CRC — 8 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2025-04-08
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 8 avril 2025
Vol. 47 N° 67
Étude détaillée du projet de loi n° 84,
Loi sur l’intégration nationale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission, je vous le rappelle, est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 84, Loi
sur l'intégration nationale.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) est remplacée par M. Lemieux
(Saint-Jean); Mme Prass (D'Arcy-McGee), par M. Morin (Acadie); et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, messieurs les parlementaires, bienvenue à la
commission. Lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi dernier, nous en étions
à l'étude sur... d'un amendement déposé par le ministre à l'article 3 du
projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement, est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. Nous poursuivons donc nos discussions
sur l'article 3 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 3 tel qu'amendé? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (9 h 50) •
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. D'abord, merci... bonjour à tout le monde. Bon
début de semaine.
M. le ministre, j'aimerais ça vous
entendre ce matin. Vous avez lu la revue de presse comme nous. Des gens sonnent
l'alarme, quand même, notamment la Ligue des droits et libertés et la TCRI, une
centaine de signataires dans les journaux. Un peu de recul s'impose sur le projet
de loi n° 84 , c'est le
titre de la lettre ouverte qui fait aussi l'objet
d'un
article un petit peu plus subséquent après sur les détails...
M. Cliche-Rivard : ...et
entourant ladite demande. Une centaine d'organisations communautaires de
défense des droits humains, et syndicales, ainsi que 32 personnalités
publiques et du monde intellectuel demandent au gouvernement québécois de
mettre sur pause le projet de lo no 84, dont l'étude détaillée a débuté le
3 avril dernier.
Cette proposition législative soulève
d'importantes questions de société qui ne sauraient faire l'économie d'un
consensus rassemblant le plus grand nombre. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Voici les raisons pour lesquelles nous demandons des consultations publiques
larges et inclusives, hein? Il y a une discussion autour de... de... l'ex...
disons, du caractère extensif ou non des consultations qui ont... on a menées
ici notamment. Je ne vais pas lire la lettre au complet. Je pense que ceux qui
veulent la voir et s'y référer, c'est sur le site du Devoir, signé par Laurence
Guénette et Stéphane Reichel, respectivement de la Ligue des droits et libertés
et de la TCRI. On parle de recul de l'interculturalisme et des droits au profit
des valeurs. On parle d'affaiblissement des droits et libertés de la Charte
québécoise. On parle d'inquiétude pour l'autonomie du communautaire. Donc, M.
le ministre, avant qu'on se lance, là, ce matin, j'aurais voulu vous donner
l'opportunité de commenter et de nous dire comment vous avez reçu ou comment
vous recevez cette lettre-là ce matin.
M. Roberge : Oui. Mais, Mme
la Présidente, je pourrais y aller très brièvement puisqu'on est sur l'article,
mais je...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va laisser les discussions. Je veux juste vous rappeler
qu'on est sur l'article 3. Allez-y.
M. Roberge : Mais, très
brièvement...
M. Cliche-Rivard : On est
dans le coeur du projet de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, tout à fait.
M. Roberge : ...pour ne pas
faire dévier le... le débat. Je comprends qu'il y a des gens qui... qui se sont
exprimés à la fois en commission lors des auditions particulières puis qui
continuent de s'exprimer autrement sur d'autres forums. Écoutez, c'est... c'est
l'expression de la démocratie. C'est excellent. Mais je veux juste mentionner
que l'écoute, je pense, a été exemplaire lors des... lors des auditions, qu'il
y a eu des échanges très, très intéressants avec chacun d'entre vous, mais la
partie gouvernementale aussi. On a des amendements qui... qu'on... sur lesquels
on travaille. Il y en a qu'on a déposé, d'autres qu'on va déposer qui font écho
à certaines préoccupations, pas toutes, parce que, des fois on est d'accord
pour être en désaccord, puis c'est correct. Mais je pense que les discussions
qu'on a eues, puis la manière dont on les a eues, puis les explications qu'on a
données depuis le début de l'étude du projet de loi sont de nature à rassurer
plusieurs personnes. On ne peut pas rallier tout le monde sur chacun des mots,
sur chacun des concepts, mais je pense que c'est un projet de loi qui est
inclusif, qui reconnaît la richesse de la diversité, qui prône la mixité, qui
voit l'interculturalisme comme un moteur d'intégration. Le nom du projet n'est
pas l'interculturalisme, mais l'interculturalisme est un des moyens d'arriver
aux fins de ce que l'on veut. Et je pense qu'on peut continuer l'étude du
projet de loi en tenant compte des opinions divergentes, mais je pense qu'on
peut continuer d'avancer. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Bien, écoutez, je... je salue et j'entends. Vous dites qu'il y
aura d'autres amendements, ça fait qu'évidemment, là, à ce stade-ci, moi, je ne
les ai pas vus., ça fait que je ne peux pas non plus présumer de la conduite,
puis comment on va faire le... le débat. Donc, moi, je place cette lettre-là,
ce matin, en contextualisation de ce qui viendra, puis effectivement, on
évaluera l'exemplarité de l'écoute et de l'ouverture du ministre aux
propositions tangibles qui seront sur la table. Là, à ce stade-ci, je ne peux
pas les présumer, là, évidement, ça fait que je fais quand même miennes les
importantes inquiétudes soulevées, eh bien, M. le ministre, on y reviendra
le... quand on sera précisément sur... sur les éléments, Mme la Présidente.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 3 tel qu'amendé? Oui, M. le député.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, en fait, les éléments que je voudrais rappeler, puisque
l'amendement a été adopté sur division, c'est dans la structure même du
libellé, ce que je comprends que, l'article 3, on est dans les fondements,
le modèle. C'est un... c'est un élément, c'est un
article qui est très
important pour le projet de loi, et au fond, la... la définition de «culture
commune»... Dans un texte de loi, souvent on donne une définition, puis, pour
caractériser certains aspects, on dit «notamment» et là on a certains éléments
qui sont... qui sont rajoutés. Mais là, la définition au fond, c'est...
M. Morin : …c'est notamment
par ça. Mais il y a peut-être autre chose, mais on ne le sait pas. Et ça, c'est
quelque chose que je trouve un peu curieux.
L'autre élément que je vais rappeler,
c'est qu'on utilise… si j'ai toujours bien le bon
article amendé, adhérer, et
là on a rajouté des objets et on ne peut pas adhérer à des objets. Il y a
quelque chose qui ne fonctionne pas avec le libellé même de l'article.
Je comprends ce que le ministre veut
faire, mais, quand je lis l'article, j'ai un... j'ai un malaise à pouvoir
justement être entièrement d'accord avec lui. La façon dont c'est rédigé… et
puis, en plus, plusieurs groupes en consultation sont venus nous dire :
Mme la Présidente, on ne peut pas forcer les gens à adhérer à certaines… à
certaines valeurs, ils peuvent les comprendre, ils peuvent les faire vivre.
Donc, mon intervention est beaucoup plus sur le libellé comme tel de l'article,
qui est quand même un
article très important dans le projet de loi. Et ce sont
des éléments pour lesquels je voulais à nouveau les faire… les faire ressortir,
surtout avec les ajouts qui ont… qui ont été faits. Alors, voilà, c'est le
commentaire que je voulais faire sur l'article tel qu'amendé. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 3 tel qu'amendé? Oui, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. M. le ministre, il y a quelques secondes, là, vous
nous parliez d'amendements. Ce que je comprends, c'est qu'au-delà de ceux qui
sont… que vous avez déposés la semaine dernière, il y a… il y en a d'autres.
Là, on a entamé l'étude détaillée. C'est quoi, la ligne de conduite? Vous allez
les déposer un après l'autre ou est-ce qu'on peut en prendre connaissance ou…
Si ça peut aider à orienter nos débats pour les prochaines heures.
M. Roberge : Bien, merci. Il y
en a qui sont en préparation ou en revalidation, puis que je ne peux pas tout
déposer tout de suite parce qu'il y a comme une cohérence législative, là, en
fonction d'amendements puis d'ajustements que l'on peut faire ou pas, bien,
certains amendements deviennent plus ou moins pertinents. Donc, il y en a qui
sont en rédaction avec différents libellés. Il y en a qui… des intentions
d'amendements, des préoccupations. Là, je vous ai déposé en liasse, pour les
articles 1 à 5… parce que c'est ce que je pouvais faire à ce moment-ci,
mais on verra au fur et à mesure, là, du projet de loi si je suis capable de
vous en déposer d'autres à l'avance, je le ferai. Je pense que ça peut aider
aux travaux, mais voilà.
M. Cliche-Rivard : Donc,
vous… juste pour bien vous comprendre, là, il y a différents scénarios selon
vos considérations ou selon les inquiétudes soulevées. Je ne suis pas… je ne
suis pas certain de bien vous suivre ou de bien comprendre, là. On est à
l'étude du projet de loi, là, on va avancer. Là, vous me dites : Selon les
questions qu'on va poser, il y a peut-être des amendements qui vont être
déposés, juste pour bien comprendre.
M. Roberge : Il ne s'agit pas
selon les questions qu'on va… qu'on va poser, mais il s'agit, des fois, selon
les libellés que l'on prend, si on change, comme, là, on a changé le mot «se
définit», on a rajouté objet et patrimoine culturel unique. Cet amendement… ce
sous-amendement là… non, cet amendement-là, pardon, a été accepté. Donc, si,
plus tard, dans le projet de loi, on réfère à des éléments culturels, bien, on
pourra reprendre ce vocable-là. Vous comprenez ce que je veux dire? Voilà.
M. Cliche-Rivard : J'entends,
j'entends, je pense qu'on… puis comprenez notre ouverture, là. Je pense que si
c'est des mots comme « définit » ou versus «caractérise», que vous
sentez l'objet… puis le besoin de modifier ça, on en est tout à fait ouvert.
Puis, en ce qui a trait à l'aller-retour, puis à l'efficacité des moyens, j'en
suis, là.
Mes questions étaient peut-être plus sur
vos intentions de fond, là, dans les amendements, disons, de fond, sur les
inquiétudes soulevées. C'est sûr que c'est un petit peu difficile pour nous.
Puis on va le faire, là, Mme la Présidente, d'avancer sans savoir, M. le
ministre, ce que vous avez à nous proposer l'article suivant. Tu sais, des
fois, on a ces discussions-là. Vous nous dites : Ça s'en vient, c'est à
l'article quatre, mais là si on ne sait pas ce que vous avez l'intention de
faire à l'article quatre, ou cinq, ou six, ça peut nous être plus difficile. Ça
fait qu'évidemment, M. le ministre, je partage… ou je vous partage une demande
de nous les transmettre, ou du moins dans votre intention si le libellé tel
quel ne peut pas être affirmé, là, peut-être juste de… si vous le pouvez nous
partager des idées ou des… disons des réflexions qui vous habitent. Si vous ne
voulez pas partager un libellé, j'en suis, là, mais sur quel élément est-ce
qu'on pourrait bouger dans les prochaines… dans les prochaines heures?
• (10 heures) •
M. Roberge : Je n'ai pas
d'amendement dans la poche d'en arrière, là, qui… qui sont des coups de théâtre
qui viennent changer la nature, les fondements. Un des importants… je pense, à
l'article cinq…
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...j'ai déjà
déposé. C'est un concept qui avait... Le terme «creuset» avait fait réagir. Donc,
il est modifié. Mais là on est à l'article 3. Puis le danger aussi, c'est
quand on les dépose d'avance. C'est ça, c'est de faire tout le temps l'étude de
l'article qui suit au lieu de faire l'article sur lequel on doit se concentrer.
Mais écoutez, je vais... On va avancer. Je veux juste dire qu'il y a eu de l'écoute,
tout simplement, il y a eu de l'écoute quand les groupes sont venus. Et après
ça, bien, allons-y,
article par article, puis nos amendements, comme les
vôtres, bien, on se les partagera.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 3
tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 3 tel
qu'amendé est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. Merci.
Nous en sommes maintenant à l'article 4.
M. le ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci.
Alors, l'article 4 :
«4. Afin de favoriser l'adhésion et la
contribution de tous à la culture commune, le modèle d'intégration nationale
commande l'accueil et la pleine participation, en français, des personnes
immigrantes et des personnes s'identifiant à des minorités culturelles et mise
sur l'interaction et les rapprochements entre ces personnes et celles
s'identifiant à la majorité francophone.
«La nation québécoise étant une société
d'accueil distincte, elle possède son propre modèle d'intégration qui s'oppose
à l'isolement et au repris... pardon, au repli des personnes dans des groupes
ethnoculturels particuliers. Ce modèle est distinct du multiculturalisme
canadien.»
