Public Finance — 4 June 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2015-06-04
Quebec — Committees
Alors,
comme l'article 3 est déjà adopté, M. le Président, ce que je
vous suggérerais, étant donné, là, que ce qu'on... étant donné que j'ai désormais un amendement
à l'article 3 plutôt qu'à l'article 2, ce serait que nous
rouvrions l'article 3, que
je dépose un amendement à l'amendement à l'article 3, qui, donc, irait dans le sens de ce que
j'avais proposé à l'article 2, et
puis que, si cela convient à tous les parlementaires ici puis qu'on finit par
adopter l'article 3... enfin, l'amendement que je déposerais à
3, on pourrait revenir à 2 par la suite pour constater que mon amendement
de l'époque était caduc... est devenu caduc, et puis on pourra le
retirer, tout simplement. Alors, voilà ce que je vous propose, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le député. Donc, pour les autres parlementaires, ce qui est
proposé par le député de Rousseau, c'est de rouvrir l'article 3, et, à ce moment-là, le député
de Rousseau déposerait un amendement
qui serait débattu. Par la suite,
nous devrions passer, si l'article 3 est adopté, nous devrions passer et
revenir à l'article 2 pour fins d'étude. Est-ce qu'il y a
consentement pour que nos travaux soient organisés de cette façon?
M. Leitão :
Oui, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Il y a consentement. M. le
député de Granby,
vous êtes d'accord avec... Merci. Donc, nous allons rouvrir l'article 3, qui a déjà été adopté. Donc, M. le député de Rousseau, vous avez un amendement à déposer
sur cet article.
Marceau : Oui. Alors,
M. le Président, je vais déposer un amendement
à l'article 3, qui se lit comme suit :
L'article 3 du projet de loi, tel
qu'adopté, est modifié pour ajouter, dans le deuxième alinéa de l'article 32
qu'il édicte et après «infrastructures publiques», les mots «de transport».
Président (M. Bernier) : Donc, je vais suspendre quelques
instants pour qu'on puisse faire la distribution de l'amendement auprès des
parlementaires. Je suspends.
(Suspension de la séance à
11 h 58)
Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous reprenons nos travaux. Donc, M. le député de Rousseau, si vous voulez
nous présenter votre
article et nous situer exactement les motifs de celui-ci.
Marceau : O.K. Alors, je vais commencer par être clair sur ce
que ça fait, l'amendement, là, sur ce que ça change dans l'article 3. Alors, dans l'article 3,
essentiellement, ce qu'on fait au premier paragraphe, c'est d'imposer des
contraintes quant à la détention de fonds
indexés et d'actions ordinaires pour la caisse. Dans le deuxième paragraphe,
là, on vient prévoir des contraintes
quant à la détention d'actions pour des projets de la filiale... pardon, pour
les projets plutôt, pour les projets
d'infrastructure, lorsqu'ils sont à l'étranger. Et, dans le 3°, ce sont des
contraintes qui portent sur... qui portent sur la portion d'actifs
totale. O.K., voilà, excusez-moi.
Quoi
qu'il en soit, ce qui est pertinent pour nous, c'est le 2°, là, c'est le
deuxième paragraphe qui vient dire les circonstances dans lesquelles il
y a des contraintes de détention de 51 %, 45 %, 51 % pendant les
quatre premières années puis 45 % à
terme. Et on comprend que, lorsque le deuxième paragraphe ne s'applique pas, la
caisse peut aller jusqu'à 100 %.
Alors,
le paragraphe qu'il est proposé de modifier... pardon, l'alinéa qu'il est
proposé de modifier, c'est un alinéa qui
dit simplement que, lorsque la caisse s'engage dans des projets qui se
rapportent à des infrastructures publiques au Québec — ça,
c'est la rédaction actuelle — alors les contraintes qui sont prévues au
deuxième paragraphe ne s'appliquent pas. Ça, c'était l'écriture
actuelle.
L'amendement
que je propose, donc, qui s'insère dans l'alinéa qui commence par les mots «les
dispositions», alors ce paragraphe va
se lire désormais comme... pardon, l'alinéa va se lire désormais comme
suit : «Les dispositions du
sous-paragraphe a du paragraphe 2° du premier alinéa ne s'appliquent
ni à la détention ni à l'acquisition, par la caisse, des actions ou autres titres qui y sont visés,
lorsqu'ils sont émis par une personne morale visée au paragraphe a.1 du
premier alinéa de l'article 31
dont l'activité principale se rapporte exclusivement à des infrastructures
publiques de transport au Québec.»
Alors,
l'ajout, c'est «de transport». Alors, ça vient préciser que les contraintes
prévues au deuxième paragraphe ne s'appliquent
pas mais dans un domaine plus restreint d'activité de la caisse, qui est celui
des infrastructures publiques de
transport. Alors, c'était le souhait que j'avais exprimé et que j'avais voulu
voir s'incarner par un amendement que j'avais déposé à l'article 2,
qui disait que les seules infrastructures publiques que la caisse peut réaliser
au Québec sont des infrastructures de transport
collectif. Alors, j'ai compris, après discussion avec les gens de l'équipe du
ministre, que ça viendrait restreindre trop les possibilités de la
caisse que d'empêcher que des filiales investissent dans d'autres types d'infrastructure et qu'il valait mieux restreindre
plutôt les capacités de détention de la filiale de la caisse dans le cas où
elle n'oeuvre pas dans le cas des... où elle n'oeuvre pas dans les
infrastructures publiques de transport.
Alors,
essentiellement, donc, ce que l'amendement que je propose fait, c'est ce que je
voulais que ça fasse à l'article 2, sauf que c'est fait à travers la
capacité de détention de la caisse, d'actions, par sa filiale Infra.
Le Président (M.
Bernier) : Donc, vous vouliez limiter ça au niveau du transport.
M. Marceau :
En gros, c'est ça. Voilà.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le député, de votre présentation. M. le
ministre.
Leitão : M. le Président, oui, M. le député de Rousseau a tout à
fait raison, nous avons discuté de cet
amendement, et ça nous convient
complètement. Nous sommes d'accord.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Granby.
Bonnardel :
...commentaire, M. le Président, on accepte l'amendement comme déposé.
Président (M. Bernier) : Alors, c'est bien. Alors, est-ce
que l'amendement proposé par le député de
Rousseau à l'article 3
est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté. Est-ce que l'article 3, tel qu'amendé,
est adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté. Donc, l'article 3, tel
qu'amendé, est adopté.
Nous revenons donc,
tel que la proposition qui a été faite dans notre plan de travail, à
l'article 2 et pour lequel il y avait un amendement, un autre amendement
qui avait été déposé par le député de Rousseau sur cet article. M. le député de
Rousseau, sur l'amendement.
Marceau : Oui. Alors,
l'amendement... très simplement, je propose de retirer l'amendement
que j'avais déposé. Ça prend un consentement, je pense.
Président (M. Bernier) : Donc, est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'amendement
du député de Rousseau
à l'article 2? M. le député de Granby? Oui, consentement? Donc, l'amendement
à l'article 2 est retiré. Est-ce
que l'article... Nous revenons
sur l'article 2. Est-ce qu'il y a des commentaires, des discussions sur
l'article 2?
Marceau : M. le Président, parce que, là, c'est... je n'ai pas gardé en liste... enfin,
je n'ai pas... Non, oubliez ce que je
viens de dire, je viens de me rendre compte... Je me demandais s'il y a un
amendement qui portait sur l'ajout des mots «des infrastructures» dans le premier paragraphe,
aliéna a1. Je me demandais si ça avait été ajouté puis je viens de
me rendre compte que oui. Alors, c'est beau pour moi.
Le Président (M.
Bernier) : Ça a été ajouté, ça a été adopté.
M. Marceau :
Alors, nous, on est heureux, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Vous êtes heureux avec ça, c'est bien. Sur l'article 2, M. le député de Granby, ça va? Donc, est-ce que l'article 2
est adopté?
Président (M. Bernier) :
L'article 2 est adopté. Donc, comme nous avons suspendu
l'article 10, nous allons donc
passer à l'article 11. M. le ministre, je vous demanderais de nous en faire la
présentation et des explications, et nous allons revenir par la suite à
une étude selon chacun des éléments de présentation à l'intérieur de l'article
pour fins de discussion. Mais je vous demande de le présenter dans sa globalité
avec les explications.
M. Leitão :
Très bien, M. le Président. Merci. Alors, l'article 11, en effet, il y a
une, deux, trois, quatre, cinq, six composantes. Donc, on va y aller dans
l'ordre...
Une voix :
Six paragraphes.
Leitão : Six paragraphes, je m'excuse. C'est ça, la terminologie. On
revient d'ailleurs sur la
Loi sur les transports.
Alors,
article 11 : La
Loi sur les transports (chapitre T-12) est modifiée
par l'ajout, après l'alinéa 88.9, de ce qui suit :
«88.10. Le ministre
peut, avec l'autorisation du gouvernement et aux conditions que celui-ci
détermine dans chaque cas, conclure une
entente avec la Caisse de dépôt et placement du Québec concernant la gestion et
la réalisation d'un projet ayant pour objet une nouvelle infrastructure
de transport collectif.
gouvernement définit les besoins à combler et les objectifs d'intérêt public
concernant le projet et autorise la solution à mettre en oeuvre parmi
les différentes options proposées par la caisse.
«Un tel projet,
qu'examine la caisse en toute indépendance conformément à sa loi constitutive,
doit offrir un potentiel de rendement
commercial pour ses déposants eu égard aux risques appréhendés. L'évaluation de
ce potentiel et la comparaison avec
les pratiques du marché [par] des situations similaires devront être validées
par un expert indépendant choisi par les parties à partir d'une liste
préalablement dressée.
«La caisse a la
pleine autorité sur le projet faisant l'objet d'une entente conclue en vertu du
premier alinéa.
caisse peut fixer des tarifs pour l'utilisation de l'infrastructure de
transport collectif visée au premier alinéa.
«88.11.
L'infrastructure de transport collectif visée à l'article 88.10 est et demeure
affectée à l'utilité publique en quelques mains qu'elle passe.»
Après
ça, on a : «88.12. La Caisse de dépôt et placement du Québec ne peut céder
en tout ou en
partie ses droits, titres
et intérêts dans les terrains constituant l'assiette d'une infrastructure de
transport collectif visée à l'article 88.10 avant la fin des travaux de construction.»
Après
ça : «88.13. Les modalités et conditions relatives à l'exploitation de l'infrastructure de transport collectif stipulées dans une entente conclue en
vertu de l'article 88.10 lient tout acquéreur subséquent.
«88.14.
La
Loi sur l'Agence métropolitaine de
transport (chapitre A-7.02), la Loi
sur les conseils intermunicipaux de
transport dans la région de Montréal (chapitre C-60.1) et la
Loi sur les sociétés
de transport en commun (chapitre S-30.01) ne s'appliquent pas à
une infrastructure de transport collectif visée à l'article 88.10.»
finalement : «88.15. Dans la
présente section, une référence à la Caisse de dépôt et placement du Québec est
également une référence à une filiale en
propriété exclusive au sens du cinquième alinéa de l'article 4 de la Loi
sur la Caisse de dépôt et placement du Québec et qui est visée au
troisième alinéa de l'article 32 de cette loi.»
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Avant de donner
les informations, ce que je vous propose, pour que ce soit plus simple
pour tout le monde... Parce que, là, de donner les explications en vrac pour
chacun des articles
introduits ou chacun des articles proposés, ça devient difficile de faire
référence, là. Ce que je vous propose, c'est qu'on va l'étudier, bien sûr,
article introduit par article, là, O.K.,
chacun — il y en
a un, deux, trois, quatre, cinq, six — puis, au fur et à mesure qu'on va avancer dans l'étude, à ce moment-là, vous
ferez une présentation et des commentaires sur cet article, O.K.?
ce que je vous propose aussi, c'est qu'au lieu de les adopter
article proposé
par
article proposé on va les laisser ouverts.
Ça fait que ça va vous permettre de revenir si vous voulez revenir, puis on
fera une adoption globale du 11 à la fin, à la toute fin. Est-ce que ça
vous va comme méthodologie?
M. Marceau :
Très bon.
Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, vous pouvez présenter,
pour l'article 88.10 introduit, les commentaires sur le sujet, puis
on va ouvrir les discussions.
M. Leitão :
Très bien. Alors donc, le 88.10. Les dispositions de l'article 11 du
projet de loi proposent donc d'introduire
une nouvelle
section à la
Loi sur les transports, comprennent
l'article 88.10 à 88.15 — on a déjà vu ça — afin de permettre la gestion et la réalisation des projets d'infrastructure
publique par la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Bon.
Alors, commentaires spécifiques sur l'article 88.10. Le premier alinéa de
l'article 88.10 proposé confère au
ministre des Transports le pouvoir de conclure une entente avec la Caisse de
dépôt et placement concernant la gestion et la réalisation d'un projet ayant pour objet une nouvelle
infrastructure de transport collectif. Une telle entente doit être
autorisée préalablement par le gouvernement.
Le deuxième alinéa du
88.10 vise à énoncer le rôle du gouvernement, qui consiste à déterminer les
besoins à combler et les objectifs d'intérêt
public concernant un tel projet pour le secteur des transports. Il prévoit
l'obligation que le gouvernement autorise en amont la solution retenue
parmi les options étudiées par la caisse.
troisième alinéa de cet
article vise à réaffirmer l'indépendance de la caisse
dans la gestion et la réalisation de ses
projets d'infrastructure au Québec, comme elle l'est également dans sa gestion
administrative et dans la gestion de ses
placements, conformément à sa loi constitutive. Il vise à limiter le choix des
projets à ceux qui génèrent des rendements stables et prévisibles pour
les déposants de la caisse.
quatrième alinéa de cet
article confie à la caisse la pleine autorité sur un
projet d'infrastructure de transport collectif.
Dès la signature de l'entente avec le ministre des Transports, la caisse
devient le seul maître d'oeuvre du projet ainsi que maître de l'ouvrage.
dernier alinéa de cet
article autorise la caisse à fixer les tarifs pour
l'utilisation de l'infrastructure de transport collectif sans nécessiter
l'intervention gouvernementale. Voilà.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Bien, merci, M. le Président. Alors, écoutez, M.
le Président, on arrive, avec l'article 11, si on veut, au coeur de ce projet de loi. Les
10 premiers articles, évidemment, sont nécessaires. Ils sont nécessaires
pour... en fait, ils mettent la table
pour qu'on puisse arriver à cet
article 11. Et je vais, évidemment... je vais commencer par, évidemment, parler du 88.10 puis je
reviendrai peut-être un peu plus tard sur la formulation générale.
