Health and Social Services — 7 June 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-06-07
Quebec — Committees
(Onze heures quarante-trois
minutes)
Le Président (M. Provençal)
: À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi visant
à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Haytayan (Laval-des-Rapides) et M. Morin (Acadie)
est remplacé par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Lors de l'ajournement de nos
travaux, hier, les discussions portaient sur
un amendement du député de Pontiac visant à modifier l'article 19. Je vous
rappelle que l'étude de l'article 4 ainsi que celle de l'amendement du
ministre proposant d'introduire un
article 7.1 sont suspendues. Et M. le
député de Rosemont a aussi transmis
un amendement proposant d'introduire un
article 17.2, amendement qui
pourrait être présenté après que l'on aura traité l'amendement visant à
introduire l'article 17.1.
Pour le moment, y a-t-il d'autres interventions
sur l'amendement du député de Pontiac? Mais je pense que, M. le ministre, vous
vouliez peut-être faire une suggestion?
M. Dubé : Oui. Écoutez, on est
d'accord au principe d'avoir une précision, là. Le mot qui est suggéré, c'est «délègue» à Santé Québec. On aimerait vous en
suggérer un autre qui est peut-être plus acceptable au niveau des légistes,
puis moi, je suis confortable avec ça. Donc, on va vous l'envoyer. Est-ce que
c'est... L'avez-vous déjà reçu? Non.
Président (M. Provençal)
: Il faudrait peut-être... Moi, je suggérais de
suggérer votre proposition, parce que... pour voir si le député de
Pontiac est à l'aise aussi, là.
M. Dubé : Je peux peut-être la lire.
Je pense que ça fait l'objectif qui était recherché, là, de préciser. Alors, lorsqu'on dit «plus particulièrement, le ministre
établit les politiques de santé et de services sociaux »... avant, on disait «voit à la mise en
oeuvre». Ici, on dirait...
Le Président (M. Provençal)
: Et le député de Pontiac avait suggéré
«délègue à Santé Québec».
M. Dubé : «Délègue», et nous, on
dit : «s'assure qu'elle soit mise en oeuvre».
Fortin : O.K., puis, pour vous, «s'assure», c'est un peu ce
que vous nous disiez, vous nous expliquiez hier, c'est-à-dire, nous, là, on le demande, là, on le transmet, mais ça,
c'est s'assurer sans en faire la mise en oeuvre nous-mêmes.
M. Dubé : C'est ça, s'assure de la
mise en oeuvre.
Fortin : O.K. Puis la
partie exécution, vous, est-ce que...
c'est-tu parce que vous trouvez ça redondant, la notion de mise en
oeuvre puis d'exécution?
M. Fortin : Pour vous, c'est la même chose?
M. Dubé : Oui, mais c'est surtout
pour eux.
Fortin : O.K., bien, si votre amendement est... moi, je
suis prêt à juste le regarder, là, mais, à part ça, je ne vois pas beaucoup de différence, l'idée étant
simplement qu'on clarifie la notion que ce n'est pas le ministère qui le fait,
M. Dubé : C'est
en plein ça. C'est ça que vous vouliez puis c'est pour ça qu'en discutant hier,
dans un...
M. Fortin : C'était ça, notre... quand on parle d'intention du
législateur, là, c'était ça.
Président (M. Provençal)
: Bon, dans un premier temps, pour être sûr qu'on
s'entende bien, Mme la secrétaire, est-ce que vous avez... excusez, avez-vous
reçu la proposition du ministre? Non. Moi, j'aimerais que vous la transmettiez
à la secrétaire pour qu'on puisse l'imprimer, que le député de Pontiac puisse
en prendre connaissance pour s'assurer que ça lui convient. Et, par la suite,
je vous proposerai de retirer... si le député de Pontiac est en accord, de
retirer son amendement et de redéposer le nouvel amendement que vous aurez
corrigé. Ça va?
