Transportation and the Environment — 2 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2023-05-02
Quebec — Committees
(Neuf heures
trente-quatre minutes)
La Présidente
(Mme Maccarone) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte.
commission est réunie afin de procéder de l'étude du volet Transports des
crédits budgétaires du portefeuille Transports et Mobilité durable pour
l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de trois heures a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par M. Bussière (Gatineau); Mme Gendron
(Châteauguay) est remplacée par Mme Guillemette (Roberval); M. Rivest
(Côte-du-Sud) est remplacé par Mme Jeannotte (Labelle); Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée par M. Ciccone (Marquette); et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin) est remplacé par M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente
(Mme Maccarone) : Parfait. Merci. Nous allons maintenant procéder
à une discussion d'ordre général incluant les questions et les réponses. Et,
puisque nous avons débuté nos travaux à 9 h 35 et qu'il y a une période de trois heures qui doit être
consacrée à l'étude de ces crédits cet avant-midi, y a-t-il le consentement pour
poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, je suis maintenant prête à reconnaître une première
intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Je vous
rappelle que la longueur des réponses doit
être généralement proportionnelle à la longueur des questions. M.
le député de l'Acadie, la parole est à vous pour une période de 17 min 42 s.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente.
D'abord, je tiens à vous saluer et j'aimerais également prendre quelques
instants pour saluer Mme la ministre. Bonjour. L'ensemble de vos collègues qui
sont présents, fonctionnaires, personnel politique et, bien sûr, mes collègues des deux oppositions.
J'aimerais également saluer particulièrement Mme Bédard, nouvelle PDG et, je pense, première femme à la
tête de la Société des traversiers du
Québec. Donc, bonjour, madame.
Félicitations! Et, la deuxième, je la
réserve évidemment pour l'ensemble de mes collègues qui sont en études de
crédits avec moi.
Dans...
pour les premières questions, le thème traite des voies réversibles du pont
Pierre-Laporte. Et, en 2020-2021, l'idée d'une voie réversible sur le
pont Pierre-Laporte a été évidemment rejetée, pas considérée par le
gouvernement. Un de vos prédécesseurs disait
à l'époque que ce n'était pas la solution pour permettre aux citoyens de la
Rive-Sud de gagner du temps pour se rendre à leur travail. Mais on apprenait,
en fait, la semaine dernière, que votre gouvernement possédait une étude
datant de janvier 2020-2021 qui serait intitulée Solution d'optimisation des
liens existants et qui parlerait de l'ajout d'une septième voie réversible
sur le pont Pierre-Laporte et que ce serait souhaitable.
Donc, ma question est
la suivante : Avez-vous une solution? Avez-vous cette étude? Avez-vous une
solution documentée pour alléger le temps que passent les automobilistes sur
les ponts à Québec? Mme la ministre.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vais prendre
aussi quelques instants, si on me le permet, pour saluer tout le monde.
D'abord, mes premiers mots pour mes équipes, après un peu plus de six mois
ensemble, assez rocambolesques, d'ailleurs... C'est un travail qui est rempli
de tribulations, mais qu'on fait dans l'alacrité tous ensemble. On s'aime
beaucoup. Alors, un grand merci à mes équipes qui sont ici, qui ont fait un travail quand même important, là, comme chacun des
ministères, pour pouvoir renseigner adéquatement tous les collègues. Salutations à mes collègues de la
partie
gouvernementale, à mes collègues des oppositions, à vous Mme la Présidente,
votre équipe, les équipes, les recherchistes et tous ceux qui ne sont pas ici,
mais qui nous regardent à distance et qui ont participé.
Alors, à la
question : Est-ce qu'on a des solutions documentées pour réduire... je
pense, c'était ça, là, des... pour réduire la congestion sur les ponts ou le
temps d'attente sur les ponts?, bien, Mme la Présidente, je vais essayer d'être
concise, là, mais c'est parce que ça ne se résume pas juste à une réponse sur
une septième voie potentielle sur le PPL ou
sur un chantier ou un autre, là, on a un ensemble de chantiers qui sont en
cours dans la capitale nationale, et je pense spontanément au
réaménagement de la tête des ponts. Parce que, oui, l'achalandage sur les
ponts... mais, même si on mettait une septième voie, il y aurait d'abord divers
enjeux, que je pourrai peut-être détailler un peu plus, si le député reste sur ce sujet-là. Mais, de toute façon, il y a un
effet de goulot d'étranglement pour les gens qui habitent ici. Là, on sait très bien que ce qu'on a appelé longtemps
le spaghetti, du temps que j'étais dans la deuxième opposition, on appelait ça le spaghetti à la tête des ponts,
les approches Duplessis, Henri-IV, tout ça arrive ensemble, boulevard Laurier. Alors,
déjà, en réaménageant ça... et le chantier est en cours, là, il y a une
présentation, et tout ça, à la satisfaction des citoyens, des journalistes. Et
donc, déjà, en réaménageant, ça va nous aider à la fluidité sur les ponts.
M. Morin : ...récent, on disait
que... on parlait de l'ajout d'une glissière sur le pont Pierre-Laporte qui
était viable au niveau structurel. Ce
seraient des experts du gouvernement qui l'aurait mis de l'avant, mais votre
gouvernement l'avait rejeté à maintes
reprises. Donc, est-ce que vous le considérez ou pas pour améliorer la fluidité
de la circulation?
Mme Guilbault : Oui. Bien, effectivement, l'étude à laquelle fait référence le collègue,
c'est une étude de 2021 et ça fait
partie... Puis je l'ai dit souvent, là, juste pour mettre en contexte, avec la
foule d'études qui ont été faites, les fameuses
8 000 pages, il y a beaucoup, beaucoup de choses qui ont été
étudiées, documentées, envisagées, exactement comme on avait toujours
dit que ça se faisait, même s'il y avait du scepticisme de la part des oppositions,
la réalité aujourd'hui, tout le monde est confronté au fait qu'effectivement ce
travail-là se faisait.
Donc, l'étude
d'une septième voie potentielle sur le pont Pierre-Laporte a été faite, mais il
y a aussi des enjeux qui sont soulevés, là, si on lit au complet, il y a des
enjeux qui viennent avec ça, et, entre autres, certains auraient peu
d'effet sur les habitudes de déplacement, bon, ça, c'est une chose. Soulève des
enjeux de capacité structurale, parce qu'il reste qu'il y a une question de DJMA
aussi. Plus tu mets de voitures, donc plus il y a de voitures sur le pont par
rapport à sa capacité... Soulève des préoccupations de sécurité routière :
rétrécissement des six voies actuelles et des accotements déjà très
étroits, ce qui les amènerait en deçà de la norme pour les autoroutes,
provoquerait des enjeux de compatibilité
avec la procédure à suivre pour les véhicules lourds lors d'épisodes de grands
vents, rétrécissement des trottoirs de services qui peuvent occasionner
plusieurs problèmes au niveau de la sécurité des usagers, des inspections de
l'ouvrage et des suspentes. Les fameuses suspentes, qu'on est en train de
changer, d'ailleurs, impliqueraient une diminution de la vitesse de 100 kilomètres-heure à
70 kilomètres-heure. Donc là, je ne veux pas prendre tout le temps, mais
il y en a d'autres. Tu sais, il y a une complexité par rapport aux approches du
pont.
Donc, il y a des enjeux qui viennent avec ça. Ce
n'est pas une solution qui doit être vue de manière simpliste comme étant une
panacée. On l'étudie, on la documente, mais ce n'est pas une solution
miraculeuse, là, qui réglerait tous les problèmes.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Morin : Mais donc, la
mesure, vous allez la mettre en place ou pas, ou vous êtes toujours au niveau
des études, vous allez évaluer plus tard? Qu'est-ce que vous allez faire
exactement? Parce que, là, il y en a une, étude. Je comprends que vous êtes en train de regarder l'ensemble de ça, mais,
concrètement, pour aider la fluidité de la circulation, allez-vous
mettre ça en place ou pas?
Mme Guilbault : Bien, actuellement, on continue d'étudier la chose, mais, tu sais, le
même rapport auquel fait référence mon collègue dit que la solution est jugée
viable au niveau structural, mais que «des essais aérodynamiques et des
analyses structurales additionnelles seront certainement à prescrire et des
travaux de renforcement pourraient possiblement être requis». Donc, comme je
disais, là, non seulement ce n'est pas une panacée, mais ça ne se ferait pas du jour au lendemain. On ne peut pas ajouter
une septième voie sur le pont Pierre-Laporte de la même façon qu'on met, par exemple, un UAB ou un... qu'on fait
rouler un autobus sur un accotement d'autoroute, là, du jour au lendemain.
Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, mais ça fait
partie des choses qu'on
continue d'étudier.
M. Morin : Parfait. Merci, Mme
la Présidente. Donc, maintenant, sujet de l'heure, un incontournable, le
troisième lien Québec-Lévis. Bien, évidemment, ça a fait couler beaucoup
d'encre dans les dernières semaines. Le gouvernement
de la CAQ l'a promis à plusieurs reprises, mais on est passé du plus gros
tunnelier au monde à un tout autre projet,
qu'on a de la difficulté à décrire. Donc, ce que j'aimerais savoir de la
ministre concernant l'étude d'Union des Rives : Quand l'étude
a-t-elle été commandée?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. De quelle étude on parle? Parce qu'Union des Rives a
fait plus d'un document.
M. Morin : Je vous parle de
l'étude que vous avez concernant la construction du tunnel du troisième lien
Québec-Lévis. Parce qu'on a parlé d'un tas de pages, on a parlé de différentes
études. Moi, je voudrais savoir : Avez-vous une étude? Quand vous l'avez
eue? Puis quel est le coût du projet?
Mme Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, j'ai... on... il y a
plusieurs documents qui ont été faits par Union
des Rives. Donc, s'il pouvait peut-être me donner le
titre du document ou la
date de dépôt, souvent on a la date de dépôt sur la couverture, pour que
je sache de quel document il me parle.
M. Morin : En fait, écoutez, je
vous parle de l'étude qui fait état du troisième lien, du coût de cette étude,
parce que vous nous avez dit que vous aviez reçu des études, vous étiez en
train de lire des études. Moi, j'aimerais savoir,
la dernière étude que vous avez reçue avec le coût puis la faisabilité du
projet, c'est quoi, la date, puis c'est quoi, le coût du projet.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : OK. Donc, la dernière étude d'UDA, c'est le rapport
synthèse, donc, auquel...
M. Morin : Bien,
c'est-à-dire que le rapport synthèse, c'est la synthèse de l'ensemble. À un
moment donné, là, vous avez dû recevoir une étude sur le troisième lien.
Il y en a eu plusieurs, hein? Bon, la dernière, là, la dernière, la plus
récente, avec le coût du projet, qui a fait en sorte qu'à un moment donné le
gouvernement s'est réenligné, ça fait que c'est de cette étude-là dont je
parle. Alors, vous l'avez sûrement reçue. Je veux savoir quand puis je veux
savoir c'est quoi, le coût du projet.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : C'est... parce que... Bien, madame... je ne sais pas.
Peut-être le député n'a pas pris connaissance comme tel du site Web, mais il y
a plusieurs études d'Union des Rives sur le site. Alors, ce n'est pas compliqué, je lui demande juste de me dire le
titre de... Il doit l'avoir, cette étude-là, s'il y fait référence. Juste me
dire le titre, puis moi, je... on va la trouver.
M. Morin : Écoutez,
indépendamment du titre, là, hein, vous avez dû recevoir une étude récemment
avec le coût du projet. Parce que le coût du
projet, le coût du projet le plus récent, là, bien, il doit avoir... il doit
exister dans une étude. Moi, je veux
savoir c'est quoi, le coût, puis dans quelle étude vous l'avez eu. Ça fait que
la... que vous avez reçue, parce qu'à un moment donné c'est très difficile de
savoir quel est le coût de ce projet-là. Alors, moi, c'est de cette
étude dont je parle puis de ce coût-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bon. Bien, là, je ne peux pas m'empêcher d'émettre
l'hypothèse que le député ne sait pas exactement à quelle étude il fait
référence. Donc, je vais lui proposer une réponse. Et je pense que, peut-être,
il fait référence à la synthèse générale du projet TQL, en date...
M. Morin : ...alors... Dans la
synthèse...
Mme Guilbault :
Bien, je pense, c'est moi qui l'aide en ce moment, là.
M. Morin : Dans la synthèse
générale...
Mme Guilbault : Bien, c'est ça, c'est ce que je proposais tout à l'heure.
M. Morin : Vous l'avez reçu à
quelle date? Puis ce que je veux savoir, c'est le coût du projet.
Mme Guilbault : Bon. Alors donc, c'est, justement, ce que j'étais en train
de lui proposer, la synthèse générale du projet de TQL en date de mars 2023, version
du 17 mars 2023. Donc, si jamais il veut aller regarder le site Web en
question, ici, il est écrit, là, version du 17 mars 2023. Alors, ça, ça
répond à une
partie de la question.
L'autre partie, pour ce qui est des coûts... et,
si je ne m'abuse, c'est ici qu'on a, page 121, là, le tableau avec les
coûts qui ont été caviardés. Et là j'avais hâte qu'on aborde la question des
coûts caviardés puis de tout ce qui se dit
là-dessus. Mme la Présidente, je vais être très, très, très claire, là, puis
peut-être aussi, si le député de Taschereau ou mes autres collègues
veulent savoir, là, caviarder les coûts, ce n'est pas pour cacher, ce n'est pas
un complot, ce n'est pas des manigances. J'ai tout mis sur le site Web, tout
est public, Mme la Présidente. Si j'avais voulu cacher quelque chose, je
l'aurais fait puis je n'aurais pas mis ça sur le site Web. Les coûts
caviardés... J'aurais pu enlever le tableau du document, je l'ai laissé là.
C'est parce que ce ne serait pas responsable, à ce stade-ci, de donner des évaluations
de coûts qui, de toute façon, sont appelés à
changer, le temps qu'on travaille adéquatement le projet, et qui sont des coûts
associés à des projets qui, vraisemblablement, ne se feront pas, parce qu'on a
resserré le projet pour un tunnel de transport collectif.
Alors, ce que
j'ai dit et que je réitère, c'est qu'on va travailler comme il faut le projet,
on va le conceptualiser, on va le planifier, on va le documenter, on va
étudier les divers scénarios possibles dans un tunnel TC, et, au moment où on
sera prêt à vous présenter le projet, il y aura une fourchette de coûts, puis,
encore là, on va être très prudent, parce que, ce que
j'ai dit souvent sur l'influence sur les appels d'offres, je le maintiens, ça a
une incidence sur les appels d'offres. Puis on gère tous les fonds publics,
oui, le gouvernement, mais on est 125 élus ici, on devrait tous être
préoccupés par la saine gestion des fonds publics.
La Présidente
(Mme Maccarone) : M. le député.