Mais,
sur le 88.10, on s'entend, dans le
fond, c'est un article... en fait,
c'est un paragraphe de l'article 11 qui vient décrire l'interface entre la caisse et le gouvernement, qui vient
décrire de quelle manière cette relation va se faire. J'ai eu l'occasion
de dire dans le passé, puis je vais le redire maintenant, que
l'entente-cadre qui a été déposée ici, à la commission, cette entente-cadre, donc, contient beaucoup
de détails sur cette interface entre le gouvernement et la caisse, beaucoup d'informations qu'on retrouve dans
cette entente, qu'on ne retrouve pas dans le projet de loi.
Alors, je comprends
la réticence des juristes à introduire des éléments d'une entente dans un projet
de loi. On comprend qu'une entente, ça se
modifie plus aisément, ça se change plus aisément, ça se modèle plus aisément
qu'une loi. Une loi, lorsque vient le
temps de vouloir la changer, il y a des contraintes, entre autres celle de passer
par le processus à travers lequel nous passons présentement, c'est-à-dire
de faire une commission parlementaire.
Cela
étant, il y a un certain nombre d'éléments qui apparaissent
dans l'entente que je souhaite, que j'aurais souhaité voir apparaître dans le paragraphe 88.10. Il y en a
plusieurs, en fait, que j'aurais voulus. J'ai eu des
discussions avec le ministre, j'ai eu
des discussions avec son équipe, et il
y a au moins deux éléments, là, que
je pense pouvoir ajouter dans l'article 88.10, et je vais le faire par un amendement,
M. le Président, deux éléments donc qui me semblent extrêmement importants. Je reviendrai par
la suite sur ce que je n'y ajouterai pas aujourd'hui, mais, pour
l'instant, je veux simplement dire ce que j'aimerais ajouter.
premier élément, puis il en a été question lorsque nous avons rencontré des groupes, lorsqu'on a discuté avec la caisse...
Président (M. Bernier) : Est-ce que vos deux éléments sont à
l'intérieur de la même proposition d'amendement?
M. Marceau :
Oui, ils sont dans le même amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : O.K. Merci.
M. Marceau : Le premier élément que je vais proposer dans le
cadre de mon amendement, c'est d'être clair sur le fait que l'entente prévoit un cadre tarifaire
et un mécanisme d'indexation, ce qui n'apparaît pas de façon
aussi claire que
je le voudrais dans l'article, et que ce cadre tarifaire et puis le mécanisme
d'indexation vont être rendus publics. Ça, c'est, d'après moi, important.
Le deuxième
élément, c'est celui de l'intégration du projet que la caisse réalisera un jour
avec les autres systèmes de transport en commun. C'est une question qui a été évoquée par plusieurs
personnes ici, que ce soient des organismes, là, qui sont liés au transport en commun. En particulier, je pense que c'était Transit qui avait abordé cette question. Je crois aussi qu'il y avait l'AMT, et
d'autres intervenants. Alors, l'idée que la caisse n'est pas un acteur isolé
mais qui a des obligations
d'intégration avec les autres opérateurs de transport en commun dans le
secteur concerné, je pense que c'est fondamental.
Si bien que,
donc, je vais vous déposer tout de suite, M. le
Président, l'amendement
que je vous propose, et puis je reviendrai
peut-être, dans d'autres interventions plus tard, sur la
facture générale de l'article... enfin, du paragraphe 88.10.
Alors, l'amendement se lit comme suit :
L'article 11
du projet de loi est modifié :
1° par
l'ajout, à la fin du deuxième alinéa de l'article 88.10, de la
phrase suivante : «Cette entente prévoit notamment les mécanismes
d'intégration d'un tel projet aux systèmes de transport en commun appropriés et le cadre
tarifaire de cette infrastructure de transport collectif, incluant les
mécanismes d'indexation.»
2°, donc, l'article 11
du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin du cinquième
alinéa de l'article 88.10, de la phrase suivante : «Le cadre tarifaire d'une infrastructure de transport collectif visée au premier alinéa, incluant les mécanismes
d'indexation, est rendu public par la caisse au moment de la signature de
l'entente.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Donc, je vais recevoir votre proposition d'amendement, nous allons la
regarder et la distribuer aux parlementaires. Je vais suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 20)
Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous allons reprendre nos travaux. Donc, M. le député de Rousseau, sur l'amendement
que vous avez déposé à l'article 88.10, la parole est à vous.
M. Marceau : O.K. Merci,
M. le Président. Donc, juste pour que
les gens qui nous écoutent puissent nous suivre, l'amendement fait en sorte
qu'après le deuxième alinéa de 88.10 on ajoute une phrase. Alors, tel qu'il se
lit présentement, ce que ça dit,
c'est que «le gouvernement définit les besoins à combler et les objectifs
d'intérêt public concernant le projet et
autorise la solution à mettre en oeuvre parmi les différentes options proposées
par la caisse», et on ajouterait la phrase : «Cette entente prévoit
notamment les mécanismes d'intégration d'un tel projet aux systèmes de
transport en commun appropriés et le cadre tarifaire de cette infrastructure de
transport collectif, incluant les mécanismes d'indexation.»
Et par
ailleurs on ajouterait, à la fin du cinquième — un,
deux, trois, quatre, cinq — donc l'alinéa qui se lit : «La caisse peut fixer des tarifs pour l'utilisation de l'infrastructure de
transport collectif visé au premier alinéa», on ajouterait les mots... enfin, la phrase : «Le cadre
tarifaire d'une infrastructure de transport collectif visé au premier alinéa,
incluant les mécanismes d'indexation, est rendu public par la caisse au
moment de la signature de l'entente.»
Alors, là-dedans, il y a plusieurs affaires, là,
mais, au premier chef, il y a le fait qu'on veut qu'il soit clair que l'entente va prévoir le mécanisme... pardon, le
mécanisme... le cadre tarifaire. Je recommence cette phrase-là, là. Je voulais
qu'il soit clair dans la loi que le cadre
tarifaire est négocié par le gouvernement, que le gouvernement, donc, d'une
certaine manière, est imputable du
cadre tarifaire qu'on va voir apparaître un jour sur la place publique, au
moment où l'entente sera signée et
sera rendue publique, parce qu'autrement il y aurait eu la possibilité qu'un
cadre tarifaire ne soit pas convenu au
moment de l'entente et qu'un jour on apprenne que la caisse avait besoin de tel
tarif ou de tel autre tarif pour arriver à ses fins, à ses fins de
rendement.
Alors,
l'objectif, c'est d'être très clair ici sur le fait que le cadre tarifaire est
défini par le gouvernement et la caisse. En fait, la caisse va proposer
un cadre tarifaire, va proposer un mécanisme d'indexation, et le gouvernement
va dire oui ou non, hein? C'est ça qui va
arriver, M. le Président. Moi, je voulais que ce soit clair que, si le gouvernement...
enfin, si on arrive un jour à un cadre tarifaire, bien, le gouvernement
va devoir avoir dit : Oui, j'accepte ce cadre tarifaire, j'accepte ce mécanisme d'indexation. Et donc, pour
moi, il y a une manière là d'introduire de l'imputabilité, de m'assurer que le gouvernement est responsable. Alors,
évidemment, si le gouvernement n'est pas d'accord avec un cadre tarifaire
ici, il saura ce qu'il a à faire, il aura
simplement à dire : Non, je ne suis pas à l'aise avec le projet que la
caisse me propose, je ne suis pas à
l'aise avec le mécanisme d'indexation. Alors, ça, c'était la première, première
chose que je voulais, c'était m'assurer que, dans la loi, le cadre
tarifaire et le mécanisme d'indexation apparaissent. Bon.
La deuxième
chose que je voulais qui soit claire, c'est qu'effectivement il y avait un
mécanisme d'indexation. Je ne voulais
pas qu'on me dise : On est parti avec un cadre tarifaire, mais on a laissé
l'avenir sans contrainte, on a laissé l'avenir
à la bonne discrétion de la Caisse de dépôt, qui, malgré, là, le fait que j'ai
plein d'admiration pour elle, a quand même un certain nombre d'objectifs
qui peuvent être incompatibles avec l'achalandage ou avec l'accessibilité des services.
Alors, je voulais m'assurer, donc, que ce mécanisme d'indexation soit lui aussi
établi dès le départ, que le gouvernement dise oui ou non au mécanisme
d'indexation, que le gouvernement, donc, ait une forme d'imputabilité.
Dans la
deuxième
partie de l'amendement, j'ai voulu faire en sorte que ce cadre tarifaire
et ce mécanisme d'indexation soient rendus publics. Maintenant, la façon
de le faire pour s'assurer que ce soit à l'avantage de tous, c'est qu'au moment de la signature de l'entente on
apprendra ce qu'il en est exactement, et je pense que c'est raisonnable,
là, parce
qu'autrement... Évidemment, on est en négociation, tant et aussi longtemps que
l'entente n'est pas signée, on est en
négociation. Alors, je pense que c'est raisonnable que ça devienne public au
moment de la signature de l'entente. Évidemment,
le gouvernement pourra constater, à ce moment-là, M. le Président, le caractère
acceptable ou pas des choix qu'il aura faits, mais ça, ça lui
appartient. C'est ça, la responsabilité d'un gouvernement.
Dernier point
que nous avons voulu, de notre côté, ajouter, qui est important et puis qui a
été dit, décrit, redit puis redécrit
par plusieurs intervenants, c'est la
nécessité d'intégrer les projets de
la caisse aux systèmes de transport en commun qui sont déjà existants.
On se
rappellera, M. le Président, que la gestion... ou la gouvernance, pardon, du
transport en commun est appelée à
changer. C'est déjà le cas, il y a un projet de loi qui a été déposé par le
ministre des Transports à cet effet. Et le projet de loi du ministre des Transports a pour
objectif... on verra s'il le réalisera, mais, en tout cas, il a pour objectif
de venir simplifier puis améliorer la gouvernance des transports
collectifs à Montréal.
On n'aurait
pas voulu, je pense, que, par d'autres gestes du gouvernement, on vienne
compliquer la gouvernance. On n'aurait pas voulu vouloir introduire dans
le monde des transports collectifs un acteur qui n'a pas d'obligation de s'intégrer, de se coordonner avec les autres
acteurs. Et donc c'est le sens, là, très simple de l'amendement que je propose
quand je dis que l'entente doit prévoir des
«mécanismes d'intégration d'un tel projet aux systèmes de transport en commun
appropriés». Je pense que c'est le gros bon
sens. La caisse avait plaidé... M. le ministre avait plaidé que c'était dans
l'intérêt de la caisse de s'intégrer.
Je conviens que c'est vrai, mais je veux que cette contrainte-là soit bien
réelle dans le projet de loi. Et c'est le sens, donc, de l'amendement
que j'ai déposé. Alors, c'est ça, M. le Président...
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Leitão : Bien, merci. À vos
souhaits! Le timing était vraiment parfait!
Écoutez, nous avons en effet discuté de ces
choses-là et donc nous sommes à l'aise avec ça. J'aimerais juste mentionner que, bon, au bout du processus, le
gouvernement va accepter ou pas l'entente globale, et, dans cette entente,
évidemment, il y aura les ajouts que M. le
député de Rousseau vient de mentionner en termes de tarification et
d'intégration. Mais donc nous acceptons, après discussion, négociation
avec la caisse, l'entente... Et la même chose de l'autre côté, la caisse aussi peut dire qu'étant donné que le
gouvernement rajoute d'autres conditions auxquelles elle n'est pas d'accord...
Donc, une ou l'autre des deux parties peut
décider que l'entente n'est pas acceptable. Mais, une fois que l'entente est
signée, elle est signée. Voilà.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Je me rends compte que j'ai oublié de dire quelque chose, mais peut-être que ce
serait préférable même que ce soit le
ministre qui le dise, là. Peut-être que le ministre pourrait décrire de quoi ça
pourrait avoir l'air, un cadre
tarifaire puis un mécanisme d'indexation, pour que tout le monde ait la même
définition, tout simplement. Parce que
moi, je sais ce que... j'ai eu des discussions en privé, là, mais peut-être, pour
le bien de tous ceux qui nous écoutent, là, que le ministre décrive ce
que serait un cadre tarifaire, ce que serait un mécanisme d'indexation. Voilà.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
Leitão : Bon, le cadre tarifaire, évidemment, je pense qu'on est un
peu tôt dans le processus. Ça va dépendre des éléments de l'entente, mais je pense que ce cadre tarifaire là va
inclure, donc, ce que les utilisateurs vont payer pour l'utilisation du service. Il pourrait y avoir une
tarification différenciée, surtout dans ce qui concerne l'accès à l'aéroport.
Probablement que les voyageurs... il y
aurait une tarification différente pour les voyageurs des banlieusards qui
utilisent le transport chaque jour
pour se rendre au travail. Mais je pense que ce qui est important, c'est que ce
cadre tarifaire là sera établi une
fois qu'on aura, donc, la connaissance complète des coûts de ce système-là, et
des coûts de construction, et des
coûts d'opération. On établira le cadre alors pour que ce soit rentable, que ça
remplisse les objectifs de rentabilité de la Caisse de dépôt.
Par la suite,
le processus d'indexation, je pense que vous avez raison, c'est important de le
clarifier dès le début, voir quel
sera le facteur qui va guider l'indexation de ces tarifs-là, parce qu'on sait
très bien que ça doit changer dans le temps,
ça ne peut pas rester fixe, bien sûr. Donc, ce que ce mécanisme... Ça, c'est
très clair depuis le début, ça peut être
indexé à plusieurs éléments. L'IPC pourrait être un de ces éléments, mais il y
en aura probablement d'autres aussi.
Pour ce qui
est de l'intégration, je pense que c'est aussi utile, dès le départ, que cette
nouvelle infrastructure de transport
s'intègre au reste du système. Ce qui est important ici de préciser aussi,
c'est qu'il y a toujours la possibilité... le gouvernement a toujours la possibilité, dans la négociation de
l'entente, d'annoncer et donc de participer à ce projet-là en tant qu'investisseur minoritaire. Donc, le
gouvernement peut devenir un partenaire dans ce projet-là en injectant un
certain montant de liquidités, donc, qui
augmenterait l'«équité» de la part gouvernementale. Et un tel geste pourrait
ramener des tarifs à un niveau qui serait jugé acceptable pour la
population.
