House Proceedings — 2 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-04-02
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes,
bonjour à tous. Donc, nous allons débuter nos travaux. Je vous invite à
prendre place, collègues.
Nous sommes à
la rubrique Déclaration de députés. Et, sans plus tarder, je reconnais M. le
député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président, je suis fébrile, ce matin, parce
que je vais vous parler de deux de mes sujets préférés, le théâtre et le français. Le théâtre, c'est un
vieil amour de jeunesse, et le français, c'est ma passion, ma priorité
politique.
figurez-vous donc qu'une troupe scolaire, celle de la polyvalente
Chanoine-Armand-Racicot, de Saint-Jean-sur-Richelieu, m'a appelé, au
début de l'année scolaire, pour m'inviter à discuter avec eux de la lutte pour
le français au Québec, qui serait le thème de leur création collective cette
année. J'ai passé un merveilleux moment avec eux en octobre pour répondre à
leurs questions, et, vendredi, je serai dans la salle de l'auditorium pour les
applaudir.
Ça me touche que des jeunes du secondaire
veuillent transposer sur scène quelques-uns des moments cruciaux que notre
nation a traversés pour défendre sa langue, devenue officielle et commune, même
si la bataille ne sera jamais vraiment gagnée, puisque le français sera
toujours fragile en Amérique du Nord.
Avant de leur crier mes bravos, au moment
toujours émouvant du salut de la fin, je leur dis merde, le mot de Cambronne.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Saint-Jean. Et je reconnais maintenant M. le député de Taillon.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la Journée mondiale de
sensibilisation à l'autisme. C'est un moment
essentiel pour mettre en lumière les réalités des personnes autistes et
sensibiliser les Québécoises et les
Québécois à leurs talents trop souvent méconnus mais aussi aux défis qu'elles
et leurs familles vivent au quotidien.
Promouvoir
et respecter les droits ainsi que le bien-être des personnes autistes passe par
des actions concrètes, et à travers toute la
vie. Je pense, par exemple, au programme d'intervention précoce en lien avec
Agir tôt, au développement de classes
spécialisées, aux récents investissements consacrés à l'hébergement avec
accompagnement et au développement des activités socioprofessionnelles
partout au Québec.
On a fait des
progrès significatifs, mais il reste encore beaucoup à faire. On doit continuer
de bâtir un Québec où chacun peut développer son plein potentiel.
Merci aux intervenantes et intervenants, qui
font un travail extraordinaire.
À vous toutes et tous de nous rejoindre et
contribuer collectivement à la construction d'un Québec plus inclusif. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Taillon. La parole revient maintenant à Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je porte la voix des résidents de L'Île-des-Soeurs qui
utilisent quotidiennement le REM. Chaque semaine, je reçois des messages de
découragement, et avec raison. La dernière année a été éprouvante pour les
usagers : des pannes répétées, des interruptions de service, des milliers
de citoyens laissés sans alternative pour se rendre à l'école et au travail.
On peut s'interroger sur les promesses de
fiabilité du REM, mais l'enjeu majeur reste le contrat d'exclusivité signé avec
la CDPQ Infra, qui a éliminé d'autres options de transport en commun. Pour
garantir la rentabilité du REM, les autobus ne peuvent
emprunter son tracé. Pourtant, la vraie concurrence du REM, ce ne sont pas les
autobus, c'est l'auto solo.
Il est impératif de
rouvrir cette entente pour ajouter des alternatives sur le pont Champlain avec
des lignes d'autobus fréquentes et fiables. En 2025, nous avons droit à un
transport en commun efficace, écologique et accessible. C'est une question
d'équité territoriale. Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verdun. Et je reconnais
maintenant Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert : M. le Président, j'honore
la mémoire du vétéran sherbrookois Alphonse Pelletier, décédé à 94 ans.
Ses funérailles ont été célébrées le 29 mars dernier.
Recruté
en 1949, il sert au Royal 22e Régiment à partir de 1950. En 1952, en
Corée, il devient brancardier pour soigner les blessés au lieu de
combattre.
son retour, M. Pelletier sillonne le pays pour promouvoir la sécurité de
la vieillesse et les allocations familiales. Par la suite, il devient pressier chez le tailleur Normand Collette,
puis brancardier à l'ancien Hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
Il était une
référence en généalogie pour les familles Pelletier, Bélanger et Plourde.
Avec quelques
passionnés, il fonde l'Association des familles Pelletier. Auteur de
deux livres sur ses ancêtres, il contribue à plusieurs autres
publications.
C'était un homme de
famille et de conviction, pacifique, à l'humour omniprésent.
J'offre
mes sincères condoléances à ses enfants, ici, dans les tribunes, Charles,
Louis-Marie, Paul et Marie-Thérèse, à ses sept petits-enfants et à ses
nombreux parents et amis.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Saint-François. Au tour, maintenant, de Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Alors, c'est un honneur pour moi, aujourd'hui, de
rendre hommage à James Hughes, qui est avec nous, aujourd'hui, et sa famille,
dans les tribunes. C'est un citoyen exemplaire de Notre-Dame-de-Grâce. Il a
reçu, hier soir, la prestigieuse Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale,
si bien méritée.
James est un expert
de renommée internationale en matière de l'itinérance, de pauvreté, d'exclusion
sociale et de logement abordable, ainsi que les causes sous-jacentes de ces
problèmes interreliés.
C'est un avocat de
formation. C'est le P.D.G. du Old Brewery Mission, à Montréal, qui cherche non
seulement à offrir un abri temporaire pour les sans-abri de Montréal, mais
aussi pour respecter leur dignité humaine.
James has also served as deputy
minister of Social Services in New Brunswick, and
then came back to Montréal, came back to NDG to return
to philanthropy and to reassume the headship... heading the Old Brewery
Mission.
Merci,
James, pour ta grande humanité et ton leadership extraordinaire. Et bravo!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bravo, M. Hugues, et bravo pour votre
travail! Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Je reconnais
maintenant M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Il y a 35 ans, le Club
de Marche Laurier a été fondé dans la circonscription de Jean-Talon. J'aimerais saluer Bruno Perron, président, et Johanne
Mercier, directrice du club de marche, qui sont présents avec nous
aujourd'hui.
Le Club de Marche
Laurier favorise non seulement le bien-être et la santé physique des personnes
aînées, il leur permet de se retrouver à chaque semaine et d'ainsi contribuer à
la force du tissu social dans Jean-Talon et dans la Capitale-Nationale, le tout
à l'abri des intempéries à Laurier-Québec l'hiver et en profitant du plein air
l'été.
club, aujourd'hui, compte près de 170 membres. Par ses activités récurrentes,
il contribue à briser l'isolement et
la solitude en favorisant la création de liens durables entre les membres. Je
l'ai constaté moi-même samedi dernier lors du gala du 35e. Bonheur et
sourires étaient au rendez-vous.
Bravo pour les
impacts positifs du Club de Marche Laurier dans l'amélioration de la qualité de
vie des retraités, une marche à la fois! Merci pour votre engagement.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Jean-Talon. La parole revient maintenant à Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je souhaite mettre en valeur l'organisme Alternative Aliment-Terre. Une
partie de leur équipe est ici,
dans les tribunes. Donc, Emmanuelle, Alexandra, Justine, Esther et Sarah
sont avec nous.
M. le
Président, Alternative Aliment-Terre, c'est un maillon important dans
l'économie circulaire de ma région. L'équipe oeuvre pour que notre communauté
ait accès à une offre alimentaire diversifiée et saine en valorisant des surplus
de production agricole locale, bref, des
produits frais pour favoriser une alimentation et des saines... des saines
habitudes de vie, pardon.
Cette entreprise d'économie sociale
commercialise et transforme les aliments en produits prêts à cuisiner pour les
vendre avec une tarification qui est adaptée aux situations de tous les
ménages.
Alternative Aliment-Terre sensibilise aussi la
population aux réalités de la production agricole, entre autres par la participation citoyenne aux activités dans
les champs. Pionnière du glanage au Québec, elle est devenue partenaire
de plein de fermes de proximité en maraîcher.
Merci à toute la grande famille d'Aliment-Terre
pour tous les efforts que vous déployez pour nourrir sainement les habitants du
comté d'Iberville.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée d'Iberville. Et la parole revient maintenant à Mme la députée de
Hull.
Mme Tremblay : M. le Président,
cette semaine, j'ai eu le privilège de remettre la Médaille de la députée de
l'Assemblée nationale du Québec à Mme Andrée Tremblay et M. Yao
Assogba lors de la 20e et dernière édition du spectacle La vie : un
peu, beaucoup, passionnément de la Fondation Lani.
Par cette distinction, je souhaitais rendre
hommage à ces deux personnes exceptionnelles qui ont transformé une terrible
épreuve en un élan de solidarité et d'espoir. Le 10 novembre 2000, leur
fils Lani, alors âgé de 18 ans, s'est enlevé la vie alors qu'il traversait
une période de grande détresse. Face à cette tragédie, Andrée et Yao ont choisi
de faire vivre sa mémoire en s'unissant autour d'un projet porteur de sens, la
Fondation Lani.
Depuis près de 25 ans, cet organisme offre aux
jeunes un espace pour se reconstruire et briser l'isolement. En soutenant ainsi
des projets de promotion de la vie dans une perspective de prévention du
suicide, la fondation a un impact réel et durable dans le parcours de nombreux
jeunes.
Andrée, Yao, vous avez énormément donné à notre
communauté. Il est maintenant temps de penser à vous. Merci du fond du coeur
pour votre engagement.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de
Hull. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je souligne le travail d'une brigadière
exceptionnelle qui fêtera ses 40 ans de service cette année.
En effet, Mme Nicole Widz veille à la
sécurité des élèves de l'école primaire Mille-Fleurs, et ce, depuis le début de
sa carrière, M. le Président. Sa passion pour son métier, sa détermination et
son amour du service public sont des sources
d'inspiration pour nous tous. Avec une énergie inébranlable, elle aime dire
qu'elle restera en poste jusqu'à ses 100 ans, et ça, M. le
Président, elle a même dit qu'elle était prête à le faire avec sa canne, s'il
le fallait.
Au fil des
années, Nicole a tissé des liens avec plusieurs générations, avec un sourire
qui est contagieux. Elle engage de belles discussions avec les plus
jeunes. Elle est un véritable pilier pour sa communauté, M. le Président.
Nicole, félicitations pour vos 40 années de
dévouement, et longue vie à votre engagement exemplaire pour la communauté de
Vachon!
Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Vachon. Au tour, maintenant, de M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je veux souligner la combativité des commerces de proximité. En
effet, nos commerçants locaux dynamisent l'économie locale. Ils créent des
emplois. Ils sont des lieux de rencontre pour les membres de la communauté.
Dans
ma circonscription, il y a 36 municipalités, et ce n'est pas facile
d'avoir accès à des services partout sur le territoire. Nous sommes donc plusieurs acteurs de la région à
vouloir aider et protéger nos commerces pour le bien de la population.
ce soit par la modernisation d'équipements, la rénovation de bâtiments ou même
l'ajout de services essentiels, comme des dépanneurs, plusieurs projets
verront le jour dans Mégantic grâce au volet Commerces de proximité du Fonds régions et ruralité de notre gouvernement.
Ces investissements de près de 560 000 $ iront directement dans notre
communauté et permettront aux municipalités de maintenir ou d'entretenir des
services qui faciliteront la vie des gens.
souhaite donc féliciter les commerçants, citoyens, maires, mairesses, préfets
et ma collègue du MAMH pour s'être investis pour conserver ces commerces
de proximité. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Mégantic. Et la parole revient maintenant à Mme la députée
de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le Président.
Le 2 avril et le mois d'avril marquent la journée et le mois de la
sensibilisation à l'autisme. À cette occasion, je tiens à souligner
l'importance de célébrer la diversité, de mobiliser, de démontrer l'acceptation et de promouvoir l'inclusion des
personnes vivant sur le spectre de l'autisme au sein de notre société
québécoise.
L'autisme
est un spectre qui touche de nombreuses personnes, et chaque individu vivant
avec l'autisme possède des caractéristiques, des forces et des défis uniques.
Malheureusement, trop souvent, ces personnes rencontrent des obstacles dans leur quotidien, que ce soit dans le
système scolaire, sur le marché du travail ou dans leurs relations sociales.
Il est essentiel de
comprendre que l'autisme n'est pas un problème à résoudre mais bien une réalité
à accepter, à comprendre et à célébrer. Sensibiliser le public, c'est avant
tout ouvrir la voie à une meilleure compréhension, à plus d'empathie, et
surtout à l'inclusion des personnes autistes dans toutes les sphères de la vie
sociale et professionnelle.
Ensemble,
créons un environnement où les personnes autistes peuvent s'épanouir
pleinement, avec un accès et des services adaptés à la hauteur de leurs
besoins et un soutien véritable. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee. La parole
revient maintenant à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy :
En cette Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, je salue les
héros silencieux qui travaillent à bâtir notre société plus inclusive.
J'honore tous les
acteurs, particulièrement ceux et celles de ma circonscription, derrière les
organismes. Leur dévouement transforme des
vies par leurs missions respectives. Et je pense, entre autres, à l'Association
des parents des enfants handicapés Richelieu-Val-Maska, dont l'accompagnement
global fait une différence pour ces familles de ma circonscription. J'applaudis
également l'initiative inspirante de deux enseignantes de l'école
René-Saint-Pierre qui, par des vidéos publiées sur les réseaux sociaux
et réalisées avec leurs élèves, font rayonner les valeurs d'inclusion auprès de
notre jeunesse.
le Président, la sensibilisation de ma communauté m'emplit de fierté, et c'est
pour ça que je prends mon temps de parole pour le mentionner. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Et
voilà qui met fin à la rubrique Déclarations de députés. Je remercie chacun des
collègues pour votre déclaration.
