Health and Social Services — 26 August 2011 (39th Legislature, 2nd Session)
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39 e législature, 2 e session
(23 février 2011 au 1 août 2012)
Le vendredi 26 août 2011 - Vol. 42 N° 22
Mandat conféré par une loi - Étude des rapports annuels de gestion de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie pour les années 2006-2007 à 2009-2010
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Table des matières
Auditions (suite)
Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie (ASSS-Montérégie)
Document déposé
Intervenants
M. Gerry Sklavounos, président
M. Germain Chevarie
Mme Agnès Maltais
M. Émilien Pelletier
M. Dave Turcotte
Mme Danielle Doyer
* M. Yvan Gendron, ASSS-Montérégie
* M. Richard Deschamps, idem
* Mme Christine Daniel, idem
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Neuf heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Sklavounos): Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir prendre un moment afin d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires. Je vérifie le mien à chaque fois que je le dis aux autres.
La commission est réunie afin d'entendre l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie dans le cadre de l'étude de ses rapports annuels de gestion 2005-2006 à 2009-2010 en application de l'article 392 de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux.
C'est l'Assemblée nationale qui défère pour étude à la commission chaque rapport annuel des agences, et la commission doit entendre celles-ci à tous les trois ans. L'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie a été entendue par la commission la dernière fois le 22 novembre 2006.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
** (9 h 40) **
La Secrétaire: Oui, M. le Président. Mme Maltais (Taschereau) remplace M. Kotto (Bourget) et Mme Doyer (Matapédia) remplace M. Traversy (Terrebonne).
Le Président (M. Sklavounos): Alors, je vous rappelle que la commission et le comité directeur ont convenu que la durée de cette audition serait de trois heures, comprenant une présentation de l'agence de 30 minutes, ce qui nous laisse une période d'échange de 2 h 30 min séparée également entre le groupe formant le gouvernement -- représenté uniquement par le député des Îles aujourd'hui, présent -- et l'opposition, soit 1 h 15 min chacun.
Une voix: On a-tu un vote à faire?
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président (M. Sklavounos): Sans plus tarder, j'aimerais souhaiter la bienvenue aux représentants de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, M. Yvan Gendron, président-directeur général, bienvenue; M. Richard Deschamps, directeur général associé, bienvenue; et Mme Christine Daniel, adjointe au Secrétariat général et aux communications, bienvenue.
Alors, sans plus tarder, M. Gendron, vous aurez le temps nécessaire pour commencer la présentation.
Auditions (suite)
Agence de la santé et des services sociaux
de la Montérégie (ASSS-Montérégie)
M. Gendron (Yvan): Parfait. Bien, merci. Bonjour, M. le Président, merci de nous accueillir. Mmes les députées, M. le député.
Donc, comme on mentionnait, je suis accompagné de deux collègues, deux charmants collègues qui m'accompagnent, entre autres, depuis mon arrivée comme P.D.G., depuis la fin janvier, à la Montérégie. Mais je connais bien la Montérégie parce que j'y travaille depuis 23 ans, donc j'aurai sûrement, des fois, des réponses qui touchent comme ex-directeur général d'établissement ou comme P.D.G., mais j'essaie de jouer mon rôle en fonction de vous donner toutes les informations, là, qui vous sont nécessaires. Et, s'il y a lieu et s'il manque d'autres informations, ne vous gênez pas, ça va nous faire plaisir de vous, dans le fond, les apporter dans les plus brefs délais.
Donc, ma présentation va être divisée en trois parties, finalement: bien sûr, la présentation de la Montérégie, sa population, l'agence et son réseau, pour bien, là, placer, dans le fond, l'enjeu de toute cette population-là avec l'ensemble de ses besoins; la performance du réseau, bien sûr; ainsi que les enjeux de la Montérégie. La majorité des données, vous les avez bien eues -- je vais vous les présenter sous forme quand même assez succincte -- qui ont été reprises à partir du document synthèse que vous avez et, dans certains cas, où il y a eu des demandes, aussi, supplémentaires.
Donc, la région de la Montérégie, c'est un territoire qui est très grand, plus de 10 000 kilomètres carrés, qui est caractérisé par le côtoiement de zones urbaines, semi-rurales et rurales -- c'est ce qui fait notre particularité vraiment au niveau de la Montérégie -- 167 municipalités -- tout un défi -- 14 municipalités régionales de comté, deux réserves autochtones: Akwesasne et Kahnawake.
Pour ce qui est de la population, bien sûr, une population très importante de 1 440 000 habitants en 2010, c'est 18 % de la population québécoise. Depuis 2006-2007, la population montérégienne a augmenté tout de même de 5,3 %, ce qui constitue finalement la deuxième région sociosanitaire la plus populeuse après Montréal. Entre 2006-2008, le nombre de naissances a connu une hausse de 7,1 %. Aussi, entre 2006-2008, le nombre d'accouchements, bien sûr, a augmenté de 7,9 % -- nous avons quelques jumeaux parmi ça. Une
partie de la population montérégienne va accoucher aussi dans des centres hospitaliers extérieurs -- bien sûr, dû à la proximité, entre autres, du grand Longueuil et de d'autres établissements, dû à des habitudes de consommation -- d'une moyenne de 21,7 % pour les années 2006 à 2008.
En ce qui concerne le vieillissement de la population, qui est un enjeu très important chez nous, en 2010 la proportion des personnes âgées de 65 et plus était de 14,6 % comparativement à 15,3 % pour le Québec. Par contre, la proportion augmente de plus en plus rapidement en Montérégie, plus qu'ailleurs au Québec. On note 19,7 % d'augmentation en Montérégie entre 2006-2010, dans les cinq dernières années, comparativement à 13,7 % au Québec, d'où une particularité importante de la Montérégie.
Quand on regarde les différentes disparités économiques, bien sûr on note qu'en 2005 il y a plus de 167 000 personnes qui vivaient sous le seuil de faibles revenus: 11 % des hommes, 14 % des femmes. En 2009, on compte 52 000 adultes, soit près de 6 % de la population de 18 ans à 64 ans, qui étaient prestataires d'un des programmes d'assistance sociale.
En 2006, toujours, près de 13 % de la population de 15 ans et plus vivait seule, proportion qui grimpe à 28 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus vivant en ménage privé, qui fait aussi une particularité, qui est différente selon le territoire rural, semi-rural de la Montérégie. Donc, des différences importantes entre les différents réseaux locaux de services.
En 2006, les immigrants représentaient 7,5 % de la population, soit environ 100 000 personnes, ce qui fait que la Montérégie, après Montréal et Laval, est une région importante pour l'immigration. Pour ce qui est de la population d'expression anglaise, ça représente environ 11 % de la population de la Montérégie, principalement centrée autour des régions de Longueuil, Brossard, Cowansville, par exemple.
Pour ce qui est de la santé physique, la première cause de décès: bien sûr, les tumeurs, malheureusement, entre 2004-2007, 33 % des décès en Montérégie. Pour ce qui est des périodes de 1987 à 1991 et 2002-2006, dans lesquelles il y a eu certaines analyses, le nombre annuel de nouveaux cas de cancer est passé de 4 054 à 6 329, d'où des défis très importants. L'explication: bien sûr, l'accroissement démographique ainsi que le vieillissement de la population.
Deuxième cause de décès: les maladies de l'appareil circulatoire, ce qui n'est pas différent des autres régions. Ça représentait 28 % de la mortalité de 2004 à 2007, et qui en fait une cause qui demeure supérieure à celui du Québec.
Pour ce qui est de l'appareil respiratoire, quand on regarde les années 2006 à 2009, ces maladies-là représentaient près de 10 000 hospitalisations par année, qui comportent 10 %, finalement, des hospitalisations. De 2004 à 2007, 8 % de la mortalité, soit en moyenne 772 décès par année, était attribuable à ces maladies de l'appareil circulatoire.
Quand on pense au diabète, donc d'autres maladies chroniques, en 2006-2007, 78 000 personnes de 20 ans et plus étaient atteintes de diabète, donc 7,2 % de la population comparativement à 7,1 % pour le Québec, donc assez semblable.
Pour ce qui est des infections transmises sexuellement et par le sang, les ITSS, en 2010 les taux d'incidence de la syphilis infectieuse, de la gonorrhée et de l'infection à chlamydia trachomatis ont continué d'augmenter. C'est une grande préoccupation de la directrice de la santé publique, qui émet certaines précautions, certaines indications et recommandations dans son rapport 2010, quant à la hausse importante du nombre de types d'infections en Montérégie.
Quand on regarde de façon spécifique au niveau de la santé mentale, en 2007-2008, 3 % des Montérégiens de 12 ans et plus vivant à domicile percevaient leur état de santé mentale comme passable ou mauvais. Environ 6 % des adultes ont déclaré avoir reçu un diagnostic de troubles d'anxiété, par exemple phobie, trouble obsessionnel compulsif ou trouble de panique, et 5 %, des troubles de l'humeur: dépression, trouble bipolaire, manie ou dysthymie. 8 % des adultes ont consulté un psychologue ou un travailleur social pour un problème de santé physique, mentale ou émotionnelle au cours de l'année précédant l'enquête.
De 2006 à 2009, une moyenne de 6 129 hospitalisations avaient lieu pour des troubles mentaux en soins physiques de courte durée. De 2004 à 2007, le nombre annuel de suicides s'élevait à 191 en Montérégie.
Si on vient de façon spécifique au niveau de la présentation de l'agence, en 2010-2011 nous avions 389 équivalents temps complet, incluant, bien sûr, la santé publique -- donc, quand on compare les chiffres d'une région à l'autre, il faut bien tenir compte de cet élément-là, donc santé publique incluse -- ce qui avait eu une augmentation, de 2006 à 2010, d'une vingtaine de personnes.
Nous sommes revenus au taux, finalement, de 2006-2007, avec, bon, les différentes compressions que nous devons faire, il y a certaines décisions qui ont été prises au niveau de l'agence, tout en respectant, bien sûr, la politique et l'objectif de ne pas remplacer, finalement, tous les départs à la retraite, donc un sur deux. Nous avons obtenu nos objectifs par rapport à ça.
Le fonds d'exploitation de l'agence: 25,5 millions.
Pour ce qui est du réseau, bien sûr, c'est un grand réseau, plus de 37 établissements: 11 centres de santé et services sociaux, l'Hôpital Charles-Le Moyne étant un hôpital régional et universitaire, six centres de santé spécialisés en jeunesse et en adaptation, 10 CHSLD privés conventionnés, huit CHSLD privés non conventionnés et un CHSLD réalisé en mode PPP.
Pour ce qui est des GMF, cliniques-réseaux, on est une région importante. Nous avons actuellement, en 2010-2011, 33 GMF et nous sommes en travail actuellement pour quatre autres GMF, pour cette année, donc une augmentation importante. Pour ce qui est des cliniques-réseaux, depuis 2006 nous en avons cinq, et nous en avons une en développement dans la région de Delson.
Quand on regarde l'ensemble des effectifs du réseau maintenant, le personnel du réseau en 2010: 30 000 personnes, 31 000 près. Pour ce qui est des médecins omnipraticiens, nous en avons 1 254 en 2010-2011. Il en manque à peu près 238 équivalents temps plein pour les omnis, ce qui, quand on fait les comparaisons en Montérégie, nous ramène à un médecin, en Montérégie, omni pour 1 209 personnes comparativement au Québec où il y en a un pour 1 082 personnes. Donc, on est en manque par rapport à cet élément-là d'offre de service.
Pour ce qui est des médecins spécialistes maintenant, en 2010-2011 il y en a eu 109. Il manque 61 postes, donc 61 postes à combler au PREM, et ça nous ramène aussi en dessous, là, des normes, là, attendues en termes de moyenne.
Pour ce qui est des infirmières praticiennes spécialisées, nous en avons 11 actuellement dans ce territoire, et l'objectif en 2018, c'est d'en avoir 94.
Maintenant, les organismes communautaires -- très important, les organismes communautaires. Quand on regarde ceux qui sont financés, finalement, par le Programme de soutien aux organismes communautaires, en 2009-2010 il y en a 452, organismes communautaires, pour un total de subventions de 61,8 millions.
Quand on regarde les besoins prioritaires -- parce que c'est bien important quand on fait une reddition de comptes par rapport à ces éléments-là -- il y a 54 maisons de jeunes en Montérégie, il y a huit maisons qui sont sous le seuil de financement minimum de 60 000 $. Il y a deux maisons actuellement qui sont sans financement à la mission globale, qui sont en processus. On calcule les besoins à peu près pour 387 000 $ pour combler le financement des maisons, pour avoir un minimum et de s'assurer qu'au niveau de la mission globale ils ont suffisamment d'argent pour soutenir ce qu'on appelle le Regroupement des maisons de jeunes,
section Montérégie, dans son mandat, qu'on s'est défini, auprès des nouvelles maisons.
** (9 h 50) **
Dans le secteur de la santé publique, toujours au niveau des organismes communautaires, bien sûr la mission au niveau de la contraception, l'allaitement, périnatalité, banques alimentaires, par exemple, il y a 18 organismes sur 46 qui n'atteignent pas actuellement le seuil minimum de leur financement. Des crédits de 410 000 $ seraient nécessaires pour amener le financement de ces organismes au minimum de leur niveau.
