Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 17 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-11-17
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-huit minutes)
Président (M. Pagé) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Chers collègues, je constate le quorum et je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte. Je
demande, comme à l'habitude, à tous les collègues de bien vouloir
éteindre les cellulaires et les tablettes.
Je rappelle
le mandat : la commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 106, Loi
concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant
diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui. M.
Giguère (Saint-Maurice) est remplacé par M. Bolduc (Mégantic).
Le Président (M. Pagé) :
Alors, bienvenue, chers collègues. Au moment d'ajourner hier — c'est
ce que je comprends, là, parce que
j'ai dû m'absenter à la fin de nos débats — la discussion était toujours sur l'amendement
de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, et nous étions, je pense, prêts à en disposer. Est-ce qu'il y a encore
des collègues qui
souhaiteraient intervenir? Par contre, je rappelle au député de Richelieu,
au député de Berthier que vous aviez écoulé tout votre temps. Alors, est-ce que certains collègues
souhaiteraient revenir sur l'amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques? Personne ne souhaite revenir sur... Alors, nous
allons en disposer. Il y avait le député de Gaspé qui disposait encore de 7 min 35 s sur l'amendement
de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Est-ce qu'il souhaitait faire un mot encore sur l'amendement
ou, sinon... oui, non?
M. Lelièvre : Oui. Il me reste sept
minutes?
Le Président (M. Pagé) : Oui.
Alors, M. le député de Gaspé, la parole est à vous. Je vous écoute.
Lelièvre : O.K. Merci, M. le Président. Donc,
on reprend un peu où est-ce qu'on était rendus hier soir. Le dossier est
tout chaud, il n'a pas eu le temps de refroidir. Il doit y avoir des
émanations, des suintages.
Écoutez,
l'amendement qui a été apporté par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, bien, ça touchait à la question des émissions fugitives. On a eu l'occasion
d'en parler un petit peu, un peu, beaucoup, même, hier. Puis ce que je disais lors de mon intervention, c'est qu'on est
en train d'adopter une loi, hein, la loi n° 106, qui est une loi
extrêmement importante. Ça, je pense
que tous ceux qui sont ici en conviennent, puis il est plus que temps que le
Québec se dote d'une loi pour gérer
des hydrocarbures, parce que c'est une réalité, ce n'est plus seulement qu'un
potentiel, un prospect, c'est une
réalité. Il y a du développement d'hydrocarbures qui se fait au Québec, et
toute société responsable, tout gouvernement à l'écoute des besoins de
sa population, je pense, là, doit saisir les attentes, qui sont très élevées,
pour mieux légiférer.
Le ministre
nous a présenté, au cours des derniers jours, dernières semaines, beaucoup de
travaux, beaucoup de réflexions, puis ça, je tiens à saluer son excellente
collaboration, puis ce n'est pas évident, je suis conscient que c'est un
dossier qui n'est pas facile. J'en parlais ce matin avec quelqu'un ici, au parlement,
puis, de la façon la plus objective possible,
on convient tous, ici, là, que c'est un dossier extrêmement important, mais qui
ne fait pas l'unanimité, hein? Si c'était
unanime au sein de la population, probablement qu'il y aurait une plus grande convergence
de la part de nos partis ou organisations politiques, mais on a, chacun,
chaque parti, des objectifs à défendre, des valeurs à défendre puis des positionnements qui représentent, là, l'ensemble
des Québécois et des Québécoises. Puis, comme je le disais tantôt, je pense
qu'il n'y a personne ici qui a la vérité à 100 %. On travaille tous dans
le sens d'avancer, puis de développer notre expertise, puis d'arriver avec le meilleur des projets de loi, hein, qui
va probablement se transformer en loi incessamment, pour assurer le
meilleur encadrement possible, hein, du secteur des hydrocarbures, qui est déjà
amorcé.
Puis ça,
c'est une particularité, souvent, au Québec ou dans un État, on va
développer... on va adopter une loi en prévision
d'un développement futur, d'un potentiel, d'un nouveau secteur d'activité, mais
là ce qui est particulier, c'est qu'on
vient ici apporter un cadre réglementaire, mais à une activité qui est en place
de façon, je dirais, quasi naturelle depuis une centaine d'années, puis
l'industrie s'est transformée beaucoup. Moi, ce que je sens, c'est que, dans le
projet de loi n° 106, je sens un
peu ce malaise-là, le malaise qu'on retrouve dans la population, dans les
intervenants, puis on le retrouve un
peu dans le projet de loi n° 106. Puis je ne dis pas ça de façon négative,
là, c'est une réalité, c'est un constat, puis, comme je le disais
d'entrée de jeu, souvent les formations politiques, hein, sont à l'image de la
population.
Donc, un
dossier, les hydrocarbures, qui fait beaucoup couler d'encre depuis quelques
années, puis surtout dans les dernières années, hein? Je pense qu'il y a une
vingtaine d'années passées on aurait été assis ici, ça aurait été différent
comme enjeu, comme perspective. Là, on est
vraiment dans une période où c'est un des dossiers d'actualité du Québec.
Puis, avec les moyens technologiques qui se
développent de plus en plus, avec les capacités des entreprises d'être de plus
en plus performantes,
mais en même temps avec des impacts physiques, des impacts aussi qui... ces
impacts physiques là ont des
conséquences sociologiques, ont des conséquences économiques. Donc, on voit une
accentuation, là, des impacts de
l'industrie des hydrocarbures sur l'ensemble du territoire québécois. Qu'on
parle des hautes terres du Saint-Laurent avec la question du gaz naturel, qu'on parle d'Anticosti avec toute la
saga d'Anticosti, qu'on parle de ce qui se passe en Gaspésie, notamment dans le secteur de Gaspé, à
Haldimand et à Sandy Beach, on voit que les, je dirais, commentaires, hein, qu'on reçoit de la population, mais aussi
des différents intervenants du dossier, tant les spécialistes que l'industrie,
que les groupes environnementaux... n'est
pas teinté des mêmes observations, hein, même, souvent, on a des avis qui sont
contradictoires sur des mêmes sujets.
Mais, une fois
que tout ça a été dit, M. le Président, je continue à penser que le rôle de
l'État, le rôle du gouvernement,
c'est de tenter d'avoir le meilleur projet de loi. Le meilleur projet de loi
pour quoi? Bien, pour le bien-être, pour
la protection notamment de la santé puis de la sécurité de la population. Ça, c'est clair, ça devrait être un objectif qui est, à mon avis, inévitable,
incontournable.
Ensuite,
bien, il y a toutes les considérations économiques,
les considérations environnementales, puis je ne les énumère pas nécessairement dans un ordre
de priorité, mais ce sont des facteurs qu'on doit prendre en compte également, puis comme j'ai proposé, à plusieurs reprises, l'ajout de certains éléments, dans le projet de loi, qui m'apparaissent, là, une
priorité pour les Québécois puis les Québécoises. J'ai parlé de la fracturation qui devrait être traitée. Maintenant, quand je
dis «traitée», ça demeure à voir de quelle façon, mais, moi, il m'apparaît
difficilement acceptable qu'on va adopter une
loi sur les hydrocarbures en évitant le terme «fracturation», qui est une réalité, peut-être pas une réalité sur le terrain, parce que, comme le ministre l'a mentionné, il n'y a
pas, à notre connaissance, de fracturation au Québec présentement, mais il
y a une très, très
grande crainte à l'égard de la fracturation de la part de la population. Puis il y a
des compagnies... entre autres
Pétrolia, dans le secteur de Gaspé, qui a invoqué publiquement la possibilité, hein, que la compagnie envisageait de procéder à de la fracturation. Ça a été mentionné clairement dans les dernières
semaines. Donc, il y a une réalité qui est là, et on doit en
tenir compte.
Il y a
aussi toute la question de l'acceptabilité sociale, qui est un élément
incontournable. L'acceptabilité sociale, dans le fond, on peut résumer
ça dans les mots suivants : «c'est l'opinion de la population», hein?
Maintenant,
ce que je veux dire, c'est que l'amendement de notre collègue, qui veut ajouter aussi le terme «émission fugitive», bien, s'inscrit dans cette logique-là
que je viens de vous présenter, M. le
Président, c'est-à-dire que c'est une réalité, c'est
une préoccupation de la population, puis, à
mon avis, on devrait également
démontrer de l'ouverture pour traiter
le terme «émission fugitive» dans le cadre du projet de loi. Donc, c'est ce
que j'avais à ajouter, M. le
Président.
Président (M. Pagé) : Merci, M. le député de Gaspé. À ce
moment-ci, est-ce qu'un autre collègue ou une autre collègue souhaiterait
intervenir sur la motion... l'amendement de la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques? Je ne vois personne, alors nous allons en
disposer. Est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Pagé) :
Rejeté, alors ce qui nous ramène à l'article 5. Maintenant, sur l'article 5, il reste encore un certain temps
de parole à certains collègues.
Le député de Gaspé dispose encore de quatre minutes, le député de Richelieu,
une minute, le député de Berthier, 4 min 45 s, la députée de
Mirabel, 2 h 35 min. Alors, voilà pour l'information.
Est-ce que
quelqu'un souhaiterait intervenir à nouveau ou nous
disposons de l'article 5 de l'article 23? M. le député de Berthier, la parole est à
vous.
M. Villeneuve : Merci,
M. le Président. Bien, écoutez,
juste dire que je pense... en fait, je ne pense pas, je suis convaincu que la
suite des choses, de l'étude
article
par
article du projet de loi, va nous amener peut-être à changer d'idée,
en tout cas, à tout le moins, la
partie
gouvernementale, sur le fait d'apporter des définitions plus précises et
d'augmenter aussi le nombre de mots
définis à l'article 5. Je suis assez convaincu de ça quand on regarde
l'article 6, 7 et les autres articles qui viennent, M. le Président, on aura assurément, là, d'amers regrets.
Mais, étant donné que la beauté de la chose, c'est que nous pourrons... Avec le consentement de tous,
si jamais on adopte l'article 5, on pourra le réouvrir pour justement
apporter des définitions plus claires et ajouter des définitions aussi à
certains mots. Déjà, d'ailleurs, quand on regarde l'article 6 qui s'en vient, là, on va parler
de gaz naturel tantôt, là. «Tantôt», il faut faire attention, c'est relatif,
«tantôt», là, mais on va en parler, nécessairement, on va en reparler parce
qu'on en a déjà parlé, M. le Président.
Donc, moi, je
constate qu'il y a une fermeture totale pour ajouter des mots, ajouter des
définitions à l'article 5, et,
je le dis, M. le Président, et j'en suis convaincu, nous ne pourrons que le
regretter, parce qu'entre autres des mots très, très importants ne s'y retrouvent pas, et on aurait drôlement besoin
d'avoir davantage de précision sur le sens de plusieurs mots. Alors, c'est une mise en garde que je nous
fais, M. le Président, de ne pas avoir permis l'ajout de mots avec leur
définition à l'article 5, mais, comme je le disais précédemment, nous aurons
l'opportunité, j'en suis convaincu, M. le Président,
de pouvoir en rediscuter, parce qu'inévitablement
nous allons frapper des écueils, M.
le Président, dans le projet de loi, étant donné qu'on part mal.
Moi, je vous le dis comme ça, là, moi, je pense qu'on part mal. En tout cas,
avec l'article 5, de ne pas ajouter de mots et de les définir correctement, moi, je suis convaincu que c'est un
très mauvais départ.
D'ailleurs,
parlant de départ, je lisais un article, ce matin dans le journal, où le
journaliste, il disait qu'on était sur le
point de terminer l'adoption
article par article. Alors, je ne sais pas si le
journaliste a des informations qu'on n'a pas, là, mais enfin je l'ai appelé pour lui parler un petit
peu, le mettre... bien, je l'ai appelé un peu pour le mettre au parfum de la
situation, et puis je ne sais pas s'il va
changer... Enfin, bref. Mais non, mais c'est correct, moi, je... il semblait
très optimiste au téléphone.
Donc, M. le Président, blague à part,
comme on dit, là, on va le regretter amèrement, on va le regretter amèrement,
puis ça ne sera pas parce qu'on ne s'est pas
battus... en tout cas, de ce côté-ci, «battus» dans le sens littéraire du
terme, bien sûr, non pas au sens
propre, comme on dit, là, mais en tout cas on aura drôlement essayé de pouvoir
rendre perfectible l'article 5.
Parce qu'à notre avis il a besoin d'être amélioré, et de beaucoup. Je me
rappelle, M. le Président, lorsque j'avais signifié au ministre que,
dans l'article 5, on a la définition du mot «gaz» et que c'est une
définition qui n'est pas scientifique, loin
de là, et qui est vraiment incomplète, et, quand on regarde, maintenant, au
niveau du pétrole, bien là, on a une
superbe définition, qui n'est pas complète, à mon sens, mais qui est quand même
pas mal mieux que ce qu'on a au niveau de la définition du mot «gaz».
Alors,
il y a du travail à faire. Puis je vous le dis, je le répète, là, moi, j'ai
regardé plusieurs articles à venir, là, et puis ça va nous manquer cruellement, ces définitions-là, M. le
Président, pour bien saisir, pour bien comprendre, si tant est qu'il est possible de le faire, et non pas
parce qu'on n'a pas la capacité de le faire sur le plan de l'expertise et l'intelligence, mais c'est beaucoup plus sur le
fait que les éléments à l'intérieur du projet de loi sont malheureusement
absents, ce qui ne permet pas justement de bien saisir la portée du projet de
loi. Merci, M. le Président.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le député de
Berthier. C'est tout le temps dont vous disposiez sur l'article 5. Alors, est-ce que quelqu'un
d'autre souhaiterait s'exprimer? J'entends la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et, comme je l'ai fait pour les autres collègues, je vous informe qu'à
travers tout le temps qui nous est alloué à l'article 5 vous
disposez encore de 2 h 21 min 45 s.
Massé : Merci. C'est rare qu'on ait autant de temps. On ne sait pas
quoi en faire. Non, non, blague à part... Bonjour, tout le monde. Merci
de m'accueillir en cours de route comme ça.
la question de l'article 5, oui, j'ai encore quelques éléments à apporter
et peut-être à continuer de clarifier avec le ministre, et, comme je l'avais annoncé hier, j'ai un nouvel
amendement que j'aimerais apporter. Mais, avant d'arriver avec l'amendement, je veux juste repositionner là
où moi, dans mon cheminement, je suis rendue par rapport à l'adoption de
cet article-là.
que je comprends, c'est que, dans la logique parlementaire, l'article des
définitions est bien important, puisqu'on place les éléments qui vont orienter... pas orienter, ce n'est pas le
bon mot, mais on place les... on essaie de définir les mots sur lesquels on va s'appuyer pour être capables
d'enligner le restant des articles qui composent ce projet de loi là. Bon,
on a travaillé fort sur la question des
émissions fugitives ou, à tout le moins, d'essayer de voir comment on pouvait
se rappeler, dans le projet de loi, dans la loi éventuelle sur les hydrocarbures, qu'il y a
un processus qui implique, bien sûr,
des étapes techniques, comme on va voir plus
tard dans le projet de loi, mais aussi qui implique des impacts, je dirais,
sur l'environnement, et tout ça. Mais je ne veux pas y revenir, je sais qu'il a
été battu.
