Culture and Education — 4 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2019-10-04

Quebec — Committees

Culture and Education — 4 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2019-10-04

Quebec — Committees

Mais,

en attendant, rappelons ce à quoi visait ou quel est l'objectif

qui était poursuivi par l'adoption de la Charte

de la langue française : c'était pour faire du français la langue normale,

habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et

des affaires.

Nous sommes actuellement

témoins d'une régression inquiétante du français au Québec. Pour mémoire, voici

quelques faits qui confirment que la tendance lourde est à la régression du

français.

Tout d'abord, dans certaines études qui ont été

révélées au printemps et qui confirmaient certaines intuitions, le poids

démographique des francophones diminue au Québec : le nombre de personnes

ayant le français comme seule langue maternelle est passé

de 78 % à 76 %. Le français comme seule langue parlée le plus souvent

à la maison a également diminué. Le français

dans l'espace public est toujours utilisé à moins de 60 % dans la région

de l'île de Montréal. C'est évidemment un aspect tout à fait

particulier, là, du dossier qui est le nôtre aujourd'hui.

français au travail, c'est un vecteur fondamental d'intégration des immigrants,

mais aussi un élément clé si on veut

réussir à affirmer que notre langue française est la langue d'usage, la langue

de tous les jours. La langue au travail donne de plus en plus l'impression

qu'elle est sur un pied d'égalité avec l'anglais. C'est donc la bilinguisation

des milieux de travail qui est de

plus en plus en croissance, selon les statistiques qui nous sont rapportées. En

2016, 80 % des Québécois utilisaient le plus souvent le français au travail. C'est une baisse de 2 % par

rapport à 2011, mais c'est aussi une baisse qui confirme une tendance lourde encore plus importante. Près

du quart de la population immigrante, 24 %, utilise plus souvent l'anglais

comme langue de travail. Il y a, justement,

des efforts à consentir à cet égard pour améliorer le bilan. L'utilisation à

égalité du français et de l'anglais au travail, un peu comme je le

mentionnais, est en hausse de 4 %.

Dans les commerces,

dans l'accueil chez les commerces, on le sait, on a adopté trois motions en

trois ans sur cet enjeu, les formules

«Bonjour! Hi!», «suivant, next», «merci, thank you» sont devenues de plus en

plus la norme dans nombre de

commerces, particulièrement dans l'île de Montréal. La proportion des commerces

offrant un accueil uniquement en

français a reculé, le recul est important : de 84 %, il est passé à

75 % en quelques années seulement. 17 % des commerces

accueillent leurs clients seulement en anglais au premier contact. Il y a là un

enjeu important.

français dans l'affichage public ne progresse pas, malgré ce qu'on peut voir

comme information. D'une part, la conformité, oui, est passée de 72 % à

78 %, selon les statistiques de l'Office québécois de la langue française.

Mais ce qu'il faut comprendre, c'est

que les règles ont changé. La prédominance du français n'étant plus nécessaire,

mais simplement la présence suffisante, c'est un élément qui contribue à

niveler par le bas la question de l'affichage public. C'est un élément qui est particulièrement visible dans l'ouest de

l'île de Montréal, où un taux de non-conformité malgré l'assouplissement

de la réglementation demeure à 33 %, le

tiers des entreprises qui ont pignon sur rue, un commerce sur cinq échoue au

test.

J'aimerais aussi

aborder la question du rôle de l'État dans la promotion et la valorisation de

la langue française. En novembre dernier, on apprenait qu'Hydro-Québec avait

décidé d'envoyer des factures unilingues en anglais à 400 000 consommateurs qui l'ont demandé, ce qui rompait avec

une tradition de 25 ans d'offrir, minimalement, là, aux clients des

documents bilingues. En septembre dernier, on apprenait également que la

Société des alcools du Québec accueillait et

servait les clients en anglais ou encore n'imposait pas le français d'emblée

comme langue de service. Toujours en

septembre, le français de piètre qualité faisait la une dans un affichage de la

SEPAQ. On a aussi les lettres qui ont été transmises par le ministère de

l'Immigration, truffées d'erreurs de français grossières.

Et, finalement,

comble de malheur, on a appris, cette semaine, avec le rapport annuel de

gestion 2018‑2019 de l'Office québécois de la langue française, la

diminution de près de 2 % des entreprises de 50 personnes et plus...

ou 50 employés et plus, qui ont obtenu leur certification de francisation

avec succès. Donc, on enregistre une baisse de la progression, si on veut, ou de la certification de ces entreprises.

L'office tend à vouloir blâmer les entreprises de ne pas avoir respecté

leurs engagements. La question, moi, que je veux poser, c'est : Quel

accompagnement offre-t-on à ces entreprises,

alors qu'on sait que, dans ce même rapport, il y a eu une diminution du nombre

d'employés... d'heures consenties lors de travail rémunéré à l'office,

et donc une réduction de quatre employés à temps complet au sein de l'office?

C'est une baisse de ressources, alors que le

gouvernement s'engageait à faire davantage pour faire mieux appliquer la

loi 101, il a plutôt coupé dans les budgets les ressources et les

effectifs de l'Office québécois de la langue française.

Mon temps

d'introduction est, à toutes fins pratiques, écoulé. Je reviendrai, dans un

deuxième temps, avec des propositions pour le gouvernement.

La Présidente

(Mme Nichols) : Très bien. Merci, M. le député. Je cède maintenant

la parole à M. le ministre responsable de la Langue française pour une période

de 10 minutes.

M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme

la Présidente. C'est un plaisir de

vous retrouver à l'Assemblée

nationale pour présider nos travaux aujourd'hui. Je souhaite saluer également les députés qui m'accompagnent, de la

partie gouvernementale. Mme la députée de Roberval, merci d'être présente. M. le

député de Beauce-Sud, ainsi que M. le député de Saint-Jean, merci de votre présence et de participer à l'interpellation de ce matin. On a la chance de se

voir un vendredi matin grâce à la

volonté du député des Îles-de-la-Madeleine, que je salue lui aussi. Je souhaite

saluer la députée de l'Acadie, ainsi que la députée de Taschereau, et

l'ensemble des personnes qui m'accompagnent aujourd'hui.

Écoutez, je dois vous

dire que c'est avec un sentiment de fierté d'être ici aujourd'hui, parce que,

depuis le 4 septembre dernier, le

premier ministre m'a confié la responsabilité de protéger, de promouvoir et de

faire prospérer la langue française

au Québec, mais surtout aussi de la faire rayonner. J'ai dit que c'est un

honneur, un privilège, parce que la

langue française est, d'abord et avant tout, une histoire d'appartenance. Au

Québec, la langue française est la seule langue officielle. C'est la langue de notre nation, c'est par la langue qu'on

exprime notre culture. La langue française fait de nous une nation

unique en Amérique du Nord, qui affirme sa spécificité sans complexe, mais,

d'abord et avant tout, cette langue est le

reflet de notre culture commune et elle traduit également les spécificités du

Québec et le fait que Québec soit et

est une société distincte. C'est pourquoi nous considérons le dossier de la

langue comme ayant une importance primordiale.

En fait, le

rayonnement et la protection de la langue française doit être l'une des

principales responsabilités de tous les

gouvernements québécois, peu importe sa couleur politique. Ce sera une des

priorités du gouvernement du Québec actuel, formé par la

Coalition avenir Québec, et ça aurait dû être la priorité de tous les

gouvernements qui ont précédé le gouvernement actuel, et ça devrait être

une priorité de tous les gouvernements qui succéderont à celui que nous avons

présentement.

Et, pour

protéger cette langue française, qui

est le miroir de notre culture, ainsi que pour assurer sa vitalité et sa

pérennité, nous ne ménagerons aucun effort. Comme je l'ai dit, au mois de

septembre dernier : Tout est sur la table, absolument tout. Nous sommes

tous conscients qu'il reste encore beaucoup de défis à relever afin de renforcer la position

du français à

titre de seule et unique langue officielle et commune sur le

territoire québécois. Et ces défis, je veux les relever de la même façon que

j'ai abordé ceux de l'immigration et de la laïcité au printemps

dernier : avec efficacité, pragmatisme et surtout afin que ce soit

applicable. Et ça, c'est extrêmement important. On est rendu au temps de prendre des réformes, de changer les choses,

d'améliorer les choses, d'amener des bonifications qui sont applicables, et comptez sur moi

pour qu'on aille dans ce sens-là.

Je crois que nous serons tous d'accord que, dans

un passé proche, particulièrement lors du dernier mandat, la langue française n'était pas au coeur des

préoccupations gouvernementales. Depuis le 1er octobre 2018, cela a

changé. Le gouvernement du Québec ne se défilera pas devant ses responsabilités. Le gouvernement accorde la plus

grande attention au portrait de la situation linguistique au Québec. De

nombreux enjeux peuvent être soulevés.

Nous sommes

préoccupés du fait que l'usage du français comme langue d'accueil unique dans

les commerces de l'île de Montréal a diminué

depuis 2010, passant de 84 % à 75 %. De même, l'accueil en anglais

seulement est passé de 12 % à 17 %, une augmentation des

5 %, et l'accueil bilingue, de 4 % à 8 %, il a doublé.

Un autre défi

majeur auquel nous faisons face concerne le français au travail. Depuis les

15 dernières années, l'usage du

français comme langue unique de travail et comme langue la plus utilisée au

travail a diminué au Québec. L'île de Montréal est l'endroit où les

travailleuses et les travailleurs utilisent le moins le français dans le cadre

de leurs fonctions.

Ensuite,

l'usage exclusif du français au travail serait moins fréquent chez les jeunes

francophones de 18 à 34 ans que

ceux âgés de 55 ans et plus. La jeunesse québécoise doit s'approprier

cette langue, une langue universelle, une langue présente sur les cinq

continents, une langue des affaires, une langue de culture.

Soulignons aussi l'importance de l'utilisation

du français au sein de l'administration publique. Il importe, pour celle-ci, d'incarner, dans ses différentes

communications, le fait que le français constitue la langue officielle du

Québec. C'est là l'une de ses

contributions essentielles à la francisation, à l'intégration linguistique de

l'ensemble des Québécoises et des

Québécois. Le français est l'instrument premier de la cohésion sociale au

Québec. Il est attendu que l'État agisse de façon exemplaire à cet

égard.

Chacun de ces

faits provoque une prise de conscience majeure et il nous faut en mesurer

pleinement la portée sur la vitalité de cette langue, qui témoigne de

notre identité et de notre culture.

Déjà, le

gouvernement a fait preuve d'un grand leadership en matière de langue

française. Au cours des derniers mois,

notre gouvernement a réitéré son engagement envers une application rigoureuse de

la Charte de la langue française et

sa volonté de voir les entreprises de compétence fédérale établies au Québec

être assujetties à l'ensemble des dispositions de cette charte. Il

s'agit d'une demande formelle du Québec aux partis fédéraux et au prochain

gouvernement fédéral.

Ensuite, je

ne peux parler de la langue française sans parler de l'importance de faire en

sorte que ceux qui choisissent de

venir vivre au Québec puissent être en mesure d'apprendre sa langue officielle.

C'est pourquoi j'aimerais vous rappeler les nombreuses mesures de francisation récemment mises de l'avant par

ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. En effet, ces nouvelles mesures

constituent un élargissement des conditions d'admissibilité aux cours de

français et à l'aide financière qui y est

rattachée. Ces mesures vont soutenir la pleine intégration en français des

personnes immigrantes à la vie collective.

Ainsi, nous

avons annoncé, en juillet dernier, un investissement supplémentaire de

70,3 millions de dollars afin de

mettre en place plusieurs nouvelles mesures de francisation des personnes

immigrantes, qui sont les suivantes : élargir la clientèle admissible aux services de francisation

et aux allocations de participation; bonifier l'allocation de participation

aux cours de francisation à temps complet de

141 $ à 185 $ par semaine; créer une allocation de participation pour

les cours à temps partiel de 15 $ par jour — ça, Mme la Présidente, je suis très fier de

cette initiative-là que nous avons mise de l'avant, parce que ça faisait en sorte que certaines personnes, bien,

ne suivaient pas de cours de français parce qu'ils n'avaient pas le temps d'y aller à temps plein et il n'y

avait pas d'incitatif financier à y aller à temps partiel, et désormais, il y a

un incitatif qui va accompagner les gens pour être sûr qu'elles puissent

suivre le cours de francisation; créer une allocation de participation pour les séances d'Objectif intégration de 185 $;

procéder à l'embauche de 80 nouveaux professeurs de français à temps complet, pour un grand total de

283 professeurs à temps complet et de 260 professeurs à temps

partiel; et, finalement, ajuster

l'allocation des frais de garde, pour les personnes fréquentant les cours à

temps partiel, de 7 $ à 9 $ par jour par enfant ou personne

handicapée à charge.

Que l'on

parle de préserver la langue française ou encore de francisation des personnes

immigrantes, une constante demeure, soit la fierté qu'engendre cette langue qui

est la nôtre et qui mérite qu'on la transmette aux générations futures. C'est donc, je le réitère, avec une immense fierté

et un grand enthousiasme que je porte désormais le dossier de la langue

française, dont je me ferai un ardent défenseur. Les responsabilités entourant

la langue française et la francisation des personnes immigrantes sont

compatibles. Cette nouvelle dynamique nous permettra d'agir en cohérence et de

manière à favoriser l'apprentissage du

français par les nouveaux arrivants, tout en veillant à l'utilisation de la langue

française dans les milieux

administratifs et de travail aussi bien que dans l'espace public. Nous

proposerons des gestes significatifs pour assurer la promotion et la

défense du français, cette langue qui constitue l'expression la plus éloquente

de notre identité québécoise.

Mme la Présidente, je tiens, dès le départ... Et

j'ai entendu le député des Îles-de-la-Madeleine, tout à l'heure, nous dire à quel point il chérissait cette langue

et à quel point sa formation politique souhaite qu'il y ait des actions en

matière de

langue française. On aura l'occasion, au cours des deux prochaines heures, d'en

débattre, d'en discuter avec les autres collègues parlementaires. Mais je peux, d'entrée de jeu, Mme la

Présidente, les rassurer et vous dire qu'il y aura de l'action, dans les

prochaines semaines, dans les prochains mois, pour faire en sorte de s'assurer,

comme société, comme nation québécoise, que,

pour toutes les générations futures, on puisse parler en français, on puisse

évoluer en français au Québec, on

puisse travailler en français. Parce que c'est ce qui nous distingue en

Amérique du Nord, et c'est ce qui fait notre plus grande spécificité. Et la langue française, c'est

la façon d'exprimer notre culture, d'exprimer notamment qui nous sommes.

