Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 18 January 2012 (39th Legislature, 2nd Session)

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(23 février 2011 au 1 août 2012)

Le mercredi 18 janvier 2012 - Vol. 42 N° 69

Consultation générale sur le Livre vert pour une politique bioalimentaire : Donner le goût du Québec

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Table des matières

Auditions (suite)

Syndicat du secteur de l'UPA de Weedon

Syndicat du secteur de l'UPA de Valcourt

Syndicat du secteur de l'UPA de Sawyerville

Syndicat du secteur de l'UPA de Richmond

Syndicat du secteur de l'UPA de Magog

Syndicat du secteur de l'UPA de Lac-Mégantic

Syndicat du secteur de l'UPA de La Patrie

Syndicat du secteur de l'UPA de Coaticook

Solidarité rurale du Québec (SRQ)

M. Raymond Rouleau

Autres intervenants

M. Pierre Paradis, président

M. Norbert Morin, président suppléant

M. Pierre Corbeil

M. André Simard

M. Janvier Grondin

M. Émilien Pelletier

M. Jean D'Amour

Mme Charlotte L'Écuyer

M. André Villeneuve

* M. Réal Marcoux, Syndicat du secteur de l'UPA de Weedon

* M. Alain Brouard, idem

* M. Michel Brien, Syndicat du secteur de l'UPA de Valcourt

* M. Jean Tétreault, idem

* Mme Lynne Martel Bégin, Syndicat du secteur de l'UPA de Sawyerville

* M. Antoine Doyon, idem

* M. Laurent Tremblay, Syndicat du secteur de l'UPA de Richmond

* M. Martin Roy, idem

* M. Serge Beauvais, Syndicat du secteur de l'UPA de Magog

* M. Marc Chiasson, idem

* Mme Lyne Girard, Syndicat du secteur de l'UPA de Lac-Mégantic

* M. Pierre Leblond, idem

* Mme Chantal Prévost, Syndicat du secteur de l'UPA de La Patrie

* M. Claude Morin, idem

* M. Philipp Stirnimann, Syndicat du secteur de l'UPA de Coaticook

* M. Gérard Duteau, idem

* Mme Claire Bolduc, SRQ

* Témoins interrogés par les membres de la commission

Journal des débats

(Neuf heures trente-huit minutes)

Le Président (M. Paradis): ...oui, c'est vrai, Montmagny-L'Islet, c'est bon d'avoir bravé la tempête, tout comme nos invités, d'ailleurs.

Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte. Tous les gens munis de bidules électroniques, s'il vous plaît, veuillez les mettre en mode silencieux et tenter de ne pas vous en servir.

Le mandat de la commission est de tenir des audiences publiques dans le cadre de la consultation générale sur le livre vert pour une politique bioalimentaire du Québec intitulé Donner le goût du Québec.

Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?

La Secrétaire: Oui, M. le Président. Mme Ouellet (Vachon) est remplacée par M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) et M. Trottier (Roberval), par M. Villeneuve (Berthier).

Le Président (M. Paradis): Et nous souhaitons la bienvenue au député de Beauce-Nord. Il était pris dans la neige hier. Je pensais que vous aviez commencé vos sucres, vous.

Auditions (suite)

Ce matin, nous recevons l'UPA de Weedon, de Valcourt, de Sawyerville et de Richmond. Sans plus tarder, je demanderais aux représentants de l'UPA de Weedon de bien vouloir se présenter et de nous présenter leur exposé. Bienvenue.

Syndicat du secteur de l'UPA de Weedon

M. Marcoux (Réal): Bonjour, M. le Président, M. le ministre, les membres de la commission. D'abord, je me présente, je suis Réal Marcoux, producteur depuis 1973 dans le secteur vaches-veaux. Je possède 350 têtes. J'ai été producteur acéricole de 1975 à 1998, année du verglas. Le verglas a détruit passablement mon boisé, à un point tel que je n'ai jamais réentaillé. Je possède 600 acres de terre et, pour combler mes besoins, je loue des prairies dans les alentours, là, j'ai des fermes jusqu'à 20 km de chez nous, 25 km de chez nous. Mon fils est employé, employé à plein temps sur la ferme depuis 1998 et il possède un D.E.P. en production bovine.

À mes côtés, M. Alain Brouard, qui est le vice-président de l'UPA Estrie. Il vous présentera lui-même son entreprise dans quelques instants.

Tout d'abord, pour vous aider à nous situer, Weedon est une municipalité située sur la route 112, à mi-chemin entre Sherbrooke et Thetford Mines, dans la MRC du Haut-Saint-François.

Le syndicat du secteur de Weedon regroupe les producteurs et productrices de la municipalité de Lingwick, Weedon, Dudswell, Stratford, Beaulac-Garthby, Disraeli et Sainte-Praxède.

Les principales productions sont la production laitière, la production bovine, porcine, production acéricole et forestière. On retrouve aussi chez nous plusieurs autres petites productions, comme exemple des sapins de Noël, la production ovine, la production en serre. On a de l'aquaculture, on a des petits producteurs de... des petits producteurs de... excusez, des producteurs de petits fruits. Alors, on a du sanglier, de l'alpaga. On a un producteur de tourbe. On a même un producteur de chevaux. On a des producteurs de... un producteur de bison et quelques autres petites productions diverses aussi.

En juillet 2011, le secteur comptait 293 producteurs sur 182 fermes. À noter que le taux d'adhésion à l'Union des producteurs agricoles, dans mon secteur, à ce moment-là, était de 100 %, tout comme en 2008, où nous avons eu aussi 100 % d'adhésion de tous les producteurs à l'UPA.

Sur le territoire du secteur de Weedon, on compte peu d'industries importantes. Donc, l'agriculture tient lieu de base économique importante pour plusieurs municipalités. La MRC du Haut-Saint-François est même reconnue comme une MRC dévitalisée. Elle est donc désignée dans le programme du MAPAQ sur la multifonctionnalité, ce qui lui a permis, par le soutien de l'UPA, d'utiliser le programme pour valoriser le circuit touristique la route des Cantons.

Le secteur de Weedon, comme partout en Estrie, est sillonné de sentiers de VHR. Les relations avec les responsables des clubs ont toujours été faciles, et, pour nous, accorder aux adeptes de la motoneige et de quad le privilège d'utiliser nos terres est une autre façon pour les agriculteurs de soutenir un pan important de l'économie locale. À

titre d'exemple, chez nous, sur une de mes fermes, j'ai les deux sentiers, de motoneige et de quad, puis, comme ils ne s'entendent pas pour passer à la même place, bien, j'ai le plaisir d'avoir deux routes, deux autoroutes, parce que c'est le circuit provincial. Ça fait au-delà de 15 ans que cette ferme-là reçoit ces adeptes-là. Moi, je la possède depuis 2000, donc depuis 12 ans. Ça a toujours été facile, les relations. Par contre, moi, j'absorbe les pertes et les inconvénients.

Alors, quand on se fait dire qu'on devrait avoir des sentiers permanents, je pense que ça, ça ressemble à des sentiers permanents. Et on a rencontré les présidents de nos... de ces clubs-là quand il y a eu la consultation, et le président des sentiers de motoneige a dit: Moi, ça fait 32 ans que je vais voir vers les cultivateurs -- parce que, lui, il appelle ça encore les cultivateurs, c'est correct, je n'ai pas de problème -- et il a dit: Ça fait 32 ans que je n'ai pas de problème à avoir des autorisations. Ça, j'appelle ça des sentiers permanents.

Donc, accorder, comme je disais, accorder aux adeptes de la motoneige le privilège d'utiliser nos terres, c'est une autre façon pour les agriculteurs de soutenir un pan important de l'économie locale.

** (9 h 40) **

Si la topographie et le climat font chez nous des paysages magnifiques, pour l'agriculture ce n'est pas nécessairement l'idéal. Il y a bien sûr de belles fermes, mais, comme l'a dit M. André Tessier hier, du secteur de Wotton, qui est un secteur voisin de l'UPA Weedon, on parle souvent de petites parcelles de terre, souvent vallonnées, rocailleuses, en pente, avec des unités thermiques pas très élevées, ce qui fait que la culture de maïs et de céréales est donc souvent réservée aux besoins de la ferme. C'est pourquoi on retrouve les productions animales... surtout des productions animales.

Et, comme exemples, je peux vous donner quelques chiffres. Dans le secteur de Weedon, sur 182 fermes, 90 fermes sont dans le secteur bovin. Donc, la moitié des fermes sont des producteurs de bovins. 15 fermes sont des producteurs d'agneau et mouton. Donc, ces deux productions-là totalisent 105 fermes sur 120. À ça, si on ajoute les producteurs de porc, un autre 15 fermes, on se retrouve avec 120 fermes sur 180. Donc, les deux tiers de nos fermes sont sur trois productions animales, toutes soumises à l'ASRA, donc c'est les deux tiers de nos fermes qui sont vraiment dépendantes de l'ASRA.

Vous comprendrez donc, pour nous, le... vous comprendrez donc l'importance pour nous de programmes de soutien adéquats et fiables à long terme. Des programmes courts ou individuels habillent finalement peu de personnes. La stratégie d'adaptation avec beaucoup d'argent... envoie quand même beaucoup d'argent pour les consultants. Malheureusement, ces programmes courts et qui arrivent un peu ad hoc, bien, on se retrouve avec beaucoup de consultants qui sont souvent peu formés.

On a un syndicat de gestion chez nous, qui est là depuis tout près de 30 ans, lorsque la demande est sensiblement pareille, lorsqu'il part quelqu'un, il arrive un nouveau... il part un employé, un nouvel employé, il peut être encadré, il peut être vraiment suivi, et on en fait des personnes compétentes. Lorsqu'arrive un programme comme celui-là où, dans une région, il y a cinq conseillers qui font ce travail-là et, tout d'un coup, avec ce programme-là, il en faut 25, on comprendra que les 20 nouveaux sont souvent peu formés, ont souvent peu de connaissances et peu de compétences.

Donc, les aides ne sont pas nécessairement toujours à point.

Et, exemple, dans ce programme-là, ça arrive tellement vite qu'il y a même de l'argent pour l'UPA là-dedans. On avait perdu un locataire, donc on a loué à un consultant qui loue toute la surface qu'on avait à louer. Ça fait que finalement, moi, j'aime bien qu'il y ait de l'argent à l'UPA, mais je l'aimerais mieux dans mes poches de producteur.

Donc, je passe maintenant la parole à M. Brouard.

M. Brouard (Alain): Bonjour, M. le Président, membres de la commission, messieurs dames. Mon président m'a pris pas mal de mon temps, je vais essayer d'être bref, moi aussi.

Je suis Alain Brouard, producteur depuis 1974 d'une ferme familiale en production porcine, en production bovine, puis je fais aussi, en ce moment, de la forêt pour être capable de survivre à la crise présentement.

La raison pourquoi ça se fait que nous sommes ici aujourd'hui, c'est pour parler de l'Union des producteurs agricoles, notre accréditation. Je me demande pourquoi que vous vous attardez à ce sujet. Est-ce pour nous diviser entre nous, quand on sait bien que l'union fait la force et en plus que, dans notre secteur, nous avons 100 % d'adhésion?

Parlons d'autres sujets d'actualité aussi importants. L'ASRA, La Financière agricole qui, avec ses coupures, nous affecte directement, nous, producteurs de porc, de bovins et d'ovins, qui traversons des périodes très, très difficiles. Plusieurs producteurs pensent à abandonner, et certains ont dû fermer leurs portes, faute de liquidités.

Un autre dossier aussi, c'est le zonage agricole. Pour les municipalités, l'important, c'est d'aller chercher de plus en plus de nouvelles constructions pour aller chercher de plus en plus de taxes, sans se soucier de l'agriculture -- parce que je siège sur un comité dans la MRC des Appalaches, puis on parle souvent d'un petit peu de dézonage ici puis un petit peu de dézonage là. Pour l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants... en même temps que le ministère de l'Environnement nous empêche de remettre de nouvelles terres en production.

Pour un meilleur avenir, ça prend plus de cohérence dans la politique agricole pour que les producteurs puissent planifier leurs investissements. Je parle de la stratégie d'adaptation mise sur pied, ce programme qui fait travailler les agronomes, les vétérinaires. Ça ne nous apporte aucune liquidité pour le moment. C'est comme la multifonctionnalité, c'est illogique, ce programme-là, c'est de l'argent qui est gaspillé pour rien, c'est juste pour faire embellir la vue des gens de la ville.

En conclusion, Mmes, MM. les membres de la commission, j'espère que mes commentaires ne tomberont pas entre deux chaises et qu'on aura de bonnes politiques agricoles pour aider la jeune relève, qui a à reprendre confiance en l'agriculture afin de continuer ce que nous avons commencé. Merci de m'avoir entendu.

Le Président (M. Paradis): Merci, M. Brouard. Merci, M. Marcoux. On va procéder maintenant à l'étape des questions des députés, en commençant par M. le ministre. M. le ministre.

M. Corbeil: Merci, M. le Président. Bonjour, M. Marcoux, M. Brouard. Tantôt, M. Marcoux, vous disiez que vous aviez 600 acres de terre, je présume, peut-être, soit en pâturage ou en culture.

M. Marcoux (Réal): Et en bois.

M. Corbeil: Et en?

M. Marcoux (Réal): Et en boisé.

M. Corbeil: Et en bois. O.K. pour... Là, le secteur acéricole, vous l'avez abandonné parce qu'il y a eu le verglas en 1998.

Moi, je voudrais qu'on se ramène au niveau du livre vert, et juste vérifier avec vous si vous êtes d'accord avec les enjeux auxquels le secteur fait face et si la lecture que l'on fait des défis qu'on a et qui se dessinent à l'horizon se mesure dans le secteur de Weedon, que vous représentez.

Ces enjeux-là sont énumérés à la page 13, qui parle des changements démographiques, donc, c'est-à-dire, moins de jeunes puis l'âge augmente, diversification de la demande du consommateur, l'alimentation et la santé, la mondialisation et le défi de la compétitivité, la capacité d'attraction de la main-d'oeuvre, les valeurs environnementales et les générations montantes, la vitalité du milieu rural et les progrès de la science et de l'innovation.

Est-ce que vous pensez que la lecture qu'on fait des problématiques auxquelles sera confronté le secteur bioalimentaire ou agroalimentaire demain est juste et vous êtes capables de vérifier ça dans votre coin?