Donc,
je ne veux pas revenir là-dessus comme tel, sauf que ce que je tente à l'article 5,
et c'est ce que je veux... Et pour le
ministre, et les gens qui l'accompagnent, et pour les gens
qui nous écoutent, ce que je veux, c'est insister sur l'importance de placer, au niveau des définitions, un certain nombre de
définitions... il en reste de moins en moins, là, mais, en
tout cas, un certain nombre de définitions qui martèlent l'importance du rôle
que va jouer cette loi-là, si toutefois elle était adoptée. Je sais qu'hier il y a eu des arguments autour...
qu'il y avait des éléments qui relevaient plus du ministère de l'Environnement, qui relevaient plus du développement
durable que d'une
loi sur les hydrocarbures. Je le sais bien. Je sais que nous sommes à la CAPERN. Je sais que nous sommes en train d'adopter une loi
dont son
chapitre IV traite des hydrocarbures.
Mais nous sommes aussi en train d'adopter une loi qui amène le Québec,
dans les 14 prochaines années, vers une transition énergétique.
donc, inévitablement, mon intérêt de placer dans les définitions des
définitions qui pourraient, à prime abord, nous apparaître peut-être plus de l'ordre d'un autre ministère,
de l'ordre d'un autre projet de loi,
bien, pour moi, il m'apparaît important
qu'on les incarne dans ce projet de loi là aussi, puisque le développement
durable ne relève pas que du ministère du Développement durable, il
relève de l'ensemble des ministères, y compris de l'Exécutif. C'est une
responsabilité collective. On ne peut pas
faire du développement durable sans tenir compte de ses 16 principes, et, dans
ce sens-là, bien, c'est sûr que,
quand on s'en va dans un projet de loi qui vise une transition, bien, le Québec a déjà déterminé, défini, affirmé que le Québec
du XXIe siècle, c'est un Québec qui s'appuyait sur le développement
durable.
Donc,
c'est pourquoi, M. le
Président, que j'en suis rendue à me
dire qu'il y a peut-être... Puisque le ministre en a parlé
lui-même hier, de cette dimension-là qu'est la dimension du cycle de vie...
C'est sûr qu'on pourrait dire : Bien, non, ça, ça relève de l'Environnement, ça relève du Développement durable, etc., mais j'aimerais donc déposer un amendement. Et là, comme vous le voyez, je suis seule aujourd'hui, alors je fais
tout, donc ça va peut-être prendre un petit ajournement un petit peu plus long, mais je vais vous le lire, ça, ce n'est pas
long, parce qu'il est déjà écrit. Ça a ça de bon, au moins.
Alors
donc, j'ajouterais, à l'article 5, dans... Pardon. À l'article 5 de la
Loi sur les hydrocarbures dont l'édiction est proposée
par l'article 23 du projet de loi, insérer, selon l'ordre alphabétique, la
définition suivante :
«"Analyse
de cycle de vie" : outil d'aide à la décision par calcul d'empreinte
écologique, cette analyse recense et
qualifie les flux physiques de matière et d'énergie associées à chaque étape du
cycle de vie d'un produit, en évalue les impacts potentiels puis
interprète les résultats obtenus.»
Président (M. Pagé) :
Alors, avec votre permission, je vais suspendre un court moment, le temps de
faire des photocopies pour l'ensemble des parlementaires, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 49)
Président (M. Pagé) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît,
collègues! Nous reprenons nos travaux. Au moment de suspendre, nous en étions à un dépôt d'amendement de la collègue de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Elle nous en a fait la lecture. Alors, je lui laisse maintenant la
parole afin de nous le présenter et nous l'argumenter.
Massé : Oui, merci, M. le Président. Comme je le disais d'entrée de
jeu, mon objectif ici, c'est d'essayer d'inscrire
dans le cadre du projet de loi n° 106... et comme le ministre se plaît à
le répéter, où on est très clairs que, dans le fond, nous, on n'irait pas là, mais il y a comme quelques éléments où
on se dit : Bien, si on arrivait à placer ça, ça enverrait un message, ça donnerait un esprit, ça placerait
un certain nombre de billes. Et, dans le cas de l'amendement présent, ce
pour quoi on le souhaiterait au niveau de la
définition, bien, il y a différentes raisons que je vais vous émettre dans les
prochaines minutes.
Dans un
premier temps, hier, en discutant avec le ministre sur la question des
émanations fugitives, on a eu un échange
sur comment, lorsqu'on fore pour aller à la recherche de schiste, que ce soit
du gaz ou du pétrole, bien, comment ça
a un certain nombre d'impacts, bien sûr, sur la terre, bon, etc., mais là,
hier, on en était exclusivement sur la question de l'émanation des gaz, de l'émanation du méthane
notamment, et le ministre m'a soulevé une excellente question à l'effet de savoir est-ce que, dans le fond, j'étais plus
pour le gaz de schiste de la Pennsylvanie ou celui du Québec. Alors, j'ai
dit : Wow! C'est une excellente
question. Et je pense qu'il avait très hâte de m'entendre là-dessus, mais on
n'a pas eu l'opportunité, puisque le temps s'est écoulé hier.
Alors, bien
sûr qu'il ne sera pas surpris de savoir que ma première réponse est : Le
gaz de schiste, c'est non merci. Vous
êtes surpris? Non, vous n'êtes pas surpris. Mais, ceci étant dit, ce qui est
probablement dans l'esprit de votre question d'hier, c'était à savoir est-ce qu'un coup... Bon, on le sait, là, mais
je vais le répéter juste pour qu'on soit certains, pour Québec solidaire, ainsi que pour le GIEC, le
groupe qui, internationalement... Les scientifiques reconnaissent, et ils l'ont
dit à Paris, nous l'avons entendu, que, pour
qu'on atteigne nos cibles du maintien du réchauffement de la planète en deçà
du 2°, voire 1,5°, il faut, de façon
impérative, que tous les stocks non connus d'hydrocarbures restent dans le sol.
Bon, à partir de là, pour ça, ce n'est pas parce qu'on est à gauche,
hein? On a essayé plus tôt, dans l'article 1... nous rappeler collectivement que les ressources en dessous du
sol sont un bien public. D'ailleurs, je pense, c'est Honoré Mercier qui avait socialisé le sous-sol. Il nous avait
dit : Bien, non, ça nous appartient. Puis c'est logique, on se le dit
régulièrement, hein? On dit : Ça nous appartient, c'est à nous, les
Québécois et Québécoises, bon, etc.
Mais, ceci étant dit, en matière de schiste, de gaz de schiste, de pétrole de schiste, des hydrocarbures extrêmes, ces hydrocarbures-là doivent
rester dans le sol parce qu'au-delà
de l'hydrocarbure qu'on collecte il y a toutes les méthodes et toutes les étapes qu'on doit prendre pour
l'extraire. Et toutes ces étapes-là sont très productrices de GES, que ce
soient les machineries qu'on doit
créer pour pouvoir forer, que ce soient les routes qu'on doit faire pour s'y
rendre, dans le cas de Bourque, par
exemple, ou Anticosti. L'infrastructure, à Anticosti, là, même si on dormait
sur une mine d'or, que, selon Québec
solidaire, il ne faut pas extraire, mais même si... bien, c'est parce qu'il y a
un intrant, là, qu'on ne calcule pas, c'est
les infrastructures pour sortir ça de là. Ça, aussi, fait
partie du calcul
nécessaire quand on considère le cycle de vie.
Alors, c'est
pourquoi, M. le Président, que, puisqu'à l'étape de l'article n° 1, on n'a
pas pu faire inscrire un certain nombre de principes majeurs — j'entends
l'article n° 1 du
chapitre IV, là — pour orienter notre analyse
et notre compréhension du projet de loi, son
chapitre IV, le projet de loi n° 106, bien, à l'étape où nous sommes, où
on dit : Bien, O.K., là, il y a
des définitions qui sont importantes... Et là, puisque le ministre lui-même a
fait référence hier... Je pense qu'il faisait référence, dans sa
question, à la question du cycle de vie, hein? Si ça vient de la Pennsylvanie,
on doit le transporter, ça vient de loin,
c'est du gaz de schiste comme au Québec, alors que, si on l'exploitait ici, au
Québec, il viendrait de moins loin.
Il n'a pas tout dit ça, mais... ah, non, je n'ai pas le droit de prêter...
c'est comme ça que j'ai compris la question. C'est comme ça que j'avais
compris.
Alors,
peut-être que ma première question au ministre, dans le cadre de cet échange
sur l'amendement, c'est de dire :
Est-ce que, dans le fond, lorsqu'il me posait, hier, la question sur la
Pennsylvanie, le schiste de Pennsylvanie versus celui du Québec, est-ce que
j'en privilégiais un... Est-ce que je comprenais bien que là où il voulait
m'entendre, c'était sur la question
de comment je regarde le cycle de vie d'un produit hydrocarbure, là? Est-ce que
c'était le sens de la question?
Le Président (M. Pagé) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
Arcand : Écoutez, les analyses
de cycle de vie, il y en a déjà qui ont été faites, M. le Président, par le
CIRAIG. Et, encore une fois, je
dirais que ces analyses-là, évidemment, sont des analyses hautement techniques,
et ce sont des analyses également
dans lesquelles il y a beaucoup de limites à ça. Et la raison pourquoi il y a
des limites à ça, c'est parce qu'à un
moment donné tout a un impact sur tout dans la vie, et je pense que, si... à
partir du moment où on respire, on se met à polluer, d'une certaine façon, comme vous le savez sans doute. Alors, ce
qu'on sait sur les analyses cycle de vie... Et ça ne veut pas dire qu'il
ne faut pas s'en préoccuper, mais une chose est certaine, c'est que, quand on
regarde l'analyse du CIRAIG qui a été faite
sur ces questions-là, l'analyse démontre, en tout cas, qu'effectivement il y a
des mythes, que la méthode, de façon
générale, elle est discutable, selon les modèles mathématiques, et qu'il y a
des différences, évidemment, entre les fiches... je dirais, les filières
qui sont bien implantées versus les filières émergentes, etc.
Alors, moi,
m'embarquer dans cette discussion-là qui est très, je dirais, très technique,
je pense que ce que je peux simplement
dire par rapport à ça, c'est deux choses. La première, c'est de pouvoir
dire que l'impact sur les gaz à effet de serre va être analysé par le ministère de
l'Environnement. C'est le premier élément qui, je pense, est très important.
Et, deuxièmement, donc, l'impact sur les GES, qui
est un modèle, en tout cas, beaucoup plus pratique et beaucoup plus reconnu au moment où on se parle, va être analysé
par, entre autres, le ministère de
l'Environnement et est analysé dans
les décisions ou non d'attribuer un certificat d'autorisation. Ça, c'est la
première des choses.
Deuxièmement,
moi, j'ai un principe de base qui est très simple, c'est que, quand on parle
d'un produit ou d'un... Quand, dans
ce cas-ci, on parle d'hydrocarbures, ma position est toujours la même, c'est que,
les stocks d'hydrocarbures, par exemple, qui peuvent être produits au Québec,
bien, la logique veut que c'est ça de moins qui est produit à l'extérieur
et que, demain matin, si les hydrocarbures ne sont pas produits au Québec, bien, les Québécois vont quand même
utiliser des hydrocarbures. Et là ils vont venir comment? Ils vont venir de l'extérieur. Ils vont
venir... Est-ce qu'on veut qu'ils viennent par bateau? Est-ce qu'on veut
qu'ils viennent par train, nous promener dans nos municipalités avec des
chargements d'hydrocarbures par train? Si demain matin on avait une filière qui
se développe à plusieurs endroits à l'extérieur
du Québec, comme c'est le cas actuellement, est-ce que c'est
le Saint-Laurent dans lequel il y aura beaucoup
de bateaux? Est-ce que c'est le train qu'on va utiliser? Est-ce que c'est des
camions, qui vont fonctionner au diesel, qu'on va utiliser?
Je pense que
la réponse, encore une fois, c'est que les productions locales, dans quelque
produit que ce soit... Je pense que
c'est infiniment plus important que ces productions-là soient faites sur le
territoire le plus près. Et moi, je peux simplement vous dire que, dans
la question qui nous préoccupe, quand je regarde, par exemple, le domaine
minier, comme vous le savez, ce n'est pas
seulement d'aller chercher du minerai qui est l'élément important.
Quand les entreprises regardent
les coûts de production, l'impact sur l'environnement, la question du
transport est évidemment infiniment plus importante.
Alors, moi,
je pense que, d'une part, les éléments qui, je dirais... dans ce sens-là,
c'est... Je pense qu'à un moment
donné il y a une analyse de bon sens qui doit prévaloir dans
ça. Dans l'étude du CIRAIG, on dit même, en fait, que l'analyse du cycle de vie et du bilan des gaz à effet de serre possède donc des limites extrêmement importantes associées à la qualité des données. Donc, on voit que, même dans cette
analyse-là, il y a énormément de réserves à utiliser ces
éléments-là, et nous, encore une
fois, comme je l'ai exprimé tout à
l'heure, nous croyons qu'il est beaucoup
mieux d'utiliser la méthode qui veut
qu'on commence, dans un premier temps, à constater les impacts sur les
émissions de gaz à effet de serre d'abord et avant tout.
Le Président (M. Pagé) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Oui. Je comprends
que les outils ne sont pas parfaits, mais, si on permet à l'entreprise et on
reconnaît à l'entreprise
privée... on lui reconnaît le droit de cheminer, d'évoluer et d'utiliser les
meilleures pratiques, bien, pourquoi on
ne pourrait pas le faire dans ce cas-là? C'est notre planète qu'il est
question, là. Peut-être que ce n'est pas «top-notch», mais n'en demeure qu'actuellement, sur la
planète... En tout cas, à Paris, j'étais là, et, à Paris, l'analyse du
cycle de vie, il y a quelque chose dans la prise de conscience collective
qu'on est en train de faire. Ce n'est peut-être pas parfait, mais il y a quelque chose
qu'on est en train de prendre conscience.
Arcand : Mais, encore une fois, soyons le plus simple
possible, O.K? Nous avons fait une évaluation environnementale et nous, on
pense que les pays qui vont réduire les gaz à effet de serre risquent
d'être moins pollués que ceux qui ne
réduisent pas les émissions de gaz à
effet de serre. Qu'on reste sur des
questions simples, sans aller dans ces
éléments-là qui sont, encore une fois, au moment où se parle, souvent
controversés, selon les méthodes et les analyses qui sont faites.
Moi, je pense
que... Si on veut être pratiques, je pense qu'il faut simplement se dire :
Luttons contre les gaz à effet
de serre, diminuons la quantité de gaz
à effet de serre que nous produisons,
et je pense qu'on aura fait déjà un grand bout de chemin.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Massé : Bien, vous m'ouvrez
là une autre porte. Luttons contre les gaz
à effet de serre, mesurons, utilisons
cet outil-là, puisque celui-là, il est
solide. Bien, il est solide dans la mesure où il ne compte pas le méthane.
