Transportation and the Environment — 26 March 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 26 mars 2025
Vol. 47 N° 87
Étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures trente-trois minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
bonjour. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant
diverses dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, nous étions à l'étude
de l'article 79. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet article? Mme la
députée de Mille-Îles... Woups! bien, en fait...
Mme Dufour : Non, non, non.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député.
M. Leduc : Oui, merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Il y avait eu quand même beaucoup d'échanges,
là, de ma collègue hier, mais moi, j'aimerais qu'on prenne des exemples. Tu
sais, vous rajoutez, justement, à 31.0.2, «en tout ou en partie». Il y a
beaucoup de choses que vous rajoutez, mais c'est ce bout-là, moi, qui m'intrigue
en particulier. C'est quoi, l'intérêt de rajouter ça? Et comment, surtout, ça
va s'opérationnaliser?
M. Charette : ...bonjour, M.
le Président, bonjour aux collègues. Bien, peut-être résumer un peu ce qui s'est
mentionné hier, avec une inquiétude de dire : Si on transfère une
autorisation qui date d'un certain nombre d'années, est-ce que c'est un droit acquis,
avec toujours les mêmes modalités, est- ce que ce qui était permis le sera
toujours? C'est là où on a précisé que même une autorisation qui est donnée, qu'elle
soit cédée ou maintenue par le même titulaire, elle peut être modifiée au fil
des années en fonction de l'évolution de la connaissance, en fonction de
nouvelles informations qui nous sont transmises. Donc, il n'y a pas... il n'y a
pas d'inquiétude, ce n'est pas un droit acquis avec les mêmes modalités
indéfiniment.
Sinon, pourquoi devoir céder, en
partie ou
en tout, certaines activités? Ça peut être un changement d'opérateur... pas d'opérateur,
mais ça peut être des changements au niveau des responsables du projet,
propriétaires qui changent au niveau d'une entreprise. Donc, il y a mille et une
circonstances qui pourraient expliquer cette cession partielle ou complète,
mais avec, encore une fois, une obligation de respecter les modalités de l'autorisation.
Le collègue demande des exemples précis de
cas qui pourraient s'avérer. Sans doute que le ministère serait plus à même que
moi de répondre. Donc, avec le consentement, je ne sais pas si on pourrait
donner des exemples plus précis?
M. Leduc : Parfait, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement
de la commission?
M. Leduc : Bien sûr.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, je vous demanderais, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, de vous
présenter, nom et titre, s'il vous plaît.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Mélissa Gagnon...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...je
suis directrice générale adjointe aux évaluations environnementales et
stratégiques. Donc, peut-être juste aussi pour se resituer dans le contexte où
on a introduit la notion d'«autorisation unique», là, pour simplifier, donc, un
même détenteur d'autorisations peut avoir plusieurs activités puis il peut
vouloir céder l'ensemble de ses autorisations ou, d'où la cession partielle,
pouvoir diviser ses activités. Donc, exemple, on le sait, on a une scierie avec
des lignes de sciage puis un complexe de fabrication de combustible granulaire,
donc ça fait
partie de l'ensemble de ses activités. Il pourrait vouloir se
concentrer uniquement... garder uniquement la scierie et vendre la
partie du
complexe de... pas du complexe, là, mais de fabrication de combustible
granulaire, et là, à ce moment-là, ce serait une cession partielle qui serait
requise, parce qu'il ne céderait que les autorisations pour cette activité-là.
M. Leduc : Donc, les
activités, c'est vendre, dans le fond, à une compagnie tierce?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
sûr que là, par en arrière, il y a cette dynamique-là qui est nécessaire, en
quelque sorte. Mais nous, la
partie qu'on gère avec la cession partielle, c'est
vraiment pour les autorisations environnementales qui sont livrées.
M. Leduc : Je comprends. Mais
l'idée d'ouvrir cette possibilité-là, concrètement, j'imagine que plus souvent
qu'autrement ça va être ça, ça va être qu'une entreprise va décider de vendre
une
partie de ses installations?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
parce que, s'il y a une cession, en fait il y a un changement de... du
détenteur de l'autorisation, donc du propriétaire qui effectue l'activité.
Donc, normalement, j'imagine que ça devrait venir avec une vente. Mais là, je
ne suis pas spécialiste de la dynamique...
M. Leduc : O.K. Bien,
qu'est-ce que ça pourrait être d'autre, en fait? Qu'est-ce qui pourrait
justifier ça, en dehors d'une vente?
Mme Gagnon (Mélissa) : J'imagine
qu'il pourrait y avoir... Bien, je ne sais pas si...
M. Charette : Oui. Bien,
c'est-à-dire, les détenteurs d'autorisations, ce ne sont pas que des
entreprises privées, c'est des opérations qui peuvent être subdivisées sans que
ce soit une entreprise privée. Je devine que ça pourrait s'appliquer aux
municipalités, ça pourrait s'appliquer au ministère, ça pourrait s'appliquer...
Donc, le cas le plus facilement... qui peut être le plus facilement démontré,
c'est celui de la vente d'une entreprise ou une cession partielle des activités
d'une entreprise au profit d'une autre. Mais des détenteurs d'autorisations, ce
ne sont pas que des entreprises privées.
M. Leduc : Donc, ça peut être
d'autres municipalités, mais...
M. Charette : Oui, et ça...
M. Leduc : ...municipalités,
mais en tant que genre de maîtres d'oeuvre d'une opération.
M. Charette : En fait, tout
détenteur d'autorisation a la possibilité de céder en tout ou en
partie les
modalités de l'autorisation, mais avec les obligations qui viennent avec, et le
but de l'article, c'est s'assurer que ces obligations-là soient connues de la
partie qui hérite de cette nouvelle mission, ou de ce nouveau mandat, ou de
cette nouvelle activité, pour que ça se sache que vous n'avez pas que le droit
de faire telle ou telle opération, mais vous avez aussi les obligations qui
viennent avec l'autorisation, là, qui a été délivrée.
M. Leduc : Si... Vous dites
donc soit une entreprise privée, soit une municipalité. Est-ce qu'il y a
d'autres types... Mais est-ce qu'un OSBL peut faire
partie de ça, en théorie?
• (11 h 40) •
M. Charette : Ah!
c'est-à-dire... Techniquement, un détenteur ou une détentrice d'autorisation,
c'est le promoteur d'un projet. Donc, il peut y avoir des promoteurs privés, il
peut y avoir des OBNL qui gèrent un organisme, donc, communautaire qui sont
propriétaires d'un terrain qui doit être aménagé. Donc, en termes de... La...
l'éventail de titulaires d'autorisation est excessivement large, là, ce ne sont
pas que des entreprises privées. Bien, en fait, même les OBNL sont considérés
comme des entreprises privées, mais à but non lucratif, Donc, c'est un éventail
très, très large, municipalités, ministères, entreprises proprement privées,
industries petites et grandes. Donc, des détenteurs d'autorisations, là, on en
a de tous les acabits et aussi, là, dans différentes sphères d'activité.
M. Leduc : Ça inclut des
organismes gouvernementaux?
M. Charette : Ça pourrait,
bien oui! En fait, les ministères ont besoin d'autorisations aussi pour faire
certaines de leurs activités, oui, les municipalités aussi. On parlait hier de
zones inondables. Je suis malheureusement dans une région qui a été fortement
affectée par les inondations, par les crues 2017 et 2019. Donc, les municipalités,
pour devenir plus résilientes, ont dû procéder à certains travaux qui dans
certains cas nécessitaient une autorisation. Donc, la ville était détentrice et
demeure détentrice...
M. Charette : ...là, dans
certains cas.
M. Leduc : Et, dans un cas où
est-ce que soit la ville ou un ministère puisse avoir aussi, dans sa logique,
de vendre ou de se départir d'une partie, c'est la même procédure qui va
s'appliquer, que ça soit du privé ou du public ici.
M. Charette : On ne fait pas
de distinction entre qui est détenteur, c'est : le détenteur
d'autorisation a des obligations au moment de la cession, partielle ou totale,
tout comme l'entité qui hérite de cette nouvelle autorisation a l'obligation de
respecter les modalités telles qu'elles avaient été précisées, modalités qui
peuvent être revues en cours de route, qu'il y ait cession ou pas.
M. Leduc : Et le fait de
rajouter ça, «en tout ou en partie», on comprend que c'est le «partie», là, qui
est le rajout, est-ce que c'est basé sur des expériences concrètes que x ou y
dossier aurait cheminé plus facilement dans le ministère si on avait pu avoir
cette subdivision-là ou c'est un truc plus théorique que vous mettez au jeu?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, ça répond à un besoin qu'on constate déjà, effectivement. C'est sûr
que la notion... comme je le disais tout à l'heure, la notion d'autorisation
unique vient peut-être aussi amplifier ce besoin-là, dans le sens qu'un
initiateur qui a plusieurs activités regroupées sous un même projet va avoir
une seule autorisation maintenant, qui va regrouper l'ensemble de ses activités
pour simplifier le tout, faciliter aussi le contrôle, le suivi. Donc là, c'est
certain que ça vient aussi avec le besoin d'être capable de céder une
partie de
cette autorisation unique là si jamais il y a une
partie des activités qui
tombe sur la responsabilité d'un autre exploitant, donc là, s'il y a une vente
ou autre action de changement de responsabilité, ça fait que là nous, on
s'assure de pouvoir rattacher les autorisations environnementales au bon
exploitant, au bon responsable.
M. Leduc : Parce que, si,
dans l'ancienne... dans l'ancien système, il y avait une cession, la nouvelle
personne ou l'organisme ou entreprise propriétaire devait redémarrer au complet
une procédure?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, la personne pouvait... avant, un même exploitant, exemple, pouvait
avoir plusieurs autorisations pour ses activités, donc là pouvait céder une
autorisation pour une activité. Mais là maintenant qu'on a... on a le principe
d'autorisation unique où est-ce que, s'il exploite un site avec différentes
activités mais qui peuvent être regroupées dans une seule autorisation, bien
là, à ce moment-là, il ne peut pas céder... s'il veut céder une
partie des
activités, il doit pouvoir céder une
partie de son autorisation, d'où la
cession partielle.
M. Leduc : Mais est-ce qu'il
la... est-ce qu'il garde l'autorisation pour le reste de ses activités?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, c'est ce que la nouvelle disposition permet de faire, c'est de
s'assurer que les responsabilités qui demeurent à l'exploitant initial sont
claires, bien connues et appropriées aussi aux activités que lui conserve sous
sa responsabilité, que les activités qui sont maintenant réalisées par... qui
seraient réalisées par quelqu'un d'autre sont rattachées avec les bonnes
responsabilités au niveau de l'autorisation environnementale. Ça fait que c'est
exactement ce qu'on vient introduire avec la nouvelle disposition.
M. Leduc : Je comprends.
C'est une forme de droit des affaires, en quelque sorte, là, j'imagine, où
est-ce qu'on dit qu'il y a une... comme un droit acquis sur un site par un
propriétaire puis que là il y a un nouveau propriétaire qui achète une
partie
du site, il hérite de ce qui avait été couvert pour le site. Est-ce que je le
vois... Est-ce que j'ai raison de le voir comme ça?
M. Charette : J'hésite à
parler de droits acquis, parce qu'au niveau des autorisations, il n'y a aucun
droit acquis à tout jamais. Une autorisation, c'est surtout des obligations qui
sont précisées à un promoteur ou à un titulaire, là, de charge. Donc, ce n'est
pas un droit acquis, c'est plutôt des obligations qui sont précisées dans
l'autorisation en question. Mais, comme notre collègue, là, l'expliquait bien,
il y a différentes circonstances qui font en sorte que la cession devient
nécessaire, là, en
partie notamment, mais ce n'est pas un droit acquis, parce
que, même, on le disait, là, à quelques reprises, les obligations liées à
l'autorisation peuvent être changées par le ministère en cours de route. Donc,
le... un promoteur, peu importe lequel, ne peut pas dire : Moi, je pars
avec une autorisation et j'ai le droit de faire ce que je veux à tout jamais en
fonction des modalités x.
M. Leduc : Je comprends.
M. Charette : Ça peut évoluer,
là, dans le temps.
M. Leduc : Mais il ne repart
pas à zéro. Il part avec l'état de l'autorisation qui était là au moment de
l'achat.
M. Charette : Mais, si la
cession, elle est reconnue, effectivement, il ne repart pas à zéro, il repart
avec les modalités de l'autorisation, là, qui avait été...
M. Leduc : C'est plus
proche... Si on est pour prendre des termes juridiques, c'est plus proche d'une
servitude que d'un droit acquis, dans ce cas-là.
M. Charette : Encore là...
Encore là, moi, je ne suis pas juriste, donc je ne pourrais pas...
M. Leduc : Bien, la
logique...
M. Leduc : ...une servitude,
c'est que vous mettez la main sur un bien immobilier ou quoi que ce soit puis
vous devez appliquer ce que ce bien-là avait comme historique en quelque sorte?
M. Charette : Des avocats
nous disent que ce ne serait pas du tout une servitude, on ne pourrait pas
utiliser ce terme-là. Donc, ce serait de dire : il y a des obligations.
