House Proceedings — 21 October 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
2025-10-21
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, bon matin, collègues. Avant de débuter nos travaux, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Aux affaires prioritaires, à l'article 1 du
feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 9 octobre 2025 sur le
discours d'ouverture et sur la motion de M. le premier ministre proposant que
l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement ainsi que sur les
motions de grief présentées par Mme la cheffe de l'opposition officielle, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, Mme
la députée des Mille-Îles, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, M. le député de Nelligan, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, Mme la députée
de Chomedey, M. le député de Taschereau, Mme la députée de D'Arcy-McGee, M. le
député de Marquette, Mme la députée de Terrebonne, M. le député de Pontiac, M. le député de l'Acadie, M. le député de
Rosemont, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, Mme la députée de La Pinière,
M. le député de Jean-Talon, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, M.
le député de LaFontaine, M. le député d'Arthabaska, M. le député de Laurier-Dorion
et Mme la députée de Robert-Baldwin.
Avant de donner la parole au prochain
intervenant, je vous informe que 21 h 22 min 3 s ont
été utilisées dans le cadre de ce débat. La
répartition du temps de parole restant est la suivante :
1 h 52 min 33 s au groupe parlementaire formant
le gouvernement, 18 min 45 s
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
26 min 39 s au deuxième groupe d'opposition et
60 minutes au représentant du gouvernement pour sa réplique.
Je suis maintenant prêt à céder la parole à un
prochain intervenant, et je reconnais Mme la députée de Fabre.
Mme Abou-Khalil : Bonjour, M.
le Président. Je suis contente de reprendre la parole afin de compléter mon
intervention que j'ai débutée il y a quelques semaines... plus qu'une semaine.
Alors, commençons par la cybersécurité. Trop
souvent, ici et à travers le monde, des administrations sont les cibles... sont la cible des cyberattaques, des
vols de données, d'actes de malveillance. Et le Québec ne peut pas se permettre
d'être vulnérable. Nous devons protéger les
données de nos citoyens, de nos entreprises et de notre administration publique
avec le plus haut degré de rigueur et d'excellence.
M. le Président, j'aimerais aussi insister sur
la protection de nos infrastructures critiques comme les réseaux électriques, nos hôpitaux, les transports, nos
communications. Tout cela constitue l'épine dorsale de notre société moderne.
Une attaque sur ces systèmes peut paralyser une région entière, et c'est
pourquoi nous devons miser sur des outils de fine technologie, capables
d'anticiper les attaques avant même qu'elles ne frappent.
M. le Président, ici, chez nous, le Québec a des
atouts formidables. Nos chercheurs, nos PME innovantes et nos entreprises
spécialisées développent déjà des solutions locales en cybersécurité
prédictive, en détection intelligente et en intelligence artificielle
appliquée, car miser sur ces technologies québécoises, c'est non seulement
renforcer notre sécurité, mais c'est aussi soutenir une filière d'innovation
stratégique pour notre avenir.
Parlons maintenant des crimes numériques, M. le
Président. Il serait irresponsable de fermer les yeux sur une réalité qui nous frappe de plus en plus
directement. Les menaces ne sont plus lointaines, elles sont ici, elles sont
réelles et elles nous visent. Des cyberattaques, fraudes en ligne, vols
de données, hameçonnages et attaques étatiques et répétées, le Québec n'est pas
épargné, loin de là. Mais nos jeunes, M. le Président, sont en première ligne.
La cyberintimidation a doublé en quelques années. Et, plus grave encore,
certains sont recrutés, manipulés par des groupes criminalisés qui utilisent la technologie pour pousser des
adolescents à commettre des gestes inacceptables. Et nos aînés, eux aussi, M.
le Président, sont pris par... pour
cible. Les escroqueries numériques se multiplient et l'intelligence
artificielle avec les «deepfake» et les fameuses fraudes grands-parents
brisent non seulement des économies de vie, M. le Président, mais aussi la
dignité et la confiance de ceux et celles qui ont bâti notre société. Et que
dire de nos entreprises, de nos infrastructures critiques qui subissent des
attaques de groupes criminels toujours plus organisés, toujours plus ingénieux,
au rythme effréné des technologies. Et cette réalité n'est pas une fiction, M.
le Président, c'est le quotidien de ceux et celles qui voient leurs données
volées, leurs économies menacées et leur confiance envers l'État ébranlée. Et
voilà pourquoi nous devons bâtir avec rigueur, courage et vision.
Et, comme nous parlons un peu la
cybercriminalité, M. le Président, permettez-moi de m'attarder quelques
instants sur nos jeunes et nos aînés, car la criminalité a changé de visage,
elle s'est numérisée, elle s'est raffinée et décuplée. Aujourd'hui, les adolescents de
15 ans à peine, M. le Président, sont recrutés, manipulés, poussés à
commettre l'irréparable, incendier un immeuble, parfois même ôter une
vie. C'est inacceptable, M. le Président. Et c'est ici, dans l'Assemblée, que
nous devons tracer une ligne claire, celle de la protection, celle de la
prévention et de la responsabilité collective. Il est impératif que notre
gouvernement renforce ses mesures de protection, non seulement pour défendre les systèmes informatiques, M. le Président, mais
surtout pour protéger des vies, des familles et la confiance qui unit les
citoyens à leurs institutions. Mon collègue de la Sécurité publique a reçu du premier
ministre un mandat crucial pour contrer cette criminalité moderne, et je
suivrai avec la plus grande attention les avancées de ce chantier, car la
sécurité, qu'elle soit physique ou numérique, n'a pas d'âge, M. le
Président.
Mais la cybersécurité ne s'arrête pas aux
jeunes, nos aînés en sont aussi la victime silencieuse. Des fraudeurs sans
scrupule utilisent désormais l'intelligence artificielle pour imiter la voix
d'un proche, fabriquer des vidéos hyperréalistes ou créer des scénarios si
crédibles qu'ils brisent des vies. La fameuse fraude grands-parents en est un
exemple cruel. Un faux appel, une voix familière, une urgence inventée et des
économies de vie qui s'envolent. D'où l'importance toute simple, mais
essentielle, d'établir un mot secret familial pour valider une demande urgente.
Les chiffres sont éloquents, M. le Président : de 300 fraudes
signalées, en 2017, à plus de 1 400 en 2023. Et derrière ces chiffres, il
y a des larmes, de la honte et de la solitude. C'est pourquoi nous devons agir avec
détermination, éduquer, accompagner et sévir.
En terminant, M. le Président, je souhaite
rappeler que nous avons devant nous une responsabilité historique. La
transformation numérique que nous entreprenons aujourd'hui marquera les
prochaines décennies. Elle déterminera non seulement la qualité de service que
nous offrons à nos citoyens, mais aussi la place du Québec dans le monde. Et,
je le dis avec conviction, si nous choisissons l'audace plutôt que la peur, si
nous choisissons d'investir dans nos talents d'ici, locaux, plutôt que de
dépendre d'autrui, et si nous plaçons la cybersécurité, la souveraineté
numérique et la confiance au coeur de
chacune de nos décisions, alors nous tracerons la voie d'un Québec fort, d'un
Québec autonome et visionnaire, un Québec qui ne subit pas la révolution
numérique, mais qui la conduit, qui la maîtrise et qui l'humanise, parce que
notre avenir numérique, économique et collectif se bâtit ici, par nous et pour
nous. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée Fabre. Nous poursuivons. Cette fois-ci, je
reconnais M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Nous sommes donc ici pour réagir au discours du premier ministre
après l'annonce de son nouveau gouvernement
et de la prorogation qui s'en est suivie. Qui dit nouveau gouvernement, je
pense, M. le Président, doit dire
bilan avant tout, et je veux rappeler, quand même, de quel bilan on parle quand
on parle de la CAQ.
Quand le
gouvernement de la CAQ a légiféré sur les travailleurs, c'était pour faire
reculer le droit des travailleurs et leur droit de grève à un moment où
il y a d'ailleurs une crise du coût de la vie, et Dieu sait que les droits des
travailleurs sont importants.
Quand il légifère sur les locataires, ce n'est
pas pour renforcer leurs droits, mais c'est bien pour affaiblir le droit des
locataires en augmentant même le calcul de l'augmentation, alors que les
augmentations des dernières années ont été terribles, ou en interdisant le
droit de céder le bail.
Quand il légifère sur les minorités, c'est pour
affaiblir leurs droits. Quand il légifère sur l'immigration, ce n'est pas pour
permettre aux Québécois et aux Québécois qui sont privés de leur conjoint, de
leurs enfants, parfois pendant cinq, six, sept ans, de les revoir ici, au
Québec, mais c'est bien pour leur rendre la vie impossible.
Quand il légifère sur la forêt, c'est pour en
déléguer... c'est pour en déléguer le travail... l'exploitation... c'est pour en déléguer l'exploitation du tiers au privé,
au privé, sachant que plus de 90 % des forêts du Québec sont des forêts
publiques, qui sont un bien commun, et transférer cette gestion-là au privé est
irresponsable.
Quand il légifère sur l'énergie, c'est pour
distribuer des mégawatts aux multinationales étrangères amies du ministre
démissionnaire Fitzgibbon, c'est pour dénationaliser Hydro-Québec plutôt que de
renforcer une transition énergétique juste,
adaptée à la crise climatique que nous sommes en train de vivre, plutôt que
viser la décarbonation de nos entreprises locales, plutôt que s'assurer
que le prix coûte le moins cher possible pour les Québécoises et Québécois qui
ont du mal à se chauffer. Faut-il rappeler qu'une personne sur sept au Québec
vit de la précarité énergétique?
Quand il
légifère sur la santé, ce n'est pas pour décentraliser, ce n'est pas pour avoir
plus de public, une première ligne, au niveau des CLSC, multidisciplinaire,
capable d'offrir des services qui permettraient de donner de l'oxygène à
nos hôpitaux, non, c'est pour plus de centralisation et plus de privé.
Quand il fait le virage numérique,
rappelons-nous SAAQclic, M. le Président, quand il fait le virage numérique, c'est fiasco sur fiasco, c'est une amnésie totale
des ministres quand il est question de se rappeler qu'est-ce qu'on leur a dit
et pas dit sur les centaines de millions qui ont été gaspillés, c'est des
contrats qu'ils n'ont même pas lus et qui nous coûtent, aujourd'hui, encore une fois, des centaines de millions, non
pas pour SAAQclic, mais du côté de la santé, M. le Président.
Quand il est question de fiscalité, ça a été des
baisses d'impôt qui ont avant tout privilégié les plus nantis, des baisses d'impôt qui ramènent deux fois rien au
commun des mortels, et qui rapportent pratiquement 1 000 $
par an à toutes celles et ceux qui
gagnent plus de 100 000 $ par an, et qui nous privent collectivement de
1,9 milliard de dollars annuellement, notre richesse commune, cela
même qui fait qu'aujourd'hui il coupe partout, ce gouvernement de comptables
qui nous met dans le trou, M. le Président.
Quand
il légifère sur la fiscalité, ce n'est pas pour taxer les archimillionnaires ou
les milliardaires. M. le Président, les
13 milliardaires du Québec ont vu leur richesse doubler, passer de
26 milliards à... 23 milliards à 46 milliards entre 2019 et
2024. Ça, pour ces 13 personnes, c'est plus de 1 milliard par
personne en moyenne pendant que 900 000 Québécoises et Québécois font la file dans
les banques alimentaires, un Québécois sur 10. Ils sont donc bien satisfaits de
cet enrichissement absurde pendant que les gens ont faim.
Quand ils légifèrent sur la laïcité, c'est pour
affaiblir la liberté de conscience, c'est pour affaiblir le droit à l'égalité
et donc pour affaiblir la laïcité. Quand ils font de la diplomatie, M. le
Président, c'est pour ouvrir un bureau à Tel-Aviv en plein génocide, c'est pour
permettre encore aujourd'hui la vente de vins étiquetés Fait en Israël, alors qu'ils viennent des territoires occupés où des
crimes de guerre, des crimes contre l'humanité sont perpétrés à tous les jours,
hier, avant-hier, à tous les jours.
Quand ils font de l'économie, c'est pour donner
des centaines de millions à des multinationales étrangères pendant... pensons à
Northvolt, c'est pour piétiner aux pieds nos propres lois sur les questions de
l'environnement. Rappelons, M. le Président, qu'il y a eu
9 000 arbres coupés pour installer Northvolt.
130 000 mètres carrés de terres humides, jamais ne seront remplacées.
Tout a été rasé. Et aujourd'hui il n'y aura pas cette compagnie. À la place, on
a mis à risque toute l'eau du Richelieu, qui donne à boire à des dizaines de
municipalités.
Devant un bilan aussi terrible, devant un bilan
aussi terrible, quelle est la réponse de ce gouvernement? On aurait
probablement attendu des excuses, rendu là, des excuses ou, au minimum, une
véritable volonté de renforcer les services aux citoyennes et aux citoyens,
tout ce qu'ils ont promis aux Québécoises et aux Québécois qu'ils n'ont pas livré. Mais non, M. le Président, à la place, nous
aurons division, diversion et destruction méthodique des services publics
et même de la démocratie.
À la place, M. le Président, nous avons une
attaque en règle aux droits des travailleuses et travailleurs, aux syndicats,
pour faire diversion. Mais, malheureusement et tristement, ça a des
conséquences, M. le Président, ça a des conséquences, car affaiblir le droit
des travailleuses et travailleurs, c'est affaiblir le pouvoir d'achat,
affaiblir les droits des travailleuses et travailleurs, c'est affaiblir notre
démocratie.
Ce gouvernement — et le Parti québécois,
d'ailleurs, aussi — s'étonne,
se dit : Je ne comprends pas sur quelle base
ce... ces syndicats contestent la loi n° 21 en cour. Mais
faut-il rappeler, M. le Président, que le rôle d'un syndicat, c'est de défendre
les travailleuses et travailleurs quand ils se font discriminer, quand il y a
des lois, qu'elles soient discriminatoires envers les homosexuels,
envers les femmes, envers les personnes racisées et, bien sûr, envers les
femmes musulmanes. Et donc, oui, c'est le
rôle d'un syndicat de défendre les travailleuses et travailleurs. C'est aussi
le rôle de ce gouvernement. Si lui ne l'a pas compris, qu'il laisse les
syndicats faire leur travail.