M. Marcoux (Réal): Vous m'excuserez, je n'ai pas eu le temps de prendre note de tout. Voulez-vous me redonner la page, s'il vous plaît?

M. Corbeil: Page 13, les changements démographiques, est-ce que ça se mesure dans le coin de Weedon, la diversification de la demande du consommateur, l'alimentation et la santé, la capacité d'attraction de la main-d'oeuvre, les valeurs environnementales et les générations montantes, la vitalité du milieu rural et le progrès de la science et de l'innovation?

Le Président (M. Paradis): En caractères gras, au milieu de la page.

M. Corbeil: C'est en plein milieu du paragraphe.

M. Marcoux (Réal): Disons que, oui, en gros, on partage évidemment ça, avec quand même des bémols dans certains coins, là. Les changements démographiques, ça nous affecte surtout pour la main-d'oeuvre. Moi, chez nous, si je fais la comparaison dans les premières années que j'ai été en production, les années 1973, 1974, 1975 jusqu'en 1980 quelques, à tous les printemps il y avait des jeunes qui venaient se présenter chez nous pour venir travailler.

Il y avait quand même trois, quatre, cinq, six jeunes qui étaient prêts à faire du temps, pas à plein temps, là, mais, si j'ai besoin pour la roche, j'ai besoin pour les foins, il y avait toujours quelqu'un qui venait. Depuis, je vous dirais, au moins une dizaine d'années, peut-être même plus, c'est fini, ça, il n'y a plus personne qui se présente. Il faut vraiment aller la chercher. Ça fait qu'à ce niveau-là, oui, il y a moins de jeunes, et les jeunes sont moins intéressés à venir travailler sur les fermes. Quand on dit « travailler » , c'est vraiment des travailleurs, là.

Par contre, pour la relève de l'agriculture, dans mon secteur, des jeunes, je n'ai pas vraiment de problème. Si je regarde les... Et on a une génération qui est pas mal... beaucoup de producteurs qui sont alentour de mon âge, là, qui sont sur la retraite ou prêts à partir, dont plusieurs producteurs de lait. Et, pour eux, les jeunes qui sont de l'âge de mon garçon, qui sont entre 25 et 35 ans, ils sont tous en train de prendre la relève de leurs pères, en production laitière.

Par contre, en production bovine... Et, je l'ai mentionné tantôt, mon garçon, il est employé. Ce n'est pas qu'il n'a pas d'intérêt, il a un D.E.P., puis l'intérêt est là. Il est chez eux, il aime ça. Par contre, la capacité de l'acheter... Contrairement à mon ami François Marcotte, hier, qui vous disait que, lui, il a donné quasiment le deux tiers de sa ferme à son garçon pour prendre la relève, moi, j'ai trois enfants puis je suis moins généreux que lui, ça fait que je ne la donnerai pas à Daniel, ma ferme, il va devoir l'acheter et la payer si...

Je veux bien lui faire un prix de père à fils, mais je ne peux pas la donner. Mes deux autres enfants, ils ont droit aussi à leurs parts d'héritage. Et, moi, j'ai encore, j'espère, un petit bout de vie, là, devant moi, là. Ça fait que j'en ai de besoin aussi. J'ai travaillé trop fort pour la donner. Ça fait qu'à ce titre-là la relève, oui, elle est là, mais la capacité de l'acheter, dans certaines productions elle n'est pas là.

** (9 h 50) **

Pour ce qui est de la diversification de la demande des consommateurs, bien, je pense que ça réfère un peu à avoir le produit et le consommateur au centre de la politique. Là-dessus, j'ai aussi un certain bémol -- puis je ne vous en veux pas personnellement, vous n'étiez pas là quand ça a été écrit, là. Je comprends un peu difficilement, quand on regarde, par exemple, Donner le goût du Québec ... Dans le deuxième paragraphe, on lit: « Il faut saisir toutes les occasions du marché à partir des besoins du consommateur, puis produire en conséquence.

Ce nouvel "angle d'attaque" est incontournable pour favoriser le développement et la prospérité de l'industrie bioalimentaire ainsi que la création de richesse au profit de toutes les régions... »

C'est beau quand on le lit, là, mais, quand on lit ce qui suit: « Par le passé, l'accent a généralement été mis pour présenter une offre de produits dans l'espoir que la demande soit au rendez-vous » , là j'ai pas mal plus de problèmes. On a-tu de l'air, nous autres, là, je ne sais pas, moi, des bibittes qui vivent dans des casernes dans... en haut du Plan Nord, puis qui n'est pas connecté avec le monde? On est aussi des consommateurs. On le sait, ce que les consommateurs, ils veulent, on consomme aussi et on lit aussi les journaux.

On est capables de s'adapter. Et, exemple, il y a 50 ans, pour ceux qui étaient là, les porcs, ils étaient longs de même, ils étaient larges comme ça, ils avaient ça d'épais de gras sur le dos. Ça se vendait bien, du gras de lard, ça allait dans les bines, ça allait... ça faisait de quoi d'utile dans d'autres nourritures, et puis mon grand-père, il en mettait sur ses toasts. Lui, il n'avait pas de beurre, c'était du gras de lard. En 2000, la demande, ce n'est plus ce porc-là. Bon. Bien, les porcs, aujourd'hui, ce n'est plus ça qu'ils sont non plus. Ils sont longs de même, ils sont larges comme ça.

La « slappe » de bacon, elle est longue de même, les tranches sont longues comme ça. Je pense qu'ils ont connu le marché, ils se sont adaptés.

En 1978, moi, j'avais des taureaux... des bovins Hereford, et la demande pour ce genre de viande là... Pour ceux qui s'en souviennent, là, le gras, c'était maintenant du... versus cholestérol, c'était poison, puis là il fallait aller vers des viandes maigres. Depuis ce temps-là, j'ai des Charolais. Il y a du Simmental, il y a du Limousin au Québec. Et je pourrais continuer les exemples comme ça, là. Je pense que les producteurs se sont adaptés. Moi, quand je lis, là, que, par le passé, on espérait que les demandes... qu'on produise et qu'ils aillent le demander... Non, on a produit en version de ce que c'est que les gens voulaient.

Et, quand on regarde aussi: placer le consommateur... qu'on va répondre à leurs demandes, ça, oui, mais il faut faire attention. Les consommateurs, ce qu'ils demandent et ce qu'ils achètent, des fois ce n'est pas toujours la même chose. Quand on regarde la télévision, quand on regarde les journaux, le bio, ça a pris beaucoup, beaucoup d'espace, tous les programmes... Puis il y en a-tu, des programmes, là, de chefs cuisiniers actuellement, là? Je pense que c'est presque un sur trois, là. Et, les produits santé, les produits bios, je n'ai rien contre, moi, il y a des acheteurs pour ça.

Sauf qu'il y a 15 ans ça représentait 2 % de la consommation. L'an passé, il y avait une présentation qui a été faite au Delta à Sherbrooke et il y avait une personne qui est venue faire une conférence, et il a mentionné qu'on est encore à 2 % de la consommation pour le bio. Oui, il en faut. Les gens à qui il en faut, il faut leur donner, il faut... il y a des producteurs qui sont prêts à en faire.

Par contre, si on avait écouté les consommateurs à ce moment-là et qu'on se serait tous en allés à du bio, on en aurait 20 %, 30 %, 40 %, de produits bios, qui n'auraient pas d'acheteur. Je connais des producteurs dans mon secteur, dans la région de l'Estrie, qui, au printemps, n'avaient pas encore vendu leurs grains biologiques. Il y a des acheteurs, il y a des demandes, et, oui, on va vous l'acheter, mais là le prix, il n'est pas tellement haut, là. Dans un mois ou deux, on s'attend que ça va se replacer. Je peux vous l'acheter aujourd'hui, mais c'est presque le prix du blé conventionnel.

Mais là, regardez, on n'est pas intéressés à en faire trop, trop, là, si on a ces prix-là. Ça fait que, oui, il faut faire attention à la demande des consommateurs, mais en même temps il faut s'assurer que, s'ils le demandent, ils vont le manger.

Moi, quand on regarde l'environnement, qu'on me demande de faire un boeuf où il va respecter l'environnement, il va être maigre, il va avoir toutes les qualités, sans hormone, sans antibiotique, puis tout, tout, tout, je suis prêt à le produire.

Mais, quand je m'achète une auto, par contre, si je m'assis devant un concessionnaire puis je dis: Je veux une petite Cavalier à 16 000 $, par contre je veux l'air conditionné, les vitres électriques, tu vas me mettre un toit ouvrant, tu vas me mettre sur... tu vas me le chausser sur 16 pouces, puis: Il n'y a pas de problème, il n'y a pas de problème, mais, à toutes les fois, lui, il met un chiffre, puis, à la fin, bien là il dit: Ça coûte 36 000 $. Non, non, regarde, 16 000 $, ton auto, que tu me l'as faite. Oui, mais là tu es rendu à 36 000 $, mon homme!

Bien, moi, ce qui arrive avec mon boeuf, c'est qu'on m'en demande, on m'en demande, on m'en demande, et finalement on le mélange dans le même moulin que le boeuf du Brésil, et du Nicaragua, et de l'Australie, et puis, finalement, bien, il sort à 16 $, au prix du boeuf que... auquel on n'a aucune garantie que ce boeuf-là a été produit dans des conditions semblables aux miennes.

Alors, oui, moi, je n'ai pas de problème à ce qu'on m'en demande, mais, si on me le demande, on va l'acheter, par exemple. Ça fait que, quand on mise sur le consommateur pour nous dire quoi acheter, je pense qu'on est mieux de s'assurer qu'il va l'acheter avant de commencer à le produire.

** (10 heures) **

Pour ce qui est des autres... La mondialisation, le défi de la compétitivité, ça, c'est clair que, oui, on n'y échappera pas. L'alimentation, la santé, bien, regarde, je pense que j'en ai assez dit, on est dedans.

La capacité d'attraction de la main-d'oeuvre, c'est un secteur que je connais quand même assez bien aussi, étant sur le collectif en formation et sur d'autres projets semblables, là. Comme je vous ai dit, actuellement, en tout cas chez nous, la capacité d'attraction, elle est là, et c'est souvent de la relève de la ferme. Il y en a aussi, des gens de la ville qui veulent le faire, mais c'est le même principe, les capacités, ils ne l'ont pas et souvent, à ce moment-là, ils vont aller dans des plus petites productions.

Ils vont s'essayer dans des productions où ils sont moins réglementés, moins bien structurés, et, après un an, deux ans, trois ans, bien, c'est bien de valeur, mais ils sont découragées puis ils sont repartis en ville; des petits maraîchers qui arrivent puis qui vont faire un hectare de carottes puis de concombres, après ça il faut les revendre aussi et puis il faut aller chercher suffisamment d'argent pour faire vivre la famille. Ça fait que souvent, après trois ans, le rêve est fini, puis ils s'en retournent en ville. Donc, ça, c'est à faire attention aussi.

Il y en aurait, de la possibilité de main-d'oeuvre et d'attraction pour les fermes, mais ils n'ont pas nécessairement les capacités de le faire.

Valeurs environnementales et générations montantes, bien, en environnement, là, je pense que... en tout cas en production bovine puis porcine, là, arrêtez de nous en demander, là. On peut-u être capable de vivre aussi, là? Je pourrais vous faire un exemple. Juste pour gérer nos fumiers, il y avait un jeune homme que son père est producteur agricole, et puis, lui, il travaille dans la dynamite, il dit: Puis je pars avec mon camion bien plein de dynamite, je signe un petit papier, puis je m'en vais avec ça. Mon père, pour gérer du fumier, il a des papiers longs de même puis ça d'épais.

La logique est où à un moment donné, là? Ça fait qu'arrêtez de nous en mettre, s'il vous plaît, en environnement.

La vitalité du milieu rural, bien, vous avez vu hier que, chez nous, on n'a quand même pas diminué tant que ça. Juste dans mon secteur, c'est 10 fermes. Il y a eu passablement de transferts. Je pense que le gros des fermes qu'on a perdues, il faudrait se reculer de quelques années de plus. Dans le Haut-Saint-François et dedans le secteur du Granit, entre 1990 et 2000, c'est 20 % des fermes qui ont disparu. Ces chiffres-là, vous ne les avez pas, là. Entre 2000 et 2010, dans le début des années 2000, on en a perdu énormément aussi, pour diverses raisons, là, pour pas nécessairement de...

Le gouvernement n'est pas responsable de tout ça, quand même, là. On va vous en exclure quelques-unes, là, il y a des gens... beaucoup de producteurs de lait qui ont transféré au boeuf, questions fiscales et de finir une carrière, et ensuite, bon, ils ont vendu.

Et, chez nous, on a la chance aussi d'avoir beaucoup de baby-boomers qui se... On a beaucoup de lacs dans le secteur de Weedon, lac Louise, lac Saint-François, etc. Il y a beaucoup de lacs, donc, et de rivières, beaucoup de chalets. Ça amène beaucoup de monde de l'extérieur, ce qui a fait monter énormément le prix des fermes. Moi, de chaque côté, les fermes sont à vendre. S'il y a des petits producteurs qui veulent s'établir, ils sont disponibles, ces fermes-là. Mais ils ne seront pas capables de les acheter.

Moi, ça m'intéresserait d'acheter le voisin, mais jamais au prix qui est là. Moi, si j'achète une ferme, c'est pour faire de l'agriculture. Il faut qu'à court terme, moyen terme et surtout qu'à long terme elle soit rentable, alors que les gens qui les achètent, qui viennent de Montréal, qui ont vendu leurs maisons un demi-million puis qui ont de l'argent cash, ils ont des REER, ils ont tout ce qu'ils ont besoin pour finir leur carrière, ça ne leur fait rien de payer 200 000 $, 300 000 $, 400 000 $ pour une ferme, même si elle ne le vaut pas pour l'agriculture.

Pour eux, pour faire du quatre-roues, pour faire du cheval, pour faire de la balade, elle le vaut, ce n'est pas... La question agronomique, elle ne rentre plus en conséquence. Donc, ça aussi, il faut l'avoir à l'esprit.