Alors, Mme la

Présidente, je souhaite véritablement que l'on puisse travailler tous ensemble

de façon à bonifier les mesures qui

sont déjà en place en matière de protection, de promotion de la langue

française. Mais ça va me prendre la collaboration,

Mme la Présidente, de tous les groupes parlementaires. Parce que la volonté du

gouvernement du Québec, elle est

très, très claire : s'assurer d'un plus grand rayonnement, d'une plus

grande promotion de la langue française et de s'assurer de faire en sorte qu'au Québec on s'assure que la langue

française soit défendue. Je vous remercie, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Nichols) :

Alors, merci, M. le ministre. Nous allons maintenant procéder en alternance aux

interventions de cinq minutes, selon la séquence suivante, soit un député de

l'opposition, le ministre, un député du groupe

formant le gouvernement, et ainsi de suite. Alors, pour débuter ces échanges en

alternance, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, je vous cède la

parole pour un maximum de cinq minutes.

M. Arseneau : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Alors, je rassure M. le ministre. Nous sommes ici pour collaborer et pour formuler des propositions. Et

je suis heureux de voir que certains des constats que nous traçons sont

partagés par le gouvernement.

Là où nous avons une préoccupation, c'est sur le

fait que, si on partage les constats, on ne semble pas partager la même

ambition pour agir promptement. Vous venez de mentionner vouloir agir avec la

collaboration des oppositions dans les

prochaines semaines ou dans les prochains mois. Permettez-moi de dire que je

souhaite ardemment que ce soit dans les prochaines semaines.

Et, pour

agir, je pense, et c'est l'objet de l'interpellation, il faut, à notre point de

vue, rouvrir la loi 101, la Charte de la langue française, et l'améliorer, et ne pas se contenter

simplement de l'appliquer ou de l'appliquer de façon plus serrée, surtout que, durant la dernière année, c'est ce

qu'on a affirmé et répété, tout en — je l'ai dit tout à l'heure — réduisant la capacité d'agir de

l'Office québécois de la langue française par des baisses de budgets.

Alors, une des propositions-phares qui, me

semble-t-il, pourrait nous permettre d'atteindre un objectif que nous partageons tous deux et, je suis sûr, une majorité

des gens ici, au Québec, de faire du français la langue officielle et de plus

en plus répandue dans les milieux de

travail, c'est donc d'élargir la portée de la loi 101 pour y inclure et y

assujettir les entreprises de 25 à

49 employés. C'est une mesure qui non seulement donnerait un signal

clair qu'au Québec ça se passe en français pour faire valoir notre culture et ce que nous

sommes, mais que ce soit aussi la langue d'usage au quotidien pour des

centaines de milliers de Québécois et de néo-Québécois.

M. le ministre a parlé des initiatives et des investissements pour favoriser la francisation des nouveaux

arrivants. Nous saluons ces mesures. Nous souhaitons aussi qu'il annonce

promptement des mesures qu'il mettra en place pour s'assurer d'un suivi des mesures qui ont été mises en place, d'un

certain contrôle concernant l'efficacité réelle des mesures qui ont été mises en

place pour favoriser, donc, la francisation des nouveaux arrivants.

Mais je reviens sur la question du français en

milieu de travail. Il y a, pour les nouveaux arrivants, un facteur d'intégration fondamental, qui est celui de la langue d'usage au travail. Et

beaucoup des nouveaux arrivants vont décrocher leur premier emploi dans les petites et moyennes

entreprises, des entreprises qui, souvent, vont compter moins de 50 employés. Et il est

essentiel d'accompagner ces entreprises-là, tel que le proposait, d'ailleurs, en 2013, le Conseil supérieur de la langue française.

Il s'agissait de rendre l'usage du français obligatoire dans les entreprises de 25 à 49 employés,

mais avec une modulation particulière

pour ces petites entreprises, qui ont besoin, donc, d'un accompagnement. Pour ce faire, l'accompagnement pourrait, par exemple, être prodigué par

l'Office québécois de la langue

française, pourvu qu'on augmente

les ressources pour ce faire.

Mais il faut aussi avoir des mesures de

contrôle, certains objectifs clairs à atteindre. Parce qu'on sait que, déjà, même si des entreprises de 50 employés et

plus sont assujetties à la loi, elles ne priorisent visiblement pas tous les

programmes de francisation qu'elles adoptent, avec les résultats qu'on connaît et qui étaient dans

le rapport déposé cette semaine, une régression, donc, du pourcentage d'entreprises qui

respectent leurs engagements quant à la francisation des milieux de travail.

Il est

difficile d'obtenir des chiffres précis sur le nombre de personnes ou

d'entreprises que ça peut toucher, mais le Conseil supérieur de la langue française parlait de

7 500 entreprises qui pourraient être touchées. On peut imaginer que

c'est 250 000 à

300 000 personnes qui n'ont pas la chance d'avoir des mesures qui

leur permettraient de mieux maîtriser la langue française, la langue commune du

Québec, et de l'utiliser au jour le jour, 35, 40 heures par semaine au

travail. Et c'est ce qu'on propose, une réouverture de la loi 101

pour inclure cet aspect fondamental.

Présidente (Mme Nichols) : Merci, M. le député. Toujours en

alternance, alors la parole est à M. le ministre pour cinq minutes.

M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, Mme la

Présidente, j'accueille favorablement les propositions de mon collègue

des Îles-de-la-Madeleine, et on les prend en note et on va regarder, dans le

cadre de ces suggestions, ce qui peut être fait.

Je retiens une chose. Le député des

Îles-de-la-Madeleine me dit : Il ne faut pas simplement appliquer la

Charte de la langue française, la loi 101, il faut aussi la réouvrir pour

la moderniser, la modifier. Je vous dirais, Mme la Présidente, et je l'ai dit lorsque le premier ministre m'a confié

cette responsabilité-là : Je ne suis pas du tout fermé à réouvrir la Charte

de la langue française. Présentement, tous

les scénarios sont sur la table, et j'étudie le dossier. Mais une chose qui est

sûre, c'est que, depuis plus d'un an,

il y a des actions qui ont été entreprises, il y a déjà du travail qui a été

effectué. Et je poursuis le travail

qui a été fait par ma collègue à la Culture à l'époque où elle avait la

responsabilité de ministre responsable de la Charte de la langue

française.

où j'émets certaines réserves par rapport au point de vue du député des

Îles-de-la-Madeleine, c'est que, lorsque nous avons un texte législatif

qui est en vigueur, il doit être appliqué. Nous devons nous assurer que, déjà,

les mesures législatives qui sont en place

trouvent application. Alors, très certainement, même si nous ouvrons la Charte

de la langue française dans les

prochains mois, il faut aussi s'assurer que la loi, elle s'applique. Et ça,

c'est un élément qui est important.

a eu un débat il y a quelque temps relativement à l'application des lois du

Parlement du Québec. Moi, je peux vous

assurer que, lorsqu'on a des dispositions législatives qui sont en vigueur,

elles doivent s'appliquer. Et ça, c'est un travail que vous avons à

faire aussi comme gouvernement, de nous assurer que les différentes dispositions

de la charte s'appliquent, et trouvent application, et qu'elles soient

respectées. Et nous allons nous assurer aussi que les différentes dispositions législatives

soient respectées par l'ensemble des personnes ou organismes qui sont visés.

député des Îles-de-la-Madeleine a également fait référence aux personnes immigrantes relativement à l'apprentissage du français.

Vous savez, ce qui est bien avec la Charte

de la langue française, c'est que lorsqu'elle a été adoptée, elle a fait en sorte que les enfants des

personnes immigrantes, des nouveaux arrivants, devaient obligatoirement aller à l'école en français. Et ça, pour notre société, pour notre nation,

bien, ça a été garant aussi d'assurer que les nouveaux arrivants s'intègrent en français,

et par les enfants souvent aussi. Mais il ne faut pas négliger non plus les

parents, les adultes qui arrivent au Québec.

Et c'est pour ça que, dans le budget du ministère

de l'Immigration, le budget

supplémentaire que le ministre des

Finances a octroyé au ministère de l'Immigration l'an passé, bien, il y a 146 millions de dollars supplémentaires qui a

été octroyé par année pendant cinq ans, pour un total de 730 millions.

J'ai

décidé, cette année, de faire en sorte de donner davantage de ressources au

secteur francisation du ministère de l'Immigration.

Et on a attribué la moitié de cette augmentation-là du budget de

146 millions de dollars, environ la moitié, là, 70 millions sur 146 millions, justement

pour faire en sorte d'envoyer un message très clair, pour dire : Écoutez,

en matière de francisation avec les

personnes immigrantes, c'est extrêmement important, et il faut vous donner les

ressources pour pouvoir apprendre le

français. Et nous nous sommes collés sur la réalité des personnes immigrantes.

Parce qu'auparavant, vous savez, l'admissibilité aux cours de francisation pour

les personnes immigrantes était limitée à cinq ans. À partir du moment où vous arriviez à Dorval, le compteur

commençait à tourner. Donc, cinq ans. Mais ça, ça ne prenait pas en compte

la réalité, les différentes réalités des

personnes immigrantes, qui, parfois... Dès le départ, lorsqu'on arrive dans un

nouveau pays, on n'a pas

nécessairement tout le loisir ou tout le temps de pouvoir apprendre la langue

d'usage, la langue commune, ou de se

perfectionner au niveau de cet apprentissage-là. Il y avait un plafond de cinq

ans. On a enlevé le plafond de cinq ans. Quelqu'un que ça fait plus de

cinq ans qu'il est ici maintenant a accès à tous les cours de francisation.

Même chose aussi, Mme

la Présidente, relativement aux personnes qui sont en statut temporaire.

Auparavant, c'étaient les immigrants

permanents de moins de cinq ans qui avaient le droit aux cours. Maintenant, on

offre les cours aux conjoints, aux conjointes des gens qui ont des

permis temporaires, aux gens qui sont en situation temporaire aussi avec un permis de travail ou un permis d'étude ici. Et

ça, c'est un excellent message pour la société québécoise. On élargit notre

offre en matière de francisation pour faire

en sorte que toute personne qui désire apprendre le français, bien, on les

incite à le faire en déployant des ressources et surtout en faisant en sorte

aussi que les cours sont davantage disponibles. Donc, je pourrai y

revenir, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Nichols) : Alors, merci, M. le ministre. Je vais

maintenant céder la parole à un député ministériel. Alors, le député de

Saint-Jean, la parole est à vous pour cinq minutes.

M. Lemieux :

Merci, Mme la Présidente. Je voudrais commencer par dire, sur le plan

personnel, d'entrée de jeu, que j'ai toujours un petit coup au coeur et un

petit coup à ma langue aussi lorsque le «hi!» suit le «bonjour!». Et ça, c'est

quand il y en a un, «bonjour!», selon le

commerce ou l'endroit où on fait affaire. Et, d'ailleurs, pas plus tard que la

semaine dernière, je me suis surpris

à ne pas savoir quoi répondre lorsqu'après ma transaction, qui avait débuté par

un «Bonjour! Hi!» malaisant à la

caisse, on m'a

sommairement lancé : «You're welcome. Bye, now», après que

j'aie dit merci en m'éloignant avec mon reçu, un peu penaud. C'est important, parce que c'est fondamental, comme dans essentiel, vital même. Il faut penser aussi qu'on n'a pas besoin d'aller magasiner

dans un quartier traditionnellement anglophone pour se sentir comme ça. Mme Denise Girard, une citoyenne

de mon comté, m'écrivait, d'ailleurs, pour s'en plaindre plus tôt, cette année. Et,

comme vous allez le comprendre, ce n'est pas

parce qu'on lui parle en anglais dans les commerces de

Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est parce qu'elle est déçue, inquiète même,

de ce qu'on est en train de devenir en regardant notre télé en français.

Je vous cite des

extraits de sa lettre, mais permettez-moi d'abord de vous lire sa présentation,

qui m'a beaucoup touché : «C'est la

première fois — m'écrit-elle — que je m'adresse à mon député. Il faut dire

que c'est la première fois dans ma vie qu'un candidat provincial pour qui j'ai

voté est élu.» Merci beaucoup, Mme Girard. Elle m'écrit, et ça m'a interpelé : «J'aime beaucoup que les nouveaux

arrivants soient suivis afin qu'ils puissent avoir une connaissance adéquate

du français. Mais pour les aider — écrit Mme Girard — à aimer notre langue, il faudrait que nous

la respections beaucoup plus. Ce qui

me dérange, moi — dit-elle

toujours — ce sont

toutes les émissions sur les réseaux de langue française du Québec, qui, sans gêne et sans réprimande,

utilisent des mots en anglais dans le

titre des émissions, et ça ne s'arrête

pas dans le titre.»

liste qu'elle m'a fournie est longue, je vous en fais grâce, mais elle

m'explique qu'elle trouve que c'est pire pour les réseaux et les émissions qui s'adressent aux ados et aux jeunes

adultes. Et, malheureusement, elle a raison. Je vous fais grâce, encore là, des exemples, parce qu'elle

enchaîne en identifiant les publicités à la télé et les ritournelles

publicitaires dont les paroles sont

aussi souvent en anglais sur les chaînes françaises, et dont les produits sont

annoncés avec leurs noms anglophones.

Bref, elle

aussi a de gros malaises juste en regardant la télé, ce qui fait qu'elle a

conclu en m'écrivant : «Je ne sais pas si le gouvernement peut forcer ces compagnies à changer leurs façons

de faire, mais j'espère qu'il sera possible de faire en sorte de

protéger notre très belle langue.»

Mme la

Présidente, je suis d'accord avec Mme Girard, parce que je pense qu'elle a

tout à fait raison. Elle est belle, notre

langue, oui, et je pense, moi aussi, qu'il faut faire, et qu'on doit faire tout

ce qu'on peut et tout ce qu'il faut pour la protéger.

