House Proceedings — 19 March 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-03-19
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante et une minutes)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez
place, nous allons débuter nos travaux.
Nous sommes à la
rubrique Déclarations des députés, et, sans plus tarder, je reconnais M. le
député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, c'est avec
admiration et émotion que je souligne le 35e anniversaire d'un pilier de notre
communauté, soit l'association de parents d'enfants trisomiques de Lanaudière.
effet, depuis trois décennies, cet organisme est un phare d'espoir, de soutien
et d'inclusion. Créée en 1990 par des parents déterminés à unir leurs
forces, l'APETL est aujourd'hui essentielle dans notre région.
cela dit, M. le Président, derrière chaque service offert, comme par exemple la
chambre hyperbare, l'éducation, les
loisirs ou la salle multisensorielle, il se cache des engagements profonds, et
l'objectif est d'accompagner les familles, de briser l'isolement et de
permettre aux enfants trisomiques de s'épanouir.
Alors, je dis bravo à
toute l'équipe, aux partenaires et aux bénévoles pour ces 35 ans
d'engagement. Merci d'être là jour après jour pour inspirer, accompagner et
bâtir un monde plus inclusif. Et surtout un bravo spécial à Julien, qui, lui-même atteint de trisomie 21, célèbre
aujourd'hui ses 20 ans de service au sein de l'organisme. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Masson.
Alors,
je comprends qu'il y a consentement afin que Mme la députée de Mille-Îles
puisse changer le sujet de sa déclaration. Consentement? Merci. Alors,
la parole revient à Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci, M. le Président. Alors, je tiens aujourd'hui à souligner un moment
historique de la ville que je représente avec grande fierté. Cette année, nous
célébrons les 60 ans de la fondation de la ville de Laval.
C'est sous
l'impulsion de Jean-Noël Lavoie, ancien président de l'Assemblée nationale,
mais surtout premier maire de la ville,
qu'est née... que Laval est née d'une fusion de 14 villes, marquant un
tournant décisif dans son développement. Depuis lors, cette ville
dynamique n'a cessé de grandir et de se transformer, alliant harmonieusement
urbanisation, diversité et innovation, tout en célébrant son patrimoine et la
vitalité de son important territoire agricole.
Rendons hommage à
tous ceux et celles qui ont contribué à façonner Laval ainsi qu'aux générations
futures qui porteront cette ville vers de nouveaux horizons.
Alors, joyeux
anniversaire, Laval, et que l'avenir soit à la hauteur de ces 60 années
exceptionnelles.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée des Mille-Îles. La parole
revient maintenant à Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, je désire souligner le travail colossal effectué par
CIME du Haut-Richelieu.
Le Centre d'interprétation
du milieu écologique du Haut-Richelieu oeuvre dans la protection et la
conservation du mont Saint-Grégoire, de ses écosystèmes et de sa biodiversité.
Dans les tribunes,
j'ai le plaisir de recevoir Renée Gagnon, directrice générale, et une
partie de
son équipe. Lauriane Monette, Valérie Deschesnes et Michelle Durand sont avec
nous.
CIME
Haut-Richelieu sensibilise les adultes comme les enfants à l'environnement par
leurs activités éducatives sous différentes formes. C'est plus que
1 000 jeunes qui se sont joints au courant de la dernière année à
l'organisme. Nous avons accès à cette réserve naturelle reconnue par des
sentiers de randonnée permettant de découvrir la nature, la flore et la faune,
mais aussi certains vestiges qui font
partie de notre histoire.
vous félicite pour l'habile conjugaison de la préservation naturelle avec tout
le rayonnement que vous faites pour notre région, mais bien au-delà encore.
Bravo!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée d'Iberville. Au tour,
maintenant, de M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi :
À 45 ans, M. Martin Longchamps cumule déjà 30 ans
d'implication dans le sport amateur, dont 20 ans auprès des Braves
d'Ahuntsic. Son dévouement a marqué des générations de jeunes hockeyeurs, que
ce soit comme entraîneur, bénévole ou président de l'Association de hockey
mineur des Braves d'Ahuntsic.
Toujours déterminé à
rendre le hockey plus accessible, il s'assure que des familles à faibles
revenus puissent inscrire leurs enfants gratuitement. Cette année encore, grâce
à lui, 72 jeunes ont vécu un moment inoubliable en tant que porte-drapeau lors de la Coupe des
4 nations au Centre Bell. Il aura également permis à 25 jeunes de la
DPJ de recevoir un équipement de hockey, leur offrant ainsi
l'opportunité de pratiquer ce sport.
Martin, grâce à toi
et aux centaines de bénévoles qui t'accompagnent, les Braves d'Ahuntsic, c'est
plus qu'un club, c'est une vision de société
basée sur la solidarité, le travail d'équipe et le respect, une vision qui
suivra des milliers de jeunes toute leur vie. Merci, Martin, pour tout
ce que tu fais dans notre communauté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Maurice-Richard. Et je reconnais maintenant M. le député
de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à une figure emblématique de notre communauté
artistique, Chantal Caron, réalisatrice, fondatrice de la compagnie Fleuve
Espace-danse.
Chantal a consacré sa
vie à l'art de la danse, créant un espace où la créativité, l'innovation et la
passion se rencontrent. Grâce à sa vision, à son leadership, Fleuve
Espace-danse est devenu un véritable foyer pour les artistes de la région de
Saint-Jean-Port-Joli, un lieu où les talents émergents peuvent s'épanouir et où
le public peut découvrir des oeuvres audacieuses, inspirantes aux abords du
fleuve.
Son engagement envers
la danse contemporaine a non seulement enrichi la culture de la Côte-du-Sud,
mais également a prouvé au monde entier que des réalisations remarquables sont
possibles même dans le milieu rural.
avec bien des prix et des reconnaissances, elle vient tout juste de gagner, M.
le Président, un prix à Los Angeles pour son film Marée noire .
Chantal, ton héritage
vivra à travers chaque pas de danse, chaque performance, chaque rêve que vous
inspirez. Merci pour votre dévouement et votre passion.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud.
J'en profite pour rappeler
aux collègues que les déclarations sont d'une durée d'une minute. Merci de
respecter le délai qui est imparti à chacune des déclarations.
Et je cède maintenant
la parole à Mme la députée de d'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le Président.
Du 16 au 23 mars, nous soulignons la Semaine québécoise de la déficience
intellectuelle, une initiative importante de la Société québécoise de la
déficience intellectuelle.
Cette année, le
thème, J'avance quand la société m'inclut , nous rappelle qu'une personne
peut s'épanouir pleinement seulement lorsque la société lui ouvre ses portes.
Cette
semaine est l'occasion de sensibiliser et encourager l'inclusion des personnes
avec une déficience intellectuelle dans
nos communautés et notre société pour mieux comprendre les enjeux vécus par ces
personnes et de renforcer notre engagement collectif à faire du Québec
un endroit plus inclusif pour tous.
Cependant, l'inclusion
ne se limite pas à une semaine d'activités. C'est un travail quotidien, et nous
devons continuer à oeuvrer tout au long de l'année pour créer des espaces où
chacun, quelle que soit sa capacité, peut participer à la société.
C'est
dans cet esprit que, en collaboration avec la campagne J'ai ma place! de la
Société québécoise de déficience intellectuelle, j'ai soumis une
pétition, soutenue par plus de 6000 signataires, pour plus de milieux
alternatifs d'habitation. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee. Et la
prochaine intervention revient à Mme la députée de Laval-des-Rapides.
Mme Haytayan : Merci,
M. le Président. Cette année, la Maison des enfants le Dauphin fête son
30e anniversaire.
Ses activités, destinées aux enfants de zéro à
12 ans, soutiennent la réussite éducative, la persévérance scolaire et
facilitent l'intégration des enfants issus de l'immigration à Laval. Leur
activité phare, nommée, c'est un courrier, Confidences
à un Dauphin, permet aux enfants d'écrire et de recevoir une réponse
bienveillante à chacune de leurs lettres.
Fondée en 1995, la maison a une équipe d'une
trentaine de personnes, soutenue par une centaine de bénévoles, qui changent la
vie de milliers d'enfants. Je tiens à prendre un moment et à remercier Mme Chantale
Gignac, D.G., toute son équipe et les bénévoles qui aident les enfants à
grandir.
Merci, bon
succès et un très joyeux 30e anniversaire à la Maison des enfants le
Dauphin. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Laval-des-Rapides. La
parole revient maintenant à Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, au Québec, le printemps est synonyme de cabane à sucre. Le
samedi 30 mars, en collaboration avec la légion royale du Canada
filiale 094 de Greenfield Park et la Fondation Tout pour les Enfants,
j'invite la population de la circonscription de Laporte à venir se sucrer le
bec avec nous dans le cadre d'un brunch.
Faisant un clin d'oeil à la Journée nationale de
l'érable, cette activité se veut une célébration d'une tradition bien de chez
nous, ancrée dans notre culture depuis plusieurs générations. Ce sera la
journée idéale pour poursuivre cette tradition et, pour certains, découvrir des
mets typiquement québécois cuisinés par les dames auxiliaires de la légion royale de Greenfield Park afin d'offrir des
aliments emblématiques au goût tout à fait unique, tout comme notre nation.
Joignez-vous à nous pour partager en famille et
entre amis un délicieux repas dans une ambiance chaleureuse et conviviale.
C'est un rendez-vous!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de
Laporte. Au tour, maintenant, de Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. Depuis maintenant 50 ans, le club FADOQ de Saint-Magloire joue
un rôle essentiel au sein de notre communauté en offrant à nos aînés des
activités enrichissantes et un cadre propice à l'épanouissement.
Aujourd'hui,
je tiens à saluer chaleureusement ses membres, dont ceux présents dans nos
tribunes, Mmes Denise Prévost et Nicole Lagrange et MM. Claude
Gosselin et Normand Asselin. Grâce à l'engagement indéfectible de ses
bénévoles et de ses membres, le club favorise le bien-être, et la convivialité,
et le lien social. Il contribue activement à briser l'isolement, un enjeu
fondamental pour la vitalité de nos collectivités.
50 ans, c'est un héritage de souvenirs
partagés, d'amitiés tissées et de moments précieux vécus ensemble.
Félicitations à toute l'équipe du club FADOQ de Saint-Magloire pour ce
magnifique parcours! Puissiez-vous encore longtemps poursuivre votre mission de
solidarité et d'enrichissement. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Bellechasse. Et merci et bravo à vous pour votre engagement.
La parole revient maintenant à M. le député de
Vachon.
M. Lafrenière : Merci beaucoup,
M. le Président. Aujourd'hui, je souligne l'engagement exceptionnel de
Mme Yvonne Orneau au service de la communauté de Saint-Hubert.
Originaire de Martinique, Yvonne est arrivée au
Québec dans les années 80 avec sa famille. Elle a ouvert le premier
institut de coiffure pour personnes noires à Rosemont—La-Petite-Patrie.
Yvonne est une femme au grand coeur,
ce qui l'a amenée à être une famille d'accueil pendant 25 ans, M. le
Président. Pendant 25 ans, elle a offert un foyer à plus de
20 jeunes venant de la DPJ.
En parallèle, elle
s'est investie comme bénévole à la banque alimentaire de l'aide aux familles de
Saint-Hubert, puis elle fonde Le Castor qui
donne, un organisme de soutien basé à Saint-Hubert qui vient en aide aux gens
les plus démunis. Elle trouve même le temps de s'impliquer dans le club
des Optimistes de Saint-Hubert.
En plus de ses
actions quotidiennes, M. le Président, Yvonne a organisé pendant 15 ans le
dépouillement de l'arbre de Noël, un événement festif pour des centaines
d'enfants de chez nous.
Yvonne, au nom des
citoyens de Vachon, je te remercie de tout coeur pour ce que tu as fait pour
notre communauté. Ton dévouement, ton engagement sont une source d'inspiration
pour nous tous. Et je tiens à saluer les gens qui t'accompagnent, ta famille,
tes proches. Merci de tout coeur, Yvonne. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Vachon. Et bravo à vous,
madame.
La parole revient
maintenant à M. le député de Granby.
M. Bonnardel :
Merci, M. le Président. En cette année 2025, la Fondation
Pierre-Jules-Crevier célèbre ses 60 ans d'existence.
La fondation a été
lancée par Émile-Jules Crevier et son épouse Marie en 1965, à la suite du décès
de leur fils Pierre dans un accident de voiture à l'âge de seulement
23 ans. Pour l'honorer, ils décident de créer une fondation qui viendra en aide à d'autres jeunes en leur
permettant de poursuivre des études supérieures, une aide que la fondation
continue d'offrir encore aujourd'hui.
À travers les années,
la fondation aura depuis diversifié ses services pour aider les personnes de
60 ans et plus, que ce soit pour du transport pour des raisons médicales
ou pour des commissions, offrir du soutien pour remplir des formulaires
gouvernementaux ou encore des suivis téléphoniques pour s'assurer que la
personne âgée ou ayant un handicap se porte bien.
ce jour, c'est près de 4 millions de dollars investis en service aux
personnes âgées et en bourses d'études à travers les années. C'est plus
que significatif comme contribution à notre communauté.
grand merci à Julie Champagne, directrice générale de la fondation, au C.A.,
ainsi qu'aux nombreux bénévoles qui, au fil du temps, auront aidé de nombreuses
personnes vulnérables. Votre aide est précieuse, et nous vous en sommes très,
très, très reconnaissants. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Granby. Et la prochaine déclaration revient à M. le député de
Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président.
