beaucoup de votre écoute.

Présidente (Mme McGraw) : Merci à vous. Alors, nous allons débuter la

cinquième série d'interventions. Et je cède maintenant la parole à la

députée de Mercier.

Mme Ghazal : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Salutations au ministre, aux collègues. Et je veux

remercier aussi le député de Matane-Matapédia de nous permettre de

parler d'éducation en cette Semaine de l'école publique.

Donc, moi, je

vais utiliser mes cinq minutes pour un sujet qui ne surprendra pas le ministre,

c'est sur la fermeture de classes de

cheminement particulier à cause d'un resserrement des règles. Aujourd'hui, il y

a un père, le père de Félix, Simon Chevarie, qui est à l'Assemblée nationale et

qui nous a dit que son fils, là, en ce moment, il est en secondaire III, en

classe régulière, il est très fier de ça,

son fils et le père, mais, quand il était au primaire, il passait, si je peux

dire, sur la peau des fesses en mathématiques et en français. Et, malgré

ça, l'équipe-école a proposé au père et à son fils de l'envoyer en classe régulière... pas en classe régulière, mais plutôt en

cheminement particulier, ce qui fait qu'aujourd'hui, bien, il a pu réussir parce qu'en

secondaire I et secondaire II il a été en classe de cheminement

particulier et a eu toute l'attention qui était nécessaire, qui

répondait à ses besoins, et aujourd'hui il est en classe régulière et il a

réussi.

Maintenant, avec la décision qui a... qui est

prise par le centre de services scolaire de Montréal, qui veut resserrer les critères, son père nous assure que

Félix n'aurait pas pu être en secondaire III aujourd'hui. Le père de Félix

et aussi des profs, 900, presque 900 profs et élèves, ont signé une lettre

ouverte pour demander un moratoire sur la fermeture de classes particulières,

un comité pour parler de ces critères-là. Donc, je veux déposer cette lettre

ouverte là pour que le ministre puisse la lire, si j'ai le consentement.

Consentement? Donc, je veux juste aussi...

La Présidente (Mme McGraw) : ...les

documents, Mme la députée.

Mme Ghazal : Oui. Merci. Ce sera

fait. Je veux aussi dire au ministre que j'ai fait mes devoirs. J'ai parlé au

centre de services scolaire, j'ai une bonne relation avec eux. Il y a deux

arguments pour le resserrement des règles. C'est

qu'il y a... Ce qu'ils disent, c'est qu'il y a un quart des élèves qui sortent

des classes de cheminement particulier pour aller au régulier ou

ailleurs et 50 % seulement de ce quart qui obtiennent des diplômes. La

question à laquelle je n'ai pas eu de

réponse, c'est : Mais, s'ils n'étaient pas allés en classe de cheminement

particulier, est-ce qu'ils auraient réussi? En supposant qu'on ne

traficote pas les notes puis que c'est les vraies, vraies notes, est-ce que ça

aurait été encore plus bas comme taux de diplomation?

Un autre, aussi, argument qui est amené par les

classes... par le CSSDM, c'est que les critères sont dans la convention collective. Je veux préciser au

ministre que les critères qui sont dans la convention collective, à

l'annexe 19, ça, c'est pour le code 10. Pour ce qui est des

classes de cheminement particulier, ce qui est écrit dans la convention collective du CSSDM, il n'y a pas de critères. Pour aller

dans les classes de cheminement particulier, il n'y a pas de critères. Donc, je ne voudrais pas entendre le

ministre me dire que c'est dans la convention collective et qu'on l'applique.

Les profs, les

parents, ils sont prêts à revoir les règles, ils sont prêts à ce qu'on regarde

les critères. Donc, on pourrait le faire

dans un comité. J'aimerais entendre le ministre me dire s'il accepte qu'il y

ait un moratoire pour qu'on se mette ensemble, tout le monde, là, pour

dire comment est-ce qu'on peut améliorer ça. Il n'y a personne qui veut que les

élèves restent en classe de cheminement particulier à tout jamais.

Maintenant, une autre

chose qu'on apprend ce matin, j'imagine que le ministre aussi a sûrement

aussi... en faisant sa revue de presse, est

tombé en bas de sa chaise. Puis j'ose croire qu'il a dit à son équipe :

Que c'est ça? Ce qu'on apprend, c'est qu'ailleurs dans d'autres centres

de services scolaires il y a... notamment dans les Laurentides, il y a des fermetures de classes de cheminement

particulier parce qu'on arrondit les notes. Et ça, je veux corriger le

ministre, ce n'est pas le déboulage. Ce n'est pas la même chose. Je n'ai

pas le temps de lui expliquer c'est quoi, le déboulage. Son équipe peut le

faire. C'est autre chose.

Les directions disent

que ce n'est pas vrai, qu'ils n'incitent pas les profs à ce qu'il y ait... on

arrondisse les notes, par exemple, à

58 % puis amener ça à 60 %. Mais, moi, il y a un prof aujourd'hui qui

était là ce matin en point de presse

et qui dit qu'il a des courriels, un prof en adaptation scolaire, des courriels

de sa direction qui lui demande d'un peu changer les notes. C'est

inacceptable. Je suis convaincue que le ministre trouve que c'est inacceptable.

