Culture and Education — 9 September 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CCE 2013-09-09
Quebec — Committees
M. Duchesne : C'est un
libellé qui est ajusté à la nouvelle réalité de la création de ce nouveau ministère,
qui vise plus précisément à s'occuper, bien sûr, du niveau d'enseignement
supérieur, donc, qui est défini ici par le niveau d'enseignement collégial et
universitaire, ainsi que la recherche, bien sûr.
Sklavounos : Je
comprends qu'évidemment le libellé Enseignement
supérieur, Recherche, Science,Technologie, c'est la nouvelle terminologie qu'on utilise
dans ce ministère-là. Est-ce
que l'aspect «faire la
promotion» était déjà présent dans l'ancien libellé?
M. Duchesne : Je n'ai pas
précisément l'ancien libellé sous les yeux.
Sklavounos : Pas de
problème, M. le ministre, on vous permet de consulter.
M. Duchesne : On pourra
vérifier puis vous revenir sur la façon dont c'était écrit précisément.
Sklavounos : Je n'ai pas l'ancien texte non plus. Alors, s'il
y aurait une copie de l'ancien texte, qu'on pourrait comparer, de
disponible, si on pourrait faire une petite copie.
J'ai une
autre question également. Il y a l'aspect «favoriser, dans ces domaines, le
rayonnement du Québec au Canada
et à l'étranger». J'aimerais savoir si ce bout-là, cette partie-là de
favoriser, dans le domaine des connaissances, acquisition de
connaissances, transmission de connaissances, recherche, science… si «favoriser
[…] le rayonnement du Québec au Canada et à l'étranger» existait dans l'ancien
libellé?
Présidente (Mme Vien) :
Le temps que le ministre réponde, vous avez remarqué que je laisse davantage les échanges entre les
parlementaires pour ne pas intervenir et alourdir les débats. Ça vous va comme
Sklavounos : Moi,
ça me va.
La Présidente (Mme Vien) : C'est
une façon de procéder que j'aime bien.
Sklavounos : Je
pense, on s'entend bien.
La Présidente (Mme Vien) : Si
je devais intervenir, j'interviendrai.
Sklavounos : Oui,
oui.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
Duchesne : Très bien.
Alors, je vous rappelle que, pour les fonctions du ministre,
c'est en
partie des éléments qui proviennent de la Loi du ministère de l'Éducation
et en
partie des éléments qui viennent de la
Loi sur le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de
l'Exportation. On va trouver avec un... des éléments des deux lois.
Sklavounos : Est-ce
que je peux demander au ministre qu'est-ce qu'il entend… Il est le ministre, il occupe le fauteuil depuis un an maintenant,
on vient de souligner l'anniversaire de ce ministère-là. Est-ce que
le ministre pourrait partager
avec nous sa compréhension et sa… de ce paragraphe-là, cet article? Quelle
vision a-t-il de la façon que le Québec pourrait faire la promotion de l'enseignement
supérieur? Et, au niveau de la favorisation du rayonnement, parce qu'il y a un aspect au Canada et à l'étranger, c'est-à-dire dans le reste du
pays et à l'étranger, est-ce que le ministre peut partager avec nous sa
vision? Comment est-ce qu'il voit cet article-là? Il occupe le fauteuil, s'il y
a des choses qui ont été faites depuis qu'il est là, mais, en même temps, sa
vision pour l'avenir.
M. Duchesne : La promotion de l'enseignement supérieur se fait d'abord
par l'excellence, la qualité de l'enseignement, par la reconnaissance
des diplômes qui sont donnés et qui ont égale valeur, égal mérite dans toutes les institutions où ces diplômes sont attribués,
que ce soit au niveau du réseau collégial ou universitaire. Le Québec peut se distinguer par un taux de
scolarisation postsecondaire qui est enviable, qui est supérieur à la moyenne
canadienne, qui est supérieur à la moyenne américaine, et ça, c'est dû, entre
autres, à l'existence, dans notre réseau, d'un élément, je dirais, presque identitaire qui est très
particulier au Québec, c'est l'existence même des cégeps, une création
du Québec qui date de la Révolution tranquille, du rapport Parent, dont
on célèbre le cinquantième anniversaire ces temps-ci. Et la création des cégeps a permis de favoriser, d'approfondir,
d'élargir l'accès à l'enseignement supérieur. Des cégeps, qui aussi ont un rôle important, parce que
ce ministère-là touche à tout le domaine de la recherche et de
l'innovation. Des cégeps qui sont
présents dans ce domaine par les CCTT, les centres collégiaux de transfert de
technologie, où on y fait beaucoup de recherche appliquée et où on est
près, très près de l'industrie. Dans certains cas, vous savez, les CCTT, les
bâtiments sont même dans certains parcs industriels régionaux.
Alors,
la promotion de l'enseignement supérieur, c'est par la qualité, l'excellence, c'est
par le nombre de diplômes, et, là-dessus, il faut… Et le Québec, encore
une fois, innove, c'est la très rapide ascension du nombre de diplômés de première génération, c'est-à-dire ce garçon, ce jeune homme, cette jeune fille qui revient à la maison
avec un diplôme collégial ou un diplôme universitaire et qu'il est le
premier de sa famille à avoir cette forme de reconnaissance. Nous veillons à ce
que ce soit partagé, que le savoir soit partagé par l'ensemble de la population.
Donc, pour
ce qui est de la recherche, science
et technologie, oui, favoriser ce rayonnement du Québec à
l'étranger et au Canada parce qu'on le sait, on a des groupes de
recherche, il y a des associations, des alliances qui se font même avec, je dirais, des chercheurs étrangers. Nos
universités sont présentes avec toutes sortes d'accords internationaux.
Alors, ça fait partie, bien sûr, du rayonnement du Québec au Canada et à l'étranger.
Sklavounos : Mme la Présidente, je suis très heureux d'entendre
le plaidoyer passionné du ministre pour les cégeps, évidemment, qu'on sait étant non seulement des lieux de
transmission de connaissance dans tous les domaines, mais des acteurs économiques importants pour les
régions. Évidemment, le ministre, vu qu'on est sur le sujet des cégeps,
évidemment, le ministre a parlé récemment du fait d'ajouter un nouveau cours d'histoire
au cégep. Évidemment, les détails restent à
déterminer, il y aura des consultations, des projets pilotes, etc. Mais, en
même temps, le 7 septembre est tombée
une nouvelle touchant les cégeps particulièrement, et je suis content qu'on entame
l'étude de ce projet de loi, qui, évidemment,
vise à créer… un ministère qui a déjà été créé, on s'entend, et qui est déjà en
fonction, mais, officiellement, la loi constituante du ministère de l'Enseignement
supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie.
Nous avons eu
une nouvelle touchant les cégeps qui est assez importante. Et, je ne parle pas
de celle du cours d'histoire, je parle de
celle où on a appris… J'ai un
article devant moi du Devoir , le 7
septembre 2013, Lisa-Marie Gervais, mais ça a été repris dans plusieurs
médias que les profs… Et je vais vous lire textuellement le premier
paragraphe : «Les profs de cégep perdent du galon. Le Conseil du trésor a
réévalué leurs tâches et leur offre désormais un salaire moindre que les
enseignants au préscolaire, au primaire et au secondaire. La Fédération
nationale des enseignants, FNEEQ-CSN, a déjà
voté pour des moyens de pression afin de faire reculer le gouvernement.» Il y a
une citation d'au moins une représentante qui compare aux profs de la
maternelle.
Alors,
je suis content qu'on aborde le sujet, que le ministre parle des cégeps, l'importance
des cégeps en faisant référence au rapport Parent, à l'importance et le
caractère distinctif de notre système d'enseignement, ce morceau important de
notre identité québécoise. J'aimerais, dans la foulée de ses commentaires, si
le ministre pourrait nous expliquer, en quelque sorte… Parce que je comprends
que c'est une question de Conseil du trésor, mais le ministre, évidemment, a partagé avec nous des propos
élogieux qui reconnaissent l'importance des cégeps. En plus, il y a ce
projet d'ajout d'un cours d'histoire, cours
d'histoire nationale. Les détails restent à déterminer. J'imagine, on va être
éclairés davantage. Je crois comprendre que
c'est un cours qui sera obligatoire pour tout le monde. S'il remplacera un
cours, s'il sera ajouté à la charge,
ce n'est pas tout à fait clair. Mais, au niveau de cette question de revoir les
salaires des profs de cégep à la baisse, est-ce que le ministre pourrait
partager ses commentaires? Vu qu'on vient de parler d'un
article qui détermine
la tâche et les fonctions du ministre, qu'on parle de faire la promotion de l'enseignement
supérieur et qu'il parle en des termes si élogieux du système des cégeps,
est-ce qu'il pourrait partager avec nous sa position?
Je comprends, c'est le Conseil du trésor, ce n'est
pas le ministre qui a fait ce travail-là. J'aimerais spécifier, c'est clairement marqué que c'est au niveau du Conseil
du trésor. Mais le ministre qui est titulaire de ce dossier-là, est-ce
qu'il pourrait partager avec nous sa position, c'est-à-dire sur le fait que les
professeurs de cégep, dorénavant, gagneront, si je comprends bien, moins que
les professeurs du secondaire, du primaire et du préscolaire, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre, la question est posée.
Duchesne : Oui. Merci, Mme la Présidente. Et j'espère que mon collègue député de Laurier-Dorion a le même enthousiasme que
moi pour la défense des cégeps parce
que, lorsqu'on se rappelle des propos
du député de Châteauguay, de sa formation politique, qui a une fonction importante,
qui est leader en Chambre pour le Parti
libéral du Québec, le député
de Châteauguay disait… soulevait même la pertinence des cégeps, se posant la question
à savoir à quoi ça sert, les cégeps. Alors, j'espère que mon vis-à-vis député
de Laurier-Dorion pourra me rassurer là-dessus, quant à la valorisation qu'il accorde aux cégeps. Enfin, est-ce que
sa formation politique remet toujours
en question l'existence des cégeps
parce que, là, ce serait une remise en question qui serait, à tout le moins,
inquiétante pour toute la communauté des...
Ils sont à peu près 200 000 étudiants de cégep? Il y en a 48, les cégeps
publics, les cégeps privés. Il y a du personnel administratif dédié. Je
comprends qu'ils ont vécu des choses difficiles, compte tenu de la crise du
mouvement étudiant, crise étudiante qui a
été alimentée par le précédent gouvernement. Mais nous ne sommes plus là, nous
sommes dans la valorisation de l'institution d'enseignement supérieur et des
cégeps.
<11789
> 191 La
Présidente (Mme Vien) : M. le député.
M. Tanguay :
Oui, Mme la Présidente. J'aimerais, s'il vous plaît, en vertu de notre
règlement... Lorsque j'entends le ministre — et, je le cite, «crise
étudiante qui a été alimentée par le précédent gouvernement», fin de la
citation — j'aimerais,
s'il vous plaît, que l'on rappelle au ministre qu'ici il s'agit de débats et d'affirmations
qui, évidemment, peuvent soulever des répliques et soulever la polémique.
Alors, en vertu de notre règlement, je vous demanderais bien respectueusement
de le rappeler à l'ordre et de ne pas utiliser des propos incendiaires qui ne tiennent
pas la route.
La Présidente (Mme Vien) :
Votre remarque est faite, M. le député. M. le ministre, veuillez poursuivre, s'il
vous plaît.
M. Duchesne : Je comprends,
Mme la Présidente, que la crise étudiante...
La Présidente (Mme Vien) : En
évitant, évidemment, qu'il y ait des débats qui soient soulevés. Merci.
Duchesne : Bien sûr, mais nous n'oublierons pas la crise
étudiante de 2012. Et je comprends que l'opposition officielle ne souhaite pas rappeler tout cela,
mais nous devons nous rappeler que cette crise étudiante a coûté
90 millions de dollars, 90 millions de dollars.
Pour répondre
plus précisément à la question du député de Laurier-Dorion sur une nouvelle,
dit-il, ou un
article du 7 septembre,
je lui rappelle simplement que nous sommes le 9 septembre et que les
informations sont très, très claires, il n'y aura aucune baisse de
salaire des professeurs de cégep qui est envisagée actuellement. Les
discussions qui ont eu lieu avec le Conseil
du trésor sont liées à ce qu'on appelle la relativité salariale. C'est-à-dire,
selon les différents ordres ou les différentes personnes qui occupent
des fonctions, que ce soit à l'école primaire, secondaire, cégep, on fait des analyses à savoir... à bien situer le salaire de
tout et chacun. Il y a eu une rencontre en juin dernier — c'est quand même étonnant qu'on en
parle aujourd'hui — et
il n'a jamais été question lors de cette rencontre de salaires ou de structure salariale
visant ou concernant les enseignants des collèges. Alors, aucunement question d'une
baisse du salaire des professeurs de cégep.
Je trouve un peu malheureux que l'opposition officielle se serve de tels propos
pour inquiéter les professeurs de cégep, qui font un travail
remarquable.
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, M. le député.
Sklavounos : Merci,
Mme la Présidente. Je ne veux pas inquiéter personne, Mme la Présidente, c'est
des représentants de la Fédération nationale
des enseignants, qui représente plus des trois quarts des profs de cégep, qui a
fait la déclaration, qui a été rapportée le
7 septembre. J'imagine qu'elle a été faite le 6, peut-être que ça a été fait
très tôt le 7, mais qui mentionne que… Je peux vous dire que les
enseignants sont en colère et que cette réévaluation, qui les a déclassés d'un
rang, c'est-à-dire de la 22 e à la 21 e place... Ça devrait
lire, je pense, de la 21 e à la 22 e place, une baisse de
5 % de leur salaire, ce qui correspondrait à trois à quatre semaines de
salaire. C'est ce qui a été rapporté.
Alors je me
demande, si la question est réglée depuis le mois de juin, comme le ministre
nous explique… Je me demande si cette
décision du ministre a été communiquée avant le 7 septembre, c'est-à-dire
avant-hier, aux représentants des
professeurs de cégep. Parce qu'en date du 7 septembre on a ces déclarations qui
sont rapportées. Alors, je veux bien et...
Écoutez, c'est aussi simple que ça, je suis en Chambre... en Chambre… nous
sommes en commission parlementaire, ici,
à l'Assemblée nationale, pour la première fois, moi, depuis ce rapport que j'ai
lu dans les nouvelles. Alors, c'est évident que, lorsqu'on entend le
dossier de cégeps, je vais poser cette question à M. le ministre, nous sommes
dans une enceinte démocratique. Mais je me demande si le ministre
semble nous expliquer ou nous indiquer aujourd'hui que cette question est réglée et qu'elle avait été réglée au mois de juin. Est-ce
qu'il pourrait donc nous expliquer? Est-ce qu'elle a été communiquée aux
professeurs de cégep? Est-ce que les responsables qui représentent les
enseignants étaient au courant de cette
nouvelle? Parce qu'il me semble que,
le 7 septembre, on a au moins un commentaire qui semble indiquer qu'ils
sont en colère, qu'ils comprennent, qu'ils ont compris du déclassement que ça
correspond à une baisse de 5 % de leur salaire, alors que le ministre
semble nous dire le contraire aujourd'hui. Alors, j'aimerais juste une certaine
clarification, vu que… Ce n'est pas mes
paroles, ce sont les paroles de la Fédération nationale des enseignants qui
sont rapportées dans le journal le 7 septembre.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre, votre collègue de Saint-Hyacinthe a demandé la parole. Vous
répondez d'abord, et, ensuite, on cède la parole à votre collègue?