Voyez-vous comment il n'est pas
solide? Oui, lutter contre les gaz à
effet de serre, ça fait
partie d'une responsabilité, puisqu'hier on a approuvé
l'entente de l'Accord de Paris. Ça fait
partie de nos responsabilités qu'on a décidé d'assumer comme élus, et je sais fort pertinemment qu'ici, autour de la table,
il y a plein de gens qui n'avaient pas besoin d'attendre l'Accord de Paris pour
se mettre en mode action. Ça, c'est sûr.
Lutter contre
les gaz à effet de serre, dans mon livre à moi, alors qu'on est le pays...
Au Québec, on est l'endroit où on a déjà un excellent bilan carbone per capita, parce que notamment
nous n'avons pas d'industrie d'hydrocarbures. C'est la
raison fondamentale pour laquelle le Québec est meilleur que les autres. Parce que ce n'est
pas à voir le nombre de chars par personne qui augmente... Ici, là, dans
la région de Québec, j'ai appris quelque chose, là, qui m'a jetée à terre hier,
par des statistiques des gens de Québec,
où, dans les 10, 12 dernières années, l'augmentation de la population
a été de 6 %, l'augmentation du parc automobile a été de 12 %.
Aïe, aïe, aïe! Ça, ça fait
partie du problème, hein? On le sait, M. le ministre.
Ceci étant dit, je ne crois pas, contrairement
au ministre, que c'est en donnant l'opportunité à des compagnies pétrolières et gazières, qui ont déjà la
vie bien facile... ce n'est pas le chemin à suivre pour diminuer les gaz à effet de serre. Le Québec,
on l'a, cette chance-là. Neuf tonnes par année, comparativement à d'autres,
c'est peu, mais, comparativement à d'autres pays, avec le fait qu'on est déjà en
hydroélectricité pour une partie, en éolien pour l'autre, considérant ça, on a
des croûtes à manger.
Et là, en
ouvrant, dans le fond, cette porte-là, bien, ce qu'on va défaire d'une
main, on va se le dire, on va être
honnêtes, là, ce qu'on va défaire d'une
main... On va réduire de 40 %, d'ici 2030, l'utilisation du pétrole. Bien
oui, mais, si on produit du gaz
naturel, si on produit du gaz naturel de schiste... du gaz de schiste, en fait,
naturel, bien sûr, si on produit du
pétrole de schiste, on va venir, à l'inverse, enlever les gains qu'on va faire,
ce qui va réellement changer... Parce que vous êtes préoccupé par la balance commerciale et le fait de faire rentrer,
par voie maritime, de train, etc., plus de pétrole. Bien non! L'idée, c'est ça, c'est qu'il faut le
diminuer. Puis, même si on l'exploite ici, M. le ministre, entre vous et moi,
il va falloir le transporter, parce que déjà
c'est annoncé... Pensez-vous que, si une entreprise privée, dont l'objectif,
c'est de faire du profit, elle peut
avoir un prix meilleur... bien, ça va être l'exportation, ça va être pour ça.
Pourquoi vous pensez que ces
entreprises-là vont nous fournir en premier, alors qu'il y a tellement de gaz
de schiste actuellement en Amérique du Nord que le coût du gaz est à son
plus bas?
Alors,
l'analyse du cycle de vie, ça nous permet ça, même si ce n'est pas parfait,
hein? C'est un outil d'aide à la décision. C'est ce que la définition dit,
«un outil d'aide à la décision». Pas le seul, mais c'en est un. Puis c'en est
un pourquoi? Bien, pour la simple et bonne
raison qu'à partir du moment où tu extrais ce qui est en dessous du sol...
C'est pour ça qu'on appelle ça des
énergies fossiles. C'est que, pour qu'elles se soient créées, ça a pris des
millénaires. Et donc le cycle de vie
nous enseigne que, si on extrait du gaz de schiste qu'il y a ici,
essentiellement, au Québec, si on extrait du pétrole de schiste, il est non renouvelable, alors que, tu sais,
quand on dit : «Outil d'aide à la prise de décision», dans une perspective de transition énergétique, on
aurait dû voir apparaître en premier, et pas à hauteur de 5 %, dans nos
pipelines, l'utilisation du biogaz, parce que le cycle de vie du biogaz,
il est renouvelable. Et pourtant c'est du gaz et il émet, lui aussi, hein, on
n'est pas...
Mais par
contre, si on n'étudie pas le cycle de vie, on parle du gaz, qu'il soit
conventionnel, de schiste ou biogaz, on
en parle comme étant la même affaire. C'est du gaz naturel. Non, non, non, il y
en a qui sont renouvelables puis il y en a qui ne le sont pas. Et ce qui est fascinant, c'est que ce qui n'est pas
renouvelable, si on considère l'analyse du cycle de vie, il va être dans
le sous-sol québécois pour les 200 prochaines années. Pourquoi vouloir se
dépêcher à le sortir là, là?
Le GIEC nous
dit : 80 % des ressources non connues — et, le Québec, c'est le cas — doivent rester dans le sol si on ne veut pas réchauffer notre planète. Bien,
c'est parfait, il va être encore là, puis peut-être que, lorsqu'on en aura
besoin, dans, je ne sais pas,
100 ans, 50 ans, peu importe, on sera en mesure de dire : Nous,
au Québec, bien, on a été brillants parce
que, nous, là, ce n'était pas d'éliminer tout ça en partant, ce n'était pas de
brûler ça le plus vite en partant, ce n'était pas de répondre aux demandes et aux salamalecs de l'entreprise gazière
et pétrolière, ce n'était pas ça, notre objectif. C'était de nous assurer que cette ressource-là, qui est
non renouvelable, lorsque nous en aurons besoin, je ne sais pas, moi, après
2100... Après 2100, là, la planète a dit
qu'on serait zéro carbone. On le sait bien qu'on ne sera pas zéro carbone,
parce qu'il y a encore des valves de
coeur en plastique qui vont avoir besoin de se faire. Peut-être qu'à ce
moment-là il y aura plus de choses en
plastique qui n'auront pas besoin de se faire aussi, mais ça ne sera peut-être
pas juste pour brûler dans des chars ou pas juste pour de la chauffe,
alors qu'il y a d'autres alternatives à la chauffe.
Alors, le
cycle de vie, M. le ministre, pour moi, c'est tout ça. C'est un outil d'aide à
la décision par calcul d'empreinte écologique. Et il me semble que nous
devons, dans un projet de loi qui encadre, je reprends vos mots, l'industrie de la gazière et de la pétrolière, qui
n'est pas une industrie... mondialement, M. le ministre, qui n'est pas une
industrie qui a les pattes blanches, là, ici
non plus, au Québec, d'ailleurs... Il faut envoyer le message à ces gens-là,
dans le cadre du projet de loi, pas
dans une loi à côté, dans un ministère complètement édenté, qui n'a plus de
levier pour pouvoir mordre, qui a de la misère à avoir des inspecteurs
sur le terrain, mais au coeur même de ce ministère, qui est un des ministères qui produit aussi des GES... Il faut
qu'on envoie des messages à ces gens-là, leur dire que nous, ici, au Québec,
on est respectueux du cycle de vie. Et
pourquoi? Bien, parce qu'il y a des gaz et/ou pétrole extrêmes qui ont des
empreintes écologiques différentes et, qui plus est, que, pour les
extraire, on doit considérer l'empreinte, oui, écologique de pas seulement son... de ce qui en sort, mais de
l'ensemble de son processus de vie, c'est-à-dire de la route... eh oui, il faut
calculer ça. Pourquoi il faut
calculer ça? Bien, parce qu'on a un impératif de réchauffement de la planète.
C'est pour ça qu'il faut tout calculer dans le cycle de vie.
Et d'ailleurs
allez voir les agriculteurs. Les agriculteurs ont une perspective du cycle de
vie très collée à la réalité. Pourquoi? Bien, parce qu'ils savent très
bien que — puis
là je vais m'amuser — si
leur tracteur ne fonctionne pas au moment de
la récolte, bien, ils vont devoir aller faire du kilométrage pour aller, bon,
soit le réparer soit en emprunter un autre, mettons, si c'est un bris majeur.
Et tout ça, ils vont devoir le calculer à la fin. Il va y avoir un prix. Bien,
c'est la même chose. C'est la même chose.
L'empreinte
écologique, c'est une empreinte... Bon, ça aussi, peut-être
que le ministre pourrait me dire : On ne s'entend pas
toujours. Puis c'est vrai que la planète ne s'entend pas toute sur la virgule
de c'est quoi, l'empreinte écologique. Mais,
l'esprit en arrière, ils s'entendent, par
exemple. Il y a
du renouvelable, il y a du non-renouvelable. Plus, et on l'a entendu régulièrement dans les consultations qu'il y a eu lieu dans les derniers mois, plus qu'on... Il
faut maintenant sortir de cette ère extractiviste qui fait qu'on
extrait, et après ça ce n'est pas grave, ça peut mourir, on extrait encore, ce
n'est pas grave, ça peut mourir, on extrait encore. Le cycle de vie nous
rappelle qu'il faut mettre fin à ça. Il faut que, quelque chose qu'on a extrait,
on le fasse durer le plus longtemps
possible dans son cycle de vie avant
de dire que c'est un déchet. Alors, le torchage, par exemple, nous pose
des questions, bon, etc.
Mais, puisque mon
temps file... Le ministre disait tantôt que l'impact va être évalué par le ministère
du Développement durable, Changements
climatiques. Mais vous ne trouvez
pas, M. le ministre, puisque vous semblez dire que cette loi-là dérange déjà, et on aura la chance d'en reparler, les gens des
pétrolières et des gazières... Vous ne croyez pas
que de leur rappeler que, le geste qu'ils posent en extrayant des gaz et/ou du
pétrole extrême de schiste, ils jouent dans quelque chose qui s'appelle un
cycle de vie et que cette vie-là prendra fin à partir du moment où ils vont
l'avoir extrait, qu'on ne pourra plus jamais,
comme peuple, pouvoir extraire à nouveau cette ressource-là... Vous ne pensez
pas que ça serait une bonne idée de leur envoyer ce message-là?
Le Président (M.
Pagé) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. le ministre, devant ce plaidoyer.
Arcand : Écoutez, du plaidoyer, moi, tout ce que je veux dire par rapport à ça, encore une fois... D'abord, premièrement, quand vous parlez de biogaz, et c'est une
filière émergente, on parle de biogaz dans les dispositions du
chapitre II, où on parle de gaz naturel renouvelable. On a des dispositions dans la loi qui touchent évidemment
ces éléments-là. Du gaz naturel renouvelable, on a des immenses forêts au Québec
qui pourraient faire en sorte qu'on puisse avoir du gaz naturel renouvelable. On a des biocarburants qui sont
possibles également. On a un projet actuellement à Parent sur des
biocarburants, comment on peut aller dans cette direction-là.
Mais,
vous savez, la... Je dirais, pour moi, la mathématique doit être quand même
un peu plus simple que ça. La mathématique, pour moi, elle
est très simple. On importe, par année, 12 milliards
d'hydrocarbures. Si demain matin on décidait
qu'il y a 3 milliards qui provient du Québec, puis 9 milliards qui vient de l'extérieur, puis que, l'année suivante, on serait, disons à 3 milliards au Québec puis 8 milliards, puis qu'on diminuerait d'année en année, je
pense qu'on serait dans une meilleure situation sur le plan de la lutte
aux changements climatiques.
Puis
je vais vous donner un exemple également qui peut s'appliquer aux États-Unis,
où ils ont eu pendant des années des hausses tout à fait fulgurantes, et,
en 2008, il y a eu un arrêt, si on veut, des importations
d'hydrocarbures, une réduction des importations des hydrocarbures. Et
évidemment les États-Unis, c'est loin d'être un modèle, mais une chose est
certaine, c'est que les augmentations fulgurantes qu'il y a eu pendant des
années, bien, ça n'a pas beaucoup diminué. Mais, au moins, on a arrêté d'avoir... parce qu'entre autres il y a eu des meilleures
technologies. Puis le fait également qu'on produisait de l'énergie en plus grande quantité aux
États-Unis a contribué à faire aussi qu'on a un peu moins de gaz à effet de
serre ou, enfin, moins d'augmentations fulgurantes par rapport à ce qu'il y
avait avant. Alors, vous savez, ça fait
partie de nos principes de base,
de pouvoir, encore une fois, s'assurer que cette réduction-là se fasse.
je pense que, comme on l'a dit et on l'a répété à plusieurs reprises, puis je terminerai là-dessus... Vous savez,
le Québec n'est pas particulièrement un endroit... Je regardais le rapport
Fraser, par exemple, dans le rapport Fraser, je
ne sais pas si vous l'avez vu, mais, sur les juridictions, on est 119e sur 126.
Je pense que les États qui sont en bas du Québec... On est huitième, dans le domaine minier, sur 100 quelques
juridictions. En termes, je dirais, d'attrait pour les investisseurs, on est 119e sur à peu près 126, et
ceux qui sont en bas de nous, ce sont tous des pays en guerre, ou à peu
près : l'Irak, la Syrie, ces pays-là.
Alors,
vous savez, je ne suis pas sûr que, demain matin, même avec une
loi sur les
hydrocarbures, je ne suis pas sûr que
des investisseurs — parce
que c'est souvent ce qui est véhiculé un peu partout — vont se précipiter pour investir de façon massive au Québec. Par contre, les
entreprises québécoises qui ont eu des permis depuis quelques années, à mon
avis, ont quand même le droit d'exister, ont
quand même le droit de pouvoir fonctionner, créer des emplois dans des régions.
Et, encore une fois, si ces hydrocarbures
permettent de remplacer des importations, en bout de ligne, moi, je pense que
c'est une bonne chose.
Le Président (M.
Pagé) : Merci, M. le ministre. Il vous reste 20 secondes,
alors allez-y très brièvement.
Massé : En fait, je vais utiliser mon 20 secondes pour nous
rappeler que, si ces entreprises-là sont capables, à un moment donné, de vendre leurs affaires, c'est
parce qu'on les subventionne de façon importante avec nos argents
publics.
Président (M. Pagé) : Alors, c'est ce qui met fin au temps dont
vous disposiez afin de plaider sur l'amendement que vous avez déposé à l'article 5 de l'article 23. Est-ce que
certains collègues souhaitent... Oui, M. le député de Richelieu, je vous
écoute.
M. Rochon :
Oui. Merci, M. le Président. Moi, je trouve tout à fait intéressant
l'amendement soumis par la collègue. Je vois que je ne surprends
personne.
J'ai
bien entendu le ministre dire qu'il fallait rester simple. Il faut rester
simple. O.K. Il faut être simple, mais pas simpliste. Et, si ce
chapitre s'inscrit, comme il le dit, dans une
perspective de transition énergétique, il faut montrer de la cohérence. Alors, moi, il me semble que cette
cohérence-là, elle commande de se gouverner pas en fonction de considérations économiques, je dirais,
prioritairement, mais en fonction de l'impact environnemental, puisque, si nous
la voulons, cette transition énergétique,
c'est que nous savons les torts causés par l'exploitation des énergies
fossiles. C'est pour ça qu'on veut une transition énergétique, c'est
pour ça qu'on veut passer à une économie plus verte.
Tout
à l'heure, le ministre faisait remarquer que, dans la liste des territoires
attractifs pour les pétrolières, nous étions à peu près tout en bas, hein?