Que ce soit le détenteur original de l'autorisation ou non qui hérite de cette
autorisation-là, il y a des obligations qui viennent avec.
M. Leduc : Si je résume,
dites-moi si j'ai bien compris, dans l'ancien système, il y avait plusieurs
autorisations pour plusieurs éléments d'un site en particulier, et si on avait
à vendre une
partie du site, l'autorisation qui était reliée à cette
partie de
site là partait avec.
M. Charette : Non, ce n'est
pas tant une... plusieurs parties du site que plusieurs activités.
M. Leduc : O.K. Plusieurs
fonctions.
M. Charette : Exact. Comme
l'exemple, là, de la scierie, là, qui était évoqué par notre collègue. C'est un
site unique, oui, mais avec plusieurs activités, là, sur le site et souvent
chaque activité nécessitait une ou des autorisations distinctes.
M. Leduc : Exact. Puis là, vu
qu'on les a rassemblés, les autorisations, en une seule, on veut garder une
façon de dire que si le site se subdivise d'une manière ou d'une autre, il n'y
a pas un bug dans la matrice, en quelque sorte.
M. Charette : Si les
activités sont subdivisées, non pas forcément, mais le site aussi. Si jamais
c'est un propriétaire privé et qu'il dit : Bien, moi, sur un site x,
j'avais différentes entités, j'en vends, donc il y a non seulement une
partie
du terrain lui-même, mais des activités qui sont cédées avec la vente. Là, ce
serait une cession partielle, effectivement.
M. Leduc : O.K. C'est très
clair. Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Peut-être juste continuer sur un peu les échanges qu'il y avait eu.
On voit, là, que précédemment ça disait : «une fois la cession de
l'autorisation complétée, le nouveau titulaire a les mêmes droits et
obligations que le cédant». Et là on a ajouté dans le projet de loi «pour l'activité
dont l'autorisation a fait l'objet de la cession». Donc, peut-être d'abord nous
expliquer pourquoi on a eu besoin de préciser pour l'activité dont
l'autorisation a fait l'objet de la cession.
M. Charette : Oui. Comme on
mentionnait sur un site, il peut avoir plusieurs activités. S'il y a une
cession partielle, les obligations à l'égard de l'autorisation sont liées à
l'activité qui est cédée et non pas l'ensemble des activités. Donc, c'est
essentiellement ce que ça vient dire. Donc, l'obligation du nouveau détenteur
est liée avec l'activité qui a été cédée plutôt que l'ensemble des obligations,
là, sur les différentes activités, là, qui peuvent avoir cours, là, sur un même
site.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'on avait besoin de faire ce changement-là aussi pour des cessions totales,
complètes?
M. Charette : Bien, c'est...
encore là, c'est une formulation, là, juridique, là, qui répond à l'expérience,
là, qui a été celle du ministère, là, ces dernières années. Donc, oui, c'est
une précision, là, qui est justifiée d'un point de vue... pardon, légistique.
• (11 h 50) •
Mme Dufour : O.K. est-ce que
ça veut dire que, dans le passé, il y a eu des cessions qui ont été faites,
mais que l'activité, finalement, a changée avec la cession, mais que là, la
façon que c'était écrit, malheureusement, on a manqué des choses?
M. Charette : L'autorisation
est toujours liée à une activité en particulier. Donc, si on parle de nouvelle
activité soit qu'elle requiert... qu'elle ne requière pas d'autorisation, donc
on est dédouanés, là, d'émettre des autorisations dans ce cas-là, mais si c'est
une nouvelle activité qui requiert une nouvelle autorisation compte tenu de sa
nature, le promoteur devra aller chercher aussi une autorisation, là, pour cette
activité là.
Mme Dufour : O.K. Donc, juste
comprendre comment ça fonctionne, là, quand... si on parle d'une cession
complète, là disons, une entreprise peut avoir beaucoup, beaucoup de... En
fait, une entreprise peut avoir des activités mais peut aussi avoir des... un
site sur lequel il y a des activités qui se font, mais les activités peuvent
changer si ça change de propriétaire. Par exemple, je ne le sais pas, moi, si
on faisait de l'entreposage de quelque chose en particulier, mais ça peut devenir
quelque chose d'autre. Donc, comment c'est gérer à ce moment-là le changement
d'activité, tu sais, est-ce que le requérant doit refaire une nouvelle demande,
mais, tu sais, à quel stade...
Mme Dufour : ...parce que là,
je comprends que c'est... il faut que ce soit fait, dans le fond, avant la
cession, là, avec la façon que c'est écrit, là.
M. Charette : Bien, c'est sûr
qu'il y a mille et un exemples potentiels, mais j'essaie de décoder un petit
peu le type d'exemple soumis par la collègue. Si on a un lieu... j'ai même des
idées en tête, là... un lieu physique où on a une autorisation pour du
traitement, là, de... même, genre, sur le côté de Montréal, ce n'est pas un
lieu d'enfouissement, mais c'est un lieu où on peut entreposer de la... de la
matière en vue qu'elle soit recyclée éventuellement, donc, il y a une
autorisation qui est donnée. Si le détenteur de l'autorisation dit : Moi,
ce bâtiment-là, ce terrain-là, je le vends, et que l'acheteur veut faire autre
chose que ça, si l'activité est dans un domaine où des autorisations ne sont
pas requises, il n'y a pas d'autorisations qui sont requises. Mais si c'est une
fonction complètement, complètement étrangère à l'autorisation précédente, et
qui nécessite une autorisation aussi, bien là, l'acquéreur du terrain et du
bâtiment doit refaire un processus de demande d'autorisation, parce que ce
n'est pas couvert par la cession. C'est une activité différente, qui est aussi
soumise à l'obtention d'une autorisation.
Donc, on recommence, là. C'est un nouveau
promoteur, c'est un nouveau projet, qui nécessite une autorisation, donc c'est
une démarche, là, qui reprend. C'est comme si c'était entièrement, entièrement
nouveau, donc ça nécessite une nouvelle autorisation, là, dans ce cas là.
Mme Dufour : O.K. Puis, à ce
moment-là, on peut parler de délais de combien de temps pour repasser...
M. Charette : Ça dépend de la
nature du projet, naturellement. Dans toute la procédure d'évaluation, ce qui
fait une grosse, grosse différence, et on le voit avec les années, c'est le
degré de préparation du promoteur. On a des projets qui sont bien ficelés, il y
a d'autres projets qui sont, en quelque sorte, définis en même temps qu'il y a
des demandes d'autorisation qui sont... qui sont formulées. Là, je ne vous
cacherai pas que c'est plus long, parce que le promoteur lui-même n'a pas
toujours les réponses et ne sait pas forcément exactement, là, quelle est la
forme que prendra concrètement le projet. Donc, le premier secret pour un
promoteur, quel qu'il soit, c'est son degré de préparation, et, par la suite,
le ministère essaie, là, de l'accompagner au mieux de sa capacité, là, pour
s'assurer, là, des délais les plus raisonnables possible.
Mme Dufour : O.K. Et la
partie... on dit aussi «toute garantie et assurance... ou assurance
responsabilité fournie fait
partie intégrante de l'autorisation». Dans un cas
où la nouvelle activité ne requiert pas d'autorisation, ça tombe. La garantie,
l'assurance responsabilité, elles arrêtent, à ce moment-là?
M. Charette : Bien, si c'est
un nouveau promoteur... et corrigez-moi si je fais erreur, là, mais si c'est un
nouveau promoteur, nouveau projet qui ne nécessite pas d'autorisation,
effectivement, il n'y a pas besoin, là de cette continuité-là. Mais, d'un autre
côté, si c'est un nouveau promoteur, un nouveau projet différent du précédent,
le nouveau promoteur devra aller chercher non seulement son autorisation, mais
se protéger, là, comme il se doit, là, à travers des assurances responsabilité.
La continuité se fait si c'est la même activité qui est visée par
l'autorisation. Mais c'est une toute nouvelle activité qui nécessite une
autorisation, naturellement, là, il y aura des obligations, là, pour le
promoteur.
Mme Dufour : Oui, c'est ça. Mais
de la façon que c'est écrit, on dit que ça fait
partie intégrante de
l'autorisation, nous dit : Si on change de promoteur, un nouveau promoteur
doit aller chercher cette nouvelle garantie ou assurance responsabilité.
M. Charette : Mais si c'est
une nouvelle autorisation...
Mme Dufour : Oui, mais si
c'est la même?
M. Charette : ...on n'est
pas... Bien, c'est-à-dire, si c'est la même activité qui est cédée, il y a une
continuité, mais si c'est une nouvelle autorisation, avec une nouvelle
activité, c'est des démarches, là, qui doivent être prises, là, par... reprises
entièrement par le demandeur ou la demanderesse.
Mme Dufour : O.K. Puis on
a... à la toute fin de l'article, on est venu préciser que l'autorisation à des
fins de recherche et d'expérimentation est incessible. Ça, je comprends qu'on
ne le modifie pas là, mais on n'a pas non plus senti le besoin de le... de le
modifier à ce stade-ci. Donc, peut-être nous expliquer juste pourquoi c'est
écrit comme ça.
M. Charette : Dans
l'application plus concrète, est-ce qu'on peut avoir...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...oui,
je m'excuse, est-ce que vous pourriez juste répéter la question? Je ne suis pas
sûre de...
Mme Dufour : Oui. Bien, on
dit «l'autorisation à des fins de recherche et d'expérimentation prévue à
l'article 29 est incessible».
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait... Mais l'article 29 prévoit la possibilité de délivrer une
autorisation environnementale dans un contexte qui ne serait pas couvert par l'article
22. En fait, on vient vraiment ici ouvrir la possibilité de céder partiellement
une autorisation qui a été délivrée en vertu de l'article 29. Puis on vient
simplement préciser que, s'il y a une autorisation dans le contexte de
l'article 29, où est-ce qu'on est à des fins d'expérimentation, ce type
d'autorisation là n'est pas cessible. Donc, s'il y avait... puis ça ne
s'applique pas finalement dans ces cas-là.
Mme Dufour : Mais pourquoi, à
la base, on a mis cette condition que ce soit incessible?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est que ça vient aussi... En fait, c'est un pouvoir particulier
d'autoriser. Il faut comprendre que l'article 29 permet d'autoriser des
situations où est-ce que dans le contexte d'une autorisation régulière, on n'aurait
possiblement pas pu autoriser cette activité-là parce qu'elle est en mode
expérimental. Donc là, on sort un peu du cadre applicable, parce qu'on est dans
des nouvelles activités où, bon, bref, on veut expérimenter. Ça fait que ça
vient avec un protocole très précis, avec une durée déterminée, avec des
responsabilités particulières. Donc là, on est dans un contexte particulier qui
nécessite une analyse plus détaillée, je dirais. Donc, en fait, on vient
simplement dire... On est dans ce contexte-là, à ce moment-là, ça prendrait
une nouvelle autorisation.
On est souvent dans un contexte plus
restreint, comme je dirais... comme je le disais, une durée déterminée pour un
objectif très précis qui est rattaché même au détenteur de l'autorisation,
donc, c'est à des fins particulières. Ça fait qu'à ce moment-là, ça ne rentre
pas dans ce cadre-là, ça prendrait une nouvelle autorisation si on voulait
aller céder ces activités. C'est les cas très particuliers qui ne sont pas...
Ce n'est pas courant, disons.
Mme Dufour : O.K. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons mettre l'article aux voix. Est-ce que
l'article 79 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons poursuivre avec l'article 80. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc,
L'article 31.0.3 de cette loi est modifié par l'insertion,
à la fin du premier alinéa, de «ou, le cas échéant, à une décision prise en
vertu de la présente loi».
Le commentaire. Cet
article modifie
l'article 31.0.3 de cette loi, lequel prévoit le pouvoir du ministre de refuser
de délivrer ou de modifier une autorisation pour certains motifs. La
modification précise que le ministre peut refuser notamment de le faire lorsque
le demandeur ne lui a pas démontré, dans sa demande, que le projet soumis est
conforme à une décision applicable prise en vertu de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 80? Mme la
députée de Mille-Îles.
• (12 heures) •
Mme Dufour : Oui. En fait, on
a eu le débat abondamment sur la question de décision prise dans un
article
précédent. Tu sais, pour moi, je ne saisis toujours pas exactement à quoi...
qu'est-ce qu'on va... qu'est-ce qu'on peut s'attendre dans cette situation-là.
J'ai l'impression, encore une fois, puis je tiens juste à le répéter parce que
je l'ai dit dans l'article... dans un autre article, mais que ça ouvre la porte
à beaucoup, beaucoup de choses. On était dans... On parlait qu'il fallait que
ce soit conforme à la présente loi ou à ses règlements, mais là, maintenant, on
rajoute «une décision prise en vertu de la présente loi». Et ça, cette
décision-là, bien, ça peut être beaucoup, beaucoup de choses qu'on ne connaît
pas présentement, donc, ça amène de l'imprévisibilité, contrairement à ce que
le ministre semblait vouloir éviter avec d'autres articles.
