House Proceedings — 14 March 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-03-14
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, bon matin, chers collègues. Bon jeudi
matin. Alors, je vous invite, s'il vous plaît, à bien vouloir vous
asseoir.
Nous en
sommes à la rubrique Déclarations de députés, et, pour débuter cette rubrique
aujourd'hui, je vais céder la parole à Mme la députée de Vimont.
Schmaltz : Merci, M. le Président. Alors, dans le cadre des
célébrations de la Journée internationale des droits de la femme, je
souhaite rendre hommage à un organisme de ma circonscription, Femmes en emploi.
Depuis 2014,
cet organisme accompagne les femmes issues de l'immigration ou en situation de
précarité afin de faciliter leur
intégration sociale, culturelle et professionnelle. Cet organisme, dirigé par
des femmes ambitieuses et déterminées, multiplie
les projets innovants en matière d'intégration tels que le «speed dating»
culturel, la cérémonie de célébration du Mois de l'histoire des Noirs et
le marché durable, qui verra bientôt le jour.
Je tiens à
exprimer ma profonde gratitude envers l'ensemble de l'organisme pour le travail
qu'il accomplit au sein de notre communauté. Merci, Mirlaine, Marjorie
Rosiclair, Esther, Smarilda. Elcie, Florence, Vivianne, Marie Nadège, Daphney, Marie Françoise, Marjorie Eliacin,
Marie-Gisèle et Dorcas. Mesdames, vous êtes une source d'inspiration et de
soutien pour toutes les femmes et les filles. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Vimont. Et, pour
la prochaine déclaration, je reconnais Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le Président.
C'est ce dimanche le 17 mars qu'aura lieu la fête de la Saint-Patrick. J'aimerais offrir mes voeux sincères, mes
meilleurs voeux à la communauté irlandaise au Québec. Ses contributions sont
nombreuses et ses racines sont profondes
dans notre société. Elles sont aussi bien ancrées en moi-même, car je suis
issue de la famille McGraw, mais aussi O'Connor, McDermott, Hurley et
Lennon.
I would like to particularly highlight
the St. Patrick's Society of Montréal, Canada's oldest fraternal
organization, who,
for the last two centuries, has sought to protect and promote the Irish
community, as well as give back to the broader community. This Sunday, my colleagues and I will walk in Montréal's
199th annual St. Patrick's parade, organized by the United Irish Societies of Montréal. It is the
second oldest, and largest, and longest in the world. It proudly showcases
not only Irish culture but celebrates the diversity of our city.
Bonne fête de la
Saint-Patrick à tous et toutes. «Erin go bragh.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. Alors, je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Huntingdon pour sa déclaration.
Mallette : Merci, M. le Président. Vous savez, il est très
difficile pour un vignoble de réussir à avoir un de ses vins inscrit sur la carte d'un restaurant
étoilé Michelin, spécialement pour ce qui est de ceux décorés de trois étoiles.
Seules les meilleures bouteilles peuvent y faire leur chemin.
C'est le cas
des vins du Vignoble Camy, de Saint-Bernard-de-Lacolle, dans mon comté.
Isabelle Leveau et Fred Tremblay
proposent depuis 2011 des vins de finesse et d'harmonie, reposant sur une
sélection de trois cépages : le chardonnay, le pinot noir et le
pinot gris. Le chardonnay Camy est d'ailleurs régulièrement primé, depuis 2018,
par le National Wine Awards of Canada comme
l'un des meilleurs chardonnays canadiens. Les vins du Vignoble Camy, selon
le choix stratégique des propriétaires, ne
sont disponibles que dans les meilleurs restaurants partout au Québec et en
Europe.
Un gros merci à Alexandre Mahut, de l'agence Art
et Vin, de faire rayonner l'un des meilleurs vins du Québec, particulièrement
dans la région parisienne. Bravo, Fred et Isabelle, pour votre trésor à
découvrir! Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Huntingdon. Et maintenant, pour la prochaine déclaration, je reconnais M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je tiens à souligner la carrière d'une jeune retraitée, Mme Micheline
Dubé.
Native
du quartier Hochelaga-Maisonneuve, Mme Dubé comprend vite que la
désindustrialisation provoque une pauvreté endémique et les habitants
peinent à retrouver de l'emploi. C'est ainsi qu'en 1974 elle fonde l'organisme
le Carrefour Relance, qui a pour mission
d'accompagner les jeunes... les personnes éloignées du marché du travail vers
un emploi. En tant que directrice,
pendant 50 ans, elle a su organiser une équipe de professionnels pour
développer divers projets d'intégration en emploi, des ateliers sur la
gestion du stress et sur les nouvelles technologies en recherche d'emploi. Elle a également développé une fine connaissance
des programmes de financement gouvernementaux, assurant ainsi la
pérennité de son organisme.
personnes qui ont travaillé avec Mme Dubé sont sans équivoque à l'égard de
sa façon d'être et de son travail : généreuse, novatrice et
altruiste. J'espère sincèrement que nous saurons nous imprégner de son approche
humaniste.
Un grand merci pour
votre travail, et bonne retraite, Micheline. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Et nous poursuivons avec
la déclaration de M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci,
M. le Président. C'est un immense privilège que je dédie mon hommage
aujourd'hui à Mme Pierrette Plante, une
Louisevilloise très impliquée dans sa communauté, présidente du Noël du pauvre
à Louiseville depuis maintenant 20 ans. Elle détient d'ailleurs le
record du plus grand nombre d'années à la présidence.
L'entraide
et le partage étant des valeurs bien imprégnées en elle depuis son enfance,
elle compte plus de 50 ans de bénévolat. Au fil des ans, Pierrette
Plante s'est impliquée dans de multiples organismes tels l'association des
personnes handicapées, la maison des jeunes,
la maison de la famille, le Club Richelieu, le Fonds Gérard-Morin, les Filles
d'Isabelle, l'AFEAS, La Confrérie des sarrasins, et je pourrais en
nommer bien d'autres.
Mme Plante
mérite certainement toute notre reconnaissance, alors l'ensemble de mes
collègues se joignent à moi, Mme Plante, pour vous dire merci.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Maskinongé. Et nous poursuivons maintenant
avec la déclaration de Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Merci, M. le Président. J'ai le
plaisir de souligner le 100e anniversaire de Marcelle Ferron, artiste
québécoise née en 1924 et nous ayant quittés en 2001.
Femme
engagée, libre, vive d'esprit, elle est une pionnière dans le domaine des arts,
au Québec, et cosigne le manifeste Refus global en 1948. À l'origine de
nombreuses oeuvres marquantes, telles que la verrière à la station de métro
Champ-de-Mars, à Montréal, Marcelle Ferron a pu habilement allier l'art à
l'engagement social dans notre patrimoine artistique
malgré avoir grandi dans une époque où l'accès des femmes au milieu artistique
était particulièrement restreint.
Je souhaite par la même occasion souligner le
travail exceptionnel de l'organisme d'Outremont Les Amis de la place
Marcelle-Ferron, à l'origine des festivités du 100e anniversaire, et qui
poursuit sa mission artistique à travers des spectacles, des expositions et des
événements liés à l'art public, en plus d'offrir une plateforme aux artistes
pour réaliser et présenter leurs oeuvres.
En ce centenaire,
soulignons l'éminent parcours de Marcelle Ferron. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Et, pour la prochaine déclaration, je
reconnais Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci, M. le Président. C'est avec fierté que je
souligne le 70e anniversaire des Chevaliers de Colomb, conseil 3809 de Laflèche, un organisme qui
depuis sa création, dans les années 50, a eu un impact majeur sur le
bien-être et sur la vie de plusieurs personnes de ma circonscription.
Dans les années 80, l'organisme a
connu son apogée, regroupant près de 1 500 membres, qui, au fil des
ans, ont contribué au maintien de ses activités et veillé ainsi au
bien-être de ses membres et de la communauté. Citant le grand chevalier M. Michel Collette, ils ont donné,
sans compter, temps et argent afin d'atteindre leur but. Les membres ont fait
preuve d'imagination afin de financer leurs oeuvres, tel que soupers au homard,
tournois de golf. Toutes les sommes recueillies
furent investies dans des projets communautaires comme des paniers de Noël,
fournir des vêtements d'hiver pour des enfants, traitements hyperbares,
dépannage alimentaire.
tiens à remercier toutes les personnes ayant contribué de près ou de loin,
durant ces 70 ans, au maintien de la mission et l'existence de
l'organisme, qui contribue à faire une différence dans notre communauté. Félicitations!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Laporte. Et nous poursuivons maintenant avec
la déclaration de M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Il y aura
20 ans, ce printemps, qu'un groupe de gens, de visionnaires des Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec
l'Université du Québec à Rimouski, s'est réuni pour fonder un centre de
recherche dont la raison d'être se résume en un mot : insularité.
Depuis
2004, le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes allie la
recherche fondamentale et la recherche appliquée dans l'archipel et dans
le golfe Saint-Laurent. Le CERMIM multiplie les projets, et son expertise, maintenant, est reconnue au-delà de nos frontières
par des projets comme la récupération des engins fantômes, matériel de
pêche qui parsème le fond du golfe, la fabrication de chaux avec les coquilles
de homard ou de crabe, adaptation aux changements climatiques, matières
résiduelles, et j'en passe.
D'ailleurs, le
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie est un grand
partenaire du CERMIM. Les sommes consacrées
au centre par Québec ont un véritable effet de levier. Le retour sur cet
investissement est important et indéniable.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et, pour la prochaine déclaration, je
cède la parole à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laforest : Merci, M. le Président.
Alors, M. le Président, je veux prendre quelques instants pour souligner
un moment important dans le milieu du hockey junior majeur du Québec.
Yannick
Jean, l'entraîneur en chef des Saguenéens de Chicoutimi, vient d'établir le
record de tous les temps pour le
nombre de victoires dans l'histoire de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec.
Il a enregistré sa 590e victoire le 23 février 2024 devant ses partisans au Centre Georges-Vézina, pour
ainsi dépasser un autre ancien entraîneur de Chicoutimi, Richard Martel, et ainsi devenir l'entraîneur le
plus victorieux du circuit. M. Jean a gagné des matchs avec les formations
de l'Île-du-Prince-Édouard, de Victoriaville, mais surtout avec Chicoutimi.
Alors, une telle
séquence démontre que M. Jean a du talent comme entraîneur, qu'il a pu
compter sur de bons joueurs, qu'il a été en
mesure de prouver sa détermination. Je tiens à préciser que sa carrière
derrière un banc comme entraîneur de hockey n'est pas encore terminée.
Il a maintenant atteint le cap de 595 victoires, hier soir.
Alors,
M. Yannick a de grandes qualités, comme la rigueur, mais surtout
M. Jean inspire le respect tout autour de lui. Merci, Yannick.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Chicoutimi. Et,
pour la prochaine déclaration, je reconnais M. le député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : M. le Président, le
24 mars prochain se tiendra la 25e édition du Gala des Olivier,
coproduit par Radio-Canada et l'Association des professionnels de
l'industrie de l'humour.
présente édition revêt une signification toute particulière pour mes
concitoyens du comté de Gaspé, qui seront nombreux à suivre la soirée, singularisée par la présence de Mme Eve
Côté, humoriste bien connue du public et originaire de Gaspé. Non seulement Mme Côté coanimera le
25e Gala des Olivier, mais elle sera également en nomination à cinq reprises, dont quatre pour son spectacle Côté
Eve , composé de numéros dont plusieurs s'inspirent de sa jeunesse passée
dans la péninsule.
Parmi ces nominations, il importe
également de souligner celle dans la catégorie Auteur de l'année, dans laquelle
Mme Côté est en lice en compagnie de son frère, M. Jean-Michel Côté.
Aux deux complices de
la Gaspésie, nous souhaitons la meilleure des chances. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Gaspé. Et, pour la prochaine déclaration, je vais
céder la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, je souligne le 10e anniversaire de l'Association
des femmes d'ici et d'ailleurs, un organisme de ma circonscription.
Femmes
d'ici et d'ailleurs a pour mission de faciliter l'intégration sociale et
culturelle des familles en apportant un soutien aux femmes, et ce, par un large inventaire d'activités. Lors de
leur soirée d'anniversaire, en novembre dernier, la directrice générale et
fondatrice de l'organisme, Mme Zainab Akkaoui, nous a dit : Aider une
femme, c'est aider une famille, c'est
aider un quartier, aider une ville, c'est aider une nation. Ces paroles
viennent appuyer tout l'engagement et le dévouement des personnes qui
s'impliquent dans cette organisation, M. le Président.
Avec la Journée
internationale du droit des femmes qui avait lieu la semaine dernière, je ne
peux m'empêcher d'être fier d'avoir un tel organisme qui travaille quotidiennement
au sein de mon comté pour le bien-être des femmes.
Joyeux
anniversaire, Femmes d'ici et d'ailleurs! Je vous souhaite encore plusieurs
décennies. Zainab, je te dis «choukrane». Merci à toi. Merci à toute ton
équipe.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Vachon. Et, pour conclure cette rubrique, je
cède la parole à M. le député de Papineau.
M. Lacombe : Merci, M. le Président.
C'est un plaisir pour moi de souligner aujourd'hui le parcours d'un citoyen
originaire de ma circonscription qui voit depuis quelques mois à rassasier
l'appétit des élus, du personnel, des visiteurs et des invités de marque
de l'Assemblée nationale.
Depuis
l'été dernier, Sébastien Laframboise agit comme chef exécutif du restaurant Le
Parlementaire, en plus d'être aux commandes du Café du Parlement ainsi que des
services de réceptions et de banquets. C'est notamment à la suite d'un passage remarqué dans les cuisines de l'Hôtel
Bonne Entente et du Festival d'été de Québec que le natif de Buckingham,
dans Papineau, en Outaouais, a fait son entrée à l'Assemblée nationale en
juillet 2023.
