Labour and the Economy — 2 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-09-02
Quebec — Committees
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Boulet : Oui. On a bien analysé
le sous-amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Je veux rappeler deux
choses. À l'article 13, on parle que c'est un nombre minimal, donc, ultimement,
il peut y en avoir plus que ce qui est dans l'échelle qui est déjà intégrée
dans le règlement. Puis, deux, tu sais, ultimement, ça peut faire l'objet d'un
réajustement par le C.A. de la CNESST éventuellement, mais on pense que la
grille actuelle est tout à fait compatible avec les besoins et va permettre de
faire la prévention qui s'impose. Puis je rappelle que ce règlement-là,
il est spécifiquement au secteur de la construction. Ça fait qu'on estime que
ce n'est pas nécessaire, puis ça n'aura pas d'impact d'augmenter le nombre.
Je pense qu'il faut mettre notre énergie sur la
qualité, le profil de nos représentants en santé et sécurité et se redire que
c'est un nombre minimal. Et donc, pour cette raison-là, on n'est pas
confortable avec le sous-amendement de Québec solidaire.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Bon matin, tout le monde. C'est sûr, de dire que c'est un nombre minimal, c'est commode, mais c'est comme
dire : Bien, tu sais, le salaire minimum, c'est le salaire minimum, les
gens peuvent en avoir un plus grand, dans la
réalité ça fait en sorte qu'il y a beaucoup de jobs où il n'y a pas nécessairement facilement un rapport de force, où le salaire minimum
devient le salaire réel de bien des gens. Alors, de se dire : Oui, mais il
peut y en avoir un plus gros, il peut s'en négocier un plus grand, c'est se
raconter des histoires, à mon avis. C'est très difficile pour un individu de se
négocier un meilleur salaire minimum et c'est aussi difficile pour une
organisation syndicale, quelle qu'elle soit, d'aller se négocier un représentant
en santé-sécurité supplémentaire quand il y
a une norme qui est édictée. Puis
vous savez à quel point c'est important, une norme. On en a négocié
abondamment et on en aura d'autres à négocier d'ici la fin de l'étude de ces
travaux-là. C'est ça qui établit la réalité dans bien des cas. Est-ce que... Il
y a quelques exceptions à gauche, à droite, où, en effet, on peut aller
chercher un représentant supplémentaire même si ce n'est pas prévu dans le
règlement, ce n'est pas prévu dans la norme. Bien sûr que ça existe, mais c'est
beaucoup plus l'exception que la règle, vous le savez très bien.
Moi, ce que je veux venir corriger ici, et c'est
à l'inspiration de ce qui nous a été déposé par des centrales syndicales qui
ont des antennes dans la construction dans le cadre de l'étude... des
audiences, pardon, dans les mémoires, c'est que cette structure-là, cette
grille-là, elle ne progresse pas assez vite par rapport aux besoins. Regardons-la un peu plus attentivement, là.
Première tranche de 100 à 300 travailleurs, on n'a qu'un seul
représentant. Un chantier à 300 travailleurs, là, ça commence à être pas
mal, pas mal gros, là. Aller avoir un seul représentant pour s'assurer d'une bonne
couverture, d'une bonne connaissance du chantier, un chantier de
300 personnes, ça me semble largement insuffisant. À partir de 300 et
jusqu'à 600... la tranche est énorme aussi, là, c'est à coup de 300, par la
suite, même un peu plus, là, on arrive à deux travailleurs. Ça fait qu'on
arrive... il faut attendre d'arriver 600 personnes, un chantier de
600 personnes, pour avoir un troisième représentant en santé-sécurité.
Je trouve ça très difficile de progresser et
d'avoir suffisamment de... comment je dirais ça, de force de bras, sans faire
de mauvais jeu de mots avec la construction, pour être efficace sur le terrain
en matière de prévention, de santé-sécurité.