Je souhaite profiter de mon temps de parole, aujourd'hui, pour souligner
le 85e anniversaire du cercle des fermières de Beloeil.
Fondé en 1939 par
Mme Berthe Lapointe, ce groupe de femmes passionnées fait la promotion des
valeurs d'entraide, de solidarité et d'engagement social. Elles oeuvrent
également à préserver et transmettre le patrimoine artisanal et culturel du Québec, contribuant à sa pérennité. Fier de ses
86 membres, le cercle des fermières de Beloeil joue un rôle clé
dans la cohésion de la communauté en offrant un espace de rencontres, de
partage, de savoir-faire et de collaboration, renforçant ainsi les liens
sociaux et favorisant le développement collectif.
Je tiens également à
souligner, M. le Président, le travail des membres du conseil d'administration
actuel, composé de Mme Danièle Leblanc-Asselin, Mme Suzanne Mercier,
Mme Gisèle Marleau, Mme Louise Choquette, Mme Monique Audet et
de la présidente des deux dernières années, Mme Ginette Guertin.
Merci
aux membres d'hier, d'aujourd'hui et de demain pour leur implication. Leur
dévouement est au coeur de cette réussite. Bon 85e anniversaire à
toutes! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Borduas. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations
des députés. Je remercie chaque collègue, chacun de vous, pour vos
déclarations.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente : Mesdames messieurs,
bienvenue. Bienvenue au parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente, je
vous demanderais d'appeler l'article a.
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, M. le député de Nelligan présente le projet de loi n° 897, Loi
modifiant le Code de la sécurité routière afin de prévoir la délivrance
obligatoire d'un avis de paiement au propriétaire d'un véhicule routier
immatriculé ou au titulaire de certains permis. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente.
Ce projet de loi modifie le Code de la sécurité
routière afin de prévoir que la Société de l'assurance automobile du Québec
doit délivrer un avis de paiement au propriétaire d'un véhicule routier
immatriculé, 30 jours avant la date d'échéance du paiement des sommes
fixées par règlement pour conserver le droit de circuler.
Le projet de loi prévoit également que la
Société de l'assurance automobile du Québec doit délivrer un avis de paiement
au titulaire d'un permis de conduire, 30 jours avant la date d'échéance du
paiement des sommes prévues par règlement pour conserver le droit de conduire
un véhicule routier.
Ces deux avis doivent être faits dans la forme
et la teneur que détermine la Société de l'assurance automobile du Québec.
Enfin, le projet de loi prévoit qu'un
propriétaire d'un véhicule routier immatriculé ou un titulaire d'un permis de conduire ne peut être déclaré coupable des
infractions prévues aux articles 59 ou 141 du Code de la sécurité routière
s'il fait preuve que la Société de l'assurance automobile du Québec a fait
défaut d'envoyer l'un ou l'autre des avis nouvellement introduits par ce
projet de loi.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Oui? Adopté?
M. Derraji : Mme la Présidente, un
vote électronique, s'il vous plaît.
La Présidente : D'accord, c'est
votre droit. La période de vote est maintenant ouverte.
La période de vote est maintenant terminée. M.
le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 110
La Présidente : Et cette motion est
adoptée. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente, très
rapidement, je tends la main au leader du gouvernement. Dans la tourmente de la
SAAQ, c'est un projet de loi qui va aider beaucoup de Québécois. J'espère qu'il
va accepter la main tendue du Parti libéral du Québec.
Présidente : À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de l'Éducation. M. le ministre de l'Éducation?
La Présidente : Vous n'avez pas de
document à déposer? On m'a dit que vous en aviez un. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bien, Mme la
Présidente, au nom de mon collègue de l'Éducation, je dépose le rapport sur
l'état et les besoins de l'éducation 2023‑2025, Mme la Présidente.
Présidente : Et maintenant en votre nom, M. le leader du
gouvernement.
Jolin-Barrette : Ça me fait plaisir, Mme la Présidente. Le ministre de
l'Éducation fait de l'impartition.
Alors,
Mme la Présidente, au nom de la ministre des Affaires municipales, je dépose le
rapport annuel 2023-2024 du Grand Conseil des Cris et du Gouvernement de
la nation crie. Merci.
Présidente : Ce document est déposé. Mme la ministre responsable de la
Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau :
Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le rapport annuel 2023-2024
de l'Office de la sécurité économique des chasseurs cris.
Présidente : Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je
dépose la réponse à la pétition déposée en Chambre le 5 février 2025
par le député de Nicolet-Bécancour et la réponse à la question inscrite au
feuilleton le 6 février 2025 par le député de Matane-Matapédia. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, Mme la présidente de la Commission des relations
avec les citoyens et députée des Plaines.
Mme Lecours (Les
Plaines) : Mme la Présidente, alors, je dépose le rapport de la Commission
des relations avec les citoyens qui, les 25, 26 et 27 février ainsi que le
18 mars 2025, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 84, Loi
sur l'intégration nationale.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 830 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant [...] le
manque de personnel dans les établissements provinciaux crée une tension
croissante entre les agents et les détenus, rendant ainsi les activités de
surveillance de plus en plus risquées et moins sécuritaires;
«Considérant que la
fermeture de certains secteurs a entraîné une insatisfaction grandissante chez
les détenus, augmentant ainsi les tensions et le potentiel de violence;
«Considérant
que l'utilisation de drones pour la livraison de matériel a considérablement
augmenté ces dernières années, avec
la découverte de couteaux en céramique, de lames [en] scie et d'autres outils
pouvant servir d'armes, mettant en danger la sécurité des agents;
«Considérant que de
nombreuses armes artisanales ont été retrouvées en possession des détenus, ces
armes étant produites directement dans les établissements, augmentant ainsi le
risque d'agressions;
«Considérant
l'augmentation significative des agressions physiques à l'encontre des agents
correctionnels, ainsi que la détérioration de la sécurité dans les
établissements;
«Considérant la
hausse des problèmes de santé mentale parmi les détenus et l'imprévisibilité
accrue de leurs comportements, créant des situations encore plus dangereuses
pour les agents;
«Considérant
que les centres de détention fédéraux, qui accueillent une clientèle similaire
à celle des établissements provinciaux, ont déjà mis en place des
mesures de protection, notamment des vestes de protection, tout comme les
agences de sécurité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de fournir des vestes de protection aux
agents des services correctionnels du Québec dans l'exercice de leurs fonctions
afin de garantir leur intégrité physique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme de l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 461 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement du Québec utilise l'immigration pour répondre à la pénurie
de main-d'oeuvre, notamment attribuable au vieillissement de la
population, tout en promouvant "l'ouverture à l'immigration et à sa
contribution à la société québécoise";
«Considérant que, selon le ministre de
l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, "l'accueil en français dans les commerces du Grand Montréal a
reculé de 13 % en 13 ans", justifiant un investissement de
2,5 millions de dollars pour protéger la langue française;
«Considérant que la fermeture des groupes de
francisation contredit les orientations du ministère, visant l'augmentation des
services en francisation dans son Plan stratégique 2023-2027;
«Considérant que la loi 96
impose aux nouveaux arrivants de communiquer en français avec les organismes
gouvernementaux après six mois, ce qui sera impossible sans une francisation
adéquate;
«Considérant que, sans nouvelles places
rapidement disponibles pour les élèves évincés des centres de services scolaires,
ceux-ci risquent de perdre leurs acquis en francisation, de ne pas respecter
les exigences de la loi 96 et conséquemment de perdre leur permis
de travail;
«Considérant que l'éviction massive d'étudiants
en francisation exacerbe les inégalités d'accès à l'emploi et aux services
essentiels, augmentant le risque de discrimination, d'exclusion sociale et de
détresse psychologique chez la population immigrante;
«Considérant
que la dissolution d'équipes d'expertise en francisation et la perte d'emplois
d'une centaine d'enseignants passionnés compromettent la qualité de
l'enseignement et la continuité des services;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec la réouverture des groupes de
francisation fermés dans les centres de services scolaires.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Et, à nouveau, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 6 269 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le ministère de la Culture et
des Communications mettra fin à la mesure de gratuité dans les musées pour tous
les Québécoises et Québécois, qui était en vigueur tous les premiers dimanches
du mois depuis 2018;
«Considérant que ce changement sera effectif dès
le 2 mars 2025;
«Considérant
que la mesure est restreinte afin d'être offerte uniquement aux jeunes de moins
de 20 ans, lesquels vont majoritairement accompagnés dans les
musées;
«Considérant que les musées sont des acteurs
socioculturels significatifs, les gardiens de la mémoire et du patrimoine
québécois, et font déjà l'objet de sous-financement chronique;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec que la mesure de gratuité dans
les musées pour tous les Québécoises et Québécois soit maintenue tous
les premiers dimanches du mois.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Sherbrooke, à nouveau.
Mme Labrie : Il m'en reste deux, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 52 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement du Québec utilise l'immigration pour répondre à la pénurie
de main-d'oeuvre, notamment attribuable au vieillissement de la
population, tout en promouvant "l'ouverture à l'immigration et à sa
contribution à la société québécoise";
«Considérant
que, selon le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration, "l'accueil en français dans les commerces du Grand Montréal a reculé de 13 % en
13 ans", justifiant un investissement de 2,5 millions de
dollars pour protéger la langue française;
«Considérant que la fermeture des groupes de
francisation contredit les orientations du ministère, visant l'augmentation des
services en francisation dans son Plan stratégique 2023‑2027;
«Considérant que la loi 96 impose aux
nouveaux arrivants de communiquer en français avec les organismes
gouvernementaux après six mois, ce qui sera impossible sans une francisation
adéquate;
«Considérant
que, sans nouvelles places rapidement disponibles pour les élèves évincés des
centres de services scolaires, ceux-ci risquent de perdre leurs acquis en
francisation, de ne pas respecter les exigences de la loi 96
et conséquemment de perdre leur permis de travail;
«Considérant que
l'éviction massive d'étudiants en francisation exacerbe les inégalités d'accès
à l'emploi et aux services essentiels, augmentant le risque de discrimination,
d'exclusion sociale et de détresse psychologique chez la population immigrante;
«Considérant que la
dissolution d'équipes d'expertise en francisation et la perte d'emplois d'une
centaine d'enseignants passionnés compromettent la qualité de l'enseignement et
la continuité des services;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec la réouverture des groupes de
francisation fermés dans les centres de services scolaires.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Et j'ai reçu une
demande de Mme la députée de Sherbrooke pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition?
Consentement. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : On
a des citoyens actifs sur les pétitions, à Sherbrooke, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
199 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le ministère de la Culture et des Communications mettra un terme à la
mesure de gratuité dans les musées pour tous les Québécois, qui était en
vigueur tous les premiers dimanches du mois;
«Attendu que ce
changement de politique sera effectif dès le 2 mars 2025;
«Attendu que la
mesure est réorientée afin d'être offerte uniquement aux jeunes de moins de
20 ans;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec que la mesure de gratuité dans
les musées pour tous les Québécois soit maintenue tous les premiers
dimanches du mois.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
j'ai reçu une demande de Mme la députée de D'Arcy-McGee pour la présentation
d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation
de cette pétition? Consentement. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
626 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les personnes ayant une déficience intellectuelle ou autistes font face à
des obstacles importants pour accéder à des milieux de vie substituts — tels
que les appartements supervisés, ressources intermédiaires et de type familial — sécuritaires,
sains et stimulants;
«Considérant que
toutes ces personnes ont le droit de vivre dans des milieux qui leur assurent
une bonne qualité de vie;
«Considérant que de
nombreuses situations d'abus ont été rapportées dans des milieux de vie
substituts;
«Considérant que le
Québec doit respecter la Convention relative aux droits des personnes
handicapées;
«Considérant que le
manque d'options résidentielles entraîne souvent une inadéquation entre le
milieu de vie disponible et le projet de vie des personnes;
«Considérant qu'il
existe des modèles de milieux de vie substituts à but non lucratif qui
[correspondent] mieux aux besoins de ces personnes, développés par et pour le
milieu de la déficience intellectuelle et de l'autisme;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De renforcer la
formation du personnel et la surveillance des milieux de vie substituts pour
garantir des conditions de vie adéquates;
s'assurer que les ressources intermédiaires et de type familial s'adaptent aux
besoins évolutifs des personnes, en soutenant le maintien et le
rehaussement de leurs capacités;
«De donner la
priorité aux milieux de vie substituts à but non lucratif dans la création de
nouvelles places, et de faciliter leur développement partout; et
«D'augmenter et
stabiliser le financement des milieux de vie substituts à but non lucratif.»
Merci.
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la parole, en
question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
encore une autre journée où on en apprend davantage dans le scandale caquiste
SAAQclic. Rappelons à celles et ceux qui nous écoutent, Mme la Présidente,
qu'on parle ici d'un contrat qui va coûter aux contribuables plus de
1,1 milliard de dollars. On parle d'un dépassement de coûts de 500 millions de
dollars, au moment où on se parle. Ça, pour se figurer ça veut dire combien,
c'est plus que le coût de construction du Centre
Vidéotron à Québec, Mme la Présidente, qui était de 400 millions. On parle
de 500 millions de dépassement de coûts. Les payeurs de taxes qui écoutent à la maison, là, la période des
questions, Mme la Présidente, là, bien, ils paient des taxes, et la CAQ
gaspille. C'est ça, le scandale.
