Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-11-25
Quebec — Committees
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Simard (Dubuc) est remplacé par M. Busque (Beauce-Sud).
Président (M. Morin) :
Merci beaucoup. Ça doit être notre après-midi
chanceux, mesdames messieurs, à la fin de nos travaux, hier, nous étions
à l'article 54 de la
loi sur le bien-être et la sécurité animale introduit par
le projet de loi n° 54. Y a-t-il des interventions sur l'article 54?
Pourriez-vous peut-être...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...M. le Président, fournir quelques explications. Pour les gens qui suivent nos
travaux depuis le début, ces personnes-là
ont en bonus une visite guidée de l'Assemblée
nationale du Québec. Hier, on a siégé au salon rouge, avant ça à Papineau, La Fontaine. Je pense qu'on change de
salle à chaque événement ou à chaque article.
L'article 54,
M. le Président, est très simple. Il se lit comme suit : «Le ministre peut
nommer [les] enquêteurs pour veiller à l'application de la présente loi
et de ses règlements.»
Ce que j'ai
compris des oppositions, c'est quoi, la différence entre un enquêteur puis un
inspecteur, la réponse que j'ai
donnée hier est toujours valable, là, les enquêtes à l'interne, mais également
on peut aller un peu plus loin. S'il y a un rapport d'inspecteur qui
n'est pas suffisamment précis, l'enquêteur peut poursuivre le travail. Quelles
sont les autres législations qui utilisent
la même terminologie de façon à être conformes dans la législation québécoise?
On me dit qu'on retrouve les mêmes
dispositions dans la
Loi sur les courses et le projet de loi modifiant la Loi
sur le tabac. Ça découle d'une
jurisprudence de la Cour suprême du Canada, particulièrement de la cause R.
contre Jarvis 2002 3 RCS, page 757, qui porte sur la séparation des
fonctions de vérification ou d'inspection et celles d'enquête.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Écoutez, M. le Président, je pense que ça parle
par soi-même, là, effectivement. Merci pour les réponses, là, à savoir la différence, enquêteur et inspecteur. On se
posait la question s'il y avait eu une évaluation qui avait été faite par le ministère concernant le nombre
d'enquêteurs que requerrait peut-être, là, l'application, ou le suivi, ou la
surveillance. Je disais que c'était
surtout... les enquêteurs me semblaient être des gardiens, d'une certaine
façon, là, de l'application correcte,
là, de la loi. Mais, bon, il n'y a pas eu d'évaluation, c'est ça que je
comprends, qui a été faite, étant...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
...d'évaluation, mais la réponse que j'ai fournie à Mme la députée de Mirabel
s'applique toujours, là. Avant d'aller à
l'extérieur ou embaucher de nouvelles personnes, le ministre nomme. Donc, on
peut prendre des gens qui sont déjà à
l'intérieur de la machine, si je peux utiliser le terme, et leur donner des
fonctions additionnelles.
Villeneuve : ...je comprends, là, on peut être pompier,
policier puis monteur d'acier, là, mais ça requiert des compétences différentes dans les trois cas, là. Et
là, quand que le ministre dit «il peut», dans la machine, actuellement, il
y a des enquêteurs dans d'autres
ministères, et le travail d'enquêteur pour le projet de loi comme tel serait
similaire d'une certaine façon, parce que le ministre a pris la peine de
préciser qu'ils n'allaient pas sur le terrain, donc c'est similaire.
Est-ce que ce
que je dois comprendre de ce que le ministre me dit, c'est qu'ils évalueront au
fur et à mesure et, s'ils ont besoin
d'enquêteurs de façon ponctuelle, ils pourraient faire appel à des gens qui
exercent déjà cet emploi-là à l'intérieur
de d'autres ministères, qui pourraient être prêtés, transférés puis peut-être
éventuellement en former spécifiquement pour le projet de loi?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
Précision, là, l'enquêteur va pouvoir aller sur le terrain si sa demande
d'enquête l'amène sur le terrain. Je
donnais l'exemple, là, d'une plainte de citoyen dans un dossier, etc., qui
nécessite des éclaircissements, donc qui nécessite une enquête.
L'enquêteur va apporter ce complément.
Maintenant, généralement,
quand on nomme... moi, j'ai eu à en nommer dans une autre vie antérieure quand
j'étais à l'Environnement. J'ai eu à en nommer, puis ce qu'on avait
fait, à l'époque, je ne sais pas si ça se fait encore, mais, à l'époque, on était en pénurie de main-d'oeuvre au ministère de
l'Environnement, on avait engagé des
policiers de la Sûreté du Québec à la retraite, des gens qui étaient déjà
préformés, qui étaient prêts à accomplir le boulot. On leur signait des
contrats à court terme, puis ils menaient nos enquêtes et ils étaient très
efficaces.
Maintenant, si je me
retrouve dans des situations semblables, je ne sais pas si je vais utiliser la
même recette. Peut-être qu'on va prendre quelqu'un qui est déjà à l'intérieur, qui a déjà de l'expérience, qui connaît déjà le
terrain, puis qu'on va lui donner le
titre d'enquêteur.
Villeneuve : Oui.
Mais ma question demeure. C'est donc que le travail que
requiert... la définition de tâche, finalement, d'un enquêteur pourrait
être similaire, autant pour l'application de cette loi-là qu'elle l'est pour
d'autres applications dans la main-d'oeuvre disponible au sein du ministère.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : J'ai donné l'exemple tantôt de... C'est la même
terminologie qui est utilisée dans la
Loi modifiant la
Loi sur le tabac. On comprend la nécessité d'enquêteurs, là, il y a des
vérificateurs, puis il y a des enquêteurs, puis des inspecteurs. C'est
la même chose dans la
Loi sur les courses.
M. Villeneuve :
Moi, M. le Président, je n'ai pas d'autre question par rapport à
l'article 55.
Président (M. Morin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 54?
Ça va. Donc, l'article 54 est-il adopté?
Le Président (M.
Morin) : Adopté.
Section III, «Immunité de poursuite». M.
le ministre, l'article 55.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président.
L'article 55 se
lit comme suit : «Un inspecteur ou un enquêteur ne peut être poursuivi en justice pour les actes qu'il
accomplit de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.»
C'est
la clause usuelle. Elle se retrouvait à l'article 55.1.13 de la loi québécoise
et elle se retrouve également dans la loi du Manitoba.
Villeneuve : M. le Président, on déposerait un amendement. On en avait discuté, on avait émis cette
hypothèse-là lors des auditions et peut-être
autrement, là, à d'autres moments durant l'étude du projet de loi. On déposerait, à ce stade-ci, un amendement, si vous voulez
bien, M. le Président. J'en fais la lecture?
Le Président (M.
Morin) : Oui, je vous écoute.
Villeneuve : Donc,
l'article 55 de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal,
introduit par l'article 7 du projet
de loi, est modifié par l'ajout, à la
suite des mots «ses fonctions», des mots «, excepté en cas de faute grave». Et
là on pourra en discuter, là, entre nous.
Le Président (M.
Morin) : Oui. Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 12)
Le Président (M.
Morin) : Nous reprenons nos travaux. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. M. le Président, j'avais déjà déclaré mes intentions quant à la
possibilité d'apporter un amendement, à ce moment-ci, à l'article 55, et toute la question,
dans le fond, c'est de voir si la bonne foi couvre la faute
lourde, parce qu'une faute grave... ce qu'on a déposé, c'est faute grave,
donc... Puis je sais que, notamment au niveau des schémas de couverture de risques en incendie, les
municipalités ont l'immunité, dans la mesure où ce n'est pas une faute grave ou lourde. Il faudrait vérifier lequel des
deux est employé, mais on comprend la finalité, là. Et évidemment tout ça
fait en sorte que... parce que je pense que
c'est différent de la bonne foi. Honnêtement, moi, pour ma part, je pense que
c'est différent de la bonne foi. Une
faute lourde peut être causée en toute bonne foi, bon. Est-ce qu'en toute bonne
foi on peut s'accrocher les pieds et commettre une faute lourde? Je pense que
oui.
Donc,
j'aimerais ça entendre le ministre, M. le
Président, sur cet amendement-là
qu'on propose. Je pense que ça a un
certain effet. C'est que l'immunité ou, à tout le moins, l'immunité contre
toute poursuite ou être poursuivi en justice, le fait qu'on... c'est un peu un frein, si je peux dire. Puis c'est un
peu une obligation de réflexion, parce que les gens, à ce moment-là, ils sont immunisés contre toute
poursuite en justice, selon l'article 55, quand c'est de bonne foi, mais ça leur rappelle qu'ils doivent toujours s'assurer,
finalement, de bien faire les choses et d'éviter justement, là, de... Comment
je dirais? Je veux éviter, M. le Président,
que les gens oublient qu'il y aurait un recours, à ce moment-là, si jamais la
faute causée, c'est une faute grave.
Dans le fond, le mot «cran
d'arrêt» est un petit peu à la mode de ce temps-là, là, alors je préfère
employer le mot «frein», là. C'est un peu un
frein pour s'assurer que... la bonne foi se présume toujours, on le dit, là,
mais je pense qu'un frein, dans ce
cas-ci... et ça ne vient pas appesantir ou menacer l'individu qui va avoir
à appliquer la loi qui sera celle
qu'on votera, là, mais, en quelque part, ça met un frein à toute... je
cherche le mot exact, là, mais tout laxisme ou... parce qu'on peut faire du laxisme de bonne foi, M.
le Président, et on peut poser des gestes en toute bonne foi, mais, si on
a à l'esprit qu'on peut être poursuivi si
jamais c'est une faute lourde, ça vient, d'une certaine façon, interpeller
l'inspecteur ou la personne, l'individu, qu'il n'est pas à l'abri de
tout.
Parce que là,
c'est ça qu'on fait, là. On met à l'abri de tout... à part évidemment la bonne
foi, si on démontre que c'était de
mauvaise foi, là. Mais je pense que c'est un frein supplémentaire pour
s'assurer, là, de la plus grande diligence possible.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Je
comprends l'argumentation de mon collègue, puis la vraie question... puis la question, il l'a posée, là, dans ses mots.
Est-ce qu'un inspecteur ou un enquêteur qui agit de bonne foi dans l'exercice
de ses fonctions peut commettre une faute
grave? La réponse, c'est : Je pense que oui. Mais, si on ne l'immunise
pas, on va avoir de la difficulté à
trouver des inspecteurs puis des enquêteurs, là. Tu sais, il y a un équilibre à
rechercher là-dedans et, si je peux
ajouter, là, il y a une espèce d'uniformité à conserver dans le projet de loi.
Lorsqu'à l'article 14 on a accordé une immunité aux médecins
vétérinaires et aux agronomes, on a mentionné «aucune poursuite en justice ne
peut être intentée contre un médecin
vétérinaire qui, de bonne foi, s'acquitte de son obligation de faire rapport
conformément au premier alinéa». La bonne foi.
Et, à 15,
quand on a accordé une immunité, «toute personne qui a des motifs raisonnables
de croire que le bien-être ou la
sécurité d'un animal est ou a été compromis ne peut être poursuivie en justice
pour avoir, de bonne foi, signalé une telle situation».
Moi, je comprends, là, qu'on veut limiter
l'immunité. Votre interprétation est bonne, mais je crains que, si on accepte l'amendement... parce que moi, je suis
d'accord avec vous, même de bonne foi, quelqu'un peut commettre une
faute grave.
Villeneuve : ...puis vous le dites bien, et c'est peut-être
parce que la personne aura mal évalué ses compétences. Et c'est là
qu'est le danger et c'est là que la totale immunité peut nous amener.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...un
accident sur les lieux. Si mon inspecteur n'a pas d'immunité, il ne voudra
plus y aller.
Villeneuve : Oui. M. le Président, peut-être parce que... je
comprends ce que le ministre me dit à 14 et 15, mais ce n'est pas les
mêmes responsabilités à 14 et 15, là. Je comprends que, la concordance, on en
veut, là...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : J'ai
juste fait... Mais ce n'est pas...
M. Villeneuve : ...mais là, ce n'est pas tout à fait la même chose. Dans ce cas-ci, là, puis le ministre
l'a bien dit puis... M. le Président, c'est qu'effectivement... parce qu'on
parlait de compétences pas plus tard qu'avant-hier ou hier, et de est-ce que les gens auront la compétence puis
la formation, etc. Mais le fait que la personne... Je ne me souviens plus
du terme exact, hier, qu'on a employé.
C'était... la personne devait elle-même s'assurer que, finalement, elle
n'allait pas au-delà de ses compétences pour prendre une décision, poser
un geste.
Mais le fait
d'ajouter cela à l'article 54, M. le
Président... 55, pardon, le fait de
pouvoir ajouter cela, moi, d'une certaine
façon, je pense même que ça protège l'individu. Mais, si le ministre
me dit... puis là je dis : Si le ministre me dit qu'on aurait de la difficulté à
trouver des inspecteurs parce que cet amendement-là, donc, d'ajouter «faute
grave», là, «sauf en cas de faute grave»
était ajouté à l'article 55, ça poserait un problème de trouver des inspecteurs,
bien, je ne sais pas, moi,
j'ai un peu de difficulté à croire que ça pourrait poser un problème.
Je n'ai pas vérifié, là, mais est-ce que, dans
d'autres lois, on ajoute cet élément-là, «faute grave»?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non.
M. Villeneuve : Nulle part?
On ne trouve pas ça nulle part?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
ni dans le Code civil, ni dans les autres lois.
M. Villeneuve : On le
retrouve donc au niveau des municipalités parce que là on parle de
corporation...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...
M. Villeneuve : Pardon?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Contrat d'assurance. Vous avez évoqué un bon exemple.
Villeneuve : Oui,
corporation, contrat d'assurance. Ce n'est pas l'individu qui est visé par la
faute lourde, mais c'est une entité morale et non pas une personne
directement, un individu. C'est ça?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Une
entité qui, sauf cas exceptionnel, puis j'en ai vu peut-être
un ou deux dans ma vie, a les moyens
de payer aussi... moyens de résoudre sa faute grave, là. Si vous n'avez pas
entretenu la borne-fontaine ou si... etc., là, vous avez commis une
faute.
Villeneuve : O.K. Écoutez, M. le Président, je me rends au fait
que... Ça ne veut pas dire que je dépose les armes pour autant. Alors, il faut être prudent. Mais je me rends au fait
qu'effectivement c'est les personnes qui sont visées, ce n'est pas une
personne morale comme dans d'autres circonstances où on le voit. Et, oui, il y
a des municipalités, effectivement, qui
n'ont pas les moyens de payer certaines poursuites. Il y en a une pas très loin
d'ici, là, qui a été poursuivie par une entreprise privée, là. Ce n'est
pas encore réglé, là, puis, bon...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non.
Villeneuve : Mais on comprend que ce n'est pas un individu qui
subit cette... Alors, la bonne foi, dans ce cas-là, M. le Président...