Une attaque en règle envers la fonction publique
avec une austérité qui s'en vient, qui sera désastreuse, dont on voit déjà les conséquences sur le terrain en
matière d'éducation, en matière de santé, où on va couper des dizaines de milliers de postes, par une ministre que le
premier ministre lui-même a qualifiée de Cruella. Comme c'est cruel! Comme
c'est cruel!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Monsieur...
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. M. le député de Maurice-Richard, je vais vous
demander de poursuivre, mais on fait le débat, on poursuit le débat dans un ton
respectueux, s'il vous plaît. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
a dit «le premier ministre».
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Non, il a cité le premier ministre.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je vais demander... Je vais demander...
Vice-Président (M. Benjamin) : Oui, absolument. Je sais. Mais, dans le cadre du débat, je vais lui demander de poursuivre. Nous allons poursuivre dans un ton
plus... s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Donc, une
description de nos services publics : nous avons aussi, bien sûr, division
et diversion. Ils sont même allés, M. le Président, à nous expliquer que
l'écriture épicène était un problème, que le fait qu'on utilise des iels, des
points e, points s... Mais personne n'est intéressé à ce sujet, personne, mis à
part qu'on sait bien que ça va caresser dans
le sens du poil des personnes qui vont... Tu sais, toute la théorie, là,
antiwoke qui nous vient du sud est bien reprise. Mais malheureusement
cette diversion-là, elle a des conséquences. Au Québec, M. le Président, une
personne a le droit de cocher x sur son
permis de conduire parce qu'elle ne se considère ni homme ni femme. Comment
allons-nous l'appeler? Ces politiques sont
directement discriminatoires. Et même si on n'est pas intéressé à l'écriture
épicène, et même si on n'y accorde aucune
importance, dites-vous, M. le Président, que... quand on commence par les
droits des plus marginalisés, c'est non seulement leurs droits qui sont
touchés, mais c'est nos droits à toutes et tous.
Et il y a,
bien sûr, aussi, avec les personnes trans, les minorités musulmanes, car, on ne
va pas se mentir, M. le Président, il y a... d'ailleurs, le premier
ministre l'a dit lui-même, il y a une obsession de ce gouvernement et du Parti québécois
aussi sur les minorités musulmanes. Et on nous dit : On va attaquer... — comment
il les a qualifiés? — les
islamistes radicaux qui s'opposent à la loi n° 21,
sachant que les oppositions les plus virulentes sont venues de la Ligue des
droits et libertés qui a décrit la loi n° 21 comme
discriminatoire, sexiste et raciste. Ils seront contents d'apprendre qu'ils
sont aujourd'hui qualifiés d'islamistes radicaux par des éminents juristes, par
la commission des droits et libertés. Au nom, donc... Nous allons discriminer,
enlever des droits au nom de l'égalité entre les hommes et les femmes.
Qu'ils appliquent la
Loi sur l'équité salariale,
où des milliers de femmes sont en attente depuis 2015; qu'ils appliquent une
augmentation du salaire minimum, sachant que les femmes sont majoritaires à
être dans la pauvreté et à être sur le salaire minimum; qu'ils rendent les
méthodes de contraception gratuites, comme l'a demandé plus de 100 000 Québécoises
et Québécois dans une pétition que ma cheffe de Québec solidaire a déposée, sachant
que le coût contraceptif tombe, avant tout, sur les femmes; qu'ils livrent les
50 000 places de garderie qu'ils ont promises, sachant que les
premières qui vont payer le coût cher, qui vont payer le prix de cette absence
de places sont les femmes avant tout; qu'ils augmentent... Ils ont même diminué
le nombre de femmes dans le Conseil de ministres.
M. le
Président, le droit des femmes n'a jamais été aussi important que pour enlever
des droits à des minorités, car elles ont mille choses à faire. Et un des
risques sur l'égalité des hommes et des femmes, c'est ce gouvernement de la
CAQ.
Et là ils sont arrivés avec une nouvelle
constitution, une nouvelle constitution, sachant que c'est un exercice terriblement important, que c'est un exercice où
il faut absolument rassembler, où il faut consulter, où il faut coconstruire
avec les Premières Nations. Encore une fois, même avec la constitution qui est
proposée par la CAQ, nous avons division et
diversion, car l'objectif n'est évidemment pas de rassembler. Ce serait triste,
M. le Président, ce serait triste, mais, malheureusement, ce n'est pas
juste triste, c'est terriblement dangereux, car, en fait, dans une certaine
continuité, encore une fois, ce gouvernement affaiblit les droits fondamentaux
des Québécoises et Québécois et affaiblit, par le fait même, notre démocratie,
car rappelons-nous que, déjà, avec la loi n° 21,
adoptée sous bâillon, ils avaient introduit des restrictions aux droits
fondamentaux, qu'avec la
loi sur la langue française ils ont introduit des
restrictions aux droits fondamentaux... dans la charte, là, je parle, qu'avec
la
loi sur l'immigration ils ont introduit des restrictions aux droits
fondamentaux dans la charte, et, à chaque fois, avec une simple majorité, si ce
n'est pas carrément par bâillon, alors que notre pratique, notre histoire, ça a
toujours été d'adopter et la charte et les modifications à une unanimité ou une
quasi-unanimité. Avec la
loi sur l'immigration, on assujettit même les droits
fondamentaux à des règlements que le ministre
pourra passer lui-même par décret. On n'est même plus dans des projets de loi,
mais, avec le projet de charte... le projet de constitution... mais,
avec le projet de constitution, on va beaucoup plus loin, beaucoup plus loin.
Et je tiens à vous dire, M. le Président, que,
vous savez, dans une démocratie, il faut un minimum d'équilibre de pouvoirs, et
je ne vais pas faire ici un cours de politique 101, mais je pense,
malheureusement, qu'il faut rappeler les fondamentaux. Montesquieu disait que,
pour que puisse... pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que la...
par la... Montesquieu disait que, pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il
faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. En
général, il y a l'exécutif, Conseil des ministres, le législatif, que nous
sommes, et le judiciaire. Avec notre tradition de Westminster, M. le Président,
déjà, la différence entre l'exécutif et le législatif est à peu près
inexistante. Quand on a une majorité dans cette Chambre, il n'y a aucun
législatif qui peut arrêter l'exécutif. L'équilibre n'existe pas là. Donc, il
ne reste qu'un seul équilibre, un seul contre-pouvoir, c'est le pouvoir
judiciaire, qui peut nous empêcher de nous
retrouver... de sortir de l'ordre démocratique. Or, cette constitution, bien,
apporte une de ces quantités de restrictions à nos chartes qui est renversante.
Elle met la charte au même niveau, même, que le Code civil. Elle empêche
la société civile de pouvoir contester les lois. Elle crée un conseil
constitutionnel fantoche, qui est nommé on ne sait pas comment, qui donne juste
des conseils, aucun réel pouvoir, et elle crée des concepts qui vont permettre
à n'importe quel gouvernement... qui vont permettre à n'importe quel
gouvernement de gouverner comme il veut, à la volonté de la majorité, y compris
pour fouler aux pieds, pour écraser le droit des minorités.
Et je m'adresse particulièrement, M. le
Président, à tous les groupes qui ont des droits qui sont protégés par la charte, et, nous l'avons vu au sud de nos
frontières, les premiers qu'on attaque sont les personnes trans, les premiers
qu'on attaque sont les minorités
musulmanes, mais, juste après, tous les autres suivront. Les antifas, même des
élus, aujourd'hui, se font arrêter,
au sud de nos frontières, parce qu'ils résistent à la montée du fascisme. Bien,
cette charte, une fois qu'on l'a affaiblie, on n'a pas juste affaibli le
droit des personnes trans, des minorités musulmanes. On a affaibli le droit des
homosexuels, des femmes, des vieux, des jeunes, des personnes qui ont un
handicap, etc., etc. Quel danger pour notre démocratie! Des éminents juristes
ont même qualifié ceci d'un coup d'État au sens politique des choses.
Ces droits fondamentaux sont d'autant plus
importants qu'ils découlent d'une histoire douloureuse de l'humanité. Nous
avons adopté, M. le Président, cette charte il y a maintenant 50 ans,
avant 1982 et la charte du fédéral. Nous sommes fiers de cette charte. Nous
avons été la première législation de toute l'Amérique du Nord à introduire la discrimination
sur la base de l'orientation sexuelle. Nous sommes fiers de ces avancées.
Imaginez le recul dans lequel nous rentre ce
gouvernement. Mais ces droits ont été inspirés de quelque chose d'encore plus
important. Nous avons été les premiers, avant le fédéral, mais, au
lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, M. le Président, nous avons adopté
mondialement une charte des droits de l'homme, car, sur les terres mêmes de
l'Occident, en Europe, les pires crimes ont été commis. Des millions de Juifs,
des millions de Roms, des millions de personnes handicapées ont été massacrées,
un génocide innommable. Et on s'est donné des règles, on s'est donné des règles
pour éviter que ça se reproduise.
L'article 18
de cette charte nous dit : «Toute personne a droit à la liberté de pensée,
de conscience, de religion; ce droit implique la liberté de changer de
religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public
qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et [l'accompagnement] des
rites.» Comment pouvons-nous être plus en opposition à cette charte de l'ONU
qu'avec les politiques de la CAQ, et d'ailleurs celles que le Parti québécois
essaie de mettre de l'avant? Quel triste moment pour le Québec! Et nous allons refuser, évidemment, que cette
constitution... que cette constitution passe. Nous allons tout faire pour
éviter qu'elle passe, pas juste pour le droit des minorités, pas même
juste pour les droits fondamentaux, mais pour la démocratie.
Et ils osent
nous dire qu'ils font ça au nom des valeurs québécoises. Mais nous, nous
considérons que les valeurs québécoises, c'est la démocratie, c'est le
respect des droits de toutes les minorités et les groupes vulnérables. C'est la
véritable égalité des genres entre les
hommes et les femmes, avec des véritables politiques publiques pour les
garantir. Car faut-il rappeler encore une fois qu'ils ne sont même pas
capables d'avoir assez de place pour les femmes qui viennent taper à la porte des associations quand elles sont
victimes de violence? Comme c'est commode d'être pour l'égalité des
hommes et des femmes quand il est question d'enlever des droits à des groupes.
Enfin, M. le Président, et pour conclure, quelle
perte de temps, quelle perte de temps. Alors que nous explosons, des records de
chaleur partout dans le monde, et, bien sûr, ici, au Québec. Sachant que nous
sommes plus exposés qu'ailleurs dans l'augmentation des températures, nous
sommes... nous nous apprêtons à affaiblir, encore une fois, nos règlements en
matière d'écologie. Alors que nous avons besoin d'une transition juste, alors
que nous avons besoin de politiques qui vont augmenter le salaire minimum,
alors que nous avons besoin de fonctionnaires qui vont prendre soin de nos
aînés, qui vont leur offrir des services à domicile, alors que nous avons
besoin d'une école publique de qualité qui
n'est pas en décrépitude, où on n'arrête pas les travaux comme on le fait
actuellement, alors que nous avons besoin d'une université qui est capable de
faire de la recherche et développement, y compris en collaborant avec des chercheurs
étrangers, ceux-là même à qui on met des
bâtons dans les roues, aujourd'hui... dans les roues, aujourd'hui, pour avoir
leurs permis d'études, alors que nous avons besoin de places en garderie, tout
ce que nous aurons de ce gouvernement, c'est diversion, division et
destruction en règle de nos services publics et de notre démocratie.
Ça fait que laissez-moi déposer, donc, une
motion de grief, M. le Président, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement du
Québec pour sa promotion d'une économie extractiviste, capitaliste et
court-termiste.»
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Maurice-Richard. Votre motion, elle est déposée sous réserve
de sa recevabilité.
Nous poursuivons. Cette fois-ci, je reconnais M.
le député de Joliette.
M. St-Louis : Merci
beaucoup, M. le Président. Permettez-moi d'abord de saluer mes collègues de
l'opposition et, tout naturellement, les collègues de la banquette
gouvernementale.
Avant toute chose, M. le Président, je tiens à
revenir brièvement sur les propos de notre collègue députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
prononcés en cette Chambre, quant à la date de la rentrée parlementaire.
Contrairement à ma collègue, M. le
Président, je crois que notre retour en Chambre ne nous a pas empêchés, bien au
contraire, de souligner et de participer activement à la Journée
nationale de la vérité et de la réconciliation. À preuve, M. le Président, nous
étions plusieurs députés présents, dont la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
sur le site de l'Université Laval, afin de participer à une cérémonie
commémorant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Ceci étant dit, M. le Président, je souhaite
souligner toute l'importance que revêt cette journée pour moi, une journée qui nous invite à réfléchir sur notre passé
collectif, qui nous invite à reconnaître les vérités difficiles de l'histoire
et à engager un cheminement vers la réconciliation afin de bâtir un avenir
fondé sur la justice et le respect mutuel. Personnellement,
M. le Président, j'ai la conviction profonde qu'une réconciliation est non
seulement possible, mais que nous y parviendrons. C'est un défi de tous
les jours que je m'engage à relever.
Maintenant, M. le Président, permettez-moi de
revenir sur l'un des quatre champs d'action mis de l'avant et décrits par notre
premier ministre lors de son discours d'ouverture, soit celui de protéger le
portefeuille des Québécois, mais, de façon un peu plus pointue, celui de
protéger le portefeuille et le pouvoir d'achat de nos aînés.