M. Charette : Je comprends le
questionnement de la collègue. Je tentais d'être rassurant. Lorsqu'on parle de
décision ici, c'est une décision gouvernementale en vertu de la
Loi sur la
qualité de l'environnement, donc, c'est justifié. Ces décisions-là, elles sont
argumentées, elles sont aussi, naturellement, en vertu, là, du respect de la
loi. Donc, ce n'est pas aléatoire, ce n'est pas non sans motif. Donc, non, c'est
une...
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12 h (version non révisé
e) M. Charette : …pour nous, qui
semble refléter la nécessité, là, de se donner tous les moyens de conformité
avec la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Le Conseil du…
patronal de l'environnement du Québec nous mentionnait… Voilà. O.K. Bon : «Les
modifications proposées par le projet de loi n° 81 — ça, je lis le…
un extrait de leur mémoire, là — prévoient que le ministre doit
refuser de délivrer ou de modifier une autorisation lorsque le demandeur ne lui
a pas démontré que le projet est conforme à la présente loi ou à ses règlements.»
Puis là on ajoute : «Le cas échéant, une… une décision prise en vertu de
la LQE — ils nous ajoutent — afin d'éviter toute ambiguïté,
nous sommes d'avis qu'il est essentiel que le projet de loi n° 81 précise
de quelle décision il est question en spécifiant les articles de la LQE visés.
Cette précision permettrait à notre avis de limiter le risque de décisions
arbitraires.»
C'est un peu ce que j'avais mentionné dans
un
article précédent. C'est qu'en utilisant «toute décision prise» ça laisse
beaucoup de place à beaucoup, beaucoup de possibilités. Le ministre, je ne suis
pas inquiète, je ne pense pas qu'il va aller dans n'importe quoi. Mais, comme
on l'a dit, il ne sera peut-être pas toujours ministre, et cette loi va
perdurer bien au-delà de son mandat.
M. Charette : J'entends
effectivement le commentaire de la collègue. On a eu la possibilité d'échanger
sur la question. Si j'ai pu en rassurer quelques-uns, j'en suis fort aise. Si d'autres
demeurent inquiets, on tentera de les rassurer à l'usage, mais c'est réellement…
là, on est dans la section… il faut le rappeler, là, c'est la
loi sur la
qualité de l'environnement qui est modifiée actuellement à travers ces articles-ci.
C'est s'assurer que la loi, elle est respectée, mais ça ne peut pas être des
critères autres que ceux, là, qui sont… qui sont déjà, là, précisés dans la Loi
sur la qualité de l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Non, ça va,
merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Ça va. Bon, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 80. Est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article
ayant été adopté, un amendement a été déposé par M. le ministre, amendement qui
introduit l'article 80.1. Donc, je vous cède la parole.
M. Charette : Effectivement.
J'en fais la lecture. Merci, M. le Président. Insérer, après l'article 80
du projet de loi, l'article suivant :
80.1 :
L'article 31.0.6 de cette
loi est modifié par l'insertion, à la fin du premier alinéa de «ainsi que les
conditions, restrictions et interdictions applicables à la réalisation de ces
activités, incluant la période au cours de laquelle elles doivent être
réalisées».
Commentaires. Cette modification vise à
clarifier le pouvoir réglementaire prévu au premier alinéa en précisant que ce
pouvoir comporte également la possibilité de prévoir des conditions,
restrictions ou interdictions applicables à la réalisation des activités,
laquelle est sous-entendue au deuxième alinéa.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci. Il y
a… On nous a… Là, on est-tu dans l'amendement? Non, là…
Le Président (M. St-Louis) : C'est
l'amendement qui introduit l'article 80.1.
Mme Dufour : Excusez-moi, je veux
juste être certaine. Le ministre a-t-il lu l'amendement déjà?
M. Charette : Oui, je viens
tout juste de le lire.
Le Président (M. St-Louis) : Oui,
il vient tout juste, oui.
Mme Dufour : O.K. O.K. Excusez-moi,
c'est parce que je pensais qu'on lisait d'habitude l'article avant.
Le Président (M. St-Louis) :
Bien, en fait, c'est l'amendement qui introduit l'article, l'article 80.1 n'était
pas…
Mme Dufour : Ah! c'est
un… ah! excusez-moi, j'étais rendue au 81, moi. O.K. O.K.
M. Leduc : …ce n'était pas
modifié par le p.l. original?
Mme Dufour : O.K., là, j'étais
ailleurs, je m'excuse, là.
M. Charette : Parfait. Donc…
Le Président (M. St-Louis) : C'est
80.1, non pas 81.
Mme Dufour : Oui, c'est ça, j'ai
compris 81
M. Charette : …ah! peut-être
que j'ai… je n'ai pas insisté sur le point, là, mais c'est réellement un nouvel…
un nouvel
article pour…
M. Leduc : Une clarification,
là, le 31.0.6, il n'était pas modifié par d'autres articles, dans le p.l., c'est
ce que je comprends.
M. Charette : 31.0.6, je ne
sais pas s'il était modifié à travers un autre article. On m'indique que non.
M. Leduc : O.K., parfait.
Mme Dufour : Est-ce qu'on
peut nous expliquer l'objectif de cette modification?
M. Charette : Oui, je vais relire
essentiellement le commentaire, là, ça vise à clarifier le pouvoir
réglementaire prévu au premier alinéa, en précisant que ce pouvoir comporte
également la possibilité de prévoir des conditions, restrictions ou
interdictions applicables à la réalisation des activités, laquelle est sous-entendue...
M. Charette : ...au deuxième
alinéa, on aime souvent des exemples d'application. Est-ce qu'on a... Je
demande aux équipes si on a une application particulière pour cet article-là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bien, un des... Oh! pardon. Un des meilleurs exemples, ce serait la durée
maximale pour la réalisation de l'activité, donc de pouvoir prévoir, exemple,
la durée maximale pour la réalisation.
Mme Dufour : ...c'est écrit
déjà : «incluant la période au cours de laquelle elles doivent être
réalisées». Mais est-ce qu'on peut avoir des exemples de restrictions ou
d'interdictions?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait, ça pourrait être la période dans laquelle l'activité peut se réaliser,
mais aussi la durée maximale de... dans laquelle la possibilité est valide.
Donc, exemple, ça peut être réalisé uniquement dans une période... tu sais, au
printemps, mais il y a une durée maximale aussi qui peut être établie, puis là
ça, ce n'était pas... ce n'était pas possible.
Mme Dufour : O.K. Donc, sans
cette modification-là, ces précisions-là ne pouvaient pas se faire.
Mme Gagnon (Mélissa) :
Effectivement. Donc, on... là, on se donne la possibilité de pouvoir vraiment
établir, exemple, que la déclaration est valide uniquement pour une année.
Mme Dufour : O.K. Mais on
avait déjà que «le gouvernement peut, par règlement, désigner des activités
prévues aux conditions, restrictions et interdictions qui y sont déterminées».
Le règlement pouvait déjà prévoir tout ça?
Des voix : ...
M. Charette : On m'indique qu'on parle de deux restrictions différentes. Et juste... parce que ça peut
être confondant, là, on est dans les déclarations de conformité et non pas dans
les autorisations ministérielles. Si on regarde, là, bien, des...
Des voix : ...
M. Charette : Si on regarde ce
qui est déjà prévu, ce qu'on permettrait, là, avec les changements par la
suite, actuellement, là, on peut préciser la localisation de l'activité,
c'est-à-dire à plus de 60 mètres d'un milieu humide, par exemple, on peut
préciser le type de matière visée, on peut viser la superficie affectée par
l'activité, on peut viser l'aménagement. Et là, au niveau des conditions de
réalisation... Ça, c'étaient les conditions d'admissibilité. Pour les
conditions de réalisation, on pourrait prévoir la durée maximale pour la
réalisation de l'activité, comme ça vient d'être mentionné, ça peut être aussi
déterminer non seulement les modalités, mais au niveau, précisément, des normes
de rejets pour ce qui est des eaux usées, on pourrait ajouter, là, un pH précis
entre telle et telle mesure, on pourrait préciser le niveau maximal sonore
d'émission de bruit, on pourrait déterminer la tenue du... d'un registre...
(Interruption)
M. Charette : ... — tout
en discrétion — et ultimement aussi, en guise d'exemple, déterminer
l'inspection régulière des surfaces étanches. Donc, il y a vraiment les
conditions d'admissibilité et les conditions de réalisation. Donc, ça peut être
admissible, oui, mais on peut préciser, là, les conditions de réalisation, là,
ultimement.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : O.K. Et ça a été
demandé par qui de faire ce changement?
M. Charette : Je ne me
souviens pas si un groupe en particulier l'avait demandé ou c'est l'expérience
du ministère, là, qui justifie, là, cet apport-là à la LQE.
Mme Dufour : O.K. Mais
on ne l'avait pas prévu avant les... avant qu'on soit ici, dans l'étude
détaillée, là. Donc, c'est venu ultérieurement.
M. Charette : De mémoire, je
ne pense pas. Et je peux... je peux faire erreur, là, mais, de mémoire, ce n'est
pas un groupe qui nous l'a demandé, c'est réellement l'expérience du ministère,
là, pour être plus en mesure, là, de s'acquitter de sa mission.
Mme Dufour : Et il n'y aura
pas d'enjeu avec les groupes? Parce que, je sais, quand on a eu des discussions,
la semaine dernière, sur une modification, par exemple, à un... une définition
qui avait été demandée par des groupes, en... au moment qu'on échangeait hors
ligne, vous nous aviez mentionné : Bien, on ne peut pas faire des
changements sans avoir repassé par les groupes. Donc, ici, ce changement-là,
est-ce que... est-ce qu'il a été validé?
M. Charette : Quand c'est une
contrainte majeure, non seulement on se soucie de voir est-ce que c'est...
est-ce que c'est nécessaire de passer par une consultation ou à travers ce
qu'on appelle, là, dans notre procédure à nous, le comité de législation... et
là ce n'est pas une modification, là, qui nécessite...
M. Charette : ...de repasser,
comité de législation, ou sinon consultation, là. C'est réellement pour l'usage
du ministère afin d'être plus à même, là, de s'acquitter, là, de sa mission à
l'égard de la LQE.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de... de l'amendement introduisant
l'article 80.1. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Adopté. Nous allons poursuivre avec le second amendement.
M. Charette : ...c'est-à-dire
l'introduction d'un nouvel
article : Insérer, après l'article 80.1 du
projet de loi, tel qu'amendé, l'article suivant :
80.2.
L'article 31.0.6 de cette loi
est modifié par l'insertion dans le deuxième alinéa et après «interdiction» de
«respecter afin que l'activité soit admissible à une déclaration de conformité
et».
Le commentaire, c'en est un de
concordance, donc en concordance avec l'amendement proposé pour modifier
l'article 31.0.6 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, cet
amendement a pour but de s'assurer que la personne qui réalise une activité
sans respecter les normes qui la rendent admissible à une déclaration de
conformité au lieu d'une autorisation ministérielle peut être sanctionnée de la
même manière qu'une personne qui réalise une activité sans autorisation alors
qu'elle est requise.
Je vais le dire plus simplement, nous
sommes effectivement dans les déclarations de conformité, c'est une nature ou
un type de projet qui a priori ne nécessite pas une autorisation ministérielle,
mais si, après analyse, on se rend compte que ce type d'activité là doit au
contraire nécessiter ou nécessite au contraire une autorisation ministérielle,
mais donc le promoteur peut être sanctionné au même
titre que la... l'obligation,
là, qui aurait été originale de procéder par autorisation.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce que nous avons des interventions sur l'amendement? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Peut-être
comprendre pourquoi on a eu ce besoin de modifications précises. Est-ce qu'il y
a eu des cas problématiques?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
je peux compléter. En fait, c'est vraiment en concordance avec l'amendement
précédent qu'on vient de voir. Donc, avec l'amendement précédent, on ajoute la
possibilité, là, de prévoir des conditions à la réalisation et non juste à
l'admissibilité d'une déclaration de conformité. Donc là, ce qu'on vient faire,
c'est qu'on vient préciser que les conditions de réalisation, s'il y a un
manquement par rapport aux conditions de réalisation, c'est différent, c'est
sanctionné différemment, ne sont pas sanctionnées de la même manière, en fait,
que les conditions d'admissibilité, ça fait qu'on introduit vraiment une
nuance. Parce qu'on introduit des conditions de réalisation à l'amendement
précédent, on vient préciser comment... comment on vient... comment ça
s'applique finalement s'il y a un manquement par rapport à ça. Donc, ça
s'applique différemment si c'est un manquement aux conditions d'admissibilité
versus réalisation.
Mme Dufour : Mais, mais ça va
s'appliquer comment différemment? Les sanctions sont... est ce qu'elles dont
précisées à quelque part? Parce que là on dit...