On ne penserait jamais demander à ce qu'un

médecin, quand il pose un diagnostic... de changer son diagnostic pour avoir de

meilleurs résultats ou dire : Bien, il y a moins de cancers parce qu'on a

traficoté les diagnostics. On ne peut pas faire ça pour les médecins, il ne

faut pas faire la même chose pour les profs.

Donc, moi, je demande

deux choses. J'aimerais avoir une réponse. Deux choses : Est-ce que le

ministre accepte de répondre à la demande d'avoir un moratoire puis de revoir

les critères pour les classes de cheminement particulier et, deuxièmement,

d'enquêter sur le traficotage des notes qu'on apprend ce matin? Merci.

La Présidente (Mme

McGraw) : Merci à vous. Alors, M. le ministre, à vous la parole.

M. Drainville :

Oui. Mme la Présidente, la

députée de Mercier fait des déclarations présomptueuses, là, quand elle

dit que je ne sais pas faire la différence entre le déboulage puis le

gonflement des notes. Je pense avoir expliqué la différence. Et puis, si elle

souhaite que je lui fasse une description plus détaillée, je... ça me fera

plaisir de le faire.

D'ailleurs,

Mme la Présidente, sur la question des notes, le député de Matane, tout à

l'heure, m'a interpelé là-dessus, là, j'ai... avec le temps que nous

avons, je n'ai pas eu le temps de répondre à sa... à son invitation, mais je

n'ai absolument pas d'enjeu, Mme la

Présidente, à demander à notre sous-ministre de faire parvenir un rappel aux

directions d'école pour leur réitérer

le fait que les directions d'école ne peuvent pas changer la note qui est

donnée par un enseignant ou par une enseignante. Donc, je pense qu'il

souhaitait que nous fassions un tel rappel, alors nous le ferons, Mme la

Présidente.

Bon, pour ce qui est

des classes d'adaptation scolaire, d'abord, je tiens à dire que le centre des

services scolaire de Montréal est également

présent dans les tribunes. Donc, la députée de Mercier faisait référence tout à

l'heure à des... à la présence d'un papa, si j'ai bien compris. Donc, le

centre de services scolaire est ici présent. Ils pourraient peut-être

d'ailleurs se rencontrer et se parler entre quatre yeux.

Alors, sur la

question des classes d'adaptation scolaire, Mme la Présidente, d'abord, je...

Depuis cinq ans, là, et la députée de Bellechasse, tout à l'heure, le notait,

là, depuis cinq ans, là, nous, comme gouvernement, on a ouvert plus de

1 200 classes spéciales pour les élèves à besoins particuliers. Juste

pour l'année 2024‑2025, là, juste pour le budget 2024‑2025, là, c'est

58,7 millions qui est prévu, donc, pour maintenir ou même ouvrir d'autres

classes spéciales. Et, dans la grande catégorie des classes spéciales, il y a

effectivement les classes d'adaptation scolaire.

Quand on regarde le

centre de services scolaire de Montréal, là, ça, ce sont des chiffres,

évidemment, que le centre de services nous a transférés, nous a transmis, il y

a eu une augmentation de 24 classes spéciales au centre de services

scolaire de Montréal entre 2023‑2024 et 2024‑2025. Donc, il y a 23 classes

spéciales de plus au primaire et il y a une augmentation d'une classe spéciale

de plus au secondaire.

Alors,

la députée de Mercier se fait l'écho de ceux et celles qui déplorent la

diminution du nombre de classes en cheminement particulier, mais, Mme la

Présidente, il n'y a pas que les classes CFP, les classes en cheminement particulier, il y a aussi les classes pour les

élèves qui ont des troubles du langage, il y a des classes pour les élèves qui

ont des troubles graves d'apprentissage, il y a des classes pour les élèves qui

ont un trouble du spectre de l'autisme et il

y a, oui, bien sûr, les classes de cheminement particulier, de formation, les

classes CFP. Et donc, si on regarde, moi, les chiffres que j'ai ici, là,

transmis par le CSSDM, en 2022-2023, il y avait 423 classes spéciales à

Montréal, au CSSDM, en 2023-2024, 481, donc de 423 à 481, et, en 2024-2025, on

est passé de 481 à 505 classes spéciales.

Donc,

Mme la Présidente, vous savez, ce n'est pas au 16e étage du ministère de

l'Éducation qu'on va commencer à

gérer les écoles puis commencer à gérer les centres de services scolaires, là.

Il y a au-dessus de 3 000 écoles, il y a 72 centres de services scolaires. Alors, nous, ce que nous

faisons, c'est que nous versons aux centres de services scolaires des budgets pour des classes spéciales

pour les élèves à besoins particuliers, ces budgets sont très importants, ils

ont connu, comme le reste, de très fortes augmentations. Hein, on est à

3,7 milliards cette année, là, pour les élèves à besoins particuliers. Maintenant, une fois qu'on a

accordé le budget aux centres de services scolaires, ce sont les centres

des services scolaires qui doivent se

gouverner. On ne va pas gérer les écoles, les centres des services scolaires à

leur place.