M. Duchesne : Oui, oui, d'accord.
La Présidente (Mme Vien) : J'ai
vu une main levée.
M. Duchesne : Bien, moi, ça
va être très court, là.
La Présidente (Mme Vien) :
Allez-y.
Duchesne : C'est très simple, les professeurs des cégeps ont
signé une convention collective qui est valide jusqu'au 31 mars 2015,
pas question de diminuer leurs salaires.
Sklavounos :
Alors, est-ce que je dois comprendre, s'il vous plaît, sur…
Présidente (Mme Vien) :
Oui, M. le député. Est-ce que… vous êtes capable, M. le député de
Saint-Hyacinthe?
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
Merci, Mme la Présidente. Moi, je veux juste comprendre la remarque du porte-parole de l'opposition officielle. Vous me
direz si je suis dans le droit chemin ou pas. Il me semble que la
question qui est posée n'est pas en lien
avec le projet de loi qu'on étudie actuellement. Alors, c'est mon évaluation.
Je ne sais pas ce que vous, vous en
faites, mais il me semble qu'on dévie du sujet, qu'on est ici aujourd'hui pour
étudier le projet de loi n° 45, et non pas pour parler de ce qui se
passe un petit peu dans le ministère de l'Éducation, ou au ministère de l'Enseignement supérieur ou à l'université. On est
ici pour étudier le contenu du projet de loi n° 45, amener desamendements, ou les proposer, ou les modifier, ou
bonifier, mais pas pour parler de tout ce qui se passe dans l'actualité.
Il me semble qu'il va de soi, en tout cas. Merci.
La Présidente (Mme Vien) :
Merci beaucoup, M. le député de Saint-Hyacinthe. Alors, vous avez émis une
opinion qui, effectivement, fait appel à la pertinence du sujet. Alors, je
rappelle à chacun des collègues qui sont ici que
nous étudions actuellement le projet de loi n° 45, un projet de loi
n° 45, par ailleurs, qui est un vaste chantier, qui couvre un vaste sujet. Alors, chacun, chacune doit se
comporter en conséquence, et je fais confiance à chacun des
parlementaires. M. le député de Laurier-Dorion, vous aviez un complément à
donner.
Sklavounos : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Question plus précise pour le ministre : Est-ce
qu'il peut confirmer que la nouvelle concernant le déclassement d'un rang des
professeurs de cégep a, effectivement, été faite suite à cette réévaluation?
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
Duchesne : Mme la Présidente, comme nous parlons du projet de
loi n° 45 et de l'article 4, je répondrai en disant que, dans les fonctions du ministre, il y
a, bien sûr, au premier point, celle de faire la promotion de l'enseignement
supérieur, de la recherche, de la science et
de la technologie et de favoriser dans ces domaines le rayonnement du
Québec au Canada et à l'étranger. Il y a eu
de multiples missions sectorielles. Il y en a eu une de la première ministre au
Mexique du 26 au 29 juin 2013. Il y a eu une autre mission du Biotechnology à
Chicago, 22 au 25 avril. Les missions sont donc aussi… font
partie des gestes
que le ministère pose, souvent, d'ailleurs, en collaboration avec des gens du
milieu de l'industrie, et des universités, et des collèges, pour s'assurer que
le rayonnement de notre recherche, la qualité de notre enseignement puissent se
faire.
Sklavounos :
Mme la Présidente, je vais reposer la question. Peut-être que le ministre ne
connaît pas la réponse à la question.
Ça se peut, on vient de reprendre après une certaine pause ici, au Parlement.
Mais la question était assez simple,
la question que je posais au ministre, qui a fait un plaidoyer, avec lequel je
suis très d'accord, sur la pertinence, l'importance,
le joyau que sont les cégeps, et j'ai eu, à maintes reprises, à le répéter
aussi dans des entrevues récentes, Mme
la Présidente. J'ai demandé au ministre s'il pouvait confirmer ce qui est
rapporté dans la nouvelle, comme quoi, selon
la réévaluation qui a été faite par le Conseil du trésor des tâches des
professeurs de cégep, qu'ils ont été — ils et elles — déclassés
d'un rang suite à cette évaluation-là.
Je comprends
que le ministre semble dire que le ministère est lié par la convention
collective, je comprends très
bien. Par contre, cette nouvelle-là peut avoir une incidence lors du
renouvellement de la convention collective, pour une, et, peut-être, pourrait même affecter des négociations en cours sur, entre autres, la création du cours d'histoire, etc. Il y a plusieurs
dossiers qui seront travaillés dans les cégeps. Est-ce que le ministre
pourrait nous dire ou peut-être se référer à quelqu'un qui l'accompagne pour nous confirmer si,
effectivement, ce déclassement a eu lieu pour les profs de cégep?
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
M. Duchesne : Mme la
Présidente, il y a à peu près un an, la population du Québec a élu un nouveau
gouvernement. Et, dans les décisions que la première ministre a prises en tout
respect du processus de la démocratie et du processus parlementaire, a annoncé
la création d'un deuxième ministère de l'Éducation. Vous en avez un qui porte
sur l'enseignement primaire et secondaire et vous en avez un deuxième, celui
que je dirige, sur l'enseignement supérieur,
la recherche, science et technologie. Ça a été salué par tous les acteurs du
milieu de l'enseignement collégial, universitaire, des milieux
économiques, et tout.
Mme la
Présidente, ça fait un an que ce gouvernement-là est élu, nous en sommes à la,
je pense, 10 ou 11 e heure de débats en commission parlementaire — et je l'annonce à la population qui nous
écoute — pour
confirmer la création, l'existence officielle de ce ministère. Il existe
parce qu'il y a eu un décret, il y a eu une décision de la première ministre,
ça a passé au Conseil des ministres, et j'ai des fonctionnaires qui sont là. Et
le ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie existe, mais nous devons — c'est le respect que nous devons au
processus parlementaire — nous
assurer que, par une loi, on confirme, on consacre l'existence de ce nouveau
ministère. La population est d'accord avec ça. Il n'y a personne actuellement
au Québec qui demande d'éliminer ou d'empêcher l'existence du ministère de l'Enseignement
supérieur. Dans ce cynisme de la population qu'on essaie de combattre… Parce
que certains, des fois, disent : Les parlementaires, des fois, ont
peut-être une approche qui est plus chicanière que constructive, et tout. Bien, moi,
je pense que nous devons démontrer ici, à cette commission
parlementaire, que ce qu'il faut faire, c'est de s'assurer, tout en menant des
débats et des discussions respectables, s'assurer que le ministère de l'Enseignement supérieur, de la
Recherche, de la Science et de la Technologie existe, soit confirmé dans
une loi. Alors, moi, je demande au député de Laurier-Dorion sa collaboration.
On peut aller
le nombre d'heures qu'on veut. Et, je serai d'une disponibilité et d'une force
argumentaire, je vais vous en sortir,
des arguments pour justifier l'existence du ministère, je n'ai aucun problème.
Mais je pense que, par respect pour
le processus parlementaire, en accord avec la volonté populaire… Il me semble
que de confirmer la création de ce ministère est un enjeu assez clair.
Alors, je lui demande sa collaboration, tout simplement.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député de Laurier-Dorion, suite aux commentaires, aux questions...
Sklavounos : Merci,
Mme la Présidente. Je vais me référer encore à l'article du 7 septembre...
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
La Présidente (Mme Vien) :
Oui. Oui.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Moi, je vais faire encore appel…
L'article 211 des règlements stipule bien qu'il faut que la
question soit pertinente au projet de loi qu'on étudie actuellement, et je
crois que la pertinence... En tout cas, je juge que la pertinence, moi, du...
ne rencontre pas l'article 211 du règlement.
Présidente (Mme Vien) : Effectivement. M. le député de
Laurier-Dorion, je vous invite à être en accord avec cet
article de
notre règlement qui nous demande d'être pertinents en fonction du projet de loi
qui est étudié, sur la table, et je vous demande votre collaboration. Je vous
invite à poursuivre.
Sklavounos : Merci.
Alors, je suis en train de lire plus attentivement cet
article où on mentionne
que… effectivement, on confirme les dires du ministre concernant une
rencontre...
Duchesne : Mme la Présidente, question de règlement. Il me semble que la pertinence
semble assez... en tout cas,
plus facile à établir que dans d'autres situations parce qu'on parle de la
création d'un nouveau ministère. Mon collègue aura toute l'occasion — et
nous allons aller bientôt dans une nouvelle session parlementaire — à
la période des questions, de bien s'accrocher à l'actualité, de poser des
questions liées à l'actualité. Et je serai disponible, et
j'espère qu'il va me poser beaucoup
de questions à la période des questions. Il n'en posait plus
depuis le succès du sommet, alors je m'attends
à ce qu'il en pose. Mais là on est en commission
parlementaire sur la création d'un ministère de l'Enseignement supérieur,
alors je... Mme la Présidente, sinon, c'est comme s'il n'écoutait aucunement
vos avis, là, il ne fait que suivre sa stratégie.
Sklavounos : Mme la
Présidente, avec respect, si vous me
permettez de répliquer, car vous savez bien que j'ai déjà présidé des commissions
parlementaires et des études de projets de loi. D'abord et avant tout, notre
règlement et la jurisprudence qui l'accompagnent
nous demandent d'interpréter la règle de la pertinence de façon très, très
libre, et non pas restrictive,
surtout que nous sommes devant un projet
de loi qui vise la création du ministère.
Que ce soit le
titre ou que… nous sommes à l'intérieur des fonctions du ministre,
où on parle de faire la promotion, là… on a un langage très, très large.
Deuxièmement,
il ne faut pas non plus s'en tenir uniquement au libellé du projet de loi. On a des commentaires du ministre sur le dossier des cégeps
dans ses remarques lorsqu'il répondait. Alors, ça serait pour le moins bizarre
que vous statuiez que je n'ai pas le droit
de poser une question complémentaire qui a été soulevée par le propos
du ministre lorsqu'il s'est lancé
dans le plaidoyer pour le maintien, et la promotion des cégeps, et l'importance
en région. Alors, on ne peut pas être
désincarnés des propos du ministre, qui est rentré, évidemment, dans un argument
identitaire, quasiment, concernant le joyau que sont les cégeps, et qui
nous distinguent du reste du Canada.
Alors, ma question
se rapporte directement sur les cégeps. Pour quelqu'un qui nous fait la
promotion si évidente des cégeps, la question
que je demande au ministre est si c'est vrai… Et c'est une question
à laquelle le ministre peut répondre. Une fois qu'il a répondu, je vais passer à d'autres choses. Mais,
lorsque le ministre refuse de confirmer quelque chose qui a été rapporté dans le
journal… Et je me demande pourquoi le ministre refuserait simplement de dire qu'ils
ont été déclassés. On a eu un début de
réponse. Le ministre, d'ailleurs, a cru que la question était pertinente parce qu'il a répondu à la question tout à l'heure.
Alors là, on va dire que le ministre aussi était hors sujet lorsqu'il
répondait. Il a répondu qu'au moins pour la
durée de la convention collective actuelle que les conditions seront
maintenues. Alors, j'ai posé une question complémentaire à M. le
ministre : Est-ce qu'il peut confirmer que les profs de cégep ont été
déclassés de la 21 e à la 22 e
place? S'il confirme ça, on passe, on va aller sur autre chose. Il n'y a pas de
problème, moi, je ne cherche pas à faire
de l'obstruction. On a collaboré dans ce projet de loi. On a eu des
amendements, mais on l'a bonifié. Effectivement, on l'a bonifié en
maintenant ce qui est développement économique à l'intérieur du libellé du
projet de loi.
Mais là je pose une question très,
très simple, je pense que c'est assez pertinent. Je ne vois pas pourquoi le
ministre voudrait esquiver cette question-là. Il a juste à répondre, et on
passera à d'autres choses. Moi, il n'y a rien de
plus grave. Surtout que c'est une question du Conseil du trésor, ce n'est pas
le ministre qui l'a prise. Mais il pourrait, au moins, nous informer en toute transparence, il est le représentant du
gouvernement sur ces dossiers-là. On est devant la population, je représente la population dans mon
comté en tant que porte-parole également de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur. Le public a le
droit de savoir si ce déclassement a eu lieu, le ministre est ici pour
répondre aux questions. Merci, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente
(Mme Vien) : J'ai fort bien compris votre point de vue.
Maintenant, je demande aux collègues, là, la collaboration de chacun
parce qu'on ne s'en sortira pas, hein? On est…
Présidente (Mme Vien) : Non, je m'excuse, je m'excuse,
monsieur. S'il vous plaît, s'il vous plaît, je m'excuse. Alors, il y a
une question qui est posée. Je comprends qu'il y a des gens qui trouvent qu'il
n'y a pas de pertinence. M. le député de Laurier-Dorion, je vous rappelle que
nous sommes à l'article
L'article 4 parle, effectivement, des fonctions du
ministre. Vous faites un allongement en parlant d'une nouvelle qui était dans l'actualité
il n'y a pas si longtemps. Alors, M. le
ministre, la question est posée. Est-ce que vous souhaitez y donner un
éclairage à la satisfaction du député
de Laurier-Dorion pour que nous puissions passer à autre chose et que nous
puissions, effectivement, étudier l'article 4 et les fonctions du
ministre? M. le député de la Coalition avenir Québec, je ne vous ai pas oublié.
Duchesne : Alors, Mme la Présidente, moi, je vais faire preuve
de courtoisie, je vais répondre à votre demande, estimant… On imagine, donc, qu'on sera capables, ensuite, de passer à la
discussion autour de l'article 4. Alors, je le répète, il n'est nullement question de réduire le salaire
des enseignants, des professeurs des collèges. Il n'y a eu qu'une
rencontre avec le Conseil du trésor, qui s'est
déroulée il y a un certain temps, en juin, en juin dernier. Il n'y a eu qu'une
rencontre, il y a eu des échanges entre les parties, et on a parlé d'évaluation
de catégories d'emploi. Tout ça reste à venir. À ce stade-ci, les parties n'ont fait que déposer leurs évaluations
respectives, et des rencontres sont prévues cet automne. Et le président
du Conseil du trésor a répété qu'il n'est aucunement question d'une baisse du
salaire des professeurs du cégep et qu'ils sont au début d'un processus, d'une
discussion qui concerne la relativité salariale. J'espère, Mme la Présidente,
que ça va éclairer mon vis-à-vis.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député de La Prairie.
M. Le
Bouyonnec : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, compte tenu
que c'est un retour, je veux en profiter pour saluer les députés de
Bonaventure, Ungava, Dubuc, Saint-Hyacinthe, LaFontaine et mon collègue
critique de Laurier-Dorion.
