Culture and Education — 13 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CCE 2013-02-13
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour. Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à
toutes les personnes de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones
cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du
volet Recherche et innovation, relevant du
portefeuille Enseignement supérieur, Recherche, Science et Technologie, pour l'exercice
financier 2013‑2014.
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Breton
(Sainte-Marie — Saint-Jacques) sera remplacé par M.
Goyer (Deux-Montagnes); M. Roy
(Bonaventure), par M. Cardin (Sherbrooke); Mme Vien (Bellechasse), par M. Reid
(Orford); et Mme Roy (Montarville), par M. Le Bouyonnec (La Prairie).
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons débuter par les
remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et
réponses. La mise aux voix de ces crédits se fera aujourd'hui, à la fin du
temps qui est alloué à l'étude de ce volet.
Puisque nous avons débuté nos travaux à
11 h 25 et qu'une période de deux heures doit être consacrée à l'étude de ce volet ce matin, y a-t-il consentement pour
poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, soit 13 h 25?
voix : Consentement.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Consentement. Merci. En terminant, je
vous invite, aux besoins de l'exercice de l'étude de ces crédits, à poser de
courtes questions et, incidemment, à fournir des réponses tout aussi
brèves de façon à favoriser le plus grand nombre d'échanges possible. Mon rôle
comme présidente est d'équilibrer le temps entre le gouvernement et les groupes
d'opposition et d'être équitable pour chaque groupe parlementaire.
Nous débutons, sans plus tarder, avec les
remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de 10 minutes pour vos remarques d'ouverture.
M. Duchesne : Bonjour. Vous dire simplement comment
on est heureux — en tout cas, moi, dans ma position et, bien sûr,
ceux avec qui je travaille — d'être, je dirais,
une situation où il y a un nouveau ministère de
l'Enseignement supérieur, mais auquel s'est adjoint la recherche, la science et
la technologie. Ça a été très bien reçu dès le départ par l'ensemble des groupes et, je dirais, du monde de
la recherche. Et du monde de la recherche autant académique que dans le
domaine, je dirais, des centres de recherche, des gens près de l'innovation,
des centres de valorisation, des milieux industriels,
des PME parce qu'on se place ainsi… On envoie un message où on nous dit que, la
recherche, il faudra installer des liens entre ce monde-là au niveau
académique et tous ceux qui veulent qu'il y ait un développement à partir de la
recherche fondamentale, bien sûr, qu'on ne
doit pas négliger d'aucune façon, parce qu'on sait que la recherche fondamentale donne des résultats vers une
recherche appliquée et même des applications qui sont terriblement
pratiques. Alors, on s'assure, je pense… et
moi, j'étais heureux du message que la première ministre et notre nouveau
gouvernement a envoyé à la fois au monde de la recherche et à la fois au monde
de l'enseignement supérieur.
On le sait depuis fort longtemps, l'université a
plusieurs mandats. Elle en a trois, enfin, qui permettent à l'institution d'être un moteur. Parce que c'est par l'université
que nos cerveaux se développent, et ce premier mandat, bien sûr, c'est l'enseignement.
Arrive ensuite... il y a la recherche et son rôle pour le développement auprès
de la communauté. La recherche est
incontournable, et c'est vital pour une économie moderne comme la nôtre, pour
une société comme la nôtre, avec la
taille qu'on connaît. La recherche nous permet d'arriver à répondre à des
enjeux fondamentaux. Et, on le sait, là, au Québec plus qu'ailleurs, il
y a des enjeux très particuliers, le vieillissement de la population.
On se retrouve aussi, donc, avec des défis
liés à moins de jeunes, des gens qui, dans le système de la santé, sont de plus en plus... arrivent en grand nombre, et il
faut donc, juste sous cet aspect-là, tout un univers de chercheurs et d'organismes
de recherche, de centres de recherche liés à la santé qui soient à la fine
pointe des défis d'aujourd'hui.
Il y a un autre défi que les Québécois, je dirais, prennent
très au sérieux, c'est toute la question environnementale,
des défis liés aux changements climatiques, à la pollution, au fait que la
planète est de plus en plus petite dû à notre développement
technologique et la facilité qu'on a d'entrer en communication les un contre
les autres, et aussi en raison d'un
système de production de masse qui amène des pressions considérables sur notre
planète, que ce soit le sol, l'air, l'eau,
on le sait. Et le Québec, là-dessus, par sa structure, je dirais, industrielle,
économique, est déjà bien placé, hein? On le voit juste avec tout ce qu'on a développé au niveau de l'hydroélectricité.
Le Québec a un grand fleuve, a une ouverture sur la mer, sait, touche, voit la mer. Et il y a un potentiel énorme
quand on parle, bien sûr, du respect de l'environnement, mais de la recherche parce que la mer peut nous
offrir un paquet de choses, tout comme le sol. Pas besoin de vous dire
que, dans ces dernières années, tout le
développement, hein… on le sait, l'approche minière et autres soulèvent des questionnements, et c'est des enjeux… Il
faut rappeler que les chercheurs travaillent pour des choses très concrètes,
que ce soit dans une salle de chirurgie ou face à des défis environnementaux.
faut que le rayonnement du Québec à l'international passe par sa recherche,
passe par son innovation, et je vais vous parler un petit peu… quand même un peu des
collèges, là. Parce qu'il n'y a pas uniquement que les universités, et j'ai la joie d'avoir dans mon ministère de l'Enseignement
supérieur tout ce réseau collégial. Et vous avez de la recherche qui se fait dans les cégeps. C'est un secret trop
bien gardé, ça. On n'en fait pas beaucoup la promotion, on ne rappelle
pas beaucoup ça. On imagine la recherche comme étant simplement ce chercheur
dans un laboratoire aseptisé avec sa chienne blanche et de l'équipement un peu
compliqué, à faire... On ne saisit pas toujours la façon dont ça fonctionne. Mais la recherche, elle se définit et elle se
développe aussi dans nos collèges et elle est plus près, je dirais, de
certaines industries et de PME.
Puis
rappelons-nous, là… Parce que, vous savez, on est en train de préparer... je
suis en train de préparer, avec beaucoup de gens... Il y a le scientifique en chef
qui est derrière moi, et tout, et il y a un ministère qui est aguerri là-dessus,
et il y aura d'autres ministres qui vont participer avec moi à l'élaboration d'une
politique nationale de la recherche et de l'innovation,
et la place du collégial doit être soulignée parce qu'avec le défi... Puis tout
ça est lié, hein? Le vieillissement de la population amène aussi des
pénuries d'emploi dans certains milieux. Alors, il faut non seulement bien les
former, nos jeunes, mais il faut qu'au niveau des défis sociaux il y ait aussi
de la recherche sociale.
le disais à la blague à un moment donné devant un groupe, un comité qui a été
formé pour nous aider là- dessus, la recherche sociale, c'est tout aussi important,
hein? Pas besoin de vous dire que le... Parlons simplement du concept de
corruption dans les organisations publiques,
dans les grandes organisations, je dirais, les transnationales, j'aimerais
bien, un jour, qu'un chercheur de pointe en
sciences humaines puisse nous dire comment s'installe une organisation
tentaculaire aussi néfaste et comment s'assurer
qu'on puisse contrer, dans des bonnes politiques d'administration publique, une
bête aussi redoutable et néfaste que la
corruption. Alors, la recherche, c'est uniquement quand on en définit... qu'on
en a une définition large qu'on est capable de bien voir son application
et son utilité.
Notre gouvernement, le
gouvernement du Québec, le Québec investit de façon considérable dans l'avenir.
Il y a trois conseils, des fonds de
recherche, on le sait. Il y a des organismes qui font de la recherche de façon
plus concrète, et je vais vous parler
un petit peu de la force de frappe des troupes de recherche. Il y a 9 500
professeurs, dont 835 sont des titulaires
de recherche. Vous avez au Québec 77 000 étudiants-chercheurs et créateurs
qui bénéficient d'un environnement lié à la recherche. Et cette recherche,
les connaissances qui sont développées sont partagées avec la société. Vous
avez 12 400 publications, 17 000 diplômés qui deviennent des agents
de transfert de connaissances. Et beaucoup de collaboration
avec des entreprises et des OBNL, là, il y en a autour de 900. Et j'en parlais
tout à l'heure, de nos trois fonds de
recherche du Québec, un joyau qui est envié même par d'autres provinces dans la
façon dont on est capables de... Tu sais, ils sont capables, ces trois fonds, d'être des espèces de chefs d'orchestre
qui définissent des orientations et qui ne sont pas non plus en concurrence. Les collaborations
internationales sont considérables, 5 600 collaborations. Alors, quand on
parle de société du savoir, Mme la
Présidente, c'est ça, c'est un espace suffisant donné à la recherche. Nos trois
fonds de recherche, bien, pour ceux
qui ne les connaissent pas, là, c'est celui lié à la santé, ensuite nature et
technologie, société et culture.
y a des organismes très terre à terre, là, qui sont dans la recherche, et il y
a des universités qui se positionnent très, très bien. On peut parler de l'Université de
Montréal, qui a mis sur pied en 2003 un centre de recherche dédié à l'étude
du cancer, l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie, l'IRIC,
de l'Université de Montréal. Et pas besoin de
le dire, quand on parle du cancer, c'est comme fondamental d'essayer de pousser
puis d'avoir des résultats là-dessus. Et, depuis sa création, cet
institut de recherche, il y a plus de 500 étudiants de tous les niveaux qui ont
rejoint les rangs des différentes équipes.
y a aussi des collaborations entre universités. Le Laboratoire international de
recherche sur le cerveau, la musique et le son, BRAMS, centre conjointement affilié à l'Université
McGill et à l'Université de Montréal. Vous voyez, il y a — et ça, il faut le dire — dans le domaine de
la recherche, beaucoup de collaboration. On fonctionne en équipe beaucoup au
Québec, c'est une particularité. Merci.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. J'invite
maintenant le porte-parole de l'oppositio n officielle
et député d'Orford à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de temps
de 10 minutes.
Reid : Merci,
Mme la Présidente. La recherche au Québec, c'est un immense succès de
réalisation depuis une quinzaine, une
vingtaine d'années par rapport à ce qu'on avait avant. Nous nous sommes
positionnés sur la scène internationale de
façon extraordinaire. Nous avons aussi aidé et soutenu nos entreprises, nous
avons aussi construit des centres de recherche. C'est surtout une
construction humaine, même s'il y a des bâtiments et des équipements qui se compétitionnent et qui se
comparent maintenant avantageusement avec ce qui se fait dans le monde en
santé, à un point tel que les entreprises viennent souvent chez nous
pour faire des contrats de recherche pour tester des médicaments, et, dans ce
sens-là, nous sommes tous très fiers de la recherche.
contre, le problème qui se pose — et je vais
passer une
partie de la journée à poser des questions là- dessus, Mme la
Présidente — c'est cette coupure qu'il y a eu dans
la recherche, et notamment au niveau des fonds de recherche. Parce que la recherche, c'est un extraordinaire succès, mais
c'est toujours un succès fragile. Parce que, s'il n'y a pas de pérennité, il n'y a pas de marge de manoeuvre,
et donc il faut absolument protéger la recherche. Et il est clair que la
coupure dans les fonds était une erreur, une
erreur majeure — on va y revenir, Mme la
Présidente — et l'annonce de ce matin, dont il
est difficile de saisir tous les aspects, semble, au moins, tenter de corriger
cette erreur-là à mi-chemin, à 50 % ou
à peu près. Si on parle des fonds de recherche, de ce que j'ai cru comprendre,
c'est qu'il y aurait 16 millions de retour sur les coupures.
Autrement dit, on passerait de 31 millions de coupures à 14 millions,
à peu près.
donc, c'est une tentative, au moins, d'avancer, mais on ne sait même pas, à l'heure
actuelle — et j'aurai des questions à poser au ministre là-dessus — de
quelle façon ces 16 millions là seront distribués. Et donc, Mme la Présidente, je vais
quand même poser des questions qui touchent à la recherche, et la fragilité de
la recherche, et jusqu'à quel point les coupures dans les fonds de recherche ont des impacts difficiles et même
catastrophiques dans notre système de recherche que nous avons construit
et dont nous sommes extrêmement fiers.
que je voudrais aussi faire, c'est de nous assurer qu'on fasse le tour de la
recherche. On ne parle pas tant que ça de la recherche parce que c'est souvent des choses
qui se font à l'intérieur de cadres qui ne sont pas publics. Et on
annonce les résultats, mais on n'annonce pas toujours tout le travail qu'on
fait toute la journée. Les chercheurs ne disent pas à tous les jours qu'ils passent sept jours par semaine, parfois des nuits
entières dans leur laboratoire pour être sûrs, avec leurs étudiants, que les recherches aboutissent. Et, dans
ce sens-là, je voudrais qu'on revienne pendant la journée sur la
recherche, et sur les conditions de
recherche, et ce qu'on fait au Québec, et tenter de comprendre ce qui s'est
passé quand on parle de coupures dans
les fonds de recherche, qui, a priori, paraît extrêmement improbable, mais qui
est arrivé, et pour être sûr que, d'une part, on finisse la correction,
qui ne semble être faite qu'à la moitié, et, d'autre part, qu'on en comprenne suffisamment plus de la recherche pour faire en
sorte qu'on ne fasse plus au Québec ce type d'erreur ni l'année
prochaine ni dans les années qui suivent. Alors, c'est un beau programme, et je
vais m'arrêter là, Mme la Présidente, parce qu'on va passer à des questions
pour mieux comprendre ce qui s'est passé.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Est-ce que vous voulez, M. le député d'Orford, qu'on
ajoute votre temps à la période d'échange?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : C'est ce que je
comprends. Parfait. Merci. Donc, je vous invite maintenant à commencer la
période d'échange, M. le député d'Orford.
Reid : Mme la
Présidente, vous ne m'en voudrez pas, j'ai une requête très spéciale à faire à
M. le ministre, j'ai un caillou dans mon
soulier. Très personnel, M. le ministre, alors qu'il était journaliste, le 16
novembre 2010, a fait une erreur — du moins, c'est ce qu'il m'avait dit — dans un topo au Téléjournal. Et, ici, j'ai entre les
mains une archive du topo de Radio-Canada dans lequel il y avait quatre fois le mot « corruption » et le mot « financement douteux » , mais
il y avait — et c'est une erreur, c'est ce que le ministre m'avait dit
à l'époque — quelque chose que plus de
1 million de personnes ont entendu, qui
était ceci, c'est qu'on entendait M. Reid, député, dire que, lui aussi, quand
il était recteur, il a reçu aussi de l'argent.
