CAT — 27 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-04-27
Quebec — Committees
Dans une
démarche de collaboration envers mes collègues des groupes d'opposition,
j'aimerais également ajouter que je leur remets — et on
est en train de faire les photocopies pour que tous puissent avoir ces
copies — et que
je leur remettrai, dans quelques instants, la liste des amendements que
j'ai l'intention de présenter et que, s'il devait y en avoir d'autres, je leur
en ferai part dans les meilleurs délais.
Tout d'abord, nous avons été interpellés sur la
capacité financière des partis politiques et des candidats indépendants. Les
principales inquiétudes qui ont été soulevées portaient sur l'importance
d'assurer un niveau de financement adéquat pour la réalisation des campagnes
électorales et pour permettre aux élus de jouer leur rôle avec diligence au
conseil. J'ai ainsi pris bonne note des recommandations formulées à l'égard des
montants de recherche et de soutien et du remboursement des dépenses
électorales.
Également, plusieurs intervenants ont signalé
que les regroupements d'offices d'habitation devraient s'effectuer sur la base des priorités des régions et ne pas être imposés
de manière unilatérale. Je tiens encore une fois à rassurer ces groupes, M. le Président. Tel que je
l'ai dit lors des consultations particulières et que je l'ai réitéré lors
de mon passage au congrès annuel du
Regroupement des offices d'habitation du Québec, je ne suis pas dans la
philosophie du mur-à-mur. Les regroupements devraient s'effectuer dans
un souci des réalités régionales, d'efficacité et de manière responsable.
J'entends d'ailleurs proposer à l'Assemblée des amendements sur certains de ces
thèmes.
Par ailleurs, comme vous le savez, le
gouvernement souhaite redéfinir sa relation avec les municipalités. Ces échanges portent notamment sur les mécanismes de
contrôle et de reddition de comptes des municipalités dont fait
partie
la vérification. Aussi, je souhaite que nous puissions poursuivre cette
réflexion avec les municipalités, et ce, avant que l'Assemblée n'ait à statuer
sur l'ensemble des mesures à adopter en matière de vérification.
Finalement,
j'ai l'intention de proposer, au cours de l'étude détaillée du présent projet
de loi, des modifications afin de
rehausser les standards en matière d'éthique chez nos élus municipaux, qui
devraient toujours être des exemples quant à leur conduite pour
l'ensemble des Québécoises et des Québécois.
Avant de commencer
l'exercice de l'étude détaillée, j'aimerais faire un bref rappel des principaux
éléments du projet de loi, tel que
déposé le 1er décembre dernier. D'abord, le projet de loi apporte plusieurs
modifications à la
Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités et vise plus particulièrement le processus électoral et le
financement politique municipal.
Avec ce
projet de loi, nous voulons poursuivre la réforme du financement politique
amorcée depuis 2012. Le projet de loi
veut, entre autres, plafonner les contributions. Ainsi, il abaisse de
300 $ à 100 $ le montant total des contributions qui peuvent être versées par un même électeur au cours
d'un même exercice financier. Il permet également le versement d'une
autre contribution maximale de 100 $ lors d'une élection générale ou
partielle.
Le projet de
loi prévoit la possibilité d'un versement anticipé par la municipalité de la
moitié de ses dépenses et du
financement public complémentaire sur production d'un rapport. Il révise aussi
certaines autres règles en matière de financement, notamment quant aux
contributions faites en argent comptant ainsi qu'à la période de remboursement
des dettes électorales pour les candidats indépendants autorisés.
Le projet de
loi n° 83 instaure aussi, dans les municipalités de 20 000 habitants
ou plus, des règles de financement public
complémentaires, ceci afin d'assurer le versement de montants aux partis ou
candidats indépendants autorisés en fonction
des montants reçus par ces derniers à
titre de contribution. Par ailleurs, en
ce qui concerne le processus électoral, le projet de loi propose des dispositions qui favoriseront l'accessibilité
des bureaux de vote aux personnes handicapées le jour du scrutin.
En second lieu, le projet de loi propose
également des modifications qui s'inscrivent à la suite de l'Accord de partenariat avec les municipalités pour la période
2016‑2019 conclu récemment, notamment en ce qui a trait à la reddition de comptes. La
Loi sur la fiscalité municipale
serait aussi modifiée, ce qui permettra, pour certains exercices
financiers, une hausse des pourcentages pour les compensations tenant lieu de
taxes versées aux municipalités par le gouvernement.
Un autre
volet, et c'est le quatrième, important de ce projet de loi touche les modifications
à la
Loi sur la Société d'habitation du Québec. Ces changements visent
trois objectifs, soit de permettre le regroupement de certains offices d'habitation, de confier à la Société d'habitation
du Québec la gestion des contributions destinées au Fonds québécois
d'habitation communautaire et finalement de faciliter la gestion des travaux de
réparation et d'amélioration majeurs.
En cinquième
lieu, le projet de loi tient compte de la volonté du gouvernement de
reconnaître le caractère unique des
Îles-de-la-Madeleine, ce qui nécessite d'apporter des modifications à la Loi
sur l'exercice de certaines compétences municipales dans certaines agglomérations. Ainsi, le projet de loi
propose que l'agglomération des Îles-de-la-Madeleine soit désormais
désignée sous le nom de Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine.
D'autres modifications sont aussi apportées à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ces propositions permettraient aux
municipalités d'imposer des contributions aux promoteurs pour le financement
d'infrastructures et d'équipement rendu
nécessaire par le développement immobilier, et ce, sans qu'il soit requis de
conclure des ententes à cette fin.
Le projet de
loi vient également toucher le Code de procédure civile en ce qui concerne la
perception des sommes payables aux municipalités. Il est proposé
qu'elles puissent se charger elles-mêmes de poser certains actes relatifs à l'exécution de jugements rendus dans le cadre
d'une procédure civile engagée pour le recouvrement des créances
municipales. Enfin, le projet de loi contient diverses dispositions de nature
technique ou transitoire.
Voilà donc, M. le Président, un tour d'horizon
des principales mesures proposées dans le projet de loi n° 83, un projet de loi qui s'inscrit dans la poursuite
de nos actions vers une plus grande autonomie des élus locaux et
régionaux. En effet, plusieurs des mesures
regroupées dans le présent projet de loi visent à appuyer les élus des
municipalités dans l'exercice de
leurs compétences et à les accompagner en les outillant davantage. Il propose
également des modifications qui font suite à l'Accord de partenariat
avec les municipalités 2016‑2019.
Je terminerai en mentionnant qu'en plus des
consultations particulières certaines mesures ont fait l'objet de consultations
spécifiques auprès des ministères ou des partenaires concernés, dont le
Directeur général des élections du Québec, l'Union des municipalités du Québec,
la Fédération québécoise des municipalités ainsi que les villes de Montréal et
de Québec.
M. le Président,
membres de la commission, je suis ouvert à entendre les commentaires de mes
collègues et je suis à votre entière
disposition pour répondre à vos questions. Je nous souhaite donc que ces
séances soient aussi productives et empreintes de collaboration que
celles des consultations particulières.
Président (M. Auger) : Merci beaucoup, M. le ministre. J'invite
maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires municipales et de décentralisation et,
bien sûr, député de Jonquière à faire ses remarques préliminaires pour
une durée maximale de 20 minutes. M. le député.
M. Gaudreault : Oui.
Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de vous dire que je suis heureux
d'être ici et de saluer les collègues
députés qui sont ici, le ministre, les gens qui travaillent avec le ministre au
sein de son cabinet, mais aussi, évidemment, de la fonction publique,
qui sont là. Alors, merci beaucoup d'être présents. Collègues de la deuxième opposition, et, évidemment, le collègue
de René-Lévesque, qui est avec moi, à mes côtés, et le recherchiste Alex
Perreault, qui travaille avec moi également.
Donc, M. le Président, on est enfin à l'étude
article par
article du projet de loi n° 83, projet de loi que le ministre a qualifié d'omnibus, alors que nous,
vous savez, on a eu un débat là-dessus au salon bleu sur la scission que
nous avons proposée du projet de loi parce
que, pour nous, ce n'est pas un omnibus, c'est plutôt un projet de loi
mammouth. Mais enfin l'Assemblée en a décidé
autrement, et nous maintenons l'étude du projet de loi tel qu'il est, avec un
certain nombre d'éléments extrêmement importants. Je pense que le ministre en a
fait état il y a quelques minutes.
Évidemment,
il y a quelques mesures qui se retrouvent, comme c'est le cas habituellement,
dans les projets de loi omnibus. Je
pense aux mesures de reddition de comptes, je pense aux mesures plus techniques
qui touchent les budgets, à la
fiscalité municipale. Même, je pourrais qualifier d'omnibus les articles sur la
contribution de développement immobilier qui a été amenée par le ministre, ce qu'on peut appeler la redevance de
développement et qui contribue... et ça, ça fait partie, quand même,
d'une revendication de longue date et de plus en plus présente de la part des
unions municipales. Ça contribue donc à la diversification des sources de
revenus des municipalités.
Alors, toutes
ces mesures sont, on pourrait dire, courantes dans le type de projet de loi
omnibus comme celui que nous avons
devant nous, le projet de loi n° 83.
Même la désignation de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine fait partie, je pense, de quelque chose qu'on peut couvrir normalement dans un omnibus, et ce n'est pas pour
déconsidérer, au contraire, ce qui se passe
aux Îles-de-la-Madeleine, mais je
pense que, quand c'est quelque chose qui fait l'unanimité comme
ça, puis qui est important, et qui, en
même temps, regroupe l'assentiment de
tout le monde, c'est quelque
chose qu'on va pouvoir régler, je pense,
assez rapidement à l'intérieur de l'omnibus. On va quand même
avoir des questions à poser, là, évidemment, sur ce que ça signifie
comme titre, comme soutien aussi qui pourra suivre la désignation de la
Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, ce qui serait une première... ce
qui sera une première, c'est-à-dire, quand
même au Québec.
Alors, on aura des questions importantes et intéressantes à poser. Puis je suis sûr que le
ministre, avec la collaboration du député
des Îles-de-la-Madeleine, pourra nous éclairer et éclairer l'ensemble
des parlementaires et la population en général sur ce que signifie ce
statut.
Donc, comme
je le disais, il y a un certain nombre de mesures qui font
partie de
ce qu'on peut plus couramment appeler
un omnibus, mais il reste qu'il y a quand
même trois gros morceaux. Le ministre
a insisté quand même, dans sa présentation
sur ses remarques préliminaires, sur chacun de ces morceaux-là, le plus gros
étant le financement politique. D'ailleurs, le ministre, le gouvernement a déjà ciblé
cet élément-là en particulier dans son
titre même, hein, parce que c'est la Loi modifiant diverses
dispositions législatives en matière municipale concernant notamment le
financement politique. Ça veut dire que le gouvernement voulait vraiment
attirer l'attention sur le financement politique.
On l'a déjà
dit ici, on l'a déjà dit également lors de l'adoption de principe au salon
bleu, le
chapitre concernant le financement politique est quasi une
copie, là, du projet de loi n° 53 que nous avions déposé à l'époque où on
était au gouvernement, par exemple, avec un plafond de 100 $ de dons par
année, un plafond de 800 $ de dons pour ce qu'on appelle une autocontribution que les candidats peuvent se faire
eux-mêmes, une allocation aux partis aussi qui passe de 0,60 $ à 0,85 $, un taux de
remboursement de 60 %. C'est des choses qu'on avait déjà élaborées dans le
projet de loi n° 53 à l'époque, en 2013, mais ça n'empêche pas
qu'on aura quand même des questions importantes à poser parce que le gouvernement a tardé avant de faire l'adoption de
ce projet de loi, et là on est rendus trois ans plus tard, après le
premier dépôt du projet de loi n° 53.
On est rendus en 2016. Donc, il faudra poser des questions très sérieuses sur
les montants, les allocations qui ont été prévues. Est-ce que c'est
encore fidèle, je dirais, à la réalité aujourd'hui, trois ans plus tard? Donc, on va poser toutes ces questions-là,
évidemment, de façon étroite et rigoureuse, comme on est habitués de le
faire.
Mais il y a
quand même des différences avec le projet de loi n° 53, et c'est tout en
ce qui concerne les mesures pour les
municipalités plus petites, de 5 000 habitants et moins. Alors, là-dessus,
évidemment, nous, on avait des articles, dans le projet de loi n° 53, qui concernaient les plus petites
municipalités. Alors, on va certainement, là, poser des questions là-dessus. Pourquoi il y a un choix délibéré? Je
ne sais pas si ça se dit, un choix délibéré parce que, par définition, un
choix, c'est délibéré, mais, en tout cas, c'est un choix politique du
gouvernement d'exclure, si on veut, les mesures pour les municipalités de
5 000 habitants et moins. Donc, on va discuter longuement là-dessus.
Je sais qu'il
y a des représentants du DGE dans la salle, là, des représentants du Directeur
général des élections qui sont dans
la salle. Probablement qu'ils pourront nous éclairer de leur lumière aussi sur
des mesures qui pourraient toucher particulièrement
les municipalités de 5 000 habitants et moins, mais aussi je pense qu'on
devra s'éclairer, dans l'étude
article
par article, du bilan qu'on peut tirer de l'application de ce qu'on avait
appelé la loi transitoire, la loi n° 26, qui avait commencé à établir justement ces nouveaux barèmes,
ces nouvelles règles pour les municipalités en termes de financement politique. Alors, on devra s'inspirer du bilan de
l'application de la loi n° 26 pour davantage bonifier la loi n° 83 en
ce qui concerne le financement
politique et voir en quoi il y a des différences avec le projet de loi
n° 53, qui est mort au feuilleton, malheureusement, que nous avions
nous-mêmes, comme gouvernement, déposé.
Mais
sur le principe, d'ailleurs on a eu l'occasion de le dire lors de l'adoption du
principe, c'est le cas de le dire, sur le
principe d'un financement politique
plus sain, d'un financement politique dans les municipalités qui vise à
atteindre, je dirais, la parité avec ce qui
se fait ici, à l'Assemblée nationale, nous, comme députés, dans nos campagnes
électorales, évidemment, nous sommes d'accord avec ça. Nous avons eu des années
de turbulence dans le milieu municipal au niveau politique,
je dirais, de 2010 à 2014, et c'est maintenant davantage derrière nous. Le
milieu municipal s'est lui-même aussi autodiscipliné à certains égards.