Moi, je le retirerais tout simplement, si vous êtes d'accord, mais...
Le Président
(M. Morin) : Est-ce que j'ai le consentement pour qu'on retire
l'amendement du député de Berthier?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui,
mais j'insiste quand même que le mot «bonne foi» demeure là, parce que,
si l'inspecteur est de mauvaise foi, il n'a pas d'immunité.
M. Villeneuve : Oui, c'est
ça. Alors, ça va pour le retrait?
Le Président (M. Morin) :
Oui? Consentement?
Villeneuve : Mais je veux entendre le ministre, puis je le sais
qu'on l'a déjà entendu, mais je veux le réentendre sur la bonne foi.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...si on peut établir qu'il n'a pas agi de bonne foi, il n'a pas d'immunité.
M. Villeneuve : C'est assez
subjectif, mais, enfin, on comprend... Est-ce qu'on a déjà eu des gens qui ont
été poursuivis puis qui ont été condamnés parce qu'on a démontré leur mauvaise
foi? Est-ce qu'on ça? Oui?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, et
ça se trouve dans des inspecteurs enquêteurs au niveau municipal. Vous
devez en avoir déjà...
Villeneuve : Je trouve ça intéressant, parce que, si c'est le
cas, bien, quand un inspecteur puis... un inspecteur ou un enquêteur, sûrement... de toute façon, ces gens-là,
ils sont dans le domaine, donc ils ont déjà dû avoir écho de cas où justement... Alors, c'est une sonnette d'alarme,
c'est un feu jaune qui est allumé pour eux, qu'ils le sachent, qu'ils sachent
que la bonne foi, on est capable de la
cerner, de la déterminer, entre autres... ou la mauvaise foi, si vous préférez,
là. Mais, bon, moi, ça me va, M. le Président.
Président (M. Morin) : Pas d'autres interventions sur l'article
55? Donc, est-ce que l'article 55 est adopté?
Le Président (M. Morin) :
Adopté.
L'article 56. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
Article
56, M. le Président : «Aucune poursuite en justice ne peut être
intentée contre un médecin vétérinaire qui, de bonne foi, donne un avis
à un inspecteur conformément à l'article 41.»
Cet article-là n'existait pas dans la loi québécoise.
On s'est inspirés du Manitoba.
Le Président (M. Morin) :
Santé, M. le député de Mégantic. Oui, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : J'aimerais entendre le ministre
sur l'avis. Un avis, c'est un courriel? C'est un avis écrit? C'est un avis verbal au téléphone? C'est quoi, un avis,
et quelle valeur... Parce que là on dit : «Aucune poursuite en justice ne
peut être intentée contre un médecin
vétérinaire qui, de bonne foi, donne un avis à un inspecteur conformément à
l'article 41.» Est-ce qu'un avis verbal au téléphone est considéré, dans
ce cas-ci? Parce que là il peut y avoir interprétation dans la rapidité d'exécution puis dans l'empressement. On
peut interpréter au téléphone... Vous savez, même ici, des fois, on a de
la difficulté à avoir la même interprétation. Alors, c'est des choses courantes
dans la vie. Alors, qu'est-ce qu'un avis?
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...entrer, là, dans les, comment je peux dire ça, les normes du code
professionnel, comme tel, des
médecins vétérinaires, mais l'avis, il peut être... À moins que le code
professionnel dise le contraire, là, un avis, généralement, ça peut être
verbal, ça peut être par écrit, ça peut être etc.
Mais moi, comment je peux dire ça, d'expérience,
quand j'ai fait affaire avec des vétérinaires, quand ils vous donnent un avis, ils font comme les médecins, ils
écrivent une note. C'est une question de preuve. Si l'avis est verbal puis
qu'il n'a pas eu le temps d'écrire la note,
bien, c'est plus difficile à prouver, mais il existe quand même un avis qui a
été donné. Question de preuve. Ça
peut être même, à l'extrême, ce n'est jamais le cas, là, ça pourrait être un
avis notarié. Ça, c'est facile à
prouver, le notaire en a une copie dans son bureau. Si c'est un avis écrit,
l'écrit demeure, l'inspecteur en a, c'est
facile à prouver. Si c'est un avis verbal... puis je pense que les vétérinaires
sont obligés par leur ordre professionnel, mais je ne l'ai pas vérifié, de consigner leur avis par écrit. Ils
peuvent donner un avis, là, en disant : Bon, bien, je pense que
c'est ça, le problème, puis là ils font leur rapport après, là.
Villeneuve : Donc, M. le Président... parce qu'on peut trouver
matière à interprétation sur un avis écrit aussi, mais on peut en trouver encore plus... pas une
virgule, parce qu'on ne les prononce pas quand on parle, mais un mot qui
n'est pas apparu lorsqu'on... un é, ou un a, ou un ou, parce qu'on parle
rapidement au téléphone.
Là, je
comprends un peu plus, parce que là... on boucle la boucle, M. le Président. On
boucle la boucle, on immunise le
médecin vétérinaire qui, si jamais il donne un avis verbal puis que l'inspecteur
pose le mauvais geste mais de bonne foi,
parce qu'il a cru comprendre que... lui, il est immunisé. On boucle la boucle,
là, tout le monde est immunisé contre les poursuites en justice, là.
Mais j'aimerais qu'on vérifie pareil, si c'est possible, puis...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On le
fait pour le bien-être de l'animal. Il survient souvent des cas où on est en
cas d'urgence. On crée une obligation à
l'inspecteur de vérifier avec un vétérinaire. Aujourd'hui, là, avec les moyens
de communication, un courriel suffit,
là. Tu sais, je veux dire, tu retraces le courriel, puis l'avis est sur
courriel, là. Avec les moyens de communication, aujourd'hui, ça ne
traîne pas, là.
Maintenant, il faut prévoir que le vétérinaire,
que l'appel de l'inspecteur ou de l'enquêteur... puis qu'il donne un avis de bonne foi, s'il sait qu'il peut être
poursuivi, il peut dire : Bon, bien, on va aller voir ça, on va attendre à
demain, puis etc., puis pendant ce
temps-là, nous autres, on est pris avec un animal qui souffre. Ça fait que, tu
sais, si on lui crée une obligation,
il faut l'inciter à le donner rapidement, mais il faut lui dire : S'il
arrive de quoi puis que tu l'as fait de bonne foi, bien, c'est correct.
M. Villeneuve : Ça peut
aller, au niveau de l'inspecteur, jusqu'à l'euthanasie, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Villeneuve : C'est ça, là. C'est de ça dont on parle, entre
autres, là. Et là on imagine la scène où l'inspecteur est sur le terrain avec le propriétaire de
l'animal, et il y a une conversation qui s'engage entre l'inspecteur et le
vétérinaire au bout du fil, et là on
raccroche, et puis il faut euthanasier l'animal, le propriétaire n'était pas
bien compris, ça ne peut pas marcher
comme ça, il ne faut pas faire ça. Ça risque... parce que c'est une réalité,
hein? Ça risque de se produire, fortement même, je vous dirais, là,
parce que c'est une hypothèse très plausible.
Alors,
j'imagine le propriétaire qui dit : Non, non, tu as dû mal comprendre, là,
parce que ça n'a pas de bon sens, tu
ne peux pas l'euthanasier, regarde, c'est juste ça, ça, ça, on peut, hein... on
va le transporter puis... Je ne sais pas, j'essaie de voir...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il
va intenter une poursuite.
M. Villeneuve : Oui, c'est
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Et, à
partir du moment où il intente une poursuite, il va falloir qu'il prouve
que le vétérinaire a donné un avis de mauvaise foi.
M. Villeneuve : ...compris
l'avis du vétérinaire. O.K. C'est bon.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Et
l'inspecteur a mal compris, mais, s'il était de bonne foi, il a l'immunité.
Villeneuve : O.K. Bien, en tout cas, moi, ça m'a permis de
comprendre que... Puis je ne suis pas contre ça, là, mais... qu'on boucle la boucle, mais,
effectivement, que les inspecteurs et les vétérinaires sont sûrement... Bien,
en tout cas, je ne peux pas dire qui
est le plus sensibilisé, mais au moins qu'on sensibilise le fait qu'il faut être
prudent, il faut faire attention. Il
y a de la jurisprudence qui nous montre qu'il y a eu des gens qui ont été
accusés d'avoir agi de mauvaise foi
et que c'est une possibilité qui existe. La faute grave n'est pas là, mais ça,
c'est toujours là. Et en espérant que ce soit un frein pour s'assurer
qu'on prenne toujours les bonnes décisions, ce qui n'est pas évident.
Je veux
savoir, M. le Président, si le ministre a considéré la demande des l'Union des producteurs agricoles, qui demandait,
là, l'article 55, 56 de la future loi, levée de l'immunité en cas de
non-respect des règles de biosécurité par les représentants du MAPAQ. Je voudrais juste voir si le ministre
l'a considéré. C'est une revendication qu'eux, en
tout cas, ont inscrite dans
leur mémoire.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Quand on a traité des règles...
M. Villeneuve : De la
biosécurité.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...de
biosécurité, on les a encadrées d'une façon, comment je pourrais dire
ça, tel qu'encore une fois il faut que ça soit fait de bonne foi.
L'encadrement, là, c'est un encadrement de bonne foi.
M. Villeneuve : Oui, mais je
pense que c'est une préoccupation. On en a parlé beaucoup hier, là, en cas de
non-respect des règles de biosécurité... Mais, bon, je ne veux pas...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Si ce
n'est pas de bonne foi, si c'est de la négligence, les poursuites peuvent
exister, là. On en a traité...
M. Villeneuve : Bien, oui et non, parce que l'inspecteur, il
aura un... je l'avais tantôt, je l'ai échappé, une directive. Alors,
l'inspecteur respectera la directive en biosécurité. C'est ça, donc...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui,
mais, s'il ne la respecte pas puis s'il est de mauvaise foi, il est responsable
de ses gestes.
Villeneuve : Oui,
enfin, c'est parce que c'est sûr qu'on voit beaucoup
de scénarios, là, qui peuvent se produire, là, parce qu'il pourrait, de
bonne foi, ne pas respecter la directive, et là, bien, comme vous disiez, il y
aura...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : À
partir du moment où tu ne respectes pas la directive, devant les tribunaux,
la bonne foi ne se présume plus, là.
M. Villeneuve : O.K. Parfait.
C'est bon, ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : À
partir du moment où tu as une directive, tu ne la respectes pas, il faut que tu
expliques pourquoi tu es de bonne foi, là. Tu n'as pas respecté une directive
puis tu as suivi un cours de formation en plus de ça, là. Ce n'est
pas...
M. Villeneuve : Parfait. On
aura la réponse aux galées qu'on voulait, M. le Président.
Président (M. Morin) :
Merci, M. le député de Berthier. Pas
d'autre intervention? Ça va? Est-ce que l'article 56 est adopté?
Président (M. Morin) : Adopté.
L'article 57. Excusez.
Chapitre
V, «Pouvoirs d'ordonnance».
L'article 57, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
L'article 57, M. le Président, se lit comme suit :
«Le ministre
peut ordonner à un propriétaire ou à une personne ayant la garde d'un animal de
cesser sa garde ou certaines de ses
activités en lien avec celle-ci ou, au contraire, de les exercer aux conditions
qu'il détermine, s'il est d'avis :
«1° que l'animal est en détresse;
«2° qu'il existe un danger immédiat pour le
bien-être ou la sécurité de l'animal.»
Inspiré Manitoba, Ontario, on le retrouve à
l'article 55.9.6 de la loi.
Villeneuve : Donc, juste pour que je comprenne bien : «Le
ministre peut ordonner à un propriétaire ou à une personne ayant la garde d'un animal de cesser sa garde», donc
c'est parce qu'il avait été mis... le mot «tutelle» n'est pas bon, là,
mais le ministre avait déjà émis... il y avait déjà une garde qui était...
j'allais dire, une directive qui avait déjà
été envoyée pour qu'il y ait une garde de l'animal. C'est ce que je comprends,
quand on lit le texte, là, de cesser sa garde...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non, ça
peut... Quand vous avez la garde de votre animal, puis que l'animal est en détresse, puis qu'il existe un danger
immédiat pour le bien-être et la sécurité de l'animal, le ministre peut
ordonner à un propriétaire ou une
personne ayant la garde. Ça fait que ça peut être le propriétaire, ça peut être
la personne qui a la garde. On a un
pouvoir d'ordonnance de cesser certaines de ces activités en lien ou, au
contraire, les exercer aux conditions qu'il détermine.
Villeneuve : Oui, mais je veux juste comprendre le sens, là, de
«cesser sa garde». Je veux juste savoir si c'est parce que, suite à une inspection, il y a eu, de la part du ministre, de
dire : Bien, vous avez la garde d'un animal, le temps que... ou si c'est au sens plus large que :
Tu es propriétaire, donc tu as la garde de ton animal. C'est juste ça que je
veux savoir.
Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est le sens le plus large.
M. Villeneuve :
Sens le plus large. Donc, il a déjà la garde de l'animal, il n'a pas eu... O.K.
D'accord. C'est toujours, évidemment, suite à un rapport d'un vétérinaire,
médecin vétérinaire, agronome, inspecteur.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Pas nécessairement. Si l'inspecteur constate que
l'animal est en détresse puis qu'il existe un danger immédiat, il y a un
pouvoir d'ordonnance du ministre qui peut s'appliquer.
M. Villeneuve :
O.K. Moi, je n'ai pas d'autre question, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? Pas d'autre intervention? Oui, Mme la députée
de Mirabel.
D'Amours : ...cet article-là — parce que j'ai beau le lire et le relire,
là — si ça
fait état avec les animaux entraînés pour le combat, parce qu'ils ne
sont pas en détresse, ils ne sont pas...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il y a d'autres articles qui s'appliquent, mais il y a
définitivement un pouvoir d'ordonnance...
«qu'il existe un danger immédiat pour le bien-être ou la sécurité de
l'animal», un animal entraîné pour le combat, la réponse est oui, ça s'applique.
Il existe un danger immédiat.
D'Amours : Puis un chien qui est toujours attaché dehors?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On en a discuté quand particulièrement les mushers sont venus nous rencontrer. Dans certaines circonstances, il
y a des gens qui nous ont expliqué
que l'attacher, ça ne le brimait pas, là. Je vous réfère à la
représentation faite par les mushers.
Dans
d'autres cas, l'animal est en détresse, toujours attaché, c'est
d'autres articles qui vont s'appliquer. Mais le pouvoir d'ordonnance, c'est un pouvoir assez
extrême, là. Il existe un danger immédiat. Mais, si ça fait un mois qu'il est
attaché, est-ce que le danger est
immédiat? Il y a d'autres éléments de la loi qui peuvent
s'appliquer, là. Mais, comme tel, un pouvoir d'ordonnance dans ce
cas-là...