Reconnu
pour mettre de l'avant les produits québécois, M. Laframboise a su se
démarquer auprès de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec
lorsque le temps est venu de dénicher un successeur au chef Martin Gagné.
Diplômé
du centre de formation professionnelle Relais de la Lièvre-Seigneurie, il
exposera d'ailleurs son grand talent aux téléspectateurs lors de la
prochaine édition de l'émission Les Chefs . D'ailleurs, ce sera sa
troisième participation.
Félicitations,
M. Laframboise, et bon succès! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Papineau. Et cela met
fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde.
Distingués invités, messieurs dames les députés, nous allons nous recueillir
quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir. Bienvenue, les petits bébés.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article b.
La Présidente :
À l'article b du feuilleton,
M. le député de Nelligan présente le projet de loi n° 695,
Loi sur le directeur parlementaire du
budget. M. le député.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente.
Ce projet de loi
prévoit la nomination, par l'Assemblée nationale, d'un directeur parlementaire
du budget ayant notamment pour fonction de
favoriser le contrôle parlementaire des finances publiques et des prévisions
budgétaires du gouvernement.
cette fin, le directeur parlementaire du budget se voit confier l'analyse non
partisane des politiques fiscales et budgétaires
du gouvernement et des tendances de l'économie. Plus précisément, le projet de
loi prévoit la production de divers
rapports par le directeur parlementaire du budget, dont un rapport dressant un
portrait objectif de l'état des finances publiques et des prévisions budgétaires, un rapport annuel sur les
perspectives économiques et financières du... un rapport dressant un
portrait objectif de l'état des finances publiques et des prévisions
budgétaires, un rapport annuel sur les perspectives
économiques et financières du gouvernement ainsi qu'un rapport sur l'équité
intergénérationnelle. Le projet de loi prévoit également que des
recherches, des études et des analyses peuvent être préparées à l'initiative du
directeur parlementaire du budget ou à la
demande de l'Assemblée nationale, de l'un de ses membres ou d'une commission
parlementaire.
ce qui concerne l'examen préélectoral des finances publiques, le projet de loi
transfère au directeur parlementaire du budget la responsabilité de certifier
le rapport préélectoral des finances publiques produit par le ministre des
Finances.
projet de loi prévoit en outre que le directeur parlementaire du budget a pour
fonction d'évaluer, à la demande d'un député, l'incidence financière pour le
gouvernement d'une dépense projetée ou du coût d'une mesure proposée.
Enfin,
le projet de loi prévoit des pouvoirs et des immunités, des dispositions
administratives et financières, des modifications de concordance ainsi
que des dispositions diverses et finales.
Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
La Présidente :
Vous demandez le vote, c'est
votre droit le plus strict. Vous êtes prêts pour le vote? Alors, le vote
est ouvert.
Alors, la période de
vote est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Présidente : Alors, ce projet de loi... Voilà. Adopté. M. le leader du
gouvernement, oui.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, j'aimerais déposer un document à l'Assemblée et que ce soit communiqué
au leader de l'opposition officielle, Mme la Présidente. J'aimerais déposer à
nouveau le cahier de réforme parlementaire
de 2020, dans lequel le directeur parlementaire du budget a été proposé par le
gouvernement, Mme la Présidente. Alors, on va envoyer une copie au
leader de l'opposition officielle.
Présidente : M. le leader de l'opposition officielle, brièvement, oui.
M. Derraji : Mme la Présidente, nous sommes prêts à discuter de
ce projet de loi. La prochaine étape, envoyez-nous vos groupes, si vous
voulez, on peut s'entendre sur la liste des groupes et...
La Présidente :
Je suis debout, M. le leader. Il
n'y a pas de débat ici. La question était pour savoir s'il y a
consentement pour le dépôt du document
qui a été suggéré par le leader du gouvernement. Consentement pour le dépôt?
Des voix : Consentement.
Présidente : Consentement. Nous allons poursuivre.
M. le leader du gouvernement, à la rubrique Dépôt
de documents. Vous en avez plusieurs.
Jolin-Barrette : Oui. Mme la Présidente, je dépose les réponses aux
pétitions déposées en Chambre le 30 janvier
2024 par les députés d'Iberville, de Pontiac et d'Hochelaga-Maisonneuve, le
31 janvier 2024 par les députées de Mille-Îles et de Verdun et le
8 février 2024 par les députés de Matane-Matapédia et des Mille-Îles.
dépose également la réponse à la question inscrite au feuilleton le
8 février 2024 par le député de l'Acadie. Merci.
La Présidente :
Ces documents sont déposés.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles et député de Marquette.
M. Ciccone : Merci
beaucoup. Je dépose le rapport de la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, le 13 mars 2024, a procédé à l'étude détaillée
du projet de loi n° 498, Loi
proclamant la Journée nationale de l'érable. La commission a adopté le texte du projet de loi sans amendement.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Ce rapport est déposé. M. le
président de la Commission des institutions et député de Richmond.
M. Bachand : Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de
la Commission des institutions qui, le 13 mars 2024, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet de loi n° 54, Loi donnant suite à la Table Justice-Québec en vue de réduire les délais
en matière criminelle et pénale et visant à rendre l'administration de la
justice plus performante. Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, je cède la parole, maintenant, au député de Pontiac.
Fortin : Merci, Mme la Présidente. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale et signée par
11 493 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le gouvernement a déposé le 28 novembre 2023 des amendements au projet
de loi n° 15, Loi
visant à rendre le système de santé
et de services sociaux plus efficace,
qui modifient la Loi concernant les unités de négociation dans le
secteur des affaires sociales;
«Attendu que les
consultations sur le projet de loi n° 15 ont eu lieu du 19 avril au
23 mai 2023 et qu'il fut impossible de
s'exprimer sur cette proposition et [donc] souligner les difficultés et enjeux
suscités par cette modification des catégories d'emploi proposée par le
gouvernement;
«Attendu que les
titres d'emploi d'infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et
[de] perfusionnistes cliniques compris dans
l'actuelle catégorie 1 ont une expertise et une organisation du travail
complémentaire dans les soins directs donnés aux patients;
«Attendu que les
amendements proposés par le gouvernement au projet de loi n° 15 [ont] pour
effet de séparer la catégorie 1 du personnel entre deux catégories, alors
que les titres d'emploi d'inhalothérapeutes et de perfusionnistes cliniques doivent demeurer dans la
catégorie 1 pour ne pas nuire ni à l'organisation du travail ni à la
stabilité des équipes;
«Attendu
que tous les titres d'emploi du réseau de la santé, un secteur majoritairement
féminin, doivent être mieux valorisés;
«Et l'intervention
réclamée se résume [donc] ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de retirer les articles du
projet de loi n° 15 modifiant la catégorie 1 de la Loi
concernant les unités de négociation dans le secteur des affaires sociales.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 069 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le
ministre des Finances du Québec a accordé une subvention de 5 à
7 millions de dollars pour la tenue de deux matchs préparatoires des
Kings de Los Angeles de la Ligue nationale de hockey en 2024;
«Considérant
que ce financement représente un gaspillage de fonds publics, en particulier
dans un contexte où un nombre croissant de Québécois et de Québécoises
se trouvent en situation précaire;
«Considérant
que l'utilisation de ressources financières pour des événements sportifs de
cette envergure ne semble pas être une priorité judicieuse dans le
contexte économique actuel;
«Considérant
qu'à la vue de l'importance des montants en jeu le ministre des Finances aurait
dû prioriser l'intérêt supérieur des Québécoises et des Québécois et
refuser;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de :
«Prendre des mesures
immédiates pour annuler la subvention accordée aux matchs préparatoires des
Kings de Los Angeles de la LNH en 2024; et
«Rediriger ces fonds
vers des initiatives visant à soutenir les besoins essentiels de la population
québécoise en situation précaire.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est
déposé. Je reconnais maintenant Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 2 160 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, le 17 novembre 2023, le gouvernement fédéral a lancé le Programme
humanitaire familial pour les
Colombiens, les Haïtiens et les Vénézuéliens et que les seuls demandeurs
admissibles à cette voie d'accès humanitaire à la résidence permanente sont l'enfant, le petit-enfant, l'époux, le
conjoint de fait, le parent, le grand-parent ou le frère ou la soeur
d'un citoyen ou d'un résident permanent du Canada;
«Considérant
que le Québec a décidé de ne pas permettre aux résidents du Québec d'appuyer la
demande des membres de leur famille intéressés par ce programme;
«Considérant
que le gouvernement fédéral s'est engagé à assumer les coûts liés à l'arrivée
et à la réinstallation de ces personnes;
«Considérant
que les citoyens et résidents permanents canadiens parrainant ces demandeurs
doivent les accompagner pendant un an, notamment en inscrivant les
adultes à une formation linguistique;
«Considérant
que près de 90 % de la communauté haïtienne au Canada, une communauté
francophone, se trouve au Québec, ainsi qu'une grande
partie des
communautés colombienne et vénézuélienne;
«Considérant
que la non-participation du gouvernement du Québec à ce programme pénalise
indûment les Québécois d'origine colombienne, haïtienne et vénézuélienne;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de :
«Participer au
Programme humanitaire familial pour les Colombiens, les Haïtiens et les
Vénézuéliens;
«S'engager,
le cas échéant, à renouveler sa participation à ce programme ou à toute mesure
subséquente du gouvernement fédéral en découlant ou s'y substituant.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales.
Pour ce faire, je cède maintenant la parole, en question principale, au
chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci,
Mme la Présidente. On le sait, la mauvaise gestion du gouvernement caquiste les
a menés à déposer, mardi dernier, un budget déficitaire,
déficit record de 11 milliards de dollars. Ça, ça n'a pas fini de
coûter cher aux Québécoises et aux
Québécois. Mais, tout dépendamment de l'attitude du gouvernement, ça pourrait
leur coûter un peu moins cher, mais il faut qu'il rectifie le tir ce
matin.
Drapeau
jaune des firmes de cotation de crédit, excusez du peu. Les firmes de cotation
émettent des avis quotidiens. Elles
influencent les taux d'intérêt que les Québécoises et Québécois vont payer sur
les emprunts. Ça, ça va coûter de l'argent s'il y a décote.
Ce matin, on n'est pas dans la décote,
mais, avant d'aller à la décote, c'est une série de dominos qui tombent. Et à
tous les jours, depuis mardi, il y a un domino additionnel qui tombe. Premier
domino, domino perte de contrôle; dépôt, mardi,
d'un budget déficitaire record, 11 milliards de dollars. Deuxième
domino, pas de plan de retour à l'équilibre budgétaire. Troisième domino,
hier, le premier ministre qui a fait trop peu de cas des finances publiques en
disant, ah! que c'était raisonnable. En
quelque sorte : Circulez, il n'y a rien à voir. Quatrième domino, ce
matin, Martin Vallières, dans La Presse , feu jaune de la part des firmes de finances, de notation
financière Moody's et DBRS Morningstar.
premier ministre peut-il rectifier le tir, rectifier ses propos mal avisés et
déposer un plan de retour à l'équilibre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, d'abord, il faut être très
prudent, quand on parle d'un déficit record, parce que le déficit qui est annoncé pour 2024-2025 est
un déficit qui représente 1,5 % du PIB. Or, puis j'invite le chef de l'opposition
officielle à aller sur mon compte X, j'ai mis le tableau, on peut y voir, entre
autres, que deux gouvernements du Parti libéral ont déposé des déficits, des budgets avec des
déficits, un de 3,1 % puis un autre de 3,3 %, donc le double de ce qui
a été déposé cette semaine par le ministre des Finances.
Maintenant, Mme la
Présidente, pourquoi on se retrouve dans cette situation-là? Parce que,
contrairement au Parti libéral, on a décidé d'investir massivement en éducation,
en santé. On pense que c'est un choix qui est responsable. On pense que ça a été un erreur, une erreur de la
part du dernier gouvernement libéral, de couper en santé, de couper en
éducation. Même Carlos Leitão et Gaétan Barrette l'ont dit.
Donc,
Mme la Présidente, on est convaincus qu'on est capables, avec ce déficit qui
est raisonnable, gérable, de revenir progressivement à l'équilibre
budgétaire d'ici cinq ans.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Bien, parlons-en, de son tweet. 1996-1997, il y a
une erreur, là, ce n'était pas le PLQ, c'était le PQ qui était là. Deuxième des
choses, 2009-2010, c'était après la crise financière de 2008. Puis, en passant,
on avait mieux fait que vous, c'était 0,9 %.
fois qu'on a réglé ça, une fois qu'on a réglé ça, Mme la Présidente, il ne peut
pas, ce matin, en rajouter une couche
et dire aux firmes de cotation de crédit : Circulez, il n'y a rien à voir.
Il doit corriger ses propos puis déposer un plan, sinon les Québécois
vont payer plus cher.
Présidente : Réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président... Mme la Présidente, le
chef du Parti libéral nous dit : Oui, mais nous, on a fait un
déficit qui était deux fois plus gros que vous autres, mais c'était après une
crise financière. Où était-il dans les cinq dernières années? Pandémie,
ralentissement économique mondial, mondial.
Donc,
Mme la Présidente, effectivement, on aurait eu le choix de faire ce que les
libéraux ont fait, c'est-à-dire couper dans les services de santé et
éducation. On pense que ça n'aurait pas été responsable, donc on a fait un
choix totalement différent du Parti libéral.
M. Tanguay : ...c'est tellement important, la discussion qu'on
a là, là. Où était-il, lui, en janvier 2021, quand son cabinet a émis un communiqué de presse puis qu'il
a dit qu'il allait respecter tous ses engagements, nonobstant la pandémie?
Il l'a-tu autorisé, ce communiqué de presse là, de un? De deux, où était-il,
lui, quand le ministre de l'Économie, en novembre, il a dit : On maintient
le cap, puis, trois mois après, on passe de 4 à 11 milliards? Où était-il?
