House Proceedings — 26 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-02-26
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Chers
collègues, veuillez prendre place.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
Déclarations de députés, et je cède maintenant la parole au député de
Saint-Jean.
M. Lemieux : Mme la Présidente,
samedi soir, en passant faire un tour au spectacle du Mois de l'histoire des
Noirs organisé par L'ANCRE, notre service d'accueil des nouveaux arrivants à
Saint-Jean-sur-Richelieu, je me suis rappelé que je siégeais cette semaine aux
consultations particulières du p.l. n° 84, le projet de
loi sur
l'intégration nationale. Je n'aurais pas pu espérer une meilleure mise en
contexte comme préparation pour travailler sur ce projet de loi, qui va nous donner un modèle d'intégration
des nouveaux Québécois sur mesure pour la société distincte que nous
sommes, plutôt que le multiculturalisme canadien dans lequel le Québec n'a
jamais vraiment été à l'aise et, surtout, ne s'est jamais vraiment reconnu.
Et c'est ce que j'ai vécu samedi soir, des
hommes et des femmes venus de partout, de toutes les cultures, qui se rassemblent avec la communauté pour socialiser,
et partager, et vivre la culture en musique et en humour sans renier la leur,
parce que c'est ça, l'intégration nationale, pour que tous les Québécois
puissent parler une langue commune, pour faire nation et vivre ensemble une
culture commune. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole au député d'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Je suis très heureux de souligner le 25e anniversaire
d'Éducaloi.
Depuis sa fondation, Éducaloi s'est donné comme
mission de rendre le droit simple et compréhensible à un plus grand nombre de citoyens et de citoyennes du
Québec. En tant que porte-parole de l'opposition officielle en justice, je
suis fier de souligner le travail réalisé par Éducaloi en matière de
vulgarisation du droit.
Nul n'est censé ignorer la loi, et Éducaloi,
avec ses capsules juridiques, contribue à donner tout son sens à cette maxime.
Éducaloi a su développer une approche visant l'accessibilité en communiquant
clairement et en produisant des outils, des moyens de communication afin de maintenir
une justice accessible. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, puisque le nombre de
visites sur leur site se compte par milliers.
Félicitations au président du C.A., Me Francisco
Couto, et à toute l'équipe! Longue vie à Éducaloi! Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
au député de Joliette.
M. St-Louis : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à rendre hommage, aujourd'hui, à Mme Marie-Eve
Ducharme, directrice générale de l'Association pour les jeunes de la rue
de Joliette.
Mme Ducharme a grandement marqué notre
communauté par son leadership et son engagement indéfectible envers les jeunes les plus vulnérables de notre
communauté. Ayant participé activement à consolider et à développer le
travail de rue pendant plus d'une décennie, on lui doit notamment l'acquisition
et l'aménagement de la nouvelle maison servant à accueillir la clientèle et à
offrir les différents services de l'organisme. Elle est aussi à l'origine de la
mise en place d'une communauté de pairs
aidants, du projet PAVO et de la création d'une clinique de détection et
d'analyse de substances, pour ne nommer que ceux-là.
Pour nous tous, l'annonce récente de son départ
est teintée d'une certaine tristesse, mais surtout d'une grande reconnaissance et d'une très grande fierté pour
tout le travail accompli. Donc, du fond du coeur, au nom de tous les citoyens de
la circonscription de Joliette et en mon nom, merci pour tout, Marie-Eve. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à la députée d'Iberville.
Mme Bogemans :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage à une
entreprise d'économie sociale de
Saint-Paul-d'Abbotsford, Les Jardins de la Terre. J'ai l'honneur de recevoir
aujourd'hui le président du conseil d'administration, M. Pascal
Fafard.
Dotée d'un C.A. fort,
d'une équipe passionnée et compétente, Les Jardins de la Terre ouvre les portes
de son programme d'insertion depuis plus de
20 ans sur une belle fermette de trois hectares. L'accès à la terre et la
transformation alimentaire permet aux
participants d'apprendre à se connaître, de développer leurs forces et leurs
talents afin d'intégrer le marché du travail, le tout dans un environnement
bien encadré par des intervenants professionnels. Leur labeur permet de
nourrir en circuit court plus de 200 familles par année, des paniers qui
sont composés de produits frais et cuisinés. L'an
dernier, ils ont ouvert un kiosque libre-service afin de se rapprocher des gens
de leur communauté et que tous puissent profiter de leur production.
Merci à la grande famille
des Jardins de la Terre de tisser des liens entre l'humain et la nature, le
tout en s'impliquant pour créer un avenir plus responsable et durable. Merci,
M. Fafard. Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
au député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Aujourd'hui, je veux
souligner le 200e anniversaire du défilé de Saint-Patrick à Montréal.
Savez-vous, Mme la Présidente, que le défilé est le meilleur en Amérique
du Nord? Et je vous invite tous à participer à ce moment historique.
This
year is the 200th edition of the St. Patrick's Day parade, and, boy, Madam
Speaker, I know it's going to be one heck of a party! But the parade doesn't
happen without the hard work of all the volunteers of the United Irish
Societies, who work year round to make the parade the best St. Patrick's
parade in North America. Thank you for your dedication.
all the volunteers of the St. Patrick's Society who, year round, organize
events to promote and foster the deep-rooted Irish traditions here, in Québec, thank
you for your hard work.
Le 17 de mars, Mme la Présidente, nous sommes tous Irlandais pour un
jour, tout le monde au Québec, et je veux souligner le défilé de
Saint-Patrick ici, à Québec. Joyeuse Saint-Patrick! Happy St. Patrick's
Day! «Sláinte!»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, Mme la Présidente.
Aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à un passionné d'éducation, de
culture et de science. M. Marc-André Paradis, ici présent, dans les
tribunes, avec nous, aujourd'hui, accompagné de sa collègue Moa-Kym Bérubé,
consacre son temps, depuis plus de 25 ans, à faire rayonner ces domaines
essentiels.
En tant qu'astronome
au musée scientifique ASTER, au Témiscouata, il a brillamment relevé le défi de
créer des ateliers pédagogiques destinés aux écoles. Il s'est également imposé
comme astronome en chef de l'observatoire, guidant de nombreuses familles à
travers des séances d'observation céleste inoubliables. Toujours enthousiaste à
partager son savoir, M. Paradis répond présent lorsqu'il s'agit
d'organiser des activités en dehors de l'observatoire.
nom de tous les citoyens de la circonscription, merci pour votre implication
exceptionnelle et votre dévouement à rendre la science accessible à tous,
et surtout à nos jeunes.
Et, sur ce, Mme la
Présidente, j'aimerais souhaiter un joyeux anniversaire à ma fille,
aujourd'hui, qui célèbre ses 23 ans. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Mme
la Présidente, j'ai le plaisir de faire une minute historique, ce matin. 2025
souligne le 75e anniversaire de l'Hôpital Saint-Sauveur de
Val-d'Or, mais la 90e année du service hospitalier.
Revenons donc en 1935,
alors que le village de Bourlamaque se développe à l'ombre du chevalement de la
mine Lamaque, avant même la création de la ville de Val-d'Or. N'ayant point de
bâtiment pour répondre à la situation, c'est
le domicile du Dr Fisher, médecin de la mine, qui fera office de
dispensaire, avec un grand total de deux lits pour soigner les gens.
Malgré l'agrandissement de la maison du docteur,
la croissance de travailleurs travaillant à la mine, l'arrivée de médecins et le développement de la ville feront
en sorte de voir la compagnie minière construire un nouvel hôpital d'une
vingtaine de lits qui sera inauguré en 1941. C'est d'ailleurs en 1947, après
plusieurs années de démarches, que la ville de
Val-d'Or verra le gouvernement investir pour créer un hôpital de 80 lits.
L'inauguration aura lieu le 28 mai, mais c'est le 22 janvier 1950 que le premier patient y
sera admis. Finalement, un pavillon sera ajouté en 1974 pour ajouter une
centaine de lits. Merci.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
la députée de Laval-des-Rapides.
Mme Haytayan : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais vous parler, aujourd'hui, de La Maison 100 Limites. Unique en son genre au Québec, cet organisme de
Laval-des-Rapides vient en aide aux personnes vivant avec un trouble de la personnalité limite, un TPL. Leurs services
d'entraide, leurs ateliers thérapeutiques, leurs formations sont essentiels pour
que les personnes vivant avec un TPL apprennent à mieux gérer ce trouble,
puissent s'accomplir et s'épanouir.
Fondée en
février 2015, La Maison 100 Limites oeuvre à Laval depuis maintenant
10 ans. J'aimerais donc profiter de ce moment pour leur souhaiter
un excellent 10e anniversaire. Je tiens également à les remercier
chaleureusement et à les féliciter pour leur superbe travail.
Alors, bon succès et joyeux anniversaire à La
Maison 100 Limites! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Mme la Présidente, je souhaite profiter de la
publication récente du palmarès des cégeps pour souligner les excellents
résultats du collège d'Alma, qui s'est démarqué dans plusieurs domaines,
notamment en sciences de la nature, sciences humaines, soins infirmiers et
techniques policières.
Depuis
plus de six ans, j'ai la chance de collaborer de nombreuses façons avec le
collège d'Alma, mon alma mater, et à chaque
fois je suis impressionné. Notre collège est innovant, qu'on pense au COlab ou
à la technique de pharmacie, il est inclusif, autant pour nos étudiants
étrangers que pour la communauté LGBTQ+, il est dynamique, autant au niveau sportif qu'académique, et il est
performant, comme en témoignent les résultats du palmarès. Et tout ça, Mme la
Présidente, c'est grâce à l'équipe. Cette
équipe, sous la direction de Marie-Ève Gravel, permet à notre population
d'avoir accès à un enseignement supérieur de qualité chez nous, dans notre
comté, et ça, c'est extrêmement précieux pour la vitalité de notre
milieu.
Encore une fois, bravo au collège d'Alma!
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à la députée de Mégantic... non, pardon, excusez-moi,
Saint-François. Je vous regarde, mais j'ai nommé le nom... l'autre député qui
va suivre après vous. Donc, députée de Saint-François, s'il vous plaît.
Mme Hébert : Mme la Présidente,
native de Montréal, Mme Hélène Viau a choisi Sherbrooke pour y exercer la
profession d'orthophoniste.
Après huit ans au CHUS, elle a travaillé au
Centre de réadaptation Estrie pendant 28 ans. Lors de ses quatre dernières
années, elle était assistée d'un chien Mira entraîné pour la réadaptation.
À sa retraite, ayant obtenu de Mira un chien
déclassé, Mme Viau s'est jointe à l'équipe de bénévoles du CHSLD
Saint-Vincent, où elle participe à des activités organisées par des
techniciennes en loisirs.
Depuis 11 ans, elle va deux fois par
semaine au CHSLD. Certaines personnes résidentes aiment simplement voir
circuler le chien, ce qui leur rappelle des souvenirs de leur ancien animal de
compagnie. D'autres le flattent, ce qui leur
procure beaucoup de joie. Mme la Présidente, d'autres encore profitent de la
présence canine pour créer un lien avec Mme Viau.
vous cite en exemple Mme Viau pour montrer qu'une oeuvre pleine d'humanité
peut prendre une forme inattendue, en l'occurrence avec un animal apaisant.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
au député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, Mme la Présidente.
Aujourd'hui, je souhaite présenter une belle initiative de l'école primaire
du Saint-Nom-de-Jésus de Beaulac-Garthby.
En 2019, l'école a
mis en place un concept innovateur, la pédagogie par le plein air. Depuis, le
vélo, la pêche, la survie en forêt se retrouvent parmi les activités
hebdomadaires des jeunes.
En intégrant
l'apprentissage en plein air dans leur curriculum, les enseignants permettent
aux enfants de développer un lien profond
avec la nature tout en favorisant leur bien-être général. Cette pratique
encourage la curiosité, la créativité et l'engagement des élèves envers
leur environnement.
Ce programme
pédagogique, tout comme celui offert à la polyvalente de Disraeli, est
encouragé par la Signature innovation/plein air adoptée par la MRC des
Appalaches en 2021.
Je veux donc saluer
tous ceux et celles qui sont à l'origine de cette belle initiative et
l'équipe-école actuelle qui en assure le bon
fonctionnement jour après jour. Merci de permettre aux élèves de notre région
de se connecter avec la nature. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Avant de poursuivre, j'ai besoin d'un consentement pour
que la députée de Mercier puisse donner sa déclaration. Est-ce que j'ai...
Des voix : Consentement.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Consentement? Donc, la parole est à vous, Mme la
députée.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Il y a un peu plus d'un an, je faisais une
déclaration pour rappeler au gouvernement l'importance de poursuivre le
financement de Plein Milieu, un organisme dans mon comté qui fait de la
réduction des méfaits en toxicomanie auprès de la population à risque
d'itinérance.
Aujourd'hui, je suis
heureuse d'annoncer que Plein Milieu est en mesure d'acheter... il a été en
mesure d'acheter le bâtiment dans lequel il
était locataire et aussi d'agrandir ses locaux, donc ça lui permet d'améliorer
les services essentiels qu'il offre à la population.
Les membres de
l'équipe de Plein Milieu sont d'une ténacité sans limites. Ils et elles
travaillent dans un contexte très difficile,
où les ressources manquent de façon récurrente et où les populations
vulnérables sont de plus en plus nombreuses, et aussi dans un contexte où il y
a une incompréhension par rapport à la réduction des méfaits qui est parfois
instrumentalisée à des fins politiques. Pourtant, c'est une approche humaine
qui a fait ses preuves et qui donne des résultats
pour les personnes les plus vulnérables de notre société. On doit, comme élus,
toujours appuyer et valoriser l'approche de la réduction des méfaits.
