Culture and Education — 5 December 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-12-05
Quebec — Committees
(Douze heures trente-quatre
minutes)
Présidente (Mme Guillemette) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte et je
demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir
fermer la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 40,
Loi modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique
relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaires.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par
Mme Samson (Iberville); Mme IsaBelle (Huntingdon) est remplacée par
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac); Mme Melançon
(Verdun) est remplacée par Mme Charbonneau (Mille-Îles); et
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé).
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le secrétaire. Donc, lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous étions à l'étude de l'article 1 du
projet de loi. Donc, y a-t-il d'autres interventions sur l'article 1? Oui,
M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme la
Présidente. Hier, à quelques reprises, ou depuis le début...
Mme Charbonneau :
Je vais juste vous arrêter 30 secondes. Question de règlement, Mme la
Présidente. Je crois que les travaux
en Chambre ne sont pas... ce n'est pas terminé... Bien, pas que les travaux ne
sont pas terminés, mais ils n'ont pas donné l'autorisation. Je veux juste nous
assurer... Puisque les propos du ministre vont être sûrement importants, je ne
veux pas qu'ils soient balayés, parce qu'on n'a pas la...
La Présidente (Mme Guillemette) :
On va aller voir.
Mme Charbonneau :
Oui, c'est ça, je veux juste être...
Mme Charbonneau :
Non, mais c'est... Des fois les règles sont importantes.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, une très bonne observation. Sinon, nous suspendrons puis nous reviendrons
à...
Mme Charbonneau :
Je veux juste qu'on s'assure que...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. L'expérience a parlé. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Non, non, non, on peut avoir de l'expérience et être plus jeune, hein?
Présidente (Mme Guillemette) : Ça vient de terminer, donc on peut procéder. Donc, M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Merci à ma collègue de s'assurer aussi qu'on
travaille en respectant les règles, c'est parfait.
Donc,
ma collègue députée de Saint-Laurent a mentionné à quelques reprises hier qu'il
y avait eu, dans le dépôt du document
de travail en janvier 2018, un moment où on disait : Les commissions
scolaires seraient transformées en centres de services moins nombreux. Et c'est vrai, c'était précisé dans le
document de travail qui s'appelait... mon Dieu! je ne sais plus, Remettre les écoles entre les mains de la
communauté , quelque chose comme
ça, qui était le fruit d'une réflexion mais qui était aussi l'amorce d'une consultation. Parce qu'une
fois qu'on a déposé ceci, et qu'on l'a rendu public, puis que c'est en ligne
sur Internet, beaucoup de personnes ont pu
le consulter, puis j'ai rencontré beaucoup, beaucoup de groupes à ce sujet-là. Puis ces positions-là ne sont plus précisément les
mêmes qu'on retrouve dans le projet de loi n° 40, bien qu'il y a
certainement une continuité de pensée. Mais, dans le cas du projet de loi
n° 40, je ne nie pas qu'il est possible, avant comme après l'adoption du
projet de loi n° 40, de changer les territoires, mais ce n'est pas l'objet
du projet de loi.
Par contre, ma
collègue a dit que, dans le livre que j'ai publié en 2016, Et si on
réinventait l'école? , il y avait cette
même affirmation de découpage, ou de redécoupage, ou de fusion. Donc, je veux...
j'ai apporté une copie de mon livre, pas pour me citer moi-même, mais c'est
pour... tant qu'à ce que ma collègue réfère à des écrits, je vais regarder avec
vous, et, si elle trouve ailleurs d'autres choses qui disent autre chose, on
verra, sinon, bien, elle devra peut-être retirer ses propos, parce
qu'elle aurait attribué des choses qui sont fausses dans ce livre.
Et ça ne me dérange
pas d'en parler, parce que je ne fais pas d'argent quand quelqu'un l'achète,
là, je le précise à chaque fois. 100 %
des droits d'auteurs sont remis au regroupement des associations PANDA, un
organisme sans but lucratif qui offre
de l'aide aux ressources... qui offre de l'aide et des ressources aux parents
ayant un enfant atteint du trouble déficitaire de l'attention avec ou sans
hyperactivité, TDAH. Donc, si quelqu'un est curieux et veut vérifier d'abord
dans les bibliothèques, il est
disponible. Donc, ce n'est pas de frais. Et, si on l'achète, il n'y a pas
d'argent qui me revient. C'est important de le mentionner, parce que ce
n'est pas une question de sous.
chapitre qui parle... qui s'adresse à la gouvernance scolaire, c'est le
chapitre 3, qui s'appelle Une capitaine à la barre! Les autres chapitres à... traitent de plusieurs
autres sujets, mais celui qui parle vraiment de la gouvernance, puis d'une
décentralisation, et de cette liberté d'action que pourraient retrouver
les directions d'école... Je n'en ferai pas la lecture complète, quoique ce
serait sans doute assez «instruisant», mais il y a des choses qui éclairent la
visée et...
Une voix :
Mme la Présidente...
M. Roberge :
Oui, oui, oui, mais je m'excuse, j'ai inventé un mot à la Jean Perron. Donc, au
début ça dit : «Les écoles du Québec sont devenues de simples succursales
des commissions scolaires qui leur imposent un pouvoir bureaucratique étouffant. Cette réalité, je l'ai constatée dès ma
première année d'enseignement, quand j'ai compris l'immense frustration que vivait en permanence la directrice
de l'école Monique Montagne», qui est décédée aujourd'hui. Donc, j'espère
que sa famille écoute et qu'elle reçoit toutes nos sympathies. C'est une grande
dame, Mme Montagne.
Plus
loin, parce que je n'en ferai pas la lecture complète, mais on parle du travail
en ce moment et de la répartition des
fonctions et pouvoirs. En regardant la section, on verra s'il y a un moment où
on parle de territoires ou de fusion de territoires, mais je ne me souviens pas avoir écrit quelque
chose comme ma collègue l'ait dit. Donc, c'est à la lecture qu'on pourra voir
si, effectivement, on parle de fusion de territoires, de redécoupage, etc.
Mme Rizqy :
...question pour la pertinence. Étant donné qu'il a posé quand même une
question précise hier, puis que je lui ai
répondu en répétant ce que j'avais dit hier, que vous aviez écrit un livre qui
faisait mention de la gouvernance scolaire,
et qu'après ça j'ai mentionné de façon beaucoup plus spécifique votre document
de janvier 2018, page 5, où
est-ce que je vous ai cité un passage... Parce que
je l'ai tellement répété que je me rappelle pratiquement par coeur des mots
que vous avez écrits en janvier 2018 avec une belle photo.
Maintenant,
voulez-vous qu'on continue le débat ou qu'on l'avance? Parce que,
sinon, vous allez nous lire votre livre. Ce n'est pas qu'on ne le trouve pas instructif, votre livre. Je l'ai lu
avec un grand intérêt. Puis même, d'ailleurs, je suis contente que vous
remettez les fonds.
Mme Rizqy :
Que vous remettez les fonds, ça, je trouve ça vraiment bien. Je tiens à vous
féliciter.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Vous pouvez continuer, M. le
ministre.
M. Roberge :
Merci bien. Donc, non, je ne lirai pas le livre au complet, quand même. Ça ne
serait pas pertinent. Puis je ne lirai pas
le
chapitre non plus, bien que ça soit assez court. Je veux simplement
vérifier, moi, je suis pas mal certain qu'à
aucun moment je ne parle, dans ce livre, de fusion ou de territoires, de
redécoupage, et ma collègue a quand même répété à quelques reprises
qu'il avait été question de ça dans le document déposé en janvier 2018 et
dans le livre.
Donc, ici,
page 32. Le sous-titre, c'est : Des directions d'école
responsables et des enseignants mobilisés .
Alors :
«Dans une école, non seulement la direction doit-elle constamment se rapporter
à la commission scolaire, mais
elle est tenue de consulter plusieurs comités en plus de respecter les
décisions issues du conseil
d'établissement de l'école. Les conseils
d'établissement sont constitués pour
moitié des parents et pour moitié du personnel de l'école, soit les
enseignants, les éducatrices du service de garde et les professionnels.»
Bon,
ici, on ne parle pas de redécoupage. Ah! ici, on parle de rôle, vraiment du
rôle des commissions scolaires, on parle de la gouvernance, page 33 : «Heureusement, je ne suis pas le
seul à remettre en question le rôle des commissions scolaires et à
prôner une plus grande autonomie des écoles — on est dans le sujet. Cependant, les forces de
l'inertie sont puissantes, et
certains refusent que le modèle actuel soit contesté. Il est vrai que les commissions scolaires font
partie du décor depuis fort longtemps et
qu'elles ont joué un rôle essentiel dans la scolarisation du Québec
moderne. Il faut dire que nous sommes partis de très loin.»
là, bon, on fait un recul. Donc, ici, on ne parle pas de fusion, de
redécoupage. Tiens, ah! page 35, il y a un sous-titre : Et si on redonnait le pouvoir aux écoles? Et là on
ouvre les guillemets : «"Vous voulez abolir les commissions scolaires, mais ce n'est pas possible. Il ne faut pas démolir
notre système", s'affoleront les défenseurs du statu quo. D'abord,
il n'est pas question ici de prôner
l'abolition pure et simple des commissions
scolaires, mais bien de les
transformer en des centres régionaux aux écoles.»
Bon,
maintenant, on parle de centres de
services scolaires. Dans le livre, on
parlait de centres régionaux aux écoles. Vous voyez que ça a évolué,
mais ça reste... c'est quand même cohérent.
«Nuance
importante. Les écoles ont besoin d'être épaulées sur le plan administratif,
tandis que la répartition des élèves doit se faire dans une perspective
régionale. Par contre, il faut absolument inverser le lien hiérarchique. Les
centres de services devraient travailler pour les écoles et non les
gérer.»
Donc, ici non
plus, on ne parle pas de territoires. Dernier paragraphe, page 36, de ce
chapitre. Donc, on va avoir fait le tour du chapitre, puis ce n'est pas le cas.
«Quand je repense à ce que Monique Montagne a pu faire malgré les
contraintes administratives qu'on lui a imposées, je ne peux que rêver à
ce qu'elle aurait pu accomplir si on avait libéré son talent.»
Donc, voilà.
Alors, si ma collègue trouve une référence à une diminution du nombre de territoires,
ou à une fusion, ou à une abolition du principe de territoire, parce que ça a été beaucoup mentionné, si elle
trouve ça dans le livre, ça me fera plaisir
de voir puis de comprendre si on a la même interprétation. Mais, si ce n'est
pas le cas, je l'inviterais, s'il vous plaît, à ne plus affirmer, je
pense, de manière erronée que, dans le livre, on parle de territoires, de
fusion ou de regroupement de territoires, que ce soit de commissions scolaires
ou de centres de services.
Elle peut
bien parler au passé de ce qu'il y avait en janvier 2018 dans un document,
mais je l'invite à regarder l'article 46, si un jour on s'y rend,
pour ce qu'il est. Donc, voilà, je pense que c'était important de revenir sur
ceci pour, aujourd'hui, partir sur une base qui nous amène à une compréhension
mutuelle des enjeux.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le ministre. Donc, je nous inviterais à revenir sur l'article 1.
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, vous ne pouvez pas être sérieuse, là. Vous avez fait un
immense laïus, puis là, maintenant,
vous vous retournez vers les partis d'opposition puis vous nous demandez,
docilement, de bien vouloir revenir sur l'article 1? C'est ça,
votre prétention?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Tout à fait.
Mme Rizqy : Bien, je vous
remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre répondait à une interrogation que vous aviez eue hier.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Tout à fait. Merci. Merci, Mme la députée de Saint-Laurent. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis,
je vous laisse la parole.
Mme Maccarone : En effet, j'ai un amendement à déposer. Alors,
je vous demande la permission de suspendre, le temps de vous envoyer
ceci et de le distribuer.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Tout à fait. Nous allons suspendre quelques instants, le temps d'imprimer et de
distribuer les documents. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 46)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, nous reprenons les travaux, tout le monde ayant reçu le document. Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis,
je vous laisse la parole.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je vais faire lecture :
Article 1. Modifier l'article 1 du
projet de loi par l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
«5° pour l'application de la présente loi, on
entend par :
«1° "commission scolaire", une entité
qui détermine un territoire;
"centre de services scolaire", une entité administrative en appui et
en soutien des établissements d'enseignement sur le territoire de la
commission scolaire.»
Je m'explique, Mme la
Présidente. J'essaie de trouver une façon de ne pas dénaturer le sens du projet
de loi. Je suis nouvelle, évidemment, à ce
processus-là. Mais je voulais trouver un juste équilibre d'aider non seulement
la communauté, mais
d'aller vers l'avant avec l'esprit du ministre. Alors, c'est une façon pour moi
de se tendre la main pour essayer de travailler en collaboration, de
garder les mots que je sais qu'il tient très fort, le ministre, «centre de
services scolaire», et aussi de rejoindre
aussi... Même nous ici, autour de la table, quand on fait nos discussions, même
le ministre lui-même, on continue à utiliser les paroles «commission
scolaire».
Alors,
je trouvais que c'était juste et équilibre de peut-être mettre en place des
définitions pour s'assurer qu'on rejoint non seulement les gens ici, autour de la table, que ce soient le
gouvernement et les partis de l'opposition, mais aussi les gens sur les gens sur le terrain, les gens de la
communauté. J'ai beaucoup de questions par rapport à les changements que nous allons apporter suite à une adoption de l'article 1,
non seulement les implications sur le terrain vis-à-vis l'argent, combien ça va
coûter pour faire un changement de
nom que, dans le fond, on garde l'esprit si le ministre dit qu'on ne fait pas
un changement de territoire...
Bien,
la façon que nous, nous avons en compréhension des territoires, c'est la
commission scolaire. Mais je comprends que nous avons un centre de services qui
fait
partie de la commission scolaire ou sur le territoire où toutes les écoles
vont se... relever. Alors, je trouve
que c'est une façon d'aller vers l'avant, de sauver de l'argent. Il y a une
plaque devant chaque école dans la
province du Québec qui dit : Telle école, qui fait
partie de la commission
scolaire. Alors, il y a beaucoup de frais associés avec ceci pour faire un changement, juste pour faire un
changement de nom qui n'apportera peut-être pas une compréhension qui va être plus approfondie du réseau de l'éducation,
qui ne va pas aider la réussite scolaire. Puis ça, c'est juste des pancartes.
Ça ne parle pas de tout ce que nous avons côté papeterie, marketing,
électronique, des changements à
l'intérieur, tous les logiciels, tous les courriels. C'est quand même un
exercice qui va être coûteux et qui va prendre beaucoup de temps. Alors,
je ne sais pas si ça vaut vraiment la peine de faire ceci.
