Culture and Education — 4 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2020-02-04
Quebec — Committees
l'espèce, l'amendement qui introduirait l'article 4.2 dans le projet de loi vise à rendre obligatoires les activités de formation continue
en précisant un nombre d'heures minimal et certaines modalités. Le sous-amendement
proposé par la députée de Saint-Laurent vise, quant à lui, à supprimer le
caractère obligatoire de la formation continue pour le rendre facultatif. Il a également
pour effet de supprimer les modalités d'application prévues aux alinéas 2° et
3° de l'amendement.
La présidence est
d'avis que l'objet de l'amendement est la création d'une obligation de
formation continue. Or, s'il était adopté, le sous-amendement aurait pour effet
de remplacer cette obligation par une simple permission. Ainsi, en ayant pour
effet de changer substantiellement l'objet de la motion principale, le sous-amendement
dénature l'amendement présenté par le ministre. Pour ce motif, et conformément
à la jurisprudence, la présidence juge le sous-amendement irrecevable.
Donc, nous allons
revenir à l'étude de l'amendement de M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions au sujet de cet amendement? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On reprend nos travaux. C'est la rentrée
parlementaire. Donc, bonne rentrée parlementaire à vous tous et à nous tous. On
a quand même siégé deux semaines en janvier, et le ton a été quand même
positif. Il y a eu beaucoup de collaboration. J'aimerais juste, d'entrée de
jeu, poser la question suivante. Est-ce que le ministre veut continuer nos
échanges ou sa menace de bâillon de vendredi, il désire l'appliquer dès maintenant?
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, j'espère qu'on va continuer l'étude du projet de loi. Il
n'est pas question d'une menace. Donc, je souhaite qu'on regarde cet
article important
qui vient consacrer que les enseignants suivent de la formation continue. On
vient mettre un plancher. 30 heures aux deux ans, je pense, c'est tout à
fait raisonnable. Je pense que la grande, grande, grande, très grande majorité
des enseignants le font déjà. Et je pense que c'est tout à fait quelque chose
qui est dans le sens d'une qualité de formation et qui, vraisemblablement,
devrait faire consensus auprès des enseignants, auprès des parents. Tout dépend
des modalités. Donc, travaillons sur les modalités de cet amendement pour qu'il
soit le meilleur possible. Donc, je pense que c'est ce que je nous invite à
faire ce matin.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent, il vous reste un
peu moins de deux minutes à votre temps.
Mme Rizqy :
Lorsqu'on a fait le projet de loi n° 5, qui portait
sur les maternelles quatre ans, il a été question des ratios, un enseignant pour un maximum de 10 enfants. À ce
moment-là, il n'y a pas si longtemps, le ministre lui-même a dit qu'on ne pouvait pas l'ajouter
dans la loi car c'était une condition et modalité qui était... devait être
négociée dans les conventions collectives.
J'aimerais savoir... La réponse qu'il nous a donnée, qu'il disait s'appuyer sur
une opinion légale pas plus tard qu'en septembre, aujourd'hui, sa
réponse, qui vise encore une condition de travail, se base sur quelle opinion
juridique? Parce que, là, il est en train de dire une chose et son contraire.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, écoutez, Mme la Présidente, je ne pense pas qu'on fait une chose et
son contraire. Ce que dit... Il faut revenir sur l'amendement pour savoir de
quoi on parle, parce qu'il y a peut-être des gens qui se joignent à nous, qui
n'étaient pas là dans les semaines précédentes, ou qui étaient là, puis ça fait
quand même une semaine de travaux qu'on a sautée.
Donc,
ça dit, en ce moment, l'amendement, tel qu'il est, à l'article... c'est l'article 4.2 :
Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 22, du suivant... Et on est dans une
section
qui s'appelle Obligations de l'enseignant, laquelle a déjà une
section qui parle de la nécessité de
maintenir un haut niveau de compétence. Donc, on est dans cette trame.
là on précise : «L'enseignant doit suivre au moins 30 heures
d'activités de formation continue par période de deux années scolaires
débutant [par] le 1er juillet de chaque année paire. Il choisit — ça, c'est très important — les activités
de formation continue qui répondent le mieux à ses besoins en lien avec le
développement de ses compétences.»
Et là on précise
c'est quoi, ça, des activités de formation. Donc, on est encore dans
l'article : «On entend par "activité de formation continue", la
participation à une activité structurée, telle un cours, un séminaire, un
colloque ou une conférence, organisée par le ministre, par un établissement
d'enseignement universitaire, par un centre de services scolaire — et je
précise que, quand on dit "un centre de services scolaire",
évidemment, toutes les écoles sont incluses là-dedans puisque les écoles font
partie des commissions scolaires, feront
partie des centres de services
scolaires — par
un établissement d'enseignement régi par la
Loi sur l'enseignement privé — évidemment — ou,
sous réserve de l'approbation du directeur de l'établissement, par un autre
organisme ou formateur.» Puis, après ça, on dit : «Est aussi visée toute
participation à
titre de formateur à une activité de formation continue.»
Donc,
on vise à reconnaître et encourager aussi les formations par les pairs. Donc,
même à
titre de formateur, on sait bien que, quand on forme les autres,
souvent, on se questionne, on se prépare, et il y a une espèce d'émulation.
Puis, souvent, même des très bonnes formations sont offertes par des enseignants
à d'autres enseignants, parce qu'ils développent une expertise, une façon de
faire, parce qu'ils ont testé des choses en classe, des fois, parce qu'ils
reviennent d'une séance de formation puis ils veulent partager les fruits de
tout ça avec leurs collègues.
Il faudrait peut-être
voir... Ici, là, on précise que... À la fin, là, on dit : «...sous réserve
de l'approbation du directeur de l'établissement...» Donc, il y a un paquet de
formations, dans l'amendement tel qu'il est formulé en ce moment, que l'enseignant
peut choisir lui-même avec toute l'autonomie possible, là. C'est lui qui
choisit pour ses heures, sans avoir à demander la permission à quiconque. Il
est maître d'oeuvre de sa formation continue. Mais par contre on dit à la
fin : «[Tout] autre organisme ou formateur.» Donc, ça, on sort de cette
liste, mais il faudrait, dans l'amendement tel qu'il est, avoir une espèce
d'autorisation non pas pour suivre les formations, mais pour qu'elles soient
comptabilisées dans les 15 heures par année.
Alors, peut-être
qu'on pourrait ajuster ceci pour diminuer, là, cette demande qu'aurait à faire
un enseignant à la direction d'école pour faire créditer ses formations, outre
toute la liste qui est déjà préalablement approuvée. Puis on a travaillé sur un
amendement qui pourrait aller dans cette direction-là, pour aller encore plus
loin dans la reconnaissance de l'expertise des enseignants puis dans le fait
que ce sont eux qui sont maîtres d'oeuvre de leur formation continue. Puis ça
va dans le sens de ce qu'on dit depuis le début, de reconnaître l'expertise
puis de leur donner une espèce de champ d'action, de prise de pouvoir sur leur
formation continue.
Donc, là-dessus, moi,
je suis prêt à en discuter. Je pense, mon collègue, même, aurait un amendement
à déposer qui irait dans cette direction.
Présidente (Mme Thériault) : Sur votre amendement, M. le
ministre? Je m'excuse. Sur votre amendement, M. le ministre?
La Présidente
(Mme Thériault) : Parce que, si vous avez un amendement, si votre
collègue dépose quelque chose, ça sera un sous-amendement plutôt.
M. Émond :
Un sous-amendement, oui, oui, exact.
La Présidente
(Mme Thériault) : On parle d'un sous-amendement, d'accord.
M. Émond :
Oui, j'aurais un sous-amendement à déposer. Est-ce que je peux vous demander de
suspendre quelques instants, le temps qu'on procède à la distribution et
à l'impression du sous-amendement? Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : Oui. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 19)
Présidente (Mme Thériault) :
Donc, nous reprenons nos travaux. Et, avant de passer au député de Richelieu avec son sous-amendement, je vais
demander le consentement des membres, parce qu'il y a un remplacement qui n'a
pas été fait tout à l'heure. Donc, j'ai besoin d'un consentement pour faire un
changement. Il y a consentement? Consentement. Merci. Donc, c'est la députée de
Verdun qui sera remplacée par la députée de Mille-Îles.
Donc, sans plus
tarder, M. le député de Richelieu, puisque tout le monde a eu l'amendement en
main, à vous de nous présenter votre sous-amendement, pardon, et non pas
l'amendement.
M. Émond :
Mme la Présidente. Donc, le dépôt de ce sous-amendement vise à bonifier
l'amendement qui était présentement à l'étude. Je vais vous... Est-ce que vous
voulez que j'en fasse la lecture complète?
La Présidente (Mme
Thériault) : Absolument.
M. Émond :
Et ce sous-amendement-là, juste avant d'en faire la lecture complète, vient
essentiellement amener trois impacts. Le premier, on remplace les années paires
par les années impaires. Ensuite, en deuxième lieu, on retire... le retrait de
l'approbation de la direction, là, où on disait : «...sous réserve de
l'approbation du directeur de l'établissement, par un autre organisme ou
formateur.» Et ensuite, troisièmement, on vient permettre, on vient autoriser
la lecture d'ouvrages spécialisés qui seraient reconnus comme une activité de
formation continue.
Donc, je vous en fais
la lecture, Mme la Présidente. Alors, modifier l'article 4.2 proposé par
amendement de la façon suivante :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «paire» par «impaire»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «telle» et de «ou, sous réserve de
l'approbation du directeur de l'établissement, par un autre organisme ou
formateur» par, respectivement, «notamment» et «, par un autre organisme, par un
pair ou en application de l'article 96.21.»;
3° enfin, par le
remplacement du dernier alinéa par le suivant :
«La lecture
d'ouvrages spécialisés est également reconnue comme une activité de formation
continue. Est aussi visée toute participation à
titre de formateur à une telle
activité.»
Alors, est-ce que
vous voulez que je complète l'article tel qu'il se lirait, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Thériault) : S'il était sous-amendé, oui, s'il vous plaît.
M. Émond :
D'accord. Alors, insérer, après l'article 4.1 du projet de loi, l'article
suivant :
4.2. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 22, du suivant :
«22.0.1.
L'enseignant doit suivre au moins 30 heures d'activités de formation
continue par période de deux années scolaires débutant le
1er juillet de chaque année impaire. Il choisit les activités de formation
continue qui répondent le mieux à ses besoins en lien avec le développement de
ses compétences.
entend par "activités de formation continue", la participation à une
activité structurée, notamment un cours, un séminaire, un colloque ou
une conférence, organisée par le [ministère], par un établissement
d'enseignement universitaire, par un centre
de services scolaire, par un établissement d'enseignement régi par la
Loi sur
l'enseignement privé (chapitre E-9.1), par un autre organisme, par un
pair ou en application de l'article 96.21.»
enfin : «La lecture d'ouvrages spécialisés est également reconnue comme
une activité de formation continue. Est aussi visée toute participation
à
titre de formateur à une telle activité.»
Alors, voilà, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Thériault) : Donc, merci. Questions, commentaires? La députée de Saint-Laurent.
Après ça, ce sera la députée de Sherbrooke.
Rizqy : Merci beaucoup. Je crois qu'il y a peut-être juste une petite
erreur, d'emblée, que j'aimerais mentionner. «Modifier l'article 4.2
proposé par amendement», ici, il y a une faute de français. Mais c'est
aussi : «...par le sous-amendement de la façon suivante». Mais c'est sûr
que je comprends, dans la précipitation, que des fautes ont pu se glisser.
J'aimerais juste
souligner, Mme la Présidente, qu'on a commencé nos travaux à 10 h 7.
On a suspendu à 10 h 18 à la demande du ministre. Donc, 11 minutes de
travail pour 18 minutes de suspension par le ministre.
La Présidente (Mme
Thériault) : J'ai entendu votre commentaire, les collègues aussi.
Juste vous préciser qu'il n'y a pas d'erreur dans la manière que c'est écrit.
C'est : «Modifier l'article 4.2 proposé par amendement», donc ce qui a été
proposé par le ministre. Donc, il n'y a pas d'erreur.
La Présidente (Mme
Thériault) : Non. On dépose un sous-amendement, mais le texte, le 4.2,
a été proposé par amendement. Donc, il n'y a pas d'erreur.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée...
Mme Rizqy :
Ah! bien, après avoir fait mon commentaire, j'ai un commentaire sur le temps de
suspension.
La Présidente (Mme
Thériault) : Sur le temps de suspension? D'accord. Donc, allez-y.
Mme Rizqy :
Et maintenant j'aurais un commentaire légal. J'aurais une question. Est-ce que
le député a lu la loi... dans le cadre de négociations dans le secteur public
et parapublic avant de déposer ce sous-amendement?
M. Émond :
Concernant le temps passé, madame...
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le député de Richelieu, je vais juste vous demander de
me laisser vous nommer par votre nom pour s'assurer que le micro soit ouvert,
qu'on enregistre les propos correctement pour le Journal des débats .
M. Émond :
Avec plaisir.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. M. le député de Richelieu.
M. Émond :
C'est toujours un plaisir quand vous me reconnaissez, Mme la Présidente.
Concernant le temps
passé pour... Je pense que c'est important, quand même, de prendre le temps qu'il
faut pour bonifier le projet de loi comme on le fait présentement avec le sous-amendement,
entre autres, avec des choses qui vont permettre la lecture d'ouvrages
spécialisés.
Maintenant,
concernant la lecture de... Expliquez-moi votre question plus clairement, s'il
vous plaît.
Mme Rizqy :
Vous déposez...
La Présidente (Mme
Thériault) : La même chose va s'appliquer à vous, Mme la députée de Saint-Laurent.
Laissez-moi vous nommer, s'il vous plaît. Merci, Mme la députée de Saint-Laurent.
Je vais juste vous demander d'essayer de ne pas vous interpeler, s'il vous
plaît, merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci. Alors, je suis très contente d'entendre le collègue du ministre dire qu'il
faut prendre le temps qu'il faut... important pour bien bonifier le projet de
loi. Je suis très contente de l'entendre.