Merci à toute
l'équipe de Plein Milieu.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h
Présidente : Bonjour. Bonjour, tout le monde. Bienvenue au parlement
du Québec, c'est chez vous.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Les portes sont
fermées.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. Je dépose la réponse du gouvernement à la pétition
déposée en Chambre le 29 janvier 2025 par le député de Maskinongé.
Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire et député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du
territoire qui, les 4, 5, 6, 11 et 25 février 2025, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 79, Loi édictant la
Loi sur
les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des organismes
municipaux. La commission a adopté le texte de loi avec des amendements.
La Présidente : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je tiens d'abord à reconnaître des membres de la Maison Les Étapes, à Notre-Dame-de-Grâce, qui sont les
auteurs de cette pétition, qui sont avec nous, aujourd'hui, dans les tribunes.
Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 363 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'allocation mensuelle du
Programme d'aide et d'accompagnement social (PAAS Action) est demeurée
inchangée depuis plus de 20 ans, à 130 $/mois, alors que les autres
programmes d'Emploi-Québec ont vu leurs montants révisés à la hausse;
«Considérant que l'allocation pour contrainte
temporaire à l'emploi s'élève à 161 $/mois;
«Considérant
que le coût de la vie augmente continuellement, affectant de manière
disproportionnée les prestataires du programme, qui, comme tout autre citoyen,
ont des besoins essentiels et des charges financières croissantes;
«Considérant
que les participants du PAAS Action jouent un rôle clé dans la communauté par
leurs contributions bénévoles et que ce programme agit comme un levier
essentiel pour leur accompagnement vers l'emploi, en leur offrant un
cadre d'apprentissage progressif adapté à leur rythme et à leurs besoins
particuliers;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«D'augmenter l'allocation de participation au
programme PAAS Action pour mieux soutenir les participants dans leur parcours vers
l'emploi et leur progression socioprofessionnelle;
«De permettre aux participants ayant une
contrainte temporaire de conserver leur allocation tout en recevant
l'allocation de participation du PAAS Action, afin de mieux répondre à leurs
besoins financiers tout au long de leur parcours d'intégration;
«D'offrir la possibilité de prolonger la période
de participation au programme PAAS Action au-delà de la limite actuelle, lorsque cela est justifié, pour soutenir une transition
réussie vers l'emploi, notamment pour les participants en voie
d'atteindre leurs objectifs socioprofessionnels, mais nécessitant plus de temps
en fonction de leur rythme de progression.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole, en question principale,
au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, nous sommes devant un scandale caquiste, le scandale
SAAQclic. Hier, le premier ministre a tenu
en cette Chambre des propos inexacts. Je le cite en période des questions
hier : «La VG a étudié tout le
dossier, incluant tous les procès-verbaux, non caviardés, et est arrivée à la
conclusion que la mauvaise information a été donnée au ministre.» Fin de
la citation.
Or, jeudi dernier, la
VG, en point de presse, a dit, et je la cite : «Je ne suis pas en mesure
de répondre en relation avec les ministres.»
Questionnée : «Donc, on ne peut pas conclure que les ministres n'étaient
pas informés?», sa réponse : «Je ne suis pas en mesure de le
savoir.» Encore une fois questionnée : «Est-ce qu'on peut déduire que les
ministres ne sont pas au courant ou non?», la réponse, troisième, de la
VG : «Je ne suis pas en mesure de conclure ça.»
Alors, quand le
premier ministre dit, de façon inexacte, que la VG a exonéré ses ministres,
qu'ils ont eu la mauvaise information, c'est inexact. Ça, c'est réglé. Il ne
peut plus plaider cette défense-là.
Maintenant, en juin
2022, il était clair pour le C.A. que c'était un dépassement de coûts de
222 millions. En septembre 2022, en pleine campagne électorale, il aurait
fallu rendre public ce dépassement de coûts là, ça aurait fait désordre pour la
CAQ.
La théorie du premier
ministre, croit-il vraiment ses ministres, que, le premier ministre, le C.A.,
pendant l'élection, tout seul, sans aucune implication et à l'insu des
ministres, ils auraient décidé de protéger la CAQ?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
on est tous d'accord ici, dans cette Chambre, que ce qui est arrivé à la SAAQ,
à la Société de l'assurance automobile, c'est inacceptable. C'est inacceptable
qu'on n'ait pas été tenus au courant, entre autres, de dépassements de coûts
aussi importants.
Maintenant,
Mme la Présidente, je veux citer la Vérificatrice générale. Dans son rapport,
d'abord,
article 24, elle dit : «À l'interne, la direction du
programme a véhiculé comme information que les coûts prévus pour réaliser le
projet CASA s'élevaient désormais à 682 millions de dollars, sans
dépassement de coûts additionnel par rapport au contrat avec l'Alliance.»
Article 25, toujours la Vérificatrice générale, qui dit : «Des
informations incomplètes ont été véhiculées dans les communications transmises
par la SAAQ à la Commission de l'administration publique et au dirigeant
principal de l'information. En effet, ces communications ne faisaient pas état
de dépassements de coûts par rapport aux contrats avec l'Alliance.» Et
elle conclut : «Les informations transmises ne donnaient donc pas un
portrait juste de la situation.»
Mme la Présidente, je
continue. Paragraphe 100, la Vérificatrice générale dit : «La SAAQ
rendait compte de l'avancement du programme, notamment à la Commission de
l'administration publique, au dirigeant principal de l'information et à la
population. Or, l'information...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...contenue dans les documents transmis n'offrait pas un portrait clair...»
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay :
Paragraphe 30 : «D'ailleurs, la documentation fournie au conseil
d'administration précisait que l'option 2
avait comme avantage de retarder la publication de l'avenant, alors que
l'option 1 incluait un risque médiatique et politique élevé.»
Le C.A. de la SAAQ a
décidé, à leur insu, de protéger les intérêts politiques caquistes en pleine
campagne électorale, ils ont dit : On ne va pas, tout seuls, abrier le
222 millions?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
je n'avais pas eu le temps de lire l'article 100 du rapport de la
Vérificatrice générale. Donc, je le répète, la Vérificatrice générale
dit : «La SAAQ rendait compte de l'avancement du programme, notamment à la
Commission de l'administration publique, au dirigeant principal de l'information
et à la population. Or, l'information contenue dans les documents transmis
n'offrait pas un portrait clair et complet de la situation.»
Maintenant, ce que je
voudrais savoir, c'est, la Vérificatrice générale a été nommée en 2015...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...proposée par le
gouvernement libéral, appuyée à...
Présidente : Deuxième...
Présidente : S'il vous plaît! Une seule personne a le droit de parole
maintenant. Deuxième complémentaire. Le chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, la VG a clairement dit : «Je ne suis pas en mesure
de répondre en relation avec les ministres.» Celui qui doit répondre en
relation avec les ministres, c'est le premier ministre. Quand il sait que son
ministre des Transports a arrêté de faire rapport à partir de 2020, 2021, 2022,
quand il sait que son ministre, hier, de la Cybersécurité a dit : En 2020,
on était pris avec une solution qui ne fonctionnait pas... Il a dit ça, hier,
qu'en 2020 ils étaient pris avec une solution qui ne fonctionnait pas, en 2020,
et il n'a rien fait. Qu'il réponde de ses ministres.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Mme la Présidente, peut-être que le chef de l'opposition officielle ne
m'écoutait pas. Donc, je répète ce qu'a dit la Vérificatrice générale, je la
cite : «La direction du programme a véhiculé comme information que les
coûts prévus pour réaliser le programme CASA s'élevaient désormais à
682 millions de dollars, sans dépassement de coûts additionnel par
rapport au contrat avec l'Alliance.»
la Présidente, la Vérificatrice générale, Mme Leclerc, a été proposée par
le gouvernement libéral, appuyée à l'unanimité. Pourquoi, aujourd'hui, le Parti
libéral préfère croire M. Malenfant plutôt que la Vérificatrice générale?
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, la VG l'a clairement dit, et je le répète, le premier
ministre ne veut pas entendre. Le premier
ministre... Et la population le juge. Quand la VG dit : Pour les
ministres, je ne peux pas me prononcer, c'est à lui de répondre de ses
ministres, qui n'ont rien fait à partir de 2020, qui le savaient. Aveu, hier,
du ministre de la Cybersécurité et du Numérique, il savait que ça ne marchait
pas en 2020, il n'a rien fait. Son ministre des Transports, à l'époque, il a
arrêté de faire rapport. Alors, le premier ministre, Mme la Présidente, quand
il tolère les irresponsables, il est responsable.
Présidente : Attention à vos propos, M. le chef. La réponse du premier
ministre.
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, ça fait une semaine que le leader de l'opposition
officielle se promène avec des documents
caviardés puis il nous dit : Pourquoi vous avez peur de décaviarder? Mme
la Présidente, la Vérificatrice générale a vu, lu tous les procès-verbaux non
caviardés puis elle dit que l'information qui a été transmise était erronée.
Pourquoi le Parti libéral, qui a nommé la VG, n'a plus confiance en elle? C'est
important, Mme la Présidente, de voir, actuellement, un parti politique qui a
eu une grande histoire ne pas appuyer la Vérificatrice générale...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...qu'il a lui-même nommée.
La Présidente :
S'il vous plaît! En question
principale, une seule personne a maintenant le droit de parole, je reconnais
le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme
la Présidente, hier, nous avons eu la démonstration que l'actuel ministre de la
Sécurité publique, ancien ministre des Transports, ne savait rien, n'était pas
au courant de rien. Aujourd'hui, le ministre de la Cybersécurité et du Numérique,
lui, a parlé avec Karl Malenfant, et Karl Malenfant lui a présenté tous les
scénarios.
Après
l'élection de 2022, l'actuelle ministre des Transports, est-ce qu'elle a
rencontré les gens de la SAAQ? Est-ce qu'elle est capable, aujourd'hui, de nous
dire combien de rencontres elle a eues avec le président-directeur général, avec le président de C.A.? Et est-ce
qu'elle a rencontré M. Malenfant? Est-ce que... Oui, octobre 2022, vous
étiez ministre, Mme la ministre. Est-ce que vous avez rencontré Karl Malenfant?
Et, si vous avez rencontré Karl Malenfant, de quoi avez-vous parlé avec M. Karl
Malenfant ou avec M. Marsolais?
Présidente : Et, en tant que leader, vous savez que vous vous adressez
à la présidente lorsque vous posez vos questions, M. le leader. La réponse de
la ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien, évidemment
que j'ai rencontré à plus d'une reprise le P.D.G. de la Société de l'assurance
automobile, comme je le fais avec la P.D.G. de la Société des traversiers, comme je le fais avec la P.D.G. de la Commission
des transports, les trois organisations qui relèvent de ma responsabilité.
ce qui concerne le P.D.G... les P.D.G. successifs de la SAAQ, j'ai eu ma
première rencontre avec M. Marsolais probablement quelque part en novembre, considérant que j'ai été nommée
le 20 octobre. Et par la suite j'en ai eu d'autres. J'ai eu une
quantité d'interactions assez importante avec lui puis avec plusieurs membres
de son équipe. Je l'ai dit en point de
presse la semaine passée, je faisais des Teams sept jours sur sept avec eux
pendant le déploiement, pendant le fiasco, à la réouverture des bureaux,
parce que ça n'avait pas de bon sens, le manque de planification du surcroît
d'achalandage qui se présentait dans les centres de services sept jours sur
sept. J'écrivais même les tweets à leur place, à un moment donné, parce que
c'était mal géré. Donc, ça, je l'ai déjà dit très clairement.
Ceci étant dit, Mme
la Présidente, l'information qui nous a été communiquée, que ce soit en
novembre 2022 ou à tout autre moment, depuis les débuts, sous le Parti
québécois et sous le Parti libéral, du virage numérique de la SAAQ, était
incomplète ou erronée...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...des propos mêmes de la Vérificatrice générale. Comment pouvons-nous
prendre une décision éclairée avec de l'information erronée...
Présidente : Première complémentaire.
M. Derraji :
Mme la Présidente, j'ai avec moi une présentation de Karl Malenfant, le
2 novembre, rencontre de la
vice-première ministre et ministre des Transports et de la Mobilité durable,
quatre mois avant le fiasco. Donc, elle ne peut pas dire aujourd'hui
qu'elle n'était pas au courant. Elle était au courant. La présentation, elle
est là, en date du 2 novembre 2022. Le fiasco est arrivé quatre mois plus
tard.
Mme la Présidente,
vous avez deux choix : décaviarder les p.-v. ou démissionner.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Oui, à noter, une fois de plus, Mme la Présidente, les
procès-verbaux qui les intéressent, seulement à partir de janvier 2019. On
ne s'intéresse pas à la
partie 2014-2018 qui était sous le gouvernement
libéral puis on ne s'intéresse pas non plus à la
partie 2014 où le Parti
québécois a exempté la SAQ d'une reddition de comptes.
Bref,
Mme la Présidente, je vais citer la Vérificatrice générale, je vais citer la
Vérificatrice générale en conférence de
presse jeudi dernier : «On s'en va vers une transformation numérique au
Québec qui est nécessaire. Le fait qu'on ne divulgue pas au public, aux dirigeants et aux parlementaires
l'information qui est exacte, c'est hautement problématique.»
Autre extrait :
«En septembre 2020, on rebrasse le budget...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...et on mentionne que tout va bien au niveau des délais,
alors que c'est erroné.»