Heureusement,
le gouvernement à l'époque, surtout entre 2012 et 2014, a amené des lois
majeures pour justement assainir
davantage la dimension partisane et politique au sein des municipalités. On a
agi fortement là-dessus. Donc, c'est sûr
que, sur le principe, on est d'accord, mais, je le répète, on va avoir
certainement des questions rigoureuses et précises à poser sur les propositions ou les amendements qui
sont amenés sur le financement politique et même voir jusqu'où on
pourrait aller. Moi, je pense qu'en discutant avec le gouvernement on pourrait
sûrement avoir des éléments aussi qui touchent les petites municipalités, je
reviens là-dessus, et on va en discuter avec le gouvernement.
Deuxième
élément, donc, et qui faisait, je le répète, qu'on a qualifié ce projet de loi
de mammouth, qui est une différence
avec un omnibus régulier, le deuxième élément, c'est sur les comités de
vérification. Et là je m'étonne, à moins que j'aie eu une absence dans les dernières minutes, là, durant les
propos préliminaires du ministre, mais je m'étonne qu'il n'ait pas réitéré qu'il veut retirer les mesures
concernant le comité de vérification. Je pensais qu'il allait en faire
mention dans ses remarques préliminaires. Je
m'étonne parce que c'est un très gros morceau. Il faut se rappeler, M. le
Président, que les grandes municipalités
touchées par ces mesures sur les comités de vérification, Montréal, Laval,
Longueuil, n'ont pas été consultées
sur ces articles qui ont été amenés à la faveur du projet de loi n° 83, ni
l'UMQ, l'Union des municipalités du
Québec. Donc, ça a été fait sans consultation. C'était l'idée, évidemment, d'amener
un comité de vérification sur les dépenses d'agglomération, et le risque
qui est soulevé, c'est de politiser à outrance la vérification des comptes des
agglomérations à cause de la composition du comité telle que présentée dans le
projet de loi n° 83.
ministre, pourtant, nous avait dit, lors de l'adoption du principe, je pense
même qu'il l'avait dit ici à l'issue des auditions, des consultations particulières, mais je suis pas mal sûr, de
mémoire, là, qu'il l'a dit au salon bleu à l'adoption du principe, qu'il était prêt à retirer ces mesures,
et là il n'en a pas parlé dans ses remarques préliminaires. Donc, j'ai un
doute et j'ai appris, avec ce gouvernement
depuis deux ans, à être prudent, à ne pas prendre rien pour acquis tant que ça
n'a pas été voté ou adopté ou pas voté ou pas adopté.
Donc, vous comprenez
que, pour nous, c'est extrêmement important que ce comité de vérification créé
par le projet de loi n° 83 se voie
retiré. Peut-être que... Je vois que le ministre me brandit des feuilles, là.
Je ne sais pas si c'est des
partitions de Francis Cabrel, mais, si c'est des amendements qui concernent
l'abolition des comités de vérification, nous les recevrons et nous
allons certainement les étudier avec attention pour s'assurer justement que le
ministre passe à l'action, comme il nous l'avait dit au salon bleu à l'adoption
du principe, comme il nous l'a dit, je pense, même, de mémoire... on va vérifier dans le Journal des débats , à la fin
des auditions, il me semble que, déjà, il s'était positionné.
Alors,
je trouve ça étonnant. Je sais que le ministre est quelqu'un qui aime beaucoup
parler, je ne comprends pas qu'il ne
l'ait pas fait dans ses remarques préliminaires en nous disant qu'il allait les
retirer et qu'il nous confirmerait ça. En tout cas, vous voyez où je
veux en venir, là. On va le suivre de très, très près là-dessus.
Autre
élément de ce projet de loi mammouth, là, le dernier morceau du mammouth, je ne
sais pas si c'est les cornes, ou la
queue, ou le centre du mammouth, là, mais c'est concernant l'habitation.
Concernant l'habitation, deux éléments. La fusion des OMH par décret,
le ministre vient de nous dire qu'il ne veut pas faire de
mur-à-mur, qu'il ne veut pas faire une règle
égale ou aveugle dans toutes les régions du Québec en forçant des fusions
d'OMH. On va s'assurer de cela, nous ne sommes pas des partisans du
mur-à-mur. Alors, il parle de tenir compte des préoccupations puis des réalités
locales, régionales, on va voir comment ça
s'incarne dans la réalité. Mais évidemment nous poserons des questions là-dessus,
et on va attendre de voir, encore une fois, hein, les amendements proposés par le gouvernement avant de se
réjouir. Mais, pour nous, ça nous
apparaît extrêmement important parce que ce n'est pas parce que
ça marche bien à Deux-Montagnes — puis on l'a eu ici, le témoignage,
justement, des gens de Deux-Montagnes — que ça va marcher bien, par
exemple, au Saguenay, ou dans des grandes
régions comme la Mauricie, ou sur la Côte-Nord, ou peu importe. Alors, on va
s'assurer de faire en sorte qu'il puisse y
avoir des incitatifs, des conditions, mais pas de mur-à-mur dans les fusions
des OMH pour en faire nécessairement des ORH, je dirais, des offices
régionaux d'habitation sur le territoire du Québec.
L'autre élément,
c'est la contribution dans le fonds d'habitation communautaire, qui sera
transférée... donc, l'abolition, en fait, du
Fonds québécois d'habitation communautaire, voilà, qui sera à transféré — ses
sommes — à
la Société d'habitation du Québec. Ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve — puis je vais en parler tout à l'heure — en
auditions ici, a été d'une efficacité
redoutable dans ses questions et dans le sens critique qu'elle a soulevé sur
ces mesures-là amenées par le
gouvernement. Et en fait la question est de voir pourquoi le gouvernement veut
nécessairement abolir le Fonds
québécois d'habitation communautaire. Est-ce qu'il n'est pas en train de noyer
le bébé avec l'eau du bain et de noyer le poisson, là? Donc, on doit
certainement poser des questions là-dessus. Est-ce qu'il n'y a pas moyen de
bonifier le Fonds québécois d'habitation
communautaire sans nécessairement l'abolir? Et, si le gouvernement, évidemment,
persiste à abolir le Fonds québécois
d'habitation communautaire, si c'est pour transférer ça dans une enveloppe
globale dans laquelle, après ça, le Conseil du trésor... parce que,
justement, il a été longtemps président du Conseil du trésor. On sait qu'un
président du Conseil du trésor, par définition, ça cherche des sommes un petit
peu partout, là, pour ramener ça dans le
fonds consolidé. Alors, il ne faudrait pas, là, que les sommes dans le Fonds
québécois d'habitation communautaire soient versées dans une enveloppe globale qui ne servirait pas à de
l'habitation communautaire. Alors, moi, ma préoccupation, ce n'est pas
les structures, mais ma préoccupation, c'est que des sommes qui ont été
recueillies, récoltées à des fins d'habitation communautaire servent à des fins
d'habitation communautaire.
cet égard, sur le volet Habitation, ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve va
venir nous donner un sérieux coup de
main quand on sera rendus à ces articles-là. C'est le dossier dont elle est la
porte-parole, à l'Assemblée nationale, pour l'opposition officielle, mais, par intérêt personnel, par expérience
personnelle également et professionnelle de sa part, c'est aussi un dossier qu'elle maîtrise sur le
bout de ses doigts. Donc, ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve sera avec
nous pour ces volets sur l'habitation.
Donc,
voilà, M. le Président, en gros ce que je voulais vous dire, vous proposer.
Tout au long de nos travaux, on va
avoir des amendements à proposer. Je veux offrir également ma collaboration au
gouvernement pour le bon fonctionnement.
Mon objectif n'est pas de faire de l'obstruction. Mon objectif est que ça
marche puis que ça aide le milieu municipal.
Je veux également dire que... parce que je ne pense pas qu'on ait une longue
expérience, le ministre
et moi, de travail
article par
article en commission parlementaire, mais je veux lui dire que moi, je suis bien
ouvert aux discussions pour être
capables de s'entendre puis, après ça, de progresser. Si, des fois, il faut
qu'on suspende les travaux pour qu'on puisse se parler entre nous, puis
faire avancer les choses, puis après ça reprendre les travaux, je pense que,
moi, en tout cas, je ne m'enfarge pas dans les fleurs du tapis,
là, surtout quand il est mur à mur. Alors, il n'y a pas de
problème là-dedans. On va régler les choses et on va être capables
de faire avancer le projet de loi, mais quand
même avec rigueur, avec
sérieux, avec intelligence. C'est comme ça qu'on veut et qu'on a toujours
travaillé.
Alors, de toute façon, le gouvernement ne l'a pas appelé rapidement en
article par article, le projet de loi
n° 83. Ça veut dire que lui-même...
il ne faudra pas que le gouvernement nous sorte l'argument : Ça presse, ça
presse, ça presse, là. Donc, ce que
je veux dire, c'est que moi, je suis ouvert pour le faire adopter puis avancer,
ce projet de loi, mais on va le faire correctement. Puis je veux surtout que les articles soient bien réfléchis et bien soupesés. Et on va
faire en sorte de poser toutes les questions qu'il faut à ce sujet parce
que, souvent, le propos du ministre est important. Lundi soir, j'étais à la
Bibliothèque de l'Assemblée nationale pour un lancement d'un livre sur
l'histoire de la Tribune de la presse puis j'ai
eu l'occasion d'échanger avec des recherchistes de l'Assemblée nationale qui me
disaient qu'il y a encore des avocats, souvent,
ou des tribunaux qui font appel à leurs services de recherchistes de la
bibliothèque pour connaître l'intention du législateur pour des lois qui ont été adoptées dans les années 60
puis 70. Donc, c'est important, l'intention du législateur. Alors, c'est pour ça qu'on fait parler le
ministre, pour qu'il nous dise l'objectif de son projet de loi puis de chacun
des articles parce qu'on ne sait jamais quand est-ce que ça peut se retrouver
devant des tribunaux et qu'on aura besoin de faire de l'interprétation.
Donc, je pense que j'ai suffisamment parlé, pas
trop, mais suffisamment. Je pense que je suis humblement intéressant. Donc, on
va continuer nos travaux dans cet esprit-là et puis on va avancer. Merci.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Jonquière. Nous
allons poursuivre avec la deuxième opposition. M. le député de
Blainville, vous avez également 20 minutes pour vos remarques
préliminaires. M. le député.
M. Laframboise : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, bien, saluer M. le ministre, vos collègues
de l'équipe ministérielle, le député de
Jonquière, son collègue, évidemment tout le personnel qui sont ici présents, les
représentants du Directeur général des élections du Québec qui sont
dans la salle, donc qui pourront peut-être nous aider tout au long de nos discussions, surtout par rapport au
financement des partis politiques, saluer aussi les groupes qui se sont
présentés devant nous. Donc, on a plusieurs
groupes qui ont pris le temps soit de se présenter soit de nous déposer des
mémoires. C'est très important pour nous, donc, de savoir qu'on les a lus,
qu'on les a entendus, qu'on les a écoutés.
J'en
profiterais pour saluer mon collègue, celui qui m'accompagne, Steve Brabant,
là, notre recherchiste, qui sera à sa
dernière étude... en tout cas, avec moi, ce sera sa dernière étude de projet de
loi. Vous savez, il y a une maxime qui dit :
Qui prend mari prend pays, mais lui, il a changé : Qui prend conjointe
prend pays. Donc, il va suivre sa conjointe, donc il va nous quitter. Ce
n'est pas parce qu'il n'a pas fait de l'excellent travail. Nous, ça nous fait
un petit peu de peine de le perdre, mais, encore une fois, là, je lui souhaite
toutes les chances dans sa future vie.
Évidemment,
je suis content qu'on débute l'étude du projet de loi n° 83 aujourd'hui.
Vous savez, M. le ministre, qu'il y a
plusieurs législations en matière municipale qui vont évidemment débouler et
qui sont assez urgentes. On pense à la
loi sur la métropole, la
loi sur la capitale, évidemment la loi qui va mettre
en oeuvre une
partie du rapport Perrault. J'ai l'impression que vous
êtes en train... parce qu'aux crédits vous nous avez dit qu'en 2016 ces projets
de loi là seront déposés, puis celui qui fait le suivi du pacte fiscal
également.
Donc, c'est important pour nous d'enclencher le
plus rapidement possible l'étude du projet de loi n° 83 puis d'essayer de
le faire évoluer, par contre, en étant respectueux des attentes. C'est vrai
que, quand vous l'avez déposé, M. le
ministre, c'était un projet de loi qui regroupait plusieurs éléments. Est-ce
que c'est un projet de loi mammouth? Moi, j'ai été à Ottawa, j'en ai vu, des projets de loi, là, qui sont beaucoup
plus volumineux que celui-là. Mais je suis conscient, comme l'a dit le député de Jonquière, qu'il y a eu
plusieurs éléments qui ont été introduits dans ce projet de loi là qui, probablement, au départ, aurait dû être un projet
de loi pour régler le problème du financement des partis politiques.
Mais on lui a ajouté, par la force des choses, certains autres éléments. Puis
j'espère qu'on sera capables, M. le ministre, de s'entendre par rapport à ça
parce que, dès le départ, là, on va voir l'ouverture...
Je sais que
vous avez déposé des amendements, mais, pour nous, par rapport aux frais de
croissance, on vous l'a dit, M. le
ministre, on a certaines réticences par rapport à l'utilisation des frais de
croissance. On est conscients, M. le ministre, de l'autonomie qu'on veut
donner aux villes, mais, nous, comprenez que le but même de la Coalition avenir
Québec, c'est de protéger les contribuables.
Ce qu'on souhaiterait, c'est que... J'ai beaucoup de respect... Vous le
savez, je suis issu du milieu municipal,
j'ai été président de l'Union des municipalités du Québec, mais je suis
conscient aussi que, si on n'encadre pas bien, il y a certains élus qui
peuvent en profiter pour ambitionner un peu sur les citoyens, puis c'est ça
qu'il faut essayer d'éviter. Donc, c'est le but du projet de loi.
Évidemment, vous savez, la ville de Gatineau,
dans les frais de croissance, s'est vu obligée de rembourser 4,2 millions à 17 entrepreneurs et promoteurs parce qu'elle n'avait pas fait la procédure de
façon correcte. Je comprends qu'on veut essayer, par ce projet de loi là,
d'éviter cette situation-là, mais on veut permettre les diversifications des
sources de revenus, on veut rendre les
municipalités moins dépendantes, rendre le partage des coûts plus équitable,
mais aussi on veut s'assurer que les citoyens ont une vision claire de
ce que sont les frais de croissance.