Et nous allons
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Vous êtes nombreux, ce matin. Mesdames messieurs, le parlement du
Québec, c'est chez vous. Bienvenue.
Nous
allons, si vous le voulez bien, nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
J'ai le plaisir de
souligner, aujourd'hui, la présence, dans les tribunes, de Mme Véronyque
Tremblay, ancienne députée de Chauveau, et de Mme Isabelle Melançon,
ancienne députée de Verdun.
Et nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôts
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Bonjour, Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux questions inscrites
au feuilleton le 28 janvier 2025 par le député de Marquette, le
11 février 2025 par le député de Jean-Talon et le 12 février 2025 par
la députée de Sherbrooke. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions.
la rubrique Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège ou
sur un fait personnel, je vous demande maintenant votre attention, j'ai
une décision pour vous, et elle sera longue, étoffée et articulée.
Je suis maintenant
prête à rendre ma décision sur la question de droit ou de privilège soulevée
par le leader de l'opposition officielle
dans un avis qu'il m'a transmis le 25 février dernier. Dans cet avis, le
leader allègue qu'une violation des
droits et privilèges de l'Assemblée aurait été commise par la Société de l'assurance automobile du Québec, la SAAQ, et certains de ses dirigeants.
Le leader prétend qu'ils auraient induit en erreur les membres de la Commission
de l'administration publique en transmettant des documents qui contenaient de
fausses informations au sujet du projet CASA-SAAQclic de cette société d'État.
Au sein de la SAAQ,
le leader de l'opposition officielle vise notamment les personnes
suivantes : l'actuel président-directeur général de la société d'État,
M. Éric Ducharme; deux anciens présidents-directeurs généraux de la SAAQ, M. Denis Marsolais et Mme Nathalie
Tremblay; l'actuelle vice-présidente à l'expérience numérique,
Mme Caroline Foldes-Busque; et enfin l'ancien vice-président à
l'expérience numérique, M. Karl Malenfant.
leader invoque au soutien de ses prétentions le rapport du Vérificateur général du Québec pour l'année 2024‑2025, février 2025,
déposé à l'Assemblée le 20 février dernier. Il attire l'attention sur les
pages 27, 29, 30, 52 et 53 du rapport, qui énoncent que les états
d'avancement du projet SAAQclic transmis à la Commission de l'administration
publique ne reflétaient pas la réalité. En effet, alors que les documents
demandés par la commission indiquaient que le développement du projet avançait
comme prévu et que les voyants étaient au vert, le rapport du vérificateur
révèle que ce n'était pas le cas.
Selon le leader, la
SAAQ aurait commis un acte extrêmement grave en transmettant des informations
fausses, ce qui a induit les parlementaires
en erreur quant à la réalité et la gravité de la situation du projet CASA-SAAQclic. Il précise que, compte tenu
de leur rôle au sein de la SAAQ, il est impensable que les personnes qui
communiquaient l'information à la Commission de l'administration
publique n'aient pas été informées de l'état véritable du projet. Selon lui, en
s'abstenant de communiquer des renseignements exacts, elles ont
intentionnellement trompé les parlementaires.
leader conclut son avis en mentionnant que, dans l'éventualité où la présente
question était déclarée recevable, il
a l'intention de présenter une motion mettant en cause la conduite d'une
personne autre qu'un député afin que l'Assemblée décide des mesures à
prendre, au sens des articles 70 et 324 du règlement.
18 mars dernier, j'ai eu le bénéfice d'entendre les plaidoiries sur cette
question des leaders du gouvernement, de l'opposition officielle et du deuxième
groupe d'opposition, de même que la plaidoirie du député de Matane-Matapédia. Je
les remercie d'ailleurs pour la qualité de leurs interventions.
Lors de ces
plaidoiries, les intervenants se sont tous référés au rapport du Vérificateur
général du Québec pour soutenir que des
informations contradictoires ont été transmises aux membres de la Commission de
l'administration publique par rapport à celles fournies au conseil
d'administration et au comité de direction de la SAAQ. Tous s'entendent
aussi pour dire qu'il est essentiel pour les députés de pouvoir compter sur des
renseignements véridiques pour exercer leur rôle de manière adéquate.
Ils ont également souligné que la question à
trancher dans le présent cas est de déterminer si, à première vue, on a induit l'Assemblée en erreur en lui
transmettant de l'information fausse ou inexacte. Ils ajoutent que, à cette
fin, la présidence doit non seulement déterminer
si les parlementaires ont été induits en erreur, mais également si cela a été
fait de manière intentionnelle.
Dans
sa plaidoirie, le leader de l'opposition officielle démontre en quoi, selon
lui, la SAAQ et chacune des personnes
visées par la question de privilège ont induit la Commission de
l'administration publique en erreur. Il mentionne également que certaines des personnes visées ont
pu induire en erreur de manière indirecte, en raison du rôle clé qu'elles
ont joué dans l'organisation et dans le projet.
En plus d'affirmer
que des informations contradictoires et erronées ont été transmises aux
parlementaires, le leader de l'opposition
officielle déplore l'absence de reddition de comptes de la SAAQ pendant
certaines périodes. Il dénonce également que le suivi de projet ayant
été transmis aux parlementaires le 31 janvier 2024 ne contenait aucune
mention des enjeux liés au déploiement du
projet ni en ce qui concerne le respect de l'enveloppe budgétaire. Ce faisant,
il allègue qu'il y a eu un manque de transparence qui a eu pour effet de
tromper la commission.
son côté, le leader du gouvernement avance que, pour conclure à première vue à
une violation de droits ou de privilèges, les faits en cause doivent
être suffisamment graves et probants. Il précise qu'il doit exister une telle
preuve à l'égard de chacune des personnes visées par la question de privilège.
leader du gouvernement ajoute que, lorsqu'il s'agit d'un tiers, il faut évaluer
de manière plus attentive l'intention d'induire en erreur, qui doit être
particulièrement claire. Il rappelle le rôle de la présidence à cet égard, qui
doit s'assurer du sérieux de la question de privilège pour éviter que la
Commission de l'Assemblée nationale ne soit transformée en tribunal pour enquêter sur des faits qui
apparaissent non fondés après une certaine analyse de la part de la présidence.
Il mentionne aussi que la présidence
doit déterminer, dans la présente affaire, si une personne peut induire les
parlementaires en erreur de manière indirecte, ce qui serait, selon lui,
une nouveauté dans la jurisprudence parlementaire.
surplus, le leader du gouvernement se demande si la lettre datée du
31 janvier 2024 transmise à la Commission de l'administration
publique est de nature à enfreindre les droits ou privilèges de l'Assemblée,
considérant que cette commission n'a pas exigé d'informations supplémentaires
suivant celle-ci, alors même qu'elle connaissait les ratés de la livraison du
projet. Il précise que la commission n'a jamais ordonné formellement la
production de documents.
Quant
au leader du deuxième groupe d'opposition, il considère que la preuve soumise
est suffisamment crédible à première vue pour conclure à une intention
d'induire l'Assemblée en erreur, notamment au regard des contradictions soulevées entre l'information que la Commission de
l'administration publique recevait de la SAAQ et celle détenue réellement
par la SAAQ. Il ajoute qu'en déclarant qu'il
y a, à première vue, une violation de droits ou de privilèges, on permettra aux
parties impliquées de faire valoir leur version des faits et leur défense à
l'étape subséquente.
Finalement,
le député de Matane-Matapédia, tout comme le leader du gouvernement, indique
que la présomption selon laquelle on doit accepter la parole des députés
ne trouve pas application en l'occurrence. Dans ce contexte, le député est d'avis qu'il est difficile de croire en
une erreur de bonne foi de la part de la SAAQ et de ses dirigeants, et qu'il
est inquiétant qu'une société d'État ait considéré l'Assemblée et la Commission de l'administration publique comme des risques à minimiser.
À la lumière de tous
les éléments portés à ma connaissance, je dois maintenant déterminer si la
question de privilège soulevée par le leader
de l'opposition officielle est recevable à première vue, ce qui signifie que je
dois déterminer si les faits portés à
ma connaissance, en les prenant pour avérés, sont suffisamment graves pour
constituer un outrage au Parlement.
Afin de nous guider
dans la détermination de ce qui constitue un outrage au Parlement, le
législateur dresse à l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée nationale la
liste de certains cas considérés comme des atteintes aux droits de l'Assemblée. Il y énumère d'ailleurs deux
situations qui s'apparentent à la violation signalée par le leader : le
témoignage faux ou incomplet et la production de documents faux dans le
dessein de tromper.
Or, dans le cas
présent, il n'est pas question de témoignage au sens strict, non plus qu'il ne
soit allégué que les documents présentés à
la Commission de l'administration publique aient été des faux. On allègue
plutôt qu'ils contenaient des
informations trompeuses et incomplètes. Cela signifie-t-il que la présente
question de privilège soit sans fondement? Absolument pas.
Bien
que l'accusation en l'espèce ne vise pas un cas précis énuméré à
l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée nationale,
il est reconnu de manière constante que cet
article n'a pas la prétention
d'être exhaustif quant à l'ensemble des cas pouvant constituer un
outrage au Parlement. Comme l'a d'ailleurs souligné le leader du gouvernement
dans ses plaidoiries, la loi utilise l'expression «notamment» avant son énumération
pour signaler l'absence d'exhaustivité.
Il faut savoir que
notre doctrine et notre jurisprudence parlementaire ont défini l'outrage au
Parlement comme étant tout acte ou omission
ayant pour effet d'entraver les travaux de l'Assemblée ou de porter atteinte à
son autorité ou à sa dignité. Cette
définition est donc très large et peut viser un grand nombre de situations
préjudiciables à son fonctionnement ou à son autorité.
C'est d'ailleurs sur
cette base que la jurisprudence parlementaire assimile le fait d'induire
l'Assemblée ou ses commissions en erreur à
un outrage au Parlement. C'est sous cet angle que le leader de l'opposition
officielle signale la violation en l'espèce.
D'entrée de jeu,
mentionnons que le règlement fait la distinction entre une question de
privilège visant un membre du Parlement et celle visant une personne qui ne
l'est pas. Le critère d'analyse portant sur le fait d'avoir induit l'Assemblée ou ses commissions en erreur n'est
alors pas le même. La différence majeure réside dans le fait que, comme il a été mentionné dans les plaidoiries, la
présomption voulant qu'on doive accepter la parole d'un député ne trouve pas
application dans le cas des tiers, réduisant d'autant le fardeau de preuve au
stade de l'étude de la recevabilité.
Dans le cas présent, la question vise une
société d'État et cinq personnes qui ne sont pas membres du Parlement, soit des gestionnaires, anciens ou actuels, de
cette société d'État — autrement
dit, des tiers. Dans un tel cas, la jurisprudence exige
que l'on démontre deux choses : premièrement, que le tiers a induit
l'Assemblée et ses membres en erreur; et, deuxièmement, qu'il est clair que le
tiers avait l'intention de le faire. Pour que la question de privilège soit
recevable à ce stade-ci, ces deux
démonstrations doivent être faites à première vue seulement. C'est l'Assemblée
et la Commission de l'Assemblée
nationale, le cas échéant, qui
décideront de la valeur probante finale des faits et allégations afin de porter
un jugement sur l'accusation.
En ce qui concerne le
premier élément de démonstration nécessaire, un tiers peut induire l'Assemblée
en erreur en lui transmettant des documents trompeurs, incomplets ou
mensongers. Ces documents peuvent être des lettres, des comptes rendus ou des
rapports — nul
besoin que les documents aient été produits à la suite d'un ordre formel ou
sous la forme de déclarations écrites sous serment. À cet égard, notre
jurisprudence a établi qu'une citation à comparaître n'est pas nécessaire à l'ouverture d'une question d'outrage pour avoir
induit l'Assemblée en erreur. Je cite : «Peu importe la manière dont les
personnes sont amenées à rendre témoignage devant une commission, lorsque des personnes
participent aux travaux parlementaires, elles ont le devoir de collaborer pleinement
et de dire la vérité.» Fin de la citation.
ce sujet, j'insiste sur le fait que l'Assemblée et ses commissions sont en
droit de s'attendre à ce que toute personne communique avec elle en toute
honnêteté, avec une rigueur à la hauteur de l'autorité et de la dignité que
notre régime parlementaire confère à l'Assemblée. L'Assemblée compte
spécialement sur les fonctionnaires de l'État pour faire honneur à ce devoir
fondamental, peu importe la façon dont ils interagissent avec elle. Cela est
d'autant plus vrai pour les dirigeants d'organismes publics. La présidence ne
saurait tolérer que les plus hauts dirigeants de l'État prennent à la légère
leur obligation de rendre des comptes à l'Assemblée.
J'ajouterai que, en
l'espèce, les faits soumis à la considération de la présidence reposent sur les
constats émis par une institution dont la
crédibilité n'est plus à faire et qui a développé depuis de nombreuses années
une collaboration étroite avec la Commission de l'administration
publique, soit le Vérificateur général du Québec. À la lumière des faits qui
m'ont été soumis et des affirmations contenues dans le rapport déposé par le
Vérificateur général en février dernier, je
ne peux que conclure que, à première vue, la Commission de l'administration
publique semble effectivement avoir reçu des informations fausses, erronées ou trompeuses de la part de la SAAQ
concernant le projet CASA-SAAQclic. Toutefois, cette conclusion seule
n'est pas suffisante.