Donc, si
après les premières rondes de négociations, on se rend compte que les tarifs
qui seraient rentables sont élevés
d'une façon comme vous avez d'ailleurs dit, donc, ultimement, le gouvernement
doit être imputable de ces tarifs-là. Donc,
si on voit que ces tarifs sont beaucoup trop élevés, alors là, nous, au
gouvernement, nous pouvons ajouter un certain montant, pas une subvention, mais ajouter une
participation, dans le projet, qui ferait baisser les tarifs à un niveau qui
serait alors jugé acceptable.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Merci pour votre réponse. Ça appelle à deux points que je veux... Bien, le
premier, c'est que le cadre tarifaire
que vous avez décrit, ça comporte donc les... ce sont des frais qu'on doit
acquitter pour accéder à l'infrastructure, là. Évidemment, ça va devoir
décrire un peu ce que ce serait pour... s'il y a plusieurs zones à... Enfin, il y a parfois des tarifications par zones, des
fois il y a des tarifications de différents types, et aussi, comme vous le
savez, différents types d'usagers,
là. Alors, je ne sais pas quel détail est prévu pour un cadre tarifaire, mais
j'imagine qu'on aura droit minimalement au tarif de base, là, mais
j'imagine qu'il y aura autre chose.
Je veux juste
revenir sur la deuxième
partie que vous avez dite, deuxième question que vous
avez soulevée, qui est celle de la
participation en équité du gouvernement, qui, effectivement, pourrait avoir un
lien avec le cadre tarifaire, peut-être
vous poser une question très précise là-dessus. Moi, il me semble qu'à moins
que le gouvernement ne renonce au
rendement sur son équité ça ne pourra pas avoir un grand impact sur les tarifs.
Est-ce que vous pouvez juste préciser cet élément-là, la question de savoir
si le gouvernement pourrait renoncer au rendement sur son équité?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : Bon, il me semble que, le gouvernement, donc... En tant que
partenaire, qu'investisseur, je verrais un peu mal comment le
gouvernement pourrait renoncer au rendement, parce que sinon ça serait... on ne
serait pas un investisseur comme les autres, donc ça pourrait avoir des
répercussions sur comment est-ce qu'on classifierait cette participation-là. Disons que ça serait juste — je mets un chiffre tout à fait fictif — 500 millions, alors ces
500 millions ne sont pas un
investissement au même rang et aux mêmes conditions que les autres
investisseurs. Alors là, probablement que le Vérificateur général considérerait une telle chose pas comme un
investissement, pas comme un actif pour le gouvernement, mais comme une
dette, comme une subvention, ou quoi. Donc, il faut que ce soit au même niveau.
Maintenant,
dans quoi est-ce que ça pourrait changer le cadre tarifaire, cet investissement-là
de la part du gouvernement? Ça pourrait changer le cadre tarifaire parce
que ça veut dire que ce projet-là aurait moins de dettes et plus d'«équités». Donc, dans ce cas-là, ça serait
un projet qui... donc, ça pourrait faire baisser les coûts du projet total si,
là, au lieu d'aller emprunter
500 millions de dollars, ces 500 millions là sont en forme
d'«équités». Ça fait baisser les coûts de construction et de réalisation
de ce projet-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Excusez-moi, je
vais céder la parole à mon collègue de Marie-Victorin, si ça convient.
Président (M. Bernier) : M. le député de Marie-Victorin. Par la suite, je vais retourner du côté
ministériel, par la suite, avec Mme la députée de Bourassa-Sauvé — je ne
vous ai pas oubliée. M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : Merci,
M. le Président. J'attendais l'occasion pour soulever cette question du
financement par le gouvernement fédéral d'une
partie du projet, et le
fait que vous évoquiez la possible participation de l'État québécois à l'«équité» du projet me donne l'occasion
d'aborder avec vous cet élément-là. Ce que je comprends, M. le Président,
c'est que le gouvernement et/ou la caisse
ont évoqué publiquement la possibilité que le gouvernement fédéral participe
à ces deux projets. Est-ce que c'est exact?
M. Leitão : C'est exact, oui.
Drainville : Est-ce
que ça a été... lorsque vous... Est-ce que c'est le gouvernement qui l'a fait?
C'est vous qui l'avez fait comme ministre ou est-ce que c'est quelqu'un
d'autre du gouvernement qui l'a fait? Juste pour me situer.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão : Écoutez, je ne me souviens
pas si ça a été... Ça a été mentionné plusieurs fois en commission parlementaire. Moi, je l'ai mentionné plusieurs
fois. Je ne sais pas si d'autres collègues l'ont fait aussi, probablement.
Cette participation du gouvernement fédéral
se ferait dans le cadre des participations du gouvernement fédéral à tous les
projets d'infrastructure en transport au
Canada. Donc, un tel... Je pense que le... Ce qu'on voulait souligner, c'est
qu'un tel projet, s'il se concrétise, serait éligible aux programmes
fédéraux de participation.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Drainville : Et, le
cas échéant, le cas échéant, M. le Président, pour qu'on soit bien clairs, vu
qu'on est en lien avec la question du cadre tarifaire, comme le ministre
vient de nous le dire, si un gouvernement, que ce soit celui de Québec ou d'Ottawa, met de l'«équité» dans le
projet, bien, ça diminue la dette, ça peut éventuellement diminuer les coûts
d'immobilisations, donc diminuer le tarif nécessaire pour rentabiliser le
projet pour la caisse.
Donc, la question de la participation
du gouvernement fédéral, elle est importante. Ma question, M. le Président,
est la suivante : Est-ce que le
ministre ou le gouvernement ont une idée du niveau de participation que
pourrait atteindre le fédéral? Est-ce
qu'on parle d'une participation à hauteur de 10 % des coûts du projet, de
20 %? Est-ce que vous avez une idée de ce à quoi ça pourrait
ressembler?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : À ce moment-ci, non, je n'ai pas d'idée, parce que ça va
dépendre, donc, des programmes fédéraux eux-mêmes. Et, puisque nous
n'avons pas formellement... Il n'y a pas de projet formellement, là, le Train
de l'Ouest, disons-le, ou le SLR de la
Rive-Sud ne sont pas des projets concrets, pas encore, donc ces conversations,
discussions avec le gouvernement
fédéral ne peuvent pas avoir lieu jusqu'à maintenant. Donc, je ne sais pas si
ça sera un pourcentage, je ne sais pas si ça sera un montant fixe ou...
Je ne sais pas. C'est trop tôt dans le processus.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Marie-Victorin... Oui?
Leitão : Mais j'aimerais juste préciser, peut-être, M. le Président,
que, si c'est le cas, donc si ce projet entre dans le cadre des
programmes fédéraux, ce n'est pas nécessairement le cas que le gouvernement
fédéral va être un partenaire. Le
gouvernement fédéral, lui, probablement qu'il donnerait une subvention à la
construction. Comment eux, ils vont
comptabiliser cette subvention-là dans leur dette, ça, c'est leur problème,
mais je ne pense pas que le gouvernement fédéral serait un partenaire
dans le projet en termes d'«équité».
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Drainville :
Comme le ministre le sait sans doute, M. le Président, lorsque nous étions au
pouvoir, de 2012 à 2014, le gouvernement,
donc, du Parti québécois avait formulé une demande auprès du gouvernement
fédéral afin que les fonds du nouveau
plan Chantiers Canada... que la part, en fait, du Québec, une
partie de la part
du Québec de ces nouveaux fonds, de ce nouveau programme Chantiers
Canada soit affectée au projet de train léger sur rail sur le pont Champlain. Je ne sais pas si, M. le Président, le
ministre connaît l'enveloppe dite de mérite ou au mérite, hein? Il y a le
programme Chantiers Canada, mais il y a, à l'intérieur du programme Chantiers
Canada, une enveloppe au mérite de 4 milliards.
Et donc ces fonds-là, ils sont attribués, comme le dit le nom, au mérite, pour
le fonds d'infrastructure national, et
il y a 1 250 000 000 $ qui vont être ajoutés également au
Fonds PPP Canada, un autre fonds au mérite. Et nous, nous avions évalué, M. le Président, que la part du Québec,
à l'intérieur de ces enveloppes discrétionnaires, de ces enveloppes au mérite, représentait autour de 1 milliard.
Si vous faites la somme, 4 plus 1, ça fait autour de 5, mettons 20 % de
ça, et donc, comme gouvernement
québécois, à ce moment-là, nous avions demandé que ce milliard de ces
enveloppes, donc, au mérite soit affecté au financement du projet de
train léger sur rail sur le futur pont Champlain.
Et je voulais savoir,
M. le Président, si le ministre est d'accord pour que, dans un éventuel projet
qui verrait le jour... Est-ce que le
gouvernement serait d'accord pour que la part du fédéral, l'éventuelle
participation du fédéral dans ce
projet, soit du SLR ou encore peut-être du Train de l'Ouest, là, on serait...
enfin, on pourrait l'envisager, mais parlons du SLR pour commencer, est-ce que le ministre serait ouvert à ce
qu'effectivement le Québec demande qu'Ottawa verse au Québec, d'abord, sa part équitable, sa juste
part de ces enveloppes au mérite? J'attire votre attention sur le fait, M. le
Président, que ces enveloppes-là existaient
auparavant et que le Québec n'avait pas obtenu sa juste part à ce moment-là.
Là, il y a des nouvelles enveloppes qui ont
été annoncées, et donc est-ce que le ministre des Finances, notre ministre des
Finances, serait d'accord pour que le Québec
tente d'aller chercher, à l'intérieur de ce milliard-là, une part de
financement pour le projet du SLR?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien, M. le Président. Bien sûr, nous allons toujours aller chercher ce
que... le plus que nous pouvons de la part
du gouvernement fédéral. La première étape, c'est d'approuver ce projet de loi.
Deuxième étape, que le gouvernement
et la caisse signent une entente, et ça, ça prend un peu de temps, ça ne sera
pas rapidement, bien sûr, c'est un
peu complexe... signent une entente. Là, une fois qu'on va avoir un projet
concret, alors là, oui, on pourra aller faire valoir que ce projet-là, selon les règles des programmes fédéraux,
se qualifie. Et donc, là, il y aurait des négociations.
ne peut pas aujourd'hui ou demain matin dire au gouvernement fédéral : Je
veux 1 milliard de dollars pour le SLR. Ça, ça ne marche pas comme ça. Il faut d'abord avoir un projet
concret, et par la suite, même si c'est... une fois qu'on a passé par toutes ces étapes-là, une fois qu'on a,
donc, entamé des négociations avec un projet concret, de la part du Québec,
pour un projet d'infrastructure publique...
Les montants que vous avez mentionnés, évidemment c'est pour tous les projets
d'infrastructure au Québec. On ne va pas
mettre tout le montant fédéral dans un seul projet. Il y en a bien d'autres,
projets, au Québec aussi. Donc, c'est pour ça que je ne peux pas vous
donner des chiffres précis aujourd'hui.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville :
Est-ce que, M. le Président, je peux avoir du ministre des Finances un
engagement que, lorsque le projet
verra le jour, s'il voit le jour, on ne peut pas le présumer, mais, lorsqu'il
verra le jour, est-ce que je peux avoir un engagement de sa part qu'il va s'adresser au gouvernement fédéral
pour tenter d'obtenir, à l'intérieur de ces enveloppes au mérite, une
part qui servirait, donc, à financer le SLR, le train léger sur rail?
Président (M. Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Ah! bien sûr,
bien sûr, une fois qu'on aura un projet concret à discuter, à
présenter au gouvernement fédéral,
bien sûr qu'on va le faire. Et, comme vous avez mentionné,
c'est projet au mérite, donc, oui, on va faire valoir le mérite d'un tel
projet.
M. Drainville : M. le
Président, avant de céder la parole à
mon collègue de Rousseau, je veux juste dire, pour les gens qui nous écoutent : C'est doublement
important pour les gens de Longueuil, que je représente, parce que
certains d'entre eux, évidemment,
vont vouloir utiliser ce service-là. Donc, le travail que je fais aujourd'hui, l'intervention que je fais,
je la fais en pensant à l'intérêt de tous les gens qui nous regardent, mais
j'ai une pensée spéciale, je vous dirais, pour les gens, également, de la Rive-Sud de Montréal, que je représente, parce qu'évidemment, si le Québec, M. le
Président, va chercher sa juste part
ou une partie... et qu'une
partie de cette juste part serve à financer le
projet du SLR, bien, ça va peut-être mettre une pression à la baisse sur
les tarifs que les gens de la Rive-Sud, donc les gens de Longueuil, que je
représente, devront payer pour utiliser ce service du SLR. Donc, disons que
j'ai l'intérêt québécois à coeur dans cette intervention,
M. le Président, mais j'ai l'intérêt longueuillois à coeur également, beaucoup,
et je déclare cet intérêt-là très ouvertement, M. le Président. Mais,
comme...
Le Président (M.
Bernier) : Vous faites votre travail de député, M. le député.
M. Drainville :
M. le Président, vous avez très bien dit. Alors, là-dessus, je vais... J'aurais
d'autres questions sur la question du cadre tarifaire, on pourrait y
revenir, mais le député de Rousseau...
Président (M. Bernier) : Je pense que... ce que je vous suggère... Il reste peu de
temps. Vous avez un élément à ajouter, M. le député de Rousseau, et il y
a nos deux collègues, là, qui voudraient intervenir.
M. Marceau :
Je le sais, mais ça va être très bref, ce n'est pas un argument de fond. Il y a
une coquille dans l'amendement que j'ai déposé. J'aurais voulu changer... si les
gens étaient d'accord, ici qu'on fasse juste une modification très simple, qui serait de changer, dans mon amendement,
là... Donc, on pourrait faire comme si j'avais déposé un amendement
dans lequel... plutôt que d'écrire «deuxième alinéa», là, dans mon
premièrement, que ce soit «à la fin du premier
alinéa». Donc, c'est juste une coquille, et, par consentement, je pense
qu'on peut... Je ne suis pas obligé de redéposer puis de recommencer tout, là, on pourrait simplement faire comme s'il
avait été écrit «premier alinéa» plutôt que «deuxième». C'est simplement
pour qu'on discute de la bonne affaire, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Bernier) : Consentement.
M. Leitão :
C'est pour ça, je pense, que la collègue voulait faire allusion...
Président (M. Bernier) : Donc, on va simplement corriger le document, on va refaire les
photocopies et...
M. Marceau :
On peut le corriger à la main, là.
Président (M. Bernier) : Ou chacun peut corriger... tout simplement inscrire, sur le document
que vous avez, «par l'ajout, à la fin du premier alinéa de l'article 88.10»,
ça va simplifier les choses. Ça va?
M. Marceau :
Voilà. C'est ce que je voulais dire, M. le Président. Merci.
Président (M. Bernier) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous m'aviez demandé la parole. Aviez-vous
une question? Non, ça va?
Mme de Santis :
Non, non, pas du tout, c'est parce que je voulais faire le même commentaire.
Le Président (M.
Bernier) : Parfait. C'est parfait. Donc, je vais aller du côté
de M. le député de Granby.
Bonnardel :
Moi, l'amendement déposé par mon collègue de Rousseau me va très bien, M. le
Président.
Président (M. Bernier) : Bon. Sur l'amendement, est-ce
qu'il y a d'autres discussions, d'autres questions sur l'amendement?