Ce qu'on ne
souhaiterait pas, M. le ministre, c'est qu'il n'y ait pas de consultation,
qu'il n'y ait pas de préparation, que, quand on charge les frais de
croissance, les acheteurs de terrains potentiels, ou ceux qui ont un oeil sur
un développement, ou même les développeurs, n'aient pas, avant de débuter, la
situation claire par rapport aux frais de croissance.
Puis il n'y a
rien pour me rassurer... Avec tout le respect que j'ai pour le maire de la
ville de Gatineau, je lui ai posé
plusieurs questions, mais dont une qui visait son centre sportif parce qu'il y
a une équipe de ligue junior majeur du Québec
puis il y a un gros complexe sportif qui doit... et, quand je lui ai
demandé : Est-ce que ça devait faire
partie des frais de croissance, il ne m'a pas dit non, il m'a
dit : Ah! ça pourrait faire
partie des frais de croissance. Donc là, vous
comprenez qu'évidemment la question des
frais de croissance, et de la façon dont ils vont être établis, et la façon
dont la transparence va se faire quand on va les établir, pour nous, ça
va être très important, M. le ministre.
Et je sais
qu'il y a eu un projet de loi qui avait été déposé en 2002. Il était complexe,
mais on ne peut pas non plus rejeter
tout ça du revers de la main en disant : Ah! il faut simplifier les
choses, on va laisser les villes décider. Oupelaïe! Quand on fait ça, ça, ça veut dire qu'à quelque
part ça ne sera pas unanime à travers le Québec. Donc, chacune des
villes pourrait imposer. C'est facile de dire : Bien, à la fin, on verra.
Les citoyens élisent leurs élus municipaux à tous les quatre ans, ils décideront. Parce que, dans le fond, les frais de
croissance, ça va être pour les nouveaux développements, ça va être, finalement, les nouveaux propriétaires de
résidence, les jeunes familles, pour plusieurs. Et être soumis à la
masse de l'électorat, je pense que c'est une mauvaise façon de faire.
Ce qu'on
veut, ce qu'on voudrait, en tout cas, je pense que je vous l'ai dit, M. le ministre,
on veut passer d'une économie de locataires à une économie de
propriétaires. En tout cas, la société québécoise est celle qui a le moins de
propriétaires quand on se compare aux autres provinces canadiennes. Par ces
frais de croissance là, on ne souhaiterait pas
décourager les nouveaux acheteurs. Donc, nous, on va s'assurer qu'il y ait une
procédure quand même pour que ça soit transparent puis s'assurer que,
finalement, les nouveaux acquéreurs de propriété par rapport aux frais de
croissance soient bien au fait de ça, puis que les développeurs aussi le
fassent de façon à ce qu'on ne décourage pas l'accès à la propriété de cette
façon-là.
Donc, évidemment, dans une seconde partie, les
comités de vérification, M. le Président... je pense que, M. le ministre, vous n'avez pas déposé encore vos
amendements, mais je vous crois quand vous... parce que ce n'est pas à
une seule reprise, vous l'avez dit au salon
bleu, vous nous l'avez dit en commission parlementaire, évidemment, que
vous allez déposer des amendements par
rapport à tout ce qui était comité de vérification. Je suis d'accord avec le
député de Jonquière qu'il n'y avait pas eu de consultation. L'UMQ est
venue nous le dire, ils n'étaient pas d'accord, ils n'avaient pas été
consultés. Donc, je pense que, si votre objectif, c'est de retirer ça du projet
de loi, bien, je pense qu'on va vous suivre là-dedans, puis ça va être bien
pour la suite des choses.
Par rapport
au financement des partis politiques, bien, ça, il faut comprendre, M. le
ministre, il y a des conditions pour lesquelles on ne sera pas
négociables. Je sais qu'il y a eu des demandes. Ce pourquoi j'ai nommé la
présence du Directeur général des élections, bien, je sais qu'ils sont venus
nous faire des demandes. Quant à nous, le fait que le don soit limité à 100 $, je pense que c'est quelque chose qui est
un incontournable. On est rendus là. C'est ce qui se passe aux élections québécoises. Ce serait un mauvais
message que de recommander un montant différent, 300 $, comme
l'aurait suggéré le DGEQ. Je comprends, je comprends qu'il y a un déficit de
3 millions de dollars — quand
on regarde, là, l'élection, la dernière élection municipale, il y a
3 millions de déficit — puis
je comprends que le Directeur général des élections a un problème, lui, parce
qu'il trouve qu'il y a trop d'endettement, puis l'endettement n'est pas assez
remboursé rapidement, puis il ne voit pas comment, donc il y a un problème.
Bon, là, évidemment, c'est un problème avec les
partis politiques municipaux. Est-ce qu'ils ont trop dépensé par rapport à leur
campagne? S'ils ne sont pas capables de rembourser... Ça, c'est notre rôle à
nous, de s'assurer qu'il n'y ait pas des
dettes qui perdurent. Là, présentement, il n'y a pas de mesure pour essayer de
récupérer ces sommes-là qui ont été
dépensées de façon trop importante, puis ils n'ont pas l'argent pour être
capables de rembourser. Puis je ne vous ferai pas l'état, mais, vous le savez, il y a des partis politiques à Montréal
qui ont encore des dettes, ils ne sont pas capables de les rembourser. C'est quelque chose qu'il va falloir,
nous, comme législateurs, s'assurer
que ça ne se reproduise pas. Mais de là à, à cause de ça, augmenter les
contributions des électeurs, je pense que ce serait un mauvais message à
livrer, et ça, encore une fois, on va essayer de le défendre, M. le ministre.
Au Québec,
avec 1 100 municipalités, c'est vrai, quand on lit le projet de loi et tout ce qui est le volet Financement des partis politiques,
ça encourage la formation d'un parti politique, mais ce n'est pas dans les
gènes des élections municipales, au Québec, d'avoir des partis politiques.
Je comprends que, dans les grandes villes, c'est plus facile, mais même dans les grandes villes... J'ai vu tout un
débat à Gatineau entre ceux qui ne veulent pas de partis politiques puis ceux qui le sont... Donc, il y a quand même un grand débat par rapport aux partis politiques. Donc, il faut juste s'assurer que le financement
puisse se faire, puisse se réaliser en tenant compte qu'on a 1 100 municipalités
au Québec et que les partis politiques,
ça ne sera jamais la panacée des élections municipales
au Québec, là. Il n'y a pas d'historique par rapport à ça, à part dans les grandes
villes, et même encore, ça dépend des grandes villes. Donc, on va juste
s'assurer que les municipalités au Québec
soient capables de bien faire leurs élections, avoir un financement qui est
adéquat, mais s'assurer aussi, dans
les villes, que les dépenses de recherche pour les conseillers municipaux, si
jamais ils ne font pas
partie d'un parti politique, on soit capables de
le faire adéquatement.
Évidemment,
il y a tout un volet par rapport au pacte fiscal. M. le ministre, vous avez
raison de dire qu'il y a une
partie
du projet de loi qui doit mettre en oeuvre le pacte fiscal, entre autres concernant
les en-lieu de taxes. Évidemment, on est conscients que, par rapport aux en-lieu de
taxes, il y a eu une diminution, c'est un pacte qui a été signé. Vous
dire que nous, comme parti politique, on
était d'accord avec cette solution-là, loin de là, mais par contre on est
conscients que les élus municipaux
ont donné leur accord à ça. Donc, on va s'assurer que les amendements ou les
modifications législatives qui ont
été faites le soient conformément aux ententes qui ont été signées. Et
là-dessus on va vous accompagner pour être capables d'avoir un résultat
intéressant.
terminerai par rapport aux offices régionaux d'habitation. Vous avez vu, malgré
tous les documents qu'on a pu sembler,
nous, évidemment... et je sais qu'il y a un exemple parce qu'il y a eu un
projet pilote au Québec qui était l'ORH de Deux-Montagnes.
Malgré tout ce qui peut s'écrire, je peux vous dire
que c'est loin d'être aussi réel quand on parle aux locataires, à ceux
qui bénéficient du service de l'ORH Deux-Montagnes.
Donc, encore une
fois, vous avez compris que, nous, tout ce qu'on souhaite, M. le ministre,
c'est qu'il y ait beaucoup plus de latitude. Je sais que vous allez déposer des
amendements. Nous, on veut s'assurer qu'on ne force pas personne à se regrouper puis que ça vienne du milieu. C'est
important, M. le ministre, parce qu'encore une fois pour nous, malgré l'expérience de Deux-Montagnes, qui,
au point de vue des dirigeants, est peut-être la plus grande invention depuis les boutons à quatre trous... mais, pour
les utilisateurs, je vous le dis, les usagers, c'est loin d'être ça. Donc,
nous, on se fera un... Et pourquoi je vous
le dis? Parce qu'évidemment on a nos collègues qui sont députés et qui couvrent
le secteur de Deux-Montagnes et Mirabel, là, parce qu'il y a une
partie
du comté de Mirabel qui est affectée par cet ORH là. Donc, il faut s'assurer, encore une fois, qu'il y ait une latitude, une
marge de manoeuvre nécessaire pour que ça provienne du milieu, et que les organismes le veuillent
bien, puis que ce soit d'un concert. Et ça, encore une fois, M. le
ministre, on vous avait soumis, là... on va
voir vos amendements, mais, nous, ce qu'on voulait c'est qu'il y ait un délai,
qu'il y ait une obligation d'entente.
Et tout ça pour être capables, après ça, sans les forcer, là... Je n'ai pas vu
vos amendements, mais, encore une fois, s'ils ne sont pas adaptés à ce
qu'on souhaiterait, bien, on va vous en déposer, M. le ministre, on va essayer
de bonifier le projet de loi de façon à ce qu'il soit le plus acceptable
possible par les communautés visées.
Il ne faut jamais
oublier que, dans les offices municipaux d'habitation, il ne faut pas
décourager tout le bénévolat qui se fait,
même municipal. Il ne faut jamais oublier qu'il y a beaucoup de municipalités
qui donnent, qui ne comptent pas le
temps de leurs employés ou quoi que ce soit. Il ne faut surtout pas avoir une
structure qui découragerait tout ce
qui se donne gratuitement présentement sans que les gens le sachent. Et
effectivement moi, je peux constater que, dans le dossier de Deux-Montagnes, il n'y a plus rien qui se donne, là. Tout
ce qui se donnait par les villes ne se donne plus parce qu'il y a un
organisme régional, puis qu'ils s'arrangent. Donc, ça crée au quotidien, pour
les usagers, des problèmes qu'il faudrait éviter
de faire ça. Je comprends qu'on veut essayer d'avoir une structure plus
régionale qui pourrait offrir des services, mais il ne faut pas que ça
diminue les services qui étaient existants, qui étaient des services de
proximité qui étaient la rapidité d'intervention quand il y a un problème ou
quoi que ce soit aux bâtiments ou aux équipements. Ça se faisait rapidement,
là. C'est loin d'être le cas présentement.
Donc,
encore une fois, on va essayer de vous accompagner dans cette façon de
procéder. Donc, encore une fois, on vous
offre notre collaboration, on sera ouverts à étudier vos amendements,
M. le ministre, en espérant que vous allez être ouvert à
étudier les nôtres. Donc, quant à moi, j'ai terminé, puis on commence les
discussions sur le projet de loi.
Président (M. Auger) :
Merci, M. le député de Blainville. Est-ce qu'il y a
d'autres membres qui désireraient faire des remarques préliminaires? Pas
d'autre membre. Merci beaucoup.
S'il n'y a pas de
motion préliminaire, nous allons débuter
article par article. Oui, M. le
ministre.
M. Coiteux : ...M.
le Président, déposer des copies de
courtoisie pour mes collègues concernant les amendements que j'aurai
l'intention d'apporter au fur et à mesure qu'on va procéder.
Le Président
(M. Auger) : Parfait. Donc, vous allez les déposer. Est-ce que
vous avez déjà des copies de préparées? Vous avez des copies? Merci.
Le Président (M.
Auger) : O.K. Merci. Donc, tout le monde a reçu copie des différents amendements?
M. le ministre, nous serions prêts à commencer avec l'article 1.
M. Coiteux :
Très bien. Alors, l'article 1, que je dois lire, là.
Président (M. Auger) : Effectivement, vous faites la lecture de l'article plus commentaires, et puis après ça on y va avec des interventions.
M. Coiteux :
Alors, l'article 1, donc : L'intitulé de la
section IX du
chapitre IV du
titre I de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme —
chapitre A-19.1 — est
remplacé par le suivant :
«De certaines contributions à des travaux ou à
des services municipaux.»
Alors,
pour expliquer davantage, l'article 1 du projet de loi modifie l'intitulé
de la
section de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme portant sur les
ententes relatives à des travaux municipaux en concordance avec les nouvelles
dispositions qui sont insérées à cette
section par les articles 2 et 3 du
projet de loi.
Cette modification
traduit le fait que la délivrance d'un permis de construction ou de lotissement
ou d'un certificat d'autorisation ou
d'occupation pourra être assujettie non seulement à la conclusion d'une entente
portant sur la réalisation de travaux
municipaux, mais également au paiement d'une contribution destinée à financer
des infrastructures ou des équipements municipaux requis en lien avec
l'intervention visée par la demande de permis ou de certificat.
Le Président
(M. Auger) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions concernant
l'article 1? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. M. le Président, écoutez, c'est bien simple, là, parce que, dans le fond,
ici, c'est le titre, c'est l'intitulé d'une
section sur laquelle nous
allons discuter prochainement à l'article 2. Alors, moi, je ne veux pas présumer de l'adoption de l'article 2, donc
j'aimerais ça qu'on puisse peut-être la suspendre, l'adoption de
l'article 1, jusqu'à ce qu'on
ait fait au moins l'étude de l'article 2 puis qu'on ait discuté. Puis, si
jamais ça modifie, ou si jamais il est refusé par les membres, ou quoi que ce soit, bien, on pourra,
à ce moment-là, ajuster l'intitulé en fonction de ce qu'on aura adopté,
là, parce que moi, je me sens un peu embêté
de faire un débat préalable à un débat de fond pour le titre. Moi, mes profs
à l'université m'ont appris que le titre, on
met toujours ça à la fin, une fois qu'on a fini un travail, parce qu'on ne sait
pas exactement comment on va faire notre
travail. Donc, c'est un peu la même chose, là. On mettra l'intitulé une fois
qu'on aura fait le débat sur le fond à l'article 2. Alors, je ne sais pas
si le député de Blainville est d'accord avec ça.