En santé physique, la Montérégie, c'est la deuxième région avec le plus grand nombre d'organismes. Le financement moyen en mission globale des organismes est de 43 540 $ comparativement à 49 530 $ au Québec. Donc, il y a un rattrapage à faire dans ce sens-là. 25 % des organismes en santé physique sont sous le seuil du financement du programme de soutien. Il y a des crédits de 77 000 $ qui seraient nécessaires pour ramener le financement des organismes... quand on veut voir, là, le partage, là, des besoins.
Quand on regarde de façon plus spécifique la performance du réseau de la Montérégie, c'est une enveloppe régionale de crédits tout de même de 1,9 milliard, qui est en augmentation de façon quand même intéressante dans les dernières années, puisqu'on a reçu des budgets de développement de 105 millions de 2006-2007 à 2009-2010. Puis là on pourrait dire, dans une première année, 17 millions, qui a suivi, 44 millions, ensuite 36 millions, ensuite 7,5 millions. L'année passée, nous n'avons pas reçu de développement. Par contre, l'année qui est en cours actuellement, nous avons reçu des développements au niveau particulièrement des personnes en perte d'autonomie liée au vieillissement.
Si je résume différents éléments qui vous montrent, finalement, la performance, les activités, qui a eu lieu par rapport à tous ces argents-là, je mentionnerais tout d'abord que certains établissements ont eu des prix et des distinctions, plus de 26 prix et distinctions, dont l'agence, trois, entre autres, établissements, 21, et les organismes communautaires ont reçu aussi deux prix.
Si j'en prends quelques-uns, je pourrais prendre l'exemple du Centre de santé et de services sociaux Pierre-Boucher qui s'est largement distingué en 2010-2011 en recevant trois prix importants pour trois projets différents.
Le projet IPIM, identification préhospitalière de l'infarctus du myocarde, a reçu le prix Coups de coeur du ministre dans le cadre des Prix d'excellence du réseau de la santé et des services sociaux: technologie de télémétrie qui permet aux ambulanciers de réaliser un électrocardiogramme au domicile de la victime et de transmettre les résultats directement à la salle d'urgence avant même l'arrivée du patient. Ce projet-là, d'IPIM, a permis de faire passer le délai de l'arrivée des patients à l'urgence de 76 à 46 minutes. L'objectif qui est recherché partout, c'est 90 minutes.
Donc, on est déjà à la moitié du délai maximal, ce qui est très encourageant et qui est très bien pour la qualité du service à offrir à cette clientèle-là. C'est un partenariat, bien sûr, entre le CSSS, l'agence, les partenaires financiers, parce que plusieurs se sont impliqués, dont Bell, la Fondation cardio-montérégienne ainsi que la fondation Pierre-Boucher et certains partenaires comme Bell et Medtronic.
Le deuxième projet du CSSS Pierre-Boucher qui a lieu d'être mentionné, bien sûr toute la réorganisation du bloc opératoire, qui a permis de gagner le Prix d'excellence du réseau de la santé et services sociaux dans la catégorie Accessibilité aux soins et aux services. Après avoir triplé sa superficie dans les dernières années avec le centre ambulatoire de Pierre-Boucher, tout le fonctionnement du bloc a été repensé afin de le rendre plus productif, avec pour résultat de faire passer la durée entre les cas, toutes spécialités confondues, de 26 à 11 min 5 s.
Finalement, le centre ambulatoire, dans sa conception, a reçu le prix ASHRAE Technology Awards 2011 en économie d'énergie dans la catégorie Health Care Facilities. C'est un concept de chauffage, ventilation, conditionnement de l'air qui a été élaboré, entre autres, bien sûr, par la firme Dessau, qui était en lien avec la construction lors de... avec l'Hôpital Pierre-Boucher, un prestigieux prix international. Donc, la préoccupation économie d'énergie, d'avoir les bâtisses les plus vertes possible, etc., a lieu en Montérégie et est très présente.
De façon plus spécifique, les investissements ont pu supporter l'évolution des services dans les différents secteurs. Si je prends maintenant les services psychosociaux, comparativement à 2006-2007, le nombre d'usagers desservis en 2009-2010 a diminué de 12,5 %. Il y a eu des modifications -- quand on regarde les chiffres -- dans la codification, ce qui explique un peu ce changement-là. Et par contre, dans la dernière année, de façon particulière, on a vu le nombre d'usagers desservis par les services augmenter dans certains secteurs. La cible est tout de même dépassée de 2,5 %, quand on regarde, soit 171 usagers de plus que les résultats attendus.
Nous avons, bien sûr, participé à l'implantation de la première maison de sages-femmes, dans le fond, dans le territoire du CSSS Haut-Richelieu -- Rouville. Les premiers services vont être offerts au courant de l'automne, la maison va ouvrir finalement au début de l'année prochaine.
Donc, c'est une belle étape dans la promotion justement de l'approche, là, je dirais, multidisciplinaire médecins, sages-femmes, infirmières et tous les professionnels dans le support à ces personnes-là, donc les gens qui désirent, dans le cadre, entre autres, des priorités de la politique de périnatalité, de pouvoir accoucher à la maison. L'objectif de 2018, c'est bien sûr, c'est d'avoir 10 % des femmes enceintes qui auraient accès à ces services de sages-femmes.
L'offre de services actuelle va reposer sur l'embauche de six sages-femmes. Dès septembre 2011, comme je vous disais, déjà des services, avec l'Hôpital du Haut-Richelieu, seront offerts. Après l'ouverture officielle de la maison, qui va compter quatre chambres de naissance et cinq salles de consultation, on pense que 240 femmes pourront y accoucher chaque année. Le projet est justifié, bien sûr, par le nombre important de naissances. On ne s'arrêtera pas là, puisque, bien sûr, on veut ouvrir encore quatre à cinq autres maisons de naissance et on est à stimuler, dans le fond, les troupes, là, autant médicales que les sages-gemmes, à pouvoir élaborer d'autres maisons dans d'autres territoires.
Pour ce qui est... De façon particulière, au niveau de l'accès aux médecins de famille dans la pratique, le projet CoMPAS, qui est le Collectif pour les meilleures pratiques et l'amélioration des soins et services en médecine de famille pour les personnes atteintes de maladies chroniques en Montérégie, qui est un projet novateur dans notre région, nous permet, dans le fond, de mieux supporter l'équipe médicale, chapeautée bien sûr par le Département régional de médecine générale et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.
Ça s'adresse aux médecins, aux infirmières, aux pharmaciens et aux autres intervenants de première ligne préoccupés par l'amélioration continue des soins et services aux personnes atteintes de maladies chroniques.
Ce projet-là, CoMPAS, bien sûr, c'est la prise en charge de la condition de la santé -- donc vraiment être proactifs -- pour des patients particulièrement atteints de maladies chroniques et mieux comprendre les comorbidités qui les accompagnent. Il s'agit d'une démarche d'amélioration continue fondée sur l'hypothèse que la mise en commun, dans le fond, de l'ensemble de l'expertise, des forces de chacun, des résultats cliniques a un effet mobilisateur, dans le fond, dans l'offre de services. C'est générateur de changement.
Des objectifs mesurables. D'ailleurs, plusieurs, dans le fond, travaux, ateliers ont eu lieu dans différents endroits. Et c'est en lien, bien sûr... et relevé partout... dans le fond, les statistiques des données existantes au niveau de la RAMQ qui nous permettent, dans le fond, d'étudier les résultats. C'est aussi relevé au niveau de Med-Écho, au niveau des statistiques du CLSC, pour bien calculer l'ensemble des interventions, et avec l'Institut de statistique, bien sûr, qui nous supporte, là, pour suivre l'ensemble des différents indicateurs.
Quatre pathologies ont été sélectionnées: le diabète, l'asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique et les maladies cardiovasculaires. Le premier, dans le fond, objectif ou le premier thème qu'on a abordé, c'est la question du diabète. Déjà, plusieurs ateliers, avec des... 20 personnes par atelier, six ateliers dans six territoires différents, ont eu déjà lieu. D'autres ateliers sont prévus à l'automne. Les premiers résultats concrets -- parce que c'est quand même des actions à moyen terme -- vont être disponibles d'ici deux ans.
Pour ce qui est du secteur Perte d'autonomie liée au vieillissement, qui est très important, le nombre de personnes en perte d'autonomie et recevant les services de soutien à domicile a connu une hausse de 17,5 % depuis cinq ans. Depuis 2008-2009, les résultats dépassent la cible.
Le nombre de personnes sur la liste d'attente pour une place en hébergement est en progression de façon importante: hausse de 70 % entre ces années-là. En mars 2011, à
titre d'exemple, l'agence a entrepris l'épuration de sa liste d'attente. Chaque CSSS collabore à la mise à jour des demandes d'hébergement, laquelle sera complétée au cours de la prochaine année financière. Donc, on s'assure de toujours bien être au fait de l'ensemble des besoins et l'évolution des besoins de cette clientèle-là. Dans les cinq dernières années, il y a une augmentation de 2,8 % du nombre de places en CHSLD en Montérégie. Pour les mêmes années, il y a une augmentation de 22 % du nombre de places en ressources non institutionnelles, soit 1 014 places... on est passés jusqu'à 1 240 places.
Pour ce qui est de la déficience physique, entre ces années-là 17,1 millions ont été investis en budget de développement dans ce secteur, qui a permis, entre autres, d'assurer le lancement du Plan d'accès aux services pour les personnes ayant une déficience physique. Ça repose sur la réalisation d'un plan d'amélioration régional et sur un plan d'amélioration pour chacun des CSSS.
Quatre trajectoires de services ont été définies afin de structurer l'offre de services en Montérégie afin de faciliter le passage de la première ligne et de la deuxième ligne. Vous vous rappelez, nous avons 11 CSSS? Nous avons deux centres aussi en déficience physique qui accueillent... sous un même chapeau, qui est le Centre montérégien de réadaptation. Le nombre de personnes ayant une déficience physique recevant des services de soutien à domicile a augmenté de 18 %, ce qui est important. Depuis 2006-2007, le nombre de personnes ayant une déficience physique recevant les services spécialisés de réadaptation a connu une hausse de 12,4 %.
De façon particulière, on peut mentionner une autre initiative montérégienne intéressante, qui a fait les frais de la télévision dernièrement, le Centre montérégien de réadaptation a voulu remédier finalement à l'absence en Montérégie d'une structure d'accueil pour les enfants aux prises avec plusieurs déficiences. Le cadre de vie chaleureux du style familial de la Maison Desjardins, qui a vu le jour il y a peu de temps, ainsi que les services et les soins offerts en font un milieu de choix pour les enfants représentant des déficiences physiques graves.
Une équipe multi assure la mise en oeuvre du plan d'intervention élaboré pour chaque enfant en fonction de sa situation et de ses besoins. Cette Maison Desjardins offre le gîte et le couvert ainsi que les soins de santé, d'hygiène et de confort donnés sur une base continue 24 heures par jour. L'emplacement de cette maison-là aussi est très important afin de faciliter, dans le fond, la proximité de leurs familles, pour maintenir, dans le fond, les liens au niveau de la famille et ainsi que du milieu de vie.
** (10 heures) **
Dans le secteur de la déficience intellectuelle-TED, depuis 2016-2017, plus de 11,5 millions ont été investis dans ce budget en termes de développement. Le nombre de personnes ayant une déficience physique ou un TED recevant les services du soutien à domicile par le CSSS, mission CLSC, a augmenté de 21,9 %, passant de 2 578 en 2006-2007 à 3 143 en 2009-2010. Les résultats ont toujours été au-dessus de l'assiette fixée, et, en 2009-2010, les résultats dépassaient la cible de 51,4 %.
Nous avons un défi en Montérégie, de façon très particulière, au niveau des TED, puisque nous avons un taux, nous, chez nous, de 105,9 enfants par 10 000 habitants, comparativement à une moyenne au Québec de 79. Nous avons le taux le plus élevé au Québec, de façon importante, donc ça amène des défis supplémentaires et une demande d'organisation de services constante pour cette clientèle-là, pour ces familles-là.
Le nombre d'usagers ayant une déficience intellectuelle ou TED dont la famille reçoit des services de soutien a augmenté de 15,3 % entre ces... entre 2006-2007 et 2009-2010, nous permettant de donner des services à 2 114 familles. Les résultats dépassent la cible, et, cette année... ou l'année dernière plutôt, là, on dépassait la cible de 7,4 %.
Au niveau des jeunes en difficulté, le nombre d'usagers rejoints en CLSC est demeuré sensiblement le même, on est autour de 19 400, 19 650. La cible a augmenté de 5 %.
Par contre, au niveau... entre 2006-2010, le nombre de signalements traités a augmenté de 6 %, il est toujours en augmentation, tandis que le nombre de signalements retenus a diminué légèrement. Hein, il faut faire une différence entre ce qui est le nombre de signalements et ce qui a été retenu. Donc, dans l'analyse, c'est important de faire une bonne promotion pour avoir, dans le fond, les signalements pour justement donner les meilleurs services et éviter des situations problématiques auprès de cette clientèle-là vulnérable.
En 2010-2011, le nombre de signalements traités a augmenté de 14,7 % et le nombre de signalements retenus, de 22,8 % comparativement à l'année précédente. Nous avons reçu un budget non récurrent de 500 000 $ pour augmenter l'offre de services, ce qui nous permet de faire un rattrapage à ce niveau-là et de s'assurer de bien comprendre aussi les sources de ces signalements-là.