Maintenant,
il me demande de préciser ma question. Je lui demande : Avant de nous avoir déposé
un sous-amendement qui vise des conditions de travail des enseignants,
a-t-il pris le temps de lire la loi qui concerne les négociations dans le
secteur public et parapublic, où est-ce qu'il y a une
annexe I qui
s'appelle Perfectionnement des enseignants et qui vise justement, essentiellement,
la formation des enseignants? Je me demande juste s'il l'a lue, la loi. Il peut
me répondre par oui ou par non. Ça ne devrait pas être trop long.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci, Mme la députée de Saint-Laurent. C'est M. le
ministre qui veut répondre? M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien. Avant de déposer des articles, ou des amendements, ou quand mon collègue
dépose un sous-amendement, je veux rassurer ma collègue à l'effet que toutes
les vérifications sont faites pour respecter toutes les lois du Québec et même
la Constitution canadienne.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Donc, évidemment, j'avais dit à la députée de Sherbrooke
que je la reconnaissais. Donc, vous allez m'excuser. Mme la députée de Sherbrooke,
la parole est à vous.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Moi, quand je vois un sous-amendement comme ça, qui fait suite à un
amendement qui s'éloigne de l'esprit du projet de loi initial, je peux juste
constater à quel point on est devant de l'improvisation totale. On nous dépose
un amendement, lors de notre dernière séance de travaux, qui vient imposer la formation
continue, 30 heures sur deux ans, à chaque année paire. Là, finalement, on y a
pensé un petit peu en l'espace de quelques jours : Ah! ça serait mieux,
les années impaires, ah! finalement, bien, il faut tenir compte aussi que, des
fois, il y en a qui lisent des livres pour se former, ça fait qu'on va rajouter
ça dans notre sous-amendement.
Là, il va falloir que les enseignants rendent
compte aux directions d'école des livres qu'ils lisent. C'est quoi, cette
affaire-là? On est vraiment devant de l'improvisation totale. Le ministre
essaie de mettre n'importe quoi dans ce projet de loi là. S'il veut discuter de
formation continue, pourquoi il n'en a pas parlé au dépôt des offres patronales
en décembre dernier, dans l'espace où ça doit se discuter, dans le cadre des négociations
collectives? Là, j'ai bien hâte de voir ça va être quoi, le prochain sous-amendement,
parce qu'à toutes les fois qu'on pose des questions il réalise à quel point
c'est brouillon, ce qu'il nous propose, puis il ramène des sous-amendements
puis des sous-amendements ou il retire ses propres amendements pour en déposer
un autre pour répondre aux préoccupations qu'on fait valoir ici, dans
l'opposition.
À un moment donné, j'aimerais ça qu'il
réfléchisse, avant d'arriver avec des amendements, pour nous arriver avec
quelque chose qui a vraiment été construit de manière cohérente. C'est quoi,
ça? Pour vrai, là, c'est quoi, ça? Il va falloir évaluer combien de temps ça
prend, lire tel livre ou tel autre livre, parce qu'il faut le compter en
heures. Mais le livre qu'on lit la fin de semaine, ça compte. Ce livre-là, si
moi, je lis plus vite, ça va-tu compter pour moins de temps? C'est quoi, cette
affaire-là? Sérieusement, répondez-moi là-dessus. Je veux comprendre comment ça
va s'appliquer concrètement, comment on va tenir compte de ça, là, sur le
terrain.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. C'est particulier de voir des collègues des oppositions nous
reprocher à la fois d'apporter des amendements et de tenir compte de ce qu'on
dit ou, parfois, de ne pas amender le projet de loi quand on n'est pas d'accord.
Alors, s'il faut qu'on maintienne la ligne, alors on se fait dire qu'on n'est
pas à l'écoute, et, s'il faut qu'on amende pour ajuster, alors on se fait dire
qu'on improvise.
Alors, je pense que, d'une façon ou d'une autre,
au dépôt du projet de loi, peu importent les bonifications qu'on allait faire,
peu importe le niveau d'écoute exceptionnel qu'on allait apporter aux gens qui
allaient nous faire des suggestions en commission, ils avaient déjà décidé
qu'ils étaient contre, puis ils avaient déjà décidé que ce n'était pas une
bonne idée d'éliminer les élections scolaires, puis ce n'était pas le bon forum
pour mieux reconnaître l'expertise des enseignants.
Bien, nous autres, on pense le contraire. On
pense que c'est une bonne idée de moderniser la gouvernance. On pense que c'est
une bonne idée d'éliminer les élections scolaires. On pense que c'est la bonne
place pour revoir la répartition des rôles et responsabilités dans un projet de
loi sur la gouvernance. Puis on pense que c'est la bonne place pour reconnaître
l'expertise des enseignants. Puis on pense que c'est la bonne place pour venir
reconnaître que les enseignants se forment et leur donner le plein contrôle sur
la formation continue qu'ils font tout au long de leur carrière. C'est une
reconnaissance qu'ils n'avaient pas avant.
Donc, bien sûr, tant qu'on travaille sur ce
projet de loi là, on le regarde, on écoute ce que nos collègues disent et on
parle avec nos partenaires. Donc, oui, c'est vrai, ça arrive qu'on fasse des
ajustements. C'est le propre d'un gouvernement à l'écoute et ça va continuer.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Joliette. Je reviendrai à vous, Mme la députée de
Sherbrooke.
Hivon :
Oui, bien, je veux juste dire au ministre que ce qui fait en sorte qu'on
souligne tout ça, c'est que le
ministre est allé dans les médias parler d'un nombre d'heures, comme si le
travail parlementaire, d'essayer d'arriver à la meilleure législation
possible, c'était une question de minutes. Et c'est pour ça que, oui, on va
souligner le fait que c'est le ministre lui-même qui dépose beaucoup
d'amendements à son projet de loi, qui suspend les choses, parce que je ne pense pas que c'est le lot et la
responsabilité de l'opposition, et je pense que c'est important. C'est le
ministre qui a décidé de mettre ça au jeu la semaine dernière, puis ça
nous a fait réagir, puis je pense que c'est normal.
Le ministre a un excellent exemple, c'est les
maternelles quatre ans. Est-ce qu'on était d'accord avec sa loi? Non.
Est-ce qu'on a fait de l'obstruction pendant des mois et des mois? Non. La
preuve, il est adopté, ce projet de loi là. Donc, on a travaillé pour le
bonifier. On est restés pas favorables au principe de ce projet de loi là pour
plein de raisons, sur lesquelles je ne
reviendrai pas, mais on travaille pour l'améliorer, notamment pour les milieux
défavorisés.
Bien, c'est la même philosophie qui nous anime
en ce moment, c'est de prendre le temps... Non, on n'est pas d'accord avec le
fond de ce projet de loi là. On ne pense pas que c'est la bonne priorité. On
pense qu'il y a plein d'affaires dans ce projet de loi là qui font qu'on débat
de plein de sujets, alors qu'on aurait pu faire ça sujet par sujet, ce qui
aurait beaucoup simplifié les choses, notamment pour les enseignants, mais le
ministre en a décidé autrement.
Donc, nous, on fait notre travail. Puis je pense
que le travail des parlementaires, c'est important puis ça ne se calcule pas
juste en minutes puis en heures. Puis un projet de loi qui comporte
10 articles versus un projet de loi qui en compte
300, peut-être que c'est normal que ça prenne quelques heures de débats. Puis
le ministre vient lui-même de le dire, parce que, lui-même, il amène des
amendements. Il en amène plusieurs parce qu'il se rend compte que, comment
c'était écrit, ce n'est pas correct. Il y a des notions qu'il doit revoir. Là,
il a amené un tout autre concept, qui est 30 heures fixes d'activités de
formation, qui n'était pas là dans le projet de loi au début. Donc, c'est
normal que ça suscite le débat puis c'est normal qu'on débatte.
Donc, la raison pour laquelle on lui soumet ça
aujourd'hui, puis le ministre a l'air étonné, c'est parce que c'est lui qui a
décidé d'amener ça dans la sphère publique, le nombre d'heures, en
disant : Bien là, si on n'avance pas assez, il va falloir aller en
bâillon. Bien non, je ne pense pas que c'est la bonne manière de faire. Puis je
pense qu'on n'a vraiment pas débattu du fond des choses. On n'a même pas
commencé à débattre de la gouvernance scolaire tellement il y a d'autres
enjeux.
On se rappelle, on a parlé des écoles. Le libre
choix complet de la fréquentation de l'école de notre choix, oui, il fallait
débattre de ça, parce que ce n'était pas un mince changement. Là, on est dans
les responsabilités des enseignants, leur autonomie, leur formation. Puis là on
arrive, la semaine passée... Bien, la semaine avant qu'on suspende, on a eu un
nouvel amendement, 30 heures, qui sortait... On n'en avait jamais entendu
parler, puis là on amène un sous-amendement aujourd'hui.
Donc, c'est
sûr qu'on a un sentiment que, le ministre, il n'a pas réfléchi à tous les tenants et aboutissants de ce qu'il nous présente. Puis je pense que c'est notre
responsabilité à nous, comme au ministre, de faire les choses correctement
puis de l'amender. Donc, je trouvais que c'était important de faire cette mise
au point là, Mme la Présidente.
Puis, un peu dans le même sens que ma collègue,
sur le fond du sous-amendement qui nous est déposé, moi aussi, je veux
comprendre. La lecture d'ouvrages spécialisés, je ne dis pas que c'est une
mauvaise idée, mais je veux juste comprendre comment on comptabilise ça avec quelque
chose d'archifixe que le ministre a décidé d'introduire, qui est le 30 heures
d'activités de formation continue.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Oui, bien, écoutez,
cette ouverture pour reconnaître que ce sont les enseignants qui choisissent
leur formation, je pense qu'elle sera bien appréciée de la part des
enseignants. Encore une fois, comme ouverture puis une reconnaissance qu'ils
sont maîtres de leur formation continue, c'est certainement une bonification
importante qui arrivera avec la sanction éventuelle du projet de loi
n° 40.
Ensuite, de préciser que les enseignants peuvent
comptabiliser les heures où ils sont formateurs ou même des heures de lecture
d'ouvrages spécialisés, il me semble que c'est une belle reconnaissance. Plus
tard, dans un autre article, on précise que ce sont les directions qui
s'assurent que les enseignants s'acquittent de leur obligation de formation
continue.
Je pense qu'il faut faire confiance aux
enseignants. Il faut faire confiance aussi aux directions d'école. Je ne pense
pas que ça va poser problème. On a eu des discussions avec des partenaires qui
nous disent qu'il n'y a pas de problème à reconnaître ce temps pour... comme
faisant
partie de la formation continue. C'est tout à fait gérable pour des
enseignants. C'est tout à fait gérable pour des directions d'école. Puis je
pense que... Mais là on est dans le coeur du problème. Donc, j'ai hâte de voir
ce que mes collègues pensent de cet
article maintenant sous-amendé.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, moi, j'ai très confiance envers les enseignants, mais,
sincèrement, ma confiance envers le ministre, elle diminue de jour en jour. Il
y a une différence majeure entre écouter les gens puis avancer à tâtons. Là, on
est devant un ministre qui nous proposait très récemment d'imposer 30 heures
de formation continue sur deux ans, et ça commence en année paire, c'est-à-dire
que ça devait commencer dès juillet.
Manifestement, il s'est rendu compte entre-temps
qu'il n'était pas prêt, que le milieu n'était pas prêt, que ça demandait une
réflexion plus longue. Ah! tiens, il nous arrive avec un amendement pour que ça
commence les années impaires, donc l'année prochaine. Pourquoi, vous pensez?
Parce que c'était improvisé, parce que personne n'avait été consulté dans le
milieu pour faire ça, puis ça a réagi très, très, très fortement. Puis il y a
peut-être même des recours juridiques qui vont avoir lieu par rapport à ça parce
que ça brime le droit de négocier dans le cadre des conventions collectives.
Moi, c'est là que je perds confiance, là. On
n'est pas en train d'écouter les gens. On est en train de lancer des idées
comme ça pour les mettre dans des lois puis de voir, en improvisant une
réaction, au fur et à mesure... Ce n'est pas structuré. Ce n'est pas réfléchi.
Il faut discuter, en avance, avec les gens, de ça. Il faut anticiper les
réactions et les prévoir. On ne peut pas juste mettre au jeu des amendements
comme ça, alors que les consultations des groupes sont terminées depuis des
mois.
La Présidente (Mme Thériault) : Ça
va? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Bonjour, Mme la Présidente. J'espère que vous allez bien. C'est mon premier
retour. J'aimerais ça vous dire que je me suis ennuyée, mais ça n'arrivera pas.
Mme la Présidente, je
suis... Je vais faire une parenthèse, avant de parler de l'amendement, pour
vous signifier ma déception. Je vous signifie ma déception à vous, puisque j'ai
eu le plaisir d'entendre mon collègue le ministre de
l'Éducation, mais aussi son chef, le premier ministre du Québec, qui disait à
ses troupes, et avec raison, parce qu'il faut le dire, quand on promet quelque
chose, on veut le rendre... Puis je pense que c'est ce que vous avez demandé à
faire, vous avez dit : On va abolir les élections scolaires. Puis votre
chef a dit aux gens : On a dit qu'on le ferait puis on va le faire. Et,
ça, je l'ai entendu plusieurs fois, et, à chaque fois que je l'ai entendu, je
me suis dit : C'est vrai, ils ont dit qu'ils le feraient puis ils vont le
faire.
Mais le projet de loi
qu'on a devant nous, ça n'abolit pas juste le vote pour les élections
scolaires. Le projet qu'on a devant nous fait beaucoup plus que ça. Donc, je
suis restée très surprise devant mon téléviseur parce que c'est là que j'ai
entendu le ministre dire : Bien, ça n'avance pas assez vite, puis, si ça
n'avance pas assez vite, on va aller en bâillon. Je suis restée surprise, Mme
la Présidente, parce qu'en presque 12 ans de vie politique un projet de loi de
300 articles... Puis là on ne nomme que les articles, là. Il n'y a pas le point
deux, point trois, point quatre, là. On n'est que sur le nombre d'articles. Il
y a un ramassis de... plein de gestes à poser à l'intérieur de la gestion et
des applications des commissions scolaires ou des centres de services, mais je
maintiens le cap de 2019, je continue à dire «commissions scolaires». Et je
vous dirais qu'à la limite je me suis remise en question. J'ai essayé de le
regarder à nouveau et je n'ai toujours rien trouvé pour la réussite des élèves,
rien. J'aimerais ça vous dire que, là, là-dedans, il y a quelque chose d'extraordinaire.
Puis,
oui, la confiance que le ministre avoue avoir envers les enseignants, j'aime ça
l'entendre le dire. Je le sais, qu'il n'y a pas de réciprocité, mais ce
n'est pas grave. J'aime entendre un ministre de l'Éducation qui dit : Je
crois en mes enseignants, je crois en mes spécialistes, je crois en mes
directions d'école. La différence entre les deux côtés de la table, c'est que nous, on croit qu'un commissaire scolaire, ça sert à quelque
chose, puis on pense que ça peut
améliorer le mode de vie d'une société comme d'une communauté, parce que
c'est une démocratie. Mais, pour le reste, la croyance qu'on a envers les
enseignants, je pense qu'elle est maintenue. Elle est maintenue. Puis, une fois
de temps en temps, je vous dirais, à peu près aux quatre ans, puis ça se peut
que je me trompe, puis mes collègues me corrigeront, mais il y a une convention
collective qui dit comment fort on croit aux enseignants.