Alors,

c'est aux centres des services scolaires de rendre des comptes et d'expliquer

leurs décisions. J'ai transmis, dans les dernières minutes, les

explications et les données qui nous ont été fournies par le centre de services

scolaire de Montréal, et, au net, il y a plus de classes spéciales pour les

élèves de ce centre de services.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Je cède maintenant la parole à la députée de

Bellechasse pour cinq minutes.

Mme Lachance : Merci, Mme la

Présidente. On aborde énormément de facettes de l'éducation ici ce matin. C'est très enrichissant. Puis, quand on parle

d'éducation, on le constate, hein, c'est extrêmement large, entre autres

choses, et intervient le milieu physique, la sécurité, le développement

individuel de nos tout-petits.

Puis une des choses qu'on n'a pas abordée ce

matin, mais qui est extrêmement importante, et je tiens à le rappeler, c'est que la réalité éducative, ça ne

s'arrête pas à la porte de la classe, ça va bien au-delà, dans les sphères qui

peuvent affecter le quotidien des familles, nos enfants réussissent mieux quand

ils sont dans des milieux sains et sécuritaires,

mais on parle aussi de la maison, de la famille. Et les enjeux de vie

familiale, sans contredit, peuvent affecter nos jeunes élèves puis avoir un impact négatif sur leur parcours

scolaire, affecter très sincèrement leur réussite. Quand on dit qu'un

gouvernement favorise l'éducation ou en fait une priorité, ça veut aussi dire

s'assurer de mettre des bases solides dans les familles et s'occuper des

familles. C'est pour ça que la situation des Québécois nous touche au plus haut point. Puis plusieurs familles ont une

pression supplémentaire qui s'est ajoutée au cours des dernières années. Et

notre gouvernement est là pour les supporter parce que ça permet

évidemment d'avoir une base favorable pour l'éducation. Donc, c'est la raison pour laquelle on a mis en place plusieurs mesures

pour diminuer la pression financière et soutenir les familles.

Dès 2019, nous avons sanctionné la loi qui vise

à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et permettre d'encadrer

les contributions financières pouvant être exigées. Ici, il est question

évidemment d'éviter les abus et de faciliter, bien, la vie des familles en

regard à l'éducation des tout-petits. J'aimerais rappeler qu'avec l'adoption de

ce projet de loi là la responsabilité d'approuver les contributions financières

qui peuvent être exigées a été confiée au conseil d'établissement, Mme la

Présidente, et ça fait en sorte que le centre de services scolaire, maintenant,

a la responsabilité de s'assurer qu'un établissement scolaire demande aux

parents d'assurer des frais qui sont contraires à la loi. Dans le fond, on veut s'assurer que les frais soient supportés

et supportables. Donc, on ne veut plus demander de payer notamment pour des

manuels scolaires, des dictionnaires, le matériel d'art, le matériel nécessaire

aux activités de laboratoire. Et on a

bonifié aussi l'allocation annuelle afin d'aider à l'achat de matériel

scolaire. C'est un investissement de 135 millions en 2023‑2024, Mme

la Présidente.

D'autres mesures ont été mises en place pour à

la fois aider les familles, mais aussi bonifier l'expérience des élèves en classe en investissant directement dans

les milieux scolaires, évidemment, en les rendant plus attrayants. On

parle de l'école inspirante. 47 millions en 2023‑2024 pour permettre le

financement de sorties éducatives, de projets destinés à stimuler les talents,

les intérêts des élèves, dont les projets particuliers. Quand on parle de

sorties en milieu culturel, c'est

33 millions qui est dédié pour permettre d'assurer l'augmentation de

l'offre pour des activités culturelles.

Je vais prendre

un exemple. Je vois le temps qui file, on veut tout dire. Quand on parle d'une

sortie au musée, bien évidemment, ça va au-delà de la sortie en tant que telle.

Il y a des bénéfices qui sont sans contredit dans le fait de faire vivre des expériences. La sortie au

musée, ça ne se limite pas à la visite du musée. Il y a tout ce qui l'entoure

qui permet à nos jeunes de se développer. Quand on parle aussi d'une

sortie au musée, bien, ça vient stimuler nettement la culture générale, ça vient stimuler des intérêts aussi chez nos

jeunes. Donc, évidemment, c'est extrêmement important.

On peut aussi parler d'une mesure que mon

collègue a mise en place et puis qu'il a abordée régulièrement ici, à la

question, celle d'accroître l'accessibilité financière aux projets particuliers

en éducation. Donc, c'est jusqu'à concurrence de 300 $ par élève,

300 $ de financement par enseignant au niveau scolaire et préscolaire pour

garnir les bibliothèques.

Il me reste 10 secondes, mais je veux en

parler. Mme la Présidente, j'ai eu le bonheur d'inaugurer une école, l'école des Perséides à

Saint-Charles-de-Bellechasse. Puis, en discutant avec la directrice et les

enseignantes... Mme la Présidente...

La Présidente (Mme McGraw) : ...conclusion.

Présidente (Mme McGraw) : Merci. Nous allons débuter la sixième série

d'interventions. Je cède maintenant la parole au député de

Matane-Matapédia.

M. Bérubé : Merci, Mme la

Présidente. Je suis heureux que le ministre ait répondu à l'article qui se

trouvait dans sa revue de presse, que je lui

ai fait envoyer, qui indiquait que cette pratique avait toujours cours, celle

de changer les notes pendant l'été.