Alors, je
suis un peu d'accord avec l'intervention, tout à l'heure, du député de
Saint-Hyacinthe, là, concernant la pertinence. Et puis mon collègue de
Laurier-Dorion, même s'il avait obtenu une réponse claire du gouvernement, on sait très bien que ça aurait pu changer le
lendemain. Donc, je ne trouve pas ça nécessairement pertinent d'insister
autant à cet effet-là. Et, compte tenu de la dégradation de la situation
économique au Québec aussi, on pourrait très bien se retrouver d'ici quelques mois, avant le prochain budget, avec des
propositions aux employés de l'État comme ce que nous avons connu en
1982, avec une proposition de baisse de 20 %, tout serait possible.
Et ça, ça me
sert d'entrée en matière simplement pour indiquer que nous avions, en juin, un
petit peu mis la table à la
discussion, là, sur le projet de loi n° 45 et l'étude
article par article.
Parce qu'une lacune que nous avions un peu soulignée puis qui avait été supportée par nos collègues de
l'opposition officielle, c'était à l'effet que le concept de
développement économique et d'innovation semblait avoir été un petit peu
expurgé des textes de loi, surtout quand on se référait, par exemple, à ce qu'il
y avait dans le précédent projet de loi, au niveau du développement économique,
de l'Innovation et de l'Exportation. Et,
comme on l'avait dit à l'époque, on comprend qu'un nouveau gouvernement puisse
réorganiser ses affaires différemment. Mais,
pour nous, à la Coalition avenir Québec, on considère que le ministre de
l'Enseignement supérieur, de la Science,
Technologie, etc., est d'abord un ministre à vocation économique, hein, sans
faire une opposition par rapport à un ministre à vocation sociale. On
considère que l'importance des universités, des cégeps aussi, avec les CCTT, fait en sorte qu'on devrait pouvoir voir
dans le projet de loi l'intention du gouvernement de faire en sorte que
ce qui avait été créé par les précédents gouvernements ne se perde pas lorsqu'on
redécoupe le nouveau ministère, et, donc, nous avions fait un certain nombre de
suggestions qui ont été par la suite reprises par nos collègues.
Et pourquoi
ça? Parce qu'effectivement certains pourraient simplement dire que le ministre
de l'Enseignement supérieur, bon,
supervise les universités et les cégeps, et ça s'arrête là, mais nous, on y
voit des dimensions extrêmement importantes
au niveau de l'entrepreneurship, au niveau de la stimulation des brevets, du
développement de la propriété intellectuelle dans nos universités, de la
capacité, justement, des cégeps de davantage supporter les entreprises en région au niveau du support technique. Nous voyons
aussi la même chose au niveau du commerce extérieur, support à l'exportation.
Nos universités sont des agents de rayonnement, d'où l'importance pour le
ministre de pouvoir être associé à tous ces mécanismes-là de développement
économique. On comprend qu'il n'est pas le seul. On comprend qu'il y a le ministre des Finances, on comprend qu'il
y a le ministre des Relations internationales, Commerce extérieur, etc.,
mais son rôle est clé.
Je vous rappellerais, d'ailleurs, lorsqu'on parle
d'enseignement supérieur et de jobs, de diplômés qui se cherchent des jobs en sortant de l'école — même chose pour le cégep — que le Québec a perdu depuis le début de l'année
45 000 emplois au moment où le
reste du Canada en créait environ 146 000. Ce qui veut dire que, même si
on prend le ministère du Travail, il
y a environ 500 000 emplois au Québec en ce moment qui ne sont pas
comblés, qui sont affichés, mais noncomblés,
et que, d'ici quelques années, ce nombre devrait monter à 1,3 million de
personnes à la recherche d'un emploi.
Alors, Mme la Présidente, vous allez
me dire : Quel est le rapport avec le projet de loi n° 45? Bien, il
est là, le rapport, à ce que nos
universités servent aussi à faire en sorte que nos diplômés puissent se trouver
une job et qu'il puisse y avoir une adéquation entre les diplômés que
nous produisons dans nos universités, nos cégeps, et les besoins du marché du
travail. Autrement dit, si j'exagère un tant soit peu et si on me disait :
Dorénavant, tous les Québécois et Québécoises
jeunes sont entichés d'études médiévales et ils ne s'inscrivent dorénavant qu'en
études médiévales, il est certain
que, de notre côté, on se dirait : D'un point de vue gouvernemental, il
doit y avoir une réaction. Donc, la liberté totale des universités et des cégeps, comme nous l'avons vu lors du Sommet
sur l'enseignement supérieur, où des groupes sociaux, syndicats et autres, réclamaient une pleine autonomie, dans le
sens de dire : Loin de nous cette volonté d'avoir une instrumentalisation des universités, bien, on
pense que c'est… il appartient au ministre d'avoir un équilibre là-dedans,
l'équilibre pour pouvoir rappeler à ces gens
qui souhaiteraient avoir une complète
autonomie au niveau, par
exemple, de la recherche fondamentale versus
la recherche appliquée… de rappeler que les universités et les cégeps
sont, en grande proportion, en grande
majorité, financés par le gouvernement
du Québec et, donc, par les payeurs de taxes, et, à un moment donné,
il faut bien qu'il y ait une finalité à tout ça et que ça débouche sur des
emplois payants pour nos jeunes.
Alors,
lorsque je reviens au projet de loi, par
exemple, Mme la Présidente, je trouve qu'au niveau du ministre
et puis, en fait, quel est son rôle, le ministre, encore une fois… Et je me demande
pourquoi, à partir du moment où on a pu amender l'article 1, l'article 2, il ne pourrait pas y avoir un
processus autour aussi qui fasse en sorte que ces mêmes mots là qu'on a
ramenés dans les articles importants se retrouvent aussi, là, quand on passe à
l'article 4 puis qu'on parle, par exemple, du rôle du ministre. Entre autres,
dans l'article 4, alinéa 1°, encore une fois «faire la promotion de l'enseignement
supérieur, de la recherche, de la science et de la technologie», puis on oublie
«innovation». Mais «innovation», c'est
quelque chose de fondamental, c'est quelque chose d'extrêmement important et c'est
quelque chose de fondamentalement différent que de la science et de la
technologie. Alors, pourquoi ne pas ramener — et c'est un exemple — ne pas ramener tout de suite? Je pense que
la
partie gouvernementale a peut-être eu l'été, là, pour y réfléchir et
bonifier le projet de loi, pour tenir compte des propositions et des avis, là,
des deux oppositions avant la fin de la dernière session parlementaire.
La Présidente (Mme
Vien) : Bien, merci beaucoup, M. le député de La Prairie.
M. le ministre, vous avez un mot à ajouter?
M. Duchesne :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Oui, bien, le député de la deuxième opposition
met bien en évidence, effectivement, les
discussions qu'on a pu avoir dans les, quoi, neuf, huit dernières heures
précédentes, là, les différentes séances qu'on a eues en commission
parlementaire. Et, il a raison, nous nous sommes entendus, entre parlementaires de différents partis politiques,
pour que l'article 2 soit modifié et que, dans sa mission, on tienne
compte d'un ensemble d'éléments, et nous étions arrivés... nous avons voté tous
ensemble sur cette modification.
Alors,
écoutez, loin de moi l'idée d'amener une opposition entre le développement
économique, la recherche, qu'elle soit appliquée ou fondamentale, et le
niveau d'enseignement parce qu'on sait que... D'ailleurs, quand on parle de recherche, le premier endroit où il s'en
fait, c'est dans les universités. Vous avez ensuite les centres de
recherche, il y a de la recherche qui se
fait en milieu industriel, mais surtout, on le sait, dans des grandes, hein,
des grandes corporations, des grandes entreprises, souvent
multinationales, et qu'au Québec notre tissu industriel est composé
essentiellement de PME, et, donc, nos laboratoires
dans nos institutions d'enseignement supérieur doivent se rapprocher de nos PME
et doivent... on doit trouver des plateformes avec nos regroupements
industriels, nos regroupements de recherche pour donner accès à la recherche à
ces entreprises, ces petites et moyennes entreprises.
Alors,
moi, non, je reçois très bien vos observations, et on peut absolument prendre
pour acquis qu'il n'est pas question,
là, de s'éloigner de l'aspect économique, là, qui est une de retombées
importantes de l'enseignement supérieur.
La Présidente (Mme
Vien) : O.K. Merci. Alors, M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Alors, je vais juste
faire un court commentaire avant de changer de sujet, vu qu'il y a un
communiqué de presse qui semble être sorti à 2 h 9, aujourd'hui,
émanant de la FEC-CSQ, c'est-à-dire la
Fédération des enseignantes et enseignants de cégep, CSQ, où le président,
Mario Beauchemin, fait une déclaration, «que l'évaluation actuelle — alors,
il semble confirmer ce que le ministre ne voulait pas confirmer, qu'il y a eu un déclassement — des [enseignants, enseignantes] de cégep
[...] constitue un mépris envers notre profession et une méconnaissance
gênante de sa pratique». Il mentionne dans le communiqué de presse, qui vient
de sortir sur le fil de presse il y a environ une heure, Mme la Présidente, qu'il
y aura des négociations. Je comprends donc que le ministre ne veut pas...
La Présidente (Mme
Vien) : M. le député, s'il vous plaît.
Ferland : …je veux bien qu'on commente les médias, là. Le
ministre a répondu de façon très éloquente à la question... au point
soulevé par le ministre. Mais on est ici aujourd'hui pour le projet de loi
n° 45, et, si le député de l'opposition veut qu'on commente les médias, on
est capables de commenter aussi les positions des libéraux sur tel, tel
article...
La Présidente (Mme Vien) :
Parfait. Je vous remercie infiniment monsieur...
La Présidente (Mme
Vien) : Merci.
La Présidente (Mme
Vien) : Merci. Merci beaucoup.
Sklavounos :
Évidemment, mon collègue…
La Présidente (Mme
Vien) : M. le député, en terminant.
Sklavounos : Mais je n'ai pas posé de question, Mme la
Présidente. Mon collègue est un ami, d'ailleurs, et je le remercie, à part pour
le début d'une petite intimidation, là. On peut parler de ce qu'on veut ici,
cher collègue. Moi, simplement, ce que je
dis, c'est que, là-dedans… Et, évidemment, j'offre ma collaboration à M. le ministre pour pouvoir l'aider parce que
ça a l'air, ça a l'air que les représentants des professeurs de cégep se braquent contre ça
et qu'ils semblent confirmer cette nouvelle-là. Alors, je ne vais pas
poser d'autres questions à ce sujet, simplement vous dire : On parle d'enseignement supérieur, il y a un communiqué
de presse qui vient de sortir. Je ne
pensais pas non plus que la commission parlementaire était désincarnée
de l'actualité, on est sur le sujet. Mais, je ne poserai pas d'autres questions
là-dessus, c'est un petit commentaire.
Je voulais revenir à
ce premier paragraphe de l'article 4, Mme la Présidente. Évidemment, il y a à l'intérieur,
là-dedans, également de faire la promotion et favoriser le rayonnement du Québec
au Canada et à l'étranger. J'aimerais savoir quelle est la vision du ministre
concernant la manière et les méthodes qu'il entend entreprendre pour favoriser
le rayonnement du Québec
au Canada et à l'étranger au niveau d'Enseignement
supérieur, Recherche, Science et Technologie.
M. Duchesne :
La première chose, Mme la Présidente, c'est de s'assurer qu'on donne à nos institutions
d'enseignement supérieur, les cégeps, les universités… on les place dans un contexte valorisant, de
grande stabilité. 2012 a été une
année de crise. 2013 est une année de retour à l'harmonie, à une valorisation de nos institutions d'enseignement supérieur. J'ai, d'ailleurs, eu l'occasion, dans les dernières semaines, deux
ou trois semaines, d'annoncer, que ce soit à l'Université de Montréal,
deux nouveaux pavillons qui vont s'installer sur le campus… enfin, sur les
terrains… le complexe d'Outremont. J'ai annoncé une très belle collaboration
entre les cégeps, et les universités, et l'entreprise… Parce que l'Aluminerie Alouette a versé 10 millions de dollars et
va construire un pavillon universitaire à Sept-Îles,
sur les terrains mêmes du cégep. Imaginez, là, c'est une collaboration, une
alliance avec trois ordres, là, vous avez cégep, université… Et puis, bon, ce n'est
pas un ordre, c'est un groupe économique, mais vous avez une aluminerie. On a
annoncé aussi, à l'Université du Québec à Chicoutimi… on a permis que l'université
achète le Grand Séminaire là-bas, à Chicoutimi, qui fait
partie de notre patrimoine, qui fait
partie de notre histoire et qui va être maintenant… Ce bâtiment
historique va servir à former des étudiants
dans le domaine de la médecine, dans le domaine de certains autres
programmes qui s'ajoutent.
Alors, nous sommes dans la valorisation actuellement de l'enseignement supérieur. C'est ça, le rôle du ministre,
et c'est de s'assurer de donner… de mener
les discussions aussi avec respect, de ne pas inquiéter les gens inutilement,
de favoriser des échanges réguliers toujours dans le respect, de ne pas
chercher à ameuter les gens, de créer, de lancer de fausses rumeurs, d'être le plus transparents possible. C'est le rôle
du ministre, et j'essaie d'occuper cette fonction-là de la
façon la plus correcte possible.
La Présidente (Mme
Vien) : Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Je vais me concentrer un petit peu sur le bout du rayonnement du Québec au Canada. J'aimerais
savoir, c'est un dossier qui est un petit peu intergouvernemental, si vous
voulez, là, et, évidemment, nous sommes en présence d'un gouvernement qui, pour
une première fois, a mélangé le dossier des Affaires
intergouvernementales avec le dossier de la gouvernance souverainiste en les
prenant pour un tout. Juste pour rassurer, parce que je sais qu'on est
dans le domaine académique, là, les dossiers, en principe, devront être divisés
ou gérés de façon compartimentalisée, si vous voulez, Mme la Présidente… Mais, pour rassurer la population, les Québécois,
les Québécoises qui nous écoutent, au niveau de notre collaboration et du rayonnement du Québec au
Canada, est-ce que le ministre
nous rassure que, dans ce qu'il y a collaboration ou rayonnement du Québec à l'intérieur du Canada, il n'y
aura pas de politique ou de promotion de ce
qui est l'option de la souveraineté? Je
comprends que c'est un dossier qui
caractérise le gouvernement, là, mais, vu qu'il y a ce libellé à l'intérieur du projet de loi, je pose la question : Est-ce que
c'est un dossier, le dossier académique, qui sera exempté de tout ce que
je comprends qu'il y a une gouvernance souverainiste?