Ce qu'on
apprend, c'est qu'ils étaient au courant. Contrairement à ce qu'il a affirmé,
l'actuel ministre de la Sécurité publique, le 20 février dernier,
il était parfaitement au courant du dépassement de coûts, Mme la Présidente, et
ce, dès septembre 2021. Son collègue, ex-collègue ministre de la Cybersécurité,
il a démissionné pour moins que ça, lui, il a démissionné parce qu'il l'a su
neuf mois après l'ancien ministre des Transports.
Alors, ce qu'on demande de façon très claire au
premier ministre, là : C'est qui, le patron, là? Il ne peut pas tolérer
ça. Septembre 2021, son ministre connaissait, contrairement à ce qu'il a
affirmé en cette Chambre, connaissait les dépassements de coûts. C'est lui, le
patron, on lui demande de faire la seule chose, comme il a fait avec le
ministre de la Cybersécurité, et d'exiger immédiatement sa démission.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
d'abord, rappelons que ce fameux contrat pour SAAQclic a été donné par le
gouvernement libéral qui était là avant nous. Donc, on va se rappeler ça.
Comment a été négocié ce contrat-là, avec qui ça a été négocié, est-ce qu'ils
prévoyaient, dans ce contrat-là, qu'il pouvait y avoir des dépassements de
coûts ou non, ça, ça relève du gouvernement libéral de l'époque.
Maintenant, l'ex-ministre des Transports a été
très clair, il n'était pas au courant. Et, Mme la Présidente, je n'ai aucune
raison de ne pas croire l'ex-ministre des Transports, avec qui je travaille
depuis plusieurs années.
Donc, Mme la Présidente, le chef de l'opposition
officielle a demandé une commission d'enquête publique, on a accepté de faire
une commission d'enquête publique. Il a demandé que les résultats arrivent
rapidement, avant la prochaine élection, c'est prévu que les résultats vont
arriver d'ici le 30 septembre 2025. Donc, Mme la Présidente, laissons le
juge Gallant puis la commission faire son travail.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Tanguay : On apprend ce matin par
l'équipe d'enquête du Devoir , Mme la Présidente, que, la rencontre qui a
eu lieu en septembre 2021, les changements budgétaires et l'évolution des
risques étaient clairement identifiés. À
cette rencontre-là, il y avait notamment Sébastien Lépine, qui était son chef
de cabinet, qui a été pendant deux mois le chef de cabinet de l'actuelle
ministre des Transports, mais qu'elle a jugé bon de congédier la semaine
passée, Mme la Présidente.
Pourquoi son ministre est encore là? C'est lui,
le patron. Il doit démissionner.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, d'abord, Mme la
Présidente, le chef de cabinet, Sébastien Lépine, n'a pas été congédié.
Maintenant, quand j'écoute la question du chef
de l'opposition officielle, on voit qu'il dit une chose et son contraire. Il commence en nous parlant d'un
dépassement de 500 millions, puis, sa deuxième question, là, il n'est plus
dans un dépassement de 500 millions.
Mme la Présidente, l'ex-ministre des Transports
a été très clair. La Vérificatrice générale a confirmé la version de
l'ex-ministre des Transports. Laissons la commission faire son travail.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, c'est inexact, ce que vient d'affirmer le premier ministre.
C'est inexact que la Vérificatrice générale aurait confirmé la version des
ministres. Elle a dit, même, en conférence de presse, tout le contraire :
Je n'ai pas évalué la conduite des ministres. Elle s'est arrêtée là. Son
ministre, ce matin, questionné par les journalistes, n'a pas voulu confirmer la
tenue de la rencontre, il n'a même pas voulu confirmer la tenue de la rencontre
en septembre 2021, où les coûts sont passés de 458 millions à
682 millions. Il doit démissionner.
Présidente : ...le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je m'excuse, là, mais la
Vérificatrice générale a dit clairement que l'information qui a été donnée, de
682 millions, était une information inexacte, que c'était l'information
qu'a reçue le ministre des Transports.
Maintenant, la
commission d'enquête publique va poser toutes les questions à tous les
intervenants, et c'est ce qui était souhaité, puis je pense qu'on va avoir la
vérité, Mme la Présidente. Et on verra, entre le Parti libéral, qui essaie de
salir un juge, et de notre côté, qui a raison.
Présidente : Et attention de ne pas porter... prêter des intentions.
Troisième complémentaire.
M. Tanguay : On
se rappelle tous, Mme la Présidente, le 20 février dernier, jour du dépôt
du rapport de la Vérificatrice générale,
l'ancien ministre des Transports dire : On vous a menti, on nous a menti.
Bien, Mme la Présidente, à ce moment-là, il savait que c'était inexact, ce
qu'il affirmait, parce que, la rencontre de septembre 2021, il a été mis
au courant des dépassements de coûts. Alors, lorsqu'il disait, Mme la
Présidente : «On vous a menti», le 20 février, bien, c'est lui qui
nous mentait, le 20 février.
Présidente : M. le leader du gouvernement, c'est beau, je vais gérer
ça, je suis là pour ça. Vous savez très bien, M. le leader du premier groupe
d'opposition, que vous ne pouvez pas dire ces mots. Vous les retirez.
La Présidente :
Voilà. La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, j'invite le chef de l'opposition officielle à relire le
rapport de la Vérificatrice générale. Elle dit clairement,
article 24 : La direction du programme a véhiculé comme information
que les coûts étaient de 682 millions de... millions de dollars — pardon — sans
dépassement de coûts. Les informations transmises ne donnaient pas un portrait
juste de la situation.
Mme la Présidente,
maintenant, on va avoir l'UPAC, on va avoir l'Autorité des marchés publics, on
va avoir le juge Gallant qui va encore revoir ce que la Vérificatrice générale
a fait. Attendons les résultats.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Nelligan.
M. Derraji : Mme
la Présidente, maintenant, on comprend pourquoi le gouvernement ne veut pas
décaviarder les procès-verbaux. Je lance un défi au premier ministre :
Décaviardez les procès-verbaux, ça coûte zéro dollar, et on va comprendre, est-ce
que son collègue, qui est plus proche de lui maintenant, était au courant ou
pas.
La question est très
simple, Mme la Présidente, et c'est très sérieux. Il y avait des rencontres,
l'ex-ministre des Transports a eu des
rencontres avec le conseil d'administration. Pas plus qu'hier, je lui ai parlé
d'une rencontre en 2022, un an
après avoir mis au fait... Et d'ailleurs le journal Le Devoir ,
aujourd'hui, l'a clairement dit, il était en colère, le ministre.
Est-ce qu'il peut
nous dire aujourd'hui, le ministre, s'il a le courage, il a eu peur de quoi? Il
a eu... Cette colère est en lien avec quoi, Mme la Présidente? Qu'il se lève,
qu'il regarde les Québécois dans les yeux, qu'il leur dise pourquoi il était en
colère.
Présidente : La réponse du ministre de la Sécurité publique.
Bonnardel : Mme la Présidente, je ne laisserai personne ici douter de
mon intégrité, personne, et de celle de mon équipe, personne, de la voix du
premier ministre, de la voix de la ministre des Transports. Sincèrement, ça
m'écoeure de me faire mettre des mots dans la bouche puis de ne pas être
capable de me défendre. Pourquoi? Parce qu'on a décidé d'aller au fond des
choses. Le premier ministre l'a mentionné, on a démarré une commission
d'enquête pour faire toute la lumière sur ce dossier SAAQclic. Je serai
transparent, je donnerai toutes les informations, les tenants, aboutissants,
respect du budget, respect des échéanciers.
Et, n'oublions pas
une chose, comme le premier ministre l'a mentionné, tous les parlementaires — je
suis un parlementaire — le
dirigeant principal de l'information, la population, la CAP ont eu des
informations erronées et incomplètes. On fera la lumière sur ce fiasco, je vous
le garantis.
La Présidente :
Vous connaissez le décorum. Pas de bravo. On écoute les réponses. Je veux
entendre la...
Présidente : Silence! Je veux entendre la question. Première
complémentaire.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je suis prêt à croire le ministre. Décaviarde les
procès-verbaux, décaviarde les procès-verbaux. Et, une rencontre extrêmement
importante en 2022, mai 2022, de quoi, M. le ministre, avez-vous parlé avec le
conseil d'administration?
Présidente : ...à la présidente, M. le leader, vous le savez, c'est à
moi que vous devez parler.
M. Derraji : ...avec le conseil d'administration en 2022, mai
2022. De quoi il a parlé avec le conseil d'administration, une année
plus tard qu'il s'est...
La Présidente :
La réponse... La réponse du leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le
Parti libéral du Québec semble avoir des problèmes avec les commissions
d'enquête, hein? Quand est venu le temps de déclencher la commission
Charbonneau, là, le Parti libéral s'est battu durant
des mois pour ne pas faire la lumière sur les contrats de l'industrie de la
construction. Nous, il y a un enjeu qui a été soulevé, on n'a pas peur
de faire preuve de transparence, de donner tous les pouvoirs au juge Gallant
pour aller au fond des choses. La Vérificatrice générale du Québec a eu accès
aux procès-verbaux, à la totalité des procès-verbaux. Le juge Gallant, s'il souhaite les avoir, il aura
accès à tous les documents. Il va pouvoir assigner tout le monde. Il va pouvoir
faire la lumière là-dessus. Quel est votre problème avec les commissions
d'enquête? Pourquoi vous ne voulez pas faire preuve de transparence, au Parti
libéral du Québec?
Présidente : ...à la présidente, M. le leader.
Présidente : C'est ce que je viens de dire. Je viens de lui dire...
Présidente : M. le député de Nelligan, deuxième complémentaire.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je répète ma question. Vous voulez aller jusqu'au bout, pas de
problème, décaviardez les procès-verbaux. Ça coûte zéro dollar aux Québécois.
On n'a pas besoin de recruter un juge pour faire ça. On va tout savoir, Mme la
Présidente, on va tout savoir.
Acceptez-vous le défi
de décaviarder les procès-verbaux? Parce que, Mme la Présidente, il a eu des
rencontres, il a eu des briefings et malheureusement il n'a rien fait,
l'ex-ministre des Transports.
Présidente : La réponse du leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, la commission d'enquête mise sur pied va avoir accès à tous les
documents, à tous les témoignages. Il a le pouvoir d'assigner, Mme la
Présidente, il a le pouvoir de faire la lumière. Il a l'entière responsabilité,
autonomie, en toute impartialité et en toute indépendance.
Quel est l'enjeu, pour le Parti libéral du
Québec, d'aller au fond des choses, de respecter les lois et de respecter la
loi sur l'accès à l'information? La Vérificatrice générale a eu accès à ces
informations-là. Le commissaire Gallant va avoir accès.
Ici, on est plutôt dans une situation où le
commissaire de Nelligan veut se substituer au commissaire Gallant, Mme la
Présidente.
La Présidente : Bon, vous connaissez
la règle, on...
Présidente :
Article 32, décorum, gardez le silence. C'est
bon? Gardez le silence.
Article 32. On appelle ses collègues par
leur
titre uniquement.
En question principale, je reconnais le chef de
l'opposition officielle. Nous vous écoutons.
M. Tanguay : Là, Mme la Présidente,
vous venez faire un rappel au décorum. Pourquoi? Parce que ça rit, l'autre
bord. Ça rit, l'autre bord. Celles et ceux qui écoutent ça, là... Puis ils
nient avoir ri. Wow!
La Présidente : Bon. J'aimerais
qu'on écoute la question tout comme nous écouterons la réponse, parce que,
pendant la réponse, ça chahutait aussi de votre côté. Alors, il faut être
équitable ici. On se tait. On écoute la question.
M. Tanguay : Donc, rappel au
règlement parce que ça rit, du côté de la CAQ, d'un dépassement de coûts de
500 millions de dollars.
Mme la Présidente, 1,1 milliard, le
scandale caquiste SAAQclic. La preuve est faite ce matin dans le journal Le
Devoir . Une présentation a été faite au ministre du Transport de l'époque,
qui, clairement... On peut lire dans l'article du Devoir , Mme la
Présidente : «Déjà, lors de la rencontre de septembre 2021, les coûts de
la livraison 2 avaient pratiquement quadruplé, peut-on constater dans les
documents présentés au ministre.» Ça, c'est un travail rigoureux journalistique
de l'équipe d'enquête du Devoir , Mme la Présidente. Ça les fait rire.
Ils disent qu'ils sont transparents, ils ne
veulent même pas décaviarder les procès-verbaux, ils se cachent derrière la loi
d'accès à l'information. Ils ne...
Présidente : Oui, M. le leader du gouvernement, je vais vous
reconnaître. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, on sait que le député de LaFontaine...
La Présidente : Quel est votre rappel
au règlement? Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le mot utilisé est au lexique, il doit le retirer. Et, madame...
La Présidente : Voilà. Le mot est au
lexique, M. le chef, vous le savez. Vous le retirez?
La Présidente : Poursuivez. Il vous
reste 29 secondes.
M. Tanguay : Alors, on sait, Mme la
Présidente... Puis, encore une fois, ça a été suffisant pour le ministre,
l'ex-ministre de la Cybersécurité, de démissionner, parce qu'il avait su les
dépassements de coûts en juin 2022. L'ancien
ministre des Transports a su les dépassements de coûts neuf mois plus tôt,
28 septembre 2021. Et, lorsqu'il disait, le 20 février dernier,
qu'on lui avait menti, force est de constater que c'est inexact, basé sur
l'enquête journalistique.
Le patron, c'est qui, le patron? Il tolère ça,
lui? Il doit démissionner, son ministre.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, ceux qui sont un petit peu attentifs vont avoir compris que
le chef de l'opposition officielle fait exprès pour mélanger deux données.