M. le Président, j'aimerais vous parler
aujourd'hui de ce que j'appelle affectueusement le miracle Pax Habitat. Qu'est-ce que Pax Habitat? M. le Président, Pax,
c'est une résidence pour aînés. Pax est située à Joliette, bien sûr, c'est un organisme
à but non lucratif qui offre aux aînés de notre région de l'hébergement
abordable. C'est surtout et aussi le rêve,
la vision et la communion de deux congrégations religieuses, soit la
congrégation des Soeurs des Saints Coeurs de Jésus et de Marie et celle
des Moniales Bénédictines. De Joliette jusqu'au Vatican, ce projet prendra
quelques années avant de voir le jour, mais on peut affirmer aujourd'hui que la
résilience et la détermination de ces religieuses est venue changer la vie de dizaines de personnes âgées
démunies de Joliette. Elles ont inventé au passage une formule révolutionnaire
d'hébergement pour aînés, un véritable laboratoire qui pourrait faire, je
l'espère, des petits un peu partout au Québec.
Choisir de
vivre et vieillir à Pax Habitat, M. le Président, c'est pouvoir rester chez soi
malgré la perte d'autonomie. C'est partager une vision commune et un
espace de vie naturel d'une grande beauté, situé en bordure de la rivière l'Assomption. Pax, c'est
un continuum de vie qui comprend 70 unités d'habitation pour aînés
autonomes, soit des studios, des trois et demie, des quatre et demie,
auxquels s'ajoutent 32 chambres, appelé Maison Humania. La
section Humania
offre des services de niveau CHSLD, donc des soins de santé et d'assistance de
qualité en fonction des besoins des résidents.
Cet héritage, M. le Président, par des femmes de coeur, est un milieu de vie au
coeur d'un jardin, dans un environnement plurigénérationnel, puisqu'à
Pax Habitat on y retrouve un CPE de 70 enfants.
M. le Président, il semble que les miracles ne
viennent pas seuls. Au moment de planifier la réfection du monastère, l'automne
dernier, la direction générale de Pax m'a interpelé. Ils souhaitaient alors me
faire visiter les lieux et me présenter leur projet de résidence étudiante.
J'ai donc pris contact avec la direction générale du cégep de Joliette afin de
leur faire part de ce projet. Un mariage... Un maillage était imminent. Du
moins, ce l'était, pour moi. À preuve, M. le
Président, le 26 août dernier, le cégep de Lanaudière, à Joliette, et Pax
Habitat annonçaient la mise en oeuvre d'un projet novateur d'aménagement
de 27 chambres étudiantes au monastère des Moniales Bénédictines, situé à
quelques minutes de marche du cégep. C'est
donc à travers la revitalisation des troisième et quatrième étages du monastère
que sera créé un lieu où les générations, le savoir et l'expérience se
croiseront et s'enrichiront mutuellement. Ces 27 logements abordables, réservés exclusivement aux étudiants
et étudiantes du cégep de Joliette, seront accessibles dès l'automne 2026.
M. le Président, donc, après avoir été un lieu
cloîtré pendant plus de 100 ans, le monastère entame une... entame,
pardon, une toute nouvelle vie. Pax Habitat a entrepris sa revitalisation dans
le but d'élargir son milieu de vie intergénérationnel qui regroupe déjà
120 aînés, 70 enfants et, très bientôt, 27 étudiants. Les deux
communautés religieuses, qui tenaient à offrir un legs social, spirituel et
patrimonial à notre communauté, auront gagné leur pari, M. le Président.
Vous me permettrez de saluer la résilience, la vision et la grande générosité
des deux congrégations religieuses et de tous ceux qui ont participé et qui
participent toujours à l'aventure PAX Habitat.
M. le Président, lors de son discours
d'ouverture, notre premier ministre a aussi mis de l'avant l'importance de la
sécurité, la sécurité dans les grandes villes, la sécurité pour nos enfants, la
sécurité pour nos aînés. Et vous savez, M.
le Président, la sécurité pour le nord de Lanaudière, pour nos villégiateurs,
nos pêcheurs, nos chasseurs, ça veut aussi dire un service ambulancier
héliporté en cas d'accident, pour un coin de pays où le réseau routier ne
permet pas toujours des interventions rapides et efficaces. M. le
Président, comme je m'y étais engagé, et comme c'était, pour moi, un enjeu de
sécurité important, je suis vraiment fier de vous informer que la mise en place
du transport médical héliporté pour la
circonscription de Joliette et le nord de Lanaudière a franchi une étape
importante dernièrement. Le gouvernement a officiellement lancé, l'été dernier, l'appel d'offres public visant à
sélectionner le prestataire de services pour un futur site de transport
médical.
Ce projet de service de transport médical
héliporté, attendu depuis longtemps, s'inscrit dans la mise en oeuvre de la
Politique gouvernementale sur le système préhospitalier d'urgence. Le
gouvernement, notre gouvernement, en a posé les premiers jalons en 2023‑2024
avec un investissement de 125 millions sur cinq ans, annoncé dans notre
budget. Le service aérien gouvernemental supervise cet appel d'offres lancé à
la suite de l'intérêt public en 2024. La mise sur pied du transport médical
héliporté comprend quatre chantiers se déroulant en parallèle, soit
l'évaluation des besoins cliniques des
demandes de transport héliporté par un centre d'appel, la construction
d'héliports sécuritaires, la formation des équipes médicales et
l'organisation clinique ainsi que la sélection du fournisseur de services.
Vous savez, M. le Président, petite parenthèse,
j'écoutais, l'autre jour, le député de Pontiac, en cette Chambre, nous parler des régions. Clairement, nous n'avons
pas... Nous ne voyons pas les mêmes réalités. D'ailleurs, j'aimerais en
profiter pour l'inviter, s'il le souhaite, bien sûr, à venir passer une journée
ou deux dans la magnifique région de Lanaudière,
où nous pourrons, ensemble, faire le tour des nombreuses réalisations
régionales : écoles, routes, maisons des aînés, casernes de
pompiers, infrastructures sportives, et j'en passe. Clairement, une journée ne
serait pas assez, mais je lui lance tout de même l'invitation.
Comme le temps me le permet, M. le Président,
j'aimerais rapidement aborder l'axe de l'identité, un axe très important chez nous, à Joliette, Joliette, sol de
musique, Joliette Halte culturelle. Nous avons une communauté religieuse...
une autre communauté religieuse qui nous
laisse un legs très important au niveau culturel, soit les Clercs de Saint-Viateur,
le Musée d'art de Joliette étant l'un des musées... en fait, le musée le plus
grand, hors zone urbaine, au Québec. Nous avons aussi le festival de musique
classique de Lanaudière, qui est le plus grand festival en Amérique du Nord, et
un festival de musique traditionnelle, qui aussi est l'un des plus grands en
Amérique du Nord, et assurément au Canada, tout
ça rassemblé sous le chapeau de Joliette Halte culturelle. M. le Président,
j'invite la population en général à venir nous visiter durant la saison
estivale. Joliette se veut un endroit où l'identité québécoise est à l'honneur
à tout moment.
En terminant, M. le Président, je souhaite
rapidement féliciter les élus municipaux, soit les mairesses, maires, conseillers et conseillères, de la circonscription
de Joliette qui ont été élus par acclamation et je souhaite offrir la meilleure
des chances à ceux et celles qui sont
toujours en campagne électorale jusqu'au 2 novembre prochain. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Joliette. La parole revient maintenant à Mme la
députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, à mon tour d'intervenir en réplique au discours inaugural du premier ministre caquiste. Je vous
avoue, M. le Président, je ne sais pas trop par où commencer. J'étais ici, dans
cette salle, le 30 septembre dernier et j'ai écouté attentivement ce que
le premier ministre avait à dire. D'emblée, je me suis dit : Ça
doit être quand même assez important parce que le premier ministre a quand même
prorogé le Parlement, a suspendu nos travaux. Je me suis
dit : C'est certain qu'il y aura du nouveau, du nouveau, quelque chose de
majeur, une vision renouvelée pour le Québec, pour les Québécois.
Malheureusement,
comme plusieurs d'entre nous, comme plusieurs Québécois, Québécoises, j'ai vite
compris que ce n'était pas un discours
d'avenir, qu'on nous servait plutôt du réchauffé. Je trouve ça dommage. Je
trouve que c'est une occasion manquée. Je trouve que le moment aurait
été parfait pour, justement, là, relancer différentes sphères ici, au Québec. On le sait, on le lit, on a des
préoccupations majeures. On parle de l'économie, le logement, la santé,
l'éducation. Il me semble que ça... c'était le moment de faire un virage
important. Mais non, on a plutôt constaté un bris de confiance généralisé, un
bris de confiance généralisé, M. le Président, parce que c'est ce que je
ressens, c'est ce que je ressens chez nous, à Vaudreuil, quand je me promène
sur le terrain et quand je vais dans les activités de comté. Les gens viennent
me parler. Les gens sont préoccupés, non pas tant par les prières de rue, mais
par le coût pour se loger, le coût pour se nourrir, l'épicerie coûte cher,
comment va survivre leur commerce. Ça aussi, on vient m'aborder en me
disant : Bien, on a des difficultés, comment nos commerces vont survivre,
des petites PME. Et le transport aussi, le transport est un enjeu important
dans le comté de Vaudreuil. Les citoyens sont désabusés, puis le message
d'unité que la CAQ essaie de passer, bien, ça ne convainc pas personne. Moi, je
le ressens dans Vaudreuil et dans Soulanges.
Le premier ministre
nous dit : Protégeons notre monde. C'est un beau slogan, ça, Protégeons
notre monde . Mais après sept ans, les
gens voudraient surtout qu'on les écoute, parce que l'écoute, c'est ce qui fait
avancer le Québec. Parce que, quand on est à l'écoute, on a les
priorités aux bonnes places.
M. le Président, tout
dans les gestes récents du gouvernement respire l'improvisation. Je vous le
dis, moi, j'ai été élue en 2014, ça va faire bientôt 12 ans que je suis
ici puis je n'ai jamais vu ça. C'est la première fois que je peux constater
l'improvisation d'un gouvernement, des projets de loi avec des articles coin de
table, M. le Président, je vais vous en parler un peu plus loin. Comme
porte-parole aux affaires municipales, je n'en reviens tout simplement pas.
Et la plus belle
preuve, c'est cette prorogation, cette prorogation sans justification. On est
ici aujourd'hui, on passe des heures et des heures à répondre au discours
inaugural du premier ministre, mais on n'a rien de nouveau à dire. Les
priorités des Québécois et Québécoises ne sont toujours pas respectées. Un
remaniement ministériel? Bien oui, un remaniement ministériel. Et dans les
premières semaines du remaniement ministériel, moi, ce qui me surprenait,
c'était de voir les nouveaux collègues, les nouveaux ministres qui ont... ou
les ministres qui ont changé de place, qui ont changé de poste, mais qui disent
que le ministre précédent, bien, c'est vrai, il n'était pas à la bonne affaire,
moi, je vais faire mieux.
M. le Président,
c'est dur d'y croire. Rendu où on en est maintenant, c'est dur d'y croire. On
sent que c'est un gouvernement épuisé,
replié sur lui-même, incapable de reconnaître ses erreurs. Puis je dois le
dire, je dois le dire, M. le Président,
si on revient quelques années en arrière, c'était un gouvernement qui était
capable de les reconnaître, ses erreurs. Le premier ministre le disait
publiquement : Je le reconnais, j'ai fait une erreur, j'efface l'ardoise,
je recommence. Mais maintenant, après sept ans, c'est un gouvernement qui n'est
pas capable de reconnaître ses erreurs. Puis pendant ce temps-là, quand on ne
reconnaît pas nos erreurs, bien, les besoins criants sur le terrain restent
sans réponse.
Pendant que la CAQ
recycle des vieilles idées, bien, nous, l'opposition officielle, le Parti
libéral, on propose des solutions concrètes. On a une vision claire, ancrée
dans la réalité des régions et des municipalités. On se concentre sur
l'économie, l'économie, l'économie. Pourquoi? Parce que c'est bon pour
l'économie.
tant que porte-parole aux affaires municipales, M. le Président, je ne peux pas
passer sous silence l'absence totale
des municipalités dans le discours inaugural du premier ministre. Pas un mot
sur la relation avec le monde municipal.
D'ailleurs, bien, je
vais en profiter tout de suite, je vais la déposer tout de suite, je vais vous
lire tout de suite ma motion de grief. Moi, j'ai été vraiment surprise qu'on
n'aborde pas, entre autres, le monde municipal dans ce discours introductif.
Donc, M. le Président, je vous lis tout de suite ma motion de grief :
«Que l'Assemblée
nationale blâme sévèrement le gouvernement caquiste pour son manque de vision
en lien avec les affaires municipales, qui, malgré certains programmes, laisse
trop de municipalités seules face à des besoins non financés, à des réseaux
d'eau vieillissants et à une pression fiscale croissante impactant les
citoyennes et citoyens.»
M. le Président, nos
élus municipaux, ce n'est pas des quêteux. Non, ce n'est pas des quêteux, puis
ils n'ont pas juste leurs fougères à gérer. Ils font de l'aménagement du
territoire, de la gestion des eaux, de la gestion des mesures d'urgence, de la planification de transport collectif, en plus
de fournir des services directs aux citoyens, des parcs, des bibliothèques, le service des vidanges, le
recyclage et bien... Je pourrais commencer... commenter longtemps, il y en a vraiment
beaucoup, de services que les municipalités offrent à nos citoyens. Les élus municipaux
sont les premiers répondants démocratiques. C'est eux qui voient chaque jour
les familles s'endetter, les logements se faire rares, les infrastructures se
dégrader. Ils sont souvent les premiers, d'ailleurs, interpelés dans les
conseils municipaux.
Récemment, je suis
allée faire un tour au congrès de la Fédération québécoise des municipalités.
J'ai jasé, entre autres, avec l'Association
des directeurs municipaux du Québec. Vous savez combien d'heures par semaine
une municipalité passe de temps à remplir de la paperasse, de la
reddition de comptes? La réponse, c'est 57 heures par semaine,
l'équivalent d'un employé et demi à temps plein. Ça n'a aucun sens. Les petites
municipalités doivent engager un employé et demi pour faire de la reddition de
comptes. Et c'est chiffré, là. Ce n'est pas moi qui le dis, ce n'est pas moi
qui l'invente, là, ça vient d'un document puis de données qui viennent de
l'ensemble des municipalités au Québec, qui ont été répertoriées par les
directeurs municipaux du Québec. Ça n'a aucun sens.