M. Boulet : Quand on rédige une loi,
évidemment, on ne la rédige pas pour se donner une marge de manoeuvre, tu sais,
on se dit tout le temps... Si on s'était donné des marges de manoeuvre, on
aurait pu... Puis je pense qu'on peut faire des compromis, on en a fait depuis
le début du projet de loi n° 59, mais là, quand c'est
un nombre, c'est sûr que ça a un impact après ça. Évidemment, s'il y a plus de représentants,
il va y avoir plus de coordonnateurs, c'est plus de temps.
Moi, j'aime beaucoup mieux me fier sur la
qualité de l'engagement des personnes puis sur leur formation maintenant
obligatoire, parce qu'on va avoir des personnes qui sont formées, qui vont
avoir les habiletés puis plus de qualifications pour exécuter leur travail.
Puis, tu sais, quand tu te dis entre 600, tu sais... à partir de 600, il y a quand
même trois représentants en santé-sécurité, ça, c'est le nombre minimal, puis
il y a trois coordonnateurs.
Souvent, tu rajoutes du monde, ça complexifie
puis ça crée des zones grises, de confusion. Souvent, les comités restreints,
vous le savez... et là je vais faire appel à l'expérience notamment de mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, vous le savez, dans le bout... dans les impasses qui
sont générées souvent dans les négociations, renouvellements de conventions
collectives, on fait des comités restreints, deux d'un côté, deux de l'autre,
puis ça facilite. Puis tous les experts en négociation raisonnée reconnaissent
qu'ultimement, là, quand tu limites ton nombre de personnes... Quand il y a six
personnes du côté syndical puis six personnes du côté patronal à une table de
négo, eh mon Dieu! ce n'est pas simple, puis je le dis d'expérience, puis les
auteurs puis les spécialistes le reconnaissent. Moi, j'aime mieux qu'on soit un
nombre... puis ce n'est pas un nombre... ce n'est pas un petit nombre, là. On
est mieux de miser sur une formation
obligatoire, sur la qualité de leur profil, sur leur engagement à bien faire
leur travail, puis rappeler constamment que c'est un nombre minimal.
Puis, enfin, dernier commentaire, ça n'existait
pas avant, tu sais, collègue. Tu sais, on le sait tous, hein, dans la
construction, il n'y avait rien, en matière de représentation comme ça.
Évidemment, on en a vu dans les chantiers de plus grande envergure, en haut de
500, mais là on parle des représentants, tu sais. Il y en a à temps partiel à
10, puis il y en a à temps plein à 100, tu sais. On est dans une nouvelle
dynamique. Puis, à la limite, je le dis, si c'était un nombre qui était
insuffisant en pratique, il pourra être ajusté, mais faisons un grand pas en
avant. Moi, ça m'apparaît suffisant, puis je pense que c'est... moi, c'est
comme ça que je l'analyse, ceci dit, encore une fois, avec tout le respect que
je dois au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, qui fait bien sa revendication.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Oui, le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, s'il y a bien une
chose que j'ai apprise depuis que je travaille ici, c'est que, dans un projet
de loi, tout se discute, tout se négocie, tout s'argumente. Il n'y a rien qui
est scellé dans le béton tant que ce n'est pas adopté, voté au salon bleu et
sanctionné par cette drôle d'institution qui s'appelle le lieutenant-gouverneur.
Donc, ce que vous mettez devant nous aujourd'hui, bien sûr qu'on peut en échanger, bien sûr qu'on peut en
discuter, puis il y a plein de choses sur lesquelles, en effet, on a
tous un peu bougé notre aiguille depuis le début de ce projet de loi. Alors,
moi, je me permets de le faire puis je suis certain que, quand vous prenez le
temps de le considérer, ce n'est pas juste pour avoir l'air d'avoir pris le
temps de le considérer, c'est parce que vous le considérez pour de vrai, ce qui
me conforte dans cette impression, en tout cas, qu'on peut en effet discuter de
tout dans un projet de loi.
