House Proceedings — 4 December 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-12-04
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Taillon. Et, pour sa déclaration du jour, je
reconnais maintenant M. le député de Sherbrooke.
Fortin (Sherbrooke) : Mme la Présidente, je tiens, aujourd'hui, à souligner un événement bien particulier. Pour
la première fois de l'histoire, un robot réussissait à se poser sur une comète
située à 500 millions de kilomètres de la Terre. Le 12 novembre dernier, M. Jean de Lafontaine,
Sherbrookois et président de l'entreprise NGC Aérospatiale, retenait son
souffle en assistant à cet exploit.
la fin des années 80, M. de Lafontaine faisait
partie des ingénieurs qui
ont construit le robot Philae, celui qui a pris 10 ans pour atteindre la comète. Trésor d'ingénierie, ce
robot a pour mission de mieux comprendre la formation de notre système solaire et, peut-être même,
l'origine de la vie sur Terre, grâce à l'analyse de prélèvements de la comète.
Après une décennie d'attente, le travail de M. de Lafontaine porte
ses fruits et permettra assurément de réaliser des découvertes scientifiques
importantes.
M. de Lafontaine, je vous adresse toutes
mes félicitations pour votre accomplissement. Grâce à vous, Sherbrooke rayonne non seulement à travers le Québec, mais
maintenant à travers tout l'univers. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député de
Sherbrooke. Et je vous cède maintenant la parole, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, Mme la Présidente. Le 28 novembre dernier,
l'office de protection... handicapées du Québec a présenté la quatrième édition de la remise du prix
À part entière, qui rend hommage aux personnes et aux organisations qui contribuent à développer l'inclusion sociale
des personnes handicapées. C'est la Maison des jeunes Amalgame, de Saint-Nicolas, qui a été nommée lauréat national
2014 dans la catégorie Organismes sans but lucratif. L'Amalgame s'est particulièrement démarquée, car elle a su répondre
aux besoins d'enfants et de jeunes adultes handicapés en mettant sur pied
différents projets qui ont pour but de favoriser la communication,
l'intégration sociale et la participation citoyenne.
félicite Mme Nathalie Bilodeau, directrice, ainsi que tous les membres de son
équipe, pour cette récompense soulignant
le travail exceptionnel qu'ils font, jour après jour, afin que tous les jeunes,
sans exception, se sentent accueillis et respectés à part entière. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière. Et maintenant je me tourne vers M. le député de
Vimont pour sa déclaration du jour.
Rousselle : Merci, Mme la Présidente. C'est avec fierté que je
félicite, en cette Chambre, la commission scolaire de Laval pour avoir remporté le trophée Coup de
coeur du prix À part entière 2014 pour son aide en milieu horticole menée
par le Centre de formation horticole de
Laval. Notons que la remise de ce prix a eu lieu vendredi dernier, le 28, lors
d'une cérémonie officielle au salon
rouge, à l'hôtel du Parlement, soulignant la Journée internationale des
personnes handicapées.
La commission
scolaire de Laval et sa présidente, Mme Louise Lortie, respectent la mission de
l'Office des personnes handicapées, qui est
à veiller au respect de la Loi assurant l'exercice des droits des personnes
handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et
sociale.
Félicitations à tous
les récipiendaires et plus particulièrement à la commission scolaire de Laval
pour leur implication. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Vimont. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Merci, Mme
la Présidente. En 1969, l'organisme le Carrefour Le Moutier ouvrait ses
portes, à la station de métro
Longueuil, pour offrir un service d'écoute pour les personnes en difficulté.
L'organisme est devenu, au fil du
temps, une véritable référence pour l'accueil et l'accompagnement des nouveaux
Québécois. Le Carrefour Le Moutier,
c'est le point d'ancrage, le pilier pour les
nombreux nouveaux arrivants qui choisissent Longueuil comme terre
d'accueil pour bâtir leur nouvelle vie avec leur famille.
salue tous les bénévoles du Moutier et les membres de l'équipe, dont Madeleine
Lagarde, la directrice depuis 2005,
une femme extraordinaire. Je vous félicite pour votre travail auprès des citoyens
de Longueuil et spécialement auprès des nouveaux Québécois. Merci de les
écouter, de les conseiller, de les guider. Merci aussi pour votre réseau des
sentinelles qui travaille activement dans notre communauté à la
prévention de la détresse psychologique et sociale.
Bravo,
Le Moutier, pour vos 45 années d'existence où chaque être humain qui a franchi
vos portes a été reçu avec générosité et dignité. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Et, toujours à la rubrique des
déclarations de députés, je reconnais maintenant M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je désire ce matin
rendre hommage à trois entrepreneurs de
grande envergure qui ont contribué à l'essor de la MRC de Témiscouata dans le
Bas-Saint-Laurent. Le Témiscouata, c'est
dans ma circonscription. Trois personnes bien connues au Québec. Il s'agit des
frères Bernard, Alain et Laurent Lemaire, qui viennent de se voir
remettre le prix hommage Desjardins dans la catégorie Grand Bâtisseur.
Vous savez, Mme la
Présidente, en un moment où peu de personnes croyaient à l'industrie de la
récupération et du recyclage au Québec il y
a 50 ans, bien eux ont eu cette vision. Et, grâce au leadership de ces
trois frères, l'entreprise Cascades
est non seulement devenue un chef de file dans son industrie, mais également un
modèle à suivre en matière de développement durable au Québec.
Aujourd'hui, c'est
150 employés à Témiscouata-sur-le-Lac, donc Norampac, une entreprise
d'envergure qui, justement, je le disais tout à l'heure, a grandement participé
à notre essor économique et social.
division témiscouataine a remporté, au fil des ans, de nombreuses récompenses
environnementales visant à reconnaître à la fois la qualité écologique
de ses produits, de même que son souci constant de l'environnement.
Pilier
socioéconomique d'envergure dans la région, l'entreprise s'implique également
au sein de sa communauté afin de la dynamiser. Alors, félicitations à
MM. Bernard, Alain et Laurent Lemaire. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Maintenant, je me tourne vers M. le député de Groulx pour sa
déclaration.
Surprenant : Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est avec joie que je
tiens à souligner le 60e anniversaire d'une belle entreprise de chez nous, Jardin Dion. Fondée par feu Wilfrid Dion
et son frère Guy, Jardin Dion est une PME familiale de ma circonscription, qui a pignon sur rue depuis
maintenant trois générations. Aujourd'hui, c'est pour moi l'occasion de
féliciter chacun des membres de la famille Dion pour leur excellent travail au
cours des six dernières décennies.
effet, depuis maintenant 60 ans, cette institution régionale est à
l'écoute et au service des besoins des citoyens de Sainte-Thérèse, Boisbriand, Rosemère, Blainville ainsi que des
populations avoisinantes. Cette entreprise créatrice d'emplois est une
grande fierté pour nous tous dans les Basses-Laurentides.
Cette
année, en plus de souligner leur 60e anniversaire, ils font place à la relève à
la direction. Bravo à la troisième
génération : Caroline, Hélène, Mathieu et Maxime. Encore une fois,
félicitations pour votre 60e anniversaire et longue vie à Jardin Dion!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Groulx. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Marquette pour sa déclaration du jour.
Ouimet
(Marquette) : Merci, Mme la Présidente. J'ai
l'honneur de souligner la présence, dans nos tribunes, de M. Guy Lemieux, directeur général de la caisse
populaire Lachine—Saint-Pierre, accompagné
de sa tendre épouse. M. Lemieux prendra sa retraite bientôt, après une
longue et fructueuse carrière au sein du Mouvement Desjardins.
désire aujourd'hui lui rendre hommage et lui témoigner toute mon admiration et
mes remerciements pour ses nombreuses implications bénévoles au sein de
la communauté de Lachine.
M. Lemieux a été
président du CLD de Lachine, vice-président de la Fondation de l'Hôpital de
Lachine, membre du conseil d'administration de la CDEC Lachine—LaSalle, membre fondateur de la fondation des
Saints-Anges de Lachine, de la
Fondation du musée de Lachine et combien d'autres. Par sa diplomatie, sa
sagesse, sa disponibilité, son dévouement
et sa grande capacité à rallier les acteurs autour d'objectifs communs, il a su
relever avec brio de nombreux défis pour faire avancer les intérêts de
notre collectivité.
Mon cher Guy, à toi
et à ton épouse, profitez de cette retraite pleinement méritée. Bravo à vous!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le député. Et je
cède maintenant la parole à M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, Mme la Présidente. Je veux aujourd'hui rendre hommage aux organismes communautaires
de ma circonscription qui travaillent
d'arrache-pied pour soutenir des centaines de citoyens en difficulté qui sont
affectés par l'austérité et les
coupes libérales. Je tiens à saluer le travail fantastique de certains d'entre
eux, notamment L'Élan des jeunes, un organisme qui sort des dizaines de jeunes
de la rue à chaque année, dont l'existence est actuellement menacée, faute de financement; le Carrefour jeunesse-emploi
La Prairie, à qui l'on demande d'abandonner 85 % de sa clientèle;
La Ressource, un organisme de soutien de
femmes et d'enfants victimes de violence dont le nombre de cas référés par
le CLSC est multiplié par 20; Sourire sans
Fin, dont les services de halte-garderie, d'aide aux devoirs et de soutien aux
personnes défavorisées ne suffisent plus à
la demande; le Complexe Le Partage, qui s'inquiète pour le financement de
ses services de halte-garderie et de cuisine
collective; et le complexe... et tous les autres organismes qui font un travail
tout aussi essentiel qu'exceptionnel sur le terrain en ces temps difficiles.
Au nom de
tous les citoyens de Sanguinet, merci pour votre engagement exemplaire, pour
les miracles que vous accomplissez et pour la force de caractère dont
vous faites preuve chaque jour. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Sanguinet.
Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je vais suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 58)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous avons plusieurs
visiteurs avec nous aujourd'hui à l'occasion de la commémoration du 25e anniversaire de
la tragédie de l'École polytechnique.
J'aimerais souligner la présence, dans nos tribunes, des familles et des
proches des victimes. Vous pouvez vous lever, s'il vous plaît.
Le Président : Merci à vous
tous.
Nous poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui,
il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui, M. le
Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît, M.
le Président.
Le Président : Quand je vais
avoir fini, c'est-u le leader qui...
À l'article a
du feuilleton, M. le ministre
des Finances présente le projet de loi n° 13 donnant suite au discours
sur le budget du 4 juin 2014 et à certaines autres mesures fiscales. M. le
ministre, là, c'est vrai, là.
Leitão : M. le Président, vous me permettrez de lire un court résumé accompagnant ce projet de loi. Alors, je ferai un résumé, donc, des notes explicatives
accompagnant le projet de loi n° 13.
Ce projet de loi prévoit la modification de
diverses lois afin de donner suite principalement à des mesures annoncées dans
le discours sur le budget du 4 juin 2014 et dans des bulletins d'information
publiés en 2014.
Il modifie la
Loi concernant l'impôt sur le tabac afin d'augmenter les taux de la taxe
spécifique sur les produits du tabac
et la
Loi sur la taxe de vente du Québec afin d'uniformiser les taux de la taxe
spécifique sur les boissons alcooliques.
Ce projet de loi modifie
la
Loi sur les impôts à plusieurs égards. Ces modifications concernent notamment :
1° la bonification du crédit d'impôt pour les
travailleurs d'expérience;
2° l'instauration d'un crédit d'impôt pour les activités
des aînés;
3° la mise en place d'un crédit d'impôt pour la rénovation
résidentielle;
4° la déduction additionnelle pour les frais de
transport des PME manufacturières éloignées;
5° la mise en place de nouveaux incitatifs
fiscaux visant à favoriser l'industrie maritime;
6° la réduction du taux d'imposition pour les
PME manufacturières; et
7° la réduction de 20 % de l'aide fiscale
destinée aux entreprises.
Ce projet de
loi prévoit également la modification de diverses lois afin de donner suite à
des mesures annoncées dans le discours sur le budget du
20 novembre 2012 et dans des bulletins d'information publiés en 2012
et en 2013.
Ce projet de
loi modifie ainsi la
Loi sur l'impôt minier pour instaurer un nouveau mode de
calcul de cet impôt qui prévoit
notamment le remplacement du taux unique d'imposition de 16 % servant à
déterminer l'impôt minier sur les profits
dont est redevable un exploitant par des taux d'imposition progressifs, allant
de 16 % à 28 %, basés sur la marge bénéficiaire de
l'exploitant.
Il modifie à
nouveau la
Loi sur les impôts à plusieurs égards. Ces modifications concernent
notamment : premièrement,
l'ajout d'un palier d'imposition pour les particuliers à haut revenu; la
réduction du taux de crédit d'impôt pour
frais de scolarité et d'examen; l'instauration d'un crédit d'impôt pour les
activités des jeunes; la mise en place d'un crédit d'impôt pour la rénovation écoresponsable; la mise en place de
mesures pour encourager la philanthropie culturelle.
Ce projet de loi modifie également la
Loi sur la
Régie de l'assurance maladie du Québec, notamment afin de prévoir la modulation
de la contribution santé en fonction du revenu.
Par ailleurs,
il modifie la
Loi sur l'administration fiscale, la
Loi sur les impôts et la Loi
sur la taxe de vente du Québec afin d'y introduire des mesures
d'harmonisation à la législation fédérale.