Est-ce
qu'il les a lues, les analyses des deux firmes de cotation qui lèvent un
drapeau jaune ce matin? Est-il préoccupé par cela? Qu'est-ce qu'il va
faire?
Présidente : Réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, le chef de l'opposition
officielle nous dit : En janvier 2021, on n'avait pas les mêmes
prévisions. Est-ce qu'il y a quelqu'un ici, en Chambre, qui pense qu'en janvier
2021 on pouvait prévoir ce qui s'en venait du côté
de la pandémie? Voyons donc, Mme la Présidente! Ça a été le cas... J'invite,
entre autres, le chef de l'opposition officielle à regarder le budget qui a été
déposé par la Colombie-Britannique. Partout dans le monde les économies ont été affectées. Et on avait, encore
une fois, deux choix : couper, comme l'a fait le dernier gouvernement
libéral, en santé puis en éducation ou être responsables puis accepter
un déficit temporaire.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, le premier ministre du Québec
ne peut pas se dissocier du fait que son ministre des Finances, en novembre 2023, dernier, il a dit
que le déficit, ça allait être 3 milliards, puis il est passé de
3 milliards à 11 milliards.
Ça, ça stresse, et à raison, les firmes de cotation, qui font dire à
Moody's : «À moyen terme, ces perspectives moroses pourraient
affecter l'évolution des notations de crédit.»
Il est premier
ministre du Québec. Va-t-il rectifier le tir, de grâce?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, on a fait le choix, entre
autres, en décembre, d'investir massivement dans les conditions de
travail des infirmières, des enseignants. On pense que c'était la décision à
prendre. Ça, ça a été la décision du
gouvernement de la CAQ. C'est complètement contraire au gouvernement libéral
précédent. Eux autres, c'étaient les «kings» des coupures, les «kings»
de l'austérité.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant — s'il
vous plaît! — la
députée de Saint-Laurent. La parole est à vous.
Mme Rizqy : En
tout cas, les rois pour l'échapper solidement, c'est vous. Prenons quelques
exemples. Échec monumental dans votre
première promesse, maternelles quatre ans. Par la suite, les CPE préfabriqués,
les maisons des aînés, le troisième lien, le tramway, les Espaces bleus, Le
Panier bleu. Et je pourrais continuer, la liste est tellement longue.
Citation rêvée...
non, ce n'est même pas une citation rêvée, c'est une vraie citation :
«Moi, quand j'ai eu mon portefeuille de ministre des Infrastructures, je ne
savais pas trop dans quoi je m'embarquais, j'ai appris chemin faisant. Besoins mal définis, peu définis. Dans le fond, il
faut qu'on améliore le démarrage des projets, parce que nous, on avançait,
puis on mettait des projets dans le PQI qui n'étaient pas assez matures, puis
on se ramassait, chemin faisant, avec des surprises,
puis, après ça, on se rendait compte qu'il y avait des coûts supplémentaires.
Là, on va apprendre à inscrire nos projets au PQI assez matures.» Qui a
dit ça? Le ministre des Infrastructures le 15 février dernier.
La Présidente :
Je vous rappelle... je vous
rappelle, Mme la députée, qu'on s'adresse à la présidence, hein, ne l'oubliez
pas. Et nous aurons en réponse le ministre responsable des Infrastructures.
M. Julien : Certainement, Mme la Présidente, parce qu'on parle
de projets majeurs qui s'inscrivent dans des PQI plusieurs, plusieurs années avant qu'ils ne se réalisent. On en a
plusieurs exemples, des DO, dossiers d'opportunité, des DA, qui, éventuellement,
vont en réalisation puis se matérialisent, des projets majeurs.
effectivement je rejoins ma collègue, on peut s'améliorer. Parce qu'on l'a
constaté dans des projets qu'on a hérités, qui datent de longue date, quand on
a fait le vrai travail d'évaluer dans un dossier d'affaires de manière efficace
et de manière très, très précise,
qu'il y avait des sous-estimations majeures, majeures. Et en a, des projets...
ma collègue au Tourisme peut en témoigner.
Donc,
si ma collègue trouve que ce n'est pas une bonne idée d'amener plus de maturité
avant de démarrer les projets dans les études d'avant-projet, bien, je suis
obligé de dire je ne suis pas d'accord. On travaille là-dessus avec ma collègue
au Trésor justement pour amener plus de
rigueur dans les prévisions à l'étude, qui vont faire en sorte que les projets,
quand ils seront en réalisation...
La Présidente :
En terminant.
M. Julien :
...seront mieux évalués et mieux estimés.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Rizqy : Votre collègue ne peut pas témoigner de
grand-chose. Même son contrat pour le Stade olympique, elle ne veut
même pas le publier.
Alors,
maintenant, autre citation rêvée : «Nous, au public, on ne peut pas faire
mieux que vous, au privé, parce que nous,
on est pris, au public, avec des contraintes. Moi, je dois faire la
démonstration, continuellement, de notre intégrité et de la
transparence. Moi, je dois faire avec ces deux contraintes-là.»
Alors, je pose la
question : Est-ce que la transparence et l'intégrité est deux contraintes,
pour vous, à la CAQ?
Présidente : La réponse du...
Présidente : Attendez! Attendez! Je suis debout, messieurs dames.
Article 32,
article 37. Je suis debout. Demeurez assis et gardez le
silence. C'est votre période de questions. Je vous entends.
Il n'y aura
maintenant qu'une seule personne qui a le droit de parole ici, c'est la réponse
du ministre des Infrastructures que nous attendons. On l'écoute, tout comme
nous avons écouté la question.
M. Julien : Merci,
Mme la Présidente. Venant du Parti libéral, là, les notions d'intégrité et de
transparence, là, je pense qu'on va
repasser. C'est certain que... Parce que j'écoutais ma collègue, hier,
parler : Pour nous, c'est des valeurs; pour vous, c'est des contraintes. Non, faites attention. Pour nous, on
dit que c'est des valeurs, mais parfois des valeurs sont contraignantes dans des processus. Moi, j'ai la
valeur de la ponctualité, mais ça me contraint, en fin de compte, de m'arranger
pour être à l'heure.
Alors, nous, au
gouvernement, avec ma collègue, avec ma collègue du Trésor, on travaille très
fortement pour maîtriser et maintenir
l'intégrité et la transparence. Maintenant, si quelqu'un estime que ces
valeurs-là n'amènent pas, dans le processus, plus de lourdeur qu'à
d'autres égards... Bien non, ça amène...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Présidente : On garde le silence.
Rizqy : Le leader est
choqué, alors j'ai mis sur X le gazouillis avec la preuve à l'appui. Mais,
transparence, dans une demande
d'accès pour connaître les coûts pour réparer un seul stationnement, en
dessous, là, voici la réponse pour les coûts. Bon, O.K., c'est dans
vos...
Présidente : Je vous rappelle, Mme la députée, qu'il ne...
Présidente : Ce n'est pas un tableau didactique. Poursuivez.
Mme Rizqy : ...c'est
vraiment un encadré du Conseil du trésor, et c'est un tableau, et ce n'est pas
de ma faute s'ils mettent plus d'encre noire
que de réponses. Là, maintenant, la bonne nouvelle pour tous ceux qui nous
écoutent : il y a une réédition du livre How big things get
botched .
Est-ce que vous allez
apprendre ou vous allez continuer à dépenser notre argent?
La Présidente :
Je vous invite à faire attention,
à respecter l'article 32, à garder le silence, demeurer respectueux
les uns avec les autres. M. le ministre, votre réponse.
M. Julien : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, c'est
surréaliste. Alors, on a un gouvernement libéral, dans les années... dans les 15 années au pouvoir, qui
n'a mis définitivement pas assez d'argent à l'intérieur du Plan québécois des
infrastructures, qui n'a pas planifié, en fin de compte, de maintien d'actif,
qui a proposé des projets majeurs mal ficelés, ce qui a fait en sorte, en réalité, que, depuis qu'on est ici, on est
passés de 100 milliards à 153 milliards dans le PQI, on est passés à 88 milliards de dollars en
maintien d'actif justement pour réparer les pots cassés de ce parti-là, et eux
autres, ils nous disent aujourd'hui que leurs grandes valeurs, c'est
l'intégrité et la transparence.
La Présidente : Excusez-moi, M. le
ministre. M. le leader, quelle est votre question de règlement?
Derraji : ...Mme la Présidente, il ne répond pas à la question de ma
collègue. Voilà.
La Présidente :
M. le leader du gouvernement, je
vais gérer cette période de questions. Le ministre était sur la réponse.
On est en train de répondre à la question. Il reste six secondes au ministre,
j'aimerais l'entendre.
M. Julien : ...Mme la Présidente, tout le monde comprend
qu'intégrité et transparence, c'est une rigolade quand les libéraux en
parlent.
Présidente : Pas de bravo après les réponses. Redevenons sereins, moi
la première.
La Présidente :
S'il vous plaît! En question
principale, maintenant, je reconnais le député de Pontiac. La parole est
à vous, juste à vous. On l'écoute.
M. Fortin : Avec des réponses comme ça, Mme la Présidente, ça devient de plus en
plus évident, savoir pourquoi la CAQ
est incapable de livrer des grands projets. À preuve, l'Hôpital Sainte-Croix, à
Drummondville, est en train de tomber en
ruine. L'extérieur de l'hôpital tient avec des filets de broche pour ne pas que
les briques tombent sur la tête des patients qui entrent à l'hôpital.
Juste
avant la campagne électorale, le premier ministre est allé à Drummondville et a
pris un engagement envers des gens de
la région. Que le projet soit mature ou pas pour le ministre de
l'Infrastructure, les deux députés du coin ont pris un engagement d'inscrire ce projet-là dans le Plan québécois des infrastructures. Depuis ce temps-là, il y a 200 médecins, il
y a 10 000 résidents de la région qui ont signé une pétition, avec
l'appui des députés du coin, pour exiger un nouvel hôpital. Les deux
députés ont même fait un point de presse ici, à l'Assemblée nationale, là, pour
mettre de la pression sur leur gouvernement,
ce qui leur a valu les éloges de la tribune de la presse. Évidemment, le
gouvernement n'a pas inscrit le projet au
PQI. Il renvoie la balle aux députés, leur remet de la pression sur eux. Ils
vont devoir expliquer leur décision aux citoyens, aux personnels, aux
patients.
Qu'est-ce que vous
avez à leur dire, aux gens de Drummondville?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Premièrement, Mme la Présidente,
avant de parler à nos députés, je parlerais à l'ancien gouvernement libéral pour les sous-investissements dans le
réseau de la santé. S'il y a eu un problème, puis mon collègue vient très bien
de l'expliquer, tous les hôpitaux ont
souffert d'un sous-investissement, puis je dirais sauf peut-être... à
l'exception de Montréal. Est-ce que c'est une coïncidence? Je ne le sais
pas, je ne le sais pas. Je pose la question. C'est la période des questions,
Mme la Présidente, je pose la question.
Maintenant,
on est un gouvernement de régions, et il y a eu des sous-investissements dans
tous nos hôpitaux en région. Alors, c'est sûr que, quand on prend un
engagement, on va le réaliser. Par exemple, que ce soit Drummondville,
l'engagement qu'on a mis, c'est qu'on mettrait ce dossier-là en évaluation
durant le mandat. Est-ce que le mandat est fini,
Mme la Présidente? Peut-être que l'ancien gouvernement libéral aimerait ça que
notre gouvernement soit terminé, mais ce n'est pas le cas. Il nous reste
au moins deux ans pour le mettre au PQI et de faire les travaux avec rigueur,
analyser correctement ce qui doit être fait.
D'ailleurs, je l'ai dit aux députés en période des crédits, je vais être à
Drummondville dans les prochaines semaines.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : ...gouvernement des régions, les deux grands perdants, en santé, là,
dans le budget, c'est Drummondville puis Maria, en Gaspésie. Ne venez
pas me dire que vous êtes un gouvernement de régions.
le ministre de la Santé, j'espère que tout le monde a entendu ce qu'il a dit,
ça va être en évaluation d'ici la fin du mandat. Alors, il va aller à Drummondville puis il va leur dire :
Bon, on va regarder ça d'ici la fin du mandat. Mais, quand... Le problème, Mme la Présidente, c'est que, quand
il y a une opportunité de prendre la parole pour défendre le budget, ils la
prennent, mais, quand il y a une opportunité de faire quelque chose puis de
faire avancer, bien, ils restent assis sur leurs mains.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : ...quelqu'un qui s'est
assis sur ses mains en Outaouais pendant qu'il était là, Mme la Présidente, je
pourrais regarder quelqu'un.
Alors,
écoutez, on a fait des projets qui sont très importants dans le réseau de la
santé. Moi, je suis très fier de ce qu'on
a réussi à faire justement parce que notre gouvernement a mis les fonds
nécessaires pour qu'on puisse redresser la situation dans notre réseau
de la santé.
Alors, on va
faire les choses avec rigueur, on va regarder chacun des projets. On a une
centaine d'hôpitaux, au Québec, Mme
la Présidente. Il y a eu un sous-investissement majeur pendant qu'ils étaient
là. C'est à nous de redresser la situation, et c'est ce qu'on fait, Mme
la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin : ...rapport indépendant, je cite : «L'état des installations
fragilise de manière critique la qualité et la sécurité des soins.» Cet hôpital-là, là, il ne peut plus attendre. Puis,
même une fois confirmé, là, une fois confirmé, construire un hôpital, pour le gouvernement en face, là,
c'est au minimum 10, 15, peut-être 20 ans. Puis, s'il veut parler de
l'Outaouais, ça fait six ans qu'il a fait sa promesse, il n'a même pas
trouvé de terrain encore pour son hôpital.