On ne comprend pas c'est
quoi exactement, mais il y a un volet d'un ministère qui s'appelle gouvernance souverainiste. Évidemment, c'est un gouvernement
qui est souverainiste qui est au pouvoir, c'est une première ministre
qui est souverainiste, mais, au niveau
académique, est-ce que le ministre peut nous rassurer qu'en ce qui a trait les
partenariats qu'on pourrait avoir, des
ententes avec d'autres institutions à travers le Canada qu'il n'y aura pas
question de ce dossier à l'intérieur
de nos échanges et, lorsque vient le temps de favoriser le rayonnement du
Québec au Canada, que cette question sera
évacuée de tout ce qui est discussion académique, là, comme l'entend ce premier
paragraphe des fonctions du ministre?
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
M. Duchesne :
Oui. Bien, Mme la Présidente, ce n'est pas un gros secret, là, le gouvernement
qui a été élu du Parti québécois, dirigé par Pauline Marois, est un
gouvernement souverainiste, qui doit s'assurer…
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre…
M. Duchesne : Pardon, par la première
ministre…
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, merci.
Duchesne : …la députée de Charlevoix. Pardonnez-moi, j'ai fait une erreur ici bien
involontaire. Alors, ce nouveau gouvernement est un gouvernement
souverainiste. Et il est souverainiste, savez-vous pourquoi, M. le député de Laurier-Dorion? Parce
qu'on est convaincus que l'indépendance, que la possibilité d'avoir tous nos
pouvoirs va nous permettre de grandir
encore plus efficacement qu'on l'est actuellement. Et ça n'empêche pas le
dialogue, ça n'empêche pas la
discussion avec le reste du Canada. D'ailleurs, il va falloir discuter de plus
en plus avec le reste du Canada. C'est peut-être
un peu le problème du régime politique canadien actuellement, vous avez deux
solitudes. Vous avez le Canada anglais,
qui fonctionne selon ses valeurs, ses priorités, et le Québec, qui s'est
développé en tout respect, d'ailleurs, et avec beaucoup… Je dirais, le
Québec a un passé qui est agrémenté de multiples réformes, qui a permis de
donner à l'État québécois un souffle qui est celui d'un État, qui est celui d'un
pays. Il faut maintenant aller plus loin, et confirmer, et consacrer tout cela.
Et puis, si cette notion-là de souveraineté vous
amène à certaines inquiétudes, je vais veiller à vous rassurer, n'ayez crainte, parce que la souveraineté et la
capacité d'avoir tous les pouvoirs va nous servir dans toutes nos
responsabilités. Les universités, l'éducation, c'est la responsabilité, dans le
régime canadien, d'une province. Mais, malheureusement,
c'est le problème de ce pays, le Canada, c'est que le gouvernement fédéral
empiète constamment dans nos
platebandes. Alors, l'éducation, au gouvernement fédéral, empiète. Je suis en
train d'essayer de préparer une politique nationale de la recherche et
de l'innovation, le gouvernement d'Ottawa rentre par la porte gauche, rentre
par la porte droite avec des programmes, avec un réinvestissement.
Et savez-vous
ce qu'ils font? Ils nous arrivent avec des gros millions de dollars, ils
donnent ça à des universités ou à des
groupes pour dire : On va vous financer des infrastructures. Et qu'est-ce
qu'ils font après deux, trois ans? Ils retirent leurs billes, hein, ce qu'on appelle les frais indirects de la
recherche, ils retirent leurs billes. Qui doit maintenant s'assurer que les budgets de maintien soient faits? C'est
les directeurs d'établissement des universités, qui doivent, là, faire
preuve de toutes sortes d'originalité pour aller chercher l'argent dans un
budget plutôt qu'un autre, et puis on se retourne vers le gouvernement du Québec parce que le gouvernement du Québec est près
de ses chercheurs, il est près de ses universitaires, il est près de son milieu économique et du
développement qu'il souhaite, et il doit suppléer à une absence et à un
retrait d'Ottawa. Alors, dans le domaine de
l'enseignement supérieur, comme dans tous les domaines et surtout dans le
domaine économique, rapatrier tous nos pouvoirs va nous permettre de nous donner
une croissance, une fierté et une grandeur pleinement assumée en tout respect
pour nos amis canadiens. Alors, voilà.
Et un
ministre, qu'il soit souverainiste ou qu'il soit d'une autre tendance, lorsqu'il
est élu et qu'il est ministre de l'Enseignement supérieur, il doit s'assurer
de faire la promotion de ses institutions d'enseignement supérieur, ce que je ferai si vous me donnez, bien sûr, la chance d'adopter
la loi, la loi constitutive, M. le député de Laurier-Dorion, parce que c'est
de ça dont on parle actuellement.
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, merci. M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. Simplement pour indiquer, évidemment, le ministre a
la charge de faire et il a pris plusieurs
décisions. On s'entend bien que le ministre n'attend pas ce projet de loi, là,
pour agir comme ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche,
Technologie, il a ses cartes d'affaires, il a son bureau, il a fait son sommet, il a pris les décisions avant le
sommet, il y a eu des choses qui ont été faites. Le ministre n'attend pas…
le ministre n'a pas les mains liées, on s'entend, là, simplement pour mettre
les choses au clair.
question… Et, je comprends que le ministre est souverainiste, je lui ai donné
une occasion de le répéter. On se comprend, là, moi, je l'avais dit dans
mon préambule que c'est un gouvernement souverainiste, mais le ministre a voulu
rajouter. Il n'y a pas de problème, il a le droit de le faire, mais je suis ici
pour parler enseignement supérieur, et la
question n'était pas si le ministre
est souverainiste ou si le gouvernement est souverainiste. Je l'ai dit dans mes
propos, je comprends, moi, ma question, c'est de savoir si… Et, en écoutant le ministre,
j'avoue que je suis un petit peu plus inquiet
que j'étais avant. La question que j'ai posée à M. le ministre, est-ce que
cette gouvernance souverainiste ou ce désir d'avoir un pays… Et, je comprends, M. le ministre, il veut
rapatrier des pouvoirs, il veut avoir tous les pouvoirs, il veut avoir
tout le pays. Il veut avoir ce qui est bon, il veut enlever ce qui n'est pas
bon. Il parle, malheureusement, d'un Canada qui est monolithique et d'un Québec
qui est monolithique avec des commentaires avec lesquels je ne suis pas d'accord.
Je ne veux pas rentrer là-dedans.
La seule question que j'ai pour le ministre, c'est :
Est-ce que le fait que le gouvernement soit de tendance assez claire, souverainiste, est-ce
que ça va infiltrer dans ce qui
est le dossier académique lorsqu'on parle de faire rayonner le Québec au Canada, lorsqu'on a des partenariats, des ententes entre institutions, lorsqu'on a des réunions des ministres de l'Enseignement
supérieur de la fédération? En attendant d'avoir tous les pouvoirs et en attendant
d'avoir le pays, en attendant de convaincre une majorité de la population québécoise
que le ministre a raison… Parce qu'on l'a fait une couple de fois, puis la population en a décidé autrement. Moi, je veux savoir
comment le ministre va aborder la question de faire la promotion de l'enseignement supérieur du Québec dans le reste du Canada. Est-ce qu'il peut nous assurer que c'est un dossier qui va être laissé pour
les Québécois et qui ne sera pas…
Une voix : Mme la Présidente…
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député…
Présidente (Mme Vien) :
Je comprends. La question est posée. Le ministre a donné sa réponse,
qui est une réponse qui est la
sienne, qui est teintée de l'option qui est la vôtre. Le député, ici, pose une question d'éclaircissement.
Moi, je ne vois pas une question de
pertinence ici, je vois simplement une question qui est posée. Qui dérange
peut-être un peu, mais je ne vois pas de pertinence ici à ce niveau-là,
je suis désolée. M. le député de…
La Présidente (Mme Vien) : S'il
vous plaît! M. le député de Laurier-Dorion. Ensuite, nous irons du côté de M.
le député de La Prairie.
Sklavounos :
Le but, ce n'est pas de déranger. Le but, là, c'est que nous sommes en commissionparlementaire… C'est une institution du
gouvernement, de l'Assemblée nationale qui permet de poser des questions
et de répondre à des questions. Pas pour
moi. Pas pour moi, Mme la Présidente, mais pour la population. Et la population
se demande, alors que nous avons un
article qui énumère les fonctions du
ministre de l'Enseignement supérieur et alors que
le premier paragraphe de cet
article demande au ministre de favoriser le
rayonnement du Québec au Canada… Moi, je
demande au ministre de nous expliquer quelle est sa vision, comment qu'il va
faire, comment qu'il va faire pour faire rayonner le Québec à l'intérieur du Canada, sachant que le ministre
appuie une option politique. Elle est valable. C'est la position
politique de plusieurs Québécois, je représente plusieurs Québécois qui
partagent cette position. On n'est pas en
train de débattre de la position, on n'est pas en train de questionner de la
légitimité ou de la non-légitimité de cette option-là, elle est très
légitime.
La question,
c'est que est-ce que cela entrera à l'intérieur de la vision du ministre quand
il vient le temps de faire rayonner
le Québec au Canada en ce qui a trait à l'enseignement supérieur ou est-ce que
le ministre compte laisser ça pour d'autres forums? Est-ce qu'il compte
laisser ça pour la population québécoise lorsqu'elle sera appelée à nouveau à
se prononcer ou est-ce que nous entendons rentrer dans la politique, dans la
vision du gouvernement cette gouvernance souverainiste
qui est censée caractériser tous les ministères? Parce qu'on nous a expliqué
que la gouvernance souverainiste touchera
à tous les ministères. Ce n'est pas un ministère, ce n'est pas le député de
Lac-Saint-Jean lui-même qui occupe ce dossier-là,
c'est dans tous les ministères. Je demande à M. le ministre, connaissant très
bien ses opinions politiques, qu'il a
eu l'occasion de rappeler : Est-ce qu'il fera la part des choses lorsqu'il
vient le temps de faire rayonner le Québec au Canada en ce qui a trait à
l'enseignement supérieur?
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député de Laurier-Dorion, votre temps de 20 minutes qui vous est alloué est
terminé.
Sklavounos : Ma
question est terminée, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Vien) : Merci beaucoup. Je vais faire une
petite mise au point. Pour le restant de nos travaux, je vous demanderai
de vous adresser à la présidence dorénavant. Donc, il n'y aura plus d'échanges
d'un à l'autre. Je préfère qu'on puisse s'adresser
à la présidence parce qu'à un moment donné il y a quelques personnes qui se
sont mises à parler en même temps. Je
pense que ça vaut la peine, cet après-midi, que l'on s'adresse à la présidence.
Alors, M. le député de Laurier-Dorion, merci beaucoup. M. le ministre,
la parole est à vous.
Duchesne : Alors, Mme la Présidente, un gouvernement
souverainiste est guidé par la défense des intérêts du Québec, la défense des intérêts du Québec dans
tous les ministères, en ce qui concerne
toutes les responsabilités, et ce, pour
le bien commun et le bien-être du Québec. Parce qu'on veut que le Québec
grandisse et on croit que les limites d'une province, les frontières d'une province, c'est une limite qui n'est pas
à la hauteur et à la grandeur de ce que le Québec peut exercer.
Cela étant
dit, un ministre de l'Enseignement
supérieur qui a à coeur et qui est
guidé par la défense des intérêts du Québec comme je le suis... Moi, ce que je vais faire,
là, et ce que je vais m'efforcer de faire et de répéter, c'est, lorsqu'il
s'agit, bien sûr, de parler et de
mettre en valeur l'enseignement supérieur et le rayonnement à la grandeur du
monde — pas
juste du Canada, le monde — bien,
on va s'assurer qu'à tout le moins à l'intérieur du Canada on respecte le Québec
et que l'autre gouvernement qui est à Ottawa, bien loin, bien loin des Québécois,
de plus en plus loin, d'ailleurs, des Québécois, puisse poser des gestes qui
soient respectueux et à la hauteur de ce que nous sommes.
Je m'excuse, mais le gouvernement d'Ottawa a
annoncé dans son dernier budget que, là, tout à coup, il avait découvert l'aérospatiale, l'aéronautique et qu'il
voulait une espèce de centre national de l'aérospatiale, de l'aéronautique.
J'ai eu l'occasion de le dire à la Chambre de commerce de Montréal, si le gouvernement
fédéral veut mettre sur pied un centre national de l'aéronautique, il y a un endroit au Canada où ça
doit être, un endroit, c'est à Montréal parce que 70 % de la
recherche-développement dans le domaine de l'aérospatiale, c'est à Montréal.
Nos entrepreneurs, nos chercheurs, nos universitaires, tous ceux qui s'intéressent
au domaine de l'aérospatiale… Des grandes entreprises se sont installées à Montréal et dans le Grand
Montréal. Alors, soyez sûrs d'une chose, le gouvernement d'Ottawa, s'il
veut installer un centre national de l'aéronautique, ce n'est pas à Toronto qu'il
faut que ça soit, ce n'est pas à n'importe quel autre endroit, c'est à
Montréal. On ne se fera pas jouer le coup.
Je vous rappelle que ce même gouvernement là
centralisateur d'Ottawa a décidé de financer, subventionner l'industrie automobile. Où? En Ontario. Ils ont
délaissé toute notre industrie forestière, ils ont subventionné l'industrie
du nucléaire à coups de milliards pendant
des années. Où? En Ontario. L'hydroélectricité, on l'a découverte, on l'a
développée au Québec, hein, avec des gens
talentueux, dont René Lévesque, le gouvernement de Jean Lesage, on a développé
ça par nous-mêmes. Et là, le gouvernement d'Ottawa, qu'est-ce qu'il
fait? Il veut aller subventionner des grands barrages dans les Maritimes. Pour
faire concurrence à qui? À Hydro-Québec, à nos clients. C'est ça, défendre les
intérêts du Québec. C'est ça, défendre les intérêts du Québec, et on va
continuer à le faire.
Et le
gouvernement fédéral, quand il nous envoie de l'argent dans nos universités et
nos centres de recherche, il doit y
avoir des budgets de maintien dans les années qui suivent. C'est comme donner
une Cadillac à un chercheur puis ne pas mettre de gaz dans le réservoir.
Bien, écoutez, ça n'a pas d'allure. La suite dans les idées... Et, quand vous défendez les intérêts du Québec, vous avez des
politiques claires qui s'installent. Et ça, c'est une vision, ça fait les
coups... Ça, c'est des coups d'éclat du
gouvernement d'Ottawa, qui déstabilise la vision que les élus du Québec veulent
définir. Et, ce que je vous raconte là, ce n'est
pas un ministre souverainiste qui vous raconte ça, tous les ministres de l'Éducation
au Québec depuis des décennies se frappent, se frappent à une incompréhension d'Ottawa.
Tous les ministres dans les différents
ministères du Conseil des ministres du Québec se frappent, dans tous leurs
ministères, à une vision contradictoire et souvent à des dédoublements
qui viennent d'Ottawa. C'est ça, le régime dans lequel on vit.
Présidente (Mme Vien) : Bien. Alors, vous avez compris que la
présidence tente, bien entendu, de favoriser les échanges et puis évalue
le niveau de pertinence de façon à ce qu'on ne censure aucun député. J'espère
que chacun et chacune l'a remarqué. Je vais maintenant permettre à notre
collègue de La Prairie de pouvoir s'exprimer à son tour.