Il faut également
satisfaire au deuxième élément de démonstration, à savoir l'intention du tiers.
L'intention d'induire en erreur peut se
démontrer de différentes façons selon le contexte, notamment par la production
d'une preuve montrant la connaissance ou l'aveuglement volontaire du
tiers quant au contenu trompeur du document qu'il a transmis à l'Assemblée. En
d'autres mots, savait-il ou aurait-il dû savoir que le document contenait des
renseignements faux, trompeurs, incomplets ou mensongers?
Remettons-nous
d'abord dans le contexte. La Commission de l'administration publique entamait
le 28 mars 2019 l'examen du
rapport annuel de gestion 2017 de la SAAQ dans le cadre de ses fonctions
habituelles prévues au règlement. À la suite de cet examen, les membres
de la commission se sont dits préoccupés par le contrat visant à mettre sur
pied la plateforme CASA-SAAQclic. C'est dans
ce contexte qu'ils ont demandé à la SAAQ qu'elle lui transmette annuellement
un état d'avancement détaillé de ces
travaux. Ils demandaient également d'obtenir des précisions sur les mécanismes
de surveillance et de contrôle de ce chantier. Au total, de juillet 2019
à janvier 2024, la SAAQ a effectué cinq envois distincts à la commission en
suivi de ces demandes, signés par différents présidents-directeurs généraux au
fil des ans.
Précisons que le
mandat particulier de la Commission de l'administration publique la distingue
des autres commissions sectorielles en lui conférant un rôle de premier plan
quant au contrôle de l'État par le pouvoir législatif. En effet, son mandat est spécifiquement de s'assurer de «vérifier si les
sommes allouées au gouvernement et à l'administration publique sont
dépensées suivant les règles d'une saine gestion. De plus, elle [veille] à ce
que les administrateurs publics rendent des comptes sur leur gestion.» C'est
dans l'exercice de ce mandat que la commission se disait expressément
préoccupée par le déploiement de la nouvelle plateforme de la SAAQ et demandait
que la société d'État lui fasse un suivi
régulier. Pourtant, malgré ces demandes expresses et ces inquiétudes, comme le
souligne le rapport du Vérificateur général,
il subsistait des discordances entre ce que les responsables du projet CASA-SAAQclic
indiquaient à la Commission de
l'administration publique en comparaison de ce qu'ils révélaient au conseil
d'administration de la SAAQ entre 2020 et février 2022.
Examinons plus
attentivement les faits dans cette affaire avec les actions des dirigeants de
la SAAQ qui sont spécifiquement visés dans l'avis du leader de l'opposition
officielle. Je débute avec Mme Nathalie Tremblay, qui était
présidente-directrice générale de la SAAQ de mai 2010 à janvier 2022. Cette
dernière a transmis trois lettres à la commission
: le 31 juillet 2019, le 29 mai 2020 et le 8 mars 2021. Dans
toutes ces lettres, les indicateurs du projet étaient au vert et il
était indiqué que le contrat était respecté. Pourtant, le Vérificateur général,
dans son rapport, écrit que plusieurs indicateurs étaient réellement au rouge.
Je vous dirige notamment vers le tableau de la page 63 ainsi qu'aux
pages 28, 29, 30 et 53 du rapport. Il y a de nombreux extraits troublants
dans le rapport que je ne citerai pas au long dans un souci de concision. Le
paragraphe 25 est cependant très préoccupant, et je cite : «De plus,
des informations incomplètes ont été véhiculées dans les communications
transmises par la SAAQ à la Commission de l'administration publique et au
dirigeant principal de l'information. En effet, ces communications ne faisaient
pas état de dépassements de coûts par
rapport au contrat avec l'Alliance. Pourtant, bien que la valeur du contrat
avec l'Alliance soit demeurée de 458,4 millions
de dollars[...], les sommes qui lui ont été allouées pour la livraison 2
sont passées de 75,6 à 280,4 millions de dollars, et ce, malgré la clause
de partage de risque prévue au contrat de 2017. Cette augmentation a fait
en sorte qu'il ne restait aucune somme disponible au contrat pour financer la
participation de l'Alliance à la livraison 3 et a amputé de 139,6 millions de dollars les sommes
allouées pour la phase d'exploitation. Les informations transmises ne donnaient
donc pas un portrait juste de la situation.» Fin de la citation.
Le Vérificateur général ajoute, au
paragraphe 27, et je cite : «Il est à noter que depuis la
replanification de septembre 2020, la SAAQ savait que l'échéancier de la
livraison 2 accuserait un retard de près de trois ans par rapport à ce qui était prévu au contrat et que la signature
d'avenants ou de contrats additionnels serait nécessaire pour assurer le développement des composantes de la livraison 3
ainsi que la réalisation de la phase d'exploitation jusqu'en mars 2027. Même si la direction du programme détenait, depuis
2020, les informations lui permettant d'estimer les sommes nécessaires, notamment les dépenses en honoraires
professionnels, pour terminer la phase de développement et réaliser la
phase d'exploitation, que les travaux soient effectués par l'Alliance ou d'autres
firmes, elle ne les a pas communiquées.» Fin de la citation.
Passons maintenant à M. Denis Marsolais, qui
était président-directeur général de la SAAQ du 17 janvier 2022 au
5 avril 2023. Ce dernier a également dressé un état de situation à la
commission dans une lettre du 21 avril 2022. Cette lettre ne fait
nullement mention des corrections à apporter aux états de situation envoyés par
sa prédécesseure. La lettre mentionne plutôt que tous les indicateurs sont au
vert et que le contrat est respecté. À cet égard, le Vérificateur général écrit
que les indicateurs présentés à la commission étaient cohérents avec ceux ayant
été présentés au comité de direction et au conseil d'administration de la SAAQ
au même moment. Cependant, il faut ajouter que le Vérificateur général fait
état de ceci au paragraphe 58 de son rapport, et je cite : «Tout au
long de l'année 2022, des avis écrits indiquant que les retards dans la
réalisation des tests ainsi que la qualité de ces derniers engendraient des
risques importants ont été produits par
différentes firmes. Ainsi, les lacunes que nous avons exposées dans les
paragraphes précédents étaient en grande
partie connues avant la mise en
service du nouveau système informatique.» Fin de la citation.
Le vérificateur ajoute plus loin que des retards
dans le projet menaçant son déploiement se sont cumulés dès avril 2022, soit de
manière concomitante à la lettre envoyée à la commission par M. Marsolais.
Nous ne savons pas si M. Marsolais était au
courant de ces retards et s'il avait reçu les avis faisant état des risques en
résultant. En revanche, selon le rapport, aux paragraphes 29 et 30, la
direction et le conseil d'administration de
la SAAQ étaient au courant en septembre 2022 de nombreux problèmes importants
avec le projet. M. Marsolais n'a pas, à ce moment, pris l'initiative de corriger l'information qu'il avait
fournie à la Commission de
l'administration publique.
Examinons maintenant la situation sous la
gouverne de M. Éric Ducharme. M. Ducharme est entré en fonction comme
président-directeur général de la SAAQ le 6 avril 2023 et il est toujours
en poste en ce moment. Il importe de préciser
que son entrée en fonction est survenue après les grandes difficultés de
déploiement de SAAQclic le
20 février 2023, qui ont abondamment été relayées dans les médias.
Or, malgré cela, M. Ducharme a fait défaut d'envoyer à temps à la Commission
de l'administration publique l'état d'avancement annuel de 2023; le
6 décembre 2023, la présidente de la Commission
de l'administration publique a dû lui
signaler ce retard. Il n'a répondu à la commission que le 31 janvier 2024.
Dans cette lettre, contrairement à ses prédécesseurs, il n'aborde pas les
mécanismes de surveillance et de contrôle du chantier,
on n'y trouve aucun tableau d'avancement ni d'indicateurs comparables aux
envois précédents. La lettre détaille les
grands jalons du projet depuis le 1er avril 2022, sans plus et sans tenir
compte des préoccupations initiales de la Commission de l'administration
publique à l'égard du projet.
Poursuivons avec M. Karl Malenfant,
l'ex-vice-président à l'expérience numérique de la SAAQ et un des principaux
artisans de la mise en place de SAAQclic. Il n'a pas directement transmis
l'information à la commission puisque les communications avec celle-ci étaient
signées par différents présidents-directeurs généraux de l'époque. Sa
responsabilité semble porter sur le fait d'avoir omis d'aviser la haute
direction et le conseil d'administration de la SAAQ de problèmes importants ou de leur avoir transmis de fausses
informations à certains moments au cours du projet. L'actuelle vice-présidente
à l'expérience numérique, Mme Caroline Foldes-Busque, est dans une
situation similaire.
L'analyse qui précède est compliquée par le fait
que la question de privilège vise la SAAQ et cinq personnes qui ne sont pas mentionnées directement dans le
rapport du Vérificateur général. Cependant, à ce stade-ci, il ne m'appartient
pas de déterminer le partage de leur responsabilité individuelle; cette tâche
reviendra à l'Assemblée. Je peux seulement constater qu'il est vraisemblable, à
première vue, que ces personnes soient impliquées dans cette affaire, celles-ci
occupant ou ayant occupé au sein de la société
d'État des postes névralgiques dans la gestion du projet et dans la reddition
de comptes à son sujet. On peut en déduire qu'en tant que dirigeants de la SAAQ
ils devaient savoir que le dossier ne tournait pas rond et qu'il était plus
qu'improbable que les indicateurs soient au vert. Le contraire, vous en
conviendrez, serait étonnant, car les dirigeants d'organismes publics ont la
responsabilité d'effectuer les suivis et de poser les questions qui s'imposent,
d'autant plus que SAAQclic était le plus grand projet de l'organisme. Dans le
contexte où la Commission de l'administration publique leur demandait un suivi
spécifique de la réalisation de ce projet, ils avaient la responsabilité de
s'assurer de fournir la meilleure information possible pour répondre aux
préoccupations de la commission et non de ne donner que celle qui faisait leur
affaire.
Je ne tiendrai donc pas de constat clair et
précis quant au rôle des cinq personnes visées dans l'avis du leader de
l'opposition officielle, qui ont toutes exercé des fonctions importantes à la
SAAQ à divers moments. Comme le reconnaît notre jurisprudence, en pareilles
circonstances, seule une enquête peut déterminer les rôles, les pouvoirs et les
responsabilités des nombreux acteurs impliqués. C'est pourquoi je ne le ferai
pas à ce moment-ci afin de laisser toute la latitude aux parlementaires pour
examiner l'ensemble de cette affaire.
Les faits
portés à ma connaissance, toutefois, sont suffisamment graves pour constituer
un outrage au Parlement à première vue
en ce qui concerne la société d'État elle-même. Non seulement la SAAQ a
transmis de fausses informations
à la Commission de l'administration publique, mais il m'apparaît que cela a été
fait intentionnellement.
Les états de situation de la SAAQ envoyait... Je
reprends ma phrase. Les états de situation que la SAAQ envoyait à la
commission ne faisaient pas état des problèmes importants du projet et les
omettaient. Alors que certains indicateurs de performance et d'avancement
étaient au vert dans les documents destinés à la commission, ils étaient au jaune ou au rouge dans ceux destinés au conseil
d'administration. Le rapport du Vérificateur général indique aussi que les
communications à la commission ne faisaient pas état de dépassements de coûts
par rapport au contrat initial.
En transmettant des données
d'avancement fausses, inexactes ou embellies à la Commission de
l'administration publique alors que cette dernière était préoccupée
précisément par l'avancement du projet CASA-SAAQclic, la SAAQ ne pouvait ignorer qu'elle entravait le pouvoir de
contrôle de l'Assemblée. Elle savait ou aurait dû savoir que les renseignements qu'elle transmettait à la
Commission de l'administration publique étaient incomplets, erronés ou
trompeurs. Cela est d'autant plus vrai que, en correspondant par écrit
avec la commission, la Société avait amplement le temps de réfléchir avec soin
à ses réponses et d'effectuer les recherches requises pour donner la meilleure
information aux parlementaires, elle ne peut
blâmer ici un témoignage oral non préparé et malhabile ou encore une erreur
administrative. Il est désolant de constater que la SAAQ et ses
dirigeants n'aient pas pris au sérieux les inquiétudes des parlementaires.
Par conséquent, au
regard de l'ensemble de ces éléments, je déclare la question soulevée par le
leader de l'opposition officielle recevable
afin que l'Assemblée puisse aller au fond de cette affaire. Je rappelle
toutefois ce que la présidence a déjà affirmé dans une décision le
19 mars 2015, et je cite : «...lorsque la présidence rend une décision sur
la recevabilité d'une question de privilège, il faut se garder d'interpréter
cette décision comme une condamnation de qui
que ce soit. Le fait que la présidence déclare une question de privilège
recevable n'équivaut pas à dire qu'un outrage a été commis.» Fin de la
citation.
J'ajoute
que les sociétés d'État et les organismes du gouvernement ne devraient jamais
tenter d'éluder leur obligation fondamentale de fournir à la Commission
de l'administration publique des renseignements fiables et véridiques, et ce,
sans égard à l'embarras que ceux-ci pourraient susciter. Il en va du respect du
rôle des députés et de leur capacité à exercer efficacement leurs fonctions. Je
souhaite faire miennes les observations suivantes de l'un de mes prédécesseurs,
et je cite : «Dans une démocratie
parlementaire, le rôle des élus est de contrôler les agissements de
l'administration, et, pour ce faire,
ils doivent pouvoir compter sur des informations valides. Toute personne qui
travaille pour l'État a l'obligation de respecter l'Assemblée nationale, son
rôle et ses membres. Une personne qui manquerait à ce devoir commettrait un des
gestes les plus graves pour un serviteur public. Servir l'État et les élus est
une tâche noble qui comporte un degré de probité sans faille.» Fin de la
citation.