Alors, on va suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos discussions. Nous
avons présentement une proposition de M. le ministre pour modifier l'amendement
qui avait été proposé par le député de Pontiac. Maintenant, j'aimerais savoir : Est-ce que le député de Pontiac est
à l'aise avec cette modification-là? Et j'invite même le député de Rosemont...
si vous avez des commentaires à nous formuler à nous les formuler.
Alors, M. le député de Pontiac.
Fortin : Moi, je le regarde. L'objectif semble être le
même. Les mots sont différents, mais c'est plus clair que ce qui était initialement mis de l'avant. Donc,
moi, je n'y vois pas d'objection, là. Si ça rassure les légistes de la
partie
gouvernementale, ça me convient.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont, est-ce que
vous avez une intervention?
M. Marissal : Oui, juste pour être
sûr de suivre, là. Il y avait... on avait «voit à leur mise en oeuvre».
Le député de Pontiac suggérait plutôt «délègue». Le ministre propose maintenant
«s'assure qu'elles soient mises». Moi, ça me
semble être... en tout cas, «voit», c'est sûr que c'est un peu flou et vague,
là, j'allais dire «flague», flou et vague, mais je pense... moi, ça
m'apparaît être des synonymes, là. Je pense que je peux très bien vivre avec
Le Président (M. Provençal)
: Donc, vous êtes à l'aise?
M. Marissal : Oui. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Si, M. le député de Pontiac, vous
êtes à l'aise, dans un premier temps, je vais vous suggérer qu'on retire
l'amendement que vous aviez déposé...
M. Fortin : Avec plaisir, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...et, à ce moment-là, on redéposera
cet article-là par le ministre ou par vous. Il n'y a pas de problème.
M. Fortin : Parfait, en soulignant quand même mon appréciation pour les
gens de mon équipe qui ont écrit l'amendement initial, qui était très bien,
mais effectivement, ça me convient tout à fait.
Le Président (M. Provençal)
: Bien, moi, je vous suggère que vous
en soyez le parrain.
M. Fortin : Comme vous voulez.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, dans un premier temps, est-ce
que vous acceptez que... Consentement pour retirer l'amendement qui avait été
déposé au départ par le député de Pontiac?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Donc, cet amendement-là
est retiré. Et maintenant le nouvel amendement,
M. le député de Pontiac, étant donné que vous êtes en accord et que vous aviez
été l'initiateur d'un changement, est-ce que vous avez des commentaires
sur cette modification-là?
Fortin : Non. Essentiellement, là, on remplace «voit à leur
mise en oeuvre et évalue celles-ci» par «s'assure qu'elles soient mises en oeuvre et les évalue». Ça
répond à l'objectif qu'on avait, c'est-à-dire d'être moins flou et vague,
comme le disait le député à ma gauche, physiquement et philosophiquement, mais
c'est... pour moi, ça me convient tout à fait, là, ce qui est mis de l'avant.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Rosemont, ça vous convient?
Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement déposé par le député de Pontiac est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant, nous
revenons à l'article 19 amendé, et le député de Rosemont avait signifié
qu'il voulait déposer un amendement. Alors, est-ce qu'on traite le vôtre, M. le
député de Rosemont?
M. Marissal : Je ne sais pas s'il
n'y aurait pas lieu de peut-être traiter celui qu'on nous a annoncé hors d'ondes, là, qui va ajouter une brique à l'édifice
qui est importante, ou, en tout cas, moi, va me... pas me servir en tant
que telle, mais elle sera utile à la discussion. Je vous le suggère, si ça
convient aux collègues, là.
Le Président (M. Provençal)
: Si vous me permettez, lorsqu'on a
fait nos discussions, Me Paquin nous avait mentionné qu'il voulait faire
un ajout — est-ce
que je me trompe, Me Paquin? — à 19.