J'ai un autre exemple qui me vient en tête, M.
le Président, quand on parle des municipalités, puis des délais, puis de la
paperasse qui n'a aucun sens. Je vais vous parler du financement du programme
PRAFI, le programme de stabilisation
de restauration des berges à risque d'érosion. Moi, j'ai deux municipalités
dans mon comté, Vaudreuil-Dorion et Notre-Dame-de-l'Île-Perrot. C'est un
beau programme. C'est vraiment un beau programme qui est financé en
partie par
le fédéral, mais qui bloque ici, au niveau provincial. C'est un financement de
75 % que les villes sont en attente. À
Vaudreuil-Dorion, là, la ville veut stabiliser puis restaurer
4,3 kilomètres de berge qui est à risque d'érosion. Puis ça, bien, c'est pour protéger les infrastructures face
aux changements climatiques. C'est un projet de 4,5 millions de
dollars, et il manque 75 % de la subvention qui traîne ici. On
attend les accords ici, au provincial.
Pendant ce temps-là, le provincial, la ministre
des Affaires municipales, ministre de l'Environnement, on envoie des notes à la
ville, par exemple : Envoyez-nous tel document, faites-nous ci,
faites-nous ça. Bien, la ville de Vaudreuil-Dorion, là, le 14 décembre
2023, on déposait la demande d'aide financière. 9... 27 mars 2024, il y a
eu une demande de bonification du dossier
par le MAMH. La ville a répondu le 17 mai 2024, et, le 12 mai 2025,
ils ont eu un accusé de réception tardive de la lettre de présélection
17 mois après le dépôt. Ça n'a aucun sens, M. le Président, aucun sens.
Malgré une planification qui est conforme aux
étapes du programme, là, la ville a reçu la lettre de présélection avec huit mois de retard. C'est des délais
irréalistes pour les municipalités, mais on dirait que, quand on ne sait pas
quoi faire, bien, on leur envoie une lettre en disant : Bien,
renvoyez-nous de la paperasse, on va regarder ça.
On est en contexte d'urgence climatique.
Vaudreuil-Dorion, Notre-Dame-de-l'Île-Perrot ont été gravement touchées par les
inondations, tant en 2017, 2019. Il y a des programmes qui sont là pour les
aider, puis on n'est même pas capables, le
gouvernement n'est même pas capable de les écouter, de les aider. Pourquoi on
fait du mur-à-mur? Pourquoi on les... Pourquoi on ne s'assit pas avec
eux puis on n'essaie pas de régler le problème? C'est ça, les régions. C'est ça
que veulent nos régions.
M. le Président, tout comme moi, vous avez
sûrement remarqué aussi qu'il n'y avait pas un mot sur la crise du logement.
Nos villes, nos villages sont frappés par le... par la pénurie de logements.
Pas un mot. Pas un mot sur la planification
du territoire, la fiscalité municipale ou les infrastructures vieillissantes.
Puis les infrastructures vieillissantes, hein, les infrastructures en
eau, bien, ça bloque la construction de milliers de logements. On a plusieurs
municipalités au Québec qui sont prises avec
des moratoires. Ils ne peuvent pas construire. C'est incroyable, là. Le
gouvernement doit être attentif à cette demande-là, doit écouter les
municipalités. C'est comme si, pour ce gouvernement, les municipalités étaient des simples exécutantes de décisions
prises à Québec, alors que c'est tout le contraire. Nous, on reconnaît
l'autonomie des municipalités puis leur apport au quotidien avec les
citoyens.
Moi, M. le Président, je suis d'avis que, pour
bâtir un Québec fort, bien, c'est en collaboration avec nos élus municipaux
qu'on va y arriver. On aurait aussi pu profiter de ce discours inaugural pour
parler du nouveau pacte fiscal, d'un vrai partenariat avec les villes. Au lieu
de ça, silence radio.
La CAQ se dit depuis longtemps être le
gouvernement des régions. C'est déplorable, essayer de garder son
titre avec
des articles comme dans le projet de loi n° 104, et je dois m'y référer.
J'en parlerai un peu plus tard, dans d'autres présentations en lien avec
l'adoption du principe du projet de loi n° 104, mais, M. le Président,
comment on peut prévoir, dans un projet de loi, des articles alors qu'on revoit...
un, on revoit de la gouvernance, on revoit de la gouvernance municipale pendant
la période électorale, du jamais-vu au Québec, là, revoir de la gouvernance
pendant une campagne électorale, alors que les élus municipaux sont en campagne
électorale, et, deuxièmement, revoir la représentativité sur une base
d'électeurs plutôt que sur une base populationnelle, alors que les
municipalités au Québec font de l'aménagement du territoire en fonction de la
population, non pas en fonction du nombre d'électeurs? C'est clairement de la partisanerie ou c'est
clairement... En fait, M. le Président, moi, je vous dis qu'on ne peut pas
tenir compte...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le leader adjoint du gouvernement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je suis bien d'accord avec vous, mais, dans ce cas-là, dans ce contexte, je
vais demander à la députée de Vaudreuil de poursuivre. Il s'agit d'une critique
sévère, soit, mais une critique à point qui... il n'y a aucune entorse au
débat. Mme la députée de Vaudreuil, poursuivez.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Les municipalités de ma circonscription, tant de Vaudreuil et tant
de Soulanges, font face à une explosion des coûts en logement, en transport, en
aménagement du territoire. Elles demandent du soutien pour planifier la
croissance démographique, pour accueillir des nouvelles familles, pour adopter
le service, et le gouvernement lui répond par des programmes de mur-à-mur
souvent complètement déconnectés.
Comme je disais, M. le Président, la CAQ se
vante d'être proche des régions, mais, dans les faits, elle décide depuis
Québec sans réelle écoute du terrain. Puis je peux vous donner encore un autre
exemple dans le comté de Vaudreuil-Soulanges, l'Hôpital de Vaudreuil-Soulanges,
où il devait y avoir un stationnement étagé pour sauver... c'est ce qui était
prévu dans les plans. Québec a plutôt décidé d'y aller avec un stationnement en
surface, 5,7 hectares en zone agricole, cinq terrains de football, M. le
Président, un îlot de chaleur incroyable. Quel est le respect... On parle
d'environnement, là. L'environnement, c'est important, les changements
climatiques. Ici, on vient créer un îlot de chaleur, cinq terrains de football.
Mais c'est
parce qu'il y a des enjeux aussi autour de ça. Bien sûr, il y a les changements
climatiques, mais il y a des coûts associés à tout ça par la suite, là.
Récemment, je rencontrais des représentants du CISSS-MO. Combien ça va coûter,
déneiger cinq terrains de football? Les gens, là, il va falloir prévoir des
navettes pour les amener à l'hôpital? Ça fait que, des fois, on prend des
décisions... le gouvernement prend des décisions, je réitère, sur un coin de
table, sans même y réfléchir. C'est désolant. Puis ce qui est encore plus
désolant, c'est qu'on exige... Un gouvernement doit être
exemplaire. D'exiger aux municipalités, dans tous ses projets, de faire des
stationnements étagés mais que, dans le cadre de l'hôpital, pour sauver des
coûts, bien, ici, on permet de faire d'autre chose, je ne comprends pas que...
ce qui s'applique à minou devrait aussi s'appliquer à pitou.
Sur le plan économique, le premier ministre a
joué une
partie de poker avec l'argent des Québécois. Je pense que mes collègues ont fait des représentations à
cet effet-là, des grands projets mal planifiés, Northvolt, Flying Whales, des gaspillages comme SAAQclic, les chèques
électoraux qui ont fragilisé nos finances publiques. Résultat, M. le
Président : plus grand déficit de notre histoire, 14 milliards
de dollars, et une cote de crédit abaissée.
décisions... M. le Président, des décisions comme la maison des... les maisons
des aînés à 1 million par porte, c'est superbeau, les millions des... les
maisons des aînés à 1 million par porte, mais chez nous, il y a
Le Manoir Harwood qui a construit à 280 000 $ par porte,
qui est vraiment très comparable puis qui fait la... qui est le même résultat,
là, qui héberge des aînés dans un milieu magnifique, réconfortant, qui offre
les mêmes services. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas cette décision
injustifiée là. Ce n'est pas rien, M. le Président, ça... l'argent ne tombe pas
du ciel. C'est le fruit d'une gestion, ici, improvisée, d'une absence de
priorités claires.
Nos PME se
battent pour survivre, demandent d'alléger la paperasse, puis ils veulent de
l'aide afin de garder les travailleurs ici. J'espère qu'on les entend. Le PLQ,
on croit à une économie de terrain, où on soutient les entrepreneurs, où
on mise sur l'innovation et la productivité plutôt que sur les annonces à grand
déploiement, à grand spectacle.
M. le Président, la CAQ avait promis un État
plus mince, plus efficace. Résultat : 10 000 fonctionnaires de
plus, des nouvelles structures bureaucratiques inefficaces, Santé Québec, Mobilité
Infra Québec, j'en passe. Chaque problème devient un nouveau ministère, quelle
façon de faire, un nouveau logo ou un nouveau plan stratégique. Mais sur le terrain, là, ça ne change rien parce qu'on
continue à avoir des appels aux bureaux de comté, des gens qui n'ont pas de
médecin de famille, des gens qui arrivent... des gens qui n'ont pas de réponse
nulle part, qui appellent dans les ministères.
Puis la santé... la santé est certainement une
des préoccupations, une des priorités. Puis on l'a vu, là, il y a des sondages,
là, il y a des sondages qui sont sortis récemment, et la santé est certainement
une des priorités. Ce n'est pas normal qu'en 2025 on ne puisse pas voir un
médecin ou, encore pire, ce n'est pas normal qu'en 2025 il y ait des plages
horaires... Chez nous, là, la semaine passée, là, il y a eu 26 cases
horaires de vides. C'est des plages horaires que les citoyens auraient pu
prendre pour aller voir le médecin, mais non, il y avait des ratés dans le
système, avec le nouveau système téléphonique imposé par Santé Québec. Ça n'a
aucun sens, M. le Président.
Au Parti
libéral, on croit en une gestion rigoureuse, transparente, responsable de
l'argent public, pas un gouvernement qui empile des structures pour
masquer son inaction. Mes collègues ont parlé d'éducation, santé, logement...
logement, la crise... bien, la crise majeure, mais le gouvernement continue de
la minimiser. Dans ma région, partout ailleurs, une génération complète risque
de ne jamais pouvoir devenir propriétaire. C'est quand même assez incroyable,
là, c'est nos enfants. C'est nos enfants qui
ne seront jamais capables d'accumuler les sommes nécessaires pour donner une mise
de fonds pour avoir un accès à la propriété en 2025.
M. le Président, en conclusion, je suis obligée
de dire que c'est un gouvernement qui est vraiment déconnecté du terrain. Après sept ans, c'est un gouvernement
qui n'a pas d'élan. Les problèmes persistent. On les voit. Je vous le dis,
moi, ça fait 12 ans que je représente
fièrement le comté de Vaudreuil, et c'est des appels qu'on n'a jamais eus au
bureau. C'est des appels... C'est incroyable. On se dit, à un moment
donné, ça va finir par aller mieux. On fait des projets de loi. On se dit que... On se dit qu'on veut tout
faire pour que ça aille bien. On dépose des amendements dans des projets de
loi. On représente nos citoyens, le terrain, mais il n'y a rien qui
avance, ça ne fonctionne pas. La prorogation aurait dû être le moment idéal, justement, pour être à l'écoute des Québécois puis
annoncer des grands changements pour le Québec, ce qui n'a pas été fait,
M. le Président.
Le gouvernement... Le Québec mérite mieux qu'un
gouvernement fatigué. Il mérite des élus qui écoutent, qui consultent, qui respectent les partenaires, entre
autres, municipaux, régionaux, un gouvernement qui veut collaborer plutôt que
de confronter, parce qu'à force de promettre et de protéger notre monde, bien,
on finit par oublier de l'écouter, et, selon moi, M. le Président, c'est
la plus grande erreur de ce gouvernement, oublier d'écouter. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Vaudreuil. Votre motion de grief est déposée
sous réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons le débat. Je reconnais
maintenant Mme la députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais : Merci beaucoup, M.
le Président. M. le Président, c'est avec fierté que je prends la parole
aujourd'hui à la suite du discours inaugural prononcé par le premier ministre
il y a déjà quelques semaines. Ce discours a annoncé une vision claire et
rassembleuse pour l'avenir du Québec et a ouvert la voie que nous allons
emprunter pour améliorer encore plus le quotidien des Québécois et Québécoises.
Notre premier
ministre a annoncé quatre champs d'action qui vont guider notre décision au
cours de la prochaine année : soutenir nos travailleurs, nos entreprises,
nos régions; redéfinir notre économie pour créer des emplois de qualité
et protéger le pouvoir des... le pouvoir d'achat des Québécois et Québécoises;
se dégager du système qui nous paralyse pour se donner des moyens d'être plus
efficaces; agir avec fermeté pour assurer la sécurité des Québécois; se donner
des moyens pour protéger notre identité nationale.
Lorsqu'on
parle de soutenir nos régions, bien, vous permettrez, M. le Président, de
débuter par la mienne et par une annonce qui a été faite par le premier
ministre, alors que j'étais à ses côtés, il y a quelques semaines,
l'attribution d'un bloc énergétique à Malartic. C'était
tout ce qu'il manquait pour la mise en marché d'un projet d'investissement privé de 2,5 milliards en fonds privés en
Abitibi-Témiscamingue. Ce sont des centaines d'emplois payants dans notre belle
région.
Justement, par les priorités énoncées par le
premier ministre, on y retrouve celle de la redéfinition de notre économie.
Nous avons la chance, au Québec, d'avoir un sous-sol qui regorge de richesses
naturelles et de minéraux critiques. Il faut
repenser autrement aux investissements en défense, en aérospatiale et dans l'industrie manufacturière... vont augmenter pour appuyer cette priorité. On
ne peut plus dépendre de nos voisins du Sud. On doit investir et créer un gros,
et même deux booms économiques dans les prochaines années partout en région.