M. Morin :
Alors, justement, Mme la Présidente, on est très préoccupés par la saine
gestion des fonds publics, mais le gouvernement, quand il a des projets
majeurs, quels qu'ils soient, donne à la population une estimation des coûts,
et ça n'a rien à voir avec les appels d'offres. Alors, si on veut avoir de la
transparence... et moi, j'en veux, alors je repose ma question à la ministre,
parce que, là, je comprends de sa réponse, Mme la Présidente, que, là, il y a
différents projets, il y a différentes études, il y a différents coûts. Donc, est-ce
que la ministre sait où elle s'en va avec le troisième lien, d'abord?
Puis, deuxièmement,
moi, je voudrais que le coût du projet... Puis on comprend ça, Mme la
Présidente, les coûts, là, d'un projet, là,
ça change puis ça change tout le temps. Ça, c'est correct, mais le
gouvernement, avec un projet aussi important, doit quand même avoir une
idée des coûts. Parce que, là, sinon, on est non seulement pas transparent mais
on est vraiment dans le brouillard. Alors, ma question est la suivante :
Ça coûte combien?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, j'ai déjà expliqué tout à l'heure qu'on n'est pas
rendu à un stade de dévoilement des coûts. De façon générale aussi, Mme la
Présidente, je veux rappeler à mon collègue que, pour les projets majeurs, donc
ceux qui suivent un certain cheminement au PQI, normalement, on donne les coûts
au moment où on a déposé le dossier d'affaires au Conseil des ministres. Donc,
on a de toute façon une évaluation raisonnable du coût du projet. Parce
qu'avant de déposer le dossier d'affaires il y a diverses étapes, des études
d'opportunité, il y a le dossier d'opportunités, il y a toutes sortes d'étapes
qui sont franchies, l'avant-projet, et compagnie, mais, au moment où on fait
approuver au Conseil des ministres le dossier d'affaires pour les projets
majeurs, donc 100 millions et plus, on est en mesure de dévoiler un coût.
Et, encore là, au
moment où on dépose le dossier d'affaires, c'est le moment où on tombe en
réalisation au PQI, donc on peut aller en appel d'offres, alors on donne une
évaluation de coûts, mais on n'est même pas encore allé en appel d'offres.
C'est pour ça que je vous explique que la logique veut qu'on reste prudent dans
des fourchettes d'évaluation de coûts, même au moment où on dépose notre DA
puis qu'on divulgue le montant évalué pour le projet. Mais, par la suite, on
est tributaire de l'ouverture des enveloppes à la suite des appels d'offres.
Alors, tout ça amène des variantes.
J'ai, quelque
part
ici, puis je pourrais la sortir, là... que mes collègues m'ont préparée, merci
à mon cabinet, d'ailleurs je ne l'ai pas mentionné, mais j'ai des gens de mon
cabinet aussi avec moi, donc... tu sais, des exemples de projets où on a donné des évaluations de coûts au
moment où on faisait approuver le DA au Conseil des ministres, par
exemple l'Île-aux-Tourtes, par exemple la ligne bleue, etc., et que,
finalement, le coût a été différent, significativement différent, à la
hausse ou à la baisse, malheureusement plus souvent à la hausse qu'à la baisse,
on s'en doute. Donc, c'est ça, la réalité, Mme la Présidente, puis ce projet-là
ne fera pas exception, probablement.
La Présidente
(Mme Maccarone) : M. le député, il vous reste...
M. Morin :
Alors, merci, Mme la Présidente. Donc, est-ce qu'on peut affirmer, Mme la
Présidente, que la ministre savait avant la
campagne électorale qu'elle avait des doutes sur la faisabilité de l'engagement
du troisième lien?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Pas du tout. Je n'étais même pas ministre des Transports à
cette époque-là.
M. Morin :
Oui, mais madame était vice-première ministre puis elle était au Conseil
des ministres.
Mme Guilbault : Oui, et j'étais ministre de la Capitale-Nationale, donc
j'ai toujours fait
partie du projet, avec mon prédécesseur au ministère des
Transports, mais je n'étais pas directement ici, dans le dossier. C'est ça que
je veux dire. Je n'avais pas toute la même information que le précédent
ministre des Transports. Et, de toute façon, que
ce soit moi, ou le premier ministre, mon prédécesseur, ou n'importe quel
candidat caquiste à l'élection, à la dernière élection, aucun d'entre nous n'a
fait une élection et ne s'est engagé à faire le troisième lien en ayant à
l'esprit qu'on devrait changer le projet aussi significativement par la
suite. Jamais on n'aurait menti sciemment à nos électeurs.
M. Morin :
Alors, Mme la Présidente,
toujours sur le troisième lien, il y a un bureau de projet qui fonctionne.
Combien coûte le bureau de projet par semaine?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, par semaine... Vous voyez, à date, il y a... c'est
1,8 million, je pense, la rémunération qu'on avait au...
Mme Guilbault :
1,6 million, la rémunération. Depuis quatre ans?
Mme Guilbault : Depuis 2018, c'est ça. Alors,
1,6 million en rémunération pour le bureau de projet. Le bureau de projet
comme tel, c'est des gens qui sont sur le système de paie régulier du
ministère, là, il faut quand même préciser ça. Donc, c'est des gens qui, de toute façon, travaillent au ministère
du Transport et de la Mobilité durable, mais qui ont été affectés à
temps plein au bureau de projet du troisième lien. Donc, l'équivalence ou...
pas l'équivalence, mais, je veux dire, le salaire qui leur a été versé est de
1,6 million.
La Présidente
(Mme Maccarone) : M. le député.
M. Morin :
Mais pas par semaine.
M. Morin :
Alors, ça vous coûte combien... ça vous coûte combien par...
Mme Guilbault : Si on payait 1,6 million par semaine, on aurait une
expertise...
M. Morin :
Non, mais... C'est ça, mais ma question, c'est : Par semaine, combien
ça coûte?
M. Morin :
Ma question, c'est, Mme la
Présidente : Combien ça vous coûte par semaine, le bureau de projet? C'est
ça, ma question.
Mme Guilbault : OK. Bien là, ça fait à peu près cinq ans, donc on va diviser par
260, là, semaines. 52 fois cinq, ça fait 260, ça? Ce ne sera pas long,
on le calcule.
La Présidente
(Mme Maccarone) : ...
M. Morin :
Oui, mais j'attends la réponse.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Il vous reste 50 secondes à vos échanges,
M. le député.
Mme Guilbault : ...le ramener sur... par semaine. Mais c'est parce que, tu
sais, ça peut varier aussi. Il n'y a pas eu
le même... il n'y a pas eu le même nombre d'employés toujours, selon les
semaines, il y a des gens qui sont arrivés, qui ont quitté. Alors, ça va
nécessiter des manipulations comptables, Mme la Présidente, pour donner une
réponse intelligente.
La Présidente
(Mme Maccarone) : 24 secondes.
M. Morin :
Merci. Alors, je vais transférer le temps qu'il me reste dans le prochain
bloc, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Merci beaucoup. On cède maintenant la parole au député de Taschereau,
pour une période de 40... 14 min 45 s plus 17 secondes.
M. Grandmont : Merci, Mme la Présidente.
40 minutes, je les aurais prises... qu'on aurait eu une belle conversation. Merci. Bonjour, Mme la Présidente.
Bonjour, Mme la ministre. Bonjour aux collègues présents aujourd'hui. Bonjour aussi à votre personnel qui vous accompagne
aujourd'hui. Je reconnais quelques visages là-dedans, je les salue
particulièrement.
J'aimerais
revenir, moi aussi, sur le troisième lien. Évidemment, on va en parler. La
semaine dernière, la ministre a annoncé... en fait, pas la semaine
dernière, mais la précédente, là, vous avez annoncé que la
partie autoroutière
était abandonnée, quelque chose qu'on demandait depuis longtemps. Le premier
ministre a dit, lui, qu'il avait pris sa décision sans... d'abandonner ce
tunnel-là sans connaître le coût d'un tunnel entièrement dédié, à 100 %,
donc, au transport en commun, sans avoir vu les coûts, là, des projets. Il
disait qu'il avait vu une étude... un résumé d'étude, une étude courte, je
pense, qu'il avait... l'expression qu'il avait utilisée.
Donc, j'aimerais
savoir comment la vice-première ministre et ministre des Transports a soutenu
la prise de décision du premier ministre. Donc, on va revenir un peu sur la
séquence, là. Vous, quand est-ce que vous avez reçu l'étude sur le troisième
lien?
Présidente (Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Encore une fois, je vais demander à mon collègue d'être plus précis.
Quand on dit «l'étude», tu sais, il y en...
Mme Guilbault :
Le rapport synthèse?
M. Grandmont :
...le rapport synthèse. Moi, j'ai la version du 19 avril. Vous avez
celle du 17 mars.
Mme Guilbault : Oui. Bien, j'ai les deux, là.
M. Grandmont : Mais, peu importe, celle
que vous avez... celle que vous avez... qui vous a aidée à la prise de
décision, quand est-ce que vous l'avez reçue?
Mme Guilbault : C'est celle-là ici, c'est ça. Bien, vous voyez, moi, je l'ai reçue,
celle-là... Il est écrit : «Version du 17 mars», donc... c'est
Mme Guilbault :
C'est ça. En fait, j'ai... Parce que je me suis noté des dates, j'ai reçu
tellement d'affaires, puis il y a eu tellement d'envois, vous vous en doutez,
mais je l'ai reçue le 17 mars, cette version-là, que j'ai lue et annotée,
et tout ça, qu'on a tous lue, et dans laquelle on a fait des changements. Et là
ce n'est pas des changements qui dénaturent
l'étude, là. De toute façon, c'est des ingénieurs qui font ça, on ne peut pas
jouer là-dedans, politiquement, comme on veut. Donc, il y a eu des
corrections, des choses comme ça, et ma dernière version, 31 mars.
M. Grandmont : Parfait. Donc, vous, vous
me confirmez que c'est celle du 17 mars qui... que... la première fois où
vous avez reçu, vous n'avez pas consulté des versions précédentes. Ce que je
comprends, c'est celle du 17 mars, c'est peut-être la
version 05. Celle-là, ici, c'est la version 06, elle est notée 06,
là, un peu partout dans le document. Donc, les versions 01 à 04, vous ne
les avez jamais consultées.
Mme Guilbault : Bien, c'est quoi, les versions 01 à 04?
M. Grandmont :
Bien, ici, c'est la version 06. Version 06, que j'ai, moi, datée
du 19 avril. Vous, vous avez la version
du 17 mars. Je ne sais pas c'est la version quoi. Peut-être en haut des
pages, là, vous regardez à l'intérieur, c'est écrit partout, là,
«synthèse générale du projet en date du», puis version zéro quoi.
Mme Guilbault : Oui. Non, mais ça se peut. C'est ça, il y a eu plusieurs
versions qui ont été corrigées, et tout ça, réorganisées. On a changé des
choses, l'organisation de l'information dans la table des matières, et tout ça.
Je sais, on a travaillé ensemble dessus. Donc...
M. Grandmont :
Oui, donc... Mais la version du 17 mars, c'est la... c'est laquelle
version? C'est la numéro combien?
Mme Guilbault : Ah! bien là, je... On sait-tu ça?
M. Grandmont :
Ça doit être écrit dedans.
Mme Guilbault : Parce qu'il faut comprendre qu'essentiellement, Mme la
Présidente, ça reste le même document, là.
Quand on parle de version, c'est parce qu'on veut être rigoureux puis, tu sais,
précis dans l'information, mais,
comme je vous dis, c'est des documents qui sont basés sur des documents
d'ingénieurs signés par des ingénieurs. Donc, il n'y a pas eu de
modification substantielle de contenu ou... tu sais, qui change l'essence du
document. C'était sur la forme, les modifications.
M. Grandmont :
...le 17 mars. Donc, il y a eu des versions précédentes à ça, vous ne
les avez pas consultées. Est-ce que ce
serait possible... J'aimerais avoir pas... non pas le contenu des
études 01 à 04 ou 01 à... 01 à 05, en fait, là, nous, on a la
version 06... Est-ce qu'on pourrait avoir la date à laquelle a été... les
dates auxquelles ont été déposées au ministre responsable des Transports,
j'imagine, que ce soit vous ou votre prédécesseur... les dates auxquelles les
versions 01 à 05 ont été déposées, s'il vous plaît? J'aimerais avoir les
dates de dépôt.
Mme Guilbault : Oui. Bien, peut-être une précision aussi, Mme la
Présidente, là. Tu sais, ces documents-là, c'est un peu comme les poupées
russes, tu sais, là-dedans, là... Parce que moi, j'ai lu toutes les autres
études avant, puis, encore là, toutes les études qui sont
sur le site Web, puis il y a beaucoup de contenu puis il y a beaucoup
d'éléments d'autres études qui ont été mis. Ce n'est pas pour rien qu'il
s'appelle synthèse générale. Donc, il y a beaucoup de choses des autres études
qui sont là-dedans. Puis ça, justement, effectivement, si tu veux lire juste un
document, là, je pense que ça, c'est le
meilleur à lire parce que tout est là. C'est pour ça, je vous dis, on a rapiécé
beaucoup, puis les modifications d'une version à l'autre pour se rendre
à 06, c'était beaucoup : Ajoutons ci, ajoutons ça, c'est intéressant.
Alors, je veux... tu sais, c'est juste ça, le concept des versions.
M. Grandmont :
C'est correct, mais moi, j'ai la version 06, vous, vous avez une
version différente. Moi, j'aimerais avoir les dates auxquelles ont été déposées
au ministère... au ministre des Transports ou à la ministre des Transports les
versions 01 à 05. J'aimerais avoir les dates qui sont écrites là. Est-ce
qu'on peut avoir ces dates-là, s'il vous plaît?
Mme Guilbault : Bien, moi, la première version que j'ai reçue, au retour de
Noël, c'est le 27 janvier, mais je ne
suis même pas sûre que ce soit le même document, en fait, c'est ça que je vous
explique, là. Le 27 janvier, moi, j'ai reçu de l'information et
c'était incomplet, alors on a redemandé...
Mme Guilbault : C'est ça. Puis, ici, en passant, c'est ma sous-ministre adjointe qui
s'occupe du troisième lien, entre autres choses, là. Donc... Et c'était
incomplet. C'est là qu'on a eu des discussions avec les villes, et tout ça, pour pouvoir arriver avec le fameux document
auquel je réfère avec les temps de parcours, et compagnie. Donc, c'est...
tout ça a été évolutif. Alors, le moment où j'ai reçu quelque chose d'aussi
complet que ça, ce n'est pas forcément le 27 janvier, mais là c'est au
mois de mars, là, c'est à partir du mois de mars pas mal.
M. Grandmont : Je vous demanderais, si
c'est possible, de nous transférer l'information prochainement sur la date
de chacune des versions, 01 à 05. On comprend que vous en avez reçu une en
janvier.
Mme Guilbault : Ah! bien, on les a, apparemment, les dates, ici.
M. Grandmont :
V01, 27 janvier.
Mme Guilbault : Ah! il faut demander. Est-ce qu'on a le consentement?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...demander
le consentement aux collègues. Est-ce qu'on a le consentement que la
sous-ministre... Consentement?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
tout à fait. Si vous pouvez vous présenter, puis après on vous donne la
parole.
