Public Finance — 30 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2015-04-30
Quebec — Committees
Donc, toutes
ces mesures-là génèrent 729 millions de dollars, et, comme j'ai dit tantôt, il y avait
aussi 300 millions qui
étaient l'utilisation d'une marge budgétaire, et là on arrive donc, avec
d'autres petites mesures... on arrive au 1 187 000 000 $.
Pour
ce qui est de l'autre question, les 2 406 000 000 $, cela
était déjà rendu public, si vous voulez, dans le plan budgétaire de juin, juin 2014, et essentiellement,
pour l'année 2015‑2016, le 2 406 000 000 $, c'est la
conséquence, la reconduction, en 2015‑2016, des mesures qui avaient déjà
été annoncées, qui avaient commencé déjà en 2014‑2015, comme, par exemple, des économies annuelles — et là on est à la page A.55 du budget de
juin 2014 — donc des
économies annuelles de 305 millions grâce à des
gains de productivité, les 2 % de la masse salariale, des efforts
équivalant à 3 % des dépenses de fonctionnement.
y a d'autres mesures comme des réductions de dépenses de nature administrative
de 415 millions de dollars en 2014‑2015
et 586 millions de dollars en 2015‑2016, telles que la réduction du
recours aux services professionnels externes, la rationalisation des espaces occupés, l'optimisation des ressources
dans le réseau de la santé, donc toute une série de mesures qui étaient déjà détaillées dans le budget
de juin 2014, et donc ces mesures-là se répercutent en 2015‑2016 et dans
les années suivantes. Et donc, c'est cela, les
2 406 000 000 $ se réfèrent...
2 406 000 000 $ étaient déjà décrites à la page A.55.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Pour la portion du 1 187, là, le document du Conseil du
trésor ne contient pas les montants. Est-ce
que vous pouvez nous faire le détail des montants ou nous déposer une liste?
Peut-être que ce sera plus simple, là, avec les montants.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre... Oui. Si vous avez un document à déposer, à ce
moment-là, on va le distribuer.
M. Leitão :
Oui. Enfin, pour... On a une liste. Bien, je peux vous la déposer. Elle n'est
peut-être pas aussi exhaustive que ce que le collègue souhaiterait. Pour la
liste plus exhaustive, je ne l'ai pas avec moi. Il faudrait voir avec le Trésor, mais, encore une fois, à la page
15 du document que j'ai mentionné tantôt, il y a donc toute une série de
mesures. Pour ce qui est des répercussions financières de ces mesures-là, je ne
les ai pas ici avec moi. Ça serait au Trésor de...
Président (M. Bernier) : O.K. On va recevoir votre document, là, puis on va
en faire distribution, monsieur...
Marceau : Non, mais le document, on l'a, c'est juste que les montants n'y
apparaissent pas, là. Donc, moi, c'est les montants qui m'intéressent,
évidemment, là, de manière à ce que je puisse arriver au total de
1,1 milliard.
Leitão : C'est ça, comme je... Je peux vous déposer ce document. Comme
je vous ai dit, il y a ici le montant principal,
les 729 millions. Pour ce qui est du détail de ces 729 millions, ce
sont les mesures que j'ai citées tantôt, et, pour ce qui est de l'implication financière de chacune de
ces mesures-là, je ne les ai pas avec moi, c'est au Trésor qu'il y a
M. Marceau : Mais
est-ce que vous pouvez les déposer plus tard dans la journée?
Le Président (M.
Bernier) : Oui, est-ce que l'information peut être disponible?
Leitão : Je n'ai pas cette information, moi. C'est au Trésor. Je peux
voir avec mes collègues du Trésor s'ils l'ont, mais, en tout cas, ça a
été vérifié aussi par le Vérificateur général lors de la mise à jour de
décembre. Tout ça avait été vérifié.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
Marceau : C'est juste une question d'information, là. On est dans les
crédits, là, alors c'est important pour nous d'avoir les montants puis de... parce qu'à première vue le montant
de 1 milliard avec les mesures en question... Enfin, moi, quand je
regarde ça, j'ai l'impression que le compte n'y est peut-être pas, peut-être
qu'il y est, mais c'est au gouvernement d'en faire la démonstration, là, ce
n'est pas à...
Leitão : Donc, ça serait à l'étude des crédits du Trésor. Comme je
vous dis, moi, je n'ai pas cette information avec moi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Marceau : Oui.
Écoutez, la question a été posée au Trésor, et puis, au Trésor, on ne nous a
pas donné les réponses. Alors, si vous êtes
la dernière source d'information, alors j'ai peine à croire que vous ne
puissiez pas nous donner ces
informations-là. Autrement, je vais devoir tirer la conclusion que ce
chiffre-là n'est pas véritablement contenu dans la liste que vous nous fournissez. Je pense que c'est
important, là. Ça fait
partie du débat public présentement. Il me semble
qu'on doit... d'avoir des listes ordonnées
et claires de chiffres au moment de l'étude des crédits, c'est standard et
habituel.
Je vous répète qu'on
a posé la question à trois reprises, quatre reprises, cinq reprises. Vous êtes
la dernière personne qui puissiez répondre.
Moi, je regarde encore une fois la liste, là, que vous nous avez dit, puis
effectivement ça contient des... Il y a des
montants qui sont associés à chacune des mesures. Mais est-ce que le compte y
est? Ça, ça n'est pas clair. Alors,
j'aimerais bien avoir une liste avec des montants. Vous avez le temps, là, on
finit ce soir à 9 h 30. Vous avez les meilleurs fonctionnaires
à vos côtés, je ne vois pas la difficulté, là, je suis désolé.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre, si vous avez des informations additionnelles à nous
communiquer...
M. Leitão :
Je n'ai pas d'information...
Président (M. Bernier) : ...vous nous les communiquerez, puis on va
s'assurer que chacun des membres qui participent à cette commission
recevront copie des documents. M. le député.
M. Marceau : Oui.
Donc, je vais juste clore ce segment-là, là. S'il y a moyen, d'ici
9 h 30, de nous donner le détail,
comme je vous l'avais demandé hier, pour le 187, sur une feuille écrite avec
les montants, puis même chose pour le 2
406, ça serait vraiment très apprécié. Ça serait vraiment très apprécié. Encore
une fois, vous êtes le ministre des Finances et vous avez tout ce qu'il
faut.
Maintenant,
j'aimerais aller sur les mines. On a posé des questions dans les cahiers, des
questions écrites au sujet des mines,
et essentiellement on n'a pas eu de réponse. Les réponses qui nous ont été
données sont que ça ne concerne pas l'étude des crédits. Les
informations, que ce soit sur les montants des redevances reçues, les montants
de... Je peux vous lire les questions, là,
ce sont des questions dans le cahier, là, de demandes de renseignements de
l'opposition officielle et du deuxième groupe d'opposition.
Question
10, par exemple : l'ensemble des sommes prélevées par le gouvernement du
Québec auprès des sociétés minières,
incluant les prélèvements fiscaux et les droits miniers pour chacune des cinq
dernières années. Cette information-là était disponible. L'année passée,
ça avait été fourni. L'année précédente, ça avait été fourni. Cette année, non.
Dépenses
fiscales : total des dépenses budgétaires totales du gouvernement
relatives à l'industrie minière pour chacune
des cinq dernières années. La réponse qu'on nous donne, c'est que cette
question ne semble pas pertinente à l'étude des crédits. Je suis assez
désolé de vous dire que je pense que c'est très pertinent.
Question 12 : Le
total des profits avant impôt déclaré par les sociétés minières au Québec pour
chacune des 10 dernières années. Ce genre
d'information là était disponible dans le passé. Alors, je voudrais tout
simplement savoir ce qui s'est
produit cette année qui fait que la question ne semble plus pertinente, alors
que, dans le passé, c'était pertinent et puis on avait la réponse.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Bien, écoutez, M. le Président, nous avions pensé très
honnêtement que ce n'était pas une question qui était pertinente pour
l'étude des crédits du ministère des Finances. Mais, écoutez, l'information
existe, et moi, je n'ai aucun problème à
déposer cette information-là. De 2009 à 2013, cette information-là existe, les
prélèvements fiscaux effectués auprès des sociétés minières. Moi, je
n'ai pas...
M. Marceau : 2010,
2011, 2012. En fait, il y avait un tableau, usuellement, là, ces dernières
années, qui était fourni, qui contenait toutes ces informations-là, là, les
informations contenues en 2010, 2011 et 2012, et peut-être de simplement
fournir à la commission le tableau en question, ce serait intéressant.
M. Leitão :
Oui, on pourra...
Président (M. Bernier) : ...disponible, M. le ministre, comme on vient de
faire, simplement nous le remettre...
M. Leitão :
Ah! certainement...
Président (M. Bernier) : ...le déposer, et on va s'assurer que chacun des
membres en prenne connaissance.
M. Leitão :
En effet. La seule chose qui nous avait retenus un petit peu, c'est que
plusieurs de ces montants, évidemment, sont
des estimés. Alors, c'est pour ça que c'est de l'information un peu, je ne
dirais pas confidentielle, mais un
peu... enfin, une certaine prudence. Mais évidemment, pour les membres de la
commission, nous pouvons déposer ça.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Donc, tout simplement le déposer, M. le... Si vous voulez
aller chercher, monsieur, le document.
M. Marceau : Donc,
combien de temps me reste-t-il, M. le Président?
Le Président (M.
Bernier) : Il vous reste huit minutes, M. le député.
Marceau : O.K. Je vais peut-être poser des questions. La SAQ est là ce
matin? C'est ce que je comprends.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, la SAQ est là ce matin. La SAQ et Revenu Québec sont
présents ce matin. Si vous avez des questions à la SAQ, c'est le temps.
M. Marceau : Oui. Je reviendrai plus tard
pour le... Je vais commencer par la SAQ, s'il vous plaît.
Président (M. Bernier) : Bon, si les gens de la SAQ veulent bien prendre
place... Je vais inviter également les
autres parlementaires des autres formations politiques à poser des questions à
la SAQ, si c'est possible, ce matin, de façon à pouvoir les libérer cet
après-midi, de façon à ce qu'il n'y ait pas conjonction dans la salle.
Oui, M. le député de
Rousseau.
M. Marceau : Écoutez... Merci. Bonjour,
M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : Bonjour.
M. Marceau : Merci d'être là. Bonjour,
monsieur. Merci d'être là. Peut-être commencer par parler du sujet du jour,
très rapidement, parce que je n'ai pas l'intention d'élaborer là-dessus, mais,
bon, la consigne, évidemment, fait l'objet de débats, là, depuis deux jours,
puis il y a un débat important, je pense.
Moi, ma question
très simple, et puis ma demande très simple, en fait, puis je la formule à
vous, puis je la formule au ministre, là, c'est qu'il y a deux études au
moins dont on a connaissance, qui est celle de LIID — L-I-I-D — puis CREATE aussi, je pense. Moi, je voudrais
simplement savoir si vous avez des objections
à ce que soient rendues publiques ces deux études, de façon à ce que le
débat se fasse non pas seulement au Conseil des ministres, mais au Québec, parmi les Québécois. Il y a des points de vue
assez opposés qui sont présents dans le discours. Il y a plusieurs parties
qui sont interpellées. Est-ce que c'est envisageable que ces deux études soient
rendues publiques?
M. Leitão : Peut-être, avant...
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Leitão : Avant que M. Brunet,
évidemment, prenne la parole, j'aimerais lui souhaiter la bienvenue et aussi à ses collaborateurs, et aussi mentionner
que, pour ce qui est de l'étude du CREATE, cette étude-là n'a pas encore
été... sa version finale n'a pas encore été
rendue publique, donc elle le sera bientôt, et que, pour ce qui est de, donc,
l'enjeu de la consigne, comme on s'était
dit, ce matin, à l'Assemblée nationale, pour nous, c'est une question qui est
plus large que cela, c'est de
valoriser la filière du verre et s'assurer qu'on le fasse de la meilleure façon
possible, la plus efficace possible et aussi la plus économique
possible. Donc, c'est dans ce contexte-là.
Évidemment, la SAQ est une
partie prenante très
importante dans ce dossier-là. Alors, M. Brunet.
Le Président (M. Bernier) : En vous
identifiant, s'il vous plaît, pour fins d'enregistrement, M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : Oui. Alors,
Alain Brunet, de la SAQ. Simplement poursuivre que nous, effectivement, on veut contribuer au débat. Donc, on a fourni
l'information qu'on nous demande. C'est un débat qui est très large en
fait, et nous, notre action a vraiment été posée, au cours des dernières
années, sur la valorisation du verre, de trouver, là, des débouchés à valeur ajoutée pour le verre recyclé.
Et nous, on n'est pas dogmatiques par rapport à comment on ramasse la matière :
que ce soit la collecte ou la consigne, là, il y a un débat qui doit
s'installer, se faire. Si on fait le débat sur l'ensemble du dossier avec toutes les problématiques, les défis reliés
au dossier, bien, je pense que c'est souhaitable et sain. Mais le grand
défi, c'est vraiment les débouchés liés au verre recyclé.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
député.
M. Marceau : Donc, mon souhait très
simple, là, c'est que les deux études soient rendues publiques. Avant que le gouvernement prenne une décision, même,
moi, j'invite le ministre à mettre sur la table, là, pour... et même
pour tout le monde, les deux études en
question et que le débat se fasse, pas que ça vienne a posteriori, là, avant la
conclusion du débat, qu'on ait les études puis qu'on puisse porter un
jugement. Comme parti, comme citoyens, les Québécois ont le droit de savoir de
quoi il en retourne.
Bon, je comprends que vous êtes disposé à ça, M.
le ministre. Parfait.
M. Leitão : Oui. Juste pour
mentionner que le rapport de CREATE n'a pas encore été finalisé et que la
décision du gouvernement n'a pas encore été prise non plus.
M. Marceau : Mais il y a l'autre étude
aussi, hein? Il y a l'étude qui avait été commandée par la SAQ. Et donc il y en
a deux, on s'entend?
M. Marceau : Parfait. Excellent.
Peut-être sur la question des vins québécois, peut-être poser une question directement
à M. Brunet. Bon, vous savez, à l'époque où le Parti québécois était au
gouvernement, on avait déposé... proposé un
plan de développement de l'industrie du vin québécois. J'ai pu voir que les
résultats étaient plutôt... Bon, dans les
documents qui nous ont été... les réponses qui ont été obtenues aux questions
que nous avons posées, les résultats sont bons. On voit une belle
progression des ventes de vins québécois, de l'espace qui est octroyé par la
SAQ aux vins québécois. Mais je crois que
tout ça est un peu en péril, là. J'aimerais savoir ce qu'il en est. Est-ce que
vous avez obtenu les montants qui étaient prévus?