Donc, c'est un
article qui prévoit ce que
commande et ce sur quoi mise le modèle d'intégration nationale afin de
favoriser l'adhésion et la contribution de tous à la culture commune. Et, bon,
j'ai un amendement qui a déjà été envoyé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il y a un amendement. Il est dans Greffier. Je vais vous
demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Oui. Donc,
les collègues l'ont déjà reçu. Amendement à l'article 4 du projet de loi :
1° remplacer, dans le premier alinéa, «le
modèle d'intégration nationale» par «l'intégration nationale», puis
2° supprimer le deuxième alinéa.
C'est un amendement qui a pour objet de
faire des modifications de concordance afin de tenir compte de la modification à
la référence au modèle d'intégration et du déplacement du deuxième alinéa de l'article 4
à l'article 2 du projet de loi. Voilà ce qui est proposé par cet article.
Donc, c'est ça, c'est concordant puisque, maintenant, quand on parle du modèle,
on dit «l'intégration nationale», comme on l'a déjà défini préalablement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement?
M. le député?
M. Morin : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Alors, effectivement, vous avez défini le modèle que vous
voulez utiliser, M. le ministre, comme étant celui de l'intégration nationale.
Donc, vous ne parlez plus comme tel d'interculturalisme. Je vois que vous
enlevez le deuxième paragraphe, «la nation québécoise étant une société d'accueil
distincte, elle possède son propre modèle d'intégration qui s'oppose à l'isolement
et au repli des personnes dans des groupes ethnoculturels particuliers. Ce
modèle est distinct du multiculturalisme canadien». Est-ce que cet élément-là,
vous allez le replacer? C'est ça, il était à l'article 2, et vous l'avez
changé de place. O.K. C'est bon. Parfait. Merci, aussi Jean-Philippe. Donc, il
reste, mais il est à l'article 2. Donc, quand vous dites «commande l'accueil
et la pleine participation, en français, des personnes immigrantes et des
personnes s'identifiant à des minorités culturelles», quand je le lis, j'ai l'impression
que c'est à sens unique. Donc, c'est pour les personnes immigrantes, les
personnes s'identifiant à des minorités culturelles, mais c'est comme si les
gens, ici, ils n'avaient rien à faire. Est-ce que je comprends mal ou c'est
votre intention qu'il en soit ainsi?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Non, ce n'est
pas l'intention qu'il n'y ait qu'un groupe de personnes envers lequel on aurait
des attentes. D'ailleurs, on parle d'interaction. Une interaction suppose tout
le temps deux parties prenantes au minimum. Même chose pour les rapprochements.
Puis il y a d'autres articles où on a déjà parlé de la notion de réciprocité.
Et puis, plus loin, dans le projet de loi, on parlera de ce qui est attendu de
l'État puis les attentes envers les différentes personnes. Donc, je pense, c'est
assez clair.
M. Morin : Oui, on en a
déjà parlé, M. le ministre, mais vous faites une distinction entre les
personnes immigrantes puis des personnes s'identifiant des minorités...
M. Morin : ...donc est-ce que
je comprends que les... ceux qui rentrent dans les minorités culturelles, ce
seraient des gens, bon, forcément qui ne sont pas immigrants parce que vous
avez déjà une... vous avez déjà une référence à des personnes immigrantes, mais
que ce seraient des gens qui n'adopteraient pas le modèle d'intégration
nationale? Puis comment vous allez faire pour faire en sorte qu'ils puissent
adopter ce modèle-là?
M. Roberge : Oui, bien, Mme
la Présidente, c'est une conversation qu'on a eue la semaine dernière, mais
qu'on peut réitérer, là. On parle de personnes qui s'identifient à des
minorités culturelles. C'est... Ce sont des personnes, pas des groupes
particuliers, puis il ne s'agit pas d'ostraciser aucun groupe, ni aucune
personne d'ailleurs. On veut simplement appeler toutes ces personnes-là à vivre
des interactions, à vivre des rapprochements. C'est à travers notamment des
activités comme celles qu'organise Culture pour tous, des activités où il y a
de l'interculturalisme notamment que ça va favoriser les interactions et les
rapprochements entre toutes ces personnes-là puis qu'on va atteindre ce qu'on veut,
c'est-à-dire une intégration nationale des gens qui se... qui vivent ici mais
qui se sentent chez eux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. Morin : Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Oui. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement? Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 4
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On revient à l'article 4 tel qu'amendé. Est-ce
qu'il y a des... d'autres interventions sur l'article 4 tel qu'amendé?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 4, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe maintenant à l'article 5. M. le
ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc,
article 5 est assez long, et il y aura un
amendement aussi. Donc :
«5. Le modèle d'intégration nationale
repose sur les fondements suivants :
«1° la culture québécoise est la culture
commune et, à ce
titre :
«
a) elle est le creuset qui permet à tous
les Québécois de former une nation unie;
«
b) l'État du Québec a la responsabilité
de la protéger et de prendre des mesures afin que tous les Québécois
participent à la vitalité de celle-ci;
«
c) les personnes immigrantes et les
personnes s'identifiant à des minorités culturelles sont appelées à contribuer,
notamment à partir de leurs caractéristiques culturelles, à son évolution et à
son enrichissement;
«
d) elle se caractérise notamment dans des
objets culturels, par exemple dans les domaines des arts et des lettres;
«2° le français est la langue officielle
et commune du Québec et, à ce
titre :
«
a) il est le principal véhicule de la
culture québécoise;
«
b) il est la langue d'accueil et
d'intégration des personnes immigrantes qui leur permet d'interagir et de
s'épanouir au sein de la société québécoise et de participer au développement
de celle-ci;
«
c) il est la langue de communication
interculturelle qui permet le rapprochement entre les personnes s'identifiant à
la majorité francophone et celles s'identifiant à des minorités culturelles et
qui permet à tous les Québécois de participer à la vie publique dans la
société;
«
d) il doit être protégé et valorisé par
l'État du Québec et par tous les Québécois;
«3° l'adhésion aux valeurs démocratiques
et aux valeurs québécoises exprimées notamment dans la Charte des droits et
libertés de la personne (chapitre C-12), dont l'égalité entre les femmes et les
hommes;
«4° la laïcité de l'État du Québec,
affirmée par la
Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3), laquelle repose
sur la séparation de l'État et des religions, la neutralité religieuse de
l'État, l'égalité de tous les citoyens et citoyennes, ainsi que la liberté de
conscience et la liberté de religion;
«5° la possibilité offerte à tous de
participer à la société québécoise, dont l'identité est intimement liée au territoire
du Québec;»
Alors, Mme la Présidente, il y a un
amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il reste le 6, le point 6.
M. Roberge : 6, excusez-moi,
je ne le vois pas. Ah oui! Excusez-moi. C'était de l'autre côté de la page. Il
est important en plus.
«6° la reconnaissance de la primauté des
lois sur les diverses cultures, tant majoritaires... tant minoritaires que
majoritaire, puisque ces lois sont élaborées par les institutions démocratiques
qui gouvernent la nation québécoise.»
Donc, c'est un
article qui prévoit et
précise les fondements sur lesquels repose le modèle d'intégration nationale.
• (10 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous avez l'amendement. Je vais vous demander d'en faire la
lecture.
M. Roberge : Merci.
Donc :
À l'article 5 du projet de loi :
1°...
M. Roberge : ...1° remplacer,
dans ce qui précède le paragraphe 1° «Le modèle d'intégration nationale par
l'intégration nationale»;
2° remplacer, dans le sous-paragraphe a du
paragraphe 1°, «creuset qui permet à tous les Québécois de former» par «socle
sur lequel tous les Québécois bâtissent»;
3° remplacer dans le sous-paragraphe a du
paragraphe 2°, «québécoise» par «commune»;
4° dans le paragraphe 5° :
a) insérer après «participer»,
«pleinement»; et.
b) insérer, à la fin, «ainsi qu'à ces
réalités locales et régionales».
Cet amendement a pour objet de reformuler
un des attributs de la culture commune, de faire des modifications
terminologiques et de préciser que l'identité de la société québécoise est
intimement liée à ses réalités locales et régionales.
Je précise qu'il y a toujours la question
«modèle d'intégration nationale» par rapport à «intégration nationale». Le
terme «creuset», on y reviendra, mais je pense que c'était un élément qui avait
quand même soulevé plusieurs interventions lors des auditions particulières.
Puis on précise maintenant, on peut
utiliser le terme «culture commune» parce que précédemment on dit la
culture : «La culture québécoise est la culture commune», donc après on
peut répéter «culture commune, «culture commune» tout le long du projet de loi
plutôt que d'alterner de un à l'autre, créant une confusion demandant :
Est-ce qu'on parle plutôt de l'un ou de l'autre? À partir de ce moment-là,
comme on dit «la culture québécoise est la culture commune», bien, après, on
peut toujours prendre le même terme. On retrouve souvent ça dans les projets de
loi, ce type d'intervention.
Après «participer», pourquoi on met
«pleinement»? Bien, encore une fois, en écho à des interventions qui ont été
faites, les gens disaient : Écoutez, les gens ne veulent pas juste être
là, i ils veulent participer de plusieurs manières. Quand on parle d'une
intégration nationale, on parle d'une pleine participation québécoise, pas
juste habiter ici. Mais ça veut dire avoir un emploi. Ça veut dire participer à
des fêtes de quartier. Ça veut dire faire
partie de la... de la vie de la
société québécoise. Puis, à la fin, bien, je pense qu'on fait écho ici à
quelques intervenants qui disaient : Oui, mais le Québec, oui, il y a une
culture commune, absolument, mais n'oubliez pas la grandeur du territoire qui
amène des réalités régionales importantes. Donc, je pense que c'est important
de faire écho aux préoccupations des gens qui sont venus puis de parler des
réalités locales et régionales. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur
l'amendement? Oui, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, vous nous avez présenté, M. le ministre, une
partie des... des raisons. Vous avez dit pour... pour «creuset», là, qu'on y
reviendrait. Ça fait que j'aurais justement voulu vous entendre peut-être plus
en détail. Notamment, c'est le Pr Bouchard, hein, qui avait commencé quand même
ses interventions en référant au «melting pot» américain. C'est-tu dans cette
logique-là ou c'est dans une autre logique que vous changez «creuset» pour
«socle»? J'aimerais ça vous entendre sur votre intention.
M. Roberge : Bien, on a
effectivement entendu M. Gérard Bouchard faire objet de préoccupation par
l'interprétation qui va être faite du mot «creuset». On ne l'avait pas choisi
par hasard. On avait regardé les différentes définitions. Je trouvais
intéressantes les définitions que j'avais trouvées dans les dictionnaires. Un
creuset, un lieu où on se rassemble. Puis d'ailleurs, dans le terme métallurgie
du terme, là, les alliages sont plus forts que les métaux supposément purs. Et moi
j'aime bien l'idée de faire des alliages entre les diverses cultures, puis
d'avoir quelque chose qui résulte et qui est plus fort, hein? C'est vraiment un
cas où la somme est plus grande que chacune des parties additionnées.
Ceci dit, d'un point de vue sociologique
puis d'un point de vue d'interprétation, puis considérant qu'il y avait déjà
plusieurs articles sur le terme «creuset» qui précèdent le projet de loi, il y
avait peut être une connotation dont il fallait se détacher. Donc, voilà
pourquoi... Il y a eu M. Bouchard, mais il y a eu d'autres intervenants qui
l'ont mentionné. Si on avait été absolument certains qu'il fallait le garder,
on aurait pu le garder malgré les critiques, en disant : Bien, écoutez,
maintenant, voici notre nouvelle définition, puis on aurait pu, comme on dit,
tenir notre bout en disant : Bien, on réécrira de nouveaux articles. Puis
ça aurait pu être correct, mais on a trouvé, je pense, un autre terme qui est
tout aussi intéressant, sans traîner peut-être des... des définitions, puis
des... des perceptions qui sont moins intéressantes. Donc, on y va avec le...
M. Roberge : ...en disant que
la culture... retrouver le bon
article ici, excusez-moi. On est à 2. Voilà. On
dirait «c'est le socle sur lequel tous les Québécois bâtissent une nation
unie». Donc, je pense que c'est très, très bon aussi pour culture commune.
M. Cliche-Rivard : ...
M. Roberge : C'est comme la
fondation sur laquelle on peut édifier le reste. J'aime aussi l'idée qu'une
fois que la... Excusez-moi, je vous ai coupé...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
allez-y, allez-y.