Finalement,
ce projet de loi apporte des modifications à caractère technique, de
concordance ou de terminologie à diverses lois. Merci, M. le Président.
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Nous aimerions savoir si le gouvernement a l'intention de tenir quelques
consultations particulières.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : On aura des
échanges, M. le Président, à cet égard avec l'ensemble des formations.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président : Donc, adopté.
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le
Président, je vous demande d'appeler l'article b, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, M. le député de
Deux-Montagnes présente le projet de loi n° 393, Loi encadrant la nomination de certains titulaires
d'emplois supérieurs et uniformisant certains aspects de la nomination
des juges et décideurs administratifs. M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Ce projet de loi propose la mise en place d'un processus prévoyant la
consultation de membres de l'Assemblée nationale lors de nominations à certains
emplois supérieurs. Il permet des nominations temporaires lors de la
prorogation de la session ou de la dissolution de l'Assemblée nationale.
Il prévoit également
un processus semblable de consultation auprès d'un comité
formé par la Commission de la fonction publique pour la nomination, à d'autres emplois supérieurs, de personnes qui ne
font pas
partie de la fonction
publique québécoise et pour la nomination des membres de certains conseils
d'administration.
Ce projet de loi propose que l'Assemblée
nationale nomme, avec l'approbation
des deux tiers de ses membres, le président, le président-directeur
général ou le directeur général de certains organismes publics.
Dans tous les
cas, le projet de loi énonce qu'un rapport est remis à l'autorité
chargée de la nomination. Ce rapport contient
le mode de recrutement utilisé, le type d'évaluation effectuée et il est
rendu public par l'autorité chargée de la nomination.
Ce projet de loi mentionne également qu'une
personne nommée à un emploi supérieur ne peut invoquer cette nomination à
titre de travail temporaire dans la fonction publique du Québec en vue d'y acquérir le statut de permanent,
à moins que la
personne ne réussisse un stage d'au moins deux ans et qu'une évaluation
conclue qu'elle a les compétences pour accomplir les attributions d'un administrateur
d'État.
ailleurs, ce projet de loi interdit, sauf urgence ou motif raisonnable, une
nomination ou un renouvellement effectué dans les 60 jours
précédant la prise d'un décret ordonnant la tenue d'une élection générale.
projet de loi prévoit que le renouvellement d'une nomination ne peut être
exercé que dans les 90 jours précédant la fin prévue de l'emploi.
mentionne qu'aucune allocation de transition ou indemnité de départ n'est
versée à une personne qui démissionne ou qui accepte une charge publique
ou un emploi dans la fonction publique.
Enfin,
ce projet de loi uniformise les compétences requises pour occuper la fonction
de juge ou de décideur administratif.
Il mentionne que tout
candidat à une telle fonction doit être indépendant, impartial et intègre.
prévoit aussi que la nomination d'un juge ou d'un décideur administratif est
d'une durée de quatre ans qui peut être renouvelée une seule fois pour
la même durée.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté?
À la rubrique Dépôt de
documents, Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de
déposer le plan stratégique 2014‑2018 du ministère des Relations
internationales et de la Francophonie.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion 2013‑2014
du Curateur public du Québec.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. C'est avec plaisir que je dépose,
aujourd'hui, la Stratégie gouvernementale de développement durable
révisée 2015‑2020.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Avec votre permission, je
dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite au feuilleton le 8 octobre 2014 par le député de Rosemont et
adressée au ministre de la Santé et des Services sociaux.
Le Président :
Vous aviez toute ma permission.
Alors,
pour ma part, je dépose une lettre que m'a adressée le Vérificateur général du
Québec dans laquelle il informe l'Assemblée
qu'il entend donner suite à la motion unanime adoptée par l'Assemblée le 28
novembre dernier, laquelle lui demandait d'analyser la mise à jour
économique présentée par le ministre des Finances pour l'exercice 2014‑2015.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'administration publique et député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Je dépose le rapport
de la Commission de l'administration publique à la suite de l'audition
des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics sur leur gestion
administrative. La commission a siégé afin
de procéder aux auditions suivantes : le
1er octobre 2014, audition portant sur la gouvernance et la gestion des grands projets d'infrastructure
de l'Agence métropolitaine de transport; le 8 octobre
2014, audition portant sur les
médicaments et les services pharmaceutiques; le
29 octobre 2014, audition portant sur la gestion administrative
du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles; le 5 novembre
2014, audition portant sur la réalisation et l'exploitation d'aires de service; le 20 novembre
2014, audition portant sur la gestion et l'aide financière du Fonds vert.
La commission s'est également réunie en séance de
travail les 11 juin, 9 et 25 septembre, les 1er, 8 et
29 octobre, les 5, 13 et 20 novembre 2014 relativement à ce rapport, et ce rapport contient
15 recommandations.
Je veux donc
remercier, M. le Président, les vice-présidents, les membres de la commission,
la secrétaire et la recherchiste. Vous voyez qu'on a fait un très grand
travail. Merci.
Président : C'est vraiment une
commission qui fait l'unanimité, ça. Alors, M. le président de la Commission
de l'aménagement du... Ce rapport est
déposé, d'abord. M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire
et député de Champlain.
Auger : Merci, M. le Président. Je
dépose les rapports de la Commission de l'aménagement
du territoire qui a siégé le 3 décembre 2014 afin d'entendre les intéressés et de
procéder à l'étude détaillée des projets de loi d'intérêt privé suivants : projet
de loi n° 200, Loi concernant la Municipalité de
Lac-Simon, la commission a adopté le texte de ce
projet de loi sans amendement; projet
de loi n° 201, Loi concernant la Ville de
Westmount, la commission a adopté le texte de ce projet de loi avec un
amendement; et projet de loi n° 202, Loi concernant la Régie
intermunicipale de valorisation des matières
organiques de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon,
la commission a adopté le texte de ce projet
de loi sans amendement.
Le Président : Il s'agit de trois projets de loi
privés, hein? Alors, est-ce que ces rapports sont adoptés?
Président : Adopté. Mme la
présidente de la Commission de la culture et de l'éducation et députée de
Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je dépose le rapport de la Commission de la
culture et de l'éducation qui a siégé
le 3 décembre 2014 afin d'entendre l'intéressé et de procéder à
l'étude détaillée du projet de loi n° 203, Loi concernant la vente d'un immeuble situé dans le site patrimonial de La
Grave. La commission a adopté le texte du projet de loi sans amendement.
Président : Encore un projet
de loi privé, ça. Alors, le rapport, il faut l'adopter. Est-ce que le rapport
est adopté?
Le Président : Adopté.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le
Président. Je vais vous déposer une série de pétitions totalisant près de
86 172 pétitionnaires. Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 33 758 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la politique familiale favorise
la conciliation famille-travail et la natalité au Québec;
«Considérant
que les services de garde éducatifs à contribution réduite et le Régime québécois
d'assurance parentale favorisent l'égalité [entre les hommes et les
femmes];
«Considérant que les services de garde à
contribution réduite atténuent les inégalités socioéconomiques;
«Considérant
que le réseau des centres de la petite enfance et de la garde en milieu
familial priorisent le développement optimal des enfants entre zéro et
cinq ans, notamment par des programmes d'interventions précoces favorisant
l'égalité des chances et la persévérance scolaire;
«Considérant
que les corporations privées à but non lucratif des CPE et bureaux
coordonnateurs sont administrées par des parents bénévoles;
«Considérant
que la rentabilité des services de garde à contribution réduite a été prouvée
[et que] chaque dollar investi rapporte 1,50 $ à l'État, augmentant
ainsi le PIB de 5,1 milliards de dollars;
«Considérant
que la population québécoise, dont la classe moyenne, contribue deux fois aux
services de garde à contribution réduite, par le biais des impôts
progressifs et le versement de 7 $ par jour;
«Considérant que la population aurait accepté
une hausse [...] de 7 $ à 8 $, suivie d'une indexation, et que le
gouvernement a décidé de renoncer à ces revenus;
«Considérant
que le Régime québécois d'assurance parentale s'autofinance par les employeurs
et les salariés ;
«Considérant que les Québécois choisissent
d'investir dans [leurs] enfants et [dans] leur famille;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le gouvernement préserve la politique familiale
actuelle [et] que les budgets permettant la pérennité de ses programmes
[soient conservés].»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
104 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le Régime québécois d'assurance parentale s'autofinance par les employeurs
et les salariés; et
«Considérant que les Québécois choisissent
d'investir dans les enfants et leur famille;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le gouvernement préserve la politique familiale
actuelle ainsi que les budgets permettant la pérennité de ses
programmes.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 133 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'il n'est pas nécessaire pour le consommateur de connaître le détail des
taxes dans le prix affiché et beaucoup plus efficace d'un point de vue
marketing;
«Considérant qu'il est intéressant, pour le
client, de payer seulement le prix affiché;
«Considérant qu'il est toujours possible de
connaître la proportion de taxes payées dans le prix coûtant en se référant à
la facture;
«Considérant
qu'un bon nombre de pays ont adopté l'affichage TTC — c'est-à-dire toutes taxes comprises — et que cela ne représente aucun
inconvénient;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'inclure les taxes dans le prix de vente affiché.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. Mme la députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : Merci, M. le Président.
Je suis heureuse de déposer une première pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 95 pétitionnaires — il y en aura d'autres sur le même sujet. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'aucune garantie d'économie n'a été formulée par le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport,
ni aucun gain pour la réussite des élèves;
«Considérant que ce
scénario signifie la perte de plus de 30 % des élèves dans
66 établissements;
«Considérant que nous
ne pouvons laisser un tel projet fragiliser les services aux élèves :
«Par
une offre de service amoindrie, entre autres : offre en francisation et en
accueil, en formation professionnelle ainsi qu'au niveau des projets particuliers;
«Par
une perte d'écoles spécialisées. Des classes entières d'élèves avec des difficultés
graves d'apprentissage, des déficiences langagières sévères et des
troubles du spectre de l'autisme seraient touchées par le redécoupage;
«Par une perte de
services pédagogiques, dont la perte d'une école pour raccrocheur;
«Par une réorganisation
des équipes-écoles et par l'instabilité des élèves qui en subiraient les
contrecoups;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, refusons que cette nouvelle structure soit improvisée sur le dos
des élèves et du personnel de la commission scolaire de Montréal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de M. le député de Terrebonne une demande
de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un
consentement? Consentement. M. le
député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Toujours dans ma série de 86 172 pétitionnaires,
je continue. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 52 214 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
politique familiale favorise la conciliation famille-travail et la natalité au
Québec;
«Considérant que les
services de garde éducatifs à contribution réduite et le Régime québécois
d'assurance parentale favorisent l'égalité [entre les hommes et les femmes];
«Considérant que les
services de garde à contribution réduite atténuent les inégalités
socioéconomiques;
«Considérant
que le réseau des centres de la petite enfance et de la garde en milieu
familial priorise le développement
optimal des enfants de zéro à cinq ans, notamment par des programmes
d'interventions précoces favorisant l'égalité des chances et la
persévérance scolaire;
«Considérant
que les corporations privées à but non lucratif des centres de la petite
enfance et bureaux coordonnateurs sont administrées par des parents
bénévoles;
«Considérant
que la rentabilité des services de garde à contribution réduite a été prouvée
[et que] chaque dollar investi rapporte 1,50 $ à l'État, augmentant
ainsi le PIB de 5,1 milliards de dollars;
«Considérant
que la population québécoise, dont la classe moyenne, contribue deux fois aux
services de garde à contribution réduite par le biais des impôts
progressifs et du versement du 7 $ par jour;
«Considérant
que la population aurait accepté une hausse de tarifs de 7 à 8 $,
suivie d'une indexation, et que le gouvernement a décidé de renoncer à
ces revenus;
«Considérant que le
Régime québécois d'assurance parentale s'autofinance par les employeurs et les
salariés;
«Considérant que les
Québécois choisissent d'investir dans les enfants et leur famille;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons [au gouvernement de préserver] la politique familiale
actuelle ainsi que les budgets permettant la pérennité de ses
programmes.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu
de la part de M. le député de Terrebonne une autre demande de consentement pour une pétition non
conforme. M. le député de Terrebonne, je crois comprendre qu'il y a un
consentement.
Traversy : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 96 pétitionnaires. C'était
ma dernière aujourd'hui. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
Régime québécois d'assurance parentale s'autofinance par les employeurs et les
salariés;
«Considérant
que la population aurait accepté une hausse des tarifs de 7 à 8 $,
suivie d'une indexation, et que le gouvernement a décidé de renoncer à
ces revenus;
«Considérant que les
Québécois choisissent d'investir dans les enfants et leur famille;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le gouvernement préserve la politique familiale
actuelle ainsi que les budgets permettant la pérennité de ses
programmes.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. J'ai reçu, de la part de Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, une demande de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement? Consentement. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
nous vous écoutons.