Et je rajouterais
que, comme ma collègue la députée de Sherbrooke et aussi ma collègue la députée
de Joliette, on siège pour le p.l. n° 18 où on discute des changements pour la société par rapport au Curateur public. On a entendu plusieurs personnes
qui sont venues témoigner en commission
parlementaire par rapport à... le nom. Je veux dire, en comparaison, quand je
siège ici et là-bas, le changement pour la société est encore plus majeur pour
le p.l. n° 18, qui est un beau
projet de loi. Alors, j'ai hâte
d'aller vers l'avant avec ceci. On travaille très bien en collaboration. Mais,
malgré le changement total de façon
de faire pour appuyer les gens en situation de vulnérabilité et les personnes
vulnérables, on a eu des discussions puis
on a décidé de garder le nom «Curateur
public». Ça faisait
partie de presque
tous les mémoires que les gens ont déposés. Ça faisait
partie des
dialogues que nous avons eus. On n'a pas eu un consensus, mais ce que j'avais
proposé au ministre de la Famille, c'était de garder le nom actuel pour que les
gens sur le terrain, ils comprenaient c'était quoi. Parce qu'on comprend c'est quoi, le Curateur public, comme je
pense que la majorité des gens, ils comprennent ce que c'est, une commission
scolaire. De rajouter quelque chose à
leur vocabulaire, un centre de services, je pense que ça... même que je suis
pour ceci parce que je trouve que ça
rajoute une compréhension de qu'est-ce que c'est un siège social, un centre de
services. Ça devrait être en appui de toutes nos écoles puis de tous nos
élèves, tous les professionnels. Alors, bien, mon esprit, c'est vraiment, comme j'ai dit, de trouver un juste milieu, de
rejoindre qu'est-ce que le ministre aimerait accomplir et ce que nous pouvons
faire ensemble pour assurer que ce serait bien et bel adopté par la communauté.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, M. le ministre.
M. Roberge : Brièvement, j'ai l'impression que ma collègue
soulève des points dont on pourra discuter, la notion de mission, parce qu'au
point 5.2°, si j'ose dire, de l'amendement, on dit :
«[Le] "centre de services
scolaire", une entité administrative en appui — donc,
on parle un peu de son travail, à quoi ça sert — et en soutien aux
établissements d'enseignement sur le
territoire de la commission scolaire.» Donc, on est en train de parler, ici, de
la mission, de quel est son rôle, et
de son territoire, c'est-à-dire où est-ce qu'elle peut exercer sa mission. Ça,
c'est déjà dans la
Loi sur l'instruction publique en ce moment, c'est le 207.1,
où on parle de sa mission, qu'est-ce qu'elle fait et où est-ce qu'elle fait sur
le territoire.
207.1 nous dit : «La commission scolaire a pour mission d'organiser les
services éducatifs au bénéfice des personnes relevant de sa compétence et de s'assurer de leur qualité, de veiller à
la réussite des élèves en vue de l'atteinte d'un plus haut niveau de scolarisation et de qualification de la
population et de promouvoir et de valoriser l'éducation publique sur son
territoire. Elle a également pour
mission de contribuer», et là ça continue, ça continue, sa mission, qu'est-ce
qu'elle fait et où sur son territoire.
c'est le 201 de la LIP. Et, puisqu'on est dans le projet de loi n° 40, on
va y arriver quand on sera à l'article 93 de la loi n° 40. Et, à l'article 93 de la loi n° 40, c'est là où on parle de sa mission. Donc, l'article 93 nous
dit : «Le centre de services
scolaire a pour mission d'établir des établissements d'enseignement sur son
territoire...» Donc, la notion de territoire. Et qu'est-ce qu'elle fait?
«...de les soutenir [...] de les accompagner...»
L'amendement
de ma collègue, ça dit qu'un centre de services est en appui et en soutien.
Donc, on est exactement là-dedans.
Est-ce qu'on appuie, est-ce qu'on soutient, puis on le fait où sur le
territoire? C'est l'article 93 du projet de loi n° 40. Et donc
c'est ultérieurement, ce n'est pas pertinent de le placer à cet endroit-ci.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Avec beaucoup de respect, moi, je voulais parler de l'article 1. Alors, je
comprends que le ministre est en
train de parler de 201, 207, 93. Je dirais que, rendu à ces articles-là, je
serais prête à rajouter, à déposer des amendements qui diraient que «la
commission scolaire, par l'entremise de centres de services».
Pour
moi, c'est une question de clarté. Je trouve que ça va être important d'aborder
ceci. Je pense que nous pouvons aller vers l'avant avec la modification
d'amender ici. Je veux dire, je trouve que c'est un juste milieu. Puis on a
toujours la possibilité de corriger les
articles par la suite, à mettre de la clarté à l'intérieur de ces articles-là.
Comme je dis, que... par l'entremise
d'eux, si ce n'est pas les bonnes paroles, que ça ne rejoint pas les collègues,
de trouver une meilleure façon d'expliquer que ce serait la commission scolaire
en appui de, avec l'aide de centres de services, mais pour que ce soit clair
pour tout le monde. Alors, ce serait ça, ce que je proposerais au ministre de
prendre en considération.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. (Interruption) Excusez. Y
a-t-il d'autres interventions? Oui. Mme la députée de Mille-Îles.
(Interruption) Excusez.
Mme Charbonneau :
Ça venait de votre fond, Mme la Présidente. Merci.
L'article 1 qu'on
étudie fait référence à l'article
L'article 4 que nous
regardons dit, au départ... pas au départ, mais, avec la correction dans le dernier alinéa : «L'exercice de ce droit
ne [peut pas permettre] le transport...» Là, c'est dans les conventions,
mais le point de ma collègue, c'est vraiment
de donner le premier tour de roue où on justifie l'explication d'un ou de
l'autre.
Dans
la proposition qu'on a devant nous, qui est l'original du projet de loi
n° 40, on nous dit : On se doit d'exclure le mot «commission scolaire». On doit le biffer,
l'enlever, faire la suppression. Je cherchais le mot à ma vue. On doit faire
la suppression. Puis on ne le fait pas juste
en français, on le fait en anglais. Et ça fait en sorte qu'on enlève cette
signature-là à laquelle appartient le regard qu'on porte sur
l'institution qu'on nomme.
Puis
je comprends quand le ministre dit : On s'en va à 93, plus loin, pour leur
donner chacun leur identité, chacun leur place, chacun leur définition
de rôle. Puis je suis d'accord avec ma collègue, s'il y a lieu, quand on va
arriver là, il va falloir vraiment faire une
définition pour correctement dire aux gens c'est quoi, la différence entre une
commission scolaire puis un centre
administratif, ou un conseil d'administration, ou je... J'essaie de me
donner... Oui. Bien, on dit «centre de services», mais, dans le fond, ça
aussi, ça se travaille, M. le député, malgré l'écho de la voix du coin de la
table.
Mme Charbonneau :
Non, c'est vous qui l'avez dit. Alors, oui, malgré l'écho, ça aussi, ça se
travaille.
Mais
je pense que c'est important de pouvoir dire, dès le départ dans le projet de
loi, qui va modifier la loi comme telle, quelle sera la signature qu'on
veut avoir pour la dénomination de chacune des instances.
Puis
ma collègue avait raison. Quand on change quelque chose, quand on change la
signature... Puis le ministre nous a bien
dit, là, il va y avoir des économies qui vont être faites à partir de cette
volonté qu'il a d'abolir les commissaires scolaires. Parce que, dans le
fond, c'est un peu ça, là. Et je respecte le calcul qu'il nous a donné. On
saura en discuter plus loin dans les articles.
Mais,
pour avoir été là en 1998, quand on a pris, juste à Laval, cinq commissions
scolaires francophones, qu'on les... redivisées,
parce que, dans ce temps-là, Mme la Présidente, les anglophones puis les
francophones étaient soit sous un joug catholique,
protestant. Alors, à Laval, ça a fait en sorte qu'on a pris cinq commissions
scolaires, deux entières, trois partielles, puis on n'en a fait qu'une.
Ça s'est...
La Présidente (Mme Guillemette) : Je vous arrête, Mme la députée. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 15 heures cet après-midi. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
La Présidente (Mme Guillemette) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques, s'il vous
plaît.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 40, Loi modifiant principalement la
Loi sur
l'instruction publique relativement à l'organisation et à la gouvernance
scolaires.
demanderais votre attention, s'il vous
plaît! Lors de la suspension des
travaux, nous en étions à l'étude d'un
amendement présenté par Mme la députée de Westmount—Saint-Louis à l'article 1 du projet de loi. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
je vous laisse la parole.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente.
Mme Maccarone :
Mon micro. Ce n'est pas... Est-ce que c'est beau? Je ne sais pas... Ce n'est
pas rouge, là. Ça fait que je ne sais pas si c'est allumé. C'est parfait. Bon,
bien, merci, Mme la Présidente.
reprends la parole pour... bien, dans le fond, je vais répéter un peu les propos
que j'ai partagés tantôt, le raisonnement derrière pourquoi je voulais
aller vers l'avant avec une telle modification. Mais je veux rajouter un peu à
mes paroles, on va aller sur la gestion de
changement. Je sais que je l'ai abordée un peu dans mes premières paroles quand
on a déposé l'amendement, mais, juste pour la gestion du changement, je
voulais savoir de la part du ministre s'il est au courant de... le budget qui serait nécessaire
pour faire le changement, tel que proposé, d'enlever «commission scolaire» et de le remplacer avec «centre de services».
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, on n'a pas demandé à chacune des commissions scolaires
combien ça pourrait coûter, supposons, pour changer les cartes
d'affaires, quoiqu'on n'utilise plus tellement ça, les cartes d'affaires, mais,
bon. Mais, au-delà de ça, qui pourrait représenter un
coût, je suis certain que ce coût-là sera épongé très, très facilement puis qu'il y aura des gains quand on sait que le
coût pour les élections scolaires et les coûts pour les postes de commissaire
sont pas mal plus élevés que de changer quelque dénomination pour le
nombre.
Mais ma
collègue amène l'idée de garder le terme «commission scolaire», de dire :
Bien, dans la commission scolaire, il
y a un centre de services. Mais le prof de français et l'auteur en moi me dit
que les mots ont un sens, puis on ne peut pas faire dire n'importe quoi à des mots. Vous savez, les empires sont
dirigés par des empereurs, les monarchies, par des rois, les républiques, par des présidents puis les
commissions, par des commissaires. Là, je vais dire, on est en Commission
culture éducation, on est des
députés, mais, quand on parle d'une commission comme instance gouvernementale,
habituellement, une commission, bien, ce sont des commissaires.
Si on y va
avec un centre de services, on aura davantage un conseil d'administration. Puis
le mot «centre de services», au-delà de l'idée que d'avoir un centre de
services dirigé par des commissaires ou, bien non, une commission dirigée par
un C.A., c'est un peu antinomique... Puis le terme «centre de services
scolaires», supposons, dans mon comté, j'ai deux territoires de commission
scolaire, donc commission scolaire des Patriotes, commission scolaire des
Hautes-Rivières, ça pourra devenir centre de services scolaires des Patriotes,
centre de services scolaires des Hautes-Rivières, mais ça veut dire quelque
chose. C'est un centre de services scolaires. Dans la mission, il y a quelque
chose de différent. Donc, ce n'est plus le même mot, ce n'est plus la même
mission, on ne s'attend pas de la même chose, et je pense que c'est important
quand on change la mission, quand on change le mode d'organisation, quand on
change le mode de gouvernance, bien, que la dénomination suive aussi.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui. Je trouve ça regrettable qu'on pense d'une
telle façon, parce qu'on n'a pas entendu les gens sur
le terrain qui nous disaient qu'un changement de nom était nécessaire. Je pense
que c'est souhaité par le ministre puis j'entends qu'est-ce qu'il veut dire par
ce qui est important, la définition, que les mots ont du poids derrière ceci, mais je n'ai toujours pas compris quelle est
la différence entre un centre de services, selon la définition du ministre, et une commission
scolaire, étant donné que, même si on change la mission, ça peut être la mission d'une commission scolaire ou la mission d'un centre de services.
Je ne
veux pas parler de gouvernance. Moi, je parle de territoire, je pourrais parler
de plus tard, je parle de la compréhension des gens actuellement sur le terrain de qu'est-ce que c'est. Et j'ai
des raisons pour que j'ai demandé la question par
rapport à les coûts associés à ceci. Encore une fois, c'est parce que le ministre lui-même a dit : On aura des épargnes, puis
tout ce qu'on va épargner va aller directement dans les services aux
élèves. Juste pour les enseignes, juste pour les enseignes, on a 1 210 700 écoles au Québec.
Pour changer la pancarte devant chaque école, c'est environ
4 000 $ à 5 000 $ par pancarte. Ceci représente à
peu près 5 millions de dollars juste pour faire un changement de nom qui,
avec beaucoup de respect, ne changera rien par rapport à l'expérience pour nos
élèves, n'amènera rien quand on parle de la réussite de nos élèves. Je comprends qu'on veut changer des noms, mais, encore une fois, avec beaucoup de respect, pour moi, on change un nom juste pour changer un nom, pas parce qu'on veut
changer quelque chose dans l'expérience des professionnels,
des professeurs, des élèves, des parents, des gens de la communauté. On
comprend qu'est-ce que c'est, une commission scolaire.
Puis je ne dis pas d'enlever «centre de
services». On garde «centre de services», parce que ça, je comprends, la
définition d'un centre de services, c'est d'aider les écoles dans leurs projets
d'écoles, dans ce qu'elles devront faire pour aider la réussite de leurs
élèves. C'est bien, puis c'est ça, un siège social, actuellement, d'une commission
scolaire. J'essaie vraiment de me rendre à mi-chemin pour rejoindre le ministre
dans qu'est-ce qu'il veut faire, mais je trouve que c'est irresponsable de dire qu'on va dépenser 5 millions uniquement sur les enseignes. Je ne parle pas des cartes d'affaires. Les cartes d'affaires, là, quand on dit : On
va dépenser 500 000 $ pour tout le Québec, O.K.,
mais, juste pour les enseignes, c'est beaucoup d'argent puis ce serait
une nécessité. On pourrait sauver cet argent-là en gardant la terminologie.