Si la qualité
des soins est fragilisée aujourd'hui, là, les gens de Drummond, ils n'ont pas
le temps d'attendre un autre deux, ou 10, ou 15, ou 20 ans pour le
gouvernement.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Je
ne répéterai pas les arguments de mon collègue qui est aux Infrastructures.
Écoutez, Mme la Présidente, je le
dis, là, le gouvernement est passé de 100 milliards, au PQI, à
153 milliards, c'est une augmentation de 50 % depuis que nous
sommes au gouvernement, pour justement nous donner la flexibilité de faire les
investissements nécessaires, malgré
l'augmentation des coûts. Alors, ce qu'on fait, on le fait avec rigueur. On ne
fait pas des promesses d'hôpitaux juste avant les élections pour être capables de gagner des votes, Mme la Présidente. C'est ça que le gouvernement
libéral a fait pendant des
années. Nous, on fait les choses avec rigueur. Merci beaucoup.
Présidente : Bon, je vous entends un peu trop. En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Westmount—Saint-Louis.
La parole est à elle, juste à elle, on l'écoute.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Depuis trois ans,
33 policiers de la SPVM patrouillent les rues de Montréal à pied pour intervenir auprès des
clientèles vulnérables. Je parle des personnes en situation d'itinérance, je
parle des personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale.
On a appris
récemment que, le 31 mars, cette Équipe de concertation communautaire va
disparaître parce que le ministère de
la Sécurité publique ne va pas renouveler son entente avec Montréal. La
fraternité des policiers de Montréal a dénoncé
cette coupure. C'est une aberration, selon eux. Le comité exécutif de la ville
a dit que le désengagement du gouvernement aura certainement un impact à
Montréal.
Personne ne
comprend cette décision, surtout que c'était la CAQ qui avait mis en place
cette équipe. À Radio-Canada, le
cabinet du ministre disait ne pas souhaiter commenter ouvertement le dossier,
compte tenu du processus prébudgétaire en cours.
Mme la Présidente, le budget est déposé. Est-ce
que le ministre peut maintenant commenter?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Sécurité publique.
Bonnardel : Mme la Présidente, on va mettre une chose au
clair. Premièrement, le ministère de la Sécurité publique ne finance pas, ne finance pas les opérations quotidiennes des
services de police. Le ministère de la Sécurité publique finance des
programmes, des projets pilotes qui sont ponctuels dans le temps, qui ont un
début et qui ont une fin.
Depuis 2018,
l'aide aux services de police municipaux est passée de 16 millions de
dollars à 112 millions de dollars. Particulièrement pour Montréal,
74 millions de dollars.
Alors, je le répète, s'il y a des
programmes qui prennent fin et que les services de police municipaux veulent,
dont la ville de Montréal, continuer ce projet pilote, c'est à eux de le
faire. Voilà.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Maccarone :
C'est quand même dénoncé, Mme la
Présidente. Puis pas juste eux. Cette semaine, une vingtaine d'organismes communautaires ont signé une lettre
pour dénoncer la coupure, et je les cite : «Cette annonce est inacceptable
et constitue un recul énorme pour l'ensemble de la communauté montréalaise.
[...]nous demandons au ministère de la Sécurité
publique et au gouvernement [...] de reculer sur cette décision, de [...]
financer le programme et de permettre la poursuite du travail
effectué...»
Mme la Présidente,
est-ce que le ministre va reculer, financer le programme et pérenniser?
Présidente : La réponse du ministre.
Bonnardel : Mme la Présidente, je le répète, l'accompagnement avec les
services de police, pour les aides municipales
que nous avons octroyées depuis 2016, est passé de 16 millions de dollars
annuellement à 112 millions de dollars.
Principalement, on a octroyé à la ville de Montréal, sur cinq ans,
225 millions de dollars pour 225 nouveaux policiers, 25 millions de dollars pour les travailleurs
sociaux. On a même une entente avec les services sociaux, sur la santé mentale,
pour équiper les différents corps de police
avec des équipes mixtes, pour 60 millions de dollars sur cinq ans, dont
Montréal profite aussi.
Donc,
je le répète, ce sont des programmes ou des projets pilotes qui ont un horizon
de temps, qui commencent avec un horizon a et qui se terminent avec
un horizon b.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Maccarone :
...la balle, Mme la Présidente,
mais les policiers le demandent, la ville le demande, les organismes le
demandent, je vous le demande, reculer, financer cette équipe cette année mais
aussi pour les années à venir.
la Présidente, est-ce que le ministre accepte de s'assurer la survie de
l'équipe que sa collègue a mise en place?
Présidente : M. le ministre.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, je répète à la
députée, et aux différents corps de police, et aux villes qui nous
écoutent : On finance, depuis 2018, à la hauteur... on est partis à
16 millions de dollars, aujourd'hui on est à 112 millions de
dollars d'aide annuelle. Ces programmes, projets pilotes ont un horizon de
temps, ils débutent à x, finissent à y. Si on
arrive à y et que le projet pilote fonctionne, c'est aux municipalités, aux
villes de continuer ou non ces projets pilotes.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Romy
et Norah Carpentier ont été assassinées par leur père en 2020, Alex et Olivier
aussi, et, il y a quelques semaines, l'IVAC
a annoncé à leurs mères, Amélie Lemieux et Émilie Arsenault, que l'aide
financière qu'elles reçoivent va se terminer en octobre. Quatre ans pour
se remettre de l'assassinat de ses deux enfants, est-ce que c'est assez? Moi,
je ne le sais pas, le ministre de la Justice ne le sait pas non plus, parce
que, tous les deux, on a l'énorme privilège
que nos enfants soient en vie. Mais ce que je sais, par contre, c'est que les
dates butoirs pour le rétablissement des victimes, ça ne peut pas fonctionner
comme ça. L'aide offerte à Amélie Lemieux et Émilie Arsenault ne peut pas
se terminer comme ça, avec une date
butoir arbitraire. Ça manque de bienveillance. Ça met une pression qui ne peut
pas fonctionner. On l'a dit au
ministre quand on a réformé l'IVAC, d'ailleurs.
Maintenant
qu'il constate l'ampleur de la détresse que ça crée chez les victimes,
qu'est-ce qu'il va faire pour remédier à cette situation-là puis les
aider? Est-ce qu'il va au moins accepter de les rencontrer?
Présidente : La réponse du ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je remercie la députée de
Sherbrooke pour sa question. Et, en prenant connaissance
de l'article du Devoir , très certainement, ce matin, mon personnel est
déjà en train de contacter Mme Lemieux et Mme Arsenault, et,
très certainement, je vais les rencontrer.
n'ose imaginer ce qu'elles ont vécu, ces femmes-là, puis tous les parents qui
vivent l'assassinat de leurs enfants. Lorsqu'on perd un enfant, c'est ce
qu'on a de plus cher. Et je peux vous assurer que ce qu'elles vivent, ce
qu'elles traversent, c'est extrêmement
difficile, nous en sommes conscients. Je pense que tous les parlementaires dans
cette Chambre en sont conscients.
qui est important de rappeler, avec la réforme de l'IVAC, oui, désormais, il
n'y a plus de rente viagère. Donc, ça
signifie qu'auparavant on avait un certain nombre de victimes qui pouvaient
bénéficier de l'aide de l'IVAC pour une durée indéterminée, c'était une rente viagère, la vie durant. Ce
régime-là faisait en sorte qu'on ne pouvait pas indemniser beaucoup de personnes. Nous avons fait un choix
d'augmenter le nombre de personnes victimes qui peuvent bénéficier de l'IVAC. La démonstration, c'est que, depuis qu'on
a mis en oeuvre le régime, il y a plus du double de victimes qui sont
indemnisées, maintenant.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Labrie : Je suis très contente que le ministre accepte de rencontrer
les victimes. Maintenant, j'espère que cette
rencontre-là ne servira pas seulement à leur expliquer un état de fait qu'elles
connaissent déjà. Ça va prendre des solutions. Quand on étudiait le
projet de loi, on avait prévenu le ministre que la date butoir allait créer de
la pression qui nuit au rétablissement.
J'avais proposé au ministre qu'il se dote d'un pouvoir discrétionnaire pour
pouvoir agir dans des situations particulières.
Est-ce
que c'est une solution qu'il est prêt à envisager maintenant qu'il constate des
situations réelles de détresse énorme et même d'idées suicidaires auprès
des victimes?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jolin-Barrette : Je pense que c'est
important, Mme la Présidente, aussi, de réitérer... Notamment, sur la question
du suicide, les services de l'IVAC sont là,
notamment, et les services psychosociaux aussi. Alors, ce que j'ai lu dans les
journaux aussi, ça me préoccupe, puis on va
offrir le soutien nécessaire aussi en termes de soutien psychologique. Puis
j'invite toutes les personnes qui auraient ce type d'idée... à leur dire
qu'il y a des filets de sécurité. On est là, puis c'est important d'accompagner
les gens.
Pour ce qui est... Sur
le fond du programme, le programme est une façon... c'est trois ans de soutien
financier temporaire, qui peut être
extensionné jusqu'à deux ans, donc c'est des démarches, également, qu'on va
voir pour ces cas particuliers là
mais pour l'ensemble de la population, jusqu'à cinq ans, mais il ne faut pas
oublier également les montants forfaitaires qui sont donnés à partir du
moment où la personne est...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Labrie : Moi, j'aimerais entendre de la part du ministre,
au-delà de son empathie, que je ressens très bien, des pistes de
solution pour plus de souplesse. Il vient de nous expliquer un état de fait. En
ce moment, c'est maximum cinq ans quand il y
a une prolongation. Il y a des situations plus complexes que ça, pour
lesquelles une date butoir de cinq ans ne
peut pas favoriser le rétablissement, et on veut tous ici favoriser le
rétablissement des victimes. C'est la mission même de l'IVAC.
Est-ce que le
ministre est ouvert à ajouter de la souplesse dans son projet de loi pour qu'il
puisse, par exemple, lui-même agir dans des situations...
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, moi,
je suis ouvert à regarder toutes les différentes solutions qui s'offrent
à nous. Cependant, et sur la question du
pouvoir discrétionnaire, ce n'est pas nécessairement toujours opportun que ce
soient des pouvoirs discrétionnaires
par le ministre. Je pense que c'est important, avoir une équité, devant tous
les programmes.
Vous savez, le nombre de personnes a été doublé,
à l'IVAC. Le taux d'acceptation, maintenant, à l'IVAC est passé de 82 % à 95 % des demandes qui
sont acceptées. C'est 200 millions de plus en indemnisation que l'on donne
avec la réforme,
l'indemnisation de l'IVAC, que le gouvernement a faite, 200 millions
supplémentaires qui se retrouvent dans les poches de personnes victimes.
Alors, oui, on va les
accompagner. On va voir ce qu'on peut faire.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, je
cite : «Nous continuons sur notre lancée afin que, d'ici 2025, tous les
enfants aient accès à une place de qualité
leur permettant de développer leur plein potentiel.» Ça, c'était l'ex-ministre
de la Famille encore en 2022. Mais, cette semaine, avec ce qu'on
retrouve dans le budget, c'est fini, les bonnes nouvelles. C'est désormais très
clair, la CAQ n'arrivera pas à compléter le réseau d'ici mars 2025. Le grand
chantier des familles, il s'en va rejoindre
les Espaces bleus, Le Panier bleu et les autres dans le grand cimetière des
promesses brisées de la CAQ.
a besoin de permettre aux femmes de retourner travailler. On a besoin de places
en CPE. On a besoin d'incitatifs pour former des éducatrices. Il n'y a
rien de ça dans le budget.
Est-ce que la
ministre va admettre aux familles québécoises que la CAQ a brisé sa promesse?
Présidente : Et la réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, merci, Mme la
Présidente. Alors, j'ai eu l'occasion de le dire, les priorités du budget sont
la santé et l'éducation. Et, dans le contexte budgétaire difficile, c'est
certain qu'il fallait prioriser.
pour ce qui est des services de garde, c'est extrêmement important. C'est pour
ça que, dans le précédent mandat, nous avons signé une entente avec le
gouvernement fédéral, sans condition, de 6 milliards de dollars sur
cinq ans pour créer 37 000 places, et c'est en marche.
Quant aux
conversions, non, ça ne va pas au rythme qui avait été choisi. Il y a un
contexte budgétaire. Il y a 9 000 conversions
qui sont financées. Il y en avait dans le précédent mandat. Il y en avait au
dernier budget. Il y en a un peu dans
ce budget. On va continuer. On a un engagement, on va le faire. Mais, pour ce
budget, la priorité était la santé et l'éducation, et je pense que les
collègues de l'opposition sont d'accord avec ces priorités.
Présidente : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : C'est clair, c'est
limpide, Mme la Présidente, la promesse, elle est brisée. On aura beau parler
des chiffres tant qu'on voudra, le constat est là.
janvier 2024, il manquait 30 660 places pour les enfants, et rien
dans le budget, le ministre l'a confirmé, ne nous permet de rêver que tout sera complété avant l'an
prochain. La CAQ a fait le choix de ne pas mettre les ressources nécessaires
pour compléter le réseau.
Pourquoi a-t-elle
rompu sa promesse envers les familles du Québec?
Présidente : La réponse de la ministre de la Famille.
Mme Roy (Verchères) :
Merci, Mme la Présidente. Non, la promesse n'est pas rompue. Nous
continuons à développer le réseau, tel que
nous nous sommes engagés. D'ailleurs, il y a encore 21 000 places qui
est en réalisation et qui vont se
réaliser. Il y a eu de l'argent supplémentaire au PQI, justement,
167 millions, pour continuer d'avancer dans le développement. Nous avons, depuis le Grand
chantier, 26 500 nouvelles places subventionnées supplémentaires pour
les familles du Québec. Donc, nous
continuons exactement dans l'objectif que nous avions. Et, au niveau de la
conversion, malgré...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, elle
nous parle du passé, je vous parle de l'avenir, là. Il y a des parents qui sont
ici ce matin, leurs bébés aussi, on les entend. Ça fait trois ans qu'ils sont
ici pour nous rappeler l'urgence d'agir pour les familles. Ma place au travail
est parti d'un mot-clic sur les réseaux sociaux, un cri du coeur d'une mère qui
faisait face à l'incertitude, face à la précarité. Des milliers de
parents ont ensuite rejoint son mouvement. Aujourd'hui, ils et elles sont en
colère.