Et je veux essayer de la rassurer, parce que

notre langue est une priorité pour notre gouvernement, et parce que nous serons toujours du côté de ceux qui veulent

protéger et promouvoir la langue française. Et je suis confiant, parce que

notre premier ministre m'a déjà rassuré en déclarant avant, pendant et après la

dernière campagne électorale qu'on ne pourra

jamais rien tenir pour acquis, et qu'il nous faudra toujours être vigilants si

on veut que nos enfants et les enfants de nos enfants puissent vivre en français, et parce que, justement, notre

premier ministre vient de confier le dossier de la langue au ministre de l'Immigration, qui pourra, dans

l'esprit du rapport Samson, faire le pont entre les nouveaux arrivants et leur

société d'accueil, qui s'est donné un

gouvernement nationaliste qui a déjà fait ce qu'il fallait faire pour protéger

sa langue. Et j'ajoute, à l'intention

de Mme Girard, qu'elle a fait ce qu'il fallait en restant vigilante et

inquiète en le faisant, parce que la langue, c'est l'affaire de tous.

Alors, je

tends la main à tous les partis en cette Chambre et à notre collègue des

Îles-de-la-Madeleine en particulier, qui

nous a convoqués ici ce matin, pour lui dire qu'il peut compter sur nous et que

nous espérons, nous aussi, compter sur lui,

parce que ça nous concerne tous. Et, en ce qui me concerne, notre langue, c'est

fondamental, encore une fois, comme dans essentiel, parce que c'est

vital.

J'ai une

expression que j'affectionne particulièrement parce qu'elle parle, comme on

dit, même si elle n'est pas toujours chic et de circonstance : Tout est

dans tout, ou, si vous préférez, et dans un vocabulaire un peu plus châtié pour

cette Chambre : ceci explique cela.

Parce que pas de langue, pas de nation. Et moi, je suis nationaliste et j'en

suis fier. Merci, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Nichols) : Alors, merci, M. le député. Je cède

maintenant la parole à une députée de l'opposition officielle. Alors,

Mme la députée de l'Acadie, la parole est à vous pour cinq minutes.

Mme St-Pierre :

Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de prendre la parole ici, ce

matin. Je salue les collègues de l'Assemblée nationale. Je salue

également les équipes qui accompagnent mes collègues de l'Assemblée nationale.

Alors, oui, je prends la parole à

titre de

porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue française. Mme la Présidente, j'ai été, dans le passé,

ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française. J'ai

aussi été ministre de la Francophonie. Donc,

je suis en mesure de dire à quel point la langue française a toujours été une

priorité pour nos gouvernements.

Je rappelle à

tous ceux et celles qui nous écoutent que, si la langue officielle du Québec

est la langue française, c'est grâce à un grand premier ministre qui a été

Robert Bourassa. Je peux dire aussi que nous avons créé le conseil... pas le

conseil, mais l'organisme de la francophonie des Amériques, qui a été

créé sous Jean Charest.

Nous

avons, en francophonie, effectué une percée historique sur le continent

africain en ouvrant une délégation générale à Dakar, ce qui est une première

dans l'histoire du Québec, et aussi deux représentations au Maroc et en Côte

d'Ivoire.

Québec est le vaisseau amiral de la protection de la langue française en

Amérique. Je l'ai dit ici et je l'ai dit ailleurs dans le monde. Sans le

Québec, sans la protection et la promotion de la langue française au Québec, il

n'y aurait pas de

français en Amérique du Nord. Donc, nous avons un rôle important à jouer, ici,

de protection et de promotion de la langue française.

Nous avons, bien sûr, des défis,

parce que nous sommes évidemment dans un univers anglo-saxon. Nous ne représentons que 2 % de la population en

Amérique du Nord. Donc, bien sûr, les défis seront toujours grands, les défis

seront toujours là.

J'ai mis, dans le passé,

énormément de coeur à la protection et la promotion de la langue

française. Nous avons travaillé avec des équipes exceptionnelles. Nous avons

travaillé très fort. Nous avons mis en place des mesures. Et, bien sûr, nous sommes ouverts à tout ce qui peut

encore faire en sorte qu'on puisse améliorer la situation et encore faire

la promotion de la langue française.

Ce matin, je voyais des statistiques disant que

les jeunes sont plus bilingues qu'avant, ça peut être une bonne nouvelle pour certains, ça peut être un signe

d'assimilation pour d'autres. Donc, dans le domaine de l'éducation, bien sûr,

il faut faire des gestes, il faut poser des grands gestes dans le secteur de

l'éducation. Et, bien sûr, quand le ministre dit que tout est sur la table, j'imagine que son collègue de l'éducation est

également dans le cercle pour faire en sorte que, dans les écoles, bien

sûr, on accentue l'apprentissage du français et que ce français soit bien

parlé.

y a eu, au printemps dernier, la parution d'un document très intéressant, L'évolution

de la situation linguistique au

Québec . Il y a des points

faibles, il y a des points forts. Malheureusement, on n'a pas beaucoup parlé

des points forts. Et moi, j'aimerais

répéter des conclusions de ce document : «L'attraction du français chez

les personnes allophones arrivées récemment s'accentue progressivement

puisqu'elles sont, depuis 1981, proportionnellement plus nombreuses à chaque cohorte d'immigration.

Depuis 2007, les anglophones de l'île de Montréal utilisent davantage le

français dans l'espace public. La proportion d'anglophones et

d'allophones déclarant avoir une connaissance suffisante du français pour

soutenir une conversation n'a cessé

d'augmenter. En 2016, une majorité de Québécoises et de Québécois, 94 % se

déclaraient capables de soutenir une conversation en français. Les collèges

francophones attirent de plus en plus d'élèves de langue maternelle autre que

le français et de langue maternelle anglaise. Les résultats liés à l'évolution

du français comme langue de travail montrent une relative stabilité du

français au travail — il

y a du travail à faire, j'en conviens. Depuis 2010, on constate une augmentation du taux de conformité de

l'affichage public des entreprises sur l'île de Montréal. En 2017, le taux de

service en français atteignait 96 % dans les commerces de l'île de

Montréal, ça inclut le centre-ville de Montréal, l'est, l'ouest, le nord.»

Évidemment,

je répète, la situation n'est pas parfaite. Il faudra toujours être vigilant,

mais je pense que les constats qui

sont faits dans cette importante étude montrent qu'il y a un travail qui a été

fait. Il y a toujours, toujours eu une forte, je dirais... une action

forte en faveur du français, et il faut continuer. Vous pouvez compter sur nous

pour faire en sorte qu'on va travailler

ensemble, je l'ai toujours fait, j'ai toujours lancé un appel à mes collègues

de l'Assemblée nationale. On a travaillé ensemble, et il faut, bien sûr,

faire des constats, mais des constats justes. Il y a des forces, de grandes

forces, il y a des faiblesses, et nous

allons pouvoir travailler ensemble à l'amélioration du français, parce que

c'est l'avenir qui le commande. Merci beaucoup.

Présidente (Mme Nichols) : Merci, Mme la députée. Alors, je cède

maintenant la parole à M. le ministre, toujours pour cinq minutes.

M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je suis

heureux d'entendre la députée de l'Acadie sur le fait qu'elle nous dise qu'il y a de l'amélioration à faire, parce que,

oui, il y a des efforts à faire et il y a beaucoup d'amélioration, et, surtout, ça va nécessiter des changements

législatifs fort probablement, et surtout que la Charte de la langue française

s'applique aussi. Lorsque la députée de

l'Acadie nous dit : J'ai été ministre, on a ouvert des délégations, j'ai

travaillé à faire la promotion de la

langue française, je la crois et je salue sa contribution politique à la

promotion, à la valorisation de la langue française. Elle souligne

également que Robert Bourassa a fait de la langue officielle le français dans

les années 70. Nous soulignons également cet état de fait.

ne faut pas, par contre, Mme la Présidente, regarder uniquement un côté de la

médaille. Vous le savez, Mme la Présidente,

durant des années, les précédents gouvernements n'ont parfois pas mis tous les

efforts nécessaires pour assurer la

promotion, la valorisation et la protection de la langue française. Il y a du

travail qui a été fait, c'est vrai, mais est-ce qu'on est allé assez loin? Est-ce qu'on s'est assuré,

Mme la Présidente, d'avoir tous les leviers, de prendre toutes les mesures pour

s'assurer qu'il n'y ait pas de recul en

matière de francisation, en matière d'utilisation de cette langue parlée, que

les personnes immigrantes, lorsqu'elles travaillent dans un emploi,

elles puissent le faire en français?

Ça, Mme la Présidente,

je dois m'inscrire en faux un peu avec ce qui est dit, avec cette position, qui

nous dit : Écoutez, ça va relativement bien, la langue

française, au Québec. Ce n'est pas

tout noir, là, ce n'est pas ça que je dis. Mais moi, je pense

qu'il y a beaucoup d'améliorations à apporter. Et, surtout si on

veut s'assurer de la pérennité de la langue

française, bien, il faut prendre toutes les mesures pour faire en sorte de

renforcer la Charte de la langue

française dans son application,

mais aussi dans sa réforme.

Alors, je suis

heureux d'entendre le fait que la députée de l'Acadie et sa formation politique

vont travailler en collaboration avec nous pour améliorer les choses. Parce que,

Mme la Présidente, cette langue-là que nous parlons, c'est ce qui

nous unit, c'est ce qui unit la société québécoise, la nation québécoise. Alors, j'espère

que, lorsque je vais proposer différentes réformes, Mme la

Présidente, j'aurai l'appui du Parti libéral du Québec. Parce

qu'historiquement on a toujours senti un certain malaise de cette

formation politique là à aller un peu plus loin.

Et, lorsqu'on fait la

genèse, là, de la création des différentes lois linguistiques au Québec...

La Présidente

(Mme Nichols) : Oui, Mme la députée. Alors, je comprends que vous

avez des sentiments, des perceptions, mais je vous demanderais de vous en tenir

au contenu et ne pas partager vos sentiments et vos perceptions. Merci, M. le

ministre.

M. Jolin-Barrette :

J'essaie le moins possible, Mme la Présidente, de partager mes sentiments.

Mais, Mme la Présidente, vous me permettrez

quand même de partager le sentiment suivant : j'aime notre langue, j'aime

la langue française. Alors, je le

déclare, je déclare mon affection et mes sentiments. J'espère que vous ne m'en

tiendrez pas rigueur et non plus... que

la députée de l'Acadie non plus ne me dise que je ne dois pas être en amour

avec la langue française. Et j'espère qu'on est tous amoureux, j'espère

qu'on est tous polyamoureux de la langue française ici, dans cette Chambre.

Cela

étant dit, Mme la Présidente, on a des actions à prendre, et je souhaite

vraiment la collaboration du Parti libéral, parce que, quand va venir le temps de dire que nous sommes

nationalistes, comme le député de Saint-Jean l'a dit tout à l'heure,

bien, il y a des actions concrètes qui vont être à prendre et il y a des votes

qui vont se prendre ici, à l'Assemblée nationale, Mme la Présidente. Et ça sera

important et opportun que le Parti libéral du Québec appuie le gouvernement dans cette démarche-là. Parce que, si on veut

s'assurer de faire en sorte que la société québécoise demeure francophone et

qu'on... surtout, que toutes les nouvelles

personnes, tous les nouveaux arrivants qui arrivent au Québec puissent évoluer

et puissent en faire leur langue principale, le français, ça va

nécessiter l'appui de l'ensemble des formations politiques.

Alors, Mme la Présidente, simplement rappeler

que, oui, Robert Bourassa a fait la langue officielle du Québec. Mais revenons

à la loi 101, lorsqu'elle a été adoptée, c'est grâce à Camille Laurin

aussi que nous avons pu nous assurer de la pérennité jusqu'à maintenant de la langue

française et nous devons poursuivre le travail qui a été effectué par

M. Laurin lorsqu'il a adopté la Charte de la langue française.

Présidente (Mme Nichols) : Merci, M. le ministre. Je vais céder

la parole à un député ministériel, et ça sera le député de Beauce-Nord.

La parole est à vous pour cinq minutes.

M. Poulin :

Sud. Sud, Mme la Présidente.

La Présidente

(Mme Nichols) : Beauce-Sud, pour cinq minutes, je m'excuse. Je

m'excuse.

M. Poulin :

Aucun problème. Merci beaucoup. Très content d'être avec vous ce matin. Je veux

saluer, bien évidemment, l'ensemble

de mes collègues. M. le ministre, quel plaisir de vous retrouver sur cette

plateforme. Mon collègue le député de

Saint-Jean, Mme la collègue députée de Roberval, M. le député des

Îles-de-la-Madeleine, Mme la députée de l'Acadie, Mme la députée de Taschereau

ainsi que l'ensemble des gens qui nous accompagnent.

Très

content de parler de l'avenir du français ce matin. Bien évidemment, lorsqu'on

s'appuie sur le rapport le plus récent

de l'OQLF, d'avril 2019, c'est une bible assez incroyable d'informations, de

données sur la situation du français au Québec à différents niveaux et

dans différentes strates et sphères de la société, qui est fort important.

peu plus tard, je vous parlerai de l'importance du français chez les jeunes

Québécois, l'importance de consommer de

la culture québécoise, de mieux maîtriser cette langue française là, entre

autres sur les réseaux sociaux, entre autres dans les milieux scolaires,

entre autres dans nos différentes communications au travail.

Mais

je veux revenir sur ce que le député de Saint-Jean a mentionné et également le

ministre tout à l'heure sur le «Bonjour!

Hi!». Bien évidemment, ça a fait couler beaucoup d'encre au cours des dernières

années au Québec, cette notion du

«Bonjour! Hi!», particulièrement dans des entreprises à vocation touristique.

Et je pense qu'on a un devoir, bien entendu, comme Assemblée nationale, comme

institution, de rappeler l'importance que ça se passe en français et

l'importance de mettre le français de l'avant.