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est variable selon le niveau de gravité, C'est établi par la LQE. Mais,
c'est ça, il faut voir que, dans le fond, s'il y a un manquement aux conditions
d'admissibilité, c'est comme si, dans le fond, celui qui fait l'activité
n'aurait pas pu se prévaloir de cette déclaration-là parce qu'il n'était pas
admissible à la déclaration, ça fait que là, c'est vraiment comme s'il n'y
avait pas eu d'autorisation. Alors que s'il était admissible à la déclaration,
mais qu'il ne respecte pas les conditions de réalisation, mais là il est en
manquement des conditions de... tu sais, comme s'il avait été réputé autorisé
finalement, mais il y a un manquement par rapport aux conditions de
réalisation, donc ça n'a pas le même effet, ce n'est pas le même... la même
intervention qui est faite à ce moment-là.
Mme Dufour : O.K. Mais est-ce
que c'est plus grave ou moins grave s'il y a un manquement au niveau des
conditions?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
moins grave que sans autorisation.
Mme Dufour : O.K. Même si ce
qui est fait est peut-être très dommageable? S'ils ne respectent pas les
conditions de réalisation, peut-être que ça peut être grave. Je ne sais pas,
j'essaie de voir des exemples dans ma tête, là. Je vous avoue que ça m'aiderait
d'avoir des exemples concrets, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il y a... C'est selon... Oui, c'est ça, là, je... Bien, en fait, c'est
vraiment selon... dans les conditions, il y a un éventail de peines qui sont
établies selon la gravité, donc en fonction, mais c'est sûr que là on serait...
on est dans le haut niveau du régime d'autorisation au niveau des déclarations
de conformité. Donc, on demeure quand même dans un risque qui est faible.
Mme Dufour : O.K.
Mme Gagnon (Mélissa) : Au
départ.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Si nous n'avons pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise
aux voix de l'amendement...
Le Président (M. St-Louis) : ...introduisant
l'article 80.2. Est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous allons donc poursuivre, M. le ministre, à l'étude de l'article 81.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
L'article 31.0.12 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «de la présente
section» et de «sinistre appréhendé» par, respectivement, «des sous- sections 1
à 3» et «tel sinistre».
Et le commentaire. Cet
article modifie
l'article 31.0.12 de cette loi pour permettre au ministre de soustraire une
activité à certaines obligations relatives au régime d'autorisation lorsqu'il
est urgent d'agir afin de réparer ou de prévenir un dommage en cas de sinistre.
La modification proposée permet de limiter
la portée de la soustraction aux sous-sections 1 à 3 de la
section 2 du
chapitre
IV du
titre 1 de la loi, qui porte sur le régime d'autorisation ministérielle,
puisqu'un
article équivalent existe dans la loi pour le régime d'autorisation
gouvernementale.
Les modifications ont aussi pour objet de
préciser la notion de sinistres dans les cas où les activités doivent être
réalisées de manière urgente pour prévenir tout dommage qu'ils pourraient
causer en référant directement à la définition de la
Loi sur la sécurité civile
visant à favoriser la résilience aux sinistres.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bien, j'aimerais un peu poser la même question que tantôt, à
savoir : Est-ce qu'il y a eu des cas concrets que vous avez vécus dans les
dernières années, qui vous poussent à faire cette modification-là, là, surtout
sur le volet des sinistres?
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, il y a deux modifications qui sont proposées, là, à l'article 31.0.12
de la loi. La première modification vise simplement, là, à clarifier que cette
disposition-là s'applique au régime des autorisations ministérielles, donc,
parce qu'il y a déjà une disposition pour le régime d'autorisations
gouvernementales, et ce n'est pas celle-ci qui s'applique.
La deuxième modification, c'est vraiment,
en fait, suite à des différents avis. On réfère à la loi qui appartient... qui
est appliquée par le ministère de la Sécurité publique et, suite à des avis à
l'effet que cette définition-là... on réfère à une définition de leur loi... la
définition telle quelle n'existait pas, donc, on vient simplement ajuster le
terme pour référer à celui qui est défini dans la loi auquelle on réfère. Donc,
la notion de «appréhendé», ça ne change pas l'effet. En fait, c'est le même
effet, c'est... on peut avoir un sinistre qui est réel ou qui est appréhendé,
mais là ce à quoi on réfère, c'est la définition du sinistre. Donc, c'est ce
qu'on vient ajuster dans l'article.
M. Leduc : Parfait. Mais
est-ce que c'est basé sur un besoin précis, donc, qui a été vécu? Vous me
dites : Tel sinistre dans tel lieu, on n'a pas été capables d'agir assez
vite, ou, je ne sais pas trop. C'est un peu ce côté-là que je recherche comme
terrain, dans le fond.
• (12 h 20) •
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
bien, en fait, je ne dirais pas qu'il y a eu une incapacité de l'appliquer mais
c'est... c'est des situations répétées, où est-ce que le ministère concerné
avait quand même un malaise à nous confirmer que ça respectait la définition de
leur loi, parce que ce n'était pas tout à fait... Donc, c'est vraiment un
ajustement qui vient permettre d'avoir des avis avec lesquels ils vont être
plus à l'aise, disons ça comme ça, si on les consulte...
M. Leduc : O.K. Donc, il n'y
a pas... il n'y a aucune...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...ou
dans l'application.
M. Leduc : Excusez... je vous
ai coupée. Qu'est-ce que vous avez dit?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je disais juste que... c'est ça, pour s'assurer d'une application plus
claire et conforme à la définition à laquelle on réfère.
M. Leduc : O.K. Donc, ce
n'est pas qu'il y a eu des incapacités de délivrer des autorisations dans le
passé, mais que ça grinçait un peu sur la conception de l'application de la
loi. Puis vous dites : Bon, quant à ce qu'on rouvre la loi, on peut venir
préciser la manière dont ça... on aurait pu et dû l'appliquer dans le passé,
même si ça n'a jamais causé de problème comme tel.
M. Charette : S'assurer qu'il
y ait une certaine cohérence entre les lois de deux ministères, la
Loi sur la
qualité de l'environnement et la
Loi sur la sécurité civile, là. Donc, c'est
une... un effet de cohérence entre des lois, là, de deux ministères différents.
Mais je peux rassurer le collègue, là, il y a eu des situations d'urgence où
les ministères, notamment Sécurité civile, ont eu la possibilité d'agir. Même
les villes ont certains pouvoirs à ce sujet là lorsqu'il y a réellement une
urgence démontrée. Donc, le ministère de l'Environnement n'est pas celui qui
bloque la capacité de réagir en cas d'urgence...
M. Charette : ...mais on va
avoir une meilleure adéquation entre les lois de deux ministères différents.
M. Leduc : Quand on parle de
sinistres ici, là, tantôt vous faisiez référence à inondations.
M. Charette : Ça peut être
ça, effectivement. Ça peut être un feu de forêt, ça peut être... Il peut y
avoir différentes circonstances, mais les inondations demeurent un bon exemple.
M. Leduc : Puis là c'est des
travaux qui sont appelés à être appliqués pour prévenir ou...
M. Charette : Dans certains
cas, ça peut être des travaux... Et là je réfère à une expérience, encore une
fois, bien, bien... qui est un bien mauvais souvenir, là, pour un bon nombre de
citoyens au Québec, les crues de 2017, 2019. Dans certains cas, il y a des
ouvrages de protection qui ont dû être installés de façon temporaire, dans
certains cas, dans les limites qui auraient nécessité une procédure
d'évaluation particulière à ce moment-là. Mais là on est dans l'urgence. C'est
pour protéger des biens, c'est pour protéger les personnes. C'est là où le
ministère, là, autant de Sécurité publique que les municipalités, que
l'Environnement, là, collaborent ensemble, là, pour faire face à une situation
qui n'était pas... qui est inattendue, qui est urgente et qui nécessite une
réaction rapide.
M. Leduc : Parce que,
normalement, des travaux de ce genre-là nécessiteraient toute forme
d'autorisation, puis il y aurait toute une procédure. Puis là vous dites...
M. Charette : Dans certains
cas. Dans certains cas, il pourrait avoir des autorisations particulières ou
même à travers des déclarations de conformité si ça avait été... Si ce sont des
travaux avec moindres impacts, mais qui nécessitent malgré tout un suivi de la
part du ministère de l'Environnement, là, on est en situation d'urgence, il
faut agir rapidement, il y a une loi au niveau de la sécurité publique qui
devait être arrimée, là, avec... en fait, on a une loi, nous, qui devait être
arrimée avec celle de la sécurité publique.
M. Leduc : Je comprends.
C'est quelque chose qui traînait dans les cartons depuis un certain temps,
j'imagine, puis que, là, la loi est ouverte, on y va, on ajuste.
M. Charette : Je ne sais pas
depuis combien de temps c'était dans les cartons pour cet élément-là en
particulier. Mais, comme on le mentionnait hier, un omnibus législatif, ça
permet justement, là, des...
M. Leduc : Mettre à niveau.
M. Charette : ...des arrimages,
là, qu'on ne ferait pas en temps normal.
M. Leduc : Peut-être une
petite dernière. Quand on modifie «sinistre appréhendé» par «tel sinistre»,
est-ce que c'est une question, donc, d'espèce, comme je dirais, d'espace-temps?
C'est-à-dire que la loi nous permettait juste, en théorie, de parler de
sinistres qui n'étaient pas encore arrivés.
M. Charette : Je redonne
l'exemple des inondations. On a le domaine hydrique au ministère de
l'Environnement, mais la Sécurité publique est celle qui est en communication
avec les municipalités, qui transmet, dans le fond, des données qu'on a chez
nous et qui les transmet sous forme d'application potentielle réelle. On est en
mesure de savoir, avec la fonte des neiges, avec une pluie de telle intensité, quels
sont les secteurs qui sont les plus vulnérables. Donc, ça permet à la Sécurité
publique de dire aux municipalités : Préparez-vous dans les prochaines
heures, dans les prochains jours. Malheureusement, vous êtes à risque. On a des
cotes de risque à ce niveau-là. Et, si, dans certains cas, il y a des travaux
d'urgence qui peuvent atténuer l'impact de ça, tant mieux ou... Plus récemment,
l'été 2023, les feux de forêt, des tranchées qui ont eu... qui ont été
construites pour protéger certains villages ou municipalités, c'étaient des
travaux qui étaient aussi préventifs en ce sens qu'on savait que le danger
était imminent même si le feu n'était pas encore arrivé aux portes, là, du
village ou de la municipalité en question.
M. Leduc : Mais ça, de la façon
que c'était écrit, «sinistre appréhendé», tout ça, c'était possible de le faire
déjà.
M. Charette : Bien, «sinistre
appréhendé», on a une capacité d'action, oui.
M. Leduc : C'est ça, mais
vous le modifiez par «tel sinistre». Vous biffez «sinistre appréhendé, vous
dites «tel sinistre». Ça veut dire qu'on serait capable d'intervenir même après
que le sinistre a eu lieu.
M. Charette : Ça englobe...
en fait, ça englobe. C'est une appellation qui englobe ce qui est anticipé et
ce qui est... ce qui est en cours, en fait, en quelque sorte.
M. Leduc : C'est ça. Ce qui
était peut-être moins... Vous deviez le faire pareil, de toute façon, dans...
même si c'était écrit «appréhendé». Vous n'alliez pas vous empêcher de
débloquer des sommes pour faire des interventions même si le sinistre est fini
puis qu'il était en train d'avoir lieu.
M. Charette : Non, exact.
C'est réellement, là, de faire en sorte qu'on ait une loi au niveau de la
sécurité civile qui n'est pas en contradiction, mais complémentaire, là, avec
notre loi, là, au niveau de la qualité de l'environnement.
M. Leduc : Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député. Avons-nous d'autres interventions? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Bien, justement, on va continuer sur cet échange concernant les
risques appréhendés, transformés en risques. Il y a quand même des inquiétudes
qui ont été soulevées par plus qu'un groupe à ce sujet. On nous dit d'abord
que... que, bon, ça s'est fait, là, en...
Mme Dufour : ...pense, avec
la
Loi sur la sécurité civile, que ça ne changerait rien dans les faits, dans
l'application. Mais, par contre, on nous dit : Le retrait complet de la notion
de sinistre appréhendée en regard des travaux effectués en prévention afin
d'assurer... Ça, c'est la FQM qui nous disait être préoccupée par le retrait
complet de la notion de sinistre appréhendé en regard des travaux effectués en
prévention afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens. On nous dit
que, dans le fond, considérant - vous l'avez mentionné, là - la multiplication
des événements climatiques extrêmes, les risques importants qui y sont
associés, il nous paraît nécessaire, si le souhait est d'assurer
l'harmonisation avec la loi, que soit minimalement confirmé dans le cadre de
l'étude, que ça inclut les risques de sinistre pour éviter des enjeux
d'interprétation juridique que pourrait entraîner cette modification
législative. Donc... Et il y a aussi le Conseil patronal de l'environnement qui
soulevait un enjeu similaire, là.