Puis, Mme la
Présidente, je l'ai déjà dit sous micro avant aujourd'hui, puis, à chaque fois,
j'ai quelques personnes qui m'écrivent pour me dire que je suis un peu
effrontée, mais je pense qu'un enseignant, c'est aussi important qu'un médecin,
parce que, si je donne une bonne pédagogie, une bonne éducation à mon jeune, je
vais avoir un adulte compétent dans une société enrichie. D'ailleurs, on dit
qu'une force incroyable dans la société, c'est le savoir, de comprendre. Quand
je le dis comme ça, je me dis : Bien, j'aurais dû avoir devant moi un
projet de loi de 20 articles. On abolit les élections scolaires. Puis,
après ça, on fait d'autres projets de loi pour viser exactement les autres
sujets qu'on a ici.
Mais ce n'est pas ça
qu'on a devant nous, là. On a 300 articles de ramassis, de gestes non
pédagogiques, qui fait en sorte qu'en bout de ligne la CAQ va pouvoir
dire : On a aboli les élections scolaires, puis c'est tout. Ça ne peut pas
se faire en deux semaines, en trois semaines, ça ne peut même pas se faire en
quatre semaines, surtout si on additionne les auditions puis qu'on regarde les
interpellations.
Et, s'il n'y avait
que des amendements de ce côté-ci, je vous dirais qu'il y a de l'entêtement,
mais ce n'est pas le cas. Les amendements sont déposés presque 50-50, d'un côté
comme de l'autre de la Chambre. De ce fait, il n'y a pas... On ne s'enfarge
pas, là... On n'est pas pour. Je ne voterai pas pour l'abolition des
commissions scolaires. Je ne suis pas
capable. Oui, je fais
partie des anciens commissaires d'une commission
scolaire. Oui, j'ai été présidente de commission scolaire, comme
différents collègues, mais je suis incapable de voter contre une démocratie. Je
suis capable de l'ostiner, par exemple, mais je ne serais pas capable de
l'abolir.
Un coup que je vous
ai dit ça, je reviens au propos de ma collègue de Sherbrooke. Qu'est-ce qui
fait que mon débit de lecture va faire en sorte que ça va être reconnu dans les
temps? Les enseignants ne passent pas de tests pour un débit de lecture. Est-ce
qu'une lecture sur ordinateur va être aussi intéressante puis aussi facile
qu'une lecture en papier? Je ne le sais pas. Va-t-elle être aussi accessible?
Quand on dit :
«La lecture d'ouvrages spécialisés est également reconnue comme une activité de
formation continue», je pense que la référence qu'on devrait avoir ou la
personne à qui on devrait poser des questions, c'est les enseignants à
l'université, qui forment nos maîtres. Ils sont capables de nous dire si le
temps qu'ils donnent aux enseignants qu'ils ont ou aux futurs enseignants
qu'ils ont devant eux est équitable et juste pour chacun d'entre eux. Est-ce
qu'ils le font tout d'un coup? Est-ce que tout le monde fait, avec la même
vitesse, ce cours-là? Je ne peux pas vous dire, mais, à partir du moment où je
l'encadre dans un projet de loi puis que je dis que ça fait
partie des
conditions que j'ai pour la poursuite du travail des enseignants, j'ai de la
difficulté avec ça.
Alors, moi, j'ai peu
de recommandations à faire au ministre qu'il pourrait entendre puis suivre,
mais il y en a une que je ferai, c'est qu'il ne faut pas mélanger les choses,
ce qui va se négocier en convention collective... Et, vous savez, pourquoi je
vous le dis, ce n'est pas juste parce que ça s'est déjà dit. Je le dis parce
que, quand on a parlé des maternelles quatre ans puis qu'on a voulu avancer sur
des dossiers, le ministre lui-même nous a dit : Ah! Ah! Ah! ça, c'est convention
collective, ratio, ah! ah! ah! convention collective, vulnérabilité des élèves,
ah! ça va dans les services, convention collective. Ça, le temps qu'on va
octroyer aux enseignants pour améliorer... faire une formation continue, c'est
convention collective.
Donc, pourquoi... Et
c'est la partie... Je trouve qu'en politique, quelquefois, on passe à côté
d'une cohérence d'une loi à une autre. Pourquoi on ne peut pas garder la même
cohérence pour un dossier comme pour un autre? Ce que je ne pouvais pas faire
en maternelle quatre ans, je ne devrais pas être capable de le faire en projet
de
loi sur l'abolition des commissions scolaires, mais c'est ce qu'on nous
propose.
On nous propose d'aller
jouer dans un film qui pourra peut-être être contesté. Moi, je dis «peut-être»,
parce que vous avez compris que je ne suis pas avocate. Puis je dis
«peut-être», mais, si c'est contestable, dans quel film on veut jouer? Est-ce
qu'on veut jouer dans un film où on peut appliquer quelque chose directement ou
on veut jouer dans le film où on va adopter un projet de loi sous bâillon,
enragés? Ça va passer dans les dents de tout le monde. Le milieu scolaire va
être enragé. Puis, au niveau de la convention collective, bien là c'est sûr
qu'il a pelleté ça dans la cour d'un autre ministère, parce que ce n'est pas
lui qui va négocier. Ce n'est pas le ministre de l'Éducation qui négocie la
convention collective, mais c'est quand même une problématique qui va émerger.
Et, en bout de ligne, parce qu'il faut toujours
revenir à ça, Mme la Présidente, puis j'aimerais ça que 2020 soit axé
là-dessus, en bout de ligne, la pénalité, là, c'est la maternelle première
année, deuxième année — je
peux vous nommer les cycles jusqu'au bout — parce que, dans une
convention collective, il y a des revendications. Quand deux regroupements
négocient, il y a quelqu'un dans le milieu, puis on l'appelle l'élève,
l'étudiant, l'apprenant. Alors, la pénalité, en bout de ligne, là, si on va en
cour, si la convention ne se négocie pas bien, s'il y a une chicane, c'est
l'élève. Puis, honnêtement, Mme la Présidente, dans le projet de loi qu'on a
devant nous, il n'est pas là, l'élève.
Donc, je
comprends qu'on aimerait ça que ça aille vite. Ça, je comprends ça. Je
comprends encore plus quand on a des
gens qui nous accompagnent, qui doivent s'occuper... parce que l'interaction se
fait beaucoup avec le ministre, avec raison, mais, en même temps, le
temps, cette fois-ci, est important, parce qu'on va toucher quelque chose de
majeur dans la société, quelque chose qui se vit depuis des années puis qui a
été mis en place par quelqu'un qui croyait que la démocratie scolaire devait se
pratiquer par tous les gens de la même communauté.
Alors, dans le principe même de l'amendement ou
du sous-amendement déposé, j'aimerais savoir comment le temps se calcule si
c'est des lectures, parce que j'imagine qu'il y aura des... J'imagine, là,
parce que vous l'inscrivez, là, que les lectures officielles, là, je vais
reprendre votre terme... «La lecture d'ouvrages spécialisés est également
reconnue comme une activité de formation continue.» Je reviens à la question
que ma collègue a posée, puis je pense que vous avez peut-être des éléments de
réponse. Comment je fais pour calculer le temps? Si ma formation est adjacente
à un temps, je vais être reconnue comme avoir fait ma formation continue parce
qu'elle est attribuable à un temps, puis, dans cette formation-là, les ouvrages
spécialisés sont reconnus. Donc, est-ce que c'est à partir de la lecture ou à
partir du temps que j'ai pris pour faire la lecture?
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, Mme la députée de Mille-Îles. M. le ministre.
M. Roberge : Oui, merci bien, Mme la
Présidente. Je comprends que ma collègue a fait un détour pour revenir sur la
question finale. Puis elle s'intéresse sur quelque chose de particulier sur
l'amendement, où on vient donner davantage de latitude aux enseignants en
disant qu'il y a un paquet de choses qui peuvent être reconnues, là, dans cette
formation continue qu'ils font.
Puis c'est un minimum, hein? Moi, je suis bien
confiant qu'ils vont en faire plus que ça en fonction de ce qu'ils choisiront,
en fonction des défis qu'ils ont devant eux, parce qu'ils ont tous des défis
importants. En fonction de la composition de la classe, en fonction de leur
cheminement personnel, de leurs intérêts, ils vont être maîtres d'oeuvre de
leur formation continue. Et, c'est important de le mentionner, par rapport à
l'état de droit actuel, c'est un gain net pour les enseignants, pour la
reconnaissance de leur expertise. Cette prise en charge de leur développement
professionnel ne peut venir que de la sanction du projet de loi et de
l'adoption des articles qu'on travaille ensemble.
Donc, je pense, c'est important que ça se fasse,
de reconnaître que, oui, il y a des cours, il y a des séminaires, il y a des
formations, il y a des colloques, des congrès, ça tombe sous le sens. Les gens
nous ont dit : Oui, mais, vous savez, des fois, on ne lit pas n'importe
quoi, là, on lit des ouvrages, on lit des magazines spécialisés, ça devrait
être comptabilisé. On s'est dit : Bien, on avait une ouverture. Déjà, il y
en avait, une ouverture. C'est juste qu'avant de déposer l'amendement la
direction allait tout simplement dire : Bien oui, je le reconnais. Là, on
s'est dit : Bien, dans le fond, l'enseignant va dire : Bien, voici,
j'aimerais que soient comptabilisées ces heures-là. Il y a une prise en charge
encore plus grande, avec ce qui a été déposé par mon collègue de Richelieu, où
ces lectures-là, qui étaient possibles la semaine passée, sont encore
possibles. On a peut-être ajusté pour donner encore une petite coche de plus,
là, de prise en charge.
Et ça ne serait pas les seuls professionnels
pour lesquels les lectures d'ouvrages spécialisés sont connues et reconnues en formation. On a regardé et on a
validé avec d'autres professions, puis, dans les critères, là, les conseillers
en ressources humaines, les diététistes, notamment, les urbanistes, les
pharmaciens, les évaluateurs agréés, les travailleurs sociaux ont tous des
obligations de formation continue et ont tous une reconnaissance des lectures
d'ouvrages comme faisant
partie de leur obligation de formation continue.
Donc, on ne
s'avance pas, là, dans quelque chose qui n'a jamais été exploré puis on n'ouvre
pas quelque chose de farfelu. Simplement, on vient dire : Bien,
vous, les enseignants, comme, supposons, les travailleurs sociaux, bien, vous
pouvez faire une
partie de votre formation continue par des lectures, tout
simplement.
La Présidente (Mme Thériault) :
Vous voulez compléter, Mme la députée de Mille-Îles? Oui.
Mme Charbonneau :
Je comprends que vous avez des exemples de d'autres... d'ordres professionnels,
je comprends, mais c'est plus dans le comment... Est-ce que la lecture
spécialisée, reconnue, parce que j'ai compris que c'était de la lecture
reconnue... Est-ce que vous le comptabilisez en temps ou vous le comptabilisez
en lectures, tu sais, une lecture... Puis je sais que ça se passe un peu comme
ça, parce que, dans une classe dont vous avez déjà été maître d'oeuvre, quand
il y a un élève qui émerge, quelquefois, avec une petite particularité, on aime
en faire une lecture pour plus encadrer l'élève, pour
plus comprendre que ce soit une spécificité dans certains défis ou que ce soit
parce que l'élève s'intéresse à quelque chose de particulier, puis vous voulez
alimenter sa réflexion.
Je sais que les enseignants font des lectures,
des fois, très, très spécifiques, mais, moi, c'est plus dans le comment...
parce que je comprends que vous avez décidé d'ajouter la lecture d'ouvrages
spécialisés, ce qui, d'après moi, si vous aviez confiance dans les enseignants...
Vous n'avez pas besoin de l'écrire, mais je comprends que vous l'écrivez, parce
que ça vient compléter votre sous-amendement. Mais comment on comptabilise ça?
C'est-tu une liste, puis la liste correspond à un nombre d'heures? Parce que
j'ai compris que votre
article dit : C'est 30 heures.
Alors, 30 heures, je veux bien, mais est-ce
qu'un livre écrit... un livre lu équivaut à un nombre de temps ou équivaut à
une reconnaissance x, y, z, qui fait que mon enseignant qui a fait des lectures
différentes pour mieux alimenter sa réflexion pédagogique est reconnu dans son
30 heures plutôt qu'en plus des lectures il faut qu'il aille dans des
conventions puis de la formation physique, là? Quand je dis «physique», c'est
en présence physique plutôt que de faire une lecture dans des lieux qu'il a
choisis.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Merci. Bien, ici,
ce qu'on précise, là, c'est que, bon, c'est 30 heures, mais il faut bien
dire que c'est aux deux ans, ce n'est pas 30 heures par année. Donc, on
dit : C'est une moyenne de 15. Donc, ça pourrait bien être 12 une
année, 18 l'autre, puis c'est un minimum. On sait bien que les enseignants en
font plus que ça puis on dit : C'est les enseignants qui vont choisir
comment ils répartissent dans le temps cette formation-là sur deux ans et qui
vont choisir aussi : Bien, est-ce que je le fais en préparant moi-même des
formations pour des collègues, est-ce que je le fais en participant à des
colloques, à des formations, en suivant des formations, supposons, sur un
nouveau programme, en suivant une formation offerte par le centre de services
puis, oui, aussi, en faisant des lectures?
Puis on n'a
pas l'intention ici de dire, là, qu'une page écrite en Tahoma 15, ça vaut
huit minutes, puis une page d'un autre livre, ça vaut 17 minutes, puis la
lecture du magazine Vie pédagogique , c'est comptabilisé pour 2 h 15 min.
L'enseignant, on dit qu'il est responsable. On dit qu'il est maître d'oeuvre.
Il va planifier sa formation sur deux ans. À un moment donné, il va voir des
opportunités de formation, de lectures. Il va se faire recommander par un
collègue d'aller suivre telle formation, ou de faire telle lecture, ou il
recevra une formation de son collègue après avoir participé à un colloque, à un
congrès. Il comptabilisera ses heures. Puis il y a un leader pédagogique dans
une école, c'est la direction d'école. Une direction d'école, là, c'est le chef
d'orchestre, puis c'est un leader pédagogique.