Oui, allez-y, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : Merci,
M. le Président. Je n'ai pas eu le temps de remercier le ministre pour son
engagement. Je l'apprécie, et je vais
le transmettre à mes concitoyens de Longueuil, et je pense qu'ils en seront
bien contents. On va maintenant s'assurer que ça se produise. Alors, on
aura l'occasion d'y retravailler, M. le Président.
la question du cadre tarifaire, j'aimerais juste continuer dans la ligne des
questions posées par mon collègue de
Rousseau. Dans l'esprit du ministre, un cadre tarifaire, est-ce que c'est un
cadre pluriannuel? Est-ce que c'est un cadre... Par exemple, dans l'entente qui serait éventuellement rendue publique,
est-ce que vous annonceriez, par exemple, le tarif pour la première année d'utilisation,
éventuellement le tarif pour la deuxième, la troisième? Est-ce qu'il y aurait
une espèce de, comment dire...
Bonnardel :
Prévision.
M. Drainville : ...de
prévision — merci,
M. le député de Granby — une
espèce de projection, en fait, dans le temps, de l'évolution des tarifs?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão : Très bien. Deux choses,
M. le Président. D'abord, j'aimerais juste préciser, en ce qui concerne la participation fédérale, que nous, en tant que
gouvernement du Québec, nous allons nous assurer... faire tout ce qu'on...
dans notre... à notre disposition d'aller
maximiser les montants du programme Chantiers Canada pour tout le Québec.
Je réitère qu'on ne va pas mettre tout le montant fédéral dans un projet.
M. Drainville : J'ai bien
compris ça, merci.
Leitão : O.K. Ça, c'est juste ça. Pour revenir au cadre tarifaire,
évidemment on est beaucoup trop tôt pour le processus pour donner de telles précisions. Ce que nous avons dit ici,
et ce qui a été, donc, aussi précisé par l'amendement qui est proposé, c'est que, quel que soit ce cadre
tarifaire, il va être rendu public à la signature de l'entente, et ce cadre
tarifaire, oui, après discussion et
négociation avec la Caisse de dépôt, il va comporter des clauses d'indexation.
Est-ce que ça... Et vraiment je ne
peux pas vous dire aujourd'hui si ça aurait une augmentation de x pour cent par
année pendant 10 ans, je ne peux
pas vous le dire aujourd'hui. Cette information-là, cette précision-là va être
négociée, discutée entre le
gouvernement et la caisse. Ça va faire
partie des différentes options que la
Caisse de dépôt va nous présenter, et d'ailleurs ça va demander, évidemment, une certaine expertise. Je ne pense pas que
ça soit... Il y aura des experts de transport collectif qui vont participer à l'élaboration d'un tel cadre
tarifaire. Mais ce qu'on voulait s'assurer, et, je pense, c'était l'objectif
du député
de Rousseau, c'est, quel que soit
ce cadre tarifaire là, d'abord qu'il soit rendu public et, deuxièmement, qu'il comporte, dès le
départ, des clauses très claires, très transparentes de quelle va être la
progression de ces tarifs dans le temps.
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Marie-Victorin, M. le
député de Rousseau,
est-ce que ça va? Est-ce qu'il y a d'autres questions
sur...
M. Marceau : Oui, moi, j'ai peut-être un point que je
voudrais aborder, c'est la question de réduction... bien, enfin, c'est sur l'«équité» du gouvernement. Je veux juste qu'on convienne, vous et moi, M. le ministre, qu'au plan de... que, du point de vue du gouvernement, pour qu'on mette 500 millions... Mettons,
prenons 500 millions, là, pour prendre un chiffre. Si on met
500 millions dans le projet de la caisse, ça a le même effet sur la dette
que de mettre 500 millions dans un
projet du ministère des Transports. Je veux juste être au clair là-dessus, là,
je veux juste qu'on fasse le raisonnement, si vous permettez. Si on emprunte 500 millions sur les marchés, la
dette directe augmente de 500 millions, la dette brute augmente de
500 millions. Ça, en partant, c'est comme ça. Là, si on fait mode
conventionnel...
Président (M. Bernier) : Ce ne sera pas long, monsieur, je vais
vous garder du temps pour que vous puissiez répondre.
M. Marceau :
Si on fait mode conventionnel, on va dépenser ce 500 millions de dollars
pour acheter du béton, pour acheter
des armatures de fer, pour couler du ciment, puis pour faire de l'asphalte,
puis... enfin, on va construire des infrastructures
puis on va voir... on va donc construire nous-mêmes un actif, on l'espère,
d'une valeur de 500 millions, ce qui fait que la dette nette va
rester inchangée. Ça, c'est en mode conventionnel.
Si on va en
mode Caisse de dépôt, le 500 millions, on va le placer, la Caisse de
dépôt, on va avoir un placement d'une
valeur de 500 millions, et donc, là aussi, la dette brute va avoir
augmenté de 500, mais la dette nette va demeurer inchangée — en tout
cas, moi, c'est ma compréhension — ce qui fait que l'avantage, évidemment,
c'est sur la
partie non empruntée, c'est sur la
partie qui est assumée
par la caisse, et c'est strictement de cette manière-là que ça avantage le gouvernement, c'est-à-dire que les emprunts ne
sont pas... il y a des emprunts qui sont réalisés par la caisse ou il y a des
montants de financement qui sont fournis par
des partenaires ou par quiconque, mais pas par le gouvernement. On s'entend
sur ce que je viens de dire, là? Vous êtes d'accord avec ce que je viens de
dire?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : Avec une précision : que, donc, l'impact sur la dette...
dans le cas, donc, du modèle qui est considéré ici, si le gouvernement
investit 500 millions, par exemple, on a un actif financier, donc l'impact
sur la dette nette, l'impact
est zéro parce qu'on a un actif financier. De l'autre côté, si c'est une forme
traditionnelle, un PPP, ou autre, ou directement
dans la construction, non, ça, ça va directement sur la dette. L'actif est un
actif physique, mais ce n'est pas de la même nature que d'avoir un actif
financier.
Marceau : Non, non, O.K., on s'entend. On dit la même chose, on
dit la même chose. Je ne l'ai peut-être pas dit comme ça, mais, enfin, c'est un actif dans les deux cas, et donc...
Parfait, ça va. C'est tout. C'est ce que je voulais juste préciser et
clarifier.
Le Président (M.
Bernier) : C'est tout? Est-ce que vous êtes prêts à voter sur
l'amendement?
M. Marceau :
Moi, je suis très prêt.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement proposé par le député de
Rousseau est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Donc, l'amendement à l'article 11, à
l'article 88.10, est adopté.
Donc,
compte tenu de l'heure, je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures.
Nous allons reprendre nos travaux à 15 heures. Donc, je suspends
les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 59
Le Président (M.
Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous allons
reprendre nos travaux.
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 38, Loi
visant à permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de
dépôt et placement du Québec.
Lors
de notre suspension, nous étions à l'étude de l'article 11 et nous
avons adopté un amendement
à l'article 88.10. Moi, ce que
je vous propose comme méthodologie de travail cet après-midi, c'est que je suis
prêt à rendre ma décision en ce qui
concerne l'amendement proposé par le député de Marie-Victorin. Nous pourrions
suspendre l'article 11 et revenir à l'article 12, rendre ma décision, et par la suite...
l'article 10, excusez, rendre ma décision en ce qui regarde
l'article 10, prendre une décision sur l'article 10 et revenir
à l'article 11, s'il y a consentement, bien entendu.
Des voix :
Consentement.
Président (M. Bernier) : Consentement, M. le député de Granby?
Consentement. Donc, nous allons suspendre l'article 11 pour revenir
à l'article 10.
Alors,
comme je vous l'annonçais, je suis prêt à rendre ma décision en ce qui regarde
le projet d'amendement. Cet amendement vise à supprimer une portion de
l'article 11.1.1 introduit par le projet de loi n° 38 à la
Loi sur le
ministère des Transports. Il s'agit de
retrancher les mots «le transport collectif, du trajet projeté pour le système
de transport collectif ou de l'emplacement projeté de ses gares ou de
ses stations».
Parmi les critères
établis par la jurisprudence parlementaire, pour qu'un amendement soit
recevable, il doit se rattacher au principe
du projet de loi et ne peut ni le
contredire ou l'écarter, ni l'élargir d'une manière telle qu'il va au-delà
de l'objet du projet de loi. En espèce, le projet de loi vise la gestion et la réalisation de projets en matière d'infrastructures de transport
collectif. Il est vrai qu'il modifie des dispositions législatives qui se
rattachent spécifiquement à ce sujet, mais aussi d'autres qui sont d'ordre plus
général. Ces dernières le sont néanmoins dans le cadre de cet objectif
poursuivi par le projet de loi concernant les infrastructures de
transport collectif. Il s'agit là du principe même du projet de loi.
Quant
à l'article 10 du projet de loi, il modifie la
Loi sur le ministère des
Transports précisément afin de prévoir, dans les dispositions applicables en matière d'expropriation, une règle
particulière concernant ses projets d'infrastructure pour fixer la valeur du bien exproprié dans ce
contexte. Or, l'amendement présenté par le député de Marie-Victorin élargit
la fixation de la valeur d'un bien exproprié à tout bien acquis par
expropriation pour la construction, l'amélioration, l'agrandissement,
l'entretien et l'usage d'ouvrages ou d'édifices publics et pour rendre l'accès
plus facile.
que prévu au premier alinéa de l'article 11.1 de la
Loi sur le ministère
des Transports, il s'agit donc là d'une modification dont la portée dépasse
le principe du projet de loi, qui, comme je le disais, traite de la réalisation
de projets d'infrastructure de transport
collectif. Dans ce contexte, l'amendement du député de Marie-Victorin aurait
pour effet d'étendre les règles de
fixation de la valeur à tout bien exproprié, ce qui va au-delà du principe du
projet de loi. Pour cette raison, je dois donc déclarer la proposition
irrecevable. Merci.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui,
merci, M. le Président. Évidemment, nous acceptons votre décision. Simplement,
quand même, prendre 10 secondes
pour suggérer au gouvernement d'envisager d'apporter des modifications dans le
sens de ce qui était suggéré par
l'amendement, c'est-à-dire d'envisager ça, évidemment, pas pour maintenant, pas
pour aujourd'hui ni pour demain, mais
dans le futur, sachant encore une fois que l'absence de cette disposition a
coûté cher aux Québécois dans le cas
du Train de l'Est et qu'il y a lieu, dans un contexte difficile, contexte dans
lequel on demande des efforts à tout le monde, de s'assurer que des dérives comme celles qu'on a pu observer
dans le cas du Train de l'Est ne se reproduisent pas. Alors, c'est un appel à l'intervention du gouvernement dans ce
domaine. Maintenant, je comprends que ce n'est pas aujourd'hui que ça va
se faire et je me rends à la décision du président. Voilà.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le député de Rousseau. Commentaires, M. le
ministre?
M. Leitão :
Rapidement, oui. J'entends bien votre appel et j'ai l'intention d'en discuter
avec le ministre des Transports, qu'on puisse adresser cette situation.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Nous revenons donc à l'étude de
l'article 10 tel qu'il a été amendé par le député de Granby. Donc, sur
l'article 10, est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Marceau : Pouvez-vous rappeler, s'il vous plaît? Excusez-moi,
j'étais déjà retourné à 11, M. le Président. J'avais oublié que la vie
se poursuivait pour le 10, puisqu'il n'est pas adopté encore.
M. Marceau :
Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Ça vous va?
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby.
Bonnardel :
Ça me va avec mon amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Ça vous va. Donc, est-ce que l'article 10, tel
qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
Nous
revenons à l'étude de l'article 11, plus précisément à
l'article 88.11, parce que nous avons décidé que nous avons adopté l'amendement, mais de façon à ce que
vous puissiez revenir, s'il y a lieu, aux autres articles, de ne pas les
adopter
article par
article mais d'attendre pour les adopter globalement à la
toute fin. Ça vous va?
Donc,
nous en sommes maintenant à l'article 88.11. Si vous voulez préciser vos
commentaires puis peut-être...
Bonnardel :
...un instant, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, M. le député de Granby.
Bonnardel :
Vous nous dites qu'on est rendus déjà à l'article 88.11?
Le Président (M.
Bernier) : Oui.
Bonnardel : Je
n'avais pas terminé, suite aux commentaires de mon collègue, sur ses amendements 88.10.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, on peut continuer 88.10, il n'y a pas de
problème.
Bonnardel :
Oui, si vous permettez. Ça va être mieux pour...
Le Président (M.
Bernier) : La parole est à vous.
Bonnardel : Ça va être
mieux pour nos travaux. Comme je l'avais mentionné, M. le Président, à l'adoption de principe et suite aux auditions qu'on a eues en
consultations particulières, pour moi, il
y avait un point de l'entente,
que j'avais mentionné au ministre,
qui était litigieux, où je comprenais mal pourquoi le gouvernement, dans l'entente, à la
page 7, devait satisfaire au nom de la caisse le fait que, si la Caisse de
dépôt disait non, disait non à un projet comme celui du SLR et du Train de l'Ouest et que la caisse, nécessairement, avait engagé des dizaines de millions
de dollars pour des études... bien, que le gouvernement... À la page 7, là, quand on est au point 4.4.5, là, de
l'entente entre la caisse et le gouvernement du Québec, ce que l'article
dit... Je vais vous le lire, M. le Président, ce n'est pas très long, là :
un projet va de l'avant, les coûts encourus par la caisse font
partie des coûts
du projet. Si un projet n'allait pas
de l'avant à la suite d'une décision du gouvernement, alors les coûts
des études et de toutes autres dépenses encourus par la caisse pour ce projet seraient remboursés par le gouvernement en contrepartie de l'obtention des rapports d'étude. Dans l'éventualité où un projet n'allait pas de
l'avant à la suite d'une décision de la caisse, les coûts [et les] études
encourus par la caisse pour ce projet
seraient alors remboursés par le gouvernement en contrepartie de l'obtention des rapports
d'étude.»
Loin de moi
d'imaginer, là, que la caisse, après des études importantes, des coûts importants,
qui pourraient coûter au minimum,
selon moi, 50 millions de dollars... On a juste à regarder l'étude que l'AMT a mise
en place avec, nécessairement, l'argent que le gouvernement lui a octroyé. Si
je ne me trompe pas, les chiffres étaient près de 30 millions de dollars, M. le Président. Dans le PQI, on en a parlé hier, il y a
déjà un 20 millions qui avait été dévoilé pour des études futures. Bon, c'est un sujet qui était sur un
autre
article de la loi hier, mais
mon point est fort simple : la Caisse de dépôt, bon, ont des actifs importants, ils ont de
l'argent. D'un certain côté, le gouvernement souhaite que cette entente soit au bénéfice de tous les Québécois, des déposants. On
est tous d'accord avec ça. Si la caisse disait, pour des rendements qui ne seraient pas assez importants
pour ses déposants... Là, on peut revenir, et tout le monde, je pense, l'a
entendu dans les dernières semaines,
la caisse l'a dit aussi, mais dans une certaine mesure. La caisse, en bas de
rendements de 7 %, ne dira
certainement pas oui à un projet comme
celui-là, parce qu'elle doit répondre minimalement à une certaine pérennité
pour ses régimes de retraite. Ça, c'est indéniable.