Cette
citation est tout aussi d'actualité qu'elle ne l'était en 2016, et il est
primordial que la fonction publique québécoise garde en tête
l'importance de ses obligations envers les parlementaires et plus largement
envers l'institution qu'est l'Assemblée nationale du Québec.
Pour
la suite des choses, je souhaite faire quelques rappels, étant donné que le
leader de l'opposition officielle a déjà annoncé son intention de présenter
une motion en vertu des articles 70 et 324 du règlement.
D'abord, j'insiste
ici sur le fait que la présente question de privilège s'intéresse uniquement à
la question de savoir si la Commission de l'administration publique a été
induite en erreur et non aux autres éléments relevés dans le rapport du
Vérificateur général quant à l'octroi de contrats ou quant à l'utilisation des
fonds publics, par exemple. L'enquête qui pourrait découler de la présente
décision devra donc se limiter à l'objet de la violation de droit ou de
privilège et à en déterminer, le cas échéant, les responsables.
Ensuite, je souligne
que l'Assemblée est la seule compétente pour enquêter sur les atteintes à son
autorité et à sa dignité. Elle peut donc
faire enquête parallèlement à la commission d'enquête ordonnée par le
gouvernement récemment. La règle du sub judice n'aurait pas pour effet
d'empêcher l'Assemblée ou la Commission de l'Assemblée nationale de faire la
lumière sur les faits troublants évoqués dans le rapport du Vérificateur
général au sujet de la Commission de l'administration publique. Si cela est la
volonté des parlementaires, le processus prévu à notre règlement pourra suivre
son cours, et ce, sans entrave extérieure.
Finalement,
je souhaite rappeler à cette Assemblée, tout comme l'a fait mon prédécesseur
Jean-Pierre Saintonge, que la
présidence recommande fortement que des tiers visés par une question de
privilège soient entendus, et ce, même si le règlement ne l'exige pas. Il en va du respect des principes fondamentaux
de l'équité procédurale qu'une personne puisse faire valoir ses
observations avant d'être jugée sur ce qu'on lui reproche.
Je vous remercie
beaucoup pour votre attention.
Oui, M. le leader de
l'opposition officielle, je vous écoute.
M. Derraji : Très rapidement, Mme la
Présidente. Je tiens à vous remercier pour cette importante décision que
vous venez de rendre. Et sachez qu'il est de
mon intention de poursuivre la procédure jusqu'au bout et de demander à ce
que la Commission de l'Assemblée nationale fasse enquête sur toute cette affaire, c'est ce
que vous venez de mentionner. Merci encore une fois, Mme la Présidente.
La Présidente :
Et nous en sommes maintenant
rendus à la période de questions et de réponses orales. Et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, c'est la pagaille la plus complète dans le réseau de la
santé. C'est rendu un serpent à deux
têtes : d'un côté, le ministère, et, de l'autre, l'agence de recouvrement
Santé Québec. Les «top guns» ne se
sont pas entendus. Ce que l'on a constaté, c'est qu'on a plus de hauts
dirigeants, qui nous coûtent deux fois plus cher, aux Québécoises et aux
Québécois.
Le 22 mars dernier,
dans La Presse , l'admission était déjà claire par la P.D.G. de l'agence
de recouvrement, je la cite : «Des compressions budgétaires faites dans
l'urgence ont été moins bien réfléchies et des postes de hauts dirigeants — dont
on n'avait même pas besoin — dont
on n'avait pas besoin, après analyse, ont été créés.» Fin de la citation. Quel échec, Mme la Présidente! Et, pendant
ce temps-là, les patients et les patientes n'ont pas les services requis.
8 mars, dans La Presse , lettre
ouverte, cri du coeur, la Dre Isabelle Lamargese sonne l'alarme, elle est
cheffe de service de médecine nucléaire au CISSS de Lanaudière-Sud. En 2019,
nous avons investi 8 millions à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur pour une technologie de pointe, un scan pour
évaluer la progression des cancers, mais le gouvernement n'avait jamais prévu le budget de fonctionnement,
et l'organisation du travail est déficiente, ce qui fait dire à Dre Lamargerse :
«Ces délais auront une incidence sur la survie des patients. La détection
précoce du cancer du poumon permet une diminution de la mortalité.»
Que répond le ministre de la Santé?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Alors, Mme la
Présidente, je suis encore une fois très heureux de pouvoir faire les points
suivants.
Je pense que tout le monde reconnaît, Mme la
Présidente, que la transformation du réseau qu'on est en train de faire est une tâche qui est titanesque. Et, Mme
la Présidente, tout le monde reconnaît aussi qu'on est en période de transition.
Santé Québec a commencé en décembre dernier.
Alors, on est après quelques mois d'un processus de transition très important.
Et on reconnaît aussi que chacun des deux
groupes, c'est-à-dire le ministère, qu'on est en train de transformer pour qu'il se concentre sur les orientations, et
Santé Québec, qui se concentre maintenant sur les opérations... Qu'est-ce que
ça veut dire, les opérations, Mme la Présidente? C'est la santé physique, la
santé mentale, c'est les services sociaux, c'est, en fait, tous nos principes,
avec nos aînés.
Maintenant, Mme la Présidente, en parallèle,
Santé Québec fait un travail important en dehors de la transition pour être
capable, justement, de donner un service à nos patients. Et je pourrais vous
donner des exemples. On peut dire combien on réussit à baisser des chirurgies
de plus qu'un an depuis plusieurs mois.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : J'y reviendrai, Mme
la Présidente, parce que j'ai encore plusieurs exemples.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Tanguay : La
seule transition, Mme la Présidente, qu'on voit, c'est la transition de ce
mauvais gouvernement là vers la sortie. On a-tu hâte aux élections en
octobre 2026!
Pendant ce temps-là, sous ce régime-là,
caquiste, les gens meurent, Mme la Présidente, par manque de soins. Et j'en veux pour preuve la lettre ouverte signée
par Dre Lamergese, qui le constate : «Ces délais auront une incidence sur
leur survie. Par exemple, la détection précoce du cancer du poumon permet de
diminuer la mortalité.» Et ça, c'est la faute du gouvernement.
Alors, la transition, c'est la sortie d'octobre
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Très bien. Merci, Mme
la Présidente. Je vais continuer dans mes bons exemples.
Je pense que tout le monde reconnaît
l'amélioration des listes d'attente en chirurgie depuis plusieurs mois.
Deuxièmement, tout ce qui a été fait au niveau
du GAP, je pense, tout le monde reconnaît, on a maintenant l'intelligence artificielle qui est installée dans
75 de nos GMF, qui baisse le nombre de rendez-vous non pertinents, tous les médecins le reconnaissent. On a eu une
augmentation de nos services au GAP. Il y a plus que 1 million de patients
qui ont maintenant accès au GAP, qui n'avaient même pas accès à un
médecin de famille il y a de ça un an.
Maintenant,
pour les professionnels, pour notre personnel, qu'est-ce que Santé Québec a
réussi à faire? Regardez les statistiques qui sont sorties cette semaine
sur la main-d'oeuvre indépendante. On a réussi l'objectif à se départir de
main-d'oeuvre indépendante dans nos quatre grandes régions...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Alors, on va
mettre de côté l'intelligence artificielle, on va lui demander d'avoir une
intelligence naturelle.
La Presse , 10 mars, l'Hôpital Pierre-Le Gardeur, l'appareil pour scan
d'évaluation des cancers, le pneumologue, Dr Khalil, a un patient qui a un cancer du poumon. Il aurait dû
être vu dans la semaine. Il a été vu, ça a pris cinq semaines. Dr Khalil
témoigne, je cite : «On voit que la maladie — dans son cas — a
progressé de façon significative. Ses chances de guérison sont plus faibles à
cause du délai.»
Il répond quoi au
patient du Dr Khalil?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
...parce qu'on s'est fait
dire : Vous ne réussirez pas à avoir... à éliminer la main-d'oeuvre
indépendante; on est en train de le faire. On a réussi non seulement à
éliminer la main-d'oeuvre indépendante dans nos trois grandes régions du Québec
pour le moment, mais on a aussi été chercher 5 000 employés des
agences pour revenir dans le réseau. C'est
de ça qu'on a besoin et c'est ça que Santé Québec est en train de faire. On
entend parler beaucoup de coupures de
postes, mais qu'est-ce qu'on n'entend pas, c'est que ces coupures de postes là
sont pour remplacer des postes qui vont être faits dans les heures
défavorables, le soir et les fins de semaine.
Et je continue
encore. Toute cette réorganisation du travail, qu'est-ce que ça veut dire pour
nos employés, c'est moins de TSO...
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
...moins de temps supplémentaire. Et je pourrais continuer encore
longtemps.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, le
ministre de la Santé ne réalise pas que, sous sa gouverne, les gens meurent,
que ça ne marche pas, que son serpent à deux têtes, ça ne marche pas? Il ne
réalise pas ça?
Dr Khalil témoigne. Son patient, ses chances de guérison sont plus faibles à
cause du délai. Il a le cancer du poumon. Ils ont perdu un mois, c'est
déterminant. Aujourd'hui, il en est réduit à la chimiothérapie.
Le ministre, il
répond quoi au patient du Dr Khalil?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Mme la Présidente, j'ai dit souvent, au cours des derniers mois, parce que
cette question-là revient souvent, les cas
qui nous sont cités ici, on a souvent beaucoup d'empathie, et je le reconnais,
que la situation est difficile. Mais de dire qu'il n'y a pas d'amélioration,
c'est ne pas reconnaître l'évidence même, Mme la Présidente. Nous soignons
environ 125 000 personnes tous les jours, dans le réseau de la santé,
nos aînés, dans nos hôpitaux, dans nos CHSLD, dans les consultations avec les
spécialistes, avec les médecins, avec les omnis, plus de
125 000 personnes. C'est sans compter les 400 000 personnes
que nous soignons en soins à domicile.
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
Est-ce qu'il peut arriver des
fois où on n'a pas fait correctement? La réponse, c'est oui. Mais on
continue...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Pontiac.
M. Fortin : Je ne sais pas dans quel monde vit le ministre de la Santé, parce qu'à
l'extérieur des quatre murs de l'Assemblée, là, il y avait des gens aux
quatre coins du Québec qui manifestaient, hier, contre les compressions, la
centralisation, les fermetures de services. Les échecs du ministre de la Santé,
là, ils sont nombreux puis ils ont des conséquences directes sur les patients.
En février 2022, Mme
la Présidente, il y avait 383 patients atteints de cancer qui attendaient
une chirurgie depuis plus de deux mois, ce qui est médicalement inacceptable et
franchement inhumain. En 2023, ils étaient 480. L'année passée, ils étaient 485. Cette année, ils sont 577. Derrière des
chiffres, là, il y a des gens, il y a des parents, il y a des
grands-parents, il y a des enfants, il y a des Québécois qui se sentent lâchés
par le système. Ils se sentent abandonnés par le gouvernement et ils ne
comprennent pas les délais déraisonnables.
Mme la Présidente, il n'y
a personne, là, personne au Québec qui devrait être sur cette liste-là,
personne ne devrait attendre deux mois pour une chirurgie de cancer. Pourquoi
le ministre échoue à améliorer la chose?
Présidente : Je vous fais remarquer que votre tableau n'est pas
didactique, compte tenu de la mention au bas. La réponse du ministre.
M. Dubé : Mme la Présidente,
toutes ces données-là que le député de Pontiac utilise sont déjà dans nos
tableaux qu'on a décidé de rendre publics pour être capable de montrer
l'amélioration que l'on fait dans le réseau. Dans certains cas, il y a des
augmentations, pour des raisons soit saisonnières, manque de médecins, il y a
une foule de raisons. Mais il y a une chose
qui est importante, Mme la Présidente, c'est que ces changements-là qu'on est
en train de faire, globalement, ont
des bénéfices, je l'ai dit tout à l'heure. Lorsqu'on a commencé, il y a
plusieurs années, il y avait, après
la pandémie, 23 000 personnes qui étaient en attente d'une chirurgie
de plus qu'un an. Les dernières statistiques, la semaine dernière, montraient environ 7 000 personnes. Ça,
c'est 66 % de réduction juste dans les chirurgies de plus qu'un an.
Alors, je comprends très bien que le député de
Pontiac va chercher certaines données, mais l'ensemble de nos opérations est en train de s'améliorer. Je sais
que c'est difficile dans certains cas, particulièrement dans certaines régions,
mais c'est le rôle de Santé Québec de
s'assurer que, globalement, on s'améliore. Et on met l'attention sur certaines
régions quand nos gestionnaires ont plus de difficultés, pour un
ensemble de raisons.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, ça fait trois ans qu'on a la même
discussion avec le ministre de la Santé, qu'on lui pose la même question sur les patients atteints de cancer, pas
personne d'autre, là, juste les patients atteints de cancer. Ces gens-là,
ils ont fait des pieds et des mains pour avoir un rendez-vous avec un médecin.
