Health and Social Services — 27 April 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-04-27
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-huit minutes)
Le Président (M.
Provençal)
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la santé et des services sociaux ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Santé, Accessibilité aux soins et
Santé publique des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services
sociaux pour l'exercice financier 2022‑2023. Une enveloppe de
six heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Ciccone (Marquette) est
remplacé par M. Fortin (Pontiac).
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps alloué pour ces crédits, soit le
jeudi 5 mai.
Considérant l'heure à
laquelle nous avons débuté, je vous suggère, pour respecter le 13 heures,
que le temps soit enlevé sur la
partie gouvernementale. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Nelligan, la parole
est à vous.
M. Derraji : Oui,
merci, M. le Président. Est-ce que vous pouvez juste me confirmer, c'est
20 minutes, c'est ça, le premier bloc?
Le Président (M.
Provençal)
: 19 min 34 s.
M. Derraji :
O.K., ce n'est pas grave. Merci, M. le Président. Bien, bonjour, tout le monde.
Bonjour, M. le ministre. Je tiens, en premier lieu, à saluer l'équipe qui
accompagne M. le ministre dans le cadre de cet échange par rapport aux crédits
du ministère de la Santé et des Services sociaux. Merci d'être là.
M. le Président,
c'est un exercice très important aujourd'hui qu'on commence, et on a pas mal de
questions, et j'espère qu'on va avoir l'occasion de passer à travers tout cet
exercice qui va commencer aujourd'hui.
Je vais commencer, M.
le Président, par rappeler l'état de situation. Aujourd'hui, ça fait quatre ans
que la CAQ est au pouvoir, ça fait deux ministres à la tête de ce ministère.
Aujourd'hui, il y a 1 million de Québécois qui attendent d'avoir un
médecin de famille, il y a plusieurs milliers de Québécois qui attendent pour
des chirurgies, et j'ai toute une liste de promesses brisées de la part de la
CAQ, premièrement, un recul par rapport à un médecin de famille pour chaque
Québécois, élimination du temps supplémentaire obligatoire, attente de
90 minutes au niveau de l'urgence.
Aujourd'hui, nous
avons vu... rien que voir ce qui se passe au niveau de la revue de presse, et
le résultat est catastrophique au niveau de nos urgences. Poursuivre les
17 projets pilotes sur les ratios patients-infirmière, toujours en
attente. Augmenter le taux d'utilisation des blocs opératoires, toujours rien
de nouveau par rapport à ça.
M. le Président, ce
que j'aimerais aujourd'hui, c'est commencer avec les chirurgies en attente.
Avant le début de la pandémie, en mars 2020, la liste d'attente en
chirurgie avait été augmentée de façon significative pour atteindre le chiffre
de 125 000 patients. Rapidement, après le début de la pandémie au
Québec, l'enjeu de la main-d'oeuvre a été soulevé. Plusieurs établissements se
disaient inquiets des conséquences que cela aurait sur les services de
chirurgie, sachant, M. le Président, qu'il y avait une pénurie de main-d'oeuvre
avant la pandémie qui n'a pas été réglée.
Dans un
article de
Radio-Canada, on apprenait qu'en janvier 2021, neuf mois après le début de
la pandémie, la liste d'attente avait connu une hausse importante pour
Il aura fallu attendre le 10 juin avant que le ministre présente son plan
pour réduire la liste. Selon le plan déposé, le ministère prévoyait atteindre
un plateau de 150 000 en octobre 2021, qui devait par la suite se
résorber pour revenir à la cible de 100 000 en mars 2023. En date du
21 avril, il y a quelques jours, M. le Président, les données publiées par
le ministère indiquent que c'est maintenant 160 450 patients qui se
retrouvent en attente d'une chirurgie.
Selon le budget de 2022‑2023,
le gouvernement indique vouloir rétablir le système de santé et des services
sociaux, et, à ma grande surprise, je n'ai rien trouvé qui m'indique que le
gouvernement compte déployer les efforts financiers et humains pour réduire les
listes d'attente en chirurgie.
Dans le cahier des
questions, M. le Président, et c'est là ma question au ministre, on a posé la
question sur le nombre d'interventions reportées à cause du délestage par
région et type d'intervention. La réponse? Cette information n'est pas
disponible.
Alors, M. le Président, on a des appels qui
viennent de plusieurs régions qui nous demandent : Quand est-ce qu'on va
avoir notre chirurgie? On a des cas et des personnes qui souffrent en silence.
On a posé une question très simple, je peux même donner le numéro à M. le
ministre, c'est la question 488. Et on a demandé une question très simple.
On n'a pas le portrait des interventions reportées à cause du délestage. Est-ce
qu'aujourd'hui le ministre peut nous donner un portrait par région, par type
d'intervention, des interventions reportées?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : Alors, je me
permettrais... M. le Président, bonjour. Je me permettrais aussi de saluer tous
mes collègues, autant du côté gouvernemental que de l'équipe de la
sous-ministre, Mme Savoie, et de tous les sous-ministres adjoints qui sont
ici avec nous aujourd'hui. Je pense que c'est une journée très importante pour
bien répondre aux questions des crédits qui sont, à mon avis, un processus très
important. Puis j'apprécie beaucoup aussi tout le travail qui a été fait en
amont par les équipes, mais aussi par l'opposition de préparer les questions,
etc. Donc, je pense que c'est un principe très, très important.