M. Le
Bouyonnec : Merci, Mme la Présidente. D'ailleurs, une remarque,
spontanément, qui me vient à l'esprit, c'est
de dire, en voyant l'échange entre M. le ministre puis mon collègue de l'opposition
officielle : Là, je comprends pourquoi 1,2 million de
Québécois ont voté pour la Coalition avenir Québec, là, face au débat
fédéraliste…
Présidente (Mme Vien) : M. le député, n'en rajoutez pas. N'en rajoutez
pas, s'il vous plaît. Allez droit au but, s'il vous plaît.
Une voix : Excellente
question, M. le député...
M. Le Bouyonnec : Le
ministre, Mme la Présidente, a parlé de sortie de crise, puis je suis, moi, de
ceux qui pensent qu'effectivement, lors du
conflit érable, le gouvernement a, par la suite, mis en place des mécanismes de
sortie de crise. On aurait souhaité une
meilleure entente, mais on peut lui donner ça, et nos interventions visent à
faire en sorte que le ministre soit davantage équipé pour aider ce
gouvernement à sortir de la prochaine crise, la crise économique qui nous
menace. La crise économique qui nous menace… Nous avons eu, en avril et en mai,
deux mois où le PIB s'est contracté. Avec la grève de la construction au mois
de juin, on peut penser raisonnablement que le deuxième trimestre 2013 sera
peut-être un trimestre récessionniste. On a vu les pertes d'emploi en juillet
et en août, donc il y a une inquiétude réelle.
On a vu cet
été, par exemple — vous
allez voir où j'arrive — on a vu cet été le collègue du ministre, le ministre des
Finances, annoncer en catimini un prolongement de 10 ans des crédits d'impôt
pour affaires électroniques. Moi, j'aimerais
pouvoir voir dans un projet de loi des mécanismes — comme on voyait, d'ailleurs, dans les autres
fonctions du ministre — qui permettent à un ministre d'avoir une
plus grande préhension pour se coordonner avec d'autres ministres et éviter que ce genre d'erreur ne se reproduise.
Moi, j'aurais été ministre de l'Enseignement supérieur, j'aurais été
choqué de voir qu'on prolonge de 10 ans, alors que l'on sait très bien que ce
crédit d'impôt particulier… J'ai eu l'occasion, en interpellation, d'expliquer
tout ça à la ministre, encore, du Développement industriel, mais on dirait que
ça prend du temps avant que ça fasse son chemin dans le gouvernement, il n'y a
pas d'effet de levier au niveau de la recherche universitaire. Sur l'ensemble
des crédits d'impôt du gouvernement l'an dernier, sur 784 millions, il n'y a eu
que 4 millions de dollars de crédits d'impôt
qui ont été réclamés au
chapitre des dépenses que les entreprises font en
milieu universitaire. C'est la démonstration
éloquente que les universités et les entreprises fonctionnent en silo, en vase
clos, alors que toutes les démonstrations mondiales pertinentes nous démontrent
qu'il faut rapprocher ces deux entités.
Et, dans le
cas du commerce électronique, écoutez, on peut bien accepter le fait que
90 millions de dollars par année s'en
aillent à CGI, qui a 70 000 employés à travers la boule, alors qu'ils ne
font pratiquement pas de recherche universitaire, et j'accepte, du fait que c'est une grande
entreprise québécoise. Quand je vois IBM, par contre, qui en réclame pas
tout à fait autant — mais
je n'ai pas le chiffre exact, donc je ne le sortirai pas ici tant que je ne l'ai
pas trouvé — moi,
je pense qu'il y a lieu pour… ici, il y a
lieu, pour que nous ayons dans ce projet de loi des mécanismes et des outils
pour le ministre pour intervenir… Et c'est ça, le but de notre intervention,
pour que dorénavant, lorsque se produisent des événements comme ça, le ministre puisse défendre
son steak, les universités et jouer son rôle de ministre de développementéconomique. Et d'ailleurs, Mme la
Présidente, si vous me permettez, je dirai même, la création de ce
ministère-là, si la loi est bien
faite, avec les bons articles, ça peut être une bonne annonce de développement
économique pour le Québec, ça pourrait
être perçu comme tel. Mais, pour ça, il faudrait que nous puissions le bonifier
un peu, le projet de loi, encore.
Présidente (Mme Vien) : On remarque au passage vos propos
colorés. Alors, M. le ministre, à la question du député de
La Prairie.
Duchesne : Mais, vous avez raison, le développement économique
est lié au développement du savoir, et tout, là. C'est prouvé, plus vous avez des gens formés, avec des diplômes d'enseignement
supérieur, vous leur donnez, oui, un bon
salaire, mais c'est l'estime de soi, c'est le développement dans la communauté,
et c'est surtout la nation tout entière qui en profite et qui est
capable d'être un bassin d'emplois, je dirais, un groupe d'élite qui est
capable d'alimenter et de répondre aux besoins de notre industrie.
Je parlais de
l'aérospatiale tout à l'heure, il faut former de façon encore plus… avec
beaucoup plus de pertinence, il faut
qu'il y en ait plus parce qu'il y a des pénuries dans ces secteurs
stratégiques. Et, je vous rappelle, l'aéronautique, l'aérospatiale, c'est un secteur stratégique pour
le Québec, pour la grande région de Montréal, ça fait vivre des milliers
et des milliers de personnes. Et, quand on
a, d'ailleurs, annoncé ces deux nouveaux pavillons à l'Université de
Montréal, sur le site Outremont, bien, c'est
4 500 personnes aussi qui vont travailler à la construction de ça pendant
trois ans. Alors, les centres aussi, que ce soit universitaires ou
collégiaux, sont des pôles de développement économique en plus d'être des
endroits où on enrichit et on contribue à cette société du savoir.
Mme la
Présidente, je demanderais peut-être, si c'est possible, une pause de quelques
minutes pour entreprendre une… Ça vous va? Très bien.
La Présidente (Mme Vien) :
Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 15)
La Présidente (Mme Vien) :
Alors, on reprend avec plaisir et enthousiasme nos travaux concernant l'étude
article par
article du projet de loi n° 45.
Alors, M. le ministre, avant la suspension, qui était à votre demande, vous
nous soumettez maintenant un amendement. On vous écoute.
Duchesne : Oui, Mme la Présidente. Après avoir entendu, entre
autres, le député de La Prairie bien mentionner un souci de tenir
compte de toute la question du développement économique liée au mandat… D'ailleurs,
dans l'article 3, nous en étions venus, les trois partis politiques — ça
fait déjà un certain temps, mais c'était au mois de juin, le 13 juin — à
une entente, et tout. Dans le même esprit, donc je propose quelques
amendements, et qui se liraient comme suit. Alors, ça concerne, bien sûr, l'article 4 du projet
de loi, et le premier point, donc, se
lirait comme suit… Déjà, il est… on garde la formulation, là, qui est
de :
«1° faire la
promotion de l'enseignement supérieur, de la recherche, de la science — oui — et
de la technologie…»
Une voix : Lisez l'autre.
Duchesne : Ah! bien,
oui, je vais lire l'amendement, Mme la
Présidente, je pense que ça va être plus simple. Donc, modifier l'article
4 du projet de loi :
Premier point : par le remplacement, dans
le paragraphe n° 1 de: «et de la technologie et favoriser, dans ces domaines» par «, de l'innovation et de la
technologie et favoriser, dans ces domaines, la concertation entre les
différents acteurs, la cohérence de l'action
gouvernementale et»; la suite de la phrase qui continue, c'est-à-dire «…le
rayonnement du Québec au Canada et à l'étranger.»
L'autre
modification concerne le paragraphe 3 O . Donc, on enlèverait le
paragraphe 3 o actuellement pour le réécrire de la façon
suivante :
«3° favoriser
le développement des établissements d'enseignement supérieur et veiller à la
qualité des services dispensés, en lien avec sa mission, par ces
établissements;
«3.1° favoriser la probité, la valorisation et
la qualité des activités de recherche;
«3.2° contribuer à l'efficacité des initiatives
gouvernementales visant le développement économique par [le soutien de] mesures
relatives à la recherche, la science, l'innovation ou la technologie.»
Alors, c'est
dans l'esprit de ce que nous avions discuté déjà. Je rappelle que, le premier
paragraphe, donc, on ajoute, entre autres, l'innovation et nous ajoutons
tout cet élément de la concertation entre les différents acteurs.
Et vous comprenez aussi que, pour le paragraphe
3°, nous précisons avec encore plus de détails la qualité des services
dispensés, la qualité des activités de recherche et que tout ça doit contribuer
à l'efficacité des initiatives du gouvernement visant le développement
économique. Voilà, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Vien) :
Bien, merci beaucoup. Alors, M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Juste
rapidement, d'abord, je vais vous demander à ce qu'on puisse
discuter de l'amendement par paragraphe et sous-paragraphe. Premier
commentaire.
Deuxième, évidemment,
le premier paragraphe vise le premier paragraphe du projet de loi tel qu'il a été déposé. Le
deuxième paragraphe vise le paragraphe 3° du projet
de loi. Je ne sais pas si on pourrait
peut-être suivre l'ordre du projet de loi, c'est-à-dire s'occuper de la
partie de l'amendement qui touche le premier paragraphe, par la suite discuter du deuxième paragraphe et revenir au
troisième paragraphe par la suite, parce qu'on a comme deux amendements en un,
si vous voulez…
Présidente (Mme Vien) :
Est-ce que je comprends que vous souhaitez qu'il y ait ici deux amendements
distincts?
Sklavounos :
Écoutez, on peut les traiter comme deux amendements distincts. Je ne vais pas
demander à ce qu'on refasse le papier, et tout.
La Présidente (Mme Vien) : Je
pense qu'on peut discuter un élément après l'autre, oui.
Sklavounos :
Oui, si on peut suivre l'ordre du projet de loi tel que déposé — à moins que le ministre propose une
autre façon de fonctionner — juste
pour les fins de la logique.
Présidente (Mme Vien) : Regardez, ce qu'on peut faire, laissons
ça comme c'est présenté si vous le souhaitez, et on adoptera… vous
déciderez, dans un tout.
Sklavounos : Exact.
La Présidente (Mme Vien) :
Mais la discussion va se faire paragraphe par paragraphe dans l'amendement. Ça
vous va?
Sklavounos :
Non, mais ce que je demandais… C'est que, vous voyez, le premier paragraphe de
l'amendement se rapporte au premier paragraphe du projet de loi.
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, c'est exact.
Sklavounos : Le
deuxième paragraphe de l'amendement se rapporte…
La Présidente (Mme Vien) : Au
troisième.
Sklavounos : …au
troisième paragraphe du projet de loi, Alors, simplement, je demandais de
pouvoir discuter du deuxième paragraphe du projet de loi avant qu'on discute de
l'amendement du troisième paragraphe du projet
de loi. Juste de le faire dans l'ordre, suivre l'ordre du projet de loi. S'il n'y
a pas de problème avec ça, je trouve ça plus logique. Mais c'est un
commentaire.
Duchesne : Mme la Présidente, nous avons, bien sûr, déposé cet
amendement par souci de cohérence. C'est pour ça qu'il est déposé ainsi. Alors, je propose qu'on dispose de cet
amendement, et nous reviendrons au point 2° ensuite.
Sklavounos : On va
commencer la discussion, Mme la Présidente, puis on va voir, là. On peut
toujours suspendre un amendement, de toute façon.
La Présidente (Mme Vien) :
Parfait, allons-y. Parfait.
Sklavounos :
Alors, sur le premier paragraphe de l'amendement, Mme la Présidente, est-ce que
le ministre pourrait nous spécifier…
Évidemment, le langage, jusqu'à une certaine partie, est très similaire. On
voit que l'innovation vient de faire
son apparition. On a eu une discussion au niveau de l'innovation dans des
articles qui précèdent, Mme la Présidente. On a également cette notion
de la cohérence de l'action gouvernementale et la concertation des différents acteurs. On peut prendre pour acquis, là,
normalement, là, lorsqu'on fait quelque chose à l'intérieur de l'enseignement
supérieur, on peut prendre pour acquis qu'il
y aurait de la concertation, de la cohérence de l'action… On l'espère
toujours, la cohérence de l'action gouvernementale. Est-ce que M. le ministre
peut être plus précis? Quel but il vise? Je veux dire, je n'ai pas d'objection comme telle au langage, je veux juste
comprendre. À
part le mot «innovation» qui fait son entrée — et je pense que personne autour de la table
ne serait en désaccord avec le fait qu'on parle d'innovation, il y a eu
un débat, une discussion là-dessus plus tôt dans le projet de loi — est-ce
que le ministre pourrait nous expliquer ce qu'il entend par la concertation et
par la cohérence, pourquoi il désire les ajouter?
La Présidente (Mme Vien) :
Donc, sur ces deux ajouts, M. le ministre.
Duchesne : Alors, oui, nous ajoutons l'innovation parce que c'est
un concept qui existe, de toute façon, qui est bien installé dans la
recherche, dans cet univers de la recherche, de la recherche fondamentale ou
appliquée. L'innovation,
bien sûr, est liée aux retombées plus industrielles des entreprises, et tout.
Alors, voilà, l'innovation est ajoutée, fait
partie d'un tout. Et nous insistons, nous reprécisons l'importance
pour ce ministère d'insister sur la concertation entre les différents acteurs parce qu'il n'y a pas d'opposition,
il n'y a pas d'opposition entre une recherche fondamentale et une
recherche appliquée. Il n'y a pas d'opposition entre des laboratoires dans des
milieux universitaires et des centres de recherche
dans des entreprises. Il faut lier, il faut s'assurer qu'il y ait une
communication étroite entre tous ces milieux. Nous devons rapprocher surtout et beaucoup nos PME de nos centres de
recherche, du milieu académique. Il faut aller dans le même sens tout en étant soucieux et respectueux de la culture de chaque organisation, hein? Dans les universités, vous avez le concept d'autonomie universitaire qui existe. Et, au sein des entreprises,
vous avez une culture d'entreprise
qui est propre et qui vise à des objectifs bien différents.
Et ce qui est
écrit là n'est pas une nouveauté, là, ce n'est qu'une clarification ou l'expression
d'une réalité qui est déjà là. Les
regroupements industriels existent, les liens entre l'entreprise et les
universités existent, là. Je vous reparle de l'aérospatiale, l'aéronautique. Vous avez le CRIAQ, c'est un
regroupement de recherche dans le domaine de l'aéronautique. Vous avez autour de la même table deux
universités, Montréal, l'ETS, un cégep, Bombardier, une PME, Pratt &
Whitney, et ils discutent ensemble afin de développer des concepts amenant l'innovation
à une réalité économique. Alors, voilà, c'est
de concrétiser la concertation, et, bien sûr, par cette concertation, arrive
une cohérence dans l'action et une efficacité en ce qui concerne l'innovation.