Quand vous dites : C'est mieux de ne pas
trop avoir de monde pour ne pas que ce soit compliqué à négocier alentour d'une
table ou d'un chantier dans ce cas-ci, je comprends votre argument, mais, en
même temps, je ne vois pas son applicabilité en ce sens que, même si on a un
chantier, par exemple, dans votre modèle, de 1 200 travailleurs et plus,
donc avec cinq RSS, ça se fait très bien, dans ce cadre-là, que le maître de
chantier dise : Est-ce que je peux parler à un seul d'entre vous, quelqu'un
que vous allez vous choisir, là, comme étant une espèce de coordonnateur des RSS, puis on va venir négocier en face à face? Comme ça
se fait dans des négos. Puis, là-dessus, en effet, on a de l'expérience, vous
et moi, M. le ministre. J'en ai fait, de la négociation, vous en avez fait beaucoup
aussi. Ça arrive, en effet, que, des fois, plutôt qu'un gros comité de négociation,
là, à quatre, cinq personnes chaque côté, on en arrive, à un moment donné...
pour essayer de dénouer une impasse puis que ce soit un petit peu moins
protocolaire ou un petit peu moins dans les effets de toge, de vouloir faire
une rencontre face à face puis se parler plus franchement. Puis ça peut donner
des résultats. Ce n'est pas automatique que ça débloque, mais, des fois, en
effet, ça peut aller plus vite à ce moment-là. Mais il n'y a rien qui nous a
obligés, au préalable, d'être seulement un versus un à la table de négo tout le
long, on était quatre, ou cinq, ou trois, peu importe, puis, à un moment donné,
circonstanciellement... je ne sais pas si ça se dit, mais, en tout cas, de manière circonstancielle, on se rencontre en face à face. Mais
c'est la même chose ici. Il peut bien y avoir deux, trois, quatre, cinq
RSS puis que, si ça bloque sur un enjeu de santé-sécurité, de manière
circonstancielle aussi, à l'invitation de l'une ou l'autre des parties, mais qu'il
y ait une rencontre en face à face, moi, je ne vois aucun problème avec ça.
M. Boulet : Je comprends.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions au sous-amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Je demanderais peut-être
une courte suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 45)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, je comprends que, suite aux discussions, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous retirez... faire
quoi avec votre sous-amendement?
M. Leduc : Je vais le retirer, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement pour que le... nous retirions le sous-amendement?
Parfait. Ensuite, j'ai cru comprendre, M. le ministre, que vous voulez
également retirer votre amendement. Est-ce que c'est bien ça?
M. Boulet : Oui. Notre amendement à
239, nous demandons qu'il soit retiré et nous en...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement? Consentement. Merci. Alors, également, je
comprends, M. le ministre, que vous voulez déposer, donc, un nouvel amendement
à 239.
M. Boulet : Oui, il est déjà
transmis au Greffier.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il est déjà sur le Greffier, donc vous en avez tous. Avec votre consentement à tous, est-ce
que vous acceptez que le ministre
ne lise que la
partie qui est modifiée, et non pas les sept pages? Est-ce que nous avons le consentement pour
cette section, qu'il ne puisse lire que cette section? Parfait, consentement.
Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Boulet : Merci aux collègues. Donc, l'amendement, donc, c'est le même, même 239
amendé, mais aux alinéas... ou aux paragraphes, plutôt, 13 et 16, à 1° et 2°,
au lieu de «100 à 299», ce sera «de 100 à 199». Donc, le «299» est
remplacé par «199». Et, au 2°, au lieu d'être «de 300 à 599», c'est «de 200»
donc, 200 au lieu de «300 à 599», 13 étant les représentants en santé et sécurité, puis 16 étant les pendants, les
coordonnateurs en santé et sécurité. Merci, c'est complet.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Avons-nous des
interventions? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve, et ensuite ça sera
le député de Jonquière.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bien, devant la discussion qu'on venait d'avoir a