Vous savez, je ne crois

pas, moi, nécessairement, que les employés dans une entreprise ont le goût de

dire «Bonjour! Hi!», mais le patron peut lui

dire : Écoute, on a beaucoup de touristes qui ne maîtrisent pas le français,

alors ça va faciliter l'accès, ça va faciliter l'accueil. Eh! bien, non. Moi,

j'ai rarement vu, sinon presque jamais, des gens venir au Québec,

passer des vacances et dire : J'aimerais me faire dire «Bonjour! Hi!», pas

du tout. Au contraire, ils aiment se faire servir en français, ils aiment pouvoir connaître la langue française.

Alors, je pense que ça, il faut bien le spécifier : il faut le dire, bien

entendu, à nos entreprises

touristiques, il faut le dire à nos entreprises professionnelles, que ça se

passe ici en français avec le mot «Bonjour!».

d'autant plus, lorsqu'on a eu récemment les sociétés d'État, qu'on a dû

rappeler à l'ordre, et le mentionner à nouveau, que ça se passe en français,

et l'importance de servir les gens avec le «Bonjour!» et, du moins, le plus

possible en français.

Il y a des éléments

fort intéressants dans le rapport de l'OQLF. Lorsqu'on élargit et qu'on parle

de français au niveau des entreprises, entre autres, le langage du magasinage

en ligne, c'est fort intéressant. Parmi les personnes ayant magasiné en ligne en 2018 — et ça, ça touche de nombreux jeunes — un peu plus du trois quarts, 79 %,

l'ont fait au moins une fois en

anglais et, en arrivant sur un site en anglais, la moitié des francophones,

51 %, cherchaient la version du site en français pour continuer leur magasinage, alors qu'une majorité

d'anglophones, 97 %, et d'allophones, 75 %, préféraient continuer en anglais. Alors, il y a une notion,

tout de même, du positionnement du français sur différentes plateformes et de

la façon dont on le magasine et le

positionne. Et, bien évidemment, lorsqu'une entreprise est au Québec, on

souhaite qu'elle puisse utiliser le français dans ses communications.

Tout à l'heure, et je pense que c'est important de le rappeler, oui, on mentionnait

qu'on est un îlot francophone en Amérique

du Nord, mais on vit quand même en Francophonie, à travers des institutions où

d'autres gens, sur la planète, parlent français.

Et il faut rappeler à nos entrepreneurs l'importance de brasser des affaires en

français le plus possible. Entre autres, on connaît les Offices jeunesse

internationaux du Québec, que je veux saluer, qui relèvent du ministère des

Relations internationales, mais dont le

Secrétariat à la jeunesse finance, où on a annoncé, au cours de l'été,

4,6 millions pour permettre à de

jeunes entrepreneurs québécois d'aller brasser des affaires en Francophonie,

alors, de permettre d'avoir certains start-up francophones, d'aller en France, d'aller au Maroc et de créer des

institutions francophones, et ça, c'est une bonne nouvelle à ce niveau-là. Et, entre autres, on l'a fait avec

Michel Robitaille, entre autres, qui était, jusqu'à tout récemment, président

des Offices jeunesse, qui a été délégué du

Québec à Paris, délégué du Québec à New York, qui a fait un travail

extraordinaire chez LOJIQ. Eh bien, LOJIQ, c'est une façon de promouvoir

le français et de mettre de l'avant le français, entre autres auprès de nos

entreprises et de nos jeunes entrepreneurs. Alors, ça, il va falloir y

travailler de façon assidue.

peu plus tard, on pourra aborder, effectivement, l'indifférence de certains

groupes face au français, du fait que ce n'est pas grave de se faire

servir en anglais, ou c'est normal de parler anglais, entre autres chez les

jeunes. Le rapport de l'OQLF amène des

informations assez probantes sur le solide coup de barre qu'on doit donner. On

aura la chance de travailler avec le

ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, avec

le Secrétariat à la jeunesse, savoir

de quelle façon on peut mieux sensibiliser les jeunes au français et au choix

des mots également, à la possibilité que, dans une institution scolaire,

on puisse mieux valoriser le français, entre autres dans les salles de classe

et que parler français, eh! bien, c'est

agréable et qu'on peut se propulser encore plus loin avec cette langue. Donc,

j'y reviendrai tout à l'heure. Merci, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Nichols) : Alors, merci, M. le député. Je cède

maintenant la parole au député des

Îles-de-la-Madeleine pour cinq minutes.

M. Arseneau : Merci,

Mme la Présidente. Alors, j'ai entendu, de la bouche du ministre, le mot

«réforme». Tout est sur la table, et

ça, ça nous réjouit énormément, parce que ça contraste avec l'opinion de sa

prédécesseure, qui repoussait à plus tard les échéances quand il est

question de renforcer la loi 101.

Maintenant, après

avoir fait le plaidoyer sur les entreprises de 25 à 49 employés,

j'aimerais aborder deux autres éléments qui

me semblent préoccupants et je voudrais entendre le ministre là-dessus. J'aurais

aimé qu'il se prononce et qu'il s'engage à modifier la loi 101,

dans le sens de l'application et de l'assujettissement des petites entreprises,

25 à 49 employés — j'espère que ça viendra — mais il y a un autre élément que je voudrais

souligner, c'est celui de la décision de

la Cour d'appel de 2016 qui a opté pour une interprétation très large et peu

restrictive sur la notion de nécessité de maîtriser une autre langue que la langue officielle, le

français, pour accomplir une tâche dans le cadre de son emploi. C'était

l'article 46 de la Charte

de la langue française, qui

permettait, donc, aux francophones un

accès plus large au marché du travail. Et la Cour d'appel, par sa décision, a ouvert la possibilité à tous les

employeurs ou à peu près d'interpréter de façon très large la nécessité de la maîtrise d'une autre langue, ce

qui restreint l'accès à l'emploi pour les francophones unilingues. Et

j'aimerais que le ministre se penche

sérieusement sur cette question-là pour pouvoir baliser ces règles, une notion

qui est maintenant une notion de

nécessité qui est devenue extrêmement floue, beaucoup trop flexible et qui

contrevient à l'esprit de l'article 46 de la Charte de la langue française et contrevient aussi à l'esprit que

l'on partage, de pouvoir favoriser un milieu de travail où les

francophones bilingues ou unilingues, un milieu de travail où ils puissent

s'épanouir pleinement.

L'autre élément que

je voudrais porter à l'attention du ministre, c'est celui qui semble faire

l'unanimité. Et je pense qu'on pourrait le

régler à très court terme, celui de l'application de l'article 1 de la loi

n° 104. Le 29 mai, avec beaucoup de bonheur, nous avons obtenu l'assentiment de

tous les partis représentés à l'Assemblée nationale dans une motion pour

mettre en application cet

article qui

permettrait d'exiger que les communications écrites avec les autres

gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec par

l'administration publique du Québec utilisent uniquement la langue officielle, le français. Parce que la situation

actuelle, aujourd'hui, je l'ai mentionné tout à l'heure avec quelques exemples

anecdotiques, favorise plutôt, à l'inverse,

des pratiques qui contribuent à une certaine confusion, à savoir si le français

est bel et bien la seule langue officielle. Nous pensons que ne pas appliquer

cet article-là contribue, au contraire, au bilinguisme institutionnel. Même une collègue ministre a, par

un malheureux lapsus, mentionné, il y a quelques semaines, que le Québec

était une province officiellement bilingue.

Alors, je pense qu'il faut lancer un message très clair que les communications

écrites doivent être transmises en français à, finalement, tous les

interlocuteurs de l'administration gouvernementale.

J'en

profite aussi pour poser la question sur l'exemplarité du gouvernement et de

l'administration. Il y a eu plusieurs faits

qui ont été rapportés par la presse sur non seulement l'utilisation de la

langue française dans les communications, mais, je dirais, la justesse et l'application de la langue française sans

faute. Et je crois qu'à cet égard l'une des mesures ou l'un des gestes qu'a posés la prédécesseure du

ministre, c'était de commander un portrait des pratiques linguistiques des

ministères et des organismes

gouvernementaux. M. le ministre, nous avons fait appel au Conseil supérieur de

la langue française pour obtenir des

informations sur l'état de la situation. Où est ce portrait des pratiques

linguistiques des ministères et des organismes? Et quand allez-vous le

rendre public?

La Présidente

(Mme Nichols) : Alors, M. le ministre, la parole est à vous pour

cinq minutes.

M. Jolin-Barrette : Quelques remarques préliminaires, Mme la

Présidente. Dans un premier temps, le collègue faisait référence à la ministre de la Justice qui a commis un lapsus. Et

elle a eu l'occasion, dans les minutes suivant son lapsus, de rectifier la situation. Et ma collègue

est responsable de la francophonie canadienne et elle sait très bien que la

seule province bilingue est le

Nouveau-Brunswick. Et je peux vous assurer que la langue officielle du Québec

demeurera le français et uniquement le français. Et ça, je pense que ça

fait consensus au Québec, ici.

on doit s'assurer aussi, au niveau de la francophonie canadienne, de jouer

notre rôle aussi, hein? Ça, c'est extrêmement

important. Tout à l'heure, la députée de l'Acadie parlait du rôle du Québec à

l'international comme vaisseau amiral. C'est vrai, mais on a un rôle à jouer

aussi pour les communautés francophones au Canada, mais aussi en

Amérique du Nord. Et soyez assuré que notre gouvernement va agir en ce sens-là

aussi.

Bon.

Pour ce qui est des entreprises de 25 à 49 employés, ce qu'il faut dire,

dans un premier temps... Parce que, souvent,

ce qu'on entend dans le discours public,

c'est que la Charte de la langue

française ne s'applique pas aux

entreprises de 25 à 49 employés.

Or, c'est faux. Il y a certains chapitres qui ne s'appliquent pas, notamment

en matière de comité de francisation aux entreprises de 25 à

49 employés.

Je suis d'accord en

partie avec le député des Îles-de-la-Madeleine que nous devons agir sur cet

aspect-là relativement au fait qu'on doit

inciter les entreprises de 25 à 49 employés à adopter des pratiques qui

vont mettre en oeuvre la francisation sur le milieu de travail. Ce à

quoi nous invite le député des Îles-de-la-Madeleine, c'est de faire en sorte

que les chapitres de la Charte de la langue française s'appliquent. Ça amène

certains questionnements relativement à l'agilité,

à la flexibilité des entreprises, et je ne souhaite pas nécessairement alourdir

le fardeau pour les entreprises. Alors, comme je le disais, d'entrée de jeu, lors des remarques préliminaires, je suis présentement en réflexion pour voir de quelle façon est-ce qu'on peut s'assurer que, sur les milieux de travail, il y

a davantage de francisation, mais sans pour autant faire en

sorte d'alourdir substantiellement le travail... la charge des PME.

Parce que, vous savez, au Québec, souvent, dans plusieurs entreprises, bien, il n'y a pas de service de

ressources humaines, on a des employeurs qui sont face, parfois, à un lourd

fardeau administratif. Alors, toute

mesure doit être évaluée. Et, vous savez, lorsqu'on évalue une norme,

l'imposition d'une réglementation,

ou... législativement, on regarde quel est aussi l'impact sur la compétitivité

des entreprises. Alors, on a évalué ça dans la balance lorsqu'on étudie les

différents enjeux, les différentes pistes de solution. Alors, j'entends le

message du député des Îles-de-la-Madeleine, je le reçois, je suis en réflexion,

et on regarde de quelle façon on va s'assurer d'avoir davantage de

francisation sur les milieux de travail.

Pour ce qui est de la décision de la

Cour d'appel de 2016 avec l'article 46, bon, l'article 46 de la

charte, il est clair, c'est interdit,

pour un employeur, d'exiger une autre langue que le français pour travailler.

Il y a eu des décisions des tribunaux, mais

il faut s'assurer, comme gouvernement, que la langue au travail soit la langue

française sur l'ensemble du territoire québécois. C'est pour ça,

notamment, qu'on a exprimé notre volonté que les entreprises de juridiction

fédérales soient assujetties à la

loi 101. Et, vous savez, c'est un chantier. Ça n'a jamais été fait à la

fois par le Parti québécois et à la fois par le Parti libéral depuis la création de la Charte de la langue française.

Je suis présentement en train d'étudier le dossier, et notre désir, il est clair à l'effet que les entreprises

de juridiction fédérales, lorsqu'elles sont au Québec, les employés puissent

travailler en français et que la charte s'applique. C'est un aspect qui est

important, les lois québécoises sur le territoire québécois doivent pouvoir s'appliquer. Alors, présentement, je suis

en train de travailler sur cet élément-là, notamment pour faire en sorte que

les gens au Québec travaillent en français dans les différentes entreprises,

peu importe l'entreprise.

Pour

ce qui est de l'article 1 de la loi n° 104, au moment où ça a

été adopté, c'était le Parti québécois qui était au pouvoir. Le Parti québécois

n'a pas mis en oeuvre cette disposition-là. Par la suite, durant neuf ans, on a

eu le Parti libéral. La disposition

n'a pas été mise en oeuvre. Par la suite, entre 2012‑2014, le Parti québécois

était au pouvoir, la loi n'a pas été mise

en oeuvre. 2014‑2018, l'article 1 n'a pas été mis en oeuvre non plus par

le Parti libéral. Je suis présentement en train de regarder de quelle

façon nous allons pouvoir mettre en oeuvre l'article 1 de la loi n° 104.

Présidente (Mme Nichols) : Merci, M. le ministre. Je vais

maintenant céder la parole à une députée de la

partie ministérielle.

Alors, Mme la députée de Roberval.

Mme Guillemette :

Merci, Mme la Présidente. Salutations à tous les collègues présents ce matin,

au personnel politique et particulièrement à M. le ministre, qui me permet de

discuter avec vous de notre belle langue française.

Comme vous le savez,

je viens de la région du Lac-Saint-Jean, en particulier de la circonscription

de Roberval. Certains diront que, pour nous,

en région, la langue française n'est aucunement préoccupante puisque 98 %

des locuteurs sont des locuteurs narratifs. Chez nous, pas de «Bonjour! Hi!».

En effet, l'enjeu est peut-être

moins présent au quotidien, mais,

dans le contexte de la rareté de main-d'oeuvre, nous sommes aussi attentifs à cet aspect qu'est

la francisation de nos immigrants.