Quand on regarde le Québec qui a connu une augmentation de 8,1 %, nous, c'est beaucoup plus grand. Près du tiers des signalements reçus en plus au Québec cette année, 28,9 %, ont été traités en Montérégie -- 28,9 % -- et près de la moitié des signalements retenus, 47,8 %, concernent justement ces jeunes-là en Montérégie.
Entre 2006-2007 et 2009-2010, le délai d'attente à l'évaluation de la protection de la jeunesse est toujours demeuré au-dessus de la cible. En 2010-2011, le délai moyen d'attente à l'évaluation de la protection de la jeunesse se situe à 22,43 jours, c'est-à-dire 6,43 jours de plus que la cible. Des mesures sont en place actuellement -- et d'autres seront mises en place, là, dans les semaines qui suivent -- dans le but justement d'améliorer cette situation-là. Parce qu'il faut vraiment adapter, dans le fond, nos processus, notre travail d'équipe dû à l'augmentation très importante du nombre de signalements.
Au niveau du délai moyen d'attente à l'application des mesures en protection de la jeunesse, entre 2006-2007, 2009-2010, les résultats obtenus se sont avérés bien meilleurs que la cible fixée. En 2009-2010, le délai d'attente se situait à 17,8 jours, alors que la cible était de 28 jours, donc ce qui est intéressant. Depuis 2006-2007, le délai moyen d'attente à l'application des mesures de protection de la jeunesse a diminué de 5,68 jours.
Nous avons une autre initiative intéressante en Montérégie, qui concerne les jeunes, qui est la Maison Escargot. La Maison Escargot peut accueillir six enfants de moins de six ans qui représentent des troubles sévères de l'attachement et qui vivent une situation d'abandon par leurs parents. Récompensée deux fois en 2008-2009, soit par le Prix d'excellence santé et services sociaux de l'Institut d'administration publique ainsi que par le Prix d'excellence du réseau de la santé et des services sociaux dans la catégorie Personnalisation des soins et des services.
Maintenant, dans le secteur dépendances, entre 2006-2007 et 2008-2009, le nombre de joueurs traités pour les services spécialisés en jeu pathologique a connu une croissance de 17,6 %, donc 686 à 807 clients. Entre 2009-2010, la diminution du nombre de joueurs traités par les services spécialisés en jeu pathologique s'expliquait par une baisse de demande de service, et particulièrement celle qui provient de l'Ontario. L'accessibilité aux services spécialisés est assurée à la suite du dépistage systématique de chaque personne inscrite, bien sûr, au programme de jeu pathologique.
Dans le secteur pour les problématiques d'alcoolisme et de toxicomanie, il n'y a pas de lit de réadaptation pour les jeunes en Montérégie et pas assez de lits de réadaptation pour les adultes francophones. Le nombre actuel est de 16 lits, il en manque environ huit. Pour ce qui est des ressources communautaires existantes, bien sûr, ça limite la prestation de soins quand il manque des ressources. Les lits de réadaptation en place pour les adultes anglophones sont suffisants, 22 lits, dû à ce que je disais précédemment, une baisse, entre autres, là, de la demande ontarienne.
Santé mentale maintenant. En 2006-2007 et 2010-2011, le nombre d'usagers souffrant de troubles mentaux ayant reçu des services de première ligne en CSSS a plus que doublé, passant de 5 252 à 12 256, donc beaucoup d'efforts dans ce secteur-là.
Quand on regarde 2009-2010, on constate que l'accès aux services de première ligne en santé mentale a été grandement bonifié comparativement à 2008-2009: 10 000 personnes, près de 11 000, souffrant de troubles mentaux ont reçu des services de première ligne, soit 2 400 personnes de plus que l'année précédente, ce qui correspond à une augmentation de 28 %, donc beaucoup d'efforts.
La mise en place, bien sûr, progressive des équipes de première ligne et de soutien en santé mentale ainsi que la révision par certains CSSS de leurs pratiques pour améliorer la qualité de l'offre de services expliquent les bons résultats en 2010-2011, qui nous permettent de dépasser la cible de 3,5 %.
Toujours en comparaison 2006-2007 et 2009-2010, le nombre d'usagers dont le délai pour accéder aux services de deuxième et de troisième ligne en santé mentale était supérieur à 60 jours a diminué de 4,1 %. On constate une réduction, lors de la dernière année, de 229 usagers excédant le délai de 60 jours par rapport à l'année précédente. On dépasse la cible de 16 %.
La santé physique. La situation dans les urgences s'améliore mais est toujours très préoccupante. Quand on regarde les différentes statistiques, les salles d'urgence de la Montérégie subissent, bien sûr, les contrecoups du vieillissement rapide de la population. En 2010-2011, 12,7 % des visites dans les urgences étaient faites par des personnes âgées comparativement à 11 % en 2007-2008. Le nombre total de visites a diminué quelque peu, de 2 000 visites.
Mais il y a plus de patients de 75 ans et plus sur civière en 2010-2011, comparativement à 2006-2007, soit une hausse de 11 %. Entre 2006-2007 et 2010-2011, le nombre total de patients sur civière est demeuré sensiblement le même, autour de 130 000. Un centre hospitalier a mis en place et applique le programme, entre autres, de marche, mobilisation, l'approche gériatrique, à l'urgence et aux unités. Les efforts se poursuivent, bien sûr, dans l'application.
Quand on regarde différentes statistiques, mettons, on prend les trois périodes de cette année, par exemple, là, on est passés, par rapport à, mettons, il y a deux ans, de 20,3 à 17,6, là, pour la durée moyenne de séjour, donc en heures. On diminue de façon importante au niveau de la durée moyenne de séjour pour les patients de 75 ans et plus, qui est une cible particulière, de 27,1 à 22,7 jours, et ainsi de suite.
Dans les différents indicateurs, on est en baisse de façon importante, quand on regarde les patients sur civière 48 heures et plus, de 14,8 à 9,3. Et on va augmenter comme ça, sensiblement, cette année, nos résultats avec, entre autres, l'augmentation importante de l'offre de services au niveau des personnes âgées, et je vais y revenir tantôt. Donc, des gains importants à ce niveau-là.
Nous avons une présence importante d'une équipe de coordination qui, quotidiennement ainsi que la fin de semaine, fait les suivis auprès des établissements pour s'assurer, dans le fond, que... S'il y a besoin, entre autres, d'un support d'un établissement par rapport à un autre, ou supporter l'approche, ou certaines décisions, nous sommes très présents à ce niveau-là dans la dernière année, et nous allons accentuer dans ce sens-là.
Bien sûr, le nombre de patients hospitalisés a augmenté, dans la dernière année, de 2 %. Nous avons des projets importants pour les personnes âgées en termes de révision des pratiques, de suivi et de support au niveau de l'urgence, avec les CSSS, dans l'approche, dans le fond... la continuité, l'approche populationnelle. Mais 37 % des hospitalisations concernent des personnes tout de même âgées de 75 ans et plus.
Pour ce qui est des soins palliatifs, nous avons maintenant cinq maisons de soins palliatifs. Beaucoup d'efforts ont été faits dans ce sens-là. En 2009-2010, plus de 2 000... près de 3 000 personnes, finalement, une augmentation de 11 %, recevaient des services dans une maison de soins palliatifs, qui dépasse la cible, finalement, de 6 %. Il n'y avait, il y a quatre ans, qu'une seule maison d'ouverte, mais, comme je vous disais tantôt, il y a quatre autres maisons qui sont ouvertes, et nous sommes en préparation aussi d'ouvrir d'autres maisons dans d'autres régions.
Pour ce qui est de la chirurgie, nous avons dépassé les cibles à peu près partout. Nous avons réduit de façon importante le délai donc -- en bas de six mois -- de l'ensemble des chirurgies. Quand on regarde les chirurgies de la hanche, nous avons une augmentation de 46,7 %. Au niveau des chirurgies au niveau de, aussi, arthroplasties de la hanche, on a dépassé, dans le fond, la cible de 18,8 %. Pour ce qui est des genoux maintenant, nous avons augmenté de 18,4 %, donc, la cible, 18,4 %, avec une augmentation des chirurgies pour une cible de 851, on les a dépassées de 157, donc important.
Pour ce qui est des chirurgies, aussi, mettons, ciblant, mettons, la cataracte, une augmentation de 53,6 %. Donc, on dépasse encore, bien sûr, l'ensemble, là, des cibles. Et 98 %, 99 % des gens sont opérés en bas de six mois. Le nombre de chirurgies, excluant les cataractes, a augmenté de 24 000 à 29 500, donc une hausse de 22 %, des efforts importants.
De façon spécifique, lutte contre le cancer. Vous savez, nous venons d'ouvrir, au mois de juin, un centre intégré de cancer en Montérégie, donc un centre de radiothérapie. Les premiers traitements ont eu lieu au mois de juin. On vise une clientèle, 72 % de la clientèle montérégienne, donc 2 200 personnes en radiothérapie, 500 personnes en curiethérapie, pour s'assurer, dans le fond... Vous connaissez le contexte de la circulation à Montréal, sinon je vais vous l'expliquer, mais, pour cette clientèle-là ainsi que les aidants naturels, c'est une annonce, une ouverture tellement attendue et très importante.
Le taux de participation au Programme québécois de dépistage du cancer du sein tourne autour de 59 %, légèrement supérieur à la statistique provinciale.
** (10 h 10) **
En santé publique, quelques informations. Nous avons vu, comme tous, un peu partout l'augmentation du C. difficile, mais, nous, chez nous, on est toujours en bas, finalement, du taux moyen au niveau du Québec, donc on se situe entre 5,6 et 4,6 comparativement à 8,9, 6,4, selon les années, au niveau québécois. Même chose pour le SARM, donc le staphylocoque, ça a diminué de 10 % dans les centres hospitaliers, c'est toujours un défi important. La proportion des cas d'acquisition nosocomiale, bien sûr, en centre hospitalier a peu varié, on maintient.
Je vais attirer votre attention, pour la minute qu'il me reste, sur certains éléments. La pandémie, ça s'est passé de façon, je dirais, exemplaire au niveau de l'offre de services, la vaccination, les façons de faire. On aurait sûrement des recommandations à faire dans ce sens-là.
Les établissements, à toutes les années, ont respecté leurs cibles budgétaires, soit avec certains ajustements, et autres comme tel, mais on a toujours tenu au niveau de la cible, à ce niveau-là. Des efforts importants sont faits, en collaboration avec l'ensemble des établissements, au niveau des agences privées d'infirmières, en accord, entre autres, aussi, avec les dernières négociations, de façon de réduire de façon importante.
On n'est pas différents du Québec, mais on a des efforts importants qui sont différents d'un secteur à l'autre, pour des raisons historiques, donc en collaboration avec les syndicats, avec l'Ordre des infirmières. Et, les cibles des négociations, nous sommes là-dedans.
Beaucoup de projets d'investissement ont été faits dans les dernières années, en termes d'urgence, en termes de construction de CLSC, à différents endroits, Châteauguay, Saint-Jean, entre autres. Il y a beaucoup de projets qui sont en cours. Il y a des budgets, en ce moment, en étude et en exécution, autour de près de 600 millions.
Pour ce qui est de la certification de la clientèle, c'est assez semblable.
Le Président (M. Sklavounos): En conclusion, M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Pardon?
Le Président (M. Sklavounos): En conclusion.
M. Gendron (Yvan): En conclusion...
Le Président (M. Sklavounos): Oui.
M. Gendron (Yvan): En conclusion, il y a beaucoup d'enjeux. Des enjeux, bien sûr, au niveau des personnes âgées, à différents niveaux, que ce soient des ressources intermédiaires, que ce soit soins à domicile, que ce soit au niveau de l'ajout de lits en longue durée, avec tout ce qui va se passer, entre autres, avec les ajouts en PPP. Bien sûr, l'Hôpital Vaudreuil-Soulanges qui a été annoncé à la fin de l'année dernière, sous lequel nous sommes en plan d'affaires stratégique et dans les... en termes de préparation. Bien sûr, le rapatriement de la clientèle du CHUM et du CUSM.
Vous savez que ces deux projets-là vont voir leurs activités, dans le fond, baisser. Donc, un rapatriement important de la clientèle à Montréal et chez nous et à Laval. Là-dessus, on a déjà, depuis un an et demi, terminé nos travaux. Donc, on est en attente, dans le fond, le... autorisation, je vous dirais, de dépenser et d'offrir ces services-là.
Le Président (M. Sklavounos): Merci. M. Gendron, je vais vous arrêter là. Nous allons avoir amplement le temps d'échanger sur les sujets. Vous allez voir que probablement plusieurs des sujets que vous n'avez pas eu le temps d'aborder le seront durant les échanges. Je vais céder tout de suite la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine, qui est également l'adjoint parlementaire du ministre de la Santé et des Services sociaux. Alors, sans plus tarder, M. le député des Îles, vous avez la parole.
M. Chevarie: Merci, M. le Président, bon matin. Collègues, salutations au personnel de l'Assemblée nationale, de cette commission, M. Gendron, Mme Daniel, M. Deschamps.
Pour débuter cette audition, je vais commencer par un petit retour en arrière. Au cours des années 2004-2005, on sait que le réseau de la santé et des services sociaux a été témoin d'une grande réorganisation, une grande réforme qui a interpellé tous les niveaux de service, les paliers du système de santé et de services sociaux, ça a été majeur, avec la fusion des centres hospitaliers, des CLSC, des CHSLD, la création des CSSS, la création des agences. Donc, une réforme importante pour le réseau, qui a changé vraiment, je pense, l'offre de services, l'approche, beaucoup plus basée sur une approche populationnelle, à partir des CSSS.