D'abord, un coût de 682 millions, qui n'était pas le bon coût, que la Vérificatrice générale a confirmé, que
l'ex-ministre des Transports a confirmé. Puis là ce que le chef de l'opposition officielle est en train de nous dire,
c'est 1,1 milliard, 500 millions de plus, Le Devoir parle de ça. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai, Mme la
Présidente.
moi, je trouve ça gênant, gênant de voir le Parti libéral du Québec, qui est un
grand parti... qui a été un grand parti, aller contester le juge
Gallant, le juge Gallant qui est réputé partout au Québec, qui a fait la commission
Charbonneau, qui a fait... qui a été en charge, Mme la Présidente, du Bureau de
l'inspecteur général de Montréal, qui a été président de l'Autorité des marchés
publics. Et là le Parti libéral du Québec essaie de salir le juge Gallant.
C'est gênant.
Présidente : M. le leader de l'opposition officielle. Votre rappel au
règlement?
M. Derraji : Oui.
Je comprends que c'est difficile pour le premier ministre, ces journées...
Présidente : Votre rappel au règlement?
M. Derraji : C'est...
Deux fois, il nous prête des intentions. Qu'il les retire, qu'il les...
La Présidente :
...M. le leader du gouvernement,
je trancherai. Ce mot est au lexique. Je vous invite, M. le premier
ministre, à le retirer. Retirez le mot «salir». Vous le savez. Et poursuivez
votre réponse, il vous reste 22 secondes.
M. Legault : Oui,
bien, je le retire, là. Mais je ne comprends pas que le Parti libéral n'ait pas
confiance au juge Gallant, avec tous ses
états de service. C'est quelqu'un, là... personne ne doute de son intégrité.
Pourquoi le Parti libéral est rendu aussi bas?
Présidente : Première...
La Présidente :
On retrouve le silence. Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, on est au coeur d'un scandale, SAAQclic, scandale caquiste. On
parle de centaines de millions de dollars payés par les payeurs de taxes, Mme
la Présidente. Il a été démontré, oui, par Le Devoir , excellente
enquête journalistique... Ça, on n'a pas besoin de la commission d'enquête pour
le savoir. Que le ministre réponde. Il a
refusé de répondre. Il y a eu une rencontre en septembre 2021, il a su que les
coûts passaient de 458 à 682. C'est un dépassement de coûts. Qu'il
réponde ou qu'il démissionne.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, vous venez de voir, là, un virage à 180 degrés. On a un
chef de l'opposition officielle qui commence
en disant : C'est passé de 682 à 1,1, puis là il est rendu qu'il nous
parle : Non, non, ça a augmenté jusqu'à 682. N'importe quoi, Mme la
Présidente, n'importe quoi pour salir...
Présidente : Je suis debout. Je suis debout.
Présidente : Je suis
debout, messieurs. Pour les gens qui nous écoutent, quand je suis debout, les
micros coupent et les députés parlent dans le vide.
M. le premier
ministre, ne pas employer ce mot, le retirer, je vous prie, et poursuivre. Il
vous reste 20 secondes. Vous le retirez?
M. Legault : Oui.
Oui. «Ternir», peut-être, là. Je n'avais même pas dit salir qui, quoi, comment,
là. Mais, bon, Mme la Présidente, le Parti libéral a demandé une commission
d'enquête publique. On n'a pas traîné comme le Parti libéral pour la
commission Charbonneau, on a donné tous les pouvoirs au juge Gallant. Nous, on
est transparents.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Là,
Mme la Présidente, là, le premier ministre vient de nous démontrer qu'il ne
connaît pas le dossier, il y a des chiffres,
là, qu'il mélange tout, 458, 682, 1,1 milliard. Le contrat a commencé à
458 millions de dollars. En
septembre 2021, explosion des coûts, 682 millions de dollars.
Vérificatrice générale : Ça va être plus de 1,1 milliard.
Là, le premier
ministre comprend-tu mieux le dossier? On ne mélange rien, ici, on connaît le
dossier. Et on constate une chose, c'est que le patron n'est pas patron. Il
tolère un ministre qui a menti.
Présidente : Bon. M.
le leader du gouvernement, c'est beau. M. le chef de l'opposition officielle,
vous êtes...
La Présidente :
M. le chef de l'opposition officielle, je vous parle. Vous êtes chef, vous avez
énormément d'expérience, vous connaissez les mots non parlementaires, et là
c'est la deuxième fois que je vous demande de retirer ce mot...
Présidente : ...vous
le retirez, et de ne plus le... vous connaissez notre règlement, de ne pas
l'utiliser. Nous allons poursuivre. Maintenant, réponse.
M. Legault : Oui.
Bien, Mme la Présidente, on a tous entendu, là, le chef de l'opposition
officielle a commencé en parlant d'un dépassement qui passait de 600 millions
à 1,1 milliard, une augmentation de 500 millions. Là, il voit qu'il
s'est gouré pas à peu près, donc là, il est rendu qu'il parle de 458 à 682. Il
dit n'importe quoi, n'importe quoi.
Il a demandé une
commission d'enquête publique, on a accepté rapidement, contrairement à Jean
Charest, contrairement au Parti libéral, qui a traîné, traîné, traîné pendant
des mois, qui ne voulait pas qu'on aille au fond des choses. Nous, on va aller
au fond des choses.
Présidente : En question principale — vous gardez le silence,
et aucun bravo — M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je comprends le premier ministre, c'est une journée extrêmement
difficile, avec les révélations de
l'excellente équipe d'enquête du journal Le Devoir . Je les
comprends. Je les comprends, parce que les
révélations sont troublantes, parce qu'il y a quelques jours il a mis dehors
l'ancien ministre de la Cybersécurité pour moins que ça. Lui, il a su ça
une année plus tard, son collègue, son collègue.
Regardez, Mme la
Présidente, il s'est fâché, le ministre en colère, et il semblait bien au fait,
et il a demandé qu'on lui parle de
l'explosion des coûts, mais il n'a pas cru bon de demander la ventilation des
coûts d'exploitation dans la présentation.
Alors, Mme la
Présidente, un ministre responsable, c'est sous sa responsabilité, la SAAQ,
c'est une société d'État, la question qui se
pose : Il était où, le ministre? Pourquoi il n'a pas fait les suivis
nécessaires, pour qu'on se ramasse, quatre ans plus tard, avec un
rapport accablant de la VGQ?
La Présidente :
La réponse du leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, la commission d'enquête va faire
la lumière sur l'ensemble du dossier SAAQclic, de l'attribution du contrat, Mme
la Présidente... Et je vous rappellerais que c'est le Parti libéral, hein, qui
a fait l'idéation et qui a généré le contrat, qui a lui-même rédigé les clauses
du contrat. Alors, la commission d'enquête va pouvoir faire la lumière sur
l'ensemble du processus, Mme la Présidente, du début à la fin. Mais le Parti
libéral du Québec a vraiment un problème avec les commissions d'enquête, Mme la
Présidente. Lorsqu'est venu le temps de déclencher
la commission Charbonneau, Mme la Présidente, je me souviens encore de l'ancien
député de Saint-Laurent, qui
était ministre de la Justice à l'époque, qui avait dit : On va créer une
commission d'enquête, mais sans pouvoir de contrainte, Mme la Présidente. Puis
il avait dû reculer, parce qu'il ne voulait pas donner tous les pouvoirs à la
juge Charbonneau à l'époque, Mme la Présidente, puis il avait dû reculer.
Nous, on déclenche une commission d'enquête avec
quelqu'un d'indépendant, d'impartial, qui a une longue feuille de route, qui a tous les pouvoirs pour enquêter, mais ça ne
satisfait pas le Parti libéral du Québec, encore une fois, parce qu'ils ont un enjeu avec les commissions d'enquête,
ils ne veulent pas aller au fond des choses. Est-ce que c'est parce que, Mme la
Présidente, c'est eux qui ont attribué le contrat de SAAQclic?
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente,
s'ils ont le courage, ils veulent aller jusqu'au bout, décaviardez les
procès-verbaux, décaviardez les procès-verbaux, ça va coûter moins cher aux
Québécois.
Mme la Présidente, la question est très simple,
le ministre des Transports... l'ex-ministre des Transports était au courant, il a eu une présentation, y compris
les frais d'exploitation à l'intérieur, il était fâché. Ma question est très
simple : Qu'est-ce qu'il a fait, depuis 2021, à part donner un sale
cadeau à sa collègue?
La Présidente : La réponse du leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, la commission d'enquête qui a été déclenchée va faire la lumière
sur tout le processus de ce dossier de CASA, de SAAQclic, de la planification
du projet, à l'époque, du Parti libéral du Québec,
sur l'attribution de contrats. Mais il faut se rappeler, Mme la Présidente, que
la planification du projet a commencé avec le Parti québécois également.
Donc, le commissaire va avoir l'entièreté des pouvoirs, Mme la Présidente, pour
faire la lumière sur l'ensemble du dossier.
Et je vous rappellerais, Mme la Présidente, que
la seule personne qu'ils ont exclue du Conseil des ministres, c'était un
policier, c'était Robert Poëti, qui voulait faire le ménage, puis le Parti
libéral du Québec l'avait mis dehors, Mme la Présidente. Ça, on se rappellera
de ça, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente, j'ai
une question très simple à l'ex-ministre des Transports, qui a assisté à cette rencontre, et il était très en colère :
Est-ce qu'il a demandé la ventilation des coûts d'exploitation en 2021? La
question est très précise. Il était là, il a assisté. Est-ce qu'il a demandé
les coûts d'exploitation? Parce que, Mme la Présidente, il y a un seul
ministre qui a payé jusqu'à maintenant, mais il y a un qui est responsable de
ce fiasco, et il est là encore. Il lui reste une seule chose :
démissionner.
La Présidente : La réponse du leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, essentiellement, ce que nous propose le député de Nelligan, c'est
de se substituer à la commission d'enquête, qui est indépendante et impartiale.
Le commissaire de Nelligan veut faire... veut pointer du doigt tout le monde,
Mme la Présidente.
La Présidente : C'est beau, M. le
leader, je vais gérer ça. M. le leader du gouvernement, on s'interpelle par
notre
titre uniquement, et vous le savez. Poursuivez. Et vous vous taisez.
Poursuivez.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, il y a une confusion...
M. Jolin-Barrette : Bien, je n'ai
pas besoin de retirer, ce n'est pas au lexique.
La Présidente : Retirez. Mais
surtout on s'interpelle par notre titre.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je vais retirer, mais je ne pense pas que «commissaire» est au
lexique. Vous voulez que «commissaire» soit au lexique?
La Présidente : Vous savez ce que je
veux dire.
Jolin-Barrette : Alors, Mme la Présidente, le député de Nelligan
veut jouer au commissaire, mais, Mme la Présidente, est-ce qu'il veut
encore une commission d'enquête? Est-ce qu'il attaque la commission d'enquête
parce qu'il craint d'être éclaboussé? Est-ce que le Parti
libéral du Québec, qui a attribué les contrats de SAAQclic, sont nerveux, Mme
la Présidente? Nous, de ce côté-ci de la Chambre, on n'a pas peur, Mme la
Présidente.
La Présidente : En question
principale...
La Présidente : Une seule personne,
maintenant, a le droit de parole, c'est la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, on apprend que les musées du Québec luttent pour leur
survie. Ils coupent dans leurs heures d'ouverture, ils coupent dans leurs
employés, il y en a même carrément qui ferment
leurs portes. Depuis que la CAQ a coupé la gratuité les dimanches, la
fréquentation des musées est en chute libre. Un gouvernement qui se dit
nationaliste devrait avoir honte de ça.
Je cite la directrice générale du Musée Pop à
Trois-Rivières : «On est submergés par la culture américaine et on essaie de faire découvrir notre culture aux
immigrants et aux jeunes, qui s'y intéressent de moins en moins. Il faudrait
juste augmenter un peu notre financement pour qu'on puisse jouer notre rôle.»
Fin de la citation.
Faire découvrir notre culture québécoise, dont
on est fiers, à tout le monde, aux jeunes, aux familles, il me semble que le
premier ministre devrait encourager ça. C'est bien beau que le premier ministre
nous parle de sa fierté, on est tous fiers, je suis fière de notre culture
québécoise, tous les collègues ici sont fiers de notre culture, les Québécois, on est fiers, mais il faut que le premier ministre
prouve qu'il est réellement fier, et on va le juger à ses actions, parce que,
quand on regarde où est-ce qu'il met
l'argent public, il n'en a que pour les Northvolt, les Kings et autres
entreprises étrangères.
Le budget
s'en vient, puis je lui donne une chance pour corriger le tir. Est-ce que les
musées, la semaine prochaine, quand le budget va être publié... est-ce
qu'ils vont avoir une bonne nouvelle?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Mme la Présidente, toujours, toujours j'ai
privilégié la culture. Vous êtes bien placée pour le savoir.
Quand je suis arrivé au gouvernement, le budget
de la culture, là, incluant les crédits d'impôt pour la culture, c'était
1,2 milliard. Cette année, c'est 1,9 milliard. C'est une augmentation
de 58 %. Il n'y a aucun ministère qui a eu une plus grosse augmentation
que la culture depuis six ans.
Puis je demande à la cheffe du deuxième groupe
d'opposition d'être patiente. C'est mardi, le prochain budget. On va continuer
de privilégier la culture. C'est très important pour notre identité. Il faut
défendre notre langue. Il faut défendre aussi nos valeurs, incluant l'égalité
entre les hommes puis les femmes. Il faut aussi défendre la laïcité. Donc,
j'espère que la cheffe du deuxième groupe d'opposition va applaudir le budget
mardi prochain.
La Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal : Ce qui est important,
ce n'est pas moi, c'est les musées. Il y a des musées qui ferment, qui
réduisent leurs heures d'ouverture sur la Côte-Nord, Trois-Rivières,
Victoriaville, Laval, partout. Les faits sont têtus. Entre 2019 et 2024, tout a augmenté, sauf les subventions de la CAQ pour
nos musées. Les subventions de la CAQ pour nos musées ont baissé, c'est
un fait.
Donc, de ce que j'entends du premier ministre,
les subventions vont augmenter. Est-ce qu'il peut s'engager tout de suite que
les subventions pour les musées vont augmenter?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, d'abord, le budget total de la culture a augmenté de 58 %. Il
y a des endroits où ça augmente plus, entre autres les séries, les films, on en
fait plus, puis je ne pense pas que la chef du deuxième groupe d'opposition
soit contre ça.
Pour ce qui est des musées, le budget a augmenté
de 31,5 % déjà, là, avant mardi prochain. Donc, Mme la Présidente, s'il y
a un gouvernement au Québec, dans toute l'histoire du Québec, qui a privilégié
la culture, c'est notre gouvernement.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Dans
l'article du Devoir , ce que les musées disaient était clair. Depuis 2019
à 2024, leurs budgets, le programme pour les musées a baissé. Moi, ce que je
veux entendre, en ce moment, c'est un engagement très clair de la part du
premier ministre, qui dit que les budgets vont augmenter, parce que tous les
coûts augmentent, les salaires, les... tout
coûte très cher, même pour les musées. C'est notre culture. C'est pour les
jeunes, pour les immigrants, pour les familles. J'aimerais entendre un
engagement ferme de la part du premier ministre, aujourd'hui, que les budgets
pour les musées vont augmenter.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, déjà les budgets ont augmenté. Je ne peux pas,
malheureusement, dévoiler le budget de mardi
prochain, mais qu'elle reste à l'écoute, pour parler en français, et qu'elle
soit présente mardi prochain. Je pense qu'elle va être contente, son
chum aussi.
La Présidente :
En question principale, je reconnais... Oui, M. le leader du deuxième
groupe, quel est...
La Présidente :
Je suis debout. On n'entend
personne. On n'entend personne, et je vous demande de vous taire.
Quel est votre rappel
au règlement, s'il vous plaît, quel article?
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, les
références aux vies personnelles des collègues, là, c'est de mauvais goût. Je
demande au premier ministre de retirer ses propos.
Présidente : Tout est relatif. Les gens jugeront, M. le leader.
Nous allons
poursuivre en question... On a des questions. En question principale, je
reconnais le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Mme
la Présidente, je souhaite d'abord féliciter le député d'Orford pour ses
nouvelles fonctions et le courage qui est associé à ce ministère.
On parle beaucoup de
SAAQclic, à juste titre, Mme la Présidente, car, faut-il le rappeler, c'est un
projet qui a été livré en retard, qui ne marchait pas, et qui encore
aujourd'hui ne répond pas aux besoins, et qui a coûté plus que 1 milliard,
sans même la phase III. Rappelons que 1 milliard, c'est
200 000 $ par jour pendant 13 ans. Et on ne peut pas croire que
ce gouvernement de comptables n'était pas au courant, au moins de gros bouts.
Et donc savoir qui savait quoi, qui a menti, qui était responsable et qui en a
pris action est important. Mais...
Présidente : M. le leader du gouvernement, je vais vous écouter.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, c'est au lexique, il doit le
retirer.
Présidente : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Cliche-Rivard : Mme la Présidente, dire que quelqu'un ment est au
lexique. P oser la question de savoir qui a menti, ça, c'est permis en cette
Chambre.
Présidente : Non, ça, c'est faire indirectement ce qu'on ne peut pas
faire directement, ce n'est pas permis. Il y
a de la jurisprudence, ce n'est pas permis. Monsieur, retirez ce mot,
choisissez-en un autre et poursuivez. Retirez-le et poursuivez. Vous le
retirez?
M. Bouazzi : Je
le retire, absolument. Ce n'était pas le but. Ce qui est important, Mme la
Présidente, c'est que cela ne suffira pas. À
titre d'exemple, il y a
maintenant... En 2019, on a annoncé une stratégie infonuagique qui était
censée ramener 100 millions par an. Au bout de trois ans,
aujourd'hui, six ans plus tard, ce n'est pas fini, elle nous coûte
100 millions par an. Et je n'ai pas parlé de SAGIR, de RENIR.
Élargissez la
commission.
Présidente : La réponse du leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, la Vérificatrice générale a dressé
un constat sur les enjeux avec le programme... CASA, pardon, et SAAQclic. Et le
gouvernement, Mme la Présidente, a pris acte du rapport de la Vérificatrice
générale, comme tous les parlementaires, ici, qui ont pris acte du rapport.
Suite à ça, Mme la
Présidente, pour aller au fond des choses, notre gouvernement a déclenché une
commission d'enquête, promptement. Mme la
Présidente, avec tous les pouvoirs associés à la
Loi sur les commissions
d'enquête, la nomination d'un juge indépendant, qui a une expérience
considérable en matière de poursuites criminelles, de poursuites
pénales, autant sur le niveau québécois que le niveau fédéral, en matière de
commissions d'enquête, en matière d'intégrité
des marchés publics, en matière de contrats, autant au niveau municipal,
fédéral et québécois, Mme la Présidente, qui va pouvoir faire la
lumière, en toute indépendance, en toute impartialité, va pouvoir aller au fond
des choses, et la problématique reliée au dossier de CASA, Mme la Présidente,
dès la planification, l'exécution, l'évolution va pouvoir être couverte, de
l'époque du Parti québécois jusqu'à aujourd'hui, Mme la Présidente. Alors, pour
nous, le travail va aller d'être au fond des choses.
Présidente : Première complémentaire.
M. Bouazzi : On
essaie d'être constructifs, ici, Mme la Présidente. Et laissez-moi être
d'accord. Effectivement, les fiascos n'ont
pas commencé avec la CAQ, il y en a eu les uns après les autres. Pour SAGIR, ça
a commencé avant vous, ça a coûté plus que 1 milliard. Pour RENIR, ça
va dépasser le milliard. Et on parle ici de savoir qui conduit quoi, pour la
SAAQ, là. Ce n'est pas très compliqué de gérer une base de données avec des
permis de conduire et des voitures immatriculées. Imaginez, pour le service de
santé, ce que ça va nous coûter si on a les mêmes dépassements. Élargissez pour
réussir la suite, pour votre nouveau ministre.
Présidente : Le leader du gouvernement et sa réponse.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, la commission d'enquête qui a été
déclenchée va faire la lumière sur l'ensemble
du dossier CASA. C'est ce qui était demandé par les partis d'opposition, et on
a réagi favorablement, Mme la Présidente, et extrêmement rapidement à
mettre en place une commission d'enquête, d'ailleurs avec un rapport qui va
être rapide, au 30 septembre prochain, comme le demandait le Parti libéral
du Québec, pour faire toute la lumière sur ce dossier-là. On n'a rien, Mme la
Présidente, à cacher, de ce côté-ci de la Chambre, et toute la lumière va être
faite, en lien avec le rapport de la commission d'enquête, qui va être rendu
publiquement. Le commissaire a les pouvoirs prévus à la
Loi sur les commissions
d'enquête. Et c'est ce qui va être fait au cours des prochaines semaines, des
prochains mois. Et les travaux se dérouleront en toute indépendance.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Bouazzi : Bien,
laissez-moi d'abord, Mme la Présidente, rappeler que ce n'est pas le Parti
libéral qui a demandé la commission d'enquête, c'est nous qui la demandons déjà
depuis deux ans. D'ailleurs, il ne l'a pas demandé probablement pour une bonne
raison, c'est que vous avez raison de dire que le contrat a été donné avant
votre arrivée. Mais ce n'est pas le seul
fiasco. Ici, on essaie d'être constructifs. Il y a des milliards de dollars,
40 milliards de dollars en contrats informatiques, depuis maintenant
10 ans, qui ont été donnés. Rentrer dans la SAAQ, ça ne suffira pas.
Élargissez, car vous n'avez rien à cacher.
Présidente : Et je vous rappelle que vous parlez à la présidente et
non directement au gouvernement. La réponse du leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, Mme la
Présidente, j'apprécie l'intervention du député de Maurice-Richard, qui confirme la mauvaise gestion du Parti libéral
du Québec relativement à ce dossier-là. Alors, je crois que son point de
vue, il est très pertinent en ce sens où il constate qu'effectivement le projet
a débuté sous le Parti québécois et l'attribution du contrat s'est faite sous
le Parti libéral du Québec. Alors, je joins ma voix à lui, Mme la Présidente,
pour constater la teneur de son propos et faire en sorte qu'effectivement
l'enjeu du dossier de CASA et de SAAQclic a évolué grandement sous l'ère du
Parti libéral du Québec, comme c'était à l'époque de la commission Charbonneau,
Mme la Présidente. Et le commissaire va être en mesure de faire toute la
lumière sur l'entièreté du projet, incluant la période du Parti libéral du
Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : En question...
Présidente : Silence pour tout le monde. Une seule personne aura le
droit de parole. En question principale, je reconnais le chef du troisième
groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, le
premier ministre vient de réitérer, aujourd'hui, que l'ex-ministre des Transports n'était pas au courant. Il ajoute
même à nouveau qu'il n'a aucune raison de douter de cette version des faits.
Rappelons
que l'ex-ministre des Transports, l'actuel ministre de la Sécurité publique, a
déclaré la chose suivante, le 25 février 2025, je cite : «Mme
la Présidente, j'ai le courage de me lever et de dire que je n'ai pas parlé au
président du conseil d'administration, je n'ai pas parlé au conseil
d'administration, aucunement, avec personne pour la situation de SAAQclic que
lui mentionne, au mois de juin 2022.» Fin de la citation.
Le premier ministre a
déclaré, le 3 mars 2025 : «Que ce soient les coûts, que ce soit le
fiasco de la planification du système informatique, ni le MCE ni les ministres,
selon ce qu'ils me disent, n'étaient au courant. Si jamais il y a quelqu'un qui savait, pour moi c'est important,
l'intégrité, l'imputabilité et la transparence, il y aura des conséquences.»
aujourd'hui, grâce au Devoir , on sait que le ministre a été informé des
déboires financiers du projet SAAQclic dès septembre 2021. Non seulement
il était bien au courant des dépassements de coûts, il a demandé un suivi à
chaque mois. Ils ont même scindé les contrats, au mois de juin 2022, de sorte à
ce que ça n'apparaisse pas dans le système d'appel d'offres. Donc, la
version...
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, la Vérificatrice générale du Québec a été claire. Le montant
qui a été donné au ministre des Transports de l'époque, c'était
682 millions, et finalement on est rendus à 1,1 milliard. Elle a dit
clairement : Le ministre des... le ministre des Transports de l'époque a
eu de la mauvaise information.
aujourd'hui, le chef du Parti québécois arrive puis essaie d'utiliser un
article, qui parle toujours du 682 millions de dollars, pour
essayer de remettre en doute la parole de l'ex-ministre des Transports. Mme la
Présidente, on a nommé le juge Gallant. Je sais, le chef du PQ, qui est
pourtant avocat, remet en doute l'intégrité du juge Gallant...
Présidente : M. le député de Matane-Matapédia. Quel est votre rappel
au règlement?
M. Bérubé : ...prêter
des intentions. Le premier ministre sait très bien que le juge a même invité la
présidente du Conseil du trésor à son assermentation, en février dernier. C'est
assez proche.
Présidente : Bon. On ne fait pas, M. le député, un débat à l'intérieur
du débat.
M. le leader du
gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
Jolin-Barrette : ...Présidente, ce n'est pas une question de
règlement, et ils mettent en doute l'impartialité du juge.
Présidente : Je suis debout. Et c'est la raison pour laquelle je
demande au premier ministre de poursuivre. Nous
demeurons respectueux. Il s'agit ici d'une opinion, d'une critique du travail.
Demeurons respectueux. Il vous reste 44 secondes.
M. Legault : Mme la Présidente, on a mis en place une
commission d'enquête publique. On ne s'est pas attardés puis passé des
mois à se le faire demander comme le Parti libéral. On a nommé le juge Gallant
comme commissaire responsable, il a toute la
compétence, l'intégrité. Et je ne comprends pas le chef du Parti québécois
d'aller jouer dans le même terrain, là, dans la boue, comme le Parti
libéral.
Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : À partir de septembre 2021, l'ex-ministre des
Transports était tellement au courant des dépassements de coûts qu'il a demandé
un suivi mensuel, et là on essaie de nous faire croire qu'il n'était pas au
courant. À partir du moment où le premier ministre conserve son ministre de la
Sécurité publique, avec ce qu'on sait aujourd'hui,
ce n'est pas seulement le jugement du ministre qui est en jeu, c'est le
jugement du premier ministre qui est en jeu.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, parlons du jugement. Hier, le chef du troisième groupe
d'opposition a dit en Chambre puis il a écrit sur X que le nombre de personnes
qui donnent des services en santé avait augmenté de 9 %. La vérité, c'est
que ça a augmenté de 25 %. Je pense que, s'il y a quelqu'un ici en qui on
ne devrait pas avoir confiance, c'est le chef du PQ.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, je ne
changerai pas le sujet. Le ministre, l'ex-ministre des Transports était
au courant. Le premier ministre a dit : «Si jamais il y a quelqu'un qui
savait, pour moi l'intégrité, l'imputabilité et la transparence, c'est
important, il y aura des conséquences.» C'est le jugement du premier ministre
qui est en cause. Est-ce qu'il va démettre l'actuel ministre, oui ou non?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, à chaque jour, à chaque jour, le chef du troisième groupe
d'opposition arrive avec des faits qui sont inexacts, pour ne pas dire pire.