Alors, au
final, pour moi, je trouve ça un peu particulier que les contribuables
québécois, si la caisse disait non à ce
projet, aient à payer l'entièreté de ces études. Alors, si la caisse dit non à
ces projets parce qu'elle ne peut convenir que les tarifs seront assez importants pour compenser, aller chercher un
certain rendement — on a
parlé de la plus-value — bien, c'est comprenable.
Mais, si on a dépensé 50 millions de dollars, sinon plus, pour des études
importantes... Puis, au-delà de ça,
je comprends que la caisse va remettre ses études au gouvernement, mais, en
échange de ça, le gouvernement va faire
un chèque complet de la facture, 100 % de la facture à la Caisse de dépôt
et placement, là. J'ai un peu de misère. J'ai un peu de misère parce que je ne vois pas pourquoi les contribuables
québécois auraient à débourser l'entièreté de ces études si la caisse disait non. C'est un partenariat, selon
l'entente, gagnant-gagnant pour tout le monde. Alors, pourquoi le
gouvernement et les contribuables, surtout, auraient à payer pour ces études
dans son entièreté?
Alors, pour
moi, je pense qu'il était normal de demander minimalement que le coût de ces
études, M. le Président, soit partagé à parts égales entre le
gouvernement et la caisse. Je ne dis pas maintenant que la caisse doit payer au
complet, mais je pense que, pour les
contribuables québécois qui vont nécessairement avoir une facture assez salée
si la caisse disait non à ce projet
de loi, que le gouvernement ou le ministre des Finances soit sensible à cette
situation en se disant... On ne parle
pas d'un organisme, là, qui vient de naître hier matin. La Caisse de dépôt, là,
les actifs sont assez importants, et
je pense que, dans les circonstances, ils vont faire un travail sérieux. Ça,
j'en suis persuadé. Mais, de là, en
échange de ces études, que le gouvernement ait à absorber l'entièreté du coût
de ces études, moi, je vois mal pourquoi les contribuables auraient à
payer pour tout ça au complet.
Donc, je suis
prêt à déposer un amendement, M. le Président, qui est fort simple.
L'article 11, donc, je peux vous le
lire, l'article 11, ou vous le lire tel qu'amendé, si vous le souhaitez,
là. Je vais vous le lire tel qu'amendé, M. le Président. Donc, au point...
à l'article 88.10 :
«88.10. Le ministre peut, avec l'autorisation du
gouvernement et aux conditions que celui-ci détermine dans chaque cas, conclure une entente avec la Caisse de
dépôt et placement du Québec concernant la gestion et la réalisation
d'un projet ayant pour objet une nouvelle infrastructure de transport collectif.
gouvernement définit les besoins à combler et les objectifs d'intérêt public
concernant le projet et autorise la solution à mettre en oeuvre parmi
les différentes options proposées par la caisse.»
Et l'amendement se lit comme suit :
«En cas où le
projet n'est pas réalisé par la caisse, le coût des études qui ont été
nécessaires doit être partagé en parts égales entre le gouvernement et
la caisse.»
Président (M. Bernier) : Merci. Donc, je vais suspendre
quelques instants pour faire des photocopies pour que puissiez prendre
connaissance de l'amendement déposé par le député de Granby.
(Suspension de la séance à 15 h 21)
Président (M. Bernier) : Alors, s'il vous plaît! Donc, nous
reprenons nos travaux. Donc, nous étions... Le député de Granby vient de déposer un amendement à l'article 88.10.
Avez-vous autres commentaires à apporter sur votre amendement, M. le
député de Granby?
Bonnardel :
Oui. Bien, je pense, M. le Président, que j'ai bien détaillé mon explication
face au coût des études. Le
gouvernement ne peut certainement pas savoir quel sera le coût. On peut
prévoir, nécessairement, que... Si on regarde les coûts des études de l'AMT pour le train qu'on souhaitait avoir sur
le futur pont Champlain, ça a coûté près de 30 millions de dollars. Si on regarde les études que l'AMT
aussi a dû faire pour le Train de l'Est... Bon, dans l'ensemble, si le gouvernement avait déjà octroyé 20 millions
de dollars aussi pour débuter des études, on peut convenir que ce sera un
montant quand même assez substantiel. Alors,
pour moi, il était, je pense, intéressant que le gouvernement se penche et, nécessairement, se dise : Écoutez, là, on va faire un
travail sérieux. Oui, on en convient, la caisse est un partenaire, pour
nous, important, mais, au-delà de ça, ces études...
Même si la caisse, demain matin, donnait ses
études, qui valent 50 millions de dollars, au gouvernement, si la caisse a dit non pour un projet... pour deux
projets comme le SLR et le Train de l'Est, je vois mal, demain matin, comment
le gouvernement pourrait décider, dans 18 mois... 18 mois plus tard
ou 24 mois plus tard, de décider par eux-mêmes d'aller de l'avant. Ça pourrait, mais je serais très, très, très
surpris. Donc, on peut, en tout cas, imaginer que ces études, 24 mois plus tard, 36 mois plus tard, ne
vaudraient plus grand-chose. Alors, dans le contexte, je ne vois pas pourquoi le gouvernement, en tout cas, ne pourrait pas se pencher, minimalement... J'ai parlé, là, d'un
partage à parts égales, mais, si le gouvernement a une autre idée en tête, bien, j'attends une certaine réponse du ministre
pour recevoir positivement cet amendement.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Il y a juste une correction de forme sur votre proposition, M. le
député. L'entrée en matière se lirait
ainsi : Modifier l'article 11 en ajoutant, après le deuxième alinéa
de l'article 88.10, l'alinéa suivant, O.K.? Donc, on biffe, là, «au
deuxième alinéa de l'article 88.10», on biffe ça.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, c'est sur la forme.
M. Marceau : En fait, je pense que c'est juste une coquille.
Dans l'article 11 tel qu'amendé, les mots «pour élaborer
ces propositions» n'apparaissent pas. J'imagine que l'intention,
c'était de les conserver. Juste une question, en fait. Dans le haut, là, l'amendement, il comporte «pour élaborer ces propositions», mais, dans le bas, là, la
partie ombragée, les mots ont
disparu. Bien, en tout cas, dans ce que j'ai reçu.
Le Président (M. Bernier) :
«En cas où le projet n'est pas réalisé par la caisse, le coût des études qui
ont été nécessaires doit être partagé en parts égales entre le gouvernement et
la caisse.»
Bonnardel : Oui, tu
as raison. O.K.
Le Président (M. Bernier) :
«En cas où le projet n'est pas réalisé par la caisse, le coût des études qui
ont été nécessaires pour élaborer ces propositions doit être partagé
en parts égales entre le gouvernement et la caisse.» Donc, on doit lire, dans le dernier paragraphe
de la proposition, exactement le deuxième qui vient décrire votre amendement.
Ça va? Est-ce que tout le monde comprend les modifications de
forme, là? Ça va? M. le ministre.
Leitão : O.K. Très bien.
Merci, M. le Président. En effet, c'est un sujet important,
on en avait discuté à plusieurs
reprises, la question des études et qui paie les études. J'aimerais
juste mentionner quelques petites choses. Nous ne sommes pas inclinés à
accepter l'amendement, et je vais vous expliquer un peu comment nous voyons ça.
Dans le projet de loi, il n'y a rien sur le partage des coûts des études. Cette question-là,
des études, qui paie les études, est adressée dans l'entente gouvernement-Caisse
de dépôt. Ces projets que, potentiellement, on va référer à la Caisse de dépôt sont des projets que le gouvernement a donc identifiés comme étant d'importance
publique, comme des choses importantes
qu'on aimerait faire, et donc, s'ils ne se font pas de cette façon qu'on propose
avec la caisse, on peut très bien penser qu'ils se feraient d'une autre façon, peut-être
plus tard. On aimerait que ça se fasse plus vite, c'est pour ça, en
grande partie, que nous voulons adopter ce modèle-là.
Alors, question
des études. Donc, dans l'entente, donc, on mentionne, donc, qui paie quoi si le
projet est abandonné par ci,
abandonné par ça, mais on mentionne aussi... Dans l'article 4.4.5,
à la même page que vous avez mentionnée, le deuxième petit paragraphe, on mentionne
aussi, donc, à la phase de planification, que la caisse doit fournir un rapport
sur l'avancement des coûts engagés par la
caisse, donc tout ça au gouvernement, à chaque tranche de 5 millions de dollars. Donc,
si jamais on voyait que les coûts des études commençaient à
exploser, on était rendu à des montants extrêmement élevés, alors là, à l'intérieur de l'entente, le gouvernement pourrait trouver une autre entente en ce qui concerne le coût des études, parce qu'on va être avertis, on va être informés, à chaque tranche de 5 millions, de l'évolution des coûts de ces études-là.
Dans un
scénario, disons, négatif, où le projet serait éventuellement abandonné, bon,
les études qui auraient été encourues
seraient transférées au gouvernement. Mais il
y a donc une clause, dans l'entente,
qui, à notre avis, limite une augmentation... l'explosion incontrôlée
des coûts des études, parce qu'à chaque tranche de 5 millions on va savoir
exactement où on est dans cette question-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Granby.
Bonnardel :
...M. le Président, sauf que ça n'enlève pas la pertinence de l'amendement,
quand même. Je peux comprendre que le
ministre... le Conseil exécutif pourrait décider... le comité exécutif pourrait
décider que le projet est parti en
explosion des coûts, d'arrêter tout ça, mais, quand même, si c'était le cas et
qu'il y avait 50 millions d'engagés par la caisse, bien, il reste que, si la caisse disait non... C'est la
caisse, au final, là, qui va décider. Dans l'entente, là, dans les faits saillants de l'entente, à la fin, le
financement, mise en oeuvre, explosion des projets, c'est quand même la caisse
qui va décider, selon le document que la caisse a remis initialement.
Alors, je peux comprendre, là, que
vous dites : Oui, on est protégés, parce qu'à chaque tranche de
5 millions de coûts engagés le
comité exécutif va se pencher... Mais ça n'enlève pas la pertinence de
l'amendement qui dit que, si le comité
exécutif disait : Wo! Attends un petit instant, vous allez trop vite, ou
que ça risque de coûter trop cher, c'est quand même la caisse, au final,
qui va retirer ses billes. Si la caisse retire ses billes, la caisse aura
peut-être engagé 20, 30, 40 millions.
C'est
pour ça que mon... Je ne pense pas que mon point est, comment je pourrais dire,
majeur en termes d'aspect financier
pour la Caisse de dépôt, là. Je ne dis pas que les 50 millions, ce n'est
rien, c'est important. Mais c'est important... Mais, si c'est important pour la caisse, c'est important pour le gouvernement,
donc important pour le contribuable québécois. Or, vous dites : On
se protège. Mais on ne se protège pas en... on ne se protège pas, parce que,
même si la caisse...
Puis,
selon moi, je peux mal m'imaginer que la caisse vous donne des rapports qui
démontrent une explosion de coûts
rapidement. Alors, je ne vois pas pourquoi, M. le ministre, on ne pourrait pas
se protéger, comme gouvernement, puis
dire aux contribuables : Bien, on a confiance que la caisse et nous
puissions trouver un taux de rendement qui sera adéquat, un tarif qui sera intéressant pour l'utilisateur, mais que, de
l'autre côté, si jamais, si jamais la caisse retirait ses billes, bien, le gouvernement n'ait pas à assumer
la totalité du coût de ces études. Vous le savez bien, là, c'est presque
impossible que le coût de ces études ne soit
pas à hauteur de 40, 50 millions de dollars. Ce serait très, très, très
peu probable qu'on n'atteigne pas ces montants.
Donc,
50 millions, on fait pas mal de construction d'urgence dans les hôpitaux
du Québec, ou on a pas mal de nouvelles
écoles avec 50 millions de dollars. Alors, si on partageait... Je suis
persuadé que la caisse pourrait, nécessairement, vous assurer rapidement en vous disant : On prend en considération
puis on est prêts à accepter ça. Si vous dites : Pour nous, il est hors de question, bien, je vois mal
comment le contribuable québécois serait mal défendu dans ces circonstances,
à savoir qu'un partage serait, je pense, adéquat pour une entente comme
celle-là.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Peut-être, avant de dire ce que je pense de
l'amendement, j'aimerais poser une question au ministre sur le 4.4.5 de
l'entente — si
vous l'avez sous la main? Alors, le projet... l'entente-cadre, pardon, prévoit trois circonstances. La première circonstance, le
projet va de l'avant. Deuxième circonstance, il ne va pas de l'avant par
décision du gouvernement. Puis, troisième circonstance, il ne va pas de l'avant
par décision de la caisse.
Dans le dernier cas,
on dit que «toutes les autres dépenses encourues par la caisse seraient
assumées par cette dernière». La question toute simple, c'est : Quelles
sont ces autres dépenses encourues par la caisse?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Oui. Ça serait des dépenses, donc, autres que directement
concernées par les études, des dépenses où la caisse aurait engagé du
monde. Donc, on a mis en place une... donc des dépenses directes en personnel
ou...
M. Marceau :
...du personnel, M. le ministre?
M. Marceau :
À quoi ils serviraient, ces gens-là, M. le ministre, si ce n'est pas pour faire
des études?
Leitão : À travailler sur ces projets-là. Disons que la caisse crée sa
filiale, tout ça, commence à regarder le projet... Parce que nous, on lui a demandé de faire ça, le SLR, alors
donc on met en place une filiale projet pour le SLR. Certaines études
sont commandées, d'autres sont faites «in-house». Donc, il y aurait un certain
nombre de personnes qui auraient été engagées pour commencer à travailler sur
ce projet-là en particulier. Et, si, à la fin, le gouvernement décide qu'il n'y a aucune des options soumises par
la caisse qui est acceptable, à notre avis, donc si c'est le gouvernement
qui met fin à l'entente, dans ce cas-là,
c'est une chose. Si c'est la caisse qui ne trouve pas... Bon. Donc, il y a les
deux...
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Rousseau.