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Mme la
Présidente, il y a eu plusieurs échanges au niveau de l'innovation, là, lorsqu'on
a discuté de ce projet de loi, entre autres
sur l'article 1, qui a été le
titre du ministère, et il semble qu'il y a une
plus grande ouverture aujourd'hui de la part du ministre à voir et faire
figurer dans son projet de loi l'innovation, qui fait suite, en quelque sorte, à des commentaires qui avaient été
faits par l'opposition officielle et la deuxième opposition également.
Je me demande, est-ce que le
ministre serait ouvert aussi à intégrer ce langage-là et le terme «innovation»
à l'intérieur du titre, vu que ça semble
revenir en force? Il y a des éléments qui reviennent, l'innovation. Est-ce que
le ministre serait ouvert aujourd'hui
à reconsidérer la discussion qui a eu lieu? Évidemment, il y a eu toute cette
discussion — vous allez
vous souvenir, Mme la Présidente — concernant le fait que, la
Loi sur le
ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, on parlait d'avoir un volet Innovation
et développement économique qui avait été, en quelque sorte, évacué de
la création du ministère et qu'on avait exprimé certaines inquiétudes,
préoccupations. Et, évidemment, à l'intérieur du schéma du ministère, on a vu
qu'on avait intégré une
partie soutien à l'innovation et technologie et sociale à l'intérieur du ministère,
là, la
partie recherche et innovation, et on se demande aujourd'hui,
pour refléter cette réalité que le ministre semble confirmer, est-ce que le
ministre est plus ouvert aujourd'hui à incorporer le terme «innovation» dans le
titre du projet de loi, vu ses remarques.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
Duchesne : Mme la Présidente, il s'agit de la
Loi sur le
ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Nous avons
abordé ces questions-là à l'article 1. Il n'a jamais été question de
modifier à l'article 2 tout ce qui s'en est suivi, il n'a jamais été question
de modifier le nom du ministère. Je rappelle que ce ministère existe par un décret de la première ministre et du Conseil des
ministres, la population est emballée par cette idée. Il y a deux ministères de l'Éducation dans ce
gouvernement. Les directeurs généraux de cégep, les directeurs d'établissement
universitaire, le monde de la recherche sont heureux de cette configuration-là.
demande à nouveau la collaboration de mon collègue de l'opposition officielle.
Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science
et de la Technologie doit exister dans une loi. On pourra en parler pendant des heures et des heures, et je serai disponible
si c'est la stratégie de l'opposition officielle, mais je crois que nous
devons… Et là nous avons fait une proposition, une autre proposition de
modification à un amendement. Il est un peu étonnant d'arriver tout à coup avec
une modification — reconnaissez-le,
Mme la Présidente — tout
à coup, du ministère, alors qu'il ne s'agit pas du tout de l'amendement
proposé.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député.
Sklavounos :
Tout simplement, Mme la Présidente, je pense que je demande simplement à M. le
ministre d'être prudent lorsqu'il impute la stratégie… Lorsqu'on est en
commission parlementaire, on pose des questions. C'est une collaboration, en
démocratie, de poser des questions pour bonifier un projet de loi. Si la
conception du ministre de la démocratie, c'est
qu'à chaque fois qu'on pose une question, on lui demande de clarifier une
pensée, qu'on ne collabore pas avec
le ministère, bien sa conception de la démocratie n'est pas la même que la
mienne. Lorsqu'on est parlementaire, on
a le devoir de poser des questions, de clarifier des concepts. Je sais que c'est
le premier grand projet de loi de M. le ministre, mais ça prend du temps, légiférer, puis il ne faut
pas escamoter une étude d'un projet de loi. Surtout, en étude détaillée,
il faut prendre le temps nécessaire pour
poser les questions. On le fait, d'ailleurs, à chaque… Chaque question est
posée pour le bénéfice de la population. Alors, je comprends de la réponse de M.
le ministre qu'il ne serait pas ouvert, vu qu'il ramène ce langage-là à…
Il y a également la cohérence de l'action
gouvernementale. C'était un libellé qui était présent dans l'ancienne loi et qui n'était pas là dans la version
initiale. Il y a-tu une raison pour laquelle le ministre a décidé, par cet
amendement, de ramener la cohérence de l'action
gouvernementale? Et pourquoi n'a-t-il pas cru nécessaire de l'inclure dans le
libellé initial du
projet de loi lorsqu'il l'a déposé? La cohérence de l'action gouvernementale,
il me semble que c'est à l'intérieur de l'ancienne loi.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
M. Duchesne : Parce que nous
sommes à l'écoute, Mme la Présidente, parce que nous entendons les propos
constructifs des oppositions. C'est la raison pour laquelle nous avons inclus
cet élément dans l'amendement.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député de Laurier-Dorion, autres commentaires?
Sklavounos : Ça va
pour moi sur le premier paragraphe, Mme la Présidente, j'ai entendu des
réponses…
La Présidente (Mme Vien) : Ça
va aller. Les autres collègues des oppositions, ça va?
M. Le Bouyonnec : Oui…
La Présidente (Mme Vien) :
Bien. Oui, allez-y. Je vous en prie, allez-y, bien sûr.
M. Le Bouyonnec : Pardon, Mme
la Présidente, je n'étais pas sûr que vous m'aviez donné la parole, alors…
La Présidente (Mme Vien) :
Oui, je m'excuse.
M. Le
Bouyonnec : Non, non. Très bien. Alors, le deuxième groupe d'opposition,
là, accueille favorablement les amendements puis remercie le ministre.
Effectivement, on se rend compte que le ministre est à l'écoute. Il faut peut-être y voir les effets salutaires de la pause
estivale. Nous retenons les termes importants comme «innovation»,
«concertation»,«cohérence de l'action
gouvernementale» et «développement économique», d'ailleurs ce qui me fait
penser… Avec ce genre, par exemple,
de fonctions additionnelles au niveau du ministre, ça me fait penser… Le
ministre l'a soulevé tout à l'heure
en parlant des deux… en fait, du nouveau campus Outremont avec la faculté… Je
tiendrais à rappeler que, dans ce cas-là,
par exemple, ça a été une décision gouvernementale qui a eu un impact important
sur Montréal. En fait, ça a été une
décision prise en silo de l'ancien gouvernement — avec le ministre de la Santé de l'époque qui
est devenu depuis lors le chef du
Parti libéral — contre
vents et marées, c'est-à-dire contre le Québec inc., contre, finalement, le
ministère de l'Éducation, à l'époque,
qui y voyait des avantages importants par rapport à la relation avec l'Université
de Montréal. C'est le genre d'exemples
pertinents qui peuvent nuire au développement économique, où les ministres ne
travaillent pas en concertation et où une décision qui était éminemment
une décision reliée à l'Enseignement supérieur est devenue simplement une
décision de relocalisation d'un hôpital, et qui, en fait, probablement, est une
des pires décisions qui avaient été prises à l'époque pour Montréal.
Alors, je
pense qu'avec ce genre d'amendement — et je me réserve un peu le droit pour venir
peut-être avec un autre amendement un petit peu plus tard, avant la fin
de cet article-là — je
pense qu'on se rapproche du but, qui est d'outiller le ministre pour pouvoir,
autour de la table, s'organiser pour que le ministère de l'Enseignement
supérieur, Recherche, Science et Technologie puisse jouer pleinement son rôle
de moteur économique. Merci, M. le ministre.
La Présidente (Mme Vien) :
Voulez-vous ajouter quelque chose, M. le ministre?
M. Duchesne : Non. Écoutez,
je prends note, là, des propos du député de La Prairie.
La Présidente (Mme Vien) :
Bien. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, il est important, je pense, de le resouligner…
Et je ne le fais pas méchamment parce
que je sais que le ministre n'est pas méchant lorsqu'il parle de stratégie de
l'opposition et qu'il ne voudrait pas
surtout pas que ce soit interprété de façon négative, autrement dit de façon à
remettre en question l'importance de notre rôle comme élus des 125
députés de l'Assemblée nationale et également l'importance du rôle que nous
avons à bonifier les projets de loi. Et là, on en a un exemple patent, on a vu
un peu plus tôt… puis, je ne veux pas m'étendre
là-dessus, je vais fermer rapidement la parenthèse, Mme la Présidente, mais le
ministre dire : Ça fait 12, 13
heures… À un certain moment donné, depuis 14 heures, le ministre a eu l'occasion
de dire que ça fait 12, 13 heures que
nous débattons, et il remettait presque… Je ne l'accuse pas, mais il remettait
presque en question le processus dans lequel nous sommes impliqués. Et,
un peu plus tard, il a spécifié qu'après huit heures de débat, qui était tout à
fait pertinent, nous avons eu l'occasion de
faire certains amendements. Évidemment, on ne peut pas faire copier-coller,
mais rappelons-nous les débats que nous avons eus sur les premiers articles. Et
l'on sait que ce projet de loi là vient modifier — et je me réfère à mes notes — vient modifier, je crois, 51 lois, 36
règlements, si ma mémoire m'est fidèle, ce qui est le cas, et, en ce sens-là, on peut voir que les premiers articles sont fondamentaux, donnent le ton et
feront en sorte que, par la suite, les articles de concordance pourront
aller, tout de même, assez vite.
Mais, puisque le ministre reconnaît qu'il n'est
pas anodin… les mots ont une importance, les mots ont leur définition, ils ne sont pas anodins, surtout pas
dans le cadre d'une loi, justement, qui vient encadrer son action, son
travail, il y a là un choix qui a été
fait par le ministre de référer de
façon spécifique à l'innovation, et l'on sait que le ministère que le gouvernement tente de créer ici avec les bonifications de
l'opposition, vient fusionner essentiellement la
Loi sur le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport
et, par ailleurs, la
Loi sur le ministère Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, que l'on ne le
mette pas dans le titre, c'est un choix, qu'il peut justifier ou pas. Mais
que l'on vienne, après 12, 13 heures de
débat qui nous auront permis de le bonifier… N'eût été de nos représentations,
nous n'aurions pas eu cet amendement… vient
spécifier là aussi l'innovation de la technologie et favoriser dans ces
domaines la concertation entre les différents acteurs.
J'aimerais,
question, Mme la Présidente, puisque cet aspect d'importance de la concertation
entre les différents acteurs, d'une
part… puisque cet aspect, d'autre part, qui découle de la reconnaissance du
ministre, il y a quelques minutes, à
l'effet que la recherche fondamentale n'est pas opposée à la recherche
appliquée… j'aimerais savoir, lui, est-ce qu'il y a eu un cheminement qui fait en sorte qu'aujourd'hui nous devons
constater un changement d'approche ou il n'y a pas eu de changement d'approche du tout, puis cet
amendement-là, dans le fond, n'est que cosmétique? Je suis persuadé que non, il y a sûrement un changement d'approche, et
comment compte-t-il appliquer de façon tangible cette concertation entre les différents acteurs que nous avons mise
de l'avant depuis les tout débuts des débats quant à ce projet de loi
là? Ça veut dire quoi pour le ministre, lui,
aujourd'hui, la concertation entre les différents acteurs sous les angles que
je viens d'étayer, de souligner, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Vien) :
Merci beaucoup, M. le député. M. le ministre.
Duchesne : Mme la Présidente, «innovation», le mot a toujours
été à l'article 2 du projet de loi. Nous sommes toujours dans une approche d'écoute et de défense
du bien commun, surtout quand on parle d'enseignement supérieur, surtout
quand on parle de recherche et d'innovation, et ça, on l'a fait pour l'ensemble
et pour la nation du Québec.
Et la concertation, elle existe, elle va
continuer, et il est bien que ce soit inscrit dans un projet de loi. Les groupements, les regroupements industriels, les
regroupements stratégiques de recherche existent déjà. Je suis à
préparer une politique nationale de
recherche et de l'innovation qui sera déposée bientôt et qui va rappeler les
caractéristiques de la nation du
Québec, où il y a très peu de hiérarchie, il y a très peu de division en
classes sociales, et où les… que ce soient les milieux économiques, ou académiques, ou autres, il y a déjà des liens
étroits et une capacité de travailler ensemble. Et, on l'a vu lors du dernier Sommet sur l'enseignement
supérieur, on a regroupé les gens autour d'une même table, et nous avons
mis fin à une crise, et nous sommes maintenant dans la valorisation de nos
institutions d'enseignement supérieur, de nos cégeps, de nos universités et du
milieu de la recherche et de l'innovation. Voilà où nous en sommes.
La Présidente (Mme Vien) :
Merci. M. le député de La Prairie, avez-vous demandé la parole?
M. Le Bouyonnec : Non.
La Présidente (Mme Vien) :
Non? Vous ne souhaitez pas que je vous la donne? Ça va?
M. Le Bouyonnec : Bien, si
vous insistez, j'aurais peut-être…
Présidente (Mme Vien) : Non, non, ça va. Ça va, je n'étais pas
sûre. Alors, on devra donc suspendre… J'ai besoin d'un consentement, en
fait, pour suspendre l'étude de l'amendement et pour revenir à l'article, au
deuxième paragraphe. Alors, on est dans les technicalités. Ça vous va? Oui?
Sklavounos : Oui,
oui, évidemment, je l'avais proposé.
La Présidente (Mme Vien) :
Parfait. Très bien.
Sklavounos : Et,
par la suite, on pourra revenir à…
La Présidente (Mme Vien) :
Parfait. Merci. Oui, en ce qui a trait à la troisième… troisième paragraphe et
l'amendement de la
partie ministérielle.
M. Duchesne : Mme la
Présidente…
La Présidente (Mme Vien) :
Oui.
Duchesne : …je préférerais qu'on regarde pour passer, pour
adopter ou non l'amendement, passer, donc…
Présidente (Mme Vien) : Il y a une proposition, là, pour parler
dans son ensemble de l'amendement, M. le député de Laurier-Dorion. M. le
député de La Prairie?
M. Le
Bouyonnec : Nous, on est satisfaits de l'amendement proposé, ça
fait qu'on n'a pas d'intérêt à le discuter distinctement.
M. Duchesne : Je propose de
voter, Mme la Présidente.
Sklavounos :
Vous n'avez pas de question sur le deuxième paragraphe, cher collègue, si je
comprends bien?
M. Le Bouyonnec :
…avant la fin de l'article 4, une autre proposition d'amendement
éventuellement.
Présidente (Mme Vien) : Oui. Ce ne sera pas long, M. le
ministre. M. le député de Laurier-Dorion, êtes-vous d'accord à ce que…
Sklavounos :
Mon collègue a des questions sur le deuxième paragraphe, alors... Deuxième
paragraphe de l'amendement ou deuxième
paragraphe du projet de loi? Parce que le ministre semble désirer discuter de
l'amendement, là. Est-ce qu'on est d'accord là-dessus, là, ou est-ce que...
Moi, je n'ai pas de...
Sklavounos :
...pour le moment, on va permettre à notre collègue de...
M. Tanguay :
Mme la Présidente, on attend vos directives. Au niveau de l'amendement qui est
présenté, paragraphe 1° de l'article
4 tel qu'amendé, je pense que nos représentations sont terminées là-dessus de
part et d'autre quant aux oppositions. Est-ce que l'on veut statuer
là-dessus? On l'offre au ministre.
ailleurs, nous devrions, je crois, revenir, tel qu'amendé, sur le premier
paragraphe de l'article 1, et en faire, le cas échéant, ou non l'adoption, et, après ça, décider si on va au
deuxième paragraphe de la loi ou au deuxième paragraphe de son
amendement. On attend vos directives, là.