Est-ce que vous avez les moyens de vous assurer du développement de notre
industrie québécoise?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Oui. Alors, pour notre part, nous, le dossier roule bon
train, comme vous dites. Nous, on est déjà
à l'an 2 du plan. Donc, la première année du plan pour les vins du Québec a
rapporté une croissance des ventes de 80 %,
ce qui est vraiment au-delà de nos espérances. Donc, ça a très, très bien
fonctionné. Et on enchaîne avec la deuxième année du plan, où on va élargir à 80 succursales le
déploiement de la mise en marché des vins Origine Québec. Et, pour ce
qui est de notre
partie de dossier, tout va bien. On n'a aucun problème, on a
tout ce qu'il faut.
M. Marceau : Peut-être...
Le Président (M. Bernier) : Allez-y.
M. Marceau
: M. le Président, je me rappelle
assez bien que l'enjeu, c'était le volume que nos producteurs sont
capables de vous fournir. Et puis, pour que le volume soit au rendez-vous avec
une qualité suffisante, il fallait que les producteurs soient appuyés. Bon, je
pense que vous vous rappelez bien que c'était de l'aide aux producteurs, là,
qui était l'autre composante. Et ma question peut-être ultimement, c'est :
Est-ce que les volumes sont au rendez-vous? Est-ce
que la progression auquel on a
assisté va pouvoir se maintenir si les volumes ne sont pas au rendez-vous de l'autre côté, du côté des producteurs?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : En fait, les
volumes sont au rendez-vous, et le plan de déploiement qu'on a prévu sur trois ans tient compte de la capacité de
production des producteurs. Donc, ce qu'on veut évidemment, c'est des vins
de qualité, mais produits en quantité suffisante. Ça a très bien fonctionné
pour la première année; les volumes étaient au rendez-vous. Là, on se permet
d'élargir encore plus la distribution parce
que, justement, en amont on a
travaillé toute la question des volumes, la production. Donc, les producteurs
sont prêts à assumer cette part supplémentaire à mettre dans le marché et la croissance des ventes aussi qui vient
avec. Et, pour, je dirais, le cheminement qu'on avait prévu, tout se
passe bien au niveau de la production.
M. Marceau : Alors, tant mieux. C'est ce
que je souhaite.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
M. Marceau : Est-ce que j'ai encore du
temps un peu?
Le Président (M. Bernier) : Environ 20
secondes.
M. Marceau : O.K. Bien, je dois le garder
pour plus tard, le 20 secondes.
Le Président (M. Bernier) : Vous allez le
garder pour plus tard. C'est bien.
Président (M. Bernier) : Merci.
Nous allons passer du côté gouvernemental. Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Bon
matin à vous.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Je veux assurer le député de
Granby que personne, personne n'a jamais imposé que je ne pose pas les questions qu'il faut poser pour représenter, bien représenter mon comté de
Bourassa-Sauvé. Et les gens qui me connaissent, soit ici ou ailleurs,
savent très bien que je n'ai pas la langue dans ma poche. Et alors ces
commentaires, aujourd'hui, n'étaient pas très bien reçus de la part de la
personne que je suis.
Je veux
parler un instant de Bourassa-Sauvé. Vous savez très bien que je représente ce
comté qui prend plus ou moins l'arrondissement de Montréal-Nord sur
l'île de Montréal. Près d'une personne sur sept cherche un emploi à Montréal-Nord. Le taux de chômage est plus élevé
qu'ailleurs dans la région métropolitaine. D'après Statistique Canada, de 2007 à 2011, le taux de chômage a grimpé de
12,5 % à 14,1 %, alors que le taux de la région métropolitaine a
diminué de 8,7 % à 7,7 %.
Donc, la mise
en place du bouclier fiscal est importante pour les résidents de Bourassa-Sauvé.
J'ai un nombre important de résidents
qui sont sur le bien-être social. La bonification du crédit d'impôt pour les
travailleurs d'expérience, c'est
important pour Bourassa-Sauvé, car presque 25 % de la population a
65 ans ou plus. L'adéquation entre la formation et le besoin des entreprises et la reconnaissance des
diplômes des immigrants, c'est important parce qu'on reçoit beaucoup de
nouveaux arrivants dans mon comté; il y a beaucoup d'immigrants.
Maintenant,
lors de la dernière campagne électorale, M. Couillard... le premier
ministre — je ne
dois pas nommer les personnes — s'était engagé à créer
250 000 emplois au cours des cinq prochaines années. C'est important de rappeler qu'en 2013 l'économie du Québec était mal
en point. L'investissement des entreprises a chuté de 6,3 % quand l'emploi... Entre janvier 2013 et janvier 2014, il
y a seulement 6 000 emplois qui ont été créés. Alors, dans ce
contexte morose, la promesse de M. Couillard
paraît bien ambitieuse. Les statistiques maintenant semblent être plus
favorables. Après une perte de 28 500 emplois au Québec de janvier à
avril 2014, la tendance s'est inversée et, depuis mai 2014,
57 000 emplois ont été créés.
Je pose la question
pour les résidents de Bourassa-Sauvé et pour les autres Québécois qui se trouvent dans
des situations semblables. Dans le contexte actuel, est-ce que notre ministre
des Finances croit que l'objectif peut encore être atteint et, si oui, de
quelle façon le gouvernement compte agir pour atteindre cet objectif de
250 000 emplois?
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
ministre.
Leitão : Très bien,
M. le Président. Alors, on parle d'emplois, on parle de création d'emplois, et vous avez raison que, dans
votre comté, mais partout au Québec, évidemment, la création
d'emplois est l'enjeu numéro un. Nous avons beaucoup de personnes
qui, malheureusement, ne réussissent pas encore à trouver de l'emploi stable,
bien rémunéré. Et, de l'autre côté, nous
avons une économie qui peine aussi à trouver des travailleurs qualifiés dont
elle a besoin pour faire face aux défis du XXIe siècle.
Donc, je vous
dirais deux choses. Et, ici, encore une fois, comme vous avez commencé, je vais
aussi renforcer cet aspect de la
question, que, non, il ne s'agit pas d'une question plantée, et je ne m'attends
pas à ça de nos députés, et mes réponses aussi ne sont pas déjà
préscriptées non plus. On s'entend là-dessus.
Alors, l'emploi. L'important, donc, c'est de
créer de l'emploi pour les personnes, bien sûr, qui se cherchent... mais aussi pour l'économie, pour les entreprises
qui, elles, se cherchent des travailleurs spécialisés, le nombre de
travailleurs important pour qu'elles
puissent prendre de l'expansion. Nous sommes d'avis que la création d'emplois
provient surtout, principalement, du secteur privé. Ce sont les
entreprises qui créent de l'emploi. Oui, l'État peut... et il y a un rôle à
jouer dans ce processus-là, mais, ultimement, ce sont les entreprises qui le
font.
Comme on a dit, vous et moi aussi, il y a un enjeu
très particulier d'adéquation de... donc, la formation des personnes qui sont disponibles à travailler et le
type de travailleurs que des entreprises recherchent. Donc, il y a
beaucoup de travail à faire pour améliorer
cette adéquation-là, pour s'assurer que les personnes qui présentement n'ont
pas d'emploi puissent être formées, puissent être recyclées pour trouver
cet emploi-là.
Plus
particulièrement encore dans ce qui concerne votre comté, la région
métropolitaine de Montréal en général et votre comté en particulier, il y a un enjeu très important
d'immigration, de nouveaux arrivants, de personnes qui arrivent et qui
ont des qualifications et qui n'arrivent pas à se trouver un emploi. Et,
derrière cette difficulté de se replacer dans cette
nouvelle terre d'accueil, il ne faut pas se cacher, il y a souvent aussi des
éléments de discrimination, des éléments d'exclusion du marché du travail. Donc, notre action, en tant que
gouvernement, doit se faire à plusieurs niveaux, doit se faire à un niveau, disons-le, technique, de
formation, d'acquisition de compétences pour le marché du travail, mais
aussi à un autre niveau, pour favoriser l'inclusion, pour favoriser la
participation des nouveaux arrivants non seulement en marché du travail, mais à
la société en général. Donc, c'est un travail très important auquel notre
collègue la ministre de l'Immigration et de l'Inclusion va bientôt déposer
aussi des programmes d'action qui sont très importants.
Alors, c'est un détour assez long pour revenir à
votre question initiale, donc : Est-ce que les 250 000 emplois en
cinq ans, c'est toujours notre engagement? Est-ce que ça tient toujours? Je
dirais que oui, oui, absolument, ça tient toujours. Et non seulement ça tient
toujours, mais c'est nécessaire que cela arrive pour qu'on puisse justement
être capables d'intégrer au marché du
travail, et donc à la société d'accueil, beaucoup de ces personnes qui
présentement ne trouvent pas leur place dans le marché du travail.
Pour ce qui
est des chiffres, et ça, je pourrais déposer cette liste, M. le Président, c'est de Statistique Canada, qui dit tout simplement qu'en avril 2014
il y avait 4 042 000 personnes qui étaient au travail au Québec, et
qu'en mars 2015 il y a 4 099 200
personnes, donc une augmentation de 57 000 en moins d'un an. Donc, je
pense qu'on est dans la bonne direction, mais c'est un sujet qui est
très important et qu'il faut que, nous, en tant que gouvernement, continuions à
travailler pour faire cette adéquation formation-travail, mais aussi sans
oublier l'autre aspect, qui est l'intégration des nouveaux arrivants à la
société d'accueil.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Donc, on accepte le dépôt
de votre document. On va s'assurer d'en faire distribution. M. le député
de Laval-des-Rapides, la parole est à vous.
Polo : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Pour également aller dans
la même direction des propos de ma collègue de Bourassa-Sauvé, pour ceux
qui m'ont accompagné dans les différentes périodes d'analyse des crédits, je
doute que des questions m'aient été remises, basé sur la longueur de mes
interventions. Donc, je tiens à rassurer le député
de Granby que, dans mon cas personnel, je prépare moi-même mes interventions.
Certains pourraient me critiquer de peut-être...
peut-être pourraient me critiquer qu'elles sont un peu trop longues, mais ça,
c'est à la discrétion de chacun.
Ceci dit, M. le
Président, je tenais également à revenir un peu en arrière, parce que je reste
toujours sur le même sujet de création
d'emplois, mais également et spécifiquement sur la croissance des dépenses. Je
vais vous lire une citation de
novembre 2013, M. le Président, où l'ancien ministre des Finances tenait à
préciser que «le report de l'équilibre budgétaire
à 2015‑2016 était un geste responsable», était un geste responsable, M. le
Président, un geste responsable qui suivait l'irresponsabilité de permettre
qu'une croissance des dépenses consolidées pour l'exercice financier de 2013‑2014 atteigne une limite de 4,7 %.
C'était un geste responsable, mais qui venait essayer de défendre une action
et un comportement irresponsables de permettre que la croissance des dépenses
consolidées augmente de telle façon.
Pourquoi
je fais ce parallèle-là, M. le Président? Parce qu'à peu près à la même date,
quelques semaines plus tard, le
13 décembre 2013, l'agence de notation Fitch plaçait le Québec sous
surveillance, plaçait le Québec sous surveillance parce qu'à ce moment-là le ministre des Finances,
qui se targuait d'agir de façon responsable, décidait de reporter
l'atteinte de l'équilibre budgétaire, O.K., l'atteinte de l'équilibre
budgétaire...
Et je vais vous lire
une autre citation, ici, qui est très, très à propos, d'un économiste réputé,
de l'époque et encore aujourd'hui, qui disait, à la question : Est-ce que
vous pensez que reporter l'atteinte du déficit zéro sera sans doute mis sous surveillance par les agences de
notation? — ça,
c'était un
article paru, le 28 novembre 2013, sur le site de canoe.ca — et la réponse de cet économiste disait : «Je pense
que c'est fort probable. Chaque fois que le gouvernement du Québec a
un nouveau budget ou [une] annonce [de] changement important
qui remet en question une cible qu'il s'était fixée, comme maintenant avec le déficit,
les agences [de notation] vont examiner la situation.» Je ferme les
guillemets.
C'était
l'ancien chef économiste de Valeurs Mobilières Banque Laurentienne et aujourd'hui ministre des Finances.
Et c'est ce qui est arrivé, trois semaines
plus tard ou deux semaines plus tard, le 13 décembre 2013, l'agence
de notation Fitch a mis le Québec sous surveillance.
Hier matin, M. le
Président, j'étais en étude de crédits à la Commission de l'économie et du
travail et j'ai employé une expression en disant que j'ai certains collègues de
l'opposition officielle qui se promenaient pendant la campagne avec le poing en l'air, en provoquant une instabilité sociale
et économique. Ici, je fais un lien et un parallèle directs sur cette
citation-là. Je viens un peu expliquer pourquoi j'ai utilisé cette
expression-là hier : Parce que c'était irresponsable,
pendant la campagne électorale de 2014, de brandir la volonté et la possibilité,
le souhait de provoquer un référendum alors que l'agence de notation
Fitch venait de nous mettre sous surveillance pour le report de l'équilibre budgétaire à 2015‑2016. Par ailleurs, j'ai
également mentionné que notre chef, aujourd'hui premier ministre, lors de
cette même campagne, M. le Président, le 18 mars 2014, présentait son cadre financier de ses engagements
politiques, de ses engagements électoraux, son souhait également... Et surtout il y avait deux éléments très importants dans cette
affirmation-là du 18 mars 2014 :
premièrement, que, lui, allait respecter, avec un gouvernement libéral, allait respecter l'engagement d'atteindre l'équilibre
budgétaire en 2015‑2016. C'est ce qu'on a vu, le 26 mars dernier, M. le
Président. C'est ce que M. le ministre des Finances a présenté : un engagement et un résultat d'un
engagement, pris par le chef du Parti libéral et notre premier ministre,
d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015‑2016 sans hausser les taxes et les
impôts.
Un autre engagement
important qu'il a pris cette journée-là, M. le Président, c'est également — et on
vient d'en faire allusion à la question
précédente de ma collègue de Bourassa-Sauvé — l'engagement de créer 250 000
emplois sous un gouvernement libéral et
également l'engagement qu'après le retour à l'équilibre budgétaire tout surplus
budgétaire allait être divisé en deux :
d'une part, à soulager les consommateurs et les citoyens québécois... à
soulager le fardeau fiscal des
Québécois; et, d'autre part, à diminuer également le fardeau de la dette que
nous avons aujourd'hui à travers le Fonds des générations. Ça, c'étaient des engagements responsables, c'étaient
des engagements clairs, et c'étaient des engagements surtout avec une
vision d'équité intergénérationnelle que, malheureusement, mes collègues de
l'opposition n'ont pas toujours à l'esprit et n'ont pas, surtout pas, respecté
alors qu'ils étaient au pouvoir.