Le Président
(M. Auger) : Donc, nous allons suspendre l'article 1. M. le
ministre,
article 2.
M. Coiteux : Alors,
article 2. Là, j'aurais un amendement.
Je le lis d'abord ou je dépose l'amendement
d'abord?
Président (M. Auger) :
Vous allez commencer par lire, effectivement, l'article, faire l'explication, et par la
suite vous allez amener votre amendement.
M. Coiteux : Et par la suite je vais amener l'amendement.
Parfait. Alors, l'article 145.21 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«145.21.
Le conseil d'une municipalité peut, par règlement, assujettir la délivrance
d'un permis de construction ou de lotissement ou d'un certificat
d'autorisation ou d'occupation :
«1° à la conclusion
d'une entente entre le requérant et la municipalité portant sur la réalisation
de travaux relatifs aux infrastructures et aux équipements municipaux et sur la
prise en charge ou le partage des coûts relatifs à ces travaux;
«2° au paiement par
le requérant d'une contribution destinée à financer tout ou
partie d'une
dépense liée à l'ajout, l'agrandissement ou
l'amélioration d'infrastructures ou d'équipements municipaux requis pour
assurer la prestation accrue de services municipaux découlant de
l'intervention visée par la demande de permis ou de certificat.
«Les
équipements municipaux visés au paragraphe 2° du premier alinéa ne comprennent
pas le matériel roulant dont la durée de vie utile prévue est inférieure
à sept ans ni les équipements informatiques.
«L'exigence
d'une contribution visée au paragraphe 2° du premier alinéa n'est pas
applicable à un organisme public au
sens du premier alinéa de l'article 3 de la
Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels (chapitre A-2.1).»
J'aurai
un amendement, mais peut-être qu'il
faut que je donne l'explication d'abord de l'article tel que stipulé.
Le Président
(M. Auger) : Bien sûr, l'explication, oui, s'il vous plaît.
Coiteux : Vous pardonnerez
que je suis encore... je n'ai pas des années et des années d'expérience en la
matière, donc je vous pose les questions comme ça, M. le Président, pour être
assuré qu'on suit la bonne procédure.
Le Président
(M. Auger) : Oui, c'est excellent. Ça me fait plaisir, M. le
ministre.
M. Coiteux : Alors, l'article 2 du projet de loi vise à remplacer l'article 145.21 de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme afin de prévoir un autre type de condition à laquelle une
municipalité peut assujettir la délivrance d'un permis de construction ou de
lotissement ou d'un certificat d'autorisation ou d'occupation.
Essentiellement,
la modification reprend, au paragraphe 1° du premier alinéa, la possibilité
prévue actuellement à l'article 145.21, soit la conclusion d'une
entente portant sur des travaux municipaux, en plus d'ajouter une nouvelle
possibilité au paragraphe 2°, soit le paiement d'une contribution en vue du
financement d'infrastructures ou d'équipements municipaux requis en lien avec
l'intervention visée par la demande de permis ou de certificat.
Cette
nouvelle possibilité est assortie de certaines conditions prévues au deuxième
et au troisième alinéas du nouvel article.
Ainsi, la contribution ne pourrait servir au financement du matériel roulant
dont la durée de vie utile prévue est inférieure
à sept ans ou au financement d'équipement informatique et elle ne pourrait être
exigée des organismes publics.
Le Président (M. Auger) :
Merci, M. le ministre. On peut y aller avec votre amendement. Donc, lire votre
amendement et, par la suite, émettre vos commentaires par rapport à votre
amendement.
M. Coiteux :
Oui. Alors là, je veux juste m'assurer que j'ai... Oui. Alors, j'ai quelques
amendements qui concernent l'article 2, si je ne me trompe pas ou...
M. Coiteux :
Ah! j'ai plusieurs copies ici. Ça va.
Le Président
(M. Auger) : Oui. Je n'en ai qu'un, moi, en tout cas.
M. Coiteux :
Parfait. Merci. Alors, voilà, j'ai un amendement aussi que j'aimerais déposer.
Le Président
(M. Auger) : Un nouvel amendement à l'article 2 ou si c'est
celui qu'on a reçu?
M. Coiteux :
Bien, c'est parce que, là, j'ai donné des copies, mais là, maintenant,
j'aimerais...
Le Président
(M. Auger) : O.K. Vous le déposez officiellement.
M. Coiteux :
Oui, je dépose officiellement l'amendement.
Le Président
(M. Auger) : Donc, allez-y, M. le ministre, sur l'article 2,
un amendement.
M. Coiteux :
Alors, concernant l'article 2 au point 1, donc, d'abord, remplacer,
dans le texte anglais du paragraphe 1° du
premier alinéa de l'article 145.21, proposé par l'article 2 du projet
de loi, «expenditures incurred in respect of such of work» par «costs
related to such work».
deuxièmement, remplacer, dans le paragraphe 2° du premier alinéa de
l'article 145.21, proposé par l'article 2 du projet de loi,
«l'amélioration» par «la modification».
Le Président
(M. Auger) : Commentaires.
M. Coiteux :
Alors, premièrement, cet amendement vise à corriger une
partie du texte anglais
de l'article 145.21 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme tel
que proposé par l'article 2 du projet de loi.
Et, deuxièmement,
l'amendement remplace, au paragraphe 2° du premier alinéa de cet article, la
notion d'amélioration par celle de modification, qui est plus neutre.
Le Président
(M. Auger) : Merci. Des interventions concernant cet amendement à
l'article 2? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Alors, bon, là, on est au coeur du débat sur la question des contributions
de développement, là, et puis je veux
juste être sûr qu'on se comprenne bien. Alors, si on prend morceau par
morceau : «Le conseil d'une municipalité peut, par règlement,
assujettir la délivrance d'un permis de construction ou de lotissement ou d'un
certificat d'autorisation ou d'occupation :
à la conclusion d'une entente entre le requérant et la municipalité portant sur
la réalisation de travaux relatifs aux
infrastructures et aux équipements municipaux et sur la prise en charge ou le
partage des coûts relatifs à ces travaux.»
on prend juste ces deux premiers éléments, ces deux premiers paragraphes, je
dirais, est-ce que le ministre peut nous expliquer un peu plus comment
ça va procéder? Est-ce que le ministre peut... je veux dire, au-delà des notes explicatives, dans le concret, là, quand on
dit : «...la conclusion d'une entente entre le requérant et la municipalité...» Alors, dans son esprit, le
requérant, c'est qui? Ça peut être qui? Comment ça va procéder?
Ensuite,
quand on dit : «Le conseil d'une municipalité peut, par règlement, assujettir la
délivrance d'un permis de construction ou de lotissement ou d'un
certificat d'autorisation ou d'occupation», est-ce qu'il peut nous expliquer un
peu plus concrètement comment ça va se passer? Et le conseil d'une municipalité,
est-ce que ça comprend la MRC? Est-ce que ça comprend toutes les municipalités?
Alors, voilà, je lance la balle, là, de façon un peu large, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre, et en rappelant que nous discutons
de l'amendement. On doit discuter de l'amendement.
M. Coiteux :
Bien, si on discute, de façon stricto sensu, de l'amendement, là... puis on
pourrait se limiter à ça puis ensuite revenir peut-être plus à la
question de fond, effectivement, mais l'amendement, bon, il y a une question,
là, d'anglais, d'avoir le texte anglais le
plus précis possible par rapport à l'intention de l'article, là, et que ça soit
conforme à la version française. Donc là, c'est un ajustement vraiment
linguistique, là, qui n'affecte pas l'esprit.
Par contre, le
deuxième remplace le mot «amélioration» par le mot «modification». C'était pour
éviter qu'il puisse y avoir une certaine
ambiguïté parce que le mot «amélioration» en soi n'est pas un terme neutre. On
peut modifier une infrastructure parce que c'est requis de la modifier,
mais améliorer une infrastructure existante, ça veut dire quoi? L'amélioration, dans quel sens... la crainte
ici, avec le mot «amélioration», c'est que ça pouvait peut-être donner
lieu, là, sans prêter
d'intention à personne, à l'exigence de redevances qui serait plus difficile à
circonscrire par la nécessité de modifier une infrastructure existante.
Alors, puisque, dans le fond, le terme
«modifier» était plus neutre, c'est celui-ci qui est proposé ici.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions, M. le député de Jonquière, sur l'amendement?
M. Gaudreault : Oui, sur l'amendement, puis vous faites
bien de nous rappeler à l'ordre, là, parce que je pense qu'on est encore
en séance de réchauffement, là, avant qu'on soit vraiment engagés dans tous nos
travaux.
Effectivement, donc, une modification comprend
l'amélioration, mais une amélioration ne comprend pas nécessairement une modification. Alors, c'est pour ça que le ministre veut amener une modification plutôt que
strictement l'amélioration parce qu'on pourrait, pour accommoder un développement,
modifier une infrastructure d'aqueduc, mais
ce qui n'est pas nécessairement une amélioration de l'infrastructure d'aqueduc, par exemple, ou modifier,
c'est ça, une livraison d'un service sans que ça soit nécessairement une
amélioration de ce service. C'est ce que je comprends.
Donc, c'est
pour ça que je vous dis : la modification peut amener une amélioration, mais l'autre,
l'inverse, n'est pas nécessairement vrai. On peut modifier... Une modification
peut amener une amélioration, mais une amélioration n'est pas nécessairement
une modification. C'est ça, là, au fond.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, je dirais, écoutez, c'est parce qu'il
peut y avoir plusieurs cas, mais supposons qu'on serait en train d'améliorer, pour des citoyens qui n'ont rien à voir avec un nouveau développement, une infrastructure, puis que c'est eux qui sont les
bénéficiaires de l'amélioration, alors que ce n'était pas nécessairement absolument
requis, cette amélioration-là, pour l'ensemble parce qu'il y avait
un nouveau développement, alors que «modification» nous
indique bien... Écoutez, compte tenu du fait qu'on doit servir, par exemple, un
nouveau quartier, il faut absolument modifier l'infrastructure existante parce qu'autrement on va être incapable de le faire. Je
trouvais que c'était plus précis, le mot «modification», qu'«amélioration»,
puis ça portait moins à équivoque.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur l'amendement à l'article 2, M. le député de Blainville?
M. Laframboise : Oui. Bien, c'est drôle, mais mon expérience
municipale m'aurait porté à
dire : l'agrandissement, l'amélioration ou la modification, là.
Mais je comprends ce que vous voulez, là, dire puis je vais me rallier à ce que
vous dites.
Est-ce que
vous avez eu des commentaires, par rapport à ça, des unions municipales? Est-ce
que vous avez reçu ou si c'est vos fonctionnaires qui ont soumis cette
modification-là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, ça fait
partie de l'ensemble des réflexions que j'ai tenues personnellement puis que
j'ai discutées avec mes équipes suite aux consultations qu'on a eues. Donc, les
consultations, des fois, amènent des commentaires ou des suggestions très
spécifiques. Parfois, elles soulèvent des inquiétudes plus générales. Et devant
peut-être certaines préoccupations de certains à l'égard... oui, mais dans
quel contexte on pourrait penser qu'une redevance s'appliquerait? J'ai pensé qu'il fallait délimiter
le plus précisément possible ces occasions, puis le mot «amélioration»
me paraissait pouvoir porter davantage à équivoque que le mot «modification».
Alors, ça répond à une préoccupation plus
générale qu'à des commentaires spécifiques qui ont été faits.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Parce
qu'évidemment c'est là, là, où on ne se rejoindra pas, moi et vous, parce que
c'est vrai que, si vous n'engagez
pas... on va vous déposer un amendement plus tard, là, pour plus de
transparence puis que ce soit clair pour les promoteurs, les citoyens,
qu'est-ce qui s'en vient. Donc, dès que vous n'enclenchez pas un processus de transparence, c'est évident que vous, vous devez
modifier pour essayer d'encadrer la municipalité pour ne pas qu'elle fasse trop de... Comprenez-vous, là? Je comprends,
là. Alors que moi, dans ma philosophie, j'aurais plutôt dit
«amélioration et modification». Mettons-en.
Par contre,
allons-y avec un processus de transparence qu'on va vous suggérer plus tard,
là, pour dire : Il faudrait que les citoyens soient au courant,
puis que les gens soient au courant, puis qu'il y ait une analyse, une étude
qui soit soumise aux promoteurs, alors que, là, on ne les oblige à rien, là.
Là, je comprends qu'en les laissant vous essayez de faire la même chose que
moi, mais de façon différente. Vous essayez de les encadrer par des mots en
disant «les modifications». Moi, je leur
aurais donné le plus de marge de manoeuvre possible, mais, encore une fois...
tu sais, parce que je ne voudrais pas, tu sais, que «modification»
empêcherait une amélioration.
Vous avez pris un exemple tantôt, là, vous ne
voulez pas qu'un travail qui soit effectué puisse bénéficier à un autre secteur, alors qu'il affecte un certain
secteur. Mais, dans une planification municipale, parfois, tu dois t'assurer
que, tant qu'à aller travailler, bien, tu vas travailler pour le nouveau
secteur qui entre là plus d'autres qui vont s'en venir, et tout ça, et c'est là que nous, on demande plus de transparence pour
ne pas que... puis l'APCHQ avait la même réaction en disant : Écoutez, nous, on ne veut pas payer
pour des choses pour lesquelles ce n'est pas relié à notre projet, là. Tu
sais, même à mon
étonnement, l'APCHQ a une volonté de dire : Oui, O.K., on est rendus là,
on est prêts à ce qu'il y ait des redevances,
puis il y a des frais de croissance, pas de problème, en autant qu'on sache
pourquoi on paie, tout simplement.
Et donc,
évidemment, là, moi, je peux vous suivre par rapport à ça, mais, tantôt, vous allez
voir, là, on va vous déposer des amendements puis on espère que vous
allez nous suivre aussi.
Le Président (M. Auger) :
Merci. M. le ministre.
M. Coiteux : Bien, on aura
l'occasion de, dans la poursuite des travaux, voir quels seront les amendements
proposés. J'en ai moi-même, puis c'est pour
ça que je vous en ai distribué un certain nombre de copies. Mais les frais
de redevance, les redevances de croissance
ou les frais de... bon, il y a différentes façons de les appeler, mais enfin,
ces frais appliqués à des
développements qui impliquent des dépenses en infrastructures pour les
municipalités sont encadrés, là, par
les articles qui sont ici, puis on en discutera sur le fond tout à l'heure, ne
serait-ce que par l'exclusion, notamment, des organismes publics, ce qui
n'est pas le cas aujourd'hui. Elles prévoient un règlement, donc c'est très...