Massé : Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 504 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que le Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Charles est établi dans le quartier depuis
1968, qu'il fait figure de pionnier dans plusieurs luttes et dans la
fondation de certains groupes et que sa présence fait
partie du
patrimoine communautaire historique et bâti du quartier;
«Attendu
que le carrefour compte
700 membres, qu'il rejoint chaque semaine 150 personnes, qu'il
rejoint tout le quartier avec ses activités diverses et ouvertes à tout
le monde;
«Attendu que le
carrefour prête gratuitement ses locaux à divers groupes citoyens, contribuant
de la sorte incontestablement à la vie communautaire du quartier;
«Attendu
que le fait que le carrefour ait
pignon sur rue sur la rue Centre a une valeur de symbole dans un quartier
en pleine transformation;
«Attendu que les
besoins en éducation populaire sont criants dans ce quartier... populaire;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
personnes soussignées, affirmons haut et fort que la mission du carrefour dans
le quartier est essentielle et que nous lui donnons notre appui dans ses
démarches pour rester là où il est, au 2356, rue Centre.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le
vote reporté sur la motion de M. le ministre
des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire proposant que le
projet de loi n° 3, Loi favorisant la santé financière et la
pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur
municipal, soit adopté.
Nous
en sommes maintenant, donc, à la période de questions et de réponses orales. Et
je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : M. le Président, mardi, tous ont constaté que le
vrai déficit de l'année en cours, c'est 2,8 milliards. 2,8 milliards, c'est le point de départ pour
le gouvernement libéral. Ce n'est pas 5, ce n'est pas 7 puis ce n'est pas 9, ce
n'est pas 12, c'est 2,8. Là, la vérité est
venue de qui? Du Contrôleur des finances. Le premier ministre, lui, par contre,
nous dit : On fait face à des
pressions, des pressions financières, d'ailleurs, qu'il doit bien connaître. La
principale vient de l'entente avec
les médecins, qui a coûté 2,5 milliards jusqu'à ce jour, et l'autre vient
de l'endettement du Parti libéral qu'il a causé au Québec, près du
tiers de la dette dont l'ancien gouvernement libéral est responsable pendant
les neuf dernières années.
Dans les faits, après
avoir blâmé tout le monde, M. le Président, le premier ministre, aujourd'hui,
peut-il se regarder dans le miroir et
constater son propre échec? Sa politique d'austérité, elle a eu un poids
direct, elle a eu un effet direct sur
la création d'emplois et sur le développement économique. Pire encore, elle a
frappé très durement les régions et les
familles du Québec. Mais, pire encore, de façon très logique, le gouvernement a
décidé d'augmenter les taxes de ces mêmes familles et des contribuables.
Alors
que le premier ministre avait promis, en campagne électorale, de ne pas hausser
les taxes et les impôts des Québécois, comment peut-il encore une fois
renier une promesse de la dernière campagne électorale?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, comme d'habitude, on me donne le choix de
plusieurs sujets dans la question du
chef de l'opposition officielle, mais je commencerais par un exercice de
mathématiques assez simple. Effectivement, il y a eu un budget déposé sans crédits. Maintenant, si
on lit avec attention le rapport du Vérificateur général, c'est qu'on
constate...
Couillard : ...c'est qu'on
constate, M. le Président, que, si on additionne les engagements non budgétés,
la récurrence de... et la difficulté
de reconduire les programmes, on arrive, en fait, à un déficit, pour cette
année, de 5,8 milliards et de 7,2 milliards pour l'an
prochain.
Maintenant, j'en viens à mon exercice de
mathématiques fondamental. S'il est vrai que le déficit...
M. Couillard : S'il est vrai que le
déficit est tel qu'il l'indique, comment explique-t-il qu'après les efforts
budgétaires qu'il a passé une session à démoniser nous fassions encore face à
un déficit de 2,3 milliards?
Ça ne marche pas, M. le Président, leur calcul.
La réalité les rattrape. Il y a plusieurs milliards de dollars à rattraper. On
le fait avec courage. On fait ce qui aurait dû être fait auparavant. On le fait
pourquoi? On le fait pour les Québécois
d'aujourd'hui et les prochaines générations, auxquelles nous allons transmettre
un Québec en santé financière, qui les rendra libres de leurs choix, M.
le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Là, on est sur les bonnes affaires. Le premier ministre admet effectivement.
Nous, on était à 2,8 l'an passé et à
2,4 cette année. C'est quoi, la différence, M. le Président? La différence,
c'est que le premier ministre a fait un
choix différent, il a choisi l'austérité délibérément. Et c'est quoi, les
conséquences de l'austérité actuellement? Elles sont mesurées, elles sont même dans le budget et dans la mise à jour
économique. Elle tue l'emploi, elle brise la confiance des citoyens et elle fait en sorte que l'économie
performe moins. Si l'économie performe moins, bien on a moins de revenus,
et c'est ce qui explique l'augmentation de taxes du gouvernement, tout
simplement.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Bien, M. le
Président, il y a encore une immense faiblesse dans la question de mon collègue
parce que... Je lui retournerais la remarque
suivante. La plus basse croissance économique des dernières années, 1 %,
elle s'est produite en 2013. Alors,
je veux l'amener à suivre la même logique. À quoi ou à quel gouvernement
attribue-t-il le record historique de basse croissance, au Québec, en
2013, à 1 %? Si c'est vrai pour nous, c'est vrai pour eux autres.
Alors, la
croissance a repris, M. le Président, et elle va continuer parce qu'il y a maintenant
un environnement fiscal prévisible et
surtout on a pris une décision pour maintenant et pour l'avenir, qui est très
simple pour les familles qui nous écoutent, M. le Président : au
Québec, désormais...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...au Québec, désormais,
on ne dépense pas plus que ce que nous gagnons.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Le premier ministre, j'espère, va comprendre une chose d'ici la fin
du mandat, c'est que ses revenus viennent principalement de l'emploi. Et l'emploi actuellement, il est au plus bas. Il a battu un record de
médiocrité de 23 ans, M. le Président : 82 000 emplois à temps plein perdus. Son ministre des Finances, pour la première fois peut-être en 30 ans, annonce une perte
d'emploi, et ça, c'est le début du scénario.
Ce que je lui demande, ce que je lui demande
depuis le début, c'est une politique d'emploi, qui n'est pas au rendez-vous
et qui fait en sorte que le gouvernement est forcé d'augmenter les...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M.
le Président, il y a
deux façons de faire une politique d'emploi et de croissance : il y a la façon de nos collègues,
qui est de faire un gros événement avec une firme de relations publiques dans
un centre de congrès, 300 000 $, 400 000 $, faire un paquet
d'engagements non budgétés. Ça, c'est une
façon...
M. Couillard : ...ça, c'est une
façon... c'est une façon de faire...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Vous avez tous de très bons exemples que vous
allez pouvoir produire plus tard. Pour l'instant, on veut écouter le premier
ministre.
Couillard : C'est une façon
de faire qui n'est pas la nôtre. Nous, nous avons le raisonnement suivant. Outre le Plan Nord et les autres initiatives qu'ils
n'aiment pas, je leur rappellerais la réalité suivante. Où se trouve l'emploi
dans l'économie
du Québec? Il se trouve dans les PME : 50 % des emplois existants,
près de 80 % des nouveaux emplois. Il y a une suite d'annonces concrètes, pas des
intentions non budgétées, il y a une suite d'annonces
concrètes de baisses d'impôt, d'investissements de démarrage pour les PME...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ... sans précédent, qui rendent les PME du Québec, pour la première fois,
compétitives avec celles de l'Ontario.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Le premier ministre, il connaît ça,
le marketing, mais une politique d'emploi, là, en tout cas, ce n'est sûrement
pas en promettant de repeindre un pont qui ne nous appartient pas, M. le
Président, en promettant des dizaines de
millions de notre argent qui auraient été pas mal mieux dans le développement
économique des régions que sur un pont.
Si le ministre a de l'argent pour un pont,
comment se fait-il qu'il n'en ait pas pour les familles? Comment se fait-il qu'encore une fois le premier ministre, il
l'a dit en toutes lettres, a décidé à nouveau,
mais pour la dernière fois, nous
dit-il, de faire en sorte que les contribuables auront des augmentations de
taxes et d'impôt? C'est
ça, le beau cadeau de Noël qu'il a...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, ça ne s'améliore pas, là. On
parle de pont, puis de finances publiques, puis on mélange tout.
Je vais juste
répéter la réalité. Je vais juste répéter la réalité. Il n'y a aucune augmentation d'impôt. Au contraire,
l'impôt continue à être indexé, ce qui est
bon pour les familles du Québec. Il n'y a pas d'augmentation des taxes. La
seule exception, la seule exception,
c'est le passage de la taxe sur les primes
d'assurance de 5 % à 9 %. C'est la
seule exception. Sinon, il n'y a pas
d'augmentation de taxes ni d'impôt. Arrêtez de
désinformer la population, de ce côté de la Chambre.
Le Président :
Principale? Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Il doit retirer ce propos. Il a
accusé d'intentions mon collègue le chef de l'opposition officielle.
Le Président :
Ce n'est pas à son collègue que ça
s'adressait. Je n'aurais pas pu accepter ça pour quelqu'un. Est-ce qu'il y a
une prochaine question? Mme la députée de Joliette, en principale.
Hivon :
Comme si ce n'était pas assez, après les familles, les travailleurs, les jeunes
des carrefours jeunesse-emploi, voilà que le gouvernement s'en prend maintenant
aux étudiants. L'histoire récente nous a pourtant montré que c'était, pour lui, une cible de choix, mais elle nous a aussi
montré que, pour la société québécoise, le soutien aux étudiants est une
priorité. On aurait pu espérer que le gouvernement s'en rappelle.
Or, le
ministre des Finances annonçait, mardi, l'abolition de la prime au travail
spécifiquement pour les étudiants. C'est
près de 30 millions qu'on va récupérer de
manière récurrente sur le dos des étudiants. Et, pendant ce temps, on apprend, ce matin, que l'Université Laval vient de
consentir une majoration substantielle de la rémunération après mandat de ses hauts dirigeants.
En résumé : austérité pour les
étudiants, manne pour les hauts dirigeants, avec,
de surcroît, des coupes record dans le réseau postsecondaire.
Est-ce que le ministre de l'Enseignement supérieur
peut nous expliquer comment il peut justifier aux étudiants un tel
régime de deux poids, deux mesures?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão : Bien, M. le Président, on va commencer par l'uniformisation des primes
au travail. Ce que nous avons fait,
c'est de rendre ce programme-là fidèle à son nom, donc ça s'applique aux
personnes qui travaillent, qui travaillent à temps plein, tel que prévu par la législation fédérale. On
s'harmonise avec la législation fédérale et les autres provinces canadiennes. Une personne
qui étudie à temps plein, dans les autres provinces canadiennes, n'est pas
éligible à un tel crédit. Pour les
personnes qui étudient à temps plein, il
y a toute une autre série de programmes
qui sont mieux adaptés à leurs besoins. La prime au travail, c'est pour
les personnes qui travaillent, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : On entend que l'harmonisation et l'harmonie
avec le fédéral est tellement importante quand c'est le temps de couper sur les étudiants, on aimerait qu'elle le soit tout
autant quand c'est le temps de transport du pétrole, de registre des armes à feu, de coupe pour les
itinérants, on aimerait entendre cette harmonisation et cette entente avec le
fédéral.
30 millions de coupe sur le dos des étudiants, M. le Président. Est-ce que
le ministre de l'Enseignement peut nous dire s'il a été informé de cette nouvelle bonification à l'Université Laval qu'on apprend ce matin, comme le prévoit la règle 5.10 que notre
gouvernement a mise en place, qui prévoit que le ministre doit être informé?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, j'ai été informé, comme chacun d'entre nous, ce matin, à la lecture
des journaux, qu'il y avait une augmentation, une bonification du salaire après le mandat — c'est
bien clair, c'est après le mandat.
Et, M. le Président, nous avons pris cela en considération. Nous
croyons actuellement que, dans le contexte budgétaire...
Bolduc
(Jean-Talon) : ...que,
dans le contexte budgétaire, je crois qu'il aurait pu y avoir des meilleurs
choix que celui-là. Mais nous avons
l'intention de discuter avec l'Université
Laval. Comme chacun le sait, les universités
sont autonomes, je n'ai pas de
pouvoir d'intervention, mais je peux vous dire qu'on se pose des questions sur la façon dont ça s'est fait et on se pose des questions également
sur une bonification aussi significative de la rémunération après le mandat.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
On aimerait ça que le ministre se batte pour l'enseignement postsecondaire,
qu'il se batte pour les étudiants.
Comment a-t-il pu laisser passer une coupe de 30 millions sur le dos des
étudiants? Et, aujourd'hui, qu'est-ce qu'il va faire concrètement par
rapport à cette hausse de rémunération quand il y a une règle très claire,
5.10, qui dit qu'avant d'adopter ou modifier
une politique, un règlement concernant la rémunération de la haute direction
l'université doit informer le ministre. Quelle situation s'applique? Il
n'a pas été informé. Est-ce à dire que l'université a violé le règlement? Que
va-t-il faire pour changer la situation dès maintenant?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, il y a une nuance, on parle de la rémunération de la haute direction après
qu'ils ont quitté la haute direction, donc il y a une nuance. Mais, oui,
on va faire les vérifications, oui, on va demander les informations, et, oui, si c'est possible, nous allons intervenir.
Et je tiens à rappeler à la députée qu'on se bat pour les étudiants, on se bat pour la réussite scolaire, on
se bat également pour des meilleures universités, des meilleurs cégeps. D'ailleurs,
c'est tout ce qu'on fait actuellement, c'est qu'on veut travailler avec ces
gens-là pour améliorer le sort des étudiants,
mais on doit tenir également compte du contexte budgétaire. Chacun doit faire
un effort, un effort qui est raisonnable.