M. Roberge : ...je suis
désolé. Quand on dit que c'est un socle, c'est une fondation, c'est la base sur
laquelle on peut bâtir autre chose. Mais justement, j'aime l'idée de bâtir,
parce que ce n'est pas quelque chose de figé, d'irrémédiable, on est capable
justement d'avoir quelque chose qui évolue dans le temps. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. Cliche-Rivard : Donc,
le... C'est limpide du retrait de «creuset», que le modèle melting-pot
américain n'est pas du tout celui qui s'applique ici, M. le ministre. On n'est
pas du tout dans le melting-pot américain dans votre projet de loi, comme vous
l'excluez une fois pour toutes, là.
M. Roberge : On s'est
distancié justement du terme «melting-pot» parce que «creuset», selon certains,
faisait référence à ce terme-là, puis ce n'est pas ce qu'on souhaite justement.
On définit un nouveau modèle, on ne veut pas traîner derrière nous des
perceptions, des rancœurs par rapport à un modèle qui n'est pas le nôtre, ce
n'est pas le nôtre. Le nôtre, c'est l'intégration nationale. Puis je pense
qu'il fallait se distancier de d'autres modèles qui peuvent avoir leurs vertus,
mais aussi leurs travers.
M. Cliche-Rivard : Culture
québécoise versus culture commune, qu'est-ce qui inclut un, qui exclut l'autre
ou... Qu'est-ce que... Tu sais, si on avait à faire deux colonnes, là, comment
vous voyez ça? C'est-tu la même chose ou, finalement, il y a une précision
sémantique importante?
M. Roberge : Parce qu'on en
arrive justement à dire que c'est la même chose, 5-1, là, «la culture
québécoise est la culture commune». Donc, on le précise comme ça, puis, à ce
titre, puis on continue, donc, c'est la première
partie de l'article 5 de la
loi, ça n'a pas changé avec un amendement, la culture québécoise est la culture
commune. On aurait donc pu juste garder «culture québécoise», mais je pense que
de dire que la culture québécoise est, à partir de maintenant, la langue
commune, il y a quelque chose de fort ici, ça veut dire que ce n'est pas la
culture... La culture québécoise n'est pas la culture des Québécois,
c'est-à-dire ceux qui étaient là avant. Puis il y aurait donc la culture
québécoise de Québécoises, puis il y aurait la culture des nouveaux arrivants,
ce n'est pas ça qu'on veut. Quand on dit qu'elle est commune, elle est commune
à tous. Un peu sur la langue française, on a dit : La langue française est
la langue officielle, mais c'est aussi la langue commune. Et il y a quelque
chose de fort à dire que la langue est la langue commune.
Alors, on a quelque chose de fort aussi
quand on dit : La culture québécoise, c'est la culture commune. Ce n'est
pas deux choses, on peut faire un tableau puis dire qu'est-ce qui est
québécois, qu'est-ce qui est commun. On dit que, maintenant, ça devient de la
culture commune. Donc, à partager quelque chose qui est commun, c'est quelque
chose qui est à partager, et je pense que c'est important dans la loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça vous va?
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien,
je vais laisser la parole...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que d'autres interventions? M. le député de
l'Acadie... Non, Acadie, allez-y.
M. Morin : ...ou Acadie,
Acadie. Merci. Merci, Mme la Présidente. Bien, écoutez, M. le ministre, heureux
de voir qu'avec votre amendement vous faites disparaître «le creuset», parce
qu'effectivement il y a plusieurs groupes, dont le professeur Bouchard, qui ont
fait une intervention qui était très claire à ce niveau-là. Plusieurs groupes
aussi associaient le creuset à une politique assimilationniste. Donc, je
comprends de vous, M. le ministre, que vous ne voulez pas... vous ne souhaitez
pas que votre modèle soit assimilationniste?
M. Roberge : Non,
effectivement, on l'a déjà dit, on veut que les gens s'intègrent.' Dire qu'on
veut les assimiler, c'est faux, ce n'est pas notre modèle. C'est ni dans
l'esprit ni dans la lettre, l'intégration, c'est différent, très différent de
l'assimilation. Et vous avez raison, cher collègue, de dire qu'en retirant
«creuset», d'une certaine manière, on peut répondre à des préoccupations qu'un
certain groupe avait.
• (10 h 20) •
M. Morin : D'accord.
Maintenant, vous remplacez par «socle», et en préparant l'analyse
article par
article, j'ai... en fait, ça va être maintenant un sous-amendement qu'on va
envoyer... ou qui est déjà parti dans Greffier et qui enlevait, évidemment,
«creuset», mais qui ne faisait pas référence, bien sûr,parce que je ne savais
pas quel amendement vous alliez proposer à...
M. Morin : ...socle sur
lequel tous les Québécois bâtissent une nation unie. Et le socle, c'est...
c'est un peu comme un pilier mais sur lequel les Québécois bâtissent. C'est
comme si on était en train de bâtir quelque chose. Puis, si on bâtit quelque
chose, est-ce qu'on tient compte de ce qui a été fait avant? Comment ça va
fonctionner, votre modèle?
M. Roberge : Bien, c'est un
modèle qui est... qui est évolutif. On l'a dit, la culture québécoise est la
culture commune, mais cette même phrase là réfère à quelque chose de différent
si je prononce cette phrase-là en 1960. La culture québécoise, la culture
commune de 1960, c'est différent de la culture québécoise et commune de 2025,
et sans doute ça sera différent en 2055. Donc, l'idée de bâtir une nation unie,
c'est toujours une œuvre inachevée. On est toujours en train de bâtir une
nation unie, on est toujours en train de faire des gestes interculturels. Puis
je fais référence à l'article 4. On est toujours en train de faire des
interactions, on est toujours en train de miser sur les rapprochements, puis,
bien, c'est vivant, la société, la nation québécoise, donc... mais il y a le
socle. Le socle est important. On repose sur quelque chose, on n'est pas là...
on n'est pas sur... je vous dirais, on n'est pas dans les airs, on s'appuie sur
quelque chose de solide. Plus tôt, on parlait du parcours historique québécois.
Ça fait
partie du socle sur lequel on peut bâtir une nation unie.
M. Morin : Et je comprends
que vous voulez référer à un socle plutôt que de dire : La culture
québécoise est la culture commune, et donc elle permet à tous les Québécois de
bâtir une nation unie, ce qui pourrait fonctionner également.
M. Roberge : Juste
comprendre. Vous, vous dites : Elle permet à tous les Québécois de bâtir
une nation unie?
M. Morin : Oui, bien, c'est
ça. Donc...
M. Roberge : O.K. Dans le
fond... Je veux juste comprendre. Dans le fond, un peu comme nous, comme moi,
vous disiez : Qu'est-ce qu'on peut faire pour enlever «creuset» ou retirer
«creuset» puis mettre autre chose? Puis on pourrait... vous proposiez
peut-être, je n'ai pas votre amendement, de dire que la commune... la culture
permet à tous les Québécois de bâtir une nation unie. Il est déjà là, la notion
de permettre. C'est juste que, dans l'amendement que j'ai déposé, on qualifie
la culture de socle, puis je trouve ça intéressant de qualifier la culture de
socle, parce que c'est quand même quelque chose de solide sur lequel on peut
s'appuyer.
M. Morin : D'accord. Parce
qu'en fait j'essaie de voir ce que ça ajoute à ce que vous voulez faire avec
les fondements. Donc, je comprends que, vous, dans votre esprit, il faut
quelque chose sur lequel bâtir. Donc, vous aviez utilisé au départ le mot
«creuset». Donc là, les experts sont venus dire : Oui, mais ça, ça fait
référence à des notions, puis, je me souviens, le professeur Bouchard disait,
où vous ne voulez pas aller. Donc là, vous l'enlevez, mais, au fond, vous
restez avec le même... la même idée de quelque chose qui fait que... sur lequel
on peut bâtir. Puis je me dis... moi, je me disais : La culture québécoise,
on... vous affirmez dans le projet de loi qu'elle est la culture commune. Donc,
à ce stade... compte tenu de cet état de fait, elle, donc, permet aux Québécois
de vivre dans une nation... dans une nation unie. Je comprends que vous, vous
voulez garder un élément, là, de fondation ou de socle comme tel, ce que...
parce que, pour vous, c'est quelque chose qui enrichit ou qui accorde une plus
grande importance à la culture québécoise?
M. Roberge : Oui, exactement.
Je pense que c'est... on peut dire ça. Et je cherche, là, des définitions
pendant qu'on se parle, puis «socle», là, je vois : «base sur laquelle
repose une construction, un objet». Puis, au sens figuré, on dit : socle,
c'est un élément fondamental. Donc, je pense qu'on peut dire que, quand on dit
que le socle... la culture commune est le socle, bien, c'est un élément
fondamental sur lequel on peut s'appuyer. Donc, je pense que c'est... ça vient
renforcer l'importance. On dit que la culture est commune, oui, mais elle est
aussi importante, elle est aussi fondamentale, elle est aussi sur... quelque
chose sur lequel on peut s'appuyer, quelque chose sur... à quoi on peut se
référer. Voilà, c'est ça. L'objectif, c'est de...
M. Roberge : ...renforcer son
importance.
M. Morin : Bien. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement?
M. Morin : Moi, il faudrait
que je dépose mon sous-amendement, à ce moment-là. Donc, Mme la Présidente, je
vais déposer mon sous-amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, Donc, le sous-amendement est sur Greffier, on va
l'afficher pour le bien-être de tous... la compréhension, plutôt, je pense que
vous êtes très bien. Je vais vous demander, M. le député, d'en faire la
lecture.
M. Morin : Oui, bien sûr.
Donc,
Loi sur l'intégration nationale,
article 5, modifier l'amendement proposé
à l'article 5 par le remplacement des mots «socle sur lequel tous les
Québécois bâtissent» par les mots «l'interaction qui permet à tous les
Québécois de former».
L'article modifié se lirait ainsi :
La culture québécoise est la culture commune, et à ce titre, elle est
l'interaction qui permet à tous les Québécois de former une nation unie.
Donc, je propose cet amendement, Mme la
Présidente, parce que, pendant des consultations particulières, le mot
«creuset» a fait réagir. Je vous dirai que, quand j'ai lu le projet de loi au
départ et que j'ai vu le mot «creuset», ça m'a aussi étonné. Et je comprends que,
pendant des consultations particulières, M. le ministre a référé à des
définitions du dictionnaire, sauf que le Pr Bouchard nous a rappelé
qu'évidemment les définitions du dictionnaire existent, mais que quand on
utilise un tel terme dans un texte de loi qui vise un modèle d'intégration, ça
peut faire référence où ça fait référence... et il a utilisé le mot «melting
pot» et plusieurs ont écrit en parlant d'assimilation. C'est la raison pour
laquelle je posais la question à M. le ministre, à savoir qu'elles étaient les
visées ou l'objet, il m'a dit : Non, non, ce n'est pas l'assimilation.
Moi, ce que je crains en changeant «creuset» par «socle», puis là j'écoutais M.
le ministre qui nous disait : Oui, mais quand on regarde dans le
dictionnaire, ça veut aussi dire une base pour une construction, un pilier,
effectivement, c'est exact, sauf que c'est... bien, c'est rare qu'on voie ce
mot-là dans un texte de loi, puis le remplacer «creuset» par «socle», on ne
sait pas trop non plus comment ça va être interprété. Puis moi, je me disais
que, pour son modèle, s'il veut faire référence à la culture québécoise qui est
la culture commune, mais ce que ça devrait permettre, évidemment, si c'est de
permettre aux gens d'entrer en interaction, c'est, je pense, l'élément le plus
le plus important qu'on veut faire ressortir et qu'on veut évidemment en
utilisant la formulation que je propose, donc, s'éloigner, établir une cassure
avec le volet creuset, le volet assimilationniste ou tout autre mot qui
pourrait essayer de le remplacer, mais sur lequel on ne connaît pas
effectivement les tenants et aboutissants et ce qui pourrait en résulter. Donc,
il me semble que si on accepte la formule que je propose, on met beaucoup plus
l'accent sur l'interaction. Et, dans plusieurs mémoires, on nous a rappelé
l'importance dans le cadre de l'intégration, d'interagir. Et donc, ça, ça
m'apparaît fondamental également. Donc, c'est la raison pour laquelle je
propose ce sous-amendement à l'amendement de M. le ministre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, merci au
collègue d'avoir réfléchi à la notion, là, de creuset. Bon, on avait proposé
«socle», on avait déposé cet amendement-là par avance, ça vous a permis d'y
réfléchir aussi. «Socle» n'a pas de connotation comme «creuset» pouvait en
avoir, là, on a fait des vérifications, donc, je peux rassurer mon collègue à
cet égard là. Donc, d'un point de vue sociologique, là, il n'y a pas de
connotation qui peut l'associer à l'assimilationnisme, comme peut-être pouvait
avoir le mot «creuset».