Le progrès de la science et l'innovation, bien, ça, je pense que là on ne l'est plus pantoute, là. Là, on a un gros problème dans ce secteur-là. C'est clair qu'on avait beaucoup d'expertise au MAPAQ et qu'on l'a perdue, comme dans bien des secteurs, là. Je vous disais tantôt que, chez nous, il y a plusieurs producteurs qui ont mon âge, mais, au MAPAQ en Estrie, les gars, ils ont aussi mon âge et, malheureusement pour moi, eux autres, ils ont pu partir bien avant moi, donc toutes ces connaissances qui étaient accumulées depuis 20, 30 ans, des fois plus...

Ils sont partis, ils n'ont pas été remplacés ou ils sont remplacés après que les autres sont partis. Donc, ce mentorat-là, ce suivi de connaissances là, le mentorat ne se fait pas, le suivi des connaissances, il est perdu. Alors, on repart avec une nouvelle génération qui vont recommencer à faire leurs classes, et ça, c'est extrêmement malheureux. Parce que ce n'est pas vrai que l'agriculture, elle change d'une génération à l'autre, là. Ce suivi-là, il devrait se faire.

Le Président (M. Paradis): À ce moment-ci, un...

M. Corbeil: On a passé pas mal... Je ne pensais pas qu'une question...

Le Président (M. Paradis): C'étaient des questions portes de grange ouvertes avec des réponses-fleuves. M. le...

Une voix: ...à votre question.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Kamouraska-Témiscouata.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Merci, M. le Président. Alors, bonjour, messieurs. Merci aussi pour cette présentation efficace et sans complaisance. Je pense que c'est important qu'on entende aussi les vraies choses, comme on dit.

Dans votre territoire où le syndicat, ce que vous aviez dit d'entrée de jeu, les deux tiers des productions sont sous ASRA. Donc, c'est quand même...

M. Marcoux (Réal): Deux tiers des fermes.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Des fermes, pardon, des fermes. Ce que je comprenais, là, 120 sur 182, hein, c'est à peu près ça, qui se répartissent, là, comme vous l'avez présenté.

M. Marcoux (Réal): Ça pourrait même être un peu plus, parce que, moi, je vous ai parlé de trois productions animales: le boeuf, l'ovin et le porc, mais il y a quand même des producteurs qui font des céréales pour leurs fermes mais qui sont quand même assurables à l'ASRA, avec les superficies nécessaires, 10 hectares et plus. Maintenant, ça va passer à 15, là, mais ceux qui ont les superficies nécessaires et qui le font... Il y a même des producteurs de lait qui sont sous ASRA pour cette partie-là.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Une autre partie.

M. Marcoux (Réal): Donc, il y a plus que le deux tiers des fermes qui reçoivent de l'ASRA.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Vous avez abordé directement le programme de soutien à l'adaptation qui vient compenser les mesures de resserrement de l'ASRA. Il y a combien de producteurs actuellement, là, qui sont... qui ont réussi à passer à travers et qui réalisent le projet?

M. Marcoux (Réal): Ce n'est pas beaucoup. Il y a beaucoup de demandes... malheureusement je n'ai pas les chiffres. Il y en a beaucoup qui ont fait des demandes qui sont acceptées. Par contre, il y en a beaucoup... la majorité sont encore au niveau de l'étude. C'est long, l'étude là-dedans, là.

Vous savez, les comités... comment ils appellent ça, là, les comités multidisciplinaires, là, d'être capable d'asseoir en même temps le vétérinaire, le consultant, le technicien ou le responsable en gestion, l'agronome et tout le monde, asseoir tout ce monde-là à la même place avec La Financière et le MAPAQ, ce n'est pas facile d'avoir un agenda pour mettre tout le monde en place. Et ensuite tout le monde doit préparer chacun leur dossier. Ça fait que des dossiers qui sont vraiment sortis et qui sont rendus chez le producteur, il y en a très peu.

Après que toute l'étude est faite, bien, il faut aussi que le producteur, il l'accepte, là, là. Parce qu'on vous l'a dit hier, le producteur qui est déjà dans... Ceux qui sont éligibles, bien, c'est déjà des producteurs qui sont en difficulté, là. Le producteur qui n'est pas en difficulté, qui ne peut pas démontrer une difficulté, il n'est pas éligible. Donc, celui qui est déjà en difficulté, les finances, là, s'il est en difficulté, c'est parce qu'il n'en a pas beaucoup dans ses poches, là, là. Et, lorsqu'on lui redemande de réinvestir en plus, bien, souvent, on a beau vouloir emprunter...

Je comprends M. le ministre qui dit: On va emprunter puis on va lui prêter, on va lui prêter sans intérêt pour trois ans, et ensuite ce qu'il va avoir économisé... Mais, quand on a en même temps, de l'autre côté, un programme de stabilisation qui vient réduire l'aide, bien, je ne suis pas sûr, malheureusement, que ce qu'il va économiser... ce qu'il perd avec l'ASRA, peut-être qu'il peut le récupérer sur ce programme-là, pour celui-là. Ceux qui ne sont pas éligibles, c'est des pertes nettes, là, là. Mais, lui, s'il récupère juste ce que c'est que c'est qu'il a perdu, dans trois ans il n'est pas plus avancé, là.

Donc, il y a des producteurs qui n'ont pas vraiment l'argent pour le mettre.

Et ensuite, quand ce programme-là, il sort, bien, il y a des producteurs qui n'ont plus non plus le goût de le mettre. Et malheureusement, là -- je ne veux pas critiquer le programme, mais j'en ai mis un petit peu tantôt, là -- il y a des gens qui vont sur le terrain, puis je ne les blâme pas, ils ont une offre d'emploi tout d'un coup, puis c'est... Ils ont suivi une formation là-dedans, donc l'ouvrage, elle les intéresse.

Mais de sortir de l'école, et t'embarquer sur une ferme, et de faire le bilan de la ferme, et d'être capable de trouver tous les problèmes qu'il y a dans cette ferme-là, les identifier puis trouver des solution, là, on n'apprend pas ça dans une semaine non plus, là. Donc, il y a des solutions des fois qui sont amenées que les producteurs ne sont pas prêts à accepter. Ça fait que, même si l'étude est terminée, il y a des producteurs qui n'embarqueront même pas là-dedans, là.

Mais, pour vous dire le nombre de producteurs, dans mon secteur, qui ont adhéré et qui ont déjà eu de l'argent, s'il y en a, c'est infiniment peu.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Alors, ceux qui ont eu de l'argent, un peu comme vous dites puis que j'entends aussi un peu partout, c'est les consultants, bien sûr. Actuellement, c'est eux qui profitent, là, du programme.

M. Marcoux (Réal): Je pense que M. Brouard pourrait élaborer un petit peu là-dessus.

** (10 h 10) **

M. Brouard (Alain): Bien, c'est justement, moi, je me suis inscrit un petit peu avant les fêtes, puis j'ai reçu juste... au mois de novembre, je pense, puis j'ai reçu, un petit peu avant les fêtes, la confirmation comme quoi que mon dossier est à l'étude. Mais il reste que c'est infiniment loin avant qu'on touche une cenne de ça.

On en avait un, bon programme, à l'ASRA, qui nous garantissait notre coût de production, puis je ne comprends pas comment ça se fait qu'on est venu massacrer ça. Moi, il y a une année, là, l'année... je pense que c'est l'année 2010, là, j'ai 75 000 $ de moins en ASRA. Si je n'avais pas eu ce... Si j'avais eu mon argent que j'aurais dû avoir, je ne serais pas inscrit à la stratégie d'adaptation.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Vous êtes producteur de porc indépendant?

M. Brouard (Alain): Je suis producteur de porc directement puis je suis producteur de boeuf aussi, dans le vache-veau, ça fait que...

Le Président (M. Paradis): On a un cas pratique, là, le ministre m'a indiqué qu'il souhaitait réagir.

M. Corbeil: J'ai une petite question.

Le Président (M. Paradis): Si vous le permettez, je vais le faire, puis je vous accorderai le même privilège à un moment donné, si ça survient aussi, là. Oui, M. le ministre.

M. Corbeil: Vous avez mentionné, M. Brouard, que vous vous êtes inscrit au programme en novembre, un an plus... après son lancement. Qu'est-ce qui explique que vous avez attendu un an?

M. Brouard (Alain): Bien, je vais vous le dire bien franchement, là, en 2005, mon gendre a voulu peut-être prendre la relève de ma ferme. Ça fait que là c'est ton gendre, ce n'est pas ton gars, ça fait que... Mais, en 2005, j'ai rempli le volet... un volet 1, qu'ils appelaient, là, pour être capable de voir qu'est-ce que la ferme regroupait puis les forces, les faiblesses...

Une voix: Le programme du fédéral.

M. Brouard (Alain): Le programme du fédéral. Puis là je le sais que... Moi, jouer dans la paperasse, je déteste ça pour m'en confesser, tu sais, ça fait que j'aime bien mieux aller bûcher dans le bois, c'est pas mal plus rentable pour moi. Ça fait que je voulais... Je savais que je faiserais face à ces affaires-là, ça fait que, moi, perdre mon temps avec ça, c'est... J'ai de la misère avec ça. Ça fait que c'est pour ça. Mais là je me suis dit: Si le gouvernement, à un moment donné, il donne des programmes à ceux qui sont inscrits, bien, je vais passer au bout du pont. Ça fait que c'est pour ça que je me suis inscrit pareil.

Mais là je suis chanceux parce que j'ai d'autres productions qui m'aident, comme un peu dans le bois, même si ce n'est pas rigolo effrayant, là, j'y vais pareil, tu sais. Ça fait que... Mais il y a des producteurs qui ont juste le porc, là, puis qui attendent après leurs chèques, là, puis qui... ils ont vraiment, là... Moi, en tout cas, j'ai un de mes amis, là, sa corde, elle commence à serrer pas mal. Puis c'est déplorable, rendu après tant d'années de travail qu'on a... On est rendus quasiment à notre retraite puis on n'a rien en avant de nous autres. Parce que ma porcherie, demain matin...

Il ne faut pas se le cacher, là, moi, j'ai rien que 100 truies, là, ça fait que ça ne fait pas vivre une famille complètement, ça. Moi, j'ai une ferme familiale. Ma porcherie, elle ne vaut rien demain matin si je la vide, contrairement à un producteur de lait qui a son quota puis, tu sais, qui a une valeur, qu'il veut prendre sa retraite. Ça fait que, nous autres, on mange directement notre fonds de pension.

Ça fait que c'est illogique de voir comment est-ce qu'on se fait massacrer, dans le programme ASRA, qu'est-ce qu'on arrivait à vivre avant.

Le Président (M. Paradis): Moi, je vais retourner au député de Kamouraska-Témiscouata. Ça va?

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Merci, M. le Président. Vous vouliez apporter un complément?

M. Marcoux (Réal): Oui. Est-ce que vous me le permettez?

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Oui. Rapidement, là, j'ai des questions.

M. Marcoux (Réal): Vous me le permettez, M. le Président, de compléter?

Le Président (M. Paradis): Oui, oui.

M. Marcoux (Réal): Moi, j'ai rencontré le directeur de La Financière en Estrie, qui malheureusement est décédé, M. Nicol Lemieux, et je lui avais dit: M. Lemieux, vous ne verrez pas ma ferme sur votre liste rouge, parce que je pense que je ne pourrais même pas être éligible. Mais le problème avec la nouvelle ASRA, le 25 % et toute les mesures qui en sont venues... Et je ne suis pas contre tout, là, là. Moi, j'ai été un des ceux qui, voilà 20 ans, disaient: Regardez, on peut-u maintenant être payés pour le boeuf qu'on fait? Je vais te payer pour des vaches. Non, moi, je fais des veaux, payez-moi pour les livres de veaux. Je ne suis pas contre ça.

C'est sûr qu'il y a des producteurs qui vont me lancer des tomates, là, là. Il y en a qui ont eu de la difficulté puis qui vont avoir de la difficulté à s'adapter à ça. Mais, moi, je me dis: Regardez, dans la vie, généralement on est payé pour ce qu'on fait, donc payez-moi pour des livres. Je ne suis pas contre tout ce qui s'est fait, mais la mesure du 25 %, elle est vraiment de trop. Et il y a quelques mesures comme ça qui n'ont pas d'allure, qui font que, chez nous, un peu comme chez eux, c'est des milliers de dollars en moins.

Même si le prix des veaux augmente, on est coupés... l'ASRA, c'est les dernières piastres qui rentrent, on le sait, donc je vais être coupé de plusieurs milliers de dollars.

Donc, ce qui fait que ce beau programme de stratégie là est intéressant; il aurait dû être là voilà trois, quatre ans avant les coupures, prendre les producteurs qui ne sont pas capables de faire du veau de 600 lbs, les accompagner, leur aider à faire des veaux de 500, 600, 700 lbs, et, ensuite que tout le monde devrait être capable de les faire, là on dit: Maintenant, regarde, on a une nouvelle orientation dans l'ASRA et on va payer selon le produit qui sort. Alors que là on met des coupures puis on dit: Devenez efficaces.

Mais ceux qui sont efficaces, avec toutes ces coupures-là, à la fin de l'année, on devient négatifs. Ça fait que tranquillement on s'en va sur le bord du trou. Puis là vous nous mettez un câble dans le cou puis vous dites: On vous tient avec ce beau programme là. Ça fait que vous nous étouffez quand même sur le bord du trou, là. Ceux qui sont rentables, en en faisant de moins en moins, on va devenir éligibles au programme. Moi, je ne veux pas devenir éligible au programme, je veux juste continuer à vivre chez nous avec ce que j'ai là.

Et le programme d'adaptation, en principe il est correct, mais il est très mal placé. Il arrive trop tard. Merci.

Le Président (M. Paradis): Ça va. M. le député de Kamouraska-Témiscouata.

M. Corbeil: ...j'étais là, mais, pour le programme, je n'étais pas là.

Le Président (M. Paradis): Mais peut-être une petite parenthèse là-dessus, si vous le permettez, là. Quand on regarde le contexte historique de l'ASRA, quand même, au début, l'ASRA a été sous-budgétée, là, quand on regarde le programme à travers le temps. Et le gouvernement a réussi à doubler la mise dans le programme de l'ASRA comme tel, là. C'est quand même un effort au moment où tous les autres ministères, sauf Santé et Éducation, ont été un petit peu passés dans ce qu'on appelle vulgairement le « crusher » , là.