Que leur répond
vraiment la ministre?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Roy (Verchères) : Merci, Mme la Présidente.
Et ces parents, effectivement, c'est mon souci tous les jours. D'ailleurs, je ne parle pas du passé, je parle de
création de places à tous les jours, où à chaque semaine nous allons, justement,
ouvrir des nouvelles places subventionnées
pour les enfants du Québec. Et, en conversion, c'était aussi un signal que nous
continuons à faire de la conversion pour offrir, justement, des services moins
chers pour les familles du Québec. Notre engagement est là. Nous allons
continuer.
Alors,
je pense que de dire que nous avons arrêté, Mme la Présidente, n'est pas du
tout exact, puisque le développement bat des records depuis 25 ans.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, le premier ministre du Québec
rencontrera demain le premier ministre du Canada.
Or, en matière d'immigration, le Québec subit un régime imposé et absolument
antidémocratique, pour lequel le Québec n'a jamais été consulté, avec
des impacts majeurs sur le logement, le français et les services sociaux. Le premier ministre est d'accord avec ça au point
où il a demandé et obtenu un mandat fort pour rapatrier tous les pouvoirs
en immigration. Rappelons que c'était, pour
lui, une question de survie de la nation pour éviter la louisianisation. Ça, ce
sont ces paroles. Il ne peut pas non plus,
aujourd'hui, minimiser l'importance d'obtenir enfin des résultats, d'obtenir
ces pouvoirs, parce qu'on se rappelle
que, récemment, il a sorti quatre de ses ministres en conférence de presse pour
souligner à gros traits le caractère insoutenable et urgent de la
situation.
Or, dans sa lettre
envoyée à Justin Trudeau en janvier dernier, tout le monde a été surpris de
constater qu'il ne demandait pas les pleins
pouvoirs en immigration au fédéral. En d'autres mots, c'est urgent au point que
la survie de la nation est menacée, mais, en même temps, ce n'est pas
assez important pour en faire la demande formellement.
question : Est-ce que le premier ministre peut nous confirmer qu'il va
faire la demande formelle à Justin Trudeau, lors de sa rencontre de
demain, pour obtenir le rapatriement de tous les pouvoirs en immigration?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, la réponse courte, c'est
oui. Oui, ça va faire
partie des points. C'est moi qui ai demandé la rencontre
avec M. Trudeau, puis ça va faire
partie de mes demandes, donc, de
rapatrier tous les pouvoirs en matière d'immigration.
Ce que je vais lui
demander aussi, c'est qu'on réduise, puis là je pense qu'on s'entend, tous les
deux, le nombre d'immigrants temporaires
puis de demandeurs d'asile, parce que, le Parti québécois et moi, on est
d'accord, contrairement à Québec solidaire puis au Parti libéral, on a
actuellement dépassé notre capacité d'accueil, ça crée des problèmes en
santé, en éducation, du côté du logement et pour l'avenir du français au
Québec.
Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, c'est
une excellente nouvelle qu'on fasse un suivi sur cet engagement fondamental. Rappelons que ça fait neuf ans que la
CAQ a déposé 21 demandes autonomistes, c'est sa sixième année de
pouvoir, puis malheureusement on n'a pas obtenu grand-chose à date.
Compte
tenu que la demande sera faite formellement, est-ce que le premier ministre
s'engage à nous révéler de manière
formelle quelle sera la réponse du gouvernement du Québec à cette demande
fondamentale de rapatrier les pouvoirs en immigration?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, oui, j'aurai l'occasion, demain, après ma rencontre avec
Justin Trudeau, de faire un point de presse
et d'expliquer ce qu'on a discuté. Mais, là où je ne suis pas d'accord avec le
chef du Parti québécois, c'est que le
chef du Parti québécois disait que jamais on ne réussirait à fermer Roxham. On
se souvient que Jean-François Lisée voulait
même planter des arbustes sur le chemin Roxham. Le chef du Parti québécois
pensait aussi qu'on ne réussirait pas à
mettre en place... à remettre en place les visas mexicains. Ce qui est clair,
là, c'est que, oui, on a des gains, mais il y a encore beaucoup de
travail à faire.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Dans la mesure où une
demande formelle sera faite demain, dans la mesure où le premier ministre s'engage à nous révéler la réponse qui
viendra d'Ottawa et dans la mesure où, sur des choses comme les transferts
en santé, on a obtenu 1 milliard sur
six, dans la mesure où, sur le rapport d'impôt unique, on a obtenu un refus,
dans la mesure où on a obtenu
plusieurs refus, que compte faire le premier ministre si, concrètement, Justin
Trudeau dit non à la demande fondamentale
de rapatrier les pouvoirs en immigration, une question de survie de la nation
pour le premier ministre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, évidemment, on va évaluer
nos options. Il y a des options qui se présentent, on est déjà en train de les évaluer. Mais, Mme la
Présidente, ce qui est clair, là, c'est qu'un gouvernement du Parti québécois
n'aurait aucune crédibilité pour faire des
gains avec Ottawa, parce que l'objectif du Parti québécois, c'est que ça ne
marche pas avec Ottawa, pour mousser le référendum sur la souveraineté.
Donc,
on a eu des gains, il reste encore du travail à faire, mais ce n'est pas vrai
qu'on va attendre, comme le Parti québécois, le grand soir du référendum
sur la souveraineté du Québec.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant le député de Jean-Lesage. La parole est à vous.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Alors, il y a un an
presque jour pour jour, on a adopté une motion unanime pour rémunérer enfin les
stages étudiants au Québec. À l'époque, la CAQ nous disait : Ne vous en
faites pas, on veut payer les
stagiaires, on cherche des solutions. Finalement, c'est quoi, la solution de la
CAQ? Le bénévolat, l'endettement étudiant, la pression financière
extrême et le déclin de la santé mentale de la relève. Il n'y a pas un cent
dans le budget pour rémunérer les stages.
Ces jeunes-là, le premier ministre disait qu'il allait les soutenir, mais là il
va les envoyer sur le marché du
travail endettés jusqu'au cou. Ils vont peut-être pouvoir rêver d'avoir une
maison dans une troisième vie, on ne le sait pas. Ces jeunes-là vivent
une injustice intergénérationnelle épouvantable.
Est-ce que la
ministre peut admettre aujourd'hui qu'elle a brisé sa promesse?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui. Merci,
Mme la Présidente. Bien, il y a vraiment une convergence, là, parce que j'ai eu
l'occasion de dire que les priorités de ce
budget sont la santé et l'éducation, et puis on fait plusieurs choses, là. Non
seulement on bonifie les conditions de travail des employés existants
pour faire des améliorations au niveau de l'amélioration de l'organisation du travail, on fait des
investissements en infrastructures, plus de 100 % d'augmentation dans le
budget des infrastructures du ministère
de l'Éducation depuis qu'on est au
pouvoir. On fait des améliorations au niveau de la gouvernance, Santé Québec, l'Institut national d'excellence en
éducation, au niveau des données, Mme la Présidente, pour avoir des
données probantes, des tableaux de
bord en santé, en éducation, pour prendre des meilleures décisions. On continue
à investir dans nos réseaux.
Pourquoi, Mme la Présidente? Pour livrer les services publics de santé et
d'éducation que les Québécois veulent.
Présidente : Première complémentaire.
M. Zanetti : J'aurais aimé que la ministre de l'Enseignement supérieur se lève pour tenir compte des engagements qu'elle
a pris. Je ne suis pas certain, moi, que les stagiaires se sentent priorisés,
en ce moment, au Québec. On dirait que la priorisation caquiste, là, en matière de rémunération des stages,
c'est : Bien, vous mangerez sainement plus tard, à un moment donné,
à la fin du stage.
Est-ce
qu'on peut espérer qu'il y a quelque chose qui va bouger ou bien c'est juste...
on assume que la promesse est brisée, elle va rester brisée à jamais?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je suis très contente de recevoir cette
question-là, parce qu'honnêtement, en
enseignement supérieur, je ne suis pas gênée de partager avec vous,
aujourd'hui, le bilan que nous avons en enseignement supérieur.
Vous
l'avez, c'étaient les premiers... la première page du budget, puis ce qu'a
livré mon collègue aux Finances au cours des derniers jours, 37 %
d'augmentation d'investissement en enseignement supérieur. Il y a eu beaucoup
de négligence et de rattrapage, c'est ce
qu'on fait, au cours des dernières années, de rattrapage, tant au niveau du PQI
qu'en termes de soutien aux
étudiants. Puis je peux vous dire qu'on est le gouvernement qui avons fait le
maximum pour soutenir les étudiants.
seulement la rémunération des stages fait encore
partie de nos intentions,
là-dessus j'ai été très claire avec les associations étudiantes au cours
des derniers mois, on travaille avec eux en étroite...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Zanetti : Je ne suis pas certain
que le milieu collégial partage l'enthousiasme et la fierté de la ministre,
quand on voit les critiques qui sont faites sur le logement étudiant en région,
entre autres. Mais la question, c'est... Bon, la ministre nous dit : On n'a pas perdu ça de vue, à un moment donné on va
les rémunérer, les stages. Comment est-ce qu'ils vont faire exactement?
Moi,
j'entendais aussi un premier ministre, hier, dire : Bien là, on a
11 milliards de déficit puis on va continuer de baisser les impôts, notamment des plus riches, qui
gagnent 100 000 $ et plus. Est-ce que, ça, c'est compatible, selon la
ministre, avec une rémunération des stages?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Déry : Alors, encore une fois, comme je le disais un
petit peu plus tôt, à la réponse précédente, on va continuer de soutenir les étudiants comme on l'a toujours
fait. D'abord, il y a des programmes extrêmement généreux qu'on a mis sur pied, les bourses Perspective en est un, la
bonification de l'aide financière aux études qu'on a faite au cours des
dernières années, on est venus
bonifier de manière substantielle et on est venus pérenniser des mesures qu'il
y avait lors de la pandémie, on vient
pérenniser ces mesures-là. Les associations étudiantes, on les a... on
travaille avec eux main dans la main, elles sont très conscientes, on
travaillera toujours sur la rémunération des stages.
Comme
je l'ai dit auparavant, ce sont des chantiers extrêmement complexes. Ce sont
des chantiers coûteux, complexes, qui
méritent, évidemment, qu'on s'y attarde. Je n'avais jamais donné d'échéancier,
mais je me suis engagée à rémunérer certains stages dans la fonction
publique, et on va continuer de travailler en ce sens-là.
Présidente : ...je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin.
La parole est à vous.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. En 2021, la CAQ annonçait, à la suite de
la vague de féminicides, un montant de
222 millions de dollars payable sur cinq ans pour lutter contre la
violence conjugale. De ce montant, presque la moitié était consacrée pour les
maisons d'hébergement pour les femmes et les victimes de violence conjugale. En raison de cet engagement, ça fait
trois ans que les regroupements de femmes, les directrices de maisons
travaillent d'arrache-pied pour
monter leurs projets. Et ça inclut contracter des marges de crédit personnelles
et de payer des taux, des intérêts
très élevés. Maintenant, après tout cela et le cri du coeur au gouvernement, la
Société d'habitation du Québec bloque toujours le financement pour
l'ajout de 630 nouvelles places en hébergement.
Ma question, elle est
simple, et la question est pour la ministre...
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui. Bien,
Mme la Présidente, c'est une question extrêmement sérieuse et importante, puis
je remercie la députée pour sa question. Effectivement, depuis la pandémie, on
a vu une augmentation de la violence conjugale, puis on a pris des actions, puis ça a été une approche
multipartite. Il y a eu plusieurs ministères qui ont été impliqués là-dedans,
notamment les Services sociaux, la Condition féminine, l'Habitation, la Sécurité
publique, le ministère des Finances.
Et je ne veux pas
ramener ça à un débat de chiffres, parce que c'est extrêmement important, mais
il y a eu plus de 1,1 milliard qui a
été mis depuis que nous sommes au pouvoir. Au niveau des maisons d'hébergement,
puis il y a différents types de maisons d'hébergement, c'est plus de
404 millions. Dans le cas des dossiers auxquels vous faites référence, il y a des discussions qui sont en cours avec la
SHQ. C'est extrêmement important. Les discussions vont se poursuivre. Et
c'est une question qu'on prend avec énormément de sérieux, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Vous le prenez au sérieux, mais,
en ce moment, il y a des maisons, là, elles sont en chantier. On attend que ça débloque. Ça fait des semaines et
même des mois que les regroupements de maisons demandent de l'action de ce gouvernement. Là, on fait face à un blocage,
un blocage non seulement de ces nouvelles unités, mais il y a un manque de volonté d'agir. Et là, en ce moment, l'heure
est au rendez-vous. J'espère qu'on n'attend pas un autre féminicide avant
d'agir.
donc est-ce qu'on va débloquer aujourd'hui... Et ma question est à la ministre
de la Condition féminine. Est-ce qu'on va débloquer l'argent qui a été promis
depuis 2021 ans à ces regroupements, à ces femmes? On parle de vies. Ça
coûte combien, une vie d'une femme, de victime de violence conjugale?
Débloquez les fonds.
Présidente : La réponse, maintenant, de la ministre responsable de
l'Habitation. On vous écoute.