Et, plus loin, on dit... La direction ne va pas
dire : Je t'approuve ça, ce n'est pas une bonne lecture, ça, moi, je ne la compte pas. Non, non, c'est l'enseignant qui va décider ça, mais la direction
s'assure que l'enseignant remplisse son obligation de formation
continue. Donc, l'enseignant va dire : Écoutez, j'ai lu, j'ai fait telle
formation, j'ai participé à tel colloque, j'ai donné telle formation.
Puis ça se fait, là, de manière naturelle dans
les écoles. Je sais comment ça fonctionne. Ça se fait de manière naturelle. Il
y a un dialogue entre la direction et l'enseignant, puis l'enseignant va
dire : Bon, bien, ah oui! c'est vrai, j'ai fait la lecture de tel ouvrage,
ça m'a pris à peu près l'équivalent de six heures. La direction dit :
Parfait, très bien. Je ne pense pas, là, qu'on demande aux directions d'aller
réévaluer : Ah! selon ta vitesse de lecture, ça devrait plus être trois,
là. Ce n'est pas ça qu'on écrit, puis ce n'est pas vers ça qu'on s'en va, puis
je ne pense pas que les profs s'attendent à ça, puis je ne pense pas que les
directions vont aller là. Donc, on ne va pas, là, imposer une méthode de calcul
sur la vitesse de lecture moyenne. On va faire confiance aux gens. On va les
traiter en professionnels.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Charbonneau : Je
comprends puis j'entends bien ce que le ministre me dit. Je vais juste corriger
le tir sur une chose, puis c'est la
partie où... Je ne pense pas qu'il va y
avoir des leaders pédagogiques dans nos écoles, Mme la Présidente. Il va y
avoir des gestionnaires. C'est ça qu'il va y avoir, parce qu'à la limite ils
n'auront pas le temps de faire de leadership
pédagogique. Tout ce qu'ils font en ce moment comme leadership pédagogique sera
un peu embourbé par toute la gestion qu'on va leur demander de faire,
parce qu'il n'y a plus de conseil des commissaires, puis la tête dirigeante va
s'occuper d'autres choses.
Mais, ceci dit, je comprends que c'est réparti
sur deux ans, puis que les livres ne sont pas comptabilisés, puis tant mieux, parce
que, oui, je pense que les enseignants sont capables de se dire entre
eux... Par contre, est-ce que... Puis c'est une question un peu technique, ça
fait que peut-être que je n'aurai pas de réponse. Je ne le sais pas. Mais,
puisque la convention collective gère un aspect puis le projet de loi ici gère
ce que nous, on pense, peut-être, un aspect qui est semblable, est-ce qu'un enseignant
pourrait... Puis là je ne les mets pas tous dans le même bateau, là. Je vous
dis juste... Je vous fais une situation hypothétique, là. Est-ce qu'un enseignant
pourrait refuser de participer à quelque chose d'obligatoire parce qu'il a déjà
complété son temps? Parce qu'on a dit 30 heures en deux ans, puis vous avez
raison de dire qu'ils en font beaucoup plus que ça, mais, mettons, là, que, les
deux dossiers, ils sont différents, mais pareils à la fois.
Donc, je suis en
négociation, en premier, provinciale, parce qu'après ça il y a la négociation
locale, là. C'est deux négociations pour les enseignants. Mais mettons que je
suis en négociation, puis ça ne va pas bien, puis je décide de faire des gestes
qui ne touchent pas ma classe, mais qui peuvent challenger la convention, comme
le ministre... Est-ce qu'il n'y a pas, en l'enchâssant dans une loi puis, en
plus, en l'ayant dans une convention collective, là une contradiction qui fait
que, légalement, je peux me retrouver dans une situation où je peux contester la volonté du ministre, parce que
justement ça fait
partie de ma négo plutôt que de faire
partie de la loi? Je vous l'ai dit, moi, je ne suis pas légiste. Je l'avoue bien honnêtement et avec beaucoup de transparence.
C'est ma première prestation depuis qu'on est recommencés. Et, la
semaine passée, vous avez travaillé fort, mais là je ne comprends pas...
Charbonneau : Oui, j'appelle ça une prestation. Bien, je trouve que c'est plus élégant que juste
«parler». Mais, ceci dit, est-ce qu'il n'y a pas là une contradiction
entre la négociation locale puis la loi? Je vous lance la question parce que
j'ai besoin de vous entendre. Je veux juste être rassurée.
M. Roberge :
Alors, je rassure ma collègue. On a fait toutes les vérifications. Il n'y a pas
de contradiction à aller dans cette direction-là, à donner des balises, versus
ce qui peut être négocié, où il y aura des modalités.
contre, là, il faut que je revienne sur quelque chose que ma collègue a dit.
Quand elle dit : Bien là, il n'y en aura plus, de leadership
pédagogique, puis là les directions d'école vont être embourbées, si c'était le
cas, les directions d'école diraient : Aïe! Ce projet de loi là, là, c'est
un alourdissement de notre tâche, on n'en veut pas, on est contre, retirez ce
projet de loi là. Ce n'est pas ça que j'entends. Les associations de directions
d'école, enfin, des fois, ont soulevé des petits drapeaux : Attention à
ça, attention à ça. Mais, de manière générale, ils pensent que c'est une bonne
chose que ce projet de loi là. Ils voient un renforcement du leadership
pédagogique dans le projet de loi. C'est les directions d'école qui le disent.
C'est les directions d'école qui disent : La façon dont c'est écrit dans
la loi, le principe de subsidiarité, de la
manière qu'il est écrit, on vient renforcer par 10 le principe de subsidiarité
par rapport à ce qu'il y avait avant.
On vient donner plus... non pas une autonomie complète, parce qu'on garde une administration
régionale, une répartition des ressources, mais on vient donner plus
d'autonomie, plus de reconnaissance aux équipes-écoles, plus de leadership
pédagogique, plus de pouvoir pour prendre les meilleures décisions pour les
élèves, parce qu'on les prend plus proche des élèves.
directions d'école ont dit : Oui, il y a, dans ce projet de loi là, des
choses qui vont favoriser la réussite. Il y a des gens qui ont
dit : Moi, je ne vois rien là-dedans qui va favoriser la réussite. Je ne
prétends pas qu'il y a un consensus. Il n'y a pas un consensus. Il y a des
opinions divergentes. Mais, quand on parle des directions, par contre, on ne
peut pas dire que les directions voient, dans ce projet de loi là, un problème
bureaucratique, un alourdissement de tâches puis quelque chose qui va les
empêcher d'avoir du leadership pédagogique, parce que ce n'est pas du tout ce
qu'ils nous ont dit lors des auditions puis ce qu'ils ont dit par la suite.
Donc, il faut juste prendre ça en compte.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Donc, si vous avez complété votre intervention,
Mme la députée de Mille-Îles, pour le moment, j'ai la députée de Westmount—Saint-Louis,
la députée de Joliette et la députée de Saint-Laurent. Donc, est-ce que vous
avez complété, Mme la députée? Ça va?
Charbonneau :
Au pire, Mme la Présidente, je reviendrai plus tard, mais, pour l'instant, je
vais laisser mes collègues intervenir avec plaisir.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait. Merci beaucoup. Je tiens à vous préciser qu'il va
vous rester environ cinq minutes à votre prestation. Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je veux juste savoir si le
ministre a lu le mémoire qui a été déposé par l'AAESQ, le regroupement des
administrateurs des écoles anglophones.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
On a lu tous les mémoires qui ont été déposés. Je ne pourrais pas vous les
citer par coeur, tout le monde, mais on a lu tous les mémoires. Puis je ne nie
pas qu'il y a des gens qui aient des inquiétudes. Ça ne fait pas consensus.
Puis il y a eu des gens qui n'étaient pas capables d'avancer quand il n'y avait
pas un consensus pour que tout le monde aille dans la même direction. Le
précédent gouvernement avait déposé une réforme de la gouvernance. Ils avaient
dit : Nous autres, on va changer ça, nous autres, on va éliminer les
élections scolaires. Puis là, woup! il y a des groupes de pression qui se sont
levés. Ils ont reculé. Ils ont retiré le projet de loi puis ils ont fait quelque
chose, là, passé à l'eau de Javel. C'est devenu pâle, pâle, pâle.
Donc,
ça, c'est déjà arrivé. Je sais qu'il y a certaines directions d'école qui
disent : On a des inquiétudes, est-ce
qu'il y aura un alourdissement de la bureaucratie? Puis il y en a des
deux côtés, mais on va les rassurer. On va leur expliquer... Parce qu'il y a eu aussi des informations qui n'étaient pas
véridiques, qui ont été dites sur ce projet de loi là.
Donc, je pense que
plus il sera connu, surtout dans ses versions bonifiées... Parce que, oui, il
est bonifié par rapport au dépôt du projet de loi, puis je ne m'excuserai pas
d'améliorer le projet de loi. Je suis convaincu que plus il sera connu, plus il
sera diffusé, plus les gens qui ont des craintes verront que ce sont des
craintes souvent qui sont alimentées par des informations qui ne sont pas
véridiques. Donc, je pense qu'il y a des gens qui vont se rallier par la suite,
mais effectivement il y a des directions d'école puis il y a des associations
qui ont exprimé des craintes.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Je voulais juste assurer que tout le monde était au
courant... parce que le ministre avait partagé que les directions d'école
étaient pour le projet de loi, elles étaient pour tout ça, sauf que, c'est sûr,
il y a des gens... non seulement dans leurs mémoires,
mais ils sont venus ici témoigner en commission parlementaire, Mme la
Présidente, pour exprimer qu'ils étaient contre le projet de loi n° 40.
Ils ont demandé au ministre de retirer le projet de loi, surtout parce
qu'eux-mêmes, ils disaient qu'ils ne seront plus des leaders pédagogiques,
comme ma collègue de Mille-Îles vient de
partager avec les collègues, car ils disaient eux-mêmes qu'ils vont devenir des
administrateurs... sûrement des tâches administratives, parce que la
lourdeur devient de plus en plus importante.
Alors, moi, j'ai deux questions pour le
ministre par rapport à ceci. Un, est-ce qu'on est en train de rajouter à la
lourdeur administrative des tâches pour nos administrateurs, étant donné que...
Comment ça va fonctionner, la reddition de comptes de ces 30 heures sur
les deux ans? Ça fait que ça, c'est question numéro un.
Et question numéro deux,
pour moi, ça a rapport avec... excusez-moi, Mme la Présidente, alinéas et tout
ça, je ne pourrais pas me situer, mais, mettons, le dernier paragraphe sur la
feuille, qui dit : «...par un établissement d'enseignement régi par la Loi
sur l'enseignement privé —
chapitre — par
un autre organisme, par un pair ou en application de l'article 96.21.» Pourquoi
96.21, qui parle des règles de conduite et des mesures de sécurité de l'école
pour informer des membres, et non 96.20 où «le directeur de l'école, après
consultation des membres du personnel de l'école, fait part à la commission
scolaire, à la date et dans la forme que celle-ci détermine, des besoins de
l'école pour chaque catégorie de personnel, ainsi que des besoins de
perfectionnement de ce personnel»? Est-ce qu'il y a une autre erreur dans ce
sous-amendement? Sinon, j'aimerais mieux comprendre pourquoi le 96.21 et non le
96.20.
Ça fait que j'ai les deux questions.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre.
Roberge : Oui, bien, Mme la Présidente, l'article 96.21, au troisième paragraphe, nous parle de la
direction qui voit à l'organisation des activités de perfectionnement.
Donc, on est en plein dans le thème.
Mme Maccarone : Sauf que le 96.21 ne
parle pas de perfectionnement. Il parle vraiment qu'il gère le personnel,
détermine les tâches, les responsabilités, de supporter et aider les futurs enseignants,
accompagnement des enseignants en début de carrière, qu'ils soient informés des
règles de conduite, des mesures de sécurité, mais... Puis on voit à
l'organisation des activités de perfectionnement des membres du personnel de
l'école, sauf que pourquoi ne pas citer aussi le 96.20 qui parle aussi de
perfectionnement de personnel? Pourquoi c'est juste un et non l'autre? Pourquoi
c'est doublé, d'abord? Est-ce qu'il y a un autre amendement?
Roberge : Mme la Présidente, ma collègue veut savoir si on a mis dans le sous-amendement
le bon article. Donc, je la rassure à l'effet que oui. À 96.20, on nous
dit que la direction d'école, après consultation des membres du personnel, fait
part à la commission scolaire des besoins. C'est correct, mais 96.21, au
troisième paragraphe, on est en plein dans le thème, la direction... «Il — on
parle du directeur, directrice, là — voit à l'organisation des
activités de perfectionnement...» Donc, voir à l'organisation, on est dedans,
là, on est tout simplement pertinent. Il n'y a pas d'erreur de référence. De
toute façon, on y arrivera, à cet amendement-là, à cet article-là, plus tard,
mais je veux rassurer ma collègue que la référence est la bonne.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Et, pour la reddition de comptes, étant donné que ça,
c'est quelque chose qui est dans un
temps, lieu... On sait que ça devrait être négocié par les conventions
collectives. Ça fait que c'est sûr, ça, c'est le point commun que, tout
le monde, on discute ici. On est en train de rajouter une lourdeur de tâches
pour nos directions d'école. Comment ça va faire la reddition de comptes?
Est-ce que ça prend un autre amendement, sous-amendement qui mentionne qu'on devrait respecter les tables
de négociation quand on en discute, surtout de la formation professionnelle?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Oui, bien, Mme la
Présidente, je ne pense pas qu'on ait besoin d'écrire dans la
Loi sur
l'instruction publique : Il faut respecter une autre loi. On sait
bien que les lois se respectent les unes les autres. Je comprends mal la
question de ma collègue. Et il n'y a pas de... Je ne pense pas qu'il y a de la
lourdeur. Je pense que les directions d'école, voyant leur travail allégé par
des centres de services scolaires... On le dit, hein, ce sont des centres de
services. Ils sont là au service des écoles, au service des équipes-écoles.
C'est un revirement, là.
Puis il faut se projeter en avant. C'est sûr
que, si on voit le système actuel, c'est un peu difficile, mais on transforme
notre gouvernance. On inverse la pyramide. On dit que les décisions seront
prises, le plus souvent possible, le plus proche de l'élève, et qu'on a une
organisation administrative régionale qui va nous aider dans la répartition des
ressources, mais qui est au service des écoles, des élèves, qui va donner des
services administratifs, du soutien administratif.