Par ailleurs, il y avait des acteurs à l'intérieur de ce grand processus là, de cette grande démarche qui étaient particulièrement préoccupés. Je mentionne, à ce moment-ci, les CLSC. Il y avait une crainte importante de ce groupe d'établissements là particulièrement d'être, je dirais, happés par toute l'approche curative. On sait que c'est un secteur qui commande beaucoup, qui demande beaucoup. Il y a beaucoup de pression, ça prend énormément de budget. Donc, il y avait des craintes, fort probablement justifiées, à cet effet-là de la part des CLSC.
Comment s'est vécu, dans votre région, ce passage-là à ce nouveau modèle? Et comment la prévention, toute l'approche préventive est protégée à l'intérieur du CSSS et de ce nouveau réseau qui est, je dirais, plus intégré et dans un objectif de continuum de services?
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député des Îles. M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Je commencerais par la fin, donc la dernière question.
Pour la santé publique, de façon particulière, on a eu une approche, je dirais, assez innovatrice et vraiment différente des autres régions, à savoir que la directrice de la santé publique, depuis même 2003, un petit peu avant, voyant, dans le fond, arriver un peu tout... cet événement-là des fusions des différentes missions et ayant une préoccupation de s'assurer que, dans le fond, les services sont offerts et sont maintenus, ils ne sont pas happés justement par ce, je dirais, mouvement-là de structure, et autres comme tel, avait développé une approche, dans le fond, de développement des habitudes de la formation, des compétences, là, des différents responsables dans les CSSS.
Et elle avait, à toutes fins pratiques, un peu exigé que chacun des responsables, mettons, des dirigeants, des directeurs généraux d'établissement, mandate, dans le fond, un responsable de santé publique, qui a participé, dans le fond, à une formation continue, à l'habilitation des compétences, à s'assurer de ne pas perdre le message, de cibler... formation, dans le fond, des nouveaux, je dirais, agents, dans le fond, d'information, d'intervention au niveau de la santé publique.
Et ça se poursuit depuis ce temps-là. Et c'est unique en Montérégie. Et ça a permis de garder, comme je vous dis, le focus vraiment sur la clientèle, parce qu'il est évident que, dans un effort... ou justement dans une réorganisation de différentes missions, et les enjeux, le contexte historique dans les différents territoires -- parce que nous avons quand même une grande région avec des contextes qui peuvent être différents dans les différents territoires -- il y avait une crainte à ce niveau-là.
Mais ça a été, je dirais, facilitant, cette approche-là de formation des gens, de recibler, dans le fond, ce qu'on appelait finalement les plans régionaux, là, d'intervention au niveau de la santé publique et les plans locaux, qui ont... qui se collaient finalement au plan régional, et autres, là, fort appréciés. Et ça sert d'exemple actuellement. Donc, pour la santé publique, ça s'est très bien passé à ce niveau-là.
Pour ce qui est, mettons, justement de la réorganisation, bien sûr, d'un territoire à l'autre, il pouvait y avoir un certain contexte, une certaine, je dirais, protection de certains territoires, et autres, mais les gens se sont vite ouverts.
On a, nous, dans le fond, ce qu'on appelle le projet montérégien 1, on s'est formés autour d'un comité de coordination stratégique de la Montérégie, où tous les D.G. étaient présents, avec l'agence -- et à l'époque j'étais encore un petit peu à l'agence, quelques mois, et après ça je suis parti comme directeur général d'un CSSS à Saint-Jean-sur-Richelieu -- et on avait une approche, par exemple, de continuum de services, de développement des réseaux locaux de services par, entre autres, différents moyens, comme des comités, je dirais, de... dans le fond, les RCA, là, les réseaux d'accessibilité aux services, la révision, dans le fond, de l'offre de services en continuité pour être sûrs qu'on ne perde pas le cap et que, dans les changements des fois de titre, de responsabilité, entre, mettons, les différentes missions, bien, la clientèle ne sera jamais oubliée.
Donc, centrer sur la clientèle, centrer sur ses besoins, sur la continuité.
Et les gens ont embarqué dans ces continuums de services là. Ça, ça nous a facilité beaucoup, je dirais, les différents efforts, ça a diminué un peu les barrières, l'incompréhension comme telle. Mais c'est grâce, bien sûr, à la mobilisation puis, je dirais, l'ouverture, là, des différents directeurs généraux, directeurs des services, et autres, qui se sont réunis rapidement alentour des différentes, je dirais, problématiques, que ce soit personnes âgées, jeunesse, et autres. Et ça se poursuit toujours dans ce sens-là.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles.
M. Chevarie: Merci. Est-ce que vous avez l'impression qu'il s'est développé... je dirais, plus qu'une impression, est-ce que vous avez la certitude qu'il s'est développé une nouvelle culture organisationnelle et que les CLSC, je dirais, le personnel du CLSC, les programmes sont bien intégrés dans ce nouveau modèle organisationnel pour votre région?
M. Gendron (Yvan): Je dirais...
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député des Îles. M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Oh! Excusez-moi. Ce que je vous dirais, pour compléter en même temps la première et la deuxième question, c'est sûr que le mouvement... ou la crainte que, bon, l'hôpital avale finalement un peu l'ensemble des efforts, et autres comme tel, ce qui s'est passé, puis c'est un peu les observations de l'enquête, je dirais, gouvernementale qui a été faite dans différents territoires, c'est... Évidemment, quand tu investis beaucoup en première ligne, donc en CLSC puis à différents niveaux, comme tel, automatiquement tu dégages des services en
partie de l'urgence, bien sûr beaucoup au niveau de l'hospitalisation, et autres comme tel, donc tout le monde y trouve son profit rapidement, en autant qu'on se tourne toujours, dans nos actions, autour de cette clientèle-là. Donc, un enjeu important. Mais, de façon très générale, ça s'est assez bien passé.
L'enjeu qui est le plus, je dirais, difficile qu'on a connu -- puis, je pense, dans les différentes régions, c'est comme ça -- c'est plus le lien entre les établissements régionaux, je pourrais dire, mettons, le centre jeunesse et les CSSS, parce que, le centre jeunesse, il y en a un en Montérégie, mais il fait face à 11 CSSS qui sont en train de se réorganiser. Donc, lui, il n'a pas à redéfinir son offre de services mais s'assurer qu'il n'y aura pas de bris, qu'il y aura toujours une évolution, mettons, dans l'offre de services, dans les suivis des signalements entre les différents acteurs qui changent un peu de chaises. Ça, ça a été un défi important pour les établissements régionaux.
Et là-dessus on s'est entendus pour même signer des ententes entre, exemple, un établissement régional, comme le centre jeunesse, exemple le centre régional de déficience intellectuelle, avec les CSSS, de revoir l'offre de services pour être sûrs qu'on se comprenne bien puis que les acteurs qui changent... -- parce qu'il y a aussi le défi, bien sûr, des départs à la retraite, donc l'habilitation des compétences, transfert de l'information -- s'assurer de ne pas perdre notre clientèle dans ces changements-là. Il a fallu mettre beaucoup d'efforts à ce niveau-là.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles.
** (10 h 20) **
M. Chevarie: Merci. Dans votre présentation, vous avez -- bon, vous avez une
partie qui s'intitulait La performance -- mentionné que la région Montérégie possédait 1,9 milliard de budget, de crédits pour déployer l'offre de services. Vous avez également fait mention... Vous aviez, au cours des dernières années, un budget de développement de 105 millions. Votre population... votre territoire est en croissance démographique, vieillissement de la population également, donc une pression de plus en plus forte sur le réseau. À votre connaissance, par rapport à l'équité interrégionale, est-ce que la Montérégie... Comment la Montérégie se positionne par rapport à cet aspect-là? Est-ce qu'il y a un écart significatif?
M. Gendron (Yvan): Il y a un écart significatif... Excusez-moi, M. le Président, j'ai devancé.
Le Président (M. Sklavounos): Allez-y, allez-y.
M. Gendron (Yvan): Il y a un écart significatif de 120 quelques millions, 123 millions, là, qui varie. Mais il a déjà été beaucoup plus haut, à 152 millions. Ce qu'il faut retenir par contre, quand on parle d'équité, mettons, interrégionale, on parle toujours du montant que chacune des régions devrait avoir pour donner le même service attendu. Donc, par rapport à l'argent qu'on devrait avoir, disponible, il y a un écart quand même, par rapport à la moyenne québécoise, de 120 quelques millions, comme tel.
Est-ce que nous... C'est quoi, le besoin exact en termes d'offre de services que nous aurions besoin? Le chiffre, il n'y a personne qui le connaît parce que souvent, la clientèle santé mentale, déficience, et autres, on ne la connaît pas toute, bien sûr, là, sur l'ensemble des services. Mais effectivement il y a un écart quand même notable.
Bien sûr, dans la dernière année par contre, on a eu des investissements très importants au niveau des personnes en perte d'autonomie liée au vieillissement, là, de près de 40 millions, en ressources intermédiaires, soins à domicile. Ça va nous aider beaucoup.
Bien sûr, le rapatriement de la clientèle de Montréal, parce qu'on donne beaucoup de services, c'est une clientèle qui transite entre Montréal et la Montérégie, pour laquelle on n'a peut-être pas tout à fait tout l'argent comme tel, il y a des travaux importants sur le rapatriement de la clientèle.
L'autre dossier, bien sûr tout ce qui est la question de l'Hôpital Vaudreuil-Soulanges va venir nous aider beaucoup, avec le nouvel hôpital, et va aider beaucoup Montréal aussi, dans la région du Lakeshore et McGill, entre autres, parce qu'il y a une clientèle qui se promène entre ces deux territoires-là. Ça va nous aider beaucoup. Et, quand on va faire les comparables, on va se rapprocher un peu plus de l'équité. Mais, oui, il y a encore beaucoup d'efforts à faire dans ce sens-là.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles.
M. Chevarie: Merci. Combien de temps encore?
Le Président (M. Sklavounos): Il vous reste environ quatre minutes, M. le député.
M. Chevarie: Merci. Par rapport à cet écart-là, j'ai compris « 120 millions » , que vous avez estimé, à peu près...
M. Gendron (Yvan): Oui, oui.
M. Chevarie: ...O.K., en termes d'équité interrégionale. Quels sont les programmes qui sont les moins biens financés ou les plus sous-financés, dépendamment comment est-ce qu'on veut le prendre? Et est-ce que vous avez, comme agence, un plan, un plan d'action pour tenter de réduire ces écarts-là, soit avec le ministère?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Écoutez, dans chacun des programmes, bien sûr, on fait des demandes. Nous avons, dans la dernière année, fait des demandes importantes au niveau du PALV, donc personnes en perte d'autonomie, et, dans ce secteur-là, nous avons obtenu gain de cause, parce qu'on a été chercher quand même près de 33 %, 35 % des sommes, qui ont été investies donc de façon importante. Ça, ça a été bien reconnu.
Quand on présente, entre autres, le dossier au niveau de la lutte contre le cancer, bien sûr, l'arrivée de toute la radiothérapie et des ajustements au niveau de l'oncologie va nous permettre de faire des gains de plus grâce à une démonstration des besoins par, dans le fond, l'agence de la Montérégie et ses partenaires. Quand on regarde la question des maisons des naissances, mais, bien, c'est une ouverture, puis bientôt on veut travailler sur quatre autres maisons aussi.
Donc, on présente... On a une approche vraiment... On connaît pas mal tous nos dossiers, toute, dans le fond, notre clientèle. On a des secteurs à peaufiner, parce qu'exemple c'était... Depuis un an, on a 22 % d'augmentation au niveau des jeunes, au niveau des signalements. Alors là, on a certaines surprises par rapport à ça. Mais, de façon générale, l'ensemble de nos besoins sont connus, ils sont énoncés, puis on a une programmation par rapport à ça.
Quand on regarde rapidement les différents programmes, puis je vais regarder cette année de façon particulière, aux services généraux, il manque 15 millions; santé physique, 22 millions; santé mentale, 32 millions -- c'est un secteur particulier. Santé publique, là, on parle 36 000 $. Perte d'autonomie, c'était 12 millions, mais là il va... il y a un rattrapage très important cette année, bien sûr; en DI-TED, 6 millions; déficience physique, 21 millions; en dépendances, 3,2 millions; ainsi que jeunes en difficulté, 4,7 millions; qui résume, là... 117 millions.
J'oublie l'administration, soutien des services, là, qu'il y a des différences, là. Ça fait qu'il y a quand même des secteurs dans lesquels on doit faire des efforts importants mais pour lesquels nous avons fait des demandes.
Le Président (M. Sklavounos): Question de règlement, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Oui. Comme on... Je pense que vous venez de nous lire un document qui est les besoins dans chacun des programmes?
M. Gendron (Yvan): ...dans le fond, c'est l'écart, mettons.
Mme Maltais: Est-ce qu'on peut l'avoir?
M. Gendron (Yvan): Oui, tout à fait.
Mme Maltais: C'est parce que ça nous permettrait de...
Le Président (M. Sklavounos): Il n'y a pas de problème. Si vous voulez transmettre ce document à...