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente, la
vice-première ministre vient de demander si on est d'accord pour décaviarder
le tout depuis 2014. Je lui dis dès
maintenant : Oui. Êtes-vous capable de décaviarder depuis 2014? Nous
sommes prêts. Décaviardez l'ensemble des p.-v.
Mme la Présidente, elle est
responsable de ce fiasco. Il y a eu une rencontre avec Karl Malenfant, novembre
2022. Le fiasco est arrivé en 2023. Qu'ils décaviardent les p.-v. ou
qu'elle démissionne.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Alors, je continue, Mme la Présidente. Justin Lawarée,
un professeur à l'école nationale d'affaires
publiques et expert en transformation numérique des organisations
publiques : «Ce qui me frappe, c'est le manque de transparence. On n'a pas tout dit. On n'a pas
communiqué clairement aux décideurs politiques qu'il y avait des hausses
de coûts. On a laissé penser que les tests
avaient été réalisés et que les indicateurs étaient au vert, alors que ce
n'était pas le cas. Il y a eu de la manipulation de données.»
Mario Dumont :
«Le scandale, c'est le fait de ne pas avoir dit la vérité. On a mal informé les
dirigeants.»
Brian Myles,
directeur du Devoir : «La genèse du scandale porte aussi la marque
du gouvernement péquiste de Pauline Marois. C'est lui qui adopte un décret
initial permettant à la SAAQ d'obtenir une dérogation et de se libérer des
obligations de reddition de comptes...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...envers le Secrétariat du Conseil du trésor.»
Donc, tous ces gens
intelligents là auraient tort, Mme la Présidente?
La Présidente :
En question principale, je
reconnais à nouveau le député de Nelligan, qui s'adresse à la présidence.
M. Derraji :
Mme la Présidente, vous assistez depuis une semaine à un vrai fiasco
caquiste. Hier, nous avons interpelé l'ancien ministre des Transports. Lui, il
était très clair : Je ne savais rien, je n'ai rien entendu et je n'ai pas parlé avec le C.A. C'est sa responsabilité, en
tant que ministre responsable, de parler avec le conseil d'administration.
Sachant, Mme la Présidente... Nous
assistons à la plus importante transformation numérique au sein de l'appareil
gouvernemental, et vous n'avez pas de statutaire avec votre PCA et votre P.D.G.?
Qu'il dévoile combien de fois il l'a rencontré.
Je repose la question
à Mme la vice-première ministre. Nous sommes prêts, on vous dit, le Parti
libéral, il est prêt à refaire la demande de décaviarder l'ensemble des p.-v.
depuis 2014. Ça a été sa demande. Mme la Présidente, la vice-première ministre
a un seul choix : décaviarder les p.-v. ou démissionner aujourd'hui.
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, bien, je continue, Mme la Présidente, parce qu'il y a beaucoup de
gens, et d'observateurs, et de commentateurs,
incluant, évidemment, la VGQ, au premier chef, qui est dépositaire et
signataire du rapport qu'elle a elle-même
déposé jeudi dernier, mais il y a beaucoup de gens intelligents qui commentent
depuis ce temps-là et qui sont très conscients du fait que ce fiasco-là,
à l'origine, part du Parti québécois et du Parti libéral.
je cite, Mme la Présidente, note de service pour les libéraux : «Marc — député
de LaFontaine — et
compagnie, à votre place je ferais attention avant de faire les jars et de
talonner le gouvernement, parce que, pendant le règne des libéraux, au printemps 2018, on posait déjà
des questions sur la grosseur de la bouchée de ce virage numérique à la SAAQ, sur les états de service de Karl Malenfant,
qui avait mal fait sa job à Hydro-Québec.» Ça, c'est Patrick Lagacé qui
dit ça au 98,5. Et je peux continuer longtemps, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
M. Derraji :
Mme la Présidente, on lance des défis, on les accepte, ils les refusent.
Elle nous a dit : Est-ce que vous voulez décaviarder depuis 2014? J'ai dit
oui. Est-ce qu'elle va avoir le courage de dire oui?
Je reviens à sa
rencontre avec Karl Malenfant. Quatre fois avant le fiasco. Qu'est-ce
qu'il lui a dit pour la convaincre que tout allait bien, et elle a donné le go
à la transformation de la SAAQ, Mme la Présidente? Je répète : Décaviardez
ou démissionnez.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Bon, alors, Mme la Présidente, je continue, là : «La réalité a été
maquillée par des gestionnaires du projet qui étaient un petit groupe à
l'intérieur de la SAAQ en lien avec des firmes externes. Le comité de
direction, le C.A. de la SAAQ, le
gouvernement, tous ont été tenus dans l'ignorance, recevant même de fausses
informations sur l'état des lieux.» Sébastien Bovet, Radio-Canada. Tous
des gens qui ont lu le rapport, qui font des commentaires attentifs sur
une situation qui est évidente, Mme la Présidente.
Et je ne comprends même pas qu'à
titre de député
ici puis de membre des commissions parlementaires il ne s'insurge pas plus que
ça que lui-même et des gens de son parti ont été floués à même une commission
parlementaire. C'est de ces sujets, Mme la Présidente, où on devrait tous être
scandalisés .de la même chose...
La Présidente : En terminant.
Mme Guilbault :
...c'est-à-dire une société d'État qui a été sous la gouverne de tous les
partis ici, sauf Québec solidaire...
Présidente : Deuxième complémentaire. Et, pour ce faire, je
cède la parole au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Là, le premier
ministre, il voit sa ministre répondre. Il est-tu fier du spectacle qu'elle lui
offre? Il est-tu fier? Croit-il vraiment qu'elle remplit ses devoirs de
ministre responsable?
La Présidente : ...du gouvernement.
Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Clairement,
Mme la Présidente, on s'adresse à vous. Et le chef de l'opposition officielle
occupe une fonction importante dans notre régime, il devrait faire
preuve...
La Présidente : Bon, M. le leader,
je suis debout. Ce n'est pas une question de règlement. La...
La Présidente : Il... Il s'adressait
à la troisième personne. M. le chef, poursuivez. 22 secondes.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, là, le premier ministre, c'est lui qui est responsable de ses
ministres. Il y a un ministre du Transport, 2018‑2022, qui n'a rien fait,
qui a arrêté de rapporter à l'Assemblée nationale dans les rapports annuels. Il y a un ministre de la Cybersécurité et du Numérique qui a dit en... qui a dit qu'en 2020 il savait
que ça ne marchait pas. Puis il y a une ministre des Transports qui n'a
pas vu le fiasco.
Décaviardez ou démissionnez.
Présidente : C'est maintenant le moment de répondre. Je vous en
prie, j'entends un petit peu trop de bruit. La réponse du premier
ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, comme plusieurs analystes le répètent, ce qui est clair, dans le
rapport de la Vérificatrice générale... Et elle le dit en toutes lettres :
«Des informations incomplètes ont été véhiculées dans les communications. Ces
communications ne faisaient pas état de dépassements de coûts.»
Maintenant, on interviewe celui qui est un peu
responsable, M. Malenfant, puis là le Parti libéral dit : Moi, je
crois M. Malenfant, mais je ne crois pas la Vérificatrice générale. Est-ce
que ça veut dire que, tout ce que va faire la Vérificatrice générale, dans
l'avenir...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...le Parti
libéral ne va plus la croire? C'est quand même grave, là. Est-ce qu'ils
demandent...
La Présidente : En question
principale...
La Présidente :
Article 32. On
retrouve le silence, je vous prie.
Article 32. Critique du comportement.
En question principale, je reconnais maintenant
la députée de Mercier. On vous écoute, madame.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. À chaque jour, on en apprend un peu plus sur le
fiasco caquiste SAAQclic, à chaque jour on a de nouvelles questions, et à
chaque jour la CAQ répond la même affaire : C'est la faute de la planète entière, sauf de leur faute.
Évidemment, aucune responsabilité de la part d'aucun ministre de la CAQ, au
pouvoir depuis sept ans.
Hier, le premier
ministre nous a parlé du très mauvais contrat signé par les libéraux. À
entendre le premier ministre, c'était le
pire contrat de l'histoire du Québec. Pourquoi, donc, à leur arrivée, en 2018,
quand ils ont lu ce très mauvais rapport, le pire de l'histoire,
pourquoi ils ne l'ont pas déchiré? Pourquoi est-ce que l'ex-ministre des
Transports, il n'a rien fait? Pourquoi
est-ce que le ministre du Numérique n'a rien fait? Pourquoi est-ce que la
ministre actuelle des Transports n'a rien fait?
répète ma question d'hier au premier ministre : Ça prend combien d'argent
public gaspillé, à un ministre caquiste, pour perdre sa job? Si 500 millions de dollars de l'argent des
Québécois, gaspillé, ce n'est pas assez, où est-ce qu'il place la barre?
À 1 milliard? 1,5 milliard? 2 milliards? Combien?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je
l'ai dit, ce qui est arrivé à la SAAQ, c'est très grave. On a un contrat qui avait
été signé à 600 millions, ça va nous coûter 1,1 milliard,
500 millions de plus, Mme la Présidente.
que dit la Vérificatrice générale? Elle dit : Dans les communications, ça
ne faisait pas état des dépassements de coûts. La Vérificatrice
générale.
Je le répète, Mme la
Présidente, en 2015, si je me souviens bien, il y avait des députés de Québec
solidaire, puis, en 2015, Québec solidaire a
appuyé la nomination de la Vérificatrice générale. Est-ce que Québec solidaire,
aujourd'hui, demande la démission de la Vérificatrice générale? Est-ce
qu'ils ont toujours confiance dans la Vérificatrice générale?
Présidente : C'est bruyant. Une seule personne a le droit de parole,
maintenant, c'est la députée de Mercier. Première complémentaire.
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, je demande au premier ministre d'arrêter de nous prêter
des mauvaises intentions. Nous faisons
entièrement confiance à la Vérificatrice générale, qui a fait un excellent
rapport. Si les fonctionnaires ont
pris les ministres caquistes pour des valises, ce serait le fun qu'ils ne
fassent pas la même chose avec la population du Québec.
Présidente : M. le leader du gouvernement. Quel est votre rappel au
règlement?
M. Jolin-Barrette :
Premièrement, ce sont des propos blessants, hein? Le ton. On est des
collègues, ici, hein? Et de présumer ce que nous dit la députée de Mercier,
c'est irrespectueux envers ses collègues. On peut se respecter...
Présidente : Alors, je suis debout. Merci, M. le leader. Ce n'est pas
une question de règlement. Elle parlait des fonctionnaires et non des collègues.
C'est ce que vous alliez me dire, M. le leader du deuxième groupe?
M. Cliche-Rivard :
...par ailleurs, Mme la Présidente, vous dites souvent que la critique est
permise en cette Chambre. C'est tout ce que fait la collègue.
La Présidente :
Je suis d'accord avec vous. Poursuivez. Et on demeure respectueux les uns
avec les autres. Les gens vous écoutent, ils veulent comprendre. Mme la
députée, il vous reste du temps, poursuivez.
Mme Ghazal : Le premier ministre nous
cite des extraits du rapport de la Vérificatrice générale. S'il l'a bien lu,
s'il l'a bien compris, bien, il devrait faire la seule chose qui s'impose,
c'est-à-dire demander une commission d'enquête publique comme celle qu'il avait
demandée en 2015.
Est-ce qu'il est
d'accord?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, la Vérificatrice générale, c'est une personne qui est indépendante
du gouvernement. Indépendante. Puis c'est très important, Mme la Présidente,
que tout le monde ici ait confiance en la Vérificatrice générale.
Qu'est-ce que
dit la Vérificatrice générale? Elle dit : «La direction du programme a
véhiculé comme information que les
coûts prévus pour réaliser le programme s'élevaient à 682 millions de
dollars, sans dépassement de coûts additionnel par rapport au contrat.»
Sans dépassement de coûts.
La Présidente : En terminant.
M. Legault : Pourquoi
refuse-t-on de croire la Vérificatrice...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Le rapport de la Vérificatrice générale, c'est
une première étape. Maintenant, il faut que le premier ministre arrive
aux conclusions qui s'imposent. Avec un demi-milliard, ça, c'est un minimum, là,
ça risque de coûter plus en dépassements, les
Québécois méritent mieux. Ils méritent la seule chose qui s'impose : une
commission d'enquête publique sur le bordel informatique.
Pourquoi le
premier ministre refuse de donner ça aux Québécois et Québécoises, qui méritent
de faire la lumière sur toute cette histoire-là? Pourquoi est-ce qu'il fait
comme le Parti libéral du Québec, qui refuse une commission d'enquête
publique?
La Présidente : Mme la députée, je
vous rappelle que ce que vous nous montrez, que je viens de voir, n'est pas un
tableau, c'est un
article de journal, et ce n'est pas permis. La réponse.
M. Legault : Mme la Présidente,
on est en train d'inventer, à Québec solidaire, une nouvelle façon de faire. À
partir de maintenant, la Vérificatrice générale, qui est indépendante, ce n'est
qu'une première étape. Donc, quand la Vérificatrice générale dit : Les
dépassements de coûts n'ont pas été mentionnés, c'est juste une première étape,
on n'est pas obligés de la croire, selon
Québec solidaire. Mme la Présidente, est-ce qu'on va commencer à dédoubler
toutes les fonctions indépendantes
comme la fonction de Vérificatrice générale? Je sais que ça ne dérange pas
Québec solidaire de dépenser...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...puis
d'ajouter de la bureaucratie puis de la bureaucratie. Moi, j'ai confiance en la
Vérificatrice générale.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Sherbrooke. On vous écoute,
madame.