D'Amours : Je peux comprendre, mais...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...je ne suis pas certain qu'il résisterait à
l'épreuve des tribunaux, là.
D'Amours : Oui. Mais, s'il
est attaché puis il fait 40 degrés, puis dans le fond d'une cour asphaltée,
entouré de vieilles carcasses d'autos dont la chaleur est... c'est
suffocant...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il est en détresse à ce moment-là. La réponse est
qu'il est en détresse, donc le pouvoir d'ordonnance s'applique.
D'Amours : S'applique, O.K.
Quand vous parlez des mushers, essayez de me... Eux, oui, c'est vrai que,
de la façon dont ils attachent leurs chiens,
la niche est montée, il y a un certain confort pour le chien, mais on ne peut
pas faire la différence entre un chien attaché comme ça puis un chien attaché
au bout d'une corde, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : D'accord, je vous suis, là. On fait une
différence, justement.
Mme D'Amours :
On fait une différence. Avec ça, ils seraient couverts.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Bien, il faut... Ça, là, une des deux conditions,
il faut qu'elles soient rencontrées : l'animal est en détresse,
l'exemple que vous m'avez donné tantôt, là, l'animal est en détresse; ou il
existe un danger immédiat pour le bien-être ou la sécurité de l'animal. On
n'est pas dans les mesures plus, moins contraignantes,
là. On est dans Pouvoirs d'ordonnance puis on va voir ce que ça va donner comme
résultats, là. On est dans les pouvoirs extrêmes, Pouvoirs d'ordonnance.
D'Amours : Merci, M. le Président.
Président (M. Morin) : Merci, Mme la députée de Mirabel.
D'autres interventions sur l'article 57? Est-ce que l'article 57 est
adopté?
Le Président (M.
Morin) : Adopté.
L'article 58.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
L'article 58, M. le Président, se lit comme
suit :
durée d'application de l'ordonnance ne peut excéder 60 jours. L'ordonnance est
motivée et elle fait référence à tout
procès-verbal, rapport d'analyse ou d'étude ou tout autre rapport technique que
le ministre a pris en considération.
«L'ordonnance est notifiée au
propriétaire ou à la personne ayant la garde de l'animal et elle prend effet à
la date de sa notification.»
pense que ça parle par soi-même. On l'a présentement dans la loi à l'article
55.9.6. Autrement dit, c'est assez
formel, là. On ne fait pas ça sur le coin de
la table, là, tous les rapports doivent être joints, etc. C'est un pouvoir
d'ordonnance, un pouvoir quasi judiciaire, pratiquement, qui est exercé
par l'exécutif.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? Donc, est-ce que l'article 58 est adopté?
Le Président (M.
Morin) :
L'article 59.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
L'article 59, M. le Président, se lit comme
suit :
personne visée par une ordonnance peut demander à un juge de la Cour du Québec
d'annuler l'ordonnance dans les 30
jours de la date de sa notification. La demande n'a pas pour effet de suspendre
l'application de l'ordonnance.
juge peut confirmer, modifier ou annuler l'ordonnance ou rendre toute autre
ordonnance qu'il estime indiquée dans
les circonstances. S'il modifie ou annule l'ordonnance, il peut enjoindre au
ministre de rembourser au demandeur la totalité ou une
partie des frais
de garde engagés, le cas échéant.
«Le juge peut
également, à la demande du ministre :
interdire au propriétaire ou à la personne ayant la garde de l'animal d'être,
selon le cas, propriétaire ou d'avoir la garde d'un nombre d'animaux
qu'il fixe ou d'un type d'animaux qu'il précise pour une période qu'il
détermine;
ordonner que deviennent propriété de l'État les animaux qui appartiennent au
propriétaire ou qui sont sous la
garde d'une personne visée par l'ordonnance au moment où celle-ci est rendue et
qui excèdent le nombre permis ou qui ne sont pas du type autorisé.»
l'a présentement à l'article 55.9.13, et c'est également inspiré de la
législation du Manitoba. Autrement
dit, la personne n'est pas sans recours, là. C'est un pouvoir qui est assez extraordinaire, comme je l'ai mentionné. Mais elle
peut aller devant le juge pour demander que
ce soit modifié, et le juge peut aller dans un sens comme dans l'autre, là. Le
juge peut aller dans le sens du citoyen ou dans le sens du ministre. Il peut
diminuer, augmenter, annuler, etc., et les conséquences sont là.
Villeneuve : M. le Président, oui... Je vais poser peut-être
une question qui... les juristes qui sont ici vont trouver naïve, là, mais je la pose quand même. Quand on
dit : «Le juge peut également, à la demande du ministre», je comprends
que ce n'est pas le ministre qui va parler
au juge directement, là, parce qu'il perdrait son poste. Mais comment on explique
ça, étant donné qu'on l'écrit comme ça,
textuellement dans la loi, alors qu'on sait très bien que, si le ministre
appelle un juge... On a déjà vu ça,
là, un ministre appeler un juge, là, je pense, c'était sous un gouvernement
conservateur, un ministre de l'Environnement, là. Son nom m'échappe, là,
mais ça va me revenir.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non, ce n'est pas... Vous êtes sur la bonne
piste, mais vous n'êtes pas au bon endroit.
M. Villeneuve :
Je le sais. Ah non! mais pas ici, pas ici. Pas ici, au fédéral.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non, non, je le sais que ce n'est pas ici, mais
c'est le ministère qui est...
Villeneuve : Sport et loisir, mais c'est au fédéral. Alors,
j'aimerais peut-être qu'on m'explique, là. Ça va parfaire mon éducation, une
partie de mon éducation qui, en
termes de... Pourquoi on peut l'écrire ici comme ça, alors qu'on sait
très bien qu'un ministre ne peut pas appeler un juge, là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est le ministre qui este en justice, mais il
est représenté par le procureur. Ça
fait que ce n'est pas le ministre lui-même, mais c'est le ministre qui, comment
je pourrais dire ça, qui est une des parties au dossier. Et le ministre dit au juge : Moi, je pense que mon
ordonnance est bonne, puis même, depuis que j'ai rendu mon ordonnance, l'état de la bête commande que le
propriétaire n'en ait pas plus dans l'avenir, etc. Puis c'est l'avocat
du ministre qui fait ça devant le tribunal.
Villeneuve : Moi, je n'ai pas d'autre question, M. le
Président. C'était plus une question, là, pour parfaire mes
connaissances. Ça va.
Président (M. Morin) : Donc, pas d'autres interventions sur
l'article 59? Est-ce que l'article 59 est adopté?
Le Président (M.
Morin) :
Chapitre VI, «Dispositions diverses».
Article 60.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
M. le Président, l'article 60 se lit comme suit : «Le ministre peut
conclure, avec toute personne ou organisme, y compris une municipalité,
une communauté métropolitaine ou l'Administration régionale Kativik, une
entente établissant un programme d'inspection concernant l'application de la
présente loi.
«Cette entente doit prévoir notamment les
modalités d'application du programme, son financement ainsi que la rémunération et les autres dépenses des
inspecteurs qui sont à la charge de la personne ou de l'organisme qui a conclu
[cette] entente.»
Je pense
qu'on a touché à ce sujet-là précédemment. Ça nous provient de ce qui existe
présentement à l'article 55.9.4 et également inspiré de la législation
en vigueur au Manitoba.
Villeneuve : Oui, M. le Président. Il y a quelques inquiétudes
du fait que le gouvernement ferait justement de telles ententes ou de tels transferts de responsabilité. Je pense que
c'est l'UPA, entre autres, qui le soulignait, là, ils trouvaient qu'il n'avait pas rien à gagner à
transférer ces responsabilités-là, que le MAPAQ devait rester maître d'oeuvre,
finalement. Est-ce que le ministre a considéré cette revendication-là ou...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non. Je
peux me tromper, là, mais je pense que l'inquiétude de l'Union des
producteurs agricoles et de certaines fédérations également touchait le pouvoir
comme tel de la municipalité. Est-ce que la municipalité... pour ne pas avoir,
là, dans le monde agricole ou rural, 25 modes d'application différents parce qu'il y a 25 municipalités. Et ça, on leur a dit
que ce n'était pas le cas, là. Les ententes vont être uniformes. Ce n'est pas
parce que vous déménagez dans une municipalité que l'agriculteur va être
pénalisé, là.
M. Villeneuve : Donc, la
volonté du ministre, c'est bien celle qu'il vient de décrire, de ce que je
comprends?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Villeneuve : D'accord, parfait. Et moi, je... peut-être...
parce que, quand on voit le mot «financement», on a toujours, hein,
beaucoup d'inquiétudes pour la suite des choses. Pour avoir été maire assez...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...
M. Villeneuve : Oui, c'est
ça, mais... «Cette entente doit prévoir notamment les modalités d'application
du programme, son financement», là on dit «d'application
du programme», donc ce serait par un programme. Ce ne serait pas des ententes... Évidemment, le MAPAQ ne peut
pas commencer à faire des ententes à gauche et à droite. Et c'est un programme qui viendrait baliser et décrire,
finalement, le modus operandi pour que ce soit uniforme, j'imagine, d'une
certaine façon. Il y aura des exceptions, là, mais, en général...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : La
façon la plus simple, parce que ça existe déjà dans la loi québécoise,
on a 13 ententes déjà en vigueur,
déjà signées avec des SPA et des SPCA. Ça fait que la façon de le voir, là,
c'est ce type d'entente là que l'on signe avec ce type de mesure là.
M. Villeneuve : ...je ne sais
pas si on le voit plus loin, M. le Président, je me pose la question, mais je
vais regarder, là, je ne me souviens pas de l'avoir vu, mais c'est à la
discrétion du ministre de choisir un organisme?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Villeneuve : Sur quelle base? Parce que ça peut être plus large
que les 13 ententes qu'il y a présentement. Ça peut être plus large.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
La réponse, c'est oui.
Villeneuve : Sur quelle base? Est-ce qu'il y a des audits qui
sont faits? Ça fonctionne comment? Est-ce qu'ils sont soumis à des
vérifications annuelles? Je ne sais pas. Comment ça fonctionne?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Quand
on en arrive à ce genre d'entente là, c'est qu'on l'a fait avec des gens
qui ont une expérience de terrain qu'on
appelle, là, puis qu'on a eu la chance de vérifier dans le passé. Maintenant,
on a besoin de ces gens-là sur le
terrain. Et il y a beaucoup de bénévolat dans ces organisations-là, il y a beaucoup d'implication de la population, puis on n'a pas eu, comment je pourrais dire ça,
sauf quelques petites exceptions... oui, on fait des
inspections sur les SPA puis les SPCA, là, pour s'assurer que tout est
correct.
Moi, en 18
mois, j'en ai peut-être vu, de mémoire, un cas où... puis ce n'était pas
un cas majeur, là, c'était un cas de correctif mineur parce que, sur le
plan financier, je pense qu'ils ont manqué un petit peu d'argent, puis ils ont
négligé quelques petites affaires, puis on les a incités à corriger, puis ils
ont corrigé.
M. Villeneuve : Je pense que
les SPA, SPCA, M. le Président, ont une bonne réputation, font un excellent
travail. Là, en fait, ce n'est pas eux que je ciblais pour ma question, c'était...
parce qu'elles ne se retrouvent pas sur l'ensemble du territoire. Donc,
assurément qu'il y aura d'autres organismes qui vont devoir être identifiés
pour que le ministre
puisse déléguer ces pouvoirs-là... bien, les déléguer, à tout le moins, par
entente, s'assurer de... Bon, c'était plus là ma question.
Puis
le ministre, il le sait comme moi, il a entendu parler d'histoires assez
terribles de certaines municipalités qui avaient justement donné des contrats à certains organismes pour
s'assurer que ce soit pour les chiens, les chats, bon, etc., pour s'assurer, là, de veiller finalement à...
veiller à ce que le règlement municipal soit respecté, et, bon, on a eu des
histoires d'horreur, hein? Je pense
que ce fut... j'ai vécu moi-même une expérience assez désagréable à ce
niveau-là. Alors, je me pose la question : Comment le ministère va
choisir ces organismes-là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Généralement, ce sont les organismes qui nous
approchent. On a une analyse stricte
de leurs demandes, on vérifie c'est qui. Puis, par la suite, quand on signe un
contrat, c'est un contrat qui est de nature stricte également, puis ils ne sont pas à l'abri de nos inspections puis
de nos enquêtes, là. Ça fait que, comme je vous dis, moi, en 18 mois, là, j'ai eu un cas à la marge
parce que nos inspecteurs étaient sévères, puis ils ont raison de l'être, puis
la SPA a collaboré.
Villeneuve : Est-ce que c'est toujours des ententes d'un an,
deux ans, trois ans? Est-ce qu'il y a un modèle précis? Ah! une année seulement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Une année seulement.
M. Villeneuve :
O.K., renouvelable dans la mesure où les parties respectent...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Dans la quasi-totalité des cas, c'est renouvelé.
Villeneuve :
...respectent leur contrat, leur
partie de contrat dans la mesure où... Puis ça
va rester comme ça? Est-ce que c'est
à la discrétion du ministre? Parce
qu'on a vu l'autre jour qu'il y avait... c'est où qu'on disait l'autre jour
que le ministre pourrait... C'est où qu'on
voyait ça, l'autre jour, où ça pouvait être trois ans, quatre ans, cinq ans? On
voulait mettre un plafond, là, pour
éviter, justement, que ce soit une période infinie, là. Bon, peu importe, mais
là, dans ce cas-ci, le ministre me confirme qu'il n'y a pas de pouvoir
discrétionnaire. C'est un an.
Parce
que, regardez bien, là, ce que je veux dire, dans le fond... où je veux en
venir, là, c'est qu'il y a des organismes qui vont soit être sollicités
ou solliciter le gouvernement pour pouvoir avoir une entente avec le
gouvernement pour appliquer cela qui est
devant nous, et ils devront peut-être faire des investissements. Et là c'est
sûr que moi, si je fais des investissements,
puis le contrat, je l'ai juste pour un an, puis j'ai un compétiteur à 10, 15,
20, 30 kilomètres de chez nous, bien
là je suis à risque, parce que, si j'investis 100 000 $,
200 000 $, 300 000 $ pour satisfaire aux exigences du
gouvernement... moi, je veux bien,
mais, si j'ai juste une année, là, pas sûr que ça va me... Si j'ai une entente,
par ailleurs, sur un plus long laps de temps, trois ans, pour amortir,
justement, l'investissement que je fais, bien, peut-être que je vais être plus
ouvert.