M. Charette : Peu- être
rassurer les gens qui peuvent être inquiets à ce niveau-là, si on regarde le
deuxième paragraphe de l'article qui n'a pas été modifié, on dit qu'«en tout
temps les conditions, restrictions et interdictions peuvent être modifiées afin
d'assurer une protection adéquate de l'environnement - oui, mais - pour éviter
de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort
de l'être humain, écosystème - bref- et des biens aussi». Donc, on a la
capacité, à tout moment, en cas d'urgence ou de sinistre, de lever des
restrictions qui autrement s'appliqueraient. Donc, l'agilité qui est demandée
par la FQM, notamment, à travers l'extrait que la collègue citait, est
maintenue.
L'article tel que pensé originalement le prévoyait, et il n'y a pas
de modification à ce niveau-là.
Mme Dufour : Bien, j'imagine
qu'ils ont lu l'entièreté de la loi, là, puis qu'ils avaient, malgré tout, des
craintes. En tout cas, il y a peut-être... Je ne sais pas si on a, tu sais, on
a envisagé, par exemple, de dire, bien, «tel sinistre... ou qui inclut les
risques de sinistre» pour s'assurer que ce soit clair pour tout le monde. C'est
ça. Et puis, si on dit «le ministre peut en tout temps modifier les
conditions», alors que, dans la première section, le premier paragraphe, c'est
«le ministre peut soustraire carrément une activité à l'application». Donc,
est-ce que... Dans le deuxième paragraphe, ce n'est pas écrit, là, qu'«il peut
soustraire l'application» malgré que c'était là.
M. Charette : À partir du
moment où on modifie une restriction, c'est... on peut la lever. Mais ce qu'il
faut savoir, là, fondamentalement, et je le répète, je ne dis pas que
l'exercice est futile, au contraire, mais c'est un projet de loi qui nous amène
à faire un petit peu de ménage dans les textes de la loi. Là, on veut surtout
s'arrimer pour qu'il y ait une compréhension mutuelle avec le ministère de la
Sécurité publique, mais on ne modifie pas, là, pour autant des garanties qui
étaient offertes pour... en fait, des capacités de réagir en situation
d'urgence ou de sinistre. La FQM demandait dans son mémoire... Ne serait-ce que
de les rassurer à travers l'échange que nous avons présentement, c'est ce que
l'on fait, les villes vont pouvoir, comme c'est le cas, un cas de sinistre ou
de situation d'urgence, agir de certaines façons. Elles sont supervisées bien
souvent... je dis «supervisées», ce n'est pas le bon mot, elles sont
accompagnées à ce niveau-là, souvent, par la sécurité publique. Le ministère de
l'Environnement peut aussi les accompagner selon la nature du sinistre
appréhendé et comment on peut le limiter, là, ce sinistre-là au niveau de ses
impacts.
• (12 h 30) •
Mme Dufour : Pour être
certain, certain qu'il n'y ait aucune interprétation contraire, je vais déposer
un amendement. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Mme Dufour : Qui s'en va.
Le Président (M. St-Louis) : ...votre
intervention?
Mme Dufour : Pardon?
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que ça termine votre intervention?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : D'accord.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
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12 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 12 h 37)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
au moment de la suspension, Mme la députée...
Le Président (M. St-Louis) : ...de
Mille-Îles a déposé un amendement. Donc, Mme la députée, je vous cède la
parole.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, l'objectif, comme je disais avant la suspension, c'est
d'être... que ce soit... qu'il n'y ait aucune ambiguïté pour ceux qui auraient
à interpréter cet
article de loi. Et donc, comme il y avait une crainte qu'en
enlevant le concept de sinistre appréhendé... qu'on enlève, dans le fond, la
possibilité d'agir dans le cas de risque de sinistre... Donc, je vais lire
l'article... l'amendement.
Ajouter au premier alinéa de
l'article 31.0.12 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, tel
qu'introduit par l'article 81 du projet de loi, après «tel sinistre», les
mots suivants : «ou sinistre appréhendé».
Donc, je vais juste lire la dernière
ligne, là, qui dit : «...pour prévenir tout dommage que pourrait causer un
tel sinistre ou sinistre appréhendé.» Donc, l'harmonisation avec la
loi sur...
la
Loi sur la sécurité civile reste avec le mot «sinistre», «tel sinistre»,
mais on ajoute donc la notion de potentiel risque qui inquiétait autant la
Fédération québécoise des municipalités que Conseil patronal de l'environnement
du Québec.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à la collègue pour la suggestion. Comme on le mentionnait, au
départ, c'était de s'arrimer avec une loi de la sécurité publique, et c'est la
Sécurité publique qui est inconfortable avec la notion «appréhendé», étant
donné que ce n'est pas défini tel quel, là, que ce soit à travers... bien, en
fait, à travers la législation gouvernementale. Donc, on ne s'aiderait pas, on
ne réglerait pas l'inconfort, là, de la Sécurité publique à ce niveau-là. Je
dis «Sécurité publique», là, mais c'est la
Loi sur la sécurité civile. Donc, on
ne s'aiderait pas, là. Le problème qu'on veut régler, on ne le réglerait pas en
l'ajoutant autrement, le mot «appréhendé». Mais, comme je le mentionnais, il y
a une volonté entre les municipalités, le ministère de l'Environnement et le
ministère de la Sécurité publique de travailler ensemble lorsqu'il y a des
situations d'urgence qui le commande. Et le milieu municipal, là, peut se
rassurer que cette collaboration-là va se poursuivre.
Mme Dufour : Et si, au lieu
de «sinistre appréhendé», on parlait de «risque de sinistre», parce que c'est
ce que les groupes aussi suggéraient, est-ce que ça, ça répondrait à
l'inconfort de la Sécurité civile?
M. Charette : Parce que, si
on regarde au niveau du libellé, on vise déjà un sinistre qui n'est pas encore
arrivé, là. On... Si on lit, là, dans la dernière portion de cette phrase,
«...ou pour prévenir tout dommage que pourrait causer...», donc on couvre déjà
le caractère hypothétique, là, à travers la formulation qui est... qui est à
l'écran, là, mais qui est dans l'article en question.
• (12 h 40) •
Mme Dufour : Bien, en fait,
c'est que, quand on lit le début, le premier paragraphe, on dit :
«...lorsque sa réalisation est urgente afin de réparer tout dommage causé par
un sinistre...» Et là, après ça, on revient en disant «un tel sinistre». C'est
comme si le sinistre était déjà arrivé. «...pour prévenir tout dommage...» De
la façon que c'est rédigé, c'est comme si le sinistre était arrivé. En tout
cas, je... Tu sais, il y a une... il y a une raison pourquoi, au départ, on
l'avait écrit comme «sinistre appréhendé», là. Il y a quelqu'un qui a écrit
cette loi-là au départ, là, puis que c'étaient des gens de votre ministère, là,
qui avait suggéré ce libellé au départ.
M. Charette : ...mais, je
pense, la meilleure façon de rassurer les groupes qui pourraient être inquiets,
c'est de donner la parole aux juristes, là, qui pourront préciser
l'interprétation à y donner. Donc, avec consentement, on pourrait demander, là,
cet éclairage-là.
Mme Dufour : D'accord.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous avons consentement?
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait. Je vous demanderais de vous présenter, votre nom et votre titre, s'il
vous plaît, madame.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Merci.
Giulia Côté-Bioli, avocate au ministère de la Justice...
Mme Côté-Bioli (Giulia) : …en
fait, là, la fin de la phrase qui suit, la référence à la
loi sur la sécurité
civile, va couvrir ces cas-là, là, «pour prévenir tout dommage que pourrait
causer», le temps de verbe «pourrait causer un tel sinistre» va rattraper les
sinistres à venir qu'on envisage, hypothétiques, là, dans lesquelles le reste
des critères de l'article vont satisfaire, donc, la notion d'urgence, là,
notamment, là. C'est vraiment avec cette portion de l'article là qu'on les…
qu'on les vise, là.
Mme Dufour : O.K. On va aller
au vote, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement déposé par la
députée de Mille-Îles. Est-ce que cet amendement est adopté?
Mme Dufour : Vote nominal.
Le Président (M. St-Louis) :
Par voie nominale, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous allons donc poursuivre les interventions
sur l'article 81. Mme la députée.
Mme Dufour : O.K. Merci.
Maintenant, je vais aller sur un autre élément du mémoire du Conseil patronal
de l'environnement du Québec. Je vais le citer, ils disent : «Nous
remarquons que cette définition — et là ils réfèrent à
"sinistre", là — ne fait aucune mention des dommages à
l'environnement. Ainsi, en se fondant sur cette définition du mot
"sinistre", le ministre ne serait pas en mesure d'exempter un projet
du régime d'encadrement des activités en fonction de leur impact sur
l'environnement si ce sinistre cause de façon spécifique des dommages à
l'environnement. Dans ce contexte, plutôt que de modifier la définition prévue
par la
loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres, nous suggérons de spécifier que l'article 31.0.12 s'applique
également aux sinistres causant des dommages à l'environnement.» Donc, quelle
est la réponse du ministre à cette… à cette recommandation?
M. Charette : Bien, je pense
que, si on retourne à l'article lui-même, je le lisais, d'ailleurs, tout à
l'heure. Juste être sûr de…
Des voix : …
M. Charette : Si on regarde le
dernier… le dernier élément de l'article qui figurait et qui n'a pas été
modifié, c'est mentionné aussi que, bon, pour éviter de porter atteinte à la
vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l'être humain, je
vous mentionnais aussi écosystèmes et aux autres espèces vivantes, donc on
considère aussi l'atteinte qui pourrait être faite à l'environnement. On a
beaucoup parlé là au cours des dernières minutes, inondations, feux de forêt,
donc potentiellement une menace pour les êtres humains et pour les biens, mais
l'article initial et l'article, tel qu'il se lirait toujours, fait aussi
référence, là, à la menace qui pourrait être portée aux écosystèmes ou aux
autres espèces vivantes.
Mme Dufour : Oui. Merci. Tout
à l'heure, je mentionnais que le premier alinéa de l'article, Le 31.0.12 fait
référence au fait que le ministre peut soustraire une activité de
l'application. Là, dans le cas... Le deuxième, si on réfère… là, ici, ce n'est
plus question de soustraire, ce serait plutôt de modifier les conditions,
restrictions, interdictions. Donc, en fait, comment on s'en servirait
exactement de l'article deux, dans le contexte que le Conseil patronal de
l'environnement du Québec nous souligne? Puis est-ce qu'on s'en est déjà servi
aussi?
M. Charette : Bien, en fait,
c'est… ma réponse visait surtout à les rassurer. Comme quoi on peut aussi agir
pour protéger, là, la biodiversité. Sinon, est-ce que cet aspect-là en
particulier a déjà été utilisé dans quelconque intervention? Je ne saurais
dire. On peut se référer au ministère et leur laisser le temps, là, de
regarder. S'il y a…
M. Charette : ...autre
question, entre temps on peut les prendre, mais on va vous revenir avec la
réponse.
Mme Dufour : Oui. Puis, ici,
on parle, c'est ça, des écosystèmes, autres espèces vivantes, les biens... ils
faisaient référence aux dommages à l'environnement plus de façon générale. Ça
fait que, tu sais, qu'en est-il, par exemple, de l'air, de l'eau? C'est plus
l'air, là, je dirais, l'eau, ça fait
partie des écosystèmes. Mais est-ce qu'à
ce moment-là ça... c'est couvert, selon vous?
M. Charette : À partir du
moment où on parle de la qualité de l'air, de la qualité de l'eau, ça peut
avoir un impact sur les êtres humains, ça peut avoir un impact sur les autres
espèces vivantes, ça peut avoir un impact sur les écosystèmes. Donc, c'est
couvert, très, très certainement, avec la formulation qui est retenue
présentement.
Mme Dufour : O.K. Bien,
j'espère qu'ils seront rassurés.
M. Charette : Et, avec... on
pourrait donner la parole au ministère, là, pour des compléments d'information.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait... Bien, je vais amener quelques éléments complémentaires, là. D'abord,
je confirme que c'est ça, l'objectif de l'article, c'est de pouvoir soustraire
une activité. Donc, il faut que l'activité nécessite une autorisation à la base
ou, bon, qu'elle soit couverte par le régime d'autorisation. Donc là,
l'objectif, c'est de pouvoir soustraire, s'il y a lieu, d'intervenir en
urgence, que ce soit pour prévenir tout dommage. Donc, ça pourrait être des
dommages à l'environnement, là, ça, je confirme que c'est bien couvert. Puis,
effectivement, c'est arrivé par le passé, qu'il y avait des conditions qui
étaient ajoutées, là, à la soustraction, ne serait-ce parfois que de demander
soit des rapports sur... tu sais, qui... des rapports qui font état après
travaux de la façon dont les travaux ont été réalisés, où est-ce que c'était
conforme aux interventions qui étaient demandées en urgence. Donc, c'est le
genre de conditions qu'on peut exiger ou des durées aussi de réalisation. Donc,
si, exemple, on doit intervenir rapidement puis on... il y a une demande pour
que les travaux soient faits dans un délai x, bien, on peut s'assurer que la
soustraction couvre effectivement cette période-là.
Mme Dufour : O.K. Puis, dans
le cas où... Tu sais, je pense au frasil, là, qui cause souvent des dommages...
bien, en fait, des inondations, mais pas du même type qu'on connaît d'habitude.