Mme Labrie : Imaginez un
instant que le gouvernement du Québec s'apprête à protéger un terrain qui a une
grande valeur écologique et que le gouvernement fédéral décide de l'exproprier
pour vendre le terrain à une entreprise qui
veut y enfouir des déchets dangereux. Le premier ministre déchirerait toutes
ses chemises pour dénoncer l'ingérence, ce serait un scandale national,
et il aurait raison.
Et c'est pourtant exactement ce que la CAQ fait
avec le dossier Stablex à Blainville. La CAQ s'est mise au service des lobbyistes
d'une entreprise américaine qui est le plus grand importateur de déchets
dangereux au Québec. Ils veulent forcer Blainville à vendre un terrain avec une
valeur écologique exceptionnelle, confirmée par le BAPE, un terrain boisé, avec
une tourbière, que la ville voulait protéger.
Il y a quelques jours, les ministres de la CAQ
nous disaient qu'il fallait se tenir debout contre les États-Unis, et là ils
veulent faire d'urgence une loi pour respecter les délais de construction d'une
entreprise américaine qui importe des déchets toxiques des États-Unis. Moi, je
ne veux pas que le Québec détruise notre territoire pour être la poubelle des
États-Unis.
Pourquoi la CAQ défend Stablex au lieu de
défendre les Québécois?
La Présidente : La réponse de la ministre
des Ressources naturelles.
Mme Blanchette
Vézina : Mme la Présidente, je pense, c'est un dossier important dont
on parle aujourd'hui puis en ce moment, en fait, qu'on prend très au sérieux.
Contrairement à Québec solidaire, nous, on est conscients que les activités
économiques au Québec génèrent des déchets, mais on veut les enfouir de manière
sécuritaire.
La situation, elle
est critique, Mme la Présidente, dans ce dossier-là. Ça a été porté à notre
attention, et il est important, comme gouvernement, qu'on agisse. C'est pour ça
que je travaille sur un projet de loi qui va permettre d'avoir la meilleure
solution, la solution avec le moins d'impact. Mais, dans la gestion de nos
matières résiduelles, Mme la Présidente, on en a besoin. C'est plus de
600 partenaires, entreprises du Québec qui font affaire avec cette
entreprise-là et qui, si, demain matin, n'ont pas cette solution, vont se
retrouver sans alternative, Mme la Présidente.
Alors, comme
gouvernement, nous, on est pragmatiques. On prend au sérieux la situation. Et
on veut trouver la meilleure solution, et
c'est ce qu'on va faire, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de bris de service
pour la ville de Québec, pour la ville de Lévis, pour de nombreuses
grandes industries qui ont ce besoin et qui n'ont pas d'autre alternative, Mme
la Présidente. Alors, on va agir de manière responsable.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Labrie :
Écoutez, Blainville a fait ses devoirs. Ils ont une étude qui dit très
clairement que leur terrain a une plus grande valeur écologique que celui du
gouvernement. Ça ne fait aucun sens de raser un boisé et une tourbière alors que, juste à côté, le terrain du
gouvernement, il est déjà déboisé. Si on arrête d'importer ici les vidanges des
États-Unis, il va y en avoir, de la place pour gérer nos propres déchets
sur le terrain du gouvernement. Le premier ministre parle du jus d'orange, là, mais, s'il y a une chose
qu'on devrait arrêter d'importer des États-Unis, c'est bien leurs déchets
toxiques.
Ça, est-ce qu'il va
être capable de le dire aux États-Unis?
Présidente : La réponse de la ministre des Ressources naturelles et
des Forêts.
Mme Blanchette Vézina : Mme
la Présidente, j'aimerais bien entendre les solutions qui sont proposées
réellement, parce que, concrètement, on a analysé toutes les solutions
possibles, et la solution qu'on envisage, elle a le... c'est celle qui a
le moins d'impact.
Comprenons bien, Mme
la Présidente, là, le Québec exporte quatre fois plus de déchets industriels
dangereux qu'il n'en importe. Alors, par exemple, si je prenais l'idée de la
collègue en face, qui me dit qu'il faudrait cesser d'importer certains des
déchets qui sont importés dans le site, ça voudrait dire qu'on aurait quatre
fois plus de déchets que ce qui est actuellement la situation pour le Québec.
Et je n'ai toujours pas d'autre solution que cette solution qui est envisagée.
Alors, Mme la
Présidente, encore une fois...
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette Vézina : ...on
est pragmatiques. On est conscients, nous, qu'il y a des déchets. Et on prend
ça au sérieux, puis on le fait de manière sécuritaire.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Labrie :
Savez-vous ce que ferait un gouvernement qui priorise les intérêts des
Québécois? Il dirait aux États-Unis de garder leurs déchets toxiques chez eux.
Il utiliserait son propre terrain déjà déboisé pour traiter les déchets de nos
600 entreprises québécoises et il laisserait Blainville protéger sa
tourbière. Ça, ce serait se tenir debout face
aux États-Unis. Ça, ce serait protéger les intérêts du Québec. En ce moment, on
a un gouvernement qui veut empêcher une
municipalité de protéger notre territoire pour permettre à une compagnie
américaine d'enfouir ici leurs déchets toxiques.
leur pose la question : Pourquoi ils préfèrent défendre les intérêts de
Stablex au lieu des intérêts des Québécois?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Mme
la Présidente, je vais être très claire, on protège les intérêts des Québécois,
ici, et c'est ça, la meilleure décision qu'on va prendre, en ayant en
tête le fait que c'est plus de 600 clients québécois qui se retrouveraient
sans solution si on n'agissait pas. Alors, on prend au sérieux la situation.
je répète à la collègue que c'est quatre fois plus de déchets que le Québec
exporte qu'il n'en importe. Alors, j'aimerais
comprendre la solution qui va être offerte par QS magiquement, parce que, s'il
y a un bris de service, les impacts vont être majeurs, majeurs sur
l'environnement.
Alors, on va prendre
la meilleure décision, Mme la Présidente, en fonction de la situation, pour
mitiger les impacts à la fois sur les citoyens de Blainville, à la fois pour
les entreprises, mais, bien sûr, en étant conscients, de notre part...
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette
Vézina : ...qu'il y a des déchets à toute activité économique, Mme la
Présidente.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont. La parole est à vous.
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, revenons à SAAQclic, où on parle de dépassements de
coûts de 600 millions de dollars au minimum que les contribuables
québécois devront éponger. Portons notre regard sur la réaction et surtout sur l'attitude du ministre de la Cybersécurité et du
Numérique. Je ne sais pas ce qui est le plus insultant pour les
Québécois : a, son attitude désinvolte et sa nonchalance; b, son
légendaire détachement, comme s'il n'était pas
le leader de la transformation numérique, comme s'il n'avait pas un rôle à
jouer, rôle qui a été mis en lumière ce matin dans le texte de
Marie-Michèle Sioui; ou c, sa défense trop facile, qu'on a caché des
informations.
Mais, pour moi, ce
qui est le plus insultant dans mon rôle de parlementaire, c'est de me faire
répondre, en commission parlementaire sur l'identité numérique, que mes
questions ne sont pas pertinentes, que... de me faire dire que de discuter du
rapport de la VG, c'est hors sujet.
Mme la Présidente, ça
dépasse les bornes. Le ministre a des comptes à rendre aux Québécois sur son
rôle dans le fiasco et ses rencontres multiples avec M. Malenfant.
Présidente : La réponse du ministre responsable de la Cybersécurité et
du Numérique.
M. Caire :
Oui. Mme la Présidente, je vais faire abstraction de la série de jugements
de valeur dont je fais l'objet dans la question de ma collègue et je vais lui
répondre, effectivement, sur l'article de ce matin, parce que ce que j'ai lu
s'inscrit en droite ligne de ce qu'on retrouve dans le rapport de la
Vérificatrice générale.
M. Malenfant a
été rencontré pendant trois jours par la Vérificatrice générale. La
Vérificatrice générale a rencontré les représentants de mon ministère, a
rencontré des représentants de différents ministères. Et c'est quoi, la
conclusion de la Vérificatrice générale? Bien, c'est que M. Malenfant n'a
pas donné la bonne information ni au conseil d'administration, ni au dirigeant
principal de l'information, ni au ministère des Transports, ni au Conseil du
trésor.
Alors là, Mme la
Présidente, je pense que le premier ministre a bien campé la question. À qui la
députée de Mont-Royal—Outremont va
faire confiance? À la Vérificatrice générale, sur laquelle le leader de
l'opposition officielle se base pour déposer
une motion de violation de droit et privilège, hein, parce
que ce qui est bon pour la CAQ doit être bon pour les ministres,
j'imagine, ou sur le témoignage de Karl Malenfant? C'est ça, la question.
Présidente : En terminant.
M. Caire :
Peut-elle répondre?
Présidente : Première complémentaire. Et, pour ce faire, je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Là, j'ai une question toute simple, toute précise, au ministre. Hier, quand
il a dit, précisément sur SAAQclic, ce qui
suit, qu'est-ce qu'il voulait dire? Je cite : «En 2020, on était pris avec
une solution qui ne fonctionnait pas, qui ne répondait pas aux besoins.»
Qu'est-ce qui ne
fonctionnait pas sur SAAQclic, sur SAAQclic?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Caire : Je
veux préciser, ce n'est pas une question plantée. Ce que je voulais dire, c'est
qu'en 2015 la planification a été mal
faite. C'est ce que la Vérificatrice générale dit. Ce que je voulais dire,
c'est que l'appel d'offres a été orienté, en 2015,
pour favoriser SAP, LGS, IBM. Ce que je veux dire, c'est que beaucoup de
personnalisations ont été... ont été requises, ce qui veut dire que ce n'était
pas la bonne solution, elle ne répondait pas aux besoins. Ce que je voulais
dire, c'est qu'en 2020, quand le comité de
gestion s'est rendu compte qu'il ne livrait pas la marchandise, il a été obligé
de procéder à un réalignement du projet et il a caché ça. Il n'a pas
donné la bonne information, ni au conseil d'administration...
Présidente : En terminant.
M. Caire :
...ni au DPI, ni au ministre des Transports, ni au Secrétariat du Conseil
du trésor. C'est ça que...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay :
...Mme la Présidente, la VG, qui a eu accès aux procès-verbaux non
caviardés, a clairement dit qu'elle ne peut pas répondre en ce qui a trait à la
responsabilité des ministres. Le ministre vient de témoigner qu'en 2020 il
savait que ça ne fonctionnait pas, et après ça il n'a plus rien dit, il n'a
plus rien fait, ne s'est pas questionné.
Mme la Présidente, ce
qui est demandé, là, la VG, là, elle a eu accès aux p.-v. décaviardés, le
premier ministre va-t-il demander que la lumière soit faite, va-t-il
décaviarder ou demander à ce qu'il démissionne?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
D'abord, c'est important de dire que la Vérificatrice générale a eu accès
aux procès-verbaux décaviardés. Et qu'est-ce qu'elle dit? Elle dit : «Des
informations incomplètes ont été véhiculées. Ces communications ne faisaient
pas état de dépassements de coûts.» Il me semble que ça ne peut pas être plus
clair que ça. Pourquoi le Parti libéral n'a plus confiance en la Vérificatrice
générale?
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
La parole est à vous. On vous écoute.
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. Ça fait trois ans, trois ans que les aînés de
Mont-Carmel attendent de la part de la ministre des Aînés et de la ministre de l'Habitation
des gestes forts pour leur permettre de vivre en sécurité dans leur milieu de
vie. Zavriyev, c'est un propriétaire qui fait trembler tout le monde parce
qu'il met les gens en dehors de chez eux. Il n'est pas le seul, d'ailleurs.
J'étais là, il y a
trois ans, quand la ministre des Aînés est allée visiter les aînés de
Mont-Carmel. Elle leur a dit : Donnez-moi le temps, je viens d'arriver en
poste. Ma priorité, c'est l'hébergement des aînés.
J'ai
en main leur bilan, trois ans de lutte. Ces gens-là attendent. Et je cite... Je
le dépose, d'ailleurs, Mme la Présidente. Je cite : «Le
gouvernement du Québec doit soutenir concrètement les démarches visant à
soustraire Mont-Carmel du marché privé.»
Qu'est-ce que la
ministre leur répond?
Présidente : Consentement pour le dépôt? Consentement.
La réponse de la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, évidemment, je suis très, très
sensible à la situation de Mont-Carmel,
parce que, oui, je me rappelle, il y a trois ans, j'avais offert l'aide à ma
collègue, d'aller visiter les résidents de Mont-Carmel, et ma collègue
ne voulait pas que je me déplace pour rencontrer les gens de Mont-Carmel.
Alors, ceci étant
dit, l'important, c'est de protéger nos aînés. L'important, c'est d'être près
des locataires qui vivent dans des résidences comme Mont-Carmel.
Dans
l'article de ce matin, on lisait d'ailleurs qu'il y avait des mesures qui
avaient été adoptées par le gouvernement pour assurer la protection et
limiter aux locataires aînés de vivre des évictions. Donc, on a agi au niveau
des évictions, comme gouvernement, avec ma collègue à l'Habitation, dans son
projet de loi n° 31. On a amélioré la loi pour les coopératives, pour
protéger, avec le ministère de l'Économie et de l'Innovation... pour protéger
les aînés. Il y a eu également toute l'amélioration pour les centres d'assistance
et d'accompagnement aux plaintes, pour protéger les aînés dans
leurs résidences. Il y a eu plusieurs mesures également pour les évictions, au Tribunal
administratif du logement. Il y a beaucoup de travail qui est fait également
avec les CISSS, les CIUSSS.
Mme la Présidente, même les municipalités ont un
droit de préemption...