Maintenant, je comprends bien l'introduction du
député de Nelligan, là, de faire, je dirais, comme ça, sa version de la
situation. Je pense qu'au contraire les Québécois ont bien compris dans quelle
situation, un, on avait pris le réseau de la santé il y a quelques années,
lorsqu'on est arrivé au pouvoir puis, deuxièmement, les effets de la pandémie
d'un réseau de santé qui était déjà très ébranlé. Je pense que les Québécois
comprennent très bien qu'on a vécu une situation d'une crise qui ne s'est
jamais vue au Québec, une crise pandémique, et qu'on a réussi, par toutes sortes
d'interventions, malgré cette difficulté-là, de passer au travers bien mieux
que plus des... plus... d'autres juridictions.
Maintenant, M. le Président, sur des questions
très précises, je pense que dans la mise à jour économique, je veux juste bien
le préciser, là, au député, puis je pense que je lui avais déjà répondu, mais
peut-être que je m'étais mal expliqué, M. le Président, mais, quand on dit
qu'il n'y a pas de montants spécifiques qui ont été mis pour le rattrapage des
chirurgies, c'est bien au contraire, là. Puis dans le document, dans le document
du ministre Girard, lorsqu'il a fait le point, à l'automne, il a bien expliqué
qu'il y avait un montant, là, de plusieurs centaines de millions, qui avait été
mis ou un total, là, de 804 millions qui avait été mis, justement, pour le
rattrapage des chirurgies. Puis je tiens à en profiter, M. le Président, parce
que c'est une question spécifique, alors je ne voudrais pas que les Québécois
pensent qu'il n'y a pas eu de montants spécifiques qui ont été faits, il y en a
eu, le ministre Girard les a mis.
Mais je tiens aussi à saluer la Fédération des
médecins spécialistes, parce que lorsqu'on a négocié, puis j'étais au Trésor à
ce moment-là, il y a deux ans, un petit peu plus que deux...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Dubé : Oui, mais je vais
juste finir rapidement, M. le Président, parce que...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Dubé : Mais je veux répondre
aux questions qui ont été posées, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Dubé : Et on a dit qu'il n'y
avait pas d'argent qui avait été mis, alors je dis qu'il y a 800 millions
qui ont été mis pour le rattrapage des chirurgies. Et je tiens à remercier les
spécialistes qui ont contribué, grâce aux montants qui ont été baissés dans
leur enveloppe salariale, pour mettre de l'argent pour les chirurgies.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Nelligan a
probablement une question complémentaire à poser ou une question plus précise.
M. le député.
M. Derraji : Oui. Merci, M. le
Président, de présider, parce que je n'ai que 20 minutes. Donc, moi, je
vais répéter ma question : les Québécois veulent savoir le nombre
d'interventions reportées à cause du délestage par région et par type
d'intervention. Quand on vous a soumis cette question, votre réponse
était : Cette information n'est pas disponible. Maintenant, est-ce qu'il
s'agit de 160 000 patients qui se retrouvent en attente d'une
chirurgie? Si c'est oui, c'est quoi, votre plan pour rattraper le nombre de
chirurgies en attente?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : J'étais rendu là, M.
le Président, mais je voulais juste clarifier certains points qui avaient été
faits.
Bon. J'ai expliqué, puis grâce à l'excellent
travail qui est fait par la sous-ministre, entre autres, sous-ministre,
Dre Opatrny, que des... un petit... des 160 000 chirurgies qui
sont en attente en ce moment, il y en a un petit peu plus que 20 000 qui
ont plus qu'un an de retard. Et en ce moment, le focus que nous avons, c'est de
s'attaquer aux chirurgies qui ont plus qu'un an de retard. Ça, en ce moment,
c'est le plus grand focus. On a réussi, malgré la cinquième et la sixième vague, à garder ce chiffre-là aux alentours de
20 000, mais ça, c'est un exploit, M. le Président. Je sais que les
Québécois ont hâte d'avoir leur chirurgie, je comprends ça, mais je veux juste
dire au député de Nelligan qu'en ce moment notre travail est concentré partout
au Québec pour s'assurer qu'on diminue le nombre de chirurgies en attente qui
sont supérieures à un an. On a réussi, malgré la cinquième et la sixième vague,
à garder ce chiffre-là aux alentours de 20 000. On pense qu'on peut
commencer, si jamais on garde un contrôle sur la pandémie... mais, en ce
moment, notre focus est sur les chirurgies qui sont plus qu'un an en attente.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...M. le
Président, le ministre cible maintenant... d'ici combien de temps, les
20 000 sur les 160 000? Est-ce que j'ai compris que c'est juste les
20 000 qui intéressent le ministre sur le 160 000 ou bien...
M. Dubé : Bien, écoutez, je
vais...
M. Derraji : Non,
je vais juste terminer, non, non, on va se comprendre. Donc, vous avez dit
qu'il y a 20 000, donc les 20 000 de la dernière année, c'est
quoi, l'échéance? C'est quoi, l'échéancier, pour ces 20 000? Et, en
parallèle, qu'en est-il des autres chirurgies?
M. Dubé : Alors, M. le
Président, je pense que la réponse... Puis d'abord, premièrement, je n'ai pas
dit que les autres n'étaient pas importantes, là, je veux juste qu'on se
comprenne bien. Parce que, des fois, le député fait des vidéos puis il met
juste les bouts de réponse qui font son affaire.
M. Dubé : Ça fait que je
réponds à la question. Ce que je dis, c'est qu'en ce moment il y a un focus
plus spécifique qui est mis sur les chirurgies de plus qu'un an. Maintenant, ce
que j'ai dit aussi, c'est qu'on est chanceux jusqu'à
maintenant, M. le Président, parce qu'on a été capable de garder ces
chirurgies-là aux alentours de 20 000 malgré la cinquième et
sixième vague. Qu'est-ce que nous prédit le futur? On ne le sait pas, M. le
Président. C'est sûr que si on est capable d'avoir une baisse de nos
hospitalisations, en ce moment, nos hospitalisations sont stables, sont stabl