Intervenir sur la rivière avec la grenouille, par exemple, est-ce que ça, ça
rentre? Quand je dis la «grenouille», c'est la machine, là, qui s'en va casser
le frasil. Ça, c'est le genre de chose qui peut avoir une autorisation avec cet
article?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, au départ, c'est ça, comme je le disais, ça prend une autorisation.
Donc là, si c'est simplement d'aller briser la glace sur un cours d'eau, là, au
départ, j'aurais tendance à dire que...
Mme Dufour : Ce n'est pas
nécessaire.
Mme Gagnon (Mélissa) : Non,
c'est ça. Ça fait que c'est vraiment... Tu sais, exemple, si je dois intervenir
dans un cours d'eau, mais... en rive, ou venir faire de la stabilisation, ou...
donc là, à ce moment-là, c'est les activités qui sont visées par une
autorisation. Et, si elles doivent être faites en urgence, bien, c'est
l'article qui va être applicable.
M. Charette : Peut-être
confirmer qu'en même temps certaines municipalités, depuis quelques années,
veulent pouvoir agir de façon préventive sur ces questions-là, et, lorsque ce
n'est pas face à une menace qui est imminente, elles doivent procéder par le
processus d'obtention d'une autorisation. Donc, elles doivent faire valoir que
le procédé qu'elles veulent retenir... dans certains cas, bon, il peut y avoir
de l'enrochement, il peut y avoir... il peut y avoir différentes méthodes,
étant donné que ce n'est pas une menace imminente, mais c'est pour anticiper ce
qui pourrait survenir, là, il y a réellement des autorisations qui doivent être
obtenues, là, en bonne et due forme.
• (12 h 50) •
Mme Dufour : O.K. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Avons-nous d'autres interventions sur l'article 81? Nous
allons donc procéder à la mise aux voix de l'article 81. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article
étant adopté, nous allons poursuivre avec l'étude de l'article 82. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
L'article 31.1 de cette loi est modifié par le remplacement
de «plan ou un programme» par «projet».
Commentaire. Cet
article modifie
l'article 31.1 de cette loi afin d'assurer une cohérence dans la
terminologie utilisée dans le cadre des différentes procédures d'évaluations
environnementales prévues à la
Loi sur la qualité de l'environnement. La notion
de «projet» est celle utilisée dans l'ensemble de la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Avons-nous des interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président...
Mme Dufour : ...je vais
revenir avec la Fédération québécoise des municipalités, qui soulignait, dans
son mémoire, que le Règlement relatif à l'évaluation et l'examen des impacts
sur l'environnement de certains projets, avec... dans le texte de l'article
31.1 de la LQE, parle de programmes. Il n'y a pas le concept de plan non plus.
Alors, ce qu'ils nous suggèrent... En fait... en fait, ici, l'article, comment
il est modifié, c'est qu'on vient enlever «plan» et «programme» pour «projet»,
mais le concept de projet n'existe pas dans ces règlements-là, et donc ils nous
suggèrent de garder «programme», mais de retirer «plan». C'est juste pour que
ce soit uniforme avec le règlement en question. Donc, peut-être vous entendre à
ce sujet, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en effet... en fait, la notion de projet, elle se retrouve à plusieurs
endroits, là, dans la... dans la loi et dans le règlement que vous avez
mentionné, là, qui est le règlement propre à la procédure d'évaluation
environnementale. On retrouve également la notion de programme dans le
règlement, mais là ce qu'on vient faire c'est qu'avec l'ajout de la nouvelle
procédure, qui est celle de l'évaluation environnementale, sectorielle ou
régionale, on introduit la notion de plan ou programme et on veut qu'elle soit
dédiée à cette nouvelle procédure-là.
Puis la notion de programme, qui se
retrouve déjà dans la procédure, cette procédure-là, c'est vraiment une
procédure par projet. Ça fait que la notion de programme actuellement utilisée
réfère à un projet, mais qui va se répéter, exemple, un programme d'arrosage
aérien ou un programme d'intervention, là, de dragage dans une marina, par
exemple, ou dans un port. Ça fait qu'on est dans un projet, mais qui se répète
sur... exemple, sur une base annuelle. Ça fait que ça... En ce moment, la
notion de programme réfère à ça, mais là ce qu'on veut en fait, c'est vraiment
que le terme «projet» soit celui qui soit dédié à la procédure d'évaluation
environnementale. Donc, ça ne change pas que ce type d'activité là correspond à
un projet qui peut se répéter, donc va demeurer, là, couvert par le règlement
et assujetti à une évaluation environnementale. Mais la notion, au sens de la
loi, de «plan» ou «programme», on va la dédier à la nouvelle procédure.
Donc, c'est simplement pour une question
de clarification, puis éviter qu'on ait un même terme qui se retrouve dans deux
contextes différents. Ça fait qu'on a vraiment une notion de projet, qui est
déjà... qui se retrouve partout là, quand on parle de la procédure d'évaluation
par projet, que ce soit dans la loi ou le règlement, et on veut dédier la
notion de plan ou programme pour cette nouvelle procédure, qui va être
introduite, là, dans les articles qu'on va voir plus tard.
Mme Dufour : O.K. Donc, le
Règlement relatif à l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement,
actuellement, utilise le concept de projet. Je comprends qu'il utilise aussi
l'expression... le concept de programme, mais que, dans le futur, il va être
modifié pour que ce soit seulement pour les évaluations sectorielles
régionales. C'est bien ça?
Mme Gagnon (Mélissa) : Exact.
Dans le fond, tu sais, c'est vraiment, tu sais, une terminologie, là... On
s'entend que «programme», c'est un terme qui peut représenter plusieurs choses.
Ça fait que là, on veut vraiment s'assurer que, dans le cadre législatif et
réglementaire, il n'y ait pas de confusion. Ça fait que les programmes, comme
on le... on... Le terme «programme» qu'on utilise actuellement réfère, en fait,
à des projets qui sont répétés sur une base annuelle. Donc, un programme
décennal de dragage, bien, pour nous, va être associé à un projet, et non à un
programme.
Mme Dufour : Mais là, à ce
moment-là, ça va devenir... Parce que moi aussi, «projet»... anciennement,
gestionnaire de projet... Donc, la notion de projet, là, si vous me dites, un
programme de dragage, bien, l'an un, c'est un projet, après ça, c'est un
autre... Là, comment ça va s'opérer? Parce que le programme, c'était pour une
autorisation sur l'ensemble, j'imagine, d'une certaine période, pour une
activité répétée ou un projet qui se répète, mais, d'une... d'une année à
l'autre, il peut y avoir quand même des changements. Là, comment... Les
autorisations, on dit : C'est pour le projet, mais répétées pour tant
d'années ou... Comment ça va se préciser?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, ça ne changera pas l'effet. Donc, ça, ça ne change pas. Les projets qui
sont assujettis à une évaluation environnementale sont bien définis dans le
règlement. Ça fait que c'est vraiment... cette portion-là ne changera pas.
C'est vraiment juste le terme qu'on retire du cadre applicable pour
l'évaluation par projet. Dans le fond, quand on est... si on est dans un
programme de dragage, par exemple, bien, on a un même initiateur, même
objectif... donc ça correspond vraiment à un projet en tant que tel, mais qui
prévoit des interventions répétées sur une base annuelle. Puis là on est... on
veut vraiment juste dissocier les termes. Donc, c'est ce qu'on vient ajuster
ici là, avec la modification à l'article 31.1.
Mme Dufour : O.K., merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'article 82. Est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article
étant adopté, nous allons poursuivre à la lecture de l'article 83...
M. Charette : Merci, M. le
Président.
L'article 31.1.1 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin
de l'alinéa suivant : Nul ne peut entreprendre un projet assujetti en
vertu du présent
article sans suivre la procédure prévue à la présente
sous-section et obtenir une autorisation du gouvernement.
Le commentaire : Cet
article modifie
l'article 31.1.1 de cette loi afin de clarifier que les projets qui font
l'objet d'un assujettissement exceptionnel ne peuvent pas, tout comme pour les
projets visés par la liste réglementaire prévue à l'article 31.1, être
entrepris sans suivre la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement et obtenir une autorisation du gouvernement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre.
Compte tenu de l'heure, si vous êtes
d'accord, je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures. Donc, les
interventions pourront se poursuivre cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
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15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. St-Louis) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement.
Avant de revenir à l'étude détaillée, nous
avons été informés d'une demande de remplacement. Donc, j'aurais besoin du
consentement de la commission pour que la députée de Sherbrooke puisse, pour
une
partie de la séance, remplacer son collègue député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : D'accord,
merci. Donc, au moment de suspendre, nous en étions à l'article 83. Nous
venions d'en faire... le ministre venait d'en faire la lecture. Est-ce que nous
avons des interventions sur cet article? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. On a
jasé, on a échangé beaucoup avec la ministre sur...
Mme Dufour : ...sur un
élément comme quoi il ne souhaitait pas créer, là, de cas de figure, qu'il
souhaitait qu'il y ait une prévisibilité. Mais ici on est devant un
article qui
dit : «Le gouvernement peut, exceptionnellement et sur recommandation du
ministre, assujettir — bon — la procédure prévue dans la présente loi...», et
là il y a des cas suivants. Et donc je voudrais savoir comment le ministre
encadre cette procédure d'exception qui est prévue pour donner de la
prévisibilité aux groupes qui peuvent être touchés par ces cas de figure.
M. Charette : Juste voir...
Les différents cas de figure qui ont été... qui sont cités dans?
Mme Dufour : Oui, exact,
comme par exemple un projet qui implique une technologie nouvelle, si un projet
comporte des enjeux majeurs en matière de changement climatique. Donc, ici, on
dit qu'il peut exceptionnellement et sur recommandation du ministre. Donc,
comment c'est déterminé si on y a recours ou pas?
M. Charette : J'essaie de
trouver des exemples. Les collègues qui y étaient... peut-être dans certains
cas oui, certains cas non. Si on souvient, dans le mandat 2018, la minière
Sayona — je ne sais pas si ça sonne des cloches — c'est un dossier qu'on a
travaillé à l'époque qui, au départ, n'était pas assujetti parce que les
quantités qui étaient extraites, le tonnage qu'elle visait annuellement ne
l'assujettissaient pas. Bon, il y a eu des évaluations de leur part, et,
finalement, Sayona a demandé elle-même d'être assujettie pour permettre un
dialogue avec la communauté, pour éventuellement aussi pouvoir augmenter son tonnage,
parce qu'ultimement, la procédure étant complétée, ça lui donnait cette
possibilité-là aussi. Donc, ça peut arriver dans un cas où l'assujettissement,
selon les fameux seuils dont on a parlé, n'est pas nécessaire, mais que
l'entreprise elle-même le demande. Donc, dans le cas présent, comme ministère,
on donne suite à la demande. Donc, la prévisibilité, elle est encore présente
étant donné que, non, elle n'était pas assujettie, mais, à sa demande, il y a
quand même eu une procédure d'évaluation. Donc, c'est peut-être un des
exemples, là, que je pourrais donner, là, à la question de la collègue.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'il y a des exemples que ce ne serait pas à la demande de l'entreprise? Parce
que, si on laisse ça à la demande de l'entreprise, c'est quand même
particulier, là.
• (15 h 10) •
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, si l'entreprise elle-même veut mener cet exercice-là de façon
volontaire, ce n'est pas le ministère qui va... qui va lui en empêcher, là. Et
ça ne remet pas en question le principe de prévisibilité qui est défendu.
Sinon, pour ce qui est de la prévisibilité, ça, c'est quelque chose, là, qu'on
a pu discuter, effectivement, et qui est essentiel, je pense, dans la
crédibilité de la procédure d'évaluation qu'on s'est donné pour que chacun des
acteurs sache à quoi s'en tenir. Mais, si une entreprise nous le demande,
naturellement, là, on ne s'y refusera pas.
Mme Dufour : Oui. Non,
évidemment, si une entreprise le demande, il n'y a pas d'enjeu à... disons, à
accepter cette demande. Mais mon questionnement, c'est : Est-ce qu'il y a
des cas de figure où ce n'est pas une demande de l'entreprise, mais que le
ministre pourrait quand même, de façon exceptionnelle, s'il répond... Parce que
c'est ce que ce pouvoir-là donne ici, dans le fond, soumettre, assujettir le
projet à la procédure.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, un peu comme les articles qu'on a déjà discutés, on peut offrir
une possibilité sans avoir forcément, que ce soit un exemple en tête ou... L'intention
d'y recourir, là, de façon générale, je ne serais pas en mesure de... Le
meilleur exemple, c'est Sayona. Le principe général, c'est celui de la
prévisibilité, mais d'avoir cette latitude-là, ce n'est certainement pas une
mauvaise chose.
Mme Dufour : Non, tout à
fait, je suis d'accord avec lui. Je pense qu'il aurait pu s'en servir dans le
dossier de Northvolt. On va continuer avec le changement que l'article propose.
Il y a un paragraphe à la...