Les tarifs imposés par le président américain
touchent durement l'économie régionale. L'industrie forestière risque d'être
particulièrement affectée, et on se doit d'être présents si des gens perdent
leur emploi. C'est là que nos investissements dans l'industrie minière, et tout
comme le projet historique de développement d'Hydro-Québec, sont primordiaux dans notre vision de l'avenir. Grâce à
nos énergies vertes, par l'augmentation de la capacité d'Hydro-Québec et
par le développement éolien en région, nous serons en mesure d'atteindre cet
objectif. Notre grande fierté : on l'a fait avec la collaboration des
Premières Nations, les Inuits, les villes et les MRC.
Hydro-Québec a un plan d'investissement de
200 milliards, le plus grand chantier économique de toute l'histoire du
Québec, avec une augmentation, à terme, de 50 % de sa production
d'électricité d'ici 2035. Pour réaliser tout
ça, on doit faciliter le travail de tous les intervenants, et c'est en ce sens
que nous avons annoncé que le gouvernement va déposer, cet automne, un
projet de loi pour accélérer le déploiement de nos projets économiques
énergétiques, qui sont stratégiques pour le Québec.
J'ai invoqué évidemment ma région, mais il y en
a ailleurs, de belles histoires qui se poursuivent et qui verront le jour. Je suis ici chez mon collègue de
René-Lévesque, où une nouvelle étape dans le projet de réfection du Terminal no.5 vient d'être franchie. Le dépôt d'étude d'impact
environnemental est le fruit d'un processus rigoureux de planification, de concertation et d'analyse. À terme, avec des
investissements de 17,5 millions de la part du gouvernement, le remplacement
du quai pourra permettre d'accueillir de nouveaux navires commerciaux à
Baie-Comeau, chose qu'on n'a pas vue depuis 40 ans.
Toujours sur la Côte-Nord, le projet AquaBoreal
s'est vu, lui aussi, accorder un bloc énergétique nécessaire à la poursuite de
son projet. On parle d'un grand projet d'aquaculture terrestre de saumon de
l'Atlantique. C'est un autre bel exemple que notre engagement envers les
régions...
Au Saguenay maintenant, on a annoncé un soutien
majeur au projet ELYSIS, co-entreprise avec Rio Tinto, Alcoa, un investissement... et Investissement Québec développant une
technologie révolutionnaire de production d'aluminium à très faible
empreinte carbone. Ce projet vise à produire de l'aluminium sans émission
directe de gaz à effet de serre, poursuivant la décarbonisation de l'industrie
au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
J'en profite aussi pour souligner un
investissement de 1,7 milliard de dollars de Rio Tinto pour moderniser
sa centrale hydroélectrique centenaire d'Isle-Maligne, à Alma. Ce chantier sur
sept ans vise à prolonger la durée de vie et améliorer la fiabilité de la
centrale en modernisant les turbines et alternateurs, un des plus importants
investissements hydroélectriques de l'entreprise depuis 1950. Il s'agit,
certes, d'un investissement privé, mais qui n'aurait pas eu lieu dans
l'environnement d'affaires au Québec... n'était pas favorable. C'est exactement
pour cette raison que le PM a nommé le fait de créer des emplois de qualité en
région dans le contexte économique que nous connaissons.
On veut faciliter les choses pour nos
entreprises pour les encourager à investir et à se développer. Nous avons déjà
débuté, avec le ministre délégué de l'Économie et aux Petites et Moyennes
Entreprises, qui a d'ailleurs complété, il y a une dizaine de jours, les
consultations sur le projet de loi n° 112 pour favoriser le commerce des
produits et la mobilité de la main-d'oeuvre en provenance des autres provinces
et des territoires du Canada... Tout cela se poursuit dans la même lignée
d'allègement réglementaire qui aide nos PME partout sur le territoire.
On fait souvent état de nos bons coups et on
doit être fiers, M. le Président : les deux heures de stationnement
gratuit dans les hôpitaux, plafonner la hausse des tarifs à un maximum de
3 %, le crédit d'impôt remboursable de 2 000 $ aux personnes
âgées à bas revenus, ramener les tarifs des services de garde à un taux unique,
baisser les taxes scolaires en uniformisant le taux. Il était illogique que les
régions paient trois fois... que d'autres. Ce sont des petites mesures qui font
une différence au quotidien.
Et on a aussi beaucoup augmenté les salaires des
préposés, des éducatrices, des enseignantes, des infirmières. C'était amplement mérité. À cela, on pourrait
ajouter la diminution de l'écart de richesse avec l'Ontario, l'augmentation
du PIB réel par habitant depuis 2018, l'augmentation du salaire moyen au
Québec, plusieurs résultats de nos actions et des signes que d'autres sont à
venir.
Je terminerai avec un champ d'action qui touche
beaucoup les Québécois et Québécoises, celui de notre identité. La langue
française, nos valeurs communes et notre culture demeurent à risque.
L'explosion de l'immigration au cours des
dernières années y joue un rôle important. Pas question de critiquer les
immigrants. Ces gens viennent ici pour vivre une vie meilleure dans un
endroit où il fait bon vivre. Les Québécois sont un peuple accueillant, mais on
se doit de faire quelque chose.
C'est en ce
sens qu'il y a quelques jours le ministre de la Justice, ministre responsable
des Relations canadiennes, a déposé le projet de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, qui établira les bases d'une
constitution propre au Québec. Ceci marque une étape sans précédent dans la
définition du statut constitutionnel québécois au sein de la fédération
canadienne.
Il est notre désir d'affirmer le Québec comme un
État national doté d'une souveraineté parlementaire interne et à consacrer ses
valeurs fondamentales, la langue française, la laïcité et l'égalité des sexes,
la nation québécoise est libre, enracinée dans son
territoire et unie autour de sa culture et de sa langue commune, et que les
droits individuels doivent l'être en harmonie avec les droits collectifs et le
bien commun.
le Président, je suivrai les étapes du cheminement de ce projet de loi avec un
grand intérêt, soyez-en convaincu. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée d'Abitibi-Ouest. La parole
revient maintenant à Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif :
Merci, M. le Président. C'est toujours un grand honneur pour moi de prendre
la parole en cette enceinte, et particulièrement en ce début d'une nouvelle
session parlementaire, nouvelle session qui indique clairement notre volonté
d'action avec encore davantage d'audace.
Le discours que le
premier ministre a prononcé le 30 septembre dernier dicte un travail
ambitieux, et je souhaite ici y faire écho, mais en l'ancrant davantage dans la
réalité de ma circonscription.
Dans le comté de Laviolette—Saint-Maurice,
nos forces sont nombreuses. On n'a qu'à penser, entre autres, aux organismes communautaires, aux employés dans
les domaines des ressources naturelles, de l'énergie, le savoir-faire
industriel et au dynamisme de nos communautés. Toutes ces forces doivent être
mises à profit dans le respect de l'environnement et des Premières Nations.
Le premier ministre,
dans son discours d'ouverture, affirmait que le gouvernement orienterait ses
efforts autour de quatre champs d'action : économie et portefeuille,
efficacité, sécurité et identité. Les deux derniers thèmes, sécurité et
identité, me parlent particulièrement parce qu'ils touchent à la qualité de vie
dans nos municipalités, nos villages, et sur nos territoires forestiers, et
dans l'ensemble de la région de Laviolette—Saint-Maurice.
Au niveau de la
sécurité, je tiens à vous dire que notre gouvernement reconnaît pleinement le
travail immense qui est fait par les centaines de travailleurs, travailleuses
qui oeuvrent dans les organismes communautaires. Merci. Sécurité alimentaire,
sécurité physique, soutien aux personnes vulnérables.
Je sais que vous êtes
aujourd'hui nombreux à énoncer ou à parler et à revendiquer. Sachez que je vous
parle à vous directement, spécialement les communautés, les organismes de mon
comté. À preuve, depuis 2018, vous le savez, notre gouvernement a toujours été
un précieux allié pour le milieu communautaire. Aucun gouvernement n'a été
autant à l'écoute. On a fait des consultations provinciales du milieu, on a
rédigé, suite à ces consultations-là, un plan de lutte à la pauvreté.
Malheureusement, le milieu communautaire avait été oublié pendant 15 ans
avant notre arrivée. Mais, malgré les milliards de dollars que nous avons
injectés, je reconnais que les besoins ont explosé pendant et depuis la pandémie et qu'il y a encore un manque à gagner.
Le visage de la pauvreté a changé. Nous savons à quel point, sur le terrain,
le travail est exigeant. Derrière chaque service offert, il y a des gens
passionnés, parfois fatigués, mais profondément engagés. Merci.
Nous connaissons et
nous reconnaissons vos réalités, vos défis, vos frustrations, et je les partage,
et je tiens à vous rassurer que tous les députés de la CAQ ont une grande
estime et reconnaissance pour vous et votre travail. Mais nous devons continuer
à avancer ensemble. On consulte, on écoute, on ajuste, autant que faire se
peut, et on livre des résultats tangibles. Nous avons posé des gestes
concrets : moins de paperasse, plus de prévisibilité et plus d'autonomie.
C'est exactement ce qu'on a commencé à livrer et c'est ce que nous allons
continuer à faire. Voici d'autres exemples. Le
seuil... Nous avons haussé le seuil d'audit. Nous avons demandé moins de
redditions de comptes. Nous avons donné, en ce sens, plus de temps pour la mission. On a soutenu la formation,
les assurances collectives, la gestion des ressources humaines. Tout ça, ce sont des gains directs pour
le milieu. On a réglé des irritants comme les vérifications d'antécédents, c'était
une demande qui datait de très longue date.
lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale nécessite un plan coordonné.
Actuellement, 21 ministères et organismes travaillent ensemble pour
produire des résultats concrets pour les plus vulnérables. Les investissements
amorcés dans le plan d'action 2024‑2029 apportent des logements
accessibles, des services mieux coordonnés et un soutien renforcé aux familles
et aux personnes vulnérables. Mais je comprends votre colère, je comprends
votre fatigue, je comprends et j'entends la grogne. Mais nous devons poursuivre
le dialogue, nous devons parler ouvertement, parce que notre but est le
même : nous voulons soutenir les gens. On partage le même cheval de
bataille, la dignité et le mieux-être des Québécois les plus vulnérables.
D'autre part, du
point de vue de notre identité, mon comté a une identité forte et un passé
riche de diverses cultures. Vous le savez,
nous avons et, dans mon comté, j'ai le privilège d'avoir des communautés
attikameks. Nous avons un patrimoine
forestier de plein air, de chasse, de pêche en plus d'un patrimoine industriel.
Cette identité, ces différences et ces richesses culturelles, il est essentiel
de les valoriser, de les transmettre aux générations futures, de les associer
au développement durable.
Le discours du
premier ministre rappelle que ça doit devenir un défi collectif de faire
découvrir notre culture à nos jeunes et à
nos nouveaux arrivants. Pour cela, nous devons, entre autres, ensemble, tous
les intervenants, nous engager à travailler en harmonie afin que nos
villes et nos villages qui reposent sur une économie forestière puissent
continuer à être prospères, et à être prospères, mais en respect aussi des Premiers
Peuples et de l'environnement afin que chaque citoyen y trouve sa place et
sente qu'il participe à la construction d'un Québec prospère et fier.
Le premier
ministre a indiqué que, pour réussir de grands chantiers, on ne va pas pouvoir
réaliser cela rapidement si on continue à jouer dans le système actuel.
Qu'est-ce que ça veut dire? Eh bien, ça veut dire que nous devons améliorer
l'efficacité de l'appareil public, alléger les processus tout en maintenant nos
normes élevées.
Pour ma part, dans Laviolette—Saint-Maurice,
je m'engage à continuer de faire entendre la voix des divers entrepreneurs de
ma région, entre autres sur les délais qui ralentissent vos projets, à veiller
à ce que les citoyens et citoyennes soient le moins possible embourbés par la
bureaucratie et qu'ils bénéficient des services publics agiles, transparents et
proches de vos réalités.
Chers collègues, chers citoyens et citoyennes de
Laviolette—Saint-Maurice,
je vous lance un appel. Le moment est à l'engagement. Le moment est à la
collaboration parce que nos défis sont grands, développer, moderniser tout en préservant nos valeurs, créer des emplois
tout en respectant nos engagements en matière environnementale, offrir
des services efficaces tout en restant proches des réalités régionales. C'est
très important. Je suis convaincue que notre région
peut devenir un modèle de développement durable, un modèle d'innovation
régionale, un modèle de communauté forte. Et je m'engage, comme députée
de Laviolette—Saint-Maurice,
à continuer de porter cette vision au sein du gouvernement, à faire entendre
vos voix dans les instances où se prennent les décisions et à oeuvrer avec et
pour vous.
En ce sens, le premier ministre a fait la
demande à la présidente du Conseil du trésor, et il est impératif de rendre
l'État plus efficace. C'est aussi ce à quoi le ministre délégué à l'Économie,
aux Petites et Moyennes Entreprises travaille, alléger les règlements et
faciliter la vie de nos entrepreneurs.
Pour conclure, je veux réaffirmer ma confiance
en notre gouvernement. Le discours du premier ministre dresse une feuille de route ambitieuse, et nous allons
réaliser... nous allons la réaliser ensemble pour notre nation et pour les gens
qui y vivent. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Au tour, maintenant, du député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci, M. le
Président. Mmes et MM. les députés, c'est avec une grande fierté que je prends la parole aujourd'hui dans le cadre du débat qui
suit le discours d'ouverture du premier ministre, prononcé ici même, en cette Chambre, le 30 septembre dernier. Je
tiens d'abord à saluer le travail de tous mes collègues députés, du
gouvernement comme de l'opposition, ainsi que celui du personnel
de l'Assemblée nationale. Je
veux aussi souligner le dévouement
de toutes celles et ceux qui, au sein de la fonction publique, traduisent
chaque jour nos décisions en actions concrètes au service des Québécois.