Le Président : Principale, M.
le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, la confusion règne du côté
du gouvernement sur les gaz à effet de serre produits par le projet Énergie Est. Après la visite du premier ministre
de l'Alberta, le premier ministre du Québec, tout de suite après, a plié les genoux en excluant du BAPE
les GES produits par les sables bitumineux de l'Alberta. Et, comme par hasard, le lendemain,
même chose du côté de l'Ontario, la première ministre de l'Ontario dit la même
chose face au missionnaire Prentice.
Donc,
pendant que le premier ministre tourne le dos à la motion unanime, le ministre
de l'Environnement, lui, il continue de s'y référer dans les sept
conditions qu'il a fixées à TransCanada. Et, pendant ce temps...
Le Président :
S'il vous plaît!
Gaudreault : ...évidemment, qui qui est mort de rire, M. le
Président? C'est la compagnie TransCanada, pendant que, du côté du
gouvernement, on ne s'entend pas.
Est-ce
que le gouvernement reconnaît qu'il y a un gouffre entre, le premier ministre,
ce qu'il a dit hier et la motion unanime
adoptée à l'Assemblée nationale? Alors, de quel côté se situe le premier ministre?
Est-ce qu'il se situe du côté de la voix unanime du Québec ou de
l'Alberta?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Que ce soit dans la résolution
adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 6 novembre, que ce soit dans la lettre que j'ai envoyée au
président-directeur général de TransCanada le 18 novembre, que ce soit dans les conditions que nous avons
convenues avec l'Ontario le 21 novembre dernier, il est clair que le Québec
va affirmer clairement ses compétences en matière environnementale, va faire
une évaluation environnementale de l'ensemble
de la portion québécoise du projet, et ça va comprendre une évaluation des gaz
à effet de serre, M. le Président.
qu'il faut comprendre aussi, M. le Président, c'est que, quand on regarde la
position du député de Jonquière et du
député de Marie-Victorin lorsqu'ils faisaient
partie du précédent gouvernement,
on se demande où étaient les évaluations environnementales et les
évaluations de gaz à effet de serre quand on parlait de former des comités pour
développer l'industrie pétrolière de l'Alberta, quand on parlait d'autoriser le
stockage et la construction de réservoirs à
Sorel pour Kildair, que ce soit également à Anticosti, sans aucune forme
d'évaluation environnementale, aucune forme de considération des gaz à
effet de serre.
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
Il faudrait de la cohérence et du sérieux du côté de l'opposition officielle,
M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, la réalité concrète, là, c'est la
suivante : c'est que l'Office national de l'énergie ne tiendra pas compte de l'impact sur les GES du
projet Énergie Est. Puis, hier, le premier ministre du Québec l'a exclu aussi du BAPE. Donc, le résultat, c'est qu'il n'y
a personne qui va évaluer l'impact des GES, et ça, ça veut dire, ce projet-là,
là, imaginez, c'est 7 millions d'autos
de plus. C'est l'équivalent de 7 millions d'autos de plus sur les routes
du Québec.
Donc,
qu'est-ce que va faire le gouvernement? Est-ce qu'il va nous le dire s'il va
évaluer l'ensemble de l'impact des GES sur tout le projet?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, il est complètement inexact de dire qu'il y
a quelque contradiction que ce soit dans la cohérence de la position du gouvernement. Nous avons été clairs.
Encore une fois, que ce soit le 6 novembre, le 18 novembre ou le 21 novembre, nous avons clairement dit et
affirmé que le gouvernement du Québec allait assumer pleinement ses compétences en matière environnementale sur le
projet TransCanada. Et ça, ça veut dire un BAPE sur la portion québécoise
du projet, ça veut dire une évaluation de
GES. Et encore une fois il faut le souligner, M. le Président, que, lorsqu'ils
faisaient
partie du précédent
gouvernement, le député de Jonquière, le député de Marie-Victorin, personne ne
se souciait, lorsque TransCanada a approché le précédent gouvernement à
propos du projet...
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...de faire quelque évaluation environnementale que ce soit ou quelque mesure
des GES.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, on comprend que, pour le
ministre, assumer les compétences du Québec, c'est écouter Ottawa et l'Alberta plutôt que d'écouter
la voix unanime du Québec. Nous, hier, on a déposé un projet de loi ici
pour s'assurer que seul le Québec puisse décider de ce qui se passe en matière
d'environnement sur son territoire.
Alors, je prends le ministre au mot. S'il veut
être sûr que c'est le Québec qui assume ses compétences en environnement,
est-ce que le gouvernement va appeler notre projet de loi pour l'étudier, au
moins?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : Avant de parler de la voix unanime du Québec, M. le
Président, je crois que le député de Jonquière devrait vérifier s'il y a
une voix unanime au sein de son propre parti. Lorsqu'on voit...
Heurtel : Lorsqu'on voit que, jeudi dernier, à l'Université de
Montréal, le député de Saint-Jérôme a dit qu'il fallait s'asseoir avec TransCanada, lorsque le député de Marie-Victorin
dit qu'il va falloir exploiter le pétrole de schiste à Anticosti sans
faire aucune forme d'évaluation environnementale, où est la cohérence, où est
le sérieux, où est la responsabilité, M. le Président?
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Oui. M. le Président, en campagne électorale, le premier ministre a promis de
ne pas augmenter les taxes et les
tarifs de plus que l'inflation. On connaît la suite : augmentation des
tarifs d'électricité de 4 %; augmentation des taxes scolaires, en moyenne, de 10 %; augmentation des taxes sur
l'assurance auto; augmentation des droits d'immatriculation; augmentation des tarifs de garde, dans certains cas,
de plus de 50 %. Si on prend, par exemple, une famille avec deux
revenus de 50 000 $, deux enfants, c'est une augmentation de
1 670 $, une augmentation de 55 %.
Et, M. le
Président, pendant que les Québécois sont les dindons de la farce, pendant que
les Québécois se font plumer par le
gouvernement libéral, il n'y a aucun montant qui a été récupéré de l'argent
volé qu'on a... que les firmes de génie ont avoué avoir volé.
Hier, enfin,
le gouvernement a déposé un projet de loi pour essayer de récupérer de
l'argent. Ça va permettre de dégager une marge de manoeuvre pour réduire
les augmentations de taxes et de tarifs.
Donc, est-ce
que le premier ministre peut dire aux Québécois de la classe moyenne, ce matin,
combien il estime aller chercher de l'argent qu'on s'est fait voler?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, je comprends donc de l'intervention de mon collègue
qu'il va soutenir le projet de loi déposé
par la ministre de la Justice et que
nous allons l'adopter, ce qui va permettre de récupérer... Il n'a pas l'air
sûr. Bien, en tout cas, on verra lors des travaux parlementaires.
Maintenant, il aborde la question des services
de garde au milieu d'une panoplie de sujets, là, qui n'ont pas nécessairement de rapport les uns avec les autres,
mais je vais quand même lui indiquer, M. le Président, certains éléments
de la réalité. On a eu confirmation, il y a
à peine quelques jours, de l'éligibilité des contributions pour les services de
garde au crédit d'impôt fédéral. Alors, je vais lui expliquer, par
exemple, que, pour une famille à deux revenus, comme il l'a dit, qui fait
70 000 $, qui est le revenu moyen au Québec des familles, en fait le
coût net du tarif quotidien, c'est 6,84 $ par jour. Alors, s'il me
reproche d'avoir fait en sorte que ça coûte 6,84 $ à une famille qui fait
70 000 $ par année, je ne sais pas
sur quelle planète il vit, M. le Président. À 85 000 $, le coût net,
c'est 7,83 $ par jour. Puis à 100 000 $, son exemple, c'est 9,09 $, 9,09 $, le
coût net, ce qui est à peu près ce que le gouvernement précédent avait annoncé
et qui est loin de ce qu'il dit.
Alors, on a
fait en sorte, M. le Président, un, de préserver ce régime auquel nous croyons;
deuxièmement, de le rendre plus
équitable et juste dans la société québécoise; et, troisièmement, de tirer
parti du crédit d'impôt fédéral pour aller chercher 25 millions
d'argent du fédéral, le ramener au Québec dans les poches des familles, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, ce n'est pas parce que le premier ministre nous dit que, pour
une famille avec deux revenus de
50 000 $, c'est une augmentation de plus que 30 %, comme le PQ
voulait faire, que les Québécois devraient être contents qu'il ait renié
sa promesse.
que je lui demande, c'est : Combien d'argent il va récupérer? Combien il
estime récupérer de l'argent volé par
les firmes d'ingénierie? Parce que, si cet argent est récupéré, étant donné que
ce n'est pas dans la mise à jour, il va pouvoir réduire les
augmentations de tarifs. Combien?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, j'ai juste une chose à dire là-dessus, plus
vite on va adopter le projet de loi, plus vite on va le mettre en
vigueur, plus vite on va récupérer les sommes.
Maintenant,
je regrette, là, je suis obligé de rappeler notre collègue à la réalité. La
réalité des finances publiques par
rapport à ce qu'on a entendu tantôt, lui, il la comprend bien, je crois, et
lui, il sait qu'on fait face à 5,8 milliards de dollars cette année et 7,2 milliards l'an
prochain. Et ce que je voudrais dire aux Québécois aujourd'hui et que je vais
répéter au cours des prochains jours,
c'est que j'apprécie les efforts de tous les pans et les secteurs de la société
québécoise pour participer à cet
exercice essentiel de retour à l'équilibre budgétaire, bien sûr, qui est, oui,
la responsabilité du gouvernement précédent, mais de tous les
gouvernements qui ont précédé...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...qui ont pris l'habitude de dépenser plus qu'on gagnait. C'est
terminé maintenant au Québec. Alors, je remercie les familles du
Québec...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le ministre de l'Environnement
ridiculise les augmentations de taxes et de tarifs, il compte ça en cafés. Moi, j'invite le ministre,
j'invite le premier ministre, pendant le temps des fêtes, à aller prendre un
café avec certains citoyens. Il va se rendre compte que, les augmentations de
taxes et de tarifs, les citoyens les avalent de travers.
repose ma question : Combien le premier ministre estime-t-il aller
chercher de l'argent qu'on s'est fait voler? Combien?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je suis surpris d'entendre un comptable de profession
poser cette question. On va adopter
le projet de loi puis on va aller chercher l'argent, puis cet argent-là, ça va
être un versement unique. On parle de
dépenses récurrentes de l'État québécois, c'est-à-dire des dépenses qui
reviennent chaque année, qui nous amènent à l'impasse financière dans
laquelle on est. Alors, il mélange tout encore une fois.
Mais
ce que je veux répéter, M. le Président, c'est que, justement, justement, justement,
on a parlé et on a pensé aux
familles. Quand on a étudié plusieurs scénarios pour les familles, M. le
Président, qui étaient proposés par différents secteurs de la société, on s'est rendu compte que ce n'était pas gérable
pour nos familles de la classe moyenne en termes de gestion de leur argent à chaque semaine dans leur paie. C'est pour ça
qu'on a fait ce choix, c'est pour ça qu'on conserve le régime à
contribution réduite.
Le Président :
En terminant.
Couillard : Qu'il dise donc au Québec qu'il va l'abolir s'il vient au
pouvoir.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le
Président, dans son dernier rapport,
le Commissaire à la santé nous apprend que, malgré une augmentation des ressources
financières et humaines, la situation des urgences s'est détériorée sous le
règne libéral. Les temps d'attente ont augmenté, avec pour conséquence que de nos
concitoyens quittent l'urgence sans avoir vu un médecin. Ce qui fait dire à François Dufresne, de
l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec, que les
gens quittent parce qu'ils sont tannés d'attendre après plusieurs heures.
la coalition, on a voulu avoir le portrait global de cette situation, et, après
deux demandes d'accès à l'information, nous avons reçu une
réponse : On ne le sait pas.
cette période où nos urgences vont être plus achalandées que d'habitude, est-ce
que le ministre nous confirme qu'il
n'a aucune idée du nombre de nos concitoyens qui quittent l'urgence sans avoir
vu de médecin? Et comment peut-il expliquer une lacune aussi majeure?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, alors je vais rassurer le député de La Peltrie et la
population qui nous écoute aujourd'hui, puisque les statistiques, qui ont,
d'ailleurs, déjà été publiées dans les médias qui s'intéressent à la durée moyenne de séjour, par exemple, des patients qui
sont sur civière, montrent que, depuis que nous sommes entrés en poste...
une amélioration significative de cette
durée moyenne de séjour qui diminue de façon constante, et on espère que ça va,
évidemment, continuer, et on va travailler à cet effet.
Ceci
dit, M. le Président, pour ce qui est de la comptabilité des patients qui
quittent l'urgence, c'est une donnée qui
est nouvelle et qui a été introduite récemment, et il est évident que, compte
tenu de ce fait, nous n'ayons pas encore un suivi à long terme de la
chose.
contre, M. le Président, ce qui est important pour les patients qui quittent
l'urgence sans avoir vu un médecin, c'est de réaliser que ces gens-là
sont ce que l'on appelle des P4, P5, c'est-à-dire des gens qui sont dans une
situation ambulatoire. Et, pour pouvoir leur
donner un meilleur accès, bien, c'est notre programme qu'on doit mettre en
application, notamment le projet de
loi n° 10, pour lequel j'espère que les deux oppositions vont continuer à
collaborer pour qu'on puisse le mettre en place le plus rapidement
possible, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, le phénomène des gens qui quittent
l'urgence sans avoir vu un médecin n'a rien de nouveau. Je vous donne
quelques exemples : Pierre-Le Gardeur, 25 % enregistrés n'ont pas vu
de médecin; 24 % à Saint-Jérôme; 20 % à Granby.
le Président, comment le ministre peut-il nous expliquer qu'une information
aussi vitale n'est pas colligée par son ministère? Comment peut-il nous
expliquer cette lacune?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je répète ce que je viens de dire il y a
quelques instants, cette problématique-là est connue. La problématique de l'engorgement des urgences et de la
difficulté de l'accès est connue, elle était connue du gouvernement précédent. Et je ne jette pas le
blâme sur le gouvernement précédent, elle est connue depuis longue date.