Et on se retrouve dans une situation où... après avoir doublé le montant qui a été mis à l'ASRA, assumé la dette accumulée de 1 milliard, dans une situation où des producteurs se retrouvent dans la situation où vous vous retrouvez, là. Il y a quelque chose qu'on essaie de comprendre ici, là, tout le monde ensemble. Il faut dégager une solution à ça rapidement, parce que les fermes indépendantes, là, il y en a un petit peu moins. En tout cas, moi, j'essaie de comprendre qu'est-ce qui s'est passé puis je n'ai pas encore mis le doigt dessus. C'est parti de 325 millions à 650 millions.

Puis on a doublé la mise puis on dirait qu'il y a moins d'argent dans le système.

M. Marcoux (Réal): C'est la réalité.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Kam-Témis, je m'excuse.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Vous êtes président, M. le Président, donc vous avez des privilèges de présidence.

J'aimerais vous entendre un petit peu plus sur le programme de multifonctionnalité, parce que vous l'avez brièvement abordé, mais je ne sentais pas beaucoup d'appréciation, alors qu'on entend ailleurs, dans d'autres régions, quand même, que c'est quelque chose qui permet de développer certains axes. Quelques mots, brièvement, sur ça.

M. Marcoux (Réal): Oui. Bien, oui, je vais essayer d'être bref. C'est sûr que c'est un programme où on ne peut pas être contre la vertu. Là où, moi, ça m'agace un peu, c'est un programme qui vient quand même de l'enveloppe du ministère de l'Agriculture et qui ne vise pas vraiment, actuellement en tout cas, à... Mais on sait que c'est un projet, il y a de la place à l'amélioration, donc on peut... soyons confiants quand même, là. Mais actuellement, quand je vous parlais tantôt du programme de la route des Cantons, ça sent beaucoup plus le tourisme, la vision que... vraiment mettre de l'argent dans les poches des producteurs.

Dans certains cas, on va leur aider. Moi, j'ai un silo en bois, là, je ne l'utilise plus. Si j'avais déposé un projet, peut-être que j'aurais pu avoir de l'argent pour le rénover, mais, comme je ne l'utilise plus, pour le garder... parce que là tout le monde, ils disent: Des petits silos de même, il n'y en a plus, ça serait le fun que tu le laisses là. Peut-être que je serais éligible. Mais je ne m'en sers pas, du silo. Donc, je vais payer 30 % du coût juste pour le fun que les gens le regardent. Ça ne me met pas d'argent dans mes poches, ça.

Si on fait un exemple avec d'autres pays, par exemple en Suisse, si je me rappelle bien -- on avait eu un colloque en Estrie, mais sous toutes réserves de chiffres, parce que je n'ai pas eu le temps de ressortir... je n'ai pas pensé de ressortir les vrais chiffres, là -- il me semble que c'est 1 300 $ que les producteurs ont pour envoyer leurs animaux dehors une fois par année. Chaque tête, chaque vache qui sort une fois dans l'année, le producteur reçoit 1 300 $. Nous, à l'ASRA, quand on a reçu 300 $ par année pendant quelques années, on est des gros bandits.

Ça n'a plus de bon sens, on ne peut pas payer éternellement. Bon, bien, à quelque part, là, moi, je... On l'utilise, cet argent-là, non pas pour le tourisme, mais on l'utilise pour faire venir les gens. Mais ailleurs le programme de multifonctionnalité, c'est de l'argent qui rentre dans les poches des producteurs. On ne les oblige pas à débourser, c'est une façon de reconnaître ce qui se fait sur les fermes, notre apport comme paysage, notre apport à la société, qui, d'une autre façon, n'est pas rémunéré.

Où est-ce que c'est qu'il y a beaucoup d'agneaux, là, en Nouvelle-Zélande, il y avait des montagnes, et les producteurs traversent le village, là, au printemps pour aller mener leurs brebis dans les montagnes. Ça entretient le paysage. À l'automne, ils les ramènent, c'est une fête dans le village. Ça, c'est une... historique, là, quand les bergers traversent le village, il y a toujours une fête. C'est en train de se perdre. Le gouvernement, maintenant, fournit gratuitement la montagne et paie les producteurs pour amener les agneaux là. C'est de l'argent qui rentre dans les poches des producteurs.

Ça, c'est des vrais programmes multifonctionnalité pour reconnaître l'apport des producteurs dans la société. Mais, le programme de multifonctionnalité qu'on a là, moi, je regrette, je ne l'appelle pas un programme de... En tout cas, il n'est pas dans cet esprit-là. Ça ne nous amène pas vraiment d'argent, là. Espérons qu'il va s'améliorer et qu'on va pouvoir faire en sorte que les producteurs vont vraiment pouvoir l'utiliser.

** (10 h 20) **

Des voix: ...

Le Président (M. Paradis): Oui, je comprends, là. J'ai des demandes d'un petit peu partout, c'est captivant, c'est intéressant, mais je suis obligé de gérer le temps également. Je vais reconnaître, à ce moment-ci, M. le député de Beauce-Nord.

M. Grondin: Alors, merci, M. le Président. Mais, si on se pose, là, la question: Comment ça se fait qu'on est rendu là en agriculture?, moi... Parce que je suis un producteur agricole, moi aussi, là. Je me dis, à chaque fois qu'on fait un règlement au Québec, on ne se soucie pas de ce qui... de nos voisins, que ça soit l'Ontario, que ce soient les États-Unis. On demande à nos Québécois, nos agriculteurs québécois d'être plus blancs que blancs, mais par contre le prix... C'est sûr que, quand on met des normes, bien, on met des normes, ça remonte le prix.

Mais on se revire de bord, puis on achète de l'extérieur à un prix moindre, puis on l'emmène sur nos tablettes dans nos magasins. Alors, c'est sûr qu'on va toujours avoir un problème.

Moi, je pense en tout cas que, que ça soit n'importe quel ministère, quand il va arriver pour mettre une nouvelle réglementation, il va falloir regarder l'impact que ça va avoir sur toute la production. On voit aujourd'hui... La compétition aujourd'hui, elle vient du Brésil, elle vient de l'Argentine, de la Chine, de n'importe où. Puis ici, au Québec, on se met des normes très sévères, mais on achète des produits qui ont... qu'on ne sait pas qu'est-ce qui... comment est-ce qu'ils ont été...

Alors, moi, je pense qu'il va falloir aller à nos frontières puis dire: Écoutez, là, si vous rentrez du stock au Québec, bien, il va falloir qu'il ait les mêmes normes que les... que vous exigez aux producteurs québécois. Parce que, tant qu'on ne fera pas ça, là, on a beau parler ici puis emmener tout ce qu'on voudra, on reste dans le même trouble. Je ne sais pas, vous, comment... Vous en avez parlé un petit peu, là, de cette vision-là. Mais je crois qu'il va falloir aller jusque-là pour que les exigences soient les mêmes, que les produits québécois et les produits qu'on va vendre dans nos tablettes aient les mêmes exigences que les produits du Québec.

M. Marcoux (Réal): Ça fait des années qu'on a, à l'UPA, des demandes qu'on appelle la réciprocité des normes. Ça fait des années qu'aux niveaux provincial et fédéral on demande que ça s'applique, la réciprocité des normes. Et c'est sûr que, si on avait ça, ça changerait énormément la norme. Bon, il faudra faire attention, du boeuf au Québec, on n'en produit pas assez pour tout le monde, là, là, ça pourrait augmenter la production. Mais il faut penser aussi qu'on est là par rapport à la vache folle en 2002 et qu'au Québec on n'en a jamais eu, de vache folle.

Malgré toutes les normes qu'on nous met, on ne supporte pas non plus ces... avec les inconvénients qu'on nous amène, là, là. On a un abattoir, et on nous met des normes de MRS qui sont supérieures à celles des États-Unis. On est en train de la faire... peut-être la faire exploser s'il ne se passe rien, là, là, et puis, bon, bien, ça a de l'air à être correct comme ça. Mais, non, ça ne se peut pas, là. Vous mettez des normes supplémentaires, bien, en quelque part... puis on vend le produit le même prix, bien, ayez au moins l'obligeance de trouver une façon de combler les manques d'argent par un autre moyen que ce soit.

Moi, j'avais espérance que la commission Pronovost aille beaucoup plus loin là-dedans et qu'elle fasse vraiment un travail de commission puis demander aux consommateurs: En voulez-vous, du porc, au Québec, en voulez-vous, du boeuf? Si la réponse, c'est non, bien, regarde, on va y aller graduellement et puis, finalement, bien, on laissera faire ceux qui seront capables comme gentlemen-farmers de passer au travers. Sinon, on arrête. Ou bien on décide qu'on la supporte. Mais là arrêtez de nous dire: Ça fait 20 ans ou 30 ans qu'on paie dans le porc puis dans... ou dans le boeuf.

Dans le porc, ce n'est bien pas le cas. C'est une des productions, d'ailleurs, qui s'en est sortie le mieux par rapport à l'ASRA, sauf les dernières années. Mais, dans le boeuf, oui, c'est vrai que, depuis 1978, ça paie. Mais, si on en veut, c'est le coût à payer. Et j'aurais aimé que M. Pronovost fasse le débat à savoir si on les supporte réellement, ces productions-là, ou si on les laisse aller, parce que, dans mon secteur, moi, c'est 50 % des fermes qui ferment si on laisse aller la production bovine.

M. Grondin: Une petite question.

Le Président (M. Paradis): Une petite dernière, parce qu'il y a un autre groupe qui attend, là.

M. Grondin: Une petite dernière. Vous parlez des fermes parce que... les fermes qui ferment leurs portes, mais, dans le fond, il y en a, des fermes, beaucoup, au Québec, dans les dernières années, qui ont fermé, mais la production n'a pas baissé. Alors, c'est les gros qui avalent toujours les petits. Puis les gros deviennent de plus en plus gros, alors ils contrôlent plus, puis le petit là-dedans va toujours être perdant. Je ne sais pas, chez vous, si vous avez vu une baisse de la production même si les fermes ont fermé.

M. Marcoux (Réal): Il y a quand même une baisse de production.

M. Brouard (Alain): Si on considère... Dans le porc, comme c'est là, là, à chaque fois qu'il y a des fermes qui ferment, souvent... des fois, les intégrateurs cherchent des bâtisses à rabais, puis c'est eux autres qui prennent la production. Vois-tu, la production, elle a augmenté de 1 point quelque chose pour cent au niveau intégration, tandis que, dans les fermes indépendantes, ça a baissé quasiment de 20 %. Ça fait que c'est très inquiétant.

M. Marcoux (Réal): En production bovine, dans le secteur finition, en Estrie, on avait huit ou 10 finisseurs. Aujourd'hui, il en reste deux. Ça fait que c'est vraiment une baisse. Et ils n'ont pas grossi, là, c'est les mêmes qu'il y avait là, avec le même potentiel. Ça fait que c'est sûr que, oui, chez nous, il y a une diminution importante.

Le Président (M. Paradis): À ce moment-ci, là, je tiens à vous remercier. Vous avez été francs, vous avez été directs, vous avez été intéressants. Maintenant, on doit procéder, là, à l'intérieur de l'enveloppe de temps qui nous est allouée. Au nom des membres de la commission, je vous dis merci. Si, concernant ce que j'appelle... ce que vous avez appelé, là, le manque d'efficacité des mesures d'adaptation ou la bureaucratie, vous avez des propositions à faire à la commission -- vous en avez parlé, là, à coeur ouvert -- on est ouverts à recevoir de votre part des suggestions que vous jugerez à propos de nous envoyer. Est-ce que ça va auprès des membres, ça? Oui, ça va? Merci beaucoup.

À ce moment-ci, j'inviterais l'Union des producteurs agricoles de Valcourt à prendre place à la table. Je suspends les travaux pour deux minutes.

(Suspension de la séance à 10 h 26)

(Reprise à 10 h 28)

Le Président (M. Paradis): ...l'Union des producteurs agricoles du secteur de Valcourt, s'il vous plaît, veuillez vous présenter, en identifiant votre production, qui vous êtes exactement, et faites la présentation, tel que convenu. Merci.

Syndicat du secteur de l'UPA de Valcourt

M. Brien (Michel): Merci. Bonjour, M. le Président, M. le ministre, les députés. Je me présente, Michel Brien. Je suis producteur laitier à Racine. À côté de moi, c'est Jean Tétreault, producteur de boeuf et de porc. Il est associé avec son frère depuis... bien, ils ont la ferme depuis 25 ans. Et, moi, je suis producteur laitier avec ma conjointe depuis neuf ans. Notre rêve s'est réalisé quand nous avons acheté notre entreprise d'un producteur étranger à notre famille, car nous ne sommes pas de la relève conventionnelle. Nos parents respectifs, ils n'avaient pas de ferme.

Pour rendre notre financement possible par La Financière agricole, le vendeur a fait un prêt avec du capital patient, ce qui nous a permis d'avoir notre financement et ce qui nous a permis de démarrer. Puis aujourd'hui, bien, on a une ferme de 250 acres avec 130 têtes, 75 vaches en... bien, 70 en lactation, 75 vaches laitières. On a trois enfants, dont deux sont intéressés à prendre la relève, dont j'ai une fille qui est à l'ITA à Saint-Hyacinthe actuellement.

** (10 h 30) **

Je ne lirai pas le mémoire intégral. Je vais plus commenter deux, trois points, et puis... mais on est ouverts à toute question, là.

Dans notre secteur, il y a 194 fermes, dont toutes les productions sont représentées. Les principales productions sont le bovin, le sirop, le lait, le bois, le porc et l'agneau, puis on a des... un peu toutes les productions aussi.

L'UPA de Valcourt est un outil de cohésion au bénéfice de sa communauté. Au fil des ans, le syndicat a permis aux producteurs agricoles sur son territoire de s'accomplir dans de grandes réalisations.

L'an passé, avec la MRC et la Commission de protection du territoire agricole, on a fait l'entente avec les articles 59, et, dans le secteur du Val-Saint-François, bien, ça donne environ 1 000 droits de construction en zone agricole. Ça fait que, c'est ça, c'est... Puis, ces droits-là, bien, on s'est assurés que ça ne nuit pas à l'agriculture.