Ce qui est arrivé par
la suite, M. le Président, au lendemain de l'élection... en fait, trois
semaines plus tard, deux semaines plus tard,
le premier ministre a constitué son Conseil des ministres, le 23 avril 2014,
et, au lendemain de la constitution du Conseil des ministres, l'actuel
président du Conseil du trésor annonçait l'application du cran d'arrêt.
je fais une nomenclature des gestes qui ont été posés dans la dernière année
pour faire un lien, M. le Président, avec les estimations de croissance
des dépenses à venir, O.K., qui ont été présentées dans le dernier budget. Et
l'application du cran d'arrêt était basée essentiellement sur trois éléments
très importants : d'une part, des gains de productivité de 2 % sur la
masse salariale; d'autre part, deuxièmement, la réduction de 3 % des
dépenses de fonctionnement; et,
troisièmement, un gel d'embauche jusqu'au 31 mars 2015, que nous venons de
franchir il y a moins d'un mois.
Voilà vraiment les trois principaux gestes qui ont été posés au début du
gouvernement libéral, qui ont, selon moi, et je pense que le ministre
pourra nous le confirmer, grandement aidé et grandement mis la table pour
l'atteinte de l'équilibre budgétaire.
Maintenant,
le défi que nous avons devant nous est aussi important que le défi que nous
avions dans la dernière année. Le
défi que nous avons devant nous, ce n'est pas juste d'atteindre pour une fois,
une année, comme la première année
que nous l'atteignons cette année depuis les six dernières années, ou seulement
la sixième depuis les 40 dernières années...
Le défi que nous avons devant nous, c'est de maintenir, de respecter, de vivre
selon nos moyens et de conserver, de
maintenir... de respecter une croissance des dépenses qui va en fonction de la
croissance de nos revenus. Et c'est là le lien avec ma question, M. le
Président, et je me doute que le ministre n'aura peut-être pas assez de temps
pour répondre à ma question, mais peut-être qu'on peut empiéter sur notre
prochain bloc pour lui donner l'occasion de...
Le Président (M.
Bernier) : ...respecter ce bloc-là, il reste deux minutes.
M. Polo :
Bien, je vais terminer ma question, M. le Président. Le gouvernement souhaite
pour cette année et de 1,9 % pour l'an prochain. De quelle façon le
ministre des Finances contribuera-t-il à cet effort? Merci beaucoup, M.
le Président.
Le Président (M. Bernier) : Vous avez
1 min 30 s, M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien, monsieur. 1 min 30 s, bien sûr que ce n'est pas...
C'est amplement insuffisant pour répondre à
ça convenablement parce que c'est vraiment une question qui est très
importante, parce qu'en fin de compte toute notre approche repose sur un
contrôle très ciblé des dépenses publiques. 1,5 % cette année, c'est, bien
sûr, très contraignant, mais je pense que c'est faisable, nous avons mis en
place toute une série de mesures de contrôle des dépenses et nous sommes
déterminés à atteindre ces cibles-là.
Pour ce qui
est du ministère des Finances, lui-même, comme tous les autres ministères et
organismes, contribue aussi à cet
effort d'atteinte d'équilibre et de réduction des dépenses. Donc, nous, cela se
traduit, comme on l'avait mentionné hier, par plusieurs mesures de
contrôle du nombre d'effectif... réduction même du nombre d'effectif, et
d'autres mesures comme... Peut-être d'une façon un peu symbolique, mais qui est très concrète
aussi : pour ma part, en tant que ministre des
Finances et du Revenu, donc, je renonce à mon budget discrétionnaire — c'est
quand même important, 400 000 $; plus les mesures, donc, de
gestion des effectifs à l'intérieur du ministère. Nous contribuons, comme tous
les autres organismes, à l'atteinte de cet équilibre budgétaire.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M. le
ministre. Nous allons passer du côté du député de Granby, de la deuxième
opposition. M. le député.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. M. le ministre, M. Brunet, bienvenue. Mes
premières questions... bien, toutes
mes questions vont aller à la SAQ. La SAQ est un important, sinon le plus
important acheteur de vins au Canada, premièrement,
et même presque au monde. Quand on regarde les statistiques que j'ai devant
moi, la SAQ paie ses vins beaucoup
plus chers que tous les autres pays dans le monde, que ce soient des achats en
Italie, que ce soit en Espagne, que ça soit en France, en Afrique du
Sud, en Australie.
Pourquoi? Je
pense qu'on va essayer d'éclaircir la question, parce que les Québécois
souhaitent nécessairement avoir le
meilleur prix et que, de l'autre côté, la SAQ ne soit pas seulement qu'une
vache à lait pour le gouvernement. Ma première question est fort simple :
Avec tous les employés que la SAQ possède présentement au Québec, combien
d'acheteurs spécifiques la SAQ possèdent pour aller acheter directement ses
vins ailleurs dans le monde?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet?
M. Brunet (Alain) : Oui.
Le Président (M. Bernier) : Allez-y.
M. Brunet (Alain) : Merci. En fait,
on a une équipe d'environ une quinzaine de personnes qui fait les achats à la
SAQ à travers le monde. En fait, dans plus de 60 pays dans le monde. Et on
est vraiment dans une dynamique de négociation des coûtants puis des prix. Nos
achats puis nos comparaisons des prix d'achat qu'on fait nous amènent à conclure qu'on a parmi les meilleurs coûtants au
Canada de façon assurée. Alors, ça, c'est une dynamique qu'on a installée,
depuis plus de cinq ans à la SAQ, où on est vraiment dans un exercice de
comparaison des prix.
Et, comme le
Canada est structuré à peu près tout de la même façon — il y a des variantes, mais il y a une
structure de prix qui est connue — bien, il nous est possible de faire le
balisage, la comparaison pour voir quels sont les coûtants de chacune
des sociétés d'État, et c'est à travers ces exercices-là qu'on peut comparer
les coûtants et qu'on arrive à la conclusion qu'on a les meilleurs coûtants au
Canada. Donc, effectivement, comme on négocie, mais, comme on a aussi du
volume, bien, on peut se permettre de négocier un peu plus puis de faire
bénéficier ces négociations-là aux consommateurs québécois.
Le Président (M. Bernier) : M. le député.
Bonnardel : Est-ce vrai, M.
le Président, M. Brunet, que les 15 que vous me dites ne
négocient pas directement avec les
producteurs? Les producteurs de vins, qu'ils soient en Europe, qu'ils soient en
Amérique du Sud, qu'ils soient aux États-Unis...
Est-ce vrai que vos acheteurs font affaire directement avec des gens qu'on
appelle des agents commerciaux? Des agents commerciaux, pour les gens
qui nous écoutent, là, c'est l'intermédiaire entre le producteur qui ne veut pas... ou que vous ne souhaitez pas acheter
directement d'eux. Et c'est un peu obscur, ça, je voudrais que vous me
disiez qui sont les cinq plus importants agents commerciaux, et, si ma question
est vraie, à savoir que vos acheteurs font affaire directement avec des agents
commerciaux.
M. Brunet (Alain) : Alors,
surtout...
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : Oui, merci. En
fait, nous, on fait affaire puis le contrat qu'on a, c'est toujours avec le
fournisseur. Donc, concrètement, l'enlèvement des produits se fait aux
fournisseurs, la négociation se fait avec les fournisseurs, et toute la
facturation, les contrats officiels sont en direct avec les fournisseurs. Nos
gens parlent aux fournisseurs. Mais il est
vrai de dire que les agences de représentation peuvent, par procuration,
représenter les fournisseurs avec qui ils font affaire.
Alors, concrètement, là,
si j'explique un peu comment tout ça procède : dans le fond, le fournisseur,
c'est lui qui a le lien direct avec la SAQ.
Et, comme ces fournisseurs font affaire souvent avec plusieurs
pays, ne peuvent connaître tous les pays, bien, ils prennent sur eux de
se choisir dans les différents pays... Et ici, au Québec, ils se choisissent un
agent promotionnel qui les représente et là,
par procuration, de façon très spécifique, ils peuvent décider d'octroyer
des droits à ces personnes-là, qui peut
aller sur la négociation des coûtants, l'introduction de produits. Ça
peut varier selon la relation d'affaires qu'ils entretiennent avec les
agents promotionnels.
Le Président (M. Bernier) : M. le député.
Bonnardel : Qui
sont, M. le Président, M. Brunet, ces cinq plus importants agents commerciaux
avec qui vous faites affaire?
M. Brunet (Alain) : Bien, en gros,
là...
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : ...de mémoire,
je pourrais vous dire... Vous voulez que je vous les nomme?
Bonnardel : Juste
cinq.
M. Brunet (Alain) : Les cinq.
Bonnardel : Je sais
qu'il y en a plusieurs, mais juste cinq.
M. Brunet
(Alain) : Bien, on peut
parler de Vins Philippe Dandurand. On peut parler d'Univin. On peut
parler des vins François Fréchette. On peut parler, bien, là, d'Élixirs, vins
& spiritueux, et Charton-Hobbs, je pense. Mais là je ne suis peut-être pas
tout exactement dans l'ordre, mais c'est pas mal parmi les cinq plus gros.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
député.
Bonnardel : Donc, est-ce vrai, M. Brunet, que ces agents
commerciaux empochent les commissions qui sont à hauteur de 15 % à
20 % du prix coûtant?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Oui, merci. En
fait, c'est une information qu'on ne détient pas, nous, parce qu'on n'est
pas dans cette relation d'affaires là. Donc,
moi, je ne pourrais pas évaluer le contrat d'affaires et combien sont rémunérés
les agents promotionnels. De façon concrète, j'ai... et la SAQ par extension,
on n'a aucune information à cet effet.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
député.
Bonnardel : Bien, M.
le président, vous n'êtes pas capable
d'évaluer ce coût? Vous n'êtes pas capable de me dire aujourd'hui que ce 15 %, 20 %, selon les achats que
vous faites aujourd'hui dans le monde versus les derniers chiffres
approximatifs qu'on avait en 2010... Vous ne
savez pas ça, vous. Vous êtes le président de la SAQ, vous n'êtes pas capable
de me dire quels sont les coûts reliés à ces agents commerciaux que vous perdez
vous-même, n'ayant pas d'acheteurs spécifiques qui vont négocier avec le
producteur de vins partout dans le monde.
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Oui, en fait, on a
des acheteurs spécifiques qui vont négocier, on négocie en direct.
C'était la réponse que je vous ai faite
tantôt. Donc, les intermédiaires, maintenant, comment ils sont rémunérés? Moi, je peux
évaluer un chiffre, mais c'est une
évaluation, donc ce n'est pas un chiffre qu'on peut documenter. Alors, mon
évaluation vaut celle de mon voisin.
Et c'est très variable : ça dépend de la relation d'affaires et jusqu'où
va, dans sa relation d'affaires, l'agent promotionnel. Donc, je ne
m'avancerai pas sur un chiffre mais on connaît le phénomène.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M. le
député.
Bonnardel : Oui,
vous connaissez le phénomène, j'en suis persuadé, parce qu'en 2010 on évaluait
que le fardeau des... les consommateurs
comme tels, là, pourraient économiser — en
2010, là, je dis bien — 200 millions de dollars. Ça, vous le savez
très bien. C'est des articles qui sont encore publics aujourd'hui, qu'on peut trouver sur n'importe quel site comme Google . 200 millions de dollars. Or,
vous me dites que, cinq ans plus tard, vous n'êtes pas capable de me donner le chiffre, mais vous le saviez sûrement.
Alors, pourquoi, en 2015, dans l'offre que vous donnez aux Québécois, vous êtes un des plus importants, sinon le plus
important acheteur de vin au monde, c'est prouvé que vous payez vos vins
beaucoup plus chers que n'importe quel autre pays. Je comprends que c'est un
monopole, ça, j'en ai maintes et maintes fois parlé. De l'autre côté, vous avez un ministre,
un gouvernement qui vous demande, année après année : Go! Wo, wo!
Ça nous prend des dividendes, ça nous prend
des dividendes. Alors, c'est certain que, pour vous, c'est le beau jeu, parce
que ce n'est pas grave si on négocie plus
cher, ce n'est pas grave si on donne 15 %, 20 % à ces agents
commerciaux, de toute façon
les Québécois vont retrouver de moins en moins de bouteilles de
vin à moins de 15 $. Et là, soudainement, vous commencez à
comprendre qu'il faudrait peut-être en ramener peut-être à 10 $,
11 $, 12 $.
Alors,
êtes-vous conscient, M. le Président, qu'en 2015 vous devriez revoir vos processus
d'achat? N'importe quelle société
privée dans le monde, là, qui opérerait comme vous se dirait : Attends une
minute, là! J'ai 15 %, 20 %, là, à l'achat coûtant
directement... moi, je vais m'occuper d'avoir mes propres employés, qui vont
être bien formés, qui vont aller négocier,
qui vont être déjà en Europe, en Amérique du Sud, partout dans le monde, pour
négocier directement pour m'assurer
que les Québécois, là, vont avoir la meilleure offre et le meilleur
prix sur les tablettes de la SAQ. Ce n'est pas ça qu'on devrait faire?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Merci. C'est exactement
ce qu'on fait. Je peux vous dire que, de façon très concrète, c'est nous
qui négocions directement avec les fournisseurs. Maintenant, qu'ils aient
choisi d'avoir un intermédiaire sur le marché du Québec, ça n'appartient pas à
la SAQ. Ce n'est pas une décision de la SAQ. Et par ailleurs c'est aussi un phénomène qui est installé dans tous les marchés.
Ce n'est pas une dynamique de marché qui est unique au Québec, ça se passe en Ontario, ça se passe aux États-Unis. Donc, cette
dynamique de marché et, je dirais, même dans le commerce de détail, cette façon de travailler existe partout
dans les marchés. Alors, ce que je vous dis, par exemple, c'est que je
peux répondre oui à votre question. On a une négociation en direct puis on fait
une négociation des coûtants pour avoir les meilleurs
prix pour le consommateur québécois. Et, quand on se compare, on a, chiffres à
l'appui, une bonne situation à cet égard-là. On amène de l'eau au
moulin, on négocie les coûtants, puis on a des bons coûtants, puis c'est au
bénéfice du consommateur québécois.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
député de Granby.
Bonnardel : Alors,
dites-moi, là, c'est quoi, le pourcentage qui est acheté directement des
producteurs, directement des producteurs sans passer par des agents
commerciaux.
M. Brunet (Alain) : C'est
100 %.
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : En fait, c'est
100 %. Ce que je vous dis, c'est que la relation puis tous les contrats,
les démarches qu'on fait se font en direct vers le fournisseur.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M. le
député.
Bonnardel :
Mais vous convenez que ces agents commerciaux vous font perdre entre 15 %
et 20 % du prix directement.
Vous convenez de ça, là. M. Gaétan Frigon, là, qui est un ancien
président de la SAQ, en parlait déjà en 2010 et en 2006. Vous convenez
que cette façon de faire... Vous êtes — vous avez énormément de
pouvoir — un
acheteur important, et vous le savez très
bien, que ces agents commerciaux, là, cinq des plus importants agents
commerciaux, selon les chiffres de
2010, là, se partageraient la rondelette somme de 100 millions de dollars,
ce qu'on évaluait en 2010. Ça fait que
vous savez très bien que, cinq ans plus tard, cette somme est peut-être rendue
à 300 millions et qu'il y a cinq agents commerciaux qui sont bien assis, là, qu'on n'entend jamais parler et qui
se gardent à peu près 150 millions de dollars, cinq seulement.