Maintenant,
aujourd'hui, on le sait, on le sait...
Barrette : Bien là, vous devriez être contents, là, que je ne vous
attaque pas, là. Alors, M. le Président, nous avons récemment...
Barrette : Oui, c'est temporaire. Nous avons déposé, M. le Président,
deux projets de loi qui visent à corriger cette situation-là dans un
délai... le plus rapidement possible. Encore faut-il que les projets de loi
soient adoptés...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...avant d'être mis en application, et, encore une fois, j'encourage nos
collègues à participer...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le
Président, si on veut éviter de refaire les erreurs du passé, encore faut-il
les admettre et les comprendre. La question que je pose au ministre, là, elle
est sérieuse, puis je pense que l'humour n'a pas sa place.
Comment
se fait-il que son ministère ne sache pas combien de nos citoyens quittent
l'urgence sans avoir vu un médecin et sans savoir ce qu'il advient d'eux
après? C'est une lacune majeure, comment peut-il l'expliquer?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, si on veut améliorer une situation, il faut
faire un constat. D'accord? Et, pour faire ce constat-là... Je pense qu'il est fait, et de façon très documentée.
Il y a eu diverses études, le commissaire y a fait référence à plusieurs
reprises.
Maintenant, M. le
Président, je rappellerai au député de La Peltrie qu'un patient qui
présente une condition médicale qui est de
catégorie P4, P5 et qui est donc dans une situation de patient ambulatoire, qui
décide d'aller ailleurs, décide
simplement d'aller ailleurs recevra des services ailleurs, pour lesquels il a
sans doute trop attendu, et c'est la raison, évidemment, pour laquelle
on a déposé deux projets de loi, pour résoudre cette situation. Elle est là, la
réponse, M. le Président, elle est dans l'adoption de ces deux projets de loi
et de leur mise en application.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Dans le dossier des fusions des commissions scolaires,
le ministre de l'Éducation s'est pris à l'envers. Au lieu de procéder logiquement en consultant les
acteurs du milieu de l'éducation pour ensuite déposer une nouvelle carte des commissions scolaires, le ministre, sans
surveillance parentale, a préféré bricoler tout seul une nouvelle carte pour ensuite la présenter au compte-goutte
derrière les portes closes. Encore pire, la nouvelle carte du ministre, que
personne sur l'île de Montréal
n'avait demandée, ne colle pas à la réalité du terrain et créera un casse-tête
administratif pas possible pour les parents, notamment à Montréal.
ministre peut-il être clair aujourd'hui? S'engage-t-il à faire adopter une
nouvelle carte des commissions scolaires dans un projet de loi et non
par un simple décret ministériel?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Ma réponse est simple, oui, ça
va être un projet de loi. Mais, M. le Président, nous avons proposé un
document de travail qui a été coulé par quelqu'un en quelque part sans raison,
et actuellement nous travaillons sur ce document de travail, et nous allons en
consultation, et nous recevons des propositions.
En ce qui concerne la région de Montréal, on veut
un rééquilibrage pour une seule raison, pour le bien de l'élève, la réussite de l'élève. On veut également
décentraliser, avoir plus de pouvoirs au niveau de la classe, plus d'autonomie
au niveau des enseignants.
Donc, à la réponse de : Est-ce qu'il va y
avoir un projet de loi? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'on veut que Montréal
fonctionne mieux pour donner plus de
services à l'élève? La réponse est également oui. Et ça, ça prend un
rééquilibrage au niveau des commissions scolaires de Montréal.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Alors, ce n'est pas encore clair, M. le Président, que
les cartes vont être dans le projet de loi. C'est ce que je m'attends du
ministre. Puis là ça fait un mois que le ministre de l'Éducation a commencé à
faire circuler sa carte sans
consulter, et il ne comprend pas encore que c'est lui qui a créé de toutes
pièces l'inquiétude exprimée par les parents du Québec.
ministre réalise-t-il que, juste sur l'île de Montréal, 4 500 enfants
devront changer d'école avec ces fusions, et, pour éviter ça, des milliers de parents devront faire une demande
d'exemption exceptionnelle à chaque année? Va-t-il rencontrer les gens
de la CSDM, d'ailleurs, qui sont ici, aujourd'hui, dans nos tribunes?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Premièrement, la commission
scolaire de Montréal était déjà prévue être dans mon horaire, et je les
rencontre en début d'après-midi. Donc, ce n'est pas quelque chose de nouveau,
c'est quelque chose qui était prévu.
Et également, M. le
Président, la députée dit clairement que je devrais consulter. Je suis en
consultation présentement. La Fédération des
commissions scolaires se réunit au cours des prochains jours pour me faire des
recommandations, et on s'était entendus déjà
que, le 19 novembre, on se rencontrait pour pouvoir en discuter. Le travail
se fait. Je pense que la députée devrait
s'informer. La carte n'est pas définitive, j'ai dit qu'il y avait moyen de la
modifier. On va y aller pour le bien de l'élève. M. le Président, le
plus important, on veut...
Le Président : S'il vous
plaît! En terminant.
Bolduc
(Jean-Talon) :
...la meilleure organisation pour le bien de l'élève et la réussite scolaire.
Le Président :
Complémentaire? Complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Les coupures imposées par le gouvernement libéral font en sorte que la CSDM
n'a, tout simplement, plus les moyens
d'entretenir les locaux occupés par les centres d'éducation populaire, et leurs
baux viennent à échéance d'ici
quelques mois. Le ministre les a rencontrés à la fin de l'été dernier, et il
s'est engagé à trouver des solutions. Depuis, le temps passe, et rien
n'est fait. Est-ce que le ministre s'engage à régler ce dossier-là d'ici Noël?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui, M. le Président, on travaille sur le
dossier, on... des solutions. On les a rencontrés avec la députée d'Hochelaga, la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
il y a eu une rencontre. Et, officiellement, nous travaillons le
dossier, et la collaboration est excellente. On veut maintenir ces centres. Ce
sont des centres qui sont extrêmement importants pour la région de Montréal. Et
également nous sommes en discussion avec la commission scolaire de Montréal pour avoir une entente. On veut prolonger leur bail
pour trois ans, on veut les rendre plus autonomes. Ce sont des centres
très importants, et la solution s'en vient à très brève échéance.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Merci, M. le Président. En mai dernier, Orléans Express a annoncé des coupures
et des baisses de services pour les
régions du Québec. Le 10 octobre dernier, le ministre des Transports nous
promettait des solutions, et je le
cite : «Soyez assurés que nous travaillerons de concert avec l'ensemble
des acteurs afin de trouver une solution permanente et satisfaisante
pour les habitants des secteurs touchés. Nous ne les laisserons pas tomber»,
disait-il.
Le 17 janvier
prochain, ce sera coupure de services pour la ville de La Tuque, coupure
de services pour la ville de Thetford
Mines, coupure de services entre Gaspé et Percé. Le 17 janvier prochain, ce
sera une diminution importante du service pour le Bas-Saint-Laurent, la
Gaspésie, pour Trois-Rivières.
Soit le
ministre, ce matin, a des solutions permanentes et satisfaisantes à nous
présenter, sinon on comprendra qu'il laisse tomber les régions du
Québec.
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti :
M. le Président, en réponse claire à la question de la députée de Vachon :
Inexact, inexact et inexact. Et
d'aucune façon ce qui a été apporté ici n'est exact. En fait, ce que la députée
de Vachon essaie de savoir... Je vais l'aider
un peu à comprendre le concept, nous nous sommes engagés à ne pas laisser
tomber les régions, contrairement à ce
qu'ils ont fait à quatre reprises, à quatre reprises, M. le Président. Quand
Keolis a demandé à ce précédent gouvernement une aide d'urgence, la
réponse a été non, non, non et non. Quatre fois.
Alors, M. le
Président, on s'en est occupés et, aujourd'hui, on a des ententes. Dans la région
de Thetford Mines, les ententes sont
faites. Dans la région de Trois-Rivières, La Tuque également, on est en
processus d'entente. Et, dans l'ensemble
du dossier avec Keolis, j'ai rencontré personnellement le président de Keolis, et nous travaillons avec les régions. Et la Gaspésie est à nos bureaux cette semaine, M. le Président, et, dans ce
dossier-là, on ne laissera pas tomber les régions. Et, contrairement à ce qui a été dit... Même, Keolis devait arrêter le 1er janvier, ils ont réussi... on
a discuté ensemble, au 17 janvier,
regardez la date... On ne laisse pas tomber les régions. Le problème, il est
réglé.
Le Président : Première complémentaire, Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. Moi, je n'ai pas entendu de solution ici,
et le 17 janvier, c'est tout de suite après Noël. Je pense que le ministre devrait avoir une attitude un petit peu plus ouverte au lieu d'avoir une
attitude extrêmement condescendante. Est-ce que le ministre délégué aux
Transports, lui, responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie peut se lever pour défendre les régions? En plus des
coupures du service d'Orléans, la Gaspésie continue à être isolée par l'inaction du ministre délégué
et son refus de soutenir la société des
chemins de fer de la Gaspésie. De toute évidence, le ministre délégué
est complètement déconnecté et abandonne la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.
Est-ce qu'il peut se
lever pour défendre le Bas-Saint-Laurent...
Le Président : M. le ministre des Transports.
Poëti : M. le Président, les
propos de la députée de Vachon sont encore inexacts, et le ton dont elle prend
est vraiment mauvais. Parce que la réalité,
c'est que nous avons entendu l'appel de la Gaspésie, nous nous sommes occupés
de la Gaspésie. Et j'ai même un document que
je vais vous transmettre, là, à la fin de la période de questions dans lequel
la Gaspésie nous remercie de la rapidité à laquelle nous sommes intervenus dans
leur dossier. Excusez-moi, là...
Poëti : Quand on dit, M. le
Président, s'occuper des régions, on le fait. Quand
on regarde les problématiques, on s'en occupe. Alors, déjà là, je me
serais attendu...
Le Président : En terminant.
M. Poëti : ...de la députée de Vachon, des
félicitations...
Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le
Président. À ce que je vois, il n'y a pas juste le ministre délégué aux
Transports qui est déconnecté, le ministre des Transports aussi est déconnecté.
Coupures de service d'autobus pour la Gaspésie, coupures du côté du chemin de fer, alors qu'on sait que
c'est essentiel pour le développement économique de la Gaspésie, pour le
transport des marchandises.
le Président, le gouvernement libéral est en train d'abandonner la Gaspésie.
Le Président : M. le ministre délégué aux Régions.
D'Amour : Alors, M. le Président, que
ce soit en matière de transport d'autobus ou par le train, le gouvernement
a pris ses responsabilités, comme on l'a
fait au cours des derniers mois au niveau de la forêt, comme on l'a fait au niveau
du centre de formation professionnelle à
Sainte-Anne-des-Monts, comme on l'a fait avec McInnis, comme on l'a fait au
niveau du logement social. M. le Président,
j'étais en Gaspésie au cours des derniers jours, quatre jours, 40 annonces dans
le programme FAIRE. C'est ça, s'occuper de
la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent puis des régions du Québec, M. le Président.
Le Président : Principale, M. le député de
Deux-Montagnes.
Charette : Merci,
M. le Président. Depuis 40 ans, le Parti québécois et le Parti
libéral ont toujours utilisé la même recette quand vient le temps de
combler les postes des emplois supérieurs. Trop souvent, ces nominations sont teintées par la partisanerie. Depuis son entrée en
fonction, ce gouvernement n'y a pas fait exception
en faisant de nombreuses nominations
partisanes, et tout le monde y perd au change. On crée de l'instabilité dans la
haute fonction publique, on est aux
prises avec des scandales politiques, et enfin
on contribue à alimenter le cynisme de la population. Pour mettre fin à cette pratique malsaine, la Coalition avenir Québec
a déposé un projet de loi encadrant la nomination des hauts fonctionnaires. Il est plus que temps pour le
gouvernement de poser un geste éthique qui tient simplement du gros bon sens.
Est-ce que le gouvernement
s'engage, s'engage à appeler notre projet de loi?
Le Président : M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Il y a plusieurs éléments sur la
question, d'abord, sur le fond, et aussi sur
la procédure de nos travaux. M. le
Président, j'ai déjà eu l'occasion, dans un projet de loi de la députée de
Gouin, de trouver, dans le temps qui nous est imparti à l'Assemblée, du temps pour qu'on puisse amorcer une
discussion de principe sur son projet de loi et j'ai déjà dit à cette occasion qu'il n'est pas impossible
que nous trouvions à l'avenir d'autres plages horaires pour pouvoir étudier
des projets de loi de l'opposition. Ça, ça a toujours été assez clair. Ça me
permet aussi de rappeler que les mercredis après-midi,
lorsqu'on est en session régulière, ce sont les périodes de l'opposition, et
l'opposition peut elle-même avancer ses projets de loi. Je ne dis pas
que je ne peux pas le trouver sur le temps du
gouvernement, je dis qu'il y a aussi ces éléments-là qui sont possibles.