Là, il vient nous dire : Le ministre des Transports était au courant.
C'est faux, Mme la Présidente. Puis il y a un juge, le juge Gallant, en qui
nous, on a confiance, c'est un gars qui est compétent,
qui... qui a eu des expériences avec la commission Charbonneau, la ville de
Montréal, l'Autorité des marchés publics. Puis là le chef du PQ, là,
s'amuse à dire n'importe quoi...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...des
faussetés presque à tous les jours. Ce n'est pas ça, la façon de faire de la...
Présidente : M. le premier ministre, je vous demande de retirer un mot
qui est au lexique. Vous le savez, vous ne pouvez pas dire qu'il dit des
faussetés. Retirez-le. Vous le savez.
La Présidente :
Parfait. En question principale, je reconnais maintenant le député de
Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Mme
la Présidente, j'avais une série de trois questions à poser sur les services de
garde, mais ça a l'air que j'aurai juste la principale. Mais allons-y quand
même.
Dans les journaux, aujourd'hui,
on apprend une chose assez étonnante. Même au sommet de l'échelle, après 14 ans d'ancienneté, il y a des éducatrices
en service de garde, en CPE, qui ont besoin d'aller à la banque alimentaire
pour boucler la fin du mois. On ne leur offre pas un salaire
suffisamment décent pour payer l'ensemble de leurs dépenses. On est rendus bien bas, au Québec, Mme la
Présidente, quand une éducatrice de CPE à temps plein a besoin d'aller dans une
banque alimentaire pour boucler sa fin de mois.
Autre
catastrophe, le cégep Gérald-Godin annule la cohorte de la technique en
éducation à l'enfance pour l'année prochaine,
pas assez d'inscriptions. Ça ne va pas déjà assez mal, Mme la Présidente, on se
magasine des problèmes encore plus sérieux dans le futur parce qu'on n'aura pas
de personnes pour les remplacer, les éducatrices qui vont prendre leur
retraite.
Puis
finalement c'est la grève aujourd'hui, c'est la grève hier, peut-être une grève
générale, puis on commence l'étude d'un projet de loi qui vise à retirer
le droit de grève aux éducatrices...
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Il
y avait plusieurs sujets, mais je pense qu'on va prendre le sujet d'ouverture
de ce dossier-là. Parlons des éducatrices en
CPE, Mme la Présidente. Dans la dernière négociation, nous sommes le
gouvernement qui a... qui a le plus
considéré les éducatrices en CPE dans l'histoire de tous les gouvernements en
leur accordant une augmentation de 18 % sur trois ans.
Maintenant, je rappellerai qu'on est en
négociation. J'ai fait une offre à la CSN, parce qu'on a réglé avec les deux
autres syndicats, avec... dans des ententes qui ont été entérinées, fortement
entérinées par les autres éducatrices, parce qu'elles
sont justes, équitables et qu'elles prennent... elles prennent en compte leur
réalité mais aussi l'intérêt des parents et de nos enfants, parce que c'est notre
préoccupation, de ce côté-ci de la Chambre.
Alors, j'ai fait une
nouvelle offre, on a fait un nouveau dépôt. On a intensifié. Et je répète qu'on
est capables, si tout le monde est de bonne volonté tout le tour de la table,
de s'entendre rapidement, comme on l'a fait avec les deux autres syndicats.
Présidente : Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la motion rubrique sans
préavis, et, pour ce faire, je cède la place au troisième vice-président
de l'Assemblée nationale. Merci à vous.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour, collègues. En fonction de nos règles
et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre
du groupe formant le gouvernement et je cède la parole à Mme la ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Fréchette : ...je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse l'importance de soutenir, en cette période d'incertitude
économique, les entreprises qui emploient des travailleurs et contribuent au
développement économique sur le territoire québécois;
«Qu'elle reconnaisse
l'importance d'agir afin de protéger les travailleurs québécois menacés par
l'imposition de tarifs douaniers, sans égard à la nationalité de leur
employeur.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement. Et la prochaine
motion...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : La prochaine motion revient aux membres du groupe
formant l'opposition officielle. M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député des
Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale se rappelle les propos du ministre de la Sécurité publique, le
20 février 2025, voulant que "les ministres concernés, moi-même, ma
collègue aux Transports, on n'a pas eu la bonne information qui venait du comité
de direction de la SAAQ pour comprendre ce qui s'est passé avec le dossier
SAAQclic.";
«Qu'elle prenne acte
qu'en dépit de cette affirmation, il est révélé ce matin par Le Devoir
que le ministre de la Sécurité publique était informé des dépassements de coûts
dans le dossier SAAQclic dès septembre 2021;
«Qu'enfin, en
application du principe de responsabilité ministérielle, elle exige que le
ministre de la Sécurité publique et ex-ministre des Transports reconnaisse sa
responsabilité dans ce fiasco et démissionne sur-le-champ.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Pour la prochaine motion,
qui revient au deuxième groupe d'opposition, je reconnais Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. J'aimerais souligner la présence en notre Assemblée... la
présence de MM. Francis Verreault-Paul, nouvellement chef de l'APNQL, Pierre
Picard, grand chef de la nation huronne-wendate, Réal McKenzie, chef innu de Matimekush—Lac-John, Jean-Charles Piétacho, chef innu
d'Ekuanitshit, Michèle Audette, sénatrice,
Rose-Anne Grégoire, conseillère innue... Takuaikan — désolée,
ma soeur — Uashat
mak Mani‑Utenam, Jérôme Bacon
St-Onge, conseiller du Conseil des Innus de Pessamit, Marjolaine Étienne,
présidente de Femmes autochtones du Québec, et, bien sûr, Ghislain Picard, chef de
l'APNQL de 1992 à 2025, incluant ses collaborateurs et collaboratrices de
l'ombre.
Je sollicite donc le
consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement
avec le ministre responsable des Relations
avec les Premières Nations et les Inuit,
le député de l'Acadie, le député de Jean-Talon et la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse le leadership
et le dévouement de Ghislain Picard, Chef de l'Assemblée des Premières
Nations au Québec et au Labrador de 1992 à 2025;
«Qu'elle souligne son
engagement exceptionnel et sa vision avant-gardiste dans la lutte pour la
reconnaissance de l'autodétermination des Premières Nations et le respect de
leurs droits ancestraux et issus des traités;
«Qu'elle
salue son rôle déterminant dans l'avancement des droits des Premières Nations
comme droits humains, une source d'inspiration pour les générations
passées, présentes et futures;
«Qu'elle rende
hommage à son travail acharné pour lutter contre le racisme et la discrimination,
ainsi que pour bâtir des ponts et favoriser des alliances durables entre
Autochtones et non-Autochtones;
«Que ses membres
s'engagent à poursuivre la réconciliation avec les premiers peuples et
réitèrent leur reconnaissance des principes et leur engagement à négocier la
mise en oeuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones avec les Premières Nations et les
Inuits, tel qu'adopté dans une motion le 8 octobre 2019;
«Qu'enfin, en
reconnaissance de son engagement indéfectible et de ses contributions
remarquables, elle rende hommage d'une seule voix au Chef Ghislain Picard pour
ses 33 années de dévouement et de leadership au service des Premières
Nations au Québec et au Labrador.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat
de deux minutes de rigueur par intervenant dans l'ordre suivant : la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit,
le député d'Acadie et le député de Jean-Talon.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour un
débat de rigueur de deux minutes, et je commencerai avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Je
suis très émue de prendre la parole ce matin au nom de Québec solidaire pour
honorer un homme pour qui nous avons énormément d'estime et de reconnaissance.
«Kwe», mon frère.
(S'exprime dans une langue autochtone). Depuis plusieurs années, je te regarde
aller avec toute ta fougue et ta droiture. Je ne compte plus le nombre de fois
où on a marché côte à côte pour nos soeurs disparues et assassinées, pour la
protection et la défense du territoire, pour la reconnaissance du Principe de
Joyce, pour lutter contre le racisme et la discrimination, pour les enfants
décédés en pensionnat, et j'en passe. J'ai appris beaucoup en te regardant porter
la parole des tiens. Tu es un grand diplomate, même si je sais qu'à l'occasion
la colère et l'indignation grondaient en toi comme un puissant tonnerre lors
d'un orage d'été.
Depuis les
11 ans où je suis députée, j'espère, tout comme toi, que la Déclaration
des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones soit mise en oeuvre pour qu'enfin vous soyez reconnus pour ce que
vous êtes, les premiers peuples habitant cette terre qui nous a
accueillis. J'espère, tout comme toi, que le racisme et la discrimination que
vous vivez quotidiennement par le seul fait d'être autochtones soient chose du
passé. J'espère, tout comme toi, qu'une bonne fois
pour toutes nous mettions en place des instances décisionnelles qui nous
placeraient d'égal à égal, de nation à nation, dans les choix qui vous
concernent et nous concernent.
33 ans
de service des siens, c'est beaucoup de sacrifices, mon frère, mais est-ce
vraiment un sacrifice lorsqu'on défend les droits des nôtres, nos
propres droits? Comme l'outarde à la tête d'un grand voilier printanier, tu
cèdes désormais ta place de leader pour que la suite de l'histoire se réalise.
«Tshinashkumitin», chef Picard.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Et je reconnais maintenant M. le ministre responsable des relations avec les
Premières Nations.
Lafrenière : Merci beaucoup, M. le Président. Permettez-moi à mon tour
de saluer les distingués invités et les chefs qui sont présents avec nous aujourd'hui :
Bonjour, «hello», «kwe», «shé:kon», «wachiya», «ullaakkut».
Le chef Ghislain
Picard a débuté dans le monde des médias alors qu'il a cofondé la SOCAM, Société
de communication Atikamewk-Montagnais, dédiée à la diffusion d'émissions de
radio en attikamek et en innu-aimun. Puis,
après trois ans comme vice-président du Conseil des Atikamekw et des
Montagnais, il fait le saut en politique active alors qu'il est élu pour
la première fois à l'APNQL, en 1992, et là, chers collègues, écoutez bien ça :
il sera réélu à 11 reprises. Il est
également président du conseil d'administration du Musée McCord Stewart. Vous
conviendrez avec moi, M. le
Président, que c'est dur de résumer un tel C.V.
mon arrivée comme ministre, en pleine pandémie, on suivait la situation,
Ghislain et moi, ensemble, à savoir comment
se passait la vaccination et quels étaient les besoins des communautés. Ça nous
a demandé de travailler différemment. Ça nous a demandé de s'adapter. Et,
oui, l'APNQL nous a poussés à aller plus loin, à innover dans nos façons de
faire.
Avec
le chef Picard et l'APNQL, on a organisé le premier Grand cercle économique des
Peuples autochtones et du Québec en
2021 à Montréal. On l'a fait ensemble, «mamu». Et, suite à cet événement-là, il
y a plus de 300 cosignataires qui ont signé un engagement à aller
plus loin, et un des enjeux qu'on partageait, le chef Picard et moi, c'est de
se dire : Est-ce que c'est un feu de paille ou ça va continuer? M. le
Président, je veux vous rassurer, il y a une douzaine d'autres événements. Encore la semaine passée, on parlait
du Sommet Connexions Autochtones. Donc, ça avance, et ça permet de faire la réconciliation économique. L'autre projet
important pour le chef Picard : l'École des dirigeants des Premières
Nations, qui forme les leaders autochtones de demain.
En terminant, Ghislain, pour toutes ces années
d'engagement, je veux te dire merci. On n'a pas toujours eu les mêmes points de vue. Les échanges m'ont permis de
grandir comme ministre, mais aussi comme humain. Tu peux être rassuré, avec Francis qui vient d'arriver en poste
pour la suite des choses. Bon retour auprès de tes proches. «Tshinashkumitin.»
Merci beaucoup, Ghislain.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le ministre. Et la parole revient maintenant à M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Je suis privilégié, ce matin, de prendre la parole pour rendre hommage à
M. Ghislain Picard, membre de la communauté innue de Pessamit et à la tête
de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador pendant six mandats,
33 ans. Vous avez été élu pour la première fois en 1992. C'est tout un
exploit. Mais ce n'est pas surprenant. Grâce
à votre leadership, M. Picard, vous avez travaillé toute votre vie pour bâtir
des ponts, tisser des liens. Vous
avez consacré votre énergie à la réconciliation avec les peuples autochtones.
Vous avez été à l'écoute. Vous avez été en mesure de dialoguer avec tout
le monde. Ça non plus, ce n'est pas étonnant. Vous avez été cofondateur de la Société de communication
Atikamewk-Montagnais, qui diffuse des émissions radiophoniques en langue
autochtone. Vous êtes un communicateur né. Bravo!