Hier,

Mme la Présidente, j'ai débuté la lecture d'un livre d'Anne-Marie

Beaudoin-Bégin qui a pour

titre La langue racontée . Mme Beaudoin-Bégin est linguiste multidisciplinaire spécialisée

en sociologie québécoise et elle est surnommée l'insolente

linguiste. Donc, elle nomme dans son... Je vous lis un petit paragraphe :

«La langue a une dimension sociale primordiale,

mais elle a aussi d'autres rôles. Comme par exemple, si l'on considère

à ce point important le fait de parler français

au Québec, ce n'est pas parce que les autres langues

sont socialement moins bonnes ou que les messages passent mieux en

français, c'est parce que le français constitue un vecteur d'identité. La

langue est identitaire.»

maîtrise de notre langue est une pierre angulaire à l'intégration de la société québécoise. Le vivre-ensemble passe

d'abord par la maîtrise d'une langue

commune, le français, et ce, encore plus marqué en région. Or, certains

immigrants ne sont pas en mesure

d'occuper un emploi à la hauteur de leurs compétences et participer pleinement

à la société québécoise en raison, entre

autres, des connaissances insuffisantes en français. En 1997, la Vérificatrice

générale du Québec, Mme Guylaine Leclerc, déposait un rapport

dans lequel elle mentionnait que les programmes mis en place étaient

insuffisants à la réussite de la francisation des immigrants. Aussi, le

rapport Samson préconisait de renforcer le rôle du ministère de l'Immigration en matière de francisation, et

c'est ce que nous avons fait, Mme la Présidente, nous avons commencé à faire en adoptant une nouvelle

loi sur l'immigration

et en consacrant des dizaines de millions à la francisation. C'est pourquoi,

dans les prochains mois, nous allons mettre l'accent sur le renforcement de la

langue française.

J'ai eu l'occasion,

la semaine dernière, de rencontrer, dans mon comté, un organisme qui vient en

aide et qui aide à la francisation et à

l'alphabétisation, soit le Centre alpha Le Tracé. Cet organisme travaille en

complémentarité avec la commission

scolaire du Pays-des-Bleuets. Le Centre alpha Le Tracé dispense des cours

sur une base individuelle, tandis que

la commission scolaire offre des formations en entreprise en alphabétisation

ainsi qu'en francisation. Ces formations se basent sur un référentiel commun. Donc, nous avons... J'ai également eu

la chance de visiter, avec M. le ministre, l'industrie Les Produits forestiers

Gilbert, qui intègrent des Mexicains dans leur organisme, et ils offrent

gratuitement des cours en lien avec

le centre de formation de la commission scolaire dans leur entreprise. Donc,

c'est une responsabilité de l'État, mais c'est aussi une responsabilité

collective, la conservation de notre français. Nous sommes tous et chacun...

Nous avons tous et chacun la responsabilité de le faire vivre et de bien

faire le vivre.

Donc,

ce matin, en ouvrant mon journal, en lien avec la responsabilité collective,

j'ai pris connaissance qu'Usito, le

premier dictionnaire électronique en français, qui était disponible avec un

mensuel d'abonnement, a été mis gratuitement en ligne par l'Université de Sherbrooke. Donc, l'Université de

Sherbrooke cite : «Rendre Usito accessible à tout le monde, c'est une manifestation de notre volonté de

contribuer concrètement à la société et, dans le cas d'Usito, à toute la

francophonie.» Donc, il faut prendre en considération que chacun a sa

responsabilité dans cette belle conservation qu'est notre langue française.

Merci, Mme la Présidente.

La Présidente

(Mme Nichols) : Merci. Alors, je cède la parole à Mme la députée

de l'opposition officielle, Mme la députée de l'Acadie, pour cinq minutes.

Mme St-Pierre :

Merci, Mme la Présidente. Je vais faire un petit peu de pouce sur les

commentaires de mon ancien collègue de Radio-Canada, aujourd'hui député de

Saint-Jean, et sur les commentaires qu'il nous a... ce qu'il nous a dit

au sujet de la lettre de l'une de ses électrices.

J'ai hâte de voir les mesures que le ministre va

mettre en place pour s'imposer dans la création artistique au Québec, parce

qu'on parle de création artistique. On n'est peut-être pas d'accord, on n'aime

peut-être pas ça, on trouve peut-être que ça va un peu trop loin, mais il y a tout l'aspect de la

création artistique dont il faut tenir compte, et c'est un sujet sur lequel on pourra échanger, M. le

ministre, parce que

j'ai eu à m'interroger sur ces questions-là puis, à un moment donné, je me disais : Pourquoi est-ce qu'on

n'entend pas de la musique francophone dans tous les restaurants du Québec?

Et mon sous-ministre m'a dit : Bien, Mme la ministre, c'est une question

de liberté d'expression.

Alors,

vous savez, il y a des zones parfois où on se dit : Ah! ça

devrait s'améliorer. Donc, il faut faire de la promotion, il faut parler de la langue française, il faut

dire que c'est important puis il faut envoyer le message aussi à tous et à

toutes de faire en sorte qu'on le

distribue, ce message-là, lorsque des touristes viennent à Québec,

ou viennent à Montréal, ou viennent dans l'ensemble du Québec. On

n'a qu'à se promener dans les rues du Vieux-Québec pendant l'été, et on voit beaucoup,

beaucoup d'affichage, qui n'est pas un affichage

permanent, c'est un affichage qui n'est pas permanent, mais on voit beaucoup

d'affichage, de menus en anglais.

Donc, il y a quelque

chose, là, sur lequel, je pense, il faut mettre l'accent. Il faut encourager,

il faut sensibiliser, il faut avoir des mesures incitatives et il faut voir

comment on peut améliorer cette situation-là.

m'interroge également sur la question, justement, du rapport Samson. Mme la députée d'Iberville, je l'écoutais récemment dans une entrevue au 98,5 avec M. Bernard Drainville, et

elle parlait des femmes immigrantes qui restent à la maison pour s'occuper de leurs enfants, et elle

disait : Bien, ces femmes-là, j'ai été surprise de voir qu'elles

n'apprenaient pas beaucoup

le français. Elle parlait de mesures... évidemment, quelques mesures

incitatives, mais elle a utilisé le terme... la francisation devrait

être obligatoire pour les femmes immigrantes à la maison, obligatoire.

Donc,

on fait ça comment? Quelles sont les mesures obligatoires? Comment on décide

qu'on entre dans une maison, chez quelqu'un,

puis on dit : Toi, tu es obligé d'apprendre le français. Le fameux test du

français, si papa passe le test, puis maman ne passe pas le test,

qu'est-ce qu'on fait? La personne n'a pas son certificat de sélection.

y a toutes sortes, je dirais, d'éléments, comme ça, dont il faut tenir compte.

Ce n'est pas un dossier simple, mais, évidemment,

si on travaille tout le monde ensemble, on pourra faire en sorte qu'on montre

une grande unité ici, au sein de

cette Assemblée nationale. Et j'ai toujours, toujours eu à coeur la langue

française, et vous pouvez être assurés que je vais continuer à avoir à

coeur la langue française.

Et ce qui me tient à coeur, c'est le Conseil

supérieur de la langue française. M. le ministre a dit tout à l'heure :

Tout est sur la table. Sa

prédécesseure nous a dit à peu près 15 fois, lors des études des

crédits : Tout est sur la table. Mais le Conseil supérieur de la langue française, c'est un organisme important.

Il est enchâssé dans la Charte de la langue française. La députée d'Iberville l'a traité de coquille

vide, ce qui est une insulte totale, d'abord, par rapport aux gens qui

travaillent au conseil, et par rapport à celui que j'ai connu, plus

particulièrement M. Conrad Ouellon, qui était un homme fantastique que je rencontrais

régulièrement, qui a produit plusieurs avis. On a eu des discussions très

importantes et très constructives ensemble.

Et moi, je pense que

le ministre devrait porter une attention très particulière à préserver le

Conseil supérieur de la langue française. Et,

si on ne lui demande jamais d'avis, si on n'a pas d'échange avec le conseil,

bien sûr qu'on va le traiter de

coquille vide. Pour tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage. Alors, moi, je

lance vraiment un appel au ministre pour préserver ce conseil-là et

faire en sorte qu'il puisse continuer.

Aussi,

on a vu aux crédits que les budgets de l'Office québécois de la langue

française ont diminué. Il y a des coûts de système, il y a des augmentations. Donc, ça veut dire qu'il n'y a pas

eu d'injection d'argent neuf à l'Office québécois de la langue française, ce qui est inconcevable. Quand

on nage littéralement dans l'argent et qu'on ne met pas... Alors, M. le ministre, probablement, a plus d'énergie que sa

prédécesseure pour aller voir le président du Conseil du trésor lors du

prochain budget pour lui demander de l'argent pour l'Office québécois de

la langue française.

C'est

inacceptable de voir que ce gouvernement-là est arrivé avec des surplus

énormes, des finances en santé, et que sa

prédécesseure n'a pas été capable de défendre ses crédits. Moi, je trouve ça

déplorable. Et, en plus, on a demandé, par la loi d'accès à l'information, si

elle avait envoyé des directives à tous les ministères, ses collègues ministres

et les organismes. Il n'y a eu aucune directive qui a été envoyée sur le

français dans l'administration publique. Merci, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Nichols) : Merci. Merci, Mme la députée. La

parole est à M. le ministre pour cinq minutes.

M. Jolin-Barrette :

Oui. Merci, Mme la Présidente. Bon, quelques commentaires préliminaires

relativement aux touristes et au tourisme,

relativement à la langue d'accueil. La députée de l'Acadie nous dit : Il

faut mettre des mesures incitatives.

Tout à l'heure, les collègues m'ont parlé de l'accueil : Bonjour,

«Bonjour! Hi!». Nous, Mme la Présidente,

on n'a aucun, mais aucun malaise à ce que les gens soient accueillis par

le mot «bonjour».

Mme la Présidente, vous vous souviendrez, tout comme moi, que, lorsqu'il y a eu une motion

qui a été présentée par le Parti québécois entre 2014 et 2018, pour laquelle finalement, le Parti libéral a voté pour, relativement au fait qu'au Québec on devait accueillir,

dans les commerces, les gens par le mot «bonjour», Mme la Présidente, j'ai eu ouï-dire que ça n'a

pas été évident au Parti libéral, mais je

pense que, dans la sphère publique,

on en a entendu parler, que le Parti

libéral était extrêmement déchiré relativement à l'utilisation du mot

«bonjour».

Présidente (Mme Nichols) : Oui, merci. Merci, Mme la

députée. Je vous demande juste d'être

prudent, là, ça va super bien, l'interpellation, M. le ministre. Donc,

je vous demande quand même une certaine retenue dans certains propos. Votre collaboration

est appréciée, M. le ministre.

M. Jolin-Barrette : J'apprécie que vous appréciiez ma collaboration, Mme la Présidente. Mais c'est dans la sphère publique qu'au niveau du Parti libéral il y avait un certain malaise avec l'utilisation de seulement le mot «bonjour». Je vais limiter mes commentaires

ici.

On parle beaucoup

de mesures incitatives uniquement, et, au cours des années, bien, ça a peut-être

été ça, le malaise du Parti libéral avec la langue

française, toujours

dire : C'est uniquement des mesures incitatives. Il ne faut pas

trop brasser de choses. On fait certaines

choses, mais, vraiment, là, on s'assure, là, de ne pas trop protéger la langue française, de ne pas trop assurer son

rayonnement. On maintient la stabilité. On constate, dans les différentes

études, le député des Îles-de-la-Madeleine

en a fait état tout à l'heure, qu'il y avait parfois certains reculs. Et, dans l'interpellation d'aujourd'hui, j'entends la députée de l'Acadie nous dire : Ah! bien, ce n'est pas si

pire, là, vous savez, il faut voir le positif.

Mais

il faut regarder l'ensemble des choses, il faut se réjouir des choses qui

vont bien, mais, lorsqu'il y a des éléments à améliorer, il faut les

améliorer, vraiment, là, il faut les améliorer, et c'est ce qu'on va faire.

là je suis heureux de constater qu'aujourd'hui la

députée de l'Acadie me confirme que je pourrai compter sur son appui et aussi l'appui de l'ensemble

de sa formation politique, qui est redevenue nationaliste, Mme la Présidente, dans le souci d'assurer

la primauté des intérêts de la nation québécoise.

Parlons

maintenant, Mme la

Présidente, de la députée

d'Iberville et de son rapport. J'ai dit, dès le départ, que

j'allais m'inspirer du rapport de la

collègue d'Iberville, et, d'ailleurs, le premier

ministre en a fait de même, notamment

en s'assurant de regrouper la responsabilité de la langue française à l'intérieur du ministère de l'Immigration,

comme c'était recommandé par le

rapport de la collègue d'Iberville. Donc, on s'inspire du rapport. Il y a plusieurs

mesures intéressantes qui sont dans le rapport, mais il ne faut pas se limiter uniquement au rapport, il

faut bénéficier de l'expertise des gens aussi et bénéficier aussi des gens qui

ont été rencontrés, lors des dernières consultations qui ont été faites par ma

collègue au courant de l'année 2019, pour voir de quelle façon

est-ce qu'on peut améliorer les choses.

Alors,

Mme la Présidente, j'entends bien aussi la collègue de l'Acadie

nous dire : Au niveau de la création artistique, comment est-ce qu'il peut y avoir présence de la langue française? Je suis d'accord avec elle, je suis d'accord avec elle. Quelles sont les actions que nous pouvons prendre?

On va regarder ça, et je retiens sa suggestion, je retiens sa suggestion. Je trouve ça fort intéressant, parce que c'est vrai qu'on a un défi, on a défi dans un monde où

l'anglais occupe une place majeure au niveau international, la culture

américaine est partout.

Cela étant dit, on a

des producteurs, on a des artistes qui font un travail extraordinaire. On parle

souvent de la créativité québécoise, et j'en suis aussi. Si on a réussi, durant

400 ans, à conserver notre langue, à conserver notre identité, à conserver notre culture, mais il doit

bien y avoir des créateurs qui savent comment faire. Alors, bien entendu, nous

appuierons nos artistes, les personnes au Québec

qui font rayonner la culture québécoise. Et, je l'ai dit d'entrée de jeu, la culture québécoise s'exprime par l'utilisation de la langue française, c'est le mode d'expression de la nation québécoise, la langue

française, et il faudra toujours s'assurer de promouvoir, de préserver cela.