Alors, vous confirmez ça?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : En fait, la
structure du marché intègre évidemment des agents promotionnels.
Maintenant, ces gens-là ont un rôle dans le marché, développent le marché,
amènent des produits ou des suggestions, des références de produits dans le marché, donc ils ont leur utilité, ils existent.
Alors, maintenant, ça, c'est en dehors de la volonté de la SAQ parce que le marché, c'est un marché qui est
ouvert à cet égard-là. Ça fait
partie de la décision du modèle
d'affaires des producteurs qui viennent
faire affaire ici, au Québec. Alors, nous, on vit avec cette situation-là puis
on travaille en partenariat avec toutes ces personnes-là qui constituent
finalement l'industrie du Québec pour les vins et spiritueux.
Bonnardel :
Il faut bien comprendre, M. le Président, quand je parle de commissions des agents
commerciaux, ce sont les producteurs directement qui donnent ces commissions,
parce que vous ne faites pas affaire... Vous faites affaire, oui, mais qu'il y ait des agents qui existent... Vous auriez
cette possibilité et toute la latitude comme SAQ, puissance mondiale dans l'achat de vins, de dire : Un
instant! Vous m'empêchez, là, de laisser... Vous me laissez 15 %,
20 % de profit net que je pourrais donner aux Québécois, et ça, le
ministre des Finances le sait très bien. Alors, vous laissez cette formule fonctionner, c'est obscur, c'est
silencieux, personne n'en parle. C'est vrai que ce n'est pas vous qui donnez
la commission, ce sont les producteurs
directs, mais la facture est reliée nécessairement. Et la preuve, la preuve est
documentée. Vous, même si vous dites : Non, non,
non, on est concurrentiels, la preuve est documentée que vous payez vos vins
plus chers que n'importe quel pays dans le monde. Alors, votre beau monopole,
ah! c'est une belle vache à lait, mais on a
vu, avec les années, hein, combien de vins à 10 $, 11 $, 12 $
sont disparus des tablettes parce que le gouvernement demande, année après année, des dividendes encore plus
importants. Ah oui! un effort de rationalisation un peu des dépenses, puis ça, on pourrait en parler
sur un autre sujet, mais vous le savez très bien, que vous pouvez
changer vos façons de faire pour mettre de côté ces agents commerciaux et
permettre aux Québécois d'avoir un prix plus concurrentiel sur leurs bouteilles
de vin.
Le Président (M. Bernier) : Ça va? Est-ce
qu'il y a une réponse là-dessus, M. le ministre?
Leitão : Bien, je pense que M. Brunet a répondu plus d'une fois à la
même question. Je pense que ça devrait être clair pour tout le monde que
le marché est structuré de cette façon-là.
Bonnardel : Ah!
c'est clair, M. le ministre, que, si vous acceptez ça...
M. Leitão : Mais c'est le marché qui
est comme ça.
Bonnardel : Non.
Non, ce n'est pas vrai, ça.
Le Président (M. Bernier) : Non, écoutez!
Un instant, là!
Bonnardel : Mais,
M. le Président, je passe par vous.
Le Président (M. Bernier) : Adressez-vous
à la présidence, puis les échanges...
Bonnardel : Oui,
excusez-moi. Alors, M. le Président...
Le Président (M. Bernier) : Les gens
doivent comprendre, là. S S'il y a une
cacophonie, là, ça ne marche pas.
Bonnardel :
Oui. Si le gouvernement accepte ces façons de faire, c'est quand même
15 %, 20 % qu'on laisse sur la table et des millions de
dollars qu'on laisse à ces agents commerciaux qui ont un monopole direct,
direct sur le plus important acheteur de vins au Canada et même dans le monde.
Alors, autre
question, M. le Président. Le vin en vrac importé, embouteillé au Québec et
vendu à la SAQ, ça a fait beaucoup couler... énormément, énormément
d'encre dans les dernières semaines.
Première
question fort simple. M. Brunet, la SAQ, vous avez dû avouer, oui, il y avait
des vins en vrac importés, embouteillés au Québec, des vins très
populaires, j'ai la liste ici devant moi, mais que les clients qui nous
écoutent, les consommateurs, ne peuvent
identifier. Alors, on s'est dit... Il y a eu, bon, des études, vous avez
contesté en disant : O.K.,
certains vins de la SAQ pourraient être de moins bonne qualité ou de qualité
égale à ceux des dépanneurs. Alors, pourquoi,
aujourd'hui, ne pas jouer franc jeu, être transparent avec les consommateurs et
mettre une
section «vins en
vrac»?
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre? M. Brunet? Lequel?
M. Brunet (Alain) : Oui.
Le Président (M. Bernier) : Oui. M.
Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Alors, merci. En
fait, l'industrie de l'embouteillage des vins au Québec
est une industrie solide, qui est
bien implantée au Québec, qui produit des vins de grande qualité et qui se
sont sans cesse améliorés au cours des
dernières années. Donc, cette industrie-là
existe, ça a toujours été connu, et ces vins sont principalement vendus
dans le réseau de l'alimentation, mais aussi
il y a environ une cinquantaine de produits qui sont vendus sur nos tablettes.
Or, ces vins-là sont fort populaires et sont de qualité.
Alors, la production des vins au Québec...
plutôt, l'embouteillage des vins au Québec importés en vrac, ça participe aussi à une tendance qui est mondiale.
Présentement, dans tous les grands marchés, c'est de plus en plus
courant de voir des vins qui sont importés
en vrac et embouteillés localement parce que ça fait travailler du monde
localement, et la qualité de ces
vins, les processus qu'on a maintenant pour faire le transport et
l'embouteillage de ces vins est à la hauteur de la qualité qu'on doit s'attendre pour ce genre de produits. Donc, c'est
une industrie qui fonctionne bien, qui fait travailler des centaines de
personnes au Québec et qui a bien évolué au cours des dernières années.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M.
Brunet. M. le député.
Bonnardel :
Je suis conscient, M. Brunet, que vous souhaitiez faire la promotion de vos
vins importés en vrac. Vous avez fait
une pub Pas de piquette au Québec , je comprends tout ça. Vous jouez deux
jeux différents, là, entre ceux qui vendent des vins dans les dépanneurs
où qu'ils n'ont pas le droit d'affirmer l'année et le cépage puis, de l'autre
côté, vous savez très bien que vous achetez et importez des millions, des
milliards sinon, de litres de vin achetés en vrac et vous
ne dites pas aux Québécois, aux grands consommateurs québécois de vins, que,
cette section, ces vins, ce sont des vins qu'on a reçus...
Le Président (M. Bernier) : M. le député,
adressez-vous à la présidence.
Bonnardel :
... — excusez-moi,
M. le Président — ce
sont des vins qu'on a reçus en vrac.
Alors, ma
question est fort simple : Pourquoi vous ne jouez pas franc jeu avec les
consommateurs et mettre une
section bien identifiée «Ce sont des vins
embouteillés en vrac»?
Président (M. Bernier) : Oui. Il faut quand même faire attention en
prétendant des intentions, là. Je pense qu'il faut être prudent.
M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : Merci. En fait, on a, depuis toujours, identifié ces vins.
En fait, on a produit la liste, on l'a republiée à certaines fréquences,
et ces vins qui sont vendus sur nos tablettes, on parle d'une cinquantaine de
vins sur environ 10 000 produits. Donc,
nous, faire une
section pour ces vins-là... Il y a d'autres moyens de
travailler à l'étiquetage, l'affichage du produit à travers le Web.
Donc, toutes ces solutions-là sont disponibles, sont mises en avant puis sont travaillées. Puis effectivement, si on a une
opportunité de mieux présenter ces vins, on le regarde, on va le faire. On
va continuer de faire évoluer la mise en
avant de ces produits-là avec beaucoup de transparence. Sur ça, il n'y a aucun
problème.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Brunet. Merci. Donc, on va revenir du
côté gouvernemental. Donc, si vous avez des questions du côté de la SAQ,
je vous invite à les poser durant ce bloc. Oui, M. le député de Portneuf.
Matte : Merci, M. le Président. Alors, je voudrais adresser mes
salutations au ministre ainsi qu'à l'équipe qui l'entoure ce matin,
saluer mes collègues ainsi que ceux de l'opposition.
Une voix : Le Président.
M. Matte : Je m'adresse à vous...
Le Président (M. Bernier) : Allez-y. Je
vous écoute.
M. Matte : Je voulais aussi vous
garder pour vous saluer, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) : Je suis
heureux que vous me saluiez ce matin. Continuez.
Matte : Alors, à regarder les chiffres de la Société des alcools du
Québec, je dois avouer que vous êtes une entreprise performante : trois années consécutives où vous avez
versé plus de 1 milliard de dividendes au gouvernement, tu sais, c'est quand même très apprécié. Mais aussi
je constate que vos chiffres sont en croissance, là, vos ventes sont en croissance depuis cinq ans. Et je regarde aussi
qu'il semble exister un paradoxe entre le niveau de satisfaction des
clients, des Québécois et des Québécoises,
qui disent : Oui, on est satisfaits des conseils, on est satisfaits de la
variété... sauf que j'ai une question qui m'est suggérée par mes
électeurs.
Je représente le comté de Portneuf, et mes
électeurs de Portneuf voudraient savoir quelle sera la tendance, parce qu'ils constatent qu'il y a de moins en
moins de coûts aux alentours de 10 $, 12 $ de la bouteille. Et on
habite près du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario puis on constate, là,
comment se fait-il qu'on paie plus cher ici que dans nos provinces voisines?
Le Président (M. Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet
(Alain) : En fait, au niveau des vins, on est dans la bonne moyenne
des prix. Puis il est vrai de dire qu'au cours de la dernière année ou
deux on a travaillé à renforcer l'offre des vins sous 12 $. Alors, dans l'évolution
du marché au Québec, il y a
eu une appréciation. Les Québécois, ils connaissent bien leurs vins, ils apprécient
les vins, puis la moyenne des prix,
elle est autour de 16 $. Alors, c'est là qu'elle est, la grande demande de
nos produits pour les vins.
Maintenant,
au fur et à mesure que ça évolue, il y a des nouvelles entrées, il y a
des produits qui sortent, il
faut toujours chercher à équilibrer l'offre en fonction de ce que le
consommateur s'attend mais dans tous les segments de prix. Et, dans les deux dernières années, on a vraiment
travaillé à renforcer l'offre pour les vins sous 12 $ et,
concrètement, bien, au cours des derniers mois,
depuis l'automne dernier, on a rentré 30 nouveaux produits et, au cours de la
prochaine année, on en aura aussi 30
nouveaux qui vont être introduits. Ce que ça amène concrètement, c'est que,
grosso modo, là, au niveau du volume qu'on fait sur les vins à 12 $
et moins, c'est environ 18 % de la part de marché. Et, au niveau de
l'offre de produits, du nombre de produits sous les 12 $, bien, on est
revenus, on est autour de 18 % aussi. Donc, on a rééquilibré cette offre.
Le Président (M. Bernier) : Oui. M. le
député de Portneuf.
M. Matte :
O.K. Merci, M. le Président. Je dois aussi vous féliciter, là, parce que vous
avez mis en valeur les vins du Québec, puis je trouve ça intéressant. Puis
j'écoutais aussi votre petit laïus, là. Ah! je trouve ça... puis je vous
encourage à poursuivre, là.
Par contre,
vous le savez, que les goûts changent, le comportement change aussi, puis je me
pose la question : Comment vous
allez faire pour pouvoir maintenir votre vitesse de croisière au cours des
prochaines années? Puis aussi on sait
qu'on parle de plus en plus, là, du marché en ligne. J'aimerais savoir, comme
responsable, quelle est votre planification, quelles sont vos orientations, pour les prochaines années, de façon à ce
que vous puissiez maintenir, et toujours dans le respect d'une saine
gestion, là, mais maintenir, là, cette vitesse de croisière?
Le Président (M. Bernier) : Merci. M.
Brunet.
M. Brunet (Alain) : Merci. En fait,
les deux grandes forces de la SAQ, c'est vraiment le contact puis le lien avec la clientèle, à travers nos employés, notre
réseau partout au Québec, et l'expertise-produits qu'on a su
développer, notamment pour les vins, et qu'on met en avant, évidemment,
avec la clientèle. Comme je disais plus tôt, la clientèle... le marché du Québec s'est beaucoup apprécié. La clientèle connaît ses vins, aime la
découverte, aime le produit, a la passion du produit, donc veut en découvrir de plus en plus, veut aussi
connaître l'information liée à la production des vins ou aux
producteurs comme tels qui sont dans tous les pays avec lesquels on fait
affaire.
Et donc nous, ces deux grands piliers là, on
veut les amener beaucoup plus loin. Et évidemment l'expérience ultime, ça va
rester aux points de vente. On est dans la proximité, ce qu'on souhaite, c'est
être de plus en plus dans le quotidien des Québécois.
Et, pour faire ça, il faut multiplier les points de contact. On a déjà, évidemment,
commencé. Nous, on est présents dans les
réseaux sociaux, à travers le Web, à travers aussi la mobilité. Donc,
l'application mobile de la SAQ, c'est
un moyen de rejoindre la SAQ; pareil pour le Web. Et ce qu'on a travaillé pour
les prochaines années, c'est d'amener beaucoup plus loin cette
dynamique, cette expérience, pour être encore plus disponibles et plus présents
dans le quotidien des Québécois, des Québécoises. Donc, si, concrètement, tu es
en processus de regarder pour des produits,
pour un peu explorer sur certaines catégories de produits, puis tu décides
d'acheter, bien, à tout moment, à travers le Web ou à travers la mobilité qui va devenir transactionnelle cet été,
bien, tu peux faire tes achats, tu peux confirmer.
Et, tout
récemment, on vient de lancer un nouveau programme qui s'appelle
Cliquez, achetez, ramassez. Donc, ce qu'on
peut faire, c'est qu'on rend disponible l'offre qu'on a de partout dans le Québec à
tous les Québécois partout au Québec. Donc, concrètement, s'il y a
une nouvelle offre, exemple sur le Web, d'un produit un peu plus rare et prestigieux qui est
offert, pour donner un exemple, et qu'on est à Sept-Îles puis qu'on veut
l'acheter, bien, maintenant, en ligne, on peut faire venir le produit
et, en dedans de deux ou trois jours, ce produit est disponible à sa succursale
de Sept-Îles.
Donc, nous,
c'est vraiment la possibilité qu'on offre d'être encore plus
près et d'offrir encore plus de produits partout, peu importe où on se trouve au Québec, avec une simplicité
puis une facilité. Et tout ça, évidemment, va se passer à travers nos succursales, parce
que, quand le client vient chercher sa commande en succursale, bien, évidemment,
il rencontre son conseiller, il peut aller
plus loin, parce que notre grande force, c'est vraiment
le lien, le relationnel qu'on a. Puis on est situés partout au Québec à
travers la province, évidemment on est bien déployés, et c'est ça qu'on veut
mettre en valeur.