Ensuite, dans l'amendement que vous
proposez, quand je le lis, ça fait : «la culture québécoise est la culture
commune, et à ce titre, elle est l'interaction».
M. Morin : ...tous les
Québécois forment une nation unie.
• (10 h 30) •
M. Roberge : Ça fait un peu
particulier de dire que la culture est l'interaction. Je ne pense pas... On
vient de définir la culture dans l'article suivant, une définition, c'est quoi
la culture? Mais la culture, ce n'est pas de l'interaction. La culture, on l'a
dit, c'est...
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10 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : …modèle de culture
commune, là. Écoutez, il y a… Ah! non, c'est à l'article 3, je cherchais à
l'article quatre, là, où on l'a défini, là, on viendrait dire que de la
culture, c'est de l'interaction. Je ne pense pas qu'on peut dire que la culture,
c'est de l'interaction, je veux juste dire, on peut… Je ne pense pas que c'est
ça, mais je comprends votre intérêt d'amener la notion d'interaction ou de
rapprochement. Puis on l'a plus plus loin dans ce même article-là, dans deux b,
on parle d'interagir, dans 2, c, on parle de rapprochement, on l'avait aussi à
l'article 4, à la fois interaction et rapprochement. Donc, je pense qu'on
peut garder «socle» qui n'est pas connoté
de manière péjorative.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci. M. le député.
M. Morin : Je n'ai pas d'autre
commentaire, non.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le sous-amendement?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que le sous-amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
M. Roberge : …
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le sous-amendement est adopté? Le sous-amendement est-il
adopté?
Des voix : …
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est retiré.
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est rejeté.
Des voix : …
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on revient à l'amendement. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, je
vous… je vous reviens après. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Merci. Mme la Présidente, M. le ministre, vous incluez les réalités locales et
régionales. C'est pour faire écho, je devine, notamment à plusieurs municipalités,
plusieurs villes qui sont venues présenter des mémoires, qui visent le
caractère régional, puis je devine, peut-être, qu'on va pouvoir voir ça un
petit peu aussi dans des touches sur le caractère régional dans les autres
éléments, là, notamment en lien avec la politique. J'imagine que c'est comme
une composante qu'on va retrouver un petit peu plus loin aussi, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Je ne sais pas si
j'ai des amendements qui vont dans ce sens-là dans d'autres articles, c'est
possible, là, honnêtement, je ne m'avancerai pas là-dessus. Mais, oui, ça fait
écho à des préoccupations, qui, je pense, qui étaient bien exprimées,
pertinentes et légitimes, notamment des municipalités, mais de d'autres groupes
aussi qui ont mentionné l'importance, du… je dirais, de l'identité québécoise
qui est reliée au territoire et à ses régions. Voilà.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Bien,
on y reviendra alors, parce qu'effectivement ils ont beaucoup lié des
modifications à l'article cinq avec, si je ne m'abuse, des propositions de
modification, là, plus tangibles, disons, dans l'élaboration de la politique à
l'article neuf. Souvent, là, les deux étaient interreliés dans les… dans les
commentaires de propositions de modifications. Ça fait que je verrai bien ou on
verra ensemble par la suite, M. le ministre, à quelle place on peut ou quelle
place on peut accorder, là, au caractère régional dans l'élaboration des
politiques à l'article 9.
Participer pleinement, là, versus
participer, est-ce que ça change quelque chose? Je comprends que vous voulez
bonifier, ou voulez dire qu'ils participent à 100 %, mais c'était déjà
quand même implicite, ou il y a-tu un argument ou un élément de fond, ou c'est bonification
de texte seulement?
M. Roberge : Ça relève
davantage de la bonification de texte.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Mme la Présidente.
Alors, j'avais… j'avais également un sous-amendement ou un amendement pour
faire référence particulièrement au rôle des municipalités comme partenaires.
Là, je comprends que M. le ministre ajoute ces réalités locales et régionales.
C'est moins précis que les municipalités. Il y a plusieurs villes,
regroupements, associations de municipalités qui sont venus nous parler, puis
qui nous ont dit ce qu'ils faisaient en termes d'intégration. Quand vous parlez
de réalités locales et régionales, est-ce que vous pouvez nous décrire
davantage ce que vous avez en tête puis qui vous… qui vous visez pour… en fait,
qui vont se sentir, bien sûr, inclus dans cet amendement-là que vous proposez, M.
le ministre?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je pense
que ça vient préciser, nommer le fait que l'identité québécoise est beaucoup
liée… puis l'attachement des Québécois profond, autant les Québécois, là, qui
sont ici depuis des générations que des nouveaux arrivants, c'est beaucoup lié
à l'attachement à des régions, pas seulement, il y a des gens qui sont dans les
grands centres, mais je le sais pour en avoir…
M. Roberge : ...là. Même des
nouveaux arrivants, là, qui sont ici depuis à peine quelques années, quelques
mois, puis qui, déjà, là, les racines ont pris. Puis ils disent : Moi, je
ne déménagerai pas, là, oui, je suis au Canada, oui, je suis au Québec, mais je
suis dans telle région. Le Québec est tellement grand! Les paysages sont très
différents. Même le climat est différent. Puis, quand on a trouvé un endroit où
on est bien, bien, des fois, il y a un attachement, même, qui est... qui est
régional.
Donc, je pense que ça fait écho un peu à
ça, là. On parle de... il faut revenir tout le temps en haut, là, hein? «Le
modèle d'intégration repose sur les fondements suivants», puis tu as le point
cinq, un des fondements, c'est participer, «offerte à tous de participer à la
société québécoise», donc, ça, c'est important, la participation, d'accord, de
participer pleinement, «dont l'identité», quelle identité, bien, l'identité de
la société québécoise, «est intimement liée au territoire du Québec ainsi qu'à
ses réalités locales et régionales.» Je pense qu'on vient faire écho à la
réalité, tout simplement, puis à la réalité telle qu'elle a été exprimée lors
des auditions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le député.
M. Morin : Oui. Mais... Je
comprends. Mais, en fait, dans votre modèle, alors que vous parlez des
fondements, donc, vous dites finalement que, l'intégration nationale, votre
modèle repose aussi sur des réalités locales et régionales. C'est ce que j'ai
compris de vos propos. Mais, dans les fondements, vous parlez aussi de la
responsabilité de l'État du Québec, mais il n'y a pas de référence comme telle
au rôle que pourraient jouer, par exemple, des municipalités dans cet
établissement-là. Et, évidemment, il y a deux endroits dans le projet de loi où
on peut en parler. Il y a... Bien sûr, plus tard, on verra, il y a des
références à la politique que vous voulez développer. Mais il y a aussi dans
votre modèle... il pourrait y avoir une place, et je vous le soumets, pour le
rôle des municipalités. Et donc je me demandais si c'était un élément que vous
étiez prêt à considérer et qui est... qui est différent de ce que vous énoncez
à cinq, qui fait référence à des réalités locales, sans pour autant tenir compte
de l'apport que des municipalités pourraient apporter à votre modèle
d'intégration nationale. Puis il y a plusieurs municipalités qui nous ont dit
qu'elles participaient déjà et qu'elles avaient déjà des actions particulières
pour travailler, aider à l'intégration nationale.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui.
Effectivement, il y a plusieurs... bien, des regroupements de municipalités.
Puis une municipalité, je pense, c'est Sherbrooke qui est venue nous parler
aussi. Dans... Plus tard, on va arriver dans d'autres articles qui vont couvrir
d'autres sections, dont la politique. Puis l'article huit du projet de loi fait
référence aux organismes visés au paragraphe
a) de l'article 1 de la Charte
de la langue française. Bref, ici on nomme «les municipalités». Donc, dans la
politique, il y a un
article qui réfère directement aux municipalités, donc, de
manière claire et nette. Elles vont donc s'y retrouver.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement à l'article cinq est adopté? Adopté. On revient donc à l'article
cinq tel qu'amendé. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'article cinq
tel qu'amendé? Mme la députée Terrebonne.
Mme Gentilcore : Moi,
j'aimerais proposer un amendement, en fait, sur l'article 5.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Parfait. L'amendement est-il dans Greffier?
Mme Gentilcore : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va juste l'afficher. Puis, Mme la députée, je
vais vous demander d'en faire la lecture.
Mme Gentilcore : Oui.
Ajouter, à la fin de l'article cinq, le paragraphe suivant :
«La reconnaissance que les peuples
autochtones du Québec sont des nations distinctes ayant droit à leur culture, à
leur langue, à leurs coutumes et traditions ainsi qu'à orienter elles-mêmes le
développement de cette identité propre.»
• (10 h 40) •
Donc, bon, c'est une suggestion, là, du
Regroupement des centres d'amitié autochtones. Je comprends qu'on ne veuille
peut-être pas amener, là, le sujet autochtone partout dans le projet de loi,
mais je trouve que, s'il y a une place où ce serait à propos de le faire, ce
serait bien ici, une façon de faire en sorte que la future politique
d'intégration nationale comprenne un segment sur les nations autochtones et
leurs caractéristiques. C'est important aussi que les nouveaux arrivants
sachent que les autochtones font
partie de la réalité, ici, du Québec. Puis, le
texte de mon amendement, là, il est directement inspiré d'une résolution du
Conseil des ministres qui date de 1983...
Mme Gentilcore : ...à ce sujet
là. Donc, c'est le socle, pour reprendre le terme, des relations entre la
nation québécoise et les nations autochtones. Puis c'est pour ça que je soumets
cet ajout à l'article 5.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Donc,
proposition d'ajouter un élément, carrément, à l'article 5. La
reconnaissance, juste, je vais en prendre connaissance comme il faut, la
reconnaissance que les peuples autochtones sont des nations distinctes, ayant
droit à leur culture, le droit à leur culture, à leur langue, leurs coutumes. O.K.
Bon, il y a beaucoup d'éléments dans cet amendement-là. Je rappelle qu'on va
faire à la toute fin, pour une question de cohérence, concordance, les
considérants. Dans les considérants, on précise déjà que les Premières Nations
et autochtones ont droit d'assurer la vitalité et le développement, je pense,
de leur culture et langue. Donc, c'est déjà là. Là, on a des éléments qui sont
différents de l'intégration nationale, quand vous parlez du... le développement
de cette identité, je ne sais pas à quoi ça réfère exactement. Est-ce que vous
pouvez m'expliquer, ce que ça peut vouloir dire?
Mme Gentilcore : Bien, tout
simplement que, tu sais, ils sont là depuis toujours. Et on... De toute façon,
vous aviez dit que vous excluez les autochtones, n'est-ce pas, de cette loi-là
parce qu'ils étaient là avant. Donc, c'est juste de réitérer ça ici puis de le
mettre de manière claire dans le projet de loi. Puis, aussi, comme c'est un
projet de loi qui, bon, qui concerne tous les Québécois puis les nouveaux
Québécois aussi, juste qu'ils sachent que les autochtones sont là puis qu'ils
sachent qu'ils ont le droit, eux, de se définir, tu sais, de se définir par
eux-mêmes. Donc, je pense que c'est ça qu'on veut dire ici.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Écoutez, je
vois des enjeux avec l'amendement de la collègue, il y a quelque chose
d'intéressant là-dedans, puisque, bon, on parle de peuple, on parle de nation.
Il y a les deux, le peuple autochtone, nation distincte. Le Québec signe des
ententes de nation à nation avec les Premières Nations, Inuits, là, on l'a
fait, d'autres l'ont fait avant nous, puis on continue de le faire.
Maintenant, il faut prendre garde quand on
inscrit des choses dans des projets de loi puis dans des lois ensuite, parce
que ça peut, par la suite, compliquer, je vous dirais, d'autres négociations et
parfois des recours juridiques aussi, parce qu'il y a toujours quelques recours
entre les Premières Nations, Inuits et l'État du Québec, là, il y en a comme
tout le temps quelques-uns qui sont quelque part dans des instances devant une
cour ou dans l'autre. Puis il faut faire très, très attention. Je vous dirais
que, quand on a rédigé le projet de loi, on a voulu prendre garde pour
n'enlever aucun droit à personne, évidemment. Puis on a voulu préciser
qu'évidemment on ne s'attendait pas que les Premières Nations, Inuits
délaissent leur culture pour la culture commune, délaissent leur langue. Ce
n'était pas ça qu'on voulait, c'est pour ça qu'on l'a mis dans les
considérants, pour rassurer, mais on ne voulait pas jouer dans l'équilibre des
droits. Et c'est pour ça qu'on n'a pas mis d'article dans la loi comme telle.