Alors, évidemment, c'est un problème, quand on a une seule réputation,
évidemment, c'est un problème qui est
sérieux. Et, le lendemain, j'avais souligné au ministre, qui était journaliste
à l'époque, la difficulté. Il m'avait
téléphoné, il a expliqué que c'était une erreur de bonne foi, j'ai accepté ses
explications. Mais il m'avait aussi dit qu'à la prochaine occasion, même si ce n'était pas le lendemain, il
ferait publiquement un rétablissement des choses, ce qui n'est pas
arrivé. Il semble que l'occasion ne s'est pas présentée, je voudrais lui
présenter l'occasion, aujourd'hui, de prendre 30 secondes et de le dire.
c'est pour une raison bien simple, Mme la Présidente, c'est que mon garçon de
cinq ans, et mes petites- filles, et mes enfants, ils peuvent se faire mettre, un
jour, cette archive de Radio-Canada devant le nez, et je veux qu'ils
aient aussi la possibilité d'avoir une archive de l'Assemblée nationale, même s'il
n'y a pas 1 million de personnes qui nous écoutent aujourd'hui, pour
pouvoir dire : Non, c'était une erreur de bonne foi, et ça a été reconnu.
Alors, c'est une requête qui prendrait 30 secondes. M. le ministre, j'aimerais
ça, si vous permettez… de répondre à cette requête-là.
M. Duchesne : Mme la Présidente …
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le ministre.
M. Duchesne : Vous parlez de vos enfants et de vos petits-enfants?
M. Reid : J'ai deux petits-enfants aussi.
Duchesne : Très bien.
M. Reid : J'ai un enfant de cinq ans et des petits-enfants de trois
ans et six ans.
M. Duchesne : Mme la Présidente, bon, écoutez, à l'époque...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M.
le ministre , si je peux
me permettre, nous sommes à l'étude des
crédits budgétaires. Libre à vous, ce n'est pas à la présidente à juger de la
réponse que vous allez donner.
Duchesne : Non,
non, bien sûr. Mais, écoutez, on s'est parlé après. C'était à l'époque où j'étais journaliste, j'avais
expliqué l'erreur, et tout. Si la correction n'avait pas été assez claire, elle
devra l'être, faite. Et ça, c'est... Et, je pense, ça doit être fait clairement. Et il n'était pas question d'associer
votre personne à ces mots-là, et j'ai trop de respect pour la famille et
les enfants pour laisser entendre quoi que ce soit à ceux qui nous regardent
aller malgré des débats politiques, des fois, qui peuvent nous donner l'impression
que c'est injuste. Alors, M. le député, soyez-en rassuré.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre.
Reid : Merci, M.
le ministre. C'était essentiellement ce que je voulais qu'il se passe aujourd'hui
et qui soit enregistré dans les archives — diable! — éternelles de l'Assemblée
nationale.
J'aimerais revenir un
peu sur la santé. On va parler un peu de tout, mais, ce matin, davantage sur la
santé. Cet après-midi, un peu plus de nature et de technologie, dont on entend
moins parler dans les médias et qui, pourtant, regroupent beaucoup de monde qui
travaillent très fort et qui font des choses extraordinaires pour le Québec. En
fait, tout le monde a été pris par surprise
de l'annonce de ces compressions-là, et j'ai même l'impression que les deux
ministres concernés, le ministre de l'Éducation
supérieure et le ministre de la Santé, ont aussi un peu été pris par surprise,
puisqu'à l'automne les déclarations qui
avaient été faites par l'un et par l'autre, qu'on peut retrouver, ne parlaient
pas du tout de ça et donnaient à
penser qu'on ne toucherait pas à ça. Même le ministre de la Santé, qui a dit :
Je serais très surpris qu'on en arrive à faire ça.
Donc,
pas étonnant qu'effectivement les personnes concernées voient, de leur côté,
que c'était une erreur potentielle. L'erreur a été faite, et l'erreur, bon, comme je disais
tantôt, est actuellement en tentative de correction. Mais je voudrais revenir un peu… pourquoi c'est une
erreur. Puis il y a des choses qu'on a entendues. On a entendu encore ce
matin, 50 000 personnes qui sont sous
protocole et pour lesquelles... Il y aura peut-être une continuité de ceux qui
y sont, mais c'est 50 000
personnes pour lesquelles on ne pourra plus faire de protocoles parce que, s'il
manque de l'argent, ça va être autant de protocoles de moins qu'on
pourra faire.
parle de l'impact sur des équipes de recherche — on
y reviendra aujourd'hui — impact qui est majeur parce que c'est très fragile. Et, vous savez, les équipes
de recherche, les chercheurs, les étudiants, les professionnels, les techniciens, qui jouent un rôle très important — et c'est beaucoup, beaucoup de monde au Québec — ces gens-là n'ont pas de marge de manoeuvre financière. Un centre de
recherche ne fait pas de déficit. S'il n'a pas le budget qu'il faut, il
ne peut pas faire un déficit en cours d'année
pour finir ses projets, il faut qu'il claire du monde, comme on dit en bon
français. Donc, autrement dit, il faut qu'il
fasse des licenciements. Et, donc, ça, c'est là où il y a un élément d'erreur,
disons, qui fait que, les coupures,
ça n'a pas de sens dans ce secteur-là, et, donc, il y a une absence totale de
marge de manoeuvre.
Il y a aussi dans le
monde hospitalier des éléments assez clairs. Je pense, par exemple, aux
fondations — on y reviendra
tantôt — les bénévoles et les
fondations qui ramassent de l'argent pour la recherche. Qu'est-ce qu'on va retrouver si on s'aperçoit, à un moment donné, que
ces fondations-là s'aperçoivent que l'argent qu'ils ramassent pour la recherche en santé dans les hôpitaux est pompé,
par ailleurs, par une compression? Et je ne sais pas si... Je n'ai pas
compris encore, et peut-être qu'on aura des
détails sur le retour, là. Est-ce que la compression en santé, elle, est
effacée à 100 %, donc les
10 millions? Mais enfin, tant qu'il en reste, évidemment il y a des
difficultés de cette nature-là. Pour les donateurs comme pour les
bénévoles, il y a des questionnements qui peuvent se poser.
Évidemment,
réduire la recherche, c'est réduire toute la recherche en société et culture,
qui cherche et
qui trouve des solutions originales et innovatrices pour nos problèmes sociaux,
les problèmes du Québec. Les problèmes de
la terre aussi, entière, mais aussi, en particulier, nos problèmes à nous. Et
les problèmes de centres de recherche qui sont autant dans les cégeps, mais encore plus dans les universités, bien
sûr, parce qu'on parle de la haute pointe, mais, dans les cégeps, qu'ils sont un support régional exceptionnel, des
centres de recherche qui sont en appui à nos entreprises, au développement de ce qui est tout à fait de pointe
ou simplement du transfert de connaissances de ce qui a été découvert ailleurs sur la planète et qui puisse être
transféré grâce aux CCTT, par exemple, dans les entreprises régionales.
Alors,
cette erreur-là, il faut la corriger. J'étais heureux de voir ce matin qu'il y
a au moins un effort qui est fait dans le sens de la correction. Mais
16 millions, par exemple, si on prend les fonds de recherche,
16 millions sur 31 millions, c'est à peu près la moitié. Donc,
c'est clair que ce n'est corrigé qu'à moitié également, et les problèmes que ça
cause vont exister encore.
Moi,
j'aimerais peut-être commencer avec une question... Parce que l'élément d'erreur
que je n'ai pas mentionné encore, c'est que, dans les centres de recherche,
quand on met 1 $ qui vient d'un fonds de recherche, ce dollar-là
amène d'autres dollars sous différentes formes. Et j'aimerais peut-être que, M.
le ministre, à moins que vous vous sentiez bien
d'aplomb pour expliquer ça, dans les trois fonds, qu'est-ce que ça amène... À
la limite, M. Quirion pourrait peut-être nous aider, mais 1 $
investi — on a entendu beaucoup ça
aujourd'hui — par le Fonds de recherche
en santé, ça amène un 5 $, à peu près. C'était peut-être à... J'aimerais
ça que vous puissiez nous confirmer ça. 5 $, ça veut dire que, par exemple, les
10 millions de compressions qu'ont subies le fonds, ça pourrait se
traduire éventuellement par un 50 millions
de dollars de moins qui viendrait au Québec de la part, par exemple,
évidemment, des fonds subventionnaires fédéraux qui pourraient aller
dans d'autres provinces ou également de fonds qui viennent d'entreprises
médicales, d'entreprises pharmaceutiques
qui, elles, considèrent, et c'est ce qu'on voit... Quand on dit qu'on a une
image de recherche qui est
exceptionnelle sur la planète, c'est que les entreprises pharmaceutiques
viennent, effectivement, au Québec par rapport
à beaucoup d'autres endroits parce que, même si c'est un peu plus cher qu'à d'autres
endroits, ils sont assurés d'une qualité exceptionnelle. Donc, ça, c'est
de l'argent qui rentre ici, c'est des emplois qui sont créés ici à coups de
dizaines de millions de dollars, et j'aimerais peut-être… Si on veut
discuter de cet élément-là, j'aimerais qu'on nous concrétise exactement ce que
ça donne dans les fonds et aussi au fonds technologies.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député d'Orford. M. le ministre.
Duchesne :
Alors, Mme la Présidente, le député d'Orford disait : On a l'impression
que les ministres ont été pris par surprise. Il a bien raison, on a été pris
par surprise quand on a vu, en arrivant chacun dans nos ministères, l'état
des ministères, l'état des finances
publiques, le déficit qui était deux fois plus élevé. Et, Mme la Présidente, il
faut que je le dise au député d'Orford,
qui connaît bien le milieu de l'enseignement, comment le ministère de l'Éducation,
qui, grâce à la première ministre, a
été scindé en deux, hein… Il y a maintenant deux ministres qui s'occupent de l'éducation
au Québec dans le gouvernement de
Pauline Marois. Il n'y en a pas juste un, il y en a deux. Et comment on a
laissé le ministère de l'Éducation
dans une situation... Tu sais, vous comprenez qu'après la crise étudiante… Et,
vous savez, on parle beaucoup d'argent
de la recherche, là, la crise étudiante, Mme la Présidente, elle a coûté
90 millions de dollars. Les coûts estimés jusqu'à maintenant — on va
peut-être en trouver d'autres — 90 millions
de dollars l'année passée. La façon dont a
géré l'ancien régime la crise étudiante, c'est
ça. Alors, on va parler de recherche, bien sûr, mais il faut… Quand on dit :
Les ministres ont été pris par surprise, il
a bien raison, le député d'Orford, on était surpris. Un peu indignés même, mais
surpris.
L'autre élément surprenant, c'est de voir que le
gouvernement précédent avait une stratégie québécoise 2010-2013, mais on a été
stupéfaits de découvrir que les sommes nécessaires n'avaient pas été prévues
dans le cadre budgétaire, puis que ça se finissait, puis que, bon, on
était dans le vide. On était dans le vide et on était dans le flou, et à un
point tel, Mme la Présidente, que ça a
ameuté beaucoup de chercheurs. On s'est empressés… Vous savez que j'ai quand
même un chantier qui m'occupe un peu avec le sommet, mais on s'est
empressés de voir comment on peut s'assurer d'avancer puis de rassurer les
chercheurs pour se doter d'une politique nationale de la recherche et de l'innovation.
je vois le député de Louis-Hébert s'agiter beaucoup, il sait pourtant de quoi
je parle, hein, il était responsable de ça. Et
je veux...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Louis-Hébert, la parole n'est pas à vous, elle est au ministre, s'il vous plaît .
Hamad : …la parole…
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Non.
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : Point d'ordre,
Mme la Présidente. J'ai entendu un mot, là...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Quel est votre
point d'ordre?
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : ...qu'il
entendait des mensonges. Alors, je pense que c'est de prêter des intentions.
Alors, l'article 35 est clair là-dessus. Alors, j'aimerais ça que vous
rappeliez...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de Saint-Hyacinthe. Je ne l'ai pas entendu. Je vous invite tous à la
prudence. Veuillez poursuivre, M. le ministre.
Duchesne : Oui,
surpris. Surpris de voir qu'alors que nous démontrons notre écoute, que nous
sommes en pleine
discussion avec tout le milieu de la recherche… On a même annoncé, en plus, des
investissements dans la recherche, là,
ce qui a été annoncé ce matin. Puis on aura le temps de donner plus de détails,
j'imagine, avec le temps que l'on a ici, mais on a annoncé aussi des assises, et on consulte, et on va élargir la
consultation, puis on va s'assurer qu'elle soit réelle et que les dés ne
soient pas pipés, Mme la Présidente.
a été surpris, et je suis surpris de voir que l'ancien gouvernement tente de
nous faire la leçon là-dessus. Écoutez, quand
ils sont arrivés au pouvoir en 2003, ils ont fait des coupures de plus de
9 millions de dollars par année à la recherche.
Il n'y en avait pas, de politique, il n'y avait rien de ça, au point qu'il y a
eu des démissions en 2006-2007 de gens
dans le milieu de la recherche parce qu'ils disaient que l'ancien gouvernement
n'investit pas, il coupait à chaque année.
Ça a pris trois ans à l'ancien gouvernement pour bouger. Alors, nous, ça ne
prend pas trois ans. On arrive au pouvoir, on a des défis, on hérite… Malheureusement, l'héritage qu'on a, c'est...
Hein, d'habitude, quand on a un héritage, c'est de l'argent, mais, nous, c'est des dettes et des
déficits. Et ça, ça a une couleur, les dettes et les déficits, c'est la couleur
rouge. Alors, on va tenter de changer la couleur et on va travailler fort
là-dessus, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le ministre. M. le député d'Orford.
Reid : Oui. Mme
la Présidente, quand je vous parlais de surprise, je ne parlais pas de la
surprise dont a parlé le ministre parce qu'on sait tous maintenant que cette surprise-là, elle
était peut-être une panique basée sur de l'information partielle. Et, en particulier quand on parle de la
stratégie, écoutez, la stratégie, là, il faut des fonds pour la prochaine
année financière, pour la nouvelle
stratégie, et c'est ces fonds-là que le Parti québécois a décidé de ne pas
mettre et que, là, il veut corriger.
Mais, écoutez, les fonds pour un budget qui commence au 1er avril, ce n'est pas
des fonds qu'on décide le mois de
juin ou le mois de juillet précédent. On ne les prévoit pas un an d'avance, ces
fonds-là. On les prévoit quand on fait
le budget, quand on fait les arbitrages sur le budget, qui, normalement, se
feraient à ce temps-ci, là. Donc, autrement dit, il n'y a pas de surprise de personne de la part du Parti québécois,
à part peut-être quelques personnes qui sont nouvelles au gouvernement, là, mais tous ceux qui ont l'expérience
du gouvernement n'avaient pas de surprise, très certainement pas, à voir qu'il n'y avait pas d'argent prévu à ce
moment-là pour la stratégie parce que cet argent-là, il se prévoit au
moment de la préparation du budget. Et donc, là, ça, c'est quelque chose que je
ne comprends pas.