Pour moi, la commission scolaire, comme j'ai dit ici, dans l'amendement proposé, la définition de ceci, c'est pour «territoire». Les gens vont
comprendre qu'ils font
partie d'un territoire, un territoire qui sera géré par un centre de services. Je trouve que c'est clair, je trouve
que c'est efficace, je trouve que c'est une façon de garder l'esprit de qu'est-ce que le ministre veut accomplir avec son projet de loi. Et, en même temps, on va sauver de l'argent, on va sauver un
brassage un peu, dans le réseau, qui
n'est vraiment pas nécessaire. Ce n'est pas nécessaire puis ce n'est pas
relié avec autre changement qui sera nécessaire
à apporter dans les articles qui suivent. On pourrait faire des modifications là, on est assis ici, autour de la table, pour mettre ces
changements-là en place.
Mais,
avant d'aller vers l'avant, j'ai des inquiétudes, Mme la Présidente. On n'a même pas chiffré combien ça va coûter, on n'a même pas
parlé, côté administration, la gestion de ce changement-là pour les centres de
services, sièges sociaux ainsi que toutes
les écoles, non seulement, comme j'ai dit, les logiciels, tout ce qui est
électronique, tout ce qui est imprimé, oui,
ce n'est pas juste des cartes d'affaires, on a plusieurs choses que nous
avons autour de nos centres de services services partout dans nos commissions scolaires. Ça peut s'élever à
10 millions. Moi aussi, je n'ai pas chiffré. Je vais imaginer un chiffre.
Le 5 millions, je pense que c'est quand
même un estimé assez juste, mais ça peut s'élever jusqu'à 10 millions
pour faire tous ces changements-là, non seulement qu'est-ce qu'il faut faire sur le terrain, mais juste en temps du
personnel pour faire un changement de nom qui ne va rien apporter à la
réussite de nos élèves.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
je pense que c'est important de nommer les choses comme il faut. La France, ce n'est plus une monarchie, ce n'est pas un
empire, c'est une république. Ils appellent ça la République française. Le mode
de gouvernance est nommé d'une certaine façon. On
change le mode de gouvernance. Ce ne seront plus des commissions scolaires
comme on les entend, commissions gérées par des commissaires. C'est autre
chose.
Ma collègue
dit que ça pourrait coûter des millions et des millions. Elle dit qu'il y a le nom devant chaque
école avec le logo ou le nom de la commission
scolaire. Parfois vrai, parfois non.
Ce n'est pas toutes les écoles qui ont le logo de la commission scolaire, parfois, c'est tout simplement le nom de
l'école dans plusieurs cas. Dans d'autres cas, il y a aussi sur la pancarte ou sur le panneau où il y a
la commission scolaire. Donc, ça dépend des fois, effectivement. Ceci
dit, s'il y a des dépenses... En
fait, il y aura des dépenses dans certains cas, évidemment, pour changer quand
il y a des dénominations, quand il y a une pancarte. Ce sera une seule
fois, tandis que les économies, elles, seront récurrentes. Et je suis convaincu
qu'à l'intérieur d'une année on aura fait suffisamment d'économies puis qu'on
pourra réinvestir les sommes. Mais, avec le projet de loi, on change la perspective,
on change la vision. Et je pense que, souvent, mes collègues disent : Vous
savez, on prend une décision, on fait des changements législatifs qui vont
durer plus longtemps que notre mandat ou la mission ou le mandat qu'on est.
Donc, c'est vrai aussi pour les économies. Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je vais reprendre un peu où est-ce que je vous ai
abandonnés tantôt parce que tout le monde avait faim. Il fallait
luncher.
Mme la Présidente, en 1998, on a changé la
philosophie des commissions scolaires. Comment on l'a changée? On est passé de catholique à protestant à
anglophone, francophone. On a défait pour refaire. Pourquoi je le dis comme ça?
Je donne toujours l'exemple de Laval parce que, pour moi, c'est facile. À
Laval, il y avait plusieurs commissions scolaires. Il y avait Les Écores, il y
avait la commission scolaire Chomedey, la commission scolaire des Mille-Îles,
Mme la Présidente. Le mot
«Mille-Îles» me suit depuis plusieurs années. Il y avait des Laurentides. Mais
chaque commission scolaire avait des écoles francophones et anglophones.
Ils étaient sous le joug protestant ou catholique.
En 1998, le
gouvernement en place a dit : Je veux changer la philosophie du monde
scolaire. Plutôt que de changer en allant jouer avec la démocratie, je vais
jouer sur la structure puis je vais faire moins de commissions scolaires, parce
que ça aussi, c'était l'objectif.
Donc, je réduisais mon nombre de commissions scolaires. Je les faisais par
région pour les francophones. Je vais
commencer par vous parler pour les francophones, parce que ma collègue pourra
vous expliquer pour les anglophones.
Ce que ça a
fait chez nous, c'est que cinq commissions scolaires, entières ou partielles,
sont devenues une commission scolaire,
la 013. C'était comme ça qu'on s'est appelés pendant un an, la 013, parce que
la commission scolaire de Laval avait
choisi, comme toutes les autres régions du Québec, de se faire une espèce de
concours pour pouvoir se donner un nom. D'ailleurs, c'est comme ça qu'on
est arrivés avec le Pays-des-Bleuets, parce que ça identifiait bien la région.
Il y avait un sentiment d'appartenance pour
les gens non seulement qui fréquentaient, mais qui travaillaient dans cette
commission scolaire là. Mais il y avait une image qui était facile de
dire : Ce n'est sûrement pas à Laval, Pays-des-Bleuets.
À Laval, on a
été bien, bien original. On a appelé ça la commission scolaire de Laval. Un peu
comme Montréal a fait avec la commission scolaire de Montréal. Ce que ça
a fait à ce moment-là, c'est qu'au moment que le nom a été choisi, bien là les instances ont commencé à imaginer la
signature, l'identification, l'appropriation, mais aussi, un pan fort
important, le sentiment d'appartenance.
Puis je veux
en parler, du sentiment d'appartenance, parce que, chez nous pendant au moins
cinq ans, je dis cinq ans parce
qu'après ça le discours a vraiment commencé à changer, mais les gens disaient
encore : Moi, je viens de Chomedey. Toi, tu viens d'où? Ah! moi, je viens de Mille-Îles. Ah oui. Ah! puis
toi? Ah! moi, je viens des Écores. Ils étaient tous des employés de la commission scolaire de Laval mais
s'identifiaient encore un peu... Puis j'aime prendre mon collègue de
Sainte-Rose en otage un peu quand je parle, mais, à Laval, si vous demandez à
un citoyen où il habite, il n'habite pas à Laval, il habite à
Sainte-Rose, il habite à Chomedey, il habite à Duvernay. On nomme les secteurs,
un peu, j'imagine... dans chacun de vos
secteurs. Sauf que ma fille habite à Saint-Jérôme puis elle dit qu'elle habite
à Saint-Jérôme. Elle n'a pas de secteur déterminé.
Mais, même à Sainte-Rose, si je vais à Sainte-Rose, puis je rencontre quelqu'un de Sainte-Rose, puis je lui dis : Où tu habites?, il va me dire :
Dans Champenois, dans Champfleury ou, ce que moi, j'aimais dire, dans le
«villâge», parce que moi, j'habitais dans
le village. Mais il y avait une espèce de regard particulier, puis les
gens du village étaient renommés pour être des gens qui n'étaient pas
trop bien nantis. Ça fait que les deux autres comtés nommaient les gens du
village «les gens du villâge». Ça vous donne une idée, des fois, de comment on
peut s'amuser dans un certain secteur.
Mais, à la commission scolaire de Laval, on a
entrepris non seulement de se donner un nom, mais de se donner une signature, une appropriation, un sentiment
d'appartenance, et tout déboule à partir de là. C'est-à-dire le camion
d'identification qui rend service, parce que,
oui, le centre de services donne des services aux écoles, soit aux formations professionnelles, éducation des adultes ou les écoles primaires,
secondaires, les édifices ont été identifiés, la papeterie, parce que c'est
vrai que tout le monde... Un
professeur, ça n'a pas une carte d'affaires. Et, si ça écrit à un parent, c'est
imprimé avec la signature de l'école, l'école La Source, puis, en bas,
logo de commission scolaire avec identification de commission scolaire. Donc,
une papeterie qui est identifiée aussi. Les taxes, Mme la Présidente. Oui, les
taxes arrivent dans une enveloppe avec l'identification de la commission scolaire, mais aussi la papeterie, qui est identification commission scolaire. Les camions, je vous le disais, et les
différents édifices.
Quand on parle du principe de la commission
scolaire, j'ai entendu... Puis je ne suis pas sûre qu'on me croit quand on dit
qu'on comprend ce que le ministre veut faire puis que nous, on travaille peut-être
plus pour le sentiment d'appartenance puis de l'identification d'un endroit.
Mais
je continue mon argumentaire en disant : Bien, dans un ministère,
ce n'est pas des «ministeux», c'est des fonctionnaires. Dans une ville, ce
n'est pas des «villeux», c'est des maires et des conseillers municipaux. Alors, je comprends quand on me dit : Bien, une
commission scolaire, c'est associé aux commissaires. Peut-être, mais je pense que le temps fait bien les choses. Puis, si, dans
une commission scolaire, il n'y a plus de commissaire, ça ne sera pas le nom
qui va faire en sorte qu'on va encore les imaginer, ça va être les gestes au
quotidien dans les décisions puis ceux qui prennent les décisions. La
gouvernance, c'est une chose, le sentiment d'appartenance et la philosophie
d'un milieu, c'en est une autre.
Alors,
j'ai peine à comprendre la menace que crée le fait qu'on garde «commission
scolaire». Puis je vais aller aussi loin, puis c'est bête, hein, dans
les autobus de la commission scolaire de Laval, c'est écrit CS avec le numéro
de l'autobus. Puis après c'est marqué Laval ou Sir-Wilfrid-Laurier.
Sir-Wilfrid-Laurier, ils mettent l'acronyme parce que c'est long sur le carton qu'ils doivent faire. Puis je le
sais qu'on peut me dire : Bien, on a juste à refaire les cartons puis les
autocollants qu'on a mis sur les autobus, mais voyez-vous jusqu'où ça va dans
le sentiment d'appartenance? Ce n'est pas juste un nom devant un
édifice. C'est aussi dans les partenariats. C'est aussi, puis je vais le nommer
parce que, par plaisir, le ministre, un
jour, a dit en Chambre qu'on était lobbyistes, mais il y a les entreprises
comme Chartwell, il y a les entreprises qui font du nettoyage. Il y a des entreprises avec qui on fait affaire dans le
quotidien qui font affaire avec la commission scolaire de Laval et non avec un centre administratif de Laval ou
une école de Laval. Ils font affaire avec la commission scolaire de Laval.
Je crois sincèrement
que le ministre pourrait mettre en place — je ne dirai pas imposer parce
que, pour l'instant, on n'est pas là — une philosophie de gestion différente encore
plus en disant : Je ne vous efface pas de la carte, vous, gens de
la commission scolaire, là. Je ne vous ferai pas peur, je ne changerai pas vos
territoires, je ne veux pas ébranler votre
statut d'appartenance. Je fais juste vous dire, par contre, que les preneurs de
décision ne seront plus les mêmes personnes et, chez les francophones,
ne seront plus élus par la population.
que je ne peux pas dire... Parce que, dans la commission scolaire anglophone,
il va rester des commissaires scolaires, là. Il faut se le dire, là. Mais, chez eux, c'est un «school board». Ce
n'est pas les mêmes... Parce qu'on pourrait me dire : Bien, vous savez, Mme la députée de Mille-Îles,
CS, c'est juste rajouter un s, dans le fond, ce n'est pas très compliqué, hein?
Mais en anglais, ce n'est pas un CS, c'est un «school board».
Donc, dans cette
philosophie-là, je reviens à ma première question parce que le ministre a
dit : Dans le fond, mon économie, je
vais la réinvestir. Prenons le calcul facile, parce qu'il n'y en a pas, de
chiffre. On ne lui en demandera pas, il
n'y en a pas. Prenons le calcul facile. Il y a 1 million... Je ne fais
même pas de parcellaire, là. Il y a 1 million d'établissements. 5 000 $
pour changer l'identification, l'appartenance, la papeterie, les lettres,
l'identification. Je mets tout là-dedans. Je mets la pancarte de l'entrée, je
mets l'affiche, je mets la communication avec les parents, je mets tout ce
qu'il y a dans le bureau de l'accueil, de la secrétaire, de l'adjointe. Je mets
tout, là, dans mon 5 000 $. Multipliez-le par 1 million puis dites-moi que ça ne vaut pas la peine de
l'investir chez les élèves puis que c'est juste ponctuel. C'est juste une année
que ça va coûter ça. Les autres années, ça ne coûtera pas ça parce qu'on n'aura
plus besoin de refaire la dépense.
Dites-moi
que cet argent-là, ça ne vaut pas la peine de l'économiser pour le mettre en
services-élèves. Puis, si vous me dites ça, je vais vous dire : Si c'est
ça, votre philosophie de base, d'accord, changez le nom. Faites-les, vos
changements. Ce n'est pas l'économie
de base que vous cherchez. L'économie de base, vous voulez la faire juste sur
le dos de personnes qui s'investissent pour un 2 000 $ ou un
3 000 $ par année parce qu'ils sont commissaires scolaires puis ils
sont élus juste par 3 %. Changer
le nom pour quelqu'un qui vote, c'est quelque chose, mais dire à la population
qui ne se déplace pas pour aller voter :
On va changer le nom de votre structure parce que ça va avec notre philosophie
puis on ne veut plus de commissaire, je ne suis pas sûre que cette
économie-là est justifiable.
Mais,
si le ministre me dit : Mme la députée, demain, assis ensemble, je vais
vous emmener les chiffres de l'économie ponctuelle que je vais avoir parce que je vais être capable de vous les
donner, je suis prête à attendre à demain pour entendre la réponse. Mais je crois sincèrement que, même si
c'est 5 millions, bien, avec 5 millions, je peux quand même payer une
couple d'orthophonistes puis je peux
quand même faire des choses intéressantes pour les élèves. Et, à ce moment-là,
le ministre pourra, à chaque fois qu'on va lui dire... parce que le projet de
loi est quand même ardu, à chaque fois qu'on va lui dire qu'il n'y a pas
d'économie, vous pourrez me rappeler l'économie que vous faites au moins en
gardant le nom «commission scolaire» puis me dire que j'ai tort parce que je me
suis battue pour avoir... Il faut vous donner raison.
