Institutions — 25 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-05-25
Quebec — Committees
Oui,
j'avais déposé un amendement parce
que M. le ministre avait toujours
dit qu'il n'y aurait pas de burinage sur les armes, qu'il
n'y aurait pas de ça, mais on n'a pas vu aucun amendement amené par le ministre,
comme tel, pour l'affirmer dans son projet de loi. Et on sait que, dans l'article 6 que M. le ministre a déposé, dans
sa loi, c'était marqué uniquement «l'apposer sur cette arme de manière déterminée
par règlement du gouvernement». Alors, ça, «de manière déterminée par règlement
du gouvernement», lorsqu'on a un projet de loi que c'est uniquement par règlement
du gouvernement qu'on va voir dans le futur, je pense que ça ne garantit pas,
aucun propriétaire d'armes à feu de collection — parce qu'on s'adresse aux armes à feu de
collection ici, là, d'armes à feu de collection — comme quoi qu'il n'y aura pas de
burinage ou qu'il n'y aura pas d'apposition d'un sceau sur l'arme, qui pourrait
en diminuer la valeur marchande.
Alors,
mon amendement est simple, très, très simple, et je pense que j'abonde dans les
voeux du ministre lorsqu'il parlait
qu'il n'y aura pas de burinage, puis etc. Alors, ça dit simplement que, dans
les 90 jours suivants... dans le premier alinéa de l'article 6, après «arme à feu», «s'assurer que l'arme
est facilement identifiable avec la description qui concorde avec son
numéro unique sans altérer la valeur marchande de l'arme». Alors, c'est
uniquement ça.
Lorsqu'on parle de
«sans altérer la valeur marchande de l'arme», eh bien... Le règlement sur
qu'est-ce qu'il va apposer sur l'arme
viendra peut-être plus tard, mais, chose certaine, si on avait cet
amendement-là dans la loi, je pense que
les propriétaires d'armes à feu dormiraient pas mal plus tranquilles, en
disant : Bien, écoutez, je suis sûr que mon arme ne sera pas
altérée par l'apposition d'un numéro unique sur l'arme. C'est tout, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) : Avant que... à moins que, M. le ministre, vous
ayez une réponse immédiate, parce que
je veux demander à mes collègues s'ils ont d'autres commentaires sur
l'amendement de M. le député de Beauce-Nord. M. le député de Verchères,
pas de commentaires? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, il n'y a pas de
commentaires? M. le ministre.
Coiteux : Non. Je pense que l'article tel que rédigé est beaucoup plus
précis. Je pense que M. François Gilbert, la dernière fois qu'on s'est
rencontrés, a bien expliqué comment on allait procéder puis qu'il n'était pas
question de burinage. Donc, je ne vois pas, à ce moment-là, l'utilité de l'amendement.
Le Président (M. Ouellette) : M. le député de Beauce-Nord, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires avant qu'on passe au vote sur votre amendement?
Spénard :
C'est parce que vous ne voyez pas l'utilité de l'amendement, M. le ministre?
C'est ça que j'ai compris? Est-ce que c'est ça que vous avez dit?
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre.
Coiteux : Oui, en ayant expliqué pourquoi je n'y voyais pas d'utilité
avant, là, de terminer par cette phrase.
Spénard :
Parce qu'il y a quelqu'un qui est venu nous expliquer qu'il y aurait un
règlement dans le futur qui dirait
que ça n'altérera pas la valeur marchande des armes. Alors, pourquoi ne pas
l'inscrire dans la loi, M. le ministre? C'est simple comme bonjour. Tout
le monde serait tranquille.
Alors,
moi, je me demande c'est quoi, la réaction de ne pas accepter cet
amendement-là, étant donné qu'on ne peut
pas être plus clair que ça, puis c'est en parfaite concordance avec l'esprit de
votre loi et l'esprit de vos règlements à venir, qu'on ne connaît pas
encore et que vous ne nous avez pas présentés.