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, écoutez, comme
mon collègue le ministre des Finances le mentionne, on prend cette question-là très au sérieux. On s'est
engagés à ce que les logements pour... les maisons d'hébergement pour femmes
victimes de violence sortent de terre. Je dis à tous les jours qu'il faut que
ça sorte plus vite. Et, très certainement, ces femmes-là ont besoin qu'on réponde à leurs besoins. On a une crise du
logement, il y a un paquet de monde qui a besoin que du logement sorte pour eux aussi. Dans le cas des maisons
d'hébergement, la Société d'habitation du Québec travaille à tous les jours, ce n'est pas qu'ils ne sont pas
en contact, ils sont en contact à tous les jours avec les regroupements de
femmes pour trouver des solutions. On va
avoir des solutions très prochainement. Tout ça doit se faire à l'intérieur
d'une rigueur aussi à l'égard des
coûts, et c'est ce qu'on regarde. On veut bien répondre aux besoins des femmes
en s'assurant qu'on respecte un cadre budgétaire qui a du bon sens.
La Présidente :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis, et, pour ce faire, je cède la parole au deuxième vice-président
de l'Assemblée nationale. Bonne fin de journée, tout le monde.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
bon jeudi matin, chers collègues. Tel que mentionné, nous en sommes à la rubrique Motions sans préavis. Et, en
fonction de nos règles, je suis prêt à reconnaître un membre du deuxième groupe
d'opposition, et je cède la parole à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec le député de l'Acadie, le député de Jean-Talon et
la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que l'imposition d'une date butoir des
prestations pour les victimes d'acte criminel met une pression qui nuit
à leur rétablissement;
«Qu'elle
souligne le courage des victimes, notamment d'Amélie Lemieux, de Guillaume
Gosselin et d'Émilie Arsenault, face aux drames humains qu'elles
traversent;
«Qu'elle demande au
ministre de la Justice de les rencontrer pour évaluer la possibilité de mettre
en place des mécanismes plus flexibles à l'IVAC pour ces situations
particulières.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint
du gouvernement.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement. Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître un
membre du troisième groupe d'opposition, et je cède la parole à M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le ministre de la Santé,
le député de Pontiac, le député de Rosemont et la députée de Vaudreuil, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale réaffirme que la santé est une compétence exclusive du Québec;
«Qu'elle réitère que
les transferts fédéraux en santé doivent être sans condition;
«Qu'enfin,
elle dénonce la menace du gouvernement du Canada de retrancher
900 millions de dollars aux transferts en santé réservés pour le Québec en raison des délais occasionnés par le
refus du gouvernement du Canada de reconnaître cette compétence
exclusive du Québec dans le cadre des négociations sur lesdits transferts.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Il y a consentement,
sans débat, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, il y a consentement, sans débat. Est-ce que cette motion est
adoptée? Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, je vous en prie.
M. Arseneau : Avec l'accord du
deuxième groupe d'opposition, vote électronique.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, je comprends que
les membres du deuxième groupe d'opposition appuient votre demande. Alors, le vote électronique est
demandé. Alors, mesdames et messieurs, je vous invite, s'il vous plaît, à
bien vouloir enregistrer votre vote dès maintenant.
Alors, la période de vote est terminée.
Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 101
Le Vice-Président (M. Lévesque) : La
motion est adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M.
le Président, on vous demanderait de faire transmettre cette motion au premier
ministre du Canada.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Ce
sera fait tel que vous le demandez, M. le député.
Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître un
membre formant le gouvernement et je cède la parole à Mme la députée... Mme la
ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Biron : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député d'Acadie, le
chef du troisième groupe d'opposition et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce le choix des mots utilisés dans un récent
jugement de la Cour suprême pour désigner les femmes;
«Qu'elle réitère l'importance de conserver le
mot femme;
«Qu'elle se dissocie de l'utilisation de termes
ou de concepts contribuant à invisibiliser les femmes;
«Qu'elle rappelle les gains importants réalisés
dans les dernières décennies afin de faire avancer les droits des femmes et la
nécessité de protéger ces droits acquis.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : ...sans débat. Et je
demande le vote électronique, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, il y a
consentement pour débattre de la motion, et le vote est demandé. Alors, Mmes et MM. les parlementaires, je vous
invite, s'il vous plaît, à bien vouloir enregistrer votre vote dès maintenant.
Alors, le vote est maintenant complété. Pour le
résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 100
Le Vice-Président (M. Lévesque) : La
motion est adoptée. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : M. le Président, je vous demanderais d'envoyer une
copie de la motion à la Cour suprême et au Parlement fédéral, s'il vous
plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, tel que vous le
demandez, M. le leader adjoint du gouvernement, ce sera fait.
Maintenant...
Le Vice-Président (M. Lévesque) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! On poursuit la rubrique et on
évite de s'interpeler.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : S'il vous plaît! Est-ce qu'il faut que je nomme
des députés? Je vais vous demander, s'il
vous plaît, de bien vouloir se taire. On va poursuivre avec la prochaine
motion. Et la prochaine motion sera celle de l'opposition officielle, et
je reconnais M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que les tribunaux sont une composante
essentielle de toute société libre et démocratique;
«Qu'elle
déclare qu'il est du devoir de tous les élus, et au premier chef, du premier
ministre, de soutenir l'indépendance et l'impartialité de nos
institutions judiciaires;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale réitère sa confiance envers la qualité, l'impartialité et
l'indépendance de la magistrature au Québec.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
M. Lévesque
(Chapleau) : Consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, il y a consentement, sans débat. Oui, Mme
la leader adjointe de l'opposition officielle.
Mme Setlakwe :
M. le Président, je demanderais le vote électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
le vote électronique est demandé. Alors, chers collègues parlementaires,
je vous invite, s'il vous plaît, à bien vouloir enregistrer votre vote dès
maintenant.
Alors, la période de
vote est terminée. Et, pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 97
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée. Chers collègues... Oui,
Mme la leader adjointe de l'opposition officielle?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! Un peu de décorum, un peu de décorum. Je
comprends qu'on est jeudi, là, mais j'aimerais ça qu'on écoute Mme la leader de
l'opposition officielle.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Nous souhaiterions qu'une copie de cette motion soit transmise aux juges
en chef des cours suivantes : Cour du
Québec, Cour supérieure, Cour d'appel, Cour suprême, et au Conseil de la
magistrature, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Ce
sera fait avec plaisir. Peut-être un petit rappel, chers collègues, un
rappel...
Le Vice-Président (M. Lévesque) : S'il
vous plaît! Lorsqu'il y a un vote ou autre moment, il est interdit de taper
sur les bureaux et d'applaudir, O.K.? Donc, je vais vous demander votre
précieuse collaboration.
Alors,
nous en sommes maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions. Évidemment, ceux et celles
qui ont à quitter le salon bleu, je vous invite à le faire dans le silence.
Merci de votre précieuse collaboration. Et je vais céder la parole à M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Oui,
merci, M. le Président. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail poursuivra les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la construction, aujourd'hui, de 14 heures à 16 h 25, ainsi que le
mardi 19 mars, de 9 h 45 à 12 h 10, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission
des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 48, loi modifiant principalement le Code de la
sécurité routière afin d'introduire des dispositions de détection et d'autres
dispositions en matière de sécurité
routière, aujourd'hui, à compter de 14 heures ou immédiatement après les
discours prévus au quatrième paragraphe de l'article 87 du règlement
de l'Assemblée nationale jusqu'à 16 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de la culture et de l'éducation
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 47, Loi visant à
renforcer la protection des élèves, aujourd'hui, à compter de 14 heures ou
immédiatement après les discours prévus au quatrième paragraphe
de l'article 87 du règlement de l'Assemblée nationale jusqu'à
16 h 30, à la salle
Pauline-Marois, ainsi que le
mardi 19 mars, de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'aménagement du territoire
entreprendra les consultations particulières et les auditions publiques du projet de loi n° 50, loi édictant la
loi sur la sécurité civile visant
à favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions législatives notamment aux
centres de communications d'urgence et à la protection contre les incendies
de forêt, le mardi 19 mars, de 9 h 45 à 12 h 25,
à la salle Pauline-Marois;
La Commission
des institutions entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 54, loi
visant... pardon, loi visant... Loi
donnant suite à la Table Justice-Québec en vue de réduire les délais en matière
criminelle et pénale et visant à rendre l'administration de la justice plus performante, le mardi 19 mars, de 12 heures à
12 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
Vice-Président (M. Lévesque) : Pour ma part, je vous
avise que la Commission des institutions se réunira en séance de travail aujourd'hui, à
13 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat
d'initiative portant sur l'augmentation de la violence au Québec.
On est à la rubrique Renseignements sur les
travaux de l'Assemblée.
Alors, je
vous informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 55, Loi n° 1 sur les crédits, 2024-2025, aujourd'hui, à
11 h 30, au bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneure.
Je vous
rappelle que, lors de l'interpellation prévue pour demain, le
vendredi 15 mars 2024, Mme la députée de Saint-Laurent s'adressera à M. le ministre
responsable des Infrastructures sur le sujet suivant : Les infrastructures
au Québec : l'art d'échapper des grands projets.
Je vous avise de plus que l'interpellation
prévue pour le vendredi 22 mars 2024 portera sur le sujet suivant :
Le véritable coût des soins de santé pour les Québécoises et les Québécois. M.
le député de Rosemont s'adressera alors à M. le ministre de la Santé.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et nous en
sommes aux affaires prioritaires. À l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée
entreprend le débat sur la motion de M. le ministre des Finances
proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement.
Conformément à l'article 273 du règlement,
je cède la parole au représentant de l'opposition officielle, en lui rappelant que son temps de parole est d'une durée
maximale de deux heures. Alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, je
vous cède la parole.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Déficit record, un gouvernement qui a perdu le
contrôle des finances publiques. On peut le dire de plusieurs façons, on peut
le dire avec d'autres mots, mais la conclusion a été quand même
concrétisée, ce matin, par l'agence de notation Moody's et l'agence de notation
DBRS.
J'ai pris le
temps, en fait, d'écouter le premier ministre hier, dans son point de presse,
pour essayer de comprendre un peu
l'argumentaire pour rehausser, si on veut, la crédibilité du budget qui a été
déposé cette semaine. Et puis, tout à l'heure, en période des questions, le
premier ministre nous a parlé d'un X qu'il venait de publier sur son compte X.
Et, écoutez, ce gouvernement-là s'est trompé dans les prévisions d'inflation.
On leur a
donné des avertissements par l'ancien ministre
des Finances du Parti libéral. Ce gouvernement-là s'est trompé sur les prévisions économiques.
L'ensemble des grandes banques canadiennes était deux fois moins optimiste que le ministre des Finances l'an dernier.
Malgré tout, on a gardé le cap. On a
présenté plusieurs fois des commentaires et des questions au ministre des Finances pour qu'il puisse comprendre que la trajectoire
qu'il prenait n'était pas réaliste, qu'il portait, à ce moment-là, une
vision extrêmement jovialiste des faits.
gouvernement-là a, par la suite, dit, en novembre, comme quoi que tout est
beau, on est encore sur le même chemin, on s'en va encore vers un déficit de 3 milliards de dollars,
et, quelques semaines plus tard, nous annonce, mardi cette semaine, que
c'est 11 milliards de dollars. Donc, il s'est encore trompé sur ces
calculs-là.
Mais, écoutez,
le gouvernement se trompe à multiples reprises, c'est une chose grave, selon
moi. Mais là le premier ministre, donc, dans son point de presse, hier, parlait
de : Relativement parlant, le déficit, c'est un déficit qui n'est
pas si grave que ça, les mots exacts, je
pense que c'est important de s'assurer qu'on relativise la proportion du
déficit par rapport à la grosseur de l'économie, on parle d'un déficit
de 1,5, ce n'est pas trop grave. Bien, quand il a posté sur... quand il a publié sur X, tout à l'heure, le premier
ministre a encore fait une autre erreur. Pourtant, il y a plusieurs mois de ça,
le premier ministre m'interpelait, à savoir que je ne connaissais pas le
nombre de PME puis la raison pour laquelle il y a plus de faillites au Québec puis... qu'il y a plus de faillites au
Québec, puis la réponse du premier
ministre, c'était qu'il y a plus de
faillites au Québec, de PME, parce qu'on a plus de PME au Québec, ce qui était
faux. Alors, j'ai répondu sur mon compte
X en disant au premier ministre : Moi, je sais me servir de Google. Et
j'ai illustré le fait qu'il y a deux fois plus, quasiment, de PME en
Ontario par rapport au Québec.
Malgré cela, au Québec, on a 61 % des
faillites du Canada qui sont faites sous ce
gouvernement-là. Donc, premier avertissement, de savoir comment se servir de
Google avant de faire des fausses représentations économiques.
premier ministre, ce matin, durant la période des questions, sort sur
Twitter... sur X, excusez, pour dire qu'il a
fait un beau tableau, puis, dans son tableau, bien, il y a une erreur, une
bonne erreur, quand même, là. 1996‑1997, là, je vais vous rappeler, parce que là, il a dit que ça,
c'était un déficit libéral, mais je veux vous rappeler qu'en 1996‑1997 c'était
le Parti québécois qui était au pouvoir, c'était Lucien Bouchard, le
mentor du premier ministre, qui était au pouvoir.
Donc,
moi, quand j'ai entendu ça ce matin, bien, je suis tout de suite allé voir mon
compte X. J'ai regardé ça. Nonobstant le
fait, là, qu'on est en train de comparer des bananes avec des pommes, parce
qu'on n'est plus du tout dans le même contexte économique que dans les
années 80, 90, là, O.K., nonobstant ce fait-là, et je vais y revenir, le
premier ministre a quand même été dire que
le gouvernement de son mentor était le gouvernement libéral. On essaie de
comprendre l'erreur ici. Donc, force
est de constater qu'encore une fois le premier ministre a fait une erreur sur
les réseaux sociaux en affirmant que
c'était le gouvernement libéral qui était là en 1996‑1997. Malheureusement, ce
n'est pas le cas. Donc, économiquement,
encore une deuxième erreur au bâton de la part du premier ministre, et on
commence à considérer ça intéressant de voir la moyenne qui,
malheureusement, n'est pas fameuse.