On a mis un considérant pour rassurer tout le monde, pour être sûr qu'on ne
venait pas toucher à nos partenaires, les nations autochtones et inuites. Mais
je ne suis pas favorable à ce qu'on ait un
article de loi dans le cœur de la
loi qui viendrait dans l'intention rappeler des choses, mais qui pourrait, par
la suite, finalement, changer l'équilibre, enlever des droits, créer des
droits, amener des recours. Il y a comme un danger, là. Voilà.
Mme Gentilcore : Mais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais devoir suspendre quelques instants, le temps d'une
intervention. Vous savez, on a des travaux aussi au salon bleu, qui est le
salon rouge en fait, là.
Alors, je vais permettre une suspension de
quelques instants. La discussion va se poursuivre par la suite. On suspend.
(Suspension de la séance à 10 h 45)
Haut de la page
11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 46)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de la suspension, rendue nécessaire parce que... pour
le bien... le bien... pas le «bien-être», mais pour explication auprès des gens
qui nous écoutent, il y a des travaux qui se déroulent dans plusieurs...
plusieurs chambres ici, à l'Assemblée nationale.
Alors, ceci étant dit, au moment de
suspendre, nous en étions à l'amendement déposé par la députée de Terrebonne,
et c'est vous, Mme la députée, qui aviez la parole à la suite des explications
du ministre. Est-ce que vous désirez poursuivre ou...
Mme Gentilcore : Bien, moi, j'ai
dit ce que j'avais à dire sur l'amendement. Je laisserais la parole à mes
collègues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je pense que c'est un amendement intéressant,
effectivement, là. On a parlé un petit peu, la semaine dernière, de la
distinction entre le préambule, quand même, puis les articles qui donnent corps
et vie et obligations légales qui dépassent l'interprétation, là. Donc, je
pense que l'amendement proposé par la collègue de Terrebonne est tout à fait
justifié. De... Bien, en tout cas, de notre côté, on utilise davantage le
vocable «Premières Nations et Inuits», là, mais je n'ai pas d'enjeu outre ça. On
réitère souvent l'enjeu aussi de discussion de nation à nation. Je pense que c'est
clair : «...du Québec sont des nations distinctes...», de ce qui serait les
PNI. Donc, moi, je pense que ça serait tout à fait justifié de l'énoncer.
M. le ministre, vous dites : C'est
dans le... dans le préambule. C'est vrai, là, on a eu cette discussion-là la
semaine passée, mais il n'y a quand même rien qui y donne corps ou étoffe dans
le projet de loi. Alors, c'est sûr qu'à quelque part, moi, je le verrais, là.
Est-ce que c'est là ou ailleurs? Je suis ouvert, mais je pense qu'on pourrait
dépasser la seule mention du préambule à quelque part. Ça fait que je laisse ça
de votre côté à réflexion. C'est peut-être un petit peu court pour l'ensemble
du message qu'on envoie. Puis évidemment le ministre a détaillé ses... sa
vision à l'étude détaillée, mais, je veux dire, qui va aller voir, quand même, le
commentaire du ministre à l'étude détaillée? Ça me semble un petit peu niché.
Ça fait que, si on pouvait quand même y donner vie et acte à quelque part dans
le projet de loi, c'est quelque chose que nous, on soutiendrait, bien
évidemment. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Je pense que mon
collègue voulait s'exprimer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bien, merci à la collègue pour le dépôt de l'amendement.
Ma première remarque, c'en est une plus de
forme que de fond, parce que, dans le préambule, on réfère aux Premières
Nations et aux Inuits. L'amendement réfère aux peuples autochtones du Québec.
Est-ce que ça inclut les Inuits et toutes les Premières Nations? En tout cas, bref,
si cet amendement-là est adopté, on va se ramasser avec deux descriptions des
Premières Nations dans le même... dans le même texte... texte de loi.
L'autre élément, et là ça, c'est plus de
fond, c'est que ma compréhension de l'article 5, c'est que le gouvernement
essaie de définir le modèle d'intégration nationale et ses fondements, et ma
compréhension des nations autochtones du Québec et des Inuits, c'est que ce
sont des nations à part entière, et les insérer dans un fondement de l'intégration
à la culture québécoise, je ne suis pas convaincu que ça va là, avec tout le
respect que je dois à ma collègue. Et il y a une référence à la culture, à la
langue, aux coutumes, traditions. Il n'y a pas de référence...
M. Morin : ...il y a une
référence à la culture, à la langue, aux coutumes, traditions. Il n'y a pas de
référence comme telle... on ne réfère pas aux... aux cultures ou aux traditions
ancestrales. Il n'y a pas de référence à la Déclaration des Nations Unies sur
les droits des peuples autochtones. Il n'y a pas de référence à leur
développement économique non plus. Alors, je... pour ma part, là, évidemment,
il faut toujours entrer en dialogue avec les Premières Nations. Il y a une
motion de l'Assemblée nationale qui a été adoptée à l'unanimité et qui demande
au gouvernement de reconnaître la Déclaration des Nations Unies sur les droits
des peuples autochtones, qui est un... qui est une déclaration qui, en soi, est
très complète sur ce que les peuples autochtones souhaitent en tant que
nations. Et d'ailleurs, l'avantage de la Déclaration des Nations Unies, c'est
qu'elle a été rédigée après de multiples consultations avec les peuples
autochtones qui vivent dans différents territoires sur la Terre. Alors,
écoutez, personnellement, moi, je pense qu'il y a un dialogue, bien sûr, avec
les Premières Nations, mais... mais qu'on veuille ajouter, dans un modèle
d'intégration nationale, j'ai des réserves et je tenais à les exprimer, Mme la
Présidente. Je vous remercie.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? M. le ministre.
M. Roberge : Oui, rapidement.
Je pense que le mieux est de laisser dans le préambule, dans les considérants,
comme on en avait parlé de manière préalable. On a dit que les considérants,
puis les juristes nous avaient éclairés là-dessus, sont en l'espèce la lunette
à travers laquelle on peut lire le projet de loi et la loi ensuite. Pour des
gens qui s'inquiéteraient des garanties de la place des Premières Nations et
Inuits, moi, je les réfère à la
Loi sur l'exercice des droits fondamentaux. On
a des articles 11 et 12 qui sont là, qui garantissent, dans le
chapitre IV, ça s'appelle les Nations autochtones du Québec,
article 11 :
«L'État du Québec reconnaît, dans l'exercice de ses compétences
constitutionnelles, les droits existants, ancestraux ou issus de traités des
Nations autochtones du Québec». Donc, ils sont bien protégés là. «12. Le
gouvernement s'engage à promouvoir l'établissement et le maintien de relations
harmonieuses avec ces nations et à favoriser leur développement ainsi que
l'amélioration de leurs conditions économiques, sociales, culturelles.» La
section culturelle pourrait toucher un peu le projet de loi dont on parle, puis
le considérant y répond. Donc, je ne crois pas nécessaire, là, d'accepter, avec
respect, l'amendement proposé par ma collègue.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous avez demandé le vote, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Gentilcore (Terrebonne)?
Mme Gentilcore : Pour.
La Secrétaire : M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Boguemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire : Mme Blais (d'Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire : M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Abstention.
La Secrétaire : M.
Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : Mme Lecours (Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Nous revenons
donc à l'article 5 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
M. Cliche-Rivard : J'ai
également un amendement, celui eut égard au racisme, à la lutte au racisme, à
la discrimination, si vous voulez le...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je crois qu'il est déjà Greffier parce qu'on a travaillé
pendant la suspension. Alors, je vais vous demander, M. le député, d'en faire
la lecture.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, l'article 5 du projet de loi est
modifié par l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
«7° La lutte au racisme et la
discrimination, laquelle est essentielle au maintien du vivre ensemble
harmonieux.».
Donc, il y a la note, là, tout en bas,
mais qu'on est en train de corriger, qui réfère à quelque chose qui s'en vient
un petit peu plus tard. Donc, ne pas s'y référer. On parle vraiment ici de la
lutte au racisme et à la discrimination. Mme la Présidente, ça fait écho à
plusieurs interventions qu'on a eues quand même dans le cadre du projet de loi,
de l'étude... en fait, des consultations particulières. Donc, pour nous, le
modèle d'intégration doit reposer sur des fondements qui sont aussi en lien
avec les valeurs fondamentales du Québec. Le ministre fait référence notamment
à la Charte des droits et libertés dans lesdites dispositions, et pour nous,
qu'on ait un modèle et qu'on ait un...
M. Cliche-Rivard : …fait
référence, notamment à la Charte des droits et libertés dans lesdites
dispositions. Et, pour nous, qu'on ait un modèle et qu'on ait un… des
propositions et un engagement dans notre culture puis dans notre modèle
d'intégration qui réfère à la lutte au racisme et à la discrimination me semble
tout à fait nécessaire et justifié. C'est le professeur Carpentier, notamment,
qui nous en parle, mais plusieurs autres groupes qui nous disent qu'on doit
concevoir, évidemment, un modèle dans lequel tous et toutes se sentent inclus,
unis, et bienvenus et qu'en établissant très clairement que le Québec fait de
son modèle d'intégration un modèle inclusif, positif, où tout le monde est le
bienvenu, comme socle ou comme élément fondateur de notre modèle d'intégration,
là. Compte tenu de l'importance pour les nouveaux arrivants et pour la Société
québécoise des luttes face au racisme et à la discrimination, ça nous
semblerait tout à fait justifié de prévoir une petite place, non moins
importante, là, mais en fait déterminante aux… à ces concepts-là, dans notre
article phare, là, qu'est l'article cinq.
Donc, j'entendrai mes collègues sur cette
proposition-là, mais ça a été soutenu et soulevé par plusieurs groupes. Je
crois ne pas me tromper en disant notamment l'Association des libertés civiles,
mais d'autres aussi, la… allait dans ce sens-là, la… allait dans ce sens-là.
Plusieurs autres groupes et intervenants, notamment aujourd'hui, dans ladite
lettre ouverte, nous parlent de l'importance d'avoir un modèle qui lutte
également contre les discriminations, contre le racisme. Je suis certain que le
ministre est d'accord avec moi que ça fait
partie des éléments sur lesquels il
faut continuer de marteler pour qu'on ait une société la plus égalitaire, libre
et inclusive possible. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. C'est
une préoccupation qu'on partage tout le monde, mais juste pour préciser qu'on y
est déjà. Dans l'article cinq, on a l'alinéa trois qui fait référence à notre
Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Puis on a, dans notre
Charte des droits et libertés de la personne, le
chapitre 1.1, droit à
l'égalité dans la reconnaissance, l'exercice de droits et libertés,
l'article 10 qui, je pense, fait très, très bien le travail. «Toute
personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice en pleine égalité des
droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence
fondée sur la race, la couleur, le sexe, l'identité ou l'expression de genre,
la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge, sauf dans la mesure
prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue,
l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou
l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap. Il y a discrimination
lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire
ou compromettre ce droit.»
Donc, dans nos fondements, on a la Charte
des droits et libertés. Puis, dans la charte, il y a, de manière très, très
explicite, plus explicite même que dans l'amendement de mon collègue… donc, je
pense que ça y est, la préoccupation des gens, de mon collègue, puis d'autres
personnes se sont exprimées, on en est là, là, c'est déjà inclus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'entends le ministre, puis je constate également,
comme il le dit, qu'on partage ces préoccupations-là. Il y a l'article six qui
prévoit des droits, hein, des droits positifs, la Charte des droits et
libertés. Il y a une distinction entre accéder à un droit puis un droit conféré
par une charte puis un objectif d'intégration et le mot «lutte». Et là
d'intégrer dans le modèle d'intégration nationale, de dire qu'un de ces
fondements-là, notamment, c'est de lutter contre le racisme et la
discrimination, ça dépasse largement des droits consentis desquels il faut
saisir les tribunaux, notamment, pour les faire exprimer. Là, il y a une valeur
beaucoup plus positive, beaucoup plus centrale que dans l'ensemble des
politiques d'intégration qu'on va adopter, qu'on va établir. Il y aurait ou il
y aura un élément toujours de réflexion eu égard à cet élément de lutte contre
les droits et libertés.