Marceau : ...je veux
juste être bien clair, là. Ma question est bien claire. Enfin, peut-être
qu'elle n'est pas claire, mais je vais essayer d'être clair. Moi,
j'essaie de comprendre quel type de dépenses la caisse pourrait encourir qui ne
pourrait pas entrer dans la catégorie de
coût des études. J'essaie de comprendre. Parce qu'en principe, là, ce n'est pas
à nous à... si la caisse se dote d'un
secrétariat dans sa filiale Infra, est-ce que c'est au gouvernement
à payer parce que... En tout cas,
moi, je ne vois pas très bien comment ça peut marcher, là. Il me semble que les
dépenses qui sont pertinentes sont
celles qui ont rapport aux études. J'essaie de... Je ne vois pas... En tout
cas, à moins que vous me donniez des exemples auxquels je n'ai pas pu
penser, je ne vois pas de quoi on parle précisément.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Bon. Je pense qu'il
y a, bon, enfin, des dépenses directes quand on commande une étude, mais il y a
aussi des dépenses indirectes en termes,
donc, d'analyse de contrats, d'autres types de dépenses qui seraient attribuées
à ces projets en particulier qui seraient éventuellement abandonnés pour une raison que le gouvernement décidait qu'on
abandonne. Donc, ces autres dépenses ancillaires seraient aussi remboursées à
la caisse de dépôt.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député.
M. Marceau : J'aimerais ça que vous soyez plus précis. Est-ce
que vous pouvez me donner un exemple ou des exemples?
M. Leitão :
C'est ça, c'est...
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
Leitão : On présume qu'il y
aurait plusieurs consultants qui seraient engagés pour cette phase d'étude. Et
il y a donc des dépenses reliées à ça
qui ne seraient pas nécessairement reliées directement à l'étude
elle-même et, encore une fois, des
ressources humaines, du personnel qui serait engagé, d'heures qui seraient
facturées à la caisse, ou qui ne seraient pas nécessairement
comptabilisées dans la production directe des études, mais qui sont
indirectement attribuables au processus d'analyse du projet.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Marceau : Disons que je
suis moyennement convaincu puis que je vous invite à avoir des définitions claires pour le jour où vous allez devoir séparer
la facture reliée aux études puis la facture reliée au reste, parce que, pour
l'instant, ce n'est pas parfaitement clair. Je vais quand même aller...
M. Marceau : Écoutez, si vous
voulez parler, allez-y, là. Sinon, après ça, j'irais sur d'autres choses.
Le Président (M. Bernier) :
Avez-vous d'autre chose à ajouter, M. le ministre?
Leitão : Peut-être
une chose, parce que, donc, c'est justement la question que je voulais aborder, ça s'insère
un peu dans les commentaires à l'amendement
proposé par le député de Granby, que nous trouvons que, dans le projet de
loi, un tel amendement,
donc de telles précisions très concrètes sur le coût des études, n'est pas
approprié parce que ce type de
questions est adressé justement au cas par cas... d'abord au cas par cas, bon, et
dans les ententes qui seraient éventuellement signées entre le gouvernement et la caisse. Et,
si on a une entente-cadre, quand on va vraiment commencer à analyser un projet spécifique
particulier, il y aura une entente particulière avec ce projet particulier. Et
donc, dans ces ententes-là particulières, là
il y aurait des possibilités d'être beaucoup plus précis et explicites dans ces questions-là.
Dans un projet de loi, à notre avis, au point de vue légal, c'est vraiment
inapproprié d'inclure de telles précisions.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Bien. Bon, la première chose que je dirais, c'est
que tout ce que je peux imaginer puis comprendre, c'est qu'on parle ici
des coûts normaux... appelons-les normaux ou réguliers, standard, habituels,
d'opération de la filiale Infra, puis, à un moment donné dans le temps, il y a quelqu'un qui dit à cette filiale-là : Vous allez
faire une étude sur, mettons, le SLR,
puis là une
partie des frais normaux d'opération de la filiale Infra vont être
passés comme coûts liés à la production des études. C'est ça que je
comprends. En tout cas, c'est la seule que je puisse imaginer.
Regardez, là-dessus,
moi, je trouve que ce n'est vraiment pas parfaitement clair, mais je vais aller plus directement au but. 4.4.5, dans l'entente, il prévoit deux choses distinctes dans le
cas où le projet ne va pas de l'avant. Si le projet ne va pas de l'avant à la suite d'une décision du
gouvernement, alors tout est remboursé par le gouvernement. Si ça ne va pas
de l'avant par suite d'une décision de la caisse, les études sont remboursées
mais pas les autres dépenses.
M. Marceau :
O.K. Première des choses que ça me dit, moi, c'est que, si j'étais... Puis là
je ne veux pas prêter de comportement malveillant à personne, mais, moi,
si je suis à la caisse, ce n'est pas compliqué de faire en sorte que le gouvernement refuse, j'ai juste à proposer au
gouvernement quelque chose qui n'a pas de bon sens, avec des tarifs très,
très élevés, mettons.
Alors, il y a
comme... Nous autres, on appelle ça, chez les économistes, on appelle ça du
risque moral. On appelle ça l'idée que, devant le choix de moi-même me
pénaliser en proposant des études... En tout cas, moi, mettons que je veux que ça ne marche pas, là, parce que je trouve
que les projets, ça ne se tient pas, il n'y a pas moyen d'y arriver, là,
bien, je vais mettre l'odieux du refus sur
le gouvernement, parce que, dans ce cas-là, toutes mes dépenses vont être
payées. Ça, ça me semble assez évident.
Mais, bon,
j'ai de la misère à comprendre comment vous allez faire la distinction, donc,
entre un refus d'aller de l'avant qui
vient du gouvernement puis un refus d'aller de l'avant qui vient de la caisse.
Ce qui fait que je trouve que la proposition
du député de Granby a du très raisonnable. Elle a du raisonnable en ce sens
que, premièrement, elle ne fait pas de distinction entre l'origine... enfin, ne
distingue pas la raison du refus, elle ne distingue pas que ça vient du
gouvernement ou que ça vient de la
caisse, et ça, je trouve ça raisonnable. Parce qu'encore une fois je pense que
ça prête à des... en tout cas, ça
n'invite pas au meilleur comportement, ce qui est présentement rédigé. La
deuxième chose, c'est que je trouve que la
partie des dépenses encourues
par la caisse qui ne sont pas liées au rapport d'étude... je ne suis pas
certain de comprendre pourquoi les
contribuables devraient payer. Alors, peut-être que la formulation du député de
Granby ne vous convient pas puis
qu'il y aurait peut-être lieu de réarranger l'amendement du député de Granby,
mais en même temps je trouve qu'il y
a du très raisonnable dans ce qu'il présente. Puis je continue de dire que de
distinguer qui a dit non, ce n'est pas souhaitable.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
Leitão : J'aimerais juste, peut-être,
quelques précisions en ce qui
concerne, donc, que les parties
soient... sans vouloir prêter des mauvaises intentions à qui que ce
soit...
M. Marceau : Je n'ai jamais
fait ça.
Leitão : ...mais cette situation
est un peu prévue dans le Code civil, parce
que, quand il y a
des contrats, la bonne foi est
présumée. Donc, il y aurait un risque réputationnel énorme pour la Caisse de dépôt de faire exprès que le gouvernement refuse son projet, donc sa
crédibilité et sa... et même des poursuites, si jamais... Dans un tel scénario
catastrophique, le Code civil est clair là-dessus.
Mais je
reviens, je pense, à l'essentiel, c'est que d'ajouter des précisions
sur le coût des études dans le projet
de loi, ça serait extrêmement difficile et complexe, parce que
c'est au cas par cas que ça va se faire, et donc ces questions sont prévues dans l'entente que le gouvernement signe avec la Caisse de dépôt, avec la provision que, bon, à chaque 5 millions de dollars, le gouvernement
est informé. Donc, il y aurait une façon d'empêcher une explosion de coûts.
Peut-être,
pour revenir à la question aussi fondamentale du collègue de Rousseau, il y a
une différence entre le coût des
études, donc on fait une étude directe sur l'achalandage ou quoi que ce soit,
et les coûts associés au projet. Et, même
l'AMT, par exemple, quand elle examine un projet, quand elle
s'embarque dans un projet, bon, il y
a les études, mais il
y a aussi tous les autres
coûts : les loyers, l'électricité, le téléphone, toutes ces choses-là.
Donc, c'est toutes ces... comme j'ai
dit tantôt, les coûts ancillaires, les coûts de projet qui... donc, on
s'engagerait à les rembourser si jamais le projet était abandonné par décision gouvernementale.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le
Président, en tout respect pour le ministre, le ministre a dit que c'était
inapproprié, cet amendement. Je ne vois pas en quoi cet amendement est
inapproprié. Vous dites : On est protégés par le paragraphe suivant, l'article 4.4.5 de l'entente. Je vous répète que, oui,
vous pourriez dire non parce qu'il y aurait explosion de coûts pour les phases du programme : à chaque 5 millions, le gouvernement devra... bien devra autoriser, devra dire oui ou
donner son consentement. Je vous le
répète, M. le Président, M. le ministre,
respectueusement, vous le savez très bien que la caisse va engager au minimum — au minimum — 30 millions, sinon 40, sinon 50. En
quoi, aujourd'hui, cet amendement pourrait mettre en péril l'entente que vous avez avec la Caisse de dépôt? En quoi
on est persuadés que ça pourrait fonctionner, à moins que la caisse ne trouve pas de partenaire, que le taux de
rendement ne soit pas adéquat, que le tarif et l'intégration se fassent mal? On souhaite que ça fonctionne,
mais en quoi cet amendement pourrait mettre en péril l'entente? En quoi ça pourrait amener le gouvernement à dire aux
contribuables, aux gens : Bien, écoutez, on a pris acte, encore une fois,
de cette situation. Les coûts seront quand
même importants, 50 millions de dollars, peut-être moins, peut-être même
plus. Pourquoi la caisse ne dit
pas... le gouvernement ne dit pas à la caisse : Bien, écoutez, on va se
partager les coûts, on va se partager les coûts?
Il n'a pas
d'exemple à nous donner, à savoir... La volonté du gouvernement, c'est de s'entendre
avec la caisse, j'en conviens, mais
il n'y a pas rien de fort dans son explication qui me laisse croire... qui me
laisse croire que je n'ai pas raison, qu'on n'a pas raison, mon collègue
de Rousseau et moi, de vous dire, là, que je pense qu'on protège, dans une
certaine mesure, les contribuables québécois et que, de votre côté, si ça coûte
50 millions puis que ça ne fonctionnait malheureusement
pas, bien... 25 millions de dollars, là, je vous garantis qu'on rénove pas
mal de parcs-écoles au Québec, demain matin, qu'on rénove quelques urgences au
Québec. Alors, ce n'est pas banal, ce n'est pas banal. Donc, j'attends une explication qui me laisserait croire, là, que
je suis complètement dans le champ avec cet amendement, mais je ne le
crois pas, là.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : Alors, oui, M. le Président, comme j'ai dit tantôt, nous
jugeons que ce n'est pas approprié de mettre un tel amendement dans le projet de loi parce que ça reviendrait comme
figer toute cette question pour les projets futurs, pour... je parlais pour l'éternité, l'éternité,
c'est très long, mais donc ça enlèverait beaucoup de souplesse aux projets. Et
ces questions, qui sont des questions très
importantes, et j'en conviens bien, ces questions sont adressées... la
meilleure place pour les adresser,
c'est dans l'entente qu'il y a entre le gouvernement et la caisse. Il y a
l'entente-cadre, mais après il va
aussi y avoir des ententes spécifiques pour chaque projet, et donc c'est à cet
endroit-là qu'on peut mettre en place les mécanismes pour s'assurer
qu'il n'y a pas explosion de coûts.
même dans un scénario où on aurait encouru des dépenses importantes pour
réaliser des études, et, on se rend compte
pour une raison ou une autre, le projet ne va pas de l'avant avec la Caisse de
dépôt, bon, ces études-là seraient remises
au gouvernement. Parce que, si on a choisi, identifié au départ un tel projet,
disons le SLR, comme étant un projet d'intérêt
public, ce projet va éventuellement se faire. Il se ferait dans un autre cadre,
si on n'arrive pas à s'entendre avec la
caisse. Donc, ces études-là n'auraient pas été inutiles, elles serviraient pour
la construction de ce projet-là sous un modèle plus traditionnel, fort probablement beaucoup plus tard que ce qui est
considéré ici, mais ça ne serait pas un gaspillage de fonds publics.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
M. le député.
Bonnardel :
Deux points. Le ministre parle de souplesse : Ça enlève de la souplesse.
Bien, l'amendement, de la manière qu'il est libellé, là, on parle d'un
projet qui n'est pas réalisé par la caisse. Puis il n'y aura pas
12 projets comme ceux que la caisse va
mettre en place dans les 10 prochaines années, là. Et, de toute façon, si
c'était le cas pour de futurs projets
dans 10 ans, bien, je pense que c'est encore correct de demander que...
si, je ne sais pas, moi, il y avait un
autre train entre Laval et Montréal — puis je dis ça comme ça — puis que c'était la caisse qui le mettait en
place, bien, en quoi ça
empêcherait... ça empêchait le gouvernement et la caisse de mettre à profit
leur expertise puis de dire : Oui, on va pousser plus loin, puis
que, si ça ne se fait pas, bien, la caisse va absorber la moitié de ces études?
Or, vous dites : Manque de souplesse. Il
n'y a pas de manque de souplesse, c'est juste un article, je pense, qui
démontre une volonté du gouvernement d'expliquer aux contribuables qu'on prend
conscience du coût extrêmement important.
Vous dites, de l'autre côté : Bien, ce n'est pas perdu, ces études. M. le
ministre, on va se dire la vérité, là : Vous avez besoin de la caisse. Si vous disiez non ou la
caisse disait non, ne me faites pas croire, dans deux ans, que le gouvernement,
soudainement, va avoir les milliards de
dollars qui vont lui tomber du ciel. Il n'y a pas de milliard qui va tomber.
Puis je serais très, très, très
surpris que, demain matin, vous redonniez une certaine confiance au MTQ ou à
l'AMT. L'AMT sera même peut-être
abolie, parce que, le modèle de gouvernance, le ministre des Transports veut le
changer. Alors, il faut juste être un peu réaliste, là.
Alors, c'est
pour ça que je ne comprends pas... je comprends mal pourquoi vous êtes si... tu
sais, vous ne recevez pas ça
positivement, parce qu'en quelque
part ce n'est même pas partisan, cet
amendement, c'est un contexte qui démontre de la souplesse vis-à-vis
l'entente que vous avez. Puis, à la limite, essayez de me convaincre d'une autre
manière, ou dites-moi que, l'entente, vous
êtes prêt à la revoir avec la caisse. Vous avez des gens de la caisse qui sont
ici, là, je ne peux pas croire que
vous ne leur avez pas déjà demandé. De toute façon, vous saviez déjà que cet
amendement... ou cette question, je
vous la poserais, je vous l'avais dit à l'adoption de principe. Alors, pour
moi, là, le questionnement que j'ai aujourd'hui, à savoir que ce soit le gouvernement ou que ça soit la caisse qui dise
non à ce projet, il reste qu'il y aura des coûts majeurs. Puis ce n'est pas vrai que, demain matin, ces
études, là, 24 mois plus tard, le gouvernement va faire alléluia! puis on vient
de trouver 2,5 milliards pour le SLR du pont Champlain, si la caisse
disait non, là. Je serais extrêmement... — puis vous le savez très bien — je
serais extrêmement surpris que ça aille de l'avant de cette façon.