Je m'adresse
enfin aux citoyens et citoyennes du comté de Gaspé et, plus largement, à
l'ensemble des Québécois, car c'est pour vous et avec vous que nous
travaillons. Votre confiance nous oblige, et c'est dans cet esprit que je
prends la parole aujourd'hui, M. le Président.
Le premier ministre a présenté dans son discours
quatre grandes priorités : l'économie et le portefeuille des Québécois,
l'efficacité, la sécurité et l'identité. Ces quatre axes tracent une feuille de
route claire : bâtir un Québec plus
prospère, plus agile, plus sécuritaire et plus fiable. Permettez-moi de revenir
sur chacune de ces priorités à la lumière des avancées réalisées et des
défis qui nous attendent.
Depuis l'arrivée au pouvoir de la Coalition
avenir Québec, de nombreuses avancées économiques ont été réalisées. Pensons d'abord à la baisse d'impôt
d'un point de pourcentage sur les deux premiers paliers d'imposition, une
mesure concrète qui met plus d'argent dans
les poches des Québécois. C'est un geste tangible particulièrement bienvenu
dans un contexte où l'inflation et la hausse du coût de la vie exercent une
pression sur nos familles.
Notre gouvernement a aussi continué de soutenir
nos entreprises, qui sont le moteur de notre prospérité. Aujourd'hui, 92 %
des investissements publics dans les entreprises de chez nous sont destinés aux
PME, nos PME qui sont des acteurs de proximité, qui créent des emplois de
qualité partout au Québec. Le résultat, c'est une croissance économique par habitant la plus élevée au Québec
que dans tout le reste du Canada, une performance dont nous pouvons être
très fiers, M. le Président.
Cela dit,
nous demeurons attentifs aux effets de l'inflation et aux impacts des tarifs
imposés par l'Administration américaine. Nous savons que ces facteurs
touchent directement nos familles et nos entreprises exportatrices. C'est
pourquoi la nouvelle vision économique du gouvernement vise à créer davantage
de richesse collective pour que le Québec
ait les moyens de ses ambitions, M. le Président, financer ses services,
moderniser ses infrastructures et soutenir l'innovation.
Un élément clé de cette vision, c'est bien sûr
l'électricité verte et abordable. Un... Excusez-moi. À cet égard, je tiens à
saluer l'annonce historique du partenariat avec la nation micmaque pour la
construction d'un parc éolien de 6 000 mégawatts. Le premier ministre
a qualifié cette entente de plus grosse annonce de l'histoire de la Gaspésie et
du Bas-Saint-Laurent, rien de moins. Ce
projet est porteur d'avenir, M. le Président, il contribuera à la transition
énergétique du Québec, il créera des emplois de qualité dans les régions et il
favorisera la participation active des Premières Nations dans nos grands
projets collectifs. Chez nous, en Gaspésie, cette orientation résonne
fortement.
Au fil des années, notre région a développé une
expertise reconnue dans le domaine de l'énergie renouvelable. Des travailleurs
qualifiés, des entrepreneurs régionaux et des établissements d'enseignement ont
contribué à bâtir cette filière d'avenir
dont nous sommes fiers, M. le Président. Cela démontre que les régions du
Québec peuvent être au coeur de la transition énergétique en alliant
innovation, développement économique et respect du territoire. C'est un modèle
de croissance durable dont nous pouvons collectivement être fiers.
L'efficacité, M. le Président. Le premier
ministre a eu cette image forte : la bureaucratie est comme une camisole de force. Cette métaphore illustre bien
un constat que partagent plusieurs Québécois : notre État est trop souvent
trop lourd, trop lent, trop complexe. Il est
crucial que l'on réduise l'espace qu'occupe la bureaucratie dans notre
quotidien. Nous
avons besoin d'un traitement choc. Le premier ministre a annoncé que notre
gouvernement allait réduire le nombre de postes dans la bureaucratie. On
veut le faire sans couper dans les services directs aux citoyens.
La bureaucratie, ce
sont également certaines réglementations qui irritent le secteur privé et
entravent le développement économique de tout le Québec. Allègements
réglementaires et administratifs nécessaires pour libérer le plein potentiel
économique de notre Québec. Lorsque les PME passent moins de temps à remplir de
la paperasse, ils passent plus de temps à créer de la richesse et à servir les
Québécois.
La modernisation du
régime syndical sera également un autre outil pour avoir un État et une
économie plus efficaces. Dans plusieurs régions du Québec, et notamment en
Gaspésie, des projets structurants sont ralentis par la complexité
administrative. Des promoteurs touristiques, des municipalités ou des
organismes communautaires se heurtent trop souvent à des délais qui freinent
leur développement.
Simplifier les procédures,
c'est redonner de la capacité d'agir à nos milieux. C'est ce qui permettra aux
projets d'avancer au rythme des besoins
réels du terrain dans un esprit de collaboration et de confiance. Être
efficace, M. le Président, c'est faire mieux, plus vite et avec plus de
cohérence. C'est ce à quoi notre gouvernement s'attelle.
La sécurité,
maintenant. Beaucoup de citoyens ne se sentent plus en sécurité dans nos
villes, notamment à cause des problèmes de
drogue et de santé mentale. Nous avons le devoir de mieux prendre soin des
personnes vulnérables. C'est pourquoi le premier ministre a annoncé que
notre gouvernement allait modifier la loi P-38 pour avoir une plus grande
marge de manoeuvre dans la prise en charge des personnes malades, M. le
Président. Ça nous permettra à la fois de
rendre nos rues et nos quartiers plus sécuritaires, mais aussi de s'assurer que
tout le monde puisse recevoir les soins dont ils ont besoin.
Le ministre de la
Sécurité publique annoncera d'autres mesures plus sévères contre les récidivistes
et les délinquants sexuels dangereux. Dans nos communautés régionales, M. le
Président, la sécurité prend souvent une dimension humaine et communautaire. La
détresse psychologique, l'isolement, la toxicomanie sont des réalités bien
présentes, et les intervenants de première ligne jouent un rôle essentiel. Leur
travail quotidien auprès des familles, des jeunes et des personnes en
difficulté fait toute la différence.
En renforçant les
mécanismes d'intervention et de prévention, nous leur donnons les moyens de
mieux protéger la population et de maintenir la cohésion sociale dans nos
milieux de vie. Protéger les citoyens, c'est aussi prévenir. Cela passe par des
services sociaux plus efficaces, un meilleur accès aux soins et un
accompagnement soutenu pour les personnes en difficulté. C'est ce que nous
souhaitons bâtir, M. le Président.
L'identité,
maintenant. Je me permets un rappel des actions posées par notre gouvernement
pour protéger notre identité : la loi n° 21 sur
la laïcité, la loi n° 96 sur la langue officielle et
commune du Québec, le Musée national de l'histoire du Québec, les cours de
citoyenneté et de culture québécoise à l'école.
Cela
dit, nous ne voulons pas nous arrêter là, M. le Président. Le ministre de la
Justice a récemment déposé le projet de constitution du Québec. Cette
constitution permettra de protéger nos droits et libertés, renforcer notre
autonomie constitutionnelle et rassembler les Québécois autour d'un projet
ambitieux.
Le premier ministre a
également parlé du défi collectif de faire connaître notre culture à nos jeunes
et aux nouveaux arrivants. Il faut que les futurs citoyens de notre Québec
puissent s'identifier avec notre patrimoine, et cette mission doit dépasser
l'action gouvernementale.
En Gaspésie, la vitalité
culturelle et le sentiment d'appartenance sont remarquables, M. le Président.
Des festivals, des lieux de création et de diffusion, des artistes engagés
contribuent à tous les jours à faire rayonner notre culture bien au-delà de nos
frontières. Ces initiatives traduisent la fierté d'un peuple attaché à ses
racines et résolument tourné vers l'avenir.
C'est en soutenant ces milieux culturels vivants que nous faisons vivre concrètement l'identité québécoise.
En conclusion, M. le
Président, les quatre priorités énoncées par le premier ministre, l'économie,
l'efficacité, la sécurité et l'identité, ne sont pas des sphères isolées, elles
sont étroitement liées les unes aux autres. Une économie forte permet
d'investir dans la sécurité et les services. Un État efficace permet de
concrétiser ces investissements. Une identité solide donne du sens et de la
cohésion à nos actions. C'est dans cet esprit d'équilibre et de responsabilité
que notre gouvernement entend poursuivre son travail.
Je veux remercier le
premier ministre pour la clarté de sa vision et le courage de ses orientations.
Je veux aussi redire aux citoyens du comté de Gaspé que nous demeurons à votre
écoute. Votre quotidien, vos préoccupations et vos aspirations guident notre
action, et ce, à tous les jours. L'esprit qui anime notre gouvernement est
celui d'un Québec qui se développe avec ses régions et non pas à leur place.
Qu'il s'agisse d'énergie, d'infrastructures, de culture ou de services publics,
nous avons la responsabilité collective de faire en sorte que chaque décision
prise ici, à l'Assemblée, ait un effet concret et positif dans la vie de nos
citoyens. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Gaspé. Et la parole
revient maintenant au leader adjoint du gouvernement et néanmoins député de
Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Vous avez toujours la
bonne formule en ces occasions, et donc je
vous salue. Je salue également les collègues de l'opposition, les collègues de
la banquette gouvernementale. Très
heureux de pouvoir prendre la parole dans le cadre du débat sur le discours
d'ouverture de notre premier ministre.
En cette dernière année de mandat, vous savez,
M. le Président, là, mon engagement, je le dois d'abord et avant tout à mes
concitoyens de ma circonscription de Chapleau, qui m'ont confié le mandat de
porter leur voix ici, à Québec. Je veux d'abord les
remercier de cette confiance qu'ils m'ont renouvelée à deux occasions. C'est pour
eux que je travaille chaque jour, vous le savez, M. le Président.
Nous vivons aujourd'hui une époque de grands
défis économiques, sociaux, identitaires. Le monde change rapidement, et le
Québec, M. le Président, n'y échappe pas, vous en êtes bien conscient. Et face
à ces bouleversements il pourrait être facile de céder au sentiment morose
ambiant, mais ce n'est pas dans l'ADN des Québécois, ce n'est pas dans l'ADN du
Québec, ce n'est pas dans l'ADN de ce gouvernement, puis ce n'est certainement
pas dans l'ADN de votre humble serviteur qui vous parle en ce moment. Nous
avons toujours su rebondir, toujours su relever les défis, toujours su transformer les épreuves en occasions
de progrès. C'est donc cet esprit de résilience, M. le Président, de fierté et
d'ambition que j'aimerais partager avec vous et avec les collègues aujourd'hui.
Et c'est d'ailleurs cet esprit-là qui transpire de notre discours d'ouverture
du premier ministre.
Et donc permettez-moi d'abord de commencer par
ce qui me touche directement dans mes fonctions d'adjoint gouvernemental au
ministre de la Justice, et donc la justice elle-même. La justice, ce n'est pas
juste un concept abstrait, M. le Président, qui est réservé aux juristes et aux
juges. Non. La justice, c'est ce qui protège nos familles, c'est ce qui donne aux victimes une voix, c'est ce qui assure
aux citoyens que la loi est la même pour tous. C'est aussi ce qui garantit
nos droits et nos libertés fondamentales, dans le fond, dans une société qui se
veut libre, démocratique et respectueuse.
Mais il faut quand même être lucides, M. le
Président. Notre système judiciaire a fait face à des défis qui étaient
importants, et trop souvent les citoyens se sont sentis... se sont dit, en
fait, que la justice était loin d'eux, inaccessible, presque étrangère, mais
notre gouvernement, et le ministre de Justice, a refusé cette fatalité. Nous
avons entrepris, comme vous le savez, de nombreuses... de nombreuses réformes
du système de la justice et un travail de fond pour moderniser cette fameuse
justice au Québec, si importante pour nous tous. Et donc, au niveau de
l'accessibilité, nous investissons dans la modernisation des palais de justice,
nous numérisons les procédures, nous simplifions les démarches pour que chaque
citoyen puisse faire valoir ses droits sans se perdre dans un labyrinthe
administratif.
Au niveau de la protection des victimes, M. le
Président, vous savez le travail qui a été fait sur ces... sur ce dossier très
important. Nous avons mis en place de nouveaux mécanismes d'accompagnement, en
particulier pour les victimes de violences sexuelles et conjugales. Nous
voulons qu'elles se sentent entendues, protégées et respectées. Nous avons également les tribunaux spécialisés, M.
le Président. C'est une grande réussite du ministre de la Justice et qui change
le quotidien des victimes au Québec.
Au niveau de la sécurité publique, on le sait,
que c'est un point très important pour le gouvernement, et qui a été mentionné
dans le débat sur le discours d'ouverture, on vient renforcer les mesures pour
lutter contre la criminalité organisée, les gangs de rue, les cyberfraudes.
Nous nous attaquons aussi à la prolifération des drogues dures qui détruisent des vies et fragilisent nos
communautés. Nous voulons mettre en place, évidemment, un meilleur encadrement
pour les délinquants sexuels dangereux.
La société doit se doter... et se
donner les moyens de protéger ses enfants, ses femmes, ses aînés, ses personnes
vulnérables.
Puis la justice, M. le Président, on le disait
d'entrée de jeu, ce n'est pas juste un tribunal, c'est la confiance que chaque citoyen doit avoir envers ses institutions,
c'est la certitude que la loi va être appliquée avec équité et avec rigueur.
Et, je vous le dis, cette conviction, M. le Président, tant que j'aurai l'honneur
de servir comme adjoint gouvernemental au ministre de la Justice, je vais
mettre toute mon énergie pour que cette justice soit plus proche des gens, plus
humaine, et certainement plus efficace, avec la même ambition que le ministre
de la Justice a pour le système.