Donc,
ma question, dans le fond, c'est... Là, je comprends que c'est sur une année,
renouvelable. C'est correct, les organismes sont là depuis longtemps,
ils sont organisés. Mais, dans ce
cas-ci, là, est-ce que le ministre a pensé, a prévu justement qu'il devra peut-être aller au-delà d'un
an? Et, si c'est le cas, est-ce que le ministre a le pouvoir discrétionnaire
pour signer des ententes à plus long terme?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : La loi n'interdit pas des ententes à plus long
terme, mais le problème que vous soulevez,
on ne l'a pas rencontré dans la pratique, là. À
titre d'exemple, la SPA de
Québec est en campagne — j'en profite pour faire
un peu de publicité — est en
campagne de financement pour des immobilisations de l'ordre de
500 000 $. C'est quand même
important, là, un demi-million. Sherbrooke vient d'avoir un centre. Ces gens-là
se fient au fait que c'est un service
que les organismes rendent à la société, que le gouvernement en a besoin et
que, s'ils font un bon travail, c'est renouvelé automatiquement. Moi, je
n'en ai pas vu... Dans les 18 derniers mois, là, je les ai tous passés, on les
a tous renouvelés.
M. Villeneuve :
M. le Président, je présume, je n'ai pas vérifié, mais SPA, SPCA, c'est des
organismes à but non lucratif. Est-ce que le
ministre est en train de me dire que les autres ententes qu'il pourrait y avoir
seront toujours faites avec des
organismes à but non lucratif ou que ça pourrait aussi être des organismes à
but lucratif? Parce quelqu'un... un
organisme à but non lucratif qui fait une levée de fonds, bien, ce n'est pas
mal, mais un organisme à but lucratif qui fait des levées de fonds, ça,
c'est plus rare, là, tu sais. Alors là, d'où l'investissement, d'où...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On appelle ça des actionnaires.
M. Villeneuve :
Oui, c'est ça, exactement. Alors donc, est-ce que le ministre me dit que ça va
être juste des organismes à but non lucratif
qui vont pouvoir avoir une entente avec le gouvernement? La réponse, c'est non,
évidemment.
Donc,
je reviens à ma question première, à savoir : À ce moment-là, est-ce que
le ministre a envisagé la possibilité, justement,
pour pouvoir permettre... Peut-être que les organismes vont être capables de...
j'allais dire, abattre le travail, mais
ce n'est pas le bon terme, pas dans le domaine qu'on est là, là, sur
l'abattage, mais de réussir à effectuer les tâches qui leur seront données. Peut-être qu'ils vont
avoir à faire des investissements, et c'est là qu'il peut y avoir peut-être un
problème, si c'est juste une année.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
La question peut se poser. Présentement, elle ne s'est pas posée parce que nos
ententes sont strictement avec des organismes sans but lucratif. Moi, je n'ai
pas fermé la porte à des organismes à but lucratif.
Comme vous le dites, si un organisme à but lucratif nous approche, ils vont
sans doute vouloir avoir une entente pour financer leur projet, etc.,
plus long que 12 mois. Moi, je ne suis pas fermé à ça, mais ça ne les mettra
pas à l'abri d'inspections et de révocation de leur permis.
M. Villeneuve : Ils doivent
respecter la part de l'entente, et du contrat, et des...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...sur le plan financier.
M. Villeneuve : Tout à fait.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Si
les conditions sont respectées, ça pourrait aller plus long que 12 mois.
M. Villeneuve : On est
conscient aussi que ces organismes-là, des fois aussi, ont déjà des ententes
avec les municipalités. Ils pourront
évidemment marier les deux. Je ne pense pas que ça pose un problème d'éthique,
loin de là. Ils auront même une expertise déjà développée. Moi, ça fait
le tour, M. le Président.
Le Président (M. Morin) : Je
ne vois pas d'autre intervention... Oui, Mme la députée de Mirabel, je vois.
D'Amours : Merci, M. le Président. Je veux revenir sur... bon,
l'entente «doit prévoir notamment des modalités d'application du programme, son financement ainsi que la rémunération
des autres dépenses des inspecteurs qui sont à la charge de la personne
ou de l'organisme qui a conclu une entente».
Dans les 13
organismes que vous avez présentement, est-ce que les gens... parce que vous
avez mentionné tout à l'heure qu'il y
avait beaucoup de bénévoles, mais est-ce que ce sont des gens qui sont... je suis
convaincue qu'il y en a dans l'établissement, là, qui sont des gens avec une
expertise, mais ça ne veut pas dire que l'ensemble des gens qui sont dans cet organisme-là ont une expertise. Est-ce
qu'il va y avoir de la formation? Est-ce que ces gens-là vont continuer
à être sans rémunération? Parce que là il va y avoir quand même une
responsabilité de ces gens-là. Il y a une loi qui va s'appliquer, là, concernant les animaux, qu'on n'avait pas avant, le
bien-être animal. Est-ce que ces gens-là vont... Est-ce que ces organismes-là, c'est-à-dire, vont
commencer à vous dire : Bien, écoutez, là, on a une responsabilité, ça
doit être rémunéré? Est-ce que vous avez pensé qu'il va y avoir des
sommes qui vont aller dans ces organismes-là?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est
pour ça qu'on a marqué «son financement». Et en ce qui concerne les employés — vous avez raison de poser la question — on leur donne la formation, mais on a mis
une clause de financement.
Mme D'Amours : Mais les employés qui
vont avoir une formation ne sont pas tous des vétérinaires.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non,
non. Il y a beaucoup de jeunes personnes qui ont suivi des techniques animales, qui aiment les animaux puis qui sont
bien dans ce travail-là. C'est certain
qu'ils n'ont pas la même rémunération
que le directeur général ou que le
vétérinaire qui y va, là. C'est des rémunérations qui varient, mais ça tient compte des
circonstances puis c'est négocié entre l'employeur et l'employé, là. Moi, j'en
ai visité plusieurs, là, puis...
D'Amours : Oui, c'est ça,
mais ce sont des gens qui ont de très grandes qualités, de bonnes volontés,
mais ils n'ont pas le papier de
vétérinaire. Ils n'ont pas l'expertise. Est-ce qu'on donne de la formation à ces gens-là? Ils sont sur le terrain, ils voient les animaux, mais,
s'ils n'ont pas le diplôme de vétérinaire ou d'agronome, ils ne pourront pas
faire le travail de la loi.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
C'est un travail d'équipe.
Mme D'Amours : Ils vont être un
inspecteur pareil.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est
un travail d'équipe. Quand vous entrez, là, dans un endroit comme une SPA ou SPCA, vous avez des gens qui travaillent
dans l'administration, vous avez des gens qui soignent les animaux,
qui les toilettent, etc. Ils n'ont pas tous
la même rémunération puis le même diplôme, là, mais ils le font...
Moi, je dirais qu'ils le font tous
avec la même passion. Puis souvent le vétérinaire n'est pas sur place, là. Le
vétérinaire est sur appel, puis il y a,
comment je peux dire ça, des rythmes de vaccination puis ces éléments-là, là,
mais ils font affaire avec un vétérinaire privé habituellement, là.
D'Amours : Alors, ce sont
des gens... De la façon dont vous me répondez, ce sont des gens qui vont
travailler seulement dans leur établissement. Ça ne sera pas
des gens qu'on va pouvoir dire qu'ils sont sur le terrain puis qui voient
quelque chose qui peuvent intervenir. Est-ce que je comprends bien le...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Comme
toute personne, ils peuvent intervenir comme toute personne, là, s'ils
voient un animal maltraité, 1 844 animaux, etc. Mais ce sont des gens qui
travaillent pour la SPA ou la SPCA, là.
Mme D'Amours : Alors, pourquoi rémunérer ces gens-là, leur fournir une formation
s'ils ne peuvent pas agir en tant qu'inspecteurs?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ils ont une entente avec leur employeur, mais,
quand ils agissent comme inspecteurs pour
nous autres, c'est nous autres qui détermine leurs conditions de travail, là. On les forme puis on leur dit : Quand vous agissez comme inspecteur, bien, c'est
comme ça qu'on vous paie. Parce qu'ils deviennent mandataires du ministère, là.
D'Amours : C'est des gens à contrat ou ils vont être régis...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est prévu dans l'entente. Mais ils sont-u à
contrat? On ne signe pas un contrat particulier
avec eux autres, on détermine ça dans l'entente. Quand ils agissent comme
inspecteurs, ils sont payés je ne sais pas combien de l'heure, là. On
donne un montant forfaitaire.
D'Amours : ...qu'ils vont être sous la règle de l'intégrité?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, oui.
D'Amours : Laquelle, s'ils n'ont pas d'ordre? S'ils ne sont pas sous
l'ordre de...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : À partir du moment où ils sont inspecteurs puis
qu'ils agissent comme inspecteurs, ils sont sous la règle de l'intégrité qu'on
a adoptée pour les inspecteurs.
D'Amours : O.K. Les
inspecteurs, si je retourne en arrière, on avait dit que c'étaient des
agronomes, des...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ou toute autre personne nommée par le ministre.
Inspection, le ministre nomme... C'est à 35.
D'Amours : Ou toute autre personne nommée par... O.K.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : «Le ministre nomme, à
titre d'inspecteurs, des
médecins vétérinaires, des analystes [ou] toute autre personne nécessaire pour
veiller à l'application».
D'Amours : Je n'ai pas d'autre question, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Merci. Oui, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Et donc ils ont l'immunité contre les poursuites en justice.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : S'ils agissent de bonne foi, oui, dans l'exercice
de leurs fonctions.
Villeneuve : Ça veut dire qu'un inspecteur que le... bon, juste
pour qu'on se comprenne bien, là, est-ce que tout inspecteur... parce
que, bon, on va nommer un... Peut-être, allons-y avec une hypothèse, là.
Alors,
on est dans une municipalité rurale, très loin de notre centre... bon, et là la
SPA, la SPCA ne peut pas aller là, ne
va pas là. Il y a un organisme qui s'appelle Au chaton, là, on va l'appeler Au
gentil chaton, hein, et cet organisme-là est choisi par le gouvernement pour appliquer les règles, la
loi. Là, dans cet organisme-là, il y a un inspecteur. Cet inspecteur-là, il n'est pas engagé par le MAPAQ,
mais il est régi par une entente avec Gentil chaton. Cet inspecteur-là a
l'immunité contre les poursuites en justice. Est-ce que cet...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Quand il agit dans l'exercice de ses fonctions
d'inspecteur.
Villeneuve : Parfait. Est-ce que cet inspecteur-là... parce
qu'il porte déjà ce titre-là au sein de Gentil chaton. Il porte déjà ce
titre-là. Est-ce qu'il a maintenant les diplômes qui vont avec? Je n'en ai
aucune espèce d'idée. Est-ce qu'il y aura une formation obligatoire et ça va
être de façon systématique dans tous les organismes?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça l'est déjà.
M. Villeneuve :
Bien là, c'est parce qu'elle... cet organisme, Gentil chaton, l'organisme,
là...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il n'existe pas encore.
Villeneuve : Bien, il existe, oui, mais il travaille dans une
municipalité et puis il s'occupe de ramasser les chats, les chiens,
etc., là.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Pour être mandataire du ministère, là, ça prend une entente qui est signée avec Gentil chaton. Puis l'entente, là,
elle va prévoir les modalités d'application du programme, le financement,
la rémunération et les autres dépenses qui
sont à la charge de la personne ou de l'organisme qui ont conclu cette entente,
car il faut tout prévoir ça avec Gentil chaton, là.
Villeneuve : Ah! je ne voulais pas prendre Tigre méchant, là,
je trouvais ça plus correct, Gentil chaton, là. Mais là l'inspecteur, là, lui, là, s'il a une entente avec le ministère,
l'inspecteur, là, qui porte ce nom-là, mais qui n'a pas du tout la
compétence, va devoir avoir une formation?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
M. Villeneuve : Automatique?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
M. Villeneuve : Parfait, ça
répond à ma question.
Président (M. Morin) : Je n'ai pas d'autres interventions sur
l'article 60? Est-ce que l'article 60 est adopté?
Le Président (M. Morin) :
Merci.
L'article 61.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président, l'article 61 se lit comme suit : «Dans le but de mieux
concilier les nécessités de sécurité et de
bien-être des animaux avec les activités des autochtones exercées dans
certaines régions ainsi que les
réalités culturelles, climatiques ou géographiques de celles-ci, le
gouvernement est autorisé à conclure une
entente portant sur toute matière visée par la présente loi ou ses règlements
avec une nation autochtone représentée par
l'ensemble des conseils de bande ou des conseils des villages nordiques des
communautés qui la constituent, avec la
Société Makivik, avec le Gouvernement de la nation crie, avec une communauté
autochtone représentée par son conseil de
bande ou par le conseil du village nordique, avec un regroupement de
communautés ainsi représentées ou, en l'absence de tels conseils, avec
tout autre regroupement autochtone.
«Les
dispositions d'une telle entente prévalent sur celles de la présente loi et de
ses règlements. Toutefois, une personne
visée par une entente n'est exemptée de l'application des dispositions
inconciliables de la présente loi ou de ses règlements [...] dans la
mesure où elle respecte l'entente.
«Une entente conclue en vertu du présent
article
est déposée à l'Assemblée nationale dans les 15 jours de sa signature ou, si elle ne siège pas, dans les
15 jours de la reprise de ses travaux. Elle est en outre publiée [dans] la
Gazette officielle du Québec .»
On retrouve des dispositions semblables à l'article 55.9.16.1.
Le Président (M. Morin) :
Allez-y, M. le député de Berthier.
Villeneuve : ...M. le Président. Donc, deuxième alinéa, on dit : «Les dispositions d'une telle
entente prévalent sur celles de la
présente loi...» Moi, je voudrais juste... Puis je comprends qu'il y a
des différences culturelles, puis... tu sais, bon, mais je voudrais savoir : Ça va reposer sur quoi si ce n'est
pas sur la présente loi, l'entente? Les ententes, elles vont reposer sur quoi? On va se baser sur quoi pour
les... Parce que c'est... on comprend, là, que ça se trouve à être
un régime différent, là, qui va s'appliquer.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
...c'est le gouvernement à... si je peux utiliser l'expression, là, «gouvernement autochtone», dans le but de
mieux concilier la nécessité de la sécurité et du bien-être des animaux avec
les activités autochtones. Donc, il faut qu'il y ait un mariage santé, bien-être
des animaux, activités autochtones. Puis ce n'est pas toujours... Vous avez raison, là, dans diverses régions, ça varie, les
besoins. Ça permet au gouvernement de signer une entente. Cette entente-là, elle est très publique, c'est de gouvernement
à gouvernement. Elle est déposée à l'Assemblée nationale du Québec dans
les 15 jours de sa signature et elle est publiée dans la Gazette
officielle du Québec .
Donc, moi, je
prends pour acquis qu'on n'en a pas, présentement, de ces ententes-là. Bien que
l'article existe déjà dans la loi, si
on venait à en conclure une, elle devra subir ce que j'appelle l'acceptabilité
sociale, comme tel, mais c'est le
respect des nations autochtones, de leurs traditions, etc., qui vont prévaloir.
Mais maintenant je n'en ai pas. La loi donne le pouvoir au gouvernement,
pas au ministre, au gouvernement parce que ces gens-là traitent de gouvernement
à gouvernement.