Non,
je parlais de la surprise qui a dû arriver quand, par exemple, le ministre de
la Santé, qui a dit le 14 novembre dans une
entrevue radiophonique avec M. Arcand à Montréal… Il a dit : « Moi, [je
n'ai rien entendu à] ce niveau-là. » M. Arcand disait : « …est-ce que c'est vrai que vous regardez, entre autres, la possibilité
de réduire les montants alloués à la recherche scientifique? » Et le ministre a répondu : « Moi, [je n'ai rien entendu à] ce
niveau-là. Au contraire, j'ai entendu les orientations gouvernementales pour stimuler la
recherche scientifique et je serais très inquiet, comme scientifique
dans mon autre vie, qu'on puisse avoir des orientations de ce type-là — o n parle de coupures — alors je n'ai pas
entendu ce genre d'orientations là. » On est au 14 novembre.
Donc, quand il a été
annoncé un peu plus tard, et pas tellement longtemps après… bien, certainement
que le ministre de la Santé a dû être très
surpris parce que, de toute évidence, il était clair pour lui, comme il l'est
pour nous et comme il l'est
maintenant pour le gouvernement, que cette compression-là était une erreur.
Bon.
Revenons
là-dessus, on a une correction partielle. J'aimerais ça, comprendre un petit
peu mieux qu'est-ce que ça veut dire, parce qu'on... Peut-être, on ne peut
rien dire aujourd'hui. Ce qu'on voit en quelque part, là, c'est que les
modalités d'attribution de cette aide feront l'objet d'une annonce ultérieure.
Est-ce qu'il s'agit de l'aide de 6,5 millions pour l'enveloppe, ici, de changements climatiques ou pour l'ensemble de l'enveloppe?
Parce que, quand on voit, par ailleurs, 16 millions pour les fonds
de recherche, on peut se demander : 16 millions pour les fonds de
recherche, ça va réduire la coupure de qui?
Est-ce que ça réduit la coupure de la Santé de 10 millions à 100 %,
puis il reste 6 millions pour les autres? Et les autres, là, ils couvrent quand même, disons, 21 millions.
Est-ce qu'on peut, à ce stade-ci, nous donner des détails? Sinon, bien,
ce qu'on dit, c'est qu'on a encore des problèmes pour tout le monde, là.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. M. le
ministre.
Duchesne : On
hérite d'une situation qui n'est pas facile, qui comporte beaucoup, beaucoup de problèmes, vous avez
bien raison. Mais on est en train de les régler, ces problèmes-là, et on va
essayer de le faire de façon responsable, à une vitesse de croisière qui
est assez rapide.
la Présidente, le député de Louis-Hébert fait des simagrées, puis là il se
lève, est-ce que c'est le comportement qu'il
doit adopter?
M. Duchesne : Et il vient de dire des mots, là, Mme la Présidente, là.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Il vient de quitter la salle. S'il se joint à nous à
nouveau, j'apporterai les correctifs
nécessaires, M. le ministre.
Duchesne :
Écoutez, donc, on est face à une situation où on se doit d'être responsables, d'avoir
un comportement responsable comme élus, hein?
Parce que les gens nous regardent, puis, malheureusement, le rapport de
confiance, là, on est obligés de le rebâtir avec la population. Parce qu'on a
dit de... Un ancien gouvernement s'est comporté
d'une certaine façon, là, il faut le faire. Je parlais à des sondeurs, moi,
dans mon autre vie qui me disaient qu'ils n'avaient jamais vu ça. Plus de trois ans d'un gouvernement qui a un
taux d'insatisfaction à 60 %, 70 %, là, on n'avait jamais vu ça. Bien, ça, Mme la Présidente, ça
laisse des cicatrices parce qu'après ça il faut rebâtir la confiance que
les gens puissent avoir en un gouvernement,
son Parlement, ses élus. Puis la démocratie, quand elle est forte, c'est au
profit de tout le monde, hein? Puis il faut qu'elle soit solide parce qu'on
sait que, je dirais, les défis à la démocratie sont nombreux. Alors, quand le député d'Orford me pose la question sur qu'est-ce
que ça donne, puis à quoi ça va servir, puis est-ce que ça va... Écoutez, là, une chose est certaine, là, on répond à
une inquiétude et on amène des sommes pour tenir compte de l'importance
et du joyau que constitue la recherche pour une société développée comme la
nôtre.
Alors,
ce matin, on a annoncé 26,5 millions de dollars, puis je suis content
parce que c'est un sacré beau travail d'équipe. Vous auriez dû voir, là, l'effort qui a
été fait de part et d'autre dans ce gouvernement. La première ministre a
compris ce qu'il se passait de façon...
comme elle saisit, dans tous les dossiers, les enjeux rapidement malgré un
contexte difficile. Le ministère des
Finances, le président du Conseil du trésor... Et on a mon collègue ministre du
Développement durable qui est venu puis qui
a dit : Oui, dans le domaine de l'environnement, il faut mettre des
sommes. Il a mis près de 7 millions dans cette opération qui vise à
dire : Il faut bâtir un pont. Il faut bâtir un pont, comme on est en train
de bâtir un pont entre les générations, Mme la
Présidente, que l'ancien gouvernement a détruit, hein, dans la question de la crise
étudiante.
Le 26 millions,
là, 26,5 millions, entre autres, il va supporter directement et
indirectement 380 étudiants à la maîtrise, doctorat, postdoctorat, 54 jeunes
chercheurs qui vont être rassurés. Puis on va leur dire, là — si ce n'est pas encore
arrivé à leurs oreilles, il y a des gens qui vont s'en occuper — 300 stages de recherche en entreprise, 97 emplois préservés ou
créés. Des techniciens et des professionnels en support aux équipes de
recherche, il y en a beaucoup, 344, là, qui sont solidifiés dans leur
rôle.
le député d'Orford posait la question sur l'effet de levier, comment on pouvait
l'évaluer, et tout. Bien, pour la somme qui est investie, 26,5, il y a un effet de
levier parce que, quand vous avez des sommes qui sont investies dans la recherche, et tout, il y a aussi l'autre palier de
gouvernement, fédéral, qui peut arriver, il y a le domaine industriel, il
y a des retombées. On parle d'un effet de
levier de 37 millions pour un 26,5 millions d'investis. Et la
recherche clinique, elle est préservée. Et je pense qu'on pourra en
reparler parce que ça semble préoccuper beaucoup — et à juste
titre — le député d'Orford.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Quelques
secondes, M. le député d'Orford.
M. Reid : ...juste quelques secondes sur ce que le ministre vient de
dire, là. C'est qu'il faut bien comprendre que
26,5 millions, c'est 26 millions de recul sur une coupure. C'est-à-dire
que c'est 26 millions qu'on aurait enlevés et que c'est 37 millions qui auraient disparu en
termes de levier. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'autre moitié qui
reste, si on maintient cette coupure-là, l'effet
levier, l'argent qui vient, il ne viendra pas non plus. Donc, on coupe dans le
levier également, c'est ça qu'il faut comprendre, là.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le député d'Orford. Nous allons maintenant du
côté du gouvernement, et je reconnais le
député de Saint-Hyacinthe.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Merci, Mme la Présidente. Alors, bonjour, M. le
ministre. Je salue tous les gens qui sont avec vous et derrière vous. Alors, je
pense, c'est important de les saluer. Je salue les collègues de l'opposition,
de la première opposition, le député d'Orford, et le député de La Prairie
pour la deuxième opposition.
Alors,
à ce moment-ci, M. le ministre, je suis très heureux de participer à l'étude
des crédits, justement, pour la recherche et l'innovation. Je veux juste faire du
pouce sur une déclaration du député d'Orford tantôt et je vais vous
allumer un petit peu. Il parlait de 1 $
investi dans la recherche et innovation… pouvait rapporter combien de dollars.
Moi, je lui poserais aussi la
question : 1 $ mis sur la dette coupe combien de dollars en recherche
et éducation? Je pense qu'on devrait faire
ce travail-là aussi intellectuellement pour savoir ce que ça nous coûte,
justement, d'avoir augmenté la dette de 30 % pendant un mandat de
neuf ans.
Ceci
étant dit, l'importance de la recherche, innovation, inutile de le souligner
aujourd'hui. Je le souligne fortement, est-ce dans des domaines d'excellence... c'est
dans des domaines d'excellence allant du développement de l'enfant à la
physique quantique. Les nouvelles connaissances créées sont partagées avec la
société. Ce partage des connaissances permet
d'apporter du dynamisme, de nouvelles façons de faire à la société et constitue
le principal impact de la recherche. C'est un investissement de
1 450 000 000 $. Plus de 537 millions sont retournés
en soutien aux étudiants.
dit : « Le fondement d'une société du savoir
est assurément sa capacité de recherche. Dans tous les domaines, de la santé aux sciences physiques, en passant
par les sciences sociales et humaines et le génie, la contribution de la recherche à la société est manifeste. [...]Le
Québec a depuis fort longtemps fait figure de société pionnière en
matière de politique de recherche. »
Qu'on pense maintenant
au rayonnement à l'international. Je pense, c'est un point qui est quand même important. « L'ascension de puissances émergentes telles que la Chine,
l'Inde [et] le Brésil génère de nouveaux défis
pour les États occidentaux qui tentent de conserver leur position sur l'échiquier
international. La recherche et l'innovation ainsi qu'une main-d'oeuvre qualifiée
permettront au Québec de se distinguer de ses concurrents. »
« [Les] étudiants, enseignants et
chercheurs, qu'ils soient québécois ou étrangers, [assurent] la diffusion de savoirs québécois,
[contribuent] ainsi à l'apport du Québec au patrimoine universel. [Ceux qui
seront] alors des ambassadeurs du savoir québécois.
« En ce qui a trait à la recherche, son
ouverture aux collaborations internationales permet au Québec de s'associer aux meilleurs chercheurs, d'acquérir de
nouvelles expertises, de partager les ressources et les risques, de réduire le chevauchement et d'augmenter l'impact de diffusion.
La visibilité et la crédibilité mondiales du Québec, grâce aux collaborations internationales, permettent
également d'attirer des investissements étrangers — qui manquent beaucoup au
Québec ces dernières années. » Alors, je pense que c'est un effort
des chercheurs et des futurs étudiants. « Les chercheurs québécois s'insèrent ainsi dans des réseaux internationaux d'envergure
et sont en mesure de faire bénéficier le Québec des plus récentes
découvertes. »
Comment le
gouvernement du Québec, M. le ministre, compte-t-il soutenir dans le futur la
recherche et l'innovation?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député. M. le ministre.
Duchesne : Mme
la Présidente, je vais prendre juste, peut-être, une petite minute pour, quand
même, parler, oui, de… Quand vous posez la
question du comment, il y a nos trois fonds de recherche, nos trois fonds de
recherche qui, par le
biais, bien sûr, de notre scientifique en chef... Et il y a, chacune, une
direction pour ces trois fonds-là avec une supervision du scientifique
en chef. Je dirais, ce modèle-là a permis aux universités québécoises d'être
encore plus compétitives par rapport au
Canada pour l'obtention, entre autres, de fonds de recherche des organismes
fédéraux. Il y a une cohésion dans
notre système de recherche où l'État est près mais confie à des gens la gestion
de ces fonds, l'orientation, et ça fonctionne.
fonds de recherche, ils ont soutenu — et ils
continuent à le faire — la mise sur pied d'équipes de regroupement stratégique. Ils contribuent à la
constitution de partenariats de recherche avec l'université et les milieux dans
tous les domaines. Et il faut soutenir la
relève. Ils le font par le biais de bourses d'excellence à la maîtrise,
doctorat et au niveau postdoctoral. Et, il faut le dire, là, ces
fonds-là suscitent l'admiration, et pas juste au Canada, mais ailleurs. Les
fonds permettent de structurer de façon unique la recherche, de s'assurer qu'il
y ait une appropriation aussi de ses résultats et que la formation d'un capital
humain se fasse essentiellement pour le développement de la société.
Au député de
Saint-Hyacinthe, je dis que la façon dont on va soutenir la recherche et l'innovation,
c'est de se doter aussi d'une bonne politique nationale avec des principes. On
va, je dirais, les préciser dans les semaines à venir parce qu'on aura, bien sûr, des assises nationales au mois d'avril. Mais
on peut déjà vous dire, au niveau des principes, qu'il y a des choses assez claires, là. L'accroissement du bien commun,
pour notre gouvernement, pour la société québécoise, ça va de soi, et l'amélioration
de la qualité de vie, hein, de la population, on fait de la recherche pour ça.
cette politique nationale, on va la faire dans le but de placer le Québec dans
une position de chef de file, avec des
alliances avec les milieux universitaires, les cégeps et des PME puis des
grandes entreprises aussi. Il y a déjà des regroupements, il y a des
consortiums qui sont bien installés. J'ai fait l'annonce d'un nouveau, là.
Medteq, on pourra en reparler tout à l'heure.
L'intervention
gouvernementale, elle est là tout au long de la chaîne d'innovation, à partir
de la recherche fondamentale jusqu'à la
commercialisation à la fin de la chaîne. Et ça, c'est pour appuyer tous les
acteurs d'un système d'innovation qu'on veut efficace.
faut qu'il y ait un écosystème. Je parlais tout à l'heure d'une des
particularités, là, c'est de travailler beaucoup
en équipe, et tout ça. J'ai parlé à des
jeunes chercheurs, il n'y a pas très longtemps, pour un événement, là, lié à un
centre de recherche pour la santé, qui
étaient allés aux États-Unis, et qui revenaient au Québec, et qui me disaient
l'avantage linguistique aussi parce que… Et
la personne parlait très bien anglais, là, ce n'était pas le problème, là. Elle
est allée aux États-Unis, mais on fonctionnait beaucoup aux États-Unis
de façon beaucoup plus détachée, alors qu'en revenant au Québec il y avait un travail d'équipe et qui était
lié pas juste à l'équipe du groupe, mais avec d'autres groupes de d'autres
universités ou de d'autres centres, et comment ça permettait de donner des
résultats plus rapides.
Alors,
il y a des objectifs poursuivis par les efforts de notre gouvernement, puis c'est,
bien sûr, toujours de stimuler au bout du compte… on parlait de la qualité de
vie, mais donc un développement économique, un développement social puis un développement culturel. Et la politique de
recherche, qu'on devrait être capable d'annoncer à la fin septembre, va
aller dans ce sens-là…
M. Duchesne : Pardon, fin septembre, qu'est-ce que
je dis? Fin du printemps, bien sûr. Fin septembre, on sera ailleurs, j'imagine. Pourquoi fin septembre? Je ne
sais pas trop, là, c'est à... Alors, à la fin du printemps.