Je vais conclure en vous parlant un peu de
l'opportunité que ça représente pour les produits du Québec. Évidemment, les produits du Québec, c'est un bel
exemple, parce que, souvent, la capacité de production pour certains types de vins, pour certains producteurs, est plus
limitée, et là ils offrent ces produits à partir de leurs domaines. Mais
ils n'ont pas tout le temps la possibilité
de l'amener dans le grand réseau de la SAQ parce qu'ils n'ont pas la capacité
de produire puis ils n'ont pas suffisamment de stock pour ça. Mais, avec
le Web, maintenant, on leur a ouvert une nouvelle possibilité, c'est-à-dire que
ces produits qui sont plus limités, ils peuvent les offrir sur le Web et, à
travers le Web, on peut les commander, les
faire venir au magasin de son quartier ou de sa municipalité puis ils
deviennent instantanément accessibles partout au Québec. Donc, on est
vraiment à adapter nos moyens, nos pratiques pour rendre encore plus
accessibles les produits d'ici et d'ailleurs, partout au Québec, à travers tous
les outils qu'on peut mettre à la disposition et qui sont vraiment beaucoup
utilisés maintenant par les consommateurs, comme le Web et la mobilité.
Le Président (M. Bernier) : M. le député
de Portneuf.
M. Matte : Oui. Le programme
Cliquez, achetez, ramassez, est-ce que je le retrouve sur votre site Web?
M. Brunet (Alain) : Oui, oui,
absolument. Alors, si vous allez sur le site et vous faites une commande de
produits, maintenant vous avez deux options. Avant — depuis 15 ans, on
vend sur le Web, hein, on a un site qui est transactionnel
depuis longtemps maintenant — donc, vous pouviez acheter, compléter votre
commande puis faire livrer chez vous
par Postes Canada. Et là, maintenant, depuis un mois, la deuxième option qu'on
a ouverte, c'est de faire votre commande, d'acheter, confirmer et faire
livrer au magasin de votre coin. Et donc, là, si vous avez une commande de
75 $ et plus, c'est gratuit, en plus.
Donc, c'est
vraiment de la disponibilité de produits, là, partout au Québec, qui est rendue
accessible, et ça nous permet, nous, d'élargir l'offre avec beaucoup
d'efficacité puis de rendre encore plus accessible partout cette offre de produits qu'on a, qui est déjà à
10 000 produits, mais qui, on pense, avec ces moyens puis avec
l'appétit des gens pour la découverte,
va arriver peut-être à 20 000 ou à 30 000. Et ça, c'est unique
en Amérique, là : l'offre de produits, là, vraiment très profonde
qu'on a, on va pouvoir l'accélérer, la rendre disponible encore plus et avec
beaucoup plus d'efficacité pour tout le monde.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Portneuf.
M. Matte : Merci, M. le Président.
J'ai cliqué, mais je n'ai pas acheté. Effectivement, c'est sur le site. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Bernier) : ...vous
entends, vous utilisez ça durant la commission. M. le député de Pontiac.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président. Je vais commencer avec les
salutations d'usage et les salutations pour mes collègues de
l'opposition, mes collègues à mes côtés ici, du parti ministériel, M. le
ministre, son équipe, les différents organismes
qui sont présents avec nous, M. Brunet et son équipe de la SAQ. Mais
malheureusement je n'ai pas de question pour lui... J'ai plus des
questions... On me dit que Revenu Québec est également ici, M. le Président.
J'ai des questions qui...
Le Président
(M. Bernier) : Revenu Québec était également ici. Revenu Québec, est-ce
que... Allez-y avec vos questions. Selon la nature de vos questions,
j'imagine...
M. Fortin (Pontiac) : Très bien.
Président (M. Bernier) : ...Revenu Québec ont quand même plusieurs
personnes qui vont se joindre à nous.
M. Fortin
(Pontiac) : Excellent. Bien, on connaît Revenu Québec. Je pense que
tous les Québécois connaissent très
bien Revenu Québec, tous les contribuables québécois connaissent très bien
Revenu Québec, surtout à ce temps-ci de l'année. Mais, quand on parle du
gouvernement, on sait que Revenu Québec, là, est essentiel évidemment au bon
fonctionnement de l'État gouvernemental.
Sa mission de
base, évidemment, c'est de percevoir une grande
partie des revenus, donc des
entrées fiscales du gouvernement, et
c'est grâce au travail qu'ils font qu'on peut se permettre d'avoir les fonds
nécessaires pour opérer ici aujourd'hui,
pour recevoir des salaires, que nous recevons tous du gouvernement, mais aussi
d'être en mesure de financer l'ensemble des mesures du gouvernement
contenues dans le budget 2015‑2016 du ministre.
Une des
tâches importantes que doit s'acquitter Revenu Québec, c'est évidemment
d'assurer une certaine équité envers les différents contribuables, de
s'assurer que le système fonctionne pour tout le monde, et donc il y a toute la
question de l'évasion fiscale qui est
directement liée à Revenu Québec. Je sais, M. le ministre, que vous lui
accordez une importance principale.
Simplement à la lecture du budget 2015‑2016 que vous nous avez présenté, il y a
sept sections majeures dans votre budget : une sur les orientations
économiques et budgétaires du gouvernement; une sur le plan économique du Québec; une sur l'économie du
Québec, l'évolution récente et ses perspectives; le cadre financier
détaillé du gouvernement; la dette du gouvernement; le point sur les transferts
fiscaux; et évidemment une
section en entier sur la lutte contre l'évasion
fiscale.
Donc, ça nous dit, en tant que contribuables,
que vous lui portez une attention toute particulière, que c'est quelque chose qui vous tient à coeur que chaque
contribuable fasse sa juste part. Et donc, dans un système où on demande
au contribuable justement de faire sa part,
où on se fie, jusqu'à une certaine mesure ou jusqu'à preuve du contraire, à
la bonne foi du contribuable, ça devient
évident qu'il faut rendre la déclaration la plus simple possible pour le
contribuable, ne pas lui mettre des bâtons
dans les roues, pour qu'il déclare effectivement l'ensemble de ses revenus, et,
alternativement, Revenu Québec doit s'assurer, doit tout faire pour réprimer
les gens qui choisissent de commettre des infractions. C'est une question
d'équité envers tous les contribuables, envers tous les citoyens.
Mais il y a
malheureusement — malheureusement,
en effet — plusieurs
différentes façons qui peuvent être utilisées par des gens qui sont prêts à commettre de la fraude fiscale, de
l'évasion fiscale, différentes façons pour ne pas payer l'impôt
approprié. Je pense à une région frontalière comme la mienne ou comme celle que
représente le député de Chapleau également. Récemment, Radio-Canada a fait un
très long reportage sur les gens qui habitent au Québec, qui ont leur résidence
principale, donc, où ils passent la grande majorité de leur temps au Québec,
mais qui ont des plaques d'immatriculation
de l'Ontario. Évidemment, la plaque comme telle, ce n'est pas le coeur du
dossier. Le coeur du dossier, c'est
que ces gens-là ont une adresse fictive en Ontario, mais qu'ils l'utilisent
pour déclarer leurs revenus, et donc ils ne font pas de déclaration de revenus au Québec, ils la font en Ontario,
alors que leur résidence principale est véritablement au Québec.
Et c'est un phénomène, je suis désolé de vous
l'apprendre, M. le ministre — ou aux gens de Revenu Québec, je suis certain qu'ils le savent déjà — qui est beaucoup plus répandu qu'on pourrait
le croire. Et donc ça revient à Revenu Québec :
on s'attend, en tant que contribuables, que Revenu Québec prenne les mesures
nécessaires pour trouver ces gens-là,
pour contrer exactement cette activité criminelle là et d'agir rapidement avec
des sanctions évidentes pour qu'encore une fois on ait un système extrêmement équitable pour tout le monde. Le bon
contribuable se fie sur Revenu Québec pour faire cette démarche-là. Et donc, à la lecture de votre budget 2015‑2016, j'ai
vu, bien évidemment, M. le ministre, qu'il y avait une mesure
annoncée : la mise en place, donc, d'une entente de partage des revenus,
si on veut, qui viennent des cotisations fiscales liées aux activités
criminelles.
Président (M. Bernier) : Je veux juste préciser quelque chose, M. le député
de Pontiac, je vous laisser aller.
M. Fortin (Pontiac) : Oui. Allez-y.
Président (M. Bernier) : En ce qui regarde l'évasion fiscale, ce n'est pas
nécessairement considéré comme une activité criminelle...
M. Fortin (Pontiac) : Ah!
Le Président (M. Bernier) : ...là, dans
le sens du Code criminel.
M. Fortin (Pontiac) : Très bien.
Le Président (M. Bernier) : C'est une
activité illégale, oui, mais ce n'est pas une activité criminelle, je veux
quand même qu'on précise des choses.
M. Fortin (Pontiac) : Merci de votre
précision, votre expérience est toujours très appréciée.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M. le
député de Pontiac.
M. Fortin
(Pontiac) : Et donc je pense que la mesure, si je reviens à la mesure
précise, là, elle vise évidemment à lutter
de façon plus efficace à l'évasion fiscale, à donner à Revenu Québec ces
outils-là dont on a parlé, et, en collaboration avec ses partenaires d'enquête, d'avoir les outils nécessaires pour
accroître les revenus qui échappent actuellement au gouvernement du
Québec.
Et, si je
regarde l'autre
partie de cette annonce-là, c'est que le gouvernement veut
partager jusqu'à 4 millions de dollars
de ces revenus avec différents acteurs : par exemple, le ministère de la
Sécurité publique recevrait 50 % de ces sommes pour encourager la collaboration et le partage de renseignements
policiers pouvant mener à ces avis de cotisation; je pense au ministère
de la Justice qui, eux, pourraient augmenter la capacité de traitement des
dossiers judiciaires en matière pénale, de réduire les délais de temps d'attente;
et évidemment à votre ministère, à votre propre ministère, au ministère des
Finances, pour donner des nouveaux outils de lutte contre l'évasion fiscale.
Mais ce que
j'aimerais savoir : Que ce soit de vous, M. le ministre, que ce soit des
gens de Revenu Québec, à quoi vous
attendez-vous concrètement comme résultat de cette mesure-là? Quand vous l'avez
mise de l'avant, qu'est-ce que vous aviez en tête comme résultat précis?
M. Leitão : O.K., très bien.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre, vous avez environ deux minutes, là, pour...
Leitão : Oh! alors, il
faudrait que je parle extrêmement vite pour pouvoir expliquer tout ça en deux
minutes. Donc, je demanderais peut-être
à nos collaborateurs de Revenu Québec
de revenir dans le bloc suivant si c'est le cas. Pour l'instant,
j'essaierai, moi, de répondre à la question du collègue.
Bien sûr, la
question de l'évasion fiscale, de protéger l'intégrité du système, c'est
extrêmement... c'est crucial pour maintenir la confiance des
contribuables. Ceux qui paient taxes et impôts, évidemment, ils veulent
s'assurer, avec raison, que nous avons un
système qui est équitable et que tout le monde participe à cet effort-là. Et,
pour cela, Revenu Québec a évidemment tous les moyens nécessaires,
toutes les méthodes pour s'assurer que tel est le cas.
Celle dont
vous avez fait allusion dans votre question, c'est vraiment
une mesure un peu différente, c'est quelque chose de nouveau que nous
mettons en place. C'est une nouvelle, disons, entente de collaboration avec les forces policières, parce que nous savons tous que les
forces policières, dans leurs activités d'investigation d'activités criminelles — et ici on parle vraiment d'activités
criminelles — dans ces
activités, là, d'investigation, que ce soit de la corruption ou que ce soit d'autres... de fraudes ou d'autres activités
de cette nature-là, les autorités policières... Souvent, bon, ces
enquêtes-là prennent beaucoup, beaucoup de temps, et vous savez tous très bien
que, bon, là, construire un dossier, l'élément de preuve, c'est un processus
qui est laborieux, et c'est tant mieux, parce que c'est... nous vivons dans un
État de droit.
Maintenant,
ce qui est intéressant avec l'entente, c'est qu'il y a une possibilité que l'information
soit transmise par les forces
policières, pendant qu'elles font leur enquête, aux autorités de Revenu Québec,
et Revenu Québec peut aller... agir plus rapidement qu'une enquête
policière.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre, on va avoir l'occasion d'y revenir.
M. Leitão : On aura l'occasion d'y
revenir. Très bien.
Président (M. Bernier) : Il y a un bloc... Bon, nous allons maintenant
passer du côté des députés indépendants, et un bloc de 27 minutes est accordé au député de Mercier. M. le
député de Mercier, considérant vos responsabilités, et votre travail, et
vos disponibilités, donc, je vous donne la parole pour un bloc de
27 minutes.
M. Khadir : Je remercie beaucoup mes collègues et le président de m'accorder cette
possibilité de mettre ensemble l'ensemble des minutes
à ma disposition.
J'aurais des
questions plus importantes, plus nombreuses sur la Caisse de dépôt, mais, comme
les gens du ministère du Revenu et les
responsables de la Société des alcools du Québec sont là, je voudrais prendre
quelques minutes quand
même pour aborder un sujet qu'a abordé mon collègue de Granby, parce qu'après
toutes les explications fournies... Et,
je comprends, j'ai bien compris que c'est comme ça qu'en apparence le système
s'est installé. Il y a des intermédiaires avec qui font affaire les producteurs, les fournisseurs. Mais un grand acheteur a toujours
des leviers à sa disposition, et, comme l'a dit le député de Granby,
comme ça a été aussi posé par un député de la
partie gouvernementale, on reste toujours devant l'interrogation : Mais
comment se fait-il alors qu'on paie nos vins... pas juste à la... Ici, là, la
SAQ achète ses vins à un prix supérieur à ses concurrents, d'après les
enquêtes journalistiques qui sont à la disposition.
ce n'est pas le cas, moi, je pense que, pour dissiper tout doute, ça serait
très facile pour la SAQ de dresser un tableau qui permet de voir comment
le... le Nouveau-Brunswick paie combien pour les mêmes vins qu'on achète ici, l'Ontario
paie combien pour les mêmes vins que la SAQ achète. Ça,
c'est une information qui pourrait rassurer le public sur la
volonté réelle de la SAQ de passer par-dessus l'intérêt de quelques
intermédiaires qui sont quand même des gens influents,
qui possèdent des intérêts au Québec, pour être sûrs que le privé, qui intervient
entre le public, la SAQ et les fournisseurs, de vaillantes personnes qui
travaillent et qui devraient, elles, bénéficier du fruit de leur labeur... et
les consommateurs, d'avoir accès aux
meilleurs droits, ne sont pas brimés par un petit groupe d'intermédiaires
privés qui veulent prélever un 10 %, 15 %, on ne sait pas
combien de pourcentage.