Ils ont attendu sur la liste pour avoir... pour voir un spécialiste. Ils ont
attendu pour l'imagerie. Ils ont attendu pour voir un chirurgien. Puis là ils
attendent depuis deux mois pour voir un chirurgien. S'il y a une fois dans leur
vie où ils ont besoin du gouvernement, c'est celle-là. Pourquoi c'est pire
d'année en année?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Mme la Présidente, je
fais excessivement attention lorsqu'on est en train de travailler et de
négocier avec ma collègue présidente du Conseil du trésor, justement, avec nos
deux fédérations de médecins, notamment avec les spécialistes. C'est à ça que
réfère le député de Pontiac. Je vais être excessivement prudent dans mes
commentaires, aujourd'hui, parce que nous sommes en négociation. Mais j'aimerais
simplement dire aux Québécois qui nous écoutent que, cette préoccupation, nous l'avons. Nous voulons que les chirurgiens
puissent pratiquer. Nous voulons que les chirurgiens puissent pratiquer les soirs et les fins de
semaine. Il y a des discussions qui sont en cours en ce moment, qui n'ont pas été
réglées, et qui, j'espère, vont se régler dans les prochaines semaines par la
négociation.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin : Ça fait sept ans qu'ils sont en place, là, il nous dit :
Maintenant, on a une négociation. Les patients, là, ils savent que, de jour en jour, leur cancer, il
prend de l'ampleur. Ils savent que, de jour en jour, ils se rapprochent d'être
obligés de faire de la radio puis de la chimio. Ils savent qu'il peut y avoir à
chaque jour des conséquences irréversibles qui
se dessinent. Ils ont peur, Mme la Présidente, de mourir, et leurs parents,
leurs enfants, leurs amis, eux aussi, ils ont peur, Mme la Présidente, et
il n'y a rien qu'ils peuvent faire, à
part compter sur le gouvernement.
Pourquoi on tolère l'intolérable?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Mme la Présidente,
j'ai dit que je serais très prudent dans mes commentaires, ce matin, concernant
ce qui se passe avec les négociations avec
les médecins. Je rappelle aux Québécois que l'entente avec les deux
fédérations, elle est échue depuis le 1er avril 2023. Nous sommes
en 2025, et les négociations ont toujours cours. Alors, Mme la Présidente, vous
comprendrez que, ce qu'on peut faire dans nos établissements pour améliorer les
conditions qui ne sont pas dépendantes des ententes, nous le faisons. Je pense
qu'on aura des leviers supplémentaires, lorsque cette négociation-là sera
terminée, pour être capables de faire avancer nos dossiers, dont le rattrapage
des chirurgies...
La Présidente : En
terminant.
M. Dubé : ...dont j'ai parlé
tout à l'heure. Merci beaucoup.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance-Viger.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. On pouvait lire dans le journal La Tribune , le 21 mars
2025 : «On annonce des pelletées de terre, mais on ne creuse pas. On
promet des investissements, mais la facture n'arrête pas d'augmenter.» C'est ça
qui se passe au Québec depuis que la CAQ est en charge. Les dépassements de
coûts et les retards sont monnaie courante dans nos grands projets
d'infrastructure.
En 2020, la CAQ s'est donné le projet de loi
n° 66 dans le but d'accélérer les projets d'infrastructure au Québec. Cinq
ans plus tard, sur 180 projets, seulement 42 ont été livrés. Ça, c'est
23 % des projets qui ont été réalisés. On est loin de la note de passage, Mme la Présidente. Faites le calcul, c'est
140 projets non réalisés. L'impact est réel, sur le terrain, et les
Québécois n'ont pas les services. C'est un échec.
Mme la Présidente, ma question est simple, au
ministre des Infrastructures : C'est comme ça que les «big things get
done», à la CAQ?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Julien : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, on a pris des mesures pour accélérer les projets
d'infrastructure au moment où on avait la pandémie. Et, naturellement, là, ma
collègue au Trésor, c'était un geste qui était pertinent et nécessaire. Et ce
que ça permettait, c'est de donner des mesures pour les projets. Ce n'était pas
une obligation de les prendre, mais une panoplie de projets pouvaient
bénéficier de mesures d'accélération, et certains d'entre eux en ont bénéficié.
Maintenant,
quand on regarde les projets qui sont réellement livrés, au Québec... Parce que
j'entends des choses, j'entends que le Plan québécois des infrastructures,
c'est un stationnement, les projets n'avancent pas, on ne livre pas les
projets. Bien non, ce n'est pas... ce n'est pas la vérité, Mme la Présidente. Ça,
c'est l'historique, l'historique des investissements. Ce n'est pas les
investissements à venir; ça, c'est le Plan québécois des infrastructures,
164 milliards, c'est à venir dans les 10 prochaines années. Ça, c'est
ceux qui ont été effectivement réalisés pour les infrastructures publiques, au
Québec, en rattrapage, en maintien d'actif, en santé, éducation, réseau routier
et tous les autres secteurs. Quand on est arrivés, les libéraux livraient
9,1 milliards d'infrastructures.
La Présidente : En terminant.
M. Julien : L'an dernier, on va
avoir livré 19,4, plus que le double.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rotiroti : Merci,
Mme la Présidente. Bien, parlons des projets, M. le ministre, que vous avez mis
dans le projet de loi, qui étaient
supposés être accélérés avec le p.l. n° 66 :
l'hôpital... l'agrandissement de l'Hôpital de La Malbaie, depuis 2019; l'agrandissement du bloc opératoire
Chicoutimi, depuis 2021; la construction de l'école à L'Île-des-Soeurs,
depuis 2019. Et j'en passe, Mme la Présidente, parce que le temps file, mais
j'ai une liste, là, qui est assez longue.
Est-ce que le ministre est fier de son bilan?
La Présidente : Et je vous
rappelle, Mme la députée, que vous posez votre question, aussi, à la
présidente. La réponse du ministre.
M. Julien : Oui, Mme la Présidente. La LACPI, qu'on appelle,
la loi, en fin de compte, qui a permis l'allègement de certains éléments
pour que les projets avancent plus rapidement, c'est également pour la
planification préalable aux projets, des
mesures sur l'environnement, des mesures qui nécessitent, avant la réalisation
des projets, qu'on puisse y mettre des allègements. Encore là, on permet
aux projets de bénéficier de ces allègements-là, et plusieurs le font.
Mais, si on revient sur le bilan des
réalisations de notre gouvernement, je vous ai montré l'augmentation des
investissements, là, c'est plus que le double, parce qu'effectivement l'incurie
du Parti libéral, dans ses années, qui à la fois n'investissait pas assez en
bonification, mais surtout en maintien d'actif...
Présidente : En terminant.
M. Julien :
...a fait en sorte qu'on a eu un parc immobilier totalement détérioré. On
répare les pots cassés.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Écoute, on parle d'allègement, ils se sont donné un
projet loi pour que les projets vont plus vite. 23 % de ces projets-là
sont réalisés. Il est fier de cette note-là? 23 %, M. le ministre, puis
vous êtes capable de vous lever pour vous vanter aujourd'hui en Chambre? Je
vous le répète, 140 projets qui n'ont pas été réalisés. Le bilan de la
CAQ, c'est un échec total.
Pourquoi la CAQ
s'engage-t-elle à faire des projets qu'ils sont incapables de réaliser?
La Présidente :
Et je vous rappelle que vous vous adressez à la présidence. La réponse du
ministre.
M. Julien : Mme la
Présidente, vous savez comment je
suis respectueux, alors je vais juste dire que le Parti libéral
n'investissait pas en infrastructures et n'ont pas fait de maintien d'actif.
Et, quand j'entends des soupirs... 9,1 milliards d'investis à votre dernière année au pouvoir, 19,4 milliards
investis cette année. Alors, certains diraient : Bien oui, mais vous ne livrez pas les projets. Depuis qu'on est
au gouvernement, la CAQ a livré 291 projets de plus de 20 millions,
mis en service, ça, là, en santé, en
éducation, les écoles, en travaux routiers. On en fait plus que jamais. Mais
c'est vrai qu'ils nous ont laissé un fouillis, et ça va prendre un
certain temps, de rétablir...
La Présidente :
C'est un peu bruyant, là. Chut, chut! Je vais vous identifier les uns après les
autres.
Présidente : S'il
vous plaît! Il y a une seule personne qui a le droit de parole ici. Mme la
députée! Une seule personne a le droit de parole ici, et je veux
l'entendre, c'est la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. La CAQ est arrivée au pouvoir en promettant du
changement, moins de bureaucratie, moins de
gaspillage, plus d'efficacité. Le premier ministre se vantait d'avoir une
équipe de gestionnaires chevronnés, qui vient du monde des affaires,
puis eux autres, ils savent comment ça marche, là, toutes les affaires, puis
eux autres, là, ils l'ont.
Le premier ministre
et son ministre nous disaient qu'ils allaient se servir des meilleures pratiques
du privé pour les appliquer dans le système de santé. Bien, c'est exactement ça
qu'a fait la CAQ, Mme la Présidente, ils ont appliqué les pratiques du privé en
santé. Mais moi, je pensais que c'était pour offrir plus de services à la
population, des services plus efficaces, plus rapides. Je pensais que c'était
pour augmenter la rétention du personnel. Bien non, on s'est tous trompés.
Finalement, s'inspirer du monde des affaires, pour la CAQ, c'est sortir le
chéquier pour attirer des «top guns». S'inspirer
du privé, c'est penser que, parce que tu paies quelqu'un plus cher, cette
personne-là va être plus productive puis elle va offrir bien plus de
résultats.
Le ministre a promis
de shaker les colonnes du temple. Tout ce qu'il shake, c'est le portefeuille
des «top guns» de Santé Québec. Les salaires des hauts dirigeants sont passés
de 3,7 millions de dollars à 7 millions de dollars. C'est presque le
double, Mme la Présidente. Pendant ce temps-là, bien, les Québécois, ils n'ont
pas plus de services.
C'est ça, la
refondation du système de santé qui a été promise par le ministre?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Alors, écoutez, Mme la Présidente, je vais répondre pour la santé, mais, en
termes d'introduction, j'aimerais demander à la cheffe... la cocheffe, pardon,
de la deuxième opposition de m'expliquer si elle est contre les augmentations
de salaire qu'on a données en éducation, en santé, à tout notre personnel. Parce
qu'elle est contre les augmentations de
salaire. Alors, je veux juste bien comprendre, avant de répondre spécifiquement
sur la santé, s'il y a un problème avec les augmentations de salaire
lorsqu'elles sont requises. Vous lui poserez la question.
Deuxièmement,
pour revenir à la question de la santé, on a eu un bel exemple, Mme la
Présidente, avec ce que vous nous avez cité, là, dans votre opinion sur
SAAQclic, comment il est difficile de gérer correctement des dossiers
d'informatique. Moi, j'ai eu connaissance de dossiers d'informatique, quand
j'ai pris la Santé, où je me suis dit : C'est inacceptable, la façon dont
nos dossiers informatiques sont gérés. Qu'est-ce qu'on a fait, avec Santé
Québec? On est allés chercher des personnes
excessivement compétentes, qui sont capables de gérer des projets de cette
importance-là, qui sont capables de les prendre au début, jusqu'à la
fin.
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
Je pourrai continuer, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, le ministre n'a pas perdu de temps pour créer une
catégorie toute spéciale pour ses «top
guns». J'aimerais ça qu'il regarde en pleine face les éducatrices en CPE qui
sont dans la rue aujourd'hui puis qu'il leur justifie sa décision d'augmenter
ses «top guns», qu'il se justifie auprès des dizaines de milliers de femmes
qui attendent depuis 10 ans leurs chèques pour l'équité salariale.
Quel
message la CAQ envoie à toutes ces femmes? Aurait-il le courage de regarder ces
femmes en pleine face puis de leur dire pourquoi il considère que ses
«top guns» ont plus de mérite?
Présidente : La réponse du... Non. La réponse de la présidente du
Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Mme la Présidente,
je pense qu'on va remettre les choses en ordre, là. Ce gouvernement-ci a
fait plus pour les femmes qui sont des
travailleuses de l'État, qu'on parle de la santé, l'éducation, les CPE, que
tous les gouvernements réunis ici, en face, dans les dernières années.
Ceci
étant dit, plus particulièrement sur ce qui se passe avec les CPE et la CSN, le
règlement, il est à portée de la main
du syndicat et l'effet pour les éducatrices sur le terrain est à portée de la
main. Ce sont de bonnes conditions
de travail qu'on offre et qui ont été acceptées par les deux autres syndicats.
Je les invite à régler rapidement. C'est
prêt.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, ma question s'adresse au ministre de la Santé, sur
l'augmentation de salaire de ses «top guns»
à lui, de 89 %. On n'aurait jamais chialé, s'il avait donné cet argent-là
aux femmes qui attendent, qui sont dans la rue aujourd'hui pour
défendre... qui s'occupent de nos enfants. Avec cet argent-là, on aurait pu en
faire, des choses : sauver des unités en santé mentale qui ferment en
Abitibi et à Québec, sauver les unités d'obstétrique sur la Côte-Nord et en
Gaspésie, ouvrir le bloc opératoire de l'urgence à La Tuque.
J'aimerais entendre
le ministre répondre à ces gens-là.
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Oui. Bien, oui, certainement, Mme la Présidente. Dans les personnes, dans
les gestionnaires avec grande expertise
qu'on est allés chercher, Mme la Présidente, il y a plusieurs femmes. Est-ce
que c'est un reproche qu'on nous fait, d'être allés chercher des femmes
d'expérience dans la gestion de Santé Québec? Je pense à la présidente, Mme la
Présidente, je pense à la responsable de l'informatique, dont je parlais tout à
l'heure, qui est une femme excessivement
compétente qu'on est allés chercher. Je pense à la personne qui est responsable
de tous les systèmes d'information
des finances, qui, pour la première fois, est capable de nous sortir des états
financiers mensuels pour qu'on puisse voir l'amélioration...