Villeneuve : J'avais vu la nuance. Est-ce qu'il y a des
ententes, présentement, au niveau de la mise en valeur et conservation
de la faune, avec des nations autochtones? Est-ce qu'il y a des ententes? Le
savez-vous?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je peux
le vérifier. J'ai l'impression que, sans qu'il y ait d'entente formelle...
Moi, j'ai déjà eu à gérer la pêche au saumon dans la rivière Restigouche, à
titre d'exemple, et la jurisprudence veut que, lorsque les autochtones vont à la pêche pour
des besoins personnels comme tels, ils ne soient pas soumis à la juridiction provinciale. Je ne pense pas
que la jurisprudence de la Cour suprême ait changé, là. Moi, c'était le cas il
y a quelques années.
Villeneuve : Bien, peut-être, si on pouvait ultérieurement
répondre à la question, à savoir est-ce qu'il y a des ententes avec
certaines nations concernant la mise en valeur...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
et, si oui, il y en a combien, là.
M. Villeneuve : Exact.
Parfait.
Le Président (M. Morin) :
Autres interventions sur l'article 61?
L'article 61 est-il adopté?
Le Président (M. Morin) :
L'article 62.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
L'article 62, M. le Président, se lit comme suit : «Le ministre
transmet à La Financière agricole du
Québec tout renseignement, y compris des renseignements personnels, permettant
à celle-ci de s'assurer du respect de la présente loi et de ses
règlements conformément aux dispositions du quatrième alinéa de
l'article 19 de la
Loi sur La Financière agricole du Québec.
«La Financière
agricole du Québec fournit au ministre, sur demande, tout renseignement, y
compris des renseignements
personnels, lui permettant de s'assurer du respect de la présente loi et de
tout règlement pris en vertu de celle-ci.»
Quand on
échange ce type de renseignements là, ce sont des renseignements personnels, ça
prend une disposition législative.
Elle est largement inspirée de ce qu'on appelle l'écoconditionnalité, là, qui
est appliquée par La Financière agricole, et on retrouve une
disposition similaire à l'article 2.0.1 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
M. Villeneuve : Dans le P-42,
est-ce qu'on retrouve une telle disposition?
M. Villeneuve : Non, hein?
C'est ça. C'est ce que je pensais.
Le Président (M. Morin) : Ça
M. Villeneuve : Pas de
question, M. le Président.
Président (M. Morin) : Je ne vois pas, je n'entends pas d'autre
intervention. Est-ce que l'article 62 est adopté?
Le Président (M. Morin) :
Adopté.
Chapitre VII, Dispositions réglementaires. M. le ministre. 63.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je vais
avoir un amendement, mais pour le moment, l'article 63 se lit comme
suit : «Le gouvernement peut par règlement :
«1° désigner
les animaux ou poissons, au sens de la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune, qui sont gardés
en captivité à des fins d'élevage dans [le] but de commerce de la fourrure, de
la viande ou d'autres produits alimentaires et qui sont régis par la
présente loi;
«2° fixer les
conditions et modalités pour exempter de l'application de la présente loi ou de
ses règlements une personne, une espèce ou une race d'animal, un type
d'activités ou d'établissements ou une région géographique;
«3° rendre obligatoire, pour les personnes qu'il
détermine, l'application de dispositions de codes de pratiques publiés par le Conseil national pour les soins des
animaux d'élevage et prévoir les adaptations ainsi que les dispositions
transitoires nécessaires à cette application;
déterminer les conditions auxquelles est assujetti l'exercice d'une activité
impliquant un animal, restreindre cette activité ou l'interdire à des
catégories de personnes qu'il détermine;
«5° déterminer les autres animaux à qui le
propriétaire ou la personne ayant la garde l'animal doit fournir la
stimulation, la socialisation ou l'enrichissement environnemental qui
conviennent à ses impératifs biologiques;
«6° relativement aux permis et aux titulaires de
permis visés au
chapitre III :
«
a) déterminer des catégories de permis ainsi
que [des] conditions et restrictions relatives à chaque catégorie;
«
b) prescrire la forme d'une demande de permis
ainsi que [le document] que le demandeur doit fournir;
«
c) déterminer les cas où la période de validité
d'un permis est de moins de 12 mois;
«
d) établir
les conditions et modalités de délivrance et de renouvellement d'un permis,
ainsi que les droits exigibles pour une demande de permis;
«
e) déterminer les compétences ou
qualifications requises du titulaire d'un permis ainsi que celles requises d'un
employé affecté aux activités pour lesquelles un permis est exigé;
déterminer des catégories de permis, autres que celles prévues au
chapitre III, délivrés à des fins spécifiques par le ministre à des
propriétaires ou personnes ayant la garde de 15 animaux et plus;
établir des normes applicables à l'organisation, à la tenue et au
fonctionnement de tout lieu dans lequel une activité impliquant un
animal est exercée ou pour lequel un permis est exigé;
déterminer le nombre maximum d'animaux qui peuvent être gardés dans un lieu,
notamment en fonction de leur espèce
ou de leur race, du type d'activités exercées par leur propriétaire ou la
personne en ayant la garde, ou du type de
lieux dans lequel ils sont gardés, incluant entre autres les fourrières, les
refuges et les lieux tenus par des personnes ou des organismes voués à
la protection des animaux;
«10° déterminer le
nombre maximum d'animaux qui peuvent être gardés par une même personne
physique;
«11°
déterminer les protocoles ou les registres que doit tenir un propriétaire ou [toute] personne ayant la garde d'un animal, leur contenu minimal, les lieux où
ceux-ci doivent être conservés, les rapports que le propriétaire ou la personne
ayant la garde de l'animal doit faire au
ministre, les renseignements [qui] doivent contenir ces rapports et la
fréquence à laquelle ils doivent être produits;
«12°
déterminer des mesures de prévention visant les animaux, notamment la
vaccination, la stérilisation, l'isolement ou la quarantaine et prévoir
des méthodes, modalités ou conditions applicables à ces mesures;
«13°
déterminer les normes relatives à l'euthanasie ou à l'abattage des animaux et,
à cet égard, régir ou interdire certaines méthodes, modalités ou conditions;
«14°
déterminer les conditions et modalités pour vendre, donner ou faire euthanasier
ou abattre un animal abandonné;
«15°
prescrire les modalités d'inspection, de prélèvement, d'analyse d'échantillons,
de saisie ou de confiscation à l'occasion d'une inspection et établir le
modèle de tout certificat, rapport ou procès-verbal rédigé par un inspecteur;
«16° régir,
restreindre ou interdire l'utilisation d'outils de dressage ou de tout
dispositif de contention;
«17°
régir, restreindre ou interdire certaines interventions chirurgicales
esthétiques ou autres sur certaines catégories ou espèces d'animaux;
«18°
fixer les frais de garde ou prévoir une façon de calculer les frais de garde
que doit payer le propriétaire d'un animal saisi ou pris en charge en
application de la présente loi;
«19° prévoir toute
autre mesure visant à assurer le bien-être ou la sécurité des animaux,
lesquelles mesures peuvent varier en
fonction notamment de leur espèce ou de leur race, du type d'activités exercées
par leur propriétaire ou [les personnes] en ayant la garde ou du type de
lieux [pour] lesquels ils sont gardés.»
L'amendement, M. le Président, se lirait
comme suit :
Article 7, par. 1°, 3° 6° et 17.1° de l'article 63
de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal. Un : Dans
l'article 63 de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal, dont
l'édiction est proposée par l'article 7 du projet de loi, premièrement,
remplacer 1° par le suivant :
désigner tout autre animal dans la définition du terme "animal"
prévue au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 1.»
Deuxièmement :
dans le paragraphe 3°, remplacer «[des] codes de pratiques publiés par le
Conseil national» par «[des]
normes ou [des] codes de pratiques»;
Troisièmement :
dans le sous-paragraphe c du paragraphe 6°, remplacer «de moins de
12 mois» par «différente de celle prévue [à] l'article 26».
Quatrièmement :insérer,
après le sous-paragraphe c du paragraphe 6°, le sous-paragraphe
suivant :
«c.1) prévoir les
autres cas où un permis prévu au deuxième alinéa de l'article 20 est
requis.»
Cinquièmement :
insérer, après l'article 17°, le paragraphe suivant :
«17.1°
aux fins d'assurer la traçabilité des animaux d'une espèce ou d'une catégorie
déterminée, obliger l'identification
de ces animaux aux conditions et selon les règles ou les modalités qu'il fixe,
prescrire les obligations de leurs propriétaires, de leurs gardiens ou
de toute autre personne et fixer les droits exigibles.»
Deux : dans le
texte anglais, dans les paragraphes 2°, 9° et 19°, remplacer «race» par
«breed».
Je peux faire
quelques commentaires avant d'obtenir des...
Président (M. Morin) : Je vais suspendre, on va regarder ça. Ça
va vous donner le temps de respirer un peu.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je pensais que vous aviez tout compris, M. le
Président.
Le Président (M.
Morin) : Oui, j'ai très bien compris, mais c'était beaucoup à
la fois. Je suspends.
(Suspension de la séance à
16 h 14)
Président (M. Morin) : Nous reprenons nos travaux. M. le
ministre, on va y aller paragraphe par paragraphe, donc, pour une
meilleure compréhension.
L'article 63, paragraphe 1°. C'est parti.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Le
premier paragraphe se lit comme suit, mais, comme on a indiqué puis on
les a distribués, M. le Président, il y aurait un amendement : «Le
gouvernement peut, par règlement :
«1° désigner les animaux ou poissons, au sens de la
Loi sur la conservation
et la mise en valeur de la faune, qui sont
gardés en captivité à des fins d'élevage dans [le] but de commerce de la
fourrure, de la viande ou d'autres produits alimentaires et qui sont
régis par la présente loi.»
L'amendement
se lit comme suit : Remplacer le paragraphe 1° par le suivant :
«1° désigner tout autre animal dans la définition du terme "animal"
prévue au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 1.»
Le Président (M.
Morin) : Ça va comme explication? Avez-vous d'autres choses à
rajouter sur cet... Non? M. le député de Berthier.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non, ça va. On l'avait réglé au début avec nos discussions sur la faune, là. Il y avait eu
beaucoup de questions à ce moment-là.
Villeneuve : ...avoir
la confirmation de la compréhension que j'en fais, là. Exemple, est-ce qu'on parle ici, dans le fond, de b
et de c? On avait apporté un amendement, on avait ajouté c, est-ce que c'est
inclusif? Donc, c'est b et c ensemble? B et c ensemble, c'est ça que je
comprends?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui.
M. Villeneuve :
On ne refera pas la discussion...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Qu'on a déjà faite.
M. Villeneuve :
On l'a faite. On l'a bien faite en plus, je pense.
Président (M. Morin) : J'aime ça, le gros bon sens, là. Donc,
le paragraphe 2°? L'amendement, excusez, oui. Oui, on va adopter
l'amendement, après ça on adoptera l'article 63 au complet. Est-ce que
l'amendement est adopté?
Le Président (M.
Morin) : Adopté. Paragraphe 2°.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : «2° fixer les conditions et modalités pour
exempter de l'application de la présente loi ou de ses règlements une personne, une espèce ou une race d'animal,
un type d'activités ou d'établissements ou une région géographique.»
permet des exclusions de l'application, mais ça les permet aux conditions... et
ça prend des conditions puis des modalités pour exempter de
l'application de la loi une personne, une espèce, etc., là.
M. Villeneuve :
...un exemple où on... le ministre se prévalait de cet article-là... de ce
paragraphe-là?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bien, je prendrais peut-être un
article qui était
dans L'Actualité ce matin, l'utilisation
de porcelets à des fins médicales. Ce matin, l'Université Laval, si ma mémoire
est fidèle, a fait l'objet d'un
article
à cet effet-là. C'est des cas vraiment exceptionnels parce que la loi, c'est la
loi sur le bien-être animal, comme tel. Si on exclut une personne ou etc., là, c'est qu'il y a des circonstances
exceptionnelles. Dans le cas des porcelets, bien, c'est pour sauver des vies humaines en région
éloignée. Ce n'est pas jojo, comme on dit, là, mais cet article-là existe déjà
dans la loi actuelle, vous le retrouvez à 55.9.14.3.
Villeneuve : Donc, dans l'exemple que donne le ministre, dans
le fond, on parle d'une race d'animal et d'un type d'activités. C'est le cumul des deux qui fait en sorte qu'on
pourrait appliquer le... le ministre pourrait demander qu'on utiliserait
les modalités du paragraphe 2°.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Bien, c'est que «fixer les conditions et
modalités pour exempter de l'application de la présente loi ou de ses règlements une personne, une espèce ou race
d'animal, un type d'activités», ça peut être le type d'activités, ça peut être la recherche médicale; «ou
d'établissements ou une région géographique», établissement, ça peut être un institut hospitalier, une école de
médecine vétérinaire; une région géographique, ça peut être le Grand Nord,
une région géographique au Québec.
C'est
un pouvoir d'exclusion qui est large, mais on tente de prévoir toutes les
circonstances où on pourrait en avoir de besoin. Mais est-ce qu'on
l'utilise? Le moins possible. Ça prend des circonstances exceptionnelles pour
l'utiliser.
Villeneuve : Parce qu'on le retrouve aussi à l'article 3,
ça, là, là : «Le gouvernement peut, par règlement, aux conditions et modalités qu'il fixe, le cas
échéant, exempter de l'application de tout ou
partie de la présente loi ou de
ses règlements une personne, une espèce ou une race d'animal, un type
d'activités ou d'établissements ou une région géographique...» C'est ça?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui,
c'est ça. C'est en lien avec 3. Et, à 3, tantôt, on va voir qu'on est en lien
avec 4, au prochain.
M. Villeneuve :
O.K. Moi, ça me va, M. le Président.
Le Président (M. Morin) : Ça
va? Ça va pour le paragraphe 2°?
Le paragraphe 3°, il y a un amendement?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il y a
un amendement, M. le Président, mais là je vais mettre mon jeu de cartes
sur la table, là. Quand on a traité de
l'article 4, qu'on n'a pas encore adopté, on a dit : On regardera ça
dans son ensemble lorsqu'on arrivera au troisième alinéa de
l'article 63. Ça fait que est-ce que vous souhaitez qu'on le regarde dans
son ensemble? Ça va?
M. Villeneuve : Tout à fait,
oui.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
L'article 4,
avec amendement... non, sans amendement, se lisait comme
suit :
«Toute
disposition d'une loi accordant un pouvoir à une municipalité ou toute
disposition d'un règlement adopté par une municipalité, inconciliable
avec une disposition de la présente loi ou d'un de ses règlements, est
inopérante, à moins qu'elle n'offre une plus grande protection à l'animal.»
Et là je
pense, si ma mémoire me sert correctement, qu'on avait enlevé «à moins qu'elle
n'offre une plus grande protection à l'animal».