La Présidente : En terminant.
Mme Laforest : ...mais on va
continuer d'aider, parce que, je suis d'accord, c'est un dossier très sensible.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Massé : Quand la ministre
des Aînés et la ministre de l'Habitation sont venues sur place rencontrer les
aînés de Mont-Carmel, elles ont dit : On va s'occuper de vous. C'est les
RPA qui s'effondrent à travers le Québec. Et trois
ans de lutte, de gens qui ont 80 ans, 90 ans, c'est énorme. Ce qu'ils
demandent, c'est un programme qui va leur permettre de sortir leur RPA
du milieu privé.
Qu'est-ce que la CAQ attend?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable des Aînés.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Effectivement, dès le début de mon mandat, j'ai eu l'occasion
d'aller rencontrer les aînés du Mont-Carmel,
et vous étiez présente aussi, Mme la députée. Donc... Et je veux saluer la
mobilisation de ces aînés, effectivement, qui ont eu le courage de faire face
puis de dénoncer ce qu'ils considéraient comme une injustice. Je les ai écoutés attentivement. Il y a eu, donc,
ce qu'on sait, tout le déroulement, là, au niveau juridique. Je pense que ça
s'est conclu de façon positive. Et on continue, donc, d'accompagner les
personnes, les aînés qui vivent dans toutes les RPA...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Massé : Mme la Présidente,
les aînés de Mont-Carmel, ça fait, je le réitère, trois ans qu'ils se battent.
Ça n'a pas de bon sens d'être obligé de se
battre à 90 ans pour s'assurer d'avoir des services de sécurité et un toit
sur la tête qui répond à leurs besoins. Ça s'appelle un milieu de vie.
Ces gens-là demandent au gouvernement de la CAQ
de pouvoir avoir un programme qui va leur permettre de récupérer du pouvoir sur
leur résidence. Est-ce qu'elles vont enfin le mettre à jour, ce programme?
La Présidente : La réponse de la
ministre, qui s'adresse à la présidente.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente, écoutez, je suis un peu surprise de l'intervention, là, de la
députée. Honnêtement, là, Mont-Carmel, c'est vrai qu'il y a eu une
mobilisation, mais la situation s'est réglée. Ils ont pu, donc, continuer à vivre dans leur RPA. Ce que vous... Ce
que vous me demandez actuellement, ils ont les leviers pour le faire,
pour mettre en place des comités clientèles, pour pouvoir s'assurer que le
milieu de vie réponde aux normes et aux standards. Dans les RPA, au Québec,
c'est ça qui se passe, Mme la Présidente.
On parle de deux choses, là. On parle de toute
la mobilisation citoyenne, qui s'est conclue positivement. On peut-tu être
contents de ça? Bien, je pense que ça, c'est une très bonne chose. Puis, pour
les RPA, on est là...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...on
est au rendez-vous pour soutenir les aînés qui vivent dans les différentes RPA
du Québec, que ce soit géré par...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, la CAQ est prête à tout pour se déresponsabiliser de la crise à la SAAQ, et une
partie de la responsabilité
ministérielle, c'est de répondre aux questions des oppositions avec sérieux et
honnêteté. Or, hier, le premier ministre a
affirmé pas moins de 15 inexactitudes en une seule période de questions.
Il a dit à six reprises que la VG a conclu que le
gouvernement avait été mal informé. C'est absolument inexact, la VG n'a jamais affirmé
cela. Il a dit par trois fois que les choses...
La Présidente :
Monsieur... S'il vous plaît! M. le
leader du gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, dans notre règlement, on doit prendre la parole d'un
député, hein, et...
La Présidente :
Alors, je suis debout. Merci. Je
suis debout. Assoyez-vous tous et toutes. J'entends vos commentaires. Je
ne veux plus entendre de commentaire. Une seule personne a le droit de parole.
Il est exact que nous
devons prendre la parole des collègues. Il est exact que nous devons prendre la
parole des collègues, c'est à notre article...
article 35.6°. On ne peut
refuser d'accepter la parole. Mais je vous laisse faire votre travail et
critiquer les collègues.
M. le député de
Matane-Matapédia. Quel est votre rappel au règlement? Parce que j'imagine que
c'est ce que vous allez faire.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, il est permis depuis toujours de souligner les
inexactitudes, c'est à la base de la reddition de comptes. Alors, je vous
demanderais de...
Présidente : M. le leader du gouvernement, je vous en prie, j'ai
tranché. Je vous dis que nous devons prendre la parole des collègues, mais que
je vous permets de critiquer le travail. Poursuivons dans le respect. Je veux
vous entendre, chef.
M. St-Pierre
Plamondon : Le premier ministre a affirmé par trois fois que les
choses se sont améliorées avec le nouveau
président de la SAAQ. C'est absolument inexact. La VG est claire : plus de
18 mois après la mise en service, il y a toujours
100 problèmes informatiques jugés persistants, puis ils sont en retard sur
la planification. Il a sous-entendu que la VG demandait une enquête de l'Autorité
des marchés publics. C'est totalement inexact. De manière désespérée, il a dit
quatre fois qu'un décret de 2014 du PQ avait donné une exemption à la SAAQ pour
ne pas être obligée de donner des
informations au gouvernement. C'est totalement inexact. D'ailleurs, la SAAQ est
allée chercher une autorisation
auprès du Conseil du trésor en 2015, donc aucun rapport possible. Il a
également affirmé que les oppositions ne respectent pas la Vérificatrice
générale. C'est totalement inexact. J'ai plusieurs autres exemples.
Et, Mme la
Présidente, ma question au premier ministre : Devant tant d'inexactitudes,
que vaut sa parole?
Présidente : M. le leader du gouvernement. Quel est votre rappel au
règlement?
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, ça ne s'améliore pas. Vous l'avez dit, 35.6°, on doit
prendre la parole des collègues ici, en cette Chambre. On comprend que le
donneur de leçons en chef du Parti québécois...
Présidente : Bon, M. le leader, s'il vous plaît! Je vous remercie. Je
vais trancher. La critique est toujours possible. Demeurez respectueux. Et
maintenant j'aimerais entendre la réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, je comprends que le chef du troisième groupe
d'opposition n'aime pas que je lui rappelle ses inexactitudes et ses changements
de position, hein? Il nous a dit qu'il avait un malaise avec le nationalisme,
mais après il n'avait plus de malaise. Il nous a dit qu'il n'y avait plus de
déclin du français au Québec; après, il a
dit le contraire. Il nous a dit que la loi 101 au cégep, ce n'était pas
une bonne idée; après, il nous a dit le contraire. Il nous a dit que les
souverainistes harcèlent les Québécois, qui ne veulent pas de référendum; après,
il nous a dit le contraire. Il nous a dit que ce serait une bonne idée
de privatiser Hydro-Québec; après, il nous a dit le contraire.
Mme la Présidente, la
Vérificatrice générale a été très claire, il y a des informations erronées qui
ont été données, on n'a pas dit qu'il y avait
des dépassements de coûts. Donc, Mme la Présidente, je comprends que le chef du
Parti québécois est de plus en plus interpelé sur ses inexactitudes, mais, la
vérité, là, qu'il lise le rapport de la Vérificatrice générale, c'est très
clair.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : À
entendre le premier ministre, non seulement la CAQ n'est responsable de rien,
ils sont des victimes de ce dépassement de 500 millions de dollars. Parmi
les inexactitudes dites par le premier ministre hier, c'est l'idée que,
lorsqu'un ministre n'a pas obtenu la bonne information, il ne devrait pas être
imputable, ce qui est contraire à la définition de responsabilité
ministérielle.
À nouveau, que vaut la parole du premier
ministre?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, je vais être obligé de citer au chef du troisième groupe
d'opposition la Vérificatrice générale, qui dit : «La direction du
programme a véhiculé comme information que les coûts prévus pour réaliser le
programme s'élevaient à 682 millions de dollars, sans dépassement de coûts
par rapport au contrat initial.» Donc, le chef du PQ peut bien arriver puis
dire : On est passé de 600 millions à 1,1 milliard, puis c'est
la responsabilité de tel ou tel ministre, à
un moment donné on ne peut pas dire à un ministre : Tu es responsable,
alors qu'on lui a menti...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...alors qu'on ne
lui a pas donné la bonne information.
La Présidente : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour ce faire, je cède la
place à la deuxième vice-présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez terminé? Vous avez terminé?
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Comme mentionné, nous sommes à la rubrique Motions sans préavis. En
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais maintenant un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le leader de l'opposition officielle, la parole est à vous.
M. Derraji : Mme la Présidente,
je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Maurice-Richard, le député des Îles-de-la-Madeleine et la
députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des propos du ministre de la Cybersécurité et
du Numérique, prononcés le
25 novembre 2021, au sujet de la responsabilité ministérielle, mentionnant
que "celui qui a la responsabilité de l'application de la loi,
c'est [lui] qui en est imputable";
«Qu'elle prenne acte que l'article 25 de la
Loi sur la Société de l'assurance automobile du Québec stipule que "Le
ministre des Transports est chargé de l'application de la présente loi";
«Qu'enfin, elle déclare que l'ex-ministre des
Transports et actuel ministre de la Sécurité publique, ainsi que l'actuelle ministre des Transports sont, en vertu
de la responsabilité ministérielle telle qu'exprimée par le ministre de la Cybersécurité
et du Numérique, imputables du fiasco SAAQclic.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Pas
de consentement.
Je reconnais maintenant un membre du deuxième
groupe d'opposition, M. le député de Maurice-Richard, pour votre motion.
M. Bouazzi : Merci,
Mme la Présidente. Donc, je sollicite le consentement de cette Assemblée pour
présenter la motion suivante conjointement avec le député des
Îles-de-la-Madeleine :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte qu'un des
responsables du projet de transformation numérique CASA a récemment livré sa
version des faits concernant le fiasco SAAQClic;
«Qu'elle souligne qu'il affirme notamment avoir
rencontré le ministre de la Cybersécurité et du Numérique à de nombreuses reprises;
«Qu'elle constate que l'arrivée de
nouvelles informations soulève de sérieuses questions quant aux responsabilités
des différents acteurs impliqués, à la
transparence du gouvernement et à la gestion de l'ensemble des projets [...]
numérique totalisant 8 milliards de dollars;
«Qu'en
conséquence l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de
déclencher une commission d'enquête publique sur la transformation
numérique de l'État.» Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pas de consentement.
Donc,
je reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le
député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de Robert-Baldwin et
le député de Jean-Lesage, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale salue l'initiative de la Société professionnelle des
auteurs et compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs en
faveur de la découvrabilité des contenus culturels;
«Qu'elle reconnaisse
que la plateforme Musiqc.ca participe de l'effort collectif auquel nous sommes
conviés afin de promouvoir le travail des
travailleurs et travailleuses de la culture et de proposer leurs chansons au
public québécois;
«Qu'elle rappelle que
le ministre de la Culture et des communications a déclaré, le
12 février 2025, que : "Le défi est que [la musique québécoise] soit proposée aux Québécois pour
qu'ils aient ensuite le choix de l'écouter ou pas" et que
"bien souvent, cette musique québécoise ne leur est tout simplement pas
proposée";
«Qu'elle rappelle
également que des initiatives, comme le programme Découvrabilité des contenus
culturels francophones, du ministère de la
Culture et des Communications ont précisément pour but de soutenir des projets
visant à favoriser la découvrabilité des contenus culturels francophones
en ligne.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pas de consentement.
Donc,
je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant le gouvernement, Mme la
députée de Huntingdon.
Mme Mallette :
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale déclare que les cotisations des membres des accréditations syndicales
québécoises ne devraient pas être dépensées par l'organisation ou ses
dirigeants à des fins personnelles, politiques ou partisanes.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pas de consentement.
Nous
en serions maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions.
Et je vous demanderais, chers collègues,
ceux qui doivent quitter l'enceinte, de le faire en silence. M. le leader
adjoint du gouvernement, s'il vous plaît.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci, Mme la Présidente.
Donc,
j'avise cette Assemblée que la commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'alimentation et des ressources naturelles va poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance
responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions
législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
transports et de l'environnement va poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 81, la Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission des
finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 82,
la Loi concernant l'identité numérique
nationale et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures
et de 15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des
relations avec les citoyens va poursuivre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi n° 84, la Loi
sur l'intégration nationale, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 85, la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins
d'allègement du fardeau réglementaire et administratif, aujourd'hui, de
15 heures à 18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Nous serions rendus à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, s'il vous
plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article 11 du
feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : À l'article 11 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission de l'économie et du travail pour
le projet de loi n° 87, Loi concernant principalement le développement et
la mise en valeur de terrains industriels et la gouvernance de la Société du
parc industriel et portuaire de Bécancour, ainsi que l'amendement transmis en vertu de
l'article 252 du règlement par M. le député de Saint-Jérôme.
Cet amendement est déclaré recevable.
Y a-t-il des
interventions sur ce rapport ainsi que sur l'amendement? M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Skeete :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis fier d'intervenir dans la prise
en considération du projet de loi n° 87, la Loi
concernant principalement le développement et la mise en valeur de terrains
industriels et la gouvernance de la Société
du parc industriel et portuaire de Bécancour, qui vise, entre autres, à développer et améliorer la gestion des terrains industriels qu'à réformer la
gouvernance aussi de la société, en lien avec le développement de notre
chère et très appréciée filière batterie.