Mais,
si cette économie-là ne vaut pas la peine, vous m'en voyez attristée puisque je
devrai la cumuler avec l'autre économie pour abolir une démocratie
francophone qui, sincèrement, je ne crois pas que ça vaut la peine de l'abolir,
mais je ne suis pas rendue là dans le projet
de loi. Je vous dis juste que, si ça menace le gouvernement d'avoir gardé le
nom «commission scolaire» puis qu'il se... qu'il veut...
est-ce qu'il est, mon ami, là? Il est là. Je ne veux pas qu'il lève sa main
puis qu'il me dise que je prête des intentions. Écoutez-moi. Il va
sortir son livre de règlements maintenant que je l'ai avisé, mais je ne veux
pas prêter d'intention. Je veux juste dire
que, si l'économie n'en vaut pas la chandelle, bien, qu'on me le dise tout de
suite, parce que moi, je pense que
1 000 $, 2 000 $ ou 1 million d'économie pour le
réinvestir, ça sera l'argument massue du ministre quand il va nous vendre
ce projet de loi là encore plus. Parce que, pour l'instant, je ne vois que la
dépense. Je ne vois pas l'économie.
Alors,
est-ce que le ministre peut me dire si je pouvais avoir une forme de calcul,
pas... je ne veux pas dire magique, je ne veux pas dire philosophique,
mais un calcul qui pourrait se faire rapidement pour voir combien ça coûte,
changer l'identification, même si c'est une économie ponctuelle et non une
économie récurrente?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. D'abord, je suis content d'entendre ma collègue
dire qu'il n'y a pas de petite
économie en éducation, parce que la députée de Saint-Laurent s'est moquée à
plusieurs reprises, au salon bleu, du fait qu'on disait... seulement
45 millions en quatre ans, que ça ne valait pas la peine.
M. Roberge :
Oui. Ah! non, non, il faut écouter. Il faut écouter la période de questions.
Mme Rizqy :
...Mme la Présidente, en aucun temps je me suis moquée de quoi que ce soit. Il
me prête des intentions. S'il y a une
personne qui s'est moquée puis qui a fait des moqueries, c'est le ministre
lui-même avec des belles, belles imitations.
Présidente (Mme Guillemette) : Je vous invite à la prudence dans vos propos, tout le monde, s'il vous
plaît. Continuons nos débats dans un esprit...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, ça se passe bien jusqu'à maintenant. Je vous invite à la prudence. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : Je vais éviter
d'utiliser le mot «moquer», mais elle a répondu ou affirmer à plusieurs
reprises que les économies qu'on voit, de
plus de 45 millions en quatre ans, ce n'était pas considérable, c'est
sûr l'ensemble du réseau, ce n'était
pas suffisant, ce n'était pas notable, alors que nous, on disait que plus de 45 millions en quatre ans, c'est beaucoup. C'est
plus de 160 professionnels qui seraient là, mais de manière récurrente,
là, 160 personnes qui donnent des services directs aux élèves au
quotidien, qui changent des vies.
Puis Dieu
sait, quand il te manque juste un professionnel, une personne, là, tu as des
cocos dans ta classe que tu voudrais référer
à un professionnel, tu dis : Crime! Si j'avais cette orthophoniste-là, je
pourrais changer le quotidien de ces enfants-là. On parle d'une
personne. Pour moi, 160, récurrentes, c'est quelque chose. Bien sûr, si on
regarde le nombre d'écoles, on dit :
Bien, ce n'est pas beaucoup de monde par école. Si on divise par le nombre
d'écoles, c'est sûr. Mais, quand même, je pense que, pour faire suite à
ce que dit ma collègue, des économies, puis des économies et donc des
réinvestissements dans le réseau, à chaque fois qu'on peut le faire, on essaie
de le faire.
Maintenant,
ce qu'amène le projet de loi n° 40, c'est un tout qui est cohérent. Donc, on ne
peut pas dire : On va faire les
changements à la gouvernance sans changer la mission ou sans changer le nom, ou
sans changer le conseil des commissaires. Ça va ensemble. C'est parce qu'on revoit la gouvernance, parce qu'on
revoit notre façon de prendre des décisions dans le réseau scolaire, parce qu'on revoit la composition de
l'instance qui dirige... On remplace le conseil des commissaires par un conseil d'administration, mais au-delà de ça, ce n'est plus le même nombre
de personnes. Et, sur les gens qui sont sur cette instance-là, il y a
une représentativité qui est différente.
Maintenant,
ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'on garantit la présence de trois groupes de
personnes, et même plus que ça, parce
qu'on y va avec les parents, on y va avec les membres de la communauté, mais,
pour les membres de la communauté, il y a ce qu'on appelle des profils
de compétence. C'est nouveau. On y va avec les membres du personnel, mais pas n'importe lesquels. On précise, ça prendra une
direction, ça prendra un enseignant, etc. C'est nouveau. Donc, on n'a plus...
On ne peut pas dire : Bien, on va tout
changer ça, mais on va garder le nom. Ça ne fonctionne plus à moment donné, là.
Si on change l'institution, on garde les territoires... Il faut faire
attention. Si on change trop, il y en a qui vont prétendre qu'on change les
territoires. On garde les territoires, on garde l'édifice du siège social, mais
on change la mission, puis on y arrivera, là.
La mission,
là, ma collègue, dans son amendement, veut parler de la
mission du centre de services. Ce n'est pas ici, c'est plus loin. C'est un projet
de loi qui est important, mais qui
est volumineux. Mais on change la mission, on change l'organisation, on
change la prise de décisions, on crée un nouveau comité, un comité d'engagement
vers la réussite. Donc, il y a plein de
changements, mais, si on faisait ça, là, un changement par semaine, un
changement par mois, les gens diraient : Oui, mais c'est à la
pièce, il n'y a pas de vision. Non, mais, justement, il y en a une, vision. Et
c'est pour ça qu'on doit garder tout ça
ensemble puis qu'on ne peut pas comme ça, à la pièce, comme dans un buffet,
prendre, laisser, prendre, laisser, changer des choses sans changer de
nom. Ça ne fonctionnerait pas.
Maintenant
que j'ai dit ça, les économies aussi viennent ensemble. Il y a des économies
qui viennent avec le changement de
notre gouvernance. Il y a des coûts que ça va prendre pour changer les
panneaux, pour changer peut-être le papier à lettres, quoiqu'on va le
passer, le papier à lettres, puis après ça on le changera, mais on va... Il y a
des coûts d'imprimerie, mais ils sont bien
inférieurs aux économies. Puis, quand on prend les coûts puis les économies, on
voit bien que, dans l'ensemble, il y aura des gains qui nous permettront
de réinvestir en services directs aux élèves. Et c'est pour ça que je pense que
ce n'est pas une bonne idée de changer le
principe puis de dire : Non, non, non, on va garder le mot «commission scolaire» puis on va régler,
dans l'article 1, la mission.
Donc, je ne
suis pas d'accord avec l'amendement pour les deux raisons suivantes : je pense
qu'on ne doit pas garder le terme «commissaire», je pense qu'on ne doit
pas, ici, traiter de la mission quand on sait que ça viendra plus tard dans projet
de loi.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le ministre. Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : J'aurais quelques
questions pour le ministre, j'ai failli dire un lapsus, le ministre des
Finances, mais, évidemment, le ministre de
l'Éducation. L'analyse des coûts, pouvez-vous nous la déposer? Parce que vous
sortez le chiffre de 45 millions, puis on aimerait bien savoir d'où
vient le chiffre de 45 millions.
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre.
M. Roberge : Les 45 millions de dollars viennent des économies qu'on fera en ne tenant
plus les élections scolaires telles qu'on les connaît en ce moment,
elles sont très coûteuses, avec le DGEQ. Et les salaires versés aux
commissaires, avec les conseils d'administration, viendront... ce qu'on appelle les jetons de
présence, qui seront déterminés... On va y arriver plus tard parce qu'on ne peut pas présumer que
tous les articles du projet de loi n° 40 vont être adoptés tels quels, mais on prévoit plus loin qu'il y aura ce qu'on appelle des jetons
de présence dont le montant serait par règlement, serait fixé par règlement. Mais on anticipe que ce serait aux alentours de 100 $
le jeton de présence. Le jeton de présence, ça, c'est une espèce de
compensation financière. Mais, comme on n'a pas adopté tout ça, bien, on ne
peut pas vous déposer très précisément. Mais l'évaluation qu'on a faite, c'est
des économies sur les salaires des commissaires, des économies sur les
élections, et on a tenu en compte les coûts
pour les jetons de présence. On n'a pas pris compte de coûts que ça pouvait
engendrer de changer le papier à
lettres. Ça, c'est quelque chose qui est une seule fois, alors que les
économies sont récurrentes sur des décennies.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Mme la députée, vous pouvez y aller.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, là, je ne peux pas croire, là, que le ministre recommence,
là. Avez-vous un tableau, quelque chose, là, une analyse, là, de coûts, une
analyse d'impact? Est-ce que vous l'avez fait, l'exercice? Parce qu'on ne peut pas
juste sortir à tout hasard des chiffres, là.
M. Roberge :
Madame... oui?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Oui.
M. Roberge :
C'est correct? C'est parce que j'attendais d'avoir le micro. Mme la Présidente,
ce sont des coûts qui sont connus. Alors, on
pourra bien les retrouver, mais je n'ai pas des tableaux. C'est ma collègue,
là, qui est la championne des tableaux.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
C'est parce que nous, on aime ça quand c'est clair et on aime ça quand c'est
transparent. La transparence commande aussi que vous fassiez une analyse
d'impact. Vous ne pouvez pas juste voir des économies d'une façon mais ne pas tenir compte que, dans le passé au
Québec, il y a eu, effectivement, un changement de nom qui a fait en sorte
qu'il y a eu des dépenses d'engendrées.
Pouvez-vous dire, aujourd'hui, à la population, combien ont coûté, la dernière
fois, aux Québécois, les changements de toutes les plaques au Québec, la
papeterie, lorsqu'il y a eu un changement de nom?
M. Roberge :
Mme la Présidente, la question n'est pas de savoir combien ça a pu coûter en
1998, quand on est passé des
commissions scolaires confessionnelles aux commissions scolaires linguistiques.
La question est de savoir : Est-ce que le système actuel est un système optimal pour gouverner nos écoles? Les
Québécois, depuis longtemps et plusieurs fois, ont répondu : Non, on veut que ça change. Ça coûte trop cher.
Est-ce qu'on va voter aux élections scolaires quand le premier ministre nous dit : Si vous n'allez pas
voter, ça va changer? Non, on reste chez nous. On s'exprime en répondant à la
question posée par le précédent
premier ministre M. Couillard. Donc, les Québécois ont tourné le dos au
système actuel depuis longtemps et
plusieurs fois. Il y aura des économies qui s'en viendront puis il y aura une
plus grande efficacité par une nouvelle gouvernance, et on est en train
de l'établir.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Oui, Mme la députée de Saint-Laurent,
vous pouvez y aller.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, comme vous le savez, il n'appartient pas au ministre de
reformuler les questions, mais plutôt de répondre aux questions. Donc,
en 1998, vous devez sûrement avoir les archives, combien ça a coûté? Parce qu'il y a des gens qui ont promis des
économies, finalement ça a coûté de l'argent. Connaissez-vous le chiffre, au
moins?
M. Roberge :
Mme la Présidente, je n'ai pas à prendre une décision pour comment nous, on va
régler l'amélioration de la
gouvernance en fonction d'une décision gouvernementale d'il y a 20 ans.
Ils peuvent avoir bien fait ou mal fait les changements. S'ils ont mal
fait les changements, est-ce que nous, on va s'empêcher d'améliorer le système
aujourd'hui parce que, la dernière fois, ils auraient, supposons, mal pris une
décision? Écoutez, à chaque fois, là, on regarde le contexte actuel, on regarde la volonté, exprimée plusieurs fois,
des citoyens, on regarde les problèmes et les forces du réseau scolaire actuel,
parce qu'il n'y a pas juste des
problèmes, il faut faire attention, là. Dans nos écoles puis dans les sièges
sociaux, les commissions scolaires, il y a des personnes compétentes qui
font fonctionner le système. On pense que ça peut fonctionner mieux. Alors, si,
en 1998, ça a coûté x dollars pour changer le nom d'une commission
scolaire...
Quand
j'ai commencé ma carrière d'enseignant, on était dans des commissions scolaires
confessionnelles. Ma première année,
d'ailleurs, on m'a demandé d'enseigner l'enseignement religieux catholique. Je
n'étais pas très à l'aise, je vais vous le dire. Mais, bon, pour une
année, il a fallu que je le fasse. J'étais à la commission scolaire Mont-Fort, une commission scolaire confessionnelle. Ça a été
changé, je pense, en... vraiment dans les... peut-être à la deuxième année ou ma troisième année d'enseignement. Il y a eu
des fusions. D'abord, ils ont réduit le nombre de commissions scolaires et ensuite ils ont changé l'organisation, c'est
devenu des commissions scolaires linguistiques. Je pense que, dans les deux
cas, c'étaient des bonnes décisions.
Mais
il y a eu des coûts parce qu'on a changé de nom. Il a fallu changer des
panneaux, changer le papier à lettres. Est-ce que les Québécois sont vraiment
pleins de rancoeur pour ce gouvernement qui, à la fin des années 90, a dû
changer le
papier à lettres des commissions scolaires parce qu'on passait d'un système un
peu archaïque confessionnel, donc religieux, là, à des commissions scolaires linguistiques? Est-ce que les Québécois,
là, sont vraiment choqués parce qu'il a fallu changer le papier à lettres, puis
il y avait des coûts à ça? Bien non, ils étaient rendus là, les Québécois.
C'était fini, là, les commissions scolaires confessionnelles.
On avait vécu
avec ça. Ça avait été correct. Ça correspondait, quand on recule, là, plusieurs
décennies, à ce que le Québec était.
Ça ne correspondait plus à ça. Il a fallu faire des changements. Puis il y a eu
des coûts, puis ils étaient contents, je pense, d'absorber ces coûts-là.
Maintenant,
combien ça a coûté en 1998 et est-ce que le montant de 1998 devrait nous dire
comment se gouverner en 2019? Non.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la députée de...
Présidente (Mme Guillemette) : Parfait. Je vous reviens, Mme la députée de Sherbrooke. Vous pouvez y
aller, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Là, le ministre vient d'admettre qu'il y a eu des coûts. Moi, je lui demande
maintenant c'est combien, le coût.
Puis ça devrait être facile, parce que le comptable en chef du Québec, le
premier ministre actuel, était dans le gouvernement à l'époque. Il doit sûrement savoir combien ça a
coûté. Alors, si, aujourd'hui, il regarde la population québécoise puis il
dit : On va faire des économies
de 40 millions, mais il lui appartient aussi de dire : Bien, oui,
d'une part, il y a peut-être des économies, mais, d'autre part, il y a des dépenses. Alors, est-ce qu'il peut aujourd'hui
nous dire combien ça a coûté l'époque et combien ça peut coûter
aujourd'hui, 20 ans plus tard, de dollars actualisés.