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
...d'un réseau qui dépense 1 milliard par semaine. On est allés
chercher des gens excessivement compétents.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Mme la Présidente, pendant que le ministre enchaîne les déclarations en
affirmant qu'il a aidé un nombre record de personnes à sortir de la rue, sur le
terrain c'est tout autre chose. La cohabitation dans le métro est au point de
rupture, les campements débordent, l'itinérance n'a jamais été autant visible.
Comment on explique
ça, Mme la Présidente? C'est parce que le ministre ne tient pas compte, dans
son calcul, de tous ceux et celles qui ont été jetés à la rue en raison des
politiques de la ministre de l'Habitation, qui, elle, refuse de contrôler les
hausses de loyer, au Québec, des hausses de loyer de 50 %, 60 %, des
fois 600 $ de plus par mois. Qu'est-ce qu'on fait quand on ne peut plus se
les payer? Eh bien, on se retrouve à la rue.
Mme la Présidente,
j'ai une demande, ce matin. Est-ce que le ministre des Services sociaux peut
enfin parler à sa collègue de l'Habitation
pour que la CAQ arrête une fois pour toutes de tirer dans la chaloupe? Le monde
actuellement en logement, là, on peut-tu les garder dans leurs logements?
Il me semble que ce n'est pas compliqué.
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je pense, je vais répéter ce que je répète
depuis plusieurs semaines dans cette Chambre, la vraie solution à la crise du
logement puis aux situations qui sont décrites par mon collègue de l'opposition, c'est d'augmenter l'offre de logements. Je le
sais que ça ne fait pas plaisir, là, d'entendre ça, mais c'est ça, la solution.
On peut se conter toutes sortes d'histoires, on peut essayer de légiférer de
toutes sortes de manières, la vraie solution, c'est d'augmenter l'offre, puis
c'est ce sur quoi on travaille.
Plus de
6 milliards, depuis qu'on est en poste, pour s'occuper des gens, autant de
la brique que des gens vulnérables. Plus de 24 000 unités en
construction. On multiplie les approches. Avant, on se cantonnait dans un seul
programme de subvention tout à fait inefficace, qui n'a rien donné pendant des
années : 15 000 unités accumulées par les gouvernements précédents, un arrérage qui ne sortait pas de terre.
Tout ça sort de terre, Mme la Présidente. On a ajouté plusieurs dizaines de milliers... plusieurs
milliers d'unités par-dessus ça, on est à 23 000, 24 000, dont 6 000
cette année, 9 000 l'année prochaine. Et les choses bougent, puis
je pense que c'est ce qui ressort du terrain aussi.
Présidente : En terminant.
Mme Duranceau :
Alors, Mme la Présidente, bien ouverte à entendre des solutions de la part
de...
Présidente : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme
la Présidente, ça tourne en rond, là. Les loyers montent, le monde ne peut plus
se les payer, se retrouve à la rue, le ministre des Services sociaux sort un
programme ou le bonifie. Heureusement, les gens retournent en logement, sauf que, qu'est-ce qui arrive, les loyers
montent, ils ne sont plus capables de se les payer, se retrouvent à la rue, et
ainsi de suite.
La question est claire :
Quand est-ce qu'on arrête ce cercle vicieux, Mme la Présidente?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Alors, on est le
gouvernement qui a aidé aussi les gens les plus vulnérables. Sur le plan
financier, on a remis de l'argent dans les poches des contribuables. Ça, ça
aide à payer le loyer, ça aide à payer l'épicerie. Par ailleurs, Mme la
Présidente, je le répète, on multiplie les programmes, on multiplie les façons
d'intervenir pour sortir du logement plus
rapidement. C'est sûr que, si les gouvernements précédents s'étaient occupés de
ça puis que c'était un dossier qui
avait été important pour eux, on n'en serait pas là. Mais là, aujourd'hui, on a
une approche qui est systématique, qui a été chirurgicale. On est
efficaces dans la façon de déployer l'argent...
Présidente : En terminant.
Mme Duranceau :
...et puis, surtout, on veut en faire le plus possible avec le dollar qui
est investi.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, la ministre nous parle de programmes d'aide, mais c'est confusion
totale entre les deux ministres sur la question du Programme de supplément au
loyer, supposé permettre aux plus vulnérables de payer
leur logement et sortir de la rue. Aux États généraux sur l'itinérance, la
ministre de l'Habitation avouait que l'argent du programme n'avait pas été tout
utilisé, en raison de ses critères trop sévères. Or, en crédits, la semaine
dernière, le ministre des Services sociaux, lui, nous a dit le contraire. Ah
bien! Confusion totale.
Mme la Présidente, de
savoir que le ministre des Services sociaux et que la ministre de...
La Présidente :
La réponse du ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Alors, notre collègue aime les
faits. Je l'invite à consulter la page C.53 du budget, qui parle du
Programme de supplément au loyer et du programme d'allocation-logement. Alors,
il y avait 96 000 unités en 2021‑2022, nous en sommes maintenant à
179 000 unités. Et c'est pour ça qu'on travaille sur la construction de logements, mais, lorsqu'il
n'y a pas de logement, on les aide à payer le loyer. Et, dans le dernier budget,
il y avait 1 000 unités supplémentaires, avec les soins, justement,
pour les personnes en situation d'itinérance. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente.
Environ 8 % de la musique écoutée sur les plateformes en ligne au Québec
est francophone, et, quand on prend les 10 000 chansons les plus
écoutées, c'est à peu près 5 % qui est de la musique québécoise. Si on ne fait rien pour améliorer
drastiquement la découvrabilité de notre musique, qu'est-ce qu'il va advenir
de notre culture distincte et de notre identité?
y a une initiative extraordinaire qui a été développée par la société des
auteurs-compositeurs du Québec, il s'agit de MUSIQC.ca. C'est une solution superaccessible, gratuite, efficace,
extraordinaire. J'invite d'ailleurs tous les députés à installer le lien sur leur téléphone pour
l'essayer, vous allez découvrir de la musique extraordinaire. Mais là le ministre
les laisse tomber, le ministre de la Culture. MUSIQC.ca a besoin d'argent pour
promouvoir et faire rayonner leur plateforme,
et faire découvrir la musique québécoise francophone, et le musique refuse de
les... le ministre, pardon, refuse de les financer. C'est quoi,
exactement, la logique? Ça coûterait à peu près 400 000 $ par année.
Est-ce que le
ministre s'engage à les soutenir?
Présidente : La réponse du ministre de la Culture et des
Communications.
M. Lacombe : Merci, Mme la Présidente.
Bien, d'abord, merci au collègue de poser cette question sur la découvrabilité
des contenus culturels en ligne. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, j'en
ai fait mon cheval de bataille depuis que je suis arrivé en poste, en 2022,
notamment le projet de
loi sur lequel on est en train de travailler, qui sera
une première au Québec, donc s'assurer d'assumer pleinement notre champ de
compétence en culture aussi dans l'univers numérique, alors que de plus en plus
les gens consomment de la musique, comme notre collègue de Jean-Lesage vient de
le mentionner, sur les différentes plateformes.
C'est une
exceptionnelle initiative dont parle notre collègue aujourd'hui. D'ailleurs,
c'est pour cette raison-là qu'on l'a soutenue déjà, qu'on la soutient depuis le
départ. Elle a été rendue possible grâce à un agent de développement numérique qui travaille dans l'organisme en
question, qui a été financé par le gouvernement. Il y a eu aussi du financement
qui a été offert au démarrage.
Maintenant,
on est dans une phase où on regarde comment tout ça est en train de se
dérouler. Évidemment, il y a beaucoup de projets culturels au Québec. On les
soutient, on regarde comment tout ça va se poursuivre. Et, par la suite, si
c'est véritablement un succès, comme les indices semblent nous le laisser
deviner, on sera au rendez-vous...
Présidente : En terminant.
M. Lacombe :
...pour continuer de les épauler.
Présidente : Première complémentaire.
M. Zanetti :
Bon, le ministère a soutenu un salaire, le CALQ a donné
100 000 $. Ce n'est pas grand-chose, ça a permis de faire quelque
chose d'extraordinaire. Et là ce qui est paradoxal, c'est que, pour que ça
marche, il faut faire rayonner la patente. Et là c'est comme s'il disait :
Rayonnez, puis, si vous rayonnez, on va vous soutenir pour que vous rayonniez.
400 000 $ par année pour trois ans, c'est ce qui est demandé. Les
millions pleuvent pour les entreprises, au Québec, souvent des
entreprises étrangères, puis là, pour la culture, tout à coup,
400 000 $, ça a l'air d'être trop.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lacombe : Mme la Présidente,
je vois que mon collègue est bien informé, donc, je trouve que c'est admirable.
Donc, il voit bien qu'on est présents depuis le début du projet. Si nous n'avions
pas subventionné l'agent de développement
numérique qui a travaillé là-dessus, le projet n'existerait pas aujourd'hui. Si
le Conseil des arts et des
lettres n'avait pas offert un 100 000 $ pour le démarrage du projet,
ça n'existerait pas aujourd'hui.
Mme la Présidente, il y a plusieurs projets
partout au Québec. Celui-ci en est un, en est un bon. C'est la raison pour laquelle on était là dès le départ, c'est la
raison pour laquelle on continue de regarder ça et qu'on sera au rendez-vous,
si c'est véritablement un succès. Il y en a
d'autres aussi, je pense à la Vitrine culturelle, par exemple, qui était
auparavant à Montréal, qui s'est étendue partout au Québec, où on peut
fédérer toute l'offre culturelle qui est offerte sur le territoire québécois...
La Présidente : En terminant.
M. Lacombe : ...sur une seule
et même plateforme. On est présents sur le terrain, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : Mme
la Présidente, l'argent que le ministère et que le CALQ y ont mis va être perdu
si maintenant on ne les soutient pas pour faire rayonner l'affaire. Il faut que
ça continue, c'est là, il faut que les gens... on puisse continuer à faire exister ça, qu'il y ait des nouvelles listes
de lecture qui soient créées, que la chose puisse être découverte, sinon on va
perdre ce joyau-là.
Et, par
rapport au projet de
loi sur la découvrabilité, justement, ça fait un an que le
rapport a été déposé. À quand le projet de loi? Est-ce qu'on peut
s'attendre à un dépôt d'ici la fin avril?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lacombe : Mme la Présidente,
l'échéance ne change pas. Donc, j'avais pris un engagement, au moment du dépôt du groupe d'action sur... du rapport du
Groupe d'action sur l'avenir de la langue française, donc on tient... on maintient
cet engagement-là. Donc, Mme la Présidente, on ira de l'avant.
Mais sinon je répète à mon collègue ce que je
viens tout juste de lui dire sur MUSIQC, on continue de regarder comment tout
ça va. Évidemment, des projets, il y en a beaucoup, au Québec, on ne peut pas
tous les financer à 100 % dès le
départ. On les a financés pour le démarrage, on regarde comment tout ça va se
dérouler. Mais mon équipe et moi, on garde un oeil là-dessus, parce que
c'est vrai que c'est un bon projet.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont tient littéralement avec de la
broche. On parle de le moderniser depuis une bonne douzaine, une bonne
quinzaine d'années. La CAQ s'y est d'ailleurs engagée deux fois plutôt qu'une,
d'abord en août 2021, puis, en septembre 2023, c'était réglé :
début des travaux, automne 2024.
Après des mois d'incertitude, là, au cours de
l'automne dernier, dû aux coupures en santé, on s'attendait au moins à des développements lors du dépôt du budget
de la semaine dernière. Coup de théâtre, HMR est toujours en phase de
planification. Pas de travaux prévus. Pourquoi? On ne sait pas trop.
L'échéancier, inconnu, et le ministre de la Santé refuse toujours de se
commettre pour l'avenir. La CAQ a donc fait le choix de renier sa parole de
débuter les projets de rénovation dans les
plus courts délais. On sait d'ailleurs que, du côté de l'hôpital et de la SQI,
on est fin prêts pour les premiers appels d'offres.
Mme la
Présidente, pendant que le ministre se défile, est-ce que la députée de Pointe-aux-Trembles peut se lever et justifier la décision du gouvernement?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé :
Alors, Mme la Présidente, j'ai eu l'occasion plusieurs fois, dans les
derniers jours, de revenir sur l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et j'en remercie
mes collègues, parce qu'il est important de préciser des choses à ce sujet-là.
Premièrement,
nous avons répété, j'ai été très clair, ce projet-là va arriver le plus
rapidement possible. Notre ministre responsable
aux Infrastructures a bien expliqué combien d'argent est disponible en ce
moment dans nos différents secteurs, mais ce qu'on a pris comme
décision, au cours des dernières semaines, c'est de s'assurer au moins que nos
projets qui étaient commencés... parce que, par exemple, en santé, pour ce qui
nous concerne, il y avait énormément d'hôpitaux qui avaient besoin d'être
terminés, parce que les conditions de désuétude étaient inacceptables dans plusieurs,
comme c'est le cas à Maisonneuve-Rosemont. La différence avec
Maisonneuve-Rosemont, c'est, lorsque l'on commence, les montants en cause sont très grands, alors il faut s'assurer qu'on a la
place au PQI pour être capable de faire ce projet-là.
Alors,
ce qu'on a décidé de faire, c'est de faire les projets qui étaient en cours et
d'essayer de trouver des solutions le plus rapidement possible pour être
capable de commencer Maisonneuve-Rosemont.
Présidente : Première complémentaire.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, je constate que la députée de Pointe-aux-Trembles ne se
lève pas pour défendre la décision de son gouvernement de ne pas défendre les
citoyens de l'Est de Montréal pour qu'ils aient un établissement adéquat, j'en comprends qu'elle est d'accord avec la
décision, mais, pour le ministre de la Santé, j'aimerais savoir, là,
avec ce qu'il vient de nous expliquer, à quand est-ce qu'on remet le projet de
rénovation de l'hôpital.