Mme Maltais: Parce que je voulais le demander de toute façon dans l'intervention tout à l'heure.
Le Président (M. Sklavounos): Oui, il n'y a pas de problème. Si vous voulez transmettre ce document au secrétariat de la commission, ce sera partagé avec les parlementaires. Allez-y, poursuivez, M. le député de...
M. Chevarie: Merci. Donc, si je comprends vos informations, dans votre région, c'est plus le programme de santé mentale qui est en écart, en écart déficitaire, de ce que j'ai...
M. Gendron (Yvan): Maintenant, parce que, là, je parlais... Je vais moins parler du PALV, parce que 100 % des requis, avec l'année qui s'en vient... Et les implantations au cours de l'année et demie, je dirais, là, vont nous permettre de rencontrer 100 % des requis en ressources intermédiaires ainsi qu'en soins à domicile. Les soins à domicile, il va manquer un bout, là, mais on s'approche de façon importante. Ça va nous donner vraiment, là, pour cette clientèle-là, pour les aidants naturels, leurs familles, leurs proches, un service, je dirais, au bon moment, à l'endroit adapté pour répondre à leurs besoins et à leur évolution, bien sûr.
M. Chevarie: Et en santé physique, avec l'arrivée du nouvel hôpital...
M. Gendron (Yvan): En santé physique?
M. Chevarie: Oui.
M. Gendron (Yvan): Ça, on est équilibrés, bien sûr. En santé physique, bien sûr, c'est toujours en tenant compte de ce qui est offert en milieu hospitalier. On ne pourra jamais avoir 100 % parce qu'il va toujours demeurer des centres ultraspécialisés à Montréal, bien sûr, là. Mais il en manque dans plusieurs secteurs. Puis il va falloir tenir compte, bien sûr, de tout ce qui est, dans le fond, je dirais, l'aspect, là... jusqu'où on donne tous les services dans notre région. Il faut tenir compte... On a eu une belle augmentation du nombre d'omnis, de spécialistes cette année, par exemple.
Mais ça coûte des sous, avoir des omnis, des spécialistes. Donc, là-dessus, on va avoir besoin d'aide. Ça fait qu'on va faire des demandes dans ce sens-là, ce qui vient d'être octroyé en termes de PREM, et etc., là.
Le Président (M. Sklavounos): Quelques secondes qui restent, voulez-vous...
M. Chevarie: Merci.
Le Président (M. Sklavounos): Ça va? Je vais aller de l'autre côté, je vais céder la parole à Mme la députée de Taschereau, qui est également la porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé. Mme la députée de Taschereau, vous avez la parole.
Mme Maltais: Merci, M. le Président. Bonjour. Bonjour. C'est un plaisir de vous rencontrer, M. Gendron, les personnes qui vous accompagnent. Bienvenue à cette commission parlementaire. Comme on dit à chaque fois, on ne vous rencontre pas assez souvent, aux cinq ans c'est trop. Normalement, c'est aux trois ans. Mais on apprécie la qualité de la documentation que vous nous avez fournie. On l'a épluchée, les services de l'Assemblée nationale aussi. Nous aussi, comme députés, on l'a épluchée puis on trouve que vous nous avez fourni... vous avez fourni un beau travail.
Peut-être que vous avez apprécié, vous aussi, de faire un bilan des cinq dernières années. Certains se sont exprimés ainsi. Mais on est... On vous remercie.
Vous avez ... J'ai dans les documents que l'inéquité régionale est rendue à 127 millions de dollars. Est-ce que ce chiffre est encore le chiffre actuel?
M. Gendron (Yvan): En 2011-2012, on parle de 123 747 000 $. 127 millions, c'était l'année précédente. Donc, le dernier chiffre actuel, c'est 123 747 000 $.
Mme Maltais: 123 millions.
M. Gendron (Yvan): Ça, c'est en date naturellement du 31 mars qui vient de passer. Si j'ajoute la longue durée qui vient d'être rajoutée, bien là, on verra les chiffres à la fin de l'année, là, mais...
Mme Maltais: ...devra être de 1, 2, 3 millions.
M. Gendron (Yvan): D'après moi, elle va être plus importante que ça.
Mme Maltais: Plus importante que ça.
M. Gendron (Yvan): Peu importe... Est-ce que ça va être 10, 12 millions? Mais ça va être un peu plus important, d'après moi.
Mme Maltais: Mais on est encore... donc, être dans l'ordre de 110 millions, à peu près.
M. Gendron (Yvan): Sûrement.
Mme Maltais: Sûrement. À ce rythme-là, ça va prendre combien d'années avant de régler l'inéquité?
M. Gendron (Yvan): Bien, je vous dirai, il y a deux éléments. Je dirais, bien sûr, qu'il y a une
partie qui, dans le fond, revient au gouvernement, là, et aux travaux que vous faites. Puis, merci de votre implication -- qui est souvent jugée de façon ingrate, et autres comme tel -- parce que c'est important, parce que vous êtes là pour nous aider. En même temps, nous, on a un gros travail à faire au niveau de la performance, là, parce que ce n'est pas tout de dire qu'il manque d'argent. Les régions qui ont plus souffert en termes de ressources comme telles ont inventé, innové, aussi, des façons plus performantes et plus proches de la clientèle, plus proches à domicile. Il y a des efforts importants.
Donc, oui, il y a un écart, mais en même temps nous sommes inventifs et imaginatifs. Mais on espérait avoir plus de ressources, bien sûr.
Mme Maltais: Ça va vous prendre quand même un peu plus que de l'imagination pour récupérer 110 millions.
M. Gendron (Yvan): J'imagine.
Mme Maltais: J'imagine qu'il va falloir renforcer un peu le travail au niveau de... renforcer ce discours sur l'inéquité régionale. Je suis d'une région qui est considérée comme riche, croyez-moi, mais je suis quand même consciente... Parce que ça se voit dans les chiffres, et je regardais vos chiffres sur les urgences, je sais qu'il y a eu une légère diminution par rapport à l'année dernière, mais on reste dans l'état absolument, excusez-moi, mais inacceptable pour les citoyens au Québec.
Je comprends que vous vous dédiez à rétablir la situation, mais on est dans les 19,7 heures, je crois, dans le séjour moyen aux urgences. Ça se tient dans les 19 heures depuis cinq ans, 19 à 20 heures constamment. Vous avez une cible de 12 heures qui doit être atteinte. Pensez-vous pouvoir l'atteindre?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Oui. Là, dans les trois premières périodes, nous sommes descendus à 17,3, là, 17,6, donc il y a une diminution. Bien sûr, avec, je dirais, les ouvertures qui vont avoir lieu à l'automne et au printemps, là, avec le nouvel argent pour les personnes âgées en ressources intermédiaires, là on va pouvoir atteindre 100 % des requis. Bien, évidemment, des personnes âgées qui demeurent trop longtemps et inutilement, au profit de... je dirais, au dépit de leur santé, dans des milieux hospitaliers... vont pouvoir, dans le fond, libérer des lits et accueillir plus de clientèle.
Donc, il devrait y avoir un impact substantiel. Plusieurs établissements ont entrepris des démarches de façon structurée, « lean » et autres, peu importe le modèle, là, mais, nous autres, on est très confiants qu'on va descendre... Puis on sait, naturellement, le 12 heures, là, mais on est confiants que ça va continuer à descendre. On va faire tous les efforts dans ce sens-là.
Mme Maltais: Vous allez faire...
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Donc, vous vous engagez à atteindre la cible de 12 heures pour 2015?
M. Gendron (Yvan): Oui, tout à fait.
** (10 h 30) **
Mme Maltais: O.K. On va vous suivre de près, parce qu'on y tient. Là, le tableau que vous nous avez déposé, est-ce qu'il va décrire vraiment toute l'iniquité dans tous les programmes clientèle?
M. Gendron (Yvan): Oui. Oui, tout à fait.
Mme Maltais: O.K. Parfait.
M. Gendron (Yvan): Vous avez chacun des secteurs de clientèle depuis 2006-2007.
Mme Maltais: O.K. C'est parfait. Ça va nous aider.
M. Gendron (Yvan): Même une année avant, oui.
Mme Maltais: Parce qu'après ça on comprend mieux pourquoi il y a des problèmes dans des secteurs, quand on voit les besoins financiers qui sont par programmes clientèle. Pour mieux nous permettre d'analyser la situation puis permettre aux députés ensuite de bien comprendre ce qui se passe dans leur coin, ça va être quelque chose de très intéressant, de très important.
Je veux vous parler des CHSLD en PPP. Vous en avez un à Saint-Lambert sur le golf, puis je veux en parler parce que vous êtes la seule... vous êtes la première région qui a accepté de faire des CHSLD en PPP. Ça a été beaucoup débattu au Québec, à l'Assemblée nationale. Le choix du PPP est un choix qui est contesté par nous, entre autres, et qui est contesté aussi par plusieurs personnes, dont les familles, les parents. Vous avez signé un contrat avec le Groupe Savoie, je crois, pour le PPP de Saint-Lambert sur le golf, est-ce que vous pourriez nous déposer ce contrat complet?
M. Gendron (Yvan): Écoutez...
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Oui. Il y a eu différentes demandes d'accès à l'information à ce niveau-là.
Mme Maltais: Non, je sais, mais je suis une parlementaire qui demande un document.
M. Gendron (Yvan): Oui, tout à fait. J'entends bien. Donc, nous avons déjà reçu une demande dans ce sens-là. Nous, on fonctionne avec l'accès à l'information, avec aussi ce qu'Infrastructure Québec maintenant fonctionne. Donc, ce serait peut-être de renouveler la demande. Mais on a déjà transmis -- hein, Mme Daniel -- ce qu'on avait la permission de transmettre.
Mme Maltais: M. le Président, je suis une parlementaire en commission parlementaire, qui demande à un président d'agence de la santé un document qui est un contrat qui concerne des fonds publics. J'aimerais comprendre les règles qui m'empêcheraient de voir ce contrat. Je ne suis pas devant la loi d'accès à l'information. Et, Infrastructure Québec, les règles d'Infrastructure Québec n'ont rien à voir avec les règles de commission parlementaire. Alors, ce que peut vous dire Infrastructure Québec n'a aucune importance ici, ça, c'est important que vous le compreniez. Alors, je voudrais le dépôt de ce contrat...
Le Président (M. Sklavounos): Moi, à mon niveau, madame...
Mme Maltais: ...aux membres de la commission.
Le Président (M. Sklavounos): Moi, à mon niveau, Mme la députée -- vous connaissez bien le règlement -- je peux autoriser un dépôt, mais je ne peux pas obliger une personne à divulguer un document. Vous connaissez bien le règlement.
Mme Maltais: Oui, mais je voudrais comprendre pourquoi ce contrat est inaccessible entièrement aux députés?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
Mme Maltais: Quelles sont les raisons pour lesquelles on ne peut pas lire un contrat avec une agence... avec une entreprise privée? Puis je veux savoir, là, parce que ça concerne l'argent public.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron. M. Deschamps? M. Deschamps, allez-y.
M. Deschamps (Richard): Je peux parler, oui?
Le Président (M. Sklavounos): Vous n'avez pas à... Si vous voyez la lumière rouge, le micro est allumé. C'est M. le technicien qui s'en occupe.
M. Deschamps (Richard): O.K.
Le Président (M. Sklavounos): Vous n'avez rien à faire, juste à être à l'aise et détendu.
M. Deschamps (Richard): Bien, pour vous répondre, le contrat est assujetti à des clauses de confidentialité qui s'expliquent par le fait qu'il y a des tiers, des compagnies qui vont éventuellement postuler, poser leurs candidatures pour d'autres PPP. Alors, il y a des informations qui feraient en sorte d'amener ce qu'on appelle une concurrence déloyale entre les promoteurs privés. C'est là-dessus qui fait qu'on a une...
Une voix: ...
Le Président (M. Sklavounos): ...permettre à M. Deschamps de compléter sa réponse. Allez-y, M. Deschamps.
M. Deschamps (Richard): C'est sur ce point que nous sommes limités dans la transmission de certaines informations.
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Étant donné que le contrat est déjà signé, il ne peut pas y avoir de concurrence. Alors, je voudrais savoir quel est... Est-ce que vous avez un avis juridique nous expliquant ça? Avez-vous demandé un avis juridique?
Le Président (M. Sklavounos): M. Deschamps.
M. Deschamps (Richard): En fait, les consignes, malgré le fait que vous ne soyez pas d'accord, viennent d'Infrastructure Québec, en ce sens que le contrat, compte tenu qu'il comporte des données confidentielles et compte tenu qu'il y a actuellement des projets en mode PPP qui vont survenir au cours des prochains mois, fait en sorte que... limite actuellement certaines informations qui pourraient faire en sorte, encore une fois, d'amener ce que certains concurrents pourraient appeler de la concurrence déloyale.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron, complément de réponse.
M. Gendron (Yvan): Ce que je vous propose, Mme Maltais, dans le fond, c'est... Compte tenu peut-être des rôles et responsabilités que vous mentionnez, de la commission parlementaire, je pourrais prendre, dans le fond, la question un peu en délibéré, puis vous revenir, au niveau de la commission, par rapport à ça, O.K., pour être bien sûr de supporter, à ce moment-là, le travail des élus, finalement.