Mme Maltais (Valérie) : Oui.
Pardon, désolée. Valérie Maltais, sous-ministre adjointe aux grands projets
routiers et à la région métropolitaine.
Donc,
première version, 27 janvier, c'est un squelette pour dire... sur lequel
on monte le tout. Deuxième version, le 10 mars, puis le 17 mars
et le 31 mars. Et, finalement, la version du 19 avril qui est
publiée.
M. Grandmont :
Merci. J'aimerais savoir quand est-ce que la ministre des Transports a
rencontré le premier ministre, la date, là, quand est-ce qu'elle a rencontré le
premier ministre pour lui partager les résultats de l'étude?
Mme Guilbault : Le 5 avril. Et on a même fait un gazouillis.
M. Grandmont : 5 avril. Lorsque la
vice-première ministre a rencontré le premier ministre, quelle recommandation
lui a-t-elle faite? Est-ce qu'elle lui a recommandé d'abandonner le tunnel
autoroutier?
Mme Guilbault : Bien, Mme la Présidente, là, il y a des conversations
privées là-dedans aussi, là. Je ne suis pas
certaine que tout le monde aurait envie qu'on relate le contenu des rencontres
avec un et l'autre, mais la rencontre a porté sur le projet. Il y a eu
plusieurs discussions. Je lui ai présenté le document, là, le fameux document,
les temps de parcours, et tout ça, qui a été
peaufiné par la suite pour le grand public, là, mais... donc, l'essentiel des
données qui sont là-dedans. Il y a eu des discussions, et une décision a
été... Il y a eu des rencontres aussi avec les collègues, et tout ça, et la décision a été prise sur la base
d'informations factuelles et disponibles sur, entre autres, les temps de
parcours et la répartition de l'achalandage depuis la pandémie.
M. Grandmont :
Parfait. Le premier ministre a dit qu'il avait pris... c'est lui qui avait pris
la décision d'abandonner le projet autoroutier et d'aller vers un tunnel
entièrement dédié au transport collectif. Est-ce que vous lui avez fait des
recommandations?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Ce sont des décisions qui se prennent en équipe. Et, quand
le premier ministre dit que c'est lui qui
prend une décision, c'est une évidence, c'est le premier ministre. Alors, ultimement,
il prend toutes les décisions, dans le sens où il y a des discussions avec ses
ministres, on a des discussions avec notre caucus, on en vient des
décisions. Des fois, les décisions changent
selon les... soit les éléments de contexte externes, selon les discussions
qu'on a avec nos collègues. Je vous dirais que c'est monnaie courante,
Mme la Présidente, comme dans tous les caucus, j'imagine.
M. Grandmont :
Mais est-ce que vous êtes arrivée avec une proposition? Moi, quand j'ai des
employés qui viennent me voir, j'aime ça, qu'ils arrivent avec des
propositions, pas juste des : Je ne sais pas quoi faire. J'imagine que ce n'était pas votre état d'esprit. Vous êtes
arrivée avec une proposition, au regard des études que vous aviez, qui étaient
disponibles, que vous avez consultées et des recommandations de votre
personnel, vous êtes arrivée devant le premier
ministre puis vous lui avez dit : Voici l'état de situation. Est-ce que
vous avez fait aussi une recommandation d'abandonner le tunnel autoroutier
et de faire un tunnel entièrement dédié au transport collectif?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Je suis arrivée à la rencontre avec le document dont je
parle. On a eu des discussions ensemble. Le
premier ministre, tout comme moi, est une personne rationnelle, aime beaucoup
les chiffres. Alors, on a regardé tout ça ensemble, on a évalué divers
scénarios, on a eu des discussions, et éventuellement il y a une décision qui a
été prise.
La Présidente
(Mme Maccarone) : M. le député.
M. Grandmont :
Parfait. Je ne doute pas que le premier ministre aime bien les chiffres, et
c'est pour ça qu'effectivement on était un peu surpris quand il disait que
lui-même avait pris la décision sans avoir accès aux coûts. Donc, c'est bien
que vous le souligniez. C'est quelqu'un de chiffres, c'est un comptable.
Dans la
page 124, je reviens sur ce tableau-là, du tableau du même document, là, Synthèse
générale du projet TQL en date de mars 2023 . Vous connaissez les chiffres
qui sont écrits ici, à la page 124. Vous, vous les avez vus. Si le premier
ministre ne les a pas vus, vous, oui.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Moi je les ai vus, oui.
M. Grandmont :
À quel moment vous, vous avez pris connaissance de l'estimé des coûts?
Mme Guilbault : Je ne sais pas si c'était dans ma version du 27 janvier ou si ça a
été une des... Non, elle n'était pas là en... Ça fait que ça veut dire
que c'est au mois de mars.
M. Grandmont :
Parfait. Quand vous avez rencontré le premier ministre lors de cette
rencontre qui a mené à la décision de ne pas
faire le tunnel autoroutier et de faire un tunnel dédié au transport collectif,
est-ce que vous lui avez mentionné les coûts?
Mme Guilbault : On a évoqué ensemble ce que j'ai dit le 20 avril
dernier, quand j'ai fait la présentation, la mise à jour du projet, que notre
évaluation, en ce moment, si on maintenait le bitube, tel qu'annoncé en avril
dernier, on était autour de 9,5 à 10 milliards.
M. Grandmont :
Parfait. Donc, vous lui avez mentionné le coût d'un tunnel autoroutier...
Mme Guilbault :
De ce scénario-là.
M. Grandmont :
...qui était devenu très élevé, 9,5 à 10 milliards de dollars. Vous
l'aviez mentionné aussi pendant la conférence de presse. Est-ce que vous lui
avez mentionné le coût, comme vous connaissez les coûts, vous lui avez
mentionné le coût du tunnel uniquement réservé au transport collectif?
Mme Guilbault : Bien là, honnêtement, là, si je vais être très, très
factuelle, de mémoire, je ne crois pas. Mais c'est le 5 avril, là. On est
rendu le 5 mai. Je ne sais pas, en tout cas. Alors, je ne pourrais pas jurer
d'un oui ou d'un non. Je crois que non, à ma
connaissance, non, puis ce serait conforme à ce que lui... à ce que lui a dit
aussi. Je suis assez certaine qu'on
n'a pas discuté des autres évaluations, là, les trois ou quatre autres dans le
tableau auquel le député fait référence, mais qu'on a évoqué le
10 milliards, 9,5 à 10 milliards du bitube tel quel.
M. Grandmont : D'accord.
Le premier ministre qui prend une décision très importante sur un projet
d'infrastructure qui risque de coûter très, très cher, vous l'avez dit
vous-même, c'est quelqu'un qui est très intéressé par les chiffres, vous n'avez
pas souvenir que le premier ministre n'a pas demandé le coût d'un tunnel
uniquement dédié au transport collectif. Il
me semble que, moi, dans votre position, ça aurait fait comme : Voyons! Il
ne m'en parle pas. Il me semble que j'aurais un souvenir de ça.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, c'est parce que je ne suis pas certaine que le député
de Taschereau aborde la chose sous le bon
angle. Tu sais, nous, on gouverne. On doit prendre des décisions par rapport à
des éléments factuels. Et l'objet de
la rencontre avec le premier ministre le 5 avril, puis plaçons-nous dans
le contexte où ça fait des mois qu'on attend les fameuses infos à jour,
moi, j'ai eu plusieurs versions, j'ai travaillé ça avec mes équipes, mais lui,
il n'a pas eu les versions, là, donc lui
avait hâte que je lui amène les fameux chiffres, les temps à jour, les données
à jour sur l'achalandage post-pandémique, etc. Alors, ça a été ça,
essentiellement, la discussion. Et, sur la base des graphiques, tu sais, les
courbes, là, des heures de pointe, et tout
ça... Puis lui s'intéressait aussi à la comparaison, justement, les temps de
trajet de transport collectif versus en voiture, les gains potentiels en
transport collectif versus en voiture, 71 %, 20 %... 37 %, je
pense, en tout cas, bref, ça a été ça, essentiellement, la discussion.
M. Grandmont :
Dans un projet d'infrastructure, d'habitude, les coûts, c'est une donnée
factuelle assez importante, même si c'est un estimé, là. Puis, des estimés, on
en a dans tous les projets. On peut parler d'Hippolyte-La Fontaine ou de
n'importe quel projet, on a un estimé, puis, oui, c'est vrai que le coût peut
varier.
Là, on avait un
tableau avec quatre propositions. Vous rencontrez le premier ministre, il ne
vous pose pas la question sur le coût, vous ne lui dites rien sur le coût, puis
on décide de changer d'un projet autoroutier à un projet uniquement dédié au transport collectif sans
évoquer le coût du projet de transport collectif. Et vous trouvez ça normal?
Mme Guilbault : Bien, j'ai dit très, très clairement et à répétition que, le projet de
tunnel de transport collectif, on sait... on a décidé, sur le principe d'avoir
un seul tunnel, qu'il allait y avoir du transport collectif dedans, ce
qui nous ouvre énormément de possibilités. C'est peut-être ça aussi que n'a pas
pris en compte le député. Mais imaginons-nous
la discussion où on passe du bitube, où le transport collectif était à même des
tunnels routiers, donc on était limité à des autobus, ça allait de soi
que ça allait être des autobus puis des voitures dans chaque tunnel, et là on
tombe dans un tunnel de transport collectif dédié. Alors là, tout est possible.
On n'est pas limité aux autobus.
Alors, j'imagine que
le député est conscient qu'un tunnel dans lequel on mettrait uniquement des
autobus versus un tunnel où il y aurait uniquement, mettons, un tramway, versus
un tunnel où il y aurait un métro, versus un tunnel où il y aurait REM, on
n'est pas du tout dans les mêmes projets, on n'a pas les mêmes évaluations de
coûts. La prochaine étape, c'est ça que je me tue à répéter, la prochaine
étape, c'est de le documenter convenablement, et une fois qu'on aura le meilleur projet en termes d'achalandage, de
retombées, d'effets structurants pour nos deux régions, on pourra faire
l'évaluation du coût. C'est ça, la séquence normale quand on fait un projet
d'infrastructure.
La Présidente
(Mme Maccarone) : ...M. le député.
M. Grandmont :
Pardon? 20 secondes?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Il vous reste 17 secondes.
M. Grandmont : Je voudrais juste
savoir : Ils viennent d'où, ces coûts-là, en fait? Parce que c'est quand
même ça qui sert de base au choix, à la décision. C'est l'étude qui a été faite
par l'union des deux rives. Comment, ces coûts-là, vous pouvez les utiliser pour prendre des
décisions si vous jugez que c'est trop préliminaire pour être dévoilé
publiquement?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...nous
allons procéder au prochain bloc, et la parole est au député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Bien,
justement, continuons à parler des coûts, Mme la Présidente. Il y a un
bureau de projets. On va avoir, évidemment, le chiffre, éventuellement, sur
combien ça coûte par semaine. Mais ce bureau-là de projets travaille constamment
à un projet de lien entre les deux rives. Quand vous parlez des coûts, et que vous avez rencontré le premier ministre, et
que le projet a changé, il est difficile de penser qu'il n'y a aucun coût qui a
été évoqué.
Donc,
moi, ce que j'aimerais savoir, Mme la Présidente, c'est : Dans ces
réunions-là, avec le premier ministre, est-ce
qu'il a été question des coûts? Quels sont les coûts? Puis est-ce que la
population du Québec pourrait avoir accès ou connaître les coûts qui
sont envisagés pour cette nouvelle mouture d'un troisième lien?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, le député d'Acadie reprend exactement la question du député de
Taschereau. Bien, c'est... Non, mais exactement, le député de Taschereau
peut peut-être le prendre comme un compliment.
Mais donc... Alors, je
l'ai dit, on a eu une rencontre avec le premier ministre le 5 avril, où
l'objectif principal — principal — était
d'enfin lui présenter les données à jour. Tu sais, on a tous fait la campagne
ici, là. Rappelez-vous, jour après jour, le
premier ministre se faisait demander : Le troisième lien, les études sont
où? C'est quand? Il dit : On
attend les études à jour. Or, pour avoir les données à jour sur un échantillon
représentatif, donc l'année 2022
au complet, on les avait début 2023. 27 janvier, il nous manquait du
stock. On a parlé aux villes. 31 mars, j'ai eu mes données finales.
5 avril, je rencontre le PM et là je lui présente.
Lui, ça fait des mois qu'il attend ça, là,
quand... Puis ce n'était même pas moi. Quand on a commencé à dire qu'on mettait
à jour, ce n'était même pas encore moi qui étais aux Transports, c'était encore
mon... l'actuel ministre de la Sécurité publique. Alors donc, lui avait hâte de
voir ces données-là. Donc, essentiellement, la rencontre a porté là-dessus, les
nouvelles données sur les temps de parcours, et compagnie.
M. Morin : Puis, dans cette
rencontre-là, vous avez parlé des temps de parcours, mais vous n'avez pas parlé
du coût de construction, d'un échéancier d'un trajet, rien de ça n'a été
évoqué. Alors, vous avez rencontré le premier ministre puis vous lui avez
dit : Bien, on a un nouveau portrait de l'achalandage, on change le
projet.
Mme Guilbault : Bien, le coût qui a été évoqué, je l'ai dit tout à l'heure, là, je lui ai
dit que, dans nos évaluations d'aujourd'hui, sur un projet concret de
bitube routier dans lequel on ferait passer des autobus, on était à 9,5,
10 milliards, parce que je l'ai dit aussi le 20 avril quand j'ai fait
la mise à jour, là, c'est un des facteurs qu'on a pris en compte aussi dans la
décision, le coût, qui était quand même rendu élevé, on partait de 6,5 l'an
dernier puis on était à au moins 3 milliards de plus l'année suivante.
Mais ça, c'est parce qu'on avait un projet précis, concret, un bitube routier
avec des autobus. À partir du moment où tu décides d'avoir un tunnel dédié aux
transports collectifs, il y a plein de scénarios qui s'offrent à toi. Alors, le
prix varie en fonction de... du tracé, mais surtout du mode qu'on va faire
passer dedans.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Morin : J'en
conviens, Mme la Présidente. Sauf que, si on reprend votre rencontre avec le
premier ministre, quand vous lui parlez du coût, et là vous trouvez que
le coût est trop élevé, vous changez de projet, donc il y a... c'est tout, hein? Ça finit là. Donc, il n'y a aucune
discussion sur la possibilité d'un nouveau projet, d'un tracé, d'un moyen de transport
dans le lien, puis des coûts possibles. Il n'y a rien de ça qui est évoqué,
rien. Vous changez juste de projet, mais vous ne savez pas dans quoi vous vous
engagez. Puis tout ce que vous dites, c'est : Bien, éventuellement, il va
y avoir des études. C'est comme ça que ça s'est passé?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, ce n'est pas ça que j'ai dit, Mme la Présidente, là.