M. Dubé : Oui, un amendement...
Le Président
(M. Provençal)
: À l'amendement qui était déjà déposé. Si je veux être logique, je vais
lui laisser faire son amendement, et, après ça, vous avez la parole pour
le reste de l'avant-midi, M. le député de Rosemont.
Marissal : Non, le collègue de Pontiac n'est pas d'accord.
Mais c'est vous le maître à bord ici, hein, ça fait que...
Le Président (M. Provençal)
: Non, bien, je vous remercie, là, de
votre flexibilité, là, puis du coup de pouce que
vous me donnez pour bien gérer les travaux. Alors, on va projeter à l'écran la
proposition qui est sur la table, qui est déposée par la
partie
ministérielle. Alors, est-ce que je vous la... Vous allez l'expliquer, M. le
ministre?
M. Dubé : Bien, je peux la lire
puis, après ça, je l'expliquerai. Donc, à l'article 19, M. le
Président, du projet de loi tel qu'amendé :
1° insérer,
dans le paragraphe 1° du deuxième alinéa et après «sociaux», «notamment dans un
souci d'accroître la valeur des services pour les usagers»;
2° remplacer,
dans le paragraphe 3° du deuxième alinéa, «ainsi que celles relatives au
respect des droits des usagers» par «en tenant compte de leur valeur
pour les usagers ainsi que celles relatives au respect de leurs droits».
Je peux lire
l'ensemble du texte, c'est peut-être plus facile à comprendre. Donc :
«Dans une perspective d'amélioration
de la santé et du bien-être de la population, le ministre détermine les
priorités, les objectifs et les orientations dans le domaine de la santé
et des services sociaux et veille à leur application.
«Plus particulièrement, le ministre :
«1° établit les politiques de santé et de
services sociaux notamment dans un souci d'accroître la valeur des services
pour les usagers, s'assure qu'elles soient mises en oeuvre et les évalue;
«2° valorise
l'enseignement, la recherche, l'évaluation des technologies et des modes
d'intervention, les innovations et les pratiques de pointe telles que le
transfert de connaissances et veille à leur promotion;
«3° détermine
les orientations relatives aux standards d'accès, d'intégration, de qualité,
d'efficacité et d'efficience quant aux services — et là
je me rends — en
tenant compte de leur valeur pour les usagers ainsi que celles relatives au
respect de leurs droits et au partenariat avec ces derniers et diffuse ces
orientations auprès de Santé Québec et des établissements[...]»
Il n'y a pas de changement aux 4° et 5°.
Bon, maintenant, peut-être l'explication
globale, puis on pourra en discuter. Lors des présentations, puis même des discussions que nous avons eues avec la
commissaire à la santé dans différents rapports, là, qui sont maintenant
publics, elle a beaucoup insisté sur la
notion de valeur pour l'usager. On n'est pas ici dans la valeur monétaire, je
vous dirais, on est plus dans la valeur... Je donnerais un exemple, là.
Est-ce qu'on a un accroissement de la durée de vie? Exemple : Est-ce que
le traitement d'un cancer peut être démontré que ce cancer-là a permis à une
personne de vivre plus longtemps? Et
initialement, je vous avoue qu'on croyait que, lorsqu'on fait... puis là je
relis le troisième alinéa, on pensait, nous, que la... en tout cas, je
vous le dis comme je le pense, là, en résumé, que cette notion de valeur là
était dans les mots «d'efficacité et d'efficience», et je dois dire qu'après y
avoir repensé, elle nous a dit : L'efficacité, par exemple, d'un
traitement, c'est une chose, mais la valeur du traitement que vous faites pour
l'usager, c'est vraiment d'autre chose. Et je vous dirais que, si on veut
emmener notre réseau à être plus efficace, ça, c'est un mot global.
Mais cette
notion de valeur, moi, j'y crois beaucoup. Je pense que c'est aussi un
changement de culture de s'assurer qu'on va donner à nos usagers une
valeur pour le service qu'ils vont recevoir. Alors, je veux vous le suggérer,
parce que je pense
qu'il