Le deuxième
alinéa : «Il en est de même pour les dispositions des codes de pratiques
publiés par le Conseil national pour les soins [des] animaux d'élevage
dont l'application est rendue obligatoire par [le] règlement.»
Puis :
«Le premier alinéa s'applique malgré l'article 3 de la
Loi sur les compétences
municipales», je pense qu'on avait retiré cet élément-là. Corrigez-moi
si j'ai tort parce que là ça fait longtemps qu'on a vu 4.
Et là le 3°,
auquel on propose un amendement, se lit, sans amendement, comme suit :
«Rendre obligatoire, pour les
personnes qu'il détermine, l'application des dispositions de codes de pratiques
publiés par le Conseil national pour les soins des animaux d'élevage et
[prévoit] les adaptations ainsi que les dispositions transitoires nécessaires à
cette application.»
Et, dans l'amendement proposé, dans le paragraphe 3°,
remplacer «de codes de pratiques publiés par le Conseil national» par
«de normes ou de codes de pratiques». C'était pour donner suite à des
représentations qu'on avait eues d'associations d'éleveurs.
M. Villeneuve : Oui. Bien,
peut-être, moi, j'aimerais qu'on rediscute de l'article 4 qui avait été
suspendu, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...à
M. Villeneuve : Bien, je ne
sais pas, là, il me semble que...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il
me semble que oui.
Villeneuve : ...parce qu'il y avait des questions de la part de
certains organismes par rapport à celui-là. Je veux voir de quelle façon
on s'enligne ou on peut y répondre.
Le Président (M. Morin) :
...l'article 4? O.K.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...et on revient à 4, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
C'est bien. Je vous suis.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...quelques secondes, M. le Président, pour qu'on en ait une bonne
compréhension.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non,
là, ce n'est pas ça. On va suspendre quelques instants, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui. On avait des amendements de l'opposition, on avait votre amendement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Est-ce
que vous les avez tous, les amendements, avant qu'on suspende, là? Parce
que je vais les circuler. Ça a été déposé, les amendements. O.K.
(Suspension de la séance à 16 h 34)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. Nous en sommes à l'article 4, et, M. le ministre, vous avez des amendements.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président. L'opposition a déjà soumis un amendement — moi, là, je
tiens à le souligner comme tel — qui
visait... après les mots «une plus grande protection de l'animal», et ajoutait
«et ne s'applique pas aux activités
d'agriculture ou d'élevage». Ça, ça avait été proposé comme amendement
par l'opposition. Maintenant,
moi, j'en ai trois à proposer puis je vais demander la permission pour qu'on le
discute globalement parce
que je pense qu'on est à la poursuite des
mêmes objectifs. Il s'agit de s'entendre sur le vocabulaire le plus précis pour
les atteindre.
que je propose,
article 4 de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de
l'animal : dans le premier alinéa de l'article 4 de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de
l'animal, dont l'édiction est proposée par l'article 7 du projet de loi,
supprimer «, à moins qu'elle n'offre une plus grande protection à
l'animal».
Deuxièmement, dans le
deuxième alinéa de cet article, remplacer «codes de pratiques publiés par le
Conseil national pour les soins aux animaux
d'élevage dont l'application est rendue obligatoire par règlement» par «normes
ou codes de pratiques [...] rendue obligatoire par le gouvernement
conformément au paragraphe 3° de l'article 63» de la présente loi;
Troisièmement, supprimer
le dernier alinéa.
L'article modifié,
pour une bonne compréhension, se lirait comme suit :
«Toute
disposition d'une loi accordant un pouvoir à une municipalité ou toute
disposition d'un règlement adopté par une municipalité, inconciliable
avec une disposition de la présente loi ou d'un de ses règlements, est
inopérante.
«Il en est de même
pour les dispositions des normes ou codes de pratiques [...] rendue obligatoire
par le gouvernement conformément au paragraphe 3° de l'article 63» de la présente
loi.
Essentiellement, là, si une municipalité adopte une disposition qui est
inconciliable avec la loi qu'on se propose d'adopter, elle devient inopérante. On couvre plus large, on le soumet
respectueusement, que ce que vous faites dans le libellé aux activités agricoles d'élevage. On couvre l'ensemble
de l'oeuvre. Puis deuxièmement, on dit que, pour les codes de pratique
rendus obligatoires par le gouvernement, s'ils contreviennent à la loi, bien,
ils sont inopérants aussi.
Ça fait que la loi devient...
je déteste dire ça, je vais mesurer le vocabulaire, là, c'est la suprématie de
la loi québécoise qui est affirmée par l'article
4 quant aux dispositions municipales
et quant aux dispositions des codes de bonne pratique inspirées du
Manitoba.
Est-ce que vous
souhaitez... parce que, pour bien le comprendre, on pourrait peut-être
distribuer le texte tel qu'amendé, là, pour que vous le possédiez complètement.
Moi, je suis ouvert à ça.
Le Président (M.
Morin) : Je suis très ouvert à ça moi aussi.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui? Ça va?
Le Président (M.
Morin) : Oui. Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 45)
Président (M. Morin) :
Nous revenons à nos moutons. Nous avons entre les mains l'article
4 tel qu'amendé. M. le député de Berthier, qu'est-ce que vous en dites?
Villeneuve : Oui. Merci, M. le Président. Bien, on a un morceau du cahier. C'est bon. On
progresse. On progresse, M. le Président.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Je peux vous montrer le mien.
Villeneuve : Oui,
c'est ça. Ah bon... O.K. Bien, écoutez, M. le
Président, dans le fond, là... En
fait, quand on parle
d'inconciliable... parce qu'il est là, là. Je pense que le terme, là, qui
va faire foi de tout, là, c'est le mot «inconciliable».
Pour
le ministre, ça veut dire quoi, inconciliable? Parce que moi,
je pourrais être urbaniste et conseiller les élus municipaux d'apporter une modification à un règlement, et ça pourrait ne pas être inconciliable avec la
loi, mais ça pourrait être drôlement embêtant pour les producteurs ou
les agriculteurs.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Si c'est le cas, ça veut dire que notre loi
provinciale est drôlement embêtante pour
les producteurs et les agriculteurs. Puis on ne pense pas que les... Bon, tu
sais, on est assez minutieux, là, dans l'article par article. On pense que notre loi est correcte pour les
agriculteurs également puis les éleveurs.
Maintenant,
«inconciliable», ça veut dire que tu ne peux pas les réconcilier. Si une municipalité
adopte un règlement en matière de bien-être
animal... Premièrement, ils n'ont pas juridiction en matière de bien-être
animal. La seule juridiction qu'ils
peuvent invoquer, c'est en matière de nuisance. S'ils utilisaient leur pouvoir
de réglementation en matière de
nuisance pour tenter d'affecter le bien-être animal, on peut contester qu'ils
n'ont pas juridiction en matière de bien-être animal et, si jamais il y avait des dispositions qui étaient saines en
matière de bien-être animal, qui n'étaient pas contestées, il faudrait
qu'elles soient conciliables avec notre loi.
Donc, ce que
l'agriculteur ne voulait pas, c'est que chaque municipalité arrive dans chaque
coin puis passe une réglementation
plus contraignante, etc. Nous autres, on a dit : Non, ça ne se fera pas,
ça, là. Notre loi est suffisante, puis, on va le voir tantôt, les codes de bonne pratique,
là, c'est ça qui va s'appliquer. Si le code de bonne pratique, par exemple,
ça, je tiens à le souligner, va à l'encontre
de la loi, la loi va prévaloir. Autrement dit, la base de tout, c'est cette
loi-ci et la réglementation qui en
découle. Les municipalités ne peuvent pas aller plus loin, ne peuvent pas aller
à l'encontre de ça, puis les codes de bonne pratique non plus.
Maintenant,
on peut vérifier, là, la jurisprudence, parce qu'«inconciliable», c'est utilisé
en termes législatifs dans beaucoup
de lois, là. Je vais essayer de voir la définition qu'en donnent les tribunaux,
là. Tu ne peux pas les réconcilier, autrement dit.
Villeneuve : C'est parce que... c'est ça, justement. Moi, c'est
la zone grise, là, que je vois, là, parce que, si c'est inconciliable, ça veut dire que tu es carrément en
porte à faux avec la loi. Mais là il y a toute une zone grise qui existe, là,
et là on pourrait... Comme je le disais
tantôt, ça n'empêcherait pas d'ajouter un élément à un règlement municipal qui
est parfaitement correct. On pourrait ajouter un élément qui ne ferait
pas en sorte que ça soit inconciliable, donc d'être totalement en porte-à-faux avec la loi et ça pourrait être drôlement
embêtant pour le monde agricole. Mais je pense qu'on vise le même
objectif, là, puis on...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...la question, là. Essayez de me trouver un
exemple. Moi aussi, je travaille à
partir d'exemples, là. Moi, quand que je dis : «...inconciliable avec une
disposition de la présente loi», on couvre large, là. Ça fait que, si vous pouvez me trouver un
exemple qu'on a échappé quelque chose, moi, je suis prêt à regarder le terme
«inconciliable», là. On me dit que c'est le
meilleur. Maintenant, si vous en avez un meilleur, là, je ne suis pas fermé non
plus.
Villeneuve : On va le prendre autrement. Ça veut dire qu'on
pourrait ajouter des choses. On peut ajouter des choses. On peut ajouter
des choses, là, parce que c'est inconciliable... Si c'est conciliable, donc on
peut ajouter.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est-à-dire que la municipalité, pour ajouter
des choses, il faut qu'elle le fasse en
vertu des pouvoirs qui sont les siens, puis le seul élément que je peux
trouver, là, c'est les nuisances, parce que, si je regarde les autres pouvoirs, là, la culture,
loisirs, activités communautaires et parcs, je ne pense pas qu'ils
utilisent ça. Le développement économique local, dans la mesure prévue
au
chapitre III, la production d'énergie et les systèmes communautaires de télécommunication,
l'environnement, la salubrité — on pourrait peut-être tenter de s'infiltrer
par la salubrité — les nuisances, la sécurité puis le
transport, ça, c'est les pouvoirs réglementaires des municipalités. Elles n'ont
pas de pouvoir réglementaire en matière de bien-être animal directement.
Maintenant...
Le Président (M.
Morin) : Oui, Mme la députée de Mirabel, vous voulez
intervenir?
D'Amours : Oui, je voudrais intervenir sur... Aussitôt que cette
loi-là va être appliquée puis qu'il va y a avoir des... il y a des codes de bonne pratique... Je prends l'exemple
d'une porcherie qui ne serait pas aux normes, puis là le producteur agricole veut se mettre aux normes,
mais ça va lui demander, ça va lui nécessiter d'agrandir sa porcherie
pour respecter les normes du bien-être animal.
Et, s'il y a une
embûche à la municipalité, est-ce que le producteur va pouvoir agrandir sa
porcherie pour le bien-être de ses animaux ou il va être obligé de les vendre
pour en avoir moins? Puis là ça va jouer dans son chiffre d'affaires. Est-ce
que...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...question, votre question est bien posée. Notre
juridiction et cette loi-ci traitent du
bien-être animal. Votre question touche le zonage ou touche l'environnement,
avec des limites, etc., mais ça touche... le bien-être animal, si le code de bonnes pratiques des éleveurs de
porcs, qu'ils vont adopter — ils sont déjà, eux autres, pas mal en avant des exigences — dit que ça prend tant de pieds carrés ou de
mètres carrés, pour une truie, pour accoucher, etc., c'est certain que,
si cette distance-là augmente, le producteur, il a un choix à un moment
donné : réduire son nombre d'animaux ou agrandir sa porcherie.
Vous
me dites : Est-ce que la municipalité a un pouvoir de zonage comme tel?
Ils l'ont utilisé à certains endroits. Je
pense que j'ai eu deux cas l'an passé. Est-ce que cette loi-ci vient changer
quelque chose? La réponse est non, c'est neutre. Cette loi-ci ne vient pas changer ça, sauf que le bien-être
animal, on a des exigences additionnelles. Ça se peut que, dans le pire des scénarios, le producteur soit
obligé de diminuer son nombre de truies. Mais ça, c'est un code qu'ils se
donnent.
D'Amours : Je ne me souviens pas, ça fait quand même un bout,
là : Pourquoi qu'on avait enlevé «à moins qu'elle n'offre une
plus grande protection à l'animal»?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est parce que là on a enlevé ça parce que la
municipalité aurait pu prétendre : mon
règlement est meilleur que la loi provinciale, ça donne une meilleure protection.
Et là ce qu'on a compris des
éleveurs, c'est : la protection qu'on se donne par nos codes de bonnes
pratiques est correcte, elle est acceptable. Même, dans certains codes de bonne pratique, c'est les meilleures au monde.
Si la municipalité veut aller plus loin, on lui dit : Non, non, non, c'est assez loin ça, là, là. Tu
sais, il y a un équilibre à atteindre, là, puis on l'a atteint, l'équilibre.
Puis des fois les motivations sont autres que le bien-être animal.
J'ai peut-être... sur le mot... la
question que vous m'avez posée au début, dans la cause Beauvais contre Sainte-Anne-de-Sabrevois, le juge Turmel nous dit
ce qui suit, et je cite : «Il ne faut pas confondre toutefois des
exigences additionnelles et des exigences incompatibles.» Et c'est une
cause en droit agricole.
M. Villeneuve :
Donc, exigences additionnelles...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ce n'est pas la même chose que des exigences
incompatibles. «La simple addition
d'exigences ou de restrictions ne rendent pas nécessairement deux dispositions
incompatibles. C'est pourtant la prétention du demandeur...» Bien là, il
faudrait lire la décision dans son entier.
M. Villeneuve :
On peut en ajouter.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je peux vous donner la référence.
M. Villeneuve :
Ça confirme ce qu'on disait, M. le Président.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Pardon?
Villeneuve : Ça confirme qu'on peut en ajouter. Il faut juste
ne pas les... Ce n'est pas incompatible. Donc, additionnelles, donc on peut en ajouter. Ça ne veut pas dire qu'elles
sont incompatibles. Je comprends... On vise le même objectif, là. Je veux dire, on s'entend déjà pas
pire. Ce n'est pas pire, on a le même but. Alors, on veut atteindre le même
but, mais comment on s'assure que ça va être
ça, ça va être ça l'objectif? Est-ce qu'on va vraiment atteindre ce but-là?
C'est un peu ça... parce que là ce que vous
me dites, ce que vous venez de lire là confirme la zone grise de tantôt, là, où
on peut additionner des choses. Ça ne veut
pas dire qu'elles vont être incompatibles, mais ça peut nuire, par exemple,
ça pourrait être des obstacles au monde agricole.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On a une loi provinciale qui traite du bien-être
animal. La municipalité n'a pas
juridiction dans le bien-être animal, mais ils peuvent s'essayer, c'est... Ce
qu'on essaie d'éviter, là, c'est que, s'ils s'essaient, on ne veut pas que ça
fonctionne. Ça fait que, s'ils s'essaient, puis leur réglementation est incompatible avec notre
loi, le producteur va dire : C'est la loi provinciale sur le bien-être
animal qui s'applique, donc votre réglementation
municipale est sans fondement. Deux choses : vous n'avez pas le pouvoir,
deuxièmement c'est inconciliable avec les dispositions qui sont là. Oui?