Alors, je ne
vois pas pourquoi vous persistez à mettre un non face à cet amendement qui, ma
foi, donne, donne l'opportunité au gouvernement de dire : Bien, regardez,
là, on aura fait tout ce qu'on peut pour faire accepter... faire passer ce projet, ça ne fonctionne pas. Ça coûte
50 millions, le gouvernement en absorbe la... en assume la moitié, puis,
l'autre, c'est la Caisse de dépôt. On ne
parle pas, là, de... on ne parle pas d'une caisse, là, qui a des actifs de
1 milliard, là, on parle d'une
caisse qui a des actifs de 225 milliards. Puis je pense qu'on va
travailler... vous allez travailler sérieusement, j'en conviens, la caisse aussi, je n'ai aucun
problème avec ça. Je ne doute même pas de leur intégrité et de vous donner
une facture qui sera transparente et réelle,
mais ça ne sera pas une facture de 1 million de dollars, vous le savez
très bien.
Donc, je
persiste, là, je persiste. Puis je pense que je vous travaille un peu au corps,
là, mais je suis persuadé que vous
êtes sensible à... vous êtes sensible à ça. Puis l'explication que vous me
donnez, là, ne m'amène pas à penser, encore une fois, que mon amendement
n'a pas de sens.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
Leitão : Écoutez, c'est une question importante. En effet, ça a été
discuté longuement, à plusieurs reprises quand on... dans tout le processus, déjà, depuis plusieurs mois qu'on
travaille sur cette entente et, par la suite, ce projet de loi. Et la façon dont nous avons, donc, établi
le... à la page 7, l'entente, le point 4.4.5, à notre avis, c'est une
façon qui satisfait le gouvernement
et la Caisse de dépôt. Ça empêche l'explosion inattendue des coûts avec l'obligation
d'information à chaque tranche de
5 millions. Donc, pour nous, en tant que gouvernement, c'est quelque chose
qui nous satisfait. Nous pensons que les contribuables sont bien
protégés de cette façon-là.
Et, pour ce
qui est du cadre légal, donc, du projet de loi, l'article 88.10, encore
une fois, ce ne serait pas... ça serait trop... il y aurait un grand manque de flexibilité si on va inclure de telles précisions dans le cadre du projet de loi. Ces précisions-là appartiennent... leur place, c'est
dans l'entente, et l'entente, telle qu'elle est rédigée, à notre avis en tout
cas, ça nous satisfait, et je pense que les contribuables sont bien
protégés comme ça.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, M.
le Président. Écoutez, M. le ministre, moi, j'ai beaucoup de difficultés, comme
mon confrère de Granby et mon confrère de
Rousseau, à dire que le paragraphe qui suit, comme quoi que... «Ce rapport sera
produit pour chaque tranche de 5 millions de coûts [engrangés].» Je suis
un peu d'accord qu'on va avoir un rapport à chaque
tranche de 5 millions, mais ce n'est pas un frein. On s'arrête où? Est-ce
qu'on va avoir fini les études? Est-ce qu'on
va avoir fini l'étude? Est-ce qu'on va avoir fini l'étude? Où est le frein pour
dire que ça ne peut pas marcher, ça ne marchera
pas? Il est-y après cinq études de 5 millions ou il est-y après
10 tranches de 5 millions ou 15 tranches de 5 millions?
Ça, il n'y a rien qui nous garantit ça.
Alors, je pense que ça, ça ne protège pas personne et puis ça ne protège
surtout pas le contribuable ou le payeur de taxes, là, pour le coût des
études.
L'autre
chose qu'il faut regarder aussi avec la Caisse de dépôt, c'est : à un
moment donné, nous sommes dans une
relation de fournisseur, un fournisseur de services qui s'appellerait la Caisse
de dépôt, qui opérerait le service et qui chargerait une tarification pour faire en sorte de rentrer dans son
capital et d'avoir des rendements intéressants. Moi, j'appelle ça un fournisseur de services, et le client, le
client, bien, c'est le gouvernement. Le client, ce sont tous les contribuables.
Alors,
lorsqu'on parle d'une relation entre un fournisseur de services qui... S'il
fait le service, il va s'arranger pour faire
de l'argent avec, c'est à peu près... il faut revenir à la base, et nous, nous
sommes le client, client auquel il va charger
x montant de tarification, qui va être établi, et tout ça, pour faire en sorte
que le projet va être rentable pour la caisse.
Bien, moi, je pense que, dans un contexte privé, M. le ministre, vous
sauriez... vous savez très bien que c'est le fournisseur de services qui paierait ces expertises pour nous fournir le
service puis pour essayer d'avoir le contrat. Étant donné que c'est du
public-public, la moindre des choses, la moindre des choses, ça serait 50-50.
puis qu'est-ce qui arrive à 50-50? Puis je ne vous dis pas... J'ai beaucoup de
respect pour la Caisse de dépôt, j'ai
beaucoup de respect pour les personnes qui sont là, j'ai beaucoup de respect
pour le gouvernement en place, sauf qu'il ne faut pas que ça devienne un «bar open». Si on dit au fournisseur de
services : Faites les études, c'est nous autres qui vont payer, moi, je trouve qu'ils vont en faire,
puis ils vont en faire, puis ils vont en faire. Puis ça, quand on va les
arrêter, je ne peux pas concevoir
comment... sous quel prétexte qu'on va les arrêter. Sauf que ça va être eux
autres qui vont dire : Oubliez
ça, ce n'est pas rentable. Là, ils vont dire au gouvernement : Ce n'est
pas rentable, on vous conseille d'abandonner le projet.
Maintenant,
moi, je ne sais pas où est-ce que ça va s'arrêter. Il faut le voir comme :
nous sommes le client, et il est le
fournisseurs de service, avec lequel service il est supposé de faire de l'argent
pour préserver nos pensions. Maintenant, est-ce que c'est au gouvernement encore à payer les études pour qu'il
fasse encore plus d'argent? Mais là c'est encore tous les contribuables
qui paient, au lieu de juste ceux pour qui la Caisse de dépôt est là.
Alors,
l'autre question, M. le ministre... Ça, c'est mes craintes. Et là une question
bien précise : Dans les autres projets
dans lesquels est impliquée la Caisse de dépôt, qui a payé les études? Est-ce
que le projet s'est vendu... Je parle de
Heathrow, je parle de Canada Line, je parle de... Est-ce qu'il y a eu un coût
des études refilé lorsque la Caisse de dépôt a investi? Est-ce qu'on a
des exemples? Je vous pose la question.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : O.K., deux choses. D'abord, la deuxième réponse à votre
question : Je n'en ai pas la moindre idée. Je n'en ai pas la moindre
idée avec... Donc, l'accord, l'entente entre la caisse et Heathrow, d'autres
projets, sur cette information de la caisse, je n'ai pas été informé.
Spénard :
Vous ne le savez pas?
Leitão : Et, en tous les
cas, ce n'est pas de la même façon, parce
que, dans ces autres projets là, la
caisse n'est pas maître d'oeuvre.
Maintenant,
je vais juste revenir à quelque chose que vous avez dit au début, parce que
je pense que c'est important de clarifier. La Caisse de dépôt et placement n'est pas un simple fournisseur de
services, ce n'est pas du tout ça. C'est un partenaire et un partenaire institutionnel, ce n'est pas la même
chose. On n'est pas du tout dans un cadre de fourniture de services.
C'est complètement différent.
Pour
ce qui est de l'entente, et là on revient donc à l'amendement proposé par le
député de Granby, cette entente, c'est une entente, donc, contractuelle.
Le gouvernement a signé cette entente avec la Caisse de dépôt. On ne peut pas unilatéralement, ici, maintenant, changer cette
entente-là. C'est un contrat qui a été signé avec la Caisse de dépôt. Ça a été
discuté longuement, la question des études,
et c'est donc la formulation que les deux côtés ont trouvée, qui était
acceptable, celle qui est incluse
dans la
section 4.4.5, à la page 7. La changer maintenant, ici, ce
serait de changer un contrat. Il faudrait recommencer le processus. On
ne peut pas, nous, unilatéralement, changer un contrat qui a été signé.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député.
Spénard : Il y a un mot que vous avez dit qui est fort
intéressant, M. le ministre, c'est qu'il ne faut pas le voir comme un fournisseur de services, il faut le voir
comme un partenaire, et justement un partenaire, le mot le dit, c'est du
partenariat.
M. Leitão :
Partenaire commercial, oui.
Spénard : Partenaire commercial. Alors, si un partenaire à
50-50, il ramasse 50 % du bill puis 50 % des profits, c'est un partenaire... Quel genre de partenaire?
Un partenaire, pour moi, c'est quelqu'un qui regarde, on est deux, là, on
fait des projets, là, puis on est
partenaires ensemble. Bien, pour moi, un partenariat, ça implique des décisions
communes dont les coûts sont assumés
communément par de l'argent public, mais il y a un partenariat, là, il y a...
et ça, je ne suis pas sûr de... En tout cas, je ne suis pas sûr de
comprendre c'est quoi, votre partenariat.
Mais
je veux revenir à qu'est-ce que vous venez de dire, M. le ministre, sur cette
fameuse entente entre le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et
placement, vous dites qu'on ne peut même pas modifier l'entente...
M. Leitão :
Unilatéralement.
Spénard : ...unilatéralement. Mais, si je comprends bien, le
gouvernement s'est engagé à travers une entente sans avoir présenté son projet de loi, sans avoir fait approuver son
projet de loi. Bien, moi, j'aimerais ça être clair là-dessus, là, parce
que, si on ne peut rien changer dans l'entente et on ne peut rien changer dans
le projet de loi qui changerait l'entente,
ce que j'en conclus, j'en conclus que le gouvernement a signé l'entente, qu'il
est lié avec avant de faire adopter son
projet de loi n° 38 qui est la Loi visant à permettre la réalisation
d'infrastructures par la Caisse de dépôt et placement du Québec. C'est
ça que j'en conclus.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Je pense que ce ne serait pas la bonne conclusion. Cette
entente va se concrétiser seulement si nous approuvons le projet de loi. Si nous, les législateurs, décidons que ça
n'a pas d'allure, on vote contre, on ne l'approuve pas, ça ne se fait
pas. Donc, c'est toujours au législateur de décider ça.
Les différentes
dispositions dans les articles, ici, du projet de loi, les différents articles,
vont permettre ce modèle qui est un modèle
qui est très innovant, qui est quelque chose de nouveau. Donc, quand on parle
de partenaire, oui, nous sommes des
partenaires, mais, comprenons-nous bien, ce n'est pas un PPP traditionnel, ce
n'est pas un... c'est quelque chose
de complètement nouveau où il y a une étape où le gouvernement confie à la
caisse l'analyse d'un projet que nous
avons décidé qui était important. Il y a toutes ces études qui vont être
faites, toute cette analyse qui va être faite. Par la suite, il va y avoir une décision qui va se prendre par le
gouvernement, une fois qu'on a pris connaissance de toutes les différentes options. Si la décision gouvernementale est acceptée
par la Caisse de dépôt, on va de l'avant, et le gouvernement se retire complètement. Donc,
ce n'est pas un partenariat traditionnel, c'est quelque chose de très innovant.
Il y a une délégation de contrôle qui se
fait, et nous avons beaucoup martelé, au tout début, sur l'importance de préserver l'indépendance et
l'autonomie de la caisse. Donc, c'est dans ce contexte-là que je pense
que le projet d'amendement, tel que proposé par le député, votre collègue le député de... notre
collègue le député de Granby, n'est pas... nous ne sommes pas à l'aise à
l'accepter.
Le Président (M.
Bernier) : Juste comme précision, M. le député de Beauce-Nord,
je veux vous...
Spénard :
Le but...
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Beauce-Nord.
Président (M. Bernier) : Juste comme précision par rapport à
votre question : En ce qui nous concerne, nous, à la Commission des finances publiques, il y a un
projet de loi qu'on étudie actuellement, et il y a un projet d'entente qui
a été déposé. Donc, pour nous autres, il y a
un projet de loi. Si le projet de loi n'est pas adopté, il n'y a pas d'entente.
C'est comme ça qu'on voit les choses.
Donc, c'est... je veux juste préciser cette chose-là : Dans le mandat que
nous avons, là, nous, c'est d'étudier
un projet de loi. Découlera un projet d'entente qui est là. S'il n'y a pas de
projet de loi, il n'y a pas d'entente. Merci.
Spénard : O.K. Merci, M. le Président. Je reviens à vous, M.
le ministre. J'ai de la misère... Parce que ça se passe en plusieurs étapes. Il y a une étape de
partenariat. Il y a une étape d'étude où est-ce que le gouvernement va payer
100 % des études. Mais l'objectif
ultime, l'objectif ultime de cette entente et de ce projet de loi est de faire
de la Caisse de dépôt, pour ce projet-ci, le fournisseur de services
pour la population. Ça, vous venez de le dire, parce qu'après ça le gouvernement se retire, et c'est la caisse qui
assume tout le roulement, et tout. Donc, pour moi, si le fournisseur de
services... le gouvernement... Vous
venez de le dire, le gouvernement se retire, en autant que ça marche, le
gouvernement se retire, aucune
ingérence dans la Caisse de dépôt, et la Caisse de dépôt devient le fournisseur
du service. Pour moi, là, ça a beau être
public, là, mais c'est un fournisseur de services au même
titre que la Société
d'assurance automobile puis au même
titre que les autres, là.
Le Président (M.
Bernier) : Fini après.
Spénard : Bien,
c'est ça que j'ai cru entendre de votre bouche, M. le ministre. Je ne sais pas
si vous pourriez me rassurer, mais l'objectif
ultime, pour moi, c'est que la Caisse
de dépôt est le maître d'oeuvre du transport collectif, que ça
soit la ligne de l'ouest ou que ça soit le SLR sur Champlain. L'objectif
ultime... Mais on dit : Il y a des étapes entre ça, là, on est en train
de les regarder, les étapes, mais l'objectif ultime, c'est le fournisseur de
services.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le ministre.