Donc, ma proposition
aux représentants, c'est de fournir au public ces comparatifs de manière
indépendante pour qu'on soit en mesure de
l'examiner. Est-ce que c'est possible d'avoir une réponse là-dessus? Est-ce que
c'est possible d'avoir ces comparatifs?
Le Président (M.
Bernier) : M. Brunet.
M. Brunet (Alain) : En fait, ces comparatifs sont, je dirais, dans une... Mon premier réflexe, c'est de dire
que c'est confidentiel parce qu'évidemment il y a une question de comparaison
des prix que ces producteurs-là font à chacune des provinces, tu sais? Alors, ça, c'est dans le domaine de
l'information privée. C'est-à-dire, je donne un exemple, un producteur
qui vend au Québec à un prix x et qui a vendu à un prix y à
l'Ontario, par exemple, bien, évidemment, ça, c'est
un contrat privé qu'il a passé, et qu'on diffuse cette information-là, ça peut
être délicat. Donc, ça, ça mérite d'être regardé. Je ne pourrais pas
répondre sur la possibilité de faire ça.
contre, je dois confirmer qu'effectivement nous, on fait ces balisages-là, et,
oui, je peux rassurer la population : On a les meilleurs coûtants au Canada. Donc, la performance, elle est
là. Donc, il n'y a pas d'intérêts privés qui viennent gruger sur le
bénéfice du consommateur.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Khadir :
Ça ne résiste pas à l'examen, malheureusement. Je comprends, mais la réalité
est que tant de personnes depuis tant d'années, depuis plus de 10 ans,
observent régulièrement que les prix pratiqués à la SAQ sont supérieurs, des fois par des marges importantes,
avec le reste ailleurs, et là on a un problème. Un gros acheteur qui
devrait être capable, dans la loi de l'offre
et du marché, étant donné que c'est un gros acheteur, de déterminer un peu
l'offre puis qui dit : Non, non,
j'ai des meilleurs... mais après, lorsque nous, on va payer, on paie plus cher,
il y a un problème. Je vous prie de ne pas répondre par une réponse qui
confine à la non-transparence parce qu'après, bien là on en conclut qu'il y a
des intérêts occultes qui empêchent que la SAQ divulgue cette information.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député, je vous invite à ne pas... si on veut...
M. Khadir :
Bien, c'est parce que, là, la réponse... Il dit...
Le Président (M.
Bernier) : Oui, mais là, écoutez, là...
M. Khadir :
Une fois qu'on arrive au coeur du problème, le responsable dit : Bien, je
ne peux pas vous dévoiler l'information, là on a un problème.
Président (M. Bernier) : On doit prendre la réponse parce que
M. Brunet répond comme si c'était le ministre. Donc, on doit
prendre la parole et ne pas inciter des motifs à nos gens. Poursuivez, M. le
député. Merci.
M. Leitão :
Est-ce que je peux apporter une information qui serait peut-être utile pour le député
de Mercier?
Le Président (M.
Bernier) : Oui, vous pouvez apporter une précision.
M. Leitão :
C'est que, dans le budget de juin 2014, à la page A.52, nous avions
publié, à ce moment-là, un tableau, justement, comparatif où on voit les prix,
les prix moyens, bon, de la bière, des spiritueux et du vin, et on compare le Québec avec les deux provinces
voisines, justement, l'Ontario et
Nouveau-Brunswick, et on voit que, dans le cas du vin, par exemple, les bouteilles de 750 ml, le prix moyen au
Québec — ça,
c'était en juin 2014 — était de 16,73 $; en Ontario, c'était en effet
14,74 $; au Nouveau-Brunswick, c'était de 17,64 $. Donc, les prix se
comparent très bien. Évidemment, dans les
spiritueux, c'est beaucoup plus bas au Québec que dans les deux provinces
voisines. Alors, cette information est publique et elle est dans le
budget de juin 2014.
Le Président (M. Bernier) : Elle est dans
le budget 2014‑2015. Merci. M. le député de Mercier.
Khadir : Très bien,
donc il ne devrait plus y avoir de doute. On n'aura plus droit à des enquêtes
journalistiques qui vont venir fournir une
information qui démontre le contraire. On devrait être rassurés, j'en suis
persuadé, mais je vous implore quand même... Parce que je connais la
structure du prix du médicament, je sais que, dans les provinces où on instituait un régime d'achat groupé, comme en
Ontario, on obtient d'importantes réductions de prix par rapport à nous,
au Québec, qui a été démontré que nous sommes actuellement aussi l'endroit en
Amérique du Nord — et
peut-être dans le monde — où on paie nos médicaments les plus chers.
Et ça serait bien qu'à un moment donné les Québécois ne sentent pas
toujours qu'on est un peu les dindons de la farce, qu'on finit par payer
beaucoup plus cher, faute, je dirais, d'une action énergique des responsables
d'agir avec bienveillance pour obtenir le meilleur prix pour nous.
Ce qui me
ramène à une autre discussion, sur la question des revenus. Le ministre des
Finances et du Revenu est ici, et des
gens du ministère du Revenu. Mon collègue du Parti libéral a parlé de la lutte
à l'évasion fiscale. Vous savez, pour être
crédibles aux yeux du public... Lorsqu'il y a des campagnes, on enjoint les
commerçants, on enjoint des particuliers à être responsables devant ce devoir premier que de payer son impôt. C'est
que ce message passe avec plus de facilité si les citoyens et les commerçants qui sont pris à la
gorge par une lourde taxation, pour les particuliers, plus précisément,
et pour les petites et moyennes
entreprises... C'est de ne pas avoir l'impression qu'il y a une injustice
fiscale qui permet à de grandes entités,
de grandes corporations de ne pas payer beaucoup d'impôt sur les profits qu'ils
font au Québec. Et le document qui a
été déposé, les informations complémentaires sur l'ensemble des sommes prélevées par le gouvernement auprès des sociétés minières, incluant les prélèvements fiscaux
et les droits miniers, permettent d'expliquer pourquoi c'est actuellement
difficile d'être crédibles pour nous.
Moi, là,
comme défenseur du principe fondamental de l'impôt comme un moyen d'équilibrer les choses, d'apporter plus
de paix en société, plus de services publics, je ne peux pas
convaincre des gens de s'attacher à ce principe et d'être plus que
bénévoles pour payer le plus d'impôt possible quand c'est justifié. Pourquoi? Parce
qu'on voit bien... Regardez, j'attire
l'attention du ministre, d'accord? Si on fait le calcul, le total des
prélèvements que l'État québécois a
fait en 2013, sur 6,3 milliards de valeurs brutes... Là, ça, ce
n'est pas une quantité, c'est la valeur aux mines, aux marchés, la valeur marchande de ce qu'on a dépouillé... ces
compagnies minières ont dépouillé de notre sol, ont exploité de notre sol.
Sur 6,3 milliards de dollars, quels que
soient les autres éléments, avec tous les raccourcis qu'ils ont pris, avec des
moyens qu'ils ont pour déclarer leurs
profits ailleurs, dans des filiales qui logent aux États-Unis ou dans des
paradis fiscaux en toute légalité...
Parce que c'est légal, ça, d'avoir des filiales aux Bahamas et de facturer une
partie des opérations à ces filiales
qui déclarent les profits dans des endroits où on paie 2 % d'impôt. La
réalité, c'est que tout ça fait en sorte qu'au total le Québec, comme
impôt à payer sur le revenu des sociétés, taxes sur le capital, cotisations au
fonds de santé du Québec et le régime d'impôts miniers, au total ça a donné
84 millions sur 6,3 milliards, ça veut dire 1,4 %.
Est-ce que
c'est normal que, sur 100 $ prélevés de notre sous-sol, il ne revient à
nous que 1,40 $, autrement dit que 98 $ aillent ailleurs de
différentes manières? Pourquoi? Et vous allez le voir, parce que les
entreprises ont trouvé le moyen, alors
qu'elles faisaient moins que ça en 2010... il y avait des profits miniers de
l'ordre de 2 milliards, mais ils ont trouvé le moyen de déclarer des pertes de toutes sortes de façons ou
déclarer les profits ailleurs. Le ministre des Finances connaît très bien ça, il vient du secteur
bancaire. C'est ce qui s'appelle le «transfert pricing», le prix de transfert,
et c'est symptomatique des pratiques fiscales agressives. Plus des
entreprises ont des filiales... Suivant le rapport du Congrès américain, c'est le symptôme qu'il y a des
entreprises et des mines et les... Le secteur pétrolier est très fort
là-dedans, ils ont des dizaines,
parfois des centaines de filiales. C'est une manière de transférer les prix,
les coûts sur des filiales qui paient moins d'impôt.
Je demande au
ministre : Est-ce que, vraiment, on est crédibles ensuite quand on fait
des luttes à l'évasion fiscale qui touchent les petits entrepreneurs,
qui touchent des entrepreneurs de construction, les coiffeuses, les serveuses,
les chauffeurs de taxi, etc.? On leur
dit : Aïe! Non, non, il ne faut pas travailler au noir, il faut déclarer,
puis là on laisse les grandes entreprises minières nous faire ça.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
Leitão : Ah! M. le Président, oui, on est très crédibles. Écoutez, les
6 milliards quelque chose... 6,7 milliards en 2012,
6,3 milliards en 2013, c'est la valeur brute de la production. La valeur,
évidemment, c'est le volume de production
fois le prix. Évidemment, ça ne tient pas compte des coûts, n'est-ce pas?
Alors, on voit aussi que les profits que l'industrie déclare, ces
profits-là sont aussi bien décrits dans ce tableau.
Pour ce qui est des chiffres de 2013, on peut
les prendre, mais ce sont encore des chiffres préliminaires; ils vont
probablement être ajustés. Prenons ceux de 2012 ou même ceux de 2013, ce qu'on
voit, c'est que l'industrie... Contrairement
à ce que le député de Mercier semble véhiculer, l'industrie minière paie sa
quote-part de taxes et impôt. Pour l'année
2012, j'ai fait un calcul très rapide, entre taxe sur le capital et autres
cotisations, FSS, et l'impôt minier déclaré, c'est, en fin de compte, un
taux effectif de 22 %, 22 %. Donc, je pense que cette industrie-là,
qui est une industrie importante pour l'économie québécoise, paie sa
quote-part.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M. le
ministre. M. le député.
M. Khadir :
M. le ministre peut bien contester mon opinion à moi, mais je pense que ça
serait plus difficile de contester le rapport au Congrès américain, de
2009, qui déclare noir sur blanc que le prix de transfert pratiqué surtout par l'industrie minière et l'industrie
extractive — pétrole,
mines, etc. — à
l'échelle de la planète — ce n'est pas juste au Québec,
c'est partout pareil — c'est un symptôme de pratiques fiscales agressives, c'est la deuxième
méthode d'évasion ou d'évitement fiscal
importante. L'évasion, c'est illégal; l'évitement, bien, c'est par des
processus légaux, mais ça fait aussi mal. Ça fait mal à notre économie.
souhaiterait, si on n'était pas, disons, dans un régime quasi colonial en
termes de droits miniers... On l'est, parce que c'est... Écoutez, on a
hérité d'une loi qui date de 1870. Il n'y a pas eu de réforme majeure sur le
modèle d'affaires, sur le modèle
d'appropriation collective du sous-sol, d'accord? Donc, c'est encore le régime
colonial, et on souhaiterait qu'en
2014 le gouvernement montre plus de... malgré le fait qu'il ne change pas le
régime, au moins, par des moyens,
disons, convaincants, fasse un peu plus d'efforts pour que les Québécois
touchent mieux que 1,4 % sur la valeur de leurs richesses. C'est nos richesses, ça appartient à nos générations
futures. Quand vous dites que c'est une question d'équité avec les générations, on est en train d'épuiser
une ressource non renouvelable et on touche moins de redevances sur
cette ressource non renouvelable que les redevances qu'on fait payer... les
droits qu'on fait payer aux chasseurs et aux pêcheurs.
Une fois et demie plus grand en 2014, 35 millions versus 26 millions.
Il y a quelque chose, je pense... Je ne veux pas vous accabler, ce n'est
pas vous qui êtes responsable de ça, ce n'est pas le ministre, mais, comme
nation, comme citoyens, comme gouvernement, comme Assemblée nationale, on a une
responsabilité. On se fait dépouiller, on se fait avoir, ce n'est pas normal.
Ceci
étant dit, je passe à autre chose, à la caisse... Je voudrais entendre le
ministre sur la Caisse de dépôt et du placement du Québec, puisque,
malheureusement, les représentants ne sont pas là à cette heure-ci. J'ai
présenté une motion à l'Assemblée cet
avant-midi pour rappeler la responsabilité que nous avons prise comme société
et l'ensemble des acteurs économiques à contribuer à l'atteinte des
objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La proposition, malheureusement, a été rejetée parce
que, dans ça, on rappelait le rôle des hydrocarbures puis on déplorait
que la Caisse de dépôt et de placement du Québec détienne encore des
investissements trop importants, majeurs dans des entreprises d'hydrocarbures, alors qu'on se serait attendus qu'en 2015
on soit rendus maintenant à une phase de transition.
C'est d'ailleurs ce
que ma proposition, ma motion, cherchait à obtenir comme engagement de la part
du gouvernement, c'est-à-dire qu'on demande
à la caisse d'élaborer rapidement une stratégie de sortie de ces
investissements pétroliers ou dans les
domaines d'hydrocarbures pour qu'on investisse dans des secteurs d'activité
économique prometteurs du futur, respectueux de l'environnement.
Et je signale au
ministre que, depuis au moins 20 ans, depuis que moi, je connais les REER,
d'accord, quand j'étais... les premières années de résidence et que des
conseillers financiers sont venus me voir, à chaque fois qu'on regardait, les fonds verts, les fonds éthiques ont
des rendements meilleurs que la moyenne des marchés, ont des rendements,
vraiment, à long terme, excessivement intéressants. C'est des fonds
responsables socialement, et, justement parce qu'ils
sont responsables, ils cherchent aussi à améliorer le rendement pour les
investisseurs. Et donc il y aurait possibilité, personne ne le nie, on
peut... comme on a sorti de l'armement.
D'ailleurs,
j'attire l'attention sur un autre document qui a été fourni par le ministère, à
la question 45, posée par l'opposition,
sur la liste des investissements directs et indirects dans les compagnies
exploitant des hydrocarbures, du tabac ou dans les fabrications d'armes.
Moi, je suis fier de voir que, dans la fabrication d'armes, il n'y en a plus.
La Caisse de dépôt a réussi à n'avoir aucune
part importante dans des entreprises qui ont une activité principale de
fabriquer des armes. C'est parfait, ça.
Dans le tabac,
malheureusement, on reste pris encore. Ça, c'est un gros problème aussi, parce
que comment on fait... Le ministre Bolduc
nous a dit que le gouvernement doit envisager même de poursuivre les compagnies
de tabac pour le tort causé à la santé. Comment on peut poursuivre les
compagnies de tabac quand la Caisse de dépôt a des intérêts dedans? Tu sais, ça
nous place dans des situations où on ne peut pas agir en fonction de nos
intérêts. Ça nous place dans des drôles de situations.