On a aussi participé à la campagne pour protéger l'eau potable. On a installé 296 pancartes pour identifier les puits pour que, quand on engage quelqu'un pour faire étendre le fumier, bien, il sache où sont les puits des voisins, pour ne pas... prévenir les risques de contamination.

On a participé aux portes ouvertes.

On a expérimenté, on a essayé de trouver des moyens de récupérer les plastiques agricoles et on a fait une expérience avec les sacs, bacs, si on veut. On mettait des sacs dans les bacs de récupération, puis on mettait tous les plastiques agricoles, on fermait ça, et c'était le même camion qui ramasse la récupération aux deux semaines qui ramassait nos plastiques agricoles. Puis, au centre de tri, bien là ils les séparaient.

Et puis, au bout de deux ans, bien, ça a changé de gestionnaire, le centre de tri, puis là ils ont dit qu'ils n'en voulaient plus. Mais, à la MRC, ils gardent un endroit pour... à l'écocentre, un endroit pour justement que les producteurs aillent les porter. Mais ce n'est pas toujours pratique parce que le territoire est quand même grand, puis, quand... Si tu es à 20 kilomètres du centre de tri, mettre ça dans la boîte du pick-up pour emmener ça, ce n'est pas pratique. C'est beaucoup plus simple...

Il faut... il va falloir qu'on trouve un moyen pour tout récupérer ce plastique-là parce que, bien, en Estrie, avec les plastiques qui sont utilisés pour les fourrages, les tubulures d'érablières, les plastiques utilisés par les maraîchers, bien, ça peut représenter 500 tonnes de plastique qui... Selon moi, actuellement, il y en a peut-être le trois quarts qui vont direct à l'enfouissement. Et provincialement c'est 4 000 tonnes de plastique qui est utilisé pour les fourrages, 1 600 tonnes pour les érablières puis 600 tonnes en culture maraîchère, ce qui fait 6 257 tonnes qui est utilisé au Québec.

Puis, si on transformerait tout ça en diesel, ça pourrait représenter 6 millions de litres de diesel, qui pourrait être transformé avec ces plastiques-là.

Je crois qu'il y a des possibilités de récupérer ça puis pas... faire autre chose que d'envoyer ça à l'enfouissement. Puis, même, il y a des petites presses aussi qui se vendent, qu'on peut compacter ça pour mettre dans les bacs de récupération pour que... Mais il faut... ça prend une volonté des MRC puis des régions pour qu'on fasse quelque chose. Puis ça pourrait être utilisé aussi par les entreprises, parce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui jettent du plastique aussi. Je pense qu'il y aurait quelque chose à faire à ce niveau-là.

Je suis aussi membre fondateur de la Coopérative de solidarité agroalimentaire de Racine et membre du conseil d'administration du Marché Locavore. Puis j'avais la conviction que le marché pouvait contribuer à l'économie de la MRC puis de la municipalité, et c'est pour ça que... Puis aussi l'UPA soutient le marché puis a contribué financièrement aussi.

Et la mission du marché, bien, c'est contribuer au développement socioéconomique de Racine et du Val-Saint-François en priorisant l'offre de produits régionaux et naturels de qualité qui répondent aux critères de l'agriculture durable tout en apportant un contexte commercial convivial favorisant la rencontre entre les consommateurs et les producteurs.

Puis ça, je suis un peu celui qui a mis ça en place. Et je ne l'ai pas fait pour moi, parce que, moi, je suis producteur laitier puis j'ai la chance d'avoir un système de gestion de l'offre, un système de mise en marché excellent. Je ne suis pas inquiet: à toutes les deux semaines... à tous les deux jours, le camion ramasse mon lait, il l'emmène chez Agropur, il est transformé, j'ai ma paie aux quinze jours.

Puis je trouve qu'on a la chance, les producteurs de lait, d'avoir un très bon système, tandis que, les autres, dans les autres productions, bien, c'est beaucoup plus difficile, puis particulièrement les petits maraîchers. J'ai eu des amis qui sont partis dans la production maraîchère, puis, au bout de deux, trois ans, bien, ils fermaient. Et c'est pour ça que je me disais: En partant un marché, bien, ça va aider ces petits producteurs là.

Le terme... Le pourquoi on a choisi le mot « locavore » , bien, ça signifie une personne qui se nourrit d'aliments produits localement. Et c'est pour ça que maintenant on l'entend de plus en plus, mais c'est à partir du moment où on a parti le marché, là les... on commence à l'entendre un peu plus.

À Racine, c'est 30 producteurs qui viennent vendre leurs produits au marché, qui dure durant 16 semaines. 50 % de ces producteurs-là, c'est des petits producteurs en démarrage d'entreprise, puis c'est des fermes qui n'ont pas nécessairement le volume pour aller sur des grands marchés; puis je pense que les marchés peuvent aider à ces petits producteurs là à démarrer.

Et puis, au marché à Racine, il y a 300... C'est un petit village de 1 300 de population, puis il y a 360 personnes qui passent au marché tous les samedis, parce que ça dure... c'est juste le samedi matin, de 8 h 30 à 1 heure. Et, en moyenne, les gens achètent pour 53 $ par client. Puis c'est un chiffre... Ce qui est dépensé au marché à Racine, ça représente à peu près 350 000 $.

Puis le marché aussi aide en même temps les commerces de Racine. On a une boucherie puis un dépanneur qui, le samedi matin, sont obligés d'engager du personnel supplémentaire parce qu'ils ne fournissent pas... parce qu'ils ne fournissaient pas à la demande à cause de l'achalandage du marché, qui automatiquement aidait les commerces aux alentours.

Je vous ai fait remettre le napperon de la carte des Cantons-de-l'Est, et puis, là-dessus, bien, on voit qu'il y a 13 marchés publics, six marchés de solidarité, puis c'est environ 200 fermes qui participent à ces marchés. Puis ça, ça ne s'est pas fait tout seul, c'est des producteurs, des citoyens, avec la collaboration de l'Union des producteurs agricoles, le MAPAQ, les municipalités. Mais les citoyens et les producteurs qui ont investi... bien qui ont mis... c'est carrément... Ils ont mis des milliers d'heures de temps bénévole pour partir ces marchés-là.

Puis, c'est ça, ces marchés-là, c'est des bons leviers pour les entreprises, un endroit pour vendre leurs produits. Mais ce n'est pas dû à tous les producteurs d'être... parce que tu peux être bon producteur mais pas nécessairement bon pour... avec la clientèle, avoir de l'entregent, puis tout ça. C'est pour ça que ce n'est pas dû à tout le monde. Puis aussi il y a certains coûts, aussi: les coûts de permis de vente, permis de transformation, les assurances. Souvent, ça coûte 3 000 $, 4 000 $, 5 000 $ juste pour t'équiper, avoir tes permis pour aller à un marché. Ça fait que ce n'est pas évident pour des petites entreprises qui démarrent, tous ces frais-là.

Et puis, aussi, c'est sûr que ça ne peut pas sauver tout l'ensemble des producteurs. Parce que, juste dans le secteur de Valcourt, il y a 76 producteurs de sirop d'érable, mais, tu sais, au marché, on peut peut-être vendre la production de un, là. Mais à quelque part ça prend des systèmes, aussi, là, pour les autres producteurs, là, pour qu'ils puissent vendre leurs produits. Mais c'est une belle place, une belle promotion pour nos produits, puis je trouve que c'est des beaux échanges entre les consommateurs puis les producteurs.

Mais actuellement tous les marchés sont supportés par des bénévoles, des producteurs, des citoyens qui croient à ces marchés-là, mais ils n'ont pas d'argent. Et actuellement ce qu'ils souhaiteraient puis ce qu'on souhaiterait, c'est avoir des sous pour engager un coordonnateur, quelqu'un qui peut faire un peu la... aider à la gestion de ces marchés-là, parce que les bénévoles, à la longue, mais ils s'épuisent, puis, si on n'est pas capables d'avoir des gens pour nous supporter là-dedans... Puis aussi, au niveau publicité, on aurait besoin de sous aussi, parce que, veux veux pas, il faut se faire connaître.

Pour se faire connaître, bien, ça prend de la publicité, et la publicité coûte très cher. Et actuellement, bien, il y a un urgent besoin d'argent pour engager des coordonnateurs. Puis un coordonnateur peut peut-être coordonner quatre, cinq marchés, là, ce n'est pas... ce n'est peut-être pas énorme, mais il y a un besoin à ce niveau-là, puis actuellement, s'il n'y a pas rien de fait...

Mais je trouve qu'en Estrie puis dans les Cantons-de-l'Est on est pas mal bien servis au niveau des marchés. Mais ça va prendre un coup de main pour pouvoir... des programmes pour pouvoir maintenir ces marchés-là, pour continuer à augmenter l'achalandage et augmenter le nombre de producteurs qui vont dans ces marchés-là. Ça ferait pas mal le tour.

** (10 h 40) **

Le Président (M. Paradis): Ça va? À ce moment-ci, est-ce que, M. Brien, vous avez terminé votre présentation, puis M. Tétreault n'ajoute pas ou... Parce que je pense qu'il est dans des productions un petit peu plus...

M. Tétreault (Jean): Oui. Mon nom est Jean Tétreault. Je suis producteur de bovins et de porc. Nous avons 70 vaches pour faire du veau d'embouche, et, sur ces 70 vaches là, j'ai une quarantaine de vaches en race pure, donc j'ai... J'ai un autre côté aussi, de la production, qui est pour le bovin. Du côté du porc, je suis sous contrat avec un intégrateur, et présentement on fonctionne avec à peu près 1 420 porcs à l'engrais.

Ce que je peux dire, c'est que, pour ma part, dans le porc, c'est sûr qu'on ne vit pas tous en étant sous contrat, on n'a pas tout ce que les indépendants peuvent vivre, sauf que, depuis les trois dernières années, on a subi des coupures dans nos contrats par rapport aux autres... aux coupures qui sont manifestées à l'ASRA. Ce que je peux dire, c'est que, le porc, depuis le temps que j'en fais, depuis 15 ans, la production a évolué très vite, et ça s'est... ça se remarque.

Il y a peut-être moins de producteurs, enfin peut-être un petit peu moins de têtes par production, sauf que les performances des animaux ont été augmentées par les améliorations de génétique et de... pour produire plus de viande par animal.

Du côté du bovin, comme j'ai dit, j'ai de la race pure, on fournit... En fait, les races pures, c'est la tête des pyramides. Dans le bovin, on fournit de la génétique pour produire des animaux qui vont fournir... ils vont devenir de la viande. Et présentement, pour ma race, au Canada, on est très optimistes, puisque, depuis deux, trois ans, les marchés... il y a des marchés d'exportation d'animaux vivants. Donc, pour ce côté-là de la production, on peut dire qu'on est très bien servis par ce marché d'exportation, puisque, dans la dernière année, je pense qu'il y a eu au-dessus de 10 000 têtes qui ont été exportées, principalement dans les pays de l'Est, Russie et Kazakhstan.

Donc, c'est sûr que, moi, dans ce domaine-là, je reçois... c'est un niveau canadien. Et je vois les autres confrères producteurs dans le reste du Canada, eux autres, ils sont... ils n'ont pas de sécurité du revenu. Mais ils ont passé à travers, puis ils voient des marchés qui se débouchent. Puis, eux autres, je peux dire qu'ils ont les mêmes soucis, les marchés s'améliorent, mais ils ont les même soucis de relève: Qui c'est qui va prendre la... puis dans... pour les employés aussi. Il ne faut pas se cacher, les producteurs de l'Ouest, ils ont des gros compétiteurs dans les... avec les pétrolières.

Pour ma part, je peux dire que, la production bovine au Québec, depuis 25 ans, je l'ai vue évoluer. Au début, c'était, je pourrais dire, amusant, instructif, car le MAPAQ soutenait le développement, avait une sorte de vision. Mais, depuis 2000, il n'y a plus de vision au MAPAQ. On n'a plus de vision, on n'a plus... Puis maintenant ça s'en vient qu'on n'a plus de conseil neutre pour pouvoir prendre nos décisions, surtout dans l'élevage.

Les programmes. On parle des programmes d'adaptation. Au début, je me suis dit: Je vais-tu en profiter ou je n'en profiterai pas? Je me suis dit... Quand le programme a été annoncé, ce n'était tellement pas clair que j'ai dit: Ça ne mènera à rien, c'est trop de... on va donner l'argent aux consultants, puis ça va finir là. Puis dernièrement j'ai eu à faire des investissements, et on m'a conseillé de... au programme d'adaptation, voir si certains volets du programme pourraient me toucher. Après ça... Avec ça, on peut dire que j'ai... Je ne suis pas tout à fait confiant au programme, mais, avec le travail qui va se faire, on verra. Je pense que je vais terminer ma présentation pour l'instant.

Le Président (M. Paradis): Merci, M. Tétreault. Merci, M. Brien. Je vais déséquilibrer un petit peu le temps parce que j'avais... j'ai une hypothèque du côté de l'opposition officielle, là, sur la dernière comparution. M. le ministre, en débutant, mais je vais tenter de rééquilibrer.

M. Corbeil: Bien, en fait, d'entrée de jeu, M. le Président, j'aimerais juste transmettre de l'information concernant la multifonctionnalité. C'est une enveloppe qui a été allouée à chacune des régions, donc qui est gérée sur une base régionale, gérée et administrée sur une base régionale. L'aide apportée varie en fonction du bénéfice aux producteurs. Quand les bénéfices sont élevés, le pourcentage d'aide peut être réduit, mais, dans certains cas, l'aide aux projets peut atteindre jusqu'à 100 %.

Autrement dit, dans le cas de monsieur, là, qui parlait de son silo qu'il ne se sert pas mais qui pourrait être retenu comme projet de rénovation pour une question paysagère ou je ne sais pas quoi, là, alors, à ce moment-là, ce serait sans frais pour lui.

Le Président (M. Paradis): Qui c'est qui prend la décision sur le plan pratique?

M. Corbeil: C'est le ministère. C'est une table de coordination de sélection des projets qui a été formée dans chacune des régions par les gens de la MRC, les gens du ministère, les producteurs, etc. Alors, le programme est populaire avec 71 projets déposés, plus de 200 producteurs impliqués dans ces projets. Ces projets-là sont dans... 21 des projets sont collectifs et 50 projets sont issus d'entreprises uniques.