Moi, je pense
que ça sera davantage un allègement de la tâche pour les directions d'école. Et
les directions d'école vont pouvoir faire plus et mieux de ce qu'elles
souhaitent faire le plus possible, c'est être en contact avec les parents, avec
les élèves, mais surtout avec tout le personnel de l'école, puis être, comme on
dit, le capitaine à bord, assumer un
leadership pédagogique. Et je n'ai aucune crainte que les directions d'école
vont pouvoir s'acquitter de cette tâche.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Maccarone :
Avec tout le respect pour le ministre, Mme la Présidente, c'est clair, il est
déconnecté avec comment ça fonctionne, une
commission scolaire. Et le siège social d'une commission scolaire, qui est un
centre de services, qui offre des services qui, je suis entièrement
d'accord, sont nécessaires pour que les écoles fonctionnent en bonne et due
forme, pour le service aux élèves, pour la réussite des élèves, qui ne figure
nulle part dans ce projet de loi... On ne parle pas du tout, pas une fois, des
élèves puis comment qu'eux, ils vont réussir.
Alors, j'avoue que je suis insultée chaque fois
que le ministre mentionne qu'on va transformer le réseau, comme si le réseau ne
fonctionnait pas du tout. Il faut passer beaucoup plus de temps dans les sièges
sociaux des commissions scolaires pour savoir comment qu'eux, ils fonctionnent,
puis comment qu'eux, ils sont là à chaque jour, les directeurs de services. Les
gens qui sont là aussi... terrain, ça se peut qu'ils ne sont pas des
enseignants puis des directeurs ou directrices d'école, mais c'est des gens qui
sont dévoués au réseau de l'éducation puis ils sont là au service des élèves.
C'est ça qu'ils font actuellement. Une réforme de gouvernance ne va pas changer
leur façon de faire au quotidien pour aider les directions d'école puis les
enseignants à accomplir leurs tâches qui sont hyperimportantes pour aider nos
élèves, leur mieux-être, leur réussite totale, pour avoir des êtres humains qui
vont quitter le réseau scolaire puis vont contribuer à la société québécoise.
Alors, je veux juste corriger ceci, puis je
reviens toujours au même point que... le même point qu'on a discuté ensemble,
puis on revient pour taper sur le même clou. C'est important qu'on dise... Puis
je ne sais pas pourquoi qu'on discute toujours de ces amendements, les sous-amendements.
Je soulève des points parce que je suis mêlée par les sous-amendements qui sont déposés... que j'ai l'impression qu'ils
sont brouillons. Ma collègue l'a dit, ces dernières minutes sont...
C'est une réforme qui ne va pas nous aider à mieux comprendre où est-ce qu'on
est, parce qu'on revient à la table de négociation. C'est la table de négociation
où on devrait avoir ce discours-là. C'est là où nous devrions parler de la formation
professionnelle, ce n'est pas à l'intérieur de ce projet de loi. Ce n'est pas
les professeurs qui nous ont demandé de déposer ceci dans le projet de loi. Ça
vient d'où, on se demande.
Le ministre, j'ai déjà dit qu'il est déconnecté
avec les commissions scolaires. Il est déconnecté avec le siège social, mais,
peut-être, lui-même, il est déconnecté avec le réseau des enseignants, parce
que ça ne vient pas d'eux, la reddition de comptes, comment ça va se faire, le
besoin de ceci, le perfectionnement. Il dit lui-même : On devrait avoir
confiance en eux. Bien, si on devait avoir confiance en eux... que moi... que
j'ai, on n'aurait pas besoin d'avoir cet
article puis les sous-amendements dans
ce projet de loi.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : ...qu'il ne s'agit pas
de dire que les gens qui travaillent au siège social de la commission scolaire
font un mauvais travail. Il s'agit de dire qu'on peut améliorer notre gouvernance.
Une amélioration de ce qu'on fait n'est pas nécessairement une attaque envers
le professionnalisme de ceux qui travaillent dans nos écoles ou dans les
centres de services scolaires. J'ai eu plusieurs rencontres avec l'association
des cadres scolaires, et puis on les a consultés pour la rédaction du projet de
loi. On continue de les consulter. On travaille avec eux autres. Il ne s'agit
pas du tout d'être contre des personnes. On veut simplement améliorer la
gouvernance pour améliorer les services directs aux élèves. C'est ça qui nous
guide.
Donc, je comprends ma collègue de se porter à la
défense des gens, mais ils ne sont pas attaqués. Donc, pas nécessaire de se
porter à la défense de ceux et celles qui voient à la liste de paie pour nos
enseignants et tout le monde du personnel, pas seulement les enseignants, tout
le monde qui travaille dans nos écoles, ceux qui font le travail d'affecter les
suppléants, de faire les vérifications, les trajets d'autobus, les réfections
des écoles. Leur drame, c'est qu'ils n'avaient pas assez d'argent ces dernières
années pour faire tout ça, là.
Quand il y a plein d'écoles qui sont en ruines
et qu'on n'a pas assez d'argent pour les réparer, ça, c'est un drame pour les
cadres scolaires qui sont responsables de l'entretien des écoles. Puis ils sont
obligés de se demander quelle école on va
réparer, alors que les besoins sont très grands. Ça, c'est sans doute quelque
chose qu'ils ont décrié ces dernières
années, mais, maintenant, on leur donne les moyens de les réparer, les écoles.
Je ne pense pas qu'ils perçoivent ni l'amélioration à la gouvernance ni
les budgets supplémentaires qui arrivent dans nos écoles comme une menace.
On avance. On améliore notre projet de loi. Puis
il ne faut pas défendre toujours le statu quo. On est capables de regarder ce
qu'il y a là puis de l'améliorer. Donc, ce n'est pas une abolition, dire :
Bien, on défait tout ce qu'il y a là, là, puis on repart de zéro. C'est une
amélioration. Ce n'est pas une révolution, c'est une évolution, puis je pense qu'on
devrait la faire ensemble.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Je veux vraiment revenir sur le fond des choses... de la formation.
Premièrement, dans le dépôt patronal qui a été fait, on parle de
formation. Là, je suis... et donc, dans le deuxième axe : «Favoriser
l'attraction, la rétention et l'utilisation optimale d'enseignantes et
d'enseignants...» J'imagine que c'est mal formulé, parce qu'on n'utilise pas,
j'imagine, les enseignants et les enseignantes. Mais, dans cet axe-là, on parle
de toute la question de renforcer l'obligation de développement professionnel
continu, préciser que le développement professionnel doit, entre autres, tenir
en compte les besoins des élèves. Il y a plein d'éléments.
Donc, moi, c'est sûr que c'est une question que
j'ai, de savoir comment on fait cohabiter les obligations qu'on entre dans une
loi versus ce qui est négocié, puisque, dans l'offre patronale qui est sur la
table, dans le dépôt, c'est là, il y a comme un encadré précisément là-dessus,
plein d'éléments relatifs à ça. Donc, je pense que c'est une question assez importante.
L'autre
question que j'ai, c'est... Là, dans la pratique, là, tous les enseignants qui
font une formation, qui font leur formation en ayant une autorisation
provisoire, donc, comment eux, ils vont être assujettis à l'obligation de
formation du 30 heures? Par exemple, des enseignants en formation
professionnelle qui font leur bac en même temps qu'ils enseignent, des profs
qui ont un bac spécialisé et qui font une maîtrise qualifiante en même temps
qu'ils enseignent, est-ce qu'ils sont assujettis? Des techniciennes en service
de garde, donc, les éducatrices, on sait que le gouvernement veut les amener
vers les maternelles quatre ans, donc, qui vont enseigner au préscolaire en
même temps qu'elles font leur bac, est-ce qu'elles vont, en plus, avoir
l'obligation du 30 heures? Si oui, à partir de quand?
Je pense que c'est
des questions importantes pour qu'on puisse savoir qui est assujetti ou pas,
parce que, là, quand je lis ça, moi, je ne vois pas d'exception. Donc, je pense
que c'est important. Les nouveaux professeurs, le ministre parle beaucoup de l'importance du mentorat, d'accompagner les
nouveaux enseignants. Est-ce qu'en plus des exercices d'insertion
professionnelle, d'encadrement, de mentorat, ils vont tout de suite être soumis
aux 30 heures? Donc, c'est des questions, je pense, assez importantes,
pour lesquelles il faut avoir des réponses.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Merci. Bien, bonne question sur les personnes qui arrivent et qui n'ont pas
encore leur brevet. Les personnes qui n'ont pas leur brevet ont ce qu'on peut
appeler une tolérance pour laquelle... qui est temporaire, puis ils doivent
terminer soit leur baccalauréat soit leur maîtrise qualifiante qui va leur
donner le brevet. Donc, de toute façon, ils ont cette obligation de se former.
on précise ici, là : «On entend par "activité de formation
continue" la participation à une activité structurée, notamment un
cours — bon,
bien, les cours sont là, hein? — un séminaire, un colloque [...] une
conférence, organisée par le ministre, par un établissement d'enseignement
universitaire...» Donc, déjà, on voit bien que c'est reconnu ici. Donc, je ne
pense pas qu'il y ait de problème.
Hivon :
Les cours de base du bac ou de la maîtrise qualifiante, tout ça va être reconnu
comme de la formation continue dans le processus, dans le cheminement qu'ils
sont en train d'acquérir?
La Présidente (Mme
Thériault) : ...ce n'était pas enregistré.
M. Roberge :
Oui, bien, merci bien. Bien, c'est ce qui est indiqué ici. On dit que les
cours, notamment les cours formés... formulés dans nos institutions, dans nos
universités, évidemment, qu'ils sont reconnus comme des cours de formation.
Hivon :
Donc, il n'y a pas d'heures additionnelles. Eux autres, leur formation générale
va faire en sorte que ça va répondre aux exigences prévues à la loi.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, c'est ce qu'on voit ici. De toute façon, c'est assez large, hein? La
définition est assez large, donne beaucoup de
latitude aux enseignants. On dit : «...participation à une activité
structurée, notamment un cours, un séminaire, un colloque [...] une
conférence, organisée par le [ministère], par un établissement d'enseignement
universitaire...» Donc, bien sûr, c'est compté ici. On ne dit pas : À l'exclusion
d'une maîtrise qualifiante. Ce serait particulier d'exclure les maîtrises en
enseignement de la formation reconnue. Vous comprenez, ce n'est pas là du tout.
«Par un centre de
services scolaire...» Notamment, je sais qu'à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys
ils ont des partenariats avec des universités pour l'insertion professionnelle.
Donc, parfois, c'est un prof d'université, parfois,
c'est quelqu'un à l'interne de la commission scolaire. Donc, dans les deux cas
là, ça peut être compté. On dit : «...par
un centre de services scolaire...» Donc, bien sûr, ça sera inclus,
comptabilisé, reconnu. Prenons le terme qu'on veut.
Et donc il y a...
Puis il y a d'autres... en plus : «...un autre organisme, [...]un pair...»
Donc, on pourrait dire qu'une formation par un pair ou un accompagnement
professionnel par un pair... Si je suis un mentor qui accueille un jeune et que
je lui donne de la formation à
titre de mentor... Et on a financé, d'ailleurs,
pour la première fois, et de belle façon, le mentorat. Cette année, c'est
l'an 1, là, d'un programme où on permet à nos commissions scolaires de
donner davantage de latitude, de donner de l'air à nos mentors et à nos
mentorés, parce que, si on veut recruter des jeunes et les conserver... les
conserver, mauvaise façon de le dire, pardon, mais les garder dans la
profession, je pense que les programmes de mentorat sont à valoriser. Et les
bottines ont suivi les babines, là. On a sorti de l'argent pour rendre ça
possible, pour le faciliter. C'est très bon pour les mentorés, et c'est très
bon pour les mentors, et je ne vois pas comment ça pourrait ne pas être reconnu
en fonction du libellé actuel.
Donc, non seulement
on le reconnaît, mais on le finance, on l'encourage. Moi, je pense que tout
ceci est tout à fait cohérent entre ce qu'on dit dans le budget, ce qu'on fait
dans la loi et ce qu'on veut mettre en place pour reconnaître, valoriser nos
enseignants puis pour garder nos nouveaux enseignants dans la profession. Il me
semble que tout ça, là, va dans une trame qui est tout à fait cohérente.
Hivon : Donc, précision. Le mentorat pour les jeunes
enseignants, c'est considéré comme de la formation continue, parce que,
moi, quand je lis pas le sous-amendement mais l'amendement, je ne suis pas
certaine que c'est aussi clair. Si le ministre, pour lui, c'est clair, c'est un
début. Il l'a dit dans le micro, mais on sait, des fois, que tout le monde ne
va pas relire tout ce qu'on dit. Donc, je veux juste être sûre qu'un jeune
enseignant qui a du mentorat, ça rentre dans son 30 heures, ses heures de
mentorat, parce que, du mentorat, ce n'est pas nécessairement de la formation, là. Ça en est, mais, je veux dire...
Non, mais on se... Ce n'est pas nécessairement considéré comme... Je ne sais pas le
niveau de formalisme de votre mentorat à venir, mais je veux juste être sûre
que c'est clair que du mentorat, au sens de la loi, c'est de la formation.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Hivon :
Un enseignant qui a 10 ans d'expérience, qui mentore un nouvel enseignant
dans l'école, c'est reconnu par l'établissement comme de la formation pour se
qualifier dans les 30 heures?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je pense qu'il faut, comme je dis, bien faire confiance aux enseignants
et aux directions pour comptabiliser tout ça. Mais, sincèrement, j'en ai fait,
du mentorat, et c'est de la formation.
Quand on accompagne
un jeune, là, qui commence, ou ça peut être quelqu'un qui fait même une
réorientation de carrière, ce n'est pas nécessairement un jeune en âge, mais,
disons, un nouvel enseignant, pour le jeune, bien sûr que c'est une formation
en insertion professionnelle. Pour le mentor, bien, c'est de la formation qu'on
donne, c'est de la formation 1-1,
c'est un parrainage. C'est, pour moi, assez évident que c'est de la formation
pour un et pour l'autre. D'ailleurs, ça nourrit bien souvent autant le
mentor que le mentoré. Et il y a même des formations à suivre avant pour être
un mentor puis le faire de la meilleure façon qui soit.
Puis il a toute la
latitude ici, hein? Même si ce n'est pas précisé, moi, je pense que c'est
suffisamment clair pour que ça soit inclus. Mais, en plus, il y a le mot
«notamment», bon : «...la participation à une activité structurée,
notamment...» Et là on lance l'énumération, qui me semble être assez large et
assez inclusive pour laisser toute la latitude, encore une fois, je le répète,
aux enseignants, aux directions, pour lesquels j'ai la plus grande confiance.