Le ministre nous dit : On l'a déjà de
manière implicite. Moi, je soumets que ça doit être très explicite. Il y a
d'autres choses qui sont explicitées, là, ici, et à bon escient, évidemment.
L'égalité homme-femme est également, M. le ministre, dans la Charte des droits
et libertés, où vous le… vous le réaffirmez. Je ne m'oppose pas au fait que
vous le réaffirmez, au contraire, je pense que c'est bien de le réaffirmer,
mais vous le réaffirmez quand même. Donc, de… avec égards puis avec respect
pour votre position de dire : Oui, c'est inclus, moi, je pense qu'il faut
aller un pas plus loin, il faut aller un pas plus loin dans l'intégration, puis
nommer les choses très explicitement tels qu'ils le sont. Vous nommez notamment
l'égalité homme-femme là, on peut nommer la lutte au racisme, à la
discrimination là aussi, on peut en faire un autre libellé. Moi, je suis ouvert
à vous entendre puis à…
M. Cliche-Rivard : ...tels
qu'ils le sont. Vous nommez notamment «l'égalité hommes-femmes» là. On peut
nommer «la lutte au racisme, à la discrimination» là aussi. On peut en faire un
autre libellé. Moi, je suis ouvert à vous entendre puis à discuter. Il y a
plusieurs autres choses qui sont nommées, qui sont déjà incluses aussi dans la
Charte des droits et libertés.
• (12 heures) •
Donc, tu sais, j'entends ce que vous
dites, mais, pour moi, l'élément phare est tellement soutenu, est tellement
clair. Puis je pense que vous enverriez un message aussi... Vous nous parliez
d'écoute, un petit peu plus tôt, là, ce matin, je pense que vous enverriez un
message aussi à la centaine de signataires qui notamment soutiennent, là, cet
élément-là, à savoir que notre modèle, oui, évidemment que la Charte,
actuellement, telle qu'elle est, elle protège dans nos droits et libertés
contre la discrimination, contre la lutte au racisme, mais d'en faire un
élément phare de ce qui... puis un fondement de notre modèle d'intégration qui
soit ancré sur la lutte au racisme, à la discrimination nous semble
excessivement important.
Donc, j'invite le ministre, avec beaucoup
d'ouverture et de déférence, là, à reconsidérer. Je pense qu'on ne perdrait
rien à venir l'affirmer de manière explicite. Des doublons, là, avec égard, il
y en a, là, des choses qui sont citées, précitées et redites, donc je ne pense
pas qu'on ferait défaut à l'économie de la loi, mais qu'au contraire on
enverrait un message très clair en termes de fondement. Et donc je vais
véritablement vouloir entendre aussi mes collègues, mais je pense que là, on a
la chance de faire un geste positif et important pour la définition du
vivre-ensemble dans l'affirmation explicite que la lutte au racisme et à la
discrimination doit faire
partie des fondements. Puis, s'il y a un autre
libellé à faire, s'il y a une ouverture en termes de mots, là, ou de libellé,
on est tout à fait ouverts, mais je pense que l'essence de la proposition est
là. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Alors, brièvement, en tout cas, pour moi, c'est deux choses, que de
référer à la Charte des droits et libertés de la personne, qui énonce des
droits, et donc, si jamais une personne sent que ces droits-là ne sont pas
respectés, donc, de pouvoir les invoquer et s'adresser à la commission, aux
tribunaux. Ça c'est une chose. C'est là. C'est bien. Mais, ce que le collègue
propose ici, dans le cadre des fondements, à l'article... à l'article cinq, du
modèle d'intégration, c'est... c'est une obligation qui fait en sorte qu'on
doit lutter contre la discrimination, donc ça impose une responsabilité. Et,
ça, il y a plusieurs groupes qui sont venus nous le souligner.
Si M.... Alors, donc, moi, je vois... je
vois deux choses. C'est... C'est... C'est deux choses qui sont différentes
entre ce qu'on a à 5.3 et la proposition du collègue de
Saint-Henri-Sainte-Anne. Je vous dirai que j'ai aussi un amendement, qui n'est
pas celui-là, mais qui est de la même mouture, et qu'on pourra également éventuellement
débattre, mais c'est dans la même ligne de pensée. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Roberge : Est-ce que je
peux dire...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
M. le ministre. Allez-y.
M. Roberge : Oui. Vous nous
l'avez partagé, je pense, mais pouvez vous nous lire votre amendement? Juste
pour voir puis juste savoir, admettons, est-ce que, d'après vous, votre
amendement est concurrent? Vous voudriez avoir celui du collègue et le vôtre?
Ou, si on avançait avec le collègue, vous ne nous déposeriez pas le vôtre? On
peut-tu juste avoir votre argumentaire puis votre libellé sans qu'il soit
déposé pour comprendre de quoi on parle?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. On ne dépose pas. On veut juste l'essence.
M. Roberge : Juste
l'entendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, M. le député.
M. Morin : Oui. Le libellé
que je propose, c'est : «La lutte contre la discrimination est une
responsabilité collective.» Et ça fait référence à ce que plusieurs groupes
sont venus nous dire, qu'il manquait, dans le projet de loi, ce volet de lutte
contre la discrimination. Puis c'est pour ça que moi, je veux mettre l'accent
là-dessus.
Et, dans votre... dans votre modèle, je
veux aussi accentuer le fait que c'est une responsabilité collective. Donc, il
y a... il y a... il y a une obligation pour le gouvernement, mais il y a aussi
une obligation pour tout le monde qui va contribuer à votre modèle de
vivre-ensemble. Donc, c'est... c'est pour ça que l'amendement que je
proposerais, le libellé est... est un peu différent, mais ça tient compte des
préoccupations de plus de plusieurs... de plusieurs groupes. Et j'y ai déjà
référé mais j'y réfère à nouveau, dans la politique qui avait été déposée par
le gouvernement de M. Couillard, on faisait état spécifiquement de
l'importance...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Morin : ...politique du...
qui avait été déposée par le gouvernement de M. Couillard. On faisait état
spécifiquement de l'importance de la lutte, justement, contre la
discrimination. Alors, voilà, c'est ce que je souhaitais vous partager, Mme la
Présidente. Maintenant, je peux le déposer formellement aussi, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On n'est pas encore sur le dépôt. Je vous rappelle qu'on a
déjà un amendement qui est sur la table.
M. Morin : Oui. Tout à fait.
M. Roberge : Bien, merci, ça
nous aide à voir vos arguments puis vos libellés, mieux comprendre. Je ne sais
pas si la collègue veut ajouter quelque chose?
Mme Gentilcore : Je suis en
faveur du principe, là. Je pense que peut-être que le libellé de M. Morin est
un petit peu plus clair, mais pour l'idée, j'appuie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le député d'Acadie.
Mme Gentilcore : Ah! le
député de l'Acadie, je suis désolée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il n'y a pas de problème. Allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mais est-ce
qu'on peut suspendre une minute juste pour analyser puis regarder ça?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 06)
(Reprise à 12 h 12)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît? La commission on reprend ses
travaux. Donc, nous étions sur l'amendement du député de Saint-Henri-Sainte-Anne,
qui recommandait l'ajout d'un
article sept... pas «d'un
article 7», mais
d'un point numéro sept. Et, M. le ministre, vous aviez la parole.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Alors, c'est une proposition qui mérite d'être analysée puis
creusée plus avant avec mes collègues et les équipes. Donc, je propose - et
c'est à vous à voir si on a un consentement - que l'amendement soit suspendu
pour qu'on puisse avancer dans l'étude de l'article pour revenir ensuite à
l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, vous recommandez la suspension. Est-ce que c'est...
voyons, c'est quoi le terme, pas... Est-ce que vous donnez votre consentement?
Votre consentement? Merci. Donc, l'amendement à l'article cinq ajoutant un
point 7 est suspendu. M. le député d'Acadie, vous avez un autre
amendement.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Compte tenu des discussions que nous avons eues sur le sujet, il y
a également un amendement que j'aimerais déposer, celui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Celui dont vous nous parliez, maintenant, est déposé. Je
vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Morin : Voilà. Tout à
fait. Donc, la...
Une voix : ...
M. Morin : Oui. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va juste s'assurer qu'on a le bon. Celui qui parle du...
M. Morin : Ce n'est pas le
bon qu'il y a sur l'écran.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Après «la discrimination». Allez-y.
M. Morin : Là c'est le bon.
Parfait! Alors, l'article cinq du projet de loi est modifié par l'ajout, à la
fin de l'article, du paragraphe suivant :
«7° la lutte contre la discrimination est
une responsabilité collective.»
L'article modifié se lirait comme
suit :
Article cinq, bon, sept, «la lutte contre la discrimination est une
responsabilité collective.» Donc, c'est... c'est un amendement que je propose
qui est dans la même lignée mais qui est un peu différent. Je le propose parce que
plusieurs groupes sont venus nous parler de cet élément-là important. On est à
l'article cinq sur le modèle d'intégration. Plusieurs groupes et experts nous
ont dit que ça devait faire
partie du modèle. Et, dans le passé, c'est ce que
je disais, et je réfère notamment à la politique du gouvernement Couillard sur
l'intégration et la participation et l'inclusion, on parlait spécifiquement de
la lutte contre la discrimination.
Alors, je comprends de nos discussions,
Mme la Présidente, que M. le ministre va avoir du travail, consultation, alors
je voulais qu'il puisse évidemment regarder tous ces éléments...
M. Morin : ...je comprends de
nos discussions, Mme la Présidente, que M. le ministre va avoir du travail,
consultation, alors, je voulais qu'il puisse évidemment regarder tous ces
éléments-là pour que nous puissions avoir une réponse globale aux amendements
qui sont proposés. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Suite aux discussions hors micro, est-ce que je comprends
que vous allez en demander la suspension également pour poursuivre les
discussions ou vous voulez d'ores et déjà entamer quelques discussions avant de
suspendre cet amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien,
merci, Mme la Présidente. Évidemment, je vais donner mon consentement à ce que
ces discussions-là puissent continuer. Puis je pense que ça s'inscrit dans une
veine similaire, donc on pourra voir les propositions et les positions du
ministre lors de la prochaine séance.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait.
M. Morin : Et je ferai de
même. Donc, quand M. le ministre reviendra, on pourra en discuter plus
amplement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a une demande de suspension? Ça me
prend quelqu'un qui le demande.
M. Morin : ...suspendre ces
deux amendements, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, je... Le premier était déjà suspendu, je vais
suspendre...
M. Morin : Alors, le
deuxième.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais demander... pas l'autorisation, mais le
consentement pour la suspension de cet...
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, nous allons donc poursuivre avec
l'article 5, tel qu'amendé. M. le député.
M. Morin : ...j'aurais un
autre amendement à présenter à l'article 5. Il a été envoyé sur le
Greffier. Et je vais en faire la lecture.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...je vais proposer... bien, je vais vous proposer, je vais
vous demander d'en faire la lecture. Allez-y, M. le député.
M. Morin : Merci. Non, ce
n'est pas le banc, mais je peux le lire à partir du texte que j'ai... Ah,
voilà, il est rendu. Merci beaucoup. Donc, Amendement au projet de loi n° 84,
Loi sur l'intégration nationale,
article 5 :
L'article 5 du
projet de loi est modifié par l'insertion, à la fin de l'article du paragraphe
suivant : 7° sur l'accès équitable au marché du travail.
Donc, l'article le modifié se lirait comme
suit : 5. La reconnaissance de la primauté des lois sur les diverses
cultures, tant minoritaires que majoritaires puisque ces lois sont élaborées
par les institutions démocratiques qui gouvernent la nation québécoise; 7° sur
l'accès équitable au marché du travail
Et je dépose cet amendement, Mme la
Présidente, parce que, lors des consultations particulières, il y a un très
grand nombre de groupes qui sont venus nous dire que, pour réussir une
intégration, il faut bien sûr être capable de partager, partager la culture,
être à l'écoute compte tenu des principes mêmes du projet de loi, permettre aux
gens d'apprendre le français, mais on nous a tous dit, puis je me souviens d'avoir
posé différentes questions à plusieurs groupes là-dessus, puis je disais :
Oui, mais quand quelqu'un arrive ici, bon, là, il s'installe, il veut bien sûr
apprendre le français, c'est notre langue commune, mais l'étape d'après, c'est
qu'il veut aller travailler. Et donc le modèle d'intégration, parce que c'est
de ça dont on parle à l'article 5, donc modèle d'intégration nationale et
qui repose sur des fondements. Et là on a une énumération, et je pense que
dans... même je l'affirme, dans cette énumération-là, il faudrait rajouter un
volet que je qualifierais de socioéconomique, c'est comme ça que je le
décrivais pendant les consultations particulières. Alors, ça m'apparaît
essentiel, parce que sans ça, ça devient, effectivement, très difficile pour les
gens de pouvoir, évidemment, s'intégrer. Et donc notre modèle, qui sera
évidemment adopté à un moment donné, je pense qu'il devra tenir compte de ça.