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Tout à fait. M. le Président, j'apprécie, effectivement. Parce que je comprends qu'il arrive des règles de concurrence, puis ça, on les a acceptées, mais là, le contrat étant signé, moi, c'est sûr que je vais... Après ça, si ça ne débloque pas, on va se tourner vers Infrastructure Québec, puis ça va brasser. Parce que c'est de l'argent public, puis, nous, notre travail, c'est de faire la reddition de comptes pour l'argent public.
Est-ce que le... On sait le total, on sait que c'est à peu près 203... C'est 203 millions, le contrat, je pense. Est-ce que...
Une voix: ...
Mme Maltais: C'est le chiffre qui est sorti, là, c'est le chiffre qui est sorti.
Des voix: ...
Le Président (M. Sklavounos): Vous allez me permettre juste de... Si vous parlez tous en même temps... Juste pour la transcription des débats, ce n'est pas pour jouer le président, mais c'est que ça facilite la tâche de ceux qui font la transcription des débats, c'est plus clair. Alors, si vous voulez la parole, il faut la demander, parce que, lorsque vous parlez en même temps, ce n'est pas clair pour ceux qui font ça. Et nous gardons le Journal des débats très précisément pour pouvoir avoir...
M. Gendron (Yvan): O.K. Mais je vous indique, effectivement...
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): ...Mme Maltais, que l'information qu'on a, qui est inscrite dans l'analyse, et autres, confirme ce montant-là.
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Merci. Est-ce que ce montant risque d'être respecté? Parce qu'on a entendu parler de dérogation... de négociation entre l'agence et le promoteur sur des dérogations potentielles.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): C'est tout à fait respecté, et, même, le Groupe Savoie en donne plus sans nous en demander. Et nous avons même vérifié, comme je le disais, à différents moments, là, même les signatures sur les feuilles de paie, pas parce qu'on avait une inquiétude, mais on avait des questions qui nous avaient été posées. Nous autres, par toute transparence, on y a été, puis, l'équipe du Groupe Savoie, livres ouverts, disponibilité 24 heures sur 24, sans problème là-dessus.
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Donc, il n'y aura pas de demande supplémentaire, comme ça a été... ou de dérogation, comme il y avait... il en était question, là. Vous confirmez que ça va se... J'ai entendu parler de... j'ai entendu parler de ça, de demande de dérogation, de... Donc, on s'en tient à 203 millions. Parfait. On va...
Il a été question de formation du personnel. Les gens se plaignaient que -- le personnel était formé -- il y avait un fort taux de roulement. Comment est-ce que vous assurez que le personnel dispensant les services dans les CHSLD en PPP soit bien formé?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Bon, dans ce PPP là, puisque c'est le premier, bien sûr, on va se servir un peu soit de l'expérience ou de nos réflexes, là, par rapport à ceux qui s'en viennent, bien sûr, là, Mais, selon le contrat, ils sont tenus d'avoir des gens formés. Les normes ne précisent pas, à travers le Québec... Et ce n'est pas différent là, par rapport à d'autres CHSLD. Est-ce que tous doivent avoir la formation totale, complète, etc.? Les gens ne sont pas tenus actuellement... Mais tout le monde tend vers ça, et c'est une bonne chose. Maintenant, nous avons vérifié justement la question de la formation de tous ces gens-là.
Par ailleurs, bien sûr, le taux de roulement au départ, comme dans toute organisation... C'est une organisation de 200 lits qui a débuté, c'est normal d'avoir un petit peu un taux de roulement au départ, qui était à peu près de 44 % et qui est rebaissé maintenant à un taux qui est plus normal, autour de 20 %, 23 %, dans ces coins-là. Donc, les premières semaines, ça bougeait un petit peu. Mais je pense que c'est normal dans une organisation qui ouvre, une journée, avec 200 clients, bien sûr étalés sur quelques semaines, là, c'est un défi important.
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. Gendron. Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Avez-vous vérifié si le nombre d'heures de formation correspondait au nombre d'heures de formation qui était dans le système public?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Nous avons vérifié, bien sûr. Il y a différentes écoles de formation de préposés, il y a différents nombres d'heures, comme tel. Tous ont reçu la formation soit parce qu'ils... déjà, au préalable, et tous ont reçu de la formation aussi sur le terrain, par rapport soit au fonctionnement soit raviver certaines connaissances, et autres comme tel. Et, je dirais, c'est assez comparable aux CHSLD, je dirais, publics, dans notre vérification. Mais tous tendent, bien sûr, à avoir des formations complètes, comme, je dirais, l'objectif du ministère, là, partout, puis c'est ce qu'on tend... partout.
Le Président (M. Sklavounos): Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: Vous dites « assez comparable » . Avez-vous comparé? Est-ce que vous avez des données là-dessus? Est-ce que vous avez fait... Parce que ça a été vraiment... Il y a eu une émission d' Enquête là-dessus, il y a eu des critiques sévères à l'effet qu'ils n'avaient que très peu d'heures de formation au lieu des 750 heures habituelles.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Nous avons vérifié, nous avons, personne par personne, le nombre d'heures, école par école, de ce PPP là de façon particulière. Et nous avons des suivis, depuis plusieurs années, des autres CHSLD, depuis 2007-2008, quand la norme est finalement sortie.
Le Président (M. Sklavounos): ...M. Gendron. Une minute, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais: C'est beau, s'il reste une minute, je vais attendre.
Le Président (M. Sklavounos): Parfait. Alors, je vais aller de l'autre côté, à M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez la parole.
** (10 h 40) **
M. Chevarie: Merci, M. le Président. Au cours de l'année 2009-2010 -- et j'en prenais connaissance dans votre rapport -- le réseau a été interpellé particulièrement pour la grippe H1N1, la pandémie, la fameuse pandémie qui a frappé un peu le monde. De ce qu'on a pu constater, le taux d'attaque était quand même moins élevé que celui anticipé, mais c'était quand même un niveau extrêmement important, qui a commandé une mobilisation assez importante de l'ensemble du personnel du réseau et qui a aussi, je pense, inquiété l'ensemble de la population.
Et on peut en arriver à la conclusion que le réseau de la santé et des services sociaux était extrêmement bien préparé, avec ses plans d'intervention, ses plans de lutte, qu'il a su mobiliser l'ensemble du personnel et que la réponse fut adéquate aux besoins de la population à cet effet-là.
Ce que j'aimerais vous entendre... bien, d'abord, un peu nous décrire comme ça s'est passé, quelle a été la façon de procéder dans votre région. Mais surtout un point qui m'intéresse, c'est que... Suite à l'évaluation que vous en avez faite, après coup quelle est, selon vous, les principales faiblesses du réseau de la santé par rapport à une problématique comme celle-là, et surtout dans une approche constructive, pour nous permettre à être encore plus performants si jamais on avait à faire face à une pandémie d'une telle envergure au cours des 10 ou 15 prochaines années?
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député des Îles. M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Je vais vous rappeler quelques informations de base pour bien comprendre comment ça s'est passé, nous, la Montérégie. Bien sûr, la campagne de vaccination contre la grippe a été assez exceptionnelle à plusieurs égards, là, parce qu'il y a plus de 800 000 doses qui ont été données, quand même, en Montérégie, contre... comparativement à 300 000 doses pour la vaccination saisonnière de la grippe, là, je dirais, standard. 58 % des Montérégiens ont été vaccinés contre 57 % de la population à l'échelle du Québec. Donc, c'est assez semblable.
La région a été particulièrement efficace en ce qui a trait à la vaccination de certains groupes de la population dont on craignait un peu soit la disponibilité ou la capacité de leur donner. On pense aux bébés de six à neuf mois, 81 %, les enfants de cinq à 11 ans, donc milieu scolaire, 76 %, et les personnes âgées, 65 ans et plus.
Le défi, bien sûr, au niveau de la pandémie, c'est bien l'organisation de travail. Quand on pense à une région comme la Montérégie, comparativement à des régions où il y a un seul CSSS -- nous, on en a 11 -- donc, je dirais, l'harmonisation soit de l'information, des communications et des décisions, c'est un défi tout particulièrement important. Mais, je vous dirais, pour avoir été à ce moment-là directeur général d'un établissement hospitalier, le taux de réactivité en milieu hospitalier et en milieu CSSS, CLSC, et autres, là, par rapport à ce type de situation là, est très rapide, est très rapide.
Moi, je vous dirais... Est-ce que nous avons eu des problématiques particulières? Je vous dirais non, parce que les résultats, dans le fond, quand on a parti la vaccination -- dès que les vaccins étaient disponibles, hein, qui est dépendant, dans le fond, de l'industrie -- c'était de façon très, je dirais, rapide. Il y a eu beaucoup de flexibilité au niveau des différentes zones de vaccination et des choix qui ont été faits. Je pense que l'objectif a été atteint de façon très adéquate.
Nous n'avons pas eu à développer de cliniques de grippe, là, spécialisées comme à Montréal et un autre endroit dans une autre région. Mais, si nous aurions dû le faire ou avoir à le faire, nous étions déjà prêts à ce niveau-là. Tous les centres de santé et services sociaux ainsi que l'Hôpital Charles-Le Moyne avaient développé et planifié un site non traditionnel, finalement, pour faire face, dans le fond, aux cas plus, je dirais, atteints de grippe. Nous n'avons, bien sûr, pas eu -- heureusement -- à les développer.
Par contre, exemple, l'Hôpital Charles-Le Moyne a développé, avec l'ensemble de ses collègues montérégiens, en collaboration aussi avec l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, une disponibilité, entre autres, au niveau de l'information pour les soins intensifs, hein? Parce que, si vous recevez un patient en soins intensifs dans un hôpital qui ne s'attend pas à en avoir un, bien... Souvent, c'est le défaut ou c'est le besoin de l'information qui est nécessaire, clinique, et là-dessus nous avions un corridor de services d'information et aussi un corridor, je dirais, d'offre de services cliniques, si nous aurions besoin de le faire. Donc, nous étions bien organisés par rapport à ça.
Je dirais rapidement, en concluant, par rapport, mettons, à ce que je dirais qu'il faudrait améliorer, je dirais d'abord... Si je fais le constat, je pourrais vous dire que tout a bien été. Nous n'avons pas eu de délai, je dirais, à noter dans les différents secteurs de planification, et autres.
Mais, si j'aurais, je veux dire, un choix à donner particulièrement en Montérégie, avec un nombre important de CSSS, c'est donner plus de flexibilité au niveau du terrain quant à sa modalité, mettons, d'offrir la vaccination, que ce soit dans une école, que ce soit en CLSC, que ce soit dans un aréna, et autres comme tel, et de ne pas, mettons, trop mettre d'emphase sur la grande uniformisation, dans le fond, de la façon de faire.
Donc, leur donner cette réactivité-là, mais de suivre, dans le fond, les grands objectifs, leur donner le maximum de matériel le plus rapidement possible, et les directives, bien sûr, de santé publique, là, uniformes, là, en termes de vaccination, de façon de suivre, et autres comme tel. Mais, dans la modalité, dans le fond, de vaccination dans ce cas-ci, de donner plus de flexibilité auprès des établissements.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles.
M. Chevarie: Par rapport à cette recommandation que vous faites, est-ce que vous en avez discuté avec la Direction de santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux?
M. Gendron (Yvan): Oui, tout à fait. Nous étions très présents. Nous avons même fait un genre, dans le fond, de groupe de consultation auprès de nos intervenants sur le territoire, là, en santé publique: directeurs généraux, directeurs, services médicaux et autres, infirmiers. Et ça a été transmis... et en collaboration avec soit l'Institut national de santé publique ainsi que la Direction de santé publique du Québec, tout à fait.
M. Chevarie: O.K. Est-ce que... Je comprends, quand vous avez fait l'évaluation de l'ensemble de la démarche, du processus, tout a bien été. Vous avez atteint vos objectifs en termes de taux de vaccination. Je pense que le personnel a été mobilisé, le réseau de communication a fonctionné. Est-ce qu'il y a des services qui furent négligés?
M. Gendron (Yvan): Bien, dû à l'ampleur, je dirais, de la crise comme telle, avec le nombre de clientèles qui s'est présenté, je vous dirais non. On avait quand même, je dirais, préparé des planifications pour réduire les activités, exemple salle d'opération, et autres, là, pour s'assurer que l'ensemble des infirmières soient disponibles. Mais, par l'ampleur de la tâche, ça a été centré beaucoup au niveau de la vaccination, si j'exclus toute la préparation, planification, là.
Je veux dire, c'est un exercice très intéressant et important pour faire face à une crise de la pandémie mais comme d'autre chose, comme le verglas, par exemple, qu'on a eu en Montérégie, dans la grande région de Saint-Jean, Saint-Hyacinthe, Granby, Cowansville, qui a permis... Dans le fond, on était comme déjà préparés, mettons, à faire face. On a adapté en fonction, bien sûr, de la spécificité de la pandémie, là, mais, je vous dirais, dans ce sens-là, ça a bien été.
M. Chevarie: M. le Président. On m'a dit, dans d'autres auditions, d'autres agences, que, bon, on estimait le taux d'attaque à 35 %. Et ça a très bien été. On a très bien réussi. Tout le monde en convient. Et le taux d'attaque, semble-t-il, a été autour de 20 %. S'il avait été à 35 %, comment votre région se serait tirée d'affaire par rapport au déploiement des services?