Donc, ce n'est pas très, très vieux, ça date de ce matin, Radio-Canada, qui

d'ailleurs a suivi très attentivement la réponse du ministre. Il peut

être assuré qu'il sera bien cité sur ce qu'il a indiqué.

Parlons de

l'école privée. Il y a des choses que j'ai renoncé à faire pour convaincre le

gouvernement. La CAQ, depuis son

origine, tout comme l'ADQ, c'est le parti de l'école privée. C'est clair,

lorsqu'on entre dans ce parti, ça fait

partie

des projets à défendre. Je connais le préjugé très favorable du ministre pour

l'école privée. Je veux quand même lui

exposer un certain nombre de choses, quand même lui rappeler ce que Guy Rocher

a à dire là-dessus, le plus grand sociologue québécois, qui se fait applaudir

régulièrement par les caquistes, mais, quand vient le temps d'écouter ses

idées, comme le cégep en français ou l'école à trois vitesses, l'une des plus

inéquitables au Québec, ça, là-dessus, ils n'écoutent

plus. Mais nous, on l'écoute en toutes circonstances, Guy Rocher. Et, comme

beaucoup d'autres, comme une étude de l'IRIS... c'est une école qui est

inéquitable. Puis ce n'est pas une vraie école privée quand on met 60 % de

l'argent du public puis de l'argent durement gagné de

gens qui n'auraient même pas les moyens de les envoyer, les enfants, à l'école

privée.

Puis ça sert à plein

de choses, hein? Puis il y a aussi, et ça existe, des parents qui envoient

leurs enfants là parce qu'un peu comme une

marque, hein, peut dire : Mon enfant est allé dans telle école, pas dans

l'école publique, là, dans le

quartier, dans cette école-là. Bien, ça existe, puis il faut le dire. Et, quand

j'ai entendu le ministre dire : C'est 10 %, mais, quand même, il faut

indiquer un certain nombre de choses. C'est 12 % de l'ensemble, 21 %

au secondaire, ça monte à 34 % à Montréal. À ça, il faut ajouter,

au secondaire, 23 % des élèves qui sont au public sélectif au Québec, donc

23 % plus 21 % des élèves sont

dans des écoles secondaires exclusives, des écoles qui excluent. Ça commence à

faire pas mal de monde.

vous ai parlé de la responsabilité d'un ministre, c'est surtout l'école

publique. Une fois que j'ai livré ça, si on décide de ne rien bouger,

bien, je sais à qui ça profite et je sais qu'on ne fait pas beaucoup de gestes

pour rassembler l'ensemble des gens dans le même réseau. Je veux saluer à

nouveau tout le travail de L'École ensemble, travail de bénévoles...

La Présidente (Mme

McGraw) : En conclusion.

M. Bérubé : ...qui

nous inspirent.

La Présidente (Mme McGraw) : Alors,

avant de passer aux dernières interventions, je dépose les documents transmis par la députée de Saint-Laurent, ainsi

que ceux transmis par la députée de Mercier. Alors, nous sommes rendus

aux dernières interventions.

M. Bérubé : ...cinq

minutes?

La Présidente (Mme McGraw) : 2 min 15 s.

à cause de l'impact des interventions antérieures. Mais vous allez maintenant

disposer de 10 minutes après le ministre.

Alors, nous sommes

rendus aux dernières interventions. M. le ministre, vous disposez de

10 minutes.

Drainville : Oui, bien, Mme la Présidente, j'ai déjà eu l'occasion de

le dire à de multiples reprises, l'école

publique, c'est notre priorité depuis que nous sommes aux affaires, et on le

prouve par des investissements records, des investissements historiques.

Je le rappelle, le budget de l'éducation qui a augmenté de 50 % depuis six

ans, le budget du... des investissements dans le parc scolaire qui a augmenté,

lui, de 150 %. Donc, c'est bien 22,7 milliards.

Alors,

Mme la Présidente, sur l'école, la supposée école à trois vitesses, là,

d'abord, je tiens à rappeler, Mme la Présidente, que le réseau scolaire,

tel qu'il existe présentement, je l'ai dit un peu plus tôt cette semaine, moi,

je pense que les fondations de ce réseau

scolaire sont saines. Maintenant, il faut continuer à investir, il faut

continuer à rénover, à réparer les erreurs du passé, le sous-financement

des gouvernements précédents. D'ailleurs, Mme la Présidente, si vous me

permettez, moi, je parle souvent de l'austérité des libéraux qui ont fait très

mal à l'école québécoise, mais je vais élargir un petit peu mon propos.

Les libéraux et les

péquistes font

partie du problème, Mme la Présidente, et la Coalition avenir

Québec fait

partie de la solution. L'école québécoise, la date de construction

moyenne de l'école québécoise, c'est 1967. Et les deux partis en face, là, ils

ont exercé le pouvoir pour l'essentiel de la période. À partir de 1970, ils ont

été les seuls à exercer le pouvoir. Ils se sont échangé le pouvoir entre 1970

et 2018. Et donc, quand on récolte un parc scolaire qui a besoin de très grands

investissements parce qu'il a été négligé, c'est la responsabilité des gens

d'en face et des gens là-bas également, Mme la Présidente.