J'ai eu le privilège de vous rencontrer,
M. Picard. Nous avons discuté à plusieurs reprises de différents enjeux, mais particulièrement de la question de
l'autonomie gouvernementale pour les Premières
Nations, un sujet qui est fondamental,
très important pour vous. Vous avez consacré votre carrière politique à faire
avancer les droits des Premières Nations. Vous avez travaillé avec acharnement
à lutter contre le racisme et la discrimination dont les Premières Nations sont
victimes. Vos talents ont été reconnus
publiquement : chevalier de l'Ordre
national du Québec, vous avez reçu la
Légion d'honneur de la République française, citoyen d'honneur de la
ville de Montréal, récipiendaire de la Médaille de l'Assemblée nationale, président du conseil d'administration du musée
McDonald Stewart à Montréal. 33 ans de vie publique. C'est un
exemple profond de dévouement, de courage, de don pour les autres.
Au nom de tous mes collègues, de ma formation
politique, M. Picard, je vous félicite pour le travail accompli. Je vous souhaite maintenant une vie de bonheur, du
temps pour votre famille et du repos avec les gens qui vous sont chers.
Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de l'Acadie. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : «Kwe.» Nous rendons
hommage à un leader qui a marqué les relations entre le Québec et les Premières Nations pendant trois décennies et
qui laisse un héritage immense pour les prochaines générations. Ghislain Picard a consacré sa carrière à la
défense des droits et du bien-être des Premières Nations. Il est un exemple de
dévouement et de vision innovante pour les Premières Nations et pour tout le
monde qui, que ce soit dans les médias, à travers ses écrits ou pour les plus
chanceux, comme moi, ont eu l'occasion de collaborer avec lui.
Dans mon cas, ça a commencé dans mon ancienne
vie, en coopération internationale, où j'ai été à même de constater que
Ghislain Picard inspire les leaders autochtones à travers le monde, notamment
dans les Amériques. On a parlé ensemble de justice autochtone, c'était très
instructif, parce qu'on est dans une époque de quête de justice, d'équité, et
le corollaire de cette quête, c'est, bien sûr, la résilience, la solidarité et
le respect mutuel.
En tant que porte-voix pour les peuples qu'il a
défendus, Ghislain Picard a sensibilisé des millions de personnes aux enjeux
que tant de citoyens autochtones vivent. Il a su établir des ponts entre les
nations et favoriser le dialogue et la réconciliation. Sous sa direction,
l'Assemblée des Premières Nations a renforcé sa voix sur des enjeux cruciaux
tels que l'autonomie gouvernementale, l'éducation et la protection des
territoires ancestraux.
On ne saurait,
aujourd'hui, se passer du positionnement de l'Association des Premières Nations
lorsque nous-mêmes, dans cette Assemblée, élaborons des politiques
publiques. Ghislain Picard y est pour beaucoup. Pour nous toutes et tous qui
représentons les citoyens, c'est une source d'inspiration.
M. Picard,
Ghislain, après 33 ans à vous engager, vous entamez une nouvelle étape de
votre vie. Notre Assemblée salue
votre dévouement et vous remercie pour tout ce qui a été accompli et surtout
pour tout ce que nous allons continuer d'accomplir dans le futur. Toutes
les félicitations que vous recevez sont plus que méritées. Il ne me reste plus
qu'à vous souhaiter que vos prochains
projets, quels qu'ils soient, soient à la hauteur de vos attentes.
«Tshinashkumitin» du fond du coeur. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Jean-Talon. Alors, cette motion
est-elle adoptée? Adopté?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ah! il y a une demande... il y a une demande de
vote électronique. Donc, la période de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
cette motion est adoptée. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée à M. Ghislain
Picard ainsi qu'à l'Association des Premières Nations au Québec et au Labrador,
s'il vous plaît?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait.
J'en profite pour
saluer le chef Ghislain Picard et le remercier pour sa grande contribution. Et
mes salutations aussi au chef Francis Verreault-Paul ainsi qu'aux chefs et à
toute la délégation présente parmi nous aujourd'hui.
Pour la prochaine motion,
la parole revient au chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse la hausse de la violence dans le métro de Montréal et la
baisse du sentiment de sécurité des usagers et du personnel;
«Qu'elle
reconnaisse que la STM a sonné l'alarme, il y a un mois, pour demander l'ajout
de ressources, sans quoi la société de transport en viendrait à un
"point de rupture";
«Qu'elle reconnaisse
que déplacer les personnes en situation d'itinérance ne règle pas l'enjeu;
«Qu'enfin l'Assemblée
nationale demande au premier ministre de se saisir lui-même du dossier de
l'itinérance et de remettre sur pied l'Équipe de concertation communautaire du
SPVM (ECCR).»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Nous sommes
maintenant rendus à la prochaine rubrique, c'est-à-dire la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions. Je cède la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président.
Donc, j'avise cette
Assemblée que la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de
l'alimentation et des ressources naturelles va poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'aménagement
du territoire va poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 93, la Loi concernant notamment le transfert de propriété
d'un immeuble de la Ville de Blainville, aujourd'hui, après les avis
touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50 et de
15 heures à 18 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 89, Loi visant à considérer
davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
12 h 50 et de 15 heures à 18 h 15, à la salle
Pauline-Marois.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Je
rappelle aux collègues que les travaux sont
toujours en cours. Merci, si vous avez à quitter l'enceinte du salon rouge, de
le faire, pour nous, en toute discrétion.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'économie et du travail se réunira en séance de travail le jeudi 20 mars 2025, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 8 heures à 8 h 30, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse de la pétition concernant un moratoire sur l'émission de nouveaux
permis d'hébergement touristique dans le Vieux-Montréal et, de 8 h 30
à 9 heures, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition concernant une demande
visant à augmenter l'allocation de participation au programme PAAS Action.
De plus, je vous avise que la Commission de la
santé et des services sociaux se réunira en séance de travail, le
jeudi 20 mars 2025, de 8 heures à 8 h 30, à la salle
rez-de-chaussée 189, afin de statuer sur la possibilité que la commission
se saisisse de la pétition portant sur la reconnaissance des problèmes de santé
mentale et de suicide chez les hommes.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 3 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 3 du feuilleton, M. le ministre de la Justice propose l'adoption
du principe du projet de loi n° 91, Loi instaurant le Tribunal unifié de
la famille au sein de la Cour du Québec.
Avant de céder la parole à un premier
intervenant, j'aimerais m'assurer qu'il y a consentement afin que l'Assemblée
puisse procéder à l'adoption du principe de ce projet de loi, même si la
Commission des institutions n'a pas encore
déposé son rapport sur le mandat que lui a conféré l'Assemblée de tenir des
consultations particulières. Y a-t-il consentement? Consentement.
Premier intervenant, je reconnais M. le ministre
de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui,
M. le Président. Nous entamons aujourd'hui une étape importante du processus
législatif, soit le débat portant sur l'adoption du principe du projet
de loi n° 91, Loi instaurant le Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec. Avec cette proposition législative ambitieuse,
M. le Président, nous posons les premiers jalons d'un tribunal unifié de
la famille au Québec.
Comme vous le savez sûrement, ce n'est pas
toujours simple pour les familles québécoises d'avoir à naviguer entre la Cour
du Québec et la Cour supérieure en matière de droit de la famille. Pour
certains, ce n'est ni plus ni moins qu'un
labyrinthe, M. le Président. Les dossiers en matière familiale, comme la
pension alimentaire, la garde et le partage des biens, sont jugés à la Cour supérieure,
tandis que les dossiers de protection de la jeunesse et d'adoption sont
traités à la Cour du Québec, tout comme ceux
en matière criminelle dans la majorité des cas de violence familiale, conjugale
ou sexuelle.
Un tribunal unifié permettrait aux familles de
soumettre l'entièreté de leur litige à un seul tribunal qui rassemblerait au
même endroit tous les services de justice familiale. Cela permettrait aussi de
favoriser l'application du principe une
famille, un juge, qui devrait toujours prévaloir en matière familiale, lorsque
possible. Soulignons également que le parcours des personnes victimes de
violence familiale, qui doivent actuellement entreprendre des recours devant
deux cours distinctes, s'en trouve aussi facilité.
L'idée d'un tribunal unifié n'est pas nouvelle,
M. le Président. En effet, dès le début des années 70, et mes collègues de l'opposition officielle s'en
souviendront peut-être, le gouvernement libéral de M. Robert Bourassa,
ex-premier ministre, a été le premier
à embrasser cette idée. Un peu plus tard, et ça fera plaisir à mon collègue de
la troisième opposition, le député de
Jean-Talon, le gouvernement de René Lévesque s'est positionné,
lui aussi, en faveur d'une structure unifiée en matière familiale. Et,
contrairement à ces gouvernements qui attendaient d'obtenir l'aval du
gouvernement fédéral pour agir, pour entamer
la création d'un tribunal unifié de la famille, nous avons la conviction qu'il
n'appartient qu'à nous de faire bouger les choses, qu'au gouvernement du
Québec de prendre action et à cette Assemblée.
Et je peux vous dire, M. le Président, que les
choses ont bougé depuis 2018, notamment au niveau du droit de la famille. En
mettant l'intérêt des enfants au coeur de nos actions et de nos préoccupations,
nous avons modernisé les règles de filiation, de connaissance des origines et
encadré la grossesse pour autrui. Nous avons également créé l'union parentale, un nouveau régime proprement québécois
pour les conjoints de fait avec enfants, à partir du 30 juin prochain. Le projet
de loi n° 91 constitue la suite de cette réforme.
Nous avons créé de nouveaux régimes ces
dernières années et aujourd'hui nous venons créer le cadre dans lequel ce nouveau droit devra être appliqué et
jugé. En plus de ses responsabilités actuelles, la Cour du Québec aura
dorénavant la compétence d'entendre les recours judiciaires liés à
l'union parentale, à l'union civile ainsi que ceux impliquant la grossesse pour
autrui.
Le projet de loi n° 91 introduit également
un tout nouveau parcours simplifié. Les litiges familiaux peuvent être très
énergivores et très émotifs, M. le Président. Nous voulons rendre le parcours
le plus simple, efficace et humain possible
pour les familles du Québec. Les parties devront donc automatiquement
participer à une séance de médiation familiale. Évidemment, des exceptions seront prévues
lorsqu'un motif sérieux, telle la présence de violence sexuelle ou conjugale,
est invoqué.
Si les parents ne parviennent pas à s'entendre
en médiation, ils pourront entreprendre un processus judiciaire et se verront proposer une séance de conciliation.
Les deux parents devront y consentir. Cette séance se déroule devant un juge
en présence de deux parents et de leur avocat s'ils sont représentés. Si, lors
de la séance, les parties parviennent à s'entendre, le juge pourra alors
officialiser l'entente. Si, au contraire, les parents ne parviennent toujours
pas à une entente, une audience
sommaire
pourra se tenir le jour même afin de permettre au juge de trancher les
différends qui demeurent. Un jugement
sera rendu au plus tard 30 jours après l'audience. Cette procédure
simplifiée offrira aux familles une solution moins coûteuse et plus
rapide que le processus judiciaire traditionnel.
Le système de justice peut et doit s'adapter aux
réalités et aux besoins des familles d'aujourd'hui. Ce ne sont pas tous les dossiers qui ont besoin d'être
judiciarisés. Les résultats de la médiation en matière familiale parlent
d'eux-mêmes. En effet, ce sont près de 85 % des parents qui
entreprennent un processus de médiation qui parviennent à une entente. En
favorisant les modes de règlement alternatifs, nous offrons aux familles
québécoises davantage de contrôle sur l'issue de leur litige et nous
désengorgeons les tribunaux. C'est une solution gagnante pour tous, gagnante
pour les familles du Québec, gagnante pour les justiciables et gagnante pour
l'efficacité du système de justice, tout en préservant les droits de tous et
chacun.
Alors, M. le Président, le projet de loi
n° 91 représente un pas... un premier pas significatif vers un système de
justice familiale simplifié et spécialisé, au bénéfice des enfants et des
familles du Québec, en s'assurant que les familles puissent régler leurs
différends, puissent participer au règlement de leurs différends et puissent
surtout réussir à tourner la page parfois sur des situations litigieuses qui
les touchent au quotidien et qui fait en sorte également d'influencer la vie
des familles, mais particulièrement celle des enfants.
Alors, le gouvernement du Québec répond présent
pour améliorer, pour bonifier le système de justice, pour le rendre plus humain, plus accessible, plus
efficace, au bénéfice des familles, et particulièrement au bénéfice des enfants
du Québec. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre. Et, comme prochain intervenant, je reconnais M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Je suis heureux, ce matin, de prendre la parole au stade de
l'adoption du principe du projet de loi n° 91, Loi
instaurant le Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec. J'ai
écouté attentivement M. le ministre. C'est un
titre important. C'est un
titre
intéressant. C'est un grand titre. Mais, quand on regarde le projet de loi, M.
le Président, c'est un petit pas, grand titre, petite avancée.
J'écoutais le ministre nous dire, pour ceux qui
s'en rappellent, qu'il y a longtemps qu'on s'interroge, qu'on travaille sur ce
dossier. Effectivement, effectivement, à ce sujet-là, le ministre a raison. En
1970, le gouvernement de M. Robert Bourassa y avait songé, et on a
continué à y travailler par la suite, en 1974 et en 1975, et puis, par la
suite, il y a eu le rapport Morin en 1981.
Et ces rapports-là recommandaient au gouvernement de s'intéresser à la question
d'un tribunal unifié de la famille au
Québec, et finalement il y a eu un sommet de la justice, en 1992, où on
recommandait au ministre de la Justice de discuter avec son homologue
fédéral pour créer un tribunal unifié de la famille.
On ne sait pas ce qui s'est passé par la suite,
mais force est de constater, ce matin, M. le Président, qu'il semble qu'il y a
un morceau qui manque dans la législation que le ministre dépose ce matin.