La Présidente (Mme
Vien) : …les directives...
M. Tanguay :
Comment vous voulez fonctionner? Comment...
Présidente (Mme Vien) : ...du secrétariat, c'est qu'on doit
adopter l'amendement et, ensuite, l'article dans sa globalité. Alors,
nous n'adopterons pas paragraphe par paragraphe l'article 4. Ça vous va?
La Présidente (Mme
Vien) : D'accord. M. le ministre, vous avez demandé le vote?
M. Duchesne :
Oui, sur l'amendement présenté.
Sklavounos :
…des questions sur le deuxième paragraphe de l'amendement par mon collègue.
La Présidente (Mme
Vien) : Oui. Allez-y, M. le député.
Tanguay : Si je comprends bien — puis je pense que c'est important — alors, sur le deuxième paragraphe de
l'amendement...
La Présidente (Mme
Vien) : Qui porte sur le troisième paragraphe de l'article 4.
Tanguay : ... — exactement — lorsque vous dites : Êtes-vous prêts à
demander le vote, vous l'incluriez? Auquel cas nous avons des représentations
à faire sur ce deuxième paragraphe.
La Présidente (Mme
Vien) : L'amendement est déposé tel quel, M. le député.
M. Tanguay :
Parfait. Alors, j'aurais des commentaires.
La Présidente (Mme
Vien) : Alors, on comprend votre demande, on comprend votre
souhait. Cependant, il y a un amendement qui
est sur la table qui concerne deux paragraphes différents de l'article 4.
Alors, nous devrons discuter du troisième paragraphe, s'il vous plaît,
et, ensuite, on verra à passer au vote.
M. Tanguay :
Parfait. Je vous suis.
La Présidente (Mme
Vien) : C'est bien? Je vous écoute.
Tanguay : J'aurais quelques représentations à faire là-dessus.
Alors, sur l'amendement au paragraphe 3° de l'article 4 de la loi, sur cet amendement, on peut voir que le
paragraphe 3° de l'article 4 de la loi se retrouve en substance dans le
premier paragraphe de l'amendement. Les ajouts sont davantage, quant à l'amendement,
aux paragraphes 3.1° et 3.2°.
Sur le
paragraphe 3.2°, «contribuer à l'efficacité des initiatives gouvernementales
visant le développement économique par des mesures relatives à la recherche, la
science, l'innovation ou la technologie», ma question au ministre, très simple : Au niveau de la
compréhension d'un texte, là, en français, contribuer à l'efficacité par des
mesures relatives à recherche, science, innovation, qu'est-ce que ça veut dire?
Qu'est-ce qu'il a en tête?
Présidente (Mme Vien) : Merci, M. le député. M. le ministre,
pourriez-vous nous apporter des éclairages?
M. Duchesne : Oui. Bien, c'est
que les initiatives gouvernementales doivent — et c'est précisé, et c'est écrit — viser à... peuvent viser à bien des
objectifs, mais, ici, on parle du développement économique, et par des
mesures nombreuses liées à la recherche,
science, innovation, technologie. Et la rédaction, la présentation de la
politique nationale de la recherche et de l'innovation sera un élément
énorme qui va constituer, qui va tenter...
M. Duchesne : Oui, qui sera
la contribution et qui va tenter d'aller, avec efficacité, rejoindre ces
objectifs-là. Et c'est une façon aussi de
rappeler toute la dimension du développement économique, qui est liée à l'enrichissement
en termes de savoir, de société du savoir et
en termes de contribution que l'univers de la recherche et de l'innovation
amène, et c'est lié directement à la vitalité économique d'une société.
M. Tanguay : De façon
tangible, Mme la Présidente... Puis c'est peut-être une déformation professionnelle
dans une autre vie où, en conformité, l'on précise toujours que l'on ne peut
améliorer ce que l'on ne mesure pas. En conformité — «compliance» en anglais — on ne peut pas, encore une fois, améliorer
ce que l'on ne mesure pas. Quels seront les étalons de mesure, le cas
échéant — je
ne veux pas avoir la liste complète, mais quelques exemples — qui
permettront au ministre, justement, de mesurer l'efficacité desdites mesures?
Quels seraient les indicateurs? Là, je ne parle
pas d'une politique qui viserait à l'atteinte de ces objectifs, mais... Parce
qu'effectivement j'ai eu l'occasion de mettre la main sur un volume qui parlait de légistique. Lorsque le législateur
alloue des fonds à un organisme, à un ministère, il doit le faire de façon efficace. Évidemment,
efficace dans l'atteinte de l'objectif, mais efficace également pour s'assurer
que chaque dollar investi puisse te rapporter le maximum d'impacts positifs.
Alors,
«contribuer à l'efficacité par des mesures relatives à la recherche», quels
seraient les outils de mesure, le cas échéant, dont disposerait le
ministre dans cette tâche extrêmement importante?
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
Duchesne : Bien, c'est
dans… Lorsqu'on parle de développement
économique, il y a quand même
toute une science liée à ça, hein,
étant, entre autres, responsable
de toute la question de la science, et l'économie, bien que certains en
doutent… Là, je fais une blague, mais l'économie est quand même une science, et
il y a des indicateurs économiques qui sont liés. Alors, l'efficacité des
mesures sur le développement économique, vous pouvez le mesurer, vous pouvez l'évaluer par tous ces indicateurs, au premier
titre les emplois créés, la concurrence, la performance de vos
entreprises qui sont installées sur votre territoire. Et il y a un objectif
clair qui est décrit aussi, c'est d'augmenter toujours la part de la recherche et de l'innovation au PIB, au produit
intérieur brut. Donc, ça, on veut s'assurer… Et l'objectif du
gouvernement auquel je participe, là, est d'aller à 3 % du PIB. Alors,
vous avez quand même et des indicateurs économiques et des objectifs qui sont
définis.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le député.
M. Tanguay : Et dernière question là-dessus : Est-ce que le ministre croit possible de développer au sein de son ministère…
Et, s'ils n'existent pas, si on ne peut pas les lister aujourd'hui par ces
représentations, croit-il qu'il y aurait lieu de raffiner, justement,
les outils de mesure? On peut parler, évidemment, de taux de chômage, de pertes
d'emploi, de pourcentages quant à l'investissement en innovation et en
recherche, mais il me semble qu'il s'agit là d'indicateurs, lorsqu'on parle de
la bonne gestion des fonds publics, qui ont une vision assez macro des impacts
réels ou pas d'une mesure qui, elle, peut
avoir un impact beaucoup plus ciblé. Alors, comment reçoit le ministre l'importance — je crois, moi, personnellement, oui, mais j'aimerais l'entendre là-dessus — de raffiner, d'ailleurs, les outils de mesure
au-delà de ceux qu'on a nommés afin de s'assurer que chaque dollar
investi rapporte un maximum et que la politique qui nous justifie de le
dépenser est la bonne en instance? Je pense que c'est important. Je pense que
le ministre a bien compris le sens de ma question.
La Présidente (Mme Vien) :
Merci.
Duchesne : Mais ces indicateurs-là existaient avec les deux
dernières SQRI, là, qui ont été mises en place par l'ancien gouvernement
auquel vous avez… enfin, la formation politique à laquelle vous avez adhéré,
donc que vous adhérez. Alors, les indicateurs existent, et ils ont été bien
définis. Comment évaluer une stratégie, l'efficacité d'une stratégie? Comment
une politique nationale peut donner des résultats? Ces indicateurs existent au
ministère et vont continuer à être raffinés.
façon plus concrète, là, quand on parle à Bombardier, à
Pratt & Whitney, à des entreprises qui sont dans le domaine de l'aviation et de l'aérospatiale, il
faut avoir des gens formés, bien formés, qui ont une capacité de
contribuer, en termes de recherche et d'innovation, au milieu du travail.
Alors, ça, une politique nationale de la recherche et de l'innovation, un ministère dont sa responsabilité
est de développer la recherche et l'innovation, de la mettre en valeur,
de la promouvoir, ça doit donner des résultats économiques, et je dois vous
avouer que le Québec performe bien à l'égard de la plupart de ces indicateurs-là.
Tanguay : Mme la Présidente, j'aurais eu le réflexe de
parler, justement, des indicateurs et jusqu'à quel point il est vrai ou pas vrai que le Québec performe bien
depuis la dernière année, mais je ne ferai pas de commentaires là-dessus,
quant à la perte d'emploi et le taux de chômage. Alors, je vais laisser plutôt
mes collègues poursuivre le débat sur l'amendement. Merci, Mme la Présidente.
M. Duchesne :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre.
M. Duchesne :
Oui. Sur la question des emplois, il faudrait peut-être cesser de laisser
entendre, là, que la situation ne s'est pas améliorée parce que, de toute
évidence, vous avez les mêmes informations que moi là-dessus, il faut bien le dire, là, écoutez, depuis janvier
2013, il s'est créé 62 200 emplois au Québec, dont 52 300 à temps
plein. Au cours des 12 derniers mois, entre autres, l'emploi, dans la
région métropolitaine, a connu une embellie appréciable, création de plus de
28 000 emplois. Alors, croissance du PIB, 1,3 % en 2013. Et, à ce
jour, la croissance est de 1,4 % par rapport à 2012.
Alors,
je rappelle, il y a eu une création d'emplois, et il ne faut pas se lancer, là,
dans… il ne faut pas favoriser — et là je reprends des mots,
là…— il
ne faut pas favoriser un climat d'inquiétude ou de colère, comme le disait le
député de Laurier-Dorion, là. Soyons clairs sur les chiffres, les indicateurs
sont là. Et voilà, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Vien) :
Bien. Merci beaucoup. Alors, est-ce
que, tout le monde, on serait prêts
à disposer de l'amendement? Ça vous va? Alors, on demande le vote sur
cette question. Ceux qui sont...
La Présidente (Mme
Vien) : Pardon?
Sklavounos :
Adopté.
Présidente (Mme Vien) : Adopté? C'est bon. Parfait, merci.
Alors, donc, cet amendement est adopté. Nous revenons à l'article 4. M.
le député de La Prairie, vous avez une interrogation dans vos yeux. Ça va?
M. Le Bouyonnec :
En fait, je voulais proposer, amener sur la table potentiellement un nouvel
amendement à l'article 4.
La Présidente (Mme
Vien) : Bien. Si vous permettez...
M. Le Bouyonnec :
On peut faire une pause aussi parce qu'il n'y a pas eu de consultation...
La Présidente (Mme
Vien) : Non, ça va. Je veux juste qu'on n'aille pas trop vite
parce qu'il faut bien se comprendre, là, parce qu'il y a plusieurs...
M. Duchesne :
...un éclaircissement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Vien) : Oui, allez-y.
M. Duchesne :
Est-ce qu'on pourrait passer à l'adoption des... paragraphe par paragraphe,
compte tenu de l'amendement qu'on vient d'adopter,
et, lorsqu'on arrivera au paragraphe qui concernera possiblement votre
proposition, y arriver? Est-ce qu'on peut procéder ainsi?
La Présidente (Mme
Vien) : Bien, c'est un peu, tantôt, ce qu'on...
Sklavounos :
C'est ce qu'on avait suggéré.
La Présidente (Mme
Vien) : C'est ce qu'on avait suggéré, c'est ça.
Sklavounos :
M. le ministre avait décidé de fonctionner un petit peu différemment. Est-ce qu'on
pourrait revenir, par contre, parce que, là, je vois que monsieur...
M. Duchesne :
…pas au courant de la proposition…
Sklavounos : Oui. Là, si je peux vous suggérer, si on a
terminé la discussion du paragraphe 1°, nous venons d'amender le paragraphe 1° et le paragraphe 3°,
est-ce qu'on pourrait retourner dans l'ordre, paragraphe 2°? Je ne sais
pas si l'amendement de mon collègue porte sur le paragraphe 2°. Sinon...
La Présidente (Mme Vien) : Ce
serait peut-être une indication à nous donner maintenant, M. le député de
La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Ça serait,
dans l'article, un nouveau paragraphe, un huitième paragraphe.
La Présidente
(Mme Vien) : Un huitième, bon, bien. Alors, écoutez, de
consentement, vous savez qu'il n'y a pas de limite. On en serait rendus
au paragraphe 2° de l'article 4, alors, le 1° et le 3° étant adoptés.
Sklavounos : Non,
ils ne sont pas adoptés, ils sont discutés. Il n'y a rien d'adopté encore.
Présidente (Mme Vien) : Oui, au niveau de… tout à fait. Alors,
on pourrait revenir au 2°. Et, à la demande du ministre, on pourrait, et
comme l'avait suggéré l'opposition officielle, y aller paragraphe par
paragraphe. Est-ce que ça vous va, ça?
M. Duchesne : Bien là, je
pense qu'il faudrait voir si on adopte le paragraphe 1° tel qu'amendé. D'accord?
La Présidente (Mme Vien) :
Oui. Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos :
On discute des paragraphes, on adopte un article. Alors, je pense que ce qu'on
fait, on fait la discussion paragraphe par paragraphe. Une fois que tout
est discuté puis on est d'accord, on votera l'article comme tel. Alors, c'est
ma compréhension de la procédure parlementaire. On discute paragraphe par
paragraphe, mais on ne vote pas paragraphe par paragraphe, on vote sur un
article.
La Présidente (Mme Vien) :
O.K. Alors, vous ne souhaitez pas adopter paragraphe par paragraphe?
Sklavounos : Non.
Non. La procédure parlementaire veut qu'on vote
article par… on vote. On peut
discuter paragraphe par paragraphe, mais on ne peut pas voter un paragraphe
selon ma compréhension. À moins que Mme la secrétaire...
Présidente (Mme Vien) :
On me dit qu'on peut. S'il y avait consentement, c'est quelque chose qui peut
se faire.
Une voix : Vous voulez voter
paragraphe par paragraphe?
Présidente (Mme Vien) : Non, mais c'est comme vous voulez, là,
on vous le soumet. Si vous ne le souhaitez pas, on ne le fait pas...
Sklavounos : Je
vais vous suggérer pourquoi je ne le souhaite pas.
La Présidente (Mme Vien) :
Parfait.
Sklavounos :
Parce que la proposition d'amendement de mon collègue visant à ajouter un
paragraphe au projet de loi qui sera
faite plus tard, peut-être, risque d'avoir une incidence sur les autres
paragraphes de l'article. C'est pour ça que, normalement… Et, c'est pour
ça que je vous fais cette suggestion, j'ai présidé des commissions par le
passé, on discute paragraphe par paragraphe,
mais on n'adopte pas un paragraphe, vu qu'il y a possibilité d'amendement sur
d'autres paragraphes qui risque d'avoir une incidence entre les paragraphes,
entre eux. Alors, c'est ça que je vous suggère. Je ne sais pas, moi, je vous...
Présidente (Mme Vien) : M. le ministre, est-ce que vous êtes à
l'aise avec la proposition de votre vis-à-vis?
M. Duchesne : D'accord,
faisons-le ainsi.
La Présidente (Mme Vien) :
O.K. Parfait. M. le député de La Prairie, ça vous va comme ça?
Présidente (Mme Vien) : On est corrects? Tout le monde est de
bonne humeur? Excellent. Alors, on y va avec le deuxième paragraphe. M.
le ministre.
M. Duchesne : Alors, le
deuxième paragraphe se lit comme suit, donc, et nous sommes toujours dans les
fonctions du ministre :
contribuer au développement et au soutien de ces domaines — ils
ont été évoqués dans le premier paragraphe — ainsi qu'à l'élévation du
niveau scientifique, culturel et professionnel de la population québécoise.»
La Présidente (Mme
Vien) : Il n'y a pas de commentaire? Ça va?
M. Duchesne :
Bien, non.
La Présidente (Mme
Vien) : À sa face même, ça vous paraît clair?
M. Duchesne :
Je crois que c'est de bien lier tout cela à une culture scientifique.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Pour le moment, je n'ai pas de question
là-dessus, Mme la Présidente. Je réserve le loisir de revenir plus tard,
mais, pour le moment, je n'ai rien là-dessus.
La Présidente (Mme Vien) : Parfait. Je n'ai pas de signal de
la deuxième opposition. M. le député de Saint-Hyacinthe, ça va? Parfait.
Nous poursuivons.
M. Duchesne :
Alors, nous parlons maintenant du troisième paragraphe tel qu'amendé, ce qui se
lit comme suit, donc :
«3° favoriser le développement des établissements d'enseignement
supérieur et veiller à la qualité des services dispensés, en lien avec
sa mission, par ces établissements;
«3.1° favoriser la
probité, la valorisation et la qualité des activités de recherche;
«3.2°
contribuer à l'efficacité des initiatives gouvernementales visant le
développement économique par le soutien de mesures relatives à la
recherche, la science, l'innovation ou la technologie.»
Nous en avons discuté
dans les dernières minutes, disons.
Dois-je comprendre
que nous allons au quatrième paragraphe, Mme la Présidente?
Présidente (Mme Vien) : M. le député de Laurier-Dorion, avez-vous des observations sur le paragraphe
Sklavounos :
...mon collègue, je vais lui permettre d'y aller pendant que je regarde…
La Présidente (Mme
Vien) : Oui, oui, oui, bien sûr, M. le député de LaFontaine,
allez-y donc.
Tanguay :
…éclaircissement, Mme la Présidente. Et, évidemment, les débats que nous faisons sont suivis,
et il est important de donner au ministre les occasions nécessaires pour
préciser sa pensée quant à la portée de certains termes utilisés. Puis ça, je
pense qu'il le reconnaît d'abondant.
Alors, lorsqu'au paragraphe proposé «favoriser la probité»… Et, j'en suis au niveau de la probité,
«favoriser la probité, la valorisation et la qualité des activités de
recherche», qu'entend-il? Et j'aimerais qu'il puisse, par sa réponse,
là, non seulement éclairer nos travaux, mais éclairer celles et ceux qui auront
le loisir de nous entendre et de nous lire par la suite.
La Présidente (Mme
Vien) : Bien. M. le ministre.
Duchesne : Il est
connu, dans le milieu de la recherche — d'ailleurs,
comme dans tout milieu, mais depuis longtemps dans le milieu de la
recherche et de l'innovation — que ces activités doivent se mener avec
une forme d'indépendance d'esprit et aussi,
mais surtout avec des règles d'éthique et des comités d'éthique liés à tous les
groupes de recherche, entre autres les trois fonds de recherche qui sont sous l'autorité
du ministère de l'Enseignement supérieur, Recherche, Science et Technologie et
dans les universités. Là où il y a des activités de recherche, il y a ces
comités d'éthique. La probité est donc un concept qui est très familier au
monde de la recherche et de l'innovation.
Tanguay : À ce sujet,
Mme la Présidente… Et, vous savez, on se réfère… Parce que, là, il y a des éléments que l'on vient prendre à
gauche et à droite, d'une part, la
Loi sur le ministère de l'Éducation — et je
résume les titres — et
la
Loi sur le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.
Est-ce que le ministre peut m'indiquer… Puis l'objectif est de voir si
ses collaborateurs, collaboratrices peuvent nous l'indiquer. Le terme «probité» était-il déjà dans la
Loi sur le
ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation?
Peut-être que non. Pourrait-il nous l'indiquer et s'il s'agit d'un nouveau
terme utilisé ici, dans une législation?
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre, oui.
Duchesne : Bien, dans
une législation… À l'égard de toutes les législations, là, je ne veux pas
parler de toutes législations, mais
je suppose que le mot «probité» est déjà apparu. Mais, dans le cadre du projet de loi qui nous intéresse, nous sommes dans l'innovation, nous
innovons.
M. Tanguay :
O.K. Alors, je remercie beaucoup la gentillesse du ministre de revenir quant à
la définition fondamentale du mot «législation». Effectivement, je pense qu'il
n'était pas besoin de préciser que nous sommes au Québec en 2013, ici, projet
de loi n° 45, 40 e législature. Alors, là-dessus, je tiens à le
rassurer quant à sa définition du mot
«législation», nous sommes à la même page. Ceci dit, je reviens avec ma question. «Probité», est-ce qu'il était déjà comme
terme dans la
Loi sur le ministère du Développement économique, de l'Innovation
et de l'Exportation? Et j'ai pris bonne
note qu'avec le ministre nous devons
faire attention, évidemment, de façon très, très, très rigoureuse à l'usage des
mots.
La Présidente (Mme Vien) : M.
le ministre.
Duchesne : Je le répète, nous innovons, oui, c'est nouveau.
Désolé que le député ait perçu autre chose dans ma réponse, c'est tout à
fait nouveau, oui.
M. Tanguay :
Bon. Dans la mesure où c'est nouveau, Mme la Présidente, j'aimerais savoir,
donc, du ministre, tout simplement, s'il s'agit d'un terme nouveau
utilisé dans une loi du Québec, qui était le sens que je voulais donner au mot
«législation» un peu plut tôt. Est-ce qu'il y aura une nouvelle approche, une
nouvelle façon de faire, peut-être améliorée,
le cas échéant? Est-ce qu'il s'agit là d'une approche qui sera bonifiée par le
ministre ou que, non, on modifie la loi, on ajoute un terme, mais qu'il
n'y aura pas d'approche différente ou bonifiée en ce sens-là, tout simplement?
M. Duchesne : Bien, ça
enrichit, ça précise, hein? Les mots servent à préciser, à orienter, à guider.
Et cette formulation, aussi, est inspirée de la
Loi sur l'Institut national d'excellence
en santé et services sociaux, où il est mentionné que… «…sa mission dans le
respect des valeurs d'excellence, d'indépendance, d'ouverture, de rigueur
scientifique, de transparence, de probité et d'équité envers ceux qui utilisent
les services de santé et les services sociaux…» Donc, voilà où vous pouvez retrouver
une référence quant à l'utilisation de «probité».
M. Tanguay :
Et dernière question là-dessus, Mme la Présidente, très rapidement : Dans
son application tangible, au jour le jour, comme ministre chargé de l'application
de cette nouvelle loi là, en donnera-t-il des échos bonifiés par rapport à lui, sa fonction et sa mission de s'assurer
de la probité, justement, dans les recherches scientifiques? Est-ce qu'il
en bonifiera ses vérifications pour, justement, s'assurer de cette probité-là,
puisque la loi introduit ce terme nouveau?
Duchesne : Oui. Nous n'écrivons rien sans raison. Vous le
savez, c'est le propre du législateur. Donc, il faudra s'assurer qu'il y ait des suivis. Mais, encore là,
à l'égard de «probité», nous avons donc des éléments de référence, ça a
déjà existé. Il y a moyen de mesurer ça, beaucoup, entre autres, par une
approche de comité d'éthique.
Présidente (Mme Vien) : Merci beaucoup. Alors, nous en sommes
maintenant au quatrième paragraphe de l'article 4, M. le ministre. M. le
ministre.
M. Duchesne : Alors, nous
arrivons maintenant à ce paragraphe 4°, qui se lit comme suit — nous
sommes toujours dans les fonctions du ministre
«4° mener des actions concertées avec le
[ministère] de l'Éducation, du Loisir et du Sport afin de favoriser la
continuité, le développement et l'intégration des parcours éducatifs.»
Présidente (Mme Vien) : Vous aurez compris «avec le ministre»,
et non pas «avec le ministère». C'est bien ce que je lis. Non?
M. Duchesne : Pardon, j'ai
dit «avec le ministère». Non, «avec le…»
La Présidente (Mme Vien) :
«Ministre».
M. Duchesne : «Avec le
ministre — voilà — de l'Éducation,
du Loisir et du Sport».
Présidente (Mme Vien) : Il n'y a pas d'offense, c'est juste
pour être davantage précis. M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Je suis en train de regarder, Mme la Présidente, évidemment, le travail qu'on a fait précédemment au niveau de l'article 2 du projet
de loi. Évidemment,
le libellé a été changé. On a fini par avoir un libellé qui a ajouté,
là, «a également pour mission de contribuer à l'essor de la recherche, de la
science, de l'innovation et de la technologie, notamment dans les milieux
académiques, industriels et sociaux, dans une perspective de développement
durable en favorisant particulièrement l'accès au savoir, la prospérité
économique…» Vous allez vous souvenir qu'il y a eu des discussions à ce
niveau-là, le progrès social et le respect de l'environnement.
Je suis en train aussi de repenser aux
commentaires qui ont été faits par mon collègue tout à l'heure, ainsi
que le fait qu'il y a une
partie de l'innovation
qui se retrouve dorénavant à l'intérieur du ministère de l'Enseignement
supérieur, et, évidemment, il y a un
volet économique assez marqué. Le ministre nous l'a confirmé tout à l'heure
dans ses commentaires qu'évidemment le ministère de l'Enseignement
supérieur a un volet économique important. Je me demande si le ministre avait
envisagé d'ajouter… Lorsqu'on parle de concertation entre le MELS et le
ministère de l'Enseignement supérieur, on comprend, à un certain niveau, le parcours normal d'un
élève qui deviendrait un étudiant, évidemment, en quittant le primaire,
secondaire pour aller au cégep ou à l'université, et qu'il faut avoir un
certain arrimage, on le comprend, c'est
normal. On parle de, par contre, favoriser la continuité, le développement, le
développement, surtout, des parcours éducatifs. Le ministère nous a
parlé des CCTT, évidemment, au niveau des cégeps, transfert technologique,
arrimage sur l'économie des régions, sur l'économie locale.
J'aimerais savoir si le ministre avait
envisagé d'ajouter une concertation ou de faire une mention spécifique
au ministère des Finances, par exemple, qui
a un volet clairement économique au niveau… lorsqu'on parle d'ajouter
une certaine concertation pour assurer une cohérence — d'ailleurs,
on le mentionne dans un paragraphe précédent, une cohérence entre les différents ministères — s'il avait envisagé de faire mention ici,
dans ce paragraphe-là, du ministère des
Finances ou de la banque… Ou je ne sais pas quel ministère à caractère
économique pourrait être intégré pour assurer qu'évidemment les développements du parcours, surtout — il y a des parcours professionnels,
techniques, etc. — s'arrimentaux besoins du marché du travail, aux
besoins de l'économie locale, des régions, etc. Parce que c'est quelque chose
qui manquerait, d'après moi, en lisant ce
paragraphe-là. On a de la place, j'aimerais savoir pourquoi on a exclu cette
possibilité-là.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre.
Duchesne : Parce qu'on parle du paragraphe 4°, Mme la
Présidente, et le paragraphe 4° parle de parcours éducatifs. C'est très important lorsqu'on parle d'enseignement. Que ce
soit… à tous les niveaux, là, il faut préserver une continuité. Et, dans
la mesure où le jeune qui devient un jeune adulte a les capacités, la volonté d'aller
plus loin, on va s'assurer qu'on le garde,
qu'il y ait ce parcours, qu'il puisse
passer du primaire, secondaire professionnel… S'il veut aller au technique, il peut aller au technique. S'il
veut prendre un programme préuniversitaire au cégep pour se rendre
ensuite à l'université, on va tenter de
créer un climat favorable à tout ça. S'il fait des choix ailleurs, les choix
sont respectés. Et, pour faire ça, il faut des liens étroits, une
cohérence, une communication constante avec le ministère de l'Éducation, du
Loisir et du Sport.
Sklavounos : Je
suis d'accord avec ce que le ministre vient de dire, je n'ai pas du tout évoqué le
remplacement du MELS par le ministère des Finances à l'intérieur du paragraphe.
Je suis d'accord que le ministère… Ça va sans dire que le ou la ministre… C'est
libellé «le ministre», je comprends qu'on inclut la ministre ou le ministre
selon les circonstances. Je ne parle pas de
remplacer… Moi, je pense que le MELS, évidemment… si le MELS et le ministère de l'Enseignement supérieur ne s'accordent
pas sur le parcours éducatif… Je parle d'ajouter un élément, de maintenir ce lien, évidemment. Évidemment, on a divisé le parcours scolaire entre la
maternelle, le primaire, le secondaire, et le cégep, et l'universitaire. Je
comprends ça, il faut avoir un
arrimage, mais un arrimage avec le milieu économique, puisqu'on vient d'ajouter
du langage qui parle d'innovation, prospérité économique, puisque le ministre
lui-même a soulevé la question des centres… les CCTT, les cégeps, l'importance
des cégeps dans le rôle de l'économie locale. On parle de parcours qui sont
éminemment professionnels et techniques, qui, dans certaines régions, avaient
vraiment comblé les besoins de l'économie locale, et on a plusieurs députés de
régions qui sont avec nous dans cette commission-là qui comprennent pourquoi je
pose cette question-là.
Est-ce qu'on pourrait
envisager d'ajouter une concertation, vu que le ministre vient de parler dans
un autre paragraphe qu'on souhaite la
cohérence entre les différents ministères? Vu qu'on parle dans plusieurs cas de
parcours éducatifs, mais qui riment beaucoup
avec des emplois techniques et professionnels, est-ce qu'on pourrait
envisager des actions concertées avec
le ministère des Finances qui feraient en sorte que le programme serait peut-être…
Lorsqu'on parle surtout de développement du parcours, lorsqu'on est en
train de développer, ou de parfaire, ou d'actualiser des parcours
éducatifs techniques et professionnels, n'y aurait-il pas place pour le
ministère des Finances à l'intérieur de cette concertation que le ministre
désire tant et que nous désirons tous? C'est une question que je pose.
ne parle pas d'enlever le MELS, je parle d'ajouter le ministère des Finances.
Ou peut-être il y a d'autres… Dans ma tête, j'ai le ministère des
Finances. Peut-être, ce n'est pas le bon ministère, mais je pense que…
Évidemment, lorsqu'on parle de besoins du
marché, de l'économie locale et l'arrimage entre la fo