M. Leitão :
Non, la caisse n'est pas un fournisseur de services, la caisse veut être le
propriétaire de cette infrastructure-là. Elle va être l'opérateur, le
propriétaire. Elle va, bon, d'abord, l'étudier, le construire et, par la suite,
l'opérer, et va demeurer le propriétaire de
la chose. Ce n'est pas... Elle ne fournit pas un service au gouvernement. Elle
a un actif qu'elle va exploiter et qui va
lui donner un rendement. Il s'avère que cet actif qui va donner le rendement
est un actif dans le domaine du
transport collectif, le transport urbain, mais ce n'est pas un fournisseur
de... Il n'y a pas un contrat de service entre la caisse et le
gouvernement. La caisse est la propriétaire de cette infrastructure-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Spénard : J'ai de
la misère un peu, M. le ministre... Parce que vous avez travaillé dans... Vous
êtes un économiste, vous savez que,
lorsqu'on prend tous les risques, bien, on est tout seul, on est actionnaire
unique, et puis on prend les risques,
puis on s'en va. Lorsqu'on est partenaires, bien, il faut que les risques
soient divisés en conséquence. Là, la
caisse va... Moi, ce que je vois ici, c'est que la caisse ne prend aucun
risque, et puis c'est toute la population du Québec qui le prend par l'intermédiaire du gouvernement, et puis il n'y
a pas moyen de changer ça parce que l'entente est signée, mais le projet de loi n'est pas encore passé. Et, si le
projet de loi ne passe pas ou n'est pas accepté, l'entente ne tient plus. Donc, je me dis que l'entente ne doit
pas être finale non plus. Si le projet de loi n'est pas final, l'entente ne
peut pas être finale avant que le
projet de loi soit adopté, sans ça...
Je ne sais pas, moi, on doit pouvoir modifier une entente si le projet
de loi n'est pas fini.
Leitão : Mais, M. le Président, vous l'avez bien expliqué. Et d'ailleurs c'est dans la première page
même de l'entente entre le gouvernement et la Caisse de dépôt. On dit tout
de suite qu«'à cet effet le gouvernement s'engage à déposer dans les meilleurs délais les mesures législatives — donc, projet de loi n° 38 — requises pour la mise en oeuvre de cette entente». Donc, cette entente a été signée,
oui, avec tous les détails que nous venons de discuter, mais elle sera mise en oeuvre seulement une fois que le projet de
loi soit adopté. Elle n'est pas mise en oeuvre aujourd'hui, mais elle
sera mise en oeuvre une fois qu'on fera ça.
Et je reviens
à la question du partage de risques. Justement, nous avons discuté avec le
député de Rousseau dans les premiers jours de notre commission. Un des
éléments qui étaient un peu plus difficiles, c'était justement que, les risques,
c'est la caisse qui prend les risques, ce ne sont pas les contribuables. Les
risques de construction, les risques d'opération, les risques financiers, c'est
la caisse qui les assume. Et c'était une des raisons de vouloir structurer
cette entente de cette façon-là, c'était justement ça. Et la caisse, d'une
façon très consciente, après analyse, elle est prête à assumer ces risques-là, et on va de l'avant si elle juge que ces risques
sont maîtrisables, sont gérables. Ou, si elle juge que les risques ne sont pas gérables, sont trop
élevés, elle ne le ferait pas. Mais, justement, le risque est transféré à la
caisse, c'est la caisse qui assume les risques, ce n'est pas le
contribuable qui assume les risques.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Granby.
Bonnardel :
Je pense que c'est un amendement important de se questionner à savoir si la
caisse doit absorber la moitié des
coûts de ces études. J'ai une question fort simple : Avez-vous pris la
peine de discuter avec M. Sabia de ce possible amendement ou de cette
possibilité que la caisse absorbe la moitié de ces coûts?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão : Nous avons discuté
longuement, pas nécessairement et pas directement avec M. Sabia, de cette question particulière, mais nous avons discuté
longuement de cette question avec des personnes de la Caisse de dépôt, oui.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député.
Bonnardel :
Et ces gens de la caisse vous ont dit que c'était un «deal-breaker» ou...
excusez de le dire en anglais, là, mais vous ont dit que...
Leitão : Et nous avons convenu aussi qu'on ne jugeait pas nécessaire
d'aller dans cette direction-là, parce que ce qui avait été établi dans
l'entente, à la page 7, comme je vous ai dit, nous satisfait et satisfait la
caisse.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Bonnardel :
Si vous aviez forcé un peu légèrement la note, la caisse n'aurait... aurait
peut-être dit oui. On aurait peut-être été enclins à sauver 15, 20,
25 millions de dollars si l'entente n'était pas pour le mieux, à savoir
des rendements adéquats pour la Caisse de dépôt.
Je trouve ça
fascinant, en politique, même huit ans après mon arrivée, que, par un simple
amendement, on pourrait faire sauver
15, 20, 25 millions de dollars aux Québécois et qu'à quelque part... Si on
avait pris le temps juste de donner un
coup de fil à la personne intéressée, soit Christian Dubé ou Michael Sabia, de
leur dire : Écoutez, là, on a un amendement puis là... Bon, on a officié une entente qui dit que, si vous vous
retirez ou le gouvernement se retire, peu importe, les études vont être remboursées par le gouvernement. Que
vous n'ayiez peut-être même pas eu le petit réflexe ou que quelqu'un au gouvernement n'ait pas le réflexe d'appeler
Christian Dubé ou Michael Sabia en leur disant : Hé! les gars, O.K.,
on vous a donné
pas mal de leste, là, si ça ne fonctionne pas, qu'est-ce que vous en pensez,
là, l'amendement ou le changement qu'on
pourrait peut-être avoir dans l'entente? Puis, de toute façon, dans la loi, ça
ne vous engage, dans le futur, à rien d'autre que cette entente spécifique, aujourd'hui, avec la caisse ou de
possibles autres projets avec la caisse. Si c'était le cas dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, bien, je
pense que ce serait intelligent, intelligent dans 20 ans encore, même pour un
futur projet x, y, que la caisse
ait à débourser la moitié du coût des études si ça ne fonctionnait pas. Alors,
je vois mal, je vois mal même après
45 minutes peut-être, là, de débat sur cet amendement, que vous n'ayez pas
eu ce goût, là, rapidement de dire : Hé! il y a peut-être 20 millions de dollars en jeu là-dedans, là, puis,
ce 20 millions, bien, je suis conscient, comme ministre des Finances, comme... mon collègue du Trésor
serait peut-être bien content si ce projet n'allait pas de l'avant, que la
caisse ait à payer la moitié.
Puis
la caisse... Je pense quoi? Il y aurait peut-être 20 % des chances que ça ne fonctionne pas. Je pense que tout le monde
est d'accord que Montréal et que le Québec ont besoin de ces deux projets, puis
tout le monde va vouloir s'arranger pour que
ça fonctionne, que le financement soit adéquat et que les tarifs soient
adéquats, que l'intégration se fasse
bien. Je pense que vous souhaitez ça, puis l'entièreté des Québécois aussi.
Mais, encore une fois, si ça ne fonctionnait pas puis que la caisse disait non ou même vous, vous disiez non...
câline! On est à quelques minutes peut-être de sauver 15, 20, 25 millions de dollars pour les
contribuables québécois, à dire... Puis ça n'enlève pas de la souplesse, ça
indiquerait qu'en cas où le projet
n'est pas réalisé par la caisse les coûts des études, qui ont été nécessaires,
doivent être partagés à parts égales entre le gouvernement et la caisse.
Alors, je ne sais
pas, là, le ministre ne m'a pas convaincu que j'avais tort, encore une fois...
ou même aux réponses de mon collègue de
Beauce-Nord, même aux réponses de mon collègue de Rousseau, M. le ministre.
Respectueusement, je ne comprends pas
pourquoi vous restez fortement sur votre position en disant que ce n'est pas
applicable, c'est inapproprié. Tu
sais, je ne le crois pas, je ne le crois pas, puis ça serait tellement,
tellement simple de dire... puis, à la limite, à la limite, de suspendre
l'article jusqu'à 19 h 30, ce soir. Je suis persuadé qu'on donne un
coup de téléphone aux gens de la caisse, puis on leur dit : Aïe! On en arrive à ça puis on... Moi, je suis
abasourdi de voir qu'il y a si peu de souplesse, là, pour un amendement qui m'apparaît tellement, tellement,
tellement simple, là, puis qui va protéger en grande
partie aussi, dans une certaine manière, le portefeuille des
Québécois dans un dossier qui pourrait, malheureusement, peut-être achopper.
Mais, si ça achoppe, bien, au moins, on aura un partage d'égal à égal entre le
gouvernement et la caisse.
M. Leitão :
Bien, écoutez...
Le Président (M.
Bernier) : Oui, M. le ministre.
Leitão : ...je n'ai pas de nouveaux arguments à vous donner, sauf que
de vous dire encore une fois que c'est un
sujet qui a été longuement discuté, depuis des mois, dans l'élaboration de
l'entente, et même par la suite, et c'est très important de... pour la Caisse de dépôt et pour le gouvernement, sujet
important. Et, encore une fois, la façon dont nous l'avons élaboré ici nous convient très bien, à
nous et à la Caisse de dépôt. Et, dans une question, maintenant, de respecter
l'entente de janvier 2015, c'est une décision
conjointe de la Caisse de dépôt et du gouvernement. Et, encore une fois, je
n'anticipe pas, je ne vois pas les risques
que vous... auxquels vous faites allusion. Je ne vois pas ça comme étant un
risque injustifié pour le contribuable et pour le gouvernement.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Rousseau, vous aviez...
Le Président (M.
Bernier) : Aviez-vous terminé?
Bonnardel :
M. le Président, M. le ministre, vous venez de dire «un risque injustifié».
M. Leitão :
Je ne crois pas que c'est un risque...
Bonnardel :
Justifiable.
Leitão : ...élevé, ou utilisez le mot que vous voulez, là. Je ne vois
pas ça comme étant la façon dont nous avons élaboré l'entente, à la
page 7, je ne vois pas ça comme mettant à risque les contribuables
québécois.
Bonnardel : Bien, à risque, M. le Président, si le ministre
ne peut pas me confirmer le coût des études, bien... Il sait très bien, là, que ça sera au minimum, au
minimum 30 millions de dollars. Si ça a coûté ça pour juste le SLR pour
l'étude de l'AMT, on peut calculer que ça en
coûtera un autre 10 millions, sinon un autre 15 millions pour le
Train de l'Ouest.
M. Leitão :
On ne peut pas présumer.
Bonnardel :
Bien, en tout cas, on peut présumer...
M. Leitão :
On ne peut pas présumer de ces coûts-là.
Bonnardel : Non, bien, prenons juste celle de l'AMT,
30 millions de dollars. Ne me dites pas que ce n'est pas justifiable puis qu'on protège le contribuable
dans ces conditions quand vous avez juste, juste l'élément de dire : Ah! à
chaque 5 millions de dollars de coûts
engagés, on pourra dire non. Allez, allez, M. le ministre, là, un peu de
raisonnement, là, pour que les gens
qui nous écoutent, là, disent : Bien, voyons! On risque de mettre... de
perdre 10, 15 millions de dollars, 20 millions de dollars pour
un amendement qui serait si simple à accepter pour protéger, dans une certaine
mesure, le contribuable et dire à la Caisse
de dépôt : On se partage à parts égales le coût des études si ça ne
fonctionne pas. Mais voyons! il me
semble que c'est tellement, tellement, tellement simple comme amendement et
comme protection qu'on se donne. Et la
possibilité que vous aviez eue... ou que vous avez eue, dans les dernières
48 heures, 72 heures, à donner un coup de téléphone à la personne concernée à la caisse pour leur
dire : Ça risque d'arriver, cet amendement... Alors, écoutez, je
suis sans mot, là.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : Ce n'est pas rien qu'un coup de téléphone, ça ne se fait pas
à coups de téléphone à gauche et à
droite. Nous avons, encore une fois,
négocié longuement, et c'est une entente qui nous convient. Et d'ailleurs,
dans le... Encore une fois, si on
revient à l'entente, si on va à la page 10, on met en place un comité
exécutif qui, d'une façon mensuelle, avec
trois représentants de la caisse, deux représentants du gouvernement... Il y a toute une série de responsabilités pour ce comité exécutif là. Ce comité approuve
l'ensemble des règles de gouvernance, les objectifs, le programme
de travail, les budgets, les études,
les rapports. Donc, tout ça est très bien balisé. C'est pour ça que je vous
dis : Ce n'est pas quelque chose qu'on fait au pif et que, ah! bof! ça va coûter
quelques millions, et puis, bon, si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Non, tout ça a été bien réfléchi, bien établi,
bien élaboré, et les intérêts des contribuables québécois, à notre avis, sont
bien protégés par cette entente-là. Donc, je ne vois pas la nécessité
d'aller au-delà de ça.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : Merci. J'avais
deux choses à dire. La première, toute simple, c'est que je suis conscient que
le gouvernement s'est entendu avec la caisse. D'ailleurs,
comme le disait notre président tout
à l'heure, le projet de loi que nous sommes à étudier découle de l'entente, ce qui n'empêche
pas le fait que l'Assemblée nationale, les législateurs peuvent exprimer le
souhait puis même avoir la volonté que le projet de loi prévoie des dispositions
qui ne sont pas nécessairement parfaitement alignées avec l'entente. Je dirais d'ailleurs
que l'Assemblée nationale, je ne dirais pas cinq
fois par session, mais au moins une fois par session, souvent dans le cadre de projets de loi privés, et même, des fois, à l'occasion
de projets de loi publics, comme le projet de loi n° 3 qui examinait la question des
retraites... bien, l'Assemblée nationale,
régulièrement, revoit des contrats qui ont été signés par des parties dans le
passé. C'est arrivé à plusieurs reprises. Dans le cas du projet de loi n° 3, vous vous rappellerez qu'il y a
des conventions collectives qui ont été dûment signées par des parties, des patrons et des employés, que
ces conventions collectives ont été modifiées, de manière unilatérale,
par l'Assemblée nationale.
Alors donc, j'accepte, j'accepte l'idée que ce
n'est pas souhaitable, disons, de changer des contrats, ce n'est certainement pas souhaitable et il ne faut pas...
il faut le faire avec une extrême prudence puis évidemment aussi rarement
que possible. Mais il n'en demeure pas moins
que, si, comme législateurs, on pense que des changements pourraient faire
une différence puis, en particulier,
protéger les contribuables, je pense que c'est un motif raisonnable. Ça, c'est
le premier élément que je voulais donc vous dire, M. le Président.
Le deuxième,
ça va être, je vais terminer là-dessus... Et puis je trouvais que le député de
Beauce-Nord avait raison, là, de
mentionner que... Dans l'article 4.4.5 de l'entente, au deuxième
paragraphe, on nous dit que, pendant «la phase de planification, la Direction de programme caisse
fournira un rapport sur l'avancement des coûts engagés par la caisse au comité exécutif. Ce rapport sera produit pour
chaque tranche de 5 millions de