Et donc permettez-moi de vous parler de mon rôle
de leader adjoint du gouvernement. Vous avez d'ailleurs commencé avec cette
formule, M. le Président, et on n'en parle pas souvent, et, à l'extérieur de
ces murs, vous le savez, ce n'est pas un
rôle que les gens connaissent énormément ou reconnaissent énormément. Mais ce
rôle, même s'il est moins connu du grand public, vous le savez, il est
crucial pour le bon fonctionnement de notre démocratie. Puis être leader adjoint, bien, c'est de veiller à ce que
l'Assemblée nationale fonctionne rondement, c'est assurer que les débats se
déroulent dans le respect, mais aussi dans l'efficacité, c'est
coordonner l'agenda parlementaire, M. le Président, pour que les projets de loi
qui concernent directement la vie des Québécois puissent avancer. Et donc c'est
ce qu'on va faire durant cette année qui s'en vient. On va pouvoir faire
avancer nos projets de loi qui sont importants.
Et donc l'Assemblée nationale, comme vous le
savez, c'est le coeur battant de notre démocratie. C'est là que nous débattons
des lois qui façonnent l'avenir de nos enfants. C'est là que nous prenons des
décisions qui touchent le quotidien des
familles, des travailleurs, des entrepreneurs, des aînés. Et le gouvernement,
vous le savez, M. le Président, est pragmatique, pas dogmatique. On
travaille à adopter des lois concrètes pour... pour améliorer la vie des
Québécois. Nous avons un cap qui est clair, celui qui a été annoncé par le
premier ministre lors du discours d'ouverture, et, dans mon rôle de leader
parlementaire adjoint du gouvernement, eh bien, c'est ce sur quoi je vais
travailler ici, dans cette enceinte, évidemment, avec l'ensemble des collègues.
Et on se souviendra des quatre grandes priorités
énoncées, énumérées : économie, portefeuille des Québécois, efficacité de
l'État, sécurité, identité. Et donc voilà les priorités, voilà la feuille de
route que nous travaillerons ici, en cette enceinte, dans ce salon rouge, et
c'est mon rôle, comme leader adjoint, de veiller à ce que cette feuille de
route se traduise en lois, en décisions et surtout en résultats concrets, en
compagnie des collègues. Et ce n'est pas des slogans, M. le Président, ces
priorités-là, c'est des engagements clairs, concrets, mesurables, qui parlent aux
gens.
Parlons-en, économie, portefeuille des
Québécois. Notre gouvernement sait que les familles, les travailleurs, les
aînés ressentent de plein fouet l'inflation. Le logement, l'épicerie, l'essence
coûtent plus cher. C'est pourquoi nous avons
toujours et nous continuerons à mettre de l'argent directement dans le
portefeuille des Québécois. Qu'il s'agisse de baisser les impôts, de
plafonner les hausses de tarifs ou d'offrir un soutien ciblé aux personnes
vulnérables, nous avons toujours répondu présent. Notre approche est constante.
L'argent des Québécois doit d'abord servir aux Québécois.
L'efficacité
de l'État. Nous devons sortir d'une culture de bureaucratie excessive qui
étouffe l'innovation et décourage les projets, réduire les délais, simplifier les
processus. M. le Président, alléger le fardeau administratif, ce n'est pas un caprice, c'est une nécessité pour
mieux servir la population. Et donc l'objectif est assez simple, M. le
Président : un État plus agile qui rend des services rapides,
efficaces, au lieu de ralentir la vie des citoyens.
niveau de la sécurité, bien, on en a parlé tout à l'heure, mais revenons-y,
c'est une responsabilité fondamentale de
tout gouvernement. Les citoyens ont le droit de marcher dans leurs quartiers
sans peur. Ils ont droit de savoir que les criminels dangereux seront
surveillés, que les gangs de rue seront combattus, que les victimes seront
protégées. C'est pourquoi nous avons annoncé de nouvelles mesures législatives
et des investissements pour renforcer la police, améliorer la lutte contre la
cybercriminalité et, évidemment, mieux encadrer les récidivistes.
Au niveau de
l'identité, M. le Président, être Québécois, c'est une identité, c'est une
langue, le français, qu'il faut protéger et transmettre, ce sont des valeurs
communes, dont la laïcité, qu'il faut défendre, c'est une culture riche, une
culture vivante qui doit continuer à rayonner malgré la mondialisation
numérique. Nous avons une responsabilité historique,
celle de préserver ce que nous sommes pour que nos enfants et nos
petits-enfants grandissent dans un Québec fier, francophone et confiant.
Nous le devons à nos aïeux. Nous le devons à ces 400 ans et plus
d'histoire, de présence francophone en Amérique.
Ces quatre priorités
ne sont pas séparées, M. le Président. Elles se tiennent ensemble, car une économie
forte permet d'investir dans les services, un État efficace renforce la
confiance, une société sécuritaire assure la paix sociale et une identité affirmée nourrit la fierté
collective. Et j'ajouterais même que la constitution qui a été proposée par le
ministre la Justice vient affirmer
cette identité et elle est essentielle dans le contexte actuel. Et donc voilà
ce qui guide et ce qui va guider, M. le Président, nos actions au
quotidien.
Et évidemment, M. le
Président, j'avais commencé avec ça et je vais terminer avec cela, si je suis
en politique, c'est d'abord pour défendre les gens de chez nous, pour défendre
ma région. Je viens de l'Outaouais, je vis à Gatineau, je représente fièrement
la circonscription de Chapleau. Je peux vous dire une chose, trop longtemps
notre région a été négligée sous les libéraux et les péquistes. Nous sommes la
quatrième plus grande ville du Québec, mais trop souvent laissée, par le passé, de côté dans les décisions
gouvernementales. Et avec la CAQ, on a changé les choses, avec la CAQ, l'Outaouais
est entendu.
En santé, nous
investissons pour moderniser nos infrastructures. Nos hôpitaux doivent offrir
des services comparables à ceux des autres régions, c'est ce sur quoi nous
travaillons. Nous offrons, d'ailleurs, un nouvel hôpital.
En éducation, on
construit des nouvelles écoles, on rénove celles qui en ont besoin. Nous
investissons dans le personnel enseignant. Nos enfants ont droit à des milieux
d'apprentissage modernes et stimulants. J'aurai d'ailleurs l'occasion d'aller faire une annonce en ce sens
dans une de mes écoles très, très bientôt, au courant de la semaine prochaine.
En transport, on
travaille à améliorer la mobilité et on travaille surtout aussi à nous assurer
que la... notre autoroute 50 soit sécuritaire et soit à quatre voies.
En économie,
évidemment, on soutient nos... nos PME, pardon, on encourage l'innovation. Nous
misons sur la proximité avec Ottawa pour renforcer, évidemment, notre
attractivité, tout en affirmant notre identité québécoise.
Et donc, en
terminant, je vous fais une promesse claire, M. le Président, je ne cesserai
jamais de défendre l'Outaouais à Québec. Je
ne cesserai jamais de rappeler à mes collègues, à nos collègues, que notre
région mérite des services, évidemment,
équitables, des investissements justes, une attention constante, et j'y
travaille au quotidien. Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Chapleau. Est-ce qu'il y a
d'autres intervenants? Il n'y a pas d'autre intervenant.
Est-ce que je
comprends... Est-ce que le gouvernement compte utiliser sa réplique?
M. Lévesque
(Chapleau) : Non, M. le
Président. On va demander un vote et on va demander de reporter les votes
pour l'ensemble de l'oeuvre.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, je dois préalablement donner lecture à la
décision sur les motions, M. le leader adjoint.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : On va en arriver, on va en arriver.
Alors, cela met fin
au débat sur le discours d'ouverture prononcé le 30 septembre 2025.
Je vous informe que
les motions formulant un grief présentées dans le cadre de ce débat sont toutes
recevables, sauf celle présentée par M. le député de Laurier-Dorion.
Conformément
à l'article 191 de notre règlement, s'il est permis d'indiquer des motifs
dans une motion de grief, l'argumentation, elle, n'est pas permise.
La jurisprudence parlementaire a expliqué par le
passé qu'on entend par «exposé de motif» les raisons pour lesquelles on blâme
le gouvernement, alors que «l'argumentation» consiste en tout ce qui rend...
tout ce qui tend à appuyer la conclusion
recherchée dans la motion. La jurisprudence démontre que l'explication des
conséquences du geste visé par le blâme est également assimilable à de
l'argumentation.
la lumière de ces critères, la motion de grief présentée par le député de Laurier-Dorion
doit être considérée contenant de l'argumentation.
D'ailleurs, elle est
similaire dans sa forme et dans son libellé à d'autres motions de grief
déclarées irrecevables par la présidence
dans le passé, notamment dans les décisions qu'elle a rendues les 11 juin
2003, 21 avril 2015, 20 avril 2021, 8 décembre 2022 et le
27 mars 2024.
Comme le veut la
pratique, est-ce qu'il y a consentement pour substituer le texte de cette motion
de grief par le suivant :
«Que l'Assemblée
nationale blâme le gouvernement de la CAQ pour leurs politiques qui feront
augmenter les loyers et pour son intention de produire des logements dits "abordables"
dont les loyers ne seront pas accessibles aux ménages à faible revenu»?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Conformément à
l'article 50.1 de notre règlement, nous allons maintenant procéder aux
votes sur les motions formulant un grief présentées dans le cadre de ce débat
ainsi que sur la motion de M. le premier ministre proposant que l'Assemblée
approuve la politique générale du gouvernement. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...sur
l'ensemble de l'oeuvre et qu'on reporte le tout à cet après-midi, s'il vous
plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Beauchemin :
Nous demandons un vote électronique qui aura donc lieu plus tard cet après-midi.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, conformément
aux demandes du leader adjoint du
gouvernement et du leader de l'opposition officielle, les votes seront
tenus à la période des affaires courantes de demain.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cet après-midi, cet après-midi, cet après-midi.
Merci. M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...je vous
demanderais donc de suspendre nos travaux jusqu'à ce moment, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, afin de tenir... afin de permettre la
tenue des affaires courantes, cet après-midi, les travaux sont suspendus
jusqu'à 13 h 40.
(Suspension de la séance à 11
h 50)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bonjour. Vous pouvez vous asseoir.
Nous
sommes aux affaires courantes, à la rubrique de déclarations de députés. Et je
cède la parole immédiatement à M. le député de Portneuf.
M. Caron :
Bonjour, Mme la Présidente. Je souhaite rendre hommage à un Portneuvois
exceptionnel qui nous a malheureusement quittés tout récemment. Il s'agit de
Jacques Tessier, un homme d'action, un homme de conviction, un homme de coeur.
Jacques a travaillé
durant près de 30 ans à la Sûreté du Québec avec un profond sens du
devoir, mais il a surtout été un bénévole exemplaire tout au long de sa vie.
Ces dernières années, ses reins ont cessé de fonctionner.
Il a personnellement embrassé la cause du confort des personnes qui reçoivent
les traitements d'hémodialyse. Sa détermination a grandement contribué à ce que
nous ayons notre propre salle d'hémodialyse à l'Hôpital régional de Portneuf.
Jacques était aussi un
valeureux et actif membre du Club Lions de Pont-Rouge.
Portneuf a perdu l'un
des siens, Portneuf a perdu un pilier de sa communauté. Merci pour tout, mon
très cher Jacques.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à deux
épithésistes du Québec, Mmes Vicky Dessureault et Annie Laverdière.
Oeuvrant au CHU de
Québec, elles créent de leurs propres mains des prothèses du visage fidèles à
la réalité, fabriquées à partir de silicone minutieusement pigmenté.
Si je vous parle de
ces épithésistes, Mme la Présidente, c'est parce qu'elles ont redonné vie à
M. Delage, qui est ici, et M. Delage m'a partagé son expérience et
son admiration face à celles qui lui ont permis de retrouver une vie normale.
Quand vous perdez une
partie de votre visage à la suite d'un cancer, bien, il
se peut que vous évitiez de sortir en public, mais, avec une prothèse qui
remplace un nez, une oreille ou un oeil, bien, les patients peuvent reprendre
leurs activités quotidiennes et cheminer vers une guérison psychologique.
Alors, je tiens vraiment à rendre hommage à
Mmes Dessureault et Laverdière pour votre dévouement indéfectible
envers vos patients et votre accompagnement empreint d'humanité et de respect. Merci
beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci, Mme
la Présidente. Dans moins de deux
semaines, ce sera le jour d'élections municipales à la grandeur du Québec. Plusieurs élus ayant
servi leurs communautés pendant de nombreuses années avec dévouement et
intégrité ont décidé de tendre le flambeau et de ne pas solliciter un nouveau
mandat. À tous ceux et celles qui tirent leur révérence, je tiens à vous
exprimer ma profonde gratitude.
Plus personnellement,
Mme la Présidente, je tiens à honorer l'engagement de mon preux chevalier.
Scott, pendant 20 ans, tu as été propulsé par la conviction de pouvoir
faire grandir ta communauté du canton de Gore, celle de la MRC d'Argenteuil
et même toutes celles du Québec et du Canada. Partout où tu es passé, tu as
vivement, inlassablement plaidé en faveur du sens commun, de la communauté, du
bien commun et de la ruralité.
Sois fier du travail
accompli. «Cheers», mon amour!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je tiens à souligner
l'inauguration du projet de modernisation et d'agrandissement de l'Hôpital de Verdun,
attendu depuis plus de 15 ans.
projet est une avancée majeure pour notre communauté, avec 144 chambres individuelles, des installations plus lumineuses,
accessibles et centrées sur les besoins humains. Grâce au travail du CIUSSS du
Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, du personnel de la santé, et de tous
les acteurs impliqués, les citoyens de Verdun et du Sud-Ouest vont bénéficier
d'un environnement de soins plus moderne.
Je remercie également
tous les usagers qui ont participé aux différentes consultations, leurs
contributions ont permis d'adapter le projet aux besoins réels des patients.
Depuis mon élection,
je suis ce dossier de près, et je suis heureuse de voir que les soins pourront
débuter d'ici la fin de l'année dans les
nouvelles installations. Et cet accomplissement, vous savez, mérite d'être
célébré, parce qu'on espère qu'il va inspirer d'autres projets en
attente, comme celui de l'institut Douglas, afin que toutes nos infrastructures
en santé physique et mentale soient dignes du XXIe siècle. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, Mme la députée
de Laviolette—Saint-Maurice,
à vous la parole.