Et il y a déjà des
collaborations importantes, hein? Il y a déjà beaucoup de mémoires qui ont été
déposés, une centaine. Et ça, ça a commencé
à la fin de l'année dernière, et des mémoires qui ont été... enfin, qui ont...
Et là on a vu le rôle de l'ACFAS, l'association
francophone pour le savoir, qui a piloté, qui s'est assurée de coordonner le
déploiement de ces mémoires, et de l'ADRIQ,
l'Association de recherche industrielle du Québec, et ces partenaires-là seront
là aussi avec nous. Puis, s'il faut
aller en chercher d'autres, on va élargir, on va le faire, bien sûr. C'est une
priorité gouvernementale. Il y a le
sommet, là, mais il y a cette politique, et on la mène en parallèle. Et cette
nouvelle politique là sera bientôt, bien sûr, assortie de crédits
supplémentaires qui vont donner lieu à des actions structurantes. Alors, voilà,
M. le député.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. M. le
député de Deux-Montagnes.
Goyer : Oui, Mme
la Présidente. Merci. Ma question concerne le rapport de Secor. Mais, avant, j'apprécierais retenir le propos du ministre, à savoir la
recherche, c'est vital, surtout au niveau des questions environnementales. Je voudrais le témoigner moi-même pour, dans une
autre vie, avoir été président d'un centre de tri, le centre de tri
Tricentris, qui fait la récupération de
30 % des matières recyclables au Québec, où, pour aller de l'avant et pour
trouver de nouveaux débouchés pour le
verre — e ntre autres, le verre, c'est un
produit qui est difficile à trouver de nouveaux marchés — p our la récupération du verre, on s'est alliés avec l'Université
de Sherbrooke. Je suis convaincu que le député d'Orford va être content d'apprendre que la chaire de recherche en
béton de l'Université de Sherbrooke s'est associée à Tricentris pour
développer un nouveau produit qui va permettre de récupérer le verre et de l'incorporer
dans le béton, dans la recette du béton, et de faire en sorte qu'on puisse
économiser à ce niveau-là et trouver un nouveau marché pour le verre.
même compagnie a fait affaire avec le CRIQ, le Centre de recherche industrielle
du Québec. Je ne sais pas si M. le ministre est accompagné des représentants du
CRIQ ou de la chaire de recherche de l'Université du Québec, mais, en ce
qui concerne le CRIQ, Tricentris a signé un protocole pour faire en sorte qu'on
puisse faire de la recherche fondamentale sur la fumée de silice — qui est le produit le plus dispendieux dans la recette du
béton — avec la récupération du verre. Donc, on peut voir jusqu'à quel point la
recherche, au Québec, se dirige sur des choses concrètes, et d'autant
plus que la boucle terminée fait en sorte qu'on a des redevances qu'on peut
donner soit au centre de recherche ou à l'Université de
Sherbrooke sur le verre. D'ailleurs, Tricentris s'était engagé à donner une
redevance au centre de recherche.
Cela étant dit, vous
avez en main des recommandations du rapport Secor concernant le Plan québécois
des infrastructures, sur le processus de planification des projets. Et, ce
plan-là, on précise dans le rapport Secor qu'il y a 16 recommandations qui ont été émises en ce qui concerne le plan noté.
Ça fait que ma question au ministre, finalement, c'est : Pouvez-vous nous dire comment vous pouvez répondre aux
recommandations du rapport Secor qui se rapportent aux infrastructures
de recherche? Voilà.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. M. le
ministre.
Duchesne : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Pour répondre à M. le député, oui, l'étude Secor...
Parce qu'évidemment
l'étude Secor ne parlait pas que des dépassements de coûts, hein? Et je me
permets quand même de vous dire que
ces dépassements de coûts là des projets d'infrastructure mis en place par l'ancien
gouvernement sont considérables. Je regarde l'échangeur Turcot, on avait
prévu 1,5 milliard, on parle d'un coût évalué maintenant à 3 ,6 milliards, 141 % de dépassement. Les
voitures de métro de Montréal, on prévoyait 1,2 milliard, on est à
2 474 000 000 $, dépassement
de 105 millions. Ça fait partie, ça, des ministres surpris, là. Je faisais
partie des ministres surpris par tous ces programmes d'infrastructure qui ont fait l'objet de dépassements. Et l'étude
Secor nous dit que, pour les 10 plus grands projets, les dépassements,
ça va de 80 % en montant.
Mais, heureusement
pour nous, pour se dégager une vision d'avenir, le rapport Secor ne parlait pas
que de malheureux dépassements, là,
provenant de l'héritage du précédent gouvernement, il nous parlait du programme
québécois d'infrastructures, le PQI, comme
un outil gouvernemental qui doit être transparent parce que, là, on parle de
réinvestissements en infrastructures
publiques réalisées par le gouvernement. Le PQI — on
l'appelle comme ça — 2011‑2016 , c'est
des investissements de 42 milliards, 42,2 milliards pour l'ensemble
des ministères. C'est beaucoup, beaucoup d'argent. Et, là-dessus, ce PQI 2011‑2016 , les
infrastructures de recherche, ça représente environ 5,9 % des
investissements. Donc, on parle d'un montant d'à peu près 555 millions dans le cadre du
Programme de soutien à la recherche, volet 2, appui au financement en infrastructures de recherche et du
cofinancement du Québec à la Fondation canadienne pour l'innovation. C'est
tout le nom, là, du programme.
Alors,
les recommandations de Secor, on les accueille avec satisfaction. Il faut,
effectivement, que les pratiques de gestion des projets d'infrastructure et de
recherche, qui sont déjà bien rodées, efficaces, continuent de l'être.
Concernant l'encadrement du programme PQI, donc tous les projets sont inscrits
à ce programme-là. Et, pour mieux planifier les besoins — c'est beaucoup à ça que ça sert aussi — le ministère, donc, a demandé aux établissements de recherche des plans de développement des infrastructures et de
recherche.
Pour
la période 2011‑2016 , incluant, donc, les besoins des
organismes à but non lucratif de recherche, ceux- ci s'élèvent quand même à 3 milliards. Dans ce contexte, donc, il y
aura seulement, bien sûr, des projets prioritaires qui vont être autorisés. Et, pour la priorisation, bien sûr, des projets,
vous le savez, la Politique nationale de la recherche et de l'innovation, qui est en préparation, va servir à
nous donner des bonnes indications sur cette priorisation-là parce qu'il
faut faire ressortir les secteurs porteurs de la recherche et de l'innovation
puis en faire des priorités d'investissement.
la reddition de comptes, le ministère autorise chacune des factures à partir de
critères de dépenses admissives, ce qui garantit un suivi rigoureux et régulier des
dossiers. Et le ministère s'assure aussi que les établissements prennent
toutes les mesures adéquates pour que les
projets se réalisent dans le respect des échéanciers et des coûts prévus. Et,
s'il le faut, le ministère peut, lorsque
nécessaire, mettre en place des mesures d'accélération des travaux pour éviter
certaines situations, là, de travaux en période hivernale ou des choses comme
ça parce que ça pourrait avoir des effets directs, on le sait, là, sur l'augmentation
des coûts de réalisation.
Alors, voilà, il y a
beaucoup à dire là-dessus. Il y a des partenariats aussi, il y a des modèles
qui existent, et il s'agit de s'assurer, dans le développement de tous ces
vastes programmes d'infrastructure… de voir à ce que ça se développe de façon correcte, suivant les objectifs
qu'on a fixés et dans un cadre de planification qui respecte les
échéanciers des coûts fixés.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. Je reconnais maintenant le député de Deux-Montagnes?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Sherbrooke.
M. Cardin : J'ai combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Il vous reste
environ quatre minutes.
M. Cardin : Quatre minutes. M. le ministre,
bonjour. Bonjour à tout le monde de l'opposition et mes collègues. Nous savons,
bien sûr, évidemment, qu'il y a eu des coupures, mais il y a eu un rajustement
aussi d'annoncé ce matin. Mais j'aimerais savoir, concernant les fonds,
les fonds qui ont été particulièrement affectés, est-ce qu'à l'intérieur de ces
fonds-là il y avait une correspondance aussi
ou bien s'il y avait des sommes dédiées à la recherche au fédéral qui
venaient, d'une certaine façon, compléter les
fonds de recherche qui sont affectés présentement? Et de quelle façon ces investissements-là, les investissements fédéraux, pourraient
composer à faire en sorte que la situation se continue favorablement pour l'ensemble
des universités, entre autres choses?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. M. le ministre.
Duchesne : C'est intéressant de
parler, effectivement, de la présence et du lien qu'il peut y avoir avec les investissements qui proviennent du palier du
gouvernement fédéral en recherche, là, pour maximiser — c'est
ça, l'idée, hein — nos
investissements à nous. On vous l'a dit tout à l'heure sans aller dans une
ventilation, là, qui est complète que les
effets de levier juste pour l'argent qu'on a annoncé, là, 26,5 millions
pour la recherche, ce matin, l'effet de levier de 37 millions, il y a une
partie qui vient de ça, là, de la présence,
donc, du gouvernement fédéral qui a comme conséquence d'ajouter de l'argent
ou de développer un projet qui nous amène encore plus loin, projet de
recherche.
À
titre d'exemple, en 2011‑2012 , les Instituts de recherche en santé
du Canada, ils ont investi 230 millions
de dollars dans la recherche en santé au
Québec, 28,5 %, à peu près, des attributions totales des instituts de
recherche pour le Canada. C'est un
investissement qui est important. Vous savez, la population du Québec, on en
est rendus à peu
près à 23,1 % de la population du Canada,
et, depuis 2002, le Québec a reçu plus du tiers du financement de ces Instituts
de recherche en santé qu'on appelle les IRSC
dans les domaines, entre autres, du vieillissement — o n en parlait, hein, c'est
un défi important pour nos sociétés, mais en
particulier pour le Québec — m ais dans
les neurosciences, la santé mentale, trop
souvent, là, négligée beaucoup, la toxicomanie, le cancer, tout le domaine de
la nutrition et ce qu'on appelle l'univers du métabolisme et diabète.
2011... Ça, c'est 2002, là, plus du tiers allait dans ces domaines-là. En 2011‑2012 …
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre.
Malheureusement, c'est tout le temps que nous disposions du côté du gouvernement. Nous allons
maintenant du côté du deuxième groupe d'opposition. Je reconnais le
député de La Prairie. M. le député, vous avez, pour ce bloc-ci, un temps
qui vous est alloué de 12 min 30 s.
M. Le Bouyonnec : Merci, Mme la présidente. M. le
ministre, évidemment, on vous entend souvent, en
réponse aux questions, parler de l'héritage
libéral. Trop souvent, là, tant qu'à moi, parce que, finalement, il serait
intéressant aussi de parler de l'avenir
puis parler des intentions de votre gouvernement concernant l'innovation. On a
vu déjà, au niveau de la recherche,
que vous aviez posé des gestes, et, heureusement, vous aviez partiellement
reculé. Mais, parmi les choses qui ont été
faites dans les dernières années par le précédent gouvernement, moi, je
souligne, entre autres, la nomination d'un chef scientifique pour le gouvernement. Et j'imagine que vous avez eu le
temps de prendre connaissance de ce qui a été implanté par M. Quirion et
les politiques, en fait, qui recadraient et qui tentaient de mettre une
cohérence à l'ensemble de nos activités de
recherche et d'innovation. Et la question que je serais porté à vous poser, c'est :
Finalement, de ce point de vue là, qu'est-ce
que vous reprochez… qu'est-ce qui vous stimule à ce point que vous décidiez de
faire un sommet, un nouveau sommet,
comme si le Québec n'avait pas déjà, depuis des années, été capable d'encadrer,
justement, l'innovation, la
recherche? Je ne dis pas qu'il n'y a pas des améliorations à faire, mais, en
vous présentant pour former le gouvernement, j'imagine que le Parti québécois avait déjà des idées sur ce qui ne
marchait pas puis ce que vous souhaitiez qui marche mieux. Moi, ça m'inquiète quand je vois un sommet
comme ça pour tenter de redéfinir alors qu'on sait que, déjà, il y avait
des bonnes pistes qui avaient été amenées dans les dernières années.
Donc, ma question, entre autres par rapport
aux coupures, par rapport aux fonds de recherche, par rapport aussi... On voit que le
financement fédéral diminue par rapport à la taille des financements que nous
avions dans le passé, on est passés de 30 % à 25 %. On voit qu'il
y a des demandes aussi de certaines universités pour que le fédéral augmente sa
contribution au niveau des frais indirects
de recherche. Donc, il y a certains chantiers comme ça qui sont encore en
place, mais, sur les coupures — je reviendrai à la question fédérale plus tard — sur les coupures, est-ce qu'un avis a été demandé? Je ne sais pas si le scientifique en chef
peut répondre. Et peut-être pourrait-il répondre avec toute sa rigueur
scientifique, justement. Y a-t-il un avis qui lui a été demandé sur l'impact
moyen, long terme des coupures qui ont été
imposées aux universités de manière générale, et plus particulièrement au
niveau des fonds de recherche? Et, si cet avis-là, vous ne l'avez pas demandé, M. le ministre, est-ce que je peux
me permettre, moi, de m'adresser à lui avec l'accord de la présidente et lui demander, à lui, comme
scientifique en chef, comment il entrevoit ces coupures-là puis quel est
l'impact sur les activités de recherche et d'innovation au Québec?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le ministre.
M. Duchesne : Mme la Présidente, la raison pour
laquelle on a annoncé un réinvestissement, c'est qu'il y avait la fin brutale d'une stratégie planifiée par l'ancien
gouvernement et qu'il n'y avait plus d'autres crédits de planifiés, et il fallait répondre à ça. Et pourquoi il y a des
assises — pas un sommet, hein, c'est des assises — pourquoi
il y a des assises? C'est que le milieu de la
recherche s'est mobilisé depuis plusieurs mois, et il s'est mobilisé avec
encore plus de force depuis les dernières semaines, et qu'il y a un nouveau
gouvernement, et que, si on veut se relancer, là, après la fin de cette
stratégie-là, et se donner une nouvelle politique nationale, ce nouveau
gouvernement va s'assurer d'imprimer des principes qui sont partagés par la
société dans laquelle il baigne. Parce qu'il y a eu une élection puis il y a eu
un changement, et il faut définir sur
quelles bases on veut relancer tout le milieu de la recherche. On parlait du
bien commun tout à l'heure, il y a
déjà un signal important, là. La nouvelle première ministre a mis la recherche
dans le ministère… sous l'autorité du ministère de l'Enseignement
supérieur, ce n'est pas banal.