Alors,

sur l'ensemble des éléments qui sont présentés par la députée

de l'Acadie, il y a certains points que je suis d'accord avec

elle, et j'aurai l'occasion de m'en inspirer.

La Présidente (Mme Nichols) : Alors, merci,

M. le ministre. Je cède maintenant

la parole au député de Beauce-Sud, sans erreur, pour cinq minutes.

M. Poulin : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Pour faire du pouce sur ce bel échange entre la députée

de l'Acadie et le ministre concernant la culture québécoise,

effectivement, si on souhaite faire la promotion de la culture québécoise,

évidemment, ça nous prend le maximum d'outils. Faites le test à la maison, auprès particulièrement de la jeune génération, le

nombre d'heures qui a été consommé sur Netflix, sur des productions

américaines, le nombre d'heures qui a été consommé sur YouTube, sur

différentes plateformes anglophones, c'est énorme.

on a un devoir, à ce niveau-là, de mieux positionner la culture québécoise

sur Internet, de mieux la positionner avec les plateformes actuelles, mais, entre autres, un outil fort intéressant, qui s'appelle Télé-Québec. Et je vois, dans

les prochaines semaines, Mme Collin, pour lui rappeler l'importance

de parler à la jeunesse québécoise en français et de produire du contenu

francophone.

plus récents chiffres de l'Institut

de la statistique concernant l'évolution de la situation des Québécois âgés de

15 à 29 ans nous prouvent

qu'aujourd'hui, en date de 2018, là, ce sont les chiffres les plus récents, les

jeunes de 15 à 29 ans sont 1 480 000, ici, au Québec,

1 480 000 de jeunes âgés entre 15 à 29 ans. Alors, c'est tout un

pan de société pour lequel on se doit de s'adresser et on se doit

certainement de trouver des outils au niveau de la francophonie.

niveau de l'indifférence du français, et le rapport de l'OQLF était assez

probant, en 2018, 46 % de la clientèle dans la région métropolitaine de Montréal affirmait ressentir de

l'indifférence lorsqu'un service lui était offert dans une autre langue que le

français. Alors, imaginez-vous, si on ressent de l'indifférence lorsqu'on se

fait servir dans une autre langue que

le français, imaginez l'amour qu'on ressent envers cette langue-là lorsqu'on

arrive pour la consommer, entre autres,

en termes de culture. C'est une hausse importante par rapport à 2012 : on

parle de 25 %. Et, chez les francophones, cette augmentation, entre 2012 et 2018, se constate principalement chez

les 18-34 ans. Alors, je viens rejoindre le chiffre que je vous parlais, de 23 % à 40 %

d'indifférence. Et, chez les personnes de 35 à 54 ans, on parle de

12 % à 33 %. Alors, le constat qu'on fait ce matin, il y a une

indifférence face à la langue française auprès de certains groupes d'âge

lorsque c'est le temps de se faire

servir en français ou, encore pire, lorsque c'est le temps de consommer de la

culture québécoise.

la culture, évidemment, deviendra l'outil pour s'approcher de la clientèle

jeunesse. On parlait de Télé-Québec, on

parlait des plateformes numériques, on a un retard, au Québec, sur

l'accessibilité à notre culture québécoise, sur la façon, entre autres,

dont on archive la culture québécoise. On sait que ce sont des sommes

importantes, mais, si vous voulez écouter un

vieux Watatatow! , par exemple, qui est une production québécoise qui

s'est adressée pendant des années à la jeunesse

québécoise, c'est extrêmement difficile de le retrouver. Alors, il y a un

travail à faire avec les Archives nationales, il y a un travail à faire avec

les diffuseurs, avec les producteurs pour mieux positionner notre culture

québécoise.

Cependant, on avait quand même des bonnes

nouvelles sur l'intérêt des Québécois face à la culture québécoise. Je parle

d'intérêt, dans le rapport d'avril 2019, entre autres, concernant les

représentations payantes lors de spectacles de la chanson francophone. 61 % ont acheté,

donc, des billets en chanson francophone... que celles de spectacles

anglophones au Québec. On est à

61 % chez les francophones, 38 % au niveau des anglophones.

Cependant, l'écart s'est rétréci avec le temps.

Alors, oui,

il faut mieux positionner nos artistes francophones dans nos salles de

spectacle au Québec, il faut mieux les

positionner dans les grands festivals, les grands événements. Le Festival d'été

de Québec fait un effort important pour positionner les artistes francophones. Et, malgré une production de

spectacles plus élevée en français qu'en anglais, il y a eu plus de spectatrices et de spectateurs pour les

représentations de spectacles de chanson anglophone, 60 %, que celles de

spectacles francophones, 39 %. Alors, on achète plus de francophones, mais

les salles anglophones sont plus remplies. Alors,

quand même une nuance importante à apporter à ce niveau-là, lorsqu'on arrive

pour investir notre dollar-loisir, qu'on appelle, ou notre dollar

culturel à ce niveau-là.

Concernant

les longs métrages français produits au Québec, toujours le rapport de l'OQLF,

la situation est similaire. Il s'est

ainsi produit plus de films en français que de films en anglais ou dans une

autre langue, mais leur proportion a décru dans les dernières années : 68 % en 2004, 59 % en 2014,

52 % en 2016. Quant aux projections de films en français, leur proportion a diminué entre 2008 et 2017 de

74 % à 72 %, tout comme celle de l'assistance — un chiffre important — de l'assistance aux projections en

français entre 2010 et 2017. On a diminué également, de ce côté-là, d'environ

2 %.

Alors, il y a une diminution constante au

courant des dernières années sur la façon dont on consomme notre culture québécoise. Alors, le 1 480 000

dont je vous parlais, tout à l'heure, de jeunes de 15 à 29 ans, il va

falloir trouver des outils, il va

falloir faire des campagnes de sensibilisation, il va falloir aller les

trouver, leur vendre notre culture québécoise, leur vendre nos artistes, leur démontrer l'importance du français. Et je

pense qu'on réussira à le faire au cours des prochaines années malgré le

défi important qui est devant nous. Merci beaucoup.

Présidente (Mme Nichols) : Merci, M. le député. Je cède la parole

au deuxième groupe de l'opposition. Mme la députée de Taschereau.

Mme Dorion :

Merci, Mme la Présidente. Bonjour, tout le monde. Renforcer la loi 101,

c'est nécessaire. Je vais vous citer

en rafale les mesures que ma formation politique veut mettre de l'avant pour

ça : élargir la portée de la loi 101 aux entreprises employant 10 personnes et plus, faire relever

l'OQLF de l'Assemblée nationale au lieu du gouvernement, appliquer la loi 101 aux entreprises de

juridiction fédérale agissant au Québec et interdire la dispensation de

programmes en anglais dans les

universités francophones. Le français, c'est la cinquième langue la plus parlée

au monde. On n'a pas besoin d'être gênés de nos programmes.

Ceci dit,

tout ça, ce n'est vraiment pas grand-chose à côté de l'énorme angle mort qu'on

semble entretenir dans cette institution

par rapport au français au Québec, et je parle des immenses bouleversements

culturels et linguistiques amenés par l'arrivée des géants du numérique depuis

une quinzaine d'années. Si on renforce la loi 101, à quel point est-ce

que ça va améliorer les choses si, en même temps, de plus en plus, les gens

n'écoutent plus que des séries américaines sur Netflix, des youtubeurs d'ailleurs, des rappeurs des États-Unis sur

Spotify? Si on renforce l'affichage en français, par exemple, qu'est-ce que ça va donner dans un environnement

où les boutiques ferment puis où les gens magasinent sur eBay, sur Amazon,

et autres boutiques virtuelles, sur lesquelles on n'a aucun pouvoir de

réglementation?

Philippe

Lamarre, d' Urbania , disait, récemment, en commission parlementaire sur

l'avenir des médias : «Le citoyen et père de famille que je suis

angoisse un peu quand je vois mes enfants consommer du contenu qui ne leur dit

rien sur qui ils sont, sur d'où ils viennent. Qu'il s'agisse de youtubeurs

français ou américains, de séries sur Netflix, l'offre est attrayante, puis, dans un monde numérique où nous

sommes à un clic de tout, il faut se rendre à l'évidence que le combat,

en ce moment, est inégal, car l'offre québécoise est rare et presque inexistante

sur YouTube, sur Snapchat, sur Netflix.» Et

il ajoute, sans vouloir paraître fataliste : «Je crois que, dans deux

générations, si rien n'est fait, la culture québécoise, telle qu'on l'a connue, va commencer à disparaître

brutalement, et là on ne parle pas d'une lente agonie, mais d'une fin assez

abrupte. C'est notre existence en tant que peuple et nation qui en

dépend, rien de moins.»

Si on ne met

pas tout le poids politique de l'État québécois avec ceux qui, chez nous,

produisent du contenu québécois en

québécois — c'est ça

qui est important — on va

perdre la bataille, c'est sûr, puis, en ce moment, on est vraiment en

retard. Je vous donne un exemple. 40 % des foyers québécois sont abonnés à

Netflix, alors que 0,3 % des séries, films qui y sont présentés sont du Québec, en québécois. Pourtant, en

proportion d'habitants, on doit être parmi les plus fertiles au monde en

cinéma de qualité, qui gagne des prix. On est excellents. Mais on n'est pas là

pantoute. Des films qui ont gagné des prix

il y a deux ans sont introuvables sur Internet, des films québécois. Ça, c'est

incroyable. Même chose pour la

musique, même chose pour les médias, pour l'information. C'est notre

conversation démocratique, culturelle dont il est question, notre

conversation en français et en québécois.

Et, en tant que province, et c'est ça que je

veux dire de plus important aujourd'hui, on n'a aucun pouvoir de réglementation pour mettre le contenu en québécois

de l'avant sur Internet. C'est un problème majeur, qui va s'intensifier de façon exponentielle dans les prochaines années.

On ne peut pas faire reposer l'avenir du français au Québec sur les épaules du petit employé de la SAQ qui dit «Bonjour! Hi!».

Il faut se retourner vers ceux qui ont le pouvoir en ce moment, vers Ottawa, puis leur dire : Là, là, laissez-nous

légiférer sur Internet. Il s'agit de l'avenir de notre culture puis de notre

langue au Québec.

Puis, tu

sais, quand je dis «vivre en québécois», je ne dis pas ça juste pour le fun. Je

voudrais vous rappeler puis que vous constatiez

qu'il y a plus de monde dans le monde qui parlent le québécois que de personnes

qui parlent le norvégien, ou le

danois, ou le finnois, par exemple. Ce n'est quand même pas rien, tu sais. Et

on n'a aucune honte à avoir la sorte de français qu'on parle. Au contraire, on devrait la valoriser

publiquement, notre langue québécoise, parce que, quand on fait juste répéter aux Québécois qu'ils parlent mal,

qu'ils mettent plein d'anglicismes, qu'il faut qu'ils corrigent leur langue,

ça ne leur donne pas tellement

le goût de la valoriser, de la mettre de l'avant, de la défendre. Ça, c'est un

autre problème, et, d'ailleurs,

Anne-Marie Beaudoin-Bégin, dont notre collègue de Roberval vient de parler,

nous le répète depuis plusieurs années, et une chance qu'elle est là.

y a une dernière chose dont j'aimerais qu'on parle, les langues autochtones. Je

sais qu'on est dans la loi 101, mais il y a des langues autochtones millénaires parlées sur notre territoire,

qui sont encore très vivantes, et moi, je me demande comment ça se fait qu'on parle de ça aujourd'hui

sans réaliser qu'à Nutashkuan, à Pointe-Parent, sur la Côte-Nord, dans la communauté innue, l'école primaire se fait en

français, alors que tout le monde parle innu à la maison. Comment est-ce

qu'on peut ne pas avoir pensé à ça avant, ne

pas se dire : Ça n'a aucun bon sens que ça se passe comme ça? C'est une

langue qui mérite de vivre, c'est une langue qui n'existe à peu près qu'au

Québec et au Labrador. C'est extraordinaire. Il ne faut pas que ça

meure.

Donc,

renforcer renforcer la loi 101, oui, mais surtout prendre nos

responsabilités, faire nos angles morts avant de crasher. Alors, merci

beaucoup.

La Présidente

(Mme Nichols) : Merci, Mme la députée. M. le ministre, vous avez

cinq minutes.

M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, Mme la Présidente. Propos intéressants de la députée de

Taschereau. Vous savez, on a voté une motion récemment

pour rapatrier les pouvoirs en matière de culture. Le gouvernement est en

faveur. Et, oui, ça représente un

défi. Vous savez, dans l'histoire... Tout à l'heure, on parlait de Robert

Bourassa. On parlait de la souveraineté culturelle, hein? Avant le rapatriement de la Constitution, c'était une

des demandes, hein? Ça a commencé avec Victoria. Puis, par la suite, il y a eu plusieurs conférences constitutionnelles.

Et je vous dirais que notre gouvernement, qui est un gouvernement qui est nationaliste, souhaite avoir

le maximum de leviers possible, notamment pour assurer la pérennité de

notre culture et de la langue française. Alors, sur ce point-là, je suis avec

vous.

députée, Mme la Présidente, faisait référence au statut de province du Québec.

On est dans la fédération canadienne, effectivement.

Il y a des juridictions qui sont partagées ou des juridictions exclusives. Les

télécommunications, en raison du

pouvoir résiduel, relèvent du gouvernement fédéral. Mais je suis d'accord avec

elle que, pour assurer la pérennité de notre

culture, la promotion de notre culture, la promotion de la langue française,

bien entendu, le gouvernement du Québec devrait pour... avoir ces leviers-là. Alors, j'accueille favorablement

son appui à ce niveau-là, relativement au fait de détenir ces pouvoirs

en matière de culture.

Deuxièmement, sur la

question des véhicules numériques, la présence de contenu québécois sur les

véhicules numériques, c'est le cercle, là.