C'est ce que vous disiez tantôt. J'espère que vous ne nous le partagiez pas
pour espérer que cela change et que
nous devenions plus attractifs pour les pétrolières. Moi, je n'ai pas d'ennui
particulier à ce que le Québec ne soit pas attractif pour l'industrie
pétrolière.
Loi sur le développement durable, qui a été adoptée le 13 avril 2006, son
parrain, c'était feu le ministre Claude
Béchard, si je ne me trompe pas. Notre porte-parole à nous, c'était le député
de Verchères, je pense. Alors, cette loi-là
sur le développement durable, elle parle de l'internalisation des coûts.
«Internalisation des coûts», qu'est-ce que ça veut dire? La valeur des biens et des services doit refléter
l'ensemble des coûts qu'ils occasionnent à la société durant tout leur cycle de vie, de leur conception jusqu'à leur consommation et leur
disposition finale. Bien, c'est de ça qu'il est question dans l'amendement, hein, de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Ça tombe pile sur l'un des principes de la
Loi sur le développement
durable adoptée alors que M. Béchard était à l'Environnement.
Alors :
«L'analyse du cycle de vie [...] permet d'évaluer l'empreinte environnementale de tout produit ou service.»
L'empreinte environnementale, ça ne se limite pas, l'empreinte
environnementale, la collègue l'a bien expliqué, aux émissions de gaz à effet de serre. Et cette approche-là, elle est
«promue par plusieurs organismes nationaux et internationaux, dont — puis ce n'est pas des deux de pique,
là — le
programme des Nations unies pour la protection de l'environnement». Moi,
je trouve que ce n'est pas pire de se coller sur eux autres. Elle «vise à
comptabiliser — l'analyse
du cycle de vie — l'ensemble des émissions et [des]
extractions ainsi que les impacts associés sur l'ensemble du cycle de vie d'un
produit ou service, soit depuis l'extraction
des matières premières, en passant par la fabrication, l'utilisation et la fin
de vie. Son caractère
systémique — on
s'instruit, là, et je m'inclus, là — permet d'identifier les plus gros
contributeurs aux impacts sur le
cycle de vie et éviter que la solution envisagée ne résulte tout simplement en
un déplacement du problème ailleurs
dans la chaîne de valeurs du produit ou vers un autre problème environnemental.
Dans le cas des hydrocarbures, [cette analyse, elle] permet d'analyser
quelle est l'importance relative des activités d'extraction et raffinage versus
l'utilisation d'un vecteur énergétique et de
comparer des [analyses] en fonction du service offert, considérant également
les taux d'efficacité spécifiques en
relation à la technologie utilisée. Dans un contexte — et je vais terminer ma lecture ainsi — de transition énergétique, [l'analyse]
permet également d'évaluer les conséquences associées à l'introduction
d'une nouvelle technologie, à un changement d'approvisionnement
énergétique — changement
d'approvisionnement énergétique — ou encore des politiques publiques ou des
projets d'envergure qui ont comme conséquence de changer les équilibres
de marché et de comportement des usagers — nommé "effet
rebond."»
C'est
sage. Je ne sais pas qui peut, ici, dire qu'il n'est pas sage de procéder à
cette analyse de cycle de vie. Il me semble
que ça doit s'inscrire dans toute transition énergétique. Parce que ce dont il
faut se rendre compte, c'est que, si on laisse exploiter les hydrocarbures au Québec, une fois la roche
fracturée — parce
que je reviens à ça, l'inquiétude des Québécois se situe là, la
fracturation — bien,
il n'est pas possible de faire marche arrière, hein, malgré les milliards, les
milliards de regrets que nous aurons, hein?
Puis là je suis en
train de consulter une opinion émise par un citoyen de Drummondville. C'est ça
que je vous partage, parce que j'ai lu ça ce
matin puis je trouvais ça intéressant : «S'occuper de nos affaires pour
une fois, avant d'être pris à faire la file pour des denrées
alimentaires et [de] l'eau?» Ah! ça a l'air catastrophique, là, je sais que ça
a l'air catastrophique, mais l'eau potable,
ça a une certaine importance, et, voyez, les Québécois, leur préoccupation à
l'égard de la technique de fracturation, elle est en
partie liée à l'eau
potable, hein, aux impacts sur l'eau potable. L'auteur de l'opinion dit : «On ne peut pas boire du gaz
et manger des piastres. S'il faut tout ramener à l'argent, lequel se vendra le
plus cher dans le futur, le gaz ou l'eau?»
Encore une fois, là, ça pourrait avoir l'air d'une dramatisation à outrance,
mais l'est-ce vraiment, l'est-ce vraiment?
est en train de réaliser, là, dans tous les coins de la planète,
le tort, le tort qu'on fait à cette planète. Ici aussi, là, on doit bien le réaliser un peu, puisqu'on nous parle de transition énergétique et
qu'il y a des pans fort intéressants de la loi n° 106 là-dessus, la
transition énergétique, des pans qu'on aurait voulu adopter. Vous vous
souvenez, on a tendu la main au ministre pour que le premier ministre
n'arrive pas, lui, les mains vides à Marrakech. On aurait voulu adopter ces
pans-là, ça aurait nécessité qu'on mette de côté le
chapitre sur les
hydrocarbures.
D'ailleurs,
tiens, ça me permet de revenir sur un reproche que le ministre nous adresse
souvent : Pourquoi vous avez
voté contre le principe du projet de loi n° 106? Il nous rappelle ça
souvent. Bien, parce qu'était intégré au projet de loi n° 106 un
chapitre sur les hydrocarbures que nous ne jugions pas convenable. C'est pour
ça, c'est pour ça.
Alors,
oui à l'amendement de ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Il est temps, il est temps, partout
dans le monde, que, lorsque nous
prenons des décisions, nous le fassions en considérant l'impact de ces
décisions sur l'environnement.
Président (M. Pagé) : Merci, M. le député de Richelieu.
Est-ce qu'un autre collègue... Oui. Mais, en réaction, M. le ministre.
Oui, allez-y.
M. Arcand :
Bien, non, juste un mot pour dire que, bien sûr si on avait scindé le projet de
loi, évidemment, avec enthousiasme, Québec solidaire et le Parti
québécois auraient voté pour le principe, c'est sûr.
Le Président
(M. Pagé) : Mais j'ai compris que vous n'avez pas changé
d'avis pour scinder le projet de loi.
M. Arcand :
Non, non, non.
Le Président
(M. Pagé) : Ce n'est pas ce que vous êtes en train de
dire, là.
M. Arcand :
Non, j'ai bien expliqué. Je suis sûr qu'ils auraient, avec un enthousiasme
débordant, voté, n'est-ce pas, en faveur du projet de loi. Je suis
certain de ça.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, vous ne souhaitez pas créer de l'enthousiasme. Bon. Alors, vous savez ce
que vous pouvez faire pour créer l'enthousiasme.
M. Arcand :
Je le dis, vous comprenez, avec une pointe d'ironie.
Le Président
(M. Pagé) : Alors, oui...
M. Rochon :
Bien, M. le Président, plutôt...
Le Président
(M. Pagé) : Woups! Déjà, il y a de l'enthousiasme autour
de la table. Alors, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Bien oui, bien oui, c'est ça, plutôt que dire...
Le Président (M. Pagé) :
Mais toujours sur l'amendement, hein? On vous écoute.
M. Rochon : Ah oui! Toujours sur l'amendement, certain, comme le ministre vient de
l'être, parfaitement sur l'amendement, en faisant sa petite remarque
ironique.
cette remarque ironique, je veux juste faire valoir qu'au lieu d'emprunter
cette attitude-là il devrait tabler sur notre enthousiasme, notre
enthousiasme, à Québec solidaire, au Parti québécois, et sur l'enthousiasme de
toutes les Québécoises et de tous les
Québécois à l'égard d'une transition énergétique dans laquelle le Québec
pourrait être un chef de file
mondial. Ça, c'est pas mal plus emballant que de ne pas trop se soucier du
cycle de vie des hydrocarbures. Alors, tablez
sur notre enthousiasme, M. le ministre, tablez sur celui des Québécoises et des
Québécois. M. le Président, il doit tabler
sur notre enthousiasme à l'égard de la transition énergétique. Je sens,
d'ailleurs, là, que je lui donne envie de faire ça.
M. Arcand :
M. le Président, le premier ministre...
Président (M. Pagé) : Oui. Avec votre permission, M. le
député de Richelieu, je sens que le ministre souhaiterait réagir.
M. Arcand :
Bien, le premier ministre du Québec est à Marrakech, il travaille de concert
avec tout le Conseil des ministres pour qu'on ait, bien sûr, au Québec,
une société plus verte.
position du Parti québécois, depuis les 10 dernières années, a toujours
été la même, M. le Président. À chaque fois
qu'on a un dossier qui touche les hydrocarbures, c'est des demandes de
moratoire, sauf, évidemment, quand ils sont au pouvoir, où là il y a eu, au niveau des hydrocarbures, là, des
actions qui sont posées. Puis, quand ils retournent dans l'opposition, c'est soit un non ou soit des moratoires. C'est toujours,
toujours, toujours la même
chose. Alors, je laisse la population
juger là-dessus.
Le Président
(M. Pagé) : Alors, merci, M. le ministre. C'est un commentaire
sur l'amendement proposé par Québec solidaire.
M. Rochon :
Oui, tout le monde l'a bien réalisé.
Président (M. Pagé) : Alors, comme vous voyez, chers
collègues, c'est toujours possible de s'exprimer de façon assez large.
Alors, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui. Nous sommes... Ça, le
ministre l'oublie peut-être... Tiens, j'ai une pensée pour Marcel Léger, Marcel Léger qui a créé le ministère de l'Environnement. Ce n'est pas pire, ça, je trouve.
Et j'ai aussi une pensée pour cette loi...
M. Arcand : Victor Goldbloom aussi.
M. Rochon : Oui, oui, M. Goldbloom. Pas de problème, je suis bien prêt à
intégrer ça. J'ai aussi un souvenir de cette
loi que nous avons — c'est
en situation de gouvernement minoritaire — voulu faire adopter, hein, prévoyant une interruption
de tout ce qui s'appelle — et horripile les Québécois — gaz de schiste, hein? Peut-être le ministre
a-t-il oublié de citer ça en faisant l'histoire politique du Québec.
Mais il a oublié,
plus essentiellement, une chose, une chose, M. le Président : il ne sera
pas dans l'opposition avant 2018. En 2018,
ça y sera, mais avant ça il est au gouvernement, il est au gouvernement. Et
nous lui tendons la main alors qu'il est au gouvernement pour opérer avec lui,
avec enthousiasme, une transition énergétique sans faux-fuyant, sans fuite déplorable. Alors, qu'il profite donc du
fait qu'il soit actuellement au gouvernement, et pour encore un peu moins
de deux ans, pour prendre les décisions que
les Québécois attendent de lui, et ce n'est pas celle d'ouvrir la porte à l'exploitation des hydrocarbures par fracturation,
qu'il dit vouloir encadrer. Mais même énoncer cet encadrement, c'est
tout de même ouvrir la porte, hein, à l'industrie du gaz de schiste, M. le
Président.
Le Président
(M. Pagé) : Souhaitiez-vous réagir, M. le ministre?
M. Arcand : Bien, la seule
chose que je veux dire, M. le Président, c'est que je pense qu'on se met la
tête dans le sable aujourd'hui, alors
qu'on a actuellement, au Québec, 317 permis. Et nous, on fait le choix
responsable d'encadrer ces
317 permis. Et le projet de loi qui est devant nous n'est pas un projet de
loi pour faire la promotion, c'est un projet de loi pour encadrer. Et
encadrer les hydrocarbures au Québec... On a 317 permis qui ont été donnés
par différents gouvernements par le passé.
Alors, nous, on pense... et c'est une requête, entre autres, des municipalités,
en particulier, qui nous ont
dit : Faites quelque chose parce que, nous, les citoyens viennent nous
voir, et on a besoin de bien connaître les règles du jeu. Et c'est ce
qu'on fait dans ce projet de loi.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, vous dites : On se met la tête dans le sable, mais ce n'est pas
dans les sables bitumineux, là, hein?
M. Arcand : Non,
non.
Président (M. Pagé) : Il faut bien s'entendre. Il faut
détendre un peu l'atmosphère, quand même. Alors, je reconnais le député
de Gaspé, qui avait demandé... Ah! O.K.
Une voix : Veux-tu aller
avant?
M. Rochon : Oh non. Mais de
toute façon...
Président (M. Pagé) : Mais, si vous souhaitez compléter
l'échange avec le ministre... mais ensuite le député de Gaspé a demandé
la parole.
M. Rochon : Oh, écoutez, il y a eu une communion — je vais risquer de dire notre prénom — il y a eu une communion d'esprit des Sylvain, là, j'avais le même mot d'esprit en tête
que vous, c'est-à-dire, en effet, il ne faut pas se garder la tête dans le sable bitumineux et il faut
se sortir la tête du puits. Et c'est ce qu'on essaie de faire. Je pense que
c'est ce que nous réclament les Québécois. Voilà.
Le Président (M. Pagé) :
La tête dans l'autruche.
M. Villeneuve : La tête
dans l'autruche.
Président (M. Pagé) : Oui. D'ailleurs, il y a un collègue,
hein, qui nous avait suggéré de ne pas se mettre la tête dans
l'autruche, alors à ne pas s'y méprendre. M. le député de Gaspé, je vous
reconnais.
M. Lelièvre :
Merci, M. le Président. Je vais m'exprimer, c'est ça, sur l'article 5,
l'amendement qui a été déposé par
notre collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui consiste en l'analyse de cycle de vie. Moi, je
considère que c'est un... en tout
cas, c'est un élément qui est important. On a élaboré, depuis les dernières
minutes, là, sur la chose, puis c'est
quand même un élément qui revient souvent dans les échanges quand on parle de développement d'hydrocarbures. Parce
que,
souvent, c'est facile de dire : Bon, bien, le gaz, c'est moins polluant
que le pétrole, le gaz, c'est moins polluant que le mazout, le «bunker», communément qu'on appelle,
tout ça, mais il y a des gens qui disent : Oui, mais, attention,
pour la production de certains
combustibles, il y a aussi des traces qui sont laissées dans l'environnement, notamment au
niveau de la production de GES, puis il faut
en tenir compte. Ça fait que, là, on se rend compte... On est plusieurs
parlementaires ici aujourd'hui puis on se penche là-dessus, mais c'est quand même un aspect assez
technique, très technique, mais je crois
que ça vaut quand même la peine d'en discuter puis d'évaluer la
pertinence d'ajouter ce terme-là, hein, à la loi n° 106, qui est l'analyse du cycle de vie. En tout cas, moi, à première vue, je serais porté à démontrer une grande ouverture
parce que ça fait
partie de la réflexion qu'on doit avoir
avant de catégoriser ou de porter un
jugement sur quel combustible est le mieux au plan de l'efficacité
énergétique, mais aussi au niveau environnemental.
Puis on a
parlé depuis tantôt beaucoup de la
Loi sur le développement durable. C'est une
loi qui, hein... ce qu'on appelle une loi parapluie ou une loi qui,
normalement, a préséance sur des lois sectorielles, un peu comme la
loi sur l'occupation du territoire. Puis c'est important
de regarder qu'est-ce qu'on y retrouve, là, parce que, mes collègues l'ont
soulevé... Puis je me souviens, avant d'être en politique québécoise active,
j'avais travaillé un peu de concert avec cette
loi-là pour différents projets, et je vous dirais que, dans les
années 2007-2008, quand elle a été adoptée, ça a fait couler beaucoup d'encre aussi puis ça a été beaucoup...
ça a été bien reçu, bien reçu dans la population, bien reçu dans l'ensemble
des intervenants. Puis je salue le travail
de feu le ministre Béchard, qui avait adopté et travaillé... bien sûr, avec
d'autres parlementaires, là, mais c'est un travail qu'on peut être
fiers, on peut être fiers de ça aujourd'hui parce qu'on avait été visionnaires. Une dizaine d'années passées,
déjà, de parler d'une
loi sur le développement durable, c'était quand même
assez précurseur.
Donc, il faut
saluer cette initiative-là, mais il ne faut pas seulement que la saluer, il
faut s'en inspirer, hein, puis il
faut que les gouvernements, hein, en tiennent compte. Parce que c'est beau
d'adopter une loi, des beaux principes — puis je les ai devant moi, les principes, là, on y reviendra — mais il faut les mettre en application,
parce que toute loi, je veux dire,
elle va donner des résultats dans la mesure où elle va être suivie par des
actions concrètes, par des gestes palpables, hein, par la société. Puis, quand on regarde le principe de cette
loi-là, bien, pour moi, c'est une loi dans laquelle on devrait s'inspirer ici, les parlementaires qui travaillons
sur la loi n° 106, parce que ça me semble naturel de considérer la
Loi sur
le développement
durable quand on parle d'adopter une
loi sur les hydrocarbures. C'est évident
qu'il doit y avoir un lien entre les
deux, un lien direct, là, ce n'est même pas indirect. Je comprends que, si on
adopterait une loi dans le domaine de
la culture, de la famille, des affaires municipales, on pourrait dire :
Bon, bien, oui, il y a un lien indirect. Il y a toujours un lien indirect avec le développement durable,
parce que c'est une notion très, très générale, mais là on travaille sur une loi qui
va régir les hydrocarbures, ça m'apparaît incontournable qu'on doit s'inspirer
de cette loi parapluie, si on veut, qui est la
Loi sur le développement
durable.
Dans les principes
qui apparaissent, on retrouve la santé puis la qualité de la vie. Bien, je pense
que, dans nos travaux, on en a parlé, donc,
c'est évident qu'il y a un lien. On parle d'équité puis de solidarité sociales.
On parle d'entreprises, un souci d'équité intra et intergénérationnelle.
Encore là, il y a des rapprochements à faire. On parle de protection de l'environnement. Bien là, on est en
plein dedans. Comment ne pas parler de protection de l'environnement quand on travaille sur la loi n° 106? C'est
impossible. On dit : Il faut parvenir à un développement durable. La
protection de l'environnement doit
faire
partie intégrante du processus de développement. Qui peut être contre ça?
On parle d'efficacité économique.
L'article 1 de notre projet de loi, hein, on parle de production ou de
productivité maximale, un terme... en tout cas, si ce n'est pas le terme exact,
là, ça ressemble à ça, donc efficacité économique. Et l'article 1 de la
loi n° 106 parle de production ou...
M. Rochon :
Récupération optimale.
M. Lelièvre :
...récupération maximale, optimale, «optimale», c'est bien le terme. Le
ministre, d'ailleurs, nous a fait
hier un petit enseignement sur la différence entre maximale et optimale, puis
parfaitement d'accord avec son énoncé.
parle également de participation et d'engagement, bon, participation et d'engagement
des citoyens, des groupes qui les représentent. On dit que c'est
nécessaire «pour définir une vision concertée du développement et d'assurer sa
durabilité sur les plans environnemental, social et économique», donc un
principe qui s'appelle la participation puis l'engagement.
Moi, je vois un rapprochement direct entre l'acceptabilité sociale et le
principe qui est intitulé ici... dans la
Loi sur le développement durable, qui s'appelle «participation et engagement».
Donc, encore là, il y a des rapprochements très, très sévères à faire,
de très près.
Accès
au savoir. Bien, c'est sûr, on parle de connaissances, d'acquisition de
connaissances, c'est intéressant aussi puis c'est pertinent.
parle de subsidiarité, M. le Président. Subsidiarité, hein, c'est un beau nom
qui est dur à dire. J'ai toujours de la
misère à le prononcer. Le petit «s», là, on dirait qu'il est dur à glisser dans
le mot. Subsidiarité : «Les pouvoirs et les responsabilités doivent être délégués au niveau approprié d'autorité.
Une répartition adéquate des lieux de décision doit être recherchée, en ayant le souci de les rapprocher le
plus possible des citoyens et des communautés concernés.» Extrêmement important. Quand on parle de développement des
régions, notamment, hein, la décentralisation qu'on parle, mais malheureusement qu'on ne fait point depuis des
décennies. Donc, subsidiarité, on va en parler tout à l'heure, là, j'espère
qu'on va y arriver. Toute la question du
zonage, par exemple, le rôle des municipalités, le pouvoir des municipalités,
c'est ça, la subsidiarité, c'est dans
cet esprit-là que ça se retrouve aussi. Quand on dit qu'on va envisager de
donner des pouvoirs aux municipalités
pour pouvoir légiférer sur les zones à proscrire des activités de développement
des hydrocarbures, bien, c'est ça. Est-ce que ça va être l'État central
qui va tout légiférer ou est-ce qu'on va donner des pouvoirs aux régions, aux MRC, aux municipalités? Donc, encore là, un
terme, «subsidiarité», qui va se retrouver dans nos discussions sur le
projet de loi n° 106.
On parle de participation
puis de coopération intergouvernementale. Un beau terme, un bel objectif.
Là, on parle de
prévention : «En présence d'un risque connu, des actions de prévention,
d'atténuation et de correction doivent être
mises en place, en priorité à la source.» Prévention, hein? On parle de
sécurité, je l'ai mentionné souvent,
sécurité, santé de la population. Là, on parle de prévention ici, donc on doit
prévenir. Ça fait que, quand on dit qu'il
faudrait peut-être aborder le terme de la fracturation, bien, c'est peut-être
de façon préventive, parce qu'hier l'un des membres de l'équipe du ministre nous a informés qu'effectivement, si
au Québec on veut aller chercher une production optimale dans les formations rocheuses, hein, dans le shale, les
différentes composantes de shale
qu'on a au Québec, bien, on
va devoir... bien, pas «on va devoir», mais l'entreprise, pour obtenir une
production optimale, pourrait techniquement
ou devrait techniquement requérir à la fracturation. Ça ne veut pas dire qu'ils
vont y aller, ça ne veut pas dire que le gouvernement
va donner les autorisations, mais, de façon théorique, oui, ça a été démontré
puis de façon... Ça confirme ce qu'on
entend de différentes sources, que la productivité, l'optimisation des
opérations d'extraction d'hydrocarbures va être supérieure si on fait de la fracturation. C'est normal, c'est
une roche, tu fais éclater ta roche, les hydrocarbures sont à l'intérieur, bien, ils vont se dégager plus
rapidement, on va pouvoir les pomper vers la surface plus rapidement, hein?
Ça n'a pas besoin d'être un ingénieur pour comprendre ça, là.
Protection du
patrimoine culturel, un autre élément qui se retrouve.
Préservation de la
biodiversité, on sait que c'est important, hein, on doit se soucier de la
préservation de la biodiversité. Donc, le type d'extraction, d'exploration qui
va être faite va avoir la nature de cette exploitation-là, des techniques qui vont être utilisées, des produits
qu'on va injecter. Si jamais on va à la stimulation hydraulique, par exemple,
ou chimique, bien, c'est clair que ça a un impact sur la biodiversité. On en
parle ici, M. le Président, dans cette loi-là.
parle aussi de respect de la capacité de support des écosystèmes. Donc, il faut
respecter la capacité de support des
écosystèmes. Le sous-sol, il faut... il y a de l'eau potable là-dedans, il y a
des nappes d'eau phréatiques à côté des... à proximité ou qui voisinent les réservoirs d'hydrocarbures, donc il faut
être prudents. On a des distances à respecter quand on parle, par exemple, de Haldimand, à proximité de la baie de Gaspé, à
proximité d'une prise d'eau potable municipale, une
baie où on a des activités de pêche, de mariculture, de tourisme. C'est important.
C'est tout ça, l'écosystème, c'est la faune, c'est la flore, c'est
toutes les composantes.
On parle de production
puis de consommation responsables. C'est clair.
On parle de
pollueur-payeur puis, par hasard, on parle d'internalisation des coûts, hein,
on en a parlé tantôt. Bien, l'internalisation des coûts, c'est «la
valeur des biens et des services [qui] doit refléter l'ensemble des coûts
qu'ils occasionnent à la société durant tout
leur cycle de vie, de leur conception jusqu'à leur consommation et leur disposition finale».
Bien, c'est un peu ça que notre collègue amène comme amendement puis c'est carrément
ça, hein, qu'en 2007 ou en 2008, là,
date d'adoption de la
Loi sur le développement
durable... bien, déjà,
les politiciens, les parlementaires qui nous
ont précédés il y a une dizaine d'années ont mis la table. Déjà, on
annonçait que le Québec voulait se préoccuper de ces 16 principes là, dont
l'internalisation des coûts, puis c'est exactement ce qui est sur la
table, là, comme amendement. En
tout cas, il y a
un lien très, très près qu'on peut faire entre l'analyse du cycle de
vie et l'objectif, l'orientation p de la
Loi sur le développement
durable.
Donc, on
n'est pas dans le champ puis on n'invente pas la roue, là. On n'invente pas la
roue ce matin, là. Tantôt, on
disait : C'est feu le ministre Béchard qui a amené cette loi-là, qui l'a
conduite à son adoption avec... Puis je suis convaincu que c'est une loi qui
doit avoir été adoptée unanimement par l'Assemblée nationale. D'ailleurs,
notre collègue de Verchères
puis d'autres collègues que je n'ai pas eu l'occasion d'entendre le nom,
là, y ont participé, puis c'est normal qu'on soit unanimes. Ce serait le fun qu'on soit unanimes
ici, au niveau du projet de loi n° 106, mais, bien, ça semble compliqué,
ça semble compliqué un peu. Mais, une chose qui est sûre, on doit regarder la
loi n° 106, là, avec un souci de respect maximal de la
Loi sur le développement durable. C'est clair que, si on
fait... si on réalise des travaux ici, en commission parlementaire, puis si on arrive à un produit qui
va être une loi n° 106 qui va faire abstraction des orientations qui sont
contenues dans la
Loi sur le développement
durable, qui a été adoptée unanimement par l'Assemblée nationale, bien, je me
questionne, M. le ministre, si on est sur la bonne voie, je me questionne
sérieusement.
Puis on a dit
souvent ici : Bon, la science évolue, c'est nouveau, c'est relativement
nouveau au Québec qu'on se préoccupe, là, vraiment... pas juste en
parler, mais se préoccuper des impacts de toute la filière des hydrocarbures. Mais, il y a une dizaine d'années passées, il y a
des collègues, là, puis l'ensemble de l'Assemblée nationale qui ont allumé
une lumière jaune, ils ont dit :
Écoutez, la
Loi sur le développement durable, c'est une loi qui est
essentielle, c'est une loi qui va donner... qui va mettre en place les
grands paramètres dans lesquels devraient s'intégrer les prochaines
législations, que ça soit des lois, que ça soit des règlements. On en parle
beaucoup, de règlements. Mais c'est clair, le message est clair : on a une
loi qui est une loi parapluie, c'est-à-dire qu'elle doit être respectée par
l'ensemble des ministères qui interviennent
au niveau du gouvernement du Québec. C'est ça, une loi parapluie, hein? C'est
une loi qui a une portée spéciale, un
peu comme la
loi sur l'occupation du territoire, qui aussi doit transcender,
là, les lois davantage sectorielles.
Donc, on l'a vu en faisant le tour, j'ai pris le
temps de faire le tour des 16 orientations...
M. Lelièvre :
...principes, plutôt — merci — ces
16 principes là, ils sont encore d'actualité. On a une occasion privilégiée de tenir compte de ces orientations-là
qui ont été adoptées unanimement par l'Assemblée nationale et on est vraiment dans un champ de compétence, avec ce
projet de loi là, n° 106, qui pourrait s'intégrer à perfection dans le
corps de la
Loi sur le développement durable. Donc, on a l'obligation, à
mon avis, comme législateurs, de tenir compte des principes qui sont invoqués dans la
loi sur l'occupation... sur le
développement durable. Ne pas le faire, ce serait manquer à notre tâche, à mon avis, puis on a des exemples
concrets qui le démontrent, et ça renforce toute notre volonté d'ajouter
des éléments pour bonifier cette loi-là, qui est superimportante. Merci.
Le Président (M. Pagé) :
M. le député de Gaspé, c'est tout le temps que nous avions ce matin.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci. Bon appétit.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Morin) :
Bon milieu d'après-midi, tout le
monde. J'espère que tout le monde est en forme. Donc, nous reprenons nos travaux, en vous rappelant que
la commission est réunie afin de poursuivre, naturellement, l'étude
détaillée du projet de loi n° 106, Loi concernant la mise en oeuvre de la
Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives.
Lorsqu'on a suspendu nos travaux, on discutait sur l'amendement proposé par Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, amendement qui est apporté à
l'article 5 de la
Loi sur les hydrocarbures. Donc, est-ce que j'ai
des intervenants sur cet amendement? Oui, M. le député de Berthier, on vous
écoute.
M. Villeneuve : Bonjour, M.
le Président.
Le Président (M. Morin) :
Bonjour.
Villeneuve : Oui, c'est ça, c'est un amendement de la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
M. le Président, qui propose, tout
comme nous l'avons fait à plusieurs reprises, de mettre un mot dans
l'article 5, un mot qui serait défini avec la définition.
Pour les gens qui nous écoutent, M. le
Président, juste lire ce que Mme la députée de Saint-Jacques a déposé, donc :
«"Analyse de cycle de vie", [c'est
un] outil d'aide à la décision par calcul d'empreinte écologique, cette analyse
recense et qualifie les flux
physiques de matière et d'énergie associées à chaque étape du cycle de vie d'un
produit, [on] évalue les impacts potentiels puis interprète les
résultats obtenus.»
Alors,
M. le Président, c'est un outil... Je sais que le ministre, ce matin, a fait
référence, je pense, à une étude du CIRAIG,
et ce que le ministre nous en disait... puis il y a eu quand même des échanges
intéressants. Alors, je pense que personne
ici et ceux qui nous écoutent ne peuvent pas dire que c'est fort intéressant,
en tout cas, moi, je trouve ça fort intéressant,
je vous le dis, on apprend des choses assez... Peut-être que, pour les spécialistes,
c'est peut-être un peu moins intéressant,
parce qu'on entend aussi... et je suis sûrement un de ceux-là qui, parfois, dit
des inepties, sûrement, sûrement, ça
doit m'arriver plus souvent qu'à mon tour, je vous dirais. Et n'ayez pas peur
de les relever, moi, je sais que les gens nous écoutent, puis, s'il y a des choses qu'on dit qui ne sont pas
correctes, il faut nous aviser, hein? On a tous des boîtes vocales, des courriels, des textos et... bon,
gênez-vous pas. Et moi, j'en ai... j'ai des gens qui m'ont écrit parce qu'ils
en ont relevé quelques-unes, M. le
Président, de la part du ministre. Alors, c'est pour ça que je dis au
ministre : S'il veut lancer le
même message à mon égard, je n'ai pas de problème parce que, moi aussi, ça doit
m'arriver de dire des choses qui ne sont pas fondées.
M. le Président,
donc, entre autres, juste pour revenir sur l'amendement de la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, on parle d'outil d'aide à la
décision par calcul d'empreinte écologique. Le ministre parlait de CIRAIG,
donc, moi, je n'ai pas lu l'analyse, mais ce
que j'en ai retenu, de l'intervention du ministre, là, c'est qu'il y a des
limites importantes notamment sur la
qualité des données. Mais le fait qu'il y ait des limites importantes sur la
qualité des données, à mon avis, et
c'est là que je donne une certaine interprétation à cela, M. le Président, ça
ne discrédite pas l'outil par ailleurs. Ce que ça dit... moi, en tout cas, ce que j'en comprends, c'est que non
seulement ça ne le discrédite pas, mais ça met l'accent sur le fait que les données sur lesquelles... les
données qu'on utilise, hein, pour utiliser ledit outil, bien, il faut
améliorer, M. le Président, la
qualité de ces données-là. Mais l'outil comme tel... en tout cas, moi, de ce
que j'en ai compris et regardé durant
le deux heures de pause, M. le Président, c'est que l'outil comme tel est un
outil qui a sa place, mais, oui, effectivement,
la qualité des données est essentielle, comme dans n'importe quel outil qu'on
peut utiliser dans le domaine de la
science, ou même dans le domaine aussi simple que de faire de la menuiserie, M.
le Président, souvent ce n'est pas l'outil,
c'est l'utilisateur. Alors, il faut faire attention. Moi, je pense que... Et je
pense que l'idée d'apporter cette définition-là à l'article 5 est
une bonne idée. Voilà pour cette petite précision là, M. le Président.
Maintenant,
maintenant, M. le Président, je vais citer le ministre au texte. Cet
avant-midi, il a dit ceci, à quelques virgules
près : «...on pense que les pays qui vont réduire les gaz à effet de serre
risquent d'être moins pollués que ceux qui ne réduisent pas les
émissions de gaz à effet de serre.» Bien, M. le Président, là, c'est exactement
pour éviter ça qu'il y a eu un record, hein,
la COP21 à Paris, du nombre de pays
qui ont participé. C'est une déclaration commune et c'est un record en termes de
participation de pays, la COP21. Parce que souvent les gens, ils
disaient : Oui, mais qu'est-ce qu'elle apporte de plus, la COP21? Bien, entre
autres, elle apporte le fait qu'il y a vraiment une conscience planétaire maintenant quant à
l'environnement et quant à l'impact des actions, des gestes posés par
l'humanité sur son environnement.
ne sais pas si le ministre est toujours en accord avec sa déclaration, là, mais on pense
que les pays qui vont réduire les
gaz... en tout cas, moi, je vois ça comme étant, sur le plan court
terme, là, possible, sur le plan court terme, possible, mais, sur le plan à moyen terme, à mon avis,
ça ne peut pas... cette déclaration-là ne peut pas être citée, n'a pas raison d'être, M.
le Président. Parce qu'il faut
comprendre qu'une tonne de GES, là, une tonne produite en Chine... Et d'ailleurs j'invite les gens à aller voir sur les photos, sur Internet, là, où on
voit un nuage, là, perpétuellement au-dessus de la Chine, donc, le méthane des gaz à effet de serre, entre
autres le méthane, et le CO 2 , M. le Président, se mélangent dans
l'atmosphère. Alors, sur un horizon
de 50 ans, sur un horizon de 100 ans, inévitablement c'est tout le
système planétaire, parce que ça se mélange
à l'atmosphère, le méthane et le CO 2 , ils se mélangent à
l'atmosphère... Sinon, on ne se réunirait pas, tous les pays de la planète, pour essayer de trouver une
solution au problème. On se dirait, dans le fond : Moi, je ne pollue pas,
moi, au Québec, je ne pollue pas, ça veut
dire que jamais je ne serai touché par le phénomène planétaire du réchauffement
climatique. C'est ça, la déclaration, M. le Président. Alors, j'avoue que je
suis assez soufflé d'une telle déclaration, M. le Président.
le Président, je veux juste, peut-être, là, pour qu'on comprenne bien, là... Il
y a deux sortes... bien, «deux sortes» d'hydrocarbures,
il y en a plus que deux, là. Comment je dirais ça? Bien, les termes scientifiques
employés, là, M. le Président, là,
hein, on décrit deux termes en particulier, de gaz, on parle de gaz
thermogénique, du gaz biogénique. Et
là je suis certain que l'expert géologue en soi, l'autre côté... en lui, là, je
pense qu'il va trouver ça intéressant, parce qu'il s'y connaît
assurément là-dedans.
Donc,
l'origine thermogénique, l'origine thermogénique, dans le fond, réaction
physicochimique en profondeur, là où la pression... donc, d'où découle
le pétrole, d'où découle, finalement, cette accumulation-là d'hydrocarbures qui s'est faite sur des millions d'années et qui
est en profondeur dans le sol. Hein, si on veut résumer, là, l'origine
thermogénique, ça a pris des
centaines de millions d'années pour que ces hydrocarbures-là soient là où ils
sont, puis ça comprend les gaz de schiste, M. le Président.
Maintenant,
si on prend les gaz biogéniques, bien, les gaz biogéniques, M. le Président,
bien, ça comprend les gaz
renouvelables, je vous dirais — si je peux trouver ma petite feuille,
là — ça
comprend les gaz renouvelables. On peut parler... En fait, là, pour résumer ma pensée, là, ça comprend tout ce
qui est la chaîne de carbone mais en surface de la terre, je vais le dire comme ça, ou en très, très
faible profondeur, hein? L'exemple que Nathalie Normandeau, l'ancienne vice-première ministre, avait donné, là, elle
avait comparé ça aux pets de vache, là, c'en est, ça. Ça, c'est les enzymes,
c'est ça qui produit ça.
Donc, il y a deux sortes, là, qu'il
faut... Alors, tout ce qui est fait, là, à la surface de la terre, là, c'est,
d'une certaine façon, une chaîne
naturelle, et ça, on doit les utiliser, M. le Président, il le faut, ils sont
renouvelables. C'est ceux-là qu'il faut utiliser le plus possible. Cette
transition énergétique là, là, c'est vers ça qu'il faut tendre le plus
rapidement possible. Évidemment, l'énergie
solaire, thermique, biomasse. Puis les biomasses, c'en fait partie, le ministre
en a parlé tantôt, il a parlé des
forêts du Québec. Bien, ça, là, en surface de la terre, c'est de ça dont on
parle, quand on parle, là, de gaz biogénique.
D'ailleurs, une petite information, ici, là, notamment au niveau du méthane,
qui a été identifié la première fois
dans un marais en 1776, exemple, là, c'est là qu'on a découvert, M. le
Président, qu'il y a ces gaz-là en surface de la terre. Et, quand on
puise, quand on puise dans les profondeurs de la terre, on remet en
circulation, donc, des hydrocarbures qui
ont pris des centaines de millions d'années... et c'est là qu'on vient, M. le
Président, briser l'équilibre. Pourquoi? Parce qu'en à peine 100 ans on aura remis en circulation des tonnes de
gaz à effet de serre, des tonnes, des milliers, des millions de tonnes
de gaz à effet de serre.
Bon,
pourquoi je vous dis ça, M. le Président? Bien, je veux en venir aussi au fait que, bien, la fameuse... le
fameux outil dont on parlait... dont
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques a fait allusion comme description, là, hein, donc l'analyse de cycle de vie. Parce que,
M. le Président, un puits qui est déjà creusé puis qui produit
déjà des hydrocarbures devrait avoir,
si on fait le cycle de vie, là, devrait avoir une empreinte beaucoup
moins grande qu'un nouveau puits qu'on creuse
et pour lequel on doit mettre en place... — et ça,
je sais que la députée de Saint-Jacques en a parlé ce matin, là — et qu'on
doit mettre en place toutes les infrastructures pour pouvoir le faire
fonctionner, dans le fond. Et, ce faisant — puis je sais que la députée de Saint-Jacques en a parlé aussi ce matin — ce faisant, ces argents-là, cette
énergie-là, en termes de... j'allais
dire, de sueur de bras et d'argent, ces argents-là qu'on va mettre pour
développer ces infrastructures-là, bien, on ne les met pas pour développer davantage d'énergies vertes, davantage
de biogénique, de gaz biogénique. En passant, quand on parle de thermogénique, là, M. le Président, ça comprend, là,
le gaz, et le condensat, et le pétrole. Donc, c'est vraiment tous les
hydrocarbures.
Alors, moi, je ne le
sais pas... J'aimerais beaucoup entendre le ministre, M. le Président, sur sa
déclaration de ce matin. Est-ce que je l'ai
bien interprétée? J'aimerais ça qu'il me le dise, parce que c'est important,
parce que, là, c'est une déclaration
qui nous amène à penser qu'on a là vraiment une vue à très, très, très courte
vue, M. le Président. Si le Québec ne
produisait aucun gaz à effet de serre, tout le reste de la planète pourrait en
produire, puis le Québec vivrait très bien.
Moi, je l'interprète comme ça. Peut-être que je ne fais pas une bonne
interprétation. Mais, pour les gens qui nous écoutent, je vais la relire, M. le Président, c'est important, là. À la
virgule près, là, M. le ministre, il a dit : «...on pense que les pays qui vont réduire les gaz à effet de
serre risquent d'être moins pollués que ceux qui ne réduisent pas les émissions
de gaz à effet de serre.» Moi, j'aimerais
entendre le ministre là-dessus, s'il veut bien s'exprimer, parce que j'ai de la
misère...
Arcand :
...simple logique, M. le Président.
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Arcand : C'est logique. En général, quand on réduit
les émissions de gaz à effet de serre, ce sont des pays qui sont plus propres. Je pense que ça semble assez évident, à moins que
des gens du ministère soient un peu décontenancés par une
affirmation contraire à ça, là. J'ai toujours appris ça, moi, depuis le début,
que c'est ce qu'il faut faire.
Moi, j'ai une
question au député, cependant : Est-ce que... Où il veut en venir exactement?
Donc, ce que je comprends, c'est que vous
dites : On ne devrait jamais exploiter les hydrocarbures? Est-ce que
c'est ça que vous êtes en train de dire? Je vous
pose la question.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. Je veux bien répondre. Bien, je pense que moi aussi, j'ai été assez clair.
Mais, avant de répondre à la question du ministre...
juste revenir sur ce qu'il a dit, là, il dit : «Risquent d'être moins
pollués». C'est pareil comme si on
disait : Nous, là, M. le
Président, là, à Montréal,
là, des rejets dans le fleuve, là, on n'en fera plus, O.K.,
puis on va avoir un fleuve plus propre. Puis ils ne le feront pas, j'en
suis persuadé, mais disons que l'Ontario, avec les Grands Lacs, eux autres, ils l'utilisent comme une poubelle. Puis
mettons qu'ils feraient ça, là, bien, nous, on va continuer à avoir un
fleuve propre. Ça ne marche pas, là, c'est les systèmes... La planète, là, elle
est finie, là, en passant, hein? La planète,
là, elle est finie et elle a un système qui... Tout est interrelié, là, tout
est vraiment interrelié. Alors, si le Québec ne pollue pas, ne produit pas de gaz à effet de serre, tous les autres
États, tout le reste de la planète produit des gaz à effet de serre,
nous, on ne sera pas touchés. Moi, c'est comme ça que je l'interprète, les
propos du ministre, là.
M. Villeneuve :
Non? Il me dit non. Bon. Je suis heureux de savoir que ce n'est pas ça, parce
que...
Arcand :
Non. Bien, c'est une
interprétation. Mais, vous savez, vous parlez de la COP21, chaque pays a eu des
objectifs. Chaque pays a des objectifs de réduction, on a tous un rôle à jouer à l'intérieur de ça. Alors, c'est à chaque pays de répondre de la façon dont ils veulent répondre et de faire preuve de responsabilité. Alors, moi, encore une fois, ce que j'ai
toujours affirmé, c'est que, s'il y a
des projets d'hydrocarbures au Québec et que ça permet de réduire les importations
sur le plan à la fois commercial et même sur le plan environnemental en termes
de transport d'hydrocarbures, si nos hydrocarbures,
plutôt que de venir du Moyen-Orient, viennent du Québec, bien, c'est déjà ça de
gagné, ça fait moins de transport. Je pense que c'est très logique.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Bien, je suis
d'accord, d'où l'analyse de cycle de vie, qui est d'une importance capitale, en
améliorant les données. Parce qu'on
comprend, là, que l'argument, qui était de dire que les données n'étaient pas toujours assez précises... mais l'outil,
comme tel, n'est pas disqualifié pour autant.
Arcand : Je comprends. Mais, dans le règlement
de l'environnement, on va tenir compte justement
des gaz à effet de serre et de
la cohérence avec la politique. C'est ce que le premier ministre a dit. C'est
ce que le ministre de l'Environnement a dit. C'est ce que je dis également.
Villeneuve : O.K.
Quant à la question du ministre :
Est-ce que je suis contre les
hydrocarbures?, j'ai une auto qui fonctionne à l'énergie fossile. Je m'en confesse, M. le Président. Et je vais changer, là, sous peu, pour un véhicule électrique. Je vais changer sous
peu pour un véhicule électrique. Et ça sera...
Arcand : Vous allez
faire la transition. Vous allez faire la transition.
M. Villeneuve : Oui. Voilà!
Arcand : Puis je sais qu'à Rawdon vous avez un
concessionnaire qui est très porté sur les véhicules électriques. Et tant
mieux, parce qu'il se vante d'être le spécialiste québécois,
avec raison. Puis c'est très bien, c'est très
bien, parce qu'il vend beaucoup de Volt, je pense, et éventuellement il va y avoir une Chevrolet Bolt qui s'en vient et qui va être là. Et
puis je sais que les gens d'Hydro-Québec travaillent sur un moteur électrique. Puis c'est
tant mieux. On va dans la bonne direction.
Mais, en
attendant, quand tu rencontres certaines pétrolières, bien, hein, ils nous
rappellent que, par exemple, dans les régions plus éloignées du Québec,
bien, on continue d'acheter des... malgré tous les incitatifs qu'on donne pour
des véhicules électriques, malgré tous les efforts que le gouvernement fait, malgré le fait qu'on a un marché du carbone, les gens
aiment beaucoup les 4x4. Donc, c'est un processus qui est lent pour que les
gens réduisent la consommation des hydrocarbures.
C'est un processus qui va être lent, sur plusieurs
années. Alors, je pense que la réduction des gaz à effet de serre, c'est un défi planétaire pour tout le monde.