Alors,

oui, je... Mme la Présidente, j'ai appartenu à un gouvernement qui a duré

18 mois. Les gouvernements du PQ

dont je parle, c'est ceux qui ont gouverné de 1976 à 1985 et de 1994 à 2003.

Eux, ils ont été là assez longtemps pour réparer, rénover, restaurer,

redresser, reconstruire, et ils ne l'ont pas fait. Première chose.

Deuxième

chose, Mme la Présidente, quand j'entends le Parti québécois dire : Ah!

nous autres, vous savez, l'école privée, on est contre ça. Ah oui? Mme la

Présidente, ils ont été au pouvoir pendant toutes les années que je viens

d'évoquer, là. Est-ce qu'ils ont

touché au financement de l'école privée? Dans le programme, Mme la Présidente,

dans la plateforme, ah! oui, là, ils sont excellents pour prendre des

engagements, mais, lorsqu'ils arrivent au pouvoir, curieusement, Mme la Présidente,

ils n'ont jamais touché au financement de l'école privée.

d'ailleurs le député de Matane va avoir l'occasion, dans ses 10 minutes de

conclusion, de nous dire... de prendre l'engagement solennel que, si le Parti

québécois prend le pouvoir aux prochaines élections ou subséquemment,

peu importe, qu'ils vont réduire, qu'ils vont couper le financement aux écoles

privées. Parce qu'ils ont... le Parti québécois

a déjà pris cet engagement-là par le passé, ils ne l'ont jamais fait. Pour

reprendre la belle formule de je ne sais plus trop qui : Quand ils

sont dans l'opposition, ils tournent à gauche puis, une fois qu'ils arrivent au

pouvoir, ils tournent à droite.

Alors, je vais écouter avec attention,

Mme la Présidente, ce que le député de Matane-Matapédia va nous dire sur

le financement de l'école privée. Est-ce

qu'il va, de son siège, prendre l'engagement, comme porte-parole à l'éducation

pour le PQ, qu'une fois au gouvernement ils vont réduire le financement aux

écoles privées? On va l'écouter avec beaucoup d'attention parce que, la

dernière fois qu'ils en ont parlé dans un Conseil national, ça s'est mis à

shirer un petit peu, comme on dit par chez

nous. Hein, grosse position de principe, on se vautre dans l'élévation morale,

n'est-ce pas, puis là, après ça, ça s'est mis à dire : Bien,

finalement, on ne sait pas trop.

Nous, notre position,

Mme la Présidente, c'est qu'on a un système mixte au Québec. Oui, on a à peu

près 10 % des élèves qui sont à l'école privée et on veut maintenir le

libre choix, oui, et on considère que le 40 % qu'un parent paie ou que des parents paient pour leurs

enfants lorsqu'ils l'envoient dans une école privée, ce 40 % qu'ils sortent

de leur poche, c'est un investissement supplémentaire dans le réseau scolaire.

Bien oui, on le dit.

Et on ne fait pas

partie de ceux qui pensent que, si on jetait à terre le réseau des écoles

privées, on réglerait comme par magie ou par enchantement les problèmes dans le

réseau des écoles publiques, dans le 90 % restant. Par contre, on fait

partie de ceux qui disent qu'il

faut investir dans l'école publique. Ah! ça, on investit dans l'école publique

comme jamais, Mme la Présidente. J'ai parlé,

dans ma première réponse tout à l'heure, des investissements qu'on fait en français et des mesures très concrètes que l'on

adopte. Les aides à la classe, Mme la Présidente, c'est un investissement

historique, plusieurs centaines de millions

dans à peu près la moitié des classes du primaire du Québec. Ça faisait

partie

de mes sept priorités d'origine, on avance là-dessus.

J'ai aussi souhaité,

Mme la Présidente, dans mes priorités, que nous... que le réseau universitaire

crée des voies rapides pour permettre à des

enseignants qui sont déjà dans les classes, qui n'ont pas de brevet, mais qui

sont dans les classes et dont nous

avons besoin... que nous puissions, grâce à ces voies rapides, les amener vers

la qualification, les amener vers le brevet d'enseignement. Il y a des

institutions postsecondaires qui créent ces nouveaux programmes présentement, que ce soient des 30 crédits ou

encore des 45 crédits. Bien, moi, je préfère les 30, mais les 45, c'est

quand même une amélioration. Alors, il y a des institutions

universitaires qui répondent à notre appel, et je souhaite qu'elles soient plus nombreuses à le faire. J'entends des

bruits à l'effet que certaines universités vont créer de ces programmes de ces voies rapides qui vont nous permettre de

diplômer, de remettre le diplôme à des enseignants non légalement qualifiés,

c'est-à-dire des enseignants sans brevet ou

sans autorisation d'enseigner. Alors, j'entends ces bruits, j'espère qu'ils se

concrétiseront par des mesures concrètes.

Toujours

dans l'école publique, Mme la Présidente, on investit dans la formation

professionnelle, dans la modernisation des équipements pour justement

inciter nos jeunes à choisir les métiers de l'avenir, les beaux métiers de l'avenir. Puis, oui, il faut valoriser la

formation professionnelle. Puis on a une campagne de publicité qu'on a remise

en ondes, là. On peut la voir que... Si vous

écoutez le football, des fois, Mme la Présidente, vous allez la voir passer. Bien

oui, parce qu'il faut parler à nos garçons

en particulier, qu'est-ce que vous voulez, et à leurs parents. Alors, la FP, on

met des sous là-dedans parce que c'est aussi une très belle façon de

réussir son parcours scolaire.