Alors, ce nouveau
gouvernement va mettre en place… et va consulter. Et ça ne devrait pas vous
inquiéter qu'on consulte les gens. En tout cas, moi, à date, la plupart du
temps, dans l'autre dossier, là, on pourra en parler… Parce
que vous me parliez tout à l'heure de coupures dans les universités, puis je
vais en parler avec joie. Mais, dans l'autre dossier, les discussions, c'est
compliqué, mais ça avance et ça permet surtout de désamorcer des tensions qui
ont été très fortes, là. On se souvient de l'année dernière.
Quand
on parle d'étude d'impact ou d'étude sur des coupures universitaires, vous
savez, quand on est au pouvoir, on a une responsabilité, c'est de s'assurer de
bien tenter d'évaluer... Puis votre question est pertinente pour ça parce
qu'il faut évaluer les conséquences que peuvent avoir nos mesures sur l'ensemble
de la société. Il y a des conséquences politiques,
il y a des conséquences économiques, sociales et autres. Bien, quand je vois
que, l'année dernière, on a fait un calcul qui était d'augmenter de
325 $ les droits de scolarité sans s'assurer de voir quelle pouvait être
la conséquence, comment toute la société allait réagir à tout ça, je trouve que
c'est une erreur de gestion et une irresponsabilité assez importante parce que ça a duré six longs mois,
hein, cette crise-là, puis il y a encore des... on voit, là, tout ce que ça
traîne derrière, cette période d'instabilité là.
Un gouvernement doit
être capable de prendre des mesures, oui, mais de les appliquer, d'être capable
de les appliquer. Le précédent gouvernement
a adopté une loi, la loi n ° 78, et votre formation politique, de la deuxième opposition, vous avez
voté en faveur de la loi n ° 78 qui est devenue la loi n ° 12. Vous avez favorisé l'adoption de cette loi, et, quand on adopte une loi
comme ça, on doit s'assurer que ça va avoir un effet bénéfique. Je sais qu'un
des candidats à la direction du Parti
libéral du Québec, député d'Outremont, nous dit, lui, que la loi n ° 78, ça a apaisé les tensions.
Bien là, on ira voir dans les revues de presse, on ira voir sur YouTube
les images, images insoutenables selon l'ancienne ministre de l'Éducation,
Mme Line Beauchamp. On ira voir les images puis on ira voir si la population
considère que la loi n ° 78, ça a apaisé les tensions.
Alors,
pour répondre à votre question, oui, quand on adopte des mesures, quand on
envisage la préparation d'un projet de loi, il faut s'assurer de voir, un, si c'est
applicable, et, deux, s'il y a une acceptation sociale, et, surtout, si
on est capable d'appliquer la loi ou la
mesure. Et, dans la recherche, on... Et je suis content qu'on passe plusieurs
heures là-dessus, là, qu'on ne parle
pas uniquement d'enseignement supérieur, parce que la recherche, c'est le genre
de décision gouvernementale qui a un impact à long terme, qui s'assure
de ne pas perdre entre les mailles du filet des chercheurs brillants, des professeurs motivés, des liens très
bénéfiques pour le Québec entre certaines PME ou entreprises avec des chercheurs, puis qui vont nous permettre... qui
vont offrir à la société québécoise ensuite des progrès considérables.
Et on les a, les défis. On les connaît, les
défis. J'en parlais tout à l'heure, du vieillissement de la population, les
enjeux environnementaux, et la nouvelle
génération, avec qui on bâtit des ponts, là — on
parlait de ponts ce matin à l'Assemblée
nationale — la nouvelle génération
nous attend sur ces questions.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député de La Prairie.
Le Bouyonnec :
Merci, Mme la Présidente. Merci, M. le ministre, là. Qu'en est-il du dossier,
finalement, du financement des frais indirects de recherche? Êtes-vous en contact ou
avez-vous été en contact avec votre homologue fédéral pour voir où ce
dossier en est rendu, pour faire en sorte que nos universités, quant à la
recherche, surtout commanditée par le fédéral, puissent avoir cette
augmentation de 10 % à 20 %? Je ne sais pas si vous...
Duchesne : Oui,
oui. Non, non, mais c'est très, très pertinent, ça. Les frais indirects de
recherche, il faut le dire, là, tous les frais liés, il y a, bien sûr, un projet, il y a, bien
sûr, des chercheurs, mais il y a de l'équipement puis un paquet de choses qui est lié à ça. Et le Québec,
là-dessus, a une bonne réputation, là, à l'endroit du monde de la
recherche. Je parle du gouvernement du
Québec, qui est capable, puis avec ses fonds, à tenir compte de cet élément-là
des frais indirects. Et, vous avez
raison, le gouvernement fédéral, il a une espèce de dette historique, là, qui
date depuis des années là-dessus, où ce
n'est pas inclus, hein? On avance de l'argent, mais on oublie une
partie du
montant. Et ça plombe, ça, hein, ça plombe les travaux qui sont faits,
la suite parce que l'infrastructure, tout ça, on le sait, ça peut être
considérable, là, comme investissement.
Alors,
il y a eu — et ça, c'est une position, ça fait
partie des positions traditionnelles du Québec chez des anciens gouvernements — des demandes de faites là-dessus, et on en est le relais.
Là-dessus, je dois vous dire, là, on est dans
une suite et on veut s'assurer de revenir en
force pour bien questionner le gouvernement fédéral à savoir est-ce qu'il peut
tenir compte et est-ce qu'il peut tenir compte, même, du retard, là, parce qu'il
y a des sommes accumulées.
ça, c'est la même chose par rapport — et vous m'en
donnez l'occasion — à l'espèce de recul qu'il y a eu du gouvernement fédéral
dans, je dirais, l'enseignement postsecondaire, hein? On le sait, à partir du
milieu des années 90, il y a eu une
espèce de frein. Et il y a eu quelques corrections depuis, mais qui ne nous
permettent pas de penser qu'on a corrigé un sous-investissement. Et,
là-dessus, je n'ai pas de crainte à utiliser le mot. Alors, oui, il
faut… C'est une question pertinente, puis il
faudra voir comment on peut s'assurer de voir quels seront les gestes qui
pourraient être posés par le gouvernement fédéral là-dessus.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. M. le député de La Prairie.
Puis je vous rappelle qu'il vous reste deux
minutes.
M. Le Bouyonnec : Deux minutes. Oui, en fait, sur cette
question, là, qui m'apparaît importante… Puis je
sais que vous êtes occupé, M. le ministre,
en ce moment avec d'autres dossiers, mais ce dossier-là, nous, la recherche, ça
nous apparaît très important, et, entre
autres, la situation de la discussion avec le gouvernement fédéral. Est-ce que
vous avez pris contact ou avez-vous l'intention
de le faire? Est-ce que c'est un dossier, pour vous, qui va être prioritaire?
Parce qu'on voit bien que les sources de revenus, elles sont rares en ce
moment, que ça soit le privé, que ça soit les étudiants, que ça soit... Et il y a certainement une manière, là,
de faire en sorte, si le gouvernement fédéral pouvait contribuer
davantage, comme il a semblé indiquer qu'éventuellement...
Sauf que, comme vous le dites, ça traîne. Qu'est-ce que le gouvernement du Québec… qu'est-ce que vous, vous pourriez faire
comme ministre pour insister davantage et permettre à nos universités puis à nos organismes de recherche, là,
rapidement, d'avoir un peu de soulagement venant de ces demandes
historiques?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Quelques secondes, M. le ministre.
M. Duchesne : Bon, d'accord, rapidement. Mais vous
savez que cette question-là a été abordée aussi sur la façon dont le gouvernement fédéral voit la recherche, se
désinvestit d'une certaine façon ou fait des choix actuellement, en tout cas, d'une
recherche qui est de plus en plus dirigée, là. C'est questionné beaucoup par
une bonne
partie de notre communauté des chercheurs ici. Alors, ça a été abordé
dans le cadre des rencontres préparatoires, on verra comment ça atterrira pour
le sommet.
Mais, par rapport au gouvernement fédéral, il
est prévu, je crois, la semaine prochaine ou l'autre, une conférence téléphonique
des ministres responsables de recherche et d'innovation du Canada. Alors, nous
serons, bien sûr, présents et nous allons faire valoir nos positions de
façon la plus claire possible.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le ministre. Nous retournons du côté de l'opposition officielle, et
je reconnais M. le député d'Orford.
M. Reid : Merci, Mme la Présidente. Les
coupures qui ont été annoncées ont envoyé des messages difficiles à beaucoup de monde.
Et, malgré le fait qu'on ait fait un effort pour rattraper la moitié de ces
coupures-là, il en reste encore, et le
message qui a été envoyé va rester un message négatif tant qu'il n'y aura pas
rapidement un retour de l'ensemble de ces sommes-là qui ont été
enlevées, finalement, des budgets de recherche.
Et je voudrais commencer par un message qui a
été envoyé aux fondations, à ceux qui donnent de l'argent et à ceux qui ramassent de l'argent bénévolement pour la
recherche. Et, rapidement, quelques courriels. Un courriel de Lucie Piché qui nous dit, en parlant de Mme
St-Pierre, Michèle St-Pierre, là, qui a participé à la campagne, disons, et
qui dit : « …malgré sa maladie et ses épreuves,
elle livre inlassablement des témoignages bouleversants — bénévolement, bien
sûr — dans le but d'amasser des fonds
pour la recherche…. » Donc, on ramasse des fonds pour la recherche.
Le président, Christian Lessard, du C.A. de
la Fondation de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
mentionne, dans une lettre qu'il a envoyée au ministre et qu'on a reçue,
plusieurs d'entre nous, il dit, entre autres :
« Nous craignons que les coupes
annoncées causent un déséquilibre pouvant se répercuter sur plusieurs générations. » Évidemment, c'est une fondation qui ramasse de l'argent pour la
recherche, et le message, évidemment, c'est que vous ramassez de l'argent, puis, d'un autre côté, on
vient le chercher. Alors, évidemment, c'est un message qui peut avoir
des impacts assez négatifs si on ne se dépêche pas de corriger le tir et de le
corriger peut-être pas juste à la moitié, là.
Un autre petit bout, ici, d'un courriel de M. François Beaulieu , qui dit... Il parle de sa conjointe, effectivement, qui a un protocole de recherche, et il dit :
« Nous récoltons des fonds pour la recherche un petit pas à
la fois, un dollar à la fois en convainquant
nos familles, nos amis, nos collègues, nos connaissances de donner. Vos
coupes — il parle, évidemment, au ministre — au
Fonds de recherche du Québec — Santé n ous font reculer d'un million de pas en arrière. »
Quotidien d'aujourd'hui parle d'une lettre, je pense, d'une opinion de M.
Métivier, chef de la direction, Fondation
des maladies du coeur et de l'AVC, Québec, qui dit entre, autres choses, ici :
« La Fondation des maladies du coeur et de l'AVC
est profondément inquiète de l'annonce du gouvernement du Québec de réduire de
10 millions de dollars le budget [des] fonds de recherche [du]
Québec [en] santé. » Parce qu'eux ramassent de l'argent pour la recherche. Et, l'argent, ils en font rentrer pour la recherche,
mais, par ailleurs, le gouvernement en fait sortir. Alors, évidemment, c'est
un message très inquiétant.
Et, juste pour donner une idée de l'ampleur,
là, par téléphone, on a eu quelques informations concernant la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Québec,
du CHUQ, et qui a 539 bénévoles qui travaillent pour ramasser de l'argent, entre autres, pour la recherche. Parce que, dans l'argent
qu'ils ramassent, ils ont donné 31 % de cet argent-là à la recherche, c'est-à-dire 1,4 million de dollars. L'année
dernière, également la Fondation du Centre hospitalier de l'Université de Montréal — il
n'y a pas le nombre de bénévoles, ça doit être plus que 500, c'est encore plus gros — et qui, elle, a réussi à ramasser pour la recherche,
qui a donné pour la recherche 28 % de ce qu'elle avait ramassé, c'est-à-dire
3,6 millions de dollars. Et, à l'Université de Sherbrooke, la fondation du
centre hospitalier, qui, avec 500 bénévoles, recueille 1 million de
dollars l'année passée.
Alors, autrement dit, là, il y a beaucoup de
monde qui donne de l'argent à la télévision, des fois par des téléthons ou d'une
autre façon. Il y a beaucoup de bénévoles, une armée de bénévoles, au Québec,
qui travaillent pour faire rentrer de l'argent dans les centres de
recherche universitaires... hospitaliers, plutôt, qui sont souvent des centres
de recherche universitaires aussi, mais pas uniquement, et là le message qu'ils
reçoivent, c'est : Bien, la recherche, oui, mais on va couper. Et j'aimerais ça que le ministre nous
donne une autre raison que de dire, bon, quelque chose qui est un peu
éculé et dont on sait que ce n'est pas tout
à fait exact, que c'est la faute aux libéraux, c'est la faute aux libéraux.
Écoutez, les choix ont été faits par le gouvernement, et la preuve qu'on
peut faire des choix différents, c'est qu'aujourd'hui on recule au moins de 50 % des coupures qu'on avait
faites. Donc, qu'est-ce qu'on dit à ces gens-là? Est-ce qu'on tient compte de
ces travailleurs bénévoles, en fait,
probablement plusieurs milliers de personnes qui, bénévolement, ramassent de
l'argent pour la recherche et qui reçoivent un message extrêmement négatif
quand on a une compression gouvernementale qui vient pomper par la porte de
gauche l'argent qu'eux autres font rentrer par la porte de droite?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député. M. le ministre.
M. Duchesne : Mme la Présidente, je le rappelle,
là, il n'y a pas de compressions, il y a la fin d'une stratégie mise en place par le précédent gouvernement. Et il n'avait
pas prévu de suite à sa stratégie, donc il y a un trou. Nous, actuellement, ce qu'on a fait, c'est qu'on a bâti
un pont pour ne pas tomber dans le trou. C'est ça qu'on a fait. Il n'y
en a pas, de compressions.
le député d'Orford, que je respecte beaucoup, nous dit : Tout ça commence
toujours avec un budget. Bien oui. Alors, nous, là, on en a déposé un, budget,
rapidement. Si ça avait été le précédent gouvernement, son budget, il
aurait été déposé quand, vous pensez? Comme
d'habitude, en mars, avril. Donc, au moment où on se parle, là, on serait en
plein trou. Alors, ce n'est pas la situation, hein? Et on est tellement
responsables que non seulement on nous dit... on vous annonce une politique nationale qui s'en vient, des assises, on fait en
même temps un sommet pour rassembler tout le monde dans des rencontres
préparatoires, dont le milieu de la recherche, mais on parle aux gens, et les
gens nous écoutent. Et je tiens à annoncer,
là, que les centres de recherche, tous les centres de recherche en santé du
Québec disent la chose suivante :
« Aujourd'hui, le gouvernement a
démontré qu'il entendait respecter son engagement de soutenir la recherche. Il réaffirme
ainsi sa volonté d'offrir aux Québécois des soins de pointe grâce aux travaux
des chercheurs de chez nous. [...]nous
en sommes satisfaits. »
Et c'est le directeur du Centre de recherche du CHU de Québec, le Dr Serge
Rivest, qui dit
ça, et il s'exprime au nom des 18 centres de recherche en établissements de
santé du Québec, ceux qui ont lancé la campagne Je suis Michèle ,
ils sont heureux.
rappelle que, depuis 10 ans, « les
budgets des centres de recherche n'ont été ni augmentés ni même indexés » . Je veux bien arrêter
de parler du passé, mais je ne suis pas le seul à en parler, hein? Il y a un
héritage, hein? Et les centres de recherche indiquent qu'ils « souhaitent
participer aux assises sur la recherche annoncées par le ministre Duchesne » . Donc,
voilà des gens à qui on s'est adressés, qui se sont adressés à nous et qui sont
satisfaits.