Moi, je regarde ça, M. le Président, puis je me
dis : Bon, O.K., correct, quelle était l'information sous-jacente? Parce que je veux quand même comprendre, là. 1981,
1984, 1994, 1992, deux décennies différentes, en passant, là, mais deux défis, où est-ce que l'économie du
Québec était tellement loin de ce qu'elle est aujourd'hui. Après tous les
efforts de diversification que le
gouvernement... que le gouvernement libéral a faits pendant les fameuses
15 années qu'on discute, on a diversifié l'économie du Québec. En
1980, 1990, l'économie du Québec n'était pas aussi diversifiée, et c'était
normal d'avoir accès par la suite, à ce
moment-là, au marché obligataire pour emprunter, pour faire croître le Québec.
Proportionnellement, quand on regarde ce que
le PQ a fait, 4,75 % du PIB, et puis le Parti libéral, 3 % du PIB...
Dans une économie qui était en relative croissance, c'est normal d'agir
ainsi. Mais là, quand on compare des pommes avec des bananes ou avec des navets, en bout de piste, on amène les Québécois à
ne pas comprendre la vraie réalité. Ça fait que je vais vous la simplifier : on était à une
autre époque. Puis aujourd'hui ce gouvernement-là contrôle toutes les ficelles
du gouvernement. Ce gouvernement-là
est en chaise depuis les six dernières années, est capable de prévoir, a une
équipe d'experts, au ministère des Finances, qui sont capables de s'associer
avec toutes les grandes institutions pour comprendre leur vision
économique, malgré tout ne sont pas capables d'avoir des prévisions économiques
réalistes.
Donc, juste
pour qu'on soit clairs, là, O.K., la résultante de cette fausse information, de cette mauvaise information... Mauvaise information?
Vice-Président (M. Lévesque) : Je vais vous demander simplement, M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
avec le mot «faux»... simplement d'être prudent avec ce mot-là, s'il vous
plaît. Merci beaucoup.
M. Beauchemin : Avec
cette mauvaise information, la résultante de ça, c'est que les Québécois sont
mal informés, parce que, quand le
premier ministre parle, les Québécois veulent écouter, mais, si le premier
ministre ne donne pas exactement la réalité comme elle est, bien, les Québécois
sont malheureusement envoyés vers une fausse... une mauvaise piste.
Donc, c'est important de comprendre que les mots, ici, sont importants.
Puis ce que
j'ai mentionné, plus tôt aujourd'hui, c'est que non seulement c'est important,
mais, pour des agences de notation, les paroles du premier ministre puis
du ministre des Finances sont extrêmement importantes. Mardi, là, le ministre des Finances a annoncé un déficit record
de 11 milliards de dollars, une première dans l'histoire du
Québec. Toutes les antennes économiques de la planète se sont levées et
ont écouté ce qui se passe à Québec. Qu'est-ce qui se passe à Québec? Après avoir eu des gouvernements qui ont
tout fait pour remettre l'ordre dans la maison, on en arrive, soudainement,
à mettre le plus gros déficit absolu de l'histoire du Québec sur la table,
mardi soir, ici, à Québec.
Donc, c'est normal que Moody's puis que DBRS
réagissent, mais ça, M. le Président, là, comme le chef de l'opposition... mon
chef de l'opposition l'a mentionné tantôt, c'est un domino important, les
agences de crédit, là, elles réagissent à
l'information ou à la validité de l'information, de ce qu'on entend de la part
du gouvernement. Donc, quand le ministre
des Finances puis le premier ministre nous donnent de l'information, puis
que... quand les agences de crédit vérifient cette
information-là puis en arrivent à dire : Ça fait... ça ne balance pas, ils
se posent de sérieuses questions. Quelle trajectoire est-ce que ce
gouvernement-là est en train de prendre?
Puis, en ce
qui me concerne, avec l'expérience que j'ai des marchés obligataires, le
message que ce gouvernement-là a
envoyé aux investisseurs, c'est : Un instant, soyez prudents. C'est
peut-être le temps pour vous de liquider votre portefeuille obligataire ou, en tout cas, de mesurer vos
investissements en obligations du Québec, parce que, là, actuellement, cette
valeur relative là, elle va diminuer.
Et force est de constater que, lundi matin, O.K., le Québec transigeait, au
niveau de son emprunt obligataire,
moins cher que l'Ontario, que, le jour du budget annoncé par le ministre des
Finances, le marché, qui est un marché
quand même actif, le soir même, s'était ajusté à un peu moins cher que
l'Ontario, pour emprunter, pour le Québec. Puis, quand le premier ministre a parlé hier, on est passé à plus cher
que l'Ontario. Ce n'est pas moi qui l'invente, là, c'est la réalité des
marchés, là. Le marché parle et le marché a dit : On n'aime pas ce qu'on
entend à Québec. C'est exactement ça, ce que les marchés ont dit.
Puis je vais
vous la lire, c'est en anglais, là, mais Moody's... excusez-moi, DBRS a
sorti... en fait, je vais le traduire un
peu, là, grossièrement, DBRS a sorti, donc, ce matin, en parlant du fait...
que, bien, le Québec a une économie qui est maintenant beaucoup plus diversifiée. Donc, ils font référence au fait
que, quand on compare des pommes avec des bananes, on ne peut pas parler des années 80 puis 90,
on ne peut pas parler d'un déficit de 1,5 % puis dire : Les autres
ont fait pire dans le temps, là. On
ne peut pas faire ça. Ça fait que c'est la référence. Donc, ils disent ça et
ils disent qu'une des seules et
uniques raisons pour laquelle ils ne vont pas à la prochaine étape maintenant,
tout de suite, là, nonobstant les prochaines mauvaises potentielles nouvelles qui peuvent sortir, c'est que le
gouvernement du Québec a eu des gouvernements qui ont pris les choses au
sérieux et qui ont une «stability in its credit profile», une stabilité dans
son profil de crédit. Donc, ça, ça veut dire que l'historique libéral de
gestion des finances publiques des années de l'ancien ministre des Finances a
tellement solidifié la perspective économique et financière du Québec aux yeux
de l'ensemble des investisseurs obligataires à travers la planète que
les agences de crédit se basent sur cette crédibilité-là pour dire : O.K.,
on va attendre, parce que, là, ce gouvernement-là
fait des erreurs, mais ils ont quand même d'autres gens, dans l'Assemblée ou
dans le salon bleu, qui peuvent quand
même, de temps en temps, les remettre un peu avec des questions qui vont faire
en sorte qu'on va avoir probablement plus
souvent l'heure juste. Donc, on va essayer de s'exprimer plus simplement. Mais
c'est pour vous dire que M. le premier ministre
a tout de même été sur son compte X, ce matin, et a fait encore une fois une
deuxième erreur d'utilisation de données historiques au niveau de notre économie et de qui était au gouvernement,
en fait, puis a été, donc, mal intentionné... bien, ce n'était pas l'intention
du gouvernement de... du premier ministre de faire ça, mais a résulté... la
résultante de ça, c'est que les
Québécois ont la mauvaise information venant du premier ministre. La dernière
fois, c'était au niveau du fait que le Québec était naturellement la seule
place qui pouvait avoir plus de faillites au Canada parce qu'on a juste plus de
PME, ce qui n'était, encore une fois, pas la vérité.
Donc, ça,
c'était, comme, pour mon introduction, parce que je pense que c'est important
de comprendre que la façon de faire
de ce gouvernement-là, c'est de nous amener vers ce genre de conclusion rapide,
sans vraiment avoir fait les devoirs
de recherche pour s'assurer que l'information soit bel et bien pertinente,
qu'elle soit bel et bien précise. Puis, en affaires, tout le monde veut de la bonne information. Quand on n'a pas
de la bonne information, ça coûte plus cher. Bien, ce que le gouvernement a fait, cette semaine, en
ne donnant pas tout le temps les bonnes sources d'information, ça va faire
en sorte que le Québec va payer plus cher.
Comme je disais tout à l'heure, lundi matin, ça coûtait moins cher que
l'Ontario, pour le Québec, pour se financer, et aujourd'hui, après le
point de presse du premier ministre d'hier, ça coûte plus cher pour le Québec, maintenant, de se financer dans
une échéance de 10 ans. Donc, venant de ce domaine-là, pour moi, ça a été... c'est un... c'est un énorme mouvement,
c'est un mouvement de plaques tectoniques qui signifie que ce gouvernement
doit, donc, se ressaisir.
Déficit record, perte de contrôle des finances
publiques, l'ensemble des agences de crédit qui prennent ce gouvernement-là au sérieux, maintenant, pour
s'assurer que, bon, O.K., est-ce qu'on a perdu le contrôle ou pas. Alors, ce
n'est pas moi qui le dis, là, c'est les agences de crédit, c'est des gens...
c'est leur job, tous les jours, 24 heures sur 24, c'est ce qu'ils font. C'est ça, le message qu'ils ont envoyé. Ce n'est
pas une décote, on n'est pas en train de dire : Le Québec va être décoté. On est en train de dire : Là,
vous avez changé de cap, vous n'êtes plus du tout dans la même lignée que vous
étiez auparavant, on en prend note, il ne faut pas que vous continuiez comme
ça. Il ne faut pas continuer comme ça.
Déficit de
8 milliards et un solde budgétaire de 11 milliards... Parce qu'on a
eu quelques argumentaires à ce sujet cette semaine, là, depuis l'annonce du
budget, on est 8,8 milliards de déficit, vraiment, parce qu'on donne
l'argent au fonds de... Il y a une
loi qui faisait en sorte qu'on donnait de l'argent au Fonds des générations.
Bien, on ne peut pas juste changer une
partie de la loi pour faire en sorte qu'on paraît mieux, là. On a la loi,
suivons la loi. Puis la loi, c'est qu'il faut mettre de l'argent dans le Fonds des générations.
Pourquoi? Parce que c'est la chose équitable à faire pour nos jeunes. Ça fait
que, quand on inclut, là, cette variable-là, quand on sait qu'on doit suivre la
réalité... Bien, le déficit est de 11 milliards. C'est un déficit historique. En absolu, jamais aucun gouvernement
de l'histoire du Québec n'a déposé un déficit, en absolu, aussi gigantesque que
celui-là.
La CAQ s'est
vantée, pendant la dernière année, que la croissance économique va être au
rendez-vous. Mais la réalité, là, c'est qu'on a eu 0,2 % de croissance
économique puis une révision à la baisse, maintenant, pour l'année qui s'en vient, de 0,6 %. Juste pour vous donner
les comparables, ici, M. le Président, au Canada, l'économie va avoir cru, au
Canada en 2023, de 1,1 %, donc cinq
fois plus que la moyenne... que le Québec, là, la moyenne canadienne a cru cinq
fois plus que le Québec. Je comprends
que le premier ministre veut tout le temps se comparer à l'Ontario, là, mais,
quand on se compare au Canada, là, on est vraiment la seule législation
qui en arrache autant.
C'est
important de comprendre aussi que la décision de repousser sans plan crédible actuel
pour retour à l'équilibre budgétaire,
de repousser cette date-là à plus tard a des effets aussi, autant pour les
agences de crédit, qui l'ont mentionné, là, elles
ont mentionné : Déficit record et aucun plan de retour à l'équilibre
budgétaire. Donc, le fait de ne pas avoir ce retour-là
déjà de planifié, c'est tout de même inconcevable de venir ici, de se présenter
devant les Québécois, d'annoncer le plus
gros déficit de l'histoire du Québec, puis de dire : On va voir l'année
prochaine pour le retour à l'équilibre budgétaire, on va vous donner le
plan, là, l'an prochain.
L'an prochain, on va être comme rendus à un an,
peut-être, des élections. On commence à sentir qu'il y a un... il y a une stratégie électoraliste qui est en
train de se dessiner dans la raison pour laquelle ce gouvernement-là ne veut
pas nous le déposer aujourd'hui. Il
peut prendre tout le temps qu'il veut, ça lui est permis, mais c'est une
question de respect. Les Québécois viennent de se faire dire 11 milliards
dans le trou. Moi, là, je veux savoir pourquoi puis je veux savoir
comment qu'on s'en sort. Moi, j'habite à la campagne, j'habite au centre-ville
de Montréal, j'habite à Québec, j'habite à
Trois-Rivières, j'habite n'importe où au Québec, je suis une personne qui est
responsable financièrement, puis moi, quand on me dit que notre économie, notre gouvernement est dans le trou de
11 milliards de dollars, je veux comprendre pourquoi puis je
veux comprendre comment qu'on va s'en sortir. Je veux savoir le plan.
N'importe qui
qui est gestionnaire d'une entreprise mettrait les... n'importe qui qui est
propriétaire d'une entreprise mettrait
ses gestionnaires à la porte, si c'était ça, la résultante d'une année de
travail de ses employés. Ça fait que, là, on n'est pas dans le même contexte, on est au gouvernement, mais les
employés, c'est nous autres, les élus, puis les actionnaires, c'est le peuple québécois, puis, le peuple
québécois, ils veulent comprendre pourquoi ce gouvernement-là a été autant
incapable de pouvoir prévoir puis de nous amener à comprendre la réalité
du 11 milliards de pouvoir... 11 milliards de déficit.
Une autre des
choses qui... puis ça, je vous donne ma boule de cristal, ici, M. le Président,
une autre chose qui va arriver, dans les prochaines semaines, sûrement,
c'est qu'on va en entendre de plus en plus parler. Quand on a regardé le cadre
financier qui a été déposé mardi, la première chose qui m'a sauté aux yeux,
c'est qu'il y a des prévisions de croissance
du revenu autonome de l'État, pour juste l'année prochaine, là, de 4,7 %.