La compétence est à Ottawa et les contenus québécois sont produits au Québec.

Et c'est vrai qu'on a de très bons

contenus québécois des producteurs. Tout à l'heure, la députée de l'Acadie

faisait référence aux créateurs québécois,

aux artistes québécois. Alors, oui, il faut trouver une solution. Et vous

pouvez être assuré que la ministre de la Culture travaille de façon à

faire rayonner notre culture. Mais le point que vous soulevez, c'est un très

bon point, par rapport au fait que, comme nation québécoise, on devrait avoir

ces leviers-là à l'intérieur de la fédération canadienne. Alors, je peux vous dire que vous trouverez chez

moi quelqu'un qui est d'accord avec votre idée, du fait que le Québec ait la

pleine compétence en matière de culture. Et

le premier ministre a eu l'occasion de la dire, aussi, publiquement. Ça

nécessite des discussions avec le gouvernement fédéral. Et, comme dans tous les

domaines, c'est en discutant, en se parlant, en négociant avec le gouvernement fédéral qu'on peut faire des gains en

matière de langue française, de culture notamment.

Vous

savez, il y a une révision qui est souhaitée, par le gouvernement fédéral, de

la

Loi sur les langues officielles. Ça

amène certains enjeux pour le Québec aussi. Il faut s'assurer que la langue

française sera protégée, parce que, dans l'univers dans lequel nous évoluons présentement, vous

savez, en Amérique du Nord, le Québec est la seule société majoritairement

francophone. Et, au cours des années et sous

le gouvernement du premier ministre Charest, il y a un concept en matière de

relations intergouvernementales qui a été

établi et qui est un bon concept, celui de l'asymétrie, hein? La nation

québécoise doit pouvoir bénéficier d'une asymétrie à l'intérieur de la

fédération canadienne, parce que la nation, elle est distincte. Et ce n'est pas la même réalité pour le Québec que

pour une autre province canadienne. Parce que, oui, les Québécois de

langue française sont majoritaires et ont un statut de majorité, mais ils sont

à la fois minoritaires dans leur propre pays, mais

aussi à l'intérieur du continent. Alors, cette dualité-là de majorité-minorité

à l'intérieur même du Québec, mais que lui-même,

le Québec, a un statut minoritaire à l'intérieur de la fédération canadienne,

ça amène une nécessaire asymétrie dans les différents rapports, puis de

la façon dont sont exercées les compétences fédérales aussi.

Alors, je donne

l'exemple. En matière d'immigration, il y a un accord qui fait en sorte que,

pour l'immigration économique, c'est le

Québec qui a juridiction. Moi, ce que je souhaite, c'est d'avoir également...

rapatrier la compétence en matière de

regroupement familial, parce qu'il est logique qu'en matière d'accueil et

intégration, en matière de francisation, que ce soit le Québec qui ait

ces leviers-là, justement pour faire en sorte qu'en raison de la spécificité du

Québec ces leviers-là, ça soit rapatrié dans

les mains du Québec, et ça,

nonobstant tous les débats constitutionnels en faveur ou contre la souveraineté. Et j'espère que, là-dessus,

je vais pouvoir compter sur l'appui du Parti

libéral, qui laissait pas mal faire

le gouvernement fédéral.

La Présidente

(Mme Nichols) : ...

M. Jolin-Barrette :

Si vous voulez me donner davantage de temps, Mme la Présidente, je vais

continuer.

Présidente (Mme Nichols) : Non, je vais... Merci, M. le

ministre. Je vais céder la parole au

député de Saint-Jean pour cinq

minutes.

M. Lemieux : ...ministre voulait plus de temps, mais je ne peux pas lui en

donner. Mais je vais continuer dans la même veine ou, en tout cas, dans

le début de la conversation que vous aviez avec la députée de Taschereau, parce

que peut-être que je commence à être trop vieux, là, mais plus ça change, plus

c'est pareil.

n'ose pas dire «à votre âge», mais, au moment où vous parliez de... il ne faut pas avoir honte de la langue, il ne

faut pas être complexés, on ne parle pas si mal que ça, au contraire, c'est une

belle langue... Moi, dans mon temps, c'était le joual qui faisait les manchettes, Michel Tremblay. La beauté de

l'affaire, c'est que c'est bien beau, revenir puis vivre les mêmes affaires d'une génération à l'autre, mais il

faudrait apprendre aussi, là, puis il faudrait profiter des acquis qu'on a.

On a un peuple qui s'est décomplexé par rapport à sa langue, qui s'est

affranchi.

Mais,

par rapport... puis ça, bien, on l'a subi pour le taxi, on l'a

subi pour les hôtels, on l'a subi pour les médias, par rapport à toutes les nouvelles

technologies qui ont pris le dessus, on ne s'est pas organisés beaucoup mieux

dans le domaine de la culture qu'on s'est

organisés dans le domaine du taxi avec Uber puis de... On est confrontés à des

défis majeurs. Et, dans le domaine de

la culture, les technologies sont tellement efficaces que, même juste d'essayer de régler le problème qu'on

constate aujourd'hui, le temps d'y arriver, il va être trop tard. On

s'entend là-dessus. Ça

fait que ce qu'il faut faire, c'est qu'il faut s'organiser. Oui, on s'est

décomplexés, ça fait qu'on n'a pas

besoin de se souvenir qu'on l'a été. Tant qu'à moi, on devrait aller en

avant.

contre, on écrit de plus en plus mal, malheureusement. Moi, je veux bien qu'il

y ait des mots à la mode. Tout est dans tout, c'est «cute», en tout cas, j'aime

ça, moi, bon, tu sais, bon. Mais, quand on l'écrit, ça... à cause des mêmes

défis technologiques que tout à l'heure dont je parlais, ça, c'est

devenu un petit peu difficile à constater, à accepter puis à subir. Bon.

Cela

dit, je voulais quand même revenir sur un certain nombre de choses que j'ai

entendues au passage. Le document dont la députée de l'Acadie parlait, c'est le

rapport de l'OQLF. Quand vous avez parlé d'un beau document au

printemps, là, où il n'y avait pas juste des mauvaises nouvelles, vous avez

tout à fait raison, il y avait des choses encourageantes là-dedans. Ce qui était décourageant, c'est que

c'était le premier rapport de l'OQLF vraiment bien documenté, vraiment chiffré,

vraiment organisé depuis 11 ans. Ça,

c'est un énorme problème. Puis on pourrait en sortir, là, des choses

décourageantes puis encourageantes. 24 personnes, des personnes

immigrantes, utilisent l'anglais au travail. «Oh boy!» C'est plus que

décourageant, c'est inquiétant, là.

Mais

ce qui est inquiétant, c'est que ces indicateurs-là, on en a besoin pour être

capable de décider... puis que le ministre

puisse ramasser tout ce qui est sur la table, si j'ai bien compris, vous avez

beaucoup de choses sur la table, M. le ministre...

il faut les ramasser, ces affaires-là, puis s'en servir. Et, si on n'a pas les

indicateurs, si on ne sait pas que, depuis huit ans... Puis je ne comprends pas comment on a passé 11 ans sans

ces indicateurs-là, là. Moi, ça m'énerve. Je n'imputerai pas de faute à personne, mais ça m'énerve. Si on

ne comprend pas que, depuis huit ans, c'est plus courant qu'on pense, le

«Hi!», c'est plus dommageable qu'on pense,

telle ou telle nouvelle tangente dans la société, bien, c'est difficile de

réagir. Les chefs d'entreprise ont

besoin d'indicateurs pour être capables de décider. Le gouvernement devrait

être aussi bien équipé que les chefs d'entreprise.

parlant d'entreprises, parce qu'il me reste à peine 1 min 30 s,

M. le ministre, je termine avec vous, tout est sur la table. Les changements

législatifs sont à prévoir. Le journaliste en moi a vraiment pris la note, là.

Et j'applaudis. Je n'ai aucune idée

de ce que vous allez faire avec tout ce qu'on vous demande de faire. Le

commissaire, le 25-49, les autres choses que vous avez sur la table, que vous pouvez prendre à bras le corps et

mettre à niveau, je ne sais pas ce que vous allez faire avec, mais

j'applaudis d'avance parce qu'on en a besoin. Tu sais, on se fait pousser sur

nos instruments, là, des mises à jour à

toutes les semaines. Il est temps qu'on mette à jour ces lois-là. Il est temps

qu'on mette à jour notre rapport à ces lois-là

et notre façon de travailler avec cette réalité avec laquelle on vit depuis

40 ans. Et on ne vit plus comme on vivait depuis 40 ans, donc

on ne devrait pas être confrontés aux mêmes problèmes 40 ans plus tard.

Donc, j'applaudis et

j'attends avec plaisir cette mise à jour, mise à niveau, je ne veux pas dire

«mise aux normes» parce que, vous avez

raison, tout n'est pas noir, ça fait qu'on n'a pas besoin... ce n'est pas les

normes qui ont changé. Mais on a

vraiment besoin d'un coup de barre. Et j'applaudis que vous disiez que vous

n'avez pas peur. J'ai trouvé ça drôle quand vous avez dit...

M. Lemieux :

Oui, bien, je vais m'adresser à la présidente, désolé.

La Présidente

(Mme Nichols) : Oui... en effet.

M. Lemieux :

C'est parce que je suis enthousiaste,

et puis c'est débordant. J'ai tellement hâte de voir les mises à jour

qu'on va avoir que je veux en glisser quelques-unes au passage.

avec les 12 secondes qu'il me reste... J'ai reconnu, au passage, un beau

jeu de mots, qui était involontaire, vous avez dit que vous n'étiez pas fermé à réouvrir. Je nous le souhaite, M. le ministre, et je nous le souhaite, Mme

la Présidente, puis en vous

remerciant, et de pardonner mon enthousiasme.

Présidente (Mme Nichols) : C'est très bien pour l'enthousiasme. On vous rappelle que, la prochaine

fois, vous vous adressez à la présidence.

Alors, nous en sommes maintenant aux dernières

interventions. M. le ministre, ça sera de deux échanges de 10 minutes, en

commençant par M. le ministre pour votre période de 10 minutes.

M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, je souhaite vous remercier d'avoir présidé avec brio ces travaux. Peut-être

que nous aurons l'occasion, à plusieurs occasions, le vendredi, de se retrouver. Qui

sait?

souhaite remercier mes collègues qui m'ont accompagné aujourd'hui, en commençant par le député de Saint-Jean, le député de Beauce-Sud et la députée de Roberval.

Ce sont des interventions très senties, qui permettent de démontrer quelle

est la volonté du gouvernement, et surtout de mettre en lumière l'appui que nous avons de la population

pour s'assurer de faire en sorte de

promouvoir et de faire rayonner la langue française, et de cette pression-là

aussi, qui nous est demandée par la population, d'agir. Et nous agirons

en équipe, l'ensemble du gouvernement du Québec. Alors, je tiens à les

remercier aujourd'hui d'avoir été présents et d'avoir présenté la position gouvernementale.

Également, de saluer le député des Îles-de-la-Madeleine, avec qui... sans lui,

nous n'aurions pas eu le bonheur d'être ici ce matin, ce vendredi matin, la députée de

l'Acadie, la députée également

de Taschereau et de l'ensemble de notre équipe qui nous

accompagne aujourd'hui.

retiens plusieurs éléments de nos discussions, beaucoup

de propositions des groupes d'opposition, et je tiens à les remercier, parce que

ça nous permet d'avoir une réflexion. J'étais déjà au travail depuis le

4 septembre dernier, mais ça m'aide

à réfléchir davantage et à faire les choix. Et, surtout, ce que je

retiens, c'est que l'ensemble des formations politiques, à la fois le

troisième... le deuxième groupe

d'opposition, le troisième groupe d'opposition mais aussi l'opposition officielle... qui

sont, comme le député de Saint-Jean, enthousiastes à avoir des réformes. Ça faisait longtemps,

Mme la Présidente, que je

n'avais pas senti autant d'enthousiasme de la part de certaines formations politiques.

Alors, je suis heureux de constater qu'au cours des prochains mois je

pourrai compter notamment sur l'appui du Parti libéral du Québec pour procéder

à certaines réformes. Et ça, Mme la Présidente, c'est fondamental. On sent qu'il

y a un changement majeur, parce qu'au cours des quatre dernières années il y avait moins d'appétit pour s'assurer de

la promotion et de la protection de la langue française dans les gestes qui avaient été posés par le

précédent gouvernement, mais je me réjouis que ça ait changé. Le changement,

ça fait du bien.

Alors,

Mme la Présidente, le français, c'est notre langue commune, c'est notre

identité, et, je le disais tout à l'heure, c'est ce qui nous unit et c'est ce qui nous distingue en Amérique du

Nord, où, on en discutait avec la députée de Taschereau, le rapport majorité-minorité est extrêmement

présent et est la trame de fond de cette protection associée à la langue

française.

langue française est synonyme de notre histoire, de notre futur et de nos

grands succès individuels et collectifs. N'ayons pas peur des mots, la

langue française est au coeur de notre identité.

Il y a maintenant

près d'un mois, le premier ministre du Québec m'a fait l'honneur de me confier

la grande responsabilité de la langue française. Dès lors, j'ai eu l'occasion

de prendre connaissance des nombreux enjeux relatifs à la langue française au Québec. Les prochaines semaines et les

prochains mois permettront de poursuivre la réflexion quant aux meilleures mesures à mettre en place pour

assurer le statut de la langue française en tant que langue commune. Ainsi,

le message porté par l'État s'avère clair et précis : le français est

l'unique langue officielle du Québec.

début de cette séance, j'ai énoncé brièvement quelques-uns des aspects à améliorer

pour faire rayonner et renforcer la

langue française, que cela soit au travail et dans l'espace public. Nous allons

travailler, comme nous l'avons fait depuis le début de notre mandat, avec pragmatisme et de façon à faire une

différence, avec des mesures concrètes. Nous poserons les actions qui s'imposent pour affirmer la

primauté du français dans toutes les sphères et dans toutes les régions pour

que le Québec d'aujourd'hui... et pour le Québec de l'avenir, et que ça

se déroule en français au Québec.