Alors,
le gouvernement prévoit déjà un pont. Ce n'est pas des coupures, ça, M. le
député d'Orford, un pont, c'est de s'assurer
qu'on ne tombe pas dans un trou. Ça me fait penser un peu, dans l'autre
dossier, du conflit étudiant, la présidente
du Conseil du trésor de l'ancien régime a écrit à la ministre de l'Éducation
pour lui dire : Vous devez couper 265 millions.
Ils ont fait ça l'année passée. Bien, la présidente du Conseil du trésor qui a
écrit à la ministre de l'Éducation de
l'ancien régime, elle ne s'est pas comprise parce qu'elle ne l'a pas fait, la
coupure de 265 millions. En plus, c'était la même personne, c'était Michelle Courchesne, elle
ne s'est pas comprise en se parlant à elle-même. Et nous, on est... oui,
on fait partie... je fais
partie des ministres surpris qui doivent gérer cette
situation-là. Nous sommes responsables.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député d'Orford.
Reid : Bien, je
suis un peu surpris du discours que... Moi, je ne comprends pas la cohérence, honnêtement, là. Le
trou pour les centres de recherche, c'est une compression qui n'est pas encore
là. Dans l'année en cours, ils n'ont pas cette compression-là, on est
encore sur la SQRI. Et il n'y a pas de trou, donc il n'y avait pas de problème
là. Et la question, c'était de s'assurer qu'au
budget il n'y ait pas de trou. Et le budget, bien, il ne se prépare pas au mois
d'août. Si vous avez décidé de faire un budget à l'automne, c'est autre chose.
Et je ne comprends pas ce discours-là du tout, là. J'essaie, là. J'ai pourtant un doctorat en mathématiques, ça… un petit
peu de logique dans ma tête, mais je ne le comprends pas, là.
contre, il y a un autre message que vous avez reçu et dont j'aimerais bien
parler un petit peu, c'est le message qui est envoyé aux étudiants, aux chercheurs,
etc., par cette compression-là. Parce que la compression, là, quand... on
a beau dire qu'il n'y a pas de compressions,
comment ça se fait que les centres de recherche ils regardent ça puis ils se
disent : Comment est-ce qu'on va faire
pour arriver? C'est parce qu'il y a une compression en quelque part. Les
centres en santé, vous avez peut-être dit... M. le ministre a peut-être
dit, Mme la Présidente, aux gens des centres de recherche quelque chose qu'il
ne nous a pas dit ici. S'il comble le 10 millions qu'il a coupé en santé,
je comprends qu'ils sont heureux. Maintenant, s'il coupe la moitié, bien ils ne
seront pas si heureux que ça. Donc, j'ai hâte de voir ce qu'il en est.
Mais
l'autre message, c'est donc aux étudiants, aux chercheurs. Et moi, j'ai un
petit courriel ici, et quelqu'un qui s'appelle Martin Sauvageau et qui dit la chose
suivante : « Je
suis chercheur postdoctoral dans le domaine biomédical à l'Université de
Harvard. J'ai effectué mon baccalauréat à l'Université de Montréal et mon
doctorat à l'Université McGill. Jusqu'à
tout récemment, mon intention était de rentrer au pays d'ici deux à
trois ans afin de trouver un poste de professeur- chercheur dans une université québécoise et
diriger mon propre programme de recherche. Par le fait même, j'aimerais
beaucoup faire profiter la population québécoise de mon expertise, mais pas à n'importe
quel prix. Votre position m'oblige à reconsidérer
sérieusement mes options. Force est de constater que, si vous allez de l'avant
avec votre projet de coupures, je n'aurai
d'autre choix que de m'exiler définitivement et de m'établir ailleurs qu'au
Québec. Je peux vous assurer que
cette attitude est partagée par plusieurs de mes collègues qui sont dans la
même situation que moi en ce moment. »
c'est un étudiant-chercheur. Il y a des chercheurs qui sont ici qui se font
faire des offres ailleurs, et ces gens-là ont reçu le message suivant. C'est qu'on avait un
financement qui nous permettait de fonctionner, et la fin de SQRI... Là,
il faut faire attention, là, les chercheurs,
ils ne peuvent pas juste dire : On t'engage puis on n'accepte que les
projets de recherche qui vont finir
au printemps 2013, là. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. C'est assez
compliqué d'organiser la recherche,
donc ils s'attendent... Et le gouvernement précédent a toujours donné le signal
que ça continuait, il n'y a aucun
problème là-dessus. Donc, ils ont continué, effectivement, à faire leur travail
et à maintenir un centre de qualité.
Moi, ce que je voudrais savoir, c'est :
Est-ce que ce message-là, qui n'est pas disparu, là, parce qu'on coupe... parce qu'on
retrouve... C'est-à-dire qu'on enlève la moitié de la compression puis on en
garde encore une moitié qui est là, là, le message n'est pas disparu.
Est-ce que vous n'avez pas peur, vous, comme tout le monde, là, qui regarde la recherche, que ce message-là va faire peur à des
étudiants, potentiellement, qui pourraient revenir ici, à des chercheurs
de qualité qui vont se faire recruter? Ce n'est
pas facile de recruter, puis, aujourd'hui, on recrute à l'international.
Quand on recrute ailleurs pour un centre de recherche,
bien, on essaie, autant que possible, d'avoir du monde qui parle français,
hein, surtout s'il faut qu'ils enseignent à l'université. Alors, c'est une
condition sine qua non.
L'inverse n'est pas vrai. Les Américains,
quand ils viennent recruter ici — les
universités américaines et les centres de recherche américains — ils savent que la plupart de nos chercheurs se
débrouillent très bien en anglais, qu'ils
peuvent chercher, travailler en équipe et
enseigner en anglais. Donc, on a une concurrence qui est extrêmement difficile.
Le message qu'ils ont reçu est un
message qui arrive dans un environnement de concurrence très difficile pour
garder nos chercheurs, pour rapatrier
nos étudiants qu'on envoie à l'extérieur et pour être capable d'aller en
chercher d'autres. Et, notamment, il y
a des chercheurs — on a déjà réussi à le faire — il y a des chercheurs qui sont dans une autre université,
par exemple américaine,
depuis plusieurs années et qu'on réussit à aller chercher. Il y a des choses
qui nous aident. Comme, par exemple, quand ils ont des enfants qui
poussent — on parlait d'enfants au
début — quand ils commencent à l'école,
c'est sûr qu'il y a plusieurs Québécois
francophones qui disent : Bien, j'aimerais mieux que mon enfant soit un
Québécois francophone qu'un Américain anglophone puis que je ne sois pas
capable de parler à mes petits-enfants...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le député d'Orford, c'est parce qu'il va rester une minute au ministre pour
répondre.
M. Duchesne : Bien, je vais répondre rapidement.
Bien, moi, je suis heureux que ce chercheur arrive en 2013 au Québec parce qu'il
y a une politique nationale de la recherche, il y a un réinvestissement, et on
va s'arranger pour qu'il revienne, si
c'est dans le milieu universitaire, où il n'y a pas de policiers sur les
campus, pas d'injonctions, puis que, surtout, qu'on donne des cours puis qu'on fasse de la recherche. On travaille
fort là-dessus, on appelle ça de la stabilité. Parce que, dans un cadre
de recherche, il faut quand même qu'il y ait un peu de stabilité autour de
nous.
Et je lui dis de parler, ce jeune chercheur,
aux 18 centres de recherche en établissements de santé du Québec qui disent : « Aujourd'hui, le gouvernement a
démontré qu'il entendait respecter son engagement de soutenir la recherche. [Le gouvernement]
réaffirme ainsi sa volonté d'offrir aux Québécois des soins de pointe grâce aux
travaux des chercheurs de chez nous. » Voilà, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Nous allons
maintenant du côté du gouvernement , et je
reconnais M. le député de Sherbrooke. La parole est à vous.
Cardin : Merci, Mme la Présidente. M.
le ministre, pour faire suite un peu à ce que nous disions tantôt concernant, peut-être, l'aide du fédéral, il m'est
venu à l'esprit justement, puisque vous aviez parlé, tout le monde
ensemble, vous aviez parlé un peu du passé et comment les choses sont
survenues, ça me faisait penser, justement, lors de la dernière élection, à l'Université de Sherbrooke, s'était tenu un débat
qui était appelé Science, on tourne!, une initiative des étudiants à la maîtrise et au doctorat, et ce
fut un échange plus qu'agréable. Et tout le monde était unanime, suite à
tous les échanges qu'il y avait eu, tout le
monde était unanime que l'important était vraiment la recherche, l'innovation
et qu'il fallait que les universités soient aidées dans ce sens-là.
Et on avait parlé de quatre éléments à l'intérieur
de la recherche scientifique comme telle, on avait parlé, bien sûr... quatre
situations, comme les jeunes, par exemple. Les jeunes ne sont pas
nécessairement beaucoup attirés par les sciences, et donc comment y arriver. Donc, on donnait des
exemples à l'effet, Expo-Sciences, des événements que je suis depuis plusieurs années de façon très régulière et dont
je suis, à chaque année, épaté, tout simplement, pour voir comment que
les jeunes peuvent avoir de l'imagination et
de la recherche. Et on avait parlé aussi des femmes en sciences et dans la
recherche comme telle, et on nous disait que
c'est le seul endroit où les femmes ne sont plus en majorité, ne sont
pas en majorité dans les études était les
sciences. Et on parlait aussi de l'image des sciences, qu'il y avait, pour les
jeunes qui pourraient peut-être penser s'y orienter, comme un élément de
difficulté.
Donc,
les professeurs et les chercheurs qui étaient à cette activité-là de débat
essayaient d'énoncer vraiment comment
pallier à ces quatre éléments-là... c'est-à-dire trois parce que je n'ai pas
encore dit le quatrième. Le quatrième, c'était
effectivement les gens qui travaillaient, qui faisaient de la recherche et qui
poursuivaient leurs études, que ce soit à la maîtrise, au doctorat, et faisaient état du grand besoin qu'ils
avaient que les bourses, entre autres choses, continuent, persistent et
même qu'on investisse plus. Et, conscient comme vous, M. le ministre, je disais
que oui parce que, pour moi, c'était
fondamental. Quand j'étais dans une autre vie, quand j'étais député au fédéral,
j'ai été longtemps porte-parole au niveau du commerce international, et
puis on n'a pas à travailler longtemps au niveau du commerce international pour s'apercevoir qu'en bout de ligne le nerf de
la guerre, la compétition va se faire au niveau du savoir, donc au
niveau de la recherche et de l'innovation.
Aujourd'hui, on a encore certains éléments,
que ce soit l'environnement qui fait qu'à un moment donné on peut aller produire
ailleurs, profiter de ces choses-là, ce qui devient d'une certaine façon du
dumping, qu'il soit environnemental, qu'il
soit social, comme les salaires qui sont très bas. Mais, un jour, tout ça, ça
va s'équilibrer. La seule chose qui va rester, c'est l'innovation, c'est la recherche, c'est la science. Ça va passer
par là. Donc, il faut être, bien sûr, à la fine pointe de tout ça et
être très compétitif puis très actif.
Et je disais, d'ailleurs, pendant ce débat-là
qu'effectivement c'était une priorité pour un gouvernement du Parti québécois et que les quatre ans qui suivraient notre
élection, bien, donneraient suite à cette volonté-là. Et, d'ailleurs, quand on fait des engagements de cette nature, on
ne pense pas à un gouvernement minoritaire, on pense à un gouvernement
majoritaire, et pour avoir toutes les capacités, les possibilités d'appliquer
ce qu'on cherche.
Et, à ce moment-là, en
plus… Vous avez parlé des surprises, là, qui sont survenues, que ce soit le
1,6 milliard et aussi la fin des programmes. Parce que je le vois, là, comment ça
fonctionne, là. On s'aperçoit qu'à un moment donné un gouvernement peut ne pas parler de différents
programmes, mais il ne commence pas à les reconduire, par exemple. Parce
qu'il y en a qui commençaient à avoir certaines craintes au niveau de la
recherche. Même, j'en ai vu à l'Université de Sherbrooke
qui commençaient à avoir des craintes. Donc, la volonté du gouvernement, ce que
les gens devraient comprendre, c'est
effectivement, oui, d'aller plus loin au niveau de la recherche, et c'est ce qu'on
se propose. Et le fait d'avoir… Un,
il ne faut pas l'oublier, le ministre de la Santé l'a dit, vous l'avez dit qu'étant
conscients qu'il fallait gérer correctement
et avec précaution vous avez, en même temps, essayé de minimiser les impacts.
Et, même aujourd'hui, là, avec l'ensemble
des données, bien là vous êtes décidé à investir, à investir pour éviter de
prendre du retard, et ça, c'est tout à votre honneur, que je pourrais
dire, et à notre honneur, indirectement, bien sûr.