Maintenant,
il y a un équilibre à trouver, mais ce sera là quand on aura... ça sera dans ce
contexte-là qu'on aura les discussions.
Il y a un équilibre à trouver entre le manuel d'instruction, puis le respect de
l'autonomie, puis la confiance à l'égard des municipalités.
Président (M. Auger) : Merci. D'autres interventions concernant
l'amendement à l'article 2? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais
le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 2 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. Nous revenons à l'article 2. Est-ce qu'il y a des interventions
concernant l'article 2? Un sous-amendement?
M. Laframboise : Un amendement.
Le Président (M. Auger) : Un
amendement?
M. Laframboise : Oui, c'est ça.
Est-ce qu'on peut vous le déposer?
Le Président (M. Auger) : S'il
vous plaît, en faire la lecture.
M. Laframboise : Oui, si on
peut en faire la lecture. Modifier l'article 2 du projet de loi en remplaçant,
au deuxième paragraphe du premier alinéa de l'article 145.21 modifié, le mot
«tout ou» par «une».
Le Président (M. Auger) :
Est-ce que vous avez des explications?
M. Laframboise : Je peux vous
donner les explications. Quand on prend le texte, on dit : «...au paiement
par le requérant d'une contribution destinée à financer tout ou
partie d'une
dépense...» Nous, compte tenu du possible dépassement
qui pourrait arriver puis qui pourrait affecter les contribuables, on aimerait
mieux que, plutôt que «destinée à financer tout ou
partie d'une», ça
soit «une
partie d'une dépense liée à l'ajout», «à financer une
partie d'une
dépense liée à l'ajout» plutôt que «tout ou partie».
Président (M. Auger) : Merci. Je vais suspendre les travaux
quelques instants pour permettre d'en faire la distribution. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement
du député de Blainville? M. le député de Blainville, oui.
M. Laframboise : Si vous me
permettez de continuer, vous allez voir, M. le Président, ça se tient par
rapport à notre raisonnement, mais évidemment,
compte tenu de la façon dont le projet de loi est rédigé, nous allons déposer un amendement après que le 2
sera adopté. Donc, théoriquement... parce que ce que j'aurais aimé, c'est que
ça aurait été les frais justifiés. Puis vous
allez comprendre que, quand on va arriver avec des amendements,
plus tard, on va demander une justification, un processus de
justification.
Donc, si je
n'ai pas ça, évidemment, on est obligé de demander à ce que toute une
dépense ne soit pas appliquée nécessairement sans justification à un développement.
Donc, c'est pour ça que c'est assez complexe. On est dans la
partie complexe des redevances de développement. Donc, quand vous permettez tout ou une partie, bien là, vous
permettez aux villes d'intégrer à peu près n'importe quoi dans ce qu'ils vont
demander tant qu'on ne les justifie pas.
fait que c'est pourquoi on vous dit : Bon, bien, si c'est 2... Tu sais,
moi, théoriquement, je vous aurais dit : Je vais faire un amendement.
Je vais le suspendre tant que je ne discuterai pas de l'article qu'on va
ajouter, là, compte tenu de la façon dont le
projet de loi est élaboré. Mais donc je me dois de déposer cet amendement-là
parce que je ne voudrais pas que les villes qui n'auraient pas un processus de justification
reconnu dans le projet de loi appliquent la totalité d'une dépense à un projet
de développement sans qu'il y ait de justification, tout simplement.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, j'écoute mon
collègue ici qui nous dit qu'il dépose un amendement en fonction de ce qu'il pense qui pourrait ou non être adopté à un
article suivant, donc je pense qu'il est prématuré, mais, écoutez, si je
ne m'en tiens qu'aux mots, là, dans le fond, il veut exclure 100 %,
mais il n'exclut pas 99,999 %. Donc, à toutes fins pratiques, cet amendement ne change à peu près rien au sens de
l'article 2 tel que rédigé. Et je pense qu'il donne plus son... on donne
plus de latitude parce que, dans le fond, qu'est-ce que ça dit? Vous n'êtes pas
obligée, comme municipalité, de toujours facturer 100 %, par exemple, de
la modification d'une infrastructure liée à un nouveau développement. Vous
n'êtes pas obligé de le faire à 100 %.
Vous pouvez le faire à 25 %, si vous voulez. Vous pouvez le faire à
50 %, si vous le voulez, et on laisse l'autonomie à la municipalité
de décider ce qui va être adéquat dans les circonstances et d'établir son
règlement en fonction de ça.
Alors, personnellement, je pense que l'article,
tel que rédigé, est beaucoup plus clair. Il reconnaît beaucoup plus la possibilité de choisir un pourcentage,
comme il est prévu dans... parce que c'est ça, une partie. Une partie,
c'est possible, mais c'est possible
100 % dans d'autres circonstances. Alors, moi, je serais plus en faveur...
Si on doit voter tout de suite sur
cet amendement ou discuter tout de suite, de cet amendement, je n'en vois pas
véritablement l'utilité et je comprends que, dans le fond, mon collègue
veut discuter d'autres choses que ça par la suite.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque. Oui, M. le député de Blainville, sur le même...
M. Laframboise : Oui, M. le Président. Je voulais juste que ce
soit clair pour le bien-être de tous les collègues. Évidemment, mon
amendement fait... compte tenu que je ne peux pas présumer de ce qui va se
passer par après, mon amendement est en
fonction du texte qui est là. Et, quand vous dites... ça voudrait dire... Non.
Si on prend seulement une partie, il y aura possibilité de contestation.
Quand vous dites «tout ou [une] partie», il n'y en a plus, de possibilité de
contestation.
Donc, si on
n'a pas de processus qui nous permet de contre-expertiser la municipalité...
Quand vous dites «tout ou [en]
partie», il n'y a plus aucune contestation. Si vous dites «une partie», il y
aura possibilité de contestation. Si la ville décide de mettre 99,9 %, là, on pourra contester. Ceux qui se
verront subir ça pourront dire : Oh! Oh! attends une minute! Ta partie, là, fais attention à qu'est-ce qui est
dans la partie, tu me charges des choses, alors que, quand tu dis «tout
ou [en] partie», ça ne permet plus aucune contestation des frais qui seront
facturés par la ville.
Et là, encore
une fois, compte tenu que, quand on lit le projet de loi, il n'y a pas de
processus de justification qui est exigé des villes, bien, à ce
moment-là, ça met les contribuables... puis, comme je vous dis depuis le tout
début, les nouveaux acquéreurs potentiels, nos jeunes familles, elles seront à
la merci des villes par rapport à ça. Moi, c'est ça que je veux éviter. Quand vous défendez «tout ou [en] partie», je veux
que vous soyez conscient, M. le ministre, qu'il n'y en aura plus, de
contestation possible par rapport aux frais qui vont être chargés. Je veux que
vous sachiez ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien non, je ne le
vois pas du tout comme ça, d'abord parce que c'est bien écrit qu'il faut que l'agrandissement ou la modification, là, avec
l'amendement étant adopté... requis, requis pour assurer la prestation
accrue de services. C'est plus ça, là,
que : Est-ce que c'était requis, pas requis? Parce qu'on peut toujours
contester 100 %, comme on peut contester 90 %, comme on peut
contester 50 %. Tout pourcentage peut être contesté, mais je pense que le
terme important ici, c'est qu'il faut que ça soit requis. C'est ça qui est la
base même d'une contestation possible.
Ensuite, est-ce que le pourcentage est adéquat?
40 % peut être adéquat dans certaines circonstances puis pas dans d'autres et contestable, tout comme
100 % peut être tout à fait adéquat puis être contestable dans d'autres
contextes. Donc, je ne comprends pas pourquoi les mots «tout ou [en] partie»
empêcheraient des contestations. Je ne le vois simplement pas.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Juste peut-être une petite précision pour bien
comprendre. Bon, vous dites, le «[en] partie», c'est pour ne pas augmenter le fardeau des contribuables,
mais la
partie qui ne sera pas assumée par les nouveaux qui vont acheter
va être assumée par les autres contribuables de la ville qui auront à assumer
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Non, mais c'est parce que le poids n'est pas le
même. C'est dans le sens où... Tu sais, je vous donnais l'exemple quand on a interrogé le maire de Gatineau :
Est-ce que vous voulez que votre centre sportif, l'aréna Guertin, qui comprend votre club de hockey,
soit... Bon, il a dit : Ah! ça pourrait peut-être servir à ça. Là, tu
sais, tu ne peux
pas faire supporter tout ou en
partie à un secteur par rapport aux autres.
C'est donc... Inévitablement, il faut que tu sois capable de limiter ça.
Donc, compte
tenu que le projet de loi... puis vous allez le voir au fil des amendements
qu'on va déposer, présentement, c'est la ville qui décide de tout. Il
n'y a pas de procédure dans le projet de loi, comme dans le projet de loi de 2002, puis pour lesquels il était peut-être
trop... c'était trop complexe. On peut le simplifier, mais il n'y a pas
de procédure, d'obligation pour la ville d'y
aller avec ses études, être capable... puis pour lesquels les contracteurs
puissent être capables de s'opposer à ça. Donc, ce qu'on fait, c'est qu'on
donne à la municipalité les pleins pouvoirs.
C'est pour ça
que «tout ou [en] partie», moi, c'est... Je comprends que le ministre
dise : Oui, ça peut se contester, mais
je peux vous dire que, si ça avait été ça, la ville de Gatineau n'aurait pas
été condamnée à payer 4,2 millions qu'elle avait collectés en trop
de la part des contracteurs. Donc, il faut qu'il y ait un équilibre là-dedans.
Que la ville justifie sa dépense, je pense qu'il faut que ce soit comme ça,
puis qu'après ça elle perçoive ses redevances. Puis c'est correct qu'il n'y ait
pas de possibilité de contestation, mais il faut qu'il y ait, à quelque part,
un genre de tampon.
Ça fait que,
si on n'a pas d'autre chose, on est pris avec le «tout ou [en] partie» d'une
dépense. Et là, évidemment, moi, j'aime mieux le terme, mais je vais me
rallier à la décision de mes collègues, là. Je suis un grand démocrate.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions? Merci, M. le... Oui, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, écoutez, moi, sur l'amendement proposé par le député de Blainville,
je suis obligé de dire que je trouve ça limitatif parce que, si on dit «une
partie» dans la loi, c'est qu'il faudrait nécessairement que la municipalité
fasse une contribution, demande une contribution juste pour une
partie d'une
dépense qui est liée à un agrandissement ou
une modification reliée au projet en question, alors que, tel que rédigé
présentement, ça n'exclut pas de faire une
partie comme le demande le
député, mais ça n'exclut pas non plus à la municipalité d'aller chercher tout
le financement relié à un projet.
Je pense que
le ministre vient de le dire, le mot clé est à la troisième ligne du deuxième
paragraphe quand on dit : «...la modification d'infrastructures ou
d'équipements municipaux requis pour assurer la prestation [qui découle] de
l'intervention...» L'intervention est faite en fonction... on parle d'une
intervention en fonction d'une requête reliée à un projet précis.
Donc, moi, je
trouve ça limitatif, surtout dans une optique où... et je ne crois pas que la
CAQ soit contre ça, dans un objectif où on souhaite plus d'autonomie
pour les municipalités. Alors, on ne peut pas dire d'un bord : On veut
plus d'autonomie pour les municipalités puis, de l'autre bord, leur dire :
On va contrôler ce que vous pouvez réclamer. Alors,
si on a réellement confiance en l'autonomie des municipalités, laissons... Puis
en plus le député de Blainville est un ancien
maire puis un ancien président de l'UMQ. Laissons les municipalités déterminer
c'est quoi qu'on doit charger, tout ou partie, en fonction d'un
développement précis.
Maintenant,
le député de Blainville nous dit : J'amène ça parce qu'il n'y a pas de
justification, puis, sinon, ça va faire
en sorte de bloquer la contestation. Ça, c'est d'autre chose, là. Moi, je suis
prêt à discuter de la justification, puis, si on veut faire des amendements éventuellement pour
justifier les contributions demandées, on peut en discuter, des
justifications. Puis on peut discuter aussi
même des contestations par les promoteurs ou par ce qu'on appelle les
requérants. On peut trouver des moyens de contester, mais, pour moi, ce
n'est pas nécessairement et juste lié au financement, en tout ou en partie, de
la dépense.
Moi, je pense
que, si on y va morceau par morceau, comme on est en train de le faire ici, ce
n'est pas limitatif. Le texte d'origine
respecte aussi la volonté d'une plus grande autonomie à l'égard des
municipalités, mais, si on veut parler de justification puis si on veut parler de contestation, on va en parler,
mais on est capable d'arriver avec des amendements pour une justification
des nouveaux coûts puis on est capable d'arriver avec des amendements pour
éventuellement une contestation, tout en laissant la notion de tout ou partie.
Je suis sûr de cela. D'ailleurs, on va avoir, nous aussi, des modifications à
proposer — on
verra, là, mais probablement, là — concernant les contestations. En tout
cas, on aura certainement au moins des questions à poser.
Alors, je
comprends le point de vue du député de Blainville, mais je ne le partage pas,
en tout cas, pas à ce stade-ci, et je pense qu'on pourra atteindre son
objectif de justification et de contestation possible plus tard, par d'autres
types d'amendements. Mais moi, en vertu du
principe d'une plus grande autonomie des municipalités et de la confiance
que j'ai à l'égard des élus du monde municipal, je pense que c'est préférable
de refuser l'amendement du député.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur l'amendement du député de Blainville? M. le député
de Blainville.
M. Laframboise : Oui, juste pour... Je prends les commentaires du
collègue de Jonquière, là. Je vois qu'il est ouvert à tout un volet
de... évidemment, de tout le second volet qu'on apportera. C'est intéressant,
Dans un monde
idéal, j'aurais suspendu mon amendement le temps... Mais, compte tenu, comme je
vous dis, que le fait... Je suis conscient des commentaires qui sont
faits, là. Allons-y, puis je ne m'opposerai pas au vote.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, on peut
peut-être voter sur l'amendement?
Le Président (M. Auger) : Bien
sûr. Nous en sommes rendus là.
M. Coiteux :
Nous en sommes rendus là.