L'objectif est de
permettre à la SPIPB de répondre aux besoins grandissants des entreprises en
agrandissant le parc industriel de
Bécancour, notamment en lien avec la zone d'innovation dans la Vallée de la
transition énergétique et la filière
batterie, qui a connu... qui continue, pardon, de connaître une grande,
grande... bien, en fait, qui continue à avoir une grande croissance et
qui nous fait toujours de plus en plus fiers.
projet de loi n° 87 vise à donner à la SPIPB les moyens d'acquérir
des terrains et de financer des infrastructures pour des projets stratégiques à
Bécancour, avec des retombées qui vont avoir un impact considérable partout au
Québec. Il propose des ajustements à
la gouvernance de la SPIPB pour se conformer à la Loi de la gouvernance des
sociétés d'État, élargir son territoire, notamment en incluant le Parc
industriel Laprade, qui permettra à la SPIPB d'accueillir des PME et qui
profiteront aussi à des retombées importantes pour la filière batterie.
Le projet de loi
aussi prévoit plusieurs nouveaux pouvoirs pour la SPIPB, incluant l'acquisition
des terrains industriels, la participation
au financement d'infrastructures publiques et l'exercice d'un droit de
préemption sur certains terrains, ce qui va nous aider à éviter la
spéculation. Ça précise aussi... bien, ça va permettre aussi, pardon, à la
gestion des filiales de la société. Comme ça,
elle va pouvoir avoir différents montages financiers qui vont permettre aussi
l'accroissement du terrain... du potentiel du terrain.
Depuis 2018, depuis
que notre formation politique a pris le pouvoir, le parc industriel de
Bécancour connaît un développement fulgurant, en particulier grâce à
l'expansion de la filiale batterie. Des grandes entreprises, telles Nemaska Lithium et Air liquide Canada, se sont
installées avec des investissements qui totalisent 2,5 milliards de
dollars. La région, un pôle important
dans la Vallée de la transition énergétique, crée un dynamisme économique
essentiel pour le gouvernement mais
pour les Québécois partout. Le parc offre des infrastructures de classe
mondiale. Les investissements prévus et dans les années à venir sont
estimés à 700 millions de dollars.
la Présidente, je voudrais souligner le travail de toute l'équipe du ministère
de l'Économie et de mes collègues qui ont siégé sur la commission, même
le collègue de l'opposition avec qui on a eu le plaisir... a eu des échanges
fructueux et constructifs. Je me permets aussi de remercier mon collègue, le
très apprécié député de Nicolet-Bécancour, qui a su beaucoup nous aider, Mme la
Présidente. Le collègue de Nicolet-Bécancour, qui a, bien sûr, à coeur sa belle
région, son beau comté, mais aussi tout ce
qu'on essaie de faire avec la filière batterie, a été d'une aide précieuse, d'une
contribution exceptionnelle, mais aussi d'un leadership, ma foi,
enviable. Le collègue a su nous aider à guider que ce soit la relation avec les voisins qui sont les Abénaquis, la ville. Il a
su savoir nous guider et nous informer sur l'importance de cette belle
collaboration. En fait, Mme la Présidente, je pense que ce projet de loi là
n'aurait pas été possible sans mon collègue de Nicolet-Bécancour. Donc, je
profite de l'occasion pour le saluer, pour le remercier.
Donc, c'est un projet
de loi qui était vraiment important, tant attendu et qui a reçu une bonne
collaboration, comme je l'ai dit tantôt, des oppositions. Je les remercie pour
leur contribution également. Puis, comme j'ai dit aussi antérieurement, les collègues, aussi, qui ont participé ont su aussi
apporter un éclaircissement et des bonnes questions sur les enjeux qui nous... avaient devant nous. Donc,
je suis confiant que la SPIPB va avoir tout ce qu'elle a de besoin pour
continuer son bon travail et surtout de faire en sorte qu'on a maintenant un
modèle, un modèle à suivre, sur le développement économique.
Beaucoup
de projets d'infrastructures qui doivent avoir lieu. Souvent, quand on veut
recevoir des projets, on est confronté avec tout à faire : on arrive, on
doit acheter le terrain, on doit développer le terrain, on doit avoir des
infrastructures sur le terrain. Ce qui est intéressant avec la SPIPB, Mme la
Présidente, c'est qu'on travaille de l'autre sens :
les infrastructures sont prévues d'avance, les investissements sont faits
d'avance. Et, maintenant que la SPIPB a le pouvoir de faire
l'acquisition de terrains et de construire des infrastructures, on est capables
d'arriver avec des projets presque clés en
main pour des entreprises qui veulent s'y établir. Ça sauve des délais
importants pour ce que nous voulons faire et ça nous permet de faire des
choses plus rapidement pour faire atterrir les projets porteurs pour le Québec.
Donc, très fiers d'avoir pu contribuer à ce beau projet-là.
Je me permettrais
aussi, avant de terminer, Mme la Présidente, de dire un gros merci aux équipes
du ministère de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie, sans qui... Bien, écoutez, être bien appuyé et bien épaulé, ça
compte pour beaucoup, et je les
apprécie beaucoup, je les remercie et je les salue de passage. Donc, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Au plaisir de vous, peut-être, recevoir à
la SPIPB un jour, de voir les beaux projets de la Vallée... dans la Vallée de
la transition énergétique. C'est vraiment de
quoi à voir. Je vous invite, si vous avez la chance, à y aller. Puis d'ailleurs
j'invite tous les Québécois à aller
voir les grands projets qui se font là, qui sont vraiment porteurs d'avenir. Alors,
merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. Je suis prête
à entendre M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, le projet de loi n° 87, Loi concernant principalement le développement et la mise en valeur de
terrains industriels et la gouvernance de la Société du parc industriel
et portuaire de Bécancour, c'est important, stratégiquement parlant, là, pour
la filière batterie, c'est important, c'est un chantier majeur, là, pour le développement économique du Québec, et on est
d'accord avec le principe, on est d'accord avec l'idée. On a étudié le
projet de loi avec le ministre et l'équipe et on a quand même été capables
d'avoir plusieurs points de discussions intéressants pour faire avancer le
projet dans le bon sens.
La région de Bécancour
est déjà, évidemment, un pôle clé, là, pour cette filière, avec l'ajout du parc
Laprade. On vient donc augmenter, là, la
possibilité de développement du projet. Mais notre rôle, cependant, à
l'opposition officielle, c'est quand
même d'être... un devoir de vigilance, on doit s'assurer que ce que le
gouvernement fait, il le fait dans le bon ordre, que les choses sont
faites comme il se doit. On a donc questionné le gouvernement sur l'octroi des
pouvoirs d'acquisition du ministère de
l'Économie, Innovation et Énergie sur tout le territoire du Québec, sans
recours à l'expropriation.
En réalisant ce
projet de loi, Mme la Présidente, on a été quand même assez surpris, en le
lisant, que c'était à la grandeur du Québec que le ministère allait, donc,
déployer ce nouveau pouvoir. On a été préoccupés, évidemment, concernant le
droit de préemption accordé à la SPIPB. C'est important de protéger aussi
l'autonomie municipale et garantir des collaborations, respectueuses avec les
communautés autochtones.
Malheureusement, on a
pu constater qu'autant la ville que la MRC, que la communauté abénaquise ont
exprimé leur déception quant au manque de consultation en amont de la part du
gouvernement. Nous avons donc proposé et fait
des amendements, et malheureusement on n'a pas été capables d'avoir les accords
du gouvernement. On a parlé de représentation et inclusion au conseil
d'administration, on a fait des propositions pour ajouter des sièges pour la
ville de Bécancour, pour la nation
abénaquise qui est sur le conseil d'administration de la SPIPB . L'objectif
était ici d'assurer, évidemment, une gouvernance inclusive et
représentative de tous les acteurs locaux.
Pour ce qui est de la
protection de l'environnement et du respect des droits des autochtones, nous
avons appuyé la proposition du deuxième
groupe d'opposition, l'amendement, là, de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour favoriser la création d'aires protégées d'initiative
autochtone. Le Parti libéral du Québec est même arrivé avec un amendement qui était une voie de passage claire
pour permettre à tout le monde de voter et répondre à la demande de la communauté
W8banaki. On voulait faire... enchâsser le devoir de collaboration de la SPIPB
avec la nation. Pour nous, c'était important.
niveau de la... du respect de l'autonomie municipale, on a fait notre devoir et
on a veillé au respect de l'autonomie en proposant des amendements pour
préciser que l'autonomie municipale doit être respectée dans l'application des pouvoirs d'acquisition du ministère de l'Économie,
Innovation et Énergie. Les résultats de nos démarches, Mme la Présidente,
bien, les amendements ont tous été rejetés
par le gouvernement, les trois propositions, une après l'autre. Le gouvernement
a jugé, donc, que c'était redondant, nos demandes d'amendement sur
l'autonomie municipale et sur les aires protégées d'initiative autochtone. On a été déçus face au manque d'ouverture du
ministre sur ces enjeux qui étaient, selon nous, très importants.
Malgré tout, nous, ce
qu'on considère ici qui est important, le projet de loi est crucial pour le
développement économique de la région de Bécancour. Donc, nous, on veut quand
même que le projet de loi avance parce que, pour le Parti libéral du Québec, on veut être en faveur, évidemment, du
développement économique de la région. Cependant, on doit rester
vigilant, et c'est ça, l'engagement de l'opposition officielle, c'est que, pour
le futur, nous allons être vigilants face à
l'application des nouveaux pouvoirs du ministère de l'Économie, Innovation et
Énergie et de la SPIPB. Le Parti libéral du Québec surveillera de près l'utilisation des pouvoirs d'acquisition
du ministère de l'Économie, Innovation et Énergie et du droit de préemption de
la SPIPB. Notre objectif, ça va être de veiller au respect de l'autonomie
municipale et de la continuité de la collaboration avec les communautés
autochtones.
Mais, dans le contexte, lorsqu'on se retire un
peu puis qu'on regarde ça de loin, c'est évident que la situation économique de
la filière batterie, elle est menacée par l'arrivée du président Trump
d'imposer des tarifs douaniers de 25 % sur tous les
produits canadiens, pouvant nuire, donc, ainsi, à notre filière batterie, parce
que les clients ultimes des batteries qui vont être éventuellement produites
là-bas sont au sud de la frontière.
Donc,
Mme la Présidente, on comprend l'importance d'avoir une meilleure gouvernance,
on comprend l'importance de se préparer puis d'avoir une bonne gouvernance,
d'avoir un peu plus d'espace, on parle d'ajouter à peu près 30 % du
parc industriel pour la SPIPB, etc., on n'a aucun enjeu avec le concept en tant
que tel, mais force est de constater qu'il y a du sable dans l'engrenage dans la filière batterie actuellement. Parce
que le fait que le gouvernement américain veut retirer les subventions qui sont
incluses dans le Inflation Reduction Act a un effet cascade ici même, au
Québec, où les subventions ne seront pas données, donc, aux celluliers
qui se sont installés à Bécancour et ailleurs au Québec. Et donc, ce que ça va avoir comme conséquence, Mme la Présidente,
c'est que, oui, ils vont construire des bâtiments, mais on a même vu, en fait,
qu'il y a des bâtiments qui... la construction a été mise sur pause juste la
semaine dernière, Mme la Présidente, ce qui est triste, mais,
malheureusement, c'est la réalité. Donc, étant donné que plusieurs de ces
entreprises-là vivent malheureusement aux crochets du gouvernement pour pouvoir
être capables de réaliser leurs projets, le fait que le gouvernement devra donc
reculer sur ces avancées monétaires, bien, c'est... force est de constater que
plusieurs de ces projets-là n'auront pas lieu.
Donc,
le projet de loi n° 87, le champ d'observation du projet de loi
n° 87, il est vraiment concentré sur la SPIPB, sur la gouvernance
de la SPIPB, nonobstant ce qui se passe à l'extérieur de la planète. Et
malheureusement, force est de constater que
ce qui va se passer sur le reste de la planète aura une influence extrêmement
négative sur notre filière batterie, Mme la Présidente. Et c'est ce qui
va faire en sorte qu'avec les meilleures intentions du monde on a fait avancer
ce projet de loi là, avec les meilleures
intentions du monde on voudrait que ce soit, donc, quelque chose qui va
s'appliquer, mais on va réaliser,
dans très peu de temps, que, malheureusement, avec le gouvernement américain de
l'autre côté de la frontière, ils vont tirer la couverte de leur côté,
et notre filière batterie risque de vraiment en prendre pour son rhume.
En guise de
conclusion, le débat nous a quand même, tout de même, permis d'obtenir
certaines assurances sur l'application des nouveaux pouvoirs. Donc, on a eu le
ministre qui a donc élaboré certaines des balises au microphone, et donc on
l'a... on va le garder en tête. Le manque de représentation autochtone et
l'absence de garantie pour les aires protégées demeurent extrêmement
regrettables. Le Parti libéral du Québec, donc, cependant, appuiera le projet
de loi, tout en restant vigilant sur son
application. On va s'engager avec des valeurs d'inclusion, de respect de
l'autonomie municipale, de
réconciliation avec les Premiers Peuples et de protection de l'environnement, à
faire en sorte que ce projet de loi là soit efficace, optimal pour tous
les Québécois.
avec ceci, Mme la Présidente, je vous remercie et je remercie tous les parlementaires
pour ces échanges qui ont été très constructifs. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je reconnais
maintenant le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Merci, Mme la Présidente. Alors, effectivement, comme vous
l'avez vous-même mentionné, j'ai déposé un amendement à cette étape-ci de la
prise en considération du projet de loi et je trouve important d'expliquer cet
amendement, parce que, dans le fond, un peu comme le collègue de
Marguerite-Bourgeoys le soulignait, ce projet de loi comporte des nouveaux
pouvoirs. Alors, évidemment, un pouvoir de préemption, par exemple, à la
société, on donne finalement à la Société du
parc industriel et portuaire des pouvoirs, puis je pense que ça peut être
utile. On donne aussi au ministre des nouveaux pouvoirs qui peuvent
aussi être utiles, Mme la Présidente.