Est-ce qu'il peut
nous donner le début du commencement d'un échéancier pour les appels d'offres?
Présidente : Et je vous rappelle, M. le député, que le gouvernement
répond par la voix de son choix. Il s'agit du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Moi, j'ai demandé quelques fois cette semaine à un des députés qui
me posait la question, puis je vais le redemander au député des
Îles-de-la-Madeleine, quels sont les projets en santé qu'il faudrait couper,
que nous réalisons en ce moment — je vais vous donner des exemples — pour
être capable de dire qu'on pourrait commencer demain matin Maisonneuve-Rosemont
avec le budget que nous avons dans le PQI.
Est-ce qu'on devrait
arrêter Vaudreuil-Soulanges, où nous allons mettre, cette année,
737 millions? Est-ce qu'on devrait arrêter l'Hôpital de L'Enfant-Jésus qui
est en train de se terminer pour 177 millions? Est-ce qu'on devrait arrêter l'hôpital Le Gardeur qui, enfin, a un
projet important avec 240 lits? Est-ce qu'on devrait arrêter la maison
Marie-Le Ber? Est-ce qu'on...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Arseneau : Mme la Présidente, ce
sont ses engagements, ses promesses de réaliser ces projets-là. D'ailleurs,
dans une entrevue hier à LCN, le ministre de la Santé a dit qu'il manquait
d'argent, oui, pour remplir un paquet de ses promesses, puis qu'il n'y a
pas que HMR, et qu'il allait préparer... qu'il préparait d'autres annonces de
d'autres projets d'infrastructures qu'on ne va pas réaliser, à la CAQ.
la Présidente, on a combien encore de promesses caquistes qu'on a décidé de
renier en raison de la mauvaise planification et de la mauvaise gestion
de ce gouvernement?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
Savez-vous, Mme la Présidente, ce serait très tentant pour moi, vraiment
très tentant... quand j'ai entendu... de dire qu'on choisit des projets où
c'est un député de la CAQ, je serais tenté de répondre, mais je pourrais aussi
vous donner des exemples de tous les projets que nous réalisons en ce moment
qui sont dans des comtés qui ne sont pas de
la Coalition avenir Québec. Et, alors, Mme la Présidente, si on veut jouer
cette partie-là, ça peut se jouer à deux.
Nous sommes très,
très, très responsables de faire les projets qui sont importants.
Maisonneuve-Rosemont, Mme la Présidente,
c'en est un, j'y ai été souvent, il y a un besoin important. Nous sommes à
trouver une solution pour être capables de faire Maisonneuve-Rosemont.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Mme la Présidente, avec le projet de loi n° 89, le
ministre du Travail veut modifier le Code du travail en se basant sur des
concepts nébuleux, malléables, ouvrant la porte à l'arbitraire. Au-delà de ce
qu'il y a dans le projet de loi n° 89, je ne peux pas croire qu'il a
présenté son projet de loi et son idée au caucus, en comité ministériel, au
Conseil des ministres, puis que personne ne se soit souvenu, par exemple, de la
commission Charbonneau, où on avait mis à jour un prêt de la FIPOE à Tony
Accurso de 8 millions de dollars, que personne ne se soit
préoccupé de la bataille épique menée par cette déléguée syndicale d'une école
pour avoir accès aux états financiers du Syndicat de Champlain, ce qu'elle
avait droit, et qui a dû s'adresser au tribunal pour l'avoir, ou encore que
personne ne lui ait mentionné l'enquête de Sarah-Maude Lefebvre et Jean-Louis
Fortin, du Journal de Montréal , sur les dépenses de la FTQ-Construction,
des camionnettes avec toutes les options.
Pourquoi est-ce qu'il
n'a pas inclus la...
Présidente : La réponse, du côté du gouvernement, du ministre du
Travail. On l'écoute.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. On va y aller étape par étape. Ce projet de loi
là s'intéresse à la protection des besoins fondamentaux de la population en
permettant d'établir un niveau de service minimal pour les personnes, notamment, qui sont en situation de
vulnérabilité suite à une grève ou un lock-out. Si mon collègue fait référence
à des dépenses exorbitantes, il y a
eu un débat sur la place publique. J'ai constamment répété que les cotisations
syndicales devaient être utilisées à des fins de formation,
représentation, négociation et pas à des fins personnelles, notamment comme ce
qui a été révélé récemment, ou à des fins d'idéologie ou de prise de position
qui ne sont pas compatibles nécessairement avec celles des salariés syndiqués.
Alors, ceci dit, pour
le projet de loi n° 89, on a terminé les consultations particulières, on
va amorcer incessamment l'étude détaillée,
article par article, avec les partis
d'opposition, dont mon collègue, et on va s'assurer d'aller de l'avant. C'est
un projet de loi qui est perfectible, il faut l'améliorer pour le bénéfice des
Québécois et des Québécoises.
Présidente : Première complémentaire.
M. Chassin : Je dois reconnaître que le ministre s'était déclaré choqué
et profondément outré des dépenses. Alors, si son projet de loi est
perfectible, est-ce qu'il est ouvert à revoir, par exemple, le projet de loi de
son collègue, actuellement ministre de la Sécurité publique, qui, en 2011,
proposait la transparence financière, des états financiers vérifiés, envoyés au
ministre puis rendus publics? C'est tout simple. On pourrait l'ajouter.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. On aura l'opportunité d'en discuter certainement.
Je vois mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve sourire, même rire. Écoutez, la
transparence syndicale, il faut rappeler à nos collègues qu'actuellement il y a
article 47.1 du Code du travail qui prévoit la divulgation d'états
financiers de la part des syndicats et
qu'une personne membre d'une unité d'accréditation syndicale peut demander d'en
recevoir copie. Est-ce qu'il y a matière à améliorer cet article-là? Je
pense que oui. Encore une fois, l'objet du projet de loi n° 89, c'est de
considérer davantage les besoins de la population, de trouver un bon équilibre,
et on va y aller étape par étape.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Chassin : C'est important, Mme la Présidente, de rappeler que la
formule Rand, c'est presque un pouvoir, dans
le fond, de taxation délégué, parce qu'on prend des cotisations directement sur
la paie, que les cotisations syndicales, les indemnités de grève, ce
n'est pas imposable, que les fonds de travailleurs sont largement subventionnés
aussi. Ce serait logique, pour la protection du public mais pour aussi pouvoir
voir ces états financiers, qu'on puisse les divulguer, et même l'article de loi
ne garantit pas que les syndiqués ont accès...
Présidente : La réponse du ministre du Travail.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Écoutez, il faut quand même reconnaître que la formule Rand,
qui permet... ou qui oblige un employeur de déduire à la source le
montant de cotisation syndicale déterminé par le syndicat, ça remplit quand
même un rôle qui est précieux, qui permet à des syndicats d'avoir une vitalité
dans les milieux de travail. Je sais que ça
aussi, ça peut faire l'objet d'une discussion. Je le répète, le projet de loi
n° 89 vise à trouver un bon équilibre entre les besoins de la population et l'exercice d'un droit de grève. La
transparence syndicale, on y travaille. La formule Rand, on pourra certainement
en discuter. Ce n'est pas mon intention à ce stade-ci.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière.
Mme Caron : La
CAQ est rendue tellement loin dans ses coupures que des CISSS exigent que des
aînés paient leurs soins à domicile s'ils vivent en RPA et qu'ils ont
5 000 $ ou plus dans leur compte de banque. Ça, Mme la Présidente,
ça va à l'encontre de la
Loi canadienne sur la santé, ça va à l'encontre de la
politique de soutien à domicile, actualisée en 2023. Les services d'aide à
domicile déterminés dans les plans d'intervention doivent être accessibles de
façon universelle et équitable, sans égard aux revenus.
De quel droit
des CISSS exigent-ils d'examiner la situation financière des aînés qui ont
besoin de soins? De quel droit
vont-ils piger dans le compte bancaire des aînés qui ont 5 000 $ et
plus? C'est une taxe aux aînés. Ça se passe dans le Bas-Saint-Laurent et
en Estrie.
La ministre peut-elle nous dire dans combien
d'autres régions ça se passe et pourquoi elle autorise ça?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable des Aînés.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, nous avons comme priorité d'offrir les meilleurs soins et services
aux aînés qui ont besoin d'hébergement, au
Québec, qu'ils soient en CHSLD privé, qu'ils soient en CHSLD public, en RPA,
en maison des aînés, au niveau du soutien à domicile. Et il y a des règles qui
existent, au Québec, depuis de nombreuses années.
Les aînés qui sont hébergés dans nos CHSLD publics paient pour leurs services. Alors,
ce n'est pas une annonce de la CAQ, là, que je suis en train de faire.
Je suis en train de vous expliquer que cette situation d'allocation que les
aînés doivent payer, c'est un programme qui existe. Alors, pour, par exemple,
une chambre privée avec tous les services en
CHSLD, c'est environ 1 800 $ qu'un aîné doit payer. Les aînés qui
n'ont pas beaucoup de revenus, bien, il y a une façon de demander des exemptions. Tout ça est évalué au
moment de l'admission en CHSLD public. On appelle ça le programme de
contribution de l'usager.
La Présidente : Cela met fin
à cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour ce faire, je cède la
place à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci. Bonne fin
de journée, tout le monde.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous poursuivons. En fonction de nos règles et de l'ordre établi précédemment, des motions sans préavis, je
reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais saluer tous les... toutes les éducatrices et les
travailleurs, travailleuses des CPE qui sont en grève aujourd'hui.
Mme la
Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec la ministre de la Famille, la députée
de Westmount—Saint-Louis,
le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale souligne le travail
essentiel accompli par les éducatrices en services de garde éducatifs à
l'enfance, qui contribuent à l'éducation et au bien-être des tout-petits;
«Qu'elle reconnaisse le rôle fondamental du
réseau de la petite enfance, en particulier des centres de la petite enfance,
dans l'offre de services de garde de qualité, favorisant l'égalité des chances
pour tous les enfants du Québec;
«Qu'elle
rappelle que ce réseau a également joué et joue toujours un rôle clé dans
l'accès des femmes au marché du travail en leur permettant de concilier
emploi, études et famille;
«Qu'enfin
elle souligne l'importance de valoriser ces professionnels en les considérant à
leur juste valeur et en reconnaissant leur expertise en éducation de la petite
enfance.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, il y a consentement, sans débat, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous avons une demande de vote électronique. Le vote est maintenant
ouvert.
Le vote est
maintenant terminé. M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 106
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, cette motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe de
position, à vous la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Est-ce qu'une
copie de cette motion peut être envoyée à Ma place au travail, Valorisons ma profession, FSSS-CSN, FIPEQ-CSQ,
Syndicat québécois des employées et employés de service et Métallos FTQ?
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ce sera fait. Merci.
Donc,
je suis maintenant prête à entendre un membre du troisième groupe d'opposition.
Mme la députée de Terrebonne, à vous la parole.
Mme Gentilcore :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député de Jean-Lesage et la députée de
Vaudreuil, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que les stagiaires étudiants ne sont toujours pas
rémunérés à la hauteur des services qu'ils rendent à la société québécoise;
«Qu'elle souligne que
les stagiaires de la fonction publique du Québec apportent une contribution
essentielle aux missions de l'État, notamment dans les écoles et dans les
hôpitaux confrontés à la pénurie de main-d'oeuvre;
«Qu'elle rappelle
également que l'Assemblée nationale a adopté unanimement des résolutions en
faveur de la rémunération des stagiaires étudiants le 30 mars 2023 et le
25 octobre 2023;
«Qu'en conséquence,
elle demande au gouvernement de s'engager à rémunérer tous les stagiaires
étudiants de la fonction publique dès la rentrée d'automne 2025.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement.
Donc, je suis
maintenant prête à entendre un membre du groupe formant le gouvernement. M. le
ministre de la Langue française.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Hochelaga-Maisonneuve et le député de Matane-Matapédia :
«Que
l'Assemblée nationale affirme que les dispositions de la
loi sur la langue
officielle et commune du Québec, le français ne représentent pas une
barrière commerciale;
«Qu'elle affirme que
la protection de la langue française est non négociable;
«Que l'Assemblée
nationale réitère son appui à la Charte de la langue française, votée
démocratiquement par les élus de la nation québécoise.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
Mme la Présidente, il y a consentement, sans débat. Et, devant cet
enthousiasme, je vous demanderais un vote électronique, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Donc, le vote est maintenant ouvert.
Le vote est
maintenant fermé. M. le secrétaire général, pour le résultat.
Secrétaire : Pour : 105
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, cette motion est adoptée à l'unanimité.
Merci.