Et quand je vous dis ça, je m'appuie entre autres, sur différentes
interventions qui ont été faites par différents experts, mais je réfère encore
une fois la politique québécoise qui avait été faite en matière d'immigration,
de participation et d'inclusion, et c'était un élément qui était très
important. Donc, ce n'est pas comme si on était en train d'inventer quelque
chose pour l'opposition officielle, pour mon parti, le Parti libéral du Québec,
c'est quelque chose qui s'insère dans une continuité. Et donc c'est important
pour les gens qui vont arriver ici de leur donner une véritable opportunité,
une égalité...
M. Morin : ...et donc c'est
important pour les gens qui vont arriver ici de leur donner une véritable
opportunité, une égalité réelle pour qu'ils puissent éventuellement participer
activement à la vie économique du Québec. Comprenez-moi bien l'amendement ne
dit pas : Il faut absolument leur trouver un emploi, ce n'est pas ça que
je dis, mais ce que je dis, c'est qu'il faut enlever les barrières qui
pourraient exister pour qu'ils aient accès d'une façon équitable au marché...
au marché du travail.
• (12 h 20) •
Et, si vous vous rappelez, Mme la
Présidente, il y a même des groupes qui sont venus nous dire qu'il y avait du
travail à faire au niveau, par exemple, des ordres professionnels. Je comprends
que M. le ministre, ce n'est pas sa responsabilité comme telle, les ordres
professionnels. Puis je suis très conscient que les ordres professionnels sont
là pour assurer la protection du public. C'est leur mandat, sauf qu'il y a
moyen de faire une analyse globale pour s'assurer qu'il n'y aura pas des
éléments qui vont empêcher ou défavoriser certains nouveaux arrivants à pouvoir
éventuellement accéder à une profession, s'ils en ont une, puis faire
reconnaître leurs compétences.
Donc, c'est pour ça qu'au fond
l'amendement est rédigé d'une façon qui est large, parce que, oui, il y a la
question de l'accès au travail, mais il y a la reconnaissance des compétences,
le fait de le faire rapidement et d'être capable d'éliminer, finalement... et
c'est pour ça que c'est en lien avec l'amendement précédent, faire en sorte
qu'on va éliminer des barrières qui pourraient créer des empêchements ou des
difficultés accrues, pour certaines personnes ou certains groupes, pour avoir
accès au marché... au marché du travail.
Dans la politique du gouvernement du
Québec, qui remonte à il y a quelques années, on soulignait, et je cite...
c'était dans les enjeux, et on l'appelait Une société inclusive et engagée à
favoriser la pleine participation, puis on disait : «Le marché du travail
demeure, et je cite, l'un des aspects les plus apparents et documentés d'une
participation inégale, notamment pour les femmes immigrantes et racisées. En
effet, leur taux de chômage est supérieur à celui de l'ensemble de la
population et leur taux d'emploi est inférieur, et ce, même à scolarité égale.»
Et on dit : «Qu'elles soient immigrantes ou non, la situation des femmes
immigrantes soulève des inquiétudes importantes dans la mesure où elles peuvent
faire face à l'interaction de différents facteurs de discrimination.».
Alors, vous voyez, il y a un lien, il y a
une suite logique entre ce que j'ai proposé avec l'amendement précédent et
celui-ci, parce que, personnellement, je demeure convaincu que, si les gens ont
une chance ou un accès équitable à l'emploi, au marché du travail, une fois rendues
dans le marché du travail, elles vont pouvoir être à même de mieux s'intégrer.
Et, sur le terrain. Mme la Présidente, on
a des exemples d'entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers, des
travailleurs temporaires étrangers, mais qui ont aussi une série... une série
d'activités qui permet leur intégration à la société québécoise. Bien sûr, ça
existe, ça arrive parce qu'ils sont dans le domaine de l'emploi, ils sont sur
le marché du travail. Et je pense que c'est un élément d'intégration qui est
important et qui mérite d'être... d'être soulevé et d'être pris en
considération, particulièrement cet
article du projet de loi. Alors, je vous
remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député. Je vais prendre le député de
Sainte-Henri-Sainte-Anne pour qu'on puisse se faire une tête, M. le ministre,
vous aurez la parole après. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'appuie la proposition de mon collègue. On était
un petit peu, lui et moi, avec l'autre amendement, aux courses aux amendements.
J'ai effectivement déposé un amendement similaire. Donc, c'est intéressant. On
va jouer potentiellement à ce jeu-là dans les prochains articles, je ne sais
trop, on verra. Nous, on l'avait écrit comme suit, et je le soumets au ministre
pour réflexion, mais j'appuie...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est un amendement qui n'est pas déposé, mais vous...
M. Cliche-Rivard : Je vais le
lire tout simplement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous allez le lire. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : ...comme
on a procédé tout à l'heure. Merci. Il n'est effectivement pas déposé, je le
déposerai par la suite, le cas échéant : «La reconnaissance - ce serait
un septième point comme le collègue de l'Acadie - la reconnaissance de
l'importance de l'intégration économique des personnes immigrantes dans la
société québécoise et la mise en place de mesures...
M. Cliche-Rivard : ...à un
septième point, comme... comme le collègue de l'Acadie, «la reconnaissance de
l'importance de l'intégration économique des personnes immigrantes dans la
société québécoise et la mise en place de mesures favorisant celle-ci» donc,
évidemment, les mêmes objectifs. Je citais directement «socioéconomique». Le
collègue en a parlé dans ses interventions. Donc, je veux dire, moi, ce qui est
important pour moi, c'est l'énoncé de principe davantage que les mots. Mais il
est bien évident qu'on appuie les propositions, les mémoires qui sont venus de
tous les horizons, hein? J'avais... On relisait, là, le mémoire de la ville de
Québec, même, qui en parle de manière extensive, là, de l'importance de prévoir
des éléments de reconnaissance, de l'importance de l'intégration
socioéconomique. Souvent, ce que les gens sur le terrain nous disent, c'est
qu'un des facteurs malheureux de repli ou de frustration suite à l'arrivée de
nouveaux arrivants, c'est la non-reconnaissance de leurs acquis, de leurs
diplômes. Ce pour quoi... puis le ministre de la Langue française est également
ministre de l'Immigration, donc il le sait, on sélectionne souvent des gens sur
la base de compétences. Et ce n'est pas toujours évident, une fois arrivés,
qu'on... qu'ils sont capables de matérialiser puis d'exercer leur plein
potentiel dans ces compétences-là. Évidemment, il y a des efforts qui sont
faits, là. Je ne suis pas en train de dire qu'il n'y a rien qui est fait en ce
sens-là. Mais je pense que d'inscrire dans nos fondements puis dans notre
politique nationale une obligation positive de veiller à l'intégration
socioéconomique des nouveaux arrivants me semble un élément phare.
Beaucoup de gens disent, dans
l'intégration puis dans l'inclusion, que l'intégration puis le français, beaucoup
de fois, ça s'apprend au travail. Et le facteur positif du travail dans
l'intégration, dans le cercle social, dans les fêtes, dans les cultures, dans
le vivre-ensemble, le travail est une part fondamentale qui donne des résultats
très, très positifs et très probants. Et là, ce qui arrive, c'est qu'il y a des
gens qui malheureusement, bien, se voient souvent incapables d'exercer le
travail qu'ils voudraient faire ou pour lequel ils ont été sélectionnés en
amont. Puis là, je redis qu'il y a certains ordres et certains champs de
pratique qui, disons, se développent davantage que d'autres, là. Il reste qu'on
va certainement admettre qu'il y a du boulot à faire sur la reconnaissance des
acquis puis des diplômes. Mais il y a certainement un élément positif, là,
qu'on doit établir dans notre intégration nationale. On sélectionne des gens
sur la base de compétences, souvent, sur la base de besoins aussi... en fait,
beaucoup sur la base de besoins pour la société québécoise, pour nos services
publics, mais après, il est plus difficile pour eux de l'intégrer puis
d'intégrer ces emplois-là à leur pleine capacité puis à la mesure de leurs
capacités. Et, pour moi, il y a donc deux volets là, là. Le travail est source
d'intégration. Je pense que c'est évident. On parle beaucoup de francisation en
entreprise ,notamment, mais aussi de tout l'impact positif au-delà de la
francisation qu'est la participation socioéconomique. Et je pense que ça
permettrait aussi un meilleur vivre-ensemble pour que des gens puissent obtenir
un travail à la pleine mesure de leurs capacités puis ce pour quoi on les a
sélectionnés. Alors, ce que le collège dit, là, «l'accès équitable au marché du
travail», je trouve ça intéressant.
Nous, on avait «la reconnaissance de
l'importance de l'intégration socioéconomique des personnes immigrantes dans la
société», et j'allais un peu plus loin, «et la mise en place de mesures
favorisant celle-ci.»
Alors, il est évident que, pour moi, il
doit y avoir des gestes positifs continus. Je pense que le gouvernement le
reconnaît, on l'entend... On l'a entendu à quelques reprises sur ce volet-là.
Mais de l'intégrer dans les fondements de notre politique d'intégration
nationale pour que les nouveaux arrivants sachent aussi qu'il y a un... il y a
un engagement puis une promesse de l'État envers ceux-ci pour prévoir des
chemins égaux, égalitaires, équitables vers une intégration professionnelle,
économique me semble tout à fait justifié et probant. Alors, j'invite le
ministre à le considérer et à parler à ses collègues dans la pause pour qu'on
puisse peut-être avoir quelque chose qui touche ces deux volets là qui me
semblent clés. Évidemment, il y en a d'autres, là, mais ces deux volets là me
semblent quand même le socle de ce qui nous a été demandé et ce qui répondrait
également, notamment, mais pas que, à certaines indications et demandes de la
part de groupes, là, les centaines de signataires de la lettre ouverte
d'aujourd'hui. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
Écoutez, compte tenu de l'heure qui
s'écoule, des secondes qui s'écoulent, je vais suspendre les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 29)
Haut de la page
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 44)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Je vous rappelle que nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 84,
Loi sur l'intégration nationale.
Et, au moment de suspendre, nous en étions
à un amendement qui a été proposé par le député de l'Acadie à l'article 5 du
projet de loi. Le député de Saint-Henri-Sainte-Anne avait fait quelques
commentaires sur un éventuel, peut-être...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...qui serait déposé, et, M. le ministre, la parole était
rendue à vous avant que nous ajournions... pas que nous ajournions, que nous
suspendions - j'aimerais bien ça ajourner, mais ça ne sera pas de suite. Alors,
la parole est à vous.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Donc, on revient après le dîner, la période de questions, et on
reprend les travaux. Les collègues ont déposé des amendements sur la question
de la lutte au racisme et à la discrimination, des amendements sur le même
thème qui ont été suspendus...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Qui ont été suspendus.
M. Roberge : ...oui, c'est
ça. Et là on est davantage sur la question de l'accès au marché du travail.
Certains participants, en consultation, ont mentionné ça de plein de manières.
Certains parlaient de participation économique, d'autres parlaient de
participation au marché du travail. On aura peut-être quelque chose en ce
sens-là, un endroit où on pourrait l'insérer de manière un petit peu plus
précise, peut-être, quand on parle de la politique. Enfin, moi j'ai une option,
là, de le placer à cet endroit-là. Maintenant, ici comme fondement, je considérais
qu'on était davantage dans es grands thèmes plutôt que dans la précision. Et je
je pense que d'avoir, à l'alinéa 5°, «la possibilité offerte à tous de
participer pleinement à la société québécoise», mais ça inclut ces
dimensions-là. La participation pleine et entière, ça pourrait être à la vie
communautaire, ça peut être à la vie sociale, ça peut être à la vie économique.