Et ce n'est pas que
je ne fais pas confiance au collègue de Marguerite-Bourgeoys ou de l'opposition
officielle; bien au contraire, je suis
certain qu'ils vont veiller au grain. Néanmoins, j'aimerais proposer qu'on
donne, dans ce projet de loi là, un mécanisme formel qui, inscrit dans
la loi, va prévoir que, cinq ans après l'adoption de la loi, les nouveaux pouvoirs
vont faire l'objet d'une étude de mise en application. On en fera une analyse
qui va permettre aux parlementaires de voir, finalement, en rétrospective,
hein, donc cinq ans plus tard, qu'est-ce que cela aura donné. Est-ce que
c'était utile? Est-ce que ça a donc été utilisé? Pas du tout, un peu, beaucoup,
passionnément? Je veux... Je voudrais, dans le fond, qu'on ait la possibilité
de le voir, de le recevoir. Je voudrais qu'on ait aussi la possibilité, à ce
moment-là, quelques années plus tard, de se prononcer là-dessus. Et donc,
évidemment, il faut que ce soit bien mené, il faut que ce soit aussi partagé
avec les parlementaires et rendu public, à mon avis, d'où l'idée d'ajouter un
article dans les dispositions finales pour permettre cet exercice.
permettez, Mme la Présidente, que je prenne le temps de lire l'article que je
propose d'ajouter. Donc, ce serait un article, en quelque sorte, 25.1
qui se lirait ainsi :
«Les
pouvoirs confiés au ministre par les articles 1 et 2, à la Société par les
articles 9 et 10, ainsi que le droit de préemption à
l'article 12 feront obligatoirement l'objet d'une évaluation, cinq ans
après leur entrée en vigueur, par le ministre responsable de l'application de
la présente loi.
«Cette évaluation
devra comprendre une analyse d'impact économique tenant compte des données
observables pour chaque utilisation d'un de
ces pouvoirs. L'évaluation devra être présentée à la commission parlementaire
correspondante de l'Assemblée nationale qui se prononcera alors sur le
maintien, la modification ou la suppression du pouvoir dévolu par chaque
article concerné.
«L'évaluation devra
de plus être rendue publique au moment de son dépôt en commission
parlementaire.»
C'est en quelque
sorte, Mme la Présidente, ce qu'on appelle une clause crépusculaire. C'est
probablement une traduction un peu littérale de la tradition américaine, les
«sunset clauses», mais, en fait, c'est vraiment une idée d'avoir la possibilité, à un moment donné spécifique, que, sans
intervention postérieure à l'adoption du projet de loi, il y ait un moment de
reddition de comptes prévu. Il n'y a pas de besoin d'avoir un grand débat pour
dire : Il faut absolument réévaluer où on a vu quelque chose. C'est prévu,
on l'a, notre rendez-vous. Et je pense que c'est une bonne pratique, Mme la Présidente, quand on donne des nouveaux
pouvoirs, ce qu'on fait régulièrement en cette Chambre, de les évaluer, de le partager avec tous les parlementaires, de le
rendre public avec la population aussi, donc, et de pouvoir se prononcer
sur cette opportunité, la pertinence et
la signification de ces pouvoirs qu'on s'apprête à octroyer tant au ministre
qu'à une société. Je pense que c'est
une bonne pratique. Et donc j'invite non seulement le gouvernement, mais tous
les parlementaires à adopter cet amendement. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous... l'amendement, pardon, proposé par M. le député de
Saint-Jérôme est-il adopté?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Rejeté.
Le rapport de la
Commission de l'économie et du travail portant sur le projet de loi n° 87,
Loi concernant principalement le développement et la mise en valeur de terrains
industriels et la gouvernance de la Société du parc industriel et portuaire de
Bécancour, est-il adopté?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Adopté. M. le leader du gouvernement, s'il vous
plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
Mme la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article 12 du
feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : À l'article 12 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation
sur le projet de loi n° 90, Loi reconnaissant le hockey sur glace comme
sport national du Québec et concernant les référents culturels nationaux.
Y a-t-il des
interventions? M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lacombe :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, on franchit une nouvelle étape,
celle de la prise en considération du rapport de la Commission de la culture et
de l'éducation sur le projet de loi n° 90, Loi reconnaissant le hockey sur
glace comme sport national du Québec...
M. Lacombe : ... — on
voit que ça suscite de l'enthousiasme — et concernant les référents culturels nationaux.
Donc,
d'abord, je commence en saluant le travail des membres de la commission dans le
cadre de l'étude détaillée des six articles — il y en avait vraiment
très peu — du
projet de loi, qui s'est déroulée jeudi dernier. Ça a avancé rondement. Donc,
évidemment, merci aux membres de la commission, notamment la présidente, les
collègues députés qui étaient présents,
notamment ceux, bien sûr, du gouvernement, mais aussi de l'opposition, avec qui
ça nous a fait plaisir de collaborer, la collègue de Robert-Baldwin,
évidemment, qui était là, le collègue de Marquette, qui est un passionné de
hockey, un sport qui l'habite, qu'il a pratiqué pendant plusieurs années à
titre professionnel.
Donc, je ne referai
pas l'exercice de vous expliquer de long en large pourquoi est-ce que le hockey
devrait être notre sport national et quels
sont les avantages parce qu'on l'a fait longuement, mais je répète seulement
que, pour nous, évidemment, ça tombe sous le sens, que le hockey, il est ancré
non seulement dans notre histoire, parce que c'est au Québec, à Montréal, qu'a eu lieu le premier match de
hockey sur glace dans le monde, et, à ce titre-là, la fédération internationale
reconnaît que le hockey a été inventé ici, à Montréal, et c'est généralement
reconnu comme la plus grande contribution du
Québec à l'histoire mondiale des sports... Donc, dans l'histoire, c'est ancré,
d'une part, mais ça s'est aussi ancré dans notre culture.
Et, lorsqu'on parle de
référents culturels nationaux, un autre élément qui est intégré au projet de
loi, qui est apporté par le projet de loi, la création de ces référents
culturels nationaux, bien, le hockey sur glace, comme sport national, devient
le premier référent culturel national du Québec, parce que, oui, c'est ancré
dans notre culture, qu'on pense à des oeuvres musicales, je pense à des
chansons célèbres de Loco Locass qui mettent en valeur le hockey, que je pense
à des séries qui ont marqué le Québec, comme Lance et compte , notamment,
que je pense au vocabulaire, aux expressions,
donc, qui ont fait leur entrée... et je les ai souvent citées, «donner son
110 %», «travailler fort dans les coins», «être vite sur ses
patins». Donc, pour toutes ces raisons, ça s'inscrit donc aussi dans notre
culture.
Mme la
Présidente, je ne serai pas plus long que ça, seulement vous dire qu'au-delà,
donc, du fait que nous désignerons, quand le projet de loi... si le
projet de loi est adopé, on a bon espoir que ce sera le cas, le hockey sur
glace comme sport national du Québec, on introduira aussi une journée nationale
du hockey sur glace, qui sera l'occasion, on
a eu cette discussion-là entre collègues, de mettre en valeur le hockey pas
nécessairement toujours en tant que sport, oui, c'est important, en fait, oui,
c'est important de toujours le faire, mais aussi de le mettre en valeur, de
mettre son histoire en valeur puis de mettre en valeur, donc, les
éléments culturels qui s'y rattachent.
Donc, je
termine là-dessus, encore une fois, en remerciant tous les collègues, en
remerciant aussi notre collègue la ministre responsable des Sports, du Loisir
et du Plein air, pour qui c'était bien important, parce que rappelons-nous que
ça découlait aussi... que ça découle
aussi, ce projet de loi, de la recommandation n° 1
du groupe de travail sur l'avenir du hockey, qui recommandait d'en faire
notre sport national. Donc, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le ministre. Je reconnais maintenant la députée de
Robert-Baldwin. La parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, merci, M. le ministre, pour la présentation, vos
interventions concernant ce projet de loi, le projet de loi, Mme la Présidente,
qui reconnaît le hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant
les référents culturels nationaux, parce qu'il ne faut pas oublier que ce
projet de loi n° 90 non seulement
reconnaît le hockey comme étant notre sport national, mais introduit également,
dans notre loi, cette nouvelle notion de référents culturels.
Et donc, tel que nous avions mentionné au début,
suite au dépôt du projet de loi, nous avions confirmé que nous étions
favorables à l'adoption et, évidemment, à la prise de considération,
aujourd'hui, du projet de loi, suite à notre... nos échanges lors de l'étude
détaillée du projet de loi. Comme nous le savons, il n'y a pas eu de
consultations particulières, puisqu'il y a quand même une évidence ici, au
Québec, le hockey sur glace, comme on dit, fait partie... joue... joue une place importante, si je peux
m'exprimer ainsi, dans l'histoire et la culture du Québec. Le hockey sur glace
est pratiqué dans toutes les régions du Québec, dans les centres urbains comme
dans les communautés rurales.
Et, évidemment, nous avons le premier match de
hockey, nous en sommes très fiers, officiellement, qui a eu lieu le
3 mars 1875, et donc, la semaine prochaine, nous allons célébrer le
150e anniversaire du premier match de hockey
ici, au Québec. Et donc la pertinence, si je peux m'exprimer ainsi, du dépôt du
projet de loi... parce qu'évidemment il y a un lien entre cette
reconnaissance symbolique dans le projet de loi et le... la célébration qui va
venir, la semaine prochaine, concernant le premier match.
Nous savons, Mme la Présidente, que le hockey
est rapidement devenu un lieu d'expression aussi de l'identité québécoise
nationale. Nous sommes fiers de nos équipes, que ce soit... j'ai mon collègue
ici, de Marquette, un ancien joueur de la
Ligue nationale, donc de nos... évidemment, de nos équipes, que ce soient les
Canadiens, à un moment donné, c'étaient les Nordiques, mais on est fiers de nos
équipes, et aussi que ce soient les équipes de nos jeunes. Les parents,
les enfants sont très dévoués en ce qui a trait à la pratique de ce sport. Il y
a beaucoup de compétitions à différents niveaux. On a des jeunes qui atteignent aussi des rangs assez élevés, qui jouent
junior, il y en a certains qui vont aux Jeux olympiques, et donc... et d'autres vont jouer au hockey à
l'extérieur, que ce soit en Europe, que ce soit aux États-Unis, avec des
bourses d'études... qui peut être très intéressant également, Mme la
Présidente.
Et donc, en ce qui a trait au projet de loi,
suite à nos échanges... parce que nous savions, Mme la Présidente, qu'il n'y
avait pas d'augmentation de crédits qui venait avec ce projet de loi, avec les
nouvelles dispositions telles qu'introduites, que ce soit la notion de
référents culturels. Et aussi, en termes de... à l'article 2... parce
qu'évidemment, en hissant le hockey au rang de sport national du Québec, il va
y avoir, le premier samedi du mois de février, à compter de l'année prochaine... nous allons avoir une
journée nationale du hockey sur glace. Et donc, c'est sûr qu'avec... et ça a
été mentionné par le ministre, que ce
projet de loi découle d'une des recommandations phares du rapport qui avait été
publié en avril 2022, Le hockey, notre passion , et c'était
un rapport... il y avait environ 16 experts qui étaient... qui ont pris
part dans l'étude du développement du hockey, comment améliorer le hockey ici,
au Québec, comment le développer, comment, également, augmenter l'accès du
hockey aux jeunes, parce que nous savons très bien que ça coûte cher, ce n'est pas toutes les familles qui ont les moyens
pour acheter les bâtons de hockey, les patins et les jambières. Moi, j'ai eu un
gardien de but, donc je sais, je comprends très bien les coûts liés à ça,
surtout les garçons, parce que ça grandit vite, et donc les coûts montent vite. Et ça fait en sorte que ça prend aussi un
grand engagement, de la part des parents, et dévouement aussi pour
soutenir leurs filles ou leurs garçons.
Et donc ça fait en sorte que, oui, on veut
hisser le hockey au rang de sport national, c'est ça que le rapport avait comme recommandation, mais il y avait huit autres
recommandations qui étaient en lien avec cette reconnaissance. Et donc je vois
maintenant, suite à l'échange que nous avons eu la semaine dernière, que ce
projet de loi met en valeur, si je peux dire, l'histoire du hockey. Oui, on en fait un
sport national, mais, s'il va y avoir du financement de programmes plus tard, dans
l'avenir, qui va émaner de l'enveloppe budgétaire du patrimoine culturel et non
du CALQ, on a eu l'engagement du ministre à
ce sujet, ça va être lié, vraiment, Mme la Présidente, avec
l'histoire du hockey et l'élément culturel du hockey, et non lié au
développement de l'accès, aux jeunes, du hockey.
On sait très bien qu'il y a des arénas qui sont
en état vétuste à travers la province, et donc ce n'est pas lié non plus à mettre de l'argent, si je peux dire, ou à
financer des rénovations d'arénas. Et donc ça, ça va être plutôt dans la cour
de la ministre des Sports et Loisirs plutôt que le ministre de la Culture.
Donc, je croyais que c'était bien d'avoir cet échange-là pour que ce soit clair
pour tout le monde, vraiment, l'impact concernant la modification qui a eu lieu
dans la
Loi sur le patrimoine culturel et
non seulement la reconnaissance du hockey sur glace comme sport national, mais
aussi cette nouvelle notion, qui a été intégrée dans le projet de loi,
qu'il est référent culturel national, une notion qui vient avec une longue
définition.