Mme Tardif : J'honore deux hommes qui ne se connaissent pas mais qui se ressemblent
pour leur détermination, leur dévouement, leur résilience et du fait
qu'ils n'aiment pas les honneurs.
Tous deux sont
diabétiques et ont travaillé malgré leurs douleurs et leurs traitements.
Pendant des années, à
tous les jours, M. Marcel Gélinas a transporté son insuline dans sa boîte
à lunch pour se donner son traitement à heure fixe pour poursuivre sa journée
de travail avec entrain et énergie.
son côté, M. Jacques Casaubon, depuis des années, doit se rendre à
l'hôpital, une fois par semaine, pour ses traitements d'hémodialyse.
Marcel
a souffert le martyre et, malgré l'amputation de la
partie inférieure d'une
jambe, il a continué à travailler. Il a même repris son emploi avant de
recevoir sa prothèse et, une fois, en descendant d'un véhicule de travail, il
s'est retrouvé couché au sol, parce qu'il
avait oublié qu'il avait une jambe plus courte que l'autre. Il s'est relevé sur
une patte en faisant des farces.
Pour sa part, l'abbé
Casaubon a fait 50 ans de sacerdoce toujours enjoué et à l'écoute des
autres malgré ses problèmes de santé.
Merci de votre apport
considérable pour la société, vous êtes merveilleux.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête
à entendre Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente. En ce Mois du patrimoine hispanique et au nom
de notre formation et de notre chef,
Pablo Rodriguez, j'ai le bonheur d'accueillir ici avec nous, aujourd'hui, une
délégation de dignes représentants de la communauté latino-américaine
ici, au Québec.
Par leur parcours,
leurs talents et leur engagement, ces femmes et ces hommes portent haut les
couleurs d'un Québec ouvert sur les Amériques. Ils tissent des liens, ils
bâtissent des ponts et rappellent que notre richesse collective se nourrit de
la rencontre des cultures et du partage des rêves.
Leur présence ici est
la preuve vivante qu'ensemble nous faisons du Québec une terre d'accueil et de
rayonnement où chaque accent, chaque histoire et chaque espoir trouvent leur
place.
(S'exprime en
espagnol). Merci d'être là. Et merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous
poursuivons avec M. le député d'Orford.
M. Bélanger :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je rends hommage à un homme de coeur, M. Yvon
Bélair, ici présent avec toute sa famille.
Dès ses 10 ans,
M. Bélair a accompagné son père alors que ce dernier effectuait des
dépannages alimentaires. Les visites chez ces familles moins fortunées ont
laissé une empreinte indélébile dans sa mémoire.
désir d'aider son prochain est devenu la mission de sa vie. Pour lui, une
communauté, c'est vivre ensemble à partager.
À
titre de grand
chevalier des Chevaliers de Colomb de Magog, il a constaté le nombre
grandissant de familles qui ont de sérieuses difficultés à joindre les deux
bouts.
En 2008, il a fondé
le centre d'aide de Magog Le Coeur sur la main.
M. Bélair a aidé
des centaines de familles en leur procurant de la nourriture, des meubles, des
équipements médicaux et des dons en argent. Il rêve qu'un jour il y ait moins
de gens qui sollicitent de l'aide. En attendant, il est toujours présent et
s'implique avec tant de générosité et de dévouement!
M. Bélair, au
nom de toute la communauté, je vous dis merci. Et on va être là pour toi, Yvon.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant,
nous allons poursuivre avec Mme la
députée de Vimont.
Mme Schmaltz :
Parfait. Merci, Mme la Présidente.
Alors, aujourd'hui, c'est avec le coeur lourd
que je veux rendre hommage à M. Jean Arsenault, décédé le
27 septembre dernier.
Citoyen
de Vimont-Auteuil, M. Arsenault était un homme profondément engagé, toujours
prêt à offrir de son temps pour sa communauté.
J'ai eu le privilège
de le croiser pour la première fois lors de mon premier porte à porte, il y a
trois ans, où j'ai découvert un bénévole passionné, doté de conseils justes et
d'une sagesse inspirante.
Jean
a terminé ses jours à La Maison de la Sérénité de Laval, un lieu d'exception
qui accompagne avec compassion les personnes et leur famille en fin de
vie. C'est d'ailleurs lors de la marche annuelle pour cette maison que j'ai eu
la chance de le revoir et de lui dire mes adieux.
Mes pensées
accompagnent son épouse, Lynn, ses filles Véronique et Carolyn, ainsi que tous
ses proches, à qui j'offre mes sincères condoléances. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Rouleau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je veux saluer le travail exceptionnel de ceux qui font vivre l'action communautaire autonome à travers le Québec, à l'occasion de la semaine
nationale qui leur est dédiée.
Je tiens à
souligner particulièrement la présence, dans les tribunes, des membres du
Réseau québécois de l'action communautaire autonome. Avec plus de
50 000... 54 000 travailleurs répartis dans
4 500 organismes, votre engagement fait une différence concrète dans nos communautés. Notre gouvernement
continue de soutenir votre mission en allégeant la bureaucratie, en rehaussant les seuils d'audit et en finançant les
organismes multisectoriels qui agissent sur tous les fronts.
L'action
communautaire est un véritable pilier de notre société. Elle nourrit nos
communautés, renforce la solidarité et soutient les citoyens dans leur
quotidien.
Je vous souhaite une
Semaine nationale de l'action communautaire autonome inspirante, mobilisatrice
et riche en rencontres.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
nous poursuivons avec Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest :
Merci, Mme la Présidente. Je joins aujourd'hui ma voix à celle de ma collègue
députée d'Iberville pour célébrer deux producteurs de sirop d'érable de notre
région, le Domaine Merryfield et l'érablière
Coteau Rougemont.
propriétaires, présents avec nous dans les tribunes, ont récemment été
récompensés lors du prestigieux Concours de la Grande Sève. Cet événement met
en valeur non seulement l'excellence du sirop d'érable, mais aussi le
savoir-faire et l'héritage qui se cachent derrière chaque goutte de ce trésor
québécois.
L'érablière
Coteau Rougemont, située dans le comté d'Iberville, incarne l'alliance entre
rigueur et respect de la nature. Sa constance dans la qualité, la finesse de
ses produits et son approche durable sont un modèle pour toute l'industrie.
Domaine Merryfield, dans Brome-Missisquoi, allie avec brio l'innovation et la
tradition. Ses créations raffinées, fruit d'un travail minutieux et d'une
passion évidente, illustrent ce que le Québec a de mieux à offrir en matière
d'acériculture.
Ces deux érablières
représentent ce que nous voulons promouvoir : un Québec gourmand, fier de
ses artisans et ambitieux. Félicitations!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
nous allons conclure cette rubrique avec M. le député de Taillon.
M. Carmant :
Merci, Mme la Présidente. Cette année encore, Longueuil est en liesse. Les Ducs
de Longueuil ont remporté pour une troisième
année consécutive le championnat de la Ligue de baseball junior élite du
Québec. Il s'agit d'un neuvième
titre de l'histoire de l'équipe.
Après
une défaite lors du premier match de la finale contre les Diamants de Québec,
la troupe d'Éric Infante a su remporter les quatre matchs suivants.
Ensemble, ils se sont hissés au rang de dynastie dans l'histoire du baseball
junior élite québécois.
Félicitations
au président, Dominic Simard, ainsi qu'à sa garde rapprochée, qui font du parc
Paul-Pratt un incontournable du baseball en Montérégie! Bravo à tous les
joueurs, particulièrement à Zachary Gaudreau, fier produit de l'organisation
des Pionniers de Longueuil, et à Hugo Ménard, pour son
titre de joueur le plus
utile de son équipe!
tiens à souligner également l'implication des Ducs, de ses joueurs et de leurs
commanditaires dans la communauté.
L'an
dernier, Mme la Présidente, je vous disais : Jamais deux sans trois. Cette
année, c'est : Jamais trois sans quatre. Bravo, les Ducs!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Ceci met fin à rubrique de
déclarations de député.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 55)
Présidente : Bonjour,
tout le monde. Vous êtes nombreux, ce matin. Messieurs dames, bienvenue. Bienvenue
au parlement du Québec.
Vous
savez, c'est avec tristesse que nous avons appris les décès de M. Élie
Fallu, député de Terrebonne puis de Groulx de 1976 à 1985, et de M. Guy Hardy, député
de Saint-François de 2014 à 2018. Alors, nous allons nous
recueillir quelques instants en ayant une pensée toute particulière pour
leurs familles et leurs proches.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Alors, j'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, d'une
délégation de parlementaires du Massachusetts à l'occasion de la huitième
session de l'Association parlementaire Québec-Massachusetts, dirigée par le
président pro tempore du Sénat, M. William Brownsberger.
Et j'ai également le
plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de la consule générale de
la République de Pologne, Mme Izabela Fabjańska-Potapczuk, à l'occasion de
sa visite de prise de poste.
Et nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente, permettez-moi de déposer la
révision du plan stratégique 2023‑2027, printemps 2025, de
l'Institut de la statistique du Québec, le rapport annuel de gestion 2024‑2025
de l'Institut de la statistique du Québec et
le rapport annuel 2024‑2025 du Tribunal administratif des marchés
financiers. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Ces documents sont déposés. M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport annuel de gestion 2024‑2025
de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
La Présidente :
Ce document est déposé. Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Biron :
...de déposer le rapport annuel de gestion 2024‑2025 du Comité consultatif
sur l'accessibilité financière aux études. Merci.
La Présidente :
Ce document est déposé. M. le ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
M. Simard :
Oui, Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le rapport
d'activité 2024‑2025 de l'Autorité des marchés financiers en vertu
de la
Loi sur les mesures de transparence dans les industries minière,
pétrolière et gazière.
La Présidente :
Ce document est déposé. Mme la ministre du Tourisme.
Mme Dionne :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer les rapports annuels 2024‑2025
du Parc olympique et du Palais des congrès de Montréal, ainsi que le rapport
annuel de gestion 2024‑2025 de la Société du Centre des congrès de Québec.
Merci.
La Présidente : Ces documents
sont déposés. Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, permettez-moi de déposer
le rapport annuel de
gestion 2024‑2025 du Tribunal administratif du logement. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé. Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action
communautaire.
Mme Rouleau : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport d'activité 2024‑2025 du
Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ainsi que
le rapport quinquennal du programme Objectif emploi 2025.
La Présidente : Ces documents
sont déposés. Maintenant, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées en Chambre le 24 avril et le 6 mai par le député de
Jacques-Cartier, la réponse à la pétition déposée en Chambre le 27 mai par
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la réponse à la pétition déposée en
Chambre le 6 juin par la députée de D'Arcy-McGee, les réponses aux
questions inscrites au feuilleton le 30 septembre 2025 par le député
de Rosemont, la députée de Westmount—Saint-Louis et la députée de Mille-Îles et la
réponse à la question inscrite au feuilleton le 2 octobre 2025 par le
député de Marquette. Merci.
La Présidente : Ces documents
sont déposés.
Pour ma part, j'ai reçu préavis d'une motion qui
sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les
députés de l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je
dépose copie du texte de ce préavis.
Maintenant, à la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission de l'économie et du travail
et député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du travail
qui, les 2, 7, 8 et
9 octobre 2025, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 101, Loi visant l'amélioration de certaines lois du travail. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente : Ce rapport
est déposé. M. le président de la Commission des finances publiques et député
de Blainville.
M. Laframboise : Mme la Présidente,
je dépose le rapport de la Commission des finances publiques qui, les 7, 8 et 9 octobre 2025, a tenu des
audiences publiques... des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi n° 112, Loi
favorisant le commerce des produits et la mobilité de la main-d'oeuvre en
provenance des autres provinces et des territoires du Canada. Merci.
La Présidente : Et ce rapport
est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Rosemont.
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 5 849 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les évacués de Gaza souffrent
de maladies chroniques et de traumatismes physiques et psychologiques
importants, après avoir échappé à des conditions qualifiées de génocide par
plusieurs experts;
«Considérant
que le programme spécial de visa de résidence temporaire pour les Palestiniens
de Gaza ayant de la famille immédiate au
Canada inclut seulement 3 mois de couverture de soins de santé sous le
Programme fédéral de santé intérimaire;
«Considérant que le
Québec est la seule province au Canada à refuser d'octroyer l'assurance maladie
aux Gazaouis à la fin des 3 mois de
couverture par le PFSI, alors que toutes les autres provinces canadiennes leur
ont accordé la couverture provinciale;
«Considérant
que plusieurs familles gazaouies, incluant des aînés et des enfants, se
retrouvent actuellement sans assurance maladie et que les études démontrent que
les individus non assurés consultent plus tardivement et souffrent davantage de
complications évitables, ce qui finit par coûter plus cher à la société, sur
les plans humain et économique;
«Considérant
que le Québec a déjà octroyé la couverture de la RAMQ à des évacués de guerre
issus d'autres pays, dont les Ukrainiens;
«Considérant que
l'accès aux soins de santé est un droit humain fondamental et non un enjeu
politique;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec d'octroyer immédiatement
l'assurance maladie aux ressortissants de Gaza titulaires d'un visa de
résidence temporaire et résidant au Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 2 936 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les camionneurs québécois respectueux des règles sont confrontés à une
concurrence déloyale et à des pratiques illégales qui compromettent la
sécurité publique;
«Considérant
que le nombre d'accidents impliquant des camions est en augmentation au Québec,
causant des pertes humaines et matérielles importantes;
«Considérant que les
associations du secteur réclament depuis plusieurs années une action
gouvernementale sans qu'aucun changement significatif ne soit apporté;
«Considérant
que [le] ministre des Transports et de la Mobilité durable doit assurer pleinement ses responsabilités afin
d'assurer un réseau routier sécuritaire et équitable;
«Considérant
que des mesures concrètes sont nécessaires, telles qu'un contrôle accru de
l'application des règlements, la mise
en place d'infrastructures adaptées, un renforcement des inspections des
véhicules et une amélioration de la formation des conducteurs;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi