Health and Social Services — 31 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-03-31
Quebec — Committees
(Onze heures dix-huit minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Bonjour. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue. Et je demande à toutes les personnes de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder aux
consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 28, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence sanitaire.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Non, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Ce matin, nous débuterons par
les remarques préliminaires, puis nous entendrons les personnes et groupes
suivants : M. Daniel Paré, sous-ministre associé au ministère de la
Santé et des Services sociaux, et le Conseil interprofessionnel du Québec.
J'invite
maintenant le ministre de la Santé et des Services sociaux pour ses remarques
préliminaires. Vous disposez de 5 min 34 s. Puis je pense
que vous aviez un message à passer.
M. Dubé : Oui, tout à fait.
Merci beaucoup, M. le Président. Je salue mes collègues du Parlement. Très
heureux de pouvoir travailler sur le p.l. n° 28.
Comme je vous l'ai dit il y a quelques minutes, là, aussitôt que je vais
pouvoir le déposer, je vais le faire dans les prochaines minutes, deux
amendements qu'on a décidé de mettre tout de suite plutôt que d'attendre
l'article par article. Je pensais que c'était préférable de le faire comme ça
si on veut bien procéder. Alors...
Puis je tiens à remercier aussi les oppositions,
là, et tous les intervenants qui se rendent disponibles dans les prochains
jours pour les consultations.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, pour bien clarifier,
cela signifie que vos amendements vont être envoyés au Greffier?
Le Président (M. Provençal)
: Ils seront déposés sur le Greffier et
pourront être consultés grand public.
M. Dubé : Grand public. Ils
sont à quelque part dans le nuage en ce moment, là.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va. Merci. Je tenais à faire cette
précision-là. Je vous cède la parole. Excusez-moi.
M. Dubé : O.K. Il n'y a aucun
problème. Merci. Pas de problème. Alors... Mais, avant qu'on se concentre sur le projet de loi n° 28, je pense qu'on
doit revenir à mars 2020. En mars 2020, on était dans l'inconnu, on a
fait ce qui était nécessaire,
on a déclaré les mesures d'urgence, grâce à l'article 123 sur la Loi de la
santé publique. Et on peut dire, hors de tout doute, que ça a été
nécessaire pour sauver des vies.
Maintenant,
la pandémie n'est pas derrière nous. Revenons maintenant à mars 2022, vous
l'avez entendu hier, pas plus tard qu'hier, le Dr Boileau a officiellement
déclaré que nous sommes dans la sixième vague. On a une remontée des
hospitalisations, on a des petites éclosions dans certains CHSLD et on a tous,
en fait, des gens dans notre entourage qui
sont affectés. On le voit, que le virus circule. Hier, on avait encore
151 entrées d'hospitalisation, mais particulièrement on a aussi
10 000 travailleurs, plus de 10 000 travailleurs de la
santé qui sont présentement absents pour la COVID.
On sait qu'on doit vivre avec le virus, on est
rendu là, mais on doit aussi être lucide et se garder une agilité, comme la Commissaire
à la santé et au bien-être nous l'a demandé, pour ne pas vivre avec les
inconvénients des précédentes vagues dans notre réseau de santé.
Comme on l'a
mentionné depuis sa présentation, le 16 mars dernier, notre projet de loi
est balancé et nécessaire pour faire
face aux prochaines vagues, sans pour autant être dans la restriction et les
mesures populationnelles. Le projet de loi nous assure une transition
responsable et temporaire, et j'insiste sur le mot «temporaire», ça permet de
mettre une date de fin claire du recours à ces mesures
dans le cadre d'une pandémie. Et, bien qu'on peut arrêter les mesures
d'urgence, on doit garder un certain nombre limité de mesures temporaires qui
continueront d'exister en dehors de l'état d'urgence sanitaire. Je pense ici à
la vaccination, au dépistage et à certaines primes pour notre personnel de la
santé. Je crois que tout le monde ici comprend l'importance de ces mesures.
Et, contrairement à
ce que plusieurs personnes croient, la
Loi sur la santé publique actuelle ne
nous permet pas d'avoir recours à Je contribue, de donner des primes quand
on sait qu'il y aura une hausse de l'absentéisme, pour plein de raisons, et de
permettre au directeur national de la santé publique d'y aller de manière
nationale plutôt que région par région.
Voici, à mon sens, quelques exemples très évocateurs de l'importance de ce
projet de loi. Et je veux être clair : on veut mettre fin à l'état
d'urgence sanitaire tout en nous assurant que les Québécois seront protégés.
Maintenant, je veux
dire quelques mots sur les amendements qui seront présentés dans quelques
minutes, pour le bénéfice de ceux qui nous écoutent aujourd'hui. Est-ce que le
projet de loi est perfectible? La réponse, c'est oui, et c'est pour ça qu'on
dépose des amendements. Nous avons entendu, au cours des dernières semaines,
plusieurs commentaires de la part des gens qui viendront, les mémoires, le
briefing technique. Et, pour ça, on a entendu tout le monde, et ça démontre
clairement notre volonté de vouloir répondre à leurs commentaires et mettre ça
derrière nous.
Les amendements, on
pourra les discuter, M. le Président, lorsqu'on les aura devant nous, mais on
trouvait préférable, M. le Président, je le rappelle, alors qu'habituellement
les amendements sont discutés lors de l'article par article, que, pour gagner
du temps puis d'être très transparent avec mes collègues et les gens qui
viendront nous rencontrer... qu'il était de notre devoir de les présenter le
plus rapidement possible.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Dubé : Et
la population, effectivement. Merci, M. le Président. En conclusion, je
dirais : Il s'agit d'un projet de loi pour assurer une transition dans le
réseau de la santé alors qu'on veut mettre fin à l'état d'urgence de façon
prudente et responsable. Ce n'est pas un projet de loi pour repenser la Loi de
la santé publique. On est ouvert aux
propositions concernant la déclaration de l'urgence sanitaire, mais il faut
d'abord adopter le projet de loi n° 28. C'est ça, notre priorité,
en ce moment.
Il est vrai que nous
avons une loi de la santé publique, mais celle-ci est limitée lorsque nous
voulons agir de façon temporaire. Je pense, entre autres, aux primes, quand
nous voulons agir entre les vagues, je pense ici à la vaccination et au
dépistage, et, quand nous voulons agir de façon nationale, je pense ici aux mesures.
Alors, je le répète,
il faut rester vigilant, le virus est toujours parmi nous, on le voit bien,
c'est ce que les Québécois s'attendent de nous. J'ai bien hâte qu'on puisse
entamer les discussions sur le projet de loi n° 28, qui est nécessaire, M.
le Président, pour la suite des choses. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle et député de Nelligan à nous présenter ses remarques préliminaires pour
une durée maximale de 3 min 43 s. Je vous cède la parole,
monsieur.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Mes salutations à M. le ministre, à l'ensemble des collègues
de la
partie gouvernementale, aux personnes
qui accompagnent M. le ministre, les collègues de l'opposition. Merci. Très
heureux d'être là aujourd'hui pour commencer les consultations avec les
personnes qui vont nous exposer les raisons pour lesquelles ils sont soit pour,
soit contre, soit amender le projet de loi.
Le ministre, je
pense, il me connaît maintenant. Il me connaît davantage sous une autre
personnalité au salon bleu, et, en
commission parlementaire, une autre personnalité. Aucun problème, je peux vivre
avec ça. Mais il connaît très bien qu'en commission parlementaire on
veut collaborer et que... collaborer pour l'intérêt du public. C'est un projet
de loi où les gens se posent beaucoup de questions. Je regrette, je sais, le
ministre, tout à l'heure, il est venu me le
dire, mais le ministre, il était toujours sur la place publique, demande la
collaboration de l'opposition. Je déplore aujourd'hui que j'ai su qu'on
va avoir des amendements via La Presse . Donc, j'aurais
aimé... Et le ministre a nos cellulaires, il
peut communiquer avec nous, on aurait dû faire cet échange avant la commission
parlementaire. Et je pense qu'en tant
que parlementaire, moi, je vais les... j'ai su, comme M. et Mme Tout-le-monde,
qu'on va avoir des amendements aujourd'hui. J'espère que les groupes
vont avoir l'occasion de voir ces amendements avant de venir en commission
parlementaire, parce que ça m'intéresse de voir aussi leurs points de vue par
rapport à ces amendements.
Ceci étant dit, M. le
Président, on est tous d'accord qu'on doit mettre fin à l'état d'urgence. D'ailleurs,
c'est le
titre de ce projet de loi, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence
sanitaire. Mais entendons-nous très bien, c'est la levée de l'état d'urgence
sanitaire. Donc, j'aimerais bien que, tout au long de nos discussions, rendus
une fois à l'article par article, on va être très clairs et très transparents.
J'ai
beaucoup de questions qui touchent les arrêtés ministériels, qui touchent les
décrets. Hier, le gouvernement a renouvelé une autre fois le décret pour
10 jours. Donc, on continue à gouverner par décret. Le ministre a exposé
ses raisons. Il vient de dire que c'est pour le site Je contribue, les
primes. Mais mon rôle en tant que député, c'est contrôler les actions du
gouvernement. C'est ça, le rôle de l'opposition officielle. Donc, le gouvernement
a choisi un mode de gouvernance par décret, c'est son choix. Il a choisi de
renouveler le décret aux 10 jours et non pas aux 30 jours, je le dis depuis le début, c'est son choix. Il y avait
des erreurs au niveau de la gestion des contrats. Ça, la population québécoise
jugera en temps opportun le gouvernement. Il
y avait beaucoup de contrats gré à gré. Ça, la population jugera en temps opportun
le gouvernement.
Mais
soyons clairs, soyons très clairs, le but de l'étude de ce projet de loi, c'est
la levée de l'état d'urgence sanitaire, c'est le déconfinement de la
démocratie, c'est l'arrêt de l'utilisation des contrats gré à gré «at large»,
parce que les Québécois s'attendent de nous une bonne gestion transparente des
finances publiques.
Maintenant, s'il y a
des mesures qui vont aider et contribuer à une bonne prise en charge des
prochaines vagues, je suis très ouvert à discuter avec le ministre, qu'il nous
expose quels contrats, quels arrêtés ministériels, mais je ne peux pas
aujourd'hui signer un chèque en blanc pour dire : Je prolonge jusqu'à la
fin de l'année, et je ne sais pas quel arrêté ministériel, quel contrat.
Donc, moi, j'ouvre
mon jeu, M. le Président. Si le ministre veut une collaboration, qu'il nous
dévoile, qu'il mette sur la table l'ensemble des contrats et l'ensemble des
arrêtés ministériels qu'il compte continuer jusqu'à la fin de l'année.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Derraji : Je
n'ai pas entendu ce que vous avez dit.
Le Président (M.
Provençal)
: Je vous
ai dit : C'est parce que votre temps était déjà écoulé.
M. Derraji : Ah! O.K. Bien, écoute... Merci, M. le Président.
Je compte bien entendre les groupes et échanger avec eux, donc...
Le Président (M.
Provençal)
: Par
politesse, je ne voulais pas vous interrompre, là.
M. Derraji : Mais
j'ai cru que j'ai dit quelque chose. Donc, merci, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Non, il n'y a pas de
problème. Je vais maintenant céder la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député de
Rosemont... à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale
de 56 secondes. Je vous cède la parole.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Je ne
sais pas si vous avez réalisé, M. le Président, mais ça fait pratiquement deux
mois qu'on n'a pas eu le grand plaisir de travailler ensemble ici, à la
Commission santé et services sociaux. Je le dis parce qu'il y a un
embouteillage de projets de loi à votre commission. Vous allez avoir beaucoup
de travail. Nous aussi. Et je le dis parce qu'il est clair qu'il m'apparaît
évident qu'on ne pourra pas tout passer. Et ce ne sont pas les députés de ce
côté-ci de la table qui sont responsables de l'embouteillage. Je le dis parce
que moi, je veux bien qu'on me crédite mes bons puis mes mauvais coups, mais,
préventivement, je dis que je n'accepterai pas qu'on me dise que c'est de ma
faute si ça jamme dans le coude parce qu'il y a trop de projets de loi dans le
tuyau en ce moment.
Cela dit, je viens
ici avec une grande ouverture d'esprit. J'ai appris ce matin, en prenant mon
café, à 5 h 30, qu'il y aurait des amendements. C'est un peu corsé
comme café puis comme nouvelle. J'aurais souhaité qu'on puisse en discuter
avant. La collaboration qu'on nous réclame, c'est une route à deux sens, c'est
vrai pour les amendements, c'est vrai pour
l'amélioration du projet de loi, mais c'est vrai aussi pour la fin de l'état
d'urgence, que l'on souhaite aussi. Mais il n'est pas vrai qu'on partira
d'ici, adopté ou non, avec une moitié de fin de l'état d'urgence. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le
député. J'invite maintenant le porte-parole du troisième groupe d'opposition et député des Îles-de-la-Madeleine
à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de
56 secondes.
M. Arseneau : Merci beaucoup, M. le
Président. Bonjour à tous les collègues. Effectivement, c'est un plaisir de
pouvoir enfin aborder la question de la levée de l'état d'urgence. Et on
l'attendait depuis déjà des semaines.
Il faut bien
signifier que nous serons ouverts, évidemment, à la discussion et à l'adoption
rapide d'un projet de loi qui va permettre non seulement de mettre fin à l'état
d'urgence sanitaire, mais fin également à la gouvernance par décrets. Et c'est ça, la plus grande faille du
gouvernement, c'est qu'en fait le... du projet de loi gouvernemental, c'est
que c'est un projet de loi qui permet de
conserver un certain nombre de décrets, un certain nombre des arrêtés
ministériels et qu'il ne les nomme pas, qu'il n'est pas précis sur les règles
qui vont s'appliquer une fois le projet de loi adopté. Alors, c'est sur cet élément-là que nous, on va demander
la transparence la plus totale pour pouvoir appuyer la démarche. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le
député. J'invite maintenant la députée d'Iberville à faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de 51 secondes. Je vous cède la
parole, madame.
Mme Samson : Merci, M. le
Président. Bonjour à tous. M. le Président, d'entrée de jeu, je vous dirai que,
comme vous le savez tous, j'ai déposé un
projet de loi, le 898, qui visait à revoir la
loi sur les mesures d'urgence.
Moi, quand je lis le p. l. n° 28,
je suis d'accord avec le premier article, mais j'ai hâte de voir les
amendements pour le reste, parce qu'en ce qui me concerne les autres
articles sont inacceptables.
Exemple : on
nous parle des primes tout le temps, et ça fait cinq fois que je pose la
question, on ne m'a toujours pas
répondu : Quelle loi, au Québec, interdit à un employeur de bonifier le
salaire de son personnel? Que je sache, il n'y en a pas. Alors, est-ce
que ça prend... Ça ressemble plus à un projet de loi pas... qui ne vise pas à
abolir l'urgence sanitaire, mais plutôt à nous doter d'un système de
gouvernance qui fait notre affaire jusqu'après les élections. Ça ressemble plus
à ça.
C'est tout pour moi,
M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup. Merci pour ces remarques préliminaires.
Nous allons
maintenant débuter les auditions.
Mais
je vais suspendre quelques instants pour permettre aux gens de prendre place,
et on a un test de son à faire, de captation de son. Alors, suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 33)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
reprenons nos travaux. Je souhaite la bienvenue à M. Paré, qui est
accompagné de Mmes Tanguay et Brunelle. Je vous rappelle que vous disposez
de 10 minutes pour votre exposé, après
quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite à vous présenter puis à débuter votre exposé. Je vous
cède la parole.
M. Paré (Daniel) : Bien, bonjour, M. le
Président. Mon nom est Daniel Paré. Je suis sous-ministre au ministère
de la Santé et des Services sociaux.
Mme Tanguay
(Marie-Ève) : Bonjour. Marie-Ève Tanguay, directrice de la
vaccination, CISSS de Chaudière-Appalaches.
M. Paré
(Daniel) : Et peut-être Mme Brunelle.
Mme Brunelle
(Marie-Ève) : Bonjour. Marie-Ève Brunelle, directrice Dépistage,
vaccination au CIUSSS—Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.
M. Paré
(Daniel) : M. le Président, chers membres de la commission, merci de
nous donner le privilège d'être parmi vous
tous aujourd'hui. Le ministre de la Santé et des Services sociaux,
M. Christian Dubé, a bien expliqué, au cours des deux dernières semaines,
les objectifs du projet de loi n° 28 afin d'assurer une transition et de continuer
à protéger la santé de la population une fois l'état d'urgence sanitaire levé.
titre de sous-ministre associé à la Direction générale de la gestion exécutive
et opérationnelle de la pandémie, je trouve important d'expliquer plus
en détail pourquoi nous avons besoin de ce levier législatif.
On le sait, la
COVID-19 est toujours présente parmi nous. Dans ce contexte, le projet de loi a
principalement pour but de maintenir
jusqu'au 31 décembre 2022 certaines mesures opérationnelles essentielles
en matière de prévention, de dépistage et de vaccination. Ces mesures
sont ainsi nécessaires pour poursuivre plusieurs activités au cours des
prochains mois.
L'adoption du projet
de loi et, par conséquent, le maintien de certains arrêtés ministériels visent
à permettre, entre autres, l'embauche de
personnes salariées temporaires, par exemple, par l'intermédiaire de la
plateforme Je contribue. À défaut de
pouvoir compter sur ce personnel temporaire, il faudrait avoir recours aux
employés réguliers du réseau de la santé et des services sociaux pour
assurer les activités de dépistage et de vaccination.
total, depuis le début de la campagne de vaccination, c'est plus de
17 000 personnes qui ont été embauchées pour contribuer à la
campagne de vaccination après avoir signifié leur intérêt sur la plateforme Je
contribue. La contribution essentielle a permis au personnel régulier du réseau
de la santé et des services sociaux de poursuivre son travail habituel en
offrant les soins requis aux Québécois et aux Québécoises. Sans la contribution
de ces nouveaux travailleurs, la campagne de
vaccination aurait dû être organisée uniquement avec le personnel régulier, ce
qui, évidemment, aurait eu comme conséquence d'accentuer les problèmes
d'accès aux soins.
complément, notons que c'est plus de 1 600 personnes aussi qui ont
été embauchées dans le même processus afin de venir soutenir les équipes
au niveau des centres désignés de dépistage.
Un autre élément très important du projet de loi
est qu'il vise à permettre à poursuivre la vaccination par un grand groupe de
personnes autorisées plutôt que par les personnes qui se retrouvent sur la
liste habituelle des professionnels habilités à vacciner.
Habituellement, cette liste, elle se résout à cinq types d'emplois :
infirmières, infirmières auxiliaires, aux médecins, aux sages-femmes, aux
inhalothérapeutes et aux pharmaciens.
Avec le projet de loi, le vaccin pourra
également continuer d'être administré par un bassin élargi de personnes
autorisées, et je vous en nomme seulement quelques-unes : certains
étudiants, médecins, pharmaciens, sages-femmes,
des dentistes, des hygiénistes dentaires, des diététistes, des nutritionnistes,
des optométristes, orthophonistes, physiothérapeutes,
techniciens, ambulanciers. Et j'arrête là, mais je pourrais vous en nommer
encore quelques dizaines.
C'est grâce aux efforts des milliers de
personnes qui ont levé la main et qui ont joint cette opération sans précédent
que nous avons réussi, depuis plus d'un an, à vacciner autant de Québécoises et
de Québécoises. En date de ce matin, c'est
plus de 18,6 millions de doses qui ont été administrées. Les arrêtés
ministériels ont permis de bénéficier des compétences de ces personnes.
En même temps, bien, vous me permettez de les remercier, parce que nous avons
toujours besoin d'elles, aujourd'hui et dans les prochaines semaines.
Il est vrai que nous avons vécu une petite
accalmie dans les activités de vaccination au cours des dernières semaines.
Mais, comme vous le savez, depuis mardi, une dose de rappel, ou une quatrième
dose, là, dans le discours commun, est
offerte à certaines clientèles : les personnes dans les milieux de vie et
celles des 80 ans et plus ou immunodéprimées. Cette nouvelle dose
de vaccin vise à mieux protéger les personnes les plus vulnérables contre les
conséquences d'une augmentation de la contagion au Québec. En raison de la
venue du variant BA.2, notamment, on veut
offrir une immunisation supplémentaire à ces personnes, qui sont déjà bien
protégées par les doses précédentes mais qui pourraient être plus à
risque.
Par ailleurs, la science évolue rapidement, et
nous devons être prêts à réagir rapidement à toute nouvelle recommandation des
scientifiques quant à la campagne de vaccination. Il faut également être en
mesure de finaliser l'administration de la primovaccination chez les
retardataires et finaliser l'administration de la dose de rappel.
Il est donc évident que nous avons donc besoin
de ce bassin élargi de personnes habilitées à vacciner pour assurer le bon déroulement de la vaccination au
cours des prochains mois, tout en minimisant l'impact sur les ressources
actuelles du réseau.
Le projet de loi vise aussi à permettre à
poursuivre notre processus d'entreposage et de livraison des vaccins, qui est
rodé et qui fonctionne bien. Actuellement, les vaccins sont entreposés dès leur
réception du gouvernement fédéral et sont ensuite distribués dans les centres
de vaccination partout au Québec. Sans le projet de loi, on devrait procéder à
des déménagements coûteux d'entrepôts et au déplacement de grandes quantités de
vaccins.
Ce qu'il faut aussi se rappeler, c'est qu'on
essaie de limiter au maximum les déplacements des vaccins. Les vaccins sont
fragiles et sensibles aux changements de température. S'il devenait qu'on doive
mettre fin aux contrats en vigueur pour
l'entreposage, il faudrait, évidemment, déplacer une fois de plus vers un
nouvel entrepôt, ce qui est loin d'être idéal. Et généralement c'est ce
qu'on essaie d'éviter.
possibilité de prolonger certains contrats conclus pendant l'état d'urgence
sanitaire nous permettait également de maintenir une bonne organisation des
centres de dépistage et des cliniques de vaccination partout au Québec,
tant pour la location d'espaces que pour l'ameublement. Au plus fort de la
campagne de vaccination, c'est quelque 150 centres de vaccination qui étaient en opération. Aujourd'hui, il y en a un petit
peu moins de 100, mais qui sont toujours très actifs.
Pour chacun de ces sites, les établissements du
réseau ont dû attribuer des contrats pour la location d'espaces, mais aussi
pour obtenir différents services liés à la sécurité ou l'entretien ménager. Il
a fallu acquérir ou louer des équipements qui permettaient la bonne organisation
des lieux. Les dispositions qui découlent de l'état d'urgence sanitaire ont permis de conclure ces différents
contrats sans délai. Si on veut poursuivre les opérations de vaccination,
il était essentiel de maintenir ces contrats.
Ainsi, je réitère, le maintien de certaines
mesures opérationnelles jusqu'au 31 décembre 2022 est absolument
nécessaire, pour nous, pour assurer cette transition.
Depuis mars 2020, c'est près de 200 arrêtés
et décrets divers, au niveau de la santé, qui ont été utilisés pour répondre à la pandémie : renouveler l'état
d'urgence sanitaire, mettre en place des mesures de santé publique, faciliter
l'organisation du travail de vaccination et de dépistage, accorder différentes
primes aux travailleuses et travailleurs de la santé.
Au cours des dernières semaines, un imposant
exercice de révision de ces arrêtés et décrets ont été réalisés. Au terme de
ces exercices, les mesures qui doivent demeurer en place au terme de l'état
d'urgence sanitaire ont été regroupées dans
cinq arrêtés ministériels qui portent notamment sur les mesures
populationnelles, ressources humaines, opérationnelles, vaccins et
dépistage. Le cinquième arrêté touche le secteur de l'éducation.
Nous avons tous bon espoir que le pire était
désormais derrière nous, notamment grâce au haut taux de vaccination que nous
avons atteint au Québec. Mais nous devons demeurer prêts et agir de façon
responsable pour s'assurer du bon
déroulement des opérations. C'est ce qui me permettra... C'est ce que permettra
le maintien de ces arrêtés.
J'espère que ces précisions vous ont été utiles.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. Paré. J'ai
peut-être une petite demande à vous formuler. J'ai reçu, de la part des membres
de la commission, une demande, à savoir est-ce que ça serait possible de nous
transmettre ce que vous venez de nous donner, parce qu'il y a quand même une
foule d'informations. On a beau avoir une
bonne sténo puis une certaine rapidité à prendre des notes, vous avez quand
même beaucoup d'informations, alors ça serait apprécié si vous pouviez
nous le transmettre. On pourrait le déposer immédiatement sur Greffier et le
rendre disponible aux membres de la commission.
M. Paré (Daniel) : ...on va
faire le suivi, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Bien, oui, c'est
une excellente demande que vous formulez là, M. le Président, je vous en
remercie. Mais là vous parlez du texte. Là, il a été question d'une
nomenclature, là : cinq catégories, autant d'arrêtés. Est-ce qu'il est
possible d'avoir ça aussi, là, qui est quand même au coeur des discussions?
M. Dubé : ...qui est dans
l'infonuagique en ce moment, là. C'est exactement ça que je vous ai expliqué
tout à l'heure, c'est en cours, là. J'ai dit qu'on les déposerait aussitôt
qu'ils nous étaient envoyés par le ministère.
Le Président (M. Provençal)
: C'est ça. Mais présentement, moi, ma
demande, c'est que, compte tenu que nous n'avons pas eu de mémoire de la part
de M. Paré et de ses collègues, j'apprécierais qu'il puisse nous
transmettre ce qu'il vient de nous lire pour... puisqu'il y avait quand même
beaucoup d'informations. Puis je pense que ça faciliterait le travail de tous
les gens... de tous les membres de la commission. Alors, M. Paré, si vous
pourriez le faire immédiatement, en
répondant à une question ou deux, là, en même temps. Nous, on va le déposer
immédiatement. Mme la secrétaire va s'occuper de la transmission... de
le déposer sur le Greffier, pour qu'on puisse le consulter.
Une voix : C'est parfait...
M. Marissal : Je répète, M. le
Président, que je suis d'accord avec votre demande, mais néanmoins, là, je
travaille à l'aveugle, là. Je veux avoir un texte. J'ai pris des notes, j'ai la
même chose, là, mais je n'ai pas... je n'ai pas
le... Non seulement on n'a pas les amendements qui ont été déposés, mais je
n'ai pas les catégories dont parle Dr Paré. Je sais que ça s'en vient.
O.K. Très bien. Mais ce n'est pas l'idéal, là. On a un «flat», on roule avec un
«flat».
M. Dubé : ...précision, M. le
député, ou M. le Président. Habituellement... juste pour qu'on se comprenne
bien, là, habituellement, les amendements sont déposés lorsqu'on fait l'article
par article. J'ai décidé cette fois-ci, par souci de transparence puis de
pouvoir donner le maximum d'informations, d'accélérer le dépôt des amendements.
Alors, vous pouvez me dire qu'ils ne sont pas rentrés dans la dernière minute,
là, mais je vous ai dit qu'ils sont en préparation, ici, pour être déposés le
plus rapidement possible, ce qui est déjà beaucoup plus rapide que d'habitude.
Je veux juste mentionner ça.
Le Président (M. Provençal)
: Je vous permets, mais vous
comprendrez qu'après ça on débute vraiment les échanges.
M. Derraji : Oui, oui, j'ai
respecté... Je vous ai fait la demande, mais c'est très, très, très important,
et je vais répéter ce que je vous ai dit en... Au-delà de la présentation que
vous venez de faire, M. Paré, je vous remercie, vous avez mentionné
quelque chose qui, pour moi, pour bien commencer l'étude du projet de loi, est
extrêmement nécessaire, vous avez mentionné 200 arrêtés, vous avez
mentionné cinq arrêtés ministériels. Je veux les voir avant le début du projet
de loi. Je ne parle pas des amendements, à moins que... à moins que...
Parce que je ne suis pas dans les secrets, je ne
travaille pas avec le ministre — j'aurais aimé, hein — mais,
si, le ministre, les amendements qu'il va déposer sont en lien avec les arrêtés
ministériels, ça, c'est autre chose. Je formule une hypothèse, mais
sérieusement, si vous voulez qu'on collabore, si vous voulez qu'on travaille
bien ce projet de loi, j'ai besoin de savoir
les cinq arrêtés ministériels dans cinq catégories. Vous avez dit que le
gouvernement a décrété 200 arrêtés. Je pense, c'est une information
publique et c'est nécessaire pour continuer l'échange dans cette commission
parlementaire.
Président (M. Provençal)
Alors, M. le député de Nelligan,
moi, je confirme la bonne foi de M. le ministre et je n'ai pas
d'inquiétude que vous aurez toute l'information nécessaire pour que nous ayons
d'excellents échanges lorsque nous allons
faire l'étude
article par article. Ceci étant dit, M. le ministre, je vous cède
la parole pour les échanges avec M. Paré et son équipe.
M. Dubé : Très bien. Alors, M. le
Président... puis, M. Paré, je vous ai remercié souvent pour la campagne de vaccination et je veux le faire, pas une
dernière fois, mais encore une fois aujourd'hui. Par contre, j'ai la chance de
rencontrer deux de vos lieutenants, je ne sais pas si on peut les appeler comme
ça, mais c'est ceux qui ont piloté... Alors, je voudrais que tous les Québécois
qui nous regardent aujourd'hui... me joindre à leurs voix pour remercier
Mme Tanguay et Mme Brunelle. Je pense que c'est important de voir des
personnes, des visages derrière ceux qui ont été le succès de votre campagne de
vaccination.
Alors, mesdames, je sais que vous avez été au
front pendant les deux dernières années. Mme Brunelle, les gens vous
connaissaient presque par votre nom, parce que, quand les gens passaient dans
nos grands centres de vaccination... Vous,
vous êtes de Centre-Sud, vous en avez rencontré, des gens. En tout cas, je
voulais le... Moi, je vous ai moins vue, en Chaudière-Appalaches, on est
un petit peu plus loin, mais je veux juste vous saluer. Parce que, souvent, on oublie qu'il y a eu des gens sur le terrain,
comme vous l'avez été, puis je pense que c'est important de vous remercier.
Et, si jamais, dans les questions que je poserai
au cours des prochaines minutes, vous voulez intervenir, ne pas vous gêner, parce que je pense que c'est
important que les Québécois sachent ce que vous avez vécu sur le terrain au
cours des deux dernières années, mais particulièrement pour que vous nous
expliquiez qu'est-ce qu'il nous reste à faire.
Parce qu'on l'a bien vu, là, on peut bien
souhaiter que tout ça soit derrière nous, mais encore une fois la Santé
publique nous a bien indiqué, au cours des dernières heures, qu'on était
vraiment, là... l'INSPQ l'a confirmé, on est dans le début d'une sixième
vague... pas pour inquiéter les gens, je l'ai dit en point de presse ce matin,
pas pour inquiéter les gens, mais pour les garder de façon informée. Alors je
pense qu'il est important... On en a malheureusement une confirmation, avec la
sixième vague annoncée hier, que les mesures transitoires qu'on va discuter
dans les prochains jours sont nécessaires.
Est-ce que... Puis je trouve intéressant de
parler de chiffres. Au... je dirais, au sommet de la performance, peut-être, je
vous demande, M. Paré, puis on verra qu'est-ce qui était à
Chaudière-Appalaches versus à Montréal, mais c'était quoi, le nombre de
vaccins... de personnes vaccinées qu'on pouvait faire par jour?
M. Paré (Daniel) : Écoutez, la façon
qu'on procédait, on donnait des cibles aux établissements, et la cible était
plus de 700 000 par semaine. Et, encore là, on répartissait les cibles au
niveau, là, de chacun des établissements, et,
notamment, là, pour la région de Chaudière-Appalaches, et même chose au niveau
de Centre-Sud, ça équivalait entre 5 % ou 7 %, là, de cette grande
cible là. Mais c'est 700 000 personnes par semaine, de doses
administrées, là, qui...
M. Dubé : ...puis ce n'est pas une
question piège, là : Avez-vous déjà évalué ce que vous auriez été capable
de faire sans les mesures spécifiques qu'on a mises en place, comme Je
contribue, ou le personnel que ça aurait dû enlever
du réseau, un peu comme vous l'avez expliqué, là? Je voudrais que les gens comprennent,
quand on vaccinait 150 000 personnes par jour, combien de
vaccinateurs ça vous prenait pour une journée.
M. Paré (Daniel) : Beaucoup,
beaucoup. La force de frappe que nous avions, au Québec, là, c'était beaucoup
en lien avec la vaccination influenza. Ça fait que la vaccination influenza,
ça... Je dirais, le temps, là, qu'on prenait, c'était plus ou moins deux mois,
huit semaines, et on vaccinait 1,2, 1,3 million de doses. Ça fait que,
lorsqu'on vaccinait toute la population du Québec puis on était... chaque une
dose, deux doses, trois doses, ça dépassait les 7 millions de doses. Ça
fait que ça vous donne une idée, la force de frappe, qu'il a fallu vraiment la quadrupler, carrément, là, pour réussir, là, le
tour de force de vacciner et aussi de le faire de façon, là, beaucoup plus
rapide.
M. Dubé : Puis surtout, je pense,
dans un contexte où il manquait du personnel. Alors donc, non seulement il
fallait ajouter des gens qui nous venaient de Je contribue, mais on n'avait pas
la force habituelle parce qu'il nous manquait du personnel infirmier.
M. Paré (Daniel) : Non, puis là on
parle beaucoup de vaccinateurs, mais ça a été aussi tout l'effort des gens sur
le terrain, au niveau administratif, au niveau, là, de l'accueil des gens, de
toutes les inscriptions, là, qui ont pu être faites dans le système. Parce
qu'encore là tous les vaccins qui ont été administrés ont été enregistrés, là,
aussi, dans le Registre de vaccination du Québec. Ça fait que c'était beaucoup
de personnes pour un site de vaccination. Peut-être, mes collègues, là,
pourraient peut-être donner un exemple, là, pour un de vos gros sites de
vaccination que vous aviez.
Mme Tanguay (Marie-Ève) : Bien,
peut être pour répondre aussi à la première question, là, de façon... au plus
haut pic de vaccination, en Chaudière-Appalaches, on a eu à vacciner
48 000 personnes en une semaine, dont une des plus grandes journées
où on en a fait près de 9 000 doses en une seule journée. Et, pour y
arriver, bien, on parle de plus de
600 vaccinateurs, et à cela s'ajoute, évidemment, le personnel de soutien
qui est autour, donc. Puis, juste avant,
quelques semaines avant, ce chiffre-là était en janvier, donc, si on recule un
petit peu en décembre et novembre, on vaccinait, à ce moment-là,
beaucoup moins, 4 000, environ, par semaine. Ça demande une agilité pour
se...
M. Dubé : ...versus 48 000.
Wow!
Mme Tanguay
(Marie-Ève) : Exactement. Et ensuite, février, ça a redescendu,
encore là, jusqu'à 2 000, 1 000, et présentement on remonte.
Donc, notre campagne, si on la résume, c'est vraiment des montagnes russes avec
des grosses montées où on a besoin de faire
rentrer rapidement des ressources humaines, principalement par Je contribue,
et laisser aller par la suite, quand le besoin n'y est plus, donc.
M. Dubé : Mme Brunelle, de
votre côté, donnez-nous donc quelques chiffres pour que les gens comprennent
les efforts qui étaient faits à Montréal.
Mme Brunelle (Marie-Ève) : Bien,
je vais parler plus spécifiquement du CIUSSS—Centre-Sud, mais, au plus fort, je
vous dirais, l'été dernier, au départ, là, on est monté à 5 000 doses
quotidiennement. Donc, seulement pour le CIUSSS—Centre-Sud, on était ouvert
sept jours, de 8 heures à 20 heures, et des fois au-delà. On a
eu plus de 1 000 personnes, évidemment pas à temps complet, mais
1 000 personnes par semaine qui travaillaient avec nous dans nos différents sites et dans nos différents sites
mobiles, là, qui ont fait quelques fois les médias. C'est certain que, nous aussi, hein, c'est une courbe, ça monte,
ça descend, ça monte, ça descend, alors c'est évident qu'il nous faut
une force de frappe. Moi, je fais également le dépistage et je vous dirais que
cette capacité-là d'avoir du personnel qu'on peut déplacer au dépistage, à la
vaccination, débuter de nouvelles opérations très rapidement, cette force de
frappe là... sans cette force-là, on n'aurait pas réussi ni le dépistage ni
la...
M. Dubé : Oui. Je veux aller
vite parce que je veux être sûr qu'on couvre plusieurs sujets. Mais je vous
garde sur la ligne de front, parce que c'est beau, parler du passé, mais moi,
je veux regarder, là, ce qui se passe aujourd'hui, ce qui se passe la semaine
prochaine puis la raison pour laquelle il faut conserver des mesures.
Je parle avec vous, vous avez bien expliqué
qu'il y a des vagues, il y a des vagues qui fait qu'il faut avoir de la
flexibilité dans les personnes qu'on utilise, parce que des fois vous aviez
1 000 puis des fois vous aviez 200. Vous voyez quoi, là, avec la
vaccination qui continue, avec la sixième vague? Quel genre de... quel genre de
flexibilité vous avez besoin en lien avec ce qu'on discute dans le projet de
loi, là?
Mme Brunelle
(Marie-Ève) : ... (panne de
son) ...doses de rappel, et on avait prévu de fermer... (panne de son)
...sites, là, suite à la fermeture du palais, on a déménagé pour se garder une
force et, donc, une capacité, et on avait prévu
de fermer le 16 avril. Avec la montée de la sixième vague, avec la
deuxième dose de rappel, eh bien, on a doublé du... on a doublé, je vous
dirais, en deux jours, notre demande. Et évidemment, pour nous, c'est
important, le service à la clientèle, c'est important que les personnes aient
accès au vaccin au moment où ils en ont besoin. Et d'être en mesure de
prolonger, par exemple, notre location actuelle au-delà du 16 avril, bien,
ça nous permet de répondre à cette demande-là qui serait impossible à répondre
dans nos infrastructures actuelles, dans un contexte de reprise des activités,
dans un contexte où la population a besoin de toutes sortes de services hors
dépistage et vaccination.
M. Dubé : O.K. C'est clair.
Pour la grande région de Québec, là, je regarde, vous voyez quoi dans les prochains
jours? Un peu le même besoin de... Parlez-moi un peu des cliniques mobiles.
Parce qu'on parle beaucoup des grands centres, là, les gens ont... je dirais,
80 % des gens ont passé par les grands centres de vaccination. Mais là on
commence à vacciner les plus vulnérables, les CHSLD. Expliquez aux Québécois,
là, le genre d'organisation que vous devez avoir pour vacciner ces gens-là,
vous déplacer sur place. J'aimerais ça vous entendre un peu là-dessus.
Mme Tanguay
(Marie-Ève) : ...de Chaudière-Appalaches, avec la grandeur du
territoire, on a environ cinq... on a cinq gros centres de vaccination.
Pour le reste, ça se fait beaucoup dans les sites de proximité, dont certains
dans nos installations. Par contre, pour la plupart, c'est des baux qu'on a
loués dans des lieux publics, donc c'est ces endroits-là qui nous permettent
d'administrer de la vaccination à proximité.
La proximité pour la population est très
importante. Ce n'est pas tout le monde qui a la possibilité de se déplacer dans
les grands centres. Donc, c'est ce qui a fait la différence et le succès de la
campagne aussi. Donc, pour nous, en
Chaudière-Appalaches, on a une dizaine d'équipes mobiles qui se déplacent dans
les municipalités pour aller vacciner, les rejoindre en proximité, et
c'est ce qui fait la différence. Présentement, évidemment, avec la quatrième
dose, on est beaucoup dans les milieux de vie : CHSLD, RPA, ressources
intermédiaires, ressources de type familial, et on va suivre ensuite avec les
OBNL, HLM. Donc, on va vraiment rejoindre la clientèle là où elle a besoin
qu'on les rejoigne. Et donc c'est une grande
partie de l'opération vaccination,
aussi, qui est nécessaire.
Puis, dans la campagne de vaccination à venir,
beaucoup d'incertitudes, on ne le sait pas, ce qui nous attend. Par contre, ce
qu'on sait, c'est que c'est un grand spectre de peu de vaccination à énormément
de vaccination. Et, pour chacun des scénarios, on sait exactement combien de
pieds carrés ça va nous prendre en Chaudière-Appalaches, combien de ressources
humaines ça nous prend. Et ça nous prend aussi une agilité pour y arriver et se
revirer de bord rapidement pour passer d'un contexte à haute vaccination à à
très faible vaccination. Puis ça a été une des clés aussi, là, de la campagne
jusqu'à présent.
M. Dubé : Là, je comprends
mieux le succès de l'équipe de M. Paré quand je vous entends toutes les
deux. Alors, merci beaucoup pour ces bonnes réponses, je pense que les gens
comprennent ce que vous vivez sur le terrain. Merci beaucoup.
M. Paré, je reviens avec vous, parce que ça
a été soulevé énormément par tout le monde, sur la question des contrats. Puis particulièrement, vous avez... vous
l'avez éludée un peu durant votre présentation, les gens se questionnent :
Pourquoi cinq ans? Pourquoi on a besoin... Parce que, dans le fond, les
mesures qu'on va discuter au niveau des ressources humaines, tout ça, si on
parle... on parle du mois de décembre, mais ici, là, qu'est-ce qui vous a
motivé à nous recommander d'aller vers
cinq ans pour la question des contrats? Ça, je pense, c'est important de
vous entendre, le côté opérationnel de ça, un peu plus, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Encore là,
je pense que les chiffres vont parler, puis ça va aider peut-être aux gens de
la commission à comprendre. Présentement, là, on a des entrepôts et on a
75 000 palettes de matériel de toutes sortes.
M. Dubé : ...des
palettes, là, c'est la plaque de bois, sur lesquelles sont les vaccins, les
différents matériaux et... bien, pas les vaccins, parce que les vaccins
sont dans...
M. Paré (Daniel) : Ça arrive
par palettes aussi.
M. Paré (Daniel) : Et ça,
présentement, déjà on a ces entrepôts-là. Ça fait que c'est... Et, si on
s'amuse à faire des chiffres, là, c'est...
Une palette, là, il en rentre 26 dans un camion de 53 pieds. Ça fait
qu'encore là... ça fait que c'est, bon an, mal an, là, 2 900, là, camions,
là, de 53 pieds. Vouloir déménager, là, d'un inventaire ou dans un autre,
c'est immense. Pourquoi le cinq ans? C'est qu'on va utiliser ce
matériel-là. C'est un matériel qui va quand même... qui va quand même rouler.
Et, au cours des prochaines années, bien, lorsque les besoins, on l'espère,
vont diminuer, bien, on pourra les fermer, ces entrepôts-là, par la suite des
choses.
M. Dubé : ...que
les besoins tombent. Je veux juste être sûr que... j'aimerais ça qu'on n'ait
pas à s'en servir. Mais, vous, votre responsabilité, c'est d'avoir les
ressources si on en avait besoin.
M. Paré (Daniel) : C'est
d'avoir les ressources et, en même temps, ça... ce qui est un des défis des
prochaines années, c'est qu'indépendamment de la crise le matériel pourrait
être utilisé à d'autres choses. Ça fait qu'on
va s'assurer, avec le réseau de la santé et des services sociaux, de l'utiliser
et, encore là, de... les réserves stratégiques, là, qu'on a mises en
place, bien, c'est ça, il faut quand même dire, là, c'est nos réserves. Mais,
encore là, on va travailler avec les établissements, là, pour s'assurer qu'ils
sont bien utilisés et, lorsqu'on n'en aura plus besoin, on va les fermer.
M. Dubé : Pouvez-vous
nous dire, parce que je vois que, là... qu'on me souffle à l'oreille que je
vais manquer de temps, là, mais...
Le Président (M. Provençal)
: ...deux minutes, M. le ministre.
M. Dubé : O.K.
Bien, merci. Donc, c'est important parce qu'il y a eu beaucoup de questions sur
ces contrats-là. Puis je pense que,
là, les gens comprennent comment c'est important, qu'on ait le matériel
nécessaire. Parce que ça baisse vite, là. Quand on est en période de
crise, c'est 10, 15 fois ce qu'on a besoin dans le réseau hospitalier.
Donc, plus on reste longtemps en état de crise, plus on en a besoin.
Parlez-moi de la LCOP. Parce qu'on s'est fait
dire beaucoup : Pourquoi du gré à gré? Puis là comment vous pouvez faire
cette transition-là au cours des prochaines années pour être capable de revenir
un peu plus à la normale par rapport aux contrats qui ont été signés? On parle
des fois de rallonger un contrat. Je voudrais juste... essayez d'y aller
rapidement un peu là-dessus, mais c'est important pour vous de... pour nous, de
l'entendre, ça.
M. Paré (Daniel) : Oui. La
LCOP, quand même, là, donne certains leviers.
M. Dubé : ...sur les offres
publiques, là, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Oui,
excusez, c'est ça. On est dans le jargon. Je pensais... on s'excuse. Bien,
c'est toute la
loi sur la gestion des contrats. Encore là, oui, il y a certains
leviers là-dedans. Mais il y a quand même, là... il y a quand même des leviers,
puis je vais vous donner un exemple après avec un entrepôt, là, qui pourrait
aller... on pourrait aller en gré à gré. Cette notion existe déjà dans la LCOP.
Les premiers dirigeants peuvent accepter de le faire, mais, encore là, lorsqu'on fait un avis d'intention, il y a
quelqu'un qui peut dire : Bien, moi, je ne suis pas d'accord, et là
on tombe dans une notion d'appel d'offres.
Ramenons-nous à l'exemple d'un prolongement d'un
contrat d'entreposage où est-ce qu'on a, juste pour la jase, 2 000... 2 000... — voyons donc! — beaucoup de matériel dans... et qu'on dirait de...
il pourrait y avoir... une entreprise pourrait dire : Mais là moi,
là, je pourrais vous l'offrir, déménager votre stock. Je ne pense pas que ça...
déménager, avec ce genre de matériel de... pourrait le faire pour... justement,
dans la situation. Et là notre énergie doit être mise à donner des services, et
etc. Ça fait que... ça fait que, oui, la LCOP existe et peut... on peut
l'utiliser. Mais il y a toujours la notion de délais et d'agilité, là, que mes
collègues, ici, des campagnes de vaccination...
M. Dubé : Là, j'ai un président qui
est très poli, puis, avant qu'il me coupe la parole, je voudrais vous
remercier, mais profiter des deux Marie-Ève, si je peux dire ça... de vous
remercier d'avoir été là avec nous pour répondre aux questions de nos députés.
Alors, merci beaucoup, encore une fois, pour le travail que vous avez fait.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Avant de céder la parole au député
de Nelligan pour les
10 min 10 s suivantes, je veux simplement signifier que
l'allocution de M. Paré est sur Greffier présentement, dans la
rubrique Documents distribués, si vous avez besoin de le consulter. M. le
député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le Président.
Mesdames, monsieur, merci pour votre présence et merci pour tout ce que vous faites pour les Québécois en ce qui
concerne la vaccination. Je vais aller... parce que j'ai pas mal de questions,
mais je vais aller très court, et j'apprécie une réponse courte, je n'ai pas le
même temps que M. le ministre.
Si j'ai bien
compris votre présence aujourd'hui, vous faites
partie de la machine
gouvernementale, en quelque sorte,
vous êtes pour ce projet de loi. Si j'ai bien compris, vous êtes là pour nous
dire aujourd'hui, aux parlementaires : J'ai
besoin de cinq arrêtés ministériels pour continuer mon travail. Ou bien
vous êtes en train de nous dire que vous avez besoin de deux arrêtés
ministériels. En ce qui vous concerne, en ce qui concerne vos opérations, vous
avez l'intention de nous demander quoi aujourd'hui? Quels arrêtés ministériels
vous voulez qu'on continue, même après la levée de l'état d'urgence?
M. Paré
(Daniel) : Ça fait que, principalement, pour les activités de
vaccination et de dépistage, ça va être... nous,
on va l'appeler, justement, l'arrêté vaccination-dépistage, qui va nous
permettre notamment de garder Je contribue pour garder notre
main-d'oeuvre.
M. Derraji :
La plupart des arrêtés ont des numéros. Si vous permettez, est-ce que vous avez
les numéros en tête? Sinon, ce que... je vous suggère, après la commission, de
nous envoyer les arrêtés que vous voulez qu'on continue. Comme ça, on va avoir
le temps de les étudier avant le début de...
article par article. C'est bon?
M. Paré
(Daniel) : Parfait, très bien. Mais je vous avouerai que je ne connais
pas les numéros.
M. Derraji :
Oui. Combien? Deux, trois, quatre? Précisez combien d'arrêtés ministériels.
M. Paré (Daniel) : Bien, comme qu'ils seront consolidés, là, dans
un, ça va être... pour le volet vaccination-dépistage, ça va être un, ça
va être un arrêté.
M. Derraji :
O.K. Donc, il n'est pas encore consolidé. On parle d'un nouvel arrêté
ministériel qu'on n'a pas encore vu.
M. Paré
(Daniel) : Non, c'est la consolidation des... plusieurs arrêtés, là,
qui ont été faits au cours de la dernière année.
M. Derraji :
Je vais répéter ma question. En date d'aujourd'hui, vous travaillez déjà avec
des arrêtés. Ce que je comprends, on va avoir un autre arrêté qui va continuer
même après la levée de l'état d'urgence.
M. Paré
(Daniel) : Non, c'est le... Dans le fond, c'est un consolidé des
arrêtés qu'on voudrait, on voudrait le maintenir, là, suite à l'adoption, là,
possible du projet de loi.
M. Derraji :
Oui. Et, j'imagine, c'est ce que le ministre risque de déposer, j'imagine que
vous avez contribué à la rédaction de cet arrêté. Donc, à l'intérieur de cet
arrêté qui sera amendé, on va en voir cinq. Ça va être très clair, les arrêtés.
M. Paré
(Daniel) : Oui.
M. Derraji :
Oui, j'ai bien compris?
M. Derraji :
O.K. Excellent. Maintenant, je veux venir aux contrats. Là, si j'ai bien
compris, vous avez des baux, vous avez des locaux. C'est de l'ordre de combien
de dollars que ça représente?
M. Paré
(Daniel) : Beaucoup de ces baux-là sont dans les établissements mêmes.
Ça fait que... chacun des établissements, là, eux sont faits. Si je prends, là,
l'exemple, là, d'un, là, que je connais, que je connais un peu plus, au niveau
de Chaudière-Appalaches, ça... il y a eu des contrats qui se sont donnés, là,
pour l'équivalent de 9 millions de
dollars pour cette région-là. Mais ce ne sera pas ces contrats-là de 9 millions
qui vont se poursuivre, c'est qu'il y en a eu beaucoup qui ont été
donnés. Exemple, la mise en place d'un site de vaccination, ça prenait un
électricien, il fallait acheter des ordinateurs, des paravents. Je pense qu'on
connaît le principe. Mais ça, c'est des contrats qui ont été faits et qui ont
été... et qui sont terminés. Ceux qu'on veut poursuivre, c'est les baux et
c'est, des fois, aussi au niveau, là, des agents de sécurité, pour maintenir la
sécurité, notamment.
M. Derraji :
Oui. Donc, vous avez la liste des baux que vous voulez garder.
M. Paré
(Daniel) : Oui. Tout ça, ça...
M. Derraji :
Et c'est des contrats gré à gré que vous avez déjà signés.
M. Paré
(Daniel) : Oui.
M. Derraji :
Pouvez-vous déposer cette liste de contrats gré à gré, la liste de ces baux?
C'est ça?
Paré (Daniel) : On pourrait regarder ceux du ministère puis demander
aux établissements de santé et services
sociaux aussi de les déposer, parce que c'est eux, là, que... Chacun des
établissements a signé, là, ses propres contrats.
M. Derraji :
Oui. Avez-vous un ordre de grandeur du coût de ces contrats?
M. Paré
(Daniel) : Pas pour le moment, non.
M. Derraji :
O.K. La plupart de ces contrats ont été faits par gré à gré, il n'y a aucun
appel d'offres?
M. Paré
(Daniel) : Oui, sous l'urgence sanitaire, là, d'où...
M. Derraji :
Sanitaire. Et vous demandez... Oui. Et vous demandez cinq ans pour ces
contrats?
M. Paré (Daniel) : Pas tous. Ça fait que, quand on parle des grands contrats d'entreposage
pour tout le matériel, ça, c'est jusqu'à un maximum de cinq ans, si
on peut aller.
M. Derraji :
De cinq ans.
M. Paré
(Daniel) : Mais il y a beaucoup d'autres contrats que ça va se
terminer au niveau du 31 décembre, qui est en lien avec la vaccination et
le dépistage...
M. Derraji :
O.K. Quand on parle de ces...
M. Paré
(Daniel) : ...31 décembre de cette année.
M. Derraji :
...désolé, quand on parle des entrepôts ou de l'entreposage, combien de
contrats?
M. Paré
(Daniel) : Au niveau du ministère, on parle de 10 contrats, mais,
dans les établissements, chacun, comme je
dis, ont négocié leur contrat, là, de façon séparée. Et c'est ça qu'on va... on
pourra consolider, là, dans l'avenir, là, pour les présenter.
M. Derraji :
Oui. O.K. Pensez-vous que, pour la saine gestion des finances publiques, c'est
mieux? Parce que, là, on a une visibilité, on le sait, on sait nos besoins, ça
fait deux ans qu'on vaccine. Est-ce que... Pensez-vous que les contribuables québécois, au bout de la
ligne, vont sortir gagnants si on continue ce que vous faites maintenant,
ou bien on dit : Écoutez, on sait qu'on a besoin de temps et on lance des
appels d'offres? Qui vous dit, aujourd'hui, que vos prix que vous avez eus
pendant l'état d'urgence sanitaire, c'est le bon prix qu'on doit payer pour des
entrepôts?
M. Paré (Daniel) : Moi, ce que je peux vous
dire... Selon moi, c'est dans l'intérêt public de maintenir les contrats
d'entreposage, présentement, où est-ce que le matériel est déjà là. Tout
nouveau contrat, on doit utiliser, là, les règles actuelles de la LCOP, mais le maintien... nous, ce qu'on a, nos
75 000 palettes dedans, là, ça, pour moi, c'est dans l'intérêt
public de les maintenir.
M. Derraji : O.K. Donc, là où il y a les palettes maintenant,
vous voulez les garder, et, s'il y a d'autres choses, on passe par les
appels d'offres.
M. Paré
(Daniel) : C'est ça. Oui.
M. Derraji : Donc, aujourd'hui, vous savez pertinemment le
nombre de contrats signés où vous avez un problème. Ça veut dire :
on ne peut pas aller en appel d'offres, on doit continuer. O.K. Ça, c'est
public, j'imagine.
M. Paré (Daniel) : Oui. Tous les contrats,
d'ailleurs, ont toujours été publiés... ont été, là, publiés sur SEAO, là,
ça, ça a toujours... ça a toujours été fait.
M. Derraji : Je
vais revenir au 31 décembre. Qui a décidé le 31 décembre?
M. Paré (Daniel) : C'est quelque chose qu'on
a fait suite à des discussions avec la Santé publique. Je regardais, justement,
là, puis c'est public, là, le dernier avis, là, du Comité d'immunisation du
Québec. Dans le dernier avis, où
est-ce qu'ils nous parlent des quatrièmes doses, là, ou des deuxièmes doses de
rappel, il y a un gros paragraphe qu'ils disent : S'il vous plaît,
M. Paré — je
l'ai pris comme ça, là — préparez
le réseau à une autre campagne de vaccination soit à la fin de l'été ou soit à
l'automne, parce que, si on suit — excusez l'anglicisme — le
pattern des dernières années, eh bien, on devrait se préparer à ça et... parce
que c'est cyclique. Et, nous, entre le 31 décembre et aujourd'hui, où... si la loi est adoptée, bien, il
va falloir travailler à pérenniser, à pérenniser certaines choses, notamment
des ententes avec les ordres professionnels,
pour que les autres types d'emplois, là, qui... étant... qui sont plus
atypiques, là, puissent vacciner.
Derraji : Oui, je vous suis. Je vous suis, j'ai entendu la Santé
publique. Mais, si je suis le mouvement cyclique, le 31 décembre, on a
reçu, tous, une Alerte AMBER pour dire : Écoutez, il n'y aura pas de
31 décembre, et on a vu ce qui s'est passé au mois de janvier. Pourquoi
pas fin janvier?
M. Paré
(Daniel) : Bien, écoutez, il faut... je pense, il faut se donner... il
faut se donner une date butoir pour pérenniser des choses, et fin de l'année,
fin de l'année comme ça, nous, ça... On sait que, dès aujourd'hui, encore là,
c'est déjà débuté, dans cette transition-là, nous, on va vouloir pérenniser les
gains. Moi, j'appelle ça des gains de pandémie.
Et c'est important, là, pour nous, là, parce qu'encore là, ces mesures
transitoires, là, on comprend que ça doit avoir une fin. Ça fait
qu'encore là c'est une date butoir qu'on s'est donnée et qu'on va vouloir
respecter.
M. Derraji : J'essaie
juste de comprendre la date butoir, et, désolé, là, pour moi, ça ne tient pas
la route. Si je vois ce qui s'est passé au mois de janvier, on l'a perdu, le
contrôle, presque, dans la gestion de la pandémie. Donc, vous êtes en train de
me dire : J'ai besoin de tout jusqu'au 31 décembre. On dirait qu'on
va tous fêter le 31 décembre prochain, je l'espère, et un bon
1er janvier. Mais vous savez ce qui s'est passé au mois de janvier. Vous
venez de me dire qu'on s'est basé sur ce qui s'est passé et on ne veut pas
tomber entre deux chaises, mais on vous demande, chers députés, de me
donner aujourd'hui un contrat jusqu'au 31 décembre. Moi, je vous repose la
question : Vous êtes sûr que vous avez juste besoin du 31 décembre et
non pas de fin janvier, comme cette année, 2021... oui, 2022?
M. Paré
(Daniel) : Bien, écoutez, entre aujourd'hui et le 31 décembre, on
va pérenniser les choses qui sont dans le
projet de loi transitoire. Et si je peux répondre : Ça ne sera pas facile,
parce qu'encore là, si ça aurait été facile, on aurait pu le faire avant. Pas
facile, c'est un changement de paradigme. Mais je peux vous dire qu'on va y
travailler fort pour le faire, pour qu'on soit prêts au
31 décembre, avec des moyens, entre guillemets, réguliers.
M. Derraji :
Oui. Je vais revenir aux arrêtés ministériels. Beaucoup de gens pensent, moi le
premier, que...
Le Président (M.
Provençal)
: Une
minute, M. le député de Nelligan.
Le Président (M.
Provençal)
: Une minute.
M. Derraji : ...les
arrêtés ministériels contreviennent aux appels d'offres. Je fais juste
référence au recours aux agences privées, où il n'y a pas d'appel d'offres.
Est-ce qu'aujourd'hui certains arrêtés vont continuer en ce qui touche le
personnel non permanent?
M. Paré
(Daniel) : Je m'excuse. Je ne suis pas sûr de bien comprendre la
question.
M. Derraji : Bien,
vous l'avez mentionné tout à l'heure, qu'il y a certains arrêtés qui vont
rester, d'autres qu'ils ne vont pas rester.
Le recours à des agences privées ou le recours à la main-d'oeuvre indépendante,
il y a des appels d'offres qu'on
lance à 60 $ ou à 50 $, d'autres à 100 $, à 120 $.
Pensez-vous que, parmi les arrêtés qui vont continuer... le recours à la
main-d'oeuvre indépendante?
M. Paré (Daniel) :
Si je ramène ça au niveau de la vaccination, le dépistage, où est-ce qu'est
mon domaine que je connais le plus, on n'a
pas d'agence, là, privée, là, qui est prévue là-dedans. Mais peut-être que,
dans les arrêtés ministériels plus ressources humaines, là, il y aura
quelque chose à évaluer après, là-dedans. Mais ce n'est pas dans cet esprit-là
du tout que ça a été fait.
M. Derraji : Mais
ce n'est pas impliqué dans ce sens, dans cet arrêté ministériel qui touche...
M. Paré
(Daniel) : Pas le bout des ressources humaines. Je vous dirais, moi,
c'est beaucoup... très concentré sur...
M. Derraji : C'est
qui qui est impliqué?
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup, M. le député. Merci beaucoup, M. Paré. Je vais maintenant céder la
parole au député de Rosemont pour les 2 min 37 s qui suivent.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Bonjour. Là, on est en train de débattre d'une loi
qui va donner des pouvoirs exceptionnels,
qui, par extenso, va aussi suspendre certains garde-fous démocratiques ici.
Puis prenez-le pas mal, là, mais vous me parlez de gestion de palettes,
j'ai un peu de mal à concilier les deux, là. Puis je ne minimise pas, là, mais la gestion de palettes, ça me paraît
un peu... Dites-moi donc, il y a combien de contrats, là, qui sont à risque,
là, qui vous obligeraient de mobiliser une flotte de camions, déménager, là, ce
qui fait qu'on vous donnerait effectivement les pouvoirs dont vous
voulez avoir ici, avec la loi?
Paré (Daniel) : Au niveau du ministère de la Santé et Services
sociaux, on parle de 10 contrats, mais dans les établissements, il y en a
quand même plusieurs. Peut-être mes collègues, là, pourraient répondre au
niveau de leurs établissements respectifs, là.
M. Marissal :
Mais les établissements, là, c'est à nous, c'est au gouvernement. Vous
n'allez pas vous faire jouer un tour par le Stade olympique, là. Si vous le
voulez, le Stade olympique, pour la vaccination, là, je parle de vaccination,
là, vous avez le Stade olympique, si vous voulez. La preuve, c'est que vous
voulez même le fermer, là, le centre de vaccination du Stade olympique. Alors,
je vois mal l'urgence, là, que ces entrepôts-là vont se vider, là, puis qu'on
va se promener avec des vaccins, puis qu'on va les perdre. Je ne vois pas très
bien, là, le lien avec le projet de loi qu'on a devant nous, là.
M. Paré
(Daniel) : Bien, moi, je peux vous parler... je peux vous parler
vraiment des activités, tu sais. Puis je comprends que c'est très opérationnel.
Mais, encore là, lorsque je parlais aux collègues des directions de vaccination, eux, c'est du terrain qu'ils vont
vous parler pour, ultimement, administrer une dose de vaccin. Et l'agilité,
je pense, qui a été bien présentée, là, par mes deux collègues, là, c'est
la clé, c'est le nerf de la guerre. Et l'agilité, c'est de maintenir ce qu'on a
pour poursuivre ce qu'on fait aujourd'hui. Parce que les contrats qui ont été
donnés ont été donnés sous le décret de l'urgence sanitaire. Ça fait qu'à la
fin, à la fin, s'il n'y a pas une transition qui est faite, ça va nous amener
une incertitude qui est... qui, selon nous, est non nécessaire, là, pour la
poursuite de nos activités.
M. Marissal :
Bon, j'ai très, très peu de temps, alors autre question. Je contribue, là,
vous avez quand même monté une belle banque, puis ça, je pense qu'on peut s'en
féliciter puis surtout remercier les gens qui sont parfois sortis de retraite,
qui sont revenus. Ils sont là, ces gens-là. Est-ce que la Loi de la santé
publique ne vous permet pas, en ce moment,
tout simplement, de les rappeler puis dire : Vous avez contribué la
première fois, sans aucune obligation, vous êtes encore là, bien, on
vous rappelle, on vous remobilise, puis, si vous êtes disponible, bien tant
mieux? Pourquoi cette loi, là, particulière pour arriver là?
M. Paré
(Daniel) : C'est la notion d'emploi temporaire, là, qui est expliquée
au niveau du Je contribue, qui n'est pas incluse au niveau de nos conventions
collectives, là, présentement. Et c'est ce lien d'emploi là qu'on veut maintenir
et qui nous permet de pouvoir... qui nous permet de pouvoir compter sur eux. Je
vous donne un exemple, là, encore là, selon
les fonds de pension respectifs, là, de certaines conventions, des fois, les
gens n'avaient pas le droit de venir
travailler, là, pour nous puis d'avoir, entre guillemets, son fonds de pension
et sa rémunération, ce qui nous... ce qui nous prive, là, de
main-d'oeuvre. Et c'est ce que le projet de loi là va nous maintenir... va nous
permettre de maintenir cette main-d'oeuvre-là à travers le site, là, Je
contribue.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le
député. Je vais maintenant céder la parole à la députée d'Iberville.
Vous disposez de 2 min 20 s.
Mme Samson : Merci,
M. le Président. On va parler vite, M. Paré. À l'heure actuelle, là, vous
avez en votre possession combien de vaccins sur des palettes?
M. Paré
(Daniel) : Aujourd'hui, là, puis vous permettrez de ne pas être très
précis, mais c'est plus de 4 millions de doses de vaccin que nous avons au
Québec.
Mme Samson :
O.K. Puis ils sont bons jusqu'à quand, ces vaccins-là?
M. Paré
(Daniel) : Différentes dates d'expiration, mais c'est... il y en a qui
vont expirer au cours de l'été.
Mme Samson : Bien, c'est ma question.
Il va en rester combien, de vaccins qui vont être bons le 31 décembre?
Quand on va avoir tous les entrepôts, il va rester combien de vaccins de bons?
M. Paré (Daniel) : C'est qu'encore là... Un,
il m'est difficile de répondre exactement selon les recommandations du Comité d'immunisation du Québec, parce que
c'est un de nos enjeux. Mais, encore là, c'est un approvisionnement, là, qu'on travaille avec le gouvernement fédéral
et qu'on s'ajuste. Moi, je sais que, présentement, là, indépendamment
des recommandations du Comité d'immunisation du Québec, je suis capable de
vacciner ce que nos scientifiques vont nous faire.
Mme Samson :
O.K. Puis, demain matin, là, si la Santé publique dit : On donne un blitz,
là, puis on vaccine tous les 60 ans et plus ou les 50 ans et plus, ça
vous prend, d'après vos estimés, combien de vaccinateurs pour faire ça sur une
période de trois semaines, mettons?
M. Paré (Daniel) : Si vous voulez,
peut-être, je pourrais faire une... bien, en fait, demander à nos gens,
peut-être, là, des vrais centres de vaccination, oui.
Mme Samson : Non, juste pour qu'on ait une idée, là, de ce que
ça demande. Ça demande-tu 1 000 personnes,
3 000 personnes, 20 000 personnes?
Mme Tanguay
(Marie-Ève) : Du côté de Chaudière-Appalaches, là, je vous dirais
qu'avec environ 600 personnes ça nous a permis de vacciner, pendant
plusieurs semaines, là, tous les groupes d'âge qui étaient visés par la
troisième dose. Donc, ça nous donne un petit aperçu, là.
M. Paré
(Daniel) : Et Chaudière-Appalaches, c'est 5 % du Québec.
Mme Tanguay
(Marie-Ève) : Exact.
Mme Samson :
O.K. Et je dois... je vais reconnaître, M. Paré, que, je pense, vous
m'avez donné un semblant de réponse à la question qui me turlupine depuis le
début de ces affaires-là. Qu'est-ce qui empêche l'employeur de donner des
primes à ses employés? Vous me dites : C'est les conventions collectives.
C'est ce qui vous empêche d'avoir des employés à temps partiel qui ne vont pas
focailler dans le fonds de pension des employés de l'État permanents. C'est ça,
là? Là, moi, je ne comprends pas qu'une prime à un employé, là... Moi, j'ai été
boss longtemps dans ma vie, puis j'en ai négocié, des conventions collectives,
puis il n'y a jamais rien qui m'a empêchée de donner une prime à un employé.
M. Paré
(Daniel) : Si vous me permettez, Mme Samson, c'est vraiment en
lien avec le Je contribue et non avec les primes, là, qui était ma réponse, là.
Mme Samson :
C'est les employés à temps partiel qui vous...
M. Paré
(Daniel) : C'est le fameux lien d'emploi temporaire qui... C'est ça.
Mme Samson :
Oui, c'est ça. Ça, c'est un problème de convention collective.
M. Paré
(Daniel) : Oui.
Mme Samson :
Mais donner des primes aux infirmières puis aux préposés aux bénéficiaires,
puis tout ça, ça n'a rien à voir avec les conventions collectives. Vous pouvez
bonifier les salaires de n'importe qui, incluant les madames ici, là.
M. Paré
(Daniel) : Bien, ça, c'est certain que c'est le bout que je vous
dirais que je suis moins expert, là, c'est le bout ressources humaines, là, que
je ne me risquerais pas à vous donner une réponse par rapport à ça.
Mme Samson :
Je vais m'essayer avec quelqu'un d'autre.
M. Paré
(Daniel) : Bien, c'est correct.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci,
Mme la députée. Je tiens à remercier Mmes Tanguay, Brunelle et
M. Paré pour leur présentation. Et je vais me permettre de saluer
particulièrement Mme Tanguay, qui est en Chaudière-Appalaches, avec
laquelle je peux vous dire que j'ai eu le privilège de travailler. Et je peux
vous dire qu'au niveau du Québec le travail est digne de mention pour
l'ensemble des gens qui ont eu à mettre en place les cliniques de vaccination, qu'elles soient éphémères, mobiles ou autres.
Alors, merci beaucoup pour le travail à l'ensemble des gens qui ont
travaillé et qui ont contribué au succès qu'on a eu.
Maintenant, je vais
faire une pause et suspension pour permettre au prochain groupe de se
présenter.
(Suspension de la séance à
12 h 24)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
reprenons nos travaux. Alors, j'accueille maintenant Mme Boué et M. Beaudoin, du Conseil interprofessionnel du
Québec. Alors, merci de votre présence. Je vous signifie que vous avez
10 minutes pour votre représentation, et par la suite nous procéderons aux
échanges. Alors, je vais vous céder immédiatement la parole, madame.
Mme Boué (Danielle) : Merci beaucoup. Alors, M.
le Président, M. le ministre, chers membres de la commission, bonjour. Je me présente, Danielle Boué,
vice-présidente du Conseil interprofessionnel du Québec, et je suis accompagnée
aujourd'hui de M. Marc Beaudoin, directeur général.
Alors, d'entrée de
jeu, on vous remercie de nous permettre de vous donner aujourd'hui des
commentaires en lien avec le projet de loi n° 28. Mais, avant de débuter,
permettez-moi de vous présenter brièvement le CIQ.
Alors, en plus d'être... d'avoir dans sa mission
d'être la voix collective des ordres professionnels, le CIQ agit comme
organisme-conseil auprès des instances gouvernementales sur tout ce qui touche
les ordres et le système professionnels québécois. Alors,
le CIQ regroupe 46 ordres professionnels du Québec, dont 29 sont dans le
secteur de la santé et des relations humaines,
ce qui totalise autour de 238 000 personnes, un petit peu plus de la
moitié de tous les professionnels au Québec.
Alors,
aujourd'hui, notre intervention sur le projet de loi se fera sous l'angle de la
protection du public et se limitera aux articles qui touchent directement les
enjeux en lien avec les ressources humaines, avec les soins à la population.
Alors,
on a bien compris le but du projet de loi n° 28 et que le contexte de la
Loi sur la santé publique, malheureusement,
ne prévoit aucune mesure en matière de transition. Alors, le CIQ croit que le
Québec doit demeurer prudent, puisque nous ne sommes pas à l'abri, et on
le sait, avec la sixième vague, et comme dans d'autres pays, actuellement, là,
de voir arriver des situations qui nous rendraient encore la tâche difficile.
Le Québec doit donc s'assurer d'avoir les outils nécessaires afin de maintenir
les soins à la population dans un contexte où il y avait déjà une pénurie
d'effectif, qui a été augmentée par l'effet de la pandémie. C'est dans cette
perspective que nous saluons les objectifs du projet qui permettront le
maintien de décrets et d'arrêtés ministériels jusqu'au 31 décembre
prochain, au-delà de la fin de l'état d'urgence. Cela permettra de maintenir
les ressources humaines nécessaires à un système de santé qu'on veut
opérationnel sans avoir à reprendre tout ce processus en situation de crise.
C'est ce que nous
souhaitons vous exprimer par notre première recommandation au mémoire, alors,
les autorisations spéciales d'état d'urgence. Dans le cadre de la pandémie, les
ordres professionnels ont collaboré afin de faciliter l'arrivée de nouvelles
ressources, notamment en y mettant des autorisations spéciales dites d'urgence
sanitaire, qui ont permis l'arrivée de deux catégories de groupes importants au
sein du réseau.
Alors, le premier
groupe, ce sont les retraités, les retraités qui ont été nombreux, dans
plusieurs professions, à venir prêter main-forte aux professionnels en place ou
bien en réalisant leurs activités spécifiques ou en étant dans les cliniques de dépistage et de vaccination. Le
deuxième groupe, ce sont les étudiants, les étudiants à qui on a permis de
réaliser des activités dans certaines conditions. Alors, ces deux groupes-là
ont été et sont toujours importants actuellement au sein du réseau, et
les ordres ont émis des milliers de ces attestations ou de ces autorisations
spéciales. Nous croyons qu'il est essentiel, donc, de mettre en place des
mesures transitoires afin que les personnes actuellement autorisées puissent le
rester et nous croyons aussi sincèrement qu'il est important que les ordres
puissent conserver la possibilité d'émettre de telles autorisations spéciales.
Bien sûr, ce qu'on
veut éviter, ce sont les bris de service aux citoyens, ce n'est jamais une
option, et surtout à l'approche des vacances estivales. On a ça aussi qui
arrive à l'horizon, alors, parce qu'il faut se rappeler ici qu'outre les
décrets adoptés en vertu de l'état d'urgence sanitaire il n'y a aucune loi,
aucun règlement qui existe qui permette à ces personnes d'exercer actuellement.
Donc, si on enlevait ces mesures transitoires, ça entraînerait le retrait
automatique de ces autorisations-là. Ça créerait évidemment une pression
importante sur les ressources humaines du réseau, et, on le sait, là, les
personnes sont déjà à bout de souffle. Alors, c'est ce qu'on ne veut pas faire,
personne, en matière de protection du public.
J'aimerais d'ailleurs
souligner que le CIQ a joué un rôle facilitateur dans toute la lutte contre la
COVID-19. On a été régulièrement en lien avec différents cabinets. On a produit
des avis, déposé des recommandations qui visaient à augmenter l'agilité du
système. Alors, dès l'automne 2020, on avait même insisté pour qu'il y ait
une réflexion déjà sur la mise en place de mesures transitoires. On s'est
prononcés et on s'est positionnés pour pérenniser ces mêmes mesures. Alors, on
vous avait envoyé, d'ailleurs, M. le ministre, quelques recommandations à cet
effet, qui ont permis, je crois, de nourrir le présent projet de loi.
Notre deuxième
recommandation vise plus spécifiquement le dépistage et la vaccination. On le
sait tous, ce sont deux composantes qui ont été majeures contre la lutte à la
COVID. En cette matière, il y a cinq ordres, au Québec, qui ont, dans leurs activités réservées, la vaccination. Ces
cinq ordres ont fait preuve d'ouverture. Ils ont facilité le partage de
ces activités réservées avec près d'une trentaine de groupes de professionnels
et de non-professionnels. Il en est de même pour le dépistage nasopharyngé, où
d'autres ordres ont partagé cette activité. On peut parler ici d'un bel exemple
de collaboration interprofessionnelle. On peut même parler d'audace de la part
du gouvernement du Québec.