À l'égard du
projet de loi, d'ailleurs, peut-être qu'il vaudrait la peine qu'on ait un court
échange, soit-il ici, dans cette
enceinte, ou à l'extérieur. Je note rapidement, puisqu'il a été déposé ce matin, qu'il
y a peut-être certains éléments
dont la constitutionnalité pourrait être soulevée, sinon mise en doute. Mais
c'est à l'occasion d'échanges qu'on peut dire ces choses-là. On verra
quels sont les meilleurs forums pour tenir ces échanges.
Le Président :
En terminant. Première complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
M. le Président, depuis l'entrée en fonction du gouvernement libéral en avril
dernier, on a vu beaucoup d'exemples de nominations qui tiennent de la
partisanerie. On réalise que, du gouvernement Charest au gouvernement
Marois, à l'actuel gouvernement, la recette demeure la même. Il est plus que
temps d'évacuer toute partisanerie des processus de nomination des hauts
fonctionnaires.
D'ici à ce
qu'il appelle ou étudie notre projet de loi, est-ce que le gouvernement peut s'engager
à ne pas procéder à de nouvelles nominations partisanes?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Ce sont toujours des nominations de compétence, alors elles vont
continuer d'être des nominations de
compétence. Et je pense qu'on ne peut pas trouver une personne qui n'a pas de
compétences dans celles qui ont été nommées.
Cela étant
dit, je reviens sur le projet de loi de sa formation, où on pourra échanger... Je ne sais pas encore dans quel forum, mais où on pourra échanger sur
certains éléments du projet de loi. Mais je suis un peu étonné que son chef
ait demandé à ce que ce projet de loi soit
déposé, lui-même qui disait que, si jamais il formait le gouvernement, il
voulait s'entourer de personnes qui partageaient tout à fait son point
de vue, et que le sien, ce qui n'est pas
nouveau, mais néanmoins qui ne va pas tellement dans le sens du projet de loi
qu'il semble appuyer maintenant.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci. À la question posée
par le ministre, la direction des services informatiques était certainement
une nomination que l'on peut questionner.
Ceci dit, on
se rappellera que le rapport Perrault sur les conditions d'emploi des
titulaires d'emplois supérieurs a été tabletté,
autant par le Parti québécois que par le Parti libéral.
Est-ce que le
gouvernement s'engage à ce que notre projet de loi soit non seulement appelé,
mais qu'il soit également étudié en commission parlementaire?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
J'ai déjà eu l'occasion, M. le Président, de dire, d'une part, que nous avons,
dès le début de la législature, indiqué que
nous voulions travailler avec l'ensemble des membres de l'Assemblée, je l'ai
déjà dit, et on a même déjà posé des gestes dans ce sens-là. Je ne ferme
pas la porte à ce que des projets de loi déposés par des membres de l'opposition puissent être appelés sur du temps
appelons-le du gouvernement, sachant déjà que
l'opposition peut le faire sur son temps les mercredis et qu'elle a le
loisir de le faire.
Bon, cela
étant dit, sur le projet de loi comme tel dont on parle en ce moment, sur ce
projet de loi là, je donne le conseil,
peut-être, à notre collègue de se poser déjà la question de la
constitutionnalité. Lorsque nous aurons à entreprendre des échanges ici...
Le Président : En terminant.
M. Fournier :
...ou dans d'autres forums, ce sera déjà une question qu'il devra répondre.
Le Président :
Principale, M. le député du Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Oui. M. le
Président, il y a trois semaines, j'ai questionné le gouvernement sur les
213 000 $ de fonds publics
engloutis par l'ex-juge en chef du Tribunal administratif
du Québec, Hélène de Kovachich. On se rappelle que la juge a utilisé de l'argent public pour se
défendre dans une cause qui lui était pourtant purement personnelle. Alors,
les sommes volées dans l'industrie de la construction.
Est-ce que la
ministre de la Justice peut nous dire si les mêmes principes
s'appliquent pour Mme de Kovachich? Elle a eu trois semaines pour y penser, là. Est-ce
qu'elle peut nous dire concrètement qu'est-ce
qu'elle a fait pour retrouver les 213 000 $ payés injustement
par les Québécois?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président, je suis heureuse de pouvoir prendre parole et
pouvoir réitérer devant nos collègues les
distinctions entre le projet de loi qui avait été déposé par notre ex-collègue
Bertrand St-Arnaud et le projet
de loi n° 26 que nous
avons déposé demain et dont nous aurons la chance de débattre en commission
parlementaire.
Alors, M. le Président, le projet de loi n° 26 ne touche pas que l'industrie de la construction, touche l'ensemble
des contrats publics qui ont été contractés
et touche toutes les personnes qui peuvent être impliquées dans une fraude ou
une manoeuvre dolosive. Donc, le projet de loi n° 26 va beaucoup plus loin que le projet de loi qui avait été
déposé par le Parti québécois, il peut toucher les entreprises, les sous-traitants, les dirigeants, les administrateurs, les employés, les intermédiaires
facilitateurs, les officiers publics. Bref, nous avons bonifié le projet de loi
par son dépôt hier.
Par ailleurs, le projet de loi est également
bonifié afin de correspondre à certaines demandes...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...qui avaient été mentionnées lors des auditions en commission...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Oui. M. le Président, on est bien heureux que le gouvernement actuel reprenne essentiellement notre projet de loi, mais la question que je vous pose, là, c'est sur le 213 000 $ englouti par l'ex-juge en chef.
M. le Président. Ce n'est pas rien,
là, elle a utilisé de l'argent public pour se défendre dans une cause qui lui
était purement personnelle.
Vous taxez
les familles, vous taxez les Québécois, puis là il y a un 213 000 $
utilisé de fonds publics illégalement. Qu'allez-vous faire, Mme la
ministre de la Justice?
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée : À toute
évidence, M. le Président, mon collègue n'a pas écouté la réponse que nous lui
avons donnée, puisqu'il prétend que nous
reprenons le projet de loi déposé par le gouvernement précédent, ce qui
est inexact, puisque le projet de loi présenté hier est un projet
de loi qui est bonifié, qui va beaucoup
plus loin que le projet de loi déposé par le gouvernement précédent et un...
Le Président : ...M. le règlement...
Mme la leader de l'opposition.
Maltais : M. le
Président, la question,
ça fait deux fois qu'on la répète. C'est : Qu'est-ce qu'elle a fait pour
aller récupérer l'argent public qui a été utilisé illégalement par Mme de
Kovachich? Il y a déjà assez de primes qui... Il y en a pour 1,5 million,
qu'on a nommées l'autre fois...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Deux choses, M. le Président. La première, nous
avons tous entendu le collègue dire au début de sa question...
Fournier : Est-ce que c'est possible d'avoir un peu de respect
lorsque les autres prennent la parole? Ce n'est pas compliqué, là, il y a eu une question de règlement, j'y réponds, M.
le Président. Il a abordé la question du projet de loi par rapport à
celui de l'ancien gouvernement, c'était le thème qui était abordé par notre
collègue.
Fournier : Est-ce que je peux demander aux gens de l'opposition
officielle un peu de respect et un ton qui est plus à propos dans ce
salon, M. le Président?
Le Président : Mme la leader.
Maltais :
Le véritable respect en cette Chambre, c'est de répondre aux questions qui sont
posées par l'opposition. C'est une opération de...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, on aura probablement l'occasion de
reparler de ce thème des respects. Aujourd'hui, à ce moment-ci, je propose que le ton se calme un peu. Il y a des
personnes qui sont ici qui demandent qu'on les respecte aussi. Alors,
peut-être que ce serait mieux comme ça.
Le Président : Mme la
ministre, est-ce que vous avez terminé votre réponse?
Mme Vallée :
En fait, M. le Président, les deux projets de loi comportent des distinctions
substantielles, et c'est important de le mentionner, c'est important de
faire cette distinction, puisque notre collègue...
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : ...prétend
indûment que nous avons simplement photocopié l'ancien...
Le Président : Cela met fin à
la période des questions et réponses orales.
Nous sommes à
la rubrique Votes reportés. Est-ce
que les whips sont ici? Alors, tel
qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la motion du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire proposant que le projet de
loi n° 3, Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes
de retraite à prestations déterminées du secteur municipal, soit adopté.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme
Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Hamad (Louis-Hébert), M. Dutil (Beauce-Sud),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux (Nelligan), M. Moreau (Châteauguay), Mme
David (Outremont), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys),
M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Vien
(Bellechasse), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau), M. Arcand
(Mont-Royal), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust (Verdun), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Vallée
(Gatineau), M. Billette (Huntingdon), M. Bolduc (Jean-Talon), M. Blais
(Charlesbourg), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid (Orford), Mme Vallières
(Richmond), Mme Boulet (Laviolette), M. Morin (Côte-du-Sud), Mme Charlebois
(Soulanges), Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos (Laurier-Dorion), M. Girard (Trois-Rivières), M. Bernier
(Montmorency), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet
(Jean-Lesage), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Matte (Portneuf), M.
Simard (Dubuc), M. Tanguay (LaFontaine), M.
Bolduc (Mégantic), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M.
Bourgeois (Abitibi-Est), M. Boucher (Ungava), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Auger (Champlain), M. Rousselle (Vimont), M. Ouimet (Fabre), M. Fortin
(Sherbrooke), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy
(Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme
Montpetit (Crémazie), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis
(Argenteuil).
M. Legault (L'Assomption), M.
Bonnardel (Granby), M. Deltell (Chauveau), M. Caire (La Peltrie), M.
Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme D'Amours (Mirabel), M.
Laframboise (Blainville), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne
(Johnson), M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M.
Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Lemay (Masson).
Président : Quels sont les députés qui sont contre cette
motion?
Secrétaire adjointe : M. Bédard (Chicoutimi), Mme Maltais
(Taschereau), M. Marceau (Rousseau), Mme
Hivon (Joliette), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles),
Mme Lamarre (Taillon), M. LeBel (Rimouski), M. Kotto (Bourget), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Therrien (Sanguinet),
M. Bergeron (Verchères), M. Dufour (René-Lévesque), M. Drainville
(Marie-Victorin), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean),
M. Traversy (Terrebonne), M. Cousineau (Bertrand), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Ouellet (Vachon), M. Péladeau
(Saint-Jérôme), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Pagé (Labelle), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure).
David (Gouin), M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Président : Est-ce qu'il y a des abstentions? M. le secrétaire
général.
Secrétaire : Pour : 85
Le Président :
Alors, la motion est adoptée. En conséquence, le projet de loi n° 3
favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à
prestations déterminées du secteur municipal est adopté.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
des motions sans préavis, et je reconnais maintenant M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le chef de l'opposition
officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition de même que la députée
de Gouin :
«Que l'Assemblée nationale souligne le
25e anniversaire, le 6 décembre prochain, du drame survenu à l'École
polytechnique de Montréal qui a coûté la vie à 14 jeunes femmes et qui a
fait de nombreux autres blessés;
«Que tous les partis politiques
s'unissent afin de saluer la mémoire de ces 14 jeunes femmes qui ont
injustement perdu la vie.»
Le Président :
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? Consentement. Et
je présume que le temps que vous avez déjà préparé, c'est deux minutes
chacun. Deux minutes chacun?
Président : Le leader va nous le dire. Ah! je le cherchais, le
leader.
Sklavounos :
Oui. M. le Président, nous nous sommes entendus pour des interventions, soit
celle du premier ministre, suivie de
celles du chef de l'opposition officielle, du chef du deuxième groupe
d'opposition, la députée de Gouin, et ensuite
il y aura des interventions des députées, tel qu'entendu avec le cercle des
femmes parlementaires de l'Assemblée nationale — on ne
voudrait pas nécessairement limiter le débat dans le temps — mais
des interventions raisonnables.
Président : Alors, M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, samedi le 6 décembre prochain, le Québec tout
entier se souviendra du drame de
l'École polytechnique de Montréal qui coûtait la vie à 14 jeunes femmes en
plus de faire plusieurs blessées, des blessures du corps et de l'âme dont les cicatrices demeurent. Ce drame reste à
jamais gravé dans notre mémoire. Chaque année, depuis 25 ans, chacun et chacune de nous se souvient avec douleur
de ce jour sombre. Leurs familles, elles y pensent sans doute chaque
jour.
Aujourd'hui,
nous avons le devoir et l'obligation de saluer la mémoire de ces 14 femmes
parties tragiquement alors qu'elles
commençaient à peine leur vie d'adulte — aujourd'hui, elles seraient à la
mi-quarantaine — 14 jeunes
femmes qui espéraient devenir
ingénieures, qui souhaitaient simplement réaliser leur rêve, à l'instar de tant
d'autres jeunes femmes. Aujourd'hui,
nous disons à nos filles que nous sommes tous et toutes fiers d'édifier une
société dans laquelle toutes les portes
sont ouvertes. Mais nous savons aussi l'immense chagrin, l'immense sacrifice
des familles présentes aujourd'hui, que rien ne saura effacer.