Bien, pourquoi? Parce que, dans son projet de loi, il n'y a absolument rien qui
touche au divorce. Quand on regarde ce qui a été fait dans les autres provinces,
puis je regardais brièvement la
Loi sur les tribunaux judiciaires de l'Ontario,
parce que, M. le Président, notre premier ministre aime beaucoup s'inspirer de
l'Ontario, alors, ils ont effectivement une cour de la famille, mais... la cour provinciale a une compétence, mais c'est
aussi la cour supérieure de l'Ontario qui a, bien sûr, une compétence dans
le domaine de la cour de la famille.
Donc, il y a là un projet qui fait en sorte que
ces deux tribunaux qui ont des compétences dans le domaine de la famille
peuvent évidemment collaborer et faire en sorte que les justiciables puissent
voir leurs dossiers traités avec efficacité. Le ministre aurait pu agir ainsi.
Il ne l'a pas fait. D'ailleurs, quand on regarde le projet de loi, les seuls
endroits où on lit les mots «Cour supérieure», notamment à l'article 2,
c'est pour donner une compétence à la Cour du Québec à l'exclusion de la Cour
supérieure, et ça, ça revient à quelques reprises. Et, moi, je me dis, ça fait
tellement d'années, au Québec, qu'on réfléchit sur un tribunal unifié de la
famille... Écoutez, ça a commencé en 1970. On est rendus en 2025. Le ministre
aurait pu entamer des négociations avec son homologue fédéral. Je pense,
d'ailleurs, qu'il est responsable des liens
avec la fédération canadienne, avec les autres provinces et le fédéral. Mais ce
n'est pas ce qui a été fait. Ce n'est pas ce qui a été fait. Et donc on se
ramasse avec un projet de loi qui risque de susciter plus de questionnements
que de donner de véritables réponses,
d'autant plus, évidemment... Parce que, là, dans le projet de loi, on n'en
parle pas, là, du divorce, mais ce
dont on parle, et je réfère à l'article 2, évidemment, la Cour du Québec va reconnaître, à l'exclusion de la Cour supérieure, c'est ce
qui est prévu, des demandes relatives à l'union civile ou à l'union parentale
concernant la garde d'un enfant, les aliments. Bien sûr, on parle de l'union
civile puis de l'union parentale parce que, ça, dans les lois... on ne parle
pas de divorce, on ne parle pas de mariage, donc ça peut être traité par la Cour
du Québec. Mais ces dispositions-là, quand
on parle de l'union parentale, ça va entrer en vigueur subséquemment, on parle
de juin 2025, et puis après ça, bien, une fois qu'il y aura une union,
on ne souhaite pas, bien sûr, que les gens se séparent, mais ça va arriver beaucoup plus tard, alors qu'il y a présentement un grand
nombre de dossiers devant des tribunaux qui auraient pu bénéficier d'une
véritable cour unifiée.
Le projet de loi,
d'emblée, soulève des préoccupations. Et j'en ai parlé avec le ministre. Et je
tiens à rappeler, M. le Président, que la
Cour supérieure au Québec, c'est la Cour
supérieure du Québec. C'est une cour
qui est administrée par le Québec. Alors, j'ai beaucoup de difficulté à
comprendre pourquoi le ministre, dans son projet de loi, ne travaille pas avec
son homologue fédéral pour en arriver à un tribunal véritablement unifié, comme
ça se fait ailleurs au Canada. D'ailleurs, d'ailleurs, il y a plusieurs
exemples et précédents. Je comprends que les juges de la Cour supérieure sont nommés par le gouvernement fédéral. C'est dans
notre Constitution. Ce sont des juges parfaitement compétents. Ce sont des juges qui entendent des divorces depuis des
années et des années. Donc, il aurait été possible pour le ministre de regarder
l'ensemble de ces questions-là, plutôt que de nous arriver rapidement avec un
projet de loi.
Le ministre nous
disait : Écoutez, nous, on agit, ça fait tellement longtemps qu'on en
parle. Bien, c'est une façon de voir les
choses, c'est vrai. Mais, vu que c'est un dossier complexe puis ça fait
longtemps qu'on en parle, on aurait peut-être pu aussi attendre quelques
années puis arriver avec quelque chose, permettez-moi de le dire, de bien
ficelé, qui tient compte de l'ensemble de la problématique. Ça n'a pas été
fait.
Alors, ce matin, on
va commencer à parler d'un principe d'un projet de loi, qui vient d'être
déposé, qui règle une
partie de la
problématique, pas l'ensemble. Et on doit se pencher, M. le Président, ce
matin, sur le principe, bon, mais avant
même qu'on ait entendu des consultations particulières. Est-ce que ça peut se
faire? Bien sûr que ça peut se faire. Mais c'est comme si, avec le
ministre, il fallait toujours aller vite, tout le temps, tout le temps.
Moi, j'ai déjà parlé
à différents groupes et qui m'ont dit : Écoutez, c'est un projet de loi
important. Ça touche quelque chose qui vise directement les familles. C'est
fondamental. On peut-tu avoir du temps? Là, on n'a pas de temps pour rédiger
les mémoires. On voudrait intervenir, on n'a pas de temps. Donc, on va être
encore pris à traiter d'une question puis à le faire d'une façon qui est
expéditive.
Puis, je vous le
dirais honnêtement, moi, dans ce film-là, j'ai déjà joué, M. le Président,
parce que c'est souvent le cas quand on a des projets en matière de justice.
Puis, pourtant, la justice, c'est fondamental dans une société. C'est un pilier
de notre société démocratique. Puis ça touche les gens au quotidien qui ont des
véritables enjeux. Mais, bon, ça n'a pas été fait. Est-ce que ça va créer des
enjeux avec la Cour supérieure? Bien, probablement. On peut y penser. Donc, plutôt que d'essayer de rechercher un
consensus, on risque encore d'arriver... ou de s'arrimer ou d'avoir un enjeu
qui va faire en sorte qu'on va créer des tensions.
D'ailleurs,
d'ailleurs... et on verra ce qu'il va arriver, mais... et ça, c'est très, très,
très rare que ça arrive, mais on nous disait que la juge en chef de la Cour
supérieure veut intervenir, en commission parlementaire, pour parler de ça. Ça, ce n'est pas banal. Et c'est, comme je
vous le disais, c'est très rare que ce genre de situation là se produit. Bien
sûr, il y a une indépendance entre le
Parlement et le judiciaire, et il est bien qu'il en soit ainsi, mais ça vous
dit comment, déjà, ça suscite des préoccupations qu'on aurait pu, par
ailleurs, éviter.
Alors, moi, j'ai bien
hâte d'entendre des groupes qui vont venir nous parler, de voir comment ça va
pouvoir s'appliquer dans le concret, parce que, jusqu'à maintenant, ma
perception, c'est qu'il faut aller vite. Il faut toujours aller vite. Puis, des
fois, en matière de justice, c'est bon de prendre son temps.
Je rappelle
également, M. le Président, que la Cour supérieure, qu'on le veuille ou non,
là, en vertu du Code de procédure civile, qui est une loi très, très
québécoise, n'est-ce pas, bien, ça reste le tribunal de droit commun au Québec
et qu'à ce
titre la Cour supérieure va être compétente pour entendre tous les
litiges, tous les litiges résiduels, sauf,
sauf les compétences, évidemment, qui lui sont expressément enlevées. Mais,
pour toutes les questions qui vont être en lien avec le projet de loi,
toutes les questions qui ne seront pas réglées, bien, tous les dossiers vont
nécessairement se retrouver en Cour supérieure, c'est le tribunal de droit
commun, n'en déplaise au ministre.
Alors, quand on
regarde tout ça, bien, je me dis : Au fond, bien sûr que c'est important,
un tribunal unifié, mais est-ce que c'était vraiment aussi important de le
faire aussi rapidement puis de le faire de cette façon-là? Parce que, comme je
vous le disais, M. le Président, le Code de procédure civile va être modifié
par le projet de loi puis il va accorder une compétence exclusive à la Cour du
Québec. Puis là, bien, on verra si ça suscite des débats. Parce que, rappelez-vous,
la dernière fois que le gouvernement du Québec avait augmenté la compétence des
tribunaux, dont celle de la Cour du Québec,
on s'est ramassés avec un litige. La Cour supérieure a contesté. Ça s'est
réglé. La Cour supérieure a eu raison. On a réajusté la fourchette. On a
été obligés de modifier la loi, encore là, de le faire rapidement. On l'a fait
il y a quelques mois. Parce qu'évidemment la Cour supérieure au Québec a une
compétence, on ne peut pas lui enlever.
Donc là, ce que le
ministre essaie de faire, c'est de donner une compétence à la Cour du Québec, à
l'exclusion de la Cour supérieure, dans des
domaines précis puis, comme je vous le disais, dans des domaines relatifs à
l'union civile et à l'union parentale. Donc, si ma compréhension est
bonne, M. le Président, parce qu'on n'a pas eu encore le bénéfice d'entendre
des groupes en consultations particulières, mais, si ma compréhension est
bonne, ça devrait donc s'appliquer dans le cas des enfants issus d'un projet
parental, notamment, impliquant une grossesse pour autrui ou encore dans les
cas d'union parentale concernant la garde d'un enfant, mais pas dans les autres
cas. Donc, c'est un nombre quand même excessivement restreint de dossiers qui
vont pouvoir être traités de cette façon-là, alors qu'un très grand nombre de
dossiers reste encore des dossiers de divorce devant la Cour supérieure.
Quelle sera la
véritable portée du projet de loi? On va être obligés... On va le voir, on va
en entendre parler, on va en parler avec des groupes, mais c'est loin d'être
évident, loin d'être évident. Puis, même dans les cas d'union où il n'y a pas
d'enfant, bien, normalement, vu que la Cour supérieure est le tribunal de droit
commun, bien, c'est à la Cour supérieure que les conjoints devraient normalement
s'adresser. Encore une fois, on verra, mais, quand on lit rapidement le projet
de loi et qu'on regarde les premiers éléments, bien, ça semble être le cas.
Donc, finalement, ce ne sera peut-être pas très utile
pour un très grand nombre de personnes. Mais, comme je vous le disais
précédemment, il faut toujours aller vite.
Mais il y a d'autres éléments, il y a d'autres
éléments que l'on retrouve dans le projet de loi. Et, le ministre en faisait
référence tout à l'heure, lorsqu'il en parlait, dans son idée, automatiquement,
les parties vont devoir participer à de la médiation familiale. Et ça, on l'a
vu dans d'autres projets de loi où il y avait de la médiation obligatoire, on
se disait : Bien, écoutez, c'est loin d'être évident. Je comprends, et le
ministre le soulignait, bon, bien sûr, dans les cas de violence conjugale, ça, ce n'est pas approprié. Il y aura des
exceptions. Oui, d'accord, j'en conviens, puis il est important qu'il en soit ainsi, sauf que, sauf que la
médiation obligatoire en matière familiale, quand on parle, évidemment, de
séparation, c'est un concept, je vous dirais, dans un premier temps,
avec lequel j'ai de la difficulté, parce que forcer des gens, là, c'est loin
d'être évident, surtout dans ces domaines-là.
Puis, encore là, évidemment, il y a des cas
très, très clairs de violence conjugale, mais il y a des fois où c'est beaucoup
plus subtil. Je pense, entre autres, notamment, au contrôle coercitif, on en
entend beaucoup parler, ça existe. Comment on va être capable de détecter tout
ça? Comment l'expert va être capable, comment le conciliateur ou le médiateur
va être capable de déceler véritablement ce qui se passe?
Puis, dans le
projet de loi, et j'ai hâte d'entendre les groupes, mais, dans le projet de
loi, moi, je n'ai pas vu d'une façon
très, très claire et concrète, M. le Président, des critères qui pourraient
faire en sorte que des gens seraient exemptés de la médiation
obligatoire. C'est aussi un enjeu.
Et, bien sûr, c'est fondamental que ça puisse se
faire dans un climat qui est approprié, mais ce n'est malheureusement pas
souvent le cas en matière familiale. Donc, dans les cas de séparation
difficile, dans les cas où il y aurait une
perspective de santé mentale, et ça existe, donc, d'avoir recours à la
médiation, ça peut être plus que compliqué.
Donc, on
verra, encore là, ce que ça va pouvoir donner, mais il y a aussi, il y a aussi
d'autres données, M. le Président, qui
sont, je vous dirais, alarmantes. On obtenait récemment des statistiques, entre
autres, en lien avec les causes ouvertes où un accusé se représente
seul. On n'a pas été capable de séparer par segment ou exactement devant quelle
cour, mais ce sont des statistiques du ministère de la Justice, donc, et ces
dossiers-là augmentent.
Donc, si vous avez des parties qui se
représentent seules, ça aussi, ça va être excessivement problématique. Et donc,
dans le cadre de la médiation, qu'est-ce qu'il va arriver et comment ça va se
présenter? Est-ce qu'il va y avoir suffisamment de médiateurs? Comment vont-ils
être formés? C'est autant, autant de questions pour lesquelles nous n'avons pas de réponse aujourd'hui. Et ça fait en
sorte que déjà, au départ, bien que l'idée, à la base, ne soit pas mauvaise,
on voit qu'il y a une
partie importante du travail qui n'est pas terminée, qui
n'a pas été faite. Ça aurait été préférable, à mon avis, d'attendre, mais
voilà, on est là et on va devoir regarder ce projet de loi.
On parle,
bie