Donc,
je suis maintenant prête à entendre un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
ministre de la Santé, le député de Rosemont, le député des
Îles-de-la-Madeleine, la députée de Vaudreuil et le député de
Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec souligne que le 1er avril marque le lancement de la
campagne de la jonquille en appui à la Société canadienne du cancer, et ce,
pour tout le mois d'avril;
«Qu'elle
rappelle que deux Québécois sur cinq recevront probablement un diagnostic de
cancer au cours de leur vie;
«Qu'elle témoigne de son appui indéfectible à toutes
les personnes qui ont traversé ou qui traversent présentement une telle
épreuve ainsi qu'à leurs proches et ceux qui les accompagnent;
«Qu'elle remercie et
soutienne la campagne de la jonquille qui permet de recueillir des fonds
contribuant ainsi aux efforts des personnes dévouées dans la lutte contre le
cancer grâce à des projets de recherche ou de développement de réseaux d'aide
pour améliorer concrètement la vie des personnes atteintes de cette maladie;
«Qu'enfin, elle
remercie l'ensemble des professionnels de la santé et des proches aidants qui
déploient chaque jour tous leurs efforts au profit des patients.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat
de deux minutes de rigueur par intervenant,
dans l'ordre suivant : le député de Pontiac, le ministre de la Santé, le
député de Rosemont et le député des Îles-de-la-Madeleine.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants, et
pour que la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux minutes
chacun, et pour que la présidence applique strictement le temps de
parole?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous allons immédiatement céder la parole à M. le député de
Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, on porte la jonquille, aujourd'hui, pour
souligner les efforts de la Société canadienne du cancer, pour souligner le
lancement de la campagne de la jonquille et, par le fait même, appuyer la
recherche pour les nouveaux traitements prometteurs et qu'ils soient rendus
disponibles, mais, Mme la Présidente, on porte la jonquille d'abord et avant
tout, là, en solidarité avec tous les Québécois qui sont atteints de cancer, en
solidarité avec les 184 Québécois qui,
aujourd'hui, vont découvrir qu'ils sont atteints de cancer et qui ne savent pas
comment ils vont l'annoncer à leur conjoint, à leurs parents, à leurs
enfants, en solidarité avec les 4 381 Québécois qui attendent leur
chirurgie de cancer et qui espèrent de tout coeur que ce sera le début de la
fin de leur cancer, de leur calvaire, en solidarité avec les
22 800 Québécois qui, cette année, vont décéder du cancer, et avec
leurs familles et leurs amis, qui les auront accompagnés dans leurs traitements
et leur souffrance, qui auront tenté de les rassurer, et de les épauler, et de
s'assurer qu'ils se sentent aimés, en solidarité avec les proches aidants qui
auront mis leur vie sur pause, le temps d'humaniser
un peu le parcours de leurs proches, et avec les professionnels de la santé
qui, à tous les jours, avec tout leur coeur, aident, accompagnent et
soignent les Québécois atteints de cancer.
Oui, Mme la Présidente, le cancer
prend de l'ampleur. Il y a quelques années, quand on débattait de cette motion,
on parlait d'un Québécois sur trois
qui serait atteint de cancer; aujourd'hui, c'est deux sur cinq. Mais il y a
aussi de l'espoir. Il y a des gens qui à tous les jours mettent à contribution
toute leur énergie, toute leur détermination et toutes leurs connaissances pour
qu'un jour on arrive à trouver un remède, pour qu'un jour on arrive à vaincre
la foutue maladie. À tous ces gens, du fond du coeur, merci. Et, enfin, à tous
ceux qui se battent, courage, on est avec vous dans votre combat. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le ministre de
la Santé.
M. Dubé :
Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Et, tout d'abord, j'aimerais dire
à mon collègue le député de Pontiac que je
souscris tout à fait à ses propos, parce que je pense qu'on partage comment c'est
important, non seulement la campagne de la jonquille, mais aussi tous
nos mots sont avec les gens qui, malheureusement, sont atteints de cancer. J'ai perdu une soeur, il y a plusieurs
années, et, à chaque fois que j'ai la journée de la jonquille, je me rappelle
des derniers moments qu'on a vécus avec
elle. Alors, tous les cas sont importants pour chacun, puis je pense que tous
les Québécois connaissent, malheureusement, d'avoir eu un contact avec
une personne qui a eu le cancer.
Par contre, ce que
j'aimerais dire aujourd'hui, Mme la Présidente, et c'est... très loin de
vouloir faire de la politique avec ça, puis
je veux être très clair, la meilleure façon d'aider les gens, en ce moment,
pour que ceux qui l'ont soient bien traités mais aussi pour faire le bon
dépistage, j'aimerais rappeler comment nous avons posé plusieurs gestes, au cours des dernières années, pour améliorer et
prévenir, je dirais, principalement, le cancer, et l'offre, entre autres, du dépistage du cancer colorectal pour une population
élargie, c'est-à-dire celle de 50 à 74 ans, l'élargissement du programme
de dépistage du cancer du sein aux femmes de 50 à 74 ans, l'amélioration
de la prévention du dépistage du VPH, principale cause du cancer de
l'utérus. J'ai eu l'occasion d'en parler avec une dame qui est assez connue, à
la mairie de Longueuil, cette semaine, qui a eu, malheureusement, une de ses
bonnes amies qui en est décédée récemment.
Alors,
mon point, aujourd'hui, à tous ceux qui souffrent de cancer, présentement, et à
tous les Québécois, ce que j'aimerais dire, c'est : Nos bons mots
sont là, mais nous allons continuer à faire tous les efforts nécessaires en
dépistage. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le ministre. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Avec un tout petit 9 °C, ce matin, on n'est
pas près de voir les vraies jonquilles sortir dans nos platebandes, mais elles
repoussent sur le revers de nos vestons à chaque mois d'avril, puis il faut se rappeler pourquoi. Pourquoi? D'abord parce
que, oui, il y a de l'espoir, comme mes deux collègues viennent de le dire. Les
statistiques sont effroyables, mais il y a du traitement. Il y a de la
recherche de pointe qui se fait au Québec, il ne faut jamais l'oublier. Puis
il faut aussi se rappeler qu'à chaque cas de cancer, qui est une catastrophe,
qui est une tragédie, se crée aussi un filet de soutien et de bienveillance qui
est absolument essentiel pour les gens qui sont atteints, mais aussi pour les gens qui sont proches des gens
atteints par le cancer. Je veux saluer en particulier, permettez un peu de chauvinisme, la Maison Jacques-Cantin, dans ma
circonscription, qui permet à des gens qui suivent des traitements de cancer dans l'est de Montréal d'avoir un lieu où
loger s'ils ne sont pas de la grande région de Montréal. C'est une société... une
initiative, pardon, de la Société canadienne du cancer, que je salue,
d'ailleurs, pour leurs efforts. Saluons aussi les proches, les proches aidants
et la famille, toujours pris avec des cas de cancers toujours dévastateurs.
Parlons brièvement de
prévention, de détection, parce que c'est par là que ça commence. Il y a
plusieurs cancers qu'on peut prendre tôt et
qu'on peut guérir absolument. Je pense qu'on peut faire plus, notamment
pour le cancer du sein, ce n'est pas
normal que des femmes attendent hors délai pour avoir des mammographies, il
faut le rappeler; le cancer du côlon, dont on parle depuis des décennies
ici; cancer du poumon, qui est un des plus mortels.
cancer est un ennemi redoutable. Pour le vaincre, il faut plus que des
intentions. La bonne nouvelle, c'est qu'on est capables de le faire, on a
l'expertise ici, on a les chercheurs pour le faire. Surtout, on a la volonté et
un beau soutien, un beau filet de bienveillance
dont j'ai parlé tout à l'heure. Ensemble, on peut vaincre le cancer, comme disait
la pub quand j'étais enfant. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons
avec M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de prendre la parole pour
souligner le lancement de la campagne de la
jonquille de la Société canadienne du cancer. Je tiens d'abord à saluer les
représentants de la Société canadienne
du cancer qui sont présents ici, dans nos tribunes. Je remercie la société pour
ses actions continues pour le soutien des personnes atteintes de cancer
ainsi que dans ce rôle... dans son rôle de prévention.
Alors qu'on estime que deux Québécois sur cinq
recevront un diagnostic de cancer au cours de sa vie... ou de leur vie, la campagne de la jonquille permet
d'amasser des fonds pour la Société canadienne du cancer afin de financer des
programmes et des recherches de pointe. Elle
permet également de soutenir les personnes atteintes du cancer et promouvoir
l'adoption de politiques publiques qui favorisent les saines habitudes de vie.
Déjà,
des progrès remarquables ont été accomplis dans la lutte contre certaines
formes de cancer au Québec et ailleurs. Il
faut évidemment poursuivre ces efforts. Nous devons continuer à nous battre, à
faire preuve de solidarité, de bienveillance, également, à mettre
l'accent sur la sensibilisation et la prévention, tout en soutenant la
recherche. C'est un mandat collectif, un défi qu'il nous faut relever avec
détermination.
Les femmes, les
hommes, les enfants qui reçoivent un diagnostic de cancer demeurent trop
nombreux, et le vieillissement de la population ne fera qu'accentuer la courbe
de prévalence. J'aimerais donc dire aux personnes atteintes et à leurs
proches : Nous sommes avec vous.
Je voudrais aussi
prendre un moment pour souligner le travail des bénévoles de cette
organisation, qui font un travail remarquable dans les différentes communautés
du Québec. En soutenant la campagne de la
jonquille, on aide les personnes atteintes de cancer à envisager l'avenir
au-delà du diagnostic et à pouvoir profiter de la vie.
Mme la Présidente,
ensemble, nous pouvons donner l'espoir aux personnes atteintes par le cancer en
appuyant la campagne de la jonquille de la Société canadienne du cancer. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Motion adoptée.
Maintenant,
nous poursuivons nos travaux à la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions. Pour ce faire, je laisse la parole à monsieur...
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente.
donc j'avise cette Assemblée que la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de
l'environnement va poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 81, la Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des
institutions va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 91, la Loi
instaurant le Tribunal unifié de la famille
au sein de la Cour du Québec,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de la
santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 83, la Loi favorisant l'exercice de la médecine au sein
du réseau public de la santé et des services sociaux, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Pauline-Marois.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le leader adjoint.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'aménagement du territoire se réunira en séance de
travail jeudi le 3 avril 2025, de 8 h 30 à 9 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition portant sur la reconnaissance de la
robotique comme sport.
vous avise également que la Commission
de la santé et des services sociaux
se réunira en séance de travail le jeudi 3 avril 2025, de 8 heures à
8 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse des pétitions
portant sur le maintien intégral des services d'urgence au centre de santé de
Fortierville.
Enfin, je vous avise
que la Commission des transports et de l'environnement se réunira en séance de
travail le jeudi 3 avril 2025, de 8 heures à 8 h 30, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité
que la commission se saisisse de la pétition concernant la demande visant à
contrer la pratique de «chauffeur inc.».
Maintenant, nous
poursuivons à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour.
Aux affaires
prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat
ajourné le 1er avril 2025 sur la motion de M. le ministre des Finances
proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les motions
formulant un grief présentées par M. le député de Marguerite-Bourgeoys, Mme la députée de Verdun, M. le député de Jean-Talon, M. le
chef de l'opposition officielle, M. le député de Laurier-Dorion, Mme la députée
de Chomedey, M. le député de Taschereau, Mme la députée de La Pinière, M.
le député de Jean-Lesage, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, M. le député de Maurice-Richard, Mme la députée de D'Arcy-McGee, Mme la cheffe
du deuxième groupe d'opposition, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, Mme la
députée des Mille-Îles, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis et Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Avant de céder la
parole à Mme la députée de Vimont, je vous informe qu'il y a
9 h 59 min 9 s d'écoulées à la première étape du
débat. La répartition du temps de parole restant est la suivante :
1 h 7 min 17 s au groupe formant le gouvernement,
1 h 12 min 4 s au groupe formant l'opposition
officielle, 29 min 3 s au deuxième groupe d'opposition,
34 min 57 s au troisième groupe d'opposition et
7 min 30 s à M. le député de Saint-Jérôme.
Donc, Mme la députée
de Vimont, à vous la parole.
Mme Schmaltz : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, je reprends ce que j'avais fait hier. Si vous me permettez,
je vais reprendre au début.
Alors,
pour cette présentation, si vous me le permettez, je vais parler de la réforme
majeure du régime des rentes du
Québec, la RRQ, qui renforce la protection financière des travailleurs qui ont
subi un accident de travail. Jusqu'à présent, seules les personnes qui
étaient reconnues invalides par la RRQ pouvaient bénéficier d'une exemption des
pénalités en cas de retraite anticipée. Avec
cette nouvelle mesure, cette exemption est désormais étendue aux travailleurs
déclarés invalides par la Commission des normes, de l'équité, de la
santé et de la sécurité du travail, la CNESST. Ce changement marque une avancée importante vers une équité plus
grande pour les travailleurs blessés en reconnaissant les réalités vécues
par ceux qui sont déjà fragilisés par un accident de travail.
Je vais prendre
encore un petit moment, Mme la Présidente, si vous me le permettez, pour
exprimer toute mon empathie aux gens qui sont venus me voir, aux témoignages
que j'ai reçus pour, justement, des gens qui ont subi des accidents de travail
majeurs et qui, malheureusement, les ont empêchés de travailler pour le restant
de leur vie.
Alors, avant cette
réforme, les travailleurs victimes d'un accident de travail se trouvaient
souvent désavantagés lorsqu'ils prenaient leur retraite plus tôt que prévu par
la RRQ. Ceux qui étaient déclarés invalides par la CNESST mais non reconnus
comme tels par la RRQ subissaient une réduction de leur rente de retraite s'ils
la demandaient avant l'âge de 65 ans. Ce genre de situation laissait
beaucoup de travailleurs dans une impasse, contraints de choisir souvent, malheureusement, entre leur santé et leur sécurité
financière. Cette réforme vient donc combler une lacune qui pesait lourdement
sur leur avenir.
Désormais, la
nouvelle mesure garantit que toutes les personnes ayant une incapacité
permanente reconnue par la CNESST seront exemptées de ces pénalités, à l'instar
de celles dont l'invalidité est reconnue par la RRQ. Cette harmonisation vise à
corriger une incohérence du système et à assurer un traitement plus