Il ne faut pas mélanger les choses. Il me parle de dimension des coûts. Ce que
je lui ai dit, c'est que, sur les coûts, on a parlé de l'évaluation actuelle du
bitube de l'an dernier, qui avait augmenté
d'au moins 3 milliards, mais il y a une foule de choses qui ont été
abordées, essentiellement les fameux chiffres. Le document, là, je suis
certaine qu'il l'a, là, ce document-là, là, avec les graphiques, et tout ça, que j'ai présenté. Et, à partir du moment où...
quand on... à partir du moment où on a pris la décision de faire un tunnel de transport dédié, bien là on
se disait ensemble, puis avec nos équipes proches, là, on était
quelques-uns, et avec nos collègues : Bien, à partir du moment où tu as un
tunnel dédié, il y a plein de scénarios. On n'est plus limité à des autobus.
Donc, ce n'est pas... ça ne veut pas dire : On passe d'un bitube routier
avec des autobus à un seul tube avec des autobus. Ce n'est pas ça, là.
Maintenant, il y a plein de choses. Alors, lui
et moi avons convenu que, là, on va le travailler, on va... Tu sais, il y a diverses possibilités de tracés
aussi, oui, de la Rive-Sud à la Rive-Nord, mais les sorties peuvent arriver à
divers endroits : il y a la connexion avec le tramway à Québec, il
y a le mode aussi qui peut être très déterminant en termes d'incitation à
utiliser le transport collectif pour susciter de l'achalandage. Alors, il y a
diverses choses, les retombées économiques,
et tout ça. Alors, il y a plein de choses qui doivent être évaluées, puis, au
moment où on aura fait des choix qui seront les plus structurants et
rentables pour nos régions, on va être prêt à faire une mise à jour aussi
transparente que la dernière que j'ai faite le 20 avril.
M. Morin : Alors, Mme la
Présidente, si j'ai bien compris, le premier ministre, la semaine dernière,
évoquait la possibilité d'un métro dans le troisième lien de transport
collectif. Est-ce que vous avez des choses que vous avez discutées avec lui? Est-ce qu'il y a des études
là-dessus? Est-ce que ce projet-là, de métro, est en train de se concrétiser?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, je l'ai dit tout à l'heure, il y a... tout est
possible dans le tunnel. Tout ce qui peut... En 2023 et dans les prochaines
décennies, tout ce qui existe comme mode de transport collectif, efficace,
moderne qui peut passer dans un tunnel est
théoriquement disponible, est théoriquement possible. Puis, ça, je l'ai dit
souvent ici, là : moi, j'ai
grandi sur la Rive-Sud de Québec, puis j'allais à l'école sur la Rive-Nord,
puis là j'habite sur la Rive-Nord. Bref, je l'ai utilisé, moi, ce
transport-là. Les ponts, je les ai pris, l'autobus, je l'ai pris. Et on a
toujours eu les autobus avec les transferts.
Et là on va avoir un tramway à Québec, donc ça va changer la donne. Mais, dans
un tunnel sous terre, il y a beaucoup, beaucoup de
choses qui sont possibles. Alors, il faut prendre le temps de l'analyser, et on
va choisir ce qui est le plus adéquat, rentable et structurant pour nos deux
régions.
M. Morin :
Sauf que, Mme la Présidente, présentement, est-ce que votre bureau de
projets, puis quand vous avez parlé au
premier ministre, est-ce que vous avez évoqué la possibilité d'un métro du
centre-ville, par exemple, de Lévis au centre-ville de Québec pour
traverser dans le troisième lien? Ma question, elle est claire et précise.
Mme Guilbault : Oui, elle est claire. Bien, la... ma réponse était tout
aussi claire, là. J'ai dit que tout est possible.
J'ai même nommé, tantôt. J'ai dit : Les autobus, c'est possible,
électriques, évidemment. Je dis : Un tramway, c'est possible, un métro c'est possible, un REM,
c'est possible. On a le REM qui s'en vient, sur la Rive-Sud, là, on va voir. Et donc... Et, s'il y a autre chose qui
existe, tu sais, tout est possible en ce moment. C'est ça, la beauté de ça, là.
On a un tunnel vierge en ce moment et on peut mettre ce qu'on veut
dedans, contrairement au bitube, où on était limité aux autobus.
M. Morin :
Bien, en fait, moi, ma
compréhension, Mme la Présidente, c'est qu'il n'y a pas de tunnel. Donc, on va
voir s'il va y en avoir un un jour.
Maintenant, le
premier ministre parlait d'un métro. Est-ce que c'est quelque chose qu'il a
évoqué avec vous?
Mme Guilbault : Bien, je viens de dire... je viens juste de dire plus d'une fois que le
métro fait effectivement
partie des possibilités de ce qui peut passer
dans le tunnel.
M. Morin :
Trajet centre-ville de Lévis à
centre-ville de Québec, est-ce que c'est également une possibilité qui
fait
partie du projet?
Mme Guilbault : Bien, c'est non seulement une possibilité, mais ça a
toujours été l'objet du projet, relier les deux centres-villes.
M. Morin :
D'accord. Donc, je comprends que, présentement, dans les carnets d'études,
il n'y aurait pas de troisième lien via l'île d'Orléans.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Actuellement, on n'a pas de projet de troisième lien via l'île
d'Orléans, non.
M. Morin :
Est-ce que c'est un projet qui
pourrait être évalué par le bureau de projets? Est-ce que c'est quelque
chose que vous avez dans vos carnets que vous évaluez?
Mme Guilbault : Bien, c'est un projet qui a déjà été évalué à une certaine
époque, là. Quand on est arrivés en 2018, on a travaillé là-dessus, un scénario
à l'est, mais, après, rapidement, on s'est concentrés sur centre-ville à
centre-ville. Donc, non, actuellement, on ne travaille pas sur un projet à
l'est.
M. Morin :
Parfait. Maintenant, il y a un projet du pont pour l'île d'Orléans. Quel
est l'échéancier du projet? Quel est votre
plan? Et quels sont les moyens d'atténuation que vous allez mettre en place pour
assurer la circulation entre la terre ferme et l'île d'Orléans?
Mme Guilbault : Là, il me parle du pont de l'île d'Orléans, là, qui va être
livré en 2028?
M. Morin :
Exactement. C'est en plein ma question. C'est ce que je viens de demander,
Mme la Présidente.
Mme Guilbault : Oui. Ah! bien, c'est ça, oui, on est rendu au mois d'août
2028, si ma mémoire est bonne, pour la livraison, parce qu'il y a eu... On
était en... Bien, d'abord, c'est un libéral qui me pose la question. Je vais
quand même mentionner que, quand on est arrivés en 2018, les libéraux avaient
toujours prétendu qu'il serait prêt en 2024,
je pense... en tout cas, ce n'est peut-être pas... on va rester dans la politique, 2024 ou
2025, mais on a découvert que ça avait toujours été prévu en 2027. Les
libéraux ne s'en n'étaient pas vantés. Alors, on a dû annoncer que, finalement, ce serait en 2027. Mais, à cause d'un
certain nombre d'enjeux, entre autres, on a dû prioriser certains projets
d'urgence, notamment l'Île-aux-Tourtes, et donc il y a eu une grève, et tout
ça, alors, finalement, on est rendu au mois d'août 2028.
M. Morin :
Et quels sont les coûts pour le projet?
Mme Guilbault : Bon, bien, on me dit que, vous voyez, le pont de l'île
d'Orléans, comme l'Île-aux-Tourtes, d'ailleurs,
on le fait en mode alternatif et donc, là, on ne donne pas les montants jusqu'à
ce qu'on ait signé le contrat, terminé l'appel d'offres. C'est prévu
comme ça.
Présidente (Mme Maccarone) : M. le député.
Mme Guilbault :
Ce qui est une saine façon de fonctionner, quant à moi.
M. Morin :
Oui. Ça, je comprends. Mais vous
avez quand même dû budgéter un montant si vous avez fait un appel d'offres. Je veux dire, vous ne pouvez pas avoir
un projet majeur puis dire : On n'a aucune idée de ce que ça va coûter.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : C'est ça, bien, c'est confidentiel. On me confirme que ça
n'a jamais été dévoilé, c'est prévu comme
ça. Mais évidemment que, quand le contrat... quand l'appel d'offres va être
terminé... comme je l'ai fait, d'ailleurs, avec l'Île-aux-Tourtes
dernièrement, le 2,3 milliards, au moment où on a signé le contrat...
M. Morin :
Maintenant, Mme la Présidente, j'aimerais parler de transport collectif,
parce qu'il y a des centaines de milliers de Québécoises puis de Québécois qui
utilisent le transport collectif chaque jour, en fait. Dans le budget, cette
année, à la page E.34, il y a un montant pour la relance du transport
collectif 2022-2023, on parle de 200 millions,
et 2023-2024, encore un... environ 200 millions. Mais, par la suite, dans
le document budgétaire, il n'y a plus rien. Est-ce que le financement va
s'arrêter en 2024?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Il me parle du 400 millions au budget?
M. Morin :
Exact. C'est à la page E.34 du budget.
Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est ça, je n'ai pas mon budget. Il doit être dans... Mais,
de toute façon, c'est ça, je sais à quoi il fait référence, là, c'est le
400 millions d'aide d'urgence qu'on a ajouté au budget. Et je me permets
de dire que ce 400 millions là porte le
total de notre aide d'urgence au transport collectif depuis la pandémie à
2,1 milliards. 2,1 milliards. Pas un prêt, là, une subvention,
de l'aide d'urgence, 2,1 milliards.
Et, juste pour dire,
là, tu sais, je suis allée en France l'autre fois, et puis eux aussi ont eu des
problèmes d'achalandage en pandémie comme tout le monde, quand on est confinés,
et eux ont reçu un prêt de l'État pour subvenir
à leurs besoins puis survivre en attendant que l'achalandage revienne. Un prêt,
tu sais, en France, là, mobilité... Paris, mobilité très avancée. Donc,
juste pour vous dire qu'on est généreux ici.
Puis,
avec tout ça, avec le 2,1 milliards, on est rendu à financer à peu près
50 %, le gouvernement du Québec, du
transport collectif au Québec. Donc, je pense que c'est important de mettre ça
en contexte, parce que je serais curieuse de savoir quelle autre nation subventionne et finance aussi
généreusement le transport collectif que notre nation du Québec.
M. Morin :
...pas la France.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. Il vous reste quatre minutes, M. le
député.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Sauf qu'après il n'y a plus rien. Puis, malgré
l'argent que vous avez investi, il y a
encore un manque à gagner puis il y a une diminution de services, donc, après
2024. Et le budget de l'État est déficitaire.
Donc,
après 2024, est-ce que vous allez injecter à nouveau de l'argent? Quels sont
vos plans? Est-ce que vous allez augmenter le déficit? Comment
allez-vous vous assurer que le transport collectif, qui est essentiel, va
continuer de bien fonctionner?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Donc, c'est ça. Alors, Mme la Présidente,
2,1 milliards de dollars, mais c'est vrai qu'on se retrouve toujours
dans une situation où, à chaque fin d'année budgétaire, quand les municipalités
doivent boucler leur budget, ils disent
qu'ils manquent d'argent. Donc, je l'ai dit, là, on finance déjà pas mal à
50 %. Est-ce qu'on doit financer plus? Je pense qu'il faut
réfléchir comme il faut. Chacun a sa
partie des devoirs à faire.
C'est pour ça que
j'ai amorcé, au mois de mars, une tournée de consultation sur le financement du
transport collectif, parce que j'ai bien l'intention qu'on règle ce problème-là
de manière intelligente, durable, réfléchie, consensuelle et qu'on puisse avoir
une entente, idéalement, sur cinq ans. Mon but, c'est, cet automne, d'avoir un cadre quinquennal de financement du transport
collectif sur cinq ans qui nous place à l'abri de ces complaintes cycliques
dans les médias et ailleurs et qui sera moins pénible pour les municipalités
elles-mêmes, au premier chef, et aussi pour le gouvernement. Donc, tout le
monde va être plus heureux comme ça.
M. Morin :
Donc, votre plan pour assurer la
pérennité des infrastructures puis du transport collectif, il n'est pas
encore en place. Vous continuez vos consultations. C'est ce que je comprends?
Mme Guilbault : Bien
là, s'il me parle de... C'est parce qu'il y a deux choses, là. Je pensais qu'il
me parlait de l'exploitation, mais,
s'il me parle des infrastructures, c'est autre chose. Mais les investissements
dans les infrastructures de transport collectif, monsieur... Mme la
Présidente, là, sont très, très, très importants. Vous voyez, je les ai ici,
là. Tu sais, ça a augmenté continuellement depuis que la CAQ est au pouvoir,
les investissements en développement des réseaux, finalement, en
infrastructures de transport collectif, avec, entre autres, les dépassements de
coûts, justement, dont je parlais tantôt, qu'on assume pour pouvoir aller de
l'avant avec la ligne bleue, avec le tramway de Québec, avec... On met aussi...
On fait avancer, tranquillement, le transport à Gatineau, avec les projets
structurants à Laval, avec le REM de l'Ouest, le REM de l'Est, qu'on est en
train de faire avancer aussi, éventuellement le REM de la Rive-Sud.
Alors, on met énormément d'argent en transport
collectif. On avait augmenté de 88 % les investissements pendant notre premier mandat par rapport au mandat
précédent des libéraux. Là, il faudrait que je recalcule mon 88 % avec
le dernier budget. Mais, déjà, quand même, on est extrêmement plus vigoureux en
investissements en infras de transport collectif que le précédent gouvernement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Morin : Bien.
Alors, parlons-en, justement, des infrastructures : transport collectif,
possibilité d'électrification, avancement sur le boulevard Taschereau à
Longueuil. Quel est l'avancement des travaux dans ce projet-là?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre. Il vous reste une minute à vos échanges.
Mme Guilbault : Oui. Il me parle de... je pense qu'il me parle de la ligne jaune, bien,
c'est ça, dans le prolongement, là, donc, moi, ce que moi, j'appelle le
REM de la Rive-Sud, alors, ça avance. Il y a des études qui avaient été faites
par la Caisse de dépôt à l'époque, diverses discussions qui avaient eu lieu,
rien de vraiment public. Mais ce que je peux dire, c'est que, moi, j'ai eu
diverses rencontres déjà là-dessus avec les élus de la Rive-Sud, avec la caisse
et avec mes équipes, et le projet avance, et je compte faire en sorte qu'il
avance encore plus bientôt.
La Présidente (Mme Maccarone) : 40 secondes,
M. le député.
M. Morin : Donc, vous avez eu
combien de rencontres, vous avez dit, avec les maires et mairesses des villes
de la Rive-Sud pour ce projet-là?
Mme Guilbault : Bien, c'est que j'en ai eu plusieurs. Tu sais, souvent...