En plus, il y a le terme «notamment» qui dit : Écoutez, s'il y a des
choses, là, sur lesquelles on n'a pas pensé, nous, ici, en commission,
auxquelles vous pensez, vous qui êtes dans nos écoles, bien, vous pourrez
l'inclure de concert, parce qu'on dit : Voici notamment la liste des
choses. Je pense qu'il y a une très belle reconnaissance ici, là, de la
capacité des gens à prendre en charge leur formation continue.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Hivon :
Pour le ministre, le mentorat, c'est clairement une activité structurée au
sens, donc, du deuxième alinéa.
M. Roberge :
Bien, écoutez...
Hivon :
Je veux juste être sûre parce que je ne sais pas si on aurait tous la même
interprétation que c'est une activité
formelle, structurée, parce qu'après il est venu mettre dans un autre alinéa,
via son sous-amendement, la lecture d'ouvrages, puis tout ça, parce
qu'il estime, j'imagine, que ce n'est pas une activité structurée. Ça, je le
suis là-dedans. Ça fait que, moi, si le ministre me dit : C'est sûr, puis
ça rassure tous les jeunes enseignants, le mentorat, ça va être compris, ça
clarifie. Mais moi, je ne suis pas sûre que, quand on le lit, c'est si clair.
Mais, si, pour le ministre, c'est clair et net, je veux juste qu'il dise dans
le micro que c'est une activité structurée au sens du deuxième alinéa, le
mentorat.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je ne pense pas que ma collègue veut que je le dise. Elle veut que je le
redise, parce que je l'ai déjà dit à quelques reprises. Elle me pose la même
question, puis j'amène la même réponse : Oui, c'est une activité qui est
structurée, tellement structurée qu'elle est financée par le ministère,
organisée par les commissions scolaires, ciblée par les directions, reconnue
par les directions. Les mentors sont formés préalablement. Il y a parfois du
temps de libération pour ça. J'appelle ça une activité structurée. Et il me
semble que je l'ai déjà dit à quelques reprises.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Je vais aller
maintenant à la députée de Saint-Laurent. J'ai la députée de Mille-Îles
et la députée de Westmount—Saint-Louis
qui veulent intervenir. Alors, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci. Je vais avoir une série de questions.
La Présidente
(Mme Thériault) : ...peut-être juste... Il y a une série de
questions. Allez-y.
Mme Rizqy : Vous avez déposé,
par l'entremise de votre collègue, un sous-amendement à votre propre
amendement. Vous avez dit alors que vous avez consulté vos partenaires. Les
seuls partenaires que vous avez mentionnés dans votre bouche étaient les cadres
scolaires. Est-ce que vous avez consulté d'autres partenaires avant de nous
présenter cet amendement... ce sous-amendement?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
je ne ferai pas la liste exhaustive des personnes à qui je parle ou à qui mon
cabinet parle, mais je peux vous dire qu'on parle à plusieurs personnes dans le
réseau, des porte-parole nationaux, aussi des personnes directement dans nos centres
de services et dans nos écoles. Mais là je ne sortirai pas les noms, et les
personnes précises, et la liste des organismes à qui on a parlé. Mon cabinet
est en communication constante avec plusieurs acteurs dans toutes les
catégories.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : C'est la Semaine
des enseignantes et des enseignants, la 26e semaine, puis ils nous disent
souvent qu'une des façons de valoriser, c'est d'abord les écouter. Ce
sous-amendement, l'avez-vous soumis soit à la FAE ou à la FSE‑CSQ pour en
discuter lorsque vous parlez de vos partenaires?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, on ne peut pas transmettre un amendement ou un
sous-amendement, là, un libellé directement à des partenaires avant de
le soumettre aux gens de la commission. En tout cas, ce n'est pas notre façon
de faire. On parle des principes. On parle des... On veut aller dans telle ou
telle direction, mais les libellés, comme tels, d'amendements, ou de
sous-amendements, ou du projet de loi, sont toujours donnés en primeur aux
parlementaires ou déposés pour que les parlementaires le sachent.
Je répète que nous parlons à des gens partout.
Puis, oui, on a parlé à des enseignants qui, certains, n'avaient aucun problème
avec le libellé tel qu'il était la semaine dernière, d'autres qui nous ont
dit : Ah! vous savez, on a des réserves, il faudrait faire des
ajustements. On a regardé quels ajustements on pouvait faire, dans quelle
mesure ça pouvait peut-être répondre à des
inquiétudes, puis on verra... Je ne parlerai pas en leur nom, là. Eux-mêmes
réagiront en disant... Autant des enseignants, à
titre personnel, que
des centrales syndicales réagiront, parleront pour eux-mêmes.
Mais moi, j'ai une grande confiance que cette
ouverture qu'on a, en disant que cette formation continue là sera choisie par
les enseignants et en disant que, oui, il y a un leadership pédagogique des
directions d'école, mais qu'essentiellement ce sont les enseignants qui
choisissent leur formation, avec le mot «notamment»... C'est-à-dire qu'on ouvre vraiment ce qui peut être considéré
comme de la formation en remettant ça, vraiment, là, comme une compétence
des enseignants. Écoutez, moi, j'ai une
grande confiance qu'une grande, grande, grande
partie des enseignants du
Québec, sans doute pas l'unanimité, mais une grande
partie des enseignants,
seront heureux de voir la direction que ça prend puis la reconnaissance que ça
amène. Donc, voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien, je suis un
peu étonnée, parce que tantôt le ministre a quand même dit d'emblée qu'il a
consulté ses partenaires. Et, lorsqu'on lui pose la question très
clairement : Est-ce qu'il a consulté des enseignants, là, la réponse,
c'est non, alors que, pourtant, c'est un engagement de valoriser la profession
d'enseignant, mais on ne les consulte pas sur des motifs hyperimportants de
conditions de travail.
L'article 133, là... Prenons ce qui nous a été
déposé par le ministre, ce sont des blocs, parce qu'effectivement on a un
projet de loi mammouth, plus de 300 articles. Pour notre bonne gouvernance, le
ministre nous a proposé, puis on le remercie bien, des blocs. Quand on arrive,
là, dans les différents blocs, Mission, Fonctionnement, Modalités d'élection,
Vacances, Territoires, on tourne la page, on continue, Choix de l'école,
Regroupement des services, mais il y a un bloc qui s'appelle Personnel
enseignant.
Moi,
habituellement, c'est clair que je m'attends à ce qu'un ministre qui se dit
toujours enseignant et qui dit qu'il veut valoriser les enseignants, bien,
parle à son monde. Je m'attends aussi que, si le ministre dit toujours :
J'ai un mandat clair pour abolir les élections, bien, qu'il ne vienne
pas nous mettre, dans le projet de loi, Formation continue obligatoire. En quoi
a-t-il besoin, pour abolir les élections, de la thématique Formation continue
obligatoire?
Qui plus est, Mme la Présidente, vous voyez,
ici, il y avait un
article 133, le projet de loi n° 40. On l'a barré parce qu'il l'a retiré. Donc, nos consultations
qui portaient sur l'article 133, là, sont caduques. Maintenant, il nous dépose des amendements suivis de sous-amendements,
parce que, clairement, il n'est pas prêt à venir en commission avec nous. Ça
travaille très tard, je comprends tout ça, mais ça ne travaille pas au bon
forum. Le 17 décembre, il y a eu des
offres patronales. Le ministre ne peut pas utiliser comme bouclier les
négociations collectives quand ça fait son affaire.
Par exemple, lorsqu'on
veut bonifier la qualité de services dans les maternelles quatre ans en mettant
des ratios d'un enseignant pour maximum 10 élèves, il nous a servi, là,
abondamment, là, et je vais vous citer des passages, abondamment : Ah!
non, non, on ne peut pas faire ça, c'est dans les modalités et conditions de
travail, c'est dans
les conventions collectives. Le ministre lui-même disait : «C'est le genre de choses qui font
l'objet des négociations lors des
grandes négociations de conventions
collectives, les ratios au primaire,
au secondaire, en milieux défavorisés, qui sont la plupart du temps
inférieurs aux milieux [défavorisés]. [Et] donc, je trouve ça plus ou moins
opportun, là, de l'inscrire dans la loi — et j'ajoute "sur
l'instruction publique".»
Ça, Mme la
Présidente, ça ne date pas de 20 ans, là, c'était à l'automne. Qu'est-ce
qui arrive, là, dans la tête du ministre? Depuis quand on contourne les règles
de négociation de bonne foi du Québec? Depuis quand on contourne des lois?
Depuis quand on décide d'être au-dessus des lois? Le ministre, là, est aussi
contraignable devant un tribunal pour négociation de mauvaise foi.
M. Roberge :
Excusez-moi, excusez-moi!
La Présidente
(Mme Thériault) : Oui, M. le ministre.
M. Roberge :
Excusez-moi, mais là je pense que ma collègue outrepasse un peu les limites en
disant qu'on est de mauvaise foi. Ça frôle l'insulte. Elle dit qu'on contourne
les négociations. Je trouve qu'elle me prête des intentions. Puis il me semble
qu'on pourrait débattre de façon plus respectueuse, sans dire qu'on contourne
les lois, qu'on bafoue les lois, qu'on est de mauvaise foi. Moi, je me garde de
l'interpeler de cette façon-là, puis j'aimerais ça qu'on garde un ton plus
cordial.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Saint-Laurent, effectivement...
Mme Rizqy :
Je n'ai pas entendu aucun appel au règlement, là.
La Présidente
(Mme Thériault) : Bien, je m'excuse, mais là le ministre l'a fait
lui-même. Il n'est pas obligé d'appeler un règlement pour vous demander de ne
pas lui prêter des intentions. Je vais vous demander d'être respectueuse dans
vos propos. Je sais que vous êtes capable de le faire. Vous l'avez déjà
démontré dans le passé, Mme la députée de Saint-Laurent. Donc, je vais vous
demander d'être cordiale dans vos propos et de ne pas prêter d'intentions au
ministre, s'il vous plaît.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, en tout respect, ce n'est pas prêter des intentions que de
référer aux lois. Les lois du Québec nous gouvernent, le Code du travail aussi,
le Code civil aussi, la Cour suprême du Canada aussi. Et, lorsque j'avance
qu'on contourne les tables de négociation, ce n'est pas prêter des intentions,
c'est factuel. Et je le mets au défi de nous déposer tout avis juridique à
l'encontre de ce que moi, j'avance. Et je vous mets même au défi, M. le
ministre, que... Si vous avez un seul, un seul avis juridique, déposez-le. Vous
n'en avez pas.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée, je vais vous demander...
Mme Rizqy :
Savez-vous pourquoi qu'il n'en a pas, Mme la Présidente? Parce qu'il y a trois
décisions de la Cour suprême du Canada qui...
Présidente (Mme Thériault) : Je vais vous demander, Mme la
députée, de me parler et de ne pas interpeler le ministre, s'il vous
plaît. Le ton était cordial jusqu'à maintenant.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, mais il l'est encore.
La Présidente
(Mme Thériault) : Il nous reste encore une dizaine de minutes ce
matin. Je vais vous demander de vous adresser à moi, et vous passez par ma
personne pour parler au ministre.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, vous n'êtes pas sans savoir qu'au Québec nulle personne
n'est au-dessus des lois. Ça, j'imagine que le ministre aussi est au courant de
ça. J'imagine aussi que le ministre sait qu'il est contraignable devant un
tribunal lorsqu'il y aura un procès à savoir si, oui ou non, le ministre a
négocié de mauvaise foi. J'imagine que le ministre est aussi au courant qu'il y
a trois décisions de la Cour suprême du Canada qui mentionnent qu'on a un droit
de pouvoir s'associer et que ce droit comprend les négociations. J'imagine que
le ministre a sûrement parlé avec le ministre du Conseil du trésor puis qu'il
s'est sûrement rendu compte qu'on ne peut pas être deux à négocier de façon
séparée, un qui négocie avec les syndicats puis un qui négocie tout seul avec
nous autres ici, à la salle... ici, on est bien à Hippolyte... oui, on est bien
à la salle Hippolyte...
Vous
comprenez que ça, là, ça ne se fait pas. Et, pour notre part, c'est un peu
difficile, avec des amendements qui ne tiennent pas la route... D'une
part, il nous a dit : Ah! le 30 heures, là, de formation continue
obligatoire, on l'a sorti d'où, ah bien, on l'a sorti en regardant les
différents codes professionnels. Les codes des professions, on a sorti ça. D'où
est-ce qu'il sort avec sa lecture d'ouvrages spécialisés? Est-ce qu'il a
regardé les différents codes des professions avec les règlements? Parce que
peut-être que, là-dedans, il aurait vu qu'il y avait des limites d'heures. Ça
sort d'où? Est-ce que quelqu'un va pouvoir faire 30 heures de lecture une
fin de semaine, puis c'est réglé? C'est comme ça qu'on va faire?
ici, il n'est même pas capable de nous dire, si c'est le 30 heures au
complet, comment on va le gérer. Est-ce que... Juste une question de
base. Est-ce que c'est gérable, ce qu'il avance? La lecture... Comment on va
mesurer le temps de lecture? Qui va mesurer? Est-ce que
la personne va devoir se mettre une petite caméra puis se mettre à se filmer à
tourner les pages des lectures? C'est d'un ridicule profond.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, si ma collègue veut déposer des sous-amendements pour
imposer des contraintes additionnelles, pour forcer les enseignants à se
minuter dans leurs lectures, libre à elle, mais ce n'est pas du tout l'approche
qu'on a. On n'a pas l'intention d'imposer ce type de norme un peu farfelue. Je
ne pense pas que ça fasse avancer le dossier en disant qu'on ne ferait pas
confiance aux profs, puis qu'ils allaient faire je ne sais pas quelle...
prétendre qu'ils ont lu 30 heures en une fin de semaine. Moi, je ne vais pas
là. Si ma collègue veut aller là, ça lui appartient.
Je veux rassurer ma collègue
sur le fait que, bien sûr, les gens du cabinet sont en contact avec plusieurs
groupes, je l'ai mentionné, mais plusieurs personnes, autant les porte-parole
nationaux que des enseignants, que des directions,
que des cadres, que des parents, à longueur de semaine. D'ailleurs, même, la
semaine dernière, j'ai rencontré personnellement aussi des représentants
et des leaders syndicaux, personnellement, spécifiquement sur la question de la
formation continue. On continue de les écouter. On continue de discuter avec
tout le monde. Puis on continue de travailler toujours dans l'intérêt des
élèves.