Et puis, si je reviens quand même dans ce
contexte-là, je voudrais que, peut-être, si vous avez... Si vous vouliez, tantôt, terminer un peu l'aspect du gouvernement
fédéral, qui, bien sûr, on l'a dit tantôt, a ralenti au niveau de ses subventions à la recherche. Non seulement ralenti,
mais réorienté souvent. Donc, la recherche, qu'elle soit fondamentale ou appliquée, je veux dire, elle est nécessaire,
et il faut avoir des... Il y a encore des sommes d'argent de disponibles
au fédéral, et comment vous voyez la façon d'aller chercher même plus que la
part du gâteau qui pourrait nous revenir?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Duchesne : Oui. Alors, oui, effectivement, je
vais répondre à votre question sur l'attitude du
gouvernement fédéral puis j'en parlerai…
Vous parliez tout à l'heure de concours liés à la valorisation de la science,
et tout, j'aurai des choses aussi,
dans quelques minutes, à vous dire là-dessus. Mais c'est vrai, il y a une
diminution des enveloppes dédiées aux
grands concours d'infrastructure, là, de la Fondation canadienne pour l'innovation
et le retrait du fédéral de certains programmes
stratégiques. Ça, on le voit. L'appui aux ressources majeures du Conseil de
recherche en sciences naturelles et
génie du Canada, c'est une réalité. Et le rythme d'investissement du
gouvernement fédéral a ralenti, et le renouvellement des équipements… est toujours un défi. Et, pour
les universités, les infrastructures de recherche sont essentielles pour
réaliser les travaux pertinents. Et les
infrastructures, c'est également un facteur majeur pour l'attraction et la
rétention de chercheurs et d'étudiants. Un chercheur, dont nous parlait le
député d'Orford tout à l'heure, il faut bien s'en occuper. Sur la valorisation de la science, la
promotion de la science, vous savez, notre ministère a un programme, NovaScience, qui soutient 16 organismes, des
petits organismes, un à 13 employés. Une trentaine de projets; il y a
une douzaine d'ententes là-dessus, et ça
couvre neuf régions, dont Montréal. Et vous avez des organismes là-dedans dont
le but, là, c'est de valoriser, vulgariser,
synthétiser la science pour le grand public, accroître la qualité, la quantité
de l'information scientifique,
promouvoir les sciences et l'ingénierie, entre autres auprès des jeunes
autochtones qui fréquentent des
écoles qui sont situées, là, dans des communautés des premières nations et
inuites. Et ça existe depuis plusieurs années, et ces petits organismes
dépendent vraiment de subventions gouvernementales, dont celles de notre
ministère, et les subventions varient de 5 % à 70 % du revenu de ces
organismes.
Et vous en avez, là, qui sont… Je pourrais en
donner des exemples, là, des organismes ou des initiatives. Vous avez — c'est un peu plus connu, ça — les Prix du Québec scientifiques. Vous connaissez? C'est
la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec, issue, là,
de la
Loi sur les concours, etc. J'ai remis de ces prix puis j'étais
avec mon collègue aussi Maka, collègue
ministre de la Culture, parce qu'il y avait aussi les prix de la culture
simultanément.
Et, depuis 1922, hein — bien,
les prix, en soi, sont devenus une institution — il
y a 124 scientifiques qui ont été récompensés, dont huit femmes. De toute évidence,
il faut augmenter la présence féminine parce qu'il y a là un
déséquilibre un peu étonnant dans la remise
des prix, parce qu'on sait qu'elles sont présentes et elles sont de plus en
plus... Je voyais, là, les statistiques qui confirment une majorité de
femmes dans les facultés de médecine, entre autres, et c'était dans les
dernières murailles qui n'avaient pas été franchies par les femmes.
Alors, les Prix du Québec, donc, ont le pouvoir
de stimuler la visibilité de la recherche, mettre en valeur, faire parler, présenter aussi à ceux qui s'intéressent à
la science et aux jeunes des modèles aussi.
Vous avez Expo-Sciences. Et ça, c'est plus qu'une
compétition scientifique, là, ça crée des liens avec des scientifiques aguerris,
le grand public et des jeunes. Encore là, c'est presque devenu une institution,
ça fait 50 ans que ça existe.
Voyez-vous, lors de la finale d'Expo-Sciences, la Super Expo-Sciences
Hydro-Québec, les 100 meilleurs projets du Québec provenaient de 12
finales régionales qui ont cumulé avec cette finale, et les gagnants, bien sûr,
deviennent des ambassadeurs, hein, pour la relève scientifique.
Vous avez le projet de la Caravane Défi, des
jeunes qui deviennent des chimistes d'un jour avec les sarraus, les lunettes, gants,
qui sont comme dans un vrai laboratoire. Ça s'adresse à des jeunes de deuxième
secondaire, dont les jeunes autochtones,
toujours, de l'ensemble du Québec. Et on s'aperçoit que ça a un impact parce qu'on
a toujours des témoignages de ces
jeunes-là ou même d'étudiants, là, universitaires, et autres. Et je pense que c'est
une des façons de mettre en valeur tout l'univers de la science, de la
recherche, l'univers de l'enseignement supérieur.
Parce que, je le répète, on peut parler
beaucoup d'accessibilité puis d'essayer de définir c'est quoi, le montant, hein, qu'on
souhaite pour avoir accès à l'université, hein? Il faut peut-être éviter de s'engager
dans des débats semblables. Est-ce
que c'est 325 $? Est-ce que c'est 100 $? Est-ce que c'est 50 $?
Est-ce que c'est 45 $? Parce qu'on s'aperçoit qu'une des barrières importantes à l'accès au savoir, à
la recherche comme étudiant, disons, universitaire ou de cégep, c'est la
perception, dans certains milieux, que l'université,
ce n'est pas fait pour eux. On n'a pas parlé encore d'argent, là. C'est
la perception, chez certaines familles, qu'on ne sera pas capable de se rendre
là parce que notre histoire passée, notre environnement social, la façon dont
on vit en famille, ce n'est pas pour nous.
Pourtant,
le savoir, l'intelligence, ce n'est pas lié au porte-monnaie, ce n'est pas lié
à un passé qui est plus difficile, où on travaille plus parce que le sort nous
a moins... ce n'est pas lié à ça. L'intelligence, les jeunes têtes, se développe, et il faut les
encourager puis il faut trouver une façon, nous autres, je dirais, comme
gouvernement, d'envoyer un message
clair que, oui, l'université est accessible à tous, puis le cégep aussi, et on
peut faire de la technique, puis on peut
faire de la recherche, on peut faire des études supérieures avec ces diplômes,
et que le gouvernement va appuyer les jeunes
qui ont peut-être une situation sociale plus difficile. On a un programme de
prêts et bourses, il y a du soutien qui s'exerce, et il y a des professeurs excessivement motivés. On l'a tous,
là... Je pense que beaucoup d'entre nous se souviennent d'au moins un professeur qui nous a amenés à nous projeter
dans un avenir qui a été lumineux. Et ils sont là encore, ces professeurs-là. Donc, il faut échapper
le moins possible de nos jeunes qui ont une capacité de se rendre loin
parce que, comme société, on ne peut pas se permettre de laisser tomber une
jeunesse comme ça.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Compte tenu de
l'heure et qu'il y avait déjà un caucus qui était prévu dans cette salle, nous
allons ajourner nos travaux. Nous allons les reprendre cet après-midi, à
15 heures, et nous poursuivrons au-delà de 18 heures, en soirée. …les différents
leaders à cet effet. Merci beaucoup.
(Suspension
de la séance à 12 h 59)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
chers collègues. Puisque nous avons débuté nos travaux à 15 h 11 et qu'une
période de 2 h 26 min — ceci inclut les 26 minutes qui n'ont pas été faites cet avant-midi — doit être consacrée à l'étude de ce volet cet après-midi,
y a-t-il consentement pour poursuivre nos
travaux au-delà de l'heure prévue, qui était 17 heures? Donc, nous irions jusqu'à
17 h 37. Il y a consentement?
voix : Consentement.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Afin de mieux poursuivre nos
travaux, je vous informe du temps approximatif qu'il reste à chacun des
groupes parlementaires pour l'étude de ce volet : du côté du
gouvernement, environ 59 minutes; du côté de l'opposition officielle, environ
1 h 8 min; du deuxième groupe d'opposition, environ 13 minutes.
Lors de la suspension de nos travaux, ce
matin, la parole était au député de Sherbrooke, et je vous invite donc à poursuivre votre intervention, M. le député. Et le temps
qu'il vous restait était environ de cinq minutes.
M. Cardin : Merci, Mme la Présidente. Lorsque
nous nous sommes quittés, au début de l'après-midi, j'avais fait quand même une petite présentation de ce que j'avais
vécu pendant la campagne électorale concernant les sciences à l'Université de
Sherbrooke. Et puis, en allant sur mon ordinateur ce midi, j'ai retrouvé mes
feuilles puis je veux juste vous amener une petite réflexion, et puis qui se...
Je vous lis ce qu'il y avait d'écrit ici : « Le développement d'une économie du savoir . L'Estrie est une région qui a
toujours su se démarquer par sa formation universitaire de haut calibre, notamment dans le domaine des sciences et du
génie. »
Il est évident, M. le ministre, qu'il faut...
Ce que nous proposions à cette époque-là, puis je veux... Pour être satisfait de notre
rencontre aujourd'hui, ce que j'aimerais, c'est que, quand on va partir d'ici,
les gens vont être convaincus qu'au Parti
québécois notre intention était et sera toujours d'investir le plus possible,
mais dépendamment aussi des circonstances, dans ce cas-ci des circonstances qu'on nous a laissées. Et vous avez
parlé d'héritage, et puis, si, au lendemain des élections, nous avions été devant un notaire, nous aurions pu
toujours refuser la succession après en avoir fait l'inventaire. Mais,
dans ce cas-ci, on est obligés de vivre avec.
Et puis, en fin de compte, c'est mon
objectif. Les gens doivent être convaincus parce que c'est le nerf de la guerre dans l'économie
du savoir et pour les années à venir. Et je suis convaincu que vous partagez ça
avec moi, et avec mes collègues, et
avec tout le parti gouvernemental, c'est que, vraiment, on a besoin d'investissements.
Et, comme on l'a promis, on va procéder à l'investissement au moment
opportun, et je sais que ce ne sera pas très long.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Duchesne : Oui. La recherche... Écoutez, vous
avez raison, là, c'est un héritage un peu étrange qu'on a reçu, là, il est
composé de dettes et de déficits. Mais, qu'est-ce que vous voulez, je ne peux
pas, moi, aller cogner à la permanence du
Parti libéral du Québec puis dire : Vous devez me faire un chèque de
90 millions. C'est ça qu'a coûté la crise étudiante, la façon dont vous l'avez gérée. Je ne peux pas
aller à la permanence du Parti libéral du Québec puis leur dire : La
session d'été… Parce que vous n'avez pas
négocié avec les jeunes, il y a eu une session d'été au cégep, puis ça a coûté
30 millions pour les salaires des
profs. Je ne peux pas aller à la permanence du Parti libéral pour le demander.
J'aimerais ça, mais… Ils nous disent
qu'ils l'ont trouvé, le 30 millions. Ils nous ont fait un chèque pas de
fonds, puis là on doit s'arranger avec ça. Mais on va le faire, on va prendre nos responsabilités et on va s'assurer
qu'on ne se retrouve plus dans une situation
où le Québec a laissé ses campus et ses cégeps dans une position où l'instabilité
règne, où les cours ne se donnent pas
dans beaucoup d'endroits, puis on laisse des forces policières puis des juges
ou des avocats essayer de gérer une crise ou laisser les recteurs gérer
ça, les directeurs de cégeps, les directeurs généraux parce que le gouvernement
ne veut pas prendre ses responsabilités. On va essayer d'aller ailleurs.
Et la recherche, c'est une position, c'est, comment
je dirais, un canal vers l'avenir, la recherche, dans une société. Et, vous le savez, on l'a annoncé ce matin,
nous allons investir des montants supplémentaires pour combler... Pour ne pas tomber dans un trou que nous avait laissé le précédent
gouvernement, il faut un pont. Et ce pont, il est de 26,5 millions de dollars. Il est d'ailleurs salué. On l'a
vu, tous les centres de recherche en santé du Québec viennent de saluer le geste du gouvernement, le geste de
confiance qu'on exprime envers tous les chercheurs, et les réactions
sont donc positives. Et on va continuer à
maintenir un bon rapport avec le monde de la recherche et à les consulter pour
que la prochaine politique nationale de la recherche et de l'innovation que
notre gouvernement va annoncer d'ici la fin du printemps puisse rejoindre les objectifs des gens qui connaissent ça,
les chercheurs, mais aussi les centres de recherche, aussi les institutions d'enseignement supérieur,
qui ont un rôle, puis aussi une discussion avec beaucoup de centres de
valorisation, puis des PME, puis des gens de l'industrie qui veulent aussi, à
leur façon, être un acteur dans ce monde de la recherche.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre, c'est tout le
temps qui était disponible du côté du gouvernement. Nous allons retourner du côté de
l'opposition. Et je veux juste faire une précision que j'ai oubliée au début de nos travaux, nous sommes toujours sur le
volet Recherche et innovation. Et je reconnais maintenant le député d'Orford.
Reid : Mme la Présidente, je
passerais la parole au député...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Au député de Lotbinière-Frontenac?
Reid : …de Lotbinière-Frontenac parce
qu'on voudrait parler un peu des CCTT, et c'est la question qu'il veut poser.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Allez-y, M. le député. La parole est à vous.
Lessard : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors donc, ma question au ministre, elle sera la suivante. Donc, suite au dépôt des crédits en décembre
dernier et suite à l'analyse qu'en ont faite les centres de transfert technologique, dont deux des 46 centres se
retrouvent chez nous, à Thetford, soit le centre de technologie en
oléochimie industrielle ainsi que celui en
matières plastiques, minérales et minières... Alors donc, le réseau a analysé,
donc, l'analyse des coupures, voyant
une réduction de 19 % concernant le soutien à la science, à la recherche
et à l'innovation et de 16 % pour
les organismes dédiés à la recherche et à l'innovation. Quand on sait que ces
centres de recherche là vivent avec un budget
de fonctionnement d'environ 300 000 $, c'est pour ça que, le 16
janvier dernier, ils vous interpellaient par lettre demandant, un, une rencontre pour la participation
au sommet, on en convient. Mais le deuxième volet était concernant la nature des coupures de 63 millions qui
allaient affecter leur fonctionnement, pensant même mettre un peu en
péril... parce qu'ils doivent monter des dossiers avant de générer,
nécessairement, des partenariats.
Par la suite, ils ont obtenu une rencontre
avec vos sous-ministres concernant l'année en cours parce que les craintes étaient pour l'année
en cours, nécessairement pour les coupures se terminant au 31 mars et
pour l'année 2013‑2014 . Je pense que, pour l'année en cours,
ils ont obtenu la garantie qu'il n'y aurait pas de réduction de leur budget de
fonctionnement, donc ne participant pas à l'effort que vous leur demandez ou,
en général, pour les autres fonds de recherche. Mais, sur la question de
2013‑2014 ,
ils ont été avisés, je crois, qu'ils allaient être mis à contribution.
question pour laquelle ils me demandent, c'est : Quel est le montant qui
sera demandé par les centres de transfert technologique? Et est-ce qu'ils
pourraient, eux autres aussi, bénéficier d'une amélioration ou même d'une
annulation de cet effet, puisque les autres centres de recherche ou les autres
fonds viennent aujourd'hui de recevoir une bonification?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Duchesne : Oui. Merci, Mme la Présidente. Pour
répondre au député de Frontenac, effectivement les centres collégiaux de
transfert de technologie, hein, au Québec, jouent un rôle important, ils sont
liés au... C'est dans le réseau collégial.