Donc,
le partage de ces activités a permis d'augmenter le volume de façon importante
en matière de dépistage et de faire
une campagne de vaccination de masse qui a été des plus efficaces. C'est pour
cette raison que nous souhaitons que puissent être maintenues, pour les
professionnels, les dispositions en lien avec le dépistage et la vaccination
tant contre la COVID que pour l'influenza, et ce, une fois l'état d'urgence
sanitaire levé.
Ça nous amène à notre
troisième recommandation, qui est celle de demander finalement une modification
au code. En fait, on souhaite que, pour
vraiment protéger la capacité d'agir du réseau, nos deux premières
recommandations fassent l'objet d'un amendement au Code des professions
et qu'on ne se limite pas à une simple transition jusqu'au 31 décembre
prochain. Nous sommes convaincus que le maintien de ces autorisations spéciales
tant aux retraités, aux étudiants que la
possibilité pour les professionnels de la santé de collaborer à la vaccination
et au dépistage viennent sécuriser grandement notre réseau de la santé.
Finalement, pour
notre dernière recommandation, nous souhaitons vous parler d'avenir, alors, du
futur. Alors, d'abord, dès le début de la pandémie, vous l'avez certainement
remarqué, les ordres se sont rendu compte rapidement que le système
réglementaire, dans la forme qu'on le connaît actuellement, manque nettement de
flexibilité, et, en temps de crise, évidemment, c'était insoutenable. Alors,
les ordres avaient même demandé qu'ils puissent adopter des nouvelles mesures
simplement par résolution de leur conseil au lieu d'y aller toujours par voie
réglementaire, parce qu'on le sait toujours, l'approche réglementaire, c'est
souvent un petit peu plus lent et c'est souvent un petit peu décalé en fonction
des besoins du terrain. Ce sont finalement les arrêtés ministériels qui auront
permis d'avoir ce gain d'autonomie auprès des ordres professionnels.
Donc, l'urgence sanitaire
a aussi démontré quelque chose d'important, qui est le besoin primordial qu'est
la collaboration interprofessionnelle afin d'avoir un système qui répond aux
besoins contemporains de la population. Alors, les ordres sont non seulement
ouverts à la collaboration, mais ils considèrent que le statu quo est devenu insoutenable. Les ordres professionnels de ce
secteur seront donc tous heureux de participer au plan de la santé proposé,
qui propose de moderniser les lois professionnelles.
Par le passé, vous le savez, il y a eu des
grands chantiers qui ont amené beaucoup de changements. Je pense d'ailleurs
à la loi... le projet de loi n° 90, je pense à la loi n° 21. Donc, ces projets ont permis de faire évoluer plusieurs
professions, d'assurer une véritable reconnaissance de compétences, et surtout
une collaboration plus étendue sur le terrain.
Plus récemment, on a assisté aussi à des élargissements d'activités autorisées
chez les pharmaciens et chez les infirmières praticiennes.
Alors, vous le savez, malheureusement ce ne sont
pas toutes les professions qui ont pu bénéficier de telles modifications. Il y
en a plusieurs que ça fait plus de 20 ans qu'ils demandent des changements
et qui, malgré des demandes répétées, n'ont jamais vu aucune évolution de leurs
secteurs d'activité. C'est pour ces raisons que nous demandons la mise en place
immédiate d'un comité qui permettrait d'identifier quels sont les règlements
qui freinent le développement des professions et qui demandent aussi de
moderniser les professions réglementées.
Alors, en conclusion, j'espère sincèrement que
nos remarques vous seront utiles. Évidemment, je tiens à vous offrir tout le
soutien et toute l'aide des ordres professionnels et du Conseil
interprofessionnel du Québec pour la suite de ce dossier. Vous savez, pour
traverser toute cette crise, les ordres ont placé l'intérêt du public au coeur
de leurs préoccupations. Ça a permis de faire les choses différemment,
d'aborder les choses différemment, mais maintenant je pense que vous avez
compris que, si on veut aller plus loin dans cette direction, il nous faudra
avoir des lois qui seront modernisées, des règlements qui permettront une plus
grande flexibilité, une plus grande agilité du système, parce que c'est vrai pour le secteur de la santé et des relations
humaines, mais c'est aussi vrai pour l'ensemble des autres secteurs
d'activité économique du Québec.
Alors, pour nous, il est temps de procéder à une
véritable réforme du système professionnel québécois si on veut être tous prêts
à relever les défis de demain. Je vous remercie.
Le Président (M. Provençal)
: C'est moi qui vous remercie,
Mme Boué. Avant de procéder aux échanges, je veux simplement avoir le
consentement parce qu'on va avoir besoin d'un trois à cinq minutes
supplémentaires par rapport au temps prévu pour pouvoir vraiment compléter nos
échanges. Alors, consentement? Ça va.
Dubé : Tant qu'à être dans les consentements, je voudrais
savoir... Est-ce qu'on peut allouer le temps qui est disponible en ce moment
aux trois autres députés de... Est-ce que c'est possible? Tout le monde est
d'accord avec ça?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, consentement? Merci. Alors, M.
le ministre, vous procédez maintenant aux échanges avec le Conseil
interprofessionnel du Québec.
M. Dubé : Très bien. Merci beaucoup,
M. le Président. Mme Boué, M. Beaudoin, merci beaucoup d'être là
aujourd'hui. Et je vais faire un peu ce que j'ai fait avec le groupe précédent,
commencer par vous remercier, parce que, vous l'avez dit, c'est toujours
difficile de se remercier soi-même. Vous avez été très humbles dans votre rôle que vous avez joué durant la pandémie, mais
coordonner les efforts d'une quarantaine de professions qui n'ont peut-être
pas toujours travaillé avec la même coordination que vous avez faite au cours
des deux dernières années... Je veux que les
Québécois réalisent l'importance du travail que vous avez fait parce que... Je
crois que vous êtes une technologue en imagerie. Je ne suis pas certain
que j'aie la bonne...
Mme Boué (Danielle) : Oui,
technologue en imagerie médicale.
Dubé : O.K., je n'étais pas loin, mais de pouvoir
coordonner le travail des infirmières, des physiothérapeutes, en tout cas, on peut tous les nommer, là, il y en
a une quarantaine, je pense que vous avez fait un boulot extraordinaire,
et c'est important de le dire parce que c'est ça qui a fait qu'on a été
capables d'aller chercher, quoi, peut-être une vingtaine de groupes de vaccinateurs, entre autres, là, je dirais, entre
autres, qui nous ont permis d'atteindre les chiffres dont M. Paré nous
parlait tout à l'heure.
Bon, une chose que j'aimerais... Vous avez fait
référence à une... Puis là, par souci de transparence avec mes collègues, là,
de cette commission... Vous avez fait rapport tout à l'heure... référence,
pardon, à une lettre que vous avez envoyée un peu avant le... Il y a votre
mémoire, mais il y a une lettre aussi. Auriez-vous objection, parce qu'elle
m'était adressée à moi... Auriez-vous objection à ce que je la dépose ici?
Parce que je pense qu'elle est en ligne avec votre
mémoire, mais vous expliquez un peu les raisons de ce qu'on vient de discuter.
Alors, si vous n'avez pas d'objection, je pourrais la...
Mme Boué (Danielle) : Ça va nous
faire plaisir.
M. Dubé : Alors, je vais demander,
là, à mon équipe de vous la faire parvenir puis de la distribuer à mes
collègues ici, mais je voulais avoir l'autorisation avant de le faire, si c'est
possible.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, consentement. Est-ce que ça va
être pour un dépôt public, M. le...
M. Dubé : Moi,
c'est à Mme Boué...
Le Président (M. Provençal)
: Madame, vous n'avez aucun...
Mme Boué (Danielle) : Aucun
problème.
Président (M. Provençal)
: Alors, on va la recevoir. Elle sera sur Greffier.
On va distribuer rapidement aux membres de la commission, mais le public
pourra consulter votre lettre. Merci beaucoup.
M. Dubé : Dans... Puis je vais y
aller en ordre, parce que le temps va passer très vite. Alors, dans le... Quand
on a déposé le plan de santé cette semaine,
on a parlé, justement, de l'importance de l'interdisciplinarité, puis
d'ailleurs c'est une recommandation importante de notre plan. Moi, j'ai
essayé d'expliquer, au cours des derniers jours, que c'est beaucoup ce qu'on a
appris de la pandémie, qui... Comme vous l'avez dit, on dit : On ne veut
pas retourner en arrière. On veut être capables
maintenant de... La période que vous avez besoin, là... Puis ça, je pense que
c'est important, parce que le projet de loi, ici, dont on parle, le
projet de loi n° 28, c'est pour mettre en place... pour être capables de
continuer à travailler avec tous les ordres professionnels dont vous avez la
coordination, je vais le dire comme ça, là, mais vous pensez qu'on en a assez,
de temps pour faire cette... parce que, là, on va avoir un certain nombre de
mois pour pouvoir continuer à travailler de
la même façon, c'est un peu ce que M. Paré expliquait, mais, vous,
qu'est-ce que vous auriez... Vous voyez ça comme... Quel est
l'échéancier que vous pouvez vous donner pour qu'on puisse... vous avez dit le mot «pérenniser», cette espèce de
coordination entre les ordres professionnels pour qu'on soit encore plus agiles
dans l'avenir et non seulement sous la transition des mesures d'urgence?
J'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Boué (Danielle) : Bien, trois
aspects, si vous me permettez, M. le ministre. Dans un premier temps, je pense
qu'il est urgent de pérenniser les quatre aspects dont on fait... on parle au
mémoire puis que j'ai présentés là. Donc,
tout maintenir les attestations pour les retraités, maintenir les attestations
pour les étudiants, ça, c'est fondamental. À l'aube, là, des vacances
estivales, là, par exemple, si on se retrouve avec l'impossibilité de garder
ces... d'offrir ces activités-là aux finissants...
M. Dubé : Puis, on le sait, dans le
réseau, l'été, c'est déjà difficile.
Mme Boué (Danielle) : C'est une
période critique, l'offre juin-juillet. Donc, si on ne peut pas faire ça avec
tout le personnel du réseau, qui, actuellement, a besoin de vacances, je pense,
on va tous être d'accord avec ça... Ça, c'est urgent, ces deux aspects-là. Les
deux autres éléments urgents aussi, c'est la recommandation 2, donc garder
aussi le décret relativement aux possibilités des professionnels, de tous les
professionnels, de pouvoir vacciner et de dépister. Ça, avec l'arrivée de la
sixième vague, là, qu'on entend depuis hier, bien, je pense que ce sont des
éléments de prudence fondamentaux. Ça, c'est urgent de s'assurer qu'on puisse
avoir ça.
Maintenant, en ce qui concerne tous les autres
aspects, sur l'ouverture, bien, c'est pour ça qu'on demande un comité, mais ce
comité-là... je ne pourrais pas, aujourd'hui, vous donner de calendrier parce
que, un, ça va demander un courage
politique, là, je pense qu'on le sait tous, là, puis qu'on puisse travailler en
collaboration aussi, tous les ordres. Ceci étant dit, je pense que,
selon l'agenda parlementaire, on sait qu'à l'automne il y a des élections, on
sait que, là, l'été arrive, donc, je pense
qu'il y a moyen de faire un travail, mais je pense qu'il va devoir y avoir...
Puis c'est pour ça qu'on demande la
place... la mise en place d'un groupe de travail. Il va devoir y avoir du
travail de collaboration entre les ordres, nous, on peut être le
gestionnaire de tout ça, comme vous l'avez bien compris, et le
gouvernement, parce qu'il y a plusieurs possibilités.
Vous savez, j'ai regardé, là, tous les
communiqués de presse, plusieurs ordres professionnels étaient présents mardi
matin. Donc, l'ensemble des communiqués de presse que les ordres ont émis suite
à la présentation de votre plan santé, je
pense que c'est venu témoigner que plusieurs ordres ont déjà beaucoup d'idées
sur qu'est-ce qu'on peut ouvrir. Vous savez, depuis les
10 dernières années, moi, j'ai été à la présidence d'un ordre pendant près
de 11 ans, il y en a eu beaucoup, de gestes de collaboration.
Contrairement à ce qu'on pense des ordres, que
c'est fermé puis qu'on est en cloison, là, ça, je pense, c'est un mythe qu'il
faut déconstruire, puis j'y travaille régulièrement. Je pense que c'est
important de souligner tous ces changements-là qu'ils ont eus en matière de
culture de collaboration dans le réseau. La pandémie est venue nous démontrer
ça plus, plus plus, bien, maintenant, il faut y aller de façon plus
systématique. Il y a plusieurs choses qui doivent être revues de façon
macroscopique, et ça, on a besoin du gouvernement pour ça. On ne peut pas faire
ça tout seuls, les 29 ordres du secteur
de la santé et des relations humaines. Donc, c'est réalisable, mais il commence
à y avoir urgence de travailler si on veut être capables de pérenniser
les choses au-delà du 31 décembre prochain.
Dubé : Dans un contexte de rareté de main-d'oeuvre, hein,
vous connaissez assez le réseau, là, pour y avoir pratiqué, puis avec
toutes vos connaissances, expliquez-nous comment c'est encore plus important
d'avoir cette flexibilité-là. Je parle...
Entre autres, vous avez fait référence aux étudiants ou aux retraités, parce
que, dans les efforts qu'on a eus de cette interdisciplinarité-là, il
était aussi important, vous l'avez dit, d'avoir des étudiants puis des
retraités. Mettez-nous ça en perspective, parce vous avez été tellement
partie
de ces discussions-là, comment c'est important,
là, à court terme. Vous avez parlé des enjeux de l'été. Je veux que les gens
comprennent bien, là, comment c'est important d'avoir ces mesures de
transition là qui sont incluses en ce moment dans le projet de loi n° 28.
Boué (Danielle) : Bien, écoutez, c'est parce que, si on les enlève
demain matin, ce sont des milliers de personnes qu'on enlève du réseau, hein,
des milliers.
M. Dubé : J'ai
peut-être mal posé ma question, mais, demain matin, on enlève les mesures
d'urgence sans avoir les mesures de transition, l'accès à ces personnes-là,
c'est fini.
Mme Boué (Danielle) : Absolument pas. Il n'y a
absolument aucune mesure, actuellement, de loi ou de règlement qui
permet aux ordres de continuer à autoriser ces personnes-là. Il y a des mesures
au code.
Disons, je vais prendre
l'exemple des retraités parce que c'est un exemple assez fréquent, là. Une
personne retraitée qui veut revenir à la profession, elle peut le faire. Il y a
une mesure, il y a un dispositif au Code des professions, mais c'est soumis à
un règlement. Donc, il y a toujours un petit peu plus de lenteur, bien entendu.
Donc, ce que la personne doit faire, c'est qu'elle doit respecter les
conditions du règlement. Donc, si je veux revenir à ma profession chez les
technologues en imagerie, par exemple, je dois avoir exercé 700 heures au
cours des cinq dernières années. Si je ne l'ai pas fait, ça veut dire que le
conseil d'administration va me prescrire un stage. Je vais pouvoir y arriver,
mais ça ne sera pas demain matin. Je n'aurai pas mon permis d'exercice demain
matin. Là, ce que le décret ou l'arrêté
permet de faire, c'est qu'on le donne demain matin. Donc, on a assoupli ces
conditions réglementaires là, hein?