Maintenant, je pense
que, dans notre projet de loi, on avait des articles qui traitaient de la
formation continue. C'était une bonne idée d'inclure ça dans la
Loi sur
l'instruction publique. Maintenant, on est capables de prendre une bonne idée,
puis une bonne loi, puis de l'améliorer pour avoir une meilleure loi. Puis je
pense que c'est ça que les gens s'attendent, à ce que les gens en commission,
les gens du gouvernement, le ministre, les députés de la
partie gouvernementale,
tous les députés, qu'on bonifie le projet de loi en écoutant ce que les gens
nous disent. Ça tombe sous le sens, et, si on ne le faisait pas, on se le
ferait reprocher.
Maintenant,
je souhaite déposer d'autres amendements pour mes collègues parce que... Oui, je
sais, mes collègues vont dire : Mon Dieu! Ça n'a pas de
sens, on dépose des amendements. Bien oui, on dépose des amendements. Certains sont en concordance avec des amendements
qu'on a déposés dans les semaines dernières, où on a déposé des amendements
sur la composition du conseil
d'administration. Donc, c'était l'amendement principal, sur le C.A. Mais,
une fois qu'on fait cet amendement-là, il y a plein, plein, plein
d'amendements de concordance, parce que c'est un
article qui touche à un autre,
qui touche à un autre, qui touche à un autre. Ça touche aussi un conseil
d'établissement.
Donc, à mesure qu'ils
sont prêts... Puis, la semaine dernière, il y a eu du travail pour ajuster avec
les légistes plusieurs amendements. Donc, j'aimerais les déposer tout de suite
pour qu'ils soient distribués aux collègues. Bien que ça ne soit pas tout de
suite qu'on traite de ces questions, je pense, ça va permettre aux collègues de
prendre connaissance de ça et de faciliter le travail. Comme on le fait à
mesure qu'ils sont prêts, quand on a les amendements possibles d'avance, je
pense que c'est plus facile pour les collègues de travailler. Donc, je veux
tout simplement déposer ceci. J'aimerais que ça soit distribué aux collègues
pour faciliter le travail.
La Présidente (Mme
Thériault) : J'entends... Avant de vous reconnaître, Mme la députée,
j'entends, M. le ministre, que l'équipe ministérielle, donc, les gens au
ministère de l'Éducation, ont préparé une série d'amendements qui découlent du
travail législatif qui a été fait dans les deux premières semaines du mois de
janvier, donc, des amendements à d'autres articles qui ont déjà été adoptés,
qui, automatiquement, vont donner des amendements dans d'autres articles qu'on
n'a pas encore vus, et que, pour faciliter le travail des collègues de l'autre
côté, vous suggérez de déposer tout de suite vos amendements. Est-ce que... Et
ce que j'ai besoin de savoir, c'est : Est-ce que vous les donnez pour la
connaissance et on va les enregistrer au fur et à mesure qu'on avancera ou s'il
faut faire un dépôt formel? Parce qu'il y a deux manières de procéder.
Donc, moi, je pense
que c'est peut-être plus convivial si vous me dites... Vous allez faire une
distribution pour que les collègues puissent en prendre connaissance sur
l'heure du midi ou au fur et à mesure qu'on va avancer? Je pense que c'est
peut-être la meilleure manière de procéder. Sinon, je dois enregistrer chacun
de vos amendements, et, si jamais il y a d'autres amendements, ça va
automatiquement... S'il y a des modifications que vous voulez faire, vous allez
devoir retirer un amendement que vous avez déjà déposé. Donc, oui?
M. Roberge :
Non, madame, juste préciser. J'apprécie
votre question. Il s'agit d'un dépôt de documents pour que tout le monde
en prenne connaissance. Puis, si ça touche un article...
La Présidente (Mme
Thériault) : O.K., en prenne connaissance, O.K., parfait.
M. Roberge :
De toute façon, on ne peut pas le déposer formellement, supposons, pour amender
des choses, mais c'est tout simplement pour distribuer pour que tout le monde
puisse prendre connaissance puis que ça facilite le travail quand on sait, dans
deux jours, dans trois jours, dans quatre jours, quand on sera rendus dans
d'autres blocs, où on sera rendus. Donc, à mesure qu'on les a, on peut les
rendre publics. Je pense que c'est la meilleure façon.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait. C'est ce que je voulais savoir. On les déposera
au fur et à mesure, mais ils sont disponibles. On va les distribuer aux
parlementaires pour que les collègues députés puissent en prendre connaissance.
Donc, comme ça, ça va accélérer la compréhension pour les prochains articles.
Donc, juste avant que vous
les déposiez, je vais reconnaître la députée de Saint-Laurent et la députée de
Joliette, mais, oui, effectivement, on va le prendre comme un dépôt de document
pour pouvoir le distribuer à tout le monde. Mme la députée, oui.
Mme Rizqy : Je vais aller vite parce
que je sais que ma collègue aussi veut intervenir. Ça, là, c'est encore
l'attitude du ministre, mettre la charrue devant les boeufs. On est en train
d'étudier un amendement. Il nous dépose des documents
qui n'ont pas rapport avec qu'est-ce
que nous, on est en train d'étudier...
tellement que, la dernière fois, il a même amendé
des amendements qu'il a juste déposés, qu'on n'a même pas eu le temps de
prendre connaissance, Mme la Présidente. Allez-y, déposez-les. Vous allez faire
votre ligne de communication, mais ça ne fait pas avancer notre débat.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
Mme la députée de Saint-Laurent. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Bien, c'est
ça, je pense, moi, je suis très, très ouverte et je souhaite que le ministre
dépose tous ses amendements, donc, mais pas à la pièce, selon les opérations de
communication qu'il fait, que, là, ça serait utile que je dépose celui-là parce
que, là, je vais pouvoir en parler publiquement. Donc, moi, ce que je demande
formellement au ministre, c'est qu'il nous dépose en liasse tous les amendements
pour l'ensemble du projet de loi. Super! Donc, ça, ça va aider notre travail
puis on va pouvoir avancer correctement. Mais je comprends que c'est l'ensemble
des amendements des 300 articles, là.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre, on comprend que c'est l'ensemble des amendements, suite au travail
qui a été effectué pour les dernières semaines, que vous déposez?
M. Roberge : Tout ce que j'ai de
prêt à ce moment-ci.
La Présidente (Mme Thériault) :
Parfait. Et on comprend aussi que, si jamais vous avez d'autres amendements en
cours de route, vous vous ferez un plaisir de les partager avec les collègues
pour faciliter le bien... le bon déroulement de nos travaux. C'est ce qu'on
comprend?
M. Roberge : Tout à fait.
La Présidente (Mme Thériault) :
Parfait.
Donc, si vous ne voyez pas d'inconvénient, compte
tenu de l'heure, je vais vous... Oui, non? Oui, je vais vous demander de
suspendre les travaux, M. le ministre. Et, à ce moment-là, on reprendra après
la période des affaires courantes cet après-midi.
Donc, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 57)
Présidente (Mme Thériault) :
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Et nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 40, Loi modifiant principalement la
Loi sur l'instruction
publique relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaires.
Donc, lors de
la suspension de nos travaux, nous en étions à l'étude d'un sous-amendement qui a été déposé par M. le député de Richelieu à l'amendement
qui avait été déposé par M. le ministre qui visait à introduire
l'article 4.2 dans le projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur le sous-amendement? Et j'ai M. le ministre qui me demande la
parole. M. le ministre.
Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Donc, content de reprendre
ici. Donc, pour les gens qui reviennent avec nous, je pense que c'est un
sous-amendement que mon collègue a déposé qui est important. On est dans des
questions qui sont à la
section II de la
Loi sur l'instruction publique,
«Obligations de l'enseignant.»
Donc, on
vient dire que, oui, il y a une obligation de formation continue, mais, avec ce
qui a été apporté, je pense, c'est très important de voir que, oui, il y
a question d'avoir 30 heures par deux ans, donc, grosso modo,
15 heures par année. On parle de
peut-être deux jours et demi sur les 20 journées pédagogiques que les
enseignants ont dans une année. Puis aussi il y a des moments où ils
sont libérés parfois pour faire de la formation continue. Mais, si on ne
regardait que les journées pédagogiques, là, on parle de peut-être deux jours
et demi qui pourraient être consacrés à ça.
Donc, ce n'est absolument rien d'excessif. Mais
ce qu'il y a d'intéressant avec ce qui est apporté, je pense, c'est une reconnaissance importante dans la loi
que ce sont les enseignants qui sont maîtres d'oeuvre de leur formation continue, qui choisissent les formations, qu'ils ont une
grande liberté pour le faire, avec une liste de ce qu'on définit comme
formation continue, mais une liste qui est assez large, qui commence avec un
«notamment» avant l'énumération. Donc, je pense qu'on était à discuter de ce
sujet.
La Présidente (Mme Thériault) :
Donc, j'ai la députée de Sherbrooke
qui vient de lever la main. Juste pour votre information, avant de passer
la parole, Mme la députée, sur le sous-amendement, dans les temps de parole,
il reste cinq minutes pour la députée des Mille-Îles, 13 minutes pour la
députée de Westmount—Saint-Louis,
11 min 45 s pour la députée de Saint-Laurent, 14 minutes
pour la députée de Sherbrooke et 15 minutes pour la députée de Joliette,
environ.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Quand on a commencé à discuter de la question de la formation
continue lors de la dernière période des travaux, j'avais posé quelques questions
au ministre sur les données dont le ministère disposait concernant la formation
continue. J'aimerais ça savoir si, dans les dernières semaines, il a réussi à
avoir accès à ces informations-là sur l'état des lieux de la formation continue
en ce moment.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
c'est une question, effectivement, que ma collègue a déjà formulée. On n'a pas
les données précises de ça parce que c'est géré en ce moment école par école.
Ce n'est pas comptabilisé d'aucune manière. Il peut y avoir des enseignants qui
décident, là, de comptabiliser, mais ce n'est pas attendu. Donc, on ne peut pas
avoir cette information-là précise.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bon, mais je dois
dire sincèrement que ça a été nommé, là. À mon sens, ce n'est pas du tout le
bon espace pour faire ça, ici, en commission parlementaire, discuter de la
formation continue, hein? Ça devrait se faire
dans le cadre des négociations collectives. En plus, le ministre n'a absolument
aucune information à sa disposition sur l'état des lieux en termes de
formation continue. Donc, il n'est même pas en mesure de nous démontrer qu'il y
a des problèmes actuellement en ce qui concerne la formation continue.
Donc, il
essaie de régler un problème qui n'existe pas nécessairement. En tout cas, il
ne nous l'a pas démontré. Il essaie de le faire dans un lieu qui n'est
pas le bon endroit pour le faire puisqu'il y en a déjà un dans le cadre des
négociations de conventions collectives. Et je pense que la manière dont le
ministre le fait n'est pas un gage de succès du tout pour l'application de
cette mesure-là. Mais ce que je constate aussi, c'est qu'il n'y a aucune façon
que le ministre va me convaincre... Il n'y a pas d'amendement à son intention
qui serait suffisamment convaincant, de toute façon, pour que je puisse appuyer
ça, dans la mesure où ce n'est pas du tout le bon lieu pour discuter de ça.
Donc, je n'aurai plus rien à ajouter là-dessus,
sauf que je pense que le ministre devrait y réfléchir une dernière fois avant
d'inclure ça ici parce qu'il se met potentiellement les pieds dans les plats,
et je pense que ce n'est pas souhaitable. Et je pense même que le nouvel... le
sous-amendement qu'on nous a apporté aujourd'hui vient augmenter le risque
qu'il se mette les pieds dans les plats parce qu'il vient ajouter des éléments
qui se comptabilisent très mal. Donc, il y a un niveau d'improvisation ici qui
me dérange beaucoup. Mais, après ça, sincèrement, ça sera à lui à se
débrouiller avec ça. On ne pourra pas bonifier ici son intention.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre, ça va, oui?
M. Roberge : Oui. Ma collègue
nous répète les arguments qu'elle nous a déjà dits. Il n'y a pas de question à
la fin de l'intervention. Donc, voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
D'accord. Est-ce que j'ai d'autres
interventions? Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Moi,
je veux vraiment revenir sur le point de la cohabitation de la loi avec la
convention collective. Donc, j'y ai fait référence l'avant-dernière semaine. Ma
collègue a repris ça aussi aujourd'hui. Mais le ministre, dans le projet de loi
sur les maternelles quatre ans, là, il nous a tenu un gros, gros discours sur
les ratios, sur le fait que c'était vraiment dans les conventions collectives.
On ne pouvait pas en démordre. Donc, c'était impossible de mettre ça dans la
loi tant qu'on ne finissait pas la négociation de la convention collective...
puis qu'après on pourrait regarder ça.
Là, j'aimerais juste savoir pourquoi, dans ce
cas-ci, on va vraiment être pris avec deux outils, là, parce que les propres
offres qui viennent d'être déposées, il y a quelques semaines, par le
gouvernement parlent de plein d'éléments en lien avec la formation continue.
Donc, ça va, de toute évidence, faire l'objet de négociations, mais là c'est la
loi qui va venir prévoir le cadre, jusqu'au nombre d'heures, jusqu'à tous les moyens
qui peuvent être comptabilisés comme de la formation continue. Moi, je vois une
grave incohérence là-dedans.
Je m'explique très mal, au-delà de
l'incohérence, aussi comment le ministre peut enlever ça de la sphère de la
négociation de conventions collectives, parce que, comme je lui ai fait
ressortir il y a quelques jours, quand on a une loi, avec un ordre
professionnel, qui vient mettre un nombre d'heures, c'est parce que ça a fait
l'objet de discussions avec les membres de l'ordre professionnel, si ce n'est
pas via un mécanisme de convention collective.
on a un mécanisme de convention
collective qui, en théorie, devrait
permettre de débattre de ça, mais on le met dans la loi. Donc, premier problème.
Puis, deuxième problème, on ne consulte pas véritablement les enseignants. Puis
je sais que le ministre nous dit combien les enseignants sont heureux du projet
de loi, mais il y a 10 000 enseignants qui ont quand même signé une
pétition. Donc, j'imagine que le bonheur est relatif chez certains.
