CRC — 2 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2023-05-02
Quebec — Committees
(Quinze heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
procéder à l'étude du volet Lutte contre l'intimidation des crédits budgétaires du portefeuille Famille pour
l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de 30 minutes a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Schmaltz (Vimont) est remplacée par Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac); Mme Prass
(D'Arcy-McGee) est remplacée par M. Ciccone (Marquette); et Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)
est remplacée par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Nous allons donc procéder, comme à
l'habitude, à une discussion d'ordre général, incluant les questions et les
réponses. Je vais vous demander de tenter de vous adresser à moi. Je laisse,
bien évidemment, libre cours à la discussion, mais, pour les fins, là, de notre
technicien, là, des fois, les micros, il faut qu'ils s'allument, alors vous...
tournez-vous vers moi, le technicien va bien vous voir à ce moment-là.
Alors, je suis maintenant prête à reconnaître
une première intervention de l'opposition officielle pour le... un premier bloc
d'échange, et c'est M. le député de Marquette qui... à qui on va céder la
parole. Allez-y, M. le député.
Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de
jeu, bonjour, Mme la ministre, je suis heureux de communiquer avec vous.
On... ça fait six mois qu'on se côtoie, mais on ne s'est jamais... on ne s'est
jamais parlé.
D'entrée de jeu, Mme la Présidente, étant un
dossier qui est transpartisan, je suis persuadé que votre équipe vous l'a dit, j'ai 18 minutes, mon collègue
de Québec solidaire a seulement six minutes, je vais prendre 15 minutes
puis je vais lui laisser un trois, quatre minutes, si vous voulez bien.
Ceci dit,
vous savez sûrement, Mme la ministre, que c'est un dossier qui m'interpelle
énormément, pour avoir pataugé des années et des années dans le milieu de
l'intimidation, vu mes fonctions... où mes fonctions d'intimidateur
étaient même valorisées, là, c'était valorisé. Et plus on était intimidants,
plus on était payés, plus on était levés au... pratiquement au niveau d'un
dieu, si on était capables d'être belligérants, puis... Alors, moi,
aujourd'hui, à l'âge de 53 ans, c'est
sûr et certain que la perception que mon fils... qui ne m'a pas réellement vu
jouer, qui voit tout ce qu'il voit sur YouTube aujourd'hui, de son père, ça me
fait énormément de peine. Puis, à 53 ans, on n'a pas la même vision qu'on
avait à l'âge de 17, 18, 20 ans. Et ça, je vois votre tête hocher, vous
comprenez où je veux en venir.
Mais avant d'avoir une discussion, puis ce n'est
pas... là, au début, je vais vous poser quelques questions aux niveaux
financiers et monétaires sur le budget, parce que, comme vous le savez, il y a
eu un plan d'action concerté où on a
travaillé tous ensemble pour arriver, justement, avec des mesures fort
importantes. Je vais vous poser quelques questions, puis, par la suite,
on va... on va avoir un échange et une conversation, si vous le voulez bien.
J'aimerais que vous regardiez la question
n° 157, on voit ici la mesure n° 1 : «Adopter une stratégie de
communication numérique dans le but de regrouper au même endroit l'information
de l'intimidation et de la cyberintimidation — et là je passe.» Les... les
crédits prévus pour 2022-2023 étaient de 387 400 $. Et là on arrive, 2022-2023, on voit le nombre de crédits investis,
on est à zéro. L'année financière se termine le 31 mars, ici, ça, c'est au
28 février. Ça fait que, si je fais un calcul, on a dépensé vite. Ça,
c'est le premier.
Deuxième, si on va à la
mesure n° 18 : «Réviser les modalités du programme de soutien
financier Ensemble contre l'intimidation
pour répondre davantage aux besoins des organismes...», et j'arrête là, là.
1,2 million, les crédits investis
en 2022-2023, alors qu'il était prévu pour 1,2 million...
554 509 $ ont été investis, ça, c'est... c'est moins que la
moitié, au 28 février.
Et le
dernier : «Actualiser la trousse média sur l'intimidation en fonction des
données les plus à jour.» 67 000 $, même chose, on se
retrouve, au 28 février, zéro de cet argent a été investi.