Nous

souhaitons que les associations, les organismes et les citoyens s'approprient

davantage la protection et la promotion de la langue française.

Nous voulons

également accompagner les entreprises québécoises afin qu'elles puissent

participer à maintenir à augmenter la place du français au travail. Les mesures

prises récemment pour faciliter la francisation des personnes immigrantes

s'inscrivent dans cette préoccupation.

juillet dernier, j'ai d'ailleurs annoncé un investissement supplémentaire

de 70,3 millions de dollars pour bonifier les services en francisation pour un budget total atteignant plus

de 170 millions dès cette année pour la francisation des personnes immigrantes. Nous avons investi pour que

les services de francisation soient accessibles à l'ensemble des personnes

immigrantes, quelle que soit la date de leur

arrivée et pour soutenir financièrement leur participation afin qu'elles puissent se consacrer à l'apprentissage du français. Ce sont des gestes concrets

pour que les personnes immigrantes puissent avoir accès facilement à des

cours de français de qualité leur permettant d'accéder plus rapidement à un

emploi et d'intégrer pleinement la société québécoise.

Vous

me permettrez, Mme la Présidente, de rajouter le fait qu'auparavant les cours

de francisation étaient donnés sur un

cycle de 11 semaines. Désormais, nous faisons en sorte de pouvoir intégrer

graduellement les cours à mi-parcours pour

faire en sorte qu'il y ait davantage de souplesse pour les personnes

immigrantes lorsqu'elles arrivent, pour avoir accès aux cours de

francisation. Ça, on réclamait ça depuis des années, et nous avons agi sur ce

point-là.

fait que le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration

et le dossier de la langue française soient maintenant jumelés permettra

une plus grande synergie d'action dans la promotion du français comme langue publique commune. La vitalité du français est une

préoccupation centrale du gouvernement. En recevant la responsabilité du dossier de la langue française, nous sommes

désormais en mesure de coordonner les efforts de francisation que nous entendons déployer tant au regard de

l'administration publique que des milieux de travail et encore de l'ensemble de

la population.

vous l'ai dit dès le départ, Mme la Présidente, le Québec est une société

distincte par sa langue, sa culture, son histoire et son identité. Et

nous ne pouvons pas négliger la langue française.

Honnêtement, Mme la

Présidente, l'application de la Charte de la langue française, même la

réouverture de la Charte de la langue

française sont des dossiers sur lesquels les Québécois souhaitent que l'on

travaille. Et je peux vous garantir, Mme la Présidente, là, que nous

agirons sur ces différents éléments.

J'ai

entendu les collègues relativement aux entreprises de 25 à 49 employés,

j'ai entendu les collègues relativement au rapatriement du pouvoir en matière

de culture et de communication et j'ai entendu la députée de l'Acadie dire

également que tout n'est pas tout noir et qu'il y a des efforts qui ont

été faits. Et je suis d'accord avec eux.

Il faut s'assurer de faire en sorte d'améliorer

la situation de la langue française mais aussi des locuteurs. Et ça, on ne l'a pas abordé aujourd'hui dans le cadre de notre

interpellation, mais il y a des efforts à faire aussi par rapport aux gens qui souffrent d'analphabétisme. Et ça relève

davantage de l'Éducation, mais on doit s'assurer aussi que les gens au Québec aient les ressources pour pouvoir apprendre

la langue française, mais aussi pour ceux qui la parlent, qu'ils puissent

la lire et l'écrire aussi. Et ça, c'est une responsabilité qu'on a tous

collectivement, parce que le fait de pouvoir maîtriser ces outils-là, c'est un outil de développement et c'est un outil aussi

d'émancipation pour toute personne. Et, parfois, on ne se doute pas à quel point certaines personnes ont

de la difficulté à fonctionner. Et, dans tous nos bureaux de comté, je suis

persuadé que les collègues ont été

confrontés à cette réalité-là, et il faut nous-mêmes s'assurer de faire en

sorte de développer des outils qui

vont s'assurer que la maîtrise de la langue française soit une chose acquise

pour l'ensemble des citoyens, et surtout d'offrir cette possibilité-là

d'avoir cette maîtrise.

Alors, c'est

de cette façon-là que nous voulons exprimer notre volonté d'agir pour renforcer

le français dans les domaines de

l'immigration, de l'administration publique et dans les milieux de travail au

Québec. Cette volonté renforcée de

notre écoute des différents acteurs socioéconomiques entendus lors des

consultations tenues par le gouvernement l'été dernier ne pourra qu'être

bénéfique à notre réflexion quant à l'avenir du français, notre langue

officielle.

Donc, au

cours des prochaines semaines, Mme la Présidente, je vais poursuivre ma

réflexion et vous pouvez être rassurée que je poserai et que le

gouvernement du Québec posera des gestes concrets pour assurer le rayonnement,

la promotion et la valorisation de la langue française. Et je vous dirais, Mme

la Présidente, qu'il y a du travail à faire, qu'il

y a du travail à faire, il y a de l'appétit pour que le travail se fasse et

nous agirons, dans le cadre du mandat qui m'a été confié par le premier ministre, pour faire en

sorte que la langue française constitue une des priorités gouvernementales et

que nous nous assurerons de livrer la marchandise pour que les Québécois

soient satisfaits dans le domaine linguistique, et que, surtout, surtout, on s'assure que, pour les générations futures,

au Québec on puisse évoluer, travailler et parler français.

Alors, je vous remercie, Mme la Présidente, pour ce deux heures en votre compagnie aujourd'hui, ce fut très agréable avec les collègues des oppositions et surtout avec

mes collègues de la

partie gouvernementale. Alors, je vous remercie tous.

La Présidente (Mme Nichols) :

Merci à vous, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine

pour sa dernière intervention. Vous disposez de 10 minutes.

M. Arseneau : Merci,

Mme la Présidente. Alors, en conclusion de cette interpellation sur la langue

française, je tiens à rappeler que

notre formation politique, et ce, au nom de tous les Québécois

et les Québécoises, souhaite de l'action. Nous souhaitons de réels changements, et les

changements au Québec devront survenir par la modification et la bonification de la législation actuelle.

La langue, on

l'a mentionné, et on est tous d'accord que c'est une

partie indissociable de notre

culture, la culture de notre peuple,

de notre nation, ça nous définit, ça forge notre identité, c'est notre façon de

communiquer ensemble, de se faire

comprendre et c'est aussi dans le milieu de travail que ça se concrétise au

quotidien, c'est à travers les arts, la chanson, la culture, le théâtre, la télévision, on en a parlé tout à l'heure. Il faut y travailler dans l'ensemble des domaines pour signifier

non seulement notre attachement profond et notre amour, comme a répété le ministre

tout à l'heure, mais aussi d'agir de façon à ce que cette volonté-là soit communicative. Il

faut donc agir — c'est

un beau mot de la langue française, «action» — agir pour préserver, pour promouvoir, pour protéger notre langue française.

Ça permettra d'assurer la pérennité de notre langue, celle de notre

identité et de notre culture.

Nous avions

émis des réserves au moment où le premier ministre a décidé de scinder les

domaines de la langue française et de la culture un peu pour les raisons qui

ont été évoquées par la députée de Taschereau, à savoir que la langue est un élément indissociable de notre culture et

que c'est... la langue, ce n'est pas dans... ça ne se concrétise pas dans

l'abstrait mais dans son utilisation,

dans sa promotion, dans les produits, aussi, culturels que l'on consomme et que

l'on peut aussi distribuer à travers le monde, qui permettent au Québec de

rayonner sur la planète. Et, pour que ça rayonne à travers la planète, il faut d'abord aussi que l'on en profite

nous-mêmes, que ce soit accessible. Alors, moi, je pense qu'à cet égard-là

il faut un travail de collaboration de tous

les instants entre le ministre responsable de la Langue française et la

ministre de la Culture pour agir,

encore une fois, accroître la création, la diffusion, l'accès à des plateformes,

que ce soit attrayant, que ce soit,

donc, disponible pour l'ensemble des Québécois, cette magnifique production

culturelle de l'ensemble du monde de la culture, et que ce soit fait

dans les plus brefs délais.

évidemment, le meilleur moyen, c'est de posséder l'ensemble des outils qui nous

permettraient d'avoir les leviers et

toute la latitude pour prendre des décisions, non seulement de réclamer le

droit à la juridiction sur l'ensemble du domaine de la culture. Mais la meilleure façon, je le répète, c'est d'avoir tous

les leviers d'action à travers l'indépendance du Québec.

Mais, en

attendant, nous devons agir, nous devons agir de façon résolue, et nous avons

fait des propositions. Ce sont les premières propositions que l'on fait au

gouvernement, aujourd'hui, sur lesquelles nous n'avons pas eu des réponses,

disons, complètes à tous égards. L'idée

d'assujettir les entreprises de 25 à 49 employés à la Charte de la langue

française, le ministre y a démontré

une certaine ouverture, sans vouloir alourdir la charge des entreprises. Nous

ne voulons pas alourdir la charge des

entreprises, nous voulons les accompagner, mais à certaines conditions. C'est

l'esprit de la proposition que l'on fait. D'ailleurs, le premier

ministre actuel, alors qu'il était dans l'opposition, en 2013, avait signifié

son intérêt au principe

de la loi n° 14 qui visait à modifier la loi 101, et puis

ensuite, bon, les intentions, les bonnes intentions ne se sont pas concrétisées. On souhaite qu'aujourd'hui les

intentions du ministre nous permettent d'aller jusqu'au bout de la logique

et de l'exercice.

L'article 46,

dont on parlait plus tôt, «préciser les circonstances»... à l'article 46

de la Charte de la langue française : «Il faut préciser les circonstances à travers lesquelles des entreprises

peuvent exiger la connaissance d'une autre langue.» Quand j'ai posé la question au ministre, un peu

plus tôt, il a mentionné l'article tout en déviant le sujet sur l'idée

d'assujettir les entreprises de

charte fédérale à l'application de la Charte de la langue française. Les

135 000 employés qui travaillent pour des entreprises sous juridiction fédérale, effectivement, il faut

qu'ils puissent avoir cette chance de pratiquer la langue française au quotidien et d'être appuyés en ce

sens. Mais je pense qu'il y a encore davantage de travail à faire sur les

petites et moyennes entreprises. Donc, les deux dossiers doivent être

menés de front.

L'article 1

de la loi n° 104, bon, on a fait un historique depuis 2002, je

pense que les récentes statistiques, le portrait de la situation qu'on a fait et les inquiétudes qui sont légitimes et

qui sont exprimées dans l'espace public nous amènent à une action et une action collective. La motion a

été adoptée à l'unanimité, maintenant, nous attendons une action résolue

de la part du gouvernement.

Je n'ai pas

entendu non plus le ministre se prononcer sur la commande d'un portrait sur les

pratiques linguistiques des

ministères et des organismes. Cette question-là, nous y reviendrons, parce

qu'on ne peut pas à la fois dire que le gouvernement doit être exemplaire dans

ses pratiques, les sociétés d'État également, faire une collecte de données, en

faire l'analyse et ne pas révéler la situation. Si on veut corriger la

situation, si on veut l'améliorer, évidemment, on doit avoir une copie de ce portrait. Les Québécois ont le

droit de savoir quelles sont les pratiques des ministères et des organismes du

gouvernement pour apprécier la situation pour ce qu'elle est véritablement.

Je voulais

aussi, en guise de conclusion, ramener certains éléments qui, aussi, devront

être discutés ou pourront être discutés

pour bonifier notre approche, une approche que je considère être

transpartisane. Je crois que l'ensemble des gens ici, que je remercie d'ailleurs d'avoir accepté

l'invitation, tous les gens et tous les partis sont de bonne foi pour vouloir

travailler ensemble vers

l'amélioration de la défense de notre langue française comme langue officielle,

sa promotion, sa mise en valeur à travers de multiples moyens. Je crois

qu'encore une fois le renforcement de la loi 101 n'est pas le seul moyen à

mettre en oeuvre, mais c'est un moyen qui donnera un signal clair à l'ensemble

de la population.

Rappeler

qu'aussi les mesures peuvent être aussi sous forme de promotion. On en avait

parlé au cours de la dernière année,

la langue d'accueil, on en a discuté un peu, ce n'est pas l'approche coercitive

que nous privilégions, mais plutôt la promotion de l'usage du français

comme langue d'accueil dans les commerces et, en particulier, dans les

commerces de l'État, des sociétés d'État. La

question de l'affichage n'a pas été abordée aujourd'hui, sauf dans les notes

introductives que j'ai eu l'occasion

de prononcer. Le principe de la prédominance du français n'est plus inscrit

dans la réglementation, et on voit que, pour certaines entreprises,

c'est une bénédiction puisqu'elles n'étaient pas conformes à la loi, elles le

sont maintenant, mais ça n'avance d'aucune façon la cause du visage français

des commerces au Québec et en particulier à Montréal.

Je voudrais aussi rappeler l'existence d'un

document qui s'intitulait Une langue commune à tous et pour tous , qui a été rédigé et déposé par la députée

d'Iberville, qui faisait, en quelque sorte, office de plateforme pour la langue française du gouvernement. Et on n'en a pas parlé aujourd'hui. Je n'ai pas voulu introduire le sujet, en

pensant que le ministre allait appuyer

ses déclarations sur un certain nombre d'éléments qui faisaient

partie

de la plateforme du gouvernement. Alors, j'aimerais

entendre, dans les prochaines semaines, de quelle façon le gouvernement va concrétiser un certain nombre de ces engagements, si, par exemple, la création d'un poste de commissaire à la langue française est toujours à l'ordre

du jour. Et, finalement, j'aimerais que le gouvernement passe à l'action

dans l'attribution des ressources adéquates à l'Office de la langue française pour effectuer son rôle.

Présidente (Mme Nichols) : Alors, merci, M. le député. À mon tour de vous remercier pour le bon

déroulement de cette interpellation.

Je lève la

séance. Et la commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux au

mardi 8 octobre, à 10 heures, où elle poursuivra un

prochain mandat. Merci.

(Fin de la séance à 12 h 01)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2019-10-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-42-1 journal-debats CCE-191004
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier595af41d73e91aae18a04bd46d76adbbe6319901

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