Quand je dis « collectif » , je veux rajouter ceci, c'est que, s'il y a plus de trois producteurs qui sont concernés par un projet, à ce moment-là il peut y avoir une bonification de 5 000 $ par producteur. Et il peut même y avoir aussi une enveloppe d'allouée de 10 % de la valeur du projet déposé, pour la coordination, quand il est collectif. Je suis allé au Bas-Saint-Laurent, à l'automne, présenter une vitrine, et ça concernait neuf producteurs dans un projet collectif déposé par une communauté et les producteurs concernés. Alors, c'est fait en fonction que, si le bénéfice est pour autrui, c'est-à-dire pour autre que le producteur concerné, les frais pour le producteur sont nuls.

Et ma question, vite, puis j'espère que la réponse... Parce que, moi, je pense que, dans le livre vert, où on parle de distinguer les produits québécois... Et, la fenêtre que vous avez ouverte concernant le marché public, j'aimerais avoir... ça, pour moi, c'est parlant, ça se développe vitesse grand V. Dans une localité comme Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue, il y a un marché public qui existe depuis cinq ans, la direction régionale du ministère supporte l'initiative. Il y a plusieurs partenaires qui sont concernés. C'est en expansion, c'est en développement.

Je voudrais juste, M. le Président, savoir combien il y a de vos membres qui sont au marché et qui proposent des produits?

Le Président (M. Paradis): M. Brien.

M. Brien (Michel): Juste au marché à Racine, c'est 30 producteurs.

M. Corbeil: 30 producteurs.

M. Brien (Michel): Et la plupart, comme je disais, bien, je dirais 50 % des producteurs, c'est des producteurs, ça fait un an, deux ans, trois ans, qui démarrent en production agricole.

M. Corbeil: Dans votre mémoire, vous faites référence au nombre de fermes qu'il y avait chez vous en 2004, 197, et en 2011, 194. Donc, il y a une relative stabilité chez vous. Vous expliqueriez ça comment?

** (10 h 50) **

M. Brien (Michel): Bien, je dirais que probablement, en 2004, j'avais zéro producteur maraîcher, puis actuellement on en a trois. Et ces petites fermes là, en réalité, ont... bien, substituent... ils ont pris un peu la place de d'autres fermes qui ont disparu.

M. Corbeil: Alors, si je me rapporte au mémoire, vous me parlez de production laitière, porcine, bovine, ovine et acéricole. Et, pour le mémoire qui nous a été présenté précédemment pour le secteur de Weedon, M. le président de ce secteur-là a rajouté: sapins, ovins, serres, aquaculture, petits fruits. Donc, chez vous, il y a d'autres productions qui se sont ajoutées, là.

M. Brien (Michel): Oui. Oui, j'ai une aquaculture, un sapin... Là, j'en ai... bien, de toutes, bien, j'ai toutes les productions, là. Bien, des fois, tu sais, il y en a juste un ou deux, ou... Comme là, je pense que j'ai dit « trois » , mais je pense que c'est cinq maraîchers. Puis, en réalité, j'ai vraiment de toutes les productions, même un producteur de sanglier. En tout cas, on a pas mal toutes...

M. Corbeil: Donc, vous voyez apparaître de...

M. Brien (Michel): Des productions qui n'étaient pas là avant.

M. Corbeil: ...des productions qui n'étaient pas là et des nouveaux types. Sur des superficies moins grandes, je suppose?

M. Brien (Michel): Oui, oui.

M. Corbeil: O.K. Comment vous percevez ce phénomène-là? Est-ce que c'est une tendance qui est lourde? Est-ce que c'est initiateur de petites... plus petites productions plus nombreuses? Comment vous voyez... Quelle lecture vous faites de ça?

M. Brien (Michel): Bien, souvent, ces petites entreprises là, ce que je trouve déplorable, c'est justement, c'est: ils vont faire de la production deux ans, trois ans, quatre ans, à un moment donné ils s'épuisent. Tu sais, ils ont des... Souvent, il y a une ou deux jobs à l'extérieur pour aider à ce que ces gens-là puissent vivre. Ça fait que c'est pour ça que, ces petites productions là, moi, je... bien, ils ont besoin d'aide pour justement pouvoir mettre leurs produits en marché, puis pour pouvoir prendre de l'expansion, puis pour pouvoir vivre de ça.

M. Corbeil: C'est des jeunes qui débarquent à Racine ou...

M. Brien (Michel): Oui, la plupart, c'est des jeunes, parce que... Bien, même, dernièrement, une rencontre avec le CLD et un programme Place aux jeunes, il y avait encore deux jeunes qui seraient intéressés de partir en production maraîchère. Mais à quelque part, à un moment donné, il faut vendre ces produits-là puis, si à Racine on a encore deux autres producteurs maraîchers, bien, à quelque part, à un moment donné, il va y avoir un problème de... Ça fait qu'il faut vraiment trouver des solutions pour peut-être faire de la transformation ou faire... bien, pour qu'ils puissent... s'ils veulent faire ça...

Puis c'est sûr qu'on n'est pas autosuffisants dans la plupart des productions au Québec, et puis il y a de la place pour ces producteurs-là. Mais il faut vraiment essayer de les aider pour qu'ils puissent mettre en marché leurs produits puis qu'ils puissent vivre de ces productions-là aussi.

Le Président (M. Paradis): Je vais le terminer...

M. Corbeil: Là, je veux vous aider dans votre... avant que vous ayez un grief, là.

Le Président (M. Paradis): Merci, M. le ministre, je l'apprécie. M. le député de Kam-Témis ou de Saint-Hyacinthe?

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Donc, je vais prendre la parole.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Kamouraska-Témiscouata.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Merci. Bonjour. Alors, c'est impressionnant, votre présentation sur les marchés publics, en tout cas en ce qui me concerne, parce que je trouve ça vraiment... C'est une réussite, puis bravo, hein, d'avoir mis... D'ailleurs, vous avez initié cela comme président.

J'ai quelques questions. J'aurais pu le demander aux autres groupes, là, de l'UPA de l'Estrie, mais ça me vient ici. On présente dans les mémoires un encadré sur l'adhésion, hein, la variation de l'adhésion au syndicat, bien sûr. Pour les gens qui nous écoutent, pouvez-vous expliquer c'est l'adhésion à quoi, qu'est-ce qui fait qu'il y en a qui n'adhèrent pas, puis c'est quoi, la différence, c'est quoi, l'impact d'y être ou de ne pas y être, puis adhérer à quoi, juste en résumé, là.

M. Brien (Michel): L'adhésion... Bien, la cotisation, elle est obligatoire, mais l'adhésion, elle est volontaire. Et, c'est ça, chaque producteur est libre de signer, d'adhérer s'il veut. Puis je pense que, nous, c'est près de 95 %, 94%. Et c'est ça qui est la différence, c'est que chaque producteur est libre d'adhérer ou pas à l'union.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Puis, en adhérant, ça donne des avantages.

M. Brien (Michel): Oui. Bien, de toute façon, c'est... En cotisant, ils ont les avantages de tous les programmes, là, avec le MAPAQ, les remboursements de taxes, etc.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Et ceux qui n'adhèrent pas, est-ce que c'est parce qu'ils adhèrent ailleurs ou bien...

M. Brien (Michel): Pas nécessairement. Bien, je sais que, dans notre secteur, j'ai quelques producteurs, des fois, qui ont deux fermes, puis ils en ont une dans un autre secteur puis ils n'ont pas signé leurs adhésions avec le syndicat de base. Mais des fois c'est peut-être des oublis ou des choses... Ce n'est pas nécessairement... Mais il y en a que c'est volontaire qu'ils n'y adhèrent pas. Parce que c'est sûr que... Je pense que, dans toute organisation, il va toujours y avoir des gens qui ne seront pas d'accord avec l'ensemble des producteurs puis je pense que, quand on...

Même dans des comités, quand on est six autour de la table, on n'est jamais tous unanimes. Puis je pense que c'est normal d'avoir toujours quelques pourcentages de membres qui ne sont pas toujours en accord avec nous, puis c'est... Je pense que c'est tout à fait normal, puis on le voit aussi par rapport à ce qui se passe, là.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Merci pour les précisions. Je peux poursuivre?

Le Président (M. Paradis): Oui.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): M. Tétreault, vous avez apporté un point important, un peu nouveau, qui fait du bien à entendre: le marché de l'exportation des animaux vivants. Vous êtes producteur de bovins race pure, c'est ça?

M. Tétreault (Jean): Oui.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Alors, pouvez-vous... Est-ce que vous fondez de l'espoir pour l'avenir? Parce que là il y a une ouverture à cet égard. Vous en parliez en tout cas, il me semble, avec passion.

M. Tétreault (Jean): Oui, j'en parle avec passion, parce que, pour la race, ça a donné un coup pendant que les marchés du veau d'embouche étaient... les marchés étaient plus bas. C'est sûr que c'est un marché qui est exploité depuis trois ans. On pense qu'il va peut-être durer un autre trois années, sauf qu'on fait toujours affaire... Dans ces pays-là, ce n'est pas tout le temps clair, puis, eux autres aussi, ils vivent... leur économie dépend de...

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): ...à quel endroit, là, si vous voulez nous...

M. Tétreault (Jean): Il y a eu des exportations en Russie, puis dernièrement il y en a eu au Kazakhstan aussi.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Puis vous fonctionnez avec quelqu'un qui prend en charge tout ça? Pouvez-vous nous dire un peu, en gros, comment ça fonctionne?

M. Tétreault (Jean): Les associations de races fournissent les noms des éleveurs, puis c'est des exportateurs au pays qui, eux, ont des contacts avec les pays importateurs. Puis c'est eux qui s'occupent de tout ce qui est sanitaire et toutes les autorisations pour exporter. C'est eux autres... c'est les exportateurs qui s'occupent des affaires.

M. Simard (Kamouraska-Témiscouata): Et, l'autre point, vous êtes un producteur de porc intégré, hein? Parce qu'on a entendu... bien sûr, hier, on a entendu le syndicat du côté de l'Outaouais, où on parlait des indépendants et des intégrés. Et, comme intégré, vous dites aussi que vous vivez des difficultés, vous sentez l'effet des mesures de resserrement.

M. Tétreault (Jean): Oui. Ah! c'est sûr que les effets des mesures se font sentir. Les intégrateurs, il ne faut pas oublier, eux autres aussi... C'est eux autres... Le programme ASRA paie une grande

partie des coûts, là, avec... Ils en retirent un bénéfice, mais ils en paient un très grand coût avec le nouveau modèle d'ASRA.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Saint-Hyacinthe.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Alors, bonjour, messieurs. Moi, je voudrais vous amener sur la relève. La relève, vous n'en avez pas parlé beaucoup, mais je veux savoir... On a une politique qui s'en vient, Une vision d'avenir , avec la relève. On va produire des produits de qualité, mais ça va prendre des personnes pour les produire ici. Alors, je veux savoir: Au niveau de la relève, est-ce que vous avez des problèmes de recrutement, de transfert, des choses comme ça? Puis, si vous avez des suggestions à nous suggérer à ce sujet-là, au gouvernement, est-ce que vous pourriez le faire, là, à ce moment-ci?

M. Brien (Michel): C'est un domaine que, moi-même, j'ai parti à zéro. Ça fait que je connais un peu toutes les difficultés que les jeunes aujourd'hui rencontrent, parce que ça ne fait pas tellement d'années que j'ai démarré en production laitière, puis il n'y a vraiment rien de facile au niveau agricole. Puis c'est sûr qu'il y a une

partie que...

Puis c'est difficile aussi d'aller chercher des subventions. Parce que, moi-même, je travaillais à l'extérieur pendant quelques années puis je n'étais pas éligible à la subvention Financière agricole parce que je n'étais pas producteur à temps plein. Puis c'est difficile parce que tu as besoin des fonds au début pour démarrer. Puis souvent ça prend quelques années avant que la ferme soit assez rentable pour que tu puisses quitter ton emploi pour vivre de ça, et souvent, bien, on... Bien, tu sais, je me suis rendu à 39 ans, là, avant de pouvoir avoir ma subvention à l'établissement.

Et je pense, à ce niveau-là, qu'il va... bien, il faudrait essayer de faciliter, là, les subventions, parce que souvent les... bien, la plupart des producteurs...

Bien, la relève, aujourd'hui, ils ont de la formation, ils ont tous des qualifications, mais souvent c'est juste une question de... Il faut qu'ils conservent un emploi pour pouvoir démarrer, puis ce bout-là, là, ce n'est pas facile. Puis, dans toutes les productions, c'est toujours la même chose: quand ils arrivaient pour... bien, qu'ils arrivent au niveau de La Financière, bien, ils ont de la misère à avoir leurs subventions, même s'ils ont la formation et l'expérience. Mais, tant et aussi longtemps que la ferme ne peut pas prouver que le producteur puisse vivre de ça, bien, ils n'ont pas la subvention.

Puis, je vais vous dire, il y a des producteurs que ça faisait 20... bien, 20 ans qu'ils étaient dans des productions puis qu'ils perdaient de l'argent à tous les ans. Mais, le jeune, lui, il faut qu'il prouve la rentabilité de son entreprise pour avoir le droit aux subventions. Il y a ça qu'il faut vraiment améliorer.

** (11 heures) **

Le Président (M. Paradis): M. le député de...

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Est-ce qu'il existe des associations de relève dans votre coin? Et puis est-ce qu'il y a des groupes-conseils aussi qui peuvent accompagner les jeunes dans leurs démarches?

M. Brien (Michel): Oui, il y a une association de la relève agricole en Estrie, je ne peux pas vous dire le nombre de membres, là, mais c'est sûr qu'aussi on a un syndicat de gestion qui peut aider aux transferts de ferme puis aux jeunes à démarrer, là, avec leurs entreprises.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): S'il y avait quelque chose à améliorer, ce serait à peu près... ça serait quoi au juste, là, si vous pouvez cerner quelque chose de précis, là?

M. Brien (Michel): C'est vraiment l'aide financière, qu'elle puisse être disponible au départ, parce que tu as beaucoup d'investissement à faire, puis souvent tout est conditionnel à ce que tu puisses vivre de l'agriculture pour avoir tes subventions. Ça fait que ce n'est comme pas toujours facile. C'est peut-être un assouplissement à ce niveau-là qui serait nécessaire.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Beauce-Nord.

M. Grondin: Merci, M. le Président. Vous avez parlé beaucoup... bien, pas beaucoup, mais vous avez parlé de l'article 59, la construction en zone agricole. Je trouve tellement que... Moi, je proviens d'une petite municipalité puis je trouve que c'est un problème que toutes les petites municipalités vivent aujourd'hui. Quand ils veulent un peu prendre de l'expansion en zone agricole, c'est un problème. Nos enfants qui proviennent du monde rural et qui ne veulent pas nécessairement être un agriculteur peuvent s'installer chez nous quand même. Mais, si on ne leur permet pas de s'installer chez nous, ils s'en vont s'installer en ville.

Toutes les villes n'ont aucun problème à faire de l'expansion. Allez dans toutes les grandes villes, ça construit à la journée longue. Mais, nous autres, dans les petites municipalités, pour construire une maison ou deux par année, des fois ça peut aller jusqu'à 10 maisons, c'est tout un problème et tout un combat. Alors, je trouve que... Vous avez dit que vous aviez réussi à faire en sorte de permettre des constructions. C'est quoi, votre recette?

M. Brien (Michel): Mais, en Estrie, toutes les MRC ont fait ce travail-là avec l'UPA, avec la commission, et la dernière, c'est Memphrémagog qui sont en train de compléter le travail. Et je trouve ça le fun parce que, pour chaque municipalité... Juste comme nous, Racine, tu sais, c'est 100 droits de construction de plus dans la municipalité. Puis je pense que c'est un travail que toutes les municipalités, toutes les MRC au Québec devraient faire, ils devraient s'assire avec l'UPA, la commission et faire une entente avec l'article 59 pour permettre des droits de construction en zone agricole.

M. Grondin: Je vous...

Le Président (M. Paradis): Peut-être... M. le député de Beauce-Nord, si vous permettez. Vos petits producteurs maraîchers, là, qui s'installent comme tel, est-ce qu'ils ont les autorisations de la CPTAQ? Est-ce qu'ils peuvent...

M. Brien (Michel): Il y a des secteurs... Bien, il y a des secteurs, justement, qui permettent ces petits producteurs là, et, dans la démarche, on a un peu tout prévu ça dans ce dossier-là.

Le Président (M. Paradis): Ça va. M. le député de Beauce-Nord.

M. Grondin: Alors, pour vos marchés publics, je trouve ça fantastique. J'imagine que vous en avez parlé à la CRE de l'Estrie pour avoir un support.

M. Brien (Michel): C'est... Oui.

M. Grondin: Parce qu'ils ont des fonds.

M. Brien (Michel): Mais ça reste que c'est toujours... Ce n'est pas toujours facile. Puis, encore là, il y a des programmes aussi que, mettons, c'est 50 %, il faut que le marché fournisse 50 % puis... Tu sais, ce n'est pas toujours... Puis souvent les marchés comme tels, c'est tous des organismes à but non lucratif puis ils n'ont pas d'argent. Puis aussi la plupart des producteurs qui sont membres puis qui vont à ces marchés-là, eux non plus n'ont pas beaucoup d'argent, et, à ce niveau-là, il faut... Pour maintenir ces marchés-là, ça va prendre une aide, là...

M. Grondin: Puis l'autre que je vous ai entendu, que je trouve formidable, c'est votre vision vers l'énergie verte avec les déchets des plastiques. J'espère que vous ne lâcherez pas ce morceau-là.

M. Brien (Michel): Non, il faut absolument...

M. Grondin: Puis essayez de le communiquer aux autres comtés, qu'on travaille là-dedans.

M. Brien (Michel): Mais je pense... régionalement, je pense qu'il y a un gros travail à faire avec ça pour pouvoir tout récupérer ça puis... parce que... Mais, tu sais, ça se transforme soit pour le chauffage ou carrément en diesel. Ça prend juste la machine, puis c'est parti. Et un peu de sous.

M. Grondin: Félicitations!

Le Président (M. Paradis): Juste une question. Tantôt, moi, il y a un commentaire qui est assez percutant de la part de M. Tétreault. Vous avez dit: Dans la production du boeuf, le ministère avait une vision jusqu'au début des années 2000, puis, après les années 2000, il a fermé la télévision. C'est quoi...

M. Tétreault (Jean): Je dirais, peut-être, c'est venu suite aux restrictions budgétaires. Comme le groupe précédent a dit, en Estrie, on a vu partir les employés avec une longue expérience un après l'autre.

Le Président (M. Paradis): Vous parlez des bureaux régionaux?

M. Tétreault (Jean): Oui. Bien, il y avait les bureaux locaux, puis, en Estrie, il y a eu des regroupements, en fait c'est le bureau régional qui regroupe le local pour la majorité de la région. Il reste quelques bureaux locaux, mais la majorité, c'est rendu... c'est le bureau régional qui fait le local. Mais on perd des... au niveau régional, tu perds des spécialistes, puis c'est là que... Ces spécialistes-là, il y en a qui avaient vraiment un amour pour la production, puis ils voulaient que les producteurs réussissent à s'en sortir, et à être plus performants, et tirer... En étant plus performant, tu tires plus de revenus du marché.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Montmagny-L'Islet.

M. Morin (Montmagny-L'Islet): Oui, M. le Président. Dans la même ligne de pensée que vous, M. Tétreault a dit: Plus de vision, puis il y a quelque chose que j'ai mal saisi: Plus de conseil neutre. Qu'est-ce que c'est, ça?

M. Tétreault (Jean): Le conseil neutre, c'est en référence à ce qui... On voit ce qui s'en vient aussi dans... C'est déjà parti dans le bovin laitier, dans le bovin de boucherie, ça s'en vient aussi, ce qu'on appelle la génomique. Puis c'est principalement ceux qui veulent nous fournir ces services-là de génomique qui permettent, disons, à accélérer... avec l'ADN, de voir si les animaux sont performants dans certains secteurs ou si, ces lignées d'animaux là, on peut... on les oublie parce qu'ils ne sont pas performants.

Mais c'est des compagnies, c'est des multinationales, Merial, Pfizer, qui veulent s'emparer de ça, parce que c'est quand même technologique, mais, eux autres, ils arrivent, ils disent... Ils ont fait une recherche, mais ils sont là pour vendre leurs produits.

Tandis que, quand je dis « un conseil neutre » , ça prend... Parce que, quand on parle de génomique, moi, j'en suis un bout, mais, quand c'est des spécialistes, des doctorats, puis tout ça, des fois ils te perdent, là, dans le technique, ça nous prend quelqu'un qui puisse nous l'expliquer puis comment se servir de ces techniques-là, pas juste le vendeur du service.

Le Président (M. Paradis): Ça va, M. le député de Montmagny-L'Islet? Oui. M. Brien, vous voulez compléter?

M. Brien (Michel): Oui. Au niveau conseil neutre, c'est bon pour tous les genres de services, même chose au niveau de l'alimentation des bovins, porcs, laitier et même chose pour les conseils au niveau fertilisation. C'est important de garder des gens neutres, des agronomes neutres, parce que la plupart des agronomes ou des techniciens qui viennent nous visiter à la ferme, ils ont des choses à nous vendre. Et ce n'est pas toujours... Ils ne veulent pas toujours juste notre bien, mais ils veulent nos biens aussi.

Ça fait que disons qu'il y a des fois des choses qui pourraient être utilisées pour améliorer la situation financière des fermes, mais, eux, ils sont là pour vendre un produit, puis des fois ce produit-là, il ne viendra pas toujours améliorer la situation financière des fermes.

Une voix: ...

M. Brien (Michel): Ils vont améliorer, c'est ça, leur situation, mais pas nécessairement celle des fermes.

Le Président (M. Paradis): M. le député de Beauce-Nord, il faut demander la parole, s'il vous plaît.

M. Brien (Michel): Et c'est pour ça que c'est important d'avoir des agronomes, des techniciens au niveau des MAPAQ... au niveau du ministère puis, au niveau des organismes, avoir des organismes comme les conseils en gestion, les agronomes neutres, pour aider aux producteurs, des fois, à faire... bien, faire attention puis pas... En tout cas, des fois, il faut faire attention dans les achats qu'on fait dans les fermes.

Le Président (M. Paradis): Merci beaucoup. M. Brien, M. Tétreault, on vous remercie de votre présentation, de vos propos.

À ce moment-ci, nous invitons l'Union des producteurs agricoles de Sawyerville à bien vouloir s'approcher. Et je suspends les travaux pour deux minutes.

(Suspension de la séance à 11 h 9)

(Reprise à 11 h 15)

Le Président (M. Paradis): La commission reprend, à ce moment-ci, ses travaux et accueille l'Union des producteurs agricoles de Sawyerville, représentée par M. Doyon et Mme Martel Bégin. S'il vous plaît, en vous présentant, suivant vos types de production, occupation, etc., et présentez-nous votre mémoire. Bienvenue à la commission.

Syndicat du secteur de l'UPA de Sawyerville

Mme Martel Bégin (Lynne): M. le Président, mesdames messieurs, bonjour. Alors, tout d'abord, je me présente, Lynne Martel Bégin, présidente du secteur de Sawyerville. Je suis une productrice agricole depuis 32 ans. Nous sommes présentement, moi et mon conjoint, en processus de transfert à notre fils aîné. Il sera la quatrième génération sur la ferme chez nous. Je veux aussi... Bien, notre entreprise est spécialisée en laitière et forestière, comme j'ai dit tout à l'heure.

Et je veux également vous présenter mon collaborateur, M. Antoine Doyon, producteur de veau de grain dans notre secteur aussi, à qui je vais céder la parole un petit peu plus tard.

Notre syndicat, à Sawyerville, regroupe 11 municipalités. Je vais... je n'ai pas besoin de les mentionner, vous les avez dans le mémoire, de toute façon. En 2004, l'UPA de Sawyerville comptait 280 fermes, le taux d'adhésion était de 95 %. En juillet 2011, notre secteur compte sensiblement le même nombre de fermes, là, c'est-à-dire 279, et le taux d'adhésion volontaire est passé de 95 % à 99 %.

Dans notre MRC, celle du Haut-Saint-François, on peut observer un déclin du secteur agricole. En 10 ans, la superficie en culture a diminué de 21 %. Ça, c'est une perte, là, de 5 976 hectares. Quand on pense à ça, la question qu'il faut se poser, c'est: Que dire du garde-manger des Québécois si la tendance se poursuit à plus long terme?

L'UPA de Sawyerville soutient votre démarche présentée dans le livre vert Donner le goût du Québec dans la mesure où elle reflète notre vision sur la future politique agricole et agroalimentaire du Québec. Le pouvoir de se nourrir repose sur une agriculture réalisée par une multitude de fermes ancrées dans toutes les régions du Québec, ainsi fournissant à la population des aliments sains, produits dans une perspective de développement durable et d'équité.

Il faut placer au centre de la politique le producteur agricole. Ces gens veulent produire des aliments sains et de qualité, mais ne croyez-vous pas qu'il faut les soutenir et leur donner les moyens de le faire? Lorsque j'ai accepté le poste de présidente au sein de mon secteur, d'envisager devoir visiter des producteurs et des productrices en détresse était loin de ma pensée. Permettez-moi de vous souligner un cas vécu. Imaginez-vous visiter un producteur qui s'écroule en pleurs devant vous, et je le cite: J'ai honte, je ne sais plus quoi faire, je suis en train de perdre ma ferme.

Que lui auriez-vous répondu ce matin-là? Malheureusement, c'est la réalité de beaucoup de producteurs présentement au Québec.

Nous sommes à l'heure de faire des choix. Deux options s'offrent à nous pour voir la lumière au bout du tunnel. Est-ce qu'on joue à l'autruche, ne rien faire, perdre notre agriculture québécoise, en fait perdre notre autonomie alimentaire, ou l'idéal serait de créer un genre de partenariat, les producteurs agricoles, l'UPA, le consommateur et, bien entendu, le gouvernement, un partenariat à court, moyen et long terme qui... dépendamment du contexte et de l'environnement, où tous nous serions gagnants?

Cela étant dit, l'accréditation unique est souvent... est un soutien et une force pour les producteurs. Elle est également un outil de cohésion qui facilite la tâche de tous ceux qui y travaillent et transigent avec les agriculteurs. La force de l'UPA de Sawyerville, c'est d'être capable de guider, de supporter et mobiliser les producteurs pour accomplir des actions concrètes sur le terrain, et ce, au bénéfice de la communauté.

Le projet d'identification des puits démarré dans notre secteur en est un, bel exemple de mobilisation. Je vais refaire un petit résumé, même s'il est mentionné dans le mémoire. L'aventure débute lorsqu'un producteur, M. Marie-Antoine Roy, constate qu'une vingtaine de puits de ses voisins sont à proximité de ses terres agricoles. Il sait qu'il doit respecter des distances séparatrices lors des épandages, mais il y a un problème, le hic, c'est qu'il ne connaît pas où sont situés ces puits-là.

** (11 h 20) **

Donc, en 2001, le projet pilote de notre secteur de base permet d'identifier, à ce moment-là, 100 puits dans la municipalité de Newport. Trois ans plus tard, grâce au soutien financier du CDAQ, l'UPA régionale investit une ressource et forme un comité en agroenvironnement: 2 500 puits sont identifiés dans la région de l'Estrie à ce moment-là, dont 335 sur notre territoire. Cela démontre bien l'importance de maintenir l'accréditation unique.

Au Québec, c'est maintenant 10 000 pancartes bleues que l'on peut apercevoir lorsqu'on sillonne les routes dans nos campagnes. Le projet a même débordé aussi en Ontario. L'identification des puits évite de contaminer accidentellement les sources d'eau potable, rend plus sécuritaires les épandages d'engrais et de pesticides. Ce projet contribue à la qualité de vie en milieu rural.

Née et grandi à la ville, j'ai entendu toutes sortes de propos concernant l'UPA: la grosse UPA, le monopole de l'UPA, etc. Je crois souvent que c'est par manque d'information. J'en suis une preuve vivante, au début des années quatre-vingt, lorsqu'on a acheté la ferme de mes beaux-parents, si on peut dire ça, j'étais un peu anti-UPA. J'étais contre, en fait, l'UPA, contre ses valeurs et tout ce qu'elle préconisait. J'ai décidé de m'informer, d'assister aux réunions, de m'intéresser justement à ce qui se passait là, puis finalement, bien, je me suis impliquée.

Cela m'a permis de comprendre tout le travail qui peut se faire pour promouvoir, pour défendre, pour développer les intérêts économiques, sociaux et moraux de tous les producteurs et les productrices agricoles du Québec. Maintenant, je comprends plus... En fait, je comprends qu'il est essentiel de maintenir une accréditation unique. L'organisation a cette capacité de soutenir, d'orienter et d'aider les producteurs sur le terrain, peu importe sa production, peu importe la grosseur de la ferme.

Merci de votre écoute. Sans plus tarder, je vais passer la parole à M. Doyon.

Le Président (M. Paradis): M. Doyon.

M. Doyon (Antoine): Bonjour. M. le ministre, M. le Président, et chers... les députés, et mesdames et messieurs, ça me fait plaisir aujourd'hui de venir vous parler un peu de... vous parler de ma ferme pour commencer puis, après ça, de la production en général.

Pour ma part, j'ai rentré en agriculture par accident. J'ai été réparer la couverture de mon oncle qui était vieux garçon, puis je travaillais sur la construction, puis il m'a offert sa ferme, j'étais sur le toit de la grange. J'ai fait un... Je lui ai donné un « bill » de 100 $, puis on a fait un contrat en arrière d'une feuille de calendrier. C'est de même qu'a commencé l'aventure.

J'ai séparé une société, c'était une société, on l'a séparée. Mon oncle s'est reconstruit au côté, mon autre oncle. Et je suis devenu producteur laitier en 1976, la veille qu'on coupe les quotas de 20 %. J'ai compris ce que c'était, un syndicaliste, et je me suis impliqué tout de suite au début.

Et, en 1980, lorsque, le programme diversification de l'agriculture au Québec, Nourrir le Québec , on a lancé le veau de grain, j'ai été un des premiers à embarquer, avec une personne... un personnage de votre comté, monsieur... -- ça va me revenir, là, tout à l'heure, son nom -- mais où est-ce qu'on a parti la production de veau de grain au Québec. Le programme était... il était juste pour l'Estrie et le Lac-Saint-Jean. On a démarré la production dans aucune connaissance de cause, avec des bâtiments qui étaient inadaptés aussi.

Ça fait 31 ans que je suis en production, je suis encore là. J'en ai vu du monde arriver puis partir à cause que la... les difficultés qu'on rencontrait dans une nouvelle production. Pour ma part, aujourd'hui, je souhaite vous passer un message très important, une ligne directrice qui devrait, il me semble, guider toutes vos décisions dans le domaine de l'agriculture: Arrangez-vous pas pour viser le noir et tuer le blanc. Et là je m'explique.

Quand on fait des programmes puis qu'on veut faire des économies, qu'on vise... qu'il y a trop d'argent qui a été donné dans l'assurance stabilisation, qu'on ne va pas... On n'étudie pas à fond ce qui s'est... l'effet que ça va avoir sur l'ensemble des producteurs, ce qui fait... C'est qu'on veut protéger les petites entreprises, et c'est tous ceux-là qu'on fait mourir et qu'on a fait mourir.

La solution pour ça, c'est de consulter les producteurs avant de modifier les programmes ASRA. Il aurait fallu qu'ils soient consultés jusqu'à la base. Il faut analyser les impacts de chaque changement avant d'appliquer. Et je ne suis pas en train de vous dire de régionaliser les critères, nécessairement. Parfois, ça pourrait être pertinent, mais ce n'est pas la solution idéale. Je peux vous donner un exemple concret.

Je suis un producteur de veau de grain en Estrie, et, depuis deux ans... Quand on a eu le nouveau modèle, on a inséré, à l'intérieur du modèle, les cultures associées et on a presque doublé la taille du modèle. Mon entreprise était comme le modèle existant, 458 veaux, je produisais 458 veaux. On l'a monté à 700 quelque chose, 738, je pense, et on m'a attribué 79 hectares de maïs-grain. À Saint-Isidore, il gèle le 9 septembre, le 4 au 9 septembre et des fois le 6, 7 de juin; le maïs-grain, là, on n'en cultive pas beaucoup. On est dans les côtes, sur le bord de la frontière américaine.

En plus, c'est un village qui n'a même pas de route numérotée. Et le maïs nous coûte beaucoup plus cher parce qu'on est loin, et je suis obligé de soutenir le même coût de production qu'un producteur qui est dans la Montérégie. Moi, quand je me suis... Puis, tous les producteurs, que ce soient les producteurs de porc, de bovins et d'agneau, quand on s'est assurés à l'assurance stabilisation et qu'on a fait nos prêts à La Financière en même temps, on nous a fait des prêts avec un modèle qui nous donnait tel revenu selon notre coût de production. Mais les critères des cultures associées n'étaient pas là.

Aujourd'hui, je me réveille avec des prêts qu'il faut que je paie, mais j'ai des cultures associées qui font que ça a coupé mes revenus de 50 %. Ça fait qu'on se retrouve avec une ferme qui est en difficulté.

Tout à l'heure, vous parliez des programmes d'adaptation avec M. Marcoux. Je suis une personne qui a appliqué au programme d'adaptation au mois d'avril. Jeudi passé, on a eu la première rencontre multidisciplinaire. Pour faire ça, là, il faut tout faire l'analyse, et les syndicats de gestion, ils ont beaucoup de travail, avant que tout ton dossier soit monté puis soit présenté, on est à la première rencontre, et ça va se terminer autour du 20 mai, je pense.

Là, on a un petit investissement, là, de changer des fans pour améliorer l'efficacité énergétique, là, mais c'est... il va venir à peu près 4 000 $ de ça, ce n'est pas ça qui relance, mais il faut que j'en mette autant, là, même si je suis dans une zone déstructurée comme le Haut-Saint-François.

Ça fait que ce n'est pas ça qui va relancer l'agriculture. Ça aurait été pas mal plus bénéfique que La Financière nous laisse l'argent dans le veau de grain. Parce que là, cette année, c'est nous qui faisons un chèque à La Financière. Il faut que je retourne 53,40 $ par veau que j'ai produit l'an passé. Ça fait que ce n'est pas là... ce n'est pas avec ça qu'on va donner des liquidités aux producteurs.

Ces programmes-là, les programmes de l'ASRA, ça avait été fait pour des productions sans sol, et là, aujourd'hui, avec tous ces changements-là, on va déplacer la production indirectement. Là, si ça continue, on va déplacer les productions vers le centre. Et, en région, qu'est-ce qui va nous rester? Bon, la petite agriculture, faire des légumes, aller au marché. J'en suis un, là, depuis...

Ça fait 30 ans que je vends du veau aux consommateurs. J'ai été membre fondateur des Ami-e-s de la Terre de Sherbrooke, je sais c'est quoi, vendre des produits aux petits paquets, là, ce n'est pas avec ça qu'on réussit à vivre. Je passe à peu près 10 % de ma production dans ça. Mais, moi, je suis obligé d'avoir les mêmes permis que Metro dans son magasin, je paie le même prix, là. Je suis obligé d'avoir un permis pour vendre. Si je fais des... je vais à des occasions pour faire des dégustations, je suis obligé de reprendre un autre permis.

Les assurances responsabilité nous coûtent 150 $ par année de plus parce qu'on va avec du public, qui rajoute à nos fermes. Tout ça fait qu'on est obligés aussi à rencontrer les même normes que n'importe quel abattoir, qu'Olymel, là. Moi, je suis obligé de rencontrer les mêmes normes au niveau sanitaire, là. Je suis obligé de suivre des cours. Tout ça, on l'a fait, mais ce n'est pas avec ça qu'on va réussir à garder nos villages ouverts.

Chez nous, là, le village, il a eu un méchant coup, là, on a perdu un gros producteur de boeuf. Bon, il n'a pas fait faillite, il a remis ses clés à la banque. Là, c'est un producteur qui va faire du foin. Bien, il va faire du foin, ça n'aura pas les revenus, là. C'est quelqu'un qui a de l'argent qui a acheté les fonds de terre. Il avait 600 acres à peu près avec deux parcs d'engraissement puis deux maisons. Tout ça se retrouve avec quelqu'un qui ne va retirer des revenus que de la vente du foin. Ça ne fait pas un client à la coop.

** (11 h 30) **

Notre coop -- j'étais administrateur à la coop -- cette année, on a dû se résigner à se fusionner avec la coop de Coaticook mais par absorption. Vous savez, ce mot-là, ce n'est pas très populaire. « Absorption » , tu sais, ça veut dire qu'on s'est fait avaler. On n'avait plus le choix. C'est le seul commerce qui reste dans le village. Il y a une petite accommodation, deux petits restaurants, deux scieries qui viennent de reprendre, là. Ils avaient fermé, mais ils ont repris, là.

Ça, si on ne fait rien... Puis notre village, c'était l'agriculture. Si on ne fait rien, là, pour maintenir les producteurs de boeuf, parce que c'est presque tous des producteurs de boeuf qui restent... On n'avait plus de producteur de lait, on n'a même aucun producteur de porc, là; il y a une jeune fille qui a décidé de reprendre et de racheter du quota puis repartir dans le lait. C'est tout à son honneur, mais, quand j'ai acheté ma ferme, on était 38 producteurs de lait à Saint-Isidore, puis là, aujourd'hui, il en reste un.

Ces programmes d'assurance stabilisation, c'est sûr que, quand ils se trouvaient à donner un peu de -- on va dire un mot en anglais -- « gravy » au Centre-du-Québec, au... Mais on n'était pas jaloux de ça, là. Nous autres, ça couvrait notre coût de production. Parfois, on réussissait à battre le modèle, parce qu'on était efficaces au niveau de la mortalité. Mais aujourd'hui, avec les mesures d'adaptation, ils ont remis, les producteurs de Saint-Hyacinthe, leurs compteurs à zéro, puis la Montérégie, mais le reste, c'est des moins que vous nous avez obligés d'avaler.

C'est très difficile. Les producteurs, ils n'ont pas de moral. Cette année, ils ont un petit regain de pep parce que, les veaux d'embouche, ils ont eu des prix raisonnables dans les encans spécialisés. Mais, mais qu'ils reçoivent leurs assurances stabilisation, je vais vous voir que le moral va leur descendre. Parce que, moi, les modèles, je les ai vus, là, puis je connais ça. Quand on a fait le modèle veau de grain, c'est moi qui l'ai négocié avec les études économiques, ça fait que je connais ça, les modèles d'assurance stabilisation.

Puis j'ai été enquêté puis je peux vous dire que les enquêtes sont bien faites. Tu sais, on n'a rien à dire là-dessus. Mais c'est quand on insère des nouveaux critères dans un modèle, ça change tout, et il faudrait qu'on réfléchisse beaucoup quand on fait ça.

Une autre chose, c'est quand on parle de mesures d'adaptation. Moi, dans mon idée à moi, là, les mesures d'adaptation, ça vient avant les coupures, qu'on ait le temps de s'adapter. Mais là, deux ans après, on n'est pas... on ne peut plus s'adapter, là, on est sur le respirateur. Ça fait que, si le gouvernement aurait mis les... nous aurait avisés des nouveaux modèles qu'on avait, qu'ils auraient mis les mesures d'adaptation avant, je pense qu'on ne serait pas là, ici, aujourd'hui. Pour ma part, c'est tout.

Le Président (M. Paradis): Ça va. Merci beaucoup de vos témoignages. On a pratiquement doublé le temps de présentation, là, ça fait que je mets les députés un petit peu en garde, je vais limiter le nombre de questions. Je n'ai pas voulu interrompre parce que le témoignage était intéressant. À ce moment-ci, M. le ministre.

M. Corbeil: Merci, M. le Président. Bienvenue, Mme Martel Bégin et M. Doyon. J'aurai une question pour chacun de vous deux. La première: Quand vous avez mentionné, sur 10 ans, moins 5 976 hectares de superficie cultivée dans le secteur que vous représentez... Quand on voit votre mémoire, ici, on voit 280 fermes qui ont passé, sur sept ans, de 2004 à 2011, à 275. Est-ce qu'on assiste à un phénomène comme il a été mentionné par un interlocuteur avant vous, où il y a moins... il y a autant de producteurs mais sur des plus petites surfaces, dans d'autres productions?

Est-ce que c'est ça à quoi on assiste comme phénomène chez vous? C'est la lecture qu'on doit faire des deux données qui sont... une écrite puis l'autre que vous nous avez transmise?

Mme Martel Bégin (Lynne): Oui. Oui. Puis la dernière donnée, fraîche d'hier, là, c'est 279 fermes sur notre territoire.

M. Corbeil: Donc, c'est presque équivalent...

Mme Martel Bégin (Lynne): C'est, bon an, mal an...

M. Corbeil: ...à ce qui était en 2004.

Mme Martel Bégin (Lynne): Exact, oui. Plus ou moins une ferme de moins, là.

M. Corbeil: O.K. Donc, vous voyez arriver des nouvelles productions, des nouveaux producteurs, peut-être plus jeunes aussi, mais dans d'autres choses que ce qui se faisait historiquement dans votre secteur.

Mme Martel Bégin (Lynne): Les productions principales restent quand même les mêmes, là. C'est peut-être des productions plus marginales un petit peu, ou maraîchères, là, qui commencent aussi dans notre secteur, aussi, là, mais, bon an, mal an, là, non, c'est sensiblement les mêmes productions.

M. Corbeil: Ma question pour M. Doyon, puis je l'ai posée à quelqu'un d'autre hier. On travaille dans un système de modélisation, et, vous le dites, vous avez été enquêté, c'est fait correctement, puis, dans votre présentation, vous plaidez pour de la modulation. Ce n'est pas pareil, produire un veau chez vous qu'à Acton Vale, par exemple. Moi, je pense qu'on devrait regarder dans le sens de la modulation, mais c'est comme tabou. C'est comme quelque chose qu'on ne devrait pas parler, parce que, la modélisation, c'est ça, la situation actuelle, puis il ne faudrait pas que ça change. Et j'ai entendu M.

Saint-Pierre dire: Il faut arrêter de penser notre histoire comme s'il y avait un seul veau d'un seu

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAPERN 2012-01-18
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions capern-39-2 journal-debats CAPERN-120118
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier5428dab67b9e850c4963f0e54d2a7639d8c2eb09

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