Alors, ma
question est : Pourquoi on a attendu si longtemps avant d'investir
considérant le fait... Parce que, là, c'est... je ne les ai pas lues,
toutes les mesures, là, mais vous avez vécu la même campagne que moi. On a vu
ce qui est arrivé avant la campagne, on a vu
ce qui est arrivé après la campagne, on voit ce qui est arrivé, également, avec
les élus municipaux. Alors, pourquoi
cet argent-là n'a pas été investi, je veux dire, dans les temps? J'imagine que
vous allez me répondre : Bien oui, ça a été investi dans le dernier mois.
Bien, je veux dire, cet argent-là a besoin d'être sur le terrain.
Roy (Verchères) : Alors, bien, merci beaucoup, hein, merci. Alors, ça
me fait plaisir d'être avec vous aujourd'hui.
D'ailleurs, je suis accompagnée d'Isabelle Merizzi, qui est la sous-ministre
adjointe, qui s'occupe particulièrement du dossier de l'intimidation,
alors, Alex Perreault, qui est le chef de cabinet, et Julie Blackburn, qui est
la sous-ministre en
titre au niveau de la Famille. Alors, je tenais à vous les
présenter, parce que, normalement, quand je suis assise à cette place-là...
J'ai été longtemps assise à cette place-là, dans les commissions
parlementaires, parce que je venais me prononcer sur différents projets de loi
dans mon autre vie, moi aussi. Ça vient avec l'âge, ça, le fait d'avoir deux,
trois vies comme ça. Ça a l'air qu'on ne peut pas passer à côté. Alors, voilà.
Alors, oui, c'est des
questions qui sont intéressantes, et d'autant... Bon, je vais commencer par la
deuxième. Je commence au centre, hein, celle
de la... de la mesure n° 12. En fait, ce sont des projets qui sont
financés sur 12, 24 ou 36 mois. Donc, le montant que vous
retrouvez, c'est le résiduel. Donc, les projets vont avoir lieu, ils se font
sur une année, deux ans ou trois ans... 36 mois, oui, trois ans. Donc, à ce
moment-là, c'est pour ça que vous les retrouvez de cette façon-là. Pour les
deux autres, c'est le moment où ils sont passés au Conseil du trésor, donc les
dépenses ont été engagées, les actions sont
faites. D'ailleurs, ça me permet de vous mentionner une chose qui est
importante, c'est que, toutes les actions, il n'y a pas de retard au niveau de
cette année sur l'ensemble des actions qui sont prises au niveau de
l'intimidation.
Alors, c'est sûr,
c'est partagé entre différents ministères, hein, on le sait, on travaille avec
l'ensemble des intervenants. D'ailleurs, ça a été, vous l'avez mentionné, un...
une politique transpartisane qui a été mise en place avec 17 ministères et regroupements. Alors, c'est extrêmement
important. C'est... Oui, vous l'avez tout justement souligné, comment
les moeurs ont changé et ont évolué au niveau de l'intimidation. Alors, c'est
d'autant plus important, au niveau du
gouvernement du Québec, qu'on puisse avoir cette approche qui est
transpartisane, mais cette approche aussi avec les différents intervenants.
Quand on touche l'intimidation, bien, tout le monde est touché par
l'intimidation, de là l'importance, justement, de travailler ensemble
pour soutenir différents volets et différents éléments au niveau de notre plan d'action. Il y aura un bilan qui sera
présenté un peu plus tard dans l'année. Alors... mais là c'était vraiment une question
de date. On n'a pas attendu au 28 février pour faire les actions, mais
c'est plutôt les crédits qui ont passé, à ce moment-là, au niveau du Conseil du
trésor.
Ciccone : ...plusieurs années, juste pour
préciser, là, je prends, par exemple, la mesure n° 18, qui est 1,2 million, ça, c'est pour l'année, là, ce
n'est pas pour trois ans? Je veux juste que... pour ne pas... Parce que comme...
j'ai cru comprendre, ce que vous aviez dit, c'était sur... étalé sur plusieurs
années, oui, mais le 1,2 million, c'est pour 2022-2023. Le
554 509 $, il était... Qu'est-ce qui est arrivé avec l'autre
700 000 $, là... 650 000 $, à partir du 28?