Villeneuve : M. le Président, je ne pense pas me tromper en disant qu'à part quelques
climatosceptiques, là, on ne les
nommera pas, on en connaît quelques-uns, à part quelques climatosceptiques, là, tout le monde s'entend pour dire qu'il y a
un problème. Toutes les études le disent, qu'il y a
un problème. L'équilibre est rompu. Maintenant, il faut
tenter... Il faut tendre vers un... à nouveau atteindre cet équilibre-là.
Le ministre me pose la question est-ce que je
suis contre les hydrocarbures. Moi, je suis pour une transition intelligente, qu'on la fasse de façon
intelligente. Et, quand je vois l'amendement déposé, M.
le Président, qu'on se donne une analyse de cycle de vie, bien, ça va
dans ce sens-là, parce que, faire des... Comme le projet de loi n'interdit pas de faire de façon
explicite... n'interdit pas de façon très,
très claire de faire des forages dans
la vallée du Saint-Laurent, il ne l'interdit pas. Donc, si ce n'est
pas interdit, ça peut se faire. Et éventuellement ça se fera.
Si on y va
avec un projet de loi comme ça, bien là, ce qu'on va faire, M. le Président, on va devoir mettre en place, ou les
pétrolières ou... Les pétrolières devront mettre en place des infrastructures, et ces infrastructures-là, M.
le Président, doivent être tenues en compte dans l'impact que ça
a, justement. Donc, d'où l'idée d'avoir une analyse du cycle
de vie pour savoir exactement,
là, est-ce qu'on utilise un hydrocarbure qui est plus dommageable
pour l'atmosphère qu'un autre. Si on
ne fait pas cette analyse-là et qu'on y va juste en pensant que, si on sauve 12 milliards et graduellement on baisse... Parce que,
là, ça nous coûte — les
chiffres ne sont jamais les mêmes — 12,
14 ou 16 milliards, qu'on paie de notre argent, effectivement, en importation d'énergies fossiles, le ministre parlait ce matin de
12 milliards. Bien, si notre empreinte écologique, M. le Président, est plus
grande parce que, de un, on fait des forages dans la vallée du Saint-Laurent, on fait de la fracturation
hydraulique, on va chercher une énergie fossile qui, au final, l'extraction, le
transport et sa combustion, a plus d'impact qu'un puits déjà
existant, M. le Président, qui donne présentement la possibilité d'avoir des hydrocarbures, bien,
moi, je pense qu'entre... Puis je ne suis pas contre le fait de faire des économies,
là, mais il y a une urgence. L'équilibre de la planète est
rompu, M. le Président. Donc, il faut s'assurer de faire les choses correctement et intelligemment. Et je pense
que ce que nous propose l'amendement qu'on a devant, donc de s'assurer d'avoir une
analyse de cycle de vie et de le promouvoir, donc, avant même de penser
faire ce que veut faire le projet de loi, c'est-à-dire ouvrir la porte à la fracturation hydraulique... Moi, je pense qu'on
devrait s'assurer d'avoir en main tous les éléments nécessaires pour ne
pas permettre cela, M. le Président.
Puis il y a
eu des papiers encore dans les journaux ce matin, là, hein? On a vu cela, là,
M. le Président. Entre autres, les
agriculteurs sont très inquiets, très inquiets pour leurs terres agricoles,
concernant justement, là, cette ouverture-là que fait le projet de loi
sur la possible fracturation hydraulique en terre agricole. D'ailleurs, ce
matin, le ministre disait qu'il y a
317 permis actuellement. Ce n'est pas beaucoup, hein, quand on y pense,
317 permis. C'est vrai. Les gens qui nous écoutent, 317 permis, il n'y a rien là, ce n'est pas beaucoup.
Mais il faut savoir que, quand on additionne... bien, le ministre l'a donné hier, c'est 55 000 quelques...
bref, un chiffre rond, c'est 56 000 kilomètres carrés. C'est
l'équivalent de la Nouvelle-Écosse. Alors, allez voir la carte, là,
allez voir la carte, puis la Nouvelle-Écosse, là, c'est l'équivalent. Les 317 permis, là, c'est ça que ça représente. Tu
sais, ça frappe, là, parce que 317, un chiffre lancé comme ça, bon, je comprends que le chiffre est bon, je ne le renie
pas, mais ça ne nous dit pas vraiment l'ampleur de la situation. Mais, quand
on voit que c'est
l'équivalent de la Nouvelle-Écosse, là, oh! là, ça commence à être beaucoup
plus frappant, l'image. Puis c'est
même plus qu'une image, c'est une réalité, c'est ça, la réalité. Alors, on peut
comprendre que le monde agricole est drôlement inquiet.
Alors, quand le
ministre me demande : Est-ce que je suis pour ou contre les
hydrocarbures?, j'ai fait mon mea culpa. Je
fais tout en mon possible pour améliorer personnellement les choses. Je pense
que les Québécois le font aussi, et
ils demandent au gouvernement de faire un effort supplémentaire puis de
passer... que les babines suivent... Hein, comment on dit déjà? Que les
babines suivent les bottines?
M. Rochon :
...les bottines.
Villeneuve : Voilà, que... Oui, c'est ça. Et c'est tout ce
qu'ils demandent, hein? Et ça s'inscrirait parfaitement bien, cette maxime-là, dans le projet de loi que
nous avons devant nous. Puis je le répète au ministre, si le ministre nous
dit qu'il n'y en aura pas, de fracturation,
dans la vallée du Saint-Laurent, M. le Président, qu'il l'écrive. Et nous, on
va être contents de ça. Qu'on
l'écrive, carrément : pas de fracturation dans la vallée du Saint-Laurent,
pas de fracturation hydraulique. Voilà. Pour ma part, ce sera tout, M.
le Président.
Le Président (M. Habel) : Merci. Est-ce que vous voulez ajouter quelque
chose, M. le ministre? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui, de combien de temps est-ce que je dispose sur l'amendement?
Le Président (M.
Habel) : ...15 secondes.
Le Président (M.
Habel) : 6 min 15 s.
M. Rochon :
Six minutes? Le ministre semble sceptique à l'égard de l'analyse du cycle de
vie. Sait-il qu'Hydro-Québec, dont il est
ministre responsable, utilise l'analyse du cycle de vie depuis plusieurs années
pour évaluer divers produits et
services? Et c'est tiré du site d'Hydro-Québec, du site Internet. Alors,
Hydro-Québec se vante de ce type
d'analyse qui «mesure les impacts environnementaux d'un produit ou d'un service
sur l'ensemble de son cycle de vie, depuis
l'extraction de ressources naturelles, en passant par la fabrication, la
distribution, l'utilisation, jusqu'à [la] fin de vie, y compris les étapes de réutilisation et de recyclage, le cas
échéant. Elle constitue — dit Hydro-Québec — l'une des méthodes les plus complètes
et les plus performantes pour faire l'évaluation environnementale d'un produit.
«Pour
les entreprises, les concepteurs et les gouvernements — dit toujours Hydro-Québec — [ce type d'analyse] représente avant tout un important outil d'aide à
la décision dans une démarche de responsabilité sociale. Régie par les normes de la série ISO 14040, elle est une
méthode rigoureuse qui comporte quatre phases distinctes, incluant la détermination et la quantification des flux
entrants et sortants reliés au produit ou à l'activité, ainsi que l'évaluation
des impacts potentiels associés à ces flux de matières et d'énergie.
«En général, pour
évaluer divers produits et services, Hydro-Québec mandate le Centre
interuniversitaire de recherche sur le cycle
de vie des produits, procédés et services — le CIRAIG — ou une firme spécialisée dans le domaine
pour réaliser ce travail.» Et puis, là, je pourrais continuer le texte.
si bête, alors, pas si bête, l'amendement de la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques de recourir à ce type d'analyse de cycle de vie, de l'ajouter aux
définitions apparaissant à l'article 5. Le ministre dira : Oui, mais
«analyse de cycle de vie», ça n'apparaît pas dans le projet de loi.
C'est vrai, pas dans le projet de loi actuel, mais j'imagine qu'on est ici pour
l'enrichir, qu'à un moment donné le ministre va être ouvert à un de nos
amendements. Alors, peut-être pourrait-il être ouvert à un amendement
ultérieur, là, de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui incorporerait
l'analyse de cycle de vie aux différentes considérations à l'égard de
l'exploitation, là, des hydrocarbures.
termine. Le ministre dit : Produire localement, ce sera toujours
préférable à importer. Manger nos légumes, c'est toujours bien mieux que de les faire venir de l'extérieur.
Oui, c'est vrai, mais à condition que le territoire se prête à cette production-là, tu sais, son climat, toutes
les caractéristiques du territoire. Sans doute qu'il serait possible, ici, de
produire certains fruits exotiques, mais à
coûts absolument prohibitifs, là, prohibitifs. Ça demanderait des
installations incroyables. Tu sais, on n'achète pas beaucoup d'ananas québécois,
là. Moi, je n'en ai pas beaucoup vu, là, d'ananas québécois. Bien, il y a une raison, c'est que le Québec ne se prête pas
à la production d'ananas. Bien, il faut se demander : Est-ce que le Québec se prête à la production de
pétrole? Sans doute, on peut, on peut, mais à coûts prohibitifs, à coûts
importants, à condition d'y mettre des infrastructures, d'utiliser des méthodes
discutables, comme la fracturation.
Alors,
c'est aussi sous cet angle-là qu'il faut regarder tout ça et... Alors, on ne
peut pas, on ne peut pas dire de façon aussi... tu sais? Ça a l'air
d'une vérité absolue : Toujours mieux de produire localement puis
d'acheter ces produits-là que de laisser les
autres produire à l'étranger puis d'importer. C'est un peu court. On ne peut
pas tout produire sur notre territoire. Puis certaines productions, quand on se
lance là-dedans, c'est à grands frais et avec des impacts sur l'environnement qu'il faut regarder de très, très,
très près. Alors, c'est cette courte réflexion, là, que je voulais livrer au
ministre.
M. Arcand : C'est pour ça,
M. le Président, que la Régie de l'énergie intervient, pour analyser ça, que le
BAPE intervient, qu'il y a des
analyses qui sont faites sur toutes ces questions-là. Et, si le projet ne... On
a des institutions pour faire ces
analyses-là. Si ce projet-là ne représente pas un élément positif pour le
Québec, il ne sera pas adopté, il ne sera pas accepté. Il y a des projets qui n'ont pas fonctionné. Alors, c'est
pour ça qu'on a un mécanisme et c'est pour ça qu'il y a un encadrement, M. le Président. On a des
institutions qu'on s'est tous données, au Québec, pour faire justement cette
analyse-là. Et, comme vous le savez, aussi,
en matière d'environnement, il y a souvent des zones grises pas évidentes,
d'un côté ou de l'autre, mais on s'est donné, justement...
Ce n'est pas
aux parlementaires de faire des analyses scientifiques. Les parlementaires sont
là pour essayer de trouver les
formulations les meilleures, dans le cas de la
Loi sur les hydrocarbures, le
meilleur encadrement possible. Mais, quand
on commence à faire un débat sur le nombre d'emplois, sur les retombées, sur la
question environnementale, sur tous ces éléments-là, bien, on se fie au
BAPE, on se fie aux analyses. Avant de donner un certificat d'autorisation en environnement, on fait une étude, on regarde ce
qui se passe et on fait vraiment une analyse précise. Et puis on va devant
la Régie de l'énergie aussi, et on... Enfin,
il y a différentes instances. Puis maintenant, au Québec, de plus en plus, vous
avez la Santé publique qui intervient.
Alors, on
s'est donné les différents éléments pour faire en sorte que, collectivement, on
puisse prendre les meilleures décisions.
Et la loi qui est ici est une loi qui va aider justement à encadrer et à faire
en sorte qu'on puisse collectivement prendre les meilleures décisions. Voilà.
Le Président (M. Habel) : M. le
député de Richelieu.
M. Rochon : Moi, je veux bien que ce ne soit pas aux
politiciens d'examiner finement, scientifiquement, là, toutes les productions
inimaginables et les avenues de production. Mais, là où on ne s'entend pas,
c'est que c'est aux élus, représentants des
Québécois et des Québécoises, de décider des grandes questions. Puis c'est une
grande question, ça, la production
d'hydrocarbures. C'est une grande question. Et on ne peut pas abandonner notre
devoir de l'examiner, l'abandonner à l'industrie
ou à quelque expert où que ce soit. Il faut regarder la grande question et
effectivement s'appuyer sur des études réalisées
par des experts qui ont certainement une analyse plus fine que nous. Mais on ne
va pas abandonner notre devoir.
Le Président (M. Habel) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Berthier, il vous reste deux
minutes sur l'amendement.
M. Villeneuve : Deux minutes. Bien, juste revenir sur l'article
qu'on a pu lire ce matin, notamment l'inquiétude des agriculteurs du Québec
concernant le territoire agricole. Je pense qu'il y a quelqu'un qui précise en
quelque part — s'il ne le précise pas, moi, je le précise,
là — qu'il y
a une décision politique qui doit être prise à partir d'analyses
scientifiques rigoureuses, bien sûr, mais une décision politique qui doit être
prise, c'est celle de dire : Bien, on va interdire,
puis on va l'écrire dans la loi, on va interdire tout forage hydraulique dans
la vallée du Saint-Laurent. Ça, c'est une décision politique, M. le
Président.
Quand on dit,
ou quand le parti gouvernemental dit, ou que le ministre dit : Bien, on va
laisser... la commission a un rôle à jouer, la Commission de protection du
territoire agricole a un rôle à jouer, on a retrouvé, M. le Président, une
étude d'une chaire universitaire de Sherbrooke, je
pense — je pourrais la donner plus tard, là — où
ils ont fouillé, puis eux, ils ont
trouvé que, de 2002 à 2013, il y a eu
57 autorisations de forage dans les terres agricoles, dans les terres
agricoles du Québec. Alors, écoutez,
la commission fait très bien son travail, moi, je n'ai rien à redire là-dessus,
là, puis je n'ai pas un mot à dire
là-dessus, mais il n'en demeure pas moins que les paramètres avec lesquels ils
travaillent ont fait en sorte qu'ils
ont autorisé 57 forages... 57 autorisations. Est-ce que les forages
ont eu lieu? Ça, c'est une autre histoire. Mais ils ont eu 57... ils ont
délivré 57 autorisations.
Alors là, moi, M. le Président, ce que je dis au
ministre, là, c'est qu'il ne faut pas pelleter dans la cour de la commission, ou ailleurs, une décision que lui, il
doit prendre ici, une décision qu'il doit assumer suite à ses déclarations,
autant les siennes que celles du premier
ministre, et politiquement il doit l'assumer, et il doit l'écrire dans le
projet de loi, qu'il n'y aura aucune
fracturation hydraulique dans les basses terres du Saint-Laurent, notamment
dans la zone agricole du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Habel) :
Merci. M. le ministre.