S'il ne le
sait pas, Mme la Présidente, je demande de ne pas faire une analyse de
10 minutes, mais juste de nous dire : Je ne le sais pas puis
je n'ai pas cherché.
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente. Elle contrôle ses questions, je vais contrôler mes réponses,
hein? Non, je n'ai pas ce chiffre. Ça
fait quelques fois, d'ailleurs, qu'elle pose la question, et j'ai dit : Je
n'ai pas le chiffre sur combien ça avait coûté en 1998, changer le nom en passant des commissions scolaires
confessionnelles aux commissions scolaires linguistiques, en réduisant le nombre de commissions scolaires.
Je n'ai pas cette donnée. Elle peut me reposer la question, et je ne l'aurai pas
encore.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci. Alors, maintenant êtes-vous capable d'admettre que votre économie de
40 millions, ce n'est pas factuel, ce n'est pas basé sur aucune
analyse d'impact mais seulement sur votre pif?
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Là, je suis... je diverge d'opinion, Mme la Présidente. Je pense qu'il peut y
avoir des coûts, mais ça sera marginal et surtout ça pourra être en une
seule année de changer la nomination «commission scolaire des Patriotes» par
«centre de services scolaire des Patriotes». D'ailleurs, du papier à lettres,
on le passe, puis après ça il n'y en a plus, on
en commande d'autre. C'est assez régulier. Pour ce qui est du panneau devant le
siège social, il pourrait y avoir un coût, quoique, des fois, c'est une plaque
de béton avec quelques lettres à changer, mais il pourrait y avoir un coût.
Chose certaine, ça sera une seule fois, tandis que les économies seront
récurrentes. Ça fait
partie de l'ensemble du changement.
Donc, oui, le changement de nom va occasionner
le fait que, devant certains édifices, pas tous, il faudra changer le nom, là, qui est écrit, soit des lettres qui
sont imprimées ou des lettres qui sont gravées. Ça peut arriver, mais ce n'est
pas devant tous les édifices, mais ça
fait
partie du grand tout, ça fait
partie du changement de dénomination de
l'instance régionale puis ça vient avec le changement de gouvernance, et
on le prend au complet.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Oui, vous pouvez continuer.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, est-ce que 5 millions de dollars, c'est marginal?
Est-ce que 10 millions, c'est marginal? Ou est-ce que
40 millions, c'est marginal?
M. Roberge : Bien, ça dépend du
contexte, mais je dirais que, de manière générale, chaque dollar qu'on met dans
le réseau scolaire, on veut qu'il soit utilisé de la meilleure façon qui soit.
Mais moi, je pense que changer le mode de
gouvernance va nous permettre d'économiser et que chaque dollar économisé va
nous permettre d'améliorer les
services.
Vous savez, supposons
que, pour ma maison, je refais le toit. Est-ce que je vais dire : C'est un
coût incroyable, je refais le toit, je perds
de l'argent? Mais non. Parce que je mets de l'argent tout de suite pour refaire
le toit de ma maison, dans deux ans,
dans trois ans, dans cinq ans, je vais économiser de l'argent. Donc, il faut le
voir sur du moyen et du long terme. En
changeant la gouvernance, oui, il va falloir changer le nom des instances
régionales de «commission scolaire» pour «centre de services», mais on va faire des
économies en changeant de «commission scolaire» en «centre de services», et
ça vient ensemble. Voilà.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Oui, Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Une petite recherche rapide, là, commission scolaire, école Anne-Hébert, école
primaire John-F.-Kennedy, puis on
voit la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Ici, on voit la commission
scolaire des Trois-Lacs devant une école primaire, d'autres écoles,
d'autres écoles, d'autres écoles. On l'entend qui dit que c'est marginal
changer les plaques devant chacune des
écoles, puis là on n'est pas rentré en papeterie, juste les plaques. Est-ce
qu'il peut nous dire c'est quoi qui est marginal? Est-ce que c'est
5 millions, 10 millions ou 40 millions? Est-ce que ça, lui, il
considère ça marginal?
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je viens de... elle m'a posé la même question, alors on va
lui donner la même réponse. Eh bien, les économies que nous ferons en
changeant notre mode de gouvernance nous viennent sous du moyen terme en considérant les économies qu'on va faire lors
des élections du 1er novembre 2020, que, fort heureusement, nous ne
tiendrons vraisemblablement pas advenant l'adoption du projet de loi
n° 40. Donc, il y a des économies là.
y a des économies aussi année après année sur le salaire des commissaires,
aussi des économies parce qu'on va mieux utiliser chaque dollar. Donc,
ça, il faut... ça demande un niveau de compréhension un peu plus grand, des
fois. Si, avec 100 $, je fais plus de choses qu'avant, ça compte comme de
l'efficience, qui est un terme proche, qui permet d'en faire un petit peu plus. Pas plus avec moins, là, parce que ça,
l'austérité puis les coupures en éducation, c'est le gouvernement libéral
précédent. Nous, on est dans une optique de réinvestissement, de faire entrer
l'espoir dans notre réseau scolaire puis
dans nos écoles. Mais je pense qu'en voyant la réforme... en fait, la réforme,
je ne dirais pas ça, je dirais un changement de gouvernance dans son ensemble, qui implique, oui, des changements de
noms, qui implique, oui, parfois devant des écoles, de changer le lettrage physique, mais qui implique
surtout une meilleure gouvernance, il y aura des économies, puis on pourra améliorer
les services directs aux élèves.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
J'en profite parce que le député de Saint-Jérôme est ici et j'aimerais vraiment
que le député de Saint-Jérôme
explique au ministre de l'Éducation comment on fait des analyses d'impact ou
des budgets. On peut avoir la colonne
de revenus, mais c'est important d'avoir aussi la colonne des dépenses, parce
qu'on s'adresse à la population. On ne peut pas juste réfléchir en voyant une
rentrée d'argent puis ne jamais regarder la sortie d'argent. S'il y a des
coûts, il appartient au gouvernement,
au ministre, de faire preuve de transparence puis de déposer l'analyse
d'impact. Là, je comprends qu'il ne l'a pas fait puis qu'il va se fier à
son pif.
Est-ce
qu'aujourd'hui il peut prendre l'engagement que, durant nos travaux, il va
demander à son équipe de vérifier combien
ça a coûté en 1998, puis en coût, aux dollars aujourd'hui, actualisés en 2020,
vais-je dire, parce que, de toute évidence, c'est plus en 2020? Est-ce
qu'il va pouvoir finalement nous revenir, juste prendre l'engagement qu'il va
nous revenir avec la liste d'impact, là?
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je ne prendrai pas cet engagement, parce que la prise de
décision d'améliorer la gouvernance scolaire n'est pas tributaire du changement
de nom de 1998. Je regarde en avant.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je veux seulement revenir sur des propos qui
ont été tenus tout à l'heure. Écoutez,
je pense que le problème, ce n'est pas d'envisager qu'il y ait des coûts
associés à cette réforme-là. Moi, je pense, ça m'apparaît évident qu'il va y en avoir. L'enjeu ici, c'est qu'ils
n'ont pas été évalués par le ministre. C'est vraiment ça. Donc, ce n'est pas de
lui reprocher qu'il y ait des coûts associés à cette réforme-là. Je pense que,
quand il y a une réforme qui doit être faite, ça implique des coûts, puis ça,
ce n'est pas très surprenant. Mais, quand on ne les évalue pas puis qu'on n'en
tient pas compte pour évaluer quels seront les coûts et les économies liés à
une réforme, mais là on a un problème.
Puis,
dans les seuls chiffres qu'on a obtenus jusqu'à maintenant par rapport au
projet de loi n° 40 puis à son
impact financier, c'est des chiffres qu'on a obtenus dans les médias, puis les
seules dépenses qui avaient été calculées dans le cadre de cette réforme-là, il y en avait deux, c'étaient
les jetons de participation, les jetons de présence pour les réunions du conseil d'administration, puis c'étaient les formations. Il y avait
deux coûts, déjà, qui étaient anticipés pour le déploiement de cette
réforme de gouvernance là, et c'étaient les deux seuls.
Donc, moi, je pense
qu'il y a un oubli important. Il faut quand même reconnaître qu'il va y avoir
des dépenses. Le problème, ce n'est pas qu'il y en ait, c'est qu'on n'en ait
pas tenu compte pour évaluer les économies potentielles de cette réforme-là ou
les coûts totaux, finalement, de cette réforme-là. Je pense qu'il est là, le
problème.
fait qu'à moins que le ministre en ait tenu compte puis qu'il n'ait pas
divulgué ces chiffres-là... mais ça me surprendrait parce que,
quand on regardait le calcul qui a été diffusé dans les médias, ça balançait,
les économies réalisées avec l'abolition des élections, les salaires des commissaires.
Puis, quand on soustrayait à ça les dépenses pour les formations puis les
jetons de présence, bien, on avait
45 millions. Donc, il n'y a absolument aucun dollar qui a été considéré
pour le coût de cette réforme-là. Moi, c'est là que je vois le problème.
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, écoutez, Mme la Présidente, je l'ai
mentionné, alors ce n'est pas une cachette, là, je n'ai pas évalué commission par commission scolaire puis école par école, parce
qu'il y a des écoles pour lesquelles ce n'est pas indiqué commission scolaire x, y, z, c'est
simplement le nom de l'école. Des fois, c'est écrit. On va être capable de le
changer facilement. Pour moi, ce sont
des dépenses qui vont permettre les économies parce que les changements à la
gouvernance vont permettre les
économies, et c'est une simple question de cohérence. Vous savez, des fois, on
doit accepter les changements dans
leur ensemble, considérant que, oui, il va falloir payer pour le changement de
nom qui peut être écrit quelque part, sachant qu'à la fin la gouvernance va
améliorer l'efficience, et donc va engendrer des économies. Mais, quand ils
disent des économies, juste pour bien comprendre, l'idée, ce n'est pas
de remettre de l'argent dans le fonds consolidé. L'idée, c'est que l'argent se rende en service direct.
Mais je reconnais que je n'ai pas évalué combien ça pouvait coûter à peu près
2 700 ou 3 000 écoles
ou centres devant chaque école, de dire : Mon Dieu! Mais est-ce que ça,
c'est zéro? Est-ce que celle-là, c'est 500 $? Est-ce que celle-là,
c'est je ne sais pas quel montant?
Je pense que ça fait
partie des changements, des choses qu'on doit accepter. De toute façon, ce sont
les centres de services scolaires qui, à chaque fois, procéderont à un appel
d'offres. Je ne vois pas comment je pourrais, là, savoir. Ça ne sera
certainement pas un coût faramineux. Et sachant qu'il peut y avoir des coûts
que j'appellerais marginaux, parce qu'ils surviendront juste une seule fois
puis qu'ils ne s'appliqueront pas à toutes les écoles, puis sachant qu'elles,
les économies, sont récurrentes, je n'ai aucune inquiétude côté coûts.
Puis,
de toute façon, j'ai la conviction profonde que, dans les principes et la
philosophie, on va être capable de mieux gérer chacun des dollars qu'il
y a dans le réseau et qu'on va en économiser à long terme, parce que l'avenir,
c'est long. J'ai zéro inquiétude puis je ne
pense qu'il faudrait s'empêcher d'utiliser le terme «centres de services
scolaires», parce que c'est ça que ça
va être, des centres de services scolaires. Puis on va les appeler «commissions
scolaires» parce que ça coûterait trop
cher de changer le nom? Mais tout le monde sait que ce n'est plus des
commissions scolaires, mais on serait trop pingres pour changer la dénomination devant le siège
social? Pour moi, c'est un argument qui ne tient pas la route, puis je pense
que c'est pour ça qu'il ne faut pas accepter l'amendement de ma collègue.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Oui, Mme la députée de Sherbrooke, vous
pouvez y aller.
Mme Labrie : En fait, ce n'est pas du tout mon argument. Je ne
pense pas non plus qu'il faudrait s'empêcher de faire quelque réforme que ce
soit ou de changer le nom de quoi que ce soit simplement pour économiser de
l'argent, là. Ce n'est pas ça du tout
que j'ai soutenu ici. Mais moi, je vois quand même un problème majeur
de ne pas évaluer ces coûts-là. Ils vont exister. On ne peut pas nier ça, là. Le ministre le
reconnaît lui-même, il va y avoir des coûts, ils ne sont pas récurrents,
effectivement, mais il va y en avoir quand même. Puis, bon, peut-être
que lui, il n'est pas en mesure de l'évaluer, mais, avec la quantité de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l'Éducation, je pense qu'il y en a sûrement quelques-uns qui
sont en mesure ces coûts-là.
Et c'est sûr que
c'est une évaluation, là. On ne demande pas à la personne ici d'arriver avec, à
la cent près, combien ça va coûter, cette réforme-là, mais normalement, quand
on planifie quelque chose, on est capable de planifier aussi combien on pense que ça devrait coûter et de l'inclure quand même
dans les coûts, parce que, sinon, il y a un problème d'honnêteté
intellectuelle ici. Quand on dit aux Québécois : Bien, on va économiser 45 millions, bien,
la réalité, c'est qu'on n'a pas du
tout calculé les dépenses de cette réforme-là là-dedans. Donc, il y a toutes
les chances que ça ne soit pas 45 millions. Je ne suis pas en train
de dire que ça va être zéro ou que ça va coûter 100 millions finalement,
mais la réalité, c'est que ça ne pourra pas
être 45 millions si on n'a pas tenu compte des dépenses, même si elles ne
sont pas récurrentes, de cette réforme-là.
Donc,
il faudrait... Déjà, le ministre reconnaît qu'il ne l'a pas évalué. Bon, c'est
un... j'apprécie qu'il le reconnaisse humblement,
mais ça m'apparaît problématique de ne pas l'avoir fait. Puis je pense que,
s'il est honnête avec les citoyens, il va vouloir le faire, puis il va
confier le mandat à son ministère d'évaluer combien ça peut coûter, puis il va
s'amender, puis il va nous fournir une
estimation à jour des coûts associés à cette réforme-là et des économies
potentielles en tenant compte de ça.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Donc...