Ça rayonne partout dans le Québec, dans votre comté, mais ailleurs aussi, à
beaucoup d'endroits. Il y en a 46, et six en pratiques sociales
novatrices et 40 en technologie. Alors, nous, ce qu'on a fait... Il faut
comprendre que les centres collégiaux, ils
ont un budget de base, quoi qu'il arrive, ils ont un montant. Et l'ancienne
stratégie, qui arrête, qui cesse au
mois de mars, fait qu'au budget de base qu'avaient les CCTT s'ajoutait un
montant lié à la stratégie. Alors, vous aviez ce budget de base plus un autre montant. Alors, le fait que la
stratégie n'était plus en fonction, on tombe dans une période de vide. Et c'est ça, là, c'est cela sur
lequel on s'est attelés, c'est d'avoir un pont d'ici à ce qu'on puisse
mettre en place une suite à cette stratégie-là, qui est la politique nationale.
Alors, je veux vous rassurer là-dessus. De la
même façon que les fonds de recherche, que des organismes, des centres de
recherche, ou des consortiums de recherche, ou des groupes liés à la recherche
bénéficient de notre pont, les CCTT vont bénéficier aussi de notre pont.
Il va y avoir aussi un montant d'injecté pour permettre, là, qu'à travers leur budget régulier il y ait aussi, même
s'il n'y a pas encore… Hein, comme je vous disais, la stratégie n'est
plus là, la politique nationale n'est pas là, il y aura un pont aussi pour...
Parce qu'on trouve que c'est vital, hein? C'est lié à l'enseignement collégial, et, pour nous, les cégeps ont une position
stratégique importante en enseignement supérieur et en recherche.
M. Lessard : Donc, si on résume, pour l'année 2012‑2013 , vous avez eu la
confirmation de votre ministère comme de
quoi il n'allait pas y avoir de réductions ou de compressions. Pour l'année 2013‑2014 , à cause de l'incertitude créée sur la mise à contribution, vous avez créé
aujourd'hui le pont qui leur permettra donc d'envisager que le
financement de base de près de
300 000 $ va être là, ce que je comprends, plus une tranche
additionnelle pour permettre d'aller jusqu'au sommet ou la rencontre sur
la nouvelle politique, donc, qui leur permettra de continuer de faire leurs
activités.
Puis,
comme vous le mentionniez, je pense, c'est très important. Ces centres-là
permettent de l'innovation, de l'exportation.
Donc, comme on peut rappeler un certain exemple, exemple, le centre de
transfert technologique en oléochimie à
Thetford, travaillant, exemple, avec l'Institut des nutraceutiques à Québec et
d'autres partenaires, ont créé, exemple,
Nutra Canada, qui est un centre qui fait la production d'extraits de fruits et
de légumes, qui valorise particulièrement
les espèces nordiques comme la canneberge, les bleuets sauvages et les fraises,
travaille avec Biscuits Leclerc, qui a permis à Biscuits Leclerc d'être le
premier vendeur de biscuits au Canada sur les biscuits anticancer. C'est
probablement avec ça qu'on traverse mieux les frontières puis qu'on bat
Nabisco.
Dans
le discours de la première ministre lors du passage à la Chambre de commerce du
Montréal métropolitain, elle indiquait d'ailleurs que le gouvernement
avait l'intention d'atteindre 3 % du PIB, donc, en budget de recherche.
Ma question, c'est : Quand ça commence?
Et puis est-ce que les centres de transfert technologique, qui ont adressé la
question à la première ministre de participer à la politique, seront invités et
seront consultés pour la mise en place de cette nouvelle politique?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le ministre.
M. Duchesne : Oui. Écoutez, effectivement, les exemples de produits,
même, qui sont développés suite à des travaux menés par les centres collégiaux
de transfert de technologie sont nombreux, et on en a... Vous en avez donné quelques-uns, et il y en a beaucoup. Alors, il
faut savoir que, si on parle, un, du sommet, les cégeps sont un acteur de
premier plan qui est lié, là. On parle
beaucoup des universités, mais ils sont là, hein, puis il y a des mesures liées
à tout ça. Et, pour ce qui est de la
recherche, on a annoncé des assises pour le mois d'avril en prévision de la
politique nationale, et les cégeps et les CCTT, bien sûr, sont invités à
participer, à présenter des mémoires. Il y en a déjà, d'ailleurs, parce qu'il y
avait déjà une consultation qui avait débuté, et ils sont invités à participer.
Et, à chaque fois que j'ai l'occasion, d'ailleurs, de me déplacer sur notre territoire pour rencontrer ou voir des cégeps,
s'il y a des CCTT, on va les visiter. Alors, voilà, pour l'essentiel, ma
réponse.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Nous allons maintenant avec M. le député d'Orford.
Reid : Oui, Mme
la Présidente. S'il ne reste pas beaucoup de temps, on pourrait peut-être
ramener ça sur les trois autres blocs. Comme
ça, on aurait des blocs plus complets.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait. Donc,
nous allons aller maintenant du côté du deuxième groupe de l'opposition. La
parole est à vous, M. le député de La Peltrie... La Prairie, excusez.
Le Bouyonnec :
Oui, La Prairie, oui. C'est assez fréquent comme erreur. Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, collègues du gouvernement. M. le ministre, j'aimerais revenir encore à
la question des assises, là, après le sommet. On a plus de difficultés à comprendre l'utilité des
assises sur la recherche… création d'une nouvelle politique nationale.
On comprend que, pour le Sommet sur l'enseignement
supérieur, les frais de scolarité, il y avait un besoin de tenter, peut- être, d'avoir un consensus, ce qui semble être une
tâche qui va être difficile à atteindre, mais, concernant les assises,
on se pose la question, et j'aurais aimé, et
je ne sais pas si vous seriez prêt à accepter ça, que… Je reviens avec ma
demande de ce matin d'avoir le
scientifique en chef du Québec parce que je me rappelle que nous avons créé ce
poste, justement, pour avoir quelqu'un qui puisse coordonner l'ensemble
des activités gouvernementales, faire ce travail, là, ce travail de
consultation avec les milieux, et je me doute un peu qu'en arrivant au
gouvernement vous avez dû certainement avoir des discussions avec le
scientifique en chef pour lui dire : Écoute, qu'est-ce qui va? Qu'est-ce
qui ne va pas dans nos mécanismes de recherche?
Alors,
ma question, ce que je m'interroge : A-t-on vraiment besoin d'assises sur
la recherche? Ce qui a été mis en place sous
le précédent régime n'était-ce pas, dans un premier temps, suffisant, et il n'y
avait pas une question de continuité, de
poursuivre dans la même veine, d'obtenir peut-être un rapport plus complet du
scientifique en chef dans ses constats puis dans les choses qui ont été
mises en place? Et, autrement dit, je ne sais pas si ça pourrait être possible
pour lui de répondre, puis après je vous reviendrais avec une question
complémentaire, là, sur cette politique-là.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de La Prairie. M. le ministre.
M. Duchesne : Mme la Présidente, si nous avons... Je pense que c'est
comme ça qu'on procède, là, c'est ma première
étude de crédits. Moi, je serais prêt à laisser la parole au scientifique en
chef du Québec, M. Rémi Quirion, pour répondre à la question de la
deuxième opposition. C'est comme ça qu'on procède, j'imagine.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui. Je
demanderais de vous identifier.
M. Quirion (Rémi) : Oui. Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, et ça
me fait plaisir d'intervenir ici aujourd'hui. Pour les assises, finalement, c'est
une grande consultation. Il y en a déjà eu d'autres, comme vous avez dit, avec l'ADRIQ, l'ACFAS,
mais ça va permettre de mettre toutes ces personnes-là autour de la même table,
en plus d'autres intervenants comme,
par exemple, les directeurs de centres et instituts des fonds santé, des
regroupements des fonds Société et
culture et Nature et technologies et, finalement, d'arriver, on espère, à cette
journée-là, à un consensus pour ce qui est de l'écosystème de la
recherche et de l'innovation au Québec, la recherche fondamentale et le support
à la recherche fondamentale, la recherche
plus appliquée, la recherche dans les universités, dans les collèges et le
partenariat avec l'industrie. Donc, c'est ce qu'on veut, arriver au sommet, aux
assises pour inscrire tout ça dans la future PNRI.
Donc,
je pense qu'il y a beaucoup d'enthousiasme des collègues sur le terrain, dans
les universités, pour participer aux assises, et on espère bien, là, qu'en
travaillant ensemble, travaillant en équipe, on va être capables d'arriver à
quelque chose d'assez costaud et de novateur pour bien positionner le Québec,
là, pour tout ce qui est recherche et innovation au XXIe siècle.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M.
Quirion. M. le député de La Prairie.
Le Bouyonnec :
Oui. M. Quirion, vous avez une longue feuille de route en recherche. Selon
vous, là, qu'est-ce qui manque en ce moment à notre système de recherche au Québec? Quels
sont les priorités? Que devrions-nous faire pour améliorer la situation?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. Quirion.
Quirion (Rémi) :
C'est une question très importante, et on a besoin probablement des assises
pour être capable de mieux y répondre. Mais c'est bien évident qu'au Québec, hein, l'avantage
a été mentionné ce matin, on aime travailler en équipe, on travaille
très bien en équipe entre les différentes universités, les universités et les
collèges, et aussi à l'intérieur... Par
exemple, en partenariat, les fonds de recherche avec le ministère, avec le
gouvernement, on travaille en équipe pour arriver avec quelque chose d'innovateur
et de costaud suite aux assises et dans le contexte de la PNRI.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. M. le
député.
Le Bouyonnec :
M. le ministre, à ce moment-là, pour vous, en arrivant au gouvernement, vous
voyez le volet de la recherche, que nous considérons, nous, comme très important et clé
dans l'ensemble du développement économique du Québec. Quels sont les éléments, à ce moment-là, que vous souhaitez ou
vous voulez éventuellement? Vous allez peut-être me répondre : On va attendre les assises, mais je suis convaincu
que déjà, avec votre plateforme électorale et les idées que vous avez
développées... Est-ce que c'est au niveau des filières technologiques, sur
lequel nous mettons l'emphase? Est-ce que c'est
dans les mécanismes de collaboration avec l'industrie que vous trouvez qu'il y
a des difficultés à l'heure actuelle? Est-ce que c'est le fait qu'au
niveau de la génération de brevets on commence à perdre un peu du terrain au Québec? Est-ce que c'est dans le financement des
volets, des stades de valorisation, là, après le brevet, puis avec les
entités de valorisation de la recherche, et
puis les premières étapes de financement des entreprises qui en découlent? À ce
stade-là, est-ce qu'il y a des
consultations, des discussions avec votre collègue la ministre de l'Industrie
pour, éventuellement, une coordination avec la Banque de développement
du Québec? Est-ce qu'au niveau des priorités de négociation avec le
gouvernement fédéral, aussi concernant la recherche, vous avez là des éléments
sur lesquels vous avez l'intention d'être
plus actif, plus vigilant pour faire en sorte qu'au niveau de la recherche, au
Québec, nous puissions continuer sur notre lancée, mais surtout prendre
un nouvel envol?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le ministre.
Duchesne : Oui,
l'expression est bonne, nouvel envol, et c'est un peu ce que l'on a commencé à
suggérer ce matin
avec ce réinvestissement de 26,5 millions de dollars. Évidemment, sur ce
que je souhaite ou comment je vois cette politique nationale, c'est un peu la même chose que le sommet, hein? Il
y a des gens, des collègues du Parlement… qui me demandent vers où je vais. Et, si on avance et on dit où on va, bien là
on nous dit : Les dés sont pipés. Et, si on ne répond pas, on nous dit : On est improvisé. Alors
là, il faudrait s'entendre. Il faudrait savoir si on est dans l'improvisation
ou dans une planification où les dés sont pipés. Mais je peux vous
rassurer, je n'ai pas de dés dans mes poches, et ils n'ont pas été lancés.
Mais,
pour être plus sérieux, là, sur la politique de la recherche, écoutez, nous
verrons bien. Vous soulevez des questions qui sont pertinentes, les brevets, hein,
puis il y a beaucoup de... il y a un débat là-dessus, est-ce que les
universités, les... est-ce que ceux qui
participent au développement, certains aspects de la recherche, est-ce qu'il y
a des retours, est-ce qu'il y a... Et
ça, il faut qu'il y ait des discussions. Parce que je parlais, il n'y a pas
longtemps, avec des directeurs d'établissement
quand je suis allé annoncer la formation d'un consortium, là, de recherche,
MedTech, à l'ETS, et les gens, des gens de ces... autant d'ailleurs de
la grande entreprise, comme Siemens, que des gens des universités, l'ETS — il y avait Polytechnique
qui était là — nous disaient : Les brevets, à
premier abord, ce n'est pas nécessairement ce
qui... Puis tout ce qui est de l'intelligence,
là, de reconnaître la propriété intellectuelle, et tout ça, là, ils nous
disaient : Ce n'est pas
nécessairement ce sur quoi on doit travailler parce que c'est un peu compliqué,
ça peut amener l'industrie à craindre les alliances avec, par exemple, le milieu universitaire ou autres. Et eux
nous disaient : Faisons des alliances stratégiques et assurons-nous qu'ils reviennent nous voir pour
mettre notre expertise, l'expertise de nos recherches dans une série d'approches
pour faire des contrats de recherche, pour aller encore plus loin dans le
développement de l'innovation en partant de la recherche.
Mais, les brevets, vous voyez, il n'y a pas de réponse
claire parce qu'il y a d'autres gens qui me disaient : Oui, mais là, ça, il y
a des revenus à aller chercher, entre autres dans les universités. Je m'aperçois
qu'en tout cas il y a une nécessité, entre
autres, d'assises aussi, si on veut parler de cette question-là, pour voir qu'est-ce
qu'on fait avec les retombées de la propriété intellectuelle.
Vous parliez de la
Banque de développement du Québec. Effectivement, c'est une initiative
importante du gouvernement. Moi, je vous
dirais qu'aussi, en prévision de cette politique nationale de la recherche, on
consulte le milieu, il y a les
assises. Mais je vais aussi avoir de bonnes discussions avec certains ministres
de notre gouvernement, et vous avez pas
mal, là, hein… Banque de développement, là, la ministre responsable du
Développement économique, le ministre de la Santé, parce qu'il y a toute
la recherche sur la santé, compte tenu du vieillissement, le ministre du
Développement durable. Vous avez vu ce matin
que c'est le début et la concrétisation d'une collaboration qui est rich