Alors, de ce point de vue là, je pense que ce
n'est pas le bon forum de venir mettre ça là, si ce n'est que parce qu'il va y
avoir une incohérence, parce qu'on est dans un processus, en ce moment, de
négociation qui va débattre de ça. Donc, moi, je veux comprendre comment le
ministre puis son collègue du Trésor vont arriver à pouvoir venir mettre des
obligations dans la loi, alors que c'est supposé faire l'objet de négociations
dans leurs propres offres.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Donc, c'est encore
la même question. J'ai déjà répondu à cette question-là la semaine dernière,
ce matin. Pour recommencer, ce n'est pas exclusif. Ce n'est pas parce que quelque
chose est traité dans un endroit qu'il ne peut pas être traité dans l'autre
endroit. Aussi, on met des balises dans la loi qui, ensuite, seront respectées
à la grandeur du Québec. Il y a... Je vois, là, dans «Obligations de
l'enseignant», des articles qui traitent de la formation continue. Donc, il y a
déjà quelque chose là. C'étaient des balises qui n'étaient pas très précises,
mais qui existaient, qui n'empêchaient pas
la négociation, d'aller sur des modalités. Là, on met des balises qui sont
différentes. Elles n'empêcheront pas la négociation, de discuter des
modalités.
Hivon : Est-ce que
le ministre admet que, pour ce qui est des ratios dans les maternelles quatre
ans, on aurait très bien pu mettre ça dans la loi, parce qu'une chose ou
l'autre, ça n'a aucune importance, finalement?
M. Roberge : Je ne pense pas... Si
je croyais que ça n'avait aucune importance, on n'en traiterait pas. Je pense
que c'est quelque chose qui est important. Puis il y a un choix de dire :
On va le traiter de cette façon-là ou on va le traiter de cette façon-là. Sur
les cas des ratios, des ratios existaient, ont été... dans le cadre des
conventions collectives, et on a vu qu'au fil des années les ratios ont baissé.
Pour ce qui est de la formation continue, bien, en ce moment, disons que ce n'est pas nécessairement concluant, ce qu'il y a
comme balises. Et là on arrive, on se positionne puis on vient mettre
quelque chose dans la loi.
Hivon : Mme la
Présidente, je ne sais plus trop quoi dire, mais, je veux dire, le ministre,
pendant des jours, nous a parlé que, les ratios, on n'avait pas le choix, c'est
un élément de convention collective. Donc là, c'était impossible de mettre ça
dans la loi. Là, c'est encore pire. Ils viennent de faire un dépôt. Ils parlent
de la formation continue dans leur négociation. Puis on n'est pas dans le grand
principe général, là. On est rendus dans la loi puis on parle du nombre
d'heures, que la lecture d'ouvrages spécialisés peut être comptabilisée. Je
pense qu'on est dans un niveau de détail assez important.
Ça fait que je veux juste faire ressortir, selon
moi, la grande incohérence du gouvernement avec lui-même, parce qu'il veut négocier là-dessus, mais,
parallèlement à ça, en même temps, là, il met ça dans une loi, l'incohérence
du gouvernement avec lui-même ou du ministre avec lui-même, parce qu'il nous a
plaidés pendant des jours que, si ça allait à un endroit, ça ne pouvait pas
aller à l'autre endroit. Puis là, quelques semaines plus tard, pour un autre
projet de loi, il vient nous dire : Bien, il n'y a pas de problème, on
peut mettre ça à deux endroits, on peut mettre ça à l'endroit qu'on veut, des précisions dans la loi ou dans la convention
collective en même temps, il n'y a pas de problème.
Ça fait que c'est sûr que j'ai beaucoup de mal à
trouver, je dirais, un fil conducteur rationnel à tout ça, mais le ministre ne
semble pas avoir d'autre réponse que celle qu'il nous a donnée pour l'instant
puis depuis des jours. Donc, à part manifester mon désarroi, je ne sais pas ce
que je peux ajouter à ce moment-ci.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, il
ne faut pas s'étonner qu'aux mêmes questions on reçoive les mêmes réponses.
Ceci dit, ça arrive qu'un gouvernement fasse des choix, priorise quelque chose
ou considère qu'une question est très bien
traitée dans un forum. Une question peut être traitée dans l'autre forum. Ce
n'est pas nécessairement exclusif, et je ne pense pas nécessairement que
c'est une incohérence.
Sinon, bien, écoutez, je pourrais dire la même
chose : Ah! bien, ma collègue est incohérente. Quand c'était question des
maternelles quatre ans, elle disait qu'il ne fallait absolument pas que ça soit
dans les négos. Il fallait absolument que ça soit dans la loi. Elle
disait : Ce n'est pas parce que... Elle disait exactement ça, là : Ce
n'est pas parce que ça fait des années que c'est négocié que ça doit être
négocié, on peut dire «tant pis» puis mettre ça dans la loi. C'est ce que nous
disaient les collègues des oppositions. Là, maintenant, parce que ça a déjà
fait l'objet de négociations sur les modalités, on se fait dire que ça ne peut
pas aller dans la loi, puis c'est supposément nous, là, qui sommes incohérents.
Alors, Mme la Présidente, c'est simplement que,
dans des situations différentes, des positions différentes sont prises. Mais, quand
même, on avait des oppositions qui nous disaient que... Même si quelque chose
était... faisait l'objet de négociations depuis des années, les oppositions
nous disaient : Mettez-les dans la loi. Et là ils nous disent : Ça
fait l'objet de négociations, il ne faut surtout pas le mettre dans la loi, on
ne peut pas faire ça. Moi, je pense qu'à situation particulière on peut prendre
des décisions particulières, différentes, parce que le contexte est différent.
Voilà.
Mme Rizqy : Mme
la Présidente, j'aurais un appel au règlement.
La Présidente (Mme Thériault) :
Allez-y, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Le ministre détourne de
façon importante les propos de ma collègue.
La Présidente (Mme Thériault) :
Attention à votre langage.
Mme Rizqy : Alors, il prête des
intentions. Ce n'est clairement pas ce qu'elle a dit et, au contraire, elle a
mis en évidence les incohérences du ministre.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci pour votre question. J'allais passer la parole à la députée de Joliette, qui va certainement avoir quelque
chose à répondre au ministre de toute façon.
Hivon : Juste
faire ressortir, selon moi, deux différences majeures. La première, c'est que,
pour les maternelles quatre ans, on n'était pas dans... On n'avait pas un dépôt
concurrent, au même moment, contemporain de l'adoption de la loi, qui faisait
que c'était un sujet de discussion, du fait même du choix du gouvernement. Je
pense, c'est une première nuance assez importante. Puis, la deuxième, c'est
qu'on avait entendu les personnes concernées, et
il y avait un consensus pour dire, chez les experts, chez les syndicats, qu'il
fallait diminuer les ratios, alors que, là, moi, le consensus sur la
formation continue, je ne l'ai pas entendu. J'ai plutôt entendu un dissensus
sur cette question-là. Donc, je pense que c'est deux éléments assez différents.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Donc, ça va? J'ai Mme la députée de Mille-Îles qui voulait faire une
intervention. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Pas
de commentaire, deux questions, parce que je le sais, qu'il me reste cinq
minutes, puis j'essaie d'être performante. Ça va avec ma prestation.
Donc, mon commentaire, c'est... Le ministre nous
a tellement bien vendu ce qui va dans la convention collective... qu'on ne
devrait pas mettre dans un projet de loi, qu'on y croit même rendus à ce projet
de loi là. Donc, il nous dit : On n'était pas cohérents. Moi, je dis...
Moi, j'ai très bien compris... aux maternelles quatre ans. Ça fait que, là,
s'il le fait là, je ne comprends plus.
Un coup que je vous ai dit ça, je voulais
savoir, la formation continue, comment est-ce qu'elle s'applique en formation
professionnelle, parce que ce n'est pas nécessairement des enseignants de la
même, je vais dire, faction, mais, je vais vous dire, du même apprentissage. Un
enseignant en formation professionnelle, c'est souvent un professionnel du
métier. Donc, je pense à maçonnerie surtout, je pense à pompier. Et ça fait en
sorte que... Comment le ministre voit la formation continue pour les
enseignants en formation professionnelle?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Merci bien. Alors, cet
article-là vise à la fois les enseignants du préscolaire, du primaire, la
formation générale des jeunes, la formation générale des adultes et la
formation professionnelle. Je ne pense pas que les enseignants au primaire
auraient davantage ou moins besoin de formation continue que ceux qui sont,
comme on dit, en FP ou en FGA. Il n'y a pas de distinction. Je pense que les
enseignants doivent se former tout au long de leur carrière. D'ailleurs, je
veux dire, ce sont des grands tenants de la formation. Ils dédient leur vie à
la formation des autres. Mais je pense que d'être en formation continue, c'est
correct.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Mme la Présidente, un enseignant en formation professionnelle, ce n'est pas un
enseignant de carrière, c'est quelqu'un qui a eu une carrière. Je vous
donne un exemple, je fais une image, j'aime ça, faire ça : soudure. Ce
n'est pas un enseignant qui a appris comment enseigner puis qu'après ça il a
appris comment faire de la soudure. Non, non, non! C'est un soudeur qui a une
capacité pédagogique et qui, pour des raisons professionnelles et parce qu'il a
un goût d'échanger sur sa passion de son métier, s'en va en éducation.
Et là il y
a... Je fais ça toujours court, puis les gens me pardonnent quand je
l'explique. Il fait plus le «shortlist» de l'éducation. C'est-à-dire
qu'il ne fait pas tout le chemin fait par un enseignant qui s'en va au
préscolaire, au primaire ou au secondaire. Il fait un parcours un peu plus
court pour pouvoir être sur le plancher avec les jeunes, sur un seul sujet. Son
sujet, c'est le métier qu'il apprend à l'élève. La même chose en formation
technique, mais là on est dans une formation un peu plus pointue puisqu'on est
en cégep et université, et, de ce fait, bien, quelquefois, les cours sont
différents, mais, en formation professionnelle, ce n'est pas la même chose.
Puis j'en
rajoute une couche, M. le ministre. Si vous me permettez, je vais vous demander si
ça s'applique aussi aux coachs puis aux entraîneurs qui vont aux olympiades
avec nos jeunes, parce qu'en formation professionnelle on a des olympiades
extraordinaires. D'ailleurs, le Québec se démarque de façon extraordinaire
aussi sur le... autant régionalement que
mondialement. Et, de ce fait, est-ce que l'application ou est-ce
que la notion de formation continue s'applique à ces gens-là aussi?
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, les enseignants en formation générale des adultes, en formation
professionnelle, au secondaire, au primaire, préscolaire sont tous des
enseignants, et je pense qu'ils bénéficient tous de formation continue. Je
pense qu'ils en font déjà pas mal tous déjà. Ils suivent d'ailleurs une
formation, hein? Je veux bien croire que celui qui est plombier, qui devient
enseignant en formation professionnelle... Oui, mais vous me faites le signe
comme si ce n'était pas la même chose, mais il existe que, des baccalauréats de
quatre ans pour devenir... c'est le même nombre de crédits, à terme,
universitaires. Ça prend un certain temps. Souvent, ils le font en même temps
qu'ils enseignent, mais, à terme, ce sont des enseignants qui obtiennent leur
brevet et qui enseignent.
Et bien sûr qu'ils
doivent rester au fait des programmes, au fait des dernières avancées en
pédagogie, parce qu'on n'a pas moins besoin d'être un pédagogue parce qu'on
enseigne en FP, puis aussi de ce qui se passe dans l'industrie. Parfois, si on
devient, supposons, enseignant en FP à 35 ans ou à 40 ans, après
avoir eu une carrière dans les métiers, on se réoriente, on devient enseignant,
souvent, bien souvent passionné par ce qu'on fait.
D'ailleurs, j'ai
visité un centre à Montréal juste avant Noël ou juste... non, juste avant Noël,
sur les métiers...
La Présidente (Mme
Thériault) : ...dans mon comté.
M. Roberge :
...merci bien, Mme la Présidente — les métiers de l'acier à Anjou, dans un
comté formidable, avec une députée qui fait très bien son travail, d'ailleurs,
qui était présente. Et j'ai pu parler avec les enseignants qui nous disaient
que, là, il fallait se tenir à jour justement parce que les procédés... Ils ne
pouvaient pas enseigner aux jeunes des techniques qui n'étaient pas fidèles à
ce qui se passe dans les métiers de la construction. Et, comme ça change sur
les chantiers, il fallait que ça change dans l'école, puis donc il fallait
qu'ils soient toujours à jour. Et ils se forment de manière continue. Je pense
que c'est nécessaire pour avoir la qualité des diplômes, puis nos diplômes sont
de qualité, mais il faut que ça reste comme ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Ne voyez surtout pas là le principe qui veut que je ne pense pas que c'est
nécessaire. Je voulais savoir comment ça fonctionne, parce que la formation
professionnelle, pour moi, c'est une façon de faire qui est quelque peu
différente où on a toujours trouvé la latitude... Quand le ministre dit :
Ils sont formés comme les autres enseignants, la réponse, c'est : Non, il
y a une reconnaissance de crédits qui fait qu'on peut leur donner la permission
d'enseigner. Mais ils ne sont pas toujours formés de la même façon, et c'est
correct, parce que ce qu'on veut, c'est des gens qui apprennent le métier sur
lequel ils ont une passion à nos jeunes.
Par contre, quand on
oblige quelque chose par une loi et non par une convention collective, ça
implique que tout le monde devient beige. Alors, quand vous me dites :
Oui, il y a une application qui... l'application de la loi fait en sorte que la
formation professionnelle est touchée par ça, la formation technique, je suis
obligée de vous dire qu'on a des coachs, des entraîneurs qui vont aux
olympiades avec nos jeunes, mais on a aussi des enseignants en formation
professionnelle qui sont dans l'usine.
Souvenez-vous, M. le
ministre ou Mme la Présidente, vous le savez, on a des gens qui apprennent sur
le terrain. Donc, ils vont dans les usines. Ils apprennent sur le terrain. Les
gens qui les encadrent à ce moment-là sont obligés d'appliquer la loi, parce
qu'ils ne sont pas convenus dans la convention collective des enseignants, mais
ce sont des enseignants auprès des jeunes qui
sont dans l'usine. Je vais toujours utiliser le mot «usine», parce que l'image
est assez formelle, là, mais... Et, de ce
fait, est-ce que ces gens-là, vous les reconnaissez dans la loi comme des
enseignants ou vous les reconnaissez
d'une autre façon pour ne pas qu'on soit obligés de leur donner un encadrement
supplémentaire?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Ici, on parle d'enseignants. Il y a des enseignants qui ont
des missions de supervision de stages en entreprise, mais, s'ils ont la
fonction, là, dans la commission scolaire puis ils sont reconnus comme des
enseignants, rémunérés comme des enseignants, bien, ce sont des enseignants.
Ils auront les obligations de l'enseignant, les droits de l'enseignant. Ils seront
traités comme des enseignants à part entière avec les obligations, les
avantages, etc.
Charbonneau :
Par contre, vous convenez avec moi que, dans une convention collective, il y a
des différences dépendamment de comment je pratique mon q