On investit... Je

parlais de l'efficacité tout à l'heure, autre priorité. On a investi dans un

régime de données beaucoup plus performant

qui va nous permettre de savoir beaucoup mieux ce qui se passe dans notre

réseau, de mieux le piloter, d'obtenir des meilleurs résultats, de mieux

mesurer la performance — c'est

un mot dont on n'a pas peur de ce côté-ci de

la Chambre — mieux

mesurer la performance et l'efficacité de nos centres de services scolaires. On

a mis en ligne un tableau de bord qui permet aux centres de services

scolaires de se comparer entre eux. C'est très bien, ça crée une saine émulation. On peut, de cette façon, voir ceux qui

performent mieux et aller s'enquérir : Comment tu as réussi ça,

toi? Est-ce que tu peux me donner ta recette? Apprendre des meilleurs et

devenir meilleurs collectivement.

Se servir de ce

régime des données également, Mme la Présidente, pour mieux identifier les

élèves qui sont à risque de décrochage par

l'intelligence artificielle. Ce régime-là, il est déjà en train de se mettre en

place. Il y a plein de centres de services scolaires au Québec qui se

servent de l'intelligence artificielle pour augmenter la réussite scolaire des

élèves. Il y a des centres de services scolaires qui ont fait des choses

extraordinaires. En utilisant l'intelligence artificielle,

ils ciblent les élèves à risque de décrochage, ils interviennent plus tôt,

avant qu'ils décrochent, et leur taux de réussite scolaire augmente. Je

pense à celui de centre des services scolaires de Val-des-Cerfs, notamment, qui

a obtenu une hausse de son taux de réussite scolaire.

J'ai

parlé déjà des infrastructures, hein? Je pense que je n'ai pas besoin de

revenir. Juste dans la dernière semaine, Mme la Présidente, j'ai inauguré trois écoles : une école pour la

communauté anglophone de la grande région de Québec, après ça je suis allé à

Joliette puis, après ça, je suis allé à Laval. La semaine passée, j'étais en

Outaouais. J'inaugure des... On va en inaugurer 25 cette année, Mme la

Présidente, 25 écoles. On est rendus à au-dessus d'une centaine d'écoles

mises en service, construites, là. Je vous

reviendrai avec les détails, si vous le souhaitez, là. Mais, je veux dire, on

ne peut pas mettre de l'argent comme

on le fait présentement sans que ça finisse par se traduire par des résultats,

et ça se traduit par des résultats.

Maintenant,

on a un très grand défi. L'arrivée de nouveaux arrivants met beaucoup de

pression sur nos infrastructures

scolaires. Il faut constamment le répéter, il faut constamment le dire,

l'arrivée de nouveaux arrivants... Et je ne blâme pas les familles, je

ne blâme pas ces nouveaux arrivants, ils choisissent le Québec parce qu'ils

savent qu'ils vont être bien accueillis puis parce qu'on prend bien soin de

notre monde, mais, soyons honnêtes, là, ça met effectivement une grande pression sur nos espaces et sur notre

personnel, et donc ça nous confronte à des défis encore plus importants

sur le plan du parc scolaire et sur le plan de nos effectifs.

J'aurais

beaucoup d'autres choses à dire, Mme la Présidente, mais c'est ainsi que ça se

termine. Bravo! Bravo pour votre première présidence de cette

interpellation, et salutation à tous les collègues.

La Présidente (Mme

McGraw) : Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au

député de... pardon, Matane-Matapédia. Vous disposez de 10 minutes.

Bérubé : Je laisserais le soin aux personnes qui nous

écoutent de juger de ce que je vais dire maintenant et de ce que le ministre a dit. Le ministre n'a pas

hésité, dans son intervention précédente, à s'en prendre à un gouvernement dans

lequel il était un membre du Conseil des ministres. C'est un procédé que

j'observe parfois de gens qui étaient dans

notre formation politique et qui sont dans une autre formation politique. Ce

n'est pas la première fois que j'entends ça. Ils se sentent obligés d'en

mettre un peu plus.

Mais il est

allé plus loin que ça. Il a parlé des autres gouvernements péquistes, et sans

doute qu'il a oublié que son propre chef a été ministre de l'Éducation.

Je pense qu'il l'a oublié. Moi non. Moi, je n'ai jamais renié, je parle pour

moi, là, le travail que j'ai fait auprès du premier ministre actuel au

ministère de l'Éducation. J'en suis très fier. Et, dans le contexte financier dans lequel on a été confronté, ça a été

un excellent mandat. Jamais je ne vais renier ça. Et j'ai toujours

assumé ce qu'on a vécu aussi dans le gouvernement de la première ministre

Pauline Marois. Je vais toujours faire ça.