Mais là où il y a un
problème : il y a 219 entreprises — à moins que j'aie mal compté,
mais c'est dans ces eaux-là, d'accord, dans
la liste fournie par la Caisse de dépôt — d'hydrocarbures, d'énergie fossile, donc des
secteurs fossiles. C'est vraiment un secteur
du XIXe siècle, tout le monde en convient aussi. Ceux qui veulent rester
dedans, c'est qu'ils pensent qu'il
n'y a pas d'autres moyens, il n'y a pas d'échappatoire, on est pris. Tu sais,
c'est un aveu d'impuissance. Ça,
je... On peut contester, mais la réalité, c'est que c'est un vieux modèle
économique avec lequel certains pensent être pris de manière irrémédiable. Nous, on ne pense pas.
219 entreprises, dont Suncor, dont TransCanada, dont Enbridge.
Alors, je pose la question qui tue : Si...
Le Président (M.
Bernier) : Bien, peut-être pas...
M. Khadir :
Bien, ça me tue, moi. Moi, ça me tue. Je ne voudrais pas être à la place du
ministre des Finances, responsable de la Caisse de dépôt, si, demain,
arrivait un malheur tel que le Lac-Mégantic à cause d'un déversement d'Enbridge, ou de Suncor, ou de TransCanada qui cause des centaines de
millions, sinon quelques milliards de dégâts, puis que, là, ces entreprises
dans lesquelles nous avons des intérêts, on est pognés : si on les
poursuit, on paie; si on ne les poursuit pas, on paie d'une autre manière. On
est pris dans le dilemme d'une énergie sale, d'une énergie dangereuse. Qu'est-ce
que va faire... Parce que, moi, si j'étais à la place, je me dirais : Mais
qu'est-ce que je fais? J'ai d'énormes intérêts... C'est des milliards de dollars d'investissements, il y en a pour... Juste pour les six principaux, il y en a
pour plus que 3,5 milliards, d'accord,
pour les six de ces 219 entreprises. Faites le calcul pour le reste, là, ça dépasse
l'entendement.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : M. le Président, je présume que la question c'est : Qu'est-ce que vous souhaitez
que la caisse fasse avec son portefeuille d'investissement, une
stratégie de sortie? Écoutez, c'est une question qu'on peut et qu'on doit
adresser à la Caisse de dépôt et placement.
Je vous dirai seulement
quelques petites choses. D'abord, la Caisse
de dépôt et placement est
indépendante et a tout le loisir et
l'espace nécessaire pour déterminer elle-même de ses politiques
de placement. Ce n'est pas au gouvernement à dicter à la Caisse de dépôt comment investir, où investir. Elle le fait de façon
indépendante, dans le meilleur intérêt
de ses déposants, qui sont les grands fonds de pension, en grande partie, des
employés de l'État.
La caisse elle-même a
établi des politiques, à l'intérieur de sa politique de placement, des
politiques de diversification de ses actifs
et d'investissements responsables. Alors, il faut aussi bien comprendre que,
pour un portefeuille de la taille de
celui de la Caisse de dépôt, ce n'est pas une simple tâche de juste vendre ses
actions n'importe comment, à n'importe
quel moment. Vous n'avez pas dit ça non plus, mais ces politiques, ces
procédures de désinvestissement de certaines
entreprises, de certains secteurs se font graduellement sur une période de
temps. Et c'est à la caisse elle-même à déterminer ses propres
politiques de placement, ce n'est pas au gouvernement à dicter cela.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Je veux juste protéger un
peu de temps au député de Mercier parce qu'il a peu de temps.
M. Khadir :
Merci. Je vous en remercie. Oui, vous avez... Je pense que le ministre a tout à
fait raison de dire : La Caisse
de dépôt doit être autonome et indépendante. Par exemple, on ne peut pas lui
dire : Non, aujourd'hui, là... Le ministre des Finances prend le
téléphone, dit : Vous allez prendre des actions de BP et puis vous allez
vendre des actions de Chevron. Ce n'est pas ça qu'on demande.
contre, c'est une caisse qui appartient aux Québécois, dont les grandes
orientations doivent être dictées suivant... pas une... La politique, par exemple. Si on apprend que la caisse
investit dans, je ne sais pas, moi, le développement de l'énergie nucléaire et atomique de la Corée du
Nord, même si c'est très rentable, on va avoir un problème. Donc, il y a
des balises politiques, des choix stratégiques qu'on fait.
pour moi, la menace nucléaire de la Corée n'est pas plus grande que la menace
du réchauffement climatique pour le monde et ce qu'on va laisser à notre
planète. Les deux risquent de nous détruire complètement, la menace nucléaire comme le réchauffement climatique. Ce
n'est pas moi qui le dis, ce sont des scientifiques. Et aujourd'hui des scientifiques de la planète mettent beaucoup plus
d'emphase sur la menace du réchauffement climatique que la menace nucléaire de la Corée du Nord. Donc, on a une
responsabilité, on ne peut pas se laver les mains, là, faire le Ponce
Pilate, dire : Ah! ils sont dans le pétrole, ce n'est pas grave.
Je vous dis, là, on a
un problème de conflit d'intérêts. Il arrive un malheur, il y a un déversement,
qu'est-ce qu'on fait? On les poursuit pour plusieurs milliards? Ça va nuire à
la Caisse de dépôt. Comment on règle ces conflits d'intérêts? Parce qu'on sait
que c'est à peu près, à l'échelle de la planète, les plus grands risques aussi
sur le plan environnemental et poursuites, hein? Il y a le tabac et les
déversements, hein? On l'a vu avec BP dans le golfe du Mexique, on l'a vu avec l'entreprise qui a été impliquée dans Mégantic,
c'est des milliards de dollars de poursuite que ça peut entraîner.
Pourquoi est-ce qu'on se... Alors que l'investissement dans des fonds éthiques,
je vous le rappelle... J'aimerais que
quelqu'un le conteste, s'il y a une contestation. Si quelqu'un ici dans la
salle conteste ce fait, je suis prêt à le prendre. Actuellement, c'est
sûr que ce ne sont pas des rendements faramineux, là, des rendements boursiers,
des rendements — comment on dit? — spéculatifs, mais les rendements sur le long
terme, cinq à 10 ans, de tous les investissements responsables qui
se tiennent loin, par exemple, des énergies sales comme le pétrole, c'est des
très bons rendements qui pourraient très bien faire l'affaire de la caisse.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le ministre, un commentaire?
Leitão : Un commentaire très rapide. D'abord, je ne pense pas que la
caisse a aucun intérêt à investir en Corée du Nord. Je pense que, même
si elle le voulait, ça ne pourrait pas se faire. Bon, mais ça, c'est un petit
aparté.
Encore
une fois, la politique de placement de la Caisse de dépôt est déterminée
conjointement avec les déposants, donc
les déposants ont évidemment leur mot à dire d'où leur argent va être placé.
C'est un objectif de rendement. Il y a aussi un effort et une conviction
de la part de la caisse de graduellement diminuer leur pondération dans des
secteurs à risque. Vous avez mentionné les
risques de déversements, ces risques-là sont réels, et donc, dans l'évaluation
des risques et des rendements des
placements, risques-rendements, dans cette évaluation-là, la caisse prend en
compte tous ces risques-là.
J'aimerais juste
mentionner que, dans le secteur énergétique, en fin de compte, le portefeuille
de la Caisse de dépôt et placement, dans le
secteur éolien au Canada et au Québec, mais aussi aux États-Unis, dans le
secteur éolien, c'est de 3 milliards
de dollars. Donc, on voit qu'il y a déjà un déplacement qui se fait des
hydrocarbures vers le secteur éolien, et, comme je vous dis, ce
transfert-là, cette amélioration du portefeuille d'un gros investisseur comme
la caisse se fait graduellement, de façon mesurée, de façon très déterminée et...
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le ministre. Il vous reste trois minutes, M. le député
de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je voudrais dire que moi, je ne nie pas que la caisse a
déjà des politiques d'investissements responsables... ou évité des
investissements carrément irresponsables. Par exemple, la liste... la caisse a déjà une blacklist pour les entreprises
qui ne respectent pas la convention d'Ottawa sur les mines
antipersonnel, d'accord, ou encore la
convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions. Voilà le genre de décisions
responsables qu'un gouvernement et ses instruments... La Caisse de
dépôt, c'est un instrument de développement à la fois économique, mais social
aussi, hein, à plus long terme.
Donc, moi, ce que je
souhaite, c'est d'entendre le ministre accueillir avec enthousiasme, avec
faveur — si
ce n'est pas de la ferveur — avec
faveur, que, petit à petit, et pas pour 2050, mais pour un avenir envisageable,
la caisse adopte une stratégie de sortie
plutôt que de s'enfoncer et d'y aller au cas par cas, une stratégie de sortie.
Et là ça envoie un message aussi aux
différents secteurs industriels du Canada, parce que c'est un acteur, puis cet
acteur-là, par son levier, peut en entraîner
d'autres dans son sillage. Et voilà donc où le Canada, le Québec, pourrait
mieux rencontrer ses engagements pour l'avenir.
Autre
chose : la caisse détient 30 % du capital-actions de Keolis. Keolis,
c'est Orléans Express, d'accord, entre autres...
c'est-à-dire, c'est des propriétaires d'Orléans Express. Or, on a constaté que,
malheureusement, nos régions perdent du
service. Keolis a laissé son service en région se dégrader, en termes de
qualité, d'horaires... ou parfois même inexistants.
Est-ce que,
selon vous, le gouvernement pourrait formuler... Je sais que la caisse est
indépendante, mais, quand même...
C'est-à-dire que la caisse souligne elle-même le rôle qu'elle veut jouer dans
le développement des régions, dans une économie nationale forte, robuste,
etc. Mais une économie nationale forte, robuste, de développement des régions,
comment est-elle possible lorsque les transports en commun, qui étaient déjà
déficients... On en a perdu encore avec cette
dégradation. Est-ce que, par ses commentaires, le ministre peut envoyer un
message sur l'importance pour la caisse dorénavant... parce que, là, on va être impliqués, vous savez, avec la
construction des infrastructures, dont... du pont. Est-ce que, là, ce qui s'est passé à Keolis ne doit pas
allumer des lumières rouges qu'on doit s'attendre... puisque ça, ça va
être excessivement important que, là, il y a
des exigences en termes d'accessibilité, d'universalité puis des coûts et des
tarifs pour utiliser les infrastructures qui soient abordables?
Le Président (M. Bernier) : 15 secondes,
M. le ministre.
Leitão : 15 secondes. Écoutez, ce n'est pas du tout l'intention
du gouvernement de dire à la caisse de faire quoi que ce soit avec Keolis. La caisse est un
actionnaire minoritaire. Pour ce qui est de Keolis directement, nous, le
gouvernement, ne nous gênons pas de parler directement à la compagnie. C'est ce
que nous faisons. Nous l'avons déjà fait et nous continuons à le faire. Donc,
ça se fait directement du gouvernement à l'entreprise et pas à travers la
Caisse de dépôt.
Le Président (M. Bernier) : Merci, M. le
ministre. M. le député de Pontiac.
M. Fortin (Pontiac) : Merci, M. le
Président. Je sais que mes collègues ont d'autres questions à poser, mais je tiens à m'excuser après de vous, M. le
Président. À la dernière opportunité,
au dernier bloc, je me suis emporté un peu et je n'ai laissé que très peu de temps au ministre pour répondre à la question.
Donc, je sais que les citoyens sont beaucoup plus intéressés à
l'entendre, lui, que moi, alors je vais lui donner...
Le Président (M. Bernier) : ...pas
sous-estimer votre... M. le député, vos commentaires...
M. Fortin (Pontiac) : Je vais lui
donner une autre opportunité de le faire.
Le Président (M. Bernier) : ...sont extrêmement
importants, les gens sont ici pour vous écouter comme ils écoutent M. le
ministre.
M. Fortin
(Pontiac) : Alors, je vais
lui donner une autre opportunité de le faire, mais, si je me suis
emportée, c'est parce qu'on parlait d'évasion fiscale, et, alors que
j'entendais la voix qui était la mienne, je reconnaissais les mots de mes
citoyens, des contribuables qui sont d'honnêtes contribuables qui paient, à
chaque année, leurs impôts avec une diligence et une rigueur remarquable, mais
qui seraient bien plus portés à continuer de le faire s'ils savaient que leurs voisins, que les gens dans leur communauté
faisaient tous leurs parts et le faisaient également avec la même rigueur
qu'eux le faisaient. Parce que
ce sont des choses qu'on entend assez régulièrement en tant que député, que
d'avoir un système équitable, un
système où tous font leur part, c'est essentiellement un système idéal et c'est ce qu'ils veulent. Ils
veulent que Revenu Québec prenne les mesures nécessaires pour s'assurer que tout
le monde, justement, fasse sa part.
Et donc il y avait
la
partie évasion fiscale, mais ce que le ministre avait commencé à me
répondre, et j'aimerais l'encourager à préciser sa pensée, c'était par
rapport à l'entente de partage des produits de la criminalité. Le nouveau programme
qu'il a annoncé lors de son budget de mars, évidemment, vient agir à
titre
de complément à une entente qui est déjà existante, une entente qui
semble fonctionner plutôt bien sur les partages des produits de la criminalité.
Cette
entente, je crois, est très appréciée par plusieurs
des partenaires. Je vois qu'à l'automne dernier la ministre de la
Sécurité publique et la ministre de la Justice avaient annoncé que plus de 6 millions — 6 millions — qui
étaient récupérés des milieux criminels
avaient été remis à des municipalités, à des communautés autochtones, à des
organismes oeuvrant dans la prévention de la criminalité et à différents corps
policiers également. Je dois vous dire que, si cette mesure est appréciée, c'est parce
qu'on en voit l'impact à l'intérieur de nos communautés. Je pense au Centre communautaire «Entre-Nous», dans
ma propre communauté, à Aylmer, qui s'est vu recevoir un montant d'environ
70 000 $, qui est un organisme justement qui oeuvre vers la
prévention de la criminalité.
Alors,
peut-être le ministre peut-il continuer sa réponse et nous préciser exactement
comment la nouvelle entente de partage vient agir à
titre de complément
à cette entente déjà existante.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
Leitão : Merci, M. le Président. Merci, M. le député de Pontiac. Avant
de demander à M. Paquin, de Revenu Québec, de peut-être vous parler un
peu plus directement de qu'est-ce que ça change en pratique, j'aimerais juste
poursuivre ce que je disais avant.
Donc, c'est
une entente de collaboration plus étroite avec les forces policières, parce
que, comme on le disait avant, les
forces policières, quand elles déclenchent une enquête, donc, ont beaucoup
d'informations, mais souvent, avant de pouvoir passer à des accusations
formelles, il y a un grand délai, et, entre-temps, il y a de l'information qui
peut être utilisée par l'Agence du revenu.