M. Gendron (Yvan): Chaque CSSS avait un plan de mesures d'urgence, un plan de déploiement pour justement atteindre cette cible de 35 % là. Il y avait des sites non traditionnels de l'offre de services, tant au niveau ambulatoire qu'au niveau hospitalisation -- subaigu, et autres comme tel -- ou du suivi de la clientèle, dans tous les territoires. Donc, chacun des territoires avait un modèle, que ça soit dans un hôtel, que ça soit dans un site militaire comme à Saint-Jean, et autres, là, tout le monde avait son modèle qui était déjà préplanifié, et autres. Donc, on était prêts à faire face à la musique.
Le défi, bien sûr, aura été toujours, bien sûr, la disponibilité du personnel. Nous avions déjà fait des rappels au niveau de la main-d'oeuvre, nous avions établi une stratégie, dans le fond, de relève de ces professionnels-là ainsi que des préposés et tout le personnel nécessaire. Mais le défi, naturellement, tout dépendant de l'ampleur et de... Je dirais, là, la durée, dans le fond, de la pandémie, ça a été notre défi principal. Mais, pour ce qui reste, la planification, tout était là.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles.
M. Chevarie: Merci. Dans un autre ordre d'idées -- et on va être plus présents par rapport à l'actualité -- récemment, vous avez... votre région a fait face à une grande inondation. Évidemment, ça a entraîné des dommages physiques extrêmement importants, et la longueur du temps de cet épisode-là a été assez forte. J'imagine qu'il y ait eu de la détresse sociale, psychologique et que le réseau de la santé et des services sociaux a été interpellé. J'aimerais savoir comment le réseau a procédé dans cette problématique-là, quels sont les services qui ont été mis à contribution, et nous faire un peu un portrait général de la situation actuellement.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Oui. Je vous dirais, tout d'abord, dû à l'expérience du verglas, dû à l'expérience, bon, de différentes situations, préparation de mesures d'urgence et autres, ainsi que la pandémie bien sûr, nous, l'ensemble des intervenants psychosociaux sont déjà préparés à intervenir en crise, en crise sociale de différents niveaux, etc. Donc, nous autres, l'ensemble des agents ont été formés au cours des années.
Et c'est, à toutes fins pratiques, complété. Tout ce qu'on a à faire, dans le fond, c'est le renouvellement de personnel, s'assurer qu'ils sont habilités à intervenir en cas de crise, que ça soit un autobus, dans le fond, un gros accident, etc., des familles, des situations difficiles, au niveau de feux, avec plusieurs personnes décédées, différents types, on en a, ainsi, bien sûr, au niveau d'interventions de masse, comme le verglas, qui a été, comme nous, en 1998, là, vraiment, une étape importante, où plus de la moitié de la population avait été touchée en Montérégie. Donc, de ce côté-là, ça allait à ce niveau-là.
** (10 h 50) **
Quand on regarde l'ampleur, dans le fond, de cette situation-là, c'est bien sûr que la mobilisation d'une équipe de bénévoles, très importante, organisée par des bénévoles, hein, plus de 10 000, 8 000, et ça a été, je dirais, d'une aide très importante.
Le défi dans ces situations-là, ce n'est pas tellement de recevoir la clientèle, c'est de les dépister, puis d'y aller, aller les voir comme tel. Parce que les gens sont pris dans leur milieu, sont pris dans leur situation, ils ne veulent pas quitter leurs maisons, quitter leurs enfants, ils sont pris avec la question de l'école, la question du travail, la difficulté des fois au niveau des couples, au niveau des familles. Donc, nous, on a déployé une équipe sur le terrain. Et, comme le CSSS Haut-Richelieu -- Rouville, qui est quand même un CSSS d'importance, avait suffisamment d'équipes pour déployer...
Je dirais, une cinquantaine, dans le fond, d'intervenants, sur la centaine, étaient, dans le fond, disponibles 24 heures sur 24 à différents endroits, que ça soit sur le terrain pour aller dépister, mobiliser, créer des réunions d'information avec les maires, et autres, s'assurer que l'information soit disponible et faire le tour avec les maires. Puis il y a beaucoup de municipalités, beaucoup de maires qui transigent, qui interviennent de façon différente. Donc, on a eu un travail important à faire. Mais bien sûr intervenants aussi au niveau des écoles, au niveau du CLSC.
Et, quand on regarde l'ampleur... Mettons, les demandes de psychosocial par rapport à la crise, là, on calcule qu'il y a eu 191 demandes à l'accueil psychosocial, soit demandées directement, soit qu'on a été, dans le fond, les sensibiliser et les dépister, ces gens-là. Donc, il n'y a pas eu une demande très importante de demandes comme tel, mais on avait une intervention, je dirais, proactive de prévention et qui nous a permis de répondre plus rapidement, je dirais, d'éviter des crises et de supporter, dans le fond, l'ensemble de ces familles-là, parce qu'il y avait énormément de maisons, comme vous savez, qui avaient été touchées.
Et ce n'est pas terminé encore. Nous avons encore des demandes dans ce sens-là. Mais nous sommes bien organisés. Nous avons un réseau, bien sûr, là, de médecins qui s'était organisé pour répondre à la demande, au besoin. Mais nous n'avons eu à peu près, à toutes fins pratiques, aucun patient qui s'est présenté à l'urgence pour une situation particulière. Et, bien sûr, les autres CSSS étaient en relève, là, Saint-Hyacinthe, par exemple, Champlain, et autres, au cas qu'ils auraient eu besoin, puis on parle d'exceptions, parce qu'on s'en est bien sortis.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député des Îles, il vous reste deux minutes.
M. Chevarie: Quels sont les professionnels qui sont les plus interpellés dans une situation comme celle-là? Vous parlez de 191 demandes de service reliées directement à la crise des inondations.
M. Gendron (Yvan): Si on regarde, mettons, le CSSS... Pardon.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Excusez-moi. Si on regarde le CSSS, puis je vais revenir à l'agence après, parce qu'il y a beaucoup de gens de l'agence qui sont impliqués, bien sûr, là, mais on parle beaucoup d'intervenants psychosociaux, O.K., de différents types. On parle d'infirmières sur le terrain, dépistage et autres, là. Disons qu'une vingtaine de personnes qui étaient régulièrement sur le terrain, là, à 100 % de leur temps, là, je ne dirais pas 24 heures sur 24 mais quasiment, donc c'est ces personnes-là.
Du côté de l'agence, bien sûr, tout le personnel qui est lié aux mesures d'urgence, aux services préhospitaliers, toutes les personnes reliées à la santé publique pour s'assurer que l'information est adéquate, que les gens ne partent pas sur des rumeurs de danger de toucher à l'eau, danger de boire de l'eau -- oui, il y a un danger, mais que faisons-nous, etc. -- donner la bonne information. Donc, il y a de multiples intervenants, santé publique entres autres, comme je le disais, mesures d'urgence, là, pour accompagner les équipes en lien...
Parce que le défi, hein, c'est un gros défi de coordination avec les autres secteurs, dans le fond, que ce soit le ministère de la Sécurité publique, le ministère du Transport, l'Alimentation, et autres, là. Il y a des enjeux importants, donc... et en lien avec, naturellement, tout le secteur municipal.
M. Chevarie: Est-ce que vous considérez qu'actuellement la situation est rétablie et que vous êtes en période de veille ou d'alerte en cas des répercussions plus tard chez certaines personnes, par exemple?
Le Président (M. Sklavounos): En 30 secondes, M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Au niveau de la santé et services sociaux, je vous dirais, la situation est presque rétablie, mais là nous avons les conséquences, je dirais, des phénomènes, je dirais, un peu de dépression et autres, qui accompagnent tout ça, les problèmes financiers, donc les problèmes qui touchent aux jeunes, à la famille, aux écoles, aux pertes d'emploi, et autres. Là, on est centrés là-dessus. On n'est plus centrés sur la question des maisons et eaux, là, c'est d'autres ministères, on est centrés là-dessus et, oui, nous avons des suivis assez serrés avec un certain nombre de familles.
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. Gendron. Alors, ça termine ce bloc du parti ministériel. Je vais aller du côté de l'opposition officielle, et ça sera au tour de M. le député de Saint-Hyacinthe, qui est également le porte-parole de l'opposition officielle pour les personnes handicapées. Alors, vous avez la parole, M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Merci, M. le Président. Alors, je salue à mon tour les collègues et les gens ici. Je vous souhaite la bienvenue.
Ma question, étant le porte-parole pour les personnes handicapées, bien, ça va porter un petit peu, en début, sur les besoins au niveau des personnes en déficience physique. Je regarde, le nombre de personnes ayant une déficience physique recevant des services à domicile a augmenté de 10 %. Mais la cible ministérielle 2010 de 10 058 est loin d'être atteinte. Je voulais savoir: Comment comptez-vous l'atteindre? Et puis y a-t-il une liste d'attente pour ces services? Et quels en sont les délais pour l'obtention du service dans le territoire?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Je vous dirais qu'avec l'augmentation des... entre autres 8 millions qu'on vient d'avoir pour la question des soins à domicile -- ça concerne toute clientèle, dans le fond, bien sûr, qui est à domicile -- ça va nous permettre d'augmenter, dans le fond, la réponse à cette clientèle-là, qui est grandissante avec le vieillissement, là. Parce que la solution d'aujourd'hui n'est pas suffisante pour demain parce que les besoins augmentent, bien sûr, là. Bien, ça va nous permettre de donner un coup de plus, de façon notable, à ce secteur-là.
Dans l'attribution des différentes ressources intermédiaires que nous allons faire cette année, que nous avons déjà octroyées, dans le fond, là, que les gens se mettent en place tranquillement, là, il y a, dans le fond, des ressources qui vont se développer de façon spécifique pour une clientèle... entre autres déficience physique, et dans d'autres secteurs. Mais il y a des nouvelles ressources qui vont être offertes, entre autres... sans nommer de places, mais, à différents endroits, là, un certain nombre de ressources. Il y en a quand même pour à peu près 200 quelques places, là, de différentes clientèles spécifiques.
Nous n'avons pas la clientèle, dans le fond, de déficience physique en attente dans tous les secteurs, hein? C'est les CSSS qui possèdent leurs listes d'attente, comme tel. Nous, par contre, on leur demande de faire les suivis, de nous donner, dans le fond, les objectifs à atteindre, comme tel. Mais, si vous avez besoin par contre qu'on vous donne le topo global, on peut faire un tour d'horizon rapidement au niveau des établissements, mais...
Une voix: ...
Le Président (M. Sklavounos): ...Saint-Hyacinthe. Alors, si vous voulez bien, M. Gendron, on va vous demander d'acheminer ces renseignements au secrétariat de la commission pour que ça puisse être partagé avec tous les autres membres de la commission. Continuez, M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Dans un autre ordre d'idées, on apprenait dernièrement que -- à la dernière session -- le centre de réhabilitation de... le centre BMP à Brome-Missisquoi, il était question de transférer les patients à Saint-Hyacinthe pour recevoir des services. Je veux savoir où est-ce qu'il est en rendu, ce dossier-là, et si, vous, vous avez pris des mesures pour que la clientèle de ce coin de région là puisse recevoir ces services chez eux dans le futur, parce qu'il était question qu'ils soient transférés pour recevoir des services à Saint-Hyacinthe.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Bon, à la connaissance des faits -- puis on est un peu en lien avec eux autres à certains égards, là -- on parle d'un certain nombre de clientèles, on parle d'à peu près 12, 15, 20 clients, dans le fond, sur le total du nombre de personnes qui ont besoin de ce service-là, qui étaient touchés par cette mesure-là. C'est-à-dire qu'il faut faire la part des choses, hein? La clientèle qui doit être hospitalisée pendant un certain temps, avec des ressources spécialisées bien sûr, bon, va continuer d'aller à Saint-Hyacinthe, et à Saint-Bruno maintenant, et dans d'autres secteurs en Montérégie, là.
On ne peut pas développer un centre, dans le fond, d'hospitalisation spécialisé en adaptation partout, ça, on en convient. Le problème n'est pas là pour les familles. Le problème, c'est surtout pour l'ambulatoire, de se rendre trois, quatre fois par semaine dans un centre éloigné, surtout quand, je dirais, l'axe routier n'est pas, mettons, soit le plus sécuritaire ou le plus habituel, naturel, disons, en ce sens-là.
Ce qu'ils ont fait maintenant, c'est qu'on a demandé au Centre montérégien de réadaptation, dans le fond, de s'assurer de donner plus de services à domicile à cette clientèle-là, ce qui est en augmentation, pour éviter... dans le fond, de minimiser le nombre de transports. Nous avons vérifié l'ensemble des besoins, parce qu'on parle... Si on parle plus de clientèles, mettons, amputées, par exemple, comme tel, on parlait de cinq à six cas par année, là, à cause de diabète et autres.
On regarde, dans le fond, de s'assurer que l'offre de services soit donnée pour le territoire La Pommeraie et Granby, ce qui est, dans le fond, demandé, et il y a une offre de services qui va être offerte, là, dans les prochaines semaines, c'est en cours, c'est autorisé par l'agence. Nous étions actifs là-dessus. Donc, c'est des bonnes nouvelles.