M. Émond :
...par respect pour mes collègues, je l'ai laissé terminer son intervention,
mais je ne pense pas que le ministre a fait
preuve de malhonnêteté intellectuelle ou que ce n'est pas honnête. Juste faire
attention dans les propos, s'il vous plaît.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Tout à fait. Je demande à tout le monde de
faire attention à nos propos. On est tous
ici en bonne foi pour travailler sur un projet de loi, pour faire avancer le projet de loi n° 40. Donc, je vous demande votre
collaboration à tous. M. le ministre, avez-vous un commentaire? Non. Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Juste pour aider à
notre réflexion, juste en faisant une petite recherche, j'ai trouvé plein
d'articles, entre autres celui du 21 novembre 2014 du Soleil , écrit
par Daphnée Dion-Viens, qui nous explique comment les dernières fusions, qui
ont été effectuées en 1998, ont coûté 70 millions de dollars. C'est quand
même substantiel.
Pour moi, c'est assez brouillon puis c'est un
manque de rigueur si nous ne sommes pas prêts à chiffrer les coûts pour faire cette transformation-là. Encore une
fois, j'entends les propos du ministre, il dit que c'est important de changer
les mots parce qu'on est en train de changer les philosophies, mais ce n'est
pas les mots qui changent les philosophies, Mme la Présidente, c'est les gens
sur le terrain. C'est le sens d'appartenance que les gens ont sur le terrain.
70 millions pour faire le dernier
changement. Moi, je suis sortie avec un chiffre de peut-être 10 millions.
Mettons, si on dit : C'est 10, c'est 15, je connais plein de familles avec
des personnes handicapées dans leur vie qui seront ravies d'avoir cet
argent-là.
J'entends
qu'il y aura peut-être des économies, ça aussi ce n'est pas chiffré. Je parle
des dépenses qui ne sont pas nécessaires.
Je ne parle pas des économies, je ne parle pas du changement de la gouvernance.
Je parle d'un changement de nom, partout
dans le réseau scolaire, qui ne va pas contribuer à la réussite scolaire. C'est
quand même une dépense substantielle qui n'apportera rien à la réussite,
qui n'apportera rien pour les gens sur le terrain.
Le ministre
veut changer la mission des commissions scolaires, qu'on va en discuter ici, ça
va être un prochain article, on va pouvoir avoir ce débat-là, on va
contribuer à cette réflexion-là. Moi, je parle uniquement de changement de nom.
Et je répète : Dans le p.l. n° 18,
on a eu cette discussion-là. J'invite le ministre de parler avec son collègue.
On a parlé de ça. On a eu le débat.
Et même le curateur lui-même a dit qu'il avait discuté avec l'équipe de
communication, puis eux, ils ont dit : Bien, dans le fond, c'était... en anglais, on dit «six of one, half a
dozen of the other». Je ne changerai pas mon quatre 0,25 $ pour
1 $. Ça arrive à la même affaire.
Je pense que, pour avoir une bonne compréhension
sur le terrain, on peut laisser ça aller. Ce qui est important, c'est d'informer la communauté de qu'est-ce que
c'est, le changement, de qu'est-ce que c'est qu'on veut faire pour améliorer la
réussite. Le changement de gouvernance, qu'il n'y aura plus de conseil des
commissaires puis maintenant ça va être un conseil d'administration, c'est le
niveau d'éducation qu'on va apporter aux gens sur le terrain. Ce n'est pas
d'abolir le mot «commission scolaire» qui va apporter des changements
nécessaires.
Et je
répète : 70 millions en 1998. Même si, cette fois-ci, c'est 10, 15, 20,
écoute, il y a des gens qui aimeraient avoir cet argent-là. Ce n'est pas en gaspillant de l'argent qu'on va faire des
épargnes, même dans quatre ans. C'est une dépense qui est non nécessaire.
Puis ce n'est pas juste l'argent qui va être dépensé sur le changement pour
tout ce qui est imprimé. J'en passe
pour le papier en-tête puis les cartes d'affaires. Je m'en fous de ça, là. Moi,
je parle juste des enseignes qui sont partout. Qu'il me montre une école
qui n'a pas leur commission scolaire. Faites la recherche pendant que nous
sommes ici, parce que, tu sais, de... 1
million, presque 1,3 million d'écoles dans la province du Québec. Même si
on dit : Il y a 200 000 qui n'en ont pas, une pancarte, puis
on dit : Bien, il y a au moins 1 million qui en ont une, pancarte,
c'est quand même une dépense substantielle et non nécessaire.
Je n'ai pas
parlé une fois, dans cet amendement, Mme la Présidente, si on reste au sujet de
l'amendement, je n'ai pas parlé du changement de gouvernance, je n'ai
pas parlé de changement d'un conseil de commissaires à un conseil d'administration, je n'ai pas parlé de rien, à
part de : On peut-tu se rendre mi-chemin, continuer avec un centre de
services, garder l'esprit d'une commission scolaire pour définir le territoire si c'est vrai qu'on ne veut pas abolir les lignes
puis qu'on va garder nos territoires
pour la communauté? Ça va être une belle façon d'aller vers l'avant.
On n'aurait même plus de débat. On n'aurait même plus de débat, parce
que, pour moi, je verrais ça comme la bonne volonté du ministre de comprendre
qu'on ne veut pas gaspiller de l'argent. Il n'y a pas de petites économies,
mais là on parle de beaucoup d'argent, là. On
ne parle pas de 1 000 $, on parle de beaucoup d'argent. On pourrait
investir ces dépenses-là ailleurs. Ça serait une épargne, et non une
dépense. On n'a pas de l'argent à gaspiller, malgré qu'on a un budget puis on a
des surplus. Ce n'est pas une saine façon de gérer les fonds du public.
En tout cas, j'aimerais entendre le ministre là-dessus, qu'est-ce qu'il pense d'avoir
des dépenses qui peuvent s'élever à 70 millions, parce que j'ai...
autre question par la suite, avant que je continue.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, ma collègue
est allée sur plusieurs sujets, là. Je vais répondre sur plusieurs
sujets de mon côté aussi.
Donc, elle
argue que le précédent changement, là, il
y a plus de 20 ans, a coûté plus
de 70 millions. Je ne pense pas qu'on puisse le comparer d'aucune façon, parce qu'on redécoupait complètement des territoires. On changeait des centres de services... je veux dire des sièges sociaux,
donc les édifices, là. Des fois, il y
avait trois commissions scolaires, qui étaient soit protestantes ou
catholiques, qui devenaient deux commissions scolaires ou même six commissions
scolaires confessionnelles, qui devenaient
deux commissions scolaires. Puis là il
y avait donc des édifices, là, il y avait
six édifices qui devenaient deux
édifices parce que, là, les fonctionnaires, les cadres qui travaillaient dans
les précédentes instances étaient redéployés
complètement. Il y avait des fusions de conventions collectives. Et
ça, d'habitude, ça négocie juste à la hausse, hein? C'est assez rare que, quand il y a une fusion de deux conventions collectives, parlez-en aux gens qui ont fait les négociations lors des fusions municipales, c'est assez rare que, quand il y
a deux conventions, il y a le groupe a qui est mieux payé que le groupe b. Quand il y a
une fusion, d'habitude, les salaires du groupe b montent au niveau
a. C'est rare que les gens qui sont au niveau a voient leur salaire
s'abaisser au niveau b.
Donc, on avait toute
cette problématique-là lors des précédentes fusions, parce que la dernière
réorganisation, c'était un changement de
paradigme confessionnel versus linguistique, mais c'était une question
de redécoupage, de fusions, d'immobilisations.
Il y avait des immeubles qui étaient vendus, des immeubles qui étaient
achetés, des immeubles qui étaient construits parce qu'on prenait des
gens qui venaient de trois territoires différents, qui allaient travailler dans
un seul. Ça n'a rien à
voir. Il ne s'agissait pas, là, de changer, sur l'édifice, le mot « commission scolaire Mont-Fort» par «commission
scolaire des Patriotes», là. Ce n'était pas ça. Ça n'a rien à voir. On
parlait d'harmonisation de conventions collectives, de redécoupage de territoires, de vente d'immeubles, d'achat d'immeubles. Ça
ne s'applique tout simplement pas. Ce n'est pas une comparaison qui est
pertinente.
collègue est allée aussi... Elle a dit : S'il y a
200 000 écoles ou s'il y a 1 million d'écoles... Bon, là, on se trompe de 3 000 %, là. 3 %, déjà,
c'est une marge d'erreur que je n'aime pas tellement. 3 000 %,
c'est stratosphérique, là. Il y a quelque
chose comme 2 700 écoles.
Je ne sais pas comment qu'elle disait que, si on change 2 000 écoles
ou 1 million d'écoles, là... On est loin, loin, loin.
Elle
a parlé de réussite. Elle a dit : Ce sont des changements qui n'amèneront
pas de la réussite. Bien là, écoutez, pas tout
le monde qui est d'accord là-dessus. Il y a
des gens qui sont venus en auditions nous dire qu'ils ne croyaient pas que les
changements amenés par le projet de
loi n° 40
allaient améliorer la réussite. C'est arrivé. C'est arrivé qu'il y ait
des gens aussi, en commission,
et après, et sur d'autres forums, qui sont venus nous dire que, oui, le projet de loi n° 40 allait améliorer
la réussite .Donc, c'est pour ça aussi qu'il y a différents partis à l'Assemblée nationale, il y a différentes écoles de pensée, différentes philosophies, différentes idéologies, puis c'est
correct. Mais on ne peut pas annoncer ça comme ça, dire : Ah! il n'y en a aura pas, d'amélioration de la réussite. Moi, je suis convaincu que oui. Puis il y a plusieurs groupes
puis plusieurs personnes qui travaillent au quotidien
dans les écoles, notamment pas mal de directions d'écoles, qui sont convaincues
que le projet de loi n° 40 va leur permettre
d'améliorer la réussite. Voilà.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je vais essayer de faire ça vite parce que, de
tous les gens alentour de cette table, je suis la seule qui a vécu une vraie
fusion de commissions scolaires comme enseignant. On va se limiter à... comme
expérience.
Mme Charbonneau : Non, ça ne compte pas. J'aime ça que ça vous
fasse rire. Alors, dans la philosophie de la fusion des commissions scolaires la dernière fois, le ministre
nous dit : Ce n'est pas pareil. J'entends. Il y avait une philosophie
entre les économies espérées et les économies faites. Les économies espérées
étaient de 100 millions de
dollars. C'était 100 millions de dollars, savez-vous
comment? Je vais vous le dire, moi. On réduisait le nombre de commissaires
scolaires. En réduisant les commissions scolaires, on ne les abolissait pas, on réduisait le nombre
de commissions scolaires. Puis savez-vous quoi? Vous avez mis le
doigt sur le piton quand vous avez dit : On a été même jusque dans les
centres administratifs.
Vous
avez raison, parce que nous autres, à Laval, on a pris deux bâtiments qui
étaient des centres administratifs, trois, trois parce qu'il y en a une, c'était une école avec le centre
administratif, la commission scolaire de Chomedey, on a pris Mont-de-La Salle, puis c'est devenu une école
complète. On a pris le 955, Saint-Martin, qui était un espace vide, on en a
fait un centre administratif. Les autres sont devenus des centres de formation
pour adulte et un centre de formation professionnelle. Est-ce qu'il y avait une
économie escomptée là-dedans? Bien, nécessairement, parce qu'une école
secondaire, ça, vous devez le savoir, c'est à peu près 14 millions.
Alors nécessairement, en changeant les bâtiments puis en se les
réappropriant...
je vais aller encore plus loin dans ma mesure d'économie puis j'essaie vraiment
de faire vite, mais, dans la volonté d'interchanger
les commissions scolaires, d'en abolir puis d'en créer, on a fait un changement
de place pour les anglophones puis
les francophones et on a offert aux francophones et aux anglophones plus de
place parce que la répartition était mieux faite. Ce que ça a fait, ça a
fait des commissions scolaires plus stables, plus dans ses assises puis plus de
place chez les uns et chez les autres parce que la répartition des places était
mieux faite.
Est-ce
que, ce qu'on est en train de proposer au ministre change le projet de loi
n° 40? Non. Est-ce que ça change la philosophie de base du projet de loi
n° 40? Non. Est-ce que ça change le fait qu'on parle de réussite ou pas de
réussite? La réponse, c'est non. Puis
je le sais qu'à force d'entendre parler les mêmes personnes, on a moins
d'intérêt à les écouter, mais, je vous le dis, il aurait intérêt à entendre ma
réponse, parce que ça lui donnerait au moins la perspective de l'avancée
que je veux. Mais, en ce moment, ça ne semble pas être assez intéressant pour
le faire. Ceci dit, puis malheureusement, Mme la Présidente, il y a peu
d'hommes qui peuvent me convaincre qu'ils peuvent faire deux choses en même
temps, de ce fait, je vous le dis, je trouve un peu triste...
Mme Charbonneau :
C'est vrai que je lui prête des intentions, parce que c'est vrai qu'il ne peut
probablement pas écouter puis entendre... parler puis m'entendre en même
temps. Ceci dit, Mme la Présidente, je trouve malheureux qu'il fasse ce qu'il
nous empêche de faire. C'est-à-dire que nous, on ne parle pas d'une philosophie
de gouvernance, pas d'une philosophie quelconque
par rapport au projet de loi n° 40, mais d'une stabilité pour le
personnel, puis d'identification, puis de sentiment d'appartenance de
chacun des milieux. Il ne change pas les commissions scolaires. Il ne change
pas leur territoire, il se fend en quatre depuis hier pour nous le dire. Bien,
si c'est vrai qu'il ne veut rien toucher à l'aspect d'une commission scolaire, gardons-lui son identité, son coeur et son
appartenance et mettons à côté une gouvernance différente. Il n'y a pas
un chat qui va chialer là-dessus.
Mais,
à partir du moment où tu commences à jouer sur : Tu ne t'appelles plus la
députée de Roberval, tu t'appelles la
députée de Laval parce que j'en ai décidé ainsi puis parce que, si tu maintiens
Roberval, tu changes ta philosophie de députée puis tu n'auras plus les mêmes règles, c'est faux. Ce n'est pas ça qu'on
cherche à faire. Mais, s'il ne veut pas l'entendre, c'est correct. Je dis juste que ça vient teinter tout le reste
parce que ce qu'on veut, c'est que ça fonctionne puis que ça fonctionne bien. Puis en ce moment, dès le départ, ce n'est pas ça qu'il est
en train de nous dire. Il est en train de nous dire que le nom du projet de loi
va venir teinter tout le reste. Je trouve ça malheureux.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, je veux simplement dire que ce n'est pas que je ne veux pas
entendre. C'est que, des fois, on a
des divergences d'opinions, mais, je veux dire, je ne veux pas, surtout pas que
les gens pensent que je ne veux pas entendre
tel argument ou tel argument. On les entend, les arguments. On peut être en
accord, en désaccord. Je ne prétends pas que les collègues ne veulent pas entendre nos arguments. Je pense qu'ils
les entendent. Des fois, ils sont d'accord, des fois, ils ne sont pas
d'accord.