Et donc on verra, par la suite, je crois que ça
va être le Conseil du patrimoine qui va avoir un mot à dire en termes de...
probablement, M. le ministre. On avait parlé peut-être de... s'il va y avoir
des mets culturels, est-ce qu'on va reconnaître, peut-être, un hymne, plus
tard. Là, on a commencé avec le hockey et donc on verra, pour la suite, s'il va
y avoir des reconnaissances de d'autres éléments dans notre culture qui
seront... qui vont refléter un référent culturel.
Et je voulais juste mentionner, Mme la
Présidente, que c'était au paragraphe 5°, où on retrouve le pouvoir du ministre d'octroyer «des subventions dans le but
de favoriser la connaissance ou la mise en valeur des référents culturels
nationaux» et aussi son pouvoir de «conclure des ententes avec toute personne
ou tout groupement dans le but de favoriser la connaissance ou la mise en
valeur des référents culturels nationaux». Donc, oui, il pourrait y avoir un soutien financier de l'enveloppe budgétaire du
patrimoine, mais ça va être plutôt pour... en lien avec l'histoire du hockey.
Et donc, sur ce, Mme la Présidente, je vous
remercie pour votre attention. Je remercie également le ministre pour le dépôt
de ce projet de loi. Merci.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, je veux juste vous
mentionner que le dernier mercredi de février marque la Journée du
chandail rose au Canada. J'ai mis ma cravate rose, Mme la Présidente, parce que je ne pense pas que vous auriez aimé que
j'arrive ici avec un chandail rose. Il aurait fallu demander le consentement,
soit dit en passant. Mais voici pourquoi je
porte la cravate. Puis c'est quand même de mise parce que, quand on parle de
hockey, Mme la Présidente, on sait que ça
fait beaucoup référence à l'intimidation, et j'aimerais rappeler... Dieu sait
qu'on en a parlé la semaine passée,
mais rappeler que ce n'est jamais une bonne idée de se venger d'un coup vicieux
avec des coups de poing sur la gueule, tous âges confondus, Mme la
Présidente.
Sur ce, c'est un bon coup, c'est un bon coup,
puis je me sens privilégié, aujourd'hui, de prendre la parole, mais non
seulement ça, mais d'avoir été présent durant toutes les étapes de ce projet de
loi là, qui va reconnaître, selon moi, le plus beau sport au Québec, là. Je
sais qu'il y en a qui ne seront pas d'accord avec moi. La ministre responsable
des Sports ne sera peut-être pas d'accord
avec moi non plus parce qu'elle est spécialiste dans un autre sport, mais, pour
moi, le hockey, ça a été ma vie, puis c'est peut-être pour cette raison-là, Mme
la Présidente, que je suis ici aujourd'hui puis je vous parle, parce
que, si ça n'avait pas été de ça, j'aurais peut-être fait d'autres choses. Mais
le hockey m'a amené beaucoup, et le hockey,
la population du Québec, dans l'histoire, a amené beaucoup aussi, à toutes les
familles du Québec.
Pour moi, le
hockey a toujours été synonyme de rassembleur, ça a été synonyme de joie. Il
fut un temps, Mme la Présidente, où on disait : On vient au monde,
au Québec, avec des patins dans les pieds. Aujourd'hui, ce serait agréable
d'être capable de répéter ça encore une fois. Alors que le sport, à l'époque,
je l'ai dit et je réitère, c'était rassembler, aujourd'hui ça semble être
divisif. Puis, moi, ça me fait de la peine de dire ça, mais ça démontre qu'on a
un gros, gros problème au niveau du
développement du hockey au Québec, qu'il faut... Puis je ne dis pas que les
gens en place, ce n'est pas des gens compétents, il faut juste revoir un
peu la façon de faire, parce qu'il reste... puis je vais vous citer, là, Stéphane Laporte, qui... en deux
paragraphes : «Si on ne se regroupe pas, si on ne rallume pas l'esprit
d'équipe, le dernier des Québécois — puis
ça, il fait référence au hockey — naîtra,
dans quelques années, même pas pour un petit pain, juste pour qu'on en
fasse une bouchée.»
C'est gros,
là. Je comprends qu'il y a des éléments plus importants en société que le
hockey, Mme la Présidente, là, mais ici, le sujet, aujourd'hui, c'est
qu'on vient donner une importance capitale, là, on vient d'élever le sport du hockey — c'est
un privilège, là, pour ce sport-là — comme
sport national d'une nation, là. Puis, comme ma collègue l'a dit, de Robert-Baldwin, on est d'accord avec ça. Cependant, la seule
chose que j'aimerais mentionner, c'est qu'on utilise cette appellation-là,
qu'on élève ce sport-là au rang de sport national ici, au Québec, mais qu'on le
traite de cette façon-là aussi.
Encore une fois, je sais qu'il y a d'autres
enjeux pas mal plus importants au Québec, mais, quand on va prendre des
décisions en matière sportive au niveau du hockey, par exemple... Là, on parle
de culture. Oui, la culture a son... va
avoir son mot à dire sur... dans différents secteurs, là, pas au niveau du
développement, mais, référent culturel, parfait, on veut faire connaître le sport, on veut... on va offrir... puis là le
ministre nous l'a dit, ça, ça vient de lui, là, qu'on va offrir,
éventuellement, des programmes, parce que, là, il n'y a pas de nouveaux
crédits, là, mais éventuellement il va y avoir des programmes qui vont être
offerts, où, par exemple, une ville va être capable de faire un événement
particulier durant... sur une patinoire de quartier où on va célébrer le
hockey, les traditions du hockey, puis ça, ça va être possible d'aller chercher
des fonds nécessaires. Et j'invite tous les collègues ici, à l'Assemblée
nationale, de rester... puis dans le salon rouge, de rester à l'affût, s'il y a des programmes, là, de
le dire à nos municipalités, à nos associations, qu'il va y avoir des
programmes où on va être capables, là, de faire reconnaître... malgré qu'on
connaît bien le hockey ici, là, mais qu'on
va être capables d'utiliser, faire bouger nos jeunes avec ce genre de programme
là, toujours dans le but de signaler, de renforcer l'aspect culturel de
notre tradition qui est le hockey.
Alors, Mme la
Présidente, je ne prendrai pas plus de temps que ça, seulement pour vous dire
que ça a été pour moi un privilège puis un naturel aussi de faire
partie de
l'exercice, des différentes étapes, là, du projet de loi n° 90, la Loi
reconnaissant le hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant
les référents culturels nationaux.
Sur ce, Mme la
Présidente, je vais vous souhaiter une belle journée. Portez du rose pour
signifier que nous sommes tous contre l'intimidation. Et on se reparle à la
prochaine étape. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions?
rapport de la Commission de la
culture et de l'éducation portant sur
le projet de loi n° 90, Loi
reconnaissant le hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant
les référents culturels nationaux, est-il adopté?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement, s'il
vous plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
À ce stade-ci, Mme la Présidente, je vous demanderais de bien vouloir suspendre
nos travaux jusqu'à 15 heures.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, afin de permettre le débat sur une affaire inscrite par les
députés de l'opposition, cet après-midi, les travaux sont suspendus jusqu'à
15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 11
h 45)
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Bonjour, chers collègues. Vous pouvez prendre place.
Nous en sommes
maintenant à l'affaire inscrite par les députés de l'opposition. À
l'article 66 du feuilleton, aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte d'une
dégradation évidente de la sécurité au sein de nos établissements correctionnels
et qu'elle exige du gouvernement caquiste de déposer un plan d'action d'ici
juin 2025 afin de protéger le personnel des services correctionnels.»
Je vous informe que
la répartition du temps de parole pour le débat restreint sur la motion
inscrite par Mme la députée de Westmount—Saint-Louis s'effectuera comme
suit : 10 minutes sont réservées à l'auteure de la motion pour sa
réplique, 52 min 45 s sont allouées au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 28 min 38 s sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 18 min 5 s sont allouées au deuxième groupe
d'opposition, 6 min 2 s sont allouées au troisième groupe
d'opposition et 1 min 30 s sont allouées à chacun des députés
indépendants. Dans le cadre de ce débat, le
temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes
parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires, selon les
proportions établies précédemment. Mis à
part ces consignes, les interventions
ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle que... pardon,
aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du débat,
ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, on jase quand même d'un
sujet qui, je dirais... je pense que c'est peut-être un peu tabou. On parle
rarement du milieu carcéral, puis encore moins des agents qui travaillent dans
le milieu carcéral. Ce qui se fait, ce qui se dit à l'intérieur de nos prisons
reste à l'intérieur de ces murs-là. Ce n'est
pas populaire, ce n'est pas sexy, mais honnêtement c'est assez, c'est assez.
Puis on a vu, vraiment, dans la revue de presse dernièrement, depuis les
cinq derniers mois, comment ça a explosé. Pourquoi? Parce que les agents correctionnels ont décidé de dénoncer, ils ont
décidé de parler de leur quotidien. Parce que c'est un au secours, Mme
la Présidente, on est vraiment rendus là.
Mais
avant c'est vrai que personne ne parlait du milieu carcéral, mais, depuis
plusieurs mois, il faut constater que ça brasse en tabarouette dans nos
établissements à Québec, vraiment, là, partout dans la province, la violence,
l'agression, les drones, les armes, l'infrastructure, des appels 9-1-1
des détenus à l'intérieur de nos prisons, à la SQ, pas normal, et les
conditions de travail qui sont déplorables, déplorables, Mme la Présidente.
Mais il faut que je débute en disant puis en parlant
de l'omerta dans ce réseau, Mme la Présidente. Nous, on était censés d'avoir
plein de gens dans les tribunes aujourd'hui, des agents correctionnels, leurs
familles, les autres employés du milieu carcéral. Puis vous savez quoi? Il y a
tellement une omerta, il y a tellement de l'intimidation puis de peur, peur de
représailles, eux, ils ont dit : Désolé, Mme la députée, je ne sais pas si
on va pouvoir venir aujourd'hui parce qu'on a peur des sanctions, on a peur, on
a peur même si on va sur les réseaux sociaux puis on parle de notre propre
opinion. Parce que, si on n'est pas agent correctionnel, ça reste qu'on est
quand même citoyen ou citoyenne, puis on a le droit de s'exprimer. C'est quand
même des employés du public.
Et, à un
moment donné, il me semble, on a adopté une loi où on a parlé de mettre fin à
l'omerta, de parler aux... de la protection de nos lanceurs d'alerte, de leur
donner une voix. Pourquoi? Parce qu'eux aussi, ils souhaitent les conditions
qui s'améliorent, ils souhaitent que le milieu carcéral s'améliore. Il veut que
les choses bougent puis s'avancent pour le
bien-être non seulement des gens qui travaillent dans le milieu carcéral, pour
les détenus, pas juste pour eux. C'est des gens avec des coeurs, c'est
des gens qui ont choisi cette profession. Je trouve ça dégueulasse,
dégueulasse, dérangeant. C'est de l'intimidation.
Puis vous
savez quoi, Mme la Présidente? Aujourd'hui, c'est la journée de la lutte contre
l'intimidation. Je porte le rose pour ceci...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Madame...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
M. le... M. le...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
15399 Un instant, s'il vous plaît! Je suis
debout.
Article 32. S'il vous plaît! Merci, Mme la députée, d'attendre.
Là, je reconnais le ministre. Quel est votre rappel au règlement, s'il vous
plaît?
M. Bonnardel : ...Mme la
Présidente, on parle d'omerta et d'empêcher les ASC de venir ici...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
M. le ministre, la députée ne vise pas un collègue, elle parle de la situation que vivent les employés. Alors, je vous
invite à la prudence pour interpeler la députée. Vous m'interpelez. Et je vous
demande aussi, là, la prudence à nommer le règlement auquel vous faites
allusion.
Maintenant, Mme la députée, s'il vous plaît,
veuillez poursuivre.
Mme Maccarone : Merci. Comme je
disais, Mme la Présidente, il y a tellement d'intimidation puis de peur. Comme je dis, c'est la journée où on porte le rose,
c'est une journée où on porte le rose pour dénoncer ceci puis de lutter contre
ça. Mais ils ont peur des risques, risques de sanctions, risques de pénalités,
risques qu'ils vont faire face à leur employeur qui va leur dire : Aïe! tu
n'es pas supposé de parler contre nous. Mais ils veulent que ça change. C'est
pour ça qu'ils souhaitaient être ici. Puis je sais qu'il y en a plein qui nous
écoutent aujourd'hui. Je sais que vous êtes là puis que vous êtes en ondes, que
vous êtes là puis vous nous écoutez. Sachez qu'il y a du monde ici, à
l'Assemblée nationale, qui se préoccupe de
vous, même s'il y a autre personne qui vous fait peur, même si vous êtes
intimidés, même s'il y a une omerta. C'est ça qui arrive. Il faut dire
la vérité, Mme la Présidente.
Pas plus tard que ce matin, entre autres, j'ai
reçu des photos de ceux qui ont reçu de leur employeur qu'ils sont convoqués
pour des rencontres d'équité procédurale concernant l'utilisation des réseaux
sociaux. Ça, c'est les faits. C'est les faits. Puis ce n'est pas moi qui est en
train de les inventer, c'est leur réalité. Comment est-ce qu'on pense qu'on va
améliorer les choses si on ne peut pas au moins entendre la voix des gens
concernés? C'est la place du peuple, c'est
la maison du peuple. S'il