Président (M. Auger) : Donc, il n'y a pas d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre l'amendement du
député de Blainville, à l'article 2, aux voix. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Le Président (M. Auger) :
Rejeté. Donc, nous revenons à l'article 2 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Bien, je reviens avec ma première question. J'aimerais que le ministre essaie
de nous illustrer un peu plus, là,
dans la vie réelle d'une municipalité, bon, par règlement, le requérant,
j'aimerais ça qu'il nous explique un peu plus le processus, là. Ça va nous permettre de comprendre davantage où
on s'en va et peut-être de poser des meilleures questions, là, sur la
suite des choses.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Oui. Bien, si un nouveau développement immobilier nécessitait, par exemple, la
construction, je ne sais pas, d'une
caserne de pompier, je donne ça comme exemple, ça pourrait être d'autres
infrastructures parce qu'on serait incapable de fournir le service.
Est-ce que c'est l'ensemble des citoyens existant qui doivent payer 100 %
de cette nouvelle infrastructure ou on veut,
au contraire, pour les fins du projet, avoir une contribution des gens du
secteur dont le développement est à l'origine de l'ajout de cette
infrastructure?
Alors, dans
le fond, ce qu'on permet de faire ici, là, c'est à la municipalité d'aller
chercher une autre source de financement
que les taxes foncières habituelles, qui sont réparties à tout le monde, et là
c'est la redevance de développement dans
ce cas-ci. Alors, comment ça doit se faire? Bien, les promoteurs qui vont faire
les constructions vont être assujettis typiquement
à cette redevance. C'est comme ça que ça fonctionne, ils requièrent le permis
de construire, par exemple, mais la
municipalité ne doit pas faire ça n'importe comment. Elle doit faire un
règlement, et puis il y a d'autres lois, d'autres règlements.
Par exemple, à la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, à la
section V, aux articles 123, 125, 127, il y a un processus de consultation publique qui est prévu
lorsqu'il y a des projets de règlement de cette nature. Et il va falloir
que la municipalité justifie, il va falloir qu'elle explique : Bien oui,
c'est requis, c'est une infrastructure qui est requise en fonction de ce
développement-là.
On ne le fait pas n'importe comment, là, cette
redevance de développement. Il faut justifier que c'est requis. Il faut qu'il y ait un estimé de ce que ça va
coûter pour développer l'infrastructure. Puis on verra qu'on aura peut-être
aussi d'autres amendements nous-mêmes à
déposer plus tard pour être un peu plus précis sur tout ça, mais il va falloir
que ça soit requis et donc justifié avec des coûts estimés. Donc, on
encadre ce processus-là notamment par le biais de l'article 2.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. O.K. Le ministre nous dit... il nous donne toujours
l'exemple d'un nouveau développement résidentiel.
C'est sûr, c'est l'exemple qui nous vient le plus spontanément à l'esprit. Puis
là on pourrait enclencher le débat sur la limitation de l'étalement
urbain, etc., mais je ne veux pas qu'on aille jusque-là, en tout cas, pas à ce
stade-ci.
Mais au
paragraphe 2° du premier alinéa, l'avant-dernière ligne, on parle d'«assurer la
prestation accrue de services municipaux
découlant de l'intervention visée». Et, si je reviens au tout premier
paragraphe du premier alinéa, là : «Le conseil d'une municipalité
peut, par règlement, assujettir la délivrance d'un permis de construction ou de
lotissement ou d'un certificat d'autorisation ou d'occupation...»
Donc, quand
on parle — là, je
veux faire un lien, vous allez voir où je m'en vais, là — de l'intervention, qu'est-ce qu'on pourrait envisager qui serait autre chose
qu'un développement résidentiel et qui nécessite un permis, pas nécessairement
un permis de construction ou de lotissement, mais un certificat d'autorisation
ou d'occupation? Parce que, là, je veux être
sûr de bien encadrer la volonté du ministre parce que vous comprenez
qu'«assurer la prestation accrue de services municipaux découlant de
l'intervention visée par la demande de permis ou de certificat», ça peut être
large, là.
Alors, si le
ministre ne vise nommément que les projets de développement domiciliaire, bien,
on le dira, hein? Ça sera :
«...découlant de [projet de développement domiciliaire] visée par la demande de
permis ou de certificat.» Puis on essaiera de le baliser aussi dans le
tout premier paragraphe. Mais, quand on parle d'intervention, qu'est-ce que
veut dire le ministre au-delà du cas qui est vraiment plus concret du
développement domiciliaire?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bon, alors, un exemple possible de ça, qui n'est pas, là, un nouveau
développement, un nouveau quartier qui n'existait pas, qu'on
développera... j'ai donné ça comme exemple parce que c'est celui qui me venait spontanément à l'esprit, mais supposons que, dans
un quartier déjà existant, il y ait des projets comme... par exemple, avant, on construisait trois étages, puis là,
désormais, on va faire du 10 étages. Et faire du 10 étages, supposons
que ça va créer une pression sur le réseau de
distribution de l'eau, puis il va falloir faire des investissements dans le
réseau de distribution de l'eau pour
accommoder le fait que, dans ce quartier-là, on est passé de trois étages à
10 étages dans certains cas.
Alors, cette pression accrue sur les investissements en infrastructures
pourrait être en tout ou partiellement financée, là, par des redevances
de développement. C'est un autre exemple qui me vient à l'esprit.
Donc,
il n'y a pas juste le cas de figure le plus évident que celui que j'ai
mentionné dans un premier cas. Il y a des cas aussi où on vise la densification par le biais de constructions avec
plus de trois, plus de quatre, plus de cinq, selon le cas.
Le Président
(M. Auger) : Merci. M. le député de Jonquière... Non. M. le
député de Blainville?
M. Laframboise : Oui, s'il vous plaît. Il faut comprendre... Vous savez, M. le ministre,
c'est... Il faut prendre le temps de lire chacun des paragraphes parce
que dans votre introduction, là : «Le conseil d'une municipalité peut, par
règlement, assujettir la délivrance d'un permis de construction ou de
lotissement ou d'un certificat d'autorisation ou d'occupation.» Donc, ce n'est pas parce qu'on... Ça, ça veut dire qu'au
moment où on se parle tu as des propriétaires qui ont des immeubles qui n'ont pas demandé encore de
permis de construction, qui n'ont pas demandé de lotissement encore, qui... bon. Puis, dans des centres urbains où il y
a des intentions de démolition puis de rénovation ou de faire quoi que
ce soit par rapport à leurs immeubles qui, du jour au lendemain, vont être
assujettis à la possibilité d'un règlement sans savoir comment ça va coûter... Il faut comprendre ça, là, parce qu'avoir un
permis de construction à Montréal, là... n'essayez pas d'avoir ça demain
matin, là. Donc, théoriquement, quand tu vas faire ta demande de permis de
construction, tu vas avoir le temps... la
ville a le temps suffisant de déposer un règlement puis de te dire : Ton
permis de construction va être conditionnel à ce que tu paies une
redevance.
Donc,
la personne, quand elle va faire l'acquisition... Il y en a déjà qui sont
propriétaires, ils ne savent pas, là, que, demain matin, il va y avoir des redevances de développement qui vont
s'implanter puis qui vont être décidées par la ville selon les
conditions de la ville. Puis c'est ce que je vais essayer de vous démontrer
sans justification, à
part le fait de dire
que c'est les sommes qui sont requises. Mais, sinon, si tu ne paies pas... Puis
ça, il ne faut jamais oublier, là. Il faut que tu paies avant d'avoir ton permis, là, sinon tu ne l'auras pas, ton
permis de construction, tu ne l'auras pas, ton permis de lotissement, tu ne l'auras pas, ton permis de
développement. Donc, encore une fois, quand je vous dis que ça peut être
un frein à l'accès à la propriété, ça risque de l'être de façon importante.
Je comprends qu'on
veut donner la marge de manoeuvre. Et j'en suis, là. Je veux donner la marge de
manoeuvre aux villes, mais vous êtes
conscient qu'à Montréal avoir un permis de construction, là, vous n'avez pas
ça entre six, sept, huit mois. Puis souvent
la construction est finie, M. le ministre, puis ils ont leur permis de
construction. C'est ça, la réalité, là, puis ça ne changera pas demain matin,
là. C'est comme ça, là.
Donc,
à quelque part, nous, par la réglementation qu'on va déposer là, on assujettit
des propriétaires actuels à des sommes
peut-être importantes parce que, dans le fond, le montant qui va être fixé, on
l'a dit tantôt, en tout ou en partie... Puis c'est conditionnel : le paiement se fait avant que tu aies ton
permis, là. C'est comme ça que ça se passe en Ontario, là. Tu ne paies pas, tu n'as pas ton permis. C'est
d'ailleurs pourquoi la ville de Gatineau a été condamnée à rembourser les promoteurs parce qu'ils ont dû payer avant
d'avoir leur permis de lotissement puis leur permis de développement ou
quoi que ce soit.
Donc, la réalité,
elle est là. Moi, comme je vous dis, je veux qu'on soit conscients de ça quand
on adopte le règlement, là, quand on adopte
la loi, d'être conscient qu'il y a des citoyens qui vont être appelés, à partir
de demain matin ou de l'adoption du
règlement, à payer des frais, puis qui ne sont pas au courant du tout, puis qui
vont apprendre la surprise quand ils
vont déposer leur demande de permis, puis qui risquent, dans certains endroits,
d'avoir terminé leur construction puis
s'apercevoir qu'ils ont à payer un montant puis une redevance de développement
par rapport à ça. Je veux juste qu'on soit conscients de ça. Vous êtes
conscient de ça, M. le ministre?
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
J'essaie de bien décoder, là, ce que le député de Blainville veut dire
exactement. Est-ce qu'il est contre
le principe même de l'existence de cette possibilité d'avoir des frais de
croissance, des redevances de développement? Parce que, quand j'écoute, j'entends comme une objection au principe
même que ça soit une possibilité de financement des infrastructures dans
les villes.
fait, ici, il y a un élément de confiance
à l'égard du conseil municipal. Ils ne peuvent pas faire n'importe quoi,
là. Ils ne peuvent pas faire n'importe quoi,
mais ils sont responsables d'un certain nombre de décisions sur leur territoire.
Ils veulent du développement, mais ils sont conscients en
même temps que le développement entraîne ses propres coûts. Puis il faut financer les propres
coûts, puis il y a différentes façons de financer ça, dont des redevances de développement.
Ici, on vient
encadrer ça. Ça prend un règlement. Donc, si ça prend un règlement, il va
falloir qu'il y ait une consultation, il va falloir qu'il y ait des justificatifs, il
faut que l'investissement soit requis. Ça ne peut pas être n'importe
quel investissement, il faut qu'il
soit requis. Puis ça se fait en toute connaissance de cause, là. À partir de ce moment-là,
les gens qui vont aller de l'avant savent qu'ils peuvent être assujettis à
cette redevance dans un contexte très particulier.
Donc, j'entends les préoccupations
du député de Blainville. Je ne les partage pas, cependant. Puis je pense qu'on
balise ici les choses pour éviter que ça aille n'importe où.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Ce que je veux dire au ministre, c'est que ce que je souhaite, c'est qu'il y
ait de la transparence parce que, théoriquement, quand les membres de l'APCHQ
te disent : On est prêts, on est rendus là, ce qu'ils veulent savoir, c'est : Il y a-tu
moyen qu'on soit transparents dans la façon dont les redevances vont être
chargées puis comment on va être capables de
les calculer? Mais il faut être conscient qu'on rend ça conditionnel à
l'émission des permis de construction puis des... tu sais? Donc, il y a
des propriétaires présentement...
quand je lis l'article 2, il n'y
a pas de transparence là-dedans, là,
à
part le fait de dire que c'est la ville qui décide puis selon les
sommes qui sont requises. Mais, dans la vraie vie, ça va pas mal plus vite que
le projet de loi. Il y a des résidences qui vont être construites, puis les
permis de construction ne seront pas encore émis. Puis elles vont être en construction, puis il y a des frais de redevance
qui risquent d'arriver par après. Donc, c'est ce que... Moi, je ne le souhaite
pas.
Moi,
je veux que ce soit transparent parce
que je ne veux pas qu'il y ait à quelque part des jeunes familles qui se portent
acquéreurs de propriété puis qu'il y ait des surprises, tout simplement. C'est ce que je mets en garde le ministre par rapport à ça.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Bien, c'est parce que ça ne vient pas par après. Il faut qu'il y ait un
règlement. Il y a une procédure de consultation. Il y a d'autres articles qui suivent
qui disent qu'il faut qu'il y ait un estimé du coût. On dit qu'il faut que l'investissement soit requis. Donc, ça ne
pourra pas se faire de façon obscure, ça va devoir se faire de manière transparente avec un estimé de coûts, avec un
règlement, avec une consultation sur le règlement. Et après, une fois
que le règlement est adopté, là on est assujetti au règlement. Ce n'est pas
avant. Donc, j'ai du mal à saisir la préoccupation du député de Blainville.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Moi, je reviens sur le sens précis, là, des mots qui sont employés dans
cet article. Le ministre sera d'accord avec
moi que, quand on parle de certificat d'autorisation, c'est quand même assez
large. J'aimerais ça qu'il nous précise sa pensée sur un certificat
d'autorisation parce que, par exemple, il y a des projets qui peuvent
nécessiter des certificats d'autorisation environnementaux du ministère de
l'Environnement pour faire des projets. Alors,
est-ce que «certificat d'autorisation» comprend tous les certificats
d'autorisation au sens de la législation québécoise?
Mais
là, si je prends... je prends un hasard, là. Écoutez, sur le site de la
municipalité de Rivière-Beaudette, ce n'est quand même pas une grosse
municipalité, là, on parle de certificats d'autorisation, la nécessité de
certification pour : «...changer l'usage ou la destination d'un immeuble
ou
partie de celui-ci;
«Déplacer ou démolir
une construction[...]; réparer une construction à l'exception des menus
travaux[...];
«Construire,
installer, modifier toute affiche, panneau-réclame, enseigne, qu'elle soit déjà
érigée ou qui le sera dans l'avenir;
«Aménager un
stationnement;
«Procéder à
l'aménagement paysager et au terrassement de son terrain;
«Procéder à tout
ouvrage dans la bande de protection riveraine ou sur le littoral des lacs[...];
«Installer une
clôture, haie et muret — ça
prend un certificat d'autorisation;
«Implanter un
bâtiment ou un usage temporaire;
«Installer une
antenne et une tour de télécommunication...» Bon, etc.