Alors,
écoutez, là, les règlements à venir, on aime ça faire confiance au
gouvernement, on aime ça faire confiance sur les règlements qu'il pourrait apporter sur un projet de loi, mais
par contre ça, c'est une question très épineuse pour les propriétaires d'armes à feu de collection. Alors,
je ne verrais pas pourquoi... Cet amendement-là n'est pas contraignant
du tout, étant donné que ça va dans vos
objectifs, alors, de non-burinage des armes. Mais pourquoi ne pas l'inscrire,
au lieu de procéder par règlement futur, qu'on ne connaît pas la teneur
du règlement en question?
Alors,
moi, une simple explication pour dire qu'il n'y aura pas de burinage... Ce
n'est pas juste le burinage qui peut
affecter la valeur d'une arme à feu, si on décide d'y apposer un sceau où
est-ce que ça prend une étiquette où est-ce que, pour l'enlever de là, ça prend, je ne sais pas, un détergent
spécial qui altérerait le bleuté de l'arme en question ou la valeur de
l'acier sur l'arme.
Alors, M. le ministre,
moi, je pense que «sans altérer la valeur marchande de l'arme», ça dit tout et
ça vous laisse le libre choix d'imposer ce
que vous voulez par règlement, en autant que ça n'altère pas la valeur
marchande de l'arme. Je ne comprends pas vos réticences sur ce point-là,
moi.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre.
Coiteux : Je pense
que le texte de l'article tel que rédigé est très clair. Il parle même
d'apposer, ce qui laisse bien
entendre que le propriétaire n'est absolument pas obligé de procéder d'une façon qui altérerait
la valeur de son arme. C'est très
précis. On a donné d'ailleurs des indications de comment ça se faisait et
comment on a l'intention de le faire. Je pense que toutes les assurances
ont été données sans avoir un
article qui demande au propriétaire de ne pas
altérer lui-même la valeur de son arme. C'est un peu curieux. Tout d'un coup qu'il voudrait le faire de son
propre chef, même si je ne voulais
pas qu'il le fasse, est-ce que je lui interdirais par la loi? C'est un peu
étrange. Alors, moi, je préfère nettement l'article tel qu'il est
rédigé, puis c'est pour ça que je ne suis pas en faveur de l'amendement.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : M. le ministre, moi, j'ai beaucoup de difficultés,
là. Ça dit dans le premier alinéa, là : «L'apposer sur cette arme de manière déterminée par règlement du
gouvernement». Ça, c'est un. La deuxième chose, ça dit — si vous pensez que c'est très clair, en tout cas, là, éclairez ma
lanterne : «Le propriétaire de l'arme à feu doit s'assurer que le
numéro unique d'arme à feu demeure inscrit
ou apposé de façon indélébile et lisible sur l'arme à feu.» Ça, vous pensez que
ça rassure tout le monde, ça? Vous pensez
que c'est clair, ça? Ça, si vous pensez que c'est clair, éclairez-moi, parce
que moi, j'ai bien de la misère à comprendre. Vous pensez que c'est très
clair, ça?
M. Coiteux :
J'ai dit ce que j'avais à dire.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Bien, je n'en reviens pas! Je n'en reviens tout simplement pas. À ceux qui nous
écoutent, les propriétaires d'armes à feu, là, à ceux qui nous écoutent, en
quoi que ça dérange de dire dans un projet de loi que... «Sans altérer la valeur marchande de l'arme», en
quoi ça dérange de dire qu'on va l'écrire dans la loi au lieu de dire :
«Cette arme de manière déterminée par
règlement du gouvernement», puis on continue en disant : «...l'arme à feu
demeure inscrit ou apposé de façon
indélébile et lisible sur l'arme à feu»? Ça veut dire quoi, ça, «indélébile et
lisible sur l'arme à feu»? Comment vous le voyez?
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre.
M. Coiteux :
J'ai déjà donné mes commentaires sur l'amendement.
Spénard : Mais est-ce que je peux vous poser une question
sur l'article 6? Si vous refusez mon amendement, dites-moi donc
comment ça va se lire, ça, «demeure inscrit ou apposé de façon indélébile et
lisible sur l'arme à feu»? Comment ça se fait?
Le Président (M. Ouellette) : Ça pourra se faire lors de la discussion de
l'article 6, après qu'on aura disposé de votre amendement, M. le député de Beauce-Nord. On va d'abord disposer de
votre amendement et après on continuera la discussion à
l'article 6.