Des fois,
d'ailleurs, c'est arrivé que j'aie
entendu un argument, une question d'une collègue déjà, un amendement
qui a été adopté suite à une
suggestion, un point de vue qui a été
amené par un député de l'opposition qui a amené un amendement, lequel a été adopté. Je me suis même déjà engagé à
ce qu'ultérieurement dans un autre
article un autre amendement sera déjà
déposé alors qu'on n'est même pas dans cet
article-là, c'est un
article à venir. Je me suis dit : Ah oui! La députée
amène un point intéressant. On arrivera avec un amendement à ce moment-là. Je
pense que c'est deux illustrations assez claires du fait... Il ne s'agit pas de dire qu'on ne veut pas entendre
l'argument d'un côté ou de l'autre, mais être en désaccord ne veut pas
dire refuser d'entendre l'autre.
Et juste préciser une chose que j'ai oublié de
dire tantôt quand elle disait : Est-ce que je peux avoir un exemple d'une école où ce n'est pas écrit le nom de la
commission scolaire? Bien, l'école de la Chanterelle à Saint-Basile-le-Grand.
M. Roberge : Ah! il y a l'école
Sacré-Coeur aussi. Il y en a plusieurs, mais il y en a un que c'est...
M. Roberge : J'ai entré
17 années dedans.
Mme Charbonneau :
...je m'excuse, là, ce n'est pas la première fois que ça arrive, puis,
habituellement, je ne suis pas rendue
au stade où je suis là, là, mais là ça fait quelques fois que la députée se
permet de parler à haute voix puis d'interpeler les gens de ce côté-ci. J'aimerais que vous appliquiez la même
discipline. J'essaie de me discipliner. J'aimerais qu'on essaie la même
chose de l'autre côté.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. Oui, M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien. Mais à ce sujet, justement, si on veut jouer le livre, comme on
dit, bien, que ma collègue demande la parole plutôt que de me couper la
parole, puis sans doute que la présidente vous aurait donné la parole. Mais là j'étais en train de parler, puis vous
m'avez interrompu pour dire qu'elle n'avait pas le droit de parler. C'est quand
même quelque chose.
Une voix : ...question de
règlement.
M. Roberge :
Elle poursuit. Donc, il y a une école, et il y en a plusieurs, mais l'école où
j'ai enseigné pendant 17 ans, puis j'ai fait de la suppléance dans
d'autres écoles avant, il me semble bien qu'il n'y avait pas la dénomination
pour la plupart des écoles. Il y en a
quelques-unes que je revois en tête, c'est sûr. Je peux vous dire que l'école
primaire de la Chanterelle, à Saint-Basile-le-Grand, que je connais
très, très bien, n'a pas la dénomination juste à côté, là, commission scolaire des Patriotes. Ce ne serait pas un problème s'il
était là, il faudrait le changer ultérieurement, ce n'est pas que j'ai un
problème avec ça, mais il y en a
d'autres... Mais, de toute façon, là n'est pas la question. Mais c'est juste
qu'on me pose la question, je réponds. Je suis fin de même.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci, M. le ministre. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Oui. Bonjour à tous. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, mes collègues. Bonjour,
mes collègues de l'opposition, Mme la Présidente.
Je vous
écoute tous et je trouve ça fort intéressant. D'abord, un, je suis surprise que
le ministre ne puisse pas chiffrer le
coût de la transition, le coût de ce changement de terminologie. Et, ça me
surprend, le ministre nous dit : Bien, finalement, on va sauver à long
terme, donc, le coût, ce que ça va coûter, là, de changer de nom, de changer de
terminologie, finalement, ça va se
résorber sur plusieurs années. Il y a un coût, et on n'est pas capable de
l'établir. Ça, ça me trouble particulièrement.
Et, peu importe, ça va coûter quelque chose. On
s'entend tous que ça va coûter quelque chose. Et pourquoi, pourquoi mettre...
Mme Robitaille : Je m'excuse,
mais c'est parce que... Justement, quand j'essaie, oui...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Continuez, Mme la députée.
Mme Robitaille :
O.K. Ce que j'essaie de dire, c'est que ça va coûter quelque chose de toute
façon. Ma commission scolaire, c'est
la commission scolaire Pointe-de-l'Île. Je suis sûre que le ministre connaît
les enjeux de la commission scolaire Pointe-de-l'Île.
On manque d'espace, on manque de personnel, on manque de gymnases, on manque de
beaucoup de choses. Imaginez, cet
argent-là, là, qu'on pourrait sauver parce qu'on ne change pas de terminologie,
on garde «commission scolaire», imaginez
ce qu'on pourrait faire avec ça. C'est quand même un coût qui est considérable.
On ne peut pas le mettre de côté. Il faut le considérer. Chez nous, on
l'utiliserait, cet argent-là.
je regardais tout à l'heure, je vous écoutais, là, «centre de services»,
«commission scolaire»... Un centre, c'est quoi? C'est un lieu, un lieu précis. C'est comme un point de service,
finalement. Et pensons à «commission scolaire». Je regardais, là, l'histoire
des commissions scolaires du Québec. Depuis 1936, on appelle ça des commissions
scolaires. Et la commission scolaire,
ça fait nécessairement référence pas juste à la commission qu'on veut éliminer
avec les commissaires, tout ça, mais ça fait d'abord et avant tout
référence à un territoire.
souci de référence historique pour le monde, là, parce qu'on s'entend que ça va
être des changements quand même importants,
le citoyen doit avoir une référence historique. Il doit avoir un sentiment
d'appartenance, de là, bon, en tout cas, la grosse logique de garder ce terme-là, «commission scolaire». On garde
«commission scolaire». Les gens savent, se situent. Ils se disent :
C'est à peu près ce territoire-là, ça reste ce territoire-là, ça reste ma
commission scolaire. Puis, si, bien, la
commission scolaire, c'est un conseil d'administration puis ce n'est pas des commissaires, bien, soit,
mais au moins les gens vont avoir un point de référence. Et je pense que
c'est fondamental, quand on fait des changements comme ceux-là, que les gens, ceux qui nous écoutent, ceux qui ont
des enfants dans différentes commissions
scolaires puissent se référer à
quelque chose, puissent se référer à un territoire.
Alors
là, qu'est-ce qu'on fait? On change tout. On change tout, on change
le terme «commission scolaire», on l'appelle «centre de services». Pourquoi un centre puis pas une commission?
Depuis 1936, là, ça s'appelle «commission» puis ça fait référence à un territoire. Et depuis 1998, là, qu'on a ces mêmes territoires qui s'appellent commission scolaire
Pointe-de-l'Île... de la Pointe-de-l'Île, etc.
Donc,
par souci... bien, par souci du citoyen, hein, par souci... on a une référence
historique, pour aider... Puis aussi on
sauve des coûts, ce qui est considérable, quand même. On ne peut pas juste
dire : Bien, on va appeler ça un centre de services puis on n'en a
pas vraiment besoin. Comme disaient mes collègues, c'est important, si la
philosophie change, le nom, la commission
scolaire comme telle peut rester «commission scolaire». On sauve des coûts, des
coûts qui servent... de l'argent qui
sert dans nos commissions scolaires, qui servirait dans ma commission scolaire
de la Pointe-de-l'Île, qui pourrait aider à combler le manque d'espace, qui pourrait peut-être donner un gymnase.
Tu sais, au lieu d'avoir un gymnase, on va dépenser de l'argent pour appeler ça... pour changer de
nom. Je trouve que c'est un peu illogique. C'est dans ce sens-là que je pense
que l'amendement de mes collègues est très pertinent et vient bonifier le
projet de loi.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge :
Oui. Merci bien, Mme la Présidente. Donc, je salue l'intervention de la
collègue, qui prend la parole à cette
commission. Sur la question du gymnase, juste la rassurer, quand les
évaluations des fonctionnaires sont favorables à des investissements en
infrastructure, de notre côté, au gouvernement, on respecte les évaluations des
fonctionnaires. On ne dit pas non si les fonctionnaires nous disent qu'il faut
construire, agrandir une école ou donner un gymnase selon des évaluations et des critères standard, on ne dit pas non quand
les critères sont ça pour faire passer après ça un projet qui n'est pas
recommandé. Ça, c'est arrivé sous le précédent gouvernement.
le Plan québécois des infrastructures n'a jamais été aussi élevé. Comme je dis
des fois, depuis 1608, là, ce n'est jamais arrivé, un PQI aussi élevé
pour rénover, ce qui est un domaine particulier, et pour faire des ajouts
d'espace, donc construction et
agrandissement. Donc, on n'a pas à s'empêcher d'améliorer notre gouvernance
puis d'appeler un chat, un chat, un centre de services, un centre de
services, pour penser avoir de l'argent pour avoir un gymnase assez grand pour les élèves. Si vraiment il manque des
gymnases dans certaines écoles ou si elles sont trop petites, bien j'invite les
commissions scolaires en ce moment ou
les centres de services ultérieurement à discuter avec le ministère, montrer
pourquoi ils n'ont pas les mètres carrés, les pieds carrés pour répondre
aux besoins des enfants ou des adolescents, et ça...
Mais
je ne pense pas qu'on peut faire un lien entre changer de nom... en toute
cohérence avec le changement de mission, de changer le nom puis dire : Ah! on manque d'argent pour avoir des
gymnases, je pense que ce n'est pas... ce n'est pas... il n'y a pas un
lien à faire là.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Oui, Mme la députée.
Mme Robitaille :
Je pense que le ministre sait ce que je veux dire. C'est : Pourquoi on
dépenserait de l'argent pour quelque chose
qui n'amène rien, finalement? Pourquoi on n'appelle pas juste... Moi, j'essaie
de comprendre. Si garder le... pourquoi
le ministre ne voudrait pas garder le nom «commission scolaire» si... parce
que, finalement, on garde le même territoire. Pourquoi absolument
vouloir s'entêter à vouloir appeler ça un «centre de services»? Pourquoi ne pas
garder le terme «commission scolaire», que
tout le monde connaît, qui fait référence à un territoire en particulier?
Pourquoi ne pas le garder?
Présidente (Mme Guillemette) : Monsieur.
M. Roberge :
Mais, Mme la Présidente, ce que les commissions... Quand on réfère à
«commission scolaire», oui, on réfère à un territoire. Et ça, je suis content
d'entendre ma collègue bien reconnaître que le projet de loi n'amène pas, là,
comme ça, des changements de territoire. Ses
collègues, depuis quelques jours, n'avaient pas l'air très d'accord avec elle
là-dessus. Donc, on avance.
Ensuite, quand on
pense à commission scolaire, bien, on pense à ce qui se passe en ce moment, au
statu quo. On pense au conseil des
commissaires, on pense à l'organisation
scolaire actuelle, on pense à l'ancienne façon qu'on avait, là, de gérer
les finances. Mais, maintenant qu'on change de mode de gouvernance, qu'on
n'aura plus, vraisemblablement, je fais
attention, j'essaie de parler au conditionnel, là, les conseils des commissaires,
les élections scolaires, que ce n'est plus, dans sa mission, la même
chose, parce qu'on a des articles, là qui viennent changer... qui gardent
certains éléments, mais qui viennent changer
aussi la mission. Donc, oui, on garde les territoires, là, je veux bien, là,
mais on change beaucoup d'autres
éléments. Donc, c'est normal qu'on change aussi la dénomination, d'avoir un nom
qui reflète la mission. Sa mission, c'est de donner des services, et
puis ce n'est plus géré par des commissaires. Commission, gérée par des
commissaires, c'est un mini gouvernement
élu. Centre de services, géré par un C.A., dont la mission est d'organiser et
de rendre des services... Puis on verra quand on arrivera à l'article qui parle
spécifiquement de la mission, là. On a un amendement qui veut nous faire parler
de la mission avant l'article qui parle de la mission. Je ne pense pas que ça
soit le bon moment pour en parler, ici. Voilà.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Oui, vous pouvez continuer.
Mme Robitaille :
Il y a quand même une référence historique. On peut quand même garder le terme
«commission scolaire» sans
nécessairement avoir des commissaires. On peut garder le terme «commission
scolaire» pour avoir une référence, pour que les gens comprennent bien.
C'est possible. C'est tout à fait possible.
ce que je comprends de la discussion en ce moment, rien n'empêche de garder le
terme «commission scolaire». Je
comprends que le ministre veut faire un grand changement puis il veut marquer
le coup, mais tout ça, c'est de la terminologie. Je pense que, pour les gens, pour les citoyens, on peut tout à fait
garder «commission scolaire» et puis avoir une constitution de cette commission autre. On peut avoir un
conseil exécutif, rien n'empêche ça, à la lumière de ce que mes collègues
amènent et de ce qu'on comprend du terme... de la terminologie de ce que
c'est, une commission, versus un centre. Un centre, ça peut aussi référer à
plein de choses.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. D'autres commentaires? Oui, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui, juste faire du pouce sur qu'est-ce que ma collègue...
La Présidente
(Mme Guillemette) : 3 min 45 s.
Mme Maccarone :
Combien?
La Présidente (Mme Guillemette) :
3 min 45 s.
Mme Maccarone :
O.K. Je ferais du pouce sur qu'est-ce que ma collègue vient de partager avec le
ministre. En anglais, ce n'est même pas lié
du tout. «School board», ce n'est pas lié avec «council of commissionner», ce
n'est pas lié avec «commissioner of the council of commissionner». «School
board», c'est totalement différent. Puis le sens d'appartenance dans la communauté anglophone est fort envers
leurs commissions scolaires. On le sait. La preuve, c'est qu'ils vont garder
une forme d'élections scolaires.
Alors,
je demanderais au ministre de considérer la prudence en changeant des noms
juste pour changer des noms, malgré que c'est un changement qui est
assez large. Même le ministre de la Famille a dit qu'il pouvait venir démontrer
à ses collègues comment faire marcher un projet de loi pour que... ça va plus
vite. Ce serait une façon d'aller plus vite. Je vous jure, si le ministre est
prêt à accepter cet amendement-là, je vais arrêter de parler sur ceci parce
qu'honnêtement je trouve que c'est juste
puis c'est valable. Ça rejoint ce que la communauté anglophone cherche aussi,
parce que les sens d'appartenance,
c'est quelque chose qu'on veut développer aussi dans le réseau francophone.