Donc,
un certificat d'autorisation, c'est large. Puis là ça, c'est juste pour la
municipalité de Rivière-Beaudette. Alors,
quand on parle de certificat d'autorisation, je veux juste m'assurer que le
ministre, là, a une vision bien claire de ce dont il parle.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Oui. Bien, honnêtement, ici, le premier paragraphe, là : «Le conseil d'une
municipalité peut, par règlement, assujettir la délivrance d'un permis
de construction, de lotissement ou d'un certificat d'autorisation ou
d'occupation.» Jusque-là, là, c'est tel que ça existe dans la loi actuellement,
M. Gaudreault :
De la loi?
M. Coiteux :
Sur l'aménagement urbain. Alors, les désignations ont toujours été celles-là.
Alors, ce sont les désignations lors de
l'émission des permis. Alors, on dit : Bien, si ça, ça oblige la
municipalité à financer une nouvelle infrastructure
ou à modifier des infrastructures existantes pour accommoder l'objet visé par
une telle autorisation, dans ce cas-là,
bien, il est possible, moyennant l'adoption d'un règlement — plus tard dans d'autres articles, moyennant
un estimé de coût, il y a d'autres
dispositions — il est
possible de financer une
partie ou la totalité de l'investissement requis
par le biais d'une redevance de
développement. Mais, pour le reste, là, ce premier paragraphe est en totale
concordance avec la
loi sur l'aménagement urbain. Il n'y a pas d'ajout,
il n'y a pas de changement, il n'y a rien que cet article-là amène par rapport
à la situation existante.
Le Président
(M. Auger) : D'autres interventions?
M. Gaudreault : Mais donc ça
veut dire que la compréhension ou plutôt l'interprétation de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, en son sens même,
là, pour ce qui est de la compréhension de permis de construction ou de lotissement, certificat d'autorisation ou d'occupation,
c'est vraiment au sens de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. On ne peut
pas l'interpréter pour les autres certificats d'autorisation requis en vertu
d'autres régimes gouvernementaux?
M. Coiteux :
Non. Bien, parce que l'article 145.21, tel qu'il existe actuellement, a
exactement le même libellé, mais il
ne prévoit pas les redevances suite à l'adoption d'un règlement, il prévoit une
entente. C'est une disposition qui est différente,
mais il est rédigé tel quel jusque-là. On dit : Il est possible d'avoir
des frais moyennant une entente. Ici, c'est suite à l'adoption d'un règlement. C'est ce qu'on vient
modifier, nous, à l'article 145.21. Ce n'est pas le type
d'autorisation. On ne vient pas changer :
Est-ce que c'est dans le cas de la délivrance d'un permis de construction, ou
de lotissement, ou d'un certificat
d'autorisation ou d'occupation? On n'ajoute aucune autre circonstance que
celles qui existent déjà dans la loi. C'est le mode par lequel on peut
procéder qui change dans l'article que nous proposons.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : M. le
ministre, je vous suis par rapport au règlement, puis le processus, puis tout
ça, mais vous savez très bien que le
règlement qui va être adopté par la ville, voté par les conseillers de tous les
secteurs, bien, les chances que ce
règlement-là soit renversé sont nulles, là, dans le sens où ils vont l'adopter,
le règlement. C'est pour ça que je vous dis : Ceux qui sont dans ce
projet-là comme tel, leur façon d'avoir une transparence, ce n'est pas eux qui
l'ont, c'est la ville tout entière qui y va avec ce qu'elle juge nécessaire.
C'est pour ça que je vous dis que, depuis le
tout début, la ville, elle, elle va faire ses propres estimés. Il n'y a pas moyen de contestation. Et, quand vous
dites : Oui, il y a moyen de contestation, c'est que tu n'auras pas ton
permis de construction, si tu as le goût de
contester, là, oublie ça, il faut que tu paies. Tu ne l'auras pas, ton permis
de construction. Tu ne l'auras pas,
ton permis de lotissement. Ça va faire quoi? Ça va faire comme à Gatineau. Si
tu as une contestation, tu vas avoir
un remboursement cinq ans plus tard, puis finalement... Moi, pour moi, ce qui
m'intéresse, c'est ma jeune famille qui veut faire l'accès à la
propriété. Bien, si elle a une compensation, ça va être peut-être dans cinq
ans, là. C'est ça que j'essaierais d'éviter.
Parce que, dans votre tête à vous, là, juste
pratico-pratique, là, est-ce que le règlement par rapport aux frais de compensation doit être adopté avant la demande?
Pourquoi je vous dis ça? C'est-à-dire que, si, demain matin, j'ai des propriétaires qui font une demande de permis de
construction, il n'y a pas de règlement qui est en vigueur, automatiquement,
les droits acquis leur permettent d'avoir le
permis de construction ou, si la ville démontre l'intérêt de déposer un
règlement, dans ce cas-là, il faut qu'ils attendent le règlement avant d'avoir
le permis de construction.
Donc, le
principe de ma question, c'est de dire : Est-ce que les villes vont devoir
adopter le plus rapidement possible leur règlement par rapport aux frais de
croissance, à défaut de quoi, s'ils ne l'ont pas adopté, le permis de
construction va être émis, puis le permis de lotissement va être émis, puis
tout va être fait, là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Là-dessus, je dirais deux choses parce que,
d'abord, la loi puis les modifications qu'on propose ici par l'article 2 et
les suivants ne permettent absolument pas de changer après coup, une fois qu'on
a autorisé à développer dans les conditions
suivantes : «By the way», on a changé d'idée puis, maintenant,
on va payer plus cher parce qu'on vient d'adopter un règlement deux ans
après, là. Ce n'est pas ça du tout, là. Si quelqu'un laisse entendre ça, ce
n'est pas du tout ça qui est écrit ici. Donc, ça, c'est la première chose.
Mais il faut
que les constructions, dans tous les cas — aujourd'hui aussi, là — soient
légalement autorisées. Puis les villes
ont des compétences à exercer, là, en
matière d'aménagement puis en matière
de délivrance de permis de construction conformes à leur schéma d'aménagement.
C'est le cas aujourd'hui.
Là, c'est un
mode de financement des infrastructures qui est plus explicitement introduit et
balisé, là, par les articles qui sont
proposés, mais ça ne change pas la compétence des villes en matière d'autorisation de permis de construction, là, ça ne change absolument
pas ça. La base de la loi ne change pas, là.
M. Laframboise : Ce que je vous
demande, M. le ministre, c'est si la ville peut refuser d'émettre le permis de construction en disant : On est en
préparation d'un règlement. C'est ça que je veux savoir. Est-ce que le règlement doit être déposé pour qu'il
puisse s'appliquer au refus ou non du permis de construction ou du permis de
lotissement? Est-ce que le règlement doit être déposé ou si la ville peut
retarder? Parce que, je vous le dis, là, il y a des villes que le permis de
construction arrive après que la construction...
Président (M. Auger) :
Voulez-vous suspendre quelques instants, M. le ministre?
Voulez-vous suspendre quelques instants ou...
M. Coiteux : J'étais en consultation technique sur le cadre
juridique actuel, là... pas le cadre juridique que nous changeons, mais le cadre juridique actuel que nous
proposons de changer — mieux
dit. Lorsqu'il y a un avis de changement de règlement, il y a une période de gel qui est possible, là. Donc, il
n'y a pas de délivrance de nouveaux permis en attendant qu'un règlement
soit adopté. Je pense que vous connaissez ce genre de chose là. Mais il y a un
délai maximal, là, que je
suis en train de faire vérifier. Donc, ça ne peut pas être pour l'éternité, là.
C'est balisé par des lois et des règlements qui existent en dehors de
cette proposition, là, ici, balisée à l'article 2. Donc, ça ne change pas
la nature de comment ça fonctionne à l'heure
actuelle lorsqu'une municipalité donne un avis qu'elle va vouloir adopter un
nouveau règlement.
M. Laframboise : Par contre, ce que ça veut
dire, c'est que quelqu'un qui va faire une demande de permis de lotissement, de construction, de démolition ou
quoi que ce soit, la ville, avant d'émettre le permis, pourrait dire : Je
dépose un avis. Ça, ça veut dire que ça va geler. Puis c'est correct. Je veux
dire...
M. Coiteux :
Bien, dans un délai déjà prévu par...
M. Laframboise : Oui, oui, c'est correct, mais, je veux dire, c'est ça, la réalité.
C'est parce que... Tu sais, quand vous
dites : Ça ne change rien à ce qui se fait actuellement, c'est vrai que
ça ne change rien au libellé du texte actuel, mais ça change de quoi. C'est-à-dire
que, maintenant, la ville pourra déposer un avis qui va suspendre les
constructions pendant un délai qui est... et
tout ça. Mais vous comprenez, là, l'impact que ça va avoir par rapport à ça, tout simplement?
C'est pour ça que je vous disais : Dans
un souci de transparence, tant qu'à avoir un avis, allons-y à fond puis
permettons d'avoir la transparence. Je vous reviendrai plus tard. C'est mon objectif,
tout simplement.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Bien, simplement pour dire que la situation qui est décrite par le député de Blainville
existe aujourd'hui indépendamment de ce projet de loi n° 83. Lorsque la
ville dépose un avis de nouveau règlement, il y a une période de gel. Il n'y a
rien de changé, là. Il n'y a rien de changé.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Sauf que, présentement, il n'y a pas d'avis qui peut se déposer pour des
redevances de développement. À l'avenir, il pourra y avoir des avis de règlement
pour les redevances de développement. Ça ne change rien à la procédure, M. le
ministre, mais ça change que, présentement, par rapport aux redevances de développement, il n'y
en avait pas, d'avis possible; là, maintenant, il y en aura un, tout simplement.
C'est ça que je veux dire.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
J'aurais peut-être un autre exemple concret à discuter avec le ministre pour
être bien certain que l'esprit de la loi est appliqué puis que les villes ne
vont pas essayer de détourner ce qu'elles ne veulent pas faire en augmentant
les taxes, en contournant pour faire dorénavant des frais de croissance.
Alors, M. le
ministre, dans le projet de loi, là, présentement, si je suis un propriétaire
et j'ai à demander à la municipalité... Ça vous va? Oui?
M. Ouellet :
O.K. Non, non, allez-y.
M. Coiteux :
J'ai été perturbé par mes voisins immédiats, pour une bonne cause, par
ailleurs. Donc, je vous demanderais si vous voulez bien répéter votre question.
M. Ouellet : C'est parfait. Aucun problème. Donc, ce que je veux bien comprendre, c'est
si, dans l'esprit de la loi, ce
qu'une ville ne veut pas faire du côté
des frais de croissance... Je veux vous donner un exemple pour être
certain que je comprends bien qu'ils ne
pourront pas le faire. Je suis propriétaire d'une maison, et la ville, maintenant,
va décréter de façon
unilatérale toute nouvelle piscine, parce qu'il y aura une consommation
augmentée de l'eau, pour être assujettie à des frais de croissance parce que ça va demander une augmentation des
besoins en eau. Donc, est-ce que la ville pourrait faire ça pour dire : Dorénavant, toute
nouvelle piscine qui sera sur le territoire, bien, dans la délivrance du
permis, devra avoir des frais de croissance x, y, z parce qu'elle ne
veut pas, d'un autre côté, imposer à tout le monde ou à tous ceux qui ont une
piscine présentement une taxe d'eau relative à la présence d'une piscine ou pas
sur le terrain?
Le Président
(M. Auger) : Merci. M. le ministre.
M. Coiteux :
S'ils sont capables de démontrer qu'effectivement ça nécessite des
investissements dans le réseau de l'eau, dans les infrastructures de
distribution de l'eau sur le territoire, si c'est nécessaire, là, qu'il y ait
vraiment des investissements avec un coût
qu'on peut estimer, la réponse à cela serait oui, mais il faut que ce soit
requis. Si ce n'est pas requis... Ça
ne peut pas être juste parce que ça nous tente de limiter le nombre de
piscines. C'est parce que, s'il y a plus de piscines, effectivement, mon usine actuelle, là, n'est pas capable de
traiter assez d'eau puis de l'amener aux domiciles, il faut que j'en
fasse davantage, il faut que j'investisse dans les infrastructures.
M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, les municipalités ne
pourront pas se projeter vers un besoin futur. Elles vont toujours être
obligées de regarder le besoin immédiat pour mettre en place des frais de
croissance.
M. Coiteux :
J'essaie juste de bien comprendre la question. Le principe, c'est toujours le
même, là. J'ai aujourd'hui des infrastructures, et là, si je permets
certains développements dans le futur ou, bon, au lendemain de l'adoption du règlement, disons, et pour le temps de
l'application du règlement, si je suis obligé, pour accommoder ce
développement, d'investir dans mes
infrastructures, d'en accroître la capacité, de les modifier, de les amener à
un endroit où elles n'allaient pas puis que ça nécessite des
investissements...
C'est déjà
balisé d'une certaine façon aujourd'hui, mais ce que permettent les articles
qui sont proposés ici, c'est que, plutôt que les financer par simplement
la taxation foncière générale comme étant la seule et unique manière de
financer ces investissements en infrastructures, il deviendrait possible, avec
les conditions qui sont délimitées ici, de les faire payer par ceux qui sont
les bénéficiaires, finalement, de ces investissements en infrastructures.
M. Ouellet : Juste une dernière question. Quand je parlais
tantôt de futur... Je vais donner un exemple, mettons, du camion de pompier, comme vous dites. On a un
nouveau développement domiciliaire, et la municipalité doit acquérir un
nouveau camion de pompier. Ce nouveau camion de pompier a la capacité, exemple,
de couvrir tant de kilomètres... bien, le
premier développement couvre, mettons, juste cinq kilomètres, est-ce que la
municipalité ne serait pas tentée de faire
assumer ce nouveau camion là — parce qu'elle ne le sait pas, dans le futur,
s'il y aura un deuxième puis un troisième développement — donc, faire assumer ce camion de pompier là au premier
développement ou elle va se dire : Écoute, je vais en prendre une certaine partie, puis, quand
il y aura le deuxième développement ou le troisième, ils pourraient
faire financer la
partie manquante parce que le camion en question va couvrir
une plus grande distance, mais les projets ne sont pas annoncés ou concrètement
réalisés, donc, dans cette étape-là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bien, c'est toujours développement par développement, là, intervention visée
par intervention visée, sans présumer
des futurs développements ou des futures interventions visées. Si celles-là ne
nécessiteront pas de nouveaux investissements
en infrastructures puis qu'ils ont déjà été payés ces investissements-là, ça va
être difficile de dire : Bien, on va assujettir le futur.