Mettons, j'ai eu des rencontres sur le transport collectif avant Noël, j'ai eu
des rencontres sur des factures de la RTM. J'ai eu plein de rencontres à
l'intérieur desquelles on abordait le sujet, donc, soit avec des tables de
préfets, avec des gens. J'ai eu des rencontres spécifiques avec la mairesse de
Longueuil. J'ai eu une rencontre spécifique avec la mairesse de Brossard. J'ai
eu une rencontre avec ma collègue la ministre responsable de la Montérégie,
députée de Verchères. J'ai eu au moins une, peut-être
deux rencontres avec la caisse sur le REM de la Rive-Sud, en tout cas, au moins
une, mais sûrement deux, mais, avec la caisse, on se rencontre souvent,
et, encore là, ça revient sur le sujet aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...la
ministre. Nous allons maintenant poursuivre avec le député des Îles-de-la-Madeleine.
La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre, de vous prêter à cet exercice qui est fort pertinent pour nous puis pour l'ensemble
des citoyens qui nous écoutent. Merci à ceux qui vous accompagnent et à
mes collègues des oppositions. J'aimerais, à mon tour, revenir sur la question
du troisième lien et du rapport synthèse que vous avez déposé il y a quelques
semaines. J'aimerais savoir, tout d'abord, juste pour récapituler... Parce
qu'on a entendu beaucoup de choses ce matin déjà, et il y a certains passages
qui me semblent presque surréalistes. Mais
je voudrais... Si vous aviez à résumer, là, ce que vous avez tiré du rapport synthèse
qui vous permet de mettre de côté pour de bon le projet de lien sous-fluvial
autoroutier, est-ce que c'est essentiellement la question des temps de parcours, l'achalandage? Est-ce que les
coûts pèsent également dans la balance? Est-ce que le facteur environnemental, le
transfert modal... en termes de pourcentage, prendre une décision comme
celle-là, qui n'est pas mineure?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, tous les éléments que vient d'évoquer mon collègue
des Îles-de-la-Madeleine ont été pris en
compte. Il me recense essentiellement tout ce que j'ai dit comme éléments de
contexte à ma présentation du 20 avril, alors c'est très
juste : les données sur l'achalandage, sur les temps de parcours, sur la
répartition, les courbes de répartition de l'achalandage, le coût qui était
rendu à 9,5 à 10 milliards et le facteur environnemental qui a toujours été, de toute façon, à l'origine de notre volonté
d'avoir une place pour le transport collectif, dans un contexte aussi où
on avait reçu un rapport sur la qualité de l'air dans Limoilou, qui a été aussi
pris en compte, alors tout ça.
M. Arseneau : Mais, si vous voyez
un argumentaire basé sur ces éléments-là dans le rapport synthèse, quels sont
les éléments du rapport synthèse qui vous permettent de dire que de construire
un lien dédié entièrement au transport collectif, c'est
la bonne chose? Quels sont les facteurs dans ce rapport-là qui vous
disent : C'est la chose à faire sur le plan du coût, sur le plan des
besoins, sur le plan... sur d'autres plans? Nous, on ne les trouve pas, ces arguments-là, dans le rapport. Quels sont les
éléments dans le rapport qui vous permettent de dire : C'est un rapport...
c'est un projet qui... qu'on peut se payer, c'est un projet qui est utile et
qui répond à un besoin?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, je ne sais pas s'il a lu au complet tous les
rapports, mais on le voit très bien en lisant les rapports, là, la pertinence
d'avoir un lien centre-ville à centre-ville, l'effet structurant que ça peut
amener sur le développement des deux régions, l'effet structurant aussi dans
l'aménagement ou... En tout cas, la jonction entre le développement de la mobilité et l'aménagement du territoire, c'est une
évidence. Les coûts, il l'a dit... Bon, là, les coûts sont caviardés,
mais les coûts, c'est sûr que c'est une chose qui a été prise en compte.
Puis
aussi, Mme la Présidente, il faut voir que c'est différent, le transport
collectif du transport routier. Là, je ne sais pas s'il est contre un tunnel de
transport collectif. Ça, il n'est pas obligé de répondre non plus. Mais la
volonté d'induire de l'achalandage dans du transport collectif, le
«build it and they will come», elle est acceptable et même souhaitable en 2023,
alors qu'induire du transport routier, ce n'est pas l'objectif. D'autant plus
qu'en mettant les deux dans deux tunnels, on s'est aperçu, avec les données,
qu'il allait y avoir une cannibalisation. Plus ton tunnel de transport collectif est efficace, plus il va
drainer ton achalandage routier dans l'autre tunnel. Alors, pour nous, c'était
logique de faire du TC.
M. Arseneau : ...je vous suggère que
l'argumentaire que nous sert la ministre à l'heure actuelle, elle repose sur
des présupposés qui ne sont pas, d'aucune façon, vérifiables dans le rapport
synthèse ou dans les études tout simplement parce qu'on n'a pas ni le tracé, ni
le mode. Et nous, on n'a pas les coûts. Vous avez peut-être les coûts. Comment pensez-vous que les citoyens
peuvent, je dirais, soutenir ce projet-là s'il n'y a pas de
démonstration de faite que cet investissement en infrastructures est
utile et peut être fait à coût abordable et même réaliste sur le plan de l'ingénierie? En fait, en d'autres mots, puisqu'on
commence à zéro, on recommence à zéro dans ce dossier-là, essentiellement, est-ce que la ministre — je
vais y aller de façon plus précise — va
se prévaloir d'une police d'assurance, disons, en demandant un dossier
d'opportunité, une étude d'opportunité avant d'aller... avant de proposer une
solution, donc de fonctionner dans l'ordre, par étapes, et commencer par le
dossier d'opportunité? Parce que votre prédécesseur nous avait dit,
l'année passée, dans le même exercice, que, pour le lien autoroutier, on
s'était prévalu de l'article 32 pour
aller directement, là, sur le projet... le dossier d'affaires. Est-ce qu'on va
faire les mêmes erreurs pour un lien dédié au transport collectif ou
non?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, on demeure quand même sur le tracé, sans jeu de
mots, du même projet, ça demeure le même projet. Mais, de toute façon, il y a
un avant-projet qui est en train d'être réalisé, là. Il y a déjà une firme qui
a un contrat pour qu'on puisse finaliser l'avant-projet. Il y a une étude
d'opportunité qui s'est faite, néanmoins, qui comprend une étude des besoins, une
étude des solutions. Mais le député me dit de s'assurer de la... comment est-ce
qu'on peut s'assurer ou vérifier la faisabilité sur le plan des coûts et sur le
plan de l'ingénierie?
Bien, sur le plan des
coûts, je l'ai dit ad nauseam, justement, en ce moment, on n'est pas capable
d'avoir une fourchette de coûts qui est intelligente à communiquer parce qu'il
faut choisir le mode. Et choisir le bon mode, choisir le bon tracé et implanter
ça dans une vision d'une belle grande nouvelle région, une vraie toile de
mobilité durable régionale, ça va avoir un effet énormément structurant. Il
peut demander à son collègue de Taschereau, qui pourra lui donner une copie des
études, que je me garde ici, qu'il m'a données avant Noël, dans lesquelles
c'est abondamment documenté, l'effet que ça peut avoir sur l'aménagement puis
sur l'achalandage en transport collectif.
Puis,
sur le plan de l'ingénierie, bien, justement, en ce moment, il y a des sondages
de sol qui se font. Il y avait déjà des contrats qui avaient été donnés
pour des forages, parce que c'est sûr que, sur le plan de la faisabilité, il
reste qu'il va falloir explorer le sol, puis ça aussi, ça va avoir une
incidence sur le coût, là, quels sont les sols, comment ils sont faits, comment
on va creuser, comment on va faire le projet techniquement, là, concrètement.
Alors, c'est toutes des choses en cours.
M. Arseneau : ...d'un rapport synthèse,
on a des chiffres qui sont caviardés. On nous dit que le premier ministre n'a
jamais eu la curiosité de demander quel était le chiffre qui était inscrit
derrière la bande noire. Permettez-moi, Mme
la Présidente, de juger que c'est un peu invraisemblable lorsqu'on décrit le
premier ministre, et la vice-première ministre l'a fait tout à l'heure,
comme un être pragmatique et rationnel et qu'elle voulait nous donner des
faits, donc il faut que ça repose sur des faits. Mais, outre le fait que les
chiffres ne sont pas connus par le premier ministre, mais la décision d'aller de l'avant dans l'orientation
qui est proposée semble prise, j'aimerais savoir qu'est-ce qu'on a tiré de
cette étude-là. Pourquoi est-ce qu'on a pris une décision, alors que la
conclusion, elle est très claire sur les données qui sont présentées, à savoir
qu'il s'agit, sur les temps de parcours, uniquement d'une lecture tendancielle
et qu'il est possible de croire que la vraie situation postpandémique sur
l'achalandage ne sera connue que d'ici un ou deux ans?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui.
Bien, je veux revenir brièvement, là, sur les qualités du premier ministre.
Effectivement, c'est parce que c'est
un homme de chiffres rigoureux, factuel, rationnel et cartésien qu'il se dit,
comme moi : Attendons d'avoir un projet qui est défini, pour lequel
on va avoir étudié les retombées de chacune des possibilités en termes de tracé
et de mode, et, une fois qu'on aura fait un choix, on va être capable de
l'évaluer puis d'avoir une évaluation de coût qui est basée sur quelque chose.
On ne peut pas juste, comme ça, tu sais... dire n'importe quoi n'importe quand.
M. Arseneau : ...nous dire que,
si les chiffres ne sont pas probants, l'idée du lien avec un transport
collectif pourrait être abandonnée, de la même façon que le lien autoroutier a
été abandonné? Est-ce que c'est ce que vous nous dites?
Mme Guilbault : Non. Ce que je dis, c'est que le fait de demander, en ce
moment, une évaluation de coût sur un scénario qui n'est pas défini est
anachronique, et c'est ce que les oppositions font à répétition. Donc, moi, c'est simplement ce que je dis. Et donc le premier
ministre et moi avons convenu qu'on va d'abord travailler un projet, ensuite
on aura le coût, et bien sûr qu'il voudra le savoir à ce moment-là.
M. Arseneau : ...anachronique,
c'est de trouver la solution avant même d'avoir évalué les besoins et les
différentes opportunités. Là, moi, je veux remettre ça en place, je pense qu'on
est d'accord là-dessus, là, d'abord évaluer
les besoins, les coûts, les différents scénarios possibles pour améliorer la
mobilité dans la région de Québec et ensuite trouver le moyen de
résoudre cette situation-là, cet enjeu. Alors, s'il y a une chose à remettre en
place, c'est bien celle-ci.
Vous n'avez pas répondu à ma question, à savoir,
la conclusion, qui dit : Il est trop tôt pour prendre une décision,
pourquoi l'avez-vous rejetée et avez pris la décision maintenant?
Mme Guilbault : Je ne comprends pas à quoi il fait référence : Il est
trop tôt...
M. Arseneau : « Il est trop tôt pour
savoir si la tendance postpandémique sur la réduction des temps d'attente et
l'achalandage», en heures de pointe, là... il est trop tôt, c'est ce que votre
rapport, celui que vous avez déposé... ce n'est pas caviardé, cette partie-là,
il nous dit : Dans un an, dans deux ans, on aura les bons chiffres. Si,
dans un an, si, dans deux ans, les chiffres
nous démontrent que, plutôt qu'une baisse de neuf minutes, on a augmenté de
cinq minutes, est-ce qu'on remet sur... le dossier sur la table et qu'on
recommence à parler du lien autoroutier?
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Il vous reste quatre minutes à vos échanges.
Mme Guilbault : Bien, Mme la Présidente, c'est ça, l'idée, d'avoir le
tunnel de transport collectif qui va avoir le meilleur tracé et le meilleur
mode et qui va susciter le plus d'achalandage. Les gens qui vont arrêter de
prendre leurs voitures parce qu'ils vont prendre le transport collectif dans le
tunnel ne passeront plus sur les ponts en voiture. Le tunnel de transport collectif
va cannibaliser l'achalandage actuel routier sur nos deux ponts. Alors, ça va libérer de l'espace pour ceux qui vont continuer
de prendre la voiture et, entre autres, le transport de marchandises par camion. C'est ça, le concept : le transfert
modal. C'est ça, l'objectif du transport collectif efficace, moderne, puis
fréquent, puis intéressant.
M. Arseneau : On est d'accord,
Mme la ministre, mais... Mme la Présidente, on est d'accord avec la ministre
lorsqu'elle dit que le principe du transfert modal, il est là, mais il existait
longtemps avant le dépôt de vos 8 000 pages et du rapport synthèse.
Vous dites vous appuyer sur un rapport synthèse et plusieurs études pour
prendre une décision, et l'argument que vous
amenez, c'est l'argument qu'on amène depuis des années, depuis au moins une
dizaine d'années, à l'effet qu'on va créer une demande induite en créant
un lien autoroutier. Et vous avez toujours refusé cet argument-là.
Pourquoi aujourd'hui retenir cet argument-là,
alors qu'un rapport vous dit : Non, non, la baisse, elle est
circonstancielle, elle est vraiment contextuelle, puis on pourrait...
peut-être, d'ici un an ou deux, on verra, mais on pourrait revenir au même
niveau d'achalandage, qui vous a permis, deux élections successives, de
promettre un lien autoroutier? Alors, est-ce
que c'est possible qu'on revienne à l'idée d'un lien autoroutier ou, définitivement,
vous souscrivez à l'argument qu'on vous amène depuis 10 ans
maintenant? Est-ce que c'est définitif?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Mais nous, on souscrit à la réalité des choses après une pandémie
que personne n'avait prévue en 2018. Personne n'avait prévu qu'il y aurait une
pandémie. Elle a modifié énormément de choses dans le gouvernement, dans divers
ministères, entre autres le mien.
Et je vais dire ce que j'ai dit la semaine
dernière au salon bleu, c'est ça que je trouve un peu surprenant : Si
j'étais arrivée, jeudi le 20 avril, avec le même document, là, avec les
temps de parcours, et tout ça, celui-là, là, et que je vous avais dit : Néanmoins, on va aller de l'avant avec le
tunnel autoroutier, malgré que tout a diminué, imaginez-vous, Mme la
Présidente, le spectacle auquel j'aurais droit des oppositions en ce moment?
Donc, c'est un peu étrange de voir qu'ils
ont l'air d'être contre un projet de tunnel transport collectif, alors que le
transport collectif, structurant, efficace, fiable, sécuritaire,
attractif, on s'entend, et là on a le choix, là, maintenant tout est possible
dans notre tunnel dédié, c'est l'objectif, c'est... je veux dire, c'est la plaque tournante de la
mobilité durable, et on a droit d'avoir du transport collectif de
qualité dans notre capitale nationale et dans Chaudière-Appalaches.
M. Arseneau : Mme la ministre a
dit ici qu'il y aurait eu un tollé si elle avait décidé de suivre sa logique, depuis le début, de dire : Nous voulons un
lien autoroutier, et le rapport nous dit d'attendre un an ou deux avant de
savoir quelle sera la tendance postpandémique. On pourrait au moins...