M. Villeneuve :
...exemple de Mme la députée de Mirabel tantôt, parce que l'exemple, moi, je
l'ai compris comme ça, là. Si, suite à
l'adoption de codes de bonne pratique au niveau de la filière porcine, disons,
eux, ils décident que ça prend plus
d'espace maintenant, et là, bien, il faut qu'ils agrandissent, ils doivent
agrandir, et on sait combien c'est sensible
comme sujet dans plusieurs municipalités du Québec, là, au niveau des
porcheries, entre autres... quoiqu'il faut expliquer aux gens, par
ailleurs, qu'il y a eu, de la part de la filière porcine, un travail
considérable, extraordinaire, reconnu même
par l'ONU, quand c'est rendu là, c'est parce qu'ils font un sapré bon boulot,
là, mais, bon, il y a quand même la
perception qu'il faut vivre avec le passé aussi, là, mais le présent... ils
font un travail extraordinaire. Je le redis encore, les gens qui nous écoutent, là, n'ont qu'à aller sur le site,
là, de la filière porcine pour voir à quel point ils font tout un
travail.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Éleveurs de porcs du Québec.
Villeneuve : Et donc, s'il faut qu'ils agrandissent, là il y a
les distances séparatrices qui vont rentrer en ligne de compte s'il faut agrandir parce que souvent les
distances séparatrices sont... pas souvent, elles sont réglementées par
les municipalités, les odeurs... C'est parce que ce n'est pas juste une
question de zonage, là
Moi, ce que je veux
m'assurer, là — et
on se dirige vers ça, là, un bien-être animal amélioré, là, au Québec, là — entre autres, c'est que ces filières-là ne
seront pas pénalisées. L'exemple, je pense qu'il était très bon, hein? C'est
parce que, là, on va se retrouver à avoir...
au lieu d'avoir 100 unités, bien, on va tomber à 80 parce que les espaces
sont plus grands, et donc, là, on ne
peut pas agrandir, là on défait par en dedans puis on ajuste par en dedans. Et
là la masse critique est-elle respectée pour la rentabilité
d'entreprise? Pas sûr.
Alors,
comment on s'assure, justement, que ces filières-là qui pourraient être
touchées par un plus grand espace pour
les animaux ne tomberont pas dans une zone grise, justement, là, où ils
pourraient être pénalisés au point où ça pourrait mettre en péril la
survie de l'entreprise, la rentabilité de l'entreprise?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Première
partie de la réponse : Les
contraintes environnementales, et je le dis, là, je ne pense pas que ça pose problème parce qu'ils le calculent en fonction
d'unités animales. Donc, ton nombre d'unités animales, là, ne sera pas
affecté comme tel. J'essaie de voir... Un règlement municipal qui t'interdirait
d'agrandir ton bâtiment — c'est
ça, le sens de la question de la députée de Mirabel, que vous avez reprise,
là — est-ce
qu'il serait incompatible avec la
loi sur le bien-être animal? C'est ça la
question.
Laissez-moi
vérifier avec le contentieux. Est-ce que je pose la bonne question, là? Oui?
D'après la présidence, d'après Mme la
députée de Mirabel, je pose la bonne question? M. le député de Berthier, c'est
la bonne question? Je vais suspendre quelques instants parce que c'est
une bonne question.
Villeneuve : Allez-y.
Le Président (M.
Morin) : Je suspends.
(Suspension de la séance à 17 h 4)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. M. le
ministre, est-ce qu'on a des réponses à nos questions?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On va reposer la question pour être certain que
la réponse s'applique à la question bien posée.
Vous avez le cas d'un agriculteur qui a
100 truies. Le code de bonne pratique des éleveurs de porcs du Québec
dit qu'il faut agrandir le nombre ou la superficie disponible par truie. Donc,
si on fait ça... Il y a de la place dans son établissement
pour 80 truies en vertu des nouvelles normes de bien-être animal. Il faut
donc, si on veut garder les 20 autres truies,
agrandir le bâtiment. Il y a une réglementation municipale qui est en place qui
empêche l'agrandissement. La réponse, après
consultation avec les juristes — puis ils vont hocher de la tête si je ne
donne pas la bonne réponse, là — c'est
que toutes choses étant égales — mais
ça se plaide, je veux vous avertir — le
bien-être animal, ce n'est pas pour envoyer les 20 truies à l'abattoir; le bien-être animal, la
loi sur le
bien-être animal, c'est pour permettre aux 100 truies de vivre plus
confortablement dans un meilleur environnement. Donc, si vous avez une
réglementation municipale qui empêche l'agrandissement du bâtiment, c'est
inconciliable avec la
loi sur le bien-être animal.
Ceci
étant dit — c'est
l'opinion des juristes que j'ai consultés — ça n'empêchera pas un avocat, une ville, de faire
un procès là-dessus, comme ils en ont
fait sur d'autres éléments avec le monde agricole. La terminologie qu'on
utilise dans l'article 4 de la
loi qu'on vous propose est la meilleure terminologie possible, imaginable pour
protéger le droit des agriculteurs et le bien-être des animaux. Fin de
mon plaidoyer.
Le Président (M.
Morin) : Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Bon, bien, par la
loi, c'est sûr qu'on est sur le bien-être animal, mais j'essaie de réfléchir. Si jamais le producteur ne veut pas aller... parce que, là, on a parlé du
porc, mais le porc, ça marche par lot, hein, ce n'est pas... Tu sais, tu peux avoir 80 porcs, tu peux en avoir 100,
tu peux en avoir 90, mais, venant avec des élevages qui ont des quotas comme le poulet... Là, si le
producteur ne veut pas s'en aller à la cour, puis qu'il va attendre, puis que,
là, il ne sera pas aux normes avec la
loi de la santé et bien-être animal parce
que ça va prendre du temps, il va
aller contre la ville en cour... Il
ne veut plus... il ne veut pas aller là. Est-ce que le manque à gagner
va être couvert en quelque part? Savez-vous si...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : C'est le même cas. Vous faites la distinction
entre suggestion de l'offre ou pas, là.
La loi ne le fait pas. Le producteur qui est sous gestion de l'offre dans le
poulet à griller, à
titre d'exemple, là — dans
le comté de Berthier, je pense,
il y en a quelques-uns — ça
demande plus d'espace. La même réponse que je viens de donner vient de s'appliquer. Maintenant,
ça se peut que la municipalité décide de le poursuivre, mais il a un aussi bon argument puis il y a une aussi bonne cause que celui qui
était dans l'élevage des truies tantôt, là, il a fait ça pour le bien-être
animal. Le bien-être animal, ce n'est
pas d'envoyer des poulets plus vite à l'abattage, là, le bien-être animal,
c'est qu'il en garde autant, mais ils
ont plus d'espace. La réglementation municipale est inconciliable avec les
dispositions de la loi qu'on est en train d'adopter.
D'Amours : M. le Président, est-ce que le ministre est au courant s'il
y a eu des cas dans les autres provinces, un cas semblable, une
jurisprudence qui a déjà été faite à ce sujet-là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non, je ne suis pas au courant, mais
l'inspiration, je l'ai dit au tout début, était le Manitoba. On peut
vérifier ce qui est arrivé au Manitoba. C'est une bonne question, on va le
vérifier.
D'Amours : Parfait. Je n'ai pas d'autre question, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Merci, Mme la députée de Mirabel. M. le député de
Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. On va proposer quelque
chose de façon informelle, là, et puis je ne sais pas si ça réglerait la situation, mais, si on
lisait — ne
bougez pas : «Toute disposition d'une loi accordant un pouvoir à une municipalité ou toute disposition d'un
règlement adopté par une municipalité s'appliquant aux animaux d'élevage
en matière de bien-être animal, inconciliable...»
M. Villeneuve :
«...ou étant inconciliable avec une disposition de la présente loi ou d'un de
ses règlements, est inopérante...»
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Je ne pense pas... J'ai une réaction spontanée, là, si je voyais le texte,
peut-être qu'elle serait différente,
mais je ne pense pas que ça ajoute, je pense même que ça limite aux activités
d'élevage. Et moi, je ne voudrais pas
le limiter aux activités d'élevage comme telles parce que ça peut se produire
dans le cas, comment je pourrais dire ça, d'une animalerie : pour
améliorer le bien-être de l'animalerie, on prévoit que les chiens... les cages doivent être plus grandes, etc. Ça fait que je ne
voudrais pas le limiter aux activités d'élevage. Je veux que ça soit ça qui
s'applique. Et, quand qu'il y a des dispositions qui sont inconciliables du
monde municipal, ça ne s'applique pas, les dispositions inconciliables du monde
municipal.
M. Villeneuve : Je vais le
relire, O.K., puis c'est une suggestion qu'on fait, là : «Toute
disposition d'une loi accordant un pouvoir à
une municipalité ou toute disposition d'un règlement adopté par une
municipalité s'appliquant aux animaux
d'élevage en matière de bien-être animal ou étant inconciliable avec une disposition de la présente loi ou d'un de ses règlements est inopérante.» Parce
que le «ou», là, il vient couvrir l'ensemble de l'oeuvre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui,
bien, je suis d'accord, mais, dans les règles d'interprétation, on vient
de classifier, si vous me permettez
l'expression, «animaux d'élevage». Donc, si on prend la peine de classifier
«animaux d'élevage», pourquoi
qu'on n'a pas mis les autres animaux, là? On ne l'a pas fait nulle part dans la
loi à l'heure actuelle. Ça ne renforcit pas l'inconciliabilité puis ça place
les animaux d'élevage dans une autre classe que les autres animaux. Moi, je veux que ça s'applique à l'ensemble des
animaux. Si on veut renforcir pour l'ensemble des animaux, ça va;
si on veut isoler les animaux d'élevage, c'est plus compliqué.
Villeneuve : Dans l'hypothèse qu'on a soulevée tantôt pour les 100 unités d'animaux, là, pour un bien-être animal, il faudrait agrandir parce
que sinon il faudrait changer l'intérieur puis en recevoir seulement 80...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Excusez. On ne peut pas agrandir de façon inconsidérée non plus, là...
M. Villeneuve : Non, non,
non.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...il
faut agrandir pour les 20 animaux qui nous manque. Si on agrandit 40, là,
là, on est dans une autre game.
M. Villeneuve : Oui, je suis
d'accord. Je suis d'accord, on ne vient pas... mais au moins on vient protéger
les entreprises qui sont déjà existantes sur le territoire. Je ne sais pas si on fait
la bonne chose, honnêtement, je ne sais pas si on couvre. Parce que
les gens ont beaucoup d'inquiétudes par rapport à l'impact... les agriculteurs
ont beaucoup d'inquiétudes par rapport à l'impact que pourrait avoir cet
article-là sur...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je
partage... Si on a suspendu tantôt, si j'ai vérifié, si je me creuse les
méninges, c'est parce que je ne suis pas insensible à ces
inquiétudes-là, je suis sensible. Et, à chaque fois qu'on a légiféré dans
quelque domaine que ce soit, on touche toujours à des éléments.
Mais ce n'est
pas une disposition qui est dans un jargon juridique qui est nouveau.
La
Loi sur les pesticides contient une
disposition qui est identique. Est-ce que je pourrais
avoir... Ce n'est pas la première
fois que le gouvernement l'utilise, comme tel, pour
donner une prépondérance à une loi. Je vais demander, là, qu'on me donne la disposition de la
Loi sur les pesticides.
L'article 102 de la
Loi sur les pesticides se lit
comme suit : «Toute disposition du Code de gestion des pesticides et des autres règlements édictés en vertu de la présente loi prévaut sur toute
disposition inconciliable d'un règlement édicté par une municipalité ou une communauté métropolitaine.» Donc, ce n'est
pas la première fois que, dans le jargon législatif, on s'inspire
d'«incompatible».
Villeneuve : Dans ce qu'on propose, M. le Président, on a les
deux protections. Si c'est inconciliable, ça ne s'applique pas, puis on s'assure de préciser «s'appliquant aux animaux
d'élevage». Là, c'est les deux qui sont couverts en même temps, si c'est... M. le ministre nous dit
souvent qu'il veut avoir la ceinture puis les bretelles, là. Là, on a vraiment
la ceinture puis les bretelles.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Moi, je
suis prêt à le regarder, là, mais je veux l'avoir par écrit parce que mon sentiment premier, c'est que ça
n'ajoute pas, puis...
Villeneuve : Bon, on
va le déposer, M. le Président. On va le déposer, M. le Président, et puis moi,
je pense qu'on a la ceinture puis les
bretelles avec cela. Que le juriste le regarde. Est-ce qu'il peut nous
proposer autre chose qui viendrait, là, rassurer le monde agricole?
Bien, moi, je pense que ce serait une bonne chose de les rassurer.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
vise le même objectif, on veut que notre loi soit prépondérante...
M. Villeneuve : Oui, oui.
Alors, je veux juste dire...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...puis
on ne veut pas que les municipalités nous tapent sur les doigts avec ça à
cause du bien-être.
M. Villeneuve : Je veux juste... Tout ce que je veux dire, M. le Président, là, c'est que ce n'est peut-être pas la solution,
mais je pense que c'est peut-être une bonne
partie de la solution. Est-ce que
le juriste, les juristes qui sont avec
nous pourront nous concocter quelque
chose de plus solide? Peut-être.
Alors, on va le déposer, donc, M. le
Président.
Président (M. Morin) :
Je suspends quelques instants pour la distribution de l'amendement du député de Berthier.
(Suspension de la séance à
17 h 25)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. M. le
ministre, je veux entendre vos commentaires sur l'amendement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Moi, je comprends ce que... l'objectif
visé, là, par l'amendement proposé par
l'opposition officielle. On veut aller au maximum
de ce qu'on peut faire pour que l'agriculteur qui améliore le bien-être de
ses animaux ne se retrouve pas dans une situation impossible parce qu'une municipalité, elle, a décidé que le
bien-être animal, ça ne l'intéressait
pas puis que... etc. Maintenant, on travaille encore sur un libellé, mais le
libellé proposé fait en sorte qu'on reconnaît, par la bande, à la
municipalité une juridiction qu'elle n'a pas présentement, celle du bien-être animal. Et ça, moi, ça m'apparaît plus risqué que
d'en rester au vocabulaire qu'on a utilisé présentement parce que, si on
reconnaît aux municipalités une juridiction
en matière de bien-être animal... puis c'est Mme la députée de Mirabel qui me
l'a fait remarquer pendant la suspension des
travaux, le deuxième alinéa parle des pratiques comme telles. Et, à part des
élevages, je ne pense pas qu'il y en ait
d'autres qui aient des codes de pratique, là. Je n'en connais pas. En tout cas,
là, si quelqu'un peut m'éclairer,
là... Donc, on y va par la bande, comme on dit, là, mais on y va au maximum
pour la protection de l'agriculteur puis pour le bien-être de l'animal.