Néanmoins,
vous allez voir, on va prévoir... on aura l'occasion de discuter d'autres
amendements qu'on a l'intention de
déposer pour introduire une autre notion, qui est celle : Est-ce qu'il y a
un surplus au terme du projet? Et qu'est-ce qu'on fait avec ce surplus?
Mais on n'est pas rendus là.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur l'article 2 amendé? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Je veux savoir le sens du mot «requérant». Alors, on parle beaucoup,
encore une fois, là, du fameux
exemple de développement domiciliaire, et là on présume que le requérant, c'est
le promoteur immobilier. Sauf que le
promoteur, lui, il peut avoir acheté un certain nombre d'espaces dans un
terrain vague, après ça il fait un lotissement, et chaque propriétaire
d'un terrain, après ça, demande un permis de construction. Donc là, à ce
moment-là, c'est le requérant et le propriétaire foncier immobilier, là. Donc,
je veux juste savoir : Le requérant, ça peut être quiconque, là,
finalement, qui demande un permis de construction, de lotissement, un
certificat d'autorisation ou d'occupation?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bien oui, c'est celui qui demande soit le permis de construction, soit le
permis de lotissement, soit le certificat d'autorisation, soit celui
d'occupation. C'est le requérant de l'un de ces permis-là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Gaudreault : Donc, le
requérant, ce n'est pas nécessairement le promoteur, ça peut être le couple,
par exemple, le ménage qui décide de se faire construire une maison?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Oui. C'est qui qui a besoin d'un permis de construction, en l'occurrence? Puis
que la délivrance d'un permis de construction dans un secteur donné
nécessiterait la construction de nouvelles infrastructures ou la modification
des infrastructures, comment on va les financer? Donc, ça pourrait être visé.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Une autre
question...
Le Président (M. Auger) : Juste
avant, M. le député de Blainville, est-ce que c'était sur le même sujet?
Le Président (M. Auger) : Non?
O.K. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Alors, une autre question. Dans le quatrième paragraphe, là : «Les
équipements municipaux visés au paragraphe 2° du premier alinéa ne
comprennent pas le matériel roulant dont la durée de vie utile prévue est inférieure à sept ans ni les équipements
informatiques.» Alors, le matériel roulant, ça exclut le camion de pompier
dont parlait mon collègue de René-Lévesque.
Je veux qu'il me définisse le sens de «matériel roulant»... c'est ça. Donc, le
sens de «matériel roulant».
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, il y a quand
même la balise du sept ans aussi, là. Du matériel roulant qui est bon pour 25 ans, il pourrait se qualifier, mais pas si
c'est inférieur à sept ans. Donc, ça balise quand même, là, ici, là. C'est
pour éviter, dans le fond, qu'on finance des
actifs courants par des redevances de développement. On parle vraiment
d'infrastructure, donc il faut qu'il y ait quand même une durée de vie
importante, là, pour que ça se qualifie d'infrastructure.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville. Non? Monsieur... Jonquière. M. le député?
Le Président (M. Auger) :
J'aimerais peut-être céder la parole également au député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Au
deuxième paragraphe, c'est-à-dire alinéa 2°, là, quand on parle
d'agrandissement, de la modification d'infrastructures et d'équipements
municipaux requis pour assurer la prestation accrue de services municipaux,
c'est quoi, votre définition de «services municipaux»?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bien, des services municipaux, ayant oeuvré dans le monde municipal, je pense
que vous savez que ça ne peut pas
être une définition très, très, très étroite, mais l'eau, c'est certainement un
service municipal, les pompiers, c'est certainement un service
municipal, la police, c'est certainement un service municipal. Il y a d'autres
infrastructures municipales qui donnent des
services à leurs citoyens. Une bibliothèque, ça donne des services aux citoyens
de la municipalité. Donc, il y a plusieurs exemples possibles, là, il ne
faut pas être trop restrictif là-dessus.
M. Laframboise : Donc, dans votre définition à vous, là, il n'y a
pas de limite. Tant qu'une municipalité rend un service... Comme je vous disais tantôt, un aréna qui sert à un club
sportif, c'est un service municipal, là. Je veux dire, il n'y a pas de limite par rapport à la définition qui
pourrait... En autant que ce soit la ville qui est propriétaire de
l'équipement puis que ça rend un service de
loisir, de sport, de n'importe quoi, là, tu sais, je veux dire, c'est ça, là,
qui est votre définition.
M. Coiteux :
Oui. Les services municipaux, si on essaie de les capturer en deux, trois
choses, on va se retrouver à limiter grandement la notion de services
municipaux. Les municipalités...
M. Laframboise : Je vous dis ça,
c'est parce que vous auriez pu faire une définition des services municipaux en disant : C'est l'eau, l'aqueduc, les ci,
les ça, mais vous ne vouliez pas les limiter. Donc, ça, ça veut que vous les
appliquez à tous les services qu'une
municipalité peut rendre, ou qu'elle s'est appropriés, ou quoi que ce soit dans
l'avenir, passé, présent et futur, là. C'est juste la clarification que
je veux par rapport à ça, là.
Le Président (M. Auger) : Ça
va, M. le ministre?
M. Coiteux : Oui. Ce n'est pas
une approche limitative.
Le Président (M. Auger) :
Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions sur l'article 2 amendé? Oui?
Bien, écoutez, compte tenu de l'heure, je
suspends les travaux jusqu'à 15 heures, et nous reprendrons avec
l'article 2 amendé.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
municipale concernant notamment le financement politique. Lors de la suspension
de nos travaux ce matin, nous étions rendus
à l'étude de l'article 2 amendé, et M. le député de Blainville avait la parole.
M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Juste peut-être le dernier paragraphe de
l'article 2, M. le ministre :
«L'exigence d'une contribution [...] n'est pas applicable à un organisme public
au sens [...] de l'article 3...» Bon,
vous l'avez bien expliqué, ce n'était pas le cas avant. Est-ce que vous aviez
des chiffres, par exemple? Est-ce qu'il y a eu des montants qui ont été
facturés au gouvernement par rapport à des taxes, par rapport à ce qui se
passait sous l'ancienne loi? Il y avait-u des montants?
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Je sais qu'il y a eu des cas. Je sais qu'il y a eu des cas, mais
malheureusement je n'ai pas avec moi, là,
des chiffres qui me permettraient de vous donner les montants qui sont
impliqués. Mais il y a eu des cas d'organismes publics qui ont été
assujettis à ce type de redevance.
M. Laframboise :
Parfait.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
C'est bon.
Président (M. Auger) : Ça va? D'autres interventions concernant
l'article 2 amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le
mettre aux voix. Est-ce que l'article 2... M. le...
M. Gaudreault :
Oh! Oh!
Le Président
(M. Auger) : C'est un «oh, oh,» pour une intervention, M. le
député de Jonquière?
M. Gaudreault :
Oui, oui, c'est un gros «oh» d'intervention.
Le Président
(M. Auger) : Donc, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Je voulais que le ministre nous explique un peu plus la durée de vie utile
du matériel roulant, là, «inférieure
à sept ans», bon, «ni les équipements informatiques». On va en reparler tout à
l'heure, des équipements informatiques, mais pourquoi sept ans?
Pourquoi? C'est-u une moyenne? C'est-u expliqué en quelque part?
M. Coiteux :
Donnez-moi 30 secondes.
M. Gaudreault :
Oui. Je vous donne sept ans.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Eh bien, pour vous donner un exemple, pour qu'on se comprenne bien, je pense
qu'il n'y a rien de tel qu'un
exemple, la durée de vie. La durée de vie d'une voiture de police, par exemple,
est autour de ça, sept ans, selon ce qu'on me dit. Donc, ça exclut ce
type de véhicule. Ce n'est pas considéré comme une dépense d'infrastructure,
M. Gaudreault :
O.K. Mais je comprends qu'il me dit ça, là : En général, un char de
police, c'est sept ans. Mais on n'a
pas d'autre critère plus solide que ça? C'est parce que, dans les inventaires
des villes, il y a comme un... comment je pourrais dire, moi, une base
de sept ans pour la majorité des choses ou est-ce qu'on a des chiffres qui
démontrent que c'est sept? Pourquoi pas 10?
Pourquoi pas cinq? Pourquoi sept? Parce que la plupart de ce qui compose ce
qu'on appelle le matériel roulant est amorti sur sept ans? On a des
chiffres là-dessus? Je veux comprendre, là, pourquoi on trace la ligne à sept.
M. Coiteux :
Bien, il y a différentes catégories. Des camions de pompiers, c'est plus de 20
ans, là. Donc, évidemment, ça pourrait se qualifier, le camion de pompiers,
dans un contexte comme ça. Mais, si, une voiture de police, c'est au plus sept ans, ça ne se qualifierait pas. Il faut
mettre la barre en quelque part pour faire la différence entre les dépenses courantes, des dépenses d'opération puis
des dépenses d'infrastructures, là, parce que c'est de ça qu'il s'agit,
là, des choses qui rendent des services sur
une longue période de temps. Alors, quelle est cette longue période de temps?
Bien là, il faut la mettre en quelque part,
la barre, là. Il faut la mettre en quelque part, puis là, ici, elle est
proposée à sept ans.
M. Gaudreault :
Donc là, dans le fond, vous couvrez les dépenses courantes.
M. Coiteux :
Bien, on essaie... on ne les veut pas là-dedans parce que ce sont...
M. Gaudreault :
Oui, c'est ça. Quand je dis : Vous les couvrez, j'ai mal parlé, là, je
voulais dire vous excluez les dépenses courantes.
M. Coiteux :
Exactement. Ce qu'on m'ajoute comme complément d'information aussi, à
titre de
comparaison, c'est qu'en Ontario, c'est sept ans aussi.
M. Gaudreault :
Mais pourquoi on parle de matériel roulant et d'équipement informatique, on ne
parlerait pas de dépenses courantes? À ce moment-là, ça ne serait pas
plus clair?
M. Coiteux :
Bien, les dépenses courantes, par définition, là, les salaires, des trucs comme
ça, ça ne peut pas être inclus, là. Les dépenses courantes, c'est exclu.
On parle de dépenses en capital, mais...
M. Coiteux :
C'est ça, c'est des dépenses d'infrastructures, des dépenses en capital, mais
des dépenses en capital qui se qualifieraient comme infrastructures. Ça
prend une durée un petit peu plus longue que la seule définition des dépenses en capital. Si l'amortissement sur la vie
utile d'un actif se ferait sur trois ans, par exemple, est-ce que ça se
qualifie comme une infrastructure où l'on ferait payer des redevances de développement
pour quelque chose qui s'amortit en trois ans? Ça ne me semblerait pas
correspondre à des dépenses d'infrastructures au sens où on l'entend ici. Il
faut néanmoins le mettre en quelque part... la barre en quelque part. Alors,
deux balises pour comprendre un peu le raisonnement.
Il y a une base qui est comparative, où on me dit qu'en Ontario ils ont mis la
barre à sept ans. Bon, une autre barre,
c'est que, par exemple, les voitures de... On ne pourrait pas dire :
Bien, on a besoin d'avoir deux voitures de police de plus,
on va appliquer des redevances là-dessus. Par
contre, si les services d'incendie
nécessitent des investissements majeurs en camions, une nouvelle
caserne, là, ça se qualifierait.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
O.K. Et on entend quoi par «matériel roulant»? C'est une expression qui est
consacrée, là, mais est-ce que
ça couvre réellement le matériel qui roule ou c'est une expression qui
est plus couramment utilisée pour dire
ce qui roule dans un inventaire? Vous comprenez ce que je veux dire? «Matériel
roulant», c'est vraiment juste ce qui roule avec des roues, là,
ou... Oui?
M. Coiteux :
Oui, oui, c'est du matériel qui se déplace sur...
M. Gaudreault :
Qui roule.
M. Coiteux : Qui roule. C'est le terme consacré, honnêtement.
C'est le terme. On va le retrouver dans d'autres définitions comptables,
là, du matériel qui peut être pris en compte ou pas. Donc, c'est vraiment comme
une question de concordance, ici.
M. Gaudreault : O.K. Donc, je ne sais pas, moi, une infrastructure... Parce qu'admettons que c'est
un nouveau quartier puis on veut
faire un... vous savez, les installations de jeux pour enfants, là, des fois,
sur un petit parc sur un coin de rue,
là. Des fois, ça ne dure pas très longtemps,
ça, parce que c'est très utilisé, c'est soumis aux intempéries
l'hiver, etc. Donc, ça, ça pourrait
être couvert. Si, par exemple, ça demande à la municipalité d'installer un
nouveau parc avec des trucs, là, pour
escalader, avec des glissades, et tout ça, mais qu'on change ça aux cinq ans parce que
c'est très utilisé puis c'est soumis aux intempéries, là ça, ça serait
couvert. Ce n'est pas du matériel roulant, ça, même si un enfant roule dans le
sable avec son jeu.
M. Coiteux :
C'est difficile de prévoir, là, tous, tous, tous les cas de figure. Et ultimement,
n'oubliez pas, la municipalité va devoir justifier le choix de financer des infrastructures par redevance plutôt que par la taxation foncière générale. Elle va devoir adopter un règlement,
elle va devoir expliquer quels sont les investissements qu'elle doit
faire. Elle va devoir en estimer le coût
pour être en mesure de fixer le montant de la redevance. Elle va donc devoir
faire preuve de jugement. Honnêtement, on est dans une démarche où on
fait confiance aux municipalités ici, qu'elles vont appliquer les choses de
façon tout à fait appropriée.
M. Gaudreault : O.K. Maintenant, les équipements informatiques, quel est le
rationnel derrière le fait d'exclure les équipements informatiques?
M. Coiteux : Bien, ce sont des dépenses potentiellement
capitalisables, mais à amortissement très rapide, comme vous le savez. Donc, ça ne se qualifie pas vraiment,
encore une fois, là, comme des infrastructures qui
nécessiteraient un financement à long terme par redevance de développement,
je ne penserais pas.
Gaudreault : O.K. Est-ce que
ça veut dire, par exemple, que, si le
nouveau développement nécessite — puis on
l'a donné comme exemple tout à l'heure, là — une nouvelle caserne de
pompiers, bon, mais que, dans la... il y a l'infrastructure
caserne de pompiers avec la tour, des tuyaux, etc., mais, dans la caserne de
pompiers, il y a des équipements informatiques
parce que, bon, il faut gérer les appels, etc., ça veut dire qu'on fait comme
sortir les équipements informatiques
de la caserne de pompiers pour juste compter l'infrastructure technique, là,
matérielle comm