«School board», là, Mme la Présidente,
ce n'est pas du tout lié au même... c'est une traduction qui n'est même pas
proche. Je fais
partie
d'un...
part of a school board and I have a commissioner. I'm part of a school board,
and I have a service center, and I have an
administrative council, I have a board of directors, but I'm part of a school
board. It's related to the territory that I belong to.
C'est ça qui est important. De l'abolir, de le changer... On est en train de
proposer une mesure. C'est un compromis. C'est vraiment un mi-chemin.
C'est : on peut aller vers l'avant avec ce que propose le ministre, mais
on peut garder le sens d'appartenance
de la communauté. C'est important. Puis partout, partout, là, toutes les écoles
du réseau des commissions scolaires
anglophones, les neuf, eux, ils savent qu'ils sont liés à une commission
scolaire. Ils font des activités ensemble, toutes les écoles, parce
qu'ils font
partie d'un «school board».
Alors, est-ce que le
ministre serait prêt à faire des accommodements pour la communauté anglophone,
d'abord?
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui, merci,
Mme la Présidente. Je suis content
que ma collègue amène les préoccupations de la communauté anglophone, parce qu'on en a vraiment,
vraiment tenu compte. Si on se réfère... Parce que
ma collègue aime bien référer au document de janvier
2018. Au départ, en janvier 2018, il n'était pas prévu de faire d'exception,
une modification, d'aucune manière pour la
communauté anglophone. C'était la même, même, même chose qu'on
appliquait, francophone,
anglophone. Il y a eu des réactions. On a écouté. On a eu plusieurs rencontres.
Quand je vous dis plusieurs rencontres, c'est vraiment beaucoup de rencontres
avec parfois des représentants des commissions scolaires anglophones, des fois
des représentants nationaux... des fois, individuellement, là, une à la fois,
des fois nationaux, des porte-parole nationaux des cadres scolaires anglophones, des porte-parole nationaux des
syndicats, mais aussi des rencontres avec des membres de la communauté
qui ne sont pas, là, des porte-parole nationaux. Tout simplement des MM.,
Mmes Tout-le-monde, des directions
d'école toutes seules, directement, qui ne sont pas des porte-parole, et ça
nous a fait cheminer. On n'a pas tout simplement appliqué le même modèle
mur à mur francophone, anglophone. On n'a pas non plus laissé statu quo parce qu'on pensait que tout le monde au Québec,
autant francophone qu'anglophone, méritait une amélioration de la gouvernance.
Ça, on était convaincus de ça, que le statu
quo ne servait personne, mais le mur-à-mur non plus. On a compris ça puis on a
montré, je pense, une belle sensibilité.
C'est pour ça qu'on a proposé quelque chose. On va arriver à ces... pas ces
amendements-là, mais ces articles-là plus tard.
Maintenant,
je pense que ça démontre certainement une ouverture puis le fait que, quand on
a discuté avec les gens, ce n'était pas : On vous entend. Tu sais,
des fois, il y en a qui disent ça, les gens parlent : Ah! oui, je
t'entends, mais je ne t'écoute pas vraiment.
Mais on les a écoutés puis on a tenu compte. Donc, ça, c'est quelque chose qui
était important de mentionner.
collègue nous dit que, dans la communauté anglophone, ils ont un attachement
plus important. Puis ça, on généralise, parce qu'évidemment individuellement on pourrait trouver des personnes
dans le réseau francophone qui ont un attachement très, très grand, des personnes dans le réseau
anglophone qui ont un moins gros attachement. Mais, si on y va, là, communauté par communauté, c'est vrai que la communauté
anglophone en général a un attachement plus grand à son réseau scolaire et participe davantage, s'implique davantage, fait
plus de bénévolat, se retrouve en termes de communauté pour des activités qui
n'ont rien à voir avec le scolaire, qui utilise le local de l'école pour faire
des activités communautaires. C'est vrai. Mais je ne pense pas que c'est à
cause du nom. Je pense qu'ils se retrouvent à l'école...
Dans
mon comté, c'est l'école William Latter, qu'ils disent William Latter School,
évidemment. Donc, à Chambly, la
William Latter School, qui appartient à la commission scolaire Riverside,
Riverside School Board, on peut bien le dire dans un sens ou dans l'autre, puis je pense qu'ils ont un gros
attachement. Ils savent bien que la Riverside School Board est là puis
coordonne les services. Mais l'attachement, ce n'est pas parce que ça s'appelle
«school board». Oui, ils ont un attachement à Riverside School Board parce que ça s'appelle comme ça pour l'instant.
Mais, si ça s'appelait Riverside school services center, puis qu'ils allaient à l'école William Latter ou à William
Latter School à Chambly, bien, il y aurait le même monde, il y aurait la même communauté, il y aurait les
mêmes services. Peut-être que, pendant les premières semaines, on dirait :
Eh, c'est-tu encore notre organisme?
Est-ce que c'est encore nos représentants? Ça durerait quelques jours, quelques
semaines. Bien qu'est-ce qui a changé? O.K. C'est le mode de gouvernance. Ce
n'est plus Riverside School Board, c'est Riverside school service center, bien, c'est encore notre
organisation scolaire, c'est encore notre communauté qui le dirige. On peut
encore, comme anglophones, élire la majorité des membres du C.A. C'est notre
organisme. On garde le contrôle sur notre réseau scolaire. Et on va à
l'école Riverside... l'école, pardon, William Latter, qui est à Chambly. Je
parle de cette école-là, parce que je l'ai
visitée souvent. Les membres de cette communauté anglophone puis les membres du
personnel, je les connais très bien à William Latter School.
Donc,
je ne pense pas que c'est lié au nom «school board». C'est lié à l'organisation
puis à la conviction profonde que
c'est eux qui dirigent leur réseau. Puis ça, il fallait le préserver, puis on
le fait. Puis, je vais vous dire, même si j'ai été critiqué pour avoir fait ça, je suis très fier
d'avoir finalement fait ça puis de faire partie... je dis «je», mais, en fait,
de faire
partie d'un gouvernement qui a montré cette ouverture.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. Oui, Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis, avec
1 min 23 s.
Mme Maccarone : Parfait. Alors, très brièvement, il faut
que le ministre arrête de dire qu'il fait des concessions pour la communauté. «You didn't give anything that
isn't already mine. In fact», chaque personne qui est venue ici témoigner, qui sont représentants de la communauté anglophone, vous a demandé de retirer le projet de loi n° 40 parce
qu'ils ont dit que ça ne
rejoint pas leurs droits constitutionnels.
Alors,
ce n'est pas des concessions qui ont été faites. C'était quelque chose qui a été fait pour essayer de faire taire la communauté...
Mme Maccarone :
...mais ce n'est pas qu'ils ont fait, Mme la Présidente.
Mme Maccarone :
Mme la Présidente, je vais contrôler ma colère. Je m'excuse, je m'excuse.
La Présidente
(Mme Guillemette) : S'il vous plaît, on va s'élever un peu plus
haut que ça dans nos débats. On reste calmes et on fait ça dans le respect de tout
le monde autour de la table.
Mme Maccarone : Il n'y
a rien qui a été donné à la communauté.
Ce n'étaient pas des concessions, c'étaient leurs droits, puis ils ne sont toujours pas respectés. Puis
on est en train de dire que la communauté va respecter, mais ils n'ont pas dit que
je veux changer le nom. Si je suis ici en leur nom, c'est parce que je suis
connectée avec cette communauté-là. C'est
parce qu'eux ils disent : Pourquoi changer pour «centre de services»? On
peut-tu avoir un mi-chemin? Parce que moi, j'ai consulté ces gens-là. Parce que l'idée, dans le fond, cette
fois-ci, ce n'est pas venu de moi. C'est venu d'eux. C'est eux qui ont
dit : On peut-tu garder «commission scolaire»? Parce que, pour moi, ça
veut dire quelque chose? Alors, de dire que le ministre ne pense pas,
peut-être le ministre ne pense pas, moi, je le sais parce que j'ai parlé avec
eux. Puis je sais que le sens de
«partenaire», c'est envers le nom de «commission scolaire». Pour eux, ça veut
dire quelque chose parce que ça leur appartient. Merci.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Je pense qu'il faut faire attention. Je ne doute pas
que ma collègue communique avec des
gens de la communauté anglophone. En tout cas, c'est un fait, c'est évident,
c'est bien sûr. Mais on est nombreux à le faire. Puis je ne prétends pas
que j'ai le monopole de la vérité sur ce que pense la communauté anglophone. D'ailleurs, quand on dit «la communauté
anglophone», c'est des centaines de milliers de personnes, qui ont des opinions
différentes. Je les ai rencontrées.
D'ailleurs, je salue la présence du député de Sainte-Rose autour de la table
aujourd'hui, qui fait un excellent
travail pour être à l'écoute de la communauté. Et moi-même, je les rencontre
fréquemment. Et je vous dirais que
tous les députés de ma formation politique, mais même probablement des autres
formations politiques, on n'est pas les seuls, on est à l'écoute.
notre territoire, dans nos comtés, il y a toujours des gens de la communauté
anglophone, puis on les représente, eux
comme tous les autres, puis on les écoute, eux comme tous les autres. Et
certains sont en accord, d'autres sont en désaccord. Certains sont inquiets, d'autres ont de l'espoir.
Moi, je peux vous dire qu'il y a des gens qui nous ont appelés, de la
communauté anglophone, après qu'on ait pris la difficile décision de
mettre une commission scolaire en tutelle, pour nous remercier. Et pourtant c'était difficile, puis il y a eu du
vent de face, là, là-dedans. Mais pourtant on les avait écoutés avant puis on a
pris cette décision-là.
Donc, juste dire que
je comprends que certains aient des réactions plus émotives, puis c'est tout à
fait correct. Mais juste faire attention de
ne pas prétendre que le gouvernement, moi-même, les députés, en particulier le
député de Sainte-Rose, on n'est pas à l'écoute des gens de la
communauté. Il y a une diversité d'opinions dans la communauté. Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions?
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Moi, je suis certaine que le ministre entend la communauté anglophone. Le seul
hic, c'est qu'il ne les écoute pas puis que, dans la dernière année, ce qui a
beaucoup heurté la communauté anglophone, c'est que, lorsqu'il y avait des
décisions importantes qui touchaient la communauté anglophone, bien, il ne
l'entendait pas sur les ondes de CJAD, il l'entendait au micro de Paul Arcand,
le matin, par Bernard Drainville, qui annonçait à la communauté
anglophone : Ah! bien, tiens, tu as une
école qu'ils venaient de transférer. Ça, ça a beaucoup heurté les anglophones,
je peux vous le dire.
Mais
maintenant on est ici. Le ministre souffle le chaud et le froid. D'une part, il
dit : On fait une réforme pour faire des économies. Donc, on abolit les
commissions scolaires pour faire des économies. Mais, d'autre part, il n'a pas
fait aucune étude. Ici, Mme la Présidente...
(Interruption) Désolée,
ça devait sortir depuis tantôt. Je vous le dis, ce projet de loi, je suis
allergique à lui. Alors, les commissions
scolaires, la dernière fusion a coûté 70 millions de dollars. C'est un
texte qui a été publié par Le Soleil sous la plume de Daphnée Dion-Viens. Donc, ici, en 1998, la question qui
a été posée tantôt au ministre, qui n'a toujours pas eu la réponse...
Et, dans son article, elle rappelle que Lucien Bouchard, lui aussi pensait
faire des économies allant jusqu'à 100 millions de dollars. Finalement, ça a
été une réalité tout autre. Le gouvernement a dû verser, et je cite :
«...40 millions $
aux commissions scolaires pour couvrir les coûts reliés aux fusions. La
Fédération qui les représente affirme
que cette somme ne couvrait qu'une
partie des dépenses et que
30 millions $ additionnels ont été absorbés par les commissions
scolaires, pour un coût total de 70 millions $.
plus long terme, il est par ailleurs loin d'être certain que les économies
aient été au rendez-vous, selon André Brassard, professeur à [...] l'Université de Montréal et
spécialiste de la gestion scolaire. Il est aussi difficile de savoir quel a été
l'effet de ces fusions sur la
réussite des élèves, puisque d'autres changements, comme l'implantation de la
réforme — l'implantation de la réforme — sont
survenus au cours de la même période[...].
«Serge Mathurin,
ancien directeur des services éducatifs à la commission scolaire de la
Côte-du-Sud, rappelle de son côté qu'il
s'agit d'une opération longue et complexe. "On va mettre de l'énergie
pendant plusieurs années à installer des
façons de faire pendant que la réussite des élèves ne sera pas nécessairement
bonifiée. Tout le reste va être sur la voie d'évitement", affirme
celui qui a travaillé dans ce milieu de 1980 à 2005.»
Alors,
Mme la Présidente, moi, j'ai une question. La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, là, une fois que votre projet de loi est
adopté, elle va s'appeler comment?
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Ma collègue
a dit plusieurs choses. Je vais répondre à sa question, mais c'est parce qu'elle a fait plusieurs commentaires avant sur plein, plein de
sujets. D'abord, elle a parlé des différents médias par lesquels on
communique avec la population. Donc, elle a dit : Ah! oui, on n'a pas
parlé aux gens de CJAD, on a parlé aux gens du 98,5...
M. Roberge : Bien là, oui,
mais, s'il vous plaît, je n'ai pas imputé des motifs à qui que ce soit, là.
Mme Rizqy :
Non, non, mais ce que vous faites, vous déformez mes propos. Je n'ai pas dit
que vous n'avez pas adressé... que vous n'êtes pas allé au micro de CJAD, j'ai
dit qu'on avait appris, donc la nouvelle est sortie en primeur. Il y a une
différence, là. Arrêtez de déformer mes propos, s'il vous plaît.
Présidente (Mme Guillemette) : On s'adresse à la présidence, s'il vous plaît. M. le ministre, vous
pouvez continuer.
M. Roberge :
Merci bien. La première entrevue accordée à ce sujet a été une entrevue au
98,5, c'est vrai. Mais la communauté
ne l'a pas appris via les médias parce qu'on avait précédemment envoyé une
lettre à ceux qui se disent le gouvernement de proximité. Les commissaires scolaires de la commission scolaire
touchée étaient informés, et, dans la lettre, on leur demandait d'informer la communauté, ce qu'ils ne firent pas.
Alors, après ça, après avoir communiqué avec la communauté, après avoir utilisé le canal officiel du gouvernement de
proximité que sont en ce moment les commissions scolaires, avec tous les défauts qu'il peut avoir et qui... les conseils
des commissaires, j'ai accordé une entrevue au réseau francophone, mais c'était après. Donc, c'est
imp