Mme Roy
(Verchères) : ...pourrait compléter.
Mme Roy
(Verchères) : Est-ce qu'on autorise...
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
va... je vais demander le consentement pour laisser la parole.
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Vous allez vous présenter, s'il vous plaît.
Mme Roy
(Verchères) : Merci.
Mme Merizzi
(Isabelle) : Oui. Donc, Isabelle Merizzi, sous-ministre adjointe au
ministère de la Famille.
Alors, le programme,
effectivement, de soutien financier pour les projets qui émanent des
communautés, c'est une nouveauté dans le dernier... dans le dernier plan
d'action, qu'on peut financer sur 12, 24 et 36 mois. Alors, c'est une enveloppe de 1,2 million chaque
année, mais, comme on finance des projets de 12 millions... de
12 mois, c'est facile, sur une première année, ça complète l'année, mais,
quand on s'en va sur du 24 et 36 mois, on... on empiète sur les
années subséquentes.
Alors, ce que vous
voyez apparaître, le 554 509 $, c'est les crédits qui sont affectés
pour cette année. Donc, c'est 1,2, mais c'est ce qui reste pour les nouveaux
projets. On va le bonifier légèrement pour reconnaître des projets, mais c'est ce qui explique que, de chaque année,
c'est toujours 1,2 million mais qui peut être, effectivement, déjà un peu
engagé par des projets qui sont sur plus
d'une année. Mais les projets sont toujours, effectivement, financés à la même
hauteur.
M. Ciccone : ...ce
que je comprends, c'est que, l'année prochaine, peut-être que vous allez
investir 1,6 million, le 1,2 million de plus, l'argent qui n'a
pas été investi.
Mme Merizzi (Isabelle) : Bien, en fait, l'argent
est toujours investi, parce que les... les budgets... Par exemple, un projet qu'on a accepté, l'année dernière, sur
24 mois, on l'a financé l'année dernière, on le finance encore en
partie
cette année, alors c'est pour ça qu'il y a une espèce de chevauchement sur les
années.
C'est
intéressant parce que les groupes demandaient de pouvoir être financés sur 24,
36 mois pour amener de la stabilité
dans les activités, mais ça amène, effectivement, ces calculs-là, où il faut
suivre d'année en année le budget plus serré, parce qu'on empiète sur
des années subséquentes.
M. Ciccone : Alors,
vous m'assurez que, pour la mesure n° 18, il va y avoir 3,6 millions
en 2025... ou plus, 2025, ça va être plus que ça, cinq fois 1,2
million par... par année?
Mme Merizzi
(Isabelle) : En fait, c'est toujours un...
Mme Merizzi
(Isabelle) : C'est 1,2 million par année, là.
Mme Merizzi
(Isabelle) : Oui.
Ciccone : Ça fait que vous m'assurez qu'en
2025 tout va être dépensé?
Mme Roy (Verchères) :
Il n'y a aucune coupure là-dedans.
Mme Roy (Verchères) : On va continuer de suivre
le plan d'action et de mettre les actions en place, justement avec les
budgets qui sont là.
Ciccone : Merci, Mme la ministre. Là, je
vais avoir peut-être un... une petite discussion un peu plus humaine avec vous. Notre réalité, ce qu'on vit
ici, à l'Assemblée nationale, moi, j'ai toujours cru que notre devoir, là,
comme parlementaires, c'était justement, un, de donner l'exemple à la société.
Je comprends que ce n'est pas toujours facile. Je comprends qu'il y a, des
fois... Les esprits vont s'échauffer, il y a des choses qui vont dépasser
notre... notre pensée, qui vont se dire, même qui vont s'écrire également. Puis
ça, là-dedans, j'inclus aussi... j'inclus aussi
le staff politique. Souvent, plusieurs... de l'intimidation, de l'harcèlement,
des propos haineux émanent, justement, de ce genre de commentaires là ou
de relations qu'on va