Spénard : Bien, j'en reviens encore à mon amendement.
Écoutez, là, on peut bien déposer des sous-amendements à l'amendement puis des sous-amendements à l'amendement mais
en autant que le ministre veuille bien contribuer
un peu et nous apporter les explications nécessaires au lieu de juste se
barricader derrière son pouvoir politique. Alors, j'apprécierais
beaucoup avoir des... Alors, je soumets mon amendement. Je vais demander le
vote dessus.
Président (M. Ouellette) :
Vous aurez sûrement l'opportunité, M. le député de Beauce-Nord, parce que
c'est dans nos règles parlementaires, de poser
les questions au ministre et, si les explications du ministre ne vous satisfont
pas, redéposer un amendement qui pourra préciser le sens de votre pensée. S'il
n'y a pas d'autre commentaire sur votre amendement... Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Bien, je suis plutôt d'accord avec mon collègue, dans le sens
où... Et je vais peut-être essayer de préciser
la question. Je pense que ce qu'on souhaite, ce qu'on vise par
l'article 6, et on le sait, que c'est le propre surtout des armes de collection, c'est de s'assurer qu'une
arme va pouvoir être identifiable au sens du registre, et ce qu'on ne
souhaite pas, c'est de... la règle qu'on va
imposer va avoir un impact négatif pour les gens qui sont soit collectionneurs
ou, en tout cas, qui ont dépensé plusieurs milliers de dollars sur cet
objet-là. Et c'est peut-être là que je dis : Je vais essayer de le
reformuler autrement. Je comprends que, par règlement, le ministre nous
dit : Oui, bien, on vous le dit, là, par règlement, il y a des techniques
qui existent, qui existaient dans le passé et qu'on va réutiliser, un peu ce
que vous nous avez dit la semaine dernière,
qui vont exister dans le futur, mais je... puisque notre objectif est de nous assurer que les armes soient toutes inscrites au registre, qu'elles aient toutes un
numéro identifiable et qu'on veut aussi envoyer... C'est ce qu'on m'a dit, en tout cas, la semaine
passée, quand j'ai essayé de faire réduire le nombre de jours où une arme est
non identifiée sur notre territoire,
on m'a dit : Bien, écoutez, là, il ne faut pas... il faut
prendre soin aussi de ce qu'on a entendu par rapport aux pourvoiries,
bon, puis à d'autre monde. Alors, je me dis, il me semble que ce que mon
collègue de Beauce-Nord était en train de dire, c'est de dire... Et ce qui est
particulier, c'est peut-être là que c'est ça qui gosse le ministre, je ne sais pas, c'est la notion de
valeur marchande. Alors, moi aussi, je suis en train d'essayer de
comprendre pourquoi, si c'est si clair que ça pour tout le monde, qu'on ne le
verrait pas inscrit même à la loi et pas seulement au règlement.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a un commentaire, M. le ministre, avant que...
Coiteux : Je pense
que l'amendement, il introduit la notion qu'un propriétaire ne peut
pas altérer la valeur de son arme, ce
n'est même pas le gouvernement dans son règlement, c'est le propriétaire. À sa face même, ça
n'a pas de sens, je le dis en toute franchise.
L'article est très clair
ici sur le fait qu'il peut aussi apposer. On a donné toutes les explications,
lors de notre dernière rencontre, qu'il était hors de question d'altérer la
valeur de l'arme parce que les techniques
qu'on va utiliser n'altéreront pas la valeur de l'arme. J'ai répété combien de
fois pendant tout le processus qu'il n'en était pas question? Il me
semble qu'on a donné toutes les garanties sans écrire des articles qui sont mal
écrits et qui vont être difficilement
applicables dans les faits. Alors, non, je ne peux pas accepter l'amendement tel quel. Et je pense
qu'on n'en a même pas besoin, je pense que l'article 6 est très clair,
très précis, puis toutes les garanties qu'on a données sont là.
Alors, ceux
qui nous ont écoutés depuis le début, y compris la semaine dernière, savent très bien
qu'on ne va pas imposer une quelconque technique qui va altérer la
valeur de l'arme, ça ne sera pas le cas