Cette
tragédie nous rappelle à quel point nous avons tous et toutes la responsabilité de dénoncer sans réserve, haut et fort, la violence physique,
psychologique ou verbale faite aux femmes et également aux hommes en raison
de l'identité sexuelle ou d'autres
conditions similaires. Cet événement nous rappelle que, comme société
libre et égalitaire, nous devons refuser tout climat d'intimidation et
de peur envers les femmes mais également envers la différence et la
marginalité.
veux réitérer ici, à ce moment, l'engagement de mon gouvernement à mettre
en place un registre québécois des
armes à feu, incluant les armes de chasse. Cet engagement, il est issu d'un
large consensus québécois. Ça nous rappelle également qu'il ne faut jamais céder à la peur, et faire une
grande place à la confiance et à l'espoir. Nous devons faire triompher la vie et l'avenir et faire en sorte que
ces femmes survivent à travers les rêves accomplis, réalisés d'autres femmes.
continue de bâtir, mais on n'oublie pas. Voilà le message inspirant que nous
livre l'ingénieure Nathalie Provost, blessée
le 6 décembre 1989. C'est également ce même message d'espoir lancé par l'École
polytechnique, cette année, par
l'instauration de l'Ordre de la rose blanche, une bourse d'études pancanadienne
de 30 000 $ unique au pays, un héritage à toutes les femmes qui étudient en génie. Comme
le dit si bien Michèle Thibodeau-DeGuire, première femme à recevoir un diplôme de Polytechnique en génie civil en 1963
et actuelle présidente du conseil d'administration de la Corporation de l'École polytechnique — je la cite : «C'est comme si notre
récipiendaire poursuivait le rêve de l'une de ces jeunes filles.»
6 décembre 1989, elles étaient peu nombreuses, alors, dans les salles de classe
de Polytechnique, moins de 10 %
de tous les étudiants. 25 ans plus tard, elles représentent le tiers des
étudiants de cette école, et Polytechnique de Montréal est aujourd'hui l'endroit où le taux de fréquentation des
jeunes femmes est le plus élevé en Amérique du Nord. Voilà, M. le
Président, la grande victoire de notre société sur l'horreur de décembre 1989.
mémoire de ces jeunes femmes, il faut perpétuer un message d'espoir et d'avenir
et redire, tous et toutes, notre espoir en un avenir meilleur, M. le
Président. Participons ensemble à la construction de cet avenir. Merci.
Le Président :
Merci, M. le premier ministre. J'inviterais maintenant M. le chef de
l'opposition officielle.
Bédard : Merci, M. le Président. C'est aussi avec beaucoup
d'émotion que je prends la parole aujourd'hui pour souligner cette
tragédie.
y a 25 ans, le 6 décembre 1989, le Québec vivait peut-être son pire drame qui a
causé une brisure, une véritable brisure
à jamais gravée dans nos mémoires. Alors qu'elles étudiaient, qu'elles ne
faisaient rien d'autre que poursuivre leur
rêve, 14 femmes ont été lâchement assassinées pour ce qu'elles étaient, des
femmes talentueuses qui voulaient offrir au Québec, à notre société ce qu'elles avaient de mieux. Je fréquentais
d'ailleurs la même université au même moment, et la seule raison pourquoi elles ont été victimes à l'époque, c'est
strictement pour ce qu'elles étaient : des femmes. Donc, nos
pensées vont aujourd'hui à ces femmes, à celles qui ont survécu, à leurs
proches, dont plusieurs sont avec nous aujourd'hui.
Pour elles, nous avons un devoir de mémoire, un devoir aussi de rappeler à tous
nos jeunes Québécoises et Québécois
qui n'étaient pas au monde lors de ces événements... mais de leur rappeler ce
qui s'est passé. Pourquoi? Parce que
la commémoration de cette tragédie nous invite à chaque fois à réfléchir
collectivement sur la violence dans notre société, plus particulièrement
celle faite aux femmes et aux filles.
Malgré
la douleur de ce souvenir, nous devons en même temps se dire collectivement que
cette brisure a amené un réveil sans
précédent de notre société. Aujourd'hui, il faut continuer à s'inspirer des
actions que nous avons prises pour lutter
contre la violence faite aux femmes. Je salue que le premier ministre ait
rappelé une de ces initiatives qui est le registre des armes à feu, qui symbolise en grande
partie
cette prise de conscience de notre société. Et, à chaque fois qu'on nous demande : Pourquoi ce registre?, la seule
évocation de ce souvenir devrait justifier le maintien de cette action qui est
plus que symbolique pour nous, qui traduit cette prise de conscience de
notre société.
L'autre
gain que nous avons, c'est que cette
douleur que nous portons tous, cette prise de conscience, elle fait en sorte que notre société est très éveillée à
cette violence qui prend maintenant, je
vous dirais, des facettes qu'on ne connaissait pas à l'époque, entre autres, sur les réseaux sociaux. Cette
intimidation, elle est intolérable et de quelque manière qu'elle soit,
et c'est à nous, collectivement, à donner l'exemple.
Donc,
je félicite les familles, celles qui ont survécu de continuer ce combat malgré
la douleur qu'elles portent. C'est un
signe de courage exceptionnel qui fait en sorte que tous, aujourd'hui, mais à
chaque 6 décembre, nous soulignons cet effort collectif que nous faisons contre la violence. Continuez,
vous êtes une inspiration pour la société québécoise. Merci, M. le
Président.
Président : Merci, M. le chef de l'opposition officielle.
J'inviterais maintenant M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Merci, M. le Président. Le 6 décembre 1989, un homme se présentait à
l'École polytechnique de Montréal et
abattait, de sang-froid, 14 étudiantes. Les moins jeunes vont tous se
rappeler où ils se trouvaient lorsqu'ils ont appris cette nouvelle. J'étais, à l'époque,
président d'Air Transat. Je me rappelle d'avoir rassemblé les employés, on a
tenu une minute de silence. Mais les mots étaient difficiles à trouver. On a
ensuite appris que le tireur avait séparé les hommes
et les femmes, qu'il s'était adressé à ses victimes en les accusant d'être
féministes. Il avait même écrit un manifeste pour expliquer ses motifs.
C'était il y
a 25 ans. Le choc, à travers le Québec, a été immense. Il a fallu du temps
pour prendre toute la mesure de cette
tragédie. On a voulu d'abord l'expliquer en parlant de maladie mentale. C'était
plus rassurant. Mais nous savons aujourd'hui
que cette explication n'était pas suffisante. Les faits sont là, le tireur
avait joint à son manifeste une liste de personnalités publiques qu'il voulait abattre. On y retrouvait le nom de
femmes qui se distinguaient par leurs réussites dans des domaines alors vus
comme des bastions masculins. C'était évident qu'on était devant un horrible
crime sexiste qui était revendiqué
comme tel. Ce jour-là, c'est le principe fondamental de l'égalité entre les
hommes et les femmes qui a été attaqué de plein fouet, c'est la dignité
humaine dans ce qu'elle a de plus élémentaire qui a été bafouée.
C'est important de rappeler à tous les Québécois
ce qui s'est passé le 6 décembre 1989. Et je lance un appel particulier à ceux qui étaient trop jeunes, qui
n'étaient pas nés dans certains cas, lors de cette tragédie : eux non plus
ne doivent pas oublier. Cette
tragédie s'est transformée en devoir de mémoire. Le magnifique film réalisé par
Denis Villeneuve il y a quelques
années est difficile à regarder, mais je souhaiterais que tous les jeunes le
regardent pour ne pas oublier.
Je termine en
disant que se rappeler, ça nous permet d'honorer la mémoire des victimes, mais
c'est aussi l'occasion de réfléchir aux valeurs que nous souhaitons
protéger dans notre société. Merci, M. le Président.
Le Président : Je vous
remercie, M. le chef du deuxième groupe d'opposition. Et j'inviterais
maintenant Mme la députée de Gouin à prendre la parole.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Vous comprendrez que c'est très difficile pour moi d'intervenir
sans aucune émotion. J'étais à l'époque
coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes du Québec et,
le 6 décembre 1989, j'ai su ce
qui se passait à la maison à l'heure du souper avec mon fils de neuf ans. Ça a
pris quelques heures avant de
réaliser l'ampleur du drame. Puis, dès le lendemain, les groupes de femmes
étaient à l'oeuvre, essayant d'expliquer, essayant de comprendre.
C'était la stupeur qui nous habitait.
Je remercie
le chef du deuxième groupe
d'opposition d'avoir rappelé à quel
point les semaines qui ont suivi le 6 décembre
1989 ont été difficiles, il faut le reconnaître, difficiles parce que
ça aurait été tellement plus simple de se dire : C'est un geste isolé, c'est une personne, et il
n'y a pas d'autre leçon à en tirer. C'est ce que plusieurs voulaient, en fait,
et il a fallu vraiment expliquer longuement. Je pense qu'aujourd'hui c'est plus
facile, avec une certaine distance, de reconnaître
qu'effectivement ce geste, bien sûr, était un geste extrême d'une
personne qui avait beaucoup de difficultés personnelles,
mais, malgré tout, ce geste, dans son extrémisme, représentait quelque chose qui pouvait s'appeler
une certaine misogynie ambiante,
quelque chose qui pouvait s'appeler du ressentiment d'une fraction de la
société québécoise. C'est difficile à
admettre, ces choses-là, parce qu'après tout c'est de nous qu'on parle, nous
étant l'ensemble des Québécois et des
Québécoises. 25 ans plus tard et d'autres avancées féministes plus tard,
on se retrouve à un automne où avec stupeur, encore une fois, beaucoup de Québécois, beaucoup de Québécoises
apprennent que beaucoup de nos soeurs et, parfois, nos frères, victimes d'homophobie sont victimes
d'agressions, de violence à caractère sexuel. Encore une fois, on se pose
des questions, mais cette fois-ci, et c'est
là où on se dit qu'on a quand même avancé, on accepte d'affronter nos démons,
on accepte de se dire : Si tant de femmes et des hommes aussi, encore
aujourd'hui, hésitent à parler, hésitent à dénoncer, ça doit bien être parce qu'il y a un problème. Et
je remercie d'ailleurs, incidemment, la ministre de la Condition féminine
et les collègues des autres partis pour
qu'on soit arrivés à, l'hiver prochain, entamer des débats publics sur cette
question des violences à caractère sexuel. Donc, nous avançons, M. le
Président.
Nous avançons
aussi dans cette enceinte et, avec votre soutien, M. le Président, qui dès le
début a été très chaleureux, nous
allons nous-mêmes poser des gestes. Nous allons nous-mêmes nous questionner sur
l'ensemble de nos comportements à
l'Assemblée nationale, les nôtres. On va se questionner sur nos rapports avec
notre personnel. On va oser se demander s'il peut arriver que certaines
personnes ici, dans cette enceinte, puissent être aussi victimes de différentes
formes de violence à caractère sexuel. Je ne
pense pas qu'il y ait en ce moment beaucoup, beaucoup de Parlements en Amérique
du Nord qui osent se poser des
questions qui, convenons-en, sont dérangeantes mais vont nous amener plus loin,
j'en suis certaine.
En terminant,
ce que nous a appris aussi le 6 décembre 1989, c'est que nous ne voulons
pas de violence au Québec. Nous ne
voulons pas que les armes à feu circulent totalement librement au Québec, et ce
sujet, chez nous, fait consensus. Je
remercie donc vraiment et chaleureusement le premier ministre de prendre ce
matin l'engagement solennel de maintenir le registre des armes à feu. Je
l'en remercie beaucoup.
Le Président : Je vous
remercie beaucoup, Mme la députée de Gouin. Je cède la parole maintenant à Mme
la vice-présidente de l'Assemblée nationale
et présidente du cercle des femmes parlementaires de l'Assemblée. Mme la
députée de Hull.
Gaudreault :
Merci, M. le Président.
Nous vous
remercions de permettre exceptionnellement aux membres du Cercle des femmes
parlementaires de partager un
message de solidarité dans le cadre de cette motion.
Il y a
25 ans, le 6 décembre 1989, la nuit et la neige tombaient sur Montréal
quand les premiers coups de feu ont déchiré
les murs de l'École polytechnique. À la veille des examens, dans les salles de
cours et les corridors grouillant de vie, la mort s'est invitée, munie
d'une carabine semi-automatique.
Vallières : Une heure plus tard, les images nous clouaient à
nos écrans : des brancards chargés, des parents affolés, des policiers déstabilisés, des rumeurs
sur le nombre de tireurs, des garçons sous le choc, décrivant le tueur qui
ne visait que les femmes.
Mme Boulet : Ce jour-là, 14 femmes étaient tuées;
14 personnes, blessées; des dizaines de familles, d'amis et de collègues étaient marqués à jamais.
Quatre d'entre eux se suicidèrent. Et on apprendrait plus tard que le tueur
avait dans sa mire une quinzaine d'autres Québécoises connues et
influentes. Le Québec, une société tranquille, prospère, progressiste et fière d'être reconnue comme l'une
des plus égalitaires de la planète, basculait dans l'incompréhension. Et
la question que tous se posaient : Pourquoi ici ?
St-Pierre : 25 ans plus tard, nous sommes là,
33 femmes, 33 parlementaires de différents partis, aux opinions diverses, mais unies par des valeurs d'égalité, de
justice et de solidarité. Individuellement, nous avons fait des choix, parfois
difficiles, pour atteindre cette Assemblée.