On est en train de dire, là, que ça ne va pas bien, que l'économie est au ralenti, qu'Hydro-Québec perd
1 milliard, et on a tout entendu, là, O.K., mais là on vient nous
dire 4,7 %, 4,7 % de croissance des revenus autonomes l'an prochain, 2024‑2025
Premier son de cloche, de l'Institut du Québec,
là, qui est normalement un peu plus optimiste que la moyenne. Ils nous disent qu'au mieux le Québec verra ses
revenus autonomes augmenter de 3 % l'an prochain. Donc, comme on dit, là, sur un petit coin de table, là, je vais
vous le faire, le calcul, là, le différentiel de 1,7 % sur le 140 quelques
milliards de dépenses que ça
représente, là, les dépenses du gouvernement, là, puis les revenus, ça, c'est
un 2 milliards et plus de... de pas bons calculs, encore une fois.
Ça fait qu'on est dans une situation où est-ce que ce chiffre-là, là, si le
différentiel s'actualise, en d'autres mots,
si on n'est pas capable d'être à 4,7 %, mais on est bel et bien à
3 %, il va y avoir un autre manque à gagner, là, significatif de
plusieurs milliards de dollars.
Donc, moi, je
comprends, là, que l'exercice budgétaire, parce que je suis nouveau dans la
partisanerie québécoise de la
politique, là, O.K., je comprends, là, que l'exercice budgétaire est un
exercice politique maintenant, parce que moi, j'ai toujours cru que c'était un exercice de rigueur. Je croyais
sincèrement, là, O.K., quand je suis venu à plusieurs reprises, en haut,
là, m'asseoir puis écouter ce que les anciens gouvernements nous donnaient, que
c'était un exercice de rigueur, puis on
allait livrer la marchandise. Ça, c'est des bons chiffres, ça, c'est des bonnes
prévisions économiques, puis ça, c'est notre
modèle, puis ça, c'est notre cadre dans lequel on veut vivre. Puis on a vu à
quelques reprises que ça a dévié, mais on a vu que les fondations, c'est-à-dire les hypothèses de base, étaient relativement tout le temps,
plus souvent qu'autrement, solides.
L'an passé,
j'ai questionné le ministre sur ses prévisions économiques, qui étaient le
double de ce que l'ensemble de
l'industrie pensait pour le Québec. Je l'ai questionné, le ministre, là-dessus,
puis je me suis posé des questions par la suite, je me suis dit : Mais comment se fait-il qu'on fait ça? Je
me suis posé des questions aussi... Pourquoi est-ce qu'on va piger dans
les contributions du Fonds des générations, qui donne un rendement et qui a
donné un rendement? On l'a vu, là, la Caisse
de dépôt, c'est ça, le Fonds des générations, proche de 7 %, là. Pourquoi
qu'on va prendre ce qui nous donne du
7 % quand on aurait pu le financer avec du 3 %? Pourquoi qu'on fait
ça? Pourquoi qu'on veut payer 4 % plus cher? Pourquoi qu'on laisse
cet argent-là sur la table, de l'argent qui irait à nos jeunes? Je ne la
comprends pas.
Ça fait que
je ne comprends pas pourquoi qu'on avait des prévisions économiques deux fois
plus optimistes que ce que l'ensemble de la rue nous disait puis je ne comprends
pas pourquoi qu'on est allé piger dans le Fonds des générations pour financer des promesses électorales. Là, mes
collègues m'ont dit : Fred, tu devrais comme réaliser que ce
gouvernement-là ne fait pas des
bonnes choses. J'ai dit : Bien oui, mais on peut-tu quand même s'entendre
sur une affaire, là, on parle de l'argent
des Québécois, on parle de nos jeunes? Donc, moi, j'ai dit à mes collègues...
j'ai dit : Bien, on va l'avoir sérieusement à l'oeil, ce
gouvernement-là.
Et cette
année on récidive. On récidive encore, M. le Président. Pas capables de nous
dire, en novembre, comme quoi que ça
n'allait pas bien, sachant très bien que les négociations avec le secteur
public n'avançaient pas bien, sachant très bien qu'Hydro-Québec n'allait pas
avoir le milliard qu'on sait maintenant qu'ils ont perdu, sachant très bien que
ça n'allait pas bien dans aucune des
sociétés d'État, que les revenus n'allaient être pas... n'allaient pas être au
rendez-vous. On le savait bien, là, que ça allait coûter plus que le 3 milliards
budgété, mais pourquoi, en novembre, ne même pas nous dire ça?
Donc, tu sais, tranquillement pas vite, c'est
comme une statue, la crédibilité. On perd des morceaux, on «chippe» dessus, puis on perd des morceaux, on
perd des morceaux. À un moment donné, il ne restera plus rien, là, de la
crédibilité du ministre. C'est ça, le problème. Puis la crédibilité du ministre
fait en sorte qu'on peut avoir un coût d'emprunt pour le Québec qui est plus
stable, mais, si on n'a plus de crédibilité, ça coûte plus cher à tous les
Québécois. C'est ça, le prix qu'on paie, M.
le Président, financier, là. C'est ça, le prix qu'on paie, nonobstant toutes
les conséquences sociales. Le prix
financier, c'est quand le ministre des Finances n'est pas capable d'être
crédible avec les agences de crédit, avec
les obligataires, avec les gens qui regardent les finances publiques. C'est la
conséquence. Ça va nous coûter plus cher. Donc, c'est important.
Puis,
quand je parlais de 4,7 % de croissance des revenus autonomes, la prévision
du ministre, au niveau de l'année prochaine,
pour le Québec, versus ce que l'Institut du Québec dit, 3 %, bien, je
pense qu'il y a place à s'inquiéter, parce que ça, c'est vraiment, vraiment, vraiment significatif. Parce que, si
le gap de 1,7 % que je vous mentionnais ne se réalise pas, c'est plus que 2 milliards de
dollars qui va faire que le gouvernement ne balancera pas encore une fois,
encore plus. Donc, on ne passera pas à 11 milliards, on va être à
13. C'est ça, la réalité.
Donc, c'est
important d'avoir un directeur parlementaire du budget pour regarder, de façon
indépendante, toutes les dépenses et
toutes les prédictions de revenus. C'est d'une importance névralgique. Si on
n'a pas quelqu'un qui peut, de façon
neutre, non partisane, regarder cette machine de promesses qui ne se
concrétisent pas, bien... Comme je vous disais tout à l'heure, à une autre époque, je regardais ça avec des yeux de...
bien, c'est crédible, c'est la façon de faire. Là, on est dans une
situation où est-ce qu'on n'a pas la même crédibilité, alors, c'est important
qu'un directeur parlementaire du budget soit
instauré, qu'on fasse une loi pour que ça puisse être une réalité, au Québec,
parce que c'est important que ce gouvernement-là se ressaisisse et mette
en place les outils pour faire qu'on puisse se ressaisir. Je pense qu'avoir des
gardes pour se protéger si jamais on va trop
vite dans une courbe, c'est important, surtout quand on va trop vite, pour ne
pas tomber dans le ravin. Bien, c'est
un peu l'image que j'essaie de donner, c'est important que ce gouvernement-là
se mette des gardes pour ne pas
tomber dans le ravin encore plus. C'est important parce que c'est tous les
Québécois et Québécoises qui vont en payer le prix.
On a discuté,
nous, au Parti libéral, évidemment, parce que c'est important, l'économie,
c'est important pour tout. C'est important pour nous, mais c'est
important pour tous les Québécois, peu importe le parti, peu importe
l'allégeance politique. C'est important, au Parti libéral, que le développement
économique soit la priorité numéro un, parce que, de tout... tout le reste découle de ça. On veut mettre de l'argent en
santé, oui, mais ça nous prend des revenus. On met de l'argent en éducation, oui, mais ça nous prend des revenus.
C'est important de générer, de faire croître l'économie, de grossir la
tarte. Puis le seul et unique dernier levier qu'on a au Québec, M. le
Président, c'est la productivité. Il faut l'améliorer.
L'institut de la productivité des HEC nous a
recommandé, même, un objectif de 2 % d'augmentation de la productivité. Ça, ça devrait être l'objectif que
ce gouvernement-là devrait se fixer. C'est important, parce qu'encore une
fois c'est une game qui est relative. Si,
nous autres, on s'améliore un peu, on dit : Aïe!on s'est améliorés un peu,
c'est le fun, mais, si le voisin
s'est amélioré encore plus que nous, bien, on perd du terrain. Parce que nous
autres, on produit un truc, ici, qui s'appelle A. Bien, dans d'autres
législations, ils sont capables de faire d'autres A, eux autres aussi. Mais, si
on est moins productifs, notre A va
coûter plus cher à produire. Ça fait que, si on le vend à l'international, on
va perdre des ventes à l'international, parce que, si l'autre voisine à
côté est capable de le faire à moins cher, parce qu'il est plus productif, c'est lui qui va être capable d'avoir la vente.
Donc, la productivité, simplement, c'est ça. On doit être plus productifs.
Notre objectif, c'est ça.
Ça fait cinq
ans, cinq ans que la productivité est à zéro au Québec, M. le Président, cinq
ans. Ce n'est pas une mauvaise année,
ici, ce n'est pas la pandémie, ce n'est pas la faute des syndicats, ce n'est
pas la faute de personne. C'est la faute de ce gouvernement-là pas
capable de considérer que la productivité est une variable essentielle dans la
gestion de notre économie. On doit se
ressaisir dans nos finances publiques, on doit se ressaisir dans la vision
économique de ce gouvernement-là.
Il y a 262 000 PME à travers les
17 régions économiques du Québec, des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des parents, des grands-parents
qui travaillent au quotidien pour leur village, pour leur ville, pour faire que
leur business fonctionne, qui fait que la
communauté roule. Ils veulent de l'aide, ils veulent que ça fonctionne, ils
veulent être plus productifs, ils veulent... Moi, je ne connais pas personne
qui veut perdre de l'argent. Je ne connais pas personne qui veut en arracher dans la vie. Moi, tout le
monde que je connais veulent que ça aille mieux, évidemment. Bien, c'est ce
qu'on souhaite, M. le Président. Pour moi, c'est important, et ça, ça passe par
un gain de productivité pour l'ensemble du Québec, l'ensemble de nos
262 000 PME à travers le Québec.
On a une fierté, au Québec, parce qu'on a des
fleurons extrêmement importants, Bombardier, CGI, il y en a... Couche-Tard. Il y a des champions qui sont
reconnus à l'international. On en a d'autres, ils sont plus petits. Comme
Moody's disait, on a une économie qui
est diversifiée. On n'est pas juste du gaz ou du pétrole, comme en Alberta, ou
de l'industriel, du gros industriel
comme en Ontario. On est une économie diversifiée, on a toute la gamme de
modèles d'affaires ici, au Québec. On peut donc en profiter pour faire
ça, parce que, quelque part dans une de ces business-là, il y a un prochain
Couche-Tard, il y a un prochain Bombardier.
Oui, c'est
bon d'avoir... de faire venir des Northvolt de ce monde puis de vouloir
compétitionner à l'international dans
le secteur de la batterie. Puis, oui, on le supporte. Puis je n'irai pas
passer, là, plus de temps à dire que la façon d'avoir géré le dossier de
l'acceptabilité sociale, du gouvernement, a nui à la réalisation de ce
projet-là. Nonobstant tout ce problème-là,
c'est important de souhaiter le succès de Northvolt. C'est important. C'est
notre argent, c'est 7 milliards qui, aujourd'hui, nous coûtent plus cher, parce que ce gouvernement-là, il
nous a présenté un déficit de 11 milliards de dollars, parce que ce gouvernement-là ne comprend pas que
la productivité est importante. Le financement que nous, on va mettre sur nos épaules pour aider Northvolt va nous
coûter plus cher. Donc, ça coûte plus cher, emprunter l'argent, parce qu'on
ne l'a pas, là, on a... On est en déficit,
on a de la dette. On est endettés, 235 milliards... 232 milliards de
dette, au Québec, donc, on ne peut
pas dire : Ah! je l'ai dans les poches, ça ne me coûte rien, je vais la
donner, là. Non, non, il faut aller sur le marché obligataire, qui coûte maintenant plus cher que l'Ontario,
pour emprunter. Ça fait qu'on va aller emprunter, plus cher que ça nous coûtait lundi, pour donner le
7 milliards à Northvolt. Bravo! Comment se tirer dans le pied plus que ça?
Moi, en tout cas, je regarde ça puis je me dis : Bon, bien, sérieux coup
de barre à faire, là.
Il faut créer de la richesse. Le poids
démographique au Québec, on a une courbe inverse, on a de moins en moins de jeunes qui vont avoir à prendre soin de
plus en plus de monde. On parle d'équité intergénérationnelle, c'est important.
Le seul legs qu'on peut laisser à nos
enfants... Il y a la productivité, que je viens juste de mentionner, mais c'est
important de
mettre le bateau dans la bonne direction, de leur donner les moyens de leurs
ambitions pour plus tard. Ça, c'est le Fonds des générations puis ce
n'est pas de pelleter, des années plus tard, le retour à l'équilibre
budgétaire, comme ce que le gouvernement
fait, là. C'est important de considérer les conséquences de ça. Reporter
l'équilibre budgétaire, c'est la même chose
que de repiger d'autre argent du Fonds des générations. On va dire aux
jeunes : «Let's go», c'est encore à vous autres, là, vous allez vous occuper de ça, nous autres,
là, on n'a pas le goût de le faire. C'est un peu ça qui se passe. Ça fait que
c'est important que ce gouvernement-là se
ressaisisse, parce que, si on ne peut pas laisser un legs positif à nos
enfants, on va avoir de la misère à se regarder dans le miroir, à un
moment donné, là, puis c'est ça, la réalité.
Donc, on n'a
pas le choix, on doit absolument s'assurer de, premièrement, avoir une vision
économique de développement régional,
de développement de l'ensemble de nos régions. On doit s'assurer qu'on vise une
pro