Mme Dufour : ...nul ne peut
entreprendre un projet assujetti en vertu du présent
article sans suivre la
procédure prévue à la présente sous-section et obtenir une autorisation du
gouvernement.» Pourquoi on a eu besoin d'ajouter cet élément-là, qui... Il me
semble, c'est implicite, là, mais...
Des voix : ...
M. Charette : Le but, c'était
de... et ça demeure, de s'assurer, là, que c'est clair pour tout le monde.
C'est une précision. Oui, ça peut sembler évident, mais c'est une
clarification, là, qui semblait pertinente, au niveau légistique, de
dire : Bien, on ne peut pas entreprendre un projet assujetti sans avoir
obtenu, là, les autorisations nécessaires. C'est une précision, une évidence,
certains diront, mais une précision, là, qui a été... qui est jugée nécessaire,
là, d'un point de vue légistique.
Mme Dufour : Mais est-ce que
cette... le fait que ce n'était pas là, ça a causé des enjeux dans le passé?
M. Charette : Non.
Mme Dufour : Non. O.K.
Bien, c'est juste que je trouve ça drôle que, parfois, on présente des
amendements puis on nous dit : On ne veut pas... On ne veut pas alourdir,
on ne veut pas... c'est comme évident, c'est implicite, et là on vient ajouter
quelque chose qui est implicite.
Des voix : ...
M. Charette : Désolé. Je n'ai
pas pu entendre le dernier commentaire de la collègue.
Mme Dufour : Je disais que je
trouvais ça un peu... Tu sais, il y a eu beaucoup d'échanges sur des
amendements qu'on nous disait : Bien, c'est implicite, ce n'est pas
nécessaire, ça... c'est déjà... c'est déjà comme prévu de la façon que c'est
rédigé, et ici on ajoute quelque chose qui, clairement, était prévu dans la
loi, là.
M. Charette : Bien, ça n'a
pas été utilisé comme tel à ce moment-ci, mais on l'a mentionné ce matin,
c'est... c'est une occasion, un omnibus législatif, de faire un petit peu de
ménage, là, dans la rédaction et dans l'écriture des articles. Donc, c'est jugé
pertinent d'un point de vue légistique.
Mme Dufour : Mais, sans ça,
est-ce que, s'il y avait eu une entreprise ou un initiateur, là, d'un projet
qui aurait entrepris son projet sans suivre la procédure, sans obtenir
l'autorisation du gouvernement, il y a des sanctions?
M. Charette : On peut y aller
d'un complément d'information sur l'expérience du ministère?
Mme Dufour : Oui.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
En fait, bien, il faut rappeler que cet article-là a été ajouté en... à la loi
en 2017-2018. Il n'a jamais été utilisé, là, comme... Ça se veut un pouvoir
d'exception, donc c'est... c'est correct aussi que ça n'ait jamais été utilisé,
là, c'est un filet de sécurité et non pas un ajout. Tu sais, les projets
assujettis sont clairement établis. Mais, cela étant dit, on voulait s'assurer
que c'était clair qu'un projet qui devenait assujetti en vertu de cet
article-là, que ce soit par décision du gouvernement ou à la demande de
l'initiateur... bien, que c'était clair qu'il avait à suivre les mêmes étapes
que celles établies pour... au cadre habituel. Puis ça venait aussi sécuriser
advenant qu'il y ait une... bon, il y a toujours possibilité d'un recours, bien
là, à ce moment-là, ça amenait vraiment de la clarté à l'effet que c'était ce
qui était entièrement applicable pour ces cas-là d'exception.
Mme Dufour : O.K. Mais là on
parle de cas d'exception qui... dans le fond, sans ces cas-là... Prenons
l'exemple de Northvolt, là, qui n'était pas assujetti, mais que, si le ministre
avait décidé... parce que le projet était en deçà des seuils qui avaient été
établis. Donc, si le gouvernement ou le ministre avait décidé : Non, on va
quand même les assujettir parce qu'il s'agit d'une technologie nouvelle, par
exemple, bien là, à ce moment-là... Bien, ça va de soi qu'il n'aurait pas pu
commencer le projet sans avoir les autorisations. En fait, même s'ils ne sont
pas assujettis, il y a quand même des autorisations du gouvernement à
atteindre... à obtenir, pardon.
Des voix : ...
M. Charette : La question de
la collègue est tout à fait pertinente, mais on n'est pas tout à fait dans le
cas de figure, là, qui est présenté. Mais, dans le cas de Northvolt, de façon
générale, ce qu'on a pu dire depuis le début, c'est un projet...
M. Charette : …je ne fais pas
référence à l'article en particulier, dont les seuils n'étaient pas réunis, et
on ne voulait pas créer justement un précédent en imposant une procédure
d'évaluation qui n'était pas prévue à ce stade-là. Bien, on sait qu'aux étapes
subséquentes, et c'est encore le cas, si le projet va de l'avant, aux étapes
subséquentes, il y a à tout le moins un BAPE qui est prévu, possiblement
d'autres aussi, selon les activités qui seront proposées par l'entreprise. Et,
dans tous les cas, c'est des autorisations à la pièce selon les étapes
d'avancée du projet, là, qui auraient été ou qui sont requises, là, selon que
le projet va de l'avant ou pas.
Mme Dufour : Oui, mais en
fait je donnais l'exemple, là, mais ce n'était évidemment pas Northvolt, là,
nommons-le, un autre projet, là, mais je donnais l'exemple où vous aviez… si
vous aviez décidé de l'assujettir. Mon point est qu'ici, on dit à la fin, ça
dit : «Nul ne peut entreprendre un projet sans — puis là
j'enlève une certaine portion, là, mais — sans obtenir une
autorisation du gouvernement.» Il me semble, ça va de soi que peu importent les
projets, si… tu sais, même Northvolt, qui n'était pas assujetti, selon les
seuils qui avaient été établis, doit quand même obtenir une autorisation du
gouvernement.
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, l'ajout qui est proposé… le principe de base, quand on est dans le
régime d'autorisation environnementale, là, au niveau législatif, il y a
toujours une interdiction d'abord qui est précisée, puis qui vient avec une
obligation d'aller chercher l'autorisation avant de pouvoir débuter l'activité
visée. Puis cette interdiction-là se retrouve dans tous les articles de…
l'article de départ, finalement, de… associé à un processus d'autorisation
environnementale. Puis cette… tu sais, cette mention-là, spécifique, n'était
pas dans cet article-là, qui se veut un
article supplémentaire, mais pour viser
sur une base exceptionnelle des projets ce même principe d'autorisation là.
Donc, c'était vraiment juste un ajout pour être conséquent, aussitôt qu'on a un
article qui mentionne qu'un… quelqu'un qui veut entreprendre une activité visée
doit se prévaloir de l'autorisation avant de débuter. Donc, c'était vraiment
juste un ajout qui se voulait pour être cohérent avec les autres articles de
base, là, en matière d'autorisation. Donc, c'était effectivement implicite,
mais c'était vraiment juste pour être… Pourquoi ne pas l'avoir mentionné là
alors qu'il l'était mentionné ailleurs, donc il a simplement été ajouté dans
cet article-là pour fin de cohérence et concordance.
Mme Dufour : Mais j'ose
espérer que, s'il y avait eu un projet qui a besoin d'autres autorisations,
mais pas en vertu de ces éléments-là, s'il commence son projet sans obtenir une
autorisation du gouvernement, il y aura des sanctions, là. J'ose espérer.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui.
Bien, je peux confirmer qu'il y a effectivement des sanctions qui sont prévues,
mais tu sais, on pense quand même que l'ajout était pertinent, là, pour éviter
toute confusion ou tout manque de clarté. C'est l'objectif aussi, à l'ultime,
là, c'est d'avoir un cadre qui est clair et bien compréhensible, là. Donc,
c'était l'objectif qui était recherché.
• (15 h 20) •
Mme Dufour : D'accord. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Je
cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Donc, si j'ai bien
compris les réponses que ma collègue a obtenues, ce n'est jamais arrivé qu'une
entreprise qui était assujettie décide d'aller de l'avant sans avoir obtenu une
autorisation. Ce n'est jamais arrivé.
M. Charette : C'est-à-dire il
y a déjà eu des… et pas en lien avec l'article, là, mais il y a des fois, c'est
arrivé, où des promoteurs ont entamé des projets avant que les autorisations ne
viennent, mais ce n'est pas… ce n'est pas en lien avec l'article en question,
là, mais c'est arrivé dans certains cas où un promoteur disait ne pas savoir
qu'il avait besoin d'une autorisation pour la réalisation de tels ou tels
travaux. Donc, oui, c'est arrivé par le passé.
Mme Labrie : Et donc il y a
des sanctions qui existent, même si ce n'était pas écrit tel qu'on propose de
l'amender en ce moment, il y avait déjà des sanctions prévues en cas de
non-respect de ça. C'est quoi, les sanctions?
M. Charette : Le régime de
sanctions est assez bien établi, selon la nature des sanctions. On pourrait
redéposer ou déposer, je ne sais pas si on l'a déjà fait dans le cadre de
l'actuel projet de loi, mais c'est facile de déposer le régime de sanctions,
voir les pénalités, là, qui s'appliquent de façon à se conformer à la
réglementation, mais c'est quelque chose, là, qui est déjà…
Mme Labrie : C'est les mêmes
que sur la
loi sur la qualité de l'environnement?
M. Charette : On a réuni les…
le régime des sanctions, oui, c'est en vertu de la LQE…
M. Charette : ...de la LQE,
effectivement.
Mme Labrie : Parce que c'est
assez minimal, de mémoire, les pénalités, quand même.
M. Charette : Ça a été
augmenté, ça a été augmenté à travers le projet de loi n° 101, notamment,
de façon assez subséquente, donc mais avec... en fait, le consentement n'est
pas nécessaire, là, mais on s'assure de transmettre l'information à la
commission.
Mme Labrie : Puis que se
passe-t-il? Parce que vous me corrigerez, là, si ça a été modifié récemment. La
dernière fois que j'ai regardé ça, ça fait... c'était probablement avant les
dernières modifications, mais l'approche privilégiée quand même, avant
d'imposer une sanction financière, c'était d'abord le dialogue, la sanction
financière arrivait quand même, je vais dire, de mon point de vue, tardivement,
là, dans le processus, là, il fallait vraiment quasiment que le ministère
constate une non-collaboration de la part d'une entreprise, par exemple, avant
de décider d'appliquer une sanction financière, je me souviens vu ça sur
certains dossiers, est-ce que c'est toujours ça l'approche?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire il y a des étapes, mais à partir du moment où il y a une
infraction qui est a reconnue l'infraction est sanctionnée avec le régime qui
est prévu à travers la législation et la réglementation, mais le défi par
moment, c'est, comment dire, il y a un éventail de sanctions possibles, tout
dépendant la nature de l'infraction, si ça va devant les tribunaux, ce n'est
pas le ministère qui détermine la sanction, mais c'est le tribunal, et ça, de
façon très franche, tout en gardant à l'esprit, là, la nécessaire séparation
entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire. Je serai le premier, je serai
le premier à souhaiter que les sanctions qui sont reconnues par les tribunaux
soient plus élevées parce que la loi et la réglementation le permettent, mais
ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui détermine selon la sanction,
naturellement, et selon qui... quelle est l'instance qui statue, bien, moi, le
premier, j'aimerais, par moment, que les sanctions soient plus élevées, mais la
possibilité est là, et les plafonds ont été quand même augmentés, là, de façon
importante au cours des dernières années.
Mme Labrie : Je pose la
question parce que, dans l'exemple que le ministre a donné, qui n'était pas en
vertu de cet
article là, mais, bon, d'autres articles, il pouvait arriver à des
entreprises de dire : Bien, je n'étais pas au courant que je devais faire
telle demande, par exemple. C'est ça qu'on voit quand même de temps en temps.
Aux dernières nouvelles, ça... l'application de sanctions financières
n'arrivait pas... c'est-à-dire que du moment qu'on présumait de la bonne foi de
l'acteur concerné, il n'y avait pas de sanction financière, là. Je veux juste
savoir si, dans ce cas-ci, advenant que quelqu'un soit assujetti en vertu de
cet article-là, puis qui ne le fait pas, est-ce qui... est-ce qu'en plaidant
simplement qu'il n'était pas au courant il va se dispenser d'une sanction
financière, ou bien ça va être automatique?
M. Charette : Ça dépend de la
nature de l'infraction. Je ne peux pas parler de façon générale, mais il n'y a
pas de complaisance, là. Si c'est la question de la collègue, il n'y a pas de
complaisance, mais dans une procédure d'enquête, tout dépendant de la gravité,
tout est... tout dépendant de l'intention que le ministère peut démontrer, il y
a des actions, là, qui sont posées, mais il n'y a pas de complaisance, on a un
régime, là, qui est appliqué, là, au niveau du contrôle dans un premier temps
et des sanctions, là... bien, c'est-à-dire c'est le régime de contrôle, là, qui
s'assure de l'application du régime de sanctions.