C'est la même chose
pour les étudiants. Du côté des étudiants, il y a des ordres qui avaient déjà
ce qu'on appelle des règlements sur les candidats à l'exercice de la
profession. Donc, avec certaines conditions, les candidats, par règlement,
pouvaient exercer dans la période qui est à la fin du DEC, là, puis de l'examen
de l'ordre, pour ceux qui en ont, et le résultat, donc, tout ça. Sauf que les
ordres qui n'avaient pas ces règlements-là, et c'était le cas à l'OTIMROEPMQ,
donc, on ne pouvait pas permettre aux étudiants de travailler de la mi-mai
jusqu'au début juillet. Donc, c'est de la main-d'oeuvre, là, dans... C'est huit
semaines, là, concrètes.
M. Dubé : À
la période critique.
Mme Boué
(Danielle) : Ils sont chez eux, ils attendent, là, qu'on leur donne
leurs permis d'exercice. Donc, c'est ces mesures-là qui ont créé un
assouplissement incroyable, et que je pense qu'on ne peut pas se passer
actuellement, parce que ce sont des milliers de personnes... Les retraités,
actuellement, là, ils ne sont pas juste allés en
vaccination et en dépistage, là. Ils sont actuellement, par exemple, en
inhalothérapie. Il y en a qui sont dans les soins critiques, en imagerie. Il y en a qui sont dans
des secteurs en intervention. Donc, c'est des gens qui avaient les compétences
pour le faire. On n'est pas en train de mettre la sécurité du public en danger,
là, inquiétez-vous pas.
M. Dubé : Oui.
Je m'en allais un peu là, parce que c'est un bon point que vous soulevez, parce
qu'on s'était fait dire au début que ça serait peut-être démobilisant pour les
gens qui ont un code de profession de voir arriver un étudiant ou de voir
arriver un retraité. Vous n'avez pas senti ça de la part des...
Mme Boué
(Danielle) : Non.
M. Dubé : Non,
mais je veux le clarifier parce que, quand on arrive dans la sécurité de nos
patients ou de nos Québécois, vous n'avez
jamais eu cette... parce que c'est ça qu'on... je veux faire attention à ce que
je vais dire, là, mais qui a peut-être créé un certain immobilisme dans
les dernières années. Il y avait toujours un peu cette notion-là de protection de l'intérêt public, qui est correcte,
pour chacun des ordres, mais là il y avait urgence en la matière. Vous n'avez
pas senti cette démobilisation-là ou l'aspect sécuritaire qui était mis en jeu?
Mme Boué
(Danielle) : Écoutez, je ne peux pas vous parler pour les
28 professions, là, mais je vais vous parler de ce que je connais, tout à
fait, absolument pas. Écoutez, j'ai moi-même participé l'année dernière à
l'effort de vaccination comme technologue retraitée et j'ai eu la chance de
vacciner...
M. Dubé :
En plus, avec tout ça, en plus, vous avez...
Mme Boué
(Danielle) : Bien oui, il fallait faire notre effort, puis je l'ai
fait avec coeur puis avec fierté de pouvoir le faire comme technologue, parce
que je n'étais pas... Je n'aurais pas été en mesure de le faire si ça n'avait
pas été...
M. Dubé : Vous
n'aviez pas le droit avant ces mesures-là.
Mme Boué
(Danielle) : Je n'avais pas le droit, mais là je suis allée prêter
main-forte. Puis, écoutez, dans le cadre de notre profession, moi, je faisais
des intraveineuses en établissement. J'étais capable de faire une vaccination sans crainte pour le public. Vous savez, il y a
toujours un aspect... Il n'y a pas de contradiction entre cette ouverture-là
et la protection du public en autant qu'on s'assure que les compétences soient
là. Et tous les petits exemples d'interdisciplinarité qu'on a faits au cours
des 10 dernières années, ils ont... ça a permis de rassurer... de nous rassurer, même, comme organisation, les ordres,
sur cet aspect-là. On s'assure, là, que la compétence est au rendez-vous.
On s'assure que les gens, s'ils ont besoin de formation, ils le font. Il y a
des formations continues obligatoires qui s'ajoutent pour les personnes qui
peuvent faire certaines activités.
Dubé : Je vois le temps qui file. Donnez-moi juste un exemple, là,
parce que ça a enlevé tellement de charges sur nos infirmières, entre autres,
là, ça, c'était un des objectifs, là, d'être capable... mais est-ce qu'il y a
des professions où vous avez dit, puis moi, je n'étais pas dans tout le détail
des discussions... où vous avez dit : Ça, non, on ne pourrait pas aller
jusque-là? Est-ce que c'est arrivé où il y avait quelques professions où on
s'est dit : Peut-être pas, là, je...
Mme Boué
(Danielle) : Bien, je ne veux pas diminuer l'importance de votre
propos, là, loin de là, mais c'est sûr qu'on reste aussi dans un champ de
pratique qui est logique dans le cursus de soins aux patients, je pense, là.
Moi, je suis une technologue en imagerie. Donc, il y a des choses que je peux
faire pour tout ce qui est environnement d'imagerie médicale. On peut même se
poser la question sur le développement de la profession. Tous les ordres ont
des idées là-dessus. Mais je ne m'en irai pas faire une chirurgie, là, on
s'entend là-dessus, hein? On s'entend là-dessus.
M. Dubé :
C'est ça, mais c'est pour ça que je vous disais : Il n'y a jamais eu une
question de sécurité qui a été mise en cause là-dedans, puis ça, je pense,
c'est important, parce que le fait qu'on mette le projet de loi n° 28 pour
dire : On veut continuer cette interdisciplinarité-là... Moi, les
Québécois qui nous écoutent aujourd'hui, là, je veux qu'ils voient qu'il n'y a
pas d'enjeu de sécurité, là. C'est ça qui est un peu mon propos, là.
Mme Boué
(Danielle) : Vous savez, quand il y a une décision qui est prise en
matière de partage d'activités entre groupes de professionnels, c'est toujours
le premier aspect qui est sur la table. J'ai travaillé avec plusieurs ordres
pendant que j'étais à la présidence de l'OTIMROEPMQ, et c'est toujours le
premier critère. Il n'y a pas un groupe... Moi-même, je ne voulais pas que mes
membres mettent la sécurité du public en jeu. Donc, on s'assure, là, que le
public, il est sans risque sur cet aspect-là, peu importe le professionnel qui
le fait. Ça, c'est clair, c'est toujours notre priorité.
M. Dubé :
Il me reste à peu près une minute. Qu'est-ce que j'ai oublié de vous demander
aujourd'hui qui est important pour vous, là, pour la continuité des choses?
Parce que, je reviens, là, vous nous avez expliqué comment ça a été important
dans le passé. Qu'est-ce que j'oublie de demander, là, pour être certain que
les gens comprennent bien pourquoi qu'on vous a invité aujourd'hui, là?
Mme Boué (Danielle) : C'est sur notre
recommandation 3, la modification au Code des professions. Je pense que,
si on veut pérenniser ces quatre secteurs-là, vaccination, dépistage,
possibilité de... les étudiants, les personnes, je pense qu'il faut
travailler là-dessus. Vous savez, nous, le Code des professions, c'est notre
loi qui conduit le système professionnel. Donc, je pense, c'est important qu'il
y ait des amendements qui soient faits rapidement si on veut aller au-delà du
31 décembre.
M. Dubé :
Très bien. Alors, c'est ça. Ça, ça peut faire l'objet d'un projet de loi à un
moment donné, qui serait après... vous l'avez dit, là, après les élections,
mais, dans le plan santé, je le dis rapidement, l'interdisciplinarité,
pour moi, elle est majeure. Alors, on va en tenir compte, de cette
recommandation-là.
Mme Boué
(Danielle) : Tout à fait.
M. Dubé :
Merci beaucoup, Mme Boué. Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
M. le ministre. Alors, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, M. le Président. Merci beaucoup. Je pense que votre passage en
commission, il est extrêmement important,
pas uniquement pour le projet de loi n° 28. Et, avec votre
permission, et du moment que M. le ministre a parlé de son plan de
santé, je vais me permettre aussi de parler de son plan de santé, même si on
n'est pas dans la même commission. Mais, vous savez quoi, je vais aller
chercher le transcript. Je vais... Si vous permettez, je vais utiliser votre
demande, et, vous savez quoi, moi, je ne vais pas attendre à la prochaine
élection ni le prochain mandat, je
formulerai une demande formelle au ministre, parce qu'il a déposé, ce lundi...
ce mardi, un plan de santé, et je pense extrêmement pertinente votre
proposition aujourd'hui, parce qu'on ne peut pas parler de
l'interdisciplinarité sans votre proposition. On n'y arrivera pas, et c'est là
la différence entre ma vision et la vision de M. le ministre. Je comprends ce qu'il veut faire, mais je sais qu'il
y a des frontières entre les professions. Je sais qu'il y a une montagne
qu'on doit tous parcourir ensemble.
Donc, si vous
permettez, je vais formuler la demande officielle que ce groupe doit commencer
son travail, parce que, sérieusement, le fait de ne pas offrir à chaque
Québécois un médecin de famille... Je sais un petit peu la première ligne et j'ai bien saisi vos propos.
Donc, vous, vous insistez qu'un comité puisse commencer son travail pour
coordonner le décloisonnement des professions, corrigez-moi si je me trompe,
pour pouvoir mettre en place, en pratique
ce que le plan de santé énonce à partir de... qui a été énoncé par le plan de santé
mardi. Est-ce que j'ai bien saisi vos propos, avant de passer à
l'échange sur le 28?
Mme Boué (Danielle) : Oui.
Écoutez, je ne veux pas faire de sémantique, là, puis utiliser du temps pour
rien, mais nous, on partage... On utilise moins le mot «cloison» ou le mot
«frontière». Pour nous, ce ne sont pas des frontières
entre les différentes professions. On parle d'une collaboration. Donc, au-delà
de chacun de nos champs de pratique, je pense que c'est important de parler de
collaboration et de partage d'activités, mais, oui, ce qu'on demande, c'est
qu'il y ait un comité rapidement mis en place pour être capable de débuter,
parce que, dans le plan santé, on l'a bien vu, il est question de
l'interdisciplinarité. Et je pense que tout ça ne pourra pas se faire sans
courage politique, mais ça ne pourra pas se
faire non plus sans qu'on puisse, tout le monde ensemble, se parler et qu'il y
ait... oui, donc. Et on est... On fait
partie des travaux, là. On est
disponibles, évidemment, pour travailler là-dessus très rapidement.
M. Derraji :
Bien, moi, je vous seconde puis je formule la demande officielle, parce que
le ministre n'arrête pas de me demander, au salon bleu, de collaborer et de
travailler ensemble. Moi, je pense, M. le ministre, c'est une excellente
proposition que vous avez sur la table si vous voulez, très bien, le plus tôt
possible, régler le problème de l'interdisciplinarité, mais commencez les
négociations.
En fait, ce que
j'aime dans votre propre proposition, c'est qu'avec la pandémie nous avons
réussi... Et je sais que vous n'aimez pas le
décloisonnement, mais il y a beaucoup d'études sur ça. Il y a les frontières
entre les professions. Il y a des spécialistes qui parlent des
frontières entre les professions. Vous avez réussi, grâce à la pandémie, à
démontrer à nous tous, y compris les députés et le législateur, que c'est
possible de surmonter des obstacles entre les professions, mais c'est ce qu'on
veut avec une première ligne. Mais, si on ne les surmonte pas, si on ne vous
donne pas un changement de loi... Ça, ça va prendre du temps, un changement des
lois sur les professions. Ça va prendre du temps, et vous avez dit : Ça
prend du courage, et ça prend du courage politique. On ne peut pas le faire à
court terme.
Par contre, vous
remettre à la... vous donner la possibilité d'être à la tête d'un comité, moi,
je pense que c'est une proposition qui est très, très, très facile à faire et
j'espère que le ministre va saisir le ballon. En fait, vous venez de lui donner
une belle rondelle pour qu'il commence un vrai travail sur
l'interdisciplinarité, et, sur ce point, je vous seconde, ça sera fait et ça
sera l'objet de toutes mes prochaines questions, s'il a lancé ou pas ce comité.
Bon, maintenant,
revenons, revenons, revenons au projet de loi n° 28. Je vais vous partager
un courriel que j'ai reçu : «M. le député, je n'ai pas eu de retour
concernant une situation que je vis avec l'ordre. L'ordre impose des délais qui
ne respectent pas la
Loi sur les infirmières.» J'ai le règlement, je peux vous
le partager. «Nous terminons notre formation le 5 août, et l'examen est
le... se tiendra le 26 septembre. L'Ordre des infirmières du Québec nous
indique que nous ne pourrons pas le faire. Nous devrions donc avoir droit à cet
examen.»
Tout à l'heure, on
parlait de rareté, on parlait d'infirmières qui, faute d'une procédurite, vont
terminer la formation et elles n'auront pas le droit de passer l'examen le
26 septembre. Quand on parle des frontières, quand on parle de la
bureaucratie, que répondez-vous à cette infirmière? Et moi, j'espère que le
ministre... parce que je peux lui envoyer la demande. J'ai plein de demandes
d'infirmières qui risquent de ne pas exercer leur profession à cause d'un, je
dirais, empêchement administratif.
Mme Boué
(Danielle) : Bien, écoutez, c'est difficile pour moi de commenter ce
jugement-là. Je ne suis pas la présidente de l'Ordre des infirmières. Donc,
malheureusement, nos règlements sont souvent un peu différents. J'imagine qu'il
y a des raisons qui sont en lien avec ça. Écoutez, je pense qu'en se parlant il
y a toujours moyen de trouver et d'identifier des pistes de solution. C'est
certain qu'il y en a. Il faudrait adresser la question directement, peut-être,
à l'Ordre des infirmières. Moi, bien, je m'excuse, mais je n'ai pas de réponse
pour vous ce matin ici.
M. Derraji :
Non, non, je comprends.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le député, vous avez dit que vous seriez prêt à le déposer...
M. Derraji :
Oui, je peux... En fait, c'est parce qu'on parle... Tout à l'heure, vous
avez dit : Il faut faire attention de ne pas rater les retraités et les
étudiants pour la période estivale. Je vous le dis parce que vous avez énuméré
des choses. Moi, je vous rajoute un autre élément. J'ai des demandes d'infirmières
qui vont terminer leur formation le
5 août, l'examen de l'ordre... Et, je sais, je comprends très bien, vous
n'êtes pas à la tête de l'ordre, mais là on parle... Vous nous ramenez
des solutions pour les retraités et pour les étudiants, mais qu'est-ce qu'on
fait avec les infirmières qui suivent maintenant des formations? Je vais vous
partager le problème...
M. Dubé :
...bonne idée peut-être juste de soumettre le courriel dont vous parlez.
M. Derraji :
Oui, oui, aucun problème, je vais... je vais vous l'envoyer.
M. Derraji :
Mais ça serait bien de régler aussi ces jeunes, ces jeunes, parce qu'ils
veulent contribuer à l'effort de guerre et ils veulent travailler, ils ne
veulent pas rester sur le banc des étudiants.