On aurait pu au moins reconnaître votre cohérence. À ce stade-ci, c'est difficile. Mais j'aimerais, en dernier lieu, vous
demander qu'est-ce que vous faites aujourd'hui des arguments que vous avanciez... et on a eu
l'occasion d'en discuter à nombre... à de nombreuses reprises, les arguments que
vous avanciez sur la vétusté des ponts. Vous nous disiez qu'un troisième lien
autoroutier était nécessaire parce que les ponts étaient en fin de vie utile,
n'avaient pas la capacité de durer encore 50 ans. Vous nous disiez qu'il
était une question de sécurité, sécurité civile, parce qu'on ne pouvait quitter
la Rive-Nord qu'à l'ouest, alors il fallait nécessairement qu'on ait un
troisième lien à l'est, c'était une question de sécurité civile. Vous nous
disiez également que ce projet-là allait
pouvoir nous permettre de développer, de relancer l'économie de tout l'Est du
Québec. Est-ce qu'on peut vraiment le faire avec le projet actuel de
lien de transport collectif?
Présidente (Mme Maccarone) :
...M. le député. Nous allons
poursuivre avec l'opposition officielle. M. le député de l'Acadie, la
parole est à vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'aimerais savoir de Mme la ministre, en lien avec le
transport collectif et particulièrement en lien avec les lignes d'autobus
express 10 minutes qui sont en train de disparaître, à la STM, par manque
d'argent : Quand pouvons-nous nous attendre à un retour du service pour
l'ensemble des lignes 10 minutes? Et
avez-vous l'intention, pour aider les usagers du transport collectif, de
rajouter et de combler les 60 millions manquants à la STM?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, je suis un peu décontenancée,
des fois, des questions de mon collègue, là.
Je ne suis pas certaine qu'il comprend qui est responsable de quoi. Les lignes
d'autobus sont gérées par la STM, par
la STM. Et, s'il y a quelqu'un ici, en ce moment, qui pense que le gouvernement
gère les lignes d'autobus à Montréal, bien, je me propose pour lui
expliquer très amicalement comment ça fonctionne.
Donc, c'est
la STM, et par extension la ville de Montréal, qui gère les lignes d'autobus,
les horaires d'autobus, les chauffeurs d'autobus, le nettoyage des
autobus, etc. Et, comme je l'ai dit tout à l'heure, on a donné
2,1 milliards d'aide d'urgence. Et là je suis en train de prendre mon
tableau, là. Tu sais, de l'argent à la STM, là, on en a donné, là, tu sais, on a donné un devancement d'un... presque
2 milliards l'an dernier, en fin d'année financière. Un devancement,
c'est quand tu as des surplus budgétaires et tu as le choix de les affecter où
tu veux, dans divers ministères au gouvernement, et on a fait le choix de les
mettre aux Transports. Et, dans tous les transports, Dieu sait qu'on aurait pu
le mettre à bien des places, avec tout ce qu'on a à gérer. On l'a donné à la
STM, 1,2 milliard à la STM, et ils n'ont même
pas utilisé, au moment où je vous parle, tout cet argent-là en ce moment. Donc,
avant de réclamer que je gère les lignes d'autobus aux 10 minutes,
je pense qu'il y a d'autres étapes intermédiaires.
M. Morin : Alors, ma question,
ce n'était pas ça du tout, Mme la Présidente, c'était : Est-ce que la
ministre entend combler les 60 millions
manquants? Je suis très conscient que ce n'est pas la ministre qui gère les lignes
d'autobus à Montréal, ça, c'est très clair dans mon esprit. Maintenant,
la ministre n'a pas répondu.
Alors, Mme la
Présidente, pour la prochaine série de questions, permettez-moi de céder la
parole à mon collègue le député de Marquette.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre et toute
votre équipe. Merci, mon collègue, de me donner un peu de temps.
Mme la ministre... pour vous sensibiliser sur
quelques dossiers de mon comté, qui sont très locals mais, en même temps, qui touchent en grande
partie ceux qui
voyagent, ceux qui prennent l'autoroute, parce que vous n'êtes pas sans
savoir que mon comté, un, est enclavé par le fleuve Saint-Laurent et plusieurs
autoroutes.
Le premier
dossier sur lequel je veux vous aborder... je veux vous parler, c'est justement
le fameux 700 mètres. Vous savez
qu'on est en train de finir de travailler sur le REM à l'aéroport de Dorval. Il
y a une problématique, cependant, c'est qu'il manque 700 mètres sur
la gare intermodale, qui... c'est un pôle où il va... il y a Exo, Via Rail, là
on parle d'un TGF avec le gouvernement fédéral. Alors, il va y avoir beaucoup
de trafic qui va arriver à la gare intermodale, mais la gare intermodale est
700 mètres de l'aéroport. Alors, on est à un jet de pierre de l'aéroport
Dorval, dans le rond-point Dorval, mais se rendre, se rendre à l'aéroport,
c'est problématique.
J'ai... Depuis 2018, j'en ai parlé à vos
prédécesseurs. Je veux juste vous citer un peu ce que l'ancien ministre des Transports avait dit, qui est aujourd'hui le ministre de la Sécurité publique. Il disait : «J'ai eu, puis je
vous l'avais déjà mentionné, des discussions avec Marc Garneau et
M. Alghabra, en lui disant jusqu'à quel point cette connexion était
importante. Le fédéral a débuté une étude, je vais le dire ainsi, en 2019. On
n'a pas eu ce rapport. Ce rapport est maintenant déposé. Je suis persuadé que
vous l'avez lu. Je souhaite qu'il fasse rapidement... Je souhaite qu'il le
fasse rapidement. Le
tunnelier s'en vient. Peu importe, là, de quelle façon, là, que cette connexion
se fera, je pense qu'il serait important qu'on n'oublie pas cette
portion de la gare à Dorval.»
Également, la
ministre actuelle de la Solidarité sociale, qui était la ministre déléguée aux
Transports et responsable de la Métropole également, elle disait qu'elle
voulait faciliter la mobilité à cet endroit. Une résolution, également, de la
Cité de Dorval à cet effet pour le 700 mètres manquant.
Moi, je veux... On
voit que vos prédécesseurs étaient d'accord. Je veux juste m'assurer, Mme la
ministre... Puis je vous avais envoyé une invitation, d'ailleurs, avant les
fêtes, j'aurais aimé ça vous faire voir la situation à Dorval et une autre situation, notamment l'échangeur Saint-Pierre, mais
je vais y venir un peu plus tard. J'aimerais juste savoir si vous pouvez
vous engager, justement, à combler ce 700 mètres en partenariat avec le fédéral...
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est ça, là, depuis tout à l'heure, j'essaie de
voir si nous, on est... peut être impliqués
directement, mais c'est vraiment le fédéral, là, l'étude du fédéral en
question, puis on me dit qu'on n'a toujours pas eu l'étude.
M. Ciccone : ...Présidente, je vais la déposer, l'étude est ici. Il y a
l'étude technique que... de Relier le
carrefour de transport intermodal de Dorval à l'aéroport international
Montréal-Trudeau . Ça a été
déposé... C'est une étude qui avait été commandée. Ça a été déposé le
3 mars 2022.
La Présidente (Mme Maccarone) : Si
vous souhaitez déposer un document, M. le député, je vous demanderais de
le transmettre directement à l'adresse de la secrétaire de la commission.
Merci.
M. Ciccone : Oui, on va le faire, on va le faire. Alors, c'est... bien, en bout de
ligne, c'est que... Mme la ministre, c'est
qu'il y a tellement de trafic à Dorval. On passe le TGF, qui, possiblement, va
venir. Alors, on parle d'énormément, énormément de trafic à l'aéroport
Dorval. C'est juste d'être capable d'amener les gens facilement, que ça soit
par un... bien, que ça soit par des navettes, que ça soit par rails, on parlait
peut-être même... quand vous allez voir l'étude technique, on parle même, peut-être, du prolongement du REM. Je
comprends que ce serait coûteux, mais il y a des façons de le faire moins coûteux que ça, là, puis vous
allez le voir dans l'étude. Alors, je veux juste m'assurer que vous allez
être ouvert à ça... ouverte à ça et vous allez le considérer, comme l'ont fait
vos prédécesseurs.
Mme Guilbault : Oui. Bien, ce qu'on me dit... là, c'est ça, je n'ai pas vu
cette étude-là, mais ce qu'on me dit, c'est qu'il n'y a pas de financement ou
de promesse de financement rattaché à ça non plus, là. Alors, il faudra l'avoir... il faudra voir dans le contexte plus
large des nombreuses discussions et négociations qu'on a avec le fédéral sur
leur contribution à nos nombreux... tout aussi nombreux projets un peu partout.
M. Ciccone : Non, mais, si vous êtes d'accord avec cette idée-là puis
vous voyez l'importance d'être capable de... d'avoir une mobilité qui est quand
même importante pour les gens qui vont à l'aéroport, parce que les gens vont aller à l'aéroport... pas juste voyager mais vont
aller à l'aéroport pour s'en aller au centre-ville également, si vous êtes
ouverte, vous pouvez lancer les discussions
puis vous pouvez être une pionnière, vous pouvez être... prendre le leadership
dans ça. Ce serait important pour les gens de mon comté et pour les gens de l'Ouest-de-l'Île.
Ceci dit, je veux
vous parler d'un autre... en terminant, parce que je vais laisser le temps à
mon collègue : l'échangeur Saint-Pierre, l'échangeur Saint-Pierre. Vous
n'êtes pas sans savoir que l'échangeur Saint-Pierre nous coûte cher, là, vous
coûte cher, au MTQ. Alors, on est en train, justement, encore une fois, de
le... de s'assurer qu'il ne tombe pas, là, parce qu'il est en train de tomber.
Il arrive à la fin de carrière, là, il a 55 ans. Il y a une question de sécurité pour les gens de Saint-Pierre. Plusieurs
endroits sur le site du gouvernement, on parle de... on donne la parole,
on a des questionnaires. L'échangeur Saint-Pierre constitue le lien routier
entre l'autoroute 20 et l'autoroute... et la route 138 pour la
Rive-Sud, a été bâti en 1960. On parle de... Chaque jour, environ
81 000 véhicules empruntent l'autoroute 20, dont 8 % de véhicules
lourds, et 78 000 véhicules empruntent la route 138.
que ça cause, Mme la ministre, c'est, un, un désert alimentaire, parce que non
seulement je suis enclavé, à Lachine, mais le quartier Saint-Pierre
également est enclavé dans Lachine. On parle d'un désert alimentaire, on parle de beaucoup de précarité. On parle également de...
Il y a des gens qui ont été... qui ont décédé. On parle de... Il y a un
vélo fantôme qui a été installé l'année passée. On parle d'une personne de
80 ans qui a été happée mortellement, un septuagénaire blessé gravement.
Puis ça, c'est... ça arrive régulièrement, Mme la ministre.
Je veux juste vous
poser la question suivante : Est-ce que, justement, dans vos plans, vous
avez une modernisation ou de refaire
complètement, là, complètement, l'échangeur Saint-Pierre, qui est si, mais si
problématique pour les gens de mon comté?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, on me dit qu'il est à l'étude au PQI et que ça a
été décidé qu'il serait reconstruit,
effectivement, l'échangeur. Mais là, en ce moment, on n'est pas dans une
situation où il y a une urgence, là, en termes de survie de la
structure. Donc, il y a des travaux qui se font mais d'entretien. Sauf que,
c'est ça, il va être reconstruit.
M. Ciccone : Quand vous dites qu'on
n'est pas dans une urgence... Les blessés, la mort de certaines personnes,
il y a un vélo fantôme qui est installé, problématique de sortir de cette... de
ce quartier-là, c'est atroce, là. Quand vous
dites qu'il n'y a pas d'urgence...
Pour moi, pour mes citoyens, il y a une urgence. C'est quoi, une urgence, pour
vous? Deux, trois, quatre blessés par
jour? Un décès, deux décès par jour? C'est quoi, l'urgence, pour vous, de
refaire l'échangeur Saint-Pierre?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, je veux quand même préciser,
là, je ne suis pas insensible aux incidents qui surviennent, et tout ça.
J'espère... Je ne pense pas que le député de Marquette est du genre à insinuer
que je pourrais être insensible à des incidents ou à la sécurité des usagers.
Et c'est justement la sécurité qui est notre premier critère. Donc, quand je
dis qu'il n'y a pas d'urgence, c'est en terme structural, d'ingénierie. Et ça
m'est confirmé par ma sous-ministre ici, qui est ingénieure.
Mais il y a le réseau municipal autour de la
structure aussi, là. Donc, les incidents auxquels il référence peuvent survenir sur le réseau municipal. Là, je
ne suis pas en train de dire que ce n'est pas notre problème. Moi, tu sais,
comme je dis tout le temps, les citoyens s'en foutent pas mal de savoir qui
gère quelle rue, ils veulent que ce soit fluide et sécuritaire. Donc, on est en collaboration avec la ville pour,
justement, déterminer le chantier de reconstruction de l'échangeur
Saint-Pierre, mais c'est un projet qui est déjà prévu.
M. Ciccone : Bien, justement, les gens veulent savoir que c'est
sécuritaire. Ce ne l'est pas, sécuritaire. Alors, on parle ici de reprise des
travaux de réparation à compter de la fin de semaine du 24 mars, ça,
c'était avant, mais c'est comme ça tout le temps, là, c'est toujours fermé, des
sorties, des entrées qui sont fermées, des détours. C'est constamment,
constamment comme ça chez... dans mon quartier et à Lachine. Et, à chaque fois
que c'est comme ça, bien, ça crée un peu
plus de dangerosité, notamment pour... là, l'été s'en vient, là, pour ceux
qui... pour ceux qui prennent leurs vélos, notamment.
Alors, c'est tout ce que je voulais vous dire,
Mme la ministre. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député d'Acadie.
M. Morin : ...question sur le
REM de l'Est maintenant. En septembre 2018, le premier ministre parlait d'un
tramway dans l'est. Par la suite, le gouvernement a parlé du REM de l'Est. Là,
on promet un projet de transport structurant vers 2026. Donc, pour relier l'est
de Montréal au centre-ville, est-ce qu'il y a un plan? Qu'est-ce que vous avez
fait pour mettre ce dossier-là de l'avant? Ou est-ce un autre troisième lien
potentiel?
Mme Guilbault : Oui. Alors, bien, c'est ça, Mme la Présidente, le projet
structurant pour l'est qui avait été entamé, au départ, en collaboration avec
la caisse et qui maintenant est travaillé par un comité, là, pour lequel...
dans lequel, c'est-à-dire, il y a notre ministère, la ville de Montréal, la STM
et l'ARTM, le député sait peut-être, sinon je l'en
informe, qu'on a déposé un rapport intermédiaire d'avancement en janvier, le
18 janvier, ou, en tout cas, en janvier cette année, on l'a déposé sur le site Internet. Alors, il peut
peut-être aller le lire, comme ça il va apprendre de l'information
là-dedans. On y fait référence... ce qu'on appelle le tracé, là, le projet...
le projet de référence, là, donc les stations, le nombre de kilomètres, et tout
là-dedans, il y a des choses intéressantes qui se disent, et notamment qu'avec
un projet efficace on projetait un transfert modal de 19 % des usagers.