Par contre, dans l'entre-temps, nous avions une préoccupation quand même parce que, disons... C'est sûr que, bon, la solution s'en vient, mais, en attendant, on fait quoi pour aider, entre autres, oui, cette clientèle-là mais beaucoup les aidants naturels, les amis, les frères, les conjoints qui se promènent puis que... la question aussi du travail et leurs disponibilités. Nous avons offert un service, dans le fond, de transport adapté à cette clientèle-là pour minimiser, dans le fond, les impacts et les irritants. Donc, nous étions très actifs à ce niveau-là.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Sur le territoire, il y a beaucoup de... il y a quelques centres, là, qui donnent du répit, des centres d'hébergement, et qui se plaignent souvent qu'ils ne peuvent pas embaucher des ressources, exemple des personnes pour aider, là, les gens qui vont... C'est surtout les fins de semaine. C'est des gens qui sont surtout à mobilité réduite, qui... Je vais vous donner un exemple, c'est le Centre Louise-Bibeau à Saint-Hyacinthe. Eux, ils se plaignent, qu'ils disent... Ils n'ont pas le budget pour lequel ils pourraient se qualifier.
Ils sont qualifiés pour un type de budget, mais ils ne reçoivent pas le budget en question. Donc, ils ne sont pas capables de donner le service, nécessairement. Puis je suis sûr que ce n'est pas la seule entité.
Est-ce que vous... Est-ce qu'il y a une analyse qui se fait pour... Comment se fait la répartition des dons ou des subventions à ces centres de répit là? Parce que, dans le fond, c'est un besoin essentiel pour soulager les familles, et tout ça, et donner un certain répit aux proches aussi. Et puis, bien souvent, les centres qui donnent ce répit-là sont pris avec des conditions qu'ils ne peuvent pas remplir.
Le Président (M. Sklavounos): Merci, M. le député de Saint-Hyacinthe. M. Deschamps.
M. Deschamps (Richard): En fait, les besoins, comme ce centre-là, actuellement, sont bien documentés. Vous comprendrez toutefois qu'il n'y a pas eu de développement dans la dernière année pour répondre aux besoins, bien qu'on reconnaît la qualité de l'offre de services de ce centre-là et des autres centres de répit en déficience physique. Ils sont actuellement, là, tous documentés. Au moment où on aura des développements, des nouveaux crédits, il y aura des rehaussements, certainement.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron, un complément de réponse.
M. Gendron (Yvan): Oui, en complément. Ce qu'on demande aussi, dans le fond, au CSSS, c'est, dans l'offre de services globale qu'ils font à cette clientèle-là vulnérable, comme tel, bien, avec le soin, je dirais, à domicile, je dirais, un peu spécialisé ou rehaussé, de regarder pour tenir compte de cette clientèle-là, pour supporter justement ces ressources-là. Ça fait qu'il y a des différences entre les territoires.
Le Président (M. Sklavounos): M. Deschamps.
** (11 heures) **
M. Deschamps (Richard): Je pourrais juste aussi ajouter, pour vous rassurer aussi, qu'en dépit du fait qu'il n'y a pas eu de crédits spécifiquement donnés au niveau de la déficience physique nous avons pris des décisions, M. Gendron a pris des décisions, cette année, à l'effet de financer une nouvelle maison pour les adultes. La Maison Desjardins, qui s'occupe de jeunes qui ont de lourds handicaps physiques, dans la prochaine année, va avoir une maison pour... dédiée aux adultes dans ce volet-là. Alors, il y a quand même des développements dans notre région, mais à la hauteur des crédits qu'on reçoit.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Merci, M. le Président. Un autre type de questions -- je vais vous en faire une couple en rafale de même -- c'est qu'au niveau de l'urgence de l'hôpital, du Centre hospitalier Honoré-Mercier, il y a un projet qui a été déposé à l'agence, ça fait déjà quelques années, il y a eu la visite du ministre de la Santé à Saint-Hyacinthe il y a quelques mois déjà, et je veux savoir où en est ce dossier-là et si l'agence pense que ce projet-là pourrait se réaliser dans les prochaines années pour justement répondre aux besoins d'une clientèle et aussi donner des services adéquats aux gens de la région.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Nous sommes en démarche étroite avec l'établissement. Ils sont, dans le fond, à terminer leur première étape, qui est, dans le fond, le dépôt, dans le fond, de ce qu'on appelle de... du PFT, de la première étape vraiment de toute l'élaboration du projet comme tel. Ça fait que, oui, on est en support à cette organisation-là, et en support avec le ministère aussi, avec la Direction nationale sur les urgences, qui ont été visiter. On analyse, dans le fond, les besoins.
Ils sont sur le point de nous déposer cette première étape là, qui va permettre, dans le fond, de présenter le document, dans le fond, pour ce qu'on appelle les plans et devis préliminaires par la suite. Donc, on accompagne l'établissement très étroitement.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Merci. Mais il n'y a pas de délai, il n'y a pas d'échéancier de prévu, il n'y a rien? Excusez, M. le Président, je ne me suis pas adressé à vous.
Le Président (M. Sklavounos): Allez-y, allez-y.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Il n'y a pas d'échéancier de prévu ou des choses comme ça?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Pour nous, l'échéancier, c'est: au fur et à mesure qu'il y a des décisions politiques, nous, les échéanciers se raccourcissent. Donc, il y a une
partie qui dépend de nous. Mais, comme on se met maintenant en mode d'accompagnement en même temps que l'établissement produit, dans le fond, son projet, on réduit les délais du côté administratif, je parle agence, établissements, et autres comme tel. Et on travaille de concert avec la Direction nationale sur les urgences. Mais il va rester, bien sûr, je dirais, un travail à faire du côté du PQI, et du gouvernement, et de l'opposition.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): M. le Président, il reste combien de temps?
Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Il reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Sklavounos): Il reste six minutes, M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Six minutes. O.K. En attente, l'attente pour les services d'orthophonie au niveau de la région sont très longues en 2010 dans plusieurs secteurs de la région. On dit même que, dans les hôpitaux de Saint-Jean-sur-Richelieu et Granby, ça peut aller jusqu'à deux heures de délai d'attente pour les... deux ans de délai d'attente pour les services d'orthophonie.
Puis je pense qu'ailleurs aussi c'est assez problématique parce qu'il y a bien des jeunes qui arrivent en milieu scolaire, en réseau... au réseau scolaire et puis qui n'ont pas été soit en... qu'ils n'ont pas eu le diagnostic, ils n'ont pas eu le plan d'intervention, donc à ce moment-là il n'y a pas de suivi. Alors, c'est des retards importants. Et je veux savoir combien de personnes qui sont en attente actuellement dans les services au niveau de l'orthophonie et quel est le délai d'attente moyen pour ce service dans plusieurs centres de la région.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Vous comprendrez qu'en orthophonie il manque beaucoup d'orthophonistes au niveau du Québec. Il y a peu d'orthophonistes, dans le fond, qui sortent à chaque année. Il y a des différences, en termes d'attente, entre les différents territoires. Nous n'avons pas une liste d'attente globale. Puis on pourrait vous fournir des données là-dessus sans problème, sauf qu'il faut toujours retenir une chose: une liste d'attente, c'est les cas, dans le fond, qui sont connus, parce que souvent, à l'école, on essaie de dépister ces gens-là, puis les orienter, puis donner des services.
Les attentes peuvent varier en termes de types de services: Avons-nous besoin d'une orientation, d'une certaine habilitation ou d'un traitement, je dirais, qui serait plus étendu? Donc, de façon spécifique, là, c'est une grande préoccupation au niveau de la clientèle orthophonique et c'est très différent d'un territoire à l'autre. Mais chaque établissement fonctionne, travaille soit des fois par groupes, avec les enfants, ou de façon individuelle, ce qui amène... Des fois, la liste d'attente varie de façon particulière.
Mais, vous avez raison, tout à fait, c'est un délai qui est préoccupant, deux ans et plus dans certains cas et d'autres, finalement un peu plus rapides, tout dépendant.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Est-ce que vous avez des statistiques pour les jeunes, mettons, de quatre à six ans qui sont en attente d'une intervention et puis qui sont... qui arrivent en période scolaire? Est-ce que vous avez une statistique à ce niveau-là, des jeunes qui sont en attente et puis que... ils n'ont pas nécessairement... qui sont obligés de se tourner vers le privé bien souvent?
Et puis il y en a une partie, s'ils n'ont pas les moyens d'aller au privé, bien, ils sont en... ils restent dans le... ils attendent le public, mais sauf que c'est quand même des jeunes qui arrivent avec des retards qui ne sont pas compensés et puis qui arrivent en milieu scolaire, et là ça peut se répertorier... ça peut se répéter sur leur vie, leur vie durant, leur vie scolaire. Alors, est-ce qu'il y avait une sensibilité à ça au niveau de l'agence?
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Oui, tout à fait, il y a une sensibilité. Il y a des travaux qui ont été faits à ce niveau-là, et dans les secteurs particuliers comme La Pommeraie, entre autres, je pourrais dire, là. Mais, nous, on pourrait faire un sondage rapide auprès des établissements, mais retenez bien que le chiffre qu'on va vous fournir, ça va être les cas que l'on connaît, O.K.? Donc, ça ne donnera pas un portrait exact, à savoir: Est-ce que nous avons tous les enfants connus en attente de services? On va savoir ceux qui ont été dépistés, que les parents ont été voir, etc., là.
Mais, particulièrement la zone, je dirais, de quatre à six ans, on la connaît mieux parce que c'est celle qui est critique, justement, puis même, dans certains cas, ça retarde l'entrée au niveau des écoles, là. Ça fait que... Mais on pourrait vous revenir avec ça, M. Pelletier.
Le Président (M. Sklavounos): M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Vous comprendrez que c'est l'intensité... Oui, l'intensité des services est importante. Puis, si on ne reçoit pas cette intensité-là, bien, c'est sûr que c'est des retards chez les jeunes.
Dans un autre ordre d'idées, on mentionnait tantôt le Centre jeunesse Montérégie, il y a eu... 47 %, on va dire, de tous les signalements retenus sont... se retrouvent en Montérégie. Moi, ce qui m'inquiète là-dedans... C'est quand même troublant. Je veux savoir s'il y a des explications sur ce phénomène-là au niveau de la Montérégie puis comment répondre à ces besoins-là, parce que les besoins sont immenses.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Gendron (Yvan): Le centre jeunesse a engagé un consultant, là, qui est, bon, quelqu'un de spécialisé au niveau du centre jeunesse pour analyser ça, au printemps dernier, là. Parce qu'on voyait l'augmentation arriver de plus en plus, puis surtout sur une année en plus qui était marquante, on se questionnait un petit peu. J'ai dit: Coudon, c'est bien beau faire la promotion auprès des écoles, auprès des corps policiers, et autres comme tel, mais il y a avait une augmentation importante. Bon, quand on regarde, dans le fond, les cas qui ont été signalés, on se rend compte que...
Tant mieux s'ils ont été signalés, il y a eu des interventions, certains ont été retenus et d'autres pas, là. Puis ça suit un peu la moyenne. Mais c'est très préoccupant.
Donc, on avait comme deux niveaux de préoccupation, c'est comment adapter notre offre de services pour être sûrs de répondre rapidement, de s'assurer de donner les réponses. Parce que souvent c'est des recherches d'information, clarification, rumeur, et autres comme tel, mais il y a beaucoup de cas quand même qui sont très sérieux. Donc, il fallait absolument adapter notre offre de services là-dessus. Et le centre jeunesse a réorganisé, dans le fond, ses équipes, même a fait du surplus, on a octroyés des surplus, finalement, à leur demande aussi, pour répondre à ça.
Mais ce n'est pas terminé. Ce qu'on veut faire comme poursuite, là, bien sûr, là, c'est de voir: Est-ce que la tendance va se maintenir? Est-ce que, là... Parce que, là, on a reçu 5 000 $, là, du gouvernement pour augmenter... de façon non récurrente, mais l'argent est quand même... on l'espère qu'elle va demeurer récurrente par la suite. 500 000 sur 1,5 million, du Québec, donc, ça répond un peu, je dirais, à la proportion toute... au niveau des régions.
Mais là on se questionne, puis là on va faire le tour au niveau des écoles, policiers, et autres comme tel: Comment se font les signalements puis pourquoi... Est-ce qu'avant on ne les signalait pas? Est-ce qu'on a perdu... Ça fait qu'on est là-dedans en ce moment, là-dessus.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): M. le Président...
Le Président (M. Sklavounos): Il reste quelques secondes, mais je vous les laisse.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Ah! juste quelques secondes. Ça serait important de savoir pourquoi la Montérégie, elle serait différente des autres régions à ce niveau-là, comme, mettons, la région de Laval, la région de Montréal, au niveau des signalements. Ça serait intéressant de comprendre et d'essayer de savoir.
Le Président (M. Sklavounos): M. Gendron.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe): Est-ce que vous avez une stratégie de développée vers ce sens-là?
M. Gendron (Yvan): C'est parce que la première observation, c'est: Est-ce que notre campagne de promotion, de sensibilisation est plus efficace? Est-ce que nos CSSS justement sont plus... je dirais, ils font du meilleur dépistage en milieu scolaire? C'est là-dessus qu'on est. On ne pourra pas comparer les 18 régions, là, bien sûr, là. Mais, somme toute, la première question qu'on s'était dite: Est-ce que les cas qui nous sont référés devaient l'être?, la réponse, c'est oui. O.K.?
Le Président (M. Sklavounos): Merci. Merci, M.Gendron. Là-dessus, je vais aller de l'autre côté. Il ne reste plus du temps dans ce bloc de l'opposition officielle. Je vais céder la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine pour le bloc ministériel.
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