Mme Labrie : Je ne sais pas
si je suis rassurée, parce que le ministre a parlé, tu sais, bon, dépendamment
de l'intention. C'est sûr qu'une entreprise, par exemple, ou, des fois, ce
n'est pas une entreprise, des fois c'est une municipalité, des fois ça peut
être même un ministère, s'il plaide qu'il n'avait pas l'intention de ne pas
respecter puisqu'il ne le savait pas, donc ça pourrait arriver qu'il ne soit
pas sanctionné. Moi, je voudrais entendre qu'il y aura sanction.
M. Charette : Ça dépend du
problème ou de l'infraction qui est soulevée. Et si c'est au pénal, si on doit
monter une preuve, il faut pouvoir avoir une preuve solide aussi. Et c'est là
où, de façon générale, je ne peux pas dire : oui, non et combien, ça
dépend du type de l'infraction, ça dépend de la faute, là, qui est commise.
Moi, ce que je dis, de façon générale, on a un régime de sanctions qui est peu
appuyé par le contrôle au ministère, il n'y a pas de complaisance, donc les
promoteurs, quels qu'ils soient, qui ne se conforment pas à la réglementation
et à la législation font face aux conséquences, là, de leur geste.
Mme Labrie : Puis puisque,
donc, ça dépend de la capacité du ministère à faire la preuve que l'entreprise
savait qu'elle devait se conformer, par exemple, c'est quoi les moyens qui sont
déployés pour...
Mme Labrie : ...pour informer
les entreprises ou tout porteur de projet, finalement, de leurs obligations ou
de ce à quoi ils sont assujettis?
M. Charette : On a reçu,
notamment pendant les consultations, un organisme qui s'appelle le Conseil du
patronat en environnement du Québec. C'est un de leurs mandats d'informer leurs
membres lorsqu'il y a des changements réglementaires, lorsqu'il y a des
changements législatifs. Donc, il y a des réseaux qui informent les différentes
parties prenantes, mais également les grandes entreprises ont chacune des
équipes, là, qui s'assurent de la conformité, en quelque sorte, à... de la
conformité à l'égard de la réglementation, de la conformité à l'égard de la
législation. Et les municipalités ont aussi leurs fédérations. On a reçu les
deux principales, FQM, UMQ. Donc, il y a des réseaux de transmission, et le
ministère est très proactif au niveau de ces réseaux-là. Régulièrement, on va
rencontrer les représentants UMQ, FQM, Conseil du patronat en environnement et
toutes les instances qui peuvent être concernées par un changement législatif.
On avait les constructeurs et les concessionnaires automobiles. Ils sont aussi
rencontrés régulièrement pour qu'ils puissent être au fait de la législation
québécoise. Donc, le ministère a un rôle important à jouer qu'il assume, et les
fédérations de toutes sortes, là, sont aussi très proactives auprès de leurs
membres pour s'assurer, là, qu'elles soient informées de leurs obligations
réglementaires et législatives.
Mme Labrie : C'est surtout de
manière indirecte, que l'information est transmise.
M. Charette : C'est-à-dire,
il y a un principe au niveau légal qui dit nul ne peut ignorer la loi, donc
c'est le devoir des parties prenantes de s'informer. Mais, en même temps, on
est proactifs pour transmettre l'information, mais il n'y a personne qui peut
avoir comme seule défense de dire : Je ne le savais pas, là.
Mme Labrie : O.K., ce ne
serait pas suffisant, là.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, c'est un principe légal de dire nul ne peut ignorer la loi. On
est censés, réputés connaître nos obligations et donc les promoteurs,
généralement, là, agissent en conséquence.
Mme Labrie : Ça fait que ce
ne serait pas un argument qui, tout seul, serait suffisant pour justifier de ne
pas appliquer de sanctions financières.
M. Charette : Non.
Effectivement, ce n'est pas... ce n'est pas une base juridique pour échapper à
des obligations.
Mme Labrie : C'est bon.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Y a-t-il d'autres interventions à
l'article 83? Comme il n'y en a pas, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 83 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons poursuivre avec l'article 84. M. le ministre.
• (15 h 30) •
M. Charette : Merci, M. le
Président. Et là vous me direz comment procéder. Il y a plusieurs volets à
l'article qu'on lit. Est-ce qu'on les traite simultanément un à la fois? Est-ce
que je les lis tous d'un coup?
Des voix : ...
M. Charette : Est-ce que, M.
le Président, Je lis l'article...
Le Président (M. St-Louis) : Bien,
je ne serais pas prêt à vous dire... Mais je veux juste m'assurer qu'avec le
consentement des collègues... que tout le monde est sur la même page et la même
procédure.
Mme Dufour : Bien en fait, je
dirais, l'enjeu que nous aurions à les faire séparément, c'est qu'il y a des
commentaires qui visent comme l'ensemble. C'est difficile de départager quelle
portion de l'article ça concerne.
Le Président (M. St-Louis) : L'ensemble.
Donc, mon intuition étant la bonne, je vous demanderais d'en faire la lecture
complète et entière.
M. Charette : Parfait. Je
voulais m'assurer que c'était à la convenance de tous.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
M. Charette : Donc : 84.
Les articles 31.2 à 31.3.4 de cette loi sont remplacés par les
suivants :
«31.2. L'initiateur d'un projet visé à
l'un des articles 31.1 ou 31.1.1 doit déposer un avis d'intention au
ministre qui contient :
«1° une présentation de la nature générale
du projet;
«2° la nature, la portée et l'étendue
envisagées de l'étude d'impact sur l'environnement à réaliser ainsi que les
enjeux potentiels qui seront pris en compte pour l'élaboration du projet;
«3° tout autre document ou renseignement
prévu par règlement du gouvernement.
«Lorsqu'il dépose son avis d'intention au
ministre, l'initiateur du projet doit...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) M. Charette : ...également en
transmettre une copie à la municipalité sur le territoire de laquelle le projet
est... serait réalisé.
«31.3. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le ministre demande au Bureau d'annoncer le début de
l'évaluation environnementale et d'organiser une période d'information sur l'avis
d'intention prévu au premier alinéa de l'article 31.2 afin de recueillir les
préoccupations du public susceptibles de devenir des enjeux à évaluer ainsi que
les observations du public sur la nature, la portée et l'étendue envisagées de
l'étude d'impact sur l'environnement.
«Dans les plus brefs délais, le ministre
publie au registre des évaluations environnementales l'avis d'intention et sa
demande au Bureau.
«31.3.1. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le Bureau transmet au ministre un compte rendu de la
période d'information incluant notamment un résumé des observations et des
préoccupations soulevées par le public et identifiant... et identifiant celles
dont la pertinence justifie qu'elles soient prises en compte dans l'étude d'impact
sur l'environnement.
«Dans les 15 jours de sa réception, le
ministre publie le compte rendu au registre des évaluations environnementales.
«31.3.2. Dans le délai déterminé par
règlement du gouvernement, le ministre transmet à l'initiateur du projet une
directive qui détermine la nature, la portée et l'étendue de l'étude d'impact
sur l'environnement que celui-ci doit réaliser ainsi que le délai dans lequel
elle doit être transmise au ministre. Le cas échéant, elle doit tenir compte de
toute évaluation environnementale stratégique effectuée en application du
chapitre V dans le cadre de l'élaboration du programme duquel découle le projet
ou de toute décision rendue à la suite d'une évaluation environnementale
sectorielle ou régionale effectuée en application de la sous-section 5. La
directive est accompagnée du résumé des observations et des préoccupations
identifiées par le Bureau.
«Dans les plus brefs délais, le ministre
publie la directive au registre des évaluations environnementales.
«31.3.3. Le défaut de l'initiateur du
projet de transmettre l'étude d'impact sur l'environnement dans le délai prévu
par la directive du ministre met fin à la procédure prévue à la présente sous-section.
La personne qui en... a encore l'intention d'entreprendre le projet doit
déposer un nouvel avis d'intention, conformément à l'article 31.2.
«31.3.4. L'initiateur du projet doit
transmettre au ministre, avec l'étude d'impact sur l'environnement, une
attestation que son contenu est conforme à la directive du ministre et aux
exigences prévues par règlement du gouvernement et que le résumé des
observations et des préoccupations identifiées par le Bureau a été pris en
compte.
«Lorsqu'il juge l'étude d'impact
admissible, le ministre publie l'étude d'impact et l'attestation de l'initiateur
du projet au registre des évaluations environnementales.»
(Interruption)
J'ai la voix qui a fait défaut. «Dans le
délai déterminé par règlement du gouvernement suivant la publication, le
ministre demande au Bureau d'organiser une période d'information sur le projet,
tel qu'il est présenté dans l'étude d'impact, afin de permettre au public de
formuler des commentaires, de soulever des préoccupations et de poser des
questions tout en lui donnant l'opportunité d'obtenir des réponses de l'initiateur
du projet.
«31.3.4.1. Dans le délai déterminé par
règlement... le gouvernement, le Bureau transmet au ministre un compte rendu de
la période d'information incluant notamment un résumé des observations et des
préoccupations soulevées par le public ainsi que les renseignements
complémentaires fournis par l'initiateur du projet en réponse à celles-ci, le
cas échéant.
«Dans les 15 jours de sa réception, le
ministre publie le compte rendu au registre des évaluations environnementales.»
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Avant de poursuivre, j'aurais besoin du consentement de la
commission pour que le député de Hochelaga-Maisonneuve puisse remplacer la députée
de Sherbrooke, qu'il remplaçait, qu'il a remplacée au départ... le député de
Taschereau, bon... pas sûr... je pense que tout le monde a compris. Donc,
est-ce que nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Parfait,
merci. Donc, suite à la lecture de l'article 84, est-ce qu'il y a...
Le Président (M. St-Louis) : ...des
interventions? Mme la députée.
Mme Dufour : Bien, en fait,
c'est un très gros
article qui a généré énormément de commentaires dans les
différents mémoires. Donc, je vais peut-être commencer de façon plus générale,
à savoir est-ce qu'il y a des éléments dans les mémoires que des... les équipes
du gouvernement ont retenus et ont l'intention de répondre? Parce qu'il y a eu
vraiment plusieurs commentaires et plusieurs enjeux qui ont été soulevés.
M. Charette : Question très
ouverte, et pour laquelle ce serait difficile de répondre. Naturellement, ce
qu'on a eu l'occasion de mentionner, avec la préparation du projet de loi, il y
a déjà eu beaucoup de travail en amont de réalisé. Par la suite, au gré des
consultations, il y a eu des ajustements de faits. On a constaté, là, depuis le
départ, là, qu'il y a un certain nombre d'amendements qui est proposé, mais le
travail préalable, là, qui a été fait constitue la base, là, mais, si la
collègue a des questions spécifiques, ce sera... ce sera un plaisir, là, d'y
répondre.
Mme Dufour : Donc, je comprends
qu'il n'y a aucun amendement qui a été prévu ou justement à cet
article qui a
été...
M. Charette : Au 84 comme
tel, on est avec l'article original, là, qui avait été présenté avec le projet
de loi.
Mme Dufour : O.K., d'accord,
parce que, quand ça soulève autant de commentaires, c'est qu'il semble y avoir
des enjeux. Je vais y aller avec quelque chose de plus... de plus léger pour
commencer. Et ça survole, là, plusieurs portions de l'article 84. À certains
moments, on précise dans quel délai le ministre doit publier certains éléments,
là, dans le registre des évaluations environnementales. Et, dans d'autres
moments, on parle de dans les plus brefs délais. Donc, tiens, un exemple, j'y
vais au début, c'est où je l'ai vu, le 15 jours, voilà donc, dans le 31.3.1, on
parle de «dans les 15 jours de sa réception», mais, dans le 31.2.3, on parle
«dans les plus brefs délais». On est toujours dans «le ministre publie la
directive ou le... publie quelque chose, là, au registre d'évaluation environnementale».
Idem pour le 31.3. On est dans les plus brefs délais. Donc, pourquoi on est
moins précis et plus précis dans certains cas?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, je vais... Il y a de nombreux délais, certains sont prévus directement
dans les articles, certains sont prévus... à être prévus par règlement.
Normalement, quand c'est écrit «dans les plus brefs délais», c'est déjà le cas
aussi actuellement, là, c'est une terminologie qu'on retrouve dans la loi et
dans le règlement déjà actuellement, puis on s'entend que, dans les plus brefs
délais, généralement, c'est qu'on est... on est à l'intérieur d'un délai, même,
de 15 jours, là. Donc, ce serait... On parle de quelques journées
habituellement.
• (15 h 40) •
Mme Dufour : Mais, dans ce
cas-là, si on sait que c'est toujours quand même très court, pourquoi on ne
précise pas un délai? Pourquoi ne pas simplifier ça en mettant dans les 15
jours partout pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté dans la perception de
qu'est-ce qui est des brefs... un bref délai?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait... Bien, je peux peut-être... Pour avoir travaillé, puis je ne suis pas
légiste, là, donc, il y a peut-être une
partie juridique, mais certainement
quand on est capable... Tu sais, l'objectif, c'est de donner une certaine
prévisibilité. C'est aussi de ne pas... de quand même essayer de ne pas avoir
des délais à chaque action non plu