Alors, ça, déjà, c'était très intéressant. On avait aussi des évaluations
d'achalandage, de surcroît d'achalandage si
on avait les trois prolongements qui sont étudiés : Laval, Rivière-des-Prairies, Lanaudière. On était à
1 000, 1 800 à Laval, on était à 2 100 à Lanaudière et,
Rivière-des-Prairies, on est à 4 000 quelques de plus, je pense. Alors, déjà, ça donne une idée
de l'intérêt relatif de chacun des prolongements qui sont étudiés. Donc, c'est
Alors, Mme la Présidente, c'est ça, il peut
peut-être aller... Il y avait quatre recommandations à la fin du rapport : continuer d'étudier les
prolongements vers Repentigny, vers Lanaudière, vers Laval; s'assurer aussi...
voir pour le mode d'insertion, parce que le député sait probablement qu'un des
enjeux qui avaient été à l'origine du changement dans la gouvernance du
projet, c'est beaucoup dans Mercier-Est. Donc, la manière d'insérer le projet
dans... à cet endroit-là, ça doit toujours
faire l'objet de certaines discussions, de voir comment on fait, et,
évidemment, le rabattement sur le métro, là, sur la ligne verte et,
éventuellement, selon les tracés et selon, peut-être, les prolongements qui
pourraient être ajoutés, avec la future ligne bleue. Donc, ça avance,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...député,
il vous reste 2 min 30 s à peu près.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, effectivement, dépôt d'un rapport intermédiaire, problèmes
dans Mercier-Est, mais je comprends que la réponse de la ministre, Mme la
Présidente, c'est : On étudie, puis ça avance, donc rien de concret. C'est
ce que je comprends. Donc, pour le REM de l'Est, on attend, il y aura des
études. Bien, écoutez...
Mme Guilbault : ...pas rien de concret, il y a un rapport sur Internet.
M. Morin : ...clairement,
des échéanciers, des coûts, quand est-ce que ça va être mis en place, quand
est-ce que vous allez terminer. C'est ça, des éléments concrets. Je
comprends que Mme la ministre n'est pas encore rendue là. C'est bien.
J'aurais une prochaine question. La semaine
dernière, le premier ministre affirmait, toujours en lien avec le REM de l'Est, Mme la ministre y a fait référence,
qu'il y aurait des études ou des scénarios du prolongement du REM vers
Mascouche, Terrebonne, Laval. Cependant, quand on consulte le PQI, à la
page B.67, dans les sections des projets retirés, il est indiqué que le projet structurant de transport collectif
électrique pour prolonger le REM vers le centre de Laval est retiré.
Donc, est-ce qu'il est retiré? Est-ce qu'on continue le projet? Qui a raison,
le PQI ou le premier ministre?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, je veux revenir sur le REM de l'Est, là. La
prochaine étape, c'est un rapport final sur,
entre autres, les propositions de tracé et de mode en juin. On est au mois de
mai. Ça fait que, tu sais, je veux juste
lui dire : Contrairement à l'époque libérale, où il n'y a absolument, mais
absolument rien qui s'est passé dans l'est de Montréal, nous, on a un
projet qui est sur la table et qu'on fait avancer, tout comme on fait avancer,
d'ailleurs, divers projets de transport collectif structurant dans la grande
CMM.
Et là je ne sais plus. À quel projet il a fait
référence? À Laval?
M. Morin : ...de Mascouche,
d'un tracé vers Mascouche, mais, dans le PQI, le projet a été complètement retiré, dans le projet structurant de transport
électrique collectif vers Laval. Donc, qu'est-ce qui avance? C'est le PQI ou c'est
le premier ministre?
Mme Guilbault : Je ne suis pas sûre qu'il parle de la même chose, là. Là, est-ce qu'il
me parle du prolongement de la ligne orange?
M. Morin : Non, du tout.
Absolument pas. Je parle du REM, puis le premier ministre affirmait qu'il y
aurait des études ou des scénarios du prolongement du REM vers Mascouche. Or,
quand on regarde le PQI, dans la
section des projets retirés, le projet
structurant de transport électrique pour prolonger le REM vers Laval est
retiré. Donc, il est retiré? Il va aller de l'avant ou pas? Ma question est
précise.
La Présidente (Mme Maccarone) : Cinq
secondes, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Non, mais c'est parce que, c'est ça, là, je pense que le
député devrait lire les documents...
La Présidente (Mme Maccarone) : Peut-être
aux prochains échanges. Merci. Nous allons poursuivre avec le temps du gouvernement,
et je suis prête à reconnaître le député de René-Lévesque.
M. Montigny : ...Mme la
Présidente. C'est un sujet qui revient d'actualité régulièrement. C'est un
sujet aussi que les citoyens nous parlent, comme gouvernement, mais on est très
proactifs sur ce sujet-là. Je vais vous parler des questions que les citoyens
nous posent, posent aux élus sur le transport aérien régional.
La création, là, du comité permanent sur le
transport régional, que Mme la ministre a mis en place, permet le suivi continu
des enjeux soulevés en transport aérien régional. Les membres du comité ont pu
recevoir deux experts, notamment le Pr Jacques Roy, professeur titulaire du
Département de gestion, là, des opérations, de la logistique aux HEC Montréal, et le Pr Ebrahimi, professeur
titulaire au Département de management et technologie, ESG à l'UQAM, puis
il est directeur de l'Observatoire International de l'Aéronautique et de
l'Aviation Civile.
Ces experts-là, lors de la première rencontre du
comité, ont eu l'occasion, là, de présenter leur vision de transport régional
aux membres du comité, puis ça permet, là, vraiment de réfléchir davantage à
partir des avis d'experts, et ça met
vraiment tout ce beau monde là, qui sont membres du comité du transport aérien
régional, en action, en réflexion, en discussion aussi avec les gens du
milieu, les différents partenaires dans les régions du Québec, les différentes,
aussi, personnes impliquées, notamment les compagnies aériennes eux-mêmes, qui,
pour cette fois-ci, font
partie des
discussions autour de la table. Et c'est très intéressant, les échanges, parce
que ça amène les entreprises elles-mêmes à proposer des solutions pour
améliorer leurs propres dessertes. Alors, c'est le fun de voir différentes entreprises comme Air Canada être là puis de
voir à faire des propositions d'amélioration de desserte, très intéressant.
Le Comité
permanent sur le transport aérien régional, ses travaux, ils visent quatre
objectifs, Mme la Présidente. Faire un état de la situation
postpandémique dans le domaine, parce qu'évidemment on a eu une pandémie qui a
déstructuré pas mal, là... Ça a arrêté complètement, hein? Il y a des places,
il faut se le rappeler, là, la Côte-Nord, notamment, ma région, la
circonscription de René-Lévesque, vous savez, était inaccessible, là, pendant
une période pendant la pandémie. Alors, ce n'était pas permis aux Québécois de
partout de circuler d'une région à l'autre, alors il fallait restructurer ça.
Maintenant, il faut évaluer les retombées du programme qu'on a mis en place.
On se souvient que mon
collègue, M. Bonnardel, alors qu'il était ministre des Transports, a mis
en place un programme aérien. On se souvient, puis je m'en souviens très bien,
là, je suis un gars de région, j'ai été maire de Baie-Comeau pendant longtemps,
on disait : Bien, c'est terrible, là, aller en Europe, ça coûtait aussi
cher. Mais, en fait, aller en région, ça
coûtait aussi cher qu'aller en Europe. Tu sais, à Baie-Comeau, un billet,
c'était plus cher qu'aller en Italie.
Alors, on a mis en place un programme, et c'est notre gouvernement qui l'a mis
en place, un programme pour réduction du prix. Et, d'ailleurs, des destinations
s'en ont très bien tirées. Je pense notamment aux Îles-de-la-Madeleine, qui est le meilleur, le plus performant dans le domaine au
niveau du programme PAAR pour les billets à 500 $. Il y a Sept-Îles aussi
qui s'en tire très, très bien, qui sont des destinations prisées, et c'est
parfait ainsi.
On veut aussi
cibler les interventions possibles sur la fréquence des dessertes parce qu'on
s'est rendu compte, en cours du... plus les mois avançaient, que d'autres
problèmes faisaient surface comme la desserte et la fiabilité. Alors, on
réfléchit à des nouvelles mesures qui permettent de poursuivre le travail
amorcé afin d'améliorer la situation du transport aérien régional, les
premières conclusions des travaux. Évidemment, on avait une période prévue, qui
est le 1er avril 2024, mais, Mme la Présidente, je veux rassurer tout
le monde, si jamais on peut mettre en place tout de suite certaines solutions, qui sont dans le cadre des budgets adoptés et
dans le cadre du programme, bien, évidemment, on pourra le faire. On
n'est pas assis sur nos mains en attendant le 1er avril 2024, on est
vraiment... les travaux sont commencés.
D'ailleurs,
la première rencontre avait lieu le 28 mars, et les constats sont unanimes,
là, de la part des participants à ce comité permanent, la situation
prépandémique et postpandémique, là, sont totalement différentes. On doit
partir sur des nouvelles bases et on doit se dire, dans le contexte actuel,
quelles sont les solutions qui peuvent être mises en place à court terme, mais qui vont avoir un effet structurant à long
terme. On pense, par exemple, à des enjeux de formation de la
main-d'oeuvre. On le sait, on s'aperçoit qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre
dans tellement de domaines, mais ça
n'épargne pas les pilotes dans le secteur de l'aviation. Alors, peut-être, ça
peut impliquer plusieurs partenaires pour s'assurer de la formation.
Maintenant,
je voulais aussi vous amener, Mme la Présidente, sur le maintien des services
de transport aérien. Notre gouvernement a prévu au budget des sommes, dans le
cadre du budget 2023-2024, 10 millions de dollars pour maintenir des services régionaux qui sont
essentiels, Mme la Présidente. On sait aussi que plusieurs autres interventions
sont faites au moment où on se parle. D'ailleurs, dans les annonces au
niveau régional sur les investissements en transport,
il y a tout le temps une
partie sur l'aérien, et c'est important. Sur la
Côte-Nord, des investissements majeurs ont
été faits dans le secteur... dans le secteur, vraiment, de la Basse-Côte-Nord, où c'est difficile, la desserte permanente, pour toutes sortes
de raisons météo. Alors, des investissements importants ont été annoncés dans
toutes les régions du Québec là-dessus.
Alors, mon collègue,
le député de Granby, en avril 2022, a annoncé le Programme d'accès aérien aux
régions, programme PAAR. Entre le
1er juin 2022 et le 23 février 2023, notre gouvernement a
versé plus de 2,6 millions de dollars en réponse à
6 700 demandes de remboursement déposées par les résidents des
régions éloignées qui sont admissibles, évidemment, au programme. Ce
sont là des retombées vraiment importantes pour les régions du Québec. On peut
penser à des souvenirs, des achats qui sont faits aux niveaux locaux, mais
beaucoup de souvenirs réels qu'on a dans nos mémoires, des gens, Mme la
Présidente, qui ont connu les régions du Québec qu'ils n'avaient pas connues
avant, puis aujourd'hui qui ont envie d'y retourner, puis qui disent à leurs
proches : Allez visiter la Gaspésie, allez visiter les Îles-de-la-Madeleine,
allez visiter la Côte-Nord, c'est vraiment des régions formidables. Alors,
pourquoi toujours voyager à l'international, alors qu'on a des belles
destinations au Québec? Alors, voilà, c'est très, très intéressant de
développer ça.
Maintenant, je veux rassurer tout le monde, on
est tous en mode solution pour rendre nos régions plus accessibles, que ce soit pour le tourisme, le développement économique
ou pour des soins de santé, Mme la Présidente, parce que c'est aussi
pour ces raisons que les gens prennent le transport aérien régional, parce
qu'ils ont besoin de soins de santé à distance. Je prends, par exemple, des
gens de la Côte-Nord, qui ont besoin pour de toutes sortes de raisons, par exemple, des gens qui sont hémophiles
qui ont besoin de différents traitements, des gens qui ont besoin de se diriger vers les grands centres et qui ont
besoin de ce transport aérien, qui est nécessaire partout dans les destinations
du Québec.
Mais on pense aussi aux travailleurs, aux
travailleurs qui se déplacent pour aller travailler dans des régions, notamment des régions minières. Je pense, par
exemple, à toute la fosse du Labrador notamment, où il y a une contribution
économique tellement importante à l'économie québécoise, et tout le secteur de
l'énergie, l'hydroélectricité, tous les secteurs où il y a des travaux. On
pense, par exemple, à la ligne hydroélectrique actuelle qui sert à amener du
courant électrique de la Côte-Nord, des grandes centrales hydroélectriques de
la Côte-Nord vers les grands centres urbains. On a besoin de ce courant
électrique, on a besoin de cette fiabilité, puis on a besoin de travailleurs
qui vont se déplacer. Évidemment, on souhaite aussi qu'ils puissent habiter le
Nord, habiter les régions où... et, pour ça, ça prend un transport aérien
fiable si on veut qu'ils habitent les régions, que leurs familles puissent
aller les visiter et puis... et qu'ils puissent eux-mêmes retourner en ville au
besoin, bien, ça prend des liaisons fiables en région. Et c'est pour ça, Mme la
Présidente, qu'on est vraiment en action. On est au travail avec les gens du
milieu, on est au travail avec l'ensemble des partenaires, aussi des
discussions, évidemment, avec des collègues de l'opposition, pour améliorer les
dessertes aériennes.
Alors, plusieurs constats ont été amenés dans
les échanges. Les membres du comité ont pu constater que le Programme d'accès aérien aux régions, là, le PAAR,
atteint bien l'objectif initial qui étaient visés sur le prix de 500 $.
Maintenant, on n'arrêtera pas là, là. Il y a d'autres enjeux majeurs, on le
voit souvent, l'accès aux régions, de fiabilité et de fréquence. Alors,
évidemment, cette situation devra, donc, devenir un nouveau paradigme sur
lequel appuyer la recherche de solutions. On pourrait
proposer, Mme la Présidente, différentes solutions rapides comme ça, sans prendre le temps de les analyser, mais les
oppositions nous critiqueraient de tirer des solutions qui ne sont pas
validées, qui ne sont pas étudiées,
pas appuyées par des recherches d'experts. Alors, Mme la Présidente, on va
prendre le temps de le faire, de regarder ça.
Maintenant,
j'aimerais tout simplement conclure en posant une question pour permettre à Mme
la ministre de pouvoir répondre, parce que j'ai pris quand même beaucoup de
temps. Alors, je vais tout simplement vous dire ma question, ce ne sera pas long : Croyez-vous, Mme la ministre, tout
comme moi que les différents partenaires et collaborateurs en région
sont tous en mode solution pour améliorer le transport aérien régional au
Québec?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre, il vous reste
4 min 15 s aux échanges.