Mme Boué
(Danielle) : Tout à fait. Et j'entends bien. Écoutez, c'est clair
que... Je sais qu'à l'ordre des infirmiers et des infirmières du Québec, ils
ont ce qu'on appelle un CEPI, là, un règlement sur les candidats à l'exercice de la profession infirmière. Puis je
suis sûre que ça va leur faire plaisir de répondre aux questionnements que vous
avez à cet égard-là. Je pense qu'il n'y a pas un ordre, actuellement, qui a...
qui s'inscrit, là, en faux sur sa volonté d'ouvrir puis de permettre à
plus de monde d'accéder au marché du travail, là. Ça fait que c'est un élément
qui m'échappe, mais je ne veux pas répondre à leur place, évidemment, vous
comprendrez.
M. Derraji : Oui.
Nous sommes en train de parler de pérenniser les mesures transitoires. Pour
vous, vous avez constaté que, pour le dépistage et la vaccination de masse, il
y a une trentaine de groupes professionnels qui ont été mobilisés. Là,
maintenant, vous dites qu'il convient qu'un seul ordre professionnel exerce les
activités liées au dépistage et à la vaccination. S'il n'y a pas un arrêté,
s'il n'y a pas d'arrêté, est-ce que vous pensez que, pour le dépistage et la
vaccination, c'est mieux de garder ça ouvert à plusieurs groupes professionnels
et non professionnels? Pour vous, vous êtes à l'aise?
Mme Boué
(Danielle) : Oui. En fait, c'est ce qu'on recommande. Notre
recommandation n'est pas de limiter ça à un seul groupe uniquement. Ce qu'on
dit dans notre recommandation 2, c'est de maintenir les groupes de
professionnels qui ont fait du dépistage et de la vaccination, de rendre
ça pérenne, ces mesures-là. Parce qu'on a fait... Moi, j'ai fait de la
vaccination l'année dernière, je suis encore capable d'en faire en 2023, là.
Donc, il n'y a pas d'enjeu, là.
M. Derraji : Oui.
Mais c'est là où je veux vous ramener parce que, là, on est en train d'avoir
toute une réflexion sur le réseau de la santé. Les mesures transitoires, ça
touche la pandémie, mais pensez-vous... parce qu'on a toujours des
campagnes de vaccination, H1N1, ça a été le cas...
Mme Boué (Danielle) : On peut
pérenniser, tout à fait.
M. Derraji : Oui, mais c'est là
ma question. Excellent, c'est là où je veux vous ramener. Là, la pandémie nous a enseigné quelque chose que... on ne le
savait pas avant, c'est qu'on est capable de mobiliser d'autres personnes pour certaines campagnes, et ça a donné des
résultats : dépistage, vaccination. Selon vous, on ne doit pas se limiter
uniquement à la pandémie, et au dépistage, et à la vaccination liée à la COVID.
Donc, prenons
le cas l'automne. L'automne, il y a toujours une campagne de vaccination contre
la grippe. Il y a des demandes pour
d'autres vaccins, surtout pour les personnes âgées qui doivent toujours les
prendre au bon moment. Est-ce qu'aujourd'hui, dans le cadre... On parle
d'une refondation de la santé. Ça commence par des projets de loi, élargir la
loi sur les professions et permettre la vaccination et le dépistage à d'autres
ordres professionnels ou professionnels. Pensez-vous que c'est réaliste?
Mme Boué (Danielle) : Bien, en
fait, je vous dirais que, dans la situation qu'on a vécue avec les décrets, les
arrêtés, ce sont pas mal tous les professionnels de la santé qui ont eu accès à
pouvoir faire de la vaccination. Ça, c'est déjà là. Ce que notre recommandation
dit, c'est qu'on viendrait limiter aux groupes de professionnels et non aux
non-professionnels, parce que, là, on n'est plus dans des campagnes de
vaccination massive comme quand c'était en pleine pandémie. Donc, on a quand
même... Et là c'est aussi la fermeture des grands centres de vaccination et
dépistage. Donc, ces non-professionnels-là, par exemple, étaient soumis à une
surveillance plus étroite de la part des professionnels. Là, on perdrait cet
élément-là. Alors là, dans un souci de protection du public, on vient limiter,
mais on ne... on ne veut pas, pardon, restreindre les groupes de professionnels
qui avaient déjà cette autorisation-là.
M. Derraji : Oui. Et c'est là
où je comprends votre proposition que les dispositions liées au dépistage et à
la vaccination contre la COVID et l'influenza qui ciblent des membres des
professions réglementées demeurent en vigueur une fois l'urgence sanitaire
levée.
Mme Boué (Danielle) : Tout à
fait. Oui.
M. Derraji : O.K. C'est très
clair. C'est très clair. Bien, écoutez, merci beaucoup. Clairement, moi, ça m'a
vraiment marqué, votre première intervention par rapport à la proposition de
mettre en place un groupe de travail. Moi, je pense que c'est une très bonne
idée, et le ministre... absolument, parce que ça ne va pas lui prendre beaucoup
de choses. Et, sérieux, vous devez commencer le travail déjà avec les autres
ordres professionnels. Merci pour votre passage, Mme Boué et monsieur.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le député. Alors, je veux
signifier que le secrétariat a bien reçu la correspondance du Conseil
interprofessionnel du Québec. Alors, on va pouvoir le déposer sur le Greffier.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Alors, je vais maintenant céder la parole au député
de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Avant que le chronomètre parte, je présume que vous avez redistribué
les 45 secondes de façon magnanime, comme vous le faites toujours. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Vous savez qu'à l'occasion j'ai une petite extension.
M. Marissal : D'où
mon commentaire sur votre magnanimité, M. le Président. J'apprécie, d'ailleurs.
Bonjour.
M. Marissal :
Bonjour. Merci d'être là. Votre point est clair. Vous nous amenez un petit
peu plus loin, là, que ce qui est devant nous, là, le projet de loi n° 28.
Ce n'est pas grave, on est capables de réfléchir puis de contester en même
temps.
Cela dit, vous êtes
un peu extracurriculaires, là, quand vous demandez, par exemple, votre
comité... Pour que je comprenne bien, là, si on doit avancer là-dessus, est-ce
que vous demandez, par exemple, qu'on fasse des amendements en ce sens dans le projet de loi pour créer... Parce que
je ne suis même pas sûr que c'est la voie à suivre, là, mais vous avez
profité de la porte ouverte de cette commission pour faire une demande. C'est
très bien. Vous n'auriez pas dû vous en priver, de toute façon, mais est-ce qu'on
devrait y aller maintenant avec ça ou est-ce qu'on ne devrait pas d'abord
s'occuper du projet de loi n° 28 qui est devant nous?
Mme Boué
(Danielle) : Bien, écoutez...
M. Marissal :
Moi, je ne haïs pas ça, les affaires claires, là, tu sais, qu'on est
capable d'avancer morceau par morceau, là. C'est probablement mes TOCS, là, qui
font ça, là, mais je trouve qu'on en a déjà pas mal dans notre assiette avec la
commission, ici, là.
Mme Boué
(Danielle) : Écoutez, je vais essayer d'être plus... d'être plus en
ligne droite avec mes propos. C'est clair que, oui, pour nous, c'était une
suite logique au projet de loi n° 28, qui vient mettre un terme à l'état
d'urgence. C'est qu'on ne peut pas... on ne peut pas, du jour au lendemain,
faire «on-off» dans le réseau de la santé. Je comprends qu'on est en état
d'urgence puis on n'est plus en état d'urgence sanitaire, mais, dans le réseau,
ça ne fonctionne pas comme ça. Il y a des mesures... Puis actuellement ces
gens-là qui sont présents sur place sont essentiels au réseau. On en a besoin.
On le voit, là, il y a des milliers de personnes qui sont en maladie à cause de
la COVID.
M. Marissal :
Ces gens-là étant les gens qui travaillent dans le réseau.
Mme Boué
(Danielle) : Ces gens-là étant les étudiants, étant les retraités,
étant toutes ces ressources supplémentaires qu'on a pu mettre en place, les
ordres, qu'on a pu offrir au réseau pour faire des activités spécifiques ou
faire du dépistage, de la vaccination, sur cet aspect-là.
À votre question
précisément sur est-ce qu'on doit mettre ça en place, est-ce que ça va avec 28,
bien, écoutez, moi, je vais vous laisser faire votre travail de parlementaire,
là, ce n'est pas mon travail. Mais, pour nous, c'est essentiel que ce soit fait
rapidement, qu'il y ait un comité, parce qu'on ne peut pas réfléchir trois ans,
là, il y a urgence, si on veut pérenniser des choses, si on veut aller de
l'avant dans la collaboration interprofessionnelle. On le sait, que ça demande
des changements, des amendements législatifs importants. Il faut qu'on se
parle. Il faut que le gouvernement parle à chacun des ordres aussi, parce que
chacun des ordres a déjà des pistes de solution pour la première ligne. Comment
on peut utiliser la compétence de chacun de nos professionnels? Comment on peut
mieux utiliser la compétence de chacun de nos professionnels? Ça, nous, on le
sait, au CIQ, les ordres le savent, mais finalement
je me rends compte que peu de gens le savent, hein? Donc, il y a plein de
compétences que les professionnels peuvent se partager. Puis, au cours
des dernières années, on a eu beaucoup, beaucoup d'exemples de collaboration
qui étaient, à l'échelle, minimes, mais ce qu'on demande, c'est que ça, ce soit
vu de façon macroscopique.
Donc, moi, je... je
peux peut-être vous donner un exemple, là, de... qui sont les petits exemples,
si ça peut vous intéresser. Quand j'étais à la présidence de l'ordre, on s'est
rendu compte, à un moment donné, que c'était dysfonctionnel
parce que, quand les technologues faisaient un scan au patient... ils ont
besoin d'un bilan, des résultats sanguins récents, quand la personne, la
préposée, elle demande ça au patient, récent, oui, mais, tu sais, un patient,
là, un an, ça peut être récent, là, s'il a
peur des piqûres, il va dire : Oui, j'ai eu ça récemment. On se retrouve
avec... on a installé le soluté au
patient, on regarde les données, ils datent de huit mois. Trop tard. Donc,
j'avais... les technologues avaient ponctionné la veine du patient pour
installer un soluté, mais il fallait tout débrancher ça pour avoir une
ordonnance, l'envoyer à l'urgence passer une prise de sang. Il est couché sur
la table.
Ça, des modèles comme
ça, là, on en a des dizaines, des dizaines et, je dirais, des centaines. Puis
on est même prêts à aller plus loin pour développer les compétences de chacun
des professionnels de la santé. Donc, les idées sont sur la table, on attend de
vous les proposer.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup. Je veux simplement signifier à l'ensemble des membres de la
commission qu'on a reçu les deux amendements du ministre. Alors, on va pouvoir
les rendre publics et on peut également faire une distribution papier.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Maintenant...
M. Dubé :
...référence aux arrêtés, là, qui ont été communiqués à tout le monde, là,
c'est bien, ça?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
M. Dubé :
O.K. Parfait. C'est beau. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
maintenant, je vais céder la parole à la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Merci. Et j'aimerais avoir copie papier.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
Mme Samson : Memére, ça ne marche pas,
son affaire, là, bon. Merci, Mme Boué. Je suis très impressionnée
par votre proposition d'un groupe de travail qui viserait à amender le Code des
professions pour permettre une multidisciplinarité, et ça, j'imagine que ça
s'appliquerait dans des cas d'urgence sanitaire seulement, pour ne pas qu'il y
ait d'abus dans l'exercice plus...
Mme Boué
(Danielle) : Ce n'est pas ce qu'on voit. Ce qu'on demande, c'est
vraiment une réforme complète, une réflexion
Mme Samson :
Pour pandémie, pas pandémie.
Mme Boué
(Danielle) : Bien, oui, pour
pérenniser ça à long terme et aider notre système de santé à être capable,
éventuellement, de mieux répondre à tout autre type de crise qu'on pourrait
rencontrer.
Mme Samson :
Ça, ça veut dire qu'une hygiéniste dentaire pourrait passer sa vie à faire
des vaccins.
Mme Boué
(Danielle) : Non, ce n'est pas nécessairement ça que je veux dire, là.
L'hygiéniste dentaire, elle a quand même son champ de pratique, là. Je pense
que ça, ça reste en priorité. Mais là c'est parce qu'on ne peut pas prendre
juste l'exemple de la vaccination et du dépistage, donc elle peut faire de la
vaccination si elle veut, mais elle peut aussi faire d'autres choses. Puis même
elle, dans son secteur d'activité, l'hygiéniste dentaire, elle peut aussi
développer. Donc, ce qu'on demande, c'est une révision pour ne pas être juste
sur des petits points comme ça. Donc, si on
a été capable d'élargir le rôle de plein de professionnels pour la vaccination
et pour le dépistage, ce qu'on envoie comme
message, c'est qu'on est capable de le faire sur toutes sortes d'autres
éléments. Et, sur ces autres éléments là...
Mme Samson :
Et toutes sortes d'autres situations.
Mme Boué
(Danielle) : ...je pense que les ordres seront mieux placés pour vous
donner les informations.
Mme Samson :
Moi, j'ai toujours déploré le fait que les technologues ne pouvaient pas
nous expliquer qu'est-ce qu'ils voyaient sur l'écran, tu sais, ça, non, il y a
juste le docteur qui fait ça, tu sais.
Mme Boué
(Danielle) : Je ne répondrai pas à ça, si vous permettez.
Mme Samson : Non, je ne vous forcerai
pas, Mme Boué. Mais, dans votre vision d'élargissement des fonctions
ou des fonctions potentielles, vous éliminez les spécialistes ou les gens qui
oeuvrent en médecine animale, les vétérinaires, par exemple.
Mme Boué
(Danielle) : Bien, en fait, écoutez...
Mme Samson :
Moi, j'ai toujours pensé que le vétérinaire qui vaccine mon cheval pourrait
bien me vacciner contre le COVID-19.
Mme Boué
(Danielle) : Bien, on ne les a pas éliminés, parce qu'ils ont fait de
la vaccination, là.
Mme Samson :
Ils en ont fait? Il y en a certains qui en ont fait?
Mme Boué
(Danielle) : Oui. Ah! oui, oui, oui, tout à fait. Ils étaient dans les
groupes autorisés à faire de la vaccination sans aucun problème.
Mme Samson :
O.K., mais un diabétique qui s'administre de l'insuline depuis 20 ans,
non.
Mme Boué
(Danielle) : Je ne suis pas sûre de comprendre.
Mme Samson : Moi,
si je me pique... Moi, si je me pique, je me donne de l'insuline à tous les
jours en tant que diabétique, c'est intramusculaire, ce n'est pas intraveineux,
je ne vois pas en quoi je ne serais pas capable de vacciner quelqu'un dans le
bras pour le COVID-19, ou pour le zona, ou pour n'importe quoi, là.
Mme Boué (Danielle) : Bien,
c'est pour ça qu'on demande, dans notre proposition, d'être capable de
pérenniser ce qui a déjà été fait, parce qu'évidemment, comme je disais tout à
l'heure, si on a fait de la vaccination dans le cadre de la pandémie, on est
toujours aussi compétent pour le faire une fois la pandémie passée.
Mme Samson : Une fois la...
O.K.
Mme Boué (Danielle) : Donc, on
pourra élargir cet aspect-là, là, à d'autres types de vaccination. Là, on
demande l'influenza avec la COVID, mais ça pourrait être avec d'autres
modalités aussi. Ce serait à voir.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup à vous deux.
Mme Samson : O.K. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Proven