Et je pense qu'ici je le laisserais de
cette manière-là, de manière plus générale, puis, plus loin, je serais ouvert à
l'écrire de manière un peu plus précise quand on parle davantage de ce qui
pourrait être un sujet de la politique.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des commentaires? M. le
député d'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Alors... Bien, écoutez, j'ai écouté attentivement votre réponse, M.
le ministre, mais permettez-moi d'être en désaccord avec votre position. Moi,
je pense qu'on a une opportunité ici de parler justement des fondements. Puis il
y a plusieurs groupes qui sont venus dire que le projet de loi était basé... ou
faisait beaucoup, beaucoup référence à tout le volet, et je ne dis pas que ce
n'est pas important, au contraire, là, mais le volet de la langue, de la
laïcité, de la culture, c'est superimportant, l'égalité entre les femmes et les
hommes, mais que pour qu'une intégration soit réussie, il faut aussi qu'il y
ait de la lutte contre la discrimination - cet article-là est suspendu - mais
qu'il y ait aussi un volet économique. Et, pour un grand nombre de groupes, ça
fait
partie des fondements. Puis c'est pour ça que, permettez-moi, Mme la
Présidente, d'insister, je pense que c'est là que ça va, parce que, de toute
façon, après, bien sûr, on va parler de la politique, mais, normalement, M. le
ministre, la politique va être une élaboration, un aspect concret des
fondements que vous allez avoir établis dans la loi.
Et permettez-moi de vous citer le mémoire
de la Ligue des droits et libertés qui nous a été présenté à la commission, et
je cite, on nous dit, à la page 13 : «La mise en œuvre des droits
économiques, sociaux et culturels...» Donc, dans votre projet de loi, on les a,
on a un élément social, on a un élément culturel, mais on nous dit : «La
mise en œuvre des droits économiques, sociaux et culturels constitue également
une clé à l'intégration que la Ligue des droits et libertés, particulièrement
pour les droits économiques, constate absente du pl 84.» On rajoute : «Le
Québec s'est engagé à respecter, protéger et mettre en œuvre ces droits,
notamment en adhérant au Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels, ce que l'on observe au Québec actuellement, bien que ce
ne soit pas la première occurrence, relève plutôt de reculs importants dans
l'accessibilité aux services publics, donc, en matière de droits à la santé, à
l'éducation, au niveau de vie, au logement et...
M. Morin : ...on nous
dit : «Des compressions budgétaires mènent à une régression généralisée
dans l'exercice de ces droits et à l'exacerbation d'inégalités sociales». C'est
le point de vue de la Ligue des droits et libertés.
• (15 h 50) •
Donc, si on veut véritablement accueillir
des gens puis leur proposer un modèle de vivre-ensemble, pour moi, dans les
fondements mêmes, quand... quand... quand le Québec va vouloir accueillir des
gens de l'étranger, bien, les gens de l'étranger ou même des gens qui sont déjà
ici, ils vont être capables de dire : Écoutez, on veut vraiment de nous
parce que, oui, il y a le français qui est la langue officielle et commune du
Québec, oui, il y a le principe de laïcité, oui, il y a le principe de
l'égalité entre les femmes et les hommes, mais il y a aussi, dans les
fondements, la possibilité d'avoir un accès équitable au marché du travail, et
ça, je pense que ça lance un message qui est très positif.
Et si je vous suis bien, M. le ministre,
avec votre projet de loi, vous voulez lancer un message positif à la population
et donc, dans tous les documents, puis même dans les politiques qui ont précédé
le projet de loi, on a toujours fait reposer ces éléments-là sur, bien sûr, un
élément de la culture québécoise, ça, vous l'avez, du français, mais il y a
toujours eu le volet lutte contre la discrimination, puis évidemment l'accès et
le respect des droits socioéconomiques. C'est essentiel. Et je vous ai lu un
extrait du mémoire de la Ligue des droits et libertés, mais ce ne sont pas les
seuls qui l'ont mentionné, il y a plein d'autres personnes qui en ont parlé et
qui nous ont dit que c'était... c'était vraiment, vraiment important.
Donc moi, si je vous tends... Je vous
tends la main. Je me dis : Là, c'est un élément important du projet de
loi. Donc, pourquoi on ne le met pas directement dans les fondements? Ça ferait
en sorte que ça le placerait sur un point d'égalité avec d'autres éléments qui
sont... qui sont importants, et ça permettrait aussi, éventuellement de
favoriser cette intégration-là, et ça, je pense que c'est très... c'est très
important, plus que dans... plus que dans la politique, à mon... à mon avis.
Donc, moi, c'est ce que je vous soumets, on a une opportunité et je vous invite
à la prendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Je comprends les
interventions du collègue. Je pense qu'il y a plusieurs manières de faire écho
aux personnes qui sont venues en consultation. Des fois, on est vraiment en
désaccord. Ici, ce n'est pas un moment de désaccord, je ne m'oppose pas au
concept. C'est juste que, là, on a comme six fondements la culture, le français
et les valeurs d'égalité, la laïcité, la pleine participation à la société,
puis la primauté des lois. Pour moi, dans la pleine participation à la société,
on aurait ajouté pleinement, pour être sûr d'être plus global, c'est implicite,
c'est là. Je ne suis pas fermé à le mettre de manière explicite ailleurs, mais
je ne le mettrais pas ici de manière explicite. Je pense qu'on a six
fondements, puis chacun est décrit de manière assez large. Je le garderais tel
quel et je pense que ça peut faire écho, surtout à la lumière des débats, de la
préoccupation des gens.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le député.
M. Morin : Et si vous me
permettez, M. le ministre, vous le voyez où, ailleurs, ce volet des droits
socioéconomiques de l'inclusion dans le marché du travail et d'un accès
équitable au marché du travail?
M. Roberge : Ouais, je pense
que ça pourrait être à 9 qu'on pourrait l'indiquer, à l'article 9.
M. Morin : Oui.
M. Roberge : À 9, ce n'est
pas clair, là.
M. Morin : Non, non, mais...
M. Roberge : Pas neuf comme
dans pas vieux, mais 9 comme dans le chiffre 9.
M. Morin : Non, bien sûr,
bien sûr. Oui, mais... oui, c'est ça, mais c'était mon point, M. le ministre, parce
que l'article9, c'est la politique. Comprenez-vous? Alors, c'est sûr que, dans
la politique, vous allez pouvoir ajouter une foule de sujets. En fait, la façon
dont l'article 9 du projet de loi est même rédigé présentement, ça
dit : «La politique peut notamment traiter». Alors, il y a plein de trucs
que vous pouvez mettre là-dedans, mais ça ne sera pas un fondement, et il est
là, mon point. Tu sais, quand vous parlez... puis je vous comprends, j'ai
écouté ce que vous avez dit, bon, pour...
M. Morin : ...il faut que
ça soit le socle. Bon d'accord, parfait. Mais justement, la vie économique, le
marché du travail, le marché de l'emploi, le fait d'avoir un accès équitable au
travail, plusieurs groupes nous ont dit que c'est un élément fondamental,
charnière. Alors, ce n'est pas juste un... Je vous soumets, ce n'est pas juste
un élément de politique, c'est quelque chose sur lequel on réussit ou pas une
intégration. Et évidemment, si vous le mettez dans les fondements, bien moi, je
me dis, pour une intégration réussie, ça va vous permettre bien sûr d'avoir des
éléments que vous allez pouvoir évaluer. Ça va vous permettre aussi,
éventuellement, de mettre en place certains objectifs qui vont tenir compte de
ça dans la politique. C'est quelque chose qui, pour moi, est beaucoup moins
précis, d'ailleurs, de la façon dont l'article 9 est rédigé, là. Et c'est
beaucoup moins contraignant que si vous le mettez comme un fondement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je
comprends mon collègue, mais je continue de croire que lorsqu'on parle au point
5° de la possibilité offerte à tous de participer pleinement à la société
québécoise, on inclut ici la participation économique ou au marché du travail,
on pourrait dire communautaire, et il y aurait plein d'autres volets, et je
pense que c'est suffisamment précis pour cette section-là sur les fondements.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais laisser le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne poser
sa question. Oui.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Bien, le ministre, indirectement, soulève une voie de
passage qui pourrait être intéressante, là. Il réfère lui-même beaucoup à
l'article 5. Il veut... Il nous a parlé de six fondements. J'en suis. Bon,
peut-être un septième, là. On va l'entendre sur discrimination et lutte au
racisme un petit peu plus tard, mais on pourrait expliciter, là, au cinquième
point, notamment de manière socioéconomique comme il le soulève ou comme il le fournit
en contre-argument ou contre-réponse, là, dans les deux dernières interventions
de sa part, là. On pourrait voir la possibilité offerte à tous de participer à
la société québécoise. Là, c'est pleinement, là, on l'a amendé, mais notamment
suivant une intégration économique, socioéconomique, peu importe, inclusion au
marché du travail. Je le dis parce que, pour des groupes et pour plusieurs
personnes, «implicite», ce n'était pas suffisant et ce n'était pas suffisant à
cause de la grandeur de la tâche qui nous attend, Mme la Présidente, si on veut
bien réussir notre modèle d'intégration. Et je cite notamment, puis j'ai trouvé
très intéressant le mémoire de la ville de Québec. «Toutefois, une majorité des
nouveaux arrivants, y compris les mieux outillés pour réussir leur intégration,
sont souvent confrontés à des barrières entravant leur intégration
socioéconomique.
Malgré des avancées notables, les diplômes, les acquis et les
expériences des nouveaux arrivants ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur,
entravant et ralentissant leur insertion professionnelle.
Malgré leurs
qualifications, certains immigrants permanents, voire certains nouveaux
citoyens issus de l'immigration, font face à des défis d'employabilité au
Québec, entre autres liés à la complexité d'accès à certains métiers
réglementés, à la difficulté à naviguer le marché de l'emploi, la culture du
travail, les défis entourant la création d'un réseau socioprofessionnel». Et ça
continue comme ça pour nous dire qu'au final, si on ne réussit pas
l'intégration socioprofessionnelle, socioéconomique des nouveaux arrivants, on
ne réussira pas notre modèle d'intégration nationale. Ça doit en faire une
partie. Pour moi, elle est fondamentale.
Donc, je comprends, M. le ministre, si
vous ne voulez pas ajouter un septième ou un huitième point, mais si on pouvait
explicitement, là, le nommer avec un notamment, ce qu'on fait souvent, ce qui
n'exclut pas les autres facteurs, mais si on pouvait directement le nommer dans
la pleine participation, notamment l'intégration socioéconomique, par exemple,
peut-être que, là, on pourrait commencer à avoir un parcours ou un, disons, un
chemin plus consensuel. On le mettrait aussi à 9. Je comprends, le ministre ne
veut pas alourdir les fondements, créer un septième, un huitième et un neuvième
fondement. Et là, si on venait tout simplement l'intégrer, là, c'est l'ajout de
quatre, cinq mots, là, je ne pense pas que ce soit la fin... la fin des
haricots, comme dit mon collègue de Rosemont. Je pense qu'on pourrait avoir quelque
chose peut-être, là, qui permettrait peut-être, là, je ne veux pas parler pour
le collègue de l'Acadie, mais si, au moins, on pouvait l'avoir explicité dans
les fondements, je pense que ça enverrait un message fort central dans ce
qu'on... ce que le ministre s'apprête à construire, ou en tout cas ce que ce
que le projet de loi s'apprête à construire. C'est une proposition de votre
passage.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Bien,
j'entends la proposition constructive de mon collègue. Là, on est... on est
dans...
M. Roberge : ...dans les
propositions constructives dans les compréhensions, dans ce cas-ci, je
n'accueille pas cette proposition-là favorablement. On a rajouté «pleinement»,
on disait «participer à la société québécoise», on a rajouté ça pour dire,
justement, soyons large, ouvrons les différents volets de la participation
citoyenne, et on a choisi de l'indiquer comme ça après les consultations, pas
avant. Mais après, en tenant compte de ça, c'est... on n'a pas eu la même
manière de répondre aux préoccupations des gens. Mais, reste que ceci arrive
après la consultation, en écho aux préoccupations des groupes, des experts ici
et ailleurs. Cen n'est pas tous les éléments qui se retrouvent dans tous les
articles. Des fois il y a des choses qu'on met dans un article, d'autres qu'on
met dans l'autre de manière plus précise. Je vous dirais que c'est l'arbitrage
qu'on... qu'on privilégie ici.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. S'il y a d'autres interventions sur l'amendement. M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Bien, écoutez,
c'est... on peut continuer d'en parler, là, mais je sens que, du côté du
ministre, c'est plus... comment dirais-je, il y a moins de réceptivité,
disons-le comme ça. J'ai écoutais la... j'écoutais la proposition de mon
collègue, le député de 3shsa, personnellement, moi, moi, ça m'irait, là, ce
qui... ce qu'il propose. L'essentiel, c'est qu'on ait un message à l'effet que
pour nous, au Québec, accès au travail, l'accès équitable au marché du travail,
la lutte contre la discrimination, ça fait pa