Le ministre,

tout à l'heure, m'a demandé de prendre un engagement. Je vais en prendre un

devant lui. Je parle pour moi, là, je me parle à voix haute. En ce qui

me concerne, jamais je ne vais accepter un poste de ministre s'il me faut

abandonner mes convictions et ne pas avoir à les expliquer. Je parle pour moi,

là. Jamais je ne vais faire ça. Ça, c'est un engagement auquel vous pouvez

tenir. En 17 ans de vie politique, mes convictions sont inébranlables. Et

je pense que quiconque a suivi mon action politique sait que, je parle pour

moi, jamais je ne vais changer.

Les gens font des choix pour eux-mêmes, pour

leur famille, je les respecte. Le ministère de l'Éducation a des

responsabilités importantes. Moi, je pense que ma priorité, c'est de défendre

l'école publique, c'est ce que je pense, et je le fais du mieux possible. Je

vais...

Bérubé : Mme la

Présidente, s'il vous plaît.

La Présidente (Mme McGraw) : Une

personne à la fois.

M. Bérubé : Je vais récapituler les

questions que j'ai posées au ministre. J'ai parlé de la motion qu'on a fait adopter à l'unanimité sur la question de

comprendre pourquoi les gens ont quitté. Je veux un engagement qu'il y aura une

suite là dessus. La question des stages, je

tiens à le redire, le ministre a dit quelque chose en disant que j'étais

d'accord. Ce n'est pas ça. Je dis qu'il faut garder un stage plus tôt pour

s'assurer que les étudiants, étudiantes aiment l'idée d'être dans une

classe. S'ils sont tous regroupés, on passe à côté de ça. Pour le reste, j'ai

proposé l'idée de financer avec les fonds

propres ce stage et je pense qu'on est capables d'y arriver, avec la

connaissance que j'ai des règles qui sont celles-là.

Je me réjouis que le ministre va envoyer une

note sur... pour s'assurer que les notes ne soient plus traficotées. Alors,

j'aimerais en avoir une copie conforme. J'en fais la demande formelle puis je

suis pas mal sûr que la députée de Saint-Laurent et la députée de Mercier

aussi. Je ne comprends toujours pas pourquoi on a fermé 16... 26 classes

d'adaptation scolaire et sociale et d'autres qu'on va découvrir; ça ne marche

pas. Je n'ai pas eu la garantie que les trois

écoles que j'ai nommées, Saint-Apollinaire, Nicolet, puis, dans le cas de

Drummondville, c'est plusieurs, ça va se faire, compte tenu qu'on a

l'argent.

Je n'ai pas

eu le temps d'aborder l'enjeu de la francisation. J'ai des messages très clairs

qui m'ont été envoyés, que je vais rendre publics dans les prochaines

heures, qui posent la question : Pourquoi on a fait ça? Bien, c'est parce qu'on n'a plus d'argent ou on n'y croit pas? Ça,

c'est important. Mais je vais nommer les villes où c'est que ça se passe, où

il y a un boom. Ils en ont besoin.

Sur l'école privée, je n'ai pas eu le temps de

le dire tout à l'heure, est-ce qu'il est normal qu'une école privée s'achète une forêt puis que des cadres s'achètent

des chalets tandis qu'au moment où on se parle des enseignantes, des

enseignants, du... membres du personnel

scolaire achètent des effets scolaires, de leur propre argent, à des enfants

qui n'ont pas l'argent pour le faire?

C'est ça, une école qui est sur des bases solides? Ça pourrait être encore plus

solide que ça.

Et le

ministre a demandé des vérifications. Qui c'est qui a payé ça cette... Ce n'est

pas notre 60 % qu'on donne qui aurait payé ça puis des pubs sur les

autobus, et tout ça. L'école privée... Moi, j'ai des fiertés dans la vie. J'ai

été ministre, c'est un immense honneur

dans ma vie, d'une première ministre qui a fait le choix de

l'école publique pour elle et pour sa

famille, puis elle m'a expliqué pourquoi que l'égalité était atteinte, inspirée

de grands maîtres, comme Guy Rocher.

Bien sûr, c'est vrai qu'on a été là 18 mois, mais on était bien partis,

j'aurais aimé qu'on fasse un peu plus que ça. Il ne faut pas renier ça.

Dans la vie, là, ça nous rattrape, ça.

Alors, moi, je crois à ça, l'école publique. Ce

n'est pas vrai que c'est un choix, l'école publique, parce qu'un jeune de

Matane, là, il n'y en a pas, d'école privée à proximité, puis il n'a pas

l'argent pour y aller. Ça fait que ce n'est pas un choix. C'est un choix si tu

as l'argent pour y aller. Alors, certains peuvent dire : Moi, je suis allé

à telle école, c'est prestigieux, puis toi,

tu es allé à l'école du coin, avec ceux qui ont été rejetés ailleurs. C'est ça,

le système actuel. Alors, oui, on

peut augmenter pour tout le monde, mais je mets au défi les écoles

privées : Si vous voulez vraiment être privées, payez-vous-le.

Puis, oui, on arrivera avec une position pour ce qui est de l'école privée. Ce

n'est pas du clientélisme, c'est une

question d'équité. Moi, j'aime bien me retrouver dans le même camp que Guy

Rocher, ce n'est pas

gênant. Puis il y a beaucoup d'enseignants, de chercheurs qui trouvent que

c'est une bonne idée. Il y a moyen de faire les choses intelligemment,

intelligemment.