Le Président (M.
Morin) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui, écoutez, M. le Président, l'objectif visé...
on s'entend tous sur l'objectif visé. Est-ce qu'on atteint l'objectif
pleinement et entièrement? On pense que oui, avec l'explication du ministre,
puis effectivement la remarque est bonne, au
deuxième alinéa, c'est les codes de bonne pratique. En ce sens-là, nous, on
retirerait d'abord celui qu'on vient
de déposer, on retirerait celui qu'on a déposé il y a quelques semaines déjà.
Ça ferait donc deux retraits par rapport à l'article 4.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça prend trois retraits pour se retirer
complètement, donc vous êtes encore là.
Villeneuve : Oui. Les trois, quoi... ça fait deux, oui... aux
prises, oui. Au hockey ou au baseball? Ça dépend c'est quel sport. O.K.
Président (M. Morin) : Est-ce que j'ai le consentement? Ça va?
Merci. Ça va bien dans nos travaux. Donc, l'article 4, est-ce qu'il
y a...
M. Villeneuve :
...trois amendements déposés par le gouvernement...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Il y a trois...
Le Président (M.
Morin) : Ah oui!
M. Villeneuve :
Puis il faut voter un par un ou en bloc.
Président (M. Morin) : Oui, on va les voter en bloc, en bloc,
O.K. Est-ce qu'on est prêts? On est prêts? Donc, est-ce que les
amendements proposés par le ministre sont adoptés?
Président (M. Morin) : Adopté. Ça va. Autres questionnements
sur l'article 4? Ça va? Donc, nous en sommes à adopter
l'article 4 tel qu'amendé. Est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M.
Morin) : Adopté. Bravo! Maintenant, nous en sommes où?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : 63, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui, merci. Donc, M. le ministre.
Paradis (Brome-Missisquoi) : 63, 4°, M. le Président, se lit comme suit : «Déterminer les conditions auxquelles
est assujetti l'exercice d'une activité impliquant un animal, restreindre cette
activité ou l'interdire à des catégories de personnes qu'il détermine.»
M. Villeneuve :
M. le Président, est-ce qu'on ne serait pas mieux de faire le troisième paragraphe
avant?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ah! excusez, oui, oui, oui.
M. Villeneuve :
C'est beau?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : J'ai sauté. On revient à 3°. 3°, M. le
Président... On va oublier ce que je viens de dire puis il y a : «3° rendre obligatoire, pour les personnes
qu'il détermine, l'application des dispositions de codes de pratiques
publiés par le Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage et prévoir
les adaptations ainsi que les dispositions transitoires nécessaires à cette
application.»
il y avait, de mémoire, un amendement qui se lisait comme suit : dans le
paragraphe 3°, remplacer «de codes de pratiques publiés par le
Conseil national» par «de normes ou de codes de pratiques».
Le Président (M. Morin) :
M. le député de Berthier.
Villeneuve : Bien, M. le Président, peut-être, encore là, de
façon informelle, je peux faire lecture. On peut toujours... Bien, j'aime autant le mettre au jeu tout de suite, ça va
bien comme ça jusqu'à maintenant, là. Nous, on aurait un amendement, mais je vais en faire lecture puis
on le déposera si... non pas officiellement, mais, pour que le ministre puisse l'avoir sous les yeux, là. Donc, ça se
lirait comme suit, donc, paragraphe 3° : l'article 63 de la Loi
sur le bien-être et la sécurité de
l'animal, introduit par l'article 7 du projet de loi, est modifié par le
remplacement, au paragraphe 3°, des mots, donc, «l'application de» par les mots «les dispositions édictées
par les offices de producteurs ou en l'absence de celles-ci — et là
on continue la lecture — les
dispositions de codes de pratiques publiés par le code national».
Mais
ça pourrait se marier avec... En fait, ça se lirait comme suit, en fait :
«Rendre obligatoires, pour les personnes qu'il détermine, les
dispositions édictées par les offices de producteurs ou, en l'absence de
celles-ci, les dispositions de codes de
pratiques publiés par le Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage
et prévoir les adaptations ainsi que
les dispositions transitoires nécessaires à cette application.» Ça, c'est une
demande qui nous a été... on se rappellera, lors des auditions...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...de façon informelle, là, l'amendement que j'ai
proposé va dans cette direction-là parce
que ce qu'on avait dans le texte original, c'est : «...[les] codes de
bonnes pratiques publiés par le Conseil national pour les soins [des] animaux d'élevage...» On a remplacé ça par «des
normes ou des codes de pratiques», donc on a voulu donner la souplesse. On ne voulait pas se lier au
code national, on voulait donner la souplesse aux offices de producteurs,
mais sans exclure parce qu'il y a des
productions où est-ce qu'il n'y a pas d'office de producteurs. Finalement, on
inclut les offices de producteurs
puis on inclut tout le monde, on s'est donné le maximum d'ouverture. Parce
qu'avant ça on restreignait, je suis d'accord avec vous, là.
M. Villeneuve :
Moi, ce qui est dit par le ministre me convient, ça va.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : O.K., ça va?
Le Président (M.
Morin) : O.K. Donc, on oublie votre amendement. C'est beau, on
continue.
M. Villeneuve :
...une question, là, par rapport à tout ça.
Le Président (M.
Morin) : ...amendement?
M. Villeneuve :
Bien là, oui, on peut disposer de l'amendement, je suis tout à fait d'accord,
effectivement.
Le Président (M.
Morin) : Au niveau de l'amendement au paragraphe 3°... est
adopté?
Le Président (M.
Morin) : Adopté. Ça va. M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui, on revient au troisième paragraphe comme tel,
là, amendé, évidemment. On a eu beaucoup de discussions là-dessus puis on se disait... bien, on a eu beaucoup de
discussions, on a voulu l'aborder souvent, mais on l'a toujours reporté en se disant qu'on y
arriverait, et nous y sommes arrivés ce soir. Ce n'était pas évident, là, on a
eu quelques embûches, on les a toutes
surmontées. Les codes de bonne pratique, comment ça va fonctionner? Qui va les
établir? Parce qu'on a parlé... puis
je reviens encore avec le mot «collaboration», là, moi, j'aimerais entendre la
ministre là-dessus, là, voir comment on va fonctionner là-dessus.
Paradis (Brome-Missisquoi) :
Je vais vous donner l'exemple que vous avez cité tantôt — vous aviez raison de le citer, là — les éleveurs de porcs du Québec. Ils ont un
code qui est reconnu au niveau international. Vous l'avez dit vous-même, ils sont allés jusqu'à l'ONU. À
partir du moment où ce code-là, comment je pourrais dire ça, est approuvé
par le ministère, ça devient la réglementation.
Villeneuve : Oui, mais on sait aussi que les codes ne sont pas
conçus pour être... ils sont évolutifs, hein, donc ils se bonifient dans le temps, mais ils ne sont
pas non plus conçus pour être appliqués de façon stricte. Les producteurs
de la filière de porc... les producteurs de
porcs nous disaient... la Fédération des producteurs de porcs nous disait,
justement, que... je ne me rappelle
plus, je pense que c'était une somme assez importante sur 10 ans, là, je
ne me rappelle plus combien de millions, mais c'était beaucoup, beaucoup
d'argent pour pouvoir y arriver.
Mais la
crainte... puis là, de mémoire, la crainte que les gens soulevaient, c'est
qu'ils ne voulaient pas non plus se retrouver avec quelque chose de rigide,
parce qu'ils semblaient dire que ce n'était pas ça, l'idée d'un code de bonne
pratique, d'avoir une rigidité...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...deux
éléments dans votre question, un élément d'applicabilité puis un élément
de financement. Je peux répondre en deux volets.
Sur l'applicabilité, je pense que l'on a, à
l'occasion des auditions publiques et dans les propos qu'on a tenus
publiquement et privément, télégraphié aux associations d'élevage que les codes
pourraient devenir obligatoires. Le télégramme était à l'effet de : Vous
voyez ce qui s'en vient, là, ajustez vos codes en conséquence. Il faut qu'ils
soient suffisamment sévères, mais il faut
qu'ils soient applicables également, donc vérifiez vos dates d'applicabilité,
vérifiez... On a lancé ce message-là.
Deuxième
élément, sur le plan du financement comme tel, il y a deux secteurs. Il y a le
secteur sous gestion de l'offre. Le
secteur sous gestion de l'offre, le prix des produits est généralement fixé par
la régie des marchés agricoles du
Québec. Quand les coûts de production sont établis, il n'y a rien qui interdit,
au contraire, aux fédérations d'ajouter dans leurs coûts de production l'élément bien-être animal. Et à ce
moment-là ça va augmenter le prix des denrées de ce que ça coûte pour le bien-être animal, puis c'est
le consommateur, en bout de ligne, qui va, pour le 40 % de la production
agricole québécoise qui est sous gestion de l'offre, payer la différence.
Pour les
autres qui sont sous la stabilisation, c'est un petit peu plus complexe, mais
ça se règle pareil. Quand vous êtes
sous la stabilisation, une bonne année, vous faites des profits, vous payez vos
améliorations de bien-être animal avec vos
profits, votre impôt diminue en proportion, donc le contribuable en paie
indirectement. Vous avez une mauvaise année, bien, on va donner
instruction à la La Financière agricole du Québec de bâtir dans le coût de
production l'élément bien-être animal. Donc,
si vous avez une mauvaise année, vous payez en
partie parce que la prime est
payée en
partie par le producteur et en
partie par le gouvernement, donc
ça va être partagé.
Donc, sur le financement, là, les coûts comme
tels vont être répartis correctement dans la société québécoise dans le
60 % qui est sous stabilisation et dans le 40 % qui est sous gestion
de l'offre.
Villeneuve : Oui, et on dit «rendre obligatoire pour les
personnes qu'il détermine — ça, ça va — l'application de
dispositions», mais c'est le gouvernement qui va déterminer ce que va contenir
le code. C'est ce point-là, moi, que je veux discuter, là, parce que c'est le gouvernement qui va... en bout de
piste, là. Sauf que la question, c'est : De quelle façon on va
s'assurer que les agriculteurs sont parties prenantes?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est
le gouvernement qui le détermine, mais, à partir du moment où on adopte l'amendement, les normes ou codes de pratiques, comment
je pourrais dire ça... On n'a pas voulu... parce qu'on aurait pu prendre la solution en disant : C'est
déterminé par règlement du gouvernement, aussi simple que ça, et là le
gouvernement aurait pu établir ses règlements en collaboration avec
différents intervenants du milieu. Mais, compte tenu que ce travail-là a déjà tout été fait par plusieurs
fédérations, par plusieurs secteurs d'élevage en combinaison avec l'industrie,
les consommateurs, un peu tout le monde, ça
serait du gaspillage que de se priver de ce travail de concertation là qui a
été fait. Donc, on se donne la
souplesse de le faire par règlement puis on va faire affaire avec les gens qui
l'ont fait. Les producteurs de lait
sont venus nous voir, puis ils sont en avant également dans le bien-être
animal, les producteurs de porcs sont
venus nous voir, les producteurs de poulets, les producteurs de pondeuses nous
ont même parlé de pendoirs, juchoirs,
etc., là. Les gens ont pris le... comment je pourrais dire ça, ils sont en avant de la réglementation ou ils sont en avant de la législation gouvernementale.
Ça fait qu'on
va appliquer, dans les secteurs où ça va au moins aussi loin que la loi, on va
appliquer ces codes-là. Puis, lorsque
ça va moins loin, bien, on va appliquer une réglementation gouvernementale. Donc, le message aux gens, c'est :
Ajustez vos codes, ils vont devenir obligatoires, là. Vos dates que vous
pensiez pour 2020 ou 2021, assurez-vous que c'est correct puis, dans le temps, s'il arrive des événements, bien,
vous direz que c'est 2022, puis on va vous accompagner si ça a du bon sens. Mais on va évoluer au gré de
la société puis on va tenir compte également de notre aspect compétitif dans nos
animaux de ferme, là. On n'est pas dans un marché isolé, là, au Québec, là.
En matière de
gestion de l'offre, on est un peu
plus confortables, mais, en matière
de production sur les marchés mondiaux,
là, le 60 % qui n'est pas sous
gestion de l'offre, il faut également mesurer les progrès que font nos
compétiteurs.
M. Villeneuve : Ce que vient
de dire le ministre, M. le Président, c'est parfait. Moi, je... extraordinaire
si ça fonctionne comme ça, tout le monde est
heureux, mais on comprend que, quand on lit le paragraphe, il n'en demeure pas
moins que le gouvernement pourrait, de façon
unilatérale, décider. C'est tout ce que je dis, là, puis c'est ça qui m'embête
un peu. Le
gouvernement se donne le pouvoir de tout décider, alors qu'il n'a pas en sa
possession... je n'aime pas le mot «possession»,
là, mais il n'a pas nécessairement sous la main toute l'expertise pour pouvoir
le faire, mais il pourrait le faire.
C'est là que moi, j'ai un problème et je ne sais pas comment on pourrait...
parce qu'on en avait parlé, à un moment donné, de se... bien, la
garantie...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ce
n'est pas «le ministre peut par règlement», c'est «le gouvernement» en
partant, donc ça fait appel à une table de Conseil des ministres, là.
Villeneuve : À ce que je sache, il n'y a pas beaucoup
d'agriculteurs... Il y en a peut-être, là, quelques-uns, là, mais disons qu'ils seraient en conflit, là,
aussi, mais il n'y a pas beaucoup d'agriculteurs qui siègent au Conseil des
ministres, alors...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il y
en a.
M. Villeneuve : Oui, oui, je le
sais, je le sais, mais ils sont en conflit d'intérêts, ça fait qu'ils vont se
retirer. Alors là, on revient au point de
départ. On n'a pas cette... Mais c'est là, moi, que j'ai un petit problème. Des
fois, les autorités gouvernementales
ou autres ont tendance à... je ne dis pas toujours, mais, en tout cas, il y a
là un pouvoir de décision qui est unilatéral, et...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
C'est-à-dire que, pour l'exercer, vous devez quand même, par règlement, prépublier dans la Gazette officielle . Non,
mais vous avez 45 jours, pour les gens sur le terrain, là, qui
trouveraient que ça n'a pas de bon sens, ou etc., là, de monter aux
barricades, là. Les abus sont assez, comment je pourrais dire ça, contrôlés
dans notre société. Moi, je n'ai jamais fait confiance 100 % au
gouvernement, mais, avec les processus de prépublication...
On est en processus de législation, là, puis on fait preuve de souplesse.