M. Arcand : M. le Président,
juste pour rétablir les faits, la commission de protection des territoires
agricoles n'est pas là pour autoriser ou pas des forages. La Commission
de protection de territoire agricole analyse un dossier et remet un rapport dans lequel, en général, s'il y a une demande de
forage... pour dire essentiellement : Écoutez, c'est une terre qui est soit cultivable, qui est propice
à l'agriculture. Mais, dans les zones agricoles, il y a des terrains qui ne
sont pas actuellement utilisés pour la
culture. Ce n'est pas 100 % des terrains qui sont utilisés. Alors, elle,
probablement, remet un rapport dans lequel elle dit : Bon, bien, ça
ne contrevient pas aux utilisations d'agriculture qui sont faites au moment où
on se parle au Québec. Et, à partir de ce rapport-là, les différents rôles et
décisions qui sont pris par les différents
organismes, ça fait
partie des rapports, et c'est comme ça que ça fonctionne.
Ce n'est pas la... La commission n'autorise pas des forages, il faut
bien comprendre ça.
Président (M. Habel) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de
l'article 5? Il vous reste 10 secondes.
M. Villeneuve :
Je veux juste dire que le ministre a raison, je me suis peut-être enfargé dans
la façon dont je l'ai dit. Mais l'idée, c'est de dire au ministre que
«ne pelletez pas ailleurs les problèmes que vous devez régler ici».
Le Président (M. Habel) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement de l'article 5? N'en voyant pas, je vais le mettre aux
voix. Est-ce que l'amendement de l'article 5 est adopté?
Le Président (M. Habel) : Rejeté. Alors, nous revenons à l'article 5.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 5?
Le Président (M. Habel) : Oui, pour l'article 5, M. le député de
Berthier, il vous reste 15 secondes, M. le député de Richelieu, il vous reste une minute et, Mme la
députée de Mirabel, il vous reste 2 h 35 min Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'article 5? M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Au cas où toute ma vie je regretterais de ne pas avoir utilisé ces
dernières 60 secondes sur cet
article nommément, bien, je veux vous dire mon regret que nous ne soyons
parvenus à convaincre le ministre de
n'y intégrer aucune définition
supplémentaire, dont deux en particulier : «récupération optimale de la ressource»
et «fracturation». On aurait aussi, on aussi aussi voulu voir noir
sur blanc, dans ce projet de loi, inscrit le vocable d'«acceptabilité sociale»,
à notre point de vue incontournable, M. le Président.
M. Rochon :
Oui, j'ai dit, j'ai dit déjà «fracturation», cher collègue. Alors, voilà, c'est
tout.
Le Président (M. Habel) : Merci,
M. le député de Richelieu.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 5?
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 5? N'en voyant pas,
je vais le mettre aux voix. Est-ce que...
Une voix :
Par appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président
(M. Habel) : Par appel nominal.
La Secrétaire :
Alors, M. Arcand...
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal)?
La Secrétaire :
M. Bourgeois (Abitibi-Est)?
La Secrétaire :
M. Morin (Côte-du-Sud)?
M. Morin :
Pour, chère madame.
La Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire :
M. Rochon (Richelieu)?
La Secrétaire :
M. Villeneuve (Berthier)?
M. Villeneuve : Contre.
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Secrétaire :
M. Habel (Sainte-Rose)?
Le Président
(M. Habel) : Abstention. Alors,
article 6. M. le ministre.
M. Arcand : Alors, l'article 6 : «Toute personne qui découvre dans
son terrain du gaz naturel dont le débit est continu doit, avec
diligence, en aviser le ministre par écrit.»
Inutile
de vous dire que c'est pour des raisons de sécurité. Cet
article oblige toute
personne à informer le ministre lorsqu'elle fait la découverte d'une
source continue de gaz naturel sur sa propriété. C'est un
article qui est
identique à l'article 227 de la
Loi sur les mines.
Le Président (M. Habel) : Juste pour fins de compréhension, c'était l'article 5
amendé qui a été adopté. Alors, est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 6? M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui. Je dispose de combien d'heures, M. le Président? Non, c'est
une blague, je voulais juste voir... je voulais juste voir l'air du
ministre. Je sens que ça ne l'a pas stimulé physiquement, en tout cas.
M. le Président, pour mon information... Bon. Évidemment, il y a cet
article 6, il y en a
un suivant, le suivant parle de
découverte d'un puits. Alors là, c'est autre chose, on ne parle pas, dans ce
sixième article, d'un puits découvert, n'est-ce
pas, M. le Président? Question à relayer au ministre, là.
Le Président
(M. Habel) : M. le ministre.
M. Arcand : Là, on parle d'un débit. Ce n'est pas un puits,
là, c'est vraiment un débit qui est continu. Alors, ça le dit
très bien.
Le Président
(M. Habel) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Peut-être que là devrez-vous vous tourner vers votre expert, s'agit-il de
découvertes fréquentes, M. le Président?
M. Arcand : Ce que je comprends, M. le Président, c'est que, souvent, ça peut arriver dans le cas, par exemple, dans lequel on a un forage
d'un puits artésien, par exemple. Alors, dans un cas comme ça, s'il y a
un débit continu et que ça peut être du gaz naturel, il faut absolument
que le ministère soit informé. C'est ce que ça dit.
Le Président
(M. Habel) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Alors, je comprends qu'il s'agit de découvertes accidentelles par forage. Il
n'y a qu'une organisation, de mémoire, qui a
eu une réserve au sujet de cet article, et il s'agit de l'Association
pétrolière et gazière du Québec, que vous connaissez bien, laquelle nous fait
remarquer que, bien qu'elle soit évidemment en accord avec cet article, elle estime que la notion de «débit continu», c'est-à-dire de volume, doit être précisée. Autre remarque qu'elle fait, en complément : «Énormément de puits d'eau au Québec
peuvent être assujettis cet article, un seuil raisonnable devrait être
mis en place.» Je vous demande comment vous recevez, là, ces remarques-là?
M. Arcand : ...une
partie de ça, je vais demander à nos
experts. On m'informe que ça s'est produit, par exemple, à Québec, à
l'Hôpital L'Enfant-Jésus. C'est l'an dernier?
M. Arcand : L'an dernier, on a creusé, on ne cherchait pas de gaz ou de pétrole, mais,
en creusant, il y a... on a trouvé un débit continu, et donc, à ce
moment-là, le ministère a été avisé, et puis les gens sont intervenus, et on a
pu sécuriser l'endroit. Essentiellement, c'est ce que je comprends.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. Je pense que le ministre nous a indiqué qu'on pouvait recourir à
M. Perron, l'expert du ministère, sur la notion, là, de «débit continu»,
sur laquelle l'Association pétrolière et gazière a des réserves, là. Elle
voudrait le voir... elle voudrait voir cette notion-là précisée.
Le Président (M. Habel) : Est-ce qu'il y a consentement pour que
M. Perron puisse participer à nos travaux? Consentement.
M. Perron.
M. Perron
(Pascal) : Pascal Perron, conseiller à la Direction du bureau des
hydrocarbures.
fait, ce que l'APGQ souhaite, c'est qu'on mette un volume sur le débit, alors
que nous, on préfère utiliser la continuité
du débit comme critère qui permet de discriminer les fuites importantes et les
autres fuites qui sont mineures ou...
et qui sont d'origine accidentelle, disons, là. Alors, c'est ça qui fait le...
c'est ça qui explique pourquoi qu'on n'y va pas par volume mais bien par un débit continu. Alors, dès qu'il y a
un débit qui est continu, peu importe la volumétrie de ce débit-là,
nous, ce qu'on veut, c'est être informés.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui. Je me questionne sur la rapidité d'intervention de vos équipes une
fois le ministère avisé, puisque ça a été soulevé, ça, dans le cas des
puits inactifs, là, on a entendu beaucoup de plaintes formulées. Et les choses
ont semblé s'accélérer, parce qu'il a été fait état, ici, de ces délais. Je pense, notamment... je pense,
c'est un citoyen de votre circonscription, là, qui a vu une équipe dépêchée chez lui. On ne
sera pas toujours en commission pour que les gens voient des experts arriver chez eux, là. Alors, quel est
le délai, là, raisonnable, une fois le ministère avisé par une personne... que
cette personne a découvert sur son terrain du gaz naturel dont le débit est
continu?
M. Rochon : On termine le service du café, M.
le Président, ce qui explique le
délai dans la... Je suis un gars de média, hein, je suis porté à combler
les moments, là, les moments où rien ne se passe, là.
Le Président (M.
Habel) : C'est votre passé à la radio.
Une voix :
Ça explique... ceci explique cela.
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
M. Arcand :
Oui. Bien, pour répondre à la question, je demanderai peut-être à la sous-ministre...
avec votre permission, je demanderais à la sous-ministre de répondre.
Le Président (M. Habel) : Oui. Est-ce qu'il y a consentement pour que la sous-ministre puisse prendre la parole?
Le Président (M.
Habel) : Consentement. Mme la sous-ministre.
Mme Asselin
(Luce) : Merci, M. le Président. Luce Asselin, sous-ministre associée
à l'Énergie.
Très
simple, en fonction beaucoup de la distance, aussi, hein? Évidemment, si je
vais à Yamachiche et que je vais l'Hôtel-Dieu
ou à L'Enfant-Jésus de Québec, ce n'est pas tout à fait la même chose.
Donc, dans un délai raisonnable de 45 minutes,
nous étions à L'Enfant-Jésus. Parce
qu'il a fallu aussi appeler la
sécurité, il a fallu s'assurer que des gens qui sont spécialistes en forage, en termes d'équipement, nous accompagnent.
Et, dans d'autres cas, bien, il faut compter un déplacement normal pour se rendre sur place. Mais, dans tous les cas où
ça nous est signifié, dans un délai raisonnable, en fonction de la
distance, nos inspecteurs peuvent se rendre sur place.
Le Président (M.
Habel) : M. le député... M. le député de Berthier?
M. Villeneuve :
Oui, merci, M. le Président. Bien, c'est un peu dans le même sens que mon collègue,
là. Je comprends, puis je pense que... Je
suis en train de lire les articles de journaux qui ont paru à l'époque, 2014, là.
Je pense qu'il y a une résidence de
personnes âgées pas loin, aussi. On comprend que l'intervention, à ce
moment-là, était plus... doit être
plus rapide, doit se faire plus rapidement. Mais le ministère a fait quoi? Tout
simplement a analysé la situation et a émis une procédure pour soit
dévier... Parce que je suis en train de lire l'article qui disait que soit on
déviait...
Mme Asselin
(Luce) : ...
M. Villeneuve :
Pardon?
Mme Asselin
(Luce) : Vous parlez de l'hôpital?
M. Villeneuve : Oui, oui, soit on déviait... bien, pas la fuite,
là, mais la source d'où venait le gaz, soit on déviait cela ou soit on colmatait. Alors, je veux juste
savoir, entre autres... La question
qui tue, c'est : Qui a défrayé les coûts? Qui a fait faire... Comment ça a
fonctionné, juste... Parce que je ne peux pas faire autre chose que faire le
parallèle avec M. Laflamme — sans jeu de mots, là, avec l'explosion — M. Laflamme à Yamachiche, là, en tout
respect, là. Mais je veux juste voir qui a payé ces frais-là pour
résoudre le problème, au final, et comment il s'est résolu.
Mme Asselin (Luce) : On peut
vous parler de M. Laflamme ensuite, la visite a eu lieu, hein,
effectivement.
M. Villeneuve :
Oui, je sais. Bien, oui, oui, puis on pourrait en parler.
Mme Asselin
(Luce) : Parfait. Alors, ce serait intéressant.
M. Villeneuve :
Moi, ce qu'on me dit, c'est que l'inspecteur va faire un rapport. Vous avez
déjà le rapport, peut-être? Bien, ce serait super. Bien, on peut même commencer
par ça si vous voulez.
Mme Asselin (Luce) : Pour l'hôpital, M. le Président, d'abord, nous ne
sommes pas responsables du creusage qu'il
y a eu sur place, ça n'a rien à voir avec du travail de forage. Alors, c'est
l'entrepreneur qui a dû défrayer les coûts. Alors, nous, on est là pour
constater s'il y a vraiment danger, d'une part, donner quelques conseils, et
c'est pour ça qu'il y avait des personnes,
d'ailleurs, de l'Association pétrolière et gazière qui étaient sur place, si je
ne me trompe pas, et c'est au fil de tous ces conseils que les gens qui
avaient des travaux à compléter ont fait les corrections, plus les répondants
de première ligne, les pompiers et tout le tralala.
M. Villeneuve :
D'accord. Pour M. Laflamme, voulez-vous... est-ce que M. le ministre est
prêt à nous donner des indications, des informations? Je ne le sais pas.
Vous venez de piquer ma curiosité, là.
Le Président
(M. Habel) : M. le ministre.
Mme Asselin (Luce) : Alors, les lieux ont été visités — merci, M. le Président — ont été visités par notre ingénieur hier, je vous dirai très sincèrement, dans des
conditions que je qualifierais, si ce n'est pas antiparlementaire,
d'exécrables, avec la pluie qu'il y
avait. Alors, ça a été difficile de faire exactement l'évaluation que nous
aurions souhaitée. Conséquemment, notre ingénieur a d'abord fait une
mesure, l'ampleur du trou en question, pris des mesures de... s'il y avait échappement de gaz, ou de saumure, ou
de... Bon, il s'avère qu'on pense que c'est de la saumure. On va devoir investiguer un petit peu plus à cause de la
qualité de la mesure qu'on a pu faire, à cause de la température, et par la
suite on pourra indiquer très, très rapidement à M. Laflamme quels
sont les correctifs qu'on va pouvoir apporter. Alors, il a été, je pense, rassuré sur l'opération qui a été
menée hier. Il était accompagné d'une dame du comité de vigilance. Alors,
j'ose croire que cette personne-là prendra
aussi en charge, avec M. Laflamme, peut-être, la suite des travaux. Mais
on sera là pour lui indiquer
clairement qu'est-ce qui doit être fait. Mais on va devoir reprendre... en
toute transparence, là, la température d'hier n'était pas idéale.
M. Villeneuve :
Bon, c'était ma question. Évidemment, vous devrez retourner sur les lieux.
Parfait. C'est ce que je comprends?
Mme Asselin (Luce) :
Je préfère que mes gens retournent.
M. Villeneuve :
Oui, O.K. O.K., donc, les conditions météo, etc., puis en même temps ça va
permettre probablement...
Mme Asselin (Luce) : Pour s'assurer que notre mesure d'hier était
vraiment correcte dans des conditions un petit peu plus...
M. Villeneuve :
O.K. Et donc vous me dites qu'il va y avoir... les inspecteurs vont retourner
sur les lieux, vont contacter M. Laflamme avant d'être... avant d'y aller,
évidemment, pour qu'il soit présent, là. Et ça va se faire rapidement?
C'est ma question.
Mme Asselin (Luce) : Aussitôt que... Aujourd'hui, il prenait soin de
regarder ce qu'il avait entre les mains comme mesure, puis aussitôt la
semaine prochaine, en début de semaine.
M. Villeneuve :
Parfait. Bien, merci infiniment, madame. M. le ministre, je pense que le
monsieur va être très, très rassuré. Voilà. Tu... Non, ça va? O.K.
Le Président
(M. Habel) : Oui. Est-ce que, M. le ministre, vous
souhaiteriez... M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. À moins que la collègue de la deuxième opposition... Non, vous n'aviez
pas...
M. Rochon : Parfait. Je posais la question, M. le Président, parce que j'ai un
amendement. Que personne ne prenne peur, je n'en ai pas 72 à venir, là,