J'ai les frais, là, ici, là, pour les projets

particuliers, là. C'est vrai que l'école n'est pas gratuite, l'école publique, pour ce qui est de l'enrichissement en

sport, sport-études, enrichissement en arts, enrichissement en sciences,

enrichissement en informatique, multivolets, international. Ça coûte cher aux

parents. C'est beaucoup d'argent pour envoyer

les enfants à l'école publique quand il y a des projets. Alors, l'école, elle

est... elle bouge, puis il y a des nouveaux courants de pensée, puis on est confrontés à des réalités qu'on ne

pensait pas vivre. L'enjeu du téléphone cellulaire en classe, là, quand je l'ai abordé une première fois

à l'Assemblée nationale, on n'en avait pas parlé puis, maintenant, on a

une commission qui va parler de ça.

Mais il y a plus que ça. Il y a des courants

nouveaux qui méritent d'être testés, d'être analysés. On serait dus pour une nouvelle... une nouvelle commission

Parent. Moi, je crois à ça et je pense qu'on serait capables de tenir un bel exercice

comme celui-là qui nous guiderait pour des décennies. Ce serait très bien,

comme exercice, et je pense que ça intéresserait pas mal de monde.

On a abordé l'enjeu de la violence à l'école.

Pas de consigne encore, là, mais les jeunes, là, qui veulent tabasser du monde, là, ils n'attendront pas la

consigne, là. Il y a des enseignantes, présentement, puis des enseignants qui

sont en arrêt de travail. Peut-être qu'ils

nous écoutent, que ça va se rendre à elles et à eux, parce qu'il y a des jeunes

qui peuvent encore en toute impunité, une fois que leur parent a appelé en

disant : Il ne le refera plus ou il me semble que ce n'est pas son

genre, là, bien, ils vont continuer à le faire.

Patrick

Lagacé, je veux lui rendre hommage, a

écrit une série de textes, je pense qu'il en a écrit 19 : Si l'école était

importante . Bien, si l'école était importante, au-delà des négociations sur

les questions financières puis les conditions

de travail, on tiendrait compte de situations de détresse vécues un peu partout

au Québec qui se corrigent parfois avec

de la volonté politique. Je pense qu'il a fait oeuvre utile puis je veux lui

rendre hommage là-dessus. C'est des textes très fouillés, qui, moi,

m'ont beaucoup ébranlé.

Je n'ai pas énormément de ressources, on est

juste deux à travailler sur ces questions-là puis on a un petit comité, au Parti québécois, qui s'intéresse à ces

questions-là puis qui réfléchit. Mais, au-delà de nos travaux, on réalise essentiellement

à quoi sert l'école, à socialiser, à qualifier, à faire en sorte de créer des

citoyens qui sont capables d'interagir dans

la société. Puis il faut en faire plus pour les gens qui ont des besoins

particuliers. Des classes d'adaptation scolaire, ça sert à ça.

Alors, moi, je ne suis pas ministre de

l'Éducation. J'observe le ministre. Je ne suis pas si négatif que ça parce que

je suis capable de dire : Bien, si vous avez tel contexte financier, je

l'ai dit au point presse tout à l'heure, je serais capable de comprendre à quoi

vous êtes confronté. Ça, j'aimerais ça qu'il nous expose c'est quoi, le

contexte actuel. Il a parlé de l'argent qui

a été investi. Bravo! Mais là pourquoi c'est plus compliqué sur les

rénovations, sur l'ouverture de nouvelles écoles, qu'il rappelle souvent

qu'il y a 26 classes, je pense, de nouveaux arrivants, peut-être plus...

M. Bérubé : Encore pire. Puis

ça monte encore.

M. Bérubé : Ça monte. Alors,

ça, c'est de l'argent qu'il faut aller chercher dans le budget actuel. Moi, ça

m'inquiète. On a la même... pas les mêmes moyens, mais on a la même position

là-dessus.

Alors, c'est ça que j'ai voulu faire aujourd'hui

dans le cadre de la Semaine de l'école publique. Et c'est ça que mes collègues ont voulu faire aussi, faire en

sorte que l'école soit gagnante, pas une formation politique. L'idée, ce

n'est pas de dire : On a fait un débat

à l'américaine. Comment on fait en sorte de comprendre les priorités d'un

ministre et d'un gouvernement à travers le choix des priorités et

l'allocation des ressources?

Pour le reste, chacun vit son expérience. Tu

peux annoncer des centaines de millions, mais, si la personne qui s'attend à un

service ne l'a pas, c'est pas mal ça qui compte, plus que le montant.

D'ailleurs, on devrait toujours dire... Au

lieu d'annoncer des millions, moi, c'est un souhait que j'ai, là, on devrait

dire combien de personnes que ça a touché ont accès au service. Celui

qui n'a pas accès au service, il vient nous voir puis il nous en parle. Lui,

j'ai beau lui montrer le communiqué qu'il y a 200 millions, ça ne va pas

le... ça ne va pas le consoler.

Alors, c'est ça, le travail qu'on a à faire. Le

ministre a une belle équip

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2024-10-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-43-1 journal-debats CCE-241004
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier5314b6b485a5f10cf94b91710a86c87ea793d856

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