Mme Guilbault : Mon Dieu! Mon collègue est tellement en forme, j'ai
l'impression que la réponse est dans la
question. Mon collègue, en plus, qui s'y connaît, qui a bourlingué de bourgade
en bourgade dans sa longue et fructueuse carrière. Alors... Mais je vais juste prendre, peut-être, une petite
minute, là, pour revenir sur les propos de mon collègue. Je suis
certaine que mon collègue va m'y autoriser. De toute façon, je pense qu'on va
revenir sur le transport aérien peut-être avec mon collègue des Îles-de-la-Madeleine,
parce que mon collègue d'Acadie, là, qui me parle du projet structurant, des
fois, c'est un peu croquignolet, ce qu'on entend ici, Mme la Présidente, parce
qu'il a l'air de dire que le projet du réseau structurant de l'est n'avance
pas, et tout ça.
Alors, je veux
vraiment lui suggérer de lire les choses quand il pose des questions dessus.
Et, dans le rapport que je lui suggère de lire, il y a quatre recommandations.
La première, c'est : Évaluer les options de prolongement de l'antenne nord
du projet Lanaudière... du projet structurant de l'est vers
Rivière-des-Prairies, Laval et Lanaudière. La deuxième, c'est : Évaluer...
prolongement — na,
na, na — du
projet structurant vers Repentigny — Lanaudière.
Donc,
c'est noir sur blanc, Mme la Présidente, on est en train d'évaluer ces divers
tracés-là. Alors, il n'y a rien de sibyllin, il n'y a rien de douteux dans ce
que je disais tout à l'heure. On est en train de l'étudier et donc on va le
faire.
Sur le transport
aérien régional, donc, c'est ça. Alors effectivement, mon collègue... de toute
façon, mon collègue préside le comité qu'on a réactivé et qu'on a rendu
permanent, et on a eu notre première réunion le 28 mars dernier. Et là, je pourrais — c'est
parce que je n'ai pas assez de temps — je
pourrais évidemment vous dire tout l'argent et toute l'aide qu'on a
apportés à la fois à nos infrastructures aéroportuaires et à nos transporteurs
régionaux. J'ai divers programmes, là. J'ai le Programme d'accès aérien aux
régions. J'ai le PSAR qui est en soutien aux aéroports. J'ai le programme pour les infrastructures. J'ai le ... En
tout cas, j'ai toutes sortes de choses que juste dire les noms, c'est long,
alors je n'aurai pas le temps, mais je vais y revenir plus tard.
Mais je veux juste
mettre... peut-être juste placer le message général, Mme la Présidente, que,
pour nous, c'est vraiment une très, très
grande priorité, la pérennité et la qualité du transport aérien régional. Mon
collègue le sait, on est
90 députés à la CAQ et on représente toutes les régions du Québec
littéralement, peut-être, sauf les Îles-de-la-Madeleine, mais
on a la Gaspésie, donc, et c'est le même enjeu, là. Alors, moi, mes collègues
me parlent régulièrement, tout le temps du transport aérien régional et
on veut l'améliorer. Les programmes auxquels j'ai fait référence,
succinctement, là... Évidemment, bon, cette notion-là de pouvoir soutenir à la
fois nos infrastructures et nos transporteurs, on veut la sanctuariser d'une certaine façon, mais donc les
programmes actuels viennent à échéance en 2024. Alors, on se donne jusque-là
pour évaluer qu'est-ce qu'il y a, parce qu'il y a des choses qui ont été quand
même bonnes, là. Mon collègue y fait référence sur la Côte-Nord. J'ai des
chiffres ici, des billets vendus, les fameux billets à 500 $, tu sais,
Lourdes-de-Blanc-Sablon, Saint-Augustin, Sept-Îles, Fermont. C'est toutes des personnes
qui... des personnes, des municipalités qui
ont des parts de marché quand même significatives, là, dans les ventes de
billets. Mais donc on veut trouver des solutions pour améliorer les programmes
dans leur prochaine mouture, et j'y reviendrai peut-être plus tard.
La Présidente
(Mme Maccarone) : M. le député de Masson, il vous reste
53 secondes.
M. Lemay :
Bien oui, je comprends ça. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Écouter mon
collègue de René-Lévesque, qui est quand même assez ferré en matière de
transport aérien, c'est merveilleux. Merci d'être l'adjoint gouvernemental à la
ministre sur ce volet-là. Mais, vous savez, ce n'est pas juste le transport
aérien pour lequel il y a des investissements... pour lesquels on accompagne
les citoyens. On a aussi fait une annonce récemment, le 30 janvier dernier, concernant les traversiers électriques qui vont
opérer les traverses pour l'Île aux coudres—Saint-Jean... Saint-Joseph-de-la-Rive et Sorel-Tracy—Saint-Ignace-de-Loyola, et ce sont
191,5 millions qui sont investis justement pour réduire notre
empreinte de gaz à effet de serre, pour assurer un service fiable de qualité
aux usagers puis pour consolider notre flotte de navires. Ça fait qu'avec des
bateaux électriques rechargeables, la STQ, elle va pouvoir réduire ses
émissions de gaz à effet de serre d'environ 95 %, et ça, Mme la
Présidente, ça représente environ 1 000 voitures à essence sur nos
routes du Québec qui seront éliminées par cette mesure.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Nous allons procéder avec
l'opposition officielle. M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je remercie la ministre pour son
complément d'information. Parce que ce qu'on
apprend depuis le début, il y a un thème, des études, des études, des projets.
On étudie des études, mais, concret, il n'y a absolument rien. J'ai
quelques questions en lien avec l'état d'avancement de la ligne bleue. Quel est
l'état d'avancement du dossier? Vous êtes rendus où spécifiquement dans ce
dossier-là? Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Maccarone) : La ligne bleue, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oh! la ligne bleue, bien, mon Dieu! Oui, bien, je suis très
heureuse qu'il me parle du prolongement de la ligne bleue parce que ça, c'est
un autre dossier qu'on est en train de faire avancer avec la STM, justement.
Et, jeudi dernier, j'étais en rencontre avec le comité d'orientation. C'était
la toute première rencontre du comité d'orientation du projet de prolongement
de la ligne bleue, et donc j'y étais. C'est un comité qui est pentapartite,
donc il y a cinq intervenants dedans, et donc c'est ça, alors on a fait le
point. Comme le député le sait probablement, il y a deux appels d'offres en
cours, un qui a été lancé le 5 décembre pour le tunnelier et il y a un
autre qui a été lancé fin janvier, là, 31,
je pense, janvier, en tout cas, pour le système de contrôle de train qu'on va
devoir installer non seulement dans les nouveaux... les cinq nouvelles
stations, mais aussi... non seulement dans les nouveaux trains, mais
bref dans l'entièreté de la ligne bleue. Donc, ces appels-là sont en cours.
Alors, on a fait le point aussi sur tout ce qui est possible en termes de
développement dans la foulée de ce projet-là. Il y a des choses positives qui
peuvent découler, pas seulement en termes de mobilité, mais de développement.
On en parlait tout à l'heure, là, dans le
cadre du troisième lien de transport collectif, l'effet structurant et la
propulsion du développement que ça peut amener dans un secteur. Alors, le projet avance, Mme la Présidente, les deux
appels d'offres sont encore en cours. Le premier pour le tunnelier, il y
aura une première étape intermédiaire au mois de mai, et la fin de l'appel
d'offres au mois de septembre, et pour le système de contrôle de trains en
juin.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. En 2022, il y avait des articles, dans les journaux, qui parlaient
que le projet coûterait environ 6,4 milliards. Est-ce que c'est toujours
le cas? Est-ce qu'il y a des dépassements de coûts prévus? Est-ce que la
ministre peut nous renseigner à ce sujet-là, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, non, exactement, c'est le coût qui a été évalué pour le projet
comme tel, mais auquel il faut ajouter le coût pour le CBTC, le système de
contrôle de train moderne qu'on installe, qui était d'environ
565 millions.
M. Morin : Donc,
on est rendu à peu près à 7 milliards, si ma compréhension... le calcul
est bon. Bien, excellent. On parlait que le projet va se concrétiser en
2029. Est-ce que c'est toujours le cas?
Mme Guilbault : C'est ce qui est prévu, mais il faut rappeler que la maîtrise d'oeuvre
du projet est à la STM. Donc, ça a été délégué via l'ARTM à la STM, donc ce
sont eux qui gèrent le projet, mais évidemment on n'est jamais loin, là.
Je parlais du comité d'orientation tout à l'heure. Moi, j'étais là, la STM
était là, l'ARTM était là, la ville de Montréal y était et il y avait aussi
même, je pense, la SQI par rapport à tout ce que je parlais. Oui, c'est ça, ça
fait cinq, donc pentapartite. Donc, c'est ça.
M. Morin : Très bien. Dans les
plans prévus pour le prolongement de la ligne bleue, est-ce qu'il y a toujours
une station qui est prévue aux Galeries d'Anjou?
M. Morin : Dans le projet de
prolongement de la ligne bleue, est-ce qu'il y a toujours une station qui est
prévue aux Galeries d'Anjou?
Mme Guilbault : Oui, c'est la dernière, oui.
M. Morin : OK. Excellent. Donc,
ce projet-là va se concrétiser coûte que coûte, peu importent les coûts.
Mme Guilbault : Bien, coûte que coûte, oui, c'est-à-dire, c'est le projet,
les six kilomètres, cinq stations. Alors, tu
sais, à partir de Saint-Michel, et il y aura Pie-IX, il y aura Viau,
Lacordaire, Langelier et Anjou. C'est les noms actuels, les noms vont
changer éventuellement, mais, en ce moment, c'est le projet qui est en train
d'être réalisé.
M. Morin : Parfait. Merci.
Maintenant, la Société des traversiers du Québec. L'abandon du troisième lien
autoroutier remet de l'avant la pertinence du transport et des passagers à bord
de la traverse Québec-Lévis. On a vu, dans
les derniers mois, que la traverse a souvent des arrêts de service. Il y a deux
traversiers, notamment le Lomer-Gouin, l'Alphonse-Desjardins, qui devraient
normalement atteindre la fin de leur vie utile en 2031. Quel est votre plan pour
le remplacement de ces deux navires?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, les deux navires, c'est ça, qui ont été
construits en 1971, si ma mémoire est bonne, donc, alors... puis on estime à
peu près à 60 ans, donc, il faudra les remplacer. Il y avait... puis,
d'ailleurs, par rapport au projet de troisième lien, et tout ça, donc, on est
en train d'évaluer tout ça. J'ai déjà eu, au moins à deux reprises, des discussions
avec... parce qu'on a la PDG de la STQ ici, Mme Bédard, qui est présente.
Donc, c'est des discussions que j'ai eues avec elle, avec
mes collègues aussi de Chaudière-Appalaches, de Québec, parce que ce sont les
gens qui utilisent de fait les navettes en question. Il y avait déjà... On
avait déjà amené l'idée d'avoir une traverse qui serait uniquement vélo,
piétons. Ça, c'est une idée qui avait été souvent amenée, là, je pense, pas
juste par la CAQ, là, je crois, mais, de toute façon...
Alors là, qu'est-ce que... Dans un contexte où
on a un tunnel de transport collectif, qu'en sera-t-il? Mais on va s'assurer
que... On dispose encore, au moment où on se parle, d'un certain temps pour,
justement, projeter le remplacement des navires, mais il n'y aura pas de
rupture de service en 2031. On va s'assurer de faire en sorte qu'on va avoir
des bateaux de remplacement et de... que les bateaux vont continuer, ou qu'on
aura des bateaux de remplacement, et que la traverse Québec-Lévis sera en
fonction sans interruption.
M. Morin : À combien de temps
vous évaluez, dans votre planification, le temps qu'il vous prendra pour traiter du projet, faire un appel d'offres,
identifier un chantier naval qui va être capable de construire les traversiers,
compte tenu que leur fin de vie
arrive rapidement et que vous nous informez qu'il n'y aura pas d'interruption
de service? Donc, avez-vous un plan présentement à l'étude pour faire en sorte
qu'il y ait effectivement deux nouveaux navires qui seront en service
dans la flotte des traversiers?
Mme Guilbault : Oui, c'est quelque chose
qui est géré par la STQ. Peut-être que je proposerais de laisser la parole à
Mme Bédard pour qu'elle puisse expliquer les détails de ce travail-là, si
le député est intéressé.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'il y a consentement de donner la parole à Mme Bédard?
M. Morin : ...réponse précise
et brève de la part de la PDG des traversiers, oui.
Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, Mme Bédard, la parole
est à vous. Si vous pouvez vous présenter avant de prendre la parole.
Mme Bédard (Greta) : ...Greta
Bédard, PDG de la Société des traversiers du Québec, Mme la Présidente. Oui, effectivement, la STQ a un plan, c'est déjà
dans les cartons. Quand on arrive en fin de vie utile de traversier, comme
vous le disiez un petit peu plus tôt, on
analyse les besoins de la clientèle, les besoins changeants et on planifie en
amont, environ six années. Vous
demandiez le temps prévu en amont, six années avant la fin de vie utile des
navires. Alors, d'ici 2025, on va amorcer les travaux pour les appels
d'offres.
M. Morin : Et est-ce que les
montants sont budgétés ou en voie de l'être?
Mme Bédard
(Greta) : Pas encore, mais
on va travailler au PQI. Alors, annuellement, on révise nos PQI, et ça
va rentrer dans notre calendrier d'activités comme prévu au bon moment.
M. Morin : Parfait.
Merci. Mme la ministre y a fait référence, Mme la Présidente, il y avait une
analyse pour la création de navettes fluviales pour permettre aux
cyclistes et aux piétons de traverser, c'était en 2022. Quel est l'état
d'avancement dans ce projet-là?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, oui, ça va être à vous.
Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est ce que je disais tout à l'heure, compte
tenu de la modification du projet, parce qu'à l'époque l'idée était de dire si
on a un troisième lien dans lequel les voitures vont pouvoir circuler, est-ce
qu'il y a encore nécessité d'avoir une redondance, en quelque sorte, dans une
navette fluviale. Mais dans la mesure où il
n'y a plus de transport routier qui est prévu dans le troisième lien, on est à
réévaluer l'usage éventuel des prochaines navettes.
M. Morin : Donc, c'est un
projet à l'étude présentement.
Mme Guilbault : Dans quel sens, à l'étude?
M. Morin : Bien, dans le sens
que vous êtes en train d'étudier ce projet-là?
Mme Guilbault : L'usage éventuel? Oui, effectivement, c'est ça, l'usage éventuel des
prochaines navettes est à l'étude.
M. Morin : Parfait.
Tout à l'heure, mon collègue parlait des traversiers électriques, donc quel est
le coût de ce projet-là, quel est l'avancement des travaux, et où
seront-ils mis en service?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, le coût, en ce moment, on était... on évaluait à
191 millions, je pense, mais il y aura une mise à jour. On est en
train de monter le dossier. Bien, peut-être que je pourrais laisser la parole à
Mme Bédard, encore une fois, si le député est intéressé. C'est la STQ qui
fait le...
M. Morin :
...Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme Bédard.
Mme Bédard
(Greta) : ...Mme la Présidente. Alors, on est en... on a lancé les
premiers appels d'offres pour des services professionnels, en l'occurrence
dossier d'opportunité