Mme Thériault : Nous avons
vaincu nos doutes, trouvé des appuis, accepté de payer le prix en termes de conciliation famille-travail. Nous avons combattu
le cynisme de plusieurs envers la politique et affirmé notre compétence.
Charlebois : Il aura suffi de l'histoire terrible d'un
animateur-vedette pour que le silence se fracasse, pour que des femmes connues, jalouses de leur vie
privée, révèlent la honte et la peur subies lors d'agressions passées pour
que des milliers de femmes anonymes les
suivent, dénoncent à leur tour leurs agresseurs et expriment l'urgence d'agir.
Mme Ménard : Car la violence à l'égard des femmes et des
enfants ne semble pas se résorber. Elle nous rejoint dans nos maisons, nos rues, nos lieux de travail.
Ailleurs, elle sévit dans les camps de réfugiés, les bidonvilles, les champs
de bataille, les maisons cossues, les ateliers sombres, les usines aux portes
cadenassées.
Mme Vallée : Individuellement, nous nous pensons à l'abri.
Nous sommes des femmes choyées qui ont pris leur place dans l'espace public, qui ont les moyens d'agir, de se défendre et
de défendre les leurs. Nous sommes des battantes.
Mme Weil : Nous sommes ces 1 500 Québécoises
tuées, depuis 1989, par d'ex-conjoints incapables de supporter la
séparation, incapables de demander de l'aide.
Charbonneau : Nous sommes Rinelle Harper, 16 ans, violée et
laissée pour morte dans les eaux glacées de la rivière Assiniboine, à Winnipeg. Elle a survécu, mais, depuis 1980,
près de 1 200 femmes autochtones ont été assassinées ou ont
disparu au Canada.
Mme Vien : ...assassinées au nom de l'honneur puis noyées au
fond du canal Rideau, à Kingston, même si, au Canada, nous ne sommes pas des cas
isolés.
Mme David
(Outremont) : Nous sommes ces
200 étudiantes enlevées dans une école du Nigeria par le groupe Boko
Haram et transformées en épouses, esclaves sexuelles et soldates.
Rotiroti : On dira que nous confondons tout, que nous
exagérons, que nous... des horreurs... on les compare au sort enviable des Québécoises.
Nous persistons et disons qu'il y a un lien entre ce soi-disant fait divers, ces
dénis de justice, ces guerres oubliées.
Mme de Santis :
Il faudra que les hommes s'y mettent aussi. Vous tous, collègues parlementaires,
amis, amoureux, frères, fils, citoyens, amours de nos vies, compagnons de nos
âges, parlez, respectez et aimez les femmes autour de vous et élevez vos
enfants dans cet esprit.
Montpetit : Nous sommes
fières de voir que l'Assemblée
nationale fera sa part, puisqu'une commission parlementaire et un forum
public se pencheront bientôt sur la violence sexuelle à l'égard des femmes, et ce, dans un climat
non partisan et en vue d'un plan d'action.
Nichols : Pendant les
prochains jours, au Québec comme ailleurs, nous serons des dizaines de
milliers à commémorer la tuerie de
Polytechnique. Nous vous invitons, où que vous soyez, à participer à cet
exercice de mémoire, à remplacer,
dans vos souvenirs, le nom du tueur par ceux des 14 jeunes femmes au sourire
éclatant et au regard confiant pour ne jamais oublier.
Simard : Annie Turcotte, 20 ans, qui avait choisi le génie des
matériaux pour améliorer l'environnement. Elle ne pourra jamais plus
nager et plonger comme elle aimait tant.
Mme Massé : Anne-Marie
Edward, 21 ans. Ses parents, Suzanne et Jim, se battront férocement avec Heidi
Rathjen et Wendy Cukier pour le contrôle des armes à feu.
David (Gouin) : Maryse
Leclair, 23 ans. C'est son père, le lieutenant Pierre Leclair, de la police de Montréal, qui trouvera son corps transpercé
au couteau de chasse par le tueur juste avant qu'il ne se suicide.
Mme Soucy :
Geneviève Bergeron, 21 ans. Elle voulait s'imposer en génie civil. Elle
chantait et jouait de la clarinette. Sa
mère, Thérèse Daviau, femme politique montréalaise, s'engagera dans la Fondation des
victimes du 6 décembre.
(Montarville) : Barbara Daigneault, 22 ans. Tout comme son père, professeur à l'École
de technologie supérieure, elle avait choisi le génie mécanique. En
1991, employés et étudiants de l'ETS créeront le Fonds Barbara-Daigneault
qui, par des bourses, encouragera des femmes à devenir ingénieures.
Samson : Maryse Laganière,
25 ans. Elle est une employée de Poly et une jeune mariée qui ne verra jamais
grandir les enfants qu'elle aurait désirés.
Lavallée : Anne-Marie Lemay,
22 ans. Elle ne sera pas ingénieure et n'aura jamais de problème à concilier
famille et travail.
D'Amours : Maud Haviernick,
29 ans. Dans 20 ans, sa soeur Sylvie échangera sereinement à la télé avec
la mère du tueur; une femme blessée à une autre.
Lamarre : Hélène Colgan,
23 ans. Elle avait déjà trois offres d'emploi. Elle allait peut-être
choisir Toronto.
Léger : Nathalie
Croteau, 23 ans. Avec son amie Hélène, elle aussi en dernière année de
génie mécanique, elle avait prévu passer ses vacances dans le Sud.
Mme Richard :
Michèle Richard, 21 ans. Elle ne sera jamais l'ingénieure en chef de la
reconstruction du pont Champlain.
Maltais : Annie
St-Arneault, 23 ans. Elle se voyait partir en Afrique et travailler en
coopération internationale avec son frère Serge qui lui aurait fait
découvrir son monde.
Ouellet : Barbara
Klucznik-Widajewicz, 31 ans. Elle avait émigré de Pologne avec son mari en
1987. Elle aimait Montréal. Elle l'a fait découvrir à son frère Pavel.
Hivon : Sonia
Pelletier, 28 ans. Elle était à la tête de sa classe et faisait la fierté
de son village de Saint-Ulric. Elle recevra un diplôme posthume.
Poirier : Leurs vies
se sont arrêtées trop vite. C'est à nous tous et toutes, maintenant,
d'en garder la mémoire vivante, de
transformer la noirceur en lumière, la haine en harmonie. Notre vie continue.
Faisons-la meilleure ensemble.
Le Président :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Président :
Je vous invite maintenant à vous lever pour une minute de silence à la mémoire
des victimes de la tragédie de la Polytechnique.
• (11 h 59 — 12
h 1) •
Le Président :
...Merci. Veuillez vous asseoir.
voudrais remercier le premier
ministre, M. le chef de l'opposition officielle, M. le chef du deuxième groupe d'opposition, Mme la
députée de Gouin, mais aussi, très sincèrement, Mme la vice-présidente de l'Assemblée
nationale, et vous toutes, mesdames, de nous avoir fait vivre
ici, à l'Assemblée, ce matin, des moments que je n'oublierai jamais.
Président : Et,
puisqu'il faut en revenir à la rubrique des motions sans préavis, je vais
laisser Mme la vice-présidente
continuer notre assemblée.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à la rubrique des motions
sans préavis, je vais maintenant
céder la parole à Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci. Merci, Mme la Présidente. Alors, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre de la
Culture et des Communications, la députée de Mirabel et le député de
Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage à Paul Buissonneau, directeur de théâtre,
metteur en scène et grand comédien, décédé le 30 novembre [dernier];
«Qu'elle
reconnaisse son immense apport au monde de la culture québécoise notamment
comme fondateur du Théâtre de Quat'Sous;
«Qu'elle
souligne que son personnage de Picolo et sa [fameuse] Roulotte, qui ont
accompagné les petits et les grands, marqueront à jamais la mémoire des
Québécoises et des Québécois;
«Qu'elle souligne
également son grand attachement et son grand engagement pour le Québec;
«Qu'elle transmette
ses condoléances à sa famille, [...]ses proches, [...]ses collègues, ainsi qu'à
ses nombreux admirateurs partout au Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement
pour un débat commençant par la députée de Joliette, suivie de la députée de Mirabel, le député de
Mercier et finalement par la ministre de la Culture et des Communications,
d'un ordre de deux minutes, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le leader
adjoint du gouvernement. Je vais maintenant céder la parole à Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est vraiment une
journée et une semaine remplies d'émotions, une dure semaine, je pense, pour les Québécois, avec des pertes importantes
et bien sûr la commémoration du 25e anniversaire de la tragédie de
la Polytechnique.
Hier,
on rendait hommage à un homme absolument exceptionnel dans le domaine du
hockey, des sports et, je dirais, de
l'engagement en général. Aujourd'hui, c'est important que l'Assemblée nationale
rende à nouveau hommage à un homme tout
aussi exceptionnel, mais, cette fois, dans le domaine de la culture, des arts
et, bien sûr, principalement du théâtre.
Paul Buissonneau nous a fait un énorme cadeau quand, avec la troupe des Compagnons de la chanson, à laquelle
il s'était joint en France, où il est né, il
est venu de ce côté de l'océan pour une prestation et il est tombé amoureux,
amoureux d'une Québécoise,
comme ça arrive souvent, mais en même
temps amoureux du Québec,
un amour qui ne se démentira jamais au fil du temps, puisqu'il décidera
de faire sa vie au Québec, et pas de manière banale, mais bien en ayant un engagement
très, très profond pour cette société qui l'a accueilli mais
qu'il a faite sienne très rapidement, dans laquelle il s'est engagé, qu'il a
voulu transformer et qu'il a voulu faire rayonner notamment, bien sûr, par les
arts de la scène.
C'était
quelqu'un qui croyait beaucoup dans la
démocratisation, dans l'accessibilité du théâtre. C'est comme ça qu'il a
fondé sa fameuse Roulotte, qui parcourait les parcs de Montréal — il
était d'ailleurs un employé de la ville de Montréal — pour
pouvoir partager ce talent, ce talent des comédiens, cet accès à la culture
auprès des petits, mais ça faisait tout autant le bonheur des plus grands, avec, bien sûr,
son personnage de Picolo, qui a pris naissance en 1956, qui a marqué l'imaginaire québécois, encore une fois des petits mais des grands. Et cette année de fondation du personnage
de Picolo fut aussi une grande année parce que
c'est l'année où il fonda la troupe de théâtre de Quat'Sous, qui rapidement
donnera naissance au Théâtre de Quat'Sous, où plusieurs
grandes prestations verront le jour, notamment L'Osstidcho , une expression qu'il
avait lui-même déclarée, ayant quelques problèmes à gérer toute cette troupe
avec les Clémence DesRochers et Yvon
Deschamps de ce monde. Et c'est un engagement pour le Théâtre de Quat'Sous, pour la mise en
scène, pour l'accès au théâtre dont il ne se départira jamais.
a fait notre plus grand bonheur. C'était un personnage hors normes, fougueux,
avec, bien sûr, ses prises de bec, mais qui jamais n'aura
laissé personne indifférent dans toute sa grandeur, dans toute sa gentillesse
aussi et dans cet engagement.
Et je veux aujourd'hui le remercier pour sa contribution absolument hors du commun au milieu du théâtre, au milieu des arts et, je dirais, au rayonnement
de la société québécoise en
général. Et bien sûr
je tiens à offrir toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.
Merci, Picolo. Merci, M. Buissonneau.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Joliette.
Je vais maintenant céder la parole à M. le député de Mirabel...
Mme la députée de Mirabel, pardon.
D'Amours : Merci, Mme la Présidente. Nous apprenions en début de semaine le départ d'un grand Québécois vers
son dernier repos. La mort de Paul Buissonneau marque la fin d'une époque dans
l'histoire culturelle du Québec. Un véritable monument artistique, Paul
Buissonneau aura marqué son époque à tous les niveaux.
à Paris en 1926, il doit dès ses 13 ans faire face à la mort de ses
parents et prendre charge de ses frères et soeurs. Débrouillard, décidé, bourru de ressources...
bourré de ressources — il était peut-être bourru de temps en
temps — il
relève les défis de la vie jusqu'à ce
qu'il devienne régisseur dans un théâtre de la côte normande. La pierre
d'assise de notre artiste était posée.
Paul Buissonneau a choisi le Québec en 1952,
occupant chez nous plusieurs fonctions dans le domaine de la culture et de la scène. Il s'est produit en
chanson avec Édith Piaf. Il a dirigé pendant plusieurs années La Roulotte,
un théâtre ambulant pour Québec...
pour enfants. Il a marqué l'enfance de plusieurs Québécois en incarnant Picolo
dans La boîte à surprise . Il a cofondé le Théâtre de
Quat'Sous. Il a mis en scène plusieurs artistes québécois, dont les Charlebois,
Deschamps, Mouffe, et j'en passe. Quel parcours!
Coloré
personnage, M. Buissonneau faisait les choses différemment de tout le monde. Il
avait même organisé ses propres
funérailles en 2012. Il expliquait : «C'est ridicule. Vous allez vous
bourrer la gueule pendant que je serai dans la petite boîte? Ça suffit,
moi, je veux en profiter, nom de Dieu!»
Vraiment, Mme
la Présidente, un grand homme nous a quittés, mais cette fois c'est à notre
tour de le souligner. Merci,
M. Buissonneau, pour votre candeur et surtout pour toutes ces belles
années. À votre famille et à vos proches, nous offrons nos plus sincères
condoléances. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Mirabel.
Je vais maintenant céder la parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente. Comme l'a sou