Parce qu'un revenu non déclaré est un revenu non déclaré, indépendamment de sa
source. Donc, un revenu qui est non déclaré,
il y a des façons pour Revenu Québec d'aller récupérer les taxes qui sont dues.
Et, peut-être, je demanderais à M. Paquin
d'expliquer ce que ça pourrait changer dans le quotidien de Revenu Québec
d'avoir cette information-là maintenant de la part des forces policières.
Merci.
Président (M. Bernier) : Je veux juste mentionner à M. Brunet que vous
allez... Pour nous, heureusement, on va
vous garder avec nous pour une
partie de l'après-midi. Pour vous, c'est
peut-être une obligation de demeurer, mais je vais avoir besoin de vous cet après-midi. Le deuxième groupe
d'opposition m'a manifesté un intérêt de vous poser des questions
additionnelles. Merci.
M. Paquin, en vous identifiant. Un homme
populaire en ce 30 avril.
Le Président (M. Bernier) : Un homme
populaire en ce 30 avril.
M. Paquin (Gilles) : J'aurais pensé
que vous seriez en train de faire vos déclarations.
Le Président (M. Bernier) : Donc, en vous
identifiant avec vos titres, s'il vous plaît.
M. Paquin (Gilles) : Oui. Gilles
Paquin, président-directeur général de Revenu Québec.
Le Président (M. Bernier) : Merci. La
parole est à vous.
M. Paquin
(Gilles) : Donc, bien, je
crois que M. le ministre a très bien présenté la mesure qui est annoncée
dans le dernier budget.
C'est complémentaire dans la mesure où la première entente de
partage des produits de la criminalité, ça visait, dans le fond, des
biens pour lesquels on peut faire la démonstration, la preuve, qu'ils avaient
été acquis par le produit de la criminalité.
Nous, on vient compléter, je dirais, cette approche-là. Puis, dans ce cas-là,
les sommes sont versées en
particulier au Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels au ministère de la Justice. Nous, on vient compléter ça en disant : Dans des cas où il peut être
difficile de démontrer que le bien a été acquis par un produit de la
criminalité, on peut quand même démontrer que ce revenu-là n'a pas été
déclaré. Et ça, les autorités policières sont souvent au courant d'un certain
nombre d'informations qui peuvent nous aider. Donc, nous, dans le fond, on
vient compléter l'action policière en
s'assurant que — puis,
comme vous le savez, les revenus de la criminalité, c'est imposable comme
d'autres revenus — les
individus qui ont pu avoir des revenus illicites comme ça et qui ne les ont pas
déclarés, bien, ils vont quand même payer leurs impôts et, souvent, vont
les payer par des saisies de leurs biens, de leur propriété. Et le produit de ça vient... dans le fond, va à la Sécurité
publique pour 50 %, 25 % à la Justice et 25 % au ministère des Finances dans le but de
renforcer encore davantage nos actions contre la fraude et l'évasion fiscale.
Le Président (M. Bernier) : Merci. Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Merci, M. le Président. Je veux continuer avec la discussion sur l'évasion
fiscale. Dans le secteur de la restauration,
le gouvernement poursuit le but de réduire les pertes fiscales, notamment en
s'assurant que les taxes payées par
les clients sont bien remises à l'État et que les chiffres d'affaires sont
déclarés en totalité. Je me souviens, il y a environ 10 ans, je
suis allée dans un restaurant deux, trois fois et j'ai remarqué qu'il y avait
une facture pour moi, je remettais la
TPS-TVQ, mais, quand il rentrait ça dans sa caisse enregistreuse, ça ne
semblait pas être la même chose que ce
que j'ai remis, et j'ai cessé d'aller à ce restaurant. Et j'espère que
quelqu'un, maintenant, a pris note que ce restaurant n'agissait pas
correctement. Alors, c'est pourquoi les mesures de lutte contre l'évasion
fiscale dans le secteur de la restauration ont été mises en oeuvre.
Depuis le 1er
novembre 2011, tous les restaurateurs doivent remettre à l'ensemble de leurs
clients une facture. De plus, pour
ceux qui sont inscrits au fichier de la TVQ, cette facture doit être produite
au moyen d'un module d'enregistrement
des ventes. Les clients comme moi, on est en droit de s'attendre à ce que les
restaurateurs déclarent leur chiffre
d'affaires réel et que les taxes que nous payons au moment de régler nos
factures soient remises au gouvernement. De plus, l'évasion fiscale dans le secteur de la restauration entraîne
une concurrence déloyale pour les restaurateurs qui respectent les lois
fiscales. Là aussi, c'est une question d'équité envers tous les contribuables. Grâce
à ces mesures qui sont maintenant en
vigueur, le gouvernement récupère un peu plus que 300 millions de dollars
annuellement. Le module d'enregistrement
de ventes a été conçu pour trois choses : d'abord, recevoir les données
relatives aux opérations commerciales; deuxièmement, enregistrer dans
une mémoire sécurisée des informations relatives aux transactions, comme les
ventes et les taxes; et troisièmement, transmettre à une imprimante de reçus
les informations nécessaires à l'impression de la facture.
Il faut remercier les
organismes dans le secteur de la restauration d'avoir collaboré avec Revenu
Québec pour permettre de faire un pas de plus vers l'équité dans le secteur de
la restauration, et je veux nommer nos partenaires là-dedans. Il y a : l'Association des restaurateurs du Québec; le
Conseil des chaînes de restaurants du Québec; l'Association des hôteliers du Québec; la Fédération canadienne
de l'entreprise indépendante; l'Association des terrains de camping du
Québec; et l'Association des hôtels du Grand Montréal.
Maintenant,
en ce qui concerne les bars et les restobars, c'était dans le budget 2014‑2015
que le gouvernement a annoncé que les
modules d'enregistrement des ventes seraient implantés aussi dans le secteur des bars et des restobars. Et
c'est maintenant, avec l'adoption et l'entrée en vigueur du projet de loi n° 28,
que cela devient une réalité. Je veux mentionner
que les pertes fiscales dans le secteur des bars et restobars sont estimées à
environ 75 millions de dollars par année. Je comprends que Revenu
Québec prévoit une campagne de sensibilisation auprès du grand public pour
faire connaître la mesure et rappeler l'importance de quitter le bar et le
restobar avec sa facture.
J'ai deux questions.
Ma première question, c'est : Pouvez-vous nous présenter les
principaux résultats obtenus en lien
avec le déploiement des modules d'enregistrement des ventes dans le secteur de
la restauration? Parce
qu'actuellement c'est seulement dans le secteur de la restauration que ça
existe.
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre. Non? M. Paquin? M. le ministre.
Leitão : Oui. Peut-être, je pourrais demander à M. Paquin d'adresser
cette question, mais c'est clair que c'est une façon de faire qui porte déjà fruit. Elle porte déjà fruit, je vous
dirais, de deux façons. Bon, il y a les fruits immédiats qu'on voit en termes de récupération fiscale, mais
il y a aussi le... si vous voulez, l'exportation de cette façon de
faire, de cette technologie ailleurs, et,
quand je dis ailleurs, je parle aussi... je veux dire ailleurs au Canada — par exemple, nos collègues de
l'Ontario sont très intéressés à explorer la possibilité d'utiliser de telles
méthodes, le gouvernement fédéral, bien sûr,
aussi — mais
ailleurs, ailleurs en Europe, ailleurs aux États-Unis. Donc, c'est vraiment un
exemple de savoir-faire québécois qui
a été développé pour adresser une question très précise chez nous et qui
maintenant est utilisé ailleurs. Et
éventuellement on va probablement aussi avoir des redevances de cette
technologie si elle se répand ailleurs.
Donc, ça,
c'est déjà un résultat très concret, et, puisque ça a bien fonctionné dans les
restaurants, on va maintenant passer à la prochaine étape, qui est les
bars, un peu plus complexe, mais, avec l'expérience qu'on a gagnée dans les
restaurants, on est en mesure de maintenant étendre ça aux bars. Mais peut-être
pour... M. Paquin pour donner un peu plus de couleurs du côté de la
récupération dans les restaurants avec les MEV.
Le Président (M. Bernier) : M. Paquin.
M. Paquin (Gilles) : Oui. Merci.
Oui, ça a été une expérience, en termes d'implantation d'une mesure de contrôle qu'on appelle en amont, là, contrôle
fiscal, qui a été un grand succès. Mme la députée l'a dit, on a une
récupération...
Le Président (M. Bernier) : Je ne sais
pas, c'est...
M. Paquin (Gilles) : Il faut enlever
la batterie.
M. Paquin
(Gilles) : On a une récupération fiscale, là, de l'ordre de
260 millions dans un secteur où l'évasion était quand même évaluée à près de 400. On a implanté
plus de 30 000 modules d'évaluation des ventes dans
18 000, à peu près, restaurants et on a implanté également une
mécanique d'inspection pour s'assurer que les gens se conforment aux nouvelles
exigences.
Forts de ce succès-là, là, on envisage les bars
et les restobars. Donc, c'est 6 000, à peu près, un peu plus de 6 000 établissements additionnels pour
lesquels on va appliquer la même approche, doublée d'une capacité
d'inspection.
Vous savez, juste
en termes de vérification, une vérification standard dans un restaurant avant
les MEV, c'était 200 heures. Là, on ramène ça à quelques heures
seulement, compte tenu de la disponibilité de l'information dans le module
d'évaluation. Et également, effectivement, on a procédé à beaucoup de
consultations avant pour s'assurer que le
MEV va pouvoir s'intégrer au type d'affaires qui se fait dans ces
établissements-là. Et il va y avoir une publicité pour que l'ensemble de la population soit sensibilisé
au fait que dorénavant, quand on demande une consommation dans un bar ou
un restobar, bien, on devrait avoir une facture. Et ça avait très bien marché
la première fois avec les restaurants. Donc, forts de cette expérience-là, on
va utiliser la même approche pour les bars et les restobars.
Le Président (M. Bernier) : Merci. Mme la
députée.
Mme de Santis :
Ma deuxième question, c'est... ça semble bien fonctionner avec les restaurants.
Maintenant, vous allez l'adopter dans les
bars et restobars. Je fréquente certaines pâtisseries et boulangeries où je
vois qu'il n'y a pas de facture, et
l'argent n'est jamais vraiment indiqué sur une enregistreuse. Je fréquente
quelques coiffeurs ou coiffeuses où c'est
aussi la même chose. J'en ai déjà parlé avec le ministre, je suis allée
acheter des rideaux qui devaient être faits à mesure pour ma maison, et on m'a offert deux prix. Alors,
c'est un problème qui est répandu. Est-ce que vous envisagez utiliser les modules
d'enregistrement des ventes avec d'autres... Est-ce qu'il y a d'autres projets
pour l'utilisation des modules d'enregistrement des ventes
qui vont au-delà des bars et restobars et la restauration? Et est-ce qu'on
n'est pas un peu en train de créer Big
Brother? Parce que, d'un côté, je vois l'utilité d'utiliser les modules
d'enregistrement de ventes, mais en même temps j'ai ce sentiment que je
suis heureuse d'avoir l'âge que j'ai et que j'ai vécu au moment que j'ai vécu parce que j'avais une certaine liberté, je croyais
que j'avais une liberté d'action et que, maintenant, Big Brother sait
tout ce que je fais à tous les moments.
Comment on pourrait encourager les gens à être honnêtes sans devoir imposer des
modules d'enregistrement de ventes où Big Brother est derrière nous?
Le Président (M.
Bernier) : M. Paquin, est-ce que vous êtes notre gros frère?
Paquin (Gilles) : M. le Président, je veux rassurer la députée, on n'en est pas rendus là. Et heureusement...
Mme de Santis :
Non, mais on va vers cette direction.
Paquin (Gilles) : Et heureusement on ne peut pas tout savoir et tout connaître. Il faut voir que le MEV,
quand même, c'est un système qui nous
assure, dans le fond, qu'on a une facture avec ce qu'il y avait sur... les
items de la facture puis que les taxes sont bel et bien remises, là. On
ne va pas plus loin que ça. Et on le fait parce que c'est un secteur où l'évasion fiscale est importante. Donc, ça,
c'est un critère qui est important, là. On n'a pas l'ambition d'instaurer des
mécanismes de contrôle de ce type-là ou
d'autres dans des secteurs où, de toute évidence, il n'y a pas de
problématique, là, majeure d'évasion, là. Puis il y a une question
d'acceptabilité aussi, là, que vous soulevez, qui est très importante.
Il y a des secteurs
pour lesquels on a des discussions présentement. Le taxi en est un. Donc, dans
le taxi, on a beaucoup de discussions avec les représentants de ces
corporations-là pour... C'est une problématique qui est plus large dans le taxi, hein, on en est conscients
puis on le voit aussi avec les développements de formes alternatives, là, comme les Uber, là. Mais ces discussions-là cheminent,
puis on doit le faire avec quand même, là, une acceptation du côté des
membres de l'industrie, là. Il faut que ça s'intègre à leur façon de faire des
affaires, il faut que ça leur soit profitable, mais beaucoup le demandent parce
qu'ils souffrent d'une concurrence déloyale de ceux qui ne se conforment pas. Dans la restauration, c'est un des facteurs qui
étaient très importants, qui a favorisé l'acceptation de cette approche-là.
Président (M. Bernier) : Merci.
Nous allons passer maintenant du côté de l'opposition officielle avec M. le député de Rousseau.
La parole est à vous.
Marceau : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, M. Paquin. Bienvenue.
C'est à vous que je vais poser des questions ou au ministre, là, vous
choisirez, par l'intermédiaire du président, par le truchement du président.
vais commencer par, oui, une question que j'ai posée au ministre déjà en
période de questions, même, donc vous devez
être prêt pour cette question. Alors, c'est la question du coût de
l'implantation de la taxe famille. Je constate que vous avez su
immédiatement de quoi je parlais, alors vous savez c'est quoi, la taxe famille.
Alors, c'est cette nouvelle contribution
pour les services de garde qui va être inscrite dans le rapport d'impôt. Il va
y avoir, donc, une nouvelle ligne dans
le rapport d'impôt. Alors, pouvez-vous nous dire, M. Paquin, là, bien
sérieusement que ça ne coûtera rien de mettre en place une nouvelle
ligne dans le rapport d'impôt pour la taxe famille, s'il vous plaît?
Le Président (M.
Bernier) : M. Paquin ou M. le ministre.
Leitão : Alors, écoutez, moi, je vais évidemment... Oui, nous avons
discuté de ça en Chambre et ailleurs et on avait dit à ce moment-là qu'avec les ressources existantes Revenu Québec
peut très bien gérer cela et que ça ne génère pas une charge de travail additionnelle telle que ça
impliquerait des coûts
extraordinaires. Mais peut-être que vous pourriez élaborer un peu plus
là-dessus.
Le Président (M.
Bernier) : M. Paquin.
M. Paquin
(Gilles) : Oui. En fait, la nouvelle tarification en service de garde
va être intégrée à la déclaration d'impôt et
va donc largement être traitée par les systèmes informatiqu